La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- N
- -:------
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE,
- MEMBRE DE L’iNSTITUT.
- A. BLONDEL
- M. LEBLANC
- Eric GERARD
- e
- INGÉNIEUR DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT PROFESSEUR A
- pr a l’école des ponts et chaussées, électrotechnique montefiore. l’école supérieure des mines.
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES ' Dn DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT. DES ARTS ET MANUFACTURES. ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE. DE LILLE, MEMBRE CORR* DE i/lNSTITUT.
- REDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur diplômé de l’École Supérieure d’Électricilé.
- TOME VII (a* Série)
- 3e TRIMESTRE I 909
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- I 4 2 , RUE DE RENNES, l 42
- PARIS VIe
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- Trente-et-Unlème année.
- SAMEDI 3 JUILLET 1909.
- Tome VII /2e aéria).— N* 27.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — Devaux-Charbonnel. Etude sur les ligues téléphoniques [suite), p. 7.—J. Re zelman.Réactance de dispersion [suite), p. i3.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et généralités. Des propriétés électriques des eupro-aluminiums (thermo-électricité et résistivité), H. Pécheux, p. 18. — Construction dè machines. Les pôles auxiliaires dans les machines à courant continu. Calcul et méthode d’essai, J. N. Dodd, p. 19. — Les types récents de lurbo-générateurs, p. 22. — Traction, Traction électrique dans le tunnel de Saint-Clair, F.- C. Perkins, p. 24 . —Bibliographie, p 26. — Documents d’Exploitations, p. 27. —Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 29— Renseignements commerciaux, p. 3o. — Adjudications, p. 32.
- ÉDITORIAL
- Poursuivant son étude sur les lignes téléphoniques, M. Devaux-Charbonnel passe en revue les appareils nécessaires pour la mesure des constantes des lignes. Dans le précédent article était décrite la première méthode de mesure, dite méthode directe, pour laquelle M. Devaux-Charbonnel employait le galvanomètre Abraham.
- Aujourd’hui c’est la seconde méthode qui est exposée : méthode dite d’équilibre ou du « pont à téléphone ».
- Elle comporte en premier lieu la vérification des étalons dont on dispose. A ce propos, M. Devaux-Charbonnel décrit les petits alternateurs qu’il est commode d’employer; comme on le verra, ce sont à peine des machines, presque des jouets, mais ils donnent ce qu’on leur demande, à savoir une sinu-
- soïde presque pure et une fréquence très élevée.
- L’auteur signale ensuite un phénomène très curieux qu’il a observé sur certaines bobines à double enroulement de fabrication ancienne. Ces bobines, qui présentent une capacité non négligeable, avec une self assez faible, se comportent, sous l’influence d’un courant alternatif, cotnme une ligne ayant des caractéristiques analogues ; à partir d’une certaine longueur, l’impédance devient constante et la phase égale à 45°, quelle que soit d’ailleurs la manière dont on fasse varier la longueur du fil enroulé.
- Comme conclusion de ce premier chapitre, le distingué ingénieur des Télégraphes dégage ce résultat que les constantes des lignes sont pratiquement indépendantes de
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- 6 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N° 27.
- la fréquence. Quant à l’isolement, il résulte des expériences faites par les plus mauvais temps qu’il reste toujours de l’ordre de plusieurs centaines de mille ohms.
- M. J. Rezelmanexpose lasuite de ses calculs tendant à déterminer la réactance de dispersion du stator d’un moteur triphasé de 220 HP à 2 pôles, So périodes, 3 obo tours, 6 3oo volts entre phases.
- C’est le premier des quatre exemples qu’il se propose d’analyser. L’article d’aujourd’hui concerne la séparation des tensions, et l’auteur met en évidence deux résultats intéressants :
- i° la réactance des bobines extérieures se trouve augmentée, par l’induction mutuelle des phases, dans une proportion non négligeable lorsqu’il s’agit d’enroulements bobinés par pôles ;
- 20 la réactance par phase en triphasé ne peut pas être établie en considérant une phase séparément : il faut déterminer celle des deux phases en série et prendre la moitié.
- M. Pécheux a récemment présenté à l’Académie des Sciences d’intéressants résultats d’expériences sur les propriétés électriques des cupro-aluminiums; il a pu montrer notamment que la force électromotrice de chaque couple suit une loi très sensiblement parabolique lorsqu’on laisse refroidir lentement la soudure.
- Le calcul des pôles auxiliaires dans les machines à courant continu ne peut se faire
- sans quelques incertitudes, .et ces incertitudes pèsent sur tous les phénomènes relatifs à la commutation ; on est donc obligé de s’en remettre dans une large mesure à l’empirisme, et c’est pourquoi il est nécessaire de posséder une bonne méthode d'essai. Celle que préconise M. Dodd se recoih-mande par sa remarquable simplicité.
- Nous avons ensuite placé une étude d'ensemble sur les turbo-générateurs.
- D’importants perfectionnements ont été récemment réalisés, et nous décrivons en particulier, d’après M. E. Rosenberg, le dispositif du collecteur radial et celui du rotor cylindrique.
- Nous avons réuni des données caractéristiques concernant les groupes turbo-générateurs employés dans les mines et dans les usines de traction. Enfin ôn trouvera quelques détails sur les méthodes d’essais des turbo-générateurs à vapeur.
- U installation du tunnel de Saint-Clair, auquel il est fait allusion au cours de l’article précédent, est une des applications les plus récentes de la traction monophasée. M. Per-kins en donne une description complète où nous avons puisé des renseignements surtout sur les lignes d’amenée de courant et l’organisation d’ensemble de la station génératrice.
- Enfin nous attirons l’attention de nos lee-téurs sur lçs Documents d’exploitation dont nous publions aujourd’hui la première série consacrée à l’électrochimie.
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- 3 Juillet 1909. : / REVUE D’ÉLECTRTCÏTÉ
- ÉTUDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES (Suite) (l)
- Alternateurs. — Parlons tout d’aborcl des ' alternateurs. '
- On trouve dans l’industrie des alternateurs à 5oo périodes et d’une puissance de quelques kilowatts. Le courant qu’ils Jour-nissent est presque sinusoïdal, et leur emploi est souvent, d’un grand secours dans les études qui nous occupent en ce moment. C’est ainsi que nous avons réalisé, en collaboration avec M. Abraham, et à l’aide de son galvanomètre, un grand nombre d’expériences sur les lignes et les appareils téléphoniques. Il était indispensable d’avoir un générateur d’une certaine puissance pour magnétiser l’éleçtro-aimant, et par conséquent d’employer un alternateur.
- Quand, au lieu de la méthode directe, on emploie le pont à téléphone, il n’est pas indispensable d’avoir à sa disposition une grande puissance. Il est, en effet, désirable que les courants qui circulent dans les lignes ou appareils en expérience soient du même ordre de grandeur que ceux qu’on rencontre en téléphonie et qui ne dépassent jamais quelques dizaines de micro-ampères. De plus la fréquence doit être assez élevée. Il est bon de pouvoir la faire varier entre 5oo et 2 ooo périodes. Cette condition n’est évidemment pas un obstacle à la fabrication de gros alternateurs, mais il est aussi facile, et préférable au point de vue économique, de choisir des modèles de petites dimensions. On en réussit maintenant de très satisfaisants, d’une manière très simple. Voici entre autres un modèle qui est bien connu. Un disque denté en fer doux, comportant à la périphérie 6o dents, dont le profil a été convenablement étudié, tourne devant un électroaimant dont le noyau est, d’une part, ai- (*)
- (*) La Lumière Electrique, tome VI, (ae série), p. 327 et 3gi.
- manté par un courant continu, et, d’autre part, entouré d’une bobine de fil.
- Les spires de cette bobine sont parcourues par un courant alternatif, produit par la variation de réluctance du circuit magnétique de l’éleçtro dû au passage des dents du disque. Il suffit que le disque fasse 2 000 tours à la minute pour avoir un courant de 2 000 périodes à la seconde, puisqu’il y a 60 dents. Quand la fabrication a été suffisamment soignée, le courant engendré est très sensiblement sinusoïdal et ne comporte pas d’harmoniques gênants.
- Il est un genre de petit alternateur que nous croyons utile de signaler, parce qu’il est très peu dispendieux et que son emploi est des plus commodes. Nous voulons parler des ronfleurs. Ces appareils comprennent un circuit primaire avec un contact micropho-
- P
- I .s,.",. ”1 : ' g, 3SÈSES23SSSJ
- 1" [maaamaaaaa. J
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- Vig- 3.
- nique constitué par une plaque vibrante P, circulaire, formant couvercle d’une cuvette en fer, et qui s’appuie sur un sac rempli de granules de charbon C. Au centre de la cuvette se trouve un manchon de fer doux, qui sert de noyau à une bobine B qui appartient au circuit secondaire. Les deux circuits, primaire et secondaire, réagissent l’un sur l’autre par 1’intermédiaire de la bobine d’induction A. —
- La seule fermeture du circuit primaire suffit, en général, pour produire un courant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2‘ Série). — N<* 27.
- secondaire qui aimante le manchon de fer doux et attire la plaque vibrante ; le mouvement comprime le sac de granules de charbon et fait varier la résistance du circuit primaire. Il y a nouvelle réaction dans la bobine A et la plaque se met à vibrer régulièrement, son mouvement étant entretenu automatiquement. Si, d’ailleurs, elle ne part pas seule, il suffît de la frapper légèrement.
- Cet appareil possède de précieuses qualités. Il n’est pas cher, il est très robuste, peu encombrant, et il marche avec un petit accumulateur ou même une pile sèche au primaire. La période est donnée par la période même de vibration de la plaque. Elle est donc rigoureusement constante et peut être déterminée avec une très grande exactitude par rapport à un diapason. Ce petit appareil peut fonctionner des heures entières avec une parfaite régularité. Il est facilement transportable ; c’est lui que nous avons toujours utilisé pour faire des expériences sur les lignes.
- Quel que soit le système d’alternateur employé, il faut être sûr de sa régularité et connaître sa fréquence. La mesure de la fréquence se fait par un moyen acoustique quelconque, par. comparaison avec un sonomètre ou un diapason. L’étude de la courbe du courant se fait au moyen de l'oscillographe. Cet appareil permet aussi de vérifier la fréquence, en la comparant à celle d’un électrodiapason. Il y a intérêt à ce que la courbe du courant soit à peu près sinusoïdale, ou, au moins, ne comporte pas d’harmoniques importants dans le voisinage de la période fondamentale. Cette condition est indispensable pour que les équilibres au pont puissent être nettement et facilement observés. Tous les alternateurs dont nous avons parlé remplissent cette condition et sont utilisables pour les mesures.
- Vérification des étalons. — Quand on a un bomalternateur et qu’on connaît sa fréquence, on peut se proposer d’étudier les étalons de résistance, de capacité et de self dont on aura à se servir. ,
- Les bobines de résistance employées doivent avoir une self-induction et une capacité négligeables. On peut s’en assurer au moyen du galvanomètre Abraham. Dans ce cas
- wL
- «Î=R-
- doit être nul. II doit n’y avoir au galvanomètre aucune déviation par l’emploi du courant en quadrature.
- Nous avons pu ainsi vérifier que les bobines que les constructeurs fabriquent spécialement pour l’usage des courants alternatifs sont bien, dans les limites des besoins de la pratique, de pures résistances ohmiques.
- Les bobines ordinaires sont en général très suffisantes, surtout celles dont la résistance n’est pas très élevée. Ainsi nous avons trouvé que tg y variait entre 2 et 5 centièmes pour des bobines de 100 et 5 000“ et pour 5oo périodes. Ceci ne modifie pas sensiblement la résistance des bobines. On a en effet, pour celle de 6 000 ohms par exemple :
- (i>L = a5o ^R2 -f- w2L2 = 5007.
- Sa valeur est donc peu altérée en courant alternatif. Mais la présence de la self, quoique faible, sera gênante pour les mesures au pont. Pour les insistances élevées, il faudra donc se limiter à l’usage exclusif des bobines spéciales. Mais on pourra employer des bobines ordinaires, à condition de les vérifier soigneusement, quand elles seront inférieures à 1 000 ohms.
- Nous devons signaler en passant une par-" ticularité très curieuse de certaines bobines enroulées en double et de fabrication ancienne. Pour ces bobines la self-induction est assez faible, mais la capacité n’est pas négligeable. Elles doivent donc présenter une insistance apparente R, et une self-induction L[ donnée jiar les formules
- p __ R t _ -CR2
- 1 1 -f w2C2R2 J‘ ~ i -f w2C2R2'
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- 3 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 9
- On trouvé en effet L{ à peu près constant et négatif pour différentes périodes et R, peu différent de R.
- Tableau I
- Ri l '5oo m 1 a5o m
- 5 000 o,o63 0,066
- 2 OOO 0,022 0,020
- I OOO o,oi5 0,013
- 5oo .. .0,002 0,002
- Pour une bobine de io ooo“ nous avons trouvé
- ^ ( 9600" à 460 ~
- 1 ( 8 000" à 1 07.0
- . ^ — 0,67 à 460 ~
- 1 | — 0)52 à 1 020
- ce qui correspond assez bien aux valeurs R — 10000"
- C = o?,0064.
- Enfin pour trois bobines de même fabrication, constituées avec du fil de même diamètre nous avons eu pour tg 9 les valeurs suivantes pour 5oo périodes :
- Tableau II
- R tg? IMPÉDANCE
- I 0 OOO 0,17 99°°
- 20 OOO 0,64 i5 100
- 5o 000 I ,00 14 600
- Ces bobines se comportent, sous l’influence d’un courant alternatif, comme une ligne ayant une certaine capacité et une self négligeable (voir plus loin). A partir d’une certaine longueur l’impédance devient constante et la phase est égale à 45°. On pourrait augmenter la longueur du fil enroulé, couper son extrémité, la bobine aurait toujours même
- impédance pour un courant alternatif. Le fait nous a paru assez curieux pour mériter une mention particulière.
- La vérification des étalons de capacité et de self se fait sans difficulté dès qu’on est sur d’être en possession de résistances purement ohmiques.
- Prenons, par exemple, le dispositif de la déviation directe. Formons un circuit composé d’une résistance et d’un condensateur. Faisons varier la résistance ou la capacité, jusqu’à ce que les deux déviations produites par les forces électromotrices en phase et en quadrature soient égales. On aura à ce moment
- d’où
- G ~^R'
- Comme on connaît la valeur de w, on en déduira la valeur de C.
- Nous avons ainsi pu constater que les valeurs des condensateurs étalons, de construction soignée, sont très sensiblement exactes. Elles sont pratiquement indépendantes de la fréquence.
- Pour vérifier des selfs, on constituera un circuit de résonance, comprenant une résistance, une capacité et une self, telles que la déviation soit la même que si la résistance était seule. On a alors
- On peut aussi procéder à la même vérification en employant un pont à téléphone.
- Nous avons toujours trouvé que les étalons de self étaient suffisamment exacts pour les expériences que nous avions à réaliser.
- § 5. Dispositif de mesure.
- Pour mesurer les constantes des lignes, nous avons surtout employé le pont à télé-
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- phone, et comme générateur le ronfleur que nous avons décrit. Tout ce dispositif est simple à monter et facilement transportable, même sur le terrain. Très souvent, les résistances à mesurer sont faibles, il est inutile de. prendre des résistances spécialement construites pour les courants alternatifs à l’effet de constituer les branches de proportion ou la branche de comparaison. Mais ce qui est indispensable pour opérer avec précision, c’est d’avoir des étalons commodes (Je self et de capacité. Pour la self, il faut un dispositif dont la résistance soit constante et la: self variable graduellement dans de grandes limites. On emploie, à cet effet, un ensemble formé de deux bobines cylindriques placées l’une dans l’autre, et dont l’une est fixe et l’autre peut tourner autour d’un diamètre. Si les deux bobines ont une self à peu près égale L, suivant leur position respective leur ensemble aura une self qui variera de o à 4L.
- La insistance varie bien un peu, à cause des courants de Foucault qui se développent dans les conducteurs, mais l'augmentation apparente de résistance due à ce phénomène est peu importante. On peut d’ailleurs la mesurer et en tenir comple.
- Pour la capacité, il faut avoir des condensateurs divisés jusqu’au millième de microfarad, les vérifier avec soin, car pour des capacités aussi faibles, les constructeurs ne peuvent réaliser des valeurs rigoureusement exactes. Enfin, il faut avoir, pour les mêmes raisons que pour la self, une capacité graduellement variable. Nous nous sommes avantageusement servi d’un condensateur à air d’une capacité de 3 millièmes de micro-farad environ, formé par des armatures métalliques demi-circulaires, montées sur un axe commun, et dont une moitié est fixe et l’autre mobile, de sorte qu’une révolution d’un demi-tour autour de l’axe permet de dégager complètement les armatures mobiles et un mouvement de sens inverse de venir les intercaler entre les armatures fixes. On peut ainsi mesurer des capacités avec une
- précision qui atteint le millionième de microfarad.
- Calcul d'une mesure. — Nous avons vu que, pour mesurer les constantes d’une ligne il suffisait de déterminer la valeur de l’impédance d’une courte fraction de cette ligne. ;
- Si l’extrémité de la ligne l est bouclée, oh mesure une impédance, c’est-à-dire on détermine une résistance R et une self L, liées à la résistance p et à la self /, par unité dé lon-
- gueur, par la relation *
- R -j-i xmL = (p ~f- zwX) l.
- d’où
- R . L
- ? = 1 ' x = 7-
- Si l’extrémité est isolée, on détermine une capacité C et une résistance S liées à la capacité y et à la perte o- par l’équation
- i ___ i ' ______ a — fwy a —
- wC l (a -(- i top) l (<j2 -|- io2y2) 1(ù2'(2 ’
- d’où
- .. y = — . a = SZw2y2,
- en négligeant, ce qui est légitime, a2 devant a>2y2.
- Le calcul se fait donc sans difficulté. Mais si la longueur de la ligne a une certaine valeur, il n’est plus possible, comme nous; venons de le faire, d’admettre que la tangente : hyperbolique est égale à l’arc. ;
- Il faut conserver dans le développement > un terme ou deux de plus. Il suffira en: général de prendre
- ,,3/3
- tg hyp .Cil—al ——
- et de remplacer les données de l’expérience R, L, C et S par les valeurs çorxngées qui s’en déduisent sans difficulté
- . R' = R^i — |(o*CL^, .
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- 3 Juillet 1909.: ;
- \J = L — I to2 Cl) -j- I CR2,
- S' = (s -1 r) (i 4- I ü)2 cl) co2 C2,
- C' = c ^1 — ~ 0)2Cl).
- Voici un exemple :
- Ligne aérienne en cuivre, double fil de 3mm,5 de diamètre. Longueur iS1"11. Mesures
- faites à 1 oio et à 460 périodes.
- I 020 460 ~
- R 73,7 67,4
- L 0,046 0,044
- . s 7° 45'
- G 0?, no O?, IO7
- Les valeurs corrigées sont :
- 1020 ~ 460 —
- R' 64,9 65,4
- î"0 0 o' o,o43ô
- S' 49 a 4
- G' 0,1o5 0,107
- D’où l’on conclut :
- 1 020 4(10 ~
- P 3,6i 3,63
- ~k 0,00241 o,ooa42
- Y o,oo584 0,00595
- u 0,86 X 10 6 0,14 X ro;
- § 6. Conclusion.
- On voit que les valeurs trouvées par la résistance et la self-induction sont concordantes malgré la variation de la fréquence. Ces valeurs sont d'ailleurs conformes à celles qu’on peut déterminer par le calcul.
- Pour la capacité, il semble qu’elle augmente un peu quand la fréquence diminue: la perte, au contraire, augmente avec la fréquence, de sorte que l’isolement qui lui est inversement proportionnel varie dans le même sens que la capacité.
- Ces résultats s’expliquent facilement si
- on se reporte au phénomène bien connu de l’électrification. Quand on met une pile en relation avec un conducteur isolé, on constate deux phénomènes bien distincts. Le premier est un phénomène de charge du au pouvoir inducteur du milieu ambiant. Ce pouvoir inducteur est très vraisemblablement variable avec la fréquence, mais assez peu sensible à de faibles variations de cette fréquence, comme c’est ici le cas. Mais il y a de plus emmagasinement d’électricité dans le milieu ambiant, phénomène qui produit le fait bien Connu des décharges résiduelles et, en même temps, perte d’une certaine quantité d’électricité par défaut d’isolement. Le phénomène de la charge résiduelle est surtout important dans les premiers moments. Si donc le courant est de courte période, le courant de perte comprendra le courant dû au défaut d’isolement, et le courant d’électrification. Le courant total de perte sera donc d’autant plus grand que la fréquence sera plus élevée et dépendra surtout du courant d’électrification. C’est bien ce que l’expérience nous a montré. Pour les fils aériens, le phénomène est moins marqué que pour les souterrains, parce que l’air est un diélectrique plus parfait que les isolants usuels. Il est néanmoins sensible, parce que les fils sont supportés par des isolateurs qui doivent présenter le phénomène de l’électrification.
- Prenons maintenant, comme exemple, deux fils souterrains,dans un câble isolé à la gutta; longueur 3 ioom. Voici les résultats des expériences et les résultats calculés :
- I 020 ~ 460 ~
- R 59“5 00 e
- R' 58,6 58,6
- L ohooa35. ohoo237
- L' 0,00269 0,00272
- G o?a85 O GO CS C
- C' 0,286 0,289
- S 63“ 92“
- S'-' 43 7L.
- En courant continu la capacité est égale à 0137; on voit qu’elle a diminué d’une façon
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- très sensible, 2.5 % environ. L’isolement au bout de quelques secondes d’électrification est de 2 mégohnis. Il n’est plus ici que de 7 5oo ohms pour i 020 périodes et de 20000 pour 460 périodes.
- Pour un diélectrique plus généralement employé en téléphonie, le papier sec, le phénomène d’électrification est beaucoup moins important, et l’isolement est toujours de l’ordre de 100000 ohms par kilomètre. Nous ne pouvons pas insister ici sur un phénomène qu’il serait fort intéressant d’étudier plus à fond; nous nous contenterons de le signaler, et comme notre but est surtout de permettre au lecteur d’avoir une idée nette de la grandeur des constantes qui interviennent en téléphonie, car il nous serait impossible, sans cela, d’étudier les phénomènes de propagation, nous terminerons ce chapitre en donnant pour quelques fils aériens et pour quelques fils souterrains usuels les valeurs des constantes kilométriques que nous avons mesui’ées. (Tableau III.)
- de 1 000 et que déjà l’effet Thomson de localisation superficielle du courant se fait sentir.
- Le phénomène est plus marqué pour les circuits combinés. On sait qu’on appelle ainsi des circuits obtenus au moyen des 4 fils de 2 circuits ordinaires, les 2 fils de chacun des circuits composants servant à former un conducteur du circuit combiné. Là intèrviennent, à la fois, l’effet Thomson et les courants dé Foucault qui produisent une augmentation de la résistance et une diminution de la self.
- La capacité a une valeur supérieure à la valeur théorique de 6 X io~* microfarad environ par kilomètre. Cet excès représente la capacité des isolateurs. Pour les fils souterrains nous n’avons pas donné les valeurs théoriques à cause du peu d’exactitude avec laquelle est connue la distance des conducteurs. Cependant avec des données suffisamment approchées on peut vérifier que la valeur de la self est en bonne concordance avec la théorie, et
- Tableau III
- Constantes électriques des lignes téléphoniques usuelles.
- résistance EXPÉRIENCE self-induction capacité résistance CALCUL self-induction capacité
- / 5,nm ordinaire .... Fils H “ ' ' ’ ' aériens J 5 combiné " " „,, . X , mm ordinaire .... Cables / rj souterrains ) g’ >“79 2,81 4,91 0,934 1,44 44,2 7’1 I>9 »h27X 10—3 2,36 2,47 I,l6 1,22 0,466 o,53!> 0,621 5?7i X10—3 5,5, 5,20 ««,9 IO»7 43,2 48,7 41,5 I“77 2,76 4,9» 0,88 i,38 2ll26XlO~* 2,35 2,47 i,i3 0*7 5;i2Xio-3 4,93 4,69 10,24 9,86
- On remarquera que les valeurs obtenues sont très voisines des valeurs théoriques qu’on peut calculer au moyen de formules bien connues. La concordance est. tout à fait remarquable pour la self-induction. Pour la résistance, les fils de gros calibre offrent une légère augmentation. Ceci tient à ce que les expériences ont été faites avec une fréquence
- •que la valeur mesurée pour la capacité exige que le pouvoir inducteur de l’isolant (papier sec) soit compris enti’e i,5 et 1,9.
- Remarquons aussi que pour les cii’cuits combinés, la résistance et la self sont la moitié, la capacité le double par l'apport aux circuits composants. Ceci prouve que leur affaiblissement, dont nous pai'lerons plus
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- 3 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 13
- loin, est le même. En effet, l’affaiblissement est donné par la formule
- qui a la même valeur dans les deux cas.
- Conformément aux résultats que nous avons trouvés, nous admettrons, dans la suite, que les constantes sont pratiquement indépendantes de la fréquence. Cette hypothèse est très suffisamment exacte quand il s’agit de téléphonie.
- Enfin nous n’avons donné aucun chiffre pour l’isolement. C’est que cette dernière quantité est variable avec l’état d’humidité
- du milieu où se trouvent placés les conducteurs. Assez constant pour les lignes souterraines, car il dépend surtout du phénomène d’électrification dont nous avons parlé, il reste compris entre i mégohm et ioo ooo ohms environ; il peut au contraire varier pour les lignes aériennes entre une dizaine de méghoms et quelques centaines de mille ohms. Mais, par les plus mauvais temps, quand la ligne est en bon état, nous avons toujours trouvé plusieurs centaines de mille ohms, et par conséquent on peut, dans les circonstances les plus défavorables, admettre un demi-mégohm.
- (A suivre.) Devaux-Charbonnel.
- RÉACTANCE DE DISPERSION (Suite}"
- SÉPARATION des tensions (s)
- i) En monophasé sur phase I. — Nous avons relevé sur phase I la tension de 4o6 volts pour 7 ampères, avec ea = 5 et eb = 3,82 ; en résulte que la force électromotrice induite dans les bobines extérieures de cette phase est i8.5 -4- i2. 3,82 = i36 volts et la réac-
- i36 fr, _
- tance correspondante — = 19,4»
- 7
- La perméance X de deux côtés de bobines
- placés en parallèle peut être calculée approximativement suivant la formule
- X = 0,46. log. où
- a = distance des axes des côtés des bobines.
- us = périphérie des côtés des bobines.
- a = 0;G37 t.
- (') La Lumière Electrique, tome VI (2e série), p. 366.
- (* *) Dans la première partie de cette étude, l’auteur a obtenu pour les forces électromotrices induites dans les bobines extérieures, des deux côtés du stator, les valeurs suivantes :
- * ' ' 20
- pour (b) ^— e/, — 12 X e/j.
- ' C’est en effet ainsi que doivent se lire les deux formules finales (L. E., 19 juin, p. 36g). De même dans la
- figure 3 (Id.,Ibid.) on doit lire - lsc au lieu de lsc, et, à
- droite lsa au lieu de lSb-
- D’après mes recherches, la perméance dépend très peu de la forme, solénoïde ou disque, des bobines,du moment que a et sont identiques (fig. 4a bctc)-
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- LA LUMIÈRE ÉLE'CTR IQÜÈ T. VII (2«' Série); — W 27, -
- Nous écrivons : y* = 0,46 ÿ5.^log.—- + où
- ; qs s= nombre de bobines voisines de la même phase formant un pôle.
- l, = longueur d’un raccordement extérieur. a — 0,89 t.
- Fig. 46.
- Cl = T.
- !
- é
- Fig. 4c.
- Nous introduisons le facteur A pour tenir compte des influences éventuelles du fer et d’induction mutuelle; les essais nous permettent de déterminer sa valeur pour différentes dispositions.
- Nous avons donc à considérer les trois parties de À,.
- a) Xsa sur une longueur lsa — 45o
- et une périphérie usa = 260 ;
- b) Asi sur une longueur ls/l — 45o
- et une périphérie usb — 210 ;
- <") Xsc sur une longueur lsc = 470
- et une périphérie usc = 5oo.
- Les valeurs de Xsa, \b et sont à établir comme se rapportant à des bobines complètes ; pour les trois cas ls— 920“'“, donc :
- ^sa — 0,46.3 ^log
- 2.920 260 *
- + A
- ) = l’ll
- —|— 1,38 A,
- \sh = 0,46.2 (log -I- A) = 0,87 + 0,92 A,
- \ 210 /
- 'Xsa = 0,46.5 ^log + A^ = 1,29 -f 2,3,A.
- Ensuite les réactances deviennent : . ,
- = 12 ’5 • 5° '180 . 45( 1,17+1,38 A) = 3,56+4, a A, 1.3.1o8
- 12 5.5o.i2o2 . .
- ocsb~——-—r—. 45(o,87+0,9aA) = i,74+1,86A,
- &SC —
- 1.2.IO°
- 12,5.5o.3oo' 1.5.io8
- .4 7(1,29-}-2,3 A)=6,8-|-i2,i5A.
- •l'sa 4“ a:sh + &SC = I2,I-)-l8,2lA,
- d’où
- 12,1 -f- 18,21 A “ 19,45 et A — 0,4,
- 3,56 -f- 4,2.0,4 = 5,24 £ï,
- 1,74 -(- 1,86.0,4 = 2,48 Q,
- 6,8 -}- i2,i5.o,4 = 11,66Q.
- Gomme contrôle, nous avons les tensions
- eti—5 eteb = 3,82 relevées séparément sur les
- ... . ea. 180 5.i8o _
- spiresauxiliaires;--------- --------= 1,96, d
- efJ. 120 3,8.2.120
- faut donc que :
- *.« -)- g x,c soit égal à 1 ,ç)6j.r,6 -f- ( 1 — a) .rscj c’est-à-dire :
- 5,24 + g, 11,66 = 1,96 {2,48 -f- (1—i i,66j d’où : g = o,65.
- En effet, d’après la figure 3, on voit facilement que g doit être un peu plus grand 3
- qne -.
- La tension totale relevée sur la phase I a été de 4°6 volts, dont i36 volts pour les bobines extérieures; il reste donc 270 volts pour le bobinage logé dans les rainures.
- Par raison de symétrie, cette même tension de 270 volts doit se retrouver pour la partie de l’enroulement logé dans les rainures des deux autres phases. La force électromotrice induite dans les bobines extérieures de la phase II sera donc 447>2 — 270 = 177>2 volts
- ,Xsa ---
- &sl> —: Xsc =
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- 3 Juillet 4909VA? S : / ! R Ë V Ü E v E)L Ë C T KI Ci IT É
- ' ib
- et de -la phase III 480,— 270 = 210 volts; les réactances correspondantes sont
- 177,2 _ „ 210
- —:— =25 3 ü et — J -7
- 3o ü.
- 2) En < ino no phase sur phase II. — Pour cette phase : '
- ha = 710)
- hb = 710, hc = 470, ls — I 180,
- 2.1180
- Usa = 260 Wjô -— 210
- Use ~ 5po
- Xta-o,46.3 ^log a‘Jgo° + A)= 'j325 + i,38. A
- 3) Eh monophasé sur phase III. Nous avons :
- ha = 79°» Usa — 26omm
- hb = 79°, Usb — 210 ’
- O II usc — 5 00
- ls = X 2Q0.
- Nous trouvons dè la même manière :
- . A = 0,47, . .... /
- ce qui est un peu élevé.
- Les bobines extérieures de cette phase se trouvent plus près du fer du stator que les
- 1
- Fig. 5 (i).
- ^=0,46.2 Aog^-^ + A^) = 0,965 -f- o,92.A
- ^jc=o,46.5+ A^ = i,55o -j- 2,3o.A
- x:a—o,o6']5.'] 1 (1 ,325+i ,38.A) = 6,37+6,63.A .rj6=o,0450.71 (o,965+0,92. A)=3,08+2,94. A x'sc—o-, 1125.47(1,55o+2,3o.A)=8,17+ j 2, i o. A
- xta+xsb+xsc— 17,62+21,67. A=25,3Q
- don c A =0,355.
- autres (fi g. 5); c’est la raison pour laquelle nous y mesurons la tension assez éleyée, de 210 volts.
- Pour A = 0,4, elle deviendrait 200 volts et la tension totale serait 270 '-J- 200 = 470 volts au lieu de 480. (La suppression des plateaux paliers diminue la tension de 480 à 470,4 volts.)
- Il nous reste encore à déterminer la réactance du bobinage dans les rainures. Nous avons trouvé précédemment que la force électromotrice induite dans cette partie est
- (') Les chiffres ! et [II doivent être intervertis.
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- 16
- LA LUMIÈRE,5 ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série).K»27.
- 270 volts; la réactance totale est donc
- 2Z2 =38,6 0.
- . -7
- Il y a ici deux perméances à considérer :
- ln et Xk.
- La perméance X„ peut être déterminée exactement par la formule :
- = i,25 (-2- + ~ — + » a et*);
- nous avons donc :
- = ‘•*5 (;» + S + 4 + ^) = '’93
- sur une longueur 4 = h — 4i°mm, d’où
- 12 5.5o.3oo2 _
- Xs„ — ----r--g—.4i.i,97 = 9»iQ-
- 1.5.10“
- II reste pour
- x.k : 38,6 — 9,1= 29,5 Q.
- •termes soient exacts, nous pouvons /vérifier
- la valeur de — —.
- P
- ,=¥,=°\92 Sl0* (^)+’>1+5 log (np*) |
- =°792!2»99+51og(3,77Ùî)|=2,7,5+4,61og(3,77^ sur une longueur 4 — /,• = 410 millimètres. 12,5.5o.3oo2
- 'l'sk
- d’où
- • 41 {2,7 5+4I.og( 3,7 7(0) J=29,5,
- dî = 1,65.
- Nous pouvons encore vérifier les tensions relevées séparément sur les 1 parties de chaque phase; on a mesuré sur phase I :
- 4o6 = 2J2 154; e„ = 90 et eb — 46,
- donc il faut que :
- 252 = 270.0' -|- 90 et 154 = 270(1—<t') —)— 46, d’où
- D’après Arnold X*. pour q = 5 peut être calculée par :
- X* =
- »,9» j <°e(^) + v + s*»* ’•
- Dans îe premier terme on emploie, pour simplifier, 4 au lieu de z, ; pour notre machine 4 == 34,5 et Zj = 24,5, il y a donc une différence assez grande et nous calculerons avec Zj.
- Le facteur
- P +
- du dernier terme est un
- facteur de correction tenant compte de l’arrondi du pas polaire et est donc important pour les machines à faible nombre de pôles. En admettant que les deux premiers
- 0' = 0,6 et (1 — a') = 0,4.
- Le fait que a = 3/5 prouve que la presque totalité des lignes de force (xp„ <]>*) embrassent tous les fils des 5 rainures par pôle et phase.
- D’après le tableau d’essai n° 1 :
- La phase II induit dans la phase I : 94,5 volts,
- — III — — I : 86,6 —
- La phase II induit dans les spires auxiliaires :
- ea — i,52 et e6.= .i,o9, d’on 18. i,52-f- 12.1,09 = 40,5.
- La phase III induit dans les spires auxiliaires : ea= 1,23 et £*-=0,98, d’où 18. i,23-f- 12.0,98 = 34.
- ') AnKOLn, Die Wechselstromtechnik, tome IV, indique
- P .. . P •
- —;— au heu de -------.
- p + 1 P
- par erreur
- Le flux (41,t + àk) d’une phase induit donc 94,5 — 4«,5 = 54
- I par induction mutuelle ( gg’g__34 — 52 6
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- 3 Juillet 1909.
- revue D'électricité'
- 17
- en moyenne 53,3 volts dans chacune des deux autres phases.
- Les valeurs du tableau d’essai n° i peuvent être vérifiées par celles du tableau n° a ; il faut que la somme (e0_j + la force électromotrice induite par phase II dans phase I) du tableau n° i soit égale à la tension e0_l des phases I-II du tableau n° 2. En effet :
- TABLEAU K° I TABLEAU N° 3’
- 4p6 + 94,5 — 5ôô,5 498 volts
- 406 + 86,6 = 492,6 492 —
- 447,2+ 94,2 = 541,4 542 —
- 447,2+ 101 = 548,2 547 —
- 480 + 86,7 = 566,7 567 —
- 480 + 101,8 — 58i,8 57 3 —
- 4) En monophasé sur 2 phases en série. — Nous relevons Sur tableau n° 2 : phas.e:-I :
- e0_[ = 498,ea ~ 6,7 et eh = 5 ;
- 317 volts, ce qui devient 2 X 317 = 634 volts pour les 2 phases en série.
- Comme le démontré la figure 6, le courant a la même direction dans les rainures voisines des 2 phases; il en résulte que le couplage en série de 2 phases représente un enroulement avec double nombre de rainures par pôle.
- Nous devons donc calculer en prenant q = 10.
- La perméance X„, étant indépendante de q, a la même valeur que pour une phase, c’est-à-dire X„ = 1,97, d’.où
- i2,5.5o.6oo2
- #s,i =---------5—•/n. 1,97 = ï8,2Q
- i.io.io’
- et 7,xsn — 7.18,2 = 127 volts.
- Il reste donc : 634 — 127 =. 507 volts et la réactance correspondante sera
- xsk — — = 72,50.
- en faisant passer 7 ampères dans I-II :
- e0-t = 492>ea = 6,4 et eb 4,95;
- en faisant passer 7 ampères dans I-III :
- 18.6,7 + 12.5 = 181 et 18.6,4+ 12.4,95= 174,5.
- La force électromotrice totale induite dans les bobines extérieures de la phase I est donc
- J8l -j- 174,5 ^ T
- en moyenne ---------------= 170 volts. La
- phase I y induit elle-même 136 volts; il y a • 1 *78
- donc une augmentation de y^g = i,3i.
- Cette augmentation d,e la réactance des bobines extérieures par induction mutuelle des phases dépend de la forme et distance des bobines, mais se présentera toujours avec les enroulements bobinés par pôle. (Nous verrons plus loin que cette induction mutuelle est négligeable pour les enroulements bobinés par pôles conséquents.)
- Il reste pour le bobinage logé dans les rai-1 498 — 181 = 317 / .
- nures , . > ' „ donc en moyenne
- (492 — 174,5 = 317,51
- Nous avons trouvé que la réactance x,k pour une phase est 29,5 Li; 2 x 29,5 = 5g, il y a
- donc une augmentation de = i,a3.
- La perméance X* de 10 rainures couvrant 2/3 du pas polaire est donc 23 % plus élevée que celle des 5 rainures couvrant 1 /3 -c.
- Nous avons également :
- 12,5.5o .'6002
- Xsk = ------Z—.41 -X* = 72,5,
- I.IO.IO8'
- d’où ,X*= 7+5. \
- En écrivant :
- X/.=o,92 Iogf—)+5,6+iolog(-^-i0 )(=7,y5,
- nous trouvons pour B la valeur de 1,09.
- D’après ce résultat, l’influence de l’arrondi du pas polaire est moins grande pour un enroulement couvrant 2/3 -c que pour celui couvrant i/3 7. _
- 5) En triphasé. — En comparant les résultats d’essai du tableau n° 3 avec ceux du
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-
-
- \I6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Sérjô). — N- 27. ;
- ;taibleau n® 2, on remarque immédiatement que pour un même courant les tensions des phases correspondantes ont pour ainsi dire la même valeur :
- TABLEAU N® B : TABLEAU N° 3
- @0-—imoy —-— ^l9-*
- eô—im0y = 543
- eo—3moy 570 5^0
- Nous en tirons la conclusion importante que la réactance par phase en triphasé ne peut pas être établie en considérant une phase Séparément, mais qu’il faut déterminer celle de 2 phases en sérié et prendre la moitié.
- En effet, au moment où le courant dans une phase passe par zéro, les courants dans les 2 autres phases ont même valeur et même direction. — Ce fait est bien connu, mais jusqu’ici, on se contentait en général de calculer la réactance par phase et on négligeait l’influence de l’induction -mutuelle.
- Remarque. — Les machines à 2 pôles, sans rotor, ont une grande perméance X*, donc un champ intense dans l’intérieur du fer; l'introduction du rotor en court-circuit empêche la formation de cé champ et peut donc diminuer la réactance. Ainsi, avec son rotor à cage d’écureuil et un entrefer simple de 3mm, la réactance de notre stator diminue :
- En monophasé sur 1 phase de 43 % ;
- En monophasé de 2 phases en série de 3? %, et en triphasé de 5o %.
- En effet, comme Arnold l’a déjà fait remarquer, l’action démagnétisante du bobinage extérieur du rotor sur le flux t{/, du stator,, doit également être prise en considération ; ceci doit pourtant être peu .important pour notre cas où la bague de la cage d’écureuil dépasse très peu l’armature.
- (.A suivre.)
- J. Rezelman.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Des propriétés électriques des cupro -1 aluminiums (thermo - électricité et résistivité). — H. Pécheux. — Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 19 avril 1909.
- L’auteur a étudié pix cupro - aluminiums marchands, de fabrication courante ; ils ont fourni les résultats suivants:
- i’’ Thermo - électricité. —L’autèur a fait un couple de chacun des alliages (obtenus en. fils minces) avec le cuivre électrolytique. Chaque couple avait'sa soudure disposée à côté de celle d’un couple pyrométrique nickel-cuivrp bien étalonné; les soudures chaudes étaient portées lentement de la température' ambiante à la température de 820°.
- Les lectures obtenues pendant le refroidissement lent des soudures étaient seules conservées. La méthode suivie était toujours celle des déviations au galvanomètre Dcprez-d’Arsonval avec règle de Pog-gendorff.
- La force électromotrice de chaque couple suit une loi très sensiblement parabolique, les écarts observés étant bien inférieurs aux erreurs possibles de lecture au galvanomètre.
- Les pouvoirs thermo-électriques de ces couples, calculés à l’aide du tableau des forces éleclromotri-ces, peuvent être représentés par les formules suivantes (en microvolts) :
- dE
- ~di.
- Cupro-aluminium (à 3 % de Al)-Çu.. 2,34 -f-o,oo3oo£
- » (à 5 » )-Cu.. 2,53 -f-o,oo32o£
- » (à 6 » )-Cu.. 1.784-0,000 bot
- » (à 7,5 » )-Cu.. 1,59 -(-0,00090^
- » (à 10 » )-Cu.. 1,2i --(-0,001041
- » (à 94 » )-Cu..2,2i -|-o,oo68o£
- A l’aide de ces formules, on arrive à vérifier, conformément aux résultats fournis par l’expérimentation directe, que :
- a. Les alliages les plus riches en aluminium sont
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- 3 Juillet-4909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 19
- les plus éloignés, en général, de l’aluminium (dans la série thermo - électrique), exception faite pour l’alliage à 94 pour ioo d’aluminium, qui se rapproche davantage de ce métal.
- b. Les alliages cupro-aluminiums ne se suivent pas tous dans l’ordre de leur composition (contrairement aux conclusions de M. E. Steinmann, lequel d’ailleurs n’a étudié que les alliages de 5 pour ioo, 7,5 pour ioo, et io pour ioo, à trois températures seulement) ;• ainsi, en allant de l’aluminium au cuivre, dans la série, on trouve l’ordre suivant (à 5o° par exemple): 5 pour ioo, 3 pour ioo, 94 pour 100, 6 pour 100, 7,5 pour 100 (ces deux derniers très voisins), et 10 pour 100.
- _ c. De 5o° à 8oo°, il se produit quelques inversions modifiant l’ordre de la série ; il y a inversion des alliages 3 pour 100 et 94 pour 100 à 53°, des alliages 5 pour 100 et 94 pour 100 à 178°, des alliages 6 pour 100 et 7,5 pour 100 à 760°.
- Résistivité. — L’auteur a mesuré la résistivité des six alliages, enroulés en spirale, bien recuits au préalable, en les portant à des températures variables, dans'un bain de paraffine, de la température ambiante à 35o° ; la méthode, employée était celle du pont de Wheatstone à corde,
- Les résultats obtenus sont consignés dans les formules suivantes qui donnent la résistivité en mi-crohms :
- L’examen de ce tableau conduit aux interprétations suivantes : -i
- Cupro-aluminium à 3 %
- » à 5 »
- » à 6 - »
- » .». à. 7,5 »
- » à 10 »
- » à 94 »
- de Al., p,— 8,26 (i-f-o,ooio2< -f- o,ooooo3<2) .. p, =s 10,21 (i-f-d,000702 + 0,000002t2) ,. p(n= 11,62 (i-t-o,ooo55< -J-0,000002<2) .... p(= i3,62 (i+o,ooo36f -}-o,000001 <2) .. p, = 12,61 (i-+-o,ooo3-2< +0,00000112) .. p,— 3,io(i-|-o,oo38/ -J-o,oooooo3/2)
- a. La résistivité des cupro-aluminiums croît avec la teneur en aluminium jusqu’à 7,5 pour 100, alliage où elle est maxima ; elle décroît ensuite ; pour l’alliage à 94 pour 100, elle se rapproche beaucoup de celle de l’aluminium métallique.
- ‘b. Le coefficient de température principal diminue quand la teneur en aluminium augmente, jusqu’à 10 pour 100. A 94 pour 100 d’aluminium, il est voisin de celui de l’aluminium métallique.
- ..... jl... .u.:«.t • ‘«Vv-
- •
- c. L’addition de faibles quantités d’aluminium au cuivre augmente très sensiblement la résistivité du cuivre •, il n’en est pas de même de l’addition de faibles quantités de cuivre à l’aluminium ; la résistivité de ce dernier métal est à peine modifiée.
- A. S.
- CONSTRUCTION DE MACHINES
- Les pôles auxiliaires dans les machines à courant continu. Calcul et méthode d’essai. — G. N. Dodd. — Proeeedings of the American Insti-tute of Electrical Engineers, mai 1909.
- La méthode d’essai exposée par l’auteur, est d’une grande importance au point de vue de l’établissement des bobines auxiliaires ; elle limite les calculs et permet de régler correctement les bobines pour toutes les . charges, vitesses et tensions, au moyen d’une seule série d’essais faite pour une charge déterminée, lorsqu’il n’est pas possible de faire l’essai sous la pleine charge, avec la tension et la vitesse normales.
- Pour faire saisir sa théorie, l’auteur rappelle que la commutation n’est parfaite que si le courant est réparti uniformément sur la surface d’un balai, et qu’il faut pour cela que les trois conditions suivantes soient remplies :
- i° Chaque lame du collecteur doit être en contact parfait avec le balai sur la totalité de sa surface.
- Ceci est une simple question mécanique qui n’interviendra plus dans la suite de cette discussion.
- 20 La résistance du contact entre balai et lame doit être élevée par rapport.à la résistance des enroulements ou des connexions au collecteur, sinon la densité du courant sera exagérée sur les bords du balai.
- Cette condition est, en général, satisfaite dans les machines à courant continu, grâce à l’emploi de balais en charbon, de sorte que nous ne la considérerons pas davantage que la précédente.
- 3° Il ne doit prendre naissance aucune force électromotrice dans la bobine court-circuitée par le balai.
- Ceci est d’une importance capitale. C’est, en effet, cette force électromotrice qui cause presque toujours les mauvaises commutations.
- Si donc on pouvait soustraire la bobine en commutation à toute influence magnétique, et faire passer
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- 20
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — »• 27.
- le courant dans le balai selon la loi d’Ohm, la commutation, dit l’auteur, serait parfaite.'
- Il y a force électromotrice engendrée dans une bobine quelconque, lorsque cette bobine vient à couper les lignes de force.
- Ces lignes de force ont deux origines dans une machine électrique : tout d’abord, elles sont dues aux flux émanés des pôles principaux. Si, d’ailleurs, on laisse les balais calés sur la ligne neutre à toutes charges, la bobine soumise à la commutation se trouvera à un endroit où il n’y a pas de flux dû aux pôles principaux.
- Mais le flux perturbateur est un flux qui apparaît avec la charge.
- Une armature est une masse de fer doux; lorsque cette masse de fer doux porte un enroulement parcouru par un courant, tout se passe comme si l’on avait affaire à un tore métallique entouré d’un bobinage en fil de cuivre parcouru par un courant, et il en résulte un flux qui se compose à angle droit avec le flüx précédent, émané des pôles.
- Fig. i.
- Ce second flux, ou flux d’armature, présente une densité maxima au point où se fait la commutation, et c’est lui qu’il s’agit d’annuler à l’aide d’une disposition convenable des pôles auxiliaires.
- Ce flux est, on le voit, identique au flux dû à la self-induction de l’armature.
- CALCUL DES PÔLES AUXILIAIRES
- Données nécessaires. — Avant tout, il faut calculer la tension de la self-induction d’armature. On dispose, pour ce calcul, d’un grand nombre de bonnes formules.
- Connaissant la tension instantanée et la vitesse
- X
- périphérique de l’armature, on peut calculer la densité de flux nécessaire sous la face polaire.
- Face polaire. — L’auteur reproduit la formule
- donnée par le protesseur Arnold et d’après laquelle la largeur d’une face polaire est :
- Br-f- T— b ,
- avec :
- T = distance des encoches de centre à centre ;
- B/* = largeur d’un balai réduite au diamètre de l’armature ;
- b = largeur d’une lame du collecteur réduite au diamètre d’armature.
- Dimension des pôles. — Les pôles auxiliaires empêchent le crachement d’étincelles eh produisant un flux qui neutralise la partie du flux d’armature qui traverse les bobines soumises à la commutation.
- Cette compensation doit avoir lieu pour toutes les charges, jusqu’à la surcharge maxima prévue, sans qu’on ait à toucher aux bobinages; en d’autres termes, le flux qui traverse les pôles auxiliaires doit être proportionnel à la charge. Il est intéressant de considérer la question de plus près.
- Le courant qui traverse le bobinage auxiliaire constitue une certaine portion du courant d’armature. Il est donc possible de tracer la courbe qui donne la saturation d’un pôle auxiliaire en fonction du courant d’induit et du flux du pôle auxiliaire. Pour une machine donnée, cette courbe n’est pas invariable, mais on peut obtenir ses différentes déformations en faisant varier la proportion du courant d’induit qui passe à travers les bobines auxiliaires, de manière à altérer toutes les abscisses dans la même proportion. Lorsque tout le courant d’induit passe dans le bobinage auxiliaire, ces abscisses ont leur valeur minima et la courbe du flux auxiliaire a sa pente maxima. Si pour une certaine disposition du pôle auxiliaire on trace les deux courbes du flux d’armature et du flux auxiliaire, l’écart vertical entre ces deux courbes représente, pour une charge quelconque, le flux coupé par les enroulements de l’induit en ce point et, par suite, mesuré la tendance au crachement. Pour que la commutation soit sans, étincelles, il faut que cet écart vertical soit nul pour toutes les charges jusqu’à la surcharge maxima prévue, et, pour obtenir ce résultat, il faut agir sur la proportion de courant qui traverse les bobines auxiliaires.
- L’auteur montre alors que la coïncidence des deux courbes est impossible dans deux cas:
- i° Lorsqu’il n’y a pas un nombre suffisant de spires sur les bobines auxiliaires ;
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- R E VUE D’ÉL E C T RI C1T É
- 21
- 3 Jùilltet 1909. '
- a0 Loràque les pôles auxiliaires sont saturés à pleine charge.
- La surface polaire minima admissible est donnée par la formule :
- dans laquelle :
- Ap = section du pôle ;
- A/ — surface de l’épanouissement polaire;
- B/ = induction dans l’air;
- B/, = induction maxima dans le noyau polaire ;
- L = coefficient de fuites pour cent.
- Entrefer. — Il doit être aussi petit que le permettent les exigences de construction.
- Nombre de spires d’une bobine auxiliaire. — La résistance magnétique du circuit des pôles auxiliaires peut se calculer par les formules usuelles. Le fer étant au-dessous de la saturation, il suffit de calculer la résistance magnétique en considérant l’entrefer seul.
- Les ampères-tours totaux de la bobine auxiliaire, sont la somme des ampères-tours ainsi calculés et des ampères-tours d’armature.
- MÉTHODE d’essai DES PÔLES AUXILIAIRES.
- Cette méthode est une conséquence directe de la théorie précédente. L’auteur en fait remarquer la grande simplicité : elle consiste à régler les bobinages en cherchant à annuler la tension entre lames passant sous le balai.
- D’après l’auteur, cette méthode réunit les avantages suivants que doit présenter tout bon procédé de réglage :
- ip Etre rigoureusement exact ;
- a0 Etre, dans une certaine mesure, quantitatif ;
- 3° Etre facile à comprendre pour les hommes qui auront à l’appliquer ;
- 4" N’exiger que des instruments d’usage courant;
- 5° Donner quand il y a lieu des indications précises sur les modifications à apporter aux pôles ou aux bobinages ;.
- 6° Donner des renseignements définis sur la nature de la perturbation; par exemple, les résultats qu’elle fournit ne doivent pas être influencés par des causes accidentelles, telles que vibration du collecteur, défaut d’homogénéité du charbon, etc.
- La méthode ordinairement employée, qui consiste à se baser sur l’existence d’étincelles visibles
- aux balais, né satisfait au contraire nullement à la première condition, notamment aux faibles charges.
- Revenant à son procédé, l’auteur fait observer qu’on peut, lorsqu’il est impossible d’opérer à pleine charge, se contenter de faire le réglage pour le courant admissible, en cherchant à annuler la différence de potentiel ehtre deux points du collecteur situés sous le balai, à l’intervalle d’une largeur de balai, et il suffit pour cela d’un simple voltmètre.
- Il est dès lors indifférent que la machine essayée soit un moteur ou une génératrice, à pleine tension ou à tension réduite, à pleine vitesse ou à vitesse réduite. On suppose, bien entendu, dans ce qui précède, que l’on a acquis la certitude préalable (parle calcul ou par comparaison avec des machines analogues) que la section du pôle auxiliaire est capable de recevoir le flux de self-induction de l’armature, et cela dans les limites des surcharges prévues.
- La figure i montre la disposition des pôles principaux et auxiliaires dans le cas d’un générateur tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, ou d’un moteur tournant dans le sens opposé.
- On peut alors employer la règle suivante :
- Dans un générateur ordinaire en charge, les balais doivent être calés en avant, pour se trouver sous la face polaire neutralisante. Les pôles auxiliaires font rétrograder la place des pôles résultants, et, par suite, reportent la zone neutre sous le balai.
- Il en résulte que :
- Si, dans un générateur soumis à l'essai* la tension d’une lame qui passe sous le balai positif est plus élevée que celle de la lame précédente, c’est que le pôle est trop faible ; il faut donc augmenter le courant dans le pôle auxiliaire.
- Si la tension de la lame considérée est plus basse que celle de la précédente, cela indique que le pôle est trop énergique ; en d’autres termes, c’est que le champ du pôle situé en avant a été rejeté à l’intérieur de la zone de commutation.
- Si enfin les deux tensions sont les mêmes, c’est-que le pôle a l’action convenable.
- Les lectures peuvent se faire sur un voltmètre de 3 à 5 volts.
- Pour donner une idée de la précision de cette méthode, l’auteür cite une machine réglée par ce procédé, sous une charge de 200 ampères.
- La commutation se trouva encore très bonne pour une charge de 10.000 ampères.
- D’ailleurs on peut faire l’expérience suivante : régler les pôles auxiliaires pour toutes les charges sous la tension maxima, puis pour les mêmes inten-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N» 27.
- sites de courant, à 3/4 tension, i/a tension et i/4 tension, et enfin en mettant l’induit en court-circuit. Pour une même valeur du courant, le réglage donne les mêmes résultats sous toutes les tensions, et ce résultat est toujours celui qui correspond à la commutation parfaite dans tous les cas.
- S’il en était autrement, fait d’ailleurs remarquer l’auteur, le système ligner serait d’application impossible. ;
- Enfin, pour relever la courbe des saturations des pôles auxiliaires, on peut employer le dispositif de la figure a.
- G et F représentent l’induit et l’enroulement auxiliaire de la machine soumise à l’essai. B est un survolteur à excitation séparée ; A et A,., des ampèremètres, A,, pouvant être un appareil à zéro central.
- M. G.
- Les types récents de turbo-gènèrateurs.
- Nous avons réuni ci-après quelques-uns des perfectionnements les plus intéressants apportés récemment aux turbo-générateurs par les grandes maisons de construction (1).
- I.—Turbo-générateurs de la Britis h Westinghouse Electric and Manufacturing Co(2).
- i° Courant continu.
- On connaît les difficultés qui interviennent ici : l’introduction d’enroulements de compensation et de pôles de commutation ont porté remède à plusieurs d’entre elles, mais il resté encore beaucoup de problèmes à résoudre, relativement aux balais, à l’intensité maxima admissible par conducteur, et à la tension maxima par lame du collecteur.
- /’) Rappelons que dans le dernier numéro de La Lumière Electrique, nous avons décrit le groupe construit par la maison Brown-Boveri pour la station centrale de Buenos-Ay res.
- (2) D1' E. Rosenberg, E. T. Z., 24 juin 190g.
- La British Westinghouse Go emploie des balais en graphite glissant sur un collecteur radial au lieu du collecteur cylindrique ordinaire.
- Le collecteur radical diffère du collecteur ordinaire en ce qu’il porte, à intervalles égaux, des épanouissements circulaires perpendiculaires à son axe, sur lesquels viennent s’étaler radialement les lames.
- Entre deux épanouissements successifs se trouve un balai, qui frotte non seulement sur la surface cylindrique du corps du collecteur, mais encore, latéralement, sur les épanouissements des lames.
- On conçoit immédiatement les avantages d’une telle disposition r
- i° Pour une même longueur du collecteur, la surface de contact entre les lames et le balai est considérablement augmentée ;
- 20 La ventilation est beaucoup plus active ;
- 3° Les vibrations transversales parallèlement aux surfaces de contact ne peuvent plus se produire, et, par suite, n’exercent plus leur influence pernicieuse sur le contact balai-collecteur ;
- 4° L’écartement mutuel des balais frotteurs reste rigoureusement constant, et, conséquemment, leur pression de contact.
- En somme, pour avoir l’équivalent d’un collecteur radial, il faudrait qu’on pût disposer concentriquement deux collecteurs cylindriques ordinaires, les balais étant logés dans l’espace annulaire et frottant simultanément sur la surface externe du petit collecteur et sur la surface interne du grand.
- Le support des balais est aussi placé radialement. Il en résulte que :
- 5° La distance entre deux points quelconques de deux supports de balais de polarités opposées n’est jamais inférieure à la demi-périphérie du collecteur dans le cas de machines bipolaires, et au quart de cette même périphérie dans le cas de machines tétra-polaires.
- - Ceci est un grand avantage sur les dispositifs ordinaires, dans lesquels les supports de balais présentent un encombrement périphérique notable.
- Un deuxième perfectionnement important consiste dans la réduction de la tension entre lames du collecteur.
- On ramène cette tension à la moitié de sa valeur normale de la façon suivante : les deux extrémités d’une section aboutissent à deux lames du collecteur situées de part et d’autre d’une troisième, qui est reliée elle-même au' point milieu de la section, à l’aide d’un bobinage auxiliaire.
- Le conducteur auxiliaire passe dans les mêmes
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- encoches que le bobinage principal, de manière à présenter à la commutation une self-induction exactement proportionnelle.
- Les essais faits sur un turbo-générateur construit d’après ces principes, et ayant la spécification suivante :
- Nombre de pôles a. ..
- Puissance............ 3^5 kilowatts.
- Tension.............. 240 volts.
- Intensité............ i 56o ampères.
- Vitesse périphérique.. 3 ooo tours par minute.
- Heures de travail par semaine, i4o. ont accusé les résultats suivants :
- Au bout de 18 mois, aucune trace d’usure au collecteur; au bout de i5 mois, i5mnl d’usure aux balais.
- 2° Courant alternatif.
- Les rotors sont construits absolument cylindriques, comme les induits de machines à courant continu. Les avantages sont les suivants :
- i° On peut munir le rotor de canaux de ventilation perpendiculaires à l’axe de rotation ; le refroidissement est ainsi favorisé par l’action de la force centrifuge.
- 2° On peut saturer très fortement les dents du rotor sans avoir à compter avec une dispersion exagérée.
- En outre, on applique à ces machines le procédé de Miles Walkers, qui consiste, on le sait, à disposer dyssymétriquement les conducteurs dans les encoches, de telle sorte que les dents de chaque pôle, au moment où il est affaibli par la réaction d’induit, n’ont que fort peu d’influence.
- Au contraire, la partie postérieure du pôle est peu saturée : la réaction d’induit exerce alors ici une influence de renforcement, qui est à peu près proportionnelle aux ampères-tours. :
- Dès lors l’augmentation du champ magnétique dans cette partie se trouve supérieure à la diminution correspondante dans la partie antérieure, de sorte que la machine se trouve surcompoundée.
- On peut régler la machine pour toutes les valeurs du facteur de puissance. [On construit couramment aujourd’hui des turbo-générateurs de n4 ooo kw. près de 140 ooo K.VA) d’après ces principès.
- IL — TURBO-GENERATEURS EMPLOYÉS DANS L’iNDUSTRIE MINIERE (*)
- Nous citerons l’installation suivante, en raison de
- (*) Die Abdampf - Turbogeneraloranlage auf Zeche
- sa construction originale et de la grande économie d’exploitation. qu’elle a permis de réaliser, en service ininterrompu.
- • Puissance du groupe : 900! kw.
- Le compresseur d’air à piston, pour lequel a été créé ce grpupe avait les caractéristiques suivantes :
- Diamètre du cylindre à haute pression.. '
- Course du piston...................... 85omm
- La turbine à vapeur est du type à réaction.
- Les aubes sont insérées dans les encoches du> bâti et du tambour à l’aide de chevilles qui permettent de réaliser l’intervalle exact d’aube à aube et d’assurer leur stabilité.
- Le tambour est construit de telle sorte que le coefficient de sécurité à la rupture est égal à huit.
- Le jeu, radial aussi bien qu’axial, des aubes est extrêmement limité.
- La turbine est directement accouplée avec un générateur dont les caractéristiques sont :
- Puissance..... 900 kilowatts.
- Tension ...... 1 ooo volts.
- Fréquence.... 25
- Vitesse....... 1 5oo tours par minute.
- Cette machine est calculée pour fonctionner sous 1,2 atmosphère, avec un vide de 91 0/0.
- Le dispositif de condensation comprend un condenseur horizontal à surface à contre-courant ayant 65onl2 de surface refroidissante; l’eau est amenée par une pompe centrifuge de 795mS de débit à l’heure, avec une pression manométrique de iom et une vitesse de 485 tours par minute.
- Cette pompe est actionnée par un moteur triphasé de 46 HP et 485 tours par minute.
- La pompe à air fonctionne à 100 tours par minute et a 5iomm de diamètre, 45o,l,m de course de piston. Elle est actionnée par .un moteur de 26 HP et 730 tours par minute.
- Tous les moteurs fonctionnent sous 1 ooo volts et à 25 périodes.
- Pour évacuer l’eau de condensation on a prévu deux pompes de condensation différentielles de 3oo/i70mm de diamètre, et i2omm de course, avec une vitesse de 100 tours par minute. Elles sont mûes par un même moteur de 5 HP à 720 tours par minute. Chacune d’elles est assez puissante pour assurer le service en se passant de l’autre.
- Zollverein, Scliacht 4/5 ; Zeitschrift, fiir das Gesamte Turbinenwesen, 10 avril 1909. —
- Les machines décrites ici sont en service depuis le, 3 février 1908.
- RE VUE D’ÉL'ECTRICITÉf d 23
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2-Série). — N» 271
- III. — Turbo-générateurs
- POUR USINES DE TRACTION.
- Les turbo-dynamos de l’usine génératrice du tunnel de Saint-Clair (Etats-Unis) sont au nombre de deux, du type Westinghouse, et d’une puissance de i a5o kw. chacune.
- Elles fournissent du courant triphasé à 3 3oo volts et 25 périodes par seconde, avec une vitesse de rotation de i 5oo tours par minute.
- La proximité immédiate du fleuve permet d’employer des condenseurs à vide, qui sont installés à côté des groupes turbogénérateurs dans la salle des machines, et dont les pompes sont actionnées à la vapeur.
- Deux dynamos excitatrices, de 2a kw. de puissance chacune, servent à la mise en train, tandis qu’en marche normale le courant d’excitation est fourni par un transformateur triphasé - continu de kilowatts-heure.
- Les deux groupes de machines occupent un espace de i im,3o, sur in‘,8o, avec 2ln,4o de hauteur.
- Les dynamos sont pourvues d’ailettes de ventilation destinées à faire circuler l'air entre les enroulements et à assurer le refroidissement (').
- IV. — Essai d’un groupe turbo-générateur (2)
- On peut chercher à déterminer la consommation de vapeur par kilowatt-heure à pleine charge, à demi-charge et trois quarts de la pleine charge, dans les trois cas énumérés ci-dessous :
- i° Pour les kilowatts totaux produits par la turbine ;
- 2" Pour les kilowatts produits en considérant la puissance d’excitation comme une perte intérieure du groupe ;
- 3° Pour la puissance utile du groupe ; c’est-à-dire qu’on mesurera l’énergie électrique produite en faisant abstraction de celle employée par le dispositif de condensation.
- Exécution des mesures.
- On se rend compte de la consommation de vapeur
- (') L’article suivant contient la description complète de l’installation.
- (2) Untersuchungen eines 4 ooo kw. A.E. G, Turbo-generators, etc..., Zeitschrift ftir das gesamte Turbi-nemvesen.
- soit en mesurant l’eau condensée, ce qui a l’avantage de permettre des essais de courte durée (i heure), soit en évaluant le débit de l’eau d’alimentation.
- La pression de vapeur, le vide, la température de l’eau se mesurent au moyen dés manomètres, indicateurs de vide et thermomètres ordinaires.
- Pour les mesures électriques de l’énergie, on a le choix entre les dispositifs classiques.
- R. G.
- TRACTION
- Traction électrique dans le tunnel de Saint-Clair. — Perkins, F.-C. — Zeitschrift fiir das gesamte Turbineruvesen, 9 juin 1909.
- Depuis le 17 mai 1908, on a appliqué le courant monophasé à la traction des trains dans le tunnel de la Saint-Clair River.
- Ce tunnel, à une voie, a été construit en 1890 pour le transit entre Fort Huron (Michigan), et Sarnia (Ontario). II a 18oom de longueur ; les rampes d’accès (à 2 % ) sont respectivement longues de 7Üom et 990m ; elles sont également desservies électriquement. On n’a d’ailleurs eu jusqu’à présent qu’à se féliciter du remplacement par les locomotives électriques des locomotives à vapeur à anthracite qui assuraient précédemment le service dans ces sections de la voie.
- Le courant est amené au tunnel sur pylônes métalliques, dont les supports horizontaux sont placés à l’intervalle de y5m environ. La suspension des conducteurs en cuivre étiré est réalisée à l’aide de fils de support de i6mm, retenus par des isolateurs de telle sorte que les fils conducteurs se trouvent suspendus à 6m,i70. environ au-dessus de la voie.
- Dans le tunnel lui-même, la suspension devait satisfaire à la condition de ne pas laisser occuper par les amenées de courant plus de om,23 de la hauteur libre du tunnel. On est parvenu à résoudre ce problème en employant des supports métalliques fixés dans la voûte, à 3m,70 d’intervalle mutuel. Ces supports portent chacun deux isolateurs en spirale auxquels sont attachés les fils de fer de support. Les extrémités de ces derniers fils sont fixées, aux extrémités du tunnel, à deux consoles en fer. Cette disposition ménage constamment un espace suffisant entre les fils d’amenée de courant et les parois du tunnel, sans avoir à considérer la flexion
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- des conducteurs dûe à la pression des prises de courant.
- Les locomotives électriques, d’un type nouveau, construites selon le système des unités doubles, ont les caractéristiques suivantes :
- Poids en ordre de marche i 35 tonnes
- Moteurs du type Westinghouse :
- Nombre par locomotive, 6;
- Puissance, a5o HP ;
- Force de traction fournie au crochet d’accouplement, pour une vitesse de i6kl,‘ à l’heure a a5oke;
- Ces locomotives peuvent traîner des trains de i ooo tonhes sur les rampes' de a % . Leur vitesse maxima atteint 56km à l'heure ; en marche normale, leur vitesse ne doit pas dépasser 48k01 à l’heure.
- Le transformateur- monophasé, qui transforme le courant triphasé du réseau en courant monophasé à a35 volts est refroidi ainsi que les moteurs, par un ventilateur actionné par un petit moteur monophasé alimenté à ioo volts par le transformateur principal.
- Le faible débit de ce ventilateur est suffisant pour vaincre l’élévation de température, d’ailleurs relativement faible, que subissent le transformateur et les moteurs, même pour un fonctionnement à pleine charge de longue durée. L’air de refroidissement passe par une fenêtre latérale de la locomotive, est amené aux machines par des conduites en tôleÿ, qui longent la face inférieure de la plate-forme. De là l’air est, soit expulsé à l’extérieur, soit amené dans la cabine du conducteur qu’il sert à chauffer.
- La cabine du conducteur de chaque locomotive contient encore des compresseurs actionnés par des moteurs monophasés, et destinés à fournir la pression aux freins à air comprimé. Ceux-ci fonctionnent automatiquement par une pression de 7 atmosphères.
- Lapression de l’air est encore utilisée, en dehors du service des freins, pour une série de petites manœuvres auxiliaires, notamment pour la commande de tous les interrupteurs du sifflet, de la prise de courant, et du sablier.
- Les changements de vitesse s’opèrent en réglant la tension des moteurs, ce qui se fait encore par un jeu d’interrupteurs et de commutateurs mûs par l’air comprimé. Le circuit de ces commutateurs est dérivé sur l’interrupteur principal de marche, lequel n’est parcouru que par un courant sous la tension de •20 volts, fourni par une batterie d’accumulateurs.
- La batterie est chargée par un moteur-générateur particulier.
- Le contrôleur de marche a 21 touches ; ce nombre
- élevé permet d’obtenir une régularité très avantageuse dans la traction au crochet d’accouplement, pendant la mise en marche.
- Manœuvre.
- Le mécanicien commande :
- Par des manivelles, le contrôleur de marche et les freins; par des pédales, l’interrupteur principal et le sifflet.
- Usine génératrice.
- On a lu dans l’article précédent la spécification des turbo-dynamos de 1 25o kw employées dans l’exploitation.
- Le bâtiment des chaudières contient une réserve de charbon de 750 tonnes de capacité, à laquelle le charbon est amené par wagonnets à basculement, roulant sur une voie élevée.
- Il y a quatre chaudières.
- Toute la manœuvre de manutention duchai’bon est commandée par deux moteurs d’induction à faible vitesse périphérique, l’un de 10, l’autre de 20 chevaux.
- La chambre à charbon est en béton armé et repose sur les poutres armées de la charpente.
- L’air est fourni à chaque couple de chaudières par un ventilateur en tôle d’acier de 3m,4o de diamètre et de in',o5 de largeur, avec commande directe par une machine à vapeur à cylindre vertical. Les grilles des foyers des chaudières sont automatiques et pourvues de régulateurs actionnés par la machine de ventilation elle-même.
- L’éclairage de l’usine est fourni par le courant alternatif qui sort d’un transformateur de 3 3oo-i 10 volts. Ce transformateur est situé sous la salle où est rassemblé l’appareillage d’interruption (comprenant des interrupteurs dans l’huile, bien entendu) et un intcr^ rupteur spécial permet d’alimenter le circuit d’éclairage avec le courant des excitatrices.
- Les eaux pluviales qui tombent sur la rampe d’accès au tunnel sont évacuées par des pompes mûes électriquement.
- Au point terminus Port-Huron, il y a deux pompes de 3om3,4 de débit à la minute, actionnées par deux moteurs d’induction triphasés de 100 HP, à 3 3oo volts ;
- A l’autre extrémité du tunnel, Sarnia, fonctionnent deux pompes de 2om3,5 à la minute, actionnées par des moteurs de 200 HP,
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- Pour la vidange du tunnel lui-même, on a prévu dans chacune des deux stations terminales une pompe auxiliaire de om3,57 par minute, également à commande électrique.
- Les pompes se trouvent toujours prêtes à fonctionner, grâce à la pression qui existe en permanence dans leurs conduites d’eau comprimée.
- T. E.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Traité théorique et pratique des machines dynamo-électriques ; courants alternatifs. — Silvanus Thompson, traduit et adapté de l'anglais sur la septième édition, par E. Boistel (4e édition française). — Un volume in-8° raisin de 904 pages avec 572.ligures.
- — Ch. Béranger, éditeur, Paris et Liège. — Prix, relié : 35 francs.
- Ce volume, véritable monument de science électro-technique, traite exclusivement des courants alternatifs, en sorte qu’il devance la première partie du travail complet, consacrée aux courants continus.
- Cette interversion de l’ordre ordinaire de publication a été jugée nécessaire en raison du développement si puissant de la technique alternative.
- Voici d’ailleurs comment s’exprime l’auteur lui-même, directeur du collège Finsbury, à Londres, et que nous n’avons pas à présenter à des électrotechniciens :
- « Dans ces dernières années, la machinerie à courants alternatifs a pris une extension considérable et toute particulière qui justifie presque cette priorité. Le développement en a été si rapide et si complet que l’exposé systématique de son état actuel a exigé un remaniement radical de tout ce qui avait été dit jusqu’ici par l’auteur. Aussi, à une centaine de pages près, ce volume voit-il réellement le jour pour la première fois, ce qui subsiste des précédentes éditions en ayant été revu et même écrit de nouveau.
- Le chapitre 11, sur les fonctions périodiques, est entièrement neuf et aboutit à une méthode nouvelle et très simplifiée d’analyse harmonique appliquée dans le chapitre îv à la discussion des formes d’ondes de forces éiectromotriccs et de courant alternatifs, On y trouvera un mode pratique de détermination de la force électromotrice'et une analysé de l’influence des formes des surfaces polaires et de la répartition des enroulements d’induits sur cette forme d’onde.
- Le chapitre m contient, dans son ensemble, la
- description des divers types d’alternateurs avec leurs détails de construction.
- Le chapitre v est consacré aux dérivations magnétiques et aux réactions d’induits qui régissent le fonctionnement des alternateurs. Il y est beaucoup emprunté au principe de la superposition des champs magnétiques. En distinguant cette portion permanente de là réaction d’armature de la portion qui est périodique, on est amené à simplifier le mode de prédétermination de la courbe d’allure d’un alternateur sur charge inductive, tout en réalisant une plus grande exactitude qu’avec la plupart des méthodes indiquées jusqu’ici et dont les principales sont parallèlement exposées.
- Dans le chapitre vi sont donnés des schémas d’enroulement d’alternateurs de tous genres.
- Un des caractères particuliers de ce volume est l’importance donnée aux projets ou études de construction.
- Le chapitre vu est entièrement dévolu à ce travail préalable. On y trouve des formules simples mais rationnelles pour la détermination des dimensions des alternateurs des types les plus usuels. Ces expressions sont basées sur des constantes fournies par la pratique aux meilleurs constructeurs.
- La valeur intrinsèque de ces formules s’affirme dans le chapitre ix, où l’on voit leur égale application à l’étude des alternateurs à grande vitesse angulaire montés sur turbines à vapeur et à celle des machines à faible vitesse angulaire actionnées par de grandes machines à pistons. Un appendice au chapitre vii donne des méthodes de compoundage des alternateurs.
- Le chapitre vin renferme les analyses de quatorze alternateurs différents (à l’exclusion des turboalternateurs) Une attention spéciale est attribuée dans le chapitre îx aux récentes applications de l’attaque des machines par turbines à vapeur.
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- 27
- Le chapitre x traite brièvement des moteurs synchrones, des moteurs-générateurs et des convertisseurs, tandis que le chapitre xi aborde la question si délicate de la marche en parallèle des alternateurs.
- Les transformateurs et leur étude de construction font l’objet des chapitres xn et xiu.
- Le moteur d'induction triphasé, sa construction et l’analyse de nombreux spécimens du genre défrayent les chapitres xiv, xv et xvi. L’auteur y a adop lé un mode assez nouveau de traiter le diagramme d’Heyland, qu’il déduit directement des intensités dans les divers organes. Il présente sous forme de tableau les valeurs des quantités fondamentales qui régissent le fonctionnement du moteur
- d’induction et arrive ainsi à en simplifier grandement l’étude.
- Le chapitre xvn sur les alternomoteurs simples d’induction complète le précédent et le chapitre xvm enfin termine le volume par une étude •sommaire de l’alternomoteur simple à collecteur qui, dans ses diverses modifications, a récemment attiré l’attention et les recherches des ingénieurs électriciens . »
- La traduction et la mise au point de ce volume a constitué pour M. Boistel un travail considérable dont tous les électriciens français doivent lui savoir gré.
- T. R.
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS(1)
- ELECTROCHIMIE
- Coût d’une installation électrochimique de ÎOOOO H. P.pour la production de la fonte.
- Voici, d’après M. Héroult (2), les données économiques approximatives concernant une installation de ioooo HP, capable de produire 120 tonnes de fonte par 24 heures.
- FKAIS D’iNSTALLATION
- Fours, contacts, charpentes..... iaa5oofr.
- Soutes, goulottes, élévateurs.... 70000 »
- Broyeurs ........................... 20 000 »
- Régulateurs, etc.................... 52 5oo »
- Instruments..................... 7000 »
- Câbles conducteurs.............. 42 000 »
- Bâtiments........................... 52 5oo »
- (') Nous réunirons désormais sous cette rubrique une série de renseignements d’ordre économique, puisés aux meilleures sources, et destinés à servir d’éléments d’appréciation aux exploitants, aux ingénieurs-conseils, etc.
- (2) Cité par H. Marchand, « Les récentes expériences sur le traitement électrothermique des minerais de fer », ltcvue Générale des Sciences, 3o mai 1909.
- Mélangeurs........................... 5o 000 »
- Grues roulantes et voies............. 25 000 »
- Bascules................................ 7500 »
- Wagonnets à laitier............. 15 000 »
- Bacs à minerai..... ............ 15 000 »
- Atelier.............................. 25 000 »
- Total..... 5o/( 000 »
- Installation pour la fabrication du
- charbon de bois.............. 25o 000 »
- Usine génératrice............... 2 5oo 000 »
- Total..... 3254000 »
- Installation pour la fabrication d’électrodes .......................... 3o 000 »
- Imprévus.............................. 216000 »
- Total..... 3 5oo 000 »
- FRAIS DE PRODUCTION
- Amortissement 5 % \
- Dépréciations % J i5 % 525000.
- Intérêts 5 % )
- Soit, par tonne (43 200 tonnes pour 36o
- jours)..............................
- Minerai (à 55 % ) à 7 fr. 5o la tonne-, . . . Charbon de bois (demi-tonne) à 3o fr. la tonne...............................
- 12,i5 i 3 5o
- 15 »
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2® Série).—N* 27.
- Energie électrique.................... . 12 i5
- Main-d’œuvre............................ 5 »
- Calcaire ............................ 1 »
- Electrodes (18 livres).................. 1 80
- Frais généraux.................... 5 . »
- Total.... 65 60
- Coût d’un grand four électrique pour la fonte ou l’acievi')
- D’après M. Remo Catani (2), le prix de revient de la fonte est le même par le haut-fourneau ou j>ar le four électrique quand on a la relation :
- x, étant le prix du cheval-an, en francs;
- y, étant le prix de la tonne de coke, en francs ; •
- n, étant le nombre de kilogrammes de fonte brute
- produite par cheval-jour.
- Dans l’état actuel de l’industrie électrochimique, on peut prendre :
- n = 8.......
- pour un bon four électrique ordinaire. Notons, cependant, que M. Héroult, dont l’opinion est de quel que poids en la matière, croit qu’on pourra atteindre la valeur :
- n — i'i.
- La formule précédente suppose que les gaz du haut-fourneau aussi ,bien que du four électrique sont entièrement utilisés dans des moteurs; l’année est calculée égale à 8.000 heures.
- On voit que pour une valeur donnée de x o.u de y, n varie hyperboliquement en fonction de la quantité laissée variable.
- Le même auteur a donné une seconde formule qui convient au haut-fourneau seul :
- y = x (0,185 +
- Cette formule donne, pour n~ 12, très approximativement : x = 2y.
- (') Elcclrochcmical and Metallurgical Industry, juin 1909.
- (2) Associazione Elettrotecnica Italiana, Bulletin d’avril.
- DISCUSSION ÉCONOMIQUE DU COURANT A EMPLOYER
- On peut augmenter le facteur de puissance d’une exploitation de four électrique, en abaissant, soit la self-induction du circuit, soit la fréquence. La fréquence 25 est recommandée.
- Les avantages du courant triphasé sont :
- Neutralité de la sole;
- Grande facilité pour rendre le four rotatif ;
- Prix peu élevé de l’équipement électrique (alternateurs, ligne, transformateurs, etc...).
- Les inconvénients sont :
- Immersion d’uiie grande surface d'électrodes;
- Nombre élevé de supports d’électrodes,.ou grands supports placés dans une position peu favorable, c’est-à-dire exposés au rayonnement du four;
- Nécessité de marcher à pleine charge ou même en surcharge pour obtenir un rendement suffisant ;
- Courts-circuits possibles;
- Grandes dimensions du four.
- l’avenir de la production électhochimique de
- LA FONTE ET DE L’ACIER
- L’auteur conclut qu’on pourra arriver à construire des fours électriques de très grande puissance, correspondant aux grandes puissances atteintes, dès aujourd’hui, dans le domaine des turbines, des alternateurs, des transformateurs, etc., et que, dès lors, on saura produire la fonte et l’acier au four électrique à un prix moindre qu’à l’cdde du haut-fourneau.
- Coût de l’énergie électrochimique en Suède et en Norvège (').
- INSTALLATIONS PUISSANCE DES TURBINES HEVAUX HAUTEUR DE LA CHUTE MÈTRES* PRIX DU CHEVAL ÉLECT. DOLLARS
- Suède : Jossefors.. . , 1 Soo 7"\ 8° 70
- Frykfors.... 4 000 8m, 10 04 -
- Yngeredsfors 8 2ÜO i8'",oo 38
- Norvège : Vamaios .... 75 000 25m,80 26
- Tya 73 000 987™,00 36
- N. IJ. — Les deux dernières installations ne sont pas encore achevées ; le prix de l’énergie est indiqué d’après les estimations faites a priori.
- J. R.
- (*) Engineering, 12 et 19 mars 1909.
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- 3 Juillet 1909, REVUE D'ÉLECTRICITÉ .
- _ -- --^ ...... »- — Il ' I., |, ... ,
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Le Conseil d’administration du Secteur de la Place Clichy a rendu compte le 27 mai dernier d’un exercice de 18 mois commençaritle ier juillet 1907 et prenant fin le 3i décembre 1908. Les actionnaires en avaient ainsi décidé sur sa demande, pour que les exercices sociaux suivent les mêmes règles que ceux de la Compagnie Parisienne de distribution d’Electricité à laquelle le Secteur de Clichy est lié jus-, qu’en 1914 au même titre que tous les autres secteurs de Paris. Comme l’exercice se trouve à cheval sur l’ancien et le nouveau régime, il est difficile de tirer des chiffres de recettes de l’exploitation une conclusion quelconque. Nous remarquerons, ainsi que le fait ressortir le rapport, que le Secteur dessert 12608 abonnés avec une puissance de 198 700 héctowatts, ce qui représente sensiblement un hectowatt par habitant, le secteur en comprenant 199 000. Le compte de profits et pertes ne donne que leproduitnetde l’exploitation, 1 808 748 fr,, sans décompte pour l’année 1908, si bien qu’on ne peut dire dans quelle proportion il a augmenté. Cependant, du tableau annexé au rapport il est facile de conclure que la progression du nombre des polices signées est de 40 % par an depuis 1907, avec cette particularité que le nombrè d’hectowatts souscrits a diminué d’un quart en 1908 par rapport à 1907 et malgré la progression ci-dessus ; ce qui provient de la diffusion du nouveau mode d’éclairage et de la production de l’énergie chez les particuliers et dans les petits ateliers. Aces recettes, il y alieu d’ajouter pour intérêts et divers, 703 54o francs, provenant tant du produit des valeurs en portefeuille que de l’intérêt payé au secteur pour les sommes à valoir sur la partie de ses installations que lui rachète la Ville de Paris. Celle-ci d’ailleurs participe aux recettes dans une proportion non négligeable, plus de j/5 des profits nets ou 576281 francs. Après diverses attributions aux administrateurs, au personnel, aux amortissements, et à divers, il reste g3o 000 francs qui ont reçu l’affectation suivante: aux actionnaires, 810000 fr. à raison de 67 fr. 5o par action soit 9 % , aux administrateurs, 120 000 francs. Au passif, le compte amortissement du matériel s’élevant à 6000000 fr. a pour contre-partie à l’actif 3 511713 francs de valeurs en portefeuille et une partie du disponible qui est supérieur à 4 millions. Il y a en outre
- 1780 000 de réserves qui équivalent presque au i/3 du capital social; l’emploi de ces amortissements et’ réserves judicieusement fait dans l’organisation du Triphasé d’Asnières a donné au; Secteur de Clichy une situation privilégiée dont il profitëra amplement le jour où, cédant la place à la Compagnie parisienne de Distribution, il continuera à lui vendre son courant en même temps qu’aux communes de la banlieue de Paris qu’il englobe peu à peu dans son nouveau réseau. .
- L’au dernièrpnous avons eu l’occasion de signaler l’affectation des annuités que recevait la Société Italienne des Chemins de fer méridionaux en compensation de la cession de ses réseaux à l’Etat italien. Tous ces capitaux restitués ont été placés principalement dans des ateliers de mécanique et des entreprises électriques:; 19310000 lires employées en industries en plein développement ont rapporté 6,07 % ; 3 85oooo lires placées en industries en cours d’organisation ont rapporté 3,90 % ; enfin 29 123 5oo lires consacrées à des achats d’obligations et d’emprunts garantis ont rapporté 4>3o %. Si bien que l’intérêt moyen des capitaux employés ressort à 5,3o % alors que les «certificats de chemins de fer » rapportent 3,65 % . Ne faut-il pas louer hautement le conseil de la Société italienne d’avoir contribué ainsi àla prospérité d’affaires italiennes en adaptant son objet social à des participations industrielles, plutôt qu’enliquidant; et on remarquera la différence d'intérêt qui en résulte pour les actionnaires, si bien qu'il doivent être tentés de remercier l’État de les avoir rachetés !
- L'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing est toujours dans la première période d’organisation. On avait fait entrevoir une ouverture très rapide des deux lignes principales Lille-Roubaix, Lille-Tourcoing qui seront,évidemment les plus productives du réseau. Mais des retards dus à l’inachèvement des travaux du grand boulevard qui relie ces trois villes n’ont pas permis de commencer celte exploitation. Seules des lignes secondaires ont été ouvertes et donnent déjà, dit-on, des résultats satisfaisants; la recette moyenne par kilomètre-voiture sur 2ikm de ligne est de o fr. 40, chaque voiture accomplissant 18okni par jour ; le coefficient d’exploitation est de 82 % pour un nombre de voyageurs transportés-égal en moyenne au i/3des places, offertes. La Compagnie a, paraît-il, un matériel tout à fait nouveau et perfec-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIÏ (2* Série)
- N° 27.
- donné qui lui a valu des récompenses aux expositions de Londres et Marseille et qui répondra tout particulièrement aux besoins de l’importante agglomération de ces trois villes. Au 3i décembre 1908, le capital étant de 12 000 000 de francs, les frais de premier établissement ne s’élevaient qu’à 8 234 155 francs et les actionnaires avaient encore à verser plus de 3 000000. Nous remarquerons seulement que ces premiers exercices non productifs supportent 35o 000 fr. d’intérêts intercalaires qui s’ajoutent aux frais du premier établissement.
- La Société du Gaz et dé l’Electricité de Marseille clôt son exercice 1908 par uu bénéfice net de 1 58794a francs, dû plutôt, à l’augmentation de ses ventes de gaz qu’à l’accroissement du nombre de kilowatts-heures vendus. Les premières, malgré l’élévation des prix du charbon et certaines difficultés de main-d’œuvre, ont progressé de 13,17 % provenant surtout de l’emploi de plus en plus répandu des appareils de chauffage et de cuisine ; la demande de kilowatts pour l’éclairage et la force a doublé d’autre part d’une année à l’autre, mais les prix toujours très bas en raison de la concurrence de la Compagnie Générale d’Electricité ne sont pas très rémunérateurs. Il paraît cependant que la lutte très vive est restée courtoise au cours de l’exercice, et il semble qu’une entente interviendra tôt ou tard entre les deux concurrents. Les immobilisations au cours de l’année, tant pour le gaz que pour l’électricité, ont atteint un total de plus de 13 000000. La Société ne pouvait y faire face à l’aide de ses ressources ordinaires et le Conseil avait obtenu de ses actionnaires l’autorisation d’un emprunt que la ville de Marseille n’avait pas encore autorisé au 3i décembre 1908; si bien qu’au passif du bilan, le compte créditeurs divers atteint près de 10000000, tandis qu’à l'actif on ne trouve comme contre-partie de valeurs disponibles ou réalisables qu’une somme de 4 5oo 000 fr. environ. L’inertie de là municipalité aura créé à la Société des difficultés de trésorerie que l’émission de i3 millions d’obligations résoudra sous peu. Sur les bénéfices nets réalisés, les actionnaires touchent
- un intérêt de 5 % absorbant 1 194900 francs; 280931 francs sont consacrés à l’amortissement de 56a actions et 16 356 fr. sont versés à la ville de Marseille à titre dè participation aux bénéfices. Les actions de puissance ne reçoivent rien. Les grosses dépenses d’installation, nécessitées par l’extension du réseau gaz et la création du réseau électricité, semblent closes pour le moment et la Société va pouvoir consacrer tous ses efforts à leur faire rendre leur maximum.
- On sait que l’an dernier la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine a été amenée à prendre en régie l’exploitation de la Compagnie du Tramway de Paris à Saint-Germain et de la Compagnie des Tramways mécaniques. Les résultats de l’ensemble du trafic des tramways du département de la Seine ont donné 7 778 377 francs de recettes auxquelles il faut ajouter les recettes brutes hors trafic de l’expIoita.tion des tramways mécaniques qui se sont élevées à 2o5o 383 francs.
- Leur excédent sur les dépenses fait ressortir un produit brut de 1 427945 francs. Après amortissements divers,il reste un bénéfice net de 1 154 971 fr., un peu inférieur à celui de l’exercice précédent. L’assemblée a approuvé la répartition de ce bénéfice qui fixe un dividende de 25 francs à chacune des actions, qu’elles soient amorties, ou rachetées, ou de capital. Le Conseil étudie la transformation de la traction à vapeur en traction électrique sur la ligne de Saint-Germain et prévoit ainsi une dépense de 2 000 000 fr. qu’il ne pourra évidemment couvrir que par un em. prunt ou par une augmentation de capital. L’éloignement de la solution désirée de la réorganisation des transports en commun lui cause à ce point de vue un gros préjudice. Mais les intérêts des compagnies liés de bien près aux intérêts du public ne semblent pas peser bien lourd dans les préoccupations de tous les pouvoirs publics. Le coefficient d’exploitation qui est ici de 85 % ne pourra que se ressentir favorablement des mesures adoptées, et on comprend dès lors l’impatience du Conseil et des actionnaires de voir la solution du problème enfin réalisée.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Savoie. — Est déclaré d’utilité publique, par décret Au 19 juin, l’établissement d’un tramway de Chambéry au Bourget-du-Lac ; devis : 240000 francs.
- Autriche. — La question de l’électrification du chemin
- de fer métropolitain de Vienne sera résolue incessamment. Les dépenses pour la transformation sont évaluées à 40 millions de couronnes.
- ÉCLAIRAGE
- Nord. — Les Ateliers de Constructions Electriques du
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- 3 Juillet 4909. => REVUE D’ÉLË CTRlClT É — 31
- Nord et de l’Est viennent d’obtenir de la Société du gaz de Maubeuge, pour une somme de 2 400000 francs,1e monopole de l’éclairage électrique de la ville de Maubeuge.
- Turquie. — La Société italienne « Orient » fait des démarche sauprès de la préfecture de Constantinople pour obtenir les concessions de l’éclairage électrique et des tramways de la ville.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- France. — La communication téléphonique directe entre Paris et Madrid va être établie très prochainement. A cet effet* quatre nouveaux circuits : Bordeaux-Madrid, Cette-Barcelone, Bayonne-Saint-Sébastien et Perpignan-Gérone vont être construits et seront réunis chacun aux réseaux français et espagnol. La part des dépenses pour la France est de 600 000 francs. Les travaux devront être terminés et les .circuits ouverts à l’exploitation dans un délai de six mois.
- Equateur. — De nouveaux crédits ont été votés par le gouvernement de l’Equateur pour la construction de nouvelles lignes télégraphiques et l’achat de divers appareils téléphoniques et télégraphiques.
- DIVERS
- Espagne. — Il vient d’être accordé une somme de 100000 pesetas pour l’achat d’appareils scientifiques et instruments de précision destinés aux laboratoires et instituts techniques des principales villes d’Espagne.
- Chine. — D’après le Bulletin Commercial, il a été importé, en 1907, en Chine, pour 1 168 436 haikwantaëls de machines et appareils électriques et accessoires, soit, au taux de 4 fr. 09, pour 4778 go3 francs.
- A Shanghaï, pendant la même période, l’importation de ces articles s’est élevée à 4°6 95o haikwantaëls, soit environ i 664 425 francs. Les statistiques ne donnent aucun détail quant à la nature et à la provenance de cette importation.
- Dans les provinces de la juridiction consulaire de Shanghaï, et plus particulièrement dans cette ville, on utilise déjà un grand nombre d’appareils électriques, puisque dans les concessions étrangères surtout, l’éclairage privé et public se fait principalement par l’électricité.
- Dans la concession internationale cl dans la concession française de Shanghaï, les tramways sont à traction électrique. Dans la concession internationale, l’électricité est fournie par une usine municipale. Cette usine électrique
- municipale a fourni, l’été dernier, l’électricité : a) à 3 736 ventilateurs électriques de différents modèles, soit 170 chevaux de force; b) à 82 moteurs électriques d’une force totale de 53o chevaux. Parmi ces moteurs, il y en avait 40 pour ascenseurs, les autres sont utilisés pour la préparation et le nettoyage des plumes, les malaxeurs de bétons, la fabrication de tuyaux de ciment, les appareils d’essai de la soie, les appareils réfrigérants, les appareils mécaniques, l’argenture, le nickelage, l’imprimerie (les journaux surtout), les hachoirs pour nourriture de bétail, les pompes à incendie, les hachoirs pour tabac, les appareils pour boucheries (l’une d’elles utilise i5 chevaux de force).
- Il y a de nouvelles installations électriques en cours de construction, qui utiliseront plusieurs centaines de chevaux de force.
- Il est bon de noter que l’usine électrique loue des moteurs.
- Le coût de la force électrique, par unité, est de 1 sh. 3 d.
- Il y a lieu d’ajouter que les lampes utilisées à Shanghaï sont principalement à filaments métalliques des systèmes les plus récents. Les exportateurs ne doivent pas espérer pouvoir placer sur ce marché des articles de qualité inférieure ou d’un modèle trop ancien.
- L’usine fournit le courant à 171 918 lampes de huit bougies.
- Il a été vendu en 1908 pour :
- Unités. électr.
- Lumière privée......... 2 3g 1 586
- Lumière publique............ 445 i43
- Chauffage.................... 3 8o5
- Force motrice............... i54 65o
- Traction............... i43o88g
- L’usine................ 206702
- Total : 4 632 775
- Un terrain situé le long du Whangpoo a été acheté avec l’intention d’y installer une nouvelle usine électrique en 1910.
- Jusqu’à présent, les moteurs, les appareils, les lampes, les chaudières, etc.-, sont fournis principalement par des fabricants anglais.
- Enfin, c) l’usine municipale a fourni l’électricité pour les tramways électriques, installés par Bruce, Peebles et C».
- Le téléphone est très employé à Shanghaï et une société au capital de 1 million de taëls, Mutual Shanghaï Téléphoné Company, dessert les concessions et la ville chinoise. Le nombre des téléphones était de 2 55o environ en 1908 ; ce nombre s’accroît journellement.
- Dans la concession française, l’usine électrique a ét reprise par une société qui exploite en même temps les tramways et la distribution d’eau ; c’est la Compagnie
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. Vil(2?Série). ^~N° 27.
- française de tratnways et d'éclairage électriques de Shanghaï, dont le siège social est à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société anonyme Westinghouse. Le Havre.
- Feuilles descriptives. — Mars 1909. — Moteurs à induction polyphasés.
- Avril 1909. — Tramways électriques de Saint-Etienne, Firminy-Rive-de-Gier.
- Tramways monophasés de la Compagnie des Omn ibus et Tramways de Lyon.
- Glaenzer et C'e, Paris.
- Roulements D. W. F. avec double rangée de billes.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 17 juillet, à 11 heures, au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris fourniture de câbles électriques isolés au caoutchouc (4 lots). Demandes d’admission avant le 7 juillet.
- Le 20 juillet, à 3 heures, à l’Qffice Colonial, Palais-Royal, à Paris, fourniture de machines-outils destinées au railway de Kayes au Niger, i8'1 lot, caut. prov. ; 225 francs ; défin, : 45o francs; 2e lot, caut. prov. : 4oofr. ; défin. 800 francs.
- Le 27juillet, à 2 heures, à la mairie de Vernon (Eure), fourniture à l’atelier de construction de Vernon de deux moteurs à gaz d’éclairage, un de 2 chevaux et un de 5 chevaux. Production des pièces le i5 juillet.
- ITALIE
- Jusqu’au 11 juillet, aux chemins de fer de l’Etat italien à Rome, adjudication internationale pour la fourniture de 7 trépans, 4 aflilatrices et 2 ventilateurs; jusqu’au 18 juillet, pour la fourniture de 12 aflilatrices pour ustensiles et de 11 aflilatrices pour pointes de trépans ; — jusqu’au 20 juillet, pour la fourniture de 3 tours pour essieux montés de locomotives, etc.
- ALLEMAGNE
- Le 3 juillet, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Duisburg, fourniture d’une grue de transbordement de 20 oooks, actionnée électriquement.
- PARIS, — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-et-Unlème année. SAMEDI 10 JUILLET 1909. Tome VII (2* série).— N* 28.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- ! REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — Devaux-Chahbonnel. Etude sur les lignes téléphoniques [suite), p. 35. — J. Rezelman. Réactance de dispersion [suite], p. 3<j. — J. Escabd. Le ferro-tungstène. p. 44.
- Extraits des publications périodiques. —Méthodes et instruments de mesures. Galvanomètre pour courants alternatifs, Guinchant, p. 47. —- Arcs et lampes électriques. De la protection de l’oeil contre l’action des rayons ultra-violets des sources de lumière artificielles, M. Voege, p. 48. — Applications mécaniques. Commande électrique de laminoirs dans les aciéries américaines, E. Eichel, p. 49. — Télégraphie et Téléphonie. Protection des réseaux téléphoniques contre l'influence des lignes à courant alternatif, M Hôchstadter, p. 5i. — Sur une application nouvelle de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques dans un même circuit, E. Mercadier, p. 5a. — Bibliographie, p. 53. — Correspondance, p. 54. — Errata, p, 54.—Législation et contentieux. Arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux sur une question de droit administratif, P. Bougault, p. 55. -— Variétés. Sur les condensateurs à verre, J. A. Stôckly, p. 57. — Chronique industrielle et financière.— Chronique financière, p. 60. — Renseignements commerciaux, p. 62. — Adjudications, p. 63.
- ÉDITORIAL
- M. Devaux-Charbonnel aborde aujourd’hui le deuxième chapitre (impédance et affaiblissement) de son Etude sur les lignes téléphoniques.
- La plus importante des constantes d’une ligne est son affaiblissement. L’auteur la calcule tout d’abord dans le cas des lignes qu’il appelle lignes sans déformation : l’affaiblissement est alors indépendant de la fréquence.
- Pour les lignes usuelles, au contraire, l’affaiblissement est plus grand pour les fréquences élevées. On sait en effet que les lignes souterraines assourdissent la voix : elles suppriment ou atténuent dans une large mesure les sons aigus et ne laissent subsister que les sons graves.
- L’auteur conclut qu’il faudra, en pratique, tenir compte de l’isolement, des lignes aériennes pour juger de leurs qualités téléphoniques. Plus l’isolement est mauvais, plus le coefficient d’affaiblissement augmente. Quant aux lignes souterraines, leur isolement peut être pratiquement considéré comme infini.
- Au cours de son calcul, M. Devaux-Charbonnel a montré que l’affaiblissement d’une ligne se compose de deux parties : la première dépendant surtout de là résistance, la seconde de l’isolement.
- L’auteur passe alors à l’étude dés lignes pupinisées et montre que la pupinisation aura un effet très bon sur les fils de faible diamètre — et qu’au contraire elle est loin
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- 34 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N« 28.
- d’être aussi avantageuse qu’on poumiit le croire pour les câbles d’un certain diamètre.
- M. J. Rezelman décrit les expériences complémentaires qui lui ont permis de préciser la réactance de dispersion du stator envisagé dans son dernier article.
- Puis il étudie, au même point de vue, un turbo-alternateur triphasé de 3 Soo K VA à 4 pôles, 5o/i 5oo tours, 66oo volts entre phases.
- Les emplois industriels du ferro-tungstène, ou alliage de fer et de tungstène, se multiplient tous les jours et posent aux producteurs des problèmes nouveaux.
- M. J. Escard examine comment se présentent ces problèmes; il montre qu’il est malaisé, dans l’état actuel de l’industrie, de préparer du tungstène pur, de sorte qu’il s’agit surtout de savoir produire un alliage aussi peu carburé que possible.
- En fait, ce sont les alliages très carburés, dits fontes de tungstène, qu’il est le plus facile d’obtenir : la fonte de tungstène se forme en effet aisément en réduisant l’anhydride tungstique par le chai’bon.
- C’est à l’étude de la fonte de tungstène qu’est consacré l’article d’aujourd’hui.
- Dans nos Extraits de publications périodiques, on trouvera la description d’un galvanomètre pour courants alternatifs, dû à M. Guinchant, puis une très intéressante étude sur la protection de l'œil contre laction
- des rayons ultraviolets des sources de-lumière artificielle; M. Voege préconise pour chaque source de lumière une série de verres protecteurs dont il donne le détail.
- La commande électrique des laminoirs a pris récemment en Amérique un grand développement. M. Fichel décrit à ce propos une installation complète, comprenant deux moteurs continus compounds de i Soo chevaux, et une batterie avec deux compensatrices.
- M. Hôchstüdter propose une méthode de protection des réseaux téléphoniques contre les effets d’induction qui se produisent, non pas le long de la ligne, mais au poste même de téléphonie, lorsque celui-ci se trouve dans le voisinage d’une ligne de transmission à courant alternatif.
- MM. Mercadier et Magunna ont pu vérifier récemment que l’on peut appliquer avec succès le procédé de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques au cas où il n’y a qu’un seul fil télégraphique, relié à la terre, au lieu d’un circuit de deux fils.
- Les expériences Ont eu lieu entre Paris et Lyon.
- Enfin, dans un travail sur les condensateurs à verre, M. Stôckly examine la cause des divergences qui ont été observées entre les lois établies par Monasch et les résultats obtenus par d’autres expérimentateurs.
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- 10 Juillet 1909.. ..REVUE D’ÉLECTRICITE 95
- ÉTUDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES (Suite) <•>
- CHAPITRE II
- IMPÉDANCE ET AFFAIBLISSEMENT
- Nous avons vu au premier chapitre de cette étude que le courant et le voltage étaient donnés en chaque point d’une ligne par les formules
- E — Q0 j e~ax -f- Ke-“(«-*) } (i)
- I = ~ j e—as — Ke-al!f_I) | (a)
- Zj
- La quantité Q„ est liée au voltage à l’origine par la relation très simple
- O _______Eq
- i -f Ke—2ai’
- qui se déduit immédiatement de la formule (i) en faisant x = o.
- Rappelons que les quantités a et Z sont des constantes, dont l’une représente l’affaiblissement et la différence de phase, et l’autre l’impédance de la ligne. Enfin K est une fonction de l’impédance Z de la ligne et de celle Z,, de l’appareil qui est à son extrémité
- Nous allons maintenant étudier les différentes valeurs que peuvent prendre ces constantes. Suivant les spécifications des différentes lignes qu’on rencontre en téléphonie, lignes aériennes de différents calibres, lignes souterraines, et lignes dont les constantes ont été modifiées par des artifices particuliers.
- Nous commencerons par la plus importante, l’affaiblissement.
- (*) La Lumière Électrique, tomes VI et VII (20 série), p. 327, 391 et 7.
- § 1. Affaiblissement.
- La constante d’affaiblissement et de phase a est une imaginaire de la forme a-j-[3t qu’on peut calculer par la formule
- a2 = (a + p«)2 = (p -f- ,/trtX) (<t + tw'c).
- On en déduit
- a2 — p2 = ct p — (*>2-jA (3)
- j>a|3 — (o(X<7 -j- vp). (/,)
- Les quantités « et 3 sont évidemment positives; a, parce que l’affaiblissement est nécessairement positif et g parce que le produit «, p ne peut être que positif d’après la formule (4).
- Lignes sans déformation. — Ces quantités prennent une valeur très intéressante quand la relation
- Xc = yp
- est satisfaite.
- En effet a et (3 se réduisent aux expressions simples :
- L’affaiblissement a est donc indépendant de la fréquence. Tous les harmoniques sont affaiblis de la même manière ; il n’y a donc aucune déformation de la parole ; les différents sons qui la composent sont réduits dans la même proportion et ne présentent entre eux aucune différence de phase, car la vitesse v de propagation des ondes est également indépendante de leur fréquence
- <i> i . ___
- " “ P ~ VŸ*
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série)?—N"28.
- Les lignes qui jouissent de cette propriété peuvent être appelées lignes sans déformation.
- Ce cas particulier a donc une importance toute particulière à cause de sa simplicité. Voyons s’il se trouvera facilement réalisé en pratiqùe.
- Il nous suffira pour cela de comparer la valeur de a à celle qui ressort de l’équation
- D’une façon générale nous pouvons admettre que pour les différentes lignes usuelles on a les valeurs suivantes
- <7 7P X
- Lignes aériennes IO-6 io-5
- Lignes souterraines au papier. IO_b IO-3
- Lignes souterraines à la gutta. IO—'* »Xio-*
- Nous avons calculé la quantité — en don-
- X
- nant à p ld plus petite valeur possible de manière à ,1a rendre minimum. On voit que, malgré cela, a est encore toujours plus petit, il ne s’en rapproche que pour les câbles à la gutta, mais ces derniers sont peu usités en téléphonie.
- Si au contraire nous considérons un câble souterrain dont la self ait été augmentée par l’insertion de bobines (procédé Pupin, dont nous aurons occasion de parler fréquemment),
- Vrt
- nous pouvons trouver pour -L- des valeurs
- X
- bien plus faibles. Prenons un câble de i'nm en supposant que X ait été porté à oh,i. On aura
- YP
- X
- 4 X 4o X ur
- i,6 X io-s.
- On se trouve donc, dans ce cas, comme pour les câbles à la gutta, dans des conditions très voisines de celles qui conviennent pour que l’affaiblissement soit indépendant
- de la fréquence. Nous reviendrons plus longuement sur ce point quand nous étudierons les différentes espèces de lignes, et nous examinerons si cette circonstance est un avantage ou un inconvénient.
- Lignes usuelles. —Revenons aux lignes usuelles.
- On aura en général
- On sera donc loin du cas spécial que nous avons signalé et on se rapprochera plutôt de celui que nous allons étudier maintenant.
- Isolement infini. — Quand <r est nul, c’est à-dire quand l’isolement est assez grand pour qu’on puisse le considérer comme infini, les formules qui donnent a et ,6 sont les suivantes :
- a = y/— | — wX + + <*>2X2 J (5)
- P = \/^ { «X + v/p2 + <o2X* S (6)
- Ges formules sont encore trop compliquées pour qu’on puisse facilement saisir les phénomènes qui se passent sur les lignes. Nous ne considérerons que deux cas extrêmes. Quand on aura à traiter un problème particulier, il faudra examiner si l’on peut se contenter des formules approchées que nous allons rappeler ou si l’on doit prendre la formule complète.
- Les deux cas extrêmes à envisager sont, d’une part, celui où la self de la ligne est négligeable, d’autre part, celui où la self est assez grande pour que la résistance soit négligeable devant wX. Ges deux cas correspondent assez bien, le premier aux lignes souterraines de petit diamètre, le deuxième aux lignes aériennes de fort calibre.
- Dans le cas de lignes souterraines on aura
- “ = P = V/^- • , W.
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- 37
- On voit que l’affaiblissement est plus grand pour les fréquences élevées. C’est un fait constaté depuis bien longtemps que les lignes souterraines assourdissent la voix. Elles suppriment ou diminuent énormément les sons aigus et ne laissent subsister que les sons graves.
- Pour les lignes aériennes, on a
- = (8)
- On se trouve donc, pour les lignes aériennes, dans un cas analogue à celui qui a été déjà examiné. L’affaiblissement et la vitesse dès ondes sont indépendants de la fréquence, mais l’affaiblissement est la moitié seulement de ce que nous avions trouvé plus haut. On voit donc, dès maintenant, qu’il y a avantage à avoir un bon isolement, puisque nous pouvons ainsi réaliser une ligne qui ne déforme pas les sons et qui les affaiblit beaucoup moins que si l’isolement avait la valeur théorique qui correspond à la ligne sans déformation. Ce point n’a pas été toujours signalé avec assez d’insistance, et bien des techniciens croient encore qu’un isolement médiocre, mais d’une valeur convenablement choisie, est avantageux pour la transmission.
- Isolerhent fini. — Mais en général l’isolement ne sera pas infini, et il est utile devoir ce qui se passera dans ce cas. Nous pourrons poser
- c
- £
- 11 A ’
- £ étant une quantité [petite, généralement inférieure à un dixième.
- Les foi*mules du cas général, que nous donnons-ci-dessous
- a=\/~
- [W:
- P o^A + vV + a» A») (s2 + (Q2T2)
- (9).
- -gp-f-a>ayA 4- yV + to2A2) b)Y
- se réduisent pour, les lignes aériennes à
- * = (l+ *>___________________ <">
- P = «\/ï*\/. +4^53 (' — «)’ M
- Nous voyons que, même en tenant compte de l’isolement, dans les limites de la pratique, l’affaiblissement sera indépendant de la fréquence. Les lignes aériennes seront donc sans déformation. L’effet de l’imperfection de l’isolement sera seulement d’augmenter l’amortissement. On a mis quelquefois la valeur de a sous une forme intéressante. On peut écrire
- en remplaçant £ par sa valeur. On voit ainsi très nettement que l’affaiblissement d’une ligne se compose de deux parties. La première dépend surtout de la résistance et est due à la perte que subit le courant ; la deuxième est proportionnelle à l’isolement et est due à la baisse de voltage que ce défaut occasionne.
- Pour les lignes souterraines l’imperfection de l’isolement ne sera sensible que pour les basses fréquences, et encore seulement s’il s’agit de fils de très petits diamètres. On aura dans ce cas
- au lieu de la formule réduite que nous avons donnée plus haut (7).
- Mais pour les diamètres de amro,5 etau-des-sus, la correction due au défaut d’isolement est négligeable ; il en est de même pour tous les fils dès que la fréquence est un peu élevée. A la fréquence de 1 000, elle est insensible ; mais il faudra pour calculer « et |3 employer les formules complètes 5 et 6.
- En conclusion, il faudra en pratique tenir compte de l’isolement des lignes aériennes pour juger de leurs qualités téléphoniques.
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- LA LUMIÈRE ÉLECtRIQUE T. VII (3e Sérié). — 28. '
- :i's'
- La valeur du coefficient d’affaiblissement pourra augmenter de quelques dixièmes, si l’isolement devient défectueux. Pour les lignes souterraines ordinaires, l’isolement sera toujours assez élevé pour pouvoir être considéré comme pratiquement infini.
- . Lignés pupinisèes. — Il nous reste à examiner un cas des plus intéressants, celui des lignes où la self-induction a été augmentée d’une façon artificielle par l’introduction de bobines placées en série sur les conducteurs.
- On savait depuis longtemps que l’affaiblissement diminuait à mesure que la self augmentait. Gela tient à la présence du coefficient X en dénominateur dans l’expression de a. L’ingénieur Pupin estle premier qui ait établi par le calcul qu’il n’était pas nécessaire, pour obtenir ce résultat, que la self fût uniformément répartie tout le long du conducteur. Elle peut être constituée par des bobines, à condition qu’il y en ait un nombre suffisant, au moins six par longueur d’onde.
- Nous allons examiner quelle est l’amélio ration que l’on peut réaliser par ce procédé en admettant qu’il s’agisse seulement de deux types de bobine qui ont été assez généralement employés. Pour les fils aériens, on a pu augmenter la self de 0,020 henry par kilomètre, mais la résistance est accrue de i“4. Pour les souterrains, on aj pu atteindre 0,1 henry par kilomètre, mais la résistance a dû être augmentée de 20 environ (ces 20“ représentent 10“ de résistance ohmique et à peu près autant de résistance apparente due aux courants de Foucault).
- Considérons les fils aériens et prenons
- c== IO-6.
- Nous aurons
- x ______aX j o,5 pour les fils de 2mm,5
- ~~ 7 P ( 2,° — — 5
- et on trouve, en tenant compte de l’isole-
- ment, pour les valeurs de l’affaiblissement
- a
- 2mm,5 ordinaire................... 0,0067
- 2,5 pupinisé...................... o,oo3G
- 5 ordinaire....................... 0,0019
- 5 pupinisé........................ 0,0022
- On voit par ces chiffres que la pupinisation aura un effet très bon sur les fils de petit diamètre. Elle diminuera très sensiblement l’affaiblissement.
- Le fil de 2m,5 deviendra à peu près équivalent au fil de 4 millimètres.
- Mais il n’en sera pas de même pour les fils de fort calibre. L’augmentation de résistance due à l’insertion des bobines, et aussi l’importance beaucoup plus grande que prend l’isolement, fait que dans les conditions atmosphériques usuelles (isolement d’un mégohm par kilomètre), la pupinisation aura plutôt pour effet de diminuer les qualités téléphoniques de la ligne, sans compter que l’insertion des bobines créera des points faibles et tendra à rendre encore l’isolement moins élevé. Ce procédé sera donc bon pour permettre avec un fil de faible calibre d’atteindre des portées plus longues, mais il ne permettra pas d’augmenter la portée maximum de la téléphonie. A mesure que le diamètre croît, l’affaiblissement diminue. Une ligne de 5""" a en général une portée quatre fois plus grande que celle de 2inm,5. Mais la pupinisation ne permettra pas d’aller plus loin, car, appliquée à une ligne de 5ram, elle en diminuei’ait la portée.
- Voyons maintenant ce qui se passera sur les lignes souterraines.
- Nous ne considérerons que les deux types les plus usités en France : câbles au papier, fils de imm ou de 2mra,a.
- On a, en prenant pour a la valeur io-8
- gX ( 0,92 pour câble de 2min,5 (')
- £ 7P ~ I °>^7 — — i
- (') Faisons remarquer en passant la valeur considérable que prendrait e, s’il s’agissait de "câbles à la gutla pour lesquels <r.est de l’ordre de io_—*. La pupinisation de ces câbles doit être envisagée avec la plus grande prudence.
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- On calcule alors pour l’affaiblissement a en tenant compte du manque d’isolement
- uoo ~
- Câble 2mi”)5 ordinaire . o,oi3o
- — 2,5 pupinisé. . . . o,oi6G
- — i ordinaire..... o,o335
- — i pupinisé...... 0,0260
- 1 000
- 0,0236 o,oi66 0,0723 0,0260
- Ces chiffres nous paraissent fort intéressants, car ils montrent que le système Pupin n’est pas aussi avantageux qu’on pourrait le
- croire pour les câbles d’un certain diamètre. Le câble pupinisé est nettement supérieur, s’il s’agit d’un câble de i,nm de cuivre, c’est-à-dire des câbles employés dans les réseaux pour desservir les abonnés. Mais s’il s’agit du modèle de 2mm,5 de cuivre, l’avantage du câble pupinisé n’apparaît que si la fréquence est assez élevée. Nous reviendrons plus loin sur ce point. (A suivre.)
- Devaux-Ciiarbonnel.
- RÉACTANCE DE DISPERSION (Suite)™
- \
- Pour compléter les recherches sur ce stator, nous avons placé des spires auxiliaires dans l’intérieur du stator le long des rainures de la phase I. Il y a quatre fils dans la fente de chacune des cinq rainures ; leurs raccordements extérieurs longent le plateau de serrage de la carcasse. Ces spires auxiliaires nous permettent donc de mesurer le flux Les réactances ont été mesurées sans plateaux paliers :
- 1) En monophasé sur phase I;
- 2) En monophasé sur la partie (a) de la phase I ;
- 3) En monophasé sur la partie (h) de la phase I.
- En comparant ces essais avec les précédents, on remarque une légère diminution
- Tableau
- teaux : 3p3 au lieu de 4»6 volts pour 7 ampères. Il y a par phase :
- 10X60 = 600 fils principaux;
- 10 X 4 = 40 fils auxiliaires ; la force électromotrice induite dans la partie de l’enroulement logée dans les rainures et
- correspondant au flux <lu seront donc = 1S
- 4°
- X la force électromotrice induite dans les spires auxiliaires.
- SÉPARATION DES TENSIONS
- 1) Phase I. —Nous mesurons sur les spires auxiliaires etotai= 13,2, donc 15. 13,2 = 1 qSvolts
- d’essai
- e(a) em
- Lectures ! [a -}- b) 393 2/,2, I i5o,4
- avec un \
- courant de (rt) . 200,7 40,2
- 7 ampères
- dans 1 (b) 4 1 110
- TENSIONS SUR LES SPIRES AUXILIAIRES
- I 2 tpj ’ 3 4 5 ' w ^lotal
- ^ j 4 ^ j 7 3,25 2,8 2,72 2,4 6,2 VJ3 13,2 8,18
- 5,25
- de la réactance due à la suppression des pla-
- (*) La Lumière Electrique, tomes VI et VII (ae série), p. 366 et i3t
- et x,k
- 198
- 28,3 Q, au lieu de 29,3 O aux
- premiers essais.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — W 28,
- La réactance x)n est 9,1 Q; il reste donc pour les raccordements extérieurs :
- X,a + X* + ~ — — 28,3 ----- 9,1 = l8,8 Q,
- 7
- au lieu de 19,46 Q trouvé aux premiers essais avec plateaux.
- 2) Partie {a) de la phase I (3 encoches). —
- iü,5.5o.i8o2 /a 920 „„ , ,
- x,i= 1.3.108 •47-°.46.31og|-^+Aj=3,3o+4,38.A
- d’où
- Xsa+Xéc-6,86+8,58.A=9,95 A=0,36
- 3) Partie (b) de la phase I (2 encoches). — Nous trouvons de la même manière A = 0,427.
- B. Réactance du stator d'un turbo-alterna-
- UtiilrriAwiiM iâ
- Fig’. 6. — Direction du courant dans les rainures voisines de deux phases (').
- Nous mesurons sur les spires auxiliaires c„ = 6,2, donc i5. 6,2 = 93 volts et xah = o3
- — = i3,3 Q; la réactance totale est
- teur triphasé de 3 5oo KVA à 4 pôles, 5o pé^ riodes 1 5oo tours, 6 600 volts entre phases, le rotor étant enlevé (fig. 7).
- Dimensions :
- '1 = 28,7 Ü.
- La perméance X„ l'este 1,97, d’où 12. 5o. 1802
- i.3. ioa
- -. 41. 1,97 = 5,45 ü,
- il reste donc pour les raccordements extérieurs xsa -J- x,e = 28,7— 13,3 — 5,45 = 9,95 Q.
- Nous avons :
- ;sn=45o, «sn=a6omm 33o
- M2,5.5o.i8o2
- 1.3 IO8
- /,= 920mm
- .45,o,46.3^1og-~^-+Aji=3,56+4)ao. A
- <I>; = y5omm, T = 75omm
- /=ii5o — 26 X 7,5mn“, ^ = io5o
- 48 rainures (28 X 80), ti = 62,8
- s,i = 6, p — a, ? — 4-
- Le stator est bobiné par pôles conséquents, c’est-à-dire il y a 2 bobines par phase pour les 4 pôles; les raccordements de 4 encoches forment donc une bobine (fig. 7 et 8).
- Les longueurs extérieures ne sont pas les mêmes pour les 2 bobines ; pour celle située près du fer ls = 1 684mm et pour l’extérieure l, 1 824, la différence n’étant pas grande, nous calculons avec la valeur moyenne l, = 1 754 millimètres.
- Toutefois, comme les raccordements sont disposésen 2 plans, l’ensemble est entière-
- (9 La Lumière. Electrique, 3 juillet 1909, p. 17.
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- ment symétrique pour les trois phases.
- La longueur l9 se décompose en lÿ(n l3C \ par phase :
- Isa — ioio avec usa = Sqo'*1111, lsc — 744 avec usc — 585mm.
- Pour pouvoir séparer expérimentalement
- phase I. — Il y a 5 fils dans la fente de chacune des 4 rainures d’une bobine (fig. 7); leurs raccordements extérieurs longent le plateau de serrage de la carcasse. Ces spires auxiliaires nous permettent donc de mesurer le flux ^ (l).
- Tableau d’essai n° 1
- ‘"a—i c’0—2 <*0-3 Cou- rant I Watts W i ph. TENSIONS SUR LES SPIRES AUXILIAIRES c cos 9 Résistance ohmique par phase Ri HR* w i*r,
- 5 spir. d 5 spir. c 5 spir. r 5. spir. S ek
- Lectures / j avec un L * ' * ’ courant de 1 a5 amp. j dans / Irr phase. \ 48,3 6, 2 6,3 6, 22 48 6,4 0,2 6, 25 48,8 25 » » .78 78 80 2, 70 4- 2,85-(-2, 78 -h 2, 5o = io, 83 _p -|- 4~ -— = 2,3 — _|_ _p —' = 2,3 5o 5o 5o 0,0645 » 0,066 0,062 » » 39 » » •2 » 2,o5
- Tableau d'essai n° a
- e entre phases e0—1 e0—2 53 52,7 O e0—3 I W 2 ph. TENSIONS SUR LES SPIRES AUXILIAIRES c cos-p Résistance ohmique 2 phases ou série Rs vn\2 W i2b2
- 5 spir. d 0 spir. c 5 spir. f 5 spir. èr ck
- Lectures 1 avec un 1 I-II.. courant de 1 25 amp. ( II-III. dans 1 2 phases 1 III-I. en série. | 105,7 105,9 106,5 52,9 O 53,3 O 52, 7 53,7 25 25 2 5 i56 158 i58 3, 20.+3, 37 3, 25 4- 3,02 = 12,84 0 4~ <> 4~ 0 4~ <» = 0 3,22 4- 3,40 4~ 3,31 + i, oa = 12,98 56 5o r><> <>,o:>9 » » 0, 124 » » ?» )) » 2 2,02 »
- Tableau d'essai n° 3
- e entre phases eo—1 e0—3 <*0-3 I W 1 ph. TENSIONS SUR LES SPIRES AUXILIAIRES c cos 9 Ri muj W I2Rj
- 5 spir. d d spir. e 0 spir. /' 5 spir. S ck
- Lectures / en II.... mesurant 1 le courant < Il. .. dea5amp. J dans f IIT... phase. | 93,7 94,3 93, i y 53,2 53,9 53 53, a 53,2 53,9 55 54,5 53,8 2,5 )) )) 72 72 74 3,25 4-3,4i 4-3,354-3,i =i3,ii 3,25 4-- 3,41 4-3,354-3,0 =i3,oi 3, ai 4-3,35 + 3, îo-|-3,0 = 12,86 5o 5o 5o o, o54 » 0, o55 0,062 )) )) 39 » » i,85 » 1,9°
- Pour chaque lecture la tension est sensiblement la même entre les 3 phases.
- les perméances Xn, X* etXM nous avons placé des spires auxiliaires dans l’intérieur du stator le long des rainures d’un pôle de la
- (*) En réalité, nous mesurons avec ccs spires auxiliaires également une partie de flux *p$ produite par lS(i des raccordements extérieurs ; la séparation donnerait toutefois une complication inutile.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — N- 28.
- Essais. — Des mesures ont été faites sur chaque phase :
- Fig.7.
- i) En monophasé par phase;
- a) En monophasé deux phases en série ;
- 3) En triphasé.
- Concernant les résultats, nous pouvons faire les mêmes remarques qu’aux essais
- teaux de protection ; l’augmentation de la tension produite par le placement des plateaux est négligeable, mais les watts augmentent de i5 %.
- Il y a par phase 16 X! 6= 96 fils principaux et 8 X 5 = /jo fils auxiliaires.
- La force électro-motrice induite dans la partie de l’enroulement logée dans les rainures et correspondant au flux <j/t, sera donc 6
- -,- — a,4 X la force éleclromotrice induite 4o
- dans les spires auxiliaires.
- SEDAHATION DES TENSIONS
- 1) En monophasé sur phase I. —Nous me surons sur les spires auxiliaires
- ek =. io,83, donc 2,4.10,83 = 26 volts,
- 26
- Ct 'À'sfc — «— — 1,04
- s*
- Nous avons également :
- 12,5.5o.482 •
- &sk =---------;—. l/c. K/.-, ou lk = 1, = 1 o5o-
- 2.4 .
- = 0,189.x*:= 1,04, donc X* = 5,5o
- Fig. 8.
- précédents. Ce stator a été essayé sans pla- | Pour 4 rainures par pôle et phase :
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- 1108 ( tt)+' +410* (5^ 'B) I=
- =o,9^jlog(^) + .,40+4108(^.8)
- =-5,5o
- donc
- d’où
- 2,87 + 4 log(4.B) =5,98 B = i.5
- Déterminons :
- w /65 ,5.0 >
- X»— D25 ( -—---------h R
- \69 a3 29 6
- longueur lH = li = io5o; donc
- i2,5.5o.482
- a,o4 sur une
- -—. io5.2,o4 = o,385Q,
- Il reste pour les raccordements extérieurs :
- 48,3 — 26 — 25.0,385 = .12,7 volts,
- d’où ~r~ = 0,507 G.
- 25
- Nous avons pour Xs : ls = 1 754,
- l$a = 1010 avec usa — 39omm, he — 744 avec uSü = 585
- donc
- \sa = 0,46.^ (log —— +
- = 0,46.4 (log ^ + A^ = 1,76 -J- 1,84. A
- Xsc = 0,46.q„ (log —— + a)
- \ Use /
- “ °>46.4 ^!<>g ---H = 1,435 + 1,84 .A
- donc
- À — O.
- 2). En monophasé sur 2 phases en série et en triphasé. . ,
- Les tableaux d’essai n° 2 et 3 donnent :
- eu — 13, i volts, donc 2.2,4.13,1 = 63 volts,
- et
- Xsk = ~ = 2 52 Q.
- ^ ri
- 20
- et
- Xsar
- x$cz
- ia,5.5o.48a ‘2.4.10® i2,5.5o.482 2.4.1 o8
- .101(1,76+1,84. A)=o,3a +o,335 .A
- d’où
- . 74,4(1,435+1,84. A)=o, 192+0,247. A
- ... r —
- ^«+^50—0,5 12+0,58a. A=o,507
- 0,0086
- Nous avons trouvé que la réactance pour une phase est 1,04 ü; 2 X i#,o4 = 2,08,
- 2 52
- il ÿa donc une augmentation de —— = 1, 21.
- 2,08
- La perméance de 8 rainures couvrant 2/3 du pas polaire est donc 21 % plus élevée que celle des 4 rainures couvrant i/3 t.
- Pour la machine précédente à 2 pôles et 5 rainures couvrant i/3t, une augmentation de 23 % a,été constatée.
- Nous avons :
- I2,5.5o.q62 ^ •
- Xsk —------t:--s—. 100 . K/( = 0,378 ,À* = 2,52,
- 2.8.10®
- d'où Xa = 6,66.
- En écrivant : •
- _X*=o,9a |l°g( ~ j+4,2-f-81og(~- • B^ | = 6,66,
- nous trouvons pour B la valeur de 0,92, donc
- de nouveau peu différente de l’unité.
- La perméance X„. conserve la valeur de 2,o4,
- . 19.,5. 5o. 96" . „
- donc — --------------f- . ioa. 2,04 = 0,77 ü,
- 2.0. 10
- et 2;). 0,77 — 19,25 volts.
- Il reste pour les raccordements extérieurs ; 107 — 63 — 19,25 = 24,75 volts, d’où
- = 0,99 Ü, c’est-à-dire par phase 0,495 ü,
- 20
- au lieu de 0,007 ^ trouvé en monophasé sur une phase.
- L’égalité de ces réactances nous prouve
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). N» 28.» ?
- qu’il n’y a pas d'induction muluolle extérieure entre phases, avec la disposition des raccordements employée pour cette machine.
- La ligure ô montre le sens du courant dans les raccordements extérieurs du bobinage par pôle et la figure <8 le sens du courant dans les raccordements du bobinage par pôle
- conséquent. On voit dans la première figure que les raccordements des différentes phases sont parcourus par des courants de même sens; ceci ne se présente pas dans la seconde disposition, ce qui explique leur différence.
- {A suivre.)
- J. RliZELMAN.
- /
- SUR LA CONSTITUTION DES ALLIAGES TUNGSTÈNE-CARBONE ET FER-TUNGSTÈNE-CARBONE
- ÉTAT ACTUEL DE L’INDUSTRIE
- DU
- FERRO-TUNGSTËNE
- Le tungstène était considéré il y a quelques années à peine comme un métal rare. Mais dans ces derniers temps, on a été amené à en multiplier les emplois qui ont engendré consécutivement la recherche de gisements nouveaux de ce métal. Malgré cela, les minerais propres de tungstène sont assez restreints et ils se bornent surtout au wolfram, tungstatc de manganèse et de 1er répondant approximativement à la formule (Mn, Fc) TuO4, et à la scheelite, qui est un tung-state de calcium répondant à la formule TuCFCa.
- La préparation du tungstène métallique renfermant peu ou pas d’impuretés n’est pas encore très avancée et, généralement, on utilise le tungstène sous forme d’alliage avec le fer (ferro-tung-stène) qui renferme toujours une certaine proportion de carbone. Il est cependant des cas où l’emploi du tungstène pur rendraitdegrands services, particulièrement dans la fabrication de certains alliages spéciaux où l’on a besoin d’un métal contenant le minimum de substances étrangères. En face de l’impossibilité où l’on est d’arriver à de tels résultats, le problème actuel de la production industrielle du tungstène revient à préparer un métal ou un alliage aussi peu carburé que possible, bien que l’obtention île la fonte de tungstène paraisse, au premier abord, être la plus économique.
- § I. — Fonte de tungstène.
- La fonte de tungstène, ou tungstène fortement carburé, se forme facilement lors de la réduction de l’anhydride tungstique par le charbon. Elle se prépare aisément à la chaleur du four électrique et peut être regardée comme composée de différents carbures de tungstène plus ou moins riches en ce métal.
- Le carbure CTu se forme principalement lorsqu’on chauffe au four électrique un mélange d’acide tungstique, de fer et de charbon ; le carbure CTu4 prend naissance lorsqu’on réduit l’acide tungstique par le carbure de calcium ou qu’on met en présence le charbon et l’acide tungstique. Dans le premier cas, le fer abaisse le point de fusion du métal et c’est pour cela que le composé CTu peut prendre naissance; mais, si l’on chauffe à la température de l’arc ce dernier carbure, il se transforme en carbure CTu2 et abandonne du graphite. Le carbure CTu2 se forme donc à une température plus élevée que le carbure CTu.
- M. Williams a obtenu le carbure CTu en chauffant dans un violent feu de forge un mélange composé de i20sr d’acide tungstique, aoerde coke de pétrole et i5oB'4 de fer. On peut également se servir du four électrique pour effectuer cette
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- opération et chauffer par exemple pendant cinq ou six minutes le mélange précédent avec un courant de 900 ampères sous 45 volts. On obtient ainsi un culot très cassant renfermant une assez forte proportion de graphite; la séparation du carbure est effectuée par des attaques successives à l’acide chlorhydrique, au chlore, etc. Les cristaux obtenus sont plus gros que ceux préparés au feu de forge et ils se rencontrent principalement à là surface du culot métallique. Le rendement, qui est toujours très faible, peut être augmenté si, au lieu d’un refroidissement brusque dans l’eau froide, on produit un abaissement dé température plus lent; mais alors les cristaux sont beaucoup moins nets.
- Ce carbure CTu a l’aspect d’une poudré gris de fer qui, examinée au microscope, paraît formée de cristaux cubiques non transparents. Sa dui’eté est assez grande car il raye facilement le quartz. Sa densité, à 180, est de 15,7. Chauffé au rouge dans un courant d’hydrogène pur et sec, il ne s’altère pas, mais, placé dans les mêmes conditions en présence d’oxygène ou d’air, il s’oxyde lentement avec formation d’acide tungstique et d’acide carbonique. L’azote n’a sur lui aucune action au rouge, mais le lluor l’attaque à froid avec, incandescence ; le brome et l’iode sont sans action même au rouge vif. Mis en présence d’acide chlorhydrique pendant trois heures dans un tube scellé et à la température de 35° C, il ne produit aucune réaction ; il se sépare cependant, après refroidissement, une quantité considérable de cristaux de chlorure de sodium, par suite de l’attaque du verre par l'acide. Il est attaqué lentement par les acides nitrique et sulfurique et, en présence de chlorate ou de nitrate de potassium, il s’oxyde facilement si l’on chauffe suffisamment; le carbonate et le bisulfate de potasse ne l’attaquent que très lentement.
- Pour doser le carbone et le tungstène dans ce composé, M. Williams propose de brûler le carbone dans un courant d’oxygène; en pesant l’acide carbonique produit, on obtient la quantité de carbone combinée. On oxyde ensuite le carbure dans un courant d’air pour le transformer en acides tungstique, et de la sorte on connaît également la proportion de métal entrée en combinaison avec le carbone. On obtient ainsi 94 % environ de tungstène et 6 % de carbone, nombres qui se rapprochent très près de ceux correspondant à la formule CTu.
- Le carbure CTu2, dont nous avons indiqué plus haut le mode de formation, a été préparé pour la première fois par Moissan. Il se présente en fragments d’aspect cristallin ou en globules fondus entièrement composés de carbure de tungstène et capables de rayer facilement le corindon. Sa couleur est gris de fer. Il prend feu dans le fluor à la température ordinaire et brûle dans l’oxygène à r>oo° en fournissant de l’acide lung-r stique et de l’acide carbonique. A l’état liquide, il dissout facilement le carbone qu’il abandonne ensuite sous forme de graphite; ce dernier est en petits cristaux de couleur noire, très brillants, de forme irrégulière et s’oxydant après trois séries d’attaques par un mélange d’acide nitrique et de chlorate de potassium. Au rouge, ce carburé brûle facilement dans le protoxyde et le bioxyde d’azote et exerce des actions chimiques, diverses sur les acides.
- * *
- On peut préparer facilement de la fonte de tungstène au four électrique en plaçant dans le creuset de l’appareil un mélange d’acide tung-f stique et de charbon. En employant un courant, de 35o ampères environ sous 70 volts, on obtient après dix minutes d’opération un culot pouvant peser i2oK1'. Les fontes que l’on prépare ainsi contiennent.de o,5o % à 6,5o % de carbone. Elles possèdent une cassure brillante et se recouvrent parfois d’une belle couche d’oxyde bleu de tungstène. Elles ont généralement une grande dureté comme les carbures dont elles sontformées ainsi qu’un poids spécifique élevé.
- Ce procédé de la réduction de l’anhydride tungstique par le charbon pour l’obtention de la fonte de tungstène peut être étendu à l’industrie, en opérant par exemple dans 1111 four à électrodes à deux foyers conjugués et en utilisant comme électrode intermédiaire un canal rempli de tungstène carburé ou non; il se produit alors dans la scorie en fusion une zone de réduction supérieure et une zone oxydante à la partie inférieure en contact avec le bain métallique; celui-ci peut donc, dans une certaine mesure, s’affiner ainsi automatiquement.
- On n’arrivè pas toutefois, en appliquant ce procédé, à obtenir directement de la fonte de tungstène contenant moins de a % de carbone. Il faut, pour abaisser cette teneur à i,5 % , addi-
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- tionncr le métal fondu de ao % environ de fer doux en barres.-A, l’aide d’un bain de bioxyde de tungstène maintenu à la surface du métal et sans addition do carbone pulvérulent, on peut arriver à un pourcentage de carbone encore inférieur à ce dernier chiffre.
- Pour éviter des dégagements tumultueux de gaz pendant l’opération (oxyde de carbone principalement), on prépare au préalable un mélange de charbon et d’anhydride (ou de bioxyde) de tungstène et on agglomère le tout avec 4 ou 5 % de goudron et 2 à 3 % de brai sec; on malaxe, puis on presse cette masse de manière à la transformer en boulets ovoïdes ou en fragments irréguliers que l’on introduit tels quels dans le four. L’oxyde de carbone peut ainsi filti-er à travers les substances en réaction sans entraîner de matières au dehors et par suite sans occasionner de pertes.
- ¥• ¥
- La fonte de tungstène à base de carbure CTu2 peut également être préparée à l’aide du carbure de calcium, en faisant réagir ce corps sur l’anhydride tungstique ou le bioxyde de tungstène en présence de la silice. On obtient alors l’une des deux réactions suivantes :
- 6Tu03-f7C2Ca+7Si02=:3CTu2+7Si03Ca4-iiC0, 6Tu02+5C2Ca-|-5Si02 = 3GTu2 + 5Si03Ga-l-7C0.
- L’inconvénient de cette méthode est d’introduire dans la fonte produite tout le soufre et le phosphore que contient généralement le carbure de calcium, ce qui nuit beaucoup à ses applications industrielles. M. Gin a toutefois expérimenté cette fabrication en projetant dans un four à carbure de calcium en fonctionnement une certaine quantité de bioxyde de tungstène ; la réaction se produit rapidement et il est possible d’obtenir ainsi, en deux heures et demie environ et avec une puissance de 3oo kw., une coulée de i5okK de fonte de tungstène contenant 3,i % environ de carbone.
- x § IL — Ferro-tungstène.
- Le fer uni au tungstène forme avec ce métal des alliages de première importance, doués de propriétés spéciales et que l’industrie utilise sous le
- nom de ferro-tungstènes. Ces alliages sontconnus depuis un certain nombre d’années, mais la difficulté de leur préparation en avait limité l’emploi à quelques fabrications spéciales. Leur principale qualité est de communiquer h l’acier des propriétés caractéristiques et que nous étudierons plus loin.
- Les premières observations concernant les alliages de fer et de tungstène sont dues à Ber-nouilli, qui montra que la fonte de fer ordinaire,, chauffée avec de l’acide tungstique, donnait des composés ayant une très grande dureté. En i834, Berthier obtint également des alliages dé fer et de tungstène, et en 1868, le capitaine Caron* reprenant l’étude de ces composés) constata que leur ténacité et leur dureté étaient proportionnelles à la quantité de tungstène introduite dans l’alliage. En 1887, M. Osmond observa que le tungstène relève les points de transformation du fer, et que, de même que le manganèse, il retarde à la fois le changement moléculaire du fer et la recalescence. Depuis cette époque, de nombreux savants et industriels, entre autres MM. Carnot et Goûtai, Williams, Gin, Vigouroux, etc., ont étudié attentivement les différents composés définis de fer et de tungstène et préparé des alliages de ces métaux par des méthodes diverses. Ils ont notamment établi l’existence de cinq alliages définis de fer et de tungstène que nous allons énumérer avant d’entreprendre l’étude des ferro-tungstènes proprement dits dont ils forment la base.
- Parmi ces alliages, il en est plusieurs qui n’ont èu jusqu’ici qu’un intérêt purement scientifique; d’autres, au contraire, entrent dans la constitution des ferro-tungstènes industriels. Nous nous arrêterons donc davantage à l'étude de ces derniers.
- FeTu4. — Cet alliage est le plus riche en tungstène que nous connaissions. Son existence a été signalée en 1897 par Norton dans un composé de fer et de tungstène remarquable par sa dureté. Son analyse a donné des nombres correspondant à peu près à la formule Fe 1 u4.
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- FeTu3. — Cet alliage, qui est aussi dur que
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- le corindon, a été obtenu, en 1893, par Polcck et Grützner qui le retirèrent d’un échantillon provenant des usines de Bierman et l’obtinrent en cristaux très nets ayant la forme hexagonale. Il se présente sous une apparence blanchâtre, couleur d’argent, avec une densité égale à 17 environ. Il n’exerce aucune action sur l’aiguille aimantée.
- Au point de vue chimique, cet alliage est attaqué par- le fluor à une température peu élevée et par le chlore au rouge sombre. L’oxygène se combine directement avec lui à cette même température. Les hydracides ne l’attaquent que faiblement ou même pas du tout; par contre, l’acide nitrique et l’eau régale fluorhydrique le dissolvent avec facilité. Le chlorate et le nitrate de potassium fondus l’attaqüent avec incandescence lorsqu’il est finement porphyrisé.
- FeaTu2. — En 1894, de Beuneville a reconnu la présence de ce corps dans les composés métallurgiques industriels et, plus récemment, en 1906, M. Vigouroux a pu le préparer à l’aide de procédés que nous .indiquerons plus loin et en étudier les principales propriétés.
- Cet alliage se présente sous forme de lamelles brillantes et à éclat métallique très prononcé. Sa densité, à o°, est de 13,89. H n’exerce aucune action sur l’aiguille aimantée. Le chlore l’attaque vivement à la température de 35o° sans laisser de résidu, mais l’oxygène n’agit sur lui qu’à partir du rouge vif; à cette même température, l’acide chlorhydrique gazeux ne l’attaque que très faiblement. Son meilleur dissolvant est le bisulfate de potasse qui l’attaque au rouge sombre avec
- rapidité. Le chlorate de potasse agit peu et l’azotate de potasse ne l’attaque qu’au rouge vif, mais alors avec incandescence; les carbonates alcalins le désagrègent également au rouge vif. L’action des acides en solution est peu évidente ; les acides nitrique et chlorhydrique 11’agissent pas d’une façon sensible et l’eau régale très faiblement; quant à l’acide sulfurique, il n’agit que lorsqu’il est à l’état concentré et bouillant.
- Fe2Tu. — Ce composé, que Behrcns a trouvé dans des ferro-tungstènes à5o % , 11’a encore été que très peu étudié: On sait simplement qu’il cristallise en octaèdres.
- Fe3Tu. — Ce carbure a été isolé par MM, Carnot et Goûtai d’un ferro-tungstene à 6 %, très peu carburé, au cours de recherches sur les constituants des fontes et des aciers. En 1900, M. Gin l’a préparé en assez grande quantité par la réduction du ferro-silicium au moyen de l’acide tungstique.
- Il se présente sous forme de cristaux octaédriques ayant un aspect argen tin et brillant, une densité voisine de 10,7 et une dureté égale à 6. Il est magnétique. Le chlore l’attaque à la température du rouge; l’oxygène et l’air n’ont aucune action sur lui à la température ordinaire, mais ils l'attaquent au rouge sombre de même que la vapeur de soufre. Les hydracides agissent sur lui lorsqu’ils sont à l’état gazeux, mais avec moins de facilité lorsqu’ils sont dissous; l’acide nitrique le dissout rapidement.
- (A suivre.) J. Escakd.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Galvanomètre poui' courants alternatifs. — Guinchant. — Académie des Sciences, séance du 2 juin 1909.
- La mesure des résistances, par la méthode de Kohlrausch, devient très pénible et môme impossible quand l’un des bras du pont introduit un décalage du courant. Une self-induction, une polarisation, une capacité insuffisantes pour produire une différence sensible entre la résistance apparente et la résistance
- ohmique déterminent un son parasite qui enlève toute précision aux mesures. Pour la môme raison, les ponts complexes, tels que celui de lord Kelvin, donnent de mauvais résultats au téléphone.
- Au cours d’études sur les électrolytes solides, M. Guinchant a remplacé le téléphone par le galvanomètre suivant : une lamelle de fer suspendue par un fil de cocon est placée au centre de deux bobines fixes.à axes rectangulaires. L’une des bobines (à gros fil) reçoit un courant alternatif constant, l’autre (à fil lin) remplace le téléphone.
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- La première est orientée perpendiculairement au méridien magnétique, par conséquent perpendiculairement à la lamelle de fer dirigée par le champ terrestre; ce champ est d’ailleurs presque annulé par un aimant extérieur, en sorte que le champ alternatif intervient à peu près seul comme champ directeur. Tout courant alternatif de môme période passant dans la bobine à fil fin donne un champ perpendiculaire au premier et fait dévier la lamelle. Le sens de la déviation change suivant que le décalage des deux courants, est inférieur ou supérieur à it.
- Dans les mesures au pont, on a ainsi, comme avec le courant continu, un déplacement dont, le sens change quand on passe parla, position d'équilibre.
- On voit facilement que la valeur trouvée pour la résistance mesure, rigoureusement parlant, la résistance apparente et non la résistance ohmique. L’appareil, fonctionnant également avec le courant continu, permet de comparer très rapidement les deux mesures.
- Dans le galvanomètre en service, les bobines ont comme résistance 5",o5 et i65'*\ Le courant alternatif est pris sur le secteur urbain; un courant de 3
- -— d’ampère dans la bobine à gros fil donne une i oo
- déviation de i“ul’, sur échelle à ira, pour une différence de potentiel de io-5 volt environ aux bornes de la bobine à fil fin. Cette sensibilité est celle du téléphone ordinairement employé dans les mesures au pont, mais elle peut être facilement augmentée sans craindre les phénomènes accessoires qui rendent inutilisables les téléphonés sensibles^,
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- De la protection de l’œil contre l’action des rayons ultra-violets de nos sources de lumière artificielle. — W. Voege. — lîlektrotechniche Zeitschrift 3 jùin 1909.
- L’auteur répond aux objections soulevées par son article de YE. T. Z., 1908, p. 779 et présentées par M. Schanz et Stockhausen dans YE. T. Z., 1908, p. 1185, dans l’llluminciting Engineer, Londres. Vol. I, 1908, p. 1049 et dans v. Crue fi’s Archive fur ophtalmologie, n° 3, 1908, p. 452.
- Puis il décrit une série de nouveaux essais, permettant d’établir avec plus de netteté la nocivité des sources lumineuses modernes et aussi l'efficacité
- contre les rayons violets des verres protecteurs employés.
- L’auteur a étudié différents spectres qui sont produits par :
- i° Un tube Geisler contenant de l’hydrogène;
- 20 Une étincelle produite entre électrodes de zinc ;
- 3° Une lampe quartz à mercure ;
- /i° Une lampe quartz à mercure avec interposition d’une plaque de verre clair de 2mu,,8 d’épaisseur.
- L’effet de celte dernière est d’absorber tous les/ rayons de longueur d’onde inférieure à o,3 (X. La limite de la partie visible est déterminée par lat ligne o,/| ;x.
- Une autre série de spectres a été obtenue en étudiant la lampe à arc économique :
- 10 Arc sans globe;
- 20 Arc sans globe avec interposition de verres clairs d’épaisseur variable;
- 3° Arc avec globe opale et solution de nitrose dans un récipient en quartz;
- 4° Arc avec globe opale.
- Sans globe le spectre s’étend très loin dans l’ultraviolet. Le globe ordinaire en verre absorbe les rayons à partir de o,35 jx. La solution de nitrose présente une absorption très intense dans la région visible, les rayons ultra-violets étant alors absorbés par le globe.
- Enfin, une troisième série d’expériences a porté sur l’absorption de certains verres ou liquides placés devant une lampe quartz, à savoir :
- i° Spectre de la lampe sans verre ;
- 20 Avec un globe clair;
- 3° Avec un globe clair en flint ;
- 4P Avec un verre jaune protecteur;
- 5° Avec solution de nitrose dans un récipient en quartz.
- Dans les deux derniers cas, afin d’obtenir des épreuves plus nettes, on dut prolonger la durée d’exposition.
- D’après les indications de M. Schanz, les rayons de o,3 à o,35 g. pénétrant dans l’œil sont absorbés dans la lentille et n’atteignent pas la rétine. Ces rayons sont particulièrement dangereux puisqu’avec le temps ils peuvent amener des modifications dans la lentille. Pour voir combien il est difficile de comparer les rayons ultra-violets à grande longueur d’onde produits d’un côté par la lumière du jour et de l’autre par une lampe à a'rc, l’auteur fait l’expérience suivante ; une feuille de papier de zolloïdinc est recouverte d’un côté avec un verre clair ordinaire qui absorbe les rayons à partir de o,3 [x et de l’autre avec un verre de flint qui absorbe complètement les rayons.
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- à partir de o,366 p,. Une feuille ainsi préparée fut exposée à la lumière du jour (au mois de décembre, à deux heures) ; une deuxième fut exposée à la lumière d’une lampe à arc économique à une distance de /JoBm, et dans les deux cas, assez longtemps pour que le papier non recouvert devînt également sombre. La différence dans la coloration sous les deux verres était plus grande dans le cas de la lumière solaire. Comme dans les deux cas, les rayons visibles traversaient complètement les verres, la différence de teinte est donc à attribuer aux rayons compris entre o,3 et o,366 p. et elle permet d’affirmer que : à action photochimique égale de la lumière totale émise parle soleil et par une lampe à arc, les rayons entre o,3 et o,366 p ont dans leur ensemble une plus forte intensité dans la lumière solaire que dans un arc.
- Les rayons ultra-violets de longueur d’onde supérieure, o,35 à o,/( p, parviennent à la rétine, d’après M. Schanz, et sont visibles si les rayons visibles sont eux-mêmes très affaiblis. Il est assez difficile de séparer nettement ces radiations, car il n’existe pas de verre séparant exactement les rayons visibles des invisibles.
- Les oculistes ne sont pas d’accord sur le danger de ces rayons. Le professeur Birch-Hirschfeld ne croit pas nécessaire d’éviter à l’œil de les recevoir. D’après lui une lampe quartz entourée d’un globe en verre à une hauteur normale de suspension peut être considérée comme propre à l’éclairage public.
- Le Dr Seebrook et le professeur Best partagent cet avis ; les rayons ultra-violets, dit ce dernier, en dessous de o,4 p. sont pour la rétine absolument sans danger tandis que les rayons éclairants peuvent, eux, nuire à la rétine. Il convient de ne pas tenir compte de la plus ou moins grande richesse des rayons ultraviolets dans nos sources lumineuses modernes ; les accidents à la vue survenus comme suite à des travaux exécutés à la lumière de sources artificielles sont la conséquence de mauvaises dispositions.
- Les précautions à prendre pour éviter tout danger sont les suivantes :
- Se placer à une distance convenable du foyer lumineux; l’éclairement ne doit pas être trop grand; employer des abats-jour et recourir à l’éclairage indirect; dans des cas très particuliers, porter des lunettes de protection.
- L’auteur expose ensuite une série d’expériences faites sur des verres protecteurs. La source lumineuse employée était une lampe quartz, les verres essayés étaient :
- jo Verre clair de flint imra,ù d’épaisseur;
- a0 Verre d’Enixantos 1,9 millimètre;
- 3° Verre clair ordinaire a,8 millimètres;
- 4U Verre dTIallau a,3 millimètres;
- 50 yerre d’Euphos 1,9 millimètre;
- 6° Sans verre.
- Le verre 3° absorbe tous les rayons inférieurs à 0,3 p,, le n° a absorbe déjà o,366; le n° 5 absorbe complètement les rayons entre o,436 et .0,313 p.. Ce dernier absorbe donc les rayons ultra-violets dans la plus grande mesure, mais il a l’inconvénient de ne pas être clair. Les verres les plus favorables sont ensuite les nos 1 et 4-
- Enfin une série d’expériences fut faite sur des verres sombres.
- L’auteur en tire les conclusions suivantes :
- a) Pour travaux et recherches à des lampes à arc :
- i° Verre Rubin rouge ;
- a0 Verre sombre Hallauer. S’il n’est pas assez sombre, le doubler ou le combiner avec un verre bleu.
- b) Pour travaux à des sources lumineuses de faible intensité ;
- i° Verre Euphos;
- 20 Verre Hallau (moyen) ;
- 3° Verre jaune d’Icna.
- c) Pour travaux où on utilise une lumière riche en ultra-violets :
- i° Verre de flint;
- a0 Verre Hallau ;
- 3" Verre Euphos en plaques très minces.
- A. P.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Commande électrique de laminoirs dans les aciéries américaines. — Eichel. — Elektro-technischc Zeitschrift. 17 juin 1909.
- La première application importante de la commande électrique aux laminoirs en Amérique remonte à 1906 et elle fut faite dans les usines Edgard Thomson de l’United States Steel Corporation. L’usine est d’ailleurs équipée électriquement d’une façon complète puisqu’on dehors des laminoirs, tous les appareils secondaires : rouleaux, dispositifs de service des fours réchauffeurs, presses, etc., sont commandés électriquement.
- Pour égaliser le facteur de charge de l’usine et les pointes de la courbe de charge, on a eu recours à une batterie d’accumulateurs qui peut débiter 5 000 am-
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- pères pour une décharge en une heure, 10000 ampères pendant 20 minutes et momentanément i5 000 ampères. La batterie est composée de 12!» éléments contenant chacun 85 plaques de de sur-
- face.
- Cette batterie est située à environ 3oom de la centrale et à proximité du point d’utilisation afin d’éviter une trop grosse dépense de cuivre.
- La batterie est complétée par deux compensatrices pouvant fournir i5ooo ampères pendant quelques instants. Ces deux machines sont automatiquement court-circuitées quand la charge dépasse une certaine valeur, de façon à reporter tous les chocs sur la batterie seule.
- La disposition des laminoirs est la suivante :
- Chacun des deux laminoirs principaux est commandé par un moteur continu compound de 1 5oo chevaux, l’un d’eux comprenant un trio dégrossis-seur et un trio finisseur, l’autre un trio dégrossis-seur et un duo finisseur.
- Moteuiis. — Les deux moteurs ci-dessus sont identiques : 235 volts, 1 5oo chevaux compound, 3o pôles, i5 % d’excitation par le champ série.
- Leur vitesse baisse de 125 tours à vide à 100 tours en charge. En raison des circonstances de fonctionnement, ils ont été calculés très largement au point de vue mécanique.
- Pour aider le moteur pendant les à-coups, un volant en acier a été calé directement sur l’arbre du moteur à côté de l’induit. Il pèse 56,8 tonnes, a un diamètre de 5m,4 et une vitesse de i3o tours minute, ce qui donne une vitesse périphérique de 37'" par seconde. Le diamètre de l’arbre au moyeu du volant est de 711““ et de 635"“n aux coussinets d’une longueur chacun de 1 575ram.
- Les paliers sont en métal blanc et possèdent outre le graissage à bagues un refroidissement par eau prévu par mesure de sûreté, mais jusqu’à présent inutilisé.
- Tableau. — Le démarrage et le réglage de la vitesse du moteur sont commandés d’un tableau principal. Sur un panneau sont placés les interrupteurs principaux, les disjoncteurs à maxima et les instruments de mesure, tandis que le reste du tableau est réservé aux 12 interrupteurs de démarrage enclenchés mécaniquement les uns avec les autres, empêchant ainsi un démarrage trop brusque.
- Pour éviter de griller le moteur, un relai a été
- placé dans le circuit d’excitation shunt. Si par suite d’un accident lé courant d’excitation se trouve coupé, le relai détermine le fonctionnement des disjoncteurs. De plus chaque moteur est pourvu d’un pendule centrifuge réuni mécaniquement à un levier de commande actionnant directement le disjoncteur.
- Enfin, comme troisième mesuré de sécurité, le disjoncteur est muni d’un relai à déclenchement iu zéro permettant de mettre le moteur hors circuit c|ès que le courant principal est coupé.
- Chaque moteur est équipé avec des résistances de protection appropriées avec le service particulièrement dur des laminoirs. Chaque jeu de résistances consiste en io5 pièces de rails de 9“ de long, d’un poids de iokB au mètre courant, et de 295 pièces de rails de 9™ de long, d’un poids de 16 kilogrammes.
- Laminoius. — Le laminoir à rails n° 3 équipé avec les moteurs ci-dessus était destiné à produire avec des rails d’une section déterminée des rails d’une section plus faible, et à passer par exemple de rails pesant 20 à 24tg par mètre courant à des rails pesant 6,5 à 8kB. Ce travail ne suffisait pas à entretenir en fonctionnement régulier ce train et on entreprit le laminage de blocs de 57 X 57 ou de 89 X 89 permettant d’obtenir des rails de 6,5 à iokB. La longueur des blocs est de /*m,8 jusqu’à 8m et donne 3 X 9m de rails.
- On a fait un certain nombre d’essais sur un des moteurs ci-dessus afin d’éclaircir les points suivants :
- 1. Données générales concernant la caractéristique du train. Dans ce but on a mesuré en même temps le courant, la tension et la vitesse.
- 2. Données spéciales permettant d’établir d’une façon ferme la demande d’énergie correspondant aux différentes périodes de travail.
- 3. Valeur du volant au point de vue de son rôle égalisateur.
- Pour ce dernier cas, il eût été fort utile de posséder des ampèremètres ou tachymètres enregistreurs, ce qui eût renseigné complètement sur la façon dont le volant cédait ou accumulait de la force vive. Malheureusement, on n’en possédait aucun au cours des essais et on admet que les valeurs obtenues par des lectures toutes les 5 secondes suffisaient à tracer ces courbes.
- La vitesse et le courant furent relevés toutes les cinq secondes pendant cinq minutes, ainsi que le nombre de passes; les indications du compteur
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- furent notées après chaque laminage de façon à déterminer la résistance de frottement. La tension du réseau est indiquée par un voltmètre enregistreur.
- RÉSULTATS
- Le laminage d’un bloc nécessite ordinairement deux minutes, et à cette vitesse le train peut produire 4 8oo rails de 9“ de long pendant douze heures dont 7!» % seulement correspondent à du travail utile. La consommation à vide est de 1 800 ampères; le laminage de i5 rails de 36ke durait cinq minutes et nécessitait 90 kilowatts-heure, soit par 56 kilowatts-heure d’énergie moyenne par pièce.
- La charge maxima de 6 006 ampères a été atteinte sans danger pour le moteur. Ces maxima se présentent lorsque la matière à laminer n’est pas suf-, lisamment réchauffée ou lorsqu’au cours d’un laminage la matière s’est refroidie au-dessous de la température convenable. Pendant les essais, le courant a oscillé entre 3 25o ampères et 5 000 ampères, les lectures au wattmètre indiquant une consommation moyenne de 4 700 ampères. On en a déduit que le travail de frottement à vide était de 5oo chevaux et que le travail réel de laminage variait de g5o à i 45o HP, susceptible de monter jusqu’à 1 700 HP. La charge est beaucoup plus régulière en réalité, et c'est là qu’apparaît l’effet régulateur du volant :
- La vitesse du moteur diminue avec la charge, grâce à son compoundage, et le volant cède de son énergie au train. Dès que la puissance demandée au moteur diminue, sa vitesse augmente, et le volant emmagasine à nouveau de l’énergie, II faut donc, pour permettre au volant de remplir complètement ce rôle, laisser entre deux périodes de charge un temps suffisant soit à vide, soit à charge très réduite.
- En ce qui concerne la charge de la centrale, on a reconnu que lorsque plusieurs trains se trouvent ensemble en service et actionnés chacun par un moteur, malgré les à-coups de chaque train séparé, la charge de la centrale est sans à-coups et conserve une valeur moyenne.
- Il fut enfin reconnu que :
- i° Les frais d’exploitation étaient faibles, eu égard à la centralisation de l’énergie produite, supprimant ainsi les installations de chaudières travaillant dans des conditions peu économiques et d’un entretien difficile, et que l’utilisation des gaz de hauts four-naux se prêtait particulièrement soit dans des mo-
- teurs à gaz, soit dans des chaudières pour l’alimentation des turbines à vapeur, à la production d’énergie électrique.
- 20 La commande électrique permettait une grande indépendance dans le choix de l’emplacement de laminoir relativement à la position de la centrale, et rendait facile la détermination exacte de la puissance nécessaire à chaque laminage.
- 3" La commande électrique assurait :
- Un couple régulier et une Capacité de surcharge très élevée ; une facilité très grande et une précision parfaite de manœuvre, ce qui entraîne un service particulièrement régulier et sans à-coups qui se traduit par une bonne conservation des organes mécaniques du train.
- Comme conclusion, si l’équipement électrique présente le désavantage apparent d’exiger des frais d’installations plus considérables, l’expérience a montré que l’on y trouvait cependant une compensation et un avantage par la réduction des frais généraux et l’augmentation de la production à nombre égal de trains en service.
- G. R.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- JProtection des réseaux téléphoniques contre l’influence des lignes à courant alternatif. — Hôchstôdler.—Eleclrotcchnische Zeitschrift, juin 1909, u° 22.
- Un certain nombre de moyens ont été proposés et essayés pour diminuer dans la mesure du possible l’influence des courants alternatifs sur les réseaux téléphoniques placés dans le voisinage. La plupart tendent à la combattre en s'attaquant à ses causes physiques sans avoir donné jusqu’à présent des résultats satisfaisants, car ces causes sont variées et dépendent d’un certain nombre de facteurs. Partant de ce principe, les mesures de protection adoptées s’appliquaient à la ligne elle-même.
- L’auteur propose une méthode qui doit protéger le réseau téléphonique contre les effets d’induction non pas le long de la ligne mais au poste même de téléphonie. Naturellement les deux procédés ne s’excluent pas, au contraire, et celui que l’auteur propose, appliqué à une ligne construite avec tout le soin possible pour atténuer les effets d’induction, anéantit pratiquement les défauts qui peuvent subsister malgré ces précautions.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N°28.
- Les courants perturbateurs sont de fréquence très nettement inférieure à celle des courants téléphoniques. Les sons correspondants sont tout à fait au bas de l’échelle acoustique et troublent l’audition téléphonique, non pas tant comme sons que comme produisant une vibration très pénible pour l’oreille.
- D’après l’expérience de l’auteur, le bourdonnement est douloureux pour l’oreille, au point que l’on est forcé au bout de peu de temps de quitter l’appareil et que le sens acoustique de l’oreille placée à l’appareil diminue d’une façon très sensible. Il y a là une action physiologique dont on se rend compte si l’on songe qu’un son purement musical peut être émis dans le microphone sans troubler une communication téléphonique, ni nuire à la netteté de la voix humaine. Il est caractéristique de remarquer que, toutes choses égales d’ailleurs, un réseau à périodes est plus gênant qu’un réseau à 5o, et en second lieu que la perception d’abord convenable va en diminuant à mesure que la fatigue de l’oreille augmente.
- Le moyen le plus simple pour empêcher dans la mesure du possible la force électromotrice induite d’envoyer un courant perturbateur, sans affaiblir d’une façon sensible les courants téléphoniques, consiste à placer devant le téléphone un condensateur de grandeur convenable, que l’on peut approximativement déterminer ainsi. Admettons que la fréquence des courants perturbateurs soit 5o, celle des sons moyens i ooo par seconde, et qu’une réactance de 6X io4 ohms suffise, à 5o périodes, pour rendre la perturbation insensible. A 5o périodes, i micro-farad représente une réactance de 3 ooo ohms ; un condensateur de o,oî> microfarad suffira donc. Les essais montrèrent que, dans ces conditions, la netteté de la voix humaine n’était pas affectée, et que cette faillie capacité agit comme régulateur sur le microphone.
- Sur une ligne téléphonique troublée, dans le cas de perturbations moyennes, c’est-à-dire pour une charge moyenne de la ligne haute tension, et par temps pas trop humide, ce dispositif donne des résultats tout à fait satisfaisants. Le dispositif se complique légèrement dans les cas plus défavorables. L’appareil téléphonique est mis en série avec un condensateur cs ou mieux une résistance w pure, l’qnsemble est shunté par une self 4 et le tout relié à la ligne par l’intermédiaire du condensateur primitif ct. Enfin tout cet ensemble est monté en parallèle avec une self d’équilibre 4 au point milieu de laquelle est branchée une résistance W dont l’autre
- borne est à la base. La bobine la doit empêcher la formation de tensions nuisibles entre les lignes pendant que l’on téléphone, par suite d’influences statiques et atmosphériques.
- En plus, les deux fils téléphoniques sont munis de fusibles et sont protégés par des parafoudres avant l’arrivée aux appareils.
- L’efficacité de ce système de protection dépepd évidemment du choix de l’ordre de grandeur des capacités, selfs ou résistances, mais ne nécessite pas une détermination rigoureuse de ces valeurs. L’auteur termine en citant l’application de sa méthode qui a été faite sur une ligne triphasée ioooo volts de 3okm de long. Les conditions locales étaient très défavorables, puisque le téléphone dut être remplacé par le télégraphe,tellement mauvaise était l’audition. Les essais faits avec le dispositif décrit donnèrent des résultats très satisfaisants. Les valeurs des quantités ci-dessus étaient à peu près:
- ct — 0,06 microfarad ;
- W = i ooo ohms;
- W = o;
- li — o,a5 Henry;
- 4=i ou 2 Henry, c2 — i microfarad.
- Sur une application nouvelle de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques dans un même circuit. — B. Merca-dier. — Académie des Sciences, séance du 21 juin 1909.
- Dans le numéro du 10 août 1908 des Comptes Rendus , l’auteur a indiqué comment il était parvenu, avec M. Magunna, à échanger entre Paris et Marseille, dans un circuit de deux fils sans communication avec la terre, plusieurs télégrammes simultanés formés par des signaux produits par des courants alternatifs de périodes différentes, en employant des appareils imprimeurs tels que l’appareil Hughes; M. Mercadier a indiqué aussi qu’on pouvait, en même temps, superposer à ces signaux d’autres signaux produits par des courants continus provenant soit d’un appareil Hughes, où les émissions durent environ — „de seconde, soit d’un appareil du système Baudot à quadruple clavier, où les
- émissions ne durent que — de seconde environ.
- 7°
- Il était intéressant au point de vue scientifique, et très important au point de vue pratique, de voir si les mêmes résultats pourraient être obtenus sur un seul conducteur télégraphique relié à la terre
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- comme d’habitude à ses deux extrémités, et cela, malgré les courants telluriques naturels et les courants d’induction provenant des transports d’énergie électrique produits dans le voisinage des postes extrêmes.
- Les expériences ont été faites sur un fil de 3inm de diamètre et de 5ook“ de longueur, entre les postes centraux télégraphiques de Paris et de Lyon, avec
- é
- trois appareils Hughes à courants alternatifs d’une part, et, d’autre part, avec un appareil Hughes ou un appareil Baudot à quadruple clavier fonctionnant en courant continu. M. Magunna ayant réussi à annuler les effets des courants provenant de la terre à Lyon, où ils sont particulièrement intenses, les expériences ont réussi comme dans le cas où l’on emploie un circuit de deux fils.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Précis de législation de V électricité. — M. La- -
- boureur. — i volume in-8 jésus de 127 pages. — L. Gkisleu, éditeur, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o.
- On sait combien est touffue et subtile la législation française de l’électricité. Pour en faire un exposé qu’on puisse consulter avec sûreté et profit, il ne suffit pas d’aligner tous les textes en vigueur : il faut encore les soumettre à une classification rigoureuse, et surtout faire appel à l’ésprit synthétique pour les grouper, et en faire des ensembles logiques, et en quelque sorte vivants. C’est à ce prix seulement qu’ils seront vraiment utilisables et que le lecteur se trouvera non seulement renseigné, mais encore et surtout guidé.
- C’est là un travail considérable, et il faut féliciter l’auteur de l’avoir entrepris et si heureusement exécuté. La série aride des lois et arrêtés qui régissent les exploitations électriques prend dans son ouvrage des formes nettes et frappantes ; l’ordre matériel qui y règne rend les recherches aisées, tandis que la sobriété et la précision des commentaires satisfont pleinement l’esprit.
- L’industriel peut donc trouver là tous les renseignements qui l’intéressent, et les trouver vite et sûrement.
- L. B.
- Le transport à Paris des forces motrices du Rhône. —|E. Barthélemy. — Brochure in-12 de 3i pages. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- de transport à Paris des forces motrices du Rhône, projet dû à MM. Blondel, Harlé etMàhl, et dont nous avons entretenu nos lecteurs (').
- D’une lecture plus aisée que les études lourdement documentées, cette brève description permet à tous ceux — et ils sont nombreux — que la question intéresse, de concevoir une idée très exacte de cette grande entreprise.
- En terminant, l’auteur se livre à une intéressante discussion des conditions financières du projet, en calculant les charges minima et le capital à engager immédiatement; il préconise à ce point de vue une entente étroite avec la Ville de Paris.
- La conclusion de l'auteur est la suivante : « Il est donc à souhaiter qu’on se mette d’accord à bref délai sur les formules qui donneront la vie à l’une des plus belles entreprises de la science électrique, grâce à laquelle la capitale, plus que jamais Ville-Lumière, se trouvera fournie de torrents féconds et précieux de lumière et d’énergie.
- R. C.
- VOLUMES REÇUS
- Electricité agricole, par A.. Petit. — 1 volume in-12 de 42/, pages avec 81 ligures. —J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 5 francs; relié, 6 francs.
- La Maison Moderne, par H. de Graffigny. —
- 1 volume in-16 de 284 pages avec ligures. — Attinger, éditeur, Paris et Neuchâtel. — Prix : broché, 1 fr. 5o.
- Cette petite brochure expose, avec concision, mais avec une clarté parfaite, les grands traits du projet
- (1) Lu Lumière Electrique, 9 janvier 1909.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N° 28.
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart (Ohne die Selbstanschlusssystème), tome I, par C. Hersen et R. Hartz. — i volume in-8° raisin de 64 pages avec 83 figures.— Fhiedu. Yieweo und Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, a m. 5o.
- Annuaire français du gaz, de l’acétylène et de rêlectl'icitê, par B. Benâtre. — i volume in-8° carré de 5g6 pages. —En vente chez l’auteur, 83, rue Monge, Paris. — Prix : cartonné, a fr. 5o.
- Kapazitat und'Induktivitat ihre Begi'iffsbe-stimmung Berechnung und Messung, par Ernst Orlicb. — t volume in-8° carré de 294 pages avec 124 figures. —• Fkieoii. Yieweg und Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 14 marks; relié, i5 marks.
- Leçons d’électrotechnique générale, tome I, par P. Janet (3° édition). — 1 volume in-8° raisin de 415 pages avec 180 figures. —Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i3 francs.
- La théorie des courants alternatifs, par .A. Russell, traduit de l’anglais par G. Seligmann-Lui. — 1 volume in-8° raisin do 460 pages avec i3j figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i5 francs.
- Précis de législation de ^électricité, par M. Laboureur. — 1 volume in-8° jégus de 127 pages. — L.-Geisler, éditeur, Paris. — Prix: broché, 2 fr, 5o.
- CORRESPONDANCE
- Appareil pour la mesure des courants téléphoniques.
- Monsieur le Directeur,
- A propos de la lettre de M. Walter qui vient de paraître dans le numéro du 26 juin de La Lumière Electrique, je me permets de vous faire observer que ma communication à la Société des ÉlectH-^ ciens est la suite d’une longue série de mémoires présentés à la R. Académie des Lincéi, au R. Institut Lombard de Sciences et Lettres, à l’Association Electrotechnique Italienne, à la Société Italienne de Physique et au Congrès d’électro-logie et de radiologie médicales (Milan, 1906); et que dans la première Note à l’Académie des Lincéi— que j’ai eu l’honneur de voir publier dans le numéro de La Lumière Electrique du. 11 juin 1904 — j’ai non seulement rappelé les intéressantes études de MM. Ewing et Walter, mais j’en ai même déjà alors discuté les résultats en relation avec ceux de mes propres recherches.
- Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
- Riccaiido Arno.
- Paris, le iG>' juillet 1909.
- LES MOTEURS POLYPHASÉS A COLLECTEUR
- ERRATA
- La Lumière Electrique, Tome VI (20 Sérié).
- Page 5o, colonne 2, ligne 27, lire Ûlj-., au lieu de obj--,.
- 1 — 20, lire dans la formule lï, au lieu de E et x,. au lieu de X.
- 2 — i5, lire « que » au lieu de,« qui ».
- 1 — 3, lire (2') au lieu de (2).
- 1110 , 11C
- 1 — i3, lire au lieu de
- —- ai —
- — 71 —
- — x4 —
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- 75
- ÿ6
- El0
- 25, lire au lieu de xa.
- 2 — 1 •>, lire 1 h au lieu de 1|.
- 104 104
- io(i, formule 28, lire —-v„, au lieu de —-ym. 108,
- 16, lire le numérateur de la formule x,. (1 -|- xa) t>, lire a = a0---In sin (X — 0 J.
- V (1 + ata)
- K,
- K,
- 1 Ei
- (donne 1, ligne 31, lire 2 0œ au. lieu de 0^.
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- Page ^9, colonne 1, ligne 5 et 6, lire au lieu de —-m. Kj Kj
- — 139 2 — 21, ajouter oo après glissement.
- — i4i — 2 — 33, « a » au lieu de « à ».
- — 141 2 — 34, lire ZA0Ae0 au lieu de ZA0A.
- — i43 2 — 17, lire yL» au lieu de yL.
- — 204 x — 28, lire 0o au lieu de A0.
- — 204 — 2 —• i5, O'L0 au lieu de 0'Atf,
- — 204 2 — 25, lire v( au lieu de v.
- — 206 2 — ii, lire AL' au lieu de AL.
- . 206 2 i3, lire AqA^ au lieu de AoA'^.
- — 20 J 2 — 2, lire yP/»° au heu *1° ^P/t°.
- — 2 — 57, lire couple au lieu de compte.
- — 2p8 2 — 5, lire G0U'0 au lieu de G0U0.
- — 208 2 — 38, lire cos<p au lieu de cosX.
- — 244 2 — 1, lire OAœ au lieu de Aœ.
- — 269 2 v A , dernière ligne, lire la longueur V0V = Y :
- — 271, ligure 23, le cercle y = 0 doit passer par le point MK0.
- 274, colonne %, avant-dernière ligne, lire an lieu de A.
- 274 — a, — lire \fc au lieu de If,..
- 336 — i, ligne 2, lire v,„ au lieu de
- 336 — 6 — 6, lire figure 28 bis au lieu de figure 29.
- Fig. 28 bis.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux sur une question de droit administratif.
- Un industriel accuse l’Administration des Postes et Télégraphes d’avoir causé chez lui un court-circuit, par la suite de la disposition
- vicieuse de ses fils téléphoniques et télégraphiques. Quel va être le tribunal compétent ?
- Telle était la question soumise à la Cour d’appel de Bordeaux; elle a répondu par les considérations suivantes :
- Les principes de la séparation des pouvoirs ne
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — N» 28.
- permettent pasà l’autorité judiciaire de connaître d’une demande dirigée contre une administration de l’Etat, alors que la cause de l’instance est puisée dans une disposition vicieuse de travaux effectués par cette administration conformément aux lois et règlements qui la régissent.
- Ainsi l’autorité judiciaire ne peut connaître d’une demande en garantie dirigée contre l’Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones, dont les fils téléphoniques auraient provoqué un court-circuit, enllammé les fils d’une Société d’éclairage électrique et causé ainsi un incendie.
- Alors surtout qu’il est allégué que c’est par une disposition vicieuse de ses fils ou par des réparations faites après coup, que le court-circuit a pu se produire, les travaux d’installation des lignes téléphoniques, ceux de réparations et d’entretien effectués en conformité des prescriptions de la loi des a8-3o juillet i885 constituant des travaux publics.
- Dans le cas de renvoi à l’autorité administrative de la connaissance d’une demande en garantie, l'autorité judiciaire doit rester saisie de la demande principale, compétamment intentée devant elle, alors surtout qu’il n’existe entre les deux procédures aucune indivisibilité et qu’elles se différencient par leurs origines et les textes de loi invoqués à leur appui.
- La Gazette des Tribunaux du 16 avril igoy, à laquelle nous empruntons cet arrêt, le fait suivre des observations suivantes :
- Ohservavions. — Il est de jurisprudence constante que l’autorité judiciaire n’a pas compétence pour connaître d’un dommage en tant qu’il aurait eu pour cause unique ou indivisible la façon dont un travail public aurait été exécuté. Voir notamment : C. de Cas. (Ch. civ.,) 2a novembre 1902 (Dalloz, 1903, 1 451 ) et les renvois.
- La construction des lignes téléphoniques constitue un travail public, et il a été jugé que la demande en garantie du propriétaire d’une maison contre l’Administration des Postes et Télégraphes et Téléphones,(poursuivie en dommages-intérêts à raison d’un accident causé par la chute d’une corniche, est de la compétence des tribunaux administratifs, alors qu’il prétend qqe cette chute a été occasionnée par l’établissement sur cette maison d’un support électrique destiné au service de la ligne téléphonique : C. d’Amiens, 26 mai iyo3 (Dalloz, 1904, 5. 101).
- Le principe d’après lequel le garant est tenu de procéder devant le tribunal saisi de la demande principale cesse de s’appliquer toutes les fois que, pour des motifs d’ordre public, la connaissance du litige est attribuée par la loi à une juridiction d’exception, spécialement au Conseil de Préfecture. Voir : Trib. civ. Dunkerque, 9 août 1900 (D., 1903, 2. 283).
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- Texte de l’arrêt. !
- 110 Chambre. — Président Biuot-Breuilii. — 3 mars igo5.
- La Cour :
- « Attendu qu’à la suite de l’appel en cause de l'Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones le préfet de la Gironde a, devant les premiers juges, proposé une exception d’incompétence qui a été accueillie et que sur l’appel de leur jugement il a fait déposer sur le bureau de la Cour un déclinatoire dans lequel il renouvelle son exception ;
- « Attendu que, pour en apprécier le mérite, il ne convient pas seulement de se préoccuper de l’assignation donnée aux Postes, Télégraphes et Téléphones, mais aussi des conclusions des autres parties ;
- « Attendu, à cet égard, qu’à la suite d’un incendie dont la Société Dewerger a été victime, cours Victor-Hugo, à Bordeaux, daus la nuit du 3 février 1906, le sinistré s’était fait indemniser du dommage subi par les assureurs, la Compagnie des Assurances Générales, qu’il avait subrogée dans ses droits ;
- « Qu’en vertu du cette subrogation, les Assurances Générales assignèrent la Société d’éclairage électrique de Bordeaux et du Midi et qu’une expertise organisée entre elles en référé aboutit à la constatation que l’incendie aurait été causé par la rupture d’un fil électrique due à un court-circuit et à une installation non conforme aux règlements en vigueur;
- « Attendu que la Société d’éclairage électrique prétendit néanmoins que la responsabilité de l’incendie devait incomber à ^Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones, et l’assigna pour l'obliger à prendre ses lieu et place dans le procès et obtenir sa propre mise hors de cause, que l’assignation ne comprend aucune précision ni articulation plus ample, sauf pourtant qu’il est allégué que la responsabilité de l’Administration résulterait du rapport des experts;
- « Attendu que, dans les conclusions de la Société d’éclairage électrique, on la voit critiquer l'installation de la herse qui supportait les fils téléphoniques dans le voisinage des fils électriques et prétendre que c’est une disposition vicieuse des fils téléphoniques qui a occasionné le court-circuit cause de l’incendie ;
- « Attendu qu’il est incontestable que cette critique s’adresse ainsi à un travail public exécuté par une Admi-
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- nistralion de l’Etat en vertu d’autorisations régulières, puisqu’en conformité de la loi des a8-3o juillet i885 un arrêté préfectoral avait établi le tracé définitif et autorisé les opérations que comportait l’établissement de la ligne ;
- « Attendu qu’on comprendrait vainement que ce qui est critiqué constituerait non un fait d’exécution, mais un fait d’exploitation de la ligne, ce qui aurait pour résultat, au dire de la Société d’éclairage électrique, de maintenir la compétence des tribunaux d’ordre judiciaire ;
- « Qu’il n’est, à cet égard, fourni aucune justification; il ne suffit point, pour que le fait à apprécier relève de l’exploitation, qu’il soit postérieur à l’exécution des travaux primitivement autorisés, lors surtout qu’il est évident que l’exécution du travail public est seule en question en dehors de tout acte de transmission de correspondance téléphonique, qui seul pourrait constituer l’exploitation de l’administration des téléphones ;
- « Au surplus, attendu qu’une réparation faite à un travail public constitue elle-même un travail public et que, s’il était vrai qu’une modification aurait été exécutée à l’installation primitive, comme cela paraît allégué, il faudrait reconnaître que ce serait un fait d’entretien assimilé par la loi de i885 à l’établissement même de la ligne, soumis par l’article 7, aux mêmes règles que lui en ce qui concerne l’autorisation préfectorale, que cela suffirait à lui assigner le caractère qui lui est à tort contesté ;
- « Que le déclinatoire proposé est donc pleinement jus-ifié ;
- « En ce qui touche la demande principale ;
- « Attendu que la Société d’éclairage électrique conclut à son' renvoi devant la juridiction administrative,
- mais que ses conclusions sont à bon droit combattues par les Assurances Générales ;
- « Qu’en effet, il est de règle que ce n’est pas la demande principale qui doit suivre au point de vue de la compétence le sort de la demande en garantie;
- « Attendu que l’action des Assurances Générales a été complètement introduite devant les juges du droit commun, et qu’il n’existe, en la cause, aucune raison spéciale de la déférer à une juridiction d’exception ;
- « Qu’on ne saurait, pour en arriver là, prétexter d’une prétendue indivisibilité existant entre les deux demandes, que chacune d’elles, en effet, a ses origines dans des prétentions et des textes différents, que la première ne repose que sur l’article i384 et soulève la question en dehors de toute faute de la responsabilité des choses dont on a la garde tandis que la seconde a sa base dans l’article i38ï et la théorie de la prestation des fautes;
- « Par ces motifs :
- « Donne acte à M. le Procureur Général du dépôt par lui effectué, sur le bureau de la Cour, du déclinatoire proposé par le Préfet de la Gironde, en date du 10 octobre 1907, dit ce déclinatoire bien fondé et, en conséquence, confirme le jugement du Tribunal civil de Bordeaux, du 24 juin 1907, en ce qu’il a admis sa propre incompétence pour statuer sur la demande en garantie formée parla Société d’éclairage électrique de Bordeaux et du Midi contre l’Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones, rejette l’excèption d’incompétence proposée par la Société d’éclairage électrique contre les Assurances Générales. »
- Paul Bougaui.t,
- Avocat à lu Cour d’Appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- Sur les condensateurs à verre.
- Influence de la température nu diélectrique SUR LE DÉCRÉMENT LOGARITHMIQUE.
- Les travaux île Bruno Monasch (*) ont, semble-t-il, fixé définitivement la loi suivant laquelle la perte d’énergie dans les dié-
- (*) Le sujet de ce travail m’a été proposé par M. F. Moscicki. La partie expérimentée s'est faite dans les laboratoires de l'Institut de Physique de l’Universilé de Fribourg {Suisse).
- B. Monasch, An. Pli., 1Y, 22, go5, 1907.
- lectriques traversés par un champ alternatif varie en fonction de la tension .pour autant que les conditions d’expérimentation restent identiques, cette perte serait, aux erreurs de mesure près, proportionnelle au carré de la tension
- L’énergie totale accumulée, à un instant déterminé, sur les faces d’un condensateur, étant également proportionnelle au carré de la tension, la loi énoncée signifie que, toutes conditions étant semblables, un condensateur à diélectrique solide fonctionne avec la même économie sous toutes les tensions ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2eSérie). — Nç 28.
- en d’autres termes que le coefficient de pertes et le décrément logarithmiques sont indépendants de la tension.
- Pourtant, beaucoup d’expérimentateurs plus anciens ont publié des résultats démesurés, s’écartant assez bien de la loi ci-dessus. Mais Monasch a établi que ces divergences sont attribuables exclusivement à ce que, volontairement ou non, ces expérimentateurs avaient négligé certains facteurs éminemment variables dépendant de l’état de charge du condensateur. Dans le travail cité,
- Fig. i.
- il fait observer, entre autres, que de légères fluctuations de la température peuvent amener des résultats s’écartant notablement de la loi des carrés.
- Gette question, intéressante en elle-même, est très importante au point de vue des applications industrielles des condensateurs, notamment dans le domaine de la télégraphie sans fil: c’est pourquoi j’ai poussé plus loin les recherches sur le dernier point,
- La mesure directe du décrément logarithmique devait permettre d’établir l’influence de la température sur le facteur d’amortissement du condensateur. Le schéma adopté et reproduit figure i est connu et d’usage courant pour la détermination de la constante d’amortissement dans les stations de télégraphie sans fil. i
- Dans ce schéma T représente uni petit
- transformateur de - kilowatt, élevant là ten-
- 2
- sion du courant alternatif primaire, à 5o périodes, de no à io ooo volts. La distance explosive F, interposée dans, le circuit de l’oscillateur Os, est hermétiquement enfermée et rafraîchie artificiellement. On peut de cette façon obtenir une exactitude de lecture suffisante sans le secours d’un transformateur à résonance...
- Le circuit, du resonnateur R est double, le premier circuit oscillatoire étant composé d’un condensateur à haute tension G et d’une self-induction réglable L, le second, d’un condensateur à air Ce, de capacité réglable, d’une résistance W, non inductive, réglable également, constituée par un fil de man-ganine de omm2 et d’une bobine de self-induction L. Les deux résonnateurs étant simultanément en résonance avec le circuit de l’oscillateur, on règle la résistance non inductive W de manière à rendre l’élonaa-
- O
- tion du galvanomètre thermique II égale dans le deuxième et dans le premier circuit. C’est donc avant tout une méthode de compensation. La connaissance de la résistance W et de la capacité, de la longueur d’onde et de la périodicité du courant à haute fréquence, permettent alors de calculer le décrément logarithmique du condensateur d’essai. Ce dernier est un condensateur à verre, système Moscicki, construit, par la « Société générale des condensateurs électriques » à Fribourg. Le diélectrique est formé par un tube de verre d’environ 6o,:m de long. Les armatures, en argent et en cuivre, ont été obtenues par un procédé spécial. Les bords des armatures sont protégées contre là rup-
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- 10 Juillet 1009. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 5 0
- ------' ......... • --- ^ . i'i "n»W
- ture par suite des décharges marginales, au moyen d’un renforcement du diélectrique dans le rapport d’un à trois ou quatre. Le col du tube, ou le diélectrique dépasse les armatures, porte une chape massive en porcelaine, opposée à la formation des décharges silencieuses le long des bords. Le condensateur ainsi constitué est monté dans un tube de laiton, avec lequel l’armature extérieure est reliée par un conducteur. Ce tube, rempli d’eau, permet de faire varier d'une manière uniforme la température de l’appareil.
- Les décréments logarithmiques furent calculés d’après la formule suivante :
- a CW “ 3«o'T’
- où C représente la capacité en centimètres, W la résistance de la boucle compensatrice en ohms, \ la longueur d’onde en mètres.
- Les corrections à.apporter du fait delà répartition inégale du courant dans le fil de manganine (effet Helvin) furent négligées, leur importance étant moindre que les erreurs de mesures ipémes.
- Les essais préliminaires suivants furent faits à titre d’orientation.
- Tableau I
- }. en mètres d = décrément logarithmique
- 5/(3 °>OI9
- 77° 0,020
- 85a 0,017
- i i55 0,018
- i a87 °>OI7
- 1 746 0,020
- 1 8o5 0,018
- i. Détermination de la variation du décrément logarithmique en fonction de la longueur d’onde. Ces mesures sont consignées dans le tableau I. On peut en conclure que, pour des longueurs d’onde comprises entre
- 55om et i 8oom, on ne peut déceler aucune variation d’amortissement du fait de la variai ion de la longueur d’onde.
- Dans ces essais, on ne put non plus déceler, dans les mêmes limites, de variations du coefficient de capacité par suite de la variation de la longueur d’onde.
- a. Détermination de la variation de capa-
- Tadleau II
- TEMPÉRATURE EN DEGRÉS C. CAPACITÉ EN CM3
- 17,5 a 5oo
- >9 a 5oo
- 40 a 5ao
- 5o a 535
- 60 a 56o
- 75 a 600
- cité du condensateur par suite de la variation de la température.
- Fig. a. -
- Les résultats des mesures sont consignés dans le tableau III ci-après:
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- 6Q
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2° Série). —N» 28,
- Tableau III
- TEMPÉRATURE en degré C. W en fi d = décrément logarithmique
- 1,5 0,67 0,0l63
- 10 0,675 0,0i65
- 20 ",7 OjOI^O
- 3o, °,7/i 0,0181
- /,o o,85 0,021
- '.5 0,95 0,023
- 5o !,°7 0,026
- 60 i,3o 0,032
- 65 i,45 o,o35
- 7° i,58 o,o39
- 75 L73 o,o465
- 80 1,9 o,o5o
- La capacité du condensateur s’est donc élevée de 4 % pour une température de 2o° C. à 70° C.
- 3. La troisième série d’essais consistait à déterminer la variation de la constante d’amortissement avec la température. Les résultats en sont consignés dans le tableau III et, graphiquement, sur la figure 2. Lès décréments furent calculés, d’après la fcjrinule précitée, au moyen de la résistance W, de la capacité C — 2 5oocm et de la longueur d’onde X = 680 millimètres.
- (.A suivre.)
- J.-A. Stockl.
- )
- !
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Nous avons suivi ici même, d’aussi près que possible, la discussion devant les assemblées municipale et départementale de la réorganisation des transports en commun à Paris. Souscrire aux conditions qui résultaient des cahiers des charges sortis de cette discussion nous avait paru une pure folie. Les événements nous donnent raison puisque sur six demandeurs en concession, un seul s’est engagé à remplir toutes les conditions imposées et qu’après examen de ses moyens financiers, la Commission du Conseil municipal l’a déclaré incapable de remplir ses engagements. En même temps, le ministre des Travaux publics faisait comprendre qu’il ne sanctionnerait jamais les dispositions relatives aux tarifs uniformes de 0,10 et o,i5 centimes, et aux avantages prévus pour le personnel. On commence à comprendre dans certaines sphères que l’intérêt bien entendu du public s’accorde avec celui des actionnaires et qu’il ne suffit pas, pour donner confiance aux capitalistes, d’appliquer mal certains principes de philanthropie, mais de leur garantir le revenu de leur argent. Toutes ces manœuvres électorales auront donc abouti à créer une situation inextricable pour le futur concessionnaire autant que pour les pouvoirs concédants puisqu’il est matériellement impossible de créer une
- organisation nouvelle avant l’expiration des concessions actuelles : si bien que le public, dont les intérêts paraissaient tellement préoccuper nos édiles, souffrira le premier de leur entêtement.
- Le Cuivre avait paru dessiner un mouvement de reprise en tant que métal et les cours du Rio-Tinto en avaient naturellement ressenti le contre-coup. De toutes parts, on annonçait une augmentation de la consommation ; puis, en allant au fond des choses, on s’est aperçu que l’Amérique n’avait point donné de signes particuliers de cette augmentation, que les expéditions en Europe avaient seules progressé, que les stocks n’étaient pas, en définitive, en diminution, que la production des mines ne cessait d’augmenter et qu’enfin la spéculation était plutôt la raison de ce mouvement que la reprise des affaires; il n’en a pas fallu davantage pour arrêter le mouvement de reprise qui s’est alors traduit par un recul des cours. Nous n’omettrons pas de noter cependant qu’un organe financier très important se fait télégraphier de Londres qu’un grand magnat cuprifère de Boston a déclaré récemment que le cuivre coterait 18 cents la livre avant deux ans: le cours actuel oscille autour de i3 cents.
- L’Amalgamated Copper C° dit précisément dans son rapport sur l’exercice 1908-1909 que l’allure du marché du cuivre peu brillante au cours de cet exercice semble remonter, que la production a dépassé de
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- 10 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- beaucoup la consommation, mais qu’actuellement les délivraisons de métal sont à peu près égales à la production. Toutes les compagnies contrôlées par l’Amal-gamated, à part l’Anaconda Copper et la Boston and Montana Consolidated Copper, ont régulièrement exploité pendant toute l’année. Dans la région de Butte le prix de revient du cuivre a diminué sensiblement tandis que de nouveaux gisements étaient découverts. Les autres filiales de l’Amalgamated, qui sont des mines de charbon et des scieries, ont donné des résultats satisfaisants. Comme à la Compagnie du Rio-Tinto, on a développé l’emploi de la force électrique autant pour l’extraction du minerai que pour l’épuisement des eaux; et il en est résulté de suite des économies. La production de toutes les mines contrôlées a été de 234 millions delivres, en augmentation de 22 millions de livres sur l’exercice précédent; mais, le bénéfice de l’Amalgamated, qui portait sur 199000000 de livres, a baissé d’une année à l’autre de 5o % , si bien que le dividende lui-même a baissé de la même quantité : il a été distribué 2 % . Le bilan faitressortir en face d’un capital autorisé de 155 millions de dollars et d’un poste réserves et amortissements de 12 5q5 o45 dollars, un portefeuille titres de 156 481 847 dollars, des disponibilités pour 3 593 102 dollars et une avance à la Worhve C° pour construction d’une usine de 7 200 000 dollars.
- Le rapport de l’Anaconda Copper confirme que les mines n’ont pas été exploitées durant deux mois et que tous les bénéfices réalisés l’ont été pendant le second semestre. La production des mines ayant été au cours de l’année de 1 125 679 tonnes de minerai, les usines de traitement ont traité cependant pour toutes les Compagnies 2 730 489 tonnes de minerai. Pour une recette brute de 1 084 089 dollars s’appliquant d’ailleurs également à des mines de charbon dont les mines de cuivre ont absorbé une partie de la production, la recette nette ne s’élève qu’à 218 960 dollars ayant permis la répartition d’un dividende de 6% .
- Une vague rumeur de renouvellement du syndicat des grands producteurs'européens d’aluminium courrait de nouveau. L’action Aluminium de Neuhausen en a ressenti le contre-coup à la suite de demandes plus nombreuses. Le bénéfice net de l’exercice 1908 a été de 2 820 957 francs après prélèvement de 44o 804 francs pour divers amortissements ; joint au report de 1907, il s’est élevé à 4 177 377 francs sur lesquels 2 340000 ont été répartis aux actionnaires, 141 047 fr. 90 ont été affectés au fond de réserve, 5oooo francs à la caisse de retraites, i5o 000 francs au personnel et 441 706 francs aux administrateurs :
- le report à nouveau a été de 1 o54 623 francs. Le Conseil, dans son rapport, fait allusionà la rupture du syndicat au cours de l’automne de 1908 qui a provoqué une lutte acharnée entre tous les producteurs, lutte qui a entraîné la baisse des prix de vente, descendus au-dessous du prix de revient et a provoqué la liquidation d’une usine de création récente. Le Conseil ajoute avec raison que la forte situation financière de l’Aluminium Industrie A. G. lui a permis de traverser, la crise et de se tourner vers d’autres fabrications plus rémunératrices. Sur 3i694 4i3 francs d’immobilisations depuis 1888, 21 519 141 francs ont été amortis, les filiales, dont les dépenses d’installation s’élèvent à 10555747 francs, sont amorties jusqu’à concurrence de 8 259 764 francs ; les brevets figurent au bilan pour un franc et les disponibilités se chiffrent par 14 millions, dont 9 millions en espèces ou valeurs. La situation de trésorerie est aussi large que possible et Neuhausen peut évidemment attendre la réorganisation du syndicat. Les bénéfices d’exploitation joints aux intérêts divers et aux revenus des participations se sont élevés pour 1908 au chiffre de 4 161 066 francs, presque le 1/4 du capital actions et obligations. Nous avons vu plus haut sa répartition qui témoigne de la prudence du Conseil.
- Pendant que nos établissements financiers nous sollicitent pour diverses valeurs exotiques, la Suisse nous inonde de demandes de souscriptions pour des affaires allemandes et italiennes. Ainsi la Société d’Exploitations électriques Siemens à Berlin et la Société anonyme d’Electricité de la Haute-Italie, à Turin, font l’objet d’offres très pressantes de la part de la Banque de Bâle. Nous avons eu déjà l’occasion d’examiner ces deux affaires qui sont évidemment en bonne voie, mais ne semblentpas d’un avenir meilleur que celui de certaines de nos affaires d’exploitation.
- La Société de la Haute-Italie, après treize ans d’existence, distribue 5 % pour un bénéfice brut de 9,13 % du capital engagé (actions et obligations) ; sa situation de trésorerie n’est pas d’ailleurs des plus brillantes, car au regard de 7 280 54o lires de créditeurs, on ne trouve, en groupant les débiteurs, le portefeuille litres, le disponible et les approvisionnements, qu’une somme totale de 6 112 916 lires. Quant aux réserves, elles atteignent le chiffre fort modeste de 1 367 518 pour un capital engagé de plus de 29 millions.
- La Société d’Exploitations Siemens est plus récente : elle date de 1900 et son objet est d’acheter et d’exploiter des stations centrales et des entreprises
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série).-r N» 28 ;
- de transport de lumière et d’énergie. Ses derniers dividendes ont été de 6 % ; sa situation financière est toute différente de la précédente : sa prospérité dépend de celle des affaires qu’elle contrôle, et qui, portées au bilan pour 14 millions de marks environ, lui assurent un revenu net, amortissements déduits, de 5ia 537 marks, du moins pour l’exercice 1907-1908.
- On annonce que les résultats de l'exercice de la
- Société Alsacienne de Constructions mécaniques,
- clôturé le 3i mars dernier, autoriseraient le Conseil à proposer un dividende de 10 % contre 8 % distribué l’an dernier. Nous avons vu combien peu la branche électricité avait participé pour le dernier exercice à l’accroissement des bénéfices : il sera intéressant de voir quelle a été l’influence de cette même branche au cours de l’exercice 1908-1909 au point de vue commandes et profits.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Calvados. — Le Conseil général a mis à l’étude les projets suivants : i° Etablissement d’un tramway de Lisieux à Vimoutiers ; a° Création d’une ligne de tramways desservant Saint-Pierre-sur-Dives.
- Deux-Sèvres. — Le Conseil général a volé, au cours de la dernière session, la formation d’un second réseau de tramways d’une longueur de 200km, comprenant les lignes suivantes: Argenton-l’Eglise à Thouars, Niort à Damvin, Niort à Champdeniers et Secondigny, Mauzé à Beauvoir et Brioux, Vausseroux à Lavausaux, Thouars à Thénezay et Menigoute, l’Absie à Breuil-Barret.
- Loire. — Il est question de l’étude d’une ligne de tramways de Firminy à Sainte-Sigolcne et à Monistrol.
- Loir-et-Chér. — On va créer prochainement une ligne de tramways de Contres aux Montils.
- Lot. — La Commission des travaux publics a approuvé les tracés des lignes de tramways suivantes : Saint-Céré à Figeac, Castelfranc à Gourdon, Gourdon à Figeac, Cahors à Castelnau, Cahors à Saint-Céré, Souillac à La Bastide, Saint-Céré à Bagnac, Figeac à Cahors, Cahors à Limagne.
- Meuse. — Est à l’étude le projet d’une ligne de tramways de Baroncourt à Landres.
- Italie. —• D’après les dernières statistiques, la longueur des lignes électriques en Italie qui était de 4ookm en 1901 était à là fin de 1908 de 1 oigkm. Le capital engagé, tant dans les chemins de fer que dans les tramways électriques, représente une somme de 104 millions de francs.
- La municipalité de Milan a demandé l’autorisation de cbnstruire un nouveau réseau de tramways électriques.
- La Société des tramways de Vicence a demandé une
- concession pour l’établissement d’un tramway de Recoaro à Valdagnb.
- Le Conseil municipal de Rome a voté la construction de deux nouvelles lignes de tramways.
- La « Societa anonima canavere per le Strade Ferrate Tormo-Cirie-Lanzo » a obtenu la concession pour la construction d’une ligne de tramways de Lanzo à Cores, avec une subvention de 8 5oo lires par kilomètre pendant cinquante ans. La ligne aura une longueur de nkm et permettra de communiquer directement de Turin aux trois vallées des Alpes : Vice, Ala et Grande a Gros Cavallo.
- Brésil. — On va procéder à l’électrification des tramways de San Luiz. Un réseau de tramways électriques va être prochainement construit à Petropolis.
- Russie. — Le Conseil municipal de Vladivostock étudie actuellement le projet de tramways électriques.
- La municipalité d’Ekaterinbourg a accordé à un syndicat anglais la concession des tramways électriques pour une période de trente-cinq ans.
- Espagne. — La Compagnie générale des tramways de Valence a demandé au ministère des Travaux publics une concession pour l’établissement d’un tramway électrique de Catarraja à Silla.
- La Société des tramways de l’Est de Madrid a obtenu la concession du tramway électrique de la Pareo de Recoletos à la calle de la Florida.
- Le gouvernement espagnol a accordé au concessionnaire du tramway électrique de Vallirana à Barcelone une prorogation de cinq années pour exécuter les travaux et ouvrir la ligne à l’exploitation.
- Autriche. — Le gouvernement a soumis à l’approbation du Parlement un projet de loi relatif à la construction d’un réseau de chemin de fer d’une longueur de 720km. Le capital engagé serait.de i45 700 000 couronnes et la part de l’Etat se monterait à q5 404000 couronnes.
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- ÉCLAIRAGE
- Drôme. — Le Conseil municipal de Montélimar a chargé une commission de rédiger le traité de concession de l’éclairage électrique de la ville.
- Alpes-Maritimes. — L’énergie électrique du Littoral méditerranéen a acquis de la Société des grands travaux de Marseille la concess ion de l’éclairage électrique du Plan et de Plascassier.
- Saône-êt-Loire. — Le maire de Viré a obtenu l’autorisation de traiter directement avec les sociétés pour l’établissement de l’éclairage électrique.
- Seine-Inférieure. — La municipalité de Granville est en pourparlers pour l’installation de l’éclairage électrique.
- La municipalité de Dinard a décidé d’éclairer la plage à la lumière électrique.
- Espagne. — Une Société « l’Union Elettrica Carta-gena » a été fondée à Madrid au capital de io millions de pesetas pour fournir l’électricité comme éclairage et comme force motrice au district de Cartagène.
- DIVERS
- Chine. — Les applications de l’électricité sont, jusqu’il présent, très peu nombreuses dans le Nord de la Chine.
- Il convient de citer les installations faites aux mines de la Chinese Engineering et Mining, à Tongshan et Linsi, et celles faites aux tramways de Tientsin ; enfin, quelques réseaux d’éclairage assurant le service à Pékin, à Tientsin et aux mines de Lincheng.
- A Pékin, l’éclairage de la ville chinoise est exploité par une société sino-japonaise qui utilise le courant alternatif, à l’exception du quartier des Légations formant un réseau distinct, de peu d’importance, desservi par du courant continu.
- A Tientsin, l’éclairage de la ville chinoise et des concessions autrichienne, italienne et russe a été concédé à la Compagnie des tramways. Dans la concession française, l’exploitation du réseau d’éclairage est entre les mains de la municipalité. Dans les concessions anglaise et japonaise, ce sont des sociétés privées qui assurent le service des réseaux d’éclairage. La concession allemande est desservie par une usine très peu importante dépendant de la société Siemens-Schuckert, de Berlin.
- Aux mines de Lincheng, le réseau d’éclairage est très peu important.
- Les réseaux d’éclairage établis à Tientsin et aux mines de Lincheng sont à courant continu. Quant aux mines
- de Tongshan et de Linsi, le service de feurs installations électriques est assuré par du courant alternatif produit sous la tension de 2.200 volts.
- Les statistiques des douanes maritimes chinoises ne donnent que fort peu de détails au sujet de l’importation des produits de l’industrie électrique.
- Elles renseignent pour Tientsin, sous la rubrique générique « matériel et fournitures électriques ».
- Années Haïkwan taëls
- 1906 ........................ 98 000
- 1907 ....................... 110 000
- 1908 ....................... 176 000
- Les autres ports du Nord n’indiquent aucune importation de matériel et fournitures électriques.
- Voici la nomenclature des entreprises utilisant les produits de l’industrie électrique dans le Nord de la Chine : Chinese Engineering et Mining C°, Ltd, à Tongshan et à Linsi ; Pékin Chinese Chartered Electric Light C°i Ltd, à Pékin; The Pékin Electric Company, Ltd, à Pékin; Compagnie de tramways et d’éclairage de Tientsin, à Tientsin; Usine électrique de la municipalité française, à Tientsin; The Tientsin Gas et Electric Ligh-ting C°, à Tientsin; Siemens-Schückert Electricitats-Ge-sellschaft Werke, à Tientsin; The Tokio Tatemono Kaisha (concession japonaise), à Tientsin; Mines de Lincheng, Chemin de fer Pékin-Hankow, à Lincheng.
- Dans l’état actuel des applications de l’électricité, les articles pouvant trouver un débouché dans le Nord de la Chine se réduisent donc aux appareillages pour lumière électrique, aux pièces de rechange pour dynamos et moteurs.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 20 juillet, l’Office colonial,-Palais Royal, à Paris, fournitures de machines-outils, gros et petit outillage, pour les ateliers de Touranes (Annam) ; caut. prov. ; 1 000 francs, défin. 2 000 francs.
- Le 20 juillet, à l’Office colonial, Palais Royal, à Paris, fournitures de fils de fer galvanisés, d’isolateurs scellés et de poteaux métalliques destinés aux postes et télégraphes de la Guinée.
- Le 20 juillet, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fournitures de fils de bronze et de cuivre (21 lots).
- Le 11 août, à la mairie de Châtellerault (Vienne), fourniture, en 14 lots, de câbles et de fils de cuivre, gutta-percha, ruban chaltertonné, ruban caoutchouté, tubes en caoutchouc, 328kB de fils de bronze divers, 74ks de maille-chort en fils et en planches, objets divers d’appareillage
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- 01
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2*Série). — N°28.
- électrique, 5o balais métalliques, crayons de carbone. Demandes d’admission avant le 16 juillet.
- Prochainement,au sous-secrétariat d’Etat des Postes-et Télégraphes, rue de Grenelle, io3, à Paris, construction de lignes téléphoniques à Levallois-Perret et Fontè-nay-aux-Roses.
- ALLEMAGNE
- Le ia juillet,-aux-chemins de fer de l’Etat prussien, à Dortmundt fourniture et montage d’un transbordeur pour locomotives de 80 oooks de force et n™ de longueur actionné électriquement.
- Le i5 juillet, au Stâdtisches Maschinen-Bauaml, à Cologne, fourniture de 4 monte-charges actionnés électriquement.
- Le i5 juillet, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Osnabrück, fourniture d’un pont à peser de 3o tonnes, une machine automatique à polir les tiges de piston, un tour à finir les fusées d’essieux avec accessoires, une foreuse actionnée électriquement, une scie à ruban et une machine à fraiser.
- ITALIE
- Le io août, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, adjudication internationale pour la fourniture de ioo ooo mètres[couranls câble télégraphique. '
- ESPAGNE
- Le 27 août, à 12 h., & la direction générale des Travaux publics (ministère de fomento), à ü/arfriti,^adjudication de la concession d’un réseau de tramways électriques interurbains à Barcelone; caut. : 40 5g6 pj 02.
- PAYS-BAS
- •
- Le 16 juillet, à l’administration supérieure des Postes et Télégraphes, à La Haye, établissement d’une station de radio-télégraphie à Scheveningue,
- république argentine
- Le 21 août, à la direction générale des Voies de communication, à Buenoi-Aires, fourniture de 7 locomotives pour les railways de la Patagonie.
- Pt RM, — IAIPRIMBRIB LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 17 JUILLET 1909.
- Tome VII <2« série).— N* 29.
- Trente-et-Unlémè année.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. — Devaux-Charbonnel. Etude sur les lignes téléphoniques [suite), p. 67. — J. Rezelman. Réactance de dispersion [suite), p. 72. —J. Escaud. Le ferro-tungstène [fin), p. 75.
- Extraits des publications périodiques. — Construction de machines. Contribution à la théorie du transformateur de courants, M. Seidner, p. 79. — Procédé de compoundage des alternateurs par des condensateurs, Linke, p. 83. -— Les rapports de la turbine à vapeur à grande puissance avec l'éleclrotechnique, p. 84. —
- Oscillations hertziennes. Dispositif de commande de signaux à distance avec ou sans 111, p. 86. — Bibliographie, p. 87. — Législation et contentieux. Notes sur les droits d’octroi et l’exemption possible des matériaux servant à une ligne de distribution électrique, P. Boucault, p. 88. — Variétés. Sur les condensateurs à verre, (fin), J.-A. Stückly, p. 91. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 93 — Renseignements commerciaux, p. g5.| — Adjudications, p. 96.
- ÉDITORIAL
- M. Devaux-Charbonnel nous présente aujourd’hui l'étude de Vimpédance des lignes au sujet de laquelle il annonce ce résultat : qu’elle est très voisine d’une simple résistance ohmique pour les lignes à self appréciable, et qu’elle est indépendante de la fréquence; puis l’impédance des appareils dont il étudie le double rôle de générateur et récepteur pour les communications téléphoniques et au sujet de laquelle il donne cette conclusion que l’impédance est sensiblement une résistance ohmique pour les lignes aériennes ; pour les lignes souterraines, l’impédance étant équivalente à une capacité en série avec une résistance variant d’une façon très nette avec la fréquence.
- M. J. Rezelman indique dans la suite de
- son article, sur la réactance des alternateurs un certain nombre de données numériques.
- M. Escard présente la suite de son étude sur le ferro-tungstène. Il commence par l’examen des carbures doubles de fer et de tungstène en exposant une série de réactions auxquelles il a soumis ces carbures, puis il passe à la préparation du ferro-tungstène, rappelant à ce sujet le jjrocédé indiqué par M. Dugouroux par voie alumino-thermiquo, la préparation du ferro-tungstène, par l'affinage de la fonte de tungstène en présence de l’oxyde de fer, et termine son étude par un exposé de la situation de la fabrication du tungstène. ___
- Dans les publications électro-techniques
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N°29.
- nous avons relevé un article de M. Seidner, dans YElectrotechnische Maschinenbau, concernant les transformateurs d’intensité. Dans cet article, les transformateurs d’intensité sont étudiés d’abord au point de vue théorique, puis dans les cas qui se présentent dans la pratique, c’est-à-dire lorsque le secondaire de ce transformateur est branché, soit sur un appareil de mesure, soit sur un convertisseur, comme cela a lieu dans le compoundage des alternateurs. L’auteur en déduit des règles destinées à guider les constructeurs dans le calcul de ces trânsfor- ; mateurs. Se rapportant à un sujet très voisin du précédent, l’article de M. Linke dans Y Electrotechnische Zeitschrift, présente l’étude de l’emploi du condensateur dans le compoundage des alternateurs, celui-ci étant placé directement en série sur le circuit d’utilisation ou, ce qui vaut mieux, sur le secondaire d’un transformateur dont le primaire est traversé par le courant principal et l’alternateur à compounder.
- M. Gi’oddeck, dans Y Electrotechnische Zeitschrift, montre l’influence qu’a exercée la turbine à vapeur sur l’électro-technique. Il montre les avantages que présente la turbine à vapeur sur la machine à piston pour la constitution des groupes électrogènes, avantages qui sont : meilleure utilisation de la vapeur, encombrement plus réduit, possibilité d’obtenir des groupes électrogènes d’une puissance très supérieure (jusqu’à 12.000 kw.) rendant ainsi possible la création de centrages très puissants pouvant produire l’énergie électrique à un pi’ix réellement avantageux.
- Le compte rendu de l’Académie des Scien-
- ces présente une note due à M. d’Ivry relative à' un dispositif de commande de signaux à distance avec ou sans fils. On conçoit facilement i’intérêt que présente un dispositif de ce genre dans les branches les plus variées de l’industrie. La commande peut d'ailleurs s’effectuer soit instantanément^ soit au boiit d’un temps déterminé,\et l'appareil a été construit par MM. Du^retet et Roger.
- La partie juridique et contentieuse est consacrée aujourd’hui aux droits d’octroi et à l’exemption possible des matériaux servant à une ligne de distribution électrique. Suivant différents cas, exposés tout au long de cet article, les métaux constituant une canalisation électrique peuvent être ou non exemptés des droits d’octroi. Il est à remarquer combien cette question est importante pour les réseaux ayant à emprunter des terrains appartenant, soit à des propriétaires, soit à des communes, soit à l’Etat.
- Les variétés contiennent un article qui est la suite d’une étude présentée parM Stockly, sur les condensateurs à verre, et où il étudie la variation de résistance ohmique du diélectrique du condensateur avec la température. La détermination de cette résistance permet à l’auteur de résumer ses expériences en un tableau donnant les relations entre les températures et les décréments logarithmiques du condensateur; puis il donne le résultat de ses études expérimentales et, pour terminer, les points les plus importants qu’il faut considérer dans la construction des condensateurs à verre destinés à la télégraphie sans fil.
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- 17 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ÉTUDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES (Suite) (l)
- § 2. — Impédance des lignes.
- L’impédance d’une ligne est donnée par la formule
- ' P "h *WX
- , ' g-f-ït«>Y*
- Si on met l’imaginaire Z sous la forme a -j- bi, on aura
- [a -f- bi)2 = [a2—è2)-f- iabi
- cjp-|—<o2*/X o»_f.w*Ya
- b)(Xg—yp) g2 -f- w2 y2"
- La quantité Z = a bi représentant une impédance, a est une quantité essentiellement positive qui représente une résistance ohmiqlie. On voit que b sera positif ou négatif suivant le signé de
- Xg—YP-
- Mais nous avons vu que l’on a toujours, sur les lignes ordinaires,
- sager, celui où l’on a g == o, c’est-à-dire où l’isolement est pratiquement infini, lignes aériennes en très bon état, lignes souterraines ordinaires de petit calibre, et celui où l’on a
- g
- TP
- X*'-
- cas qui ne se présente pas généralement, mais qui est particulièrement intéressant à cause des formules simples auxquelles il correspond.
- Dans le premier cas g = o, on a
- R =
- I
- wC
- y—— («X -(- vp2 + w3X2) = —
- V 2u>y <*>Y
- y —— (— “X + vp2 + w2x2) — —,
- V atoY «Y
- c’est-à-dire
- Donc pour ces lignes b est négatif. Il ne pourra y avoir d’exception à cette règle que si X est très grand, c’est-à-dire pour les lignes fortement pupinisées. Laissant de côté ce cas qui n’est pas usuel, l’impédance Z sera équivalente à une résistance R et à une capacité C, de telle façon qu’on aura
- La discussion des valeurs de R et de C, suivant les différents cas qui pourront se présenter, est analogue de tout point à celle que nous venons de faire pour « et 0.
- Nous aurons deux cas particuliers à envi-
- (*) La Lumière Electrique, tome VI|et VII, (2e série), p. 327, 391, 7, et 47.
- C = l.
- a
- On voit qu’il y a, dans ce cas, une relation très simple entre R et G d’une part et a et p d’autre part. Cette relation est évidente, car on a d’une manière générale
- ' a2 — (a + p/)2 = (p -J- z'wX) (g -j- /coy)
- Z2 = (R____î_y _ p+^ = («+N2
- V mGJ g -f- z‘ci>y fg -)- z'wy)2’
- d’où
- y _ « + py
- g -f- iu y"
- Si on fait g = o
- z = — üfi±liL
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- 68
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2® Série). — N° 2?.
- c’est-à-dire
- Z = (l\-------=---------— (a -f $i) — —-------i —,
- \ wC/ <i>y ' wy WY
- ce qui donne les deux relations en question. Le deuxième cas
- Y P
- donne
- L’impédance Z, dans ce cas, est une simple résistance ohmique.
- Enfin dans le cas où l’isolement n’est pas parfait
- cas général des lignes aériennes, on a les formules suivantes qu’on établit sans difficulté.
- Sans insister davantage, nous nous résumerons en disant : L’impédance d’une ligne est très voisine d’une simple résistance ohmique pour les lignes où la self-induction a une valeur appréciable, ligne aérienne ou ligne pupinisée. Cette impédance est indépendante de la fréquence. Elle est voisine de 6oo“pour les lignes aériennes ordinaires. Exactement on a :
- et la valeur de l’impédance ne dépend pas de la résistance ohmique. Au contraire, poulies lignes souterraines, on aura
- Ces valeurs dépendent de la fréquence, et l’argument de la valeur de l’impédance est de 45 degrés.
- Nous verrons, quand nous parlerons des lignes, quelles conclusions on peut tirer de ces différentes remarques.
- Ajoutons que nous avons mesui’é directement l’impédance d’un grand nombre de lignes aériennes et souterraines et que nous avons trouvé dès nombres qui sont, exactement ceux qu’on peut déduire des formules données, en fonction des constantes kilométriques.
- § 3. — Impédance des appareils.
- . Enfin il y a un troisième élément qui intervient dans la transmission téléphonique. C’est l’appareil. Il joue deux rôles. Il est à la fois générateur et récepteur. Comme générateur, il produit, par la variation de résistance du microphone, la force électromotrice alternative qui engendre le courant. Comme récepteur, il transforme le courant en ondes sonores. On voit combien son rôle est compliqué. D’une manière générale, il a été peu étudié et les perfectionnements qui lui ont été apportés ont été découverts à la suite de recherches empiriques plutôt qu’après des études rationnelles. Nous avons essayé d’étudier le fonctionnement des appareils, en utilisant les ressources que la technique met actuellement à notre disposition (’). Mais il n’est pas dans notre intention d’exposer ici un travail qui dépasserait de beaucoup le cadre de cette étude. Nous nous contenterons ’de dire un mot des appareils, au point de vue de leur impédance, afin que nous puissions dans le chapitre suivant traiter la question de la transmission téléphonique, telle qu'elle se présente dans la pratique, les lignes étant reliées aux appareils.
- D’une manière générale, on peut considé-
- (*) Voir notamment C. R. de VAcadémie des Sciences, 3 juin 1907.
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- 69
- rer un appareil comme ayant une impédance qui est la somme de celles du secondaire de la bobine d’induction et des récepteurs. Quand l’appareil est générateur, une force électro-motrice est engendrée dans le secondaire, force électromotrice de i à 2 volts environ, et les variations de résistance du circuit primaire, qui ne sont autres que celles du microphone, sont assez faibles pour pouvoir être négligées et par conséquent être considérées comme ne modifiant pas l’impédance du secondaire.
- Pour déterminer l’impédance de l’appareil, on peut employer deux méthodes. On étudie séparément la bobine et les récepteurs à différents régimes de courant et à différentes fréquences et on calcule l’impédance de l’ensemble pour le qas qu’on a à considérer. Ou bien, on mesure directement cette impédance.
- Nous avons employé les deux procédés. On trouve dans certaines limites, et en particulier entre Soo et i 200 périodes, c’est-à-dire dans les conditions qui conviennent à la téléphonie, que l’impédance est assez peu variable pour un même appareil. Ainsi, voici les résultats mesurés pour un appareil du modèle adopté par l’Administration française.
- 1 020 ~ 480 '
- R 1190“ 1 o3o<
- b) L 480 /(3o
- Ce résultat assez curieux provient de ce que la self du secondaire de la bobine, pour une faible résistance, comme celle du microphone, dans le primaire, diminue notablement avec la fréquence, alors qu’au contraire la self des récepteurs reste à peu près constante, de sorte que la somme des w L se trouve varier peu avec la fréquence.
- Si on considère d’autres appareils, on trouve que leur impédance est souvent supérieure à celle que nous venons d’indiquer. Elle atteint parfois le double.
- Nous nous proposons d’adopter, pour le moment, les chiffres approchés
- R = i ooo'’* wL = 5oo
- pour l’impédance.
- Nous verrons plus tard, dans quelques cas particuliers, les conséquences d’un changement de grandeur de ces nombres.
- Nous résumons, dans un tableau (p. 70), les valeurs des constantes des lignes les plus fréquemment employées.
- Nous avons donné ces valeurs pour différentes fréquences. Nous avons dit que la fréquence la plus intéressante était celle de 1 000 pour la téléphonie. Mais, comme les sons de la voix comprennent des notes fondamentales plus graves et des harmoniques plus élevées, nous avons cru utile de permettre de voir quelle est l’influence de la fréquence.
- Elle est très importante sur les lignes souterraines et cela d’autant plus que le diamètre est plus petit. Ainsi, pour les câbles du réseau urbain, de i,Bm de cuivre, l’affaiblissement y varie du simple au décuple. Le câble de 2ram,a est déjà beaucoup moins sensible à la fréquence. Les lignes aériennes en sont très peu affectées, celles de haute conductibilité, à 5mm de cuivre, ne le sont pratiquement pas.
- Nous avons donné deux valeurs de l’affaiblissement. L’une aq correspond à une ligne parfaitement isolée, l’autre a2 à l’isolement qu’on rencontre ordinairement, c’est-à-dire un mégohm pour les lignes aériennes, 100000 ohms pour les souterrains. On peut voir que pour les lignes usuelles l’importance de l’isolement est assez faible.
- Au lieu de donner la valeur de p, nous avons préféré indiquer celle de la vitesse ede propagation des ondes, qui en est fonction, comme nous l’avons dit,
- b>
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- Affaiblissement et impédance des lignes téléphoniques usuelles.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Sérié). — N° 29.
- X X
- X x
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- X X
- jn luamassijqiBjjY
- Cette vitesse est voisine de celle de la lumière pour les lignes aériennes. Elle peut être jusqu’à io fois plus faible pour les souterraines.
- Enfin, on voit que l’impédance est sensiblement une résistance ohmique de 6oo'°, indépendante du diamètre, pour les lignes aériennes. Pour les lignes souterraines, l’impédance est équivalente à une capacité èn série avec une résistance et varie beaucoup avec la fréquence.
- CHAPITRE III
- LES LIGNES
- § «. — Propriétés générales.
- Nous avons vu que sur une ligne de longueur finie, la tension et l’intensité du courant étaient soumises aux deux conditions
- E = P eax + Q e.-ax I = — — (P eax — Qe-aa;).
- Pour l’origine .x = o, on a E0 = P + Q I0 = -I(P_Q).
- On eti déduit immédiatement
- gcix ax eax _ e—ax
- E---------- -j- ZI *---——
- 2 2 2
- 0étx _|_ q—ax JJ çax Q—ax
- 1 2 h Z 2 “‘ .
- On écrit généralement ces formulés plus simplement en introduisant les lignes hyperboliques
- cos hyp.ax-
- Q&x .«X
- sin hyp. ax:
- eax — (i ax
- On a alors
- E0 = AE + BI I0 = AI + CE.
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- 17 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 71
- en posant L’amplitude de E est donnée par cette for-
- A = cos hyp. ax B = sin hyp. ax C = — sin hyp. ax. mule, si l’on considère E0 comme l’amplitude de la force électro-motrice au départ. Les maxima et minima correspondront aux zéros de la dérivée qui est tg hyp. ax = tghyp. (m + al),
- On verrait facilement qu’on a aussi, par une transformation évidente, c’est-à-dire
- E = AE0 - BI0 ) I = AI0 — CE0. i (2J ax = m al ± Kitô Mais m est imaginaire de la forme
- xAvant d’aller plus loin, nous allons montrer combien ces formules sont commodes. Cherchons à nous rendre compte de la variation de E et de I le long d’une ligne de longueur l. D’abord à l’extrémité de cette ligne, pour x — l, on aura m = m' m"i. Si on ne considère que la partie imaginaire, on aura (3# = m" 4- pf — Ktc, c’est-à-dire
- E; — Z,b, * = t + '-k;’
- s’il y a un appareil ou un dispositif quelconque d’impédance Z,.. Cherchons les points où E est maximum. On a, d’après (2) en introduisant la longueur d’onde
- E = E0 cos hyp. cix — sin hyp. ax E0 On voit donc que les maxima et minima seront distants les uns des autres d’une
- Mais se déduit de (i), où l’on fait Et = Z,.h demi-longueur d’onde. En particulier si l’extrémité est isolée, on aura Z,. = 00
- ZI0 Z cos hyp. al -|- Zr sin hyp. al E0 Z,, cos hyp. al -)- Z sin hyp. al* . z tg hyp. m = —= 0,
- En posant d’où
- Z . Y = hyp-m m" ~ K i
- On aura et
- ZI„ ta- liyp. m 4- tg hyp. al 0— 0 i 0 Jt —tghyp.[m 4-a/ . E0 i + tg hyp. m tg hyp. al x = l — K ~ 2
- On a donc finalement On aura donc à l’extrémité de la ligne une valeur limite de la tension. On verrait sans
- E = E0 } cos hyp. ax — sin hyp. ax tg hyp. m (-f- al) J. peine que c’est un maximum.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Sérié). —- N® 29.
- Un court-circuit, c’est-à-dire une impédance nulle, Zr = o donnerait un minimum de tension, à cette même extrémité.
- Si on faisait le même calcul pour l’intensité, on retrouverait des conclusions ana-
- logues, mais on verrait que les maxima du courant correspondent aux minima de la tension, et inversement.
- (A suivre.)
- Devaux-Ciiarbonnel.
- RÉACTANCE DE DISPERSION (Suite)™
- C. Réactance du stator d'un turboalternateur triphasé de i 7O0 K. V. A. à 4 pôles — 5o ~ — i Soo tours — 11 ooo volts entre phases, le rotor étant enlevé.
- Dimensions.
- <I>, = 85oram, l — 960 — 20 X 7,5mm, 48 rainures (a3 X 87), ' s„. = i5,
- t = G7o‘nm
- h = 885 tt — 56 p —r 2 et q — .
- Bobinage par pôle conséquent comme la machine B :
- ls = 1 64omm
- Isa -- 94e
- Isc — 700
- Usa = 4oomi" Usc = 54().
- On a mesuré comme réactance par phase en triphasé : x, — 12 û.
- Nous avons :
- - /67 1 8’5_j_ 9 , ï>5\ _
- 7------7* H-----\~~r~ ) —
- \69 23 29 6 /
- i,5>
- 38
- et
- &sn '•
- I 2,O.00.120’ 2./|.I08
- .88,5’.a,38 = a,3 GQ.
- En supposant A = o pour ce bobinage par pôles conséquents :
- „ . /2.164o\
- \sa = 0,46.4 . log (-----) = 1,68
- \ 400 J
- A
- (‘) La Lumière Electrique, tomes YI et VII (20 série), p. 366, i3, et 3g.
- et
- 3,'ta— 0,01125.94.1,68 = 1,780
- ) ,r / 1 /2-164°\ 3
- Asc = 0,46.4 . log ( --) = 1,23
- V 700 J
- Ot -
- 0,01 12.570.1,23=0,970 &sn “f" &$a ~(“ 3'sc=:l&} I I Q
- Il reste donc pour x,k — 12 — 5,11 = 6,890, d’où
- 6,89 a
- V =------F qq~ ===6’93-
- 0,01125. 88,0
- Comme)* = 0,92 log.f^^'l+4,a+ 81og.
- = 2, q = 8. f \ O /
- | = 6,93, nous trouvons pour B la valeur de 1,02.
- Le calcul de = 0,92 j + ,,4 + 4^. (3^6' !’^) | ~ ®,45, il y a donc un rap-
- port M5 = ,’2”-
- D. Réactance du stator d'un alternateur triphasé de 75 K.V.A. à 8 pôles — 5o ~ — 75o tours— 115 volts entre phases, le rotor étant enlevé.
- Dimensions :
- q>, = 58omm, l — 270 — 2 x ioram, 72 rainures (10,5 X 23),
- Su := 1,
- T = 228rara
- lt — 260 ti = 25,3
- P = 4,7=: 3
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- Bobinage par pôle conséquent :
- l» — /,6omm,
- Isa = 35o Usa — 9<>ram
- Isc = lit) Use —l47-
- On a mesuré comme réactance par phase :
- 1) En monophasé sur une phase 0,0154 O;
- 2) En monophasé sur deux phases en série : 0,0180 Q ;
- 3) En triphasé : 0,0174 O.
- Nous avons :
- i2,5.5o.i22
- et X'sn =----rr--; . 20 . 1,6 = 0,003 I 2
- 4.3.io8
- En supposant A = o pour ce bobinage par
- pôles conséquents :
- . /2.46o\
- — 0,46.3.log —j=i,4
- et xsa = 0,000075.35.1,4 = o,oo368
- XJC = 0,46.3.log ^ = i,o85
- et xsc — 0,000075.11.1 ,o85 = 0,00090
- Xsn + Xsa 4- X,c = 0,00770'
- Il reste donc pour
- xsk — o,oi54 — 0,0077 — 0,0077
- d’où X/.- =
- o>°°77 0,000075.26
- = 3,95.
- Comme Xt = 0,92 log. ( ) + 0,7 + 3 log.
- p=z/tq = i, \3,5/
- j = 3,90, nous trouvons pour B la \ 2. 25,3 J I
- valeur de 1,28, donc peu différente de
- £±J = ttl = i,25.
- Pour (2) et (3) la réactance xm -f* xsa-\-xsc, reste 0,0077 ü; en prenant la valeur moyenne
- x, — 0,0177 Ü, il reste pour xtk = 0,0177 — 0,0077=0,01 Q, d’où
- X/,
- 0,01
- 0,000075.26
- 5,i4.
- En monophasé sur une phase X* était 3,g5, il y a donc une augmentation de ^-î^=i,3. Comme
- p=^=o,92ji°g(^)+2,8+6log(^.B)j=5,t4
- nous trouvons pour B la valeur 0,985, donc de nouveau peu différente de l’unité.
- Pour être mieux fixé, les recherches ont été continuées au plancher d’essai des Ateliers de constructions électriques de Char-leroi sur plusieurs autres machines avec bobinage par pôle et par pôles conséquents.
- Nous nous bornerons à ne donner que les résultats.
- E. Réactance du stator d’un moteur asynchrone triphasé de 200 HP à 18 pôles — 5o~ — 333 tours — 3 000 volts entre phases, avec bobinage par pôles conséquents, q = 3.
- La réactance des raccordements extérieurs a été mesurée au moyen de spires auxiliaires; pour A on trouve la valeur de -|- o, 14, pour B en monophasé sur une phase 1,2 et pour B en triphasé 0,97. Aucune induction mutuelle entre phases 11’a été constatée.
- F. Réactance du stator d'un moteur synchrone triphasé de 750 KVA à 12 pôles — 25 _ — 25o tours — 10 25o volts entre phases, avec bobinage par pôle, q — 2.
- En supposant B = ^ 1 en monophasé
- sur une phase, on trouve pour A la valeur de + 0,41.
- En supposant B = 1 en triphasé, on constate une augmentation de la réactance des raccordements extérieurs de i3 % produite par induction mutuelle entre phases.
- G. Réactance du stator d’un alternateur triphasé de 270 KVA à i4 pôles — 5ow •— 428 tours — 3 000 volts entre phases avec bobinage par pôle, q = 2.
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- En supposant B en monophasé
- sur une phase, on trouve pour A la valeur de + 0,47 et en supposant B = 1 en triphasé, on constate une augmentation de la réactance des raccordements extérieurs de i5 %, produite par induction mutuelle entre phases.
- RÉSUMÉ
- Il résulte des recherches précédentes que la réactance du stator d’une machine à courant alternatif, le rotor étant enlevé, peut être calculée avec une grande approximation en considérant les 3 perméances X„,X*etX,.
- *5 (s. + ,-3 /-1 + ,-3 ''U
- 2) X*—0,92 | log^f^ •V° + alog(^"-dî' )| pour <7= 2
- =°>921 — +°> 7+ )| - 9= *
- =0,921 — +V,+ 41o|5(iV ij — 9= 4
- =0,921 — +»,i+51og(ï~.<8) 1 II
- II O £ 1 +2,8+ 61og^~.d3^ )| 9— 6
- =0,92 j — ++2+ 8 log^—. )j-,= 8
- =0,921 — +5,6+10 log^. ^
- Pour l’enroulement en monophasé sur une phase, dont les q rainures par pôle et phase occupent i/3 du pas polaire, le facteur
- B = i,65 pour p — i ; si p > i, B~^—i—ï.
- P
- Pour la perméance \k par phase en triphasé ou en monophasé sur i phases en série, il sufïit de prendre ± i ,z5 X la valeur de X* calculée comme monophasé sur une phase, en réalité on doit calculer suivant le tableau ci-dessus avec un nombre de rainures double, occupant a/3 x.
- Dans ce cas le facteur B disparaît, vu qu’il devient égal à l’unité.
- 3) X,.—La détermination-de X, est un peu incertaine ; pourtant il semble d’après ce qui précède que l’on peut admettre généralement.
- a) pour un bobinage, par pôle conséquent :
- Fig. q b. — Bobinage par pôle. 4 pôles.
- où X„ doit être décom-
- posé en a parties a et c; l’induction mutuelle entre phases est négligeable. b) pour un bobinage par pôle :
- X« = o,46. q,\
- logt+k
- où X» doit être dé-
- Fig. 9a. — Bobinage par pôles conséquents. 4 pôles.
- composé en 3 parties «, b et c ; A aura généralement la valeur de 0,4 et l’induction mutuelle entre phases augmentera la réactance extérieure de l’enroulement triphasé ou monophasé sur 2 phases en série de i5
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- à 3o %, suivant la distance entre les bobines des différentes phases.
- On peut écrire également :
- X» == 0,46 ; q, (log — ) où
- K= a pour un,bobinage par pôle conséquent et K= 5 — — — par pôle.
- D’après ces coefficients, on trouve qu’à part l’induction mutuelle entre phases, un enroulement bobiné par pôle est équivalent à celui bobiné par pôles conséquents ; l’induction mutuelle entre phases fait donc que la réactance des raccordements extérieurs dii premier enroulement est 15 à 30 % plus élevée que celle du second.
- La différence dans les facteurs k doit être attribuée à des inductions mutuelles négatives entre bobines de la même phase dans le cas de bobinage par pôles conséquents et nulle dans le cas de bobinage par pôle (fig. 9“ et 9b).
- Gomme nous le verrons dans une prochaine étude, cetté réactance du stator d’un alternateur avec rotor enlevé n’est pas la même que celle avec rotor excité; elle diminue, étant donné que X* est en grande partie annulée.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, chef de service des A. C. E.C.
- SUR LA CONSTITUTION DES ALLIAGES TUNGSTÈNE-CARBONE ET FER-TUNGSTÈNE-CARBONE
- ÉTAT ACTUEL DE L’INDUSTRIE
- DU
- FERRO-TUNGSTÊNE (Suite) ™
- 'Passons maintenant aux carbures doubles.
- Le premier carbure double de fer et de tungstène a été reconnu en 1893 par Poleck et Grutznerquilui attribuèrent la formule C2FeTu3. En 1898, M. Williams a préparé un autre carbure double de fer et de tungstène auquel il a assigné la formule 2CFe3, 3CTu2. On peut préparer ce dernier composé en mélangeant i5oBr d’acide tungstique, 25oer de fer et 8oer-de coke de pétrole; on chauffé ce mélange au four électrique dans un creuset de charbon et l’on obtient, après quelques minutes, un culot parfaitement fondu. Après attaque par l’acide chlorhydrique, on arrive à un produit formé de deux carbures doubles de fer et de tungstène, de carbure simple GTu et de graphite. On sépare facilement les carbures doubles au moyen de l’aimant, ces composés étant très magnétiques, puis on fait agir
- l’acide chlorhydrique bouillant qui les attaque inégalement et amène le produit final à une composition correspondant sensiblement à 72 parties de tungstène pour 23 de fer. L’analyse donne les résultats suivants :
- X» 1 N» 2 X» 3
- Tungstène .... 72 7* >4 71,3
- F er 23.5 23,8
- Carbone ... . 3,8 4,2 »
- Théoriquement, pour le carbure de formule
- CFe3, 3CTu2, on devrait avoir 73,6 % de tung-
- stène, 22,4 % de. fer et 4 % de carbone; les chiffres ci-dessus s’écartent peu de ces données.
- En présence de l’air humide, ce carbure double s’oxyde lentement. Les acides sulfurique et nitrique le dissolvent rapidement; de même, la potasse, le chlorate, le nitrate, le carbonate et le bisulfate de potassium le décomposent avec facilité. Le soufre n’exerce sur lui aucune action. Un
- (•) La Lumière Electrique, tome VII (2e série), p. 4b
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N« 29.
- courant d’hydrogène pur et sec chauffé au rouge ne l’altère pas non plus sensiblement; par contre, le chlore réagit et donne naissance à des chlorures de fer et de tungstène; le brome et l’iode l’attaquent également dans les mêmes conditions, quoique beaucoup plus lentement.
- En somme, si l’on soumet à la température du four électrique un mélange d’àcide tungstique, de fer et de charbon, le culot que l’on obtient par la chaleur de l’arc est de nature assez complexe : il renferme plusieurs composés de fer et de tungstène (c’est-à-dire du ferro-tungstène) parmi lesquels se trouve l’alliage ternaire fer-tungstène-carbone défini par la formule a CFe3, 3CTu2 que M. Williams a pu isoler et étudier.
- *
- t. * *
- La préparation du ferro-tüngstène peut s’effectuer de différentes façons suivant que l’on désire obtenir un alliage très pur contenant seulement du fer et du tungstène ou un alliage industriel plus ou moins carburé. Dans le premier cas, la méthode aluminothermique semble donner les meilleurs résultats; dans le second, on pourra traiter les minerais ou composés industriels de tungstène, soit en les affinant par des oxydes de fer à la température du four électrique, soit en utilisant le ferro-silicium comme réducteur du tungstate de chaux par exemple.
- M. Vigouroux a préparé des ferro-tungstènes à teneurs variées en tungstène en traitant par voie aluminothermique,,dans un creuset de magnésie, un mélange d’oxyde de fer et d’oxyde de tungstène purs. Les lingots obtenus étaient ensuite attaqués par l’acide chlorhydrique pour éliminer le fer libre et reconnaître la nature du constituant, principal : celui-ci était l'alliage Fe3Tu2dont nous avons parlé plus haut. L’oxyde de fer choisi était l’oxyde noir Fea04, préparé spécialement pour l’opération ; l’oxyde de tungstène employé était un oxyde inférieur voisin de TuO2. Trois séries d’expériences ont été ainsi faites avec des proportions différentes des matières mises en réaction. Le tableau ci-dessous donne le poids de chaque composé pour chacune d’elles :
- Les trois culots ainsi obtenus étaient très homogènes; le premier contenait u,3o % de tungstène, le second 6,21 % et le troisième 46,25 %. Le barreau aimanté influence ces
- alliages, mais d’autant moins que la proportion de tungstène est plus grande. L’acide chlorhydrique en solution étendue les attaque facilement, mais le fer seul entre en solution. L’eau régale les détruit complètement en dissolvant le fer et en déposant de l’acide tungstique. Il semble donc déjà résulter de cette analyse grossière que ces alliages renferment tous dû fer à l’état libre. Voyons maintenant comment'ôii peut reconnaître la présence d’un autre constituant.
- COMPOSÉS MIS EN RÉACTION Ier ESSAI 2e ESSAI 3e ESSAI
- Oxyde de fer Fe3Oi 4oosr 4oo&r 6oôBr
- Oxyde de tungstène TuO2. 5o 15o 3oo
- Aluminium en poudre .... 9° io5 190
- Traités par l’acide chlorhydrique, les culots donnent des produits différents : le premier ne dépose que des boues noirâtres plus ou moins altérées et dont l’étude semble de peu d’intérêt; le second laisse, comme résidu, des grains cristallins qui, analysés, donnent un pourcentage de 67 en tungstène ; le troisième enfin laisse également un résidu composé de lamelles cristallines donnant à l’analyse G8,41 % de tungstène, chiffre se rapprochant du précédent. Quant à la proportion de fer contenue dans ces cristaux métalliques, elle est de 32,8g % pour ceux provenant du deuxième culot et de 3o,g5 % pour ceux du troisième culot.
- Ces alliages semblënt donc formés à première vue de fer libre et d’un composé renfermant en moyenne 67,70 % de tungstène et3i,92 % de fer. Mais traités par l’eau régale, les cristaux métalliques laissent finalement un composé contenant 3i % de fer et 68,i % de tungstène, chiffres tout à fait admissibles pour qu’on puisse lui attribuer la formule Fe3Tu2, correspondant à 31,34 % de fer et 66,68 40 de tungstène.
- Ainsi donc, les ferro-tungstènes jjréparés par voie aluminothermique et renfermant de 6,21 % à 46,25 % de tungstène sont formés du composé Fe3Tu2 et de fer libre. Ils sont caractérisés par leur propriété magnétique et leur extrême pureté.
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- On peut également obtenir du ferro-tungstène à basse teneur en carbone par l’affinage delà fonte de tungstène en présence de l’oxyde de fer. Cet affinage peut facilement s’effectuer à la chaleur du four électrique en faisant réagir l’oxyde de fer sur le carbure de tungstène. En attribuant à ces composés les formules respectives Fe0O7 et CTu2, on aurait l’équation suivante :
- 7CTu'3 + Fe°07 r= (6FeTu2 + Tu2) + 7CO.
- Néanmoins il se forme toujours du tungstate fei’reux par la combustion simultanée du fer et du carbone. Quoi qu’il en soit, on peut ainsi obtenir du ferro-tungstène à 8o % de tungstène et contenant moins de o,5 % de carbone.
- Pour préparer des ferro-tungstènes contenant plus de fer, il suffit d’ajouter à la fonte de tungstène du fer métallique en même temps que l’on décarbure au moyen du peroxyde de fer. On a alors la réaction suivante :
- 3 CTu2 + Fe203 + nFe = 3CO -f- (3 FeTu2 -f nFe).
- La décarburation par le peroxyde de fer donne des alliages à o,i5 % de carbone.
- Le four servant à cette fabrication peut être un four à induction et à circulation, mais on peut également utiliser un four à électrodes coulantes. On fond des électrodes en tungstène carburé et on les dispose au-dessus d’un four à foyers conjugués muni d’une électrode intermédiaire en acier doux fondu, sur laquelle on amorce deux arcs. On forme ensuite un bain avec un mélange de bioxyde de tungstène et d’aluminate de magnésium. Les électrodes de tungstène carburé entrent en fusion pendant l’opération tandis que leur carbone est brûlé aux dépens du bioxyde de tungstène. Le ferro-tungstène que l’on obtient finalement ne renferme pas plus de o,i5 à o,a5 % de carbone.
- L’emploi du ferro-silicium comme réducteur d’un tungstate alcalino-terreux peut être avantageux pour la fabrication de ferro-tungstènes titrant jusqu’à 75 % environ de tungstène et dans !
- lesquels les impuretés telles que le manganèse ne nuisent pas à ses applications métallurgiques.
- En partant d’un ferro-silicium à ao % , la réaction serait la suivante :
- 3TuOtCa-(- /|SiFe2 =
- (üFe*Tu -j- Fe3Tu) -|- 3Si03Ca -f- SiOaFe.
- Cette réaction peut être pratiquement effectuée dans un four à induction et à circulation renfermant un bain de ferro-silicium à la surface duquel on projette du bioxyde de tungstène. Mais on peut aussi, comme précédemment, se servir d’un four électrique à deux foyers conjugués en série dans lequel on substitue aux électrodes en carbone des électrodes en,ferro-silicium ; l’électrode intermédiaire est également formée de ferro-silicium. Si l’on forme ensuite un bain de tungstate de calcium, ainsi que l’indique l’équation chimique ci-dessus, le silicium du ferrosilicium s’oxyde aux dépens de l’acide tungstique et se combine avec l’oxyde de calcium pour former un silicate tandis que le fer s’unit au tungstène pour donner l’alliage désiré.
- Pratiquement on emploie encore le wolfram pour la préparation industrielle des alliages de fer et de tungstène. En supposant la présence dans le minerai d’une certaine quantité de manganèse, ce qui a toujours lieu avec l’emploi du wolfram, et en réduisant celui-ci par le charbon en présence de la silice, la réaction qui a lieu est la suivante :
- (3rfu03 -f i,5MnO -f- i,5FeO) + SiO2 -f- i4,5C = (i,5CTu2+o,5Mn3C + o,5Fe3C)-|-Si03Ca-fi2C0.
- Si l’on admet pour le four un rendement thermique de Go % et si l’on tient compte également de la quantité d’énergie calorifique dépensée en pure perte à d’inutiles volatilisations de matières premières, il faut compter sur une dépense de 4 Goo kilowatts-heure environ par tonne d’alliage produit. Cette donnée correspond à une dépense de minerai (wolfram à 70 % TuO3) égale à 1 400 k®, à 84 kB de chaux, 3oo de coke et Go d’élec trodes. Le ferro-tungstène ainsi préparé contient de 73 à 75 % de tungstène, un peu de manganèse et du carbone.
- § III. — Industrie du ferro-tungstène. ---
- La plus grande partie du ferro-tungstène
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- LA LUMIÈRE
- fabriquée aujourd’hui sert à la préparation des aciers extra-durs utilisés pour le travail des métaux et des autres aciers. Le tungstène.communique en effet à l’acier ordinaire une résistance mécanique très élevée et surtout une très grande dureté. La consommation de cet alliage tend de plus en plus à augmenter et elle atteint aujourd’hui des proportions considérables ; elle augmentera encore certainement par la découverte de nouveaux gisements qui en abaissera consécutivement le prix de vente.
- On n’a pas cherché jusqu’ici à préparer des l'erro-tungstènes à plus de 80 % de tungstène; en effet, plus la teneur en ce métal est élevée et-plus difficile à obtenir est le produit, etsurtoiit à obtenir régulièrement; les alliages très riches sont peu fusibles et on ne peut, en conséquence, pour la fabrication des aciers spéciaux, les ajouter directement dans la poche de coulée.
- M. Girod fabrique à Ugine (Savoie), non seu-ment du ferro-tungstène pour l’acier au creuset, mais une qualité titrant de Go à 70 % de tungstène et qui a l’avantage de fondre assez facilement et de moins s’oxyder, à cause d’une teneur en carbone comprise entre 2 et 3 % . Ce ferro-tungstène s’emploie principalement pour la fabrication des aciers fins pour ressorts. On le jette, chauffé à l'avance, au four Martin ou dans une cornne Bessemer, de sorte qu’il peu t traverser immédiatement le laitier en fusion à cause de sa densité élevée et se dissoudre sans perte dans l’acier.
- *
- * V
- Le rôle important que le tungstène joue dans la constitution des aciers spéciaux a seulement été mis en évidence dans ces dernières années, pendant lesquelles des études méthodiques et approfondies de leurs divers constituants ont signalé leurs qualités métallurgiques.
- Les premières recherches sur l’influence du tungstène sur les propriétés de l’acier sont dues à Leguen qui, en i863, observa que les fontes au coke, fondues avec 2 % de leur poids de wolfram, tendaient à se rapprocher de l’acier par leurs propriétés mécaniques. En 18G4, il montra que les fontes au charbon de bois acquéraient, de même gne plus grande ténacité. En 18G7, en projetant dans de la fonte décarburée au Bessemer, à la place de spiegeleisen, une fonte grise wolframée
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- à 7,5 % environ de tungstène, il obtint un acier à o,35 % de tungstène, de très bonne qualité et pouvant être utilisé pour la confection des pièces mécaniques demandant une grande résistance, tels que des rails, des ressorts, etc. Enfin, en incorporant 9,21 % de tungstène dans de la fonte blanche servant à la recarburation et en en recarburant de la fonte grise dans le Bessemer, il obtint un acier renfermant o,558 %de tungstène qui se signalait surtout par sa grandq résistance mécanique et la possibilité de prendre une belle trempe.
- Depuis ces premières recherches, de nombreux savants ont entrepris des études détaillées sur les aciers au tungstène. En 1868, Caron confirma les qualités de dureté et de ténacité des aciers wolframés. En i883, Gruner fit remarquer que ces composés s’oxydent plus difficilement que les aciers ordinaires. Enfin, des savants tels que Osmond, Le Chatelier, Charpy^ Iladfield, Guillet ont étudié micrographiquement les aciers au tungstène et en ont caractérisé les divers constituants.
- Le tungstène, outre qu’il communique à l’acier une très grande dureté, lui donne une texture à grain très fin et un velouté tout h fait caractéristique. Par la trempe cette texture est très serrée et la cassure du métal devient soyeuse. Le tungstène abaisse aussi, comme le carbone, le point de fusion de l’acier; d’après Otto Bohler, la variation serait proportionnelle à la quantité de tungstène introduit mais dans une mesure moindre qu’avec le carbone ou le silicium.
- Les aciers au tungstène présentent un grand intérêt au point de vue de leurs applications industrielles, car ils entrent dans la composition de la plupart des aciers à outils. Depuis que l’industrie utilise des aciers sans cesse croissants de dureté et de résistance, la nécessité d’avoir, pour travailler ces métaux, des aciers encore plus durs, se fait sentir chaque jour davantage. Aussi les aciers au tungstène sont-ils venus à point pour solutionner le problème ; on les désigne encore sous le nom d'aciers rapides ou d'aciers trempant à l’air. Souvent ils contiennent, outre le tungstène, une certaine proportion de chrome qui augmente encore leur dureté et leur solidité. Un acier spécial pour machines-outils, et qui paraît être l’un des meilleurs, contient 18,91 % de tungstène et i»,ô7 % de chrome; il est du à l’ingénieur américain Taylor.
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- Les aciers au tungstène sont encore utilisés pour la fabrication de certaines qualités de ressorts. Un de ces aciers a donné à l’analyse la composition suivante :
- Carbone.......................... 0,45 %
- Tungstène......................... o,6o
- Silicium......................... o,3o
- Manganèse . . . ....;........... 0,22
- Non trempé, cet acier possède une résistance à la rupture de 80 à 8E>kB, une limite élastique de 6okB et un allongement de 14 % ; trempé et recuit convenablement, il acquiert une résistance à la rupture deT3ol,ft environ et une limite élastique de iooHB; son allongement est alors de 7 % . Ces propriétés sont évidemment très remarquables.
- D’après M. Gin, la fabrication des aciers au tungstène ne demande pas toujours qu’on leur
- fournisse, comme élément générateur de tungstène, un alli«)ge rigoureusement exempt de carbone. Aussi les ferro-tungstènes à base du carbure CTu2, à 3 % de carbone, peuvent-ils être employés directement dans les aciers perlitiques à faible ou à moyenne teneur en tungstène. Chez les aciers à constituant spécial et les aciers ra-; pides, il n’en est pas de même : ils renferment généralement de i5 à 20 et 25 % de tungstène, et ' la question de leur teneur en carbone n’est pas sans importance quant à leurs qualités de dureté et de résistance mécanique. On peut cependant aboutir à de bons résultats, dans la plupart des cas, en prenant comme matière première un acier suffisamment doux pour que la proportion de carbone dans le produit final réponde aux conditions imposées.
- Jean Ëscaiid.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- CONSTRUCTION DE MACHINES
- Contribution à la théorie du transformateur de courant.—Seidner. — Elektroteclmik und Maschi-nenbau, C juin 1909.
- L’auteur traite des transformateurs employés dans les méthodes de compoundage, des transformateurs Booster, dont les conditions de fonctionnement sont tout à fait différentes de celles des transformateurs réducteurs d’intensité dont la théorie est connue.
- Dans un transformateur de courant, le courant primaire est indépendant de la charge du transformateur et la source primaire ne peut pas compenser l’action magnétisante du circuit secondaire. Pour un courant primaire constant, la charge du transformateur variant, la tension aux bornes primaires va également varier. Le diagramme vectoriel correspondant à une charge quelconque du transfor-esl qualiiicativement identique en tous points au mateur diagramme du transformateur de tension (fig. i). Soit im = OA la composante magnétisante du Courant primaire 4 représenté en grandeur et direction par OF. La force électromotrice primaire induite parle champ produit par im
- est en avance de - sur ce champ et par conséquent
- sur OA, soit OC. OB = OC et porté en sens inverse représente la force électro-motrice secondaire ramenée au même nombre de spires. Les pertes dans le fer entraînent la formation d’un courant 4 — AD en phase avec ei. Le courant à vide du transformateur est donc i0 — AD. Supposons le circuit secondaire ouvert, OD vient coïncider avec OF.
- Si on ferme le circuit secondaire sur une résistance ohmique r, et une résistaftee inductive .r2, il en résulte un courant secondaire :
- 4 =.......—-----en retard de <p2 sur 4-
- y'/'./ -J- a:22
- La chute de tension 4 ra — OE et 4 = EB
- sont les côtés d’un triangle rectangle dont ea est l’hypoténuse.
- La somme vectorielle de i9 et de i2 donne 4- La tension aux bornes primaires est la somme vectorielle de 4, 7 j, 4, *1 et e,. Pour un état déterminé du transformateur de courant il y a donc identité absolue entre le diagramme précédent et celui d’un transformateur de tension. Quand la charge de
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- LA LUMIÈRE
- ce transformateur varie, 4 reste une constante de l’appareil.
- L’auteur étudie ces variations. Il suppose d’abord que la résistance sur laquelle est formé le circuit secondaire est constante et que l’intensité primaire varie suivant une loi quelconque. Ce cas est très fréquent. La résistance constante est celle par exemple d’un ampèremètre, d’un watt-mètre ou d’un relais.
- Fig. i.
- i° Résistance secondaire constante.
- Dans ce cas, le transformateur doit fournir un courant secondaire rigoureusement proportionnel au courant primaire.
- it _ OF n2
- 4 “ DF X ^ = P'
- Faisons croître 4 . Si iw et im croissaient linéairement avec 4 le diagramme se déformerait en restant semblable à lui-même, "et le point F se déplacerait sur la droite OF. En réalité les pertes dans le fer croissent à peu près comme le carré de l’induction, et comme la composante, tension de cette énergie croît linéairement la composante courant croît aussi linéairement, iw croît doncproportionnellement à 4, tandis que im ne suit cette proportionnalité qu’entre des limites déterminées. Le rapport de réduction p reste donc constant tant que l’induction reste au-dessous du coude de la courbe de magnétisme. Dans la partie supérieure de la courbe, ce rapport peut
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- être considéré comme constant si im peut être négligé devant 4- -C'est ce qui a lieu dans les transformateurs largement calculés, les ampèretours magnétisants sont seulement i à 2 % des ampèretours secondaires.
- Pour un ampèremètre, il suffît parfaitement que le rapport de réduction reste constant. Pour un wattmètre, il importe qu’à toute charge, la phase du courant primaire concorde ayec celle du courant secondaire. La figure montré qu’il existe entre eux une différence de phase (Fautant plus grande que le courant magnétisant est plus grand. Celui-ci doit donc être aussi petit que possible, la self du circuit extérieur secondaire étant en général très faible, sauf dans le cas d’un relais. En résumé les transformateurs d’intensité doivent être largement dimensionnés; si on veut éviter cela’, il faut étalonner l’appareil avec son transformateur, c’est ce qu’on fait pratiquement pour les relais, qui n’ont besoin de donner des indications exactes qu’en un ou deux points.
- Pour la suite dé l’étude, l’auteur laisse de côté les pertes dans le fer et dans le cuivre, puisqu’il ne cherche pas à déterminer le rapport de réduction.
- a0 Résistance secondaire variable à décalage secondaire constant.
- Ce cas se présente si à un transformateur alimentant un ampèremètre on veut brancher un wattmètre. En négligeant iw, la figure 2 montre que le courant primaire est la résultante du courant magnétisant et du courant secondaire (augmenté dans le rapport de réduction). Supposons le courant primaire constant (OF), le décalage constant. Le point D va se déplacer sur un cercle dont le centre est sur OF dans le cas particulier où <p2 = o ou sur une droite faisant tp3 avec O.F si ç2 ^ o.
- Si l’impédance secondaire est infinie, 4 — °> Ie courant primaire est proportionnel à OF. L’impédance diminuant, le courant 4 croît, la tension aux bornes décroît lentement d’abord puis plus rapide-
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- ment. Dans le cas théorique du court-circuit ,<?i — o le courant secondaire est égal au courant primaire.
- Revenant au cas d’un deuxième appareil branché sur un réducteur, on voit que tg <p, double (les impédances restant toujours égales). Pour obtenir un rapport de réduction constant, im doit être faible devant 4 donc fi très petit. L’erreur peut dans ce cas être négligée,cependant le courant secondaire diminuerait rapidement si im est voisin de i2.
- 3. L9 impédance secondaire est cons tante, le décalage varie.
- Ce cas n’a pas d’intérêt pratique. Il revient à chercher le lieu du point D tel que OD 4
- —n t-= constante.
- DF im
- On voit facilement que ce lieu est un cercle ayant son centre sur OF.
- 4. U impédance varie en raison inverse du courant primaire.
- Supposons que l’enroulement secondaire du transformateur de courant soit mis en parallèle avec le réseau primaire : c’est le cas des transformateurs Booster. Si la tension secondaire est en avance sur la tension aux bornes de la machine le transformateur débite dans le réseau. Pour une tension constante aux bornes de la machine, la résistance de la charge varie en raison inverse du courant. Si le secondaire du transformateur travaille également sur le réseau, la résistance secondaire du transformateur varie en raison inverse du courant primaire.
- Supposons Je décalage constant et pour simplifier cos <p2— i> 4 et im sont rectangulaires. Le courant secondaire est :
- Or, 4 /\> ~ c.2 const. par hypothèse, i2 = ci ——1
- C2
- • 4 .
- d’où -r = ciM — cos ç.
- ii
- Il est alors clair que le point D est le sommet d’un
- triangle rectangle dont l’hypoténuse FG — est
- constante (iig. 3). Si le courant primaire croit, im croît aussi avec 4- Tandis que, dans le premier cas, si la résistance sëcondaire est constante, im est proportionnel à i et croît au delà de toute limite, im est dans le second cas limité. Si 4'— 00 > 4i =
- FG. Gela correspond au court-circuit.
- En rapprochant ce cas du premier, on voit que le décalage entre les courants primaire et secondaire ne reste pas constant, mais que le cos se rapproche de i, si la charge croît. Bien que le courant primaire croît au delà de toute limite, le courant magnétisant tend vers une limite. Il est donc possible de construire ces transformateurs pour une induction plus élevée que ceux du premier groupe.
- Fie. 3.
- * Le transformateur de courant suit cette loi non seulement s’il s’agit d’un transformateur Booster, mais encore pour un transformateur de compoundage.
- L’auteur termine par l’étude d’une propriété très importante dans Le compoundage des alternateurs. Dans ce cas, le courant de charge ou celui-ci réduit par un transformateur de courant est transformé en courant continu par un convertisseur tournant et est amené à l’excitation de l’alternateur. Il est essentiel que ce courant transformé atteigne aussi rapidement que possible sa valeur finale puisque la variation de tension est d’autant plus rapide, c’est-à-dire le compoundage d’autant meilleur que la variation du courant d’excitation est aussi plus rapide. Or, cette variation est ralentie par la self du circuit inducteur. Or, le transformateur de courant possède cette propriété de produire un courant secondaire proportionnel aü primaire et tout à fait indépendant de la résistance du circuit secondaire,Si la résistance dynamique croît, la tension secondaire du transformateur croît et il se produit une surtension qui dure jusqu’à l’établissement du courant secondaire.
- 5. La résistance secondaire ralentit les variations de courant.
- Si on branche la tension secondaire du transformateur du courant sur un circuit résistant et inductif, l’établissement du courant dépend du moment où la connexion est faite ; l’auteur néglige ce fait pour la suite et admet qu’un courant alternatif prend immédiatement sa valeur finale. Reportons-nous au schéma le plus simple du dispositif de compoundage (fig. 4) ; supposons constante la tension aux bornes du générateur et que le transormateur de courant débite un
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- courant proportionnel au courant primaire. La variation de la tension continue aux bornes de l'excitation n'entraînera pas la variation instantanée du courant, mais suivant une courbe logarithmique, de sorte que le courant alternatif amené au convertisseur va
- Dans le cas d’un transformateur de courant on a la figure 6, d'où les équations
- — /20„ «i2 -f" iht ru}
- — \t *xt a4 h n\ n2 cos (9° + ?)•
- En remarquant qu’il suffit de connaître la direction de la tangente au départ, faisons t ~ o itt — b, on obtient f,2 = c2e2t ./\
- d'où
- C\t
- 11
- c
- L'équation fondamentale prend la forme
- n* ii
- ni c
- htr “f" L
- dit
- dt
- d’où
- ht
- r
- — o et
- dlgj ‘
- dt
- iL'ii
- ch nx
- varier suivant la même loi. Avec un transformateur de tension, le courant d'excitation pourrait mettre ' de io à ao secondes pour atteindre 90 % de sa valeur. Un transformateur d'intensité permet de réduire très notablement cette durée.
- Comme d’autre part c~ — f0 et étant les valeurs
- Ci
- Soit O F (fig. 5) le courant primaire et le transformateur de telle façon que le courant secondaire DO . DF _
- h =------ et zn = — . Supposons que le courant
- «2
- * j i’’ * i * D01 , DFi
- primaire devienne O. vi9 i2 devient — et i0 -------.
- n2 fi\
- Quand fj varie, 4 ne varie pas immédiatement; à ce moment le diagramme est DOF3. Il se produit alors une surtension d’autant plus élevée que le courant secondaire se rapproche davantage du courant de court-circuit.
- L’auteur traite ensuite la question par le calcul. En affectant de l'indice t les valeurs momentanées, on^ a l’équation fondamentale.
- L di.>
- e2i — i2i r -f-
- dt
- de iot et ex pour t — o
- on obtient
- di2t
- dt
- U Ci n.2 ii ijT
- iç L fi\ Îq L
- On voit que la rapidité avec laquelle le courant
- s’établit dépend de ; i\ — 4 correspond au cas du h
- transformateur de tension.
- Dans les transformateurs de courant employés
- ™ est environ 5o. Si on admet par exemple que '0
- — = 1, la tangente au départ fait un angle de 4^ sur L
- l’horizontale dans le transformateur de tension et un angle de88°5o'dansun transformateur d'intensité.
- J. R.
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- Procédé de compoundage des alternateurs par des condensateurs. — W. Llnke. — Elek-trotechnische Zeitschrift, i3 mai 1909.
- Le procédé indiqué par l’auteur est dû au Dr Eich-berg. Malgré le prix élevé des condensateurs industriels dont se sert le procédé ci-dessous, celui-ci convient de retenir l’attention comme étant un des procédés les plus simples et où la tension aux bornes obéit sans retard aux variations de charge. Le dispositif est représenté par la figure 1. Pour réduire dans la plus grande mesure possible les dimensions du condensateur, on le branche au secondaire d’un transformateur de tension.
- O
- k
- Fig. 1.
- La chute de tension d’un transformateur peut être représentée comme la résultante d’une chute de tension ohmique iw et d’une chute dé tension inductive Lan.
- Si E représente la force électromotrice de la machine,
- Fig. a.
- cw = iw la chute de tension ohmique, e, = Lan la chute de tension inductive, i
- ec =-----la tension aux bornes de condensateur
- C ü)
- ramené à l’enroulement primaire,
- km, la tension aux bornes du générateur,
- k, la tension aux bornes du système générateur -f- condensateur, la figure a représente le diagramme de l’alternateur pour charge purement ohmique et sans capacité, tandis que la figure 3 fait intervenir la capacité en négligeantle courantmagnétisant du transformateur d’intensité, ce qui est possible s’il est suffisamment faible devant le courant de capacité. La figure 3 montre que suivant la grandeur de ec le courant avance d’une plus ou moins grande quantité sur la tension km.
- Les ligures 4 et - donnent les diagrammes précédents modifiés en te-ant compte du cos <p dans le cir-
- Fig. 3.
- cuit d’utilisation. La figure 4 suppose un retard du courant. Elle montre que : i° le décalage du courant sur la force électromotrice de l’alternateur est moindre que sur la tension du réseau ; i.° quand le décalage croît, k devient plus grand que km et l’accroissement est d’autant plus grand que le décalage est plus grand ; la machine est d’autant plus compoun-
- Fig. 4.
- dée que cos <p est plus grand et un choix convenable de ee permet un compoundage parfait de l’alternateur pour cos ç = 0,8 à 0,9.
- La figure 5 suppose le courant en avance ; elle montre que comme dans le cas précédent le décalage entre i et E est moindre qu’entre i et km, k étant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2° Série). — N® 29.
- maintenant plus petit que km. Un choix convenable de permet donc d’obtenir un compoundage plus ou moins grand.
- Essais. — Ils lurent faits sur un alternateur monophasé à 6 pôles, de 8 KVA, 220 volts, 5o périodes. Le condensateur était une batterie de bouteilles de
- Leyde de 20 éléments d’une capacité de 0,20 microfarad, et il donnèrent dans chaque cas des résultats très satisfaisants. Ce procédé a comme avantage l’action immédiate du compoundage. Celui-ci n’est cependant rigoureux que pour un décalage sensiblement constant dans le réseau, ce qui est le cas de la traction et du transport de force.
- R. C.
- Les rapports de la turbine à vapeur à grande puissance avecïêlectrotechnique. — Groddeck. — Electrolechnischc Zeitschrift, juin 1909, n° 24.
- L’auteur compare les progrès de la turbine à vapeur à ceux de la machine à piston et cherche les causes qui ont dans un certain domaine assuré la victoire de la turbine à vapeur.
- Du fait que la construction de la turbine à vapeur a été entreprise par des sociétés de constructions électriques, l'influence réciproque des turbines et des machines électriques les uns sur les autres fut bien pliis grande que lorsqu’il s’est agi des machines à piston. Dès le début, la construction des turbines put profiter des plates-formes d’essais que toutes les maisons électriques possédaient, avec toutes leurs ressources et toute l’expérience acquise dans l’étude des grosses unités, au contraire de ce qui s’était passé pour la machine à piston. Ainsi à la place de
- fessai de consommation, au moyen de l’indicateur, par cheval-heure indiqué, renseignement de peu d’importance pratique, ou de la détermination fort longue de la consommation par la mesure de l’eau d’alimentation de la chaudière, on put déterminer la consommation par kilowatt-heure à l’aide d’essais de peu de durée par des mesures électriques et en notant l’eau de condensation.
- Grâce à cette simplification dans les mesures, on put déterminer l’influence du vide, dé la température de la vapeur pour chaque type et chaque grandeur de machine. On obtint une correspondance étroite des deux machines dans toutes les conditions de fonctionnement, ce qui permettait d’obtenir dans tous les cas le meilleur rendement total.
- Cette collaboration étroite entre le constructeur de machines à vapeur et celui des machines, électriques n’avait pas été possible pour les machines à piston. L’essai de ces groupes rencontrait une foule d’obstacles en usine ainsi qu’au lieu d’utilisation, de sorte que l’on ne faisait sur eux que les mesures juste indispensables permettant d’établir les garanties tenues.
- A cette collaboration intime qui a contribué pour beaucoup au développement de la turbine à vapeur, viennent s’ajouter ses qualités propres.
- En dehors du peu d’encombrement, du poids réduit, des fondations moins lourdes, de la simplicité du service, de la consommation d’huile très réduite et surtout d’un produit de condensation complètement débarrassé d’huile, l’un des avantages principaux de la turbine réside dans ce fait qu’il est beaucoup plus simple de construire des turbo-dynamos de 1000 jusqu'à 10000 kw., que des groupes électrogènes à piston de même puissance; l'autre avantage étant que la turbine permet une utilisation plus complète de la vapeur en raison de la température élevée de la vapeur et du vide très poussé au condenseur. Ainsi une machine à piston ne travaille pas au-dessus de 3oo'’' et 85 % de vide, tandis qu’avec une turbine on va jusqu’à 35o° et 97 à 98 % de vide.
- Consommation. — Les essais faits par l’association de contrôles des machines à vapeur de la région de Dortmund, ainsi que tous les autres publiés, ont montré que, dans les mêmes conditions d’admission et d’échappement, la consommation de vapeur et les propriétés de régulation étaient pratiquement les mêmes pour tous les types de turbines ; c’est ainsi que l’on a pu parmi les meilleurs essais cités plus haut trouver une courbe sur laquelle venaient êe placer des points de trois types de turbines (Par-
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- sons, A. E. G. et Zoelly). La consommation oscille pour des puissances des turbines entre 900 et 6000 kw., rapportée à 10 atmosphères, 280° C et 90 % de vide entre 7,5 et 6,8 kg kilowatt-heure. Les’ résultats moins favorables que d’autres essais ont pu fournir doivent être attribués aux modifications introduites dans les conditions de fonctionnement, ou bien à ce fait qu’il n’y avait pas concordance entre les puissances de la turbine et de la dynamo. Ce cas se produit en particulier dans les turbos triphasés où on ne prend pas garde au cos o, la turbine étant calculée pour un cos ip déterminé et le réseau introduisant un cos <p différent.
- Par contre il fut possible d’obtenir de meilleurs résultats en élevant la température d’admission et le vide.
- La comparaison des rendements montre que si 011 rapporte le rendement à la chute de chaleur dans la machine, il est plus favorable à vide peu poussé et à tempéi’ature moins élevés; par contre il est plus favorable à vide et température élevée, si on le rapporte, ce qui pratiquement est le plus important,à la chaleur totale que contient la vapeur. Le premier fait s’explique par le moins d’importance des frottements dus à la vapeur et le second par l’utilisation d’un plus grand nombre de calories.
- L’auteur renvoie ici aux tables de Mollier pour le calcul des rendements et la comparaison entre les chiffres de consommation pour des conditions différentes de celles de la garantie. A la suite d’un très grand nombre d’expériences on peut admettre avec une approximation suffisante que la consommation de vapeur varie de 1 % pour une variation de température de 6 à 70 G ou une variation de vide de i,5 à 1 % •
- Condenseur. — Une des grosses difficultés du début dans la construction des turbines fut le condenseur, et à ce sujet il convient de remarquer que la commande des pompes du condenseur par des moteurs électriques n’a pas toujours rempli parfaitement son but par suite des pérturbations possibles dans le réseau électrique, aussi a-l-on tendance à revenir de plus en plus à la commande à vapeur, par exemple par de petites turbines dont l’échappement est ramené à la partie basse pression de la turbine principale.
- Il faut aussi rappeler que dans le cas de plusieurs turbines installées, chacune d’elles doit posséder son condenseur propre tant au point de vue du vide que de l’économie.
- Surcharge. — La capacité de surcharge d'une
- turbo-dynamo est très grande, puisqu’elle atteint 25 % ; pratiquement, cependant, il convient de rie pas trop compter sur cc chiffre, la pression, le vide ou la surchauffe n’ayant pas la valeur voulue. Si d’ailleurs on renonce à l’avantage qu’offre une turbo-dynamo d’avoir, une consommation spécifique de vapeur plus faible en surcharge qu’en charge, on peut élever cette capacité de surcharge en envoyant de la vapeur fraîche dans la partie basse pression; ce qui est précieux quand la charge de la machine est très irrégulière. Cette particularité a trouvé son application dans les machines d’extraction et les laminoirs. Il suffît en effet d’adopter le système Léonard et de commander la génératrice alimentant le moteur d’extraction ou de laminoir directement par la turbine qui commande en môme temps une génératrice soit continue soit triphasée qui débite sur le réseau et apporte une charge constante diminuant ainsi la variation de charge totale de la turbine. On a pu ainsi obtenir une variation de vitesse inférieure à 2 % sur un turbo-générateur de 1 5oo kw. dont la charge constante n’était que de 25o kw. et où la charge variait de 1 000 kw. par à-coup.
- Utilisation de la vapeur d’échappement. — La turbine se prête mieux que la machine à piston à l’utilisation d’une grande quantité de vapeur à basse pression, et elle a trouvé un champ d’action très intéressante dans l’utilisation de la vapeur d’échappement des machines à vapeur qui ne peuvent travailler avec condensation.
- Pour parer à l’inconvénient qui peut se présenter et qui est à un moment donné le manque de vapeur d’échappement, on a construit des bobines pouvant utiliser à la fois de la vapeur fraîche et de la vapeur d’échappement. Naturellement le rendement total varie avec la proportion des deux sortes de vapeur. L’auleur en montre f’appplication économique aux machines d’extraction. Alors qu’une machine d’extraction électrique exige par cheval-heure d’extraction 1,4 kilowatt-heure, ce qui corespond à la turbine à 7,5 X i,4 = iokB,5 de vapeur à 10 atmosphères 280° et 90 % de vide, une machine à deux cylindres consomme 2okB de vapeur à 7 atmosphères. Si l’on tient compte des pertes dans les conduites, ces 20kB de vapeur utilisés dans une turbine à basse pression peuvent produire 1 kilowatt-heure. Or pour produire \ kilowatt-heure avec de la vapeur à 7 atmosphères et un vide de 90 % , il faut ii1® de vapeur fraîche; én définitive, le cheval-heure d’extraction exige 9kB de vapeur au lieu de 10,5.
- La turbine, grâce à ce que la vapeur ne contient
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- aucune trace d’huile, est plus désignée que la machine à vapeur pour fournir de la vapeur pour chauffage à basse pression, ce qui est particulièrement important dans les sucreries, les tissages, les brasseries, etc. Il est en effet démontré qu’il est plus économique de produire la vapeur non pas directement à basse pression, mais d’abord à haute pression, et de l'utiliser en partie dans une machine à vapeur.
- L’introduction de la turbine à vapeur a introduit un certain nombre de problèmes qui, pour la plus grande partie; ont été résolus, dans la construction* des génératrices à très grande vitesse tels que : solidité des matériaux, refroidissement, soit par l’eau, soit plutôt par circulation d’air, commutation (pôles auxiliaires et enroulement de compensation).
- Enfin la turbine à vapeur permettant de construire des unités de très forte puissance (jusqu’à looookw.) a rendu possibles la conception et la réalisation dë centrales qui, par leur énorme puissance disponible, peuvent produire le kilowatt-heure à un prix très peu élevé et a contribué ainsi à répandre l’emploi de l’énergie électrique.
- OSCILLATIONS HERTZIENNES
- Dispositif de commande de signaux à distance avec ou sans fil.— D’Ivry. — Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, séance du 14 juin 190g.
- Ces appareils permettent de provoquer à distance, avec un seul fil, ou sans fil de ligne, au moyen des ondes hertziennes, des commandes ou manœuvres variées, telles que : allumage de signaux, mise en marche ou arrêt de moteurs, hélices, gouvernails, aiguillages, embrayages ou désembrayages.
- Ils ont l’avantage de posséder une sécurité absolue et les qualités requises pour diriger ou commander à distance des engins sous-marins, terrestres ou aériens.
- Il estpossible d obtenir l’exécution de la commande, soit instantanément, soit seulement au bout d’un nombre quelconque de secondes après l’avoir envoyée, et d’annuler ladite commande avant ou pendant son exécution. Le manipulateur et le récepteur reviennent ensuite d’eux-mêmes simultanément au point de départ (zéro du cadran).
- te système présenté à l’Académie comporte deux appareils principaux qui ont été construits par MM. F. Ducretet etE. Roger, savoir :
- i° Un manipulateur-expéditeur des commandes à effectuer ;
- 2° Un récepteur-exécuteur des commandes expédiées.
- Le manipulateur est composé essentiellement d’un cadran divisé en parties égales) chacune servant à une commande distincte, sauf la dernière qui est le point de départ ou de repos lors de la remise automatique du zéro. Sur le/cadran se trouve une première aiguille, folle autour de son axe et servant d’index pour la commande choisie; une seconde aiguille, calée sur l’axe, est entraînée par un petit moteur et se met en mouvement aussitôt que l’index a été déplacé du zéro. Cette seconde aiguille, pendant sa rotation, effectue les différents contacts et vient rencontrer la première aiguille à la position qui a été déterminée d’avance ; cette rencontre provoque la rupture du circuit; la deuxième aiguille entraînant ensuite la première la ramène au zéro.
- Les différents plots de contact sont disposés en couronne sur le socle de l’appareil; les plots pairs servent à envoyer les commandes et les plots impairs à les annuler. Lorsque le frotteur fixé sur l’axe portant l’index passe sur un plot, le fcourant est envoyé dans un relai qui produit l’émission de courant dans le récepteur, lequel porte le même nombre de plots que le manipulateur.'
- Le récepteur est relié au transmetteur par un seul fil de ligne, quel que soit le nombre des commandes à exécuter. Si la commande doit avoir lieu sans fil au moyen des ondes hertziennes, le récepteur manœuvre au moyen d’un courant local et d’un relais très sensible combiné avec un détecteur de trains d’ondes.
- Dans les deux cas, le courant actionnant les appareils constituant les diverses commandes est emprunté à une source électrique locale reliée au récepteur.
- Tous les organes du récepteur sont immergés dans un bain de pétrole et d’huile mélangés. A chaque émission de courant produite à distance, un solé-noïde soulève un noyau de fer creux fermé à son extrémité supérieure en forme d’éprouvette renversée.
- Ce noyau constitue le corps «d’une petite pompe dont le piston fixe consiste en un second tube concentrique à frottement, fixé sur l’ernbase et portant à sa partie inférieure un clapet à billes.
- Au moment de l’ascension du corps de pompe, le clapet se soulève et une petite quantité de pétrole est aspirée. Quand le solénoïde n’attire plus le noyau,
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- ce dernier reste néanmoins soulevé un certain temps, parce que sa chute brusque est retardée par le pétrole contenu dans la pompe, d’où il ne peut s’écouler que lentement par une petite ouverture à débit réglable. Lorsque le noyau est dans cette position, le levier de contact se trouve au-dessus de la couronne de plots et peut ainsi passer successivement en regard de chacun d’eux sans en toucher aucun ;à chaque émission, lelevier avance de l'intervalle d’un plot. Lorsque le levier est arrêté au-dessus du plot correspondant à la commande choisie, il descend lentement sur ledit plot avec lequel il vient prendre contact lorsque le pétrole est sorti, en quantité suffisante, du corps de pompe. C’est ce qu’on appelle 1 e retard au contact.
- Le mouvement de rotation du levier de contact
- est obtenu par un système de rochets disposés en deux couronnes dans lesquelles un ergot avance d’une dent à chaque soulèvement du noyau.
- Enfin, aussitôt la commande exécutée, le levier de contact, continuant à descendre, passe au-dessous de la couronne de plots et un galet fixé au bas du noyau glisse alors sur un plan incliné circulaire, c’est-à-dire en spirale, ce qui a pour effet de ramener le levier à la position initiale de repos. Cette manœuvre s’effectue en même temps sur le manipulateur, de sorte que les deux postes, bien qu’éloignés <’un de l’autre, sont remis au zéro automatiquement et simultanément.
- La sécurité offerte dans le fonctionnement des appareils permet leur emploi dans toutes les applications de la télémécanique. A. S.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Annuaire Français du Gaz, de l'Acétylène et de l’Electricité. Edition 1909, par B. Benâtre. — 1 volume in-8° de 596 pages. — En vente chez l’auteur, 83.rue Monge, Paris. — Prix: Paris, a fr. 5o. Départements, 3 francs. ; Etranger 3 fr. -]S.
- La 4e édition de l’Annuaire français du Gaz, de l’Acétylène et de l’Electricité qui vient de paraître, recueillera certainement, auprès de tous les gaziers et électriciens, le succès qui a accueilli les précédentes éditions. Cet ouvrage mérite, en effet, d’être dans les mains de tous ceux qui s’intéressent aux industries de l’éclairage. Composé d’après une tout autre méthode que les ouvrages analogues, il donne des renseignements particuliers au point de vue technique et commercial. Il se recommande par sa clarté, la division rationnelle de ses chapitres et la facilité à trouver les renseignements.
- La première partie est consacrée à un résumé de législation concernant la construction et l’exploitation des usines à gaz, à acétylène et à électricité.— D’un style simple, ce résumé est un guide, à la fois concis et complet, pour tous les constructeurs, ingénieurs, propriétaires et directeurs, qui les met au courant de toutes les questions de droit se rap-
- portant aux industries de l’éclairage. Ce résumé est d’autant plus intéressant que si la législation relative au gaz n’a pas subi de modifications dans ces derniers temps, iln’enestpas de même pour l’électricité qui est soumise depuis quelques années à des règles toutes nouvelles, que l’auteur fait connaître par l’analyse, notamment de la loi du 1 Ot juin 1906, des décrets du 17 octobre 1907 et du 3 avril 1908.
- Pour la partie Electricité (la seule qui nous concerne), l’Annuaire français contient, entre autres renseignements, des tableaux fort bien compris, donnant par départements et par lettres alphabétiques les villes éclairées à l’électricité, le nom du concessionnaire, le prix auquel est vendu le courant (hectowatt ou abonnement, lampe 16 bougies), la nature de la force motrice, celles de la canalisation du courant et le voltage de distribution.
- Sous le titre de : Supplément aux Tableaux des Concessions d'Eclairage Electrique, l’Annuaire contient, en outre, les renseignements les plus circonstanciés sur l’importance d’un très grand nombre de secteurs électriques, notamment : la force motrice de chacun de ces secteurs, le prix du courant pour la force (kilowatt-abonnement-cheval-an),
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- la nature de ce courant, ses différents voltages.
- Si l’on ajoute qu’il consacre de nombreux' chapitres à la partie commerciale [fabricants, appareil-leurs],on.voit que cet ouvrage est intéressant pour les ingénieurs et qu’il, l’est plus encore pour les fabricants de matériel électrique.En donnant notamment
- l’indication de la force motrice des secteurs, il leur en'fait connaître toute la valeur, leur permet d’établir des relations commerciales avec les usines électriques.
- J. N.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Note sur les droits d’octroi et l’exemption possible des matériaux servant a une ligne de distribution électrique.
- Nos études sur les droits d’octroi des combustibles et les exemptions dont ils peuvent bénéficier nous ont attiré plusieurs demandes très intéressantes sur la question des matériaux employés aux canalisations des lignes.
- Nous donnons ici quelques principes, non sans faire rema rquer, au préalable, qu’il n’est pas possible de se prononcer, sans avoir consulté, à chaque cas, les tarifs d’octroi particuliers à chaque commune, et, en plus, les cahiers des charges de chaque concessionnaire. On ne voudra donc bien lire ce qui va suivre que comme un aperçu des règles générales, d’ores et déjà définies par la jurisprudence.
- I
- Généralement la question est posée de la façon suivante : « Les métaux qui constituent une canalisation électrique doivent-ils être exempts des droits d’octroi? »
- A cela nous répondons affirmativement, et sans avoir besoin de faire de distinction, dans les deux cas suivants :
- i° Dans le cas où les métaux employés ne seraient pas énumérés dans là catégorie des objets soumis aux droits d’entrée ;
- a0 Dans le cas où la ligne n’aurait aucun emploi dans la commune.
- Dans le premier cas, la solution donnée dérive des principes élémentaires : l’octroi est une taxe qui ne peut être légitimée que par un texte ; il n’y a pas d’octroi virtuel et il suffit, pour cela, de lire le décret-type des 12-17 février 1870, sous lequel
- nous vivons et où il est dit : « Article premier, le maximum des taxes d’octroi que les conseils municipaux peuvent établir et la nomenclature des objets sur lesquels ils peuvent maintenir les taxes... sont fixés conformément au tarif général ci-annexé. »
- Le mot peuvent indique bien que les communes ont le droit d’évoluer à leur aise, dans le sens de la diminution et que rien ne les oblige à admettre l’intégralité du tarif-type.
- Dans le second cas, nous voyons apparaître le principe de la nécessité d’une consommation « locale ». Il a toujours été reconnu que les canalisations qui ne font que transiter, en matière de distribution d’eau par exemple, ne peuvent être soumises à ce droit d’octroi.
- Il
- Mais dans les autres cas des distinctions s’imposent : en effet, il y a lieu de se poser immédiatement la question de savoir si la canalisation est seulement communale, ou si elle dessert également d’autres communes (soit par concession, soit par autorisation de voirie) (’).
- Dans l’hypothèse d’une canalisation qui est partie intercommunale, partie communale, il faut retenir de suite que la partie intercommunale, par exemple, le réseau primaire qui circule sur plusieurs communes, doit être établi avec des
- (t) 11 ne faut pas perdre de vue que la forme administrative,'qui est la base juridique de la distribution, n’a aucune importance, il s’agit d’un « usage », qui est communal ou intercommunal, et non pas d’un « contrat » dont il faudrait vérifier l’absence ou l’existence.
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- matériaux exempts de tout droit, dans chacune d’elle. Il faut appliquer ici la jurisprudence qui a été si souvent appliquée en matière de tramways et de canalisations d’eau.
- Or, cette jurisprudence fait une différence entre les canalisations qui concourent à la distribution générale, les conduites maîtresses et celles qui répartissent exclusivement dans la commune l’eau à distribuer (*).
- (J) Voici ce qui a été décidé par la Cour Suprême le 3i octobre 1905.
- Il s’agissait de l’affaire suivante : la Compagnie Générale des Eaux est concessionnaire de la distribution de l’eau dans 54 communes de la banlieue de Paris, dépendant du département de la Seine, aux termes de conventions passées avec chaque commune.
- Elle pourvoit à ce service au moyen de prises d’eau en Seine et en Marne, avec usines élévatoires et de filtrage, situées à Nogent-sur-Marne, Neuilly-sur-Marne et Choisy-le-Roi, et de canalisations placées dans le sous-sol des routes, dont l’établissement a fait l’objet d’une convention du 20 janvier 1894, passée avec le Préfet de la Seine, tant au nom du département que pour le compte des communes intéressées.
- Elle a créé ainsi un réseau de distribution d’eau, composé d’une artère principale entourant Paris et munie de réservoirs, laquelle est complétée par des canalisations secondaires, de fort diamètre, destinées à amener l’eau dans les communes non traversées par l’artère principale, et sur lesquelles sont branchées des conduites tertiaires placées sous les voies publiques des communes dont elles alimentent les habitants. C’est ainsi qu’en
- 1901 a été établie une canalisation seconde pour le service des communes de Vincennes, Montreuil et Bagnolet, ayant son origine à Vincennes, où elle est prise sur une conduite qui distribue à la région l’eau venant, soit des réservoirs de Montreuil, soit de ceux de Villejuif. Les tuyaux de conduites tertiaires étant uniquement employés à la consommation locale sont assujettis aux droits d’octroi frappant les fers et fontes employés dans les constructions immobilières. Mais la Compagnie a réclamé l’exonération de ces droits pour les tuyaux des conduites secondaires desservant Vincennes, Montreuil et Bagnolet. Un jugement du tribunal civil de la Seine du 2 décembre
- 1902 la lui a accordée, et le pourvoi formé par la commune de Montreuil contre ce jugement a été rejeté par l’arrêt suivant :
- « La Cour, sur le moyen unique du pourvoi :
- « Attendu qu’aux termes de l’article 148 de la loi du 28 avril 1816, les droits d’octroi ne peuvent être imposés que sur des objets destinés à la consommation locale,
- « Attendu qu’il résulte du jugement dénoncé que la conduite souterraine à la construction de laquelle ont servi les tuyaux en fonte introduits par la Compagnie Générale des Laux dans le penmetre de 1 octroi de Mon— treuil-sous-Bois fait partie d’une canalisation destinée à conduire l’eau dans les communes de Vincennes, de Montreuil et de Bagnolet, que cette conduite à été posée,
- Les matériaux destinés aux premières sont exempts, les matériaux destinés aux secondes sont seuls atteints.
- En matière de tramways, la même décision a été donnée par un arrêt de la Cour de Cassation, dont voici le sommaire tel qu’il est rapporté dans Dalloz, impartie, p. 4f>7.
- « Les droits d’octroi ne peuvent être établis que sur des objets destinés à la consommation locale » (Ord, 9 déc. 1814, art. n, L. 28 avril 1816, art. 148).
- En conséquence, la Compagnie concessionnaire d’un réseau de lignes urbaines et suburbaines de tramways doit être exonérée des droits d’octroi sur les matériaux ayant servi à la construction des lignes suburbaines qui, mettant en communication plusieurs communes, sont considérées comme affectées à un service général.
- Et lorsque, dans la traversée de la ville sujette à l’octroi, une partie de ligne suburbaine est utilisée par un tramway urbain, la partie ainsi rendue mixte 11’en continue pas moins à bénéficier de l’exonération.
- Mais le concessionnaire ne saurait réclamer l’exemption des droits d’octroi sur les matériaux employés à la construction des lignes ou portions de lignes purement urbaines, c’est-à-dire comprises dans le périmètre de l’octroi et correspondant i\ des besoins de circulation locale sous le prétexte qu’elles formeraient avec les lignes suburbaines un réseau indivisible concédé a une entreprise unique.
- « non pour l’usage exclusif des habitants de Montreuil mais en vue d’améliorer la distribution de l’eau dans les autres communes desservies »,
- « Attendu qu’une canalisation ainsi établie pour le service de plusieurs communes a été avec raison, à la différence des embranchements destinés à la distribution de l’eau dans chacune d’elles, considérée par le tribunal comme un objet d’intérêt général, formant dans son ensemble un tout indivisible, qu’en décidant, en conséquence, que les tuyaux employés à sa construction dans la portion qui traverse la commune de Montreuil n’étaient pas assujettis aux droits d’octroi, et en ordonnant la restitution de ceux qui avaient été payés,le jugement dénoncé, qui d’ailleurs est motivé, n’a violé aucun des textes visés par le pourvoi :
- « Rejette.
- a Cass. (Ch. civ,); 3i octobre 1905, MM. Sarrut, prés., Faye, rapp., Mérillon, avoc. gèn., Bouche de Belle et Cordoen, avocats. »
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- Alors surtout que cette indivisibilité est formellement contredite parle décret de concession, qui distingue les lignes du réseau concédé en lignes urbaines et lignes suburbaines.
- Donc nous concluons, sur ce point, que la partie de la canalisation intercommunale sera sûrement exempte de droits.
- III
- Mais faut-il continuer l’assimilation et dire, en matière de canalisation électrique, que la partie qui est purement communale est sûrement atteinte par les droits?
- Là encore une distinction est nécessaire :
- a) La .canalisation purement communale est-elle souterraine?
- Ici il faut prendre le tarif et en appliquer exactement les termes. La Cour de cassation, contre toute attente, et laissant libre cours à son esprit essentiellement fiscal, a tranché la question, dans un cas où le tarif porte ces mots : métaux pour construction.
- Or, la Cour a admis, au sujet d’une canalisation d’eau communale, que « les tuyaux de fonte « employés par la Compagnie à la construction « d’une canalisation sous les voies publiques se « sont identifiés avec le sol, qu’ils constituent « comme lui un immeuble par nature, bien « qu’ils aient été placés par un possesseur à « titre précaire au lieu de l’être !par le proprié-« taire du fonds, qu’en décidant en conséquence « qu’ils ont été à bon droit soumis à la taxe qui « frappe les fontes destinées aux constructions « immobilières, le tribunal n’a violé ni les règle-« ments et tarif sus-visés, ni les articles 5i8, 5a3 « et 59.5 Code civil (’). »
- Mais, si le tarif avait contenu le mot bâtiment au lieu de construction ou au moins les mots Constructions pour bâtiments, il nous semblerait de toute impossibilité que la Cour admît le même raisonnement : une canalisation peut être — en élargissant jusqu’à l’invraisemblance —
- (’) On peut encore citer : Cour de Cassation, 25 janvier 1876, aif. Choron D. 76,1. 3o4, rejet. 18 juin 1891, ait. Compagnie générale des eaux, S. 91. 1, 488, — Req., 6 juillet 1891, D., 1892, 1. 116. — Req., 9 novembre 1898, S. 1900, 1. 448. — Cour de Cass., 3i octobre 1900, a(T. Ville de Honfleur, Gaz des Trib. du 12 janvier 1901. Voir aussi Coopper. Tome II, page 205 et 203.
- un « immeuble » et ne saurait être un « bâtiment» (1).
- Donc on ne saurait trop recommander de lire le tarif et de ne pas l’élargir, car il doit être pris dans un sens strict.
- b) La canalisation purement communale est-elle aérienne ?
- 11 nous semblerait impossible que l’on considérât un poteau et un fil comme une « construction ». L’enregistrement lui-même a souvent exprimé son aVis et considère ces « objets » comme mobiliers, faute d’une suffisante incorporation au sol.
- Il y aurait donc exemption pour le tout.
- IV
- 11 faut s’inspirer de ces principes, toutes les fois que se présente la question qui nous est soumise. Par exemple veut-on essayer d’avoir l’exemption pour du cuivré qui est employé dans les canalisations ?
- Il faut vérifier, d’abord sur le tarif de l'octroi de la commune, si le cuivre y est porté.
- Sinon, l’exemption est certaine.
- Si le cuivre y figure au contraire, il faut examiner quelle est la nature de la canalisation, au point de vue des services qu’elle rend. Est-elle destinée à transfîorter l’énergie, tant dans la commune qu’en dehors de la commune, le cuivre soit pour la construction soit pour la réparation doit être exempt.
- Pour la canalisation secondaire, purement communale, il y aura lieu de chercher si elle doit être aérienne ou souterraine.
- Aérienne, elle entraînera l’exemption.
- ’ (J) Il a été décidé que les fers et fontes destinés à une canalisation souterraine ne sont pas frappés par un tarif d’octroi visant les fontes et les fers destinés à la « construction des bâtiments ». (Cass., 27 mars i885, Gaz. des Trib. du 17 avril et 14 février 1899. Sirey, 1900, 1.447. 20 avril 1886, p. 861 , p. 371). — Dans le même ordre d’idées la Cour a décidé que les bois et fers destinés à une voie ferrée ne rentraient pas dans la catégorie des bois et fers destinés à la construction des bâtiments. (Cass., 27 mars i885,atr. Compagnie des chemins de fer de l’Ouest c. Octroi de Clichy), la Chamb. civile de la Cour, de Cass, a encore posé le principe dans un arrêt du 22 mars 1893 (S. 93, 1.204), en décidant que l’expression « construction des bâtiments » a un sens limité et s’applique aux constructions pouvant servir d’abri.
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- Souterraine, elle entraînera l’exemption si les mots cuivre pour bâtiments s’y trouvent, en l’état actuel de la jurisprudence, il faut décider que s’il y a cuivre pour constructions l’exemption ne peut être acquise.
- V
- Mais on ne perdra pas de vue, ces principes étant admis, que pour obtenir une exemption
- quelle qu’elle soit, il faut au préalable faire une demande au maire, sur timbre, et si cette demande tendant à obtenir l’entrepôt n’est pas exaucée par ce magistrat municipal, on fera la même demande au préfet, et enfin, en cas de refus de celui-ci, on peut se pourvoir au Conseil d’Etat qui accorde toujours l’exemption.
- Paul Boucault,
- Avocat t\ la Cour d’appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- Sur les condensateurs à verre (Fin). (*)
- Afin de rendre intelligible le mécanisme de l’accroissement des pertes diélectriques par suite de l’augmentation de température, nous sommes amenés à émettre quelques hypothèses sur la nature de ces pertes. L’ensemble des pertes d’un condensateur à diélectrique solide se répartit en plusieurs pertes de nature différente, et principalement en deux : l’effet Joule dû à la conductibilité du diélectrique, etles pertes provenant d’un phénomène d’une autre nature, connu sous le nom d’« hystérésis diélectrique». Ce dernier phénomène est complexe et l’on n’est pas encore complètement d’accord sur son mécanisme, dont l’analogie avec l’hystérésis bien connu du 1er sous l’action d’un champ magnétique n’est rien moins qu’établie avec certitude.
- Il nous est possible cependant de formuler un jugement sur l’influence de ces deux facteurs, au point de vue quantitatif sur l’amortissement total du condensateur, à condition de déterminer le rapport des quantités, mesures de l’effet de ces deux facteurs sur le décrément logarithmique.
- Gela nous amène à considérer le diélectrique comme un conducteur de très grande résistance ohmique W2 et d’établir les équations différentielles du courant dans les conditions électrodynamiques qui sont réalisées dans ces essais. L’intégration de ces
- équations nous conduira à une expression du facteur d’amortissement comprenant, outre les quantités mj, de la formule usuelle (formule de Thomson), la quantité o>2, que nous venons d’introduire.
- L’équation dans les conditions de la figure 3, a déjà été établie par Muzuno (‘).
- Elle s'exprime comme suit, relativement au premier circuit :
- d'li , i / , L ' di,________i\ _
- . dtl L V°‘ w2 C/ dt ' / o)2 \
- L'cfcr^)
- Fig. J.
- Son intégrale, dans le cas d’une décharge oscillatoire, est :
- __L.A1 + JL\
- ii = A. e 2 L \ “2G/. sin y t.
- Le décrément logarithmique est donc pour ce cas :
- (') La Lumière Electrique, tome YII (a<= série), p. 57,
- (t) Muzuno, An. Phys., IV, 811, 1901.
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- où T,désigne la durée de la période dans le circuit soit du résonnateur, soit de l’oscillateur.
- Il nous reste donc, pour la détermination que nous avons en vue ici, à déterminer la résistance W2 du condensateur aux différentes températures.
- Nous nous sommes servi, à cet effet, du schéma suivant (fig. 4).
- Dans ce schéma, W H désigne une machine d’inffuence de Wimshurst, C, le condensateur d’essai, Yst, un voltmètre électrostatique (jusque 5 ooo volts), A, un ampèremètre, indiquant ;>,7.io“6 ampère par division d’échelle. La diminution de résistance du tube de verre correspondant à l’augmentation de la température est repi’ésentée par le graphique ligure S.
- WH
- Fig. 4.
- Les décréments logarithmiques du condensateur supposé non conducteur sont portés,
- sous la valeur d T, dans le tableau IV.
- 2L
- Les valeurs portées sous la formule
- A d =
- T, dans le même tableau, représentant la partie du décrément logarithmique provenant de la conductibilité électrique du verre. Par l’inspection de ce tableau, on se rend
- Pmnnlf» /IA na rnwa 1*
- - -->.1V> V.V vjuu X ^
- facteur d’amortissement, par suite de l’élévation de température, ne provient pas de l’accroissement de conductibilité électrique du
- verre. II semble au contraire que la cause la plus importante de ce phénomène doit être recherchée dans la variation très sensible des pertes d’hystérésis du diélectrique. En même temps il est démontré que l’amortissement dû à la conduction forme une partie minime de l’amortissement total d’un condensateur. !
- Tableau IV
- TEMPÉRATURE degrés C. d = ^.T 2 L Ad = —i—- .T 2 ti)<2 l
- /,o 0,0121 0,0000004
- 5o 0,026 0,000001I
- 6o 0,032 0,00000129
- 7° o,o3p 0 0 0 0 0 0
- 8o o,o5o 0,OOOOl63
- 1000.10
- 3000
- Fig. 5.
- Les résultats de cette étude peuvent s’énoncer comme suit :
- i. Le décrément logarithmique reste constant pour toute longueur d’onde comprise entre 55o et i Boo mètres.
- a. Dans les limites ci-dessus, on ne peut pas déceler de variation dans la valeur de la capacité.
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- 3. La température croissant de 20° C à 7o°.C, on constate une augmentation de capacité de 4% •
- 4. La température croissant à partie de o°G, les pertes diélectriques croissent, d’abord lentement, puis de plus en plus vite.
- a. Une méthode est indiquée pour séparer les pertes propres d’un condensateur en pertes de conduction et en pertes d’hystérésis diélectrique. L’indication de cette méthode à un condensateur à verre montre que la conduction à travers le diélectrique ne joue qu’un rôle tout à fait secondaire dans la variation du décrément logarithmique, même aux températures élevées.
- Il nous paraît nécessaire d’ajouter ici quelques mots sur les points les plus importants qu’il faut considérer dans la construction des condensateurs à verre, destinés à la télégraphie sans fil.
- En se rappelant le travail de Bruno Mo-nasch, cité ci-dessus, et en se basant sur les résultats du présent travail, on voit que, lorsque ia construction des condensateurs le permet (c’est le cas pour les condensateurs Moscicki), rien ne s’oppose à l’augmentation
- de leur charge dans des proportions considérables, à condition toutefois de refroidir suffisamment le diélectrique. Au cas où l’on négligerait ce dernier point, nous avons montré que les pertes seraient beaucoup accrues du fait de l’augmentation de température qui résulterait de la surcharge.
- Si l’on se rappelle que, à égalité de puissance, les dimensions de l’appareil sont inversement proportionnelles au carré de la tension, on concevra l’importance de l’emploi de hautes tensions.
- Par ce travail, nous pensons aussi avoir réfuté l’opinion erronée, répandue chez beaucoup de techniciens, qu’il n’y aurait aucun avantage à retirer de la surcharge des diélectriques dans les appareils pour la télégraphie sans fil, opinion que l’on croit justifiée par la loi de l’accroissement rapide des pertes avec la tension. Cette opinion n’est justifiée que pour les batteries de bouteilles de Leyde où, par suite de l’accroissement de la température et des décharges superficielles, les pertes deviennent exagérées aux hautes tensions.
- J.-A.Stockly.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- A titre documentaire, comme le dit la circulaire de la banque Renauld, il y a lieu de noter les résultats de la station d’Electricité de Mulhouse qui fournit de l’énergie aux particuliers et à une Compagnie de tramways. Pour un total d’abonnements inscrits de 10898 kw., la production de l’usine au cours de l’exercice aété de i5 i35 39gkw. dont 11 708 32gkw. ont été ‘vendus. Le rendement de la distribution générale est donc do 77 % . Les contrats de force motrice, si l’on y fait rentrer les tramways, donnent
- JVX 1V2 t V utto
- trats d’éclairage : 7 an kw. contre 3 687, particularité très intéressante qui, dans le chiffre des ventes, conduit à une proportion de kilowatts vendus en force motrice de 86 % par rapport au total que nous
- citions plus haut. Les recettes se sont élevées à 1 793 04 3 francs donnant une moyenne de o fr. i525 par kilowatt vendu : soit 43,5 centimes par kilowatt lumière, 9,72 centimes par kilowatt force et 15,90 centimes par kilowatt tramways. Le prix de revient du kilowatt vendu étant de 6,487 centimes, l’écart est de 8,76 centimes. Ce chiffre pourrait être amélioré par la réduction du coefficient de pertes 23 % qu’une meilleure utilisation du matériel pourrait, semble-t-il, réduire à i5 % .
- La Société Anonyme Westinghouse, dont les ré-
- sultats au cours de ces dernières années furent si médiocres, accuse cette année un bénéfice brut d ex-
- ploitation de 1 780 704 francs y compris intérêts du portefeuille et un solde créditeur du compte profits et pertes de 806900 francs. La marche des établissements de Freinville, dit le Conseil, a été régulière
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- et a produit des bénéfices supérieurs à ceux des ; exercices antérieurs; mais les opérations de l’usine du Havre ont été aussi nettement rémunératrices au cours de l’exerciée, d’où les résulats annoncés qui sont le fruit de changement dans le mode d’exploitation et d’une augmentation sensible de la produc- ; tion de l’étendue. Ce solde a été réparti de la manière ; suivante :
- Amortissement au Havre et à Freinville. 53o 934 francs
- Réserve légale 5 %................... 17 706 —
- Actionnaires privilégiés 5 %......... 25o 000 —
- Report à nouveau..... ............... 86 427 —
- L’examen de l’actif de la Société fait ressortir un très gros chiffre de participations, soit sous forme de souscriptions à des actions de filiales, soit sous forme d’avances : plus de 6 700 000 francs ont été ainsi absorbés par l’usine des Moulineaux, la Compagnie de Cintra à Océano, la Compagnie internationale de chauffage système Heintz, la Société hongroise d’au-. tomobiles système Westinghouse, la Société Westinghouse-Leblanc, enfin la Société italienne Wes- tinghouse qui, à elle seule, a reçu au cours de l’exercice 1535760 francs pour lui permettre d’attendre la réalisation des payements à effectuer par ses clients ; autrement dit la Société italienne Westinghouse, pour conquérir malgré tout sa place sur ; le marché italien, a été obligée de s’intéresser pécuniairement aux affaires dont elle sollicitait la clientèle, accordant, d’autre part, des délais de paiement que son capital ne lui permet pas de consentir, à noter que celui-ci a cependant été augmenté de 2 millions de lires, grâce toujours à l’appui de la Société française ! On peut être surpris qu’une Société dont le passif est grevé d’un emprunt hypothécaire de 4 o33 4^4 francs, du chiffre respectable de. 7172316 francs de créditeurs divers, consente de pareilles avances que la situation de trésorerie ne semble pas justifier du tout. Le poste magasin et travaux en cours au Havre est en légère diminution sur l’année précédente témoignant de l’intensité de la crise qui sévit en France sur l’industrie électrique depuis juillet 1908; on s’étonne môme dè constater que sur un chiffre de 4 991 487 francs, les travaux en cours proprement dits ne figurent que pour 2 1 18 i3q francs alors que les matières premières y sont représentées par 1 45o 335 francs et le matériel fabriqué par 1423012 francs. On note d’autre pari soùsla rubrique : matériel en consignation, un chiffre Supérieur à celui de l’an dernier de 15o 000 francs par suite de l’accumulation eh hiver du matériel au-
- tomobile pour en faciliter l’écoulement au printemps et en été et on rapproche de ce chiffre la réflexion du Conseil qu’en ce qui concerne la section d’automobiles, il a poursuivi sa politique tendant à restreindre la production, tout en établissant un modèle de puissance inférieure, ce type paraissant actuellement jouir de la faveur des acheteurs ! Il y aurait donc un type de puissance supérieure dont la vente a été fort restreinte.
- La Société Westinghouse fonde bon espoir sur l’exploitation des brevets Leblanc, par la diffusion justifiée de l’emploi du matériel de condensation Westinghouse-Leblanc qui se généralise pour toutes les machines à grande vitesse. Freinville continue comme par le passé à donner de beaux bénéfices : la décomposition de ce que nous appelerons son inventaire propre conduit à remarquer que pour un outillage évalué à 699 278 francs, les travaux en cours s’élèvent à 1 138915 francs tandis qu’au Havre, pour un ensemble de matériel et de modèles évalué à 3 728 357 francs les travaux en cours se chiffrent par 2 118139 francs.
- La Société Gramme clôt son exercice 1908-1909 par un bénéfice brut de 662 607 francs laissant un solde créditeur du compte profits et pertes de 260880 francs: ce dernier chiffre donne un rendement net de n,34 % pour le capital actions figurant au bilan pour 2 3ooooo francs, tandis que le rendement brut est de 28,81 % ; les frais généraux et les charges de toutes natures ressortent donc à 17,47 % U y a lieu de dire d’ailleurs que les amortissements sur l’outillage, le matériel et les réductions pour affaires litigieuses y figurent pour 100 000 fr., c’est-à-dire pour un quart. Du solde, on a prélevé i3o44 fr. 25 pour la réserve légale, ii5ooo francs ou 5 % pour le capital, 6 % du surplus au Conseil, 24 % à la direction, un demi pour cent de nouveau aux actionnaires qui touchent ainsi 5, 5 % de leur capital. Le report 81 485 francs est affecté à l’amortissement du fonds de commerce dont le chiffre fort élevé figure au bilan pour 1 366940 francs, amortissements antérieurs déduits, Après le préambule du rapport qui rappelle la date de fondation de la Société des Machines magnéto-électriques Gramme, en 1871, à laquelle a succédé en 1899 la Société Gramme, on aurait pu s’attendre à un amortissement beaucoup plus important de ce poste du bilan qui représente si peu de chose au regard d’ùne liquidation. Ici les travaux en cours et marchandises en magasin s’élèvent à 668 462 francs, le quart du capital social.
- Dans le cas de la Société-Westinghouse, le poste
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- du bilan représentait le tiers du capital; on peut voir également que dans ce cas le rapport du capital outillage au capital engagé en magasin -et travaux en cours est de 70 % , tandis que dans le cas de Gramme il est de 79 % . Il eût été plus logique de prendre ce rapport quant aux travaux en cours seuls puisqu’il donnerait approximativement la capacité de production de l’usine avec l’hypothèse que ceux-ci restent sensiblement constants au cours de l’année; mais la disposition du bilan de la Société Gramme ne le permet pas. La trésorerie de la Société Gramme apparaît comme très aisée car, en regard de 551 000 francs de créditeurs divers, les débiteurs et les disponibilités s’élèvent à près de 750000 francs. En résumé le Conseil a pu dire à juste titre que ses prévisions s’étaient réalisées au cours de l’exercice, puisque l’exploitation avait été plus satisfaisante que pour le précédent.
- L’assemblée générale extraordinaire de la Compagnie Française Thomson-Houston a eu lieu le 17 mai et a ratifié, comme il était prévu, sans tenir compte des observations de deux actionnaires, les décisions arrêtées par le Conseil : augmentation du capital social porté de .jo à 60 millions, absorption de la Thomson de la Méditerranée, des accumulateurs Union et des ateliers Thomson-Houston. Le rapport à l’assemblée est un long historique de la constitution et du développement de ces trois affaires ;
- 11 comporte l’énumération des grands avantages qui résulteront pour la Compagnie Française de l’extension de ses débouchés en même temps qu’elle disposera plus immédiatement de ses moyens de production : enfin, il fait ressortir combien la création de
- 12 a5/i actions de supplément contribuera à faciliter
- à la Compagnie toutes les affaires qui résulteront de la réorganisation des transports en commun à Paris par l’aisance qu’acquiert sa trésorerie plus que serrée auparavant. Ces opérations, peut-être plus financières qu’industrielles, ne restent pas à l’abri des critiques de ceux qui pensent que le portefeuille de la Thomson est déjà bourré de quantités de valeurs à bien faible rendement. Et ce ne sont pas les chiffres que le président a fait miroiter aux yeux de l’assemblée qui puissent donner confiance à ceux qui s’imaginent qu’une opération de cette importance ne se conclut pas pour un gain de 200 000 francs de frais généraux qui viendront grossir les bénéfices.
- L’Éclairage Électrique de Saint-Pétersbourg qui, nous l’avons vu, rachetait dernièrement la Société d’Électricité de Sofia, s’occupe maintenant avec l’aide de banques belges de créer la Compagnie auxiliaire d’entreprises électriques, société au capital de 10 millions de francs qui reprend les affaires de la Société russe d’entreprises électriques. Il semble que ces opérations financières et industrielles devraient être par raison politique le monopole de nos sociétés françaises. Mais nous laissons avec soin nos concurrents enlever tout ce qui peut, près de nous, donner des signes de prospérité, nous réservant le monopole de valeurs d’Etat fort loin de nous et menacés bien souvent de violentes révolutions. Les actions privilégiées delà Compagnie auxiliaire d’entreprises électriques sont de 5oo francs, donnent droit à un intérêt privilégié de 5 % et sont remboursables à 55o francs par tirage au sort en 28 ans. La Société émettra des obligations à concurrence de 9 millions.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Basses-Pyrénées. — La Compagnie des Chemins de fer du Midi a décidé l’électrification de la ligne de Pau à Montrejean. A cet effet la Thomson-Houston a reçu commande d’une première locomotive d’essai de 1 200 chevaux qui devra effectuer une vitesse maxima de n5km à l’heure.
- Rhône. — La Société Anonyme des Omnibus et Tramways de Lyon a passé commande aux Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est de 3o moteurs de 27 chevaux chacun.
- Isère. — Est déclaré d’utilité publique, par décret du
- i°‘' juillet 1909, l’établissement d’une ligne de tramways de Domène. à Lancey.
- Egypte. — Le Cairo Héliopolis Railways vient de commander à l’industrie française tout le matériel électrique roulant du chemin de fer métropolitain du Caire à Héliopolis,La commande du matériel roulant, composé de voilures à boggies de i5™ de longueur, a été partagée entre deux importantes usines du departement du Nord 1 les usines de Raismes et les usines de Blanç-Misseron. Tous les équipements électriques comprenant quatre moteurs par voilure, du type métropolitain de Paris, seront fabriqués aux Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est.
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- Transvaal. — Le Gouvernement du Transvaal vient de décider la construction de cinq nouvelles lignes.
- i° La ligne actuelle de Pretoria à Pietersburg sera continuée de Pietersburg vers la Rhodésia du Sud jusqu’à un point appelé Bandolier ICop. Distance 64 milles. Dépenses prévues : a5o.ooo livres sterling.
- a° Un embranchement partant de Welverdiend-station, à l’extrémité ouest du Rand, sur la ligne Johannesburg-Kimberley, gagnant Lichtemburg, puis se prolongeant à l’Ouest jusque vers la frontière du Bechuanaland et la ligne du Cap au Zambèze. Distance : 154 milles. Dépenses prévues : 4o° ooo livres sterling.
- 3® Un prolongement de la ligne actuelle de Johannes-burg-Ermelo jusqu’à Piet Retief, dans l’extrême Sud-Est du Transvaal. Distance : 7a milles. Dépenses prévues : 255 000 livres sterling.
- 4° Extension du chemin de fer construit, mais non exploité, partant de Komati Poorf, sur le chemin de fer de Lourenço-Marquez à Prétoria et suivant la rivière Sabie, ladite extension devant conduire la ligne jusqu’à un point sur la Grande Letaba. Distance : i5o milles. Dépenses prévues : 25o 000 livres sterling.
- 5° Un raccordement entre les lignes de Johannesburg-Ermelo et Johannesburg-Lourenço par Witbank, à l’Est de Germiston. Distance : i3 milles. Dépenses prévues : 75 000 livres sterling.
- Le total des dépenses prévues est de 1 23o 000 livres sterling.
- DIVERS
- Italie. — D’après le rapport publié par l’inspection générale de l'agriculture sur la situation de l’industrie électrique en Italie pendant l'année 1908 il a été autorisé 238 réseaux électriques nouveaux, soit 12 de plus qu’en 1907.
- Ces autorisations se répartissent ainsi :
- Lombardie...................... 64
- Piémont...................... 48
- Vénétie....................... 22
- Abruzzes..................... 17
- Toscane....................... 17
- Emilie et Romagne............. 14
- Sur 9.4 établissements pourvus de groupes électro-gènes nouveaux, 56 utilisent la force hydraulique, 28 le gaz ou la vapeur, 10 un système mixte.
- Citons parmi les nouveaux établissements :
- La Société Générale d’Electricité d’Adamelle : distribution d’énergie et ue lumière aux communes des provinces de Brescia, Bergame et Milan; 3 400 kilowatts-heure; 68000 volts; longueur des câbles, 160 kilomètres'.
- vLa Société Electrique de la Sicile Orientale ; 3 000 ki-lowalls-heure, 3oooo volts; i28km de câbles.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- General Electric de France, Lucien Espir, Paris.
- Catalogue section H., chauffage.
- Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft. Berlin.
- Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft Zeitung, numéro de juillet 1909.
- Thomson-Houston, Paris.
- Bulletin mensuel, mai-juin 1909. — Usine génératrice de la Société du Gaz et de l’Electricité de Marseille.
- Ateliers de Constructions électriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Bulletin mensuel, mai 1909. — Installations électriques de la Société anonyme des Houillères d’Anderlues.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie Générale d’Electricité.— Le 20 juillet, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie d’Electricité de Varsovie. — Le 21 août, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie Générale d'Electricité de Lourenço-Marquez. — Le 24 juillet, 36, rue Tronchet, à Paris.
- Compagnie Electrique de la Méditerranée. — Le 22 juillet, 18, rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris.
- La Parisienne Electrique. — Le 11 juillet, 97, rue Saint-Lazare, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 27 juillet, à 6 heures, à la maison communale, à Hollogne-aux-Pierres (Liège', installation d’une distribution d’électricité; caut. : 8 000 francs. Soumissions recommandées le 23 juillet.
- Le 28 juillet, à 3 heures, à la Bourse de Bruxelles, réadjudication en plusieurs lots d’une partie du 5® lot du cahier des charges spécial n° 701 (éclairage électrique de Tournai ) : A) isolateurs ; caut. : 100 francs; — B) 111 de bronze phosphoreux nu, lils et câbles isolés ; caut. : 200 francs; — C) petit matériel métallique pour incandescence; caut. : 5o francs; — D) id. en bois pour id.; caut. : 4o francs; — E) matériel pour les traversées des murs et plafonds; caut. : 40 francs); F) appareils d’éclairage et accessoires pour incandescence; caut. : 75 francs,
- Le 8 octobre, à 11 heures, à la direction générale des ponts et chaussées, 38, me de Louvain, à Bruxelles, équipement électrique de la sous-station à construire au port d’Ostende; caut. : 10 000 francs (cahier des charges n° io3; prix: o fr. 4°); prix des pians : 4 fr. 80; s’adresser i5, rue des Augustins, à Bruxelles, Soumissions recommandées le 4 octobre.
- Pt aïs.
- IMPRIMERIE LEVÉ, EUE CASSETTE, 17
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-et-Unième année. SAMEDI 24 JUILLET 1909. Tome VII (2° série).— N* 30.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — Devaux-Charbonnel. Etude sur les lignes téléphoniques [suite), p. 99. — L. Fabre. L’enseignement de l’électricité à l’Institut polytechnique de Worcester (Massachussetts), p. io5.
- Extraits des publications périodiques. — Construction de machines. La génératrice à double champ, E. Ziehl, p. 11o. )— Applications mécaniques. Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines, Eug. Eichfl, p. iia. — Traction. Sur le freinage électrique, Maxime Müli.ek, p. 114 —Brevets. Appareil coupe-circuit avertisseur, A. Plassan, p. 116. — Correspondance, p. 117. — Législation et contentieux. Note sur la date d’exigibilité des droits de timbres et d’abonnement, P. Boucault, p. 123. —Variétés. Dynamo de démarrage sans magnétisme rémanent, p. ia5. — Renseignements commerciaux, p. 126. — Adjudications, p. 127.
- ÉDITORIAL
- M. Devaux-Charbonnel poursuit son Etude sur les lignes téléphoniques en examinant quelques cas particuliers intéressants en pratique. Il commence par l’étude des lignes de faible longueur. Il conclut que dans un réseau urbain aérien l’audition ne dépend pas pour ainsi dire de la nature des lignes employées. Elle dépend surtout des appareils. Dans les réseaux souterrains cela n’est vrai que pour les distances inférieures à 3 ou 4 kilomètres.
- L’auteur examine ensuite ce qui se passe dans les lignes longues en ne négligeant pas, comme on le fait généralement, l’effet de l’appareil et l’impédance de la ligne, car la seule considération de l’affaiblissement de la lia:ne est insuflisante. Enfin il recherche s’il
- O
- est possible d’augmenter la portée des li-
- gnes et quels procédés on peut pratiquement employer à cet égard.
- M. L. Fabre étudie Y Enseignement de ïElectricité à VInstitut\Poly technique de Worcester en Amérique.
- La section « Electrotechnique » est très en faveur, et son développement rapide est dû à l’organisation de son Institut particulier et de ses annexes, et au programme d’études soigneusement élaboré.
- L’Institut « Electrotechnique » a coûté 1 a5o 000 francs.
- Le laboratoire, qui couvre une surface de 1 8i3u,s, est pourvu de plus de 5o générateurs ou moteurs de tous types, 4o transformateurs de dimensions variées, de plus de 200 instruments, 2 batteries d’accumula-
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- teurs, l’une de 160 éléments, l’autre de 6o et de toute une collection de machines et appareils particuliers. L’installation est munie de fiches, spéciales indicatrices permettant de combiner les circuits et de disposer des appareils ou instruments utiles pour les essais.
- La capacité de toute l’installation dans le laboratoire représente 2000 chevaux. La traction électrique est représentée par des voies et une automotrice. On pourra se rendre compte à la lecture de l’article de M. Faber de l’importance d'un tel Institut et aussi combien on est loin en France de posséder des établissements comparables.
- Dans la génératrice a double champ de E. Ziehl il est possible de faire débiter de l’énergie électrique aussi bien au rotor qu’au stator. Le rotor tourne à une vitesse double du synchronisme et dans le sens opposé à celui de son propre champ tournant ou, ce qui revient au même, dans le sens çlu champ du stator. Les enroulements des ponts tournants et fixes sont équivalents. Ils sont soumis aux mêmes tensions et parcourus par des courants de même intensité et de même fréquence, mais ils peuvent être placés, soit en série, soit en parallèle.
- Ces machines sont semblables aux moteurs asynchrones et sont excitées par du courant triphasé.
- Ces générateurs se recommandent pour les installations triphasées à charge aussi peu
- inductive que possible, pour les transports de force où le courant à l’arrivée est transformé en courant continu par des convertisseurs.
- Les alternateurs à double champ pourront aussi être employés dans les centrales à faible charge pendant la journéé à cause dé leur rendement plus élevé. Enfin on peut les commander par des turbines utilisant la vapeur d’échappement, ce qui suppose l’existence d’autres machines en service, avec lesquelles l’alternateur à double _ champ travaillerait en parallèle. Ce dispositif compense cet inconvénient propre au générateur à double champ de ne pouvoir fonctionner seul, sans le secours d’une machine d’excitation triphasé.
- A propos du freinage électrique, M. Maxime Muller étudie le rôle joué parle phénomène bien connu de la résistance limite dans les génératrices série et il est conduit à cette conclusion que :
- La courbe de magnétisme pour les faibles intensités et le rémanent du moteur sont de première importance.
- L’excitation s’établit d’autant plus rapidement que le quotient de la résistance ohmi-que totale du circuit de freinage par la vitesse est plus faible.
- La durée que met l’excitation à atteindre sa valeur maxima est, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle au nombre de spires du champ et inversement proportionnelle au nombre de conducteurs d’induit en série.
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- 24 Juillet 1909.
- ÉTUDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES {Suite) (,)
- § 2. — Lignes courtes.
- Sans nous étendre plus longuement sur lés phénomènes qui se passent sur la ligne entre ses deux extrémités, nous allons examiner quelques cas particuliers, intéressants en praique. Nous commencerons par l’étude des lignes de faible longueur.
- Reprenons les formules (i). En tenant compte de la présence d’un appareil à l’extrémité de la ligne, on a
- E = z;.i,
- d’où :
- I„
- A + BZ,.
- cos hyp. ail I + J- tg hyp. al^
- • Cette formule établit la relation qui existe entre les amplitudes du courant au départ et à l’ari'ivée. Si la ligne est très courte, cette formule se simplifie, car on a
- cos hyp. al = i tg. hyp. al = al,
- d’où
- Le rapport des amplitudes du courant au départ et à l’arrivée ne dépend, chose curieuse, que de la capacité de la ligne.
- Il est facile d’étudier la variation de ce rapport; il suffira d’en considérer le module A qui est donné par la formule
- A* = (i — o>VL«)2 + («f/R»)*,
- C’est un trinôme du 2e degré en l.
- Il sera minimum pour
- j _ ID2 y La __ 1 La
- 1 — (a>2YLa)2 + («y Ra)2 “ Y R*2 + to2La2
- et on a alors
- Ra2 + ü)2La2’
- On voit que le module A augmente à mesure que la longueur de la ligne s’accroît; il passe par un maximum et diminue ensuite pour redevenir égal à l’unité pour une longueur l — 2 l{.
- Si nous prenons l’appareil type dont nous avons donné les constantes
- Ra = i.ooo, o)La = 5oo,
- on aura
- ]_ _________i________
- L _ 1 + + *“>Y)"
- D’ailleurs Zr est de la forme
- Z,. = Ra -J- nùha
- et d’autre part a peut être considéré comme pratiquement nul.
- On aura donc
- i -J- Z,7(ff-(- /ti>y) = i — tû2ylLa -j- xtoY^Ra.
- (*) La Lumière Electrique,tonies VI et VII, (2' série), p. 327, 391, 7, 47 et 67.
- A ---- °;9)
- 0,66 X io—7 -
- ce qui donne pour les valeurs
- /, == ikm,7 ligne souterraine où‘Y = 4 X io~8 li ~ nkm,6 ligne aérienne où Y = 5,7 X io—3.
- En résumé, la valeur du maximum est indépendante de la nature de la ligne. Le courant sera 10 % plus fort qu’au départ pour une ligne souterraine de ikm,7'ou poür une ligne aérienne de 1 i km,6 de longueur. Il serait égal au courant de départ pour des longueurs doubles.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — Na 30..
- Peul-on conclure que, dans les limites dont nous venons de parler, le courant d’arrivée augmente à mesure que la ligne est plus grande? Nous n’avons considéré que le rapport du courant d’arrivée et du courant de départ. Cette conclusion ne sera légitime que si le courant de départ varie peu quand la longueur de la ligne augmente. Pour nous en rendre compte calculons ce courant de départ.
- Les formules ( i) en faisant E = IZ,. donnent
- Eo _ B + A Z,. _ Z,. + Z tg hyp. al
- I0 A -|- CZ,. Z -f- Z(. tg hyp. al
- C’est l’impédance au départ U.
- Nous avons un générateur qui donne une force électro-motrice V, représentant la force électro-motrice engendrée dans le secondaire de la bobine d’induction. On doit donc avoir entre E0, voltage au début de la ligne, et Y, la force électro-motrice, la relation
- Finalement on trouve, tout calcul fait,
- y y Z + L> tg hyP- al
- 0 2ZZ,. -f- tg hyp. al(ZJ -)- Z,.2)'
- Comme nous supposons la longueur de la ligne très petite, c’est-à-dire telle que al soit très petit, l„ est à peu près constant
- ce qui exprime, que le courant est dans ces conditions indépendant de la ligne et égal à celui qui traverserait les deux appareils mis en série, ce qui est bien le cas, puisque nous négligeons la ligne et nous supposons égales les impédances des appareils d’arrivée et de départ.
- v En conclusion, dans un réseau urbain aérien qui sera toujours de faible étendue, l’audition ne dépend pas pour ainsi dire de la nature des lignes employées. Elle dépend surtout des appareils. Si le réseau est sou-
- terrain, ceci n’est vrai que pour les courtes distances, 3 à 4li,n. Au delà, ce n’est plus vrai. Mais on voit dès maintenant que la limite l{ dépend de y et qu’elle sera d’autant plus étendue que la capacité des lignes sera plus faible.
- § 3. — Lignes longues homogènes.
- Nous allons maintenant examiner ce qui se passe sur des lignes langues,. Le courant I est donné par la formule
- t__ Eo = V_________________"Z________________
- AZ,.-f-B cos hyp. al aZZr-j-tghyp. al[Z2—j—Z,.a) *
- Si la ligne est d’une longueur suffisante, si, par exemple, al est supérieur à 2, on pourra, sané erreur sensible, admettre que
- ' eaL
- sin hyp. al = cos hyp. al — — et tghyp. al—\.
- On aura alors
- aV Z
- ~ Vaî (Z + z,.)2'
- On voit d’après cette formule que le courant à l’arrivée dépend de l’impédance Z de la ligne, de l’impédance Zr de l’appareil et du facteur d’affaiblissement eal.
- Généralement on négligé l’effet de l’appareil et de l’impédance de la ligne. On ne s’attache qu’à l’affaiblissement. Nous allons montrer que cette façon de procéder est absolument incorrecte et qu’on se fait une idée bien incomplète de la valeur d’une ligne, au point de vue téléphonique, si on ne considère que son affaiblissement.
- Influence des appareils. — Impédance résultante. — Pour étudier le rôle de l’appareil, nous avons à considérer la quantité
- ' 1 z-
- M“(Z + Z,)*’
- On peut dire que M est l’impédance résultante de la ligne et de l’appareil. En effet,
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- l’amplitude maximum du courant sera donnée par la formule
- ¥ 2 V e~at
- ~ M ’
- M joue donc bien le rôle d’une impédance.
- On peut tout d’abord, pour une même ligne, calculer les différentes valeurs de M correspondant à différentes fréquences. En se servant des chiffres que nous avons donnés au tableau des constantes des lignes, et en supposant qu’on emploie l’appareil de l’Administration française dont nous avons donné les constantes, on peut former le tableau suivant, dont les chiffres ont été arrondis, afin d’être plus expressifs.
- VALEURS 1)E L’IMPÉDANCE RÉSULTANTE
- Fréquence i5o I 000 a 5oo OO
- Câble souterrain de i'""1. 3 ooo" 4 ooo» 4 8oow i.3 ooo"
- — — a,5.. 4 ooo 8 400 i3ooo 13 ooo
- Fil aérien de a“m,5 3 6oo 4 700 4 700 4 700
- — — 5 4 700 4 700 4 700 4 700
- Ligne Pupin 5 200 5 200 5 200 5 200
- Nous désignons par la ligne -Rupin une ligne dont nous parlerons plus tard et qui serait caractérisée par une self-induction très élevée et qui aurait une impédance de 3ooo".
- Si nous considérons deux types de lignes souterraines, nous voyons que pour la ligne de plus fort calibre l’impédance résultante M est bien plus élevée. En particulier, pour la fréquence i ooo, qui est la plus importante, elle est double. Il est donc tout à fait inexact de dire, dans ce cas, que l’intensité du courant à l’arrivée ne dépend que de l'affaiblissement de la ligne, puisque, à égalité d’affaiblissement et avec les mêmes appareils transmetteurs et récepteurs, le courant sera moitié moindre sur la ligne de fort calibre.
- Pour les lignes aériennes, l’impédance résultante est sensiblement constante, ce qui était à prévoir, car l’impédance de ces lignes est peu variable de l’une à l’autre.
- Il en serait de même pour une ligne fortement pupinisée.
- Considérons maintenant un appareil différent. Nous prendrons par exemple un appareil genre d’Arsonval, dont nous remplacerons le microphone par un solidbaek. Nous avons pu constater qu’on a ainsi un appareil dont l’impédance est
- /,. — 2 4oo -J- i 2 400.
- On peut alors former le tableau suivant
- Fréquence i5o 1 ooo 2 5oo 00
- Câble souterrain de i“". 18 ooow 3 a ooo" 46 ooo" 96 ooo"
- 2,5.. 3‘2 ooo 70 OOO go ooo 96 ooo
- Fil aérien de amm,5 18 ooo 23 ooo 23 ooo a3 ooo
- £ 23 ooo 9! 3 OOO 2.3 ooo 23 ooo
- Ligne Pupin 1 a ooo 12 000 12 000 la Ooo
- On voit que les différences; entre lignes aériennes et souterraines et entre les lignes souterraines de différents calibres sont encoi’e plus accentuées que précédemment, mais toujours dans le même sens.
- Pour traiter complètement cette question, il serait nécessaire dç faire une étude complète des appareils et de rechercher, quelle relation il y a entre la force électromotrice V qu’ils peuvent engendrer et leur impédance Zr. Car il est bien évident que si la force électromotrice V était la même, il faudrait rechercher les appareils à faible impédance. Mais la relation dont nous parlons est assez compliquée. En général les microphones qui donnent une force électromotrice V élevée, ont une résistance assez grande, ce qui donne à l’appareil une grande impédance, et néanmoins l’effet résultant est supérieur à celui des microphones à faible résistance.1
- Enfin, sans entrer dans plus de détail, on voit qu’il faut tenir compte des appareils. On voit de plus, mais c’est là une question que nous ne pouvons qu’indiquer ici, qu’il y a avantage à choisir convenablement l’appareil suivant la ligne sur laquelle il doit être utilisé. Il faudra que M soit aussi petit que possible. Or M est minimum pour Zr =& Z. Voilà pourquoi en considérant les deux tableaux que nous avons donnés, on constate que M
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- est plus faible,pour le premier appareil étudié, quand il s'agit d’une ligne souterraine de faible calibre ou d’une ligne aérienne de amm,S pour une fréquence basse; au contraire, le deuxième appareil, dont l’impédance est plus élevée, sera plus avantageux sur une ligne à forte impédance, sur une ligne pupi-nisée. En somme, il y aurait intérêt à employer des appareils dont l’impédance soit voisine de celle de la ligne.
- RECEPTEUR ET TRANSMETTEUR DIFFÉRENTS
- Nous avons supposé jusqu’ici que les appareils placés aux deux extrémités de la ligne étaient identiques. Il n’en est généralement pas ainsi. La formule qui donne le courant n’est pas plus compliquée si les appareils ont des impédances différentes Z, et Z2. On trouve
- aV Z
- ~?(Z+Z,)(Z+Z2)’
- Cette formule est symétrique par rapport à Zj et Z2. Les correspondants ne s’entendront de la même façon que si les appareils produisent des forces électromotrices égales; les courants reçus sont proportionnels aux forces électromotrices des transmetteurs; si ces forcés électromotrices sont égales, les courants reçus seront égaux, bien que l’impédance des appareils aux extrémités puisse être différente.
- Ce fait a une conséquence assez curieuse. Supposons qu’un abonné, mécontent de la façon dont il entend, achète un appareil plus puissant mais dont l’impédance soit plus grande. L’impédance résultante sera augmentée. Les correspondants pourront entendre beaucoup mieux, grâce à l’augmentation de la force électromotrice du nouveau transmetteur. Mais l’abonné lui-même entendra moins bien. On voit donc combien il est important, pour éviter des accidents aussi fâcheux que celui que nous venons d’imaginer, de n’admettre dans les réseaux que
- des appareils qui possèdent des qualités à peu près identiques.
- AFFAIBLISSEMENT DES LIGNES
- Ces explications étant données sur le rôle que jouent les appareils dans les transmissions téléphoniques, on peut maintenant examiner comment se comporteront les différentes lignes. On peut tout d’abord remarquer que parmi les lignes usuelles les lignes aériennes, quel que soit leur diamètre et la ligne souterraine de imm, ont des propriétés telles que l’impédance résultante a pratiquement la même valeur. Mais la ligne souterraine de 2™m,5 produit une impédance résultante dçux à trois fois plus élevée." Il ne faudra donc pas oublier cette particularité quand on voudra comparer entre elles des lignes différentes.
- Le premier problème à résoudre est celui de savoir quelle est la portée limite d’une ligne bien définie. Cette limite dépendra naturellement des appareils employés. Mais comme nous venons de voir que les lignes aériennes sont comparables entre elles, indépendamment des appareils, il est tout naturel de chercher à déterminer cette donnée importante, en ne considérant que des lignes aériennes.
- On peut admettre que la, ligne de cuivre de ii"1"1 permet de téléphoner à i 8ookm. Cette distance parait être la limite pratiquement franchissable, avec les lignes ordinaires. Le coefficient d’affaiblissement al est dans ce cas égal à 3.
- Une ligne aérienne de a"11",5 sera équivalente à celle-ci quand elle atteindra une longueur de 4oo kilomètres.
- Pour la ligne souterraine de in,n', il faudra considérer la valeur du coefficient d’affaiblissement qui correspond à la fréquence i ooo. La longueur équivalente sera de 4okm environ.
- Si on ne tenait pas compte des appareils, on serait amené à conclure que pour la ligne souterraine de amm,5, sa longueur limite est
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- de i2ohm. Mais à cause du phénomène de l’impédance résultante cette valeur peut être réduite, suivant les cas, à 65 ou à 90 kilomètres.
- §4- — Augmentation de la portée des lignes:
- Avant de terminer ce qui est relatif aux lignes homogènes, il convient de rechercher s’il est possible d’augmenter leur portée. On peut évidemment reculer la limite de la distance franchissable en employant des fils de diamètres plus élevés. Ainsi, pour les lignes aériennes, le coefficient a d’affaiblissement est proportionnel à la résistance. Prenons des fils de 6,nm. Nous pourrons porter la distance maxima à 2 6ookm. Mais on ne peut aller très loin dans cette voie. En effet, les courants alternatifs, quand le diamètre du conducteur augmente, tendent à devenir superficiels {effet Thomson), et alors la résistance ne décroît plus aussi vite avec le diamètre. Si, d’autre part, on emploie des conducteurs de fort calibre, ces conducteurs deviennent peu maniables.
- On se rappelle que le coefficient d’affaiblissement a est donné par la formule
- On peut essayer de diminuer a en augmentant la self-induction X. C’est le procédé du câble cuirassé indiqué par M. Barberat et qui consiste à entourer d’une gaine de fer doux le conducteur de cuivre; c’est le procédé réalisé par Pupin et qui consiste à insérer des bobines de self-induction en série sur le conducteur.
- Ces procédés ne sont malheureusement pas applicables aux fils de fort calibre. En effet, ces fils ont une résistance très faible, inférieure à 1 ohm par kilomètre. L’insertion des bobines de self augmente cette résistance d’une façon très appréciable. D’autre part, comme nous l’avons . montré dans la première partie de cette étude (‘), l’imperfec-
- (*) Voir Lumière électrique, tome VI (ire série), p. 327 et 391.
- tion de l’isolement a une influence d’autant plus marquée que la self-induction est plus grande. Il en résulte que l’on n’a pas encore trouvé jusqu’ici le moyen pratique d’étendre la portée des lignes téléphoniques aériennes. On peut bien améliorer les lignes de petit calibre, les rendre équivalentes à des lignes de plus fort diamètre; mais on ne peut améliorer les lignes de 5,n,n et au-dessus. Nous ne parlerons pas du procédé Barberat, car il n’a jamais été proposé pour les lignes aériennes, le fer ne se conservant pas d’une façon satisfaisante quand il est exposé aux intempéries.
- Pour les lignes souterraines, nous avons montré au contraire que le procédé Pupin était certainement efficace. Il est contrarié par l’augmentation de la résistance, occasionnée par la présence des bobines de self, et aussi par l’imperfection de l’isolement ; il présente néanmoins de grands avantages.
- Ainsi nous avons vu que l’on pouvait arriver à donner à un câble de 2""" 5 un affaiblissement de i,66 X io~*. Le câble du modèle ordinaire a, dans les mêmes conditions, un affaiblissement de 2,4Xio"!. De plus, l'impédance du câble pupinisé est très supéiûeure à celle du câble ordinaire, de sorte que la portée sera notablement augmentée. On atteindrait i^o1™ au lieu de 90. C’est environ le double. Mais on peut certainement faire mieux, employer des bobines de self qui soient mieux étudiées, et obtenir une portée bien plus grande, et en somme il doit être possible d’atteindre 4t>ol,,i,. Ce-doit être là un chiffre bien près de la limite que l’on puisse obtenir avec les lignes souterraines les plus perfectionnées.
- Lignes souterraines à faible capacité. — Mais au lieu de chercher à augmenter la self-induction, on peut chercher à agir sur d’autres qualités des lignes. On peut, par exemple, chercher à diminuer la résistance, en employant des conducteurs dé gros diamètre. On a, dans cet ordre d’idées, construit des câbles de 5mm isolés au pa-
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- pier. Le coefficient d'affaiblissement de ces câbles n’est que de o,8o X io‘!; mais il faut tenir compte de ce fait que leur impédance est très faible de sorte que, mis en série avec un appareil, l’impédance résultante est beaucoup plus grande que pour une ligne aérienne. Elle est de 3 à 4 fois plus élevée et la portée limite d’un câble de ce modèle ne doit guère dépasser aooltm. L’expérience n’en a pas été faite, à cause du prix élevé de ces conducteurs; on ne les a employés que comme amorces pour amener, jusqu’aux bureaux centraux, les grands circuits aériens, dans les cas où la pénétration dans une grande ville ne peut s’effectuer par voie aé-riene. Nous verrons plus loin que, dans ce cas, ils ne sont pas très avantageux. Mais, même pour constituer une ligne purement souterraine, il ne semble pas qu’à cause de leur prix élevé et de leur encombrement, ils puissent rivaliser avec les câbles pupinisés.
- Mais il est un autre facteur sur lequel on n’a jamais essayé d’agir efficacement et qui pourtant a une grande importance, c’est la capacité. Il n’est pas difficile de rendre ce facteur plus petit et eela directement, en modifiant là construction même du câble, au lieu de chercher à diminuer indirectement son importance en augmentant la self-induction. Il suffit d’augmenter l’épaisseur du dié-. lectrique qui, dans lé cas qui nous occupe, a peu de valeur commerciale puisqu’il s’agit du papier. Il est facile, par exemple, de tripler son épaisseur; on réduit ainsi la capacité à la m'oité de sa valeur. N’oublions pas que, du même coup, ou doublerait la self.
- Considérons un câble de amm 5 de cuivre. Le calcul montre que son coefficient d’affaiblissement sera de i,î3X'«'! et que son impédance sera double de celle du câble ordinaire de même calibre. La portée limite de ce câble serait de aaoltm environ. On voit
- qu’il peut facilement rivaliser soit avec des câbles pupinisés, soit avec des câbles de fort calibre, qui les uns et les autres sont beaucoup plus coûteux et beaucoup moins faciles à employer. Nous verrons plus loin que ce câble conserve également de précieuses qualités comme amorce urbaine de grands circuits.
- Son emploi serait encore beaucoup plus avantageux si l’on augmentait légèrement le diamètre du conducteur. Ainsi prenons un câble de 3mm de cuivre. L’affaiblissement ne serait plus que de 0,93X io“*. Sa portée serait de plus de 3oo kilomètres.
- On a employé pour la téléphonie, surtout en Allemagne et en Danemark, des câbles cuirassés. Les modèles en ont été étudiés par MM. Biaûsig et Krarup. Ces câbles ont une self-induction assez élevée. Il est assez facile de les comparer au modèle que nous venons de décrire.
- On a construit un câble de 2mi& 5 de cuivre, cuirassé au moyen d’un fil de fer de o»™ 3 enroulé sur le cuivre. Pour 1 000 périodes, la résistance de cuivre est augmentée de a,6 ohms par kilomètre ; elle est donc portée à 9"5. Admettons que la capacité n’est pas supérieure à celle des câbles au papier ordinaire, soit o,o4 micfofarad, la self-induction de 0,008 henry, Le coefficient d’affaiblissement de ce câble est de 1,2 x io~2. II est donc à peu près équivalent à celui du câble à faible capacité.
- Il nous semble inutile d’insister plus longuement pour montrer l’intérêt qu’il y a à construire des câbles où l’isolant ait une épaisseur plus grande. Leur prix de revient ne peut pas en être sensiblement augmenté et l’on obtient ainsi des avantages qu’on ne peut atteindre ordinairement que par des procédés coûteux et souvent mal commodes.
- (A suivre.)
- Devaux- Gharbonnel.
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- L’ENSEIGNEMENT DE L’ÉLECTRICITÉ A L’INSTITUT POLYTECHNIQUE
- DE WORCESTER (MASSACHUSETTS)
- En dehors des grandes universités américaines dont certains départements sont entièrement consacrés aux sciences appliquées et forment de véritables écoles industrielles et professionnelles admirablement outillées, au point de vue pratique et technique, la science de l’ingénieur est développée dans les écoles technologiques et les instituts polytechniques où elle est la base même du programme d’études.
- Le nombre de ces grandes institutions est déjà relativement grand, si l’on considère qu’aux Etats-Unis l’enseignement technique n’en est encore qu'à ses débuts ; mais leur organisation, il faut le dire, est toute moderne et répond aux desiderata mêmes de l’industrie actuelle et de ses si rapides progrès.
- Les grandes divisions, suivant lesquelles est sectionné l’enseignement, sont développées dans des instituts ad hoc, disposant de laboratoires équipés avec les appareils et dispositifs les plus nouveaux et résultant en général de dons et legs très importants.
- Parmi les établissements supérieurs de ce genre, l’on peut signaler, parmi les plus connus, les Instituts de technologie « Massachusetts » à Boston, « Stevens » à Hoboken (New-Jersey), « Armour » à Chicago,les Instituts polytechniques'» Rensselaer », à New-York, « Rose » Indiana (Terre-Haute), de Brooklin à New-York, de Virginia à Blaks-bury, de Worcester (Massachusetts), l’Ecole de technologie Clarkson (de Potsdam), les Ecoles techniques « Carnegie, à Pittsburg.
- L’enseignement de ces différentes écoles se subdivise en de nombreuses sections qui rendent ainsi très grande la spécialisation professionnelle de l’étudiant américain et lui permettent d’acquérir des titres très différents suivant l’école.
- A l’Institut polytechnique de Worcester (Mass.), le titre de bachelier ès sciences est conféré à tout étudiant ayant pleinement satisfait les quatre années normales de cours; celui de maître ès sciences à l’élève diplômé ayant fait ensuite une année supplémentaire d’études supérieures graduées, celui de docteur ès sciences à l’élève diplômé ayant suivi trois années d’études supérieures graduées. Le titre professionnel d’ingénieur dans l’une des sections choisies ne peut être conféré que si l’élève diplômé, après avoir suivi une année d’études supérieures, a accompli trois années dans l’industrie, de façon à avoir une pratique technique person-nelle.
- L’enseignement de l’Institut «Worcester », fondé en i865 par John Boynton qui lui avait fait un don de5.aoo.ooo francs, se subdivise en cinq sections : Mécanique, Génie civil, Chimie, Science générale, Electro-technique, suivies pour l’année 1907-1908 comme ci-dessous :
- Taiileau I
- MÉCANIQUE GÉNIE CIVIL | CHIMIE SCIENCES GÉNÉRALES ÉLECTRO- TECHNIQUE j TOTAL
- Etudiants diplômés (div. sup.). 5 » I » 12 18
- IVa année normale 2Ü 10 11 )) 24 80
- 111= — 27 3i i5 » 3a i<>5
- 11= — — 43 3o 12 I 47 iis
- Total 100 80 39 I 115
- I>'e année normale (commune ù toutes les sections).. . i53
- NOMBRE TOTAL DES ÉTUDIANTS DE l'institut. . . ; =0 ! %
- La section « Electrotechnique » est très en faveur, et son développement rapide est dù
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- à l’organisation de son Institut particulier et de ses annexes, et au programme d’études si soigneusement élaboré.
- Il faut noter que la Ire année normale (freshman) est commune à tous les élèves de l’Institut polytechnique et ne comporte que
- dières et machines à vapeur... », de la physique générale, du levé de plans, de l’analyse qualitative chimique, etc.
- En IÎI° et IV0 années, la spécialisation est nettement tranchée comme l’indique le programme suivant :
- Tableau 11
- IIIe ANNÉE (Junior)
- HEURES
- PAR
- SEMAINE
- IVe ANNÉE (Senior) pour l’obtention
- DU BACCALAURÉAT ÈS SCIENCES
- HEURES
- PAR
- SEMAINE
- Ve ANNEE (pour bachelier) EN VUE DU DIPLÔME
- d’ingénieur électricien.
- HEURES
- PAR
- SEMAINE*
- !
- ic‘\ Semestre.
- icr Semestre.
- jcr Semestre.
- Analyse de gaz..............
- Eléments d’économie industrielle .....................
- Eléments d’électroteclinique(i) Mesures complexes et équations différentielles élcctro-
- teeiiniques................
- Cinématique.................
- Mécanique appliquée ........
- Technique élémentaire de la
- vapeur ....................
- Travaux pratiques de physique
- 2e Semestre.
- Eléments d’élcctrotcehnique(G) Calcul des courants alternatifs.
- Dessin électrotechnique.......
- Laboratoire éleetroteclmiquc. Rapports et extraits d’études
- élcctrolcchniqucs...........
- Matériaux de construction ... Résistance des matériaux . .. T ni va u x p ra ti q u es d e phy si que Science politique.............
- 2
- Q
- 0
- <>
- 0
- 12
- 3
- 8
- g
- g
- G
- 1
- 3
- 12
- r>
- <>
- (l) Constructions, essais, installations éleetroteehniqucs (travaux pratiques, en cours d été pendant trois semaines).
- (Compté comme travail de IVe année.)
- Théorie électrotechnique......
- Transformation et distribution
- de courants.................
- . Dessin électrotecbnique.....
- Travaux pratiques électrotcch-
- niques.....................
- Rapports et extraits d’études
- éleetroteehniqucs..........
- Mécanique appliquée..........
- Thermodynamique..............
- Moteurs à gaz.................
- Essais pratiques de mécanique.
- Cours à choisir :
- Génie civil (maçonnerie) ou mécanique (dessus de machines).
- 2e Semestre.
- G
- (>
- 1
- i
- G
- (i
- 3
- G
- 5?
- Thèse (sur question élcctroleeh-
- nique)......................
- Droit industriel...............
- Technique de la vapeur.........
- Essais pratiques de mécanique.
- Cours à choisir :
- Chimie. Analyse quantitative .. Mécanique. Dessins de machines
- — Hydraulique.........
- Théorie éleetrotechnique.......
- Tramways électriques...........
- Téléphonie.....................
- Batteries d’accumulateurs......
- Eclairage électrique...........
- Exploitation technique.........
- Travaux pratiques élcctrotccli-
- niques (a5)..................
- Travaux pratiques électrotech-
- niques (ati).................
- Dessin éleetrotechnique........
- Extraits d’études électrotechniques...........................
- 10
- »>
- G
- ri
- J
- G
- G
- G
- G
- G
- 3
- 3
- J
- 3
- Tramways électriques..........
- Théorie éleetrotechnique ... . Stations centrales d’énergie. . Revue des journaux électro-
- techniques.........T.......
- Rapports etexlraits surtravaux
- éleetroteehniqucs.......... .
- Laboratoire éleetroteclmiquc.. Analyse chimique quantitative. Théorie supérieure sur l’électricité et le magnétisme ....
- Levé de plans......... .......
- Maçonnerie, construction..... Etude technique supérieure de
- la vapeur...................
- Atelier ..... ........
- Dessins de machines.......»...
- b i
- <> )
- G !
- G
- 3
- 12
- 10
- 4
- G
- G
- 8
- G
- 2e Semestre.
- Pratique éleetrotechnique....
- Thèse sur rélectrotcclinique .. Génre civil. Construction des
- chemins de fer.............
- Analyse chimique quantitative. Installation d’un atelier mécanique........................
- Dessins de machines..........
- Hydraulique.......... . .....
- Atelier mécanique (essais)...
- 20 iG .
- 12
- 12
- I
- 8
- G
- G
- 4 ou 7
- D’autres matières principales à choisir peuvent cire ajoutées à cette liste.
- Les matières approuvées doivent être choisies de façon à représenter, par semestre, de 4i> à 55 heures dont 3o sur des sujets éleetroteehniqucs.
- Ces sujets doivent être choisis de façon à fournir un total de 5-2 à 53 heures.*
- des cours élémentaires et généraux de mécanique et de chimie avec l'étude des langues viVantes, du dessin, des mathématiques.
- En IIe année (sophomore), le programme comporte des cours plus techniques : « Atelier mécanique, forge, conduite des chau-
- La Ve année— qui forme les bacheliers ès sciences en vue du diplôme d’ingénieur électricien— comporte un programme très étendu dans lequel trente heures de cours ou exercices, par semaine , doivent être consacrées entièrement aux matières électrotechniques.
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- L’Institut polytechnique de Worcester occupe une superficie de terrain très importante avec de nombreux bâtiments : Nous trouvons l’Institut Boynton à trois étages avec salles de réunion pour 4oo personnes, bureaux, bibliothèque générale,'salle de dessins techniques, salles de dessin, d’examen, etc...; les ateliers Washburn, résultant d’un don
- ques et mécaniques; le laboratoire d’essaïs hydrauliques avec tout l’équipement technique nécessaire ; l’Institut technique avec laboratoires hydrauliques, de constructions et d’essais techniques, d’essais de ciment et de matériaux de construction, de métaux et de matériaux industriels (courroies, câbles, etc.); le laboratoire général expérimen-
- Fig. i. —Laboratoire principal d’essais électrotechniques.
- de aâo.ooo francs avec salles de bain, lavabo, • magasins, bureaux, forge, ateliers mécanique et de traçage, atelier de peinture, fonderie, etc.; les laboratoires Salisbury destinés à la chimie et à la physique; le laboratoire magnétique construit en matériaux non magnétiques pour mesures de haute précision à l’abri de vibrations électriques, magnéti- |
- tal et de recherches, salle à dessin de machines, à dessin d’imitation, etc., etc.: enfin la station centrale d’énergie (chauffei’ie, machine à vapeur, etc.).
- L’institut électrotechnique construit en 1906, terminé en 1908, a coûté i.25o.ooo fr. et est spécialement destiné à l’enseignement de l’électricité; Dans le plan général le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N° 30.
- laboratoire principal électrotechnique occupe dans toute sa longueur, la moitié de l’Institut.
- Y compris les galeries , ce laboratoire (fig. i) couvre une surface de i 8i3ra2. Il est pourvu de plus de 5o générateurs ou moteurs de tous types, 4o transformateurs de dimensions variées, de plus de 200 instruments, 2 batteries d’accumulateurs, l’une de 160 éléments, l’autre de 60 et de toute une collection de machines et appareils particuliers. L’installation est munie de fiches spéciales indicatrices permettant de com-
- recherches obligeant l’étudiant à déplacer du rez-de-chaussée son travail et à l’installer plus à l’aise.
- A côté de la galerie supérieure se trouve une chambre noire pour essais photomér triques de lampes à arc et autres avec banc photométrique de 4m,5<> environ et diverses autres salles pour la batterie d’accumulateurs, téléphonie, photographie, recherches, etc.
- L’énergie pour le laboratoire est amenée à 2 200 volts à l’aide de câbles souterrains venant de la station centrale génératrice de l’Institut où trois batteries de quatre chau-
- Fig. a. — Voiture électrique sur sa fosse ù visite.
- biner les circuits et de disposer des appareils ou instruments utiles pour les essais.
- L’énergie électrique est fournie par un courant continu à 110-120 volts et par un courant alternatif bi et triphasé de 220 volts. D’autres voltages peuvent être réalisés à l’aide de connexions ad hoc.
- Le matériel le plus lourd repose sur le rez-de-chaussée tandis que les galeries sont utilisées pour les essais et expériences nécessitant des appareils plus légers où pour les
- dières à vapeur de 56o chevaux chacune sont en service pour les besoins du département électrotechnique.
- Les trois groupes électrogènes consistent en une machine compound verticale P. Rewes de 70 chevaux, accouplée directement à une génératrice biphasée à champ tournant de 4o kw. (type Westinghouse) à 60 périodes et 220 volts, en une machine à vapeur même type de 175 chevaux avec génératrice de 10b kw., en une troisième machine verticale
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- à vapeur Bail de 35o chevaux avec manivelle à 90° accouplée à une génératrice biphasée à 60 péi’iodes, 220 volts à champ tournant, de 200 kw. type Crocker-Wheler. Cette unité a une excitatrice Westinghouse.
- L’installation se complète par un moteur Westinghouse de 20 kw., 2 transformateurs General Electric Co, de i5o kw. chacun et un transformateur Westinghouse de i5 kw. Les transformateurs sont pour des circuits à 60 périodes, transformant du 220 à 2 200 volts, mono, bi ou triphasé selon les besoins des expériences.
- Le contrôle de cette installation est fait sur un tableau de distribution en. marbre de ir panneaux munis de tous les appareils de mesure, des coupe-circuits, etc., nécessaires pour le service.
- Dans le laboratoire électroteclinique de l’Institut, la capacité de toute l’installation représente 1 5oo kw. ou 2 000 chevaux, les machines variant depuis une motrice à 3oo chevaux, une génératrice de 200 kw. et des transformateurs de i5o kw. jusqu’à des dynamos de 1 kw. et même moins. Le centre du laboratoire est desservi par un treuil roulant de 10 tonnes et les galeries au moyen de trolley mettant en communication électrique le rez-de-chaussée et les galeries supérieures.
- Le tableau de distribution pour les différents points du laboratoire et pour les salles de l’Institut, est très ingénieux : grâce à des fiches avec câbles flexibles on peut réaliser toutes les combinaisons de courant.
- Parmi les 4° transformateurs, il faut signaler un de 5oo 000 volts, un autre de 200 000 volts de 100 kw., un autre de 20000 volts de 2a kw., deux autres de i5o kw. avec dispositif pour opérer en bi ou triphasé, six autres auto-transformateurs de 220 volts avec dispositif pour courant polyphasé.
- A signaler une collection intéressante de lampes à arc et de lampes à filaments incandescents des plus variées sans compter la distribution de l’éclairage électrique de l’Institut, représenté par 2 000 lampes à incan-
- descences, 100 lampes Nerst et 35 lampes à arc.
- En dehors des appareils d’étalonnage et de contrôle technique ordinaires, dans le laboratoire spécial aux recherches on trouve les instruments les plus scientifiques : toute une série de balances de Kelvin, des potentiomètres et ponts de Wolff, des appareils et résistances de Weston, un chrônographe, des traceurs de courbe, des dynamomètres
- Fig. 3. — Oscillographe.
- à la fois mécaniques et électriques, des condenseurs, des convertisseurs à mesure, des ampèremètres, des voltmètres enregistreurs, des oscillographes dont la figure 3 nous offre un specimen.
- Pour rendre plus pratique l’enseignement de la traction électrique, par la façade Est du laboratoire principal pénètrent deux voies de garage reliées avec la ligne de tramway locale et par celle-là avec les tramways suburbain et interurbain de New-England. Ces deux voies reposent sur des traverses en fer et sous l’une d’elles règne, une... fosse de visite pour permettre l’examen des trueks, moteurs, freins, etc., etc. de la voiture électrique expérimentale. L’autre voie est disposée
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- en vue de mesures de puissance, de rendement à l'aide de dynamomètres d’absorption spéciaux électriques.
- Le laboratoire possède une voiture à double truclc (fig. a), à quatre moteurs, munie des types les plus modernes de moteurs, d’appareils de contrôle et de freins. Cette voiture sert pour tous les essais à effectuer soit au stand même,; soit sur les lignes de tramway.
- La salle de cours est spécialement aménagée pour les projections à la lanterne et les démonstrations expérimentales. Un palan électriques de 2 tonnes, roulant sur un fer I permet de déposer les appareils provenant du laboratoire principal sur la table même ou sur le sol de la salle à proximité du professeur qui a à sa disposition tous les courants qu’il désire, allant jusqu’à 000 000 volts.
- Cette salle peut contenir 3oo auditeurs -: quatre autres salles plus petites servent pour les exameps.,
- La bibliothèque contient 2000 volumes, reçoit chaque jour de nombreux périodiques, journaux de sociétés et ouvrages nouveaux, ce qui la classe parmi les plus importantes bibliothèques électro-techniques.
- L’Institut offre une instruction très approfondie en dessin électrotechnique, dans des cours s’étendant depuis le milieu de la troisième année jusqu’à la fin de la cinquième année. La salle à dessin contient des archives (dessins, plans, photographies, etc.) très complètes, une chambre pour tirer les bleus et dessins héliographiques.
- Quant au coût de l’instruction, nous pouvons le résumer comme suit :
- c V Frais scolaires (par an)......... 780 fr.
- ^ \ — de laboratoire............... 5a —
- — d'ouvrages. Fournitures... 114 — /
- (£3
- c
- W
- Diplôme de bachelier es sciences* — de maître ès sciences..
- d’ingénieur électricien.
- docteur ès sciences....
- 26 fr. 5a —
- ! élève résidant à Worcestcr
- 260 —
- élève non résidant
- 104 —
- L’enseignement électro-technique de l’Institut de Worcester méritait d’être signalé au point de vue des méthodes modernes employées.
- L. Fabre.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- CONSTRUCTION DE MACHINES
- La génératrice à double champ. — E. Ziehl.
- — Elefctrotechnische Zeitschrift, mai 1909, n° 20.
- Le principe de cette machine est qu’il est possible de faire débiter de l’énergie électrique aussi bien au rotor qu’au stator. Le rotor tourne à une vitesse douhle du synchronisme et dans le sens opposé à celui de son propre champ tournant, ou ce qui revient aa. même dans le sens du champ du stator. Les enroulements des parties tournantes et fixes sont équivalents. Ils sont soumis aux mêmes tensions et parcourus par des courants de même intensité et de même fréquence, mais ils peuvent être placés, soit
- en série, soit en parallèle. La première disposition en série convient pour les tensions peu élevées, la deuxième,au contraire, pour les alternateurs à haute tension. Si E est la tension du réseau, la tension d’une phase dans le stator et dans le rotor est seu-E
- lement de —r- dans le deuxième cas. Ces machines
- sont dans leur construction tout à fait semblables aux moteurs asynchrones. Elles sont excitées j>ar du courant triphasé.
- L’auteur examine les divers avantages qui en résultent dans la construction des alternateurs et en particulier pour les machines à grande vitesse turbo-dynamos). On est réduit à diminuer dans ces der-
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- nières le nombre de pôles à ce point que leur montage est cher, l’exécution des rotors, au point de vue mécanique, difficile. Or avec la machine à double champ et même fréquence, il est possible d’employer deux fois plus de pôles que dans un alternateur ordinaire. Le choix des vitesses est donc augmenté. On peut ainsi obtenir les vitesses suivantes :
- Taiileau
- 5o périodes a5 périodes ia,5 périodes
- 6 OOO 3 000 1 5oo
- 3 000 I 5oo 750
- a 000 I OOO
- 1 5oo
- ï aoo
- En outre: i. Les tôles d’induit et d’inducteur, par suite du fait que la hauteur de la partie utile est environ moitié moindre par suite d’un flux moitié également, sont environ 45 % de ce qu’elles sont dans une machine ordinaire.
- 2. Les pertes dans le fer (hystérésis et courants de Foucault) sont en conséquence 45 % plus faibles.
- 3. Le cuivre total arépartir sur l’induit et l’inducteur est environ 4o % moindre par suite du logement plus facile du cuivre.
- 4. Les pertes ohmiques sont, par conséquent, diminuées, dans une grande proportion surtout à faible charge puisqu’elles croissent dans le rotor comme dans le stator, proportionnellement au carré de l’intensité.
- 5. Le diamètre extérieur des tôles de stator devient plus petit, le prix diminue, ce qui représente dans les turbo-alternateurs environ 20 % .
- 6. Comme les réactions du stator et du rotor l’un sur l’autre se compensent d’une façon complète et automatique, on n’est pas limité dans l’utilisation électrique et magnétique de la matière comme on l’est dans les alternateurs à excitation continue.
- 7. Il résulte de ce qui précède que pour un diamètre et une largeur de la machine donnée, la puissance nominale de la machine peut être sensiblement élevée.
- 8. L’alternateur à double champ présente le grand avantage de ne pas supporter le choc des court-circuits qui se produisent dans le rése'au, mais de le reporter sur la source à laquelle il emprunte son excitation.
- Un alternateur triphasé ordinaire de 1.750 Iv. V. A. !
- pour i.3oo tours 5o périodes transformé en machine "à double champ conduit aux résultats suivants en admettant le même diamètre de rotor, la même largeur, de fer et les mêmes constantes spécifiques :
- Prix de revient environ 40 % moindre.
- Rendement supérieur de 20 % à pleine charge, de 4 % à demi-charge.
- Champ d'utilisation. — Les générateurs de ce type se recommandent tout particulièrement pour les installations triphasées à charge aussi peu inductive que possible. Dans ce cas, on installe à la centrale un générateur synchrone ordinaire pour donner la mesure, le reste de l’installation pouvant être monté avec des générateurs à double champ, jusqu’à 5 ou 6.
- L’emploi de ces machines est également très indiqué pour les transports de force où le courant à l’arrivée est transformé en courant continu par des convertisseurs. Ici c’est la sous-station qui joue le rôle de l’excitation et de chef d’orchestre pour la centrale. Celle-ci n’a donc pas besoin d’excitatrices. Pour chaque valeur de l’excitation des moteurs synchrones de la sous-station, les courants circulent à travers les lignes de transport avec le décalage le plus favorable, et les variations de vitesse ou de tension n’ont sur lui qu’une influence négligeable.
- Dans les centrales triphasées, dont les courants sont décalés d’un angle 9 dont le cosinus varie entre 1 et 0,7, il convient d’augmenter le nombre des machines synchrones, et dans une proportion telle qu’elles se partagent les charges inductives et non inductives. On cherchera à satisfaire à la demande de charge non inductive par le générateur à double champ. Pour cos 9 < 0,7, il vaut mieux abandonner ce type de machines, car les machines synchrones destinées à fournir du courant dewatté deviendraient trop importantes.
- Les alternateurs à double champ trouvent une application dans les centrales à faible charge pendant la journée à cause de leur rendement plus élevé. Il résulte de cela que (des turbo-alternateurs de ce système travaillant en parallèle avec des alternateurs ordinaires pouvaient élever l’économie de l'installation. Enfin on peut les commander par des turbines utilisant la vapeur d’échappement, ce qui suppose l’existence d’autres machines en service, avec lesquelles l’alternateur à double champ travaillerait en parallèle. Ce dispositif compense cet inconvénient propre au générateur à double champ de ne pouvoir fonctionner seul, sans le secours" d’une machine d’excitation triphasée.
- A. C.
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Commande électrique des laminoirs dans les aciéries amèxucaines.— Eug. Eichel—Elec-trotechnische Zeitschrift ^ juin 1909, n° 24 (1).
- LE TUAIX HEVEKSIIÏLE DE l’ïLLINOIS STEEL AND C°
- Laminoir. — C’est un train duo réversible permettant le laminage de tôles et de plaques. La puissance nécessaire fut déterminée par des diagrammes et des observations relevés sur la machine à vapeur commandant primitivement ce train. Un laminage comprend i3 passes pour une matière déterminée à une vitesse allant de 40 tours par minute à 140 à la dernière passe. Le couple nécessaire à la première passe est d’environ 4* mètres-tonne, il augmente légèrement pendant les trois passes suivantes, pour décroître d’une façon régulière jusqu’à 8,2 mètres-tonne à la dernière passe.
- Il faut donc fournir 2 3oo HP à la première passe; cette puissance monte peu à peu jusqu’à 3 5oo HP environ vers la septième passe et décroît à 1 5oo HP. La puissance moyenne nécessaire pour un laminage est de 1 3oo HP pour une durée de travail effectif de 48 secondes, tandis que la durée totale, y compris les pertes de temps, s’élève à 75 secondes. La production journalière du train est de 270 tonnes environ.
- Le train peut laminer des tôles de 12,7 j<usqu’à 5o“m7o8 d’épaisseur et i65 jusqu'à 75omm de largeur.
- La commande électrique est obtenue par l’application du système ligner afin d’influencer le réseau dans la mesure la plus faible possible, les variations de charge introduites dans le réseau ne dépassant pas i5 % . Le convertisseur reçoit son courant de la centrale de l’usine à 2 200 volts, 25 périodes. Pour produire ce courant on dispose d’une turbine à vapeur de 2 000 k\v et de 3 machines à j>iston de chacune 2 000 kw, tandis qu’on prépare l’agrandissement de la centrale par l’installation de 4 moteurs à gaz de hauts fourneaux de chacun 2 000 kilowatts.
- Convertisseur volant. — Il comprend une seule dynamo de démarrage sacrifiant ainsi la sécurité au peu d’encombrement; de même le volant ne reçoit pas de paliers spéciaux et n’est pas réuni aux deux machines par des accouplements appropriés. Le ro-
- tor du moteur triphasé, le volant, l’induit de la dynamo sont calés sur un même arbre à 4 paliers.
- L’arbré du convertisseur a iom,2 de long; au moyeu du volant le diamètre est de 6iomm,aux paliers extérieurs de 584mm et aux paliers intérieurs 38imm. Les paliers intérieurs ont 1 372mm dé longueur, et les paliers extérieurs 1 oi6m,n. Ils sont pourvus de graisseurs à bagues et de refroidissement d’eau.
- Moteur triphasé. — Il est alimenté directement à 2 200 volts, possède 8 pôles et peut fournir une puissance continue de 1 3oo HP. La vitesse de synchronisme étant de 370, il est possible d’obtenir une réduction de vitesse jusqu’à 3oo tours par minute à l’aide de résistances dans le rotor.
- Volant. — Il est en deux parties et a un poids total de 91 tonnes, avec un diamètre de 2 950 millimètres.
- Dynamo de démarrage. — Elle peut supporter une surcharge momentanée de i5o %. Son induit possède deux collecteurs, chacun d’eux fournissant du courant à l’un des deux moteurs de laminoirs et est muni de connexions égalisatrices afin de répartir uniformément le courant sur les deux moteurs de laminoirs. Pour faciliter la commutation, on a augmenté le plus possible le nombre de lames entre deux balais consécutifs, en intercalant entre deux lames consécutives d’un collecteur ordinaire une lame réunie au milieu de la spire dont les deux extrémités sont reliées aux deux premières lames. La dynamo est un type moyen entre la machine-Deri et la machine à enroulements composés avec pôles de commutation. L’excitation est séparée et alimentée à 25o volts.
- L’énergie absorbée par le convertisseur à vide est de 200 kw tandis que la période de démarrage absorbe pendant les 5 premières minutes 1 200 kw pour mettre-les masses en vitesse.
- Moteurs de laminoirs. — Ils sont calculés pour une tension aux bornes de 570 volts, une charge continue de 2 X 2 000 chevaux et une charge momentanée de 10 000 chevaux. Ils sont constitués par deux moteurs identiques, montés sur un même arbre avec seulement deux paliers extérieurs. L’arbre est en acier, avec un diamètre de 711miJI à l’endroit de l'induit, de 635mm à l'accouplement et de 5o8mm à l’extrémité des paliers.
- Les paliers ont respectivement 1 372)lim et 1 575mra de longueur pourvus de graisseurs à bagues à huile sous pression et à refroidissement d’eau. Le palier le plus rapproché du laminoir est particulièrement robuste. Les induits ont un diamètre relativementré-
- (•) Voir La Lumière Electrique du 10 juillet 1909.
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- duit pour diminuer leur moment d’inertie, et le travail d’accélération pendant le renversement de la marche.
- Ils ont été munis de pôles auxiliaires et d’enroulements de compensation pour assurer une bonne commutation au moment des à-coups ou à faible tension aux bornes pour de fortes intensités. Les moteurs ont une vitesse variant de o à i5o tours par minute. Cependant comme le couple diminue sensiblement quand la vitesse a atteint les deux tiers de sa valeur maxima, les moteurs sont calculés de façon à donner leur couple normal à ioo tours avec excitation non réduite,l’augmentation de vitesse jusqu’à i5o tours étant obtenue par la diminution de l’excitation. Le changement de sens de marche doit être obtenu en 3 secondes si l’on part de la vitesse normale dans un sens pour passer à la vitesse normale en sens inverse.
- Régulation. — Le régulateur de glissement grâce auquel les moteurs prennent au réseau un courant moyen sensiblement constant est commandé électriquement et actionné par l’air comprimé. Le réglage automatique est obtenu au moyen d’un transformateur de^courant alimentant un compensateur qui, lui, actionne deux relais. Le compensateur détermine en quelque sorte le compoundage des relais qui suivant la nature de la matière à laminer et pour satisfaire aux conditions très variées du laminage doivent être disposés de façon que leur déclenchement se produise à charge du moteur inférieure, égale ou supérieure à la charge normale. Dès que le courant principal arrivant au moteur asynchrone tombe au-dessous d’une certaine valeur, les deux relais sont fermés et déterminent la mise en court-circuit par une batterie des résistances qui sont connectées en marche normale dans le circuit du rotor. Si le courant dépasse la valeur normale, le deuxième relais fonctionne et introduit à nouveau des résistances dans le circuit du rotor jusqu’à retour de l’intensité à sa valeur normale, c’est-à-dire jusqu’à ce que soit atteint le glissement du moteur qui oblige le volant à céder son énergie pour répondre à un à-coup dans la puissance absorbée. Les differentes soupapes à air comprimé sont commandées par électro-aimants alimentés par du courant continu fourni par une batterie qui se charge automatiquement par l’intermédiaire d’un relais en relation avec la pompe à air.
- Le démarrage du moteur est obtenu par la simple fermeture de l’interrupteur automatique et continue d’une façon automatique par l’intermédiaire de relais d’intensité qui règle le glissement du moteur asynchrone. Un interrupteur à force centrifuge monté sur
- l’arbre des moteurs empêche ceux-ci de s’emballer. Dès que la vitesse a atteint la limite de sécurité, le dispositif de déclenchement de l’interrupteur à maximum fonctionne et coupe le courant continu et l’excitation.
- La commande des moteurs est obtenue à l’aide de deux contrôleurs, l’un pour les vitesses entre o et ioo tours, l’autre agissant sur l’excitation au delà de ioo tours. Les moteurs entraînent une petite magnéto qui commande un relais, qui, au repos, agit sur les bobines de verrouillage des deux contrôleurs, de telle sorte qu’il est impossible de manœuvrer le contrôleur de champ, tant que les moteurs n’ont pas atteint la vitesse correspondant à leur excitation maxima.
- TRAIN TRIO POXJR RAIL DE l’iNDIANA STEEL C°
- La commande de ce train est obtenue par des moteurs triphasés asynchrones alimentés par du courant à 6ooo volts et a5 périodes provenant d’une station à groupes générateurs à gaz de hauts fourneaux. A cette centrale sont branchés un certain nombre d’autres moteurs, un circuit d’éclairage à 6o périodes par l’intermédiaire d’un transformateur de phase, un circuit de traction par l’interinédiaire d’un convertisseur triphasé continu, ce qui constitue une charge sensiblement constante qui ne doit pas être influencée par les variations de charge des moteurs de laminoirs.
- L’installation en plein développement, doit travailler 5 millions de tonnes de minerai de fer et produire 2.5ooooo tonnes de fer et acier; elle comprend un train trio et un train à barres rondes.
- Le train doit laminer 5o blocs par heure qui pèsent environ 3.700^ et possèdent une section de 5o8 X 610 ou de 457 X $59. Il produit des rails pesant ^4,5 jusqu’à 4lliff au* mètre courant. Pour commander le train dégrossisseur le train moyen et le finisseur, soit directement soit par engrenage, son a employé deux moteurs asynchrones triphasés à bagues à démarrage automatique fournissânt chacun une puissance de 2 000 chevaux à la vitesse de ai4 tours par minute, 1 moteur pour 2 000 chevaux à 68 tours par minute et trois de chacunG.ooo chevaux respectivement à 88 et 7$ tours par minute. Les moteurs de 2 000 chevaux peuvent fournir 3.000 chevaux pendant une heure sans que leur température dépasse 60eG. De même les moteurs de 6 000 chevaux peuvent fournir 9 000 chevaux dans les mêmes conditions ; ils constituent les plus grosses unités qu’on ait jusqu’à présent construites pour la commande de laminoirs. Le moment d’inertie des moteurs de 2 000 chevaux à grande vitesse dont le
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- diamètre de rotor est de 3m est complété par des volants de 5m,i de diamètre et de 45 tonnes. Par contre les moteurs à vitesse réduite ont des rotors de 6m de diamètre constituant leur propre volant.
- Le train à barres rondes lamine des blocs de mêmes dimensions et de même poids que le train à rails, le nombre des passes par bloc et la puissance variant avec la section finale. La commande est obtenue par deux moteurs asynchrones de chacun 3 ooo chevaux, 214 tours par minute et 3 de chacun 6 000 chevaux, 83 tours par minute.
- La période de 25 a été choisie en rapport avec la faible vitesse des moteurs et le facteur de puissance. Une fréquence peu élevée permet également la commande directe des génératrices par des moteurs à gaz. La tension de 6 600 volts employée permet de réaliser une économie sérieuse de cuivre sans imposer de conditions trop dures pour l’isolement. La régularisation du facteur de charge de l’installation est obtenue par l’emploi de dommuta-trices réunies à une puissante batterie d’accumulateurs. La tension continue peut varier de 200 à 3oo volts et elles peuvent momentanément fournir 1 000 ampères sous 3oo volts continus et respectivement emprunter à la batterie i/v 000 ampères sous 200 volts, alimentant ainsi le réseau triphasé. Il est donc possible d’égaliser des variations momentanées de puissance de 3.000 k\v dans lêâ deux sens. L’installation actuelle comprend deux groupes de batteries d’accumulateurs de chacun 125 éléments contenant chacun 73 plaques. Les deux groupes en parallèle peuvent fournir une capacité de 8640 ampères-heure pour une décharge en une heùre.
- Les aperçus qui précèdent montrent jusqu’à quel point les ingénieurs américains ont pris en considération la commande électrique des laminoirs, malgré le prix élevé des installations, malgré le prix de revient peu élevé du cheval produit par une machine à vapeur commandant directement le train.
- Le moteur triphasé, par sa simplicité, sa robustesse et son prix moins élevé a réuni bien des suffrages. Il semble cependant ne devoir être employé que dans les usines où se trouve un nombre assez grand de trains, et qui fournissent en même temps de courant soit des villes soit d’autres usines, comme en Amérique.
- A. P.
- TRACTION
- Sur le freinage électrique. — Maxime Mül-ler. — Elektroteckniscke Zeitschrift^ juin, n° 23.
- On sait qu’une génératrice-série ne s’excite plus dès que la résistance du circuit extérieur a atteintune certaine valeur. Ce phénomène joue un rôle dans le freinage électrique quand il s’agit de déterminer les différentes valeurs des résistances de freinage de façon que le moteur soit toujours excité, c’est-à-dire freine réellement.
- Considérons la courbe de magnétisme d’un moteur de tramway de 3o HP de puissance américaine, à 4 pôles, 760 conducteurs actifs d’induit et une résistance ohmique de 0,75 ohm. Poiir ce qui suit, il est important de connaître les points de la courbe de magnétisme pour les intensités voisines de o, ce qu’on ne peut déterminer que par des essais spéciaux.
- Admettons que le courant maximum de freinage soit de 70 ampères. Cette intensité est fixée par la limite d'étincelles au collecteur et par l'adhérence des wagons.'A une vitesse de iokm à l’heure le moteur fournit 70 ampères sous une force électro-motrice de 273,6 volts comme on peut le relever sur la courbe de magnétisme qui est aussi, à l’échelle près, la caractéristique à vide. La résistance totale est donc 3,91 ohms. La résistance à introduire dans l’induit sera donc:
- 3,91 — 0,75 = 3,i6 ohms.
- Si la vitesse variait, la résistance totale varierait proportionnellement à la vitesse.
- Supposons que le moteur à la vitesse de 10 km à l’heure soit brusquement branché sur les résistances de freinage, il y a au départ une force électro-motrice 32,3 volts due au magnétisme rémanent. Le courant commence alors à croître jusqu’à 70 ampères, et à chaque instant une certaine tension se trouve absorbée dans la résistance ohmique le reste servant à l’excitation. Sur la courbe de magnétisme on voit que les ordonnées sont partagées par une droite en deux parties dont l’une, entre l’axe des abscisses, et la droite, représente la chute de tension ohmique et le reste la tension nécessaire pour l’excitation. Soit la courbe de ces tensions en fonction de l’intensité.
- Tant que la tension produite est supérieure à la chute de tension produite, l’excitation croît. A 70 ampères, toute la tension produite est détruite dans les résistances et le champ inducteur demeure constant. Donc pour une résistance donnée, il résulte de ce qui précède qu’il s'établit un état d’équilibre pour
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- l’intensité qui est représentée par l'abscisse du point de rencontre de la droite avec la caractéristique à vide.
- Si on fait croître la résistance, la vitessse restant constante, par exemple iokm à l’heure, la droite tourne autour de l’origine en sens inverse des aiguilles d’une montre et les intensités pour lesquelles l’état d’équilibre s’établit diminuent rapidement. Si l’on trace la courbe représentant cette variation, on voit que jusqu’à une résistance de o,8 ohm pour une vitesse de iiu> à l’heure, l’intensité de freinage décroît d’une façon sensiblement rectiligne, et que pour une valeur de la résistance, la vitesse ne doit pas descendre au-dessous d’une certaine valeur. Admettons que le contrôleur ait 5 touches de freinage donnant une résistance totale du circuit de freinage (y compris le moteur) de 5,i5, 3,35, 2,17, i,45 et 1,0 ohms. Puisque pour une vitesse de ikm à l’heure la résistance ne peut être supérieure à 0,70 ohm, il en résulte pour les différentes touches de freinage les vitesses suivantes, pour lesquelles le freinage est assuré :
- 7,35, 4,8, 3,i, 2,07, et ik,n 42 à l’heure.
- Autrement dit pour une vitesse de 3km 1 par exemple, le wattmann doit aussitôt mettre le contrôleur au 3e plot de freinage.
- Si l’on revient à la courbe de magnétisme on reconnaît que parmi les droites pivotant autour de O, il y en a une qui est tangente en un point 1 à la courbe de magnétisme et la coupe en un 2e point 2. Soit J2 l’intensitc correspondant au point 2. Si l’on part simplement delà considération de l’intensitémi-nima permise, on est porté à prendre la résistance ohmique pour une vitesse de ikm, soit R2. Cependant il est visible que le freinage n’est pas possible avec cette résistance, l’excitation s’arrêtera au point 1, de sorte qu’à la place de l’intensité de freinage J2 attendue, on a l’intensité beaucoup plus faible J,. Cette remarque est valable pour toutes les résistances supérieures à R2 (pour une vitesse de ikn>), tandis que pour les résistances plus faibles on obtient un freinage sûr. Il en résulté qu’on pourrait définir R2 une résistance critique. La valeur de cette' résistance dépend d’autre part de l’unité de vitesse choisie, de sorte qu’on peutdire que,pour une résistance donnée, il existe une vitesse critique. Ce qui précède suppose la possibilité de trouver une droite passant par l’origine et tangente à la courbe de magnétisme. Cela se présente d’autant plus facilement que la rémanence du fer employé est plus faible etl’hys-térésis plus grande. Pour déterminer les vitesses critiques correspondant à une résistance constante,
- il suffit de diviser la résistance par la résistance critique à la vitesse de ikul, mais la solution graphique est aussi simple.
- Dans les cas des deux moteurs, intervient le nombre des spires d’induit. Si les deux moteurs possèdent la même courbe de magnétisme et le même rémanent, le moteur qui possède un plus grand nombre de spires en série engendrera la plus grande force électromotrice, c’est-à-dire pourra encore freiner à une vitesse à laquelle le premier moteur ne le permettra plus.
- La courbe de magnétisme ne permet pas de déterminer le temps qui s’écoule jusqu’à ce que l’intensité maxima soit atteinte, Or, il peut ne pas être indifférent q.ae ce soit une demie ou une seconde, car à ce moment, la voiture à freiner a sa vitesse maxima de sorte que chaque fraction de seconde qui peut être gagnée permet de raccourcir d’une façon appréciable le chemin pendant lequel il faut freiner. A i8km à l’heure, une demi-seconde correspond à 2m5o environ. Si on se reporte aux notations ci-dessus et si s désigne le nombre de spires de champ par pôle, on a
- d<t> „
- k s — — E, X IO*.
- L’auteur admet que Es est simplement produit par le champ <t> inducteur; pour être tout à fait rigoureux, il faudrait comprendre par <ï> le champ résultant du champ inducteur et du champ de réaction d’induit. L’auteur se contente de cette approximation. Dans ces conditions la formule ci-dessus devient :
- 4« dQ>
- L’intégration peut être faite graphiquement en se reportant à la courbe de magnétisme. On partage l’intensité en un grand nombre dé parties égales AJ, 011 mèncjles ordonnées correspondantes,ce qui détermine les A<I>. Si on suppose que l’on fasse tourner tout le diagramme de 90° vers la gauche de façon à avoir l’arc des <1> comme arc des abscisses, et si l’on trace la courbe E„, Et étant supposé constant quand «h varie de A<t>, on représente aisément l’égalité ci-dessus,, d'où At. Comme pour chaque A£, AJ est connu, on peut tracer la courbe de l’intensité en fonction du temps.
- Comme l’auteur l’a fait remarquer plus haut, cette courbe n’est qu’approchée, mais elle suppose en ou-
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- tre que pendant que l’excitation croît, la vitesse de la voiture est restée constante. En réalité, la vitesse diminue; on peut tenir compte de ce fait en remarquant qu’il correspond à une rotation de la droite RJ vers la gauche, et celle-ci découpe sur une parallèle à l’axe des abscisses un segment proportionnel à la variation de vitesse. D’un autre côté, la variation de vitesse en fonction du temps est facile à déterminer, puisqu’à chaque intensité J correspond une force de freinage dont un ralentissement facile à déterminer pour une masse donnée de la voiture; si pendant le temps At, on admet J constant, on a un ralentissement qui, multiplié par A4 donne Au et à chaque Ap correspond une droite. On procédera donc ainsi partant de la vitesse initiale e, d’où A« = A/,; on détermine E<, et A4 d’où Atq qui donne une deuxième droite à l’aide de laquelle on détermine Ei2, A4, An, et ainsi de suite. En tout cas, on voit que la durée est directement proportionnelle au nombre de spires de champ en série.
- En résumé :
- i) La courbe de magnétisme pour les faibles intensités et le rémanent du moteur sont de première importance.
- a) L’excitation s'établit d’autant plus rapidement que le quotient de la résistance ohmique totale du circuit de freinage par la vitesse est plus faible.
- 3) La durée que met l’excitation à atteindre sa valeur maxima est, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle au nombre de spires du champ et inversement proportionnelle au nombre de conducteurs d’induit en série.
- R. P.
- BREVETS
- Appareil coupe-circuit avertisseur, par A. Plassan.
- Cet appareil coupe-circuit avertisseur a pour but d’avertir à la station centrale lorsqu’un circuit d’un groupe d’abonnés se trouve mis hors circuit par suite de la fusion d’uivfusible.
- v Dansuncircuit C (fig. i) desservant entre autres un groupcde clients ou abonnés A, est disposé à l’entrée du groupe un fusible/’. Une fois ce fusible fondu, le fusible /’*, qui est monté en parallèle avec le premier, le
- seraégalementsion le choisit d’une section inférieure àcellede/’. A ce momentla lamea supportéeparle fusible P tombera et viendra se poser sur des contacts ct Ci et le courant passera par le circuit auxiliaire a c1 c1 R e, b b' f, dans lequel est interposée
- b
- * 4 T T«
- 2 3 i T :
- ï
- Fig. i.
- une résistance R qui réduit le voltage, par exemple, à un dixième de sa valeur en centimètres. Sur le conducteur d est montée une bobine b qui soulève une tige T d’une quantité proportionnelle à ce voltage réduit lorsqu’elle est traversée par le courant et l’index i porté par ladite tige se déplacera le long d’une règle jusqu'à la division i.
- Pour un autre groupe d’abonnés ou clients B, la
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- résistance R absorbera les huit dixièmes du voltage et la montée de l’index sera double.
- On peut en outre disposer une autre bobine ou solénoïde b{ montée en parallèle avec la première b qui agira sur une autre tige T1 donnant des indications sur une autre règle ou tableau, multipliant ainsi le nombre de groupes desservis par le système d’appareil coupe-circuit.
- De la montée et du déplacement de l’index on conclura quel est le groupe dont le fusible a été fondu et on pourra faire immédiatement les réparations nécessaires. Gomme on le comprend on pourrait aussi relier le système à une sonnerie d'avertissement (').
- CORRESPONDANCE
- Nous avons reçu en son teraos de M. Turpain la lettre suivante, que la Revue insère par application de la loi sur la presse.
- La rédaction dégage entièrement sa responsabilité au sujet des opinions de l’auteur. Elle formulera seulement il l’occasion de certains passages (auxquels des numéros de renvoi indiqueront les références) quelques observations d’ordre purement matériel placées en bas de page, pour ne pas allonger cette communication déjà très longue. Quant à M. Becq, il préfère ne pas répondre.
- La. Rédaction.
- Poitiers, le 16 mars 1909.
- Réponse aux critiques inexactes et d’ailleurs contradictoires faites par M.Becq de mon ouvrage :
- La Télégraphie sans fil et les applications pratiques des ondes électriques, par Albert Turpain, 2® édition. — 1 volume in-8, de 396 pages avec 224 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris 1908.Prix: relié, 12 francs, et aux autres assertions du même auteur concernant mes récentes publications sur les téléphones et l'esprit polytechnicien.
- En une toute petite réponse de rien du tout qui, comme suite à cette annonce, s’étend sur près de six colonnes, M. Becq s’acharne à démontrer que l’ouvrage ci-dessus indiqué est plein d’erreurs, de confusions, qu’il brille surtout par des lacunes concernant des points capitaux. L’attaque
- du directeur de cette Revue est vigoureuse ; on voit de suite que, par définition même, il est tout bec et ongles et cette vigueur mériterait plus de réussite. Mais aussi pourquoi M. Becq 11e relit-il pas sa prose? Au numéro 6 de la Lumière Electrique (8 février 1909, p. i85, ire colonne,ligne i3 du bas) il annonce aux lecteurs que mon livre est une œuvre très consciencieuse et quinze jours plus tard, au numéro 8 (ibid., 20 février 1909), voilà l’œuvre très consciencieuse qui n’est que lacunes et qu’erreurs. Mettez-vous d’accord avec vous-même, ô homme omni compétent (‘).
- Puisque par sa diatribe en six colonnes M. Becq m’offre gracieusement l’hospitalité de 12 colonnes de cette Revue, pour défendre mes ouvrages et les études critiques récentes que j’ai publiées et qu’il attaque très injustement, je vais en user.
- Montrons d’abord l’exactitude, le bien-fondé, l’honnêteté des critiques faites par M. Becq à un ouvrage qui est indiqué comme terminé le ier décembre 1907. Pour me critiquer, sans se donner beaucoup de peine, M. Becq s’est contenté de lire les récents articles de M. Brenot sur la télégraphie sans fil parus ici même du 2 au 3o janvier 1909. Sans même en changer l’ordre, il en relève toutes les nouveautés et me reproche de n’en avoir dit mot. L’exactitude des références ci-dessous, que chacun peut aisément vérifier, montre que la Lumière Electrique est encore plus tardivement documentée que moi-même.
- Lacunes relevées par Dates des documents M. Becq. de la Lumière Electrique
- s’y rapportant.
- Interrupteur de Klin- Article Brenot (Lumière gelfus, Courant con- Electrique,^jaiivier 1909, tinu haute tension. p. 3i. Lumière Electrique, 18 juillet 1908, p. 82 (Essais non encore achevés de R.-C. Galetti; Y Elettricista, i5 avril
- 19°8}-
- Construction projetée Lumière Electrique, d’alternateurs de haute 21 novembre 1908. fréquence (L. W. Austin,
- 19°8) -
- Perikon de Pickard. Article Brenot, Lumière Electrique, 9 janvier 1909, p. 64.
- d) Dans ces conditions, M. Becq s’en tiendra à sa deuxième opinion. (N. D. L. R.)
- (') Communiqué par le Cabinet Armengaud jeune, a3, boulevard de Strasbourg.
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- Bobines d’induction Article Brénot, Lumière dont il reste encore Electrique, a janvier 1909, beaucoup à attendre en p. 3i, i1’0 colonne.
- T. S. F.
- Antennes horizontales Article Brenot, Lu-de M. Marconi. mière Electrique, 3o jan-
- vier 1909, p. i53 (Répétition presque textuelle de la première phrase de la page 153).
- En fait de paille et de poutre, c’est assez réussi (*).
- En réalité, les lacunes signalées concernant la seconde édition de mon ouvrage sur la T. S. F. se réfèrent à des questions ou non encore consacrées par la pratique ou inexistantes à l’époque de la clôture de mon manuscrit.
- Autres griefs, autres inexactitudes. Il s’agit de la cessation de ma collaboration à ce journal. M. Becq insinue que je serais le seul collaborateur qui, en 1903-1904, se soit retiré. Il suffît de comparer les tables de cette Revue avant et après janvier 1904-pour constater que je me suis trouvé alors en fort bonne et nombreuse compagnie. Je pourrais citer des noms et des références de date, mais, désireux de 11e mêler inutilement aucune personnalité à cette, réponse, je me contente de signaler le fait, aisé d’ailleurs à vérifier.
- La Direction de Y Eclairage Electrique (aujourd’hui la Lumière) prétend n’avoir pas insisté pour conserver, alors ma collaboration. Or, je retrouve à ce sujet trois lettres datées des 19, 23 et 28 décembre iqo3. Toujours poussé par le désir d’éviter de mêler .inutilement à cette polémique des noms de personnes, je m’abstiendrais de citer en entier ces lettres, ce qui serait cependant mon droit de réponse le plus strict. J’y relève des phrases telles que celles-ci : « Vous pouvez désormais faire parvenir directement, au nom de M. Becq, 40, rue des Ecoles, tous vos articles, même ceux non en épreuve. » « Je vous prie de vouloir bien y adresser les épreuves corrigées de l’article que vous avez actuellement »; lettres des
- P) Le retard de publication dans la Revue, qui n’est pas spéciale à la T. S. F.,est parfaitement normal,tandis que l’on pouvait s’étonner que la documentation d’un livre spécialiste, paraissant à la lin de 1908, eût été interrompu à partir du 1e1' décembre 1907. (N. D. L. R.)
- 19 et a3 décembre signées Comte. Et encore, à la date du 28 décembre 1908: « Quant à votre article sur la T. S. F., il est paru dans le n° 5a de décembre. » O11 inséra, en effet, contre ma volonté réitérée (c’est en quoi consiste mon peu d’amabilité dont se plaint M. Becq) un article que je n’avais adressé ni à M. Beoq, ni à M. Cointe, qui paraissaient, on le voit, en l’absence à cette époque de toute manchette nouvelle, être tous deux à la direction de cette Revue. Cette insertion d’un article contre la volonté de son auteur, voilà, si je ne m’abuse, une forme aggravée de l’insistance dans la recherche de la collaboration.
- Qu’on m’ait remplacé plus tard avec avantage par mon excellent ami, M. le Commandant Ferrié, j’en doute d’autant moins que j’ai signalé, ici même, et avant M. Becq, la compétence toute spéciale du savant Commandant (Consulter : Eclairage Electrique, article du ' 23 août 1902 de Turpain sur les travaux de M. Ferrié), mais ce qu’avance encore faussement M. Becq, c’est que cela ait été immédiat. J’en trouve la preuve en ce que, dans le numéro du 26 mars 1904, la nouvelle direction laissa passer un article sur la télégraphie sans fil au sujet duquel elle se crut obligée, par une note insérée en première page du même numéro suivant, 2 avril 1904, de dégager sa responsabilité.
- Et d’autre part, l’aveù fait par M. Becq que l’on crut devoir me remplacer par un savant de la valeur de M. Ferrié, ce qui ne peut que m’honorer, corrobore bien mal toutes les critiques de M. Becq à mon endroit; il n’en est pas, on le voit, à une contradiction près.
- Notez bien que je ne cherche pas à démontrer ici que mon livre est parfait. Je sais qu’il n’est de perfection que parmi les esprits superficiels et prétentieux. Je ne suis d’ailleurs pas de ceux qui se prétendent infaillibles; je laisse cela aux chers camarades du genre de M. Becq. Ainsi l’erreur typographique relevée, avec raison, par M. Becq, concernant la capacité (Owpi) que j’indique pour le poste de la Tour Eiffel est manifeste. Mais ce n’est point non plus O^i qu’il faut indiquer. C’est CF*?5. En ajoutant- mon indication erronée à l’indication erronée de M. Becq, on arrive à la réalité (’).
- (1) L’indication 0,4 donnée par M. Becqj n’est pas erronée. (X. D. L. R.)
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- 11 est encore une critique sur laquelle je tiens à m’expliquer ici, ce qui est tout naturel puisque M. Becq y insiste (Lumière Electrique, 20 février 1909, p. a52, col. r, ligne a3 de sa diatribe). Elle concerne les phénomènes d’interférence des ondes électriques et les travaux de M. Blondel sur les ondes dirigées. On m’accordera que ce n’est pas par ignorance que j’ai passé sous silence le travail de M. Blondel puisque c’est moi-même qui, en qualité de Président de la Section de physique du Congrès d’Angers de l’A. F. A. S., ai reçu en igo3 cette étude et l’ai communiquée à la Section. Par un souci de convenance élémentaire, en l'absence de M. Blondel, je ne signalais pas alors la parenté étroite entre les champs de concentration, préconisés par M. Blondel en 190I (Congrès de l’A. F. A. S., Angers, 190'!, 2' partie, p. 374), et mes champs interférents qui datent de 1897. Je me contentais de la faire remarquer à quelques sansfilistes présents. Je viens à ce propos, dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (4 janvier >909), de répondre à une attaque injustifiée de mes travaux parM. Blondel [C. R., 19 octobre 1908), attaque qu’on n’eût pas dû laisser passer, et je ne sache pas qu’à l’heure actuelle M. Blondel ait réfuté mes preuves de priorité. Le silence de M. Blondel à ma réponse dans les Comptes Rendus démontre complètement le bien-fondé de ma réclamation de priorité. D’ailleurs, à ce sujet, M. Becq joue de malechance; ce n’est point, en effet, M. Blondel, mais M. S. G. Brown qui indiqua les champs de concentration qu’on peut déduire aisément de mes champs interférents. Cela au cours d’un brevet anglais n° i4 449 du i3 juillet 1899, pris près de deux ans après mes travaux sur les champs interférents.
- A propos de la critique malveillante de mon ouvrage, que le simple souci d’impartialité eût dû lui interdire, étant donné les conditions dans lesquelles il s’était naguère trouvé envers moi, M. Becq arrive à mon récent article sur le problème téléphonique actuel en France [Revue Générale des Sciences, 3o décembre 1908). Et loin de discuter cette étude avec des arguments sérieux, sans attaques personnelles inutiles, M. Becq ne souffle mot des arguments que j’ai présentés, mais d’un trait il me dénie toute compétence. 11 me taxe de pédantisme et de prétention absolue d’être infaillible (p. 200, col. 2, lignes 5 et 6 du bas). Je suis plein de fiel et de parti pris (ibid.
- ligne 19 du bas). lime reproche encore, sans être aucunement informé du reste, on va bientût le voir, de n’avoir pas vécu dans le commerce des Ingénieurs des téléphones. Pensant enfin élargir le débat, il se livre à mon sujet à une critique violente de Y Université (*) (p. 25i, col. 1, ligne 9 du bas), de Yesprit universitaire et chante les louanges de l’esprit polytechnicien auquel il rapporte d’ailleurs les heureuses influences pour les progrès techniques de l’Ecole Centrale, de l’Ecole des Mines, de toutes les autres Ecoles industrielles en un mot. Les intérêts de ces Ecoles s’identifieraient, d’après lui, avec ceux de l’École Polytechnique. Voilà bien le bout de l’oreille» Tirons la. Ce n’est point celle du lion que nous allons trouver.
- Qu’on me permette de défendre ici, puisqu’on les y attaque si injustement, les idées que j’ai bien des fois soutenues concernant l’enseignement technique et de défendre aussi l’étude critique très sérieuse que j’ai faite du problème téléphonique actuel, étude qui est présentée aux lecteurs de cette Revue avec une malveillance par trop injuste.
- Et d’abord, est-ce faute d’arguments que M. Becq tire valeur des quelques réllexions de M. Olivier? Si le directeur de la Revue générale des Sciences avait trouvé les critiques de mon étude sur le problème téléphonique actuel aussi injustifiées que M. Becq voudrait le faire croire, il n’avait qu’à refuser cet article. Rien ni personne ne le forçait à l’insérer.
- Je suis, prétend encore M. Becq, sans compétence aucune. Mais quelle malechance le poursuit donc? Est-il si mal informé à mon sujet? Les conditions de compétence" technique qu’il trace lui-même nettement (Lumière Electrique, 20 février 1909, p. 23i, col. 1, lignes,37 et 38), je me trouve justement les posséder. Ce n’est point en effet pour avoir professé ou publié des travaux sur les questions télégraphiques ettéléphoniques que je réclamerai ici de pouvoir m’occuper avec quelques raisons du sujet, mais bien pour avoir été longtemps du bâtiment. Plusieurs années
- p) M. Becq n’a pas attaqué l’Université au point de vue de L’enseignement des sciences. Au contraire, il a rendu hommage à ses professeurs; il a simplement critiqué l’enseignement technique donné par les Universités, que d’autres de nos collaborateurs ont, au contraire, préconisé. (N. D. L. R.)
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- employé des Postes, Télégraphes et Téléphones, c’est à l’époque où je taquinais les goujons du Hughes, où j’obéissais, au Baudot, à M. Synchro, que je m’initiais egalement aux mystères des multiples qui s’édifiaient alors. Je fus même lauréat de l’école pratique régionale que l’Administration avait instituée à l’usage exclusif de ses employés dans les centres de dépôt. On le voit, je possède les conditions de compétence technique requises et exigées par M. Becq : la fréquentation de l'exploitation industrielle ou de l’atelier [ibid., p. 251, ibid.) (').
- Quand j’ai discuté la technique des installations téléphoniques en France, me suis-je contenté d’affirmations? Non, j’ai montré les faits. Bien plus, car je pouvais les interpréter mal, j’ai interrogé d’autres compétences que la mienne. 11 s’est trouvé que des hommes de savoir technique incontestable, puisque chargés de missions par de puissantes compagnies et par des villes de l’importance de Chicago où de Los Angeles, les rapporteurs américains, qui certes ne pensaient point en l’écrivant que leur rapport aurait les honneurs de la tribune française et qui ne peuvent être taxés de partialité, jugent les choses de la manière la plus sévère, bien plus durement que moi-même.
- Je suis incompétent. C’est une affaire entondue. Laissons donc la parole aux gens compétents. Ouvrons l'Officiel, nous y trouvons le résultat d’une enquête faite dans le monde entier sur le fonctionnement des services téléphoniques. Et voici textuellenienl ce qu’on lit dans Y Officiel du 6 novembre 1908, en ce qui concerne l’opinion desdits rapporteurs américains dont le rapport a été publié dans les derniers mois de 1907.
- « Au double point de vue des téléphones lo-« eaux et interurbains, le service français peut « être considéré comme le plus inefficace et le « plus archaïque de toute l’Europe. Et ce fait « est si notoire qu’il est le rire général de tous « les ingénieurs européens et qu’il cause l’exas-« pération quotidienne de tous les aboute nés. »
- « D’après nos observations, les principales « causes de la faillite du système français sont : « i° l’absence de toute discipline (technique)
- (’) Ce n’esl pas là ce que M. Becq pensait exprimer.
- « parmi les opératrices..., la science rudimen-« taire des ingénieurs sur tous les problèmes « téléphoniques, et ce fait surprenant que les « abonnés ont le droit de choisir leurs propres « appareils.... »
- « Les Ingénieurs de l’Administration des télé— « phones n’ont aucune expérience spéciale du « téléphone et 11e semblent pas se douter des « conditions d’un service téléphonique normal. »
- « Les ingénieurs ne paraissent pas avoir été « véritablement préposés pour le service télépho-« nique. Us 11’ont aucune connaissance vérita-« blement technique et ignorent les règles qui « doivent jirésider à la conduite commerciale de « cette industrie. »
- [Journal officiel, 90 législature, Chambre des députés. — Débats parlementaires; Session extraordinaire de 1908, ‘ie Séance du 6 novembre 1908, p. 2.-lia, colonne 2.)
- Ce qui donne, je crois, à mes critiques de l’esprit polytechnicien une certaine valeur, c’est qu’elles procèdent de la sincérité et non de la rancune. Employé d’administration à l’époque où d’autres (M. Becq peut-être) préparaient l’Ecole, je n’ai jamais pu songer à y entrer. Ce 11’est donc pas la rancune d’un évincé qui se fait jour. Ce n’est jjas non plus, malgré ce qu’en insinue M. Becq, l’esprit de dénigrement d’un universitaire jaloux et sectaire. Et il lui suffirait d’ouvrir la même Revue générale des Sciences (n° du 28 février 190a : Les réformes de l’enseignement supérieur) pour se convaincre que je critique aussi les tendances que je crois fâcheuses du milieu auquel j’appartiens. Je ne me fâche pas pour cela, que M. Becq se rassure, n’étant d’aucune chapelle, ni universitaire, ni cher camarade, mais homme de bonne volonté et je crois pouvoir ajouter, de travail consciencieux. A la faveur d’une indépendance que je ne saurais sacrifier à aucun vain calcul, j’attaque ce que, sincèrement, je crois être des abus et je soutiens les idées qui me semblent justes et utiles. Cela, d’ailleurs, en me documentant le plus complètement possible. J’ai la conviction qu’en toute bonne foi, ceux même qui ne partagent pas mes opinions accorderont à mes études critiques d’être sincères.
- O11 a pu opposer à celle concernant l’incendie des téléphones que ces deux arguments, qui n’en sont pas: i° Vous êtes incompétent; C'est un déplorable accident.
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- Le déplorable accident (*), c’est un cliché classique pour expliquer toutes les fautes pour lesquelles on ne trouve pas de boucs émissaires. Qu’un aiguilleur surmené s’endorme et les foudres judiciaires ou administratives ne l’épargneront guère. Mais qu’un express déraille par suite du mauvais état de la voie et le déplorable accident remplace toute recherche de responsabilité. Qu’on me cite un seul exemple d’un ingénieur polytechnicien qui ait été condamné à la suite d’un accident dont le service qu’il dirigeait ait été reconnu responsable. Il n’y en a pas d’exemple (^). Cela prouve surabondamment que les ingénieurs polytechniciens sont impeccables, que, par essence, ils ne peuvent commettre la moindre faute ou négligence. Mais nous en sommes tous convaincus en France, et mon article de la Reçue générale des Sciences signalait simplement cette prétention que l’inexistence de sanctions justifie.
- A la vérité, l’Université me parait avoir un esprit autrement large. N’a-t-elle pas placé des Ingénieurs à la tète de deux de ses plus importantes chaires d’électrotechnique (3) ? Ne trouve-t-on pas encore d’anciens élèves de l’Ecole Centrale, de l’Ecole Polytechnique occupant des chaires universitaires ? L’esprit de coterie ne paraît donc pas la dominer. En pourrait-on dire autant des services généraux confiés aux chers camarades? Pour la première fois, il y a deux ans, le directeur du personnel des Ponts et Chaussées fut un ancien conducteur ; le nouveau directeur, homme pratique et de bon sens, n'en-tendit-il pas que les Ponts et Chaussées devaient avoir, comme toutes les administrations, un bureau unique par ville de manière à satisfaire les
- (^D’après M. le sous.-secrétaire d'Etat (Officiel, loco citato, p. 2.106, irc colonne}, l’accident est dû à une u absencede surveillance momentanée entre G et 9 heures du soir, imputée à une mauvaise transmission d’ordres et à leur inexécution ». (N. D. L. R.)
- (2) Il y a déjà eu plusieurs exemples d’ingénieurs poursuivis judiciairement ou frappés disciplinairement; s’il en était autrement, cela reviendrait à dire qu’en France le pouvoir administratif et le pouvoir judiciaire sont tous deux prévaricateurs. (N. D. L. R.)
- (3) Les ingénieurs dont il s’agit sont privés, dans les Facultés des sciences, de tous les privilèges et meme du titre de profèsseur,-s’ils n’ont pas le diplôme de docteurs ès sciences, et cela quels que soient leur mérite, leurs travaux personnels et leur réputation. (N. D. L. *R.)
- intéressés sans perte de temps. Croirait-011 que, jusqu’à l’année dernière encore, l’industriel qui avait affaire aux divers ingénieurs des Ponts et Chaussées devait se transporter successivement au domicile de chacun des ingénieurs qui parfois habitaient à des extrémités opposées de la ville. Aurait-on jamais accepté qu’un employé des postes vous oblige à passer chez lui pour vous livrer des timbres ? C’est quelque chose d’analogue, à quoi cependant l’esprit d’omnipotence polytechnicienne obligeait hier encore le contribuable. Et jamais on avait obtenu d’un cher camarade la réforme d’un aussi criant abus.
- Voilà, j’entends bien, un mauvais son de cloche pour les privilèges chers à l’esprit polytechnicien. Et je comprends que M. Bccq batte rappel contre ce qu’il prétend être les tendances fâcheuses de l’esprit universitaire. C’est assez amusant à constater, à vrai dire, que cet appel de M. Becq à la solidarité de tous les ingénieurs, voire même des chers amis de Centrale pour lesquels on avait naguère un si vif mépris (1). L’appel ne trompera personne. Les vrais industriels, d’où qu’ils viennent, meme ceux originaires de Polytechnique, savent trop combien néfaste est l’esprit polytechnicien,néfaste au point de contrebalancer les services manifestement rendus na^-guère par l’école. Ne cherchez donc point à donner le change en incriminant l’esprit d’accaparement qui n’a rien d’universitaire et n’existe que parmi vous. Que d’exemples on pourrait * donner de l’heureuse influence de certains professeurs au point de vue pratique et industriel. Est-ce aux lecteurs de cette Revue qu’il faut rappeler le souvenir du professeur Mascart qui eut une si
- (*) M. Becq est iils d’un ingénieur de l’Ecole Centrale et a de nombreuses attaches de famille et d’amitié parmi les Ingénieurs sortant de cette Ecole. Où donc M. Tur-pain a-t-il vu qu’il eut pour eux « un vif mépris »? (N. D. L. R.)
- (2) La Revue a toujours professé la plus sincère admiration pour le professeur Mascart, mais elle ne saurait oublier que les professeurs Potier, Hospitalier et d’Arsonval, électriciens sortis de trois autres milieux différents, ont eu aussi une heureuse influence au point de vue pratique et industriel.
- Pourquoi chercher à opposer une Ecole à une autre? La Revue et M. Becq sont bien convaincus au contraire de la nécessité où l’on est, dans notre pays, d’associer fraternellement les efforts de tous les hommes désintéressés et consciencieux, d’où qu’ils viennent; ils estiment que le plus sûr clément de progrès n’esl pas dans
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- féconde influence au Congrès d’électricité de 1881 sur l’essor de l’électricité pratique qu’il aiguilla vers les applications industrielles en aidant à donner'» cette science naissante une langue claire et précise, débarrassée de toute logomachie?
- Et que signifie cette prétention de grand jeune homme sans expérience ? « Nous n’avons rien à aller cherclierlà-dedans », écrit M. Becq (Lumière Electrique, 6 février 1909, page 187, et 20 février, page 2Üi) en parlant des Facultés et des laboratoires. Mais ignore-il donc que c’est du laboratoire de Davy et des recherches qu’y entreprit Faraday, qu’est sortie toute l’électrotech-nique ? Sans Faraday, cette Revue même n’existerait pas, ni aucune des techniques si diverses qui ont pour base l’induction. Savoir construire est bien, certes, mais savoir observer est mieux et plus fécond cependant. Ne négligeons donc pas l’observation, c’est la source même de tout progrès technique.
- Mais voilà, M. Becq se figure avoir approfondi toutes les connaissances humaines depuis la littérature, l’allemand, le dessin d’imitation et des machines jusqu’à l’analyse et la mécanique, en passant par la stéréotomie, l’astronomie et l’architecture, parce qu’il a naguère suivi pendant deux ans les cours des treize professeurs de l’Ecole Polytechnique, qui y enseignent ces spécialités et d’autres encore. Et il n’a pas appris à assurer sa critique au point de se relire et d’éviter de flagrantes contradictions.
- De ce que de puissantes nervures supportent encore les débris d’un palais délabré, en doit-on conclure que le palais est. habitable? L’Ecole Polytechnique ressemble à un vestige glorieux. Grâce aux hommes de valeur qui la fondèrent et à ceux qui illustrèrent sa première évolution, par les très grands et d’ailleurs de plus en plus rares talents qui l’illustrent encore actuellement, cette institution privilégiée est comparable aux ruines d’un imposant palais. Historiquement respectable il ne s’ensuit pas qu’elle soit utilisable et qu’actuellement elle réponde encore à un besoin. Quelle utilité d’astreindre à deux années d’études supérieures identiques le futur ingé-
- la destruction mais dans une concurrence amicale d’institutions variées, stimulées par une heureuse émulation, et dans la collaboration d’hommes sortis de milieux différents qui peuvent ainsi apporter une diversité féconde d’inspiration et de jugement. (N. D. L.R.)
- nieur des Mines et le futur ingénieur des Postes et Télégraphes, le futur officier d’artillerie ou du génie, le futur commissaire de Marine et le futur Ingénieur des Tabacs? et quelle inexplicable bizarrerie de laisser aux hasards d’un concours, d’ailleurs étroitement fermé, la répartition, entre ces techniques si différentes, de candidats par trop prématurément sélectionnés, dès dix-neuf ans en moyenne.
- L’esprit polytechnicien ne peut qu’être néfaste. Comment admettre, en effet, aujourd’hui, alors que le normalien trouve à la sortie de son Ecole un concours largement ouvert à tous, que plus tard quand il aspire à la maîtrise dans nos Universités, viendra la lui disputer tout homme de savoir qui, d’un esprit indépendant et sans se plier dès l’enfance à une discipline souvent émasculatrice, a su défricher d’une manière approfondie un coin du savoir, alors que, pour la plupart des fonctions sociales importantes, les titres et la valeur des postulants sont appréciés par des concours nombreux et répétés, comment admettre, dis-je, que le seul polytechnicien, pour avoir à 18 ans, brillant élève, possédé avec une mémoire sûre, toutes les ficelles d’un cours de Spéciales, soit définitivement sacré homme de valeur et, à la faveur d’un concours fermé — celui de sortie de l’Ecole —puisse occuper toute sa vie les premières places dans le contrôle, l’exploitation et la direction des Techniques les plus indispensables à la vie industrielle du pays ?
- Et la déprimante moralité de cette éducation donnée aux candidats à Polytechnique par des familles qui, dès l’âge le plus tendre, les incite au travail (bûche, potasse et tu iras à Polytechnique'). Et dans l’intonation finale admirative, l’enfant comprend bientôt la suite inexprimée du conseil, souvent d’ailleurs parfaitement indiqué par des parents pratiques : « Puis tu pourras, considéré et grassement payé, à ton choix et sans danger te reposer ta vie durant. »
- Le débat est plus haut qu’une question de personnes. Il intéresse l’avenir industriel du pays (*).
- A. Tuiipain,
- Professeur de Physique à la Faculté des Sciences de Poitiers, chargé du cours d’électricité industrielle.
- (*) Cette éducation à moralité déprimante a donné, comme on le sait, tant de physiciens, évidemment nuis, depuis Arago, Fresnel, Régnault, Dulong et Petit, etc., jusqu’à Cornu, Becquerel, Poincaré, etc. Un proverbe arabe dit: «Les chiens aboient, mais la caravane passe ».
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- LA lumière: électrique
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- N» 30.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Note sur la date de l’exigibilité des di'oits de timbre par abonnement (Actions et obligations).
- Plusieurs difficultés ayant été soulevées à propos de cette question, et des consultations ayant été demandées par des comptables de sociétés importantes, nous croyons devoir résumer les principes en pareille matière.
- I
- Les droits de timbre des titres, actions ou obligations, ne constituent pas un droit « d’enregistrement », mais bien réellement, un droit de « timbre >/.
- Si l’on remonte à la différence essentielle de ces deux ordres d’idées, on découvre qu’elle a en pratique les conséquences suivantes : pour qu’un droit d’enregistrement soit dû, il suffit que l’administration trouve la preuve d’une mutation tombant sous le coup d’une taxation. Devant cette simple constatation, elle fait, légalement, sa perception ; nous voyons, quotidiennement, qu’en analysant des papiers, qu’en vérifiant des comptes de sociétés, elle découvre la trace d’une mutation immobilière; par exemple, un prix de vente est versé, sans acte préalable, et est purement et simplement constaté par la comptabilité, ou bien un jugement révèle l’affirmation faite par une des parties en cause qu’elle reconnaît implicitement avoir fait, soit une aliénation, soit un bail sans écrit. Cela suffit, et l’enregistrement perçoit légalement, parce que la « naissance d’un droit » soumis à un tarif, est tombée sous ses yeux.
- Au contraire, l’impôt de timbre ne sera dû que si un fait matériel est accompli : il faut qu’un papier soit matériellement créé, pour que l’on soit obligé de payer le droit de timbre qui, pour cela, est appelé quelquefois « impôt de consommation ». La jurisprudence est très nettement fixée sur ce point, et il est intéressant de le constater pour la netteté des explications qui vont suivre.
- II
- L’impôt du timbre dit proportionnel a été créé par la loi du 5 juin i85o,pour remplacer en ce qui
- regarde les actions et les obligations, l’impôt, de timbre de dimension qui, avant cette époque, les frappait toutes. On sait que le timbre de dimension est celui qui est établi d’après l’échelle des différents formats : o,6o, 1,20, 1,80. L’action ne payait donc d’autre droit que celui qui était commandé par la dimension de son papier.
- Le but de la loi fut de frapper les titres créés d’un droit proportionnel à leur valeur nominale, qui fut fixé à o fr. 5o % et est devenu (par suite dé l’adjonction des décimes de la loi du a3 août 1871) de 0,60 pour les actions dTune société devant durer moins dé dix ans, et de 1 franc (1,20) pour les actions d’une Société d’une durée supérieure.
- Les obligations ont été soumises par la loi du 5 juin i85o à un impôt de 1 franc, devenu 1,20 % , depuis la loi du 23 août 1871.
- Pour donner plus de facilité aux entreprises constituées, sous forme de société, cet impôt qui aurait été exceptionnellement dur pour les sociétés à gros capital, au cas où elles auraient été obligées de créer immédiatement des titres, a été remplacé par un droit d’abonnement calculé à 0,06 % du capital nominal est souscrit pour toute la durée de la Société : telle est la portée de l’article 22 de la loi du 5 juin i85o, mais cet abonnement n’est qu’une facilité donnée aux Sociétés et n’a rien changé à la nature même du droit de timbre qu’il est simplement destiné à remplacer. L’abonnement, soit pour les actions, soit poulies obligations, est de 0,06 %, sans distinguer entre ces deux titres.
- De ce que la loi a déclaré que cet abonnement serait annuel, il ne s’en suit pas que le montant doive en être perçu, d’un seul coup, pour une année tout entière. Au contraire, il est admis que le mot annuel révèle simplement un mode de calcul et que l’abonnement est dû jour par jour. C’est justement pour cela qu’il est très intéressant de constater quel est le point de départ de son exigibilité.
- 111
- Si l’on consulte les différents auteurs, on constate qu’ils disent que le droit est dû, a partir de l’émission du titre.
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- revue D’Electricité
- 24 Juillet 1909.
- Mais qu’est-ce que l’émission ?
- C’est de cette définition que dépendra, en pratique, toute la solution qui est à donner.
- Voici comment, d’après la jurisprudence la plus récente, il faut, à mon avis, définir l’émission. C’est l’attribution après la constitution définitive de la Société, à tous les ayants droit des titres matériellement créés. On remarquera que, dans cette définition tous les mots ont leurimportance, qui se dégage facilement des exemples suivants.
- Il faut d'abord, pour qu’il y ait émission, qu’il y ait constitution définitive de la Société.
- Si donc, par impossible, on créait des titres avant l’assemblée générale constitutive, il ne serait rien dû pour timbre, même dans l’hypothèse où le fisc en aurait connaissance.
- Il faut que le titre soit attribué. C’est là que souvent on commet des erreurs, par la confusion entre l’attribution et la tradition (ou la remise) du titre à l’actionnaire. Juridiquement le mot atti'i-bution, est pris comme signifiant la répartition d’après les livres de la Société des titres envers les divers ayants droit. Il peut donc y avoir attribution, sans délivrance matérielle du titre, puisque la simple constatation des écritures permet de savoir le nombre de titres qui devrait être remis à ceux qui viendraient les réclamer, si tel était leur bon plaisir.
- 11 faut, en dernier lieu, qu’il y ait création matérielle du titre; car si le droit de timbre est un impôt de consommation, comme nous l’avons établi précédemment, il ne peut être dû que s’il est fait usage du timbre.
- IV
- De tout ceci, il résulte en pratique :
- i° Que tant que les titres ne seront pas revêtus des signatures qui leur donnent leur valeur intrinsèque, ils ne sont pas légalement créés. C’est là un point très intéressant; car comme les imprimeurs prennent un prix exorbitant pour refaire une planche de titres on peut faire établir tous les titres, d’un seul coup, mais à la condition de ne pas les faire signer.
- 2° Que si les titres étaient matériellement créés par la signature de tous les administrateurs qui doivent signer, et s’ils venaient à tomber entre les nrains du fisc, il serait fort possible que celui-ci exigeât le droit de timbre, alors même que ces titres n’auraient pas été remis entre les mains
- des ayants droit. (Conséquence de la définition de l’attribution donnée plus haut.)
- 3° Que le fait matériel du timbrage de titrés non revêtus de signatures est inopérant pour la question du droit.
- • V Qu’en pratique, il sera sage de ne jamais faire, signer d’avance tous les titres, mais de ne le faire qu’au fur et à mesure que l’on sera obligé de les livrer aux personues qui en feront la demande.
- Sur tous ces points on ne saurait rien dire de mieux, que ce qui a été écrit par Maguéro (V° Titres négociables, n1 56). « Il n’y a pas lieu de « tenir compte de la date à laquelle l’abonne-« ment a été souscrit. Les obligations qui dé-« coulent de ce contrat, sont,en effet, subordon-» nées à l’exigibilité môme de l’impôt. L’abon-« lieraient. ne crée pas la dette de la Société vis-« à-vis du Trésor; il ne règle que l’exécution de « son obligation. La Compagnie, bien qu’abon-« née, ne doit pas la taxe si elle ne crée pas de « titres sur lesquels l’empreinte du timbre puisse « être apposée.
- « Le timbrage par abonnement ouvre l’exigi-« bilité du droit d’abonnement en principe, mais cc ce droit commence à courir à compter seule-« ment de la signature des titres.
- « Toutefois, comme les Sociétés ne présentent « en général leurs titres au timbrage qu’au mo-« moment de les signer et de les mettre en çir-« culation, l’usage s’est établi, à Paris, de liqui-« der la taxe d’abonnement à compter du jour « du timbrage. Ces errements ont été approuvés « par l’Administration ; ils sont d’ailleuï's favo-« râbles au Trésor et présentent le grand avance tage d’assurer une perception uniforme de « l’impôt: »
- Nous indiquons donc le moyen de faire cesser cet erreraient que signale Maguéro. Si un inspecteur, connaissant le jour du timbrage vient de*-.-mander le paiement de la taxe de timbre à compter dudit jour, on n’aura qu’à lui représenter tous les titres timbrés, mais non créés, puisque la signature du second administrateur n’y figurera pas.
- Si cette signature y figurait, le titre serait créé, et l’abonnement serait dû.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
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- VARIÉTÉS
- Dynamo de démarrage sans magnétisme rémanent,
- L’un des systèmes les plus en vogue actuellement pour la commande des électro-moteurs puissants dont la charge varie dans de grandes proportions est assurément celui de Léonard. Néanmoins, tous ceux, qui ont eu dans leur service une installation de ce genre savent que, en face des avantages indiscutables qui en justifient l’emploi, ce dispositif présente un défaut auquel on n’avait point porté remède jusqu’en ces derniers temps.
- Quand on adopte le groupe tampon de transformation Léonard, l’usage de frein devrait être absolument exceptionnel et toutes les manœuvres de l’encagement et du décagement devraient se faire avec la plus grande précision et la plus grande facilité au moyen du levier de mise en marche seulement. En effet, en ramenant ce levier à sa position « zéro », le mécanicien coupe le circuit d’excitation du moteur, ou bien il met les inducteurs en court-circuit et par conséquent, il devrait être certain d’obtenir de cette façon l’arrêt complet et précis de la machine. Mais, en général, il n’en est pas ainsi et la cage dépasse presque toujours le niveau de la recette. Il en résulte naturellement des manœuvres qui prennent du temps et qui diminuent l’effet utile de la machine, sans compter que ce manque de précision peut rendre l’encagement difficile et causer une certaine insécurité du travail.
- Cette persistance non voulue du mouvement du moteur d’extraction est due au magnétisme rémanent des inducteurs de la dynamo. Si faible qu’elle'soit, cette aimantation résiduelle, qui peut d’ailleurs avoir une valeur assez notable, engendre une certaine force électromotrice. Le circuit principal, qui reste toujours fermé, ne contient que les induits de la dynamo et du moteur, ainsi que les conducteurs à résistance négligeable qui les relient; il n’offre qu’une résistance électrique minime et la force électromotrice due au magnétisme rémanent suffit à y faire naître un courant d’intensité relativement grande. Le couple n’est donc pas nul et, si le frein
- est desserré, ce qui est le cas habituel, le moteur continue à tourner en avant ou en arrière, selon le sens de l’aimantation car le levier de manœuvre et celui du frein étant généralement à mouvements connexes, on ne peut serrer le frein que si le levier de manœuvre se trouve dans sa position zéro. De plus, les moteurs d’extraction, de laminoirs, etc., sont presque toujours aujourd’hui munis de pôles de commutation et l’inconvénient qui vient d’être signalé se trouve encore aggravé de ce fait.
- Jusqu’à présent, on a tenté de se tirer d’affaire en laissant au machiniste le soin de pousser le levier de manœuvre assez loin pour obtenir un courant de sens contraire qui annihile l’effet du magnétisme rémanent. Point n’est besoin d’insister longuement sur ce que cette manière de
- +
- Fig-, i.
- faire présente de défectueux et d’arbitraire. Non seulement on fait reposer ainsi le bon fonctionnement de l’installation uniquement sur l’habileté professionnelle et sur l’application de l’élec-tricicn mais, comme l’état magnétique des noyaux des inducteurs dépend des aimantations airté-rieures, on peut dire que l’ouvrier se trouve en réalité dans l’obligation de combattre un effet dont la grandeur échappe souvent à une estimation même approximative car, en raison des circonstances du travail, l’excitation varie beaucoup.
- Le dispositif très simple, que la société Felten et Guilleaume-Lahmeyerwerke de Francfort a fait breveter récemment et qui élimine les inconvénients signalés plus haut, vient donc à son heure. Il consiste, comme le montre la figure
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- schématique ci-contre, en un enroulement com-pound différentiel K chaussé sur les bobines inductrices. Ce bobinage est traversé par le courant de l’induit de la dynamo dans un sens tel qu’il en résulte une aimantation inverse de celle qui est due au magnétisme rémanent. Cette bobine est calculée pour obtenir la démagnétisation complète des inducteurs quand le levier de manœuvre se trouve dans sa position zéro. Elle ne comporte, du reste, que quelques spires,
- n’exerce qu’une action tout à fait négligeable en marche normale et n’absorbe qu’une quantité d’énergie insignifiante. Mais, grâce à cette simple modification, l’électricien est en mesure de commander l’arrêt de la machine en un point précis.
- Si, au lieu du système Léonard, on emploie le couplage en opposition, la disposition des enroulements F et K doit être modifiée en conséquence, mais le résultat est identique.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- DIVERS
- Paris, — Le public est prévenu que les renseignements qu’il pourrait avoir à demander concernant le service de l’Electricité "seront donnés dans les bureaux de l'inspecteur de l’Eclairage Electrique, 9, place de l’Hôlel-de-Ville, de 10 heures à midi et de 2 heures à 5 heures, tous les jours, excepté les dimanches et jours fériés.
- Turquie. — Différents projets sont déjà à l’étude, à Constantinople, relativement à la concession d’un service d’automobiles entre Alep et Bagdad. Le trafic en berlines de poste, camions pour marchandises et voyageurs est intense entre ces deux villes et augmente rapidement, relevant grandement l’importance de Beyrouth comme port de mer; cette ville était reliée à Alep par un chemin de fer. Il est également question d’organiser un service d’automobiles entre Damas et Bagdad. La distance entre Beyrouth et Bagdad, en passant par Damas,,n’est guère que de 125 milles anglais, tandis que la route par mer mesure plus de 4 000 milles. L’automobile est apppelé à jouer un grand rôle en ouvrant à la civilisation de vastes régions de la Turquie d’Asie et lorsque le premier pas sera franchi dans une région nouvelle, le chemin de fer achèvera de relier les nouveaux districts au monde commercial.
- Il y a actuellement une demi-douzaine d’automobiles dans cette région et quinze machines environ du côté de Beyrouth.
- Pour ce qui concerne l’automobile, on peut dire que la Turquie,est encore un pays nouveau.
- Les 3o 0O0 Ooo d'habitants de ce pays n’utilisent pas, pour ainsi dire, d’automobiles. Or, il est évident que des machines robustes, munies de forts ressorts, capables de^ravir des côtes abruptes et à même de résister aux ornières et aux pierres des routes, rendraient d’excellents services. Des qualités d’endurance et de simplicité sont préférables au cachet extérieur. Comme, d’autre
- part, le Gouvernement ottoman -Jest disposé à dépenser plusieurs millions dans un avenir prochain, pour la construction et l’amélioration des routes, tout laisse supposer que la Turquie offrira bientôt un.éxcellent débouché pour les automobiles.
- [Daily Consulat• and Trade Reports, de Washington.)
- Egypte. — Les pompes d'épuisement pourraient faire l’objet de ventes assez suivies en Egypte. Ces pompes pourraient être actionnées par des moteurs divers adaptés aux nécessités de la région où elles seraient installées. Elles remplaceraient avec succès des milliers d’installations rudimentaires établies le long du Nil pour l’irrigation des cultures voisines du fleuve et qui fonctionnent depuis les temps antiques sans avoir subi les moindres améliorations ou perfectionnements.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- France. — Parmi les nombreuses réformes accomplies par la Conférence télégraphique internationale de Lisbonne, du 11 juin. 1909, la plus importante concerne l’établissement des taxes du régime européen. Les principales réductions, par mot, apportées depuis le Ier juillet 1909, aux tarifs télégraphiques, entre la France et les pays ci-après, sont les suivantes :
- Espagne et Italie, o fr. i5 et o fr. i^5 au lieu de o fr.20 ; Danemark et Gibraltar, o fr. 20 au lieu de o fr. 2'45 ; Bosnie, Monténégro, Roumanie et Serbie, o fr. 25 au lieu de o fr. 285; Norvège, o fr. 3o au lieu de o fr. 36; Grèce Continentale et îles de Poroset d'Eubée, o fr. 5o au lieu de o fr. 535 ; aux autres îles de la Grèce, o fr. 525 au lieu de o fr. 57 ; Bolivie, Chili et Pérou, 5 fr. 20 au lieu de 7 fi\ 20, pour le trafic acheminé par les voies transatlantiques du Sud.
- Les dispositions intéressant les télégrammes de presse limitées à l’Europe ont été étendues aux pays extra-euro-
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- péens, avec faculté, pour les administrations, d’opérer des réductions de tarif de plus de 5o %. En outre, la Conférence a adopté, au nombre des langues admises pour la rédaction des télégrammes de presse et qui sont actuellement limitées aux langues des pays d’origine et de destination, la langue dans laquelle le journal est rédigé. C’est le français, auquel est ainsi reconnu, pour la transmission des nouvelles, le caractère de langue internationale.
- Enfin, il y a lieu de signaler, comme une innovation importante, l’introduction de la réglementation radioté-légraphique dans le règlement télégraphique international.
- L’Association nationale pour favoriser l’étude des langues étrangères, i5, rue Auber, à Paris, vient de donner
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 27 juillet, à 11 heures, au sous-secrétariat des Postes et des Télégraphes, rue de Grenelle, io3, à Paris, fourniture de i3ooook& de fil bimétallique de 2Ium, en 2 lots. Demandes d’admission avant le 17 juillet.
- Le 29 juillet, à 3 heures, au sous-secrétariat d’Etat des Postes et Télégraphes, rue de Grenelle, io3, à Paris, fourniture de haubans, potelets, montants, traverses en tubes carrés, tiges plates et accessoires, tendeurs et crochets de haubans, en 14 lots ; — le 3o juillet, à 11 h.
- Tableau
- PAYS
- VILLES
- OBSERVATIONS
- Allemagne...............
- Angleterre..............
- Autriche-Hongrie........
- Espagne.................
- Italie......... ........
- Portugal................
- Etats-Unis..............
- Russie..................
- Mexique.................
- République-Argentine.. . . Uruguay.................
- Berlin : i5o marks par mois.
- Autres villes : 80 à 100 marks.
- Londres et grands centres : 3o sh. par semaine.
- Villes de moindre importance : 27/6 par semaine.
- Vienne : 200 couronnes par mois. Budapest : i5o couronnes par mois. Autres villes de Hongrie : 120 couronnes. Madrid : 126 à i5o pesetas par mois. Barcelone : no à 120 pesetas.
- 1 Malaga : 5 pesetas par jour.
- | Malaga : 4 pesetas par jour.
- IRome : i5o lires par mois.
- Milan : i5o à 200 lires par mois.
- Livourne : 80 à 100 lires par mois. Florence : 80 lires.
- Lisbonne : i5o francs par mois.
- New-York : 40 à 5o francs par semaine.
- ISt-Pétersbourg : 200 à 270 francs par mois. Moscou : 190 francs par mois en ville.
- — i/jo francs à la campagne. Odessa : 270 francs (100 roubles par mois). Mexico : 100 dollars (257 francs environ) par mois.
- Buenos-Ayres : 3oo francs environ par mois.
- Montevideo : logement, 5o à 60 francs par mois; nourriture, 100 francs par mois.
- Pension complète dans une famille respectable. Blanchissage non compris. Boarding Ilouse, lunch et blanchissage non compris.
- Pension complète dans une famille.
- Pension complète dans une famille.
- Pension complète dans famille honorable. Eclairage compris.
- Pension complète dans hôtel d’employés. Pension de famille complète.
- Chambre, nourriture et blanchissage à l’hôtel.
- Boarding-House, lunch et blanchissage non compris.
- Pension de famille, chambre, nourriture, service, chauffage et éclairage.
- Pension comprenant logement, nourriture et blanchissage.
- Pension complète, blanchissage non compris.
- un tableau résumant les résultats de l’enquête faite par la commission de placement et indiquant le coût de la vie pour les jeunes gens dans divers pays étrangers. Nous reproduisqns ci-dessous le tableau dont il s’agit.
- fourniture de cordages à moufles, échelles et outils, en 7 lots; — le 3'août, à n heures, fourniture de sacs à outils, en 2 lots; demandes d’admission 'avant le 24 juillet; — le 10 août, à 10 h. 1/2, fourniture de ba-
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- lances, poids, tares et pièces de rechange nécessaires à divers services des postes et des télégraphes du i°r janvier 1910 au 3i décembre 1912; demande d’admission avant le 26 juillet.
- Le 12 août, à la mairie de Bourges (Cher), fourniture de 3 190 mètres de courroies de transmissions en cuir (service de l’artillerie).
- ALLEMAGNE
- Le 3 août, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Sarrebruck, fourniture et montage d’une pompe d’alimentation pour chaudière actionnée électriquement, un compresseur id., un compresseur à vapeur et une pompe centrifuge.
- Le 4 août, au service du gaz, des eaux et de l’électricité de la ville, à Dresde, fourniture et montage de 2 dynamos de 700 kilowatts avec accessoires pour l’électricité.
- Le 6 août, à la Gesellschafl Charlottenburger Was-serwerke, à Westend, fourniture et montage d’installations mécaniques : 4 pompes à vapeur, 4 chaudières à vapeur et une grue roulante d’une force de 6 000 kilogrammes, etc.
- Le 23 août, au Sladtisches Maschinen-Bauamt, à Cologne, fourniture de 4 grues de port actionnées électriquement.
- BELGIQUE
- Le mardi 27 juillet 1909, à 4 heures de relevée, le Collège échevinal procédera à l’ouverture des soumissions qui lui seront parvenues pour la fourniture du gaz et de l’électricité nécessaires à tous les usages publics et privés sur l’étendue du territoire de Boufiioulx, selon prix fixés ou réduits, s’il y a lieu, aux articles 35 et 55 du cahier des charges arrêté par le Conseil communal en séance du i3 mars 1909.
- Les soumissions, écrites sur timbre et conformes au modèle inséré dans les affiches, devront être adressées à M. le bourgmestre de Boufiioulx par lettres recommandées mises à la poste au plus lard l’avanl-veille de la date de l’ouverture des soumissions.
- Renseignements peuveut être pris au secrétariat communal.
- AUTRICHE-IIONGHIE
- Le 16 août, aux chemins de fer de l'Etat autrichien, à Pilsen, fourniture et montage d’installations mécaniques pour la station hydraulique de Protiwin.
- ITALIE
- Le Ier août, aux chemins de fer de l’Etat, italien, à Rome, adjudication internationale pour la fourniture de 5o oookB de tôles en acier doux pour chaufferettes; — le 18 août, adjudication internationale pour la fourniture de 6 marteaux-pilons actionnés directement par moteurs électriques.
- RUSSIE
- Le i3 septembre, à l’administration de la ville, à Bach-mouth (gouvernement d’iekalerinoslaw), installation de l’éclairage électrique des rues.
- V
- ESPAGNE
- Le 26 août, à 12 heures, au ministère de fomenlo (direction générale des travaux publics), à Madrid, adjudication de la concession d’un tramway électrique entre le pont de Monachil et la sortie de Gabia Grande, province de Grenade; caut. : 3 588-19 pesetas.
- Adjudication pour la fourniture de pompes et moteurs. Il sera procédé, le 12 août 1909, au Comité des travaux du port à Alicante, à l’adjudication de la fourniture de deux pompes centrifuges et de trois moteurs à gaz d'éclairage, destinés aux travaux d'assainissement.
- On peut obtenir des renseignements complémentaires au sujet de cette adjudication en s’adressant au Comité précité.
- Adjudication pour la construction et l’exploitation d’un réseau de tramways électriques. Il sera procédé, le 27 août 1909, à la direction générale des travaux publics à Madrid, à l'adjudication pour la construction et l’exploitation d’un réseau de tramways électriques, à Barcelone.
- Cautionnement : 4° 5g6 pesetas.
- Une demande de concession a déjà été faite par la Conipania General de Tranvias qui bénéficiera d’un droit de préférence comparativement aux soumissionnaires éventuels.
- PABtS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 31 JUILLET 1909.
- Trente-et-Unième année.
- Tome VII <2° série). — N“ 31.
- j»
- La
- AL
- Lumière Electrique
- Précédemment
- I/Èclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — Devaüx-Chabbonnel. Etude sur les lignes téléphoniques [fin), p. i3i. — H. Pécheux. Mesures des températures élevées à l’aide des couples thermo-électriques (couple nickel-cuivre), p. 137. — De Baillehache. Sur les systèmes absolus d’unités électriques système B, p. 142.
- Extraits des publications périodiques. — Construction de machines. L’emploi du pas denroulement raccourci, Pünga, p. 142. — Stations centrales. Doit-on produire soi-même l’énergie électrique? p. i5o. — Transmission et distribution. Le réglage de la tension dans les réseaux à trois fils, Niethammer et Czepeck, p. i53. — Variétés. Expérience sur un haut fourneau électrique en Suède, p. 154- — Brevets, p. —
- Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. i5g. —. Renseignements commerciaux, p. 160. — Adjudications, p. :6o.
- EDITORIAL
- Dans les précédents articles de son étude sur les lignes téléphoniques, M. Devaux-Char-bonnel s’est occupé des lignes homogènes ; il s’attaque maintenant à la question plus délicate encore des propriétés, au point de vue téléphonique, des lignes non homogènes, constituées, soit par des sections de fils de diamètres différents, soit par des tronçons de nature différente, aériens ou souterrains. Il montre que les conclusions sont les mêmes que pour les lignes homogènes contrairement à ce qui a été dit quelquefois.
- L’auteur examine ensuite quelques cas particuliers, d’abord celui des lignes aériennes hétérogènes, puis le cas éminement pratique des lignes aéro-souterraines. Les sections souterraines ont une influence très défavorable sur la bonne audition; de plus, fait assez surprenant, les cables de diamètre
- moyen comme ceux de amm,5, sont les plus avantageux quoique loin d’être satisfaisants. Les câbles à faible capacité du modèle déjà indiqué sont les meilleurs ; ils peuvent rivaliser avec les câbles pùpinisés et ont sur eux de nombreux avantages. En somme l’auteur a voulu montrer qu’il était possible de déterminer avec une grande rigueur les constantes des lignes et d’en déduire la valeur des facteurs impédance et affaiblissement qui interviennent dans la transmission ; il s’est aussi proposé de comparer entre eux les divers systèmes d’amélioration des lignes téléphoniques de façon à étendre leur portée. Il conclut en attirant l’attention destechniciens sur le procédé qui consiste à s’attaquer directement au facteur nuisible, à la capacité, enle réduisantpar une construction plus rationnelle et mieux étudiée des lignes souterraines.
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- M. II. Pécheux avait antérieurement montré comment il était possible d’obtenir avec un pyromètre platine-platine iridié, les températures à moins de 2° de o° à 6oo", et à moins de 5° de 6oo° à i o4o°. Dans l’article que nous donnons aujourd’hui, hauteur se propose la mesure des températures à l'aide du couple thermo-électrique nickel-cuivre.
- Il a d’abord gradué le couple nickel-cuivre à l’aide du couple platine-platine iridié dans des conditions telles qu’il élimine les forces électromotrices parasites, et a vérifié la graduation en portant sa soudure chaude dans des bains de solidification ou d’ébullition à températures connues. Il donne ensuite les courbes des forces électromotricés du couple nickel-cuivre et celle des pouvoirs thermoélectriques en fonction de la température.
- Il établit enfin des formules empiriques (déformé parabolique) qui donnent la température à i° près, de a35° à 3go° et de 46o° à i o4o°, et seulement à 6° près de 390° à 46o°.
- Le pyromètre nickel-cuivre peut donc avantageusement remplacer le pyromètre au platine.
- M. de Baillehache, dont l’ouvrage sur les unités électriques est bien connu, a fait une étude critique sur les systèmes absolus d’unités électriques que nous commençons à reproduire dans ce numéro. Il envisage particulièrement le système B qu’il préconise, et discute les opinions émises sur la question, par un grand nombre de physiciens.
- Certains ont considéré uniquement les systèmes des équations de dimensions comme des procédés aptes à faciliter les calculs en matière de transformations d’unités; M.
- de Baillèhache les considère comme de précieux auxiliaires pour la perception intime des phénomènes qu’on étudie.
- Nous avons extrait de V Electrotechnick und Machinenbau, un article de M. Punga, relatif à l'emploi du pas d'enroulement raccourci dans la construction des machines. Les avantages en sont nombreux : plus grande liberté dans le choix du nombre de conducteurs par encoche sans faire varier le flux ; possibilité d’employer un type donné pour une échelle plus étendue du nombre de pôles.
- L’auteur étudie l’application du pas raccourci d’abord pour les machines à courant continu et conclut que son adoption est absolument nécessaire si l’on prend des pôles auxiliaires.
- Dans le cas des générateurs et moteurs triphasés, son emploi est aussi avantageux et les pertes dans le rotor peuvent être notablement diminuées.
- Doit-on produire soi-même l’énergie électrique? Cette importante question ne se pose, bien entendu, que pour les petites installations. Nous avons indiqué, dans des tableaux tirés de VEngineering, le coût de l’énergie par kilowatt-heure en tenant compte du facteur de. charge et de la force de l’installation, ainsi que des moteurs employés et l’économie réalisée pour les petits consommateurs d’énergie.
- Nous donnons enfin un nouveau mode de réglage de la tension dans les réseaux à trois fils, dû à JYI. Niethammer et R. Czepek; ce système comporte une bobine de self et est analogue au procédé connu Dolivo Do-browlsky.
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- ÉTUDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES (Fin) (1)
- §5.—: Lignes mixtes.
- Formules théoriques. — Il nous reste à parler des propriétés, au point de vue téléphonique, des lignes non homogènes, constituées, soit par des sections de fils de diamètres différents, soit par des tronçons de nature différente, aériens ou souterrains. Ce cas est très général ; il nous a paru intéressant d’examiner rapidement les particularités qu’il présente.
- Voici tout d’abord comment la question peut être traitée au point de vue théorique.
- Nous avons vu que le voltage et l’intensité aux extrémités d’une ligne téléphonique de longueur l sont liés par deux équations que nous rappelons :
- E0 = AE + BI J I0 = AI + CE j 'Ij
- dans lesquelles les coefficients A, B et G ont les valeurs suivantes
- A =: cos hyp. al B = Z sin hyp. al
- G = — sin hyp. al.
- Supposons une ligne composée de deux parties de nature différente.
- Les relations (i) s’appliqueront à la section P P0 par exemple et aux intensités et voltages des points P0 et P. Deux relations analogues existeront entre les points P2 et P, extrémités de la ligne P2 P. On pourra éliminer, entre les 4 équations, les quantités E et I relatives au point P, il restera deux relations pour les points P2 et P0 qui ont toujours la même forme
- E0 == A'Ea + B'I* |
- I0 = A"I2 + c% i . w
- (l) La Lumière Electrique, 12 el 16 juin, 3, 10, 17 et 24 juillet 1909, p. 327, 391. 7, 35, 67 et 99.
- mais où les coefficients A' B” A" et C' ont les valeurs
- A' == cos hyp. a, 4 cos hyp. a2l%
- -f- y— sin hyp. at 4 sin hyp. a.2l2
- A" = cos hyp. at 4 cos hyp. «,4
- -f- ^ sin hyp. at 4 sin hyp. a212 Z1
- B' = Z, sin hyp. a± 4 cos hyp. a2 4
- -J- Z2 sin hyp. 4 cos hyp. 4
- C — — cos hyp. fflj 4 sin hyp. a» ln Zi
- -|- tt- cos hyp. a24 sin hyp. «i4>
- Les relations (2) permettent de calculer le voltage et l’intensité en P2, quand on suppose que la force électromotrice est connue au point P0. Les coefficients sont symétriques par rapport aux constantes a, l et Z de chacune des lignes, excepté A' et A", qui se permutent réciproquement l’un dans l’autre.
- Si l’on suppose que la force électromotrice est au point P2, on a alors entre les voltages et les intensités, les relations
- E'2 = A"E'0 + B'I'0 |
- E2 = AT0 + C'E'o ï
- Il est facile de voir que si les deux sections ont les mêmes constantes, les formules (2) et (3) qui ne diffèrent que par la permutation des lettres A' et A" deviennent identiques, et de plus comme Zj = Z2 on retrouve bien les formules que nous avons données pour une ligne homogène, car
- A' = A" = cos hyp. «4 cos hyp. al, __
- -[- sin hyp. æ4 sin hyp. al, = cos hyp. a(4 -j- /2) = cos hyp.al
- et ainsi de suite.
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- Les formulée relatives à une ligne mixte sont donc analogues à celles d’une ligne homogène.
- Supposons maintenant qu’il y ait au point P0 un appareil d’impédance Z,., et en P2 un appareil d’impédance Z,.s et que P0 téléphone à P2.
- Si Y est la force électromotrice produite par P„et U, l’impédance au départ de la ligne, on aura
- En P2, on aura, d’après (a)
- I — E°
- 2 A'Z„ + B'-
- Mais
- A'Z,., + B'
- '* A" + C'Z,./
- Tout calcul fait
- 1. = ._______Xi-__________.
- ' B' + A'Z,2 + A"Z;, + C'Z,1Z,.a
- Si on suppose qu’il f a en P2 une rorce
- électromotrice V2, on trouve pour le courant en P„
- 0 IV + A'Z;, + A"Z;, + C'Z,, Z,, ’
- Les dénominateurs sont égaux. Les courants ne pourront être différents que si les forces électromotrices sont différentes. On retrouve les mêmes conclusions que pour la ligne homogène.
- Si les correspondants ont des appareils différents, c'est celui qui aura Vappareil le plus puissant qui entendra moins bien.
- Si les appareils ont même puissance, les deux correspondants entendront de la même riïanière.
- Cette deuxième conclusion est contraire à ce qu’on a quelquefois aflirmé, à savoir que, dans le cas de deux lignes de calibre diffé-
- rent, le courant est moins fort à l’extrémité de la ligne du plus fort calibre. Ceci n’est pas conforme à la théorie que nous venons d’exposer, et peut-être y a-t-il eu dans les expériences qui ont été faites quelque cause d’erreur qui est passée inaperçue.
- Lignes aériennes ordinaires. — Examinons maintenant quelques cas particuliers. Commençons par les lignes aériennes. Nous avons vu que, pour ces lignes, l’impédance est très sensiblement la même, quel que soit, le calibre du conducteur. On aura alors
- Z. = Z2,
- et les coefficients A', A”, B'* C' se simplifient.
- On a
- A' = A" = cos hyp. («i A -j- a2l2)
- B' = Z sin hyp, {ajx -(- a2l2)
- C' = j sin hyp. (a, A a2l2).
- ? l y______________________________h______y,
- Fig. 4.
- Tout se passe comme s’il s’agissait d’une ligne homogène d’impédance Z et l’affaiblissement total est la somme des affaiblissements partiels.
- fli A + a2 A-
- La question est donc des plus simples dans ce cas; si la ligne se composait d’un plus grand nombre de tronçons, l’impédance étant toujours la même pour chacun d’eux, l’affaiblissement serait la somme des affaiblissements partiels et la ligne aérienne hétérogène se comporterait comme une ligne homogène.
- Les relations simples que nous venons d’indiquer ne s’appliquent pas dans le cas où les impédances des lignes sont différentes. Cela sera le cas, même pour les lignes aériennes, si l’une des lignes est pupinisée.
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- Mais ce cas est aujourd’hui tellement rare, qu’il ne paraît pas utile de l’envisager.
- Lignes aéro-souterraines. — Si les deux lignes sont souterraines, nous avons vu que les impédances sont très différentes avec les différents calibres. La question sera beaucoup plus compliquée que pour les lignes aériennes. Mais c’est un cas qui paraît peu intéressant jusqu’ici pour la pratique. Il n’en est pas de même du cas des lignes aérosouterraines.
- Dans bien dés cas, il n’est pas possible d’accéder par voie aérienne jusqu’au centre des grandes villes. Des raisons d’esthétique, d’encombrement des artères, etc. s’y opposent formellement. Dès l’arrivée dans l’enceinte, les lignes aériennes sont raccordées à des lignes souterraines qui les prolongent jusqu’au bureau central. Ces lignes peuvent avoir une dizaine de kilomètres, comme à Paris, par exemple. De plus, quand un abonné veut causer, il est mis en relation avec le circuit interurbain par sa propre ligne, qui peut atteindre io à i5km, dans certains cas. La longueur de la section souterraine peut donc avoir souvent jusqu’à Nous allons
- voir combien cette situation est défavorable pour la bonne audition.
- Nous supposons qu’il s’agit d’une ligne aérienne très longue. C’est le seul cas réellement intéressant. Cette ligne sera naturellement un fil de fort calibre, 5“"" par exemple. Comme elle est supposée très longue, on aura
- cos hyp. ax lx = sin hyp. ax lx
- — ea'!>. 2
- en posant
- M = i
- Z,
- Z
- N:
- Zi
- +
- Z,.
- Si la ligne souterraine n’existait pas, on aurait, à l’extrémité de la ligne aérienne,
- - ea'r< 2
- Zi
- (Zi + Z,.)*
- On a donc
- I Z, l M -f- N
- h Z, -f- Z;. (
- M — N
- 2
- (4)
- Si l’on veut connaître l’influence de la ligne souterraine, il suffira de calculer le rapport ci-dessus. Ce rapport est une quantité imaginaire, dont le module représentera le rapport des amplitudes maxima des courants f et I2.
- En prenant pour l’appareil la valeur de l’impédance que nous avons indiquée
- Z,. == i ooo -j- 5oo i,
- il est facile de faire les calculs, pour un certain nombre de cas qui se présentent dans la pratique.
- On trouve naturellement que le courant est affaibli, et l’on peut pour chaq ue nombre obtenu calculer la longueur de ligne aérienne qui donnerait le même accroissement de l’affaiblissement. C’est ce qu’on peut appeler la longueur aérienne équivalente.
- Nous avons étudié en particulier les câbles de i111,11, 2m,",5 et 5mm isolés au papier et nous donnons ci-dessous les longueurs aériennes équivalentes estimées en fil de cuivre de 5 millimètres.
- Tableau I
- Les valeurs des coefficients A', A", B', C' se simplifient. Nous admettrons aussi que les appareils, aux deux extrémités de la ligne, sont identiques. Tout calcul fait, le dénominateur de L devient
- T»' + (A' + A")Z,.+ C'ZA
- LONGUEURS ÉQUIVALENTES EN AÉRIEN DE 5mm
- LONGUEURS QUAND LE CABLE SOUTERRAIN :ST EN riLS DE
- soi:-
- TERRAÏNKS
- I mn 5m,u
- fjkm igrjlon 76km I IOkm
- K) :î6î Ujl iJ.\ O-
- 15 565 3 20 37o
- '20 8a o /,/,o 5oo
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- Ces difFérents cibles ont à peu près mêmes constantes. Seule la résistance varie avec le diamètre. On voit tout d’abord combien la section souterraine est nuisible à la bonne audition.
- Si un circuit aérien en S1*"'1 est amené au bureau central par un câble souterrain de iokm de' longueur de amra,5, et doit encore emprunter un câble de i'1"", de iolim de longueur pour atteindre le domicile d’un abonné (et ces conditions sont assez généralement réalisées), la ligne souterraine est équivalente à 55okm environ de la ligne aérienne. Pénétrer dans une ville telle que Paris pour prendre une communication téléphonique avec une ville éloignée, équivaut donc à aller prendre cette communication 55okm plus loin, à s’éloigner jusqu’à Londres, par exemple.
- Les chiffres que nous donnons amènent encore à une autre conclusion. Il n’est pas avantageux d’employer des câbles de fort calibre. Ainsi dans les conditions où nous nous sommes placés, le câble de 5““ est moins avantageux que celui de 2mm,5. Ce fait assez surprenant s’explique pourtant aisément. Dans la formule (4) le terme le plus important est celui qui j’enferme ea-li, c’est donc
- a
- Mais N est le seul tei'me qui contienne Z2 et comme Zest beaucoup plus grand que Z( et que Z-2, en somme la quantité
- X = ea*!‘- ^
- /i.)
- est celle qui variera le plus avec les différents modèles de lignes envisagées et qui aura le plus d’influence sur la valeur du rapport cherché.
- Dr la quantité X diminue avec l’affaiblissement a et augmente avec Z2. Quand on prend des lignes de plus fort calibre «, diminue, mais Z., diminue aussi, et il arrive que
- finalement X augmente. Voilà pourquoi les lignes de fort calibre ne sont pas avantageuses.
- En conclusion, les câbles de diamètre moyen, comme ceux de 2,,,m,5, sont les plus avantageux, mais ils sont loin d’être satisfaisants.
- Examinons ce que donnent les câbles pu-pinisés. Ceux-ci ont à la fois une grande impédance et un faible amortissement. Ils réunissent donc toutes les qualités voulues pour que la quantité X soit aussi faible que possible. Mais, d’autre part, comme nous l’avons déjà fait remarquer, la valeur élevée de la self-induction ne s’obtient qu’en acceptant une augmentation très sensible de la résistance ohmique ;et, de plus,l’imperfectioji de l’isolement prend alors une importance particulière et non négligeable.
- Voici les résultats du calcul fait en négligeant l’influence de l’isolement, qui donnerait des résultats encore moins bons.
- Tableau II
- LONGUEURS ÉQUIVALENTES EN AÉRIEN DE 5mm
- LONGUEURS QUANQ LE CABLE SOUTERRAIN EST EN EILS DE
- SOU-
- TERRAINES j mm 2“,5 5»“
- 5 km 8altm 4okra 3 j km
- K) 180 114 IOO
- i5 2.40 13<> 120
- 20 310 15o 140
- On voit, qu’il n’y a pas encore intérêt à prendre des calibres supérieurs au fil de 2111111,a. El cela tieiat à ce que les bobines de self introduites sur la ligne ont une résistance élevée.
- Voyons maintenant ce que donneraient des câbles à faible capacité du modèle que noiis avons indiqué. Pour ces câbles l’affaiblissement est diminué cji même temps que l’impédance est augmentée. Mais la résistance n’est, pas modifiée. Voici le résultat du calcul.
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- Tableau IIl
- LONGUEUR SOUTERRAINE LONGUEUR AÉRIENNE ÉQUIVALENTE
- 5km 5okm
- IO IOO
- i5 140
- 20 170
- On voit que ces câbles peuvent rivaliser avec les câbles pupinisés. Ils présentent sur ces derniers certains avantages :
- i° On peut augmenter leur calibre, et on obtiendra une valeur plus faible pour l’amortissement, sans avoir à tenir compte d’un accroissement de la résistance olxmique.
- a0 L’imperfection de l’isolement est sans action sensible sur la valeur de l’amortissement.
- 3° Nous avons fait les calculs pour des fréquences de l’ordre de i ooo. Mais il y a dans la voix des fréquences beaucoup plus basses, qui correspondent à la note fondamentale, qui donnent du volume à la parole et qui facilitent beaucoup l’audition. A ces fréquences basses le câble pupinisé conserve le même amortissement. Les câbles dont nous parlons, comme tous les câbles du modèle ordinaire, d’ailleurs, possèdent un amortissement beaucoup plus faible, en même temps que l’impédance est beaucoup plus grande. Ceci est donc un avantage fort précieux.
- 4° Les câbles à faible capacité possèdent d’autres qualités tellement évidentes, qu’il semble inutile d’y insister. Leur fabrication ne présente aucune difficulté particulière, leur manipulation et leur pose non plus. Ils s’adaptent à tous les cas pratiques possibles sans qu’il soit besoin chaque fois, comme pour les câbles pupinisés, d’étudier un type spécial. Enfin, avec leur emploi, on évite toutes les diflicultés de construction et d’installation des bobines de self, ce qui sera certainement apprécié des techniciens.
- Lignes aériennes transitant par une ligne
- souterraine. — Enfin il est un cas de lignes mixtes particulièrement intéressant. C’est celui où deux lignes aériennes de grande longueur sont reliées entre elles par l’intermédiaire d’une ligne souterraine. C’est ainsi que se présente la communication téléphonique de deux villes de province transitant par Paris, et il y a lieu de chercher à se rendre compte du rôle joué par la ligne souterraine dans cette circonstance.
- Le calcul n’est pas plus difficile pour trois lignes différentes qu’il ne l’est pour deux lignes, et il se fait toujours par les mêmes moyens; en écrivantles relations qui existent entre le voltage et l’intensité aux extrémités de chaque tronçon, on obtient six équations entre lesquelles on éliminera les données relatives aux points intennédiaires. Il restera deux équations s’appliquant aux points extrêmes.
- Ces deux équations sont de la forme de celles que nous avons rencontrées précédemment ;
- E0 = ASE, + B3I3 I0 = A'gl;, -(- C3E3.
- Nous examinerons^ le cas où la longueur des lignes aériennes est assez grande pour qu’on puisse négliger les termes en e~al. Alors les coefficients A3, B3 ont une forme assez simple. On a
- A.. = A', = — ea'l' + aafe J â 1
- B, = —— +
- 1
- G, = —— ea'l'+asl3 2 Z
- en désignant par Z l’impédance des lignes aériennes que nous supposons être la même pour les deux lignes de longueur l{ et Z3.
- Le coefficient D a pour valeur
- D — cos hyp. «24 -f- sin hyp. aj3
- Z2 + Z,2 i7/A2 ’
- en appelant l2a2, et Z2la longueur, l’affaiblis-
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- soment et l'impédance de la ligne souterraine.
- On voit que la propagation du courant se fera comme si les deux lignes aériennes étaient seules et directement réunies, avec cette seule différence que les divers coefïr cients seront multipliés par le l'acteur D.
- La présence de la ligne souterraine aura donc pour unique effet, dans les conditions où nous nous sommes placés, de diminuer le courant dans le rapport de i à D.
- Nous avons, comme dans le cas précédent, calculé la valeur de 1) pour une ligne souterraine de 15k"' en câble de :i,nm5. C’est le cas qui se présente le plus généralement à Paris.
- On trouve pour I) la valeur i,53 et ceci correspond à une longueur de 26okm environ de ligne aérienne de 5mm. Donc le transit par l’intérieur d’une grande ville de deux circuits téléphoniques équivaut à une augmentation assez considérable du parcours. Ici, elle n’est pas inférieure à 17 fois la longueur de la traversée de la A'ille.
- Ajoutons que l’emploi du câble à faible capacité que nous avons indiqué réduirait la longueur équivalente de la ligne souterraine à i4olm, soit presque la moitié du chiffre précédent. On voit encore, par cet exemple, l’avantage marqué de ce genre de ligne.
- Conclusion.
- On pourrait de la môme façon étudier tous les cas qui se présentent en pratique et les discuter. Le problème est toujours simple au point de vue théorique, si on admet une fréquence bien définie pour le courant téléphonique. Et c’est là, à notre avis, une des questions les plus importantes à fixer. Nous avons admis la fréquence 1 000. Mais il est certain que des fréquences beaucoup plus basses, celles de la voix ordinaire, jouent un rôle très important.
- Nous n’avons pas voulu compliquer l’exposé et la solution des problèmes que nous avons traités, en examinant les phénomènes avec
- des fréquences différentes. Cependant, il est évident que les fréquences basses donnent de la sonorité, de l’ampleur, à la transmission de la voix, et les fréquences plus élevées donnent la netteté. Il faut, pour qu’une communication soit bonne, que ces deux qualités, ampleur et netteté, soient conservées dans une certaine mesure. Elles peuvent être énormément déformées comme nous le révèle la pratique journalière de la téléphonie. L’oreille, cet instrument admirablement éduqué de traduction phonique, supplée aux manques, redresse les déformations et finalement nous rétablit sous une forme compréhensible et familière les sons qui lui parviennent. Mais ce travail inconscient, si compliqué et si précieux de l’organe de l’ouïe, ne peut se faire qu’entre certaines limites. Quelles sont ces limites? Quelle est la valeur relative que doivent conserver les divers harmoniques qui constituent la parole, quelle est leur amplitude moyenne, voilà deux problèmes qui ne sont pas encore résolus et qui devraient l’être pour permettre de traiter complètement les questions de téléphonie.
- Quoi qu’il en soit, nous avons poursuivi dans cette étude deux objets. Le premier a été de montrer qu’il était aujourd’hui très facile de déterminer avec une grande rigueur les constantes des lignes et par conséquent d’en déduire la valeur des facteurs impédance et affaiblissement qui interviennent dans la transmission. Le deuxième a été de comparer entre eux les divers systèmes que l’on avait proposés pour améliorer les communications téléphoniques et étendre leur portée. Nous avons vu que les divers procédés qui ont été imaginés n’ont guère d’intérêt que pour les lignes souterraines. Mais nous avons cru qu’il était particulièrement utile d’attirer l’attention des techniciens sur un procédé qui ne parait pas avoir été employé jusqu’ici et qui consiste à s’attaquer directement au facteur nuisible, à la capacité, en le réduisant par une construction plus rationnelle et mieux étudiée des lignes souterraines. Les avantages que laisse prévoir la théorie, soit
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- pour les lignes entièrement souterraines, soit pour les lignes mixtes, et qui sont, dus à la fois à l’augmentation de l’impédance de la ligne et à la diminution de son affaiblissement sont assez importantes, pour donner
- le désir de A'érifier ces résultats parTexpé-rience. L’avenir nous apprendra si nos espérances sont réalisables.
- Devaüx-Chaiuîonnel.
- MESURE DES TEMPÉRATURES
- ÉLEVÉES A L’AIDE DES COUPLES THERMO-ÉLECTRIQUES (couple nickel-cuivke)
- Nous avons antérieurement (Lumière Electrique du 7 mars 1908) montré comment il est possible d’obtenir, à l’aide d’un pyro-rnètre platine-platine iridié, les températures à moins de 20 (de o° à 6oo°), et à moins de 5° de 6oo° à iooo0.
- Nous avons, avec le couple platine-platine iridié, — dont nous avons fait l’étude complète dans le numéro précité de la Lumière Électrique — gradué un couple nickel-cuivre, et de la manière suivante :
- La soudure du couple nickel-cuivre était obtenue à F aide du fil de cuivre lui-même, tortillé autour de l’extrémité du fil de nickel; en chauffant au chalumeau à gaz d’éclairage et air, l’extrémité commune ainsi préparée, on obtenait, après fusion, une gaine de cuivre constituant une soudure parfaite. Les deux fils de ce couple présentaient une longueur de 3o à 4°c"’ (résistance totale du couple : o"! à o“a), et étaient isolés l’un de l’autre, sur une longueur de i5 à 20e1", par une gaine d’amiante ; la soudure était également isolée à l’amiante.
- a) Graduation. — Ce couple était relié par des fils de laiton homogènes (de façon à supprimer l’effet Peltier aux raccordements du circuit; par suite, les forces électromotrices parasites) à un galvanomètre étalonné du type Desprez-d’Arsonval, construit par E. Du-cretet; une boîte d’ohms étalonnés était in-
- tercalée sur le circuit afin de faire varier à volonté la sensibilité du galvanomètre.
- Le couple était alors disposé, parallèlement au couple pyrométrique platine-platine iridié — semblablement préparé, isolé, et relié à un autre galvanomètre étalonné — dans un tube enveloppe de porcelaine de ioœra de diamètre et 4o':,n de longueur, disposé horizontalement, et fermé à un bout hermétiquement; un bouchon de caoutchouc durci maintenait les deux couples, à l’autre extrémité; les soudures chaudes des deux couples étaient très proches, séparées par une feuille d’amiante ; les soudures froides étaient disposées très près l’une de l’autre, dans une circulation d’eau froide, à température repérée par un
- thermomètre à mercure au -z
- r\
- de degré.
- Le
- tube-enveloppe était chauffé dans un four à gaz Menuet.
- Les galvanomètres étaient installés à des niveaux un peu différents et dans des plans parallèles, de façon que les règles de Pog-gendorf fussent superposées ; en réglant convenablement les connexions des couples avec les circuits, on obtenait les déviations des deux spots lumineux, sur les règles, l’un au-dessus de l’autre ; de cette façon les lectures étaient plus rapides et plus sures.
- Un circuit ainsi installé, avec le galvanomètre et la boîte d’ohms à 3 ou 4m du couple
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- (donc, du four à gaz),ne présente pas de forces électromotrices parasites appréciables.
- La règle du galvanomètre pyrométrique (platine-platine iridié) était graduée en degrés centigrades; on obtenait donc, à l’aide de la règle du galvanomètre du couple nickel-cuivre, lesforces électromotrices de ce couple, des températures bien repérées ; la différence des températures des soudures, chaude et froide t%, étant évidemment la même pour les deux couples.
- Vu la grandeur du pouvoir thermo-électrique du couple nickel-cuivre, nous avons employé deux modes d’étalonnage de son galvanomètre; à l’aide de la boîte d’ohms intercalaire, nous avons réglé la résistance du circuit pour obtenir la force électromotrice du couple (*), par E = 100 S (de o° à 5ooü), et : E = 200 S, de 5oo° à 920°, température extrême à laquelle notre couple était porté, le cuivre commençant à se volatiliser à cette température, comme le montre le léger dépôt rougeâtre que l’on trouvait sur l’amiante protectrice, après le démontage du couple.
- Une première chauffe lente (durée 2 heures) de la température ambiante à 9200, servait uniquement à recuire le couple. On ne conservait que les indications fournies pendant le refroidissement lent (2 à 3 heures) qui suivait la chauffe. La vitesse de refroidissement était réglée à volonté, à l’aide d’une rotation convenable du robinet de commande du courant de gaz allant aux brûleurs du four Mermet ; la longueur des flammes étant réduite à volonté.
- Nous avons ensuite vérifié la graduation du couple nickel-cuivre, en portant sa soudure chaude dans des bains (de solidification
- (•) E est en microvolts; 5, la déviation en millimètres sur la règle.
- La constante du galvanomètre du couple nickel-cuivre
- étant : -y=o,(xa27 ; sa résistance : G = 226“ 5 pour E = 1006 on aura (puisque : E = yoR = 100 8) : yR == 100; 100 100 „
- R = — — -------- — 370 35, résistance a partager entre le
- y 0,27
- galvanomètre (226“), le couple (o^i), la canalisation : 3u et la boîte d’ohms :
- ou d’ébullition), à températures connues, et comme nous l’avions fait pour le pyromètre au platine; les indications relevées directement sont comparables à celles fournies par le pyromètre platine-platine iridié, quand le refroidissement simultané de deux soudures, au four Mermet est suffisamment lent (3 heures environ).
- Les erreurs de lecture, sur la règle de Pog-
- gendorff, ne dépassaient pas de milli-
- mètre — lecture au microscope — ce qui
- 1 °o
- correspond, de o° à ooo" (E = 100 S), à =
- 12,5 microvolts ; et de 5oo° à iooo° (E = 200 S),
- . 200 y • .
- a -5- = 25 microvolts.
- O
- (b) Courbes. — Nous tracions ensuite une courbe des forces électromotrices du couple : en abscisses, nous portions les différences de températures des soudures— données parle pyromètre platine-platine iridié ; — en ordonnées,les forces électromotrices en microvolts ; ceci, à une échelle suffisante pour rendre ensuite les lectures aussi précises que possible, sur la courbe obtenue.
- La règle de Poggendorff était ensuite graduée en degrés centigrades.
- La figure 1 montre une courbe obtenue avec un couple nickel (pur) cuivre ; en abscisses, in,,u vaut 20°; en ordonnées, imm vaut 4oo
- Avec une échelle plus grande, les lectures des forces électromotrices sont plus nettes, et l’approximation obtenue,plus grande* Pour graduer la règle du galvanomètre, il y a nécessité d’employer l’échelle suivante : imni représentant 5V (en abscisses), et 100 [j.e en ordonnées.
- La courbe en pointillés a été obtenue à la' chauffe ; la courbe en trait plein, au refroidissement : celle-là seule est à utiliser.
- Nous avons, également, à l’aide des forces électromotrices E, calculé de 4°° en 4o° les
- pouvoirs thermo-électriques : ; ceci, pour
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- 31 Juillet 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- obtenir l’allure des courbes des forces électromotrices, c’est-à-dire la loi suivant laquelle la force électromotrice varie en fonction de la température.
- Fig. i.
- La figure 2 montre la courbe obtenue pour les pouvoirs thermo-électriques.(Echelle : imm vaut 20° en abscisses et 2 [>.v en ordonnées).
- Remarques. — Nous avons construit 4 pyromètres nickel-cuivre, avec 4 fils de nickel de constitution chimique différente. Parmi ces fils, nous avons choisi celui présentant le plus grand état de pureté ; il nous a fourni, à l'analyse chimique, les résultats suivants :
- Tableau I
- CUIVRE FER COBALT CARBONE ET SILICIUM IMPURETÉS TOTALES CONSIS- TANCE
- % % °û
- 0,20 traces o,i5 néant o,35 mou
- Nous avons mesuré sa résistivité à quelques températures entre o° et 3oo°, par la méthode du pont à corde de Weahtstone. Cette résistivité peut être représentée par la formule suivante, en général (p0 = résistivité en mi-crohms, à o° ; p„ à t° ; a, b, coefficients dépen-
- dant du métal) : p( = p0 (1 -j- at -j- ht2). Nous avons trouvé :
- p( — g(i -|- o,oo53 t -f- o,ooo.oo55 Z2) microhms.
- c) Formules. — Nous avons calculé, à l’aide des résultats trouvés pour les forces électromotrices, des formules paraboliques pouvant traduire les variations de E avec t.
- D’abord, l’allure de la courbe (fig. 2) des pouvoirs thermo-électriques nous montre nettement que la courbe des forces électromotrices présente 3 courbures différentes, entre o° et 920°. La force électromotrice croît
- Fig. 2.
- d’abord, jusqu’à 234°; elle décroît de 235° à 390°; enfin, elle change encore d’allure, en croissant, de 390° à 920° et au delà.
- Nous avons calculé une parabole du 20 degré pour représenter la force électromotrice thermo-électrique de notre couple, dans chacun des 3 intervalles ci-dessus indiqués. Voici les formules obtenues :
- i° De o° à a35° :
- E0( = 2/,,381 -f- 0,007813 -,
- 20 De 2 35° à 390° :
- E(/ = — 2124 -f- 43,5o t, — o,o35 Z2 ;
- 3° De 390° à 9200 et au delà :
- E„* = 7033 — 2,101 -f- 0,023 Z2.
- Pour montrer l’approximation avec laquelle chacune de ces formules fournit la force électromotrice du couple dans chaque intervalle, nous avons représenté, dans les tableaux ci-après, les nombres fournis par les paraboles, et ceux obtenus au galvanomètre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2® Série). — N° 31. .
- 440
- i* De o° à 235° :
- Tableau II
- t (tf 1 — U) E (lues) E (calculées) à (écarts) ERREUR ABSOLUE DE LECTURE
- 8o° 2 oom*0 2 nool*'’ OI‘1' 121*”,5
- I 20 3 037 3 (>38 + 1 —
- 160 4 100 4 100 O —
- 200 5 1 j5 5 188 + .3 —
- 220 5 725 5 741 -j- 16 —
- 23o 6012 6 024 + 12 —
- 235 6 162 6 160 2 ~
- 2° De 2 35° à 390° :
- Tableau III
- <(<! — f2) E (lues) E (calculées) A (écarts) ERREUR ABSOLUE DE LECTURE
- 240° G 3oo:*1’ 6 3oolu' O!1’’ 12:"', 5
- 2G0 6 823 6 820 — 5 —
- 280 7 312 7 3i2 O —
- 3oo 7 730 7 775 + 25 —
- 320 8212 8 212 0 —
- 34o 8606 8626 -|- 20 —
- 3Go 9 000 9 000 O —
- 3 90 9333 95i7 — iG
- 3° De 3go° à 9200 et 1 (>4o° (fusion du cuivre il l’air) : Tableau IV
- t(t 1 —<s) E (lues) E (calculées) (A écarts) ERREUR ABSOLUE DK LECTURE
- 4oo° 9 700-0’ 9873^ + i73;u' 12^,5
- 440 10 45o 10 5G2 -(-112 —
- 4 Go 10 875 10 933 + 58 —
- 480 11 3oo 11 324 + 2 4 25:'-'
- OOO 1 r 733 . 11 733 O —
- Goo 14 075 14 o53 22 —
- ^OO 1G 833 16 833 O —
- 800 20 075 20073 _ —
- QOO 2 3 7 GG 23 7 GG O
- L’inspection de ces 3 tableaux montre que de o° à a 3 a0, et de a.'b>° à 390°, les paraboles sont approchées dans le même ordre que les
- lectures à la règle; la 3° parabole né s’applique avec une exactitude sulïisante que de 46o° à 9»o" et h>4o°. Il existe un intervalle où les écarts fournis par la 3° parabole sont supé rieurs aux erreurs de lecture. En opérant inversement, c’est-à-dire en calculant les températures avec les 3 formules qui précèdent, nous arrivons aux résultats suivants:
- De o° à 235°, la parabole donne la tevnpé-1
- rature à - degré près.
- De 235° à 390°, la parabole donne la température à i° près;
- De 390° à 460°, la parabole donne la température à 6° près ;
- De 460° à io4o°,la parabole donne la température à i° près.
- Sauf Y intervalle critique (39o°-46o°), les approximations dans le calcul des températures avec les formules seraient plus grandes, et de beaucoup, qu’avec le pyromètre au platine-platine iridié.
- Nota. — L’écart plus grand obtenu de 390° à 460° est dû, certainement, à la transformation moléculaire du métal qui s’opère dans cet intervalle de température.
- M. Pli. Harrison a, le premier, signalé ce phénomène de transformation dont le nickel est le siège; nous avons, quant à nous, repris la question et déterminé la grandeur des intervalles selon la nature chimique du nickel essayé (Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences, Paris, 7 octobre 1907).
- Mais, malgré cet écart entre l’allure de la parabole et l’allure de la courbe, cette dernière est, dans l’intervalle considéré, toujours fixe, comme nous allons le montrer.
- (d) Usage du pyromètre. — A l’aide d’une courbe relevée à une échelle plus grande — ainsi que nous l’avons indiqué précédemment — afin d’obtenii* une meilleure approximation nous avons trouvé, pour la température de solidification de quelques métaux, des nom-lires d’une constance remarquable, à plusieurs jours d’intervalle. .
- . Le tableau suivant renseigne sur la valeur
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- «
- des indications du pyromètre nickel-cuivre : Tableau V
- MILIEU TEMPÉRATURE ou d'é 1° Détermination (après recuit) DE SOLIDIFICATION BULLITION 2° Détermination (après i mois d’usago)
- Plomb raffiné (solid.). 327° 326°
- Zinc pur — . 420 420
- Aluminium pur— .. G55 654
- Paraffine — .. 42 y>
- Paraffine (ébullition). 374 »
- L’examen, de ce tableau montre sufïisam-naent que dans Vintervalle critique (de 390° à 46o°) comme en dehors de cet intervalle, le pyromètre nickel-cuivre est remarquablement comparable à lui-même.
- Nota. — Comparativement au pyromètre platine-platine iridié, la même erreur absolue de lecture (sur la règle) se rapportant «à des forces élec tromotrices au moins d oubles à température égale, l’erreur relative est deux fois plus faible; les températures sont dès lors obtenues avec une approximation double.
- Remarque. — Nous avons gradué, également, les trois autres pyromètres construits avec des fils de nickel de composition différente. Nous avons obtenu des résultats analogues à ceux fournis par le premier (résultats exposés précédemment).
- Cependant, il est intéressant de noter que le couple formé avec le nickel le moins pur (nickel à i,5 % de fer; 0,0 % de cobalt; traces de carbone, silicium, cuivre) a donné, dans
- toute l'étendue de l'échelle (o° à 1 o4o°), des mesures pouvant être traduites par des formules paraboliques calculées dans les intervalles remarquables fournis pour ce nickel (oft à a3o° ; ?.3o° à 370°; au delà de 370°); et les températures étaient obtenues à moins de 1 degré près.
- Ce nickel, moins pur, suit mieux que le précédent une allure parabolique ; mais il est moins fixe et nécessiterait une nouvelle graduation à intervalles assez l'approchés.
- Conclusion. — De o° à 920°, le pyromètre nickel-cuivre, installé comme nous l’avons indiqué dans cet article, constitue un appa-.reil d’évaluation des températures très comparable à lui-même, et pouvant remplacer avantageusement les pyromètres au platine.
- Nous avons employé notre pyromètre à l’étude de la thermo-électricité des alliages de cupro-nickels, des maillechorts, du cobalt, etc... ; nous avons obtenu des résultats très comparables à ceux fournis par des évaluations directes ; et la vitesse de refroidissement des couples comparés pouvait être beaucoup plus grande qu’avec le pyromètre au platine : ce qui est un avantage sérieux dans une mesure ne demandant qu’un temps limité.
- Dans les applications industrielles, il suffit d’envelopper le couple d’un tube de porcelaine mince comme dans les expériences de laboratoire, la soudure chaude étant très rapprochée de l’extrémité fermée du tube; le reste de l’installation étant fait comme nous l’avons indiqué précédemment.
- H. PÉCIIEUX,
- Docteur es sciences.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — N° 31.
- SUR LES SYSTÈMES ABSOLUS D’UNITÉS ÉLECTRIQUES
- SYSTÈME B
- § i. — Ou sait que si l’on prend le rapport des valeurs numériques d’une même quantité électrique ou magnétique mesurée en unités des systèmes électrostatique et électromagnétique (L,M,T), on ne trouve jamais, un nombre, niais une puissance d’une grandeur v homogène à une vitesse. D’autre part, en 1889, le professeur Rucher(') a montré qu’il y a lieu de faire figurer dans les équations de dimensions des lois dé Coulomb les coefficients de proportionnalité supprimés conventionnellement par Maxwell, et, depuis cette époque, on admet généralement la relation suivante :
- [K-'li-'J = [L2T—*] ;
- je me propose d’abord d’établir qu’il s’agit là d’un cas particulier d’une relation générale.
- En elîet, l’élaboration des systèmes absolus d’unités électriques et magnétiques repose sur l’assimilation des actions révélées par l'expérience, aux forces centrales telles qu’on les conçoit en Mécanique (a). Une telle assimilation n’est légitime que si l’on prend soin d’introduire dans l’équation de chacune des lois physiques que l’on invoque un coelïicient de proportionnalité tenant compte de toutes les conditions non déterminées des
- (*) Ruckeii. On tlic supprcssed dimensions of physical f/uantities {Phil. Mag., 5“ série, tomeXXVII, 1889, p. 104).
- (°) Weber. TJber die Principien verschicdcner absoluter Masssysteme der Elektrodynumik (i85g). — On admet,
- QS
- paiv exemple, que dans la loi de Coulomb, p—2 représente
- une force de la même nature que celles dont .l'imité absolue est définie par [MLT—2j. — Voir aussi Everett : Unités et constantes physiques (1875) et Maurice Lévy : Sur les unités électriques ( 188a).
- expériences et plus particulièrement de l’influence du milieu (*). Rien n’autorise à supposer a priori que ces coefficients soient de dimensions milles, ainsi que M. Merca-dier l’a montré en 1881 au moyen d’un dilemme connu sur les lois de Coulomb (2). On ne peut pas non plus attribuer à ces coefficients « parasites » les dimensions de la constante gravitique(3) et écrire [L~3MT2] = o, car l’élimination de l’une des trois grandeurs fondamentales conduirait à la considération de deux entités seulement; la suppression de la notion de matière 11e laisse subsister que les notions d’espace et de temps — et il semble qu’une telle conception soit insuffisante pour rendre compte des phénomènes quand on se place au point de vue physique et non kantien.
- Les lois de Coulomb rattachent, soit la quantité d’électricité Q, soit la quantité de magnétisme m, aux trois unités fondamentales de longueur, de masse et de temps
- [LMT~2] = [K-'Q2L-2] (1)
- [LMT-*] = [n-‘/«»L-*j, M
- les relations habituelles déterminent ensuite toutes les grandeurs électriques ou toutes
- (') J’ai développé les arguments qui justifient cette manière de voir dans le chapitre ni de mon ouvrage : Unités Electriques, p. 46 et suiv. (Journal de Physique, 4" série, tome VIII, février 1909, p 119).
- (2) E. Mercadier Sur les unités mécaniques et électriques (La Lumière Electrique, tome VIII, i883, p. 46).
- (3) Les astronomes ont toujours eu le soin de conserver la constante de Cavendish dans l’expression de la loi do Newton :
- d’où
- M = [L-SMT*].
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- les grandeurs magnétiques. Les deux systèmes (L,M,T,K) et (L,M,T,p,) construits de cette manière sont parfaitement coordonnés, mais indépendants l’un de l’autre.
- Cependant l’expérience montre que les phénomènes de l’Électricité et du Magnétisme ne sont pas indépendants. On peut écrire
- [L*MT-»] = [p-mI], (3)
- traduction en dimensions de la loi de La-place (ou de son corollaire, la loi de Maxwell, W = 4 k m I), dans laquelle (3 exprime qu’il s’agit d’une loi physique ('); la loi de Laplace repose sur l’expérience de Biot et Savart.
- L’équation (3) reliant m à une grandeur électrique I différente de Q, il est nécessaire de définir I ; on peut employer à cet effet la loi expérimentale de Faraday :
- [Q] = [«IT], (4)
- Les quatre équations renferment sept inconnues; elles permettent de déterminer Q, m, I, et entre K,p, (3, a, il existe la relation;
- Si l’on écrit [mL] = [yjQ L2 T-1], on trouve v) = y. a1- [3_l ; si l’on emploie la loi d’équivalence [S I] = [e m L], on obtient s = (3 g-1, etc.
- A la place de la loi de Faraday, on peut écrire la loi électrodynamique d’Ampère basée sur l’expérience d’Œrsted :
- d¥ = •(§) ii' ^ ^cos 0 — - cosQ' cosO"^, ou
- [LMT-*] = [81*],
- ce qui donne
- S = |,.|3-2. '
- Le résultat final n’est évidemment pas altéré; on a toujours entre quatre inconnues indépendantes, dont K et p„ une relation que l’on peut ramener à la fonne (5), actuellement irréductible si l’on ne fait pas de convention particulière.
- 2° Si l’on remplace 3 par sa valeur, l’équation (3) prend la forme (5 bis).
- [ar*K8] = [L-*T*]. (5*'*)
- [a* p* K-* J*,-*] = [L*T-*]. (5)
- Remarques. — i° Il est clair que rien n’oblige à se servir de la loi de Laplace comme pont entre les grandeurs électriques et les grandeurs magnétiques. On peut employer aussi bien la relation du galvanomètre à tangentes, la loi d’équivalence d’Ampère (2), la formule de l’expérience de Rowland(3), etc.
- (t) Dans le système B, p a une signification physique précise, comme on le verra par la suite.
- (2) Clausius s’est servi de cette loi quand il a reproché à Maxwell l’emploi de la loi de Laplace (1882), ce qui a donné lieu, comme on sait, à une polémique célèbre il laquelleLarmor, Lodge, Helmholtz, Everett, J.-J. Thomson prirent part (Phil. Mag., 5® série, tome XIII, 1882, p. 376).
- Clausius. Uber die verschiedenen Masssysteme zur Messung elektrisclier and magnetischer Groessen (Leipzig, 1882).
- (3) Cette expérience montre l’action éleclrodynamique
- Pour se rendre compte de quelle vitesse il peut être question dans le second membre, il suffit de poser [U] = [L T~'] et d’écrire :
- [Fj =
- K-1 L-2
- Mais, si q est la quantité d’électricité qui occupe la longueur d’un élément l d’un conducteur, suivant lequel se propage un courant d’intensité constante 1, et si LJ désigne la vitesse de propagation du phénomène, on a
- <1 __ „ l 7 ü’
- d’une masse en mouvement. La rotation rapide d’un disque chargé produit les mêmes effets électromagnétiques qu’un système de courants circulaires; le déplacement d’un corps chargé constitue un courant électrique, ce qui est conforme à la théorie de l’éleclrolyse ; un électron en mouvement donne naissance à un champ magnétique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2® Série). — N°3l.
- ou en dimensions
- rai = [«[;]•
- L’équation (6) peut donc s’écrire [F] = [Q*L-*K-«],
- dans laquelle on reconnaît la loi de Coulomb. Par suite, le second membre de l’équation (5) représentant la vitesse de propagation du phénomène électrique dans le milieu considéré, on peut dire que la propriété essentielle de l’agent qui se manifeste sous forme de phénomènes électriques et magnétiques consisté en dernière analyse en ce que ses éléments sont animés d’une certaine vitesse.’
- 3° On rencontre parfois dans des exposés de théorie pure l’équation :
- [«VK] = [L-»T*j.
- La comparaison de cette équation avec l’équation (a) donne a = —.
- Application. — Sous quelle forme peut-on écrire de la manière la plus générale possible les systèmes fondamentaux des équations de Maxwell ?
- Il suffit de mettre en évidence les 4 coefficients K, p., a, (3, dans les circuital relations de Heaviside, dans lesquelles & désigne le vecteur électrique, II le vecteur magnétique, i le courant de conduction. Il vient
- curl(') H = 4r -L
- aP L t\T. Ùt J
- i à (/. I I
- curl & = —
- afj dt
- (I)
- (II)
- curl
- ') On a par définition :
- èH- d 1 Ir f)H.c
- “-(!
- dr
- ô~
- dz
- (HL dx '
- cHIv (HL-
- à x
- à)
- ')
- La notation « curl » est assez peu répandue dans les ouvrages français, bien qu’elle simplifie notablement les calculs ; il suffit, en effet, comme je viens de le rappeler dans le Journal de Physique (4° série, tome VIII, mai 11)09, P- 3a3, note 1) d’introduire une seule notation au lieu de trois, pour représenter les trois composantes de toute grandeur physique ou mécanique, i\ condition
- § 2. —• L’équation ' (a) du paragraphe 1 montre à quel point, dans l’état actuel de la science, le problème des unités électriques est indéterminé, puisque, pour en donner une solution rigoureuse, il faudrait que l’on découvrit trois équations inconnues jusqu’à présent. Que l’on s’inspire de l’ancienne théorie des actions à distance ou que l’on adopte la théorie anglaise du flux de force, on arrive au même résultat, car le mode de représentation de l’intensité de la force en un point, imaginé par Faraday, n’est valable, comme on sait, que si le système de forces résulte d’attractions variant en raison inverse du carré de la distance.
- D’ailleurs, il n’est pas certain que ces trois équations existent, car la possibilité d’une explication purement mécanique des phénomènes de l’Electricité et du Magnétisme n’est pas prouvée ; Hertz et Maxwell ont eu probablement sur ce point des vues différentes, puisque dans son célèbre mémoire sur « La théorie électromagnétique de Maxwell et son application aux corps mouvants», M. Lorentz signale comme une « différence essentielle » entre les points de vue de Hertz et de Maxwell que « Hertz ne s’ocupe guère que d’un rapprochement entre les actions électromagnétiques et les lois de la mécanique ordinaire (*) ».
- On est donc réduit, pour élaborer des systèmes absolus d’unités, à faire des hypothèses.
- Pour fixer les idées, on peut imaginer que deux des quatre grandeurs inconnues
- qu’elle présente le double caractère de quantité et de direction. (Voir mémoire de M. L. Natanson sur la polarisation elliptique de la lumière transmise à travers un milieu absorbant et doué du pouvoir rotatoire.)
- (') Archives néerlandaises des Sciences exactes et naturelles, tome XXV, p, 5, Leyde, 1892. — Voir aussi lIiiitTz : Uber die Dimensionen des magnetischen Pois in den verschiedenen Masssysleme ( Wied. Ann. tome XXIV, i885, p. 1141. — Uber die Grundgleichungen der Elcktro-dynamik fur ruhende Korper (JVied Ann. tome XL, 1890, p. 577). — Uber die Grundgleichungen der Elek-trodynamik fur bewegte Korper (Wied. Ann., Bd. 41, 1890, p. 369).
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- soient simplement numériques, ce qui donne les six cas suivants (') :
- 0 11 « 0 et m = o, cl’où [K > 2 l = [LT-<],
- a0 [K]=o et t>3 = 0, d’où [«M = [LT-1],
- 3°tP] = o et [K] = = 0, d’où [a [T3] = [LT-‘],
- 4° [p] = o et l>]: = 0, d’où [a K-"*] = [LT-‘],
- 5° [<x] = o et [K] = — 0, d’où [pl^l = [LT~*],
- 6» [<x] = o et [|Q = 0, d’où [fJK~ï] — [LT-*].
- Deux hypothèses seulement sont distinctes, la première et la deuxième ; l’hypothèse a0 est la plus simple de forme.
- § 3. — L’hypothèse i° correspond à l’équation de la théorie électromagnétique
- I
- Comme la valeur de v déterminée expérimentalement par de nombreux physiciens est sensiblement égale à la valeur numérique de la vitesse V de la lumière dans l’éther, on a écrit
- c = V/
- et comme conséquence
- -4= = v.
- v^t*
- L’analogie de cette équation avec l’équation de Newton appliquée par Fresnel à la propagation de la lumière
- a fait envisager la possibilité d’une assimilation entre la densité et l’élasticité de l’éther, d’une part, le pouvoir inducteur spécifique et la perméabilité magnétique (2), d’autre part.
- (J) Pour simplifier l’écriture, j’écrirai [A] — o, au lieu de [A] = [L°M°T°].
- (2) Le néologisme « perméavité » semblerait préférable, puisque l’on dit maintenant « résistivité », « conductivité » au lieu de résistibilité, conductibilité.
- M. Daniel Berthelot vient de pousser plus loin ce raisonnement en attribuant à la réciproque de la capacité inductive spécifique
- les dimensions d’un coefficient d’élasticité, à la perméabilité p. celles d’une densité, — ou inversement (*) :
- [K - 1 ] = [ML-1 T-2] [Iv] = [ML-3]
- [>] =[ML»-] M = [ML-'T-*].
- Il constitue ainsi deux systèmes évidemment incompatibles. Quelque séduisants que soient ces systèmes pris individuellement, ils reposent l’un comme l’autre non seule-
- i e
- ment sur une analogie entre jv~ et qui ne
- peut être vérifiée par l’expérience, puisque l’éther est un milieu hypothétique, mais encore sur la double convention [x] — o et [jî] = o. Or, si l’on peut admettre une égalité au lieu d’une simple proportionnalité entre l’intégrale de temps du courant et la quantité d’électricité, il n’est nullement établi que la loi de Laplace soit indépendante du milieu où se passent.les actions.
- On peut remarquer aussi, sans entrer dans une discussion plus complète (2) des idées de M. D. Berthelot, que si plusieurs des interprétations qui doivent ressortir de l’aspect des formules de dimensions, étant donné que ce sont des symboles, sont extrêmement élégantes quand leur auteur les énonce, il y en a d’autres qui ne semblent pas se présenter
- Lodge est l’un des premiers physiciens qui aient assimilé la perméabilité à une densité, cette dernière grandeur étant prise dans le sens de « masse volumique ». Hospitalier. (Modem Views of Electricily, append. P.)
- (') Voir Bulletin de la Société internationale des Electriciens, tome IX [a], n° 8a, février 1909. — Remarques sur les systèmes d’unités à propos de la communication de M. Brylinski, M. D. Berthelot.
- (2) M. D. Berthelot pose, par exemple, en principe la nécessité de supprimer les exposants fractionnaires
- - ou — * dans les formules de dimensions. Je regrette 2
- de ne pouvoir partager cette manière de voir.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à l’esprit cl’une manière bien intuitive. (Dans l’un des systèmes, on a, par exemple
- [Q] = [b2J> [/»] = [MT-j, [RJ = [ML-2T_1J, [CJ = [L2M-) T2J, [G>\ = o, etc.
- lamesure d’unequantité d’électricité se réduirait finalement à une mesure de surface, la densité électrique superficielle serait une constante absolue, etc.) On serait peut-être alors tenté de reconnaître seulement les systèmes d’équations de dimensions comme des procédés aptes à faciliter les calculs en matière de transformations d’unités, au lieu de les regarder, conformément à l’opinion de M. D. Berthelot et à la mienne, comme de précieux auxiliaires pour la perception de la nature intime des phénomènes qu’on étudie. Bien que, dans des questions aussi délicates, l’on ne puisse s’en tenir à des interprétations particulières qu’après un examen attentif, portant surtout sur leurs conséquences qui doivent s’accorder avec les théories conçues en dehors de toute idée de dimensions, il semble que, toutes choses égales d’ailleurs, on soit fondé à estimer un système dimensionnai d’unités comme d’autant plus satisfaisant que ses formules « parlent » un langage plus clair.
- Au point de vue des applications, les systèmes de M. D. Berthelot bouleverseraient totalement les- habitudes actuelles ; ils néces-siteraient une l’éforme de toutes les unités consacrées par l’usage. C’est là un inconvénient capital, si l’on pense que les praticiens ont rejeté, malgré ses avantages, le système d’Oliver lleavisidc, pour la seule raison que le facteur 41* s’introduisait dans les rapports des unités « rationnelles » aux anciennes, chaque fois que ce facteur devait avoir un sens physique.
- § 4- — Examinons maintenant l’hypothèse 2° du § 2, savoir :
- [K] = o et [[/] =: o, d’oà [a[j] =r [LT~*],
- \
- K et (7. sont les coefficients des lois de Coulomb. On ne peut regarder K et |7. comme étant respectivement le pouvoir inducteur
- T. VII (2« Série).—N*31.
- spécifique et la perméabilité magnétique que si l’on suppose a = i et |3 = i. Pour éviter toute confusion à ce sujet, j’appellerai IQ le pouvoir inducteur spécifique et (q la perméabilité magnétique.
- Une première question se pose : est-il possible de supposer les coefficients K et p. comme des quantités purement numériques?
- J. Bertrand ne fit aucune restriction à ce sujet lorsqu’en 1882, il préconisa l’emploi du système électrodynamique, lequel se déduit de l’hypothèse en question. Peu de temps après, MM. Mercadier et Yaschy soulevèrent quelques objections qui militaient en faveur de l’opinion inverse. Il serait trop long de discuter ici leurs arguments (‘), mais il est facile de voir que ces auteurs ont fait une pétition de principes; l’un et l’autre admettent implicitement que la loi de Laplace est indépendante du milieu. Vaschy écrit par exemple (2) : « On a trouvé expérimenta-« lement que le rapport des unités de quan-. « tité d’électricité dans les systèmes élec-« tromagnétique et électrostatique — et par
- « suite le rapport — est égal à la vitesse
- VIv'
- « de la lumière. » Or, dans la notation de Yaschy, K est l’inverse de notre K, et K' est le coefficient de la loi d’Ampère, qué nous avons appelé 3 et qui a pour valeur i7.(2~2. On ne peut écrire K' = [7. qu’à la condition de supposer (2 = 1.
- Actuellement, on ne partage pas entièrement l’opinion de MM. Mercadier et Vaschy, mais on pense généralement qu’ « il est impossible d’envisager la constante diélectrique ou la perméabilité magnétique comme des quantités dénuées de dimensions par rapport aux grandeurs fondamentales (3) ».
- Quelles seraient donc les dimensions de K, et de iq ?
- (*) Voir La Lumière Electrique, vol. VIII, p. 6, 44> 70, 114, — 46, ii6el 182, — i883.
- (2) Vaschy. La Lumière Electrique, p. 5o, i883.
- (3) Boutï. Deuxième Supplément au cours de physique de l’Ecole Polytechnique, 1899, p. 5.
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- 31 Juillet 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- L’expérience donne
- Si l’on identifie cette équation avec l’équation fondamentale de notre théorie, savoir l’équation 5, § i, il vient
- ' [K,] = [K«-«], t**,J = [|*p-*],
- ou
- [Ki] - [K-p-*], * [M = [jt«-*].
- Rien n’empêche de supposer K et ^ purement numériques; Kj et demeurent des quantités douées de dimensions.
- Cela posé, on verra que dans le système B, l’on a :
- ia = i
- K, = nombre pur l>i] = [L-*Ta]
- le pouvoir inducteur est une quantité purement numérique, tandis que la perméabilité est homogène à une self-induction par unité de longueur.
- L’équation Kt — K a-2 peut être interprétée comme suit : a serait l’inverse de l’indice de réfraction n du milieu :
- K, = K»2,
- K étant un coefficient numérique. Or, si K = i, on a
- Kt = n\
- on retrouve la relation bien connue de Maxwell. Mais l’équation Iv, = Iv«2 montre aussi que la relation de Maxwell n’est pas générale, — et l'expérience prouve, en effet, que si elle est vérifiée dans le cas des gaz, elle cesse d’être exacte dans le cas des diélectriques solides ou liquides. K apparaissant comme une constante, caractéristique de l’état physique du diélectrique considéré, mais indépendante de la constitution intime de ce diélectrique lui-même, il est permis de supposer que le pouvoir inducteur d’un milieu est un produit de deux facteurs, dont l’un
- seulement est spécifique. Cette proposition est subordonnée, bien entendu, au contrôle des faits, et il ne sera pas possible de la regarder comme vraie que si elle supporte une vérification expérimentale. Elle se rapproche beaucoup de l’opinion émise par M. Bouty, quand ce physicien écrit : « Il n’est pas « encore certain que dans le cas des solides, « par exemple, on ne confonde pas sous le « nom de constante diélectrique d’un même « corps plusieurs grandeurs physiques dis-« tinctes dont l’expression définitive exigera « peut-être l’emploi de plusieurs con-« stantes (*) ».
- On sait aussi que, pour les corps très magnétiques, la perméabilité varie avec l’intensité du champ :
- v-i = <H3e).
- On trouve aisément que, dans le système B, les dimensions de cette fonction sont :
- M = LL 2M?T3j=: |-J.
- Il serait assez intéressant de vérifier si la perméabilité varie proportionnellement au carré du temps pendant lequel le coiqis a été soumis à l’action magnétisante d’un flux constant.
- Quoi qu’il en soit, il est certain, comme le fait remarquer M. Bouty, que dans des milieux très magnétiques, la formule classique de la loi de Coulomb
- „ K mm'
- est inapplicable. Aussi, si l’on tient à mettre en évidence la constante diélectrique et la perméabilité magnétique dans les lois de Coulomb, on doit écrire :
- [F] = [Q*L-*K1-»4-*]
- [F] = [/«’L-Vr1?-*]-
- Comme dans le système B, « — i, Kt = nombre pur, et jjq = fi-2, il vient :
- [F].== [Q*L-»J =
- P) Ch. Bouty. Progrès de V Electricité, chap. 1,1899, P-4*
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N°31.
- Cette relation, qui est vraie également dans le système de Gauss-Iielmholtz-Ilertz
- montre que le rapport — est constant et, par . \ m
- suite, que le rapport^ est constant, & dési-
- iiL
- gnant l’interisitc du champ électrique, l’intensité du champ magnétique (par définition
- F p
- = — et s — ~). L’électricité et le magné-
- tisme semblent donc des manifestations d’un même agent qui se déplacerait au sein de l’éther, et se trouverait, par conséquent, traversé par lui.
- (/I suivre.)
- C10 DE Bàillehàcue.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- CONSTRUCTION DE MACHINES
- L’emploi du pas d’enroulement raccourci. —
- P. Punga. — Elektrotechnik and Maschinenbau, i3 juin
- 1909-
- L’auteur remarque tout d’abord l’emploi très général qui est fait du pas raccourci aussi bien dans les moteurs d’induction que dans les générateurs par les constructeurs américains et au contraire le peu de succès qu’a rencontré cette façon de procéder en Europe. L’auteur en expose les avantages dans la suite de son article.
- Gomme avantage essentiel, il faut envisager la possibilité d’avoir par ce procédé un type normal plus général ; par exemple pour des moteurs à basse
- B'
- tension, on.se heurte à la difficulté de faire concorder avec une tension donnée le nombre le plus favorable de conducteurs par encoche normale. Les moyens mis à la disposition du constructeur, tels que couplage en étoile ou en triangle pour les moteurs asynchrones (quand l’un des deux n’est pas prescrit), utilisation de plusieurs circuits parallèles, etc., deviennent bien plus nombreux si l’on a recours au pas raccourci. Par un choix approprié du pas, on
- peut faire varier le nombre des conducteurs par encoche dans le rapport de 1 : 1,3 jusqu’à 1 /, sans changer le flux.
- On a également la possibilité d’employer un type donné pour une échelle beaucoup plus étendue du nombre de pôles.
- Machines à courant continu à pas raccourci.
- Dans la machine normale sans pôles auxiliaires, un léger raccourcissement du pas est bien possible, mais n’entraîne aucun avantage. On sait en effet que les conducteurs en commutation se répartissent sur un plus grand arc d’induit et que ceci entraîne une réduction de la force électro-motrice de self induite, mais que d’un autre côté la commutation devient moins bonne, l’influence amortissante des conducteurs étant diminuée.
- En réalité, la pratique ne permet de faire aucune différence entre le résultat obtenu dans la commutation par l’emploi du pas normal ou du pas raccourci de 5 à ïo % . Mais la tendance qu’a la commutation à devenir mauvaise s’accentue nettement si le pas est raccourci de telle façon que les bobines en commutation viennent à se trouver sous l’arc polaire. La figure r représente une courbe de champ telle qu’elle serait sous l’influence des ampères-tours d’induit
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- 31 Juillet 1909. RE VUE" D’ÉLECTIRICITÉ
- dans une machine à courant continu à pas fortement raccourci et avec les balais à la position neutre. Une moitié des bobines en commutation se trouve en A l’autre en B et la différence entre les ordonnées B B' et A A' représente la force électro-motrice induite dans la spire en court-circuit. On voit facilement que dès que le pas d’enroulement se rapproche de l’arc polaire, il ne peut plus s’agir de'bonne commutation.
- E'
- Fig. 3.
- Dans les machines à courant continu, à pôles auxiliaires, le pas non raccourci est une nécessité.
- Au contraire, dans les machines à enroulement de compensation, l’emploi du pas raccourci présenterait un gros intérêt. La répartition de l’excitation et de l'enroulement de compensation a lieu sur le bâti inducteur à la manière d'un enroulement biphasé, avec la seule différence qu’en général l’enroulement de compensation tient plus de place que l’enroulement d’excitation. Cependant, on a reconnu qu’avec une telle construction on n’obtiendrait pas une compensation complète des ampères-tours induits '
- Si l’on représente les ampères-tours induits le
- Fig. 4-
- long de la circonférence d’induit, on a, par pôle (fig. a), le triangle ABC. Les ampères-tours de compensation, représentés de la même façon, donnent la figure AD EC. Entre D et E les ampères-tours de compensation restent constants, ce qui correspond à la place réservée à l’excitation.
- - La commutation a lieu au point B, et pour obtenir un champ favorable à la commutation, la droite DE doit être au-dessus du point B. La différence entre les deux surfaces représente la composition des actions fies ampères-tours de compensation.et d’induit. On voit donc qu’à proprement parler, il n’y a pas de compensation.
- Pour cette raison, dans presque toutes les machines à enroulement de compensation, on a prévu un enroulement à pôles auxiliaires qui permet d’obtenir une compensation complète de la réaction d’induit.
- La figure-a devient alors la figure 3. La forme du trapèze ADE C devient telle que D et E Sont sur les côtés AB et B C, l’enroulement auxiliaire ayant pour
- effet de produire une force électromotrice GH. L’enroulement d’excitation prend la place DG et I(E, l’enroulement auxiliaire la place G K et l’enroulement de compensation est réparti sur AD' et E' C.
- La disposition générale de la machine se présente bien plus avantageusement si on emploie sur l'induit le pas raccourci. Les ampères-tours d’induit peuvent être représentés par le trapèze AB' B C" (fig. 4) et on se rend compte qu’il est possible d’assurer une bonne commutation sans enroulement auxiliaire. Le résultat, ainsi obtenu, est, d’après l’auteur, meilleur qu’avec des pôles auxiliaires et plus économique
- Fig. 6.
- qu’avec d’enroulement Déri. Si on emploie une machine à pôles auxiliaires comme machine à vitesse variable, la tension maxima par lame varie à peu près dans le même rapport que la vitesse ; ainsi un moteur de 10 HP à 5oo volts a, à 3oo tours, une tension maxima de 10 volts par lame et, à 1 200 tours, une tension d’au moins 3o volts. L’enroulement de compensation permet d’éviter toute augmentation dangereuse de la tension par lame.
- Si on se reporte à la figure 4, on voit que DE est au-dessus de B'B’’. En réalité, on trouve'très souvent que la commutation est la plus favorable quand DE et B'B” coïncident, ce qui confirme la théorie
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2» Série). — N° 31.
- de Menge, d’après laquelle un flux n’est pas nécessaire à la commutation.
- Dans les pôles auxiliaires ordinaires, on place de 3o à 5o % plus d’anipères-tours que sur l’induit. Cette différence sert, d’après Menge, uniquement à la compensation, la chute de force magnétomotrice étant due aux fuites.
- Générateurs et moteurs triphasés à pas raccourcis.
- Le même avantage de la grande liberté dans le choix du nombre des conducteurs par encoche se
- Fig. 7.
- présente également ici. A cela viennent s’ajouter dans la plupart des cas une économie de matière et une augmentation de rendement.
- Si on considère le rotor d’un moteur triphasé bipolaire qui a iooksde cuivre pour un pas déroulement égal à l’écartement polaire, dont 4<>k{ï de cuivre
- dans les encoches et 60 en dehors. Si on construit ce
- /
- rotor avec un pas égal aux 2/3 de l'écartement polaire, la tension induite baisse dans le rapport sin a/3 90° à sin 90’,devient environ i3 % plus faible et le courant d’autant plus intense.
- Pour la même densité la section variera et en définitive on aura pour le poids du cuivre
- /|° X —+ 60 X Xr,— 9,‘M kilogrammes. 0,865 0,860 3
- Les pertes dans le rotor sont diminuées dans la même proportion.
- Pour le stator, le pas racccourci se recommande également; mais, comme en général la place est limitée dans les encoches du stator, le pas d’enroulement pour le stator est plus grand que pour le rotor.
- Fig. 8.
- L’auteur examine ensuite les différents enroulements à pas raccourci usités. Il en distingue deux classes, suivant que dans une encoche se trouve une demi-bobine ou deux demi-bobines. La première classe présente l’avantage d’une répartition beau-
- coup plus régulière des ampères-tours d’induit, mais aussi l’inconvénient de faire régner la tension composée entre les deux bobines en contact. Mais cet inconvénient disparaît pour les machines à basse tension.
- La figure 5 montre un tel enroulement à pas égal à l’écartement polaire et la figure 6, le même mais avec un pas moitié. Pour se rendre compte de la façon dont la répartition et la grandeur des ampères-tours varient avec le pas, il suffit de représenter les ampères-tours conducteurs par des vecteurs décalés d’angles égaux les uns par rapport aux autres, on obtient ainsi les figures 7 et 8 correspondant aux cas 5 et 6. Dans ce dernier cas, l’amplitude de six des
- \f^
- vecteurs est----l’amplitude des autres.
- R. G.
- STATIONS CENTRALES
- Doit-on produire soi-même l'énergie électrique ? — Engineering, a5 juin 1909.
- Dans beaucoup de centres industriels anglais la question qui se pose est moins de savoir si on doit employer l’énergie électrique que de choisir une source d’énergie. Deux solutions, souvent trois, se présentent : installation privée, réseau public ou enfin société de force. Et les gros consommateurs, tels que mines, aciéries, usines électrochimîques, peuvent eux aussi, suivant les conditions locales, hésiter sur le choix à faire. Dans les districts de charbon du pays de Galles, les trois solutions se trouvent employées, l’emprunta un réseau public de distribution paraissant rencontrer plug de succès, par l’économie qti’il permet de réaliser sur le capital et les frais d’entretien.
- Pour résoudre la question que pose l’auteur, le facteur de charge et la force de l’installation sont de première importance. Les tableaux I et II en montrent la dépendance.
- Pour ces calculs, on a admis du gaz de ville au prix moyen de 8,91 centimes le mètre cube, de l’anthracite pour le gaz pauvre à 27 fr. 35 la tonne, du charbon à 12 fr. 40 la tonne, du combustible liquide à52fr. 40 la tonne et de l’eau à i3,6 centimes le mètre cube. Il a été laissé de côté, comme cela se produit pour les propriétaires de petites installations, les frais divers de surveillance, de marche, etc.
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- 31 Juillet 1909.
- Tableau I
- Coût de l'énergie par kilowatt-heure dans les installations privées jusqu’à ioo HP.
- FACTEUR DE CHARGE ANNUEL HEURES DE FONCTIONNEMENT PAR AN GAZ DE VILLE GAZ PAUVRE COMBUSTIBLES LIQUIDES VAPEUR ... 1 COUT MOYEN
- % cent. cent. cent. cent. cent.
- IO 876 i5 16 13,5 *3,9 14,6
- i5 1 314 12,7 ï3,37 10,22 io,8 n,8
- ao 1 752 11,45 10,95 8,55 9,22 IO
- 25 2 190 m,6 9,5° 7,52 8,5 9,25
- 3o 2 628 9>96 8,55 6,85 7,43 8,2
- 35 3 066 9»4 7,82 6,3i 6,8 7,58
- 40 3 5o4 8,9 7,3 5,9* 6,29 7,11
- 5o 4 38o 8,32 6,55 5,37 5,7 6,49
- 60 5 256 7,83 6,o5 5 5,25 6,o5
- 70 6 i32 7,4i 5,68 4,72 4,84 5,66
- 80 7 088 7,o5 5,4 4,48 4,5 5,28
- Les valeurs indiquées dans ces tableaux sont basées sur des résultats d’expériences. Elles donnent une idée exacte du coût de l’énergie en fonction de l’importance et de l’utilisation de la centrale.
- Le tableau III permet la comparaison des dépenses annuelles pour force motrice.
- Le prix de revient moyen du cheval-an varie en employant la vapeur comme force motrice entre a3o et 335 francs. Un moteur électrique consomme par cheval-an entre 6oo et 8oo kilowatts-heure. Si donc on admet pour le cheval-an vapeur le prix de 25o fr. et que le cheval-an électrique représente i ooo kilowatts-heure, au prix moyen de 8 centimes, l’emploi
- Tableau II
- Coût de l’énergie par kilowatt-heure dans les installations privées au-dessus de ioo IIP.
- FACTEUR DE CHARGE ANNUEL HEURES DE FONCTIONNE- MENT PAR AN GAZ PAUVRE COMBUS- TIBLES LIQUIDES VAPEUR COUT MOYEN
- •/. cent. cent. cent. cent.
- IO 876 i3,4o 10,6 n,4 11,8
- i5 1 3i4 9,93 8,a 8,53 '9,8
- ao 1 752 7,98 6,9 7,08 7,33
- a5 2 190 7,o5 6,14 6,2 6,47
- 3o 2 628 6,28 5,63 5,63 5,85
- 35 3 066 .5,68 5,24 5,2 5,36
- 40 3 5o4 5,28 4,g3 4,88 4,97
- 5o 4 38o 4,7 4,52 4,43 4,55
- 60 5 256 4,27 4,25 4,i4 4,21
- 70 6 i32 3,96 4,oi 3,93 3,96
- 80 7 008 4,76 4,85 4,75 3,8
- du moteur électrique réalise une économie de
- a5o — 8o = 170 francs.
- Pour les machines k gaz, le kilowatt-heure revient à Londres k environ i5,8 centimes, ce qui représente le double du prix du kilowatt-heure électrique.
- Pour le petit consommateur, la supériorité de l’emprunt de la force k un secteur ressort donc nettement des données ci-dessus, qui ont bien des chances d’être trop faibles pour l’emploi des moteurs k gaz ou k vapeur, car dans les relevés qui ont été I faits on n’a peut-être pas toujours tenu suffisamment
- Tableau III
- Economie pour les petits consommateurs d’énergie.
- INDUSTRIE PUISSANCE NÉCESSAIRE COUT RÉEL PAR AN COUT ANNUEL D’APRÈS LES PRIX DU « POWER BILL » DE LONDRES, 1906
- 1. Fabrique de meubles. 2. Serrurerie. 3. Imprimerie. 4. Cartonnages. 5. Magasins. 6. Reliure. 7. Entreprise de construction. 8. Imprimerie. 2 machines k gaz de n IIP 2 machines k gaz de 6 et 10 IIP Vapeur et gaz 110 HP Vapeur 5o IIP 5o HP Moteur électrique 17 HP 10 I1P — 10 HP francs a 5^a,66 3 58i,55 16 394,40 10 414,12 21 616 4 54o i 891,66 i 346 francs 1 311,5 5 i o59,33 8827,77 6 507,33 11 577 i 4i5 681 404,80
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2® Série)..— N® 31.
- compte de la surveillance, de la conduite des machines, etc.
- Toutes les données précédentes sont valables pour des installations inférieures à 5oo IIP. Si la puissance augmente, le prix du kilowatt-heure baisse naturellement. Au lieu de 63o ou même 750 francs, le prix du kilowatt-heure installé peut descendre jusqu’à 35o ou 380 francs pour les mines de Powell Duiïryn Aberdare, le prix étant de 290 francs en tenant
- Tableau IY
- Frais moyens, dans la centrale de Candlle, pour 1 kilowatt-heure produit en 1904-1905.
- FRAIS KW.-II. PRODUITS
- IIIe trimestre 1904 IVe — 1904 Ier — 19°5 IIe — 1905 I ,52 V* ^,275 i,3 3 587 700 7171 000 8 097 000 7 996 900
- Tableau V
- Frais d’exploitation dans la station de Carville, pendant 1905.
- PAR KW.-II. PRODUIT
- Entretien : Salle des machines 0,062
- Tableau de distribution 0,049
- Nettoyage général 0,01 ‘A
- Chaudières °»°99
- Amenée du charbon 0,012
- Evacuation des cendres .... 0,01 2
- Combustible : 0,246
- Charbon 0,80
- Eau 0,01 2
- Huile 0,024
- Nettoyage, graissage 0,012
- 0,8 4 H
- Entretien de la batterie 0,004
- Nettoyage des chaudières.. . 0,037
- Réparations générales 0,14 8
- 0,189 1,283
- compte des bâtiments de l’installation à vapeur, des machines et du tableau. Cette valeur paraît cependant un peu faible. *
- Le facteur de charge intervient aussi pour abaisser le prix du kilowatt-heure. C’est ainsi que dans une mine utilisant 1 3oo HP, il n’était que de 20 % tandis qu’il atteignait 20 % dans une installation semblable de 4 000 HP. Pour les mines Powell Duf-fryn, ce facteur variait entre 35 et 40 % . En admettant que le charbon revienne à 5 fr. 16 la tonne et que la consommation annuelle soit de 4 5oo 000 kilowatts-heure (35 %), les frais d’entretien peuvent être évalués, amortissement compris, à 3,84 centimes. Si le facteur de charge monte à 45 % , ces frais s’abaissent à 3,15 centimes par kilowatt-heure. Ce sont là d’ailleurs des valeurs très faibles dues au prix très bas du charbon, à l’importance de la centrale et à son coefficient élevé d’utilisation (tableaux IV et V).
- Les prix maxima indiqués dans le Bill concernant l’alimentation de Londres en force motrice électrique sont les suivants, en fonction du facteur de charge (tableau YI).
- Tableau VI
- HEURES DE FONCTIONNEMENT PAR JOUR FACTEUR DE CHARGE PRIX DU KW.-II. EN CENTIMES
- I 4 15,8
- 2 8 i5,8
- 3 I 2,5 i4,4i
- 4 16,6 12,2
- 5 21 10,72
- 6 25 9)9
- 8 33 8,25
- IO 42 8
- I 2 5o lv>l
- 18 75 6,75
- 24 IOO 6,41
- En réalité, sur la côte nord-ouest dans le pays de Galles, la force est distribuée à raison de 7,9 centimes le kilowatt-heure à de nombreux abonnés et de 5,25 centimes pour des consommateurs particuliers, et le prix de 7,9 centimes à Londres sera appliqué dans un avenir très rapproché aux abonnés ayant un bon facteur de charge.
- F A.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- *
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Le réglage de la tension dans les réseaux à trois fils, —Niethammer et R. Gzepek. —Elcktro-technick uni Maschinenbau> 27 juin 1909.
- L’expérience montre que dans des distributions à 3 fils avec des diviseurs de tension, les deux tensions pour des charges différentes des deux ponts ne peuvent pas être réglées indépendamment l’une de l’autre. Les autres indiquent ci-dessous un montage permettant d’atteindre ce but.
- Si dans une machine à courant continu, ramenée à deux pôles, on joint à deux bagues deux points diamétralement opposés de l’enroulement induit, on ob-
- tient aux bagues une tension alternative E„
- O *5
- 27C
- — cos — t
- où Ey représente la tension aux balais. Si l’on applique cette tension alternative aux bornes d’une bobine de self, d’où on sort le point milieu, on obtient le système connu de Doliço Dobrowolsky. Entre chaque balai et le milieu de la bobine de self
- , , . Fv .
- régné une tension continue égalé a —si on suppose
- la machine à vide. Si maintenant on divise cette bobine comme le représente la figure 1, entre K4 et K2 on recueille une tension dont la valeur efficace peut varier dans des limites déterminées par le déplacement du contact mobile sur les touches de la bobine, même si la tension entre Ki et K3 reste constante.
- Entre la bague S2 et le balai B* que nous supposerons être; le balai positif, règne une tension ondulée dont la grandeur est exprimée par
- E'
- ea —
- cos
- Entre B2 et la même bague, on a la tension
- . E o- f 2 n
- • e,« = —p +cos —/),
- la somme des deux redonnant Eff.
- Chacune de ces tensions est représentée pir une
- E* T
- sinusoïde dont 1 axe a pour équation y — —. La ten-
- sion entre le milieu de la bobine de self et un balai
- E,r !
- B est la tension continue e0 — —. Cette droite * se
- 2
- transforme donc en une sinusoïde quand on déplace le contact mobile successivement sur les touches 1,
- 2... 6. Supposons le contact sur le plot 3, la tension entre Kj et Ks a la valeur
- D’une façon générale la bobine ayant en tout 1 11 + x plots et supposant le contact mobile sur le /«i6me plot à partir du milieu, on a, entre lv, et K2, la tension
- em — eG ~j~
- E~ n — m 27:
- éf0 ________ COS _____ /
- n T
- E
- m . 2
- 1-----cos — 11.
- 2 \ n 1
- Toutes ces tensions ei}. et...
- movenne
- Fg.
- em ont même valeur
- La valeur efficace est pour le plot 8 :
- et en général
- E,„
- m'Ÿ n) '
- La valeur efficace varie donc de
- E g
- à c’est-à-
- dire de 22,5 % .
- Ces courbes se déterminent facilement à l’oscillographe. Le résultat diffère naturellement suivant le numéro du plot et aussi suivant la nature du circuit d’utilisation. Si celui-ci possède une grande self par rapport à sa résistance ohmique, le courant est rectiligne. Dans le cas contraire, en particulier pour une batteiüe dont la self est nulle, le courant suit complètement les variations de la tension. Si on branche un moteur en dérivation aux bornes Kt et lv2, l’enroulement d’excitation est parcouru par un courant constant quelle que soit la position du contact mobile. Dans l’induit, il s’établit un courant ondulé dont la valeur arithmétique correspond à la marche en courant continu pur et dont la valeur effi-
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- T. VII (2e Série). — N° 31.
- cace est plus ou moins grande suivant la position du contact. L'écart est maximum dans les cas d'une batterie. Si la tension de la batterie est de Go volts, sa
- Eg
- résistance intérieure o,i ohm et —- =6» volts, on
- 2
- voit qu’en plaçant le contact sur le plot 6, un ampèremètre à bobine tournante indiquerait la valeur moyenne soit 20 ampères, tandis qu’un appareil dynamométrique indiquerait 439 ampères environ.
- L’auteur a, par des expériences, établi un tableau où Eg- restant sensiblement constant, on fait varier la positiondu contact mobile,ce qui donne des valeurs différentes pour la .tension Kt K2 et le débit, à excitation constante.
- C'est ainsi que l'on trouve pour un courant constant débité de 3o ampères de tension de 67, 71,6, 63,8 volts pour les plots o, 4,6, soit une augmentation de tension de 10 % . Si au contraire, on laisse le
- contact sur le plot à vide et avec la charge de 3o ampères, on a
- A vide........................ 72 volts
- En charge 3o ampères.......... 67 —
- soit une chute de tension de 7 % .
- Le secteur peut aussi être employé à la transfor-
- Eg
- mation d’une tension Eg" en —,1e contact permettant un réglage déterminé de la tension E,„.
- Si on veut régler les deux ponts, on peut alors prévoir deux dérivations à la bobine. Le pont nécessitant la plus haute tension, c’est-à-dire le plus chargé, doit être connecté à un plot plus rapproché des extrémités de la bobine de self.
- R. P.
- VARIÉTÉS
- Expériences sur un haut fourneau électrique en Suède.
- On sait que d'importants brevets ont été accordés à trois inventeurs Scandinaves, MM. Gron-wall, Lindblad et Stalhane, pour divers appareils électriques destinés à l’extraction du fer et à la fabrication de l’acier.
- Les premiers de ces brevets visaient, notamment, des perfectionnements aux fours à induction, dans le but d’en améliorer le facteur de puissance et d’en rendre l’emploi possible pour les plus grandes capacités, et la combinaison du four à induction ainsi perfectionné avec le haut fourneau.
- Les moyens employés aux fins indiquées ci-dessus consistent à munir le transformateur du four d’enroulements compensateurs et à allonger les canaux de fusion par des embranchements disposés de manière à obtenir le plus grand 'développement possible avec le minimum d’encombrement et de pertes thermiques.
- sLa Société constituée par les inventeurs, sous le nom d’Aktiebolaget Elektrometall, se propose d’établir d’importantes usines de sidérurgie électrique et elle s’occupe actuellement de l’édifica-
- tion d’une partie des fours qu’elle projette de construire. Elle a d’ailleurs déjà en expérience un haut fourneau électrique, à Domnarfvet; cet appareil a été récemment soumis à des essais méthodiques en présence de M. Ilaanel, délégué par le gouvernement canadien, et de représentants du gouvernement norvégien.
- M. Ilaanel, directeur du service des mines du Canada, dont les rapports remarquables sur des essais faits antérieurement sont connus de tous, a bien voulu nous communiquer le résumé ci-après du rapport qu’il déposera incessamment au sujet des expériences faites à Domnarfvet.
- Pendant les deux dernières années, les inventeurs suédois ont confiné leurs efforts à la solution du problème de la construction d’un four commercial en s’inspirant des considérations et des indications contenues dans le rapport publié en 1907 par le service des mines du Canada, à la suite des essais de Sault-Sainte-Marie (*).
- Lefourqu’ils ont aujourd’hui en service à Dom-
- (*) Eug. Haanel. Report on tlie experiments made vat Sault-Sainte-Marie, 1907. Voir analyse détaillée par H. Marchand, dans la Resnie générale des Sciences du 3o mai 1909.
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- narfvét et qui a été inspecté par M. Haanel est le résultat de leurs deux années d’expériences dans cette voie, durant lesquelles ils n’ont pas monté et expérimenté moins de sept modèles, graduellement améliorés à la faveur des constatations faites chaque fois sur le type précédent.
- Le dernier modèle est considéré parMM. Grün-wall, Lindblad et Stalhane comme constituant un appareil commercial définitif et c’est sur leur invitation que M. Haanel a été chargé par son gouvernement d’assister aux expériences auxquelles il a été soumis.
- Ces essais avaient été primitivement fixés au début de décembre 1908; mais, par suite de la baisse des eaux dans la rivière qui fournit l’énergie à l’installation hydro-électrique de Domnarfvet, elles ne purent avoir lieu que quelques jours plus tard, et grâce à la généreuse intervention de M. Lyungberg, directeur général de la Stora Kopparbergs Bergslags Aktiebolag, celui-ci consentit, eu égard à l’intérêt de la question, à mettre à la disposition des expérimentateurs, l’énergie électrique nécessaire pour l’alimentation du four, bien que cette concession l’obligeât à restreindre ses travaux réguliers. Les essais, que l’on avait compté pouvoir prolonger quelques semaines, ne purent toutefois être effectués au delà de douze jours; ils ont néanmoins suffi à faire reconnaître que le four répond aux exigences de la pratique, tout en demandant encore quelques améliorations de détail, faciles à réaliser.
- Dans son aspect général, le four électrique de Domnarfvet présente une analogie presque complète avec un haut fourneau ordinaire; c’est pour ainsi dire un appareil de ce genre dans lequel les tuyères sont remplacées par des électrodes.
- Sa hauteur, au-dessus du sol, est d’environ la chambre de fusion, contenant les électrodes, a approximativement 2“xo; c’est la jxartie la plus large ; la partie supérieure, la shaft, a 5“V|0 de hauteur, sur une hauteur de i“îo, immédiatement au-dessus de la zone de fusion, elle a la forme d’un tronc de cône renversé; pour le reste, elle est analogue à celle du haut fourneau ordinaire ; la forme spéciale donnée à la zone de réduction immédiatement au-dessus de celle de fusion a pour objet de diriger la chute de la charge de manière que cette dernière ne puisse venir en contact des électrodes et du revêtement;
- c’est cette disposition particulière, isolant le revêtement dé la charge, aux points où les électrodes le traversent, qui fait principalement la valeur de l’appareil ; elle préserve ledit revêtement d’une dostruction qui se produisait dans tous les types antérieurs.
- L’appareil est alimenté en courants triphasés; il comporte trois électrodes qui traversent là voûte de la chambre de fusion obliquement; ces électrodes convergent vers l’axe du four; leur position est réglée par des guides sur lesquels elles glissent; les inventeurs comptent employer, pour les grands fours qu’ils vont établir quatre électrodes ou plus, en faisant usage de courant diphasé.
- Afin que la voûte ne s’échauffe pas d’une façon exagérée à proximité des électrodes, elle est refroidie par un jet de gaz qu’y dirigentdes tuyères convenablement placées ; ces gaz sont ceux provenant du haut fourneau même; ils sont pris au sommet et chassés dans la chambre de fusion, par un ventilateur électrique, au moyen de tuyères.
- Cette combinaison a non seulement comme conséquence de garantir la voûte, mais encore de procurer une utilisation plus complète du pouvoir réducteur de l’oxyde de carbone, de mieux distribuer le calorique dans la charge du haut fourneau, etc.
- Les électrodes sont, pour le surplus, refroidies elles-mêmes par une distribution d’eau froide passant dans les garnitures qui lesportent; elles sont munies extérieurement d’une enveloppe qui les met à l’abri de l’oxydation.
- Chacune des électrodes est réglée séparément au moyen de volants à main les actionnant à l’intervention d’un tambour sur lequel passe le câble allant au sommet de l’électrode intéressée; en règle générale, le réglage n’est nécessaire que rarement; durant les essais, on a travaillé cinq jours sans avoir à le modifier; il n’y aurait donc aucune utilité à avoir des électrodes à réglage automatique.
- En somme, dans l’ensemble, on peut dire que le four répond aux conditions générales que M. Haanel avait indiquées dans son rapport de 1907, à savoir :
- i° La partie supérieure du four devrait être équipée de manière à permettre l’usage de machines de chargement économisant la main-d’œuvre ;
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- 2* Le four devrait être conçu pour permettre de recueillir et d’utiliser l’oxyde de carbone provenant de la réduction, ce qui implique la mise à l’abri du charbon dans la partie supérieure;
- 3° Les électrodes devraient être réglées automatiquement;
- 4” La cheminée contenant le minerai doit être assez haute pour que l’oxyde de carbone puisse réduire la plus grande partie possible du minerai ;
- 5° Les électrodes ne devraient pas venir en contact direct de la charge, mais être contenues dans une chambre séparée.
- Partant de ces observations, MM. Haanel et lléroult avaient imaginé un haut fourneau électrique où était réalisée complètement, la dernière condition citée. Le four actuel y satisfait également, mais sans que la zone où sont introduites les électrodes se trouve autant en dehors de la zone de fusion.
- Au moment des expériences faites devant M. Ilaanel à Doinnarfvet, le four venait à peine d’être achevé,de sorte que les essais ont été faits dans des conditions très désavantageuses ; la maçonnerie était fraîche et humide et il fallut la sécher et la chauffer avec beaucoup de précautions et beaucoup de lenteur; les pièces constituant la charpente et le mécanisme n’avaient pas encore servi et n’avaient été soumises à aucune épreuve préparatoire.
- D’autres circonstances désavantageuses nuisirent encore au fonctionnement : le minerai traité était très humide; le coke, que l’on utilisa au début comme réducteur, également, il ne contenait pas moins de /to % d’eau ; il n’aurait donc guère été possible, en eût-on même eu le temps, de faire des mesures précises.
- Mais ces diverses circonstances ne pouvaient .affecter que le rendement du four, dans l’étatde perfectionnement atteint par les constructeurs, et il a donné des résultats qualificatifs satisfaisants.
- La descente de la charge se faisaitbien ; l’étranglement surmontant la zone de fusion suffisait à maintenir le revêtement à l’abri de l’attaque des matières; le chargement, tant du minerai que du charbon et du fondant, s’opérait avec la plus grànde facilité au moyen d’appareils semblables ii ceux employés pour les hauts fourneaux.; bien que le mode de circulation des gaz préindiqué ne fût mis en pratique que vers la fin des essais,
- il a été reconnu qu'il est très efficace au point de vue de la réfrigération de la voûte.
- Ces coulées se faisaient sans aucune difficulté, la température étant toujours assez haute pour que le métal restât bien liquide ; bien que les essais n’eussent pas pour but de déterminer le rendement de l’appareil, mais seulement d’en vérifier les qualités industrielles, les qualités pratiques, il a pu être constaté que la production dépassait sensiblement celle observée à Sault-Sainte-Maric; elle a augmenté d’ailleurs graduellement à mesure que le four s’échauffait, davantage.
- Bref, M. Ilaanel est d’avis que ce four est bien approprié aux usages auxquels il est destiné. Il a également noté la très bonne qualité des électrodes utilisées; tandis qu’à Sault-Sainte-Marie, l’électrode s’était brisée plusieurs fois, laissant tomber des fragments dans la charge, celles du haut fourneau Grônwall, Lindblad et Stalhane n’ont souffert d’aucune rupture.
- C’étaient des électrodes de fabrication spéciale, obtenues en comprimant, à la forme voulue, et sous une haute pression, au moyen de machines hydrauliques, la matière servant à la confection, qui n’était cuite qu’après ce moulage, la cuisson se faisant à une température de i aoo° centigrades.
- Indépendamment d’une plus grande homogénéité et d’une résistance mécanique supérieure, ces électrodes sont caractérisées par une conductibilité électrique meilleure que celles des pièces d’autre fabrication; à ce point de vue, elles n’ont d’égales que les électrodes de graphite.
- Les brevets de MM. Grônwall, Stalhane et Lindblad ont été acquis par des capitalistes Scandinaves, ils ont conclu il y a quelques mois un contrat pour la fourniture, à une Société norvégienne, de deux hauts fourneaux de a 5oo chevaux et de deux fours électriques de 6oo chevaux; ecs appareils seront alimentés en diphasés; l’installation, qui sera d'ailleurs augmentée plus tard de quatre fours de chaque catégorie, comprendra également des laminoirs.
- Ajoutons, en terminant, que ces mêmes inventeurs ont aussi récemment obtenu des brevets pour un four électrique à acier, caractérisé par quelques dispositions ingénieuses, et, en particulier, parl’emploi du courant triphasé avec deux
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- électrodes seulement, la sole étant formée de magnésie et de graphite et reliée à la troisième phase.
- Dans ce four, la position des électrodes a pour effet d’imprimer à la masse une rotation sur elle-même dans le sens vertical, de sorte que de nouvelles matières sont sans cesse amenées au contact du laitier, ce qui active beaucoup l’affinage.
- II. M.
- BREVETS (<)
- 4<>o 476, du 22 février 1909, — Sweeney. — Gode télégraphique.
- 400 448, du 8 mars 1909. — Firme Roheut Bosch. — Mode d'agencement des épanouissements polaires dans les magnétos d’allumage à armature en double T.
- 400 399, du 5 mars 1909. — Société d’éclairage électrique. — Procédé d’insolation des conducteurs électriques.
- 4oô 454, du 8 mars 1909. — Société dès usines de Louis de Roll. — Support pour conducteurs aériens.
- 400 649, du 10 mars 1909. — Neu. —(Dispositif de démarrage pour moteurs électriques.
- 400 54o du 9 mars 1909. — Gruvelle. — Coujie-circuit.
- 400 554, du 9 mars 1909. — Gray. — Perfectionnements apportés aux conducteurs électriques.
- 400 600, du 2 mars 1909. — The Meaker. — Appareil galvanoplastique.
- 400 6i3, du 12 juin 1908. — Grand. —Perfectionnements aux lampes électriques.
- 400 684, du 11 mars 1909. — Société Siemens et IIalske A. G.— Système à signaux à lampes incandescentes.
- 400 665, du 10 mars 1909. — .Iacoviello. — Générateur à courant oscillatoire.
- 400 655, du i5 juin 1908. — Keller,— Réglage des circuits alimentaires.
- 400 745, du 12 mars 1909. — Société Salfeter-saure Industrie Ges. m. b. II. — Augmentation
- (>) Liste de brevets concernant l’Electricité, communiquée par M. H. Josse, 17, boulevard de la Madeleine, à Paris.
- du coefficient de rendement des flammes d’arcs à haute tension.
- 400771, du 13 mars 1909. — Société Salpeter-saure Industrie G. m. 1). II. — Four électrique pour le traitement de gaz ou de mélanges gazeux.
- 400 682, du 11 mars 1909. —The silica syndicats Ltd. — Perfectionnements dans les lampes électriques.
- 400 865, du i5 mars 1909. — Damaskinos. — Dispositif de relais à’deux barres oscillantes.
- 400 p44) du 14 août 1908. — Dietl..— Système de communication téléphonique.
- 400 833, du 26 juin 1908. —Benif.r et Weiiiilin.
- — Groupe électrogène.
- 400 880, du 16 mars 1909. — Société Siemens Schuckertwerke G m. b. H. — Coupe-circuit.
- 400 928, du 17 mars 1909. — Haffely. — Application par enroulement sur les cadres, etc., des isolants dont on veut les garnir.
- 4oo 941, du 17 mars 1909. — Plato. — Transformation de plusieurs contacts de courte durée en un contact d’une certaine durée.
- 400 864, du i5 mars 1909. — Grunwald. — Four électrique.
- 400 192, du 11 février 1909 — Etablissements de Dion-Bouton. — Dispositif de rupture pour courant primaire de magnéto.
- 400 216, du 16 février 1909. — Société Aktien-gesellsciiaft Patentbank. — Procédé pour la production d’électrodes d’accumulateurs.
- 400 i .35, du 3 mars 1909. — Société Polyfrequenz Elektricitats. — Appareil pour la production d’ondes électriques de haute fréquence.
- 400 179, du 23 mai 1909. — Grand. — Système d’utilisation économique des courants électriques.
- 400 229, du 20 février 1909. —Murray. —Bouchon fusible pour interrupteur électrique.
- 400 248, du 25 février 1909. — Société Wust A. G.
- — Boîte de distribution pour lignes électriques à haute tension.
- 100 126, du 3 mars 1909. — Carbone. — Dispositif pour enserrer l’arc dans les lampes à arc à longue durée de combustion, particulièrement dans l’emploi de charbons à lumière colorée
- 400 281, du ï mars 1909. — Société Française des électrodes. — Mode de fixation des prises de courant aux électrodes en charbon.
- 400 332, du 2c) mai 1909. — Plassan, —Appareil coupe-circuit avertisseur.
- 400 3oo, du 20 février 1909. — Godefroy. — Système de lampe électrique portative.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Le Conseild’Administration delà Compagnie Continentale Edison et avec lui l’assemblée des actionnaires ont estimé que l’importance des bénéfices réalisés en 1908 autorisait la distribution d’un dividende encore supérieur à celui de l’exercice précédent. Les bénéfices nets de l’exercice i907-igo8s’élèventen elïet à la somme de 4 211 706 fr. 5o,dans laquelle le bénéfice d’exploitation des usines et installations d’électricité entre pour a 307 3ao francs ; le complément soit 1 5oi ao3 fr. 9a provient, ainsi que le fait ressortir le Conseil, du produit de la vente à la Ville ou à des tiers d’une grande partie du matériel et des bâtiments dont la valeur avait été complètement amortie à l’aide de prélèvements opérés sur les résultats des exercices antérieurs. Cette source de bénéfices, ajoute le rapport, n’estpas encore entièrement tarie, mais elle est près de s’épuiser ! Il n’empêche que la prévoyance du Conseil,au cours de la concession, a permis de compter comme des bénéfices nets des sommes qui proviennent de la liquidation d’une partie de l'actif de la Compagnie. Les actionnaires n’ont donc pas à se plaindre d’une gestion dont les résultats se mesurent à la plus-value de 70 % acquise par leurs titres en un peu moins de deux ans et à la répartition d’un dividende de 23 %. Si cependantnous ne considérons pour l’avenir que les bénéfices provenant soit de l’exploitation, soit du portefeuille, nous voyons qu’ils sont encore de nature à assurer des répartitions pouvant varier de 15 à 20 % . Cette supposition 11e tient pas compte des augmentations de recettes que les nouvelles installations faites pour le compte de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité doivent procurer et de celles qui ne manqueront pas de se produire sur l'ancien réseau de la Compagnie Edison. Le rajtport fait connaître pour l’ensemble des secteurs une progression de consommation de i5 % pendant 1908; nul.doute qu’elle ne soit plus élevée en 1909 alors que les canalisations primaires renforcées et les nouvelles sous-stations de transformation du courant haute tension en courant d’utilisation auront été mises en service.
- L’actif de la Compagnie Edison présente cette particularité d’être représenté sur un chiffre total de 17 693 872 fr. 06 par seulement 1 044 402 fr. 86 de
- terrains, bâtiments, matériel et marchandises en magasin ; 3 268 119 fr. 62 sont des espèces en caisse ou en banque qui,joints aux 2 198842 fr. 25 de débiteurs divers, permettent de faire face largement et au règlement des créditeurs divers figurant pour
- 2 520 409 fr. 95,et aux nécessités de la trésorerie. Le surplus,soit près de 11 millions,est constitué par des titres dont un tiers environ en valeur, exactement
- 3 3iio62 fr. 5o, représentent la participation de la Compagnie Edison dans le capital de la Compagnie Parisienne de Distribution; les autres valeurs sont de la rente française, des obligations de chemin de fer français, des bons du trésor allemand, de la rente allemande ou autrichienne et de l’emprunt allemand et prussien. Le produit de ces valeurs de portefeuille est porté au compte de profits et pertes pour 644 214 francs, ressortant ainsi pour un capital de 10991 108 francs à 5,80 % , de sorte qu’on ne sait ce dont il faut davantage féliciter le Conseil : soit de son évaluation prudente des titres, soit de leur choix judicieux; mais il faut tenir compte dans ces produits des bénéfices réalisés sur la vente de certaines valeurs effectuée au cours de l’exercice pour permettre l’achat des actions de la Compagnie Parisienne de Distribution. Au cours de son rapport, le Conseil dit à propos de ces dernières : « comme il est sage « administration de ne pas investir toutes ses disponi-« bilités en une seule valeur industrielle, si solide «qu’elle semble, il se peut que, suivant les circon-« stances et en temps opportun, nous réduisions l’iin-« portance de notre participation ». On ne saurait ne pas souscrire à ces dispositions, tout en souhaitant que les disponibilités fussent appliquées à d’excellentes valeurs industrielles françaises, dont les obligations peuvent subir la comparaison avec les bons du trésor allemand.
- Il est assez curieux de voir la grande Compagnie des Télégraphes du Nord constituer son fonds de réserve dans les mêmes conditions, en valeurs d’Élat, obligations de la Banque hypothécaire de Norvège, obligations de la Ville de Copenhague, et surtout obligations des Téléphones de Copenhague, obligations des Manufactures de sucre danoises, obligations de la Société des bateaux à vapeur réunis des Moulins danois, de la Société des boucheries danoises ; il y a même des obligations de
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- chemins de fer américains. Sans nous appesantir autrement sur le choix de ces valeurs, il nous a paru bon de souligner les tendances d’un Conseil d’administration qui ne le cède pas en prudence à celui de la Compagnie Edison. Sur un bénélice net de io 122 548 fr. 87 le fonds de réserve et renouvellement reçoit 1 388 888 fr. 89 et le report à l’exercice 1909 s’élève à 1 71a 826'fr. 65 ; les actionnaires reçoivent un dividende de 18 % absorbantô 750 800 fr., ou 67 % du bénélice net; mais au passif figurent en fonds d’amortissement, de réserve ou de renouvellement plus de 63 millions, sans compter le fonds spécial destiné à assurer la stabilité des dividendes qui s’élève lui-même à 9347431 francs; l’actif présente en contre-partie 51 millions environ d'immobilisations, 15 millions de participations à d’autres entreprises télégraphiques et 40 millions d’actions et obligations ! Cette situation financière est donc de premier ordre ; mais le Conseil ne peut s’empêcher de signaler que les recettes tendent à diminuer, non du fait de la télégraphie sans fil dont l’usage révèle les grandes défectuosités et le manque de sûreté, mais du fait de la réduction des taxes et de l’expiration de certaines concessions dénoncées définitivement par les gouvernements qui les avaient accordées. La Compagnie des Télégraphes du Nord se sent donc menacée dans son existence même et cherche des débouchés en Extrême-Orient sans y être encore parvenue.
- M. Manchy à l’assemblée de la Société Gaz et Eaux a fait ressortir combien il était fâcheux pour des industries comme celles-là de ne pouvoir obtenir des municipalités des augmentations de tarifs dans le cas où il surviendrait une augmentation « révolutionnaire » de la main-d’œuvre! La proposition était séduisante, mais fort platonique comme résultat, car la tendance est à l’inverse avec la sujétion de la participation aux bénéfices. Il arrive ainsi que des contrats signés sous l’empire de certaines lois et conditions se trouvent notoirement modifiés du fait du prince. En droit strict, il y a là un abus de pouvoir que les Sociétés sont contraintes de subir et dont leurs actionnaires supportent seuls toutes les conséquences. Ainsi la loi sur le repos hebdomadaire coûte 170000 francs à Gaz et Eaux pour une période de trois ans ; la future loi de huit heures lui coûtera 200 000 francs ; et il n’y a guère compensation par les recettes qui se trouvent affectées par les prix du charbon et l’accroissement des salaires. Les recettes électricité arriveront-elles à balancer ces augmentations de dépenses ; elles accusent 33,09 % d’augmen-
- tation d’une année à l’autre; mais le capital d’installation qu’il faut y consacrer ne trouve lui-même que fort juste dans les prix pratiqués la marge de bénéfices suffisante à le rémunérer. Gaz et Eaux a réalisé cette année 791 108 francs de bénéfices nets pour un capital de 10 millions, soit 7,9 % . Les bénéfices bruts étaient de 2 165 682 francs, mais le service des obligations exige 1 o34 600 francs ; le surplus, sauf 189609 francs consacrés aux amortissements des installations en location est absorbé par les frais généraux. L’assemblée a approuvé la répartition proposée qui, après affectation de 5 % à la réserve légale, assure un dividende de 3o francs aux actions et de 33 fr. 33 aux parts de fondateurs. La trésorerie de Gaz et Eaux est très large et ses différents amortissements ou réserves s’élèvent à 5 286 558 francs dont la contre-partie à l’actif se trouve partiellement représentée par 3 890 523 francs d’actions et obligations en portefeuille. Une particularité qu’il y a lieu de signaler puisque le président du conseil a dû y faire allusion à la suite de l’article d’un journal financier, la durée des concessions de Gaz et Eaux est encore supérieure à 33 ans, période nécessaire à l’amortissement des obligations actuellement émises.
- La Société Indo-Chinoise d’Électricité qui exploite les concessions d’Hanoï et d’Haïphong a réalisé en 1907-1908 un bénéfice supérieur de 38 437 francs à celui de l’exercice précédent, provenant d’une diminution dans les dépenses d’entretien. Le coefficient d’exploitation ressort à 47 % , très satisfaisant pour des exploitations à vapeur, et le compte de profits et pertes présente un solde créditeur de 5o3 684 francs. Sa répartition est la suivante :
- 5 % à la réserve légale..................... 25 184 25
- 5 % au capital........................... 140 000 »
- Réserve d’amortissement des actions....... 110 000 »
- Réserve pour fluctuation du portefeuille. . 5 000 »
- Réserve pour augmentation des usines.... 99 000 »
- io % au conseil d’administration............ i2 45o o5
- Dividende supplémentaire.................. 112 000 »
- Report........... 5o 26
- 5o3 684 56
- Ainsi les différentes répartitions absorbent 54 % des bénéfices et les réserves 46 % • Celles-ci atteindront ainsi 824 354 francs, soit près des 3o % du capital-actions porté au passif pour 2800000 francs. La situation financière de la Société- Indo-Chinoise la met à même de répondre aux extensions de. ses réseaux qui prennent un rapide essor dans ces villes d’Extrême-Orient. D. F.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). —N° 31.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Ardèciie. — On étudie le projet d’un tramway reliant Lamastre à. Maelas.
- Côte-d’or. — La création des lignes de tramways suivantes est projetée : i° de Saint-Seine à Aignay ; 20 de Dijon à Beaune; 3° de Dijon à Saulieu.
- Cantal. — Il est question d’établir un chemin de fer électrique de Saint-Flour à Espalion.
- Indre. — On va construire prochainement une ligne de tramways de Valençay à Selles-sur-Cher, par Villen-trois.
- Algérie. — Le Conseil général d'Oran a voté l’avant-projet du tramway électrique d’Oran à El-Anços, avec subvention de 65 ooo francs.
- Russie. — Un groupe de capitalistes demande la concession pour la construction d’un chemin de fer d’une longueur de i 900 verstes pour relier Abdorsk à Ry-binsk. Les dépenses en sont évaluées à 114 millions de roubles qui seraient couverts par une émission d’obligations. La ligne traversera le territoire de Petchora où abondent des richesses minières et forestières.
- ÉCLAIRAGE
- Somme. — La municipalité de Jussy a accordé à M. Martinet la concession de l’éclairage électrique pour une durée de quarante ans.
- Rhône. — La municipalité de Franehevilie a voté le projet concernant l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Dordogne. — La Société du Gaz de Périgueux a obtenu la concession de l’éclairage électrique.
- Doubs. — Le Conseil municipal de Pontarlier demande des concessionnaires pour l'installation de l’électricité.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Sénégal. — La station radiotélégraphique de Dakar a pu commencer dernièrement ses essais de communication avec les postes de télégraphie sans fil du Maroc. La station avec laquelle elle doit être en relations est en construction à Rufisque (Sénégal) et sera bientôt termi-
- née. Dans les colonies du Sud on étudie les emplacements des postes du nouveau réseau qui permettra de relier rapidement, par voie française, la colonie du Congo à la Métropole.
- Etats-Unis. — L’amirauté va construire dans le parc de Rock Creek, près de Washington, un poste de télégraphie sans fil qui sera l’un des plus puissants établis à ce jour et qui lui permettra d’être en communications constantes avec ses navires.La tour aura 200m de hauteur; le pied de la tour aura i6m de diamètre et 2m,5o au sommet. L’installation devra pouvoir transmettre et recevoir des radiolélégrammes dans un rayon de 4 8ookm. Cette installation coûtera environ 3oo 000 dollars.
- DIVERS
- D’après la Circulaire Ilenauld, le Syndicat français de l’aluminium vient d’être signé. On s’est mis d’accord sur un prixdebasede 2 fr. le kilogramme. Les négociations ont été immédiatement engagées avec Neuhausen, et si elles aboutissent, comme tout permet de l’espérer, l’industrie de l’aluminium retrouvera une situation normale.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 27 septembre, à la mairie de Saint-Etienne, fourniture à la Manufacture d’armes de Saint-Étienne d’objets destinés à la confection de matériel téléphonique.
- iur lot — 5o5 magnétos d’appel.
- 2e lot. — 5o5 sonneries treinbleuses.
- 3e lot. — 2 1G0 cordons.
- Les pièces exigées devront parvenir le 10 août, avant midi; les échantillons le 11 septembre, au plus tard.
- Renseignements à la manufacture.
- L’adjudication ouverte pour la fourniture de machines-outils, gros et petit outillage nécessaires aux ateliers de Tourane (Anuain) et qui avait été tixée au 20 juillet est reportée au 10 août 1909.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Offen-bach-sur-M., établissement de tramways, installations de gaz et d’électricité, i5 111 000 marks.
- Prochainement, à l'administration de la ville, à Saint-Andrcasberg, établissement d’installations électriques.
- PtVlfl. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI *7 AOUT 1909.
- Trente-et-Unldme année.
- SAMEDI *7 AOUT 1909. Tome Vil <2° série). - N* Oâ.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- 1/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BEGQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. i6i.— De Baillehache. Sur les systèmes absolus d’unités électriques. Système B (suite), p. i63. — A. Comet. Machines-Outils commandées électriquement (suite), p. 170.
- Extraits des publications périodiques. — Construction de machines. Les balais pour dynamos à grandes vitesses, G. de Sauziîa, p. 177. — Bibliographie, p. 179. — Correspondance, p. 180. — Législation et Contentieux. Un intéressant arrêté du Conseil de Préfecture des Bouches-du-Rhône, P. Boucault, p. 181. — Variétés. Rapport sur l’état actuel de la télégraphie sous-marine, H. Lakose, p. i83. — Chronique industrielle et financière.— Documents d’exploitations. Traction, p. 186. — Chronique financière, p. 188. — Renseignements commerciaux, p. 190. — Adjudications, p. 192.
- ÉDITORIAL
- L’étude de M. de Baillehache, sur les systèmes absolus d'unités électriques, dont nous continuons aujourd’hui la publication, semble venir à son heure, au moment où la question des unités préoccupe légitimement les électrotechniciens et donne lieu à de très suggestives discussions.
- On n’a pas oublié, par exemple, la récente communication de M. Brylinsky à la Société Internationale des Electriciens, ni les observations que ce mémoire a suggérées à M. D. Berthelot (’)
- M. de Baillehache a commencé par poser le problème, en alignant les équations fondamentales qui mettent en évidence l’indétermination qu’il s’agit de lever.
- (*) Bulletin de la Société Intex'nationale des Electriciens, février 1909.
- On se trouve avoir en somme quatre coefficients inconnus, liés par une seule relation : dès lors, pour construire un' système absolu d’unités, on doit recourir à des hypothèses arbitraires.
- Celles-ci sont en nombre infini, mais parmi elles il y en a six qui s’imposent naturellement à l’esprit pour des raisons de simplicité : ce sont celles qui consistent à n’attribuer la signification de grandeurs physiques qu’à deux des quatre coefficients inconnus.
- La deuxième de ces hypothèses, énumérées par l’auteur, lui sert à introduire le système B, dans lequel:
- i° Les coefficients des deux lois de Coulomb sont purement numériques ;
- a0 Le coefficient de la loi de Faraday est égal à l’unité ;
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- 3° Le pouvoir inducteur spécifique est un nombre pur.
- C’est à l’étude des avantages de ce système qu’est consacré le présent article. Après avoir fait le procès des systèmes électrostatique et électromagnétique, qui ne satisfont pas à la condition de « similitude » (c’est-à-dire dans lesquels les lois dépendent des unités choisies), M. de Baillehache fait ressortir que, dans le système B, au contraire, cette condition capitale se trouve remplie.
- Il y a un autre système, déjà connu, „qui admet les deux mêmes hypothèses fondamentales que le système B : c’est le système Gauss-Helmholtz-Hertz ; mais l’auteur rappelle que le plus grand défaut de celui-ci est d’attribuer des dimensions physiques au coefficient de la loi de Faraday ; or, le système B est précisément affranchi de cette tare.
- Enfin, le nombre des formules de dimensions du système B est moitié moindre que celui des systèmes classiques.
- M. Cornet passe en revue les perceuses à commande électrique. Parmi les machines-outils commandées électriquement, celles-ci omptent au nombre des plus intéressantes :
- l’emploi du moteur électrique a même eu pour effet de donner naissance à des types de machines qui eussent été à peu près irréalisables avec les anciens procédés de commande.
- La légèreté des perceuses ordinaires s’accorde parfaitement avec l’équipement électrique, et plusieurs des solutions décrites par l’auteur sont fort élégantes.
- Nous avons extrait des périodiques récents une étude de M. G. de Sauzéa sur les balais en charbon et en graphite pour dynamos à grande vitesse, dans laquelle se trouvent réunis des résultats d’expérience intéressants pour le constructeur.
- Dans nos Variétés, nous commençons la publication du Rapport sur l'état actuel de la Télégraphie sous-marine, do M. H. Larose, dont nous donnerons un aperçu aussi complet que possible, en résumant seulement les calculs parfois très arides qui conduisent l’auteur à ses résultats.
- On trouvera dans le début de ce travail une vue d’ensemble du réseau télégraphique sous-marin, et l’exposé de la loi de T homson-F ourier.
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- SUR LES SYSTÈMES ABSOLUS D’UNITÉS ÉLECTRIQUES
- SYSTÈME B {Suite) (‘)
- § 5. — L’hypothèse i° clu paragraphe 2
- [oc] = o et [pj = o, d’où [k ^ja *] = [LT—l]
- conduit aux systèmes électrostatique et électromagnétique de Maxwell, par l’intermédiaire de deux systèmes théoriques que l’on peut appeler systèmes (L, M, T, Iv) et (L, M, T, [>.). De lamente manière, l’hypothèse 2° du paragraphe 2
- [K] = o et [|a] — o, d’où [ap] = [LT—'J
- mène aux systèmes B et électrodynamique (ou système de Gauss-IIelmholtz-Hertz) par l’intermédiaire de deux systèmes théoriques (L, M, T, «) et (L, M, T, p).
- Pour passer des systèmes théoriques aux systèmes absolus appliqués qui leur correspondent, il suffît de supposer la caractéristique particulière K, p,, a ou P égale à l’unité dans le système correspondant.
- numériques; l’un des deux est une quantité physique. Il s’ensuit aussitôt que le pouvoir inducteur spécifique Kj ou la perméabilit magnétique |a, est une grandeur douée de dimensions. Les grandeurs électriques dans le système électrostatique sont définies en fonction de (L, M, T), mais les grandeurs magnétiques dans le môme système sont définies en fonction de (L, M, T) et d’une puissance de y, ; comme les grandeurs magnétiques dans le système électromagnétique sont définies en fonction de (L, M, T) seulement, le rapport des valeurs numériques d’une meme quantité magnétique évaluée en unités des systèmes électrostatique et électromagnétique est égal à la valeur numérique de la puissance correspondante de ;a.
- L’influence du milieu vient en quelque sorte corriger les dimensions naturelles des grandeurs magnétiques dans le système électrostatique sans agir sur les dimensions na-
- Tableau I
- THÉORIE PRATIQUE
- l'[K]=[K],[ri=[L-*T2K-q,système(L,M,T,K) t K=i,[fj.]=[L“2T2], système électrostatique
- [a]=oet [p]=oj et = 1 et p = 1 <
- ( [H-] =.[|A],[K} =.[L—T-2[J.—1 i, système (L.M.T.u.) ( |A=i, [K]=[L~'2T2], système électromagnétique
- (W=W. [p] = [LT-««-q, système (L,M,T,a) { 0.— 1, [8]=[LT—i], système B
- [K]=o et [(a] = o{ 11 c « tT II 0
- Üp] = [p], [a]=[LT—if}—i], système (L,M,T>t|) (p=i, [a]=[LT~1]î système éîectrodynamique
- Le tableau I montre l’incompatibilité qu’il y a entre les systèmes électrostatique et électromagnétique d’unités électriques cl magnétiques. Du moment que l’on • convient de faire « — 1 et p = 1, il est impossible que les coefficients K et [a soient simultanément
- turelles des grandeurs électriques, et de même elle vient modifier les dimensions des grandeurs électriques dans le système électromagnétique en laissant intactes les dimensions des grandeurs magnétiques. Dans un môme système, les relations physiques entre les quantités électriques et magnétiques sont conventionnelles. Autrement dit,
- (*) La Lumière Electrique,tome VU, (2e série), p. 142.
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- les systèmes électrostatique et électromagnétique ne satisfont pas à la condition, estimée « capitale » par J. Bertrand ('), qu’on appelle la similitude en mécanique et qui a été aperçue pour la première fois par Newton. Dans le système électrostatique comme dans le système électromagnétique, on n’a pas le droit de regarder les formules et les lois comme véritablement indépendantes du choix des unités fondamentales ; si l’on fait varier la grandeur de l’une d’elles, l’évaluation numérique de certaines actions change, tandis que celle d’autres actions n’est pas modifiée.
- Dans le système B, au contraire, comme dan’s le système électrodynamique de Gauss-llelmholtz-FIertz, la condition de similitude est remplie. Les relations que l’on peut établir en combinant les formules de dimensions dans ces deux systèmes ont donc plus de généralité, et, par suite, plus de poids que dans les systèmes électrostatique et électromagnétique. Il est certain d’ailleurs que c’est parce qu’il satisfait au principe de similitude que le système électrodynamique se rencontre assez souvent dans les ouvrages de Maxwell et de lord Kelvin et qu’il est employé actuellement par bien des physiciens dans des questions de théorie pure (2).-
- Remarque. — L’examen des hypothèses 3'’..., 6° du paragraphe a n’offrirait aucun intérêt, car on serait ramené aux systèmes ci-dessus seuls distincts.
- P) J. Bertrand. Sur les unités électriques (Journal des savants, novembre 1882).
- p) C’est ainsi que M. Ladislas Natanson écrit, par exemple, les équations fondamentales de Maxwell-Lo-rentz dans une élude sur la polarisation elliptique (cf. note 1, p. 3):
- H (C!JL 1 _i_ ^
- c \d t l\ R d l ^ _ 1 /àll\ 41c ç)2Se<N/t
- ^ e\()i J c2 d t2
- où c est une constante qui représente, moyennant un choix convenable des unités, la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques dans le vide.
- curl
- curl
- §6. — Entre le système B et le système de Gauss, il y a une différence capitale, tandis que dans le système électrodynamique,
- on a.......................[Q]=[«IT],
- dans le système B, on a . . [Q] — [IT].
- Or, on sait que la présence du coefficient physique a dans la relation entre la quantité d’électricité et l’intensité de courant a été la cause du rejet du système électrodynamique par les électriciens, par suite des complications qui s’élèvent quand il s’agit d’effectuer des calculs numériques :
- pour l’éther ^a=3,io ,0-
- En électricité, pour éviter l’introduction de cette fonction a des phénomènes moléculaires, on convient que l’intensité d’un courant représente la quantité d’électricité qui traverse dans l’unité de temps une section d’un circuit. Si l’on emploie les notations vectorielles, 011 mesure les composantes d’un courant par les quantités d’électricité, rapportées à l’unité de surface et à l’unité de temps, qui traversent des éléments de surface perpendiculaires aux axes des coordonnées.
- !" = [wL*] =[QT-u-
- Ainsi le système B satisfait à une condition en quelque sorte indispensable, puisque tout système absolu qui n’y satisfait pas voit son emploi restreint au domaine théorique (*).
- § 7. — L’établissement des formules de dimensions du système B n’offre pas de difficultés; il est inutile de les écrire directement parce qu’on voit a priori par l’examen du tableau § 5 que les grandeurs électriques y ont les mômes dimensions que dans le système électrostatique et les grandeurs magnétiques les mômes dimensions que dans le système
- (t) On pourrait remarquer aussi que, dans le système de Gauss, la résistance électrique est une constante absolue, de même que la perméabilité et le pouvoir inducteur, que |E| = [I], etc.
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- électromagnétique, à l’exception de la perméabilité magnétique y. et par suite de son inverse la réluctivité v :
- Oi] = U*P“2]-
- Comme y. — i et [g] — [e], ou a :
- [H = [*'“*]•
- L’équation essentielle de tout système d’unités électriques et magnétiques est évidemment l’équation qui traduit en dimensions les relations entre l’Electricité et le Magnétisme. Reprenons-la sous la forme qui lui a été attribuée au § i (équation 3), savoir :
- [W] = [g-1 ml].
- Dans le système B, g est explicité; dans les systèmes ordinaires, g est incorporé soit à m, soit à I. On a identiquement :
- [g-Dw I] =ï [(g-Wi 1] = [m (g-11)] = [mj] = [m VI,
- ms et m sont des grandeurs hétérogènes,, de même que I,„ et I. En revanche, [IJ — [l„] et [/«,»] = [/«„]; Iset I„, tnm et ma sont des grandeurs de mômes natures; leurs unités ne peuvent différer que par une constante numérique.
- Il est manifeste, d’ailleurs, que la notion d’intensité électrique dans lç système électromagnétique est aussi artificielle que la no-
- tion de quantité de magnétisme dans le système électrostatique. C’est pourquoi, en 1881, plusieurs savants, se plaçant à un point de vue rationnel, penchèrent pour l’adoption d’un système électrostatique d’unités électriques. Seulement, l’emploi du système électrostatique C. G. S. pour l’étude des courants industriels aurait conduit à des difficultés que M. Mâche a pu comparer à « celles qu’éprouverait un astronome qui voudrait mesurer les distances planétaires en prenant, au lieu du rayon terrestre, le mètre pour unité ».
- C’est ainsi, par exemple, qu’un courant égal à i dans le système électromagnétique C. G. S. (ou égal à io ampères dans le système dit « pratique ») a sa section traversée par 3o milliards d’unités électrostatiques C. G. S. par seconde.
- Au contraire, la vitesse de propagation du phénomène électrique n’intervenant pas par sa grandeur numérique dans les rapports des unités du système B avec les unités des autres systèmes, on peut dire qu’un courant égal à i dans le système électromagnétique C. G. S. a sa section traversée par i unité B. C. G. S. par seconde.
- Le système B se prête donc aisément au calcul des courants industriels et ses formules de dimensions sont celles qui se conçoivent le plus « naturellement ».
- Tableau II.
- BIMEN510N5 DES PRINCIPALES GRANDEURS ( SYSTEME B)
- (Pour la signi.jieaLion des symboles, prière de se reporter à la légende, p. 169)
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- Remarque. — L’habitude étant de se servir du système O. G. S., j’ai noté seulement ici les dimensions dans le système (L, M, T); mais il est souvent plus commode, par suite de l’élaboration même des systèmes électriques où l’équation (5) paragraphe i joue un si grand rôle, d’exprimer les dimensions en unités (L, M, V); dans ce dernier système, le temps est une notion dérivée des notions fondamentales d’espace et de vitesse :
- [T] = [LV—*].
- Une étude des unités (L, M, V) montre aussi que les équations aux dimensions des grandeurs mécaniques dans ce système suggèrent des interprétations plus immédiates, plus simples et plus rationnelles que les unités (L, M, T). Rien n’empêcherait d’ailleurs de définir la seconde en fonction du kiu, car la terre est aussi bien un étalon de vitesse qu’un étalon de temps, et la vitesse est une notion primordiale qui se conçoit sans le secours d’aucune autre entité (*).
- § 8. — L’un des avantages pratiques d’un système d’équations de dimensions est de fournir la valeur du module do transformation pour un résultat numérique, eu égard aux modules des unités fondamentales. Si l’on a déterminé, par deux procédés différents, l’équation aux dimensions d’une môme grandeur, ces deux moyens ne doivent pas se contredire, car les lois physiques ou mécaniques ne sont, en toute réalité, que des identités entre des forces égaies ou des travaux égaux; les équations de dimensions entre leurs unités ne sauraient donc être incompatibles.
- Pour vérifier, dans le système B, l’homogénéité des formules usuelles, de l’électromagnétisme, il importe évidemment de tenir compte de la caractéristique (3; d’où la
- (') Voir Cii.-Ed. Guillaume. Unités cl Etalons, p. i5, i8g3. — On serait conduit assez naturellement à choisir la vitesse comme seconde unité... Nous avons la notion immédiate de vitesse... une vitesse est une grandeur dont l’existence se conçoit parfaitement sans le secours d’aucune grandeur hétérogène.
- règle simple ci-dessous qui attribue aux quantités électriques, quand il y a lieu, des propriétés électromagnétiques.
- Règle. — Si, dans une formule, une quantité électrique A est reliée à une ou plusieurs quantités magnétiques ou mécaniques (et a fortiori à des quantités électriques et magnétiques), on doit remplacer cette quantité par A (LT-1)”, n étant égal à i (—i), 2 ou (—2), conformément au tableau ci-dessous. Le pouvoir inducteur spécifique est de dimensions milles par rapport aux grandeurs fondamentales : n — o.
- Si la quantité A n’est fonction que de quantités électriques, seules ou accompagnées de quantités mécaniques, il n’y a aucune transformation à faire ; il en est de même si une quantité magnétique M n’est fonction que de quantités magnétiques, seules ou accompagnées de quantités mécaniques. — Pour la perméabilité magnétique, n est égal à 2.
- Tableau III
- grandeurs SYMBOLES n
- Intensité, quantité d’électricité, déplacement électrique r. . . .. . . T, Q, CD g — 1
- Force électromotrice totale, en un point, induite
- Capacité, conductance, conductivité Self-induction, résistance, résistivité, perméabilité G, G, c E, R, p, p-i K, — a
- Pouvoir inducteur spécifique 0
- Exemples. — On écrira :
- a) [Q] = [IT], [E] = [RI], [EIT] = [W],
- [MV] = [J?P], m = \~], [P] = j^~],ctc.
- b) L’équation bien connue <î> = £\ devient
- [<h] — [L»T-*J? L-*TI] = [LT-i ff\\, on a en effet identiquement :
- LàMàT—1] =I LT—1 I.-'T- Ù1VPT-*] = [lÂYRT—1 ].
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- On voit aussi facilement que [©] = [RI2 T]
- (loi de Joule où © donne en ergs la quantité de chaleur créée par le passage d’un courant).
- c) On aura, de même, en appliquant la règle :
- [*] = [I L-* T], [W] = [m IL-* T],
- (4>] = [IL-*m-«], {PLT-*] = [3CLV] (i).
- d) Soit à vérifier l’homogénéité de la loi électrodynamique d’Ampère, il vient :
- [F] = [I2 (L—1 T)2] = [L3 MT—4 L-2T2] — [LMT-*].
- e) Soit à vérifier l’homogénéité de la formule <ï> = [X| HS; on a identiquement :
- r _ î î i
- [*]=[!*, L2T—2 XL2] = |_L—2T2 L2T—2L 2M*T-* L2J
- -31 T
- L2M2T—O.
- /) Vérifions de même la relation B = H, il vient :
- fffl] = [Ij1|L»T-*0C] = [ac].
- g) Vérifions enfin l’homogénéité de la relation donnant en notations vectorielles la valeur de la force électromotrice induite dans un circuit fermé :
- v = ~kfx-i’-
- On peut écrire de suite
- [
- 1 4
- L=M*T-* LT—1
- [t—1L
- 2 M2 T-1 L
- ou
- [l*M*T-*] — [l2M2T-2J,
- etc.
- Ces quelques exemples montrent combien la règle est d’une application facile. Dans la
- (1) On écrit souvent : F = 4n n I, W — 4 n ’n I, a it il I
- tj> — ——— ; dans ces équations, I a un caractère différant intrinsèquement de la grandeur I de la loi d’Ohm.
- pratique, il est inutile de tenir compte de la perméabilité iq puisqu’en multipliant jq] par [(LT"1)*], le produit ost sans dimensions. Mais j’ai tenu à faire figurer dans le tableau [q, afin de préciser que si, en fait, on peut traiter [/,, comme une quantité numérique, il s’agit seulement d’un résultat de calcul.
- Il importe de bien observer que la règle énoncée précédemment est destinée uniquement à faciliter la vérification de l’homogénéité des formules, telles qu’on les rencontre dans les ouvrages d’électromagnétisme. Les véritables relations qui doivent exister entre les grandeurs ne peuvent donner lieu qu’à des combinaisons d’équations aux dimensions du tableau, sans l’adjonction d’aucun correctif. Cette remarque est essentielle pour l’emploi du système B dans les questions où il s’agit de la nature propre des phénomènes électriques et magnétiques.
- § 9. — Le nombre des formules de dimensions du système B est inférieur de moitié à celui que l’on rencontre dans les systèmes classiques. Cela tient à ce que le système B met en évidence le parallélisme parfait qu’on trouve dans la nature, sans d’ailleurs qu’on puisse l’expliquer, entre les actions électriques et les actions magnétiques. Cette symétrie permet de dresser rapidement le tableau des dimensions des grandeurs, de vérifier sans calcul l’homogénéité de formules compliquées (par un simple coup d’œil jeté sur le tableau), dé retrouver en dimensions toutes les relations connues et d’en établir d’autres qui offrent un caractère obligatoire au même degré.
- Le tableau de dimensions montre qu’il est possible de construire un étalon de résistance ou de capacité, mais qu’en revanche il est impossible de réaliser un véritable étalon d’intensité électrique, de champ magnétique ou de force électromotrice. Il est d’accord avec les faits, puisqu’en réalité ces dernières grandeurs sont impossibles à réaliser; ce sont des manifestations consécutives à des ruptures d’équilibre; quand il y a production de courant électrique, c’est qu’il passe un
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- Tableau IV'.
- TABLEAU GENERAL DE5 DIMENSIONS DES GRANDEURS ELECTRIQUES ET MAGNETIQUES .
- DANS LES SY5TEME5 AB5QLU5 THEORIQUES
- SYSTEME (un.T.If)
- ; LiH'"
- Lv tp T
- Q, m, 4’
- ' IDantete de lit* le ta&leau.
- ô-jstme(L,M.T.Kj:[C]:[hK]
- Système T,P) ' [w] [L^ t^1
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- plus grand nombre d’électrons de même signe à travers une section quelconque du conducteur, dans un sens que dans l’autre (*). La présence simultanée dans les molécules d’électrons négatifs (identiques à ceux qui forment les rayons cathodiques) et positifs (révélés par la découverte d’un effet Zeeman inverse) permet de penser qu’il n’y a rien d’artificiel à ce que dans les équations aux dimensions des grandeurs électriques et magnétiques figure l’exposant et même que
- 2
- la présence de cet exposant s’impose comme symbole. La résistance et la capacité seraient des propriétés de la matière, comme l’inertie
- mécanique. C’est bien l’exposant - qui doit
- apparaître, puisque d’après les théories les plus récentes « il paraît plus probable d’admettre dans une même substance l’existence non de groupements d’électrons à trois, quatre, cinq éléments, mais de plusieurs groupements de deux électrons avec des modes de liaison différents » (*).
- Dans le système B, le produit El est en toute rigueur homogène à une puissance mécanique, et le produit EIT représente un tra-
- (J) L état de repos n’est qu’un cas particulier de l’état de mouvement.
- (2) M. Voigt. Betrachlungen über . die komplizier-teren Forraeu des ZeemanelFektes, Annalen der Pliysik, l. XXIV;p. 224, Journal de Physique (4°série), tomeVIII, février 1909.
- vail, comme dans le système électromagnétique. Dans le système de Gauss, le produit El est homogène à une force ; le produit EIT représente une quantité de mouvement. Un examen des formules de dimensions permettrait d’ailleurs d’apporter plus de rigueur dans le langage 'électrotechnique ; on voit qu’il est assez impropre de désigner la grandeur E sous les noms de « force » électro-motrice, de « pression » ou de « tension », qui évoquent des idées de force, de pression ou de tension telles qu’on les conçoit en mécanique : une force électromotrice est constituée par une différence de température, un défaut d’homogénéité ou une action chimique. Mais il est encore plus arbitraire d’appeler la réluctance une « résistance » magnétique et la perméance une « inductance » magnétique, puisque ces grandeurs n’ont vraisemblablement aucun rapport. Le Congrès international des Electriciens, tenu à Saint-Louis en iyo4, a, comme on le sait, refusé de sanctionner l’attribution du nom de « henry » à l’unité pratique de « perméance » en même temps qu’il rejetait l’emploi du nom d’« ampère » pour l’unité pratique de force magné-tomotrice (*).
- (A suivre.) G10 de Baillei-iaciie,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- (') Franck Wolit. The soealled international electri-cal Units (Transactions llie international electrical Congress Saint-Louis, 1904, p. 170).
- MACHINES-OUTILS COMMANDÉES ÉLECTRIQUEMENT (Suite)w
- Parmi toutes les Machines-Outils entraînées électriquement, les machines à percer méritent une mention spéciale, car, ainsi Nqu’on va le voir, l’emploi de l’électromoteur a donné lieu ici aux solutions les plus nom-
- (') La I.umicre Electrique 8 niai, 19 et 26 juin 1909. p. 167, 359 et 3g4.
- breuses, et les plus élégantes. Les machines à percer sont des appareils le plus souvent peu compliqués et qui, pour cette raison, peuvent être combinés avec le moteur électrique d’une façon simple et fort rationnelle. Celui-ci, par sa légèreté, convient parfaitement à ces machines qui sont, en général,
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- en général, légères aussi. On obtient des outils dont la manœuvre est commode et rapide et qui sont susceptibles d’utiliser tous les avantages que le moteur, du fait de sa vitesse facilement réglable dans une large mesure, procure pour l’obtention de hauts
- électrique a donné naissance à des types de machines qu’on pourrait difficilement concevoir avec les anciens procédés de commande et qui rendent aujourd’hui à l’industrie les services les plus précieux.
- Dans les perceuses verticales à colonne
- l'ifcT-
- rendements. Enfin l’électromoteur a permis de réaliser ici des perfectionnements vraiment remarquables. On verra, par les exemples que nous donnons plus loin, notamment en ce qui concerne les pqrceuses à consoles et les pei’ceuses suspendues, que le moteur
- KJ-
- qui sont, on peut dire, le modèle le plus -courant, le moteur est placé, en général, sur le socle delà machine et transmet son effort soit par des roues d’engrenage soit par des courroies. La figure iy montre à ce propos une perceuse américaine de la Cincinnati Ma-
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- chine Tool C° Cincinnali. La base esl prolongée et reçoit un support sur lequel le moteur est posé à bonne hauteur. Celui-ci. entraîne le cône de transmission inférieur à l’aide do deux roues dentées. De là, le mouvement se communique au cône supérieur par une simple courroie. Les perceuses « Cin-
- J ig. ao.
- cinnati » sont des machines robustes et perfectionnées. La colonne île fort diamètre et le montant donnantappui aux cônes de transmission leur assurent une grande rigidité. Elles sont munies d’une commande positive dç l’alimentation par engrenages avec boîte de. changement de vitesse. A l’aide d’un petit levier qu’on apei’çoit sur notre gravure à peu près au niveau de l’entretoise réunissant la
- colonne au montant secondaire, la boite de changement d’avance permet d’obtenir instantanément, pendant la rotation du foret, six vitesses différentes d’alimentation qui varient suivant le type de la machine de 0,15 à 0,99 ou de 0,17 a imm,a4 par révolution de la broche. Ce nombre de révolutions peut aller lui-même de 9 à a63 par minute. La puissance nécessaire dans les moteurs est de 1 1/2 à 3 HP suivant la grandeur de la machine, K!
- La Cincinnati Machine Tool G0 a imaginé en outre un dispositif simple qui permet d’entraîner électriquement ses perceuses à colonnes construites pour la commande par courroie ordinaire. Ce dispositif se compose d’une console démontable que l’on fixe sur le montant secondaire et qui reçoit à son extrémité le moteur électrique. Celui-ci est placé ainsi à mi-hauteur de la machine, sa poulie se trouvant disposée à l’aplomb de celle qui commande le cône de transmission inférieur. Les deux systèmes de commande que nous venons de mentionner ont l’avantage de mettre le moteur bien à l’abri des copeaux.
- Les perceuses verticales à colonne dont la figure 19 donne un exemple sont des outils qui ont fait leurs preuves et qui sont aujourd'hui, également en Europe, de construction courante. La Société suisse pour la construction des Machines-Outils d’Oerlikon en a étudié un modèle dont les dispositions d’ensemble diffèrent peu de celles des machines « Cincinnati ». Le moteur y est placé également sur le socle, mais son axe est situé dans le prolongement de celui du cône inférieur, de sorte qu’il entraîne celui-ci directement, sans organe intermédiaire de liaison. On peut faire usage, soit d’un moteur ordinaire, soit d’un moteur à vitesse variable.
- Mais voici un modèle de perceuse vraiment original et intéressant et dans lequel on trouve une application élégante de la commande électrique. La machine est réduite à ses organes essentiels et le moteur, placé
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- ici au sommet de la colonne et entraînant la broche simplementpar deux pignons d’angle, a permis d’écarter les organes intermédiaires plus ou moins encombrants (fig. au). Il s’agit il est vrai, d’une perceuse simple, inapte à effectuer des travaux de natures diverses ; mais l’outil, malgré cela, possède un haut rendement. Le moteur à vitesse variable qu’il comporte peut communiquera la broche douze vitesses différentes et permettre à celle-ci le perçage de trous d’un diamètre de 4°'m“- La simplicité de ses lignes.
- pouvant être fixée contre un mur. La table est portée par une console qui se déplace sur l’applique au moyen de glissières. Ces machines sont munies de moteurs à courant continu ou à courant triphasé. Dans ce dernier cas la broche peut prendre quatre vitesses différentes.
- Comme exemple intéressant de perceuses à colonne entraînées électriquement, nous mentionnerons encore les machines spéciales Raker brolhers, Toledo (U. S. A.)pour le perçage rapide des bielles de locomotive. Ces
- Fig. ai.
- l’absence de parties saillantes et la robustesse de ses organes rendent cette machine facilement transportable. La colonne peut être montée sur une large base circulaire afin de pouvoir employer l’outil comme perceuse portative sur les chantiers.
- La Société suisse pour la construction des Machines-Outils d’Üerlikon construit aussi des perceuses analogues, comme dispositions, à celles de la figure an, mais dans lesquelles le moteur, au lieu d’être supporté par une colonne, est logé au sommet d’une applique
- machines, qui sont de construction analogue aux puissantes machines à percer, alaiser et tarauder Raker, se composent de deux fortes colonnes portant chacune une broche et mobiles le long du banc (fig. ai). Chaque colonne comporte à sa base un moteur qui la suit dans ses déplacements. L’une des colonnes se déplace mécaniquement et l’autre à la main. La distance maxima d’axe en axe des broches est de a"1,900 et la distance minima de o'",9i.‘>. La puissance absorbée est de 7 HP par moteur. Dans une machine1
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- comme celle-ci la commande électrique est tout indiquée et constitue évidemment une solution parfaitement rationnelle.
- Dans les perceuses radiales on place le plus souvent le moteur à la base de la machine, derrière la colonne portant le bras. Les machines perfectionnées de la Prentice bro-thers C”, Worcester (U. S. A.) (fig. a a) sont
- la colonne une boîte de changement de vitesse par engrenages; celle-ci permet d’obtenir instantanément, par le déplacement de trois leviers, huit vitesses de rotation de la broche. En combinaison avec un train de quatre engrenages monté sur le chariot porte-broche, ces vitesses peuvent être portées à i (i. Les machines « Prentice » possèdent,
- un bon exemple de radiales commandées électriquement. L’adaptation de l’électro-moteur se l'ait ici d’une façon d’autant plus simple que ces machines sont normalement pourvues d’une commande par monopoulie. Il suffit de remplacer cette dernière par une roue dentée sur laquelle vient s’engrener le pignon du moteur Ces machines portent à la base de
- comme on le voit, un haut rendement susceptible d’être encore augmenté par l’emploi de moteurs à vitesses variables. L’alimentation de la broche dérive d’une commande positive par engrenages. Les vitesses d’avance sont au nombre de huit et sont obtenues par déplacement de boutons bien à portée de l’ouvrier. Ces huit vitesses peu-
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- vent être obtenues pendant la marche et vont de o,i4 à in‘,n,37 par révolution de la broche.
- Les perceuses radiales de la Société suisse pour la construction des Machines-Outils d’Oerlikon sont, comme les machines « Pren-tice », commandées par un moteur disposé à la partie inférieure de la colonne et communiquant son mouvement à la machine simplement par un pignon et une roue dentés. Le moteur possède quatre vitesses pour lui seul; à chaque vitesse du moteur correspondent deux vitesses de la broche, ce qui donne, au total, pour celle-ci, huit vitesses
- avec grand avantage dans les ateliers de constructions métalliques et dans les chantiers maritimes. Elles peuvent être fixées partout, contre un mur, sur une colonne, sur un montant supportant une toiture, etc... Elles sont très appréciées dans les travaux à effectuer hors des batiments principaux d’usine, là où on ne peut disposer d’outils plus commodes, tels que les perceuses suspendues dont nous parlons plus loin.
- La figure montre une perceuse de ce genre à double console pouvant être fixée contre un mur par une applique. Le moteur
- Fig.
- différentes. Les changements de vitesse s’opèrent instantanément, même pendant le travail.
- On peut ranger parmi les perceuses radiales un type spécial de machines que construit la maison suisse et qui mérite indubitablement de retenir l’attention. Ce sont des perceuses supportées par des consoles mobiles, dans 'lesquelles le moteur suit les mouvements de la broche, et qui rendent les services les plus précieux lorsqu’il s’agit de percer des trous en très grand nombre dans des pièces peu transportables. On les emploie
- est logé, comme on le voit, sur la console extrême et transmet son effort à la broche par une tige horizontale et des pignons coniques. Le moteur est situé sur l’axe qui passe par les appuis de la console extrême, ce qui diminue autant qu’il est possible l’inertie de cette dernière. Les appuis inférieurs des consoles sont montés sur billes de telle sorte que la broche peut être, par une manette visible sur la figure,-amenée rapidement et sans la moindre fatigue dans toutes ses positions. La broche, elle-même, tourne avec grande douceur et sans trépida-
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- tions même par les plus grandes vitesses du moteur; son avance est réglée par un levier commandant une crémaillère par l’intermédiaire d’un pignon denté. La broche possède un contre-poids qui la ramène automatiquement dans sa position première dès qu’on cesse de faire pression sur le levier. Dans cette machine, la distance maximum de la broche à l’applique est de i'",fioo, mais la Société suisse pour la construction des Machines-Outils d’Oerlikon construit aussi des machines à triple console disposées de façon analogue et dans lesquelles cette distance peut atteindre 2m,aoo.
- Lorsque les perceuses à consoles sont posées sur une colonne spéciale, celle-ci reçoit une forme cylindrique et la première console prend appui sur la colonne par un manchon pouvant tourner librement autour d’elle, de sorte que la broche peut effectuer autour de la colonne une révolution complète. Ce manchon est susceptible d’être déplacé verticalement à la main.
- Les perceuses à console sont d’un usage fréquent pour le perçage de trous dans le marbre ou l’ardoise employés dans les revêtements ou les tableaux de disti’ibution d’électricité ; on les munit alors d’un dispositif de réglage électrique du nombre de tours et d’un réducteur de vitesse.
- A cause de leur relative simplicité et de la nature du travail qu’elles ont à fournir, les machines à percer se prêtent d’une façon toute particulière à la construction de machines transportables. Les solutions créées ici affectent, comme on va Je voir, une
- grande diversité et l’électromoteur en facilitant et en développant l’emploi de ce genre d’outils a procuré dans beaucoup de cas une forte l’éduction de la main-d’œuvre, tout en permettant d’accomplir un travail bien plus précis.
- Les plus simples de ces appareils sont des perceuses à colonne de construction sobre et exemptes de parties saillantes, afin de pouvoir être transportées facilement sans crainte d’avaries. Elles sont munies d’une base résistante permettant de les fixer solidement au sol de l’atelier et se transportent d’un point à un autre tout simplement à l’aide d’un pont roulant, La figure 20 donne un exemple de perceuse simple susceptiblo d’être employée, soit comme machine fixe, soit comme machine transpoi'table.
- Pour réduire le poids à déplacer, ces machines se construisent souvent en deux parties indépendantes, l’une comprenant la colonne et les organes actifs de la perceuse et l’autre le socle de la machine. On ne transporte alors que la colonne et les organes qui y sont rattachés. On possède aux Etats-Unis des perceuses radiales construites d’après cette idée par la Bickford Drill et Tool G0 Cincinnati. Elles sont munies d’un moteur de 5 chevaux à axe vertical placé au sommet de la colonne. Le bras de la machine porte, tout près de la colonne, au centime de gravité de l’ensemble des pièces à transporter, un solide crochet permettant d’enlever celles-ci pour les fixer plus loin dans un autre pied ou dans tout dispositif ménagé à cet effet.
- (A suivre.) A. Comet.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- CONSTRUCTION DE MACHINES
- Considérations et résultats d’expériences sur les balais en charbon et en graphite pour dynamos à grande vitesse. — G. de Sauzèa. — Bulletin de l’Institut Electro-technique Monte flore, mai 1909.
- La vulgarisation des turbines à grande vitesse introduites depuis quelque temps dans l’industrie a sensiblement modifié les conditions de fonctionnement et, par suite, la construction des dynamos à courant continu. Les constructeurs se sont heurtés à des difficultés d’un ordre tout spécial dans la réalisation d’une commutation satisfaisante, et tels balais de charbon, qui donnaient.de bons résultats sur une machine à faible ou même à moyenne vitesse, n’ont pu répondre aux exigences d’une rotation un peu rapide.
- L’auteur ne parle ici que des machines de grosse puissance et dont la vitesse dépasse 1 000 tours par minute.
- Dans l’ordre d’idées dont il s’agit, la vitesse périphérique seule du collecteur est intéressante. Tant que cette vitesse ne dépasse pas i5"‘ par seconde, les balais de charbon offrent, au point de vue mécanique, une résistance très suffisante et, au point de vue électrique, assurent une bonne conductibilité et une bonne commutation, toutes conditions remplies par ailleurs. Mais à des vitesses comprises entre i5m et 35m par seconde, ces qualités disparaissent et l’emploi du graphite tend à s’imposer. La masse et l’inertie des balais, tant en charbon qu’en graphite, et les légères dépressions du collecteur ont pour effet, aux grandes vitesses, de les faire sautiller sur celui-ci, de nuire par conséquent à la régularité des contacts et de créer dans le circuit des résistances supplémentaires nuisibles.
- On rencontre donc ici une difficulté : c’est celle d’atténuer ces vibrations au moyen d’une pression
- calculée de façon à ne pas provoquer l’usure trop rapide, soit des balais s’ils sont en charbon, soit du collecteur si les balais sont en graphite. Il faut, par conséquent, se garder d’augmenter par trop la pression des balais sur le collecteur, quoique cela ait pour effet de faire baisser sensiblement la résistance de contact.
- Des diagrammes établis par l’auteur donnent les valeurs de cette résistance en fonction de la densité de courant et de la pression sur le balai, dans le cas d’un charbon dur ou d’un charbon tendre.
- A titre d’indication, nous relèverons sur les diagrammes les groupes suivants de valeurs correspondantes. (Tableau I).
- Taui.eau I
- CHARBON CHARBON
- DUR TENDRE
- •
- Densité de courant (amp./cm2). I ,,5 5
- Pression sur le balai (kg/cm2). 0,1:3 0,175 0,2 0/2
- Résistance de contact (ohms). o,G 0,2 o,2& 0, i5
- Il est évident que les variations de pression n’ont qu’une importance relative quand celle-ci est grande; il n’en est pas de môme au point de vue d’un bon contact quand elle est faible. Dans le premier cas, les deux quantités, pression et résistance de contact, sont presque indépendantes l’une de l’autre, quoicjue la dernière soit fonction du degré de dureté du charbon.
- La vitesse périphérique du collecteur joue aussi un rôle important, au double point de vue électrique et mécanique.
- Point de vue électrique, : d’une façon générale, la résistance augmente beaucoup avec les valeurs de la vitesse et il paraîtrait que la courbe affecte une allure hyperbolique qui se relève beaucoup.
- La chute ohmique dans le balai est particulièrement fonction du degré de dureté de celui-ci. Le
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- tableau montre entre quelles limites étendues elle varie.
- Tableau II
- QUALITÉ DU CHARBON TRÈS DUR DUR TENDRE TRIOS TENDRE
- Chute ohmique en volts (négative + positive) 2,4 t\ .1 2 Ù 2,4 1,4 à 2 0,9 à i,4
- Ce tableau suffit pour estimer la perte par effet Joule dans le balai, qn’on peut considérer comme étant le produit de la chute ohmique par l’intensité du courant.
- Il est préférable, dans le cas de charbons tendres, de ne pas adopter une densité de courant supérieure à 5 ampères par centimètre carré. Les limites ordinaires de cette valeur sont 4 et n ampères par centimètre carré, quoique certains constructeurs n’hésitent pas à reculer la limite supérieure jusqu’à 3o ampères par centimètre carré.
- La pression sur le balai est comprise entre okg, i et oks,a5 par centimètre carré, valeurs généralement suffisantes; cependant, pour des machines sujettes à des vibrations ou à des secousses (moteurs de tramways), il n’est pas rare de voir cette valeur s’élever à okg,5 par centimètre carré.
- Au point de eue mécanique, la vitesse périphérique est un facteur dont il faut tenir compte dans les pertes par frottement. Celles-ci sont encore fonction de la pression sur les balais et du coefficient de frottement qu’on peut évaluer à o,i5 entre surfaces cuivre et charbon à la pression de okg,25o par centimètre carré pour un charbon tendre. Il va de soi que ces pertes croissent avec la vitesse et plus rapidement que la résistance électrique de contact.
- Mais ici se présente une difficulté de construction assez grande. La conséquence des considérations précédentes est la suivante : pour réduire les pertes par frottement, on réduit le diamèti’e du collecteur, donc la vitesse périphérique. Pour ne pas exagérer la densité de courant sous les balais, on en arrive à allonger leurs lignes ainsi que le collecteur. Dans cette voie la limite est donnée par la question d’encombrement et l’on risquerait fort de tourner dans un cercle vicieux, si, comme il est dit plus haut, on n’avait pu réussir à fabriquer des balais en graphite ou en charbon graphitique pour lesquels une densité de 3o ampères par centimètre carré n'est pas exagérée, ce qui permet de réduire notablement
- la surface de contact et par suite les pertes par frottement.
- Il sera prudent de se guider dans le choix des balais de charbon d’après les considérations suivantes :
- Un balai de charbon doit être dense, homogène et légèrement lubrifiant. A cet effet, on mélange pendant la fabrication un peu de vaseline à la pâte. La paraffine donne de mauvais résultats, étant un isolant.
- Les balais trop durs creusent les lames du collecteur, et, de même que les balais poreux, se désagrègent sous l’effet des vibrations et de la vitesse.
- Les balais en deux pièces, cuivre et charbon accolés, se déforment par suite des différences de dilatation de ces deux matières.
- Un mélange intime de charbon et de poussières de cuivre ne donne pas de bons balais, mais est très utilisable sur les bagues collectrices, à cause de sa haute conductibilité.
- Pour les vitesses faibles, les pertes par frottement sont peu importantes ; un coefficient de frottement élevé n’est donc pas très désavantageux. Mais, aux grandes vitesses, il faudra réduire ces pertes autant que possible. Un charbon tendre sera donc préférable au point de vue électrique et mécanique, quoique son emploi se trouve limité par le fait de son usure rapide. Il abandonne aussi des particules de charbon qui occasionnent des étincelles. Une autre limitation de son emploi réside dans sa haute conductibilité comparative, car, pour une machine ayant une tension réactive assez élevée, il est nécessaire que les balais offrent, transversalement h la direction du courant, une certaine résistance permettant une bonne commutation. Il résulte de cela qu’il n’est pas toujours possible défaire usage de balais en charbon tendre dans le but d’obtenir les avantages que procurent une faible surface et un coefficient de frottement réduit.
- Il faut, d’après Molnau (Elelctrotechnisché Zeitschrift), rejeter les balais contenant un alliage quelconque d’étain ou de métal antifriction. A une certaine température, cet étain dépose sur la surface du collecteur une couche d’oxyde qui augmente la résistance de contact.
- En résumé, le balai idéal devrait satisfaire à des conditions assez contradictoires. On fera donc dans chaque cas, tout en respectant les règles fondamentales, choix du balai qui s’adaptera le mieux à une marche économique, quitte à faire le sacrifice des petites pertes qu’il occasionnera et qu’on ne pourrait d’ailleurs presque jamais éviter.
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- Nous donnons (Tableau III) à titre documentaire les Tableau III
- 425 t/m 2 500 t/m
- 20 27
- ïV» m
- 1 200 04
- o,53 i,3
- 1000 1000
- 1 7
- 2 2
- 2000 2000
- i3 35
- 1,2 2,5
- I 200 2 500
- 3 200 4 5oo
- 85. 56
- 38 80
- Diamètre rîuoommutateurcn centimètres. Longueur des lames en centimètres....
- Nombre des lames......................
- Largeur des lames plus isolement à la
- périphérie en centimètres...........
- Intensité du courant en ampères.......
- Densité de courant à la surface de contact en ampères : cm2.................
- Chute de tension au contact des balais
- (positive plus négative) en volts...
- Perte par effet Joule au contact des balais
- en watts............................
- Vitesse périphérique en mètres par seconde.................................
- Perles par frottement en watts par ampère Perte totale en watts par frottement... Pertes totales du commutateur en watts. Surface cylindrique en décimètres carrés. Watts par décimètre carré.............
- dimensions des commutateurs de deux machines de
- 5oo kw. à 5oo volts tournant Tune à i*5 et l'autre à % 5oo tours par minute.
- Voici trois types courants de balais pour dynamos à grande vitesse et qualifiés de balais Gompound.
- Le balai « Galvano », qui nous vient de Berlin, composé de couches alternées et comprimées de poussières de charbon et de cuivre. On peut obtenir divers degrés de conductibilité suivant qu'on donne aux couches de l’une ou l’autre matière une importance prépondérante.
- Le balai « Morganite », anglais, présente la particularité d’offrir une résistance transversale de 16000 ohms, grâce à une disposition particulière des grains de charbon.
- Un troisième type est composé d'une lame de cuivre disposée en avant d’un cube de charbon et faisant un certain angle avec lui. La lame de cuivre est dite lame pilote et c’est dans le charbon que passe le courant normal.
- M. G.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Le Monteur électricien, par Bar»i et Montpellier, troisième édition entièrement refondue, par E. Marée, ingénieur électricien, chef d’atelier à l’Ecole supérieure d’Eleclricité de Paris. — i volume in-i8 de 5o4 pages, avec 286 figures.— J -B. Baillière et fils,éditeurs, Paris. — Prix : cartonné, 5 francs.
- Les ailleurs ont cherché à faire un ouvrage élémentaire au point de vue théorique, mais plein de renseignements pratiques.
- Cet ensemble de connaissances, si nécessaire au personnel chargé du montage et de Pexploitation des installations, pourra, du reste, être également consulté avec fruit par les ingénieurs possédant une instruction théorique approfondie, mais souvent embarrassés par des détails de pratique courante.
- Des figures nombreuses et claires aidant à la lecture, M. Marée a fait de ce côté un effort sérieux, simplifiant les schémas, modifiant la presque totalité des anciens dessins et en ajoutant un grand nombre.
- Le chapitre relatif au couplage des machines a été profondément transformé.
- Le premier chapitre, consacré aux notions préliminaires, présente les principes des phénomènes électriques dans un langage qui est en [même temps accessible à tous et rigoureusement exact au point de vue scientifique.
- Dans les chapitres relatifs. aux dynamos à courant continu, on présente clairement au lecteur le fonction nement de ces machines.
- Les nombreuses données pratiques sur les lampes à arc et «à incandescence, sur les appareils accessoires de toute installation, sur la construction, rétablissement et les essais des canalisations aériennes et souterraines, extérieures et intérieures ; sur les alternateurs mono et polyphasés; sur les moteurs électriques; sur les systèmes de distribution, etc., constituent autant de monographies où le praticien pourra trouver facilement des renseignements dont il peut avoir besoin pour l’exécution des installations, leur mise en service et leur entretien.- — -
- Le volume se termine par un exposé des premiers sccourr à donner aux victimes des accidents.
- J. R.
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- VOLUMES REÇUS
- The connection of heat from small copper wires, par H.-B. Kennelly, C.-A. Wright et J.-S.
- van Bylevelt. — Extrait de American Institute ofElec-Irical Engineers, New-York.
- Stroboscopic measurements of alternating-current frequency with electric lamps, par A.-E- Kennelly. —Extrait de VElectrical World, New-York.
- The influence of frequency on the équivalent circuits of alternating-current transmission Unes, par A.-B. Kennelly. — Extrait do VEleclrical World, New-York.
- Die Transformatoren ihre Wirkungsweise, Konstruktion, Früfung und Berechnung, par le Dr G. Benischke. — i volume in-8° carré de 220 pages avec 218 ligures. — Fkikd. Vieweg und Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 9 marks; relié, 10 marks.
- Jahrbuch der Elektrochemie und angewand-ten physikalischen Chemie, par W. Nernst mul W. Borchers. — 1 volume in-8° carré de 1 049 pages, avec 114 ligures. —Wilhelm Knapp, éditeur, Halle a. Saale. — Prix : broché, 3o marks.
- Die mechanische Beanspruchung raschlau-fender Magnetrâder, par Ch. A. Werner. — 1 volume in-8° carré de q5 pages avec 47 ligures'. — Wilhelm Knapp, éditeur, Halle a Saale. — Prix : broché, 4 m. 5o.
- Mitteilungen über Forschungsarbeiten, n° 71. — Brochure in-8° Jésus de 48 pages avec 2.5 ligures. — Julius Springer, éditeur, Berlin. — Prix : broché, 1 mark.
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart, par C. Hersen und R. Hartz. — 1 volume in-8° carré de 63 pages avec 46Jigures.— Fried. Viewegund Sohn, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 2 ni. 5o.
- Rapports de l’Office National du Commerce extérieur. — I volume in-8° carré de 148 pages. — 3, rue Feydeau, Paris.
- Hefnerlampe und Zehn - Kerzen - Dent an -lampe, par E. Brodhun. — Extrait de 1 ’Eleklro-technische Zeitschrift, Berlin,
- Uber die Anwendung des Quadrantenelek-tronxeters zu Weehselsti'ommessungen, par
- E. Orlich. — Extrait de 1’ Elektrotechnische Zeitschrift, Berlin.
- Messung des Rücksti'omes in Quecksilber-gleichrichtern, par Günther Schulze. — Extrait de PElektrotechnische Zeitschrift, Berlin.
- Versuche an Quecksilber-Gleichrichtern, par Günther Schulze. — Extrait de Y Elektrotechnische Zeitschrift, Berlin.
- Sulla pi'oduzione di campi ciclici permezzo di oscillazioni smorzate nei dispositivi di Artom, par O.-M. Corbino. — Extrait du Nuoro Ci-menlo, Florence.
- Ein empttndlicher Tourenregler fürElektro-motoren, par E. Giebe. — Extrait du Zeitschrift fur Jnstrumentenkunde, Berlin.
- Sammlung von elektrotechnischen Zeich-nungen und Diagrammen, par F. Niethammer. — Extrait de Y Elektrotechnik und Muschinenhau, Vienne.
- La technique pratique des courants alternatifs, tome II, par G. Sartorl, 2e édition Iran y ai se traduite de l’italien par J.-A. Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 644 pages avec 287 ligures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix; broché, 20 francs, cartonné, 21 fr, 5o.
- CORRESPONDANCE
- Poitiers, le 27 juillet 1909.
- Monsieur,
- En insérant dans votre numéro du 2.4 juillet 1909 ma
- lettre du 16 mars 1909 ..........................
- vous pensez avoir le droit de me traiter in fine de chien ahoyeur.
- 11 me semble que les aboiements se sont plutôt trouvés, dans le cas actuel, du côté de la Lumière Elec-trique qui, dans ses numéros des 20 février, i3 mars et 3 avril 1909, n’a cessé de m’attaquer sans même vouloir me laisser répoudre.
- C’est, une façon tout au moins singulière de comprendre l’association fraternelle des efforts de tous les hommes désintéressés et consciencieux dont vous vous dites partisan.
- Je vous prie de bien vouloir publier ce mol de réponse à votre dernière réflexion, plutôt malsonnante.
- A. Turpain,
- Professeur à V Université de Poitiers.
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- 7 août 1909,
- REVUE D’ÉLECmiCITÉ
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- y
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Un intéressant arrêté du Conseil de Préfecture des Bouches-du-Rhône.
- Le 16 juillet 1909, le Conseil de Préfecture a rendu un arrêté qui solutionne, d’une façon très juridique, le conflit assez étrange qui s’était élevé entre la Compagnie d’Électricité de Marseille d’une part, et, d’antre part, la Ville de Marseille et la Compagnie du Gaz et d’Electricité de cette dernière ville.
- Avant de donner le texte de l’arrêté, il est nécessaire d’expliquer en quoi consiste le différend.
- La Compagnie d’Electricité de Marseille, concessionnaire sans monopole de la Ville pour la distribution de l’éclairage électrique et de l’énergie, se plaignit un jour de ce que la Société du Gaz et d’Electricité de Marseille, concessionnaire également sans monopole, 11e produisait pas le courant elle-même et s’adressait pour avoir une fourniture en gros, et la revendre en détail, à la Compagnie d’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Elle allégua qu’ayant elle-même construit des usines de production, étant obligée de les entretenir, elle était de ce chef dans une situation d’infériorité vis-à-vis de la concessionnaire précédemment installée qui recevait son courant d’autre part, et, comme il y avait eu des autorisations municipales de voirie pour permettre le raccordement entre celle-ci et l’Energie du Littoral, elle assigna la Ville en suppression de cet état de choses, et en paiement de mille francs d’astreinte par jour de retard.
- Tout d’abord une question de procédure ou de pure forme se posait, sans importance d’ailleurs aujourd’hui, puisque l’arrêté a rejeté au fond, d’une façon complète, toutes les prétentions delà Compagnie d’Electricité, mais intéressante néanmoins au point de vue théorique pour tous les spécialistes qui s’occupent de questions identiques.
- Peut-on assigner une commune en paiement d’une astreinte (* *), et celte forme de demande, si
- (') Tout le monde sait ce que signifie ce terme juridique : c’est une condamnation à payer une certaine somme fixée par le tribunal, tant que la cause d’un dom-
- connuedans la juridiction n’est-elle pas interdite devant la juridiction ordinaire administrative ?
- 11 ne faut pas perdre de vue que les tribunaux administratifs sont compétents pour apprécier si le fait accompli, ou toléré par la Commune et dont se plaint un particulier ou un autre concessionnaire, ouvre vraiment la porte à un droit à indemnité, pour le passé; il arbitre le quantum du préjudice souffert; mais on reconnaît d’une façon unanime, au moins en matière de travaux publics, que la juridiction administrative ne serait pas compétente, pour apprécier, à forfait, le préjudice qui pourrait se perpétuer, dans le futur, comme conséquence des faits qu’elle juge dommageables par le passé; elle est même incompétente pour ordonner les travaux susceptibles de corriger ce dommage ; car la doctrine et la jurisprudence estiment qu’un tribunal, même administratif, n’est pas Y Administration; qu’un Conseil de Préfecture ne peut pas devenir une sorte de Conseil municipal, disposant des finances de la commune pour effectuer un ouvrage quelconque (*).
- S’il en est ainsi, il nous i>arait évident qu’un Conseil de Préfecture n’aurait jamais pu mettre la Ville en demeure, au moyen de cette menace que constitue l’astreinte, d’enlever les autorisations qu’elle avaitdonnées à l’Energie du Littoral, il 11’aurait pu que réserver l’avenir et dire que, si la cause du préjudice n’était pas enlevée, il fixerait plus lard le dommage subi, par une série d’instances annuelles ; la procédure suivie et les fins de l’assignation de la Société d’Electricité paraissent donc contraires à la pratique et à la compétence administrative.
- mage n’est pas supprimée; le tribunal judiciaire prononce souvent des condamnations de cette nature, et ajoute qu’au bout du délai fixé, (le plaignant pourra se faire justice à lui-même, en effectuant les travaux aux frais de celui qui est l’auteur du! trouble.
- (*) Sur ce point, consulter une jurisprudence extrêmement abondante dans Dalloz, Code des lois administratives annotées, v° Travaux Publics, nos 526 et suiv., consulter aussi un arrêt du Conseil d’Ëtat du 11 novembre i88t (Dalloz, 1883, J, 20) qui décide aussi, même dans le cas où le défendeur aurait pris l’engagement d’exécuter un travail.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). *— N° 32.
- Mais, cette remarque faite, quelle devait être, au fond, si elle voulait réussir dans son procès, l’obligation qui pesait sur la Société d’Elec-tricité ?
- Elle devait prouver deux choses :
- i° Qu’elle-même était tenue, par son contrat, de produire son électricité par ses propres moyens.
- 2° Que la Ville elle-même devait également et pouvait forcer les autres Compagnies, et notamment la Compagnie du Gaz, à produire elle-même l’électricité dans Marseille ou au dehors.
- Sur le premier point, il ne nous appartient pas de prendre parti, puisque nous n’avons pas sous les yeux le cahier des charges de la Société demanderesse; nous constatons seulement que le Conseil de Préfecture, qui l’a lu certainement, n’y a pas vu cette obligation puisqu’au contraire il dit en toutes lettres : « Que la Compagnie de-,« manderesse n’est pas fondée davantage à pré-« tendre que la Ville? en tolérant les emprunts « de courant, a manqué à son engagement de « maintenir entre les concessionnaires l’égalité
- « de traitement.... puisque la Ville ne s’est
- « jamais opposée et déclare ne pas s’opposer à ce « que la Compagnie demanderesse emprunte le « cas échéant le courant à un tiers. »
- Quant à la seconde obligation de la Ville, consistant à exiger .de la Société du Gaz et d’Electricité qu’elle produisît son courant elle-même, il parait difficile de la considérer comme fondée.
- On remarquera d’abord que celte obligation n’est plus du tout dans l’esprit même des concessions d’énergie; il suffit pour cela d’ouvrir le cahier des charges-type du 17 mai 1908 dans ses articles 7 et 8, pour voir que l’on peut facilement ou faire son électricité soi-même, ou s’entendre avec des tiers, pour en obtenir la fourniture, et pour qu’un cahier des charges opposât une pareille obligation à une Compagnie concessionnaire, il aurait fallu que des termes formels, catégoriques, mettant cette obligation en vedette et hors de doute, eussent été employés. Or, on n’en trouve aucun. Sans doute, à divers articles « rachat, déchéance, abandon et fin de concession », il est dit que la Ville fera sienne les propriétés immobilières de l’usine, mais on 11e saurait voir dans ces clauses,extrêmement générales, une obligation catégorique.
- Le cahier des charges de la Société du Gaz et
- d’Electricité, ayant été signé avant celui de la Société d’Electricité, cette dernière ne pouvait donc pas dire qu’elle avait, en signant à son tour ses propres accords avec la Ville, compté sur une obligation formellement imposée à sa concurrente, de produire le courant, et c’est ce que le Conseil de Préfecture a parfaitement bien compris.
- Paul Bougault,
- Avocat ùjla Cour d’Appel de Lyon.
- Texte de l’arrêté. — La Compagnie d’Elee-tricité contre la ville dé Marseille. Conseil de Préfecture des'Bouches-du-Rhône. (16 juillet 1909).
- Considérant que la Compagnie d’Electricité de Marseille, concessionnaire de la distribution et de la vente de l’énergie électrique pour l’éclairage, le chauffage et autres moyens industriels, expose que la Société du Gaz et de l’Electricité, qui a obtenu de la Ville pareille concession, emprunterait sans droit le courant à la Compagnie de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, avec le consentement de la Ville de Marseille qui, à cet effet, aurait donné toutes les autorisations de voirie nécessaires, contrairement aux conventions des 28 juilletetSjaoùt igo5, qui assurait aux concessionnaires l’égalité de traitement, que la Compagnie demanderesse conclut à ce que les-dites conventions soient interprétées en ce sens, que chaque concessionnaire est tenu de produire l’énergie électrique et que tout producteur, auquel il s’adresserait, devrait être considéré comme un concessionnaire déguisé ou occulte ; qu’enlin ladite Compagnie demande qu’il soit fait défense à la Ville, sous peine d’astreinte de mille francs par jour et sous réserve de dommages-intérêts à fixer par état, de tolérer les emprunts d’énergie électrique faits par la Compagnie du Gaz et de l’Électricité à la Compagnie du Littoral Méditerranéen, ou à toute autre Compagnie.
- Que d’autre part, la Ville et la Société du Gaz et de l’Electricité soutiennent qu’aux termes des conventions précipitées les concessionnaires sont tenus de fournir, mais non de produire l’énergie électrique, que, d’ailleurs, la Compagnie du Littoral Méditerranéen ne remplit pas le rôle d’un concessionnaire occulte et que la demande n’est pas fondée.
- Considérant qu’il résulte de l’examen des conventions susvisées des 28 juillet et 8 août igo5 qu’aucune de leurs dispositions ne fait défense aux concessionnaires d’emprunter du courant à d’autres Sociétés, que les différents textes signalés dans sa requête susvisée du 3o juin 1908 par la Compagnie demanderesse, et dont elle tire argument en faveur de sa thèse, ne renferment aucune clause précise et concluante, quant à la défense qu’il s’agit, que si on recherche, à défaut d’un texte formel, le sens et
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- l’esprit des conventions passées entre les parties et leur commune intention, rien n’indique que la Ville ait voulu ôter aux concessionnaires le droit d’emprunter du courant à des tiers, et que les concessionnaires aient entendu renoncer à la faculté d’en emprunter, qu’on est même conduit à l’interprétation contraire, quand on remarque que l’obligation de produire, stipulée quant au gaz dans la concession de la Société du Gaz et de l’Electricité, ne se trouve pas reproduite dans la partie de la Concession spéciale à l’électricité.
- . Considérant que la Compagnie demanderesse n’est pas fondée davantage à prétendre que la Ville, en tolérant les emprunts de courant faits par la Société du Gaz et de l’Electricité et là Compagnie du Littoral Méditerranéen, a manqué à son engagement de maintenir entre les con cessionnaires l’égalité de traitement et laissé ainsi un concessionnaire occulte s’établir à Marseille, que là Ville, en effet, ne s’est jamais opposée et déclare ne pas s’opposer àce que la Compagnie demanderesse emprunte, elle-mêmé, le cas échéant, le courant à un tiers, que, d’autre part, il résulte de l’instruction que, si la Société du Littoral Méditerranéen cède de l’énergie électrique à la Compagnie du Gaz et de l’Electricité, ladite Société exerce son industrie à Marseille, au moyen d’une usine et de
- * •
- canalisations qui lui appartiennent et fait pour son compte et par elle-même la distribution et la vente à ses clients de l’énergie électrique qui lui est fournie par ladite Compagnie* que ces faits étant établis il n’y a lieu de recourir à l’expertise demandée en séance par l’avocat de la Compagnie d’Electricilé, et qui serait sans objet.
- Considérant que dans ces circonstances il y a lieu de rejeter la demande de la Compagnie d’Electricité de Marseille.
- Sur les dépens,
- Considérant que la Compagnie d’Electricilé succombant dans l’instance il y a lieu de mettre les dépens à sa charge.
- Arrête :
- Article premier. — Est rejetée la demande de la Compagnie d’Electricité de Marseille tendant à faire interpréter les conventions précitées des 28 juillet et 3 août iç)o5 dans un sens conforme aux conclusions de sa requête susvisée du 3o juin 1908.
- Art. 2. — Les dépens sont mis à la charge de la Compagnie d’Electricité de Marseille.
- Fait et prononcé à Marseille, en séance publique, le 16 juin 1909.
- P. B.
- VARIÉTÉS
- Rapport sur l’Ètat actuel de la télégraphie SOUS-marine (Congrès international des applications de l’Electricité, Marseille, sept. 1908). — H. Larose, Ingénieur des Télégraphes.
- I. -- Le RÉSEAU TÉLÉ GRAPHIQUE SOUS-MARIN.
- La Télégraphie sous-marine a à peu près un demi-siècle d’existence.
- C’est en 1851 que fut posé, dans le détroit du Pas-de-Calais, par des fonds qui ne dépassaient pas /|Om, le premier câble sous-marin d’une longueur de moins de /lok“‘. En 1857 fut fait la première tentative pour relier par un câble sous-marin l’Irlande et Terre-Neuve; les profondeurs sur le parcours allaient jusqu’à 4 3oo"*, la longueur du câble était de 1 85o milles nautiques (1 mille nautique ou une minute d’arc de méridien terrestre = 1 85a111; ikm = o,54 m. n.); cette tentative fut infructueuse.
- En i865-i866 eut lieu, avec succès cette fois, la pose d’un câble sous-marin entre l’Irlande et Terre-Neuve (campagne du Great E aster n).
- Ce câble de i865 existe encore en partie; sa mise en service a marqué la fin dés tâtonne-
- ments et le point de départ de Père industrielle pour la Télégraphie sous-marine; de i85i à i865 des câbles divers avaient été posés, tous de longueur bien moindre que celle du premier câble transatlantique, par des profondeurs notablement plus petites, dans les mers plus calmes, et cependant plus de la moitié de ces câbles était déjà définitivement abandonnée, à l’époque de la première liaison de l’Europe et de l’Amérique.
- Depuis i865, le réseau des câbles sous-marins a développé ses mailles d’une façon continue, suivant une progression qui ne s’est même pas ralentie depuis l’apparition de la Télégraphie sans fil.
- C’est dans ces dernières années qu’ont été posées les deux longues lignes qui traversent de part en part l’Océan Pacifique : l’une anglaise (Pacific Cable Board, administration d’Etat), de Vancouver (Canada) à la Nouvelle-Zélande et l’Australie (Queensland) par les îles Fanning, Fiji, Norfolk; l’autre américaine^ (Commercial Pacific Cable G0), germano-néerlandaise et japonaise, de San-Francisco aux Philippines, aux îles néerlandaises, en Chine, au Japon, par Ho-
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- nolulu, Mkhyay, Guam, Yap. Le câble Vaneouver-Fanning est le plus long câble sous-marin du globe : 3 458 milles nautiques = 6 4qâ kilomètres.
- Actuellement, au lieu du câble unique de i865, pour relier l’Europe à l’Amérique du Nord, il y a 16 câbles transatlantiques : n partent d’Irlande ou d’Angleterre, 2 de Brest, 2 d’Emden; 5 de ces câbles appartiennent à deux compagnies anglaises (4 à l’Anglo-Américan, 1 à la Direct), 7 à deux compagnies américaines (5 à la Commercial, 2 à la Western Union), 2 à la Compagnie française des Câbles, 2 à la Compagnie allemande des Câbles transatlantiques.
- Les câbles transpacifiques et 14 des 16 câbles transatlantiques ont été construits par l’une ou l’autre des trois maisons de constructions anglaises : Maintenance (Greenwich), Silvertown (Essex), Siemens (Woolwich); un câble transatlantique a été fabriqué par la Société industrielle des Téléphones et un par la maison Felten et Guilleaume Lahmeyerwerke.
- Si l’on mettait, à la suite les uns des autres, suivant un méridien terrestre, tous les câbles sous-marins actuellement existants, la ceinture ainsi formée ferait onze fois et demie le tour de la Terre.
- Ces câbles ont coûté plus d’un milliard, et sans doute plus des trois quarts de cette somme ont été fo'urnis par des capitaux anglais ; la proportion des câbles fabriqués dans les usines anglaises est encore plus considérable.
- Cette part prépondérante de l’industrie anglaise dans la constitution du réseau sous-marin, qu’on a appelé le système nerveux de la planète, est sans doute une conséquence d’une politique mondiale qui fait de Londres, capitale d’un Empire de population décuple de celle de la métropole, le premier centre d’affaires et d’informations du globe ; mais il ne faut pas oublier que cette politique a été servie par une ténacité remarquable qui 11’a pas été rebutée, mais plutôt avivée par les premiers échecs éprouvés; que c’est à des initiatives privées, à des capitaux privés, sans le moindre concours pécuniaire de l’Etat anglais, qu’est dû le succès de la pose du premier câble transatlantique; il était dès lors naturel que l’avance ainsi prise s’accélérât et que les sommes dépensées en tentatives infructueuses ne tardassent pas à être largement récupérées.
- La part de la France dans le réseau mondial
- est modeste, mais est loin d’être négligeable ; la longueur totale des câbles français est un peu supérieure à une fois un quart le tour de la terre ; c’est le neuvième du développement du réseau mondial, proportion plus forte que pour les chemins de fer, le développement des chemins de fer français étant environ le vingtième de celui du réseau mondial.
- La moitié de cette longueur est la propriété propre du gouvernement français, qui subventionne, en outre, l’autre moitié.
- Le gouvernement français vient en tête des administrations gouvernementales pour la longueur de son réseau ; le développement du réseau gouvernemental français est, à lui seul, presque le tiers des autres réseaux gouvernementaux réunis.
- 11 y a trente six administrations gouvernementales possédant des câbles; mais, exceptioh faite des câbles français, anglais, japonais, les Câbles d’Etat sont de moyenne ou de petite longueur.
- Le développement des câbles appartenant à des compagnies privées est un peu plus de quatre fois et demie le développement des câbles gouvernementaux.
- Trente compagnies s’en partagent la propriété, mais toutes ces compagnies ne sont pas réellement distinctes.
- Le groupement le plus important est celui dit de l’Eastern, comprenant huit compagnies, un réseau dont le développement est de quatre fois
- et demie le tour de la terre, soit les — du déve-
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- loppement totalisé des réseaux des autres compagnies, desservant, les colonies anglaises et portugaises d’Afrique, l’Amérique du Sud (côtes orientale et occidentale), Gibraltar, Malte, la Méditerranée orientale, l’Egypte, l’Inde, Batavia, Java, l’Australie, la Chine.
- Le groupe anglais des compagnies des Indes occidentales (quatre compagnies) dessert les Bermudes, les Antilles, la Guyane anglaise.
- La Compagnie française des Câbles, déjà mentionnée comme Compagnie Transatlantique, dessert en outre les Antilles, Curaçao, le Venezuela, les Guyanes française et hollandaise, Para (Brésil), et relie la Nouvelle-Calédonie à l’Australie.
- Les deux compagnies américaines : Mexican Telegraph C° et Central and South Télégraph C° desservent le Mexique, les Républiques centrales américaines, le Pérou, le Chili.
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- Pour terminer la nomenclature rapide des principales compagnies de câbles, il nous reste à mentionner la Grande Compagnie des Télégraphes du Nord (danoise) qui a un réseau dans les mers de Chine, relié par voie aérienne transsibérienne à son réseau de la Baltique et de la mer du Nord, et qui, depuis deux ans, dessert l’Islande, qu’elle joindra peut-être un jour à l’Amérique du Nord.
- Une flotte télégraphique d'une cinquantaine de navires câbliers assure l’entretien du réseau mondial.
- I^e coup d’œil d’ensemble précédent sur la constitution du réseau sous-marin et sur son importance suffit à montrer que, depuis déjà longtemps, la télégraphie sous-marine est en pleine période industrielle.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’il y a une large pénétration réciproque, avec cette industrie, de la science pure, même dans ses parties les plus élevées et qui pouvaient paraître le plus éloignées d’applications pratiques, cette pénétration ayant été naturellement le plus intense dans la période de tâtonnements, de recherches du début.
- Un long câble sous-marin est un instrument de choix pour la vérification expérimentale des lois de la diffusion de Fourier (propagation de la chaleur par conduction), supérieur à ceux dont on peut disposer pour la vérification des lois de la diffusion de la chaleur, et par lui-même et par la variété des arrangements qui peuvent être réalisés aux extrémités.
- Il est remarquable que cette application ait été faite par lord Kelvin dès i855, c’est-à-dire antérieurement à la première tentative de liaison par câble de l’Europe et de l’Amérique, à un moment où la possibilité de résoudre pratiquement le problème était fortement mise en doute.
- Cette application de l’analyse de Fourier a été une justification éclatante des paroles souvent citées du Discours préliminaire :
- « Son attribut principal est la clarté, elle n’a point de. signe pour exprimer les notions confuses. Elle rapproche les phénomènes les plus divers et découvre les analogies secrètes qui les unissent. » (Fouhiek, Théorie de la chaleur : Dis-co u rs p rélim ina ire.)
- L’industrie des câbles a entraîné des études précises sur la conductibilité du cuivre, sur les variations de résistance spécifique avec les impu-
- retés, sur les moyens d’obtenir la plus grande pureté possible; des études sur les phénomènes d’électrification des diélectriques;
- L’invention d'appareils propres à enregistrer fidèlement les courants à l’arrivée (siphon enregistreur de lord Kelvin) ;
- L’invention de méthodes, d’essais précises de laboratoire pour la fabrication, l’immersion, la localisation des défauts;
- La première détermination d’un système rationnel d’unités électriques et la construction des étalons unitaires correspondants [unités de l’Association britannique (1869)].
- Au point de vue mécanique, cette industrie a exigé la construction de machines de fabrication, de pose, de relevagc, avec leurs accessoires; de grappins ingénieux pour croclier le câble et le relever ou pour le couper sans le relever, ou pour le couper en en relevant un côté seulement, etc.
- Elle a entraîné l’étude des forces agissant pendant l’immersion, le relevage, le dragage; l’étude des causes mécaniques d’interruption des câbles; la construction d’appareils de sondage propres à donner la mesure précise des grandes profondeurs de la mer et à ramener des spécimens du fond, d’où : des données de quelque précision sur le profil du fond des mers, sur leur nature ; d’intéressantes conséquences géologiques; une connaissance plus exacte de l’écorce terrestre dont les mers occupent les trois quarts environ de la superficie totale.
- IL — La loi de TiiQMSON-FouniEH.
- t. La section d’une âme de câble sous-marin est assez petite pour que la propagation de l’électricité ne dépende que d’une coordonnée, de la distance de la section considérée à l’origine. Si nous supposons, avec lord Kelvin (William Thomson), que, dans le cas des longs câbles sous-marins, l’inertie électromagnétique est négligeable, l'équation des télégraphistes se réduira à l’équation de Fourier de la propagation linéaire de la chaleur.
- Pour passer des solutions que Fourier a données, au commencement du siècle dernier, aux problèmes de la propagation linéaire de la chaleur, il suffira cl’observer les analogies ci-après.
- On fera correspondre :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A la quantité de chaleur.....
- A la température.............
- Au flux de chaleur...........
- A la conductibilité calorifique par unité de longueur.........
- A la capacité calorifique....
- Au coefficient de conductibilité extérieure....................
- la quantité d’électricité, le potentiel, le courant.
- l’inverse de lu résistance par unité de longueur :
- P
- la capacité électrostatique ; q. l’inverse delà résistance d’isolement par unité de longueur.
- L’équation de Fourier de la diffusion linéaire de la chaleur, dans le cas où il n’y a pas de perte latérale, est l’équation aux dérivées partielles linéaire
- La quantité d’électricité Q qui a traversé la section x, depuis 't — o, si la ligne est à l’état neutre en t r= o; le potentiel
- y _ _ I .
- Y dx’
- le courant de conduction
- i r)V_ p dx ’
- h d% lô\
- \ dx2 àl)
- o.
- («)
- Dans le problème actuel la constante h, pou-
- voir de diffusion, est égale à
- 7P
- le courant de charge
- dC
- dx’
- satisfont à une équation fondamentale.
- (.A suivre.) H, L.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- TRACTION
- Statistiques relatives aux procédés de freinage employés dans les tramways électriques. Nouveaux procédés, améliorations et frais d’entretien. — Schôring. — Schweizerische Elektroteclinische Zeitschrift. — 24 avril et 19 juin 1909.
- L’auteur rappelle les différents procédés de freinage utilisés dans les tramways ou dans les trains locaux. Ce sont :
- 1. Frein à main. — Il est manœuvré par le conducteur, par l’intermédiaire de levier ou de volant. 11$ sont considérés comme un accessoire de la voiture.
- 2. Frein par court-circuit. — Comme frein usuel. Le freinage résulte de l’énergie produite par les moteurs électriques tournant en génératrices. Le courant débité est absorbé par des résistances. Quand ce frein doit être employé comme frein usuel, les moteurs et les résistances doivent être choisis plus forts, et les contrôleurs doivent recevoir un plus grand nombre de touches.
- 3. Frein par court-circuit.— Comme frein de secours, — Le mode d’action est le même que précé-
- demment ; cependant les organes électriques n’ont pas besoin d’être prévus pour une puissance supérieure à celle correspondant à la marche normale.
- 4. Frein à contre-courant. — Le freinage s’obtient encore par les moteurs, mais le contrôleur envoie dans ce but le courant de ligné en sens inverse dans les moteurs.
- 5. Frein électromagnétique Sperry. — Il est constitué par un électroaimant en forme de couronne fixée au moteur, attirant un plateau calé sur l’axe et pouvant se déplacer latéralement. La distance des parties fixes et mobiles doit être faible*, Le magnétisme rémanent au repos est compensé par l’action de ressorts.
- 6. Frein électromagnétique ci plateau. —Une diffère du précédent que par ce fait que l’électro en forme de couronne est séparé du moteur. Ce frein trouve donc son emploi dans les voitures non trac-trices.
- 7. Frein électromagnétique à ruban. — Le ruban d’acier est appliqué sur un plateau calé sur l’arc, par l’intermédiaire d’un électroaimant à carcasse fixe et noyau mobile.
- 8. Frein à courants de Foucault. — Sur l'axe est
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- calée une pièce de cuivre ou de fer qui se déplace dans le champ d’un électroaimant fixe.
- 9. Frein ci solénoïde à action permanente. — Pour éviter que le frein ne s’échauffe outre mesure, quand le noyau est attiré, un liquide est aspiré dans l’électro.
- 10. Frein à rails électromagnétique. — Entre les roues est disposé un électroaimant maintenu par un ressort à 20 ,nm environ du bord supérieur du rail. Si on envoie le courant , l’électromobile vient se coller au rail.
- 11. Frein à sabots. — Devant chaque roue se trouve placé un sabot qui vient appuyer sur le rail et produit le freinage.
- 12. Frein à friction. — Un plateau fixé sur l’arc de la voiture est enroulé d’un ruban dont une extrémité est reliée à la tige de manœuvre et l’autre à la tige de frein portant les patins.
- 13. Frein à air comprimé à action directe. — L’air comprimé est envoyé dans le cylindre, manœuvre le piston qui actionne à son tour le frein. Ce système ne constitue pas un frein automatique, en ce sens qu’én cas de rupture d’attelage, le frein est sans action.
- 14. Frein à air comprimé de sûreté. — Sous chaque wagon est placé un réservoir auxiliaire constamment sous pression, ainsi que toutes les conduites d’air. Pour freiner, on laisse échapper de l’air des conduites ; le réservoir, par l’intermédiaire d’une soupape, envoie de l’air dans le cylindre de frein.
- 15. Frein à air comprimé à deux chambres. — Le cylindre est partagé en deux compartiments par le piston. Quand on veut freiner, l’air comprimé qui, en fonctionnement normal se trouve dans les deux chambres, s’échappe d’une des chambres et le piston se déplace sous l’action de la deuxième chambre.
- En dehors des systèmes précédents, d’autres ont été employés et ont donné de bons résultats ; cependant l’auteur s’en tient aux systèmes décrits.
- STATISTIQUE
- D’après les renseignements adressés par 84 compagnies de tramways, on a constaté que, comme freins de service normal, étaient employés :
- Le frein à main. . . par 44 compagnies, soit 5a,4 %
- Les freins électriques .......... » 22 » » 26,2 »
- Les freins à air
- comprimé........ » 8 a » 9,5 »
- Les freins à main et il air compri-
- mé............... » 5 » » 6 »
- Le frein à air comprimé ou électrique............. » 4 » » 4,7 »
- Les freins à patin. » ï » » 1,2 »
- Ü4
- Ces tramways possèdent ensemble 13 G08 voitures motrices et 8000 remorques. Les voitures motrices se répartissent de la façon suivante d’après leur équipement de freinage.
- Simplement avec le frein à
- main 14E) 1,06 %
- Avec : en plus du frein à main,
- frein à contre courant 431 3,16 »
- Frein à court-circuit Frein à court-circuit en liaison .. G 798 49,9° y>
- avec le frein Sperry ou à plateau a 172 i5,99 »
- Frein à court-circuit en liaison avec le frein à solénoïde. . . Frein à court circuit en liai- 66 o,5o y>
- son avec le frein à rails ou à sabots 1 828 13,43 »
- Frein à air comprimé Frein à air comprimé avec un 2 113 i5,53 »
- frein électrique 5t 0,640 »
- Autres systèmes 4
- Les remorques sont équipées :
- Avec simplement le frein à
- main 2 389 29,87 y>
- Avec en plus :
- Frein électrique Sperry ou à
- plateaux 1 565 19,56 »
- Frein à solénoïde. . 2 395 29,94 »
- Frein à air comprimé Frein à ail* comprimé et frein 1 377 17,21 ))
- électrique I 12 i,4 ))
- Autres svstèmes 162 2,02 »
- Presque toutes les compagnies qui emploient le
- frein électrique recommandent l’emploi simultané du frein électrique et du frein à main.
- Une moyenne des expériences faites sur réchauffement des moteurs avec l’emploi du freinage par court-circuit a montré que la température était dans l’induit de 36 % , au collecteur de 19,8 % , dans les
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- bobines de 47,9, % plus élevée que sans le court-circuit.
- Les données relatives à l’usure' des engrenages avec les différents modes de freinage sont très différentes et il est difficile d’obtenir un résultat précis.
- Les causes du mauvais fonctionnement à allure ralentie sont plus nombreuses qu’avec l’air comprimé, telles que : contact insuffisant aux interrupteurs et prises de courant, collecteurs sales, etc.
- Une comparaison des frais d’entretien des différents systèmes se fait difficilement ; l’auteur cite les résultats suivants obtenus an tramways du Hanovre.
- Tableau
- FRAIS d'entretien
- du frein à air comprimé des patins TOTAL
- Pai‘ voilure motrice-kilomètre. o,iG 0,106 o,aG6
- Par remorque-kilomètre 0,011 0,049 o,oG
- D’une façon générale, presque toutes les compagnies sont satisfaites du système particulier qu’elles emploient et l’emploieraient de nouveau dans toute installation nouvelle à faire.
- Certaines ont songé à utiliser le freinage électrique pour le chauffage des voitures.
- Les tramways de Berlin et de Bruxelles emploient le court-circuit et l’air comprimé. Ils donnent cependant la préférence à l’air comprimé.
- R. C.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- L’assemblée générale des actionnaires de la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston, tenue extraordinairement le 17 juillet, après avoir pris connaissance des rapports des commissaires aux apports, a voté: i° l’absorption définitive de la Compagnie d’Eleetricité Thomson-Houston de la Méditerranée et de la Compagnie française des Accumulateurs Union ; 2“ l’augmentation du capital de la Compagnie qui en était la conséquence, et qui a été porté de 40 à 60 millions.
- Rappelons brièvement quelles sont au regard de chacune des trois affaires, les conditions de la fusion.
- En représentation de leurs apports évalués par les commissaires au chiffre de 24 158 913 fr. 06, les
- actionnaires de [la Thomson-Houston de la Méditerranée se voient attribuer 26 666 actions nouvelles de la Thomson française, d’une valeur nominale de 5oo francs, émises avec une prime de i5o francs, représentant une valeur totale de 17 33a 900 francs.
- En représentation de leurs apports, évalués par leurs commissaires au chiffre de 2 974 i58 fr. 40, les actionnaires des Accumulateurs ,Union se voient attribuer 1 100 actions nouvelles de la Thomson française, d’une valeur nominale de5oo francs émises, avec la même prime de i5o francs, représentant une valeur totale de 716 000 francs. La Compagnie française Thomson-Houston prend à sa charge le passif des deux compagnies,les frais de liquidation, et renonce à tous ses droits dans la liquidation des Accumulateurs Union et la répartition des 1 100 actions attribuées aux actionnaires, réduisant par ce fait son actit de la valeur des 5 000 actions qu’elle possédait en portefeuille ; l’ensemble de ces charges s’élève à 4 441 672 fr. 12. Mais les bénéfices que constituent pour elle ces opérations s’évaluent d’une part à 6 826 oi3 fr. 06, d’autre part à 2 259 i58 fr. 40, différences entre la valeur réelle des apports et la valeur réelle des actions remises aux apporteurs, sans compter une somme de 4 164 900 francs, produit de la prime de i5o francs sur les 27 766 actions attribuées, qui sera portée au passif au chapitre réserves pour amortissements, si bien qu’en face de 4 44i 672 fr. 12 de charges, la Thomson française acquiert un actif dontla plus-value certaine au jour de l’incorporation est de 8 808 399 fr. 34.
- Au point de vue du capital, on peut donc dire, avec les commissaires aux apports, que la combinaison apparaît nettement avantageuse pour les actionnaires de la Thomson française, ainsi que leur président le leur faisait. entrevoir au cours de l’assemblée du 17 mai, dont nous avons précédemment parlé, et sans que personne ait pu mettre en doute, et pour cause, la qualité de ses déclarations.
- Au point de vue du dividende de leurs actions, dont le dernier fut de 27 fr. 5o, les actionnaires de la Thomson-Houston ne semblent pas davantage avoir rien à craindre. Depuis quatre ans, la compagnie Thomson-Houston Méditerranée distribue 4 minimum, sans compter les dotations aux réserves ; dividendes et réserves représentent pour 1908 844 129 fr. 72, soit 3i fr. 65 par titre pour les 26666 actions. Pour les Accumulateurs Union, les bénéfices nets annuels peuvent s’évaluer à 120000 fr. représentant pour les 1 100 titres nouveaux près de quatre fois le dividende actuel des actions Thomson,
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- assurant ainsi une part aux amortissements et une part à la rémunération des 12234 actions supplémentaires mises à la disposition du public et des anciens actionnaires pour le complément à 20 millions du capital nouveau.
- Enfin, au point de vue des avantages généraux que comporte cette fusion, il est bon de noter la concentration dans de mêmes mains d’affaires similaires que la Thomson française pourra désormais contrôler et qui assureront à ses ateliers des débouchés beaucoup plus vastes. Si l’on analyse, dans tous leurs détails, les rapports des commissaires aux apports, on constate que leurs évaluations de l’actif des deux sociétés absorbées est faite très prudemment. Pour la Thomson-Houston Méditerranée, la plus grande partie de l’actif se composant !de titres de filiales en portefeuille, il y avait lieu de tenir compte de leur valeur intrinsèque et non de leur valeur au cours de la bourse ; de même pour les participations financières qui ne peuvent être que des opérations momentanées ; tout a été ramené à des chiffres inférieurs à leur coût. Pour les Accumulateurs Union les postes qui pouvaient donner lieu à critique comme le fonds de commerce, les dessins, modèles, etc., ont etc portés pour mémoire.
- En résumé, la situation faite à chacun des actionnaires des trois sociétés apparaît comme plus favorable, chacun devant profiter de l’extension commerciale de la Thomson française, but définitif et conséquence naturelle de l’opération.
- La Compagnie Générale d’Électricité, dont l’assemblée extraordinaire des actionnaires du 20 juillet vient de Aroter l’augmentation du capital, porté de i5 à 18 millions, émet des obligations pour un montant de 5 millions. Les titres sont au nominal de 5oo francs, l'apportent 4 % bruts, et sont offerts à 490 francs, jouissance du ier mai 1909. La Compagnie Générale, au cours de ces deux dernières années, avait été contrainte à de grosses immobilisations pour faire face à ses installations de Marseille et aux accroissements de ses autres stations. Son dernier bilan faisait ressortir leur importance tant à l’actif aux chapitres, usines et canalisations, qu’au passif au poste créditeurs divers. L’augmentation de son capital et rémission d’obligations enlèveront à sa trésorerie ce qu’elle pouvait avoir d’étroit. En neuf ans, scs abonnés sont passés de 3 192 à i3 087 faisant plus que quadrupler ; le nombre des lampes
- reliées aux réseaux est sept fois plus grand; la puissance des moteurs en service est de 16071 chevaux contre 453 ; le chiffre des recettes s’est élevé de i 342 000 à 5 628 000 francs et celui des bénéfices de 1 a5i 000 francs à 2 253 000 francs. Rappelons que la Compagnie Générale d'Electricité ne tire pas ses bénéfices de la seule exploitation de stations centrales distribuant l’énergie, mais encore d’usines de construction de matériel divers qui rentrent pour leur part dans les chiffres précédents et ne permettent nullement de déductions, pour lesquelles il y aurait lieu de se rapporter à l’exposé du bilan.
- Il s’est constitué a Charleville-Mézières un groupement, l’Est-Électrique, à l’exemple de l’Ouest-Electrique, du Sud-Ouest Electrique, etc. L’Est-Electrique vient de fusionner avec la Société Arden-naise d’Energie Electrique qui ne pouvait mieux faire que d’entrer en combinaison avec son puissant concurrent.
- Le rapport pour l’exercice 1908 de la Société Avi-gnonnaise d’Électricité donne quelques chiffres intéressants pour les sociétés d’exploitation. Le nombre des lampes en service est passé, d’un exercice à l’autre, de i4i4ï pour 644 abonnés à 17 66x pour 865 abonnés, tandis que le nombre de ceux-ci augmentait de 84 % ; le nombre des lampes ne progressait que de 24 % , la moyenne des lampes par abonné diminuant légèrement de 21,9 à 20,4. Les abonnés pour force motrice passaient de 44 à 76, soit une augmentation de 72,7 % ; ce dernier chiffre, encore faible pour l’ensemble de la population, peut être considéré comme un critérium des nécessités auxquelles répond l’énergie électrique. Pour cet ensemble d’abonnés, les recettes se sont élevées à i53 980 fr. 64, soit 178 francs par abonné et par an, en supposant contre toute exactitude que les 865 abônnés aient été servis au début de l’exercice ; en prenant le minimum du début de l’année on trouve une recette moyenne par abonné de 239 francs, ce qui permet de conclure que la recette moyenne doit osciller par abonné autour de 200 francs. Les frais d’exploitation s’étant élevés à 109390 fr. 28, le bénéfice brut d’exploitation se chiffre par 44 690 fr. 36, laissant un bénéfice net de 28 728 fr. 91 II a permis de fixer le dividende h 4 francs au lieu de 3 francs et de porter 10000 francs aux amortissements, 936 ir. 45 à la réserve légale, 019782 fr. 55 au report à nouveau.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de 1er P.-L.-M, va mettre prochainement en adjudication la fourniture de a5 fourgons d’un type nouveau. Il paraît qu’elle a l’intention d’augmenter son effectif de locomotives et de faire appel à la concurrence pour la construction d’un nouveau modèle de voitures de luxe.
- Haute-Savoie. — La première section du funiculaire électrique du Fayet au Mont Blanc, d’une longueur de 7km,5, a été mise en exploitation le 25 juillet ; elle atteint le col de Yoza, à i 670“ d’altitude. La seconde section, de 8km de long, va être construite très prochainement; elle atteindra la Tête Rousse, située à'3 i3om d’altitude.
- Rhône. — On étudie le projet d’établissement d’une ligne de tramway électrique de Trévoux à Neuville.
- Belgique. — Malgré l’avis du collège _ échevinal, le conseil communal de Bruxelles a, par 20 voix contre 17, voté le rachat de la ligne d’omnibus Bourse-Porte-de-Hal pour la transformer en tramway électrique communal ; une indemnité annuelle de 10 000 francs sera payée à la compagnie concessionnaire actuelle pour la durée de la concession.
- Espagne. — Il est actuellement question de construire un chemin de fer économique de Lerida à Fraga, qui doit desservir Saragosse et Lerida etjs’embrancher avec la ligne qui passe par Masalcoreig, Seros, Aytona, Alca-sar et d’autres populations de la province de Huesca, enclavées dans la vallée de Ségré.
- Uruguay. — On projette de construire un chemin de fer entre Santa-Rosa et Puerto Coronilla; la dépense est évaluée à 3 millions de livres sterling.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Brésil. — Le gouvernement brésilien a passé commande à la Compagnie Générale Radio télégraphique (Carpentier, Gaiffe, Rocheforl), de deux postes de télégraphie sans fil qui seront établis à Pcrnambouc et à l’île Fernando de Norohna; leur portée sera de 1 600 kilomètres.
- v DIVERS
- Le Bulletin Commercial de Bruxelles donne les renseignements suivants concernant le commerce des machines et appareils électriques en Serbie.
- La Société belge de tramways et d’électricité de Belgrade fit, vers igo3, la première installation importante en Serbie, en créant une usine centrale destinée à produire l’énergie nécessaire à la traction mécanique de ses tramways et à l’éclairage public et privé de la capitale.
- Depuis lors, plusieurs autres villes ont eu recours à l’électricité pour l’éclairage public et privé, à savoir : Nisch, Schabatz, Leskovatz, Ujitze et Valjevo.
- A Valjevo, il y a deux concessionnaires : M. Julien Schmidt, et M. Finay. L’usine de Nisch est exploitée en régie par la ville de Nisch. Celle de Leskovatz a été installée par une société serbe par actions. Ce sont également des sociétés serbes par actions qui ont établi l’éclairage électrique à Ujitze et à Schabatz.
- Une société serbe était sur le point de se constituer à Tchatchak pour y créer une usine électrique en utilisant la force hydraulique de la Morava, mais le projet a dû être momentanément abandonné à cause du manque d’ingénieurs techniques compétents.
- En dehors de ces entreprises, on ne trouve d’usines centrales d’électricité que celles qui ont été établies par l’Etat (département des téléphones et des télégraphes), et quelques entreprises privées à Belgrade, qui emploient l’électricité pour leurs propres besoins.
- En province, l’électricité est employée dans plusieurs mines, à savoir :
- i° Aux mines de Bor (cuivre), exploitées par une société française, pour actionner les appareil de forage;
- 20 Aux mines de Sègue, appartenant à l’Etat, pour l’extraction du charbon et l’épuisement de l’eau;
- 3° A Aléxinatz, la société belge qui exploite une mine de charbon étudie un projet d’installation électrique complète, tant pour l’éclairage que pour le transport du charbon de la mine jusqu’à Adrovatz ;
- . 4° Les mines de Maydan-Pek (cuivre), exploitées par une société belge, possèdent une petite installation pour l’éclairage ;
- 5° Les mines de Baba (plomb), au pied de la montagne de Kosmaj, sont exploitées par un syndicat suédois qui a installé l’éclairage électrique.
- L’emploi restreint de l’électricité comme agent de force et de lumière explique le peu d’importance qu’a acquis, jusqu’à présent, le commerce des appareils électriques en Serbie.
- La statistique officielle ue permet pas de constater le montant des importations antérieurement à 1906, parce que, alors, les appareils de l’espèce n’étaient pas groupés sous une rubrique spéciale, mais rentraient dans la catégorie générale des machines et appareils. Ce n’est qu’à partir de cette date que le tableau général du com-
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- merce extérieur de lu Serbie contient une subdivision concernant les appareils électro-techniques,
- D’après ce document, l’importation des produits de l’industrie électrique dans le royaume s’est élevée à 438 858 francs en 1906, et il 6i5 36a francs en 1907 (la statistique pour 1908 n’a pas encore paru).
- Lès appareils les plus demandés sont les dynamos de 10 à 5o kw. On cite comme prix d’un tel appareil' de 20 kw. rendu en Serbie, frais de transport et de douane compris, la somme de 2 200 francs et celle de 90 francs poitr le régulateur.
- Les dynamos, électromoteurs, alternateurs et autres moteurs électriques, avec leurs accessoires et autres parties détachées, sont repris sous l’article 642 du tarif général des douanes du 3i mars 1904* Le taux maximum des droits applicables aux objets rentrant dans cet article est de 3o francs par iook8, Mais la taxe conventionnelle (tarif minimum) se subdivise en trois groupes : a) pour les dynamos-moteurs, etc., pesant plus de 3oookK: 12 francs par iooks ; b) de 5oo à 3 oooke : 17 francs par iookS ' c) au-dessus de 5oo ks : 22 francs par 100 kilogrammes.
- L’importation totale des marchandises de cette catégorie, en 1907, a atteint 168677 francs. La part de la Belgique n’est que de 2 800 francs, tandis que l’Allemagne introduisait pour 84 i45 francs, l’Autriche-Hongrie, pour 73 672 francs et la Suisse pour 7 100 francs de ces produits.
- Les accumulateurs qui peuvent être placés sur le marché serbe sont ceux d’une capacité de 58o ampères-heures, dont le prix est coté actuellement à i5o francs (port et droits de douane compris). Ils sont visés avec leurs plaques de rechange, dans l’article 643 du tarif douanier, en même temps que les transformateurs, condensateurs et leurs pièces détachées, La. valeur totale des objets cités dans ledit article et introduits en Serbie, en 1907, a été de 46o33 francs. Presque tout (39217 fr.) provient de l’Autriche-Hongrie.
- Les fils, câbles isolés et accessoires sont demandés par l’Etat, les installateurs, les usines et les stations centrales. Ce sont les fils isolés, de faible section, qui pourront être présentés sur le marché serbe avec le plus de chance de succès.
- L’Allemagne a le monopole de la fourniture des gros fils ou câbles, protégés par des enveloppes métalliques (art. 645 du tarif). Sur un débouché de i56 o56 francs, elle en a vendu, en 1907, pour i5i 024 francs. Le droit prévu est de 4o francs par iookB au tarif maximum et de 20 francs au tarif minimum.
- Le commerce des fils avec enveloppes de papier, d'asbeste, de caoutchouc, gutta-percha, etc., et de ceux protégés par des filés de soie est peu important (3 000 fr. environ).
- L’importation des fils protégés par des filés autres que de soie s’est élevée, en 1907, à 69 683 francs. La Belgique n’y a participé que pour une somme de
- 2 707 francs, alors que la part de l’Allemagne était de 33 904 francs et celle de l’Autriche-Hongrie de 23 072 fr. Le droit qui frappe ces fils est de 3o francs par iooks, aussi bien au tarif minimum qu’au tarif maximum.
- Les fils isolés avec caoutchouc vulcanisé (d’après les prix fixés par le « Yerein Deutscher Electroiugenieure ») se vendent, en Serbie, comme suit :
- Section (en millimètres carrés).. 1.00 J.5o 2.5o
- Prix par mètre courant......... 10.40 12.80 18.3o
- Les câbles souples pour lampes à incandescence, avec caoutchouc vulcanisé « Yerein Deutscher Electroinge-nioure » se paient :
- Section (en mill. carrés). 2X1.00 2 Xi.So 2X2-5o
- Prix par mètre courant. 25.00 3o.oo 45.00
- Ces prix s’entendent en prenant pour base le prix du cuivre â 60 livres sterling par 100 kilogrammes.
- Tout ce qui se rapporte au gros, au moyen ou au petit appareillage tombe sous l’application de l’article 646 du tarif, sauf les interrupteurs fusibles pour éclairage électrique (art. 648). Mais cet article 646 mentionne aussi des appareils classés sous d’autres rubriques du répertoire : notamment,, ceux pour télégraphes et téléphones, ceux de mesures, etc. Il a été introduit, en 1907, pour 72 286 francs d’objets de matériel électrique énumérés par ledit article. L’importation s’est partagée entre l’Au-triche-Hongrie, 3i 093 francs ; l’Allemagne, 28 819 francs et la France, 12 o83 francs. Cette dernière fournit surtout les instruments de précision, tels que les appareils de mesures.
- Les appareils télégraphiques et téléphoniques, les objets pour les installations de sonneries électriques d’appartements, les microphones et les éléments de piles galvaniques, sèches ou termiques, acquittent un droit de 60 francs par 100 kilogrammes.
- Les appareils de mesures (ampèremètres, voltmètres, wattmètres), les compteurs électriques, interrupteurs fusibles, appareils de sûreté (coupe-circuit, parafou-dre, etc., et de résistance (rhéostats), commutateurs de tous genres, sont taxés à 75 francs par 100 kilogrammes.
- Les appareils de sonnerie’s, téléphonie, télégraphie intéressent surtout l’État serbe qui a l’administration du télégraphe et du téléphone dans ses attributions. Ils sont aussi demandés par les installateurs en ce qui concerne les sonneries et les installations de téléphonie privée.
- Les lampes à arc qui sont recherchées en Serbie sont celles â courant continu de 5 ampères, 10-11 heures, dont le prix est de 90 francs, port et droits de douane compris.
- lia été introduit, en 1907, pour 17.831 francs de lampes à arc. Cette importation s’est répartie entre l'Allemagne (9 847 francs), l’Autriche-Hongrie (7281 francs), et la Belgique (703 francs).
- Le droit de douane est de 60 francs au tarif minimum.
- La statistique accuse en 1907 pour les charbons électriques une importation totale de 11 54o francs. Les pays participants sont : l’Autriche-Hongrie, pour
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- t4 <jo4 francs ; l'Allemagne, pour 4 877 francs; la France, pour 1121 francs et la Belgique pour 5a5 francs. Le droit de douane est uniformément de 3o francs par 100 kilogrammes.
- L’espèce demandée est : la qualitée extra de i3mm à mèche et de 7mm homogène (sans mèche), qui s’achète à 55 francs par ioom (droits de douane et port compris), et se vend à raison de 18 francs par 100 paires de aoomm de longueur chacune.
- Les lampes à incandescence et les autres lampes électriques simillaires ont donné lieu, en 1907, à une importation totale de 26 294 francs. Six pays y ont pris part : d’abord l’Allemagne avec ng3i francs; F Au triche-Hongrie avec 8891 francs; la France avec 3o5i francs, la Hollande avec 1 000 francs, la Suisse avec 44® francs; enfin la Belgique avec 901 francs.
- Quant aux prix, les lampes consommant 3,6 watts par bougie se vendent o fr. 60 pièce et celles qui consomment un watt par bougie, 4 francs la pièce, port et droits de douane payés. Les droits sont de i5o francs par 1 ookS au tarif maximum, et de 120 francs au tarif minimum.
- Les accessoires pour l’éclairage électrique, tels que: douilles pour lampes électriques, globes de verre montés pour lumière électrique, interrupteurs fusibles, appareils de sûreté, matériel d’isolation électrique, robinets, convertisseurs, etc., sont frappés d’un droit maximum de 120 francs par iookB. Au tarif minimum ces objets sont divisés comme suit: a) les boules montées et poires pour lampes électriques ont à supporter ce même droit de 120 francs par iook® ; b) les autres accessoires n’ont à acquitter qu’un droit de 75 francs par 100 kilogrammes.
- La valeur de l’importation des marchandises appartenant à cette catégorie a atteint, en 1907, le chiffre de 58377 francs. Les pays qui ont pris part à ce commerce sont: l’Allemagne, 34 491 francs; l’Autriche-Hongrie, 21 g5o francs; la France, 1077 francs; la Belgique, 606 francs ; la Suisse, 200 francs ; puis l’Angleterre, l’Italie et la Roumanie pour des sommes insignifiantes.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société électrique de la banlieue de Reims. — Constituée le 28 juin 1909. — Capital: 25o 000 francs. — Siège
- social : 109, boulevard de la République, Reims.
- Société des Anciens Etablissements Cailloux et Riebei [Secteur électrique). — Constituée le 26 juillet 1909. — Capital : 1 00 b 000 francs. — Siège social: 5o, avenue Victor-Hugo, Paris.
- Compagnie Générale de Distribution électrique do l'Oise.— Constituée le 26 juillet 1909. — Capital: 5oo 000 francs. — Siégé social : Bulles (Oise).
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société Electrique et Mécanique d’Indo-Chine. —. Le 23 août, 3o, rue Londres, Paris.
- Société générale internationale d'électricité, gaz et eau. — Le 14 août, à Bruxelles.
- Société des forces motrices du Refrain. — Le 21 août, à Montbéliard (Doubs). .
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 18 août, à 3 heures, au sous-secrétariat d’État des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture, en i5 lots, d’objets en fer et en acier (entretoises avec accessoires et consoles). Demandes d’admission avant le 8 août.
- Le 20 août, à 11 heures, fourniture de manchons en cuivre élamê etsoudure, en 8 lots. Demandes d’admission avant le 10 août.
- Le 23 août, a l’hôtel des Invalides, k Paris,fourniture de postes microtéléphoniques de campagne modèle de l’infanterie (Etablissement du matériel de la télégraphie militaire). Pièces nécessaires avant le 16 août. Renseignements à l’Établissement de : Télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de la Tour-Maubourg, Paris.
- BELGIQUE
- Le 10 août, à 5 heures, à la maison communale, à Ramet-Yvoz (Liège), fourniture de l’énergie électrique à la commune et aux particuliers. Soumissions recommandées le 9 août.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de grues destinées aux ateliers centraux de Gendbrugge, Namur et Malines, nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’État.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration cantonale,à Lii.ding-hausen (Westphalie),établissement d’installations électriques, 750 000 marks.
- P*BIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-et-Unlème année.
- SAMEDI 14 AOUT 1909.
- Tome VII <2° série). — N' 33.
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment s? ^—$1
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- I/Eclairage Electrique ' ^f iOTHÉj
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BEGQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 193. — De Baillehache. Sur les systèmes absolus d’unités électriques. Système B {fin), p. 195. — J .Escard. Les ferro-molybclènes, p. 200.
- Extraits des publications périodiques. — Théories, et Généralités. Analyse jharnionique et résonances, H. Abraham, p. 206. —Photométrie. L’Etalon Hefner et l'étalon an pentane de 10 bougies, E. Brodhun, p. 207.
- — Transmission et distribution. Sur la répartition des courants électriques dans un réseau, J. Revilliod, p. 207.
- — Applications mécaniques. Application des propriétés magnétiques des métaux à des commandes mécaniques de précision, A. FoDonet De Büty, p. 209. — Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines, E. Trasenstek, p. 209. —Bibliographie, p. 214. — Variétés. Rapport sur l’état actuel de la Télégraphie sous-marine [suite], H. Larose, p. 2i5. —Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 221, — Renseignements commerciaux, p. 223. — Adjudications, p. 223.
- ÉDITORIAL i
- Le grand avantage que M. de Baillehache revendique en faveur du système B — avantage qu’il ne retrouve pas dans les autres systèmes absolus d’unités électriques — c’est d’ètre pour ainsi dire calqué sur la réalité physique, de s’appliquer exactement sur elle.
- C’est ce point important que l’auteur s’attache à mettre en évidence dans la fin de son travail, que nous publions aujourd’hui. Il montre ainsi que le système B tend à assimiler la self-induction à une inertie, la résistance à un frottement, la capacité électrostatique à la perméance magnétique, le courant à un réel déplacement d’électricité ou de fluide inducteur, et enfin à rapprocher la force magnétique de l’induction.
- Tout cela est sans doute bien d’accord
- avec les idées modernes et la théorie électronique. Mais M. de Baillehache tient aussi à montrer qu’« il ne s’agit'pas d’une conception d’intérêt exclusivement théorique, mais d’un système rationnel dont Vapplication serait facile ». A cet effet il entre dans quelques détails sur la manière dont pourrait se faire le passage des systèmes actuels au système B.
- La solution que propose M. de Baillehache sera-t-elle celle qui fera cesser le malaise qui règne actuellement ? Nous ne savons, mais ce qui n’est pas contestable, c’est l’existence même de ce malaise ; c’est, en d’autres termes, ce fait que nos systèmes d’unités ne s’ajustent plus à nos idées. A ce propos, l’auteur rappelle très justement que Lorentz et Einstein ont abandonné depuis plusieurs
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- années les unités électromagnétiques C. G. S. pour les unités de Heaviside. Quelle que soit la solution qu’on doive adopter, on jugera qu’il était bon d’examiner à fond toutes celles qui ont un caractère de simplicité et de logique. Le système B est à coup sûr de celles-là.
- M. Jean Escard donne une monographie très documentée sur leferro-molybdène.
- Trois procédés de préparation sont possibles et l’auteur les étudie elles compare. En terminant, il énumère les qualités que l’adjonction de molybdène communique aux aciers.
- Nous avons reproduit les très cuiüeuses remarques de M. Abraham sur VAnalyse harmonique et les résonances : l’exactitude et la légitimité de l’emploi de la série de Fourier n’est pas en question, mais M. Abraham fait voir, par des exemples frappants, qu’il faut se garder de la prendre pour guide lorsqu’il s’agit de se représenter exactement la structure physique des phénomènes. Soit par exemple un alternateur qui s’arrête périodiquement, pour repartir ensuite : le calcul tend alai’s à induire en erreur le technicien, parce qu’il indique des harmoniques qui persisteraient pendant les périodes de repos.
- M. Brodhun, en comparant Y étalon Hefner
- et U étalon au pentane de dix bougies, employés, comme l’on sait, le premier surtout en Allemagne, le deuxième surtout en Angleterre, conclut tout en faveur de l’Hefner, qui se montre supérieur tant au point de vue de la facilité de reproduction qu’au point de vue de la bonne définition chimique du combustible.
- M. J. Révilliod, en étudiant au point de vue mathématique les équations de Kirchhoff, arrive à énoncer une loi de maximum qui régit la répartition des courants électriques dans un réseau.
- Gomme applications mécaniques de l’électricité, nous donnons, d’après MM. Fodor et de Büty, quelques renseignements sur la nouvelle machine à recommander les lettres, dont on a beaucoup parlé ces temps derniers.
- Puis vient une étude d’ensemble sur la grande usine américaine de Gary, si intéressante à tous les points de vue, et où l’on trouve appliqués les derniers perfectionnements sur la commande électrique des laminoirs. Avec les études précédentes de M. Eichel parues dans cette Revue même il y a peu de temps, nos lecteurs seront complètement au courant de cette branche très intéressante de la mécanique moderne.
- Enfin, nos variétés présentent la suite du rapport de M. H. Larose sur l’état actuel de la Télégraphie sous-marine.
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- SUR LES SYSTÈMES ABSOLUS D’UNITÉS ÉLECTRIQUES
- SYSTÈME B (Suite) (')
- § io. — Vérifions au moyen de quelques exemples que les dimensions dans le système B constituent bien une représentation symbolique de la nature intime des grandeurs telles que nous pouvons nous les figurer d’après les théories admises.
- [J?] = [L—*T2] : la self-induction joue le rôle d’une grandeur réciproque d’une accélération, c’est-à-dire qu’elle représente une inertie. On peut dire que la, self-induction s’oppose au mouvement tourbillonnaire de l’éther et que la conductance représente la vitesse du tourbillon. Si l’on envisage toutefois la conductance comme la vitesse de propagation de l’onde électromagnétique, la conductivité est la fréquence du mouvement ondulatoire.
- [R] = [L—*T] : la résistance est un phénomène qui tend à s’opposer au déplacement de l’agent électrique; c’est une sorte de frottement.
- [p] = [T] : la résistivité d’un milieu détermine la période du mouvement vibratoire de l’onde électromagnétique. On peut rappeler ici la remarque connue de M. le professeur G. Lippmann, savoir que l’on pourrait prendre une certaine résistivité comme unité absolue de temps au même titre, par exemple, que la durée des vibrations des rayons rouges émis par la vapeur de cadmium (*).
- [G] = [_sc] : la capacité électrostatique d’un milieu joue le même rôle par rapport aux actions électriques que la perméance par rapport aux actions magnétiques. Dans une mesure de capacité, les quantités de masse et de temps ne peuvent intervenir que par
- (q La Lumière Electrique, tome YII (2e série), p. 142 et i63.
- (2) Lippmann. Sur une unité absolue de temps (Comptes Rendus, tome XIY, p. 1070, 1887.)
- leurs rapports ; elles doivent s’éliminer dans le résultat final. La capacité et la perméance s’expriment en centimètres dans le système B C. G. S.
- De l’équation [R] = [jÿji on déduit [Q] =
- [LEJ par application de la formule X = VT, où X est une longueur d’onde; en effet :
- W = [L] = [»T] = g]-[^] = [«].
- [Q] = [<©L2J : cette équation est la traduction en dimensions de la définition de Lorentz. Ce savant définit la quantité d’électricité qui, à partir de l’état naturel, a traversé une surface limitée quelconque, liée à la matière, par l’expression
- f de,
- intégrale du Vecteur (D étendue à la surface e (*).
- ^cL /*
- La dérivée ~ J &n de est la quantité d’électricité qui traverse la surface par unité de temps, c’est-à-dire qu’elle représente l’intensité du courant. On doit donc avoir en dimensions
- . [T-i a l2] = [IJ-
- D’après cette équation, le courant apparaît comme un réel déplacement d’électricité. Gomme on a aussi
- [T 1 ùî L2] =[!].
- le courant apparaît comme un réel déplace-
- (*) Lorentz. La théorie électromagnétique de Maxwell et son application aux corps mouvants § 63 (Leyde, 1892).
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- ment de fluide inducteur, en désignant sous cette appellation due à M. H. Poincaré (*) le fluide qu’on suppose dans les diélectriques.
- La force électrique résulte de l’action de deux forces, la force électrostatique et la force inductrice; ces deux forces, que les anciennes théories attribuèrent à des actions à distance, sont causées l’une par la pression du fluide, l’autre par la réaction de la matière ; leur résultante doit donc avoir les dimensions d’une pression et l’on a en effet
- [6303] = [L—* MT-*].
- Dans la théorie électronique, la quantité de mouvement que possède un noyau électrique dépend de la coexistence et du produit des champs électrique et magnétique. Evaluons le produit gx ; nous avons :
- l’énergie renfermée dans un volume déterminé est formée par l’action réciproque du champ électrique et du champ magnétique que ce volume renferme, chacun de ces champs pouvant se transformer l’un dans l’autre comme l’énergie potentielle peut se transformer en énergie cinétique ou inversement. Mais comme cet échange constant des énergies dont la somme constitue l’énergie mécanique n’a lieu que dans un corps vibrant, il y a lieu de penser qu’une molécule renferme des électrons en mouvement incessant, comme on conçoit les gaz dans la théorie cinétique. L’énergie électromagnétique peut être calculée, d’après Maxwell, au moyen des deux vecteurs c3 et X ; on peut vérifier que pour un milieu donné où il y a des courants électriques, le produit \Jobx est bien homogène à de l'énergie cinétique; en effet
- [L’uîîte] = [L3 L—1 MT--] ==.[MV?]..
- (q Poincmuî. Electricité et optique (1890), tome I, chap. 11.
- Dans le système B, on a
- [<0] = m,
- cette équation résulte de la généralité du système, dont les équations sont indépendantes de la nature du milieu; elles doivent donc être toujours vérifiées, même pour l’éther, où la force magnétique et l’incluction magnétique se confondent. Il semble dès lorsque l’intensité du champ électrique X et l’inductio’n magnétique itb ne doivent pas être considérées comme des grandeurs d’espèces distinctes. M. Bry-linski vient de demander récemment que l’on attribue des noms différents aux unités électromagnétiques G. G. S. de ces grandeurs, dont l’emploi est fréquent dans la pratique industrielle ; il se base sur ce que,dans le système électromagnétique théorique, on a [<Jb] [Sfép.]. Bien que je ne partage pas l’opinion de M. Brylinski qui considère ob et X comme des grandeurs de constitutions distinctes, je reconnais volontiers qu’il est impropre de donner le même nom, comme on le fait souvent, aux unités électromagnétiques G. G. S. de 6b et de X, puisque ce sont des manifestations différentes d’une même entité. Le mieux serait, je pense, de respecter scrupuleusement dans la pratique industrielle la recommandation du Congrès des Électriciens, tenu à Paris en 1900, relative à l’attribution du nom de « gauss » à la seule unité électromagnétique C. G. S. d’intensité de champ magnétique^1).
- [X(D] = [&ob\ : un champ magnétique x est produit par un déplacement électrique <& dans les mêmes conditions qu’un champ électrique & est produit par un déplacement magnétique ûb. — Si l’équation n’explique pas le phénomène, elle montre qu’il est possible, et l’expérience le confirme. Dans les systèmes ordinaires, une telle équation n’existe pas.
- Dans les théories modernes, on est amené
- (') Le Congrès de 1900 a recommande’ l’emploi du nom de « maxwell » pour l’unité électromagnétique C., G. S. d’induction totale ou de flux total de force magnétique, et non pas pour l’unité d’induction magnétique spécifique.
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- à: considérer comme fondamentale la constante diélectrique ; c’est bien ce qui a lieu dans le système B où l’on a [K,] — [L°MUT°]. Quelquefois, on exprime les dimensions d’un équivalent électrochimique comme la moyenne géométrique entre la constante de Faraday et la constante de Cavendish. Si l’on e
- évalue le l’apport ^ ou, en tenant compte de
- nos notations le rapport on trouve
- tVv*' un équivalent électrochimique est homogène, dans le système B, à la racine carrée de la constante gravitique ; les résultats coïncident.
- En mécanique, on a [F] = [M y] : une masse matérielle M placée au centre d’un champ d’attraction engendre une force proportionnelle au produit de la masse par l’intensité du champ. Dans le système B, on a [F] = [Q#e] : une masse électrique Q placée dans un champ magnétique & c engendre une force mécanique proportionnelle au produit de la masse par l’intensité du champ. Le tableau des dimensions montre toutefois que si les champs électriques et magnétiques, d’une part, les masses électriques et magnétiques, d’autre part, ont même constitution intime, un champ électrique ou magnétique n’a aucun rapport avec un champ d’attraction de même qu’une masse électrique ou magnétique est une grandeur complètement distincte d’une masse matérielle — ce qui est conforme au théorème de Vaschy.
- Dans le système B, on a
- m = [Qj =
- ce résultat est parfaitement d’accord avec la théorie électronique : le flux magnétique jde force qui accompagne le déplacement d’une charge électrique est constant.
- j^Q = |” -rp- — [M] : le ae membre
- représente une inertie. Considérons un noyau électrique en déplacement; il se crée autour
- de lui un champ magnétique X qui entoure la trajectoire L du mouvement. Tant que 63 est constant, £X ne varie pas, et comme la self-induction -^résulte des variations de X, si un courant est constant, le champ magnétique X ne varie pas et il n’y a pas de production de force électromotrice induite.
- — — , <I> — SifC^.Si 63 diminue, X réagit en sens inverse et tend à continuer le mouvement ; la charge électrique se comporte comme si elle possédait une véritable inertie.
- Dans le système électromagnétique, on définit sous le nom de force électromotrice une grandeur qui est liée à la force électromotrice véritable par la relation e = EV ; dès lors l’équation [<ï>] = [IT] devient [<ï>] — \e T], car
- [‘t»1 - [| T] == [EVT] = 0T].
- On comprend ainsi pourquoi, en 1904, la « British Association » a soutenu devant le Congrès de Saint-Louis une proposition tendant à faire attribuer le nom de « weber » a l’unité pratique de flux, cette dernière étant définie comme « le produit de 1 volt par une seconde ». Bien que, pour des motifs d’ailleurs non théoriques, le Congrès n’ait pas sanctionné cette proposition, elle n’en avait pas moins une réelle importance puisqu’elle admettait une relation dimensionnale entre l’unité de flux et l’unité de force élec-troinolrice ; cela revenait à faire intervenir la résistance électrique dans l’équation; or, la production du champ magnétique semble tout, à fait indépendante de la résistance et ne dépendre que du coui'ant et non pas de la force électromotrice. En l’absence de toute force électromotrice, on convient aujourd’hui de considérer que les forces électriques seules produisent des déplacements électriques ou des courants de conduction. Les mouvements électromagnétiques sont indépendants des forces extérieures telles qu’elles existent
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- dans les éléments voltaïques et les couples thermo-électriques aussi bien que de la résistance qui s’oppose au déplacement de l’électricité.Par conséquent,le système (Besten harmonie immédiate avec les thépries modernes, tandis que le système électromagnétique, ne conduisant aux mêmes résultats que par des voies détournées, ne saurait être véritablement utile pour l’étude intime des phénomènes où les actions électriques et magnétiques sont si étroitement liées.
- §ii. —• Il est facile de définir en langage ordinaire les unités B C. G. S. La relation fondamentale, donnée par les loisde Coulomb, est la suivante :
- [F] =
- i dyne =
- (i unité B C. G. S. de quantité d’électricité)* i. 2 3 4 i cm2
- (i unité B C. G. S. de quantité de magnétisme)2
- i cm2
- i. L’unité B. G. G. S. de quantité d’électricité est une quantité telle qu’agissant sur une quantité égale et de même signe placée à icm de distance, elle la repousse avec une force de i dyne.
- i bis. L’unité B G. G. S. de quantité de magnétisme est une quantité telle qu’agissant sur une quantité égale et de même signe pla. cée à iCID de distance, elle la repousse avec une force de r dyne.
- a. L’unité B C. G. S. d’intensité de courant est celle d’un courant qui parcourt un conducteur dont la section est traversée en une seconde par une unité B C. G. S. de quantité d’électricité.
- 3. L’unité B C. G. S. de force électromotrice est. la force électromotrice qu’il faut maintenir entre les extrémités d’un courant pour que i unité B G. G. S. de quantité d’électricité développe i erg en passant dans le circuit.
- 4. L’unité B G. G. S. de capacité est la capacité d’une sphère de icm de rayon. On peut dire aussi que c’est la capacité d’un conden-
- sateur chargé de i unité B C. G. S. de quantité d’électricité, quand la différence dè potentiel entre ses armatures est de i unité B G. G. S. de différence de potentiel.
- § i2. — Etant donné que les unités électromagnétiques C. G. S. d’intensité de flux de force magnétique (maxwell) et d’intensité de champ magnétique (gauss) sont bien déterminées pratiquement et que l’on en fait usage dans les mesures industrielles, il s’en suit que ces deux unités C. G. S. du système B sont déjà conues :
- / f » \
- i inaxwellB = i \cm * g 2 s y
- i gaussB = i (cm g 2 s-1)
- On pourra, dès lors, définir les unités habituelles du « système pratique B » par les relations suivantes, à des coefficients numériques près pour les quantités entre parenthèses : volt„ = (gauss-centimètre (*) ampère,, = (maxwell par seconde) ou (voltB-kin) ou (gauss-centimètre carré par seconde)
- ohm,, = -V°—- = (seconde par
- ampèreB
- centimètre) mho„ (2) = (kin) faradB = (centimètre) coulomb,, = ampère„-seconde = (maxwell)
- henry„ = ohm„-seeonde
- watt = voltB-ampèreB
- joule = voltB-coulomb„
- Une intensité de champ électrique s’exprimera en coulombs,, par centimètre carré ;
- (1) Rien n’empêehe de combiner les unités pratiques les plus importantes aux unités mécaniques de longueur, de masse et de temps, comme on le fait industriellement pour les unités de résistivité.
- (2) Il est ii souhaiter que la Commission électrotechnique internationale rejette le terme « mho » (qui n'a d’ailleurs jamais été sanctionné par aucun Congrès) pour adopter le nom d’un savant. Le nom de « Siemens » a été proposé par les électriciens allemands (Elektrotechnisclie Zeitschrift, 3o juillet 1908, Hefi*3i) pour désigner l’unité pratique de conductance.
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- Une force magnétomotrice s’exprimera en gauss„-centimètres ;
- Un moment magnétique s’exprimera en gaussB-centimètres cubes ;
- Une perméance s’exprimera en centimètres;
- Une résistivité s’exprimera en secondes,etc.
- § i3. — L’exposé du système R pourrait donner lieu à des développements étendus et multiples; le but de cette communication était seulement de montrer qu’il ne s’agit pas d’une conception d’intérêt exclusivement théorique, mais d’un système rationnel dont l’application serait facile.
- En physique, en électricité surtout, les systèmes d’unités sont soumis à des transformations nécessaires qui sont la conséquence d’une sélection naturelle, puisque leur évolution est intimement liée à celle des théories. L’expérience d’Œrsted avait conduit Ampère à la théorie des phénomènes électro-dynamiques et c’est en considérant en particulier un système de courants fermés que ce grand savant a pu rattacher les phénomènes magnétiques à l’électrodynamisme. La découverte de l’induction compléta le système et donna naissance à des applications si variées et si importantes que les phénomènes électromagnétiques, qui avaient reçu leur explication première de la théorie électrody-nainique, ont pris plus tard une prépondérance telle que la théorie d’Ampère est passée dans le domaine historique.
- Il n’est pas douteux qu’une transformation bien plus capitale soit en train de s’accomplir et que la contradiction entre les systèmes d’unités électrostatiques et électromagnétiques ne constitue un inconvénient dont la gêne va croître sans cesse ; aussi a-t-on vu Lorentz (') et Einstein rejeter de-
- (*) Lorentz. Discussion des unités électriques et magnétiques (Encyklopàdie der mathematischen Wissen-schaften, Band V (a), Heft i, p. 83; Leipzig, 1904).
- puis plusieurs années les unités électromagnétiques C. (î. S. pour les unités de Heavi-side qui se rapprochent beaucoup plus du système électrostatique que du système électromagnétique, puisque la constante électrique y est, comme dans le système B, bien plus regardée comme fondamentale que la constante magné tiqne (*). L’é tud e des phénomènes de conduction a remis en honneur l’étude de l’électrostatique et, comme le disait en 190a sir Lodge, « nous sommes certainement plus près des idées de Benjamin Franklin qu’on ne l’a été pendant la période écoulée entre son époque et la nôtre » (a). Les progrès incessants des théories modernes, les applications et les perfectionnements de la télégraphie et de la téléphonie sans fil confirment cette opinion et l’on peut prévoir que dans un avenir rapproché les praticiens eux-mêmes reconnaîtront la nécessité d’abandonner les deux anciens systèmes incompatibles pour adopter un système d’unités électriques et magnétiques unique, se pliant à l’interprétation mécanique des divers phénomènes naturels et au calcul aisé des quantités mises en jeu, qu’il s’agisse des propriétés d’une charge en repos ou en mouvement ou des manifestations de l’Electricité et du Magnétisme qui ont trait à la conception des machines.
- Cte de Bailleiiache,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- (*) Il semble que ce soit là le vrai motif qui ait guidé Lorentz et non pas la question des 4^ qui reste attachée au nom de Heaviside, depuis la publication de ses Elec-trical Papers et surtout de son admirable Electroma-gnetic Tlieory. Dans la théorie de Lorentz et dans la théorie des Electrons en général, les 41t apparaissent de nouveau et les difficultés qu’ils peuvent susciter apparaissent comme d’importance bien secondaire.
- (2) Lodge. Sur les Electrons (Conférence faite le 5 novembre 1902 à l’Institution of Electrical Engineers; traduction de MM. Nugues et Péridier, p. 162).
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- LES ALLIAGES INDUSTRIELS MOLYBDÈNE-CARBONE ET FER-MOLYBDÈNE
- MÉTHODES ÉLECTROTHERMIQUES ET ALUMINOTHERMIQUES POUR LA PRÉPARATION DE LA FONTE DE MOLYBDÈNE
- ET UES
- FERRO-MOLYBDÈNES
- Le molybdène possède peu de minerais proprement dits. On ne connaît guère, comme composés naturels de ce métal ayant quelque importance, que la molybdénite, ou sulfure de molybdène, et la wulfémte, qui est un molybdate de plomb.
- La préparation du métal pur est assez difficile à réaliser à cause de l'affinité du molybdène pour le carbone et la plupart des métaux qu’il peut entraîner au cours des opérations. Il faut, pour l’obtenir dans cet état, user d’artifices délicats et ingénieux et encore n’arrive-t-on que difficilement à un corps pouvant être regardé comme chimiquement pur. Par contre, on peut préparer facilement et en grande quantité la fonte de molybdène et le ferro-inolybdène et bon nombre de procédés employés à l’heure actuelle permettent de réaliser ces préparations d’une façon satisfaisante.
- § j. Fonte de molybdène.
- Moissan a obtenu le premier de la fonte de molybdène en laissant, dans la préparation du métal pur, ce dernier se combiner au carbone du creuset par le passage pi’olongé du courant dans le four servant à cette préparation : le molybdène obtenu se liquéfie et donne avec le charbon au contact duquel il se trouve une fonte de couleur grisâtre, dure et cassante. Avec un courant de 35o ampères sous 70 volts, on peut obtenir facilement, au bout (le 7 ou 8 minutes seulement, des fontes contenant de 9 à 10 % de carbone.
- M. Gin a rendu ce procédé applicable à
- l’industrie en imaginant un appareil qui permet de réaliser d’une façon continue et très régulière la préparation de cet alliage. Le four employé se compose d’un creuset mobile sur roues et surmonté d’une rehausse. Dans le fond de ce ci’euset, se trouve une électrode fixe qùi sert d’intermédiaire pour le passage du coui’ant entre les deux électrodes mobiles. Le courant électrique, après avoir passé d’une électrode mobile à l’intermédiaire fixe, va de celle-ci à la seconde électrode mobile à tra-Arers la masse en fusion contenue dans le creuset. Le métal provenant de la réduction se rassemble ainsi au fond de la cuvette et on peut alors le retirer de l’appareil à l’aide d’un trou de coulée ménagé à la partie inférieure du four.
- Pendant l’opération, il y a simultanément réduction de l’oxyde M» O2 par le charbon et production de molybdène plus ou moins carburé; celui-ci se décarbure partiellement ne passant dans la zone oxydante et continue à s’affiner par contact avec la partie inférieure de la scorie.
- On peut ainsi obtenir des fontes ne contenant que 2 à 3 % de carbone.
- On creuse, à un moment donné, dans la sole, un canal transversal dont le niveau d’affieureinent est un peu plus bas que celui du trou de coulée et l’on remplit ce canal de métal concassé donl la fonction est de servir de conducteur électrique entre les électrodes mobiles. Après la première coulée, ce canal reste toujours rempli de métal et il continue dès lors à fonctionner comme électrode intermédiaire fixe.
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- KEVUE D’ÉLECTRICITE
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- * *
- Le procédé Guichard permet d’obtenir de la fonte de molybdène en réduisant directement la molybdénite par le charbon à la température du four électrique. La réaction qui se produit est la suivante :
- a Mo S2 -f 3 C - G Mo* + a CS2.
- La fonte ainsi obtenue est composée, théoriquement, du carbure CMo2, mais en réalité, les molybdénites étant presque toujours souillées d’impuretés, le produit préparé dans ces conditions contient, alliés avec lui, les métaux ou carbures métalliques formés par la réduction de ces impuretés; il y a également formation de phosphores provenant de l’acide phospliorique contenu dans le minerai et l’on y constate aussi la présence du silicium due à la silice qui accompagne toujours en plus ou moins grande proportion la molybdénite.
- M. Gin a modifié le procédé Guichard de manière à obtenir un bain plus résistant. Il ajoute pour cela au sulfure MoS2 une proportion convenable de chaux, de manière à obtenir théoriquement la réaction suivante :
- Mo S2 —(— a C —a Ca O = Mo -f- a Ca S -f- a CO.
- La désulfuration est complète et la réaction facile. De plus, la quantité de carbone entraînée ou combinée est assez faible et le produit obtenu de bonne qualité.
- En faisant réagir le bioxyde de molybdène sur le sulfure, on peut éviter totalement la présence du carbone dans le métal réduit; mais, par contre, on n’obtient qu’une fonte plus ou moins sulfureuse qu’il est dillicile de purifier complètement de son soufre.
- Si l’on part du sulfure et du bioxyde de molybdène purs, la réaction qui a lieu est la suivante :
- Mo S2 -f- a Mo O2 = 3 Mo + 2 SO2.
- Cette réaction ne peut malheureusement pas s’effectuer complètement dans la pratique.
- * ¥ *
- Le molybdate de magnésium traité par le charbon, à la température du four électrique en présence d’un scorifiant convenablement choisi, permet d’obtenir une fonle de molybdène très pure avec peu de pertes.
- Le molybdate de magnésium se prépare facilement en fondant au four électrique la molybdénite additionnée de magnésie ou de carbonate de magnésie; on obtient ainsi une scorie magnésienne qui, pulvérisée et mise en digestion dans l’eau bouillante, permet au molybdate d'entrer en dissolution; par refroidissement, la liqueur filtrée laisse déposer des cristaux transparents et inaltérables à l’air; ils ne fondent qu’à une température voisine de i 44o°.
- Pour obtenir la fonte de molybdène à l’aide de ce sel, on commence par le calciner au rouge avec une proportion déterminée de kaolin; le mélange est ensuite; additionné do charbon et fondu à la chaleur de l’arc électrique, de manière à réaliser pratiquement l’équation suivante :
- MoO-'Mg + Si3AP07 -f G C = 2CMo + (Si*Al*07, f, MgO) -f i2 CO.
- L’alumine du kaolin a pour but de former une scorie basique Si2 AP O1, 4 MgO, qui évite la transformation de la silice en sili-ciure. On peut du reste substituer au kaolin de la bauxite pure dont l’alumine, en se combinant au magnésium du molybdate,forme une scorie constituée presque uniquement par de l’aluminale de magnésium.
- On a, en effet :
- 6Mo OMg -f 2 APO:i + 2i C 2 Al20«Mg!
- -f3 CMo2-fi 8 CO.
- L’aluminate de magnésium possède du reste la propriété d’ètre irréductible par le charbon et d’ètre suffisamment fluide pour pouvoir être coulé à la fin de l’opération.
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- T. VII (2* Série). — N° 33.
- § a. Ferro-molybdène.
- Les ferro-molybdènes sont des alliages ternaires fer carbone-molybdène ayant aujourd’hui de sérieux emplois dans l’industrie mais dont les qualités varient avec les procédés de préparation utilisés. Les ferro-molybdènes purs ne contiennent que du 1er et du molybdène ; leur préparation est toujours très délicate et n’a pu, en conséquence, s’étendre encore à l’industrie. Il est, en effet, toujours d’une grande difficulté de trouver des matières premières suffisamment pures pour ne pas souiller le produit définitif.
- Les ferro-molybdènes renferment, comme les autres ferro-alliages, des constituants définis dont un certain nombre ont déjà été caractérisés. Nous citerons les composés suivants : Fe2Mo, l’e’Mo, FeMo, FeMo2 et FeMo8.
- Le ferro-molybdène peut être préparé par trois procédés différents : soit par l’union directe des éléments à une tempéra Lire suffisamment élevée, soit par l’action de l’aluminium sur un mélange des deux oxydes ou d’oxyde de fer et de molybdène métallique (aluminothermie), soit enfin par la réduction électrothermique du bioxyde de molybdène en présence dû fer.
- Nous allons indiquer les principales caractéristiques de ces différentes méthodes.
- On peut, préparer, par l’union directe du fer et du molybdène à température élevée, des ferro-molybdènes très purs, mais à la condition de partir d’éléments également très purs. Le mieux, pour cela, est d’employer du fer chimiquement pur, par exemple celui provenant de la réduction du sesquioxyde Fes03 par l'hydrogène dans un tube de porcelaine revêtu intérieurement d’une gaine en tôle. Le molybdène peut être préparé de la même façon. On comprime ensuite fortement les deux métaux entièrement mélangés et l’on place la masse obte-
- nue sur des nacelles de magnésie disposées elles-mêmes dans des tubes de porcelaine traversés par un courant d’hydrogène pur et sec. Pour obtenir le degré de température nécessaire, on peut se servir d’un four Schlœsing porté à sa température maxima (i 4an" environ).
- Pratiquement, pour préparer du ferro-molybdène pur par voie alurninothermique, on peut employer le procédé suivant imaginé par M. Yigouroux (*). On prépare d’abord de Y oxyde de fer bien pur en partant de clous à ferrer (clous de Suède) que l’on dissout dans l’acide chlorhydrique ; après insolubilisation de la silice et reprise par le même acide, on traite la liqueur par l’hydrogène sulfuré, puis par l’ammoniaque. On calcine ensuite de manière à obtenir soit Fe203, soit Fe’O'1. L'oxyde de molybdène est obtenu à l’aide du molybdate d’ammoniaque cristallisé pur qui, décomposé par la chaleur puis réduit par l’hydrogène, donne MoO2 très pur. Valuminium, coulé spécialement pour cet usage de manière à posséder un titre très voisin de ioo, ne doit contenir ni cuivre ni silicium. Pour la préparation du ferro-molyb-dène qui nécessite sa pulvérisation, on le fragmente à l’aide d’une râpe douce, puis sa limaille est dépouillée des quelques rares particules de fer pouvant avoir été entraînées, au moyen d’un fort électro-aimant.
- Les matières premières étant ainsi préparées, le mélange des trois poudres précédentes (oxyde de fer, bioxyde de molybdène, aluminium) est introduit dans un creuset de magnésie pure. On amorce la réaction, le comburant de l’amorce étant apporté par l’anhydride molybdique et l’aluminium. En variant les proportions des divers composés dans le mélange et la nature des éléments mis en jeu, il est ainsi possible d’arriver à des alliages ayant des teneurs très différentes en fer et en molybdène.
- (!) fi. Vigouroux. Sur les ferro-molybdènes purs fComptes rendus, 9 avril 1906, p. 899).
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- Malheureusement, ces procédés de préparation n’ont pas pu encore sortir du laboratoire à cause du prix élevé des matières pures mises en jeu. La production, par voie alumi-nothermique, d’un kilogramme de ferro-molybdène à 8o % exige en pratique 4‘,<) à 4aogr d’aluminium,soit,par tonne,une dépense comprise entre i ooo et i soo francs pour l’aluminium seul. Elle n’est donc pas encore prête à pénétrer, d’une façon économique, dans les milieux industriels.
- La plupart des procédés qui ont été indiqués précédemment pour la préparation de la fonte de molybdène par voie électrothermique peuvent être utilisés pour préparer le ferro-molybdène. On se contente seulement d’ajouter au mélange des matières premières ou de faire intervenir, dans la réaction, du fer «à l’état de métal ou de composé facile à réduire.
- Ainsi, on peut obtenir du ferro-molybdène plus ou moins carburé et ne contenant pas de silicium en réduisant le rnolybdate de magnésium par le charbon avec intervention de bauxite ferrugineuse. L’oxyde de fer de ce composé est réduit par le charbon, de sorte que le métal s’unit au molybdène également mis en liberté par la réduction du rnolybdate ; l’alumine de la bauxite passe dans la scorie à l’état d’aluminate de magnésium.
- L’ensemble des réactions qui donnent ainsi naissance au ferro-molybdène peut se représenter par l’équation suivante :
- 3 MoO‘Mg + Al2 O3 + 3 Fe2 O3 -f 13 G
- r:3 Fe2Mo + Al2 O6 Mg° + 18 CO.
- Suivant la richesse des matières premières en fer et en molybdène, on peut obtenir l’un ou l’autre des alliages de ces deux métaux.
- La réduction du bioxyde de molybdène par le charbon en présence du fer donne égale-mentdu ferro-molybdène, d’après l'équation suivante :
- MoO2 -j- aC -(- Fe = Fe Mo2 a CO.
- Le produit ainsi préparé est toujours plus ou moins carburé.
- Pour obtenir un alliage ne contenant qu’une minime quantité de carbone, on peut utiliser comme matière première le carbure de molybdène que l’on réduit au four électrique par le bioxyde en présence du fer. Il se produit alors la réaction suivante :
- 4 CMo2 + a MoO2 + 5 Fe = 5 Fe Mo2 + 4 CO.
- Pratiquement on peut, dans cette préparation, utiliser comme électrodes le carbure ou la fonte de molybdène, ces électrodes entrant en fusion par le passage du courant qui les traverse ainsi que le circuit intermédiaire composé de bioxyde et de fer fondu. Le four à électrodes coulantes de Gin peut très bien convenir à cette opération. Pour donner une idée de la fabrication du ferro-molybdène à partir du minerai et en passant par lecarbure de molybdène, nous supposerons l’emploi, comme matière première, d’une molybdénite impure contenant environ 56 % de sulfure MoS2, 3o % de silice, 3 % d’alumine, 0,70 % d’acide plios-phorique P2Oh, environ 6 % de sulfures
- métalliques (cuivre et plomb) et a % de chaux.
- On commence par fabriquer le bioxyde en grillant le minerai. Après grillage, refroidissement et digestion dont l’ammoniaque suivie d’une concentration par évaporation, on obtient du rnolybdate d’ammonium dont on détruit la faible quantité d’acide phospho-rique entraînée par du chlorure de magnésium. Les cristaux sont ensuite calcinés pour obtenir le bioxyde MoO2. Ce traitement cons somme environ, par tonne de minerai, 65l(-d’ammoniaque (en tenant compte de l’ammoniaque récupérée par la calcination du mo-lybdate), i«kR de chlorure de magnésium et 1 noiés de houille. Une tonne de minerai à 56 % de molybdénite fournirait ainsi environ 43<»kB de bioxyde MoO\
- Les poids des différentes matières entrant en réaction pour l’obtention d’une tonne de
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- l'erro-molybdène seraient alors approximativement les suivants :
- Bioxyde de molybdène Mo O2......... 1 oook®
- Battitures de fer.................. 2‘Jt5
- Coke pour réduction électrique. . . . 3oo Electrodes en carbone............. 90
- Quant à la dépense d’énergie électrique, elle serait de 6000 kilowatts-heure environ. En tenant compte de tous les frais relatifs à la préparation du bioxyde de molybdène, à la main-d’œuvre, à l’entretien et à la réparation du matériel en mouvement, enfin de l’amortissement et de l’intérêt du capital engagé dans l’industrie, on peut évaluer à 0.000 francs environ le prix de la tonne de i’erro-molybdène à 80 % de molybdène obtenu en passant par le molybdène carburé.
- Nous signalerons enfin comme procédé permettant d’obtenir avec facilité du l'erro-molybdène très pur celui utilisant l’action du ferro-silicium sur le bioxyde, de molybdène, avec emploi de chaux comme scorifiant. Il se produit la réaction suivante :
- a Mot)2 -(- Fe Si2 -(-a CaO —: l'c Mo2 -f- 1 SiCFCu.
- L’appareil qui convient le mieux à cëtte préparation est le four Gin à induction et à circulation. On provoque d’abord la fusion du ferro-silicium en faisant passer un courant d’intensité suffisante, puis on projette sur la surface du bain métallique un mélange de bioxyde cle molybdène et de chaux. Le ferro-silicium peut du reste être directement fabriqué dans le four, et, lorsqu’il est sullisamment aliéné, on coule la scorie et l’on provoque la réduction du bioxyde comme il vient d’être dit.
- Ce procédé de préparation à partir du
- bioxyde nécessite par tonne d’alliage à 80 % de molybdène :
- Bioxyde de molybdène........ 1 o5oâ«
- Ferro-silicium à 53 % de silicium. /t5o Energie électrique.......... 1 oookw.h.
- En tenant compte, comme dans le dernier procédé, de tous les éléments entrant en ijeu dans l’opération et du prix des matières intervenant dans la réaction, on peut encore compter sur un prix moyen de 0000 francs pour l’obtention d’une tonne de ferro-molybdène à 80 %. Les prix de revient sont donc équivalents, que l’on utilise le carbure de molybdène ou le ferro-silicium. Ils sont cependant beaucoup moins élevés que ceux concernant la méthode aluminothermique.
- § 3. Industrie du ferro-molybdène.
- Le ferro-molybdène remplace aujourd’hui, dans la plupart de ses usages, le molybdène métallique, qui est peu maniable, et, la fonte de ce métal, toujours impure. Pour certains emplois, on s’en sert, à l’état d’alliage quaternaire, associé à certains métaux qui aug-^ mentent encore ses qualités et permettent de l’utiliser d’une façon plus pratique.
- Gomme principales impuretés accompagnant les ferro-molybdènes. industriels, il faut citer le tungstène, le silicium, la manganèse, le soufre et une proportion plus ou moins forte de carbone, ainsi que le montre l’analyse ci-dessous qui concerne un alliage à faible teneur en molybdène :
- Molybdène .... 16,69 %
- Fer .... 76,35
- Tungstène
- Carbone . . . . 4,20
- Silicium . . . . 0,39
- Manganèse . . . . o,37
- Soufre . .. . 0,08
- Gomme certaines impuretés, en particulier les métaux, proviennent surtout du minerai de molybdène, elles peuvent augmenter avec le pourcentage de l’alliage en molybdène,
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- mais il n’y a pas proportionnalité rigoureuse entre la teneur de l’alliage en fer et en molybdène et la quantité de carbone renfermée dans celui-ci.
- *
- * ¥
- Les procédés de fabrication électrothermique du ferro-molybdène permettront sans doute d’obtenir bientôt celui-ci à un prix assez bas pour qu’il puisse entrer rapidement dans l’industrie à l’état d’alliage courant. On le vend actuellement sous forme d’alliage à 8o % de molybdène environ et de a à 4 % de carbone.
- Si l’on vendait la tonne de ferro-molybdène à raison de 12 fr. 5o le kilogramme-teneur, soit environ 10000 francs la tonne, les procédés précédemment décrits, qui permettent d’obtenir cet alliage à raison de a 5oo francs, laisseraient celui-ci avec un bénéfice de fabrication égal à 4 5oo francs, chiffre des plus satisfaisants s’il n’existait pas un aléa continuel dû à l’incertitude du marché et à la variabilité des cours. Mais, d’après M. Gin, « il serait certainement préférable de gagner moins par unité en produisant beaucoup plus. La métallurgie des aciers absorberait facilement, et volontiers, un tonnage considérable de molybdène et de ferro-molybdène, si les cours étaient ramenés à un taux acceptable. Pour arriver à un résultat favorable, il faudrait développer l’exploitation des minerais, de manière à réduire le prix de vente, tout en créant un marché stable qui donnerait aux électrométallurgistes et aux aciéristes la sécurité qui leur manque actuellement ». Il convient de faire du reste observer que, dans les prix indiqués plus haut, on a tenu compte des frais généraux et des dépenses accessoires de fabrication d’une façon très large. Gela était nécessaire étant donné le tonnage aussi restreint du ferro-molybdène à l’heure actuelle.
- Les électrométallurgistcs trouveraient cependant intérêt à entreprendre la fabrication de cet alliage à titre accessoire, les frais
- généraux et le matériel d’usine devant concerner surtout la production d’autres ferro-alliages courants d’écoulement facile. La principale difficulté réside dans la rareté des gisements actuellement exploités ou exploitables et dans le peu de richesse des minerais courants, principalement la molybdénite. La préparation mécanique de ceux-ci de même que leur concentration et leur purification chimiques entraînent des frais qui sont loin d’avoir une valeur négligeable pour la détermination des prix de revient et de vente de l’alliage fabriqué.
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- * *
- L’addition de molybdène aux aciers communique à ceux-ci des propriétés qui permettent de les utiliser avantageusement pour certains usages spéciaux. Le molybdène possède, en effet, la propriété d’augmenter dans de très grandes proportions la ductilité et la résistance à la rupture de l’acier; il élève aussi très fortement son élasticité. Une simple addition de o, aa % de molybdène augmente de 4° % l’allongement à la rupture. Cette dernière propriété est du reste encore accentuée par la présence du nickel.
- Les aciers au molybdène sont utilisés comme aciers à outils, mais on leur préfère souvent les aciers au tungstène qui coûtent meilleur marché. Comme aciers rapides, ils donnent de très bons résultats, avec une proportion de molybdène' comprise entre o,5 et •>. % ; ajouté à l’acier dans les proportions de 10 à 12 % en présence de 6 à 7 % de chrome, le molybdène produit également un acier rapide de très bonne qualité. Les aciers au tungstène ont cependant encore l’avantage sur ceux au molybdène destinés au même usage, car ils ne tapent pas à la forge comme le font souvent ces derniers.
- On a aussi expérimenté des aciers contenant 0,2;) % environ de molybdène et une proportion variable de nickel, pour la fabrication des fils à grande résistance, des tôles de chaudières, des canons et des fusils. Ces aciers pourraient avantageusement servir,
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- comme cela a été proposé, pour la construction des chaudières à haute pression telles que celles utilisées dans la marine de guerre.
- Enfin, étant donné les qualités des alliages nickel-chrome-molybdène à basse teneur de molybdène, les aciers formés de ces alliages conviendraient parfaitement comme matériaux de construction. Remarquons, en outre,que l’addition de i % de molybdène aux aciers chromés les plus durs permet de les travailler avec facilité, ce qui présente une grande importance au point de vue de la fabrication des blindages et des projectiles.
- Dans la plùpart des cas, le molybdène engendre des transformations comparables à celles que produit le tungstène, mais avec une dose plus faible de quatre fois environ.
- Quoi qu’il en soit, l’industrie des aciers au molybdène comme celle des ferro-molyb-dènes n’a pas encore reçu l’extension que les producteurs d’alliage attendaient au moment des premiers marchés établis sur ces corps, la concurrence s’exerçant naturellement en faveur des produits donnant les mômes résultats avec le minimum de frais.
- Jean Escakd.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Analyse harmonique et résonances. — Abraham. —- Comptas Rendus de VAcadémie des Sciences, 19 juillet 1909.
- Depuis les études classiques de Helmholtz sur l’analyse du timbre des sons par les résonnateurs acoustiques, bien des applications ont été faites, dans différentes branches de la Physique, de celte méthode d’analyse harmonique par les phénomènes de résonance.
- On sait du reste qu’il faut apporter quelque circonspection dans l’interprétation de ces expériences (').
- L’auteur fait à ce sujet quelques remarques, pour' signaler sur un exemple combien dans certain cas l’analyse harmonique, dont l'exactitude mathématique 11’est pas en question, peut cependant paraître bien illusoire.
- Prenons l’expérience, maintenant familière, de la recherche des harmoniques d’un courant alternatif par les résonances d’un circuit contenant une capacité lixé et une self-induction réglable (Pupin, Arm.a-gnat, etc.).
- (') Rappelons seulement les travaux de Cornu. Poincaré, Lord Rayleigh, Gouy, Ravcau, etc., sur le rôle de l’amortissement, sur la résonance multiple cl sur l’interprétation de l’analyse spectrale.
- S’il arrive qu’une résonance se produise pour l’harmonique de rang n, nous disons que la série de Eourier contient le terme correspondant, proportionnel à l’amplitude observée. Mais nous pouvons aussi être conduits à penser que, dans la construction de l’alternateur qui produit le courant, il y a une anomalie périodique, une denture, par exemple, qui ' produit une série de perturbations successives,-toutes égales, et se répétant n fois dans une période.
- ; Cette conclusion peut fort bien être tout à fait exacte; elle peut aussi être tout à fait fausse.
- Bornons-nous, pour le voir, au cas d’un alternateur à arrachement, dont chaque période se compose d’une brusque production de force électromotrice suivie d'un temps de repos (alternateur Villard pour la télégraphie sans fil).
- Une courbe de même allure peut évidemment être obtenue avec un alternateur quelconque, pourvu que, périodiquement, cet alternateur fasse un tour brusquement, puis s’arrête un certain temps pour repartir ensuite.
- Le circuit résonnant, ébranlé par le passage de la première onde, continue à osciller pendant la durée du temps de repos. Après un certain nombre d’oscillations, il est relancé par le passage de l’onde suivante, qui augmente son amplitude, et il tend ainsi progressivement vers un régime permanent.
- En régime permanent, avec un résonnateur peu amorti, les oscillations sont pratiquement identi-
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- ques à celles que donnerait une force électromotrice purement sinusoïdale et ininterrompue. Avec un résonnateur amorti, au contraire, on retrouve la trace de chacune des impulsions en suivant les fluctuations du courant au moyen d’un oscillographe ou d’un rhéographe : les courbes obtenues changent de forme quand on modifie la résistance du circuit „ résonnant.
- Dans ce cas, le calcul de la série de Fouricr et les expériences de résonnance s’accordent pour déceler dans la courbe de force électromotrice toute une multitude d’harmoniques importants qui persisteraient pendant les périodes d'arrêt.
- Il est clair, néanmoins, que ce résultat est illusoire, pour ne pas dire absurde. Pendant les périodes de repos, on n’a pas, en elïet, un alternateur qui s’agite confusément pour produire une foule de courants alternatifs dont la somme, par suite d’une heureuse compensation, se trouve être constamment nulle ; on a tout simplement un alternateur arrêté.
- Cet exemple montre que dans l’analyse des phénomènes périodiques, la représentation par la série de Fourier correspond bien aux harmoniques qyi peuvent être excités dans des résonnateurs. Mais les termes de cette série ne représentent pas nécessairement la structure physique du phénomène étudié.
- PHOTOMÉTRIE
- L’étalon Hefnei et l’étalon au pentane de dix bougies. —E. Brodhun. — ElelUrotechnische Zeitschrift,juin 1909.
- L’étalon au pentane de io bougies a été décrit pour la première fois en 1898 par Vernon-Harcourt: c’est un brûleur qui utilise un mélange d’air et de vapeur de pentane.
- Il a été très favorablement accueilli en Angleterre où son emploi est très général : c’est, en particulier, l’étalon officiel du Gas Référées de Londres et du Laboratoire National de Physique de Feddington.
- En Allemagne, au contraire, il est fort peu connu, et on lui préfère lTIefncr.
- L’auteur établit une comparaison entre ces deux étalons, et il conclut nettement en faveur de lTIefncr, au nom du double critérium suivant:
- i° Facilité de reproduction.
- Les dimensions essentielles à reproduire sont bien plus nombreuses dans la lampe au pentane, et les
- erreurs beaucoup p/us importantes! En outre on a toujoursàredouterqueles petits orifices des brûleurs ne viennent à se bouclier partiellement, d’où une modification de l’intensité lumineuse fournie.
- A ce point de vue, Palerson a observé des différences de o,7ù % entre une lampe au pentane ancienne et une nouvelle.
- a0 Netteté du caractère chimique de la substance
- brûlée.
- Dans rilefner, c’est do Facctate d’amyle G7 II14 O2, composé parfaitement défini, et que l’on peut se procurer sans difficulté (’) dans l’état de pureté désirable. Déplus il y a des méthodes simples pour contrôler cette pureté. Enfin, les propriétés de l’acétate d’amyle 11c s’altèrent que très lentement.
- Au contraire, le pentane n’est pas un corps simple : c’est un mélange de- plusieurs isomères, qui ont des points d’ébullition différents; celle complexité de composition a son influence sur l’intensité lumineuse produite, sans qu'on ait de notions précises sur ce point.
- Far conséquent, il y a lieu de préférer la lampe Mefner, bien qu’elle ne soit pas exempte de défauts (2).
- A. P.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Sur la répartition des courants électriques dans un réseau. — J. Revilliod. — Schweizerische ElelUrotechnischc Zeitschrift, 3 juillet 1909.
- Les lois de Kirchholf permettent de déterminer complètement la répartition des courants dans un réseau alimenté d’une façon quelconque par des
- (*) En Allemagne, la France n’élant pas outillée de façon convenable à ccl égard.
- (a) Ces conclusions sont conformes à celles du rapport de M. Blondel au Congrès inlernalional des Electriciens, (4 août *896). L’élalon llefnercsl, écrivait M. Blondel, «le plus simple, le moins dispendieux, le plus commode, et peu-êlre le oins sur par son facile réglage... » (Eclairage Electrique. ua août 1896).
- Voir aussi :
- Report of the Pholometrie Standard Commilfee (Journal of Gas lighting, 14 mai 1896).
- Recueil des travaux de la commission internationale de Photométrie, Paris, 1908.
- E. Liehentha-l, Pholomelrische Vcrsuche, etc... (Journ. f. (iashel u. Wasservers., 1906 ; lomeXLIX, p. 559).
- Kkuss, même journal, 1898, lome XLï, p. 653.
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- sources d'électricité, et cela par rétablissement d’un système d’équations du iftr degré, contenant autant d’équations ,qu’il y a d’intensités de courants à déterminer. Une partie de ces équations résultent de la première loi appliquée à un point de croisement : 24 —- o; l’autre de la deuxième loi 2. E = S/’* 4 appliquée à un contour fermé.
- La deuxième loi de Kirchhoff équivaut à une condition de maximum ; l’auteur donne à ce sujet la démonstration suivante :
- Soit un réseau de conducteurs quelconques contenant des sources d’électricité de forces électromotrices Ej, E/r étant la somme algébi'ique de toutes
- les forces électromotrices de la branche /?, comptées dans un sens déterminé. Soient ri} les résis-
- tances, et /,, 4,... les intensités des courants des branches i, 2, 3...
- Nous voulons démontrer que les courants s'établissent de façon que l’expression
- 2 (2 E* 4 — r/c Z2/,) (i)
- soit maximum.
- Il y a lieu de tenir compte naturellement dans l’expression (i) que les diverses intensités 4 sont lices entre elles par les relations 2/« ^ o, cette somme s’étendant à tous les courants aboutissant à un même point de croisement, conformément à la première loi de Kirchhoff.
- Différentions, en effet, l’expression (i), nous aurons :
- 2 ('i E/c diu — 2 rk 4 dit,) (a)
- ou explicitement, et abstraction faite du facteur (2) [E1 — /’j z,) tf/j 4“ (E2— /'2 dtv (a7)
- Pour que l’expression (1) soit maximum, il faut que la relation différentielle (2') soit égale h o; autrement dit que le coefficient de chacune des différentielles di/c} indépendantes les unes des autres, soit nul.
- Afin de tirer de là les équations finies qui donnent la condition de maximum de (1), traitons un exemple déterminé; la méthode suivie pour cet exemple se généralise immédiatement.
- Considérons, dans notre réseau, le circuit fermé Constitué par un quadrilatère A, B, C,D et indiquons par une flèche le sens du courant circulant dans chacun de ces quatre conducteurs.
- Les quatre relations 2/a ~ o pour les points
- A, B, C, D permettent d’éliminer 3 des grandeurs ia Eliminons comme suit :
- de B nous tirons : 4 “ 4 4“ 4 4" 4 — 4 —.......
- » C » » — i2 “|“ iy -— 4
- )) D )) W /£ ' *— 1 . . . »
- Dans ces relations, les points (±.) représentent
- des sommes de variable za pour lesquelles a > 4.
- Cette élimination faite les courants 4* 4> 4 sont des fonctions de /, et ix (* > 4); toutes les autres intensités peuvent être considérées comme des variables indépendantes ou des fonctions de z« (a > 4). Donc dans l’expression
- 2(E/, — rk 4) dik
- les seuls ternies contenant la différentielle dix, toute élimination faite, sont ceux correspondant aux indices 1, 2, 3 et 4
- Ces termes sont :
- (Et — / 1 i\) dix "h— r2 *2) di2 -*) 4“ (E3 — /\j z3) (— dix +-•) 4-(Et — 7'4 4) (—rf4±.—)
- *Les variables étant alors toutes indépendantes, pour que l’expression ci-dessus soit nulle, il faut que le coefficient de dix le soit.
- Nous avons donc :
- Ei — /*! ix 4" E2 — r2i2— (E3 — ^3)— (E* — *v4) — 0
- équation identique à celle que fournit la deuxième loi de Kirchhoff appliquée au quadrilatère A B C D :
- SE* = 2/-* 4.
- Les coefficients des autres différentielles égalés ào donneraient des équations analogues.
- La condition de maximum énoncée, équivalant aux équations que donne la deuxième loi de Kirchoff, correspond donc bien à la répartition des courants.
- On se convainc d’ailleurs facilement qu’il s’agit d’un maximum et non pas d’un minimum, en appliquant la loi au courant fourni par une pile unique dans un circuit unique. Dans ce cas cP[*Ei—ri2)
- -------------' —2 /• < o: 1 expression 2 Ez — rr
- di2
- est, en effet, maximum.
- Nous avons compté tacitement dans notre démonstration les forces élcclrornotriccs E* dans le même sens que les courants 4; donc le produit 4 représente la puissance fournie par la pile Ea ; /*42 repré-
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- sente la puissance recueillie sous forme d'effet Joule ; on peut donc dire que :
- Dans tout réseau conducteur alimenté par des sources d'électricité, il s’établit un système de courants tel que la puissance fournie par ces sources diminuée de la moitié de la puissance de Veffet Joule total soit maximum.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Application des propriétés magnétiques des métaux à des commandes mécaniques de précision. — A. Fodor et de Büty. — Académie des Sciences, séance du 19 juillet 1909.
- Les applications du magnétisme à la mécanique courante se sont presque bornées à l’emploi des électro-aimants, que l’on peut exciter ou annuler à distance par la fermeture ou la rupture d’un courant électrique. Il est cependant possible d’employer des aimants proprement dits et de leur confier des fonctions précises et délicates. Il est même possible d’utiliser la différence entre les coefficients magnétiques de divers métaux, et l’on peut arriver ainsi à des résultats d’une très grande sûreté.
- Les auteurs se sont attachés, pour démontrer la justesse de cet énoncé, à appliquer les propriétés magnétiques à des appareils distributeurs automatiques d’une grande délicatesse, entre autres à une machine automatique pour recommander les lettres. Dans cette machine, l’envoi d’une pièce de nickel de o fr. permet à l’expéditeur d’introduire sa lettre et de donner un tour de manivelle qui exécute les 40 mouvements intérieurs servant à la timbrer, à encaisser et à compter l’argent introduit, à timbrer, à h numéroter et à dater le récépissé, etc., mais il faut éviter que la fraude intervienne et qu’on essaie de faire fonctionner l’appareil en y introduisant des rondelles de cuivre, de plomb, de zinc, de fer de mêmes dimensions et sensiblement Se même poids que les pièces de nickel de o fr. afi.
- C’est l’action d’un petit aimant qui rend la fraude impossible. La pièce introduite doit tomber dans le mécanisme, déclencher une bascule et démasquer ainsi l’ouverture destinée à laisser passer les lettres.
- Sila pièce est en nickel, elle est légèrement déviée par l’aimant en passant devant les pôles de celui-ci et se trouve dirigée ainsi, par l’action magnétique, vers le conduit qui l’amène dans l’appareil. La pièce est-elle en cuivre, en plomb, en zinc ? Ces métaux non magnétiques 11e subissent pas d attraction
- de la part de l’aimant et continuent leur route pour tomber dans une boîte extérieure au mécanisme.
- Si, connaissant ces propriétés, un fraudeur introduit une pièce en fer, métal magnétique, l’appareil ne fonctionne pas davantage, car le fer dont le magnétisme est plus intense que celui du nickel, reste, par ce fait, appliqué contre l’aimant trieur et s'arrête enroule. Quand l’opérateur essaie de faire tourner la manivelle, son action a alors pour effet de faire tomber la rondelle de fer en dehors du mécanisme, et rentrée des lellrcs reste masquée.
- On voit, par cet exemple, combien vaste peut être le champ d’applications analogues, pour beaucoup d’appareils industriels et d’instruments de physique destinés aux travaux purement scientifiques.
- Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines (*). — E. Trasenster. — Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, avril 1909.
- LA GRANDE USINE DE GARY
- En janvier 1906, l’United States Steel Corporation, autrement dit le trust américain de l’acier, décidait la construction d’une nouvelle usine, d’importance sans précédent, a Gary. La mise à exécution de ce projet grandiose retient depuis lors l’attention du monde industriel sur l’Indiana Steel C°, nom de la nouvelle filiale du puissant trust.
- Cet intérêt n’est pas suscité seulement par l’importance des capitaux mis en œuvre (il s’agit en effet de 75 millions de dollars), mais également par la perfection que doit réaliser dans toutes ses parties cette usine nouvelle, créée de toutes pièces.
- L’usine et la cité de Gary, baptisées du nom du président de TU. S. S. G., sont situées sur la rive méridionale du lac Michigan, à /*okm à l’Est de Chicago.
- Gel emplacement fut choisi tant à cause des facilités d’aménagement d’un port et de raccordements ferrés qu’il présentait que du bon marché des vastes terrains d’un seul tenant qu’il fallait acquérir. La construction d’une cité était rendue nécessaire par l’éloignement de tout centre habité de cette région de dunes, déserte jusqu’alors.
- (Q Voir La Lumière Electrique tlu 10 et du 94 juillet, où sont décrites les installations dés usines Edgard Thomson, celles de l'Illinois Steel and C°. et enfin le Irainlrio pour rails de l'usine dont nous donnons aujourd’hui les caractéristiques générales.
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- Il fallut tout d’abord dévier deux lignes de chemin de fer qui passaient au milieu de remplacement actuel de l’usine. Cette modification entraîna la construction de fxo milles de voies nouvelles. Reculées vers le Sud, elles passent maintenant entre l’usine et la cité, ainsi que la rivière Calumet, et sont surélevées de manière à laisser le passage libre.
- Gary abrite déjà plus de i5ooo habitants, alors que l’usine est à peine, et partiellement seulement, mise à feu. Cette cité a été dotée dès le début d’une distribution d’eau,d’un réseau d’égouts, de l’éclairage électrique et d’un tramway. Sa rue principale se termine au Nord à l’entrée de l’usine où les bâtiments de l’administration et des hôpitaux se feront face.
- Le plan général de l’usine comporte l’installation de 16 hauts fourneaux de 4 ho tonnes, de fi halles de i4 fours Martin de Go tonnes chacune, et de laminoirs capables de transformer intégralement leur production. Ce sont donc 7 200 tonnes de fonte qui pourront être produites et traitées journellement.
- Toutefois,jusqu’à nouvel ordre, la réalisation de ce projet; est limitée, en ce qui concerne les hauts fourneaux et l’aciérie, à la construction de 8 hauts fourneaux et de 4 halles de fours Martin.
- Une série d’articles consacres par l’Iron Age aux installations les plus avancées des Gary Works nous permet de donner les détails suivants concernant les divers services.
- On a prévu l’emmagasinage de 2 5oo 000 tonnes de minerai, quantité suffisante à alimenter tous les hauts fourneaux projetés pendant 6 mois.
- Quand l’installation sera complète, ce magasin s’étendra sur 1 200™ de long entre le canal et la ligne des 16 hauts fourneaux.
- Parallèlement au canal et au magasin à minerai, les 16 hauts fourneaux de 4^0 tonnes projetés s’aligneront à partir de la nouvelle rive du lac.
- Un des caractères les plus marquants de cette installation réside dans l’orientation relative des voies et des appareils, Cette remarque s’étend au plan général de toute l’usine, du moins en ce qui concerne les hauts fourneaux et l’aciérie. On a rompu avec la tradition des allées et des bâtiments disposés à angle droit. Les voies de coulée et de service des hauts fourneaux ainsi que leurs halles, Sont orientées obliquement par rapport aux voies principales Nord-Sud, parallèles à la ligne des hauts fourneaux et des bâtiments des machines. De même les halles de l’aciérie et leurs voies sont également obliques par rapport à cette direction, mais
- en sens inverse. Ces dispositions assurent une organisation rationnelle et facile des transports.
- L’appareil de chargement automatique des hauts fourneaux est constitué par des distributeurs Baker et Neumann perfectionnés. A chaque ascension des skipps, ils tournent d’un angle supérieur de 3° à un quadrant.
- Un point intéressant de l’installation consiste en ce que la manœuvre des cloches de chargement est faite par l’intermédiaire de cylindres à air branchés sur les conduites de vent froid.
- A proximité de cette installation sont installés d’autres services accessoires, de réparation des poches, du magasin ' à mitrailles et du mouton. Ces services se font suite et sont desservis par un même pont roulant électrique. Il y est fait amplement usage d’'électro-aimants pour le transport des mitrailles et la manœuvre du mouton. Le séchage des poches est particulièrement soigné: il est assuré par des brûleurs télescopiques à gaz descendant verticalement dans les poches et permettant de les chauffer en n’importe quel point. Ils sont alimentés par un petit gazogène, mais pourront l’être plus tard par du gaz de haut fourneau.
- Un seul bâtiment des machines soufflantes est construit actuellement. Deux autres bâtiments placés sur le même alignement et conçus sur le même plan recevront ultérieurement les machines soufflantes des hauts fourneaux non encore desservis. Ces trois bâtiments seront complètement indépendants l’un de l’autre, sauf que l’air comprimé nécessaire à la mise en marche des moteurs à gaz est fourni par une installation centrale placée dans la station électrique.
- LA CENTRALE ÉLECTRIQUE
- C’est dans le domaine de l’électricité surtout que les ingénieurs de l’usine de Gary ont le plus innové. Il ne faut pas perdre de vue, en telîet, que les plans de ces installations électriques ont été arrêtés avant que des résultats probants aient été obtenus par d’autres installations des Etats-Unis, basées sur l’emploi des moteurs à gaz, telles que celle des usines de Y Illinois Steel Company à South Chicago et celle des laminoirs Edgar Thomson à Pittsburg {*).
- Cette observation n’a d’ailleurs pas seulement trait à l’emploi presque exclusif de moteurs à gaz pour la soufflerie et la station centrale, mais aussi à l’ap-
- (') Voir La Lumière Électrique du io et du 24 juillet 1909.
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- plication de l’électricité, comme force motrice, aux laminoirs principaux et secondaires.
- Le bâtiment de la centrale électrique n’a pas moins de aqS™ de longueur sur 35m de largeur. Il est destiné à recevoir l’équipement électrique correspondant aux groupes de soufflantes a et 3, et desservira, en dehors des deux premières grandes unités de 4 hauts fourneaux chacune, le train à rails, celui à billettes et les divers ateliers. Deux ponts roulants électriques de 5o tonnes le parcourent sur toute sa longueur.
- Cette centrale comprend 17 moteurs à gaz Allis-Chalmer, double tandem à quatre cylindres à double effet ; i5 moteurs entraînent directement des génératrices à courant alternatif et les deux autres des génératrices à courant continu. La puissance des moteurs à gaz est de 4000 IIP, la puissance normale des génératrices 2 000 k\v.; mais ces dernières doivent pouvoir supporter une surcharge constante de 3o % . Les génératrices à courant alternatif sont triphasées à périodes et 6600 volts ; celles à courant continu travaillent à ü5o volts.
- La centrale comprend également, au centre, deux unités de 2 000 k\v. mues par des turbines à vapeur Curtis. Ces deux unités constituent une réserve ; elles furent installées en premier lieu et marchèrent pendant la période d’installation du restant de la centrale, en parallèle avec la centrale, de YIllinois Steel C° à South Chicago.
- Les moteurs à gaz sont semblables à ceux de cette dernière usine, sauf que leur diamètre de cylindre a été légèrement augmenté et porté à imi20 avec de course. Chaque unité présente une surface d’encombrement de i3ln,E> X 2imet comporte un volant de 7m de diamètre pesant 100 tonnes, monté sur un arbre de ij6omm de diamètre.
- Le plancher de la centrale se trouve surélevé par rapport à la base du bâti de machines, de manière à rendre leurs organes de commande plus accessibles.
- L’allumage, le graissage et les diverses canalisations ont été particulièrement étudiées. Nous ne pouvons entrer ici dans ces détails ; entre autres particularités, les canalisations électriques aériennes de toute l’usine, dans lesquelles il est entré plus de 5oo tonnes de cuivre, sont montées sur isolateurs colorés, une couleur différente étant réservée à chaque phase.
- Une ligne à haute tension, 22 000 volts, réunit la centrale de l’usine de Gary à celle de l’usine de South Chicago.
- Pour réduire au minimum les fluctuations de charge à la centrale, des batteries d’accumulateurs électriques ont été installées dans un bâtiment situé dans le prolongement de la centrale. Il comprend actuellement deux batteries d’accumulateurs pouvant donner chacune 4 3ao ampères à 2fSo volts. Une commutatrice de 2 000 kw. de construction spéciale est intercalée entre la batterie et le circuit à courant alternatif. L’importance de la batterie d’accumulateurs pourra être doublée dans la suite (‘).
- Trois sous-stations sont réparties dans l’usine pour la transformation du courant alternatif en continu. La première comprenant quatre groupes moteur-génératrice de 5oo kw., semblables aux excitatrices de la centrale, se trouve à proximité du train à rail. Elle fournit le courant continu nécessaire aux divers appareils desservant les laminoirs et les ateliers de parachèvement. Les deux autres sous-sta-tions, chacune de deux groupes électriques, identiques aux précédents, alimentent en courant continu lesdéchargeuses et les ponts à minerais.
- Quant au courant continu nécessaire aux hauts fourneaux et aux halles de l’aciérie, il vient directement clés deux groupes, moteurs à gaz-génératrices à courant continu de soookw. delà centrale. Ils peuvent alimenter également l’éclairage, et quelques appareils des halles des laminoirs, quand ceux-ci sont arrêtés.
- Neuf stations de transformateurs à courants alternatifs abaissant le voltage à 440 volts sont également réparties en différents points de l'usine.
- l’ACIÉHIE MAUTIiV-SlEMENS. -
- La transformation delà fonte en acier se fait, à Gary, uniquement dans des four?! à sole.
- Des six halles, de 14 fours de 60 tonnes chacune, prévues au plan général de l’usine, les halles nos3 et 4 sont complètement outillées. Les fondations de la halle n° 1 sont terminées, puis viendront celles de la Italien0 2. Ces quatre halles auront une capacité de production d’environ 2 700 000 tonnes par an. La mise en construction des autres halles, vers le lac, dépendra des besoins futurs.
- (t) Cette adjonction de batterie d’accumulateurs îi la centrale d’une grande usine sidérurgique 11 est pas une innovation aux Etas-Unis. Contrairement à- la pratique européenne, elle y a reçu plusieurs applications et semble répondre aux avantages que les ingénieurs américains en attendent.
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- Toutes ces halles sont identiques entres elles, ayant 3iom de long sur 59'“ de large, en deux travées couvrant respectivementle plancher de chargement etles voies de coulée. Elles sont situées à l’Ouest des bâtiments de la centrale et sont juxtaposées deux à deux. Pour faciliter les transports et obtenir des courbes convenables des voies, ces halles et leurs voies font un angle de 35° avec les voies principales N.-S. des hauts fourneaux. Il s’ensuit que de deux halles juxtaposées, l’une dépasse l’autre d’environ la moitié de sa longueur. Les triangles restant sur les cotés sont utilisés par des magasins et des casse-fontes.
- Précédant chaque halle, se trouve un premier bâtiment de 36 X 26™ abritant deux mélangeurs de 3oo tonnes chacun. Ils sont desservis par deux ponts roulants électriques de ^5 tonnes, enlevant les poches de fonte de leurs trucs et les basculant dans le bac du mélangeur ; ce renversement des poches est effectué par un treuil indépendant de i5 tonnes, porté également par les ponts.
- Les mélangeurs, basculant sur berceaux, sont très surélevés. Ils versent la fonte, du côté opposé au bec de chargement, directement dans les poches à fonte de l’aciérie placées sur des trucs roulant sur le plancher de chargement des fours Martin, plancher prolongé dans le bâtiment des mélangeurs.
- Le truc, mu à Vélectricité, amène la poche, une fois remplie, vis-à-vis du four à charger. Le chargement est alors effectué par les ponts électriques de tonnes, desservant, la halle des fours au-dessus du plancher de chargement. Celui-ci est également parcouru par des chargeuscs à cuillers, pour les charges solides; elles supportent un chenal, qu’elles introduisent dans la porte des fours, pour leur chargement en fonte liquide.
- La halle de coulée, traversée d’outre en outre par deux voies pour les cars à lingots et une voie pour l’évacuation des scories, est desservie par trois ponts électriques de 1*20 tonnes. Les poches, de 80 tonnes, reposent sur des chevalets disposés vis-à-vis du trou de coulée des fours. Pour la coulée en lingolières, elles sont amenées par les ponts sur d’autres chevalets. On a toutefois prévu la possibilité d’installer une voie passant devant les fours, ce qui permettra de placer les poches sur des trucs.
- \ La construction des fours ne présente pas de particularité spéciale. La surface de la sole y est de â,r*ï9° X nm. Les régénérateurs sont disposés dans des chambres, sous le plancher de chargement. Les portes sont manœuvrées hydrauliquement, mais on
- étudie pour les fours à construire' un système de commande électrique des portes.
- La recarburation du métal se fait par de la fonte liquide, les additions finales de ferromangarièse étant faites dans la poche. Un couloir contenant le ferro, fermé par une grille que l’on commande à distance par un levier, permet de faire commodément ces additions.
- Au delà du plancher de chargement, et sur une ligne parallèle aux fours, se trouve la batterie des gazogènes Morgan. En nombre égal à celui des fours, ils ont 3,r* de diamètre. Leur chargement est fait par un pont-roulant portant une trémie de 5 tonnes de capacité, allant chercher le charbon à un silo de 600 tonnes, disposé à l’extrémité de la halle qui les abrite. Des dispositifs pratiques permettent un déchargement rapide du charbon, son bro}rage et son emmagasinage dans le silo.
- Ap rès leur coulée, les lingots sont amenés à des strippers, c'est-à-dire des démouleuses électriques, et de là, aux pits des laminoirs.
- LIÎ . TU AIN A RAILS (*)
- Le train à rails, équipé complètement à l’électricité, constitue une installation sans précédent. Sa capacité de production peut atteindre i\ 000 tonnes par 24 heures. Les six moteurs électriques, à courant triphasé à G 600 volts, qui l’actionnent, développent une puissance globale de 2/t 000 HP. Ils entraînent 8 trains de laminoirs distincts, comprenant en tout 12 cages et terminant, sans aucun réchauffage, le laminage de lingots de 4,2 tonnes en 18 passes.
- Le hall principal, couvrant ces laminoirs, a 3oom de long sur 26 de large. Perpendiculairement, se trouve la halle des pits, de 25 X k iom, dont la moitié desservira le train à billeltes, non encore achevé.
- Une double voie, venant de l’aciérie, parcourt cette halle dans sa longueur entre les pits, du côté des halles de laminage, et les gazogènes Hughes qui servent à les chauffer, de l’autre. Ces derniers, au nombre de i2 pour le train à rails, chauffent chacun un four à régénérateurs, de /j pits, de im,5o X i,n,5o; chacun de ces trous reçoit lingots de f\ tonnes, de 2o,f X 2/1" de section. La manoeuvre des couvercles est faite par des cylindres hydrauliques, la manipu-
- (9 Les détails'donués ci-dessous complètent ceux qui concernent la meme installation dans la Lumière Electrique du 24 juillet.
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- lation des lingots par trois ponts-roulanls électriques. Ces ponts roulants portent un treuil auxiliaire pour le service de réfection des pits.
- Une voie, située entre les pits et les bâtiments des laminoirs, sert à amener les lingots chauffés aux rouleaux de la première cage dit laminoir. Deux trucs électriques servent à ce transport. Ils sont commandés d’une plate-forme, faisant face à la première cage du laminoir, et desservent chacun les six fours à pits disposés à droite et à gauche de cetle plateforme. Deux leviers de commande correspondent respectivement aux deux trucs, chaque levier pouvant être placé à huit crans correspondant six aux six pits de chaque truc, et un à la table à rouleaux du laminoir. Pour envoyer l’un des trucs à un pit déterminé, l'opérateur amène son levier au cran correspondant et le truc s‘y arrête automatiquement; de même pour le retour à la table à rouleaux du laminoir. Un système de verrous empêche que les deux leviers puissent être placés tous deux à la position correspondant au laminoir, toute collision des deux trucs étant ainsi rendue impossible.
- Le premier rail de 4<>kg, en partant d’un lingot de 4 2ookg de 20" X lÿ j a été laminé le 17 février 1909, quinze jours après la première coulée de l’aciérie.
- Voici quelles sont les grandes lignes du laminage : les quatre premières passes se font successivement dans quatre cages de blooming, placées Tune derrière l’autre.
- Les cylindres de la première paire de cages ont 42" de diamètre et pèsent 27 tonnes chacun. Us sont entraînés, à une vitesse de 6 tours par minute, par l’intermédiaire d’engrenages, par un moteur électrique triphasé de 2 000 IIP, tournant à 214 tours. Un moteur identique commande, également par engrenages, les cylindres des deux autres cages de blooming. Ceux-ci tournent à 10 to.urs et ont un diamètre de 4<>rr> Les rouleaux entraînant les lingots d’une cage à la suivante, portent des colliers les basculant automatiquement de 90° à leur passage. Ils tournent constamment et le lingot ne subit aucun arrêt pour cette manipulation.
- Les cinq passes suivantes, 5-G-7-8-9, se font dans un trio, avec tables releveuses, attaqué directement par un moteur triphasé de G 000 HP, tournant à 7& tours par minute. Ses cylindres ont un diamètre de 40"; à leur sortie, le bloom, qui présente une section de 10" X ioM, est cisaillé en deux et affranchi à ses extrémités Les chutes tombent, dans un convoyeur les amenant à l’extérieur du batiment et permettant de les charger directement sur wagons.
- Les manipulations de ce blooming se font par deux tables releveuses, qui sont peut-être la partie la plus imposante de toute l’installation : la partie mobile pesant plus de 145 tonnes, un dispositif spécial hydro-pneumatique a dû être imaginé pour les équilibrer. En raison de leur inertie, les dispositifs ordinaires n’eussent, en effet, pas permis une manoeuvre suffisamment rapide. Du côté aval, après la 5e et la 7P passe, le lingot est basculé automatiquement de 90°, en même temps qu’il est ripé vers la cannelure suivante, par cinq doigts verticaux avec extrémités inclinées se levant simultanément avec la table. Une manœuvre identique se produit du côté amont après les passes 6 et 8, sauf que les doigts, étant fixes, entrent en jeu par l’abaissement de la table.
- Après cisaillage, les deux bloorns sont amenés au laminoir à rails proprement dit.
- Les passes 10-11-12, se font dans la première cage d’un train mû par un moteur triphasé de 6000 HP, tournant à Go tours par minute. Cette cage-trio est desservie par deux tables releveuses, ripant automatiquement la barre pour la présenter à la cannelure suivante après chaque mouvement de relevage ou d’abaissement, des tables.
- A partir d’ici, les cages ne font chaque fois qu’une passe, comme le montre l’examen du schéma ci-contre représentant la disposition relative des divers trains et de leurs moteurs.
- Les passes rG et 17 sont faites par les deux autres cages du train dont nous venons de parler.
- La passe i3 se fait dans un laminoir à cage unique, disposée en face de la cage trio du train précédent. 11 est entraîné par un moteur triphasé de 2 000 HP, tournant à G8 tours. Des rouleaux à colliers sont de nouveau utilisés pour retourner, à son passage, la barre ébauchée, avant son entrée dans cette cage. Elle est de plus maintenue, tant à l’entrée de cette cage qu’à celle de la suivante, par un rouleau à hauts colliers, disposé contre le laminoir.
- Vient ensuite un second train à trois cages, faisant les passes 14, et 18, actionné par un moteur triphasé de G 000 IIP, tournant à 88 tours.
- Les deux premières cages de ce train comportent trois cylindres, puisque le laminage s’y fait en sens contraire; la passe 14 se fait entre les cylindres' moyen et inférieur, la passé ir> entre les cylindres moyen et supérieur. A partir de lapasse 14, les cylindres portent trois cannelures, pouvant servir successivement ; les rouleaux qui les desservent, également. Le ripage entre les passes 14 et 15 d’une part, iG et 17 d’autre part, qui se fait par un système à
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- chaînes avec doigts, est rapidement réglable de manière que les doigts peuvent abandonner le rail dans une quelconque de ces cannelures.
- Après la 18e passe, le rail est scié en quatre par cinq scies opérant simultanément. Les quatre morceaux sont entraînés par des rouleaux aux quatre refroidissoirs, qui aboutissent au centre de la halle des dresseuses et du parachèvement. Celte halle mesure mètres de longueur sur 17 de large, et est parcourue sur toute sa longueur par une ligne de rouleaux, amenant les rails des refroidissoirs aux 16 presses dresseuses.
- Les six moteurs électriques principaux, dont trois de 2000 HP et trois de 6 000 HP, que comporte cette installation de laminoirs sont alimentés par du courant triphasé à 6 600 volts.
- Ils peuvent supporter une surcharge continue de 25 % et, pendant une heure, une surcharge de 5o % . Chacun d’eux est accouplé à un volant. Malgré le poids élevé de ces derniers et des parties tournantes des moteurs, des dispositifs électriques interviennent nécessairement pour régulariser la demande de courant de chaque moteur et permettre aux masses tournantes de venir en aide à la demande d’énergie par leur ralentissement dans les moments de surcharge.
- Lorsqu’il se produit un à-coup trop considérable, à la suite, par exemple, de la rupture d’un cylindre, un dispositif mécanique spécial rend le moteur électrique complètement indépendant du train qu’il actionne. 11 a été reconnu que les moteurs de 6 000 HP, tournant à leur vitesse normale, ne s’arrêtaient que
- 1 h. 4« après que le courant était coupé, et ceux de
- 2 000 IIP, tournant à ai 4 tours, après 2 heures seulement. Aussi pour produire un arrêt plus rapide,
- un dispositif électrique permet-il de lancer du courant continu à a5o volts dans l’une des phases du moteur. L'arrêt se produit alors en quelques minutes.
- Ces six moteurs sont branchés sur deux circuits distincts; l’un d’eux comprend les deux moteurs de 2 000 IIP et celui de 6 000 HP des bloomings, l’autre les deux moteurs de G 000 HP et celui de 2 ooo HP du train à rails.
- La force et le temps nécessaires pour les différentes passes du laminage ont été soigneusement déterminés. Le laminage complet d’un lingot prendra environ 6 minutes. L’intervalle minimum possible entre les passages de deux lingots consécutifs a été trouvé de 32 secondes ; c’est le temps strictement nécessaire aux deux demi-blooms pour faire les passes 10-11-12.
- Cette donnée a servi de base à l’évaluation de la charge moyenne demandée à la centrale et la variation en vue desquelles devaient être prévues les batteries d’accumulateurs y annexées. L’énergie moyenne demandée serait dans ces conditions de 12000 HP, soit 5o % de la charge normale des 6 moteurs. Cette charge ne dépasse à aucun moment iq 000 IIP.
- Telles sont les grandes lignes de cette installation de laminoirs électriques. Elle est d’autant plus remarquable, que les Etats-Unis s’étaient laissés distancer dans ce domaine de l’utilisation de l’énergie électrique par l’Europe, alors qu’ils avaient été les premiers à généraliser l’emploi de l’électricité pour la machinerie auxiliaire.
- A. M.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- L’allumage desmoteurs à explosion.— G.Yse-boodt. — 1 volume in-8° raisin, de no pages avec 123 ligures. — II. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. •— Prix : broché, 3 fr. 5o.
- La matière de ce volume avait été publiée dans les Annales des travaux publics de Belgique ; ce sont les renseignements énumérés dans cet article de revue que l’auteur, directeur de l’école industrielle de Tubize et ingénieur des chemins de fer, a réuni en un volume court et substantiel.
- On sait quel est le problème capital qui se pose au constructeur de moteurs à explosion : il s’agit de déterminer l’explosion à un moment déterminé et de rendre la phase correspondante aussi brève que possible. De très nombreuses solutions ont été adoptées et consacrées par l’usage. Ce sont ces solutions qu’on trouvera ici décrites et exposées par un ingénieur compétent.
- S. F.
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- Calcul et construction des appareils de levage. — B. Pacoret. — i volume in-8° de 182 pages avec 43 figures.— Gautiiier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o; cartonné, 3 francs.
- De dimensions très modestes, cet ouvrage est divisé en deux parties : la première est relative aux formules et données usuelles de construction des divers éléments mécaniques entrant dans l’établissement des opérateurs de levage ; la seconde, aux calculs et aux modes de construction des appareils de levage proprement dits.
- Dans la première partie, qui comporte trois chapitres, l’auteur passe en revue les arbres et leurs paliers, les engrenages, les crochets de soulèvement, les chaînes, les noix et roues Galle, les câbles métalliques, les tambours de treuils, les suspensions et mouflages, les freins mécaniques et électromagnétiques, etc.
- Dans la seconde partie, l’auteur traite d’abord les treuils à engrenages et à tambour, puis réserve un chapitre spécial à l’étude des conditions de fonctionnement des moteurs électriques appliqués à la commande des appareils de levage. Les treuils électriques et les chariots roulants prennent deux chapitres; des applications numériques montrent la marche à suivre pour la généralité des cas abordés dans la pratique.
- Puis l’auteur s’étend sur les ponts-roulants tant à bras qu’électriques, et il expose, avec calculs à l’appui, les mécanismes de direction et de translation, les ossatures des charpentes, etc.
- En résumé, l’auteur s’est efforcé de donner des renseignements aussi nombreux que possible sur un sujet que son ampleur rend bien difficile à traiter succinctement. L. A.
- Handbuch der Physik. — A. Winkelmann.
- — 1 volume in-8 raisin de 714 pages avec 367 figures. — Johann Amrrosius Bartii, éditeur, Leipzig, — Prix : broché, ai» marks; relié, 27 marks.
- Nos lecteurs connaissent déjà l’imposante série de traités de physique publiés sous la direction de A. Winkelmann, professeur à l’Université d’Iéna, avec la collaboration de savants spécialistes.
- Le présent volume, consacré à l’Acoustique, est l’œuvre de M. F. Auerbach. Il débute par une étude approfondie des oscillations et par un rappel des travaux fondamentaux de Fourier et de Lissajous. Puis l’auteur expose les théories ondulatoires et le principe d’Huyghens.
- Les chapitres suivants contiennent les généralités sur l’Acoustique, et notamment le principe d’Hamil-ton ; les méthodes classiques de recherches ; l’étude du son et de ses qualités ; des vibrations sonores des solides, des gaz et des liquides; puis la propagation de l’onde sonore; quelques notions d’acoustique musicale (il semble qu’ici la science allemande ne connaisse rien au delà d’Helmholtz), et enfin les indispensables notions physiologiques ; ici J’auteur dit quelques mots, mais quelques mots seulement, des théories nouvelles soutenues par notre compatriote le D‘ P. Bonnier; les objections contre la théorie d’Helmholtz (qui considérait l’oreille comme un résonateur) sont d’ailleurs développées tout au long.
- Au total, il y a là une œuvre d’une très belle tenue scientifique. Les références, bibliographies, etc., sont extrêmement abondantes, et la partie historique fort soignée.
- D. N.
- VARIÉTÉS
- Rapport sur V état actuel delà Télégraphie
- SOUS-marine (Congrès de Marseille, septembre 1908) [suite). — H. Larose, ingénieur des Télégraphes.
- C’est à l’équation [a) précédemment établie que satisfont les trois fonctions qui représentent respectivement le potentiel V, le courant de conduction C et le courant de charge D.
- Chacune d’elles est, à un facteur constant près positif, la dérivée par rapport à x changée de signe de la fonction précédente.
- i° Cas d’une ligne infinie. — Supposons que la ligne s’étende à l’infini dans les deux sens et soit à l’état neutre à l’origine du temps; à partir de t=z o, nous maintenons en x o une discontinuité ou rupture (cataracte de Fourier) :
- + 1 pour x = -(- o, — i pour x = — o ; d’après Fourier, l’état qui en résulte sur la ligne est exprimé par la fonction
- X
- . ( X \ ’i gi vTi
- 6>-( ——: ) = 1------— / e " az pour x > o
- \a \jht.J \Jt: J 0
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2eSérie). — N# 33.
- et par
- (___fA
- \ i\f ht..
- pour x <C o,
- e base des logarithmes naturels.
- La vérification est d’ailleurs immédiate :
- &
- étant une solution de l’équation [a),
- et les conditions initiales et aux limites étant satisfaites.
- Les dérivées successives de & par rapport à x satisfont à l’équation («); de même nous pouvons remonter en sens inverse à partir (Je &, et un calcul simple de récurrence nous donnera des solutions particulières de («), que l’auteur nomme gi et g2 et dont il explicite les expressions.
- Les fonctions construites à partir de & dans les deux sens sont successivement paires et impaires. Tenons-nous en à la partie des x positifs; faisons, pour simplifier, l’écriture y = P — « ; nous pouvons écrire, a priori, le tableau suivant, comme représentant quatre distributions simples d’électricité, analytiquement possibles, sur un câble illimité dans un sens (x > o), la rupture ayant lien en x = 9 pour la fonction «S :
- 1
- Q- gt
- v. gi
- c. &
- D. /•,=-
- d& d x
- 2 3
- gi &
- «S /i
- fi h
- tv-
- dx h~
- àf à x
- fi
- u
- fs
- La distribution 1 est purement théorique, la ligne est isolée au départ et le courant de conduction entrant constant.
- La distribution 2 est celle correspondant à l’ap plication au départ, il partir de i ^ o, du pôle d’une pile dont l’autre pôle est à la terre.
- La distribution 3 correspond à la communication à l’origine delà ligne, au temps l — o, d’une charge instantanée, la ligne restant isolée au départ à partir de /.= o.
- x 3 se déduit de 1 en différenciant par rapport à Z; dans la distribution 3, le courant de conduction M entrant dans le câble est infiniment grand pendant un temps infiniment petit, de o à e, et Me” i. G’est le cas limite de la charge de la ligne
- à travers un condensateur de capacité infiniment petite.
- La distribution /» se déduit de 2, comme 3 se déduit de 1, en différentiant par rapport à Z; cette distribution correspond donc à l’application en x~ o d’un potentiel infiniment grand M pendant un temps infiniment petit; de o à e, et Mc = 1. C’est ce que M. Poincaré appelle l'ébranlement élémentaire .
- Les fonctions représentant les courants en x, dans les distributions réelles 2 et 3, sont flt f2, f.v
- Nous poserons
- 1
- 0 étant la constante de temps de la longueur x,
- x2
- k
- et A3
- 0,0476,
- F,, F,, F, ne diffèrent de que par des
- facteurs numériques, choisis, pour F2, F3, de façon à rendre leur maximum égal à 1.
- Les courbés Fi, F2, F3 ne commencent à s’écarter sensiblement de l’axe des temps qu’après des valeurs finies du temps; elles sont toutes les trois asymptotes à l’axe des temps.
- Fi est maximum pour Z = - ; F,
- '6
- —0,96 788
- F2 est maximum, égal à 1, pour Z = - ;
- F3 est maximum, égal à 1, pour Z = ts ; minimum, égal à — 0,08707 pour Z = x'8; ses ordon-
- , . 0 nées sont négatives pour Z = > -,
- Chacune de ces trois courbes présente deux points d’inflexion.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 217
- Voici une table numérique des trois fonctions Ei, F2, F3 :
- Tableau
- l ë 0 1 F| F._> r..
- 0,01 IOO 0,09I 567 o,o84‘a35 o,o76438
- 0,02 5o 0,0*2973 o,o34oi8 o,o*3oi2
- o,o3 33| o,o2t569 0,0*4889 o,oi 41 1 0,06 904
- o,o333 3o o,<>3 558 0,15 564
- 0,04 25 o,oi 089 0,07 358 0,26 436
- o,o/|5 246 22,1 0,02 IO9 0,12 62 5 0,39 63g
- 0,00 20 o,o3 400 0,18 3^7 o,51 673
- o,°5| o,ô6 18 o,o5 318 0,20 870 0,64 658
- 0,07 143 0,32 094 0,78 700
- 0,0625 l6 0,08 267 0,35 745 0,78 172
- o,o6| i5 0,10 278 0,41 663 0,84 604
- 0,07 «4? o,n 991 0,46 293 0,88 843
- °»°7ï i4 0,12 749 0,48 236 0,90 42o
- 0,07^ i3 0,i5 775 o,55 421 o,g5 23o
- 0,08 12,5 0,17 569 0,59 212 o,97 1 *9 0,98 585
- 0,085 12 0,19 460 o,63 111
- 0,09^ I I o,23 924 0,71 120 o,99 987
- 0,09 17a 10,9 0,24 4^3 0,71 937 I
- O, IO IO 0,29 290 0,79 155 0,98 918
- 0,11> 9 o,35 679 0,86 779 0,93 381 0,94 890
- 0,125 8 o,43 193 0,87 522
- 0,1 40 096 7>i37 o,5o 611 0,97 63o 0,78 357
- 0,14f 7 o,5i 878 0,98 140 0,76 652
- 0,15£ 6,5 o,56 648 o,99 007 0,69 948
- 0,16 6,25 o,5g i3o o,99 873 0,66 3o5
- 0,16*- 6 0,61 671 I 0,62 484 o,54 372
- °>l8£ 5,5 0,66 908 o,99 45o
- 0,20 5 0,72 289 o,97 679 0,45 775
- 0,22g 4,5 o,77 7'° 0,94 504 0,89 745 8,36 906
- 0,25 4 o,83 021 0,28 o38
- 0,272 O76 o,3o.3o 3,67 0,86 3o8 0,89 829 o,85 728 0,22 486
- 3,3 0,80 111 0,16 230
- o,318 3i 3,141 5g 0,91 188 o,77 4ï9 0,13 806 o,o5 o3g
- 0,4 2,5 0,95 497 0,64 519
- o,5 2 2,96 788 o,5a 3i3 O
- 0,6 1,666 0,96 o33 0,43 254 0,02 252
- °,7 I 0,94 363 0,36 43o 0,03 252
- 0,8 1,25 0,92 298 o,3i 179 —o,o3 649
- 0,9 1,111 0,90 094 0,27 o53 —0,08 710
- 0,908 1,101 9>89 9in 0,26 752 —o,o3 757
- I I 0,87 878 0,23 749 —o,o3 710
- IO 0,1 0,34 801 0,00 940 —0,90 279
- IOO 0,01 0,1r a3o o,or’ 964 — 0,0*. 945
- a. Cas d’une ligne limitée de longueur 1. — Nous poserons
- 1^2 JQ
- 9 = T}P = V o = Tr _ «i _I
- fl B ® T h G *.
- La ligne est supposée, à ses extrémités, reliée directement à la terre, ou isolée, sans appareils; elle est à l’état neutre à l’origine du temps.
- Lorsque, en une de ses extrémités, la ligne sera reliée directement à la terre, en ce point le potentiel sera réfléchi négativement et le courant de conduction réfléchi positivement, sans absorption; les réflexions seront exactement, inversées, dans le cas où au lieu d'être à la terre la ligne sera isolée.
- A partir de L -__ o, nous maintenons en e= o une rupture:
- i i
- -f- - pour (> —o, — — pour v — — o.
- Les réflexions aux extrémités sont ou bien de même signe ou de signes exactement opposés.
- Dans le premier cas, l’état permanent (pour t = °o ), résultant sur la ligne de la discontinuité maintenue à l’origine, est la fonction impaire de e de période i :
- — Pi(u) =— e (<><<’< i),
- et d’après {a), l’état variable sur la ligne sera la fonction impaire de e de période i : ^l1*, en posant
- SV" = P» + 2
- h'’ sinoi vps
- Dans le deuxième cas, l’état permanent est la fonction impaire de e, de période a :
- Qi = + - . (° < <’ < ),
- = —- KK 2),
- 2
- et d’après (a), l’état variable correspondant sera la fonction impaire de e de période a :
- a (av -(- ijtc
- Les deux fonctions jouent, dans les
- deux cas considérés, pour la ligne limitée, le
- même rôle que la fonction *-& pour la ligné illi-
- mitée.
- On a d’ailleurs
- - ê = lira = lim d-J».
- 2 1—03 1—9o
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — H° 33.
- Les dérivées Successives par rapport à v de et satisfont à l’équation linéaire (a), et l’on a
- -A 8,0> :,= 8,, - ~ =
- dv ov
- 83 et étant les fonctions thêta de Jacobi.
- Nous pouvons de même remonter en sens inverse et nous aurons ainsi les solutions de (a).
- En écrivant la suite des fonctions ainsi obtenues à partir de &3{l) et de #a(,),
- S- (*-HJ 8- <*> â-(1) # 1 —
- 173 i ^3 > •••> w3 1 w3 >
- dv
- quatre fonctions consécutives, de l’une ou l’autre des deux suites, représenteront respectivement, à un facteur numérique près positif, Q, V, C, D, dans une distribution d’électricité analytiquement possible, la rupture ayant lieu en f=o pour 8-Jl) et 8-^lK
- Les réflexions aux extrémités
- v — o,
- sont : pour 8-^,
- i
- ‘j.
- pour
- +
- Lorsqu’on passe d’une fonction à la suivante, les réflexions aux extrémités changent toutes les deux de signe.
- Nous aurons donc le tableau suivant de quatre distributions :
- 1 2 3 4
- Q... & (3) • ^3 S/' ^3
- Y... • ^3(,) 3-,/i d 8
- C... 02 * de21 3
- D... • ^3 de3
- avec mêmes conditions initiales et au départ que celles données précédemment pour la ligne illimitée, la ligne étant, à l’arrivée , isolée dans
- les distributions i et 3, à la terre.dans les distributions i et /*.
- Pour le tableau correspondant à 8% des quatre distributions i', 2', 3', //, les conditions seront
- seulement inversées en v = —.
- 2
- Les fonctions précédentes se présentent sous la forme de séries procédant suivant les puissances positives croissantes de h ; elles sont susceptibles de développements suivant les puissances croissantes de A', avantageux pour le
- calcul numérique lorsque 4 est petit.
- Nous aurions pu traiter le problème autrement : en prolongeant la ligne limitée, à l’infini, dans les deux sens, par la méthode des images ou sources fictives de lord Kelvin, nous aurions ainsi obtenu les développements en h! dont l’équivalence avec les développements en A se trouve ainsi mise physiquement en évidence.
- Chaque terme de la série en A' a une signification physique bien déterminée, soit qu’on la considère comme une onde émise par une source fictive, soit comme l’onde émise par la source réelle et ayant subi m réflexions, ces ondes se superposant instantanément puisque, l’inertie électromagnétique étant supposée nulle, il n’y a pas de vitesse finie de propagation.
- Nous aurons des fonctions de courant à fl’ar-rivée : fl»,, fl>2, correspondant à F,, Fa, F3 (ligne illimitée).
- Pour le calcul numérique, on utilisera les dé-
- veloppements en A' pour ^ < — — o,3i8i, lesdé-
- 0 7E
- . _ t X
- veloppements en A pour r > - .
- Q x
- 11 suffira de prendre les deux premiers termes pour - voisin de - (cas le plus défavorable pour
- 0 X
- t . X
- le calcul numérique) et pour - assez éloigné de —,
- 0 x
- le premier terme soit de la série en A, soit de la
- série en h! suivant que 4 est supérieur ou infé-0
- . , i
- rieur a —. x
- <!>,, <£2, <ï>3 ne diffèrent pas encore sensiblement de F,, F2, F3 pour le premier point d’inflexion de F, et les seconds points d’inflexion de F2, F.,; au delà, se séparera de plus en plus de F, avec
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- ordonnées supérieures à celle de F, et sera asymptote à y — i ; <!>., se séparera de Fa avec or-dortnéès inférieures; <I>3 se séparera de F3 avec ordonnées supérieures, constamment positives; <I>2 et <I>3 sont asymptotes à y = o comme F2 et F;i.
- Si l’on ne dispose pas d’une table numérique, il) suffira, pour tracer les courbes d’une façon suffisamment approximative, de marquer les points d’inflexion, les tangentes correspondantes, le maximum de <1>2 et celui de <h3, et de calculer trois ou quatre points.
- La signification des courbes résu ltc ce qui précède :
- est la courbe d’arrivée du courant dans la distribution 2 (transmission et réception directes) ou du potentiel dans la distribution 3 (charge instantanée au départ, réception sur électromètre) ;
- <ï>, est la courbe d’arrivée du courant de charge dans la distribution 2' (transmission directe, réception sur condensateur) ou du courant de conduction dans la distribution 3' (transmission sur condensateur, réception directe) ;
- <î>3 est la courbe d’arrivée du courant de charge dans la distribution 3 (transmission et réception sur condensateurs (ou du courant de conduction dans la distribution 4) ébranlement élémentaire), c’est-à-dire la courbe limite delà lettre epour une émission de durée infiniment petite, dans le cas de la transmission et de la réception directes. La courbe limite de la lettre e dans le cas d’une émission de charge instantanée au départ, suivie d’une mise à la terre au bout d’un temps infini-
- . <^^3
- ment petit, serait —jj .
- Au point de vue de la distinction des signaux et par suite du rendement, «hj est visiblement moins avantageux que <J>2 et d>2que d>3; donc il y a désavantage à employer comme organe de réception un électromètre au lieu d’un galvanomètre ; il vaut mieux composer les signaux avec des émissions de charge instantanées au départ plutôt que par des applications directes de forces électromotrices et enregistrer le courant de charge à l’arrivée plutôt que le courant de conduction, c’est-à-dire bloquer la ligne des deux côtés par de petits condensateurs; enfin on se rapprochera du cas limite favorable de l’ébranlement élémentaire en faisant les signaux le plus courts possible.
- C’est l’alphabet Morse qui est utilisé avec cette particularité visiblement avantageuse que le point et le trait sont produits par des émissions de sens contraires; entre deux émissions consécutives il y a mise automatique à la terre au départ; les lettres sont distinguées entre elles et les mots entre eux, comme dans le langage écrit, par l’intervalle qui les sépare; si -c est la durée de mise à la terre entre deux émissions consécutives appartenant à une même lettre, cette durée sera d’environ 3t entre deux lettres consécutives d’un même mot et d’environ 71; entre deux mots consécutifs.
- La courbe <f»3 avait été donnée dès i855 par lord Kelvin, comme celle du courant de conduction dans la distribution 4.
- Plus tard, 01. Heaviside l’a donnée comme représentant, en outre, le courant de charge dans la distribution 3, expliquant ainsi le premier le grand avantage de la transmission et de la réception sur condensateurs.
- Ce système d’exploitation contraste, par sa simplicité, avec les systèmes plus ou moins ingénieux de signaux de durée inégale (signaux bridés); il est en usage sur tous les longs câbles; il n’avait d’abord eu pour but, en supprimant le circuit formé par les terres des stations extrêmes, que d’éviter les courants terrestres et de rendre la ligne du zéro moins sinueuse.
- La théorie précédente suppose la self-induction de la ligne pratiquement nulle; enfin elle ne tient pas compte de l’influence perturbatrice des appareils aux extrémités, ces appareils étant schématisés de façon à ne présenter ni résistances ohmiques, ni capacités, ni self-inductions finies.
- Avec une self-induction de la ligne pratiquement nulle, mais avec des appareils, les courbes réelles sont des courbes analytiques differentes de celles dérivées des fonctions thêta, qui sont, en quelque sorte, les courbes limites, asymptotiques des courbes réelles; en particulier, les temps au bout desquels sont atteints les maxima des courbes sont augmentés. Cependant, si, poulies longs câbles, on construit avec les courbes élémentaires précédentes l’image graphique du langage transmis et qu’on la ramène à l’échelle des déplacements du siphon sur la bande, d’amplitude très faible (les maxima correspondent à une intensité de quelques microampères et à une amplitude de ic,Ii environ), on a une courbe qui coïncide à vue, d’une façon aussi satisfaisante que possible, avec la courbe réellement tracée
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- T. VII (2« Série). — N» 33.
- par le siphon. [Voir en particulier les courbes données par Ilockin [Society of Telegraph Engi-neers, 1876), par Devaux-Charbonnel (Eclairage électrique, 1902).]
- La constante des formules pratiques donnant le rendement possible d’un câble sous-marin est un peu variable avec les divers expérimentateurs; le rendement dépend en effet non seulement de la plus ou moins grande régularité de la transmission, cause de variation qu’on éliminera par la transmission automatique, mais aussi de la plus ou moins grande facilité avec laquelle on peut déchiffrer à l’arrivée la traduction graphique du langage transmis, c’est-à-dire de la nature de ce langage et de la plus ou moins grande habileté du déchifïreur qui, en l’espèce, a une véritable équation personnelle. On peut admettre, pour le langage de la presse, la formule pratique 2 NO — io 000, où 0 est la constante de temps de la ligne, N le nombre de signaux élémentaires simples qu’on peut écouler par minute; la ligne est supposée bloquée par de petits condensateurs et l’influence des appareils aux extrémités avoir une action proportionnelle sur les câbles comparés (’).
- Les mots de S lettres du langage courant correspondent à une moyenne d’environ 36 signaux élémentaires simples.
- Pour les câbles transatlantiques actuels, 0 est compris entre 2S,5 (Anglo 1894) et 8E (Brest-Cap Cod 1898); le, nombre de périodes par seconde,
- c est-a-dire---—, sera compris entre 5,2 (Brest-
- 24 'J
- Cap Cod) et 16,7 (Anglo).
- On voit que nous sommes loin de compte avec les périodes de 200 à 1 000 et plus par seconde de la voix humaine.
- La téléphonie avec le type actuel des câbles sous-marins n’est possible que sur des câbles de faible longueur, pour lesquels la loi de Thomson ne s’applique d’ailleurs pas.
- La plupart des grands câbles sont exploités en duplex; le rendement peut être ainsi à peu près doublé; quelques grands câbles cependant ne sont exploités qu’en simple, soit pour insuffisance
- de trafic ou inégalité marquées dans l’intensité du trafic aux mêmes heures, dans un sens ou dans l’autre, ou difficultés de réglage dues à des causes diverses. .
- , 3. Négligeons encore l’inertie électromagnétique, mais supposons une perte latérale uniforme finie.
- L’auteur montre alors que, plus le coefficient de perte sera grand, plus tôt seront atteints, à une distance déterminée x de l’origine, les maxima des courbes élémentaires, ainsi que les points d’inflexion, et moins les courbes seront étalées.
- Pour un signal de durée-, l’intensité.de courant à la distance x de l’origine sera, de o à t, l’intensité utile; à partir de t, l’intensité nuisible ; plus le coefficient de perte sera grand, plus l’intensité nuisible sera faible.
- Une perte uniforme sur un câble contrebalance donc, en partie, l’effet nuisible de la capacité électrostatique sur la distinction des signaux, les raidissant d’autant plus qu’elle est plus considérable.
- Cette conclusion subsiste évidemment pour une ligne limitée.
- Ce cas d’une perte uniforme assez marquée pour avoir une influence sensible sur la direction des signaux est théorique; en pratique pour les câbles répondant aux conditions des cahiers des charges, la résistance d’isolement peut être considérée comme infinie, mais des accidents pourront survenir au câble et une ou plusieurs pertes y apparaître; ces fuites auront une action qualitative de même sens qu’une fuite uniforme.
- On conçoit ainsi que des défauts d’isolement dans un câble puissent améliorer le rendement, l’important étant moins la grandeur absolue des signaux que leur grandeur relative qui permet de les distinguer les uns des autres.
- Il y a longtemps, dès le début de la Télégraphie sous-marine, il fut remarqué que certaines fautes de câble avaient un bon effet sur le rendement; il faut, pour que des fautes soient bonnes, qu’elles ne soient pas trop rapidement variables ni trop fortes et qu’elles ne soient pas une cause de troubles par les courants parasites terrestres.
- i1) Dans des conditions favorables, avec des employés nies et du langage très courant, le rendement peut dépasser d’environ 10 % celui indiqué par la formule.
- (A suivre.)
- H. L.
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- 221
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- On a beaucoup parlé dans ces derniers jours de l’amélioration du marché du Cuivre. La dernière circulaire Merton signale, en effet, qu’il y eut, il y a quinze jours, de gros achats de Standard qui avaient contribué à élever les cours assez rapidement : mais que peu après les principaux producteurs américains du Lac offrirent le métal à des prix plus réduits et qu’il en résulta une diminution sensible des cours. Ainsi depuis plus de huit mois, les optimistes annoncent périodiquement le relèvement du cours corrélatif d’une reprise d’affaires et depuis plus de huit mois ceux-ci oscillent de 58 à 6o £ sans pouvoir se maintenir à ce dernier cours : l’Electro ne présente qu’un écart insignifiant avec le Standard. D’aucuns prévoient la hausse d’ici la lin de l’année : nous verrons si les événements leur donnent un démenti aussi caractéristique que celui infligé par les faits aux spéculateurs qui avaient fait de l’élection de M. Taft le point de départ'd’une ère de prospérité !
- La Société d’Electricité Nilmelior n’a réalisé cette année qu’un bénéfice de 5a 067 fr. 60, très inférieur à celui de l’exercice précédent. L’assemblée approuvant les propositions de son conseil a décidé de ne point distribuer de dividende cette année. Le rapport analysant cette situation l’attribue au cadre un peu restreint de la fabrication primitive de la Société: cantonnée dans les appareils d’allumage, notamment les magnétos et les jouets scientifiques, la production de Nilmelior s’est ressentie plus que toute autre de la crise qui a sévi depuis deux ans sur l’industrie automobile. L’industrie des jouets scientifiques elle-même ne constitue pas une de ces branches suffisamment rémunératrices pour rechercher dans son développement une compensation des autres sources de revenus. Le Conseil a donc recherché d’autres débouchés dans des travaux de petite mécanique et de matériel propre à tout ce qui se rattache à l’électricité ; mais il a été sans doute très limité dans son choix par le genre d’outillage dont il dispose : il recherchera néanmoins tout ce qui est susceptible d’élargir l’horizon de sa production et de concourir au retour des résultats des exercices précédents, une simple opération d’écritures approuvée
- par l’assemblée a fait disparaître du bilan le compte fonds d’industrie et de commerce et divers autres chapitres qui ne représentent comme le dit sagement le rapport aucune valeur intrinsèque par eux-mc-mes. Une grande partie des réserves, soit 532480 francs, ont été affectées à l’extinction de ce poste. Le bilan se trouve assaini par cette opération et ne présente plus à son actif que des valeurs réelles : des terrains et des immeubles pour 1 17g a85 fr. 80, des disponibilités pour 3oo 000 francs, des valeurs réalisables (effets à recevoir ou marchandises) pour 897 445 fr. 85 ; en regard, au passif le capital est de 1 5oo 000 francs, les réserves de 588 i3a fr: 65 et les créditeurs divers seulement de 279 943 fr. 65. La trésorerie de la Société est donc à l’aise et la mesure adoptée par l’Assem-hlée laissera au Conseil toute latitude pour développer ses nouvelles branches de fabrication.
- Le dividende de 10 % delà Société Alsacienne de Constructions mécaniques annoncé dans une de nos dernières chroniques a été voté par l’Assemblée générale du 10 juillet. L’exercice dont il était rendu compte marque un progrès sur les précédents au point de vue général des affaires dont le chiffre a été de 60 millions,en augmentation de plus de 2 millions sur celui de l’année dernière. Il s’est décomposé comme suit :
- Machines de lilature et de lissage.... 17251 oa5 65
- Grosse construction, machines d’impression.................................. 7 277 5x2 3o
- Locomotives et matériel de chemin de fer 16 t45 687 24
- Electricité et câblerie............... i4 845 65o 28
- Machines-Outils et petit outillage.... 3 xo5 ai5 a3
- Divers................ 1219323 29
- Le contingent des deux branches : construction électrique et câblerie, est de 20 % du total. Les bénéfices nets réalisés s’élèvent à 4 123600 francs et ont été répartis de la façon suivante :
- Amortissements................. 1700000
- Dividende 10 %................. 1 800000
- Fonds de secours aux ouvriers._ 5oo.ooo Reporta nouveau................ x 23 600
- La part réservée aux amortissements équivaut à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N* 33.
- celle faite aux actionnaires pour ne pas se départir de la méthode qui a assuré la vitalité de l'affaire. Ces amortissements peuvent compenser les dépenses d’installation et d’outillage faites au cours de l’année qui ont été de i 352891 fr. 17; et la méthode de prudence suivie permet de constater que, tous amortissements déduits, les immobilisations ne figurent que pour 12492 748francset que l’excédent del’actif réalisable et disponible sur le passif exigible est de 19246182 francs. Au 3i mars 1909, le carnet de commandes s’élevait à 43 millions de francs, celles-ci s’échelonnant sur une période plus courte que l’an dernier où le chiffre inscrit était alors de 57 millions, comprenant des ordres à longue échéance.
- Les résultats de l’exercice 1908-1909 de l’Appareillage Électrique Grivolas font ressortir un bénéfice net de 246 136 fr. 49 supérieur de 40 % à celui de l’année 1907-1908 qui n’avait atteint que 175684 fr. 73. Le capital étant maintenant de 2 millions, son rendement net ressort à i2,3o % . Malgré cela le dividende distribué cette année aux 20 000 actions est de 10 francs contre 12 francs l’an dernier. Ajouté au report précédent, le solde disponible s’élève à 267 498 fr. 63 et a été réparti de la façon suivante :
- Dividende...............200 000 00
- Réserve légale . . • . . 12 3o6 28
- Attributions statutaires . i3 382 96
- Report à nouveau ... 41 808 85
- Si on examine le bilan, on constate que les chapitres matières premières et marchandises fabriquées sont en diminution sensible par rapport à 1908 et que par contre le chapitre débiteurs divers est en augmentation de 58 % passant de 399 n6fr. 87 à 633 872 fr. 79 ; ceci indique bien la progression du chiffre d’affaires que le nouveau capital a permis dé réaliser. Les disponibilités en caisse et en banque un peu inférieures : 453 479 francs contre 476 070 fr. permettent de faire largement face au poste crédiT teurs divers qui ne figure que pour 246966 fr. 73, en laissant en dehors la créance à long terme du Crédit foncier qui subsiste pour 198 104 fr. 82. Les différentes réserves s’élèvent à 310 996 fr. 84.
- De différents côtés, on annonce qu’une entente est intervenue entre les divers producteurs français d’aluminium pour relever les prix de vente du métal et le fixer à deux francs minimum. Les efforts du syndicat français vont tendre à reconstituer l’union ancienne et à obtenir notamment l’adhésion de Neu-
- hausen. Il y a donc- des perspectives de hausse pour les valeurs électrométallurgiques qui ont tant souffert de la crise générale et de la rupture du syndicat international de l’aluminium. Ainsi après d’autres, la Société italienne pour la fabrication de l’aluminium et les autres produits électrométallurgiques attribue les pertes de son premier exercice qui ne sont pas inférieures à 232 704 fr. 5g aux prix de vente rapidement décroissants de ses produits : trois séries de fours ont produit un peu plus de 600 tonnes dont les deux tiers ont été mal vendus. Il lui a«.fallu tout le concours de la France commerciale pour assurer son service financier. Au compte profits et pertes, le solde débiteur de l’aluminium est de 88 214 fr. 18. L’actif présente en immobilisations 3 627 58o fr. 56 et en travaux en cours et matières premières : 1 137 o85 fr. 78; en regard, nous trouvons au passif, en dehors des 3 000 000 du capital, 2 084 4*5 fr. 77 de créditeurs divers sous des rubriques différentes; rien à l’actif, ou presque rien, pour équilibrer ce formidable découvert. Il faudra ou un relèvement des cours ou un chiffre d’affaires bien difficile à réaliser pour seulement atténuer cette situation obérée. Le solde débiteur total, soit 232 704 fr., a été reporté.
- En même temps que le Moniteur desintérêts Matériels annonce l’émission en Portugal de 5 000 obligations 4 % de la Société Gaz et Électricité de Lisbonne, il donne quelques renseignements sur les installations de cette société : deux stations, celle du Tage et celle de Boa-Vista, disposent de 9 000 chevaux pour le service de Lisbonne et les besoins d’un réseau de 240 kilomètres d’étendue. On estime il 9 millions de francs les dépenses d’installation et à 3,5 à 4 millions de francs la recette future. La progression annuelle des ventes de gaz et d’énergie électrique est de 26 % , supérieure de 10 unités à celle qu’à enregistré à Paris la Compagnie parisienne de Distribution d’Électricité. La concession est de 72 ans, d’une durée qui peut faire envie aux concessionnaires de la Ville de Paris. En outre,Gaz et Electricité de Lisbonne possède 16 100 actions de la Compagnie du Gaz de Porto qui a cédé elle-même à la Société Energie Electrique de Porto ses droits à la concession de l’éclairage électrique et de la force motrice dans Porto : celle-ci a acquis définitivement le monopole de la distribution pendant une durée de 55 ans, monopole qui lui avait été d’abord contesté ; le prix du kilowatt-heure aux particuliers a été fixé à o fr. 85. La nouvelle émission a pour but de consolider la dette flottante de la Société Gaz et Electricité
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- de Lisbonne à la suite de ses importantes immobilisations à Lisbonne et de ses avances considérables à la Compagnie du Gaz de Porto. Mais ces concessions comportent en elles des éléments de prospérité qui justifient les dépenses entreprises.
- Ceci est dédié à ceux qui accusent de trop de hardiesse les grandes firmes allemandes dont les capitaux ont été consacrés à de multiples entreprises à l’étranger.
- La Société d’Électricité de Kiev, aux mains de la Gesellschaft für elektrische Unternehmungen a réalisé un bénéfice net de 279 986 roubles en augmentation sur 1907 et permettant la distribution d’un dividende de 6,5 % au lieu de 6 % .
- La Société Générale Roumaine d’électricité,
- créée par rAllgemeineElektrizitats-Gesellschaft,a pu réaliser, en 1908, un bénéfice de 72 44o marks supérieur de 25 192 marks à celui de 1907, pour un
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Seine-Inférieure. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de deux lignes de chemins de fer: i° d’Ou-ville-la-Rivière à Matteville, longueur : 1 ikm, devi's : 1 818 4oo francs ; 20 de Gueures à Clères, longueur: i7km, devis: 1 881 600 francs.
- Russie. — Le gouvernement russe est saisi d’une demande de concession pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer allant de Simipalatinsk à Ou-ralsk. La longueur de la ligne sera de 2i55 verstes.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- A la suite de la conférence internationale qui s’est tenue à Lisbonne en 1908, les modifications suivantes ont été apportées aux tarifs télégraphiques :
- Relations avec l’Espagne, taxe o fr. i5 par mot aulieu de o fr. 20; relations avec l’Italie, taxe o fr. ij5 par mot au lieu de o fr. 20 ; relations avec le Danemark, taxe o fr. 20 par mot au lieu de o fr. 245 ; relations avec Gibraltar, taxe o fr. 20 par mot au lieu de o fr. 245 • relations avec la Suède, taxe o fr. 25 par mot au lieu de o fr. 28; relations avec la Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Roumanie, la Serbie, taxe o fr. 25 par mot au
- capital d’un million de marks libéré seulement de 3oo 000 marks.
- Les plus-values de recettes des Tramways Électriques d’Oran sont un indice bien certain du développement de cette ville qui n’en est encore qu’au début de l’utilisation de l’énergie électrique en raison des tarifs très élevés du concessionnaire. Beaucoup de compagnies de nos villes de province souhaiteraient d’encaisser 654 280 fr. 25 de recettes pour 458 449 fr. 5i de dépenses d’exploitation, d’où un coefficient d’exploitation de 70 % qui est sensiblement inférieur à celui de beaucoup de compagnies métropolitaines. Le total disponible s’élevant à 196 699 fr. 47 a reçu l'affectation suivante :
- Aux actionnaires, 17 fr. 5o par titre soit. . i36 5oo »
- Aux réserves et amortissements.......... 5g 874 i3
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- D. F.
- COMMERCIAUX
- lieu de o fr. 285 ; relations avec la Norvège, taxe o fr. 3o par mot au lieu de o fr. 36 ; relations avec laRussie, taxe o fr. 35par mot aulieu de ofr. 4o; relations avec la Crète o fr. 45 par mot au lieu de o tr. 485 ; relations avec la Grèce, taxe o fr. 5o par mot au lieu de o fr. 535.
- Lozère. — Le département est autorisé à contracter un emprunt de 485 000 francs en vue de l’établissement d’un réseau téphonique départemental.
- DIVERS
- Par décret du 4 août:
- M. Bordelongue, directeur de l’exploitation électrique au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, est nommé directeur de l’exploitation télégraphique au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes.
- M. Estaunié,directeur du matérielelde la construction au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, est nommé directeur de l’exploitation téléphonique au ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 21 août, à 2 heures, à la Préfecture de Lyon, ins
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- lallation de l’éclairage électrique à la niaison de retraite d’Albigny ; devis: a5 6i5 fr. 08.' Renseignements à la préfecture. BELGIQUE • ’ . '
- Le 21 octobre, à l’Hôtel de Ville de Paris, concours pour la fourniture et l’installation,à l’usine élévatoire de Colombes, de 3 ponts-roulants à dragues et chariots de i oook chacun mus électriquement par courant continu sous 110 volts ; devis 125 000 francs. Caut. :i 000 francs. Visa avant le 6 octobre, par l’Ingénieur en chef du service technique des eaux et de l’assainissement, 9, place de l’Hôlel-de-Ville, Paris. Renseignements à l’Hôtel de Ville. Le 3 septembre, à 11 heures, à la maison communale, à Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture de courant électrique; caut. : 5 000 francs. Soumissions recommandées le ^septembre. NORVÈGE . 1 Le 16 août, à la Compagnie des téléphones, à Bergen, fourniture de 2 goo"1 cts cAbles métalliques.
- PABM. — IHPB1UERIE LEVÉ, BUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trpnfe-et-Uniÿma sapée. SAMEDI 21 AOUT 1909. Tome VII (2e série).— N" 34.
- La
- Lumière Électrique
- ' Précédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BEGQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 2a5. -— Pinno. Sur les circuits non uniformes, p. 227. — A. Comet. Machines-Outils commandées électriquement [suite,) p. 23i.
- EJxtrpitS f|Çjf publications périodiques. — Transmission et distribution. Etude sur les câbles après, vVhitehead, p. 237, — Traction. Nouvelles locomotives électriques pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien, K. vqn Kanpo, p. 23g. — Télégraphie et Téléphonie. Récepteur à condensateur perfectionné, K. Ortet Rikger, p. 241. —Brevets, p. 242. — Variétés. Rapport sur l’état actuel de la Télégraphie SQUS-marine [fin), H. Laros'e, p. d/,3. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière. p. a53. — Renseignements commerciaux, p. a54. — Adjudications, p. 255.
- ÉDITORIAL
- Le problème abordé par M. Pirro, dans le méippire qup nous commençons à publier .RujpnrçTllui, est le suivant : chercher la distribution des potentiels et des intensités en régime permanent dans un circuit télégraphique on téléphoniqne non uniforme.
- Par cirç\iit yion uniforme, l’auteur entend un circuit qui pprnprend par exemple des sections aériennes et clés sections de câbles, des appareils branchés en différents points, des liaisons par transformateurs, etc.
- Le cas des lignes téléphoniques mixtes (c’est-à-dire constituées, soit par des sections de calibres différents, soit par des tronçons aériens et souterrains) a été, nos lecteurs s’en souviennent, traité récemment ici même par M. Devaux-Gharbonnel à la fin de sa très intéressante étude d’ensemble sur
- les lignes téléphoniques (*). Mais ici M. Pirro pose le problème d’une manière très générale et fait une étude exclusive de cette question qui, pour M. -Devaux-Gharbonnel, n’était qu’un chapitre cl’un long travail. En particulier, M. Pirro ne considère pas seulement des sections ayant des caractéristiques différentes, mais encore les suppose séparées, comme nous l’avops dit plus haut, par clés combinaisons cle résistances, inductances et capacités localisées. La seule condition restrictive imposée par l’auteur au eiçcuit, c’est d’être, dans chaque section^ parfaitement symétrique.
- En outre, l’auteur joint à la recherche précédente celle des conducteurs idéaux pour
- (I) La Lumière Electrique du3i juillet 1909.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N» 34.
- lesquels la constante d’amortissement est indépendante de la fréquence ; on verra, par la suite de ce travail, que M. Pirro est arrivé, en suivant sa méthode propre d’investigation, à établir des types de conducteurs sans distorsion différents de celui d’Heaviside.
- M. Pirro énonce aujourd’hui, à la fin de son article, un théorème qui donne la solution de la première question qu’il s’était posée (distribution des potentiels et des intensités).
- 1
- Les perceuses, qui sont celles des machines-outils commandées électriquement, dont M. Cornet s’occupe actuellement, donnent lieu à un certain nombre de réflexions au sujet de la construction mécanique actuelle, et du rôle qu’on doit attribuer aux coefficients de résistance dans les projets.
- La conclusion de l’auteur est que les perceuses suspendues permettent précisément de satisfaire à certains desiderata qui s’imposent à la construction de précision.
- On lira avec intérêt les résultats des travaux personnels de M. Whitehead sur les câbles armés, que nous consignons dans nos Extraits des publications périodiques.
- On sait combien les problèmes concernant ces câbles sont difficiles à traiter avec quelque rigueur. L’auteur indique lui-même dans quelle mesure on doit tenir compte des chiffres donnés par la théorie, en faisant remarquer que la réactance, par exemple, est en réalité de 70 % supérieure à celle qui résulterait des calculs. Aussi les bonnes mesures expérimentales n’en sont-elles que plus intéressantes.
- Nous avons constamment cherché à tenir nos lecteurs au courant des progrès de la traction électrique.
- En Allemagne, le mouvement en faveur de l’électrification des lignes est très considé-
- rable, et nous rappellerons à ce propos l’impressionnante statistique et la carte des réseaux que nous avons publiées au début de cette année (*).
- Mais en Italie aussi, on est résolument entré dans la même voie. La description, par M. von Kando, des nouvelles locomotives électriques des chemins de fer de l'Etat italien donnera, grâcé à l’abondance des chiffres et à la précision des détails techniques qu’on y trouvera, une idée très nette. des derniers perfectionnements adoptés.
- Le procédé de démarrage, par iirimersion progressive de deux électrodes conductrices dans un réservoir, est particulièrement intéressant, ainsi que la combinaison de la commande électrique avec celle à air comprimé pour le réglage du courant.
- M. K. Ort et J. Rieger exposent de curieux résultats d’expériences sur l’emploi des condensateurs dans les récepteurs téléphoniques ; un procédé de tension mécanique des membranes du condensateur permet de supprimer le papier, et conséquemment d’abaisser la tension nécessaire pour les transmissions ordinaires.
- En outre, on peut faire usage d’une dynamo au lieu d’une batterie à haute tension.
- Enfin on trouvera dans ce numéro la fin du rapport sur l'état actuel de la télégraphie sous-marine, de M. H. Larose. Cette étude très complète et serrée précise, comme on l’a vu, une multitude de problèmes, et, dans son ensemble, fait parfaitement saisir la portée de la loi de Thomson-Fourier, qui est, en somme, la loi fondamentale en fait de télégraphie sous-marine.
- (*) La Lumière Électrique, tome V (20 série), p. 309.
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- SUR LES CIRCUITS NON UNIFORMES <*>
- § i. Introduction.
- Le problème de la propagation de l’électricité dans les conducteurs a été reconnu comme fondamental dès les premierstemps de la télégraphie.
- Je n’aipas besoin, dans une réunion de spécialistes, de mentionner les noms de ceux qui se sont occupés de cette importante question.
- Seulement j’observe que ces études ont été spécialement cultivées en Angleterre, en France, en Allemagne.
- L’Angleterre a eu la grande fortune de posséder des hommes de génie, qui ont mis leur haute culture au service de la Télégraphie et de la Téléphonie.
- Les noms de Lord Kelvin et de Heaviside suffisent pour tous. Le Département of Engineer a de sa part développé une activité qui a été d’une grande utilité pour la pratique.
- En France, l’Ecole Supérieure des Postes et Télégraphes a été le centre d’une profonde culture scientifique; et beaucoup des élèves ont su profiter des leçons des grands maîtres : Blavier, Vaschy, Poincaré, etc.
- Nous devons aussi au Telegraphen Versuchs-amt, une série de recherches théoriques-expé-rimentales dont tout ingénieur télégraphiste est obligé de prendre connaissance (spécialement remarquables sont les travaux de M. le professeur Breissig). Une contribution très importante à ces études a été apportée en Amérique par M. le professeur Pupin et aussi par M. le professeur Kennelly.
- Mais le problème dont il s’agit, quoique étudié profondément, se prête à des recherches ultérieures.
- Jusqu’ici on a considéré des conducteurs uniformes sans ou avec des appareils aux extrémités et aussi des conducteurs non uniformes qui se comportent comme uniformes.
- (•) Mémoire présenté au Congrès des techniciens des Administrations télégraphiques et téléphoniques européennes à Budapest (septembre 1908) (Comptes rendus du Congrès. — Atti dell' Associazione Elettrotecnica italiana. —Yol. XII, fasc. 6).
- Nous sommes complètement renseignés sur la propagation dans de tels conducteurs, spécialement pour ce qui se réfère au régime permanent dans les courants alternatifs, de sorte que nous connaissons suffisamment le rôle de la résistance, de l’inductance, de la conductance et de la capacité de la ligne.
- Nos connaissances sur l’argument nous permettent de projeter rationnellement une ligne télégraphique ou téléphonique pour un circuit donné au commencement duquel est appliquée une force électromotrice donnée.
- En effet nous savons calculer le courant dans l’appareil récepteur. Par conséquent une fois connu le courant pour lequel fonctionne cet appareil, nous pouvons choisir convenablement les dimensions des fils de la ligne. Dans ce but, il est particulièrement utile de considérer une quantité que Heaviside appela « impédance du circuit » et qui est le rapport entre la force électromotrice appliquée au commencement et le courant au terme du circuit même.
- Cette impédance, dans le cas des longues lignes, se réduit à une expression qui dépend principalement de la constante d’atténuation de la ligne.
- C’est pour cette raison qu’on trouve convenable de résumer dans cette constante les caractéristiques d’un circuit:
- Mais dans la pratique on n’a pas affaire seulement à des circuits uniformes.
- Dans les circuits téléphoniques, par exemple, des lignes aériennes peuvent se trouver transformées en câbles dans les villes ; des appareils peuvent être branchés en certains points ; des transformateurs peuvent lier une section à simple fil avec une section à double fil, etc.
- Dans ce cas, nous n’avons pas de formules qui permettent de connaître le potentiel et le courant en chaque point d’utilisation et il manque un critérium qui soit utile pour les projets des circuits non uniformes.
- j’ai voulu étudier ce problème dont la solution est réclamée par les nécessités de la pratique dans le but spécialement de chercher la distri-
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- m.
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- bution des potentiels et des courants dans le régime permanent.
- J’ai pensé qu’il serait avantageux pour le technicien d’être débarrassé de l’étude complète des cas qui peuvent se présenter et d’avoir à sa disposition des formules générales qui, abstraction faite des difficultés matérielles dps calculs, puissent s’appliquer à plusieurs eas en nppa-reppp différents,
- Jp donne dans mon mémoire ces formules générales. Elles représentent le potentiel et le courant squs upc forme Qui, tenant cqrppte 4e la complexité du circuit, peut se réduire à une forme suffisamment simple. Ces formules constituent uu moyen pour étudier les propriétés du circuit considéré, pour examiner l’effet des réflexions, pour calculer l’impédance du circuit défini comme le rapport eptrp la force électro-motrice appliquée et le courant qui circule dans lp récepteur.
- On peut joindre au problème dont je yieps de parler la recherche de certains conducteurs idéaux pour lesquels la constante d’amortisse-ipept psf indépendante de la fréquence : rer cherche que j’avais faite précédemment et qui m’avait conduit à établir d’autres types de conducteurs sans distorsion, différents de celui étudié par Heaviside. Je dopne les résultats auxquels je suis arrivé.
- R est important d’observer que le problème dç la propagation électrique sur les longues lignes, dont la solution [semblait être pratiquement utile seulement à l’étude des. transmissions télégraphiques et téléphoniques, commence à intéresser aussi les ingénieurs des courants forts, comme en font témoignage ies traités de Steinmetz, Uerzog et Eefdmann , Rôssler, aipsi que les différents mémoires parus dan® les dernières années (A* Blondel, Eclçhi-rqge Electrique, ^906, tome XLIX ; Drysdale, Elçctriçilqiix\'of» LX). Les formules données pour les circuits non uniformes peuvent, par consé-
- quent, servir pour l'étude des longues lignes destinées à fa transmission d’énergie.
- Je dois enfin noter que lors(îue j’avais déjà trouvé les résultats de ma recherche, M. fe professeur Ç. P. Steinmetz (') n publié un Mémoire
- (’) C.-Pi Steinmetz. The general équations of eleclric circuit. —1 Proceedings of the American Institute of Elec-trical Engineers, july 1908, p. nai.
- sur le même sujet; mais cet important mémoire n’a, ni pour les méthodes, ni pour les résultats, aucune analogie avec l’étude que j’ai l’honneur de présenter.
- § 2. Enoncé et solution du problème.
- Considérons un circuit électrique constitué de plusieurs tronçons, dont la résistance, l’inductance, la eapacbé, la conductance (récipcoffue de l’isolement) soient uniformément distribuées, mais diverses de tronçon à tronçon?
- Soient ces tronçons séparés par des combinaisons de résistances, inductances et capacités localisées.
- Le circuit résulte formé de n sections, dont la première contient l'appareil transmetteur, la dernière l’appareil récepteur.
- Pans chaque section les conducteurs d’aller et de retour ont les mêmes constantes électriques ; en outre les impédances des combinaisons disri posées en série au commencement et à la lin du premier conducteur sont, pour la fréquence qu’on considère, respectivement égales à celles qui se tr°uvent insérées dans, i’nntrc conducteur.
- Dans ces conditions, qui déterminent une parfaite symétrie du circuit de la section, les potentiels et les intensités dans les points des deqx conducteurs qui sont à la même distance de l’origine, sont égaux et de signes contraires. Soient
- R, Lj, K? (s — 1,2.... n)
- la résistance, l’inductance, la conductance, la capupité (unitaires pour double ffl) des lignes
- du lacçt constituant la section dont la Ion? gueur est f»*
- Soient aussi
- ’*il '02 • • fis • • • • ’On—1
- les admittances des combinaisons qui sont disposées en dérivation;
- S.Ç',; U'*,..,!;.!SV
- les impédances totales, sous forme imaginaire, des combinaisons qui sont disposées en série sur les conducteurs au commencement et à la fin de chaque section*
- Appelons
- (’i ^ .... r, .... v,i
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- 21 àôût 4909.
- AeVuË D‘ÉLEdïttlCITE
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- lés différehces de potentiel entre deux points symétriques par rapport à l’origine des conducteurs de chaque section ; et’
- ii iï .... 4 • • • in
- «i — h .... — is .... — in
- lfe& ëburàhtS dans les conducteurs d’aller et de retour.
- les quantités
- as—l,S g— 1 <*s,s— l
- qui se nommeront coefficients associés aüx permanences ou aux variations considérées.
- On voit que
- «s—i,« correspond à la permanence -j—|-
- Fig. i.
- Indiquons par
- *^2 • • • • s
- Xn
- %n
- [X$ — o s — §s)
- les distances des points des conducteurs dans les diverses sections * mesurées à partir respectivement de l’origine ou du termé des sections.
- Supposons enfin que la force électromotrice appliquée en A soit alternative sinusoïdale de la forme Eeipt, où E est l’amplitude,/? la pulsation, qui est égale à 2 tc n [n = fréquence), t le temps, e la base des logarithmes népériens, i =. \J — i.
- Nous allons maintenant établir la règle pour calculer la différence de potentiel et le courant i, dans chaque section.
- Dans ce but formons avec les constantes ci-des-sus les expressions suivantes :
- ms2 = (Rs -|- iphs) (Ks + ipCs)
- „ R* -f- ipLs
- = ——;—. -.t, - s = i,2...n, fis “t- lpCs
- i,s=(3«—1+^«—O+f's+^sJ+^s—i(Js—1+^ s—i)(-s-Hw
- .î.a»,»—i=(z»—i—5’»—1)+("*—5s)—’ls—1("s—i—5 s—i){zs—ïs) l...
- "s— l'P«—1>«=(3«—1+5 S—l)-(~S-5*)-’l»—l(ss—1+5 *—l)(s* 5s)
- Ss_l.ps,s_l=(ss—1—? s—i)~(sS+5s)+ïls—1("*—1—5 s-l)(*s+5s)
- (s — s,3.. ../?.)
- . 5i „ 5,.
- I_1—’^oo—1—_ > z i
- _ 5'» _ 6,
- iiï—1 i „ * p/m—1 „
- Après cela faisons correspondre aux successions
- -|— ms—i 4—i -J- ftiglg > ~f“ fftg—i 4—i ~ msls 5
- — i)is—i 4—i lits is ; — —i 4—i 1 ni g ls
- P*—i, s correspond à la variation -|-
- Ps, s—1 — — — ------1-
- Ecrivons cependant les 2" sommés qu’on obtient en considérant toutes les successions possibles de signes dans la suite.
- ± nit 4 ± rn2 l2± m3l3± .... mn ln
- A chaque somme, que nous appelons a,,1 [h — i,a. . . 2") faisons correspondre le produit de n -}- 1 facteurs, dont le premier sera <x00 ou p00) les n — 1 suivants étant les coefficients associés aux permanences et aux variations des signes des termes qui figurent dans la somme, et le der-nicriétant a„„ ou p„„ suivant que /»» la est positif ou négatif. Désignons ce'produit paru*1.11 résulte qu’une fois fixée la Somme c/,1 le produit correspondant ic/,-1 reste déterminé.
- Considérons alors le produit
- tc/,1 ea/l<
- où tc/,.1 se prendra avec le signe -f- ou — suivant que,dans ihl, /«! 4 a le signe -)- ou —. Dans ce produit le facteur tc,1, pris avec le signe qu’il doit avoir en conséquence de la règle ci-dessus, se nommera facteur algébrique correspondant au
- facteur exponentiel e**1' *
- Or, soit D la somme des produits obtenus en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série).*—34,
- multipliant chaque facteur exponentiel par le facteur algébrique correspondant
- h ~ a" c*1 T)— 2 x/i* e h = i
- .. .+/nn^1ln-1+m„ln
- — 2 ûCqq CL... • —iiü CLnn C
- où le produit écrit jjour le symbole 2 est un des termes de la somme.
- Soit encore Ds la somme analogue à D qui s’obtiendrait dans l’hypothèse que le circuit se réduirait aux n — s 4~ i dernières sections et qu’on remplacerait ml, par m„ !*,.
- Dans ce cas les an—s+’ sommes Gu s’obtiendront en considérant toutes les successions possibles de signes dans l’expression
- ± ms Çs ± nis+1 ls+] dz .... zt. m„ l».
- Les produits correspondants tci,b contiendront n — * -j- i facteurs, dont n — s seront choisis suivant les indications précédentes entre les coefficients
- av,v_{-i av+i,v, pv, v+i, (3v+iv, (v = s,s-(-i,... .n — i)
- et le dernier sera a„„ ou p„„ suivant que mnln est positif ou négatif.
- Appelons enfin A„ ce que devient D„ lorsqu’on prend positivement tous ses termes.
- Les expressions
- D
- D,
- As
- =2oc00ai2- • .an_i)„a)me+,»'fi+»nJ*±...+mA — 2 (30o a2l... .a„,
- __ 2aS) s—J_i • . . . CLn —l, n CLnn '•
- —2oCs_pj, • . • CLn. «—1
- « ducteur de chaque section sera donné par la « formule
- 4 = Is eipt — a®-1— ^ ® e‘pt (* = i .... «) (*)* (a) (A suivre.) Pmno,
- (*) J’indique dans cette note la marche des calculs qu’on doit exécuter pour démontrer le théorème énoncé.
- liquations indéfinies de la oropagation dans le circuit considéré.
- Les équations de la propagation dans la section s sont
- 'àvs
- 7>XS
- Ri b -p L
- aïs
- ' a*
- "ai,
- asc.
- — l'sVs 4" c.
- ÎTs
- a*
- (•)
- Une solution simple de ces équations se trouve en posant
- Vs = Vs en» ; <s = \seU‘t,
- où Ys, Is sont des fonctions de la seule variable x. Dans cette hypothèse les équations (i) deviennent
- ~T7S — (Rs + ^,Ls)I‘ - 77 = (K. + VC®)V,.
- desquelles, en dérivant par rapport à xs, on déduit
- æ-vs
- dX*s
- m-Ys.
- (3)
- OÙ
- m2 == (Rs -]- ipLs) (Ks + ip Cs). De (3) et (a) on obtient, en posant
- _2 ___ Rj 4~¥>L'7
- K* 4“ ipCs
- sont d’une grande importance dans cette théorie ; on observera qu’elles peuvent, d’après ce qu’on a dit, se construire facilement.
- Cela posé, on peut énoncer le théorème :
- « La différence de potentiel entre deux points « symétriques des fils de chaque section estdon-« née par la formule :
- z D
- H’s = Yseipt = a®-1 — Ee'pt (.s = 1,2..* .n) (1)
- * Z\ JJ '
- « Le courant dans un point quelconque du con-
- Vs — As emsxs-\- Bs~em,xs. i zsls — — Ase»‘s ** + Bs -e'ns *s \ W
- qui sont bien connues dans l’étude de la propagation électrique sur les conducteurs.
- En faisant s = i, a, 3.,. n. nous obtenons des expressions analogues pour les sections 1,2,... n.
- Equations aux limites.
- Les équations (4) contiennent in cpnstantcs arbitraires A, A2,.. A„, Bi B2... B„, qui se détermineront par les conditions aux extrémités de chaque|section. Nous allons écrire ces conditions.
- Désignons par :
- Mo (vshl (h)o {is)l.
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- 21 août 1909.
- les différences de potentiel et les intensités du courant au commencement et à la lin de la section s.
- Pour les impédances qui sont à l’origine de la première section (appareil générateur) et à la lin de la dernière (appareil récepteur) on aura
- — (v’do + Ee'/" = î;( (»»)o
- + (*’»)*„ —
- qui pourront s’écrire :
- [Ç| *i + *’«]o = Ee'X
- [î'« »» — >’»]/ = o.
- «
- Quant aux conditions relatives aux points de séparation, elles se trouvent facilement. Pour les impédances et les admittances qui séparent la section s, on a
- —(fs\>== S»-i(t»-i)+ üs (ij)o i ('*—')/»_ i — (**)o — Y'*—t (*’* + ï* ‘do-
- Et comme nous avons posé en général vs — Ys ejm ; i, = Is lipt
- les équations aux limites cherchées pourront s’écrire
- fc I, -I- V,]o = E ,
- [*»«. I/t 3=3 ° f
- - (I-)o = *-« [V, + LIJo. j
- En introduisant les expressions de Ys et I4- données par les (4), le système (5) se transforme :
- Poo A-1 -p afl0 Pi =s E J
- *nn A„ e"’nln -(- [i,ln B„ e~mnU — O f
- v.A.ï=aJ_iiSA,_ie,"-'>-i^-i-)-P»l,_1B,_ie-'''»-i^—il f
- 2Bî=p,_ii,A#_ie",*-i<«—4+««.s-iPs—ie—i‘»— n 2’
- dont les symboles P»_i,s. etc., ont les significations
- spécifiées dans le texte.
- C’est en résolvant ce système d’équations qu’on arrive à la démonstration du théorème énoncé. (Cette résolution se trouve développée dans le mémoire cité : Sui circuiti non uniformi — Atti dell’ Associazione Elettra-tecnica ilaliana, vol, XII, fasc. 6.)
- MACHINES-OUTILS COMMANDÉES ÉLECTRIQUEMENT {Suite) {')
- Dans notre précédent article, à propos des machines à percer transportables, qui occupent, ainsi que nous l’avons dit, une place importante parmi les machines outils entraînées électriquement, nous avons présenté à nos lecteurs des perceuses à colonne simples et légères qui se prêtent à un déplacement facile et peuvent à volonté être employées comme machines fixes ou comme machines transportables. Voici un autre exemple intéressant de machines de cette espèce, obtenu à l’aide d’une perceuse à main des Ateliers de Construction Oerlikon que l’on fixe à un support disposé pour la recevoir (fig. a4)-A cause de son extrême simplicité, cet outil sera, à la vérité, apprécié surtout comme machine transportable, mais il est apte, malgré cela, à rendre de bons services dans le perçage rapide. La colonne de support est
- (•) La Lumière Électrique, 8 mai, 19, 26 juiu et 7 août 1909.
- fixée dans un manchon venu de fonte avec le bâti ; on peut la faire pivoter à volonté. Le plateau est susceptible de se mouvoir verticalement ; il porte deux rainures en forme de T servant à la fixation de la pièce à travailler. Le mouvement vertical du plateau est obtenu très simplement par un levier à bras actionnant une crémaillère. Sans entrer dans les détails de construction de la perceuse à main dont on aperçoit sur notre gravure les manettes et la plaque de butée, nous dirons que cette perceuse possède un bon rendement et peut prendre trois vitesses suivant la dureté de la matière à travailler. Elle se fait pour courant continu ou triphasé et perce des trous d’un diamètre allant jusqu’à 16 ,nni dans le fer et davantage dans les métaux moins durs ou dans le bois. On obtient les trois vitesses différentes au moyen de trois renvois ménagés dans la carcasse et commandés par une simple poignée. Les vitesses sont de 85o, 65o et 35o tours par minute, en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQÜE T. VII (2e Sérié). — Jtbâ4.
- courant continu, et 870, et 33o tours par minute en courant triphasé. Lé poids du support avec plateau est de 8okB environ.
- A côté des machines légères et de grande mobilité, oh trouve dans les machines à percer transportables des outils lourds auxquels on demande un travail plus pénible et qui
- JM
- trouvent leur apidication dans la construction des grosses machines. Ce sont des appareils servant le plus souvent à faire le perçage et le fraisage des pièces pesantes et de grand encombrement. Devant être aptes à fournir un travail exact, ils ont besoin d’une assise et d’une rigidité qui justifient leur poids. Ils comportent en général deux montants verti-
- caux le long desquels sont guidés les organes entraînant la broche horizontale. Ces montants sont fixés sür le sol raittüi'é dé l’atelier de la façon que nous avons exposée à propos de l’étau liniéür transportable décrit dans un de nos précédents articles.
- Dans certaines machines américaines de cette catégorie, le mouvement est donné par un moteur placé au sommet des montants et se transmet aux organes solidaires de la broche par ütt arbïe vertical placé entre les montants. Dabs d’autres, telles que celles delà Westinghouse Electric et Mfg. G° de Pittsburg, l’électricité est, d’une façon fort rationnelle, mise pluslargement à contribution par l’emploi de deux moteurs dont l’un, posé sur une console au niveau de la broche, se déplace avec elle et l’autre, placé à la partie supé-ieure des montants, produit les mouvements d’ascension et de descente de la broche et de son moteur.
- La Société suisse pour la Construction des Machines-outils d’Üerlikon, construit des machines transportables, à percer et à frai ser, étudiées avec un soin tout particulier. Un coup d’œilsur la figure a5 montre que, dans ces outils, on a éu souci de t réduire au minimum les parties saillantes et fragiles, ce qui, dans les machines transportables, mérite, comme nous l’avons dit, d’être apprécié. De plus, tous les détails de la machine sont combinés ici en vue d’un travail facile et précis. La machine donne l’impression d’une stabilité parfaite. La broche est très bien équilibrée et se déplace rigoureusement sur l’axe vertical de l’ensemble ; on obtient ainsi un guidage parfait et on évite les efforts secondaires de
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- torsion dans les montants. Dans notre gravure, les montants sontsolidaires du socle de la machine, mais ceux-ci peuvent également être construits de façon à pouvoir pivoter à l’aide d’une vis sans fin, de sorte que la broche est susceptible alors de prendre toutes les positions possibles dans un plan horizontal. Le déplacement de la broche dans la direction de son axe longitudinal ou le long-dès montants ainsi que le mouvement de ces derniers sur la base ont lieu automatiquement ou à la main, à volonté. La broche, d’un diamètre de iio,nui, peut, en longueur, se déplacer de 8oom,u,eten hauteur,de im,4oo environ ; sa plus haute position au-dessus du sol étant de 2™.
- Les montants se déplacent horizontalement de 2m sur le socle de la machine. La broche possède 8 vitesses, allant de 18 à 138 tours par minute. Le poids de la machine est de 6 ooo kilogrammes.
- Pour terminer notre énumération des machines à percer transportables, nous devons maintenant aborder les perceuses suspendues qui constituenl une catégorie tout à fait remarquable de ces outils. Le moteur électrique, en simplifiant les organes d’entraînement et en écartant les inconvénients provenant d’une complication de ces organes, a permis à ces appareils d’atteindre un haut degré de perfectionnement. Dans les ateliers de chaudronnerie et de constructions métalliques ainsi que dans les chantiers maritimes et les ateliers de construction de wagons, où ils sont employés, ils rendent les services les plus marqués, car les avantages que nous signalions à propos des perceuses à consoles, en ce qui concerne la réduction
- de la main-d’œuvre et la précision du travail accompli, se retrouvent également ici, mais dans des proportions plus vastes encore.
- Nous citerons comme exemple de ces appareils les perceuses que construisent la Société suisse pour la Construction des Machines-
- rig. au.
- outils d’Oerlikon et les A teliers de Construction Oerlikon, dont les figures 26 et 27 permettent de discerner les détails. Ces machines sont portées, comme on le voit, par un chariot qui se déplace sur les poutres maîtresses d’un pont roulant. Elles sont commandées par un électromoteur ogé à la partie supé-
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- rieure et dont le mouvement est transmis au foret à l’aide d’une tige tournant dans une colonne verticale. Le mouvement transversal du chariot est obtenu à l’aide d’une chaîne que l’on manœuvre du sol, le mouvement longitudinal du pont roulant, lui-même, est donné par le moteur au moyen d’un dispositif très simple ' d’embrayage et de débrayage. Le pont roulant peut être aussi déplacé à la main par une auti*e chaîne, ce qui permet
- Fig, :>.().
- de fixer son déplacement d’une façon exacte. Le mouvement d’ascension ou de descente de la colonne est obtenu à l’aide d’une troisième chaîne actionnant une vis sans fin et des roues d’engrenage.
- La maison suisse construit des perceuses à un seul ou à deux forets. Dans les perceuses munies d’un seul foret (fig. 26), la base de la colonne verticale peut tourner horizontalement; de plus la tête portant le foret est susceptible d’être déplacée dans un plan verti-
- cal, de sorte que la machine peut ainsi percer des trous dans n’importe quelle direction. L’avance du foret s’opère à la main. Dans les appareils à deux forets (fig. 27 les broches sont disposées de façon à pouvoir tourner au tour de la colonne et à être fixées dans n’importe quelle position. Elles reçoivent un mouvement uniforme. L’avance et l’arrêt des forets a lieu à la main! Un dispositif spécial permet toutefois de mettre hors service une des broches et de travailler avec un foret seulement. La distance mutuelle des broches peut être augmentée ou diminuée rapidement à la main. Cet écartement varie ici de 100 à 35n millimètres.
- Les perceuses suspendues Oerlikon sont livrées aussi bien pour courant continu que pour courant bi-ou triphasé. Dans le premier cas le moteur est muni d’un rhéostat faisant varier le nombre de tours de 3o %. Dans le second cas la commande se fait au moyen d’un moteur bi-ou triphasé en cascade; à l’aide d’un simple commutateur on modifie la vitesse dans une large mesure. Les caractéristiques principales de ces appareils sont les suivantes :
- Nombre de tours par minute : 27a à
- 4*5.
- Diamètre maximum des trous : 3o'nm.
- Déplacement vertical maximum de fo-t fet : 2oom,n.
- Déplacement vertical ;de la colonne : 94 o™1,1.
- Les avantages que procurent les perceuses suspendues sautent aux yeux. Il est bien clair que dans les chantiers maritimes et dans les ateliers de construction de wagons, où l’on a à travailler les pièces lourdes et difficilement transportables et où l’on a besoin de percer des trous en très grand nombre et dans toutes les directions, ces machines doivent effectuer un travail rapide à peu près impossible à réaliser avec d’autres outils. Dans les ateliers de ponts enfer ou de constructions métalliques, ces appareils sont également très précieux, car ils permettent
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- de simplifier la besogne et d’aller vite. La figure a8,qui montre des perceuses employées au forage de poutrelles métalliques, met bien en évidence les avantages marqués que l’on peut attendre de ces outils. Dans le cas de ponts en fer, les grandes fermes principales des ouvrages peuvent être en totalité ou en partie percées à l’usine. La manipulation des pièces lourdes est réduite ainsi à sa plus simple expression et le traçage des fers ramené à un minimum.' Pas de gabarits inutiles et beaucoup moins de dessins d’ateliers. Les barres une fois en place, les trous verticaux et horizontaux sont percés avec grande rapidité et une précision évidemment parfaite, On diminue de cette façon le travail de bureau et on rend le travail d’atelier aussi rapide et aussi siinpleque possible en éliminant dans une large mesure les chances d’erreurs.
- Tous ces avantages l’endent les perceuses suspendues, comme nous l’avons déjà dit, on ne peut plug précieuses. Touchant à une corde sensible, ils n’auront pas de peine, pensons^nous, à convaincre de l’excellence de ces outils l’industriel soucieux de ses intérêts bien compris. Mais c’est surtout sur les avantages que procurent les perceuses suspendues du fait de l’exactitude du travail fourni, et notamment dans le domaine des constructions métalliques, que nous voudrions appeler l’attention. Gesavantages,pour être beauconp moins apparents, n’en ont pas moins une très grosse importance, puisque c’est de la précision apportée dans l’exécution d’un ouvrage métallique que dépendent beaucoup sa résistance et par conséquent sa sécurité.
- Dans la charpente métallique et tout spécialement dans la construction des ponts
- on a, depuis un certain nombre d’années, une tendance très mai'quée à faire usage de systèmes simples ou plutôt de systèmes dans lesquels on peut se rendre un compte aussi exact que possible des fatigues intérieures.
- Pour que la façon dont on travaille un ouvrage se rapproche le plus possible de celle qu’on a prévue dans le calcul, on fait usage de pispositifs appropriés. On évite, par exemple, par des appuis à dilatation, que la variation
- de température ne donne desfefForts supplémentaires. Si l’on a plusieurs poutres maîtresses placées parallèlement, on scinde l’ouvrage en parties, pour éviter, sous l’action de l’abaissement élastique des poutres, une répartition des efforts inégale-et souvent impossible à déterminer exactement. Dans
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- un ouvrage à plusieurs travées on fait souvent usage de rotules pour lever l’indétermination que présente la poutre continue. D’autres fois on élimine les barres surabondantes qui rendent le calcul difficile et moins certain. D’une façon générale et bien que les systèmes dits « hyperstatiques » possèdent dans certains cas des qualités précieuses qui en commandent l’emploi, on préfère de plus
- ment pas toujours suivi une marche parallèle. A l’usine et au montage on exécute trop souvent un travail purement matériel sans préoccupation d’idées théoriques. Or il faut bien se dire que l’exécution défectueuse d’un ouvi’age enlève aux calculs qui ont servi à l'établir le plus clair de leur signification et qu’il ne vaut vraiment pas la peine, dans l’élaboration d’un projet, de rechercher
- en plus les systèmes statiquement déterminés qui sont susceptibles d’être traités d’une façon plus simple et plus rigoureuse.
- Mais si les conceptions théoriques, dans le domaine cpii nous occupe, ont fait un progrès certain on constate que les procédés employés pour les réaliser n’ont malheureuse-
- des garanties de sécurité si celles-ci doivent ensuite être sacrifiées en plus ou moins grande partie sur le chantier. Combien de fois arrive-t-il dans les ponts comportant par exemple plusieurs fermes principales disposées côte à côte que, par suite d’entretoisements défectueux, une des poutres porte
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- X
- moins ou plus que les poutres voisines rendant ainsi inutiles les précautions théoriques qu’on a pu prendre pour obtenir une détermination sûre des elïorts dans les poutres elles-mêmes? Les mauvaises attaches des barres de treillis produisent souvent dans celles-ci des tensions initiales, soit dans un sens, soit dans l’autre et engendrent des moments fléchissants dans les éléments voisins qui faussent les résultats du calcul. Les mauvaises attaches sont aussi la cause principale des flèches permanentes plus ou moins considérables qu’on observe souvent aux épreuves d’ouvrages métalliques et qui signifient tout simplement que certains éléments travaillent trop et d’autres pas assez, ou, en d'autres termes, que la distribution réelle des efforts intérieurs n’est pas celle qu’a donnée le calcul.
- A notre avis il est désirable de rechercher dans l’exécution des ouvrages métalliques une précision plus grande que celle dont, en général, on se contente actuellement. On nous objectera peut-être que les coefficients de travail auxquels on se limite aujourd’hui
- dans les calculs de résistance renferment une marge de sécurité qui a fait ses preuves. Nous pensons néanmoins qu’une exécution même parfaite des ouvrages tels qu’ils sont conçus actuellement ne constituerait pas un luxe de sécurité et qu’il resterait encore suf-samment d’éléments que le calcul ne prévoit pas. Du reste une exécution rationnelle, telle que celle qu’on devrait rechercher surtout dans les ouvrages d’une certaine importance, est facile à réaliser. Il suffirait le plus souvent de la vouloir, car l'industrie mécanique possède aujourd’hui suffisamment de ressources poùr y parvenir. Les perceuses suspendues, par exemple, et quel qu’en soit du reste le système, permettent indubitablement d’obtenir, à l’usine tout au moins, un travail correct donnant la sécurité qu’on en attend. C’est pour cette raison qu’il nous a paru utile d’entrer dans certains détails théoriques de nature à bien faire ressortir les avantages ([ue présentent ces outils par la qualité du travail qu’ils fournissent.
- (A suivre.) A, Comet.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Étude sur les câbles armés. — Whitehead. — Proceeding uf the American Institnlc of Electrical Engineers, juin 1909.
- L’auteur a été amené à étudier cette question au sujet de l’emploi de ces câbles au cours de l'établissement d’une ligne de traction. Il s’agissait de traverser un pont-levis dont le trafic nécessitait d’établir des lignes de secours.
- C’est devant le manque de données et les avis contradictoires sur le sujet, qu’il fut conduit à faire ces recherches, en s’aidant de la méthode expérimentale et des théories mathématiques.
- Méthode de calcul. — L’auteur montre que, si la détermination exacte de l’inductance par cette méthode est presque impossible, elle devient pourtant abordable si l’on fait certaines hypothèses, conduisant d’ailleurs à une prévision très suffisante.
- Il suppose :
- i° Qu’on néglige la torsion des fils de l’armature ;
- Que le champ d’induction dans l’armature est constant et identique à celui du centre ;
- 3° Que les lignes de force sont circulaires.
- Il établit d’abord que la présence d’une armature augmente l’induction dans l’espace qu’elle occupe de 1', à 3G fois, suivant la valeur de la perméabilité.
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- L’auteur donne la spécification du câble ayant servi aux essais, ainsi que la valeur de l’inductance par mille anglais en fonction de la distance séparant les câbles d’aller et retour, en supposant la perméabilité de l’armature égale à l’unité. Il se sert de la
- formule L zr —- log. -----(- qui dans le cas
- considéré lui a donné les valeurs suivantes en appelant : d la distance entre les câbles.
- d o 1j " o, 71 inillihenry.
- d ~ % pouces L = i,oi »
- d — 6 pouces L = i ,26 »
- d = 1 L = i,45 )>
- A l’intérieur de l’armature la valeur de L serait égale à 0,632 millihenry. La différence 0,078 entre les valeurs 0,71 et 0,632 est due aux coefficients 14 et 36 dont il a été parlé. En désignant par k ce coefficient, les valeurs de L pour une armature composée de fils et couvrant toute la périphérie sont obtenues en multipliant par 0,078 (A-i) les valeurs données ci-dessus.
- Pour k ~ 36, les valeurs de L sont augmentées par la présence de l’armature dans le rapport de 4,4; 3,4 ; 2,9 et 2,7 pour divers écartements; pour une distance de 6 pieds L ~ 2,2.
- Ainsi en comparant à la réactance d’un câble ordinaire, on peut dire que celle d’un câble armé d’acier serait de 2 à 4 fois supérieure. Ceci montre qu’il n’y a aucune raison pour condamner l’emploi de câble armé pour des distances modérées.
- Cable à un seul conducteur, armé avec du fil de fer. — Les mesures ont été exécutées sur deux longueurs de 51, pieds placées à des distances différentes et soumises à des fréquences variant de 25 à 60 périodes, à des charges différentes. L’auteur a relevé l’intensité, la résistance et la puissance.
- Les instruments employés étaient un voltmètre gradué de o,5 à 3,5 volts avec une échelle permettant de lire le cinq-millième de volt, un électro-dynamomètre et un wattmètre. Ce dernier était connecté dans le circuit du primaire ai 10 volts d’un transformateur spécial donnant au secondaire différents voltages inférieurs. Les résultats sont con-^ signés dans un premier tableau donnant les mesures faites avec 60 périodes et 25 périodes.
- L’augmentation de l’impédance avec le courant et la dislance entre les câbles y est visible, mais pas très importante. Ces mesures montrent que la ré-
- sistance et la réâctancê efficace diminuent avec la distance d’une manière sensible pour 60 périodes, mais insensiblement pour a5 périodes.
- On constate une différence de 70 % avec les valeurs calculées. Ceci résulte de ce que les fils de l’armature ne se touchent pas en tous jles points.
- La résistance efficace augmente avec la densité du courant, mais très peu avec la distance de séparation.
- L’auteur étudie l’action produite sur l’impédance quand on connecte à leurs deux extrémités les couches de plomb et les fils d’armatures. Un deuxième tableau renferme les résultats d'essai et montre que l’impédance est diminuée par la création de chacun de ces circuits secondaires.
- Cable à un seul conducteur, armé de fils de cuivre, — Une série de mesures furent faites sur deux câbles de 48 pieds de long et identiques comme constitution aux précédents, mais l’armature était formée de fil de cuivre étiré. L’impédance fut mesurée pour diverses densités de courant et plusieurs écartements des câbles, puis avec l’armature en cuivre réunis et non réunis à leurs extrémités, avec les couches de plomb servant de protection.
- Les résultats sont consignés dans un troisième tableau. Avec une fréquence de 60 périodes et un écartement de 12 pouces entre les câbles, la réactance par mille des câbles pour un courant de 82arap. est de 1 ohm 19, tandis qu’en employant la formule on trouve 1 ohm 196. Ceci montre bien qu’il y a une perte négligeable dans le cuivre du fait des courants parasites.
- Les lectures faites avec les armatures des deux câbles réunies à leurs extrémités montrent une petite diminution de la résistance efficace.
- Enfin, l’auteur consigne ensuite les résultats des essais faits sur un câble à deux conducteurs.
- Cette recherche expérimentale amène l'auteur à tirer les conclusions suivantes.
- Conclusions, — i° La réactance d’un câble avec armature en fer est de 2 à 4,5 fois celle d’un câble non armé et dépend de la distance au câble de retour ; ce rapport augmente quand la distance diminue.
- 20 Dans ces câbles la l'éactance est environ 70 % supérieure à celle donnée par ie calcul.
- 3° La résistance efficace ainsi mesurée varie peu avec la distance au câble de retour et se trouve égale à 1,6 et 2 fois la résistance morte suivant qu’on emploie une fréquence de 25 ou de 60 périodes.
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- 4° L’impédance pour des distances inférieures à 12 pouces est d’environ 3 fois la résistance morte pour Go périodes et d’environ i,jii 2 fois celle-ci pour 25 périodes. Avec l’armature mise à la terre et les lils réunis à leurs extrémités, l’impédance est diminuée dans une certaine mesure.
- 5° L’impédance d’un câble armé à deux conducteurs distants de 0,873 pouce, avec une densité de courant identique à celle citée plus haut, est supérieure d’environ 7 % pour une fréquence de 60 périodes, et d’environ 3 % pour 25 périodes, à la valeur obtenue par le calcul. Cette augmentation de résistance efficace est due aux courants parasites dans l’enveloppe de plomb.
- M. J.
- TRACTION
- Nouvelles locomotives électriques pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat Italien. — K. von Kando. — Zeitschrift des Vereines Deulscher Ingcnieure, 7 août 1909.
- L’expérience longue de sept ans faite avec l’exploitation électrique sur le chemin de fer de la Valteline a conduit la direction des chemins de fer de l’Etat Italien à étendre dans une plus grande mesure ce mode d’exploitation sur les réseaux principaux.
- En 1906, un crédit de 38 1 Go 000 francs fut consenti aux chemins de fer italiens par le Parlement pour la construction de centrales et de réseaux électriques. De plus, il faut ajouter environ 3o à 35 millions pris sur les 3oo millions que la loi concédait aux chemins de fer pour l’application des procédés nouveaux de traction.
- Les dix lignes suivantes ont été prises dès le début en considération :
- i° Pontedecimo-Busalla;
- 20 Tunnel de Gênes;
- 3° Savona-San Giuseppe ;
- 4° Domodossola-Iselle ;
- 5" Gallarate-Arona ;
- 6° Gallarale-Laveno ;
- 70 Mailand-Lecco et Usmate-Bergamo ;
- 8° Bardonnecchia-Modane ;
- 90 Naples-Salerne et Torre Annunziata-Castelln-mare ;
- io'- Pistoia-Bagni délia Porretta.
- La ire et la 3e de ces lignes sont en construction ; elles ont entraîné la commande de 40 locomotives
- électriques destinées à la traction des trains de marchandises.
- Les conditions auxquelles ces locomotives doivent satisfaire sont les suivantes :
- La locomotive doit avoir 5 essieux couplés, passer dans des courbes de 4oom de rayon et être commandée à l’aide de bielles et manivelles par deux moteurs.
- Ces moteurs sont alimentés par du courant triphasé 3 000 volts, i5 périodes, et doivent avoir, pour des connexions convenables, deux vitesses de synchronisme, à savoir 22,5 et 45km à l’heure. En conséquence, les deux moteurs possèdent 8 pôles et tournent, montés en cascade, à 112,5 tours par minute, et en parallèle «à 225 tours par minute.
- Les roues ont un diamètre de 1 070ra,n.
- Il était prescrit que le poids propre de la locomotive ne devait pas être supérieur à celui nécessaire pour l’adhérence ; la limite imposée était 60 tonnes, mais la construction mécanique dut être exécutée de telle façon qu’il fallait pouvoir, par du ballast, porter ce poids à 75 tonnes. Ce - poids fut soumis à un essai, en tenant compte de ce qu’un train de 38o tonnes de charge utile, composé de wagons de marchandises chargés, à paliers graissés à l’huile, devait pouvoir être traîné par une locomotive placée à l’avant et une autre à l’arrière, sur une pente de 35/1000, avec des rayons de courbure ne dépassant pas 4oo,n, et être amené à la vitesse de 45klu à l’heure dans ces conditions en moins de 200 secondes.
- Si donc on admet, pour le poids propre de la locomotive, Go tonnes, le poids du train total s’élève à 5oo tonnes et l’effort total de traction nécessaire pour la mise en vitesse est de 24 tonnes, soit le i/5 du poids des deux locomotives.
- En ce qui concerne l’effort de traction, les moteurs doivent être en état de faire glisser les roues des locomotives même chargées de ballast.
- Pour la puissance en une heure des moteurs, il est prescrit qu’une intensité de 117 ampères sous 3 000 volts pendant une heure n’élèvera pas la température des enroulements de plus de 75° au-dessus de l’ambiante, élévation mesurée par la résistance électrique.
- La puissance continue des moteurs doit satisfaire aux prescriptions suivantes :
- Un train, défini comme plus haut, est remorqué de Pontedecimo à Busalla à la vitesse de 4j>k,n, et de Busalla à Pontedecimo, avec récupération, à la vitesse de 22km,5; pendant vingt heures le service est conduit de telle façon que les départs de Pontedecimo
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- et de Busalla se suivent à des intervalles de temps de 140 minutes.
- Pendant ces vingt heures, les moteurs peuvent être refroidis, mais à la suite de ce service, ils doivent accomplir un voyage en pentes et en rampes sans refroidissement artificiel. Ce service achevé, aucune des parties des enroulements des moteurs ne doit dépasser de plus de ^5° la température ambiante.
- Les résistances de démarrage doivent être calculées de telle façon qu'un train de 400 tonnes de charge utile doit pouvoir, sur une ligne ne présentant pas de pente supérieure à 3/1 000, ni de courbe de rayon supérieur à i8om, être amené 3o fois par heure du repos à la vitesse de aakm, 5 sans qu'aucune partie de la locomotive ait à souffrir de l’élévation de température.
- Dimensions générales. — Suivant les conditions imposées, la locomotive a une longueur totale entre tampons de 9 5oomm. La distance entre les essieux extrêmes est de 6 iao millimètres.
- La hauteur du rail à la prise de courant est de Gooomu\ La hauteur du rail à la partie supérieure du toit de la voiture est de 3«ÿ3o millimètres.
- Enfin, la distance entre Taxe vertical de la voiture et le point de prise de courant est de 4 100 millimètres.
- Equipement électrique. — Les prises de courant sont constituées par deux cylindres de bronze durci montés avec paliers à billes sur un axe d’acier. Les axes des deux tubes d'acier sont réunis par une laison isolante constituée par un morceau de bois imprégné.
- Les cylindres de prise de courant sont compris de telle façon qu'ils peuvent occuper deux positions de hauteurs differentes : 6m et4m, 35 au-dessus des rails, suivant la position du fil de trolley.
- La tige de la prise de courant est maintenue vers le haut par un ressort tendu par l’air comprimé; il suffit d’ouvrir, de îa locomotive, le cylindre d'air comprimé pour que le trolley tombe de son propre poids.
- A l’intérieur de la locomotive, la canalisation se sépare en deux parties, dont l’une va au moteur, et l’autre à un parafoudre, toutes deux par rinlermé-diaire d’une bobine de self.
- Entre la ligue et les moteurs se trouvent deux interrupteurs, ainsi qu’un interrupteur à huile à commande à main qui ne sert que d’interrupteur de secours. Derrière celui-ci est placé un interrupteur commandé par air comprimé, avec six contacts circulaires et une prise de courant mobile qui peut
- être déplacée, dans un sens ou dans l’autre et par sixième, par un piston à air comprimé. De cet interrupteur, le courant passe directement aux stators des deux moteurs, dont l’un possède un interrupteur manœuvré à l’air comprimé. Cet interrupteur permet de monter en parallèle ou en série les bobines du stator suivant la vitesse à obtenir. Ce même interrupteur commande le circuit secondaire des moteurs, et de telle façon que, dans le montage séparé, les moteurs travaillent en parallèle sur la résistance de démarrage, tandis que, dans le montage en cascade, le rotor d’un des moteurs devra débiter dans le stator de l’autre.
- Des précautions spéciales d’isolation ont été prévues pour conduire à travers la voiture ces canalisations à 3 000 volts, et la sécurité est telle qu’à la Yalteline on n’a pas encore eu à mentionner d’accident dû au toucher des parties conductrices sous tension.
- La résistance de démarrage comprend essentiellement deux réservoirs : un réservoir inférieur, et un supérieur, dans lesquels sont montées les électrodes conductrices. Au démarrage, le liquide, par l’intermédiaire de l’air comprimé, est chassé du réservoir inférieur dans l’espace réservé aux résistances; le liquide, en s’élevant, couvre donc de plus en plus les électrodes, et par conséquent diminue la résistance électrique. Dès que le liquide a atteint le niveau maximum fixé, des contacts métalliques mettent les bornes en court-circuit.
- Le démarreur est réglé automatiquement de la façon suivante : deux solénoïdes actionnent les clapets d’entrée et de sortie de l’air dans la résistance. U11 des solénoïdes est parcouru par un courant réglable à volonté. L’autre agit en sens inverse du premier, et l’intensité qui le traverse est proportionnelle à celle du moteur; suivant que le premier ou le second solénoïde attire plus fortement le noyau commun, l’arrivée de l’air est ouverte et la sortie fermée, ou réciproquement. Ce dispositif permet de maintenir le courant pratiquement constant. Il assure un effort de traction régulier qui permet d’obtenir l’iililisation complète du poids adhérent.
- Les moteurs de la locomotive sont démarrés et réglés par le système Westinghouse à air comprimé. Le courant nécessaire sort d’un petit transformateur, qui alimente en même temps le compresseur et le ventilateur. Les circuits des contacteurs sont disposés de telle façon que deux ou trois locomotives peuvent être réunies par un cable à six bras et fonctionner simultanément.
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- Puissance de la locomotive. — La considération des caractéristiques des moteurs, montés en cascade ou en parallèle, et les essais en charge de ces moteurs, montrent que la puissance en une heure des deux moteurs montés en parallèle est obtenue pour 3ao ampères, ce qui correspond en gros à 2 ooo HP.
- Le poids de la locomotive avec tous ses accessoires est de 60,2 tonnes, de sorte que la puissance par tonne de la locomotive ressort à 33,2 HP.
- Ce chiffre permet de se rendre compte encore une fois de l’avantage, quant au faible poids, de la locomotive électrique sur la locomotive à vapeur.
- Si maintenant on compare entre elles la locomotive à courant triphasé et la locomotive à courant monophasé, le même avantage subsiste en partie en faveur de la première puisqu’il résulte d’expériences faites qu’une locomotive triphasée peut remorquer 5,45 fois son propre poids, tandis qu’une locomotive monophasée ne peut remorquer que 2,7 fois son poids.
- Donc, toutes choses égales d’ailleurs, il faudra un poids double de locomotive avec le courant monophasé qu’avec le triphasé, et, comme d’autre part le prix par tonne des locomotives n’est pas moindre en monophasé qu’en triphasé, il en résulte que la puissance spécifique de la locomotive triphasée doit jouer un rôle décisif dans le calcul des frais d’électrification des chemins de fer.
- R. C.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Récepteur â condensateur perfectionné. — C.K. Ort et J. Rieger. — Elektrotechnische Zeitschrift, i5 juillet 1909.
- On sait que de nombreuses tentatives ont été faites pour utiliser en téléphonie la curieuse propriété du condensateur à papier, qui émet un son soutenu et assez; fort lorsqu’on le charge ou qu’on le décharge sous une tension suffisante ('). On s’est toujours heurté à cette difficulté principale :
- Une batterie à haute tension (ordre de grandeur : 100 volts létait absolument nécessaire dans le circuit du condensateur, sinon les qualités du récepteur se trouvaient réduites virtuellement à rien.
- En outre, les sons émis par le récepteur à condensateur étaient souvent transposés à l’octave aiguë.
- (1) Cf. Les travaux de Varley et Dolbear ; de Dunand (brevet américain, n° 280 365) et de Marshall.
- En cherchant à remédier à ces inconvénients, MM. C.-K. Ort et J. Rieger ont réalisé un appareil qui possède les avantages suivants :
- x0 Fonctionnement sous tension réduite ; 4 à 20 volts pour les transmissions téléphoniques ordinaires les hautes tensions (120 volts) ne sont à employer que dans les téléphones haut-parleurs ;
- 20 Indépendance absolue des courants développés dans l’appareil vis-à-vis du magnétisme terrestre ;
- 3° Pureté du son due à ce que les membranes ne peuvent jamais vibrer selon leur période propre ; ceci résulte précisément de ce que l’appareil fonctionne sous des tensions relativement basses et qui ne permettent pas aux membranes d’atteindre leur période de vibration.
- Voici maintenant la description de l’appareil, dont nous donnons une coupe (fig. 1).
- Fig. i. — Coupe du récepteur.
- Les membranes F sont tendues mécaniquement entre les pièces M, M?, à l’aide des vis S4 Ss. Celte tension mécanique, qui est l’idée originale de l’appareil, permet de supprimer le diélectrique-papier et de le remplacer par une couche de vernis ; or le papier, dans les anciens condensateurs-récepteurs, était une cause de mauvais fonctionnement, à cause de l’hystérésis élevée qu’il présente, et en outre, parce que les bords de feuilles vibraient d’une manière fort irrégulière.
- Lorsqu’on n’a besoin que de 4 à 20 volts (cas des transmissions ordinaires), il suffit d’employer une petite batterie de i5 éléments, peu coûteuse et peu encombrante.
- Lorsqu’on cherche au contraire à réaliser un récepteur haut-parleur, on peut employer non pas une batterie à haute tension, mais une simple dynamo ; l’essai a été fait avec un plein succès par MM. Ort et Rieger.
- Le mode de montage qui leur a donné les meilleurs résultats est le suivant (fig. 2): les pôles de la machine sont reliés d’une part au circuit secondaire du microphone-transformateur T, et d’autre part au condensateur G,. _
- Lorsqu’on parle dans le microphone M, le champ magnétique entre en oscillation et la dynamo envoie du courant sur le condensateur. Pour éviter le gril-
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- lage du circuit secondaire du transformateur T, les auteurs y ont, dans la suite, intercalé un condensateur ordinaire. La transmission de la parole est très nette et très forte.
- On peut disposer plusieurs condensateurs en parallèle, ainsi que le montre la figure ; chacun d’eux répète fidèlement ce que l’on dit dans le microphone.
- B
- Fig. a. —Montage avec plusieurs condensateurs eu parallèle.
- Les essais ont eu lieu sur une ligne téléphonique de 8km de longueur.
- Caractéristiques numériques de l’appareil. i° Transmissions ordinaires :
- Dimensions : 4X6 centimètres;
- Capacité: o, oi5 à 0,04 microfarads.
- 20 Récepteur haut-parleur :
- Dimensions : 20 X 12 centimètres;
- Capacité : o, o5 à o, 2 et 1' microfarad,
- T. P.
- BREVETS (<)
- ^99 9°5, du 25 février 1909. — Guggeniieimer. — , Procédé et dispositifs pour la mesure de» courants alternatifs.
- 899 915, du 25 février 1909. — Smith et Granville. — Système de construction des bobines d’induction pour câbles téléphoniques et autres.
- 899 916, du 25 février 1909. — Giles. — Soupape électrique pour l’écoulement de surtensions.
- 4oo 057, du ier mars 1909. — Elieson. — Plaque d’accumulateur. (*)
- (*) Liste de brevets communiquée par M. H. Josse, 15, boulevard de la Madeleine, à Paris.
- 400 076, du 2 mars 1909. — Volkers. — Inducteur rotatif composé de plusieurs barreaux magnétiques permanents pour machines électriques multipolaires à induit fixe.
- 400 025, du i5 mai 1908. — Rivière, Aubert, et Roivin. — Dispositif permettant de transformer les ondes électriques en ondes mécaniques.
- 401 046, du 20 mars 1909. — Société Siemens et Halske Aktien-Gesellschaft. — Signal d’appel réuni au conjoncteur pour installations téléphoniques.
- 401 073, du 20 mars 1909. — Heinicke. — Interrupteur rotatif pour arcs voltaïques pour la production d’oscillations électriques en télégraphie et téléphonie sans fil.
- 400 990, du 19 février 1909. — Ateliers Thomson Houston. — Dispositif de limitation automatique delà vitesse rnaxima dans les équipementsde traction ii courant continu ou monophasé.
- 401 oSq, du 20 mars 1909. — Moseley. — Perfectionnements dans les batteries électriques secondaires ou accumulateurs.
- 400 985, du 12 janvier 1909. — Thorpe. — Perfectionnements aux dispositifs électriques destinés à entrer dans la construction d’interrupteurs, enregistreurs, compteurs et autres appareils électriques.
- 400 992, du 25 février 1909. — Barrié. — Four électrique plus particulièrement destiné aux usages dentaires.
- 400 999, du 4 mars 1909. — Fabrik elektrischer Zunder G. m. b. H. — Procédé de fabrication de corps creux en métal par précipitation de plusieurs métaux superposés sur un mandrin et extraction de celui-ci après l’opération.
- 401 o5ô, du 20 mars 1909. — Wittgensteineh. — Dispositif pour la régulation de l’avancement dans les lampes à arc avec électrodes disposées au-dessus ou à côté l’une de l’autre.
- 4oi 128, du 23 mars 1909. — Vickehs sons et Maxim Limited. — Perfectionnements aux appareils servant à transmettre et à recevoir les impulsions ou signaux électriques.
- 401 129, du 23 mars 1909. — WeintraUd. — Dis-posif désinfecteur pour embouchures de téléphones et instruments analogues.
- 401 178, du 9 juillet 1908. — Schneider et Cie. — Dispositif pour le refroidissement des dynamos par ventilation.
- 401 190, du 24 mars 1909.-—Brown, Bovèri et Go.
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- — Dispositif de refroidissement des machines électriques du type hermétique.
- 4oi 241, du 25 mars 1909. — Jacquet frères. — Dispositif de bagues collectrices pour rotors de moteurs à courants alternatifs et pour alternateurs et moteurs asynchrones.
- 401 242, du 25 mars 1909. — Compagnie générale électrique, — Système de ventilation et de frotteurs élastiques pour dynamos à courant continu à grande vitesse.
- 401 176, du 24 mars 1909. — The Cutler-Hammer manufacturing Cy. — Interrupteur à échappement.
- 401 i35, du 23 mars 1909. — Reid. — Perfectionnements dans les fours électriques.
- 401 2g5, du 27 mars 1909. — Juillac, — Mât télescopique pour télégraphie sans fil, signaux et usages analogues.
- 401 344) du 20 juillet 1908. — Compagnie générale
- RADIOTÉLÉGRAPHIQUE, CARPENTIER, GaiFI'E, RoCHE-fort. — Détecteur électrolytique pour télégraphie et téléphonie sans fil.
- 401 366, du 29 mars 1909. — Fessenden. — Procédé
- et appareil pour la production des signaux par les ondes électromagnétiques reçues.
- 4o 1 309, du 18 janvier 1909. —Ferrari. — Réducteur de courants électriques.
- 401 322, du 17 mars 1909. — Laurent. — Interrupteur automatique à distance par courant alternatif.
- 401 355, du 27 mars 1909. — Russenrerger. — Perfectionnements à la construction des accumulateurs et appareils électrolytiques.
- 401 273, du 26 mars 1909.—The Siucia syndicate Limited. — Perfectionnements dans les lampes électriques à vapeur de mercure.
- 401 307, du x8 juillet 1908.— Société française d’incandescence par le gaz. — Procédé de formation de filaments de lampes à incandescence électrique.
- 401 335, du 27 mars 1909. — Société Julius Pintsch, Akt.-Ges. — Lampe électrique à incandescence à filaments métalliques avec support élastique des archets incandescents.
- 4o 1 346, du 27 mars 1909. — Senftner. — Charbons pour lampes à arc et leur procédé de fabrication .
- VARIÉTÉS
- Rapport sur l’état actuel de la Télégraphie SOUS-marine (Congrès de Marseille, septembre 1908) [fin). (*) — H. Larose, Ingénieur des Télégraphes.
- Ol. Heaviside, qui le premier a donné l’explication de ce fait expérimental d’apparence paradoxale (2), a étudié ^théoriquement, le cas d’une perte isolée et a proposé pour les longs câbles la création d’une perte artificielle en leur milieu , perte artificielle devant être construite de manière à 11e pas présenter les inconvénients des fautes naturelles.
- Ces fautes naturelles sont des maladies du cable généralement redoutées et souvent redoutables ; car lorsqu’elles gisent en très grande profondeur, dans des régions de passage fré-
- (l) La Lumière Electrique, 7 et 14 août 1909, p. t83 et 2i5.
- (a) A savoir que certaines fautes des câbles ont un bon effet sur le rendement.
- quent de dépressions barométriques ou de longues périodes de brume et qu’elles amènent une interruption en mauvaise saison, l’interruption peut être longue, et la réparation fort coûteuse.
- La proposition intéressante d’OL Heaviside n’a pas encore été suivie d’application ; elle mériterait de l’être, pour certains longs câbles, dans la partie médiane desquels les travaux de relèvement sont relativement aisés.
- 3. —De la spécification des carles.
- 1. Le conducteur de l’âme des câbles sous-marins est en cuivre, métal qui, au point de vue économique, présente sous le moindre volume la meilleure conductibilité électrique; l’isolant est la gutta-percha qui, bien épurée, bien saine, jouit de très précieuses qualités de conservation dans l’eau de mer; malheureusement pour le rendement, ce diélectrique a un pouvoir inducteur spécifique élevé.
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- L’auteur montre que le rendement est inversement proportionnel au carré de la longueur et proportionnel à la section utile ou au carré du diamètre utile.
- Pour avoir le même rendement avec deux câbles, les diamètres utiles devront être proportionnels aux longueurs, les sections utiles proportionnelles aux carrés des longueurs.
- La meilleure répartition au point de vue de la quantité totale des deux matières constituant l’âme coïncidera avec la meilleure répartition au point de vue du prix, lorsque ces deux matières vaudront le même prix sous le même volume; c’est approximativement le cas pour le cuivre et la gutta : la densité du cuivre étant neuf fois celle de la gutta ; et en poids, la gutta valant environ neuf fois plus cher que le cuivre.
- 11 y a pour les âmes de câbles excès plus ou moins marqué du poids du diélectrique; la raison en est que la diminution de ce poids est limitée par la nécessité d’avoir une couche isolante protectrice estimée d’épaisseur suffisante et pour la sûreté de la fabrication et pour les garanties de bonne conservation de l’âme, tant au cours des manipulations ultérieures précédant l’immersion qu’après l’immersion.
- Les câbles de moyenne ou de petite longueur, à petites âmes, auront donc une section utile proportionnelle plus faible que celle des âmes de câble de grande longueur.
- En général, on prend pour les premiers des poids égaux de cuivre et de gutta; la section utile proportionnelle est alors 0,626, si les câbles sont de longueur suffisante pour que la loi de Thomson s’applique.
- (Types courants d’âmes de câbles de moyenne ou de petite longueur : au mille nautique 59kB de cuivre et 5t)ke de gutta, ou 3okg de cuivre et 3okg de gutta.)
- Mais, la fabrication se perfectionnant, et l’usage montrant que des câbles bien fabriqués, bien immergés, sont susceptibles d’une excellente conservation avec une épaisseur de gutta très réduite, on tend de plus en plus pour les longs câbles à augmenter la section utile proportionnelle, à se rapprocher de la spécification la plus ^économique pour l’âme.
- A ce point de vue, les quelques chiffres du tableau suivant sont significatifs.
- Le câble Brest-Dakar, posé en 1906, a comme section utile 0,76 ; le câble de Dakar-Pernam-
- buco, qui en est le prolongement vers l’Amérique du Sud, posé en 1892 et à âme plus petite, a seulement 0,62 comme section utile, soit 18 % eu moins.
- TA l)LE AU
- CABLES TRANSATLANTIQUES AVEC DATES DE POSE SECTION UTILE PROPORTIONNELLE DE L’AME
- Anglo 18^3-1874 . . . 0,62
- Direct, 1876 0,66
- Pouyer-Quertier 1879 0,67
- Western-Union, 1881-1882 0,67
- Commercial, 1884-1884 . 0,67
- Commercial, 1894 °>77
- Anglo, 1894 °>79
- Brest-Cap Cod, 1899 <>,79
- Ilorta, New-York (allemand), 1901 0,81
- Commercial, 190a. 0,84
- Plus grand sera le diamètre de l’âme d’un câble, plus l’armature, siîpposée formée de fils d’acier d’un diamètre déterminé, sera lourde et volumineuse, partant plus les opérations de pose et de relèvement deviendront difficiles, par des profondeurs déterminées.
- On se trouve ainsi assez rapidement limité pour le diamètre à donner aux âmes des longs câbles ; jusqu’ici on n’a pas dépassé comme diamètre i2mm,2, qui est le diamètre de l’âme des câbles Anglo (1894), Brest-Cap Cod(i8g9), Trans pacifique.
- Les câbles transatlantiques dont la longueur est au minimum 1 85o milles nautiques, au maximum 3 200 milles nautiques environ, ont des sections de cuivre comprises entre 9mm2,6 et i8mi"2,3, des sections totales de l’âme comprises entre 93mra2,ü et n^"10'2, et la section utile est comprise entre 63mm2 et 92 millimètres carrés.
- 2. Dans la première partie de ce paragraphe, l’auteur a supposé que la section droite de l’âme don ne deux cercles concentriques comme courbés limitant intérieurement et extérieurement le diélectrique.
- La capacité électrostatique de l’âme par unité
- c
- de longueur est alors,---— C étant une con-
- & logJL,
- Ko
- stance pour un diélectrique donné; B,, R„ les rayons des cercles extérieur et intérieur, ou
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- encore—,en appelant <p y/—i l’angle imaginaire 9 '
- sous lequel se coupent les deux cercles R0) R,, el
- remarquant que log,
- Ri
- Rn
- Si les cylindres de rayons Ri, R0 limitant le diélectriquen’étaientplus concentriques, la capacité électrostatique serait encore donnée par la
- formule —, <f\J 9
- désignant l’angle sous lequel
- se coupent les deux cercles, car en transformant par inversion avec, comme pôle, l’un des points réels conjugués communs aux deux circonférences C„, Ci; C0, Ci se transforment en deux circonférences concentriques, les angles sont conservés, et les potentiels et les charges restent les mêmes sur les parties correspondantes.
- <p est une fonction décroissante de la distance d des centres des deux circonférences ; la capacité électrostatique augmentera avec d.
- Partons de deux circonférences concentriques C0, Ci et déplaçons d’une façon continue C0 vers la droite, C0 étant supposé au potentiel i et Ci au potentiel o, et les lignes de force tracées suivant la règle de Maxwell-Faraday ; dans le déplacement, les lignes équipotentielles et les lignes de force seront condensées vers la droite et dilatées vers la gauche, en même temps que de nouvelles lignes de force apparaîtront.
- Partons encore de deux circonférences concentriques C0, C, et déformons infiniment peu C0 qui devient ro, l’aire comprise à l’intérieur de r0 restant la même que l’aire de C„. La longueur du contour augmentera, sa courbure ne sera plus uniforme, il y aura condensation en certaines régions, raréfaction en d’autres, des lignes de force ; en même temps apparition de nouvelles lignes de force ; la représentation conforme sur l’aire comprise entre deux circonférences concentriques, supposée réalisée, donnera un l'apport des rayons des circonférences concentriques
- —plus faible que le rapport initial.
- Ro
- Deux circonférences concentriques, comme sections droites limitant le diélectrique, donnent la capacité minimum pour des aires données; la répartition suivant çleuxcylindres concentriques de quantités de matière données du conducteur et du diélectrique sera celle qui donnera la plus petite constante de temps par unité de longueur.
- C’est la forme à laquelle on était naturellement conduit en prenant pour le conducteur un fil cylindrique circulaire, le diélectrique qui joue un rôle protecteur devant avoir autour du conducteur une épaisseur uniforme.
- Mais, au lieu d’un fil unique pour le conducteur, on prend généralement un toron, un toron présentant plus de souplesse qu’un fil unique et diminuant les chances de rupture intérieure du conducteur. La capacité électrostatique se trouve ainsi augmentée.
- Une économie sensible serait réalisée en con-stituant,le conducteur par un fil circulaire ou par l’équivalent d’un fil circulaire droit. Cela a été fait d abord pour le transpacifique anglais (1901), puis pour certains longs câbles construits postérieurement; le conducteur se compose d’un gros fil central circulaire, entouré de deux minces rubans de cuivre pour éviter les inconvénients mécaniques d’1111 fil unique, tout en conservant les avantages électriques de la forme circulaire.
- Dans le cas du câble Brest-Cap Cod : 3ook”7 r8okB au mille de cuivre et degutta, m= ri, = 0,60, d’où >0 = o,536; pour Brest-Dakar : a3ok'7i5okB, m = ia,X12 =o,65, d’où X0 = o,58.
- L’économie de gutta réalisée par l’emploi pour le conducteur de l’équivalent d’un fil circulaire aurait donc été, dans les exemples précédents, d’environ 10 % .
- 4. - DkS US SK AUX DK CAI1LKS.
- i. L’induction électromagnétique joue un rôle actif pour la propagation des signaux sur les lignes aériennes à exploitation intensive; c’est elle qui leur conserve leur individualité; malheureusement, au point de vue économique, son rôle est négligeable pour les longues lignes sous-marines ; l’induction électrostatique est, dans ce cas, le phénomène prépondérant.
- Comparés aux lignes aériennes, les longs câbles seront des appareils à rendement relativement faible.
- Si l’on ajoute que les dépenses de premier établissement d’un câble sont plus élevées, les frais d’entretien, sauf exceptions (*), plus oné-
- (•) La securité des lignes aériennes, la.fréquence el la durée des interruptions, les frais d’entretien sont choses variables avec la nature physique des régions traversées et leur degré de civilisation.
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- reux, il apparaîtra» à première vue, que si deux centres d’affaires, situés dans deux continents différents, doivent être reliés télégraphiquement, la voie la plus économique sera celle de la ligne sous-marine la plus courte.
- La loi de Thomson-Fourier donne une mesure de l’avantage économique des voies sous-marines les plus courtes. Il résulte en effet de cette loi que si la longueur d’un câble est n fois celle d’un autre, les deux câbles ayant même spécification, pour une dépense de premier établissement n fois plus forte, on n’obtiendra qu’un rendement «2fois plus faible; le rapport du rendement à la dépense de premier établissement est alors inversement proportionnel au cube de la longueur.
- En général, entre deux continents lointains, il y aura des îles intermédiaires; supposons les îles assez distantes pour que la loi de Thomson s’applique aux câbles qui les réuniraient; conviendra-t-il de faire un câble direct sans atterrissages intermédiaires ou de sectionner la ligne avec postes intermédiaires de retransmission ?
- Un poste intermédiaire introduira une cause humaine d’erreur, minime, il est vrai, dans une bonne exploitation. On devra faire les frais d’installation d’une station, peut-être payer un droit d’atterrissage sous une forme ou sous une autre, à moins que ce droit ne soit concédé à titre gracieux ou même ne soit la cause d’une recette sous forme de subvention. Les dépenses d’exploitation seront augmentées du fait de l’existence de la station intermédiaire, à supposer que ces dépenses ne soient pas balancées directement par le trafic local ou indirectement par une garantie de trafic local.
- Le calcul montre qu’il sera avantageux, lorsqu’une île se trouvera sur la route directe d’un long câble assez loin des stations terminales, de faire dans cette île une station intermédiaire. 11 sera même souvent avantageux de détourner un long câble de sa route directe pour le sectionner ; on augmentera ainsi la dépense correspondante à l’armature, la longueur totale de la ligne étant accrue; mais le coefficient économique de l’âme aura été augmenté et finalement on pourra avoir réalisé un bénéfice et obtenir un plus grand rendement avec une moindre dépense de premier établissement.
- On conçoit que certains postes de relais aient une grande valeur économique, que la faculté de
- s’installer en certains endroits, îles ou avancées de continents, soit recherchée, non seulement pour l’utilisation propre de ces points, mais pour jouir d’un privilège exclusif; le possesseur de ce privilège se donnera une assiette économique stable vis-à-vis des concurrents actuels et préviendra ceux qui peuvent surgir dans l’avenir; le nombre des atterrissages intermédiaires avantageux est, en effet, limité et se réduit au fur et à mesure de l’extension du résean mondial et de l’acquisition de monopoles.
- a. Dans ce qui précède, nous n’avons envisagé que le côté industriel, commercial de la question. Ce n’est pas ici le lieu de la discuter au point de vue stratégique. Cependant, comme des considérations de défense nationale inter»» viennent parfois, nous nous permettrons une citation et une simple remarque ; dans je Rapport de la Commission interministérielle anglaise des câbles de 1900, on lit ce qui suit :
- « Mais, comme nous l’avons déjà remarqué, nous pensons que nos dispositions stratégiques doivent être prises dans l’hypothèse qu’un nombre considérable de câbles seront coupés... Nous arrivons alors à deux principes conduisant à des conclusions diamétralement opposées : plus il est probable que les câbles ne seront pas coupés, plus grande et la valeur d’un câble entièrement britannique. Plus il est probable que les câbles seront coupés, plus grande est la valeur d’un câble touchant en territoire étranger. »
- Le simple aspect d’une carte télégraphique suggère naturellement l’impression que ces deux thèses opposées ont, sans doute, été admises successivement sur le continent. Il est presque superflu d’observer qu’appliquées chacune à un cas différent, elles peuvent conduire, l’une et l’autre, à une même conséquence économique, seule perceptible pendant le temps normal de paix, à savoir: l’abaissement du coefficient économique, l’augmentation des dépenses de premier établissement, pour une diminution de rendement.
- 3. L’auteur précise ici quelques-unes des conséquences économiques de la loi de Thomson par des exemples pris parmi les Compagnies transatlantiques.
- /i. Les câbles sous-marins sont susceptibles d’interruptions qui peuvent survenir inopinément et qui sont dues à des causes diverses d’ordre mécanique, électrique ou chimique. Certaines d’entre elles ont visiblement leur origine
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- dans des vices de fabrication ou d’immersion. En dehors des accidents dûs à des causes qu’on peut appeler naturelles, il y a des accidents dûs directement à une cause humaine, par exemple aux travaux d’un navire câblier dans le voisinage d’un croisement, aux raguages des ancres de bateaux, des filets des chalutiers (!).
- Cependant les causes immédiates d’interruption, d’apparition ou d’aggravation de fautes ne sont pas toutes bien connues, surtout pour les accidents par grand fond.
- Ces derniers sont relativement rares ; le plus souvent, on ne ramène pas à bord la faute ou les extrémités de la rupture originelle; les constatations faites au cours de la réparation ne sont presque jamais soumises au jour d’une discussion technique publique; il n’est pas fréquent qu’il y ait extension de l’expérience personnelle ; on restera dans l’ignorance des observations faites dans des cas analogues dont le rapprochement mettrait en lumière une cause commune qui a quelque chance de rester hypothétique.
- En règle générale, on évitera les gouffres, les pics, les endroits où la nature du fond rend les accidents ultérieurs plus probables; le câble sera posé avec un mou suffisant, jamais avec tension sur le fond.
- Les sondages se multipliant, les cartes bathy-métriques deviennent de plus en plus précises, et certaines d’entre elles sont très remarquables ; mais, pour beaucoup de régions, elles sont encore incomplètes et d’anciens sondages erronés sont parfois reproduits longtemps avec fidélité. (*)
- (*) Le développement rapide de l’industrie de la pèche par chalutiers à vapeur occasionne des ruptures de plus en plus fréquentes de câbles, surtout dans la mer du Nord et au large de l’Irlande; celte situation préoccupe à juste titre les compagnies de câbles, sans qu’un inodus vivendi, conciliant les intérêts des deux industries, ait encore été trouvé.
- Ces cartes peuvent être suffisantes pour un avant-projet de tracé pour la fixation de la longueur à commander, mais il sera sage de n’accepter leurs données qü’à titre d’indication, et sous bénéfice d’inventaire, pour le tracé réel à adopter.
- Encore, à l’heure actuelle, la pose d’un nouveau câble par grande profondeur doit être précédée d’une campagne de sondages ; les sondages doivent constituer une véritable triangulation, à mailles suffisamment resserrées; ils doivent non seulement donner les profondeurs, mais aussi la nature du fond. Ces données une fois obtenues, il restera à les interpréter.
- La non-présence d’irrégularités sur les caries n’implique qu’une probabilité plus ou moins grande de leur non-existence, probabilité qu’il faut apprécier : c’est ainsi que les idées anciennes sur la régularité du plateau télégraphique d’Irlande à Terre-Neuve se sont notablement modifiées, les données expérimentales devenant plus nombreuses.
- CONCLUSION
- Les dimensions forcément restreintes de cette note ont obligé l’auteur à un exposé rapide de questions techniques qui, par leur généralité et leurs conséquences économiques, ont paru présenter une importance d’ensemble dépassant le cercle des techniciens spécialement affectés à l’une ou l’autre des parties de cette industrie.
- La question de la localisation des défauts, les questions diverses relatives aux travaux, à la mer, particulièrement intéressantes pour les réparations par très grande profondeur, ont été laissées complètement de côté, comme ne rentrant pas dans le cadre tracé pour ce rapport succinct à présenter au Congrès.
- IL L.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Riveuse portative èlectro-hydi'aulique.
- Une rivure parfaite est celle dans laquelle les têtes de rivets sont bien formées et les tiges de rivets remplissent exactement les trous des tôles dans lesquels elles sontlogées. L’expérience montre que, pour que ces conditions se trouvent réalisées, il est nécessaire que les rivets restent soumis pendant un certain temps à la pression finale qui a servi à les former et que, de plus, cette pression se transmette sans vibration.
- Les riveuses employées jusqu’ici ne permettent pas toutes d’arriver à ce résultat.
- Les riveuses pneumatiques permettent bien de régler arbitrairement la durée de la pression finale sur le rivet, mais la compressibilité de l’air donne lieu à des vibrations dans les bouterolles, de sorte que celles-ci ne possèdent plus alors une rigidité suffisante pour assurer une pression constante. Pour peu que les pièces à river soient légèrement convexes, elles pourront, en tendant après le rivetage à reprendre leur forme primitive, desserrer le rivet encore chaud. Ces appareils ne peuvent donc effectuer un travail parfait. Ils exigent en outre des installations accessoires coûteuses et encombrantes.
- Les riveuses purement électriques, telles qu’elles ont été employées jusqu’à l’heure actuelle, ne se prêtent pas à un réglage parfait de la durée de la pression finale exercée sur le rivet. L’énergie accumulée dans la masse faisant volant se trouve, en elïet, neutralisée bien avant que le rivet ne soit refroidi, de sorte que la rivure obtenue n’est pas, non plus, exempte de défauts. Par contre, la riveuse électrique ne nécessitant ni conduites, ni accessoires coûteux, est d’un prix de revient relativement faible ; de plus elle est très facilement transportable d’un point à un autre puisqu’il suffit, pour la mettre en travail, de la relier simplement à la prise de courant la plus voisine.
- Seules les riveuses hydrauliques, grâce à l’incompressibilité des liquides, remplissent les conditions énumérées plus haut auxquelles est subordonnée une
- bonne rivure. Malheureusement ces appareils, comme les riveuses pneumatiques, exigent des installations accessoires d’un prix élevé. Ce sont ici des compresseurs, des accumulateurs hydrauliques, etc., ainsi que des conduites à haute pression d’un développement souvent très grand.et qui, non seulement occasionnent de grosses dépenses, mais peuvent encore fuir, suinter ou geler et être ainsi une source continuelle d’ennuis.
- Dans ces conditions, il était naturel, en vue d’obtenir une riveuse facilement transportable et exempte d’organes accessoires encombrants et coûteux, mais donnant malgré cela un travail de qualité irréprochable, de chercher à créer un appareil mixte qui s’inspire de la riveuse hydraulique dans les organes effectuant le rivetage proprement dit et de la riveuse électrique dans les organes produisant l’effort de pression.
- Les Ateliers de Construction Oerlikon construisent actuellement une riveuse portative basée sur ce principe et dont les détails de construction sont visibles dans la ligure i. Le bâti de la machine est en fonte d’acier; l’écartement de la mâchoire est de /ifjomm et sa profondeur de ^5onim. Le cylindre de la presse hydraulique est venu de fonte avec le bâti et garni à l'intérieur d’une douille en fonte dans laquelle se meut un piston différentiel. Le diamètre effectif de ce piston est de i6omm, son diamètre différentiel de i /|Oinm; sa vitesse descendante est donc à sa vitesse ascendante comme i à 4,3. Ce piston est en acier; il est rendu étanche par des manchettes de cuir et comporte un guidage vertical qui l’empêche de tourner dans sa gaine. La bouterolle fixe est disposée sur le bras inférieur du bâti ; la bouterolle mobile est fixée à l’extrémité inférieure du piston. L’axé des bouterolles est décalé de 70"'"' vers l’extérieur de la mâchoire par rapport à celui du piston, ce qui permet de loger commodément sous celui-ci les ailes ou semelles verticales des pièces à travailler et de poser des rivets aussi près que possible de ces mêmes parties verticales.
- Le réservoir à liquide est fixé directement au-dessus du cylindre ; il est fermé par un flotteur hermé-
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- tiqùe, la machine devant pouvoir travailler dans n’importe qiiélle position.
- Là pompe destinée à produire la pression nécessaire poUr le rivetage est une pompe à piston différentielle. Son cylindre venu de fonte avec le bâti est garni intérieurement de métal. Le pistoii est en acier ; il est relié aüx dëux bielles qui l’actionnent au moyen d’üne pièce de guidage se mouvant dans unë glissière. Les Soupàpës d’aspiration et de refoulement, toutes deux à ressort, sont disposées diamé-
- afin, toutefois, que le lovier ne reste pas dans cette position, ce dernier est prolongé au delà de son centre de rotation, et le piston est muni d’une butéé qui, lorsqu’il remonte, ramène le levier automatiquement sur l’horizontale, c'est-à-dire dans sa position neutre.
- La pression nécessaire aux différentes épaisseurs de rivets est réglée par une valve disposée à la partie inférieure du corps du distributeur. Cette valve sert en même temps de soupape de sûreté,
- Fig. i.
- tralement à là partie inférieure dü cylindre de la pompe.
- Le distributeur, la partie la plus importante de la machine, est à tiroirs cylindriques. Le corps du distributeur, dont les canàUx sont calibrés à la presse, est en bronze phosphoreux.
- Deux tiges commandées pâr un levier mühi d’Une poignée servent à la manœuvre des cinq pistons qui sont soigneusement rodés dans leürë cartaüx. Le levier de commande a sort centre de rotation Sur le bras supérieur du bâti. La distribution se fait de telle façon que le piston s’abaisse lorsqu’on baissé le levier. Dès qu’on relève celui-ci, le piston remonte;
- l’échelle de réglage n’aîlartt pas âü delà de l’épaisseur mâxima du rivet; dès fjüë là pression dü liquide dépasse celle poUr laquelle OH à réglé la valve, celle-ci laisse ëehapper le liquide superflu qui se déverse dans le réservoir pâr unë tubulure cOffi-müttiqüant directement âVfec lui;
- La liqücur employée parboüraht Un circuit fermé, un seul remplissage suffit pour un temps assez long. C’est Une solution de 40 à 45 % de glyèérine darts l’eau dont le point de congélation est entre —17 et —-
- 25 degrés.
- La commande de lâ pompe s'opère àu moyen d’un électromoteur par l’entremise d’un engrenage héli-
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- T. VII (2* Série), — N® 34.
- coïdal. Afin de pouvoir le remplacer commodément par un autre, le moteur est accouplé à la vis de l’engrenage hélicoïdal au moyen de deux disques dentés ans aucun boulon,
- La machine se suspend à l’aide d’une branche de suspension cintrée en fonte d’acier et terminée par un étrier. Cette branche peut tourner autour d’un tourillon fixé au bâti. La rotation s’effectue au moyen d’un volant à main, calé sur l’arbre d’une vis sans fin qui actionne une roue hélicoïdale clavetée sur le tourillon. Sur ce dernier est fixé un second
- Entraînée par l’électromoteur la pompe aspire, lorsque le piston remonte, le liquide qui se trouve dans le réservoir et la tubulure attenant à celui-ci. Quand le piston descend, le liquide qui a passé la soupape d’aspiration est refoulé de moitié dans la partie opposée de la pompe (au-dessus du piston différentiel) et de moitié vers le distributeur. La moitié refoulée au-dessus du piston de la pompe ne sera dirigée vers le distributeur que lorsque le piston remontera.
- Au delà du distributeur, le parcours du liquide
- Fig. 2.
- anneau de suspension. Ces organes permettent de placer la machine dans les positions de travail indiquées dans les figures a à 5. On obtient une position très avantageuse aussi en suspendant la machine à l’étrier de la branche de suspension, celle-ci étant placée comme l’indique la figure a, mais en renversant tout le bâti; on introduit alors le rivet par-dessus et on le rive par-dessous, une manière de river très pratique qui, vu le maniement facile de l’appareil, .sera certainement employée fréquemment.
- Voici maintenant comment fonctionne la machine.
- Fig. 3.
- correspondant aux diverses positions du levier est le suivant :
- Lorsque le levier de manœuvre est dans sa position inférieure, le liquide est refoulé au-dessus du piston de la presse; le liquide chassé de la partie inférieure de la presse s’achemine vers le distributeur pour retourner au réservoir. Le piston de la presse descend.
- Lorsque lé levier est dans sa position supérieure, le liquide est refoulé au-dessous du piston qui presse sur le liquide compris au-dessus de lui et l’envoie dans le réservoir en passant par le distributeur. La
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- presse étant munie d’un piston différentiel, la quantité de liquide remplissant l’espace au-dessus du piston est plus grande que celle que peut contenir l’espace opposé, ce qui a pour elïet de faire monter le flotteur aussitôt que le piston commence sa course ascendante.
- Enfin, lorsque le levier est dans sa position médiane, le liquide quitte le distributeur pour se diriger vers la tubulure du réservoir. Il parcourt donc un circuit fermé.
- Figr- 4-
- Le distributeur permet de régler à volonté la durée de la pression exercée sur le rivet ; celui-ci sera en effet soumis à la pression maximum finale aussi longtemps que le levier de manœuvre sera maintenu dans sa position inférieure. Le moteur ne marche que dans un seul sens et il n’est pas nécessaire de l’arrêter pendant que la machine est en service. Il suffit, pour le maniement de la machine, de manœuvrer le levier du distributeur. Comme celui-ci retourne automatiquement dans sa position neutre dès que, la ri-vure terminée, laboutcrolle supérieure est remontée, le maniement de la riveuse est fort, simple.
- On trouvera dans la figure 6 les courbes caractéristiques permettant de mesurer la puissance absorbée par la machine et son rendement. La légende qui accompagne la figure fournit la spécification des courbes qui y sont reportées. Ajoutons que la vitesse du piston est de iom,8 à la montée et dco‘,m/|2 à la descente, sa course étant de 6omm; que la puissance du moteur triphasé (2/1 o volts, 5o périodes, 1 400 tours par minute) est de 4 à 5 chevaux et qu’enfin la machine d’un poids approximatif de 1 25ok8 peut poser
- Fig. 5.
- des rivets d’un diamètre allant jusqu’à a3 millimètres.
- La figure 7 donne un exemple de rivure obtenue avec la riveuse électro-hydraulique. Les rivets représentés ont un diamètre de.a3m,<1; ils avaient été chauffés à blanc pour le rivetage. Toutefois le chauffage au rouge est suffisant pour l’obtention de têtes bien formées; les rivures faites sur le chantier, même avec des rivets chauffés au rouge, ont, en elïet, donné des résultats non moins satisfaisants.
- La première riveuse électro-hydraulique construite par les Ateliers de Construction Oerlikon est en service depuis environ un an. Elle a permis à trois
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- hommes de poser, eh dix heures, environ i ooo rivets | que ces résultats ont été obtenus sans installation
- cdsÿ J N
- i 20
- 0,7 H
- 0,6 12
- 0,5 10
- Fig. 6.
- I. Vitesse effective du piston en pour cent de là vitesse normale (les pertes sont occasionnées par le liquide se déversant dans la tttbiiltirc du réservoir par suite des fuites du distributeur, du piston, de là presse, do la pompe et dés soupapes) ; — II. Nombre de tours (n) du moteur; — III. Intensité (I) du courant absorbé par le moteur à une tension dé 240 volts ; 7—IV. Rendement (r) dû moteur ; — V. Facteur de puissance (cos ip) du moteur ; — VI. Puissance (N) dü moteur eh HP ; — VII, Puissance effective exercée aux houlcrollcs ; — VIII. Rondement de l’engrenage Hélicoïdal,; — IX. Rendéttiëht réduit par suite des pertes causées par la hauteur d'aspiration et la haiiteür de refoulement ; — X. Rendement de là i’iveüsO ; p = pressions en atmosphères au manomètre; P pressions sur le cylirtdi’ë dë la pi'ësse en tonnes.
- de 2oram, alors qu’auparavant la pose de 5oo rivets | pour le chauffage rapide des rivets. Avec une telle
- installation, la production serait. plus élevée encore* A. G*
- seulement demandait cinq hommes pour être effectuée dans un temps égal. Il faut en outre remarquer
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- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les résultats de l’exercice 1908-1909 du Triphasé soumis à l’assemblée générale des actionnaires du 24 juin dernier font ressortir un bénéfice net de 8o3 358 fr. 17,amortissement non déduit, et un solde créditeur de a5a03i fr. 60 après amortissement. La réserve légale reçoit 5 % de ce solde et les actionnaires se répartissent 240 000 francs à raison de 4 % , soit 20 francs brut par titre de 500 francs.
- Au cours de l’exercice, la société avait décidé l’aqguientatiop dé soij capital en vue dés agrandissements de son usine et de ses réseaux de distribution et pour participer à l’augmentation de capital de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité.
- Primitivement créée en 1898 pour une puissance de 20 000 kw. sur des terrains situés à Asnières au bord de la Seine et avec des dispositions à l’époque très modernes, l’usine du Triphasé est devenue rapidement insuffisante pour assurer tous les services assumés par elle.
- Elle débutait d’abord, on s’en souvient, par fournir le courant de la plate-forme roulante et du chemin de fer électrique de l’Exposition de 1900, puis une partie de l’énergie nécessaire à la ligne Etoile-Vin-cennes du Métropolitain. Ses relations très étroites avec le secteur de Glichy lui assuraient ensuite une partie importante du service de ce dernier, puis le Nord-Lumière, l’Electrique de Montmorency et le Groupe d’Argenteuil devenaient successivement ses clients.
- En 1907, à l’expiration de sa concession, le Secteur de Clichy se survivait à lui-même jusqu’en 1913,par suite de la combinaison transitoire adoptée, et confiait au Triphasé sa fourniture exclusive de courant durant toute cette période sur les bases de la consommation de igo5. L’Union des Secteurs traitait également pour des quantités supplémentaires d’énergie; enfin la participation qu’avait prise le Triphasé au moment de la constitution de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité l’autorisait à souscrire à l’augmentation de capital de cette dernière société. Tout ce développement avait conduit à la création de 16 000 obligations de 5oo francs 4 1/2 % et à l’augmentation du capital porté en 1900 de 4 à 6 millions,puis en 1909 de 6 à 14 millions.
- La situation géographique de l’usine du Triphasé et la nature de son courant lui a ainsi permis de prendre de suite une place prépondérante dans la répartition réservée, on pourrait le dire, par la force des
- choses aqx compagnies de distribution qui avaient escompté le renouvellement des concessions des secteurs. La prime de 100 francs sur les actions nouvelles a été portée aux amortissements dont le montant, doté, cette année, comme nous l’avons vu plus haut de 55o 726 fr. 87 figure au passif du bilan pour 5 163626 fr. 47. La valeur des immobilisations qui s’élève à i6i33 225 fr. 97 se trouve par là même réduite de près d’un tiers. Si l’on considère que le Triphasé a été fondé il y a seulement 10 ans, qu’il possède en outre 5G77062 fr. 5o de valeurs en portefeuille, dont une grande partie sont représentées par les actions de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité en hausse actuellement de 5o % sur leur valeur nominale, on peut affirmer que l’actif du Triphasé a une valeur intrinsèque supérieure à celle qui ressort de son bilan : on reconnaît ici la gestion avisée et prudente qui a si bien présidé aux destinées du secteur de Clichy.
- Il est superflu de souligner la situation de trésorerie qui ressort des chiffres suivants : 5 208 001 fr.8o de débiteurs divers par clients pu par caisse en face de G25482 fr. 70 si l’on fait rentrer dans ce dernier chiffre le dividende afférent à l’exercice * 998-? 1909, payable au ier juillet dernier.
- On se rappelle que la Société Générale électrique et Industrielle avait du, au mois de janvier 1908, une partie de son actif à la Banque commerciale et industrielle, avec une certaine dépréciation. La Société Générale Electrique et Industrielle, filiale de la Générale, fondée sur le même principe que les sociétés allemandes ou belges d’entreprises électriques, n’a pas eu quant à présent le sort heureux de ces dernières.
- Son compte de profits et pertes se soldait en perte au 3i décembre 1907' par 1924 6g4 francs; au 3i décembre 1908, à la suite de son accord avec la Banque commerciale, ce même solde s’est accru de 1 810909 fr. 52, comprenant notamment la perte sur la cession consentie. Les comptes courants créditeurs figurant au passif pour 5 577 443 fr. 5o et ceux débiteurs à l’actif pour 772 742 fr. o5, le bilan se présente en définitif avec 15326704 fr. 27 à l’actif contre 18 162 3o8 fr, 74 au passif, soit un solde débiteur de 2 835 604 fr. 47.
- En dehors de la raison donnée plus haut, le rapport n’explique pas la cause de ces pertes toujours renouvelées et se contente d’exprimer l’espoir qu’en raison des éléments d’activité qu’elle possède, la banque, dont la société est devenue un actionnaire important, lui procurera des avantages qui atténue*
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N° 34.
- ront les moins-values du portefeuille. Mais dès maintenant le Conseil a estimé qu’il fallait assainir complètement la situation de la société et assigner aux titres de son portefeuille des valeurs qui ne puissent donner lieu à de nouvelles pertes en cas de réalisation.
- L’assemblée générale extraordinaire qui a suivi l’assemblée ordinaire a donc décidé, sur la propo-
- sition de son conseil, de réduire le capital de 12 5oo ooo francs à 5 millions de francs, soit des trois cinquièmes. Le montant de la réduction du capital et la réserve légale qui ne s’élevait qu’à 84 865 francs seront employés à l’amortissement du compte de profits et pertes et à la dépréciation de certains éléments de l’actif.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris.— La Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. vient de passer commande d’un lot de 125 locomotives ; il a été réparti entre divers ateliers de construction français. Une maison allemande aurait obtenu, paraît-il, une commande de Go locomotives de la même Compagnie.
- Les chemins de fer de l’JEtat ont commandé 4° locomotives dont 20 au Creusot et 20 à Fives-Lille.
- Bouches-du-Riiône. — Le projet des nouvelles lignes de tramways à Marseille comprend :
- Ligne de Saint-Louis, l’Estaque-gare, par Saint-André-Saint-Henri : 65ï.3oo francs.
- Prolongement de la ligne des abattoirs à la Calade : l36 5oo francs.
- Prolongement de la ligne de Saint-Julien jusqu’aux Quatre-Chemins : 257 600 francs.
- Ligne de Saint-Barnabé aux Caillots : 447°6o francs.
- Embranchement de la ligne de Saint-Martel partant du grand chemin de Toulon jusqu’aux Quatre-Portails, par la Timone : 126 730 francs.
- Prolongement de la ligne du boulevard Amédée-Autran jusqu’à la Tour-Magne, par le chemin du Roucas-Blanc : 160 45o francs.
- Prolongement de la ligne du boulevard Bompard jusqu’à la rue du Soleil : i33 200 francs.
- Embranchement de la ligne de Mazargues à Saint-Giniez jusqu’à l’avenue de Bonneveine, par le chemin de Montredon : 273 000 francs.
- Ligne du boulevard National au boulevard de Plombières, par la rue Junot et le chemin de Saint-Joseph : 120 000 francs.
- Ligne du boulevard Oddo aux Aygalades : 77000 francs.
- Ligne du boulevard Burrel à Sainte-Marthe, avec prolongement par Saint-Joseph, jusqu’au Quatre-Chemins des Aygalades : ia3 600 francs.
- Ligne du boulevard Banon à Montolivet : 55 000 francs.
- Transvaal. — J_,e gouvernement vient de proposer la construction d’une série de nouvelles lignes de chemin de fer pour lesquelles on prévoit une dépense de 1 a3o 000 livres sterling. Ces nouvelles voies feri'ées sont celles de Pietersburg à Bandolier Kûp, de Welver-
- diend à Lichtenburg, d’Ermelo à Piet Rétif, de Loop Line à Benoni et enfin le prolongement de la ligne de chemin de fer de Selati.
- DIVERS
- Bulgarie.—Les appareils électriques importés dans ce pays sont :
- Appareils générateurs. — Machines à plateaux, piles, accumulateurs, machines magnéto-électriques.
- Tableau I
- 1S Kil. 06 Fr. 19 Kil. 07 Fr.
- Appareils télégraphiques et
- téléphoniques ; appareils électriques pour éclairage, pour transmission de force, éléments pour sonnettes
- électriques, etc 38.430 168.211 42.900 163.940
- Autriche-Hongrie » 80.867 » 59.692
- Allemagne » 45.238 )) 69.6o3
- Suisse )) 22.3oo » i5.oo2
- Belgique » 678 )) 5.4oo
- Fil de cuivre recouvert de matières textiles; câbles télégraphiques 45.36i
- Autriche-Hongrie |09.22I 39.399 105.749
- Allemagne )) 62.6.57 )) 90.968
- Belgique » 22.690 )) 8.782
- Crayons de charbons pour )) 1.965 )) 2. i63
- lampes électriques et à
- acétylène Autriche-Hongrie 3.o33 6.o3û 1.468 3. io3
- Allemagne » 1. 5oo )) 1.5 26
- Belgique )) 4 • J 83 )) 1 239
- Isolateurs en porcelaine pour )) n5 » l6
- électromoteurs et objets pour laboratoires de clii-
- mie i3.5o4 23.923 40.583 38.263
- Autriche-Hongrie )> 9-7ti )) • 20.527
- Allemagne » 13.607 » i5.33i
- Belgique » 9/2'] )) 220
- Lampes électriques en verres 3.241 33.352 1.847 32.574
- Autriche-Hongrie » 17-998 » 15.239
- Allemagne » H-79+ )> io.63o
- Italie » I . 21 » 3.926
- Belgique » 80 » 10
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- Appareils récepteurs. — Moteurs électriques, crochet magnétique, frein magnétique, sonnerie électrique, tableau annonciateur, horloge électrique, télégraphe, téléphone, détonateur, porte-cautère, bougie d’allumage, appareils de chauffage, lampe à incandescence, lampes à arc.
- Appareils auxiliaires. — Rhéostat d’excitation, rhéostat de démarrage,rhéostat de traction, bobine d’induction, transformateur rotatif, coupe-circuit, interrupteurs mécaniques, interrupteurs magnétiques.
- Durant les années 1906-1907, l’importation de ces appareils, par pays de provenance, a atteint les chiffres donnés par le tableau I.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft. Berlin.
- A. E. G. Zeitung. Août 1909.
- Thomson-Houston. Paris.
- Bulletin mensuel. Juillet 1909. — Locomotives électriques de mines et d’usines.
- Atelier de Constructions électriques du Nord et de l’Est. — Jeumont.
- Bulletin mensuel, juin 1909. — Alternateur compound et moteurs alternatifs à collecteur.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 8 septembre, à Brest, fournitures de crayons de charbon pour lampes à arc et projecteurs. Importance minimum : 5 610 francs; caut. ; 180 lrancs. Cahier des charges à Brest et au Ministère de la Marine, à Paris.
- Le 8 septembre, à Brest, construction d’un groupe de chaudières à la station centrale d’électricité, 3a 000 francs. Visa 8 jours avant l’adjudication par le directeur des travaux hydrauliques. Renseignements à Brest et au Ministère de la Marine, â Paris.
- Le 8 septembre, à la mairie de Toulon, construction d’un poste photo-électrique à la Carraque-Est. 28 .800 fr. Renseignements au service du Génie, à Toulon.
- IIELGIQUE
- Le ier septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, 14, rue de la Science, à Bruxelles, installation de l’équipemtmt électrique aérien de la section de Trazegnies-Souvret-Fonlaine-l’Evêque-Anderlucs. Soumissions recommandées le 3i août.
- Le 10 septembre, à 11 heures, à la direction générale des ponts et chaussées, 38, rue de Louvain, à Bruxelles, établissement du réseau de canalisations d’électricité pour l’alimentation des appareils d’éclairage et de force motrice du port d’Ostende, en 2 lots : caut. : ior lot, 6 5oo francs; 2e lot, 10 000 francs. Soumissions recommandées, le 6 septembre.
- Prochainement, à la maison communale, à Ixelles, fourniture de câbles armés sous plomb, destinés à un transport de force entre l’usine d'incinération et le château d’eau.
- ITALIE
- Le 22 août, à la direction des chemins de fer de l’Etat italien, via Ludovisi, à Borne,fourniture d’un moteur électrique d’une puissance de 25 chevaux.
- Le 29 août 1909, fourniture de 5 machines à aléser.
- Le 7 septembre, adjudication nationale pour la (fourniture d’un transformateur et d’un moteur électrique pour le dépôt de locomotives de Vérone.
- Le 3i août 1909, fourniture de deux machines à fraiser.
- Cahiers des charges relatifs à ces adjudications à la Direction des chemins de fer de l’Etat italien, à Borne, ainsi qu’auprès des diverses Chambres de commerce du royaume italien.
- ALLEMAGNE
- Le 6 septembre, à la députation pour les services de l’éclairage et des eaux, à Brême, fourniture d’une dynamo à vapeur de 160 kw. pour la centrale électrique.
- Prochainement, à l’administration communale, à Wegscheid (Bavière), établissement d’installations électriques.
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- £56 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII(2eSérie).—N» 34.
- ..... — - —- — — - —• •* '
- AUSTRALIE
- Le io novembre, à M. le deputy postmaster general, à Sydney, fourniture et installation d’une table de commutation téléphonique pour Petersham.
- " TURQUIE
- Prochainement, au ministère ottoman de la Marine, à Constantinople, adjudication des fournitures suivantes :
- 8 95om câbles en cuivre à branches multiples isolées, diamètre 4mm> surface plane 12 556 millimètres carrés.
- 1 6oom câbles en cuivre à branches multiples isolées, diamètre 6n>m, surface plane 28 274 millimètres carrés.
- 475m câbles en cuivre à branches multiples isolées, diamètre i5mm, surface plane 176,71 millimètres carrés.
- 2 ooo111 câbles en cuivre à branches multiples isolées, diamètre imm, surface plane omm3,7854.
- 900 lampes à incandescence, 8 bougies, 8° volts.
- 600 — — 8 — 100 —»
- 2 940 — — 8 — 110 —
- 3 34o supports à double manche pour fixer les lampes.
- 3 340 consoles en bronze pour fixer les lampes (diamètre 4 centimètres).
- 64 commutateurs 35 ampères.
- 64 tubes 35 ampères.
- On peut se procurer le cahier des charges relatif â cette adjudication au ministère de la Marine, à Constantinople.
- ESPAGNE
- Le 2 septembre, à 2 heures, à la direction d’artillerie de la pyrotechnie (le Séville, fpurnitqre d’nq générateur de courant continu de i5 kilowatts et d’un moteur avec réduction de vitesse pour embrayage de 18 HP.
- RA BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CA88ÈTTE, 17
- Lê Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-et-Unlème année. SAMEDI 28 AOUT 1909. Tome VII (2° série). — N° 35.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BECQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 25^. — A. Blondel. Sur quelques procédés pratiques pour le calcul rapide des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs, p. 25g. —De Pirro. Sur les circuits non uniformes (suite), p. 263.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. — Ohmmètre et nouvel appareil donnant par lecture directe la tension, l’intensité et la résistance, E. Siedek, p. 268. — Nouveau régulateur de vitesse pour moteurs électriques servant à des mesures, E. Giebe, p. 269. — Etude, construction et essais de machines. Production de courant à intensité constante avec les dynamos continues du type ordinaire, A. Bloch, p. 270. — Usines génératrices. Les grandes centrales électriques à vapeur, G. Chevrier, p. 270. — Applications mécaniques. Soufflerie à commande électrique pour convertisseurs (aciétrie de l’A.-G. Peiner), F. IIartig, p. 271. — Télégraphie et Téléphonie. La recherche des défauts dans les câbles, R. Hafen, p. 272. — Bibliographie, p. 275. — Correspondance, p. 276. — Législation et Contentieux. Jugement du tribunal de commerce de Grenoble sur le minimum de consommation, P. Boucault, p. 276. — Variétés. Séparation des pertes à vide dans les dynamos (modification de la méthode de Mordey), Swïsgedauw, p. 277. — Ecole supérieure d'Electricité, p. 278.— Ecole supérieure d’Aéronautique et de Construction mécanique, p. 278. — Chronique industrielle et financière.— Documents d’exploitations. — Traction. Statistiques relatives aux procédés de freinage employés dans les tramways électriques. Nouveaux procédés, améliorations et frais d’entretien, p, 279. — Résultats d’exploitation du chemin de fer souterrain de New-York, p. 281. — Usines génératrices. Comparaison économique des commutatrices avec les groupes moteurs-générateurs, p,58i. — Chronique financière, p. 283. —Renseignements commerciaux, p. 285. — Nouvelles Sociétés, p. 287. — Adjudications, p. 288.
- ÉDITORIAL
- M. Blondel a déjà donné, ici même, il y a fort longtemps (octobre 1894), une formule permettant de calculer, très simplement, les effets de self-induction des lignes.
- Aujourd’hui cette question se trouve reprise au début d’un plus récent travail sur quelques procédés pratiques pour le calcul rapide des lignes de transport d'énergie à courants alternatifs, au cours duquel M. Blondel se propose de fournir de nouvelles solutions relativement à différents problèmes du même ordre.
- On sait que les lignes à courants alternatifs se divisent en deux catégories, suivant que leur capacité est, ou non, négligeable.
- Ce sont seulement les lignes à capacité négligeable que M. Blondel considère ici, et pour lesquelles il indique le moyen de construire des abaques qui donnent directement le diamètre des conducteurs pour une chute de tension déterminée.
- M. de Pirro, professeur à l’Institut supérieur postal télégraphique de Rome, continue
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). —N» 35.
- sa savante étude sur les circuits non uniformes en abordant le second problème qu’il s’était proposé •, la recherche des conducteurs modèles ; la généralité du point de vue auquel il s’est placé lui fournit une solution féconde et lui fait retrouver, comme cas particulier, celle donnée par Heaviside (conducteur sans distorsion).
- Enfin, un calcul fort élégant, et où la simplicité de la méthode reste apparente sous la complication nécessaire des notations, conduit l’auteur à l’expression de l’impédance des circuits non uniformes. L’étude des cas particuliers envisagés le mène alors à des conclusions pratiques intéressantes.
- Dans nos Extraits des publications périodiques, on trouvera, en premier lieu, un appareil, ou plutôt un mode de montage original, dû à M. Siedek, donnant par lecture directe la tension, l'intensité et la résistance ; puis, de M. Giebe, un régulateur de vitesse qui nous paraît d’une simplicité fort ingénieuse ; il est destiné aux dynamos qui interviennent dans les mesures électriques et doivent garder une vitesse de rotation rigoureusement constante.
- En étudiant les caractéristiques des dynamos continues ordinaires, M. A. Bloch a conçu un procédé de compoundage qui per--met de produire du courant à intensité con stante avec ces machines.
- Il serait intéressant d’effectuer des essais contrôlés avec ce procédé, qui serait d’un emploi précieux pour l’alimentation des lampes à arc de projection, des machines à souder, des survoltrices, etc.
- Nous avons résumé ensuite, d’une manière aussi concise mais aussi complète que possible, l’importante communication de M. G. Chevrier, aux Ingénieurs Civils sur les grandes centrales électriques à vapeur.
- L’importance du service de chauffe dans les usines génératrices actuelles s’en dégage d’une manière frappante, et les divers problèmes qui s’y rattachent, -notamment celui du chargement automatique ou manuel, ,y sont passés en revue.
- Parmi les récentes créations de l’industrie allemande, dans le genre gigantesque, nous avons choisi l’équipement électrique de la soufflerie pour convertisseurs de VA. G. Peiner.
- M. F. Hartig donne les dimensions principales des machines et les caractéristiques essentielles de l’installation. On remarquera les valeurs de rendements obtenus aux essais.
- Dans le domaine de la télégraphie et téléphonie, M. R. Iiafen publie une méthode de recherche des défauts dans les câbles dont il a conçu l’idée il y a déjà assez longtemps, et qui est simple et très générale.
- Elle se décompose en deux parties: on cherche d’abord la longueur de la région troublée, puis son centre.
- Dans nos Variétés nous donnons un résumé de l’intéressante modification apportée par M. Swyngedauw à la méthode de Mor-. dey. On détermine ainsi plus exactemént les pertes à vide d’une dynamo, et leur séparation est en outre plus parfaite.
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- SUR QUELQUES PROCÉDÉS PRATIQUES POUR LE CALCUL RAPIDE DES LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS (')
- Dans le présent article, mon but est d’indiquer, pour les lignes à capacité négligeable, des constructions graphiques simples pour résoudre les différents problèmes, et en particulier la construction d’un abaque à courbes logarithmiques, permettant de déterminer sans calcul et par simple lecture le diamètre des conducteurs pour une chute de tension donnée, ou inversement.
- Principe. — J’ai donné autrefois, pour le calcul des effets de self-induction des lignes, une solution graphique très simple (2) que je reproduis ici, en modifiant seulement les lettres pour les uniformiser avec les notations dont j’aurai besoin dans la suite.
- Soit .*;la longueur de la ligne, M,0 = Ut le vecteur représentatif de la tension à l’arrivée, et Oq le courant I{, supposé d’abord en phase avec la force électromotrice. Soit /, l et z, respectivement les résistance, inductance et impédance par unité de longueur, R, L, Z, les valeurs totalisées correspondantes pour un fil de la ligne. On prend une longueur O q = rx I, = RI, qui représente la chute ohmique, puis on trace la perpendiculaire
- (•) Extrait d'un mémoire présenté au Congrès de Marseille (septembre 1908), en mon nom, par M. J. Blondin, à qui je renouvelle ici tous mes remerciements.
- Tout l’essentiel en avait déjà été antérieurement publié, avec mon autorisation, par M. .1.-11. Jacobsen dans son intéressante brochure : Calcul éleclvique et mécanique des Distributions d’énergie (Paris, Association amicale de l’Ecole pratique d’Electricité industrielle, 5 juillet 1908). Cette brochure, qui a été mise dans le commerce (voir sa bibliographie dans la Lumière Electrique du 26 septembre J908), constitue comme publication scientifique, une antériorité en ma faveur, par rapport aux publications similaires de l’étranger.
- (2) Calcul des lignes à courants alternatifs. L'Eclairage Electrique du 20 octobre 1894, page 243, figure 1 et formule 5.
- Q q = = (i)LIt, qui représente la chute
- inductive ; l’hypoténuse OQ du triangle représente la chute totale zxl} = ZI,, due à l’inductance de la ligne, et MtQ représentera la tension au départ.
- Si le courant au lieu d’être en phase avec le courant d’arrivée est décalé d’un angle ®, il suffit de décaler le vecteur de la chute de tension O q d’un angle o en retard (dans le sens des aiguilles d’une montre), ou, ce qui revient au même, de décaler du même angle ç dans le sens opposé, le vecteur OM, représentant la tension d’arrivée, qui vient ainsi en OM'. Nous préférons ici cette dernière méthode de décalage en vue de l’application spéciale que nous traiterons plus loin.
- Au lieu de faire le tracé et la mesure de la ligne M,Q dans chaque cas, on peut, comme le montre la figure en pointillé, tracer à l’avance autour du point M, toute une série de cercles concentriques équidistants, correspondant à des tensions différentes, qu’on peut inscrire sur chaque cercle ; ces derniers permettent alors d’évaluer à la vue. par simple interpolation, la tension au départ correspondant à chaque point Q qui caractérise le régime du courant débité dans le cas, où l’on suppose constante la tension à l’extrémité de la ligne représentée par M,0.
- On peut poser le problème sous une forme inverse en se proposant de déterminer quelle est la chute de tension correspondant à chaque régime quand la tension au départ est donnée, et égale à M.,0 par exemple; l’épure doit être alors modifiée comme l’indique la figure a. Ayant déterminé comme plus haut le vecteur de chute de tension OQ, on trace de Q comme centre avec un rayon égal à OM, un cercle dont on prend l’inter-
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- section A par exemple avec la ligne MjXq; la longueur AO indique alors la tension à l’arrivée ; elle varie naturellement suivant la position du point Q.
- de points équidistants Ml5 M'j, M'^, etc., comme centres successifs des cei’cles «, a', a" ayant tous ce même rayon ; chacun d’eux correspond à une tension d’arrivée diffé-
- /
- Ier Problème. — Recherche de la tension au départ correspondant à divers régimes, avec la tension d’arrivée constante. *
- Gomme plus haut, on peut remplacer cette construction spéciale pour chaque régime par un tracé préalable de cercles d’égal potentiel ; mais ceux-ci sont alors établis
- rente représentée par la distance de son centre respectif au point O (tension qu’on peut inscrire à côté de chaque cercle). La position du point Q par rapport aux cercles
- Z»
- Fig. 2. — 2e Problème. — Détermination de la chute de tension en partant d’une tension constante.
- d’une manière un peu différente de tout à l’heure parce que leur rayon représente la tension du départ qui est constante. On prend donc sur la direction MO une série
- indique donc la tension d’arrivée correspondante.
- Gomme plus haut, on remarquera qu’on peut tenir compte d’un décalage du courant,
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- en déplaçant de l’angle © soit le vecteur OQ de la chute de tension, soit l’axe M,X'0 de la tension au départ; c’est cette dernière solution que j’ai représentée. Naturellement, tous les centres des cercles et tous les cercles eux-mêmes doivent suivre le môme changement d’orientation.
- Ces figures contiennent la solution de tous les problèmes qu’on peut rencontrer dans le calcul des lignes. J’en ai d’ailleurs donné différents exemples (').
- Abaques pour la détermination directe des sections des conducteurs. — Les épures des figures i et a nous donnent immédiatement la solution d’un problème important pour la pratique, celui de la construction d’un abaque permettant de déterminer, par simple lecture directe, la section d’un conducteur nécessaire pour transmettre une certaine intensité de courant (quelconque), à une certaine distance (quelconque), avec une certaine chute de tension (quelconque).
- Et cet abaque peut se construire, comme on va le voir, avec le minimum de théorie et de calculs (2).
- On commence par tracer pour la fréquence choisie toute une série de droites OQ correspondant à une série de conducteurs de diamètres différents, choisis parmi ceux dont on peut prévoir à l’avance l’emploi. Ces droites sont déterminées en direction par la simple connaissance de la self-induction et de la résistance kilométrique du conducteur, qui se calculent par les formules (3)
- (') La Lumière Electrique, tome II, n° 19, du 28 mars 1908.
- (a) C’est ce qui m’engage à publier celle méthode, bien que d’autres auteurs très distingués, MM. Pion-chon et Heilmnnn, aient déjà publié d’autres abaques dans un excellent ouvrage, plein d’ailleurs d’exemples intéressants, sur la Pratique dit calcul, des lignes à courants alternatifs,
- (3) En pratique, nous prenons comme unités de résistance et de self-induction les valeurs rapportées au kilomètre et au millimètre carré. C’est ce qui explique la présence des puissances de 10 qu’on ne rencontre pas quand on emploie les unités C. G. S.
- + 2log a (c'8's-)m o,f>oo -j- 4,6o!> (lov. D — lov.a) lienrys 1 o ktn
- m
- en appelant a le rayon du conducteur et D la distance entre les axes des fils mesurés tous deux en centimètres et en représentant (suivant la notation de Vassal) les logarithmes vulgaires par le symbole lov, et les logarithmes népériens par log.
- L’espacement D entre les conducteurs est fixé, d’après la tension qu’on doit employer, par des considérations de construction.
- La chute de tension étoilée (c’est-à-dire mesurée entre fil et point neutre de la distribution) (*), à une distance x (évaluée en kilomètres), sous l’influence du courant I ayant pour valeur
- U -- Z X I = ^ ,-2 _|_ W2 p
- est proportionnelle au produit .«I de la longueur en kilomètres par le courant débité en ampères, c’est-à-dire à la valeur des ampères-kilomètres; et il est dès lors naturel de prendre comme variables les ampères-kilomètres.
- On calculera donc,’ pour chaque conducteur, la chute de tension avec une série de nombres ronds d’ampères-kilomètres, et on marquera sur la droite OQ correspondante, dont la direction a été déterminée comme on vient de le dire, les divisions correspondantes. Les longueurs tracées ainsi sur chaque ligne OQ sont évaluées en volts; on n’inscrit pas le chiffre des volts, mais bien celui des ampères-kilomètres correspondants. On marque par exemple sur chaque ligne OQ les points correspondants à 10, 20, 3o,
- (*) Si l'on veut la tension entre fils, il faut multiplier la tension étoilée par 2 dans le cas d’une ligne monophasée, et par y/3 dans le cas d’une ligne triphasée. Si on veut envisager directement dans les formules, la tension entre fils dansle cas du monophasé, il faut doubler les valeurs des résistances et selfs données plus haut.
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- 4o ampères-kilomètres, si l’on prévoit clés intensités et des distances de cet ordre de grandeur ; ou bien ioo, »0o,3oo, etc., ampères-kilomètres, si l’on prévoit des intensités et des distances plus grandes, etc. Ces divisions peuvent se faire en calculant la chute de tension pour le plus grand chiffre .rl, et formant ensuite les divisions intermédiaires à l’aide d’un compas de proportion.
- d’ampères-kilomètres qui dispense de le répéter sur chaque ligne graduée, et permet de faire les interpolations entre les diamètres des conducteurs calculés.
- L’ensemble des lignes rayonnantes et des courbes constitue ce que nous appellerons l’abaque fixe des chutes de tension.
- Pour déterminer les tensions absolues aux deux extrémités de la ligne, nous construisons
- i'IC'h .1.0,95Cm J,0,90 Cm J. 0.85 Cm J. 0,80 Cm j 0 75 Cm
- d.OJOCm
- Fig. 3. — Exemple d’abaque fixe.
- Une fois qu’on a tracé ces divisions sur toutes les lignes rayonnantes OQ, OQ', OQ", etc., qui se rapportent aux différents diamètres de conducteurs, on réunit par des courbes d’égal ampère-kilométrage les points correspondants des différentes lignes rayonnantes. Ce réseau de courbes qui sont des logarithmiques, comme on le montrera plus loin, rend la lecture plus facile, puisque chaque xcoux*be est désignée par un chiffre
- d’autre part, d’après les figures i ou 2, un abaque mobile sur papier calque (ou toile transparente) qui portera un point de repère fixe ou pôle O' destiné à être mis en coïncidence avec le pôle O de 1’abaque fixe ; on fera tourner plus ou moins cét abaque mobile suivant le décalage comme on va le voir. On choisira entre les deux types des cercles des figures 1 ou 2, suivant qù’on se propose de calculer la tension au départ correspondant à une ten-
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- sion d’arrivée fixée d’avance (ce qui est le cas dans un calcul d’une ligne de transmission aboutissant à un centre de distribution), ou bien qu’on voudra au contraire calculer la tension à l’arrivée d’après la tension au départ fixée d’avance, (ce qui est le cas du calcul de branchements d’un réseau de distribution à partir d’un centre de distribution dont la tension est fixée).
- Premier cas. — Lignes de transmission aboutissant à un centre de distribution. — Gomme sur la figure i, on trace une série de cercles a a' a" a!" concentriques correspondant à des tensions également espacées et croissant à partir de la tension d’arrivée fixée, tout en restant dans les limites qu’on sait à l’avance ne pas devoir dépasser ; par exemple, si l’on veut réaliser une tension normale à l’arrivée Uj — 5.ooo volts sans perdre dans les lignes plus de io %, on tracera un premier cercle de rayon MO représentant S.ooo volts à la môme échelle que celle qui a été employée pour mesurer les volts sur l’abaque fixe, puis une série d’autres cercles concentriques de rayons croissant par exemple de 5o en 5o volts si l’on veut une approximation de i % (ou de ioo en ioo volts si on veut une approximation de u %, etc.) (*).
- On numérotera ces cercles d’égale tension en indiquant sur chacun le nombre des volts correspondant, 5 ooo, 5 oao, 5 ioo, 5 i5o, etc. ; ces chiffres croissant de gauche à droite.
- P) Ces constructions devant être exécutées à grande échelle, on devra se servir en général d’un compas à verge pour tracer les cercles d’égale tension ; l’abaque mobile ne contiendra donc pas le centre des cercles qui est beaucoup trop éloigné du pôle O', mais seulement tout un réseau de cercles contenant en son milieu l’axe O'X,.
- L’abaque mobile s’emploie de la manière suivante : on maintient son pôle O' en concordance avec celui O de l’abaque fixe au moyen d’une épingle ; on place l’axe O'X'0 en concordance avec l’axe OX0 de l'abaque fixe s’il n’y a pas de décalage au courant; dans le cas contraire, on déplace O'X'q dans le sens inverse des aiguilles d’une montre d’un angle ® égal au décalage qu’on veut réaliser. Soit, par exemple, à distribuer la puissance P sous la tension Ut entre fils avec le décalage <p ; on en déduit l’intensité du courant correspondant
- U costp’
- dans le cas des courants monophasés ; ou
- U cos <p sj‘i
- s’il s’agit de courants triphasés. Dans ce cas
- U
- la tension étoilée U. — -p.
- V3
- La distance x étant connue, on en déduit le produit x\ — m ampères-kilomètres. Il n’y a plus qu’à prendre l’intersection de la courbe de m ampères-kilomètres (qu’on peut tracer, à. l’œil, par interpolation si elle ne correspond pas avec une des courbes déjà tracées) avec le cercle a, a' par éxemple correspondant à la tension maxima au départ qu’on ne veut pas dépasser; le point d’intersection n détermine, par sa position au milieu du faisceau des droites OQ, le diamètre du conducteur nécessaire (*)’.'
- (A suivre.) A. Blondel.'
- (<) Si il tombe sur une des lignes rayonnantes OQ, celle-ci indique le diamètre ; s’il tombe entre deux lignes, on interpole au jugé d’après la distance à ces deux droites.
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- SUR LES CIRCUITS NON UNIFORMES (Suitefl)
- Comme application du théorème, considérons des cas particuliers correspondants à n — i, 2. Il suffira de connaître les expressions de D, D*, Af.
- i
- Les coefficients qui entrent dans les expressions de D, Ds, As sont-a00, p00, an,
- Par conséquent :
- D = a00 an em‘l< — PooPu
- D,
- . = a., emii' -p 8.. e~m‘<>.
- A, r
- 2° n 2
- Les coefficients à considérer sont
- «00> PoO> «12} «2i> Pl2j P20 «22> ?22-
- On a :
- D — aüüal2x22em'lÆ^M «00P12fDem>h—
- — Poo «21 P22 e-™‘h—Ws's — p00pa, a2ie-m'l'+m-1-D, x12 ai2 -)- [îl2 (î22 e»»i5i-i»ats
- A, ± a21 P22 e—miïl—msZs pai a22 e—m^'+mil-
- D,
- . = «22 emî:i q= p»
- ^2
- Les solutions trouvées s’appliquent pour une combinaison quelconque d’impédance Z, ou d’admittance y). Il suffira d’observer que
- On peut démontrer facilement qu’en changeant convenablement la signification des symboles, les mêmes solutions s’appliquent aux circuits à simple fil et polyphasés. Si on considère, par exemple, un circuit à simple fil, il faut donner à
- où rs_i As_i; rs \s sont respectivement la résistance et l'inductance des enroulements du transformateur, insérés l’un à la fin de la section s—i, l’autre au commencement de la sections; ms—i, s est le coefficient d’induction mutuelle ; (vs - l)/s_1, (b)b—l (Do (Do sont les différences de potentiel et le courant à la fin de la section s—i et au commencement de la section s. •,
- En posant
- vs = \seO“; is = Is ei»t
- et substituant à la première des équations (i) la somme des deux, on arrive à
- (Vs—--------- (Vs)0 = Zs—f (L-l)k_f H- Zs (Do |
- (b—i)lg_, (Do —: 'fs—I (V.s- + b Do- ) *
- OÙ
- Z’s— 1 = »’s_1 + ip (Xs—, + m,._l)S) j
- b = rs + ip (Xs -t- mj-,,s) f
- ,s ’
- Ç= J = R' + ipL1; n=±=K'+ ipC,
- où p représente sous forme symbolique la différence de potentiel appliquée aux extrémités de la combinaison, i le courant qui circule dans la combinaison même; R'L'K'C' sont la résistance, l’inductance, la conductance, la capacité efîec-, tives. En particulier, on pourra trouver les expressions de Ç et de -q dans le cas où les sections sont liées par des transformateurs (2).
- Les équations (2) sont identiques aux équations analogues du système (5) de la première note. Donc Ç's _i ï]s_i sont les impédances et admittances équivalentes dans le cas du transformateur.
- b) Si le tranformaleur est inséré au commencement du circuit, on a les équations
- din / di.\ 1
- + X°~dt + moi \di)o = Ee'" / (4)
- / dii\ dia , l
- V‘ “ + u Tt)0+ "'0, ~di ^ _ (‘'l)o ] -
- (*) La Lumière Electrique l. VII, (2e série), p. 227.
- (1) On peut déduire les expressions des impédances et des admittances dans le cas où les sections sont liées par l’intermédiaire de transformateurs.
- a) Si le transformateur est compris entre les sections s — 1 et s, on a les équations
- dis~ 1
- / 1
- s)0 = .(d*+x, -£} +
- u
- où r0X(i; J'iXi sont les résistances et les inductances du primaire et du secondaire du transformateur ; m01 est le coefficient d’induction mutuelle ; ia est le courant qui circule dans le primaire. Les significations des autres symboles sont connues.
- En posant
- iu = I0 ; f , = b e‘i‘c ; n = V, eù>«, on déduit
- Ki I) -h Vi]0 — *E,
- (5)
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- la signification de potentiel par rapport à la terre, et à RjL.Kj.C, les valeurs qui se réfèrent à un fil étendu dans l’espace. On pourra supposer que seule la section slome soit à simple fil et qu’elle soit liée aux autres par l’intermédiaire db transformateurs. Dans ce cas, les significations de V,R,L»K<Gî changent seulement pour cette section.
- § 3. Circuits non uniformes réalisant des conducteurs uniformes.
- On peut relier à ce problème la recherche de certains conducteurs uniformes, dont j’ai eu l’occasion de m’oecuper dans le but de trouver des conducteurs idéaux, ou, pour mieux dire, des conducteurs modèles.
- Qu’est-ce qu’un conducteur modèle?
- On sait combien sont électriquement défectueux certains conducteurs qu’on emploie dans la pratique.
- où
- _ (r0 + !/>).(]) (n + iph) + /»Q12 p2 \
- • * * - /•„-+- ip>.0 I
- — m°l P \
- i(i'0 4~ ip\)) )
- Comme l’équation (5) ne diffère de la première du système (5) (première note) que par le second membre, nous pouvons conclure qu’il est possible aussi dans ce cas de se référer au circuit de la ligure i, pourvu que ç, soit donnée par la formule ci-dessus et que l’amplitude E de la force électro-motrice appliquée soit remplacée par .rE.
- , c) Si le transformateur est inséré à la fin de la dernière section, on peut établir l’équation
- (?« ht "Vn)ln = °t (7)
- OÙ
- , {l‘,i + ip hi) (l'n+t + ifW 1) + P2mn,n+{ )
- ^ 'l rn-|-i + ip bi-H )
- J’nXa ; rn+l'kn + 1 ; mn, n + 1 étant les résistances, les inductances et le coefficient d’induction mutuelle des deux enroulements du transformateur.
- Maintenant, l’expression (8) nous donne l’impédance de l’appareil récepteur.
- En résumant, on peut affirmer que les formules (i) et (2) du texte peuvent s’appliquer aux cas ici considérés pourvu qu’on change E en a:E et qu’on donne à
- Cl - • -üs-l ts ïls-l • • Xn,
- les valeurs qui résultent des équations (3) (6) (8) de cette note.
- On né peut imaginer, par exemple, un conducteur plus mauvais qu’un câble sous-marin d’ancien modèle, au point de vue de la correspondance téléphonique.
- C’est un des buts de la théorie d’indiquer à la pratique des conducteurs qui ne présentent pas les inconvénients des conducteurs actuels.
- La recherche de ces conducteurs idéaux est un premier pas ; le second pas sera de les réaliser avec les moyens qui sont à notre disposition.
- C’est certainement un conducteur modèle que le conducteur sans distorsion deHeaviside défini par l'égalité suivante : le rapport de l’inductance à la résistance est égal au rapport de la capacité à la conductance.
- Dans ce conducteur, le potentiel et le courant se propagent sans distorsion et sans diffusion. On a l’avantage de n’avoir ni la distorsion dépendante de la différence des amplitudes correspondantes aux diverses fréquences, ni la distorsion produite par la queue de l’onde, qui est cause de la superposition des signaux. Il dérive de cette égalité que dans les conducteurs de la pratique un accroissement convenable d’inductance est utile à la transmission.
- On sait maintenant que de cette vérité ont su profiter Pupin et l’ingénieur lvrarup.
- A ce propos, le professeur Pupin a étudié la propagation dans les circuits non uniformes, obtenus en intercalant sur un circuit uniforme des bobines d’inductance disposées en série. Il a démontré que si les bobines sont insérées suivant une certaine loi, le conducteur non uniforme est équivalent à un conducteur uniforme ayant les mêmes constantes totales, mais uniformément distribuées.
- Or, j’ai cherché d’autres conducteurs modèles, qui, comme celui de Heaviside, ont la propriété d’avoir une constante d’atténuation indépendante de la fréquence, et qui peuvent se réaliser en introduisant dans certains points d’une ligne uniforme des inductances et des capacités en série ainsi que des inductances en dérivation.
- A cette fin j’ai considéré un circuit plus général que celui qu’on emploie dans la pratique (').
- L’élément du conducteur, dans le cas d’un
- (i) Di Pirro : Sui circuiti telefonici ad attennazione costanle. Atli delV Associazionc Elettrotecnica Italiana,
- 1905.
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- 2titi
- LA LUMIERE ELECTRIQUE T. VII (2* Série). — N° 35.
- circuit à simple fil (fig. 2), est formé par une résistance Rdx en série avec une inductance Ldx
- \ c
- et avec un condensateur de capacité et de
- conductance sur cet élément se trouve dérivé dx
- un condensateur de capacité Cdx et de conductance K dx, ainsi qu’une bobine de résistance-^!
- dx
- et d’inductance —?
- dx•
- Les symboles R, L, K, C représentent la résistance. l’inductance, la conductance, la capacité par unité de longueur du conducteur, lorsqu’on imagine qu’il soit identique à celui qu’on emploie dans la pratique; R0Lft la résistance et l’induc-
- vent satisfaire au système suivant d’équations différentielles :
- dx ôt dx
- ii — K0
- dço
- dx
- + Coâ(S)
- àii ,, . n <M . dt0
- — = Ke, 4- G --------b —
- dx àt dx
- (3)
- din dt (diA
- dt (diü\
- De ce système, on déduit pour les solutions de la forme :
- c, — Y, e'i'1 ; /, _ I, e'i“ ; e0 = \0eil,t ; i0 — he‘pi,, oit V|IiVoI0 sont supposées fonctions de la
- Co
- 0
- tance par unité de longueur relatives au nouvel isolant, qu’on imagine ajouté à celui de conductance K; K0C0 la conductance et la capacité par unité de longueur se référant aux condensateurs, qu’on imagine distribués uniformément le long de la ligne. Cette ligne est donc telle que les constantes distribuées sur une longueur l
- sont y0, ^°, y, y, lu, U, Kl, Cl.
- Si maintenant on désigne par
- Ci, e, -|- dv 1, i, -f- dii les potentiels par rapport à la terre et les courants dans les extrémités a, b de l’élément considéré (de longueur dx); par la différence de potentiel entre les arrna-
- C
- tures du condensateur de capacité -r^. par i0 le
- dx>
- courant qui circule dans la résistance inductive
- R0 L„ . , .
- de constantes —, y-, on trouve que Ci,ii,n0,i0 doi-
- Mil? diXj
- seule x, les deux équations suivantes
- ÔV,
- "ri =(R,+ L#<>’)1*
- -^ = (K- + c-,»v,.|
- (4)
- dans lesquelles R', L , K', C' sont données par les formules ci-dessous :
- K0
- R' = R L' = L
- Ko2 + />2C#2
- C„
- K02 + P2 C.,*
- K' = Iv + R 2 y®"'s-j -2-no i~ P
- G' = G Lo
- (5)
- Ru2 + p2 W
- Les équations (/|) nous montrent que le conducteur considéré à 8 constantes se comporte comme un conductcurordinaire à 4 constantes R', L', K', C' définies par les équations (5).
- J’ai démontré dans le Mémoire cité que ce cou-
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- ducteur peut se réaliser en introduisant, selon la même loi de Pupin, opportunément généralisée, des bobines et des condensateurs en série ainsi qu’en dérivation sur certains points d’un conducteur uniforme à 4 constantes.
- Maintenant il est important d’observer que, pour ces conducteurs, il y a des cas pour lesquels la constante d’atténuation est indépendante de la fréquence. —
- Ces cas sont :
- 1 er. Ro H- ip L0 — oo ; K0-f-ipCo= 00 ;
- p = VRK.
- C’est le cas étudié par Ileaviside. Le potentiel et le courant se propagent sans distorsion et sans diffusion.
- K. -f- ipC0 — oc; RC + LK
- P
- \/LC
- R __ L __(LK — RC)2
- R0 - L0 ~ 4LC ;
- Le potentiel seulement se propage sans diffusion.
- K _ C _ (LK —RC)2
- T*~ c; —
- LK + RC
- 3me. R0 -J- ip L0 — oo ;
- 4 LC
- 3 =
- a \/LC
- Le courant se propage sans diffusion. 4me. Ro = K0 = o (cas limites)
- “) 1=4^ P =
- h) L0 ==
- 4C
- K2
- C„
- 4L.
- R2 >
- 3 =
- LK + RC a y/LC
- Le potentiel et le courant, dans ces deux derniers cas, ne se propagent pas sans diffusion ; mais la constante d’atténuation est, comme dans les autres cas, indépendante de la fréquence.
- A propos du deuxième cas, je rappelle queSyl-vanus Thompson prit, en 1892, un brevet sur la téléphonie transatlantique, qu’il pensait réaliser moyennant l’insertion en dérivation de bobines d’inductances sur les cables.
- La téléphonie sur les longs câbles sous-marins est encore un de nos ardents désirs; mais il est curieux d’observer si le type de câble Thompson admet aussi un conducteur modèle.
- Je n’ai pas eu encore le temps d'étudier la portée. pratique de ces conducteurs. J’ai voulu néanmoins en informer le Congrès, car les conducteurs mêmes peuvent avoir quelque impor-
- tance pour ceux qui suivent le développement scientifique sur ce sujet.
- § 4. Impédance des circuits non uniformes.
- Dans les cas pratiques, il importe de connaître le courant reçu dans l’appareil inséré à la fin du circuit : courant qui s’obtient en faisant s = n‘
- — o dans la formule (a), laquelle devient :
- £, D i„ r;= 2'1-1 A„ E e'rt.
- Or on a
- A(, e/n“ + p„„
- ce qui pour — o donne
- (^")ç«=0 — a«" + P«» ~ 1 + ~ + 1 — Tf — 2-
- Par conséquent
- ZlD(*«)ï,=0 = *“Ec,,,S
- ou encore
- ° (I„).„=o eipt =a»E^*,
- d’où
- s,D K
- L’expression imaginaire p qui est égale au rapport entre la force électromotrice initiale et le courant final peut s’appeler impédance imaginaire du circuit.
- L’impédance imaginaire est donc
- îiD
- ' (6)
- Son module, qui peut s’appeler impédance réelle et qui est donné par
- |S*D| m
- P — ~ZTi (7)
- nous donne le rapport entre les amplitudes de la force électromotrice initiale .et du courant final.
- Considérons des cas particuliers :
- Ie’- cas. — Tous les tronçons sont liés directement sans l’interposition des impédances et des admittances %.
- On a alors :
- Ç'. = ç, = Ç'ï = .... = C = C* = ..
- et on tire des équations (I) (§ 2).
- Zs—l -f- Z.i
- (X-s—s—1 — pS — 1,S — i z~
- ~s—1
- Zs~l -f-
- (s = 2,8
- • • = C,
- n). (F)
- Si en outre les extrémités sont mises en_eo.urt circuit 'Ci Ch ~ o, on a aussi :
- ^00----Poo --- Gt/lll - P/? 11-I .
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série).'— N° 35.
- L’expression de D, déduite des équations (II) (§2) est donnée dans ce cas par D = 22ai2a23.. .an-i,nsinh(/rai4+»*24+*-dont tous les termes s’obtiennent en considérant les différentes successions de signes dans la somme
- -f- niy 4 ± nii 4 ± .... dz m„ l„ où nii 4 est pris toujours positivement.
- Pour n — i, on a
- D = 2 sinh niy 4 p = Zy sinh nii ly. (8)
- Pour n = 2
- D = 2 [<712 sinh (îïiili —m^l^j -j— Pi2 sinh(/?t,4 — /?t24j
- 7 p = |'z-|- z2) sinh [niy ly -)- m24)
- + (Zi — Zyy) sinh (m, 4 — m24) (9)
- d’où, en employant les formules de la trigonomé trie hyperbolique
- p—z, sinh niyly coshm2 4+z2 sin h m2l2'cos 1i/m,4. (9'
- Pour n = 3
- ~«I2 «23 sin h [niyly -f- m21.2 -f- m3 l3)
- ___ + Pl2 «23 S‘n h (>”l 4 - /«3 4 -- m3 4)
- -f- «12 @23 sinh (mhli -f- nu 4 — m„ 4)
- + P12 P23 sinh [mi 4 —tn3 4 + tn3 4)-.
- d’où, après développement:
- ~Zy sinh niy 4 cosh ni2 4 cosh m3 4
- 4- z2 cos h m 1 4 sin h/»2 4 cosh m3 4 -f- z3 cos h ni y 4 cos h m2 4 sin h m31„
- + ——- cosh/H, 4cosh/w24coshm1)4. Z-2
- On voit dans ce cas qu’à cause du dernier terme, l’impédance varie suivant l’ordre des trois tronçons.
- (A suivre.)
- de Piano.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Ohmmèire et nouvel appareil donnant par lecture directe la tension, l’intensité et la résistance.— E. Siedek.—Elektrotechnik und Maschi-nenbau, 18 juillet 1909.
- L’ohmmètrc ordinaire présente, dit l’auteur, deux inconvénients :
- i° Le magnétisme terrestre influe sur l’exactitude des mesures ;
- 7.9 Quand l’angle 9 des deux bobines varie de
- o à —, te'9 varie de o à 20, et il en résulte une ré-2’ .
- partition extrêmement inégale des divisions, puisque l’appareil est gradué, comme on le sait, proportionnellement à tg 9.
- Hartmann et Braun se sont libérés du magnétisme terrestre en réunissant les deux bobines (bobine tension et bobine-série) et en les faisant déplacer dans le champ d’un aimant puissant. Mais leur appareil présente encore l’inconvénient de ne pas se prêter à la mesure de résistances relativement faibles sous des tensions de réseaux élevées, car le courant qui traverse la résistance à mesurer pourrait atteindre une valeur inadmissible. Si l’on interposait une résistance (connue, il est facile de voir qu’il en résulterait de grosses inexactitudes.
- Si l’on s’arrange de façon que le courant ait une intensité constante de 1 ampère, un voltmètre donne directement les ohms. On peut donc concevoir l’appareil suivant (fig. 1).
- Fig. 1.
- Si x représente la résistance à mesurer, ~WS une résistance de protection qui permet que la résistance x soit court-circuitée sans danger pourl’appareil,on voit qu’on peut théoriquement calculer toutes les résistances jusqu’à o.
- Marche de la mesure. — On connecte en I et II la résistance inconnue x ; les deux bornes de l’appareil sont reliées aux pôles -J-et — du réseau, et on déplace le contact glissant S jusqu’à ce que l’ampèremètre marque un ampère exactement.
- A ce moment le voltmètre indique la résistance en
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- ohms, de laquelle il suffît de déduire une fois pour toutes la résistance de l’ampèremètre.
- Il convient encore de remarquer que ceci ne nécessite aucune résistance graduée.
- Pour obtenir un réglage plus parfait de l’intensité, on peut avoir recours à deux contacts glissants, dont l’un permet un réglage grossier et l’autre un réglage définitif.
- P IA
- —'Wf, A/WW\W/VWV—^
- Fig. îî.
- Enfin, le dispositif représenté par la figure a donne un réglage aussi parfait que possible.
- Comme cette méthode exige un ampèremètre et un voltmètre, l’appareil peut constituer un appareil universel, comme le montre la figure .3.
- m
- + ÙJF
- m
- HZ
- Fig. 3.
- L’appareil permet d’ailleurs de mesurer séparément soit le voltage, soit l’ampèrage. Enfin, il permet de mesurer les deux à la fois ; il permet aussi d’effectuer des mesures d’isolation dans les installations en alternatif et sous tension.
- Ch. C.
- Nouveau régulateur de vitesse pour moteurs électriques servant à des mesures. —E. Giebe. — Zeitschrift fur Instrumentcnkunde, juillet 1909.
- Les mesures dans lesquelles est introduite une machine tournante, soit directement comme génératrice de courant,soit pour produire une vitesse angulaire déterminée, sont généralement rendues difficiles par le fait que le moteur qui la commande n’a pas une vitesse constante. Meme si le moteur est alimenté à tension bien constante, il n’en subsiste pas moins,
- surtout pour les petits moteurs, des causes de variations de vitesse dues à la variation des frottements aux paliers ou aux balais.
- L’auteur propose la solution suivante : la figure 1 représente schématiquement la construction de son régulateur; perpendiculairement à l’axe de rotation R, se déplace un poids P guidé par un fil d’acier S tendu entre l’axe de rotation et un cadre qui lui est fixé. Un ressort F est, d’un côté, fixé au poids P, et, de l’autre, à une tige transversale Q que Pon peut fixer à volonté. L’axe de rotation R est accouplé rigidement à l’axe du moteur dont il s’agit de régler la vitesse.
- Supposons qu’on élève la vitesse de ce moteur petit à petit, le poids abandonnera sa position de repos à partir d’une certaine vitesse et se déplacera, si la vitesse tend à augmenter, jusqu’à ce que les contacts K, et lv2 se touchent.
- Par ce fait même, une résistance placée dans le circuit d’excitation est mise en court-circuit ; la vitesse du moteur diminue donc jusqu’à ce que les contacts se séparent, et ainsi de suite.
- Théorie de Vappareil. — Soit m la masse du poids P,/‘son centre de gravité ; négligeons la masse du ressort devant m\ soit a la distance, au repos, du centre de gravité à l’axe (fig. 2). La force centrifuge au point/*pour une vitesse angulaire 10 est :
- Kc = m w2
- D’un autre côté le ressort est tendu de la quantité / — a; l’action qu’il exerce est donc :
- K/ = c (/ — a)
- c étant la constante du ressort.
- Dans l’état d’équilibre, on a :
- m ci)2/'= c (/* — a).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N° 35.
- On voit facilement que l’équilibre est stable quand a > o, instable quand a < o, et indifférent pour a — o. Dans ce cas, il ne peut y avoir équilibre que pour une valeur particulière de w, que l’auteur appelle valeur critique, la valeur de r étant indifférente.
- J. L.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Production de courant à intensité constante avec les dynamos continues du type ordinaire. — A. Bloch. — Elektroteclinik and Maschinen-bau, ao juin 1909.
- Les machines à courant continu à débit constant • s’emploient principalement pour l’alimentation de l’arc dans les projecteurs, dans les lampes à arc de projection et dans les machines à souder. Elles se recommandent également comme survoltrices.
- L’auteur s’est proposé de montrer dans ce qui suit comment, par un dispositif spécial appliqué à l'excitation d’une machine normale, on peut obtenir une machine à intensité constante.
- Gomme point de départ, il considère la caractéristique en charge de la machine, donnant la tension aux bornes en fonction des ampères-tours d’excitation pour un courant de charge déterminé. Elle ne dépend pas du dispositif adopté pour l’excitation et elle coïncide avec la caractéristique à vide pour la valeur nulle du courant.
- Soit I l’intensité de charge correspondant à une caractéristique déterminée. Pour que, lorsque la résistance du circuit de charge variera, I reste constant, les ampères-tours d’excitation doivent varier en fonction de la tension d’après une loi que l’on doit déduire de la caractéristique en charge. Cette loi est facile à trouver pour la partie droite de la caractéristique. Pour cette partie en effet on a l’égalité :
- ni -- ni0 -f CU
- ni étant les ampères-tours en charge.
- ni,,, les ampères-tours correspondant au court-circuit;
- U, la tension aux bornes ;
- C, une constante.
- On réalise pratiquement cette égalité en combi-
- nant l’excitation séparée et l’excitation en dérivation.
- L’excitation séparée doit fournir nig ampères-tours ; l’excitation shunt, proportionnelle à chaque instant à la tension aux bornes, fournit le terme C U.
- On obtient l’intensité voulue I de la façon suivante : on court-circuite la dynamo, on donne à l’excitation séparée une valeur telle que l’ampèremètre indique l’intensité désirée I, puis on charge la machine sans toucher à l’excitation séparée ét on règle l’excitation shunt de façon à obtenir la même valeur I.
- Dans le cas où aucune source de courant continu ne serait disponible pour l’excitajion séparée, il y aurait, lieu de prévoir une petite excitatrice qui aurait à fournir les ampères-tours ni9. Mais il est possible d’arriver au résultat rien qu’avec l’excitation propre de la machine. Puisque, depuis le court-circuit jusqu’à une valeur assez élevée de la tension, le courant de charge reste constant, il est possible d’utiliser ce courant de charge pour produire les ampères-tours ni0, et, par conséquent, de combiner avec l’excitation dérivation une excitation série, ce qui revient à compounder la machine.
- La force démagnétisante, qui doit être relativement élevée, devrait être maintenant exclusivement produite par les ampères-tours démagnétisants de l’induit.
- M. G.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Les grandes centrales électriques à vapeur. — G. Chevrier. — Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, juin 1909.
- Ce qui donne à la génération de l’énergie électrique son caractère industriel propre, c’est l’instantanéité de la production, immédiatement régie parla demande extérieure. D’où résultent deux obligations pour l’exploitant :
- i° Maintenir une constance aussi complète que possible dans la marche normale ;
- 20 Rendre impossible tout arrêt accidentel.
- On ne devra rien épargner pour réaliser ce double desideratum, et à ce propos l’auteur émet l’avis qu’il n’y a pas lieu de rechercher Véconomie dans l’acquisition et Vagencement du matériel d’une usine centrale ; avant tout, il faut que le premier établissement soit complet et bien compris.
- Pour répondre à la deuxième exigence (la plus dif-
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- ficile, de beaucoup, à satisfaire), l’auteur esquisse une solution qui comporte :
- D’une part, dans chaque subdivision, au moins un groupe supplémentaire destiné à servir de rechange immédiat
- D’aütre part, en vue de rechanges différés, la possibilité de solidariser entre elles les chaufferies par une jonction transversale reliant les collecteurs.
- Mais il ne suffit pas de considérer le service des unités principales (générateurs et groupes électro-gènes), il faut encore prévoir très soigneusement les conditions de fonctionnement des machines de servitude ou machines auxiliaires qui desservent ces unités principales ; cette question des auxiliaires est vraiment vitale, et trop souvent méconnue.
- Ces généralités une fois posées, l’auteur entre dans le détail des différents services d’une centrale électrique à vapeur : service des générateurs de vapeur, service des groupes électrogènes ; service du tableau de distribution.
- Des deux derniers, il n’y a que peu' de choses à dire, les conditions d’établissement du tableau, ainsi que les types de machines (turbo-moteurs) étant fort bien déterminés aujourd’hui.
- Au contraire, le service de chauffe offre de nombreux sujets d’études, notamment en raison des transformations récentes qui se sont accomplies ; l’énorme réduction du prix de vente exige une réduction du prix de revient, c’est-à-dire, en tout premier lieu, de la dépense de combustible et de la main-d’œuvre.
- En résumé, dit l’auteur, l’ingénieur d’usine centrale a d’abord été électricien, puis mécanicien ; il lui faut maintenant devenir chauffeur.
- Les problèmes qui se posent à lui à ce titre sont les suivants :
- i° Chargement automatique où chargement à la pelle P
- On a dit que le meilleur chargeur automatique était la pelle du chauffeur ; on peut dire également, sans que cela implique la moindre contradiction, que c’est aussi le plus mauvais.
- Gela dépend d’aléas divers ; or, il faut avant tout réduire au minimum possible le nombre des aléas.
- En outre, le chargement automatique aura toujours sur l’ancien procédé à la main l’avantage d’être perfectible : l’auteur conclut en sa faveur.
- a° Répartition de la production totale de la vapeur entre les diverses unités groupées sur un même collecteur.
- A ce point de vue, l’auteur estime qu’on doit s’assurer la possibilité de centraliser, dans chaque batterie distincte, l’ensemble des moyens de contrôle et d’action, de manière à réaliser, suivant les besoins de ce service, l’analogue de ce qu’est, pour le service électro-mécanique, le tableau de distribution de l’usine.
- 3° Tirage direct ou tirage mécanique P
- La supériorité du tirage mécanique par ventilateurs résulte des qualités suivantes :
- a) Rendement supérieur;
- b) Réduction des frais d’établissement et des sujétions qu’enchaîne l’édification de cheminées monumentales;
- c) Souplesse incomparablement plus grande (‘).
- C. G.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Soufflerie à commande électrique pour convertisseurs. (Aciérie de l'A.-G. Peiner). — F. Hartig. — Elektrotecknische Zeitschrift,et 29 juillet 1909.
- Le procédé Thomas, permettant d'obtenir du fer qu’on puisse forger et laminer, consiste à faire passer un courant d’air à travers la masse liquide dans des appareils appelés convertisseurs. Ces appareils possèdent un double fond. Dans l’espace intermédiaire se trouve l’entrée de l’air qui traverse le fond supérieur par une série de trous.
- Les quantités d’air employées sont considérables et les pressions relativement élevées. Comme à aucun moment le courant d’air ne doit être interrompu si l’on ne veut pas que le fond du convertisseur soit détruit, il convient de commander ces souffleries par des machines offrant toute sécurité. Aussi, jusqu’à une époque très récente, s’en était-on tenu exclusivement aux machines à vapeur. Depuis quelques années on a introduit la commande par moteur à gaz, et enfin les aciéries Peiner furent les premières à utiliser le moteur électrique, le courant étant fourni par une usine distribuant du 10 000 volts triphasés (*)
- (*) Voir sur la question des centrales électriques, et sur les problèmes examinés par M. Chevrier
- G. Rizzo, Production de l’énergie électrique, etc. Lumière Electrique, tome V (20 série), p. liô.
- J. Mathivet, Utilisation des turbines à vapeur dans les usines centrales d’électricité. Lumière Electrique, tome V (20 série), p. i3i.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N»35.
- dont une partie est transformée en 500 volts continus.
- Les groupes convertisseurs travaillent du côté continu en parallèle avec deux batteries-tampons dont l’une est capable de débiter pendant une heure 2 000 ampères et l’autre 4 000 ampères. Ces batteries peuvent servir de réserves. La soufflerie est à deux cylindres à double action, à manivelle à go1*.
- La régulation de la quantité d’air et de la pression est obtenue par la'variation de vitesse du moteur. On a prévu également un réglage mécanique.
- Chaque cylindre a un diamètre de i 5oolnm et débite, à la vitesse de 8o tours par minute, 4001"3 d’air, à la pression de 2 atmosphères.
- Équipement électrique. — Comme la vitesse nécessitée par la commande de la soufflerie était de 4o à 80 tours par minute, en employant un moteur shunt à pôles auxiliaires pour une tension de 5oo volts et une puissance continue de 2 000 HP, le coefficient d’irrégularité de la soufflerie à 5o tours
- par minute ne devait pas être supérieur à —, ce qui
- rendit nécessaire un moment d’inertie de 4 10000m2 kg. Toute la masse nécessaire fut introduite dans l’induit du moteur.
- L’enroulement shunt est réparti sur 20 pôles principaux de forme circulaire et de 4fiomm de diamètre.
- L’induit est en deux parties montées ensemble sur place et bobinées de même, à cause des difficultés de transport.
- L’enroulement est du genre série-parallèle, avec connexions équipotentielles placées derrière le collecteur .
- Des bandages spéciaux sont prévus pour contrebalancer la force centrifuge qui s’exerce à la périphérie de l’induit, dont le diamètre est de 4 600 millimètres.
- Le collecteur a 3oomm de longueur et 3 4oomm de diamètre.
- Le rhéostat de démarrage est calculé de telle façon que, d’une part, à demi-charge, c’est-à-dire pour une puissance de 1 000 HP, le moteur n’exige pas plus de 40 secondes pour démarrer et atteindre la vitesse de 40 tours par minute et, d’un autre côté, qu’il puisse servir de résistance de réglage pour permettre d'abaisser la vitesse de 40 tours à 22 pour une charge continue de Goo HP.
- Résultats d’essais. — Comme l’induit est calé directement sur l’arbre de la soufflerie, son rendement fut déterminé par la méthode des pertes séparées. Dans ce but, la soufflerie fut découplée et le
- moteur branché sur uné batterie de 4 000 ampères-heure dont la tension pouvait varier de 4&o à 100 volts. *
- En charge, on mesurâtes pertes paréchaulîement dans l’induit,l’enroulement auxiliaire, l’enroulement shunt et les pertes aux balais. On trouva que le ren-
- dement était déjà pour 1 000 HP
- ^ chargej,de 90 % ;
- qu’il montait à 94,4 % pour 2 000 HP et redescendait à 94,1 % à 2 5oo HP.
- Les pertes par frottements dans les paliers ne sont pas comprises dans ces chiffres, qui indiquent uniquement les pertes électriques.
- Pour se rendre compte de réchauffement du moteur, on s’est placé dans le cas défavorable, c’est-à-dire qu’on a fait tourner le moteur à pleine charge et à sa vitesse la plus faible; les résultats ont été admissibles . Puis, on l’a fait fonctionner une semaine entière sans arrêt ; le fonctionnement a été sans étincelles, la charge ayant été poussée artificiellement jusqu’à 5 000 ampères.
- Le rendement de la soufflerie a été déterminé par des mesures à l’indicateur pour les quatre côtés des pistons ; le rendement global est ressorti à 87 % pour une puissance de 2 000 HP absorbée par la soufflerie, ce qui représente pour le rendement de la soufflerie seule la valeur de 92 % .
- h. D.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- La recherche des défauts dans les câbles. — R. Hafen. — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 août
- 1909.
- La méthode ci-dessous exige deux séries de mesures : la première détermine la longueur totale de la région troublée, la deuxième détermine son point milieu.
- A. Détermination de la longueur d'une, région troublée.
- Tout d’abord, on cherche deux paires de brins en bon état, autant que possible de même longueur que celle sur laquelle on a constaté des troubles. Ensuite, on détermine quatre capacités pour lesquelles on a indiqué ci-dessous lesv connexions (voir fig. 1 à 4) Les brins marqués* 1, 2, 3, 4 sont quatre brins de câbles, L la longueur totale du câble, x la longueur totale de la région troublée. Les déviations au gai-
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- 28 août 1909.
- 'REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ,273
- vanomètre, quand on ferme le circuit, peuvent être représentées de la façon suivante :
- La longueur de la région troublée est donnée par l’égalité :
- Schéma i. A0 = KL.
- Schéma a. A23 = K(L — îæ). Schéma 3. A12 = Iv.r.
- Schéma 4. A,3 = K(L — #).
- Fig. i.
- Fig. a.
- Fig- 3.
- O
- Fig. 4-
- K étant une constante qui dépend de la tension de la batterie, de la sensibilité du galvanomètre, de la capacité par unité de longueur des brins du câble. 11 faut remarquer que la mesure A23 peut être positive, nulle ou négative, suivant la valeur de x. Par contre, A12et Al3 sont toujours positifs.
- Comme contrôle, des égalités précédentes on doit déduire :
- A23 ----- Als — a[2.
- En éliminant K,„r et L, on trouve :
- A0 = a A12 -j- A23 — Al2 -j- A13.
- Cette double égalité n’est pas remplie dans le cas traité plus loin, et peut, par conséquent, servir de contrôle pour la nature du trouble.
- ,__ _____________ -
- •1 (Aj2 -j- A2i)
- B. Détermination du centre de la région troublée.
- Pour cette détermination, il est nécessaire de passer par l’intermédiaire de la capacité et de l’induction mutuelle des brins considérés.
- Soit i et a (fig. 5), les deux câbles qui sont rapprochés sur la longueur x, et, sur les longueurs a et b, suffisamment éloignés l’un de l’autre pour qu’on puisse négliger leur induction mutuelle.
- Fig. 5.
- Envoyons dans t un courant; dans a se trouvera induit un autre courant qui, cl’une part, sera proportionnel à la longueur x, de l’autre, proportionnel à la capacité qui se trouve derrière chaque région d’induction.
- Pour simplifier, posons :
- a D« = ma
- X 11 x — Olx
- b D* mh.
- Nous voyons que ma, nix et ni b sont les moments des centres de gravité et, que par conséquent on a :
- Lo
- nia -j- -|— ni b — m —
- Dans le montage 5, la déviation du galvanomètre sera proportionnelle à nix.
- Considérons maintenant les schémas représentés par les figures G à 9.
- Les déviations du galvanomètre à la fermeture du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — N® 35.
- circuit peuvent être représentées dé la façon sui vante :
- Fig. 6. ...B„ = h ni
- Fig. 7. ...b23 — h [m— ‘unx
- Fig. 8. ...b12 Il mx
- Big- 9- .. .Bl3 — h (m — nix).
- -a-
- -b—-i
- ^ri
- Fig. 7.
- -Dâ
- îtpl
- Sjtjgt
- Fig. 8.
- JL
- W7, '
- Fig. y-
- h étant une constante qui dépend de l’intensité, de la sensibilité du galvanomètre, de l’induction mutuelle, de la capacité des brins.
- Gomme contrôle on doit avoir :
- Bai
- Des égalités 6 à 9 on déduit
- B12
- mx _
- ni 2 B12 -(- B23 ’
- et par suite
- D,
- L2
- mx _ B,2________
- x 2 Bjg —|— B23 a.x
- ce qui détermine l’endroit troublé.
- Généralisation; cas de plusieurs régions troublées. Considérons par exemple le cas de la figure 10 ;
- r 1 ry 1
- 3S3
- Fig. 10.
- on voit aisément que les équations correspondantes seront :
- A2s — A, 3 — A12
- 0 ' 12 23 ^ (Voir la double égalité du iorcas)
- A0 > A12 + Al3 )
- x _ A0 4~ a A12 — A|3 ^______A0 -f- Al2 — A2:i ^ _
- y =
- =
- \\ - -
- 3 A0 •
- A0 — A12 — Ai3
- 3 A0
- L — A0 — a At2—A a3
- 3 A0 .1A0
- B0 -f- a B, 2 — B , 3 L2 _ B„ + B» —B„ _L*
- 3B0 a.r’
- 2 B12 — B23 L2
- 3 B0 a.r
- Bp — B» — B12 L* = Bo 3 B„ 2 IJ
- 3 B0
- 2,y
- L’auteur termine par quelques indications sur le cas où les régions xety empiètent l’une sur l’autre; mais l’essentiel de sa méthode est résumé dans ce qui précède.
- P. T.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Les découvertes modernes en physique. — O. Manville, 2° édition. — i volume in-8°carré de 463 pages avec 65 figures. —A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. —Prix : broché, 8 francs.
- Il est impossible aujourd’hui de suivre , même approximativement, le développement de la science électrique si l’on n'a pas de notions un peu précises sur la récente évolution des idées qui a abouti aux notions d’ions et d’électrons; c’est également impossible si on n’a pas une vue d'ensemble suffisante des idées de Maxwell.
- A l’heure actuelle, beaucoup d’ouvrages nouveaux prennent ces théories comme choses admises et bien acquises et n’ont garde de remonter aux origines ; il en résulte souvent'quelque incertitude chez leurs lecteurs, surtout lorsque ceux-ci ne se sont qu’im-parfaitement tenus au courant de la science pure. A ceux-là, il faut un guide ; c’est ce qu’a fort bien compris M. Manville, et c’est ce guide qu’il a voulu leur donner.
- Dans son livre, de près de 5oo pages, nous pouvons suivre, de Faraday à Maxwell et Lorentz, le' développement des idées qui ont engendré les théories actuelles, et lorsque nous tournons le dernier feuillet, il ne nous manque à peu près rien pour être au niveau de notre époque en fait d’ions, d’électrons et d’éther. On voit qu’il s’agit là d’un travail très considérable, dont la simple énumération des chapitres permettra d’ailleurs de concevoir une première idée :
- ire partie : Electricité et Matière ;
- La décharge électrique à travers les liquides ;
- La décharge électrique à travers les gaz ;
- L’ionisation des gaz ;
- Introduction à la théorie électronique de la matière ;
- La radio-activité induite de la matière ;
- La théorie électronique de la matière.
- 2e partie : Les Ions et les Electrons dans la théorie des phénomènes physiques :
- Les milieux liquides ionisés ;
- Les milieux gazeux ionisés ;
- Les milieux gazeux non ionisés ;
- Les milieux solides ionisés ;
- La matière ét l’éther.
- Dans la première partie une grande et légitime place est faite aux travaux deM. Lénard, dont on sait l’importance pour la connaissance des radiations. Dans la seconde partie nous trouvons les suggestives discussions sur la théorie des métaux qui mettent aux prises les idées et de J.-J. Thomson, de Drüde, de Lorentz.
- L’auteur ne redoute pas d’exposer les calculs mathématiques lorsqu’ils sont nécessaires à l’intelligence du sujet et cherche surtout à faire une œuvre complète. Nous estimons qu’il y a réussi.
- L. G.
- VOLUMES REÇUS
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart (4“ fascicule), par C. Hersen und R. Hartz.— i volume in-8° raisin de 63 pages avec 92 figures. — Friedr. Vie-weg und Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 2 ni. 5o.
- La fabrication êlectrochimique de l’acide nitrique et des composés nitrès a l’aide des éléments de l’air, par Jean Escard. — 1 volume in-8° raisin de ii5 pages avec 52 figures. —H. Dunod •etE. Pinat, éditeurs, Paris. —- Prix: broché, 4 fr. 5o.
- Apparecchi galvanometrici sensibilissimi per corrente alternata, par A.-G. Rossi. — Extrait des Atli délia R. Academia dette Scienze, Turin.
- Convector, rivelatore di onde elettromagne-tiche fondato sulla magnetostrizione, parA.G. Rossi.— Extrait de Atti délia Associazione Elettrotec-nica italiana, Milan,
- Impiego dell’ alluminio corne conduttore elettrico, parXJ.del Buono. — Extrait des Atti délia Associazione Elettrotecnica Italiana,Milan.
- Sulla propagazione del magnetismo nelle aste rettilinee di ferro, par L. Lombardi. — Extrait de Reale Accademia dei Lincei, Rome.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N» 35.
- CORRESPONDANCE
- M. Bkiithold, dont nous avons reproduit (*) l’article sur « l’influence des conditions de démarrage sur le fonctionnement des moteurs d’induction », nous écrit afin de rectifier la typo-
- (1) Lumière Électrique, tome VI (ae série), p. 410.
- graphie d’une formule : le couple de démarrage, exprimé en pour centdu couple de synchronisme, a pour valeur exacte :
- s- (r)'•
- IOO-O \l2/
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Jugement du tribunal de Commerce de Grenoble sur le minimum de consommation.
- Le tribunal de Commerce de Grenoble, qui a rendu à la date du 11 décembre 1908 le jugement que l’on va lire, était saisi de l’affaire suivante :
- Une Société d’énergie électrique qui distribue dans une commune de la lumière pour l’éclairage public et particulier, avait promis la lumière à 0,06 l’hectowatt-heure.
- D’après son cahier des charges, le tarif des lampes était un tarif à forfait, mais au-dessus de i5 lampes le concessionnaire était libre de traiter de gré à gré.
- Vis-à-vis de plusieurs consommateurs, ce contrat fut adopté, et le service fut fait au compteur d’énergie, moyennant un prix débattu. Dans les polices, faites pour une année seulement, aucun minimum de consommation n’avait été prévu, et la Société trouvant que les compteurs n’enregistraient dans certains cas que des consommations dérisoires, voulut imposer pour l’avenir à chaque locataire de compteur un minimum de consommation, sous peine d’être privé d’électricité.
- Les consommateurs, ainsi menacés d’une privation de lumière, firent un procès au concessionnaire, lui déclarant que, puisqu’il avait un monopole, il ne pouvait pas de son plein gré plonger dans l’obscurité des contribuables de la commune concédante.
- Le tribunal a répondu que, du moment que ^éclairage devait être fourni au-dessus d’un certain nombre de lampes par un contrat de gré à gré, la compagnie de distribution ne violait pas sa concession en se refusant à donner la lumière
- à ceux qui ne voulaient point lui assurer qu’elle toucherait ainsi au moins une somme raisonnable, et a condamné les récalcitrants, qui, on ne sait trop pourquoi, n’avaient point voulu payer la réparation de leur compteur, à acquitter leur dette contractée de ce chef.
- Tel est le sens du jugement, que l’on va lire.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Jugement.
- Attendu que, par exploit d\i trente janvier mil neuf cent huit, Chainard-Bois et consorts ont assigné la Société d’éclairage du Graisivaudan, à l’effet de continuer de livrer aux requérants le cotirant électrique au prix de six centimes l’heetowatt, sans fixation de tarif minimum quelconque, et, en cas de refus, de rembourser la totalité des dépenses d’installation d’éclairage électrique faites par chacun d’eux.
- Attendu que les demandeurs estiment que la Société d’éclairage électrique du Graisivaudan jouit d’un monopole ; qu’elle n’a pas le droit d’en modifier les conditions d’abonnement jusqu’à l’expiration du monopole concédé, et qu’elle ne saurait imposer un minimum de consom mation qui n’est prévu nulle part dans le cahier des charges de la concession ; que le minimum de cinq francs par lampe est très onéreux pour les abonnés qui ont installé un grand nombre de lampes pour leur commodité et 11e répond en aucune façon à la quantité d'énergie consommée.
- Attendu que le cahier des charges fixant les conditions d’exploitation de l’éclairage électrique dans diverses communes de la vallée du Graisivaudan a été arrêté entre les maires de ces communes et la Société d’éclairage. Que les conditions d’abonnement pour les particuliers indiquent qu’au-dessus de vingt lampes, on peut traiter de gré à gré; que, plus tard, ce mode de traiter
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- 27-7
- a été appliqué à partir de quinze lampes au minimum ; et qu’il y a lieu d’observer qu’il est plus favorable aux abonnés qui ont un grand nombre de lampes installées mais ne brûlant pas simultanément.
- Attendu que les demandeurs ont souscrit des polices d’abonnement au compteur; que toutes ces polices sont annuelle, et peuvent être résiliées par l’envoi d’une lettre recommandée trois mois avant leur expiration (article premier) ; que la Société a prévenu les demandeurs dans les délais indiqués et s’est conformée strictement aux clauses de la police et de la notice adressée à chacun d’eux.
- Attendu qu’il y a lieu de remarquer qu’une Société d’éclairage électrique se tEouve, par rapport aux Sociétés d’éclairage au gaz, dans des conditions différentes d’exploitation. Que pendant que les concessionnaires d’éclairage aü gaz fabriquent au fur et à mesure le gaz nécessaire à la consommation, et selon l’importance de cette consommation, les Sociétés d’éclairage électrique doivent disposer d’un matériel électrique et mécanique pour faire face à la consommation maximum possible, laquelle ne peut être évaluée approximativement que par l’importance des installations faites chez les abonnés.
- Que, d’autre part, il a été reconnu que lorsque ces installations entraînent l’obligation de placer un compteur d’une certaine force, ces compteurs ne fonctionnant pas, on n’enregistre que des consommations inférieures aux consommations réelles, lorsqu’il n’y a habituellement qu’un petit nombre de lampes en fonction dans le circuit. Qu’il est dès lors naturel que les Sociétés
- cherchent à se prémunir contre les préjudices fort réels qu’elles subissent de ce chef.
- Attendu que la Société d’éclairage du Graisivaudan, en imposant un minimum de cinq francs par lampe installée, n’a pas violé les conditions imposées par le cahier des charges, puisqu’il s’agit de traité de gré à gré; qu’elle a résilié les polices dans les délais prévus à l’article premier; qu’il lui appartient de rechercher les conditions les plus favorables à ses intérêts tout en donnant satisfaction à ses clients ; que le tribunal n’a pas qualité pour résoudre cette question.
- Attendu que l’entretien des compteurs est à la charge des abonnés, qu’Espié est mal fondé à refuser le paiement de la réparation faite à son compteur.
- Attendu que les installations intérieures des lampes sont à la charge des abonnés ; qu’ils y ont souscrit en faisant leur demande d’installation 2i la Société ; que s’ils voulaient se prémunir contre toutes variations de tarif, au moins pendant quelques années, ils n’auraient pas dû souscrire un abonnement annuel. Qu’ils sont mal fondés à demander à la Société du Graisivaudan le remboursement de leurs installations.
- Par ces motifs, le tribunal, apres en avoir délibéré conformément à la loi, et sans s’arrêter à aucunes fins ou conclusions contraires ;
- Condamne Espié à payer à la Société d’éclairage du Graisivaudan le montant de la réparation faite à son compteur;
- Déboute Chamard-Bois et consorts de leurs demandes et les condamne aux dépens.
- VARIÉTÉS
- Séparation des pertes à vide dans les dynamos. (Modification de la méthode de Mor-dey) (‘).
- Rappelons le principe de la méthode de Mordey : la dynamo est excitée par une source indépendante pour un flux utile <I>, et l’on admet que les pertes par frottement Wf et par hystérésis W/t sont proportionnelles à la vitesse N, lespertes par courantsde Foucault W? proportionnelles au carré de cette vitesse; on parvient ainsi à séparer celte dernière perte de la somme des deux autres.
- f1) Extrait d’une communication de M. Swyngedauw au Congrès International des applications de l’électricité, Marseille, 1908.
- Au contraire, on doit poser :
- W, — «N + £N2.
- W/, = rt'N (a proportionnel à <ï> ).
- Wcp= ù'N2 (b' proportionnel à d>2).
- d’où, pour les pertes totales (en négligeant les pertes Joule) :
- W = (a + a') N + (b + ù')N2
- i° Laissons l’excitation constante et faisons varier N en agissant sur la tension aux bornes de
- W
- l’induit ; portons N en abscisse et — en ordonnées ;
- on sait qu’on obtient sensiblement une droite D. a0 Recommençons exactement les mêmes opéra-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N» 35.
- tions après avoir donné à l’excitation une valeur telle que le nouveau flux utile *t>' soit égal à
- l 6y/2 ‘I’j ou i,f>4 <I>'
- Onvoitqi^e les pertes par hystérésis deviennent doubles et cefles par Foucault 2,3^ fois plus grandes (2,37 étant le carré de i,54).
- Nous obtenons une seconde droite D'.
- On voit immédiatement que les ordonnées à l’origine y» et y\ deux droites D et D' donnent a et a'; b et b' sont également donnés par des formules très simples en fonction de ces ordonnées à l’origine, et des ordonnées y et y' correspondant à une même vitesse N.
- La méthode est donc d’une application très facile; pour ce qui est réglage de la valeur du flux, on n’a qu’à observer la tension correspondante, avec une vitesse choisie une fois pour toutes ; elle varie proportionnellement au flux ; il suffit donc d’établir, par tâtonnement, l’excitation nécessaire.
- Remarque. — Le terme b N2 introduit dans les pertes par frottement est loin d’être négligeable.
- Exemple : Pour une machine Labour de 17 kw,5 on a trouvé (N étant évalué en tours par seconde) : a N =248 watts
- a' N = 233 »
- b N2 = 254 »
- b' N2 —. 457 »
- SwYNGEDAUW,
- Professeur à la Faculté des Sciences, Dircctciir.de l’Institut Electrotcchnique de Lille.
- Ecole Supérieure d’Electricité.
- PROMOTION XVe 1908-1909.
- Elèves diplômés : MM. Bommelaer, Gaudouin, Poncet, Marc, Stilïel, Leblond, Tissier, Legay, Guelpa, Renard, Piroëlle, Décorât, Blain, Argyro-poulos, Laut, Moreau, PolacE^ toucher, Michard, Landon, Fabre, de Coninck, Mornet, Rios Cogollos, Digeon, Gonstans, Paquier, Budeanu, Niqueux, Fatalot, Vignon, Clialmel, Villeneuve, Baudouin, Martinroche, Gentet, Spitzer, Avocat, Rodet, Merlet, Gombemale (H.), Chalon, Gochin, Bellon, Locquin, Passini, Miclesco, • Gaire, Gampanakis, Gayol, de Beaufort, Leson, Quiroga, Amiaud, Florence, Mon-t^ron, Elirmann, Lecocq, Potentier, Guibert, Odin, Cheurlot, Gombemale (M.), Racine, Oboukhofï, Grouzat, Lauprètre, Gheilletz, de Lassus, de Vallée, Glermont, André, Guérin, Rieux, Le Bœuf, Dous-
- sot, Kraushar, Depoix, Sarazin, Boussion, Flix, Tavernier, Réthaller, Jarlaud, Lecomte, Faucompré, Saudau, François, Dujardin, Chardin, de Marignan, Mangue, Lambrey, Kouzmine, Hardouin-Duparc, Audoux, Pannelier, Bénard, Sauze.
- Anciens élèves : MM. Guitard, de Lapasse.
- Vétérans : MM. Goudet, Bucquet, Gunéo d’Ornano, de Beauvallon, Vermain.
- Officiers délégués parle ministère de la Guerre:
- MM. les capitaines Dorido et Sédillot et le lieutenant Gérard-Hirne.
- Elèves-ingénieurs délégués par le ministère des Postes et des Télégraphes : MM. Gilles, Le Normand, Jourdan, Gharruau, Dordelu, Reynaud-Bonin, Cornet.
- Ecole supérieure d’Aéronautique et de Construction mécanique.
- L’Ecole Supérieure d’Electricité, dont nous donnons ci-dessus la promotion sortante, a si bien fait ses preuves que la nouvelle Ecole supérieure d'Aéronautique et de Construction mécanique, qui vient d’être fondée (’) à Paris par M. le commandant Roche, a calqué presque exactement son organisation sur celle de l’école de la rue de Staël, et que le commandant Paul Renard dit à ce propos : « On ne peut mieux faire que de souhaiter à l’Ecole supérieure d’Aéronautique une destinée semblable. »
- Le corps enseignant comprend des noms illustres de l’Aviation et de la Mécanique. MM. Lecornu, ingénieur en chef des Mines, professeur à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole supérieure des Mines ; Paul Painlevé, membre de l’Institut, professeur à l’Ecole Polytechnique et à la Faculté des Sciences de Paris; le commandant Renard, ancien sous-directeur de l’établissement d’aérostation militaire de Chalais (Meudon) professeront les cours de machines (moteurs légers), de mécanique et d’aéronautique générale.
- Parmi les conférenciers nous relevons les noms du lieutenant-colonel Espitallier, du commandant Voyer, du capitaine Sacconey, de MM. Mesnager, Guillaume, etc...
- Ges noms sont des gages certains du succès que rencontrera la nouvelle école.
- R. G.
- (M L’ouverture des cours aura vraisemblablement lieu au mois de novembre prochain. L’école est située 3o, rue Falguière, XV0.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- TRACTION
- Statistiques relatives aux procédés de freinage employés dans les tramways électriques. Nouveaux procédés, améliorations et frais d9entretien (*)•
- Pour déterminer la rapidité d’action des procédés de freinage employés dans les tramways, les tramways de Hanovre ont fait la série d’essais suivante :
- a) Avec une voiture motrice seule et en employant les freins suivants :
- t. Frein à main.
- . Frein k court-circuit.
- 3. Frein à court-circuit avec frein à rails.
- 4. Frein k air comprimé k action directe.
- 5. Frein à air comprimé, avec dispositif de sécurité à deux chambres.
- . Frein à air comprimé, mais à une chambre.
- b) Avec une voiture motrice et une remorque :
- A la motrice: freina (voir précédemment), frein 4, frein 5, frein 6; à la remorque : frein à solenoïde, frein 4> frein 5, frein 6.
- c) Voiture motrice avec deux remorques :
- A la motrice : comme pour b.
- Aux remorques : comme pour b.
- d) Voiture motrice avec trois remorques :
- A la motrice: comme pour b moins le frein à court-circuit; aux remorques : comme pour b, moins le frein à solenoïde.
- e) Voiture motrice avec quatre remorques :
- A la motrice : comme pour d.
- Aux remorques: comme pour d.
- Pour ces essais, on a employé constamment les mêmes voitures; la voiture motrice était équipée avec deux moteurs Westinghouse de 45 chevaux chacun.
- Les essais furent faits sur une voie droite et horizontale. Les rails étaient propres et secs. Il ne fut pas utilisé de sable pendant l’essai. La vitesse était déterminée au moyen d’un tachymètre. Le moment
- f1) D’après Sciiôrling (Schweizerische Elektrotech-nische Zeitschrift, mai-juin 1909). Voir La Lumière Electrique du 7 août 1909, p. 186.
- ou Ton freinait était indiqué électriquement.
- Pour les vitesses au-dessous de i5km a l’heure, le controleur était k la position « zéro ». Pour les vitesses supérieures, il était k la position « marche ».
- Essais de freinage du groupe a. — La courbe correspondant au freinage par les rails a montré avec quelle intensité ce procédé permet de freiner. Les points sont répartis d’une façon très irrégulière autour de la courbe, ce qui prouve que l’action du frein est elle-même très irrégulière et dépend dans une large mesure de la mise en circuit des résistances.
- Le freinage présentait des k-coups; les intensités produites par les moteurs variaient entre 3oo et 400 ampères.
- Pour les faibles vitesses, ce procédé de freinage est défavorable ,* il n’agit en effet qu’un certain temps après l’instant où on veut freiner, car les moteurs ne s’excitent pas instantanément.
- L’excitati-on n’est établie que plus tard encore lorsqu’on utilise le freinage par court-circuit sans le freinage par les rails, car les moteurs ne peuvent pas être complètement court-circuités, puisque la résistance du frein par rail reste dans le circuit.
- Le frein sur rails parait être destiné à trouver une application sur les trains rapides, en cas de danger, k côté du frein ordinaire, k air comprimé, et, dans ce cas, il conviendrait d’alimenter le frein sur rails par une batterie d’accumulateurs.
- Avec le frein en court-circuit seul, on a obtenu également de bons résultats ; les intensités produites sont plus élevées que dans le cas précédent. Comme plus haut également, k vitesse réduite, ce frein n’agit pas immédiatement.
- Il convient de remarquer que, pour ces essais, les circonstances étaient particulièrement * favorables, car les moteurs étaient trop puissants par rapport au poids de la voiture.
- Les points de la courbe relative au freinage k air comprimé étaient plus rapprochés de celle-ci que dans les cas précédents, ce qui prouve que l’action du frein est plus régulière. ~
- Essais de freinage du groupe b. — La courbe
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N* 35.
- relative au freinage par court-circuit joint au freinage par solénoïde à la remorque, c'est-à-dire au cas où la motrice est freinée seulement par court-circuit et où le solénoïde de la remorque est.connecté dans le circuit des moteurs, montrait, comme plus haut, qu’a vitesse réduite le freinage est retardé.
- L’excitation s'établit plus lentement dans le cas d’une motrice avec remorque que dans le cas d’une motrice seule.Celatientàlaprésence dansle circuit de la* résistance du solénoïde, qui est d’environ o,4 ohm.
- Le freinage ne s’effectuait pas sans chocs et était très irrégulier. La courbe de freinage par le système de l’air comprimé avec chambre unique serapprochait de la courbe du freinage à air comprimé agissant directement et traversait celle-ci aux grandes vitesses.
- L’action du frein à air comprimé à double chambre est d’autant plus mauvaise qu’il y a plus de remorques entraînées, par suite des cylindres de freinage et des canalisations que l’air doit traverser.
- Essais de freinage du groupe c. — Dans le cas du freinage en court-circuit associé au freinage par solénoïde des remorques, les solénoïdes sont connectés en parallèle ; le freinage a donc lieu plus tôt que dans le cas d’une seule remorque, mais pour les vitesses élevées, ce freinage est plus défavorable, car chaque solénoïde ne reçoit que la moitié du courant de coui't-circuit. Aussi convient-il de ne pas employer les freins à solénoïde pour des trains de plus de deux remorques.
- Essais de freinage des groupes d et e. — Les résultats se rapprochent des précédents.
- Une série d’essais fut faite pour déterminer réchauffement des moteurs lorsqu’on utilisait le freinage par court-circuit comme mode de freinage courant. Dans ce but, une voiture fut équipée avec un frein à air comprimé et un frein à court-circuit, mise en service sur une ligne appropriée et alternativement freinée pendant une journée avec le frein à court-circuit et, le jour suivant, avec le frein à air comprimé. La température du moteur fut prise le matin avant la marche, le soir aussitôt après l'arrêt.
- Les élévations de températures trouvées furent, en degrés î
- INDUIT C 0 L L K CITE U H HO lïINES
- Frein à court-circuit. V. ^ 3i,r>
- Frein à air comprimé 2i,i 28,8 2 1,4
- Comparaison entre les prix d’achat du frein à air comprimé et du frein à court-circuit.
- A. — Voiture motrice.
- i° Frein à air comprimé.
- Equipement complet avec engrenage
- et compresseur axial.................. i.o5o fr.
- Montage, environ...................... 190 fr.
- Total.... 1.240 fr.
- 20 Frein à court-circuit.
- Il exige des moteurs plus puissants; pour des moteurs de 16 à 21 HP convenant au freinage à air comprimé, le prix
- est d’environ.......................... 2.100 fr.
- L’introduction du freinage à court-circuit exige des moteurs de 23 jusqu’à 3i HP coûtant.......................... 2.450 fr.
- Différence..... 35o fr.
- Pour les deux moteurs, soit.............. 700 fr.
- Un contrôleur sans freinage électrique pour deux moteurs coûte................ 440 fr.
- Un contrôleur avec freinage coûte.. . . 670 fr.
- Différence..... 23o fr.
- Soit, pour les deux.................... 460 fr.
- Les résistances doivent être également plus fortes et entraînent un supplément
- de prix de............................ 95 fr.
- Egalement, on doit compter plus de cable, soit, avec le montage.......... 90 fr.
- Total..... i. 345 fr.
- B. — Remorque.
- i° Frein à air comprimé.
- L’équipement complet d’une remorque
- coûte, y compris montage.............. 25o fr.
- 20 Frein à solénoïde.
- L’équipement complet, coûte y compris montage............................... 430 fr.
- Comparaison des frais d’entretien.
- AV— Voiture motrice. i° Frein à air comprimé.
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- 28 août 1909
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 281
- Les frais d’entretien des freins à air comprimé s’élèvent par voiture- et par an, à................................. i2o fr.
- Le renouvellement des sabots de freins coûte, en moyenne, par wagon et par an. fr.
- 2° Frein à court-circuit.
- Les frais d’entretien ne peuvent pas se déterminer exactement, puiscpi’ils sont intimement liés aux frais d’entretien de tout l’équipement électrique. Pour essayer de les répartir, il conviendrait de les rapporter aux parties suivantes de l’équipement :
- Induits, bobines de champ, collecteurs, balais, palier (car le freinage à court-circuit entraîne des élévations de pression sur les paliers), engrenages, la moitié des frais d’entretien du contrôleur.
- Enfin, il faudrait faire intervenir le renouvellement des sabots, l’entretien des tiges de freinage, mais les frais d’entretien correspondants sont très faibles, car ces appareils ne sont utilisés que très rarement.
- B. Remorque.
- Les frais d’entretien pour les freins à air comprimé et les freins à solénoïde doivent être les mêmes à freinage égal.
- Les canalisations d’air comprimé sont assimilables aux câbles réunissant les solénoïdes ; les frais d’entretien correspondants sont, dans les deux cas, très faibles.
- Les prix d’achat des deux systèmes sont, dans le cas d’achat de matériel complètement neuf, avec des moteurs bien calculés, très sensiblement les mêmes.
- Conclusion.
- Pour les trains à faible vitesse, wagons légers, peu de remorques, rampes très rares, le frein à main est le plus avantageux en même temps que le plus simple, surtout si le contrôleur permet, en cas de danger, de freiner par contre-courant ou par court-circuit.
- Pour les trains à vitesse plus élevée, wagons lourds, remorques nombreuses, le frein à air comprimé est à recommander. Cependant le frein à court-circuit est également propre à ce service, puisqu’il remplit la condition principale de freiner facilement et sur un espace très court.
- Pour les services chargés, c’est-à-dire : grande vitesse, profils accidentés, grand nombre de remorques, le frein à air comprimé est le plus indiqué.
- Résultats d’exploitation du chemin de fer souterrain de New-York (').
- Arnold analyse, dans un rapport présenté à la commission des transports publics en décembre 1908, les recettes et les dépenses du chemin de fer souterrain de New-York pendant les trois dernières années.
- Il conclut que les dépenses pour l’entretien de la superstructure, de l’équipement et de la centrale ne croissent pas nécessairement avec l’âge de l’installation. Leur valeur moyenne, par wagon-kilomètre, est pratiquement indépendante du nombre de ceux-ci et il en est de même pour les dépenses dues à l’exploitation (salaires des employés, coût de l’énergie).
- Il convient cependant de réduire le plus possible le nombre de wagons-kilomètres improductifs (celui-ci est actuellement d’environ 1/10 du nombre total) et, dans ce but, l’auteur propose unehnodifi-cation au trajet et la création de remises à l’intérieur de la ville.
- Pour faciliter la composition des trains, Arnold recommande de rendre chaque voiture motrice. Si l’on pouvait éviter de cette façon le pourcentage indiqué ci-dessus des wagons-kilomètres improductifs, il en résulterait une économie annuelle de plus de 1 25o 000 francs.
- Pour élever les recettes sans augmenter le prix actuel du billet, Arnold divise les voyageurs éventuels en 4 catégories : la première, ceux qui circulent en sens inverse du mouvement principal, et qui sont à compter au point de vue du coefficient d’utilisation des wagons de retour; la deuxième, ceux qui ne voyagent pas aux heures de la circulation principale, et peuvent se .servir de wagons disponibles, qui sont maintenant inutilisés pendant une longue durée; la troisième, ceux qui n’ont que de faibles distances à parcourir et qui, jusqu’à présent, vont à pied ou utilisent les tramways; la quatrième enfin doit encore augmenter le nombre des voyageurs pendant la période de circulation intense. On doit alors s’efforcer d’augmenter la recette moyenne par wagon-kilomètre, sans que l’exploitation ait à en souffrir. Il faut donc obtenir la clientèle des voyageurs des irc 2e, et 3° catégories.
- Une augmentation du nombre des voyageurs qui ont une grande distance à parcourir ne présente aucun intérêt. (*)
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 19 août 1902; Cf. Electric llailway Journal, tome XXXIII, 1909, p. 374-
- N. D.
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- En effet, pour qu’un réseau souterrain permette 1 d’amortir le capital, il faut que la recette moyenne I par kilomètre soit environ 3,25 centimes par voya- j geur. Si beaucoup de voyageurs parcourent de longues distances, il est évident que les autres doivent contribuer pour un taux plus élevé à l’établissement de cette moyenne.
- Les recettes dues aux autres sources (réclame, vente de courant) ont été la dernière année les 2,27 % des recettes totales, et elles s’accroissent chaque année.
- Les dépenses d’exploitation dues aux salaires des employés fixes varient,en raison inverse du nombre des wagons-kilomètres. Elles se sont élevées dans l’année précédente à 8 centimes par wagon-kilomètre, valeur relativement faible qu’Arnold propose encore de réduire par une exploitation habile et un dispositif permettant de faire circuler sur chaque voie un plus grand nombre de trains.
- Une large place est réservée dans le rapport aux dépenses fixes, à savoir : intérêt et amortissement.
- Le tableau suivant donne une comparaison des frais d’installation approximatifs des différents systèmes de traction à New-York.
- Tableau
- IRAIS
- PAR KM. DE RAIL SIMPLE
- Tramway à prise de courant francs francs
- aérienne 65 000 jusqu'à 98 000
- En plus pour pavage en :
- a) asphalte 3 900
- b) granit 65 000
- T OTAL IO/| OOO i63 000
- Tramway à prise de courant
- souterraine, y compris le
- pavage 261 000 3go OOO
- Tramway surélevé 623 OOO 980 OOO
- Chemin de fer souterrain. . 1 958 OOO 2 940 OOO
- Tunnel sous rivière 3 920 000 5 85o 000
- Ces chiffres ne tiennent pas compte de l’équipement des wagons, de la centrale, ni de la canalisation électrique ; ils permettent cependant de se rendre compte du système à employer dans un cas déterminé.
- Si on veut laisser les dépenses fixes pour la superstructure dans des limites admissibles, un chemin de fer surélevé devrait avoir un trafic 2,5 fois supérieur à celui d’un tramway à canalisation souterraine, et un chemin de fer souterrain un trafic égal à trois fois celui d’un chemin de fer surélevé.
- Un tunnel sous un fleuve ne serait économique que pour un très faible parcours ou un trafic très dense.
- Si Ton évalue, suivant Arnold, les frais de- construction de la superstructure d’un chemin de fer souterrain d’une longueur égale à celle du chemin de fer à l’intérieur de New-York à 260 millions de francs, (ceux du matériel roulant, des ateliers de réparation, de la centrale, de la sous-station, des installations de signaux et de distribution de courant s’élèvent à i3o millions,) et si Ton admet un trafic annuel de 80 millions de wagon s-kilomètre s, le capital engagé dans la superstructure par wagon-kilomètre est de 3 fr. 25. Pour un intérêt de 4 % , cela donne par an une dépense'fixe de i3 centimes. Une société privée devrait vraisemblablement compter de 16 à 20 centimes tandis que la ville pouvant se permettre un intérêt de 3,5 % peut abaisser ce chiffre à environ n,5 centimes.
- Dans le cas actuel, la ville a fourni une grande partie de l’argent nécessaire à la superstructure. Le taux d’amortissement correspondant s’élève à 1 % ; le capital nécessaire pour l’équipement est, comme on Ta vu plus haut, de i3o millions. La ville restant dans ce cas complètement en dehors, l’intérêt a été pris égal à 6 % , ce qui correspond environ à 9,75 centimes par wagon-kilomètre.
- Il est à noter que la Société n’a prévu aucun amortissement pour Véquipement, oubli contre lequel s’élève Arnold, car « les générations futures en supporteront les conséquences ».
- Si on distribue au jour le jour tout le bénéfice comme dividende, comme non seulement les wagons s’usent, mais qu’encore on crée de nouveaux types , on ne peut alors en faire supporter les frais d’acquisition qu’au capital.
- La dépréciation des vieux wagons représente dans ce système une perte de capital au lieu d’être couverte par un compte spécial d’amortissement.
- A la fin de son rapport, l’auteur présente un résumé des économies désirables, tant sur les frais d’exploitation que sur les dépenses fixes. T. E.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Comparaison économique des commuta-trices avec les groupes moteurs - générateurs (').
- Les différentes applications de l’électricité néces- (*)
- (*) N. Lifschitz, A.E.G.-Zeitung, août 1909.
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- sitent souvent dans une installation déterminée la production de courants différents. Au début, on a prévu autant de machines différentes, de puissance souvent faible et par conséquent travaillant dans des conditions peu économiques. Plus récemment on a entrepris de construire des stations primaires avec de grosses unités en choisissant le genre de courant et la tension les plus favorables en transformant ce courant suivant les différents usages auxquels il est destiné.
- Les convertisseurs de courant doivent remplir les conditions suivantes : rendement élevé, encombrement réduit, prix faible.
- La commutatrice est une machine à courant continu normale à laquelle on, a ajouté une série de bagues. Par ce procédé, le rendement dépasse de beaucoup celui des groupes moteurs-générateurs. L’emploi de ces commutatrices permet en plus de transformer à volonté de l’alternatif en continu ou du continu en alternatif.
- En tout cas son emploi est particulièrement indiqué dans les réseaux à grand décalage, car il améliore le cosf. On construit maintenant des commutatrices qui, réunies k une petite survoltrice à courant alternatif, permettent d’obtenir une tension secondaire indépendante de la tension primaire.
- Les chiffres suivants mettent en évidence l’économie qui résulte de l’emploi des commutatrices.
- Supposons que, dans une sous-station, on ait k transformer une puissance de 5oo kw. 3 ooo v. triphasés en courant continu 9/20 volts. Le prix d’achat d’un groupe moteur-générateur, y compris les appareils, s’élèverait à environ 34 000 francs, contre 26000 francs pour une commutatrice.
- Les rendements correspondants sont :
- Groupe moteur-générateur: pleine charge 88 % ; demi-charge, 82 % ; quart de charge 72 % .
- Commutatrice : pleine charge, 93 % ; demi-charge, 91 % ; quart de charge 85 % .
- Sous l’hypothèse que le convertisseur fonctionnera par an à pleine charge pendant 1 5oo heures, a demi-charge pendant 750 heures, k quart de charge pendant 750 heures également, les pertes annuelles du groupe moteur-générateur s’élèveront (en gros) a iSo 000 KWH, et celles de la commutatrice k 100 000 KWH.
- Si Von évalue à 12,5 centimes le kilowatt-heure, Vemploi de la commutatrice entraînera donc une économie de 10 000 francs., son prix iïachat étant de 8 000 francs moins élevé que celui du groupe moteur générateur.
- Pour montrer le développement rapide qu’a trouvé l’emploi des commutatrices, il suffit de rappeler que dans la seule centrale de Buenos-Àyres, 5ï commutatrices d’une puissance chacune variant entre 3oo et 1 000 kilowatts sont occupées k produire du courant de tensions et de fréquences variables,
- D. E.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Un journal financier des mieux informés se croit en mesure d’écrire que le relèvement de l’industrie se dessine en Amérique comme partout ailleurs. On ne peut, dit-il, suivre pas k pas la progression de la production des usines, corrélative de l’accroissement du nombre des ouvriers , mais les renseignements à lui parvenus de la plupart des centres industriels importants l’autorisent à juger que la majorité des avis sont des plus encourageants.
- En Amérique, les usines reçoivent de nombreuses commandes et, les stocks accumulés s’épuisant, les prix se raffermissent ; une statistique, digne de, foi, a démontré ainsi que le stock de cuivre en Amérique avait diminué de 14 000 tonnes au cours de juillet ! En Allemagne, la situation se serait également améliorée et les usines métallurgiques y auraient reçu de nombreux ordres pour l’Amérique du Sud.
- Les valeurs électriques y sont assez bien tenues, et les affaires dans cette industrie se seraient ranimées dans ces deux derniers mois grâce surtout à une exportation plus importante due plus au commerce des câbles qu’a celui des lampes et dynamos, ce dernier offrant toutefois des chiffres plus satisfaisants qu’au cours des mois précédents. Déficitaire pendant les premiers mois de 1909 par rapport à ceux- de 1908, l’exportation présente en juin un excédent de 70 % sur le chiffre de l’an dernier.
- En France, les commandes s’accroîtraient, et, dans les grands centres, le travail assuré pour plusieurs mois permettrait aux producteurs de se montrer plus exigeants sur les prix et les conditions de livraison ; affirmation bien audacieuse k notre avis, k ne consulter que les prix des adjudications de matériel électrique soit aux administrations de l’Etal, soit aux grandes sociétés de distribution ou d’exploitation ; ils sont au plus bas sans aucune tendance k la hausse.
- Cette situation ne se reflète pas encore assez net-tement dans les transactions sur le marché des mé-
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- taux pour que l’optimisme soit de règle dès maintenant. A l’appui de ce que nous disions dernièrement et à l’encontre de la situation américaine, les stocks de cuivre en Angleterre et en France ont augmenté de 6 109 tonnes depuis le i5 juillet; et le même journal dont nous parlions tout à l’heure citait une opinion d’un périodique de New-York qui paraît légèrement infirmer sa thèse précédente.
- D’après ce dernier, il ne faut pas s’attendre d’ici quelque temps à voir la consommation se relever au-dessus du maximum de 1906. La production a suivi une progression constante tandis que la consommation allait par bonds. Au cours de ces vingt dernières années, le développement général de l’industrie électrique a contribué à la prospérité des exploitations de métal brun, mais le principal effort semble avoir été fait, et en attendant l’électrification des chemins de fer et la substitution de l’électro-métallurgie à la sidérurgie, il ne faudrait pas s’étonner d’une nouvelle réaction pouvant aussi bien provenir de la réduction des prix de revient, la consommation n'augmentant pas. Nul ne se plaindrait d’une stabilisation des cours que favorisera d’ailleurs l’extension des emplois de l’aluminium.
- En fait, les valeurs d’électricité soit à Paris, soit à Bruxelles, soit à Anvers, ne donnent pas la preuve d’une faveur toute spéciale du public. Il y a des transactions sur le Métropolitain dont les recettes en augmentation sur celles de l'année précédente ont le don d’exciter le public, puis sur les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, l’Electricité de Paris, toutes valeurs du meme groupe. Nos secteurs sont aussi favorisés et l’on voit Edison monter aussi bien pour les actions ordinaires que pour les parts de fondateur. Les valeurs de traction, autres que celle ci-dessus, ont plutôt enregistré dans ces derniers temps des abaissements de cours dus aux circonstances atmosphériques - in-, fluant sur les recettes. En réalité, à cette époque de vacances,' on ne saurait tirer d’arguments sérieux pour ou contre en présence de mouvements tout à fait indécis.
- La Société Brown Boveri et Cie déclare pour 1908-1909 un bénéfice brut de 6 88 i 228 francs et un bénéfice net de 2 752802 francs, tous deux légèrement supérieurs aux résultats de 1907-1908. Le dividende sera maintenu à 11 % sur le capital de n2o millions de francs; les 4 millions d’actions nouvelles participant pour la première fois intégralement aux bénéfices.
- La Compagnie Internationale d’Electricité à
- Liège consacre encore cette année tout son bénéfice à des amortissements de divers postes de son actif. Il est inférieur à celui de l’exercice précédent et se chiffre par 489 285 fr. 91 pour un capital-actions de 6 277 000 francs : c’est <Ju 7 %, tandis que le bénéfice brut de 910 974 fr. 84 qui doit s’entendre alors par rapport à la masse des capitaux engagés qui est de 8 354 5oo francs, ressort à 10 % . Le Conseil, dans son rapport, attribue l’insuffisance des bénéfices à la crise de l’industrie en général pendant les derniers mois de l’exercice et à la diminution des bénéfices extraordinaires. La Compagnie Internationale possède en effet 1 340755 francs de titres en portefeuille dont 12 3oo actions privilégiées de « centrales électriques » dont, le dividende fixé à 7 fr. 60 par titre n’a été déclaré qu’après la clôture de l’exercice et dont le Conseil n’a pu faire état. De même, il a négligé les bénéfices que lui ont procurés la construction et l’exploitation de la Centrale de Liège mise en marche depuis avril dernier. La succursale de Londres a été supprimée, tandis que celle, dé Paris continuait à donner des résultats satisfaisants. Les immobilisations s’élèvent à 3 413 235 fr. 83, les travaux en cours k 1 852 124 fr. i5, les approvisionnements a 482 5a5 fr. *4 5 aux valeurs disponibles dont le chiffre est de 3 180 604 fr. 3i, on est un peu surpris de voir figurer pour 2 651 58g fr. 28 de débiteurs en comptes courants, supérieurs de 800 000 francs au chiffre des travaux en cours sur lesquels le Conseil ne s’explique pas ; la différence avec le premier chiffre représente les disponibilités immédiates qui ont comme contrepartie au passif 647 783 fr. 87 d’avances reçues pour ces travaux en cours, le poste des créditeurs divers figurant au total pour 2 226 123 fr. 46 ; la trésorie est en apparence facile, mais en réalité assez étroite, parce que le poste débiteurs doit comprendre des comptes à échéance fort éloignée.Du reste, le Conseil s’exprime ainsi à cet égard : « Vous constaterez que nos disponibilités immédiates ont sensiblement augmenté du fait de la réalisation d’une partie de notre portefeuille ; cette amélioration s’est encore accentuée depuis la clôture de l’exercice par une nouvelle réalisation de titres. Ces opérations nous ont permis de rembourser intégralement nos créditeurs privilégiés, tout en laissant à notre disposition une somme liquide importante. »
- Les capitalistes français s’étant intéressés dansune grande proportion aux entreprises électriques deRio-de-Janeiroet de Sao-Paulo, nous croyons intéressant de leur donner quelques renseignements sur les deux
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- Sociétés, en relations financières et administratives très étroites, qui sous le nom de « Rio-de-Janeiro Tramway, Light and Power Company » et de « Sao-Paulo Tramway, Light and Power Company » ont assumé la charge des services publics de ces grandes villes. A Sao-Paulo, l’augmentation des recettes d’une année à l’autre est de io % , passant de 10987689 francs à 11848786 francs. Le coefficient d’exploitation de 33,9 % en I9°7 devient 34,2 % en 1908; et les recettes nettes elles-mêmes passent de 7 a3o 624 francs 47792683 francs ; déduction faite du service des obligations qui absorbe 1 893 123 fr., il reste 6 899 45g francs de bénéfices nets, soit un rap-portden,7 % pour un capital action de 5o246ooofr. Comme chiffres d’utilisation, le rapport cite les suivants : nombre de lampes, 52 778 ; nombre de clients; éclairage, 4 207 ; nombre de clients pour la force motrice, 361 avec 661 moteurs représentant une puissance installée de 9 555 chevaux.
- Le report de l’année précédente ayant été de 3 402 734 francs, les bénéfices distribuables s’élevaient à 9 3o2 194 francs ainsi répartis :
- Trois dividendes trimestriels de 2 1/4 %
- et un de 2 1/2 %...................... 4 333 269,24
- Réserve pour renouvellement de matériel 1 554 000 Report à nouveau......................... 3 414 925,3o
- Une telle répartition ménage les intérêts futurs des actionnaires et laisse au conseil toutes les facilités pour augmenter ses installations.
- A Rio-de-Janeiro, la Société assure également les services du gaz et du téléphone. Les recettes totales ont passé d’un exercice à l’autre de 32 653 199 francs à 36 976 116 francs ; les recettes nettes ressortent à i4i43 65o francs et, déduction faite des charges obligataires, à 4 607 826 fr. 90. Le capital-actions étant pour ce cas de 129600000 francs, la situation apparaît moins brillante qu’à Sao-Paulo; mais ce n’est encore que le deuxième exercice d’une exploitation toujours en cours d’installation. La Société paraît ne pas devoir distribuer de dividende cette année, désirant conserver par devers, elle toutes ses disponibilités. La conception d’une compagnie assumant ainsi la charge de tous les services publics d’éclairage ou de transport de l’énergie sous quelque forme que ce soit ; surprend nos esprits trop habitués à la monopolisation par l’État de certains d’entre eux ; mais les résultats de l'exploitation les excitent vivement à désirer qu’il en fût ainsi dans notre pays de France.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des Chemins de fer de 1 Est vient de décider la commande de 4° voitures de 2mc classe et de 600 wagons couverts au prix de 2 63o francs l’un.
- Jura. — Une enquête d’utilité publique est ouverte dans le Jura concernant le tramway électrique qui reliera Morez à la frontière suisse, en passant par Saint-Georges.
- Haute-Vienne. — Le préfet a signé l'arrêté désignant les territoires traversés par les tramways et déterminant les conditions d’établissement de l’usine hydro-électrique sur la Vienne, à Eymoutiers.
- Charente-Inférieure. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement du tramway de Jonzac à Archiac.
- Indre-et-Loire. — La Compagnie des tramways de 'l'ours est autorisée à construire deux nouvelles lignes.
- Dordogne. — Une ligne de tramways est projetée entre Mareuil-Goûtes et Piegut-Bussière, par Nonlron.
- Alsace. -— La commission du Conseil muniçipal a définitivement adopté le projet d’un tramway électrique au Ballon d’Alsace ; il ne lui reste plus qu’à fixer la contribution de la ville à l’entreprise. Le projet serait mis en exécution dès l’année prochaine par une société française qui entreprendrait aussi, paraît-il, la construction de la ligne Barr-Odilienberg.
- Suisse. — On étudie le projet d’un nouveau chemin de fer électrique de 6oknl de long, qui relierait la ligne du Simplon aux vallées du Rhône et du Rhin. Le devis se monterait à 14 millions.
- Italie. — Une Société « La Société des Tramways de Palerme » vient de se fonder à Bruxelles, au capital de 5 millions de francs ; elle a pour objet l’exploitation, par traction électrique à trolley, d’un réseau de tramways de 3ik,n de longueur, destiné à relier la ville de Palerme et ses faubourgs à Mondello, distant de iokm Cette Société fournira également l’éclairage et la force motrice à Palerme et aux environs.
- Un tramway électrique est projeté entre Anzio et Nel-tuno.
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- Une demande de concession a élé adressée au ministère des travaux publics pour l’établissement d’un tramway électrique, de Rome à Carroceto et Albano-Nemi et pour l’électrification des lignes : Rome-Albano et Carroceto-Anzio.
- Allemagne. — La Rhenische-Westfalische Eleklri-citâts-Werke, d’Essen, étudiele projet d’un tramway électrique entre Opladen et Langenfeld.
- Cette Société a obtenu du gouvernement provincial de Solingen la concession de la construction et de l’exploitation, pendant60 années, d’un réseau de 5 lignes de tramways électriques à voie normale reliant diverses localités situées dans le district. Celui-ci accorde à cet effet à la Société une subvention de i i5o ooo marks. Après les vingt premières années le district est en droit de participer pour moitié dans les bénéfices. Après 4o ans le district pourra repre ndre pour son compte l’exploitation du réseau, sous réserve de certaines indemnités envers la Société. Celle-ci conservera, toutefois, la fourniture du courant pendant les soixante années delà conces sion.
- Le Conseil des ministres a décidé que l’Etat ne se chargerait pas des travaux du chemin de fer électrique projeté dans la province Rhénane. Il est probable que la concession sera donnée à une Compagnie privée en participation avec les villes de Cologne et de Dusseldorf.
- Russie. — Le groupe composé de la Société générale d’Electricité de Berlin, de la Société Siemens et Halske et la Société anglaise Westinghouse, et appuyé financièrement par la Deutsche Bank et la Société Générale belge,' va prochainement reprendre ses négociations avec la ville de Saint-Pétersbourg au sujet de l’acquisition, par ce syndicat, du tramway et des usines d’électricité de la ville. Le prix d’achat serait de 20 millions de roubles, plus une participation aux bénéfices. Outre cela, le syndicat s’engagerait à consacrer 3o millions de roubles au travaux d’agrandissemenldes entreprises.
- Des négociations sont engagées depuis quelque temps entre le gouvernement et un syndicat belge pour le rachat par ce dernier des trois lignes ferrées de Wo-logda-Arckangel, Wiatka-Kotlas et Urotsch-Wologda. Le prix serait de 87 millions de roubles, y compris le matériel roulant, ou de 64800000 roubles sans celui-ci.
- Rkpuhlique-Argentine. — Le Conseil municipal de Sauta-Fé demande des concessionnaires pour l’électri-, fication de son réseau de tramways.
- Chili. — Le gouvernement a décidé d’électrifier plusieurs lignes de chemins de fer d’une longueur de 1 i5oltm; i84km vont être adaptés immédiatement à la traction électrique.
- Autriche-Hongrie. — La maison Ganz et Cie a reçu du ministre de l’Intérieur l’ordre de construction d’un tramway électrique entre Presbourg (Hongrie) et la frontière autrichienne ; il doit être livré à l’exploitation à la fin de 1910.
- La question de l’électrifieation des tramways de Vienne sera reprise dans le courant du mois prochain. L’Union-bank, qui est le banquier de la commission municipale des voies et communications, sera assurément intéressée dans cette entreprise.
- Turquie. — La Chambre a approuvé le projet de loi concernant la concession du chemin de fer de Sivas à Mossul, d’une longueur de 2 oookm ; la concession serait accordée à une compagnie américaine qui se réserverait le droit d'exploiter les mines se trouvant sur le parcours de la ligne dans une zone de 10 kilomètres.
- On annonce la prochaine création, sous les auspices de la Deutsche Bank, d’une société d’entreprises élec triques, au capital de 12 millions de francs, qui s’occuperait spécialement de la construction de voies ferrées électriques à Constantinople et dans les environs.
- ÉCLAIRAGE
- Loire. — La municipalité de Saint-Romain-le-Puy s’est entendue définitivement avec la compagnie chargée de l’établissement de l’éclairage électrique dans la commune .
- Calvados.— Le Conseil municipal de Dozulé a adopté le projet d’éclairage électrique présenté par M. Fortin.
- La demande de M. Ferré tendant à obtenir la concession d’un réseau de distribution d’énergie électrique pour l’éclairage de Lisieux et des environs, est soumise à une enquête.
- Orne. — Le projet concernant l’éclairage électrique de Bagnoles et de la Ferté-Macé vient d’être remis à l’étude avec l’obligation pour les concessionnaires d’assurer l’exploitation pour le ier juin 1910.
- Le Conseil municipal de Couterne a accordé à MM. Bruneau et Leudière la concession de l’éclairage électrique pour une durée de quarante ans ; les concessionnaires vont utiliser les chutes d’eau de la Mayenne et se proposent de fournir aussi l’éclairage aux communes environnantes.
- Haute-Vienne. — Une enquête est ouverte à la mairie de Dun-le-Palleteau au sujet d’un projet d’installation de l’éclairage électrique.
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- 28 août 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Cher. — Le maire de Bourges vient de déposer le cahier des charges en vue de la mise en adjudication de l’éclairage électrique et de la force motrice à Bourges.
- Ille-et-Vilaine. — Le Conseil municipal de Paramé a décidé de faire procéder à de nouvelles installations d’éclairage électrique.
- Seine-et-Marne. — Le Conseil municipal de Châtelet-en-Brie a approuvé l’enquête relative à l’établissement de l’éclairage électrique dans la commune.
- Cantal. — Une société vient d’être fondée à Arpajon dans le but d’établir l’éclairage électrique dans la commune.
- Italie. — Une Société ayant pour titre « Societa di Elettricita di Abbiategrasso e Limitroû » vient d’être fondée à Milan, au capital de 200 000 lires, dans le but de fournir l’éclairage et la force motrice à Abbiategrasso et aux environs.
- La municipalité de Naples se propose d’établir sur la rivière Volturno deux stations hydro-électriques pour l’éclairage et la force motrice nécessaires à la ville 5 elle espère obtenir une puissance de 25 000 chevaux.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- France. — La commission de Télégraphie sans fil, présidée par M. H. Poincaré, a décidé qu’aucun poste radiotélégraphique ne pourrait être installé sur le territoire français et sur les navires français sans l’autorisation de l’État. Une pénalité d’un mois à un an de prison et une amende de i 000 à 20 000 francs seraient infligées à tout contrevenant. Des mesures très rigoureuses seraient aussi prises contre les personnes divulguant les messages radiotélégraphiques et radiotéléphoniques.
- République Argentine. — Le gouvernement a décidé l’établissement de stations de télégraphie sans fil entre Buenos-Ayres et Ushuaia ; elles devront fonctionner au mois de mai 1910. Un crédit de 37a 000 francs a été voté à cette intention.
- Australie. — Le gouvernement a prévu, dans le budget de 1910, un crédit pour 3 stations radiotélégraphiques.
- Russie. — Le ministère de la guerre a procédé à des essais de communications radiotélégraphiques entre Saint-Pétersbourg et Sébastopol, distant de 3 oookin environ ; les résultats ont été très satisfaisants.-
- DIVERS
- Italie. — L’Exposition internationale de Turin qui aura lieu d’avril à octobre 1911 comprendra un groupe d’électricité divisé en 7 classes : génération et transformation, transport de force, éclairage, télégraphie et téléphonie, électrochimie, instruments de mesure et divers.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société d’Electricité de la Marche et du Limousin. — Durée : 60 ans. — Capital : i3o 000 francs. — Siège social : 364, rue Lecourbe, Paris.
- Schussel, Guy et Dumartheray (éclairage électrique). — Durée : 35 ans. — Capital : 3o 000 francs. — Siège social : Collonges-sous-Salève (Haute-Loire).
- Omnium d'installations électriques. — Durée 99 ans. — Capital : 5o 000 francs. — Siège social : 12, rue Logel-bach, Paris. y
- Société d’électricité de Saint-Germain-en-Laye. — Durée : 99 ans. — Capital : 1 100 000 francs. — Siège social : 73, boulevard Ilaussmann, Paris.
- Caillard et D’Hanens (accumulateurs électriques). — Durée : 20 ans. — Capital : 70 000 francs. — Siège social : 7, rue de Courcelles, Levallois.
- Société Charentaise d'électricité et de distribution d'énergie. — Durée : 99 ans. — Capital : 2 5oo 000 francs. — Siège social : 48, cours National, Saintes (Charente).
- Compagnie des tramways électriques de la Côte d’Azur. — Durée : 63 ans. — Capital : 2 000 000 de francs. — Siège social : 4a, rue d’Antibes, Cannes (Alpes-Maritimes).
- J
- Société française d’électricité de l’Argonne. — Durée : 3o ans. — Capital : n5 000 francs. — Siège social : Chêtel-Chéhéry (Ardennes).
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société française des Pompes Worthington. — Le 18 septembre, 44. rue Lafayette, à Paris.
- Société générale de tramways et d’applications d’électricité.
- — Le 14 septembre, à Liège.
- Société centrale d'électricité du Brabant. — Le 7 septembre, 5 Bruxelles.
- Société des Hauts Fourneaux et Fonderies du Val d'Osne.
- — Le 2g septembre, 58, boulevard'Voltaire, à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2° Sérié). — N° 35.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le io septembre, à 2 heures, à la Préfecture du Mans (Sarthe), construction d’un nouveau réseau de chemins de fer d’intérêt local à voie étroite; ier lot, ligne de La Ferté-Bernard à Montniirail, 3/Jo 000 francs; 2* lot, ligne du Grand-Lucé à Saint-Calais, 255 000 francs. Renseignements à la Préfecture (2e Division).
- BELGIQUE
- Le 8 septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, rue de la Science, 14> à Bruxelles fourniture et installation de câbles souterrains pour courant continu, destinés à l’alimentation, des lignes de Bruxelles à Dilbeek, de la place Rouppe à la Roue, etc. Soumissions le 7 septembre.
- ALLEMAGNE
- Le 9 septembre, à la Grossh. Kreisbauinspektion, à Offenbach-sur-Mein, fourniture de deux moteurs à gaz et deux pompes pour les travaux hydrauliques de Langen.
- Le 16 septembre, aux chemins de fer de l’Etat prussien à Francfort-sur-Mein, fourniture de 2 grues roulantes de 20 tonnes et 1 de 5 tonnes actionnées électriquement et 2 id. de 2 t. 5o mues à la main ou électriquement.
- Prochainement, à l’administration communale à Hep-penheim a. d. Bergstrasse, extension des installations électriques, 75 000 marks.
- Prochainement, à l’administration communale, à liate-beul, extension des installations électriques, 3oo 000 marks.
- ITALIE
- Le septembre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Home, construction des lignes ci-après du réseau complémentaire de Sicile : i° Cianciana-Bivio Greci, 1 885 000 lires ; 20 Menii-Capo San Marco, 992 000
- lires.
- ESPAGNE
- Le 20 octobre, à 11 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, adjudication de la concession du chemin de fer, avec garantie d’intérêt de l'Etat, de Palencia à Villalon; caut. : 5g 748-17 pesetas.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 6 septembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Villach, fourniture de machines-outils et installations mécaniques pour l’atelier.
- SERBIE
- Le 14 septembre, aux chemins de fer de l’Etat serbe h. Belgrade, fourniture du matériel électrique pour la nouvelle installation des mines de Sègme : appareil d’extraction, pompes centrifuges, conducteurs de courant électrique et appareils à signaux.
- BRÉSIL
- Le 5 octobre, à la municipalité à Corumba (Matto-Grosso), établissement de l’éclairage électrique à Corumba.
- TRANSVAAL
- Le 3o septembre, à la Direction du service municipal d’énergie électrique de Cape.Town, fourniture de moteurs électriques et tableaux de distribution.
- Cahier des charges (texte anglais) à l’Office national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris.
- ANGLETERRE
- Le 14 septembre, au Counly Council, à Londres, S. W., fourniture et pose de 6 1/2 milles anglais câbles électriques, 16 milles id. télégraphiques et 5o poteaux en fer pour tramways électriques.
- AUSTRALIE
- Le 6 octobre, à M, le deputy postmaster général à Sydney, fourniture de matériel téléphonique.
- PtBIR. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tr«dte-et-Unième année. SAMEDI 4 SEPTEMBRE 1909. Tome VII (2* série).— N* 36.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Directeur : A. BEGQ.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — A. Blondel. Sur quelques procédés pratiques pour le calcul rapide des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs [fin), p. 291. — De Pimio. Sur les circuits non uniformes (fin), p. 295.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Les travaux de la Physikal.-Tccli-nischen Reichsanstalt en 1908, p. 299. •— Sur la relation qui existe dans les circuits comprenant un condensateur entre l’amortissement, la nature des électrodes et celle du diélectrique, W. Zorn, p. 3oi. — Conductibilité électrique des fils soumis à une traction, J. Sahui.ka, p. 3oi. — Etude, construction et essais de machines. — Les iurbo-générateurs à courant continu, E. Zif.iil, p. 3oi. — Le convertisseur automatique C. M. B., J. C. Macfar-lane et H. Burge, p. 3o5.— Sur la réaction d’induit, G. Kapp, p. 307. — Sur le coeUicienl de dispersion d’un transformateur à enroulement en disque et à bobines sectionnées, W. Rogowski, p. 3o8. — Traction. Locomotive à courant continu du tunnel de Detroit-River, p. 3og. — Applications mécaniques.Plaque tournante à commande électrique, p. 3og. — Presses rotatives il commande électrique, p. 3io. — L’extraction électrique dans l’industrie chimique minérale, Philippi, p. 3io. — Electrochimie. La soupape électrolytique; influence de la température, G. Athanasiadis,'p. 3io. — Le dégagement calorifique aux électrodes des fours électriques, C. A. Hansen, p. 310. — Bibliographie, p. 3i 1. — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitations.— Eclairage. Comparaison au point de vue économique des différentes sources de lumière électrique, p. 3i2.-Conditions techniques pour la livraison des lampes à incandescence de l’Union des centrales suisses d’électricité, p. 3i5. — Chronique financière, p. 317. —Renseignements commerciaux, p. 319. —Adjudications, p. 320.
- ÉDITORIAL
- M. Blondel, après avoir exposé le principe de sa méthode graphique pour le calcul rapide des lignes de transport d'énergie à courants alternatifs, l’avait appliquée dans la première partie de son travail au cas de lignes de transmission aboutissant à un centre de distribution. Dans ce cas, la tension à l’arrivée est fixée d’avance,et il s’agit de calculer la tension au départ correspondante.
- Aujourd’hui, l’auteur étudie le cas inverse, c’est-à-dire celui où c’est la tension au départ qui est donnée, et où l’on cherche à déterminer la'tension à l’arrivée.
- M. Blondel emploie un abaque fixe à cour-
- bes logarithmiques et un abaque mobile très simple, qui est en quelque sorte réciproque de celui qui correspondait au premier cas. L’usage en est le même, et ici encore, tous les calculs sont supprimés : il n’y a qu’à exécuter les graphiques indiqués, à faire les lectures, et, au besoin, à interpoler.
- M. Blondel termine par quelques remarques sur les courbes d’égal ampère-kilomè-tragequi constituent son abaque fixe. Il montre comment il est facile de le modifier suivant l’écartement des fils de la transmission considérée.
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- ? LA LUMIÈRE
- Nous publions également la fin de l’étude, deM. de Pirro sur les circuits non uniformes.
- L’auteur achève d’énumérer les cas particuliers, intéressants pour la pratique, qui permettent d’apporter de grandes simplifications dans l'es formules, nécessairement un peu pesantes, qu’il a établies pour traiter le problème dans sa généralité. En passant, une application en est faite aux circuits téléphoniques, puis l’auteur tire brièvement les conclusions qui se dégagent de son étude, il déclare à juste titre que tous les cas, si compliqués soient-ils, peuvent être étudiés par les procédés analytiques qu’il a indiqués, et souhaite enfin qu’une étude appi’ofondie et méthodique soit faite des lignes aériennes, et notamment des lignes téléphoniques; on arriverait ainsi à une codification des constantes des appareils et des lignes, à une « standardisation » qui est éminemment désirable.
- Indépendamment de l’intérêt de tels ou tels résultats, mis en évidence, il n’fest pas indifférent d’avoir une idée d’ensemble sur les recherches auxquelles peut se livrer, dans un domaine déterminé, un laboratoire aussi puissamment organisé que la Phys. Technis-che Reichsanstali.
- C’est pourquoi nous exposons les principales expériences ou séries d’expériences qui ont été exécutées l’année dernière et qui ont trait à l’électricité,
- M. Zorn a fixé, par une étude expérimentale, quelques points intéressants relatifs à Vamortissement des circuits comprenant un condensateur, et notamment l’influence du changement des électrodes.
- Une question d’une notable importance industrielle a été tranchée par M. Sahulka : celle de la conductibilité électrique des fils
- ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série),36d
- Soumis à une traction ; on verra que le résultat, assez inattendu, a été obtenu par lès procédés les plus directs, et, par conséquent, . les plus dignes de foi. !’
- Plusieurs articles très importants relatifs à la construction des machines électriques et à leur théorie ont paru jécemment dans la presse scientifique étrangère; nous en avons extrait aujourd’hui, en premier lieu, un travail d’ensemble de M. Ziehl sur les turbo-générateurs à courant continu, où se trouvent des diagrammes et des tableaux fort documentés.
- Nous décrivons ensuite, d’après ses inventeurs, le convertisseur automatique C.M. B. dont le principe est particulièrement ingénieux, et qui semble appelé à un grand avenir industriel.
- M. Kapp donne ensuite une nouvelle méthode d’analyse expérimentale de la réaction d'induit-, qui fait dignement suite aux travaux de Potier, de Blondel, de Fischer Hinnen, de Behn Eschenburg et de Rothert.
- Enfin, M. Rogowski a pu, en basant son calcul sur les équations de Maxwell, donner des résultats très neufs sur le coefficient de dispersion des transformateurs.
- D’autres articles concernent les applications récentes du courant continu aux locomotives et un modèle original de plaque tournante commandée électriquement. • -
- Dans le domaine électrochimique, nous citons enfin une étude de M. G. Athanasiadis sur la polarisation de la soupape électrolytique,, et, de M. Hansen, des considérations d’ordre très pratique sur le dégagement calorifique aux électrodes des fours électriques.
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- SUR QUELQUES PROCÉDÉS PRATIQUES POUR LE CALCUL RAPIDE DES LIGNES'DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS {Fin) (*)
- Deuxième cas. —• Lignes rayonnantes à partir d'un centre de distribution.— L’abaque mobile se construit suivant la figure a ; la seule différence avec le précédent est que les cercles ne sont plus concentriques, mais parallèles et tous construits avec un même
- seau de cercles de So en So volts, on garde le rayon M,0 égal à 5 ooo volts à l’échelle des volts et on déplace le centre de 5o en 5o volts vers la droite. Le premier cercle sera numéroté 5.ooo volts, et le cercle suivant à droite 4 960, puis le suivant 4 900» etc.
- J.-lCm ,1.0.9S Cm J, 0,90 Cm J. 0,85 Cm. <i.A80c,n J. p 75 Cnl
- -.Exemple d’abaque fixe (D = on>,70 ; w =^14) ; réduit à une faible fraction de l’original par la photographie.
- rayon égal à la tension U0 au départ. En outre, la graduation se fait par échelons décroissants au lieu d’échelons croissants. Par exemple, si l’on a S ooo volts de tension de distribution et qu’on veuille tracer un ré-
- A part cette différence, l’abaque mobile s’emploie exactement de la même manière que le précédent, c’est-à-dire en plaçant le pôle en coïncidence avec celui de l’abaque fixe et en faisant tourner l’axe G' X'0—sinis-trorsum d’un angle égal au décalage des courants prévu. Tout point de l’abaque fixe
- (i) La Lumière Electrique, 28 août 1909, p. 25g.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — N° 36.
- qui correspond à un certain diamètre et un certain nombre d’ampères-kilomètres se trouve ainsi correspondre en même temps à une certaine chute de tension lue sur l’abaque mobile, ou inversement.
- Cette méthode, comme on le voit, est extrêmement simple. Il convient d’ajouter qu’un même abaque fixe reste utilisable pour des tensions de distribution variées et que, si on change celles-ci, il n’y a qu’à refaire
- ser immédiatement l’abaque dont on a besoin pour n’importe quel réseau. Dans le cas où les câbles présentent de ,1a capacité notable, il est facile d’ajouter ensuite la correction de capacité, qu’on exposera plus tard, pour voir dans quelles limites elle peut faire varier la perte de tension prévue d’abord sans capacité; si la correction qui en résulte est notable, on peut recalculer le diamètre du câble en modifiant d’autant la chute
- Fig. 4.— Exemple d’abaque mobile de deuxième espèce (tension constante au départ: 120 volts).
- les abaques mobiles, travail tout ce qu’il y a de plus facile, puisqu’il consiste dans un simple tracé de cercles. L’abaque fixe doit être modifié seulement si l’on change la fréquence des courants ou l’écartement des fils; encore laut-il noter qu’un changement de l’écartement des fils exige simplement, comme on le verra plus loin, une translation verticale des lignes d’ampère-kilomètrage, mais non un calcul nouveau.
- Dans tous les cas, il sulfit d’un très faible outillage et de très peu de calculs pour réali-
- de tension primitivement admise ; on arrive ainsi par un ou deux tâtonnements à une valeur très suffisamment exacte.
- A titre d’exemple, je donne ici l’abaque fixe calculé pour des conducteurs distants de om,7<) avec la fréquence 5o (').
- On a alors
- Y
- 3i4,i5
- in4
- .rl
- [7,2809—2,3o2 5 lov.a:'I-j-2,3o251ov.X]. (*)
- r
- (*) Cet exemple numérique a été établi avec le concours do M. Queunié, Assistant à mon laboratoire en 1908.
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- Le faisceau de droites rayonnantes de l’origine a été tracé (fîg. 3) pour les conducteurs de diamètres variant, par millimètre, depuis io'i'm jusqu’à 4mra. Les courbes (Y, X) ont été tracées pour des valeurs (x I) variant, par unité, depuis o jusqu’à 88 ampères-kilomètres.
- Deux abaques mobiles de seconde espèce (tension au départ constante) ont été tracés (fxg. 4 et S) avec V0= iao volts et V0=aao volts.
- concordance avec l’axe OX de la figure 3.
- Soit par exemple à déterminer quelle puissance utile sous cos © = o,85 on peut faire passer dans un fil de ocm,45 et de ilu" de longueur, sans que la tension étoilée, de i ao volts à l’origine, tombe au-dessous de ioo volts. Nous plaçons l’axe cos <p = o,85 sur ox, et nous prenons l’intersection du cercle ioo avec la droite d = ocm,45; ce point se trouve à égale distance entre les logarithmiques
- X«
- Fig. 5. — Exemple d’abacpie mobile de deuxième espèce (tension constante au départ : a5o volts).
- Pour en réduire les dimensions, le graveur a supprimé toute la partie (la plus utile) des cercles, située au-dessus de l’axe OX; les lecteurs qui voudront en faire un calque devront donc continuer ces cercles dans tout le quadrant supérieur non représenté. Les positions à donner à l’abaque suivant le décalage sont représentées par les axes correspondant à des cos <p de i ; 0,9a ; o,go ; o,8ü ; 0,80; 0,75; l’axe choisi doit être placé en
- 17 et 18, soit environ sur la logarithmique 17,5. On en déduit aussitôt la puissance transportée par fil.
- 17,5
- P = o,85---- 100 = 1487,5 watts
- Remarques sur les logarithmiques de l'abaque.
- I. —-Il est facile de voir que les courbes
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- d’égal kilomètre-ampérage qui caractérisent essentiellement ma méthode sont de simples logarithmiques. En effet, le coefficient de self-induction peut s’écrire, comme on l’a rappelé plus haut, pour les lignes triphasées :
- L = o,5oo -j- 4,6o5 (lôv. D — lov. a). (G.G.S.),
- en appelant a le rayon du conducteur et D la distance entre les axes des fils, mesurés tous dèux en centimètres, et en représentant, suivant la notation de Vassal, les logarithmes vulgaires par le symbole lov. Si l’on préfère exprimer le tout en fonction du diamètre du conducteur d — ia,
- L = o,5 -)- 4,6o5 (lov. 2 -f- lov. D — lov. d).
- Les ordonnées de la courbe peuvent donc s’écrire :
- Y = wa;I [i,887 -)- 4,6o5 (lov. D — lov. d]\ (G.G.S.).
- D’autre part, les abscisses, qui sont proportionnelles aux chutes de tension dues à la résistance, ont pour expression
- ç>cc\ 4 p -T I
- s %d2 ’
- d’où
- lov. X = lov. ---2 lov.G?.
- 7C '
- Si l’on élimine lov. d d’entre les expressions de X et de Y, il vient simplement
- Y = «.ri !" 1,887 -j- 2,3o25 (2 lov.D — lov. ——
- L tc
- -f- lov. X)] (G.G. S.)
- 1,887-)-2,3o25 (2I0V.D—lov. 4—lov.p
- -f- lov.ir — 2,3o25 lov. (g?I) -f- 2,3o251ov. X] (henrys par km.)
- qui est de la forme.
- Y = 1 * f B 4- 4,6o5 lov. D — 2,3o25 lov. (#1)
- 10 L
- -(- 2,3o25 lov. X]
- (1) Des copies vraie grandeur de l’original pourront être fournies aux lecteurs qui en feront la demande.
- OU
- Y =----— j^A — 2,3o25 lov. (æ’I) -f- 2,3ol5 loVv X.J
- (henrys par km),
- en posant
- A =r B -f- 4y6o5 lov. D.
- La constante B, calculée pour lé cuivre, dè résistivité
- ohms km
- n — in /. ______i.
- a pour valeur
- B = — 1,2107.
- Pour l’aluminium, avec
- ohms km
- P = 80,8-------—,
- mm2
- elle est
- B' = — 1,7754..
- On voit que pour chaque valeur constante du produit (#1), le seul terme variable du second membre est lov. X ; donc la courbe est une logarithmique déplacée parallèlement à l’axe O Y d’une certaine hauteur, variable suivant æl et D. Cette formule permet de la construire en coordonnées rectangulaires, en effectuant simplement les calculs si l’on aime mieux opérer ainsi que de joindre des points équidistants détei'minés sur les différentes lignes rayonnantes, comme on l’a expliqué plus haut.
- IL — Le changement d’écartement D entre fils modifie seulement un terme constant dans la parenthèse et entraîne, par suite, une simple translation de chaque logarithmique, parallèlement à l’axe des Y.
- Par exemple, le changement de D ou D' entraîne, pour la logarithmique (x\), une translation, dans le sens des Y croissants, égale à
- h — w(a;I) X 4,6o5 (lov. D' — lov. D); car, pour toute abscisse X, les auti’es termes
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- de la parenthèse sont constants, (ad) étant constant.
- Si done on a établi l’abaque fixe pour un écartement quelconque D, on peut, par un simple travail de calquage, en déduire l’abaque pour un D' quelconque.
- On remarquera que le déplacement h des logarithmes croît proportionnellement à leur numéro d’ordre (a;I).
- III. — Les longueurs comptées sur les lignes OQ représentent les chutes par impédance zxl, proportionnelles aux longueurs et aux intensités. Le même abaque peut donc servir pour des intensités et des longueurs quelconques, en modifiant simplement l’échelle des volts.
- Par exemple, la logarithmique de io ampères-kilomètres peut servir de courbe de ioo ampères-kilomètres en prenant simplement une échelle des volts dix fois plus petite,
- et par suite en réduisant dans le rapport —
- io
- les rayons des cercles d’égale chute de tension; l’abaque mobile esta refaire en conséquence et rien n’est plus simple.
- Un seul abaque fixe peut donc suffire pour tous usages relatifs à des conducteurs d’écartement donné. Or l’écartement est toujours fixé a priori par les conditions de construction mécanique des lignes et d’isolation entre conducteurs (*). On peüt donc toujours con-
- struire à coup sur un abaque convenable pour le réseau qu’on veut établir et, une fois cet abaque construit, aucun calcul n’est nécessaire et tous les problèmes se résolvent par simple lecture, grâce aux réseaux complets de logarithmiques et de cercles des abaques ; c’est le but cherché.
- A. Blondet,.
- gant correspondant au cas particulier xJ ~i; c’est-à-dire qu’il emploie les mêmes logarithmiques, mais réduites A une seule pour uq écartement donné; il trace dans ces conditions autant de logarithmiques qu’il envisage d'écartements possibles des fils D, D', D", etc. Cette forme d’abaque paraît avantageuse pour un premier calcul, où Von ignorerait encore la distance qu'on adoptera entre fils. Par contre, elle exige qu’on évalue par un calcul préalable les chutes de voltage, non pas en valeurs absolues (volts), mais en valeurs relatives (volts par kilomètre par ampère); en outre, le réseau de cercles de l’abaque mobile du second type (fig. 2 ci-dessus) ne peut plus être tracé, dans ce cas, avec un rayon constant
- Uq, mais exige un rayon variable suivant la charge
- Ho-,
- X I ’
- de même, si 1’abaque mobile est du premier type (fig. 1),
- . Un -j- Au
- le rayon devrait être -------j— .
- Poilr éviter cette difficulté, M. Herdt remplace les cercles par leurs tangentes et obtient ainsi une approximation, variable avec cos ç.
- Les considérations exposées ci-dessus (Remarques I, II, III) expliquent comment, dans le diagramme Herdt, les logarithmiques (,rl = 1) correspondant à une même fréquence et à des écartements D différents sont parallèles ; pour passer de D à D'ie déplacement est, d’après une formule précédente (en y faisant xl = 1),
- (<) M. Herdt, dans un très intéressant article paru dans cette Revue, le 27 mars dernier, a décrit un abaque élé-
- /(' = 4,6o5 (lov. D' — lov. D) a>.
- (Note de l’auteur, en date du 10 août 1909.)
- SUR LES CIRCUITS NON UNIFORMES (Finf]
- 2e cas. — Tous les tronçons ont les mêmes constantes, mais ils sont séparés par les impédances qui sont supposées toutes égales.
- (’) La Lumière Electrique, 21 et 28 août 1909, p. 227
- et 264.
- On a donc
- m, = ms =
- y ___y ___
- 4 1 — Si — •
- , = nis =
- Zs = X!s =
- . . Z„ = Z .... — m„ — m
- .... = c» = U
- •fis = O.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2» Série). N°36.
- Des (I) on déduit
- '12 — “23
- a (s + ï)
- I3, —
- — %n}n—1
- Pl2 ---- fiia —-•••• fill—l,H -
- p21 --- Pa2 —
- :— i-Dt,R—1
- 2 (Z — Cl
- * C
- — aï
- fl")
- Si les extrémités sont en court-circuit — Ç',t = o et pour cela
- «00 — Poo *>//( — Pnri == 1 •
- Dans cette hypothèse, on a pour n = i i-p = z, D = zi (al2 emil,+mili -f- p12 e"" 6—>»«**
- — a21 e—m'l'~nu-1- — p21
- 3° cas. —Tous les tronçons ont, comme dans le cas précédent, les mêmes constantes, mais ils sont séparés par les admittances, vp, qui sont supposées toutes égales.
- On a alors :
- mi = >n2 = ... . = nu = m„ — ni
- q. = ï2 = c2 =.. q=Vs = '.....= c„ = »
- ra '<\i. — • • • — — • —
- Par conséquent on tire des équations (I)
- *i2 == ai3= .... — a«_i,„ .•= a -(- ’çs
- a2i :=^ Otaa ==: * • --- &n,n—1 I
- P12 — P23 — • • • • ” 1 — — Tiz |
- fi-21 — P32 — • • • • = fill—l,11 — + '/}3.
- mules (6) et (7). Nous vérifierons que, quoique la constante totale d’amortissement soit la même, les impédances de ces circuits peuvent présenter des différences sensibles.
- icr Lacet téléphonique de fil de bronze de 5mm de diamètre et de 1 5ookm de longueur. Soientparkilomètrc dédoublé fil Ri = 1 92 ohms.
- Li ~ 22.io-; henry; K, = io-6 mho;
- C, = 9.10-6 farad, les constantes de ce circuit Pour une pulsation p — G 000, on en déduit
- R, -j- ipLi — 13,33 e*81’”2'’;
- K| -f- ip Ci -= 54 X io~'8 e''88.#4-
- Zi — 497 e—'3’01”;
- nii — 10—3 X *6,8 e,85<33° = 10—3 (2,184-/26,7).
- En appelant |5, la constante d’amortissement, a, la constante de la longueür d’onde, on a
- @1 = 10—3X *,’8;
- *i = 10-3 X *6,7
- PiA = [h X i5oo = 3,27 ; *
- /, — a, X i5oo — 40,o5 = i36°,17 -j- i2tc.
- Calculons maintenant avec la formule (8) l’impédance p. Dans ce but rappelons que la trigonométrie hyperbolique donne les formules
- sinli (.r 4- ip) — sinh x cosy -f- /cosh x sin?/
- V*
- eps haj? — cos a y
- eli.
- (!*).
- cos h (x -j- iy) cos h x cos y -j- / sinh x sin?/
- cos h ix 4- cos 2 y
- e'3*.
- Si en outre Ç, = — o, on a
- *00 — Poo — *11/1 — finn— 1 •
- Dans le cas particulier de n == 2, on pourra appliquer, pour le calcul de l’impédance, la formule (11), dans laquelle a)2, aSl, p12, pai sont données par les équations (I"').
- £ 5. Applications aux circuits téléphoniques.
- Faisons quelques applications des formules déduites dans le paragraphe 4 aux circuits téléphoniques, en supposant, pour plus de simplicité, que leurs extrémités soient mises en court-circuit.
- Considérons différents circuits, ayant tous la même constante totale d’atténuation, dans le but de chercher l’impédance définie par les for-
- où <p et sont données par les formules
- tangtp = --—tang<]/ = tan g y tangh x. (12")
- Dans notre cas nous avons x — 2(3, /, = 6,54 ; y = 2 a, /, = 272,34° 4- 24 tu.
- Dans les tables des fonctions hyperboliques et circulaires on trouve
- cos h 2(3, /1=.34G,14 ; cos 2 a, /, =0,04 ; <p=—48,91° d’où
- sinh/72! h — sinh (p, /, -j- / clL lt) = i3,i5 e-»43,oi p = Zjsinhw, /, = 497 e~ i3iei° X i3,i5 î43>91°
- — 6333 e—ui’sic‘.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- L’impédance [p] définie comme le rapport entre les amplitudes de la force électromotricc initiale e du courant final est donc
- [oj — 6535 ohms,
- tandis cjue la résistance ohmique est de 2 88o ohms.
- 2me Lacet téléphonique formé avec 6km d’une couple de câble urbain et avec i 2/|8km de lignes aériennes en bronze de 5u“r'.
- Supposons que les conducteurs des câbles aient un diamètre de oII,m,8 et que les constantes d’une couple de câbles soient
- R, = 74 ohms; L, = 8,io~4 Henry;
- Kj = io~6 mho; Ct = Farad, par km.
- Si l’on affecte les constantes du câble de l’indice i et celles de la ligne aérienne de l’indice 2, on a :
- 3° Dans le circuit du cas précédent, les 0kin de câble sont distribués 3 au commencement et 3 à la fin.
- Nous employons la formule (io), qui dans notre cas, pour lequel s, = s.,; /«, — 4 = 4, se
- réduit à
- p — a z, sinli /«, 4 cosh/«l 4 cos h m2
- + "•,> cos h2 ni t 4 sinhî)i2/2“l—- sinhq/Mj4 sinh/»24-
- Or on a
- zi — 556 e-'«,02";
- "h = io-3 (91,4 -f «97,2); 4 — 3 km ;
- sinlinii 4 =o,387ie'46>13*; cos h m t 4 = ei4>30"; 2s1sinh/n,4 cos h/«t 4 cos z± cos h2 nti 4 sinl s 2
- — sinsh /;«i 4 sin
- Z-2 = 497 » 3,01“
- ni2— ro—13(2,18+/ 26,7) 4 = 1248 km sin h m2 4 — 7,61 ei3‘2’97" cos h m2 4 = 7,59 e’32,4»"
- m , 4 — 1626 -f- i 2841 m± 4 = 2006 -f- i 3206
- 1112 4 — 317 —|— i 63a.
- Zi = 556
- mi — io-3 (91,4+«97,2) 4=6 km.
- Pi 4 — 0,5484 «1 4 = 31,44°
- 2(4 4 = 1,0968 2», 4 = 62,88°
- z-2 = 497 e~«3,ni”
- /;«3= ro—3 (2, t8 + i 26,7) 4= 1248 km.
- (44 = 2,7216
- 0t2 4 - 52,7!° -|— I O TC
- 2 (4 4 — 5,4432
- 2*.j 4 — Io5,46° + 20TC.
- On voit que la constante totale d’amortissement est la même que celle du circuit précédent.
- Appliquons pour calculer l’impédance la formule (9) :
- 2p=(zi+z2)sinh(/«i 4+»îâ4)+-i—^2) sin h (/H [ 4—«««a 4).
- On trouve
- Zi + z2 = 991 e-"24-46". z 1 — z2 = 359 e1'75-57",
- et, en vertu des formules (12) et (12"),
- sin h (mL 4 + /«a 4) = 13,17e'84’1»" sinh (/«! 4 — m2 4) = 4,35 e'-1-73",
- d’où
- 2p = 991 X 13,17 e' 3»>73” + 359 X 4,35 e'07»33.
- En réduisant chaque terme à la forme a + ib, en faisant la somme et en revenant après à la forme exponentielle, on a enfin
- p = 3189 + i6 410 = 7160 e'63’35"
- On obtient enfin
- p = 3950 + «6682 = 7760 e'59’41".
- On peut observer que, quoique les trois circuits considérés aient la meme constante d’atténuation, ils 11’ont pas la même impédance. En effet l’impédance réelle [p] dans les trois cas est respectivement de
- 6535; 7 160; 7760011ms.
- L/impédance dans le dernier cas est d’environ 20 % supérieure à celle obtenue dans le premier cas.
- 4e cas. — Un téléphone est mis en série au milieu de lu ligne aérienne de fil de bronze de 5mai et de 1 5ookm de longueur.
- Supposons que le téléphone soit bipolaire et que les deux enroulements soient insérés dans les deux conducteurs du lacet, de sorte que la symétrie du circuit ne soit pas détruite. Nous pourrions aussi imaginer deux téléphones identiques, insérés l’un dans un des conducteurs, et l’autre dans le second conducteur de la ligne à double fil.
- Pour chercher l’impédance nous pouvons employer la formule (11), dans laquelle il faut introduire les valeurs (IP) (§ 4). __ ___
- À»
- P.* =
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- T. VII (2® Série). — N® 36.
- où uÇ représente l’impédance du téléphone.
- En tenant compte que 777, = m2; f, 4, l’équation (II) peut s’écrire
- s2p — z jji e2m'3‘ — 2 -----e—2»iifi _[_ 4 -J
- p — z £sinh 2 m Jx -f- - cos h 2 777,
- Et puisque 2777, A ~ 10—3 (a, 18 -|- i 26,7) X 1 5oo est suffisamment grand pour pouvoir poser : sinh 2mji = cosh 27nji, on a
- P
- £1
- sinh 2 777, lt
- on peut, pour le calcul de p, adopter la formule
- p — z |^i -J- ’—'j sinh 2777, /, — —J.
- Or si les constantes du téléphone sont 100 ohms et 10 millihenrys, son admittance est
- v) = —— e-'8000» pour une pulsation » = 6000. 116,6
- Après calcul, on obtient successivement
- — = 2,1 3 e—î'34,37» = 1,79--i 1,208.
- Çx + ^) = 8,37 e-«Mf
- Supposons maintenant que les constantes du téléphone soient :
- Résistances 100 ohms; inductance s 10 millihenrys.
- Pour une pulsation p — 6000, on trouve 2Ç S Ii6,6e':u'si°
- Et comme on as s 497<?—'3,CI*, on trouve
- r l
- - s 0,09655 -[- 70,06655 ; 1 -j--= 1,09e*3'470.
- D’ailleurs : sinh 2777,1?, = i3.i5e_'i3,!Ho par conséquent on a
- ^ 1 H--) sinh 27771 h s i3,t5 e—*43’!,|° X 1,09e'3’47"
- S 14,33 e-m^\
- Ç
- En négligeant le terme petit -, on trouve enfin p — l/|,3/| X 497 744,03» — 7 127 g—î44,03»#
- sinh 2/77i h — i3,i5 e~'43,91”
- 1 \ sinh 2 777, /, — — = 42,5 e~*’63i91°
- 2 / 2
- p ^2,5r-®*'51, X 497 e—î3’g1“==2ii 20e-î72>s2°.
- Dans ce cas l’impédance réelle [p] s’élève à 21 i2o ohms, tandis que l’impédance de la ligne, sauf appareils intermédiaires, était seulement de 6 535. La nouvelle impédance correspondu celle d’une ligne, sauf appareils du même type, ayant une longueur de 2 o48km. L’insertion de l’appareil a donc le même effet que si on avait allongé le circuit de 458 kilomètres.
- Si le téléphone avait une inductance de 100 millihenrys au lieu de 10, l’impédance aurait la valeur [p] = 7 060.
- En nous référant aux cas examinés et aux types de lignes et de câbles considérés, nous pouvons résumer les résultats dans un tableau (voir ci-dessous.)
- L’impédance réelle [p] est donc de 7 127 ohms. Si l’inductance du téléphone était de 100 au lieu de 10 millihenrys, on trouverait pour [p] la valeur de 1 000 ohms environ.
- 5e cas. — Un téléphone est branché en dérivation au milieu du circuit considéré dans le 4me cas.
- L’impédance est donnée par la formule (11) dans laquelle- on a, à cause des équations (I'")
- «12 = 2 -f- ; a21 =2 — Y] Z ; p,2 = —’QZ ; p2, = yjz
- où ïj est l’admittance du téléphone.
- En raisonnant comme dans le cas précédent,
- Conclusion. — Si l’on veut maintenant tirer une conclusion pratique de tout ce que j’ai dit dans ce paragraphe, il est utile d’observer que la considération de la seule constante d’atténuation n’est pas suffisante pour les circuits non uniformes. Il faut prendre aussi en considération tous les éléments du circuit ; et pour cela les formules que j’ai données se prêtent à étudier tous les cas, même les plus compliqués.
- L’étude approfondie des circuits téléphoniques est imposée par la pratique. 11 est nécessaire de voir clair dans ce phénomène de la propagation. Il faut penser que nous dépensons des
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- Tableau I
- LIGNE AÉRIENNE EN FIL DE BRONZE DE 5mm longueur en km. CABLE AVEC CONDUCTEURS DE 0,8mm longueur en km. CONSTANTES DU TÉI AU «MILIEU DL série ÉPHONE INTERPOSÉ CIRCUIT EN dérivation IMPÉDANCE P = G 000
- 1 5oo ' G 535 ohms
- 1 a/|8 G — -— . 7 160 —
- 1 248 6 H — — 7 760 —
- 1 5oo 100 ohins-io“2 henry — 7 127 —
- 1 5oo — — 100 ohms-1 o”2 henry 2r 120 —
- 1 5 00 — 100 ohms-1 o—1 henry — 8 000 —
- 1 5oo 100 oluns-to”1 henry 7 060 —
- (J) 3 au commencement et 3 à la lin.
- N. B.— Tous ces circuits ont la meme constante totale d’amortissement, dont la valeur est 3,27.
- millions dans la construction des lignes aériennes ; et pour cela nous avons le devoir de ne pas détruire les avantages de ces lignes par des arrangements de câbles ou d’appareils qui ue sont pas rationnels.
- Il serait d’un grand intérêt que la question fut examinée en tous ses détails, afin de fixer des
- nombres Standard pour les constantes des appareils et des lignes ainsi que pour l’impédance limite des circuits téléphoniques.
- De Pirro.
- Professeur à l’Institut supérieur postal télégraphique (Rouie).
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Les travaux de la Rhysikal.-Technischen Reichsanstalt en IOOS. — Elektrotechnische Zeitschrift, 19 août 1909,
- Travaux de la division 1. — En ce qui concerne l’électricité (*), les recherches sur les étalons de force électromotrice ont montré qu’il était né-
- (^) Notons brièvement, pour mémoire, les recherches étrangères à l’électricité : Recherches sur les variations de l’élasticité avec la température, sur la dilatation des barres métalliques, sur la mesure des faibles pressions à l’aide d’un manomètre à membrane, sur la pholomé-trie, sur la vitesse du son dans l’air et dans le gaz carbonique, sur la chaleur spécifique et la chaleur de vaporisation de l’eau au-dessus de ioo°, sur la tension maxima de la vapeur d’eau, et sur la vérification de la loi de Stefan-Boltzmann jusqu’à. 1 600 degrés.
- cessaire de réaliser certaines conditions pendant la précipitation du sulfate de mercure pour que les éléments aient, dès le début, leur valeur normale, le précipité doit se produire en présence d’une certaine quantité d’un acide énergique (sulfurique ou azotique). Pour cette raison, on peut procéder de la façon suivante : ou bien verser une solution d’azotate de mercure dans l’acide sulfurique, ou bien inversement ajouter au début de la précipitation une quantité suffisante d’acide.
- La cause de cette condition est d’ailleurs encore inconnue.
- Les travaux entrepris précédemment avec le voltamètre à argent ont été terminés ; ils avaient pour but : i° de rapporter à nouveau à ce voltamètre la force électromotrice de l’élément Weston qui avait été déterminée avec lui pour la dernière fois, en 1898; 20 de déterminer l'exactitude- des “mesures faites avec cet appareil, d’une part toutes les conditions de l’expériences restant aussi constantes que
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- T. VII (2• Série). — N» 36.
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- possible, d’autre part en les faisant varier de différentes façons.
- Des mesures de puissance furent entreprises avec des tubes à ozone, sans mener'à des résultats bien remarquables.
- Les travaux concernant les radiations se rapportent d’abord aux longueurs d’onde, puis aux radiations anodiques.
- Ici des résultats intéressants furent mis en évidence : on trouva que,dans les gaz qui émettent des radiations anodiques intenses, les corps.électro-négatifs comme l’iode, le brome, etc., favorisent l’émission. En particulier, on a établi que déjà dans un mélange d’un gaz ne produisant aucune radiation anodique, tel que l’hydrogène, avec de l’iode ou du brome, il se produisait des radiations positives aussi bien avec une anode métallique qu’avec une anode à striction.
- Le même résultat a été obtenu en remplaçant l’hydrogène par l’azote et l’hélium.
- Division 2. — Des essais furent entrepris sur un très grand nombre d’appareils de mesures, de résistances, de moteurs et de transformateurs, ainsi que sur des matières isolantes. Pour quelques compteurs continus ou alternatifs de construction récente, on a déterminé (en laissant tourner l’induit par la suppression du frein) le ralentissement angulaire dû au frottement en fonction de la vitesse, ce qui permet de déduire la valeur absolue du couple de frottement.
- On a pu séparer les pertes dues à la minuterie, celles dues aux balais et celles dues à l’ensemble palier-résistance de l’air. Les résultats furent les suivants : ces dernières pertes dépendent dans une grande mesure de la vitesse, les autres sont variables et dépendent essentiellement de la fabrication.
- L’organe de liaison entre l’axe de l’induit et la minuterie donne de meilleurs résultats lorsqu’il est constitué par des engrenages au lieu de l’être par vis sans fin.
- Le couple dû au frottement (palier et air) peut s’exprimer en fonction de la vitesse par une équation du second degré.
- Les mesures de courants alternatifs de faible intensité avec des couples thermo-électriques ont été effectuées d’après un nouveau montage exigeant, pour la mesure des faibles tensions, une consommation d’énergie aussi réduite que possible; le courant traverse un fil de manganin et un fil de constantan, de 20g. d’épaisseur, montés en parallèle. Du milieu dé chacun de ces fils part un fil de même nature que
- l’autre (fig. i). Les soudures sont faites à l’argent, et ces derniers fils vont au galvanomètre.
- Les soudures sont chauffées par le courant prove nant de la source Q (continue ou alternative), mais il ne se produit aucun passage de courant du manganin au constantan ou inversement, et, par conséquent, l’effet Peltier n’intervient pas. Les actions thermiques des deux soudures s’ajoutent.
- • Manganin. Konstaotan.
- Fig. i.
- Une résistance convenablement choisie permet de répartir le courant dans les deux fils de façon qu’il s’annulle dans le circuit du galvanomètre.
- Les essais commencés l’année dernière sur Vargent et le cuivre électrolytique furent terminés et montrèrent que l’argent dans des solutions aqueuses de HCl, HBr, III, et le cuivre dans une solution aqueuse de HF, produisent un phénomène de soupape électrolytique qui paraît être dû, non pas comme pour les autres métaux, à une couche de gaz, mais à une croûte solide.
- La propriété des anodes en aluminium de posséder une capacité relativement grande a été utilisée pour construire et expérimenter un condensateur de très grande capacité. Citons encore des mesures des bobines de selfs. Le régulateur de vitesse de Giebe (*) a également été étudié d’une façon spéciale.
- En ce qui concerne les variations de résistance des fils avec l’état hygrométrique de Vair, on a trouvé que, dans notre climat, elles étaient si faibles, que, pour des résistances jusqu’à ioo ohms, il n'y avait pas lieu d’en tenir compte, si ce n’est pour des mesures de très haute précision ; pour des résistances étalons de i .ooo à io ooo ohms, ces variations ont été, pendant l’été 1908, de o,oo5 % . Elles ont été maxima avec une résistance de 100000 ohms, composée de 5 bobines et ont atteint, dans ce cas, 0,01 % .
- (>) Décrit dans notre dernier numéro.
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- Les travaux sur le magnétisme ont consisté à comparer les différentes méthodes d’essai des matériaux magnétiques, à reconnaître la régularité des matières laminées et à mesurer des inductions élevées.
- A. M.
- De la relation qui existe dans les circuits comprenant un condensateur entre l’amortissement, la nature des électrodes et celle du diélectrique (*). — W. Zorn. — Physikalische Zeitschrift, i5 août 1909.
- L’auteur donne les résultats d’observations faites par lui à l’Institut de physique de l’Université de Berlin. On a utilisé des circuits de 35m et une longueur d’onde de 6om. La capacité du premier circuit était constituée par un condensateur à plaques de zinc dans le pétrole, de 2mi7 de capacité. La capacité du deuxième était un condensateur à cylindres de 5m,i de capacité, l’intervalle entre les deux cylindres étant rempli de pétrole.
- L’amortissement fut déterminé à l’aide d’un circuit de Drude. Pour le mesurer on se servit de boules en cuivre de icm de diamètre comme électrodes.
- L’amortissement augmentait quand le potentiel de décharge (tension explosive) diminuait. La relation établie par Ëarkhausen entre l’amortissement et le potentiel de décharge fut vérifiée. Les mêmes expériences furent répétées en faisant varier la nature des électrodes et l’ambiance métallique où se produisait l’étincelle. L’influence du changement d’électrodes sur l’amortissement et la tension explosive s’est trouvée très faible. Cependant le cadmium et le zinc donnèrent des résultats assez différents des autres métaux.
- Mais ces essais ont montré que lorsque l’on changeait la nature des électrodes, à une diminution de l’amortissement correspondait une diminution de tension explosive.
- L’étude de l’influence des differents gaz sous differentes pressions au point d’éclatement montra qu’à la tension explosive la plus élevée correspond l’amortissement le plus faible.
- En faisant varier la pression du gaz entre i5cm et ‘Xï6’ ui de mercure, on a constaté que la tension de décharge augmentait avec la pression tandis que l’amortissement diminuait.
- Les expériences démontrèrent de plus que, pour
- (') Voir sur le même sujet le travail de Max Vien (Annalen der Physik, 29, 700, 1909).
- l’air, l’hydrogène et le gaz sulfureux, l’amortissement ne dépend que dans certaines limites de la tension de décharge, ainsi que de la composition chimique des gaz, la forme géométrique de la région d’éclatement et l’ambiance restant les mêmes ainsi que la nature des électrodes.
- Enfin, les expériences ont montré que le gaz sulfureux possède une rigidité très élevée et par conséquent un très faible amortissement.
- T. G.
- La conductibilité électrique des fils soumis à une traction. — J. Sahulka. — Èlektrotechnik and Maschinenbau, i5 août 1909.
- L’auteur a fait l’expérience suivante sur des fils de fer et d’aluminium ; le fil essayé était fixé à deux bornes et enroulé comme une corde autour d’une poulie mobile en substance isolante ; à cette poulie on pendait des poids croissants.
- Aux deux bornes était connecté un voltmètre ; un ampèremètre était inséré dans l’amenée de courant d’une des deux bornes; pour faire la lecture de l’ampèremètre, on déconnectait le voltmètre.
- Quant aux allongements successifs du fil, on les mesurait par les déplacements de la poulie.
- Le résultat des expériences fut le suivant :
- La conductibilité électrique d’un fil estsensible-ment indépendante de la traction mécanique à laquelle on le soumet, tant que la limite d’élasticité n’est pas dépassée.
- M. G.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les turbo-gênêrateurs à courant continu. — E. Ziehl. — Elektrotechnische Zeitschrift, i5 et 29 juillet, 5 août 1909.
- La possibilité de construire des turbo-générateurs à courant continu fut longtemps mise en doute à cause des vitesses trop grandes des turbines par rapport à celles des machines à courant continu. Depuis, on a construit avec succès de semblables groupes, et l’auteur étudie ici les modifications apportées aux dynamos continues afin d’obtenir un fonctionnement présentant toute garantie de sécurité.
- Limites de vitesse. — Gomme la suite le montrera, c’est moins la vitesse périphérique des parties
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N*36.
- tournantes que dos raisons purement électriques qui, à une vitesse déterminée, imposent une limite à la puissance de la machine.
- Si l’on calcule en effet la plus grande vitesse à laquelle on pourra soumettre les parties les plus délicates du rotor, qui sont les frettes des têtes d’en-roulernents, l’effort auquel ces frettes sont soumises a pour valeur:
- <’2g'
- 98,1
- kg par cm2,
- étant la vitesse en mètres et g le poids spécifique de la matière employée.
- Il faut ajouter à cet effort celui provenant de l’action de la force centrifuge sur l’enroulement lui-même, soit :
- — G(V
- Pi ~~ <7.98,1 2lî/q’
- où G est le poids du cuivre,
- /•j, son rayon de giration, ÿ, la section de la frette.
- Mais, f, n’étant pas très différent de u, et le rapport— étant presque constant, on peut admettre que l’on a sensiblement :
- 4P®
- L’effort total sur la frette est donc :
- ST (s + ',)-
- On obtient aujourd’hui du bronze ayant une résistance à la rupture de 6 oookg/cm2; la vitesse périphérique correspondant à la rupture de la frette serait donc, tous calculs faits, 22im. En prenant un coefficient de sécurité de 8, la vitesse maxima permise est donc de 77™. A cette vitesse, aucune des autres parties de la machine ne serait soumise à des efforts trop considérables du fait de la force centrifuge.
- Limites électriques. — La difficulté essentielle pour un générateur à courant continu est de fonctionner sans étincelles. Les conditions nécessaires pour cela sont, jusqu’à présent, plus théoriques’que pratiques.
- La première est qu’en sujDposant un induit bien
- équilibré et un collecteur en bon état, la tension entre lames ne dépasse pas une certaine valeur;. Les | résultats d’essais ont montré que les étincelles écla-I tent au collecteur dès que la tension entre lames dépasse 5o à 60 volts.
- ! Les turbo-générateurs sont particulièrement sen-! sibles à ce phénomène, parce que la. tension de ! réactance des bobines en court-circuit prend, par suite de la vitesse élevée, des valeurs plus grandes 1 que dans les machines à faible vitesse. Aussi limite-t-on la valeur de cette tension à 3o ou 40 volts.
- Aussitôt après vient la question du maximum à donnera l’intensité du courant de commutation. Cette valeur dépend des dimensions du collecteur, qui sont déterminées d’une part par toute la construction dé la machine, et de l’autre, par la tension entre lames ! et là tension de réactance.
- j On peut dire que l’intensité du courant de commutation est d’autant plus grande que ces tensions j’sont plus faibles. Dans les machines actuelles elle oscille entre 35o et 5oo ampères, j D’autre part cette intensité est déterminée par le ; nombre des conducteurs d’induit, et le produit:
- nombre de conducteurs d’induit X courant, déter-j mine réchauffement maximum de l’induit.
- On considérera donc les ampères-conducteurs ! par centimètre de périphérie de l’induit. Leur nombre varie avec la grandeur des machines ; il est en général d’autant plus grand que la puissance de la machine est plus élevée. On voit donc que le nombre d’ampères-conducteurs détermine, avçc la tension entre lames, la limite de puissance des dynamos.
- Si l’on calcule la puissance de la machine en tenant compte de ce qu’il n’y a qu’une spire par bobine dans les turbo-dynamos, on ti’ouve qu’elle est proportionnelle au produit de la tension entre lames par le nombre des ampères-conducteurs par centimètre de périphérie et par le diamètre de l’induit.
- Pour élever le plus possible la puissance de la dynamo, à vitesse constante, il faut donc augmenter autant que possible les trois facteurs de ce produit. Il est possible, d’après cela, d’établir le tableau I, donnant la puissance maxima des turbo-générateurs pour des vitesses déterminées.
- Le tableau II donne la puissance maxima correspondant à des vitesses déterminées pour des tensions variables aux bornes. Il montre que dans les • machines à faible voltage on est rapidement limité par les grosses intensités. Or, les vitesses indiquées ne. coïncident pas avec celles que demanderait la construction rationnelle des turbines.
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- Tableau I
- Puissance maxima calculée des turbo-gènérateurs en fonction de la vitesse de rotation.
- NOMBRE DE TOURS PAH MINUTE DIAMÈTRE DE L'iNDUIT PUISSANCE MAXIMA
- cm. k\v.
- 3 5oo 4 I 260
- 3 000 47>9 320
- 2 5oo 57,5 415
- 2 000 71,8 565
- 1 5oo 95,5 800
- 1 000 i43,5 1 400
- 750 I9‘A 2 000
- Tableau II
- Puissances et vitesses pour différentes tensions aux bornes.
- 55o VOLTS 240 VOLTS 120 VOLTS
- t./min. kw. t./min. kw. t./min. kw.
- 3.5oo 100 )) » )> »
- 3.200 i5o 3 200 IOO 3 000 100
- 3.000 200 3 000 i5o 3 000 i5o
- 2.800 3oo 2 800 200 2 700 200
- 2.500 400 2 600 3 00 2 4 00 u5o
- 2.100 5oo 2 3oo 400 » ))
- 1.800 65o 2 100 5oo » »
- 1,5oo 85o )) » » »
- I s25o 1 100 » » » »
- 1.000 1 5oo )> » » »
- Les courbes de la figure i indiquent, d'un autre
- ’ 2000 Tours par minute.
- ¥000
- JOOO
- côté, comment varient les prix d’établissement des générateurs en fonction des vitesses.
- La ligne en pointillé indique les points correspondant aux vitesses actuellement réalisables.
- Machines à pôles auxiliaires et machines complètement compensées. — L’auteur appelle machine complètement compensée une machine pourvue de pôles’ principaux et de pôles auxiliaires, mais oh les pôles principaux portent en outre un enroulement de compensation réparti sur toute la périphérie.
- 11 établit la supériorité de ce deuxième système sur les machines à pôles auxiliaires ordinaires. Celles-ci, en effet, sont des compromis, en ce sens qu’on n’obtient une bonne commutation que pour une position parfaitement choisie des balais.
- En outre, dans les turbo-dynamos, par suite du faible nombre des conducteurs, on est forcé d’employer le montage en parallèle sur l’induit ; il en résulte que les flux de tous les pôles doivent être rigoureusement égaux. Or, cette condition est parfaitement remplie avec la machine complètement compensée.
- Les résultats d’essais suivants (Tableau III) permettent de comparer les deux sortes de machines.
- Tableau III
- MACHINE A POLES AUXILIAIRES MACHINES COMPLÈTEMENT COMPENSÉES
- Kw 200 (4 pôles) 5oo (6 pôles)
- T./min 3 000 1 5 00
- Volts 2 3o 2 30
- Ampères 870 2 100
- Àmp.-conducteurs/cm; 97>5 ,o7,5
- Tension entre lames.. . 19,5 Y. 22 V.
- Rapport de Parc polaire 0,71 °>7a
- au pas polaire .
- Vitesse périph. ni ./sec. • 73,5 70,3
- Longueur active des , a-V» *7>9
- conducteurs Nombre de lames 66 87
- Entrefer 0.8 0,75
- Largeur des pôles auxil. 4,4 4,5
- Longueur — — 20 *7>9
- Â pleine charge, le nombre d’ampères-tours de compensation nécessaire était, pour la machine à pôles auxiliaires, 1,67 fois le nombre d’ampères-tours de l’induit, et pour la machine complètement compensée 1,12 fois seulement.
- On a déterminé ensuite l’influence1 de 1 ü positio des balais. Pour cela, on les a placés sur la zone neutre, jouis décalés de 2/10 de lame dans le sens du mouvement, et enfin de 4/to de lame.
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- La machine complètement compensée fonctionna sans étincelles dans la position des balais décalés à deux dixièmes. Quelques étincelles se produisirent lorsque les balais étaient dans la zone neutre, ou lorsqu’on diminuait ou augmentait la compensation. Il suffisait d’un faible changement dans la compensation pour passer sans étincelles du court-circuit à la pleine charge.
- Dans la machine à pôles auxiliaires, une augmentation de ^5 % de la compensation n’était pas suffisante pour assurer une marche sans étincelles.
- La différence des deux sortes de machines peut se résumer ainsi :
- La machine complètement compensée est, au point de vue de la commutation, à la machine à pôles auxiliaires, ce que celle-ci est à la. machine ordinaire.
- La machine complètement compensée est la première des trois, et parait tout à fait propre à favoriser le développement des turbo-générateurs.
- En ce qui concerne les pôles auxiliaires eux-mêmes, leur forme particulière, quoi qu’on en ait dit, a été reconnue sans importance. Il convient seulement de faire en sorte que, jtour une section de pôle suffisante, l’entrefer entre les pôles auxiliaires et l’induit soit aussi grand que possible.
- Induit. — La deuxième condition d’une bonne commutation est d’avoir un induit parfaitement centré et tournant sans oscillations. Toutes les autres conditions deviendraient illusoires si celle-ci n’était pas remplie. Aussi peut-on dire qu’il n’y a pas de machine qui exige une construction plus soignée qu’un turbo-générateur.
- Les arbres doivent être forts, toutes les parties tournantes, pleines, et la matière à travailler très au-dessous des limites imposées par la vitesse critique.
- Un soin tout particulier doit être apporté au frettage de l’induit.
- Enroulement d’induit. — Il doit être aussi symétrique que possible ; celte condition est facilitée par le fait que chaque bobine n’a qu’une spire.
- Le pas doit être égal à l’arc polaire ou n’en différer que de très peu.
- Le nombre des encoches doit être égal à celui des conducteurs ou à la moitié de ce nombre. En tout cas, il faut que la commutation ait lieu en même temps sous balais de même nom.
- L’auteur a obtenu de bons résultats avec des enroulements où la commutation aux balais positifs et négatifs était décalée d’une demi-période de commutation.
- Dans le cas d’un enroulement en parallèle symétrique, l’auteur tient pour superflues les connexions équipotentielles, car, dans le cas où elles sont parcourues par des courants, ceux-ci ne peuvent être déterminés, ils troublent le champ de commutation et compromettent tout le jeu de commutation.
- On doit, au contraire, dans les machines à pôles auxiliaires, faire en sorte que toutes les connexions soient parcourues par des courants égaux, sans quoi le rapport du nombre d’ampères-tours des pôles auxiliaires à celui de l’induit ne serait plus le même pour chaque paire de pôles.
- Collecteur. — Il constitue un des éléments les plus délicats, et aussi les plus imparfaits.
- La première condition à remplir est qu’il tourne rond. On conçoit combien elle est difficile à satisfaire si on songe que le collecteur n’est pas d’une seule pièce, mais résulte de la réunion de pièces très diverses, dont la forme varie suivant la vitesse et la température.
- Les autres conditions sont les suivantes : largeur de l’isolant aussi faible que possible, allongement minimum, ou, ce qui revient au même, échauffement minimum ; faible vitesse périphérique.
- Un collecteur est d’autant meilleur que le nombre des lames est plus faible, qu’elles sont plus hautes et moins longues dans le sens de l’axe.
- On obtient des élévations de température relativement faibles par l’emploi de balais en métal qui développent une chaleur faible au frottement ou au passage du courant (‘).
- Un refroidissement artificiel pourrait permettre d’abaisser la température du collecteur, mais seulement dans une certaine mesure.
- En ce qui concerne la dilatation longitudinale du collecteur, l’auteur préconise l’emploi de collecteurs en plusieurs pièces réunies par des connexions convenables. On peut, dans ce cas, se permettre des élévations de température relativement fortes. La Société Westinghouse, à Manchester, a construit un collecteur sur ce principe.
- Balais et porte-balais— Leur influence est également importante sur la commutation. Il faut avant tout qu’ils nè soient pas trop affectés par les vibrations de l’induit ; ils doivent donc être élastiques et
- (') On construit actuellement des machines à balais en charbon qui ont donné, à la suite d’essais prolongés, de bons résultats sans refroidissement artificiel. N. D. T.
- Voir aussi Lumière Electrique, tome VII, 2e série, p. 177, l’article de G. de Sauzéa.
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- disposés pour amortir facilement les oscillations : ceci est un des avantages des balais métalliques, sur' tout lorsque le collecteur ne tourne pas parfaitement rond, ou lorsque l’isolant entre lames ne s’use pas d’une façon régulière.
- Dans le cas des balais métalliques, la dureté de l’isolant ne joue qu’un rôle secondaire. Quand on emploie des balais en charbon ((), il faut choisir ceux qui graissent le collecteur, ayant un coefficient de frottement minimum sur le cuivre, une résistance de contact et une résistance au passage du courant aussi faibles que possible.
- Malgré cela, les pertes totales avec ces charbons sont encore telles que réchauffement du collecteur est au moins deux fois plus grave qu’avec des balais métalliques sur le même collecteur: d’où nécessité d’augmenter la longueur des collecteurs.
- Pour ne pas avoir de dimensions inadmissibles, on se résout la plupart du temps à ventiler le collecteur, ce qui est d’autant plus naturel que les pertes par frottement au balais sont supérieures à celles dues à la résistance de contact, de telle sorte qu’il est plus avantageux d’employer moins de charbon, et d’augmenter la densité de courant. On peut aller jusqu’à 12 ampères par centimètre carré.
- Enfin, les balais en charbon se recommandent davantage pour les machines à tension élevée.
- Pour refroidir le collecteur, il est naturellement plus avantageux d’employer des procédés dans lesquels l’air n’est pas envoyé artificiellement du dehors, mais où au contraire le collecteur assure lui-même sa propre ventilation.
- Bruit des machines. — Beaucoup d’efforts ont été faits pour l’amortir.
- En Allemagne, on a d’une façon générale complètement enfermé les dynamos.
- Les principaux moyens d’éviter le bruit sont : ne pas trop saturer les dents, assembler le plus solidement possible les tôles d’induit, éviter les grandes vitesses d’air. Il faut éviter également pour cette raison de ménager des canaux de ventilation radiaux, mais au contraire assurer la ventilation par des canaux dans le sens de l’axe (-).
- Excitation. — Par suite de leur faible résistance intérieure, les tui'bo-générateurs ont une chute de
- (') Cf. l’article cité plus liant (G. de Sauzéa).
- (2) Sur le rôle respectif des canaux-radiaux et longitudinaux dans la ventilation, voir notamment les travaux de Ott, Arnold, Osanna [Lumière Electrique, 20 mars et 26 juin 1909.)
- tension relativement faible entre la marche à vide et la pleine charge. Aussi, pour rendre plus facile leur fonctionnement en parallèle avec d’autres dynamos, est-il préférable de les munir d’excitatrices spéciales directement accouplées.
- T. G.
- Le convertisseur automatique « C. M. B. ». — J. C. Macfarlane et H. Burge. — The Electri-cian, 9 juillet 1909.
- Le convertisseur ci-dessous décrit est destiné à fonctionner comme réducteur de tension pour l’alimentation des lampes à arc ou des lampes à filaments métalliques, des batteries d’accumulateurs et aussi pour équilibrer les circuits à trois fils.
- Les figures 1 et 2 permettent de concevoir le principe très ingénieux qui a guidé les inventeurs.
- La figure 1 représente une machine ordinaire, à deux pôles n et s ; a a sont les balais principaux. Si l’on place maintenant d’autres balais b b, dans la position indiquée, sur le collecteur, et qu’on court-circuite ces balais, la tension primaire (représentée par P) se trouvera réduite à la valeur S, réglable à volonté d’après la position des balais b b par rapport à aa.
- Fig. 1.
- C’est la première étape. On passe à la deuxième en remarquant que le réducteur de tension qu’on vient de décrire présente quatre défauts principaux, qui sont les suivants :
- i° La position des balais b b juste en regard des pôles donne une mauvaise commutation ;
- 20 II est impossible de régler la tension secondaire S ;
- 3° La force magnéto-motrice de la réaction d’in-
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- duit fait passer un flux considérable autour des balais b (lignes pointillées, fig. i). L’armature, en tournant dans ce flux, fera passer un courant de circulation intense dans les balais court-circuités, d’où perte d’énergie considérable, et commutation encore plus défectueuse ;
- 4° L’encombrement des pôles est excessif.
- Mais si l’on sectionne les pôles en deux parties (fig. u), on évite la première difficulté énoncée. Le sectionnement se fait, bien entendu, en face des balais court-circuités, c’est-à-dire qu’il divise inégalement les pôles dans le cas d’une réduction de tension quelconque.
- Fig. 2.
- En outre, pour régler la tension secondaire, les inventeurs ont muni la machine d’un enroulement d’induit en anneau, et isolé entièrement les deux circuits magnétiques Vun de Vautre, 11 faut d’ailleurs remarquer qu’il est absolument impossible sans cela d’empêcher la circulation de courants intenses dans les balais court-circuités.
- On a ainsi la solution représentée par la figure 11 lui reste encore deux défauts :
- i° Une diminution de la force magnéto-motrice des pôles n i et siy par exemple, avec renforcement corrélatif de et s2y n’aura aucune action sur la répartition des flux dans les deux fractions de l’induit, empêchant ainsi toute variation du taux de réduction de la tension;
- a0 Le flux du à la réaction d’induit trouve encore un facile passage (v. les lignes pointillées).
- Ces considérations ont ainsi amené les inventeurs à la disposition de la figure 3. On voit qu’ils ont ici placé les pôles partiels dans une position verticale ; que le trajet offert au flux d’induit est considérablement accru, et que la largeur de la culasse est très
- réduite, ainsi, naturellement, que le prix de revient.
- Ceci ne suffirait pas encore, à cause du courant perturbateur qui circule dans les balais b b.
- Mais cette dernière difficulté a enfin été résolue, en munissant les pôles d’enroulements séries, en outre des enroulements shunt ordinaires, et en disposant les connexions comme l’indique la figure 3 (A* et A2 sont les bobines séries).
- On voit que les bobinages séries sont connectés d’une part aux balais en court-circuit, et d’autre part à l’une des bornes secondaires de la machine.
- En marche normale, quand il ne passe aucun courant dans les balais court - circuités, chaque
- balai et chaque bobinage principal est traversé par un courant égal à la moitié du courant de charge secondaire; si, au contraire, un courant vient à se produire, il se trouvera en opposition avec le courant de charge dans l’un des enroulements A1? par exemple, et en phase avec ce même courant dans l’autre A2 : le courant total sera alors moindre dans Ai que dans Aÿ, et si les deux enroulements sont convenablement couplés, cela aura pour effet de régler le courant de court-circuit et de le maintenir dans des limites convenables. En d’autres termes, le courant dans Ai étant moindre que celui dans A.,, le pôle nest plus faible que a*3, ce qui a pour effet d’augmenter la tension engendrée par le pôle s2 par rapport à celle qui est due au pôle /?2, et par suite de s’opposer à la tension qui détermine le courant de circulation.
- En outre, on verrait facilement : quq ces enroulements-séries peuvent être placés sur tous les pôles qu’ils peuvent également servir à produire un effet de compoundage ou bien un effet différentiel sur le
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- circuit secondaire; et enfin qu’ils empêchent toute tendance de la machine à s’emballer.
- Au point de vue des usages auxquels sont destines ordinairement les convertisseurs (c’est-à-dire: pour produire une tension constante, une intensité approximativement constante, ou pour transformer de l’alternatif en continu), les auteurs montrent en terminant que le dispositif de la figure 3 convient au premier cas (tension secondaire constante) ; une machine de ce genre, d’une puissance de a à 3 kw., aura un rendement de 76 à 80 % ; on conçoit l’avantage qui résulterait de l’emploi de telles machines dans l’alimentation- des lampes à filaments métalliques.
- Pour le deuxième cas (courantsecondaire constant), le montage de la figure 4 est indiqué : Tenroule-rnent shunt des/2p A*i, est connecté au câble d’alimentation positif et aux balais b b, tandis que l’enroulement shunt, désigné par la lettre B, est monté directement sur les deux câbles du réseau.
- Enfin, le bobinage shunt G relie les balais court-circuités au câble négatif du réseau.
- Les enroulements Aly A2 des pôles ri-i s2 sont connectés respectivement aux balais b 6, comme dans le cas de la figure 3, mais avec cette différence qu’ici leurs forces magnéto-motrices se trouvent opposées à celles, des enroulements B et G.
- Dès lors, si le courant secondaire tend à augmenter, les forces magnéto-motrices des enroulements séries ÀA A2 sont accrues, ce qui réduit le voltage secondaire S, tandis que B agit alors pour maintenir le flux dans les pôles n-i &'2.. La tension secondaire ayant baissé, celle entre les balais b et le câble positif augmente, et, grâce au bobinage D, augmente le flux dans nA sA, remplaçant ainsi le llux
- soustrait à »2 s>, et maintenant par là la vitesse constante.
- Enfin, la machine se prête avec souplesse à la transformation de l'alternatif en continu, et on peut, , en agissant sur le calage des balais, l’adapter aux ; dilïércnts problèmes industriels correspondants.
- ! G. M.
- Sur la réaction d’induit. —G. Kapp. — The j Eleclrician, 4 juin 1909.
- \
- On connaît les méthodes de M. Blondel et de ; M. Fischer-IIinnen pour analyser expérimentalement la réaction d’induit.
- j Elles exigent l’emploi de bobines de self — ou, avec la variante de Goales, de transformateurs, — et, ! d’autre part, les constructions graphiques auxquelles elles aboutissent ne donnent le résultat cherché qu’avec une assez grande indétermination lorsqu’on a affaire à des machines dont la caractéristique est rapidement ascendante ; dans ce cas, en effet, les deux lignes dont il s’agit de prendre l’intersection ne se coupent pas assez nettement.
- M. Ivapp a cherché à s’affranchir de ces deux difficultés et voici la méthode qu’il propose, — méthode qui n’est, bien entendu, qu'approximative, et dont l’emploi est limité aux induits polyphasés :
- On fait marcher la machine en court-circuit, sans bobines de self, et on règle son excitation de manière que le courant garde la même valeur dans une phase déterminée, tandis qu’on met successivement toutes les autres phases en circuit.
- En faisant varier le courant qui traverse les autres phases, on fait également varier les contre-ampères-tours produits par l’armature, tandis qu’én même temps la tension de réactance de la phase particulière qu’on a choisie, (celle où l’on maintient le courant constant), reste la même.
- La force électro-motrice à circuit ouvert étant (si l’on néglige la très petite correction due à la résistance de l’induit) la somme de la tension de réactance et de la chute de tension produite par les contre-ampères-tours de la réaction d’induit, on pourra séparer les deux termes correspondants en faisant des lectures dans deux conditions différentes.
- Prenons, par exemple, le cas du montage en étoile, à centre accessible (dans ce cas, la solution de M. Kapp est absolument correcte ; elle n’est approximative que dans le cas du montage en triangle). Voici comment on opérera:
- Le centre accessible O est connecté par l’interrné-
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- diaire d’interrupteurs S2, S.,, aux bornes des trois phases. Pour la phase particulière choisie, soit a (fig. i), le circuit de connexion comprend un ampèremètre A.
- On lance la machine à sa vitesse normale, et on relève de la manière ordinaire la caractéristique à vide, les trois interrupteurs Sl5 S2, S3 étant ouverts. Puis on ferme S!, et on règle l’excitation de manière à ce que le courant qui traverse la phase a soit celui de la pleine charge. En même temps on note l’excitation et on déduit la force électromotrice correspondante à l’aide de la caractéristique à vide.
- Fig. i.
- On ferme enfin les deux autres interrupteurs. Des courants de court-circuit circulent alors dans les deux autres phases aussi bien que dans a, et l’action démagnétisante de l’induit se trouve accrue, de telle sorte que l’indication de l’ampèremètre est plus faible qu’auparavant : on la ramène à sa valeur primitive en augmentant l’excitation, et, de nouveau, on note cette excitation et la force électro-motrice correspondante, à l’aide de la caractéristique.
- On a donc deux lectures de forces électro-motrices et une lecture d’intensité, c’est-à-dire tout ce qu’il faut pour séparer la tension de réactance et les contre-ampères-tours.
- Pour le montage en triangle, on emploie le dispositif de la figure 2, avec un seul interrupteur S, a
- étant encore la phase particulière choisie et A l’ampèremètre.
- R. B.
- Sur le coefficient de dispei'sion d’un transformateur à enroulement en disque etàbobines sectionnées. — W. Rogowski. — Zeitschrift des Vereines deutscher Ingénieure, 12 juin 1909.
- Le coefficient de dispersion d’un transformateur détermine, avec son impédance, la chute de tension en charge. Il est donc très important d’avoir une formule exacte pour le calculer. Kapp en a donné ('). une qui exprime la somme des deux coefficients de dispersion, des bobines primaire et secondaire, de leur diamètre moyen et de leur nombre de spires,— le tout étant multiplié par un certain coefficient K dit coefficient d’expérience, et dont la valeur oscille d’une manière indéterminée entre 0,47 et 0,87 (si le coefficient de dispersion est exprimé en henrys).
- C’est ce coefficient K que M. Rogowski s’est attaché à expliciter dans le cas des transformateurs à enroulement en disque et à bobines terminales sectionnées, et il l’a fait en se basant sur les équations de Maxwell.
- Son calcul conduit non seulement à la valeur du coefficient de dispersion, mais encore à une représentation exacte du champ de dispersion. L’auteur conserve d’ailleurs la forme de l’équation de Kapp, mais K n’est plus ici présenté comme un coefficient d’expérience, mais comme une fonction des données de construction (perméabilité du fer, distance des bobines au noyau, hauteur des sections de bobines et entrefer qui les sépare).
- De la formule obtenue, l’auteur tire les conclusions suivantes :
- i°Pour un nombre de bobines déterminé,le coefficient de dispersion d’un transformateur croît un peu plus vite que proportionnellement à l’entrefer et à la hauteur des sections de bobines;
- 20 II décroît, pour un nombre de spires donné, un peu moins vite que le carré du nombre des bobines ;
- 3° Il est pratiquement indépendant des oscillations de la perméabilité ;
- 4° Enfin, il est, dans certaines conditions, également indépendant des dimensions du noyau.
- La formule reste valable pour le transformateur cuirassé. L’auteur a contrôlé sa théorie par des essais exécutés sur deux transformateurs, dont il a (*)
- (*) Kapp, Transformatoren, 2e édition, p. ni et suivantes.
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- mesuré le coefficient de dispersion par la méthode du pont de Wheatstone, et dont il a mis les enroulements secondaires en série, puis en opposition.
- Les résultats ont confirmé avec une précision suffisante les propositions énoncées plus haut (*).
- A. L.
- TRACTION
- Locomotive à coui'ant continu du tunnel de Detroit-River. — Elektrotechnik und Maschinetihau, ier août 1909.
- La première des six locomotives à courant continu de i 200 HP commandées à la General Electric C" et à l’American Locomotive C° est terminée et vient de donner les résultats suivants aux essais : un train de 1 578 tonnes, comprenant une locomotive et 26 wagons, fut remorqué à la vitesse de i6km à l’heure. Le démarrage système Sprague s’est fait avec une grande régularité, les contrôleurs permettant une combinaison des quatre moteurs, ou deux en parallèle ou deux en série, avec 9 touches de résistance.
- L’effort de traction mesuré a été de 2 98okB au démarrage et de 1 000 à 1 5ookK en pleine marche.
- La prise de courant a lieu en même temps par troisième rail et par trolley (2). .1. R.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Plaque tournante à commande électrique. — Electrotechnische Zeitschrift, 12 août 1909.
- La Direction des Chemins de fer autrichiens vient d’équiper à Attnang-Puchheim une plaque tournante avec commande électrique. La plaque a un diamètre de i8m, fait un tour par minute et est calculée pour une charge maxima de 125 tonnes. Le courant dont on dispose est du triphasé 220 volts, 48 périodes.
- (*) Voir sur le problème traité par M. Rogowski, outre l’ouvrage deKapp cité plus haut: Arnold. Die Wechsel-stromtechnik, tome II; Elektrotechnische Zeitschrift, 1898, p. 245, 537, 566 ; Abraha.m-Fôppl. Théorie de l'électricité, a» édition, tome I, p. 221, 222; et pour la partie mathématique : Riemann-Weber : Die partiellen Differential-gleichungen der malhem. Physik.
- (2) Voir sur le même sujet,Elektrotechnik und Maschinenhau, 1908, p. 456,. et I9°7> P- 543.
- La commande de la plaque est obtenue par l’intermédiaire d’une locomotive de remorque qui lui est accouplée par un boulon visible à gauche de la figure. La locomotive consiste en une boîte en fonte A qui fournit la plus grande partie du poids adhérent. Elle est divisée en trois compartiments A,, A9, A3 et se déplace sur le rail fixe par l’intermédiaire d’une roue portante unique. Le compartiment antérieur At, (le plus éloigné du boulon) renferme le moteur E suspendu à l’envers au couvercle supérieur D, ce qui permet une visite facile.
- Le moteur est à induit bobiné, d’une puissance intermittente de 9 HP à 690 tours par minute et est relié à la roue portante par un double train d’engrenages; le couvercle supérieur porte en plus deux ouvertures permettant d’accéder facilement aux bagues. Les autres compartiments sont hermétiquement fermés et contiennent les engrenages. La boîte à huile H est visible à la partie supérieure (fig. 1).
- Le poids total de la locomotive est de 4 4ooks; elle est construite de telle façon que son centre de gravité est à peu près au centre de la roue portante, ce qui permet d’utiliser pour l’adhérence le poids total de la locomotive. En cas de besoin, celui-ci peut encore être augmenté par du lest ajouté dans le compartiment postérieur A3.
- L’amenée du courant se fait par fils aériens tendus au-dessus de la plaque tournante ; celle-ci porte en son milieu un mât vertical sur lequel sont montées horizontalement les trois roulettes destinées éprendre le courant.
- Pour compenser l’allongement des fils de trolley par suite des variations de température, on a disposé des ressorts en acier qui maintiennent toujours une tension déterminée dans les fils. Des roulettes, le courant est conduit au moteur par un câble.
- Enfin, sur un prolongement de la plaque tournante, est monté le contrôleur inverseur à courant triphasé ordinaire qui sert pour la manœuvre. A. M.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Presses rotatives à commande électrique. — Elektrotechnik und Maschinenbau, i»1' août 1909.
- Dans l’imprimerie du Times viennent d’être installées quatre nouvelles presses rotatives à commande électrique capables d’imprimer 60 000 numéros par jour.
- Chacune des presses comprend essentiellement deux presses simples ; il en résulte que les dispositifs de commande et de mise en marche sont doubles : ainsi chaque presse est équipée avec deux moteurs compounds de 60 HP et deux de 10 HP, commandés par boutons (système ICohler) (1) ; le démarreur et l’inverseur étant ainsi directement commandés par relais.
- Si l’on appuie sur le bouton de démarrage, la presse est mise en route parle moteur de 10 IIP démarrant automatiquement et dès que le moteur de 10 HP a atteint sa vitesse maxiina, le moteur de 60 HP est mis automatiquement en circuit tandis que le moteur de 10 IIP en est retiré.
- Deux autres boutons d’arrêt permettent, l’un d’arrêter la machine très lentement, et l’autre en quelques secondes seulement.
- Enfin un quatrième bouton de sûreté permet, par sa manœuvre, d’empêcher toute mise en ou hors circuit des résistances de démarrage.
- A. M.
- L’extraction électrique dans l’industrie chimique minérale (gisementspotassiques).—Phi-lippi. — jEl. Kraftbetr. u. Jiahnen, 24 juillet 1909, et Elektrotechnik und Maschinenbau, i5 août 1909.
- D’après des mesures faites, la consommation d’énergie électrique a été trouvée, pour une cordée-cheval-heure, de 1,4 kilowatt-heure.
- La consommation de vapeur dans les mêmes conditions était de i4kB,2 pour une consommation de gke,36 par kiloAvatt-heure.
- Des mesures ont été [faites pendant tout un trimestre au cours duquel on a extrait 24 000 tonnes en 1 43r heures. La puissance moyenne de la machine réellement utilisée n’était que les 12,5 % de sa puissance nominale.
- Pour obtenir le même résultat avec une machine d’extraction à vapeur, il eût fallu dépenser par cordée-cheval-heure de vapeur.
- En tenant compte du prix d’acli-at plus élevé de la machine d’extraction électrique, et du prix de revient
- du kilogramme de vapeur, on trouve que l’avantage reste au procédé électrique.
- Ce dernier présente d’ailleurs^ dans le cas particulier d’une fabrique de chlorure, l’avantage de permettre l’utilisation de la vapeur d’échappement de la machine à vapeur, ce qui n’est pas possible avec des moteurs d’extraction à vapeur.
- A. M.
- ELECTROCHIMIE
- La soupape électrolytique ; influence de la température.—G. Athanasiadis.— Journal de Physique, septembre 1909.
- Pour examiner l’influence de la température sur le courant de polarisation dans la soupape électrolytique, possédant une électrode en aluminium, l’auteur a utilisé ceux des électrolytes pour lesquels le phénomène de polarisation se manifeste le plus clairement (phosphates de potassium ou de sodium, tar-trate double de potassium et de sodium, solutions alcalines de phosphate d’ammonium et de bichromate de potassium).
- La cuve électrolytique était chauffée convenablement, la température étant réglée par un thermostat ; la différence de potentiel entre les électrodes pouvait être portée graduellement à 1i!> volts, l’aluminium étant à l’anode, avec une cathode en charbon.
- Les expériences ont montré qu’en augmentant la différence de potentiel entre les électrodes, l’intensité du courant de polarisation tend vers une valeur limite, qui dépend en outre de la température de l’électrolyte ; que cette intensité limite du courant varie suivant la nature de l’électrolyte ; et enfin que, en général, la différence du potentiel, qui produit qn courant d’une intensité définie dans la soupape électrolytique, diminue quand la température de l’électrolyte va en augmentant.
- E.-M.
- Le dégagement calorifique aux électrodes des fours électriques. — C.-A. Hansen. — Proc. Am. Electrochem. Soc., 1909 et Eleclrochemical and Metallurgical Industry, août 1909.
- Des expériences ont montré que lorsqu’on.emploie des électrodes de graphite avec refroidissement par l’eau dans les fours à résistance type Ache-son, en augmentant l’épaisseur de la paroi du four
- (*). Voir brevet autrichien, n° 22o5i,
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- que traversent les électrodes, on obtient une diminution de la chaleur perdue par les électrodes.
- Ceci vient de ce que la perte par conduction calorifique est plus grande que la perte Joule dans le cas d’une électrode courte ; la première perte étant inversement, et la seconde directement proportionnelle à la longueur du conducteur, la somme des deux sera moindre pour une électrode d’une certaine longueur que pour une courte.
- Mais il y a, bien entendu, des raisons pratiques et théoriques qui empêchent d’accroître outre mesure la longueur de l’électrode.
- Par exemple, au point de vue pratique, on ne trouve pas d’électrodes en graphite de plus de im de long ; on peut bien mettre bout à bout des électrodes de 6 et 8 pouces, mais cela ne donne pas de bons résultats pour les fours ordinaires. Au point de vue
- théorique, il suffit de dire qu’une électrode de longueur infinie aurait une perte Joule infinie, ce qui rendrait la somme infinie, quelque petite que pût être la perte par induction calorifique.
- Une série d’expériences faites afin de manifester le rôle des différents facteurs dans le dégagement de chaleur aux électrodes a montré que, pour une densité de courant donnée, la perte aux électrodes décroît assez lentement (très lentement aux environs de 5o ampères par pouce carré, un peu, plus vite pour des densités de courant de ioo et 200 ampères par pouce carré) lorsqu’on augmente l’épaisseur de la paroi du four.
- En outre, on a reconnu que, pour une épaisseur de paroi déterminée, la perte croît très rapidement avec la densité du courant.
- C. E.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- La Téléphonie, tome I : Les lignes téléphoniques (3 édition).—E. Pierard, Ingénieur en chef, Directeur de service à l’administration des télégraphes belges, Professeur d’électricité à l’Université libre de Bruxelles.— i volume in-8° de a54 pages avec 173 ligures. — H. Duxon et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 7 fr. 5o.
- La partie la plus originale de cet ouvrage — fort intéressant, d’ailleurs, d’un bout à l’autre — est celle qui est consacrée aux lignes souterraines. M. Pic-rard, qui est bien placé pour cela, nous y renseigne sur les solutions adoptées en Belgique pour le logement des câbles.
- Les ingénieurs belges ont eu à résoudre le problème de loger beaucoup de câbles dans une tranchée ; ils y sont parvenus au moyen d’alvéoles dont M. Pierard donne la description.
- En France, nous ignorons l’emploi de ces alvéoles, fort commodes au point de vue des réparations à effectuer ; à Paris, en effet, nous utilisons les égouts, et en Province, les câbles à loger en tranchées ne sont jamais bien nombreux.
- En. outre, l’auteur a fort à propos joint à cette description technique 1 expose des conditions imposées par les cahiers des charges.
- Quant aux lignes aériennes, c’est surtout au point de vue théorique qu’on pourra consulter les abaques et les tableaux où M. Pierard a représenté les valeurs des tensions, pour un coefficient de sécurité donné, en fonction de la température. On sait en effet que d’après le mode même de tension des fils, il n’est guère possible d’utiliser en pratique les résultats de la théorie.
- L’étude des pylônes contient des documents très intéressants ; dans le chapitre sur la « disposition des lignes en fil nu », M. Pierard décrit les systèmes belges de croisement des fils destinés à éviter l’induction mutuelle. La comparaison avec le système français est suggestive, car les ingénieurs belges emploient des croisements bien moins nombreux que les nôtres, et qui donnent néanmoins, Iparaît-il, de très bons résultats.
- Le mode d’action du givre sur les fils est étudié d’une manière nouvelle.
- Un dernier chapitre enfin est consacré au calcul des lignes téléphoniques et à l’exposé de la théorie de Pupin.
- D. G.
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- Traité de physique, tome II, 4e fascicule. — O. D. Chwolson, traduit par E. Davaux. — i volume in-8° raisin de 574 pages avec 182 ligures. — A. Hermann et fils, éditeurs. Paris. — Prix : broché, 17 francs.
- Cet ouvrage est conçu au point de vue scientifique le plus élevé. Le fascicule que nous présentons aujourd’hui constitue la huitième partie du tome II, qui est consacré à l’étude de l’énergie rayonnante.
- Le présent fascicule s’ouvre par l’étude de la diffraction et de la polarisation. La méthode de Cornu, la théorie des potentiels retardés, la théorie des réseaux, celle de la double réfraction, celle enfin de la polarisation rotatoire, sont exposées tour a tour.
- A la fin du volume, on trouve une très importante note sur la théorie des corps déformables par MM. E. et F. Cosserat. Elle comprend une étude approfondie de la mécanique des milieux déformables. Le théorème de Varignon, le principe du travail minimum de Castigliano, les travaux de Binet de Poisson, de Lamé, de Clapeyron, y sont présentés avec tout l’appareil mathématique qu’ils comportent. Enfin, dans un dernier chapitre, les auteurs traitent de l’action euclidienne au point de vue eulérien.
- Il faut savoir gré à M. Davaux d’avoir mis à la portée du public scientifique français ce monument de la science physique.
- •E. C.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- ÉCLAIRAGE
- Comparaison au point de vue économique des différentes soui'ces de lumière électrique^).
- Cette étude est limitée aux lampes suivantes :
- La lampe à arc à flamme, à charbons inclinés :
- a) pour lumière jaune ;
- b) pour lumière blanche ;
- La lampe à arc à flamme, à charbons superposés ;
- a) montée par 3 en série sous 110 volts ;
- b) par 2 sous 110 volts;
- Enfin la lampe Quartz.
- Ces lampes sont celles qui se présentent pour l’éclairage des rues, places, gares, fabriques, etc. De plus, l’auteur n’envisage que le fonctionnement de ces lampes en courant continu.
- Le tableau I donne les intensités lumineuses d’une lampe Excello, d’une lampe Axis çt d’une lampe Quartz. L’auteur a pris pour exemple la lampe Excello de la Société Kôrting et Mathiesen, qui peut être montée par 2 en série sous no volts ou par 4 sous 220 volts.
- La lumière produite est jaune ou blanche suivant le charbon employé. La lumière blanche n’est d’ail-
- (') P.Heyck. Elektroteclinische Zeitschrift,7 août 1909.
- leurs pas pure, mais a une pointe dans le rouge. Le intensités courantes sont 6, 8, 10, 12 ampères. La tension aux bornes varie entre 44 et 47 volts. La consommation d’énergie varie de 33o à 660 watts et l’intensité hémisphérique moyenne, mesurée avec un globe clair, varie de i 38o à 3900 bougies Hefner pour la lumière jaune et de 1 040 à 2 920 pour la lumière blanche. On voit donc que l’intensité lumineuse dans le cas de la lumière blanche est d’environ 25 % inférieure à celle de la lumière jaune.
- Si l’on considérait l’intensité lumineuse de cette lampe fonctionnant en courant alternatif, on reconnaîtrait qu’elle varie dans d’assez grandes limites avec le montage et la nature et la grandeur de la résistance. C’est ainsi qu’elle est bien plus grande dans le cas d’une résistance inductive que dans le cas d’une résistance purement ohmique. La consommation d’énergie est donc diminuée pour ces deux raisons ; ainsi une lampe Excello, à lumière jaune, montée par 2 sous no volts alternatifs e consommants à 12 ampères, a une consommation spécifique d’énergie de 0,34 à 0,24 watt par bougie Ilefner, pour une résistance purement ohmique, et de 0,21 à 0,15 watt par bougie Hefner avec une bobine de self.
- Des conclusions de même nature peuvent être
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- tirées du tableau I au sujet de la lampe Axis, à charbons superposés. La lumière est blanche; on peut, cependant, l’employer avec des charbons pour lumière jaune, mais sans avantage sensible. La consommation spécifique de cette lampe est, en moyenne, plus élevée que celle de la lampe Excello à lumière jaune, mais plus faible que celle de la même lampe à lumière blanche.
- Employée en courant alternatif, la consommation spécifique baisse à 0,28-0,25 par l’emploi des bobines de self.
- En ce qui concerne l’économie même de ces diffé-
- La durée a été choisie de i5 heures, quoiqu’on réalité elle puisse être poussée jusqu’à 17 ou 18 heures.
- Pour la lampe Excello, les frais de charbons constituent du quart jusqu’au tiers des frais de courant, tandis qu’ils sont plus élevés dans la lampe Axiset montent jusqu’à la moitié ou au tiers des frais de courant.
- Pour la lampe Quartz, à la place des charbons intervient le prix pour remplacement du brûleur, compté à 3i francs, puisque la Société de la Lampe Quartz garantit son brûleur pour 1 000 heures et au
- Tableau I
- Intensités lumineuses des lampes à courant continu.
- LAMPE TENSION ET MONTAGE COULEUR Intensité de courant ampères Tension aux bornes volts Consommation pour 1 lampe watts Intensité lumineuse hémisphérique moyenne Hefncr Consommation spécifique watt/Hefner hémisphérique moyenne Intensité lumineuse - hémisphérique avec globe opale
- Lampe Excello 1 '.'il' .leux y. jaune 6 8 10 I 2 44 45 46 47 33o 440 55o 660 1 38o 2 200 3 100 3 900 0,24 0,20 0,18 <M7 1 100 1 760 2 5oo 3 100
- ' 0 44 33o i 040 0,32 825
- Lampe à arc, à flamme, à char- Par deux —- v. 8 45 440 1 6jo 0,27 1 38o
- bons inclinés \ 2 10 46 55o 2 320 0,24 i 870
- 12 47 (ifio 2 1)20 0,22 2 320
- 8 3o 2f)3 I 200 0,24 980
- Par trois v. blanche; IO 3o 366 1 600 0,2 3 1 3 00
- 1 3 I 2 3o 440 2 OOO 0,22 1 640
- Lampe Axis, à flamme, à char- 15 3o 55o 2 65o 0,2 I 2 I 5o
- bons superposes 8 40 44o 1 900 0,2.3 1 55o
- [Par deux v. blanche 10 4o 55o 2 5oo 0,22 2 o5o
- 2 12 40 660 1 100 0,2 I 2 5 >0
- I J 40 825 3 900 0,21 y i/|0
- (seule sur 220 v. 2,5 i65 55o i 5 00 0,37 1 200
- Lampe Quartz Ü'iOV. 3,5 180 77° 3 000 0,26 2 5oo
- . — nov. 5,o 85 440 I 200 0,37 1 000
- rents systèmes de lampes, il convient de faire intervenir, en dehors des frais d’installation, la consommation spécifique de la lampe, le prix des charbons des pièces de rechange et le service. Dans le tableau II, sont indiqués les frais d’exploitation pour 1 000 heures, en ne considérant, cependant, pour chaque lampe, que les intensités de courant extrêmes.
- Le prix du courant a été supposé de 2$ centimes le kilowatt-heure. Le prix des charbons est également indiqué dans le tableau.
- bout de ce temps s’engage à remplacer les brûleurs usagés qu’on lui retourne par un neuf moyennant la somme indiquée.
- Pour le remplacement des globes, on a admis
- 6 francs pour toutes les lampes, et pour le service 10 francs.
- Le résultat de la comparaison entre ces différentes lampes est que la plus économique est la lampe Excello à lumière jaune consommant 12 ampères, et pour laquelle les frais totaux s’élèvent à moins de
- 7 centimes pour 1 000 heures et par bougie Ilefner.
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- Au second rang vient la lampe Quartz de 3,5 am- i On n'a pas tenu compte dans la comparaison ci-pères avec 9 centimes^ puis la lampe Axis montée par I dessus des prix d'achat, des frais d’installation, de la
- Tableau II
- Frais d'exploitation pour i ooo heures.
- • EXCELLO AXIS AXIS LAMPE QUARTZ
- EAtii^LijU ilAUliu BLANCHE montage par 3 montage par 2 pour 220 V.
- Intensité amp. 6 12 6 12 8 15 8 i5 2,5 3,5
- Consommât, d’énergie, w. 33o 36o 33o 660 298 55o 440 825 55o 77°
- Intensité lumineuse hémis-
- phérique bougies ïïefner. 1 100 3 i5o . 825 2 35o 98° .2 i5o 1 55o 3 140 I 25o 2 5oo
- ï 000 heures de fonction-
- nement coûtent :
- Courant(ofr.a51e\v.-h.) fr. 82,5o i65,oo 82,5 165,oo 73,75 137,5o 110,00 203,25 187,50 195,00
- Charbons fr. 24,75 33,75 26,25 87,5o ko 57,50 43,75 63,75 31,25 3i ,25
- Globes fr. 6,25 6.25 6,25 6,25 6,25 6,25 6,25 6,25 » »
- “ Service fr. 10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 » »
- Total fr. 123,50 215,00 125,00 218,75 130,00 211,25 170,00 283,25 168,75 226,25
- Frais d'exploitation pour
- 1 000 heures et une bougie
- Hefnerhémisphériquc c. I I , IO 6,88 i5,io 9,88 i3,25 9,89 I I ,00 9,25 i3,5o 9,00
- Charbon Noris Excello T. B. (Siemens ord.)
- Prix par 100 paires.. . fr. 36,a5 5o,oo + 5% 60,00 86,25 66,25 96,25 » »
- Durée d une paire h. K I 0 i5 — 5 % i5 i5 15 i5 » »
- Paires pour 1 000 heures. 67 67 » y> 67 67 67 67 » »
- Prix fr. 23,70 33,75 26,25 27,50 /|O,00 57,5o 43,75 63,75 » »
- deux pour i5 ampères avec 9,25 centimes ; la lampe durée, de la beauté et de la fixité de la lumière, ainsi
- Excelîo pour lumière blanche avec 9/1 centimes, et que de la courbe d’éclairement des lampes.
- Tableau III
- LAMPE ampères ÉCLAIR DU maxim. EMENT SOL minim. HAUTEUR DU CENTRE LUMINEUX — —1 9 DISTANCE DES LAMPES FRAIS D'EXPLOI- TATION COUT par mètre PRIX MOYEN par mètre
- Excello jaune — blanche , 1 6 ) ï* 1 1 IO 10 mètres 10,75 r8 mètres 5i 85,5 francs 2, I 5 francs 2,4° 2,53 francs 2,46
- « 12 1 I ' IO IO 9)3 15,6 44 7'< 125 208,5o 2,84 î 2;96 j 2’9°
- Excello avec globe dioptrique.. — jaune 6 12 I 1 10 IO 8.5 14.5 57 96 » 2l5 2’^ 2,18 2,24 ( ’ .
- — blanche 6 12 1 1 IO IO !2,5 5o 84 125 208,5o 2’5w i 2 55 2,60 { 2’bJ
- Axis par 3 — par 2 .1 1 1 IO IO 7,7 n,4 é8 71,5 i3o 201,25 2,7r i 2,84 2,9r» /
- 8 15 1 1 IO IO 9,7 i4 61 86,5 170,00 286,50 2,80 3,32 3,o5
- Quartz 220 volts. . . 3,5 I IO T7)7 81 22/|,00 2,76 2,76
- enfin la lampe Axis montée par trois pour i5 am- 1 Sauf sur ce dernier point, il n’est guère possible pères avec 9,9 centimes. d’établir une comparaison générale ; il semble que
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- pour la beauté, la fixité de la lumière, la lampe à charbons inclinés pour lumière blanche doive être préférée.
- La courbe d’éclairement mérite d’être considérée d’une façon spéciale puisque ce qui est intéressant en définitive est, non pas le prix de la bougie, mais le prix pour un éclairement déterminé du sol.
- Le tableau III donne ces prix dans des conditions déterminées. On remarque qu’il existe une très faible différence entre les frais de différentes lampes à faible ou forte intensité de courant, car ces lampes ont sensiblement la même courbe d’éclairement.
- La lampe la plus économique est encore la lampe Excello pour lumière jaune.
- Pour la lumière blanche, la première place est occupée par la lampe Axis montée par trois en série ; en second lieu la lampe Excello blanche, et enfin la lampe Axis montée par deux.
- La lampe Quartz à 2,5 ampères se placerait entre la lampe Excello blanche et la lampe Axis montée par trois en série.
- Enfin il convient de remarquer que la hauteur des lampes, pour des raisons pratiques, ne peut pas être choisie aussi grande qu’il serait désirable pour obtenir un éclairement régulier. *
- C’est ainsi que, si l’on peut, dans les gares, aller jusqu’à 14 ou i5m, on ne peut guère, pour l’éclairage des rues,, dépasser iom. Dans ce cas, pour obtenir un éclairage régulier, il convient d’employer des lampes d’intensité lumineuse relativement faible, par conséquent d’intensité de courant faible aussi.
- A. P,
- Conditions techniques pour la livi'aison des lampes à incandescence de l’Union des centrales suisses d’électricité (*)•
- A titre de renseignements, nous donnons les conventions suivantes qui régissent l’industrie suisse des lampes à incandescence :
- Paragraphe premier. — Les lampes à livrer sont de trois types : à consommation faible, normale ou élevée, désignée par les lettres A, B et C. Ces types de lampes ont une durée de vie utile ude 3oo Goo et 800 heures.
- (•) Publiées par la Schweizerische Elektroteclinischc Zeitschrift du 24 juillet 1909.
- Les lampes porteront, distinctement lisibles, le inscriptions suivantes :
- sur le métal du socle 1. la marque de fabrique,
- 2. la tension indiquée,
- 3. l’intensité lumineuse,
- la désignation du type, A, B ou C,
- 5. la marque du commettant (sur demande),
- G. la marque de l’association :
- A. A. L.
- La tension indiquée est celle que le fabricant imprime sur le socle.
- La tension de mesure est celle pour laquelle, lors de l’essai photométrique au laboratoire de l’A. S. E., la lampe fournit l’intensité lumineuse marquée.
- On entend par intensité lumineuse l’intensité horizontale moyenne en bougies Hefner.
- On n’inscrira pas sur les lampes les signes « v » (volts) et « b » (bougies).
- Les lampes qui ne porteront pas les inscriptions voulues, ou pour lesquelles celles-ci seront incomplètes, ne seront pas soumises aux essais et devront être refusées par les commettants.
- § 2.—Les lampes devront être irréprochables, tant au point de vue des matériaux employés, qu’à celui de leur construction; elles auront en particulier une ampoule de forme symétrique en verre transparent et sans taches. Elles seront fixées d’aplomb sur leur socle, et celui-ci sera relié aux fiJs de jonction par des soudures sans acide.
- Les socles à pas de vis devront correspondre aux normes de 1900 de l’Union des Electriciens allemands.
- La mesure de l’intensité lumineuse horizontale moyenne se fera d’après les prescriptions publiées en 1898 par l’Union des Electriciens allemands sous le titre de : Prescriptions pour la mesure de l’intensité lumineuse des lampes à incandescence (Vor-schriften fiir die Lichtmessung an Glühlampen).
- § 3. — La tension indiquée pourra différer de la tension de commande (c’est-à-dire de la tension que demande le commettant) d’une quantité qui devra rester dans les limites qu’indique le tableau I. Ces limites elles-mêmes ne devront pas être atteintes par plus du 20 % des lampes d’un même type et d’une même intensité lumineuse.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N» 36. '
- La tension indiquée ne doit pas s’écarter de la tension de mesure de plus de ±1/2 % .
- Tableau I
- LIMITES DES TENSIONS INDIQUÉES
- Limites Limites Tension Limites
- Tension do Tension de de la
- de la tension indiquée de la tension indiquée de tousion indiquée
- commando on volts inf. sup. commande . en. volts inf. sup. commande en volts inf. sup
- 5o 48 5a 115 1i3 118 780 176 184
- 65 63 67 120 !i7 123 190 i85 195
- 70 68 72 125 122 128 200 195 205
- 80 78 82 i3o 127 133 a 10 205 2 I 5
- QO 88 92 140 137 146 143 220 21 5 225
- IOO 98 102 ifto 104 a3o 225 235
- io5 io3 107 160 i56 164 240 235 246
- 110 108 111 170 166 • 174 »5o 245 256
- § 4. —La consommation des lampes devra correspondre à moins de 6 % près aux valeurs indiquées dans le tableau IL On la déterminera à la tension de mesure.
- §5.— On entend par durée de vie des lampes leur durée utile, soit le nombre d’heures pendant lesquelles les lampes doivent pouvoir brûler à la tension de mesure avant que l’intensité lumineuse ait baissé de 20 % .
- On déterminera cette durée par des essais poursuivis pendant 3oo, 6oo ou 8oq heures, les lampes restant soumises à la tension de mesure.
- On choisira, pour ces essais, des lampes dont la consommation se rappi'ochera autant que possible des valeurs du tableau, et dont la tension de mesure différera le moins possible de la tension de commande.
- § 6.— Les essais de tension et de consommation devront se faire sur le 20 % des lampes, de chaque envoi. Pour les envois de moins de 25o lampes, on en essaiera au moins 5o. Pour ceux de plus de. i5 000, on n’en essaiera que 3 000 au maximum.
- Si les envois contiennent des lampes de divers types ou d’intensités différentes, l’essai devra porter sur le ao % de chaque type et de chaque intensité. Pour les envois en dessous de a5o et en dessus de i5 000 lampes, il faudra faire pour les essais un prélèvement proportionnel, de manière à atteindre les 5o ou les 3 000 lampes pour l’ensemble de l’envoi.
- Les essais de durée se feront sur le 1 % des
- lampes, mais sur cinq lampes au moins de chaque type et de chaque intensité.
- Tableau II
- CONSOMMATION DES LAMPES
- TYPES A B c
- Bougies Tension de commande Watts
- Ilefner
- 4 5 à 115 ___ *9 21
- 116 à 125 *9 22 24 .
- « 45 à n5 — 27 3o
- O 116 à 125 26 3o 34
- 4 5 à 115 28 33 36
- 10 116 à 15 5 3i 36 4o
- 156 à 25o 35 4l 45
- 4 5 à 1 r 5 43 5o 55
- . 16 116 à 15 5 46 53 r>9
- 156 à 25o 49 57 63
- 4 5 à 115 54 62 69
- 20 116 à 155 58 66 74
- i56àa5o 6l 71 79 '
- 45 à 115 67 7» 86
- 2:5 116 à 155 72 84
- i56 à a5o 76 89 98
- 4 5 à 115 86 IOO 110
- 32 116 à 155 92 107 118
- i56 à 25o 98 114 126
- §7.**- Tout envoi peu donner lieu à des réclamations ou être refusé deux mois après sa réception :
- 1. Lorsque le 10 % des lampes essayées ne correspond pas à une ou plusieurs des conditions convenues quant à la construction, à la tension de mesure ou à la consommation;
- 2. Lorsque la durée utile n’est pas. atteinte par le
- 5o % des lampes essayées. •
- Si un envoi est refusé par suite de manque de durée, le fournisseur devra supporter le coût de l’essai et des lampes qui y ont été employées.
- Si un commettant a employé une partie des lampes avant la fin des essais, les réclamations ou le refus ne peuvent porter que sur la partie de l’envoi non encore utilisée. Onne pourra refuser les lampes ayant déjà servi (sauf les lampes d’essai).
- Les lampes qui ont des défauts de fabrication et qui ont été retournées intactes extérieurement au fournisseur six mois après réception, devront être
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- remplacées gratuitement par ce dernier, pour autant que les fautes de fabrication seront prouvées.
- §8. —Les conditions techniques ci-dessus ne s’appliquent ni aux lampes de plus de 25o volts, ni à celles qui sont construites pour des intensités autres que 5, 8, io, 16, 20, a5 et 3a bougies Hefner, ni aux lampes à ampoules mates, colorées ou anormales.
- § 9. — Le laboratoire d’essais des matériaux de l’Association Suisse des Electriciens est désigné comme laboratoire de contrôle. Les commettants lui enverront les lampes d’essai immédiatement après livraison du fournisseur.
- § io. — Le laboratoire d’essai tient d’après la liste des membres de-l’A. A. L. un protocole relatif à chaque lampe essayée. Ces protocoles serviront dé base pour les réclamations et devront être reconnus valables par le fournisseur aussi bien que par le commettant.
- § ii. — Les réclamations à adresser aux fournisseurs sont laissées aux soins des commettants. Dans ce but, le commettant, le fournisseur, ou leurs mandataires autorisés pourront prendre connaissance des protocoles au laboratoire d’essai de l’Association Suisse des Electriciens. Il ne sera pas remis de copies de ces protocoles.
- § i2. —La livraison des lampes aura lieu franco de port, de douane et d’emballage dans toute localité suisse. Le fournisseur s’engage à les emballer soigneusement.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La Société d’Éclairage et de force par l’électricité a réalisé pendant l’exercice 1907-1908 un produit net d’exploitation de 1 382 573 francs, en diminution de 373 55g fr. io sur celui de 1907. En ajoutant à ce produit le montant des intérêts du portefeuille, soit 225 833 fr. 3?», le bénéfice de l’exercice ressort à 1 608406 fr. 82 qui a reçu l’affectation suivante :
- Amortissement d’anciennes créances... 465g fr. 77
- Dépréciation sur installations......... 34o og5 fr.
- Annuité d’amortissement............,. . . 4la4oofr. 67
- Réserve légale...................... 42 562 fr. 56
- 4o francs aux actions............... 800000 fr.
- Report y compris celui de igo7...... 439 fr. 56
- Ce dividende de 8 % n’absorbe que 5o % des bénéfices, l’autre moitié étant intégralement consacrée aux réserves ou amortissements, portant l’ensemble de ces divers chapitres à la somme globale de 8 712 194 fr. 10, soit près des 9/10 du capital et plus des 7/10 des immobilisations qui figurent au bilan pour 11 677298 fr. 85. Le portefeuille se compose de valeurs diverses pour 1 985 816 fr. o5 et de 16949 actions de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité libérées seulement des trois quarts au 3i décembre 1908.
- Le premier exercice de cette Société ayant pris fin à la même date et la Société d’Éclairage et de force n’ayant pu faire état du dividende de 4 % afférent à ces actions, il en résulte que le revenu consigné plus haut se rapporte aux valeurs diverses et ressort dans ces conditions à 11 % ; si l’on se rappelle en même temps que les actions de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité se négocient actuellement avec une prime de i3o francs, on se rend compte que la valeur réelle de l’actif de la Société d’Eclairage et de Force est très supérieure à celle que le bilan fait ressortir.
- Nous n’appliquerons pas les amortissements au portefeuille pour la raison ci-dessus ; les immobilisations apparaissent alors avec une valeur de 2 906 275 francs, bien inférieure a leur valeur même de liquidation ; ce qui ne peut que confirmer notre opinion précédente. Les disponibilités et les aleursv immédiatement réalisables sont supérieures de i 045486 fr. 12 aux créditeurs divers, laissant encore un large fonds de roulement après le paiement du dividende.
- Les résultats de cette année auraient été plus satisfaisants si la Société d’Eclairage et de Force n’avait pas eu à subir le contre-coup de la diminution du prix de l’hectowatt, aggravée par la diffusion des lampes à filaments métalliques et l’augmentation du prix du combus’tible et de la main d’œuvre. Pour l’avenir, le prix de revient se ressentira des modifications apportées au matériel des usines et de l’augmentation de la consommation tant à Paris qu’en banlieue où les polices en service ont passé d’une année à l’autre de 162 à 33g et la puissance des installations de 11 000 hectowatts à 23 000 hectowatts.
- Le secteur desservi par la Société d’Eclairage et de Force est l’un des plus commerçants et des plus
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- industriels et son développement ne se trouve en somme limité pour le moment que par les nécessités matérielles qu’imposent les formalités administratives, la pose des canalisations, la construction des usines et des sous-stations^.
- Elle participé à 16 % des bénéfices réalisés par l’Union des secteurs dans l’exploitation parisienno en surplus de la part des recettes à laquelle elle a droit sur la base de ses fournitures en 1905 ; mais elle s’organise pour combler ce déficit le jour où les seçtèurs feront place à la Compagnie Parisienne-qui assumera l’exploitation pour son propre compte et se contentera de leur répartir la part de divi-dendes à laquelle leurs actions leur donneront droit.
- En analysant l’an dernier le bilan de l'Énergie Électrique du Littoral Méditerranéen, nous nous étonnions de voir le Conseil consacrer trop peu des bénéfices aux amortissements et distribuer, parce que statutaire, un intérêt intercalaire de 4 % aux actions. Nous aurions voulu être mauvais prophète et qu’aucune circonstance difficile ne vînt troubler l’exploitation et rendre plus étroite la situation financière de la Société : mais, hélas ! l’usine de la Siagne n’a pas concouru, comme on l’espérait, à l’alimentation du réseau des Bouches-du-Pihône, la sécheresse de l’automne et de l’hiver a obligé à mettre en route et même à surcharger toutes les usines à vapeur dont disposait l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, et les dépenses d'exploitation se sont élevées à 2 090 349 fr. 4i •
- Mais les recettes étant en progression considérable sur l’exercice précédent, puisqu’elles passent de i 808 788 fr. 81 à 4 o45 507 fr. 98, le coefficient d’exploitation subsiste à 5i % ; le solde créditeur assez élevé du compte intérêts et divers s’ajoutant aux bénéfices du compte d’exploitation, le bénéfice brut total est de 2 5aa a54 francs. Après amortissement de 4a6 obligations, d’un dixième des comptes mobilier, outillage et matériel en location, de la participation à l’Exposition de Marseille (5o 000 francs) et d’une part du portefeuille (100 000 francs); après le prélèvement des intérêts des obligations, il reste 8a4 440 francs de bénéfices nets, soit un rapport net de 2,57 % pour le capital de 3a millions.
- Et voici alors que le Conseil, estimant que « si « malgré la persistance de la sécheresse jusqu’en « mars *909, les recettes ont continué à progresser, « elles n’apportent cependant pas, pour la dernière k période indiquée, compensation suffisante pour la « répartition d’un dividende », propose de repor-
- ter 749 847 francs après, avoir un amortissement complémentaire de 3oo 000 francs.
- Il se produit donc ce fait anormal qu’au cours des installations le capital a touché un intérêt intérimaire de 4 % , et que, dès que la Société parait entrer dans la voie de l’exploitation normale, le capital ne touche plus rien ; ceci prouve à l’évidence que la règle des intérêts intercalaires est des plus dangereuses pour ne pas laqualifier différemment. Partie du capital, puisque celui-ci est improductif, on les porte taux dépenses d’installation et pour le cas de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, on voit celles-ci augmenter au cours de l'exercice de 8 579 731 fr. 83, représentant l’exécution des jtra-vaux d’établissement avec l’adjonction des frais de mise en train et des intérêts intercalaires statutaires ! Le revenu du portefeuille porté au bilan pour 1 i3i oo3 francs ressort à près de 5 % 5 et la comparaison entre les comptes débiteurs et créditeurs divers fait apparaître en faveur des premiers une différence de 466 43a francs.
- Le rapport du Conseil donne des détails fort intéressants sur les travaux de parachèvement et d’amélioration des diverses usines, postes de transforma-tion et réseaux de distribution ; il confirme notant-* ment la mise en route complète, au cours de 1908, de l’usine de la Brillanne-Villeneuve .et partielle de l’usine de la Siagne dont les installations hydrauliques avaient donné lieu à un procès liquidé par un arrangement amiable qui a conté 88 000 francs à la Société.
- La puissance actuellement fournie par ces diverses usines est de plus de 34 000 kw. dont 14 000 pris à Marseille pour les besoins de l’exploitation de la Compagnie des Tramways et de la Société du Gaz et de l’Electricité. L’Energie Electrique du Littoral s’emploie à développer dans les nombreux villages englobés dans l’immense étendue de ses réseaux la petite force motrice. Elle accuse pour le moment 600 chevaux de force motrice et 17 000 lampes. Nous ne pouvons malheureusement donner une approximation de la population ainsi desservie, devant nous contenter du chiffre des polices souscrites : 2 600, qui permet de conclure à Une moyenne de 7 lampes par police.
- Enfin, au cours de cet exercice, l’Energie Electrique du Littoral a dû régler avec la Société des Forces Motrices de la Haute-Durance une situation d’attente qui lui portait le plus grand préjudice. Cette dernière ne pouvant se procurer les capitaux nécessaires à l’achèvement de ses travaux et, comme con-
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- séquence, remplir ses engagements de fourniture de courant à l’Energie Electrique du Littoral, s’adressa à son client futur pour lui demander une avance de capitaux. L’Energie Electrique du Littoral y a consenti moyennant une hypothèque sur tous les biens de la Haute-Durance et l’engagement de tous les entrepreneurs d’achever les installations au 3o septembre prochain. A cette date, l’usine de Ventavon apportera donc son concours aux autres stations de l’Energie Electrique du Littoral qui n’aura plus comme préoccupation que l’organisation de l’exploitation pour que ses recettes soient enfin en rapport avec l’important capital qu’elle doit rémunérer.
- Le rapport du conseil de la Compagnie des Tramways de l’Est-Parisien fait ressortir quelle importance acquièrent certains incidents atmosphériques pour un système de traction fort ingénieux mais peu pratique dans nos grandes villes et sous notre climat. La fameuse chute de neige de décembre, neige spéciale au regard des ingénieurs de la voirie municipale, a influé sur les recettes de la Compagnie en immobilisant le service sur toutes les voies équipées en Diatto. Malgré une augmentation de recettes de 3, 4i % par rapport à l’exercice précédent, le
- manque à gagner comme les dépenses occasionnées par cet événement ont contribué à réduire le solde créditeur du compte prolits et pertes. Il est de i 121 834 fi'- 89 au lieu de 1 128 392 fr. 83 en 1907. La situation générale de l’Est-Parisien se relève peu à peu et le coefficient d’exploitation de 79, 24 % paraît satisfaisant à côté des chiffres de 86 % et 92 % que nous avons relevés pour d’autres sociétés. Les actions privilégiées ont reçu 4 francs après prélèvement de 200 000 francs pour renouvellement du matériel et de 55 25o francs pour la réserve légale.
- Il faut se rappeler, pour se rendre compte exactement de l’augmentation des recettes, que la Compagnie des Tramways de l’Ést-Parisien a vu son service très entravé, pendant tout l’exercice, sur l’une de ses lignes les plus productives, Opéra-Place de la République, et que son contrat de fourniture aux Tramways de la Rive Gauche a pris fin au 3i décembre 1907.
- D’autre part, la réorganisation du régime des transports en commun lui apportera peut-être des éléments de trafic qui augmenteront les chances de répartition des actions ordinaires.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Vaucluse. — Le Conseil général d’Avignon a voté par i3 voix contre 8 le projet d’établissement de tramways départementaux, dont la dépense est évaluée à onze millions.'
- Allemagne, — Une loi du 28 juillet autorise le gouvernement à consacrer une somme de 224 914 °oo marks à l’extension, &1’achèvement et à l’amélioration du réseau ferré de l’Etat, dans les conditions suivantes : construction et équipement de 9 lignes nouvelles, 77 427 000 marks; installation d’une seconde voie sur 16 lignes anciennes, 4o 54o 000 marks, achèvement de travaux en cours, 9 947 000 marks; électrification de la ligne Dessau-Bit-terfeld, 2 millions de marks; achat de matériel roulant, g2 millions de marks; construction de lignes secondaires, 3 millions de marks.
- Les ressources nécessaires seront obtenues par l’émission d’obligations d’Etat ou de bons du Trésor.
- Italie. — Le Conseil d’administration des chemins de fer de l’Etat italien vient d’approuver un projet de création d’une station centrale génératrice d’électricité qui
- serait établie à Vado, sur le parcours de la ligne du chemin de fer Vintimille-Savone. Les dépenses prévues s’élèvent à environ 1 million et demi de francs.
- Turquie. — Le gouvernement vient d’autoriser le ministre des Travaux publics à accorder la concession d’une voie ferrée de Panderma à Soina. Cette voie, qui aura 200km, traversera une région riche et peuplée.
- Les demandes en concession seront reçues jusqu’au i3 septembre.
- RÉruiiLiQUE Argentine. —La maison Th. Bracht et Cio, à Anvers et Buenos-Ayres, qui vient de demander la concession d’un chemin de fer souterrain électrique dans la capitale de l’Argentine, est commanditée, dans cette aifaire, par la Banque de reports, de dépôts et fonds publics à Anvers et par l’Union Anversorse de Tramways et Entreprises électriques.
- Chine. — Il est question de relier les deux villes de Swatow et de Shanghaï par un chemin de fer électrique. Les dépenses qu’entraîneraient les travaux dé' construction et l’outillage de cette ligne qui aurait 10 km de long, seraient couvertes par un emprunt de i 5oo 000 francs.
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- ÉCLAIRAGE
- Espagne. — La municipalité de Mansilla de las Mulas (province dé Léon) vient d’accorder la concession de l’éclairage électrique de la ville pour une durée de vingt années.
- Turquie. — Le ministre des Travaux publics anommé une commission chargée d’établir le cahier des charges relatif à la concession de l’éclairage électrique de Constantinople et à l’établissement d’une station centrale.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Var. — Les lieutenants de vaisseau, MM. Colin et Jeance, continuent à Toulon la série d’expériences radio-téléphoniques dont nous avons déjà signalé les brillants résultats dans nos numéros des ioi' mai et. a6 juin, p. 164 et 4-i8;
- Le 18 août dernier, à la station d’émission située à Mourillon (Toulon), M. Colin a pu obtenir des communications très nettes avec le poste récepteur, tenu par M. Jeance, situé à la station radiotélégràphique maritime de Port-Yendres, distante de 240 kilomètres.
- Les appareils d’émission et de réception qui ont servi à ces expériences ont été construits par la Compagnie Générale Radiotélégràphique, et les expérimentateurs, espèrent pouvoir communiquer sous peu à une distance de 3oo kilomètres.
- Haute-Savoie. — Il est question d’installer une station de télégraphie sans fil à Chamonix.
- Canada. — Un incendie a détruit le 21 août la station radiotélégràphique Marconi établie à Glace Bay; de ce fait les communications directes sont interrompues avec la station de Clifden (Irlande), elles ne pourront être rétablies que dans six semaines environ.
- Japon. — Les principaux navires de guerre japonais vont être équipés de postes radiotéléphoniques comportant les nouveaux appareils du professeur Missuno ; ces navires possèdent déjà des postes de télégraphie sans fil.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- • .Le;28 septembre, à l’établissement central du matériel de la' télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de Latour-
- Maubourg,à Paris, fourniture de 4 000 isolateurs enébo-nite. Production des pièces avant le 19 septembre.
- Le 29 septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, 14, rue de la Science, à Bruxelles, équipement électrique aérien et pose du retour spécial du courant électrique de la section d’Ander-lues à Lobbes du chemin de fer vicinal de Càrnières à Thuin. Soumissions recommandées le 28 septembre.
- ALLEMAGNE
- Prochainement,à l’administration communale k Mersck-weiler, établissement d’installations électriques.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 18 septembre, à l’administration de la ville, à Magyarkanizsa, établissement d’installations électriques.
- Prochainement, à l’administration delà ville, à Agram, établissement d’une nouvelle centrale d’électricité à la Save. . . .
- ESPAGNE
- Le 20 octobre, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, adjudication.de la concession avec garantie d’intérêt du chemin de fer secondaire de Médina de Rioseco à Yillada : caut. : pes. 49 690,88. ' "
- Le 29 octobre, à la junte des travaux du port, à Valence, fourniture d’une grue de iS tonnes et de 2 de 1 1/2 tonne : caut. ; 5 000 pesetas.
- RUSSIE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Suckum, établissement d’un tramway électrique.
- TURQUIE
- Jusqu’au 14 octobre, soumissions pour l’établissement de postes téléphoniques à Constantinople et dans sa banlieue. Cahier des charges et renseignements au Ministère ottoman des Finances à Constantinople.
- AUSTRALIE
- Le 12 janvier, à M. le deputy postmaster general, à Sydney, fourniture d’un tableau de distribution pour batteries d’accumulateurs, avec accessoires.
- MÏ1*. — IMPRIMER IB LEVÉ, RUE CASSETTE, 17
- Le Gérant : J.-B. Noubt,
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- Trente-et-Unième année. SAMEDI 11 SEPTEMBRE 1909. Tome VII.(2* série) N* 37.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 3ai. — J. Saroléa. Câbles armés. De quelques singularités relevées en cours d’exploitation parcourants triphasés, p. 3a3. — K.-H. Haga. Détermination expérimentale des deux réactions d’induit dont dépend la variation de tension des alternateurs, p. 3aç).
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la loi de l’induction, F. Emde, p. 332. — L’emploi de l’air comprimé comme isolant, E.-A. Watsox, p. 333. — Etude, construction et essais de machines. Sur le diagramme à vide et en court-circuit des moteurs d’induction. Modification de la méthode d’Hopkinson, S. P. Smith, p. 334. — Nouvelle machine à intensité constante et ses applications, Ch. Kraemer, p. 328. — Contribution à l’étude des pertes dans le fer d’un rotor de moteur monophasé à collecteur, C. Noome et K.-H. Haga, p. 34o. — Procédé pour le séchage rapide des enroulements des moteurs, S.-V. Jankowski, p. 34i.— Transmission et distribution. Degré de sécurité des appareils U haute tension, M. Vogelsang, p.34i.
- — Traction.Le funiculaire de Hungerburg (Tyrol), E. Seefeiilner, p. 342. —Electrochimie et Electrométallurgie.
- ' Fours à sole conductrice pour la production de l’acier, A. Keller, p. 343. — Bibliographie, p- 344- —
- Correspondance, p. 344- — Variétés. Sur le halage électrique des bateaux, L. Gérard, p. 3.j5. — Ecole spéciale des Travaux publics, p. 346. — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitations.
- — Usines génératrices. Prix d’une centrale de 100 chevaux. Devis comparatifs pour la machine à vapeur, le moteur à gaz, le moteur électrique, p. 347. — De l’influence de la distribution de courant aux voies ferrées électriques sur-'la situation économique des centrales, p. 348. — Chronique financière, p. 348. — Renseignements commerciaux, p. 35o. —Adjudications, p. 35i.
- ÉDITORIAL
- M. J. Saroléa donne une série de résultats d’expériences fort intéressants sur l'exploitation par courants triphasés circulant dans des câbles armés. La partie la plus importante des essais concerne naturellement le cas où la chute de tension, due à l’action magnétisante descourantssuiTarmatureen fer, est sensible, c’est-à-dire le cas où la somme des intensités circulàj»ÿ.dans les différents torons n’est pas nulle.
- D’un grand nombre de relevés d’expériences soigneusement établis, et relatifs à des cables armés à trois et quatre conducteurs, l’auteur
- conclut que l’armature en fer des câbles souterrains exerce, en quelque sorte, un effet de réglage automatique sur les courants de circulation.
- M. Saroléa termine par des remarques intéressantes sur les terres et aussi sur l’emploi industriel des transformateurs dans les distributions triphasées à 4 fils.
- M. llaga donne, ensuite, une note suggestive sur la réaction d'induit des alternateurs.
- La conception essentielle de l’aiLleur cou-
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- sisteà mesurer les deux réactions, directe, et transversale, en marche.
- Le résultat semble surtout satisfaisant en ce qui concerne la réaction transversale ; nous pensons que les techniciens trouveront dans les idées émises par M. Haga le germe de développements importants à la théorie, déjà si longuement étudiée, de la réaction d’induit des alternateurs.
- Les conceptions générales de M. Emde sur la loi d'induction pourront paraître à plusieurs techniciens un peu trop originales; il n’en était pas moins intéressant d’en présenter un très court exposé auquel nous avons joint une bibliographie suffisamment complète pour que ceux de nos lecteurs qui désireraient approfondir ces questions pussent y trouver tous les développements nécessaires.
- La question de Y emploi possible de l'air comprimé comme isolant dans l’équipement à haute tension des usines centrales semble bien, à la suite des travaux de M. Watson, devoir sortir du domaine des chimères.
- Le grand intérêt soulevé par la communication de M. Watson se mesure au nombre et à la qualité des techniciens qui l’ont discutée : MM. Russell, G. Kapp, Silvanus Thompson et plusieurs autres, ont apporté, à l’étude de cette importante question, la contribution de leur expérience personnelle.
- Nous reproduisons ensuite un travail dans lequel M. S.-P. Smith donne une théorie très originale pour la construction du diagramme du moteur d'induction. Nous avons résumé le moins possible, étant donné
- l’intérêt du sujet. La méthode semble particulièrement remarquable au point de vue de la détermination du rendement, que l’auteur a contrôlée à l’aide d’une modification de la méthode d’IIopkinson, qu’on trouvera également décrite.
- Ap rès M. Bloch, dont nous donnions récemment la solution, M. Kræmerdécrit à son tour une machine à intensité constante.
- De M. Haga, on trouvera, en outre de la note dont il a été question ci-dessus, un travail fait en collaboration ayec M. Noome, sur les pertes dans le fer des moteurs à collecteur.
- Dans les articles suivants, ori trouvera des renseignements d’ordre très pratique sur le séchage des machines, Y appareillage à haute tension, et les récentes applications de la traction électrique aux funiculaires.
- M. Keller donne ensuite d’abondants renseignements sur les solutions qu’il a étudiées et expérimentées pour la production électrique de l'acier.
- Enfin on trouvera, dans nos Variétés, l’exposé des objections présentées récemment par M. L. Gérard, à propos du halage électrique des bateaux, aux idées exprimées antérieurement par M. du Bousquet, et également reproduites, en leur temps, dans nos colonnes. .
- On verra que M. Gérard s’est constitué le défenseur et l’apologiste du tracteur à adhérence proportionnelle.
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
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- CABLES ARMÉS
- DE QUELQUES SINGULARITÉS RELEVÉES EN COURS D’EXPLOITATION PAR COURANTS TRIPHASÉS
- A) Si = o. — L’emploi des câbles armés ne donne lieu à aucune particularité dans le genre de celles que nous allons envisager, tant que la somme des valeurs instantanées des courants circulant dans l’ensemble des torons est égale à zéro.
- Dans ces conditions, l’action magnétisante des divers courants sur l’armature en fer ne provoque aucune baisse de voltage bien sensible dans la distribution. — Cette action magnétisante n’en existe pas moins ; son importance dépend évidemment des données de la construction.
- Nous ne citerons qu’un chiffre relatif à du câble sectoral triphasé répondant aux spécifications suivantes :
- Section du câble : i85mm2 par toron ; la couche périphérique d’un même toron a ses brins isolés par rapport aux brins intérieurs; l’épaisseur de l’isolement au papier, est de 3mm de toron à toron, et des torons au plomb ; par-dessus le papier, se trouvent deux tubes de plomb de i5 dixièmes chacun, et la protection mécanique est assurée au moyen de deux rubans defeuillard de 8 dixièmes, isolés l’un de l’autre.
- ioo ampères circulant en triphasé dans une longueur de ikm de ce câble, mis en court-circuit à l’un de ses bouts, exigent à l’entrée un voltage composé de 23,4 volts, à une fréquence de Ho périodes par seconde et à la température de i,5°. — Dans les memes conditions, mais les feuillards étant enlevés, ce voltage n’est que de 18,7 volts.
- Cette action magnétisante se décèle nettement par le secours d’un récepteur téléphonique fermant le circuit d’une bobine composée d’un grand nombre de tours, enroulés sur un demi-tore de tôles dé fer empaquetées — un appareil ordinaire décèle facilement une fraction d’ampère — ce courant de circulation étant dû, soit au débit de travail, soit à la charge statique du câble.
- Ce moyen permet donc d’obtenir certaines indications fort utiles, décisives même, quand
- les circonstances ne sont pas défavorables, mais il serait imprudent de baser sur son emploi exclusif la distinction dans une tranchée entre les câbles en service et celui ou ceux qui sont momentanément mis hors circuit.
- B) 2 i o. — Mais des chutes de voltage très notables interviennent lorsque le courant instantané d’aller dans un toron n’est pas égal et de signe contraire à la somme des courants de retour qui empruntent l’ensemble des conducteurs restants conqjris sous la même armature de feuillards.
- Nous résumons dans les petits tableaux ci-dessous toute une série d’essais effectués.
- i° Sur un câble armé à trois conducteurs de 3 X ioo“'mï,/= 273, l’épaisseur d’isolement de la cellulose étant de 3inm entre torons, et des torons à la terre; l’épaisseur de l’enveloppe de plomb étant de 28 dixièmes et les feuillards formant des rubans de 8 dixièmes.
- 20 Sur un câble arm é à quatre conducteurs, répondant aux mêmes spécifications, d’une longueur de l = 309'% enroulé sur bobine.
- 3° Sur un câble armé de 3 X 3oo'lur, i, l 2,58.m,3o, épaisseur du papier 7“"!, épaisseur de l’enveloppe de plomb = 3o dixièmes, des feuillards = 10 dixièmes.
- Ces trois câbles étaient ou bien enroulés sur bobines, ou bien repliés sur eux-mêmes; nous avons constaté expérimentalement que l’ordre de grandeur des diverses lectures ne se ressentait guère des différentes façons de présenter les câbles.
- Dans lestrois séries d’essais, nous nous sommes servis en plus d’un conducteur auxiliaire, extérieur au câble, de très faible résistance, offrant un chemin de retour facile au courant, et qui, en pratique, serait représenté, par exemple, par deux terres qui seraient toutes deux accidentelles, ou dont l’une serait permanente et préétablie, et l’autre accidentelle.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série), r- N° 37.
- ESSAIS DE CHANGE DESEQUILIBREE SUN CABLES ARMES A 3 ET 4 CONDUCTEURS
- Cable armé B. T ^section : 3 X ioomm,2. — Longueur: î*73llJ, enroulé sur bobine.
- T
- Court circuit
- Fig. i. T =: transformateur de 70 kw. 3ooo/no volts, ali-
- menté par lin alternateur spécial, à 47 périodes. Le fil auxiliaire extérieur au câble, en cuivre sera a5mm2; l = (3m,2o.
- Tableau I
- ». h 13 v„,, Y0»2 OBSERVATIONS
- (a) 70 7° » 4 >4 4,6
- {b) 70 69 '2,1 8,6 () j Ampèremètre tlier- ^ mique, à shunt. '.Voltmètre Weston, 0 J 10 volts.
- 4,4 » 4,4 9,3
- Cable arme à 4 conducteurs, section : 3 câbles 1 ooniin“ et 1 cable 5omm2. —Longueur: 3 09™, enroulé sur bobine.
- Tableau II
- ». h . i3 »4 Vl,2 V>,3 V*,3
- 55,5 5o 52 O 8,25 6,75 n 5
- 45 HC(') 45 O 4,3 8,25 4,9
- 82 82 79 O 8,4 8,9 8,9
- 7a 7* HC(') O 8,3 4,2 4,5
- (')• H' ors-circu: it.
- -J—WA/VA-
- 3
- Fig. 2. — T = Transformateur 3o kw. 3 226/207 volls triangle étoile, alimenté par l’usine à 125/8 volts.
- Æ amriJiâire :CC
- Tableau III
- I. »2 I3 14 K Yi.* V.,3 Vtj3
- 83 83 80 HC' 2,1 8,25 8,8 8,9
- 82 85 76 10 2,2 8,35 8,9 8,75
- 53 HC (•) HC (') HC1 5,3 "Vu,! i 3,i Vu,3 0
- (J) Hors-circuit.
- 4 *
- Fig. 4.
- Tableau IV
- 1. ' h 13 »4 Vo,t Vu,2 . Vu,3
- 90 86 7<, 3o 5,5 ^>7 4,i
- N.-B. — Il n’y a pas de fil extérieur — 4 est le fil
- neutre.
- Ii = I2 = 13 = 10 amp. I4=3aamp.
- V0 3 = 112 volts.
- Vi-^ = V2.3 = Y*.3 — 195 volts.
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- Tableau V.
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- 11 Septembre 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Câble de 3 X 3oomm2, longueur : a58m,3o. | Fil auxiliaire, longueur: V", section: i/|mm2.
- WATTS C C O n fo v-r <0 1 * * ^ o »-T R « « <o -s 1 * ÏTK « • « 3 JR CO ^ o | ^ «» O !c rs ^’S - i
- WATTS C C O CS « cs oo cs co | h «co  fl > 1 Art hh ^ o . R « <5 o* i ? o _|_J* « R ' R R . R R
- WATTS c o o + co co O * | *- ^ ^ R *'1 V'“ O 1 «> ^ o _|_^r CO I *5 CO 1 « ^ > ““ - *.® | A Ci « CO ° + -' £ ?
- 1-0 «Cû W l> t"»CO eo CO es v.*r co co « c" C G 'G R * « „ oo « SS <3 3 "rt c>c 3 îo CO > ?
- > CS C^GO^ HH « '^T « CS 1 R R R es Art O . X' L> ü" Ci >
- > « Ci C"» hh « crt -T R * « c L>» R R îr o
- > es ro Ci CO CO* Oi « CO ^ CS * « = CO CO c£ l" « £ *
- Art H ifl -T) C5 CO frt o LN » CO ^ CS R R R *S o~ R R R
- j? c c" -• SO t'H. « « L-* CO
- > L'* CO S! C rt Ci ?! L"-^ CS CO O Ci cT CS L-» CO es CS CS CO CO T es CS HH CS cs
- î> Art dfftm i I-. C& cT C « . L-. CO es eo 1 Art -s «hît L"- Art HH IT-H es CO c CS CS CO es
- > Art CS CO CO t>» *-T c' eT « « >-i es eo >rt eT CS CS* CS CO H- c' CS es Art Ci es" Ci CS M 00- cs
- > Art L-"» CS CO Ci HH O « co cs CO Art es" CS ! CS h- ! cs ^3- Ci -T co" Art 'es es Art cs
- CS CS CS CO « Qro co* A H CO CS co CS cT CS co irt cs «-T es cs CO L^» tO* T L'-» Art
- - hh" L"»QO C Ci CO C ^ O Art R [ O 1 « R Art Art -T CO CS CS Art c o' irt v— »rt ocT
- ^ ^ <g CS CO es « HH CS Ci 30 h Art ft fS H-ep R
- r a r « « Art S CO CS CS CS 'R R CO HH co es es 1 es
- Art «-T ir^oo C O CO O vtC Afl CS c CS CS es Art O es es C es <T HH es es *3 Ci $ es cd cs
- Fig. i2,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2» Série}. — N» 37.
- II pourra être tiré quelques déductions faciles de ces chiffres.
- Dans l’expérience a, tableau I, nous faisons passer du courant monophasé à 5o périodes, en empruntant ies deux torons 1 et 2, mis en court-circuit, au bout éloigné du câble.
- La chute de potentiel entre l’une ou l’autre des bornes d’entrée, et l’extrémité court-cireuitée est de /|,5 volts environ, pour 70 ampères.
- Réunissons directement en court-circuit l’une des bornes d’entrée et l’extrémité court-circuitée, par un câble auxiliaire extérieur au câble armé, en cuivre nu de 25mma de section, et d’une longueur de 6m,2o. Que vont devenir ces /i,5 volts reliés par un conducteur de 0,0042 Q de résistance ?
- L’essai b, tableau 1 nous le montre : il ne passera qu’un faible courant, par le câble extérieur, soit 2,1 ampères. Le partage des voltages sur les deux torons va se modifier complètement : le toron 1 retient tout le voltage disponible, tandis que le 2 indique à ses deux bouts une différence de potentiçl inappréciable, de l’ordre du centième de volt environ.
- Commentons encore quelques-uns des essais effectués sur des câbles armés répondant aux spécifications indiquées dans chaque cas et suivant le mode opératoire décrit.
- Considérons le cas de plusieurs conducteurs :
- A, B,...parcourus par des courants: I,, R,......
- et situés au voisinage d’un corps magnétique M.
- L’ensemble des conducteurs A, B,..... aiman-
- tera le corps M, et le flux résultant, en un point du corps M, sera formé de la somme de tous les flux partiels en ce point; l’on peut admettre que ce flux sera produit, avec un certain retard d’aimantation, par la composante géométrique de tous les courants élémentaires I1; R,.
- le courant résultant se trouvant situé vers le centre de figure des courants composants, et à une distance du corps magnétique égale à leur distance moyenne.
- Désignons ce flux par : M ïfeos (w£-a).
- Mais le conducteur A émet un flux qui est en phase avec I,, et qui ne pénètre pas jusqu’au corps magnétique M ; appelons cc flux RR; une partie Ra R, de cc liux coupera le conducteur voisin B, au moment de la résorption du courant R, de R à zéro, alors que dans les mêmes conditions, la totalité R R coupera le conducteur A ; tout se passe de la même façon pour les autres conducteurs.
- La circulation du courant sera donc régie par un ensemble d’équations de la forme :
- Vi,o=Riii-(-M — Shcos(t»)£—a) -)-R -j- if»,(*)
- La valeur approchée de la plupart des éléments de ces équations peut se déduire des essais directs : R, est la résistance ohmique, considérablement amplifiée par l’effet pellicu-laire grâce au champ magnétique intense qui coupe les torons ; R, Ri, sont plus grands également cjue leurs valeurs résultant du tracé de la coupe du câble ; ils comprennent des flux de fuite très importants dus à la proximité
- Fig. i3. — 1 R, =: H(I, ; R,^, = wRR ; R»î = ta R. [R
- sHg == KoI*,; lVjlo = hl/oTo ) InlIX —
- du fer
- çfM dt "
- résulte des diagrammes dont
- nous donnons ci-dessus un exemple (Tableau Y, essai a). Diagramme ci-contre :
- Dégageons quelques conclusions de ces aperçus rapides.
- U armature en fer des câbles souterrains exerce, pour ainsi dire, un effet, d’aulorégulalion sur les courants qui les parcourent.
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- il Septembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 327
- Dans l’exemple que nous avons choisi, la circulation du courant dans le conducteur a (essai â) est commandée, non par la différence de potentiel extérieure, qui est insignifiante, mais par la différence des forces électromotrices dues à l’induction du conducteur i, parcouru par le courant 1( agissant sur le conducteur •>, et aimantant le feuillard, et la self-induction de a parcouru par le courant I2.
- Admettons qu’une partie de réseau soit alimentée par deux câbles triphasés armés, réunis en boucle ; ce cas se présente d’une façon très générale dans les distributions urbaines. Les charges sur A et sur B se répartiront en raison inverse de leur impédance. Mais supposons qu’un seul plomb vienne à fondre en i1 : toute la charge se trouvera pratiquement reportée sur A; les torons a' et 3' de B, quoique restant réunis au centre de consommation, ne porteront plus guère de courant.
- Supposons qu’une terre franche existe sur le câble A, en T* par exemple, et qu’une deuxième terre franche se déclare sur un toron de phase différente, en quelque autre endroit du réseau ; le courant, dit de court-circuit, qui en résultera,
- sera très réduit et ne pourra que très exceptionnellement faire fondre les plombs des boîtes souterraines, des transformateurs ou des machines.
- Il n’est pas non plus exact de dire que dans le cas où, par principe, l’on mettrait le point neutre haute-tension des machines ou des transformateurs à la terre, côté usine, une terre supplémentaire en un point quelconque du réseau provoquerait un courant de circulation susceptible de faire déclencher les interrupteurs automatiques, à l’usine.
- En pratique, l’armature de feuillard défend donc le câble contre tout déséquilibre excessif des courants.
- Il n’en serait plus de même, évidemment, dans l’exemple choisi, si le plomb a était fondu sur le câble A, ainsique les plombs i' ou 3' sur le câble B ; l’alimentation des récepteurs se trouverait, dans cette hypothèse, considérablement gênée par la chute de potentiel qui se produirait sur les tronçons A et B.
- Les distributions en basse-tension par courants triphasés, à !\ conducteurs, commencent à se répandre. Pour conserver le bénéfice du classement en première catégorie, en France, et par mesure de sécurité en général, l’exploitant met le point neutre des transformateurs à la terre ; le quatrième conducteur de distribution peut
- Primaire
- être relié à la terre, en un certain nombre de points de son parcours ; ces diverses combinaisons de terres représentent le fil ou câble auxiliaire employé dans nos essais.
- Nous venons de voir que le courant de circulation au travers de ce conducteur auxiliaire sera très réduit et n’aura pas une importance suffisante pour troubler l’équilibre des voltages ; le courant de retour sera forcé au travers du quatrième toron, à l’intérieur du câble armé.
- Voici une disposition de fortune que nous avons employée quelquefois :
- Supposons qu’un transformateur se trouve
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N° 7.
- relié par un câble armé à 3 conducteurs, à un ou plusieurs moteurs à 200 volts entre extrêmes triphasés.
- Si le consommateur désire installer quelques lampes à 115 volts, il ne peut être question de relier ces lampes à un conducteur supplémentaire qui serait connecté à une plaque de terre, le point neutre basse-tension du transformateur étant lui-même relié au sol: on provoquerait une chute de tension inadmissible.
- Mais on peut utilement relier le plomb du câble armé au conducteur supplémentaire et au point neutre du transformateur; le plomb jouera le rôle du quatrième conducteur compris à l’intérieur de l’enveloppe de feuillard.
- 'bout
- -mriTiPii
- Fig. iG.
- / Primaire étoile
- Courbes supérieures : 8 KYÀ ) Secondaire étoile
- ( Une phase chargée
- Les résultats sont identiques, que la phase chargée soit à une extrémité ou au milieu. Différence (à intensité normale) en % du voltage à vide:
- Courbes inférieures : Le mémo : primaire triangle ; secondaire étoile :
- L’induction mutuelle de l’ensemble des con-
- ducteurs toronnés sur le tube de plomb assurera la circulation du courant et maintiendi’a celui-ci à l’intérieur du feuillard sur le plomb du câble, malgré l’effet de répulsion exercé par les conducteurs parallèles parcourus par des courants de sens contraire.
- Autre effet de déséquilibre des tensions de distribution. — Faisons remarquer incidemment, et pour terminer, que l’on commet souvent une grosse erreur dans les installations triphasées,
- 4 fils, qu’il s’agisse de câbles armés ou de conducteurs aériens.
- L’on constate souvent, dans ces installations, que le fait d’allumer une série de lampes prises sur un pont entraîne une forte baisse de voltage sur ce pont et sur l’un des ponts voisins, et une augmentation notable sur le troisième pont.
- Cet effet est dû, non aux conducteurs de distribution, mais à l’emploi irrationnel des transformateurs Ceux-ci devront être bobinés spécialement, ou simplement en triangle au primaire et en étoile au secondaire ; mais non en étoile au primaire et en étoile au secondaire.
- Nous donnons ci-contre les diagrammes relevés sur des transformateurs Alioth, indiquant clairement ces effets de déséquilibre.
- 0 5 15 20 25 30 35 V> Z5
- Fijj. i7;
- io 5 KVA I sccont*aire zig-zag.
- ’ ‘ | primaire étoile.
- — = 4,65 %
- 12f)
- Un tracé élémentaire montre que, dans le cas des transformateurs ayant leur primaire enroulé en étoile, le courant circulant dans ces primaires a sur l’une des branches de l’étoile un effet de capacité (courant en avance sur la différence de potentiel), et sur l’autre lin effet de self-induction (courant en retard).
- J. Saroi.éa.
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- 11 Septembre 1909.
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- DÉTERMINATION EXPÉRIMENTALE DES DEUX RÉACTIONS D’INDUIT DONT DÉPEND LA VARIATION DE TENSION DES ALTERNATEURS
- Les méthodes de M. Rothert et de M. Belin-Esehenburg, pour trouver la variation de tension des machines synchrones, déterminée par les caractéristiques à vide et en court-circuit, donnent des résultats différents, dépendant de la saturation du fer, et qui peuvent s’écarter de la vérité. La cause en est que la théorie sur laquelle ces méthodes se basent est insuffisante, malgré sa simplicité. Cette théorie est, pour cette raison, remplacée, dans ce qui suit, par la théorie bien connue de M. A. Blondel (*).
- Le diagramme des tensions d’une machine
- synchrone s’établit donc de la manière suivante (fig. i) :
- I le courant de l’armature ;
- K* = la tension aux bornes de la machine; o '= l’angle de décalage extérieur;
- = l’angle de décalage intérieur;
- lR=la chute ohmique symphasée avec le courant ;
- E4-la tension de self-inductance de l’armature en quadrature avec I ;
- Erf = la tension, engendrée par les ampères-tours du courant I cos i}<, produisant le champ transversal, perpendiculaire sur la force électromotrice fictive E induite par l’inducteur.
- (i) Pour l'exposé le plus complet de cette dernière, voir les deux rapports présentés par M. Blondel, au Congrès de Saint-Louis, 1904.
- E,. = E — E,= la force élcctromotricc symphasée avec "E, induite par le champ qui résulte delà différence entre les ampères-tours de l’inducteur et les ampères-tours démagnétisants du courant I sin k
- La réaction de l’armature est formée de quatre composantes :
- IR, E.« et E,; sont indépendantes de la saturation, tandis que E, est une fonction de la caractéristique d’excitation à vide.
- 1 R se trouve de la façon suivante : on mesure l’augmentation de la puissance consommée par
- —
- V\AAA— nMMWWh
- le moteur qui entraîne la génératrice synchrone, tantôt en court-circuit, et sous une excitation telle que le courant I passe dans son armature, tantôt non excitée et à circuit ouvert.
- E, se trouve d’après la méthode de M. H. llobart (fig. a): une des phases de l’induit (si la machine est bi- ou triphasée) est parcourue par le courant I de la fréquence normale, emprunté à une source auxiliaire et est placée coaxiale avec les pôles de l’inducteur. On mesure la tension aux bornes de la phase indiquée, le courant et l’énergie au moyen d’1111 wattmètre, et la tension aux bornes des bobines de l’inducteur produite parle champ alternatif traversant les pôles, ou d’une bobine auxiliaire, embrassant un pôle tout auprès de l’armature. Pour cette mesure, ou
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N* 37.
- emploie un voltmètre électrostatique, qui permet de déterminer la valeur exacte de la force électromotrice, induite par le champ alternatif. En réduisant cette tension dans le rapport des nombres de tours de la phase de l'armature et de l’inducteur ou de la bobine induite, le diagramme suivant (fîg. 3) peut être construit :
- , ei = tension aux bornes de la phase ;
- I =r courant de la phase ;
- a = angle de décalage entre e, et I;
- e.2 ~ tension aux bornes de l'inducteur ou de la bobine, en quadrature avec 1.
- La différence entre e, sin a et est donc la force électromotrice E«, produite dans l'armature par le champ de fuite à travers les encoches et par celui produit par la partie de l’induit qui se trouve en dehors du fer de Tarin ature.
- Une autre manière presque équivalente est de mesurer la réactance de l’induit avant le montage de l’inducteur; la valeur ainsi trouvée est un peu trop grande.
- Reste à fixer encore les deux autres composantes de la réaction de l'induit. La difficulté se trouve dans la différence de réluctance pour le champ transversal produit par I cos et le champ démagnétisant produit par I sin <|j.
- Les tensions et par conséquent les champs sont proportionnels aux ampères-tours, quand la machine est non saturée. La connaissance des ampères-tours est nécessaire pour déterminer E,. à l’aide de la caractéristique à vide.
- L’expérience se fait ainsi : la machine synchrone est mise en mouvement avec une vitesse correspondante à peu près à la fréquence nor-malè. Le chatap est non excité, mais l’induit est fermée sur une source auxiliaire mono-, bi-ou triphasé de fréquence voisine de celle de la génératrice; le courant alternatif envoyé dans
- l’induit par cette source donne naissance à un champ tournant, qui glisse par rapport au champ tournant inducteur, et la fréquence de glissement est égale à la différence entre la fréquence du courant et celle de la rotation.
- En réglant la vitesse de la machine, on peut diminuer à son gré ce glissement, de sorte que les appareils de mesure (ampèremètre, voltmètre et Avattmètre) peuvent facilement suivre toutes les variations, qui résultent du changement de la réluctance du champ tournant. Cette réluctance étant maxima quand Taxe des ampères-tours de l’armature coïncide avec la zone neu-trale(^ = oQ), et minima quand elle coïncide avec les pôles (<]> = 90°), l’impédance de la machine changera périodiquement. La composante dé-wattée de la tension est toujours la somme de E.s-, indiquée ci-dessus, et de la tension induite par .le champ tournant.
- Enlisant, les trois instruments aux deux moments où la tension est minima et maxima, on peut obtenir la composante déwattée de la tension ; en retranchant de celle-ci la force électromotrice Ei-d’induction du courant correspondant, on obtient d’une part la valeur de E<* = o), et
- d’autre part la valeur de Kt = 90°), dans une machine non saturée. O11 déduitfacilementde Erf, à l’aide de la caractéristique à vide, le nombre des ampères-tours démagnétisants pour un courant déterminé et pour — 90°.
- Maintenant, les quatre composantes étant connues, on peut construire pour toute sorte de charge le diagramme de M. Btondel.
- Quand I, E/, et o sont donnés, on trouve E de la manière suivante :
- 0 est l’angle entre E et Ea
- . E a -j- E* cos ® — IR simp Ea -f- E.çsin<p -|- IR cosq>’
- ou, parce que 0 est un angle assez petit
- ft ~ rro x Erf + E.s-cos y — IR siny
- “ ; ? E a -|- Eisinf -J- IR cosç
- 1
- Or Ed est proportionnelle à
- I cos — I cos (<p -f- 0).
- et dépend aussi de la valeur inconnue de 0; 011 trouve 0 par une solution graphique en dessinant une courbe reliant en coordonnées rectangulaires deux valeurs de 0 évaluées, Tune d’après
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- les valeurs prises pour le calcul de Ed, et l’autre d’après les valeurs de 0 tirées par substitution de Ef< dans la formule précédente ; le point d’intersection de cette courbe avec la bisectriee des axes des coordonnées donne la valeur exacte de 6.
- Une autre solution est la méthode des approximations successives.
- La méthode a été appliquée à une machine triphasée montage en étoile de 5 IIP, 220 volts, de la firme Rergmann-Werke, Berlin, par un groupe d’étudiants à l’Université à Delft (*).
- ic Détermination de la résistance R.
- Le tableau suivant donne l’augmentation de la consommation du moteur accouplé à la génératrice en court-circuit en fonction du courant 1 :
- Tableau I
- WATTS = 3 I2R I
- 2 I 4,2
- 4o 6,4
- 60 7>45
- 9° 9>8
- I 12 10,6
- 148 11,6
- I7O 12,8
- La valeur moyenne de R qui en résulte est donc o,34 12 par phase.
- 20 On a mesuré E*- = Lr*,, après avoir éloigné l’inducteur de la génératrice (deuxième méthode) et on a trouvé:
- Æsi = i,5û par phase.
- 3° La méthode des voltmètres oscillants pour mesurer Ed et E( a donné les résultats suivants :
- Tableau II
- DÉVIATION MINIMA DÉVIATION MAXIMA
- DU VOLTMÈTRE DU VOLTMÈTRE
- ampères volts ampères volts
- 6,3 89>4 5 49)5
- 7)6 46,8 5,8 60,2
- 10 02 8 79,6
- 15 95 12,2 123,8
- 20 I 24 15,8 . 159,2
- En négligeant la petite composante xvattée, on peut remplacer les valeurs maxima par
- V 1 (E* + ),
- (1) Les résultats de celte expérience ont été empruntés partiellement à un rapport de M. Ch. E. Hailland.
- et les valeurs minimapar
- + Erf).
- On en déduit les valeurs de :
- tous deux par phase.
- A remarquer que la valeur de .vsi est variable avec la saturation.
- Les quatre composantes trouvées, on peut construire (sous la réserve précédente) toutes les caractéristiques de la machine, qui se trouvent réellement en concordance avec celles qui ont été fixées directement.
- Le phénomène des oscillations des instruments, quand la machine tourne presque en synchronisme avec le courant extérieur, a été déjà remarqué par M. A. F. T. Atkinson [L’Éclairage Electrique, 1905, tome XLI1. n° 3, p. 118). L’auteur de cet article cependant n’en a pas déduit la détermination juste delà réaction de l’armature. D’ailleurs, il ne fait pas de distinction précise entre le champ de self-induction, qui produit Es, toujours en quadrature avec I, indépendant de l’angle 9 ou i[i, et le champ tournant, produisant Ed et E,. Une autre déviation du diagramme de Blondel consiste dans la décomposition de la réaction en phase et en quadrature avec la tension aux bornes E*, au lieu d’avec la force électromotrice fictive E; ensuite ces composantes sont supposées dépendantes de 9, au lieu de <l>, et indépendantes de la saturation de la machine (fig. 12 du même article). La détermination des réactances pour les deux composantes Ed et E,. est faite par une méthode qui paraît peu satisfaisante, parce que la réactance de la machine arrêtée est tout autre que celle de la machine tournante.
- Je crois avoir suffisamment expliqué la méthode nouvelle qui permet de déterminer facilement en valeur moyenne, en pleine rotation, les deux réactions directe et transversale, notamment cette dernière, qui jusqu’ici était peu facile à déterminer et dont la connaissance expérimentale est nécessaire pour déterminer indirectement la variation de tension.
- K.-H. Il AO v,
- Ingénieur-Electricien.
- (1) (Notation de M. E. Arnold : Wèchselslromtechnik, IV).
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE.
- T. VII (2® Série). — N® 37.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la loi de F induction. — F. Emcle. — Elec-trotechnik und Maschinenbait, 22 août 1909.
- L'auteur présente sous ce titre des compléments à l'étude qu’il a publiée en 1908 dans Y Eleckt.ro-technik und Maschinenbau.
- La première partie de ce travail posait la question du siège de la cause électrique des courants induits ; M. Emde se propose maintenant de montrer que la force électromotrice induite, comme on se la représente ordinairement, est une liction et non une donnée d'expérience.
- Au lieu d’introduire la force électromotrice, l'auteur se contente de considérer l'effet qu’elle produit, à savoir la chute de tension ohmique qu’il a appelée circulaire (*). Il est parti de la loi de Kirchhoff au lieu départir d’un circuit simple,et cela non d’après des généralités mathématiques, mais parce qu’en pratique il n’est possible de suivre le courant principal qu’à l’aide de voltmètres.
- S
- w d) -
- •4— H —m
- Fig. 1.
- Si l’on considère le primaire d’un transformateur ou le stator d’un moteur triphasé, la tension circulaire est tt\ï-W/:la loi d'induction s’écrit alors: d< t>
- irJ-W/ = —
- dt
- A la place de la tension aux bornes, l’auteur introduit la chute de tension dans l’indicateur de tension (voltmètre; pour ne pas faire intervenir dans le calcul le champ électrique dans l’air. Si la chute de tension xolunique dans le transformateur frJ est faible.
- (1 ) La ligure 1 et la formule donnée plus loin : montrenl clairement ce qu’est celte chute de tension circulaire.
- par rapport à la tension aux bornes \\7, on a ce résultat : la chute de tension ohmique dans l’enroulement du voltmètre est égale à la dérivée du flux d’induction dans le fer du transformateur.
- Ainsi la conception d’une force électromotrice qui « fait circuler » le courant est un préjugé nuisible dont on doit se débarrasser; il suffit de constater simplement qu’il peut passer un courant dans un circuit qui ne contient aucune force électromotrice effective (c’est-à-dire, dans le langage de l’auteur, aucun élément primaire par exemple) et dès lors il n’est plus besoin non plus de se représenter les lignes de force d’un champ magnétique variable (régnant dans un corps immobile) comme étant en mouvement.
- L’auteur insiste sur cette deuxième idée en la considérant au point de vue magnétique. On peut imaginer qu’en chaque point d’une surface quelconque ori ait mesuré l’intensité du champ avec un magnéto-mètre et qu’on ait déterminé la grandeur de cette surface : le flux est le produit géométrique de ces deux quantités, et, ce que nous donnent les mesures électriques, ce sont les variations de ce produit. En aucun cas on n’a besoin d’admeltre qu’il se produise un mouvement dans l’état maguétique du système.
- La deuxième partie du travail de l’auteur était consacrée aux tourbillons.
- Tourbillons superficiels. — Considérons la surface d’un corps métallique plan : si ce corps est chargé d’électricité, positive par exemple, cette charge sera repartie à sa surface et non à l’intérieur, et de cette surface partiront des lignes de force.
- Si le champ électrique est un champ statique, (c’est-à-dire en équilibre), aucun courant ne circulera et les lignes de force seront perpendiculaires à la surface du corps. S.i maintenant nous envoyons un courant dans le corps métallique, les lignes de force prendront une position telle qu’elles tendraient à être entraînées par ce courant passant à l’intérieur.
- Le champ électrique dans l’air peut alors se décomposer en deux, Tune des composantes étant parallèles la surface et dirigée dans lesens du courant; de plus, cette composante est dans un rapport fixe avec l’intensité du champ, rapport qui ne dépend
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- que de la matière en expérience et qui est précisément la résistance spécifique de cette matière. C’est là l’essence meme de la loi d’Ohm.
- La grandeur de la composante normale ne dépend évidemment que de la densité superficielle de la charge.
- Cet état de choses subit une modification si l’on déplace le corps métallique dans un champ magnétique ; dans ce cas, la composante tangentielle est en général différente en grandeur et en direction ; il n’est plus maintenant nécessaire d’envoyer un courant à travers le corps, il suffit de former un circuit fermé, pour recueillir du courant. Dans ce cas, le champ tangentiel et le courant sont à peu près opposés et les lignes de force s’inclinent comme si le courant arrachait la partie du métal d’où elles partent ; elles s’inclinent donc dans le sens opposé à celui de tout à l’heure. L’apparition de cette composante tangentielle est la cause des courants induits.
- Tourbillons intérieurs.—Les courants intérieurs permettent de rapporter la tension circulaire à l’une quelconque des surfaces enveloppantes. Une telle référence est nécessaire, car la grandeur magnétique qui est introduite dans la loi de l’induction, à savoir la variation de flux, est une grandeur rapportée à une surface de cette sorte.
- Si l’on réussit à rapporter les grandeurs tant électriques que magnétiques à cette surface, on peut alors dégager la loi d’induction de cette surface absolument arbitraire.
- Pour s’en convaincre, on voit immédiatement qu’il suffit d’envisager un élément de surface, car la tension circulaire sur une surface déterminée est la somme des tensions circulaires sur toutes les parties en lesquelles on a arbitrairement divisé la surface donnée, et l’auteur montre alors que, dans un élément infiniment petit rectangulaire, la différence entre les tensions régnant entre les extrémités de deux côtés opposés est proportionnelle à la surface du rectangle.
- De cette démonstration, il conclut que la tension circulaire peut être considérée comme étant le flux du « quirl » électrique (' à travers la surface considérée. De la loi de l’induction, il résulte que ce dernier flux à travers une surface quelconque est proportionnel à la dérivée du flux d’induction magnétique
- () Quirl est le mot que l’auleur préfère substituer à Wirbel (tourbillon).
- à travers la même surface. La tension circulaire apparaît donc comme une forme mathématique de l’expression de ce flux, et ainsi s’explique que la tension circulaire soit en phase avec la dérivée du flux magnétique sans que l’on ait été forcé d’admettre pour cela une action à distance de vitesse infinie (*).
- P. R.
- L’emploi de l’air comprimé comme isolant. — B. A. Watson. — Journal of the Institution of Elec-trical Engineers, août 1909.
- L’étude de la rigidité diélectrique de l’air a été entreprise par l’auteur dans un but très pratique : il s’agissait de savoir si l’on peut employer l'air comprimé pour assurer l’isolement de certaines catégories d’appareils à haute tension pour lesquels on ne peut employer aisément l’huile. La règle généralement admise est que « la rigidité diélectrique de l’air est proportionnelle à sa pression ». C’est ce qu’il s’agissait de contrôler.
- L’auteur a employé des électrodes sphériques et poussé la pression jusqu’à i5 atmosphères.
- Les mesures en courant continu étant beaucoup plus précises que celles en alternatif, et permettant d’autre part d’écarter beaucoup plus les électrodes, ce sont elles seulement dont l’auteur a tenu compte pour énoncer sa conclusion qui est la suivante :
- Pour les pressions industrielles courantes, l’air acquiert une rigidité égale à celle des diélectriques solides ou liquides ; l’emploi de l’air comprimé comme isolant est donc très possible, et d’autant plus recommandable que l’air est affranchi des phénomènes de viscosité et de décharge résiduelle, sans parler de la question de fragilité mécanique.
- Si on évalue la rigidité en kilovoltsjcentimèlre et la pression en atmosphères, on peut représenter par la formule empirique :
- Rigidité diélectrique '20 -)- 25,6 (pression).
- (•) Comme il est impossible de donner dans un compte rendu sommaire une idée complète des idées exposées ci-dessous, nous renvoyons pour les développements complémentaires aux articles suivants :
- F. Emdü. Elektrotechnik und Maschinenbau, 1908, passim.
- WiiïoiiERT. Annalen der Physik und Cliemie, 5g (1896),
- p. 288.
- Uüdexbehg. Elektrotechnik und Maschinenbau, 1908, p. 600. — (N. D. T.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N°37.
- La variation de la rigidité de l’air pour toutes les valeurs de la pression comprises entre 3 et i5 atmosphères (*).
- A. T.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sui* le diagramme à vide et en court-circuit des moteurs d'induction. Modification de la méthode d’Hopkinson. — S.-P. Smith. — The Electricien, 7 mai 1909.
- Le schéma du circuit équivalent du moteur est indiqué par la figure 1, les constantes du circuit
- Fig*. 1. — Circuit équivalent.
- secondaire ou rotor étant réduites au primaire ou stator, par l'introduction du rapport des nombres de tours, etc., du stator et du rotor, de la manière ordinaire.
- Pour trouver la résistance électrique équivalente a la charge, appelons :
- Efforcé électromotrice induite dans le rotor au repos, réduite au primaire.
- E'2a., la force électromotrice induite dans le rotor pendant la marche, réduite au primaire.
- (*) Voir sur le même sujet, l’article du même auteur paru dans le Journal of Institution of Electrical Engi-neers,\ol. XXXVII, n° 180, p 295, et aussi :
- Russel. Dieleelric Slrength of Insulating Materials, même journal, vol. XL, n° 187;
- J.-J. Thomson. Conduction of lülectricity through Ga-ses ;
- O. Lodge. Ici., vol. VJII, p. 38G (1889);
- Ryan. Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers (séance du 26 février 1904).
- Heydweiller. Annalen der Physik und Chemie, vol. XVIII. p. 795 (i893);
- Russel. Phil, Mag., vol. XI (1906).
- Strutt. Phil. Transvol. CXLCIII A, p. 377.
- Remarquons enlin la concordance des résultats trouvés par M. Watson avec les idées exprimées récemment par G.-.T. Meyer (Les contacts dans Tappareillage électrique, ÏAimière Electrique du 22 mai 1909, p. 245).
- Puisque la force électromotrice induite dans le rotor est proportionnelle au glissement s, nous avons :
- E'„ = * E'g.
- Soit alors :
- X'2) la réactance du rotor au repos ; f, la fréquence de la force électromotrice employée ;
- L's, l’inductance du circuit du rotor, réduite au primaire ;
- /•',,, la résistance ohmique du rotor, réduite au primaire.
- On a : X'3 — 2
- Le courant l'2 dans le rotor sera, pour un glissement s :
- /•v+xv \//v+(sX'2p
- Ou symboliquement :
- -+./X'2
- (*')
- —est donc la résistance totale équivalente du ro-s
- tor pour le glissement s. Mais, /'2 étant la résistance ohmique effective, la différence
- (*)
- correspond a la charge mécanique et est par conséquent la résistance équivalente à la charge, en ohms.
- Le courant E'a est naturellement nul à circuit ouvert ou au sychronisme. Dans l’unet l’autre de ces cas, il ne passe que du courant magnétisant dans le stator, soit la ; le courant primaire est la somme géométrique de lfI et 1*2. v
- Pour construire le diagramme* de la figure 1 on a besoin de connaître :
- i° le courant et les pertes à vides ;
- •2° le courant et les pertes en court-circuit.
- Construction du diagramme. — Une fo;s qu’on connaît ces données (par des mesures directes), on portera en abscisses les composantes déwattées, et en ordonnées les composantes wattées du courant; on obtient ainsi les points P'0 , P'act P'K gui représentent respectivement les courants I0 , Irt, IK (fig. a). Le centre M du cercle de fonctionnement déter-
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- miné par ces 3 points peut s’en déduire à l’aide de la formule suivante qui donne le coefficient angulaire de la droite O M en fonction des constantes à vide et en court-circuit du moteur.
- n___ Iqw sin tf>K -{- IOWL cos <f>K
- ^ Ik Io\VL sin<bK -------- lowCOS^K
- Tension. — La tension E, étant en phase avec le courant \vatté,est portée sur l’axe des ordonnées.
- Fig. 2. — Diagramme à vide et en court-circuit.
- Courant. — Si O P représente le courant du stator I,, Pa P représentera le courant du rotor l'2 également en grandeur et en direction, pour un courant magnétisant Ia déterminé.
- Facteur de puissance. — La tension E étant en phase avec le courant watté Iw , le facteur de puis—
- Fig, 3. — Couple et glissement : Pa O = tangente
- P*. B = S au démarrage; P MPa = ligne de couple nul.
- sance est mesuré parle cosinus de l’angle que fait I, avec l’axe des ordonnées.
- Puissance absorbée. — Elle a pour valeur E Iw et, par conséquent, peut se lire directement sur l’axe
- des ordonnées, en employant une échelle convenable (on suppose, bien entendu, que la tension d’alimentation est constante).
- Puissance mécanique fournie ou charge. — Elle est nulle aux points P* P„ ; la ligne qui les joint est donc la ligne de charge nulle (fig. /§).
- Par conséquent, le segment d’ordonnée compris entre un point quelconque du cercle de fonctionnement et cette ligne représente la charge correspondante.
- Pertes. — Elles sont naturellement mesurées par
- Fig. 4» — Lu semi-polaire est en traits mixtes.
- la différence entre l’ordonnée totale du point P (puis‘-sance absorbée) et le segment précédent (puissance fournie); sur la figure, elles sont donc données par le segment complémentaire, compris entre PQ P a-et l’axe des abscisses.
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- Couple. — La ligne de couple nul s’obtient de la façon suivante : la puissance mécanique totale a pour expression, y compris tous les frottements :
- Le, couple T étant égal au produit force X rayon, on a :
- T = PR
- — R d’où: Wji = Fv.z V-2
- Wm
- Wa
- W,
- Posons alors : 3 r— Twj =
- d’où: v,À = 2 tz n2 R — R \
- d’où : coj = W] (i — *)
- W,
- W,
- Au synchronisme, tle couple est donc nul; de meme quand le rotor est animé d’une vitesse infinie. Le premier cas correspond à Pa, le second au point fictif Poo, qu’on peut trouver à l’aide de la formule :
- S = W2 = m ^ =: m I22 i'i -(- m I22 rt j
- donc si : = o f
- ^ (°)
- S — as , r -2 — — rh j
- Considérons alors les pertes dans le cuivre en court-circuit (P/.). Elles sont dues à i\ et à r2 (ou sur le diagramme, à / '2); menons l’ordonnée de P//et divisons-la (fig. 3) par le point B dans le rapport de /'a à /-j, (c’est-à-dire, généralement, sensiblement par moitié). Alors Poo sera donné par l’intersection de P3B avec le cercle.
- Glissement. — Pa étant le point de glissement nul et P a- le point de glissement i ou ioo % , il suffit de meneiNpar P/,- la parallèle à P=>o Pa jusqu’à la rencontre avec la tengente au point Pa, et de diviser cette droite en ioo parties égales (fig. 3).
- On y lira directement, par l’intersection avec
- PaP„, le glissement correspondant à un point quelconque P„.
- On peut naturellement amplifier cette échelle pour la commodité d’emploi (voir fig. 3).
- Rendement. — La ligne de rendement nul est évidemment P0P/,-. La ligne de rendement ioo % ne peut être qu’extérieure au cercle. L’intersection T de P„Pk avec l’axe des abscisses est un point de cette droite, puisque la puissance fournie et la puissance absorbée y sont également nulles.
- Pour en trouver un autre point, considérons séparément les pertes électriques et magnétiques.
- i° Pertes dans le cuivre du stator. — Elles varient comme le carré du courant primaire.
- Ce courant étant représenté par un vecteur dont l’extrémité décrit un cercle, il suffit de trouver la droite lieu géométrique des points tels que la longueur de la perpendiculaire abaissée sur cette droite d’un point quelconque du cercle soit proportionnelle au carré du courant correspondant. On démontre facilement que cette ligne est la semi-polaire (’) du point O par rapport au cercle.
- a0 Pertes dans le fer du stator. — Considérons les deux hypothèses extrêmes : ou bien en court-circuit, elles sont négligeables vis-à-vis des précédentes, ou bien elles sont constantes pour toutes les charges.
- Dans la première hypothèse,. la ligne de pertes nulles dans le fer est la tangente en P/.-; dans la deuxième cette ligne est rejetée à l’infini. La réalité correspond à un cas intermédiaire, et l’auteur propose en conséquence la construction suivante :
- On prend l’intersection W de la tangente en PA avec la semi-polaire : en ce point les pertes totales dans le stator sont nulles. On joint alors W au point R, intersection de PmPs avec l’axe des abscisses.
- 3° Pertes dans le cuivre du rotor. — Elles sont nulles au point P„; la semi-polaire correspondante se confond avec la tangente ; on prend l’intersection V de cette tangente avec RW ; au point V les pertes électriques et magnétiques dans le moteur sont nulles.
- Elles sont également nulles au point R, intersection de PA.P„ avec l’axe des abscisses, mais il vaut
- (*) Droite parallèle à la polaire et à distance moitié du pôle.
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- mieux prendre le point T, intersection avec P„ P/o afin de tenir compte approximativement des pertes par frottement.
- Dès lors VT est la ligne de pertes nulles, c’est-à-dire de rendement ioo % . Il suffit alors de se reporter à la figure 4 pour voir comment on obtient le rendement yj correspondant à un point quelconque P par lecture directe sur une droite horizontale quelconque ah, graduée en 100 parties égales.
- Application du diagramme à la méthode d'essai des machines asynchrones d’Hopkinson. — L’auteur arrive, à l’aide du diagramme précédent, à obtenir le rendement des deux machines utilisées dans l’essai d’Hopkinson, en modifiant la méthode comme il suit :
- On agit sur les poulies, etc., jusqu’à ce que le moteur d’induction arrive à entraîner le générateur dans les conditions requises, l’énergie correspondant aux pertes et le courant déwatté étant fournis par une source électrique indépendante; puis on insère une résistance dans le circuit du rotor du générateur jusqu’à ce que la puissance reçue par le moteur soit supérieure à la charge normale pour laquelle on
- Fig. 5. — Essai d’Hopkinson modifié : W,„4 = puissance reçue par le moteur \I; P = Pertes totales; P/- = Perte dans la résistance insérée dans le circuit du rotor du générateur G.
- d’induction étant pratiquement une ligne droite au-dessus de la partie correspondant à la charge normale, il devient évident que le rendement du générateur et du moteur pour cette charge normale'seront environ les memes que si les deux machines fonctionnaient en charge normale.
- On mesure :
- i° Les perles totales, c’est-à-dire l’énergie fournie par la source étrangère soit P.
- 20 La puissance reçue par le moteur Wfn£,
- 3° Les pertes dans la résistance insérée dans le circuit du rotor du générateur, soit P,..
- 4° Les vitesses du moteur et du générateur et la fréquence de la source d’énergie étrangère.
- Le rendement combiné des deux machines, étant par définition égal au quotient de la somme des puissances fournies par la somme des puissances reçues, aura pour expression :
- vhio
- W
- ÇO
- ffo 1*60 Pw
- W„„
- w„„.-p,
- Où :
- Wgo = Puissance fournie par le générateur - W ______ P
- P*,, = Perte à la courroie à vide.
- Pw = Perte additionnelle à la courroie en charge. Ces différentes quantités se mesurent de la manière suivante :
- P6a. — On mesure :
- a) la perte P' quand le moteur entraîne le générateur, le rotor de ce dernier étant à circuit ouvert, et son stator étant connecté à la source d’énergie étrangère.
- b) la perle P" quand les courroies sont enlevées, et que les deux machines tournentà vide.
- On a :
- P,0 = P' - P", (H)
- PfH. — Soit Dm et Du les diamètres effectifs des poulies du moteur et du générateur, en tenant compte de l’épaisseur de la courroie. Si le glissement de la courroie était nul en charge, on aurait :
- essaie les deux machines, et que la puissance fournie par le générateur soit inférieure de la même quantité à cette même charge.
- Dès lors, la courbe de rendement d’une machine
- vitesse du générateur DM
- vitesse du moteur DG5
- (y)
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- Mais, comme il y a en réalité un glissement c, cette expression devient :
- Dm i — c
- IV !
- Appelons en outre sa et s„ les glissements respectifs du générateur et du moteur, mesùrés pendant l’essai.
- Le rapport des vitesses peut aussi s’écrire :
- Egalons ces deux expressions, il vient :
- i — c____ i -f- «V(}
- D(j i i — .yM
- d’où :
- __ ( DG 1 -l- s®
- Dm i — Am
- ce qui donne c.
- Puisque c’est seulement la fraction i-c de l’énergie émise par le moteur qui est envoyée vers le générateur, c’est donc que la fraction complémentaire c est absorbée par la poulie.
- On a donc :
- P hi = f-W m0 — c W„I(r)M. ( 13)
- (vjM est inconnu, mais peut être évalué avec une approximation suffisante pour avoir Pw).
- On connaît maintenant le rendement combiné des deux machines, c’est-à-dire la somme des pertes dans ces deux machines; ori ne sait pas comment elles sont distribuées entre le moteur et le générateur, mais, en considérant la charge pour laquelle les deux rendements sont égaux, il suffit de prendre :
- rtn — — V^ÎMa- (ié)
- L’auteur fait l’application de cette méthode à un exemple numérique, et il trouve par ce calcul une valeur du rendement égale à i % près à celle qu’on déduit du diagramme précédemment exposé,
- G. M.
- Nouvelle machine a intensité constante et ses applications. — Ch. Kraemer. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 2 G août 1909.
- Si on excite une machine par un champ série et qu’on lui superpose une excitatior* séparée, chaque
- variation de courant correspond à une variation de tension aux bornes; celle-ci peut être utilisée pour une excitation’ shunt; cela fait donc trois champs comme les figures 1 et a le montrent.
- Fig. 1 et 2. — J = excitation principale; f =: excitation
- séparée; e= excitation shunt; c — pôle de compensation.
- On peut mettre en série l’excitation propre et séparée ou les faire travailler sur deux enroulements distincts; le résultat est exactement le même.
- Les trois enroulements sont placés sur les pôles d'une machine absolument normale, que 1 on peut munir de pôles de compensation (l’avantage de ce dispositif sur les autres du même genre est précisément qu’il permet d’utiliser le type normal). Il a été employé parla maison Felten et Guilleaume Lahmeyer dans une installation de groupe ligner avec convertisseur à courant continu.
- Emploi avec un groupe ligner. — Dans une telle installation, le courant livré par la centrale doit rester complètement indépendant de la charge de la génératrice du groupe convertisseur ; il en résulte la nécessité d’employer des régulateurs automatiques qui font varier le champ du moteur avec l’intensité.
- Le point délicat de l’installation est donc, comme on le voit, ce régulateur automatique, et la génératrice à courant constant ajustement pour but d’y remédier.
- Le moteur compound, employé autrefois pour utiliser les volants, ne peut fournir la solution cherchée, car une variation de vitesse de 10 à i5 % entraîne déjà des variations de courant de zéro au double de la valeur normale.
- Le moteur série conviendrait déjà mieux, puisque sa vitesse varie en raison inverse du codrant ; cependant, il présente le grave inconvénient de s’emballer au cas de décharge brusque, ce qui peut être particulièrement dangereux pour le volant.
- En somme, les conditions que doit remplir le moteur d’un groupe ligner sont les suivantes :
- i° Pouvoir maintenir constante, à la valeur
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- moyenne choisie d'avance, l'intensité du courant, la vitesse pouvant varier d'environ 3o % ;
- •2° Ne pas dépasser une vitesse maxima déterminée ;
- 3° Pouvoir débiter sur le réseau ;
- 4° L'intensité moyenne doit pouvoir être réglée à volonté suivant la puissance moyenne du moteur d’extraction dans ses différentes conditions de fonctionnement.
- La machine à courant constant décrite plus haut permet d'obtenir ce résultat en l'employant comme survoltrice-dévoltrice, comme l'indique la figure 3.
- Fig. 3. — Montage employé à Ougrée Mariliaye.
- Z = survoltrice ; M = moteur ; S = volant ; A = machine de démarrage; F = moteurs d’extraction; J = excitation principale; /*, ss excitation séparée; e= excitation shunt; r = rhéostat de réglage.
- Le mode d'action est représenté par la figure 4 ; la distance entre les lignes A et C correspond à la tension delà centrale ; la ligne E représente la tension aux bornes du moteur principal eh fonction de la vitesse, le champ- restant constant. Le survolteur-dévolteur doit donc fournir une tension complémentaire telle que la ligne G soit sa ligne de tension nulle. La ligne J représente le champ série, la ligne/* le champ d’excitation séparée.
- Dès que J tend à varier, par suite de l’augmentation ou de la diminution de la vitesse, le champ résultant varie et la tension aux bornes suit exactement la ligne E tant que la dynamo travaille dans la partie droite de sa caractéristique.
- Si l'on approche de la limite de saturation, la ten-
- sion de la machine auxiliaire peut ne pas suivre celle du moteur principal. L’intensité décroît rapidement et limite la vitesse maxima à atteindre, qui varie alors très peu, si le convertisseur travaille sur la centrale, cas qui se présente dans les mines si la cage d’extraction descend.
- Cette installation a été exécutée dans lamine belge Ougrée Marihaye. La machine d’extraction est construite pour une puissance maxima de % ooo HP, tandis que le convertisseur reçoit de la centrale une puissance moyenne de 5oo HP. Le convertisseur possède un volant de 3o tonne^ ; sa vitesse varie entre 35o et 5oo tours par minute pour une tension aux bornes variant de 44<> à 66o volts. Le survolteur-dévolteur devra donc fournir une tension pouvant aller de — Go à -|~ iGo volts, la tension de la centrale étant de 5oo volts.
- Des mesures faites sur ce groupe ont montré que les courbes du courant en fonction de la vitesse étaient pratiquement des droites horizontales entre 34o à 470 tours et qu’ensuite ces courbes baissaient rapidement lorsque la vitesse augmentait.
- i-------------
- 90 99 *44 «4 *94%
- ffig. 4- — AG = tension de ln centrale; E = tension du moteur M ; J ^excitation principale; /’=excitalion séparée; n = nombre de tours.
- Application aux laminoirs. — Pour utiliser les volants, on emploie d’une façon générale des moteurs fortement compoundés. Mais alors, pour utiliser 20 % de l’énergie cinétique du volant, il faut une variation de courant clu simple au double. Ainsi, si la puissance moyenne d’un moteur de laminoir est de i 000 IIP et s’il subit un à-coup de 2000 IIP, sa vitesse ne variera que de 10 % .
- Si plusieurs moteurs de laminoirs travaillent ensemble, les variations de charge peuvent se compenser mais aussi s'ajouter.
- On a alors recours à des machines-tampons, qui sont des machines shunt, recevant en plus un enroulement compound traversé par le courant du réseau. Sur l’arbre de la machine est calé un lourd volant ; mais il faut encore des variations assez importantes
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- tlu courant du réseau pour qu’on obtienne une action égalisatrice suffisante. Ainsi, si deux laminoirs de chacun i ooo tours subissent, pendant io secondes, des à-coups de i 5oo HP, il faudra employer une machine de i 5oo IIP, et, pour une chute de vitesse de io % , il faudra un volant de 3o tonnes à 400 tours par minute pour obtenir l’égalisation.
- Un tel ensemble, en dehors des pertes propres, possède des pertes à vide dépassant 100 HP. D’où des dépenses élevées d’acquisition jet d’exploitation.
- On obtient un meilleur résultat tout en diminuant les frais ci-dessus en employant la machine à courant constant : le schéma de montage est représenté par la figure 5.
- Fig 5. — Z = survoltricc ; A = inolour do démarrage ;
- = moteurs du train de laminoirs; 8 = distribution ; G = tension de la centrale.
- Si l’on emploie, à la place de moteurs compound, des moteurs shunt, pour la commande des trains, il s’établit une égalisation entre les différents trains, en sorte que les moteurs les moins chargés peuvent fournir, en fonctionnant comme dynamos, du courant aux trains les plus chargés.
- Si l’on veut ici encore utiliser les 20 % de l’énergie cinétique du volant correspondant à une variation de vitesse de 10 % , il suffit de calculer la puissance de la machine auxiliaire égale à 5 % de la puissance moyenne, puisqu’elle permet d’obtenir des tensions positives et négatives : en revenant à l’exemple ci-dessus, on voit ainsi qu’au lieu d’une machine de 1 500 IIP une génératrice de 100 HP donnera le même résultat.
- \
- Application aux centrales de traction avec batterie tampon. — Cette machine permet de remplacer le montage de Pirani : elle est en série avec
- une génératrice principale débitant sur les barres en parallèle avec la batterie tampon.
- Application comme survolteur pour la charge des accumulateurs. — Cette machine rend inutile la surveillance constante qu’exige la charge dans les conditions ordinaires : l’intensité étant en effet maintenue automatiquement constante, il suffit, pour qu’à la fin de la charge le courant diminue d’une quantité déterminée, de calculer la machine de telle façon que son excitation se rapproche vers la fin de la charge de la valeur correspondant à la saturation : à ce moment, comme on l’a vu plus haut, l’intensité baissera très rapidement quand le voltage augmentera .
- On conçoit qu’en dehors des cas cités ci-dessus, on puisse en trouver beaucoup d’autres pour l’utilisation de cette machine, tels que : alimentation des lampes à arc, des projecteurs, des machines à souder, etc (*)•
- A. M.
- Contribution à l’étude des pertes dans le fer d’un rotor de moteur monophasé a collecteur.— C.Noome et K.-H. Haga.— Eleltrotechnische Zeitschrift, igaoût 1909.
- Les essais ont été faits à l’École supérieure de Delft sur un moteur monophasé série de 5 HP, 110 volts, 1 600 tours par minute, 5o périodes.
- Fig. 1.— Schéma du montage.
- Les balais furent relevés et le rotor mis en mouve-
- , •
- ment par un moteur a courant continu et à excitation séparée, dont la tension aux bornes était réglable à volonté. Le courant d’excitation de ce dernier moteur
- (') Voir sur les machines à intensité constante : Bloch, Lumière Electrique, 28 août 1909.
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- était maintenu constant, de sorte que les pertes dans le fer ne dépendaient que du nombre de tours.
- Pour augmenter sensiblement les pertes dans le fer du moteur à courant alternatif et se mettre davantage à*l’abri des erreurs de mesure, on alimenta l’enroulement de compensation, et non l’excitation, par un courant alternatif constant à 5o périodes.
- Le schéma du montage est représenté par la figure i. Pour une meme tension aux bornes du moteur, on mesurait la consommation d’énergie et la vitesse, le moteur monophasé étant branché sur le réseau, puis débranché.
- Dans le premier cas, la consommation d'énergie comprenait l’énergie continue et l’énergie alternative.
- Ces mesures furent répétées pour diverses valeurs de la tension aux bornes. Après soustraction des pertes dans le cuivre dans l'induit du moteur continu, la première mesure donnait les pertes dans le fer et les pertes par frottement des deux machines; la deuxième donnait le même résultat, diminué des pertes dans le fer du moteur monophasé.
- Ces deux séries de mesures furent représentées par deux courbes (watts en fonction de la vitesse) et la différence des ordonnées de deux points de même abscisse donnait les pertes totales dans le fer du moteur monophasé.
- Ces mesures supposent, ce qui est très sensiblement exact, que les conditions du frottement dans les paliers sont les mêmes dans les deux séries d’expériences.
- E. M.
- Procédé pour le séchage rapide des enroulements des moteurs. — S.-V. Jankowsky. — Elektrotechniscke Zeitschrift, 19 août 1909.
- Le séchage par les procédés ordinaires dure environ une semaine; on a obtenu une rapidité bien plus grande dans les aciéries de lvramatorskaja (Russie méridionale), où le procédé ci-dcssous décrit fut appliqué.
- On utilisait pour le séchage un jet d’air chaud emprunté aux hauts-fourneaux. Dans ce but, on avait branché un tube en fer de 3omm sur la conduite qui amenait l’air chaud des appareils Cowper aux hauts-fourneaux. Ce tube était prolongé par un autre, en métal flexible, assez long pour qu’on put balayer la plate-forme des wagons sur lesquels les moteurs étaient placés.
- La température de l’air de la canalisation a air chaud était de 8oo*’ environ ; à la sortie du tube flexible, elle n'était plus que de aao°, et, à une distance comprise entre 200 et 4ooimn de l'extrémité du tube, la température n’était plus que de i5o°, valeur maxima que puissent supporter les enroulements.
- Le résultat obtenu fut très bon : 40 minutes suffisaient pour sécher complètement un moteur, le rotor et le stator étant traités séparément. Des mesures d’isolement entreprises ensuite ont donné des résultats tout à fait satisfaisants.
- Tous les moteurs traités de cette façon travaillent maintenant depuis deux mois, bien qu’ils soient res-* lés, au cours d’une inondation, trois jours sous l’eau.
- Le seul inconvénient consiste dans la quantité de poussières entraînées par l’air chaud provenant des appareils Cowper. On avait au préalable protégé hermétiquement les paliers et après le séchage les enroulements furent soigneusement époussetés.
- Ce procédé, excessivement rapide, paraît donc pouvoir être employé avec avantage partout où l’on dispose d’air chaud sous pression.
- E. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Degré de sécurité des appareils à haute tension. — M.Vogelsang. — Elektrotechniscke Zeitschrift, 26 août 1909.
- L’auteur définit le facteur de sécurité d’un appareil à haute tension : le rapport'de la tension explosive à la tension normale de fonctionnement.
- 11 on a déterminé les valeurs pour des appareils à haute tension placés dans l’air et dans l'huile, en faisant éclater l’étincelle, soit entre des cornes, soit entre des pointes, soit encore entre des plaques; (dans l’huile, les expériences ont été limitées a l’éclatement entre pointes.)
- L’utilité de ces mesures est la suivante : étant donné une installation a haute tension, il est logique que tous les appareils employés possèdent le même facteur de sécurité, d’où la nécessité de connaître celui-ci pour tous les appareils de l’installation.
- . En ce qui concerne les appareils dans Vlïüile, il convient de remarquer que par suite des ruptures de courant, l’huile devient impure et que parconsé-
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- quent il est prudent de multiplier les valeurs fournies par Vexpérience par un facteur voisin de i ,25.
- Si l’on applique ce résultat aux isolateurs en porcelaine (*), on trouve que les isolateurs unis ne diffèrent pas sensiblement des isolateurs striés, en ce qui concerne le facteur de sécurité, lorsqu’ils sont placés dans des conditions normales d'ambiance atmosphérique (poussière, humidité, etc.). Dans la pratique, cependant, les isolateurs striés semblent devoir être préférés, car on a plus souvent à compter avec la poussière qu’avec l'humidité.
- L'auteur cherche ensuite quel coefficient de sécurité il convient d'employer dans une installation déterminée ; la difficulté du problème tient principalement aux surtensions qui se produisent dans le réseau.
- A la suite d'essais, l'auteur a établi la formule suivante où h est la hauteur de l’isolateur considéré, t la tension et P la puissance de la centrale :
- 11 n'est pas inutile de remarquer que dans cette expression intervient la puissance de Vusine, quoique cependant d’une manière assez faible.
- A cette étude se rattache celle de la valeur réelle des dispositifs de sécurité contre les surtensions (2K L’auteur pense, que cette valeur est toujours assez faible et que ces dispositifs sont souvent aussi redoutés des chefs d'exploitation par les troubles qu'ils apportent au réseau que les surtensions elles-mêmes.
- Il est plus avantageux, semble-t-il, de réserver tous ses efforts pour limiter les causes qui tendent à produire des surtensions dangereuses et l’expérience montre que, dans un grand nombre de cas, la surtension est due au personnel de service, à la manœuvre maladroite d’interrupteurs, à l'exécution de travaux dans des locaux à hautes tensions trop étroits, etc. L'introduction de très hautes tensions ne pourra être que favorable à la diminution du nombre d’accidents de ce genre, car on touchera de
- (*)V.-R. Valabrègue. Des isolateurs à haute tension. Lumière Electrique,5 juin 1909, p. 295.
- (2) Y. sur ce sujet l’extrait du rapport de M. Semknza, sur la protection des installations électriques contre les surtensions. Lumière Electrique, tome V, 2e série, p. 242.
- moins en moins au réseau de haute tension lui-même et toutes les manœuvres seront faites à une tension très réduite (*).
- A. T.
- TRACTION
- Le funiculaire de Hungerburg (Tyrol). — E. Seefehlner. — Elektvotcchnik und Maschincnbau, 8 août 1909.
- Le funiculaire du plateau de Hungerburg établit une communication entre un point de la rive droite de l'Ile, presque au centre de la ville d'Innsbruck, et l'autre rive du fleuve.
- Il sert principalement au transport des voyageurs mais est utilisé aussi au transport des matériaux; le trafic aétéen 1907 de 155 197 voyageurs et 390 tonnes de marchandises, en 1908 de 168 047 voyageurs et 5oo tonnes de marchandises.
- Les frais de construction ont été d’environ 600000 francs.
- Le funiculaire est à une voie,, de im d’écartement; il est disposé pour la traction en plaine ou en montagne, avec au milieu un croisement automatique.
- La commande a lieu à l'aide d'un treuil mû électriquement et monté à l’extrémité supérieure de la voiture. La corde est donc aérienne ; on n’a pas prévu de corde compensatrice.
- Le chemin de fer a une longueur horizontale de 775111 ;la longueur effective étant de8ayn, la différence de niveau entre les extrémités est de 284™. La partie inférieure présente une rampe de 18, 6 % , tandis qu'à la fin de la montée la rampe devient 55, 5 % .
- Les conditions topographiques ne permettaient pas d’établir une construction en ligne droite ; on a dû introduire trois courbes; deux d'entre elles ont un rayon de 3 00111 et une longueur totale de ia5m, la troisième, 8o,n de long et un rayon de 400 mètres.
- Les deux wagons contiennent chacun 60 personnes ; le poids du wagon vide est de 6,9 tonnes. Le câble est rond (calibre 3omm, section effective de 3cm2,49et poids du mètre courant 3k?,4^7) composé de G brins toronnés à iG fils et d’une âme en chanvre.
- (*) Y. Wolff. Tableaux de distribution à haute tension, Lumière Électrique, tome V, 2e série, p. 211.
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- Toutes les roulettes destinées à guider le câble sont en fonte et montées sur palier en métal. Les roulettès dans les parcours droits ont un diamètre de 3oomm au Tond de la gorge ; le poids d’une roulette est de a4k*. Les roulettes des courbes sont inclinées à 55° ; elles ont un diamètre de 392mm et pèsent 35 kilogrammes.
- Commande du funiculaire. — Le treuil disposé à la station supérieure consiste en un double train d’engrenage avec un rapport de 140/20 X 70/20 et est commandé par courroie par un moteur shunt de 80 HP.
- Il a été prévu deux freins : le frein de service agit sur l’arbre à 196 tours ; son action est douce et le freinage peut être réglé par le conducteur sans à-coup.
- Le frein de secours est à poids, il fonctionne dès que la vitesse dépasse /m,75 par seconde ; il est dans ce cas actionné par un régulateur à force centrifuge. Dans le cas où la voiture dépasse sa position finale, il est manœuvré par un interrupteur de fin de course ou à la main ; enfin il peut être commandé par un ëlectro.
- Primitivement, le moteur était alimenté par du courant biphasé 2 000 volts, 42 périodes. Pour des questions de tarifs, l’entreprise jugea plus avantageux de transformer ce courant biphasé en continu en adjoignant une batterie d’accumulateurs.
- Diagrammes et mesures. — Des mesures ont été entreprises pour contrôler l’exactitude des calculs faits au début. Dans tous les voyages d’essai, la vitesse fut maintenue à im,27par seconde et la tension aux bornes aussi constante que possible. Les essais suivants furent entrepris.
- I. — Voiture en montée, complètement chargée, poids, 11 48okB; voiture en descente vide, poids, 6 980 kilogrammes.
- II. :— Voiture en montée vide, voiture en descente pleine.
- III. — Les deux wagons vides.
- Rapporté à la charge utile, l’ensemble du système représente pour la montée un rendement de 61 % . Dans le cas où la pleine charge est reportée sur le wagon de descente, on regagne 3o % .
- Un voyage à vide absorbe 9,0 kwT. ou 1,71 kilowatt-heure ; un voyage à pleine charge 32 ou 0,76 respectivement.
- Le démarrage à pleine charge a lieu, à une accélération moyenne de 0,089 m./sec./sec. en 14,3 secondes, l’effort de traction nécessaire, calculé d’après
- la courbe du moteur, est de 670^. La masse du système à mettre en mouvement est donc 670: 0,089 — 7 54o kilogrammes-masse.
- T. E.
- ELECTROMETALLURGIE
- Foui's à sole conductrice pour la production de l’acier. — A. Keller. — Bulletin technologique des Arts et Métiers, juillet 1909.
- L’application des fours électriques dits «à électrodes » à la production des métaux qui doivent être obtenus, fondus ou transformés à l’abri de la carburation, et particulièrement l’étude de la production , électrique de l’acier provoquèrent la nécessité de constituer les soles conductrices des fours de telle sorte qu’elles ne carburent pas le métal liquide qui les recouvre.
- Aujourd’hui on peut classer les soles conductrices non carburantes en soles à conductibilité simple (obtenue par un fond de fourentièrement métallique; — par un ou plusieurs pôles métalliques noyés dans une maçonnerie non conductrice ; — par un pisé conducteur), et en soles à conductibilité mixte ; c’est un système de ce dernier type que M. Keller a créé et mis en expériences industrielles depuis deux ans, et cju’il présente plus particulièrement ici.
- La sole conductrice de ce four est composée d’un pisé armé, c’est-à-dire d’un pisé formé d’un conducteur de 2e classe basique aggloméré comme à l’ordinaire (magnésie de préférence) et qu’on a fortement damé à chaud entre des groupes de barres de fer verticales de 2:5 à 3omm, régulièrement disposées et solidaires d’une plaque métallique de fond, qui est reliée à l’un des pôles de la source d’énergie.
- Une carcasse métallique, qu’on peut refroidir par un courant d'eau, enveloppe le tout.
- Passant ensuite à l’étude des fours à électrodes en série, l’auteur les compare aux fours à soles conductrices ; ces derniers lui paraissent préférables dans le cas de faibles ou moyennes puissances, mais il est difficile d’énoncer une préférence générale absolue. Le four à électrodes en série présente en effet de plus grandes facilités de construction. Néanmoins, l’auteur pense que cet avantage perdra de son importance si l’ingénieur est maître d’établir le programme complet de l’installation électro-métallurgi-
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- que, car il ne manquera pas alors d’adopter une fréquence faible, an périodes par exemple, qui facilitera beaucoup la construction du four à sole conductrice. On doit pouvoir arriver, en choisissant cette fréquence,avec un four de i ooo Itw., un facteur de puissance correspondant à cos y = 0,90. Un tel four appliqué à l’épuration et au dosage de l’acier liquide aurait une capacité de 10 à 12 tonnes.
- L’auteur expose ensuite les résultats obtenus dans l’exploitation de fours à électrodes en série. Le principal perfectionnement qu’il a apporté à ces fours consiste dans le réglage séparé des deux foyers créés respectivement à chaque électrode, ce qui réalise, dans un four à couler le produit obtenu, le fonctionnement à foyers séparés créés au-dessus d'une masse conductrice fermant le circuit entre les deux électrodes.
- Le four mis en service aux aciéries d’Unieux (Loire) et expérimenté de 1902 a 1905 a permis de pousser l’épuration jusqu’à :
- ' Soufre phosphore = 1 % (*)
- Ce four comprend essentiellement : une cuve mobile ; des supports tournants d’électrodes, indépendants de la cuve; le faisceau supérieur de distribution de courant, et enfin le tableau de réglage deâ électrodes.
- L’auteur a été en outre amené à étudier un four triphasé pour la production de l’acier ; il lui paraît aujourd'hui possible d’aborder sans témérité la construction d’un tel four pour une capacité de 20 tonnes : la puissance nécessaire serait d’environ 1 800 kw, et le four serait capable d'épurer de 2r>o à 3oo tonnes, par jour, d’acier ordinaire obtenu au convertisseur Thomas.
- E. M.
- (*) Au lieu de :
- Soufre -f- phosphore = i,5 à 2 % que fournit l’épuration courante.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Leçons d’Electrotechnique générale (tomeI, 3e édition.) — P. Janet. — 1 volume-in-8° raisin de 4i5 pages avec 180 figures. — Gautiiihr-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i3 francs.
- Le cours d’Electrotechnique de M. Janet est un ouvrage classique et suffisamment connu des spécialistes, pour que nous n’ayons pas à le présenter en détail à nos lecteurs.
- Nous nous bornerons à énoncer les points principaux par lesquels cette troisième édition du tome Ier se distingue de la précédente.
- Les additions concernent principalement :
- Dans le chapitre des condensateurs, l’application aux câbles triphasés de la théorie de Potier, ainsi que l’exposé d’une autre méthode, et aussi la distribution des potentiels dans le diélectrique des câbles concentriques ;
- Dams le chapitre des isolants, l’étude des câbles à diélectrique hétérogène, et dans celui des matériaux magnétiques, celle du fer, des aciers et des fontes;
- Enfin, dans les,chapitres consacrés à la commuta-
- tion, l’influence de la capacité au contact entre balais et collecteur.
- Le nouveau volume ainsi formé est d’une ampleur assez considérable, et, comme on vient de le voir par l’énumération ci-dessus, plusieurs des suppléments ajoutés sont d’importance.
- Le bon accueil que fera le public à cette nouvelle édition d’un ouvrage qu’il a depuis longtemps apprécié n’est donc pas douteux.
- R. G.
- CORRESPONDANCE
- »
- Nous avons reçu, le 2 septembre dernier, la lettre suivante :
- Monsieur lu Rédacteur en ckee,
- Je vous serais particulièrement reconnaissant
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- si vous vouliez bien publier dans votre journal la protestation suivante : Le al octobre 1908, je r.emerciais, par lettre, le Directeur de la Société de T. S. F. « Telefunken », des renseignements techniques qu’il avait bien voulu me donner sur le dispositif utilisé par cette société pour la téléphonie sans fil; je terminais ma lettre comme suit :
- « Quoique ma bobine à self-induction variable (1) soit brevetée (depuis le 29 octobre 1907), je vous autorise par la présente, en reconnaissance de l’amabilité dont vous avez fait preuve à mon égard, à l’utiliser pour vos appareils sous réserve qu’il soit fait mention de mon nom pour la désigner.
- Fig. !.
- L’Elektrotecknische Zeitschrift des 10 et 17 juin 1909 donne une description détaillée des nouveaux appareils Telefunken, parmi lesquels figure mon appareil attribué à M. Rendahl ! Or, mes nombreuses recherches me permettent d’affirmer l’antériorité de mon brevet, au moins en ce qui concerne son emploi dans les appareils transmetteurs et récepteurs utilisés en télégraphie et en téléphonie sans fil.
- (') Dont j’avais donné la description à la « Telefunken ».
- La bobine a self-induction variable se compose de deux bobines plates (Gg. 1) A et B, en forme de demi-disques, à enroulements inverses; l’une B, par exemple, est Gxe, l’autre, A, est mobile, autour de O comme axe, et peut, par un simple mouvement de rotation, venir se superposer exactement au-dessus de B.
- Dans ce dernier cas, les enroulements sont de meme sens, la self s’annule et la résistance ohmi-que seule subsiste; la self-induction est maximum lorsque les deux demi-bobines occupent la position indiquée par la Ggure 1.
- Emploi de la bobine à self-induction variable (brevet n° 895.507).
- Labobine ii self-induction variable est utilisée :
- i° Dans les appareils de transmission et de réception de la télégraphie et de la téléphonie sans 61 et dans tous les dispositifs qui exigent une variation de la self-induction dans les circuits transmetteurs et récepteurs.
- Pour terminer, j?ajouterai que ma bobine à self variable est utilisée depuis plus de trois ans dans les appareils de transmission et de réception des postes de T. S. F. de l’Indo-Chine; j’ai fait breveter le 23 octobre 1908, un ondamètre (') qui utilise cet organe pour obtenir la résonance avec les circuits à mesurer.
- Veuillez agréer, etc.
- Hanoi', 3o juillet 1909.
- Capitaine Péri,
- Chef du service de la télégraphie militaire en Indo-Ghine.
- (‘) Dont il est fait mention dans VÊlectricien du 11 avril 1908.
- VARIÉTÉS
- Sur le halage électrique des bateaux. — L. Gérard. — Bulletin des ingénieurs civils, mai 1909.
- A propos des expériences faites sur le canal Lehig Valley, par tracteurs à adhérence proportionnelle, l’auteur pense que M. du Bousquet (*) a limité à tort
- l’emploi des tracteurs à adhérence proportionnelle aux tunnels.
- Il est plus juste de dire que l’appareil permet, à côté d’autres applications intéressantes, la solution la plus économique du cas de la traction en tunnel.
- On peut remarquer que l’adhérence proportionnelle permet en canal courant de réduire le poids du tracteur à un minimum, l’adhérence étant due en
- (!) Y. Lumière Electrique, tome V (2e série), p. 278.
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- grande partie à l’effort de traction multiplié par le levier de pression.
- Réciproquement, on peut obtenir d’un appareil de grande puissance, sous un petit volume, des efforts de traction considérables, grâce à cette proportion nalité. Il serait presque impossible d’obtenir pratiquement par le poids des effets d’adhérence aussi énergiques. Le cas trouve'son application en tunnel où les efforts de traction sont souvent énormes et aussi dans les régions industrielles à circulation active, dans les échelles d’écluses où il y a intérêt à allervite; cela permet d’abréger les périodes d’accélération et de réduire les effets de très nombreux démarrages. En revanche, l’appareil est moins intéressant sur les longs biefs où les efforts sont réguliers et faibles et les démarrages peu fréquents.
- L’auteur propose donc d’autres conclusions à mettre en parallèle avec les conclusions de M. du Bousquet.
- , Partant de ce fait que la traction mécanique s’applique à des canaux dont le trafic est d’au moins i million et demi de tonnes, c’est-à-dire à des canaux encombrés dont les rives sont très utilisées, il est désirable que le système de lialage puisse facilement, soit passer au-dessus des quais, soit à côté des appareils de chargement, soit même n’occuper qu’une face du quai.
- La solution en canal courant sur des berges suffisamment larges et non encombrées par le passage de véhicules est l’emploi d’une légère voie birail à petit écartement, parcourue par des tracteurs symétriques du type français modifiés par un controller calculé d’après certains principes. Un tel système sera peu onéreux et assurera sans complications un démarrage rationnel.
- Suivant le type de canal, suivant la nature du trafic et suivant la façon dont les rives sont employées et la nature des industries à desservir sur les berges, l’auteur pense que les conclusions de l’Ingénieur-Conseil en matière de traction peuvent être entièrement différentes.
- Dans certains cas, le remorquage à hélice, et mieux encore, le touage électrique sur câble immergé, sont d’excellents moyens à adopter. Le premier de ces dispositifs est d’un rendement faible, mais chose digne de remarque, le batillage est beaucoup plus faible pour le remorquage électrique que
- pour le remorqueur à vapeur en raison de la petite dimension des hélices. Néanmoins, la supériorité appartient au touage électrique sur câble immergé, auquel on peut facilement appliquer l’adhérence proportionnelle. Ces dispositifs permettent d’atteindre de grandes vitesses ou de grandes puissances d’une manière très pratique et en supprimant la chaîne source de tant d’ennuis dans la pratique.
- En conclusion, l’auteur estime qu’il n’ÿ a pas de solution unique en matière de traction de bateaux.
- Pour ce qui concerne la nature du courant, l’auteur croit que, pour les lignes étendues, la distribution du courant doit être faite à haute tension en monophasé à la périodicité 5o, et que le type du moteur doit être le moteur monophasé, dont la caractéristique se prête admirablement bien aux conditions du halage. Les postes de transformation dans ce système se réduisent à des transformateurs statiques faciles à installer et peu coûteux.
- Si l’emploi du courant continu était imposé par d’autres considérations, il y a lieu de remarquer que le moteur série, si bien adapté au moteur de tramway, n’est pas du tout à sa place en matière de halage. Le moteur shunt, et mieux un moteur com-pound spécial, serait dans ce cas plus indiqué.
- L. G.
- École spéciale des Travaux publics du Bâtiment et de l’Industrie.
- A la suite des examens de sortie de l’Ecole spéciale des Travaux publics du Bâtiment et de l’Industrie, le jury de l’École, présidé par M. le colonel Espi-tallier, a délivré des diplômes d’ingénieur aux élèves des cours de l’externat ci-après désignés :
- Ecole des Travaux publics. — Diplôme d’ingénieur de Travaux publics : MM. Leflot, Caquineau, Pigeard, Adam de Villiers, Renoux, Vial, Reverdy, Zouro.
- Ecole du Bâtiment. — Diplôme d’ingénieur-architecte : MM. Moreux, Bastelica, Devreux.
- Ecole d’application de l’Electricité. — Diplôme d’ingénieur-électricien : MM. Hennequin, Pinson, Bouler, Gobert.
- La rentrée pour l’année scolaire 1(^9-1910 aura lieu le 4 octobre prochain. Les examens d’admission à l’Ecole commenceront le 29 septembre.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- trique, sur la jante de laquelle les iooHPsont disponibles, ceux-ci pouvant être transmis aux machines-outils, soit mécaniquement par des transmissions mécaniques et des courroies, soit électriquement par le moyen d’une dynamo génératrice alimentant à distance des moteurs placés sur les machines ou sur les transmissions secondaires. Ces transmissions, dynamo ou moteurs, coûteraient évidemment le même prix dans les trois cas; c’est ce qui dispense de les faire entrer en ligne de compte.
- usine de ioo chevaux.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Prix d’une centrale de iOO chevaux. Devis comparatifs pour la machine a vapeur, le moteur à gaz, le moteur électrique.
- Nous extrayons d’un Rapport présenté par notre collaborateur M. P. Boucault au congrès de Marseille (*) les données suivantes relatives aux frais d’établissement des usines centrales.
- Ce document, de premier ordre, a été établi par
- Tableau I. Prix d'une
- PREMIER CAS
- MACHINE A VAPEUR
- i chaudière pouvant vaporiser y5o kilogrammes de vapeur...
- i petit cheval alimentaire.....
- i injecteur....................
- Tuyauterie d’alimentat. et bâche.
- Tuyauterie de vapeur...........
- Maçonnerie des foyers et carneaux i cheminée en tôle de i5 mètres, i machine à vapeur iio IIP,
- 375 t/min......:.............
- Massif de la machine à vapeur..
- L’éjecto-condenscur............
- Tuyauterie d’arrivée de vapeur
- et d’échappement.............
- Dispositif d attaque du condenseur par courroie..............
- Bâtiment : iio m2 à 90 francs... Terrain : 110 ma â 3 francs....
- Montage de l'installation......
- Total.....................
- francs 5 700 75o i75 800 800 2 000
- 9°°
- 7 400 200 1 000
- 1 200 33o
- 9900
- 3oo
- 2 000
- 33 505
- DEUXIEME CAS MOTEUR A GAZ DE VILLE
- i moteur â gaz de villebicylindrique de 100 HP effectifs, 210 t/min., volant lourd, allumage magnétique par magnéto (y compris deux pots d’échappement et les boulons et plaque de fondation).
- Massif du moteur à gaz.......
- Tuyauterie d’arrivée,du gaz, d’eau d’échappement.........•......
- Appareil de démarrage........
- Bâtiment 5o m2 à 90 francs...
- Terrain 5o m2 â 3 francs.....
- Montage......................
- francs
- i(> 700
- 1 000 4 5oo i5o
- 1 000
- 24650
- TROISIÈME CAS INSTALLATION ÉLECTRIQUE SUR 6 OOÔ VOLTS TRIPHASÉS, 23 PERIODES
- Appareils de protection........
- Tableau du transformateur du moteur........................
- T ra n f or m a teu r haute tension (5 ooo volts, 25 périodes au primaire) ........................
- i moteur asynchrome avec rhéostat de démarrage...............
- Massif du moteur...............
- Bâtiment : 80 m2 à 90 francs ....
- Terrain : 80 ni2 à 3 francs....
- Montage, connexions et câbles, plaques de terre, etc..........
- francs
- 680
- 4875
- 7 55o 200
- 7 200 240
- 3 5oo
- 26 360
- le Syndicat professionnel des Usines électriques, en prenant pour bases :
- Pour les machines, les devis en usage à la Société
- /
- VEclairage électrique ;
- Pour l’appareillage, ceux de la Société industrielle des Téléphones.
- Dans les trois cas examinés, l’évaluation faite s’arrête à la poulie du moteur thermique ou élec-
- (*) Notes sur le nouveau projet de loi relatif aux patentes des usines prenant en dehors d’elles la force motrice nécessaire â leur fonctionnement. — Congrès international des applications de l'électricité, Marseille, 1908.
- Le détail, pour la troisième installation (centrale électrique), est le suivant :
- Tableau II
- APPAREILS DE PROTECTION FRANCS
- 3 parafoudres avec résistances i65
- 3 liiniteurs de tension i65
- 3 bobines de self 9°
- 3 coupe-sections à perche (io
- •Charpente pour ces appareils 200
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- Tableau III
- TABLEAU DU TRANSFORMATEUR DU MOTEUR FRANCS
- t interrupteur-disjoncteur triphasé dans l’huile, de 75 kilovolts-ampères 4^5
- 3 coupe-sections 60
- i ampèremètre 5o
- 1 voltmètre avec commutateur 85
- i interrupteur tripolaire, rupture brusque avec coupe circuit, ampères 33o
- 1 compteur 15o
- 3 transformateurs d’intensité 3oo
- i transformateur de tension 3oo
- 3 fusibles haute tension pour ce transformateur 45 20
- ï appareil de mise à la terre.
- Charpente, marbre, etc 3oo
- 2 115
- Bien entendu, il existe des cas d’installation électrique plus économiques que celle qui est décrite, mais cela dépend-d’une foule de circonstances qu’il serait trop long d’énumérer, et le devis s’est tenu dans la moyenne. L. D.
- De l’influence de la distribution de courant aux voies ferrées électriques sur la situation économique des centrales (*).
- Les résultats ci-dessous ont été constatés aux usines de distribution de Cologne.
- Tableau I
- AVANT L'ÉLECTRIFICATION APRES L’ÉLEC-TRIFICATION
- Capital 9,4 centimes ‘A,7 centimes
- Charbon 5,v. 3, t
- Salaires 1 I
- Entretien i,4 0,85
- Eau . 0,6 0,20
- Divers 0,14 o,o5
- Total 9,24 5,20
- La centrale produit du courant à a ooo volts monophasé^ qui est transformé en 6oo volts continus. Lorsque les tramways empruntèrent leur courant à l'a centrale, les bénéfices d’exploitation augmentèrent
- (*) D’après El. Kraftbetr. und Bahnen, 3 juillet 1909.
- de 12 % , une fois retirés l’intérét et l’amortissement. Le prix de revient ayant pu être diminué de 45 % et le capital de 71 % , il fut possible de vendre des kilowatts-heures 34 centimes au lieu de’64,prix antérieur à l’électrification des tramways. Si l’on fait la moyenne de 4 années pour établir les différents frais par kilowatt-heure, on obtient les résultats indiqués Tableau I.
- Le reste est indiqué dans le devis principal présenté plus haut.
- Ces chiffres montrent tout l'intérêt que Ton a à créer des centrales à grand rayon d’action, pouvant alimenter soit des tramways, soit des chemins de fer d’intercommunication.
- S. C.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Tandis que la Commission du Conseil municipal de Paris, chargée de l’étude des transports en commun, se débat avec les difficultés que lui créent son désir de sanctionner certains votes du Conseil en ce qui concerne le personnel et son ardent souci de ne plus rompre un équilibre établi si péniblement entre les intérêts de la future société, ceux du public et ceux des employés, les financiers semblent admettre que la Compagnie Générale des Omnibus demeure plus que jamais désignée pour prendre sa propre succession. « L’action Omnibus, dit XInformation, « n’oscille que dans des limites très étroites. Les « craintes dont nous avons démontré le peu de fonce dement de voir se présenter parmi les deman-« deurs en concessions un concurrent véritablement « sérieux, étant aujourd'hui disparues, on peut se « demander quelles sont les raisons qui empêchent « ce titre de poursuivre le mouvement de hausse « qu’il avait si brillamment entamé. Il ne nous sem-« lile pas que Ton puisse redouter beaucoup que la cc Compagnie n’obtienne pas le monopole des futurs k services d’autobus et de tramways municipaux. « Sans douter de la bonne volonté et de l’honorabi-cc lité de ses adversaires, il n’apparaît pas qu’ils « soient qualifiés pour assurer les services en ques-cc tion, car en dépit des affirmations de quelques-uns, cc nous croyons qu’il esta peu près impossible d’éta-cc blir le matériel nécessaire aux transports d’ici « l’échéance de la concession actuelle, c’est-à-dire cc fin mai 1910. Quant à envisager une période transi-cc toire, nous croyons qu’il ne faut guère y songer si cc Ton se souvient des énergiques déclarations faites
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- « il y a quelque temps par M. Etienne. » Le bruit avait, en effet, couru que le groupe qui a patronné le Métropolitain était parmi les demandeurs en concessions. Ce bruit a été démenti aussitôt. La finance prend donc son parti de voir la vieille Compagnie Générale des Omnibus si décriée, si en arrière du progrès pour tout ce qui concerne les transports à Paris, reprendre et continuer son monopole. Mais, probablement, elle se résignera à rompre avec sa vieille routine, et poussée par l’opinion publique autant que par le désir de subsister, elle créera de nouveaux modes de traction qui sont depuis fort longtemps en usage partout ailleurs excepté à Paris. A sa décharge, il faut avouer que le problème est rendu particulièrement difficile par une série de circonstances auxquelles elle ne peut échapper : la condamnation du trolley aérien, la nécessité du caniveau souterrain, la configuration même de Paris et l'accès difficile de certaines rues, la concurrence des métropolitains et les exigences des donneurs de concession sans parler de celles du personnel.
- Buenos-Aires qui, paraît-il, se plaint vivement de l’encombrement de ses rues centrales avait songé à la construction d’un métropolitain. Bien que l’afFaire ne soit pas très séduisante, l’Anglo-Argentine qui est concessionnaire de toutes les lignes amalgamées placées sous le contrôle de la Compagnie Générale des tramways de Buenos-Aires vient de mettre à l’étude la construction d’un tunnel devant traverser en ligne directe la partie centrale de la ville. Ce tunnel qui recevrait une voie ferrée destinée principalement à assurer le service rapide des voitures de tramways allant aux faubourgs permettrait un accroissement considérable du mouvement sans gêner le trafic local dans le centre. Dans certaines rues centrales, les voitures de tramways se suivent à moins d’une demi-minute d’intervalle, rendant ainsi toute vitesse commerciale illusoire. Un esprit fort spécieux a calculé qu’il en serait ainsi à Paris, sur certaines lignes du réseau quand la transformation sera complète et répondra aux vues du Conseil municipal. Ces faits n’étonneront pas ceux qui ont parcouru Broadway, à New-York, entre 9 heures et midi, alors que les voitures de tramways s’y suivent à l’égal de nos voilures de place sur les grands boulevards entre trois et cinq heures.
- On annonce l’augmentation du capital des tramways de Tunis qui sera porté de 8 à 10 millions de francs et des tramways de Bilbao qui emprunteraient quatre millions, mais au furet à mesure de leurs besoins ; le conseil se propose de créer des obligations
- en pesetas avec garantie hypothécaire en Espagne sur les immeubles possédés par la Société.
- En France la Compagnie des Tramways de Nice et du Littoral a obtenu aussi de ses actionnaires l’aulorisalion d’éincltrc 5 000 obligations nouvelles 4 % du type de 5oo francs actuellement en circulation. Elle poursuit l’extension méthodique de son réseau en absorbant toutes les Compagnies secondaires de la région: l’an dernier, elle incorporait le réseau de Monaco ; cette année elle vise la ligne de Nice-Cimiez et se croit autorisée à compter dès maintenant sur la concession des voies ferrées du port de Nice.
- Les résultats pour l’exercice 1908-1909 sont les suivants: recettes d’exploitation : 3 307 701 fr. 42; dépenses d’exploitation : 2 408 874 fr. 73, laissant un bénéfice brut de 898 826 fr. 69, qui se réduit en bénéfice net à 365 338 fr. 26 après déduction des frais généraux. Le Conseil a prélevé sur ce chiffre 25 000 francs à titre de provision ponr dépréciation du matériel, renouvellements et accidents. En ajoutant au solde du compte le reliquat de l’exercice précédent, le bénéfice à répartir est de 444 928 fr. 23, qui équivaut à un revenu net de 2 96 % du capital actions inscrit au bilan pour 15 millions. 27 000 francs ont été réservés, 3oo 000 francs distribués aux actionnaires à raison de 2 % et 117 911 fr. 32 reportés à nouveau. La tentative dont nous parlions l’an dernier et qui trouvera sa consécration dans l’exploitation des voies ferrées du port de Nice, c’est-à-dire le trafic des marchandises, a reçu une très grande extension ; il s’est élevé au cours de l’exercice à 120 000 tonnes et atteindra probablement en 1909 200 000 tonnes. Le coefficient d’exploitation de l’ensemble du réseau, tel qu’il résulte des chiffres cités plus, haut ressort à 72,8 9t. .
- Si nous examinons par comparaison les résultats de la Compagnie générale des tramways électriques deRosario au capital-actions de 12 5oo 000 fr. et obligations 14 000 000 de francs, nous voyons que les recettes de 1908 se sont élevées à 3 558 3o5 francs et les dépenses à 2 594460 francs, laissant un bénéfice brut de 963 845 fr. 46. Le coefficient d’exploitation ressort à 72,9 % ; mais les frais généraux étant moindres et des intérêts et divers s’ajoutant aux bénéfices d’exploitation, le bénéfice net se trouve supérieur à celui de l’exemple précédent; le Conseil négligeant d’ailleurs tout amortissement immédiat, la Société ne date que de trois ans, a* distribué 4 % sur 125 000 actions répartissant ainsi la totalité du bénéfice.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Sérié). — N° 37. -
- La France, c’est une satisfaction, n’olîre pas le monopole des difficultés administratives ou des rivalités de clochers, car la Compagnie de Rosario se plaint de l’opposition irréductible cjue lui a faite certaine Compagnie de chemins de fer pour la traversée de ses voies, opposition qui a considérablement gêné le ti*afic et réduit les recettes, mais qui a cessé dernièrement et a permis la réalisation complète du programme dont on attend les meilleurs résultats.
- Nous complétons les renseignements déjà donnés sur la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. Dans les 5p 8/(4 1 >3 fr. 99 de ventes de l’exercice écoulé, les machines de filature et tissage et les locomotives et matériel de chemins de fer entrent pour 33 millions environ, soit plus de 5o % et les machines électriques et câbles pour 14 845 65o fr. Les trois usines réunies de Mulhouse, Belfort, Grafenstaden ont occupé 10 210 ouvriers ; ainsi l’outillage et l’organisation des ateliers de la Société Alsacienne lui permet de compter par ouvrier sur une moyenne de production oscillant autour de 6 000 francs. Il y a lieu de remarquer que sur les bénéfices qui se sont élevés à 4 ia3 6oo francs, le Conseil a prélevé pour l’amortissement du compte de constructions et machines nouvelles, 1 700 000 fr., le solde débiteur de ce compte au 3i mars 1908 de 1 235 8o5 francs s’était accru, au cqurs de l’exercice, de 1 352 891 fr. 17 et s’est trouvé ramené par cette opération à 888696 fr. 25. Les comptes d’immobilisation, par le fait des amortissements et réserves pratiqués jusqu’à ce jour, se présentent dès lors de la manière suivante au bilan :
- ACTIF
- Immeubles et mobilier industriel....... 12 000 000 »
- Terrains, bâtiments et mobilier industriel 12400000 »
- Maisons d’ingénieurs et cités.......... 366 552 »
- Constructions et machines nouvelles... 4 >34 940 66
- 28 901 492 36
- PASSIF
- Amortissement du chapitre 1........... 12 000 000 »
- Amortissement du chapitre II........... 1 462 5oo »
- Amortissement des Constructions nouvelles....................;.......... 3 246 244 3o
- Fonds de réserve....................... 5 476 000 00
- Fonds à la disposition des actionnaires. 3 525 000 00
- 25 708 744 3o
- En tenant compte des fonds à la disposition des actionnaires, qui se peuvent appliquer à l’amortissement du chapitre II, par exemple, on voit que l’actif immobilisé de la Société Alsacienne se trouve réduit à une valeur de 3 millions, manifestement inférieure à sa valeur réelle au cas extrême de la liquidation qu’on est obligé d’envisager pour justifier la valeur actuelle d’une action. Les valeurs disponibles ou immédiatement réalisables représentent, d’autre part, à elles seules, 22 221 586 fr. 16, avec,pour contre-partie au passif, 21 959 819 fr. 79. Ce dernier chiffre comprend outre les créditeurs divers des comptes de dépôt et les fonds à la disposition pour secours aux ouvriers et employés. L’action qui se tenait aux environs de 6 35o, coupon attaché de 400 francs fin juillet, a été demandée récemment à 6 600, coupon détaché, comme confirmation d’une situation nettement consolidée et prospère.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paiijs. — La Compagnie des chemins de fer de l'Etal vient cje commander 1 000 wagons, dont 600 ont été adjugés à la Société générale de Construction, s5o à la Société Baume et Marpent, et i5o à la Société franco-belge de matériels.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Est vient do passer commande de 40 voitures de deuxième classe à couloir latéral au prix unitaire de 23 940 francs.
- La commande des 600 wagons de celte Compagnie annoncée dans notre numéro du 28 août a été enlevée par la Société lorraine des anciens établissements de Dietrich et Cie.
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- Manche. — La Compagnie des Tramways de Cherbourg a obtenu du Conseil municipal l'autorisation d'installer la traction électrique sur son réseau.
- Doubs.— Le ministre des Travaux publics vient de présenter un projet de loi concernant l’établissement d’un réseau de chemins de fer électriques d’intérêt local dans le département du Doubs et le territoire de Belfort.
- Puy-de-Dôme. — Les négociations engagées depuis longtemps entre le Conseil général du Puy-de-Dôme et le Conseil d'administration des Tramways Electriques de Clermont-Ferrand, en vue de l’abaissement des tarifs en échange d'une prolongation de concession, viennent d’être rompues, la Société n’ayant pas accepté la réduction qui lui était proposée.
- Italie. — Le ministre des Travaux publics a approuvé le projet d’établissement de tramways électriques entre Trani et Corato, et entre Badia, Ripoli et Grassina.
- Allemagne. — La voiture électrique au benzol commandée par l’administration des chemins de fer de l’Étal prussien à la Société A. E. G., ainsi qu'à la fabrique de moteurs à gaz Deutz, est actuellement en service sur les sections Friemersheim-Menzeln et Trompét-Hom-berg. Le wagon a 4 essieux, les compartiments sont de 3" et 4e classes. L’équipement se compose d’un moteur à combustion de 90 HP, accouplé par courroie avec une dynamo continue de 80 lcw. de puissance horaire, et 38 kw. de puissance continue. La tension peut varier de o à 65o volts. Cette dynamo alimente deux moteurs de traction continus du type normal, de 54 HP chacun (puissance horaire). Le wagon peut faire, en palier, du 5o à l’heure.
- L’administration a commandé à l’A.-E. G. trois nouvelles voitures perfectionnées.
- L’administration des chemins de fer prussiens, en raison de la satisfaction donnée par les 62 locomotives à accumulateurs en service* vient de commander 33 nouvelles voilures de ce type. Un certain nombre de lignes seront électrifiées au cours de l’année prochaine.
- Russie. — La Compagnie du chemin de fer de Vladi-caucase, à la suite de l’ajournement du rachat du réseau, a décidé de construire une nouvelle ligne ferrée de Ba-taisk à Vélikokniajisk et à Zaritsine, ligne d une longueur totale de 1 900 à 2 000 versles.
- La municipalité de Nijni-Novgorod reçoit les offres pour l'exploitation de la ligne de tramway actuelle et pour la construction de nouvelles lignes dans cette ville.
- Tuiiquie. — Le ministre des Travaux publics est saisi d’une demande par un groupe de financiers français de concession pour l’établissement d’un chemin de fer d’Andrinople à Angora-Cesare et Sinas.
- ÉCLAIRAGE
- Nobd. — Le Conseil municipal de Cambrai a accordé à la Compagnie concessionnaire de l’éclairage électrique l’autorisation de procéder à l’établissement de nouvelles conduites aériennes et souterraines.
- Alpes-Maritimes. — Le principe de l’éclairage électrique de la commune de Coaraze ayant été voté par la municipalité, le maire a été autorisé à traiter avec les concessionnaires qui lui feront des offres.
- Aisne. — Le Conseil municipal de Saint-Michel a accordé à une Société parisienne la concession de la force motrice et de l’éclairage électrique public et privé.
- Tarn-et-Gabonne. — La Société pyrénéenne d’Energie électrique a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Beaumont-de-Lomagne.
- Gironde. — Une commission municipale a été nommée pour étudier le projet d’éclairage électrique public et privé de la ville de Blaye.
- Oise. — Le Conseil municipal de Méru a reçu une demande de concession de l’éclairage électrique, qu’il se propose d’examiner à sa prochaine séance.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- France. — La nouvelle station radiotélégraphique du Champ de Mars, à Paris, sera probablement terminée au mois d’octobre prochain.
- Le paquebot à turbines Empress, qui fait le service entre Douvres et Calais, vient d’être équipé d’un poste radiotélégraphique Marconi ; tous les paquebots de la South-Eastern and Chatham C° qui font le service D_ou-vres-Calais et Folkestone-Boulogne vont être pourvus aussi de stations de télégraphie sans fil.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — N» 37
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 16 septembre à la mairie de Châteaulin (Finistère) fourniture de fil de cuivre pour conducteurs électriques pour la poudrerie nationale du Pont-de-Buis. Renseignements à la poudrerie.
- BELGIQUE
- Le 29 septembre,à 11 heures, à la Société Nationale des chemins de fer vicinaux, 14, rue de la Science, à Bruxelles, équipement électrique aérien et pose du retour spécial du courant électrique de la section d'Anderlues à Lobbes du chemin de fer vicinal de Carnières à Thuin. Soumissions recommandées le 28 septembre..
- 1 Le ior octobre (au lieu du 3 septembre), à il heures, à la maison communale, à Ixelles-les-Bruxelles, fourniture de courant électrique, caut : 5 000 francs. Soumissions recommandées le 29 septembre.
- ITALIE
- L’office technologique municipal à Rome reçoit les offres pour la fourniture de connexions électriques pour rails et lignes à trolley pour les tramways de la ville : 8 000 connexions et i2kl",5 de réseau à double voie.
- ALLEMAGNE
- Le 10 septembre, à la Kônigliche Werkstâtten-Ins-pektion, 2, à Wilten, fourniture de deux moteurs électriques.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 20 septembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Innsbruck, fourniture de machines-outils et installations mécaniques pour les ateliers de Salzburg,
- ESPAGNE
- Le 2 novembre, à la junte des travaux du port et à Valence, fourniture de six tours électriques d’une puissance d’une tonne l’un, et destinés au déchargement des bois: caut.: 2.000 pesetas.
- ANGLETERRE
- Le21 septembre, au County Gouncil, à Londres, fourniture de 2 générateurs électriques de 5oo kw ; 1 id. de i5o kw., et de changements de voie électriques.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- La légation de la République Argentine à Londres reçoit les offres pour la fourniture du matériel roulant ci-après, destiné aux lignes du Nord et du Central Nord : 11 voitures-restaurants, 11 fourgons de cuisine, 12 wagons-lits, 9 voitures pour familles, i5 voitures de ileet i5 de 2° classe, 20 fourgons. La dépense ne peut excéder 4 800 000 francs.
- PtBlft. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noukt.
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- Trente-et-Unlème année. SAMEDI 18 SEPTEMBRE 1909. Tome VII](2' série).— N' 38.
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — A. Blondel. Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties, p. 355. — J. Escard. Le ferro-vanadium, p. 363.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Les lois de l'électrisation de contact dans les phénomènes d’osmose, P. Girard, p. 367. — Méthodes et appareils de mesure. La préparation du-sulfate de mercure pour les étalons de force électromotrice, J. Fox, p. 367. — Etude, construction et essais de machines. Les turbo-générateurs à courant continu et à courant alternatifs, F. Nietham.mek, p. 368. —Méthode simple pour la mise en charge automatique des transformateurs, G. Benischke, p. 371. — Transmission — distribution. Les pertes atmosphériques des fils de transmission à courant continu, E.-A. Watson, p. 371. et Eléments primaires et accumulateurs. Batterie d’accumulateurs à grande capacité, p. 37‘3. — L’accumulateur Thownsend, L. H. Baekeland, p. 373. — Télégraphie et téléphonie. Nouveau téléphone électrodynamique, Th. Simon, p. 373 —Bibliographie, p. 374. —Législation et contentieux.— Les contrats de concession .d’éclairage doivent-ils être donnés en adjudication??. Boucault, p. 375. —Variétés. —De l’influence du silicium sur les propriétés électriques et magnétiques du fer, E. Kolben, p. 373. — Chronique industrielle et financière. —Documents d’exploitations.— Traction. Prix du matériel roulant électrique, p, 379. — Divers. Prix de revient total delà stérilisation de l’eau potable par l’ozone, p. 38o. — Chronique financière, p. 38i. — Renseignements commerciaux, p. 383. —- Nouvelles Sociétés, p. 383. — Adjudications, p. 384.
- ÉDITORIAL
- On connaît l’iutérét que présente le calcul des effets de capacité pour les longues lignes à courant alternatif, étant données les tensions élevées que l’on adopte de plus en plus dans ces transmissions et qui rendent ces eiTets très sensibles.
- La Lumière Electrique a déjà eu l’occasion de publier différents travaux sur cette question, mais les solutions 11e présentaient pas le degré de simplicité qu’offre la nouvelle méthode de correction qu’exposent aujourd’hui MM. A. Blondel et C. Le Roy.
- Dans cette méthode, les auteurs partent de la représentation connue des régimes résultants sous forme graphique, obtenue par
- superposition des régimes à vide et en court-circuit. Par des développements en séries des projections de ces vecteurs, ils montrent que chacun d’eux peut être calculé par approximation au moyen d’une ligne polygonale dont les côtés tournent d’angles égaux et tendent rapidement vers une valeur négligeable.
- Les expressions des séries vectorielles ainsi obtenues sont très simples, et les auteurs montrent comment on peut, dans chaque cas, calculer le degré de précision de chaque construction, et l’arrêter ainsi à un petit nombre de termes correctifs, tous exprimés directement en fonction des con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — N° 38.
- stantes ordinaires des conducteurs : impédance, admittance, facteur de réactance et facteur de capacitance.
- Le résultat, obtenu sans faire intervenir aucuné variable imaginaire, est de ceux qui peuvent pénétrer rapidement dans la pratique industrielle.
- L’introduction de vanadium dans les fers fins et dans les fers de constructions donne de bons résultats au point de vue mécanique, et, en outre, augmente l’homogénéité du métal. M. J. Escard présente un exposé des préparations industrielles correspondantes.
- D’après les travaux de M. J. Perrin, Yélectrisation de contact dans les phénomènes d'osmose est régie par un certain nombre de lois d’une portée très générale, et qu’il est d’autant plus à propos de signaler qu’on ne possédait, jusqu’à présent, aucune autre règle que celle donnée par Nernst dans un cas particulier, pour prévoir l’orientation et la grandeur de la différence de potentiel au contact.
- M. J. Fox donne ensuite des indications sur la préparation des éléments étalons au cadmium.
- Bien que nous ayons déjà récemment publié d’abondants renseignements sur les lurbo-généraleurs, nous avons cru devoir,
- étant donné le grand avenir industriel qui est réservé à ces machines, extraire encore un grand nombre de données nouvelles d’un important travail de M. F. Niethammer.
- La méthode de M. J. Benischke pour la mise en charge automatique des transformateurs paraît plus simple que celle de Gustrin, dans laquelle il était nécessaire de diviser l’enroulement primaire et d’altérer la dispersion.
- Après les remarquables expériences de M. Watson sur l’emploi de l’air comprimé comme isolant, nous en ci tons d’autres Relatives à la déperdition d'énergie électrique dans les lignes aériennes à courant continu. Le cas des courants alternatifs a déjà été étudié, notamment par Scott, Ryan, Mershon, Jona, etc. Les résultats obtenus par M. Watson empruntent un intérêt particulier au développement des transmissions continues à haute tension en Europe.
- Nous présentons ensuite des documents relatifs aux accumulateurs ainsi qu’à un nouveau téléphone de M. Th. Simon, que son auteur présente comme une application des idées de Maxwell sur la contrainte des tubes de force.
- Enfin dans nos Variétés, on trouvei’a le résultat des travaux de M. Kolben sur les ferro-siliciums.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 355
- CALCUL DES LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS EN TENANT COMPTE DK LA CAPACITÉ ET DE LA
- PERDITANCE RÉPARTIES
- On ne' peut calculer rigoureusement les lignes de transport d’énergie à haute tension qu’en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties. Ce problème a été résolu notamment, au moyen de constructions graphiques combinées avec l’emploi des tables des fonctions hyperboliques, sans faire intervenir les notations imaginaires.
- Nous nous proposons, dans le présent article, d’indiquer une méthode plus simple, applicable à tous les cas de la pratique et qui ne nécessite ni l’emploi des fonctions hyperboliques, ni aucun calcul pénible. Cette nouvelle solution repose sur l’emploi de développements en séries vectorielles, dont l’interprétation physique. . présente, comme on le verra, un certain intérêt.
- NOTATIONS
- r, résistance linéique d’un conducteur (par kilomètre) ;
- l, self-inductance linéique;
- z, impédance linéique ;
- c, capacité linéique ;
- g, perditance linéique (conductance équivalente aux pertes) ;
- tv, admittance linéique ;
- x, distance en kilomètres comptée à partir du point d’arrivée de la ligne;
- i, indice du point d’arrivée (station réceptrice);
- o, indice du point de départ (station génératrice) ;
- CIL, tension étoilée efficace (mesurée entre un des conducteurs et le point neutre de la ligne en charge);
- cl, courant efficace dans un conducteur de la ligne en charge ;
- <p, angle de décalage entre U et I ;
- U, tension efficace dans le régime à vide (sans débit) avec la même tension d’arrivée qu’en débit;
- I, courant efficace dans le régime de court-circuit (avec le même courant à la station réceptrice qu’en charge);
- U,,1;, tension etl’intensité à l’arrivée ; décalage entre
- eux.
- o, = — , vitesse de pulsation des courants alternatifs T
- i
- transportés, de fréquence
- a, b, m, constantes définies ci-dessous;
- 0, b', 8, y, angles définis ci-dessous.
- Le sens des vecteurs est indiqué par des flèches.
- Les angles positifs sont comptés en sens inverse de la rotation des aiguilles d’une montre.
- RAPPEL DES PRINCIPES ANTERIEURS
- Rappelons d’abord sommairement les principes analytiques et géométriques de la solution :
- Nous appellerons •uæ et $.x les amplitudes des variations de la tension et du courant en un point x quelconque, ®x., le décalage en ce point entre la tension et le courant, u ; et i les valeurs instantanées, c’est-à-dire :
- u == fit* \]'i sin to t ; i — iix^i sin (to t — <p).
- Les équations différentielles du problème sont :
- Ou di
- — — ri -4- i —,
- f) x d t’
- di â u
- -— = gu 4- c — dx & ~
- dt’
- ou, en séparant les variables :
- d*u du O'2 u
- — _ rgu + {rc + Ig) — + cl —,
- ou
- dx*
- . , , . , - di d*i
- ,.gL 4. (,.t. 4- ig) — -f- d—.
- dt*
- (*')
- M
- Les intégrales générales des deux équations (i') et (a') sont de même forme ; mais, pour la commodité de ce qui suit, nous préférons déterminer l’intégrale de (i) en fonction de celle de U en intégrant l’équation (2),
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (28 Série). — N» 38.
- après y avoir remplacé u par sa valeur. Nous posons donc :
- m=A j c'"'rsi n hùl-\-b.v—aj-f-BtC-“Æsin(w^-|-è.<-—(3) (H)
- i — — A, cax sin (w t -f- b:v — a + y) m
- + — B,e—"œsin(w/,-{- bx— (3 -f- y) (4)
- en appelant Aj, 13 j, a, |2 des constantes d’intégration qui dépendent des conditions aux limites, a, &, 7», y sont des constantes qu’on détermine immédiatement par identification, c’est-à-dire en vérifiant que les solutions (3)
- Les valeurs efficaces ou maxima de u et i se déduisent facilement des équations (3) et (4), soit analytiquement, soit géométriquement. Pour obtenir les projections sur >. axes rectangulaires des vecteurs llx y'à et. A* y'a qui représentent les amplitudes du voltage et du courant au point il suffît de
- faire ut = O et wt — —. Si l’on prend 0 X confondu avec le vecteur qui représente la tension efficace à l’arrivée, on voit aisément que la tension efficace ‘il* peut être consi-
- jî’ijr, — Epure du régime ù vide (au lieu de l’indice o lire x).
- et(4) satisfont aux'équalions différentielles (V) et (a') ; on trouve ainsi :
- a — -L y/— p + \/p- + q2,
- V2
- * = -7= 'J 1J + v'p2 + q*,
- V2
- m
- a2- -f è2
- 6
- y = 0' — x,
- (G)
- (8)
- en posant pour simplifier par l’écriture :
- p = m-cl — gr <1 = mcc + M/g,
- (9)
- dérée comme la résultante de deux vecteurs représentant respectivement la t ension à vide en ce point et la perte de charge produite par le courantdepuis le point d’arrivée jusqu’à ce point. De même, si l’on prend l’axe OX confondu avec le vecteur du courant débité a l’arrivée, on voit que le courant efficace I* en un point quelconque est la résultante du courant que l’on aurait en ce point si l’on débitait en court-circuit une intensité efli-cace I, à l’arrivée, et du courant de charge qui passerait en ce même point dans le régime de la ligne à vide.
- Il est, du reste, évident, par le fait que les équations (i') et (a') sont linéaires et à coefficients constants, que, si plusieurs solutions de la forme (3i et (4) satisfont séparément aux conditions aux limites, leur somme est aussi une solution, pourvu que les deux premières solutions puissent être combinées ensemble. Il e.n résulte immédiatement que la meilleure manière de déterminer les constantes d’intégration est de calculer deux solutions
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- particulières simples, introduisant chacune deux constantes, et de les superposer.
- Les deux solutions particulières les plus simples, et d’ailleurs compatibles, sont le régime à vide et le régime en court-circuit. Les figures i et a définissent les vecteurs correspondant à ces deux régimes.
- vectorieilement la chute de tension produite par le courant Ij entre l’arrivée et le point x. Les projections des vecteurs 1T et \x sur la direction I( et sur la direction perpendiculaire, telles qu’elles sont figurées par les traits pointillés, sont données par les expressions ci-dessous :
- i° Régime à vide. — Ce régime est traduit vectoriellementpar la figure i : MjO représente la tension elficace à vide à l’arrivée Uj ; MO la tension Uæ au point x, qui diffère de U, par un vecteur M,M; O M représente le vecteur du courant elficace de charge J* au point x.
- Nous déterminons ces vecteurs de préférence par leurs projections sur l’axe OX (confondu ici avec Uj), et sur la direction perpendiculaire; ces projections ont pour valeur les expressions suivantes (‘) :
- Fig. a. — Epure du régime eu court-circuit, (nu lieu de l’in
- Courant de débit : (U)x = I ( coh ex cos bx (Ujy = ], sihe.r sinè.r,
- lT
- Fig. 3. — Composition des tensions.
- Tension à vide :
- ( (UJX = U, coh cix cos bx ( (UJï = Ui sih ax sin bx,
- Courant de charge à vide :
- (.1 )x=— (sihe.rcosèa.'cosY—coluMftin&ran?) '' m
- u
- (JX)Y— —- (sihe.rcosè.rsinY-j-cohexsinè.'ccosY); ' m
- a° Régime en charge. — Le régime en charge est figuré vectorieilement par la figure a, dans laquelle P,O' représente le vecteur du courant à l'arrivée It supposé débité en court-circuit, PO' est le courant de court-circuit constaté au point x, O'Q représente
- Chute de tension : "
- j (V;r)x="di(cohrt.'rsinè.'rsinY+silma;cosi,;'-'ccosT) ^
- j ( V.,;) v- /n I, (co h axs i ri bxc o s y—sihrt.rcosè.rsinY).
- On reinarquerac|ueUxet U ne diffèrentque jtar un facteur constant et suivent donc la même loi de variation.
- 3°. —• Régimes résultants. — Les régimes résultants, c’est-à-dire les tensions et courants apparents, s’obtiennent au moyen des
- (1) Cf. L'Éclairage Electrique, 1906, tome XLIX, page i63, et Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 7 mai et a5 juin 1906.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2e Série). — N° 38.
- éléments composants de la manière qu’indiquent les ligures 3 et 4-
- La tension résultante Ur s’obtient (fig. 3) en composant le vecteur ÜM = U| de la figure i avec le vecteur OQ — V..- de la figure a sans changer l’orientation de celui-ci, si le courant I, est en phase avec la tension Ul5 et en le décalant au contraire d’un angle jq si le
- si l’on emploie les expressions nouvelles que nous donnons ci-dessous pour ces grandeurs.
- Mais, malgré cela, les calculs sont encore un peu laborieux, surtout pour V* et pour J* ; et les ingénieurs électriciens n’ont pas en général entre les mains les tables de fonctions hyperboliques, dont l’emploi demande un certain apprentissage.
- Sens positif
- Fig. 4. — Composition des courants.
- courant Ij est décalé de cet angle par rapport à la tension d’arrivée U,. On a alors la tension résultante U'a;=MQ?1.
- De même, l’intensité résultante du courant J s’obtient en composant, comme le montre la figure 4i le vecteur PO' = I de la figure 2 avec le vecteur ON — Jæ de la figure 1. Si le courant I, est décalé de l’angle <p| par rapport à Uj, on doit faire tourner préalablement le vecteur OP de cet angle, et joindre P à N, ce qui donne la nouvelle Valeur J'J! = P((!1N.
- 1MUNCIPE DK LA NOUVELLE SOLUTION
- Les expressions exactes des projections des vecteurs données ci-dessus peuvent être, calculées au moyen de tables de fonctions cir-ciliaires et de tables de fonctions hyperboliques, une fois qu’on a calculé a, b, y en fonction des constantes de la ligne. Ges calculs peuvent être beaucoup simplifiés, d’ailleurs,
- La solution nouvelle que nous allons exposer évite toute difficulté en remplaçant les expressions données plus haut par des séries, dans lesquelles n’entrent que les constantes usuelles des lignes, sous une forme très simple, et qui permet des approximations variées suivant les cas d’application.
- La simplicité de ces développements provient du choix des constantes auxiliaires , Nous prenons pour celles-ci :
- L’impédance z — r w l;
- L’admittance w = g -f- w c ;
- Le facteur de réactance tang 6 =
- 0) l
- T !• I • , UIL.
- Le facteur de capacitance tang 0 — —;
- S
- L’angle résultant 3= 0 + 0'.
- Les angles 0 et 0' sont ceux que forment l’impédance avec la résistance et l’admittance avec la perditance ; notre emploi des constantes z, tu et des angles 0,0' revient, au fond, à prendre pour les exprimer des coordonnées polaires au lieu des coordonnées rectangulaires habituelles.
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- De ces conslanles nous lirons immédiatement les valeurs suivantes :
- sin 0
- ù)/
- cos 0 = - ;
- y = — ; COS 0' = £ ;
- H' W
- sin (0
- -4- y) = — JL ; Cos(O + 0') = -L-.
- ZW ZIV ZIV
- d’où, puisqu’on a posé 0 + 0' — c.
- Courant il vide :
- T fcosfi' (zwx*)
- = (V.,
- +
- TT rcos0' (zwx*) ... . „ . wU,!——+.L-^cos(0' + ô) +....
- cos(9'-f 2$)+...+ ,oS(0'+n8)...l I
- v ' 2/l-f-I ! J |
- i.2.3.4.5 ‘ ’’ * m-j-i
- (.ï„K. = si„ ((,' + s) +...
- +j^s + + +!^a j
- i.2.3.5 . ! J
- ‘7)
- Courant de débit :
- L \J—p-'rsj//’+y2—V s «’cos z w’cos -
- /
- V'2
- I »— ^ | Q, g
- b=—~p-\-\]p*-\-q-= y'mvsin = y/smsin-
- y/a 2 a
- -=v/^=v/i=\/i
- b 0+0' 0—0'I
- Y=0'— 3 = 0—arctg- = 0— =—- '
- a 2 2
- (*4)
- On remarquera que tout, se trouve maintenant exprimé uniquement en fonction de z, w, 0, 0'.
- En reportant ces valeurs dans les expressions données plus haut, et en remplaçant les fonctions circulaires et les fonctions hyperboliques par leur développement en séries connu, on obtient, à l’aide de calculs un peu laborieux, (que nous renvoyons plus loin à un paragraphe spécial pour ne pas surcharger le présent exposé), les expressions très simples suivantes pour les projections des 4 vecteurs qui nous intéressent :
- Tension à vide :
- (LJx--Uj
- (Ua!)ï = U1
- ZWXi
- (swx'-) .
- ;3+ 1.2.3.4
- + (sm.r2)"
- 2 n !
- (zwx*)*
- " 1 1.2.3.4 (zwx1)"
- cos2§—y... cos «S...
- sin2§+... cos nS...
- /(l6)
- (Ia+ = I,
- [I+Ë7?C
- cos S -
- +
- (zivx2)-
- i.2.3.4
- (zwx'1)"
- cos 28-)-...
- cosnS
- 2 n
- h
- ÎWX
- .2 \ 2
- sine
- 1.2.3.4
- , (zwx1)'1
- -f !-—cos
- 2 n !
- sin 2 â -{-••-
- >(*»)
- «S...J
- Chute de tension
- (\x)x — (sæ'I,) j^cos0-f- ^ ^cos (0 + 8) +...
- + ^ „ cos (0+ 2 3) + + -~'+L-Lcos (0+m8) ... 11
- ' 2/ï—J— i ! J
- i.2.3.4.5
- (Vx)y = (z.-rb) (zivx2)2 .
- sin fi + sin (0 + 8)+.
- *9)
- 4*
- 1.2.3.4. !>
- (0+23)+...+
- (zwx*)"
- 2«+I !
- sin(04-/ii)...
- Ces expressions sont toutes, comme on le voit, des séries de la forme
- Kx = /’oCOsX + !\COs(X + 0) + 1\ COS (X + 2§) +.. . j
- + ra cos(X + «§)+... f
- Kir=:/,osinX + 7'1sin(X+â)+72sin(X+2§)+... | ^ ^
- + /„ sin (X + «§)+...]
- en appelant K un vecteur, et /’0, /q, r2 des grandeurs numériques décroissant indéfiniment. Ces séries sont convergentes, dans les conditions qu’on indiquera plus loin.
- En comparant deux à deux les termes de
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- T. VII (2« Série). —K» 38.
- même rang de la projection sur OX et de la projection sur OY, on voit que les premiers sont en cosinus et les seconds en sinus respectivement des mêmes angles; Cela montre que le vecteur K est tout simplement la somme géométrique d’une série de vecteurs. r0, /•], r». /•„, décalés régulièrement les uns
- en projections par de simples séries vectorielles
- E=UT+ [ + püîîW.l +...
- L 2 J* L 24 J-2S
- , r(W)»U,1
- L 2 n)
- (21)
- par rapport aux autres d’angles égaux à 0 dans le sens positif, c’est-à-dire inverse du mouvement des aiguilles d’une montre.
- On le vérifie aisément en portant à la suite l’un de l’autre le vecteurOA0= r0, faisant avec l’axe OX l’angle X, puis la valeur A0A, = /-j, faisant avec OA0 l’angle S dans le sens positif, etc.; en projetant sur OX et OY la ligne brisée formée par cette série de vecteurs, on obtient les termes des deux séries Kj. et K*' ci-dessus.
- Nous pouvons donc désormais remplacer les formules donnant les deux projections de chaque série vectorielle par une formule unique'en symboles vectoriels de la forme
- b = (/'u)X -j- —f- (raK+àS-j- ••• (r„)/.+n.5 etc.,
- les indices extérieurs désignant les angles avec l’axe OX.
- En appliquant cette notation aux 4 vecteurs qui nous intéressent, nous pouvons remplacer maintenant les formules de développement
- On peut encore simplifier l’écriture en remplaçant z„ , W“ par Z et W, impédance et admittance totales du tronçon de longueur z. Il vient alors :
- nzwjwu,!
- = |wu, ], + |_Hi—M..+,
- |"(ZW)»VVU<~| F (ZWj'AYUn
- L 120 _Jo'+24 L (2/1-)- 1 ) ! Jo'+ni
- L- = 1
- 1 nzw)»i,' L 2 n ! _
- + ...
- v,=[a7i.+r^i +[mp\ +...
- L 6 J 5+4 L 120 J 0+2.5
- -J 0+2-5
- + [M +...
- 1—(‘2 ft -j- l) ! J o+n-5
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- Chacune de ces séries définit très clairement les vecteurs correspondants ; chacun d’eux peut être construit en joignant à l’origine un des sommets du polygone ainsi représenté; plus on prend de termes, plus on a de précision ; on verra ci-dessous le degré d’approximation obtenu.
- Les figures 6 et 7 représentent, par exemple, respectivement les constructions des tension et courant résultants, dans le cas où l’on
- Prolongeons le vecteur A,A2 jusqu’en B,, de façon que AjB,—A0A,. Portons également A2B.j = AtA2; A3B3 = A2A3, etc., et considérons les cercles circonscrits aux triangles isocèles A^B,, A(A2B2, A2A3B3, etc.
- Ces cercles ont des rayons décroissants, car ils sont circonscrits à des triangles semblables de côtés décroissants.
- Le cercle d’ordre supérieur A,A2B2, par
- Sens positif
- Fig. G. — Composition des vecteurs approchés des tensions.
- prend dans chaque polygone correctif pour L’a, et Ix trois côtés seulement et pour Yx et Na, deux côtés, ce qui conduit à s’arrêter à des sommets d’indice 3 pour M;iet P3 et à des sommets d’ordre 2 pour N2 et Q2 (Væ et Sx sont alors considérés comme corrections d’Ux et Ix respectivement).
- Ces constructions sont identiques à celles des figures 3 et 4 si l’on remarque que les points M3, P3, N.,, Qo représentent les approximations des points exacts M, P, N, Q de ces figures.
- Degré cl' approximation obtenu. — La même figure nous permet immédiatement de calculer le degré d’approximation obtenu en prenant comme vecteur résultant OA2, ou OA3, ou OA„, au lieu de poursuivre la série jusqu’à l’infini ; il suffit d’appliquer une méthode qui a été indiquée par Laurent (').
- exemple, est intérieur au cercle précédent AqAjBj. En effet, les centres de ces deux cercles se trouvent sur la bissectrice de l’angle A.,. C’est évident pour le cercle AqA^B,; pour le cercle A[A2B2, il suffit de remarquer
- N
- P
- Fig, 7.— Composition des vecteurs approchés des courants
- •que le centre T se trouve sur la bissectrice de l’angle A2; par suite PÂjA2== ^—1 = PAjA,,. Les deux cercles passent par A, ; ils sont
- (•) Cf. L.VURENT, Théorie des séries, 186:2. Laurent a démontré la convergence des séries de ce type, mais n’en a pas indiqué la sommation. Celle-ci résulte de
- 1 identité que nous venons d’établir entre nos séries ( 16), (17), (18), (19) et les expressions (10),(11), (is), (i3) rapportées aux fonctions hyperboliques et circulaires.
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- tangente en ce point et ont leurs centres d’un même côté sur la bissectrice de Aj ; comme Ie*second cercle a le plus petit rayon, c’est lui qui est intérieur. On verrait de même que le troisième cercle est intérieur au deuxième et ainsi de suite.
- Fig-, 8. — Schéma du calcul dos erreurs de phase.
- Cela nous permettrait de démontrer la convergence de la série, s’il en était besoin, et sullit pour calculer une limite de l’erreur commise. Si nous nous arrêtons au terme d’ordre /z, l’erreur absolue sur le vecteur K est évidemment plus petite que le diamètre du cercle circonscrit au triangle isocèle A„ An_|_i B,i+i, puisque ce cercle contient l’extrémité limite du vecteur K.
- On a d’ailleurs :
- D . 3
- — Sin - :
- •JL 1
- >„. + I
- d’où D
- f'n -)- i
- L’erreur absolue faite sur le vecteur K est donc plus petite que le quotient du pre-
- . .. , .3
- mier terme négligé ( par sin-.
- Dans les lignes de transport de force aériennes ou souterraines, 0' est très voisin
- de 7c ; S est donc compris entre ir etpar
- O . Tï TC
- suite, - compris entre - et-^, et la plus ]
- tilesvaleur de sin - est ainsi
- B 2
- L’erreur absolue D est donc sûrement pi petite que r,,-]-! y/:?..
- L’erreur relative — s’obtient en divisant K
- l’erreur absolue D parla valeur absolue du vecteur ; on peut la calculer avec une approximation sufïisante en remplaçant la valeur absolue par la valeur approchée elle-même, et celle-ci ne diffère pas beaucoup en général du premier terme de la série r0.
- Dans toutes nos séries (16, 17, 18, 19),/^ a été fait égal à 1, en faisant sortir les facteurs communs ; on peut donc considérer que le ternie de rang n dans les parenthèses mesure l’erreur relative avec une approximation suffisante; en multipliant par le facteur hors de la parenthèse, on a la limite maxima de l’erreur absolue.
- Dans la pratique des lignes de transport d’énergie, avec les longueurs et les fréquences usuelles, le produit s(Wa est généralement si faible qu’on peut arrêter le développement aux tout premiers termes des séries et qu’on a rarement à dépasser les termes en aA. En outre, dans les cas ordinaires, les vecteurs J„ et V* sont petits par rapport aux vecteurs Ur et \x et le coefficient numérique, qui multiplie le terme d’ordre /z, est plus petit que dans les séries de Ux et I*; il en résulte qu’on peut le plus souvent, dans les constructions, se contenter d’un terme de
- Tableau I
- NOM DU VECTEUR LIMITE DE L’ERREUR ABSOLUE VALEUR APPROXIMATIVE DE L’ERREUR RELATIVE
- U., (shu;2)3 U, y/a (sto2)3 \jl
- 720 17 ao
- J.K (zwer^-nvtTJ, y/a (zwx-)'1 \jl
- I ‘20 I 20
- L (zu'#2)8!, y/a 720 (zwet’2)8 y/a 720
- V* [zw.v^Yzx\x y/a [ZWX'Y \Jl
- I 20 120
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- moins pour les premiers que pour les seconds; c’est d’ailleurs une question d’espèce et l’on est averti par la construction môme du degré d’approximation.
- Au maximum, on prendra pour U*et Iæ les termes en cF et pour Jx et V* les termes en
- .r3 et on négligera les termes en .r®. On aura alors comme limites supérieures des erreurs absolues les valeurs indiquées tableau I.
- (A suivre.)
- A. Blondel et C. Le 11oy.
- LE FERRO-VANADIUM
- En essayant de réduire les oxydes de vanadium par le charbon, l’hydrogène ou le potassium, Berzélius a obtenu une poudre grise ou brune qui prenait dillicilement l’éclat métallique sous l’action du brunissoir (l) mais qu’il ne put caractériser comme du vanadium pur. 11 n’arriva pas à de meilleurs résultats en chauffant le chlorure de vanadium avec du gaz ammoniac.
- C’est à Roscoë que l’on doit les recherches les plus importantes effectuées sur ce corps jusqu’à ces dernières années et c’est lui qui a montré le premier .combien il est difficile de l’obtenir à l’état pur. Après de multiples recherches, il a pu cependant le préparer en réduisant le bichlorure de vanadium par l’hydrogène gazeux à l’état pur et sec (*). Malheureusement le produit obtenu n’était pas complètement pur, car il renfermait un peu d’oxygène et environ i,3 % d’hydrogène.
- Cowper-Coles a obtenu un dépôt brillant et métallique de vanadium en électrolysant une solution d’anhydride vanadique dans l’acide chlorhydrique en présence de chlorure de sodium. L’opération s’effectue à la température de 8o° avec une densité de cou-
- (*) Berzélius. Annales de chimie et de physique, 2° série, tome XLVII, p. 33?, année i83i.
- (2) Roscoe, Chem. News, tome XXXVII, p. 25, année 1878.
- rant de a ampères par décimètre carré et une force électromotrice voisine de a volts. Malheureusement, avec ce procédé on ne peut pas obtenir d’épais dépôts de vanadium ; la couche de métal a beaucoup de mal à s’accroître en épaisseur et le dépôt métallique finit môme par s’arrêter rapidement, puis il se ternit superficiellement. Il semblerait que ce dépôt soit d’abord protégé de l’oxydation par une gaine d’hydrogène qui devient rapidement inefficace.
- Tout récemment, von Bolton (*) a obtenu des filaments de vanadium assez pur par dissociation des oxydes inférieurs de ce métal à très haute température et dans le vide.
- § I. — Fonte de vanadium.
- Les recherches de Moissan, confirmées par les recherches du capitaine Nicolardot, ont établi que, sous l’influence d’une température élevée, le carbone peut se combiner au vanadium pour donner des carbures. Au fur et à mesure que la température s’élève, l’alliage contient davantage de carbone et donne en môme temps des produits de plus en plus réfractaires. C’est ainsi que le carbure CVa se formerait dans l’arc électrique; à une plus basse température,
- (*) Von Bolton, Zeitschrift fiir Elecklroch., tome XIII, p. i45, année 1907.
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- on aurait les carbures C3Va\ C2Va3 et GVa2.
- Le carbure GVa s’obtient en chauffant au four électrique un mélange de vanadium et de charbon ou d’anhydride vanadique et de charbon de sucre placé dans un tube de charbon. Après avoir fait passer pendant dix minutes environ un courant de 900 ampères sous 5o volts, on obtient un culot métallique, constitué par un alliage défini de carbone et de vanadium (').
- Les autres carbures moins riches en carbone ont été jusqu’ici obtenus par le traitement des ferro-vanadiums et des aciers au vanadium à forte teneur en carbone. Le capitaine Nicolardot a en effet montré que, dans ces composés, existaient des constituants formés uniquement de carbone et de vanadium et susceptibles d’être isolés.
- En attaquant à l’aide d’acide chlorhydrique gazeux et dans l’alcool absolu certains aciers d'une teneur en vanadium inférieure à 7 %, on obtient un résidu formé uniquement de carbone et de vanadium. La composition de celui-ci, c’est-à-dire le pourcentage de ses éléments, peut varier de même que sa densité, laquelle oscille entre 5,53 et (i,65 environ.
- Trois composés définis ont été ainsi isolés.
- Le carbure G3 Va’, dont la densité est égale à 5,53 et qui renferme i5 % environ de carbure, a été retiré d’un échantillon de ferro-vanadium contenant 16 % de carbone et 3o % de vanadium, à l’aide du traitement qui vient d’être indiqué.
- Le carbure C2Va3 a été isolé d’un autre échantillon de ferro-vanadium contenant encore 3o % de vanadium et 8 % de carbone. Sa densité est égale à 6,(i4 et il contient i3, 6 % de carbone.
- Le carbure GVa2, très riche en vanadium, proviendrait des aciers à faible teneur en carbone et préparés aussi à moins haute température. Il renferme 1 1,8 % de carbone. (*)
- (*) H. Moissan, Académie des Sciences, séance du 8 juin 1896.
- La fonte de vanadium, ou mélange en proportions variées de carbures de vanadium de compositions différentes, peut être obtenue en partant du métavanadate d’ammonium qui, calciné, donne un oxyde vanadique d’un brun jaunâtre, assez facilement fusible. En mélangeant cet oxyde avec du charbon de sucre et en. plaçant le tout à quelques centimètres de distance d’un arc produit par un courant de 35o ampères sous 70 volts, la réduction ne peut s’effectuer ; il faut, en effet, faire jaillir l’arc au contact de cette poudre et maintenir la chauffe au moins pendant vingt minutes pour arriver à un bon résultat. On obtient dans ces conditions, à la surface du mélange, de petit grains métalliques ayant la dimension d’une lentille. En opérant avec une intensité plus forte, soit de 1 000 ampères sous 70 volts, la réduction s’effectue complètement en quelques instants et l’on peut ainsi préparer des fontes de vanadium contenant de 17,5 à 25,5 % environ de carbone.
- Si l’on désire obtenir des fontes moins carburées, on peut opérer de la manière suivante :
- On mélange 225Kr environ d’acide vanadique aussi pur que possible avec 74e” de charbon de sucre, et l’on chauffe le tout pendant 5 minutes au four électrique, avec un courant de 900 ampères sous 5o volts. La fonte obtenue contient de 10,5 à 16 % de carbone. En diminuant encore dans le mélange primitif la proportion du charbon, il est possible d’obtenir des fontes encore moins carburées ; ainsi 2ogr de charbon mélangés à 100 d’anhydride vanadique donnent des alliages contenant seulement 9 à 10 % de carbone.
- La fonte de vanadium riche en vanadium (5 % de carbone) possède une couleur blanche, une cassure brillante et métallique. Elle est inoxydable en présence de l’air et possède une densité égale à 5,8 à la température de 20°. Elle bride dans l’oxygène au rouge avec incandescence. L’azote se com-
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- bine facilement avec elle et l’azotuve formé ne se détruit qu’à une température très élevée.
- §11. — Ferro-vanadium. — Procédés électrolytiques pour la préparation de cet alliage.
- Le ferro-vanadium, alliage contenant souvent à côté du fer et du vanadium une certaine quantité de carbone, peut être préparé aujourd’hui dans les laboratoires et dans l’industrie par différentes méthodes. Dans les lignes qui suivent, nous considérerons les quatre méthodes suivantes : électrolytique, électrothermique, aluminothermique et ces deux dernières combinées.
- M. Gin a proposé de préparer le ferro-vanadium en électrolysant le trioxyde (ou le tétroxyde) de vanadium et le fluorure de calcium mélangés dans les proportions indiquées par la formule suivante :
- a Va2F\ CaF2.
- L’anode du système est constituée par du charbon et la cathode par du fer. On compense les pertes de l’électrolyte par du trioxyde de vanadium pulvérisé, de manière à-maintenir constante sa composition moyenne.
- La préparation s’effectue dans un four présentant peu de différence avec celui servant à la préparation du molybdène. Pour fabriquer l’électrolyte*, on mélange de la chaux pure et du tétroxyde de vanadium dans la proportion 2Ya204 -)-Ga0 et on le traite par Facide fluorhydrique concentré ou gazeux ; on sature l’excès d’acide par une quantité supplémentaire de chaux, on sèche et on calcine au rouge sombre. L’alliage ainsi obtenu est assez riche en vanadium, mais son prix de revient est élevé.
- Dans un autre procédé on s’est basé sur la grande conductibilité du trioxyde de vanadium et sur la facilité avec laquelle on obtient le trifluorure de vanadium en attaquant le trioxyde par le fluor en présence du carbone.
- Pour montrer comment on peut utiliser ces propriétés caractéristiques, supposons que l’on électrolyse du fluorure ferreux dissous dans du fluorure de calcium fondu en se servant d’une anode formée par un mélange intimement aggloméré de trioxyde de vanadium et de carbone, la cathode étant constituée par un bain de fer métallique. Le fluorure ferrique étant décomposé par le courant, le fluor dégagé à l’anode attaque le trioxyde de vanadium qui cède son oxygène au carbone tandis qu’il se forme du trifluorure de vanadium, conformément aux deux réactions suivantes :
- — +
- Fe2Fc 2Fe -j- 6F;
- (5F -f Va2 O3 + 3C = 2 Va F3 -f- 3CO.
- Le fluorure de vanadium formé entre en dissolution dans le fluorure de calcium et s’électrolyse à son tour en donnant du fluor et du vanadium :
- — +
- 2Va F3 = aVa + 6F.
- Le vanadium mis en liberté se combine avec le fer métallique de la cathode tandis que le fluor libéré à l’anode forme une nouvelle quantité de fluorure de vanadium qui s’électrolyse à nouveau ; de cette façon le fluorure ferreux dont il a été question ne sert qu’à amorcer l’opération et à fournir le fluor qui sert de véhicule de transport pour faire passer le vanadium de l’anode à la cathode.
- Comme autre procédé permettant d’obtenir électrolytiquement du ferro-vanadium, nous indiquerons celui reposant sur l’électrolyse
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- T. VII (2« Série). — N» 38.
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- d’un mélange en proportions définies d’un sulfure alcalin ou alcalino-terreux et d’un fluorure double de fer et de vanadium obtenu par l’action de l’acide fluorhydrique sur un siliciure double de fer et de vanadium.
- Pour préparer le siliciure double, on réduit au four électrique le trioxyde de vanadium par le carbone, en présence de ferrosilicium riche ; en utilisant pour cette préparation le siliciure de fer SiFe, on a la réaction suivante :
- WO» + a SiFe + 3C = SiVa2, SiFe3 + 3CO.
- Cette préparation s’effectue dans un four à résistance à courant continu ou alternatif, fonctionnant avec une densité de 120 ampères environ par centimètre carré de section droite de l’électrode mobile et une tension de 3o à 35 volts.
- Le siliciure double ainsi obtenu est ensuite pulvérisé puis traité par l’acide fluorhydrique anhydre préparé par la décomposition du fiuorhydrate de potassium à la température de 4oo°. Cette décomposition peut être effectuée dans un four à moufle dont la sole et les parois sont garnies de fluorure de calcium aggloméré par du goudron de houille. La réaction qui a lieu est la suivante :
- KHFa = KF -1- HF.
- L’attaque du siliciure double s’opère également dans un four à moufle et àuue température voisine de celle du rouge sombre ; elle s’effectue d’après cette équation :
- SiVa‘-,SiFe2 + i6HF=2SiF,-(-2 (VaF2,FeF2)-fi6 H.
- Comme la formation du fluorure double de silicium et de vanadium est impossible à réalise]1 à la température de l’opération, il ne reste dans le four que du fluorure double de vanadium et de fer, tandis que l’hydrogène et
- le fluorure de silicium sont expulsés à l’état gazeux.
- Le fluorure double ainsi préparé est alors mélangé avec une quantité de sulfure de calcium suffisante pour mettre en présence une molécule de soufre et deux molécules de fluor, d’après la formule :
- Va F2, FeF2 + aCaS.
- L’électrolyse du mélange de sulfure et de fluorure s’effectue à la température de 1 700° environ. Dès qu’il entre en fusion, les éléments constituants réagissent les uns sur les autres et il se forme du fluorure de calcium et des sulfures de fer et de vanadium, d’après l’équation suivante :
- Va F2 FeF2 -f aCaS= aCaF2 + VaS,FeS.
- La chaleur de formation des deux sulfures étant inférieure à celle du fluorure de calcium, l’action électrolytique laisse ce dernier corps intact et décompose les sulfures :
- +
- aCaF2 + VaS, FeS = aCaF2 + (Va + Fe) +aS.
- L’opération s’effectue dans un four semblable à ceux qui servent actuellement pour la fabrication électrolytique de l’aluminium. Le creuset est formé d’un caisson en fer garni intérieurement d’un revêtement en magnésie et la sole de blocs de charbon graphitique surmontés d’une couche épaisse et fortement pilonnée de ferro-vanadium granulé ; ce dernier constitue la cathode de l’électrolyseur. Les anodes sont en charbon graphitique et constituées par un faisceau de baguettes carrées de 10 à i5c'“ de côté; elles sont séparées par des intervalles de 4 à 5cm afin de favoriser l’élimination du soufre libéré à l’état gazeux.
- (.4 suivre.)
- J. Escahd.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Les lois de l’électrisation de contact dans les phénomènes d’osmose. —P. Girard.— Revue générale des Sciences, 3o août 1909.
- L’auteur expose, d’après les expériences exécutées par M. Perrin sur des membranes plongées dans différents liquides, les lois générales suivantes qui jettent de réelles clartés sur le mécanisme physico-chimique de phénomènes très différents et sans relations apparentes, comme l’entraînement des précisâtes, les phénomènes de teinture, certaines propriétés de l'état colloïdal.
- i° Les liquides ionisants (à grand pouvoir inducteur spécifique) sont les seuls qui s’électrisent fortement par contact;
- i° En se bornant aux solutions aqueuses, des liqueurs acides, même faiblement, chargent positivement la paroi du diaphragme ;
- 3° Inversement au contact d’une solution même faiblement alcaline, la paroi se chargera négativement ;
- 4° Les solutions de sels neutres contenant d’autres ions monovalents que les ions H+ et OH- (Cl~, Na-, Br~, etc., contribuent fort peu à l’électrisation de la paroi par contact ;
- 5° Les ions polyvalents interviennent en neutralisant plus ou moins, selon le degré de leur valence, l’action des ions monovalents actifs et de signe contraire (H+et OII-). C’est ainsi que pour une même concentration de la liqueur en ions H+, un acide à ion négatif monovalent (HCl) chargera beaucoup plus énergiquement la paroi qu'un acide à ion négatif di ou trivalent (acide sulfurique, acide citrique). Inversement, la présence d’ions positifs di, tri ou tétravalents dans une liqueur alcaline affaiblira l’in-lluence des ions actifs OII~;
- 6° Les ions monovalents de signe contraire aux ions II+et aux ions H- les peuvent aussi neutraliser;
- mais pour que leur influence soit sensible, il faut de grandes concentrations.
- L’auteur s’étend en particulier sur le rôle de cette électrisation de contact en biologie.
- T. G.
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- La préparation du sulfate de mercure pour les étalons de force électromotrice. — J. Fox. — The Electricien, 3 septembre 1909.
- Il est bien établi que la principale cause des variations que subit la force électromotrice des étalons au cadmium est due à la préparation défectueuse du sulfate de mercure. F.-E. Smith a indiqué quatre méthodes perfectionnées pour le préparer; l’auteur en présente une cinquième, qu’il a expérimentée avec un plein succès.
- 11 n’y a pas de difficulté à obtenir un sulfate de mercure absolument pur de toute trace de métal étranger. Mais ce sulfate commercial ne peut servir pour constituer les éléments étalons, parce qu’il a été précipité à froid de la solution de nitrate et, par suite, n’a pas cristallisé convenablement ; il contient encore du nitrate et du sulfate basique.
- Mais si on chauffe ce sulfate de mercure commercial en tube scellé avec une faible proportion de mercure pur et d’acide sulfurique, pendant un jour, entre 120 et i5o°, en agitant de temps en temps, on obtiendra un produit cristallisé parfaitement blanc, quelle que soit la . teinte du sulfate de mercure qu’on a employé.
- Lorsqu’on ouvre le tube, on doit tenir compte que la pression s’est un peu élevée et qu’il s’est formé des traces de peroxyde d’azote; le produit obtenu est, après fdtrage, broyé dans un mortier avec encore un peu d’acide sulfurique dilué, auquel on ajoute alors une certaine quantité d’une solution sa-
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- turéc du sulfate de cadmium ; on filtre dans un entonnoir de Büchner.
- On peut de cette manière préparer, en grande quantité, du sulfate de mercure blanc, cristallise, et parfaitement convenable pour la construction des éléments étalons.
- A. M.
- ÉTUDE,* CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les turbo-gènèrateurs à courant continu et a courant alternatif. — F. Niethammer. — Zeitschrift des Vereines deuischer Ingenieure, *26 juin, 14 et 28 août 1909.
- Sous ce titre l’auteur donne une vue d’ensemble sur l’état actuel de la construction des turbo-généra-léurs à courant alternatif et à courant continu.
- I. — Turbo-générateurs triphasés. — D’une manière presque générale, ces machines sont à pôles tournants quoiqu’on ait construit des machines à pôles extérieurs bipolaires sous forme de générateurs asynchrones.
- Les machines à pôles extérieurs ne se recommandent que pour les faibles et moyennes tensions. Leur prix est moins élevé, les pertes dans le fer n’étant environ que le tiers de celles d’une machine à pôles tournants.
- Les générateurs asynchrones sont d’une construction particulièrement simple, avec induit en court-circuit, les barres du rotor étant réunies par un anneau en cuivre emmanché à la presse.
- Le courant déxvatté à fournir dans le cas d’un alternateur à grande vitesse est relativement faible, ce qui permet d’obtenir un cos (p compris entre 0,9*2 et 0,98. La mise en parallèle est très simple et instantanée.
- Le cos ç d’un générateur asynchrone de 10000 k\vM 75o tours par minute, *25 périodes, 2 200 volts, est, a pleine charge, 0,982, et le rendement, 98, 5 % .
- Ces machines présentent le grand avantage, en cas de court-circuit dans le réseau, cîc n’introduire ni résonance ni surtension et de fournir à toute charge une pension sinusoïdale. Elles fonctionnent également comme amortisseurs pour les surtensions.
- Les générateurs à pôles tournants ont leur partie tournante constituée soit par un cylindre contenant
- dans des encoches réparties à sa surface l’enroulement d’excitation, soit par un rotor avec pôles rapportés. Pour les machines bipolaires, la première construction paraît être la plus indiquée. Pour quatre pôles et plus, il ne parait pas y avoir de différence sensible entre les deux modes de construction.
- La construction de turbo-alternateurs bipolaires s’explique par ce fait que, pour des puissances de l’ordre de 1 000 kw.,' il est plus économique, tant au point de vue du prix de revient que de la consommation de vapeur, de construire des turbines tournant à 3 000 qu’à 1 5oo tours.
- Les générateurs construits par Parsons à pôles rapportés tournants ont leurs bobines excitatrices maintenues au noyau par leur partie extérieure à l’aide d’un épanouissement polaire fixé à queue d’a-ronde. Le pôle et l’épanouissement sont en acier fondu. Dans les machines plus petites bi et tétrapo-laires, le nojrau, les pôles et les épanouissements sont fondus d’une seule pièce. .
- C’est là un type très général.
- Les inducteurs tournants en forme de cylindre sont soit d’une seule pièce en acier fondu, avec encoches et canaux de ventilation fraisés, soit formés de plaques de 20 à3omm d’épaisseur (tôle à chaudière) espacées les unes des autres de façon à ménager les canaux de ventilation et portant des encoches fraisées; enfin ils peuvent être constitués par des tôles minces de dynamos pressées les unes contre les autres.
- Un soin tout particulier doit être apporté pour fixer les connexions frontales des enroulements répartis dans les encoches. Ces connexions sont fixées le plus souvent à des saillies solidaires de la partie tournante et faites d’une matière non magnétique.
- En général, les encoches de l’excitation sont disposées suivant les rayons. Cependant on a construit également des encoches d’un pôle parallèle entre elles ; il en résulte que les encoches sont de profondeur inégale et contiennent un nombre inégal de conducteurs.
- Certains constructeurs emploient pour la partie réservée aux encoches une substance non magnétique. D’autres, au contraire, réservent celte substance pour les parties lisses.
- Etant donné le grand entrefer des turbo-généra-teurs (de 10 à 25mu‘), les épanouissements polaires peuvent être d’une façon générale complètement massifs. On a cependant remarqué que pour des en-
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- trefers de io à i2oim et des encoches largement ouvertes; les épanouissements polaires chauffaient d’une façon inadmissible par suite de l’intensité du * flux transversal ; aussi construit-on très souvent les épanouissements polaires en tôles minces.
- On s’est efforcé généralement d’obtenir des courbes de tension sinusoïdales, ce qu’on réalise en donnant aux épanouissements une forme spéciale. On a eu recours également au procédé qui consiste à répartir les encoches d’une manière uniforme, mais à leur donner des largeurs inégales, les encoches situées au milieu du pôle étant les plus étroites et contenant, par conséquent, le moins de conducteurs..
- Etant donnés les canaux de ventilation nombreux des turbo-générateurs, il a été reconnu de toute nécessité, aux endroits où les enroulements croisent ces canaux, de les protéger contre les détériorations mécaniques produites par le courant d’air.
- Si le refroidissement est bon et si l’on emploie des tôles convenables, les constantes électriques et magnétiques peuvent être prises aussi élevées que dans les dynamos à faible vitesse. C’est ainsi qu’on atteint couramment les valeurs suivantes :
- Pour 5o périodes :
- Induction de ioooo dans le noyau du stator, de
- 19 000 dans les 'dents du stator ; densité de courant dans le cuivre du stator de 3 à 4 et même 5 ampères par millimètre carré, dans le cuivre de l’excitation a, 5 jusqu’à 4, 5 et quelquefois jusqu’à 7.
- Par suite des dimensions réduites de l’induit, nécessitées par la force centrifuge, l’emplacement pour les enroulements d’excitation est très limité, de sorte que, même pour un faible nombre d’ampères-conducteurs par centimètre de périphérie, la réaction d’induit reste très importante.
- C’est ainsi que des machines bipolaires ont, pour un cos <p de 0,8, une élévation de tension d’au moins
- 20 % , quand on passe de la pleine charge à la marche à vide. Il en résulte qu’il faut employer des régula-teurs comme le Tirrill ou le Tliury ou encore avoir recours à des excitations spéciales produisant une sorte de compoundage.
- Enfin, suivant les constructeurs, différents modes de refroidissement artificiel ont été employés; ils consistent tous à introduire, à l’aide d’un ventilateur ou d’un aspirateur, l’air du sous-sol dans la salle des machines.
- En tout cas l’air doit être soigneusement purgé de toute poussière ; l’expérience a même montre qu’il fallait de temps en temps nettoyer les machines, la
- poussière déposée nuisant beaucoup au refroidissement.
- II. — Turbo-alternateurs monophasés. — Leur construction doit répondre tout d’abord aux conditions imposées aux turbo-alternateurs triphasés, en tenant compte de ce que, pour une machine déterminée, sa puissance sera en monophasé les a/3 de ce qu’elle serait en triphasé.
- Il convient de remarquer de plus que les alternateurs monophasés sont destinés le plus souvent à alimenter des réseaux de voies ferrées, par conséquent à produire du courant à a5 et souvent à i5 périodes, ce qui augmente encore les dimensions de la machine pour une puissance déterminée.
- Enfin, les alternateurs monophasés, contrairement aux triphasés, présentent le gros inconvénient, par suite de leur champ de réaction alternatif, d’induire dans les bobines d’excitation un courant de fréquence double du courant de travail; l’imporjtance de ces courants est telle qu’un fontionnement régulier est impossible.
- Les courants de Foucault ont également une im-portance telle que l’inducteur tout entier doit être feuilleté.
- On a remédié au premier inconvénient par des amortisseurs montés sur les épanouissements polaires et constitués par des anneaux en cuivre en court-circuit, dont le montage sur le pôle nécessite des soins tout particuliers. Des épanouissements polaires pleins rempliraient à la rigueur le rôle d’amortisseurs, mais seraient cependant insuffisants, sans compter qu’il en résulterait, dans ces pièces, un éeliauffement la plupart du temps inadmissible.
- 11 faut signaler aussi que les machines uni ou ho-mopolaires peuvent fonctionner comme générateurs monophasés à condition de feuilleter tout le bâti et de s’employer pour l’excitation du courant alternatif. Pour les faibles fréquences, en particulier, la machine uni-polaire présenterait de sérieux avantages.
- III. — Générateurs à courant continu. — Aux difficultés d’ordre mécanique signalées au sujet des générateurs triphasés ou monophasés vient s’ajouter celle d’assurer une commutation présentant toute sécurité au point de vue du fonctionnement.
- Pour atteindre ce résultat, trois procédés sont employés :
- i° Pôles de commutation ;
- »° Enroulement de compensation transversale a), sans, ou b) avec pôles de commutation.
- Ces deux derniers procédés, celui avec pôles
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- étant d’ailleurs le meilleur, peuvent se diviser en deux :
- i° Machine avec pôles principaux et pôles de commutation rapportés ;
- 2° Machines avec enroulement de champ réparti dans des ençoches et bâti feuilleté.
- Le premier procédé (des pôles de commutation) suf-Hitpour des puissances jusquà 5o kw. Le deuxième, employé par Parsons, présente l’avantage que le champ de commutation croît et décroît d’une façon très régulière avec le courant et qu’il entre en jeu instantanément lorsque la charge varie.
- On n’observe aucun retard du champ de commutation sur le courant, comme cela se produit dans les machines à pôles de commutation, ce qui occasionne très facilement des étincelles au collecteur dans les cas de variations brusques, comme dans le service des trains électriques. Il est dans ce cas nécessaire d’employer pour cet enroulement de compensation de % jusqu’à 3 fois le nombre d’ampères-tours de l’induit.
- Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de shunter cet enroulement par une résistance de réglage.
- Enfin il est avantageux d’exécuter l’induit avec des enroulements à pas raccourcis ; on diminue d’autant l’enroulement de compensation.
- La marche en parallèle des machines construites d’après le procédé ia présente moins de difficulté que lorsqu’on emploie les procédés i ou ib.
- Pour Y excitation, la plupart des constructeurs emploient des excitatrices séparées directement accouplées. Parsons et Oerlikon cependant s’en tiennent à l’excitation shunt et ils emploient des pôles pleins rapportés.
- A peu d’exceptions près, on emploie, aujourd’hui des induits contenant par encoche 2 ou, au maximum, 4 conducteurs, même si l’emploi d’un induit uni conduit à une plus faible réaction d’induit, c’est-à-dire théoriquement à de meilleures conditions de commutation.
- Les encoches d’induit doivent être légèrement inclinées par rapport à l’axe, dans le but d’atténuer le bruit.
- Collecteur. — Le collecteur reste toujours la partie délicate de la machine, même ^lorsqu’il est l’objet d’un entretien très soigné.
- En tout cas la partie destinée à subir l’usure doit avoir une hauteur de i j à 3o millimètres.
- Lorsque la tension de la machine atteint 5oo volts, il convient d’éviter les courts-circuits entre les porte-balais positifs ou négatifs ou entre ceux-ci et les frettes du collecteur.
- Pour parer au premier inconvénient, Parsons a divisé le collecteur en deux parties complètement distinctes, l’une réservée aux balais positifs et l’autre aux balais négatifs.
- Un soin spécial doit être apporté au choix des balais. Les balais en graphite comprimé (manganite) sont particulièrement à recommander. En dehors de ce type on emploie également des balais purement métalliques, en particulier des fils de laiton, de man-ganin pour desintensités jusqu’à 800 ampères, des balais graphite-cuivre-, des balais en charbon pur, etc.
- Pour régler exactement le champ de commutation, on rend variable l’entrefer des pôles de commutation ou bien on monte une résistance en parallèle avec l’enroulement de commutation.
- Dans le premier cas, l’entrefer est calculé très largement et, à l’essai, on ajoute des tôles pour obtenir une marche satisfaisante.
- Le deuxième procédé présente l’inconvénient que, dans les variations brusques de charge, la répartition du courant se fait d’une manière inégale entre cette résistance et les bobines de commutation, étant donnée la grande self de ces dernières. Les constantes électriques et magnétiques des turbo-générateurs à courant continu sont, pour un bon refroidissement, les mêmes que pour les machines à faible vitesse :
- Vitesse périphérique de l’induit : 70 à 80 m./sec.
- Vitesse périphérique du collecteur : 3o à 40.
- Densité de courant dans l’induit : 3à 4,5 amp./mm2.
- Induction dans le noyau, de 8 000 à i5 000.
- Induction dans les dents, de i5 000 à 23 000.
- Le choix des tôles doit être fait non pas seulement d’après les qualités magnétiques, mais aussi d’après leur résistance à la rupture et leur dureté (tôles au silicium) (').
- La tension moyenne entre lames ne doit pas dépasser 20 volts.
- Le courant dans une des deux parties de l’induit est d’environ 750 ampères; dans le cas de pôles de commutation, le pas de l’enroulement d’induit doit être égal à l’arc polaire.
- Des connexions équipotentielles sont à prévoir dès qu’on atteint quatre pôles.
- La ventilation se fait exactement comme dans les machines à courant triphasé, en tenant compte, en outre, de différents dispositifs adoptés pour obtenir un refroidissement du collecteur.
- (') V. plus loin, E. Kolben. De l’influence du silicium sur les propriétés électriques et magnétiques du fer.
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- revue D’Electricité
- L’auteur signale pour terminer l'intérêt que présente l’emploi de machines unipolaires(').
- C. M.
- Méthode simple pour la mise en charge au -tomatique des transformateurs. — G. Be-nischke. — Elcktrolechnik undMaschinenbait, 4 juillet
- 1909.
- La mise en charge artificielle d’un transformateur est de la plus haute importance pratique. Parmi toutes les méthodes proposées, la suivante est la plus simple lorsqu’il est possible de diviser en deux parties l’un des enroulements, cas qui est précisément le plus fréquent dans la pratique.
- Si l’enroulement secondaire d’un transformateur à vide est divisé en deux parties renfermant le même nombre d’ampères-tours, et si on les monte en parallèle, aucun courant ne circulera, en admettant que leurs forces électromotrices soient égales : sinon un courant d’égalisation se produira.
- Fig. 1.
- Si donc, on fait en sorte qu’il y ait une différence entre ces forces électromotrices et que l’on ajoute à l’unç des deux sections quelques spires, ou bien qu’on en mette hors circuit quelques-unes, on obtiendra un courant de circulation J2 dont la valeur pourra être réglée en agissant sur le nombre des spires auxiliaires, et cette valeur de J2 pourra être choisie telle que la tension de fonctionnement, c’est-
- .(*) Y. sur les turbo-généraleurs :
- Les types récents de turbo-généraleurs, Lumière Electrique, 3 juillet 1909;
- E. Zoom. Les turbo-généraleurs à courant continu, Lumière Electrique, \ septembre 1909.
- à-dire le magnétisme du fer, aient les valeurs qui correspondent à la marche normale.
- Au courant secondaire J.j correspond un courant primaire .11, bien déterminé par l’équation fondamentale des transformateurs. Quant à la force électromotrice auxiliaire, elle est égale à la tension de court-circuit pour les intensités considérées.
- La puissance fournie par le courant primaire comprend uniquement les pertes dans le transformateur et peut être mesurée directement.
- Le facteur de puissance se détermine d’après ces pertes et d’après l’impédance correspondant au champ de fuite. Si on veut l’augmenter, il suffit d’introduire, dans les connexions secondaires, une résistance ohtnique; pour le diminuer, une self-induction.
- Cette méthode est plus simple que celle de Gus-trin, car elle ne modifie pas l’enroulement primaire; par conséquent, le magnétisme et les fuites restent les mêmes.
- Elle s’applique naturellement à des transformateurs à plusieurs phases : pour les transformateurs triphasés en zigzag, le sectionnement en deux parties d’un des enroulements est déjà réalisé par la construction même (*).
- E. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Les pertes atmosphériques deslils de transmission à courant continu. — E.-A.. Watson. — The Electrician, 3 septembre 1909.
- La plupart des auteurs qui ont étudié le phénomène dit « couronne » dans les fils de transmission à courants alternatifs ont supposé que la perte d’énergie qui se produit ainsi est due principalement à la résistance ohtnique, présentée par la couche d’air qui entoure immédiatement le fil au courant de charge qui passe vers la limite extérieure de la couronne. Ceci implique l’hypothèse que la couronne existe d'une façon continue et ne se reforme pas à chaque pulsation de la tension alternative de la transmission.
- (I) Voir sur lo mémo sujet: Gustrix. Eleklrolechnische Zeitschrift, 1907, p. K75.
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- Cette hypothèse n’est, pas invraisemblable, bien qu’on puisse, tout aussi légitimement, attribuer la perte d'énergie à la rupture successive des différentes couches d’air qui entourent le fil, lorsque le voltage passe de zéro à sa valeur maxima. Chaque couche d'air, dans cette deuxième théorie, serait considérée comme possédant, à l’instant qui précède sa rupture, une certaine quantité d’énergie, à la façon d’un diélectrique de condensateur, énergie qui se transforme en chaleur au moment de la rupture.
- Quelle que soit celle des deux théories qui est la vraie, on voit que si la fréquence de la ligne diminue, les pertes aussi devront diminuer, et que, en supposant que toutes les pertes atmosphériques soient dues à l’un ou l’autre des deux phénomènes que nous venons de décrire, elles s’annuleront entièrement dans le courant continu; on sait d’ailleurs que cette conclusion serait inexacte et que toute transmission à courant continu sous une tension assez élevée donne lieu à des pertes atmosphériques notables, aussi bien qu’une transmission alternative.
- Considérons un fil traversé par une quantité chargée d’électricité constante q par unité de longueur. S’il est suffisamment éloigné de la terre et des autres conducteurs, la force électrique maxima qui s'exercera à sa surface aura pour valeur :
- _ %q
- Rmax — ---
- a
- a étant le rayon du fil.
- C’est un fait bien établi que, si cette force dépasse une certaine valeur, il y aura rupture de la couche d’air environnante et formation d’une couronne.
- En courant alternatif, la rupture peut se produire aussi souvent que le courant éprouve de pulsations, de sorte que la perte correspondante peut être continue. En courant continu, au contraire, une fois que la rupture s’est produite, il n’y a aucune raison pour qu’elle se maintienne d’une façon permanente, si l’on ne tient pas compte des actions mécaniques qui s'exercent sur l’air qui a été le siège de la rupture, actions qui tendent k le chasser et à l’éloigner du fil, tandis qu’il est remplacé par une nouvelle couche qui sera ensuite rompue et chassée à son tour.
- Mais, en tenant compte de ce mécanisme de substitution, on conçoit qu’il puisse se produire une perte d’énergie régulière et permanente, bien que dans des conditions très différentes de celles qui régissent le phénomène en courant alternatif.
- On peut calculer approximativement la vitesse k laquelle l’air doit être chassé après la rupture pour
- que le jeu de la substitution soit régulier ; on trouve environ iom par seconde.
- Mais A. Righi a démontré que ce n’est pas là la véritable explication du phénomène ; toutes les molécules de l’air ne sont pas affectées par la rupture, c’est seulement une très faible portion de la couche d’air qui est affectée, tandis que le reste ne subit absolument aucune modification.
- D’autres expériences ont alors eu pour but d’évaluer la vitesse exacte des molécules qui subissent la rupture, et J.-J. Thomson a trouvé qu’elle était d’environ icm,5 par seconde pour un champ de i volt par centimètre.
- Quant à la proportion de la masse d’air affectée par la décharge, elle semble être de l’ordre de % % .
- L'auteur a fait une série d’essais sur un fil en fermé dans un cylindre et sur des fils parallèles. Il notait l’état hygrométrique de l’air et faisait varier sa pression depuis la pression ordinaire jusqu’à 35o millimètres.
- L’auteur a pu ainsi faire intervenir les résultats qu’il avait obtenus au sujet de la variation de la rigidité diélectrique de l’air avec la pression (1).
- Les conclusions de ces expériences ont été les suivantes :
- i° Il existe une force, électrique critique pour laquelle la perte atmosphérique se produit, aussi bien pour uneligne continuequepourune ligne alternative.
- a0 Cette force critique est la même pour un courant continu que pour un courant alternatif d’intensité maxima égale.
- 3° Cette force est sensiblement la même, que le fil considéré soit positif ou négatif, pourvu que sa surface soit nette.
- /i° Si la surface du fil n'est pas nette, la force critique est beaucoup moindre en charge négative qu’en charge positive.
- 5° Elle est d’autant plus grande que le fil est plus mince.
- 6‘* Elle diminue en même temps que la pression atmosphérique, mais non d’une façon proportionnelle.
- La présence de vapeur d’eau est sans aucune influence, dans le cas d’un fd à surface nette, sur la valeur de la force critique, mais elle influé sur la déperdition d’énergie.
- 8^ On ne doit pas considérer en pratique un iil de transmission comme un fil parfaitement net : on doit prendre un facteur de sécurité de i,5 à a ;
- (*) Voir Lumière Electrique du ii septembre 1909.
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- 373
- enfin, les essais ont montré que la porte d’énergie peut atteindre une valeur considérable avant que le fil soit enveloppé uniformément par la couronne, et soit devenu notablement lumineux.
- T. D.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Batterie d’accumulateurs à grande capacité.— Elektrotechnik und Maschinenbait, i3juin 1909.
- Cette batterie a été installée par la Tudor Accu-mulator C° à la centrale de Manchester, pour servir de tampon dans la distribution d’éclairage et de force. Elle se décharge deux fois par jour au moment de la plus grande circulation des tramways et de la plus grande demande do lumière.
- Voici les caractéristiques de la batterie :
- Nombre d’éléments....... 210
- Tension normale......... 45o volts
- Tension de charge....... 525 »
- Courant de charge....... 4 too à 6 5oo ampères
- Courant de décharge en
- une demi-heure....... 12 000 ampères
- Courant de décharge
- en une heure......... 8 4<><> —
- Courant de décharge en
- trois heures.. . .... 3 yoo —
- Dimension des bacs, en bois doublé de plomb : 1,82 X om,62 Xoa,,95.
- Dimension des plaques : 736 X om,753.
- Poids d’un élément : 3 tonnes.
- La batterie travaille, par l’intermédiaire de 3 survolteurs, sur le réseau de traction (525 volts) ou sur le réseau d’éclairage (425 à 45o volts), en parallèle.
- Les survoltèurs ont pour puissance 2 800 ampères, sous 100 volts, pendant un quart d’heure ou bien 3 700 ampères, sous 80 volts, pendant une demi-heure. En travail sur le réseau d’éclairage, ils peuvent être montés en parallèle et recevoir une excitation, séparée prise aux barres collectrices de l'usine. Au contraire, pour débiter sur le réseau de traction, il y a toujours 2 survolteurs en série, dont l’un a son excitation prise sur les barres collectrices du réseau de traction et se règle à la main, tandis que l’autre reçoit son excitation d’une machine spéciale, dont le champ magnétique est influencé par la tension du
- réseau de traction de telle sorte que la batterie reçoit du courant ou en débite selon les besoins du service.
- La maison Tudor a garanti la constance du débit de la batterie pour une durée de quinze ans.
- E. A.
- L’accumulateur Thownsend.— L. H. Baecke-
- land. — Electrochemical Industry, juillet 1909, et Science Abstracts, août 1909.
- D’après des résultats d’exploitations continus pendant trois années et demie aux usines duNiagara, dont la puissance est d’environ 1 000 kw., etexposésdans un rapport de l’auteur, il résulte qu’il est possible de construire des éléments Thownsend de différentes dimensions et puissances,des tinés à travailler sous n’importe quelle tension ; on peut prévoir d’avance non-seulement la valeur de la puissance débitée, des ampères-heure et du rendement, mais encore les frais d’entretien, et même le nombre de jours qui doit s’écouler entre deux nettoyages du diaphragme.
- Pendant les périodes de plein travail, il n’y a presque pas d’hypochlorite ni de chlorate dans la liqueur de l’anode, ce qui est une excellente condition pour la conservation des récipients.
- Si le rendement en ampères-heure tombe à environ 93 % , on constate une proportion de oKr, 6 de chlorate de sodium et de o8P, 1 d’hypochlorite par litre à l’anode.
- Le produit final est d’une blancheur parfaite et contient moins de 2 % de carbonate, ainsi qu’une très faible proportion de chlorure. La proportion de scories produites ne dépasse pas une tonne pour 700.
- E. A.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Nouveau téléphone électro-dynamique. — Th. Simon. — Physikalische Zeitschrift, n° 9, 1909.
- Selon les conceptions de Faraday-Maxwell, les’ tubes de force sont soumis il une double contrainte : une contrainte longitudinale et une contrainte transversale. C’est la première qu’utilise le téléphone de Bell, tandis que M. Th. Simon fait intervenir la deuxième.
- L’appareil se compose essentiellement d’un cadre plein en caoutchouc durci sur lequel on a enroulé
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — W° 38.
- du fil de cuivre émaillé de oram, i de diamètre en une ou plusieurs couches de façon à obtenir un ensemble compact formant membrane.
- A travers cette bobine on fait passer le flux d’un aimant permanent ou d'un élcctro.
- Si maintenant on fait traverser les fils de la bobine par les courants d’un microphone transformés dans une bobine ordinaire, la membrane se met a vibrer et reproduit les sons dans un récepteur ordinaire.
- Dans un modèle construit de cette façon, on a : a b — 2*m, 8 ; cie — oCIU, 3.
- Le cadre a une couche de 200 spires de fil de cuivre émaillé de omm, 1 de diamètre avec des pôles rapportés P convenablement choisis; la voix est reproduite d'une façon étonnamment nette et sonore.
- Le circuit primaire renferme un microphone ordinaire de Mix eL Genesl et un accumulateur de 4 volts.
- L’auteur fait observer qu’on devait s’attendre en effet à obtenir une grande netteté dans la reproduction des sons, car les causes qui troublent l’audition dans le téléphone ordinaire sont en partie supprimées : par exemple l’influence de la masse assez importante de la plaque vibrante qui, étant très tendue, absorbe
- une certaine énergie par suite du travail intérieur des forces élastiques. Dans le nouveau téléphone, au contraire, la membrane peut avoir une masse aussi faible que possible en employant du fil d’aluminium ; elle n'a pas besoin d'étre très tendue, et l’énergie perdue n’est due qu’à la transmission par la lame d’air.
- De plus, dans l’ancien téléphone, le magnétisme permanent du circuit magnétique maintient la membrane constamment tendue, renforce l’amortissement déjà nuisible, détermine une dyssymétrie des vibrations, inconvénients qui disparaissent avec le nouveau système.
- Dans tous les téléphones, les sons aigus sont assourdis parce que le téléphone possède une impédance qui croît rapidement avec la fréquence. Pour la partie de cette impédance qui revient à la résistance purement ohmique, les deux appareils sont identiques; mais, en ce qui concerne la self, le nouveau système se présente sous des conditions plus favorables ; dans le téléphone Bell, en effet, il n’est pas possible d’éviter une certaine dispersion des tubes de force dont une partie ne traverse pas la membrane et se ferme dans l’air par un chemin plus direct. Or, seuls ceux qui traversent la membrane 'sont utiles, tandis que le coefficient de self est déterminé par l’ensemble de tous les tubes de force.
- Si l’on cherche de quels facteurs dépend la sensibilité du téléphone Simon, on trouve que, toutes choses égales d’ailleurs, la force qui agit sur la membrane pour une valeur donnée du courant dans la bobine est d’autant plus grande que l’entrefer de l’aimant est plus étroit et qu’on augmente davantage la longueur des conducteurs dans le champ. Enfin cette force croit proportionnellement au nombre des conducteurs et k la puissance de l’aimant.
- P. T.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Geschichte der Télégraphié (Histoire de la Télégraphie), par Th. Karrass. — 1 volume in-8° raisin de 702 pages, avec 618 figures et 7 planches hors texte, Fried. Vieweg uivd Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 28 marks; relié, 3o marks.
- L’ouvrage de M. Th. Karrass, ingénieur en chef des Postes et Télégraphes de l’empire d’Allemagne,
- et spécialiste réputé en matière de téléphonie et de télégraphie, possède, à notre avis, un grand intérêt, à divers points de vue.
- En premier lieu, il nous a paru que cel ouvrage fournit un historique extrêmement complet, et par cela meme impartial, de la question.
- D’un autre côté, les nombreux détails que l’on y
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- 1 rouve, même sur des appareils peu connus, pourront être fort utiles aux inventeurs en leur évitant de suivre des sentiers déjà battus ou reconnus impraticables.
- Enfin, les ingénieurs et les constructeurs pourront le consulter avec fruit, lorsqu’ils auront à aborder l’étude d’un nouvel appareil.
- Le présent volume comporte, indépendamment d’un chapitre d’introduction, les sept parties suivantes :
- I. Les télégraphes non électriques (télégraphes mécaniques, hydrauliques, pneumatiques, acoustiques, optiques, etc.);
- II. Les télégraphes électriques à action électrostatique;
- III. Les sources de courant;
- IV. Les télégraphes électriques à action électrodynamique;
- V. Téléphones et microphones ;
- VI. Parafoudres et appareils de protection contre les courants intenses ;
- VII. Organisation technique des stations.
- Naturellement, certaines divisions, la quatrième
- .notamment, comprennent un grand nombre de subdivisions et de chapitres. Quant aux planches hors texte, annexées à la fin de l’ouvrage, elles complètent de la manière la plus claire les descriptions du corps de l’ouvrage et constituent à elles seules un document des plus précieux. P. S.
- Electricité agricole. — A. Petit. —i volume in-iade 4a6 pages avec 81 figures. — J.-B. Baillière et eii.s, éditeurs, Paris. —Prix: broché, 5 francs ; relié, 6 francs.
- L'électricité joue aujourd’hui dans les industries agricoles un rôle déjà considérable et qui ne peut que s’accroître dans l’avenir. Elle intervient notamment dans la commande des machines de culture, des batteuses, des scies, des machines à glace, des instruments d’intérieur de ferme et enfin des turbines à sucre.
- Ce sont ces différentes applications que décrit l’auteur, mais, bien entendu, comme il s’adresse à des agriculteurs et non à des électriciens, il rappelle également, dans un style simple et accessible, les notions indispensables d’électrotechnique, en se plaçant au point de vue exclusivement pratique et industriel. Ces notions sont d’ailleurs traitées d’une manière complète et occupent plus de deux cents pages de l’ouvrage.
- Quant à l’étude proprement dite des applications de l’électricité à l’agriculture, elle comprend, outre les commandes mécaniques rappelées plus haut, l’examen des procédés d’éclairage et de chauffage électriques, ainsi que les diverses méthodes d’épuration et de stérilisation électrochimiques de l’eau et du lait. S. F.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Les contrats de concession d’éclairage doivent-ils être donnés en adjudication?
- Le Conseil d’État, à la date toute récente du 28 juillet 1909, vient de rendre un arrêt très intéressant dans l’espèce suivante :
- Une commune du département du Lot-et-Garonne a donné à un sieur Cohen, par un traité de gré à gré accepté par le Conseil municipal, en date du i5 janvier 1906 et approuvé parle préfet à la date du 16 février suivant, la concession de la fourniture de l’électricité et du gaz.
- Un sieur Combret prétendit qu’il y av.ait, soit dans la concession donnée de gré à gré par la commune, soit dans l’acte d’approbation donné par le préfet, une irrégularité grave, résultant de ce chef que, d’après lui, les concessions d’éclai-
- rage avec le monopole doivent être données en adjudication publique.
- Le moyen soulevé était d’autant plus intéressant que, antérieurement à la passation du traité de gré à gré, la commune avait engagé des pourparlers avec un sieur Borie pour l’adjudication de la même fourniture, mais cette adjudication 11’a-vait pas été approuvée par le préfet qui n’avait approuvé que le traité de gré à gré du sieur Cohen.
- Prétendant trouver dans cet état de choses un excès de pouvoir de la part du préfet, le sieur Combret, agissant comme peut le faire tout citoyen d’une commune, déféra au Conseil d’État, pour excès de pouvoir, l’acte du préfet, arguant d’une prétendue règle générale qui voudrait que tous les grands services publics fussent donnés par la voie de l’adjudication.
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- Le Conseil (l’État- lui a répondu par l’arrêt que l’on va lire et qui peut sc résumer ainsi :
- L’ordonnance de 1837 fi11* prévoit les conditions dans lesquelles doivent être données lés entreprises pour travaux, n’est pas susceptible d’extension aux concessions à titre exclusif ou pour une durée de trente années des grands services municipaux.
- Ces grands services, dans les marchés auxquels ils peuvent donner lieu, sont régis par les articles n5 et i45 de la loi municipale, c’est-à-dire qu’ils sont proposés au Conseil municipal, acceptés par lui, signés par le maire au nom du Conseil, et approuvés par le préfet seul ou par le président de la République, statuant par décret, suivant que le budget de la ville intéressée est inférieur ou supérieur à trois millions.
- C’est la théorie que nous avions toujours soutenue.
- Elle avait été seulement combattue à un moment donné, à la suite d’un avis du Conseil d’État, donnépar la section de l'intérieur à la suite d’une difficulté relative à l’éclairage de la ville de Bordeaux, dans les circonstances suivantes :
- Le 8 avril 1903, on pouvait lire dans divers journaux scientifiques et juridiques, que l’autorisation nécessaire à la validité de la concession d’éclairage de Bordeaux venait d’être refusée par l’autorité supérieure, motif pris de ce que cette concession n’avait pas été donnée par adjudication, et avec publicité.
- De là, beaucoup de personnes ayant une tendance à généraliser, voulurent déduire cette conséquence que, en cas de concession, les principes de l’ordonnance de 1837 autorisaient seulement les formes publiques des traités et condamnaient tout contrat de gré à gré.
- Tout d’abord, la prudence la plus élémentaire devait s’opposer à une pareille extension. Sans doute, dans son avis, la section du Conseil d’État avait déclaré se référer au texte de cette ordonnance. Mais les notes de la section du Conseil d'Etat ne sont pas des arrêts. Ce sont de simples avis donnés au ministre qui les demande, pour chaque affaire qui lui est soumise, et comme l’ont fait remarquer plusieurs jurisconsultes qui ont commenté cette note, il est pliisYpie probable que la rédaction du Conseil a dépassé, et de beaucoup, la pensée qu’elle devait rendre.
- En effet, le Conseil ne dit même pas que, pour
- toutes les concessions, « il y aura adjudication »; mais, remarquant que les précédentes concessions de la ville de Bordeaux ont été données sous cette forme, il dit : « Il convient de revenir à l’adjudication. » Le texte même est trop important pour ne pas être cité ;
- « Le principe posé par l’ordonnance du 14 novembre 1837 et rappelé par l’articlé nî> de la loi du 5 avril 1884 est que « les entreprises pointe travaux et fournitures au nom des communes « doivent être données avec concurrence et pu-« blicité » et cette règle doit être suivie toutes des fois qu’il n’est pas justifié de circonstances exceptionnelles. Or, il résulte de l’instruction que la concession de l’entreprise de l'éclairage et du chauffage par le gaz, dans la ville de Bordeaux, a fait l’objet d’une adjudication pour la période de janvier 1876 au 3o juin 1904, sans que celte manière de procéder ait présenté aucun inconvénient. C’est également à une adjudication que le Conseil municipal de Bordeaux était d’abord disposé à recourir pour là concession du gaz et de l’électricité à daterdu ierjuillet 1904, et c’est en vue d’une adjudication qu’il a rédigé le cahier des charges joint au dossier. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il s’est prononcé pour la passation d’un traité de gré à gré. Il convient de revenir à l’adjudication, sauf à soumettre celle-ci à certaines restrictions conformément à l’article 2 de l’ordonnance du 14 novembre 1887 et à n’admettre à concourir que les personnes qui auront été reconnues capables par l’administration municipale ou une commission d’admissibilité et qui auront produit, à cet effet, des titres justificatifs ».
- C’est donc bien pour des raisons personnelles à la commune de Bordeaux que le Conseil d’Etat a décidé qu’il convenait de recourir à l’adjudication.
- D’abord, une raison de tradition, puisque tous les traités pi’écédents avaient été faits de la sorte; puis, une circonstance remarquable : tout le traité de gré à gré avait été rédigé en vue d’une adjudication et c’est seulement au dernier moment que cette idée avait été abandonnée brusquement; enfin, en changeant le traité de gré à gré en une sentence d’adjudication, on ne faisait tort à personne, puisqu’il n’y avait eu aucun commencement d’exécution; telles sont à notre avis, les considérations prises par le Conseil d’Etat, et qui lui ont dicté, beaucoup
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- plus que l’ordonnance de 1837, le motif de sa décision.
- Mais, apres ces considérations de fait, nous devons nous demander si vraiment, en droit, la thèse du Conseil d’Etat — en se plaçant dans l’hypothèse où la noie ci-dessus visée aurait un caractère doctrinal —pourrait être exacte. Nous ne le pensons pas ; aussi nous ne croyons pas qu’elle se généralise et nous répétons qu’elle nous paraît détruite par la loi de 1906.
- L’article ierde l’ordonnance de 1837 n'e dit pas : « tous les marchés seront donnés par adjudication », mais il dit : « toutes les entreprises pour les travaux et fournitures au nom des communes seront données avec concurrence et publicité. »
- Or, les entreprises pour travaux forment une catégorie bien différente des concessions de services publics, puisque dans l’entreprise la commune paie le travail qu’elle commande, tandis que dans la concession, la municipalité abandonne la jouissance d’une chose à laquelle elle a droit pour permettre au concessionnaire de rentrer dans ses avances.
- Mais, si l’on voulait néanmoins assimiler l’entreprise à la concession, on se heurterait alors à une inextricable difficulté en présence de l’article n5de la loi de 1884. Cet article comprend deux paragraphes. Le premier se référé a l’ordonnance de 1887, dont il n’est que la répétition. Le second souligne une différence, puis-qu’au lieu de prévoir une entreprise de travaux publics, il prévoit le cas d’une concession, et déclare que cette concession d’un grand service communal peut être passée sous forme de gré à gré, pourvu qu’elle soit approuvée par décret ou par arrêté préfectoral suivant le chiffre de la dette communale.
- Voici le texte : « les traités de gré à gré à passer dans les conditions prévues à l’ordonnance de 18Ü7, et qui ont pour objet l’entreprise de tous travaux communaux, seront approuvés, etc...
- « 11 en sera de même des traités portant concession à titre exclusif ou pour une durée de trente années des grands services municipaux. »
- Pourquoi deux paragraphes, l’un pour les entreprises, l’autre pour les concessions, si le premier terme devait les englober toutes les deux .*
- Ajoutons à cela que les plus remarquables auteurs de droit administratif sont absolument
- opposés au système qui voudrait lier les communes a la nécessité de l’adjudication.
- Ce mode de procéder est une prime au rabais, mais souvent aussi une prime à l’incapacité. Quant au désir des municipalités d’écarter d’elles des soupçons dont nous no voulons même pas parler, il est certain que le moyen est inefficace. Si le soupçon doit se faire jour, il se fera aussi bien par une adjudication que l’on peut toujours restreindre sans peine et sans encourir les risques de reproches pour illégalité ; il suffit pour cela d’un peu d’habileté.
- Le Conseil d’Etat ouvrirait d’ailleurs une porte à l'invasion des soupçons en imposant au Conseil municipal ou à une commission d’admissibilité de trier parmi les candidats ceux que leur situation et leur habileté rendraient seuls dignes d’un concours.
- (Voir Aucoc, tome II du Cours de Droit administratif /Christophe et Auger, Traité de travaux publics ; Picard, Traité des chemins de fer.
- Un traité de gré à gré sera donc parfaitement valable, la commune pouvant toujours, bien entendu, s’imposer à elle-même, et imposer à l'entrepreneur, un traité public sous forme d’adjudication.
- C’est ce que le Conseil d’Etat vient de décider par l’arrêt que l’on va lire et dont il nous faut maintenant donner le texte.
- Texte de l’arrêt du 28 juillet 1909.
- Le Conseil d’Etat, statuant au Contentieux;
- Sur le rapport de la première sous-section du Contentieux;
- Vu la requête présentée par le sieur Combret, demeurant à Tonneins (Lot-et-Garonne), ladite requête enregistrée au secrétariat du Contentieux d Etat le i5 septembre 1906 et tendant à ce qu’il plaise au Conseil : Annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le Préfet du Lot-et-Garonne, sur la demande qui lui a été adressée le 3 mars 1906 à Peflcl de faire rapporter l’arrêlé du i5 février 1906 portant approbation d’une délibération du Conseil municipal de Tonneins, en date du i5 janvier 1906, qui a approuvé un traité passé avec le sieur Cohen, pour la concession de la fourniture de réleetrieité et du gaz et, par voie de conséquence, faire déclarer nulle ladite délibération. - ---
- Ce faire, attendu qu’aprùs avoir, dans sa séance du 24 novembre 1905, déclaré adjudicataire le sieur Borie de la fourniture dont il s’agit, le Conseil municipal a, dans
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- sa séance du i5 janvier suivant, approuvé un traité passé de gré à gré, sans qu’il y ait été au préalable fait appel, par la voie de la publicité, à un sieur Cohen dont les propositions étaient moins avantageuses pour la commune; que dans ces conditions, le Préfet, en approuvant cette dernière délibération et se refusant à rapporter son arrêté du i5 février 1906, a excédé la limite de ses pouvoirs ;
- Vu le récépissé de la réclamation adressée au Préfet du département du Lot-et-Garonne, le 3 mars 1906, par le sieur Combret;
- Vu les observations présentées par le ministère de l’Intérieur; la réponse à la communication qui lui a été donnée de la requête susvisée; lesdites observations enregistrées comme ci-dessus le 1e1' février 1908 et tendant au rejet du pourvoi par les motifs que le Conseil municipal de Tonneins n'a jamais décidé de concéder l’éclairage par voie d’adjudication publique, mais qu’usant des droits qui appartiennent aux communes qui ont un budget inférieur à 3 millions de revenus, il a passé un traité de gré à gré avec un sieur Cohen; qu’ainsi, en approuvant la délibération du Conseil municipal portant approbation de ce traité, le Préfet n’a violé aucune disposition de loi ou de règlement;
- Vu les autres pièces produites et jointes au dossier ;
- Vu 1U loi du 5 avril 1884;
- Vu la loi du 17 juillet 1900;
- Vu la loi du 24 mai 1872 ;
- Ouï M. Soulié, maître des requêtes; en son rapport,
- Ouï M. Tardieu, maître des requêtes, commissaire du Gouvernement, en ses conclusions ;
- Considérant que les traités portant concession à titre exclusif ou pour une durée de plus de trente années des grands services municipaux ne rentrent pas dans les catégories.d’entreprises qui doivent être mises nécessairement en adjudication par application des dispositions de l’ordonnance du 14 novembre 1837; que les articles n5 et i45 de la loi du 5 avril 1884 les soumettent seulement, dans le cas où ils ont été passés de gré à gré, à l’approbation du Préfet lorsque le budget de la commune est inférieur à 3 millions de revenus ;
- Considérant qu’il résulte de l’instruction que le Conseil municipal de Tonneins usant du droit qu’il tient des dispositions législatives précitées, a, en 1905, autorisé le maire à passer un traité de gré à gré pour le service de l’éclairage, mais n’a nullement entendu concéder ce service par voie d’adjudication publique ; que les négociations que le maire avait engagées à cet effet avec le sieur Borie n’ayant pas abouti, il appartenait au maire de traiter avec le sieur Cohen et au Conseil municipal de ratifier, par sa délibération du i5 janvier 1906, la concession intervenue; qu’ainsi, en approuvant cette délibération, le Préfet n’a méconnu aucune disposition de la loi ou du règlement ;
- Décide :
- Article premier. — La requête susvisée du sieur Combret est rejetée.
- Paul Bougault.
- Avocat à la Gourd’Appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- De l’influence du silicium sur les propriétés électriques et magnétiques du fer (<).
- Les caractéristiques électriques et magnétiques du silicium pur ont été étudiées sur de petits échantillons de silicium; les résultats varient beaucoup avec les échantillons.
- La résistivité varie entre 0,043 et 0,08 ohm-cm/cm'2 ; elle est donc de l’ordre de grandeur de la résistivité de différents charbons.
- Le parallèle subsisté en ce qui concerne les variations de la résistance avec la température.
- C) D’après E. Kolben; Rundschau fur Technik und IVirlschaft, 1909, ir0 livraison.
- Aux points de vue électrique et thermo-électrique, le silicium a une place tout à fait à part parmi les corps conducteurs ; il possède en effet le coefficient, de tension le plus élevé pour l’effet de Hall. De même, le silicium pur a un coefficient négatif extraordinairement élevé de force thermo-électrique ; ainsi la force thermo-électrique d’un couple Si-Pb est de 400, tandis que celle d’un couple Cu-Pb est de 3,8.
- Résistance électrique du ferro-silicium. — Si l’on considère des fers contenant de 0,02 à o, 3 % de carbone, l’addition de silicium augmente leur résistance électrique, qui passe par un maximum quand la teneur en silicium atteint 4 % . Le ferro-silicium à 3,5 % de silicium possède une résistance très
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- élevée, mais en mêmetemps très peu variable avec la température.
- On a utilisé cette propriété pour la construction de résistances de démarrage et de réglage dont la valeur reste constante quel que soit le courant.
- Propriétés magnétiques du ferro-silicium. — Il semble acquis aujourd’hui que la valeur du coefficient de pertes d’une tôle dépende plus de la qualité de la matière que de la façon dont la tôle a été travaillée.
- Etant donné la résistance électrique élevée d’une tôle au ferro-silicium, on conçoit que la teneur en silicium influe d’une façon très sérieuse sur la grandeur des pertes par courants de Foucault.
- Puisque la résistivité du ferro-silicium à 3,5 % est environ 5 fois plus grande que celle d’une tôle ordinaire de dynamo, les pertes par courant de Foucault sont réduites dans le même rapport. Le tableau ci-dessous résume les pertes pour différents pourcentages en silicium pour 5 échantillons différents.
- Échantillons I 2 3 4 5
- Teneur % en sili- 0,026 1 ,072 2,28 3,2 5 3,52
- cium
- watts par kilog.
- Pertes par hysté-
- résis 2,5 2,2 1,65 1,45 i,45
- Pertes par Foucault. «,3 0,8 0,7 o,6 0,4
- — totales 3,8 3,0 2,35 2,o5 i,85
- En résumé, on voit qu’0/1 peut ré.. ’uire des 2/3
- les pertes dans le fer par l'emploi des tôles au silicium (ou, ce qui revient au même, augmenter la puissance d’une machine d’un type déterminé;.
- Cependant, dès que la teneur en silicium augmente, les tôles ont une élasticité de plus en plus réduite, de sorte qu’il n’est plus possible de les employer pour la construction des induits tournants, et en particulier des induits à grande vitesse des turbo-dynamos. Par contre, ces tôles au silicium peuvent être employées avec succès pour la construction des tr an s formateu r s.
- L’emploi du ferro-silicium est d’ailleurs subordonné à cette condition, que sa perméabilité conserve une valeur élevée. Or, des expériences faites, il résulte que la teneur en silicium n’affecte que dans une très faible mesure le coefficient de perméabilité, comme le montrent les chiffres ci-dessous :
- Échantillons i a 3 4 5
- Pertes en watts 3,8 3 a,35 2,o5 i,85
- Induction pour un
- champ H = i4o 17600 17300 17000 16700 16400
- Cette influence est d’autant plus faible que ces tôles, étant surtout employées dans les transformateurs, ne sont pas poussées à un degré élevé de saturation. D’autre part le vieillissement des tôles disparaît complètement par l’adjonction en silicium.
- Le ferro-silicium est donc appelé à jouer un rôle important dans la construction électrique, d'autant plus qu’on est arrivé aujourd’hui à obtenir industriellement des ferro-siliciums se laminant parfaitement en tôles et ayant une teneur déterminée en silicium.
- E. Koi.ben.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- TRACTION
- Pi'ix du matériel roulant électrique (').
- Il existe encore peu de locomotives importantes (*)
- (*) Extrait du rapport de M. E. Tissot au Congrès de Marseille 1908.
- pour les systèmes monophasé et triphasé; on est donc obligé de s’en remettre aux indications des constructeurs pour les prix de ces machines.
- Le tableau suivant donne le poids et le prix moyen par cheval de locomotives et automotrices des trois systèmes de courant.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — N° 38.
- Tahleau
- A. Locomotives.
- POIDS
- PAH CHKVAL
- PRIX
- PAR CHEVAL
- a. Courant monophasé :
- \ i5 ~
- Puissance supérieure à i ooo chevaux, j ^
- Puissance inférieure à i ooo chevaux, j
- ( 20 ~
- b. Courant triphasé :
- r, . , . . , ( i5 ~
- Puissance supérieure a i ooo chevaux. j ^
- Puissance inférieure à i ooo chevaux..] l J
- / :>o ~
- c. Courant continu :
- Puissance supérieure a i ooo chevaux Puissance inférieure à i ooo chevaux.
- 5ok{ï 125 fr.
- 60 i5o
- (>o 15o
- j J 187,5o
- 5o I 25
- 45 II2,50
- 60 i5o
- 55 137,50
- 5o , I2J
- 55 I37,50
- B. Automotrices.
- a. Courant monophasé, j
- 2 5 ~
- 3ok*
- 35
- io5 fr. I *22,50
- b. Courant triphasé
- 1 o
- 2 5
- 5 ~
- 35
- 3o
- I 22,50 io5
- c. Courant continu
- 28
- 9»
- DIVERS
- JPrix de revient total de la stérilisation de Peau potable par Pozone (').
- Ce prix de revient total a été établi comparative-
- N
- v1) Extrait du rapport de M.IÏ. Abraham au Congrès de Marseille, 1908.
- ment au concours de la Ville de Paris (rapport .Coï-met-Daage) pour le traitement de 3oom3 d'eau à l’heure, en comptant l’énergie électrique à o fr. o55 le kilowatt-heure et la dépense pour le personne (un mécanicien et son aide), à raison de 1 fr. 40 l’heure.
- Le prix le plus lias serait donné par le procède Marmicr et Abraham.
- Si l’on accepte les bases du rapport Colmel-Daage, on peut établir ainsi le prix de revient :
- En employant un grand excès d’ozone comme
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- REVUE D’ÉLECTRCITÉ
- dans les expériences faites pour le concours de* la Ville de Paris, la dépense serait de :
- Dépense par mène culio d'eau traité.
- Pour les ozoueurs......................... o fr. ooa5
- Pour l’eau de refroidissement............. o » 0001
- Pour ramener l’eau à son niveau primitif... o » 0010 Pour le personnel chargé du fonctionnement
- des appareils et de la surveillance..... o » 0046
- Dépense totale................ o fr. 0082
- Le montant des frais d’entretien, d’intérêt et d’amortissement du capital, peut être évalué, avec une marge raisonnable pour l’imprévu, à une somme annuelle de 6 000 francs, soit o fr. 0016 par mètre cube d’eau.
- On arrive ainsi à une dépense totale de o fr. 0098 par mètre cube d’eau traitée.
- En résumé, pour une installation de moyenne importance (3oom3 à l’heure], le prix total de la stérilisation de Veau par l’ozone est. voisin d'un centime par mètre cube d'eau traitée.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les journaux financiers signalent des indices d’une amélioration de la situation commerciale et industrielle. La Bourse, qui n’en est pas toujours un juste reflet, est tout à la hausse; et nos grandes valeurs d’électricité participent plus ou moins au mouvement ascendant. Ainsi, les valeurs de traction comme le Métropolitain, la Thomson-Houston et les Omnibus sont favorisées de beaucoup de demandes, le premier en raison de la progression, toujours croissante de ses recettes, les deux autres parce que le marché semble escompter en leur faveur le renouvellement de la concession des tramways et des omnibus. Au groupe des Secteurs, la Société d’Eclairage et de Force par l’Electricité franchit et dépasse le cours de 1 400, le Secteur de la place Clichy so tient à 1 ’iio et Edison à 1 33o. La Société d’Eleclricité de Paris sur le bruit d’une augmentation du dividende s’élève à 460, la Compagnie Parisienne de Distribution atteint le cours de 394 et les Ateliers du Nord et de l’Est, celui de 36o. Toutes les sociétés d’exploitation de la province enregistrent de leur côté des plus-values de recettes très importantes par rapport à leur exercice précédent. Les différences les plus élevées sont au profil de l’Energie Electrique du Nord
- de la France : 310-74*» francs; l’Energie électrique du Centre : 468-751 francs; le Sud-électrique : 871-444 francs et aux environs de Paris, l’Est-Lumière avec 360-478 francs.
- D’autres symptômes de la reprise des affaires sont dans les chiffres fournis par les importations et les exportations : juillet seul procure une plus-value de 72086000 francs aux importations dont 61 millions sur les matières premières ; aux exportations la plus-value est de 94 688 000 francs dont 48 568 000 fr. pour les objets fabriqués et 28 293 000 francs pour les objets nécessaires à l’industrie. Enfin le trafic des Compagnies des chemins de fer est en légère augmentation ; et si l’on s’en rapporte aux commandes importantes de locomotives et de wagons passées tout récemment à l’industrie française, on en conclut que les Compagnies prévoient des besoins de matériel pour une période peu éloignée. Les perspectives de prospérité générale ne sont peut-être pas les seules causes déterminantes de ces ordres qui tiennent aussi des nécessités créées par certaines lois sociales, mais elles y ont leur part.
- En Allemagne, la fermeté règne également au compartiment des valeurs électriques où les actions Bergmann Electric , Siemens et Iialske, Deutsch-Uebersee Elektricitats-Gesellschaft sont très demandées. Cette dernière peut, en une certaine mesure, refléter la situation des entreprises électriques d’outre-mer, puisque son capital est consacré à leur création et à leur développement. Seule, l’A. IL G. ne participe pas au mouvement de hausse, sans raison d’ailleurs.
- La Banque pour entreprises électriques à Zurich, au capital actions de 4o 000 000, et au capital obligations de même valeur, confirme, dans son rapport récent à l’assemblée de ses actionnaires, cette impression générale de reprise des affaires; et cependant ce rapport s’applique à des opérations effectuées du ior juillet 1908 au 3o juin 1909. Elle fait remarquer que la distribution de courant électrique, objet principal des entreprises qu’elle patronne, se généralise et donne des profits en progression d’année en année ; que malheureusement, en Allemagne et on Suisse, l’occasion de.financer de nouvelles entreprises est de plus en plus rare, parce que les Etats et les municipalités considèrent de leur ressort l’exportation de ce service public ; et que l’électrification des lignes de chemins de fer qui pourrait compenser le déficit créé par l’absence de ces affaires ne peut être envisagée dans un avenir immédiat, en raison dé la situation financière des Etats qui se-
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- raient tout désignés pour donner l’exemple sur leurs réseaux.
- Les sociétés de construction auxquelles s’intéresse la Banque ont eu à souffrir d’une réduction du prix de vente ; en particulier la concurrence est devenue très sensible dans la construction des turbines à vapeur dont la fabrication, pleine de promesses au début, n’est plus rémunératrice; la plupart des grandes sociétés de constructions électriques ou mécaniques s’étant mises à cette branche et ayant gâté les prix en luttant de modicité. Ceux qui suivent d’un peu près ces questions de fourniture des groupes électrogènes à vapeur de nos grandes stations centrales ne seront pas surpris de cette réflexion du rapport, d’autant plus significative quand on constate que la Banque est intéressée dans l’Allgemeine Elek-tricitiits-Gesellschaft et la Société anonyme Brown-Boveri et C°; à eux de juger si les doléances exprimées ne s’adressent qu’à l’action des concurrents, Oerlikon, Sulzer, Escher Wyssj pour ne nommer que lés maisons suisses qui se sont fait jusqu’à présent une spécialité des turbines à vapeur. Le rapport donne ensuite les résultats de toutes les entreprises d’exploitation dans lesquelles la banque est intéressée; le nombre des actions qu’elle possède de chacune d’elles y est inscrit en regard du montant nominal des titres de leur valeur initiale, de leur valeur actuelle et de leur revenu brut. On peut constater, à l’aide de ces chiffres, que le rendement de ce portefeuille est de 7 1/2 % en moyenne et que toutes les entreprises ont augmenté leur production dans une proportion qui varie de 5 % à 58 % . Enfin, on apprend que la banque a avancé en comptes courants pour plus de 8 millions de • francs à de nombreuses entreprises électriques. Le solde'du compte profits et pertes, après déduction de tous les intérêts, frais généraux et divers, est de 4 379 188 francs, soit 10,9 % du capital actions ; les actionnaires reçoivent 100 francs pour chaque action de 1 000 francs.
- Nous souhaitons de voir nos établissements financiers français où même certaines de nos compagnies d’exploitation étaler ainsi au grand jour de la publicité, à l’exemple de la Banque suisse pour entreprises électriques, tous ces renseignements si précieux pour leurs actionnaires, et de nature à leur donner confiance. Tout mystère créé autour de ces chiffres fait plutôt croire à de graves erreurs, car il ne semble
- pas qu’un Conseil d’administration puisse hésiter à faire valoir son habileté autant que sa prudence.
- La Compagnie pour l’Éclairage des villes et la fabrication des Compteurs, qu’il ne faut pas confondre avec la Compagnie continentale des Compteurs, déclare cette année un bénéfice de 36817 fr. 98. La situation des concessions gazières de la Compagnie sont en bonne voie de réorganisation et de développement; les ateliers de construction, qui ont été transportés rue de Lourmel, appellent encore l’attention du Conseil pour une réorganisation analogue à celle des usines, réorganisation à laquelle il va consacrer tous ses efforts. L’ensemble des concessions d’eau, de gaz et d’électricité a donné, en 1908, un bénéfice de 184 553 francs, soit en augmentation de 17 179 francs sur celui de l’exercice précédent, malgré l’abaissement des prix de vente des sous-produits et le maintien des prix du charbon. Ce sont surtout les résultats fournis par les usines en fermage qui ont procuré ce supplément de bénéfices, quoique dans l’ensemble les usines en propriété comme celles en participation aient concouru à celte plus-value des profits nets. Les revenus du portefeuille-titres, figurant pour 100 749 francs au compte profits et pertes, forment une autre partie des bénéfices ; ce portefeuille étant porté à l’actif pour 777 007 francs seulement, on ne peut que reconnaître la prudence d’estimation des valeurs qui le composent, prudence commandée par les événements passés qui ont forcé la Compagnie à obtenir de ses créanciers des arrangements spéciaux. Le solde créditeur a été, bien entendu, porté au compte d’amortissement concordataire. Le Conseil espère par la réorganisation complète de ses ateliers de construction et de ses succursales supprimer leurs insuffisances de recettes qui atténuent les résultats des usines et annihilent les efforts des exploitants pour rendre meilleure la situation financière de la Compagnie.
- Le Conseil d’administration de la Société anonyme des Ateliers de Constructions Mécaniques Escher Wyss et C°, à Zurich, a décidé, dans sa séance du 27 août dernier, de proposer à la prochaine assemblée générale des actionnaires, comme l’année dernière, la répartition d’un dividende de 7 % .
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer d’Orléans vient de commander i5 locomotives à la Compagnie Fives-Lille.
- Loire. — L’Energie Electrique du Centre construit actuellement une ligne à 6 fils pour le transport, sous 55 ooo volts, de i5 ooo chevaux de Grenoble à Sainl-Chamond et dans la région de Saint-E.tienne ; cette ligne sera livrée à l'exploitation au commencement de 1910.
- Meurthe-et-Moselle. — La Compagnie Générale Electrique de Nancy a obtenu du ministère des Travaux publics l’autorisation de procéder sur le canal de la Marne au Rhin à des expériences de lialage électrique suivant un nouveau procédé;
- L’avant-projet du prolongement jusqu’à Pompey du tramway de Champigneulles va être soumis à l’enquête d’utilité publique.
- Italie. — La Compagnie des chemins de fer de l’Elai italien vient de commander 180 locomotives aux usines du pays.
- Le Conseil supérieur du ministère des Travaux publics a approuvé le projet d’établissement de la ligne de tramways électriques Mestre-Treviso-S. Artemi.
- Le Conseil municipal de Rome a donné son approbation, sous certaines réserves, au projet d’un tramway électrique entre Rome et Frosinone.
- La municipalité de Rome prépare une adjudication internationale d’automotrices et de voitures de remorques nécessaires à l’exploitation des nouvelles lignes de son réseau de tramways.
- Russie. — Le Conseil municipal de Nicolaïcfl* a décidé d’accorder la concession de l'électrification de son réseau de tramways.
- * Est à l’étude le projet d’établissement d’un chemin de 1er électrique entre Sébastopol et Yalta (Crimée).
- Le Conseil municipal de Kharkotf a décidé de contracter un emprunt et i5 8i5 ooo francs, sur lesquels 2 5oo ooo francs seraient employés à rétablissement d’un tramway électrique et 1 a5o ooo francs à la construction d’une station centrale.
- Allemagne, — L’administration des chemins de fer prussiens a averti les constructeurs qu’une importante commande de matériel roulant pour 1910 leur serait donnée prochainement.
- Pour l’année 1909, les chemins de fer prussiens ont commandé: 1 268 locomotives, 2 225 voitures et 16731 wagons, représentant une valeur de 187 millions de marks.
- ÉCLAIRAGE
- Italie. — Deux stations hydro-électriques sont en cours de construction à Cassibile, au sud de Syracuse, et à Alcantara près de Taormina. Il est question de relier les deux stations situées à 220km l’une de l’autre et de fournir l’éclairage électrique et la force motrice à toute la Sicile orientale, de Messine à Syracuse et même àRaguse. On espère obtenir une puissance de iooooche-vaux.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie Générale d'Entreprise et de Location d’installations électriques. — Constituée le 23 août 1909. Capital : 700 ooo francs. — Siège social : 23, rueTaitbout, Paris.
- Compagnie internationale de Transports et d’Entreprises électriques de F Alsace-Lorraine. — Constituée le 21 août 1909. — Capital : 5oooooo francs. — Siège social : Guebviller (Alsace).
- L'Industrielle électrique beige. — Constituée le 14 août 1909. — Capital : 275 ooo francs. — Siège social : Bruxelles.
- Compagnie Française des compteurs Seiman. — Constituée le 24 août 1909. — Capital : i5oooo francs. — Siège social : 40, rue Condorcet, Paris.
- Compagnie des Tramways de la vallée d'Auge. — Constituée le 25 juillet 1909. — Capital : 5ooooo francs. — Siège social : 18, boulevard Saint-Martin, Paris.
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- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie Française de Télégraphie sans fii et d’Applications électriques. — Le 25 septembre, 21, place de la Madeleine, à Paris.
- Compagnie de Tramways et d'Eclairage de Tien-sin. — Le 7 octobre, 48, rue de Namur, à Bruxelles.
- Société franco-beige pour la construction de machines et de matériels de chemins de fer. — Le 16 octobre, 5, rue de la Boëtie, à Paris.
- Compagnie Électrique Anversoise. •— Le 7 octobre, (>7, rempart Sainte-Catherine, à Anvers.
- Les groupes éiectrogénes Fiat Lux. — Le 27 septembre, 5, quai Aulagnier, à Asnières.
- L'Union électrique. — Le 29 septembre, à Saint-Claude (Jura).
- Société des Brevets et Procédés Claret et Vuilleumier. — Le 3o septembre, 76, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Mors. — J_,e 25 septembre, 69, rue Miromesnil, îi Paris.
- Secteur Electrique du faubourg Saint-Denis. — Le 18 septembre, 16, rue Richer, à Paris.
- Société Anonyme des Ateliers Carets frères. — Le 4 octobre, àGand.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Jusqu’au ioroctobre, M. le préfet delà Haute-Garonne,
- à Toulouse, recevra les propositions pour la concession du chemin de fer d’Aurignac à Muret.
- HELGIQUE
- Le 6 novembre, à 10 h. 1/2, à l’hôtel de ville,à Tongres, extension de l’usine centrale d’électricité de la ville : prix du cahier des charges et des plans : 8 francs.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture d’objets nécessaires à l’éclairage électrique des gares en 20 lots.
- ITALIE
- Le 17 octobre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, adjudication internationale pour la fourniture de câbles télégraphiques.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’admintstratiou communale, hHam-bourg, installation de l’éclairage électrique au marché de l’hôtel de ville, 64 000 marks.
- NORVÈGE
- Le 25 septembre, aux chemins de fer de l’Etat norvégien, à Eiverum, fourniture d'installations d’énergie avec compresseur pneumatique et machine à forer.
- AUSTRALIE
- Jusqu’au 9 novembre, M. le Deputy Postinaster general, à Melbourne, recevra les soumissions pour la fourniture de 100 000 isolateurs en porcelaine. Cahier des charges (texte anglais) et dessins, il consulter au Musée commercial, à Bruxelles.
- PA BIS, — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17;
- LeGérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-et-Unième année. SAMEDI 25 SEPTEMBRE 1909. Tome VIIi(2° série).— N» 39.
- La
- Lumière Électrique
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- I/Eclairage Electrique ?
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, P. 385. — A. Blondel et C. Le Roy. Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte delà capacité et de la perditance réparties [suite), p. 38y. — J. Escard. Le ferro-vanadiumf/Zn), p. 3p5.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur le champ démagnétisant, Silvanus P. Thompson et E. W. Moss, p. 899. — Etude de la chaleur perdue par convection parles lils de cuivre de faible calibre, A.-E. Kennelly, C.-A. Wright et J.-S. van Bylevelt, p. 399.-—• Etude, construction et essais de machines. Procédé Parsons pour le compoundage des alternateurs, p. 4°o. — Dispositif de synchronisation pour moteurs à induit en court-circuit, F. IIorschitz, p. 401. —Arcs et lampes électriques. Lampe universelle à charbons parallèles sans mécanisme de réglage, Bermbach, p. 402.-— Traction. Recherchede la fréquence la plus favorable poulies moteurs monophasés à collecteur employés en traction, Eichberg, p. 402. — Télégraphie et téléphonie sans fil. Nouveau radiateur de télégraphie sans fil, A. Gradenwitz; p. 4o3. —- Brevets, p. 4o4- — Bibliographie, p. 406. — Correspondance, p. 407. — Variétés.— Emploi des accumulateurs dans les distributions d’énergie' électrique, p. 407. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’usine centrale des tramways de Glasgow, p. 411.— Chronique financière, p. 414. — Renseignements commerciaux, p. 415. — Adjudications, p. 416. — Tables des matières du tome VII (ae série), p. 417.
- ÉD]I TO RI A L
- M. A. Blondel et Œ Le Roy, dans la suite de leur étude sur le Calcul des ligues à courants alternatifs, se livren t en premier lieu à une discussion des erreurs auxquelles conduit leur méthode, erreurs qui sont pratiquement négligeables.
- En fait, il suffit généralement de s’arrêter après le premier terme correctif de chaque série; la discussion des résultats que l’on obtient alors donne lieu à deux représentations graphiques qui se distinguent par le même caractère de simplicité que celles qui ont été précédemment indiquées.
- On trouvera encore aujourd’hui la démonstration des développements en série
- qui constituent la hase de la méthode. A cette occasion les auteurs indiquent une deuxième démonstration de nature géométrique qui comporte une interprétation physique fort intéressante de ces séries vectorielles. On verra comment cette interprétation s’obtient aisément en divisant la ligne en un certain nombre de parties égales clans chacune desquelles on puisse considérer une impédance et une admittance concentrées.
- Il n’est pas douteux que les ingénieurs d’exploitation trouveront dans les idées et les procédés pratiques exposés au cours de cet important travail une aide puissante pour l’exécution de leurs calculs.
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- La seconde partie du travail d’ensemble de M. J. Escard sur le ferro-vcuiadium comprend l’étude des procédés de préparation <Iui intéressent le plus directement les électriciens. Différents types de fours électriques ont été créés à cet usage.
- La conclusion de l’auteur est que le prix de ce produit doit baisser assez rapidement.
- Les mesures faites autrefois par Du Bois et Riborg Mann, sur le facteur démagnétisant des barres métalliques de formes variées ont été complétées récemment par MM. Sil— vanus P. Thompson et Moss. Ces auteurs ont eu l’heureuse idée d’aborder le problème par son côté pratique, en s’attachant aux barreaux à sections rectangulaires usités dans la construction courante.
- Dans un fil échauffé par le passage d’un courant électrique, c’est la chaleur perdue par convection qu’il y a surtout lieu d’étudier, et cela n’est d’ailleurs pas une chose facile. On verra avec plaisir que MM. Kemielly, Wright et van Bylevelt sont arrivés à dégager des loi suffisamment approchées pour être intéressantes au point de vue pratique.
- Parmi les nombreuses solutions qui ont été proposées pour le compoundage des alternateurs, celle de M. Parsons, basée essentiellement sur la saturation magnétique du fer, ne semble pas, du moins en théorie, l’une des moins ingénieuses; et l’on doit ajouter que les résultats d’essais indiqués par l’auteur montreraient quela pratique est remarquablement d’accord avec la théorie.
- La synchronisation des moteurs à induit en court-circuit est également un des éternels problèmes de l’électrotechnique. M. Horschitz. indique un dispositif qui nous a paru intéressant à signaler.
- La lampe décrite par M. Bermbach contient plusieurs dispositions ingénieuses, notamment un mode de support du charbon négatif qui parait susceptible de donner de bons résultats.
- La question de la fréquence la plus favorable pour les moteurs monophasés à. collecteurs employés en traction est débattue par M. Eichberg, qui conclut en faveur des basses fréquences au point de vue de la construction, tout en faisant certaines réserves d’ordre économique.
- Le. nouveau radiateur décrit par M. Gra-denwitz, repose sur le principe de la décharge par effluve. Nous en donnons la description schématique.
- Enfin, dans nos Variétés, on trouvera un résumé très succinct du rapport de M. Nis-sou, sur l'emploi des accumulateurs dans les distributions.
- Les courts extraits que nous publions ainsi, de quelques' rapports présentés au Congrès de Marseille, montrent quel est l’intérêt que peut présenter la collection de ces mémoires rassemblés, par M. Armagnat, en trois volumes, dont nous donnerons prochainement la bibliographie.
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- CALCUL DES LIGNES
- DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS
- ALTERNATIFS EN TENANT COMPTE DE LA CAPACITÉ ET DE LA
- PERDITANCE RÉPARTIES (Suite) (*)
- On voit que les erreurs relatives sont 6 fois plus faibles sur U,, et lx que sur Vx et Jx.
- De la connaissance des erreurs individuelles des vecteurs composants, on peut déduire comme il suit les limites des erreurs sur les vecteurs résultants ai*, $.x.
- i° En grandeur. — L’erreur absolue a pour limite maxima la somme îles limites maxima des erreurs des deux vecteurs ; par conséquent, si l’on arrête le développement au-dessous du terme en x8, ou déduit du la-
- Fig. 8. — Schéma du calcul dos erreurs de phase.
- bleau donné précédemment les erreurs absolues suivantes sur et yx, respectivement. :
- Les erreurs relatives s’obtiendraient en di visant respectivement par les longueurs des
- vecteurs eux-mêmes et seraient —,
- au
- 2° En phase. — L’erreur en phase a pour limite maximum la plus grande variation possible qu’on peut faire sur l’angle compris entre les vecteurs ‘li* et quand les extrémités de ces vecteurs se déplacent à l'intérieur des cercles limites d’erreur, ayant pour rayons s et e'. La figure 8 traduit géométriquement celte considération. Nous traçons à partir de l’origine deux vecteurs égaux à et à 3X, et à l’extrémité, nous décrivons les deux cercles de rayon e et s’; on voit de suite que l’erreur sur la phase de chacun de ces vecteurs a pour maximum sensiblement le rapport du rayon d’erreur à la longueur du vecteur, c’est-à-dire l’erreur relative calculée ci-dessus.
- L’erreur maxima absolue possible sur la valeur de l’angle <sx est donc
- <1X
- Ux + -
- ( 3 )2z:v2
- 7 20
- (su-.rÇ1 îstvafipHKZ2 -------1( -f- ----------- L |
- (') Voir Lumière Electrique <1 u 18 septembre 1909,p.353. Errata. — Dans la première partie de l’article, il y a lieu d’intervertir les figures 4 et 7.
- Dans le tableau de la page 3(ia,ic colonne, les exposants des parenthèses sont uniformément 2 (et non pas 3).
- Toutes ces erreurs sont en pratique négligeables, comme on le verra par les applications. On peut même, pour ce motif, se contenter, le plus souvent, du premier terme correctif de chaque série. Ce cas présente (juniques particularités intéressantes.
- Cas particulier où Von prend seulement les deux premiers termes des séries. — Prenons donc seulement les deux premiers
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2« Série). — N» 39.
- termes de chaque série, sous la forme :
- ü*=": + (tH
- c = (wü;v + f'v'i.1, ~ ) ,
- \ t> Jo'+s
- y,=m\+(zi, ^)i+s,
- sur M,M (fig. 9) S, tel que M , S =—le
- triangle OM,S est semblable au triangle ON,N2. Il en résulte qu’on peut obtenir directement l’extrémité du vecteur du courant de charge corrigé ON2 (fig. 10) en considérant OS comme la tension moyenne de la ligne U,„ et construisant sous l’angle 0' un Amcteur J„ = W(J,„ formé des deux composantes ordinaires : GUm en phase avec U,„ et w CUm en quadrature.
- en supposant pour simplifier ip, = o ; et tra-cons-les graphiquement (fig. pet 10).
- Régime à vide. — Le régime à vide donne lieu à l’addition au voltage U, d’un simple
- vecteur correctif M,M, — —tracé sous
- l’angle 0 (fig. 6 p. 36i.)
- Régime de court-circuit. — Le régime de court-circuit s’obtient d’une manière analogue. Tout d’abord, le vecteur correctif du courant P, P, (fig. 10), a pour expres-. WZI,
- sion —-— et est porté sous l’angle 3. L’interpréta lion physique, c’est que le courant I,
- Fig. 9. — Correction simplifiée rie U„.
- D’autre part, le courant de charge est formé
- des deux vecteurs ON, et N, N2. Le vecteur principal ON, = W U, décalé de l’angle d’admittance 0' est le même que si la ligne avait sa capacité concentrée au point milieu. C’est le courant de charge ainsi représenté qui pro-
- duit. précisément la perte de charge M, M, égale au produit du courant de charge W U,
- par l’impédance ~ et décalée par rapport à ce
- courant de charge d’un angle précisément égal à l’angle d’impédance 0' (fig. 4 p. 358).
- Quant au vecteur correctif N, N.,, qu’il faut ajouter au courant de charge, on remarquera qu'il fait avec ON, le même angle 3 que NI, M avec OM, ; le second terme de la série deJÆ que par le facteur i/3. Si donc l’on prend
- donne lieu dans la ligne à une perte de charge ZI, d’un bout à l’autre soit, en ZI,
- moyenne —, et que la tension moyenne
- ainsi produite, décalée de l’angle d’impédance 0 en avant de I, fait naître dans la home
- ©
- un courant de charge supplémentaire correspondant à l’admittance totale W, ayant donc
- WZI
- pour grandeur efficace —-, et décalé d’un
- 2
- angle 0’ égal à l’angle d’admittance.
- On démontrerait, de la même manière que plus haut, en comparant les formules de \x et de Vœ , que la part de charge corrigée OQ., se déduit du courant moyen IM obtenu en joignant O' au point T situé au i/3 de Î\P, et par la même construction que la perte de charge d’un courant quelconque ; c’est-à-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- dire qu’on portera OQ., = ZI,„sous un angle 0 en avant de Im ; et OQ., est formé de deux composantes: RIm en phase avec 1 ,u e L o> LI„( en quadrature.
- Les ligures 9 et 10 représentent les constructions ainsi exécutées pour la détermination des régimes résultants U0 et J0 (*).
- Si l’on remarque que les longueurs MfM, PjP, sont proportionnelles au carré de la longueur de la ligne, cette construction peut
- Fig. 10. — Correction simplifiée de J0.
- se résumer en langage ordinaire en disant qu’on prend comme tension et courant moyens ceux qui se produisent en un point de
- 1
- la ligne situé au de la ligne, compté à partir de l’arrivée.
- Démonstration des développements en série des différents vecteurs. — Voici comment nous avons obtenu les expressions données plus haut pour les développements en série
- (') Au lieu de construire les angles S, 0, 0', il est quelquefois plus commode, dans la pratique, de construire les vecteurs correctifs par leurs projections, qui ont les expressions suivantes :
- | M 1 1/4 px2 U | 2 2 II N—t ii 1 h“' lo
- | M m 7** v 2 1 ! Qll = w lr. 1 m — coLI„,
- l Pl i, !>>'-11 2 ( ÔF = gx U= GU,„
- 1 PP fJx2 U| 2 1 1 NF — waU,„ = wc U,,,
- Ces expr essions dispensent de calculer r.te 0 b* 1
- elles sont exprimées directement en fonction des constantes de la ligne r, l, c, g, en vertu des expressions:
- ; p — «a le — gr ( q — (oit + alg.
- dos projections des vecteurs. Ges projections étant des fonctions de sin (bx), cos (bx), sih (ax), coh (ax), nous avons remplacé ces dernières fonctions par leurs développements en série connus :
- sin bx — bx
- cos bx ~ i —
- (^)*+ M8
- i. ‘2.3 i.2.3.4.5’
- (bx)2 (bxf
- 1.2 ' 1.2.3. tf
- , . («a-j3 * * , (axf
- sih (ax) — ax -)---------— -f-
- i.2.3 i.2.3.4.5
- coli (ax) =
- lax
- axf
- Le développement des calculs donne les résultats suivants.
- Régime à vide. — Vecteur Ux de la tension à vide, on a :
- (Ua-)x = U; coh (ax) C.os (bx)
- Effectuant le produit, et, ordonnant les termes coellicients de par rapport aux puissances croissantes de x, nous avons :
- (U*)X=U!
- 1.2
- i. 2.3.2 n
- 2/i (2 n— 1) (2/4—2) (2/4— 3)
- 1.2.3.4
- De môme
- a--—b'1 a'—Ç>aib2-\-b’t ,
- -----* +—rxîq—*•+••
- i.a
- a2n)x2n-\-, ..j|
- (U )y = Ui sih (ax) sin (è.2’)
- (bx)
- I . '2.3
- (U.rjv-U,^
- i ab 4 CL^b — 4 air ,
- - a--2 H---——---------- x* +...
- 2 i.2.3.4
- ,, 274(2/1—1)(2/^—2) „ „ q
- .*»-1 1—.—!1--------’-aî*-ib*+... )x3n+...
- 1.2... 2/4' 1.2,3 J
- Si nous remplaçons dans (LJ ) et (U )Y a et b
- 2/4 a
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- 390
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2« Série). — N° 39.
- par leurs valeurs tirées des équalions 8 nous avons :
- (Ux)x — U, j^i + ^
- ^._,0+0'
- 0 + 0' . 0 + 0'\ sm.c2
- cosz------sm2-----)----
- 2 2/1.2
- +1 cos'
- . o0+0' • . (J+QAzbvW
- ocos2----sm*-----|-sin4---)-------K--
- 2 2 2 / 1.2.3. l\
- 0+0' 277(2/7—1') 0+01 . 0+0'
- + ( cos2'1------------------- cos2"-2----- sina--------h
- :)
- -"(v".r2“ '1
- ïï^t+- J
- /TT N TT I / 0 + 0' 0 + 0'\5(V.'C2
- (Ua:)Y = Ut |(2 sin —-— cos —------------- \ —
- 0+0' . 0+0' 0+0' . 0+0'\z2w2:C
- -4cos——sin2------)---—- + ...
- ,/. ,0+0 . 0+0
- +( 4cos‘----sin-----
- \ a 2
- 8+61 0+6' •in{in-\)('2.n-'2.) 0+6' . .,#+8'. 1
- +| 2/zcos2"'* —— sin —-------------------------f.ns8'1-3----sin**-----+••• I
- 1.2.3
- 2 / 1.2.3./|
- )' 0+0' \
- Les formules connues
- •]
- , ., . n (// — i)
- cos («A) = cos«X-----------—! cos”—2X sin2 a
- n (n — t) (/* — 2) (n — 3)
- 1.2.3.4
- cos”—4X sin4X...
- sin(/7,X ! =;icos"—’X si nX— —— cos”-3X sin3X+...
- 1.2.3
- nous montrent que les coefficients de ,vîu sont les cosinus et sinus de l’angle 0 + 0
- an ~T~ = « (0 + 0 ) ;
- Ou a donc :
- (U.+ = U, | . +^’ ,r2 cos (0 + 0')
- ZnWn . ~l
- d--------—a,,lcos2(0+0'.)+...+--æ’2"cos«(0+ô')+...
- 1.2.3.4 n! J
- (U*)Y = U.
- sin (ô + 0')
- +
- S2U’2 znw" ~\
- -------Æ*sina(0+0')+...H-----— .r2"sin/;(6+ô')+.-.
- 1.2.3.4 «! J
- Courant de charge à vide. —Nous poserons :
- u
- (.L)x = —X [sih(«+ cos(X.r) cosv—coli(rt.r) sin(X;t.j sin-f] = (A cosy—13 siny) = j^A cos ^ ^ —13 sin ^J
- (.L)v —t — [sih(a.v) cos (b.r) sinY+coli(//.i') sin(b.zj cosy]
- / 0' —0 0'—0 = (A sin y + 13 cosy) — (A sin----------1- 13 cos —
- Cherchons les développements de A et de 13 :
- A Uj , . n , U + [axf , [axf \
- A=—sih(rt.ricos(t>.r):=—( ax-\-----H-----------+... )
- m m\ 1.2.3 1.2.3.4.0 /
- (b.v)
- (bx)>
- )
- A
- Uj f ax az — 3 alC
- [-
- 1.2.3
- .r2n+l
- 1.2 1.2.3.4 J
- X2 +...
- / „ , . (271+1)2/*
- ( fl2n+l _ i--JA 1
- +
- (27* + l)! V (2 7*+ I ) 2 7* (2 7*---- I ) (2 II---2)
- i. 2.3.4
- £,2)1—3 /+
- a2”—1 b2
- B=r — coh(Æ.r)sinf6,r)=— m m
- rI+H+J!i+...i
- L 12 ^1.2.3.4 J
- [_ 1.2.3 1.2.3.4.5 J
- 777 L 7^ 1.2.3 ^
- •j;.2n+l
- (2/7 + 1)
- -Unaft-
- En remplaçant a, h et m par leurs valeurs tirées des équations 8 et 9, on voit comme précédemment que
- A—U
- Si nous désignons par a.,,I+1 le coelffcient de ,r2n+1 dans le développement de A et par i32,1+i le coefficient de ./;2”+1 dans le développement de 13, nous aurons pour le coelli-cient de .r2”+l dans le développement de (JJ.
- 0' — 0 , . 0' — 0 <X2)i+l . COS-----P2n+1 . Sin----.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 391
- Dans le développement de (J®)v nous aurions :
- . 0' — 0 0' — 0 «2k+i sin — -\- p2H+i <‘0S —-—.
- Le ternie gémirai du développement de (J ) est donc :
- _ 2n+l
- )(0 + 0') 0' —0 — COS ----------------
- . /iv (ztv) 2 ,r2n+1 f (an -)- i )
- 1 V 3 (a « —(— i ) ! L a
- . (a/i 4- OfO + G'i . 0' —0~|
- — sin -------------—---------------- sin--------
- » a .1
- U
- z"wn+1
- 1 bn-f- i)!',<72n+1 cos*"° + (n + °'l’
- On verrait de même que le terme général du coefficient de (JX)Y est :
- z'Hv' ‘+1
- L'i ‘r2"+l lshl + (" + l) °'J-
- On a donc :
- , > T T f«'cos0' , 3H’2 , , „
- l-L)x U, -----------;V ^--- COK [‘J. 6' -f- Oi X -T"
- I I . '2. I
- 32h'*1 n
- -\-----—— cos ('10' -f- aOi X -f-...
- i.a..3.4.5 J
- . tt ru* sin G' , zw2 . ,
- (•l;c)y — U| ------& H------7 Sin (a G' + Oi X a-'3
- L i i. a. .1
- 32M'3 1
- + ,.a.3.4.5 ‘‘°s(:i0' + +--J
- Régime en court-circuit :
- Vecteur du courant :
- (IjjJx = L coh(a.v) cos
- Vecteur de la tension. Posons encore : (Vælx=/«I1[sih(u.r) cos(è:c) cos^-j- coh(u.ï.')sin(ê.x')sinf] = A'cos y-}- R'sin y
- ( V.t*)Y—/ni ! [—sili(iï,2’)(‘os(/i.'i7)sinY"f"Coii(rt.i,)siii(ê./')cosY] =—A'siriY -f-13' cosy.
- A' et B' ne dillêrent de A et B (p. ilgo) que parun facteurconstan! (ml, rem place— ).E(l'ec-tuant ce remplacement, on a :
- De ces développements nous déduisons le terme général du développement de (Vx)x et
- <!e (V,),
- Pour (Va)® on trouve :
- zn+1 T (an A- i)(0 4- O'i G' — 0
- cos-----——! cos--------
- i ian -f- i i
- ,n r
- -tV
- . (ui+i)(0 + 0'j . G'—0
- = I,
- -j- sin v--------------------—----------------- sin------------1 .r2,(+*
- ^>1—|—1
- . æ-2»+1 cos [(n -j- 1 ) 0 —(— /l 0'].
- L sili (a.x'j sin [b.v).
- Les expressions étant, les mêmes que celles de la tension à vide, à un facteur constant près (L au lieu de L,), on a :
- Ise1 rme2 n
- i H--.-r2cosi G-f0')-l-—- .zécosafO+O'lA...
- i.2 i. a. 3.4 ' I
- rzti’ zin'- -i
- (I.i-iv=l, .f3sin.O—(—0';—(---—;rAsina(04-0')4-...
- L1 .a ' i .2.3.4 J
- 1 l3« + »)!
- Pour (Yx)y on oblienL de même :
- 9/1 R-
- Il ---j—r- .2-2,!+' sin [(« + 11 0 -f «O'J.
- (an -f- i) !
- Les développements en série de (Y.c) et (Va,)v sont donc :
- f”c ors 0
- AALrrrA, -----— .C-l-------- COS (a 0 -f- 0'- V
- L I 1.2.3
- -)——— cos (30 4- 2G') v:' 4-...
- f\ t
- sin 12G -(- G') ,r‘
- sin 0
- d i
- Z'M'
- Z&9i)'l
- + ^ sin (30 + 2 0')^ + ...]
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). —N° 39.
- Dans la forme pratique de ces développements en série, à la page 35t), nous avons remplacé pour simplifier, 0 -f- 0' par S, et ordonné tous les développements par rapport au produit caractéristique (zwx~), en mettant en facteur commun les facteurs zx ou wx des expressions de (V)* et de (J)Æ respectivement. On choisira celle de ces formes qu’on préfère.
- Interprétation et démonstration directe des formules des développements en série de Ux,
- /«, /*, væ.
- Considérons le circuit formé (dans une ligne d’un nombre quelconque de phases), par un des fils conducteurs et par un fil neutre réel ou fictif; soit Z et W l’impédance et l’admittance totales de ce circuit. .Étudions successivement les deux régimes fictifs de marche à vide et de court-circuit, dont la superposition nous donne le régime réel, et supposons que la ligne est divisée en un certain nombre de parties égales, assez courtes pour qu’on puisse appliquer à chacune la méthode élémentaire qui consiste à lui attribuer une impédance et une admittance concentrées. A chaque tronçon, nous
- attribuerons donc une impédance^—^et une
- admittance
- ?)
- Nous employerons la méthode du calcul vectoriel, en considérant l’impédance et l’admittance comme des grandeurs dirigées, faisant respectivement les angles 0 et 0' avec la résistance ohmique et avec la perditance. Tout voltage U appliqué sur l’admittance .. . . W .. ...
- dirigée — donne lieu ainsi a un courant ° n
- égal en grandeur au produit des deux longueurs des vecteurs lJ et —— et décalé
- en phase d’un angle 0' en avance de U.
- De même, tout courant I à travers l’impédance dirigée ~ donne lieu à un vecteur de n
- perte de charge dont la grandeur est égale au
- ZI
- produit des grandeurs — , et dont la phase
- est décalée de l’angle 0 en avance sur l. Enfin toute multiplication vectorielle par l’impédance et par l’admittance équivaut à une
- , . . .. . ZW .
- multiplication ordinaire par , plus une
- rotation de 0 -J- 0' = 3.
- Appliquons ces considérations à chaque section, et successivement dans le régime à vide et dans le régime de court-circuit.
- Nous représenterons en indice les angles de rotation, tous comptés à partir des directions des vecteurs d’arrivée U[, ou It, suivant que Ui ou L entre en facteur dans le terme.
- Régime à vide. — Le courant de charge de chaque section sera sensiblement égal au produit de l’admittance concentrée de cette section par la tension agissante; nous avons une Auileur approximative de cette dernière en prenant la tension à l’extrémité de la section du côté de l’arrivée.
- En appliquant ainsi au premier tronçon du côté de l’arrivée la tension IL, nous voyons que ce tronçon reçoit à son entrée un courant
- «'
- et est le siège d’une chute de tension
- ZW U A
- n n /o-fo '
- ZW U A . )ô
- Le voltage au début du deuxième tronçon
- O *
- sera donc :
- \ 11 / -s
- et le courant qui le traverse sera la somme du courant du premier tronçon et du courant demandé par l’admittance du second tronçon
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 393
- On aurait de même, pour le voltage et le courant à l'entrée du troisième tronçon :
- ü; = u- + (^)i+(^
- 2S
- j- = /!WU,j + + f WU,
- 0+S
- \ >ï‘
- »'+2S
- Plus généralement, le voltage et le courant à l’entrée du tronçon de l’ordre p seront :
- „,, = u,[7 + (^-)t
- /(p-i)p(f-i)(p-a)W»Z»\ 1
- \ i. 2.3.4 n* J is J
- --".[(îa+p
- + i ) p [p — A zw*
- 3 !
- Tl* /V+&
- | (IP + a) iP + ')P[P ~ ')(P — +
- 5 •' «B /«’+î J
- On le vérifie du reste directement en déduisant de ces expressions celle de l’élément d’ordre p + i comme il suit.
- La chute de tension dans l’élément p sera
- zV-r {{P+')P{P-')W'\
- \n) n- J+\ i.2.-3. n*
- ((p+a)(p+i)p(p--—a) Z3WA "Il A 5! n6 /'Vd)
- +
- et par suite le voltage au début de l’élément (p + i) est :
- Up + AUp = U, 7 +
- Ll . 2
- P — 1 + 2
- ZWl
- n2 Ji
- +
- j~(P +1
- )P(P
- •(P
- , Z2W21 4 ~a- ,
- n J2i
- +
- {p+^ip+'Wp—'ÏÏp-
- r, !
- '(p-3+6)
- z»w*-|
- e° 34
- Up+i = Ut i +
- L i.2 n2 J*
- , f(/> + a)(i+ *)/>(/>-*) z*w»l
- ' L 4 ! J2i
- i r(p-j-'3)(p+Êjt)(p+^p(p—'Xp—-a)z3w3i , + L 6! «•
- expression qui ne diffère de celle de l’élément p que par le changement de p en (p -f- i).
- De même, le courant qui traverse l’élément p -f- i sera égal au courant de l’élément /?,
- W
- augmenté du courant — Up+i correspondant
- W
- à l’admittance — .
- n
- Remplaçant dans ce courant supplémentaire U,, t par sa valeur, on en déduit :
- JjH-i — Ui
- > + »w\ r(p+2)(p+»)zwR
- v i.2 n L i.2.3 n3 Je’-f-i
- +C
- (H-sXp-Hl/H-Oplp-
- fi !
- Z2VV:rj ns J
- 0’+24
- + ...
- ce qui vérifie l’expression donnée plus haut pour Jj,.
- Supposons maintenant que l’on fasse croître n indéfiniment, c’est-à-dire qu’on divise la ligne en un nombre infini de parties et qu’on se place à l’entrée de cette ligne, d’où p — n\ les égalités précédentes ont pour limites les équations géométriques (21 bis) et (22 bis) :
- identiques à celles de la page 36o, démontrées par une autre voie.
- Deux séi’ies géométriques analogues concernant le régime de court-circuit se démontrent, de même, par cheminement en ajoutant aux courants et aux voltages qui sont à l’entrée des tronçons, respectivement le courant consommé dans le tronçon et la perte de charge dont le tronçon est le siège.
- On trouve ainsi pour le voltage et le courant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VII (2* Série). — N° 39.
- à l’extrémité du tronçon d’ordre p, du côté de l’arrivée, les deux expressions suivantes:
- 1/. = !
- v«
- , | w«zn
- + L 4! J2«
- =,1i(ci).+r(£±Oi!£=i22^n
- i n)o L 3 ! n3 Jo+j
- r(p+a)(p+.)/>(€/)(!-</-a) Z»W«] i
- L 5! n6 J6+2«
- Si l’on fait comme plus haut p — n, et qu’on fasse croître indéfiniment», on trouve les expressions
- identiques aux séries géométriques démontrées précédemment (p. 36o).
- Les séries 2ibisà 24l,is contiennent comme cas particuliers toutes les méthodes approximatives consistant à diviser la ligne en un nombre de tronçons fini et peu élevé.
- Par exemple, si l’on divise la ligne en deux tronçons, traités chacun comme ayant une admittance et une impédance concentrées, d’où n—2, on trouve au départ de tronçon 2 le régime suivant :
- U3=^U,
- ïwz\
- — ,+
- 'w*z*\ l
- AJ’
- J2 — u,
- W) I
- 4 J c+d
- Ces expressions sont notablement différentes de celles données par les termes de même ordre des séries ci-dessus, et la différence provient de ce que, dans ces dernières l’admittance et l’impédance sont uniformément réparties.
- Puissance et rendement. — Les épures permettent de déterminer graphiquement la puissance et le rendement et le décalage d’une transmission en se servant des vecteurs de la tension et du courant résultant au départ et à l’arrivée ; les angles entre Uj et Ij (arrivée) et entre at0 et £/0 (départ) donnent respectivement les décalages ; les puissances étoilées sont :
- A l’arrivée : Pt = Lq I j cos <f{ = Uj x (pro jection sur Uj)
- Au départ : P0 = ‘U0 % cos ®0 = U0 k (projection g0 sur ‘U0) ;
- chaque courant étant projeté sur la tension correspondante. Le rendement est le rapport des deux puissances.
- On peut d’ailleurs calculer les mêmes quantités en se servant des projections . sur les axes
- Po = (’lt-o)x (A>)x + ALo)y Po)y,
- dS) XI tl 0 ) Y -)- (ùt) Y {&) OX,
- tgfo ==--------p----------
- 1 0
- „ UiLcosç,
- rl0 —----75---
- 1 0
- Le numérateur de la fraction tg<p0, représente la puissance magnétisante.
- A. Blondel et G. Le Roy.
- (A suivre.)
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- 39S
- 25 Septembre 1909. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- LE FERRO-VANADIUM iF“^ "
- § III. —Procédés électrothermiques
- pour la préparation du ferro-vanadium.
- On peut obtenir facilement au four électrique du ferro-vanadium plus ou moins carburé, en chauffant dans un arc voltaïque puissant un mélange d’oxyde de fer, d’anhydride vanadique et de charbon. En employant pour cette préparation un courant de 900 ampères sous 5o volts, on obtient, après quelques minutes, un culot homogène à cassure cristalline et de couleur grise blanchâtre. L’alliage préparé dans ces conditions contient environ 20 % de vanadium, 72 % de fer et 8 % de carbone.
- Pour obtenir du ferro-vanadium moins carburé, on peut, une fois la fonte de ferro-vanadium ainsi préparée, faire réagir sur elle une certaine quantité d’acide vanadique dont l’oxygène brûle le carbone de l’alliage fer-carbone-vanadium. En utilisant pour cette opération un four à canal et en projetant de l’acide vanadique à la surface du bain, on peut réduire ainsi à moins de 1 % la proportion de carbone dans l’alliage. Celui-ci est ensuite coulé dans des lingotières en magnésie ou en beauxite préalablement chauffées au rouge.
- •k
- ¥ »
- On peut également obtenir, par réduction directe, des ferro-vanadiums à très faible teneur en carbone en effectuant la réduction des oxydes de fer et de vanadium par le charbon en présence d’un excès d’acide vanadique qui agit comme lorsqu’on l’ajoute en deuxième opération. Mais il faut alors em-
- ployer des fours dans lesquels le métal réduit ne soit en contact ni avec une sole en carbone ni avec les électrodes. Quoi qu’il en soit, la proportion de carbone y est encore voisine de 6 à 8 %
- Ce pourcentage de carbone ne nuit du reste pas à la plupart des applications du ferro-vanadium, n’importe quelle variété de carbure de vanadium pur renfermant au minimum ce pourcentage de carbone et étant en outre toujours moins facilement fusible que le composé correspondant de fer et de vanadium.
- O11 peut enfin préparer au four électrique du ferro-vanadium à faible teneur en carbone en partant d’une fonte de vanadium contenant peu de fer et en l’aflinant au moyen d’oxyde de fer ou d’un mélange d’oxyde de fer et d’acide vanadique. L’oxygène de ces deux composés se combine au carbone de la fonte pour le transformer en gaz, tandis que les deux métaux réduits se combinent entre eux et avec le vanadium de la fonte première pour donner un alliage fer-vanadium à teneur élevée en vanadium.
- k
- ¥
- M. Girod a imaginé un appareil qui fonctionne aux usines d’Albertville et qui permet d’obtenir, par union directe des éléments, du ferro-vanadium avec un excellent rendement. Le four employé est du type à résistances périphériques et la matière à traiter est placée dans un creuset en graphite ou en matière réfractaire ('). La résistance est constituée par une masse de graphite
- (*) La Lumière Electrique (lu 18 septembre, p. 363.
- () Revue d'Artillerie, mars 1904.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2* Série). — N<* 39.
- poussiéreuse, granuleuse ou même agglomérée, mélangée avec des poudres métalliques ou minérales ; par un emploi judicieux des unes et des autres, on peut obtenir la résistance voulue et, par suite, la température nécessaire à l’opération.
- Le courant électrique arrive à cette masse par deux pôles positifs et sort de l’appareil par deux pôles négatifs ; entre les pôles sont intercalées des briques réfractaires s’opposant au passage du courant électrique à travers leur épaisseur. Un axe horizontal permet de faire osciller le four, même pendant le passage du courant, cette oscillation pouvant être effectuée à l’aide de deux plaques conductrices montées sur l’axe et servant de prises de courant. -
- Afin de faciliter la mise en marche de l’appareil, on peut relier les pôles positifs et négatifs par de petits fils de fer qui rougissent pendant le passage du courant dès que celui-ci les traverse et qui permettent réchauffement rapide du graphite.
- La surveillance du four est très simple, et la température qu’il produit très élevée; on peut facilement y maintenir fondu du ferro-vanadium à 80 % et conserver à l’appareil en marche une température assez constante. .
- Dans la préparation du ferro-vanadium à 5o % de vanadium environ, le complément étant composé exclusivement de fer et d’environ o,5 % de carbone, on ajoute au vanadium préalablement préparé une quantité de fer suffisante pour que la fusion dans les creusets puisse s’effectuer avec facilité, le vanadium pur étant pour ainsi dire infusible par les procédés autres que ceux utilisant la chaleur directe de l’arc électrique ou l alumino-thermie.
- § IV. — Procédés aluminothermiques pour la préparation du ferro-vanadium.
- MM. Matignon et Monnet ont obtenu de beaux échantillons de ferro-vanadium en réduisant par l’aluminium un mélange d’oxyde
- de fer et d’anhydride vanadique (l). L’alliage ainsi préparé présente une structure fibreuse et une teinte blanc brillant. Les acides les plus faibles le dissolvent facilement. Mis en contact avec l’eau, il lui communique au bout de quelque temps une belle coloration verte.
- Analysé, cet alliage présentait la compo sition suivante :
- Fer.................... 71,68 %
- Vanadium................. 26,68
- Silicium.................. 1,69
- M. Vigouroux a également obtenu un cer-
- tain nombre d’alliages de fer et de vanadium en réduisant par voie aluminothermique des mélanges d’oxydes de ces deux métaux. En faisant varier les poids des substances réagissantes, on peut préparer des alliages ayant des teneurs variées en vanadium.
- Pour arriver à un produit très pur et pour faciliter la réaction, le mieux est de prendre, comme oxyde de vanadium, celui provenant de la calcination, à l’abri de l’air, du vanadate d’ammoniaque que l’on réduit ensuite par l’hydrogène (2). L’oxyde de fer rouge donne de bons résultats et, comme aluminium, il faut employer celui-ci en poudre très fine afin d’activer la réaction de début.
- On peut obtenir un alliage riche contenant environ 60 % de vanadium en prenant comme matières premières le mélange suivant :
- Oxyde de fer rouge............ 3oo gr.
- Oxyde de vanadium.............. 60
- Acide vanadique.............. 20
- Aluminium en poudre fine.... 100
- La réaction se produit à une température très élevée, mais lentement et tranquillement. Elle donne un culot pesant environ 170e'', d’une grande dureté et se cassant très difficilement sous le marteau ; sa texture est grenue et lamellaire. (*)
- (*) Matignon et Monnet, Chaleur spécifique et niasse atomique du vanadium (Comptes rendus, 3 mars 1902.)
- (2) E. Vigoukoux, Action de l’aluminium sur un mélange d’oxyde de fer et d’oxyde de vanadium (Procès-verbaux des séances de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, année 1903-1904, p. 102).
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- 397
- *
- * *
- Industriellement on peut utiliser les réactions précédentes, avec de légères modifications, en vue d’arriver à un rendement élevé des produits obtenus. Ce procédé semble d’autant plus intéressant que le procédé Goldschmidt ordinaire ne peut s’appliquer à la préparation du vanadium pur comme cela a lieu pour le chrome et le manganèse. Mais en faisant intervenir l’oxyde de fer, dont la chaleur d’oxydation est moindre que celle du vanadium, la réaction peut avoir lieu et il est dès lors facile d’arriver à des ferro-vanadiums contenant de a5 à 27 % de vanadium.
- Pour éviter une trop forte proportion d’aluminium dans l’alliage, il faut avoir soin, avant d’effectuer le mélange des matières premières, de bien calculer la quantité de ce métal nécessaire pour produire la réaction suivante :
- Va203 + Fe*0* + 4 Al = (a Fe + 2 Va) + Al2 O3
- qui définit la préparation du ferro-vanadium par voie aluminothermique.
- Quand on prend un mélange très riche en acide vanadique, on ajoute de l’oxyde des baltitures plus riche en fer que Fe803, mais qui demande alors une nouvelle addition d’aluminium pour être réduit. Pour obtenir un alliage à 25 % environ de vanadium en opérant avec de l’acide vanadique à 7a %, on prendra fi parties du mélange d’oxydes, 9 parties d’oxyde des battitures et a5 parties d’aluminium.
- Les alliages obtenus ont généralement une teneur en aluminium inférieure à 2 %. Un acide vanadique très pur, renfermant le minimum de silice et d’acide phosphorique présente l’avantage de donner un alliage exempt de ces deux éléments.
- L’appareil qui convient le mieux pour la préparation industrielle du ferro-vanadium en partant de ces principes est le four à creuset qui permet d’obtenir un alliage très pur. Il se compose d’un grand récipient en terre
- réfractaire ou en plombagine, garni à l’intérieur d’unebrasque en magnésie; l’épaisseur de cette brasque va en augmentant des bords au fond du creuset. Celui-ci est disposé sur une couche de charbon contenue dans une enveloppe en briques réfractaires. Pour combler l’espace on ajoute de petits morceaux de coke qui forment ainsi une enveloppe isolante ayant surtout pour but de protéger le creuset contre l’action violente des courants d’air qui en amèneraient la rupture.
- Au-dessus du creuset ou sur'le côté, on dispose une trémie ou entonnoir de chargement destiné à recevoir la charge de mélange à réduire. Celui-ci peut passer dans le creuset à l’aide d’une boule placée à la partie inférieure de l’entonnoir et suspendue à une chaîne que l’on peut tirer plus ou moins suivant le volume de matière à introduire dans le creuset. Pour faciliter l’évacuation des fumées dégagées pendant l’opération, on a ajouté au système un capuchon d’assez grandes dimensions, qui aboutit à une conduite engagée dans une souche de cheminée.
- En raison de l’incandescence produite par la réaction et de la lumière extrêmement vive à laquelle elle donne lieu, il est recommandé aux ouvriers chargés de la conduite des fours de se munir de lunettes à verres foncés pendant l’opération.
- Au début, une moitié du mélange est placée dans le creuset, et l’autre dans la trémie. Pour amorcer la réaction, on enflamme le mélange à l’aide d’une amorce formée de peroxyde de sodium et d’aluminium (environ 2,3 NaO pour 5 Al). En raison du grand pouvoir déliquescent du peroxyde de sodium, ce mélange doit être préparé au moment même d’être utilisé. L’amorce est disposée, sous forme d’un petit cône, au sommet du mélange à réduire et on l’enflamme à l’aide d’un fer rouge.
- La réaction se produit d’abord avec une très grande violence, puis se calme. On soulève alors la boule de manière à introdiure dans le creuset une nouvelle quantité de la
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- charge et l’on continue ainsi. L’opération ne dui’e jamais plus tle quelques minutes et, lorsqu’elle est terminée, on vide le creuset en recueillant, d’un côté l’alliage fabriqué et, de l’autre, le laitier. Comme la brasque peut difficilement supporter une seconde opération semblable, l’appareil est discontinu. On peut cependant le rendre assez pratique en adoptant un dispositif permettant de remplacer les creusets au fur et à mesure qu’ils sont mis hors d’usage.
- Le ferro-vanadium obtenu dans ces conditions présente un aspect nettement métallique et brillant; mais son éclat, qui rappelle celui de l’antimoine, et ses reflets légèrement jaunâtres le différencient parfois de l’alliage préparé par voie électrothermique. Quant à la scorie, elle est constituée par de l’alumine plus ou moins pure et criblée de trous. Elle forme les deux tiers de la masse solidifiée.
- * *
- Les actions réductrices de l’aluminium et du carbone combinées peuvent être avantageusement utilisées pour préparer le ferro-vanadium à une teneur en vanadium égale à celle que permet d’obtenir la méthode alu-minothermique seule et à un prix de revient plus faible.
- La fabrication du vanadium pur par ce procédé ne semble guère possible et on n’obtient toujours que des fontes carburées à 4 à 5 %. Mais en opétant la réduction sur un bain de fer doux, on peut facilement préparer du ferro-vanadium à a5 % de vanadium et contenant seulement de i à i,5 % de carbone. Il se produit alors la réaction suivante :
- a Va» 05+Fe+7C -j-aAl = (4Va+Fe)+Al2 03+7 GO.
- Le mélange d’acide vanadique et de charbon est introduit dans le four avant l’alumi-
- nium et, lorsque la réaction est suffisamment avancée, on projette dans le bain de l’aluminium en poudre qui achève la réduction. Il est bon d’ajouter au bain fondu un peu de chaux et de fluorure de calcium qui donnent une scorie plus fusible que l’alumine seule. Le prix de revient plus faible du ferro-vanadium obtenu par cette méthode est du à la faible consommation de l’aluminium qui est ainsi réduite de plus des deux tiers.
- § Y. — Industrie du ferro-vanadium.
- La principale qualité du vanadium dans la métallurgie est d’améliorer les fers fins ou les fers de construction.
- Eh outre des propriétés qu’il communique aux aciers au point de vue mécanique, il présente encore un avantage important, celui de purifier le métal liquide en le dépouillant des gaz qui y sont dissous et plus particulièrement de l’oxygène ; il fournit ainsi un métal très homogène.
- Par suite de la grande dureté qu’il communique à l’acier, le vanadium peut aussi servir d’une façon très avantageuse pour la fabrication de toutes sortes d’aciers à outils (fraises, forets).
- Ces caractères concernent spécialement les aciers renfermant moins de 0,7 % de vanadium, une teneur supérieure n’amenant que peu d’avantages dans les propriétés mécaniques du métal.
- Pour arriver à généraliser ces emplois, il faudrait cependant voir le marché du ferro-vahadium établi sur des bases plus acceptables que celles qui existent à l’heure actuelle. Il y a lieu de supposer qu’il en sera bientôt ainsi, le prix de cet alliage ayant déjà baissé dans de grandes proportions depuis les premiers moments de sa fabrication et les gisements de la matière première devenant aussi chaque jour plus nombreux.
- Jean Escahd.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur le champ démagnétisant. — Silvanus P. Thompson et E. W. Moss. — The Electricien, io septembre 1909.
- Il est évident que pour chaque échantillon de substance magnétique, le champ démagnétisant au milieu de la barre possède une valeur caractéristique, qui dépend, pour une induction donnée, de la longueur de la barre relativement à sa section transversale, de sa perméabilité, et de la distribution générale de son magnétisme. V
- Tous les auteurs précédents ont choisi comme variable, dans le cas d’un barreau cylindrique, le rapport de la longueur au diamètre de la section circulaire. Il vaut mieux prendre le rapport de la longueur à la racine carrée de la surface de la section.
- Ce nouveau rapport est égal à l’ancien multiplié par le facteur 1,128.
- Les auteurs ont aussi établi des courbes qui représentent les résultats de mesures faites sur des barreaux cylindriques ; ils ont trouvé pour le coefficient démagnétisant dans ce cas des valeurs très rapprochées de celles trouvées par leurs prédécesseurs, bien que légèrement plus faibles.
- Mais la partie la plus intéressante de leur travail se rapporte aux échantillons à sections carrées ou à sections rectangulaires, tels qu’on en emploie dans la construction courante.
- Pour ces barres, le facteur démagnétisant (défini comme le rapport du champ démagnétisant à l’in, tensité'de magnétisation intérieure) a été trouvé plus faible que pour les barres cylindriques, à section et à longueur égales.
- Ce résultat pouvait se prévoir, puisqu’à section égale le périmètre d’un rectangle est plus grand que celui d’un cercle, ce qui réduit la réluctance totale offerte au flux magnétique extérieur, et améliore par conséquent le circuit magnétique.
- Pour un même rapport de la longueur à la racine carrée de la surface de la section, on a trouvé les
- résultats suivants, rapportés au coefficient de la barre carrée pris pour unité :
- Rectangle a : 1 coefficient démagnétisant : 93 %
- Rectangle très allongé 10 : 1 » » : ^5 %
- T. G.
- Etude de la chaleur perdue par convection par les fils de cuivre de faible calibre. — A. E. Kennelly, C. A. Wright et J. S. Van Bylevelt. —
- Proceedings of tlie American Instilule of Electrical Engi-neers, juillet 1909.
- On sait que lorsqu’un fil est échauffé par le passage d’un courant électrique, il dégage de la chaleur dans l’air ambiant par conduction, rayonnement et convection.
- La première perte est négligeable parce que la propagation par conduction suppose un milieu immobile et rigide, tandis que l’air se déplace continuellement.
- La chaleur perdue par rayonnement est, pour une surface latérale donnée, uniquement fonction de la température.
- Quant à la convection c’est un phénomène très mal connu, et sur lequel il est très difficile de faire des mesures précises. C’est pourquoi les auteurs ont cherché à instituer des expériences tout à fait rigoureuses, qui ont porté sur des fils de diamètre inférieur à om,oo7.
- Ils distinguent deux sortes de convections: convection libre quand l’air est calme, convection forcée quand l’air est agité de mouvements d’origine étrangère à la convection elle-même.
- La méthode employée a consisté à faire varier la pression atmosphérique autour d’un fil dans les conditions de la convection libre, ou bien à imprimer à l’air différentes vitesses (convection forcée) et à mesurer dans chaque cas la variation de la puissance électrique nécessaire pour maintenir le fil à une élévation de température constante.
- Le dispositif expérimental était très soigné; les auteurs ont fait usage d’un galvanomètre genre Edel-mann ; ils ont étudié également l’influence de la vapeur d’eau. Les lois mises en évidence par ces expériences sont les suivantes : "
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- Confection libre. — Pour une pression atmosphérique constante de i atmosphère, la convection linéique est proportionnelle à réchauffement du fil (c’est-à-dire à son élévation de température au-dessus de la température ambiante); elle est voisine de 6 X io"4 watts par centimètre de longueur et par degré centigrade ; en outre elle est à peu près indépendante du diamètre du fil.
- En toute rigueur, on doit la représenter par une fonction lentement croissante telle que :
- (4 —|— 64 d) 10“4 watts par centimètre,
- tétant le diamètre du fil en centimètres.
- Pour différentes pressions atmosphériques, la perte par convection par unité de longueur croît selon une puissance de la pression, dont l’exposant est constant pour un même fil sous différents échauffements, et croît légèrement avec le diamètre, et à peu près comme la racine cubique de celui-ci.
- ' Le courant nécessaire pour maintenir la température constante sous différentes pressions, croît comme une certaine puissance de la pression, dont l’exposant est constant pour tous les échauffements jusqu'à 1800 G. et croît légèrement avec le diamètre des fils.
- Confection forcée, — La convection par unité de longueur, pour toute vitesse de courant d’air comprise entre aoo et % ooocni par seconde augmente à peu près en raison directe du diamètre du fil.
- Pour des vitesses de courant d’air variables entre les mêmes limites, la convection augmente comme la racine carrée de cette vitesse.
- Les auteurs voient même là un moyen de constituer un véritable anémomètre électrique, qui serait surtout sensible pour les vents de vitesses modérées.
- On peut exprimer d’une manière assez frappante les résultats ci-dessus en comparant la convection libre avec la convection forcée; on voit alors que la convection libre correspond à la convection forcée dans un courant d’air de a5cm par seconde (*).
- T. G.
- (*) Voir sur cette question :
- ' Cardinsi. On llie -Heating of Bare Wires, Lumière Electrique, 1892, n° 45, p. 283 :
- G. Forbes. On the Relation wich, etc. Journal Ins, of EL Engrst mars 1884, p. 232-262.
- Kenneli.y. lleating of conductors, etc. Electrical wold 1889, p- x35, 336, 355, 372, 386.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS bE MACHINES
- Procédé Pai'sons pour le compoundage des alternateurs. — Le Génie civil, 17 juillet 1909 (*).
- Le procédé employé est basé sur le fait qu'un courant alternatif peut, dans certaines circonstances, diminuer l’intensité d’un champ magnétique. En effet, soit un électro-aimant A (fig. I), dont les pôles sont réunis par une pièce en fer B de section sensiblement inférieure à celle de l’aimant.
- Le champ magnétique créé par le courant continu des bobines de l’électro-aimant se ferme par la pièce B. Si ce champ est intense et la section de la pièce B suffisamment réduite par rapport à celle de l’aimant, le fer de la pièce B sera pratiquement saturé.
- Courant altern&t/f
- Courant
- ‘continu
- Fig. 1. — Principe du procédé.
- Dans ces conditions, si l’on enroule autour de la pièce B un conducteur parcouru par un courant alternatif, quand le sens de ce courant sera tel qu’il produirait dans la pièce B un champ de même sens que celui produit par l’électro-aimant, le flux passant par la pièce B n’augmentera pas, puisqu’elle est déjà saturée. Au contraire, quand le courant passera dans l’autre sens, il produira un champ inverse de celui de l’électro-aimant et la pièce B sera parcourue par un flux venant en diminution du flux produit par l’électro-aimant. Si l’électro-aimant A constitue les inducteurs d’une dynamo, le flux produit par les enroulements, passera partie par la pièce B et partie par l’induit. Quand le flux passant par B diminuera, celui passant par l’induit augmentera et il s’ensuivra une augmentation du voltage.
- On voit donc que, dans un tel dispositif, l’augmen-
- (i) D’après une communication à la Royal Society de Londres.
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- tation d’intensité du courant alternatif entraîne une augmentation de voltage du courant continu.
- Il suffît alors, pour réaliser le compoundage d’un alternateur, d’appliquer ce principe, en influençant le voltage de l’excitatrice par l’intensité du courant alternatif.
- Des expériences faites par MM. Parsons and C° stir un alternateur de i ooo kilowatts, fonctionnant à 3 3oo volts, ont permis de constater les résultats suivants : l’alternateur étant soumis à une charge inductive de aao ampères, le voltage tombait à a 3oo volts, quand le dispositif de compoundage Parsons n’était pas employé. Avec ce dispositif, au contraire, le voltage restait sensiblement constant et il ne diminuait que de 6 % pour une surcharge du moteur de a5 % .
- C. M.
- Dispositif de synchronisation pour moteurs à induit en court-circuit. — F. Horschitz. — Elektrotechnische Zeitschrift, a septembre 1909.
- L’emploi de moteurs triphasés à induit en court-circuit présente un avantage notable lorsqu’il s’agit de la commande de convertisseurs, de pompes, de ventilateurs, etc... par suite de sa construction beaucoup plus simple et beaucoup plus robuste que celle des moteurs à induit à bagues. Or le démarrage des moteurs en court-circuit présente les difficultés que l’on sait, d’autant plus graves que le moteur est plus puissant.
- Pour les gros moteurs, on, est conduit à les démarrer à vide en les entraînant par un petit moteur auxiliaire. Pour brancher le moteur triphasé sur le réseau, il faut que sa vitesse soit aussi voisine que possible de celle du synchronisme ; en effet le courant brusquement absorbé par le moteur et le choc mécanique que reçoit le rotor, sont d’autant plus importants que la différence entre les deux vitesses ci-dessus est plus grande.
- L’auteur a donc cherché un procédé, en dehors de ceux déjà connus, qui permette d’amener le moteur triphasé au synchronisme.
- Sur l’arbre du moteur sont calées deux bagues s s* et un collecteur étroit qui possède autant de lames que le moteur a de pôles ; sur les deux bagues frottent des balais a et b réunis au réseau directement par l’intermédiaire d’un transformateur de tension. Les lames du collecteur, isolées les unes des autres sont alternativement réunies à d’une et à l’autre des bagues.
- Un voltmètre ordinaire polarisé est relié à deux balais c et d frottant sur le collecteur et décalés exactement d’une lame.
- On conçoit alors facilement le fonctionnement de l’appareil : si l’on suppose le moteur au synchronisme, le courant alternatif envoyé dans le voltmètre est soumis à la commutation pendant une demi-période et ne l’est pas pendant la demi-période suivante.
- Source de courant
- Fig. 1.
- La forme du courant obtenu dépend de l’instant où la communication intervient par rapport à l’onde prise comme origine ; l’instrument indiquant la valeur moyenne arithmétique, son indication dépendra de l’origine de temps choisie.
- Dès qu’un glissement se produit, le commencement de la commutation se trouve retardé, et l’aiguille oommence à osciller de part et d’autre du zéro de la graduation, et cela d’autant plus vite que le glissement est plus grand. Si l’on part de la vitesse zéro, on observera donc sur l’appareil un tremblement de l’aiguille, qui deviendra d’autant plus lent et facile à percevoir que la vitessse croîtra. LeS amplitudes de cette oscillation seront nulles au demi-synchronisme, et à partir de ce moment les oscillations seront toujours plus nettes et plus grandes. Au voisinage du synchronisme, l’aiguille parcourra la graduation très lentement, et s’arrêtera en un point déterminé dès que le synchronisme parfait sera atteint.
- La mise en circuit d’un moteur triphasé au synchronisme ne supprime d’ailleurs pas complètement les inconvénients signalés plus haut puisqu’il y a toujours un appel de courant déwatté, ainsi que de
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- courant watté, quoiqu'en très faible proportion, dû à ce que le champ tournant n'atteint pas immédiatement après la mise en circuit sa valeur normale. Par contre, il ne se produit pas dans ce dispositif de démarrage, de choc mécanique entre les enroulements du rotor et du stator, puisque la vitesse du rotor et celle du champ tournant sont égales.
- Dans le cas particulier où il s'agirait de moteurs puissants et où l’on craindrait un appel de courant trop important au démarrage, il suffit d'employer en série avec le stator des résistances de démarrage que l’on met en court-circuit les unes après les autres,
- C. M.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- Lampe universelle a charbons parallèles, sans mécanisme de réglage. — Bermbach. — Elektvotechnische Zeitschrift, 2 septembre 1909.
- Cette lampe appartient au même type que la lampe Beck, mais s’en distingue par des modifications importantes que la description de l'auteur fait ressortir.
- Le charbon négatif P repose sur un support K en cuivre ou en métal analogue ; ce support peut être légèrement déplacé à l’aide d'une vis et est disposé de telle façon que le charbon ne repose sur lui que par son bord extérieur.
- Le charbon positif est solidaire du charbon négatif.
- Lorsque Tare a fonctionné un certain temps, le charbon négatif P s'épuise, de telle sorte que sa pointe repose sur le support. Ce dernier fait partie d’un levier coudé, mobile autour d'un axe ; à la partie supérieure de ce levier est fixée une petite tige horizontale (lig. 1).
- Le poids du charbon et du porte-charbons, agissant sur le support, appuie le charbon négatif, par l'intermédiaire de la tige, contre le bord intérieur de l'ouverture circulaire ménagée dans l’embase.
- De cette façon, la pointe du charbon se trouve déchargée, ne se brise pas prématurément, et peut par Conséquent s’allonger. Dès que cette pointe brûle, la pression de la lige contre le charbon cesse, et permet un léger déplacement de celui-ci vers le bas.
- Le support doit remplir les conditions suivantes son point de fusion et surtout son point de volatilisation doivent être aussi élevés que possible; il doit être bon conducteur de la chaleur.
- Le cuivre remplit à peu près ces conditions. Il doit être de section aussi grande que possible, pour faciliter le transport de la chaleur de la pointe du charbon vers l'extérieur.
- Un tel support, pesé après dix heures de fonctionnement, a accusé une augmentation de poids de 1 à
- Fig-. 1.
- ü décigrammes, due à l’oxydation.
- Le dispositif de fixation du charbon négatif présente cet autre avantage, que, lorsque le charbon négatif est usé au point que le porte-charbons dépasse la tige du levier coudé, le charbon tombe de lui-même au fond.
- L'allumage de la lampe se fait, à la façon ordinaire, par l’intermédiaire d'un solénoïde.
- Théoriquement le charbon positif, non soutenu, doit avancer de la même quantité que le charbon négatif.
- Pratiquement, une petite inégalité dans la marche des deux charbons n'entraîne que des variations négligeables de la longueur de l’arc.
- L'économiseur joue d'ailleurs ici un rôle d'égalisation, puisque, celui des deux charbons qui se trouve le plus engagé dans cet économiseur sc vaporise plus rapidement qu’il 11e brûle, et, par conséquent, reste stationnaire pendant un certain temps, ce qui permet à l’autre charbon de rattraper son retard.
- Gomme dans toutes les lampes intensives, on utilise l’action d’un champ magnétique pour maintenir l’arc à la pointe des charbons. Il joue ici le rôle d’un régulateur puisque, si le courant croît, par suite d’une irrégularité dans la composition des charbons, les ampères-tours de l’électro augmentént, et,
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- soufflant 1*arc vers le bas plus énergiquement, augmentent sa résistance et diminuent le courant.
- Cette lampe doit son nom d'universelles, ce qu’elle permet d’employer sans précautions spéciales toutes sortes de charbons, et qu’elle peut fonctionner sans changer ceux-ci en courant continu ou alternatif.
- L. E.
- TRACTION
- Recherche delà fréquence la plus favorable pour les moteurs monophasés à collecteur employés en traction. — Eichberg. — Elcktro-technische Zeitschrift, 9 septembre 1909.
- A l’heure actuelle, les deux fréquences entre lesquelles les avis se partagent sont i5 et a5 par seconde. L’auteur se propose de rechercher quelle est l’influence de la période sur les éléments de la traction : moteurs, transformateurs à poste fixe ou entraînés, ligne aérienne, générateurs.
- Moteurs. — L’auteur se place dans le cas le plus compliqué, et suppose qu’il s’agisse d’équiper une locomotive de train de marchandises avec des moteurs à commande directe qui, d’une part, h faible vitesse, puisse produire un effort de traction continu de 12 oooks, et d’autre part, remorquer des trains de 4oo tonnes en palier à la vitesse de 70 à 80 kilomètres.
- La fréquence de 25 est très favorable si le poids est calculé de façon à atteindre la limite d’adhérence et non à la dépasser, — ou -bien si la commande doit avoir lieu par engrenages; le problème simplifie également beaucoup dans le cas d’un train destiné uniquement au service rapide.
- L’auteur détermine les quantités actives de fer, de cuivre aux enroulements et au collecteur, nécessaires pour deux machines, l’une à i5, l’autre à 25 périodes, pour fournir un effort continu de 12 oookg entre o et 4okm, et un effort de 3 oookg à la vitesse maxima de 70 à 80 kilomètres.
- La première machine a 12 pôles, la deuxième 20 ; les tensions entre lames sont les mêmes, et par conséquent aussi les perles en court-circuit pendant toute la durée du démarrage; le démarrage est le même pour les deux quel que soit le montage du moteur pendant la marche.
- Dans le projet, l’auteur suppose que l’excitation se fasse par les enroulements du rotor. On pourrait également dans les deux cas disposer l’excitation sur
- le stator. On a besoin dans ce cas de plus de cuivre, et la composante déwattée de la tension est plus grande. Il faut alors prendre une moyenne mesure pour l’entrefer et le cos cp.
- Voici d’ailleurs un exemple de spécification.
- Tableau
- 15 PÉRIODES 12 PÔLES 25 PÉRIODES •20 PÔLES
- Entrefer simple 31UUJ 3mm
- Diamètre des tôles de stator i q5o » 2 OOO ))
- Alésage du stator 1 620 » I 720 »
- Largeur totale de fer 43o )> 3<)0 »
- Diamètre du collecteur 1 5oo » 1 5oo »
- Largeur du collecteur 33o » 470 ))
- Nombre total des balais Si 14S
- Watts par décimètre carré r(ï 95,5
- Tension entre lames (volts) 5.07 5
- Poids de fer actif 5 4ooh* 4 i4<>ks
- Cuivre dans le stator et dans le rotor. 1 215 » 885 »
- Cuivre au collecteur 390 » 55o »
- Poids du moteur complet 12 900 » 11 800 »
- En résumé, les poids, rendements, conditions d’échaufïemcnts et facteurs de jouissance sont les mêmes. La différence essentielle réside dans le nombre des balais et dans la surface du collecteur, plus grande dans la machine à 25 périodes que dans la machine à 76.
- Les machines sans excitation par l’induit, avec ou sans chainj') transversal, ne conviennent j)as h un nombre de pôles élevé.
- Si on voulait dépasser le nombre de 25 jDériodes, on atteindrait bientôt la limite de saturation du fer et, par suite, les machines deviendraient beaucoup plus lourdes.
- Générateurs. — Les générateurs doivent être caj)ables de supporter de grands à-couj)s et parfois aussi des courts-circuits. Ceux-ci sont d’autant plus sérieux que la fréquence est plus basse.
- Dans le cas où l’on emjjloie des générateurs jooly-phasés, la charge est alors dissymétrique. Il se produit un champ de réaction d’indùit à double périodicité, d’autant plus intense que le j^as j>olaire est [dus grand, et, plus celui-ci est grand, plus la machine est sensible aux à-couj>s. La dispersion et la réaction d induit croissent avec le pas polaire; mais celui-ci est directement proportionnel à la vitesse périphérique et inversement jn-oporlionnel à la fréquence. Il est établi que les "générateurs à 10 périodes sont de 3o à 20 % jdus lourds et jjlus chers que ceux à 25 périodes, d’autant plus que les
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- turbines pour i5 périodes doivent être construites pour une vitesse plus faible. Cet inconvénient disparaît d’ailleurs avec des turbines à eau.
- Transformateurs. — A 25 périodes, l’induction va jusqu’à 16000; à i5 périodes on peut aller jusqu’à 18000.
- Si l’on choisit une saturation moindre, le transformateur à i5 périodes est plus avantageux que celui à 25, mais son prix s’élève. Ainsi, le prix du transformateur de 5oo à 2 000 kw. est, à i5 périodes, de i,3 à i,35 fois le prix du même transformateur à 25 périodes.
- Réseau. — Une économie sensible ne peut être réalisée par l’abaissement de la fréquence que pour les grandes distances, à cause de la plus faible impédance des canalisations d’alimentation et des trolleys.
- L’économie totale de cuivre peut aller, par l’emploi de la fréquence i5, jusqu’à i5 ou 20 % , ce qui réduit de 4 à 5 % le prix d’installation du réseau ; cette économie est en partie balancée par lé coût plus élevé des transformateurs.
- En résumé, l’emploi de la fréquence i5 est plus commode pour la construction des moteurs à collecteurs de toute catégorie, quelques-uns d’ailleurs ne se construisant pas pour des fréquences plus élevées ; l’équipement des stations centrales avec du courant à i5 périodes revient plus cher qu’avec du courant à 25.
- Par contre, une certaine économie peut être réalisée dans l’équipement du réseau à i5 périodes.
- T. E.
- Cette lueur persiste jusqu’à la décharge presque complète de la bouteille de Leyde.
- Si l’on considère alors le schéma représenté par la figure 1, dans laquelle a, b, sont des bouteilles de Leyde, on peut se rendre compte de l’expérience suivante, qui a été faite par M. J. Kœhler.
- a ?» »
- Fig. 1.
- Lorsque les deux bouteilles sont chargées, la lueur bleuâtre apparaît entre chacune d’elles et les sphères métalliques c, d, munies de pointes, tandis que, entre ces deux sphères elles-mêmes, se produisent une série de décharges à étincelles à intervalles plus ou moins rapprochés selon les dimensions de l’appareil et l’éloignement relatif de ses différentes parties. Le nombre d’étincelles peut être compté par la méthode du miroir tournant.
- On peut baser sur ces principes un appareil d’émission pour la télégraphie sans fil ; il suffit évidemment pour cela de relier les deux armatures verticales des bouteilles de Leyde à une machine qui les charge, et, d’autre part, de relier également chacune des sphères c et d à l’une des armatures d’un condensateur, de manière à réaliser un circuit oscillant.
- P. T.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Nouveau radiateur de télégraphie sans fil. — A. Gradenwitz. — Scluveizerische Elektrotecli-nisclie Zeitschrift, u septembre 1909.
- Ce nouvel éclateur a pour but d’utiliser l’étincelle électrique pour la production d’oscillations continues. Il est-basé sur le phénomène bien connu dit « elïet des pointes ».
- Lorsqu’on approche à une certaine distance d’une puissante bouteille de Leyde chargée une pointe de métal, on voit apparaître, si l’on opère dans l’obscurité, une lueur bleuâtre de forme sphérique entre l’armature métallique de la bouteille et la pointe.
- BREVETS
- Dispositif pour la régulation de l’avancement dans les lampes à arc avec électrodes disposées au-dessus ou à côté l’une de l’autre. — M. Wittgensteiner. — Publié le 17 août 1909.
- Les porte-électrodes fusibles ne permettent pas en général une régulation précise de l’avancement, parce que la matière fusible du support (cire ou substance analogue), que le corps de chauffage soit chauffé par l’arc lumineux ou par le courant électrique, n’a pas la propriété de se ramollir, sous l’action de la chaleur, dans la mesure précise voulue pour l’avancement exact des électrodes. Pour cette
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- raison, dans le présent système, les supports des électrodes sont faits en une matière combustible et de préférence en papier.
- Le dispositif de chauffage pénètre alors en brûlant dans le support et provoque, au point de contact, une combustion exactement limitée et progressive du support.
- Par exemple, sur la figure x, i désigne l’électrode .qui reste fixe pendant que la lampe brûle, et a désigne l’électrode mobile qui avance.
- Avant la mise en circuit de la lampe, le charbon i est en contact avec l’autre, tandis que, lorsque la
- mise en circuit est-effectuée à la manière ordinaire, un électro-aimant 3 parcouru par le courant provoque la formation de l’arc lumineux.
- Lors de la mise hors circuit, les ressorts antagonistes produisent à nouveau la venue en con tact avec l’électrode supérieure.
- Le support combustible ou inflammable, qui est constitué par exemple par une bande de papierS, est relié rigidement à la monture de l’électrode a, cette bande de papier pouvant naturellement être raidie d’une manière quelconque.
- Le support 5 repose sur le chauffage 6 dont le réchauffage augmente avec la combustion de l’électrode. A cet effet, dans le mode d’exécution de la ligure i, un fil 7, formant résistance, est disposé parallèlement à l’arc lumineux et entoure le corps 6, de telle sorte que celui-ci s’échauffe à mesure que la résistance devient plus chaude.
- Lorsque l’arc lumineux a atteint une certaine longueur, la force du courant augmente dans le fil de résistance et chauffe plus fortement le corps 6,
- jusqu’à ce que la longueur normale de l’arc soit de nouveau établie. Il en résulte que le dispositif de chauffage 6 pénètre lentement, en brûlant, d’une quantité exactement limitée dans le support 5, en papier ou autre matière analogue.
- Accumulateur électrique. — !.. Meriguet.
- — Brevet n° 44 280 (1).
- Les armatures (fig. 1) comportent des flasques à profil triangulaire, a pour l’élément positif, b pour l’élément négatif, qui sont réunies par des barreaux c d destinés à soutenir la matière active, les flasques a de l’élément positif ayant leur base placée en haut et leur sommet en bas, tandis que les flasques b ont leur sommet placé en haut et leur base en bas. Les armatures ainsi constituées portent des bandes e f pour l’arrivée et le départ du courant.
- Fig. 1.
- Sur les barreaux c- d sont tendues des ficelles, les unes, g, entre l’un des barreaux supérieurs et le barreau inférieur, les autres, h, intercalées entre les précédentes suivant un chemin sinueux du haut en bas de l’élément en s’appuyant sur le plus grand nombre possible de barreaux.
- Les armatures ainsi garnies de ficelles sont enve-Iopées entièrement de la matière active, puis les éléments ainsi constitués sont plongés dans le bain de l’accumulateur, les ficelles sont en partie détruites et laissent à la place qu’elles occupaient dans la matière active des conduits qui augmentent la surface de contact entre la matière active ét le liquide baignant la plaque. Ces conduits sont en outre garnis encore de matière fibreuse plus ou moins décomposée par l’acide ; cette matière fibreuse sert de mèche au liquide et facilite sa circulation dans les conduits.
- (J) Extrait de la Schweizerische Elektrotecknischc Zeitschrift, u septembre 1909.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Service d'études des grandes forces hydrauliques des Alpes. Tome III: Résultats des Études et travaux, publiés par la direction de T hydraulique et des améliorations agricoles du ministère de TAgriculture. — i volume, in-8° jésus de 688 pages avec figures, 7 planches, 14 cartes en couleurs et 3o graphiques hors texte. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 3o francs.
- M. R. delà Brosse, qui dirige le service spécial d'études des grandes forces hydrauliques de la région des Alpes, organisé par le ministère de l'Agriculture, présente, en tête de ce tome III, qui est à lui seul une œuvre considérable, une description succincte relative aux méthodes et aux instruments employés, ainsi qu'une vue d'ensemble sur les travaux accomplis à la fin de l’année 1907.
- L'ensemble du volume comprend : en premier lieu, la planimétrie des divers bassins avec cartes
- au-------- et tableaux de composition par altitudes
- '200 000
- donnant la contenance de chaque surfaceélémentaire, et sa répartition en zones de 5oo en 5oom; en second lieu, les résultats des nivellements et les profils en long des cours d’eau ; en troisième lieu les observations hydrométriques et les opérations de jaugeage.
- L'ensemble constitue une documentation de la plus haute valeur.
- B. B.
- Starksromtechnik. —E. V. Rziha et J. Seide-ner. — 1 volume in-16 de 1 168 pages avec 602 ligures. — Wilhelm Ernst ûnd Sohn, éditeurs, Berlin. — Prix : broché, 20 marks ; relié, 21 marks.
- Cet ouvrage porte en sous-titre: Manuel d'électro-lechnique. C'est en effet avant tout un formulaire très complet, dans lequel chaque partie est traitée par un spécialiste, et, presque toujours par un spécialiste éminent.
- C'est ainsi que les lois générales du magnétisme et de l'électricité ont été traitées par M. .1. Sahulka, le professeur à l'Ecole technique supérieure de Vienne, dont nous avons récemment résumé un intéressant travail ; les mesures (courtes descriptions d'appareils, et exposés condensés des méthodes),
- par M. H. Schultze ; les centrales et les installations hydro-électriques par MM. Rziha et Camerer ; les. machines thermiques parM. Lynen.
- Les dynamos, dont l’étude occupe près de 200 pages de l’ouvrage, forment un chapitre supérieurement rédigé, et signé de M. G. Ossanna. Nous signalerons surtout ce qui concerne les diagrammes des moteurs asynchrones.
- M. L. Ivallir s'est chargé de ce qui concerne les lignes de transmission, et M. J. Herzog des lampes électriques. Enfin, aux chapitres des applications mécaniques et de l'électrochimie, on trouve les noms de MM. C. ligner, et J. Klaudy.
- Il est inutile de souligner l'intérêt et Futilité que présente un manuel pratique constitué à l'aide d'une telle collaboration. Aucune longueur inutile, beaucoup de schémas et de tableaux, enfin une tab$e des matières commode et une disposition typographique très bien comprise augmentent encore les chances de succès de cet ouvrage, non seulement dans son pays d’origine, mais encore, il faut bien le dire, dans des pays voisins beaucoup moins bien partagés.
- R. B.
- La pratica delle Costruzioni Ellettromecca-niche (& édition). —G. Pardini. — 1 volume in-8° carré de 496 pages avec 343 figures et 12 planches hors texte.— E. Bignami et Cle, éditeurs, Milan. — Prix: broche, 4 lires*
- L’auteur a cherché à rassembler les documents nécessaires pour guider le technicien, soit dans la construction des machines qu’il exécute lui-rnême, soit dans l'appréciation de celles non construites par lui et desquelles il est appelé à se servir. On trouve dans son ouvrage d'assez nombreuses descriptions d’organes ; à la fin du livre sont rassemblés les calculs classiques concernant la partie mécanique et la partie électrique. Il est regrettable que l’auteur n'ait pas cru devoir augmenter la part faite aux renseignements immédiatement pratiques, qu'il est toujours si commode de voir rassemblés en tableaux permettant de ne recourir qu’oerasion-nellement à la lecture continue du texte.
- L. A.
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- VOLUMES REÇUS
- Cours pratique d’électricité industrielle y tome I,parH. Chevallier. — i volume in-8 carré de 397 pages avec f\io figures. — Gii. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 7 fr, 5o.
- Aide-mémoire de poche de l’électricien, 3U édition, par Ph. Picard et A. David. — 1 volume in-16 de 85o pages avec 160 figures.— Cn. Béranger, éditeur, Paris.— Prix : relié, 7 fr. 5o.
- Dictionary of Chemical and Metallurgical Material (5e édition). — 1 volume in-8 de 182 pages.— Electroghemical and Metallurgical Industry. New-York. — Prix : broché, 1 franc.
- Analyse des matériaux par électrolyse 2e édition), par A. Hollard et L. Bertiaux. — 1 volume in-8 raisin de 256 pages.— H. Dunod et E. Pinat, l'diteurs, Paris. — Prix : broché, 9 fr. 5o.
- Die Eernsprechtechnik der Gegenwart(5a fascicule), parC. Hersen et R. Hartz. — 1 volume in-8 raisin de 63 pages avec 67 figures, r— Friedr. Yiewec. et Sohn, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 2 m. 5o.
- Traité de physique, tome III (i«r fascicule;, par O. D. Chwolson, traduit par E. Davaux, E. Cosse-rat et P. Cosserat.— 1 volume in-8 raisin de ^08 pages avec 126 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché, i3 francs.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le rédacteur en chef,
- t
- Dans le numéro 37 de La Lumière Electrique du 11 septembre 1909, p. 34o, vous publiez une note sur les « pertes dans le fer d’un rotor de moteur monophasé à collecteur ».
- Permettez-inoi de vous écrire que j’ai traité ce même sujet beaucoup plus en détail déjà cn 1906 dans les journaux suivants :
- EleklrotechnikundMaschinenbau (Vienne), 1906, p. 489, du 10 juin ;
- Electrical 1 Vorld-(New-York), du 24 mars 1906, p. 6i'a, volume XLVII ;
- The Electrical Engineer (London), 10 août 1906 p. 196;
- Et encore Y Eclairage Electrique du 28 juillet 1906, tome XLVIII, p. 146.
- En vous priant de bien vouloir constater ces faits dans votre honoré journal, et en vous remerciant, je vous prie d’agréer etc... [*).
- Prof. F. Niethammer.
- Brünn, (Autriche) 14 septembre 1909.
- (* l) Le premier elle quatrième article cités ici n’en font qu’un, celui qui a paru dans notre Revue à la date du 28 juillet 1906 étant un extrait de publication étrangère. Nous donnons d’ailleurs bien volontiers acte à M. Niel-hainmer de ce rappel de ses travaux antérieurs.
- Quant à la note de MM. Noome et Haga à laquelle il
- 1 est fait allusion dans cette lettre, elle contient des indica-lions qu’il nous a paru intéressant de reproduire sur la | méthode qu’ils ont employée notamment cn ce qui concerne le mode d’alimentation des enroulements du moteur expérimenté. (N. D. L. R.)
- VARIÉTÉS
- Emploi des accumulateurs dans les distributions d’énergie électrique(!).
- On peut diviser les distributions d’électricité en deux catégories :
- Celles à courant continu ;
- Celles à courant alternatif.
- Pour la première catégorie, l’emploi des batteries se présente sans objection de principe.
- Pour la seconde, il n’en est plus de même, et il semble, à première vue, que la nécessité d’une double transformation du courant:
- (l) D’après le rapport de M. Nissou, au Congrès de Mar* seille, 1908.
- alternatif cn continu pour la charge ; continu en alternatif pour la décharge, soit un obstacle à toute application des accumulateurs. Il n’en est rien, dans beaucoup de cas, et ils sont appelés à jouer, dans ces distributions, un rôle presque aussi important que dans celles à courant continu.
- DISTRIBUTIONS A COURANT CONTINU
- Fn réseau d’éclairage présente deux caractéristiques : ”
- i° Il n’atteint sa pleine charge que quelques heures par jour ; le reste du temps la consommation est très faible.
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- 2° Il est indispensable, dans la plupart des cas, d’assurer la fourniture permanente du courant pour une charge déterminée et une seule (généralement la pleine charge).
- Le premier soin des exploitants a été de proportionner les groupes générateurs, en service aux différents moments de la journée, de façon à placer ces groupes dans les conditions de rendement maximum.
- Pour réaliser ce programme, l’emploi des batteries d’accumulateurs est devenu classique et il n’y a pas lieu d’insister sur le genre de service qui a été préconisé pour leur emploi.
- En passant, on peut signaler la sécurité que donne la présence d’une batterie chargée aux heures de fort service.
- Cette sécurité est d’autant plus grande que la batterie peut fournir, sans manœuvres spéciales, un courant de décharge très élevé. Une batterie bien construite peut, sans risque de détérioration, en cas d’accident, décharger un régime trois fois supérieur à son régime normal (décharge en cinq heures) et soutenir ce débit pendant i heure.
- Elle peut meme fournir un débit plus élevé pendant 20 minutes à 3o minutes (temps suffisant pour des changements de machine ou pour franchir l’extrême pointe du débit).
- Equilibrage des ponts des distributions à plusieurs fils. — Cet équilibrage peut être assuré par des manœuvres simples avec les batteries-accumulateurs.
- Position des batteries sur un réseau. — Dans une distribution étendue, il y a des centres de grande consommation. Si l’usine est éloignée de ces centres, il est intéressant de placer à ces endroits une batterie pour faire l’appoint. En procédant ainsi, les feeders de départ de l’usine peuvent aVoir une section moindre, puisqu’ils n’ont plus à supporter la forte charge du réseau, une partie de celle-ci étant fournie directement parles accumulateurs qui sont surplace.
- Jiatteries tampons. — Les variations de la puissance demandée dans une exploitation de traction nécessitent d’une part un matériel générateur susceptible de fournir la puissance maxima, et travaillant en moyenne à charge réduite, et, par conséquent, avec un rendement médiocre ; d’autre part, des câbles d’alimentation d'une section suffisante pour le maintien d’une tension acceptable lors des maxima, d’où :
- Production coûteuse du courant;
- Dépense exagérée de cuivre dans les lignes.
- Les batteries d’accumulateurs permettent de supprimer ces inconvénients.
- En effet, si Ton considère deux générateurs d’électricité en parallèle :
- L?un A, de force électromotrice E et d’une résistance totale R ;
- L’autre B, de force électromotrice E et d’une résistance totale R’ ;
- Et si, sur le circuit extérieur, on demande une intensité 1,
- A débitera i,
- B » V.
- i et V étant liés par les relations
- / + S = I
- E — R/ = E — R'/',
- d’où
- Ri = R'/f,
- __R
- T~Rr
- Autrement dit, les intensités fournies par chacun des générateurs sont en raison inverse de la résistance de leur circuit.
- Pour faire supporter les à-coups à l’un d'eux, il suffira de choisir celui-ci de telle sorte que la résistance de son circuit soit minimum.
- Une batterie d’accumulateurs bien construite présente les qualités requises pour réaliser ce programme.
- Placée en parallèle avec des génératrices en dérivation, la batterie, lorsque le courant de ligne augmente, participe au débit; elle se charge lorsque le débit extérieur diminue, maintenant ainsi le courant fourni par les génératrices à une valeur moyenne.
- Ce système, très satisfaisant au point de vue économique, présente un inconvénient pour les réseaux un peu étendus.
- Le moment où l’intensité fournie au réseau a la valeur la plus élevée est aussi celui où la tension est la plus basse.
- Cette baisse, ajoutée à la perte en ligne, est un inconvénient pour le maintien de la vitesse normale des voitures et pour l’éclairage.
- En outre, ce système était difficilement applicable dans les usines existantes, où, pour éviter les variations de tension et même leur donner un sens favo-
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- rable, on avait installé, de préférence, des génératrices compounds et même hyper-compounds.
- On a trouvé la solution du problème en adaptant, en série avec la batterie, une génératrice dont la tension est réglée automatiquement, soit par des circuits multiples d’excitation, soit par un régulateur automatique, de façon à être additive à celle de la batterie dans le sens décharge, et additive à celle des génératrices dans le sens charge; cette génératrice est dite survolteur-dévolteur automatique.
- Il suffît que la tension fournie par le survolteur-dévolteur automatique compense exactement les variations de celle de la batterie, pour que la tension de l’ensemble (batterie -j- survolteur), qui est celle des barres du tableau, reste constante.
- Entre les limites habituellement admises (décharge au régime en une heure et charge au régime en a heures) pour des à-coups d’une durée ne dépassant pas a minutes, le caractéristique de la tension d’une batterie, en fonction du courant qui la traverse (I -f- sens décharge, I — sens charge) est pratiquement une droite. Pour que le survolteur remplisse convenablement sa fonction, il faut que sa tension caractéristique (ordonnée tension, abscisse courant traversant l’induit) soit aussi une. droite de même coefficient angulaire que la précédente, mais de signe contraire.
- On s’approche de cette condition en adoptant comme survolteur-dévolteur des génératrices travaillant au-dessous du coude de leur caractéristique.
- Comme le survolteur-dévolteur est en outre utilisé pour la recharge de la batterie en fin de service, il doit pouvoir donner sous une intensité réduite, une tension de a,5 à 3 fois plus grande que pendant la marche en tampon.
- En résumé, la puissance du survolteur-dévolteur, nécessaire pour une batterie tampon, est déterminée approximativement en général en disant :
- i0 Que son induit doit pouvoir supporte,r l’intensité maximum de décharge de la batterie ;
- a0 Qu’il doit fournir pour cette intensité une tension égale à io % environ de la tension aux barres avec un réglage possible (marche en tampon) ;
- 3° Que, pour une intensité
- i i
- de - à - de 3 a
- celle ci-
- dessus, il doit fournir une tension max. égale à 3o % environ normale aux barres du tableau (charge de la batterie).
- Batteries de liane. — L’installation d’une batterie
- de ligne est d’autant plus justifiée que le feeder est plus long.
- Rendement des batteries tampons. — Ce rendement est meilleur que celui d’une batterie fonctionnant Gomme réservoir, c'est-à-dire fournissant des décharges de longue durée; il est facile de le justifier.
- aux régimes habituels entre a volts et T ,8 volt par élément, soit environ 1,9 volt pour e moyen.
- La charge s’opère entre a volts et a,60 volts, a,35 volts pour e moyen.
- Le rapport des tensions
- e moyen 1 volt, 9
- o,834
- e' moyen a vo,,8,35 est un des facteurs du rendement R et l’on sait que le rendement peut s’écrire
- __ e moyen i moyen t
- e'moyen i' moyen t'
- Dans une batterie tampon, la tension moyenne de
- décharge est 1 ,g5 (pour des variations de faible
- durée), la tension moyennede charge est a,i5
- , e moyen , . i,o5
- le rapport —:---- devient —— = 0,060.
- e moyen a,i5
- Le rendement en quantité est très élevé, car les phénomènes qui interviennent pour le diminuer sont de peu d’importance, les décharges étant de courte durée, et la pratique a démontré que le rendement en énergie d’une batterie fonctionnant exclusivement comme tampon était compris entre 0,8 et o,85 en moyenne.
- Exemples de batteries tampons. — A l’heure actuelle,la plupart des réseaux de tramways emploient des batteries tampons.
- On peut citer, parmi les plus importantes, celles du Métropolitain de Paris, composées chacune de :
- 399 éléments de 1 800 à a 000 ampères-heure en une heure.
- Celles de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans composées de :
- a8o éléments de 1 aoo ampères-heure en une heure.
- Celles des tramways de Lyon :
- 3oo éléments de a 080 ampères-heure en une heure.
- La Compagnie des chemins de fer à voie étroite Firminy-Rive-de-Gier et extensions à installé, à son usine de Bellevuc :
- Une batterie de 390 éléments de 1 000 ampères-heure en une heure.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Aux tramways de Marseille, il existe dans les diverses sous-stations, des batteries tampons de:
- 276 éléments, de capacité variable.
- En Amérique, en Allemagne, l’emploi des batteries tampons s’est généralisé ; des batteries puissantes sont en fonction sur les différents réseaux de traction de New-York, Buffalo, Philadelphie, Hambourg, Berlin, Francfort, etc.
- Des batteries tampons ont été installées dans beaucoup de réseaux alimentant des usines à travail variable, tels que forges, laminoirs, mines, etc.
- DISTRIBUTIONS A COURANT MONOPHASÉ OU POLYPHASÉ
- Batteries tampons placées aux stations réceptrices. — i° Stations transformant le courant à l’arrivée en courant continu.
- Dans ces stations, toutes les applications précédemment passées en revue se retrouvent ; on peut signaler toutefois, que si les groupes de transformation sont réversibles (moteur synchrone-dynamo ou commutatrice) on peut transformer du courant continu en courant alternatif, ce qui, dans les cas d’arrêts de la haute tension, peut présenter des avantages très importants.
- 2° Stations recevant des courants polyphasés et les utilisant sous cette forme.
- Quand ces stations alimentent des moteurs à travail variable et de l’éclairage, le réglage delà tension est impossible, et les variations se transmettent avec plus ou moins d’intensité tout le long de la ligne d’alimentation.
- Elles peuvent ne pas influencer l’usine génératrice (si elle est suffisamment importante), tout en rendant impossible le fonctionnement normal des éclairages branchés sur la même ligne.
- C’est le cas, par exemple, d’un moteur de machine d’extraction de laminoirs, et, en général, le cas d'une ligne alimentant un réseau d’éclairage et quelques gros moteurs a marche intermittente.
- Une batterie tampon peut rendre, dans de telles installations, les mêmes services que dans les installations à courant continu.
- La batterie est reliée à la ligne triphasée par l’in-
- termédiaire d’un groupe réversible (moteur syn-chrone-génératrice shunt).
- Le groupe étant en marche, pour faire charger ou décharger la batterie, il suffit d’agir sur l’excitation de la génératrice.
- En l’augmentant, la batterie se charge; en la diminuant, la batterie envoie du courant à la dynamo qui tourne comme réceptrice et actionne le moteur synchrone comme alternateur.
- Pour que l’intervention de la batterie se fasse automatiquement, il suffit que le réglage automatique de l’excitation de la dynamo soit commandé par le courant traversant la ligne polyphasée.
- Les régulateurs automatiques employés sont de deux genres :
- i° Des relais commandés par le courant alternatif principal et agissant sur la commande d’un rhéostat intercalé dans le circuit d’excitation de la dynamo (cette excitation de la dynamo étant prise aux bornes de la batterie) ;
- a° La dynamo possède deux enroulements d’excitation :
- Le premier, branché aux bornes de la batterie avec réglage à la main ;
- Le deuxième,, en opposition avec le premier, pris aux bornes (côté continu) d’une commutatrice alimentée par le secondaire d’un transformateur dont le primaire est placé en série avec la ligne alternative.
- Tous les régulateurs existants sont des variantes de ces deux genres.
- Batteries de secours. — Il y a avantage à prévoir une batterie de secours, dont les dépenses sont couvertes largement :
- i° Par la supression des manques de recettes, pénalités, etc., pendant les arrêts ;
- 2° Par l’économie de combustible et de personnel réalisée en évitant le maintien continuel sous pression des unités à vapeur de secours ;
- 3° Par la possibilité d’accroître la fourniture du courant et, par conséquent, la recette, la batterie absorbant les fluctuations de la charge et pouvant fournir son appoint aux heures de forte consommation.
- N. A.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’Usine centrale des tramways de Glasgow. (')
- L’usine, dont le bâtiment principal couvre une superficie de ^3,n X 6om, soit près de 5 ooom, comprend trois grandes parties : salle des chaudières, salle des machines, salle des condenseurs et pompes ; contre la chaufferie, deux cheminées de 8om de hauteur et d’un diamètre intérieur de 4m,8o.
- Cette station dessert actuellement g5o voitures.
- L’intensité du trafic est telle que les trains se suivent à i minute d’intervalle ; chacun peut transporter 100 personnes. La puissance de la centrale est de i5oookw; par suite de nouvelles concessions, ce chiffre atteindra d’ici peu 20 000 kw.
- Chaufferie. — 22 chaudières Babcok et Wilcox, dont 6 construites récemment en prévision des extensions. Ces chaudières multitubulaires sont munies de surchauffeurs ; elles sont disposées en 11 batteries de 2 éléments chacune. Il y a d’un côté de la salle 12 chaudières, de l’autre 10 ; chacune de ces deux séries a son service indépendant, en ce sens qu’elles possèdent chacune leur distribution de charbon, leur économisateur et leur alimentation.
- La surface de chauffe est de /|8omï et la grille 5m9,8 ; pour les six dernières chaudières, on a porté ces surfaces à 54om2 et 6mï,5. Le rapport de la surface de chauffe à la surface de grille est de 82,5.
- Les tubes des chaudières ont 5m,4o de long et ioomm de diamètre.
- La pression normale de la vapeur est de i2kK, soit 193°. Elle est surchauffée à 225° et à 275°, dans les dernières chaudières.
- La vaporisation est de 2iks par mètre carré de surface de chauffe et la production de chaque chaudière de dix tonnes par heure.
- Nous voyons que, sans pousser la vaporisation au delà de 2okg, la chaufferie est capable de 3o 000 H P ou 22 000 kw.
- L'alimentation des foyers est mécanique ; le sys-
- (') D’après A. Thonet, Bulletin de l’Institut électro-technique Monteflore, tonie IX, 3° série, n° 6, 1909.
- tème employé est une grille mobile sans fin, montée sur deux tambours et actionnée par un moteur électrique se trouvant dans les sous-sols. Un distributeur répartit sur la grille une couche de charbon de i3 centimètres d’épaisseur ; ce distributeur et la grille ressortent de im,5o en avant des chaudières.
- L’eau pour les chaudières est fournie par la ville et reçue dans deux réservoirs de 720 hectolitres placés entre les cheminées. L’alimentation normale des chaudières se fait en eau chaude : les eaux de condensation (par surface) sont épurées, réchauffées dans les green, et parviennent aux chaudières à 8o°-90°.
- Chaque économiseur green contient 480 hectolitres ; la température de l’eau y est élevée de 35° à 85°. Les gaz des foyers sortent à la température de 3oo° dans deux carnaux collecteurs de 62“ de long, 2m,4o de large et 3 à 5m de haut ; ces couloirs entièrement métalliques sont revêtus d’as-beste. A la sortie du green, les gaz sont à 1700.
- La consommation totale journalière de la chaufferie est d’environ i3o tonnes de charbon. L’eau vaporisée totale est de 900 à 1 000 mètres cubes ; par kilogramme de charbon brûlé, il y a 7 à 7U.5. d’eau vaporisée.
- Charbons. — Le combustible employé est du charbon écossais, pauvre et maigre. On fait des mélanges de plusieurs qualités ; le prix ]:>ar tonne anglaise est de 8 à 9 sh. (10 fr. à 11 fr. 40 les 1 000 kilogrammes).
- Le transport est fait par deux Compagnies dont les lignes aboutissent à la centrale. Deux locomotives électriques conduisent les wagons sous des grues qui les déversent dans le magasin à charbon, d’une contenance de 4 000 tonnes.
- Par une chaîne à godets, le charbon est trans porté du magasin vers un réservoir (2 400 t.) placé à la partie supérieure de la chaufferie.
- De ce réservoir partent des couloirs en tôle qui déversent le combustible dans les distributeurs des grilles mobiles. Ces distributeurs sont automatiques et pourvus de compteurs. Il suffit d’en lire les indi-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — K° 39.
- cations pour contrôler la quantité de charbon brûlé par chaque chaudière.
- Pour les cendres, des ouvertures sont ménagées dans le fond des foyers. Les cendres tombent dans les sous-sols et sont enlevées par une chaîne à godets qui les déverse dans un grand bac. Ce bac est conduit au terril par un wagonnet électrique.
- Alimentation. — La tuyauterie d’alimentation, comme celle de la vapeur, est entièrement double. Elle est prévue de façon qu’un accident, de quelque nature qu’il soit, ne puisse entraver la production de la vapeur.
- En marche normale, l’eau de condensation est reprise à 3o ou 35° par les pompes, et foulée à travers les économiseurs, où elle s’échauffe à 80-90". Au cas où l’alimentation ne pourrait se faire par les eaux de condensation, les pompes puisent dans des citernes dont l’eau provient des réservoirs placés entre les cheminées.
- Salle des machines. — Deux ponts roulants de 5o tonnes avec commande électrique par trois moteurs.
- a) Quatre groupes électrogènes de 2 5oo kw., constitués par des machines à vapeur verticales à triple expansion, accouplées directement à des alternateurs triphasés 6 5oo volts.
- Deux de ces machines sortent des ateliers américains « Allis » ; type de distribution Corliss (par robinet valve). Nombre de tours : 75 par minute.
- Les cylindres ont pour diamètres : io5, i56 et i6o°m avec ioo':m de course. La commande de la distribution se fait par excentriques. Le volant a 7"' de diamètre et pèse 100 tonnes. Le régulateur est commandé électriquement.
- La consommation de vapeur est de 9k,5 par kilowatt-heure ; mais en pleine charge, on arrive à8k,7.
- La consommation de charbon est de ik,3 par kilowatt-heure. Les deux autres machines sont identiques et de construction anglaise. Leur consommation est un peu plus forte.
- b) Deux groupes de 600 kw. constitués par des machines à vapeur verticales, type Corliss, accouplées directement à des dynamos à courant continu à £00 volts. Nombre de tours : 90 tours par minute.
- c) Six petits groupes de 5o kw. constitués par des machines à vapeur verticales Compound, à grande vitesse (3oo tours par minute), accouplées à
- des dynamos de 100 volts. Les machines sont du type Allen avec distribution par piston valve. La consommation est de nkB de vapeur par kilowattheure. Ces six groupes servent d’excitatrices aux groupes a et b.
- d) Trois turbo-alternateurs Brown-Boveri-Par-sons de 3 000 kilowatts chacun.
- Les turbines font 1 5oo tours par minute et sont accouplées directement à des alternateurs de 6 5oo volts. La commande du régulateur peut s'effectuer au tableau, ce qui facilite la mise en parallèle. La consommation garantie est de 7k,2 par kilowattheure en pleine charge.
- L’excitation est prise aux groupes de 5o kilowatts.
- On a cité ces trois turbo-alternateurs quoiqu’en réalité un seul d’entre eux soit terminé et prêt à fonctionner.
- Les deux autres n’entreront en service que dans plusieurs mois.
- Telle qu’elle vient d’être présentée, la centrale a une puissance disponible de 11 5oo kw. Dans un an, elle sera de 20 000 kw. Cette extension est motivée par le fait que la Société établit i2km de voies nouvelles et a acquis des concessions suburbaines.
- Lubrification. — Pour les quatre groupes de 2 5oo kw, il y a un appareil automatique. Un réservoir reçoit 1 huile des magasins ; par gravité, elle tombe dans un autre réservoir au niveau des machines ; quatre pompes aspirent et refoulent l’huile dans les machines. Après lubrification, elle subit une série de filtrages et revient au premier réservoir. Pour les turbines : 2 pompes à huile à chaque turbine : i° une petite pompe à pleine pression qui sert uniquement lors de la mise en marche ; 20 dès que la turbine a atteint sa vitesse, on supprime la pompe précédente et on se sert d’une petite pompe commandée à l’aide d’un excentrique par la turbine elle-même. L’huile est envoyée aux paliers sous une pression de i,5 à 2 atmosphères. Le graissage des paliers et leur refroidissement acquièrent ici une importance capitale, vu la vitesse. La dépense d’huile est de beaucoup inférieure à celle des machines à piston (5 à 10 %).
- La consommation totale journalière d’huile est de 240 litres.
- Alternateurs. — Alternateurs triphasés de 2 5oo kw (groupe a), G 5oo volts, 7a tours par minute, 25 périodes, 40 pôles, construits par la British > Thomson-Houston.
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- L’excitation normale est a5o ampères.
- Surcharge de a5 % pendant deux heures et de 5o % pendant i5 minutes.
- Le voltage ne doit pas varier de plus de 8 % ; un régulateur Tyrril agit dans ce but sur les groupes d’excitation.
- La densité de courant dans l’armature est de i,5 ampère par millimètre carré en pleine chargé, cos <p = 0,96.
- Les enroulements sont en étoile ; le point neutre n’est pas mis à la terre.
- Les alternateurs des turbines sont construits par Brown-Boveri ,• 3 000 kw., 6 5oo volts et a5 périodes.
- De même que les précédents, ces alternateurs prennent leur excitation aux groupes d’excitation de 55 kilowatts.
- Dynamos. — Dynamos shunt de 600 kw construites par la British Thomson-Houston ; 90 tours par minute ; 5oo volts.
- Excitatrices. —Excitatrices de5okw.,ioo volts, 3oo tours par minute.
- Le courant des tramways est fourni entièrement par les alternateurs, après transformation de 65o volts en 5oo volts continus dans les sous-stations.
- Les deux groupes continus de Goo kw. servent uniquement à donner, pendant la nuit et l’arrêt des tramways, le courant à la centrale et aux neuf dépôts et ateliers que la Compagnie possède. On y travaille de minuit à quatre heures et demie du matin.
- Le service intérieur de l’usine est assuré jusqu’à minuit par deux commutatrices de 5o kw., qui se trouvent dans la salle des pompes et transforment du 6 5oo volts en 5oo volts continus. On pourrait aussi recourir aux groupes de 5o kw. pour l’éclairage intérieur.
- La consommation annuelle par les tramways est de 28 000 000 kilowatts-heure. On peut fixer la dépense par kilowatt-heure utilisé à ofr. o36, sans compter l’intérêt et l’amortissement du capital engagé.
- Pompes, Condenseurs. — Toutes les .machines marchent avec condensation.
- Dans une même partie de l’usine se trouveront les condenseurs par surface, les pompes à air et de circulation, les épurateurs d’huile, les pompes d’alimentation des chaudières. Dans cette salle égale-
- ment, deux commutatrices de 5oo kw. alimentant à 5oo volts les moteurs de ce service.
- Les condenseurs ont une surface de G5om!i et peuvent condenser 12 oool(fde vapeur par heure. Ils renferment 2 690 tubes. Chacun d’eux (il y en a six) possède une pompe à air Triplex et pour la circulation une pompe centrifuge de 9 Goo hectolitres par heure ; les eaux de circulation viennent du canal Clyde.
- Les eaux de condensation sont dirigées vers un grand épurateur, dont le principe est basé sur l’action d’un mélange d’alun et de soude sur l’huile.
- Il se forme un précipité. L’eau passe alors par une série de réservoirs-filtres contenant de la fibre de bois. Les eaux épurées et encore assez chaudes (3o et 35°) se réunissent dans des citernes.
- Au cas où le courant manquerait aux pompes, l’alimentation peut se faire par deux pompes de secours à vapeur. Chaque pompe à un compteur d’eau automatique.
- La commande des pompes est faite dans cette salle par un tableau unique placé contre le mur latéral.
- Pour les turbines, la condensation est identique, sauf que les eaux ne passent évidemment pas par un épurateur.
- Le rôle des deux commutatrices de 5oo kw est double: 10' convertir le triphasé 6 5oo volts en 5oo volts continus pour alimenter le service intérieur pendant le jour; 20 transformer éventuellement, du 5oo volts continu reçu d’une sous-station en 6 5oo volts alternatifs.
- Ces commutatrices sont les mêmes que celles qui constituent les sous-stations; elles ont en plus une excitatrice calée sur l’arbre. La mise en marche s’effectue par un petit moteur asynchrone cage d’écureuil de 10 HP.
- Tableau. — Il occupe toute la largeur de la salle des machines et en plus deux panneaux tournants de 8m de largeur.
- Le continu et l’alternatif se trouvent à des étages différents, l’alternatif au-dessus.
- 11 y a devant et derrière le tableau des espaces libres de 4m de large ; en outre du plancher en bois, il y a un tapis de gutta-percha de 2omm d’épaisseur.
- Les transformateurs des appareils de mesure de 5 5oo volts, les interrupteurs à huile, limiteurs de tension et départ des feeders sont dans les caves et disposés dans des loges en maçonnerie fermées par des vitres. Enfin, devant toutes les parties dange-
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- reuses et à une distance de om,3° courent des barres protectrices.
- Les gros interrupteurs sont du type Thomson-Houston et commandés par servo-moteurs.
- Un régulateur Tyrril commande l’excitation des alternateurs et mâintient leur voltage dans les limites convenables.
- Salle d’éSsAis. — Luxueusement montée avec plancher d’eSsais très complet : ponts de Wheatstone, de Kelvin, galvanomètres, ohmmètres, condensateurs, électrolyseurs accumulateurs, photomètres, oscillographes, etc.
- Un moteur avec dynamo de 3oo kw. est installé.
- Sous-stations. — Il y a cinq sous-stations et une sixième en construction. L’une d’entre elles comprend trois commutatrices ; deux autres en comprennent quatre, une autre cinq et la dernière six. La sous-station en construction recevra quatre groupes.
- ' Les commutatrices ont sur leur arbre, d’une part, un moteur asynchrone de 3o HP à 33o volts servant à faire démarrer la commutatrice ; de l’autre côté, un dévolteur de 5o kw. servant à maintenir le voltage du courant de retour par le rail à moins de 7 volts de perte. (Prescription et cahier des charges.)
- Le tableau de chaque sous-station comporte tous les appareils de mesure nécessaires et notamment un voltmètre pour mesurer la perte de voltage en retour.
- Le courant amené par le feeder à 6 5oo volts passe par trois transformateurs reliés en triangle. Le courant alternatif est abaissé à 33o volts. Ces transformateurs sont dans des bassins d’huile; leur rendement est de 98 % .
- Le 33o volts alternatifs se transforme dans les commutatrices en 5a5 volts continus ; ce voltage varie d’ailleurs entre 5o6 et 507 volts, suivant la charge et le cos <p.
- La puissance de chaque commutatrice = 5oo kw.
- L’ampèrage max = 95a ampères.
- Surcharge de 23 % pendant 12 heures.
- » 5o % » i heure.
- Il y a six pôles; ils font 5oo tours par minute.
- Le rendement en pleine charge = 95 % .
- La mise en marche se fait par un petit moteur de 10 HP en cage d’écureuil.
- Cables. — Les câbles d’alimentation en courant triphasé sont de deux catégories ;
- 4okm de ioomm de section.
- 5okm de 7oinm »
- Il y a 35o kilomètres de câbles secondaires en courant continu à 55o volts.
- Le téléphone est installé le long des lignes sur 225 kilomètres. Tous les 1/2 mille, il y a une crête téléphonique et à chaque mille, il y a un interrupteur de section.
- A. T.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les symptômes de relèvement économique, dont nous parlions la fois dernière, s'accentuent de tous côtés et s’affirment dans le mouvement de hausse de la plupart des valeurs de banque, des valeurs métallurgiques et de charbonnages. Les titres des entreprises d’électricité, d’exploitation en particulier, continuent à bénéficier du mouvement général. Est-Lumière, Ouest-Lumière, Electricité de Paris, valeurs de traction, Compagnie parisienne de Distribution, la Parisienne de chemins de fer et tramways, les différents secteurs, affirment leurs cours précédents à défaut d’une hausse qui escompte un peu vite les résultats des exercices à peine clôturés ; mais puisque le mouvement est donné, pourquoi ne pas y participer ?
- Mais que fait le cuivre? L’association des producteurs américains a publié pour le mois d’août les chiffres suivants : production 53 838 tonnes; livraisons, 48213 tonnes; stocks au icr septembre, 60 355 tonnes. Soit une augmentation pour août de 5 625 tonnes. Si, relevant au cours des 8 premiers mois de l’exercice les chiffres de la production mensuelle on les compare entre eux, on constate qu’ils suivent une courbe ascendante avec cependant deux points bas- : l’un en février, l’autre en avril ; le premier s’expliquant en partie par le nombre de jours du mois, le deuxième légèrement supérieur au chiffre de janvier qui est de 5o 000 tonnes, mais inférieur à la production de mars. Les livraisons totales n’atteignent pas la production en janvier, elles sont inférieures de 10000 tonnes, se relèvent en mars pour devenir de beaucoup supérieures à la production en juillet, puis brusquement en août ne pas même l’atteindre. De sorte que si l’on traduit par un coefficient l’utilisation du métal qui serait représentée par le rapport des livraisons à la production, on trouve depuis janvier des chiffres qui varient de 0,8 à 0,9 en passant par 0,7 en février, 1,04 en avril, 1,11 en juin 1,29 en juillet. Les stocks qui depuis février étaient
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- en constante diminution se sont donc comme conséquence relevés en août, ce qui a été considéré comme défavorable et a produit une très mauvaise impression. Les conclusions de la circulaire Merton du n septembre 1909 sont celles-ci : La demande du commerce a été moins importante que précédemment et les négociants se sont faits une vive concurrence pour obtenir les commandes, les producteurs étant moins disposés à réduire les limites qu’ils ont cotées dernièrement. Sur le continent, les prix du cuivre électrolytique pour la livraison rapprochée ont été remarquablement bas, encourageant ainsi certainsdes gros fabricants à remplir leurs stocks ; ici et en Amérique, les consommateurs se sont tenus sur une réserve remarquable. Le seul marché satisfaisant reste les Indes qui absorbent peu à peu certaines quantités de planches de cuivre et de métal jaune. En fait, le Cuivre électrolytique se maintient aux environs de 60 £ et le Standard aux alentours de 59 £ : il en est ainsi depuis plusieurs mois.
- En Allemagne, les valeurs électriques n’oiit pas été aussi bien tenues que les semaines précédentes. Siemens et Halske a annoncé un dividende de n % égal au précédent; ce qui fut cause, paraît-il d’une déception et fit baisser son cours ; ces déceptions sont étranges, si l’on se rend compte de l’effort considérable qu’a dû faire cette société pour maintenir sa situation financière au cours cle la crise allemande. L’A. E. G. se tient mieux, dit-on; son dividende est supérieur de 1 % à celui de sa con-
- currente, et son cours présente de plus grandes chances de hausse. kEn Belgique, où les valeurs de traction sont le plus traitées et peuvent être considérées comme un critérium, les cours ont été plutôt favorables.
- Comme l’avenir, de l’avis des mieux informés, est à l'électrification des chemins de fer, il n’est pas sans intérêt, au point de vue financier, de reproduire
- quelques conclusions d’une étude sur la locomotive électrique donnée par le journal de l’Association des Ingénieurs allemands et reproduite par le iMoniteur des Intérêts matériels. Commentant les résultats des essais effectués sur les lignes de la Valleteline et qui ont conduit à une commande de /(O locomotives électriques pour trains de marchandises, l’auteur de l'article fait ressortir que pour un poids de 60 tonnes en ordre de marche, la puissance obtenue avec les 12 moteurs montés en parallèle a été de 2 000 chevaux ; la puissance par tonne de locomotive ressort à 33 chevaux. Il y a avantage certain, quant au faible poids de la locomotive électrique sur la locomotive à vapeur. Mais, en outre, si l’on compare entre elles la locomotive à courant triphasé et la locomotive à courant monophasé, le même avantage subsiste en faveur de la première; il résulte, d’expériences faites, qu’une locomotive triphasée peut remorquer 5,45 fois son propre poids, tandis qu’une locomotive monophasée ne peut remorquer que 2,7 fois son poids. Ainsi, toutes choses égales, d’ailleurs, il faudra un poids double de locomotive avec le courant monophasé, et le prix de celle-ci n’étant pas moindre qu’avec le courant triphasé, il en résulte que la puissance spécifique de la locomotive triphasée doit jouer un rôle dans le calcul des frais d’électrification des chemins de fer.
- En dépit de ces conclusions, les expériences qui se poursuivent en France portent sur la traction monophasée ; que ce soit la Compagnie du chemin de fer du Nord, ou celle des chemins de fer du Sud, ou les Omnibus et Tramways de Lyon ou encore le concessionnaire des tramways de l’Yonne et de Ja Haute-Vienne, il faut souligner que l’économie procurée par une installation très simplifiée semble l’emporter aujourd’hui sur les exigences de la traction.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Seine. — Le Bulletin municipal de la Ville de Paris publie l’arrêté préfectoral fixant les conditions des concours relatifs aux concessions : i° des tramways du
- réseau départemental Nord ; 20 des tramways du réseau municipal. Toutes les demandes doivent être adressées à la Préfecture de la Seine avant le 20 octobre. __
- Tarn-et-Garonne. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’un réseau de tramways comprenant les
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- lignes suivantes : i° de Montaigu à la limite du département de Lot-et-Garonne vers Agen ; 20 de Montauban à Verdun par Montech ; 3° de Montauban à Molières par Lafrançaise ; 4° de Montauban à Monclar ; 5° de Castel-sarrasin à Lavit ; 6° de Caussade à Caylus ; 70 de Valence à Montaigu par Bourg-de-Visa.
- Bouches-du-Rhône. — Il est question d’établir un tramway électrique de Saint-Antoine (banlieue de Marseille) à Martigues.
- Nord. — La Compagnie des tramways de Roubaix va procéder à l’extension de son réseau de tramways électriques.
- Basses-Pyrénées.— La demande de concession formulée par M. Verset, pour le tramway électrique reliant Bayonne à Biarritz par la Barre et la Chambre-d’Amour, est soumise à l’examen de la commission nommée par la municipalité d’Anglet.
- Autriche-Hongrie. — Les autorités de Holenfurt ont décidé la construction d'un chemin de fer électrique de Zartlesdorf à Lippnerschwebe ; le devis se monte à 3 i25ooo francs.
- Brésil. — Le gouvernement brésilien vient d’approuver, par décret, les études d’exploration de 177km chemin de fer de S. Antonio do Juquia à Santos.
- ÉCLAIRAGE
- Seine. — La municipalité de Romainville a approuvé le traité avec la Compagnie Est-Lumière pour la distribution de l’énergie électrique avec toutes les modifications imposées par le service des ponts et chaussées.
- Haute-Marne. — La Chambre de commerce de Saint-Dizier a adopté les conclusions du rapport tendant à l’établissement d’un secteur électrique à Nogent.
- Aveyron. — Le projet de l’éclairage électrique de Millau est définitivement adopté : on va procéder très prochainement aux travaux d’installation.
- Côtes-du-Nord. — Le Conseil municipal de Saint-Quay-Portrieux a voté, dans sa dernière séance, le principe de l’éclairage électrique.
- Belgique. — La commune de Jupille va être sous peu dotée de l’éclairage électrique.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie pour la fabrication des Compteurs et Matériels d'Usines à gaz.—- Le 29 septembre, 27, rue Claude-Vellefaux, à Paris.
- Compagnie des compteurs Aron. — Le 29 septembre, 200, quaiJemmapes, à Paris.
- Trust franco-beige de tramways et d’électricité. — Le 2 octobre, à Bruxelles.
- Compagnie du tramway et chemin de fer électriques de Rome-Civita-Castellana-lfiterbe. — Le 3o septembre, à Bruxelles.
- Compagnie générale de chemins de fer et de tramways en Chine. — Le 7 octobre, 1, rue du. Gentilhomme, à Bruxelles.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 3o octobre, à la mairie de Toulouse, fournitures et travaux pour l’installation de moteurs électriques à la manutention militaire de Toulouse. Offres avant le iÜ octobre. Renseignements à la sous-inlendànce militaire, rue Saint-Antoine du T. à Toulouse, et 18, quai Debilly, à Paris.
- Prochainement, à la mairie de Briey (Meurthe-et-Moselle) fourniture d’un moteur électrique avec pompes pour l’usine de Dalhain.
- Prochainement, à la mairie de Toul, fourniture d’une dynamo, d’un moteur et de matériel électrique.
- ALLEMAGNE
- Le i3 octobre, aux chemins de fer de l’État prussien, à Dormund, fourniture de plusieurs machines-outils pour l’atelier central.
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- 'Théories et généralités.
- Des propriétés électriques des cupro-alumi-niums (thermo-électricitéet résistivité).
- — H. Pécheux............................18
- Sur les systèmes absolus d’unités électriques.
- Système B.— deBaillehache. 142, i63 195
- Analyse harmonique et résonances.—H. Abraham. .........................................206
- Les travaux de la Physikal. Technische
- Reichsanstalt en 1908.................299
- De la relation qui existe dans les circuits comprenant un condensateur entre l’amortissement, la nature des électrodes et celle du diélectrique. — W. Zorn. 3oi La conductibilité électrique des fils soumis à une
- traction. — 3. Sdhulka. . . . . 3oi Sur la loi de l’induction. — F.Emde. . . . 33a L’emploi de l’air comprimé comme isolant. —
- E. A. Watson......................333
- Sur le champ démagnétisant. — Silvanus
- P. Thompson et E. W. Moss. . . 399
- Étude de la chaleur perdue par convection par les fils de cuivre de faible calibre. —
- C. A. Kennelly, A. E. Wright et J. S. van Bylevelt. . . ... . 399
- Les lois de l’électrisation de contact dans les
- phénomènes d’osmose. — O. Girard. 367
- Méthodes et appareils de mesures.
- Galvanomètre pour courants alternatifs. —
- Guinchant.................................47
- Mesure des températures élevées à l’aide des couples thermo-électriques (couple nickel-cuivre). —• H. Pécheux. . . . 137
- Ohmmètre et nouvel appareil donnant par lecture directe la tension, l’intensité et la résistance. — E. Siedek..................268
- Nouveau régulateur de vitesse pour moteurs électriques servant à des mesures. —
- E. Giebe.................................269
- La préparation du sulfate de mercure pour les étalons de force-électromotrice. —
- J. Fox...................................367
- Études, construction et essais de machines.
- Réactance de dispersion [suite et fui). — /. Re-
- zelman. .....................13,39, 7a
- Les pôles auxiliaires dans les machines à courant continu. Calcul et Méthode d’essai.
- — G. N. Dodd. . ...............19
- Les types récents de turbo-générateurs. . . aa
- Contribution à la théorie du transformateur
- de courants. — M. Seidner. ... 79
- Procédé de compoundage des alternateurs par
- • des condensateurs. — W. Linke . . 83
- La génératrice à double champ. — E. Ziehl . 110
- Dynamo de démarrage sans magnétisme rémanent. ................................125
- L’emploi du pas d’enroulement raccourci. —
- F. Punga.........................148
- Les balais pour dynamos à grande vitesse. —
- G. de Sauzéa. . . ". . . . . . 177
- Production de courant à intensité constante
- avec les dynamos continues du type
- ordinaire. — A. Bloch..............270
- Séparation des pertes à vides dans les dynamos (modification de la méthode de
- Mordey).—Swyngedauw................277
- Les turbo-générateurs à courant continu. —
- E. Ziehl...........................3o 1
- Le convertisseur- automatique. C. M. B. —
- J. C. Macfarlane et A. Burge. . . 3o5
- Sur la réaction d’induit. — G. Kapp. . . . 307
- Sur le coefficient de dispersion d’un transformateur à enroulement en disque et à bobines sectionnées. — W. Rogowski. 3o8 Sur le diagramme à vide et en court-circuit des moteurs d’induction. Modification dé la méthode d’Hopkinson. —
- S.P. Smith.............................334
- Nouvelle machine à intensité constante et ses
- applications. —- Ch. Kræmer. . . . 338
- Contribution à l’étude des pertes dans le fer d’un rotor de moteur monophasé à collecteur. — C. Noome et K. H. llaga. 34o Procédé pour le séchage rapide des enroulements des moteurs. — S. V. Jankowski. 341
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2e Série). — N°39.
- Détermination expérimentale des deux réactions d'induitdont dépend la variation de tension des alternateurs. —K. H. Ilciga. 3»g Les turbo-génératcurs à courant continu et à
- courant alternatif. — F. Niethammer. 368 Méthode simple pour la mise en charge automatique des transformateurs. — G. Be-
- nischke. . ..371
- Procédé Parsons pour le compoundage des
- alternateurs......................... 400
- Dispositif de synchronisation pour moteurs à induit en court-circuit. — F. Hors-
- chit.z.................................401
- Arcs et lampes électriques et photométrie.
- De la protection de l’œil contre les rayons ultra-violets des sources de lumière artificielles. — M. Voege..........................48
- L’étalon Hefner et l’étalon au pentane de dix
- bougies. — E. Brodhun..................207
- Lampe universelle à charbons parallèles sans
- mécanisme de réglage. —Bermbach . 402
- Brevets....................’................4<>4
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Comparaison au point de vue économique des différentes sources de lumière électrique. . . ...................312
- Conditions techniques pour la livraison des lampes à incandescence de l’Union des centrales suisses d’électricité . . . 3i5
- Transmission et distribution.
- Le réglage de la tension dans les réseaux à trois
- fils. —F. Niethammer et R. Czepek. i53 Sur la répartition des courants électriques dans
- un réseau. — J. Revilliod .... 207
- Etude sur les câbles armés. — Whilehead. . 237
- Câbles armés. De quelques singularités relevées en cours d’exploitation par courants
- triphasés. — J. Saroléa................323
- Degré de sécurité des appareils à haute tension.
- — M. Vogelsang.........................341
- Sur quelques procédés pratiques pour le calcul rapide des lignes de transport d’éner-gieàcourants alternatifs.—A. Blondel.
- 25g, 291
- Calcul des lignes de transports d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité de la perditance réparties.
- — A. Blondel et C. Le Roy. . 355, 387
- Les pertes atmosphériques dans les fils de transmission à courant continu. —
- E. A. Watson..................371
- Brevets. . .........................116
- Traction.
- Traction électrique dans le tunnel de Saint-
- Clair. — F. C. Perkins..............24
- Sur le freinage électrique. -—71/. Millier . . 114
- Nouvelles locomotives électriques pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien. — K. von Kando . . 23g
- Locomotive à courant continu du tunnel de
- Détroit-River.......................3og
- Le funiculaire de Hungerburg (Tyrol). —
- E. Seefehlner.....................342
- Sur le halage électrique des bateaux. — L. Gérard ..........................................345
- Recherche de la fréquence la plus favorable pour les moteurs monophasés à collecteur employés en traction. —- Eich-berg.................................... 4o3
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Statistiques relatives au procédés de freinage employés dans les tramways électriques. Nouveaux procédés, améliorations et frais d’entretien. . . 186, 279
- Résultat d’exploitation du chemin de fer souterrain de New-York....................281
- Prix du matériel roulant électrique .... 379
- Usines génératrices.
- Doit-on produire soi-même l’énergie électrique ? ........................................i5o
- Les rapports de la turbine à vapeur à grande puissance avec l’électrotechnique.
- — Groddeck............................84
- Les grandes centrales électriques à vapeur.
- — G. Chevrier........................270
- L’usine centrale des tramwaysde Glasgow . . 4 11
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Comparaison économique des commutatrices
- avec les groupes moteurs-générateurs 282
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- Prix d’une centrale de ioo chevaux. Devis comparatifs pour la machine à vapeur, le moteur à gaz, le moteur électrique. . 347
- De l’influence de la distribution de courant aux voies ferrées électriques sur la situation économique des centrales . . .. 348
- Applications mécaniques.
- Commande électrique des laminoirs dans les
- aciéries américaines. — E. Eichel. 49, 112
- Dispositif de commande de signaux à distance
- avec ou sans fil. — D’Ivvy. ... 8G Machines-outils commandées électriquement,
- [suite). — A. Cornet. . . . 170, 231
- Application des propriétés magnétiques des métaux à des commandes mécaniques de précision. — A. Fodor et de Buty. 209 Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines. — Eichel etE.
- Trasenster.................49, I22> 209
- Riveuse portative électro-hydraulique. . . . 248
- Soufflerie à commande électrique pour convertisseur (aciérie de l’A. G. Peiner).
- — F. Hartig...................... . . 271
- Plaque tournante à commande électrique. . 809
- Presses rotatives à commande électrique. . . 3io
- L’extraction électrique dans l’industrie chi-• mique minérale. —Philippi. . . . 310
- Electrochimie et électrométallurgie.
- Le ferro-tungstène. — J. Esccird. . . 44, 76
- Expériences sur un haut fourneau électrique
- en Suède.............................i54
- Les ferro-molybdènes. — J. Esccird. . . . 200
- La soupape électrolytique ; influence de la
- température. — G. Athanasiadis. . 310
- Le dégagement calorifique aux électrodes des
- fours électriques. — C. A. Hansen. . 3io Fours à sole conductrice pour la production
- de l’acier. — A. Keller................343
- Le ferro-vanadium. — /. Esccird. . 363, 3g5
- De l’influence du silicium sur les propriétés électriques et magnétiques du fer. —
- E. Kolben.............................373
- DOCUMENTS D'EXPLOITATION
- Coût d’une installation électro-chimique de 10 000 chevaux pour la production de la fonte....................................27
- Coût de l’énergie électrochimique en Suède et en Norvège ..............................
- Eléments primaires et accumulateurs.
- Batterie d’accumulateurs à grande capacité. .' 373 L’accumulateur Thownsend. — L. II. Ba.ek.e-
- land..................... . ... 378
- Emploi des accumulateurs dans les distributions d’énergie électrique...........407
- Brevets...................................4o5
- Télégraphie et téléphonie sans 111.
- Nouveau radiateur de télégraphie sans fil. —
- A. Gradenwilz. ..... . . 404
- Télégraphie et téléphonie.
- Etude sur les lignes téléphoniques [suite et fin).
- — Devaux-Charbonnel. 7,35,67,99, i3i Protection des réseaux téléphoniques contre l’influence des lignes à courant alternatif. — Hoclistcidter. ............. 51
- Sur une application nouvelle de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques dans un même cir-
- cuit. — E. Merccidier. . ... 52
- Rapport sur l’état actuel de la télégraphie sous-
- marine. — II. Larose. . i83, 2i5, 243
- Sur les circuits non uniformes. — Di Pirro.
- 227, 264, 296
- Récepteur à condensateur perfectionné. —
- C. K. Ort et J. Rieger..............241
- La recherche des défauts dans les cables. —
- R. Il afen..........................272
- Nouveau téléphone électro-dynamique. —
- Th. Simon........................ .
- Divers.
- Correspondance. . . . 54,117,180,276, 344
- Errata..........................................54
- Sur les condensateurs à verre. — J. A. Stoc-
- kly............................57, 91
- L’enseignement de l’électricité à l’Institut polytechnique de Worcester (Massachussetts). — L. Fabre.....................io5
- Ecole supérieure d’électricité..................2^8
- Ecole supérieure d’Aéronautique et de construction mécanique.............278
- p.419 - vue 419/424
-
-
-
- 420
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. VII (2e Série) — N° 39. '
- Ecole spéciale des Travaux publics. . . . 3/t6
- Buevets (listes). ^ . 167, 242
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Prix de revient total de la stérilisation de 38o l’eau potable par l’ozone...................
- Législation et contentieux.
- Arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux sur une question de droit administratif. —
- P. Bougault.........................55
- Note sur les droits d’octroi et l’exemption possible des matériaux servant à une ligne de distribution électrique. — P. Bougault.......................................88
- Note sur la date d’exigibilité des droits de timbre et d’abonnement. — P. Bougault. 123 Un intéressant arrêté du Conseil de Préfecture des Bouches-du-Rhône. — P. Bou-
- , gault..................................181
- Jugement du tribunal de commerce de Grenoble sur le minimum de consommation. —
- P. Bougault. ........ 276
- Les contrats de concession d’éclairage doivent-ils être donnés en adjudication ? —
- P. Bougault.........................375
- Renseignements économiques et commerciaux.
- Documents d’exploitations (V. aux différentes
- rubriques)..........................
- Chronique financière, 29, 60, 93, i58, 188, 221,
- 253, 283, 317, 348, 38i 414
- Renseignements commerciaux, 3o, 62, 95, 126,
- 160, 190, 223, 254, 285, 319, 35o, 383, 415
- Adjudications, 82, 63, 96, 127, 160, 192, 223,
- 255, 288, 820, 352, 384, 416
- Nouvelles sociétés. . . . ’ . . 192, 287, 383
- Bibliographie.
- Traité théorique et pratique des machines dynamo-électriques ; courants alternatifs.*— Silvanus Thompson. ... 26
- Précis de législation de l’électricité. — il/. Laboureur......................................... 53
- Le transport à Paris des forces motrices du
- Rhône. — E. Barthélemy. ... 53
- Annuaire Français du Gaz, de l’Acétylène et de
- l’Electricité. — E. Bendtre. ... 87
- Le Monteur électricien. — Ba'rni, Montpellier et E. Marée................................179
- L’allumage des moteurs à explosion. — G. Yse-
- boodt................................214
- Calcul et construction des appareils de levage.
- — E. Pacoret.................., . . 2i5
- Handbuch der Physik. — A. Winhelmann. . 2i5
- Les découvertes modernes en physique. —
- O. Manvïlle. . 275
- La Téléphonie, tome I. Les lignes téléphoniques (3e édition). — E. Piérard. . 3n Traité de physique (tome II, 4e fascicule). —
- O. D. Chiuolson, traduit par E1. Da-
- vaux. ................................. 812
- Leçons d’Èlectrotechnique générale (tome I,
- 3° édition). — P. Janet..............344
- Geschichte der Télégraphié. — Th. Karrass. 874 Electricité agricole. —.A. Petit. .... 375
- Service d’études des grandes forces hydrauliques (région des Alpes). Compterendu et résultats des études et travaux au 3i décembre 1909. Tome III. 406 Starkstromtechnik. — E. V. Bziha et
- J. Seidener.......................... 406
- La Pratica delle costruzioni elettromeccaniche.
- G. Pardini..........................406
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-
-
-
- 25 Septembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 421
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Abraham (H.). — Analyse harmonique et ré-
- sonances .............................206
- Athanasiadis (G.). —La soupape électrolyti-
- . que -r influence de la température. . . 3io
- B
- Baillehache (de). — Sur les systèmes absolus d’unités électriques Système B. 142,
- i63, 19Ü
- Baeckeland.— L’accumulateur Thownsend. . 373
- Benischke (G.). — Méthode simple pour la mise en charge automatique des transformateurs...................................371
- Bermbach. — Lampe universelle à charbons
- parallèles sans mécanisme de réglage. 402 Bloch (A.). — Production de courant à intensité constante avec les dynamos continues du type ordinaire.....................270
- Blondel (A.). — Sur quelques procédés pratiques pour le calcul rapide des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs.................................'-*59, 291
- Blondel (A.) et Le Roy (C.). — Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties 355, 387
- Buodhun (E.). — L’étalon Ilefner et l’étalon au
- pentane de dix bougies..................207
- Burge (H-). — Voir Macfarlane................
- Buty (de). — Voir Fodor......................
- Bougault (P.). — Arrêt de la cour d’Appel de Bordeaux sur une question de droit
- administratif............................55
- Note sur les droits d’octroi et l’exemption possible des matériaux servant à une ligne de distribution électrique. . 88
- Note sur la date d’exigibilité des droits
- de timbre et d’abonnement...............123
- Un intéressant arrêté du Conseil de Préfecture des Bouches-du-Rhône . . 181
- Jugement du tribunal de Commerce de
- Grenoble sur le minimum de consommation. .... !........276
- Les contrats de concession d’éclairage doivent-ils être donnés en adjudication? 375 Bylevelt (J.-S. Van).—Voir Kennelly. . .
- G
- Chevrier. (G.).—Les grandes centrales élec-
- triques à vapeur.....................270
- Comet (A.). — Machines-outils commandées
- électriquement (suite). . . . 170, a3i
- Czepeck. — Voir Niethaminer.................
- D
- Devaux-Chariionnel. — Etude sur les lignes
- téléphoniques (suite et fin). 7,35,67,99, i3i Dodd (G. N.) — Les pôles auxiliaires dans les machines à courant continu. Calcul et Méthode d’essai.............................19
- £
- Eichel (E.).— Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines 49, 112
- Eichberg. — Recherche de la fréquence la plus favorable pour les moteurs polyphasés employés en traction. . . . 4°3 Emde (F.).—Sur la loi de l’induction. . . . 332 Escard (J.).— Le ferro-tungstène. . . 44, 75
- Les ferro-molybdènes................200
- Le ferro-vanadium............. 363, 3p5
- F
- Fabre (L). — L’enseignement de l’électricité à l’Institut polytechnique de Worcester
- (Massachussetts)....................io5
- Fodor (A.) et de Buty. — Application des propriétés magnétiques des métaux à des commandes mécaniques de préci-
- 206
- sion
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-
-
-
- 422
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VII (2« Série). — N» 39.
- Fox (J.). — La préparation du sulfate de mercure pour les étalons de force électromotrice................................367
- G
- Gérard (L.). — Sur le halage électrique des
- bateaux................................345
- Gieue (E.). — Nouveau régulateur de vitesse pour moteur électrique servant à des
- mesures................................269
- Gin Ann. — Les lois de l’électrisation de contact dans les phénomènes d’osmose. . 367
- Graiienwitz (A.). — Nouveau radiateur de
- télégraphie sans fil................4 04
- Gkoddeck. — Les rapports de la turbine à vapeur k grande puissance avec l’électrotechnique.......................................84
- Guinciiant. — Galvanomètre pour courants
- alternatifs.............................47
- H
- Haga (Iv. H.). — Détermination expérimentale des deux réactions d’induit dont dépend
- la variation de tension des alternateurs. 329
- Voir Noome...........................
- IIai'en (R.). — La recherche des défauts dans
- les câbles...........................a 7 a
- Hansen (G. A.). — Le dégagement calorifique
- aux électrodes des fours électriques. . 3io Hautig. — Soufflerie à commande électrique pour convertisseurs (aciérie de l’A. G.
- Peiner).................................271
- Hochstadteh (M.). —Protection des réseaux téléphoniques contre riiilluenee des
- lignes à courant alternatif..............5i
- Houschitz (F.). — Dispositif de synchronisation pour moteurs à induit en court-circuit. . ...........................4"i
- I
- Ivnv (d’). — Dispositif de commande de signaux à distance avec ou sans fil. . . 8(5
- J
- \
- Jankowski (S. V.).— Procédé pour le séchage
- rapide des enroulements des moteurs . 341
- K
- Kando (1v. von). — Nouvelles locomotives électriques pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien. . 239
- Kapp (G.).— Sur la réaction d’induit. . . . 307 Kelleii (A.). — Fours à sole conductrice pour
- la production de l’acier...........343
- Kennelly (A. E.), YVrigiit et Van Bylevelt.
- — Etude de la chaleur par convection par les fils de cuivre de faible calibre . 399
- Kiiæmeh (Ch.). — Nouvelle machine à intensité
- constante et ses applications. . . . 338 Kolhen. — De l’influence du silicium sur les propriétés électriques et magnétiques du fer.....................................378
- L
- Lakose (H.). — Rapport sur l’Etat actuel de la
- télégraphie sous-marine . i83, 215, 243
- Le Roy (G.). — Voir Blondel................
- Linke (W.). — Procédé de compoundage des
- alternateurs par des condensateurs. . 83
- M
- Macearlane (J. G.) et Burge (H.). —Le convertisseur automatique C. M. B. . . 3o5
- Mehcadiiîr (E.). — Sur une application nouvelle de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques. 02 Moss (E. W.). — Voir Thompson.
- Muller (M.). — Sur le freinage électrique. . 114
- N
- Niethammer(F.) et Gzepek. —Le réglage delà
- tension dans les réseaux à trois fils. . i53
- Niethammer (F.). — Les turbo-générateurs à
- courant continu et à courant alternatif. 368 Noome (C.) et K. IL IIaga. — Contribution k l’étude des pertes dans le fer d’un rotor de moteur monophasé k collecteur. . 34o
- O
- Ort (K.) et Riegeh (G.). — Récepteur k condensateur perfectionné.....................241
- P
- Pécheux (H.). — Des propriétés électriques des cupro-aluminiums (thermo-électri-
- p.422 - vue 422/424
-
-
-
- 25 Septembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 423
- cité et résistivité)................... 18 i
- Mesure des températures élevées à l’aide des couples thermo-électriques
- (couple nickel-cuivre).................187
- Perkins (F. C.). —Traction électrique dans le
- tunnel de Saint-Clair..................24
- Philippi. — L’extraction électrique dans l’industrie chimique minérale...............31 o
- Pirro (di). — Sur les circuits non uniformes............................... 127, 264, 2g5
- Punga (F.). — L’emploi du pas d’enroulement
- raccourci. ...........................148
- R
- Révilliod (J.). — Sur la répartition des courants électriques dans un réseau. . . 207
- Rezelman (J,). — Réactance de dispersion.
- [Suite et fin)...............i3, 3g, 72
- Rieger (J.). — Voir Ort.................' .
- Rogowski (W.). —Sur le coefficient de dispersion d’un transformateur à enroulement en disque et à bobines sectionnées. ....................................3o8
- S
- Sahulka (J.).— Conductibilité électrique des
- fils soumis à une traction................3oi
- Saroléa (J). — Cables armés. De quelques singularités relevées en cours d’exploitation par courants triphasés . . 323
- Sauzba (G. de). — Les balais pour dynamos à
- grandes vitesses. ........................177
- Seefeiilner (E.). — Le funiculaire de Hunger-
- burg (Tyrol). . . 342
- Seidner — Contribution à la théorie du transformateur de courants.............................79
- Siedek (E.). —Ohmmètre et nouvel appareil donnant par lecture directe la tension,
- l’intensité et la résistance.............268
- Simon (Th.). — Nouveau téléphone électro-dynamique .................................378
- Smitii (S. P.). — Sur le diagramme à vide et en court-circuit des moteurs d’induction. Modification de la méthoded’Hopkinson. 334 Stockly (J. A.). — Sur les condensateurs à
- verre.......................57, 91
- Savyngedauw.— Séparation des pertes avide dans les dynamos (Modification de la méthode de Mordey).....................277
- T
- Thompson (S. P.) et Moss (E. W.). — Sur le
- champ démagnétisant..............399
- Trasenster (E). —- Commande électrique des laminoirs dans les aciéries américaines. . . ...........209
- V
- Voege(M.). — Delà protectiondel’œil contre les
- rayons ultra-violets des sources de lumière artificielles.............48
- Vogelsang (M.). —Degré de sécurité des appareils à haute tension. . . . ' . . 341
- W
- Watson (E. A.). — L’emploi de l’air comprimé
- comme isolant......................333
- Les pertes atmosphériques des fils de transmission à courant continu. . 871
- Whitehead. — Etude sur les cables armés. . 237
- Wright (C. A.). — Voir Kennelly.
- Z
- ZiEtiL (E.).— La génératrice à'double champ. 110 Les turbo-générateurs à courant continu....................................801
- Zorn (W.). — Sur la relation qui existe dans les circuits comprenant un condensateur entre l’amortissement, la nature des électrodes et celle du diélectrique. 3oi
- 1,0... — l MPP |M EK 1K LEVÉ, !.!R CASSETTE. 17
- La Gérant : .T.-71. Nouet.
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