La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- Lumière Électrique
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- L'Éclairage Électrique
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- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M. LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGÉNIEUR DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’iNSTITUT P1’ A i/ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECHNIQUE, MONTEFIORE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINE
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A l/ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES D" DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE I)E L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- REDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ancien élève de TÉcole Polytechnique et de l’Ecole Supérieure d’Électricité.
- TOME VIII (2e Série)
- 4e TRIMESTRE I 909
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- l42, Il UE DE RENNES, I 42
- PARIS VIe
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- Trente et Unième année. SAMEDI 2 OCTOBRE 1909. Tome VIII (2* eérle).— N* 40
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- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. r> — I. Lauoee. L’arc au mercure, p. 7. —J. Bethenod. Sur le calcul de l’amortissement d'une antenne excitée indirectement en dérivation, p. i5.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Calcul des constantes de Fourier poulies courbes enregistrées en courant alternatif, S. Slicmtek, p. 18. — Méthodes et appareils de mesures. Galvanomètre oscillatoire bifilaire, W. Duddell, p. 19. — Analyseur d’harmoniques à échelle variable, O. Mader, p. 19. — Asynchronomètre (appareil pour mesurer le glissement des moteurs asynchrones), F. Horsciiitz, p. 21. —Elude, construction et essais de\machines. Rôle des champs différentiels dans les moteurs d’induction; influence du pas d’enroulement raccourci. Hei.i.mund, p. 21. — Transmission et distribution. Action des décharges à haute tension sur les isolateurs en porcelaine, G. Benisciike, p. 24. — Traction. Voilure servant au nettoyage automatique des rails, Sciioeri.ing, p. 25. — Locomotives électriques du Ëritish Columbia Railway, p. 25. — Divers. L'emploi du sulfite de zinc pour les tubes Braun, E. Giesel et|J. Zenneck, p. i5. — Brevets, p. 26. — Bibliographie, p. 27. — Variétés. — Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique, L. L’Hoest, p. 28. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 3o. — Renseignements commerciaux, p. 32. — Adjudications, p. 3z.
- ÉDITORIAL
- L’arc au mercure a été appliqué à l’éclairage sous un très grand nombre de formes diverses et il 11’est pas sans intérêt de présenter une vue d’ensemble de toutes les réalisations qui ont été, à des degrés différents, consacrées par la pratique industrielle. C’est ce que fait aujourd’hui M. I. Ladoiï, spécialiste distingué en la matière, eu faisant défiler sous nos yeux lous les modèles de quelque intérêt, depuis la lampe de Way jusqu’à celle de Cooper llewitt.
- L’auteur rappelle en passant les notions générales les plus intéressantes sur l’emploi de la vapeur de mercure dans l’éclairage.
- L’article de M. J. lîethenod fait suite à
- celui qu’il a publié ici même au début de cette année. Après le calcul de la fréquence propre d’une antenne, excitée indirectement en dérivation, c’est celui de Y amortissement correspondant qui fait l’objet du travail d’aujourd’hui. Partant des mêmes hypothèses que précédemment (capacité et self-induction concentrées), M. Bethenod profite ingénieusement de la simplicité qu’offre la forme de dérivation des exponentielles dans la notation symbolique; le résultat du calcul permet de séparer aisément les quantités réelles des quantités imaginaires.
- Cependant la formule que l’on obtiendrait ainsi serait très compliquée, et l’auteur préfère recourir à l’approximation ordinaire
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- en remarquant que l'amortissement est toujours faible par l’apport à la pulsation propre.
- Cela conduit à une formule d’une simplicité remarquable.
- M. Slichter donne un artifice graphique d’usagé très commode pour calculer les constantes de Fourier dans les courbes périodiques. M. ü. Macler résout le môme problème par une méthode également graphique mais qui suppose l’emploi d’un appareil, sorte de planimètre à crémaillère, qui donne, parait-il, une précision très sullisante.
- L’artifice essentiel que M. W. Duddell a réalisé dans son galvanomètre oscillatoire bifilaire consiste : premièrement à limiter de manière arbitraire la longueur vibrante, ce qui permet de régler entre des limites très larges; en second lieu à réduire dans la mesure du possible la masse du système mobile.
- Comme application du dispositif de synchronisation pour moteurs à induit en court-circuit qui était décrit dans notre dernier numéro, M. F. Ilorschitz décrit un appareil destiné à mesurer le glissement de ces moteurs.
- Il lui a suffit de remarquer que le voltmètre destiné à constater la synchronisation présentera, aux environs de la vitesse sy nchrone, des oscillations dont le nombre est lié par une relation simple au glissement.
- ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N»40.
- L’étude de M. Ilellmund sur les champs différentiels dans les moteurs d'induction a pour but de montrer comment ils influent sur le coefficient de dispersion de la machine. Des courbes obtenues, l’auteur déduit un procédé simple pour le calcul pratique de ce coefficient.
- Les décharges à hautes tensions agissent d’une façon très différente sur les isolateurs en porcelaine, selon que ceux-ci sont placés dans l’air ou dans l’huile. M. G. Benischke donne de ce fait une interprétation vraisemblable.
- Nous décrivons ensuite deux voitures de traction électrique, dont la première, destinée au nettoyage des rails, présente une très forte supériorité par rapport au nettoyage à la main. Elle a été mise en service avec un plein succès par la direction des tramways de Hanovre.
- La ventilation des dynamos du type hermétique par de l’air circulant en trajectoire forcée dans un évidement de la plaque de fondation fait l'objet d’un brevet dont on trouvera ensuite la description.
- Enfin, M. L. L’I loest expose plusieurs questions d’un intérêt primordial relatives à Vor-gccnisation des ateliers de construction mécanique. Dans la suite de son travail, on trouvera en particulier deux théories concernant le mode de distribution des salaires.
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- L’ARC AU MERCURE
- Do tous les métaux, le mercure est le seul qui soit fluide à la température ordinaire; il possèd-e le point le plus bas de vaporisation. Il est donc naturel que le mercure ait été le premier métal utilisé avec un certain succès comme électrode de lampe à arc. Cependant Toxydation du métal et la toxicité de ses vapeurs contraignirent les chercheurs à entourer l’arc avec un récipient en verre.
- Way passa un temps considérable à étudier avec une grande attention Tare au mercure. Le 17 août 1860, il illuminait son yacht avec une lampe à mercure de son invention. En dépit de toutes les précautions prises, il mourut victime des vapeurs toxiques du mercure.
- Way employait dans sa lampe perfectionnée deux jets de mercure, chacun d’eux venant d’un récipient particulier relié à un pôle de la batterie et réunis en un point. Un petit moteur alimenté par la même batterie interrompait le courant de l’arc à une fréquence élevée pendant que fonctionnait une pompe à air (*). Une autre lampe similaire fut proposée par llarrisou à Woolwich, (brevet anglais, 17 juin 1808). Dans une lampe modifiée du même type, l’électrode Ja plus basse était constituée par du charbon porté par un flotteur. Le récipient en verre était refroidi par un courant d’eau, coloré quelquefois en rouge orangé pour adoucir la lueur des vapeurs vertes du mercure.
- La modification des couleurs naturelles par l’arc au mercure fut étudiée avec soin en 1860 par J. IL Gladstone qui publia quelques résultats de ses recherches (2).
- (1) Fontaine. Eclairage à l'électricité, Paris, 1877, p. 32.
- (2) Philosophical Magazine, 4, ’^o, 249, 253. 1860.
- Le tableau suivant contient quelques-uns de ces résultats.
- Tadiæau I
- SUBSTANCE EMPLOYÉE l'OKMUI.E CHIMIQUE COUL EUll USUELLE COULEUK DANS LA LUMIERE DE l’arc
- Sulfate de fer S04Fe Bleu vert Incolore
- Sulfate de cuivre.,.. Chromàte de potas- 80*011 Bleu Bleu (brillant)
- sium Bichromate de potas- ' K2C204 Jaune Jaune (brillant)
- sium K2C*Oï Rouge Jaune
- Chlorure de cobalt.. COUP* Rouge Brun (boueux)
- Nitrate de chrome... Cr(Az03)» Rouge pâle Vert sombre (boueux)
- Phosphore amorphe. P Rouge Sombre (métallique)
- La raison de ces propriétés particulières de la lumière au mercure est due naturellement à l’absence de certains rayons dans le spectre de ce métal. Le spectre de la vapeur de mercure a été étudié par Wh'eatstone (i8!$5), Angstrœm ( 1855) et Gladstone. L’arc au mercure donne une ligne spectrale.
- Picard avait lait à Paris, en 167a, des observations sur un arc au mercure produit dans le vide barométrique. Sébastien et Cassini firent, la meme observation sans être capables d’expliquer le phénomène. En 1700, John Bernorelli réussissait à le reproduite et l’appelait « phosphore mercureux ».
- Howksbee, en 1706, fut lepremier à attribuer le phénomène à la tension électrique produite par la friction entre le métal et le réservoir en verre. Ce ne fut qu’en 1748 que l’opinion de Ludulph, que l’arc est dû purement à des causes électriques, fut adoptée.
- E11 1701, Watson produit un arc dans le vide du baromètre de lord Ch. Cavendish en employant une décharge électrique.
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- En 1807, Gassiot fit des expériences avec un tube de verre ayant deux électrodes en mercure dans le vide. Prosser et Moore sont aussi mentionnés comme des investigateurs de l’arc au mercure dans le vide. En 1879, Rapielî inventa une lampe (brevet anglais p. ai 1) constituée essentiellement d’un tube de verre vide eu forme de fl- Des bâtons en platine étaient scellés aux extrémités et l’arc était allumé par basculage du tube.
- Rizet en 1880 et Langhaus en 1887 (brevet allemand 45 880 du 2.4 novembre) proposèrent d’additionner aux vapeurs de mercure d’autres gaz, par exemple de l’azote, afin de corriger la couleur de l’arc.
- Ce n’est qu’en 1892 que le Dr L. Arons, de Berlin, réussit à établir une lampe vraiment pratique (*). Le principal perfectionnement , consistait à entourer le fil de platine des électrodes, avec des cuvettes en verre remplies do mercure, comme pour les protéger ainsi contre les changements subits de température, causant leur soudaine expansion et lélant le tube en verre. Cependant la lampe Arons 11e devait pas trouver son c hemin dans le champ des illuminations pratiques. Hitler, en 1881, Janim et Manœvrien, en 1882, firent des expériences avec un arc àu mercure dont une des électrodes était en charbon.
- Reaucoup d’opinions opposées ont cours sur la nature de l’arc au mercure. Schutler en 1884 observa l’absence de l’espace sombre brillant et des stries particulières aux tubes vides de Geissler, mais Stenger considéra cette . absence comme une propriété particulière à toutes les vapeurs des métaux. Cependant Werburg, en 1890, O. Lehman, en 189a, Wiedman et G, C. Schmidt, en 1896, et Arons, en 1896, nièrent l’exactitude des vues de Schutter et Stenger. Ils prouvèrent la présence de la chute de potentiel près de la cathode. Arons aussi découvrit la discontinuité de la décharge dans le vide (2). Nalte-re^rirouva, en'1889, que la lumière produite
- par du mercure et du cadmium pendant les charges électriques est plus intense qu’avec les gaz ou vapeurs de tout autre métal.
- L’arc au mercure dans le vide est essentiellement différent de l’arc dans l’air. L’arc ordinaire comporte un brillant noyau interne, un espace sombre et une auréole. I/arc au mercure dans le vide ne possède le brillant noyau que sous la forme d’une masse lumineuse blanche gris bleu remplissant tout le tube. En outre, la longueur de l’arc est considérable même pour une tension assez réduite, fait provenant naturellement de la présence du vide.
- L’anode du mercure a une couche lumineuse mince correspondant au cratère, puis vient la colonne positive uniformément lumineuse, finalement il y après de la cathode un point lumineux éclairant, séparé de la principale colonne par un espace sombre. Ce point forme une empreinte dans la cathode et remue par soubresauts de place en place.
- La chute de voltage dans l’arc est plutôt faible, comme 011 peut le conclure du tableau suivant donné par Lecher etLuggui.
- Tableau II
- Longueur de l’arc en
- millimètres 100 3oo 5oo 700
- Volts 21,3 3/|,6 48,2 61,6
- Ecart de la valeur pré-
- cédente .... 13,3 i3,6 13,4
- Par conséquent, i3,3 à i3,6 volts correspondent tà 20omm de longueur d’arc ; la chute de voltage pour imm = 0,067 volts; par exemple, la résistance d’une telle lampe avec
- un vide aussi parfait que possible sera de —
- de celle d’une lampe ordinaire pour une même longueur d’arc.
- La caractéristique d’un tel arc d’une longueur moyenne de 7o,m" sera, suivant la relation d’Arons :
- (*) Phys. Chem. Abh.,/1. 11, p. '259-269. Leipsig, 1826. (2) Weinlraub déclare que l’arc est continu.
- El = F (J) pour L = constante. (Tableau III.)
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- Au-dessus de i,4 ampère tout l’espace est rempli de lumière.
- Avec des courants plus faibles, des stries irrégulières apparaissent seulement quand le vide est imparfait.
- Les lignes les plus caractéristiques du spectre du mercure sont Ilg-jdA = 536^., dans
- tuellement l’arc brûlait avec 5 ampères sur ai volts.
- La lampe Arons fut perfectionnée à la Phy-sikalisch-Technischelieichsanstalt en 1906,notamment par O. Lummer et par le Dr E. Wein-traub.
- Un autre perfectionnement des lampes
- Taiilkàu III
- Ampères......................... 11 — 9 — 7 — 5,5 — 3 — 2 — 1,4 — 0,8 — o,5.
- Volts........................... 17,5— 17 — i6,5 — 16 — 15,3 — i/| — 20 — 28-40.
- le jaune vert, IIJ°(3L'* = 079, double ligne dans le jaune, 1L"yL''=536|.i|j. dans le violet.
- En employant un arc qui absorbe la double ligne, j3,v, on peut obtenir une lumière strictement monochromatique.
- Suivant les expériences de M. E. Weied-men en 1878, le spectre de la vapeur de 111er-
- Fig. î. — Lampe à arc (le O. Lummer
- cure masque les vapeurs présentes d’azote, de sodium et d’hydrogène. Arons confirma le fait en 1896. Ceci s’applique aussi aux vapeurs de potassium. Arons arriva avec sa lampe à produire un arc de 6oc,n de longueur avec i.l,4 ampères et (ii,6 volts. Mais habi-
- Arons fut réalisé par la lampe à amalgame de Gumlich, 1897, qui utilisait l’amalgame de cadmium. Le spectre du cadmium renforce le spectre du mercure dans ses points faibles, par exemple dans la région entre 546et 489 Le zinc amalgamé peut être utilisé au lieu de cadmium.
- Le tableau suivant montre la longueur d’onde et la luminosité relative parmi les lignes les plus importantes du zinc et du cadmium, respectivement ces dernières se montrant côte à côte avec celles du mercure. Le maximum de luminosité est égal à 1, le minimum à o,5.
- Tahleau IV
- 4 A 5 % d’amalgame de zinc 10 % d’amalgame D12 CADMIUM
- longueur d’onde luminosité longueur d’onde luminosité
- 6,86 IJ.[J. .3 644 [-MJ. 3
- 5o8 3 538 5
- 481 2,5 57 5 5
- 480 6 589 :1
- 472 3 480 3
- 468 8,5 468 3,5
- Ch. Eabry et A. Pérot étudièrent l’arc au mercure comme une source de lumièi^ monochromatique. Ils employèrent le charbon comme anode et le mercure comme cathode
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- avec un courant de 8 à io ampères sous 3o volts.
- En 1899, les chercheurs établirent leur lampe perfectionnée pour un but scientifique.
- Pierre Cooper Hewitt produisit, en avril 1901, devant une réunion de VAmerican Ins-titude of Rlectrical Engineers quelques nouveaux projets de lampe à mercure. Les particularités de ces lampes consistent en
- Volt
- 160
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- Amp. 3
- Fig. 2. — Caractéristique do la lampe Coopcr-Hewitt.
- leur adaptation aux propriétés des vapeurs de mercure, à savoir, leur variation de densité en fonction de la température, leur conductibilité pour le courant choisi.
- Le brevet allemand i35oio,du 26 juin 1900, énonce une méthode particulière d’évacuation des tubes. Le brevet allemand i4<>364, du 26 juin 1900, se rapporle à une chambre refroidissante donnant aux vapeurs une densité constante. Cet inventeur fait ressortir aussi que l’anode, peut être en un autre mêlai, par exemple en fer ou en nickel, et que la lampe peut être alimentée
- sous haute tension ‘(brevet allemand 135 009, du 26 juin 1900). Arons aussi employait une anode en fer. Pierre Cooper Hewitt proposa de corriger la couleur de l’arc au mercure par l’addition de substances étrangères, par exemple du lithium ou du sodium. Le brevet allemand i35oi3,du aôjuin 1900, propose l’addition des éléments de P etS Croup du systèmeperiodiquepourleurs composés métalliques afin d’abaisser la tension nécessaire pour leur réallumage. Le coefficient de ces lampes était de o,38 watt par
- DiumMrn on centimètres.
- Fig. 3. — La pression, dont la valeur n'est pas indiquée sur le diagramme est de i“" de 11g.
- bougie, l’arc était tranquille et la conduite dé la lampe était simple.
- M. Y. Recklinghausen, A. P. Willis, l)1' Weintraub et Dr Kruli complétèrent les recherches de Cooper Hewitt sur l’arc au mercure et ses propriétés.
- On trouva que la tension de l'arc est directement proportionnelle à la longueur et apparemment inversement proportionnelle au diamètre de la lampe.
- Des changements de 5o à 100 % dans l’intensité du courant ne modifient la tension que de quelques %. pour une tension de vapeur favorable.
- Celle-ci correspond normalement à une colonne de mercure de 2'""1 et est réglée par une chambre de refroidissement de dimensions convenables.
- Willis (Electrician 54,2(1 à 28, 1904) détermina la variation de potentiel, la chute de potentiel dans l’arc au mercure en volts par centimètre et trouva approximativement que :
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- la variation de potentiel est directement proportionnelle à la densité de la vapeur et inversement proportionnelle au diamètre du tube. La chute de potentiel à la cathode est de 007 volts, pendant qu’à l’anode en fer elle est égale à 7 à 9 volts, suivant Willis, la première est indépendante du courant, pendant que la dernière varie, comme on peutle voir d’après le tableau suivant :
- Ampères 1/25 1.7!) 2,2a 2,75 3,25
- Chute à l’anode 6,5 5,8 5,4 5,i 4,6
- Température C. 12'î 143 172 200 243
- Courant en ampères.
- F%. 4.
- La lampe Cooper Hewitt présente non seulement nn coefficient élevé de lumière, mais une longue vie atteignant 7 000 heures. Il y a une chute de luminosité de 20 % pendant les 100 premières heures.
- Le Dr Weintraub (brevet allemand i36 619, du 11 avril 1902) mentionna un arc au mercure avec un dispositif de départ automatique basé sur l’ionisation des vapeurs de mercure. Les lampes au mercure de K. Kellner et Paweek doivent aussi être mentionnées.
- La « Paweek » fut probablement la première lampe faite sur ce nouveau type.
- Ensuite, « La General Electric G" », L. de Bastion et Salisbury firent une lampe dans laquelle un charbon incandescent fut ajouté à l’arc au mercure.
- Le Dr Charles Kellner travailla industriellement, indépendamment du Dr Arons, en 1894 et 1890, à la confection de lampes à mercure pour l’utilisation pratique, et cons-
- truisit un certain nombre de modèles. (Voir Liberney Zeitschrift f. Fdehtrotechnik, Vienne, 21,422. u)o3).
- Il utilisa aussi avec succès du fer, du carbone, etc., comme anode ,comme Arons avait fait avant lui, ( Weid. Ann. 58-8o. 1896).
- Fig. 5. — Lampo do Weintraub.
- C. Orme Bastion et A. E. Salisbury inventèrent aussi une lampe au mercure avec un coefficient de 0,59 à 0,88 watt par bougies. IL Siedentopf (Zeitschrift f. Instr. 24, 22 à 2.5, 1904) inventa une lampe pour des mesures optiques. Il emploie 18 volts et 8 ampères. \V. C. Ileræus construisit en 1903 un arc au mercure en quartz (brevet allemand 154 263, du 20 novembre 1903, et 154 864, du 19 janvier 1904). C’est une source puissante de rayons ultra-violets.
- En utilisant l’avantage du point de fusion élevé du quartz sur les autres vapeurs mé-
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- talliques, comme par exemple le cadmium, zinc, plomb et bismuth (I. Stark et R. Rusch, Phys. Zeitschrift, 6, 438, 190a), les amalgames furent utilisés à la place du mercure pour étudier leur spectre (Luramer Gehrne, Zeitschi'ifl, f. fnstr., 19°4)-
- Cependant, comme les lampes en quartz sont plutôt coûteuses, O. Scliost construisit en 1908 une lampe au mercure en verre spécial transparent aux rayons ultra-violets et qu’il appela lampe « Ulviol ».
- Fig. 0. —Lampe liastion et Salisbury.
- Les lampes « Ulviol » peuvent être utilisées avec avantages pour la photographie.
- Leur effet physiologique est puissant ; une mouche exposée pendant une demi-minute aux rayons « Ulviol » est tuée à une distance de 1 centimètre.
- La « General Electric C° » fit breveter une lampe à mercure à courant alternatif (brevet allemand 189632, du 8 août 1900). La « Hewitt Electric C° » énonça l’utilisation de matières radio-actives près de la cathode comme moyen de départ (brevet allemand 133 798, du 21 juin igo3).
- Jahoda priten Autriche un brevet ig 38a,du i4 mars 1904, sur une combinaison de lampe à mercure avec filament incandescent. Le brevet allemand i5 5og, de février igo3, émanant de la Hewitt Electric G0, énonce un conducteur métallique réunissant les extrémités du mercure.
- La lampe au mercure de G. P. Steinmetz,
- brevetée le 8 avril 1908, contient un filament de charbon allant de l’électrode la plus élevée à une coupe en fer remplie de mercure et flottant sur le mercure de l’électrode la plus basse. Quand l’inten'upleur à main est fermé, le courant passe dans le filament, entre les deux électrodes. Un solénoïde à action magnétique sur la coupe en fer la fait enfoncer et amorce un arc entre la plus basse extrémité du fil et le mei’cure; le courant passe alors à travers les vapeurs de mercure ionisées directement d’une électrode à l’autre et est à peu près nul dans le filament ou sa haute résistance. Cette invention signale un circuit monté en parallèle avec la lampe, disposé pour laisser passer un certain courant à travers le solénoïde, le courant à travers le filament étant trop faible pour attirer la coupe de fer. Quand les vapeurs de mercure sont ionisées et que le courant à travers la lampe augmente, un interrupteur est ouvert sur le circuit auxiliaire et l’on évite ainsi une perte d’énergie.
- Afin de combattre les défauts de la couleur de la lumière d’une lampe à vapeur de mercure, l’Allemand Richard lvrek, d’après le brevet américain du 5 mai 1908, mélangerait d’autres substances avec le mercure. Par exemple, un mélange de 98 de cadmium et 2 de mercure a accusé d’excellents résultats.
- Quand ce mélange est employé, une quantité de mercure très insignifiante apparaît à tout moment à la surface de l’alliage fondu et se vaporise pendant qu’au même moment une plus grande quantité de cadmium est vaporisée. Il est établi que de meilleurs résultats encore peuvent être obtenus en alliant les deux métaux destinés à être vaporisés, de façon à former un métal qui ne peut pas se vaporiser à la température de régime de la lampe.
- Une lampe convenable peut être faite en utilisant de l’étain avec lequel on a ajouté 5 % de cadmium et 2 % de mercure. Cette lampe peut être allumée au moyen d’étincelles produites par induction et elle produit
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- une lumière dont le spectre de cadmium et celui du mercure montrent approximativement une intensité égale. L’étain ne bout pas à une température de i 200 degrés centigrades dans le vide pendant que le cadmium bout à 45o et le mercure à i5o degrés centigrades.
- En conséquence de ceci, aucun spectre de l’étain n’apparaitra, parce que la température moyenne de la lampe est bien éloignée du point de fusion dans le vide. Dans une telle lampe, l’étain sert surtout de dissolvant des deux métaux destinés à être vaporisés à savoir : le cadmium et le mercure, et l’effet du dissolvant est que les deux métaux se vaporiseront en proportion constante à la surface de l’électrode. Le tube de la lampe peut être, fait en quartz, de nombreux avantages peuvent être obtenus en opérant ainsi à haute tempéi’ature.
- Procédé d1 amorçage pour lampes électriques à vapeur de mercure. —-L.-A. Audibert, France (App. déposé le i4 septembre 1906), utilise comme moyen de départ pour lampes à vapeur de mercure par contact préliminaire un déplacement magnétique d’un lilament qui trempe dans le mercure au départ.
- Lampe à vapeur de mercure à faible pression pour fort courant, J.-E. Lilienfeld. — L’usage de la lampe à mercure à fort courant présente cette difficulté que le mercure se vaporise en augmentant de volume et que la pression de la vapeur augmente au delà du point le plus favorable. Pour une densité de courant donnée, il y a une certaine pression peu élevée, pour laquelle le rapport de la radiation lumineuse à la radiation calorifique est maximum. Si la densité de courant augmente, la pression augmente dans une grande proportion et bientôt devient trop giande pour le maximum d'effet.
- Ce désavantage est évité par la lampe de Lilienfeld, qui divise par moitié le tube à vide à l’aide d’un bouchon ayant un passage étroit, qui guide, par un étroit canal s’ouvrant juste au-dessus, l’autre électrode en mercure. Les deux moitiés du tube à vide situées
- «
- de chaque côté du bouchon peuvent être prises séparément. L’étroit tube de verre interne a pour effet de concentrer le courant et régler ainsi la densité de vapeur. Les diamètres du tube extérieur et du tube intérieur pcuvenL être ajustés d’avance afin d’avoir ainsi le maximum d’effet pour une densité de cou-rantdonné. (.Physikalische Zeitschrift, 24 oct., reproduit par Y Electrical Engineering, i4nov.)
- La lampe type C à courant alternatif peut servir en même temps de redresseur à mercure et de lampe à vapeur de mercure, le courant à travers le tube éclairant passant dans une seule direction. La lampe est mise en marche comme une lampe à une seule direction et est identique à une lampe à courant continu comme tube, support, réflecteur et accessoires. Son coefficient est maximum à 3,5 ampères environ, valeur pour laquelle elle est réglée. La lampe est destinée à fonctionner sous des fréquences comprises entre 5o et iao et a un voltage commercial. Le facteur de puissance est d’environ 80 à 85 %.
- La partie lumineuse du tube est longue de 28 pouces; elle donne une puissance de 425 bougies et un coefficient de o,65 watt par bougie pour 27a watts réels et 3a5 apparents dans le tube. Le pouvoir lumineux descend graduellement et atteint yo % de sa valeur initiale en 1 000 heures.
- Si des variations se produisent dans le voltage de la ligne', la plus grande partie de ces variations sera compensée par le ballast, quelques-unes par les résistances en série et le restant par la lampe. Ceci existe pour les circuits de lampes à courant continu et alternatif. Ainsi, pour une augmentation de 10 volts sur un circuit à no volts, le courant passe de 3,5 à 3,66 ampères; pour une chute de 10 volts, le courant varie de 3,5 à 3,i5 ampères.
- 11 est important que les conducteurs entre les lampes et les accessoires soient courts et tendus, autrement la lampe s’éteindrait à cause de h-action inductive dans les eonduc-
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- teurs. Le ballast est réglé pour 3,5 ampères avant de quitter l’usine et ainsi travaille le mieux à ce rôle particulier.
- Les tubes sont garantis marcher un an à douze heures par jour,soit approximativement 4 3oo heures par an. Le prix de 12 $ pour un tube pendant ce temps rend l’amortissement relativement faible.
- Le tableau suivant donne une idée du coût
- Tableau Y
- AVEC RÉFLECTEUR SANS RÉFLECTEUR
- Lampe type K pour circuit, 104 volts. 3,5 amp. 3,5 amp.
- Watts moyens 364 364
- Pouvoir lumineux hémisphérique .. J ,200 575
- Watts par bougie hémisphérique.. o,3o3 o,63
- Entretien pour 1000 hre8 en « cents ». 279 279
- Entretien par kw.-h. en « cents »., Entretien par kw.-h. par bougie en 0,767 0,767
- ,« cents ». Entretien par kw.-h. par bougie • 0,00064 0,00133
- pour 1000 heures. Coût total du courant pour un an 0,64 i,33
- (43oo 11.) à 5 c. le kw, en dollars. 78,26 78,26
- Prix de la lampe pour 43oo h Prix combinés du courant et de l’en- 12,00 12,00
- tretien de la lampe pour un an... Prix combiné du courant de l’entre- 90,26 90,26
- tien par bougie par an Prix combiné du courant, de l'entretien et de lâchât initial, par 0,0^5 0,15 7
- bougie pendant la ir0 année. ... Prix combiné du courant, de l’cn-Irclien et de rachat initial pour 0,1045 0,2l8
- une lampe par an ? 125,26 125,26
- de ces lampes et leur entretien, ainsi que le courant et les watts consommés, et le pouvoir lu milieux :
- COULEE II DE LA LUMIERE PRODUITE PAR LA LAMPE A VAPEUR DE MERCURE
- couleur de la lumière de la lampe à vapeur de mercure par l’addition de vapeur de lithium, potassium et rubidium. Mais ces vapeurs attaquent le tube s’il est fait en verre ou en quartz.
- Un brevet a été récemment accordé à M. Hewitt pour l’introduction d’un gaz inerte comme le néon, l’azote ou l’argon, pour améliorer la qualité de la lumière.
- Des moyens variés, extérieurs à la lampe ellé-mème, ont été suggérés pour améliorer la couleur de la lumière du tube à vapeur de mercure. Ainsi, l’usage d’écrans fluorescents pour suppléer au défaut de rayons rouges a été proposé et la rhodamine a été essayée, mais sans aucun succès marqué.
- Indubitablement, la meilleure manière d’améliorer la couleur de la lampe tiu mercure est d’utiliser simultanément des lampes à incandescence ; celles-ci ont été employées dans quelques cas en conjonction avec ce type de lampe avec un certain succès.
- L’objection qu’on peut élever contre la couleur de l’arc au mercure par laquelle la peau humaine apparaît décolorée, pendant que les lèvres apparaissent bleues, constituera un obstacle à l’application générale de la lampe. Cependant elle peut avoir un champ spécial d’application pour l’illumination clés jardins, cafés, etc. En combinaison avec des lampes à incandescence et un écran colorant, la lampe au mercure peut être utilisée pour l’illumination des rues.
- (A suivre,) I. Ladofe.
- Des essais ont été faits pour améliorer la
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- SUR LE CALCUL DE L’AMORTISSEMENT D’UNE ANTENNE EXCITÉE
- INDIRECTEMENT EN DÉRIVATION
- Dans un précédent article (') nous avons montré comment l’on pourrait obtenir, sous une forme très simple, la formule générale fournissant les deux fréquences propres d’une antenne excitée indirectement en dérivation, en tenant compte de l'induction mutuelle entre les deux portions SP et PQ du résonateur (fig. i) et de la self-induction des connexions du circuit oscillant primaire PEUCTS.
- Fig. i.
- Nous proposons, dans ce qui suit, de compléter celte première étude par le calcul complet de l’amortissement ; nous admettons
- p) Sur le calcul de la fréquence propre d’une antenne excitée indirectement en dérivation. J. Bf.thenod. La Lumière Electrique, 3o janvier 1909, p. i35.
- encore, pour simplifier, que la capacité et la self-induction de l’antenne peuvent être supposées concentrées (*).
- Notations. Nous conserverons les mêmes notations, c’est-à-dire nous désignerons par :
- Ij, le courant traversant le condensateur primaire C (fig. 1) ;
- Cj, la capacité de celui-ci;
- L), le coellicient de self-induction delà portion PS du résonateur commune au circuit primaire et nu circuit de l’antenne, et des fils de connexion du circuit primaire ;
- U, le courant dans l’antenne;
- C2, sa capacité supposée concentrée;
- L2, le coellicient de self-induction totale de l’antenne et de la portion du résonateur PQ non intercalée dans le circuit primaire (fig. O;
- M, le coellicient d’induction mutuelle entre les portions SP et PQ du résonateur R;
- J, le courant dans la portion commune SP du résonateur;
- tL,| (-c<0), la fraction du coellicient de sell-induction totale L, du circuit primaire qui correspond aux divers fils de connexion PU, UC, CT, TS. [Cette définition, jointe à celle de L,, revient à dire que le coefficient de self-induction de la portion PS du résonateur est égale à (1 —t) .]
- Dans ce qui suit, nous nous servirons exclusivement de la méthode symbolique de calcul ; comme on le verra, cette méthode possède dans le cas présent l’avantage d'une extrême simplicité dans la marche des opérations, et nous espérons que cet exemple contribuera à répandre son usage parmi les
- f) Sur la légitimité de celte hypothèse, voir l’article précité, page i37, am0 colonne, note 1.
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- électriciens français, auprès desquels elle nous parait encore trop peu en honneur à l’heure actuelle.
- Les courants et les tensions étant supposés amortis pourront, avec la notation symbolique, être représentés par des exponentielles de la forme
- e~at+i$t {j — \/— i).
- C’est dire que pour obtenir la dérivée ou la fonction primitive de l’une de ces quantités représentées symboliquement, il suffît de la multiplier ou de la diviser par — « + (3/.
- Posons maintenant — a -f- (3/ = w j, d’où
- w = P + «/; (')
- la dérivée et la fonction primitive, s’obtiennent alors en multipliant ou en divisant par wy, comme avec les oscillations harmoniques non amorties et l’on peut suivre la même marche de calcul. Il suffît, lorque l’on arrive à la séparation des quantités réelles et des quantités imaginaires, de tenir compte de l’égalité (i), a et(3 étant des quantités réelles.
- En d’autres termes, dans le cas d’oscilla-tions amorties, l’on peut opérer comme dans celui où l’on suppose l’amortissement nul, à condition de regarder la vitesse de pulsation w correspondant à une oscillation déterminée, comme une quantité complexe définie par l’égalité (i).
- En profitant de cetle remarque, l’on peut écrire, d’après le montage de la figure i, en désignant par R(, IL, les résistances chmiques apparentés totales (y compris 1’elTet de rayonnement) du circuit primaire et de l’antenne (*) :
- I, + I* + ! = ° j
- — Mwl2t/ + Li(i — t) cüJj— t Ljwy-f-R, fj — f
- L.JÜ) > (a)
- ^Mco.f/+L,WL,/--^-+R2I2=TL1o)/+ IRIi——-1
- L.ii)
- (•) En ce qui concerne le primaire, l’on peut supposer que la résistance II,, (lue surtout à l’étincelle, est entièrement localisée dans la brandie P E U C T S.
- L’élimination de J et de entre ces trois
- 1 ’
- équations donne aisément la condition (’) :
- —[Mü>y-j-Li(i—r)ü>y] j^Ri+TL^y—Mw/— Q~y] =(R,+LlMy- ^y)(L2Wy+R2+M<oy_ ^y) o)
- En effectuant les produits, l’égalité (3) peut s’écrire
- — M tùj R, -f- Mt L, en2 — M*ü>* — — — R, L,( t—tjee/
- Li
- . -t-1!1—^L,2»!)2
- • Li (i t) M en2-------= Ri L2 -J- RtR2
- -)- R,M enj — —j — L1L2W2 -)- R2L, enj — LjM m2
- (-42 Cl)
- _i_ t» _i_ lia ——1— /4i ^ C2 ^ C, . C1w/^C1 GjC.ü)2 w
- Posons pour simplifier
- L = L2 — —(— 2 t M —f— t ( 1 — -) L,
- Iji
- v/lc*’
- Remarquons enfin que la vitesse propre d’oscillant du circuit CTS PE U C considéré isolément est
- v/l.c,
- et que celle du système oscillant réduit à l’antenne A reliée à la terre par une simple
- (*) Nous profitons de la circonstance pour signaler que le signe de Mdoit être changé dans l’égalitc intermédiaire analogue de l’article précité, pour la rendre conforme aux équations initiales (i) et finale(2) dudit article Telle qu’elle a été écrit», par suite d’une transposition dans la mise au net de l’article, elle correspondrait au cas où les portions du résonateur PS et PQ donneraient lieu à desaclions magnétiques de signe contraire, si elles étaient parcourues par un même courant. Ce cas ne se présente pas en pratique, par suite de la constitution même de l’oscillateur.
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- bobine de self-induction R (Ci ment pour valeur
- Q2
- O) a juste-
- + —t) L,)C*
- L’égalité (4) peut alors, après quelques simplifications, se mettre sous la forme
- ü2Q12C1Ca
- I
- Q22C1G3
- Ri Q32C
- R, \ ,
- h ü,*cj w/ tvc.c,
- C,C2(d2
- Pour achever la résolution du problème, il n’y aurait plus qu’à remplacer o> par sa valeur donnée par (i), et à séparer les quantités réelles el les quantités imaginaires; l’on arriverait ainsi à deux équations qui permettraient la détermination de a et de (î. Mais le calcul rigoureux est très compliqué, et en pratique l’on peut se contenter de l’approximation suivante :
- L’amortissement a est toujours comparativement faible par rapport à la pulsation propre (3, et les résistances R.j R, sont également faibles par rapport aux réactances et aux capacitances.
- On peut alors négliger les termes contenant les produits tels que R.jR2, Rjsc, Rojc, etc. et remplacer (0 + aj)'1 par jî2 -f- a % (3 j.
- L’égalité (6) se décompose alors en :
- f
- QSQ i
- o,2 ty
- +
- P2
- et
- aap R|CiP t -RiC,P RjjCiff 1 R»Cgp aap
- Q2ü12
- 0.2
- 1 ----!------------— =o (8)
- p2 Ût* (32 [il K 1
- en tenant compte du degré d’approximation qui vient d’être défini.
- L’équation (SJ. n’est autre chose que l’équation (6) de 'l’article- précité déterminant les deux valeurs de la pulsation dans le cas ou l’on néglige l'amortissement ; l’intervention de celui-ci n’altère donc pas les
- (>) Cf. La Lumière Électrique, (tome V (ame série), 3o janvier 1909, p. 130.
- deux fréquences propres *du système, tant qu’il demeure faible.
- Quant à l’équation (8), linéaire en a, elle nous fait connaître l’amortissement correspondant à chacune de ces fréquences ; elle peut se mettre sous la forme :
- _ R.CiQi*(Pg—ü»*)+R»CW(Pg—Q,*) ^ .
- “ a (fi’1' —Q2Q,2) X D22
- Dans le cas ou l’on.accorde entre eux le circuit primaire P U T S P et lesystème formé par l’antenne et le résonateur R (Q2 = la formule générale (g)deviént :
- _(R,C,+R,Ca)(p«-cy)Q»P»
- “ a ([3'" — Q2üt2) ‘ ^ '
- Or, on a alors les relations [voir l’article précité, formules (8) et (g)] :
- P = Q»
- p étant tel que (*):
- o
- Vi
- Üi
- v/^=7'
- il en résulte que la formule (g') se réduit à :
- , RiC, + RaC2 , ,
- * = U‘--T7±ri-’ ,‘0,
- ou enfin, en posant :
- W,_ R. _
- a a L,
- U,2 ICC,
- il vient :
- a2,
- a, 1
- — X
- 1 ± p
- formule d’apparence identique à celle établie par A. Oberbeck dans le cas d’une excitation
- (*) Pour la signification physique de Q, voir l’article précité.
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- indirecte de l’anleiuie par induction (transformateur Tesla) (').
- Comme dans le calcul de la fréquence propre, l’intervention du coefficient d’induction mutuelle M et de la self-induction des connexions n’enlève donc pas encore ici leur simplicité remarquable aux formules ; c’est ce que nous nous proposions surtout de dé-
- (') Cf. A. Oberbeck, Wied. Ann. Phys. i8g5, vol. 55.
- montrer dans la présente étude, remettant la discussion des ‘formules à une étude ultérieure (').
- J. Biîtiienou.
- (') Remarquons en terminant que. si l’on applique la même méthode à l’excitation indirecte par induction, l’on arrive aux mêmes équations (7) et (8), £3 étant encore la pulsation propre du système obtenu en court-circuitant la capacité primaire.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Calcul des constantes de Fourier pour les courbes enregistrées en courant alternatif. — S. Slichter. — Electrical World, 15 juillet 1909.
- Soit f(.v) la fonction périodique à analyser : f (.t) = a, sin .%• -)- «2 sin % .v -f- ai sin 3.r -j- ...
- -j- b0 -f- bt cos .v -)- b.} cos i.v -f- b3 cos 3 .r -f-...
- avec :
- •*>
- ! /» + TC
- a„ - I f (.r) sin n.v d.v
- quadrillé ordinaire. Il est bon de diviser la longueur complète de l’onde en 36, j8 ou 7a parties. On lit
- j /’+TC
- bn = - I f[:v) cos n.v d.v; 77 J —7t
- directement sur la courbe les ordonnées des points ainsi marqués. Pour obtenir le coefficient at, on
- On peut écrire :
- 1 /, + 1t
- au —--------I f(x)d(cosn.v).
- ItTZtJ __
- L’auteur remarque alors que si ou porte en abscisses, sur papier quadrillé, non pas la variable ,r elle-même, mais cos n.v, de sorte que les petits intervalles entre deux traits verticaux voisins du quadrillage représentent d (cos n.v), on pourra obtenir a„ en évaluant simplement l’aire comprise entre la courbe y—f[n) tracée, l’axe des abscisses, et les deux ordonnées qui limitent l’intégration.
- La ligure 1 représente une courbe de tension alternative enregistrée par l’ondographe sur du papier
- M
- M
- 80
- M
- 10
- 0
- 10
- 30
- 80
- <0
- M
- Fig. •>..
- reporte ces points sur le papier quadrillé selon les cosinus, et on joint ces nouveaux points par une courbe.
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- Le résultat est indiqué par la ligure a : l'aire correspondante mesure ax. On est donc ramené à un simple planimétrage.
- Pour avoir a29 on fait la même opération, mais en plaçant les ordonnées relevées sur les lignes verticales du quadrillage, de deux en deux. On divise l’aire résultante par a,-le résultat est évidemment nul.
- Pour <73, on porte les ordonnées relevées sur les verticales de trois en trois, puis on divise Taire obtenue par 3.
- Fig. 3
- On calcule de même les coefficients Zq, Z>2, à ceci près que Ton commence à porter les ordonnées relevées, à partir du milieu du papier.
- Les courbes (ou plutôt les demi-courbes) correspondantes sont indiquées par la ligure 3.
- T. G.
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Galvanomètre oscillatoire bifilaire. — W. Duddell.— The Electricien, 3o juillet 1909.
- L’auteur a cherché à réaliser un appareil sans lequel la niasse des parties mobiles soit très réduite ; il a constitué ainsi un instrument qui est en somme analogue à son oscillographe, mais où l'amortissement des vibrations est non plus apériodique, mais aussi réduit que possible.
- Les éléments constitutifs de l’appareil sont représentés par la figure 1 : ab c d est un fil de bronze très lin, qui passe sur la poulie p, et est maintenu à l’aide
- du ressort T dont la tension est réglable au moyen d’un bouton moleté.
- Sur les deux brins parallèles du fil, et dans l’entrefer de l’aimant M S, est monté un petit miroir M. Enfin les fils traversent 2 pièces mobiles RB qui limitent la région soumise à la vibration. Ces deux pièces peuvent être approchées ou éloignées Tune de l’autre à l’aide d’une commande par vis.
- Le courant qu’il s’agit de mesurer monte dans l’un des fils lorsqu’il descend dans l’autre, et, par suite, tend à les pousser, l’un en avant, l’autre en arrière, ce qui a pour effet de donner au miroir M une certaine inclinaison.
- La période de vibration des fils dépend de leur masse, de leur longueur, de leur tension, et du moment d’inertie du miroir. Dans la pratique, ce moment d’inertie est naturellement déterminé, ainsi que la masse des fils, mais, on, peut agir sur leur longueur et sur leur tension.
- Ceci permet de faire un réglage entre des limites très larges, de 90 à 1900 périodes par seconde; cependant les fils sont un peu trop lâches au-dessous de 100 périodes par seconde.
- La résistance de l’instrument expérimenté par fauteur était de i36 ohms; mais la force contre-électromotrice portail cette résistance à une valeur apparente d’un peu plus de 200 ohms.
- Quant à la sensibilité, elle correspond à i6ommpar micro-ampère, à la fréquence de 100 ; si Ton admet qu’on peut observer un déplacement du spot de imm, il en résulte que, pour cette fréquence de_ 100, on peut déceler une intensité de courant de ‘i ou 3 X 10-0 ampères. A. M.
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- Analyseur d’harmoniques à échelle variable. O. Mader. —Ete/drotechnische Zeitschrift, 9 septembre 1909.
- L’appareil décrit par l’auteur a pour but de déterminer graphiquement les coefficients des termes de la série de Fourier selon laquelle on peut toujours développer une fonction périodique.
- Le terme constant de cette série peut être déterminé à part au moyen du planimètre, puisqu’il est égal à la valeur moyenne de la fonction entre les limites choisies.
- Le triple résultat que l’auteur a cherché est d’avoir
- engrènent avec celles de la crémaillère. Sur cette roue dentée se trouvent placés deux œillets et Pc, à une distance r du centre, pouvant recevoir les crayons d’un planimètre polaire ordinaire.
- Si l’on suppose que le crayon F qui décrit la courbe à analyser est à l’origine de. cette courbe, les coordonnées de Pi sont :
- *,=-(* + '•) •
- Yi = Y„. = g
- et celles du point Pc :
- xt. — — h Uc = g + '’
- Fig. 1.
- Lorsque le crayon F, en se déplaçant sur la courbe, arrive au point de coordonnées x y, la roue
- X l
- dentée a tourné d’un angle 8 = ——. Son centre 13
- R m
- s’est déplacé dans le sens de l’axe des y d’une quantité : y -j- (x), la fonction ^ (.r) dépendant de l’angle
- dont l’équerre FKS a tourné.
- On en déduit aisément les coordonnées de P* e ^ Pc correspondant à cette nouvelle position, et on voit que si F se déplace sur la courbe jusqu’au point x = a, y = o, et s’il revient à l’origine en se déplaçant sur l’axe des x, les points Pi et P<? ont décrit des courbes fermées.
- Si l’on intègre l’aire circonscrite par ces deux points, on trouve que celle correspondant à Ps est représentée par :
- ; l ra —— f y sin
- R mj o J
- x l
- R
- un appareil: i° maniable,de mécanisme simple,rapide et commode, donnant le résultat sans aucun calcul; 20 pouvant être employé pour une échelle quelconque se présentant dans la pratique; 3° enfin, d’un prix peu élevé.
- La figure 1 représente le schéma de l’instrument.
- A un chariot mobile seulement dans le sens de l’axe des y sont reliées trois pièces mobiles :
- i° Une équerre FKS, pouvant tourner autour du point K, et munie en S d’une roulette;
- 2° Une crémaillère Z, mobile sur le chariot dans le sens de l’axe des y, le déplacement de cette crémaillère est obtenu en faisant mouvoir la roulette S sur uhe lige perpendiculaire à la crémaillère;
- 3° Une roue dentée de rayon R, qui peut tourner autour de son centre D fixé au chariot, et dont les dents
- et, de même, pour Pe, en changeant sin en ‘cos. Si maintenant on fait en sorte que :
- „ l 1 1
- R = a-------—
- m 2 ic 11
- et
- où .r prend les valeurs successives 1, 2, 3, etc..., on voit que les aires ci-dessus sont proportionnelles aux coefficients de la série de Fourier, le coefficient de proportionnalité étant K.
- L’appareil permet également d’analyser les harmoniques de la différence entre deux courbes /’ [x) — g (.r). Il suffit en effet, au lieu de revenir le long de l’axe des x, de revenir le long de g (x).
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- La possibilité de prendre pour base - permet de
- déterminer les coefficients A„, B„ de la série de Fourier, même quand on n’a pas sous la main la roue dentée correspondante.
- Un jeu de roues dentées permet d’obtenir les variations du coefficient n.
- Les résultats obtenus avec cet appareil fournissent une exactitude très suffisante et en tout cas supérieure aux appareils plus compliqués existant jusqu’à présent. Pour des mesures portant sur des coefficients compris entre 0,9 et 6,36, l’erreur absolue commise n’a pas été supérieure à 0,06.
- A. M.
- Asynchronomètre (appareil pour mesurer le glissement des moteurs asynchrones). — F. Horschitz. — Elektrische Kraftbetriebe uni Bahnen, 24 août 1909.
- L’appareil repose sur un principe que l’auteur a appliqué pour amener au synchronisme les moteurs asynchrones destinés à être branchés sur un réseau (').
- Si, au lieu de se placer dans le cas particulier du synchronisme, on laisse s’établir un certain glissement, l’aiguille du voltmètre indicateur, dont il était question dans la méthode précédente, oscillera, et il existera un rapport simple entre le nombre de ces oscillations et le glissement, qu’il s'agit de mesurer.
- On voit facilement, en se reportant à la description du principe de l'appareil, que, si a est le glissement en régime permanent, la durée d’oscillation de
- l’aiguille est - fois plus grande que celle du courant
- alternatif.
- Si donc m désigne le nombre de périodes par seconde ;
- t, la durée d’une période ;
- p, le nombre de paires de pôles du moteur;
- «o, le nombre de tours au synchronisme;
- n. le nombre de tours réel = n0 (1 — 0);
- t0, un temps quelconque assez grand;
- t, la duree des oscillations de l’aiguille ;
- s, le nombre d’oscillations de l’aiguille dans le^, temps t„;
- u, le nombre de tours effectif dans le temps 4;
- 011 aura :
- t m
- - = <j, n = u0 (1 — c), = - (1 — a),
- v p (*)
- (*) Voir Lumière Electrique, 16 septembre 1909,9.401.
- d’où :
- s
- c = —:-----.
- * + Pu
- On voit donc qu’on calcule facilement a et l’on connaît pendant un temps quelconque la marche d’oscillations de l’aiguille et le nombre de tours du moteur pendant le même temps.
- Pour réaliser l’appareil, il suffit de monter sur un même arbre les deux bagues, le collecteur et un compte-tours, cet arbre se terminant par un pointeau qu’on appliquera à l’arbre du moteur comme, on fait avec un compte-tours ordinaire.
- Pour pouvoir compter les oscillations du système oscillant, il suffit de remplacer la partie mobile du voltmètre par un noyau en double, t se déplaçant dans le champ d’un aimant permanent fixe et relié à un compteur par un dispositif de cliquet. On lit sur l’appareil les valeurs de s et de u et on déduit facilement t par la formule précédente.
- L’appareil convient aussi bien pour le polyphasé que pour le monophasé et permet de mesurer des glissements allant jusqu’à /»o % .
- Lorsqu’on a affaire à des moteurs ayant des nombres de pôles différents, l’appareil reste utilisable en changeant le collecteur.
- Enfin le diamètre de l’appareil est celui d’un tachymètre ordinaire, la longueur un peu plus grande. Le poids est de 1 470 grammes.
- A. M.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Rôle des champs différentiels dans les moteurs d’induction ; influence du pas d’enroulement raccourci. — E. Hellmund. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 9 septembre 1909.
- Pour simplifier les constructions graphiques qu’il expose, l’auteur admet que le rotor en court-circuit est au repos par rapport au stator. Dans ce cas, les pertes et les champs de dispersion seront nuis. Sous ces hypothèses, les champs dont il s’agit ici sont les seuls en présence, et leurs propriétés essentielles n’en ressortent que plus clairement.
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- Supposons le stator bobiné à n phases, et parcouru par des courants «-phases. Il en résultera un champ magnétique dont la répartition sur la surface polaire dépendra, si l'entrefer est régulier, de l'enroulement primaire, du pas d'enroulement et du nombre de phases.
- Si ce champ agit sur un enroulement secondaire qui soit l'image exacte au point de vue électrique de l'enroulement primaire, les courants engendrés dans le secondaire tendront à créer un champ égal et directement opposé au champ primaire ; le champ secondaire sera donc, lui aussi, l image du champ primaire, de sorte que dans chaque dent le champ résultant sera nul.
- Ce sera également le cas si le secondaire est en cage d’écureuil, puisqu’alors les courants secondaires se distribuent librement de façon à constituer l'image du champ primaire.
- On conçoit dès lors que si l'enroulement du secondaire est différent, soit par sa nature, soit par sa position, de l’enroulement primaire, les différentes régions des champs primaires et secondaires placées en regard l’une de l’autre ne seront plus, comme tout à l'heure, l’image l'une de l’autre, mais, dans les différentes dents, auront des valeurs différentes.
- Ces champs dans les dents sont appelés « champs différentiels » par l’auteur.
- L’auteur étudie d’abord le cas simple d'un enrou-
- Fig. i. — Diagramme des champs différentiels pour un enroulement biphasé à pas d'enroulement complet cl 4 encoches par pôle de part et d’autre.
- d’un carré. Dans le cas actuel, on aura évidemment deux carrés décalés de 45° l'un par rapport à l'autre (fig. i). Il en résulte que les forces électro-motrices agissant sur les dents ne pourront jamais être nulles, quelles que soient les grandeurs relatives des deux carrés.
- L’intensité des deux champs et la grandeur du carré secondaire, sont déterminées par cette condition que l’action résultante des champs sur chacune des phases secondaires doit être nulle.
- Dans la plupart des cas pratiques, cependant, la question sera plus compliquée par suite du grand nombre des dents et des champs correspondants.
- La figure a montre les diagrammes obtenus avec une machine ayant 16 encoches par pôle et par phase. Les deux diagrammes sont naturellement à7|5° l'un de l'autre.
- La force électromotrice résultante agissant sur les
- \
- \
- /
- 2*
- Fig. •>.. —Diagramme dos champs différentiels dans un enroulement biphasé à pas d’enroulement complet et S encoches par pôle des deux côtés.
- leinent biphasé à deux encoches par pôle et par phase et à pas d’enroulement complet, et suppose que chacune des phases secondaires est décalée de 45° par rapport à la phase primaire correspondante.
- Le diagramme qui donne les forces magnéto-motrices produites par chacun des deux champs sur les dents, a, comme Georges l’a montré, la forme
- dents est la somme des forces électromotriccs qui agissent sur le primaire et sur le secondaire; ainsi le vecteur i est la somme géométrique des vecteurs i° et i'; il représente la force électromotrice qui agit sur la dent i et peut de même représenter le champ dans cette dent.
- En additionnant les vecteurs i jusqu’à 8, on ol>-
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- tient le champ à l’intérieur de la bobine ia. Les tensions produites dans les bobines peuvent être regardées .comme proportionnelles à ces vecteurs ; si donc on néglige le décalage des tensions sur les champs correspondants, les vecteurs ia jusqu’à ,'la et i(; jusqu’à 4c représentent les tensions produites dans les bobines de même numéro, tant au primaire qu’au secondaire. La somme des vecteurs secondaires est nulle et le diagramme remplit bien la condition indiquée plus haut.
- En pratique, la grandeur du diagramme secondaire n’est pas connue comme on l’a supposé. Elle doit être trouvée par approximation, la condition finale étant d’obtenir une tension secondaire résultante nulle.
- Il y a donc lieu de chercher des méthodes d’approximation pour simplifier les constructions. Au lieu des hypothèses ci-dessus, l’auteur suppose qu’on applique au primaire et au secondaire des tensions
- —
- Fig. 3. — Diagramme d’un enroulement biphasé fictif à pas d’enroulement complet et 3 encoches par pèle.
- telles que les courants primaires et secondaires soient les mêmes. Si l’on reprend alors le cas simple du début, pour lequel la méthode d’approximation proposée présente le jmoins d’exactitude, on obtient le diagramme représenté par la figure 3. L’erreur commise en appliquant cette méthode n’est que de 2,85 % . Dans la plupart des cas, elle est encore plus faible et peut être pratiquement négligée.
- En ce qui concerne l’action des champs différentiels sur le calcul des moteurs d’induction, on peut les assimiler, bien que n’étant pas de même nature, aux champs de dispersion, ce qui revient pratiquement à majorer le coefficient de dispersion. Si l’on se reporte à la définition que l’auteur a donnée de ce coefficient O, on voit quelle est la valeur qu’il faut ajouter (*)
- pour tenir compte des champs différentiels; il suffit de diviser les tensions de réactance obtenues par la méthode ci-dessus par les tensions produites à vide dans l’hypothèse des mêmes courants primaires.
- Jusqu’ici l’étude n’a porté que sur les champs différentiels relatifs à deux positions déterminées, à savoir celle des deux enroulements images l’un de l’autre et celle des deux enroulements à 45°.
- Pour toutes les positions intermédiaires, les diagrammes montrent qu’il n’y a pas concordance entre le décalage dans le temps et le décalage dans l’espace des tensions engendrées dans les bobines.
- En remarquant que les champs primaires réellement existants peuvent être décomposés en champs différentiels primaires et secondaires, on peut chercher si, en se servant des définitions connues de M. Blondel pour les coefficients de dispersion pri.
- Degrés.
- Fig. /f. — Influence du pas d’enronlomcnt. maire et secondaire, leurs valeurs ne seraient pas utilisables. Or ces valeurs peuvent se déduire'très facilement des diagrammes contenus dans le travail déjà signalé de l’auteur, permettant de déterminer la tension induite dans une bobine placée dans une position quelconque et dans l’hypothèse d’un circuit ouvert.
- Les résultats trouvés en appliquant cette méthode aux positions principales concordent avec ceux obtenus par la première méthode exposée.
- Si l’on représente les coefficients de Blondel en fonction de la position du rotor par des courbes, on voit que ces valeurs se composent nettement de deux parties dont l’une varie avec la position relative des dents, tandis que l’autre dépend de la position rela-
- (*) Elektrotcchnisehe Zeitschrift, 1509, p. 25.
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- tive des enroulements de chaque phase. Cette dernière représente les champs différentiels.
- Pour un petit nombre d’encoches, la séparation de ces deux parties est possible ; pour un plus grand nombre d’encoches, il n’en est plus ainsi, puisqu’il y a toute une série de positions pour lesquelles la valeur correspondant aux dents devient nulle.
- Enfin, l’auteur a tracé un certain nombre de courbes qui mettent en évidence l’influence favorable du raccourcissement du pas d’enroulement.
- La figure 4 représente les valeurs du coefficient de
- 0,030
- .2 <= 0,020 u, V ’ t- g
- i-l o.ots •
- ^ s
- o S °'0,°
- Nombre d’cncoches par pôle. Fig. 5;
- dispersion différentiel, d’un enroulement diphasé pour 12 encoches par pôle et pour différents pas d’enroulement, selon la position du rotor. Les nombres inscrits sur les courbes indiquent le pas des bobines en degrés électriques (i8o° étant le pas complet).
- Pour terminer, l’auteur indique un procédé simple
- pour le calcul pratique des coefficients de dispersion .
- On trouve le coefficient primaire en prenant sur la courbe de la figure 5 la valeur correspondant au nombre d’cncoches primaires, et on multiplie la valeur trouvée par celle obtenue pour le pas d’enroulement du primaire (fig. 6).
- Le coefficient secondaire peut être obtenu d’une manière analogue.
- Pour les moteurs à cage d’écureuil on obtient des
- valeurs approchées en calculant le coefficient primaire cornrpè plus haut, le coefficient secondaire étant dans ce cas égal à O ('). G. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Action des décharges à haute tension sur les isolateurs en porcelaine. — G. Benischke. — Elektrisclie Kraflbetriebe und Bahnen, 'J.4 juillet 1909.
- De toutes les substances isolantes solides, la porcelaine est celle qui conserve le mieux une surface extérieure polie. Mais, soit sous l’influence atmosphérique, soit à la suite des décharges électriques, la surface des isolateurs en porcelaine finit par être plus ou moins attaquée.
- Cette attaque est d’origine chimique et due principalement à la formation d’ozone et d’acide azotique.
- Les isolateurs en verre sont, sous ce rapport, moins résistants.
- Si l’on soumet des isolateurs en porcelaine à des décharges électriques dans l’huile, on obtient en général, pour des tensions très élevées, une rupture de la porcelaine, car l’huile offre une trop grande résistance à la décharge.
- Si cette rupture est telle que la décharge doive suivre pendant un certain temps la surface extérieure de l’isolateur, celle-ci se trouve attaquée,’ sans qu’on puisse en attribuer la cause à une action chimique.
- A la suite d’essais faits par l’auteur sur des porcelaines dont l’épaisseur était telle qu’une rupture était impossible, et que la décharge devait suivre la surface extérieure de l’isolateur, il a été reconnu que la décharge se produisait au bout d’une demi-minute, que l’attaque désagrégeait aussi bien la porcelaine vitreuse que la porcelaine non vitreuse et qu’elle était plus énergique au voisinage des électrodes.
- L’auteur explique la différence de résultats dans l’air et dans l’huile par ce fait que les décharges dans l’air ne se produisent jamais directement sur la surface de l’isolateur, mais à une très légère distance de celle-ci. Dans l’huile au contraire, la décharge Se produit à la limite de séparation entre l’huile et la porcelaine, donc au contact direct de celle-ci. Par suite de la température élevée, la porcelaine fond; surtout auprès des électrodes, où la chaleur dégagée est maxima.
- (') Cf. Electrical Review and Western Electrician, 1909, n° 54, p. 32; Transactions Am. Jnst. Elect. Eng., 1908, 110 7> 1>- 927 et suiv. ; Elektrotechnisçhe Zeitschrift, 1909, p. 25,219 (fiogowski et Siinons).
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- Si l’attaque de la porcelaine a pour cause cette fusion, on doit constater également le même phénomène dans le canal produit par la rupture de la porcelaine. Or, dans ce canal, la porcelaine se détache par éclats jusqu’à une certaine profondeur.
- Dans l’air, la rupture d’un isolateur présente simplement un aspect vitreux.
- T. D.
- TRACTION
- Voiture servant au nettoyage automatique des rails. — Schorling. — Elektrische Kraftbetriebe und Jialinen, i'\ juillet 1909.
- La direction des tramways de Hanovre a mis en service sur son réseau une voiture pour le nettoyage automatique des rails, avec laquelle on a obtenu des résultats très avantageux.
- Dans la construction de cette voiture ; on a cherché à réaliser les conditions suivantes : nettoyage mécanique des rails avec absorption de la poussière par la voiture ; nettoyage sans production de poussière ; possibilité d’employer la voiture pendant le service normal des tramways ; service simple par un seul homme ; décharge rapide de la poussière ramassée.
- La voiture est une motrice ordinaire à deux essieux, à châssis bien suspendu, actionnée par deux moteurs de 25 HP chacun. Entre les deux essieux se trouve un réservoir de 4m:’; au-dessus, un dispositif, actionné électriquement, est relié au réservoir ci-dessus, dans lequel il fait le vide.
- Du réservoir partent quatre tubes, qui aspirent la poussière amassée dans le rail.
- Un dispositif spécial permet d’empêcher la poussière de pénétrer dans l’appareil d’aspiration. Un réservoir d’eau permet d’arroser le sol avant le nettoyage. Le conducteur est averti du remplissage du réservoir par un signal électrique.
- À titre d’indications, voici quelques données sur cette voiture :
- Personnel nécessaire : 1 homme;
- Vitesse maxima à l’heure: 2a kilomètres ;
- Consommation d’énergie pour une vitesse de i5km à l’heure, par kilomètre : 1 5oo watts ;
- Quantité de poussière absorbée par kilomètre : o à o,5m3 ;
- Erais d’entretien par kilomètre : 4 centimes
- environ ;
- Puissance journalière moyenne : 70km de rails.
- Ces quelques chill'res montrent la supériorité de ce procédé sur le nettoyage à la main.
- T. N.
- Locomotives électriques du British Columbia Railway. — The Eleclrician, 3 septembre 1909.
- Ces locomotives, récemment construites, sont montées sur truck articulé à quatre essieux avec un moteur sur chaque essieu. L’effort de traction maximum est de 8 oookg, l’effort instantané maximum, de 12 5oo kilogrammes.
- La disposition la plus intéressante à signaler est celle du mode de support du corps de la locomotive, qui repose sur deux trucks à quatre roues dont l’accouplement possède une certaine flexibilité dans le sens latéral, mais est au contraire rigide dans le sens vertical ; cela a pour but de permettre au truck arrière de résister à toute tendance au basculement sous l’action d’un à-coup venant du truck avant, et vice-versa.
- Voici les caractéristiques principales de l’équipement :
- Nombre de moteurs : 4 ;
- Rapport de transmission: 3,64 '• 1 ;
- Nombre de roues motrices : 8
- Diamètre des roues motrices : im,5o ;
- Empattement total : -y111,35 ;
- — pour chaque truck : 2n,,4o;
- Longueur totale : ion‘,07 ;
- Poids total : 5o tonnes.
- V. E.
- DIVERS
- L’emploi du sulûte de zinc pour les tubes Braun. — F. Giesel et J. Zenneck. — Physika-lische Zeitschrift, i®1' juin 1909.
- Un inconvénient des tubes de Braun tels qu’on les construit jusqu’à présent est que l’intensité lumineuse est insuffisante pour les photographies instantanées quand il s’agit de courants variant d’une façon relativement rapide. Un certain nombre de procédés ont été employés pour y remédier, mais sans grand succès.
- Les auteurs ont expérimenté diverses substances et en particulier le sulfite de zinc.
- L’étude porta sur les points suivants :
- Action photographique dans diversespositions ;
- Influence de la lumière émise sur l’œil (la
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- substance qui à éclat photographique égal est la plus claire pour l’œil étant à préférer) ;
- Influence de l’éclairement résiduel;
- K mission de gaz (dont dépend le degré du vide dans le tube).
- On avait fait en sorte que pendant l’expérience les conditions fussent exactement les mêmes pour toutes les substances. Les résultats obtenus avec le sulfite de zinc furent les plus satisfaisants, la lueur laissée par cette substance n’étant nuisible en aucune façon et le vide a été constaté aussi bon que dans les autres tubes Braun.
- T. G.
- BREVETS
- Dispositif de refroidissement des machines électriques du type hermétique. — Société Brown, Boveri et Cie. — Publié le 20 août 1909.
- Les machines électriques qui, par suite de conditions spéciales à remplir, doivent être construites hermétiques, étaient jusqu’ici pourvues, pour leur refroidissement, d'une carcasse à nervures, dont l’action pouvait être éventuellement renforcée par un ventilateur chassant un courant d’air le long de ces nervures, ou par un refroidissement par une circulation d’eau, ou bien alors, le refroidissement s’effectuait' au moyen d'une circulation, à travers la machine, d’un courant d’air frais amené de l’extérieur et évacué au dehors par des canaux d’air débouchant dans le bloc de fondation.
- La présente invention a pour but l’amélioration des machines de la première catégorie en rendant superflues les nervures précitées, mais elle peut aussi s’appliquer aux machines de la seconde catégorie dans les cas où il y aurait certaines difficultés à amener et à'évacuer l’air extérieur par des canaux spéciaux.
- L’invention part du principe, en lui-même connu, qui consiste à faire passer constamment la meme masse d'air à travers un circuit fermé se composant de la machine et d’un dispositif de refroidissement distinct de la machine, mais également séparé hermétiquement de l’air extérieur, et elle réside spécialement dans le fait que c’est la plaque de fondation elle-même qui forme le dispositif de refroidissement de l’air.
- A cet effet, cette plaque b, évidée, est munie de ner-
- vuresverticales parallèles e, fixées alternativement en haut, en bas, et à travers lesquelles l’air est obligé de circuler.
- Le fonctionnement est le suivant :
- Au moyen d’un ventilateur disposé, de la manière connue, sur l’arbre du rotor à l’intérieur de la machine, ou au moyen d’un rotor agissant lui-même comme ventilateur, l’air est aspiré à droite de la machine', par exemple, puis est chassé à l’intérieur de la machine, d’où il est enfin expulsé du côté opposé (vers la gauche).
- L’air est conduit alors à travers les nervures auxquelles il cède sa chaleur, laquelle se répartit dans l’ensemble de la plaque de fondation et s’écoule partiellement dans le bloc de fondation (béton, etc.) qui la supporte.
- Les nervures sont, conformément au but qu’elles remplissent, de préférence creuses et on y conduira, soit de l’air frais, soit un courant d’eau ; on peut de plus disposer directement dans la plaque de fondation un serpentin ou toute autre forme de refroidis-seur agissant par circulation d’un fluide approprié
- Dans le cas d’une plaque commune à un groupe moteur-pompe, on utilisera cette plaque comme refroidisseur du moteur en se servant au besoin pour cela de l’eau circulant dans la pompe.
- L’arrangement préconisé ici a l’avantage de permettre l’emploi, pour une machine hermétique, d’un type de mêmes dimensions que pour une machine non hermétique, de sorte qu’il n’est plus nécessaire de choisir une machine plus largement dimension-née comme on devait le faire dès que la construction hermétique était imposée pour ne pas avoir un échaulïement trop fort; autrement dit, une telle
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- machine peut actuellement être utilisée pour la capa- j cité entière correspondant à ces dimensions.
- La fabrication sera donc simplifiée par le fait que, pour tous les cas où des types hermétiques sont nécessaires, on utilisera le type courant à circulation d’air, à cette différence près que cet air ne sera pas renouvelé et se refroidira dans le refroidisseur ci-dessus décrit.
- L’emploi d’un refroidisseur* distinct placé en dessous du moteur a de plus l’avantage que les condensations qui peuvent se produire ont lieu dans ce refroidisseur et non dans le moteur lui-mème ou elles pourraient occasionner les défaut d’isolement ; il en résulte donc une sécurité plus grande.
- A. P.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Analyse des métaux par l’èlectrolyse : métaux industriels, alliages, minerais, produits d’usines — A. Hollard, docteur ès sciences, chef du laboratoire central de la Compagnie française des métaux. et L. Bertiaux, essayeur du commerce, chimiste à la Compagnie française des métaux, — a® édition, entièrement refondue et augmentée. — 1 volume in-8 de 256 pages. — H. Dunod et Ii. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 9 fr. 5o.
- Lés auteurs de ce livre ont fait une très longue série d’expériences synthétiques et analytiques, dans lesquelles ils sont arrivés à pouvoir déposer sur les électrodes, dans un grand nombre de cas, des quantités illimitées de métal.
- La première édition exposait complètement la théorie de l’analyse électrolytique.
- Cette nouvelle édition comprend des procédés encore inédits, en même temps que des perfectionnements importants apportés aux méthodes.
- L’èlectrolyse y occupe une place importante, mais non pas exclusive. S. F.
- La fabrication êlectrochimique de l’acide nitrique et des composés nitrès. (a® édition). — J. Escard. — Un volume in-8 de 116 pages, avec 52 ligures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix : broché, 4 fr. 5o.
- Les nitrates chiliens ont été jusqu’ici Tunique source où les industriels puisaient l’azote nécessaire à leur fabrication.
- Or, ces gisements s’épuisent, tandis que l’industrie des composés nitrés augmente, au contraire, de jour en jour.
- L’air atmosphérique, qui contient une provision illimitée d’oxygène et d’azote, permet d’arriver économiquement à satisfaire les exigences de l’industrie et de préparer, avec des rendements 1res élevés, de l’acide nitrique et des nitrates.
- Le présent ouvrage renseignera ses lecteurs sur les procédés de fabrication actuellement en usage et sur l’extension possible des méthodes décrites.
- T. P.
- Manuel pratique des principaux droits et impôts frappant les Sociétés industrielles et financières (Appendice pour les Compagnies de Gaz et d’Électricité). — PaulBougault, avocat à la Cour d’Appcl de Lyon. — A. Gratier et .1. Rey, éditeurs, Grenoble. — Prix : broché, 8 francs.
- L’auteur de ce manuel pratique des droits d’en-registreinent et contributions, frappant les sociétés françaises, s’est inspiré du programme suivant :
- i° Réunir, en un seul volume, les textes applicables aux sociétés, en vertu desquels le Trésor effectue toutes ses perceptions;
- 2° Indiquer, en employant le minimum de mots juridiques, et, dans l'ordre le plus facile à comprendre pour un praticien, les grands principes de ces impôts et les préciser par des exemples. En ce qui concerne l’impôt sur le revenu, dire ce que sont les sociétés soumises, les comptes sujets, définir les bénéfices et la distribution, etc. En ce qui concerne le droit de timbre, la taxe de transmission, le droit de communication de l’enregistrement, donner des règles pratiques de façon à éviter, d’une part, le paiement de droits indus, et, d’autre, part, des amendes ou des doubles droits ;
- 3° Suivre la même méthode, en ce qui concerne les impôts directs, mettre le contribuable à même de lire clairement sa feuille d’avertissement, lui indiquer comment le contrôleur Ta établie ou aurait dû l’établir, lui permettre de vérifier si la perception est bien fondée, au point de vue de l’impôt foncier (révision de 1910), et des patentes (révision annuelle).
- L’auteur se défend donc d’avoir voulu faire un
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- livre théorique, ruais il a eu pour but de faire un manuel très pratique, et comme il a été impossible de traiter toutes les questions, il a choisi d’une façon toute particulière celles qui, dans le cours de ces cinq dernières années, lui ont été le plus souvent posées.
- On ne sera point étonné de trouver un chapitre spécial pour les sociétés de distribution d’éclairage et de force, par le gaz ou l’électricité, dont l’auteur s’est spécialement occupé dans différents ouvrages, et un guide pratique pour les patentes des usines hydro-électriques. J. R.
- VARIÉTÉS
- Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique (<).
- Tous les efforts du constructeur doivent avoir pour objectif l’obtention de produits répondant parfaitement à l’usage auquel ils sont destinés et dont le prix de revient soit aussi peu élevé que possible.
- Il est évident que l’ingéniosité des bureaux d’étude, l’habileté commerciale et administrative sont des facteurs importants de prospérité ; mais ils ne sont pas les seuls.
- Un mécanisme peut être parfaitement conçu et être totalement défectueux par suite d’une exécution imparfaite ; il peut être très simplement imaginé et être d’une réalisation coûteuse.
- Deux questions d’organisation des ateliers ont une importance primordiale, la première est relative à l’outillage, la seconde aux salaires.
- OUTILLAGE
- On a beaucoup discuté le point suivant :
- Doit-on équiper un atelier de machines-outils perfectionnées desservies par des ouvriers ordinaires, ou bien est-il préférable d’adopter un outillage à bon marché et de demander au personnel une habileté spéciale';’
- Il n’est pas possible de résoudre ce problème d’une façon catégorique et générale. Evidemment les usines fabriquant en série des produits toujours semblables sinon identiques, telles que les fabriques d’armes, ont tout intérêt à équiper leurs ateliers d’un outillage aussi parfait que possible, afin de
- Extrait d'une communication de M. L’Hoest à l’Association des ingénieurs sortis de l’Ecole de Liège, reproduite dans la Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, février 1909.
- pouvoir utiliser, grâce à la division du travail, un main-d’œuvre peu coûteuse.
- Mais, dans notre pays, ce genre d’industrie est plutôt l’exception et il n’intéresse que les produits mécanisés de faible valeur. Il convient donc d’envisager quels sont les facteurs qui doivent guider le constructeur dans l’équipement et l’organisation de ses ateliers.
- On peut diviser l’outillage en deux grandes catégories : l’outillage normal et l’outillage spécial.
- La première comprend les machines-outils communes à tous les ateliers, telles que tours, raboteuses, foreuses, fraiseuses, etc., les calibres de diamètres et de longueurs, le petit outillage ; la seconde, les machines-outils spéciales, les pinces de forage et de tournage, les gabarits de traçage, etc.
- Quelle que soit la nature d’une industrie mécanique, la précision de l’outillage normal doit être en rapport avec le degré de perfection et d’interchangeabilité requis. Ce degré peut être établi par des expériences ; il est atteint quand les retouches ou mises au point sont réduites à leur extrême limite. On obtiendra de cette façon le prix de revient le plus avantageux.
- . J’ai eu la bonne fortune d’être chargé par la Compagnie Internationale d’Electricité du choix et de la mise en pratique d’un système de tolérances répondant aux conditions que je viens d’énoncer.
- On sait qu’une machine électrique se compose de deux parties, l’une fixe ou stator, l’autre mobile ou rotor tournant dans la première généralement à une vitesse assez grande. Ces deux parties sont séparées par un entrefer cylindrique, dont la valeur toujours faible n’est dans certains cas extrêmes que de quelques dixièmes de millimètres.
- Une grande exactitude est donc indispensable pour éviter le frottement du rotor dans le stator. Il est nécessaire en outre que toutes les pièces de machines
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- semblables soient interchangeables entre elles, et ce sans nécessiter aucun ajustage.
- Voici les principes qui nous ont guidé dans le choix des tolérances et dans l’établissement de nos calibres :
- i° On sait que jusqu’à une certaine limite, par exemple ioomn\ l’exactitude d’un diamètre intérieur s’obtient le plus aisément par l’emploi d’un alésoir finisseur; il convient, dans le but de réduire le nombre de ces outils coûteux et éviter des méprises irréparables, d’adopter un seul calibre d’alésage pour chaque diamètre usité. Quel que soit donc le but du travail, calage, ajustage glissant ou tournant, on emploiera pour une même dimension le même alésoir;
- 2° Pour être précis, les calibres doivent être avant tout légers et parfaitement maniables ;
- 3° Les calibres doivent être entretenus avec le plus grand soin et être vérifiés très fréquemment.
- A la suite d’essais très concluants, nous avons adopté la table de tolérances et les calibres de la maison Ludwig Lœwe de Berlin.
- On peut se demander si la sévérité de cette table est bien nécessaire et si elle n’entrave pas la rapidité de l’usinage. Gomme il s’agit ici d’une question d’appréciation, je me contenterai de répondre qu’à la Compagnie Internationale d’Electricité, nous n’avons eu qu’à nous louer de l’emploi de ce système de tolérances qui est appliqué du reste avec succès dans certains ateliers bien réputés du pays.
- Les ouvriers, hostiles au début aux calibres à tolérances, s’y sont habitués facilement et s’en servent sans aucune difficulté.
- Le jeu de calibres que possède la Compagnie Internationale d’Electricité se compose pour chaque dimension de la table comprise entre 4 et ioo™ de ;
- a) Une jauge plate à tolérance pour le contrôle du diamètre intérieur. La forme de ce calibre permet de déceler immédiatement toute ovalité nuisible qui aurait pu se produire au cours du travail ; pour servir de doublure à ces jauges, il a été fait choix d’un jeu de bouchons à tolérance démontables qui servent surtout au contrôle des trous de grande longueur.
- b) Un étrier double à tolérance pour chaque genre d’ajustage : tournant, glissant, calant.
- Les calibres choisis pour les diamètres supérieurs à i oomm sont :
- c) Une jauge de longueur normale et une jauge de longueur rebut pour les diamètres intérieurs. Les extrémités de ces jauges sont des calottes sphériques
- dont le diamètre est exactement la longueur à mesurer.
- d) Un étrier simple à tolérance pour chacun des ajustages mentionnés. Ces étriers sont munis d’une poignée en bois évitant réchauffement du calibre par la main. Us sont très légers et très maniables.
- Tous ces calibres sont exacts au millième de millimètre. Leur vérification périodique se fait au moyeu d’une machine à comparer très sensible.
- Un peu d’habitude permet à l’opérateur d’atteindre une exactitude de l’ordre du millième de millimètre.
- Nous utilisons comme références les disques étalons Brown et Sharpe, et pour les mesures délicates les blocs étalons Johansson.
- La boîte Johansson contient un jeu de 8i petits blocs prismatiques permettant 29 000 combinaisons. Les faces formant là mesure sont d’un parallélisme parfait et rigoureusément planes, l’exactitude de la dimension poinçonnée est étonnante.
- Voici du reste quelques expériences que j’ai tentées avec succès.
- En faisant glisser l’une contre l’autre les surfaces polies de deux blocs, de façon à chasser l’air qui les sépare, on obtient une adhérence telle qu’il faut un effort très sensible pour les décoller. Des expériences faites par M. E. A. Dixie et relatées dans VAmerican Macliinist (5 oct. 1907), ont prouvé que l’adhérence des blocs ainsi réunis est supérieure à la pression atmosphérique.
- Voici le résultat d’une de ces expériences faites devant témoin digne de foi : l’adhérence a été trouvée supérieure'à 3i livres par pouce carré, soit plus de 2k,i8o par centimètre carré. Il est probable que des attractions moléculaires entrent en jeu, car une expérience très simple au moyen de line limaille de fonte écarte l’hypothèse de l’aimantation des blocs.
- On peut encore faire coller des groupes de calibres assemblés comme suit : deux calibres collés l’un à l’autre formant une dimension déterminée adhérent de même que le calibre de cette dimension totale entre les faces de deux étalons de grandes dimensions.
- Il nous reste à envisager dans la catégorie de l’outillage normal ou commun à tous les ateliers de constructions mécaniques, le petit outillage qui comprend, comme on sait, les outils ordinaires pour tours, raboteuses, foreuses, fraiseuses et machines analogues.
- L’emploi des aciers rapides a provoqué une véritable révolution dans la fabrication et dans l’utilisation
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- T. VIII (2° Série). —N° 40.
- dès burins de tour et de raboteuses, des mèches amé-eaines et des fraises. Il est à remarquer cependant que peu d’ateliers retirent de l’usage des aciers spéciaux tout le profit qu’ils en attendent. Cette mauvaise utilisation peut résulter d’un manque d’esprit de méthode et de vices d’organisation.
- Considérons, par exemple, les outils de tour. Pour qu’un tel outil donne son maximum de rendement, il faut qu’il soit:
- i° Convenablement forgé ;
- 2° Trempé à une température bien définie;
- 3° Affûté avec précaution et suivant une forme bien déterminée ;
- 4° Utilisé par une machine robuste conduite rationnellement.
- C’est une grave erreur que de laisser tous ces
- points à l’initiatiative des ouvriers, qui y apportent leurs idées personnelles presque toujours erronées et routinières.
- A l’exemple des ateliers américains, la Compagnie Internationale d’Electricité a créé un département d’affûtage, où tous les outils indistinctement sont mis à forme ou rafraîchis par des spécialistes, au moyen d'un matériel perfectionné.
- Le chef outilleur contrôle les opérations de forge, de trempe et d’affûtage, et est responsable de la qualité de tous les outils en service.
- (.A suivre.)
- L. L’Hoest,
- Ingénieur,
- chef des services de fabrication de la Compagnie Internationale d’Electricité.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Il est toujours question, en France comme en Allemagne et en Amérique, de relèvement économique. Si nous examinons dans le bilan de la Banque de France au 9 courant les éléments qui peuvent être considérés comme reflétant la situation commerciale particulière à notre pays, nous remarquons que, par rapport au mois de septembre de l’an dernier, le portefeuille est en augmentation de 16 millions, et que la circulation fiduciaire est de 4 985 074 francs au lieu de 4 7G5 898 francs ; mais les avances sont en diminution de millions environ et les comptes courants particuliers en augmentation de 148 millions. On ne peut donc pas conclure de ces chiffres une indication nettement en faveur d’une prospérité renaissante. Le chiffre des importations du semestre écoulé comme celui des exportations, respectivement de 3 483 940 000 francs et de 3 088 ^53 000 fr. qui dépassent l’un et l’autre de 240 millions environ ceux de l’exercice 1908, accusent par contre une activité plus grande des échanges commerciaux.
- Les recettes des douanes, qui, pendant le môme laçs de temps, sont passées de 291 804 000 francs à 297 568 000 francs, confirment cette situation un peu améliorée; en 1907, celles-ci avaient été de plus de 3oo millions.
- Les recettes de nos grandes compagnies de chemins de fer, qui suivent sans contredit les fluctuations du marché, passent également à un chiffre un peu supérieur : 1 o83 564 700 francs au lieu de 1 074 930 000 francs ; le pourcentage est peu élevé, mais il faut considérer que l’été a été très mauvais et a influé beaucoup sur la recette voyageurs. On trouve cependant que par rapport à l’année dernière, la recette par jour-kilomètre du icr janvier au 26 août passe de 116 francs à 117 francs.
- Le mouvement des ports, durant les 7 premiers mois de l’exercice, donne un chiffre en nombre de navires entrés chargés plus faible qu’en 1908, mais supérieur en tonnage de 100 000 tonneaux environ; le même rapport s’établit à la sortie qui, pour un nombre moindre de navires accuse un tonnage supérieur, indice évidemment en faveur d’une plus grande activité.
- Il y a, d’autre part, certains chiffres d’impôts qui sont une preuve d’une situation économique en progrès : celui, par exemple, sur les opérations de bourse; bien qu’inférieur aux prévisions budgétaires de 1 200 000 francs, il dépasse le chiffre de l’an dernier de 1 600 000 francs. Les échanges financiers de toutes sortes ont donc été plus actifs. En résumé, il se dessine en France un mouvement de légère et lente amélioration qui peut être une répercussion
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- d’un mouvement plus général comme aussi bien le résultat d’un progrès local créé par des besoins particuliers à notre pays.
- En Angleterre, les importations des 8 premiers mois de l’année sont supérieures de f3 millions de livres à celles de 1908, mais les exportations sont inférieures de 10 millions. L’Amérique, dont on paraît tant attendre le relèvement, accuse pour New-York 56i millions de dollars à l’importation, et /,o5 millions à l’exportation, contre respectivement 401 millions et 4*ij millions en 1908. Le commerce allemand, de son côté, par ses chiffres de 4 milliards de marks aux importations et 3 milliards aux exportations, supérieurs tous deux à ceux de l’an dernier, confirme l’impression favorable des correspondances d’Allemagne.
- Plus d’une fois la question des transports en commun nous a donné l’occasion de critiquer la façon dont on envisageait, dans certaines sphères, le rapport qui existait entre le prix du transport et les services rendus par les moyens de locomotion plus rapides mis à la disposition du public, qu'il s’agisse d’ailleurs de tramways, omnibus, métropolitain ou chemins de fer. Il a bien fallu pour les tramways et les omnibus se rendre à l’évidence, car l’expérience des fautes accumulées ne datait que d’hier. Aussi, après deux ans de tâtonnements, de discussions stériles, on en est arrivé presque aux solutions acceptables pour des concessionnaires sérieux. Le Préfet de la Seine vient de faire un nouvel appel aux demandeurs en concession en leur imposant un cahier des charges qui peut répondre aux vœux du ministre, du Conseil municipal et enfin du public. La clause des avantages à concéder au personnel, jusqu’à concurrence de 4 000000 francs, créera, croyons-nous, beaucoup de difficultés à l’exploitant par l’action irréfléchie de ceux qui n'envisagent toujours qu’un côté de la question : l’intérêt de la main-d’œuvre, et négligent celui du public et des actionnaires.
- Nos grandes compagnies de chemins de fer, au contraire, n’ont pu apporter devant le Parlement les preuves d’un déficit imminent; elles ont été obligées de raisonner dans l’avenir. Tous leurs calculs, toutes leurs résistances, toutes leurs menaces n’ont pu avoir raison dcTintérêt électoral. Elles ont dû subir des lois qui les condamnent, soit à diminuer la part de leurs actionnaires, soit à faire appel au crédit de l’État, soit à demander un relèvement de certains tarifs. Cette dernière solution était dans nos prévisions. Voici qu’on annonce de meilleures dispositions à la Bourse au compartiment des chemins de fer dans
- l’espoir d’un relèvement prochain de certains tarifs de grande vitesse! Et les pouvoirs publics, qui 11’ont pas hésité depuis quelques années à imposer des charges trop lourdes aux compagnies du fait des nouvelles lois sociales, seraient, paraît-il, assez disposés en ce moment à leur accorder cette compensation. Ce n’est pas d’une bonne administration ! Le commerçant qui veut réaliser une amélioration, soit au profit de ses ouvriers, soit au profit de sa clientèle, établit d’abord son prix de revient avec l’hypothèse de ce relèvement des salaires ou de l’abaissement de ses prix. Si, pour obtenir ce but, il reconnaît la nécessité de perfectionner son outillage, de remplacer certains rouages surannés par d’autres plus vivants, d’élever le niveau de sa main d’œuvre, il s’y attache tout d’abord. Dans cet ordre d’idées, on voit certains industriels transplanter complètement leurs usines dans des régions plus favorables, ou plus favorisées. L’instrument étant créé, les résultats sont généralement conformes aux prévisions et permettent de faire bénéficier chacun de leur amélioration. Mais la méthode qui consiste à créer les résultats sans tenir aucun compte des moyens en jeu et des nécessités économiques ne peut aboutir qu’à un retour en arrière, à un progrès au rebours; le relèvement des tarifs de chemins de fer est de cette sorte. Ses conséquences seront de suite : de ralentir certaines transactions, d’amener du côté voyageurs un déclassement qui facilitera l’augmentation du confortable des wagons de 20 et 3e classes, et de nécessiterdu côté marchandises la création de tarifs encore plus spécialisés. Le colis postal voudra avoir tous les poids.
- Cependant une des conséquences très intéressante de cette Aggravation des frais généraux sera d’amener nos compagnies de chemins de fer à transformer au plus tôt leur mode de traction. Partout où la traction électrique présente des avantages incontestables sur la traction à vapeur, elles devront envisager le remplacement de celle-ci par celle-là. Sur les lignes de montagnes ou simplement à profil accidenté, sur celles à circulation très intense d’un caractère périodique et avec stationnements très rapprochés, sur loutes les nouvelles lignes en construc-. tion, leur intérêt sera d’y pourvoir. Elles y viennent déjà, procédant avec prudence comme il est nécessaire pour des organismes aussi complexes ; mais l'expérience acquise depuis neuf ans ne peut que les encourager à suivre cette voie dans laquelle l’étranger s’est engagé avant nous, avec plus d’audace, mais non sans succès.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Rhône. — La Compagnie des omnibus et tramways de Lyon a déposé à la préfecture le projet d’établissement d’une ligne de tramways de Bellecour à Saint-Rambert-l’Ile-Barbe.
- Savoie. — La Compagnie des chemins de fer des Alpes Bernoises a obtenu la concession de la ligne Moutiers-Grange ; le devis provisoire se monte à 19 millions. La Compagnie des chemins de fer de l’Est a déclaré souscrire 10 millions d’actions avec renonciation aux intérêts pendant la période de construction.
- Russie. — Le ministre des Voies et Communications a Fintention de commander pour 17 millions de roubles de wagons et pour 1 million de roubles de locomotives à des fabriques russes.
- Suisse. — La Compagnie du chemin de fer du Birsig-tal, à Bâle, a obtenu la concession pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique de Bâle à Rodersdorf par Fliiken.
- Espagne. — La Compagnie des tramways de Bilbao a été autorisée à procéder à l’électrification de son réseau.
- La Compagnie d’électricité de Vizcaya a demandé au ministère des Travaux publics la concession d’un tramway électrique à établir entre Avanzada et Algorta.
- Un décret du ministre des Travaux publics vient d’accorder un réseau de tramways électriques interurbains à la Compagnie générale de tramways de Barcelone.
- Par décret royal, la Société des tramways électriques de Grenade vient d’obtenir la concession d’une nouvelle ligne Monachil à Gabia Grande, (Grenade).
- Italie.—La Sociéta Elettrica Comense A. Volta a obtenu la concession pour 60 années du tramway électrique de Camerlata à Appiano et Mozzate avec un subside de l’Etat de 1 4°° francs par kilomètre.
- République Akgentine. — La Chambre des députés a voté une loi autorisant la construction d’un chemin de fer électrique souterrain allant de l’est à l’ouest de Buenos-Aires.
- ÉCLAIRAGE
- x Hollande. — La municipalité de Dordrecht a voté une somme de i5 millions pour l’établissement d’une importante station centrale.
- Authiche-Hongrie . — Le conseil municipal de Glog-gnitz a décidé la création d’un réseau électrique dont l’énergie serait fournie par les chutes d’eau dé Weissen-bach ; le devis du projet se monte â 267 000 couronnes.
- TÉLÉPHONIE
- Mayenne. — La Chambre de commerce de Laval est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 20 000 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Fiers -Laval.
- Corée. — La construction d’un réseau téléphonique en Corée vient d’être décidée parle Gouvernement japonais; la dépense s’élèvera à 70 000 yens environ.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston. Paris.
- Bulletin mensuel. Août 1909. — Parafoudres électrolytiques en aluminium pour courants alternatifs.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft. Berlin.
- A. E. G. Zeitung. Septembre 1909. — Die Elektricitât im Wohnhause-Anfressungen an den Kühlrohren von Oberflâchen-Kondensatoren.— Die Arbeiten der Victoria Falls and Transvaal Power Cy. — Moderne Lastkraft-wagen.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le ii octobre, à 2 heures, à la mairie de Meudon (Seine), fourniture de 4 groupes électrogènes à vapeur avec accessoires à l’établissement central du matériel de l’aérostation militaire.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Celle, fourniture d’une turbine à vapeur de 1 000 kilowatts, I2Ô 000 marks.
- ESPAGNE
- Le 27 novembre, à la direction générale des Travaux publics (ministère de Fomenlo), à Madrid, construction du chemin de fer de Pampelune à Plazoola avec embranchement d’Andoain à Lasarle.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17;
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 9 OCTOBRE 1909.
- Tome VIII <3" série).— N* 41.
- La
- Lumière Électrique
- P'r eeédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — I. Ladofe. L’arc au mercure (suite et fin), p. 35. — J. Mathieu. Stations centrales à vapeur. Equation financière, p.37. — A, Reisset. Quelques types récents de bloeks automatiques, p. 40.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Recherches des harmoniques d’une force électromotrice non sinusoïdale. G. Agnew, p. 46- — Méthodes et appareils de mesures. Montage d’un watt-mètre monophasé sur une ligne triphasée à trois lils, F. Conrad, p. 47. — Etude, construction et essais de machines. Les pertes aux épanouissements polaires, A. Adams, G. Lanier, C. Pore et O. Schooi.ey, p. 49. — Couple et vitesse des moteurs série pour la commande des appareils de levage, h’. Seaman, p. 5i. — Transmission et distribution. La distribution à 110 000 volts de la Grand-Rapids Muskegon Power C°, p. 5i. — Traction. Emploi des freins sur rails électromagnétiques, R. Braun, p. 52. — Eléments primaires et accumulateurs. Elément galvanique donnant du courant alternatif, p. 53. - Brevets, p. 53. — Bibliographie, p. 55. — Va- ,
- riétés. — Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique (suite et /in), L. L’Hoest, p. 55. — Le développement de l’électricité au Japon, p. 58. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’emploi des parafoudres électrolytiques en aluminium dans les transmissions i\ courants alternatifs, p. 58. — Installation hydro-électrique à 27 000 volts de la Societa Industriale Elettrica délia Valnerina à Terni (lalie), p. 61. — Renseignements commerciaux, p. 63. — Adjudications, p. 64.
- ÉDITORIAL
- Dans la fin de son élude sui' Vcirc au mercure, M. I. Ladoff examine plus spécialement les lampes à tube de quartz.
- Des travaux .d’Oskar Bussmann, il tire une quantité de chiffres intéressants, concernant la tension de vapeur du mercure à l’intérieur du tube, l’intensité de courant' nécessaire pour l’amorçage, enfin les tensions de réglage.
- L’avenir industriel de ces lampes paraît devoir.être considérable, et il 11’y aurait absolument aucun doute à ce sujet, si la lumière produite était moins riche en rayons ultra-violets. Nous rappellerons à ce sujet que les différents verres propres à nous protéger contre ces rayons ont été indiqués dans cette Revue
- même, il y a peu de temps, par un article de M. Voege (‘).
- D'après Al. J. Mathieu, il est possible d’établir une équation financière clés centrales à vapeur, c’est-à-dire de dégager des données fournies par l’expérience industrielle, des coefficients possédant des valeurs suffisamment constantes pour entrer dans une expression mathématique qui définira l’équilibre financier de l’opération.
- Il s’agit donc là d’une étude très concrète, ainsi que le montrent les problèmes numériques traités par l’auteur.
- fi) Voir Lumière Electrique, 10 juillet 1909, p. 48.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N° 41.
- Le premier des types récents de blocks automatiques ^ passés en revue par M. A. Reisset, est un système employé avec succès en France. On en trouvera dans l’article d’aujourd’hui la description d’ensemble et le schéma général.
- Les détails du fonctionnement électrique seront exposés la prochaine fois.
- La plupart des appareils destinés à Yanalyse d'une force électro-motrice non sinusoïdale sont compliqués et coûteux. La recherche des coefficients de Fourier a d’ailleurs été' grandement simplifiée dans ces dernières années, grâce à la découverte de Uiéthodes ingénieuses. Mais, si les procédés de calcul sont relativement simples, les appareils restent toujours assez délicats.
- Orlich (’) a réuni les descriptions de 20 méthodes différentes ; aucune, sauf une (la méthode de résonance de Pupin), n’échappe au défaut que nous venons d’énoncer.
- Pupin fait passer le courant à analyser dans une résistance non inductive aux extrémités de laquelle est connecté un circuit de résonance composé d’un condensateur et d’une self réglable. Néanmoins, cela exige encore l’emploi d’un voltmètre électro-statique très sensible.
- M. Agnew au contraire a cherché à déterminer le premier et le second harmonique au moyen d’appareils ordinaires.
- M. F. Conrad décrit ensuite les deux mé-
- C) Orlich. Aufnahme und Analyse von Wechselstrom-Kurven, Brunswick, 1906.
- thodes d'emploi dTiin wattmètre monophasé sur une ligne triphasée, selon que l’on met, où non, en circuit, une boite de résistance.
- O11 trouvera dans l’étude qui vient ensuite des conceptions suggestives sur les perles aux épanouissements polaires et sur le rôle des différents courants qui se produisent dans les pôles pleins ou les pôles feuilletés.
- Après quelques chiffres donnés par M. F. Seaman, sur les caractéristiques des moteurs d'appareils de levage, on ne lira pas sans quelque étonnement la description - de la grande distribution à 110000 volts de la Grand-Rapids-Muskegon Power C°.
- La hardiesse de cette installation touche à l’invraisemblable. L’appareillage de sécurité y est réduit au minimum.
- Il sera curieux de voir si cettè tendance, qui s’affirme dans les grandes entreprises américaines, recevra la sanction de l’expérience.
- M. R. Braun donne des coefficients établis expérimentalement, qui semblent tout à fait favorables au freinage électromagnétique sur rails.
- Enfin, M. L’Hoest termine son étude sur Y organisation des ateliers de construction mécanique par l’exposé du système Halsey, et de la méthode plus récente de Rowan, qui en estime sorte de perfectionnement; dans ce dernier mode de rémunération, en effet, le taux du salaire est majoré en raison directe du temps économisé.
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- L’ARC AU MERCURE {Suite et fin)?'
- Quelques résultats nouveaux au sujet de la lampe de quartz.
- Oskar Bussniann a mis en évidence quelques-unes des particularités de ces lampes dont l’emploi a pris une grande extension depuis leur introduction en 1907.
- La lampe de quartz est une lampe à vapeur de mercure en quartz pur fondu. Comme le quartz résiste généralement très bien à la chaleur et 11e se ramollit pas,on peut, dans ces lampes, porter l’arc au mercure à des températures beaucoup plus hautes que dans les tubes de verre. Or, on a montré que le rendement de l’arc au mercure en tube de verre croit avec la température jusqu’à un certain degré, puis diminue ensuite.
- Si l’on emploie le quartz au lieu du verre, on peut pousser la température beaucoup plus haut, et l'on constate alors que le rendement augmente d’une manière considérable avant que le quartz commence à se ramollir et qu’il dépasse beaucoup celui de la lampe à arc ordinaire.
- Le quartz présente également l’avantage d’être absolument insensible aux variations de température ; son coefficient de dilatation est en effet presque nul, à telles enseignes que l’on peut plonger impunément du quartz chauffé au rouge dans de l’eau froide. Cette propriété contribue largement à la durée de vie et à la solidité de la lampe. Le corps de la lampe esL formé par un tube de quartz à peu près horizontal, ayant environ les dimensions suivantes :
- Longueur ... 6 à i>. cm.
- Diamètre. ... 1 à 1.) cm.
- Deux petits tubes traversent les extrémités (*)
- et contiennent le mercure dans lequel aboutissent les arrivées de courant.
- Quant à la véritable source de lumière, elle est,bien entendu,constituée par l'arc qui éclate entre ces électrodes de mercure.
- Un excite la lampe en amenant ces électrodes en contact puis en les séparant. Cette opération est. exécutée automatiquement par un électro-aimant qui incline la lampe lorsqu’il est excité.
- Le degré de vide doit être très élevé pour que l’amorçage se fasse bien.
- Une fois la lampe allumée, le mercure se vaporise en grande quantité aux deux pôles, et la tension de vapeur qui en résulte augmente selon la charge. Dans les tubes de verre, cette tension s’élève à •>. ou 3""u dans les conditions normales, tandis qu’elle atteint dans le tube de quartz soit une valeur
- égale à celle de la pression atmosphérique extérieure, de sorte qu’il ne s’exerce pas d’effort traversai sur le tube pendant que l’arc fonctionne.
- Plus la pression intérieure est grande, plus le rendement de la lampe quartz est élevé ; néanmoins il est bon de ne pas dépasser une atmosphère pour que le quartz ne craque pas.
- Dans les tubes de verre, la vapeur bleuâtre du mercure remplit l’intérieur d’une façon uniforme. Sa température ne dépasse pas 3oo à 4oo°C.
- Dans le tube de quartz, au contraire, la vapeur se répand bien uniformément pendant l’allumage, mais, au bout de quelques minutes, à ntesure que la pression de la vapeur augmente, (die s’éloigne des parois et se contracte autour de l’axe central du tube ; à la lin elle ne forme plus qu’un mince filet médian, de a""" de diamètre environ. Dans le même temps la lumière passe du bleu violet au vert
- (*) Voir La Lumière Electrique, a octobre 1909, p. 7.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N» 41.
- jaune et son intensité s’accroît énormément.
- Pendant la période d’allumage, la lampe n’absorbe pas plus de af> à 3o volts, mais, une fois que la pression intérieure a atteint une atmosphère, la tension de fonctionnement devient de 1S0 volts environ.
- Naturellement, le temps nécessaire pour atteindre la pression intérieure favorable, et, par suite, l’intensité lumineuse maxima, dépendra de la quantité d’énergie qui alimente la lampe. Si l’on fournit 3,5 ampères à la lampe dès le début, elle n’absorbera que 3,5 % a5 = 8o watts environ, ce qui ne suffit pas pour amener le mercure à l’ébullition.
- Par conséquent l’intensité de courant initiale doit être prise aussi forte que les conditions de fonctionnement le permettront, soit d’environ io ampères pour une lampe de 3,5 ampères. Cela exige une résistance d’au moins ig ohms pour un circuit à
- 220 VOltS.
- Réglage. — Le réglage peut se faire automatiquement en employant une résistance en fil de fer. Le fer a, en effet, un coefficient de température élevé, et sa résistance devient quadruple lorsqu’il est porté au rouge blanc.
- Quant aux dimensions du fil, elles sont choisies de manière que l’intensité de courant initiale le porte précisément au rouge blanc ; cette condition exige une tension d’environ i3o volts, mais, pour l’intensité de courant de régime(3,5 ampères), réchauffement est léger, et il n’y a plus guère que i4 volts d’absorbés.
- D’ailleurs, la lampe de quartz est pourvue en outre d’une résistance variable qui permet de l’adapter aux différentes tensions usuelles, de 220 à 240 volts.
- Constitution des électrodes.— Les arrivées de courants métalliques, qui traversent la paroi en quartz des poches à mercure, doivent avoir le même coflicient de dilatation que le quartz et n’être ni attaquées ni dissoutes par le mercure.
- Le seul métal convenable est donc l’acier au nickel.
- Dispositif de refroidissement. — La température des électrodes joue un rôle très important dans le fonctionnement de la lampe ; c’est elle, en effet, qui détermine la tension de vapeur à l’intérieur du tube et l’intensité du courant qui le traverse.
- Afin de pouvoir régler en conséquence leur refroidissement, selon les conditions d’éclairage requises (éclairage extérieur ou éclairage intérieur), les électrodes sont entourées de refroidisseurs particuliers en feuilles de cuivre, dont la surface de rayonnement est variable à volonté.
- Emploi d'un globe. — On ne doit munir la lampe de quartz d’un globe que lorsqu’on se propose d’utiliser les rayons ultra-violets; et alors le personnel éclairé par la lampe doit se protéger lui-même de ces l'ayons qui produisent une inflammation de l’épiderme.
- Si c’est la qualité de la couleur de la lumière que l’on cherche à obtenir, il est nécessaire d’employer simultanément des lampes à incandescence.
- On peut dire quel’importancedeslajnpes de quartz est suffisamment mise en évidence par le fait que plusieurs grandes maisons allemandes les ont adoptées en même temps (').
- I. Ladoff.
- (fi Ces renseignements sont extraits de YElektrotech-nischer Anzeiger, 10 et 17 septembre 1909.
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- STATIONS CENTRALES A VAPEUR
- ÉQUATION FINANCIÈRE
- Supposons une entreprise ne comprenant qu’une station centrale destinée à vendre le courant produit aux bornes mêmes de son tableau.
- Soit : A, le capital actions d’une telle entreprise;
- O, le capital obligations;
- C, le capital dépensé pour construire complètement l’usine;
- P, la puissance de l’usine en chevaux installés ;
- K, le nombre de kilowatts-heure annuels que F usine doit vendre pour satisfaire à l’équation financière.
- Nous appellerons équation financière de la station centrale, l’équation de liaison existant entre les diverses quantités énoncées ci-dessus, lorsque l’on s’impose, comme unique gain de l’opération; d’obtenir une somme suffisante pour servir l’intérêt des obligations, un dividende normal aux actions, amortir le capital dépensé pour le premier établissement et couvrir tous les frais d’entretien et d’exploitation, y compris les frais généraux.
- En d’autres termes, une telle équation définira les conditions limites d’équilibre financier de l’opération : car si la station produit un nombre de kilowatts-heure supérieur à K, il y aura un reliquat permettant de constituer une forte réserve et de servir de larges rémunérations aux dirigeants de l’affaire, voire même de servir un dividende supplémentaire; et si elle produit un nombre de kilowatts-heure inférieur à K, le dividende sera insuffisant et les frais généraux et d’exploitation seront à peine couverts.
- En dehors de toute production de kilowatts-heure, les frais fixes annuels de l’entreprise, seront de :
- A X cl O X *+ G X «+ F,.
- en appelant cl le dividende, t. le taux de l’em prunt, a le coefficient d’amortissement et F„ les frais généraux correspondant à la somme :
- A X cl -J— O X t —|— G Xi ci.
- Nous supposerons que ces frais généraux sont les 3o % de la somme susdite et que les frais généraux relatifs aux frais d’exploitation en sont également les 3o % ; ceci revient à multiplier tous les frais (fixes et variables) par le facteur i,3.
- Evaluons les frais variables :
- Ils sont constitués par la dépense de charbon, d’eau, d’huile, de salaires et d’entretien des machines, soit donc :
- c—f— c+./»+#—b E.
- Si d’autre part nous appelons e le prix de vente moyeu du kilowatt-heure, l’équation financière s’écrira:
- (i) (Axd + Ox/ + Cx«+c-|-e-|-/i-(-s-fE)
- i,3= Iv Xr.
- Mais on peut donnera cette équation une forme bien plus concrète.
- En effet, O et A peuvent s’évaluer en fonction de C, et C, /t, s, E peuvent s’évaluer en fonction de P, les seuls frais qui soient pratiquement variables avec K étant c et e, lesquels peuvent s’évaluer justement en fonction de K. On peut admettre en général :
- / A = C = a.O J cl — _ o,o5 j t = 0,0/,
- ( a = 0,07
- D’autre part, les données que nous avons recueillies au sujet des frais d’établissement des stations centrales installées depuis une
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- dizaine d’années nous autorisent à -poser les formules suivantes :
- !C = 70 000 \JP
- s 800 y/p (toutes les machines étant
- supposées utilisées à l’heure de la pointe)
- . A + E=/, P,
- 1J étant évalué en chevaux et C, s, h, E en francs.
- En ce qui concerne c + e, on peut évaluer ces frais d’une manière globale, car, en général, l’eau est fournie par l'intermédiaire de pompes mues électriquement à l’aide du courant produit par les génératrices de l’usine.
- Tout revient donc à évaluer le charbon consommé aux chaudières pour produire 1 kilowatt-heure aux bornes du tableau; or, les données que nous avons sur les centrales actuellement en exploitation nous indiquent que cette consommation = ikg,5, et, si l’on adopte le prix moyen de o fr. ou.» le kilogramme on aura pour le prix de revient du kilowattheure :
- /• — o,ou X t ,5 — o fr. o'i.
- Quant au prix de vente moyen du kilowattheure, e, il s’évaluera en fonction des prix de vente individuels du kilowatt-heure force et du kilowatt-heure lumière.
- Si K, et K, représentent les nombres de kilowatts-heure force et lumière vendus et si vf et v, sont les prix unitaires correspondants, on aura :
- __Vf. K/ -)- Vi. Ki
- IV + K,
- K/i-lv K.
- On peut admettre :
- Vf r— O fl'. O
- vi = o fr. 1 5o (on vend aux bornes du tableau) ef. Jîoser :
- 1\/ = ni K/
- d’où :
- v —
- 0,075 ni -f- o, 15o ni -)- 1
- En remplaçant dans l’équation (1) les différents coefficients par les valeurs que nous venons de préciser, nous aurons :
- 70 000 y/p. o,o5 -j- 35 000\/p. 0,04-f- 70000y/p.0,07
- „ o.orS/ra-t-o.iao,,
- 4-o,o3.lv4-/,P4-8ooy']>) i,3~.-------—------- lv
- ni —J— 1
- ou :
- o,o45/m-(-o, iao m -f- i
- . fv = 13
- 780 v/P + 5,»P.
- Nous obtenons ainsi une relation entre P, K et m. Mais on connaîtra toujours, pour une région donnée, la valeur qu’il y a lieu d’attribuer à ni ; du reste, les graphiques de puissance des centrales déjà existantes montrent que ni varie ordinairement de 1 à 3. Nous considérerons donc les trois cas caractéristiques suivants :
- ni = 1 (kilowatts-heure force vendus = kilowatts-heure lumière) ;
- m = a (kilowatts-heure force vendus =
- 2 fois le nombre de kilowatts-heure lumière) ; m = 3 (kilowatts-heure force vendus =
- 3 fois le nombre des kilowatts-heure lumière) ; ce qui donne les 3 équations correspondantes :
- m = 1 (2) K — 168000 y/P -f- 63 P.
- m — 2 (3) K == 198000 \/P -(- 74,5 P.
- ni — 3 (4) K = 216000 y/p 81 P.
- Ces if équations sont représentées par les 3 courbes de la figure 1.
- La connaissance de ces courbes pourra rendre des services dans l’étude d’avanl-projet. d’une station centrale.
- PM le permettra, en particulier, de résoudre les deux problèmes inverses suivants :
- i° Quel est le nombre minimum de kilowatts-heure annuels que devra faire une station centrale, d’une puissance de P chevaux
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- pour réaliser l’équilibre financier de l’opération ?
- 2° Quelle devra être la puissance d’une station centrale devant produire K kilowatts-heure annuels, et accessoirement quels devront être les capitaux engagés dans l’affaire ?
- 4q ooo ooo , *
- ou ——------- = 136 ooo kilowatts-heure
- .160
- par jour.
- Donc une recette journalière de : o,070 4- o, 1 a,,
- ------------. 136 ooo — 15 200 francs.
- K 100
- 1000 000
- ,76.300.000
- fiS.350000
- 100 P
- O S 10
- /OOO
- 1
- EXEMPLES NUMÉRIQUES I
- [. — Supposons une usine de 70 000 che- j vaux. Une telle usine, pour assurer son j équilibre financier, devra faire : I
- a) Pour/??. = 1 : 49000000 kilowatts-heure ! annuels (voir les courbes), i
- b) Ponr/n— 2 : 58 ooo ooo kilowatts-heure annuels,
- 58 ooo ooo
- ou ----—----- = 161 ooo kilowatts-heure
- 36o
- par jour.
- Donc une recette journalière de : o, 15o -f- d, 15o
- 3
- 16 I ooo =' 16100 francs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2» Série).— N° 41.
- c) Pour m — 3 : 6a 5oo ooo kilowatts-heure annuels,
- 62 5<>o 000
- ou ——,------- = 174 000 kilowatts-heure
- ,ioo '
- par jour.
- Donc une recette journalière de :
- 0,22a 4- o, i5o
- ------;-----. 174000 = 16 400 francs.
- 4
- Ajoutons que celte usine aura coûté :
- C = 70000. y/70000 = 18 500000 francs.
- II. — Supposons une usine qui doive faire 100 000 kilowatts-heure par jour, donc 36000 000 kilowatts-heure annuels; sa puissance devra être :
- a) pour m — 1 : P = 4° 000 cheA'aux (voir les courbes).
- La recette journalière sera de :
- o, j 12 X 100000 = 1 1 200 francs.
- Les capitaux engages devront être :
- A = 70 000. \/4o 000 = 14000 000 francs (net).
- Obligations O = — = 7 000000 francs.
- b) Pour m — 2 : P = 3oooo chevaux.
- La recette journalière sera :
- 0,10 X foo 000 = 10000 francs.
- Les capitaux engagés seront :
- A = 70000 y/iio 000 = 12 000000 francs.
- A
- Obligations : O — — =6 000000 francs.
- ° Q
- c) Pour m = 3 : P = 26000 chevaux.
- La recette journalière sera-;
- o,og4 X 100 000 = 9 4oo francs.
- Les capitaux engagés seroiit :
- A = 70 000 \/26 000 = 11 250 000 francs. Obligations : O = — = f> 625 000 francs.
- O 0
- Jean Mathieu.
- QUELQUES TYPES RÉCENTS DE BLOCKS AUTOMATIQUES
- Nous nous proposons de décrire ici quelques uns des plus intéressants types de blocks employés tant en France qu’à l’étranger.
- Les desiderata auxquels répond ce système sont bien connus. Nous n’y insisterons donc pas et nous passons de suite à la description des différents appareils.
- En France, la Compagnie P.-L.-M. emploie le block automatique électrique, système Bujon, combiné avec le block enclenché
- P.-L.-M.
- Principe. —Ce block automatique est basé sur l’emploi du circuit clc voie. Le circuit de voie a été imaginé et breveté en Amérique, en 1872, par William Robinson. Depuis celle époque, de nombreuses applications en ont
- été faites, aux Etats-Unis notamment, et récemment dans quelques cas en Europe.
- Le circuit de voie consiste dans l’emploi des rails de la voie comme conducteurs du courant électrique qui sert à actionner les appareils commandant les signaux de protection.
- Considérons une section de voie X Y (figure 1).
- L’éclissage des joints de rails placés en ij, 1.,, i3, i4 est fait de façon à isoler électriquement les deux rails voisins l’un de l’aulre. Cet isolement est obtenu par l’interposition de plaques de fibres et de bagues de même matière entre les différentes pièces constituant l’éclissage, de telle sorte qu’aucun contact métallique n’existe entre les deux rails réunis par la même éclisse.
- Les joints intermédiaires J,, J2,..... Jc
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- Al
- sont, au contraire, munis de fils de fer enfoncés dans l’âme du rail et fixés par des broches de façon à donner au joint une parfaite conductibilité électrique.
- Si nous relions les deux extrémités de cette section XY ainsi équipée, d’une part, aux deux pôles d’une pile P et, d’autre part, aux bornes de l’électro-aimant constituant le relais R, le courant de la pile P, passant dans les bobines de cet électro, excite celui-ci et attire par suite l’armature du relais et les contacts solidaii*es de celte armature. Le contact a ferme le circuit local A et le contact b rompt le circuit local B. Les contacts tels que a fermés par l’attraction de la palette sont appelés contacts supérieurs, ceux tels que b ouverts par l’attraction de la palette sont appelés contacts inférieurs ; le nombre
- suite des pertes à la terre,* le courant émis par la pile n’a plus une énergie suffisante à l’arrivée dans le relais pour actionner sûrement celui-ci. Or, les distances entre les signaux sont parfois de plusieurs kilomètres ; on partage alors ces distances en sections différentes qui se relayent les unes les autres.
- *
- * *
- Les caractéristiques du système Bujon sont les suivantes :
- Les circuits électriques du block automatique n’exigent, pour le fonctionnement des appareils réalisant le cantonnement des trains, aucun fil de ligne aérien.
- Le montage peut se faire avec signaux normalement à voie libre ou avec signaux nor-
- X
- Z.*
- -T\
- J»
- J1*
- Fig.
- des contacts supérieurs ou inférieurs d’un relais est variable.
- Lorsqu’un train, ou même un seul essieu, franchit le joint ij t.> et pénètre dans le circuit de voie, le courant électrique, issu de la pile P, trouve par cet essieu un circuit de résistance bien moindre que celui qu’offrent les bobines du relais II (celles-ci ont, en effet, une résistance totale de 4 ohms, alors que la résistance par les roues et les essieux est i ooo fois plus faible).
- La pile P se trouve ainsi mise en court-circuit par l’essieu, le courant n’actionne plus le relais R ; par suite, l’armature tombe par son propre poids, les circuits des contacts supérieurs sont alors ouverts, au contraire ceux des contacts inférieurs sont fermés.
- La longueur d’une section de circuit de voie est limitée et, suivant les régions et la nature du ballast, les longueurs varient de 6oo à i aoo mètres au delà desquelles, par
- ~r\
- J5
- Y
- v: Il
- $ . " J* "14
- . A.
- i.
- nullement à l’arrêt, il s’applique aussi bien aux postes de block de-pleine voie qu’à ceux des gares, avec possibilité de réaliser, le cas échéant, une solidarité quelconque avec les appareils d’enclenchement.
- Les signaux de protection sont actionnés automatiquement au moyen d’un moteur quelconque (mécanique, électrique, etc...); ils ne peuvent se mettre à voie libre quesi le canton qu’ils protègent est libre et s’il n’existe aucun court-circuit ni rupture de circuit de voie anormaux. En outre, le disque précédant un signal de cantonnement ne peut se mettre à voie libre que si ce dernier signal a été au préalable effectivement mis à voie libre.
- La mise à l’arrêt successive des signaux se fait sous l’action de la pesanteur, au fur et à mesure de l’avancement du train, aussitôt que le premier essieu a franchi le joint isolé correspondant au signal (').
- (l) Toutefois, si le signal ne doit être mis à l’arrêt
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- Les signaux protégeant un canton ne sont ensuite débloqués que lorsque le train entier a franchi le signal de cantonnement suivant et que ce signal et le disque qui le précède sont bien effectivement à l’arrêt.
- Ce système peut trouver des applications partielles en dehors de son application intégrale sur une ligne de chemins de 1er, aux postes de block-system isolés situés entre les gares.
- C’est dans cet ordre d’idées que la Compagnie P.-L.-M. a installé un certain nonibrè
- n
- de postes de block automatique en pleine voie, combinés avec les posles de block manuels voisins.
- Plusieurs de ces postes ne sont établis que sur une voie, leur situation sur des fortes pentes ne nécessitant un cantonnement intermédiaire que dans le sens de la montée. A la descente, la vitesse des trains permet un éclusage suffisamment rapide.
- FONCTIONS' E M EXT
- Considérons, par exemple, un poste B placé entre deux postes de gare A et C, le poste B étant un poste de block automatique, les postes A et C étant des postes de block enclenché P.-L.-M., et examinons ce qui se produit pour le sens de la circulation de A vers C.
- L’appareil du poste A ne sera débloqué et ses signaux libérés que : i° si le train a franchi en entier le canton A B, et a0 si les signaux automatiques de B sont bien effectivement à l’arrêt, couvrant ainsi le train qui est dans le canton B C.
- D’autre part, le bloqueur du poste C ne pourra débloquer les signaux du poste B que lorsque le train entier aura franchi les signaux du poste C.
- Les circuits du block automatique sont
- qu'oprès le passage entier du train, celte mise à l’arrêt n’aura lieu que lorsque le dernier essieu du train aura franchi le signal.
- d’ailleurs combinés avec ceux du block enclenché P.-L.-M., de telle façon que les bloqueurs de A et de C manœuvrent leurs appareils de block, absolument dans les conditions prévues pour le block enclenché et comme s’ils étaient reliés directement entre eux, sans interposition d’un poste de block automatique. Au lieu d’un poste intermédiaire automatique entre A et G, il pourrait y en avoir plusieurs sans que les conditions de fonctionnement fussent notablement changées.
- En dehors du fonctionnement du block automatique, les postes A et C continuent à être reliés par sonneries, ce qui permet aux deux postes gardés d’échanger tous les signaux conventionnels utiles et notamment les annonces des trains.
- Un train s’avançant de A vers B franchit d’abord le signal de cantonnement de la gare A; à ce moment, apparaît dans l’appareil de block de A le voyant rouge Voie occupée et le levier du signal amené dans la position arrêt par le bloqueur est bloqué dans cette position. Après avoir rendu voie libre en arrière, le bloqueur de A annonce le train à G par la sonnerie.
- Le train, en atteignant le disque rouge du poste de block automatique, met ce signal à l’arrêt et le bloque dans cette position dès que le premier essieu du train l’a franchi<
- Lorsque le train entier a franchi le signal de cantonnement du poste de block automa -tique, ce signal se met à l’arrêt et est bloqué dans cette position. En outre, à ce moment, le fonctionnement des appareils détermine le jtassage d’un courant électrique dans l’appareil de block enclenché du poste A, ce qui débloque le levier du signal de cantonnement de ce poste et fait apparaître le voyant blanc Voie libre à la place du voyant rouge Voie occupée.
- Enfin, quand le train tout entier a franchi le signal de cantonnement du poste C, le bloqueur de ce poste met ce signal à l’arrêt et manœuvre la manette de reddition de voie libre de son appareil de block enclenché, ce qui a pour résultat de débloquer successive-
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- ment le sémaphore et le disque du poste automatique B.
- (En pratique, si C est un poste de gare, le circuit du block automatique sur la voie est limité au sémaphore qui protège la gare, afin que les manœuvres couvertes par ce signal et le disque qui le précède, n’aient pas pour résultat de bloquer à l’arrêt les signaux du poste automatique, comme cela se produirait si le circuit de voie s’étendait jusqu’au signal de cantonnement placé ordinairement à la sortie dé la gare.)
- DESCMPTION DU POSTE DK BLOCK AUTOMATIQUE
- i° Equipement de La voie. — L’équipement de la voie destiné à réaliser le circuit de voie est obtenu, ainsi qu’il a été dit plus haut, au moyen de joints isolés et de joints connectés sans autre disposition particulière pour isoler les rails des traverses et du ballast.
- Les joints isolés sont, en général, munis d’éclisses droites plus faciles à isoler que les éclisses cornières, les éclisses en fer sont rabotées de façon à permettre de placer entre elles et l’âme du rail un morceau de fibre qui lui sert d’isolant, les trous de boulons sont alésés pour permettre l’introduction dans l’âme du rail de bagues en fibre destinées à isoler les boulons du rail; enfin, une section de rail en fibre empêche tout contact entre un rail et le suivant.
- Le joint connecté ou joint courant est celui qui est muni d’un fil de connexion en fer galvanisé de .4mm55 de diamètre fixé dans l’âme de deux rails consécutifs au moyen de broches en acier enfoncées à refus au marteau. Le perçage des trous dans les rails est fait au moyen d’une petite machine à percer rapide. Dans les tunnels où le fer est rapidement corrodé, on emploie du fil de cuivre pour les connexions.
- Les connexions des différents circuits avec la voie, tels que ceux de la pile de voie et du relais, se font également par un fil de fer de 4mn\a de diamètre fixé dans l’ànie du rail par
- une broche. Sur ce fil est soudée l’extrémité
- »
- du câble sous gutta et tresse qui, par des conduits en bois placés sous le ballast, se relie aux piles et aux appareils.
- Piles. — Les piles employées dans le block automatique sont de trois natures différentes :
- i° La pile au sulfate de cuivre, du type Gravity, à forte couronne de zinc amalgamé et donnant par élément o,6 volt et 3 à 4 ampères environ. Elle est employée pour les circuits de voie à l’exclusion de toute autre et pour certains autres circuits, notamment celui de l’embrayage magnétique des moteurs de signaux Ducousso-Rodary.
- a0 La pile au chlorhydrate d’ammoniaque du type Leclanché grand modèle avec zinc circulaire, et donnant par élément i,3 volt et 6 ampères environ. Elle est employée pour les différents circuits qui relient les relais et les signaux.
- 3° La pile à la potasse du type Lalande verticale avec double électrode positive, constituée par des plaques d’oxyde de cuivre et triple électrode négative constituée par des plaques de zinc amalgamées et donnant par élément o,8 voit et au à 3o ampères environ. Elle est employée exclusivement à actionner les moteurs de signaux.
- Les piles de voie sont enfermées dans des caisses en ciment doublées de bois et enterrées de façon à affleurer le sol, sur les points où elles sont nécessaires. Dans les régions où la rigueur de la température d’hiver pourrait faire craindre la gelée, ces caisses sont abritées dans des casemates creusées dans les talus du chemin de fer. Les piles au sulfate de cuivre ont ainsi résisté à une température de — 27°.
- Quant aux piles des circuits (piles au chlorhydrate d’ammoniaque) et aux piles des moteurs (piles à la potasse), elles sont installées dans la partie inférieure de la guérite abritant les relais et les moteurs de chaque signal. Cette sorte de cave, soigneusement couverte, renferme alors sur des rayonnages
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- tous les éléments qu’il est possible de grouper en un même point.
- 3° Relais. — Les relais ne diffèrent les uns des autres que par la résistance des bobines de l’électro et par le nombre de contacts.
- Fig. 2. — Côté.
- Les relais de voie ont une résistance de 4 ohms, les autres, des résistances de 12 ohms ou de 65 ohms suivant la nature des circuits sur lesquels ils sont installés. Ces
- . v-r.
- relais électro-magnétiques sont destinés à fermer et à ouvrir un nombre variable de circuits, sous l’induence d’un courant de sens quelconque excitant 1 électro-aimant, constituant le relais. L’armature à large sur-
- | lace oscille autour d’un axe horizontal, placé entre les bobines également horizontales, et subit l’attraction de l’aimantation développée dans de loris épanouissements des noyaux des bobines. En l’absence de courant, la pesanteur ramène la palette dans la position normale.
- Dans l’une et l’autre des positions de l’armature déterminées par l’excitation ou la non-excitation de l’électro, des couteaux solidaires de cette armature réunissent, deux par deux, les ressorts de contact placés au droit de ces couteaux et où aboutissent les différents circuits, actionnés par le relais; des vis de butée limitent l’amplitude du mouvement de l’armature.
- Les relais sont placés dans des boites en fonte étanches, fixées sur un poteau-rail au bord de la voie aux points voulus; un conduit en bois donne passage aux fils isolés qui relient le relais aux piles et à la voie. Les relais placés près des signaux sont installés à l'intérieur de la guérite de chaque signal.
- 4° Signaux. — Les signaux sont constitués par un disque et un sémaphore.
- i° Le disque esl du modèle normal. On lui a adapté un pivol à billes à la base et une couronne de billes à la partie supérieure, pour faciliter la rotation de la cible.
- Le contre-poids de rappel à levier a été remplacé par un contre-poids suspendu.
- La lige de la cible du signal porte un commutateur pour contrôler la position effective de cette cible, dans les opérations du dé-bloquage du canton précédent.
- a0 Le sémaphore (signal de cantonnement) consiste en un mât à treillis portant une aile_ placée à une hauteur de 7 mètres au-dessus du rail.
- L’aile du sémaphore actionne directement deux commutateurs servant à contrôler la position effective de celle aile : l’un, dans la position arrêt pour les opérations du déblo-qnage du canton précédent; l’autre, dans la position voie libre pour l’enclenchement du disque avec le sémaphore.
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- Ces signaux sont manœuvrés directement par des moteurs électriques actionnés par des piles à la potasse.
- Près de chaque signal se trouve une guérite en maçonnerie destinée à abriter les moteurs, les relais et les piles. Celte guérite est garnie à l’intérieur d’un panneautage en bois sur lequel sont fixés les relais, les câbles des différents circuits et les moteurs électriques; une douille porte ferme cette guérite et garantit l’intérieur contre le froid et la poussière. La partie inférieure de la guérite constitue une sorte de cave garnie de rayonnages, sur lesquels sont installés les différents éléments des piles.
- 5° Moteurs. — Les moteurs peuvent être des dynamos avec embrayage magnétique ; leur attelage avec les signaux est réalisé de manière que le signal se referme sous l’action de la pesanteur (contrepoids de rappel) ; il s’ouvre et est maintenu ouvert par l’action électrique seule. En outre, dans la position de fermeture, le signal est calé mécaniquement et, par conséquent, maintenu dans cette position malgré l’action d’une force extérieure quelconque, celle du vent par exemple.
- Le mécanisme comprend un moteur électrique fonctionnant sous 4 ou 5 volts et i •>. à i4 ampères. Ce moteur, par le moyen d’une vis sans fin, commande une roue dentée solidaire d’un embrayage magnétique constitué par un électro-aimant. L’armature de cet électro-aimant qui est monté sur le même axe que la roue dentée, mais folle sur celui-ci, porte un pignon qui engrène avec un secteur qui commande la bielle attelée au signal et actionnant celui-ci. Un jeu de commutateurs ferme et coupe les circuits du moteur et de l’embrayage aux moments voulus. On conçoit donc que, sous l’action de l’embrayage magnétique, la bielle et, par suite,
- le signal sont manœuvrés par la rotation de la dynamo et amenés dans la position voie libre.
- L’action de l’embrayage cessant, la bielle et le signal ne sont plus solidaires du reste du mécanisme et sont alors ramenés dans la position arrêt par l’action du contrepoids de rappel.
- Un circuit électrique, alimenté par une pile à la potasse, fournit au*moteur l'énergie voulue et un autre circuit, alimenté par une pile au sulfate de cuivre, fournit à l’embrayage la force nécessaire pour solidariser la commande du signal et le moteur pour le mouvement de mise à voie libre de celui-ci et pour le maintenir il ans cette posi tion tant que le circuit n’est pas coupé.
- 6° Dispositions diverses. — Diverses dispositions sont nécessaires pour la réalisation de l’installation d’un poste de block automatique et pour assurer son bon fonctionnement; par exemple l’isolation des wagonnets de la voie.
- Pour éviter en effet que les wagonnets des agents du service de la voie, en faisant cour-circuit sur la voie, ne fassent fonctionner les appareils et signaux du block automatique, les roues d’un même essieu doivent être isolées électriquement l’une de l’autre, soit en chaussant une bague isolante sur la partie de calage de la roue, soit en coupant l’essieu en deux parties, qu’on réunit en in-terposantdes plaquettes en matière isolante.
- Pour éviter le court-circuit, il est également nécessaire d’isoler les gabarits métal-iques d’écartement de la voie.
- Il nous reste à décrire maintenant le détail du fonclionneinent électrique.
- (.4 suivre.)
- A. UElssET.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Recherche des harmoniques d’une force èlectromotrice non sinusoïdale. —G. Agnew. — Electvical World, i5 juillet 1909.
- Soit une force électromotrice, non sinusoïdale, et contenant, par exemple, outre l’onde fondamentale-E,, l’harmonique E«. Cette force èlectromotrice agis sant sur un condensateur le fera traverser par un courant total qu’on peut considérer comme étant la somme des courants partiels il7 in et qui est enregistré par l’ampèremètre Am.
- Si l’on néglige la.résistance de l'ampèremètre et qu’on désigne par C la capacité du condensateur et par ü) la période de Tonde fondamentale, on a les relations :
- E2 = E12 -f E„2 (\ = E, w C
- I2 = 42 + 4* 4 = K„ Hü)C,
- qui permettent de calculer les 4 quantités Ei ,E,i,
- Théoriquement, ce procédé peut être employé non seulement pour l’harmonique 3 mais encore pour un harmonique de rang quelconque. En pratique, on se heurte à des erreurs inévitables, et, en outre, on doit tenir compte de la résistance et de l’inductance de l'ampèremètre. Il est évident qu’on aura la plus grande difficulté à constituer des instruments dont Terreur ne dépasse pas o,i % .
- Mais Tauleur fait observer que Ton n’a plus besoin de connaître les valeurs absolues du courant et de la tension, si Ton introduit une résistance, à la place du condensateur, et qu’011 la règle de telle façon que les indications des deux instruments, ampèremètre et
- voltmètre, soient les mêmes qu’elles étaient avec le condensateur.
- . Soit, par exemple, une onde déformée par le troisième et le cinquième harmoniques.
- Si Ton désigne par L l’inductance totale du circuit et par R sa résistance totale (fig. 1), les trois composantes du courant sont :
- V/R' + (5“L-5ÏÏc)
- Ces trois courants ayant des fréquences différentes se composent comme s’ils étaient mutuellement en quadrature (fig. a).
- Le courant résultant est donc :
- 1 — sj II1 -f- l y2 -U lï\
- Il est donc évident qu’on peut ainsi déterminer les valeurs relatives de E1? E3 et Es, pourvu que Ton connaisse les valeurs de L, R, C.
- On prendra donc pour C une capacité quelconque, et pour R une valeur très faible; soit alors an a.2, a.i7 les carrés des impédances pour les tï'ois composantes de la force électromotrice. On prendra ensuite une seconde valeur de C différente de la première, puis on réglera R, de manière à avoir à l'ampèremètre et au voltmètre les deux mêmes lectures que précédemment; soit <7.*,, c/f)( les valeurs nou-
- velles des carrés des impédances. Enfin, on mettra le condensateur en court-circuit en réglant R de manière à avoir encore les mêmes lectures ; soit aS9 <t9, les trois quantités correspondantes.
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- 47
- Si l’on pose pour simplifier : j
- I I I I
- 7«1 — , = — 1 y
- «8 a.6 ch
- I I 1 I
- m» = - ? M- z= — 9
- "3 «9 d'à a o
- 1 1 1 1
- ! h T > Mé =1 — .
- Cil ", «4
- On voit facilement qu’on aura :
- ^ _ 4 —
- Ej V — /a/j
- Eg _ //??,//?, — mzmk
- E, V m->m^ — ma/7it3
- La représentation graphique donnée par la figure a montre, à l'aide d’une discussion simple, que l’analyse d’une onde très déformée se fera beaucoup plus exactement que celle d’une sinusoïde presque pure.
- Pour se placer dans les meilleures conditions d’exactitude, Tailleur indique qu’il est bon d’employer deux valeurs de la capacité qui soient dans le rapport i,5ou a, suivant que la courbe à analyser est presque pure ou très déformée.
- Quant à la résistance, sa première valeur sera prise aussi faible que possible, et sa seconde valeur environ moitié de la troisième.
- En somme, il résulte des expériences faites par l’auteur que la précision de sa méthode est intermédiaire entre celle de l’oscillographe et celle de l’enregistreur de courbe ; l’erreur commise peut être rendue moindre que 1-5 % de la valeur de Tonde fondamentale.
- En outre, on voit que cette méthode n’exige l’emploi d’aucun appareil spécial, peut être appliquée à une certaine distance de la machine (à laquelle, en effet, il n’est pas nécessaire d’avoir accès) et qu’elle ne comporte qu’un calcul relativement simple (4).
- A. F.
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Montage d’un wattmètre monophasé sui* une ligne triphasée à trois fils.— F. Conrad. — Electrical World, 19 août 1909.
- Bien que l’usage se répande de plus en plus d’employer des wattmètres polyphasés pour les mesures en courant triphasé, on emploie encore dans beaucoup de cas des intruments monophasés, surtout lorsque Ton cherche à connaître la charge d'un générateur ou d'un cable en régime équilibré, et quand on n’a pas besoin d’une très grande précision.
- Il y a deux méthodes principales pour monter un wattmètre monophasé sur un système triphasé à 3 fils.
- La première exige l’emploi de deux transformateurs en série et d'un transformateur en dérivation. La graduation est celle d’un appareil monophasé ordinaire, et, si Ton opère avec des relais polarisés convenablement disposés, on peut les alimenter avec les transformateurs en série. Ceci introduit une légère erreur dans, la lecture du wattmètre, mais on peut la négliger.
- La seconde méthode exige l’emploi d’un seul transformateur en série mais de deux transformateurs en dérivation, On doit alors se servir d’une boîte de résistance et d’une graduation spéciale.
- lre méthode. — La figure 1 montre le montage d’un wattmètre monophasé sans boîte de résistance.
- p) Voir : Orlich Aufnakme und Analyse von Wecfi-selsirom Kurven, Brunswick, 1906;
- Am. Journal 0f Science. 48; pages 379, 4/3, 1894. Enfin le détail de la méthode décrite ici sera publié un prochain numéro du Bulletin oflhe Bureau 0 Standards. ~
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- On remarquera les connexions des transformateurs en série. L’un des enroulements secondaires as est connecté k l’extrémité de l’autre en Z>3 et az est connecté en b{. Chacun de ces fils est relié aux bornes EF des bobines d’intensité du wattmètre.
- Une résistance non inductive de valeur élevée est montée en série avec l’enroulement tension de l’appareil.
- Générateur.
- En GH est inséré l’ampèremètre.
- Fig-, i.
- un ampèremètre monté sur ce fil donnerait une indication fausse.
- Comme la charge est nécessairement équilibrée, il suffit d’un seul ampère mètre, qu’on placera sur le conducteur L/P, si l’on cherche la valeurdu courant dans la ligne G, ou dans le conducteur Lsi l’on cherche l’intensité dans la ligne A.
- Lorsqu’on fait usage d’un relais, l’une des bobines est montée sur le conducteur L/-»3 et l’autre sur haL
- Le diagramme des tensions et des courants est indiqué par la figure 2 ; (a) correspond au cas des
- Les transformateurs en série peuvent être avantageusement placés sur les conducteurs extérieurs A ét C. Dans ce cas, l’enroulement tension sera monté sur les phases AC, ou, ce qui revient au même, sur les fils secondaires correspondants.
- Le synchronoscope sera monté entre A et B, la lampe entre B et C.
- Les fils qui partent des bornes de l’enroulement tension ccl vont rejoindre les 2 lignes qui contiennent les transformateurs en série.
- Il y a quelquefois avantage à employer 3 ampèremètres pour avoir le courant dans chaque conducteur ; le schéma de la figure 1 est prévu pour un seul ampèremètre, qui est inséré dans un circuit secondaire entre L et un transformateur en série ; ce mode de connexions ne se prêterait pas k l’alimentation de 3 ampèremètres par les 2 transformateurs en série, car le courant dans le fil de retour EK est dans ce cas égal k la résultante des courants qui circulent dans les deux circuits secondaires avec un décalage de 1200, de sorte que si ces deux courants composants sont égaux, il est égal à leur
- valeur commune multipliée par \/3. Par conséquent
- montages en triangle ; AB, BG et AC sont les tensions d’un système triphasé monté en triangle ; en A, B, G on voit la direction des résultantes deux à deux des courants ; les flèches indiquent la direction instantanée de ces courants ; (h) montre, selon ax hx et a3 Z>3 la direction et l’intensité des courants qui circulent dans les enroulements secondaires; la résultante de ces deux courants, qui sont décalés de i2o° l’un de l’autre, est mesurée par la ligne a* />* et se trouve-, pour un facteur de puissance égale à 1, directement en phase avec la différence de potentiel entre A et G.
- 2** méthode. — La figure 3 indique la deuxième méthode de montage. Dans ce cas, les bobines d’intensité du wattmètre sont connectées au secondaire d’un transformateur en série. Si l'on suppose que l’un d’eux est monté sur la ligne G, le primaire des transformateurs en série est traversé par le courant de ligne, et les enroulements de l’appareil reçoivent ce courant divisé par le rapport de transformation.
- Pour que les indications du wattmètre soient exactes il est nécessaire que la tension soit directement en phase avec le courant, pour un facteur de
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- puissance égal à Punité ; les enroulements tension doivent donc être montés entre C et le point neutre, au besoin artificiellement créé. A l’extrémité des enroulements tension opposée à celles de là ligne C, on monte deux résistances non inductives de valeurs élevées qui sont reliées d’autre part en A B.
- Gomme il faut deux transformateurs en série pour le circuit du relais protecteur, il est bon de monter un ampèremètre dans le secondaire de l’autre transformateur ; cet appareil donnera le courant dans la ligne A et sera relié, ainsi que le xvattmètre, au fil de retour commun en Iv ; le relais avec ses deux bobines en série est inséré dans ce fil cle retour commun.
- Fig. 3. — En GH est inséré l'ampèrmnùlrc. Comme les enroulements tension et la boite de résistance représentent un nombre d’ohms considérable, le courant qui traverse est très faible, et la différence de potentiel entre les deux résistances est
- égale à la tension de ligne divisée par \/ï.
- Si, par exemple, le courant dans chaque phase est de ioo ampères, le courant de ligne a pour intensité :
- ioo X \/$y — 17‘L 2 ampères.
- Mais la tension est réduite dans une proportion égale au coefficient d’augmentation du courant ; si la tension de ligne est de 2 400 volts, cela fera donc 1 $92 volts. Avec un rapport de transformation de 20 : i poulie transformateur en dérivation, l’appareil reçoit donc 69,6 volts.
- K11 somme, le wattmètre indiquera :
- i3q2 x I 73,2 r: 2/1O kw.,
- ce qui, est exactement le tiers de la puissance totale du système ; par conséquent, la graduation devra être triple de la graduation normale.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les pertes aux èpanouisements polaires. — A.. Adams, C. Lanier, C. Pope et O. Schooley.
- — Proceedings of lhe American Institute of' Electrical Engineers, août 1909.
- i° Dans une dynamo à induit denté, l’induction est plus grande sur une face polaire en regard d’une dent qu’en face d’une encoche, et, lorsque l’induit tourne, les dents entraînent de la sorte une partie du flux, chaque point de la face polaire étant soumis a une induction pulsatoire qui donne naissance à des courants de Foucault dans la masse du pôle.
- Une fraction de l’énergie est également dissipée par hystérésis, mais dans les cas ordinaires ce sont les pertes par courants de Foucault qui prédominent; avec des pôles massifs, la perte par hystérésis est négligeable.
- Le flux tend à se distribuer de part et d’autre de l’épanouissement polaire, de manière à rencontrer le minimum de réluctance totale, c’est-à-dire que les pulsations du flux s’amortissent peu à peu, et que l’induction tend à prendre une densité uniforme au fur et à mesure qu’elle pénètre dans la masse du pôle. Les courants de Foucault accélèrent cette uniformisation, puisqu’ils tendent, en vertu de la loi fondamentale de l’induction, à s’opposer aux variations du flux qui leur ont donné naissance. Leur influence amortissante est maximum précisément à la surface du pôle où elle altère sans aucun doute la distribution du flux. A l’intérieur même de noyaux polaires, la perturbation sc propage à la manière ordinaire des ondes électromagnétiques, avec une constante d’alïaiblissement très grande, en raison de la haute perméabilité et conductivité du milieu, ainsi que de la fréquence relativement élevée de la pulsation ; quant à la longueur d’onde de cette propagation, elle est très courte pour la meme raison.
- Avec des pôles massifs, et, pour des données de construction moyenne, l’onde est pratiquement amortie à une distance d’environ imm de la face polaire, de sorte que la pulsation reste confinée dans une couche superficielle très peu importante.
- Avec des pôles feuilletés, il en va tout différemment, les courants amortissants étant très réduits.
- Pour des dimensions ordinaires de dents et de ! faces polaires, ces courants de Foucault dirigés se-I Ion la circonférence de l’armature tendent à protéger la région centrale du pôle contre les pulsations du
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- flux, qu’ils entraînent au contraire vers les bords. C’est pourquoi on peut leur donner le nom de courants de protection, et la théorie des auteurs repose justement sur la distinction entre ces courants et les courants transversaux ou courants d'amortissement,,
- Ces deux espèces de courants ont exactement meme origine et même nature, les courants d'amortissement empêchant les pulsations du flux de pénétrer dans* le pôle perpendiculairement à la face polaire, et les courants de protection s’opposant également à la pénétration des pulsations du flux dans les tôles dans le sens des bords vers le centre. La différence capitale entre les deux est que, tandis que les courants amortisseurs tendent à uniformiser la distribution circonférentielle du flux, les courants protecteurs influent sur sa répartition dans le sens transversal aux tôles. Tous deux tendent à accroître la réluctance du circuit magnétique et à diminuer les pertes par courants de Foucault.
- Les courants de protection tendent également, toutes choses égales, d’ailleurs, à augmenter les pertes par hystérésis.
- i° Une seconde source de pertes d’énergie aux faces polaires est la pulsation de la réluctance du circuit magnétique, due à la variation du nombre des dents sous la face polaire.
- A ce propos, les auteurs indiquent qu’avec un arc polaire égal à 5,5 pas dentaires, et un entrefer égal environ au quart du pas dentaire, la région des franges aux bords polaires s’étendra jusqu’à un demi-pas dentaire de l’arc polaire équivalent, le portant ainsi égal à six fois le pas dentaire. Dans ce cas, il n’y aurait pratiquement pas de variations de réluctance, puisque le nombre des dents passant sous le pôle serait constant.
- Si le pas polaire véritable est juste égal à six fois le pas dentaire, le minimum de la pulsation de réluctance a lieu pour un entrefer court, et le maximum pour im entrefer d’une certaine longueur.
- Cas des pôles massifs. —- Considérons une face polaire massive soumise aux ondulations de denture, et négligeons les courants circonférentiels ou protecteurs.
- On sait qu’alors, en analysant la courbe de distribution du flux à la surface du pôle, et en considérant séparément la perte due à l’onde fondamentale et à chacun de ses harmoniques, la perte Y*l sur la face polaire due à l'onde fondamentale Bt est donnée par
- la formule suivante, en watts par centimètre carré:
- B, étant l’amplitude de la pulsation fondamentale, la perméabilité, c la vitesse périphérique de l’induit en centimètres par seconde, X le pas polaire en centimètres, p la résistance en unités électromagnétiques.
- Le coefficient d’atténuation correspondant (3 est donné approximativement par :
- En appliquant ccs deux formules pour les flux dus aux harmoniques successifs, il faut tenir compte que la longueur d’onde du nitmc harmonique a pour valeur la niim' partie de celle de l’onde fondamentale, laquelle est égale au pas polaire X.
- Si l’on néglige l’influence des courants amortisseurs et de la saturation sur la distribution du flux à la face polaire, les amplitudes Bi, B2..., des différents harmoniques, sont proportionnelles à l’induction moyenne B sur la face polaire :
- = K,B . B2 = K2B Ba = lv3B, etc.
- Alors il vient pour les pertes partielles successives :
- d’où l’expression de la perte totale :
- lv étant une série de termes facile à expliciter d’après les formules précédentes.
- Cas des pôles feuilletés. — .Ce cas est extrêmement complexe, mais on peut le traiter approximativement à l’aide de la formule précédente.
- La figure i, qui suppose que les courants de Foucault circulent scion des trajets symétriques, fournit les bases du calcul. Soit a b un élément de courant amortisseur. La force éleclrornotricc correspondante est exactement la même que dans le cas des faces polaires massives, mais la résistance qu’il rencontre
- est i l —J fois plus grande que dans le cas précédent, t étant l’épaisseur des tôles et X le pas polaire.
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- * Ces courants amortisseurs se comporteront donc absolument comme les courants des pôles massifs, à ceci près que la résistance spécifique est multipliée
- par i -f- (_)' ou, approximativement, par •
- <
- « c
- si
- O
- \
- t le &||i - m v II— " W
- —t—r ï lEiEil.
- -*—!
- Fig*, i.
- Il suffit donc d’introduire ce rapport dans la formule précédemment trouvée, avec une constante a pour tenir compte de la réduction de longueur des circuits de courants amortisseurs. On obtient ainsi
- pour la perte totale la valeur P a —, P étant fourni
- A
- par l’égalité (i).
- Les auteurs ont fait une série d’essais pour contrôler la théorie précédente. Ils ont employé une machine à pôles changeables, et avec trois armatures avant chacune un nombre différent de dents.
- Les expériences ont été faites à vitesse constante ou à flux constant. La valeur de l’exposant de B, déduite de ces expériences, a été en moyenne :
- 2.5.. . pour les pôles massifs,
- pour des pôles feuilletés de o,!m,i5 d’épaisseur de tôle,
- 2.3.. . pour oeu’,o35 d’épaisseur de tôle.
- Les formules déduites des expériences ont été pour ces trois cas, en unités G. G. S.
- Pôles massifs :
- io+ \io3/ \io3/ *
- Pôles feuilletés, à oc,n,o35 ;
- P /'JLV'YjlY’V’ —
- IO4 \io V Vio3.' y'x
- Pôles feuilletés, à o‘m,ï5 :
- o,ç)85
- 10*
- q étant le rapport de la largeur des encoches à l’entrefer.
- En résumé, la théorie a été confirmée par la pratique d’une manière très satisfaisante, la petite erreur de la théorie étant par excès dans le cas des pôles massifs et par défaut dans le cas des pôles feuilletés.
- G. M.
- Couple et vitesse des moteurs série pour la commande des appareils de levage. — F. Sea-man. — Electvival World, 16 septembre 11)09.
- On sait que le circuit magnétique des moteurs d’appareils de levage n’est pas complètement saturé pour la charge normale, afin de permettre d’augmenter la vitesse pour les charges faibles.
- L’auteur a établi des courbes d’où il résulte que pour une intensité de courant égale à 40 % de la normale, l’augmentation de vitesse pourra aller de 5o à i3o % ; le premier chiffre s’applique aux moteurs de 4o à 5o IIP, le dernier aux moteurs de 2 à 3 HP.
- Quant au couple, sa caractéristique ne varie pas beaucoup selon la puissance et est sensiblement rectiligne, surtout pour des puissances de 4<> HP et au-dessus.
- A. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- La distribution à 110 OOO volts de la Grand-Hapids-Muskegon F*ovrer Cy.—Electrical World, 16 septembre 1909.
- La simplicité est la caractéristique principale de cette formidable installation.
- Le seul dispositif automatique prévu est le régulateur de vitesse des turbines hydrauliques. Sur les lignes à haute tension il n’y a ni fusibles, ni coupe-circuits, ni parafoudres. Même sur le circuit à basse tension des transformateurs de la station centrale, il n’y a aucun dispositif de réglage ni de disjoncteur d’aucune sorte. Si extraordinaire que cela puisse paraître, les cables des générateurs à 6 600 volts sont connectés directement aux primaires des transformateurs et les secondaires sont reliés directement aussi à la ligne de transmission sous 110 000 volts sans interposition d’aucun appareil.
- Dans les cables des générateurs sont insérés des disjoncteurs à huile actionnés par des solénoïdes, mais ces disjoncteurs ont été verrouillés, de telle sorte qu’ils ne comptent plus. Cependant le système est protégé contre les surtensions par des interrup-
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- teurs automatiques disposés dans les circuits de distribution; de plus, les turbines qui actionnent les générateurs sont incapables de fonctionner pour les surcharges dangereuses.
- Les expériences ont montré qu’une élévation de io % de la tension sur la ligne de transmission augmente la perte due à l’effet de «couronne» (*) d’environ ioo %. La ligne à iioooo volts n’est d’ailleurs pas sans causer quelques dommages à une ligne à 70 000 volts établie parallèlement et pourvue des dispositifs de protection ordinaires.
- D'ailleurs on compte disposer des parafoudres électrolytiques, la saison prochaine, aux extrémités de la ligne à 110 000 volts.
- La station centrale se trouve à Crolon sur le Muskegon, dont la sous-station de Grand-Rapids se trouve éloignée de 40 milles. Elle comprend deux alternateurs Westinghouse triphasés de 3 000 kw, 6 600 volts, 3o périodes, qui sont actionnés chacun par 8 turbines Leffel à arbre horizontal et à accouplement direct.
- La vitesse de chaque générateur est contrôlée par deux régulateurs Lombard, dont chacun agit sur l’admission d’eau de 4 turbines. L’entrée en action de ces régulateurs est déterminée par un très petit moteur à courant continu alimenté par les circuits d’excitation.
- Chaque alternateur est muni d’une excitatrice en bout d’arbre, de 40 kilowatts.
- Là encore tout l’appareillage ordinaire est supprimé. Les bornes de l’excitatrice sont reliées directement à celles de l’alternateur; il n’y a, en tout, qu’un rhéostat de champ pour l’excitatrice. Celle-ci est une machine compound, mais ori ne fait aucun usage de l’enroulement série.
- Les conducteurs à 6 (ioo volts sont 2’eliés directement, en triangle, aux primaires de trois transformateurs Westinghouse, dans l’huile, à refroidissement par eau.
- 'La ligne de transmission comprend trois câbles, suspendus, par des isolateurs en disques à des supports en acier espacés à raison de 10 par mille.
- La sous-station principale de Grand-Rapids comprend trois transformateurs dans l'huile, de 3 7Ù0 kilowatts.
- Pour assurer le service pendant les périodes de basses eaux, ori est en train d’installer dans la sous-
- (*) Voir les travaux de Jonn, Scoll, Mcrshon Ryau, etc. ; Cf. aussi Lumière Electrique, 18 sept. 1909.
- station une centrale auxiliaire avec turbines à vapeur qui comprendra un turbo-alternateur de 4 5oo kilowatts.
- T. D.
- TRACTION
- Emploi des freins sur rails électromagnétiques. — R. Braun. — Elektrische Kraftbetriebe und llahnen, 4 août 1909.
- L’auteur montre l’insuffisance du frein à patins ordinaire dans le cas où les rails sont humides ou glissants. Le coefficient de frottement dans deux cas de ce genre a été trouvé égal à 3, 4» et 4,'^-* % .
- Il en résulte que, le frein à patins étant bloqué, le train glisse et pourrait s’emballer sur les pentes. Il est vrai que le sable permet de remédier à cet inconvénient, mais ce n’est pas là une garantie absolue, car le courant d’air peut faire dévier le sable et le corn-ducteur peut ne freiner qu’assez longtemps après le jet pour rendre son effet inutile.
- Un train en mouvement a devant lui une zone dangereuse, dont la longueur est déterminée par la valeur du frein. Elle comprend deux parties: la première, que le train parcourt dans l’intervalle qui s’écoule entre la commande et l’entrée en jeu des freins; la deuxième parcourue pendant le freinage.
- Les freins électromagnétiques présentent l’avantage de réduire chacune de ces deux zones partielles. On conçoit aisément l’importance de leur action, si on se représente qu’un- train marchant à i8km à l’heure seulement parcourt 5m en une seconde, ce qui n’est pas négligeable pour un service de tramways.
- D’un autre côté, le freinage par court-circuit paraît présenter le plus de sécurité; le temps nécessaire pour la commande est d’environ 1/4 de seconde. Mais il a le défaut de ne fonctionner qu’au-dessous de 4km à l’heure environ.
- Il résulte de là que le frein par court-circuit associé au frein sur rail électromagnétique excité par une source indépendante, représente pour les tramways et les petits trains le système de freinage le plus avantageux tant au point de vue de la rapidité d’action que de l’effort produit et est le seul indépendant de l’état des rails.
- L’effort de freinage d’un train sur rails 11’estpas limité comme celui du freinage sur roues, puisque
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- son mode d’action est en définitive d’augmenter l’adhérence des roues motrices. C’est ainsi qu’on peut actuellement équiper un wagon de i 2 tonnes avec des freins sur rail pesant i tonne, et produire un ralentissement de 4 in./sec./sec., en produisant encore un frottement sur les rails de 15 % .
- Si, dans les mêmes conditions, on freine sur roues, on ne peut pas obtenir un frottement supérieur à 8 % entre la roue et le rail, et le ralentissement maximum qu’on puisse obtenir n’est que de o,8 m./sec./sec.
- La quantité d’énergie absorbée par ces freins est excessivement peu élevée. C’est ainsi qu’on est arrivé à produire une pression de freinage de 5ok* par watt.
- Un autre avantage de l’emploi simultané du frein par court-circuit et du frein sur rails est que, pour un choix convenable de ce dernier, le travail de freinage des moteurs est réduit à la 20e partie de ce qu’il serait si l’on employait le freinage par court-circuit seul.
- Il résulte donc des considérations qui précèdent, ainsi que des nombreuses observations faites sur ce système en Angleterre que, quel que soit le mode de freinage à main employé, le freinage sur rail électromagnétique devra être employé parallèlement et suffira dans tous les cas où les autres moyens de freinage viendraient à manquer.
- T. E.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Elément, galvanique donnant du courant altei'natif. — Revue Industrielle, a5 septembre 1909.
- M. Kistiakowski vient de construire un élément galvanique remarquable. Il suffit de plonger deux plaques de tôle dans un mélange à volumes égaux d’acide sulfurique normal (Zweifach «équivalent normal) et d’une solution de bichromate de potasse saturée à 180. Si l’on introduit dans le circuit un voltmètre apériodique, l’aiguille oscille lentement entre -j- 0,4 volt, et — 0,4 volt, revenant lentement sur elle-même, pendant des heures entières. Elle marque à son passage au <>, un arrêt qui dure de 5 à 10 minutes.
- Quelquefois l’une des électrodes se polarise ; les oscillations diminuent alors de moitié.
- L’intensité atteint 0,15 amp. au point d’inversion.
- E. P.
- BREVETS
- Etude, construction et essais de machines.
- 401 409, du 80 mars 1909. — Société Muller Strassenzug G. m. b. H.—Procédé pour la commande par moteurs à essence de deux ou de plusieurs dynamos dans un circuit ouvert.
- 401 4i5, du 22 juillet 1908. — Ateliers de Constructions ÉLECTRIQUES DU Noitl) ET DE l’Est. — Système de réglage pour moteurs d’induction.
- 401 494, du 24 juillet 1908. — Ateliers de Constructions ÉLECTRIQUES DU NoilD ET DE l’Est. ----
- Réglage des moteurs à collecteur.
- 4oi 554,-du 26 février 1909. — Allgemeine Elek-Thicitats Gesellschaet. — Mode de réglage des machines à courant alternatif.
- 401 590, du 1e1' avril 1909. — Cailler. — Moteur électrique.
- 401 65o, du 3 avril 1909. — Société Anonyme Westinghouse. — Perfectionnements dans les machines dynamo-électriques.
- 401 862, du 11 août 1908. — Maître et Martin. — Dispositif de contact interrupteur pour organes vibrants électro-magnétiques.
- 401 880, du 9 avril 190g. — Rotii. — Mode de réglage de la vitesse des moteurs électriques polyphasés à collecteur.
- 401 889, du 9 avril 1909. — Ateliers de Constructions électriques de Ciiarleroi. — Dispositif de commande de moteurs électriques à courant continu actionnant des coupoles.
- 401 989, du 14 août 1908. — Dupont f.t la Société
- Sautter H ah lé et Cie.--Procédé pour le ré-
- glage de la vitesse des électromoteurs à courant continu.
- 402 089, du 14 avril 1909. — Bellieud — Moteurs ou génératrices à courant continu avec bobines bipolaires mobiles rangées en couronne et s’in-lluençant réciproquement au moyen de leurs pôles magnétiques.
- 401 go3, du i3 août 1908. — Société Métallurgique de Montbard-Aulnoye. — Procédés de fabrication de bacs transformateurs.
- () Liste de brevets concernant l’Electricité, communiquée par M. H. .losse, 17, boulevard de la Madeleine, à Paris.
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- Arcs et lampes électriques.
- /ioi 421, du 22 juillet 1908. — Caniîllo. — Attaches pour filaments des lampes à incandescence.
- 401 077, du 3o mars 1909. — Compagnie française de charrons pour l'électricité. — Enduit pour charbons de lampes à arc.
- 401 669, du 5 avril 1909. — Société electrisciie d’Auergluhlampen G. rn. b. H.— Procédé de régénération des lampes électriques.
- 401 711, du 6 avril 1909. —Hopfelt.— Procédé pour la fabrication des lampes à incandescence.
- 401 789, du 5 août 1908. — Compagnie générale d’électricité. —- Mode d’obtention d’attaches métalliques pour lampes électriques à incandescence.
- Transmission et distribution.
- 401 385, du 29 mars 1909. — Ropiquet. — Redresseur de courant alternatif avec interrupteur rotatif.
- 401 397, du 29 mars 1909. — Société industrielle des téléphones. — Relais de tension à étincelles.
- 401 612, du 3 avril 1909. — Société de l’accumulateur Tiidor, — Accumulateur électrique.
- 401 462, du 3i mars 1909. — Chariionneau et Ma^ i.aquin. — Oscillateur déchargeur pour les courants de haute fréquence.
- 401 542, du ^juillet 1908. —Ateliers de constructions ÉLECTRIQUES 1)U NORD ET DE l’Est. ---------
- Perfectionnements aux groupes d’équilibre pour distributions à courant continu à plusieurs fils.
- 401 566, du 23 mars 1909. —Murphy. —Redresseur de courants électriques.
- 4oi 60G, du 3 avril 1909. — Krause. — Para-foudre.
- 401 719, du 6avril 1909. — Société Aubert frères. — Auto-trembleur silencieux et indéréglable pour la rupture des courants électriques.
- 401 738, du 5 août.1908. — Gauthier. — Dispositif de prise de courant électrique.
- 401 967, du 10 avril 1909. — Société Aktienge-
- sellschaft Bhown, Boveri et G'0* — Dispositif pour le réglage des installations électriques.
- 401 298, du 9 avril 1909. —Delahaye. —Appareil thermo-interrupteur automatique de courants électriques.
- 401 940, du 14 août 1908. — Compagnie pour la
- FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL d’uSINES
- a gaz. — Résistance en charbon variant sous l’influence d’un champ magnétique.
- 401 906, du 10 avril 1909. — Société Aktienge-sellschaft Brown, Boveri et Cie. — Dispositif pour coupler et découpler automatiquement une dynamo associée à une batterie d’accumulateurs dans une installation électrique d’éclairage.
- 402 042 du i5 avril 1909. — Hundhausen. — Fusible du genre Edison à double ininterchangeabilité.
- Electrochimie et électrométallurgie.
- 401 666, du 3 août 1908. — Imbert. — Four électrique.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 401 453, du 3i mars 1909. —SociétéNya Ackumu-lator Aktiebolaget Jungner.— Perfectionnements aux accumulateurs.
- 401 626, du 2 avril 1909. — Gaillard etd’IIanens. — Accumulateur.
- 4<>i 929, du 10 avril 1909. — Schleenbacker. — Elément de piles à deux liquides.
- Télégraphie et téléphonie.
- 401 442, du 3i mars 1909. —• Laime. — Transmetteur téléphonique amplificateur de sons.
- 401 454, du 3i mars 1909. — Burstyn. — Condensateur à membrane.
- Télégraphie et téléphonie sans fil.
- 401.640, du 3 avril 1909. —Burstyn. — Dispositif servant à la réception d’oscillations électriques non amorties.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- La théorie des courants alternatifs. Tome I. — A. Russell. — Traduit de l’anglais par G. Sèlig-mann-Lui. — i vol. in-8" raisin de 4b° pages avec i3j ligures.— Gautiiier-Vii.laiis, éditeur, Paris. —Prix : broché, i5 francs.
- L’on ne saurait trop féliciter M. G. Seligmann-Lui d’avoir entrepris la traduction française du remarquable ouvrage de M. A. Russell, lin effet, les deux volumes de cet ouvrage, écrits avec une grande clarté, constituent une œuvre vraiment originale et renfermant de nombreuses idées personnelles, notamment en ce qui concerne la théorie des courants non sinusoïdaux que l’auteur a très approfondie.
- D’une manière générale, le premier volume est consacré aux théorèmes généraux. L’on y trouvera, après l’exposé des principes fondamentaux, les formules pour le calcul de la capacité et de la self-induction des lignes et des câbles monophasés et polyphasés, la théorie du facteur de puissance et des courants alternatifs non sinusoïdaux, celle du transformateur sans fer et du réseau équivalent, etc. ; enfin, après quelques considérations du plus grand intérêt sur les champs magnétiques tournants et glissants et sur le champ magnétique autour d’un câble polyphasé, le livre se termine par l’établissement des formules de O. Iieaviside et de J.-J. Thom-
- son pour le calcul des pertes par courants de Foucault induits dans les lames et dans les cylindres métalliques, et par l’exposé de la méthode de dualité en électrotechnique. D’ailleurs, sauf peut-être en ce qui concerne les pertes par courants de Foucault, pour lesquelles les résultats sont exprimés au moyen des sinus et cosinus hyperboliques et des fonctions bei et ber de Kelvin, les calculs sont tous très élémentaires et n’exigent pas de connaissances mathématiques élevées. En outre, pour plus de clarté et de précision, l’auteur a préféré souvent renoncer aux démonstrations élégantes déduites des équations générales pour recourir aux preuves directes où apparaissent plus nettement la nature réelle et le rôle de chaque élément •, il s’est également attaché à mettre en lumière les hypothèses auxquelles Ton est conduit, et les limites qui en résultent dans l’emploi des méthodes.
- Du reste, les travaux personnels de M. A. Russell sur la théorie des courants alternatifs sont trop connus pour qu’il soit nécessaire d’insister sur le mérite de son ouvrage.
- Quant à la traduction, elle constitue, à notre avis, un modèle du genre et contribuera largement au succès du livre.
- P. S.
- VARIÉTÉS
- Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique (suite et fin) (,).
- Les angles de coupe et de dépouille sont obtenus mécaniquement au moyen d’une affûteuse Gisholt et contrôlés à l’aide de gabarits. Ces angles ont été arrêtés à la suite d’une étude théorique et d’expériences pratiques.
- La centralisation de l’affûtage présente un autre avantage d’ordre secondaire, mais toutefois impor-
- tant : elle supprime les pertes de temps dues au stationnement des ouvriers aux meules.
- La catégorie des outillages spéciaux comprend, comme nous l'avons vu, les machines-outils spéciales et surtout les pinces de forage et de tournage, les gabarits de traçage, les outils de forme, etc.
- On ne peut plus dire ici par principe que leur emploi s’impose. Il convient dans chaque cas de comparer la dépense aux avantages probables, ruais il ne faut pas limiter ceux-ci à la réduction du prix de revient. L’emploi, par exemple, d’une pince de
- (') V. Lumière Electrique, 2 octobre 1909, p. 28.
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- forage donne une grande exactitude au travail et assure l’interchangeabilité.
- Revenant à la question que nous nous sommes posée au début : doit-on rechercher des ouvriers très habiles, à salaire élevé, desservant un outillage à bon marché, ou faut-il préférer un outillage perfectionné et un personnel ordinaire? Je conclus comme suit :
- Il convient d’équiper les ateliers d’un outillage normal, très précis et très complet, afin de permettre à des unités médiocres de produire un travail courant irréprochable et ne laisser dans la mesure du possible aux ouvriers d’élite ç ue les trcivaux spéciaux.
- Il faut aussi se montrer large dans l’adoption des outillages spéciaux quand leur utilisation n’est pas absolument hors de proportion avec leur coût.
- SYSTÈMES DE SALAIRES
- Le second point d’organisation que je me propose d’examiner a trait aux systèmes de salaires.
- Dans les petites industries où le patron travaille lui-même au milieu de ses ouvriers et les surveille d’une façon constante, le mode de rétribution du travail présente peu d’importance. Le patron peut apprécier l’habileté et l’activité de chacun de ses hommes et les rémunérer en conséquence.
- Il n’en est pas de même des grandes entreprises où la surveillance est très difficile et est répartie entre beaucoup de sous-ordres. Il convient dans ce cas de rechercher un mode de rémunération qui stimule l’activité des ouvriers et les intéresse à produire beaucoup.
- C’est dans cet ordre d’idées que depuis longtemps déjà nombre d’industriels ont remplacé le salaire à la journée par le paiement à la tâche ou prix par pièce. Par ce système, on fixe à l’ouvrier un prix en francs et centimes pour chaque travail ou pour l’ensemble de plusieurs travaux.
- Ce système semble parfait à première vue; il paraît récompenser l’activité et l’habileté du personnel qu’il traite en sous-entrepreneur.
- Malheureusement, la pratique a démontré que, bien que constituant un réel progrès, la méthode du prix à la tâche présente de très graves inconvénients. Il est très difficile, surtout dans les usines fabriquant des produits différents et en faibles séries, d’établir équitablement et au préalable le prix d’un travail. Ces difficultés résultent surtout :
- i° De l'inégalité des pièces à usiner ; les pièces
- venant de fonderie ne présentent presque jamais la même dureté et il n’est pas rare que le poids de matière à enlever varie du simple au double.
- a0 De l’inégalité des machines-outils capables d’elïectuer le travail.
- Il arrive fréquemment que, pour des raisons d’ordre intérieur,un travail prévu pour une machine-outil déterminée doive être exécuté par une autre machine moins perfectionnée et moins puissante ou vice-versa.
- 3° De la valeur différente des ouvriers à qui l’on peut demander ce travail.
- On peut être obligé de confier à un homme expérimenté et à haut salaire un travail réservé d’habitude aux débutants moins bien payés.
- On voit donc qu’il est très difficile de fixer équitablement le prix d’un travail, et qu’inévitablement ’il se produira de très fréquentes erreurs.
- Ces erreurs peuvent être au détriment des ouvriers ou du patron. Dans le premier cas, le travailleur protestera à juste titre et obtiendra un dédommagement ramenant son salaire au moins au taux normal.
- Fera-t-on de même une rectification dans le second cas? Si non, l’industriel sera lésé; si oui, nous revenons tout simplement au paiement à la journée.
- On pourrait m’objecter qu’en pratique on ne réduit les prix par pièces que quand ils élèvent le taux à l’heure d’une façon exagérée, par exemple de 3o % .
- A ceci je répondrai que les ouvriers s’arrangeront pour ne pas dépasser le pourcentage maximum. Ce n’est pas ici une simple hypothèse, mais une certitude découlant d’observations personnelles et de confidences des ouvriers eux-mêmes; et cela, du reste, est logique.
- Supposons que, par suite de circonstances favorables et grâce à son activité, un ouvrier dépasse sensiblement le maximum prévu; il se condamnera par la suite à faire le même travail pour un prix moindre, c’est-à-dire à devoir travailler beaucoup plus fort pour se faire un bénéfice normal.
- Je vais exposer deux systèmes qui obvient dans une mesure différente aux défauts que je viens de signaler.
- Ils se rangent tous deux dans les systèmes à primes.
- La méthode Ilalsey est la plus ancienne; elle peut se définir comme suit : l’ouvrier est payé à l’heure et on lui garantit un minimum déterminé. Un service
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- compétent fixe au préalable et d’une façon définitive le nombre d’heures maximum alloué pour chaque travail. Le salaire de l’ouvrier se composera : i° du paiement des heures réellement occupées au travail; 2° d'une prime représentant à son taux de salaire normal une partie, généralement la moitié, du temps gagné.
- Soit par exemple :
- Tt le temps donné,
- t le taux de salaire,
- J t> le temps occupé au travail, l’ouvrier touchera:
- T. t +
- T, — T.
- ‘L
- On le voit, ce système a le grand avantage de réduire de 5o % l’importance de Perreur d’évaluation. Il atténue donc considérablement les défauts de la méthode du prix par pièce.
- Lors d’une visite que j’ai faite, il y a près de deux ans, aux chantiers maritimes de Dumbarton, près de Glasgow, j’ai eu la bonne fortune d'être mis au cou-rant du second système à primes qu’il me reste à exposer, et qui est connu sous le nom de méthode Rowan.
- Ce système a été depuis généralisé à la Corripa-gnie Internationale d’Eiectricité et les résultats que nous avons obtenus ont été excellents.
- M. J. Izart qualifie le système Rowan de mode de rémunération actuel le plus juste et le plus parfait.
- Il est identique au sytèrne Halsey, sauf dans l’établissement de la prime qui est allouée de la façon suivante : le taux de salaire est majoré proportionel-lement à l’économie de temps. Le salaire revenant à l’ouvrier pour un travail déterminé sera donc en conservant les memes notations que plus haut :
- T« t
- T, —T2
- T,
- Ce système limite l’erreur d’évaluation d’une façon bien plus complète que le système llalsey, car, quelle que soit cette erreur, le taux à l’heure de l’ouvrier ne pourra jamais être doublé.
- Cette atténuation considérable des erreurs d'évaluation permet de fixer largement et d’une façon définitive le temps alloué pour un travail ; l’ouvrier
- peut donner son maximum de rendement sans crainte, car, au fur et à mesure que son taux de salaire s’élèvera, le prix de revient de son travail diminuera.
- Comparons, pour terminer par des exemples numériques, le système du prix par pièce aux méthodes Halsey et Rowan, en faisant varier les erreurs d’évaluation.
- Supposons qu'on donne pour effectuer un travail, à un ouvrier gagnant o fr. 5o l’heure, une somme de io francs. Quelle que soit la durée effective du travail, l’ouvrier touchera le même prix, l’erreur d’évaluation fut-elle de f>o % . Pour ne pas faire baisser le tarif, il s’arrangera en sorte de terminer son travail en quatorze, seize ou dix-huit heures et se faire un bénéfice de 3o, 20 ou 10 % .
- Supposons maintenant qu’appliquant les méthodes à prime, on donne à cét ouvrier un temps fixe de vingt heures, le taux obtenu et le salaire payé pour différentes durées du travail seront rendus apparents par des diagrammes tracés en portant en abscisses les pourcentages de temps économisés et en ordonnées les salaires payés correspondants. La ligne de salaires Halsey est une droite descendante, celle de Rowan est une parabole, et celle du prix par pièce une droite horizontale.
- On voit donc que les efforts sont mieux rétribués par le système Rowan quand la différence entre le temps donné et le temps travaillé est inférieure à 5o % et qu’une erreur d’évaluation supérieure à 5o % a moins d’importance dans le système Rowan que dans le système Halsey.
- On peut enfin tracer un diagramme du taux de salaire en fonction du pourcentage de temps gagné.
- On constate que la ligne de taux Halsey et la ligne de taux du prix par pièce sont des courbes paraboliques, et la ligne de taux Rowan. une droite. Jusqu’à un gain de fio % du temps donné, le taux Rowan est supérieur au taux Halsey; à partir de cette valeur il est inférieur ; naturellement les taux du prix fixe par pièce sont toujours les plus élevés.
- En fixant un prix ou un temps forfaitaire pour l’exécution d’un travail, l’industriel a en vue de récompenser une activité exceptionnelle de l’ouvrier et il n’est pas raisonnable de prétendre que cette activité peut dépasser 5o % du travail normal. Ceci posé en principe, on constate que la méthode Rowan récompense plus largement les efforts de l’ouvrier, amenant une économie inférieure à 5o % ,
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- que la méthode Halsey. En cas d’erreur importante dans l’évaluation du temps donné, la méthode Rowan maintient le taux de salaire dans une limite raisonnable et juste.
- J’estime donc que la méthode Rowan sauvegarde parfaitement les intérêts également respectables du patron et de l’ouvrier.
- L. L’Hoest,
- Ingénieur,
- Chef des services de fabrication de la Compagnie Internationale d’Electricité.
- Le développement de l’électricité au Japon. — Eleçtrical Review and Western Electrician, 18 septembre 1909.
- Un Bureau d’Electricité a été adjoint au ministère des Communications du Japon afin de tenir comptede l’énorme développement qu’a pris l’industrie électrique. Dans l’espace de cinq années, la demande de courant a passé de 58 000 à 880 000 kw. La quantité d’énergie électrique produite hydrauliquement a passé de 16000 à 62000 kw. Sur 817 industries manufacturières enregistrées, 198 emploient l’éiec-tricité. S. A.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’emploi des parafoudres èlectrolytiques en aluminium dans la transmission à courants alternatifs.
- On sait que l’élément électrolytique en aluminium (composé de deux électrodes en aluminium, immergées dans un électrolyte convenable et sur lesquelles on a fait venir, par des traitements chimiques ou électro-chimiques, une pellicule d’hydroxyde d’alumine) présente celte propriété très importante de n’être le siège que d’un courant extrêmement faible, tant que le voltage dynamique auquel on le soumet reste inférieur à une certaine valeur, dite voltage critique, qui dépend de la pellicule recouvrant les électrodes et de la nature de l’électrolyte. Dès que le voltage aux bornes des éléments atteint ou dépasse cette valeur critique, le courant devient très intense et n’est plus limité que par la faible résistance inférieure des éléments. Aussitôt que le voltage est redevenu normal, c’est-à-dire est descendu au-dessous de la tension critique, l’intensité du courant reprend aussi sa valeur initiale, c’est-à-dire redevient pratiquement nulle.
- L’action de la pellicule d’hydroxyde peut donc être comparée à celle de la soupape de sûreté d’une chaudière à vapeur, s’ouvrant et livrant passage à la vapeur dès que la pression dans cette chaudière atteint ou dépasse une valeur bien déterminée, et seulement tant que dure l’excès de pression. Dans le cas des éléments en aluminium, il y aurait, en quelque sorte, sur les électrodes, une infinité de petits clapets s’ouvrant dès que la pression électri-
- que atteint la valeur critique, et livrant alors passage à un courant intense également distribué sur toute la surface.
- Lorqu’un élément est branché d’une manière permanente sur un réseau, il y a lieu d’établir une distinction entre son voltage critique permanent et ses voltages critiques temporaires. Si on suppose un élément soumis d’une manière prolongée à un voltage de 3oo volts et qu’on relève brusquement ce voltage à 325 volts, l’élément deviendra le siège d’un courant très intense qui persistera jusqu’à ce que la pellicule d’hydroxyde recouvrant les électrodes se soit suffisamment épaissie pour compenser cet accroissement de voltage et réduire le courant à une valeur très faible. De même, si on augmente à nouveau brusquement le voltage aux bornes des éléments, les mêmes phénomènes se reproduiront. Ces différents voltages, que l’on ne peut dépasser sans donner naissance à des afflux de, courant temporaires, peuvent être dénommés voltages critiques temporaires.
- En augmentant, comme il a été dit ci-dessus, de plus en plus le voltage, il arrivera un moment où la pellicule ne pourra plus s’épaissir, et, par conséquent, ne pourra plus réduire le courant circulant dans l’appareil.
- Ce voltage limite peut s’appeler le voltage critique permanent de l’élément.
- Si après avoir maintenu, pendant un temps suffisamment long, un certain voltage critique aux bornes de l’élément, on abaisse ce voltage, la pellicule d’hy-
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- droxyde déposée sur les électrodes se dissoudra partiellement jusqu’à ce que son épaisseur se soit réduite suffisamment pour correspondre au nouveau voltage, lequel deviendra, à son tour, un voltage critique temporaire.
- La courbe donnant le courant dans l’élément en fonction du voltage auquel il est soumis varie quelr
- ment, le courant en fonction du voltage, dans le cas du courant alternatif.
- La pellicule d’hydroxyde présente la propriété de se dissoudre lentement lorsque les électrodes sont en contact avec l’électrolyte et ne sont soumis à aucun voltage.
- Lorsqu’un élément est remis en circuit après être
- que peu quand on passe du courant continu au coupant alternatif.
- Dans le cas du courant continu, lorsque le voltage est inférieur au voltage critique, aucun courant ne passe dans l’élément, sauf un très faible courant de fuite traversant la pellicule; dans le cas de l’alternatif, au contraire,l’élément joue le rôle d’une capacité et est le siège, non seulement d’un courant de fuite
- resté un certain temps hors circuit, on constate un afflux considérable de courant qui a pour effet de ramener sur les électrodes, la partie de la pellicule qui s’était dissoute et de rendre ainsi à cette dernière son épaisseur primitive. L’intensité de ce courant initial est d’autant plus grande que le temps pendant lequel l’élément est resté hors de service a été plus long.
- Fig.
- traversant la pellicule, mais encore d’un courant dû à cette capacité, et qui est décalé en avant d’environ 900 par rapport au voltage aux bornes de l’élément.
- La courbe de la ligure i donne, à une échelle plus réduite, les valeurs de ce courant pour des voltages supérieurs au voltage critique permanent, dans le cas du courant continu.
- La courbe de la figure a donne, pour le meme élé-
- 2.
- Lorsque l’élément est resté pendant quelque temps hors de service, il peut arriver, dans les pays à climat chaud, que cet afllux initial de courant soit suffisant pour faire déclencher les disjoncteurs ou les interrupteurs à huile, et qu’en outre, par suite de cet alllux considérable de courant, la température des éléments s’élève d’une manière exagérée. Cependant, lorsque les éléments ne restent pas plus
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- d'un jour hors de service, la diminution d’épaisseur de la pellicule n’est pas appréciable ef l’afflux initial de courant est négligeable, ou tout au moins sans inconvénient.
- Tous les électrolytes exercent, sans doute, à un degré plus ou moins élevé, une action dissolvante sur la pellicule.
- La Thomson-llouston a construit sur ces principes un parafoudre, constitué par une ou plusieurs séries de cônes ou cuvettes coniques superposées en aluminium. Ces cuvettes ont le môme axe, convergent vers le bas et sont écartées les unes des autres d’environ 7,"""5. Chaque cuvette reçoit une certaine quantité d’électrolyte, qui remplit ainsi partiellement l’intervalle compris entre deux cuvettes adjacentes.
- L’ensemble des cônes est ensuite immergédansune cuve pleine d'huile. Cette cuvé, qui est représentée par la ligure ‘5, est en acier, et tous ses joinlssont soudés.
- l'ig. 3.
- Chaque parafoudre comporte autant de séries de cônes qu’il y a de phases à protéger, lesquelles séries sont montées en étoile, c’est-à-dire ont un pôle commun. Dans le cas d’un circuit à point neutre non
- mis à la terre, on ajoute une série additionnelle de cônes, branchée entre ce pôle commun et la terre.
- Il est bon que ces nouveaux parafoudres ne soient pas branchés d’une manière permanente entre le réseau et le sol; on interpose donc normalement entre le réseau et le parafoudre un intervalle d* air à cornes réglé pour un voltage légèrement supérieur à celui du réseau et qui a pour but d’empêcher que le parafoudre soit soumis, d’une manière constante, au voltage du réseau; on élimine de cette façon les fuites de courant dans le parafoudre tant que le voltage reste normal, et on augmente aussi la durée de l’appareil.
- Ces intervalles à cornes sont en outre construits de façon à pouvoir servir par une manœuvre simple :
- i° A mettre hors circuit le parafoudre lorsqu’on désire l’isoler complètement de la ligne, dans le but, soit de le visiter, soit de le réparer;
- A brancher directement, c’est-à-dire sans l'interposition d’un intervalle d’air, le parafoudre sur la ligne, opération qu’il est nécessaire d’effectuer une fois par jour, en vue de favoriser la reformation de la pellicule d’hydroxyde soumise à l’action dissolvante dont on a parlé plus haut.
- La mise en court-circuit de ces intervalles d’air s’effectue à l’aide d’une tige mobile isolée portant trois ponts métalliques venant relier entre elles les deux branches de chacun des trois intervalles à cornes; la mise hors circuit du parafoudre clectro-lylique s’effectue à l’aide de fusibles amovibles, qui sont montés,avec l’intervalle d’air, sur des supports isolés en bois.
- On doit éviter d’installer un parafoudre construit pour circuit dont le point neutre est mis directement à la terre (c’est-à-dire sans l’intermédiaire de résistances) sur un circuit dont le point neutre n’est mis que partiellement à la terre (c’est-à-dire par l’intermédiaire d’une résistance plus ou moins grande). Si en effet une terre vient à se produire sur 1 une des phases et que le disjoncteur ne déclenche pas aussitôt, le voltage dynamique/ sur les séries des cônes correspondant à chacune des autres phases, devient brusquement égal au voilage de la ligne, c’est-à-dire, dans le cas d'un circuit triphasé, augmente d’environ 73 % .
- Le nouveau voltage par élément sera alors de 5o % supérieur au voltage critique permanent cl fera naître, par suite, dans le parafoudre, un courant de très grande intensité.
- Pour les circuits à point neutre à la terre, le som-
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- met de chaque série de cônes est connecté à la ligne par l’intermédiaire du parafoudre à cornes mentionné ci-dessus, tandis que la base est connectée à la cuve qui, elle-même, repose sur un support non isolant.
- Les parafoudres pour circuits à point neutre non mis à la terre sont, comme les précédents, connectés à la ligne par l'intermédiaire d’intervalles à cornes, mais comportent une série additionnelle de cônes dont le sommet est connecté à la terre par l’intermédiaire d’un dispositif intervertisseur dont le rôle sera expliqué plus loin. Un tel dispositif est d’ailleurs également interposé entre une des autres séries de cônes et la ligne. Les bases de toutes les séries de cônes sont reliées électriquement entre elles.
- Dispositif intervertisseur. — Il est necessaire.de rétablir l’épaisseur primitive de la pellicule d’hydroxyde, sur les électrodes de la cuve mise à la terre, comme sur les autres séries de cônes.
- Un dispositif intervertisseur simple a pour objet de remplacer, pendant la mise en charge des éléments, la série de cônes mise à la terre par l’une des séries de cônes reliées à la ligne. .
- Mise en charge des éléments. — L’opération qui a pour but de remettre quotidiennement la pellicule en état s’appelle la mise en charge. Elle s’effectue très simplement en fermant simultanément, pendant un instant, les intervalles à cornes et les amenant aussitôt à leur position primitive.
- Dans le cas d’un parafoudre pour circuit à point neutre non mis à la terre, après avoir effectué cette opération, on agit sur le dispositif intervertisseur, puis on ferme à nouveau momentanément les intervalles à cornes. L’opération entière ne dure que très peu de temps.
- F. S.
- Installation hydro-électrique à 27 OOO volts de la Societa Industriale Elettrica délia Val-nerina à Terni (Italie) (’).
- 11 y a un peu plus d’un an, la Societa Industriale Elettrica délia Valnerina, à Terni, a mis en service-, dans la vallée de la Nera, une importante Centrale destinée à fournir l’énergie à scs établissements électrochimiques de Narni pour l’utiliser notamment à la fabrication du carbure de calcium.
- 11 est peut-être intéressant de donner quelques détails sur l’historique de ces installations.
- (*) D’après P. Grottendikck, Bulletin de VInstitut électrotechnique Monte flore, août 1909.
- Une des premières en Italie,* cette Société construisit en 1886 une installation hydro-électrique de distribution de l’énergie et d’éclairage à la ville de Terni. Cette usine comprenait trois alternateurs monophasés de 80 k\v, de la firme Ganz et C‘°, qui a exécuté à cette époque les premières installations à courants alternatifs avec transformateurs.
- Pendant sept ans, ceLte installation suffit aux besoins de la localité, mais ensuite les machines,, y compris la réserve, devinrent insuffisantes et, en 1890, on construisît une seconde usine, tout près de la première, comprenant deux générateurs, chacun de 85 kw, sortant des Ateliers de Construction Oerlikon.
- Dès lors, les deux centrales alimentèrent chacune une certaine partie de la ville. Le développement industriel très rapide de Terni eut cependant pour résultat, en peu d’années, de rendre encore insuffisante cette seconde installation.
- La Société se mit donc en quête d’autres sources d’énergie, d’autant plus qu’on entrevoyait alors l’application en grand de l'électricité à l’industrie.
- Le fleuve Yelino, affluent de la Nera, se jette dans celle-ci. d’une hauteur de 180*', à environ 9km en amont de Terni, formant ainsi ces puissantes « Cas-cate delle Marmore » qui sont considérées comme l’une des belles chutes d’eau de l’Europe. Cette chute est actuellement entièrement concédée à diverses industries et l’était presque entièrement à l’époque dont nous parlons.
- La Société obtint donc une concession pour l’utilisation d’une dénivellation de la Nera, en aval de la Cascade. La prise d’eau fut établie dans les environs du pont de Papigno et la restitution à environ ikm plus bas, au lieu dit « La Cervara », où fut érigée la Centrale, dont nous décrivons seulement ici les installations hydrauliques.
- La différence de niveau utilisable est de a3m^o environ et le débit de /|Ou,s par seconde, ce qui correspond à une puissance de 11 640 IIP nominaux.
- Le-projet de la Société était alors de construire deux Centrales, dont l’iinç devait servir pour l’éclairage et l’alimentation d’énergie de la ville et l’autre aux Aciéries bien connues de Terni.
- Les œuvres hydrauliques furent exécutées pour la puissance maximum et une première Centrale fut construite, dans laquelle on n’installa tout d’abord que deux turbines horizontales, chacune d’une puissance de 1 a5o HP nominaux, construites parla maison Riva et Monneret, de Milan,
- Deux alternateurs triphasés en étoile, d’une puis-
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- sance de 900 k\v à 3 jüo volts entre phases, à 282 tours par minute et 42 périodes sont accouplés à ces turbines. Cette tension de 3 750 volts était nécessaire pour utiliser les cabines de transformation monophaséeë existantes du réseau de la ville alimenté à 2 100 volts.
- Cette Centrale fut mise en service vers lafindeipoS.
- La Société ayant résolu depuis lors d’appliquer toutes les forces disponibles de la Cervara aux industries électro-chimiques, conçut le projet d’une grande Centrale unique répondant aux nécessités nouvelles.
- Elle mit au concours, suivant les programmes étudiés par elle, la fourniture des diverses parties des installations et donna la préférence aux projets des maisons Joya de Grenoble, Calzoni de Bologne, et Oerlikon de Milan, auxquelles furent respectivement confiées les fournitures des conduites forcées, des moteurs hydrauliques et de toute la partie électrique.
- CENTRALE DE LA CERVARA
- Installations hydrauliques. — Au sortir de la prise d’eau, l’eau accède dans le canal artificiel par six ouvertures de 2111 de largeur libre, munies de vannes en fer.
- Le canal est à ciel ouvert sur une longueur de 385m ; il est de section trapézoïdale et sa largeur moyenne est de i2m, sa profondeur de 2"' et sa pente de 1 %o, A son extrémité d’aval, il débouche dans un bassin de décantation de 2 3oom2 de superficie par cinq ouvertures pouvant être fermées au moyen de haussettes qui permettent de supprimer totalement l’arrivée de l’eau en cas de travaux de réfection au bassin. Du côté du lleuve le bassin est muni de 10 vapnes de 2"' de largeur, libre chacune, permettant éventuellement la décharge dans le lleuve des 4om|t d’eau qui constituent la portée du canal. Le fond du bassin est muni d’un petit mur de barrage précédé d’une cuvette ; ce mur, dont la crête se trouve à im,8o au-dessous de la surface de l’eau, a pour but d'empêcher l’entraînement des sables et graviers vers les galeries d’aval et de les diriger sur la droite du bassin, où se trouvent les dix vannes de décharge sur le fleuve, vannes dont on peut régler l’ouverture à volonté.
- Deux galeries d’adduction parallèles, de 520m de longueur et de 3m,5o de largeur sur n11;2 de section, creusées dans la montagne, partent du bassin de décantation et débouchent, près de la Cervara, dans le bassin de charge qui a 3 6/|Ora3 de superficie.
- ' Cette deuxième vasque porte 12 vannes de distribution de l’eau aux conduites sous pression. Ces vannes avaient été construites dès le début, en prévision de l’alimentation de 11 unités de 1 25oHP que devaient renfermer les deux Centrales primitivement projetées.
- La nouvelle Centrale devait comporter un nombre moins grand d’unités mais de puissance plus grande et l’on dut se résoudre, devant l’impossibilité, due au service de Terni, de démolir le mur du bassin pour remplacer les douze petites vannes et leurs amorces par de plus grandes, à utiliser lesdites vannes de la manière suivante : les amorces venant du bassin furent réunies en groupes de trois qui alimentent chacun deux grandes conduites; il en résulte que neuf vannes furent utilisées pour six nouvelles unités. Deux autres prises furent destinées aux deux groupes de 1 25o HP déjà existants et dont le transport dans la nouvelle Centrale était décidé, et la douzième fut affectée aux deux turbines d’excitation.
- Le tubage est composé de tronçons rivés en tôle d’acier Martin Siemens extra-doux de qmm d’épaisseur.
- Le diamètre des tubçs est de 2 3oomtn pour les grandes turbines et de 1 75on'1" pour les autres ; cha-queconduite forcée est munie d’urijointde dilatation. La longueur moyenne des conduites est de 56 mètres.
- Les jonctions des amorces du bassin avec les grandes conduites sont composées chacune d'un réservoir cylindrique vertical en tôle de même nature que celle des conduites, surmonté d’une large cheminée destinée à parer dans une certaine mesure aux effets nuisibles des coups de bélier, mais surtout aux dangers résultant des dépressions éventuelles à l’intérieur des conduites.
- Des systèmes de vannes permettent d’isoler chaque conduite du bassin. 1
- Les valves d’admission principales de l’eau dans les turbines sont équilibrées par un by-pass. Ce sont des papillons qui sont installés dans un bâtiment annexe de la salle des machines, parallèle à celle-ci et contenant également les conduites de vidange des canalisations forcées.
- La commande des valves principales se fait de la salle des machines au moyen de volants placés près de chacune des turbines.
- Les turbines d’excitation ainsi que celles des grands alternateurs ont été spécialement étudiées pour résister à l’action incrustante des eaux de la Nera.
- Ces turbines sont doubles et à réaction ; leur axe
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- 9 Octobre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 63
- est horizontal. Sous la chute variable de 19*", 6<tà *23n*, 70, selon les crues du fleuve, les grandes turbines prennent de 8700 à 10 3oo litres d’eau environ par seconde, représentant 2700 chevaux nominaux.
- L’introduction de l’eau se fait radialement et la décharge a lieu par le centre.
- La distribution est faite au moyen de palettes mobiles commandées par des tirants qui sont sollicités eux-mêmes par le mouvement d’un collier équilibré soumis à l’action du régulateur.
- L’équilibre de l’ensemble est obtenu par Faction d’un piston compensateur, dont une des faces est soumise à la pression d’eau de la chambre de la tur-
- bine et dont l’autre face est mise en contact à volonté, soit avec la pression atmosphérique, soit avec la pression de la conduite de décharge.
- Ce dispositif fait donc office de contrebalancer le grand effort du à la pression sur les palettes dans leurs diverses positions et de faciliter ainsi Faction du régulateur. Le régulateur adopté par la Maison Calzoni est le régulateur mécanique « Woodwarl » à compensation.
- Le rendement à pleine charge de ces turbines mesuré sous ïz3m,70 de chute est de 78 % .
- P. G.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- La Thomson-Houston va constituer, avec le concours des principaux établissements de crédit de Paris, de banques .étrangères et delà Metallgesellschaft, une société anonyme au capital de 5 millions de francs dénommée Société centrale d’industrie électrique, dont l’objet sera de créer dans le monde entier des sociétés de toutes natures appliquant l’électricité et aussi de s’intéresser dans toutes affaires du même genre.
- Allemagne. — La commission municipale des finances de la Ville de lialle-sur-Salle vient de décider le rachat par la ville, à partir du 1e1' janvier 1911, du réseau des tramways. Le prix d’achat a été convenuà 2 i3o 000 marks.
- Comme suite à notre information du 18 septembre, le bureau central des chemins de fer de l’État prussien vient d’entrer en négociations avec les usines du pays pour la fourniture de 492 locomotives Alivrerdu ier avril au 3i juillet 1910.
- Italie. — Le ministère des Travaux publics a accordé a la « Societa Ferrovia JVIoHarone » la concession pour la construction et l’exploitation d’un tramway électrique de Stresa à Mollarone.
- Le conseil municipal de Venise a obtenu l’autorisa-
- tion pour Félablissemenldu tramway électrique de Mestre à Mirano.
- La Direction des chemins de fer de l’Etat italien prévoit, pour l’exercice prochain, Facquisition de 600 locomotives , 280 voilures à voyageurs, 3oo fourgons et 6000 wagons à marchandises.
- Russie. — D’après les dernières statistiques, il existe en Russie i4i2km de tramways électriques; 1 i69km appartiennent à des sociétés belges et 243km sont exploités par les municipalités.
- ÉCLAIRAGE '
- Paris. — La Compagnie du chemin de fer de Paris-Orléans vient de passer commande à la Compagnie Electro-Mécanique du Bourget, de 900 équipements du système Brown Boveri et Cic pour l’éclairage électrique de voilures à voyageurs.
- Les équipements commandés comportent chacun : une dynamo à tension variable de 48 à 64 volts, d’une puissance normale de 2 120 watts ; un régulateur automatique, système Brown Boveri et Cic.
- Le service d’éclairage des voitures sera assuré sans variation de voltage aux lampes de plus de 2,5 volts, et cela sans réglage préalable, suivant le réglage initial uniforme pour toutes les voitures et pour une vitesse de marche comprise entre 2.5 et 125 kilomètres.
- Haïti. — Il vient de se fonder une société pour l’éclairage électrique de Port-au-Prince et du Cap Haïtien
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N» 41.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie des tramways de Tunis. — Le 19 octobre, 3, rue Moncey, ;'i Paris.
- Electricité et Electromécanique. — Le 20 octobre, à Bruxelles.
- Maison Bréguet. — Le 29 octobre, 19, rue Blanche, il Paris.
- Compagnies réunies Gaz et Electricité de Lisbonne. — Le 3o octobre, 37, rue de Boa-Vista, à Lisbonne.
- Société des usines hydro-électriques des Hautes-Pyrénées. — Le i5 octobre, 20, rue Vignon, à Paris.
- Compagnie des Forges du Nord et Aciéries de la Marine et d'Homécourt. — Le 18 octobre, palais de la Bourse, il Lyon.
- Société d’exploitation des forces motrices de l’Aveyron. — Le 23 octobre, à Coijdes (Tarn).
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 19 octobre, à 3 heures, li l’Office colonial, h Paris, fourniture de wagons destinés au chemin de fer de Kayes au Niger. Cautionnement provisoire, 2 000 francs; définitif, 4 000 francs.
- Le 3o octobre, à la mairie de Saint-Mihiel (Meuse), fourniture sur concours de projets et de prix de cinq moteurs électriques, deux treuils monte-sacs, un tableau de distribution et les accessoires. Les pièces nécessaires pour être admis a concourir et le projet détaillé de
- l’installation proposée devront parvenir au sous-intendant de Saint-Mihiel, le 19 octobre. Renseignements à la première sous-intendance de Saint-Mihiel (place des Moines).
- Jusqu’au i5 novembre, M. le préfet du Calvados, à Caen, recevra les propositions pour la concession d’un chemin de fer à traction mécanique à voie d’un mètre de Mézidon à Pont-l’Evêque avec embranchement sur Dozulé.
- ESPAGNE
- Le 8 novembre, à 11 heures, à la direction générale des postes et télégraphes, à Madrid, adjudication de l’exploitation du réseau téléphonique urbain d’Oviedo pour quinze années ; caut. : 9 000 pesetas. Soumissions jusqu’au 2 novembre, à 12 heures.
- Le 20 novembre, à la Direction générale des travaux publics (ministerio de Fomento), à Madrid, construction d’un tramway électrique de Sans à Coll-Blanch (Barcelone).
- Cahier des charges relatif à cette adjudication à la Direction précitée.
- ALLEMAGNE
- Le 17 octobre, au service du gaz, des eaux et de l’électricité de la ville, à Alloua, fourniture d’une locomotive électrique avec batterie d’accumulateurs.
- TURQUIE
- Jusqu’au 3o novembre/i3 décembre, la municipalité de la ville de Brousse recevra les offres pour la concession d’énergie électrique, d’éclairage et dés tramways de ladite ville.
- PèBt». — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17:
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 16 OCTOBRE 1909.
- Tome VIII (2° série).— N* 42
- La
- Lumière Électrique
- Pré eédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. — W. Genkin. Sur les transformateurs d’intensité, p. 67. — E.-II. Weiss. Note sur les condensateurs téléphoniques à bande de papier enroulé, p. 71. —A. Reisset. Quelques types récents de blocks automatiques [suite], p. 76.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Capacité et attraction ou répulsion mutuelles de deux sphères métalliques électrisées et rapprochées l’une de l’autre, A. Russell, p. 78. — Sur la conductivité électrique des poudres, H. Goddard, p. 79. — La valeur absolue de l’équivalent mécanique de la chaleur dans le système international d’unités électriques, T. Barnes, p. 79. — Influence d’un champ magnétique sur la conductivité électrique des flammes, A. Wilson, p. 79. — Méthodes et appareils de mesures. Sur l’étalonnement des condensateurs par l’électro-diapason, Devaux-Cuarbonnel, p. 80. — L’éleclro-diapason, A. Guillet, p. 81. — Etude, construction et essais de machines. Sur réchauffement des bobines, G. Tuevor Williams, p. 82. — Arcs et lampes électriques. La consommation de la lampe à filament de tungstène, P. Steinmetz. p. 82. — Electrochimie et électrométallurgie. Fours de grande capacité pour couler l’acier, p. 83. — Brevets, p. 83. — Bibliographie, p. 84. — Correspondance, p. 84- — Variétés. La situation téléphonique en France, M. Ladrosse, p. 85.
- — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p: g3. — Renseignements commerciaux, p. 9». — Adjudications, p. 96.
- ÉDIT 0 RI AL
- Tous ceux qui s’occupent cle mesures électriques de précision ont alïaire au problème suivant: tenir compte de l’erreur introduite par l’emploi du transformateur d'intensité.
- Il y a une solution connue, qui consiste dans la vérification directe à l’aide d’un watt-mètre; mais M. Genkin en propose ici une bien meilleure, dans laquelle l’erreur de la mesure de contrôle ne porte plus que sur le taux d’erreur du transformateur lui-mème et n’alfecte plus la valeur totale de la quantité à mesurer, comme c’était le cas avec le watt-mètre.
- Les qualités d’un condensateur cylindrique dépendent non seulement de son rayon mais
- encore de sa longueur. Quelle hauteur doit avoir un condensateur de cette sorte, une fois qu’on a déterminé son rayon et le nombre des couches de papier enroulées autour de lui? Telle est la question que se pose aujourd’hui M. II. Weiss, et qu’il discute à l’aide d’un calcul très simple.
- Les courbes déduites des formules auxquelles il aboutit donnent une solution complète et d’usage immédiat.
- On trouvera ensuite, sous la signature de M. A. Reisset, le détail du fonctionnement électrique du block automatique système Rujon, qui montre bien ce que l’on peut attendre aujourd’hui de l’application de
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- 60
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Série). —N° 42.
- l’électricité aux organes de sécurité des chemins de fer.
- Une formule intéressante a été établie par M. A. Russell, pour faire connaître la force qui s’exerce entre deux électrodes sphériques rapprochées l’une de l’autre, comme on en emploie actuellement en télégraphie sans fil.
- Divers points de théorie sont examinés ensuite; nous signalerons surtout les résultats qu’annonce M. Goddard au sujet de la résistivité des poudres ; la diminution de leur conductivité avec le temps semble être un phénomène très complexe et nullement une simple action décohérente.
- M. Guillet ayant récemment fait un travail approfondi sur Y électro-diapason., nous avons rappelé, à ce propos, les idées intéressantes qu’avait exposées, il y a quelque temps déjà, M. Devaux-Charbonriel, à propos des services que peut rendre cet instrument dans la mesure des capacités, et par conséquent, dans le Y étalonnement des condensateurs.
- Dans l’étude suivante, due à M. Trevor Williams, la répartition de la chaleur perdue dans les enroulements électro-magnétiques est étudiée au point de vue du rôle joué par la conduction, le rayonnement et la convection. L’auteur aboutit à quelques chiffres, simples, frappants et aisés à retenir.
- C’est un résultat curieux qu’a mis en évidence M. P. Steinmetz, au sujet de la lampe au tungstène ; la consommation d’énergie dans cette lampe est très analogue à celle qui correspond à l’hystérésis du fer. Aux théoriciens maintenant d’établir, pour cette dernière, le calcul qui rendra compte de cefete coïncidence.
- Dans nos variétés, M. M.Labrosse présente une analyse d’une intéressante communication de M. André et la fait suivre de quelques remarques d’ordre général sur la situation téléphonique en France.
- Il cherche avec impartialité IeS causes de la mauvaise situation présente, et les trouve non pas dans une insuffisance de valeur technique du personnel, mais dans une mauvaise organisation administrative et financière.
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- SUR LES TRANSFORMATEURS D’INTENSITÉ
- Étant donné l’emploi très fréquent des transformateurs d’intensité, nous avons cru qu’il ne serait peut-être pas sans intérêt d’indiquer une méthode expérimentale simple et pratiquement suffisante, permettant de se rendre compte, dans chaque cas particulier, de l’erreur introduite par la transformation.
- Il est clair, en effet, que si le transformateur d’intensité est appelé à alimenter un ou plusieurs appareils de contrôle en disproportion avec sa puissance qui est, d’ailleurs, souvent mal définie, son rapport ne sera plus constant, même dans des limites d’approximation pratiquement admises. Cet inconvénient ne peut être évité par l’étalonnage de l’ensemble : transformateur-appareil de contrôle, car l’erreur ne reste pas constante sur toute l’étendue de l’échelle.
- Une vérification directe au wattmètre est difficilement applicable à cause de la petitesse des valeurs en jeu. Supposons, en effet, une erreur de i % dans les mesures au wattmètre, ce qui est admissible. Dans la méthode directe, cette erreur rentre intégralement dans la valeur à mesurer, et si le transformateur est exact à 5 % près, cela ne représentera qu’une approximation de ?.o % seulement.
- Nous avons essayé de tourner cette difficulté en remplaçant la mesure directe par la mesure d’un paramètre proportionnel à l’erreur de transformation elle-même. La distinction entre les deux méthodes est analogue à celle qui existe entre la méthode directe de mesure de rendement d’un transformateur et la méthode des pertes séparées. Dans l’exemple choisi, l’erreur de mesure de i % ne portera que sur le pourcentage même = 5 % et par conséquent sera négligeable.
- Rappelons brièvement le principe du fonc-
- tionnement d’un transformateur d’intensité en faisant usage du schéma réduit.
- i° Secondaire du transformateur en court-circuit.
- Notations :
- -•i — s/a’i2 4" /-i2 — impédance primaire due aux fuites et à la résistance,
- r.-2 — \.t./ -p r± = quantité analogue pour le secondaire,
- r.0 = impédance du transformateur à circuit ouvert, £>t — courant primaire (à mesurer), ô.j — courant secondaire (passant par l’appareil de contrôle),
- i r— courant à vide.
- *y
- cl| A/|
- —Tnnnnnnnnnrin^
- Fig. i.
- Le rapport de transformation est supposé = i.
- En négligeant la résistance du circuit secondaire et les pertes dans le fer à cause de la très faible induction, nous obtiendrons:
- -'0
- Le schéma montre que le courant total 4 traverse deux selfs x„ et x.z en parallèle.
- J, + /.
- D’autre part :
- /.Cq —
- d’où _ —
- *4 — «L.
- •X,
- i;0 ~p Xi
- 0
- (1>2
- ‘l'o
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Pour (jue la valeur du courant ne, soit pas modifiée par la transformation, il faut que le coefficient de disposition v., = i, ou bien que x., soit négligeable par rapport à r0. On arrive à ce résultat; en réduisant aulant que possible les fuites secondaires et en faisant travailler le fer très loin de la saturation.
- Ce sont là des conditions bien connues d’une bonne construction de transformateur d’intensité et nous les supposerons toujours remplies par la suite.
- Nous nous occuperons uniquement de l’influence des appareils de contrôle intercalés dans le circuit secondaire.
- a° Secondaire fermé sur une résistance ohmique.
- R = résistance ohmique intercalée dans le secondaire.
- e = voltage aux bornes secondaires.
- 7. 3, B
- —1nrrrînnrwtnRp—.—'tnnnnnr?nnnr?rï5>—*-
- On voit que, lorsqu’un transformateur d’intensité alimente une résistance ohmique, comme c’est le cas d’un ampèremètre, le fac-
- teur de correction
- v/-
- est peu
- important. Par contre, le décalage entre ^ et J, est considérable.
- o
- ,•» o
- V °
- *•^0 o
- O
- T
- Fig. a.
- Reprenant le même schéma, on voit que le circuit se compose d’une résistance R en dérivation sur une self x0. On a, par conséquent :
- J, = 3, -f t/7 où j = y/— i, et en valeurs efficaces :
- h = \/37+7S
- d’autre part
- 3° Secondaire fermé sur une résistance purement inductive.
- Le même schéma montre qu’on a affaire à deux selfs branchées en parallèle. Conservant les mêmes notations et remarquant que
- Fig.
- -,1, *‘L, et i se trouvent en phase et décalés de - par rapport à e, on obtient :
- /.l0 —: JioR,
- d’où l’on tire
- Décalage entre j, et x : sinO— —.
- --- .‘/o -|- l,
- I + 1 ,= I +
- 0, ‘J, .r0
- Décalage entre et 3., : sin 0 = o.
- Dans ce cas, le facteur de correction du
- courant est très important = ^ i -(- — V par
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- contre les courants primaire et secondaire
- tJi
- &
- Fig. 5.
- sont en phase.
- 4° Secondaire fermé sur une impédance.
- z — y/.r2 -f- R* == impédance intercalée dans le circuit secondaire.
- Nous avons l’égalité géométrique
- 3 i = 3 2 —{— i«
- En posant :
- 32 = 3-i cos+jt>% sinffl2,
- i =ji,
- Xrt
- ---wïïwwtt-
- X.K
- x.
- iL
- Fig. G.
- on obtient :
- ô'i = 3.2 COS92 -f- j ^sin92 -)-
- et, en valeurs ellicaces :
- è = V/, + (ï:)< + “5;"i,,T'
- l l
- sinO 3= — cosç.» — — <7, T c72
- cos <p2
- N/-+®'
- + * -rr si'192-
- •J-X
- Les deux dernières expressions donnent les facteurs de correction pour l’intensité et
- la phase de courant traversant l’appareil Si le courant à mesurer , est décalé de 9 par rapport à sa tension E, le courant passant par l’appareil de contrôle se trouvera décalé de (9-+-O) par rapporta la même tension. Le
- facteur de correction relatif au décalage de-
- 1 COS © ^ I
- vient donc-----—:—• ------, 0 étant petit.
- cos (r -f- 0) cos 0 1
- (application
- De ce qui précède découlé la méthode à employer. On commence par déterminer les constantes des appareils destinés à être commandés par le transformateur d’intensité. Comme ce sont généralement des appareils du type f> ou 10 ampères, cela peut se faire sans dilliculté par la lecture du voltmètre et de l’ampèremètre en alternatif et en continu. R, N et e seront ainsi déterminés. On alimente ensuite le transformateur à circuit secondaire ouvert en intercalant une résistance sur le primaire de façon à obtenir le courant à vide i correspondant à la valeur e trouvée précédemment. Cela suflit pour le calcul des facteurs de correction.
- La mesure de i est facile, même dans le cas de transformateurs puissants, parce qu’il ne dépasse pas 4 à 5 % de la valeur normale du courant prévu par la construction de transformateur.
- Il est à observer que ce procédé n’est applicable quautant que la composante wattée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N» 42.
- du courant à vide est négligeable, connue cela a lieu généralement, ün peut s'en assurer en comparant le voltage aux bornes secondaires du transformateur en charge avec le voilage à circuit secondaire ouvert correspondant au courant maximum.
- Il faut également tenir compte de la consommation propre du voltmètre à très bas voltage dans la mesure des courants à vide i. Il sulïit de remarquer que le courant traversant le voltmètre est watté et en quadrature avec i pour en tenir facilement compte par le calcul.
- Afin de montrer l’application pratique de la méthode, nous donnons des résultats d’essais obtenus par les deux procédés en question.
- i° Transformateur d’intensité isolé pour 5 ooo volts, avec rapport nominal ioo/io ampères, 5 cycles. Le secondaire de ce transformateur était fermé sur un solénoïde ayant comme constantes :
- X = i“,2a,
- R = o“,6,
- d’où l’on tire :
- Cherchons l’erreur due à la transformation au régime de io4 ampères.
- Le voltage secondaire correspondant à ce régime est de 9 volts. Le même transformateur à circuit ouvert donne 9 volts au secondaire lorsqu’on laisse passer un courant de 6a,8 dans le primaire.
- En appliquant les formules déduites sous la rubrique 4°, on trouve comme facteur de correction pour l'intensité l’expression:
- et le déphasage 0= i°4<>'.
- La mesure directe aux wattmêtres a donné pour le même régime i,ojj.
- Ce transformateur développe environ 7a volts à circuit ouvert, le courant primaire étant de i5o ampères.
- 20 Transformateur d’intensité isolé pour 600 volts, avec rapport nominal de 35o/io ampères, 2a cycles, alimentant un compteur d’une construction spéciale.
- Les constantes du compteur sont:
- X = o“,313,
- R = o1", i<>5,
- Cherchons l’erreur de transformation aux trois régimes différents :
- 100; 200; 3oo ampères.
- Les voltages correspondant à ces régimes se calculent d’après les constantes du compteur et sont respectivement :
- 0,94; i,88; 2,8 volts.
- Les valeurs de courant relatives à ces voltages peuvent être relevées sur la caractéristique à vide ci-contre et sont :
- 7,4; 11,8; 18,65 ampères.
- En faisant usage des mêmes formules que précédemment, on trouve pour les facteurs de correction :
- 1,07 ; 1 ,<)5 1 ; 1,04.
- Les mesures directes aux watlmèLres ont fourni les valeurs suivantes :
- 1 ,<»(> ; 1,04 ; i,o3.
- Fig. 8.
- Cette divergence peut être attribuée d’une part à l’inexactitude des mesures directes et d’autre part à la présence d’une composante
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- wattée du courant à vide. Ce transformateur ne développe en effet que 7,5 volts à circuit ouvert au régime de 35o ampères.
- Il est à remarquer que le prolongement de la partie rectiligne de la caractéristique à vide ne passe pas par zéro.
- Il en résulte que l’erreur due à la transformation augmente lorsque la charge diminue.
- W. (ÎKNKIN,
- Ingénieur à la Société du Ga/. et de riîlectricilé de Marseille.
- NOTE SUR LES CONDENSATEURS TÉLÉPHONIQUES A RANDE DE PAPIER ENROULÉ
- Depuis quelque temps déjà le condensateur est intervenu dans les schémas de téléphonie. Il a fallu songer à réaliser un appareil de fabrication pratique et économique, et d’encombrement le plus restreint possible.
- Pour celte fabrication 011 utilise le papier étamé, l’étain étant adhérent au papier isolant qui constitue la substance diélectrique. Il a d’ailleurs déjà paru plusieurs articles sur cette question, laquelle a été en Angleterre, l’objet d’études suivies de M. Mansbridge. Au début 011 réalisait des condensateurs plats forme, livre ; c’est, à notre avis, une forme utilisant mal la surface conductrice ; la meilleure est la forme cylindrique. C’est évident d’après les propriétés connues du cercle, mais il n’est pas sans intérêt de le démontrer directement et de chercher en même temps le meilleur rapport entre le rayon et la hauteur du condensateur cylindrique.
- i° Donnons-nous donc une surface de papier S — par conséquent un poids P — et cherchons quelles sont la forme, et les dimensions les meilleures pour réaliser la capacité la plus grande.
- Ne considérons d’abord qu’un, seul condensateur élémentaire et supposons que nous prenions la forme prismatique et que la sec-
- tion soit un carré de côté d (fîg. 1). La capacité nous est donnée par la formule
- Fig. 1.
- et nous avons, si l est la largeur de l’étain sur la bande :
- .v 4 (Il,
- par suite :
- Nous pouvons remplacer maintenant deux faces du prisme par deux demi-cylindres de même surface et dont le rayon sera :
- / — -TC
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- La capacité du condensateur ainsi obtenue sera (tig. a) :
- Or, la formule (i) peut se mettre sous la forme :
- sisle dans le même sens et l’on devi’a avoir :
- +
- (4)
- Développons la puissance de e en série, nous aurons
- , XS îîc /tc\2 I ,
- + d<l + d + {d) 7^ +
- I
- d J x. a. 3 " ’
- L’inégalité (4) est vérifiée, par suite l’inégalité (3) est bien exacte et la capacité G> est plus giande que la capacité Cj.
- Si l’on considère maintenant que l’on peut donner à la partie plane remplacée par une partie cylindrique la dimension que l’on veut sans changer Cj, on voit qu’à la limite, en lui donnant une longueur telle que les autres faces soient négligeables eL en la remplaçant par un demi-cylindre, on obtient un condensateur parfaitement cylindrique dont la capacité est plus grande que celle du condensateur prismatique équivalent en surface.
- Ceci peut se calculer d’ailleurs sur la formule G,. Si nous considérons que dans le cas d’un condensateur tel que celui de la figure a on a :
- Il nous su (lit de comparer les derniers termes du crochet dans C, et C., et pour que le second condensateur soit plus avantageux, il faut :
- I I
- / e 7çe’
- J r d
- ou :
- L
- d’
- a d -)- 2
- S
- T
- ou :
- d%r= constante = m, on peut écrire :
- Cs =
- Kl
- 2
- I
- Si nous étudions la courbe
- en remplaçant/'par sa
- valeur
- d
- - on aura :
- y
- I
- En passant aux nombres, l’inégalité sub-
- dans laquelle on doit avoir :
- o < x < m,
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- on trouve que pour
- I
- x2 = m7 ?/2 = “ï
- m
- or, on sait, comme on l’a démontré précédemment, que
- //» > y*.
- D’ailleurs entre o et m, la valeur de y est toujours comprise entre ?/, et y2; en elfet, nous devons avoir :
- ce qui s’écrit finalement :
- >L(i +
- teur tel que celui de la figure a, mais dans lequel la partie plane serait réduite à zéro.
- Fig. 3.
- La ligne pointillée représente la droite
- :v
- V — —•
- En retranchant ses ordonnées de celle de la courbe, on a les ordonnées de
- ce qui a été démontré précédemment.
- L(I + 3 (ï) +
- ceci s’écrit finalement :
- L i +
- --XJ
- dont la variation entre o et m est continue et sans maximum, ni minimum.
- or, il est facile de se rendre compte par les opérations nécessaires que la différence
- I I
- L ( i -j- a) a
- varie en sens inverse de a ; l’inégalité est donc vérifiée puisque entre o et m
- m m — x
- Considérons maintenant un condensateur formé de plusieurs éléments cylindriques et voyons s’il y a intérêt a donner des propor-
- La courbe qui représente la variation de y > tions définies entre le rayon et la lon-a donc l’allure générale ci-contre (fig. 3). On | gueur l.
- voit que la valeur la plus grande de y cor- | Supposons que nous ayons n couches de respond à,r = o, c’est-à-dire à un condensa- papier isolant et que le papier soit enroulé
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- sur un mandrin de rayon /•, l’épaisseur du papier étant e (fig. 4)-
- La capacité totale sera la somme des capacités élémentaires, et nous aurons:
- K l
- aL
- r-f s
- +
- Kl
- Kl
- xL
- r-f-ae /• + £
- /'+(»—1)£
- r-\-{n— a) e’
- ou encore :
- Cherchons à calculer la valeur du crochet ; nous développons le logarithme en série et nous avons:
- w + 7~^o
- x I X 2 X i
- nous pouvons, étant donné la valeur relative de / et de e, e étant très petit par rapport à /•, négliger les termes du degré supérieur à i en s et il nous reste :
- ale sensiblement -, r
- et
- ( + ?
- sensiblement
- Le crochet devient donc :
- ;•.,/ + £, ,/•+(« — a) £
- - + —— +...H-------------------
- ce qui donne comme total :
- Dans la formule de C cherchons à remplacer Z en fonction de », nous avons :
- s = x-kI[/• -p i/• -4- £ —(—• --H- [r+ [,l — O5]]»
- ou çncore:
- o 7 T , n[>i— i e ] L . (n — i)e"1
- S = ard nr-1----------- -- i.rda /•-)- —
- T. VIII (2e Série). — N° 42
- on en tire la valeur de Z qui, portée dans C concurremment avec la valeur trouvée pour le crochet, donne après réduction :
- _ KS (/1 — i) [ir -|- [n — a) e]
- (\ tve «[2 ;-)-(« — 1 ) e] ’
- ceci s’écrit :
- (j _ f_ a /•+(« — »)e
- 4-£ \ «[>/ + (n — 1) s]’
- et si nous remarquons que R étant le rayon extérieur du condensateur on a:
- (n — 1) e = R — r,
- on arrive à
- 2 R 1
- «(R + R')J’
- or, n est en général supérieur à 5o et même à 100; on peut donc négliger le terme négatif dû à ce que la dernière couche et la première n’ont qu’une face active et l’on peut écrire :
- C’est une formule analogue à celle qui régit les condensateurs plans ’, mais ici S est la somme des surfaces des deux électrodes ; ce qui est logique, puisque les deux côtés du papier d’étain sont actifs.
- Enfin il est commode d’avoir une formule plus pratique que (6) qui ne fasse intervenir que les caractéristiques tangibles des condensateurs, c’est-à-dire la hauteur et les diamètres intérieur et extérieur.
- Soit D le diamètre du condensateur terminé et cl le diamètre du mandrin bois sur lequel il est enroulé, soit Z la largeur de la couche d’étain. Dans la formule
- C =
- KS
- /j 7b£
- exprimons S et s en fonction de D, d et Z. Si n est le nombre de tours, nous aurons sensiblement
- S = l X a* [/ + (/• + e) +•••+ r + (« — i)£]>
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-
- S = TJn\cl+. (n — i)e]. (8)
- D’ailleurs, on a évidemment
- D —rf = a(«—Os. (9)
- De (8) el de (9) ou lire les valeurs de £ et de n, valeurs qui portées dans (7) donnent les résultats suivants :
- _Kln(n- .) R + rf L--------1----ÏT^Trf» il0)
- ou bien :
- c = k/(d --<* + *£)(d-.<*) (ii)
- ou bien encore :
- C = ^[rf+(«- 1)8]. (ia)
- ‘1 £
- Sur ces l’ormules on peut voir :
- i° Que pour une même valeur de d, la ca-
- I’ig. S.
- pacilé augmente avec D en suivant une branche de parabole dont l’axe est parallèle à oy (fig. 5) et a pour équation
- (1 -- X £
- X
- 20 Que, dans les mêmes conditions, la capacité augmente avec n en suivant une branche de parabole dont l’axe est parallèle à oy (fig. 6) et dont l’équation est
- x — — (£ — d).
- as
- .1° Si un condensateur a des dimensions déterminées, D et cl, et que l’on prenne du papier de différentes épaisseurs, la capacité varie avec s et la courbe représentative a la forme ci-contre (fig. 7).
- En résumé, le condensateur rond est le plus avantageux comme capacité, il est également plus facile à fabriquer induslrielle-
- Fig. G.
- ment, car il est plus facile de construire ces condensateurs de manière qu’ils soient comparables entre eux. En général, on les fait bouillir dans la paraüine après les avoir étu-vés et séchés. La valeur de K augmente alors légèrement. D’après des'essais que nous avons faits, la valeur de K qui, pour un condensateur à papier enroulé cylindriquement, est voisine de i,5, peut aller jusqu’à 2 lorsqu’on a procédé au paraffinage.
- Le condensateur plat, forme livre, est plus difficile à fabriquer en série; il a l’avantage de pouvoir être comprimé, ce qui diminue £
- et augmente C souvent dans de grandes proportions. Mais cette compression 11’est bonne que si l’on n’a à construire que peu d’appareils; dans le cas d’une fabrication courante, on n’est pas suffisamment maître du degré de
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- ou
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- compression et l’on obtient des condensateurs de capacités trop différentes. De plus, cette compression occasionne quelquefois le gondolement des couches de papier et le déchet de la fabrication est souvent très élevé.
- Nous préconisons le condensateur cylin-
- drique enroulé sur baguette bois (qui, laissée dans le condensateur fini, lui donne une rigidité excellente pour les manipulations suivantes) étuvé, et passé ensuite plusieurs heures au bain de paraffine.
- Eugène-II. Weiss.
- QUELQUES TYPES RECENTS DE BLOCKS AUTOMATIQUES {Suite) m
- Fonctionnement électrique. — Considérons le sens impair de la circulation (lig. 4) et supposons la voie libre entre A et C, tous les signaux à l’état, normal, c’est-à-dire ceux des postes A et C à l'arrêt et débloqués, et ceux du poste automatique B à voie libre (i) et le biock voie I du poste A débloqué.
- Le bloqueur de A efface le signal de cantonnement SA, ce qui ferme le contact a du verrou du biock voie I de son poste.
- En franchissant le joint isolé J,, le train niel la pile P en court-circuil, ce qui désaimante le relais I, par suite :
- i" Le contact n ouvert coupe le circuit de la pile ioo, ce qui désaimante l’indicateur (3 et amène au rouge (voie occupée) Je voyant de celui-ci devant la lucarne supérieure de l’appareil de biock n° 3 voie I du posle A.
- a° Le contact b ouvert coupe le circuit de la pile ioi'jiassanl: dans le timbre T et dans les bobines du biock voie. I du posle A.
- 3° Le contacte fermé ferme le circuit de la pile 10a sur le relais L et aimante ce relais. Lorsque le train eulier a franchi-le signal S A, le bloqueur de A, en amenant le levier de ce signal dans la position arrêt, bloque celui-ci dans cette position.
- Le relais i'élanl aimanté, par suite : i° Le contact/‘est fermé, mais la pile ioi reste coupée au contact b ouvert :
- N 1
- Le contact g'fermé, le circuit de la pile i«:>. se ferme sur le relais i' indépendamment du contact c.
- Le train en franchissant le joint. J met la pile it>4 en court-circuit, ce qui désaimante le relais R et, par le contact supérieur de ce relais, coupe le circuit de la pile P maintenant ainsi désaimanté le relais i.
- Le train en franchissant le joint isolé J2 met la pile 107 en court-circuit, ce qui désaimante le relais a ; par suite, le contact h s’ouvre, le contact l s’ouvre également, ce qui coupe Je circuit de la pile io4 sur la voie; le contact m s’ouvre, ce qui coupe le circuit delà pile 108 et Je relais 3 étant désaimanté, les contacts /• et s s’ouvrent, coupant ainsi.le circuit des piles i<>3 et io5 de l’embrayage et du moteur M D du signal Dlî, qui se met à l’arrêt sous l’action de la pesanteur.
- Le train, en approchant du joint isolé J3, désaimante le relais 4' par suite du court-circuit de la pile 107 ; en conséquence, le contact n s’ouvre, ce qui coupe le circuit de la pile 107.
- En franchissant le joint isolé J3, le train met la pile 11» en court-circuit, ce qui désaimante le relais 4 par suite:
- i° Le contact p s’ouvre et coupe à nouveau le circuit de la pile 107 déjà coupé au contact n du relais 4 ;
- a0 Le contact q se ferme; le circuit de la pile 111 (déjà fermé par le contact, u) se ferme encore par le contact q sur l’embrayage du
- (') Voir Lumière Electrique, 9 octobre 1909, p. 40.
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- tri
- «
- !»
- l‘'iy. 4.
- moteur N S du signai de cantonnement S R qui maintient ce signal à voie libre.
- Eu franchissant le [joint isolé J'.,, le train met la pile r i:>. en court-circuit, ce qui désaimante le relais 5, par suite :
- i" Le contact t. s’ouvre et le circuit de la pile 109 du moteur N S est coupé.
- 20 Le contact u s’ouvre, ce qui coupe un des circuits de la pile tir de l’embrayage du moteur N S, mais cette pile reste fermée par l'autre circuit passant par le contact q.
- Lorsque le train a complètement dégagé le joint J':!, la pile no n’étant plus en court-circuit, le relais 4 est réaimanté, par suite:
- i° Le contact q s’ouvre, ce qui coupe définitivement le circuit de la pile m; par suite, l’embrayage du moteur N S n’étant plus aimanté, le signal de cantonnement revient à l’arrêt, sous l’action de la pesanteur, par conséquent, le contact S s’ouvre et le contact S se ferme.
- Le circuit de la pile 107 fermé par S: i° Réaimante le relais 4" et par le contact n fermé remet sur la voie la pile 107 indépendamment de la position du signal S B ;
- 20 Réaimante le relais 2 à condition que le disque à l’arrêt ferme le circuit en y, dont le contact l ferme le circuit de la pile io4 sur la voie, ce qui réaimante le relais R.
- Le relais R étant réaimenté ferme par son contact supérieur le circuit de la pile P sur la voie, ce qui réaimante le relais I.
- Le relais I étant réaimanté : i° Le contact n ferme le circuit de la pile 100 par l’indicateur g, ce qui fait disparaître le.voyant rouge « voie occupée » et apparaître le voyant blanc « voie libre ».
- 2° Le contact b ferme le circuit de la pile 101 par le contact f fermé sur l’électro du block voie 1 du poste A, ce qui-débloque cet appareil, libérant ainsi le levier de manœuvre du signal de cantonnement de A ; en même temps, il actionne le timbre T du poste A.. Mais, à ce moment, le .verrou du block soulevé ouvre le contacta et coupe ainsi le. circuit de la pile 102, ce qui désaimante le relais P.
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- 3° Le contact c ouvert coupe la dérivation du circuit de la pile 10a qui est définitivement coupé.
- Le relais Y étant, désaimanté, par suite:
- i° Le contact /‘ouvert coupe le circuit de la pile ioi sur l’éleclro du block débloqué;
- Le contact g ouvert coupe la seconde dérivation de la pile io >. sur le relais 1'.
- Le poste A a donc bien reçu voie libre et son appareil est débloqué à condition que :
- i° Le train entier ait dégagé le joint J':i et, a0, que les signaux DR et S B soient à l’arrêt.
- Tant que le train est entre le joint J'3 et le joint J,, la pile na en court-circuit n’aimantant plus le relais 7, cette pile est coupée par le contact v ouvert de ce relais et le relais 5 reste désaimanté.
- Lorsque le train entier a franchi le joint isolé J4, le bloqueur de G met à l’arrêt le signal de cantonnement de G.
- Il manœuvre ensuite la manivelle de voie
- libre de son appareil de block voie I, ce qui a pour effet de réunir un instant les plots G et T de son appareil et de fermer le circuit de la pile 11a, ce qui aimante le relais 7, par suite, ferme son contact 0, et rétablit le circuit de la pile ic! sur la voie, ce qui réai-manle le relais ;» dont les contacts t et u ferment les circuits des piles 109 et m sur le moteur et l’embrayage de NS, ce qui ramène par suite le sémaphore à voie libre en ouvrant, le contact s et fermant le contact s'. Ce dernier contact renferme le circuit de la pile io3 sur le relais 3 qui ramène le disque à voie libre en fermant, par les contacts /• et 5, les circuits des piles io3 de l’embrayage et i<>5 du moteur M D de ce signal.
- Les signaux I) B et S B sont donc débloqués et mis à voie libre pour un nouveau train venant du poste A.
- (A suivre.)
- A. Reisset.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Capacité et attraction ou répulsion mutuelles de deux sphères métalliques électrisées et rapprochées l’une de l’autre. — A. Russell. — Communication faite ù la Hoyal Society le 17 juin 1909.
- Il est intéressant de connaître, en télégraphie sans fil, la quantité d’énergie qui est emmagasinée entre deux électrodes sphériques au moment de la décharge disruptive. Pour accroître cette énergie, sans augmenter exagérément la diiïérence de potentiel, on a disposé les électrodes dans des gaz comprimés ou très raréfiés, ou bien dans l’huile, ou tel autre liquide à rigidité diélectrique élevée. O11 arrive alors à réduire leur écartement dans de telles proportions que les formules ordinaires ne peuvent plus s’appli-quer^pratiquement au calcul de l’énergie.
- L’auteur a pu, en généralisant un théorème découvert par Schlomilch, établir à un mode de calcul très simple.
- Voici la formule à laquelle il est parvenu.
- Soit :
- a et b les rayons des deux sphères ; c leur distance de centre à centre ; f>, et c2 leurs potentiels respectifs.
- Si leur plus courte distance x = c—a—b est très petite par rapport à [ci b) et si le carré de la différence de potentiel (yi — v2)2 n’est pas négligeable vis-à-vis de v2, -f- c2.,, la force attractive F qui s’exerce entre les deux sphères est donnée par :
- ah (v, — <>„)* b[a-\-b)x
- En particulier, lorsque les deux égales,
- a =x b,
- sphères sont
- on a la formule simplifiée :
- F =
- Sx-
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- On voit ainsi que lorsque les deux sphères sont très rapprochées l’une de l’autre, la force attractive varie comme le diamètre de chacune d’elles, comme le carré de la différence de potentiel, et en raison inverse de leur plus courte distance.
- Lorsque les sphères sont au même potentiel, on doit recourir à une formule plus complexe, donnée également par l’auteur, et qui donne pour la force une valeur indépendante du rayon des sphères (l).
- T. F.
- Sur la conductivité électrique des poudres.
- — H. Goddard.------The Physical Iieview et The Elec-
- tricien, i3 août 1909.
- L’auteur a étudié les points suivants :
- Variations de la conductivité avec le temps. — Dans laplupartdes cas, en appliquant une force électromotrice déterminée, la conductivité commence par décroître très rapidement, puis plus lentement jusqu’à une certaine valeur limite.
- Si, ensuite, on coupe le courant, la conductivité regagne rapidement sa valeur primitive, l’augmentation étant surtout rapide au début.
- Influence du vide. — Toutes les poudres, exami-.nées, excepté celle de sélénium, présentèrent dans le vide une grande diminution de conductivité.
- Asymétrie dans la conduction. — Soit A la conductivité dans la direction du courant initial, B celle dans le sens opposé. Les mesures ont montré que, dans le cas du sélénium grossièrement pulvérisé, A et B sont à peu près égaux au début, mais qu’en renversant le courant ils prennent des valeurs différentes et varient en sens contraire.
- Ecart de la loi d’Ohm. —Toutes les poudres examinées ont accusé un écart plus ou moins grand, sauf à très haute pression. Même dans le vide la loi d’Ohm ne s’appliquait pas.
- Conclusion. — Il paraît peu probable que les variations de la conductivité avec le temps soient dues à une action décohérente, telle qu’une rupture de chaînes de particules sous l’influence de la chaleur développée aux points de contact. En réalité, le phénomène est très complexe et ne peut s’expliquer qu’en interprétant la conduction asymétrique à l’aide de mouvements d’ions. T. G,
- (*) Cf. Maxwell, vol. I, § 173 et iyS;
- SciiLÔMii.cii, Zeitschrift fiir Mathematik und Physik, volume VI, p. (4°7, 1860.
- J.-J. Thomson, Electricity and Magnétisai, 3e édition,
- p. 8/,.
- La valeur absolue de l’équivalent mécanique de la chaleur dans le système international d’unités électriques. — T. Barnes. — The Elec-trician, 20 août 1909.
- En 190a furent publiés les résultats de mesures de la capacité calorifique de l’eau entre o et ioo° C; l’auteur et M. L. Callendar employaient la méthode calorimétrique continue.
- Un courant électrique de valeur constante échauffait une veine d’eau passant dans un tube fin ; l’énergie, donnée en joules par calorie, était exprimée en unités électriques internationales, et par conséquent dépendait de la valeur des étalons. Or, l’élément Clark a été l’objet, depuis ce temps, d’une rectification. Il en résulte que la valeur moyenne de la capacité thermique de l’eau en joules par calorie est maintenant un peu différente de sa valeur primitive (4,1835 au lieu de 4,1888) et il est intéressant de remarquer que l’accord est maintenant très satisfaisant dans la limite de précision des appareils avec les mesures mécaniques directes de Rowland et Reynolds et Moorby.
- Influence d'un champ magnétique sur la conductivité électrique des flammes.— A. Wilson. — The Electricien, 24 septembre 1909.
- L’influence d’un champ magnétique sur la résistance d’une flamme peut, d’après les expériences de l’auteur, être regardée comme la somme de deux termes, proportionnels, l’un au champ, l’autre au carré du champ.
- Le second terme a une valeur qui peut être prévue parle calcul; le premier, au contraire, est beaucoup trop grand.
- Cet écart partiel entre la théorie et l’expérience disparaîtrait si l’on supposait que les ions négatifs ont une vitesse ascendante proportionnelle au champ électrique horizontal et égale à 10* cm/sec. pour 10 volts par centimètre, mais c’est là une hypothèse bien arbitraire, et l’auteur n’en a pas trouvé de plus satisfaisante (*).
- T. G.
- (*) Cf. Rapports du Congrès International de Physique, Paris, 1900, vol. III, p. 144- —Proc. Roy. Soc., A. vol. LXXIX, 1907.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Sur l’étalonnement des condensateurs par l’électro-diapason, — Devaux-Charbonnel. — Académie des Sciences, séance (lu 7 juin 1909.
- Il est très utile de pouvoir mesurer avec précision une capacité. Cette détermination présente un intérêt considérable pour l'étude et le réglage des communications de télégraphie et de téléphonie avec fils et surtout sans fils. Aussi, convient-il d’attirer l’attention sur les résultats que l’auteur a obtenus au moyen d’une méthode dont le principe est bien connu, mais qui ne parait pas être appréciée autant qu’elle le mérite.
- Si, dans un galvanomètre, l’on décharge n fois par seconde une capacité C, chargée par une pile E, on constate le passage d’un courant
- I=«CE.
- On peut d’ailleurs reproduire le même courant au moyen de la même pile et A’une boîte de résistance R :
- On en déduit immédiatement la valeur de la capacité
- Pour opérer ces décharges successives, l'auteur a eu recours à l’électro-diapason. Une lamelle de platine, fixée à l’une des branches, oscille entre deux butoirs, et à chaque oscillation charge le condensateur et le décharge dans le galvanomètre. En même temps, un style inscrit sur un cylindre enduit de noir de fumée les vibrations du diapason en regard des contacts d’un pendule électrique battant la seconde.
- Avec ce dispositif on peut, sans aucune difficulté, atteindre une précision remarquable. On apprécie sur le cylindre une fraction de millième de seconde ; la résistance se mesure avec une grande exactitude, et la capacité est déterminée très facilement à 1 millième près de sa valeur, ce qui est plus que suffisant pour les besoins de la pratique.
- Voici, à titre d’exemple, les résultats obtenus
- dans une série de déterminations faites avec un diapason donnant 100 oscillations par seconde :
- Taii le au
- U n. nR. C
- 9 867 (o mo,3o 989,6 x 1 ,oiY>5 <p
- 9 88? lOO^O^ 989/1 1,0107
- 9 834 ioo,58 989,1 1,0110
- 9 7 66 ioi,34 989/» 1,0106
- 9 800 100,82 988,0 1,012 1-
- 9 789 100,98 987,8 I ,0123
- La moyenne est 1,0112 et est certainement exacte à 1 millième près.
- Le condensateur mesuré est un condensateur étalon au mica. A 5oo périodes, sa capacité a été trouvée un peu plus faible, i,oio5<p. Ces chiffres ne sont pas conformes à l’opinion généralement admise que les 1 condensateurs au mica ont une capacité qui ne varie pas avec la fréquence. La capacité paraît en effet varier peu, si peu que le fait a pu passer inaperçu, avec des méthodes de mesure insuffisamment rigoureuses ; mais elle ne paraît pas absolument indépendante de la fréquence.
- Dans les mêmes conditions, un condensateur à air adonné un chiffre toujours invariable: 3,271 X nr9 microfarad..
- Il semble donc que la méthode ici rappelée soit susceptible de déterminer avec une grande précision des capacités même très faibles, celle d’une antenne, d’un (il quelconque de quelques mètres de longueur, etc. Elle est très sensible et n’exige que des piles de faible force électromotrice, 1 à 10 volts tout au plus.
- La connaissance très exacte de capacités a permis de vérifier l’étalonnement de self-inductions variables, dont la construction avait été particulièrement soignée. En équilibrant, dans un dispositif de pont à téléphone, la self au moyen d’un condensateur shunté par une résistance, l’auteur a pu découvrir que la graduation de celte self présentait une erreur constante de 6 dix-millièmes d’henry.
- Il semble donc qu’avec la possibilité de mesurer une capacité de façon précise, on ait en même temps un moyen commode d’étalonner une self-induction. C’est pourquoi l’auteur a cru utile de signaler les services que peut rendre un électro-diapason dans l’étude des questions de cette nature. .
- M. C.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 81
- 16 Octobre 1909.
- U électro-diapason. — A. Guillet. — Académie des Sciences, séance du 27 septembre 1909.
- On vient de voir quelle est Futilité de Félectro* diapason dans l'étalonnement précis des condensateurs. L’instrument est donc intéressant à étudier en lui-même, et c'est ce que vient de faire M, Guillet, en recherchant:
- i° Gomment les organes de l’entretien électrique direct des vibrations d’un diapason doivent être construits et disposés pour que l’invariabilité de l’amplitude soit assurée;
- ‘A0 Comment varie l’amplitude avec les nombreux facteurs dont elle est fonction.
- Il suffit, ayant intercalé un ampèremètre très sensible dans le circuit d’entretien, et fixé un miroir sphérique sur l’extrémité de Furie des branches du diapason, de lire les indications de l’ampèremètre et de relever à la règle transparente les valeurs correspondantes de l’amplitude pour constater qu’à une intensité donnée I du courant d’excitation de Félectro, le diapason étant au repos, correspond une infinité de valeurs pour Y intensité apparente i de ce courant, lorsque le diapason est en marche, et pour l'amplitude a = f [i) de la vibration. L’amplitude croît d’abord très rapidement avec /, passe par un maximum A au voisinage de a i = l, puis diminue. Lorsque % f dépasse notablement I, l’électro-diapason cesse de fonctionner.
- Comme les valeurs de i dépendent de celles des phases auxquelles le courant est établi, puis supprimé, il faut, pour fixer l’amplitude, prévenir toute variation de ces phases; alors le système des forces intervenant dans l’entretien sera reproduit identiquement à lui-même et appliqué aux branches dans la même région de leur mouvement.
- Les pôles du contact commandé par le diapason doivent donc être soustraits à tout déplacement relatif spontané.
- M. Guillet a construit divers contacts définis, par exemple un contact à fil tendu qui s’est parfaitement comporté dans les expériences de longue durée auxquelles il a été soumis.
- Avec un tel contact, on amène sans hésitation le courant à une intensité donnée et, en répétant l’opération, on constate que, toujours, le spot reprend la même position sur'la règle transparente et s’y maintient.
- Pour un électro-diapason et une force électro-motrice donnés, la déviation maximum A dépend :
- i° De la distance l de Félectro au raccordement des branches ;
- u° De l’intensité 1 du courant d’entretien ;
- 1° De l’aimantation initiale du circuit magnétique formé par le diapason et le noyau de Félectro. On peut faire varier cette aimantation au moyen d’un courant permanent passant dans un enroulement auxiliaire de Félectro.
- En ce qui concerne l’influence de l et de I on peut, dans la pratique et entre de larges limites, calculer A par la formule A ~ kl ï ; mais les courbes de variation de A avec l et I doivent être tracées soigneusement si l’on a besoin de précision.
- Avec un éleetro à deux enroulements (385 et 5^5 spires, par exemple), et pour une même intensité statique 1, la déviation A x + 2 due à l’ensemble des deux bobines est égale à la somme des déviations A, et A2 relatives à chacune des bobines.
- L’amplitude A augmente avec l’aimantation initiale du circuit magnétique, passe par un maximum pour une aimantation initiale de ce circuit bien déterminée et indépendante de I, puis diminue. Comme la multiplication de A est d’autant plus grande que I est plus faible, il devient possible, en présence de l’aimantation initiale, d’entretenir le mouvement avec un courant de 3 centi-ampères et une force électro-motrice de quelques volts, dans des conditions où Fentretien habituel exige un courant environ cinq fois plus intense. O11 observerait évidemment des faits analogues dans le système microphone-télé-phone .
- En opposant l’aimantation initiale à celle que produit le courant I, l’amplitude A diminue rapidement et il devient impossible d’entretenir le mouvement du diapason pour une aimantation notablement inférieure à celle, de sens, contraire, qui produit le maximum d’effet favorable.
- Comme une théorie de Fentretien direct a été fondée sur le retard à l'établissement du courant, il était naturel de supposer que A varierait avec la self-induction du circuit. Or, si Fon insère dans le circuit un éleetro à deux enroulements identiques, on constate que la déviation reste sensiblement la même lorsque les deux enroulements ajoutent ou retranchent leurs effets; il y a cependant un léger avantage à les opposer.
- Avec un contact unilatéral, constitué par une ancre légère à cheval, sans jeu sensible, sur une pièce plate dont l’une des faces est isolante, portée parle diapason, le circuit, en vertu de l’inertie, n’est fermé qu’au retour des brandies vers Félectro, c’est-à-dire
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- 82
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2e Série). — N° 42.
- lorsque la face conductrice pousse l’ancre. La déviation est alors plus grande qu’avec un contact, ordinaire fermant le circuit à l’aller et au retour.
- Ces données expérimentales, qui précisent par leur ensemble la technique de l’électro-diapason, devront être expliquées par une théorie complète, encore à établir, de l’entretien direct du mouvement des corps vibrants.
- Les facteurs mécaniques (fréquence, amortissement) sont aussi à considérer lorsqu’on se propose de construire un électro-diapason en vue d’une application déterminée (’).
- A. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sur réchauffement des bobines. — G. Tre-vor Williams.— The. Electrician, i3 août 190g.
- De la comparaison de machines de différents types, Arnold et S. P. Thompson ont déduit une formule :
- pour réchauffement d’une bobine traversée par un courant d’excitation. T représente réchauffement finalement atteint, A la surface de refroidissement, W l’énergie totale consommée; enfin C est un coefficient dépendant de différentes conditions d’expérience: par exemple, la nature de la surface de l’armature, sa vitesse périphérique, le mode de ventilation.
- Mais on n'a pas déterminé d’une manière bien certaine l’influence respective du rayonnement de la conduction et de la convection. C’est ce que l’auteur s’est attaché à faire.
- Il résulte de ses mesures que la répartition est à peu près la suivante :
- La moitié de la chaleur est dissipée par convection, l’autre moitié par le rayonnement et la conduction combinés.
- En outre, la moitié de la chaleur perdue j>ar convection (soit le quart de la quantité totale de chaleur
- (*)'Voir: G. Lippmaxn, Séances de la Société française de Physique, avril i885 ; A. Guii.i.et, Intervention de l’amortissement dans l’essai des métaux, Revue de Métallurgie, 1909.
- dissipée) doit être mise au compte de la ventilation produite par la rotation de l’armature (').
- C. M.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- La consommation de la lampe à filament de tungstène. — P. Steinmetz. — Electrical World et The Electrician, 17 septembre J909.
- Comme, dans la lampe à filament de tungstène, la résistance augmente avec la température, la consommation d’énergie varie également. Elle augmente un peu moins vite qu’en raison directe du carré de la tension.
- L’auteur a cherché à serrer de plus près cette loi de variation.
- Ses mesures ont été faites très soigneusement, avec l’aide d’expérimentateurs très entraînés, ce qui permettait de pousser l’intensité lumineuse dé la lampe jusqu’au décuple de sa valeur normale sans altération du filament ni noircissement du globe.
- On a trouvé ainsi que la consommation d’énergie iv varie comme la puissance 1,6 de la tension e et peut s’exprimer par la formule :
- w = o, oa35 e1-0
- qui est analogue à celle des pertes par hystérésis dans le fer.
- Cette analogie est intéressante, car tandis que la formule des pertes par hystérésis est purement empirique, celle de la consommation d’énergie dans la lampe au tunsgtène est susceptible d’une démonstration théorique à partir de la loi d’échauffement d’une résistance métallique :
- r=:«T,
- et de la loi du rayonnement :
- R = b T4
- T étant la température absolue et R le pouvoir rayonnant total.
- A. 1J.
- (*) Cf. Arnold : Die Wechselstromtechnik, tome IV, chap. v ; S. P. Thompson : Dynamo Electric Machinery, p. 182; Goldschmidt : Journal of the Institution of Electrical Engineers, vol. XXXIV, 1905, p. 660; Lister: Idéni, vol. XXXVIII. 1906, p. 414.
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- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Foui's de grande capacité pour couler l’acier. — Revue générale des chemins de fer et des tramways, septembre 1909.
- On a souvent besoin, dans les ateliers de chemins de fer, de se procurer rapidement des pièces en acier moulé. Comme les seuls appareils produisant l’acier moulé, le convertisseur ou le four Martin, exigent des installations considérables, il n’avait pas été possible jusqu’ici de donner à ces ateliers les moyens de faire eux-mêmes des pièces en acier moulé.
- On vient d’essayer avec succès aux Ktats-Unis de petits fours chauffés au pétrole dont la capacité peut descendre à 200 kilogrammes.
- Ces fours ne sont pas d’ailleurs des transformateurs de fonte en acier comme le convertisseur ou le four Martin, ce sont des fours à réverbère analogues aux fours à bronze de même type, mais permettant de fondre de l’acier.
- Fig. 1.
- Le four est cylindrique, mobile sur galets g’ et indépendant des brûleurs bb, où le pétrole est admis en a et al.
- L’air soufflé pénètre par la grande ouverture tournée vers le bas.
- Le trou de coulée c est bouché par un tampon t qui traverse l’orifice de chargement et de manoeuvre au moyen d’un levier l. Pour couler on fait tourner le four de façon à amener le trou de coulée en bas. On n’a donc pas à craindre l’envahissement des scories qui restent à la surface du bain.
- Le garnissage est fait en briques réfractaires revêtues d’un enduit à base de sable siliceux et résiste, paraît-il, parfaitement bien. On charge dans le four avec des riblons et des déchets.
- Un four de 5ook,i faisant quatre opérations de douze heures ne consommerait pas plus de 90 litres de pétrole brut par opération et ne coûterait que 10 000 francs de premier établissement.
- L’équipement du four, ne comporte qu’un réservoir et une pompe pour le pétrole, et un ventilateur à basse pression pour la soufflerie.
- E. C.
- BREVETS
- Moteur d’induction monophasé à démarrage automatique (').
- M. A. Fynn a pris récemment un brevet pour un moteur d’induction monophasé dans lequel il a cherché à améliorer le facteur de puissance et le couple, en disposant sur le collecteur des balais supplémentaires décalés électriquement de 90° par rapport aux balais en court-circuit ; entre ces balais supplémentaires, on fait agir une force électromotrice de valeur et de phase convenables pour alimenter le moteur en courant magnétisant pendant la marche normale.
- La force électromotrice pour l’excitation secondaire est obtenue à l’aide d’un enroulement auxiliaire placé sur le stator et décalé électriquement de 90° par rapport aux balais auxquels le courant est fourni. La force électromotrice possède la même fréquence que le circuit total, sa phase étant variable selon la position de la bobine où elle est engendrée. Le courant possède aussi la fréquence normale dans la bobine du stator, mais le mouvement du rotor a pour effet de changer lafréquence dans l’armature, de telle sorte qu’elle devient nulle au synchronisme.
- De la sorte l’excitation correspondante à la rotation du secondaire ne dépense qu’une quantité négligeable d’énergie déwatlée en regard de l’excitation primaire à la fréquence normale.
- Sur la figure 1, on n’a pas indiqué la mise en court-circuit bien connue du secondaire en marche normale.
- J. R.
- (') Electrical World, 2 septembre 1909.
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- LUMIÈRE 1 ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Sérié). — N® 42.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- La technique pratique des courants alternatifs. — Giuseppe Sartori, ingénieur, professeur à l’Institut technique de Milan. 2° édition française, traduite.revue etcorrigée par J.-A.. Montpellier. Tome II : Développements et calculs pratiques relatifs aux phénomènes du courant alternatif. — Un volume in-8° raisin de 656 pages,-avec 287 figures. — H. Dunodet E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 20 francs; cartonné, 11 fr. 5o.
- Le tome Ier de cet important ouvrage comprenait l’étude des phénomènes au point de vue physique et descriptif, et de la fonction précise d’une machine.
- Le tome II contient les calculs pratiques et les développements complémentaires, qui se trouvent ainsi nettement séparés de l’étude physique proprement dite. Cette méthode d’exposition est logique et naturelle, d’autant plus que l’auteur a eu soin de présenter, dans le second volume, l’étude des divers phénomènes considérés dans le même ordre et avec la même division en chapitres que dans le tome premier.
- Ce procédé d’étude a toujours donné d’excellents résultats : il est certain en effet que, même l’ingénieur familiarisé avec les calculs mathématiques, arrive plus facilement à se rendre compte du fonction-nementd’un appareil ou d’une machine en se formant préalablement une idée nette et précise des phénomènes qui se produisent, s’il a soin de les examiner d’abord au point de vue physique. L’auteur a cherché principalement à rendre plus faciles les applications du calcul aux cas de la pratique.
- Enfin, un grand nombre d’applications numériques donnent au lecteur l’habitude et la pratique des calculs mathématiques indispensables.
- Le traducteur a reproduit, à la fin de l’ouvrage, les formules usuelles avec indication de la page à laquelle elles se rapportent. J. R.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- J’ai lu avec intérêt votre numéro du a5 septembre où vous donnez une description de la lampe universelle type Bermbach.
- Permettez-moi de vous dire que cette lampe, plus connue sous le nom de lampe « Conta », fabriquée par la regina Bogenlampen-Gesell-schaft de Cologne, n’est qu’une mauvaise imitation de la lampe Bec.k dont elle empiète le brevet.
- La Deutsche Beck Bogenlampen Gesellschaft de Francfort poursuit en ce moment un procès retentissant en Allemagne contre la Begina Bogenlampen Gesellschaft.
- La description qui est donnée de cette lampe contient d’abord une hérésie en matière électrique ; on signale, par exemple, que le support de la lampe Bermbach est disposé de telle façon que le charbon ne repose que par son bord extérieur. 11 a été prouvé que cette disposition est impossible à réaliser en pratique.
- Cette description que le professeur Bermbach donne de sa lampe n’est simplement que pour donner l’illusion qu’il n’a pas touché le brevet Beck.
- Du'reste, je possède un exemplaire de toutes les lampes qui ont été copiées sur la lampe Beck et il m’est très aisé de faire cette démonstration sur une lampe Conta et sur une lampe Beck en marche conjuguée.
- Veuillez agréer, etc.
- . 4 octobre
- C. AlîlSEIiT,
- 4i-43, avenue Sainte-Foy, Neuilly-sur-Seine.
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- VARIETES
- La situation téléphonique.
- On a beaucoup écrit depuis quelque temps, dans la presse technique et dans la presse politique, sur la situation des Téléphones en France, et cela surtout depuis un an à propos de l’incendie malheureux du poste central de la rue Gutenberg, et l’on se rappelle encore la séance que la Chambre a consacrée à ce sujet.
- Au cours de ces discussions, tous ceux qui, pour un motif quelconque, ont quelque rancune ou quelque motif de plainte contre l’Administration des Téléphones, ont eu beau jeu de lui rappeler ses fautes. On ne saurait les en blâmer. On est plus étonné que d’autres (*), parmi lesquels il en est qui ne savent pas meme distinguer le courant continu de l’alternatif, aient vu là une occasion de mettre en doute la valeur professionnelle du personnel technique dirigé par cette Administration (2) et de l’enseignement technique qu’a reçu au moins en partie ce personnel (3).
- {*) Voir notamment la brochure à laquelle M. le Sous-Secrétaire d’Etat des Postes et Télégraphes fait allusion plus loin. p. 86.
- (2} Cependant,le corps des ingénieurs des Postes, Télégraphes et Téléphones se recrute environ pour moitié au concours libre et contient environ un tiers d’ingénieurs sortis du rang. Cette disposition démocratique se trouve sous une forme encore plus nette dans le recrutement des corps des Ponts et Chaussées et des Mines, où la loi rend obligatoire l’attribution d’un tiers des postes d’ingénieurs à d’anciens conducteurs ou contrôleurs.; mais elle n’est encore imitée par aucune des autres carrières civiles de l'Etat, telles que le service diplomatique, l’Enseignement (il n’existe pas encore de loi qui impose de choisir le tiers des professeurs de Facultés parmi les anciens maîtres répétiteurs), l’Inspection des Finances (recrutées encore entièrement hors du rang), etc.
- (;() Le seul fait d'avoir été un brillant élève des Lycées de l’Etat en mathématiques spéciales et d’avoir en conséquence passé par une école scientifique spéciale ouverte à cette élite pour y apprendre les mathématiques, la physique, la chimie et l’architecture théorique, rendrait un ingénieur des Postes et Télégraphes incapable à jamais de tirer aucun profit de l’éducation technique qu’il reçoit ensuite à l’Ecole supérieure d’ElccIricité puis à l’Ecole supérieure professionnelle des Postes et Télégraphes, ni des ouvrages qu’il peut lire, ni de l’expérience de la carrière.
- Il semble qu’içi le paradoxe dépasse un peu la mesure .
- Qui n’entend qu’une cloche, dit-on, n’entend qu’un son. Aussi m'a-t-il paru intéressant de reprendre ici la question de l’organisation française des Téléphones à un point de vue un peu plus sérieux, et sans doute plus impartial; caria psychologie et l’expérience de la vie prouvent que les attaques passionnées contre tel ou tel corps de fonctionnaires, ou contre telle ou telle institution publique ou privée ne sont pas en général désintéressées (').
- L’auteur du présent article n’ayant pas eu occasion de pratiquer la téléphonie, s’abstiendra dans ce qui suit de discuter le côté technique de cette question et se contentera, sur le terrain des idées générales ouvertes à la discussion, de faire appel aux renseignements très intéressants contenus dans une récente et documentée publication (2) de M. André, ingénieur des Postes et Télégraphes, et aux discussions parlementaires (3).
- II terminera par quelques considérations, toujours d’ordre général, que lui a suggérées cette lecture, au sujet des responsabilités en cause el de la réorganisation des Téléphones.
- LA BATTERIE CENTRALE ET L’iNCENDIE DE GUTENUEKC
- Dans la première partie de sa conférence, citée plus haut, M. André a exposé les avantages et la raison d’être de la batterie centrale, dont l’emploi s’est généralisé d’abord aux Etats-Unis (sans
- {*) De même que, dans toute cause judiciaire énigmatique, il faut « chercher la femme », suivant un vieux dicton juridique, de même, dans toute campagne de presse un peu tendancieuse, il faut chercher « l’intérêt personnel » ; il n’est pas difficile, en général, de le découvrir et d’enlever par suite toute valeur aux critiques ainsi inspirées.
- J’ai connu par exemple une Société de secours, dont un membre attaquait chaque année la gestion du Conseil d’administration. Il suffit d’admettre sa candidature, discrètement posée, aux fonctions d’administrateur pour que ses critiques se changeassent désormais en éloges. Son but était atteint.
- (-) Hulletin de la Société Internationale des Electriciens i juin 1909, p.335-396.
- (3 Journal Officiel, séance du 6 novembre 1908 p. !2, IO'i, ‘i. n3.
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- doute à cause du prix plus élevé de la main-d’œuvre dans ce pays); il a décrit l’installation provisoire du poste central de Gutcnberg réalisé à'la suite de l’incendie malheureux du ao septembre 1908, Nous n’insisterons pas sur les détails, aujourd’hui bien connus, des circuits des multiples et dès postes d’abonnés à batterie centrale; M. André en a présenté des reproductions en miniature très intéressantes sous forme d’une maquette expérimentale sur laquelle sont fixés et accouplés les divers organes d’une ligne d’abonnés et d’un groupe de départ à batterie centrale intégrale ; deux postes mobiles à batterie centrale intégrale sont reliés par des fils volants aux .attaches du répartiteur intermédiaire et du répartiteur d’entrée du panneau ; l’ensemble est alimenté par une batterie de ia éléments d’accumulateurs qui allument les lampes d’appel et de supervision.
- La maquette portait à sa partie inférieure des fusibles protégeant le multiple et représentant fidèlement le montage qui avait été réalisé pour le multiple sinistré du quatrième étage de Gutenberg. « La protection contre les courants d’appel alternatifs, ditM. André, avait été égale-mentprévue, de sorte qu’il est permis de croire que la batterie centrale ne peut pas être mise en cause dans le sinistre de l’hôtel des Téléphones. »
- Il est intéressant de l’appeler à cette occasion que cette question delà protection (qui n’a pas été d’ailleurs exposée avec toute la clarté désirable) à mon avis, a donné lieu à de vives critiques devant le Parlement et dans la Presse. Des critiques amateurs, auxquels la malveillance paraît avoir affaibli un peu la mémoire, n’ont même pas craint d’insinuer, à cette occasion, que les ingénieurs des Télégraphes, familiarisés seulement avec le courant des piles et ignorant le danger des accumulateurs (!), avaient occasionné l’incendie en oubliant de mettre des fusibles sur les conducteurs provenant de la batterie. Cependant j’ai entendu dire qu’un coupe-circuit sur le courant principal d’une batterie comme celle de Gutenberg de \ 900 AH et d’un débit normal de 3oo à 400 ampères, ne pourrait servir à limiter un courant de perte au point de prévenir un incendie, mais seulement à protéger la batterie elle-même contre un court-circuit ; et que l’Ecole des Postes et Télégraphes comprend depuis longtemps un cours d’électricité indus-
- trielle (c’est même un ingénieur en chef des Télégraphes qui a fondé soiis la direction du regretté M. Mascart, et dirigé pendant plusieurs années, le Laboratoire central d’électricité et l’Ecole supérieure d'électricité).
- De telles critiques sont donc de nature à faire sourire, surtout cette affirmation amusante, qiTôn a pu voir publiée au Journal Officiel :
- « Par suite de l’installation de la batterie centrale qui fournissait une tension beaucoup plus considérable qu’auparavant, les fils électriques ont pu être surchargés par cette tension et mettre le feu au répartiteur établi dans les sous-
- sols.... La batterie centrale, innovation qui
- nous vient d’Amérique, détermine, au lieu d’un courant continu, un courant alternatif (sic). Or, il est facile, pour quiconque s’est occupé d’électricité, de comprendre que le courant alternatif a une tension d’électricité beaucoupplus forte que le courant continu [sic), car la batterie centrale donne une tension très supérieure à celle qu’on avait autrefois ».
- La vérité, c’est qu’on ne sait pas bien quelle est la cause de l’incendie, et que celui-ci n’a pris de gravité que par l’absence de tout personnel à l’heure où il s’est produit, par suite d’une circonstance tout a fait fortuite; comme l’a expliqué a la Chambre M. le Sôus-Sccrétaire d’Etat, l’accident s’est produit un dimanche, jour où le service de la surveillance est arrêté à 6 heures au lieu de 9 heures; par suite d’une erreur dans les ordres, il y a eu une absence de surveillants pendant 3 heures (*). Une erreur d’architecte avait
- (*) M. le Sous-Secrétaire d’Etat des Postes et Télégraphes a d’ailleurs fait connaître son opinion dans ces termes à la Chambre :
- « J’ai lu dans quelque vague brochure qu’on eol-« porte aux alentours de la Chambre ou qu’011 glisse « dans le courrier de nos collègues, que nos ingénieurs « des Télégraphes et des Téléphones se seraient montrés « depuis longtemps inférieurs à leur lâche, qu’ils n’ont « rien prévu, rien fait, et que c’est leur faute si le scr-« vice est défectueux.
- « Si l’admirable travail auquel vient de se livrer no-« Ire corps d’ingénieurs et nos équipes d’ouvriers pour <c rétablir le service en une période de temps que per-« sonne n’avait osé supposer aussi courte, ne venait pas « donner un éclatant démenti à cette audacieuse affir-« malion, il me serait facile de montrer par d’autres « exemples la valeur de notre personnel technique, iu-« génienrs et ouvriers. Car — je tiens à le dire haute-
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- été également commise dans la non-obturation des cheminées et des câbles; et ce qu'il y a de curieux, c’est qu’une Commission spéciale comprenant des pompiers, et qui avait été constituée au mois de juillet précédent, pour examiner l’immeuble, ne s’était point aperçue du rôle nuisible que pouvaient jouer les cheminées en cas d’incendie ; dans d’autres pays tels que la Belgique et la Suisse, on ne s’en était pas préoccupé, et c’est seulement depuis l’incendie de Gutenberg qu’on a obturé ces cheminées dangereuses. Cela prouve en passant combien il serait opportun de développer davantage dans un esprit pratique renseignement de l’architecture que les ingénieurs des Postes et Télégraphes ne reçoivent qu’incomplètement à l’Ecole polytechnique ; on voit aussi combien se trompent les personnes qui parlent de l’inutilité de ces études.
- Après avoir rappelé l’incendie, M. André montre avec quelle rapidité et quel succès l’administration française, avec l’aide des constructeurs qui lui ont prêté leur concours, s’est tirée d’un pas si difficile. L’incendie avait annihilé 20 000 lignes d’abonnés et plus de l\oo circuits interurbains. On peut se rendre compte à quel travail gigantesque de réédification on se trouvait acculé. Eh bien! ce travail a été heureusement exécuté dans un temps qui détient certainement le record de la rapidité. Par exemple, on a vu une des Compagnies chargées de la construction des multiples, exécuter un multiple com-
- te ment— je ne les sépare pas plus qu’ils ne se sépa-« rent eux-mêmes, les ouvriers connaissant la science « de leurs chefs et ces derniers appréciant, comme « ils le méritent, le dévouement et l’ardeur de leurs « subordonnés. » f Très bien! très bien /)
- Les applaudissements de la Chambre ont montré qu’elle a partagé l’opinion du Sous-Secrétaire d’Etat. Celui-ci a d’ailleurs expliqué pourquoi les coupe-circuits sur les répartiteurs sont justifiés à l’étranger, où la presque totalité des réseaux comprend des conducteurs aériens et qu’il en est de même en Frauce sur les réseaux de province (cela ne met pas à l’abri du reste, des incendies, comme on l’a vu à Grenoble), mais qu’ils n’ont pas la même raison d’être avec des circuits souterrains. D’ailleurs, la question des coupe-circuits protecteurs n’est pas si simple qu’elle en a l’air; car, pour être de bons protecteurs, ils doivent être très sensibles et risquent d’interrompre constamment l’exploitation. C'est pourquoi les abonnés du Havre et de Rouen par exemple en réclament constamment la suppression dans leurs postes.
- plet de 10 000 abonnés dans le délai invraisemblable de 18 jours.
- La transformation a exigé d’importants travaux d’architecture, le déblaiement du sous-sol, la constitution d’un réseau provisoire, la remise en état du répartiteur de toutes les lignes urbaines, suburbaines et interurbaines. Ces travaux se sont poursuivis nuit et jour (d).
- On peut critiquer parfois l’Administration, mais il faut bien reconnaître qu’elle a réalisé un tour de force en rétablissant, en un délai de six semaines, toutes les communications interurbaines et suburbaines dans le nouvel immeuble du 29 de la rue du Louvre.
- LA TELEPHONIE EN F H AN CE ET A l'ÉTHANGEU
- Dans une seconde partie de son étude, M. André donne une comparaison intéressante entre la téléphonie en France et à l’étranger.
- Le développement pratique du téléphone a été, il faut le reconnaître, infiniment plus rapide et plus considérable auxEtats-Unis qu’enEurope (2); nous en rechercherons plus loin les causes. Celles-ci ne nous permettent pas d’accepter sans
- (1) Le gouvernement avait lixé, pour la remise en étal du réseau téléphonique, des délais de deux mois et de deux mois et demi pour deux maisons de construction. Cette rapidité, on la retrouve dans les constructions : en 18 jours, un hangar provisoire clos et couvert de 70 mètres de long et 10 de large était livré aux constructeurs des appareils téléphoniques. L’installation des arrivées de cables fut particulièrement pénible ; il fallut faire passer des galeries sous les égouts en ouvrant des galeries de mines brisées analogues à celles exécutées pour les travaux du Métropolitain. 20 jours suffirent pour ce travail, qui fut conduit sans relâche jour et nuit. La remise en état des lignes fut effectuée dans le délai de six semaines. Les opérations de déblaiement du sous-sol eurent lieu sans interruption ; 5o tonnes de débris furent enlevées ; un réseau provisoire fut constitué dès les premiers jours ; les grands circuits fonctionnèrent quatre jours après l’incendie ; ceux de Londres, Bruxelles, Francfort, le lendemain meme de la catastrophe. En temps normal, une équipe de 5 hommes met deux jours pour remplacer une tète de câble ; le travail fut divisé: une équipe reconnaissait les fils et les soudait, tandis qu’une autre équipe préparait la tête verticale sur laquelle sont rattachés les conducteurs. Trois semaines après l’incendie, 1 800 lignes d'abonnés étaient rattachées.
- (2) On trouve à ce sujet d’intéressantes statistiques dans la communication de M. André.
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- réserve le pronostic optimiste de M. André, qu'en Europe et particulièrement en France, ce n’est plus à présent qu’une question d’années pour que la situation devienne comparable à celle des Etats-Unis. Quoi qu’il en soit, les statistiques du ier janvier 1909 montrent que les Etats-Unis diposaient à eux seuls, à cette date, de 6 833 366 postes, tandis que l’Europe entière n’en possédait que 2 431 8i5, et la France 197 200.
- Ce développement extraordinaire de la téléphonie aux Etats-Unis s’est produit en partie grâce à l’adoption de la batterie centrale, qui supprime l'éparpillement de l’énergie électrique de l’ancien système et les difficultés (qu’il ne faut pas exagérer d’ailleurs) d’entretien des piles.
- Il est du aussi, en plus grande partie, croyons-nous, à l’adoption du système des conversations taxées en remplacement de l’ancien système forfaitaire, dont seuls les gros consommateurs tirent profit au détriment des petits. La taxe par conversation, seule équitable, est du reste envisagée dans le programme de réforme de F Administra-' lion française.
- Depuis 1906, cette administration est entrée en effet dans la voie du progrès et a pris toutes les dispositions pour hâter autant que possible la transformation en batterie centrale, tant désirée par le public parisien. Si le désastre de Gutenberg n’avait pas eu lieu, cette transformation serait aujourd’hui chose faite. On aurait donc mauvaise grâce à ne pas accorder le délai moral et matériel nécessaire à la réparation des dommages occasionnés par cet incendie. Dès que la batterie centrale sera généralisée, il n’y aura plus rien qui s'opposera aux méthodes d’exploitation usitées en Amérique.
- M. André cite le résultat d’une intéressante enquête faite par un auteur impartial, M. lles-keth, directeur des Postes, des Télégraphes et des Téléphones d’un des Etats de l’Australie.
- Cet ingénieur attribue l’avance des Américains en matière téléphonique à l’esprit plus progressiste du public, plus prompt à se servir de nouveaux moyens de communication et des perfectionnements, et aussi au développement considérable des bureaux privés annexes.
- « Tout le secret de la popularité et de Fexten-« siondu téléphone en Amérique réside, dit-il, « dans les facilités procurées par le développe-« ment des bureaux privés annexes â batterie « centrale et par l’application des tarifs à couver-
- « sations taxées et à paiement préalable ».
- Tout en prônant aussi la batterie centrale, M. Ilesketh estime qu’il est indispensable de « développer l’instruction téléphonique du public ».
- C’est par ces procédés qu’on pourra peut-être arriver en Europe à une densité de 20 postes téléphoniques pour 100 habitants, beaucoup dépassée aux Etats-Unis dans certaines villes et presque atteinte, en Suède, par Stockholm (i5,5 %).
- Quant au système des commutateurs automatiques, si imprudemment prôné, comme une panacée merveilleuse, par quelques personnes qui reprochent à l’Administration française de 11e pas l’avoir déjà adopté partout, M. Ilesketh dit qu’il est plus que douteux qu’il doive remplacer les autres méthodes et notamment le système à batterie centrale, déjà largement automatique : « Le perfectionnement probable sera de placer 0 plus de systèmes automatiques entre les mains « de l’opératrice et de maintenir le poste de « l’abonné dans son état actuel de simplicité... « Nous ne connaissons jusqu’à présent aucun « système automatique qui se prête à l’adoption « des bureaux privés annexes, des lignes parta-« gées, des tarifs à conversations taxées et à « paiement préalable. » Ce sont, on l’avouera, de graves défauts, au point de vue commercial.
- Tel est aussi l’avis de M. André, qui recommande la plus grande prudence dans l’adoption de Fauto-commutateur, innovation qui, bien qu’il date déjà d’un quart de siècle, semble res^ ter à l’état d’expérience, car il est rare d’en trouver deux du même type dans les installations existantes. D’ailleurs, le calcul démontre que sa complication mécanique entraîne des frais d’entretien et de réparation au moins équivalents à l’économie de personnel qu’il réalise. L’appareil ne se prête pas bien, dit-il, à certains services importants d’un grand réseau taxé par conversation (emploi des lignes partagées, communications interurbaines, bureaux privés annexes). On ne peut guère envisager de succès possible que pour les réseaux de province à hu-rcau central unique avec abonnement forfaitaire.
- Aussi, l’auto-commutateur s’est-il peu répandu jusqu’ici, malgré les affirmations contraires; aux Etats-Unis, les abonnés qui l’emploient ne représentent pas 1 % du total des abonnés. Et
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- récemment encore, la « Columbus Automatic Tclephon C° » qui exploitait, depuis iqoü, un auto-commutateur de 900 «abonnés, a été mise en faillite. En Europe, l’administration autri chienne, qui comptait mettre en service, il y a six mois, quatre bureaux centraux automatiques, n’a pas encore pu réaliser ce projet.
- Une des questions les plus intéressantes, d’après ce qui précède, est celle des bureaux privés annexes ; la popularité des grands réseaux américains est justement due à l’installation privée de 20, 100 et jusqu’à 1 000 postes, réservés aux communications intérieures d’un grand magasin, d’une usine, d’une banque, ou d’un grand hôtel. Les principes essentiels de ce système, c’est l’automatisme des signaux lumineux d’appel et de fin de conservation, et la fourniture du courant par le bureau central. M. André décrit, avec quelques détails, cette intéressante application de la batterie centrale aux bureaux privés annexes, et les standards automatiques correspondants; nous devons malheureusement renvoyer à sa conférence pour ces détails comme pour ceux des grands multiples du Gutenberg.
- 11 envisage également quelques autres problèmes téléphoniques intéressants, tels que les étalons de transmission de la voix, les tarifs des bureaux, l’éducation des téléphonistes et inspecteurs. A propos des téléphonistes françaises, auxquelles on a réproché à l’étranger un certain manque de discipline (’), M. André montre « qu’elles ont l’esprit prompt, du courage, et surtout énormément de souplesse et de la bonne volonté, et d’excellentes qualités professionnelles ». Elles n’auront rien à craindre des comparaisons avec les autres pays lorsqu’elles seront soumises aux mêmes conditions générales que dans ces pays.
- (J) Les interprétateurs du rapport des ingénieurs américains de Chicago ont déclaré notamment à la Chambre, pour éviter l’impression fâcheuse de ce reproche, qu’il s’agissait de discipline technique, c’est-à-dire d’un insuffisant entraînement professionnel. Ils auraient bien du ajouter, par la même occasion, que les critiques sur les ingénieurs du service téléphonique s’appliquent sans doute plutôt à des agents d’une catégorie inférieure; car le mot « engineer » a en anglais une acception beaucoup plus étendue qu’en français. C’est ainsi que, par exemple, 011 appelle « engineer », un mécanicien de locomotive, un mécanicien d’usine chargé de la conduite des machines à vapeur, etc,..
- D’autre part, l'excellence des ligues téléphoniques françaises est universellement reconnue, etles perfectionnements apportés pat l’ingénieur en chef Lorain ont donné, à ce point de vue, à la téléphonie française, une supériori té indiscutée; on doit aussi rappeler que l’application si utile de l’air comprimé est due à l’ingénieur Bar-barat.
- L’importance prépondérante des lignes dans tout système téléphonique, particulière ment en batterie centrale, permet donc de prévoir un succès très aisé pour l’application de la batterie centrale intégrale, sur le réseau français, dès à présent établi dans les meilleures conditions possibles. N’oublions pas non plus que Vaschy, avant Pupin, avait montré le rôle utile de la sell-induclion dans les longues lignes.
- ERREURS ADMINISTRATIVES ET REFORMES POSSIIÏLES
- Cela nous conduit tout naturellement à dire quelques mots des causes véritables auxquelles il faut attribuer en France la situation évidemment arriérée de notre système téléphonique.
- Personne ne prend au sérieux les accusations d’incompétence et d’incapacité lancées à la légère contre les ingénieurs des Télégraphes. La virulence excessive de ces attaques suffit à les faire juger comme il convient.
- En fait le corps des ingénieurs des Télégraphes a contenu et contient encore en France des hommes de premier ordre, dont les travaux ont joui, dans le monde entier, d’une légitime réputation ; il suffît de citer notamment Blavier, Raynaud, Gounelle, Gaugain, Vaschy, Merca-dier, etc. ; l’expérience a démontré également qu’ils sont tout aussi capables de faire de bons industriels que n’importe quels autres ingénieurs, dès qu’on les place dans lin milieu industriel et qu’011 leur accorde l’initiative et la possibilité de se faire valoir (*).
- () On peut citer par exemple à l'heure actuelle un grand nombre d’ingénieurs de Télégraphes qui sc sont fait par leur incrile de hautes situations .dans l’industrie. L’un d’eux a même été récemment porté parle libre vole de ses confrères industriels à la présidence du Syndicat des usines d’électricité. Combien mesquines et tendancieuses paraissent à côté de cela les attaques brutales qu’on a dirigées contre eux collectivement, sans pouvoir ou oser d’ailleurs citer aucun noral
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- Leur recrutement mixte par le concours et la large place faite aux ingénieurs sortis du rang, offrent toutes les garanties voulues d’aptitudes théoriques et pratiques ; celles-ci sont complétées par une éducation technique très complète à l’Ecole supérieure d’Electricité, puis à l’Ecole supérieure des Postes et Télégraphes. 11 est même plutôt à craindre qu’en vertu de leurs connaissances variées et de leurs qualités fort appréciées dans l’industrie, les ingénieurs des Télégraphes aient une tendance à quitter les services de l’Etat pour l’industrie.
- Comment expliquer, dès lors, qu’avec des éléments aussi bons, comme ingénieurs, comme praticiens et comme opératrices, l’Administration française soit arrivée jusqu’ici à de si médiocres résultats ? Tout simplement, croyons-nous, aux erreurs administratives, soit anciennes soit permanentes, qui proviennent en partie de notre organisation bureaucratique et budgétaire, et en partie de notre caractère national.
- Tout d’abord, les Téléphones sont en France un monopole d’Etat et présentent par conséquent les défauts de tous les monopoles, c’est-à-dire en particulier une gestion peu industrielle, le mauvais rendement et la stagnation qui résultent fatalement de l’absence de concurrence et de l’impuissance des réclamants contre une Administration d’Etat (,).
- « Quand une société privée, a dit un député, « quand un industriel organise un service,
- ('*) Notre thèse est ici contraire à la tendance élaliste qui se fait jour actuellement en France. C’est ainsi qu’on oppose volontiers aux grandes Compagnies de chemins de fer françaises les Chemins de fer d’Etat prussien que certains de nos compatriotes supposent mieux dirigés; il n’y a qu’un malheur, c’est que, de l’avis même d’un économiste allemand éminent, M. Kauffmaun, qui a patiemment étudié la gestion des chemins de fer français, nos Compagnies privées ont, en restant dans des conditions comparables, réalisé des coellicients d’exploitation meilleurs et des résultats sensiblement supérieurs à ceux des chemins de fer prussiens. Encore faut-il tenir compte qu’en Allemagne la discipline toute militaire du personnel des chemins de fer offre des facilités qu’on ne rencontre pas eu France; l'avenir permettra de s’en rendre compte.
- De même, on constate actuellement en Italie que le passage des Téléphones des mains d’une Compagnie privée à celles de l'Etat, loin de produire les progrès qu’on en attendait, n’a jusqu’ici provoqué qu’une forte augmentation du nombre des employés supérieurs et des dépenses d’exploitation.
- « comme il sait qu’il aura à payer de fortes in-« demnités si un accident se produit chez lui et « s’il cause un préjudice à ses clients, il emploie « tous ses soins à réaliser une installation par-« faite. Mais quand c’est l’Etat qui prend en « mains une exploitation, le ministre dont elle « relève sait bien que, lorsque l’accident arrivera, « il ne sera plus au pouvoir. Par conséquent, il « laisse aller un peu les choses, se souciant rao-« dérénient de ce qui peut arriver dans la suite».
- En outre, la gestion de ce monopole a été à tort confiée jusqu’ici à des hommes politiques
- C’est ce qu’a déclaré un député socialiste de grande valeur, et qui étudie depuis plusieurs années l’Administration des Télégraphes et Téléphones, quand, aux applaudissements de la Chambre, il s’est exprimé comme il suit :
- « Je déclare que vous n’aurez de bon régime « postal télégraphique et téléphonique que « lorsque, à la tête de ce régime, vous n’aurez « pas un homme politique (.Applaudissements).
- « J’entends dire par là qu'on devrait mettre à « la tête d’une industrie d’Etat un homme à « l’esprit industriel [C'est cela, — Très bien, sur « divers bancs) ; un homme à l’esprit'industriel « et commerçant qui, à l’abri des fluctuations « politiques [Applaudissements), ne prenant part « à aucun conseil de cabinet, n’étant pas « appelé, sous prétexte qu’il est chargé de prête sider à l’administration des Postes, des Télé-« graphes et des Téléphones, n’étant pas,par cela « même, appelé à décider sur les affaires gou-« vernementales de ce pays, soit libre en un mot « de travailler tranquillement, paisiblement et « durablement à la gestion de la haute indus-« trie qui lui est confiée. » (Très bien! Très bien! sur divers bancs,)
- Le même député a réclamé également la conversation taxée, qu’une Administration privée aurait depuis longtemps été amenée à introduire. 11 faudrait ajouter les « bureaux privés annexes », d'après ce que nous avons signalé plus haut.
- 11 faut avouer aussi que notre caractère national, trop conservatif, nuit en général à la rapidité de modifications.Une Administration d’Etat, même si elle es! disposée aux nouveautés, croit remplir un devoir vis-à-vis de la communauté en sacrifiant le moins possible le matériel et les installations existantes; c’est un des motifs qui ont retardé l’adoption de la batterie centrale en
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- France. Si on constate aux Etats-Unis des progrès extrêmement rapides et un développement prodigieux de la téléphonie, c'est précisément parce que, d'une part, les Téléphones sont entre les mains de Sociétés industrielles, et, d’autre part, parce que le caractère américain, aventureux et peu économe,* n'a jamais reculé devant de grandes dépenses et des remaniements incessants et très onéreui des installations faites à peine quelques années auparavant. C’est ainsi, par exemple, que la « New-York Téléphoné C° » n’a pas hésité, en 1898, lorsque New-York et Paris avaient chacun 000 abonnés, à mettre au rancart la totalité de son matériel téléphonique, pour le remplacer par du matériel entièrement neuf, prévu pour un développement immédiat de 80 000 abonnés, chiffre qui, à cette époque, était considéré comme fantastique.
- Croit-on qu'une Administration française aurait pu exécuter une pareille révolution.et engager de pareilles dépenses et que le Parlement l'aurait suivie?Les administrateursnontechniciens, qui (il ne faut pas l'oublier) sont les maîtres dans tout organisme bureaucratique, auraient-ils même suivi les techniciens si ceux-ci leur avaient fait une pareille proposition ? L’expérience a maintes fois démontré le contraire.
- D’ailleurs, pendant de longues années, les techniciens ont été mal vus dans l'administration des Postes et Télégraphes; on peut se rappeler qu'il y a une vingtaine d'années, tandis qu'il aurait fallu renforcer la spécialisation technique et pour cela favoriser les techniciens, l'autonomie du corps des ingénieurs des Télégraphes avait été supprimée et ce personnel avait été dispersé et mis sous les ordres des directeurs régionaux des postes, simples bureaucrates. Une pareille faute administrative se paie et il faut longtemps pour la réparer. Même dans ces dernières années, la situation faite aux ingénieurs des Postes et Télégraphes était tout à fait hors de proportion avec les services très importants qu’ils avaient à diriger. C’est même un des motifs pour lesquels la réalisation pratique de la télégraphie sans fil par le Ministère des postes et télégraphes a été si longtemps retardée; dans cette circonstance encore, on a pu voir envoyer en province, dans un service ordinaire, un ingénieur de valeur qui s'était spécialisé dans les études de télégraphie sans fil, et il a fallu beaucoup
- plus tard reconstituer ce service, supprimé si malencontreusement.
- 11 ne suffit donc pas de mettre à la tête de l’Administration des Télégraphes un homme à l’esprit industriel, il faut en outre lui permettre de donner à ses services techniques les développements, l’autonomie et l’influence nécessaires. L’autonomie des services reconnue depuis longtemps désirable, mais toujours retardée par des changements de ministères ou d’autres difficultés du même genre, vient seulement d’être réalisée par M. le ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, qu’on doit féliciter de son heureuse décision. 11 a nommé à la tête du service des .Téléphones, après l'avoir enfin séparé des Télégraphes, un ingénieur en chef réputé pour sa compétence et pour sa vive intelligence (qui s'est exex*cée dans des branches très variées). Celui-ci trouvera là sans doute une occasion rare de donner toute la mesure de sa valeur en organisant sur de nouvelles bases tout le service téléphonique. Il faut espérer qu’en particulier il saura réaliser les conditions essentielles de toute bonne gestion industrielle, à savoir la spécialisation de ses ingénieurs, l'élasticité de son budget, le contact permanent de son service avec des conseils éclairés, industriels et commerciaux.
- Jusqu’ici, et pal1 une erreur administrative que ne commettrait aucune entreprise privée, on n’a pas su spécialiser les ingénieurs dans la téléphonie; au hasard de l’avancement, on les faisait passer d’un service télégraphique ordinaire à l'exploitation téléphonique, à la construction du matériel, à la télégraphie sous-marine, à la télégraphie sans fil, aux travaux de laboratoires, etc. C’était une véritable gageure dont il existe bien d’autres exemples en France. Il est temps de réagir contre cette pratique nuisible et de spécialiser dans la téléphonie, dès leur sortie de. l’Ecole supérieure des Postes et Télégraphes, quelques jeunes ingénieurs intelligents, en leur faisant faire des stages et des missions aux Etats-Unis, et d'accorder ensuite plus d’initiative et de responsabilité à ees éléments jeunes, co-mme cela se fait dans d’autres corps d’ingénieurs. Le rôle des chefs doit être surtout un rôle de contrôle et les jeunes sont mieux capables d’initiative que les vieux.
- Mais l’autonomie technique ne saurait suffire pour obtenir les résultats attendus, si l’on 11'y
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- joint l’autonomie budgétaire. Il ne faut pas se dissimuler, en eilet, que la grande, la véritable cause de notre mauvaise situation actuelle, c’est le manque d'indépendance du budget des télégraphes et des téléphones ; de là provient la grande infériorité de nos monopoles d’Etat par rapport aux grandes Compagnies étrangères. Si T <c American Telegraph and (Téléphoné C° » gère aujourd’hui le réseau le plus formidable du monde entier (!iai5a/|5 postes d’abonnés et i 15o ooo postes de compagnies affiliées, alors que l'Europe entière n’en comprend que a/|3i 8i5), ce n’est pas, croyons-nous, à cause de la valeur particulière de ses ingénieurs (nous avons eu tendance à nous exagérer naguère la prétendue supériorité des ingénieurs américains), c’est par suite de l’autonomie financière de cette vaste entreprise. Seule, cette indépendance financière peut donner la possibilité de créer des capitaux de réserve et d’employer des excédents de recettes à des améliorations ; seule, elle peut permettre les longs desseins et les grandes décisions, comme celles qu’a prises la New-York Téléphoné C°, citée plus haut.
- Rien de semblable n’est possible pour une administration qui est obligée de demander, au jour le jour, des crédits au Parlement, tou jours à court d’argent, et de verser au budget général toutes ses recettes, sur lesquelles le ministre des Finances compte, et qu'il ne permet donc pas de diminuer temporairement par des abaissements, ni même des changements d’assiette des taxes. Encore faut-il noter que les crédits accordés après de longs délais, de longues discussions, arrivent souvent trop tard et que des retards dans les travaux risquent de les faire annuler en fin d’exercice budgétaire, comme on l’a vu en ces dernières années; et tout est alors à recommencer, projets, propositions et discussions.
- On a découvert récemment en France, vingt-cinq ans après le reste de l’Europe, que, pour avoir de bons ports de commerce, il fallait leur donner une autonomie et une direction par comité exécutif spécial. Le nouveau ministre des Travaux publics, qui vient de déposer un projet dans ce sens, tiendra sans doute à honneur de rester fidèle à ses convictions et de les appliquer à l’Administration des Téléphones. Quand on veut avoir de bons Téléphones, il faut d’abord leur donner de bonnes finances, et pour
- cela, il n’y a pas d’autre moyen durable et efficace que l’autonomie budgétaire.
- Avec celle ci, le monopole pourra se constituer sous une forme à peu près industrielle, à défaut des Compagnies privées qui auraient pu le faire depuis de longues années. Ingénieurs et administrateurs pourront alors avoir l’esprit industriel, actuellement incompatible avec l’organisation admistrative française des Télégraphes et Téléphones.
- Il conviendrait sans doute aussi, pour rendre effectives les responsabilités, de ne pas les éparpiller dans des commissions anonymes et pratiquement irresponsables, dont il y a abus dans les Télégraphes et Téléphones. En matière administrative, la responsabilité personnelle assure, de la part de tons, une plus grande attention, un service plus eiïicace et rend seule possible les sanctions utiles en cas de fautes ou d’erreurs commises.
- Quant à l’esprit commercial, on ne saurait ï*eprocher à des ingénieurs de ne pas toujours l’avoir, parce que cela n’est pas leur métier; il est rare qu’on puisse trouver réunies dans une même personne des aptitudes aussi différentes, par exemple, que la science et le commerce. Le tort est seulement de vouloir transformer en commerçants des ingénieurs qui n’en ont pas la vocation. 11 conviendrait donc de faire appel aux conseils de spécialistes en matière commerciale; de même que certaines Compagnies de chemins de fer (par exemple la compagnie P.-L.-M.) ont obtenu des résultats remarquables pour l’exploitation de certaines marchandises en créant depuis quelques années un service d’agents commerciaux, de même l'Administration des Téléphones pourrait utilement avoir quelques agents commerciaux, formés au besoin dans les Compagnies téléphoniques américaines.
- En outre, ces Administrations pourraient recueillir d’utiles «avis en consultant périodiquement certaines personnalités.
- Le député déjà cité plus hanta signalé en particulier l’intérêt qu’il y aurait à faire apptojl à la-collaboration des abonnés et. du personnel inférieur. De même que le consommateur est qualifié pour indiquer si le service est bien ou mal fait, dit-il, le personnel est également qualifié pour donner sur le fonctionnement des rouages de la machine administrative les plus précieux renseignements.
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- Qu’on me permette d’ajouter : les grands commerçants ou les grands industriels peuvent donner également d’utiles renseignements sur les méthodes commerciales appropriées.
- La meilleure manière de satisfaire à ces desiderata serait, semble-t-il, de créer auprès de l’Administration téléphonique un « Comité technique des Téléphones » analogue au Comité d’électricité et au Comité technique des chemins de fer du ministère des Travaux publics,et formé de même par la réunion de représentants des services,de l’administration, de l’industrie et du commerce,des associations d’abonnés et d’employés, etc. Un pareil Comité constituerait un véritable Conseil de perfectionnement, en même temps qu’il pourrait donner l’appui de son autorité à toutes les réformes et à toutes les propositions budgétaires de l’Administration et de ses ingénieurs.
- CONCLUSIONS
- Des notes qui précèdent, écrites sans aucune
- prétention, on peut conclure, croyons-nous, que les erreurs qui ont retardé le progrès téléphonique en France ne sont pas le fait des techniciens, mais des errements administratifs, et de la mauvaise gestion routinière d’un monopole.
- On trouvera donc la solution :
- Dans une organisation industrielle et commerciale bien comprise, où chacun sera à sa place, (l’ingénieur dans la technique et le commerçant dans la gestion commerciale) ;
- Avant tout, dans l’autonomie des services et dans une autonomie budgétaire aussi développées que le permettront nos institutions;
- Et enfin dans la constitution d’un Comité de perfectionnement permettant a tôutes les compétences de faire entendre leurs voix, d’établir un programme rationnel et d’en faire poursuivre l’exécution.
- Marc Lahrosse,
- Ingénieur électricien.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Nous voulons attirer l’attention des lecteurs de la Revue sur l’information donnée par elle, dans son dernier numéro, de la constitution par la Thomson-Houston, avec le concours de la Société Générale, l’Union Parisienne, la Banque Française, la maison Thalmann et l’AUgemeine Elektricitats-Gese.llschaft, d’une société au capital de •> millions, dont l’objet sera de créer, dans le monde entier, des sociétés de toutes natures appliquant l’électricité et aussi de s’intéresser dans toutes affaires du même genre. La constitution de la Société Centrale d’industrie électrique est l’indice d’une orientation nouvelle de la grande Compagnie de construction et d’exploitation des brevets Thomson-Houston et va pouvoir lui permettre de jouer un rôle important dans l’application plus ou moins immédiate aux chemins de fer français des procédés de traction élccLrique.
- 11 vient de se fonder aussi en Belgique une Société centrale d’électricité du Brabant pour entreprendre
- la construction et l’exploitation en Belgique de stations centrales et de réseaux de distribution d’énergie électrique en vue de la production et de la fourniture du courant. Son capital est fixé à i ïa5o ooo francs, représenté par a 5oo actions privilégiées de 5oo fi\, indépendamment de 3 ioo actions ordinaires sans mention de valeur. La Soci'été centrale d’électricité du Brabant en liquidation a reçu i 76$ actions privilégiées en rémunération de ses apports. La répartition des bénéfices fait ressortir les avantages suivants : 6 % aux actions privilégiées avec stipulation de rappel des dividendes non distribués, i5 francs d’intérêt fixe aux actions ordinaires et distribution du solde au prorata de tous les titres après une attribution de 20 % aux conseils.
- Nous croyons intéressant de donnei quelques aperçus d’un Européen ayant résidé en Argentine sur le commerce d’exportation Ici que le pratiquent l’Angleterre, la France et la Belgique. Ces pays, écrit-il, à peu d’exceptions près, 11e fabriquent que pour eux, à leur point de vue exclusif, et ne clicrchen
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- à écouler au dehors que quand il y a encombrement ou pénurie à l’intérieur. L'Allemagne, au contraire, s’est affranchie de cette méthode et sait offrir des articles similaires à ceux des pays précités, mais à des conditions plus avantageuses, et peu à peu des marchandises nouvelles mieux appropriées aux besoins du pays et plus en rapport avec les goûts et les coutumes des indigènes. L’ignorance de la langue du pays ou la rédaction en anglais des étiquettes ou des prospectus ne facilitent pas les transactions, tandis que les Allemands ont des correspondants espagnols qui pour les lettres, les factures, les bordereaux de prix n’utilisent que la langue espagnole. La publicité, d’autre part, devrait être exclusivement rédigée dans la langue du pays. Enfin la nécessité, de longs crédits, avec un minimum de 90 jours, est la dernière condition du succès pour les importateurs. « Nous avons « le tort, dit le correspondant du Moniteur des in-« térêts matériels auquel nous empruntons ces « réflexions, nous avons le tort de tenir trop au paie-«' ment immédiat qui paralyse les efforts des repré-« sentants; il est vrai, toutefois, que nous ne possé-« dons pas sur place, à l’instar des autres pays, les « établissements de crédit qui permettraient à nos « négociants de reculer leurs échéances sans risques « ni pertes. C’est une lacune à combler, car il ne « faut pas oublier que, bien qu’inférieur à ce qu’il « devrait être, notre mouvement commercial avec « l’Argentine atteint 35o millions par an et que nos « capitaux investis en ce pays s’élèvent à la somme « d’un demi-milliard. « Et en conclusion : cc La mise « en rapport de nos produits avec les exigences de cc l’Argentine, l’emploi de la langue espagnole et cc l’octroi de crédits variables, mais généralement « plus longs que ceux auxquels nous consentons, « sont évidemment les conditions préliminaires sine « qua non auxquelles nous devons nous.plier pour « prendre pied dans le pays; les conditions écono-« iniques de celui-ci exigent des échéances généra-<1 lement inusitées dans nos traditions commerciales, « et seule, une banque commerciale peut s’entre-« mettre pour satisfaire sous ce rapport fournisseurs « et clients. »
- Ces réflexions ne constituent pas des nouveautés pour les industriels et les commerçants français un peu au courant des nécessités du commerce d’exportation ; mais elles résument bien les mêmes erreurs et le,s mêmes desiderata de ceux qui s’en occupent. La question du crédit est la plus importante et aussi la plus difficile à résoudre ; nous nous en sommes déjà expliqué quand il s’est agi de la création d’une
- banque d’exportation. Un organisme financier analogue à celui cité plus haut, qui se constitue pour entreprendre des affaires dans le monde entier, en remplirait l’office.
- D’une façon générale, la faveur dont jouissent actuellement les valeurs d’électricité se maintient en France, en Belgique et en Allemagne. En Belgique, les actionnaires des Ateliers de constructions électriques de Charleroi viennent d’approuver sans hésitation la création de 10 000 actions de priorité nouvelles en vue de la construction d'une nouvelle usine qui dédoublera les anciennes installations et ne les remplacera pas puisque celles-ci viennent d’être remises à neuf. A Paris, la hausse persiste sur les Secteurs de Clichy, Edison, Eclairage et Force, la Compagnie parisienne de Distribution et sur les valeurs du groupe Empain. A Bruxelles, les tramways de Bilbao, dont les recettes brutes sont en augmentation de 1/1 % pour les sept premiers mois de l’exercice, se maintiennent au-dessus du pair avec la perspective d’un accroissement du dividende pour 1909; ceux de Buenos-Aires accentuent leur mouvement de hausse; ceux du Caire également. La Société Alsacienne de constructions mécaniques s’échange aux environs de 6 65o ; la Société de la Iiaute-Italie au pair, soit a5o francs, et l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg de 1886, aux environs de 2 080 francs l'action privilégiée, et l’ordinaire à 1 54o.
- Les Ateliers de Construction Oerlikon ont réalisé au cours de l’exercice 1908-1909 un bénéfice brut de 2 4a3 071 francs et un bénéfice net de 440 G22 francs, chiffres légèrement inférieurs à ceux de 1907-1908 qui furent respectivement de 2 5o5p55 francs et 447 354 francs. Pour pouvoir comparer ces résultats à ceux de nos principales firmes françaises, il est nécessaire d’extraire du compte profits et pertes le montant ’des amortissements, déduits avant tout bénélice et qui s’élèvent à 843 371 fr. 60 ; le bénéfice net ressort ainsi à 1 291 064 fr. 01, soit iG % du capital-actions qui est de 8 millions de francs. Les frais généraux, par contre, s’élèvent à 1 160 38i francs ou à i4,5 % . Les Ateliers Oerlikon auraient pu consacrer au dividende un chiffre supérieur à 4 % ; ils ont préféré amortir en partie les dépenses engagées dans la ligne d’études de Seebach-Wettingen et conserver à leur trésorerie l’élasticité nécessaire. Le rapport s’étend longuement sur l’historique des études, de la construction et des essais de cette ligne de traction en courant monophasé à haute tension ; il en fixe les résultats satisfaisants et fait part des négociations
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- entamées après 2 ans de fonctionnement avec la direction générale des chemins de fer fédéraux, négociations qui ne semblent pas avoir donne de résultats satisfaisants ; mais le conseil |des Ateliers Oerlikon exprime l’espoir que les études entreprises par lui auront pour conséquence de faire adopter ce système éprouvé par la Compagnie du Lotschberg actuellement en construction et par les nombreuses compagnies de chemins de fer qui projettent d’adopter l’exploitation électrique à leurs réseaux. Au cours de l’exercice, les Ateliers Oerlikon ont été bien alimentés; la construction des turbines à vapeur et des groupes turbo-générateurs de grosses puissances s’est développée ainsi que celle des moteurs monophasés pour
- traction dont on a construit des types de i ooo chevaux. Actuellement, le travail tout en étant suffisant est un peu moins abondant qu’au début de l'exercice écoulé. On remarque toutefois au bilan que le chiffre des travaux en cours ou des machines terminées s’élève à 3 488 54*2 fr. 5o, sans compter les installations en cours de montage sur la ligne Seebach-Wettingen qui figurent pour 1 [ '12945 francs ; on arrive ainsi à un engagement en matériel de plus du tiers du capital souscrit, ce qui est une excellente proportion. lies résultats ci-uessus confirment d’ailleurs la bonne utilisation de ce capital.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — Les Ateliers de constructions électriques du Nord et de l’Est viennent de recevoir de la Compagnie du Métropolitain de Paris une commande de 42 moteurs de 17$ IIP sous 55o volts.
- La même Société a reçu aussi commande d’une locomotive électrique de 1 5oo HP avec 3 moteurs de 5oo, courant monophasé, 12000 volts, 16 2/3 périodes pour le compte de la Compagnie des chemins de 1er du Midi.
- Haute-Savoie. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramways électriques de Col-longes-sous-Salèvc à la frontière suisse.
- Nord. — Est déclaré d’utilité publique rétablissement : i° d’un prolongement jusqu’à Herseaux, de la ligne n° 3 du réseau des tramways de Roubaix; 20 d’un prolongement jusqu’à Toufflers, de la ligue n° 5 du même réseau ; 3° d’un raccordement parle boulevard de Metz des lignes actuelles n08 8 bis et 9 du même réseau.
- Manche. -— Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une nouvelle ligne de tramways à Cherbourg.
- Italie. — La Société des tramways de Bologne a été autorisée à construire une ligne de tramways électriques de Aleinanni à Crociali di Bologna.
- La Société des tramways de Livourne a obtenu l’aulo-risalion d’établir et d’exploiter une ligne de tramways électriques de Piazza Cavour-San Iacopo à Via Salvioni, Leghorn.
- La Société des tramways et chemins de fer électriques Civita Castellana-Yilerbo a obtenu, pour 70 années la concession d’une nouvelle ligne de 5okm environ de longueur entre Civita Castellana et Viterbo ; l’Etat garantit une subvention de 6 000 francs par kilomètre pendant 35 ans.
- Brésil. — La Chambre des députés a accordé à la Compagnie des chemins de fer du Centre l’autorisation de procéder à l’électrification de son réseau suburbain.
- Autriche. — U11 projet est à l'élude, à Vienne, pour la construction de deux lignes de chemins de fer souterrains se croisant au centre de la ville. La plus importante de ces lignes irait de la Sezession à Morzinplatz, soit un parcours dé 1 6oom. On construirait ultérieurement d’autres lignes, partant du terminus à la Sezession et réunissant la première au réseau de tramways interurbains.
- Les négociations en vue de l’électrification de la «Stadlbahn» se continuent activement, et l’on espère qu’elles seront terminées au courant de l’hiver. Le projet nécessiterait une dépense de /\0 à 5o millions de couronnes qui seca couverte par un emprunt de la ville. La réalisation du projet sera confiée à la Société Sie-mens-Schuckert avec le concours financier de la Liin-derbank.
- Suède. — La Société Siemens-Schuckert, de Berlin, vient de signer un contrat avec « l’Allcmanna-Svenske-Eleklrizitats-Àkticbolag », de Stockholm, pour la fourniture de la force motrice nécessaire au chemin de fer d’Offolen. Le prix convenu est de 5 120000 couronnes.
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- Russie. — Le ministère russe des voies et communications demande un crédit de 26 millions de roubles destiné à couvrir les frais d’acquisition du matériel roulant, locomotives et wagons-, dont nous avons parlé dans notre numéro du 2 octobre.
- ÉCLAIRAGE
- Cantal. — D’un commun accord entre les Compagnies des chemins de fer de Paris à Orléans et du Midi, les gares de Neussargues, Talizat et Saintc-Ànastasie vont être prochainement éclairées à l’électricité. L'usine électrique sera construite sur la rivière l’Alianche.
- Loire.— Le Conseil municipal de Feurs a chargé une commission d’examiner les propositions qui lui ont été faites pour l’éclairage électrique de la commune.
- Saone-et-Loire. — La compagnie de la Grosnc a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Tournus.
- Seine. — Le maire de Drancy, par suite de la non-communication de l’avis de la Compagnie d’éclairage, chauffage et force motrice sur les modifications apportées au traité par la commission, n’a pu soumettre le projet l’acceptation du Conseil municipal.
- Calvados. — L’étude du projet de l’éclairage électrique de Cuarage est terminée ; l'installation va avoir lieu prochainement.
- Doubs. —Les maires des communes syndiquées pour l’achat des forces de la Loue ont reçu des propositions d’une Société parisienne pour l'exploitation des forces et l’établissement de l’éclairage électrique dans la région.
- Autriche-Hongrie. — Comme suite à notre information du 26 juin, la Compagnie Adriatique d’électricité vient d’être constituée à Fiume par un groupe de capitalistes français. Elle espère disposer d’une force de 80000 chevaux qui seront employés pour l’éclairage électrique des territoires de Fiume, Agram, Trieste, etc,, et pour la traction électrique de plusieurs voies ferrées autrichiennes.
- La Landerbank vient d’obtenir du gouvernement autrichien l’autorisation nécessaire pour la fondation d’une nouvelle entreprise d’électricité qui se constituera sous
- la raison sociale : « Carborundum et Elektrik Werke », avec un capital de a5ooooo couronnes. Sur ce montant, 400000 couronnes sont représentées par des apports.
- Hollande. —Le Conseil communal de Gouda a décidé la construction et l’exploitation d’une usine électrique destinée à l’éclairage de la ville ; la dépense est évaluée à 258 000 florins.
- Le Conseil communal de Ooststellingwerf a accordé à M. Doyer, de Rotterdam, la concession pour la construction d’une usine d’électricité et l’établissement de l’éclairage électrique.
- ADJUDICATIONS
- ITALIE
- Le ministère des Travaux publics, à Rome, reçoit les propositions pour la fourniture des grues électriques nécessaires au port de Naples (concours international).
- Le 24 octobre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de matériel pour la centrale thermo-électrique de Gênes (adjudication internationale).
- Le 28 octobre, aux directions générales des arsenaux de la marine, à Spezia et Naples, fourniture de deux chaudières Marines cylindriques pour le navire royal Cilla di Milano, 77 ooq lires.
- «
- ALLEMAGNE
- Le 25 octobre, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Witten, fourniture d’une grue roulante de 3 5ooko de capacité, actionnée électriquement.
- Le 27 octobre, au service du gaz, des eaux et de l’électricité, à .Dresde, fourniture de 3 transporteurs actionnés électriquement.
- Le 1e1' novembre, à l’administration de la ville, h. For-bach (Alsace), établissement d’un tramway électrique.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Neisse, fourniture d’une machine pour l’usine d’électricité, 135 000 marks.
- \
- PtBtS. — imprimerie: levé, rue cassette, 17.
- Le Gérant : J,-B. Nouet,
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- Trente et Unième année. SAMEDI 23 OCTOBRE 1909. Tome VIII (2« série).— N* 43
- La
- Lumière Électrique
- Ppécédem'ment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — A. Blondel et C. Le Roy. Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties [suite], p. 99. —- Th. Lehmann. Méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force dans l’air, p. 107. — J. Reyval. L’électricité à l’Exposition Internationale de Nancy, p. no.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la mesure des pressions élevées déduite des variations de résistivité de conducteurs soumis à leur action, A. Lafay, p. ii3. — Etude, construction et essais de machines. Détermination du rendement des dynamos à courant continu lorsqu’on dispose de deux machines à peu près identiques, G. Bkion, p. 114. — Ares et lampes électriques et photométrie. Le rallumage de l’arc électrique, A. Pollock, M. Wéllisch et B. Ranclaud, p. 114. — L’amélioration de la lumière de l’arc au mercure, H. Ivks, p. ii5. — Transmission et distribution. La distribution de la tension diélectrique dans les câbles triphasés, ThoRnton et J. Williams, p. ii5. — Calcul des courants de charge dans les câbles triphasés, F.-W. Marchant, p. n6.j— Electrochimie et électrométaUurgie.\L’emj>loi du tungstène dans les soupapes électrolytiques, H. Walter, p. 117. —fBrevetS, p- 117.— Bibliographie, p. 118. - Correspondance,
- p. 118.— Législation et contentieux. Observation sur le paiement du droit de timbre dans les sociétés par actions, P. Boucault, p. 118. — Variétés. — La récupération de l’étain des déchets de 1er blanc par élec-trolyse, p. 122, — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. — Divers types de rhéostats destinés à l’étalonnage sur place des compteurs ou aux lampes de projection, p. I2Ô. — Chronique financière, p. 125. — Renseignements commerciaux, p. 127. —Nouvelles Sociétés, p. 128. — Adjudications, p. 128.
- ÉDITORIAL
- Après avoir exposé dans les articles précédents leur théorie pour le calcul des Lignes alternatives, MM. A. Blondel et G. Le Roy mettent en évidence, à l’aide de leurs constructions vectorielles des corrections, l’influence des diflerents éléments du problème.
- Ils montrent ensuite comment leur méthode permet d’étudier la distribution des tensions et des intensités sur la ligne. La faible importance des corrections, pour les lignes qui n’ont pas une très grande longueur, résulte de l’aspect des courbes établies à ce propos.
- Néanmoins, et pour faire mieux ressortir combien il est facile de les obtenir lorsqu’elles ne sont pas négligeables, les auteurs examinent une série d’exemples relatifs à des lignes exceptionnement longues et à tensions très élevées.
- Le premier de ces exemples, traité aujourd’hui, concerne un cas tel que celui de la transmission des chutes du Zambèze au Transvaal. Même dans ce cas, les auteurs montrent qu’on peut se contenter d’un nombre très réduit (deux ou un, suivant les quantités dont il s’agit) de tenues correctifs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N» 43 .
- Le problème des luîtes magnétiques repose tout entier sur la distribution des lignes de force dans l'air.
- Si l’on disposait d’une méthode générale pour étudier cette distribution, le calcul de toutes les machines électriques prendrait une précision jusqu’ici inconnue.
- C’est donc un problème d’importance absolument primordiale qu’aborde aujourd’hui M. Th. Lehmann, et pour lequel il se propose de donner une solution graphique exacte et générale.
- La base de cette théorie est l’existence du potentiel Laplacien qu’admet le champ magnétique dans l’air. Dans une étude préliminaire, l’auteur examine les différents types de. tubes de force qui se présentent dans la pratique, puis il considère le problème dans pa généralité en s’attachant d’abord au cas où les lignes de force émanent de surfaces équipotentielles. Ce cas est celui de certains moteurs monophasés où les dents du stator sont évidées dans la zone de commutation.
- Lorsque l’entrefer est très accidenté, l’auteur préconise une méthode de subdivision à l’aide de lignes de niveau plus ou moins nombreuses, et il indique le critérium qui permettra de les construire.
- En décrivant la partie électrique de l'Exposition Internationale de Nancy, M. J. Reyval s’attache surtout à faire mieux connaître les récentes machines qui y étaient présentées.
- La turbine à vapeur « Electra » à laquelle est consacré l’article d’aujourd’hui est basée assurément sur un principe ingénieux.
- En raison de la nouveauté de l’introduction industrielle de cette machine, nous pensons qu’on ne lira pas sans intérêt les résul-
- tats d’essais, complètement inédits, que l’auteur cite à ce propos.
- Dans la comparaison que fait M. Brion entre les différentes méthodes de mesure de rendement basées sur le principe d’Hopkin-son, il est surtout question de celle qu’a indiquée M. Blondel et des avantages qu’elle présente.
- On sait que dans cette méthode, deux machines auxiliaires interviennent pour compenser, l’une les pertes Joule, l’autre les pertes magnétiques et de frottement.
- Dans une application expérimentale faite par l’auteur, les courbes de résistance des induits manifestaient une sorte d’hystérésis, que l’auteur signale.
- La méthode employée par MM. Thornton et Williams pour étudier la distribution de la tension diélectrique dans les câbles triphasés j^résente l’originalité d’être inspirée par des analogies hydrauliques.
- Nous donnons deux exemples des curieux diagrammes ainsi obtenus.
- M. Marchant donne ensuite un procédé de calcul simple pour connaître le courant de charge dans les mêmes câbles.
- Avec son caractère élémentaire, il semble que cette méthode soit destinée à rendre de sérieux services.
- Enfin nous signalerons, en outre des intéressantes observations que présente M- P. Bougault sur une question administrative, l'analyse qui est faite dans nos Variétés des procédés de récupération électrolytique récemment décrits par M.M. Lombardi.
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- HEVXJË ' D'ÉLECTRICITÉ
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- 23 Octobre 1909.
- CALCUL DES LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS EN TENANT COMPTE DE LA CAPACITÉ ET DE LA PERDITANCE RÉPARTIES (Suite) “>
- Influence des différentes circonstances d’une transmission, — Cette manière de construire les vecteurs correctifs présente le grand avantage de permettre de faire ressortir assez facilement l’influence des différents éléments de la question, qui est extrêmement compliquée quand on emploie les formules exactes.
- On voit en particulier que :
- i° Les vecteurs principaux OM„ OP,, ON,, OQ, sont exactement les mêmes que si la capacité est concentrée au bout de la ligne et si le courant utile débité I, est constant dans la ligne;
- a° Toutes les corrections qu'on fait subir à ces vecteurs reviennent à les multiplier vectoriellement par des séries ordonnées en fonction du seul produit zwx2 — ZW, et du seul angle caractéristique S =0 + 0'; au point de vue des corrections, l’admittance w et l’impédance s jouent donc identiquement le même rôle, et il revient par suite au même d’augmenter, soit l’impédance, soit l’admittance ; de même toute variation du facteur de
- réactance — produit même effet qu’une variation égale du facteur de capacitance — .
- o
- Répartition des voltages et des intensités le long d'une ligne. — La méthode se prête aussi d’une manière facile à l’étude de la répartition des tensions et intensités le long d’une ligne. Il suffît de construire les vecteurs MjM, P,P, ON,, OQ,, d’abord pour la longueur totale de la ligne, puis de diviser
- P) Voir Lumière Electrique, 18 et a5 septembre 1909, p. 355 et 387.
- ces vecteurs en un certain nombre de tronçons correspondant à des points de division de la ligne (à chacun desquels correspond un certain x). Les longueurs des divisions sur M,M et P,P croîtront proportionnellement à x2, tandis que les divisions sur ON, et OQ, seront proportionnelles à x.
- Par chacun des points de division, on tracera les vecteurs correctifs du second ordre; par exemple les vecteurs M?, M3, étant parallèles entre eux et proportionnels à x\ et par suite à (M,M.,)2, la courbe qui relie les points M.j est une parabole, ainsi que la courbe des points P.,.
- De même les courbes des points Q., et Nu sont paraboliques du troisième degré, parce
- que les segments Q, Q.,, par exemple, sont
- proportionnels à x3, donc à (OQ,)3.
- L’aspect de ces courbes (voir fig. n et 12) montre que les collections vont en augmentant plus vite que les longueurs des lignes, mais elles ne sont sensibles que pour des lignes déjà très longues.
- EXEMPLES INAPPLICATION
- Dans ce qui suit, nous donnerons quelques exemples d’application en prenant des lignes exceptionnellement longues et à tensions élevées, afin de donner le plus d’importance possible aux termes correctifs.
- Nous considérerons successivement une ligne aérienne, puis une ligne souterraine.
- PiiEMiKR exemple. — Ligne aérienne pour transmission triphasée de 20 000 kilovolts-ampères à grande distance (1 200k'11) et à très haute tension (120 000 volts environ), à la fréquence 25 volts.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2» Série). — N° 43.
- Nous considérerons un problème tel que celui de la transmission des chutes du Zambèze au Transvaal, sur une longueur d’environ t aoohm, et nous supposerons qu’on emploie plusieurs lignes formées chacune de trois conducteurs portant 20 ooo kilovolts-am-pères; qu’on adopte pour conducteurs des
- câbles d’aluminium de 35o....12 de section
- nets, d’un rayon extérieur a = iam'",5, espacés d’axe en axe de d = 3 ,n, et placés à
- en appelant Z le facteur correctif de Lord Kelvin = ( i 4- - , )
- \ jï /-tnntlM/
- , ^
- a X ni - 4(log - +o,a5)
- o,ooi 147 henry /km.
- 0,02/| i
- lov
- /d
- 2 h
- \//, h1 + d1
- ,U. - 57756
- E elle! le des volts
- Fig. ii. — Epure des tensions.
- une hauteur moyenne (l) au-dessus du sol h— 9 mètres.
- Les résistances, capacités et self-inductions se déduisent de ces données, pour / = i5°, par les formules suivantes (2) :
- Z a’9 (' + °>°°3 9l5 1
- ^ 35o
- = 0,096 726 ohin/km.
- (*) Hauteur mesurée entre le sol et le centre du triangle ïormé par les sections des fils et moyennisée en tenant compte de la forme de la chaînette dans une travée.
- (2) En appelant lov le logarithme vulgaire et log le logarithme népérien.
- 0,0101a
- 10”
- farad/km.
- La formule employée ici pour la capacité est celle de Breisig. L’expérience et le raisonnement nous ont montré en effet que cette formule est la seule qui tienne compte exactement de l’influence de la terre et qu’elle doit rem placer par conséquent la formule
- 0,0241 / 1 1 \
- employée généralement en France, (et appliquée antérieurement par l’un de nous), qui donne des capacités trop fortes.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 101
- Pour la perditance, nous la calculons d’après la perte d’énergie probable en ligne ('), soit par exemple a 5oo watts par kilomètre.
- •i aoo (ioo ooo)2
- mhos/km
- io8
- On déduit de là immédiatement les impédance et admittance par kilomètre :
- u)
- 2
- échelle des ampères
- Fig. la. — Epure des intensités.
- (') Si on appelle p la perte totale d’énergie par kilomètre des 3 phases, elle a évidemment pour valeur, en supposant U,t. constant pour simplifier :
- p = 3 U;e ÿU,l: — 3g U,.2 on admet comme approximation Utl. = U> ; d’où
- ^ = (uV5)2-
- r2 | ^ ’ 1 ^ ’1 ^2 = o,ao/|5 ohms /ktn.
- . / /3i/|,i5 c\, 1,01/1 . ,,
- = W »-2 _]_ ( —L?----------V itilios/kni.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Série), -r- N° 43.
- et les angles caractéristiques
- A uil 3i3,i5 X o,oou/i7
- 0 =.- arc tg — --- arc tg——------——
- /' 2 X 0,096726
- = 6i° /|6' 5"
- 314,15 Xo,Oioi5
- , MC
- u' arc tg-— = arc tg
- 2 X 0,25
- = 8i#i5'2o"
- O = 0 -f- 0' = 1 4 2° 5 1 '2 T)"
- Le régime à l’arrivée se déduit de la tension donnée pour la réception (100000 volts entre fils, par exemple), et de la puissance transportée (ao 000 KVA), d’où :
- U, =
- I,
- y/3
- = 67 736 V.
- 20 000 000
- >/3
- 115,5 A.
- Pour simplifier, nous supposons <sl == o, c’est-à-dire le courant débité purement watté ; on peut toujours traiter ensuite le cas de ®, ^ o par rotation des vecteurs J0 et V0, comme on l’a expliqué plus haut (t. VU, p. 357, fig. 3 et 7).
- On Calcule d’abord, pour le régime au départ (x = x0 = 1 2ookm), les termes correctifs utilisés :
- - w .v2 0,2045 X 1,614
- 2 X io8 z tv x2 6
- (z W X2)2
- 1 200r —
- 0,2376.
- 24
- = 0,0792. = 0,0198.
- premières corrections sont déjà faibles pour les deux derniers termes.
- . Les erreurs relatives des termes négligés par rapport aux premiers termes de chaque série sont d’ailleurs donnés par le tableau I, qui montre combien elles sont pratiquement négligeables :
- Erreurs relatives approximatives :
- (z w x2)2 /2
- 720
- (3 w x2)2\J 1
- 120
- Erreurs absolues :
- (z W X2Y\]
- 0,00066 V'2 = 0,00396^/ 2
- M,Mt
- iy\
- Q.Q, ^
- u.
- 320
- i 8,606/2 0,0172/2
- i ‘2t>
- 1, ^ 53.3X;
- (z w
- x)3 /a
- -------- ij
- N,N„
- x2)2\/-,
- x U* ^ 0,2104 /a
- On voit combien les valeurs relatives des
- Tableau I. Ligne aérienne
- On voit qu’on est parfaitement en droit de se contenter de deux termes correctifs pour le calcul de U0 et I0, et d’un seul terme correctif pour le calcul de V0 et J0.
- Gela posé, on peut a fortiori négliger ces termes pour des distances x plus faibles. Le tableau ci-dessous résume les résultats des calculs effectués pour les vecteurs et les termes correctifs de puissance inférieure à la puissance xv\ en des points distribués de 200
- en 2ooli'n sur la ligne.
- X m,m2 = ÜJflu, m2m3 = (zmx*)2 U, FQ, = Q,Q3 = , ,, (IH’.1-2)2 P,l>2 = (z"'x-) , P2P;, = (3M’.l.-2)2 ^ O'N, = w.v U, n,n, = ,r ij
- ’2\ .. () 1 1 H {WX U
- 381,07 0,4192 4 722,20 10,389 0,7621 0 ,oo838 18 ,636 0,04 10
- 400 1524,27 6,7070 9 i-i 'i ,3o 83,11 2 3 ,0485 0,013 414 37 ,272 0,3280
- N 600 3429,60 33,954o 14 166,5o 280,5o 6,85() 1 0.06300-: 55 ,909 4 ,1070
- 800 6 097,10 107,311 18 889,00 664,90 12,1940 0,214620 74,545 2,6240
- 1 <)()() 95a6,70 261 ,990 a3 611,00 1 298,63 K) ,o53o 0,5-2.397 98,181 5 51a 51
- i aoo 13718,40 543,26} 28 333 ,00 2 244 ,o3 27 ,4367 1,08651 111,818 8,8562
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- 111
- tation assez limitée aux différentes puissances.
- Différentes solutions ont été proposées pour résoudre cet important problème :
- On peut diviser la vitesse en plusieurs étages; c’est le principe de la turbine « Cur-tis ». On peut aussi bien subdiviser la pression; c’est le principe des turbines « Rateau » et « Zoelly ».
- On peut enfin réunir ces deux artifices, et c’est ce qui est réalisé dans la turbine « Electra » du type compound destinée aux grandes puissances.
- Pour les petites puissances (au-dessous de 5o IIP), la turbine dont il s’agit n’est pas autre chose en principe qu’une turbine à action à plusieurs étages de vitesse ; mais, d’ordinaire, dans ces turbines, la vapeur d’échappement est orientée, à sa sortie de l’au-bage, de manière à agir sur une deuxième roué motrice, puis sur une troisième, etc., tandis qu’ici le même effet a été obtenu à l’aide d’un mode de construction particulier.
- La vapeur arrive par la tubulure œ, se répand dans l’espace périphérique ou enveloppe, et de là pénètre dans l’intérieur de la turbine par les deux (insères p dirigées en sens opposés (fig. î).
- Considérons, par exemple, l’ajutage de gauche. Après s’y être complètement détendue jusqu’à la pression du condenseur, la vapeur, dont toute l’énergie s’est ainsi transformée en vitesse, traverse l’aubage. Si la pression est de i ok« par centimètre carré, la pression au condenseur, de ok«,i (vide de 9° %) ; si, d autre part, la surchauffe est d environ 701', la température réelle de la vapeur sera de aSo”, sa vitesse de 1 aoom par seconde (').
- Pour 11e pas communiquer à la roue motrice une vitesse périphérique trop considérable, on a alors imaginé, au lieu de la faire
- t
- Fig. 2.
- attaquer une fois pour toutes, de la faire rejoindre en plusieurs endroits différents par le jet de vapeur, de telle sorte qu’à chaque fois le fluide ne perde qu’une fraction de sa vitesse totale.
- Par exemple, le cas de la figure 1 comporte 4 chutes de vitesses et l’on peut calculer les sections des canaux successifs S'il §21 (?:i façon que les fractions de la vitesse totale perdues dans chacun d’eux soient égales; la vapeur donnera alors, aux quatre points correspondants où elle-traverse l’aubage, une même impulsion sur la-roue-.
- (<) D’après A. Mauduit,Génie civil, i3el 20 février 1909.
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- T. VIII (2e Série). — N° 43.
- m
- On aura ainsi réduit la vitesse périphérique de cetle roue proportionnellement au nombre des étages de vitesse, c’est-à-dire dans le cas présent, dans le rapport de 4 à i. Or, pour une vitesse de vapeur de i aoom par seconde, il faudrait, si la vapeur ne traversait qu’une fois, donner à la roue une vitesse périphérique de par seconde
- pour avoir un bon rendement. Puisqu’il y a 4 étages de vitesse, il suffira donc d’une vitesse de ioompar seconde : telle est la solution de la réduction de vitesse dans la turbine « Electra ».
- En d’autres termes, une suite de roues à aubes successivement attaquées par la vapeur y est remplacée de manière équivalente par une seule roue attaquée successivement en plusieurs points.
- Aux grandes puissances correspond, comme nous l’avons dit plus haut, le type compound, à deux étages de pression dont chacun comporte plusieurs chutes de vitesse.
- Comme le montre la figure a, ce dernier genre de turbine possède deux roues motrices.
- Ainsi qu’il résulte de la description précédente, la machine se présente comme une création ingénieuse, et il est intéressant de voir ce qu’elle donne réellement dans la pratique industrielle.
- Nous avons pu avoir', communication de résultats d’essais faits tout dernièrement sur une tm*bine de 3oo chevaux accouplée à un alternateur triphasé.
- Ces essais ont été effectués exactement dans les conditions d’utilisation et non, comme l’ont fait certains constructeurs, avec une température de vapeur et un degré de vide incompatibles avec la pratique ; les chiffres relevés représentent donc exac-
- tement la réalité de marche industrielle.
- Les essais ont été faits au moyen d’un condenseur par surface, d’où une pompe à air humide extrayait la vapeur condensée qui était pesée. Les relevés étaient faits toutes les 5 minutes et la durée de chaque essai était de 3 heures. Ce mode opératoire très précis et à l’abri de toute cause d’erreur permet de conclure à l’exactitude rigoureuse des chiffres relevés.
- Tableau
- ESSAIS DE CONSOMMATION NUMÉROS DE LA SÉRIE D’ESSAIS I II III
- Pression moyenne à la chaudière. IOkS,2 10*8,2 IOk6,2
- Pression moyenne après le laminage 9*6,68 9%,60 9*6,4°
- Température moyenne de la vapeur 3o5° 3io° 3o8°
- Pression dans le receiver. 3a,5*0 ao*(‘) 0*6,20
- Pression dans le condenseur. 6g8mra(2) 694“ra(2| Gqomm(2)
- Pression atmosphérique. 751 75imm(2j 75imm (2)
- Vide en % 93kB 92%, 5 92*6
- IN ombre de tours à la minute. 3ooo*6 3ooo*s 3ooo*e
- Volts . . . . 204*6,7 213% ,209*6
- Ampères par phase 388% 455ks 607*6
- Kilowatts 121*6 148*6,2 197*6,5
- Charge en chevaux effectifs sur l’arbre de la turbine 196% 234*6 3o2*S
- Poids de la vapeur condensée par heure 1310*6 1492% i863*s
- Consommation par cheval-heure effectif 6*6,676 6*6,370 6*6,165
- Essai de régulation par décharge brusque de pleine
- charge à vide : Vitesse à pleine charge, 3oootours. Ecart en %:
- Vitesse maximum au lancé, 3 060 tours. 2 %.
- Vitesse 20 secondes après décharge, 3 025 tours. 0,8 % .
- (*) En % de vide. (2) En millimètres de mercure.
- (A suivre.)
- J. Reyval.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la mesure des pressions élevées déduite des variations de résistivité des conducteurs soumis à leur action. — A. Lafay. — Académie des Sciences, Séance du 4 octobre 190g.
- De même qu’il existe une méthode thermométrique basée sur la variation de résistivité du platine en fonction de la température, il était naturel de penser à utiliser, pour la mesure des pressions, les changements de résistance qu’éprouvent les conducteurs lorsqu’on les comprime ; aussi des méthodes piezo-métriques basées sur ce principe ont été proposées à diverses reprises parles physiciens.
- L’auteur a étudié plus spécialement l’action de la pression sur la résistance du platine, du mercure et de l’alliage (Cu84. Ni( Mn)2) connu sous le nom de manganine.
- En expérimentant sur du platine pur, sous forme
- de fils de —de millimètre, on obtient la relation 100
- linéaire :
- ------0 = — i,86 X t<)“6 p
- '0
- pour représenter la loi qui lie la résistance r à la pression p estimée en atmosphères.
- L’étude d'une résistance en mercure a fourni la formule suivante qui se rapporte à une température de i5°, les pressions jj étant évaluées en kilogrammes par centimètre carré :
- -—-° =— 32,7 x io~g p + 1,1 xio-y.
- '0
- A. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Détermination du rendement des dynamos à courant continu lorsqu’on dispose de deux machines à peu près identiques. — G. Brion. — Elektrotechniscke Zeitschrift, 16 septembre 1909.
- ployées pour déterminer le rendement de dynamos continues (mesure directe, essai au frein, méthode des pertes à vide), et montre que le principe énoncé par Hopkinson, consistant à faire débiter une dynamo sur une deuxième machine semblable, fonctionnant en moteur, offre cet avantage essentiel que la puissance à fournir au système représente simplement les pertes dans les deux machines. On peut les mesurer directement; l’exactitude est ainsi double de ce qu’elle est dans la méthode des perles à vide; de plus, les deux machines travaillent en charge ; la valeur trouvée pour les pertes est donc bien celle qui correspond à leur régime de marche normale.
- La méthode s’étend d’ailleurs aux alternateurs et aux transformateurs. Elle implique l’hypothèse que les pertes sont identiques dans les deux machines, ce qui n’est pas exact, et l’est d’autant moins qu’on s’éloigne davantage de la pleine charge.
- Kapp a simplifié la méthode d’IIopkinson par le procédé connu, et de deux manières : soit en mettant les deux dynamos en parallèle, soit en montant leurs induits en série.
- Hutchinson a modifié à son tour la méthode de Kapp en faisant en sorte que l’état magnétique des deux machines soit le même et ait sa valeur normale.
- Cependant la chaleur Joule, dans les deux machines, n’est pas la même.
- Méthode de M. Blondel.
- Fig. ..
- Enfin, M. Blondel a proposé une méthode dérivée de celle d’IIopkinson et qui ne paraît pas s’être répandue. Elle peut être schématisée comme l’indique la figure 1.
- La puissance nécessaire pour compenser les pertes magnétiques et par frottement est fournie par un petit moteur auxiliaire étalonné II, et celle néccs-
- L’auteur rappelle'les différentes méthodes em-
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- 114
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2*Série). — N»43.
- saire pour compenser la chaleur Joule, par une génératrice auxiliaire Z. L’avantage de cette méthode est la grande exactitude qu’elle permet d’atteindre et aussi la parfaite similitude de charge des deux machines, ce qui est essentiel pour des essais de durée. La seule cause d’erreurs, d'ailleurs insignifiante, réside dans la réaction d’induit, différente pour le moteur et pour la génératrice.
- L’auteur a déterminé par cette méthode le rende-mentdedeux machines de 5 IIP de même construction.
- Au cours de ces essais, la résistance de l’induit fut mesurée de la manière suivante : après un certain temps de fonctionnement, les deux machines furent mises en recharge pendant huit heures, puis le moteur auxiliaire II amené à une vitesse faible (environ 5o tours par minute) et les excitations furent coupées; le magnétisme rémanent était à peine mesurable.
- Cependant la résistance totale des deux induits, les températures et les caractéristiques étant les mêmes, avait une valeur variable.
- La courbe des résistances semble présenter une sorte d’hystérésis, c’est-à-dire que, pour une intensité déterminée, la résistance est plus grande si le courant va en croissant que s’il va en décroissant.
- Les essais ont montré que les deux dernières méthodes ci-dessus donnaient des résultats très sensiblement concordants, et qu’il est impossible de compter sur une valeur absolument sûre et constante pour le rendement d’une machine électrique. Il est donc inutile de chercher à l’atteindre, et cela tient en première ligne à la résistance de contact des balais en charbon, résistance mal déterminée et constamment variable.
- L’auteur souhaite de voir la méthode de M. Blondel se répandre, car elle a à ses yeux cette supériorité que, dans les recherches purement techniques, les points pratiques envisagés en dernier lieu ne jouent qu’un rôle secondaire ; il s’agit surtout, en effet, d’étudier de plus près l’action des différentes parties de la machine, et l’avantage doit rester à la méthode qui permet de faire cette analyse de la façon la plus précise et la plus étendue. E. M.
- ARCS, LAMPES ELECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Lp rallumage de l’arc électrique. — A. Pol-lock, M. Wellisch et B. Ranclaud. — The Electri-cian, i3 août 1909.
- Lorsqu’un arc électrique est établi entre deux
- charbons situés à une distance déterminée et qu’il vient à s’éteindre, il peut se rallumer, en rapprochant simplement les deux charbons, sans qu’il soit nécessaire de les amener en contact, pourvu qu’il ne se soit pas écoulé un temps trop long depuis l’extinction.
- De même, si le circuit est rompu, puis rétabli au bout d’un temps très court, l’arc peut se rallumer sans que l’on ait à toucher les charbons.
- Le temps maximum au bout duquel l'arc se rallume, dans ce deuxième cas, dépend évidemment de l’écartement des charbons ainsi que de l’intensité du courant. Cette partie du problème a été étudiée notamment par M. Upson. Mais il intervient également une autre donnée qui est la différence de potentiel enti’e les électrodes au moment où l’on rétablit le circuit.
- C’est sur cette seconde partie du problème que les auteurs ont fait porter leurs recherches.
- Ils ont trouvé que, toutes choses égales d’ailleurs, la durée inaxima d’interruption du circuit compatible avec le rallumage de l’arc est extrêmement bien définie et égale, d’après leurs mesures, à 0,002 sec.
- En outre, ils ont étudié l’influence de la position relative des charbons sur le phénomène.
- Pour des charbons dans la position normale, ils ont d’abord renversé le courant pendant la rupture du circuit et traduit alors par des courbes la relation entre la tension au moment du rétablissement du circuit et la durée de la rupture. Pour un courant primitif de 10 ampères et pour une longueur d’arc de imm,3, les résultats sont les suivants :
- Tableau
- INTERVALLE 1>E RUPTURE EN SECONDES TENSION i:n volts
- 0,1 7 3
- 0,2 83
- 0,3 106 (’)
- A. P.
- (') Cf. Ursos. Observations on The Electric Arc, The Elcctrician, iet nov. 1907, p. 91 ; Poli.ok et Kak-ci.aud. Phil. Mag., mars 1909; Ayrto.n. The Electric Arc, p. 104.
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- L’amélioration de la lumière de l’arc au mercure. — H. Ives. — Electrical World, 2,3 septembre 1909.
- L’auteur s’est proposé, pour rendre blanche la lumière vert jaunâtre de l’arc au mercure, de lui adjoindre la couleur complémentaire
- Sa méthode est basée sur l’emploi d’un colori-mètre spécial, ainsi que du triangle des couleurs de Maxwell.
- Il a ainsi établi que les deux lumières les plus voisines de la couleur complémentaire cherchée sqnt celles du gaz de Welsbach et de la lampe électrique au tungstène; les synthèses correspondantes ont montré que le résultat le plus favorable était fourni par la lampe au tungstène.
- La consommation d’énergie pour la combinaison tungstène-mercure est de 0,80 watt par -< candie», en supposant une proportion de i,a5 watt spécifique pour le tungstène contre o,5j watt pour la Coo-per Hewitt.
- A. P.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- La distribution de la tension diélectrique dans les câbles triphasés. — M. Thornton et J. 'Williams. —Engineering, 27 août 1909.
- Le problème dont les auteurs donnent ici une solution approchée consiste à trouver la loi de répartition du voltage en chaque point de la section transversale d’un câble triphasé, à un instant quelconque.
- Les capacités entre les trois conducteurs que contient le câble sont très bien connues en théorie comme en pratique; mais comme la durée de vie du câble dépend de la nature et de la grandeur de la tension électrique dans l’isolant, il est nécessaire de connaître l’allure générale de variation de cette tension, plus spécialement dans la région qui sépare les conducteurs, pour pouvoir tirer une conclusion des essais de rupture.
- L’originalité de la méthode employée a consisté à faire appel à des analogies hydrauliques, en considérant les « lignes de courants » des professeurs Hele-Shaw et Hay, à l’aide desquels ils ont traité différents problèmes relatifs à la distribution des champs magnétiques.
- Pour passer au cas du problème électrostatique,
- il suffit de remplacer la perméabilité par la constante diélectrique, de façon que la relation établie entre les perméabilités de deux surfaces adjacentes de la pellicule (proportionnalité au cube des épaisseurs) s’applique également aux constantes diélectriques.
- Deux plaques de verre circulaires de 6 pouces de diamètre et o,5 pouce d’épaisseur furent préparées et très soigneusement polies. Trois trous furent percés dans l’une d’elles, à 3 pouces d’intervalle et à égale distance du centre. Deux tuyaux de laiton prolongeant des tubes de caoutchouc et munis de robinets réglables furent insérés dans deux de ces trous; dans le troisième trou était inséré un injec-teur spécial (fig. 1).
- La deuxième plaque de verre fut alors recouverte de paraffine fondue polie, et représentait,à l’échelle, la section du câble triphasé, tandis qu’une cavité annulaire entourant le tout représentait l’enveloppe. La couche de paraffine était percée de trous correspondant aux tuyaux de la première plaque.
- Fig. 1.
- Les deux plaques appliquées l’une contre l’autre à l’aide d’une rondelle de papier formant joint étaient disposées comme l’indique la figure 1.
- On injectait alors de la glycérine rouge et blanche dans l’un des tuyaux en la laissant s’écouler par chacun des deux autres, de sorte que le premier fonctionnait comme tuyau d’adduction et les deux autres comme tuyaux d’écoulement.
- Les photographies des lignes de courants obtenues à travers la plaque transparente (c’est-à-dire celle où aboutissaient les tuyaux) n’étaient pas aussi bonnes
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- que dans le cas du champ magnétique. Le plus grand obstacle venait de l’extension des filets liquides au sortir de l’injecteur.
- Les diagrammes représentés par les figures a et 3, que nous reproduisons à titre d’exemples, se rapportent à un modèle pratique de câble à haute tension : 6 6oo volts; diamètre de chaque toron :
- 0,46 pouce; épaisseur du diélectrique entre conducteurs : o? a/| pouce; entre conducteurs et enveloppe : o/|8 pouce.
- Les auteurs n’ont pas prétendu résoudre par ces observations le problème complet de la transmission par câbles triphasés, mais seulement donner un moyen de se renseigner sur un grand nombre de points, bases d’une future théorie (*).
- T. D.
- Calcul des courants de charge dans les câbles triphasés. — E. W. Marchant. — The Elec-trician, 3 septembre 1909.
- L’auteur remarque en premier lieu que le calcul des courants de charge sur une ligne triphasée ne peut pas se faire en calculant successivement les courants de charge dus à la capacité de chaque paire de conducteurs considérée séparément et en les ajoutant, la différence de potentiel entre les deux conducteurs étant supposée connue; c’est-à-dire si on désigné par CI2 la capacité en les brins 1 et 2, et par Vl3 sin i>U la différence de potentiel entre ces mêmes conducteurs, et ainsi de suite, le courant de charge total circulant dans 1 ne sera pas donné par la somme géométrique des vecteurs C12 V1:, (0 et C,;t Vl3 co.
- La raison de cette apparente anomalie est que les charges respectives ducs aux différentes tensions des diverses parties du système ne sont pas en phase les unes avec les autres.
- auteur considère en premier lieu le cas simple
- (*) Cf. A. Russeli.. Alternating Currents Pkil. Trans. vol. CXCV, p. 3o3-3ü7.
- d’une ligne aérienne à trois fils disposés en triangle équilatéral.
- La capacité kilométrique entre 1 et 2 a pour expression :
- IO'
- 36 lig. ?
- microfarads.
- D étant la distance d’axe en axe des fils et /* leur rayon, mesurés avec la même unité et D étant supposé très grand par rapport à
- Si maintenant cette ligne de transmission est alimentée en courant triphasé, on démontre que la capacité effective par unité de longueur a pour expression :
- 2\/3 log
- D
- r
- en unités électrostatiques, et que le courant de charge par kilomètre est donné par la formule :
- V tù
- -----------------~ ampères,
- 3i,i8 X io° log —
- V étant la différence de potentiel entre fils et (*> la période.
- Si l’on compare cette valeur avec celle du courant de charge qui passerait dans chaque fil si deux d’entre eux fonctionnaient en courant monophasé, l’autre étant isolé, on voit que les deux valeurs sont dans le rapport 1.155.
- L’auteur considère ensuite le cas d’un câble triphasé.
- V12
- En désignant les capacités entre fils par Cj et celle entre un fil et l’armature par on peut déterminer la capacité de la manière suivante. Le courant du fil 1 est en avance de 3o° sur la différence de potentiel entre 1 et 1.
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- Or, si l’on représente par OVt la différence de potentiel étoilée entre i et l’enveloppe, et par OV2 et OV3 les deux autres quantités analogues, la différence de potentiel entre i et a sera représentée par le vecteur OV,2, décalé de 3o° ; le courant dans i est donc en phase avec OV,, et l’on peut le représenter par OQ.
- Le courant de charge correspondant à la charge Q est alors O I£l, en avance de yo° sur O Q (puisque
- r • rfQ\
- dt )
- La charge due à chaque instant à la différence de potentiel entre les fils est en phase avec la tension étoilée, et par suite avec la charge du fil due à la capacité entre le fil et l’enveloppe; le courant total de capacité qui circule dans l’enveloppe peut donc être déterminé en ajoutant numériquement les courants de charge dus aux capacités Ci et C...
- La valeur maximum du courant de charge dû à V
- C2 s’écrit —— C.2 w. y/3
- Par conséquent, la valeur maximum du courant de charge dans chaque fil est donnée par :
- (:, + &,).
- V étant mesuré en volts et C,, C2 en farads.
- Influence des harmoniques sur le courant de charge. — L’auteur fait observer que si l’on fait fonctionner un alternateur triphasé monté en étoile sur une ligne triphasée, il n’y aura pas de composante du courant de charge de fréquence triple, si grande que puisse être la composante 3 de la force électromotrice.
- La force électromotrice ondulatoire, dans ces machines, est en effet semblable dans les trois phases, pourvu que les enroulements soient symétriques, et, par suite, il n’y aura pas d’harmonique 3 de la différence de potentiel entre deux conducteurs.
- Ce résultat est d’ailleurs général et s’applique à un harmonique d’un ordre quelconque, dont la fréquence est un multiple du triple de celle de l’onde fondamentale.
- T. D.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- L’emploi du tungstène dans les soupapes èlectrolytiques. — H. Walter. — The Electricien, icr octobre 1909.
- L’auteur établit que le tungstène, aussi bien que l’aluminium et le tantale, peut être employé dans les soupapes électrolytiques.
- Le voltage critique est, en général, dans les acides énergiques, plus haut pour le tungstène que Ipour l’aluminium; celui du tantale reste le plus élevé des trois.
- La sensibilité à la chaleur est absolument nulle. Par contre l’effet produit par la rupture du courant est beaucoup plus prononcée (').
- En courant alternatif pour une tension de 23 volts aux bornes du courant continu rectifié, l’ampèremètre à bobine mobile indiquait o,o/,3 ampères, tandis que l’ampèremètre thermique indiquait 0,13 ampères. Le rapport de transformation du courant (selon la définition de Jakob) (?) était donc de 33 % .
- E. C.
- BREVETS
- Dispositif de commande électrique a distance des compteurs électriques dits à tarifs multiples. — Brevet n° 45 384. —Société Genevoise pour la construction d’instruments de physique et de mécanique (3).
- Ce dispositif est caractérisé par un moteur magnéto-électrique A à courant continu branché entre le réseau d’exploitation et la terre T et actionnant le mécanisme du compteur par l’intermédiaire d’un segment denté F ct d’un cliquet ; ce cliquet actionne une roue a ressort spiral antagoniste, qui
- (') Cf. G. Schulziï. Zeitschrift fur Elekirochemie, vol. XIV, 1908, p. 333.
- II01.TZ. Physikalischc Zeitschrift, vol. VI, 1905, p. 480.
- (* 2) Jakob. Sammlung Elektrotechn. Vortrüge, IX, p. 76, 1906.
- (3) Extrait de la Sclaveizerische Elektrotechnisçhe Zeitschrift, a5 septembre 1909.
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- ramène le dispositif à son point de départ par une
- ' marche arrière après chaque émission de courant continu.
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Les matières abrasives industrielles. — J. Escard. — Un volume in-8° raisin de 169 pages
- avec 106 figures. — C11. Béranger, éditeur, Paris, — Prix : broché, 10 francs.
- L’auteur passe en revue, par ordre de dureté décroissantes, tous les corps que leur fabrication ou leurs usages comme matières dures rendent intéressants pour l’industrie.
- M. J. Escard insiste sur l’utilisation pratique et économique de ces matières ; à ce point de vue, il traite avec quelques détails la question du rendement économique des meules.
- La science des matières abrasives intéresse aujourd’hui toutes les branches de l’activité industrielle, et il était opportun de rassembler les notions qui s’y rapportent dans un ouvrage à la fois simple et suffisamment technique.
- T. P.
- CORRESPONDANCE
- Notre collaborateur, M. Marcel Armengaud, nous prie de faire remarquer que, dans l’article paru dans le numéro de la Lumière Electrique du i'I février 1909 il a omis de signaler M. Lemale parmi les ingénieurs qui se sont occupés de la turbine à gaz.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Observations sui' le paiement du droit de timbre dans les sociétés par actions.
- Les exigences du fisc, en ce qui concerne le paiement des droits si lourds qui grèvent les sociétés anonymes, nous ont poussé à donner quelques principes intéressants tant en matière de droits de tirpbre et de transmission qu’en matière d’impôt sur le revenu.
- La division en paragraphes rendra plus claire la lecture des principes qui vont suivre.
- Observations générales. — Tarifs. —Avant i85o, c’est-à-dire à une époque où les sociétés étaient infiniment moins répandues qu’elles ne le sont aujourd’hui, les actions ou obligations qu’elles émettaient étaient considérées par l’Administration de l'Enregistrement comme une sorte de titre sui generis, qu’aucune loi 11’avait soumis à la nécessité du timbre et qui était simplement destiné à rendre plus commode la preuve des droits de ceux qui avaient confié des fonds à la société.
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- Il en résulte que le titre pouvait très bien ne pas être timbré, s’il ne tombait pas sous les yeux du fisc, et qu’en tout cas, s’il était soumis à la formalité du timbre, il n’était frappé que du « timbre de dimension », c’est-à-dirë du droit de ofr. 6o, i fr. ao, i fr. 8o, selon qu’il était imprimé sur une feuille plus ou moins grande.
- L’importance considérable prise par les sociétés par actions poussa le Gouvernement à créer un impôt nouveau qui devait être pour lui, très rapidement, une ressource importante.
- Il édicta, le 5 juin i85o, une loi dont il faut retenir trois grands principes.
- Le premier, d'après lequel chaque titre ou certi-ficat-d’action dans une société, compagnie ou entreprise quelconque, financière, commerciale, industrielle ou civile (que l’action soit d’une somme fixe ou d’une quotité, qu’elle soit libérée ou non libérée), est assujetti au timbre proportionnel de o fr. 5o % du capital nominal pour les sociétés, compagnies ou entreprises dont la durée n’excédera pas dix ans, et de i % pour celles dont la durée excédera dix ans.
- Ce droit qui serait exigible d’un seul coup dès la création du titre peut être remplacé par un autre tarif qui est exigible « annuellement », qui s’appelle 1’ « abonnement » et est égal à o fr. 06 de la valeur normale du titre.
- Deuxième principe : l’article a5 exclut de l’application de l’impôt les titres non négociables dans les termes suivants : « Les dispositions des articles (c précédents ne s’appliquent pas aux actions dont la « cession n’est parfaite à l’égard des tiers qu’au « moyen des conditions déterminées par l’article « 1690 du Code civil, ni à celles qui ont été for-« mellement dispensées par une disposition de loi. »
- Enfin, l’article 27 impose aux obligations négociables des sociétés le même impôt qu’à leurs actions dans les termes suivants : « Les litres d’obligations « souscrits à compter du ier janvier 1851 par les « départements, communes, établissements publics « et compagnies sous quelque dénomination que ce « soit, dont la cession pour être parfaite à l’égard « des tiers n’est pas soumise aux dispositions de « l’article 1690 du Code civil, seront assujetties au « timbre proportionnel de 1 % sur le montant du « titre. »
- l’action négociable est seule soumise
- « Nous avons expliqué en différentes occasions « que l’action est un titre qui peut être librement « cédé, tandis que la part d’intérêt, en principe, est
- « incessible comme faisant partie d’une société de « personnes et de capitaux. »
- Ici nous trouvons un élément nouveau extrêmement important qui s’appelle la négociabilité que l’on a le tort dans la pratique de ne pas distinguer suffisamment de la cessibilité. La loi s’applique seulement à l’action négociable, et non pas à l’action simplement cessible.
- On dit qu’un titre est cessible quand il peut être transmis par . les mies civiles, telles qu’elles sont déterminées par les articles 1690 et suivants du Code civil.
- Cet article est ainsi conçu : « Le cessionnaire (1c’est-à-dire le bénéficiaire de la cession, celui qui reçoit le titre) n’est saisi [c’est-à-dire n’est reconnu propriétaire), à l’égard des tiers, que par la signification du transport faite au débiteur [c’est-à-dire à la société) ».
- Il s’ensuit que, lorsque je veux céder à une personne mon droit dans une société, où les titres ne sont que cessibles, je dois (pour assurer la régularité de ma cession et si je veux que la société reconnaisse bien pour seul et unique propriétaire la personne en faveur de qui je l’ai faite) faire signifier cette cession par ministère d’huissier au siège social de la société.
- Il faut donc, pour toute cession volontaire, faite par les voies civiles, deux éléments nécessaires : le premier sera un acte intervenu entre les parties, le cédant et le cessionnaire (acte écrit sous seing privé ou authentique); le second sera un acte d’huissier qui portera à la connaissance de la société le contrat intervenu, et qui équivaudra à une sommation de considérer le cessionnaire comme unique propriétaire, aux lieu et place du cédant.
- Au contraire, on dit qu’une action est négociable quand elle peut être valablement transmise par le moyen que l’on appelle les voies commerciales, c’est-à-dire par l’accomplissement de certaines formalités qui sont écrites dans le Code de commerce.
- Ces formalités sont : la simple remise du titre, quand celui-ci est au porteur; Vendos, qui est l’inscription au dos d’un titre à ordre de la transmis-’ sion de celui-ci par une personne à une autre, comme cela a lieu en matière de lettres de change, et enfin le transfert qui est l’inscription sur les registres de la société du nouveau propriétaire.
- On donne à ces trois modes de transmission l’épithète de commerciaux parce qu’ils sont régis par le Code de commerce.
- La tradition de la main à la main et le transfert sont prévus d’une façon formelle par les articles 15
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- N° 43:
- et 36 dudit Code, ainsi conçu : U action peut être établie sous les formes d'un titre au porteur; dans ce cas la cession s opère par la cession du titre; la propriété des actions peut être établie par une inscription sur les registres de la société ; dans ce cas la cession s'opère par une déclaration de transfert inscrite sur les registres et signée de celui qui fait le transport ou son fondé de pouvoirs.
- L'endos est le type de la transmission en matière commerciale de tout ce qui est à ordre.
- Le premier principe à retenir est donc que, d’après la loi (art. i/j), ne peuvent être frappées que les actions négociables et sont exemptes toutes les actions qui ne peuvent être que cédées.
- Précautions à prendre en ce qui concerne les actions d'apport.— Il résulte de ce qui vient d’être dit : i° que les actions d’apport sont considérées comme non négociables, tant qu’elles restent à la souche; 20 qu’elles ne doivent payer le timbre proportionnel que lorsqu’elles deviennent négociables ; 3° qu’il est prudent de ne pas les faire signer par les administrateurs, car, tant qu’elles ne seront pas signées, elles seront inexistantes au point de vue du fisc; elles peuvent toutefois être imprimées en même temps que les autres, ce qui constitue une économie, les imprimeurs prenant généralement un prix exorbitant pour faire deux tirages ; 4° que si un actionnaire exige que les titres auxquels il a droit soient, même pendant le délai de deux ans, constatés par un écrit, il faudra lui donner un certificat du format de o fr. 60, et le faire timbrer à ce taux ; ce certificat indiquant à quel nombre d'actions il a droit.
- Titres compris sous le nom d'actions. — Doivent être assimilés aux actions, s’ils sont négociables, les titres représentant les parts de fondateurs, les délégations et les coupons d'actions. Mais on ne saurait assimiler à un titre négociable l’acte de souscription à l’émission, ni le certificat provisoire à échanger contre le titre définitif. Tous ces papiers, en effet, ne sont pas susceptibles de négociations.
- Des conditions auxquelles le droit est du ; conseils pratiques. — Pour que le droit soit du, il faut : a) que le titre soit créé; b) qu’il soit émis.
- a) La création du titre, c’est son existence matérielle révélée par un papier revêtu des signatures qui lui donnent son caractère définitif.
- Il suffit de lire des statuts de sociétés par actions
- pour y trouver toujours un article conçu à peu près dans ces termes : « Les actions sont extraites d’un livre à souche, revêtues d’un numéro d’ordre, frappées du timbre de la société et signées par deux administrateurs. » Tant que la signature des deux administrateurs n’est pas posée sur le titre, alors même que le titre est timbré, il n’y a pas création du litre. Cette création n’intervient que quand le titre en est définitivement revêtu.
- b) Il y a émission (et c’est la seconde condition nécessaire), quand les titres, même non livrés aux ayants droit, sont « attribués» à chacun d’eux. Nous ne disons pas « remis », car un titre peut être frappé du droit de timbre, bien qu’il reste dans les caisses de la société et soit encore attaché à la souche ; mais il faut qu’il soit « attribué ».
- Or l’« attribution » c’est, en réalité, la constatation par les livres de la société que les titres sont affectés à ceux qui y ont droit, pour leur être donnés sur leur simple demande.
- A quel moment cette situation commence-t-elle? C’est la question qui, dans la pratique, donne lieu à des difficultés de fait, d’autant plus considérables que l’Administration peut en établir la preuve par toutes les voies de droit, et même par voie de présomptions graves. (Cassation, 27 juin i883, Dalloz, 84, 1, ^9, et Cassation, 23 février 187?). Dalloz, 75,1,370).
- Pour empêcher des discussions stériles, nous conseillons de ne faire signer qu’au fur et à mesure des besoins, c’est-à-dire des demandes des actionnaires, les titres qui doivent leur être remis. Si l’Administration, dans ses visites, prétend soutenir qu’il y a eu « émission », on lui répondra qu’en tout cas il n’y a pas eu « création », en lui montrant les titres non signés. Comme les deux conditions sont nécessaires, le problème sera résolu contre elle sans discussion.
- Des titres en renouvellement. — Tous les titres qui sont renouvelés ne sont pas soumis au timbre,, il en est de même pour les titres délivrés par suite de transfert, ou en remplacement d’un titre lacéré, ou enfin à la. suite de modifications statutaires; le principe est que l’exemption est de droit à la condition que le nouveau litre soit bien la représentation exacte de l’ancien qui a été préalablement timbré.
- OBSERVATIONS EN CE QUI CONCERNE i/àBONXKMENT
- L’abonnement est un tempérament à la rigueur de
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- la loi parce qu’il ne nécessite pas un décaissement immédiat, ce qui permet à la société de payer par fractions et sur ses revenus une taxe annuelle, ensuite parce qu’il est admis par la loi que si la société devient infructueuse, l’abonnement peut être suspendu, à la condition qu’il ait fonctionné pendant deujç années consécutives, dites années d’épreuve.
- Le tarif de l’abonnement est indiqué par l'article 22 de la loi du 5 juin i85o, qui est ainsi conçu : « Le droit sera annuel'et de o,o5 par cent francs « du capital nominal de chaque action émise; à dé-« faut de capital nominal, il sera de o,o5 par cent « francs du capital réel, dont la valeur devra être « déterminée d'après les règles établies par les lois « sur l’enregistrement. »
- Le tarif ainsi défini, a été modifié par la loi du 3o mars 1872 (art. 8), qui a soumis le droit de timbre aux décimes supplémentaires édictés par la loi du 23 août 1871 (àrt. 2), ce qui fait que le tarif, décimes compris, est de 0,06 % du capital du titre.
- Le paiement de la taxe d’abonnement sera fait au bureau de l’Enregistrement du lieu où se trouvera le siège de la compagnie ou de l'entreprise. Cette taxe doit être acquittée en quatre termes égaux à la fin de chaque trimestre (art. 22 et 31) ; il résulte de cette disposition que la taxe due pour chaque trimestre n’arrive à échéance et ne peut être réclamée par l'Administration que lorsque ce trimestre est écoulé, ce qui en reporte le paiement aux premiers jours du trimestre suivant.
- La loi n’a d’ailleurs fixé aucun délai pour le paiement, aucune amende ne peut être encourue pour un simple retard.
- Le paiement est calculé d’après les jours écoulés, depuis le jour qui sert de point de départ à l’exigibilité du droit, et les paiements suivants échoient le dernier jour de chacun des mois de mars, juin, septembre et décembre.
- D’après la solution du 29 mars et du 3o avril i858, il faut calculer, lorsque le droit cesse d’être exigible, la fraction complémentaire jour par jour.
- Ce paiement est à la charge de la société; il faut donc remarquer que les termes employés par la loi, et qui qualifient d' «avance » le paiement des droits par la société, sont inexacts.
- Il en résulte : x° que la société ne peut pas, sur le montant du coupon, retenir autre chose que le droit de transmission et l’impôt sur le revenu ; 20 que le fisc ne peut pas frapper de l’impôt sur le revenu le paiement fait par la société, tandis qu’au contraire, il y a augmentation du coupon, si la so-
- ciété paie la taxe transmission et celle de 4 % sur le revenu qui sont à la charge de l’actionnaire.
- L’abonnement est irrévocable pour toute la durée de la société, et la taxe continue à être payée même lorsque les actions sont amorties (art. 22 de la loi de i85o), ou lorsque le capital subit une réduction. Pour être dispensée de la taxe, il faut que la société soit en faillite ou en liquidation ; dans toute autre circonstance, l’abonnement ne peut être que suspendu.
- Suspension de Vabonnement, — Si une société, dit l’article 24 de la loi, postérieurement à son abonnement, n’a payé ni dividendes, ni intérêts, il y aura dispense du droit, tant que durera cette situation et qu'il n'y aura, par conséquent, ni répartition de dividendes, ni répartition d’intérêts entre les actionnaires.
- La loi a cité, d’une façon explicite, les intérêts et les dividendes; cela provient de ce fait que certaines sociétés font elles-mêmes cette distinction en prenant et en distribuant un intérêt dit « intercalaire », au détriment de leur propre capital, le service des dividendes ne devant être pris qu’aussitôt que la période du fonctionnement normal permettra de donner un bénéfice, ce qui est synonyme de dividende.
- S’appuyant sur la distinction faite par le texte précité, la jurisprudence a décidé qu’une société qui donne des intérêts sur son capital ne peut être considérée comme improductive, et doit la taxe.
- Mais, pour qu’une société soit improductive, il suffit que le bénéfice ne soit pas réparti.
- S’il existe, mais s’il est gardé dans le patrimoine social, la société n’en est pas moins improductive, car il peut arriver que les intérêts, ou les dividendes gardés ainsi soient perdus par l’actionnaire, dans le cours des aimées suivantes. Il y a lieu d’appliquer les principes établis par l’impôt sur le revenu sur les sociétés improductives.
- Le mécanisme de la suspension de l'abonnement est assez difficile àpréciserclairement. Nous devons préciser par des exemples, et suivre la marche de la société d’après l’ordre chronologique des événements qui se produisent.
- Des sociétés à leur début. Années d’épreuve. — Supposons une société qui se crée. Elle va contracter l’abonnement et payer la taxe du timbre, pour tous ses titres, du jour où elle les aura à la fois créés et émis, c’est-à-dire qu’elle paiera cette taxe à la fin de chaque trimestre au bureau de l’Enregistrement où se trouve le siège de la société.
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- Elle en retirera un reçu. A partir du jour déclaré par elle de cette émission de litres, commencera à courir un délaide deux ans pour lesquels la taxe sera due.
- Si, dans la troisième année, elle ne distribue pas de dividende, elle pourra soit ne pas payer la taxe, si elle est en mesure, dès qu’arrivera la nouvelle échéance du paiement trimestriel, de prouver par ses comptes (délibération du conseil d'administration et assemblée générale) qu’elle ne donne pas de dividende, soit se la faire rembourser si elle a dû la payer par anticipation, ce qui arrive fréquemment ; car il est assez rare que des échéances de paiement coïncident exactement avec les comptes des exercices sociaux.
- Pour se guider en cas de doute, il faudra retenir les principes suivants : les deux années dites d’épreuve sont distinctes des exercices sociaux ; elles constituent deux périodes de douze mois chacune, calculées depuis le jour du premier paiement de la taxe sur chaque titre.
- Le paiement effectué pour ces deux années n'est ïamais remboursé.
- Si, après avoir apuré ses comptes de la troisième année, la société donne des revenus, elle devra payer la taxe pour ladite année ; si, au contraire, elle ne donne pas de revenus, elle est dispensée de la taxe.
- C’est dans ce sens que l'on dit quelquefois qu’il faut trois années d’improductivité pour ne pas payer la. taxe d'abonnement. (Voir sur ce point le rapport du conseiller Tardif; Dalloz, 1876, 1, p. 277.)
- Du fonctionnement après les années d'épreuve. — Si, comme nous venons de le dire, il y a improductivité pendant la troisième année, la dispense du paiement de l’abonnement continue jusqu’à ce que l’on se trouve en présence d’une année productive.
- Aussitôt que cette productivité est constatée, la taxe est immédiatement payée au fisc. Et elle continuera à être payée tant que l’on ne se trouvera pas en présence d’une année improductive.
- Supposons qu’après plusieurs années productives, s'intercale une année improductive.
- Ce fait sera inopérant si une seconde année, également improductive, ne se produit pas; au cas où il y a ainsi deux années consécutives d’épreuve, la taxe n’est pas perçue pour les années improductives qui suivent ; mais pendant ces deux année.s, qui sont encore des années d’épreuve, la société devra payer, et le caractère de l’improductivité ne sera démontré qu'après la constatation d’une troisième année improductive.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- La récupération de l’étain des déchets de fer blanc par êlectroîyse (J).
- En Italie, l’extraction de l’étain des déchets de fer blanc se fait par électrolyse, et toutes les usines, sauf une, peu importante, emploient des bains alcalins. L?anode est constituée par les déchets de fer blanc, la cathode par des lames de fer, et le bain par une lessive de soude maintenue à haute température.
- L’oxydation de l’étain au pôle positif produit de l’acide stannique qui se transforme en stannate de soude par combinaison avec la soude du bain ; ce stannate de soude est réduit au pôle négatif où se dépose de l’étain; il se reforme de la soude. Théoriquement, l’éleclrolyse ne devrait avoir pour effet que
- f1 ) D'après M. Lomhakim, L’/ndustria, i3 juin, cl Le Génie Civil, 2 octobre 1909.
- de déposer de l’étain au pôle négatif, en laissant du fer au pôle positif, le liquide du bain ne variant pas de composition et aucun dégagement gazeux ne se manifestant aux électrodes.
- Dès le début, on remarqua que le traitement était favorisé par l’élévation de la température du bain ; on en trouva l’explication dans la diminution de résistance électrique du liquide quand la température augmente et par la plus grande solubilité de l’acide stannique dans la soude à haute température. Pour faciliter les phénomènes chimiques et électrolytiques, on chauffe le liquide et on fait circuler rapidement dans le sens du courant.
- Les réactions au pôle positif se produisent facilement, grâce à la grande surface de contact de l’anode et du bain ; à la cathode, dont la surface est beaucoup plus restreinte, elles se produisentmoins facilement. Il y a donc, dès le début de l’opération, formation
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- d’un excès de stannate de soude dont la quantité va sans cesse croissant. Quand la teneur en stannate de soude dépasse une certaine valeur, déterminée par l’expérience, l’alcalinité du bain devient trop faible pour la bonne marche des opérations ; on enlève alors une partie du liquide qu’on remplace par la lessive de soude.
- Dans une opération bien conduite, il se dégage un peu d’hydrogène au pôle négatif et presque tout l’oxygène entre en réaction au pôle positif. La quantité de gaz qui se dégage fournit une indication sur la marche de l’opération ; la fin de l’extraction de l’étain coïncide avec le dégagement gazeux maximum.
- M. Mario Lombàrdi indique dans quelles conditions se présente cette industrie en Italie et donne quelques détails sur les usines existantes. Les cuves généralement employées sont construites en fer ; elles ont 3 mètres cubes de capacité et elles sont isolées du sol ; une pompe assure la circulation rapide du liquide entre le réchauffeur et les cuves. Les anodes, au nombre de six, sont constituées par des paniers en fer perforés contenant les déchets; les sept cathodes sont des lames de fer, l’intensité du courant varie de i ooo à i 200 ampères, et chaque cuve peut traiter environs 8ookB de déchets en vingt-quatre heures.
- L’étain se dépose sur les cathodes à l’état spongieux peu adhérent, et il est recueilli par grattage.
- La poudre obtenue est lavée, puis comprimée en pains cylindriques que l’on conserve sous l’eau pour éviter l’oxydation. Les pains sont fondus dans un four analogue à celui qu’on emploie pour le bismuth. Une partie de l’étain s’oxyde pendant cette fusion ; le métal est récupéré par traitement réducteur de cet oxyde au four à réverbère.
- Le fer obtenu à la cathode ne doit pas contenir plus de 0,1 % d’étain ; il est de très bonne qualité; ce qui le fait rechercher par les aciéries.
- Le stannate de soude retiré du bain est transformé en bioxyde d’étain. A cet effet, on filtre le liquide extrait des cuves, puis on y fait barboter un courant d’acide carbonique. La soude libre est d’abord saturée, puis il se forme de l’acide stannique et du carbonate de soude. L’acide stannique grillé donne du bioxyde d’étain, employé en céramique et dans les industries chimiques à la production des sels d’étain.
- Actuellement, l’Italie consomme environ Soooo tonnes de fer blanc dont la majeure partie est utilisée à la fabrication des boites de conserves ; les déchets s’élèvent à près de 10 000 tonnes ; ils pourront tous être traités en Italie, quand les nouvelles usines, actuellement en construction, viendront ajouter leur production à celles qui existent déjà. De ces 10 000 tonnes, on extraira 2/|o tonnes d’étain et 9 760 tonnes de fer.
- M. L.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- Divers types de rhéostats destinés àl’étalonnage surplace des compteurs ou aux lampes de projection.
- Le développement de l’industrie électrique a rendu nécessaire la création d’un rhéostat léger pour l’essai des compteurs sur place dans des conditions de la plus grande exactitude possible.
- Un tel rhéostat doit remplir certaines conditions: Il faut qu’il puisse être transporté facilement, que l’étendue de réglage soit aussi grande que possible et enfin il est désirable de pouvoir utiliser l’appareil pour différentes tensions.
- L’appareil doit encore être transportable, construit solidement, robuste et facilement maniable. Enfin, le côté économique est aussi à considérer.
- La maison Elek.tr. Ges. Gebr. Ruhstrat, de Got-tingen, a réalisé, d’après ces principes, un rhéostat qui est construit d’après le principe du montage en parallèle et qui permet de bien utiliser les matériaux.
- Le côté nouveau et pratique de l’appareil est qu’il n’emploie ni manivelle, ni curseur, mais que le réglage complet s’effectue uniquement à l’aide de quelques interrupteurs ; le réglage repose sur
- NOTES INDUSTRIELLES
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- des combinaisons à l'aide de quelques nombres.
- Ainsi, par exemple, à l aide de trois interrupteurs on peut obtenir un réglage de i à 7 ampères par échelons de 1 ampère : à l’aide de l’interrupteur A on introduit 1 ampère, à l'aide de l’interrupteur/? a ampères et à l’aide de C 4 ampères.
- Avec quatre interrupteurs on peut déjà obtenir un réglage de i5 ampères, également par échelons de 1 ampère. Les interrupteurs introduisent alors :
- A 1 ampère, B 2 ampères, C 4 ampères, D 8 ampères.
- passage de la tige de contact. Les interrupteurs et les groupes de ressorts de contact sont indiqués nettement par la tension et l’intensité. On a tenu compte largement de la ventilation et du refroidissement des résistances. Une boîte en fer légère et solide entoure les fils de résistance légers en constan-tan, enroulés en spirale.
- On place le rhéostat de telle manière que la plaque avec les interrupteurs qui. lorsqu’elle est suspendue à la courroie du porteur, sc trouve en haut, soit placée de côté, de telle sorte que l’air échauffé ne vienne pas toucher la plaque mais s’échappe librement par la cloison perforée.
- Une paire de pieds à roulette facilite l’entrée de l’air froid par le bas.
- Les dimensions de fil de résistance sont calculées de telle façon qu’il ne puisse se produire d’échauf-fement nuisible.
- En plus des essais de compteurs. Ce rhéostat convient pour les lampes de projection transportables, les cinématographes,' etc.
- Les dimensions sont d’environ 3oo X ^5oX ia5mm jusqu’à 5ooX4ooX i5omm et le poids d’environ 3 à 9 kilogrammes.
- Avec cinq interrupteurs on peut atteindre 3i échelons de réglage, ce qui peut suffire dans la plupart des cas. En plus de ces interrupteurs, les rhéostats destinés à une seule tension possèdent encore deux bornes de raccord sur la plaque isolante. Un dispositif de couplage très simple permet d’adapter l’appareil à différentes tensions de réseau. Le schéma des connexions est donné par la figure 1.
- Des ressorts de contact, dont le nombre est déterminé par le nombre d’interrupteurs et par les différentes tensions, sont réunis entre eux par une tige de contact à une des extrémités de laquelle se trouve la borne de raccord. Un couvercle de protection qui
- est supprimé sur la figure recouvre les ressorts et j ne possède que quelques petites ouvertures pour le j
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- Voici maintenant un autre rhéostat, de la meme maison, plus spécialement destiné au réglage des lampes de projection. Ce rhéostat permet, par un montage en parallèle, d’aller de l’intensité la plus faible à la plus élevée, au moyen d’un réglage régulier et bien gradué, par échelons de o,5 à 1 ampère, qui sont suffisants pour la plupart des cas. Les fils de résistance de amUî au plus sont enroulés en spirales, la boîte est constituée de tôles perforées et reste complètement ouverte en bas, afin d’assurer le refroidissement.
- La figure 2 représente le schéma de montage d!une résistance qui peut être réglée sans saccade de o à 3o ampères. Les connexions ont lieu aux bornes A et A —.A l’aide des interrupteurs 1 et II et des manivelles R et K, on peut supprimer toute la résistance.
- Avec la manivelle R on manœuvre une résistance à curseur qui peut être réglée depuis quelques milliampères jusqu’à un ampère. La résistance de protection B évite une surcharge trop forte à la résistance à curseur.
- En faisant tourner la manivelle lvà droite,le courant augmente progressivement de 1 ampère à 10 ampères.
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- Le réglage intermédiaire des différents échelons a lieu à l’aide de la résistance à curseur R. Une résistance de protection limite également ici l'intcnsitc à io ampères.
- En fermant les deux résistances non réglables l et n,r intensité peut être accrue jusqu’à *20 et 3o ampères ; n’importe quelle intensité peut être mise au point à l’aide des deux résistances précédentes. De plus on peut aussi utiliser chaque résistance séparément.
- Du fait qu’il n’y a que des intensités relativement basses qui sont mises hors circuit, l'étincelle d’ouverture à l’interrupteur est très faible. L’encombrement est également très réduit, étant donné qu’en pleine charge toutes les spirales sont chargées uniformément, et que par suite il n’existe pas de matière inactive. Les dimensions et, par suite, le poids sont donc très faibles.
- M. G.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- L’événement saillant de la dernière quinzaine a été l’élévation du taux de l’escompte de la Banque d'Allemagne porté de 3 à 4 % j suivie bientôt de l’élévation de 2 i/*2 à 3 % , puis à 4 % du taux d’escompte de la Banque d’Angleterre. Puisque d’aucuns prétendent que la Banque d’Empire serait bientôt contrainte de porter le sien de 4 à 4 , il faut voir là l’indice
- d'une tension monétaire qui s’accentuerait avec la fin de l'année ; autrement dit, les échanges commerciaux continueraient à devenir plus actifs et nous serions vraiment au début d'une nouvelle période de prospérité entrevue depuis trois mois. On peut confirmer cependant que l'industrie de la construction électrique est loin d’en ressentir déjà les effets. La concurrence est plus vive qu’elle n’a jamais été; et si quelque établissement moins heureux disparaît de la scène commerciale, d’autres, sans s'attarderà analyser les raisons de sa défaite, essaient de se tailler la plus large place par un abaissement stupide des prix. Le mot n’est pas trop fort comme l'a écrit ces jours derniers un économiste distingué à propos d'un sujet tout autre, l'intervention du législateur dans la réglementation des salaires ; car, de même on ne peut concevoir au point de vue économique un minimum de salaires, principalement là où il y a pénurie de main d'œuvre, de même on ne peut comprendre l’avilissement des prix là où il y a permanence sinon augmentation des prix des matières premières et tendance des salaires à la hausse.
- Les cours des valeurs de cuivre reflètent cette situation de stagnation; les stocks s’accumulent dé jouant toutes les prévision^ des spéculateurs; il y a défaut de consommation (on dit que l’Allemagne n’a rien commandé pendant une semaine) et augmentation de la production. Les efforts dos principaux producteurs n’ont pu jusqu’à présent enrayer ce mouvement qui nuit à leurs intérêts et l’on ne sait ce qui se produira : ou entente pour la réduction de l’extraction ou maintien de la production actuelle qui suscitera, par Rabaissement des prix, la convoitise des consommateurs et la fermeture de certaines mines dont le prix de revient est trop élevé. Malgré cet état de crise de l’industrie du cuivre, on recherche de nouvelles mines et l’Alaska réserverait, paraît-il, de grandes possibilités à cet égard. Des capitalistes américains étudient déjà la question de la construction de chemins de fer sur routes en vue du développement immédiat des gisements.
- Le Rio Tinto a déclaré un dividende intérimaire de 3o shillings, duquel il faut soustraire l’income-tax et en France les impôts sur le revenu et de transmission, d'après une nouvelle décision prise cette année par le Conseil d'administration ; ceci réduit l’acompte à 28 sh. 3 d. ; c'est un des plus faibles depuis 1902.
- Les valeurs d'exploitation ne subissent au contraire aucun recul. L'une des plus en arrière, le Central Electrique du Nord, qui se tenait récemment encore à 45 francs, a fait un bond jusqu'à 5^ fr. 5o sur la nouvelle que la ligne du grand boulevard de l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing était sur le point d’entrer en exploitation.
- On annonce de Belgique que l'A. E. G.-Union Electrique vient d’obtenir d'importantes commandes de turbo-alternateurs, soit deux de 2 000 chevaux pour la Société des clouteries et tréfileries des Flandres, un de 2 000 chevaux et un de 1 000 chevaux pour la nouvelle centrale que la Compagnie^ continentale du Gaz fait ériger à Droogcubosch pour raménagernenl de ses nouvelles concessions. Les câbles haute et basse tension pour les réseaux de la centrale de Droogenbosch lui ont été également confiés. La position des firmes allemandes s’affirme donc de plus en plus en Belgique et il n’apparaît pas que les maisons belges ou françaises de constructions électriques tiennent la place qu'elles pourraient y occuper.
- La Compagnie Centrale d’Electricité, anciennement Compagnie centrale de l’Electricité de Moscou, a pu réaliser cette année un bénéfice de 56 000 francs,
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- alors que ses exercices antérieurs étaient défici -taires. Elle exploite les deux stations centrales d’Eka-terinoslaw et d’Ekaterinbourg et s’occupe de représentation industrielle dans le midi de la Russie.
- A Ekaterinoslaw le nombre des lampes en service a aiigmenté d’une année à l’autre de plus de 6 ooo,' soit de 18 % , et la vente en kilowatts-heures est passée de 3 883 720 à ' 4 607 329, soit une progression de seulement 16 % ; les recettes cl’exploitation se sont élevées à 1 oo3 838 francs, laissant "un bénéfice de 273 293 francs, d’où un coefficient d’exploitation de 72 % . A Ekaterinbourg, on a vendu seulement 457400 kilowatts-heures pour i5 000 lampes de 16 bougies et ii5 chevaux de force motrice; les recettes ont été de 298 i43 francs, laissant un bénéfice net de 84 38o francs, d’où un coefficient d’exploitation de 71 %, légèrement inférieur au précédent. Dans la première région, le chiffre d’affaires en ventes et installations de matériel a atteint plus de 2800 000 francs, laissant un bénéfice brut de 3i3 616 francs ou i3,6 % du montant des ventes, et un bénéfice net dé seulement 70 854 francs. Le Conseil se plaint que la crise industrielle ait provoqué dans cette branche, de la part de la concurrence, un avilissement des prix de vente. Le bilan fait ressortir, à l’actif, de très importantes immobilisations et des frais de premier établissement qui ne semblent pas en rapport avec l’importance des stations centrales. Les valeurs de portefeuille et les participations absorbent, à elles seules, près des 4/5 du capital actions ; les valeurs disponibles ne dépassent pas 4 200 000 francs contre 4 700 000 francs de créditeurs divers ; la trésorerie est donc à l’étroit, et l’on s’en aperçoit au débit du compte de profits et pertes à la rubrique intérêts et commissions. Il paraît que c’est l’opération autorisée de rachat en bourse de ses propres obligations qui a conduit la société à cette situation avantageuse, cependant, par suite du taux de rachat des obligations. Bien entendu, il n’a pas été réparti de dividende, le solde créditeur venant réduire en partie le solde débiteur précédent.
- Parmi les sociétés nouvelles nous devons noter la Société Dauphinoise de force et d’éclairage électrique, dont le siège social est à Valence, et la Société anonyme des Tréfileries du Landy, dont le siège est à Saint-Denis, rue du Landy. La première qui a pour
- fondatrice' la Société Dauphinoise d’études industrielles et commerciales, à Saint-Vallier, dans la Drôme, a été constituée au capital de 4 millions de francs avec, pour objet principal, la concession de l’éclairage électrique de Montélimar. La Société fondatrice a reçu 5 000 parts sans valeur nominale, auxquelles la répartition prévue des bénéfices attribue 5 % du solde après les prélèvements de 5 % à la réserve légale, de 5 % aux actionnaires et de 10 % au conseil.
- La Société des Tréfileries du Landy n’est que la transformation en Société anonyme d’une affaire existante exploitée par M. Beaussan. Les apports de ce dernier ont été évalués 25oooo francs; mais comme ils étaient grevés >V concurrence de 101 a5o francs du solde du prix d’acquisition des locaux aux anciens établissements Charquillon fils, M. Beaussan ne reçoit que 148 750 francs en espèces payables, suivant certains délais. Car le capital n’a été fixé qu’à la somme de 100000 francs, susceptible cependant d’être porté à 3ooooo francs. Le chiffre d’affaires atteindrait annuellement plus de 400 000 francs laissant un bénéfice d’environ 10 % .
- La Société Escher Wyss et Ci,!, qui s’est fait une spécialité de turbines hydrauliques et de turbines à vapeur, a réalisé un bénéfice brut de 3 128 518 francs en 1908-1909, contre 2 986 67-2 en 1907-1908. Le bénéfice net cependant est moins élevé que celui de l’exercice précédent de 67 208 francs, tout en n’étant que de 898 662 francs. Le dividende reste cependant maintenu à 7 % sur 5 millions de capital. Celui-ci vient d’être porté à 10 millions en même temps que la Société émettait 6 millions d’obligations 4 1/2 % .
- La Société Garbe-Lahmeyeret Cie, qui s’occupe de constructions électriques, a déclaré un dividende de 5 % sur un capital de 3 millions de marks, une somme de iaoooo marks étant versée au fonds de réserve pour dividendes.
- Les tentatives de réorganisation du syndicat des producteurs français de l’Aluminium n’ont pas réussi ; mais la conversation reprendra, parait-il.
- En attendant, l’aluminium a haussé à Londres de 2 livres et les valeurs françaises de ce métal ont enregistré des plus-values. Froges a fixé dernièrement ses prix à 1 fr. 90 le kilogramme pour les lingots de fonderie, 2 francs pour les plaques de laminage et 2 fr. 10 pour les fils. D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- *
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer du Nord va commander prochainement 8oo wagons à marchandises et 5o fourgons.
- Alpes-Maritimes. — La Compagnie des tramways de Nice et du Littoral a été autorisée, par décret du i5 octobre, à acquérir le réseau de tramways de la principauté de Monacp.
- Suède. — L’ingénieur suédois Guistgaard a présenté un important projet pour la construction d’un chemin de fer électrique sous le canal du Sund, destiné à relier la ville suédoise de Malmo à Copenhague.
- Cette nouvelle voie aurait un parcours de 236km dont un tunnel de i6km passant sous le détroit qui sépare la Suède du Danemark.
- Ce projet a été soumis à l’examen d’une commission spéciale nommée parle gouvernement suédois et lorsque la possibilité de construire cette nouvelle voie aura été démontrée, on entamera dés négociations avec le gouvernement danois en vue de la signature d’une convention ayant pour objet la construction de la ligne proposée.
- Turquie. — Il sera prochainement établi un tramway à Ada-Bazar (Turquie d’Asie), ville très étendue et centre commercial important desservi par le chemin de fer d’Anatolie.
- TÉLÉPHONIE
- Meurthe-et-moselle. — La Chambre de Commerce de Nancy a mis à la disposition du Conseil général une somme de 287 700 francs pour l’établissement d’une quatrième ligne téléphonique Nancy-Paris.
- Nord. — La Chambre de commerce d’Armentières a été autorisée à. avancer à l’Etat une somme de 7 nofr. en vue de l'établissement d’un 7e circuit téléphonique Armen tières-Lille.
- DIVERS
- Espagne. — D’après le Bulletin Commercial de Bruxelles de nombreux motifs ont contribué aù développement de l’industrie électrique en Espagne. Sa situation particulière comme pays montagneux rend fréquentes les chutes d’eaux qui ont permis de produire une force motrice considérable dans de bonnes conditions.
- Les années 1887 et 1890 virent se fonder les premières
- usines; elles allèrent bientôt se multipliant. Ce n’est toutefois qu’il y a une dizaine d’années que la traction électrique fut adoptée par les tramways. Il n’existe plus que quelques agglomérations peu importantes, comme Alicante, Valladolid, La Corbgne et Las Palmas (Canaries), qui aient encore recours à la traction animale; à Las Palmas, d’ailleurs, la transformation est chose décidée et sera prochainement effectuée.
- En 1900, le Ministre des Travaux publics ordonna la publication d’une statistique électrique, elle démontra l’existence de 861 fabriques dont 651 pour le service public et 210 pour l’industrie. Cet état de choses alla toujours s’améliorant, si bien qu’en 1906 le Ministre des Finances ayant fait dresser une statistique des usines existantes, pour faciliter la perception de l’impôt sur l’électricité, il fut constaté un développement surprenant de cette industrie; en aussi peu d’années, il y avait, en 1906,1 721 fabriques employant 2 347 dynamos.
- Depuis, de nombreuses usines qui vont chercher la force motrice à de grandes distances se sont encore créées. Ou peut citer comme exemple la ville de Madrid, qui recevra à bref délai le courant des chutes du Tage et du Zucar.
- Les usines actuelles de la capitale auront intérêt à supprimer l’emploi des machines à vapeur et à y substituer celui de l’électricité en se servant de stations centrales. Il y aura là, sans aucun doute, un débouché importaut pour les moteurs électriques et accessoires. Les industriels pourraient construire les différentes pièces nécessitant un. travail de précision, en laissant aux Espagnols le soin des armatures et grosses pièces en fonte et en acier qui augmentent inutilement le poids des machines et entraînent ainsi des droits considérables. Les fabricants devraient s’entendre, soit entre eux, soit avec une société espagnole, pour établir dans le pays un atelier de montage, où le travail de bobinage et d’ajustement serait fait par des ouvriers de choix.
- Ils devraient également prendre note de ce que les maisons espagnoles et étrangères font leurs prix de manière à pouvoir envoyer leurs produits franco de douane, tout en accordant un escompte très élevé.
- Les fournitures pour l’industrie électrique sont faites par les deux usines espagnoles et les firmes étrangères qui ont des filiales en Espagne ou qui ont confié leur représentation à des particuliers ou à des sociétés constituées dans ce but.
- Une grande concurrence s’est établie entre les fournisseurs d’appareils électriques, principalement entre les Allemands. L’industrie espagnole pourrait en profiter à cause des tarifs douaniers, et si la plupart des matières premières viennent de l’étranger, il ne faut pas perdre de
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- vue qu’on a sur place la fonte et le fer, de même que les petites pièces d’acier qui entrent pour une part importante dans la fabrication des appareils. Les industriels pourraient trouver en Espagne un débouché considérable en fournissant des machines de premier choix. Il est à recommander de se conformer rigoureusement aux clauses du cahier des charges dont l'observance est strictement exigée.
- Les droits de douane sont très^ élevés.
- Quant aux matières premières employées par les fabricants et alimentant l’exportation de l’Espagne, il est utile de citer en première ligne le cuivre (mines de Rio-Tinto), le minerai de fer et de zinc. L’exportation de ce dernier se fait principalement par le portée Carthagène.
- Il est à remarquer que plusieurs de ces produits sont soumis à des droits d’exportation.
- En résumé, il n’est pas douteux que les fabricants d’appareils électriques peuvent trouver en Espagne un débouché très important pour leurs articles, mais ils auront à tenir compte de la concurrence très grande que leur feront les firmes étrangères, notamment les firmes allemandes. Un point très important est celui du choix de l’agent chargé du soin de faire connaître leurs produits.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie Urbaine d'Eau et d’Electricité. — Le 26 octobre, 68, rue de Rome à Paris.
- Société d'Electricité moderne. — Le 28 octobre, 12, rue Rochambeau, à Paris.
- Société suburbaine de gaz et d'Electricité. — Le 8 novembre, 11, rue de la Tour des Dames, à Paris.
- Société française pour la fabrication du gaz et de l'électricité. — Le 3o octobre, 25, rue de Clichy, à Paris.
- Société industrielle d’Energie éiectriqae. — Le 4 novembre, 6o, rue Caumartin, à Paris.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie des Tramways de Suresnes-Saint-Cloud-Gar-cbes. — Constituée le n octobre 1909. —Capital : 5ooooo francs. — Siège social : 40, rue du Val d’Or, Suresnes (Seine).
- Société centrale d’Electricité du Brabant. — Constituée le 7 septembre 1909. — Capital : 1 25o 000 francs. — Siège social: Oisquercq (Belgique).
- Société dauphinoise de force et d’éclairage électriques. — Constituée le 5 octobre 1909. —Capital : 4 000 000 francs. — Siège social : Valence (Rhône).
- Secteur au faubourg Saint-Denis. — Constitué le ier octobre 1909. — Capital : 35oooo francs. — Siège social : 9, cour des Petites-Ecuries, Paris.
- Société des accumulateurs et lampes « Trin ». — Constituée le 4 octobre 1909. — Capital : i5o 000 francs. — Siège social :5i, rue Le Peletier, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française Oeriikon, Paris.
- Communications périodiques. — Petite faiseuse portative pour collecteurs. — Groupes convertisseurs pour l’étalonnement de compteurs électriques. — Auto-transformateurs. — Nouveaux moteurs triphasés à qinq et à six vitesses.
- Etablissements Cazes, Courbevoie.
- Moteurs à pétrole lampant.
- Al/gemeine E/ektricitâts-Gese/Ischaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, octobre 1909. — Hochspannungska-bel. —Die Elektrizitatauf dem « George Washington. » — 'Die Elektrizitüt im Wohnhause.
- Ateliers de Constructions électriques du Nord et de l'Est, Jeumont.
- Bulletin mensuel, juillet 1909. — Applications de l’électricité à l’exploitation des carrières.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 8 novembre, à 2 heures, à la mairie de Meudon, fourniture de 4 chaudières à vapeur complètes avec rechanges et accessoires pour l’Etablissement central du matériel de l’aérostation militaire. Demandes d’admission avant le ior novembre.
- BELGIQUE
- Le 3i décembre, à la maison communale, à Jupille (Liège), adjudication-concours pour la concession de l’éclairage public par le gaz ou l’électricité ; prix du cahier dés charges et des plans : 25 francs.
- ITAI.IE
- Le io novembre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Borne, adjudication internationale pour la fourniture de 7 tours à revolver de divers types pour les ateliers de Pielrarsa, Milan et Lueques.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration communale, à Schlitz (Hesse), établissement d’une usine centrale d’électricité.
- FtBfg. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17;
- Le Gérant : J.-B. Nouet,
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- Trente et Unième année. SAMEDI 30 OCTOBRE 1909. Tome VIII (2° série).— N* 44
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — A. Blondel et C. Le Roy. Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties [suite), p. i'ii. -— Th. Lehmann. Méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force dans l’air [suite], p. i'ij. — J. Reyval. L’électricité à. l’Exposition Internationale de Nancy [suite), p. i/|2.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. L’essai magnétique des fers en courant alternatif, A. Campbell, p. 144- — Elude, construction et essais de machines. Sur la construction des transformateurs cuirassés, P. Heller, p. 144- — L’influence des dents d’armature sur les fuites magnétiques, Miles Walker, p. 146. — Traction. Procédé de calcul de la consommation d’énergie d’un chemin de fer électrique, P. Heinze, p. 147. — Eléments primaires et accumulateurs. Sur la constante de temps d'une batterie d’accumulateurs, W. Asiie, p. 149. — Télégraphie et Téléphonie. Téléphonie multiple, A. Maior, p. 149. — Brevets, p. i5o. — Variétés. Les automobiles électriques utilisées comme poids lourds, p. 102 — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitations. Traction. — Comparaison des différents systèmes de traction au point de vue du coût de premier établissement, p. 154- — Comparaison des systèmes de traction au point de vue des frais d’exploitation, p. i55. — Chronique financière, p. i56. — Renseignements commerciaux, p. i58. — Adjudications, p. 160.
- ÉDITORIAL
- Dans le deuxième exemple numérique qu’ils traitent, MM. A. Blondel et G. Le Roy considèrent une ligne alternative souterraine de iooll“ de longueur à 5o périodes. Dans ce cas, comme dans le précédent, les erreurs relatives sont faibles. A ce propos, les auteurs rappellent la méthode simplifiée qu’ils ont indiquée et en font une application.
- - Le troisième exemple se rapporte à la première ligne examinée, mais en supposant que, de plus, on doive fournir par kilomètre une certaine puissance utile uniformément distribuée avec un cos ç donné. La solution s’obtient facilement, en utilisant le mode de calcul déjà indiqué dans celle Revue par un article antérieur de M. Blondel.
- Le résultat obtenu est intéressant, et en apparence un peu paradoxal. Les auteurs terminent d’ailleurs en donnant l’explication de ce qui se passe en pareil cas.
- Dans la suite de son article, lM. Th. Lehmann étend sa méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force dans l'air à deux cas inléressants : celui des pôles alternés et celui des entaillés ouvertes.
- L’auteur rencontre alors la dilliculté d’étudier la distribution magnétique autour d’angles vifs limitant l’entrefer. Néanmoins le procédé général se plie aisément à ces conditions nouvelles et fournit encore une approximation progressive assez rapide.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T, VIII (2* Série). — N° 44
- Dans le deuxième cas, l’auteur se livre en outre à l’étude de quantités particulières ; prenant pour variable le rapport de la largeur de l’entaille à celle de l’entrefer, il trace la courbe des variations du rapport entre la réluctance pour entailles ouvertes et la réluctance pour entailles fermées, ainsi qu’une courbe analogue’pour le rapport des valeurs extrêmes de l’induction.
- La suite de la description de VExposition Internationale de Nancy amène M. J. Reyval à entrer dans les détails de la construction des alternateurs destinés à la commande par turbine. Utilisant des documents de première main, l’auteur examine, en particulier, un nouveau type de rotor bipolaire conçu en vue de réaliser la plus grande solidité possible.
- Nous reproduisons ensuite les résultats (Vessais magnétiques exécutés par M. A. Campbell, dans lesquels l’expérimentateur s’est surtout attaché à mettre en évidence l’in-lluence de la forme d’onde alternative employée, ainsi que celle de l’épaisseur des lames sur lesquelles on opérait. Relativement à ce dernier point, une loi simple a pu être mise en évidence.
- La façon dont M. P. Heller aborde le problème de la construction des transformateurs cuirassés le conduit à une équation de troisième degré, à la vérité un peu compliquée, mais dont la solution entraîne ensuite d’une manière tout à fait simple la connaissance de toutes les dimensions.
- M. Miles Walker donne une méthode graphique très pratique pour déterminer le tracé des dents d’induit, lorsqu’on se propose de
- I ne pas dépasser un coefficient de fuites déterminé.
- I
- Dans le procédé qu’indique M. P. Heinze pour calculer l'énergie consommée dans la traction électrique, il est tenu compte d’une manière simple et ingénieuse de l’influence des rampes et des pentes.
- En raison du caractère immédiatement pratique de cette étude, nous avons reproduit tout au long l’exemple numérique proposé par l’auteur, de manière à permettre aux techniciens de se rendre un compte exact de l’emploi du graphique établi par M. Heinze et que nous avons également reproduit.
- Il est intéressant de connaître le temps qui est nécessaire a une batterie d'accumulateurs pour établir son courant normal, au moment où l’on ferme le circuit, et de comparer ce temps à celui que peut mettre une machine fonctionnant en parallèle (cas industriel fréquent) pour prendre la charge commune. C’est en somme là un problème relatif à la valeur d’emploi des disjoncteurs. Nous reproduisons les résultats des mesures faites par M . W. Ashe.
- Les schémas de téléphonie multiple donnés par M. A. Maior comportent les soupapes électrolytiques dont l’emploi est si général en Allemagne. Couramment usitées en télégraphie, ces soupapes semblent, d’après l’auteur, se prêter moins bien à cette nouvelle application, en raison surtout des variations de leur capacité.
- Dans nos Variétés, nous résumons une communication récente de M. Dalebroux, concernant l’emploi industriel des automobiles électriques.
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- CALCUL DES LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS EN TENANT COMPTE DE LA CAPACITÉ ET DE LA PERDITANCE RÉPARTIES (Suite) (1)
- 2e exemple. — Ligne souterraine de ioo|i"‘ :")« périodes. — Comme second exemple, nous prendrons une ligne souterraine à ao périodes, voltage d’arrivée io ooo volts étoilés (17 820 volts entre fils); débit ao ampères par conducteur ; longueur (relativement considérable) iook"\ Pour n’avoir pas de chute de voltage excessive, nous réduirons la densité de courant à 1 ampère par millimètre carré. Nous adopterons par exemple un câble triphasé de 5oram‘2 par âme, indiqué par Roess-ler (*), avec les constantes suivantes :
- (o — 314,1a ;
- /• = o,35g4 ohm par kilomètre ; l— o,ooo352 henry par kilomètre ; c = o,i85 microfarad par kilomètre; et en ajoutant :
- Nous supposons g — o, bien qu’en réalité il ne soit pas nul, mais faute d’autres indications précises à ce sujet. En pratique, ilcon-viendrait de déterminer par expérience la perte d’énergie par kilomètre p due aux fuites et surtoutà l’hystérésisdiélectrique. et on déduirait comme plus haut g par la formule :
- o— P
- 8~ (10 000 ^3)*
- On déduit de ces constantes :
- 3 — y/r2 + u)2 P- == 0,3761 ohm/km.
- (') Voir Lumière Electrique. ï8, 'i5 septembre et a3 octobre 1909 p. 355, 887 et 99.
- (2) Théorie et calcul des lignes à courants alternatifs, tableau 5, page 90, câble n° 5. Chaque âme, est tormée de 19 fils de im"\83 de diamètre. Nous avons adopté comme tension 10000 volts étoilés au lieu de 10000 volts entre 111s, en supposant qu’on ail adapté â ce câble, d’un type déjà ancien, les procédés d’imprégnation modernes qui ont permis d’augmenter beaucoup la rigidité diélectrique du papier imprégné.
- ic — tau 0,00000812 mhos/km.
- 0 = arc tg
- wl
- /
- 1 7°6'i o
- 11
- 0' = arc
- tg
- tac
- g
- = 1)0"
- loru6'io"
- On calcule immédiatement comme plus haut, pour la longueur totale .r(l — iook'n, les fractions suivantes, dont les deux premières indiquent les erreurs relatives des premiers termes omis dans les différentes séries, elles suivantes indiquent les erreurs absolues correspondantes sur les vecteurs de première et de seconde catégories.
- )*/
- ic;r2l*1/ 2
- - = 0,000066 y/a = 0,00009'}
- Uw.-râ)2y/a .. u /- ,
- ----------— o,ooo3()8y/ 2 — o,ooo3()3
- 1 20
- {- v SI /—
- -~—-—L-r---- U, — o,i/|5o6y/2 = 0,20600
- [z ic .-r2)3ya
- 720
- I, = 0,OOO7'25\/2 = 0,001025
- trtz...= „,,188éï= ....«o.»
- I 20
- ("• ic .t^pyA , /- , „
- ------—— ic.r u, — 0,02014 y/2 =0,00269
- On voit que les erreurs relatives sont encore faibles et sont du même ordre que dans la ligne aérienne à très haute tension du xor exemple; elles sont même notablement plus faibles en ce qui concerne les corrections de’tension à vide et dé courant de court-circuit. C’est donc d’une manière très
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2- Série). — N» 44.
- légitime que nous avons conseillé précédemment de s’en tenir pour toutes les séries à un seul terme de correction, en négligeant les puissances supérieures à.i3.
- L’épure des figures i3 et i4 représente, comme plus haut, les constructions graphiques en négligeant les termes correctifs au delà de la quatrième puissance de la distance. Nous avons divisé la ligne en tronçons de a5kra chacun; les extrémités des vecteurs ont été déterminées pour les distances de a5, 5o, y5, iookui, et réunies ensuite par des courbes.
- sont obtenus, comme on le sait, en prenant le tiers des vecteurs correctifs de premier ordre, e’esl-à-dire :
- i r: W (ioo)2 ------------- U,
- 3 2
- 36/,, 31
- et
- portés sous l’angle S à partir de la direction de U( et Ij respectivement.
- On lit sur l’épure, au moyen des échelles
- I/i = 10000
- Echelle des volts.
- Les éléments de cette construction, tels qu'ils résultent du calcul (par logarithmes), sont résumés dans le tableau ci-dessous :
- tracées
- d’avance,
- U,„
- les valeurs = 9 85o V,
- de U„, et 1„
- I/a — 49,5 A.
- Taisleau II
- Ligne souterraine de transport.
- X MjMo m2m3 OQ, Q l Qg P,P 2 P2P3 ON,
- 68,309 0,07777 4 70,12 1,0705 0,3415 0,000389 14,060
- r>o 273,235 1,24429 940,25 8 ,5636 1 ,3662 0,006221 29,35o
- 614,778 6,29920 1 410,37 .28 ,902 3,0739 5,4647 0,08i296 43 ,590
- 100 1 902,930 “JéJ0;)0 i 880,5o 68 ,510 •>,09984 58,120
- N. N.
- o ,o33o8 o, ‘26467 a ,89828
- 2,1174
- Les vecteurs résultants U0 et J() n’ont été tracés que pour le point extrême
- (,#(|= IOOkm).
- Pour montrer l’application de la méthode simplifiée, on a tracé les vecteurs U,„ et I„, qui représentent respectivement la tension à vide et le courant de court-circuit, à la dis—
- X [OOkm
- tance de —du point d’arrivée. Les points S et T qui déterminent ces vecteurs moyens
- La chute de tension ÜQ., est alors la résül tante des deux vecteurs :
- OH — r x I,„ = 35,94 X49>5 A. 1 760 I-IQ.2 — u>lx \m — o,i 106 X 49,5 A = 5,47a
- Quant au courant J0, il se déduit de même de U,„ ; mais, comme ici g-=o, J0 n’a qu’une composante perpendiculaire U,„ :
- J0 — U)C X Um = 57,5 A.
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- Les longueurs des vecteurs résultants, lues respectivement aux échelles des volts et des ampères, indiquent :
- *l.t0 — 11 !)<><> V. étoilés;
- 78 A.
- En remarquant que la puissance à l’arrivée est :
- 3 Ui I, = io 900 X 5o X 3 = t 5oo 000 w.
- 011 obtient le rendement :
- A titre d’exemple du calcul de la puissance au départ, on a tracé par un point quelconque
- II =
- 1 5oo 000 i 894 !>oo
- = 0,792
- \
- q u*b O irt O 4/5
- Ul»‘i y-*-*-! —1_________1____ ,*
- Echelle des ampères.
- Fig- 14.
- A du vecteur j0 une droite AB parallèle au vecteur iu0 de la fig. i3. Son angle avec ^représente le décalage au départ ©0 = 4a° '5'.
- On en déduit la puissance étoilée au départ pour chaque conducteur :
- 3 ‘U0 é/0 cos ‘I>0 = i i,5()o X 78 X cos (45°*5') X 3
- = 1 894 600 watts
- 3° Exemple. — Ligne aérienne pour transmission de distribution. — Supposons la meme ligne-;, le même voltage et le meme débit que dans le premier exemple. Mais supposons qu’en plus on doive; lournir par kilomètre 7 000 kw. de puissance uLile uniformément distribuée, sous un facteur de
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- m
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Sérié). — N” 44.
- puissance de o,85. Les méthodes précédentes | s’appliquent sans difficulté. Il sullit, comme l’a montré déjà l’un de nous dans cette Revue ('), de faire entrer l’énergie distribuée dans les coefficients g et wc.
- La perditance g' doit être remplacée par une acceptance (g' + g"), en appelant g' la perditance comme plus haut, etjg" la distri-butance, c’est-à-dire l’acceptance linéaire correspondant à l’énergie distribuée utile-
- D’autre part, la capacitance me est remplacée par une susceptance (me—/c), obtenue en retranchant de la capacitance l’excitance k (ou magnétisance), c’est-à-dire l’inductance répartie correspondant au courant déwatté débité. Cette dernière se déduit directement de la distributance g" lorsqu’on connaît le facteur de puissance cos o de la puissance distribuée, par la relation
- k — g tang ©'.
- Ui - 577â6v.
- CS
- O
- i.t-i.i. i l i i t TT
- © © © O tO __t_
- Echelle des volts
- Fig. i5. — Epure des tensions.
- O
- §
- ment. En admettant comme ci-dessus une perte de 2000 watts par kilomètre et un débit utile de 7000 watts par kilomètre, on en déduit :
- Nous supposerons ici, par exemple,
- v . 62,1
- eos ©' = o,8i), d’où k = 0,621 ,g— —g- .
- De là on tire :
- 2 300
- S' — r.. ;.+
- 7 5oo 100
- (10 ooo)2 K)8
- 0 La 'Lumière Electrique, 28 mars suiv.
- 908, p. 393 et j
- Z — y//'2 -j- (1)2 l'1 ~~ 0,204 48
- (V \J(g' -j- [(DC-k)2 — 0,000 OOI 39a
- _ w/
- 0— arc tg — = 440 i3' 42'
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- 13 b
- 6' — arc tg-?^ =6i» /,6' 5"
- g +g
- S 0 + 0'= I Ob'* 5g' 47"
- Le tableau ci-dessous indique, comme dans les cas précédents, les erreurs relatives et les erreurs absolues obtenues en arrêtant les développements en série à la puissance .+ inclusivement pour la distance maxima x0 = i 200 kilomètres.
- tv x‘
- V^a __ >},ooo234 y/•! = o,ooo33i
- (z n x')a y/a_o,ooi .'107 V^'2 ~ 0,00207g
- 120
- (z «• a?1)3 /.J
- ---------- Il — 0,01 I I W!A TZT o.oijri
- 720 '
- ~^zx 1, = 39,867/2 = 56.',
- U, = 0,1360/2 = 0,1925
- [Z W X 720
- (3 W X2)2 \/'i
- IVX I
- Le tableau III résume pour des points espacés de 200 en 2ookm, comme dans le premier exemple, les valeurs des vecteurs correctifs :
- fluence du débit d’énergie le long de la ligne ; la surtension à vide IJj — U0 est beau'coup plus faible que dans le premier cas, parce que U„ ne descend pas au-dessous de 55 5oo volts, au lieu de 47>>°o, par suite de la plus faible valeur de l’angle 8; ce changement de 8 provient exclusivement de la variation de l’angle
- (t)6‘-/c
- d’admittance arc tg
- —. Si l’on augmen-
- tait davantage encore la puissance débitée, ou si l’on diminuait son facteur de puissance, l’angle 8 diminuerait encore et en arriverait à avoir U0 — U, ; on verra plus loin cet effet se produire dans le quatrième exemple.
- En même temps que la surtension de la ligne à vide est moindre, la variation du courant de court-circuit I est diminuée également dans les mêmes proportions puisque sa loi de variation est la même que pour U.
- La chute de tension OQ., ne varie pas beaucoup en phase puisqu’elle dépend presque uniquement du facteur d’impédance de la ligne qui est le même dans les deux cas. Mais elle augmente en grandeur, par suite du plus grand débit et aussi par suite de la diminution de l’angle 8 appliqué au segment cor-
- rectif (5,0.,.
- L’elfet résultant de ces modifications, et en particulier du courant total plus fort débité, est de rendre nécessaire au départ une ten-
- Taiileau III
- Ligne aérienne, transport- avec distribution.
- X M, Mo M2M3 0 P QiQ2 r-jPa O'N, N,N2
- 200 329,5i o,3134 4 ,722 8 ,()83 0,6290 0 ,00063 16,115 0 o3o65
- 400 1318,00 5 ,0148 9,44 4 7 1 ,868 2 ,636») 0,01oo3 32 ,2 3o 0,2 4525
- 600 2965,58 25,3876 14,166 242 ,55 5 ,<)3io 0 ,0*1077 48,344 0,82773
- 800 5272,14 80 ,2373 18,889 57 i ,94 10 ,5441 0,16047 64,459 1,96200
- I .OOO 8237,72 195,892 2 3 ,61 1 1 I 22 ,()<) 16,4752 0 , {9 178 80,574 3,832oo
- I . 200 11862 ,3o 406,201 28,333 . .l<):4<> , 4 2 , 23.7242 0,81239 96,688 6,62180
- On remarquera que OQ, est le même que dans le premier exemple parce que le z de la ligne reste le même.
- En comparant les figures i5-.i6 aux figures ii-i2, on voit immédiatement l'in-
- sion étoilée de 75000 volts, au lieu de 66 000.
- Quant au courant de charge «à vide J„, il est à la fois moins important en grandeur (environ 104 ampères, au lieu de p5) et plus décalé en phase que dans le premier exemple.
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- Le premier effet peut surprendre puisque l’énergie débitée lé long de la ligne est comptée dans le courant à vide, c’est-à-dire un courant qui ne dépend pas de l’intensité
- ceptance apparente qui réduit le décalage.
- Ces divers effets ont pour conséquence en définitive une augmentation du courant de départ (iq5 ampères au lieu de 158,5) qui
- Echelle des ampères.
- Fig. i6. — Epure des intensités.
- débitée à l’arrivée ; mais cette réduction provient de la présence d’un fort courant déwatté magnétisant qui se retranche du courant de capacité, lequel jouait le rôle principal dans le ier exemple. C’est cette réduction de la sus-
- n’est pas en proportion avec le courant distribué le long de la ligne, dans le second cas.
- (A suivre.)
- A. Blondel et C. Le Roy.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- bronze ont un moyeu et servent à recevoir chacun un tourillon conique S avec écrou en acier F, qui constitue l’arbre de l’inducteur avec ses fusées G. Les pièces U sont assemblées avec le double T à l’aide des vis 1 M et O.
- L’arbre est donc en deux pièces. L’ensemble est monté sur coussinets «à billes ou autres, et le courant amené au moyen de bagues reliées au bobinage à travers l’arbre creux.
- Les parties évidées du rotor sont fermées, après bobinage, au moyen de plaques A en bronze, fixées, d’une part, par des boutons E traversant le double T en acier, d’autre part, par des clavettes II inclinées, qui fixent le bord de la plaque en bronze à la pièce en acier. Le bobinage est ainsi solidement maintenu sur toutes ses faces avec interposition de matière isolante ; deux U en bronze I séparent, au centre, les deux bobines l’une de l’autre et laissent le jeu nécessaire pour le passage des boulons d’assemblage.
- Les deux disques en bronze U peuvent être munis de ventilateur et de bagues d’équilibrage.
- De la sorte, on voit que le bobinage est disposé aussi près que possible du centre du ï’otor et par suite moins exposé à l’action de la force centrifuge; de plus, on permet une dilatation libre de l’ensemble dans le sens de la longueur sans coincement possible.
- Ce procédé de construction a été appliqué dans le groupe turbo-alternateur de aao kilo-volts-ampères à 3 ooo tours, exposé par la Compagnie Générale Électrique au Palais de la Métallurgie.
- Un groupe turbo-dynamo, de la même maison, exposé au même endroit, paraît remarquable par son faible encombrement, ainsi que par ses données caractéristiques : a5o v. pour une puissance de 6oo à chevaux.
- Citons encore, au Palais de l’Électricité : un treuil de mine mû par moteur électrique commandé par un groupe convei'tisseur; une perforatrice rotative, avec moteur de a HP, et plusieurs modèles de pompes ; divers types
- de moteurs, de transformateurs, et, dans le domaine de l’appareillage, une petite connnu-tatrice verticale à roulements à billes, pour installations d’appartement.
- STANDS DE LA SOCIÉTÉ ALSACIENNE DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES
- Cette importante maison avait exposé ses divers produits dans la station centrale électrique, au Palais de l’industrie textile, à la section des transports, enfin et surtout au Palais de l’Electricité dans lequel elle avait installé deux stands.
- Le premier comprenait un certain nombre de moteurs continus, triphasés, monophasés, et, une locomotive électrique minière intéressante.
- Le deuxième stand présentait quatre machines-outils actionnées électriquement et munies de tous les perfectionnements modernes. Ces machines fonctionnaient sous les yeux du public.
- C’était d’abord un tour vertical, à grand débit, dont l’équipement électrique était constitué par un moteur continu de 7,5 kw., à vitesse variable. La production pouvait s’élever à 35o kilogrammes-heure.
- Pour la fraiseuse à reproduire, qui se trouvait à côté, on pouvait disposer de io régimes de vitesses différents.
- Dans la raboteuse, le retour de table s’effectuait 6 fois plus vite que le mouvement d’aller. En outre cette, machine présentait une intéressante application du volant dynamique à la solution du problème qui consiste à absorber la force vive des pièces animées de très grandes vitesses.
- Enfin, nous citerons encore le tour à cha-rioter, capable d’enlever a8okB de métal par heure.
- Le moteur, de 3,5 kw, est continu. Il y a i3 vitesses possibles, entre 6 et 4»o t/m, grâce à un système d’embrayage à friction et de baladeurs multiples, comportant a manettes.
- (A suivre.) J. IIeyval.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série).— N* 44.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- L’essai magnétique des fei's en courant alternatif. — A. Campbell. — The Electrician, 2.'t septembre? 1909.
- Rœssler a établi la formule suivante qui donne les pertes dues à l’hystérésis et aux courants de Foucault :
- w, étant les watts par kilogramme ;
- n, la fréquence ;
- v), le coefficient de Steinmetz ;
- Ç, le coefficient des courants de P’oucault ;
- B, l’induction maxima ;
- D, la densité du fer;
- f, le rapport de la tension efficace à la tension moyenne.
- L’auteur a cherché à contrôler l’exactitude de cette formule pour différents matériaux et différentes valeurs du facteur c’est-à-dire pour différentes formes d’ondes.
- La méthode d’essai était la suivante : on déterminait l’induction maxima et le facteur/’en faisant usage d’un commutateur du type employé par Sahulka et Thownsend ; on mesurait en même temps la perte d’énergie correspondante à l’aide d’un wattmètre très sensible dont le circuit dérivation était connecté à l’un des enroulements secondaires du petit transformateur constitué par l’échantillon expérimenté, auquel on donnait la forme d’un anneau de i3om, 5 environ de diamètre moyen.
- Il résulte de ces mesures que les matériaux se comportent de deux façons très différentes au point de vue de l’influence exercée par la fréquence sur le cycle d’hystérésis: les uns fournissent un diagramme presque droit sous toutes les fréquences; les autres, un diagramme qui se déforme très rapidement à mesure que la fréquence augmente. Il semble que cet effet soit dû à la viscosité magnétique (‘).
- Quant à l’influence de l’épaisseur des lames de (*)
- (*) Cf. American lnstitute uf Eleclrical Engineers Transactions, vol. XVII, p. 5, 1900 ; vol. IX, p. 624, 1892.
- métal, on a pu constater approximativement la loi suivante :
- La perte par courants de Foucault est proportionnelle au carré de l’épaisseur, lorsque cette épaisseur est très petite.
- A. M.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sur la construction des transformateurs cuirassés. — P. Heller. — Electrical World, 9 septembre 1909.
- L’introduction dans le commerce des nouvelles qualités d’acier a changé radicalement le mode de construction des transformateurs. Les formules que l’auteur s’est proposé de donner, et qui peuvent servir immédiatement à calculer, les dimensions principales dans un projet, ont été établies en vue de ces nouvelles conditions de construction.
- Soit :
- E,, la tension primaire ;
- E2, la tension secondaire;
- f, la fréquence ;
- Wj, la puissance qui sort du secondaire ;
- e, le rendement à pleine charge.
- Fis. 1.
- L’équation fondamentale du transformateur, donnant la force contre-électromotrice induite par le flux alternatif, dans l’enroulement primaire, en fonc • tion de ce flux, est la suivante :
- E, — é,44 X B X A x/"X N, X io"8,
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- 30 Octobre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 145
- dans laquelle :
- B est l’induction maxima dans le fer ;
- A, la section du fer normale au flux ;
- Ni =le nombre de spires en série du primaire.
- Dans un transformateur cuirassé, le volume du noyau a pour valeur approximative :
- 2 X c d% [a -f- ft-J- i),
- et, en admettant un coefficient de io % pour la réduction de volume due au feuilletage du noyau, le volume net de fer sera donc :
- V= i ,8 X c <P [a -f- b -f-i).
- La section transversale de fer offerte au flux au milieu du noyau, est :
- 8,9 X c d2 — A.
- La surface de passage entre le primaire et le secondaire peut être considérée comme égale à abd2, une partie étant d’ailleurs, en tenant compte de l’isolement et des passages ménagés pour l’huile ou l’air entre les bobines, on peut admettre un coefficient global de réduction d’espace :
- .s- = o,3 à o,4-
- Connaissant les courants primaire et secondaire (le courant magnétisant dans le primaire étant encore inconnu lorsqu’on fait le projet) on en déduit les sections transversales des fils primaire et secondaire en adoptant une densité de courant K déterminée.
- Les ampères-tours des deux bobinages étant à peu près les mêmes, les sections occupées par le cuivre au primaire et au secondaire sont égales pour une même densité de courant :
- N' E = N> E-
- ce qu’on peut écrire :
- i N, — = s abd'1.
- lv
- En fait, lorsqu’on s’est donné s et Iv, l’indétermination reste encore assez grande. A l’aide des courbes qui donnent, pour une qualité de fer donnée, la perle en watts par unité de volume à la fréquence employée, en fonction de l’induction, on a choisi la densité de courant en se fixant un taux de pertes raisonnable. 11 faut remarquer d’ailleurs que,avec les nouveaux aciers, on peut s’approcher beaucoup du coude de la courbe de saturation sans avoir des pertes dans le fer trop élevées, mais on n’obtient ainsi qu’un type de machine à fonctionnement anormal.
- Les pertes dans le fer une fois fixées, le volume du fer du noyau s’en déduit par la formule :
- \ = Q == cd3 (« + h + *)•
- i,8
- De même, la « surface de passage » est donnée par :
- abd'1
- a NJ,
- (i>.
- Enfin on connaît de plus ainsi les intensités primaire et secondaire ainsique les sections des fils, ce qui permet de déterminer la longueur moyenne m d’une spire :
- m — icd -f- (d + ad) =- d (2 c 3 -(- 3 a).
- On voit qu’on a ainsi 4 relations pour déterminer les 4 quantités inconnues.
- La solution de ce système est difficile, mais l’auteur en tire l’équation suivante du 3e degré :
- 3(i>*(P/m—3Qto) c?3-|-ü>(3Q(i>2/h—9w2P—«zoP— 6P2)rf2 -f- 20)(2P2m — 3QtoP)«f — 4P3 r= o,
- d’où
- I, =
- K sabd-
- 2N0
- P désignant le produit abcd‘‘.
- Connaissant d par cette équation, on en déduit les autres dimensions au moyen des formules:
- Par suite :
- E2 = 4,44 X B X A X/X N* X
- — 4,44 X B X (0,9 X cd2) X fX N* X 10-8.
- La puissance du transformateur a donc pour valeur, en volts-ampères :
- E2I2 = 2,22 X o,9 X B X /X i<>~8 X Ks X abcdK
- ,__P
- td~ ouf
- ad
- m — 2 cd — 3 d d ’
- bd =
- (1)
- ad'
- L. Q.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2® Série). — N» 44.
- L’influence de la forme des dents d’armature sur les fuites magnétiques. — Miles Wal-ker. — The /ilectrician, icr octobre 1909.
- Lorsqu'on fait le dessin des dents d’un induit, on a surtout en vue les considérations suivantes :
- i° Faire la tête de la dent aussi grande que possible sans augmenter outrp mesure la réactance des conducteurs logés dans l’encoche ;
- 20 Laisser à la racine une quantité de fer suffisante pour livrer passage au flux et assurer une résistance mécanique suffisante;
- 3° Diminuer, autant que possible, la perméance du circuit magnétique qui entoure l’encoche ;
- 4° Simplifier, pour le constructeur, l’exécution de la dent;
- 5° L’ouverture de l’encoche doit, dans quelques cas, ne pas descendre au-dessous d’un certain minimum déterminé par le calibre des conducteurs qu’on veut y loger ;
- 6° Le projet et l’exécution doivent pouvoir se prêter aisément à la « standardisation ».
- Si l’on désigne par (fîg. 1) : h, la hauteur de l’encoche ; b, sa largeur;
- /•, l’épaisseur maxima de l’épanouissement dentaire ;
- g, l’ouverture de l’encoche ; p, l’épaisseur minima de la tête de dent; a, l’angle de l’épanouissement dentaire, on peut, selon les différentes valeurs de ces quantités, tracer un certain nombre de courbes donnant la perméance du circuit magnétique autour des encoches. Ces courbes, établies par l’auteur, permettent au constructeur de modifier, en connaissance de cause, une forme de dent déterminée.
- x o-
- Si, par exemple, on se donne le rapport — = o,35
- ainsi que l’angle a = 27° environ, il suffit de mener (fîg. 2) la perpendiculaire au point d’abscisse 0,35, et
- la surface ainsi limitée donne la forme de la dent L’ordonnée étant égale à la moitié de l’abscisse, on
- Fig. >..
- Valeur de *7 on abscisses. b
- peut juger tout de suite si la dimension p est, ou non, trop petite aa point de vue de ia facilité de construction.
- 0*1 0’2 0*3 0*4 0*5 0*6 0*7 08 0-0 i‘0 M 1*2
- Fig. 3. — Largeur de l'encoche en abscisses. Les hauteurs h sont indiquées en pouces, ainsi que les abscisses.
- Puis on prolonge cette ordonnée jusqu’à sa ren*
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- 30 Octobre 1909.
- KEVUE D’ELECTRICITÉ
- 147
- contre avec la courbe A', ce qui donne en unités G. G. S. la valeur de la perméance par centimètre de longueur de fer du circuit qui entoure l’encoche.
- Par exemple dans le cas de la figure, ce sera 0,98 G. G. S. par centimètre de longueur, et par
- ampères passant dans l’encoche. Ce résultat est
- indépendant de la taille de l’encoche, car la perméance ne dépend absolument que de la position et
- O'
- de l’inclinaison de la ligne OA et du rapport ^ .
- Pour obtenir la perméance totale, il faut ajouter à la valeur ainsi déterminée celle de la perméance à travers l’encoche, entre faces parallèles. Cette perméance supplémentaire est indiquée par les courbes de la figure 3 (').
- C. M.
- TRACTION
- Procédé de calcul de la consommation d’énergie d’un chemin de fer électrique. — P. Heinze. — Elektrische Kraftbetricbe und Bahnen, 4 août 1909.
- Dans la formule qui donne l’énergie nécessaire pour remorquer un train sur un profil déterminé, avec une accélération également donnée, intervient la détermination du travail correspondant à cette accélération.
- Comme on le sait, il suffit d’évaluer la quantité de ce travail d’accélération qui, au freinage, est convertie en chaleur. On obtient cette valeur par la différence entre le travail d’accélération total correspondant à la vitesse v» au début du freinage et le travail à développer pour vaincre, sur la distance de frei-
- (*) Mais ici les longueurs sont comptées en pouces, et il est nécessaire de faire la conversion pour pouvoir utiliser directement le diagramme que nous reproduisons.
- nage, la résistance à la traction à la montée et dans les courbes.
- Si l’on se reporte au diagramme représenté par la figure 1, qui donne les vitesses en fonction des temps, la vitesse cherchée (’â est donnée par la formule :
- dans laquelle :
- i’m est la vitesse moyenne ;
- T m le temps total de marche ; et :
- rp __ f/l ~f~ fbr
- 1 %
- avec :
- , ___ t'a [‘2ii + t2) — Vi [li -(- f2)
- ln -- "
- Pour déterminer e2, on procède par approximations successives en se servant des caractéristiques du moteur.
- Le travail nécessaire pour amener le train à la vitesse peut être assimilé au travail exigé par la montée d’une rampe. La différence de niveau de cette rampe est h„, telle que :
- QA„ = -^
- 1 o
- Q étant le poids du train ;
- Q', le poids à mettre en vitesse, différent de L si n tient compte des parties mobiles.
- Q'
- 1 mV pn •nrpnant
- h„— o,o56 c22
- Ce travail sera à fournir sur une longueur l— l/,r, l étant la distance entre deux haltes et l/,,., le trajet de freinage.
- l e. — II C , r T)
- * A I i.
- CL 1 l h h*, t
- Fig. 2.
- Dans ces conditions, on peut représenter le travail nécessaire pour déplacer un train de 1 tonne par le diagramme (fig. 2).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N» 44.
- Tableau. Exemple de calcul de consommation.
- Qu poids de la locomotive......... t. j 56
- Q2, poids du train................ t.
- Q = Qi + Q*
- L longueur de la section....... km.
- vitesse moyenne............. m/sec,
- wi, résistance par tonne de la locomotive, donnée par la formule de Frank :
- Wv — -2,5 -f- [o,OOI ou :
- w i ~ 2,5 -f-
- 84
- 0,07.1,1 F
- Qi
- j-
- 100 000 Qi 184 Qi -j- 7 700 F
- •c). ^
- w-ij résistance par tonne du train, d'après Frank :
- IV2 — ‘A, 5 4-
- , o,0762+/* .f )l 0,0018/, -|---—--------1. <>„>
- O 2
- ----------------------(2) kg.
- IOO OOO 0-2
- I 84Q2+ 7 000 (‘A+ «•/)
- W =
- 101 .Qi + to-aQi
- Q
- kg-
- km.
- L,. = L
- Km.
- A, différence de niveau totale...... m,
- h#, différence de niveau correspondant à L<r:............................ m.
- =
- h — hM
- ~lT
- h
- kg.(m.)
- />, résistance due aux courbes correspondant à L,.(4).............. kg. (m.)
- yr = w + sr + />
- kg.
- Z..
- Kg-
- ]?! — Zj — Q .y,.
- kg.
- MP
- 248
- 28,8
- 9.«
- :*>7
- 3,o
- 3,‘A
- 2 1,3
- 7,r»
- — I 70
- — 1 r>9
- — «,47
- 0/20
- + 1,93
- 25 3oo
- 6810
- 6 33o
- *y
- '2 9.
- 2 3
- '24
- 25
- '26
- 'tl
- '28
- *^9
- 80
- 3i
- 38
- 34
- 35
- 36
- 11
- 38
- B, M
- m/sec.!
- ♦h
- rn/sec,
- ïi
- sec.
- valeur estimée............ m/sec.
- Z>
- ^1 +
- kg-
- Ba — Z2 — Q • yr
- kg.
- Ï2
- ]h
- M *
- m/sec.s
- — e,
- sec,
- valeur admise.................. m/sec.
- —
- p.»
- Y//r
- SCC.
- ^_____^2 (2^i ~t~ A>) — (^1 H~~ *2) gec
- n ' * \ *
- km.
- /. 1 000
- sec.
- rP + thr
- 11 —-------------
- sec.
- T
- 1 »,
- «'a = ♦'/«•TF
- T _______rr
- A /n A 1
- m/sec.
- A*, o,o56.e22
- 111.
- 111.
- km.
- 2 1 000 y6/.
- c(» —
- A(/ JJr'^br ~1 '
- kg-
- A = (;//,. + cv.~).Lr.Q. W.H.
- 0,25
- 3o .
- a) 11 à)i -a,.(6)
- a) 5 470 b) 5 190
- a) 4990 b) 4710
- a) 0 197 b) 0,186
- a) 17,8 b) 24,7
- 0,2
- a) 55 b) 6o,5
- a) 45,4 Ai 5o,8
- 2,620
- •267
- a) 5o,2 b) 55,6
- a) 11,1 b) 12,38
- 8,6
- 0,38*2
- 3,o
- 0,78
- 87 500
- (!) F est la section transversale de la locomotive en m2. Ici, l’on a : F = 7,5 m2.
- (2) n est Le nombre des wagons; f la surface par wagon en m2 (à considérer pour .la résistance de l’air).
- Dans le cas actuel : n.f= 6,7 m-.
- (3) Les rampes sont positives, les pentes négatives. Donc, ici :
- — I7I — (— •-V))
- Sr= ------------------- = -M7-
- d ( 1 000d\
- (I) D’après Frank, r = I 180------— I kg pour les trains
- \ • n / de marchandises,
- 2000 d\
- 180------— I kg pour les trains
- ' de voyageurs, d étant l’écartement des roues,K,le rayon de courbure, en m.
- p») Les valeurs précédées par la lettre b sc rapportent au calcul de contrôle déduit de la valeur prise pour e2 dans 33 a.
- et
- R V
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- 149
- La surface I [abhk) représente le travail dû à la résistance de frottements, de rampes, etc. ; la surface II (Jikdc) représente le travail d’accélération.
- L’énergie totale nécessaire pour déplacer un train sur une distance déterminée est:
- A = (y + <v) L. Q.
- Y) étant le rendement moyen des moteurs électriques à la jante des roues ;
- C(,, l’effort correspondant à la montée d’une rampe de hauteur hV9 et dont la valeur est, d’après la figure a :
- __ kv ' iflbr
- tv - ? »
- ♦
- L, la distance totale à parcourir.
- Si, sur la distance L, se trouvent des pentes sur lesquelles, pour la vitesse maxima, les moteurs n’absorbent aucune énergie, il faut remplacer, dans la formule, L par L,.~ L—L^, L^ étant la longueur totale de ces dernières pentes.
- De même coefficients /’, ev (fig. a) devront être rapportés à cette longueur Lr.
- L’auteur termine en donnant l’exemple numérique reproduit dans le tableau, p. i /*8.
- T. E.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur la constante de temps d’une batterie d’accumulateurs. — W. Ashe. — Electrical World, 9 septembre 1909.
- Des mesures ont été faites pour déterminer aussi exactement que possible le temps qui est nécessaire pour que le courant d’une batterie passe de zéro à sa valeur normale lorsqu’on ferme le circuit. Cette question est intéressante pour le cas où, la batterie travaillant en parallèle avec un convertisseur rotatif, il survient un court-circuit. Dans ce 'cas, on peut se demander si la constante de temps du circuit, sera plus grande que le temps nécessaire pour que la réaction chimique se produise dans la batterie ; en outre, s’il en est ainsi, la batterie prendra-t-elle la charge plus vite que la machine permettant ainsi au disjoncteur de celle-ci de fonctionner avant que le commutateur soit affecté ?
- L’essai a été fait à la Columbia University avec un oscillographe qui a donné la courbe iîg. 1.
- Un contact mobile ouvrait et fermait le circuit /i fois pendant chaque révolution du cylindre de l’oscillographe.
- L’intensité zéro et le potentiel zéro sont indiqués en A et B; la tension en circuit fermé est tracée en E C, et le courant dans les mêmes conditions en ¥ D, le papier se déroulant de gauche à droite.
- Au moment de l’ouverture du courant par le contact mobile, le potentiel monte en E tandis que l’intensité tombe en F.
- -----------Si-----------B
- ^.002seconde
- Fig. 1. — La flèche indique le sens du mouvement.
- En régime normal, la batterie se décharge à raison de i5 ampères pendant 6 heures ; dans l’expérience on maintenait le courant à cette valeur pendant que le circuit était fermé.
- Les légères irrégularités de la courbe D correspondent au contact du balai.
- L’augmentation du courant à chaque fermeture était très rapide (0,00'Jt seconde).
- Le résultat semble indiquer que la constante de temps de la batterie est plus faible que celle d'un générateur ou d’un convertisseur.
- E. A.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Téléphonie multiple. — A. Maior. — Elekiro-technische Zeitschrift, 2 3 septembre 1909.
- L’auteur étudie remploi du courant alternatif en résonance avec le système des conducteurs pour obtenir une transmission multiple à l’aide d’une seule
- Fig. 1.
- ligne. La figure 1 montre le schéma de cette trans mission dans le cas de deux postes, émetteur et * récepteur, E élant l’alternateur à haute fréquence,
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-
- ISO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N° 44.
- M, et M', les microphones, Tt les téléphones d’un des postes, et z\ des soupapes électrolytiques disposées de façon que chacune d’elles laisse passer une moitié de l’onde alternative.
- La disposition est identique au poste récepteur. Les courants téléphoniques de la branche a superposés au courant à haute, fréquence sont entendus dans la branche A et inversement. Gomme soupape on peut employer également une soupape quelconque; cependant les soupapes électrolytiques présentent l’avantage du bon marché et d’un maniement facile.
- Si l’on utilise deux, courants alternatifs de fréquences différentes, une même ligne pourra transmettre quatre conversations, en appliquant le jprin-cipe de la résonnance électrique, la différence des périodes étant a déduire de l’expérience, en tenant compte de la capacité des soupapes.
- La figure 2 représente le schéma correspondant : les postes portant une même lettre peuvent seuls communiquer ensemble. Ej et E2 sont les sources alternatives.
- Le même procédé peut s’appliquer à la télégraphie, et dans ce cas il n’est pas nécessaire d’employer des courants de fréquences très élevées. La ligure 3 donne le schéma correspondant ; W,, W2, W3, W4 sont des résistances non inductives.
- Par tâtonnement, on amène la ligne Bt en résonnance avec En B2 avec Es, ce qui met chacun des relais B,, R*, R;î, R;, en correspondance avec un des manipulateurs Ti, T,, T3, T4.
- Dans le cas de la téléphonie multiple, une cause de trouble a été l’action incomplète des soupapes ainsi que la variation de leurs capacités. En télégraphie, ces causes perdent leur importance ; en tout cas, l'auteur espère pouvoir d’après ces essais arrivera les compenser.
- P. T.
- BREVETSfl)
- Appareils de mesures.
- 402 047, du x8 août 1908. — Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d'usines a gaz. — Shunt variant sous l’influence d'un champ magnétique extérieur.
- 40a 968, du 12 mai 1909. — Société Landis et Gy h. — Instrument de mesure pour courant alternatif d’après le principe de Ferrari.
- 4<>3 o3o, du 14 mai 1909. — Compagnie Anonyme Continentale pour la fabrication des compteurs a gaz et autres appareils. — Dispositif de coupure du lil de lin dans les compteurs électriques watt-hèures-niètre.
- Construction de machines.
- 402 o5;a, du 18 août 1908. — Plisson et Durieux. — Machine génératrice d’électricité.
- 402 147> du 17 avril 1909. —Burks. —Perfectionnement dans la production des aimants de fonte pour machines électromagnétiques ou autres.
- 402 3x2, du 23 avril 1909. — Angeiïaud. — Machine dynamo-électrique à deux induits sur le même arbre, utilisant deux fois les lignes de flux d’inducteurs suspendus et isolés de toutes pièces magnétiques, le nombre des collecteurs ainsi que celui des inducteurs étant variable.
- 402 516, du 29 avril 1909. — Miogley. — Perfectionnements dans les machines électriques à courant continu.
- 402 744, du G mai 1909. — Juston. — Génératrice magnéto-électrique pouvant servir à l’éclairage ainsi qu’à l’allumage des moteurs à explosions.
- 402 756, du G mai 1909. — Scuwkrix. — Procédé pour la production de courants électriques.
- 402 825, du 8 mai 1909. — Société Siemens et
- (!) Liste de brevets concernant l’Elcctricitc, communiquée par M. II. Josse, 17, boulevard de la Madeleine, à Paris.
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- 151
- Halske Aktien-Gesellschaet. — Disposition pour le groupement volontaire, soit en série, soit en parallèle, soit mixte, des groupes de spires d’enroulement d’appareils électriques.
- 4o3 oGo, du iî> mai 1909. — Société d’électiiicité Nilmelioh. —Dispositif de montage perfectionné des appareils magnéto-électriques.
- 4o3 076, du i5mai 1909. — Société anonyme Wes-tinciiouse. — Perfectionnements à la commande des moteurs électriques.
- Arcs et lampes électriques.
- 402 Iqi, du 24 a.vril 1909. — Salomon. — Appareil allumeur-extincteur à distance avec va-et-vient multiple pour lampes électriques.
- 402 488, du 28 avril 1909. — Wolters. — Lampe électrique.
- 402 5g4, du 3o avril 1909. — Duschnit/.. — Lampe à arc dans laquelle l'avancement des électrodes est elîectué au moyen des elïets du courant qui se produisent au point de support.
- 402 OiG, du icr mai 1909. — IIeimanx. — Lampe électrique à arc.
- 402 866, du 10 mai 1909. — Duschnitz. — Lampe à arc à électrodes supportées .
- Transmission et distribution.
- 402 084, du i5 avril 1909. —• Ropiquet. — Interrupteur à résistance et self décroissantes.
- 402 162, du 21 août 1908. —Pinel-Pesciiardières. — Dispositif de commutateur électrique à positions multiples.
- 402 192, du 19 avril 1909. — De la Valette. — Câble électrique.
- 402 386, du 21 avril 1909. — Hcxdiiausen. — Système de coupe-circuits non interchangeables.
- 402 716, du 5 mai 1909. —Weckmau. — Coupe-circuit pour canalisations électriques aériennes.
- 402 7 49, dü 6 mai 1909. — Compagnie générale électrique. — Interrupteur à rupture rapide et à souillage magnétique, commandé à distance à l’aide d’une seule bobine.
- 402 826, du 8 mai 1909. — Société électro-industrielle.— Prise de courant et attache-fil avec appareil de protection.
- 403 046, du 1.4 mai 1909. — Siieery. — Boîte de protection pour fusibles.
- Electrochimie et électrométallurgie.
- 402 6:12, du 3 mai 1909. — IIelfenstein. — Four électrique avec rechargeur surélevé.
- 402 712, du 5 mai 1909. — Société des carrures métalliques. — Procédé et dispositif pour l’amenée du courant aux électrodes des fours électriques.
- 403 o38, du 14 mai 1909. — Hiokth. — Four électrique à induction.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 402 i6i,du 21 août 1908. — Secuy. •— Liquide excitateur pour remplacer le bichromate dans les piles à grand débit.
- 402 964, du 12 mai 1909. — Von Wysocki. — Disposition de piles thermoélectriques.
- 402 979, du 12 mai 1909. — Coi.liard. — Accumulateur électrique.
- Télégraphie et téléphonie sans iil.
- 402 171, du 17 avril 1909. — Colin et Jeance. — Appareil de téléphonie sans iil.
- 402 707, du 5 mai 1909. — Péri. —• Système de mât démontable pour télégraphie sans fil.
- 402 974, du 12 mai 1909. — Société Marconi’s Wiheless telecrapii company Limited. —Appareil de transmission pour la télégraphie sans iil.
- 402 976, du 12 mai 1909. — Société Marconi’s Wiheless telecrapii company Limited. — Perfectionnements à la télégraphie sans fil multiple.
- Télégraphie et téléphonie.
- 402 215, du 20 avril 1909. — Société Siemens et Halske aktien-cesellsciiaet. — Système de commutation pour installations téléphoniques automatiques dans lesquelles les sélecteurs de la centrale sont desservis par des employés au lieu d’être actionnés par les abonnés.
- 402 5oo, du 28 avril 1909. — Bonneau du Mahtray. — Dispositif pour modifier le timbre de la voix dans les communications téléphoniques.
- 402 729, du 4 septembre 1908. — Compacnie Tiiom-son-IIouston. — Dispositif permettant la liaison
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- de deux systèmes téléphoniques à énergie centrale.
- 402 98a, du 12 mai 1909. — Justinien. — Clavier transformateur pour appareil télégraphique, type Baudot.
- Divers.
- 3o2 190, du 19 avril 1909. — General acoustic company. —Perfectionnements aux dictographes.
- 402 408, du 27 août 1908. — Ateliers Thomson-IIolston (anciens établissements Postel-Vi-nay). — Dispositif de protection automatique à signalisation acoustique et optique pour faible courant.
- 402 885, du 7 mai 1909. — Méans. — Système de signaux pour appareils d’aviation et autres.
- VARIÉTÉS
- JL es automobiles électriques utilisées comme poids lourds (1 ).
- Le moteur à essence a l’avantage de la simplicité de la mise en marche et du peu d’éléments nécessaires à son fonctionnement. Mais son manque d’élasticité nécessite, pour son utilisation avec les « poids lourds »,un moteur extrêmement puissant, fonctionnant dans de mauvaises conditions économiques en marche normale. En outre, on est obligé d’utiliser des systèmes de transmission par engrenages déterminant une perte importante du travail transmis. Ces engrenages se brisent et s’usent rapidement, amenant des frais considérables.
- Le moteur à vapeur a pour lui le grand avantage de l’élasticité, permettant de simplifier les mécanismes de transmission.
- En résumé, le moteur à essence ne peut être utilisé avantageusement pour les « poids lourds », mais la facilité d’approvisionnement en cours de route et l’inutilité d’un aide rendent la voiture à essence ordinaire excellente pour le grand tourisme.
- Voici la description des principaux types d’automobiles construits dans l’intention d’obtenir les avantages du moteur à essence et ceux de la vapeur, tout en supprimant quelques inconvénients de ces deux agents :
- Automixte. —- Les automoteurs mixtes sont des voitures dont l’énergie, produite par des moteurs thermiques, est transmise aux roues par l’intermédiaire d’un organe électrique.
- Voici quelle est la solution donnée par M. Pieper pour rendre pratique l’emploi de la voiture mixte. La
- (‘) D’après M. Dalehroux,/l////clm de VInstitut électro-technique Montefiore, juin 1909.
- figure i montre la disposition générale de cette voiture .
- Une dynamo 2 est calée sur l’arbre du moteur thermique 1. Le prolongement de cet arbre est terminé par une couronne d’embrayage 3. Une couronne 5 fixe sert au freinage. Entre ces dedx couronnes peut se déplacer un disque 4 fixé à l'arbre
- Fig. 1.
- attaquant le différentiel. Chacune de ces couronnes porte un enroulement magnétisant pouvant recevoir un courant variable développant un flux magnétique circulaire qui tend à se fermer par le disque.
- Selon que le courant passe dans l’enroulement 3 ou 5, on obtiendra l’adhérence du disque 4 avec 3 ou 5, c’est-àdire l’embrayage ou le freinage.
- La figure 2 nous montre le schéma de la disposition des connexions électriques.
- La valve d’admission 1 du carburateur est réglée automatiquement par l’action d’un noyau en fer doux 2 suspendu à l’intérieur d’un solénoïde à double enroulement. L’un de ceux-ci, 3, à fil fin, est monté en dérivation sur la batterie, et l’autre, 4, à gros fil, se trouve dans le circuit reliant la dynamo 5 aux accumulateurs G.
- Le courant peut s’inverser dans l’enroulement à gros fil selon que le courant de la batterie est de charge ou de décharge, c’est-à-dire selon que la différence de potentiel de la dynamo est plus grande ou plus petite que celle de la batterie. La force élec-
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- tromotrice de la dynamo variera avec sa vitesse et, par conséquent, avec celle du moteur thermique.
- Lorsque le courant est de décharge, l’action de /j se soustrait de celle de 3, le noyau est refoulé et ouvre l’admission des gaz. Lorsque le courant est de charge, l’action de 4 s’ajoute à celle de 3, et le noyau est aspiré et ferme l'admission des gaz.
- Le fonctionnement de la voiture peut s’analyser comme il suit.
- Mise en marche du moteur thermique. — Le déplacement du levier 7 dans le sens indiqué par la flèche 6 a pour effet de relier la batterie au moteur et d’exciter celui-ci au maximum. Le moteur thermique étant entraîné va accélérer la vitesse du groupe et la différence de potentiel aux bornes de la dynamo deviendra supérieure à celle de la batterie, ce qui aura pour effet d’inverser le courant dans l’enroulement 4, et la batterie se chargera.
- Aux démarrages et aux coups de collier, la vitesse de la dynamo diminuant, la force élcctromotricc à ses bornes sera inférieure à celle de la batterie, on aura donc un courant de décharge qui aura pour effet :
- i° De faire fonctionner la dynamo comme moteur;
- •À0 D’agir sur l’admission de façon à donner au moteur sa puissance maximum.
- Variations de vitesse du véhicule. — La voiture prendra une vitesse de régime qui dépendra du courant d’excitatinn. En effet, si on diminue l’excitation (au moyen du levier 7), la différence de potentiel aux bornes de la dynamo diminuera et le courant de la batterie sera de décharge.
- Les phénomènes décrits précédemment se reproduiront et auront pour effet d’augmenter l’allure de la voiture jusqu’à une nouvelle vitesse de. régime.
- Donc, pour faire varier la vitesse de la voiture, il suffit d’agir sur l’excitation.
- Selon le profil de la route, et automatiquement, il s’ensuivra donc que sur les rampes la batterie aidera le moteur thermique et sur les pentes la dynamo | chargera la batterie et récupérera ainsi l’énergie ! disponible.
- La vitesse de la voiture dépendant de l’action des deux enroulements 3 et 4 et ceux-ci faisant l’équilibre à la traction du ressort 9, il s’ensuit que la tension de ce dernier a une influence sur la vitesse.
- On règle cette tension de manière que, la voiture roulant à une vitesse fixée en palier, les accumulateurs soient bien chargés et que le courant traversant la dynamo soit presque nul.
- Les organes de commande de cette voiture sont : la pédale commandant les courants d’embrayage et de freinage et le combinateur qui permet de changer l’allure du véhicule et la marche arrière.
- On obtient donc, grâce à cette batterie tampon, une grande souplesse, d’où une fatigue moins grande des organes.
- Dans les pentes et lors des arrêts, on peut récupérer l’énergie dissipée ordinairement en chaleur par les freins.
- La mise en marche se faisant électriquement, on n’hésite plus à arrêter le moteur pour le moindre stationnement de la voiture. Il en résulte une économie d’essence.
- Les engrenages de la boite des changements de vitesse et de la marche arrière sont supprimés, cette dernière se faisant par la dynamo fonctionnant comme moteur.
- On a la commodité de l’éclairage électrique.
- Cependant, l’embrayage, étant magnétique, ne se fait pas sans une perte de courant, laquelle est toutefois peu importante.
- Le cas de la batterie tampon des voitures mixtes diffère un peu de celui existant dans les centrales d’électricité. En elïet, dans celles-ci, on utilise une batterie tampon en vue de faire fonctionner les machines dans les meilleures conditions, c’est-à-dire en pleine charge et à vitesse constante, et on arrive à ce résultat; tandis que, dans le cas de la voiture de M. Pieper, le moteur thermique, devant suivre les variations d’allure de la voiture, ne peut presque jamais fonctionner à sa vitesse de régime et fonctionne donc rarement économiquement.
- En résumé, on a dans cette voiture un moteur à essence moins puissant, la suppression des changements de vitesse, un démarrage facile, un embrayage
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- et un freinage électriques, la suppression de la magnéto, l'éclairage électrique. Mais, pour arriver à cela, il nous faut malheureusement une batterie d'accumulateurs et une dynamo.
- Cette voiture possède les conditions demandées
- aux « poids lourds » et peut être utilisée avantageusement pour cet usage, notamment comme autobus, voiture de pompiers et pour divers usages militaires.
- (.A suivre) S. F.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- TRACTION
- Comparaison des différents systèmes de traction au point de vue du coût de premier ètablissemen t (:1 ).
- Station centrale. — Pour les lignes très longues, il y a avantage à construire les usines pour du courant triphasé à 5o périodes, par exemple, produisant du courant à 5o ooo volts utilisé pour le transport, ce courant étant transformé en courant de basse fréquence au point d’utilisation.
- Ligne d'alimentation. — Dans ce cas, le système adopté pour le transport de force est indépendant de celui admis pour la traction proprement dite.
- Les lignes d'alimentation pourront cire portées par les mêmes poteaux que la ligne dé contact, ce qui réduira les frais de premier établissement. Le tableau ï donne une idée approximative de la diffé-
- (*) Extrait du rapport de M. Ed, Tissot au Congrès
- de Marseille, 1908.
- rence entre le coût par kilomètre des lignes monophasées destinées au transport de force pour une tension de -J5 000 volts, cuivre non compris :
- Tableau I
- LIGNE MONTÉE SUR D.ES POTEAUX SPÉCIAUX LIGNE MONTÉE SUR LES POTEAUX DE LA LIGNE DE CONTACT
- Monophasé 2 fils..... » 4 üls Triphasé 3 fils » 6 fils a 570112 63ofr. 3 390 3 5io » 2 980 3 070 » 4 210 4 390 » 1 370 à ï 43ofr. 2 2i5 2 335 » 1 9u5 1 995 » 3 060 3 240 »
- Les chiffres inférieurs se rapportent à des fils de moins de 6mm de diamètre, les chiffres supérieurs à des fils de plus de 6u,m. Ce tableau ne donne pas le coût réel par kilomètre, qui dépend beaucoup des conditions locales, mais plutôt la valeur comparée des lignes de deux systèmes.
- Sous-stations. — (Tableau IL)
- Tableau II
- Coût d*installation de sous-stations de transformation pour une puissance de 2 000 kilowatts.
- Sous
- I Triphasé..
- la »
- II Monophasé
- n. . »
- Ili Triphasé..
- IV »
- V »
- stations avec battcries-tamp<
- 45 ooo volts 5o en monophasé. i5 ooo volts i5 ~ ... 149 ooo fr.
- 16 ooo )) 40 » » » » »... 2 i33 ooo »
- 45 ooo » i5 » » » » »... 1 914 ooo »
- 15 ooo )) i5 1^1 » » » » »... 1 702 ooo »
- 45 ooo » 5o & en triphasé. 5 ooo » » »... 1 903 ooo »
- 40 ooo » i5 » » » )> »... 1 811 ooo )>
- 45 ooo » > 5o en courant continu. 3 ooo )> — »... 1 4o3 ooo »
- Pour des puissances de 3 000, 5 000, 7 5oo kilowatts les chiffres ci-contre sont à multiplier par
- i,5 — 2,4 — 3,5.
- b. — Sous-stations sans batteries-tampon, transformation de la tension seule :
- VI Monophasé 45 ooo volts i5 en monophasé i5 ooo volts i5 **....... 170000—190000 fr.
- Variante pour a5 ^ et connexion directe à la ligne de contact sans
- s appareils intermédiaires. ................................. 100 ooo—120 ooo »
- VIT Triphasé 46000 volts i5 en triphasé 5 ooo volts i5 ~............ 180000—200000 »
- Variante pour 5o ~ et connexion directe à la ligne de contact sans appareils intermédiaires....................................... u5ooo—i4oooo »
- Et les chtilres ci-contre par
- 1,25 — 1,7 — 2,3.
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- Ligne de contact. — Le tableau III donne le , coût de la ligne de contact pour les systèmes monophasé et triphasé. Les prix unitaires variant d’un pays a l'autre, les chiffres du tableau servent surtout de base de comparaison pour le coût d’installation des systèmes monophasé et triphasé ; il a été établi en admettant la suspension caténaire, avec poteaux en fer placés à une distance moyenne de 5om l’un de l’autre. Ces poteaux répondent aux prescriptions suisses et sont assez forts pour porter, outre la ligne de contact, la ligne d’alimentation, la ligne téléphonique, la ligne télégraphique et une ligne primaire à haute tension. Nous ne donnons pas-le coût de la ligne de contact pour courant continu à un lil, puisqu’il se rapproche de celui des lignes monophasées.
- Les tableaux III et IV démontrent que le coût delà ligne de contact est, pour le système triphasé, beaucoup plus élevé que le système monophasé et «pic la différence peut dans certains cas dépasser 70 % .
- Matériel roulant. — On a déjà publié ici meme les données économiques qui s’y rapportent (*).
- Comparaison des systèmes de traction au point de vue des frais d’exploitation (**).
- Les données précises à ce sujet font défaut ou sont très rares, car il existe peu de chemins de fer électriques des différents systèmes se trouvant dans des conditions suffisamment semblables pour pouvoir être comparés les uns aux autres au point de vue des dépenses d’exploitation.
- Tableau III
- Coût d'installation par kilomètre de ligne de contact, section du fil de contact = ioo1
- DISPOSITION DE LA LIGNE COURANT DIFFÉRENCE EN FAVEUR DU TRIPHASÉ
- Type du support sans cuivre avec cuivre sans cuivre avoc cuivre sans cuivro . avec cuivre
- a. Grandes lignes > frnucs frniics frimes frnnoa K %
- iu Simple voie, consoles ; en alignement 9 200 13 700 1 3 200 21 5oo 44 57
- 2" Simple voie, consoles; en courbe de 3oo mètres. 10 5oo 1 a 000 17 900 26 400 70 76
- 3° Simple voie, jougs; en alignement 14 100 » 17 35n )) 24 »
- 4° Simple voie, jougs; en courbe de 300 mètres.. i5 700 » 26 280 » 67 »
- 5® Double voie, jougs; en alignement 18 000 25 400 24 900 38 3oo 38 5i
- G® Double voie, jougs; en courbe de 3oo mètres.. b. Lignes secondaires : 20 200 27 600 34 5oo 48 100 71 74
- i® Simple voie, console; en alignement 7 440 10 800 » » » »
- a® Double voie, console; en alignement c. Installations de gare ; 9 69° 13 100 » » » »
- 1® Grandes voies avec 10 % de voie de transit. .. 11 3oo 13 65o 14 700 18 55o 3o 36
- 2® Petites gares avec 3o % de voie de transit i5 000-16 000 18 600 19 700-20 5oo 25 65o 3o 33
- d. En tunnels :
- i° Simple voie 5 000 10 g5o 7 000 iG 700 40 53
- 2® Double voie 7 9°° iG 700 12 900 27 750 63 GG
- Le coût de l’éclairage électrique de la voie sera à peu près le même pour les systèmes monophasé et triphasé.
- Les frais afférents au sectionnement de la ligne sont sensiblement les suivants :
- Tableau IV
- MONOPHASÉ TRIPHASÉ DIFFÉRENCE EN DÉFAVEUR DU TRIPHASÉ
- francs francs
- Grandes gares. 64 000 78 5oo «3 %
- Petites gares.. 13 5oo à 18 700 16 700 à 23 000 a 4 %
- D’une manière générale, la différence entre les deux systèmes sera faible.
- S’il n’est pas possible de donner des chiffres précis, nous pourrons tout au moins nous livrer à des considérations générales qui donneront peut-être une idée de la question.
- 1. Usine génératrice. — Les dépenses d’exploitation des usines à courant continu seront en général un peu plus élevées que celles des autres systèmes, les machines à haute tension et l’appareillage étant plus délicats et, par conséquent, plus sujets à détérioration. Les autres dépenses pour le personnel,
- (*j Voir Lumière Electrique du 18 septembre 1909.
- (2) Même source. (Rapport de M. Tissot).
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- les matières diverses,etc., seront les memes pour les divers systèmes.
- 2. Lignes de transport et d'alimentation. —
- L'entretien des lignes triphasées est plus coûteux que celui des lignes monophasées ou à courant continu, à cause du plus grand nombre de fils ; l’avantage est au monophasé si l’on rapporte les frais d’entretien au nombre de kilowatts-heure ou de tonnes-kilomètre transportées annuellement.
- 3. Sous-stations. — Les dépenses d'exploitation sont, dans tous les cas, supérieures pour le courant continu, à cause de leur nombre beaucoup plus grand nécessité par la liasse tension du système ; puis viendra le triphasé et enfin le monophasé, qui sera le meilleur marché. Si les sous-stations doivent servir en même temps de tampon, les dépenses par sous-stations seront sensiblement les mêmes pour les trois systèmes ; elles seront un peu plus élevées cependant pour le courant continu.
- Si, au contraire, les sous-stations ne contiennent que des transformateurs fixes abaissant la tension, seuls les systèmes alternatifs présentent un avantage considérable sur le système continu ; le système monophasé sera le plus avantageux des trois.
- 4. Ligne de contact. —Pour cette partie de l'installation également, l'avantage est au monophasé, tant au point de vue des dépenses d’entretien qu’à celui des intérêts et de l’amortissement comptes par kilowatt-heure ou par tonne-kilomètre.
- 5. Matériel roulant. —Au point de vue du poids
- et, par conséquent, de l’énergie dépensée par tonne-kilomètre, c'est le système triphasé qui est le plus économique, puis vient le système continu et enfin le système monophasé. Par contre, le système monophasé est plus avantageux que le système continu et surtout pour le triphasé au point de vue de l’énergie consommée pendant les démarrages. L’entretien des moteurs monophasés est un peu plus coûteux à cause du collecteur mais d’autre part l’usure des coussinets joue un rôle moins grand dans les moteurs monophasés, l’entrefer étant plus grand que dans les moteurs triphasés. E. T.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La situation monétaire semble s’aggraver puisque 'la Banque d’Angleterre et la Banque d’Empire ont jugé nécessaire toutes deux d'élever à nouveau le taux de leur escompte de 4 à 5 % : l’une pour se
- défendre, dit-on, contre la spéculation américaine, l’autre pour se prémunir contre les exigences exagérées de son industrie. La Banque de France est encore immuable et se prépare à venir en aide aux banques étrangères par une modification heureuse de ses règlements qui agrandirait son rayon d’action.
- Toujours même pessimisme quant aux principales valeurs de cuivre; quant au métal, ses stocks augmentent toujours, déjouant toutes les mesures prises pour enrayer la production. Par contre, les valeurs de traction accentuent encore leur mouvement de hausse. Les Omnibus ont franchi le cours de i 470, sous l'influence des nouvelles qui courent en Bourse que les pouvoirs publics seraient maintenant .très favorables à la Compagnie. Les autres sociétés, également intéressées à la réorganisation (Tramways-Sud, Tramways de l’Esl-Parisien, Tramways-Nord), se trouvent entraînées dans le même mouvement; les Tramways de la Rive Gauche passent de 47 fi\ 00 à :>o, les Tramways de Paris et du département de la Seine de 5oi à5i5, et la Thomson-Houston, qui était il y a huit jours à 739 francs, se retrouve aujourd’hui à 748. Ces cours en hausse supputent les chances de ce groupe industriel et financier d'obtenir la concession des transports ; mais on dit aussi que le groupe Francq et Descubes se présente' avec d'égales garanties de bon fonctionnement. Quelles négociations vont se poursuivre pour la prépondérance de l’un ou de l’autre? Et quelles ententes sortiront de ces négociations? Nous aurons l'occasion d’y revenir.
- Le Métropolitain, de son côté, franchit largement le cours de 600 francs, marquant une hausse de plus de 100 francs depuis un an. L’entreprise se développe régulièrement; un nouveau tronçon de la ligne n° 4, Porte de Clignancourt-Porte d’Orléans sera mis en exploitation au mois de novembre : c’est celui qui va de la porte d'Orléans au boulevard Raspail ; le dernier tronçon Boulevard Raspail-Ghâtelet, qui comporte la traversée de la Seine en souterrain, serait ouvert à la fin de l’année.
- Nous avons toujours pensé que le simple énoncé du nombre des voyageurs et du montant des recettes ne suffisaient pas à caractériser l’entreprise, mais la Bourse et le public s’en contentent et font monter la valeur sans se soucier des dépenses correspondantes qui sont bien aussi proportionnelles aux kilomètres parcourus et au nombre de voyageurs transportés.
- Il faut attendre aussi l’influence qu’exercera le tramway ou l’omnibus à bon marché et se rappeler en tout ceci ce qui s’est passé pour les tramways de la rive gauche, impressionnés défavorablement au
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- début de l’ouverture de la ligne circulaire sucl et qui ne se ressentent plus maintenant de cette concurrence.
- La Parisienne Électrique, qui n’a qu’un portefeuille de valeurs de traction, est considérée également avec beaucoup de faveur, car ce portefeuille, dont on ne connaît pas exactement la composition maisdonton peut deviner certains éléments, est d'une valeur supérieure à celle inscrite à son bilan et permet d’escompter des plus-values de dividende.
- L’entente entre les fabricants français d’aluminium qui avait été sur le point de se faire ne se réalise pas et celui qui y met obstacle relève ses prix de vente, dit la circulaire de la Banque Renauld. Ceci indiquerait sa grande confiance dans le développement des applications du métal qui a fait ses preuves pour le matériel de campagne et comme canalisations électriques. Nous ne croyons pas pourtant sur ce point que le cuivre ait à craindre une concurrence vraiment sérieuse ; ses qualités physiques, en mettant de côté toute question de prix, le feront préférer dans les trois quarts des cas.
- I/Énergie industrielle, ou Union d’entreprise d’éclairage et de transport de foi'ce par l’électricité, émet une série d’obligations. Son capital de 3ooooo de francs a été porté en 1908 à 3 087 800 francs par la création de 878 actions d’apport de 100 francs. Ses bénéfices d’exploitation pour l’exercice en cours sont, paraît-il en sérieuse augmentation sur ceux de l’exercice précédent ; le réseau de la Bourboulc, fait assez naturel d’ailleurs, donnerait pendant le deuxième semestre un excédent de 60000 francs sur celui du premier trimestre de 1909.
- L’Union électrique émet de son côté 4 000 actions de 100. francs au pair libérables en espèces, avec droit de préférence pour les anciens actionnaires à raison de treize actions anciennes pour deux nouvelles, et 6000 obligations de 5oo francs libérables en espèces du type 4 i/a % et remboursables en 40 ans. Aucune garantie spéciale n’est accordée à ces nouvelles obligations, mais la Société a pris l’engagement de ne donner à aucune autre émission aucune garantie particulière et de ne pas constituer d’hypothèque sur les biens sociaux.
- La circulaire Brun annonce que les travaux d’établissement du barrage de Ponsonnas entrepris par la Compagnie Electrique du Midi, qui avaient etc récemment repris, viennent d’étre définitivement abandonnés elles marchés résiliés. Les terrassements auraient révélé l’existence d’une poche n’offrant pas la solidité voulue pour asseoir le barrage.
- On sait qu’une société belge dite les Tramways
- de Kiew s’est constituée pour prendre une participation importante dans la société russe qui exploitait le réseau de Kiew et faciliter à celte dernière la transformation de la traction animale en traction électrique. La société belge est au capital nominal de
- 10 millions d’actions, millions d’obligations ; son actif est représenté par sa participation à l’entreprise des tramways de Kiew figurant au bilan pour 22 812 246 francs. Le bénéfice d’exploitation de l’exercice 1908-1909 a été de *253 51 7 francs, soit9,5 % du capital qui a été réparti entre les actions de capital non amorties, 5,5 %, les actions de jouissance 1.5 % , et les actions de dividende qui ont reçu 2,25, leur valeur en bourse étant actuellement de 46 francs. L’amortissement se fait par l’amortissement au pair des actions de capital. Le bilan ne fournit pas de compte d’exploitation, mais le rapport indique que la recette par jour-voiture a été de io3 fr. 197, la dépense 52 fr. 960, d’où un coefficient d’exploitation très avantageux de 5i % . Pour une longueur d’exploitation moyenne de i23k,n, le nombre de voyageurs transportés a été de 55 874 019 et la recette de 5988 341 fr. 53.
- Comme il s’est agi à un moment donné d’exploiter en régie à Paris les services du gaz et de l’électricité,
- 11 est intéressant de noter les appréciations des étrangers sur les résultats de l’exploitation par les communes de ces grands services publics. D’un article paru dans le Moniteur clés Intérêts matériels, il résulte que le contribuable bruxellois jouit du privilège de payer sa consommation d’électricité sur la base du tarif moyen de 52 centimes et demi le kilowatt alors que des offres avaient été faites par des sociétés privées sur la base du tarif de 32 centimes. Et l’auteur de la note fait ressortir que dernièrement, à l’occasion de l’adjudication de l’éclairage delà commune d’Ixelles, seule la ville de Bruxelles a souscrit aux conditions draconiennes du cahier des charges. L’administration communale a accepté de livrer le courant haute tension pour une durée de trente ans au prix de o fr. o5 le kilowatt-heure, plus une somme fixe de 3o fr. 5o par kilowatt et par an ; ce qui revient à dire, en admettant une marche moyenne de 4 heures par jour pendant Tannée entière, que le kilowatt est vendu à Ixelles au prix de
- 3o,5o
- o,o5 X —77- —' 0,070g.
- 1 4 60
- En supposant alors une durée moyenne de 20 ans taux pour le matériel, un d’emprunt de 2 1/4 % , une dépense de 2 % pour réserves et grosses réparations, on obtient un taux d’intérêt de 8,26 % du capital
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- JM*
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- immobilisé pour ne pas perdre d’argent. On en con. dut que les installations de production, câbles haute tension compris, devraient revenir à la viile de Bruxelles, à plus de 3(io francs le kilowatt. Cette somme ne représente manifestement pas ce que coûte un kilowatt installé quand on tient compte du prix des terrains, bâtiments, chaudières, machines et câbles, réserves non comprises, qu'il faut prévoir pour ces exploitations. Le rédacteur fait justement remarquer que le prix consenti pourrait s'expliquer si Bruxelles utilisait au cours de la journée, en dehors de ses heures d’éclairage, le surplus de sa puissance disponible; mais il n’en est rien puisque les heures de consommation maximum se superposent.
- La conclusion est que des majorations des impôts
- existants ou la création de nouvelles taxes mënacen les habitants de Bruxelles, qui devront payer les fantaisies de leur administration trop peu prévoyante pour tenir compte, dans ses calculs d’exploitation en régie, de tous les éléments qui entrent dans un prix de revient. Ceci est d’ailleurs de pratique constante dans toutes les administrations qui dépendent de l’Etat et s’occupent d’industrie ; en dehors de la main-d’œuvre et de la matière première, tout ce qui grève l’industriel : impôts, loyer, assurances, frais d'admi-inistration et de gestion, amortissement, est lettre morte pour elles. Il y a des cas où, malgré tant d’oublis, leur prix de revient est encore supérieur à celui de l’industrie privée.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Auue. — Est à l’étude le projet d’établissement d’un réseau de chemins de fer comprenant les lignes suivantes : i° Villemaur à Romilly; 2° Chevillèles à Maraye-en Ollie; 3° Troyes àChaource; 4°Chaource à Tonnerre,
- Indre-et-Loire. — Un tramway est projeté entre la Chartre et Tours, par Beaumont, Chemillé, Nouzilly et Notre-Dame d’Oé.
- j Pas-de-Calais. — Le Conseil général a adopté le pro et de création des lignes de chemins de fer suivantes : i° * Herzeele à Saint-Omer; 2° Dampicrre à Hesdin et Wailly; 3° Tournehem à Audruick ; 4° Bully à Hénin-Liélard; 5° Ilénin-Liétard à Douai; 6° Avesnes-le-Comte à Doullens ; 70 Prolongement vers Douai de la ligne de ^ Marquion à Cambrai ; 8° Dampierre à Auxi-le-Chateau ; 90 Frévent à Hesdin; io° Prolongement vers Bully de la ligne de Lens à Frévenl; ii° Tournehem à Saint-Omer; i2° Archiel-le-Grand à Doullens par Pas-cn-Artois ; i3° Prolongement jusqu’à Lavenlie de la ligne de Don à Fromelles; 14° Hucqueliers à Longueville; 15° Wimille-Wimereux à Wissard, Marquise et Guines ; 160 Bruay à Aire; 170 Béthune à Armentières.
- \ Puy-de-Dôme. — Il est question d’établir un réseau de tramways comprenant les lignes suivantes : i° Pianat à Clermont ; 20 Clermont-Champein-Besse ; 3° Champein-Ïssoire-Saunillanges.
- Yonne. — Le Conseil général a accepté la subvention de 275 000 francs, donnée par les communes intéressées pour la construction des tramways électriques de Tonnerre aux Riceys et de Tonnerre à Chaource.
- Belgique. — La Société des Tramways bruxellois a demandé une concession pour l’établissement d’une nouvelle ligne de tramways électriques à Bruxelles entre la gare du Luxembourg et la place Dailly.
- Italie. — La Compagnie du chemin de fer électrique, Saint-Gall-Speicher-Trogen a obtenu une concession de 4o années pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique de 9kul de long, de la route Saint-Gall-Walzenhausen, par Trogen et Heiden, à la section de Kaien à Rebetobel. Le devis du projet se monte à 1 million de lires.
- ÉCLAIRAGE
- Pyrénées-Orientales. — Le préfet a accordé à la municipalité de Prats de Mollo l’autorisation d’établissement d’une usine électrique en vue de l’installation de l’éclairage électrique.
- Rhône. — Le Conseil municipal de GrancheviUe a mis à l’élude le projet d’établissement de l’éclairage électrique dans la commune.
- Nièvre. — Une enquête est ouverte à Pouilly relative à l’installation de l’éclairage électrique.
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- 30 Cctobre 1909.
- REVUE D’ÉLECT RCITÉ
- 159
- Doubs — La municipalité de Montbéliard est en pourparlers pour rétablissement de l’éclairage électrique.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- États-Unis. — Les Etats-Unis possèdent, à l’heure actuelle, d’après la statistique de la Compagnie de Télégraphie sans fil des Etats-Unis, 97 stations commerciales terrestres et 204 stations maritimes.
- D’après VElectrical World, le cuirassé Bulford, qui est arrivé à Manila le 6 octobre dernier, aurait échangé des messages radiotélégraphiques avec la côte du Paci-lique, soit à une distance de 5 600 kilomètres.
- DIVERS
- France. — Nous extrayons du rapport du président de la Commission permanente des douanes sur le commerce extérieur delà France, pendant l’année 1908, les renseignement suivants :
- Les minerais de toute sorte, non compris ceux d’or, d’argent et de platine, ont donné lieu, en 1908,11 une importation de 1 877 000 tonnes et 87 804 000 francs, savoir : minerais de zinc, i38 000 tonnes et 35 852 000 francs ; minerais de manganèse, 170 000 tonnes et i5 341 000francs; minerais de fer, 1 4^4 000 tonnes et 12 362 000 francs; minerais de cuivre, i5 3oo tonnes et 9 170 000 francs ; minerais de plomb, /\o 700 tonnes et 8 i4-5 000 francs ; minerais de nickel, 200 tonnes et 3 372 000 francs ; minerais de cobalt, 1 5oo tonnes et 914 000 francs ; minerais d’étain, 1 100 tonnes et 910 000 francs. E11 1907, les entrées avaient été de 2 4*^3 000 tonnes et 99 221 000 francs.
- Parmi les principaux pays de provenance se rangent : pour les minerais de zinc, l’Espagne, l’Ilalie, l’Australie, l’Algérie, la Tunisie, la Suède; pour les minerais de manganèse, les Indes anglaises, la Russie, le Brésil, l’Espagne, l’Allemagne ; pour les minerais de fer, l’Allemagne (Luxembourg et Alsace-Lorraine), l’Espagne, la Suède, l’Algérie, la Belgique, la Grèce ; pour minerais de cuivre, l’Espagne, l’Algérie, la Norvège, le Pérou, le Portugal, le Chili, PAllemagne, la Belgique ; pour les minerais de plomb, l’Algérie, l’Australie, la Tunisie, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Ilalie, l’Espagne, l’Allemagne ; pour les minerais de nickel et de cobalt, la Nouvelle-Calédonie ; pour les minerais d’étain, le Chili, le Pérou, l’Indo-Chine et l’Allemagne.
- Rapprochés des mouvements d’importation de 1907, ceux de 1908 accusent les augmentations suivantes : minerais de zinc, x38 000 tonnes au lieu de iiSooo; minerais de cuivre, i5 3oo tonnes au lieu de 12 100; minerais d'étain, 1 070 tonnes au lieu de 960 ; minerais de cobalt, 1 5oo tonnes au lieu de 1 /\00. Par contre, il y a diminution dans les entrées de minerais de . fer ( 1 4^4 000 tonnes au lieu de 1 999 000) ; dans celles des minerais
- . de manganèse ( 170 000 tonnes, au lieu de 192000); dans celles des minerais de nickel (42 .200 tonnes au lieu de 45 900) et dans celles des minerais de plomb (40 700 tonnes au lieu de .42 3oo).
- L’exportation est passée de 2 23o 000 tonnes et 45 086 000 francs en 1907, à 2 466 000 tonnes et 4o 385 000 france, en *1908. Nos ventes de minerais de fer (2384 ooo tonnes et 16 687 000 francs) ont pour destination la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne; celles des minerais de zinc (57 000 tonnes et 15017 000 francs), la Belgique, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ; celles des minerais d’arsenic (8 600 tonnes et 4 7*3 000 francs, la Grande-Bretagne; celles des minerais de plomb (6 700 tonnes et 1 346 000 francs), la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie ; celles des minerais de cuivre (3 55o tonnes et 1 066000 fr.);
- | la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, lTlalie; cel-j les des minerais d’antimoine (3 253 tonnes et 1 041 000 fr.), les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Belgique.
- L’importation des wagons et voitures pour chemins de fer ou tramways est tombée de 3o 204000 francs en 1907, à 16479 000 francs en 1908 (provenance de Belgique, de Grande-Bretagne et d’Allemagne). L’insutlisance du matériel des chemins de fer a nécessité, pendant l’année 1908, des achats de locomotives à l’étranger, notamment en Allemagne aux États-Unis et en Belgique.
- Belgique. — Une société vient d’étre constituée à ! Bruxelles ,1a « Mutuelle des Électriciens belges », dans le but de faire représenter l’industrie électrique belge à l’Exposition de 1910. Elle disposera d’un emplacement | de 2 5oo mètres carrés de superficie et demandera le concours de toutes les grandes administrations ou industries : téléphones, télégraphes, chemins de fer, ponts et chaussées, mines, etc.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- I
- j Société française Oerlikon, Paris.
- 1
- | Communications périodiques. — Application de moteurs j triphasés à vitesse variable à la commande de machines j pour l’impression de tissus.
- Le moteur électrique dans l’exploitation agricole. Transformateurs à ventilation naturelle ou forcée.
- General Electric de France (Lucien Espir), Paris. Catalogue de lustrerie-verrerie. (Section F. et G.)
- Glaenzer et Cie, Paris. _ ____
- Application des roulements à billes D. W. F. au ! transport des minerais.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N° 44
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- /
- Usines du Pied-Selle, à Fumay (Ardennes). — Chauffage électrique (Album-Tarif, 1910).
- La Canalisation Électrique. — Le 3o octobre, 19, rue Blanche, à Paris. *
- Compagnie Parisienne de l'Air comprimé. — Le 8 novembre, 54, rue Iîticnne-Marcel, à Paris.
- Compagnie Française des Métaux. — Le ia novembre, 8, rue d’Athènes, à Paris.
- Société d’Électricité de Paris. — Le 10 novembre, 45 boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Ariégeoise d’Électricité. — Le 4 novembre, à Pamiers.
- Maison Rousselle et Tournaire. — Le i3 novembre, 52, rue de Dunkerque, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le g novembre, aux bureaux de l’inspection générale des postes et des télégraphes, la, rue Dumonl-d’Urville, à Alger, fourniture de fils de cuivre, fils de fer galvanisés, enlretoises, consoles et isolateurs.
- ITALIE
- Le 7 novembre, aux chemins de fer de l’Etat italienj à Rome, fourniture de pièces de rechange pour freins Westinghouse; le ai novembre, fourniture de quatre compresseurs d’air actionnés par moteurs électriques pour les dépôts d’Alexandrie, Rivarolo, Bologne et Naples (adjudications internationales).
- ALLEMAGNE
- Le 6 novembre, à la direction du service du gaz, de l’électricité et des eaux de la ville, à Cologne, fourniture de 3 chaudières tubulaires à eau, avec surchauffeurs.
- AUTRICHE-HONGRIE *
- Le 12 novembre, aux chemins de fer de l'Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture d’installations mécaniques, machines-outils, etc., pour les ateliers.
- AUSTRALIE
- Le 10 novembre, à M. le deputy postmaster general, à Sydney, fourniture de 64 i/a milles de câbles téléphoniques et 60 tonnes fil d’acier galvanisé.
- Le 7 décembre, à M. le deputy postmaster general, à Melbourne, fourniture de 2260 lampes électriques.
- P4BI». — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente et Unième année. SAMEDI 6 NOVEMBRE 1000. • - Tome VIII (2> série).— N* 45.
- •.:,' La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- 1/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 1G1. — Th. Lehmann. Méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force dans l’air [suite et fin), p. i63. —M. Leblanc, fils. Le convertisseur Gooper Hewitt à vapeur de mercure, p. i68. — J. Reyval. L’électricité à l’Exposition Internationale de Nancy [suite), p. 17L
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et instruments de mesures. La mesure absolue d’une résistance électrique en unités électrostatiques, Hurmuzescu, p. 179. — Transmission et distribution. Nouvelle bobine de réactance, R. Livingstone, p. 180.— Traction. Calcul graphique du rapport du poids des wagons au poids adhérent et à l'effort de traction par tonne, C. Hociienegg, p. 181.— Electrochimie et électrométallurgie. Production électrique de la fonte, p. i83.— Brevets, p. i83.— Bibliographie, p. i85. — Variétés. Les automobiles électriques utilisées comme poids lourds [suite), p. 186. — Publications périodiques suisses, p. 188. — La France au Congrès international de Radiologie et d’Eleclricité de Bruxelles, p. 188. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 189. — Renseignements commerciaux, p. 191. —-Adjudications, p. 19a.
- ÉDITORIAL
- Nous terminons aujourd’hui l’important article de M. Th. Léhmann. L’auteur aborde le cas des entailles ouvertes à la fois sur l’induit et sur l’inducteur. On se trouve alors en présence de discontinuités sur les deux frontières de la région à explorer. Malgré cette difficulté la méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force trouve encore son application, et la subdivision des tubes de force par l’exploration au compas se montre efficace, môme dans le cas où les dents statoriqués correspondent aux dents impaires dans le rotor.
- La méthode fournit alors à M. Lehmann, pour le coefficient d’augmentation de résistance, une valeur qu’il compare à celles qu'ont obtenues Wall et Arnold. Cette comparaison montre que le procédé graphique
- ici exposé conduit à un résultat intermédiaire.
- En terminant, l’auteur.traite le cas d’un milieu aérien illimité (cas où l’on mesure, dans une machine synchrone ou asynchrone, les coefficients de dispersion du stator, le rotor étant enlevé ou inversement).
- Avec ce dernier exemple s’affirme la grande généralité du principe appliqué. Il convient d’ajouter qu’on peut l’étendre au cas d’un milieu à trois dimensions en se servant du mode de représentation de la géométrie descriptive.
- La théorie électrique du convertisseur Cooper Hewitt à vapeur de mercure présentait jusqu’à présent de graves lacunes, du moins si l’on s’en tient aux publications faites
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- m LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N° 45.
- en France. M. Maurice Leblanc fils, qui est un spécialiste en ce genre d’études, a cherché à combler ces lacunes et à construire une théorie d’ensemble à l’aide de laquelle l’on Saura désormais comment calculer chacun des organes du convertisseur en vue d’assurer son bon fonctionnement.
- On sait que le convertisseur comprend une partie essentielle, qui est l’ampoule, et divers organes accessoires r bobine de self, transformateurs, résistances.
- C’est naturellement par l’étude de l’ampoule que débute l’auteur et il y fait ressortir -le rôle primordial joué par la température.
- Puis se pose le problème suivant : quelle tension continue peut-on obtenir avec une tension alternative donnée entre les anodes ? L’étude mathématique et expérimentale de cette question amène M. Leblanc à établir deux formules, relatives, l’une au courant monophasé, l’autre, au courant triphasé.
- En poursuivant son étude rétrospective de Y Exposition internationale de Nancy, M. J. Reyval trouve encore l’occasion de faire connaître à nos lecteurs des nouveautés industrielles dont nous ne les avions pas encore entretenus.
- Ce sont d’abord les nouveaux systèmes de distribution par pistons-valves des moteurs à vapeur Dujardin. Le remplacement des soupapes par des organes glissants présente de si grands avantages qu’ils doivent compenser et au delà l’obligation d’assurer un graissage abondant.
- Cet avantage principal s’accompagne d’ailleurs d’un nombre très sérieux d’avantages accessoires,, de sorte que le dispositif nouveau semble se présenter dans de bonnes conditions de succès.
- Vient ensuite une description complète de la lampe Beck, appuyée d’un schéma très clair, et qui fait ressortir la préoccupation
- de simplicité qui a guidé avant tout les constructeurs.
- A la fin de l’article, on trouvera déci’its plusieurs compteurs à tarif variable qüi étaient exposés par la Compagnie pour la fabrication des compteurs et Matériel d’usines à gaz.
- Le procédé nouveau exposée par M. Ilur-muzescu, pour la mesure absolue d'une résistance électrique en unités électrostatiques, comporte l’emploi d’un condensateur cylindrique, permettant d’effectuer d’une manière pratique la variation de capacité nécessaire à la mesure. Gomme exemples, l’auteur donne le détail d’opérations faites sur l’air et sur les isolants.
- La bobine de réactance préconisée par M. Livingstone ne supprime pas les franges de fuites dans l’entrefer, mais pennet d’en tenir compte d’une manière très approximative par le calcul.
- L’important travail de M. Hochenegg comporte, pour le calcul clu poids des wagons en fonction du poids adhérent et de l'effort par tonne, un graphique que nous avons reproduit et qui permet d’effectuer rapidement, en supposant connues les données d’exploitation, le calcul d’un projet de traction.
- Le four électrique triphasé, dont on trouvera ensuite la description etla vue en coupe, a vivement intéressé les milieux industriels électrométallurgiques, où on le considère comme propre à influencer l’avenir industriel de la Suède.
- Nos Variétés contiennent la fin du résumé de l’étude faite par M. Dalebroux sur Vemploi industriel des automobiles électriques comme poids lourds.
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- l’anode pouvant être quelconque; aussi longtemps que la cathode est froide, il faut, pour amorcer et maintenir l’arc, la différence de potentiel explosive correspondant «à la distance des deux électrodes.
- Si, par un procédé quelconque, on maintient la cathode à une température supérieure à 3 ooo° et si, en même temps, on dispose les anodes de manière qu’elles ne puissent jamais atteindre cette' température une force électromotrice de quelques dizaines de volts
- des parois de la chambre supérieure de l’ampoule. Le produit de celte condensation, étant liquide, se détache de lui-même des parois de la chambre et retombe, sous l’influence de la gravité. Il n’en serait pas de même si le corps constituant la cathode était solide à la température de ces parois. Enfin le mercure a l’avantage de ne pas attaquer le verre comme le feraient des corps facilement fusibles tels que le sodium ou le potassium.
- En revanche, la surface de la cathode en
- Mo transformateur
- Eiasel
- Fig. a. — A, anodes; K, cathode; N, électrode auxiliaire; S, bobine de soutenance; R, résistance d'allumage.
- suffira pour faire passer un courant de l’anode à la cathode, tandis qu”il faudrait plusieurs milliers de volts pour le faire passer en sens inverse.
- On comprend dès lors le fonctionnement de l’ampoule. Mais d’après cette explication, on pourrait remplacer le mercure par un autre corps. Il en est bien ainsi, mais la cathode se détruirait avec une très grande rapidité.
- La cathode en mercure a l’avantage de se reconstituer d’elle-même, à la suite de la condensation des vapeurs de mercure le long-
- mercure se refroidit avec une excessive rapidité. Si on ne la maintient pas chaude par un procédé quelconque, par exemple en la faisant traverser par un courant ininterrompu dont l’intensité ne s’abaisse jamais au-dessous d’une certaine limite, elle perd presque instantanément ses propriétés de cathode. On peut même dire que le mercure est le meilleur des corps anti-arcs, et M. Coo-per Hewitt en a profité pour faire un interrupteur qui coupe toujours le courant lorsque son intensité passe par zéro.
- L’électrode en mercure appelée l’électrode
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- no
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- auxiliaire sert - seulement à l’amorçage de l’ampoule; elle est réunie à l’une des anodes. On agite l’ampoule de façon à établir un 'contact entre le mercure de la cathode et celui de l’électrode auxiliaire; lorsque ce contact se rompt, il jaillit un pétit arc, qüi porte la cathode aune température suffisante, pour perméttre l’établissement de l’arc principal entre les anodes et la cathode.
- tinu est mis entre le point neutre et la cathode. La figure 3 montre des courbes obtenues avec un convertisseur de courant alternatif monophasé, la courbe (i) représente le courant qui traverse la cathode, les courbes (a) et (3) le courant à travers chacune des anodes; ces deux dernières courbes se composent naturellement pour donner la courbe (i).
- .'Courant conùnu
- Courant dans IAnode A
- Courant dans J Anode B
- Une très grande résistance ohmique dite résistance d’allumage est placée entre l’anode et l’électrode auxiliaire, de façon à ne laisser passer qu’une très faible portion du courant total par cette voie, une fois l'ampoule en marche normale.
- Le convertisseur triphasé est disposé d’une façon louLà fait analogue, comme le montre la figure a; les trois phases sont connectées aux trois anodes tandis que le courant con-
- Re'lation entre la tension alternative et la tension continue.— Il est d’un intérêt primordial de savoir quelle tension continue Vc ou peut, obtenir avec une tension alternative VA donnée entre les anodes.
- Ces deux quantités sont liées par une relation que nous nous proposons d’établir. i° — Cas du courant alternatif monophasé. Les anodes servant, l’une après l’autre, de passage au courant, nous ne disposons ja-
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- mais que de la demi-tension du courant entre anodes, la courbe A de la figure 4 représente sa variation.
- Nous avons, dans l’ampoule, une chute de tension presque constante, qui est représentée par la différence des ordonnées des courbes A et B ; par suite, la courbe B représente la différence de potentiel ondulatoire dont nous pouvons disposer entre la cathode et le milieu du transformateur.
- Nous aurions ainsi dans le circuit continu un courant ondulatoire, placons-y une bobine
- Pour savoir comment se traduit cette transformation d’une courbe largement ondulatoire comme B en une courbe légèrement ondulée comme G, mesurons avec un voltmètre polarisé la tension moyenne G et avec un voltmètre thermique la valeur efficace de la tension B.
- Posons :
- tension moyenne C ^ tension efficace B
- Celte valeur de K, dépend du degré plus
- Fig 4* — À, demi-tension entre anodes; B, la même diminuée de la perle dans l’ampoule; G. force contre-éloctromotricc plus la perle dans les résistances ; D, tension aux bornes de la soit;
- tension continue égale à la 13, tension continue totale.
- de self-induction; elle absorbe de l’énergie, quand l’intensité du courant va en augmentant, en cède quand elle va eu diminuant, de sorte que la différence de potentiel entre ses bornes peut être représentée par lacourbeD.
- Nous obtiendrons la courbe de tension continue réellement disponible en soustrayant cette courbe D de la courbe B et nous obtenons ainsi la courbe G.
- ou moins grand d’ondulation de la courbe G et peut lui servir de mesure.
- L’expérience apprend que varie entre o,85 et 0,9
- De sorte que :
- V -Yl
- " IV
- Nous pouvons admettre sans erreur sensible qu’il existe la meme relation enlre la
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- tension effective — et la tension continue $
- totale Y' (tension continue disponible V„ + perle dans l’ampoule) :
- V*
- 2
- V'
- K/
- La perle dans l’ampoule varie entre i3 et i5 volts suivant les dimensions de l’ampoule
- ij.
- D’où enfin :
- Vc + i5 o,8")
- Ainsi, pour avoir iio volts continus, nous devons disposer entre anodes de :
- V. =
- 2 (i to -|- l5)
- o,85
- 297 volts.
- a0 — Cas du courant alternatif triphasé.
- La courbure en Irait plein de la figure 5 montre la tension continue obtenue. La première anode donne d’abord seule du courant, la seconde anode ne peut commencer à en donner que lorsque sa tension atteint en A celle de la première. A partir de ce moment, la seconde anode donne seule du courant, de sorte qu’il n’y a jamais qu’une anode qui sert.
- Les courbes de tension se coupent à la moitié delà hauteur du maximum. Désignons par Y la tension efficace de chaque phase, par E sa valeur maximum, et par VA la tension efficace entre anodes
- et
- VA = V \/3
- E
- V'2
- d’où
- ' vl"
- Soit W la tension continue.
- Désignons par a la fréquence du courant
- alternatif et comptons les temps à partir de
- l’époque où l’un des arcs de sinusoïde coupe
- l’axe des n. L’ordonnée de l’arc passe par la
- 1 E , 1 . ,
- valeur - a 1 epoque----et y revient a 1 epo-
- 2 12 a *
- que . Le temps employé pour cela est 12 <x
- donc égal à et la valeur moyenne de la
- O y.
- tension est :
- ;>
- W— 3aE / l2" sin2i;atdt=------------—E feos— — cos ^
- J 1 -J.TZ \ 6 6/
- I2«
- d’où
- 3E
- "NV = — [cos 3o° -f- cos 3o°] =r 0,827 E. (2)
- Finalement de (1) et (2) nous tirons :
- W = 0,869 Va \J\= 0,675 Va
- Va =1,5 W.
- L’expérience montre qu’il y a lieu de faire intervenir, comme dans le cas du courant alternatif monophasé, un facteur Iv2 qui dépend de l’ondulation du courant continu obtenu ; ce facteur est compris entre o,ç)3 et 0,97.
- On obtient ainsi la formule :
- V.= ,,5k-W.
- En tenant compte de la chute de tension dans l’ampoule, et appelant V„ la tension obtenue, on a finalement :
- V*r= -’4 (V„+ i5).
- o,93
- Aussi bien dans les convertisseurs monophasés que dans les triphasés, il est nécessaire d’avoir accès au milieu de l’enroule-
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- ment, dont les extrémités sont reliées aux anodes de l’ampoule. On a quelquefois directement ce point dans les distributions à plusieurs fils, d’autres fois on peut le prendre sur le transformateur à basse tension installé sur le réseau à haute tension. Mais à la tension alternative, dont on dispose ainsi, ne correspond pas toujours la tension continue que l’on voudrait avoir, si bien que, dans la plupart des cas, il est nécessaire d’adjoindre
- courant 0,7 I ; I désignant l’intensité du cou. rant continu, avec un ampèremètre polarisé 011 trouve o,5 I.
- Le courant ondulatoire obtenu peut être considéré comme la somme d’un courant continu et d un courant alternatif :
- 1 = a -j- b sin o> t.
- Avec un ampèremètre polarisé on mesure
- 1 Période
- à l’ampoule un transformateur spécial, sur lequel on prend le point milieu dont on a besoin.
- En mesurant, les courants donnés par un convertisseur avec des appareils de types différents, on obtient des résultats différents; il en est de même dans la mesure des tensions.
- Ainsi plaçons un ampèremètre thermique dans le circuit d’une anode, on mesure un
- a, avec un ampèremètre thermique
- a
- le rapport ' , “ donne une mesure de
- V“’+-
- l’ondulation du courant.
- (A suivre.) Mauiuce Lehlanc, fils.
- Ancien élève dé l’Ecole Normale Supérieure, Agrégé dé l’Université.
- L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE NANCY {Suite) (U
- STAND DE LA MAISON DUJARDIN ET Cie Ici nous avons surtout à signaler un système de distribution par pistons-valves équilibrés, représenté par un modèle en coupe
- (<) La Lumière Electrique, 23 et 3o octobre 1909, p. 1 jo et 142.
- , qui fonctionnait sous les yeux des visiteurs. Cette habitude, qui semble se répandre dans les maisons de construction, de présenter le jeu des organes internes d’une machine sous une forme schématique, mais concrète et tangible, nous semble digne d’être encou-
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- ragée; car elle permet au public de remporter, après une visite à une exposition, quelque chose de plus qu’une vague impression d’ensemble, et d’acquérir, sans perte de temps inutile des notions assez précises.
- Le' système dont il s’agit est appliqué à des moteurs à vapeur dont il constitue le principal perfectionnement. Il comporte (les organes distributeurs indépendants pour l’admission et pour l’échappement, installés verticalement dans les fonds des cylindres.
- des nervures reliées à un moyeu central.
- La vapeur, après avoir circulé dans l’enveloppe du cylindre, remplit les fonds et traverse de part en part les pistons-valves d’admission. Dès lors, le fonctionnement est aisé à comprendre : suivant que le piston-valve se trouve ou non en regard des lumières, il y a fermeture ou ouverture dé l’admission de vapeur.
- Les organes d’échappement sont établis suivant les mômes principes, mais ils sont enfermés dans une cloche sans communica-
- Fig. 5. — Coupe longitudinale.
- Les figures 5 et 6 montrent en coupe la forme du cylindre, à double paroi, avec ses fonds qui constituent de véritables réservoirs de vapeur. Dans ces fonds sont disposées des lanternes cylindriques percées sur toute leur périphérie de lumières verticales débouchant dans un canal circulaire qui aboutit au cylindre. Ces lanternes sont amovibles et aisément remplacables, étant simplement emmanchées à la presse hydraulique. Dans çhacune d’elles se meut un piston distributeur dit « piston-valve » : c’est un simple anneau cylindrique eh fonte spéciale, qui porte à l’extérieur des segments et à l’intérieur
- tion possible avec la vapeur vive. Lorsque le piston valve se soulève, découvrant les lumières, la vapeur du cylindre s’échappe dans le conduit d’évacuation qui va soit à l’air libre, soit au condensateur, soit à un deuxième cylindre.
- Au point de vue de la commande des organes de distribution, nous signalerons que le mouvement de l’arbre-moleur est transmis par des engrenages coniques à deux arbres parallèles longeant chacun l’un des cylindres et portant, en regard de chaque fond, un excentrique qui actionne à la fois, par des bielles et leviers convena-
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- blement combinés, d’uné part, le mécanisme d’admission et, d’autre part, le mécanisme d’échappement.
- Fig. 6. — Coupe transversale.
- Pour l’admission, une bielle reliée à l’excentrique s’articule avec un levier qui, pen
- d’accrochage du piston-valve, qui oscille elle-même autour du même axe. La palette venant rencontrer un galet dont la position dépend de celle du régulateur, le déclenchement se produit automatiquement au moment voulu et, la solidarité entre le levier et la fourche n’existant plus, le piston-valve redescend vers la position de fermeture. La seconde phase du mouvement de l’excentrique ramène la palette à la position d’accrochage.
- Le principal avantage du dispositif à pistons-valves que nous venons de décrire semble être que, depuis son entrée dans l’enveloppe jusqu’à son arrivée derrière le piston, la vapeur suit constamment un parcours ascendant, et par suite a peu de chance d’opérer des entraînements d’eau dangereux.
- De plus, grâce à l’action d’un ressort à déclenchement brusque, la fermeture de la vapeur se fait d’une façon très franche, et le piston-valve glissant dans la lanterne, il n’y a aucune nécessité de précision pour en limiter la course. Le recouvrement maintient toujours l’étanchéité de la fermeture.
- On conçoit que l’on ait ainsi une marge de quelques millimètres pour les dilatations des bielles et leviers de distribution, tandis que la^distrib.u'tion par soupape exige
- Tableau I
- Type de machine Course des pistons Diamètre du petit cylindre Diamètre du grand cylindre. Nombre de tours par minute Pression de vapeur Nature de la vapeur Force moyenne développée Consommation de vapeur. (par cheval ind. cl par heure) COMPOUND 5oo chx q^o mm 52’j mm 900 mm 98 t. ufi 7 k. iG8 Surchauffée à a8 V1')8 34 5 chx 63 4 k. 5 0 COMPOUND 8oo chx i m 676 mm 1 m 107 t. /|2 9 k 609 Surchauffée à 253°54 482 chx 8 4 k. 909
- Essais de M. A. Witz Contrôle de M. A. Witz
- dant la période de traction, entraîne, par l’entremise de la palette de déclic, la fourche une précision difficile à réaliser, et surtout à maintenir à l’usage.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N’45.
- La contre-partie de ces avantages réside dans l’obligation d’un graissage abondant des pistons-valves, mais, dans le système employé ici, l’huile envoyée à ces pistons-valves sert également au gi’aissage du cylindre,. ce qui supprime l’injection directe du lubrifiant, qui n’est pas, comme on sait, sans inconvénients.
- La môme maison exposait une machine Compound électrogène de 3oo kwà ia5 tours par minute dont le moteur était construit d’après les principes ci-dessus. Des essais de consommation exécutés sur d’autres machines analogues, nous extrayons les remarquables résultats du tableau I.
- Enfin nous citerons un groupe turbo-dynamo de 55o kw, comportant une turbine Dujardin, dont la description dépasserait trop le cadre de cet article.
- LA LAMPE « BECK »
- Cette lampe était exposée par M. Aubert, de Neuilly-sur-Seine. L’idée qui présida à la conception de la lampe Beck, fut avant tout une idée de simplicité.
- Selon les termes du brevet, la particularité essentielle consiste dans le fait que « le « déplacement des électrodes produisant l’arc « lumineux ne s’effectue pas comme dans les « lampes au moyen d’un mécanisme compli-« qué d’horlogerie, mais seulement par suite « de la combustion progressive d’une des « deux électrodes sous l’action de la chaleur « de l’arc électrique ».
- Dans ce but, on a donné à l’une des électrodes en charbon la forme particulière d’un cylindre muni d’une arête reposant sur un appui. Une addition au brevet précédent spécifie d’ailleurs que celte arête ne joue pas un rôle essentiel.
- La réalisation industrielle de la définition précédente a été obtenue comme il suit : v Dans la figure I les deux montants a a relient entre eux le chapeau supérieur en fonte de la lampe et la pièce en tombac sup-
- portant le réflecteur en terre réfractaire sous lequel bridera l’arc électrique.
- Ces montants a a! servent aussi de guides pour les deux porte-charbons qui sont reliés entre eux par la barre d sur laquelle se meut le galet rouleur e, de telle façon qu’ils ne peuvent monter ou descendre qu’ensemble.
- Le charbon positif b' a une section ronde, mais le charbon négatif b est muni d’une arête saillante qui s’étend sur presque toute sa longueur. Cette arête repose sur le boulon métallique c qui, de ce fait, supporte tout le système ô, d, /’, b' composé des deux charbons et du chariot qui les relie.
- L’extrémité du charbon b passe dans un trou pratiqué dans la glissière g reliée elle-même par un système de leviers à l’électroaimant i.
- Quand il n’y a pas de courant, le poids de la masse de fer doux de l’électro appuie par la glissière g et un système de leviers, sur la partie inférieure du charbon b' et le pousse contre le charbon à côte. Aussitôt qu’on fait passer le courant, la masse k se lève, écarte les charbons par l’intermédiaire de la glissière g et du système de leviers, et l’arc jaillit.
- Une pompe l formant dashpot évite les coups brusques de l’électro-aimant.
- Le bouton c, fixé par une seule vis à pointeau, peut être facilement changé.
- Sur la partie inférieure en tombac est fixé un souffleur magnétique donnant à l’arc l’effet de flamme, ainsi qu’une boucle magnétique dite redresseur de courant, dont l'effet est de rendre le plan de la flamme bien vertical.
- Le courant arrive dans la lampe par le porte-charbon, puis au charbon à côte qu’il ne suit pas, mais passe directement au bouton. Du boulon, le courant passe au redi’es-seur et au souffleur, puis va au solénoïde i qui, en se soulevant, lire les leviers et la glissière, écarte les charbons et fait jaillir l’arc.
- La prise de courant par le boulon présente l’avantage que le courant ne passe pas
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- par le charbon à côte, d’où économiè de la perte de voltage qui en résulterait. L’intensité delà flamme en est d’autant plus élevée.
- Le charbon à côte, lorsqu’il est suffisum-r ment usé, échappe de lui-même au bouton et provoque ainsi l’extension automatique de la lampe.
- Tout le réglage consiste à obtenir une dis-
- Fig. 7.
- tance invariable entre les charbons, celte distance étant calculée suivant le courant qui doit passer dans la lampe.
- Les chiffres indiqués par la consommation et le régime de marche sont : 42 à 4” volts aux
- bornes; débit: 8, 10 ou ia ampères; durée: 10 ou 18 heures.
- Puissance lumineuse d’une lampe continue 10 ampères : 3 aoo bougies décimales.
- Consommation : 0,107 watt par bougie décimale et o,i45 watt par bougie Ilefner.
- STAND DE LA COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINES A GAZ
- Parmi les nombreux instruments de précision exposés ici, quelques-uns sont classiques nous n’y insisterons pas ; d’autres, plus récents, ont été l’objet ici même d’une description antérieure (par exemple le voltmètre compoundé pour donner la tension à l’extrémité des feeders) (l) ; d’autres enfin, méritent ici un examen plus 'attentif.
- Tels sont les compteurs à tarification variable, dont la compagnie exposait deux types.
- Le premier comporte un dispositif système Mahl, dans lequel la modification du tarif peut se faire selon la charge totale supposée dans la distribution, en déplaçant, à l’aide d’une came dont le profil est convenablement calculé, un coin qui transmet le mouvement entre :
- D’une part, une bielle animée d’une vitesse proportionnelle à la consommation d’énergie instantanée.
- D’autre part, une pièce oscillante en prise avec la roue à rochet du système totalisateur de la somme à payer.
- Les choses sont disposées de telle sorte que, pour une même vitesse du compteur, le déplacement de la roue à rochet est d’autant. plus grand que la section du coin interposé est elle-même plus grande.
- Le second type était un compteur à double tarif dont la figure 8 permet de comprendre le fonctionnement et l’agencement intérieur. (*)
- (*) Pillier. Lumière Electrique , t. V (2e série), p. 253.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2'Série). — N° 45.
- Un mouvement d’horlogerie qui commande le cadran mobile, lequel sert au réglage de la durée des différents tarifs et lui fait faire un tour en 9.4 heures. Le cadran fixe sert à indiquer l’heure (les deux cadrans sont gradués en 12 heures de jour et 12 heures de nuit subdivisées en demi-heures et en
- Fig. 8..
- qurats d’heures ; les heures de nuit sont indiquées dans une partie teintée) ; 2 leviers peuvent être amenés en regard des divisions du cadran mobile correspondant aux heures de changement de tarif.
- Quand l’aiguille des heures, fixée sur le cadran mobile par les deux boutons, arrive en face d’une division du cadran fixe correspondant à une heure de changement de tarif, un mécanisme approprié fait instantanément engrener avec l’axe du compteur l’un des systèmes totalisateurs à la place de l’autre. .
- Ainsi, le changement de tarification dépend uniquement de la position des leviers par rapport au cadran mobile; la position de ces levier s p c u t ê t r e modifiée à volôntéet détermine les changements de tarif aux heures convenables.
- 9-
- Ces appareils sont à remontage à la main ou à remontage automatique.
- Ces derniers sont munis d’un petit moteur automatique électrique, qui arme le ressort du mouvement d’horlogerie de. manière à lui conserver une tension sensiblement cons tante.
- Ces appareils sont de deux types : celui à balancier circulaire (fig. 9) et celui à balancier pendulaire.
- (d suivre.)
- J. Il IC Y VAL.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- La mesure absolue d’une résistance électrique en unités électrostatiques. — Hurmu-zescu. — Académie des Sciences, séance du ier juin •9°9-
- Le principe de cette méthode est le suivant : décharger un condensateur électrisé, ayant une charge Q = CV, de Qi à Q2, à travers une résistance R ; pendant ce temps, diminuer sa capacité de G, à C2, de sorte que le potentiel V reste constant,
- jQ=VrfC.
- D et d étant les rayons respectifs des cylindres D, le rayon du cercle intérieur du cylindre extérieur ; d, celui du cercle extérieur du cylindre intérieur.
- Si, par un déplacement relatif des cylindres suivant l’axe commun, on fait varier de dl la longueur commune, la capacité aura varié de
- dC.
- dl
- , D
- En introduisant cette valeur dans l’expression de R, on a la relation suivante :
- Soit £ le courant constant ainsi formé ; en appliquant la loi d’Ohm, on a :
- dQ_ V — dt ~ R’
- R =
- 2 lOff -
- D
- dl •
- dl
- De ces deux relations on tire la valeur de
- dl
- On peut donc obtenir directement la valeur de R de tout Système dans lequel on puisse mesurer la variation de la capacité par rapport au temps, ou la
- dC mesure de .
- dt
- Un système pratique qui se prête très bien à l’expérience, c’est un condensateur cylindrique formé par deux cylindres circulaires concentriques. Soient: le cylindre intérieur c isolé et chargé, le cylindre extérieur G en communication avec le sol, et pouvant se déplacer suivant la direction de l’axe commun; la capacité d’un tel système, pour une longueur l commune des deux cylindres, est:
- D
- Il faut que l’influence des bouts libres des cylindres ne change pas d’une manière appréciable pendant le déplacement, et que l’isolation électrique de l’appareil soit assez bien faite pour que la déperdition spontanée, pendant le temps dt, devienne négligeable; la mesure de R se réduit à l’inverse d’une
- vitesse-4-, log ^ étant sans dimensions. dl’ 6 d
- dt
- On réalise expérimentalement cette méthode de la manière suivante :
- Un cylindre circulaire en tube de laiton c, disposé horizontalement, soutenu en porte à faux par un pied de verre, fixé et isolé à la diélectrine, en communication avec un électromètre, ou simplement un électroscope, dont le rôle est réduit à la constatation d’un même potentiel constant ; le cylindre extérieur C, concentrique du premier, mis à la terre, peut glisser sur une espèce de rail, suivant l’axe, parallèlement à lui-même.
- al Mesure de résistance de l’air. — Faisant agir les rayons X sur l’air compris dans l’espace annulaire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2° Série). — N* 45.
- des deux cylindres, en ayant soin de protéger les autres parties de l’appareil, le diélectrique devient conducteur (on néglige l'effet métal dans la décharge) ; le cylindre intérieur sc décharge; on déplace, de dï> le cylindre extérieur pendant le temps dt, en diminuant la capacité de dC, afin que le potentiel reste constant ; ce que l’on constate en maintenant la même déviation à l’électromètre (*).
- Les mesures à effectuer sont : la longueur dl et le temps dt; or si, pendant une expérience, le courant est constant., c'est que la résistance est constante; la vitesse de déplacement est le déplacement total
- divisé par le temps total, ou
- En prenant une meme longueur l commune à toutes les expériences, il reste à mesurer le temps t dans chaque cas.
- Suivant l’intensité des rayons X employés, la résistance du diélectrique (air) est différente, bien entendu.
- Mesurant les temps avec un chronomètre donnant 2/1o de seconde, on a eu, pour des intensités décroissantes des rayons X, les valeurs suivantes : L — 17,'J; 27 ; 60,G.
- Les constantes de l'appareil étant : D ™ 4>q3 ; d = 2,81 ; l = 3i ,02,
- log
- R
- 2,81
- 5i,5a
- En calculant cette formule, on a
- R
- en unités
- t électrostatiques
- *7>3.................................... °i6i7
- 27................................... °.96/t
- 60,4.................................... a,ï56
- b) Résistance des solides mauvais conducteurs. — On peut obtenir la décharge à travers un corps
- (*) Tout l’appareil, y compris l’électromètre, se trouve à, l’abri à l’intérieur d’une cage métallique en plomb épais. Le tube produisant les rayons X se trouve également à l’intérieur d'une autre cage métallique, à une certaine distance; les rayons X sont dirigés par tubes en plomb sur l’espace annulaire seulement.
- solide en réunissantpar celui-là à la terre le cylindre électrisé :
- R
- en unités
- t électrostatiques
- Pour un fil de coton rouge.. 25,4 0,907 Pour un brin de papier. . . 86,2 3,077
- Pour un brin de bois......... 172 6,146
- Pour un morceau de bois de sapin, de forme prismatique, ayant inim2 de section et iocm de longueur, on a obtenu, pour t — 77, R = 2,75.
- Cette valeur, transformée en unités électromagnétiques, donne :
- R = 24,74 10 mégohms et, pour résistivité, 2 474 mégohms.
- A. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Nouvelle bobine de réactance. — R. Livingstone. — The Electrician, 17 septembre 1909.
- La bobine de réactance du t}rpe ordinaire (fig. 1) présente un coefficient de Fuite extrêment élevé. Dans beaucoup de cas, 20 % seulement du flux traverse réellement l’entrefer en A, le reste prenant un autre trajet. Il en résulte qu’il est très difficile de déterminer la valeur réelle de l'impédance de la bobine, et que de grandes variations dans la largeur de l’entre-l fer ne changent que légèrement la valeur de cette impédance ; en outre les lignes de fuite échaufïen
- A
- Fig. 1.
- dangereusement les dernières spires du fil jusqu'à une certaine distance,
- Pour éviter ces difficultés, l’auteur a conçu un type
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- de bobine dans lequel les enroulements se trouvent placés autour de l’entrefer G (fig. 2).
- Les résultats d’essais ont été tout à fait encoura-
- 1
- Fig. 2.
- géants. Il y a encore évidemment des franges de fuites dans l’entrefer, mais on peut en tenir compie aisément par le calcul.
- T. D.
- TRACTION
- Calcul graphique du rapport du poids des wagons au poids adhèrent et à l’effort de traction par tonne — C. Hochenegg. — Elektri-sche Kraftbetriebe und Balinen, octobre 19O9.
- Le calcul ci-dessous admet que la résistance au mouvement dépend dans une égale mesure du poids adhérent et du poids total, ce qui revient à supposer que les différents coefficients de résistance de frottement, de montée et d’accélération, sont les mêmes pour tout le train.
- Soit :
- G, le poids total du train, en tonnes ;
- G', le poids adhérent ;
- G" = G — G' ;
- iü, la résistance au mouvement ;
- v, la vitesse en kilomètres à l’heure ;
- a (pour 1 000), la pente moyenne ;
- p, l’accélération en m./sec2.;
- ;a, le coefficient d’adhérence.
- On peut écrire d’une façon approchée :
- w = G (*2,5 -j- 0,0006 F2 -f- s -f- 110 p) ;
- En tenant compte de ce que :
- 10 — I OOO G' [A.,
- on arrive à la formule :
- G G" 1 000 (A.
- G' G' * 2,5 -f- 0,0006 F2 -j- s -j-110 p'
- G)
- Pour obtenir une représentation graphique du rap-
- G"
- port —, on considère d’abord le démarrage en pa-(.1
- lier: ^=0, « = o; en prenant pour (A. la valeur-,
- limite pratique maxima, l’équation (1) représente une hyperbole, que l’on construit facilement, si on G"
- porte — en abscisses et p en ordonnées (fig. 1).
- G'
- On obtient une série d’hyperboles analogues en
- donnant à la. différentes valeurs telles que - , - , etc.
- i 5
- Toutes ces hyperboles sont contenues dans le qua drant supérieur de droite.
- Que devient cette représentation lorsque le démarrage a lieu, non plus en palier, mais sur une rampe de a-pour 1 000 ?
- Il suffit de chercher l’accélération p qui, pour un démarrage en palier, produit une résistance au mouvement égale à celle que causerait l’accélération ps sur une rampe de a pour 1 000.
- On porte les valeurs de*‘ en abscisses, puis on joint le point p = 1 au point d’abscisse a = no pour 1 000, et la famille de droites parallèles détermine, pour chaque rampe, l’accélération correspondante. De même, on peut remplacer l’influence de la résistance de l’air par une accélération équivalente, mais, comme cette résistance augmente proportionnellement au carré de la vitesse, la relation correspondante peut se représenter par une parabole (quadrant inférieur de gauche).
- En construisant pour cette courbe une famille de droites comme on l’a fait précédemment, on obtient l’accélération correspondant à la résistance de l’air. A titre d’exemple, l’auteur cherche la valeur du
- rapport pour y.=:— dans le cas d un train qui,
- pour une vitesse de iookm à l’heure, doit acquérir, sur
- une pente de , une accélération de 0,2 m./sec./sec. r 1000
- Les points I, II, III, IV, V, VI, VII, correspondent sur le graphique aux phases successives du calcul.
- Pour obtenir l’effort de traction par tonne de poids du train, on (utilise la ligne mixte Z qui permet d’additionner la résistance de frottement
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- (ak8,5) aux résistances au mouvement dues aux autres causes.
- Pour obtenir la puissance à donner aux moteurs, en chevaux, et la puissance en kilowatts à leur fournir, on utilise les deux lignes auxiliaires i et a (quadrant supérieur de gauche).
- m./sec.
- La ligne i do nne lagrandeur ven ----—-, en fonc-
- est représentée par la longueur O — XII (toujours dans l’hypothèse de iookm par heure), soit, ici, 17,2 chevaux.
- On trouvera de même en O — XV la puissance en kilowatts à fournir aux moteurs, soit, ici, io.S kilowatts.
- Ce procédé permet d’obtenir rapidement, en supposant connues les conditions d’exploitation, les
- lion de la vitesse en kilomètres à l’heure. La ligne •>.
- donne la valeur précédente multipliée par —.
- 10
- La puissance en chevaux fournie par les moteurs par- tonne étant :
- w (kilogs) X (> (m./sec.)
- - ) ' y
- 7:>
- relations entre les grandeurs les plus importantes qui entrent enjeu dans l’étude d’un projet de traction.
- T. E.
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- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Production électrique de la fonte. — Engineering, 24 septembre 1909.
- M. Lars Yngstrom a donné récemment, à Stockholm, quelques renseignements intéressants au sujet des expériences faites depuis quelque temps à Domnarfvet, expériences qui étaient restées jusqu’à présent rigoureusement secrètes.
- Le four employé est de la forme indiquée par la figure 1. Le courant triphasé est amené par trois électrodes en charbon à refroidissement par eau, qui traversent la voûte supérieure du four.
- Fig. 1.
- On a employé jusqu’à présent une tension d’environ 40 volts, avec un courant de 8000 à 9600 ampères, soit une puissance de 480 à 5oo kilowatts.
- Pour protéger la voûte contre réchauffement exagéré produit par le courant, on fait passer sous cette voûte un jet de gaz de haut fourneau, amené de la partie supérieure du four, de sorte que le refroi-
- dissement se fait par un gaz neutre, disposition dont la pratique a prouvé l’excellence.
- L’allumage et le fonctionnement se font comme pour un haut fourneau ordinaire. La consommation est d’environ de 295^ de coke par tonne de fonte.
- On a obtenu dans certains cas un pourcentage de carbone analogue à celui de l’acier. Mais, en général, c’est de la fonte qui est produite.
- Le pourcentage moyen de carbone a été dans les dernières expériences d’environ 1,80 % au lieu de 3,20 % dans les expériences précédentes. La proportion de silicium a varié de o,2 à 0,7 % • dans certains Cas, elle s’est pourtant élevée jusqu’à 4,4” % .
- La proportion de soufre est restée inférieure à o,oo5 %, lorsque le coke employé contenait lui-même o,5 % de soufre.
- On a obtenu plus de 2 tonnes de fonte par cheval électrique annuel, mais on a des raisons d’espérer produire environ 3 tonnes dans les mêmes conditions, car le rendement thermique du four paraît devoir augmenter avec la puissance.
- Le résultat de ces expériences est considéré en Suède comme très important et propre à influencer l’avenir industriel du pays.
- E. G.
- BREVETS
- Dispositif de limitation automatique de la vitesse maxima dans les équipements de traction à courant continu ou monophasé. — Ateliers Thomson-Houston. — Publié le i3 août 1909.
- Dans les équipements de traction emplo3’ant des moteurs à courant continu ou alternatif à caractéristique série, étudiés pour un démarrage rapide, la vitesse prend rapidement une valeur considérable lorsque le couple résistant diminue. Il peut arriver par suite que dans les parties du parcours présentant une faible résistance à la traction des trains on dépasse involontairement le maximum de vitesse admissible.
- Pour éviter cet inconvénient on petit agir automatiquement sur l’équipement en utilisant un relais qui asservit le circuit de contrôle ou le contrôleur.
- Ce relais possède une bobine parcourue par le courant alimentant l’équipement, et lorsque l’intensité tombe au-dessous de la valeur correspondant à la vitesse maxima, ledit relais coupe dans le circuit
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- de contrôle le ou les fils nécessaires pour ramener l'équipement à une autre position correspondant a une marche économique sous vitesse réduite.
- Par exemple il s’agit d’un équipement commandé par contacteurs, comme le sont généralement les équipements pour unités puissantes ou pour unités multiples, ces équipements possèdent généralement un jeu de contacteurs permettant de réaliser la position série ou la position parallèle des moteurs (les résistances étant intercalées ou supprimées par un autre jeu de contacteurs); il suffit alors de disposer le relais pour qu’il coupe les deux fils actionnant les contacteurs qui donnent le couplage des moteurs en parallèle et ramène l’équipement à la position correspondant à la marche série sans résistance.
- S’il s’agit d’un équipement rhéostcitique ou d’un équipement donnant des positions de marche accélérée avec inducteurs shuntés9 ou encore d’un équipement comportant un renforcement du champ des moteurs par addition d’ampères-tours shunt ou série pour la marche avec faible couple, le relais ramène de même l’équipement à un plot de marche sous vitesse réduite convenablement choisi.
- En même temps que le relais amène l’équipement à un couplage correspondant à une marche sous vitesse réduite, il réalise, s’il y a lieu, la modification appropriée rendue nécessaire, en ce qui concerne les circuits d’excitation ou de compensation des moteurs, pour l’allure réduite. Par exemple, lorsqu’on emploie des moteurs série-répulsion, le relais agit sur les contacteurs convenables, pour faire passer le couplage de la marche en moteur série-compensé ordinaire, avantageuse pour les grandes vitesses, à la marche série-répulsion ou à la marche en répulsion.
- Le dispositif de la figure i s’applique particulièrement au cas des équipements commandés par contacteurs, dans lesquels un contacteur réalise le couplage série et deux autres le couplage en parallèle, avec enclenchement entre eux. La fermeture des contacteurs pour le couplage en parallèle réalisant l’ouverture du contacteur de couplage en série
- il suffit de couper les courants de contrôle action-nanties contacteurs de mise en parallèle, soit deux circuits à couper.
- Dans la figure i, ces deux circuits aboutissent en abeïencd. Ils sont fermés par l’appui des disques D et E sur les plots isolés a, b, c, d, quand l’armature G de l’électro-aimant est soulevée par le courant circulant dans la bobine A B. Si le courant
- O---
- tombe au-dessous d’une certaine valeur, par suite de l’augmentation de vitesse, la bobine A B laisse tomber G, les circuits de contrôle sont ouverts et l’on revient à la position de marche en série.
- Suivant les dispositifs d’équipement, on peut faire parcourir la bobine AB par le courant total venant du trolley, ou par le courant affecté à un seul des moteurs, ou même dans un équipement pour courant alternatif par lé courant du primaire du transformateur, l’invention ne consistant pas dans le mode de montage du relais mais dans son emploi.
- B. R.
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Congrès international des applications de l'électricité, Marseille, 1908,par®. Armagnat, rapporteur général. Tome I : Rapports préliminaires, i volume in-8 raisin de 709 pages. —Tome II : Rapports préliminaires, 1 volume in-8 raisin de 737 pages. — Tome III : Organisation du Congrès, i volume in-8 raisin de 553 pages. — Gauthier-Yillars, éditeur, Paris.
- Nos lecteurs ont déjà pu juger, par les quelques extraits que nous avons publiés des communications faites au Congrès international des applications de l’électricité de Marseille, quel peut être l’intérêt technique de ces gros volumes où M. H. Armagnat a rassemblé les rapports et les discussions du congrès.
- A bien peu de chose près, c’est toute l’électrotech-nique actuelle dont ces trois volumes, dont chacun résume un labeur considérable, nous présentent le fidèle tableau.
- Les deux premiers sont consacrés aux rapports préliminaires, et le dernier à l’organisation du Congrès (procès-verbaux sommaires des séances et annexes). Une disposition matérielle heureuse permet d’ailleurs de rattacher immédiatement les différentes parties du troisième volume à celles des deux premiers auxquelles elles correspondent, de sorte qu’on peut sans difficulté suivre d’un trait tout ce qui concerne chaque question particulière.
- Dans l’impossibilité matérielle où nous sommes de présenter, dans le cadre étroit d’une bibliographie, une analyse complète, nous nous bornerons à signaler notamment le magistral rapport de M. Blondel sur les procédés d’éclairage électrique suivi des spécifications des lampes électriques, de M. Laporte, avec leurs remarquables graphiques rectangulaires ou polygonaux pour la comparaison des lampes ; l’important travail où M. Tissot a réuni les résultats d’une vaste enquête faite auprès des constructeurs des matériels de traction; les méthodes d’essai des matériels de traction électrique de M. Parodi ; en télégraphie, les rapports de MM. Devaux-Charbonnel et Larose ; et enfin, sur la question toujours actuelle de l’enseignement technique, la suggestive enquête de M. Blondel sur ce que doit être l’ingénieur électricien.
- Tout au long de ce grand ouvrage, nos lécteurs rencontreront souvent des signatures qu’ils sont depuis longtemps accoutumés à voir dans nos colonnes.
- On peut dire que la lecture de ces comptes-rendus est à l’heure actuelle indispensable à tout électrotechnicien.
- M. G.
- VOLUMES REÇUS
- Das fundamental Prinzip des Systems fur gerichtete drahtlose Télégraphié und Tele phonie Bellini-Tosi, par E. Bellini. — Extrait du Jahrbuch der drahtlosen Télégraphié und Telephonie, Leipzig.
- Les isolants en électrotechnique, parK.Wer-nicke. — 1 volume in-8° carré dé 181 pages avec 60 figures. — C11. Béranger, éditeur, Paris. — Prix: relié, 10 francs.
- Les matières abrasives industrielles, par J. Eseard. — 1 volume in-8° raisin de 169 pages avec 106 figures. — Cu. Béranger, éditeur, Paris. — Prix: broché, io francs.
- Initiation à la mécanique (2a édition), par Ch -Ed. Guillaume. — i volume in-8° carré de 214 pages avec 5o figures. — Hachette ét Cic, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 francs.
- Sulla costituzione delle radiazionielettriche, par T. Levi-Civita. — Extrait du Nuovo Cimento, Florence.
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart, par C. Hersen et R. Hartz.— 1 volume in-8° raisin de 63 pages avec 54 figures. — Friedr. Yieweg et Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 2 m. 5o.
- L électricité considérée comme forme de l’énergie, parle lieutenant-colonel E. Ariès. — 1 volume, in-8” raisin de 166 pages. — Hermann et fii.s, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 5 francs.
- The métal tungsten as « valves » électrodes, par L. H. "Walter. — Extrait du Proceedings of thc I Institution of Electrical Engineers, Londres.
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- REVUE D’ÉLE CTR1G1TÉ
- T. VIII (2e Série). —N° 45.
- Pale-face Losses, par Gomfort A. Adams, A. G. Lanier, G. G. Pope et G. O. Schooley. —
- Extrait àxxProceedings of American Institute ofElectrical Engineers, New-York.
- Electromotive force wave-shape in aItev-natoi'S, par Gomfort A. Adams. — Extrait du Pro-ceedings of American Institute of Electrical Engineers, New-York.
- Voltage ratio in synchronous converters with spécial refei'ence to the split-pole con-verter. par Gomfort A. Adams. —Extrait du Procee-dings of American Institute of Electrical Engineers, New-York.
- Cours de Physique (Bipartie), par H. Bouasse.
- -— i volume in-8° raisin de 4^5 pages avec 240 ligures. —- Ch. Delaguave, éditeur, Paris. — Prix : broché, 14 francs.
- Oscillations de lacet des véhicules de chemins de fer, par G. Marié. — Brochure in-8° raisin de 104 pages avec 11 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 3 francs.
- Etude complémentaire sur la stabilité du matériel des chemins de fer. Théorie des déraillements. Profil des bandages, par G. Marié.
- — Brochure in—8® jésus de 54 pages avec 11 figures. — II. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 francs.
- Annuah'e 1910 du Bureau des Longitudes.
- — 1 volume in-16 de 900 pages avec figures. — Gau-thjer-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 1 fr. 5o.
- Le pyromètre thermo-électrique, par H. Pé-cheux. — 1 volume in-8° carré de 184 pages avec 28 figures. — Gauthieu-Villars, éditeur, Paris. — Prix: broché, 2 fr. 5o; cartonné, 3 francs.
- VARIÉTÉS
- Les automobiles électriques utilisées comme poids lourds {suite) (’).
- Voitures pétroléo-électriques a électromoteurs. — Le moteur idéal de la locomotion est certes le moteur électrique, qui a l'avantage de fonctionner avec une régularité parfaite. Grâce à ce fait qu’il peut fournir à certains moments un travail de beaucoup supérieur au travail normal, il a pour lui cet avantage précieux de démarrer facilement et de pouvoir vaincre les rampes les plus raides.
- Dans les électromobiles, l'énergie est emmagasinée dans des accumulateurs dont le courant alimente des électromoleurs. Le poids mort dans ces voitures est considérable et les distances pouvant être parcourues, ne dépassant guère une centaine de kilomètres, limitent l’emploi du véhicule à un faible périmètre. L’entretien et la charge des accumulateurs présentent des difficultés.
- Ces inconvénients rendent l'élcctromobile tellement coûteuse que son utilisation comme « poids lourds » a été complètement abandonnée.
- En vue de parer aux inconvénients de la vapeur, tout en profitant des avantages du moteur électrique, quelques constructeurs ont conçu les types de voi-
- (•) D’après M. Dalebroux. Voir Lumière Electrique, 3o octobre 1909, p. 162.
- tures pétroléo-électriques avec électromoteurs.
- Voitures a transmission électrique. — Dans le procédé Krieger le moteur thermique actionne directement une dynamo dont le courant est envoyé dans deux électromoteurs attaquant soit les roues avant, soit les roues arrière.
- Pour les voitures de ville ou de tourisme, les moteurs actionnent les roues par des engrenages directs. Pour les « poids lourds », l’attaque se fait par double réduction. Les engrenages utilisés, étant à denture hélicoïdale , donnent une transmission continue et silencieuse. Il est à conseiller d'utiliser pour ces engrenages des roues à chevrons à denture hélicoïdale évitant les pressions (dans le sens de l’axe des roues), entraînant des pertes d’énergie.
- Voici le principe de Tauto-régulation : elle est telle que la vitesse du moteur à explosion, ainsi que la puissance fournie par la dynamo, reste constante quelles que soient les variations de véhicule, variations dépendant du profil ou de l’état de la route.
- Le schéma donné par la figure 3 montre le montage d’une voiture à deux moteurs.
- La dynamo A est excitée par un enroulement différentiel se composant de B et G, dont B est enroulé en dérivation sur les balais et dont C en série tend à
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- démagnétiser le champ et adonner une différence de potentiel inverse de celle donnée par 13.
- La valeur relative de ces deux enroulements est telle que Ton ait toujours :
- W = e X i watts = constante.
- Avec les vibrations du profil de la route, i augmentera ou diminuera, amenant une diminution ou une augmentation de e de manière à avoir toujours W = e X i' — constante, et la voiture ralentira ou accélérera automatiquement.
- Pour permettre, au conducteur d'être maître de la vitesse de son véhicule, l'enroulement série C peut être shunté à volonté au moyen du shunt D.
- Un troisième enroulement F, dont faction est concordante avec celle de l'enroulement 13, reçoit le courant d’une petite batterie d'accumulateurs G qui peut être rechargée pendant la marche de la voiture grâce à un rhéostat H.
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- Fig. 3.
- Dans cette figure, les moteurs E et E' sont montés en parallèle.
- Pour les fortes côtes on les couplera en série.
- La marche arrière s’obtient par renversement eu courant induit des moteurs.
- Le freinage peut être électrique.
- Un levier unique commande le combinateur qui produit :
- i° Le démarrage du moteur thermique, grâce à la dynamo alimentée momentanément par la batterie ;
- a? Les trois excitations à la fois ;
- 3° Le couplage en série des deux moteurs pour la montée des fortes rampes ;
- 4° La marche arrière ;
- 5° Le freinage électrique.
- L'amorçage de la génératrice se fait au moyen d'une pédale. Lorsque celle-ci est à l'état de repos, la voiture est à l’arrct ; la génératrice ne peut s’amorcer et l’admission des gaz correspond à la plus faible vitesse du moteur. Pour amorcer la génératrice, il suffit de manœuvrer cette pédale, qui ouvre en même temps l’admission des gaz.
- La même maison a également étudié un système de voiture à transmission électrique dont le moteur thermique était alimenté par un gazogène.
- La figure 4 montre la disposition de cette voiture.
- Le gaz produit dans le gazogène % passe dans le laveur 3-et se rend par ii au moteur i. Le gazogène peut fonctionner soit par l’aspiration du moteur, soit par l’insulllation produite par un ventilateur 7 commandé par le moteur.
- Le moteur 1 commande une génératrice 4 auto-régulatrice à puissance constante qui fournit le courant d'utilisation aux moteurs électriques
- Cette voiture peut être utilisée dans les pays où il est difficile de se procurer de l’essence à bon compte. Mais dans les pays où le prix de l'essence est peu élevé, ce véhicule ne peut être conseillé à cause des diflicultés de fonctionnement de cette voiture qui la rendent peu pratique.
- De plus, il est presque certain que l'économie que l’on réaliserait par l’emploi de ce gazogène pourrait bien être annulée par les frais d’entretien supplémentaires que nécessitera inévitablement sa présence.
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- La voiture Balachovvsky et Caire, exposée au dernier Salon de Paris, est également à transmission électrique. L’auto-régulation diffère de celle des précédentes. Voici quel en est le principe :
- La disposition des deux jeux de balais de môme polarité permet, lorsque l’ampérage est faible, d’ajouter le flux de l’induit à celui de l’inducteur, contrairement à ce qui se passe dans des dynamos ordinaires.
- Si l'ampérage augmente, la ligne neutre se déplacé, et l’action magnétisante de l'induit diminue jusqu’à pouvoir s’annuler, ce qui diminue le flux de la génératrice et par conséquent la valeur de e.
- Quelle que soit l’allure de la voiture, la valeur de eX f est toujours constante.
- L’auto-excitation est obtenue sans intervention d’accumulateurs.
- L’induit des électromoteurs constitue le- moyen même de la roue, de telle sorte que le véhicule se trouve entraîné par le simple jeu des phénomènes électromagnétiques, ce qui évite la présence d’engrenages de transmission. C’est une simplification donnant une solution simple et très élégante pour la voiture de ville ou de tourisme qui possède des pneumatiques.
- Pour les « poids lourds», il est préférable d’utiliser un train d’engrenages, de manière à pouvoir supporter l’clectromoteur par un lien élastique.
- En résumé, ce qui frappe dans la voiture à transmission électrique, c’est sa simplicité. En effet, on a un groupe électrogène envoyant son courant dans deux électromoteurs, et, sans autres organes, on possède tous les éléments remplissant très avantageusement toutes les conditions demandées par une voiture automobile.
- En effet, par suite de l’auto-régulalion, les changements de vitesse mécaniques n’existent plus. L’embrayage est supprimé. Il n’y a plus de manœuvres à exécuter, la vitesse de la voiture augmentant ou diminuant automatiquement. L’indépendance des roues étant obtenue grâce au deux électromoteurs, le différentiel mécanique est supprimé.
- La marche arrière s'obtenant par le changement de sens du courant dans les induits des électromoteurs ne nécessite plus d’engrenages. La commande de la voiture est donc des plus simplifiées, ce
- qui permet au conducteur de porter une plus grande attention à la conduite de l’automobile.
- (A suivre.)
- S. F.
- Publications périodiques Suisses.
- L’Association Suisse des Electriciens a décidé dans sa dernière assemblée générale de La Chaux-de-Fonds la publication d’un Bulletin de Société, paraissant mensuellement, ensuite de quoi le journal Schweiz. Elektrotechnische Zeitschrift perd son caractère d’organe de publicité de la Société.
- Le nouvel organe de publicité paraîtra à partir du nouvel an et contiendra des travaux scientifiques,des nouvelles de la Société et divers renseignements sur la branche électrotechnique. Un bulletin annuel et la statistique paraissant chaque année, sont en relation avec cette publication mensuelle.
- L’Association Suisse des Electriciens obtiendra de ce fait un moyen de publicité correspondant à son importance.
- Comme commission de rédaction, figurent à la tête du bulletin [M. l’ingénieur Tàuber à Zurich, président; M. le Prof. Dr Wyssling à Wàdenswill, secrétaire général, et M. le Prof. Landry à Lausanne, membre du Comité de l’Association Suisse des Electriciens. M. le Dr W. Kummer, ingénieur-conseil à Zurich, en est le Rédacteur.
- Les organes de publicité de l’Association Suisse des Electriciens paraissent à l’édition de la maison Fachschriften-Verlag A. G,, à Zurich.
- La France au Congrès international de Radiologie et d’Électricité de Bruxelles.
- Dans la séance de l’Académie des Sciences,, du 18 octobre 1909, M. le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts a fait part à l’Académie du désir exprimé par M. le ministre des Affaires étrangères de Belgique de voir le Gouvernement français se faire représenter officiellement au Congrès international de Radiologie et d’Electricité, qui se tiendra à Bruxelles en 1910.
- MM. Lippmann, Chauveau, H. Poincaré, Bouchard, A. Gautier, d’Arsonval, Deslandres, Villard ont été désignés par l’Académie aux choix de M. le Ministre.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les actionnaires de la Compagnie Générale Électrique de Nancy ont voté, dans leur assemblée générale du i2 octobre dernier, la répartition du solde du compte de prolits et pertes, telle qu’elle leur était présentée par leur conseil. Les bénéfices nets de l'exercice, clos le 3o juin 1909, se sont élevés à 859854 francs, soit ai,5 % du capital-actions. Sur ce total, 42.992 fr. 7a ont été affectés à la réserve légale; 227 587 fr. 80 aune réserve spéciale aux actionnaires ; une somme de 9a 529.fr. a5 a été mise à la réserve à la disposition du conseil, et 496 774 fr. 75 ont été répartis entre les actionnaires à raison de Go francs nets par action, et entre les administrateurs et les parts de fondateurs conformément aux statuts.
- Ainsi, malgré les excellents résultats de Tannée écoulée, le conseil a jugé prudent de ne pas réduire ses disponibilités et de 11e distribuer que 57 % des bénéfices nets.
- La trésorerie est très au large, puisqu’en regard d un actif disponible ou immédiatement réalisable de 2 733 i83 francs, il n’y a, comme contre-partie, au passif, que 1 389 i3o francs d’exigibles.
- En comparant les bilans de la Compagnie Générale en 1905 et en 1909, on remarque qu’avec un même capital-actions de 4 millions, un capital-obligations qui, par suite des amortissements annuels, est passé de 960 000 francs à 880 000 francs, les réserves se sont élevées de i5G q5G francs à 918 995 fr., soit en moyenne de 215 509 francs par exercice; tandis qu’à l’actif le poste usines et outillage qui était évalué, en 1905, 2 354 34a francs, amortissements déduits, ne figure plus que pour 2 072 101 fr., malgré 1 «54 702 francs d’immobilisation au cours de ces mêmes quatre années. Le compte clients et débiteurs divers, qui est passé de 1 3ao i5o francs à 2 640 039 francs, explique la progression des approvisionnements et travaux en cours, de 1 806 720 francs à 2 537 097 francs. Bien qu’on ne puisse tirer de déductions précises de la comparaison des deux différences que soulignent les chiffres de ces deux postes : debiteurs divers, magasins et travaux en cours, puisqu’ils varient avec l’activité des usines, c’est-à-dire la rapidité des livraisons, il parait en ressortir, cependant, que l’exercice 1908-1909 a dû
- bénéficier, au début, du résultat d’un très grand nombre d’affaires en cours au 3o juin 1908 et que 1909 a subi, à ce point de vue, un léger fléchissement. Cen’est là,du reste, que la confirmation d’une situai tion générale qui tend seulement à s’améliorer. La Compagnie Générale Electrique a pris une brillante part à l’Exposition de Nancy où son groupe turbor alternateur avec turbine Electra a fait ses preuves au point de vue industriel.
- Elle vient d’autre part de constituer une société d’exploitation sous le nom de « Force et Eclairage » avec siège social à Nancy, à laquelle elle fait apport de ses stations centrales de Vittel et de Conflans-Jarny et des droits aux concessions d’éclairage et de transport de force qu’elle possédait dans ces communes et à leurs environs immédiats. La nouvelle société est formée au capital d’un million de francs, divisé en 2 000 actions de 5oo francs dont 1 000 entièrement libérées sont attribuées à la Compagnie Générale Electrique en raison de ses apports, et 1000 autres sont à souscrire en espèces; à noter d’ailleurs que la Compagnie Générale , Electrique reçoit également, en représentation de ses apports, 100 000 francs en numéraire payables en trois mois. Tout le capital est absorbé par les apports ; les recettes des deux affaires suffisent donc à assurer leur fonctionnement normal.
- Ici l’affaire est en pleine exploitation et naît de l’intention bien marquée de la Compagnie Générale Electrique de réaliser maintenant et plus tard la part de son capital en participation. A Montluçon, la société qui se crée, dite Société Anonyme des fours hydro-électriques de la Sauîdre, a pour objet l’installation d’une usine hydraulique sur le Cher au lieudit lé Moulin de Boulet à Châtres. La station centrale projetée distribuerait lumière et force dans les départements du Loir-et-Cher et de l’Indre et notamment à Romorantin. La durée de la société est fixée à quarante ans, durée de la concession ; son capital est de 5<>o 000 francs, représenté par 5 000 actions de 100 fr. entièrement libérées. Le conseil d’administration a été autorisé par l’assemblée générale des actionnaires du 9 octobre dernier à émettre 200 000 francs d’obligations non hypothécaires du type de 5oo francs 5 % amortissables en 35 ans.
- 11 s’est créé à Nancy, il y a quelques mois seulement, à côté de la Compagnie Générale Electrique et
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- La Lumière électriquet. viii (2* -
- de Fabius Henrion une nouvelle Société de Constructions Électriques dont nous avons signalé les débuts, et dont l’Exposition de Nancy a déjà marqué la vitalité. À l’assemblée qui s’est tenue le 28 septembre dernier, le conseil arendu compte surtout d’un exercice de construction et de mise eh marche, car la fabrication proprement dite n’est assurée que depuis le mois d’avril. La Société a été constituée en août 1908, les bâtiments de l’usine achevés en trois mois ; l’outillage commandé d’avance était installé au fur et à mesuré de la disponibilité des emplacements, et la fabrication commençait 7 mois après l’acquisition des terrains. L’entreprise est hardie de lutter en terrain conquis contre les deux sociétés citées plus haut; elle ne semble pas effrayer ses promoteurs ni ses organisateurs, MM. Brummer et Maeder, qui connaissent par expéricncë'toutes les finesses de leur métier et toutes les nécessités delà clientèle française principalement de leur région. Ils paraissent £>our le moment se limiter au petit matériel courant continu 'ou alternatif jusqu'à 60 chevaux. Si le succès s’affirme, ils penseront à étendre leur capacité de production.
- On sait qu’un groupe de banques allemandes détenait environ 70 % du capital de 25 millions de francs
- de la Compagnie parisienne de l’Air comprimé
- (secteur Popp) qui fait partie de l’union des secteurs et comme tel sera absorbé en 1914 par la Compagnie parisienne de Distribution. Des négociations avaient été entamées au printemps dernier pour la cession à un groupe français de cette participation des banques allemandes ; ces négociations viennent d’aboutir et la Société Générale et la Banque de Paris et des Pays-Bas viennent de racheter à i/,o % les 17 millions de francs d’actions détenues par la Disconto-Gesellschaft et la banque Oppenheim jeune et Cie, de Cologne. La Disconto réalise un bénéfice de 6 à 7 millions de francs. Les actions seront introduites à la Bourse de Paris et se disputeront les faveurs du public à l’égal du Secteur Edison ou de la Société Eclairage et Force dont les cours sont toujours en hausse.
- De Berlin on fait courir le bruit que rAlIgemeine Elektrizitats-Gcsellschaft distribuerait peut-être l'i % ; ce qui a fait faire un bond de plus de/, % aux actions de cette importante firme.
- De Berlin également on annonce que les résultats des « Berliner Elektricitiits-werke «quicorrespondent à nos secteurs, permettent la répartition d’un divi-
- dende de /, 1/2 % aux 25inillions d’actions privilégiées, de 11 % aux 89 875 000 francs d’actions ordinaires et de 4 % aux i5 700000 francs-d’actions nouvelles ordinaires émises en 1908. Les amortissements ont reçu 5 millions de francs et la ville de Berlin s’est vu attribuer, comme participation aux bénéfices, 6 millions de francs.
- Les Italiens ont été des premiers à appliquer la traction électrique à leurs lignes de chèmins de fer, notamment dans le nord de l’Italie et la région de Milan. Un groupe belge qui détenait jusqu’à présent les actions du Milan-Bergame, vient de les céder à un groupe italien comprenant entre autres la Société italienne Edison, la Banque commerciale et les Chemins de fer méridionaux ; l’intention de ces derniers serait de réaliser, partiellement tout au moins, l’électrification de ce tronçon. L’exercice 1908-1909 n’ayant donné qu’un très faible bénéfice d’exploitation: 60755 lires, s’est soldé par un déficit de 137 177 lires ; mais il faut tenir compte de l’affectation à l’amortissement de 199200 lires.
- Le chemin de fer des Alpes Bernoises, malgré les difficultés du début et l’obligation de dévier son tracé primitif, avance avec une très grande rapidité. Du côté nord on a percé 281™ du 3i août au 3o septembre, du côté sud i6om • la longueur de la galerie debase au 3o septembre atteignait déjà 7 747 mètres.
- Les Omnibus et Tramways de Lyon donnent un acompte de i5 francs brut par action payable à partir du 2 novembre, et ceux de Clermont-Ferrand un acompte de 10 francs payable depuis le i5, à valoir, tous deux sur l’exercice en cours.
- Les Tramways du Caire ont réalisé en 1908-1909 un bénéfice net de 2 979 480 francs qui a reçu l’affectation suivante:
- Fonds de réserve : 5 % sur 2 g3i 600 fr. . 146 58o
- a5 francs à 20000 actions privilégiées... 5oo 000
- Tantièmes.............................. 244 3oo
- 26 francs à 80000 parts de jouissance.. . 2080000
- Report....................... 8 600
- Le gouvernement égyptien a perçu pour la première fois Une redevance de 5 % sur les recettes brutes, redevance qui a majoré les dépenses de 349770 francs. L’exploitation a d’autre part supporté des charges de service qui ont finalement réduit le bénéfice total d’un exercice à l’autre de 3oo 000 francs malgré l’augmentation des recettes.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — D’après Y Information la Compagnie des chemins du fer du Midi projetterait l'électrification de tout son réseau.
- Jjes Compagnies de chemins de fer préparent, des adjudications importantes de matériel roulant; il s’agirait de 2 ooo wagons et 288 fourgons pour le P.-L.-M., de 600 wagons de 20 tonnes pour l’Est et d’ordres moins importants pour l’Etat et l’Orléans,
- Italie. — La <c Societa Imprese Elettrice Piacentine » a obtenu l’autorisation d’établissement d’un réseau de tramways électriques dans la ville de Piaeenza.
- La municipalité de Galluzzo (province de Florence) a été autorisée à construire un tramway électrique de Tavarnozze à Imprimeta. L’énergie sera fournie par la station centrale de Yarlungo.
- TÉLÉPHONIE
- Eure-et-Loir. — La Chambre de commerce de Chartres est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 37 905 francs, en vue de l’établissement d’un 2e circuit téléphonique Chartres-Orléans.
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 7 000 francs en vue de la construction du circuit téléphonique de Dra-el-Mizan-Boghni.
- La Chambre de commerce de Constantinople est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 8 700 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Chà-teaudun-du-Rhummel-Saint-Donat.
- La même Chambre est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 33 000 francs eu vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Batna Bernelle-Corneille.
- La Chambre de commerce de Moslaganem est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 14 5oo francs en vue du rattachement du centre de Trézel au circuit téléphonique Moslaganem-Rclizane-Tiarel. ........
- La Chambre de commerce d’Oran est autorisée i\ avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 3i 45o francs en vue de concourir aux dépenses de construction des circuits téléphoniques Sidi-bel-Abbès-Bou-Kanéfis, Saint-Denis-du-Sig-Mocla-Doux.
- DIVERS
- Indes Néerlandaises. — D’après le Bulletin commet'-cial de Bruxelles, dans les statistiques publiées par le gouvernement des Indes orientales néerlandaises, les appareils et instruments destinés à la production de l’énergie électrique sont compris sous la rubrique « machines à vapeur et pour fabriques »; les lampes et les accessoires pour l’éclairage électrique, sous celle des « meubles »; les fils conducteurs d’électricité, sous celle de « cuivre ». Il n’est donc pas possible, à cause de cette classification, de donner une idée du développement qu’a pris dans l’Insulinde le commerce de ces articles. Néanmoins, on estime que l’importation de ces machines et appareils n’est pas encore importante, mais elle prend chaque année plus d’extension.
- Les articles qui trouvent le plus d’emploi sont, avant tout, les appareils télégraphiques et téléphoniques, ainsi que leurs accessoires, tels que fils en acier galvanisé, isolateurs, poteaux en acier, etc. Puis viennent successivement les installations pour la distribution de l’énergie électrique dans les villes, les sucreries, les mines et certaines plantations, notamment celles de thé ; le matériel nécessaire à la traction du tramway électrique à Batavia; enfin, les articles de sonnerie, dont on fait une consommation très minime.
- Comme les compagnies qui exploitent l’électricité acquièrent les machines et appareils en Europe par l’intermédiaire de leur maison mère, il serait fort difficile, dans cette colonie, de donner une idée de l’importance des prix d’achat.
- Avant de citer les firmes qui s’occupent des produits de l’industrie électrique, il importe de faire remarquer qu’une firme allemande, représentée aux Indes néerlandaises, a acquis sur ce marché une place prépondérante dans la branche en question. Non seulement cette importante maison allemande se contente de vendre des appareils et des machines de *sa fabrication, dont elle a constamment un stock disponible, mais elle s’intéresse encore volontiers, pécuniairement, dans la création de sociétés qui ont pour but l’exploitation do l’énergie électrique. Sa spécialité consiste, notamment, dans la fourniture de machines à vapeur pour dynamos.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- J
- Parmi les installalions d’éclairage qu’elle a faites dernièrement, on cite celles de la maison de santé -fde Lawang, du cercle privé de Soerabaja, et de plusieurs sucreries et fabriques de thé. La première travaille à l’aide d’une turbine, tandis que la seconde obtient sa force de chaudières chauffées par des résidus de pétrole. En ce moment, ladite maison s’occupe d’une installation de i 700 IIP, qui doit fournir de l’énergie électrique à Soerabaja. Elle a l’intention d’étendre dans la suite cette distribution, en utilisant des forces hydrauliques qui se trouvent à une certaine distance de la ville.
- Une autre importante firme allemande qui possède une agence dans ce pays a, notamment, procédé à une installation électrique dans les mines de pétrole de Balikpapan (Bornéo).
- Le plus grand établissement d'éclairage ' électrique dans cette colonie est celui de la « Nederlandsch Indische Gas Maatschappy », à Batavia. Son usine d’électricité, qui est actionnée par des chaudières chauffées à l’aide de résidus de pétrole, fut construite par une compagnie allemande. La vente en 1908 a été de 480000 kilowatts-heure, au prix de 40 cents pour la lumière et de 20 cents pour la force motrice. Le nombre de lampes en usage durant cette année était de : 2 920 à 5 bougies, 3oooo à 8 bougies (beaucoup de lampes Osram), 43i à i(> bougies, 820 à a5 bougies, 4 233 à 32 bougies.;(la plupart à fils métalliques), 640 à 5o bougies et 178 lampes à arc de 10 à 18 ampères. Le courant est alternatif de 110 volts et 5o périodes monophasées. La Compagnie s’est mise en mesure de louer des moteurs électriques pour force motrice à partir du itr janvier 1909;'mais, comme l’industrie est fort peu développée à Batavia et que le coût du courant est assez élevé, ce genre d’exploitation n’a pas encore donné de résultat ; cependant, la direction espère pouvoir placer sous peu un certain nombre de moteurs et de pompes. Les lampes, les fils, les compteurs, etc., sont achetés au siège delà Compagnie à Rotterdam et ont été exclusivement fournis, jusqu’à présent, par des maisons hollandaises etallemandes.
- On signale deux moyens de trouver un débouché pour les produits de l’industrie électrique dans l’Insulinde. Le premier consisterait en un syndicat de producteurs qui créerait à Batavia une agence avec des branches à Samarang et Soerabaja, et qui aurait pour but non seulement de vendre des machines et appareils électriques rapidement livrables, mais encore de s intéresser, dans la création de nouvelles entreprises, voire même les provoquer. Le second serait de faire des offres aux maisons mères ou aux comptoirs d’achat situés eh Europe des firmes • indiquées ci-aprcs, notamment à MM. van der Linden et Tèves (dynamos) et à la Nederlandsch Indische Gas Maatschappy (appareils d’éclairage). Il y a lieu d’ajouter que, pour pouvoir réussir, on ne doit pas perdre de vue que les appareils que l’on
- présentera doivent être de qualité irréprochable et doivent pouvoir rivaliser, comme prix, avec ceux de l’Allemagne.
- ADJUDICATIONS
- V ’ FRANCE
- Le 23 novembre, au sous-secrétariat, des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fils de cuivre recouverts de gutta-percha et de coton (5 lot*). Demandes d’admission avant le i3 novembre;
- Jusqu'au Ier février 1910, M. le préfet du Calvados, à Caen% recevra les propositions en vue de la concession de la voie projetée, à traction mécanique et à voie d’un mètre, de Tessy-sur-Yire à Yire.
- BELGIQUE
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fournitures nécessaires pour l’éclairage électrique de la gare de Ma-lines, en 3 lots.
- ITALIE
- Le 7 novembre, aux chemins de fer de l’État italien, à Rome, fourniture de 3oooo électrodes de zinc pour piles Callaud ; ...
- Le 14 novembre, fourniture d’un transformateur avec moteur électrique pour le dépôt de locomotives de Foli-gno (adjudications nationales). -
- Le 24 novembre, aux chemins de fer de l’État italien, à Rome, fourniture d’un ventilateur centrifuge avec moteur électrique pour les ateliers de Milan (adjudication internationale).
- ALLEMAGNE
- Le i3 novembre, à la Wasserbauinspektion, h. Bruns» hütelkoQg, fourniture de 24 pompes centrifuges mues électriquement.
- Le i5 novembre, à l’administration de la ville, à For-bach, établissement d’un tramway électrique.
- TURQUIE
- Prochainement, au ministère ottoman des Postes et Télégraphes, à Constantinople, fourniture de matériel télégraphique.
- PABIÀ. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17;
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 13 NOVEMBRE 1909.
- Tome VIII <2» série).— N' 46.
- La
- Lumière Électrique
- P'r é'eéd.emment
- I/Éclairage Électrique
- w—^
- ' » ïViKS
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. ic|3. — M. Leblanc cils. Le convertisseur Cooper-IIewitt à vapeur de mercure (suite ' et fin), p. 195. — P. Baky. Théorie de l’interrupteur de Wehnelt (Réponse à M. Paul Ludéwig), p. ï»i. — A. Reisset. Quelques types récents de blocks automatiques [suite], p. 204. —J. Reyval. L’électricité à l’Exposition Internationale de Nancy [suite et fin), p. 206.
- Extraits des publications périodiques. —Méthodes et instruments de mesures. Méthode pour la mesure ab-soluedes résistances, B. RosA,p. 207. — Etude,construction et essais de machines. Transformateur rotatif à courant continri «1 enroulement induit unique et à deux circuits magnétiques, p. 208. — Alternateur fonctionnant à la fréquence de 100 000, W. Alexanderson, p. 208. — Traction. Locomotive lurbo-élcc trique, p. 208. — Usines génératrices. L’usine hydroélectrique de la Lon/.a, II. de Bkausoiuie, p. 209. — Applications mécaniques. Indicateur électrique du fonctionnement anormal des pompes à l’imile, G. Bertrand, p. 210. — Electrochimie et électro-métallurgie. Les portes aux électrodes des fours électriques. Lois générales, G. HeiiiNG,p. 211.— Télégraphie et téléphonie sans fil. Sur la diffraction des ondes hertziennes, H. Poincaré, p. 212. — Brevets, p. 2i3.— Bibliographie, p. 2i3.— Correspondance, p. 2i5. — Législation et contentieux. — Notions de l’impôt sur le revenu frappant les sociétés françaises, P. Boucault, p. 216. — Variétés. Les automobiles électriques utilisées comme poids lourds (suite et fm), p. 218. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 220. — Renseignements commerciaux, p. 222. — Adjudications, p. 224.
- ÉDIT aRI AL
- Dans la fin de son étude suivie convertisseur Cooper-IIewitt à vapeur cle mercure, M. M. Leblanc fils établit les notions relatives au rôle fondamental joué par l’inductance à l’allumage de l’ampoule, au rendement, à la durée de vie et aux limites d’emploi du convertisseur.
- En ce qui concerne la bobine de self, l’auteur relève et rectifie l’erreur commune, qui consiste à lui attribuer l’action ordinaire d’une inductance insérée dans un circuit alternatif. D’après cette opinion, la bobine se bornerait à assurer le réglage du courant sans consommation d’énergie appréciable.
- En réalité, il n’en est rien, et les variations de l’inductance mise en circuit agiraient seulement sur les ondulations du courant continu, et nullement sur le rapport des tensions. Diverses notions pratiques sont également données sur l’allumage des convertisseurs monophasés à l’aide d’une résistance auxiliaire.
- L’auteur termine par des indications sur l’emploi des convertisseurs pour la charge des accumulateurs, l’alimentation des lampes à arc et la commande des électro-aimants.
- Nos lecteurs n’ont pas oublié l’intéressante
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N» 46.
- théorie de l’interrupteur de Wehnelt, que M. P. Bary avait développée naguère dans nos colonnes.
- M. P. Ludewig, qui a fait des travaux distingués sur la même question, ayant cru relever certaines erreurs dans cette théorie, qui était, comme on se le rappelle, basée sur la striction, nous publions aujourd’hui une nouvelle note dans laquelle M. P. Bary résume les objections de son contradicteur et leur oppose une discussion fort suggestive.
- Après le block système.Bujon, M. A. Reis-set décrit aujourd’hui le block Westinghouse, à air comprimé, avec commande par un système d’électro-aimants. La description s’applique à un cas particulier, nettement spécifié, ce qui permet à l’auteur de donner des précisions plus intéressantes qu’on n’en pourrait trouver dans un schéma général.
- Dans le dernier article consacré à VExposition Internationale de Nancy, M. J. Reyval s’efforce surtout de compléter la vue d’ensemble qu’il nous en a pi'ésentée, de sorte que l’on ne trouvera cette fois que peu de choses sur le détail des appareils exposés.
- Il était impossible de tout dire sur un sujet aussi vaste. Il semble néanmoins que la description donnée dans cette Revue par M. J. Reyval soit d’une ampleur assez rare.
- Après l’appareil de M. Rosa pour la mesure absolue des résistances, dont le principe seulement est indiqué, sont décrites trois créations récentes et très remarquables de la construction électrique : un transformateur rotatif pour courant continu dont les inducteurs forment deux courants magnétiques distincts, et dont le rendement serait, paraît-il, ti’ès élevé ; un alternateur pour la fréquence iooooo, dû à M. Fessenden, avec un' entrefer extrêmement réduit et animé d’une vitesse de 20000 tours par minute, que permet d’atteindre un arbre (lexible ; enfin, une locomotive turbo-électrique, sim -
- pie machine d’expérience, qu’il était néanmoins intéressant de signaler, en l’aison des applications inattendues qui peuvent soudain devenir pratiques pour la turbine à vapeur.
- L'installation de la Lonzci est également remarquable par ses proportions colossales et par sa hardiesse. La chute, d’une hauteur exceptionnelle, actionne, par turbines, des alternateurs triphasés, donnant directement une tension supérieure à i5ooo volts.
- Deux coupes longitudinales permettent de suivre le fonctionnement de l'indicateur électrique pour pompes à huile, que présente M. G. Bertrand. Cet appareil semble devoir rendre de gixxnds services pour le contrôle du graissage forcé.
- Les lois des pertes aux électrodes des fours électriques, que l’on trouvei*a ensuite énoncées, empruntent une importance particu-lièi-e à l’autorité de leur auteur, M. G. Hering. Nous les avons reproduites intégralement, ainsi que les hypothèses sur lesquelles elles sont basées.
- Une note de M. Poincaré sur la diffraction des ondes hertziennes donne un moyen d’évaluer approximativement l’amplitude de l’onde diffractée; dans son expression se ti’ouve une exponentielle qui indique la rapidité de loi de déci’oissance avec la distance.
- On lira ensuite avec intérêt les notions que donne M. P. Bougault sur Y impôt sur revenu, et surtout les conseils de prudence qu’il donne à cet égard aux sociétés françaises.
- Dans nos Variétés enfin,la fin de l’étude de M. J. Dalebroux sur Y emploi des automobiles électriques comme poids lourds contient les conclusions de l’auteur, ainsi qu’un coup d’œil sui’ l’avenir.
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- LE CONVERTISSEUR COOPER-HEWITT À VAPEUR DE MERCURE (Suite et Fin) <>
- Nécessité d'une inductance dans le circuit de Vampoule. — Nous avons vu précédemment que la cathode doit être maintenue à une haute température; pour la maintenir, il faut que le courant qui la traverse ne s’annule jamais et même ne tombe pas au-dessous d’une certaine valeur, si on veut que l’ampoule ne s’éteigne pas. La cathode a une
- lampe, de même, pour l’ampoule, une inductance est nécessaire pour empêcher le courant de descendre au-dessous d’une certaine valeur ; l'inductance devra être d'autant plus grande que ce minimum devra être plus faible. La ligure 4 se rapporte à un convertisseur chargeant une batterie d'accumulateurs en série avec une résistance de réglage.
- Fig’.. 4. — A, demi-tension entre anodes; B, la meme diminuée de la perle dans l’ampoule; G, tension continue égale à la force conlrc-électromotrice plus la perte dans les résistances; !), tension aux bornes de la self; 13, tension continue totale.
- tendance à se désamorcer, dès que le courant qui la traverse est inférieur à 5 ampères. On sait que, pour les lampes à vapeur de mercure qui prennent 3,a ampères, il est nécessaire do mettre une inductance en série avec la
- 0 Voir Lumière Electrique du 6 novembre 1909,
- p. 168.
- On peut voir que périodiquement la courbe Il descend au-dessous de la courbe G qui représente la force contre-électromotrice de la batterie augmentée des pertes dans les résistances en circuit; pendant la période ab l’inductance travaille Seule pour maintenir la cathode cil service.
- Le moyen le plus simple de réaliser cette
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- inductance consiste à mettre une bobine de self-inductioh eh série avec l’ampoule; le calcul de cette bobine est le suivant.
- Le courant ondulé obtenu peut être considéré comme la somme d’un courant continu C et d’un courant variable d’amplitude maximum (G, — C,). Si ce coui’ant traverse une bobine de self-induction, il y entretient une induction qui varie, au-dessus d’une quantité fixe Bj, d’une quantité variable dont la variation maximum est (B2—B{).
- Comme le montre la figure 4, la tension îuaxima à atteindre est la somme de la force contre-électromotrice de la batterie et des pertes dans l’ampoule et les résistances en série.
- Pour que le fer ne soit pas trop saturé, ne dépassons pas pour B2 12 000 unités; on en tire :
- 2
- Cette manière de calculer a le très grand avantage de ne pas exiger la connaissance du haut potentiel instantané nécessaire pour empêcher l’ampoule de s’éteindre quand le courant baisse; ce potentiel est aussi difficile à évaluer par le calcul que par l’expérience; il est relativement beaucoup plus grand pour les appareils de faible débit, trois ampères par exemple, que pour les autres ;• on emploie alors des bobines d’induction à champ raa-
- 1 Période
- La fréquence du courant ondulatoire est le double de la fréquence primaire, on aura donc, en désignant par :
- « la fréquence du courant alternatif;
- N le nombre de tours de la bobine;
- S la section du fer :
- Ë = 2* (2 a) ———1 S N u)-*,
- 11 faut faire maintenant une hypothèse sur la valeur de B2—B,. On a au maximum :
- y Ci — o,33 L.j
- d’où sensiblement :
- gnélique ouvert qui, comme on le sait, réagissent beaucoup plus vite que les bobines à champ magnétique fermé.
- On admet souvent, par erreur, que la bobine de self placée dans le circuit continu agit comme une inductance placée dans un circuit alternatif, en assurant sans dépense d’énergie sensible le l’églage du courant; il n’en est pas ainsi : les remarques précédentes montrent que pour un rapport donné des tensions alternative et continue, la tension aux bornes de bobine de self est sensiblement la même quelle que soit la valeur de cette bobine. Une augmentation de son inductance a seulement pour résultat de diminuer les ondulations du ôourant continu sans
- Bi rr: 0,33 B2
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- changer le rapport des tensions, en négligeant toutefois l’influence que peut avoir sur les coelficients K, et K, une modification légère de la forme des courbes.
- Une autre méthode, très couramment employée pour assurer la continuité du courant dans la cathode, consiste à confondre en un seul appareil la bobine de self-induction et le transformateur. On dispose (fig. 6) un noyau e parallèlement aux deux noyaux a et b dont chacun porte la moitié de l’enroulement qui réunit les anodes. Les courants qui circulent alternativement dans chacun de ces enroulements produisent une différence de potentiel magnétique toujours de même sens entre les culasses c et d.
- Cette différence du potentiel magnétique a pour valeur
- M
- max.
- o,/| ttni.
- où n est le nombre de tours d’une bobine et i la valeur maximum du courant continu.
- Le noyau central est parcouru par un flux toujours de même sens, et l’action inductive du transformateur est la même que celle d’une bobine de self-induction.
- Le noyau central, étant parcouru par un flux plus faible que celui qui traverse les noyaux a et ù, a une section plus faible. La présence de ce noyau tend à augmenter la saturation des noyaux a et b; par suite, ceux-ci doivent être calculés pour une saturation plus faible que la saturation normale et il en résulte que ce transformateur est un peu plus gros qu’un transformateur non inductif de la même puissance.
- Un coup d’œil sur la figure 5 montre qu’il est beaucoup plus facile, dans les convertisseurs triphasés que dans les monophasés, de maintenir un courant continu à travers la cathode, parce que le voltage ondulatoire ne
- E
- descend jamais au-dessous de —. En particu-
- lier, pour les convertisseurs triphasés on peut se passer de bobine de self-induction, même lorsqu’on uti' se le convertisseur pour
- la charge d’une batterie, à *Condition d’employer un transformateur exactement de la capacité du convertisseur. Le flux continu qui traverse un transformateur normal triphasé donne une inductance suffisante pour fournir à la cathode les potentiels instantanés relativement faibles qu’elle réclame pour rester amorcée.
- Cette suppression, ou tout au moins cette diminution de la bobine de self-induction, est à compter comme une grosse supériorité des convertisseurs triphasés sur les convertisseurs monophasés. De tout ce qui précède,
- Ttnnt milieu
- Entrée deïaUemstié
- Entrée del'altemstif
- Anode
- Anode
- il résulte que le convertisseur ne peut pas être employé pour alimenter un appareil qui ne consomme du courant que par intermittence, comme une bobine de Rhumkorff; dans ce cas particulier, on a coutume d’installer en parallèle un shunt qui assure à l’ampoule un débit continu.
- Allumage de Vampoule. — Gomme nous l’avons dit plus haut, on allume l’ampoule en établissant, par basculement, un arc entre les deux surfaces de mercure des électrodes inférieures. Il est bien clair que l’arc ainsi formé ne peut allumer l’ampoule que si la cathode en est le pôle négatif; comme cela ne se produit que pendant une demi-onde,
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- il faut souvent basculer l’ampoule plusieurs lois avant qu’elle ne s’allume. L’allumage ne peut pas non plus s’effectuer pendant la période ab pendant laquelle la force électromotrice de l’appareil tombe au-dessous de la force contre-électromotrice de la batterie, de sorte que la cathode ne peut en aucune façon être le pôle négatif de l’arc d’allumage.
- L’allumage se fait sans aucune difficulté sur une résistance de charge, généralement, au premier basculement; niais sur une batterie d’accumulateurs la partie ab devient si longue que les chances d’allumage sont très diminuées; l’allumage doit en effet se produire pendant la demi-onde convenable, en dehors de la période ab et en outre à un moment où la bobine de self a une réserve d’énergie suffisante pour permettre à l’ampoule de franchir la première période ab qg’elle rencontre.
- En résumé, un allumage du convertisseur monophasé directement sur la batterie n’est pas pratique, il est beaucoup plus commode d’allumer l’ampoule sur une résistance auxiliaire, et une fois l’ampoule allumée, de la mettre sur la batterie. Avec le convertisseur triphasé on peut allumer directement sur la batterie.
- On rencontre les mêmes difficultés d’allumage quand on a affaire à un convertisseur donnant un faible voltage continu, parce que la tension entre anodes a diminué en conséquence, tandis que la chute de tension dans l’ampoule est demeurée constante, la période ab est de nouveau très grande, de sorte que pour un voltage continu inférieur à io volts l’allumage direct n’est pas possible.
- La cathode se désamorce plus facilement quand tout le mercure est froid ; c’est pourquoi il est souvent utile, pour les faibles courants, de faire fonctionner, pendant un temps court, le convertisseur avec un courant plus intense pour échauffer rapidement la cathode.
- Rendement et. facteur de puissance. — Le convertisseur présente ceci de remarquable que la chute, de voltage dans l’ampoule est
- constante quel que soit son débit,du moment que celui-ci est. inférieur au débit normal.
- Elle s’élève généralement à i3 volts dont
- 10 volts de chute de voltage aux électrodes et quelque 3 volts dans la colonne de vapeur.
- 11 en résulte que le rendement du convertisseur dépend du voltage du courant continu délivré; ce rendement est de 89,5 % pour no volts et tombe à 81 % pour 55 volts, il faut y ajouter les pertes dans le transformateur et la bobine de self-induction qui dépendent de la construction de ces appareils, mais qui sont toujours très faibles.
- La figure 7 montre une mesure de rendement faite avec des wattmètres. Deux convertisseurs étaient montés en parallèle et le courant était utilisé à la charge d’une batterie. On voit que le rendement est indépendant du régime de charge.
- 00
- 0 6 10 15 ra a 30 35 H *6 60 SS (0
- Charge en Ampères
- Fig. ,.
- Le facteur de puissance dépend des ondulations du courant primaire et il est d’environ 85 à 90 %. Le convertisseur ne cause dans le circuit primaire aucun décalage du courant par rapport à la tension.
- Durée des ampoules. — La pratique montre qu’elle est très longue ; cela n’a rien que de très naturel, car rien ne se détruit dans l’ampoule.
- La chaleur dégagée à la cathode cause une violente évaporation du mercure qui se condense sur les parois de la chambre de condensation et retombe dans la cathode; il est évident que cette circulation ne peut influer sur la durée de l’ampoule.
- L’ampoule reste en état de servir tant que
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- le vide établi pendant la fabrication persiste. On a, par la chaleur, extrait du mercure, des électrodes et du verre, tous les gaz qui auraient pu se dégagerrplus tard, pendant le fonctionnement.
- Les ampoules meurent seulement quand une fissure du verre permet l’entrée de l’air extérieur; avec un peu d’attention dans leur manipulation, ce danger est petit. On peut donc compter sur Une longue durée pour les ampoules,
- Liniites d'emploi du convertisseur. — Les ampoules sont construites pour des intensités de 3 à 4» ampères et des voltages de io à 4ooo volts.
- La limite de 4° ampères est dictée par les deux faits suivants : il n’est pas facile défaire passer 4° ampères à travers une paroi de verre et le refroidissement de l’ampoule exige alors une si grande surface de rayonnement que la construction de l’appareil présente des difficultés que la technique des verriers ne peut résoudre. Pour obtenir une plus grande intensité, on met plusieurs ampoules en pa-
- Fig. 8.
- rallèle ; on peut utiliser un seul transformateur pour toutes les ampoules. Mais chacune doit être en série avec une bobine de self-induction et avec une résistance ajustable destinée à assurer une égale répartition du courant entre les ampoules.
- En ce qui concerne la tension; il faut craindre, au-dessus de 5 ooo volts continus, un eoUl't^Oit'cüit entre les anodes. Des recher-
- ches sur la tension la plus'élevée que peut supporter une ampoule ont montré qu’elle dépendait de la température et de la forme des électrodes, de la pression de la vapeur de mercure, de l’excellence du vide préliminaire et surtout des positions relatives des anodes entre elles et vis-à-vis de la cathode. Plus on veut obtenir une tension élevée et
- F'g- 9-
- plus il est nécessaire que chacune des anodes soit en quelque sorte cachée pour les autres. C’est pourquoi, dans une ampoule pour
- Fig. io. — Convertisseur (le 5 ampères avec shunt pour charge d’accumulateurs. — Légende: A, interrupteur (lu shunt; H, poignée destinée à secouer l’ampoule pour 1 allumage; C, fusible; D, ampoule; E, shunt; F, bobine de self-induction; G, transformateur.
- IIO volts, les deux anodes sont en face l’une de l’autre (fig. 8), tandis que dans une ampoule pour 4 ooo volts (fig 9), chacune des
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- anodes est enveloppée d’un tube protecteur en verre.
- Usages du convertisseur. — Les principales applications du convertisseur sont :
- Fig. il.
- i° La charge des accumulateurs; a0 L’aliinenlation des lampes à arc; 3° La commande des électro-a.iniants.
- i° La charge des accumulateurs. — L’appareil doit être muni d’un shunt pour l’allu-
- mage en outre, si on veut opérer à intensité constante, il est nécessaire de mettre en série une résistance ohmique réglable dont on diminue la valeur à mesure que la force contre - électromotrice de la batterie va en augmentant. Ce réglage de la résistance se fait automatiquement si on emploie des résistances constituées par des fils de fer enfermés dans une enceinte en verre remplie d’hydrogène, la résistance de ce fil augmente avec la température, par suite avec l’intensité du courant qui le traverse. Ces résistances peuvent être calculées de telle façon que, lorsque la batterie est chargée, elles font tomber l’intensité à une valeur si basse que l’ampoule "s’éteint d’elle-même. Pour les appareils de 3o ampères, il est plus économique de faire le réglage en introduisant une self variable dans le circuit alternatif.
- 2° L'alimentation des lampes à arc. — On sait qu’il est impossible de faire du cinématographe avec un arc à courant alternatif ; dans les villes où l’on ne dispose pas de courant continu, l’emploi d’un convertisseur est indispensable.
- L’éclairage des villes à l’aide de lampes à arc à courant continu en série est très économique, le convertisseur permet de produire du courant continu à haute tension sans difficultés.
- Le transformateur et l’ampoule sont immergés dans un bain d’huile, ce transformateur est disposé de manière à produire un courant secondaire constant et à isoler le circuit des lampes du circuit primaire. Le transformateur comprend «leux bobines primaires et deux bobines secondaires ; celles-ci sont fixes mais les premières sont suspendues à deux poulies.
- La variation de la charge du circuit des lampes fait varier la répulsion entre les bobines, modifie le coefficient de transformation
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- de l’appareil et assure ainsi un courant
- Fig. 14. — Convcrlisseili1 (le 3o ampères à allumage automatique avec réglage de lu tension continue par bobines de self-induction dans le circuit alternatif. A, ampoule; là, résistance intercalée entre une anode et l’électrode auxiliaire; C, dispositif de basculement automatique; D, bobine de réglage; E, transformateur.
- secondaire constant quel que soit le nombre des lampes en service.
- L’appareil est réglé pour le débit normal de l'appareil, une augmentation du débit forçant les bobines a s’écarter.
- Les figures 10 et 11 mollirent l’appareil de face et de profil, tous les organes accessoires sont portés sur un petit tableau de marbre; l’ampoule est placée dans une boite (fig. 12), que l’on peut sortir de l’appareil sans toucher à aucune connexion. Le fond de celte boite est tel que, lorsqu’elle est remise en place, les contacts qui mettent l’am-poule en circuit se trouvent fermés.
- De très nombreuses villes, en Amérique, sont éclairées par ce procédé; les lampes sont mises en série par 3.5, 5o ou 75.
- 3° Commande d'électro - aimants. — On sait combien l’emploi d’électro-aimanls à courants alternatifs est peu pratique. Le seul inconvénient du convertisseur est de nécessiter une mise en roule préalable; on l’évite en rendant le basculage automatique à l’aide d’un électro-aimant mis hors circuit aussitôt que l’ampoule est allumée.
- Outre ces usages principaux, le convertisseur peut être utilisé pour alimenter, à partir d’un réseau alternatif, des ampoules pour rayons X, des petits moteurs à vitesse variable, des lampes à vapeur de mercure en verre ou en quartz, des cuves à éleclrolyse.
- Mauiuce Lkhlanc fils,
- Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, Agrégé de l Université.
- THÉORIE DE L’INTEhRUPTEUR DE WEHNELT
- RÉPONSE A M. PAUL LUDEW1G
- A la suite d’un travail publié ici même (') sur la théorie de l’interrupteur de Wchnelt, je me suis efforcé de montrer le rôle pré-
- (•) 1\ Iîaky. C. I!., 147.570, iyo8. Journal île Physique, 4n,B série, Vlll,,p. iyo, lyuy. La Lainière Electrique, IV, p. i36 et 17a, 1909.
- pondérant joué parla striction électromagnétique dans ce phénomène, M. Paul Lucle-wig C) vient de donner dans la Physikaltsche (*)
- (*) P. Luduwic. Physikalische Zeitschrift, 10, p. 678, I9°9-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Zeitschrift une critique de cette théorie, qui ne me parait pas assez complètement justifiée pour rester sans réponse.
- Après un exposé succinct de la théorie en question, M. Ludewig rappelle la formule à laquelle on arrive par la considération delà striction :
- N =
- L
- ït
- E — AR y/p — T
- + t'
- où N est la fréquence de l'interrupteur,
- L, la sell-induction du circuit,
- R, sa résistance ohmique,
- E, la force électromotrice,
- A, une constante de l’appareil,
- P, la pression du liquide où se produit la rupture du courant,
- T, la tension de vapeur du liquide, et t'y le temps qui s’écoule entre une interruption et le rétablissement du courant.
- Après avoir développé la formule (i) sous la forme :
- N=------------------—--------------------—----------
- LA VP — T L-A- s/l’ — T-j L:|A5Ù'—'J’a|.,2 ,
- E ! I'.- a ' Jv< ;;
- M. Ludewig constate avec nous qu’elle rend bien compte de l’influence de la self-induction, du potentiel, de la résistance, ainsi que de l’effet de P et de T. 11 semble donc que nous devrions être à peu près d’accord sur le tout, puisque ce sont là les seules variables qui rentrent dans la valeur de la fréquence d’après ce calcul; aussi M. Ludewig ne discute-t-il pas cette formule et il y a lieu de noter ce point qui est important.
- A la suite d’expériences que je regrette beaucoup de n’avoir pas signalées dans le précédent article, M. Ludewig (‘) a constaté que l’interrupteur à fil et l’interrupteur à trou ne donnent, pas un nombre égal d’inter-
- p) P. Ludewig. Annalen der Physik, XXV, p. 467, 1900. XXVIII, p. 173, 1909.
- ruptions s'ils sont employés dans des conditions identiques. Les photographies qu’il a prises du fil de platine du Wehnelt pendant le passage du courant, lui démontrent clairement que c’est l’électrolyse qui joue le rôle principal dans ce cas. La théorie basée sur la striction lui parait donc erronée en ce qui concerne l’interrupteur à fil.
- Dans le cas de l’interrupteur à trou, où M. Ludewig ne peut se baser sur l’électrolyse, il attribue les effets obtenus à réchauffement de Joule qui amène le liquide à la température d’ébullition ; il maintient à nouveau cette théorie, car la formule (1) qui I semble tout d’abord justifiée, puisqu’elle né-| cessite que la direction du courant ne soit pas fixée, ne lui parait pas fondée en ce qui concerne la grandeur des effets qu’on peut attendre de la striction.
- O11 sait (|ue la pression /; exercée au centre d’un conducteur fluide par le passage du courant 1 est
- R et d étant respectivement le rayon et le diamètre du conducteur; ainsi M. Ludewig calculant la pression p dans plusieurs cas déterminés trouve la valeur obtenue trop petite par rapport, à P pour ne pas être négligeable. C’est en ce point que l’erreur commise par M. Ludewig se précise, car, en effet, il ne s’agit pas de comparer la pression p à P. On a trouvé que l’équilibre entre la pression de striction et la pression extérieure était donné par la relation :
- KP = “ (p-T)
- où lv est. un coefficient propre à l’appareil, ce qui donne
- P =
- izd*
- 4K
- (P-T).
- Il est donc nécessaire de connaître la va-
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- leur de K et de T pour émettre une opinion sur la grandeur relative de p et de P. En outre, il ne faut pas oublier que la valeur de la tension de vapeur du liquide peut devenir très grande par rapport à la pression P, et M. Ludewig sera d’autant plus disposé à l’admettre que, dans sa théorie, c’est la seule valeur croissante de T qui, devenant supérieure à celle de P, cause la rupture de la veine liquide.
- L’explication qui s’appuie sur la striction n’exclut pas, bien entendu, les effets normaux qu’on ne peut éviter tels que réchauffement du liquide provenant du passage du courant, principalement à.l’endroitoù le conducteur est très étroit, mais simplement elle n’admet pas que cet échauffement soit la cause de la rupture du conducteur, encore qu’il puisse la rendre plus aisée en augmentant la grandeur de la tension de vapeur.
- Enfin sur ce meme sujet, il y a lieu de dire que le calcul de p fait par M. Ludewig sur quatre expériences déterminées fournil, des valeurs très faibles par cette raison que, dans les nombres choisis par l’auteur, le rapport de Icn. à Illmx est lui-même très petit, inférieur en fait à \/-j. que l’on a pour un courant sinusoïdal, alors que le courant en dents de scie de l’interrupteur est, pour chaque période, à très peu près triangulaire,
- Laissant de côté toutefois ces considérations de détail, on peut envisager la question à un point de vue plus général et s’étonner que les conclusions de M. Ludewig l’amcnent à trouver deux causes absolument différentes au fonctionnement du Wehnelt à fil et du Wehnelt à trou, car il ne paraît pas possible de voir sous ces deux formes de l’interrupteur qu’un seul et même appareil, où la nature de l’électrolyte est sans influence. Le bruit que fait l’interrupteur dans son fonctionnement et qui provient du claquement du liquide sur lui-même lorsque le courant cesse de passer, ne peut provenir que de la disparition brusque de la bulle formée; or, s’il est difficile de concevoir, dans l’interrup-
- teur à trou, la condensation instantanée de la vapeur formée à une pression supérieure à la pression atmosphérique, il semble inadmissible, dans le cas de l’appareil à fil, que les gaz de l’éleetrolyse en disparaissant puissent produire dans la masse liquide un bruit aussi intense que celui obtenu.
- On sait que lorsqu’un liquide se trouve soumis à une pression négative, il y a tendance à la formation de vapeur ; pour que cette tendance soit suivie d’effet, il est nécessaire qu’il existe une bulle initiale de dimensions suffisantes pour que la pression qui tend à la faire croître soit supérieure à la tension superficielle qui tend à la réduire. Les expériences si curieuses de Berthelot ont, en effet, montré que si l’on enferme de l’eau chaude complètement privée de. gaz dissous dans un tube qu’on scelle sans lais-, ser aucun vide au-dessus du liquide, le refroidissement produit dans la masse une pression négative considérable sans qu’il y ai t formation de vapeur.
- L’effet de striction pour produire la rupture du liquide a besoin de cette bulle initiale, pour la même raison ; dans l’interrupteur à trou, elle la trouve par l’échauffement de Joule qui produit un dégagement gazeux suffisant, provenant des gaz en solution dans le liquide, et pour l’interrupteur à fil, cette bulle est fournie par l’éleetrolyse, ce qui justifie le résultat, obtenu photographiquement par M. Ludewig.
- On peut comparer la rupture du conducteur liquide soumis à l’influence du courant à la rupture d’un fil métallique par traction ; après l’allongement convenable du métal, en quel point devra se produire la rupture ? Si le fil est tout à fait homogène aux points de vue chimique et physique et si l’expérience est faite de telle sorte qu’elle ne désavantage pas un point vis-à-vis d’un autre, il n’est pas possible de définir le lieu de la rupture ni même de le concevoir.
- En fait, cette rupture a lieu au point faible et il en existe toujours un, qu’il provienne d’une soufflure dans le métal, d’une paille,
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- d’une seclion plus faible, d’une composition différente, etc.
- Il en est de même dans le conducteur liquide de l’interrupteur avec la bulle initiale, et, que cette bulle provienne de l’électrolyse
- ou des gaz dissous, elle est le point dé départ de la rupture du courant, mais non la cause, qu’on ne .peut attribuer qu’aux différences de pression dues à la striction.
- Paul Bàhy.
- QUELQUES TYPES RECENTS DE
- B LOGES A U TOM A TIQUES
- (Sulie) (1)
- LE BLOCK-SYSTÈME WESTINGHOUSE (2).
- La plus récente installation de block de ce système a été faite sur le Chicago Soulh Side Elevated Railway. Il devait servir à sectionner une ligne sur laquelle les trains circulaient à un intervalle de •>. minutes, réduit ensuite à i minute.
- La distance moyenne entre deux blocks fut donc réduite à 4oo'" ; cependant, suivant les conditions plus ou moins favorables du
- placé en face du signal d’entrée de la seclion suivante.
- Dans les cas exceptionnels où la vue est gênée par des bâtiments, l’un de ces deux signaux est placé en avant ou en arrière, mais jamais à plus de 3om de distance.
- Les signaux sont constitués par des mâts en fer, de la forme dite «standard », avec des bras un peu plus petits que ceux des sémaphores destinés aux lignes principales, placés à droite de la direction des trains pour les-
- Fig. 5. — Le Irait mixte supérieur indique le troisième rail.
- trafic, la longueur des sections varie actuellement entre 120 et 4ao mètres.
- Chaque seclion est protégée par deux signaux, l’un à l’entrée et l’autre à la sortie. Ces signaux sont placés, en général, à côté de l’endroit où le rail est coupé, de façon que le signal de sortie d’une seclion se trouve
- (') V. Lumière Electrique, y el 16 octobre, p. 40 et ^t».
- (2)-D’après une description de T.. Kolill’ürsl (Elcklri-sche Kru/'tbetriebe und Buhnen, 14 août iyoy).
- quels ils fonctionnent, et à peu près à la bailleur de l’œil du mécanicien.
- Eonclionnemcnt.— faut qu’aucun train ne se trouve sur la ligne, les signaux s4, s-, ainsi que les signaux S2, S.„ S4sont à la position « voie libre » el ce n’est que lorsque le courant des rails d’une section est mis en court-circuit par le passage de roues d’un train, que les signaux placés à ses deux ex-
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- trémités se mettent à la position « voie occupée ».
- Si, par exemple, un train se trouve dans la section IV, les deux signaux ,v4 et S4 fonctionneront quelle que soit la direction du train.
- Si le train quitte cette section dans la direction n, dès que ses premières roues arrivent sur la section III, les signaux S3 et s:i se mettent à la position « voie occupée », de sorte que,pendant son passage de la section IV à la section III, le train est également protégé contre II et contre V.
- Ce n’est que lorsque le train a complètement abandonné la section IV que les signaux s,t et S4 reviennent à la position « voie libre ».
- *
- * *
- Chaque block est commandé par l’air comprimé, de 4 .à a atmosphères, produit dans une station à une pression plus élevée et réparti dans 3 réservoirs placés le long de la ligne, à partir desquels l’air comprimé est conduit aux signaux le long de la voie, par une canalisation de 25""" d’épaisseur.
- Le signal est dans la position « voie libre » lorsque l’air comprimé agit sur le piston d’un cylindre; il revient par son propre poids à la position « voie occupée » dès que la pression cesse dans le cylindre. Ce dernier résultat est obtenu à l’aide d’une soupape qui ferme ou ouvre le cylindre, suivant que le noyau d’un électro-aimant est abandonné ou attiré.
- Dans les grandes lignes, c’est là le dispositif ordinaire des blocks (système Westinghouse). La seule différence est qu’ici l’on a doublé tous les électros commandant les soupapes, et par conséquent les relais; en outre, la commande électrique, ainsi que la production et la distribution du courant, présentent les particularités suivantes : le courant nécessaire à la mise en action de la partie électrique est fourni par des batteries B composées de 3 à 4 éléments Westinghouse alimentant toujours chacune deux sections
- contiguës. La charge de ces batteries se fait directement par le 3° rail avec interposition d’une résistance de 200 ohms.
- La figure 5 représente les sections III et IV complètes. Des deux relais destinés à chaque section, l’un, le plus rapproché de la source (par exemple R3 pour la section III), est mis en série avec une résistance de 16 ohms tandis que l’autre, le plus éloigné (par exemple r'3 pour III) avec une résistance de 4 ohms seulement pour tenir compte de la chute de tension. De plus, entre chaque relais et le rail, on a interposé une résistance de 16 ohms pour éliminer les courants étrangers, tandis que, entre les rails et la batterie, on a interposé des résistances de sécurité de chacune 4° ohms.
- Tous les relais portent des doubles palettes (A,, A:j, A4, respectivement «3, «4, «r,), qui, dans chaque section sont reliées par deux canalisations spéciales L,, la, l,t et par un fil commun de retour T2, T;i, T4.
- On peut se rendre compte de la façon suivante du fonctionnement des relais.
- Relais. — Tant qu’aucun train n’est dans la section III, un courant va de B à 1, 2, .r^, 3, R.,, 10, 4, XX, 5, et actionne le relais R;i. Une deuxième dérivation passant à travers 1, 2 .r:i, d, /-'.j, 7, XX, 5, actionne /*'3.
- R3 el. attirent leurs doubles palettes.
- Dans ces conditions, les noyaux des électros e3 et F;j sont attirés, de sorte que les signaux s3 et S3 se placent dans la position « voie libre ».
- Si maintenant un train pénètre dans la section III, il met en court-circuit XX et .z':i, le courant est interrompu dans R;J et dans r'.„ ou en tout cas est suffisamment affaibli pour que les palettes A;! et «3 soient abandonnées, ce qui coupe le courant des électros V3 et e3, et par conséquent les signaux S:j et s3 se placent dans la position « voie occupée ». Mais l’élat primitif se rétablira dès que la dernière paire de roues aura quitté la section III.
- On peut supposer qu’au moment où le train se trouve dans une section (par exemple III), un courant vagabond s’introduise
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- dans x3, qui ait justement la direction et sensiblement l’intensité du cornant normal, et qui aurait pour effet de mettre les.signaux dans la position « voie libre ». Mais un tel courant vagabond, en dehors du peu de vraisemblance qu’il y a à en supposer l’éventualité, n’aurait d’action que devant ou derrière le train et, dans le cas le pins défavorable,
- n’agirait que sur un des deux relais, ce qui, étant donné le schéma général, ne permettra à aucun des deux signaux de se mettre dans une position fausse.
- La pratique a d’ailleurs montré que ces courants n’introduisent pas de perturbation dans l’exploitation.
- {A suivre.) A. Rkisset.
- L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE NANCY (Suite et Fin)
- (O
- STANDS DE LA COMPAGNIE ÉLECTROMÉCANIQUE
- L’Exposition de turbines à vapeur laites par cetle maison comprenait une série très intéressante, que l’on peut subdiviser de la manière suivante :
- i° Turbines à pression normale, d’un usage très général;
- a" Turbines à basse* pression, c’est-à-dire utilisant la vapeur à une pression voisine de la pression atmosphérique;
- Turbines à contre-pression, (fui laissent (échapper la vapeur au-dessus de la pression atmosphérique;
- 4° Turbines dites « à deux vapeurs », consistant en une turbine à basse pression, munie d’un corps haute pression, dans lequel on admet de la vapeur vive quand la vapeur basse pression vient à manquer ;
- 5° Turbines à prise de vapeur intermédiaire : ce sont des lurbinesàcondensationor-dinaires, dans lesquelles une prise permet de prélever une certaine quantité de vapeur pour usages accessoires (chauffage, etc.).
- Parmi les machines électriques, nous citerons surtout un moteur triphasé à induit enroulé de •>.» HP, iooo tours, aïo volts, .»<» périodes, dans lequel une disposition ingénieuse permettait d’exécuter toutes les opé-
- P) Lumière Electrique, i'i, 3ooctobre et 6 novembre 1909, p. 110, 1 t\i et 17 j;
- rations de démarrage et d’arrêt à l’aide d’un simple volant.
- L’appareillage à haute tension était également fort bien représenté, notamment par trois interrupteurs unipolaires pour 60000 volts avec commande à distance.
- Enfin la Compagnie exposait également les nouvelles locomotives électriques à quatre essieux couplés du Simplon dont il paraîtra une description dans cette Revue.
- Le second stand comprenait l'appareillage spécial pour l’éclairage électrique individuel des voitures de chemin de 1er.
- Au Palais de l’Industrie textile étaient présentés trois métiers continus à filer dont un pourfil de chaîne et deux pour fil de trame, commandés par trois moteurs monophasés à collecteur de 7 chevaux chacun, avec réglage périodique du nombre de tours.
- STAND DE LA MAISON FABIUS II EN RI ON
- Au Palais de l’Electricité, cette maison avait exposé une série complète de machines à courants continus et alternatifs, génératrices, moteurs, transformateurs, appareillage, rhéostats, lampes à arc, à incandescence, charbons, balais en charbon, etc.
- L’éclairage du stand était assuré par la lampe à filaments métalliques Osmine dont on connaît les qualités au point de vue de l’économie, de consommation et de la durée de vie.
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- D’ailleurs, dans l’éclairage général de l’Exposition, la même maison avait fourni une centaine de lampes à arc à charbons superposés ou à charbons obliques, sortant des usines de Pagny, où une puissance motrice de a 4oo chevaux est employée à la fabrication des charbons.
- Pour l'éclairage encore se trouvait installé à la station centrale un groupe électrogène composé d’une dynamo à courant continu de 35o kilowatts accouplée à une machine à vapeur Dujardin à lao tours.
- *
- ¥ ¥
- En terminant cet examen des différents stands, il nous reste a signaler le matériel de télégraphie sans fil et de radiographie exposé par F. Ducrelelet E. Roger, les intéressants condensateurs Moscicki, et enfin la station centrale agencée par la Compagnie générale d’Electricité, qui distribuait l’énergie électrique à l’Exposition.
- Cette maison présentait notamment un
- convertisseur à vapeur de mercure à double soupape, et à rendement élevé. Ses enseignes lumineuses, qui mettent en œuvre un principe américain, méritent également d’être signalées : le circuit comprend une lame métallique tendue entre deux appuis, de telle sorte que, lorsqu’elle est échaudée par le passage du courant, elle se dilate, s’incurve et vient ainsi en contact avec un shunt, sur lequel sont, montées les lampes de l'enseigne ; dès lors la résistance se refroidit, et, par contraction, rompt le contact : les lampes s’éteignent et le même phénomène recommence.
- On voit qu’il n’y a ici aucun appareillage de rhéostats, etc., et le fonctionnement est aussi régulier qu’il est simple.
- Nous terminons ici cette revue d’ensemble dans laquelle il était impossible de tout signaler, mais qui nous a permis de fournir, nous l’espérons, une idée suffisante de l’importante manifestation industrielle que fut l’Exposition de Nancy.
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Méthode pour la mesui-e absolue des résistances. — B. Rosa. — The Electrician, 8 octobre J9°9-
- La méthode de Lorenz est généralement considérée comme la meilleure pour la mesure absolue des résistances. Cependant, elle a une limitation très grave du fait de la faiblesse de la force électro-motrice engendrée et des effets thermo-électriques notables qui se produisent aux contacts glissants.
- Si l’on dispose, au contraire, deux bobines tournantes dans un champ magnétique produit par une paire de bobines fixes, on engendrera une force électro-motrice que l’on pourra comparer, au moyen d’un galvanomètre différentiel, avec la chute de po-
- tentiel dans une résistance fixe, et l’on obtiendra ainsi la valeur absolue de la résistance.
- Le premier avantage de cette méthode est sa précision, au moins dix fois plus grande, selon l’auteur, que celle de toutes les autres. La force électro-motrice engendrée peut être mille fois supérieure à celle qui est produit*; dans l’appareil de Lorenz, tandis que l’effet thermo-électrique est, au contraire, considérablement diminué.
- En effet, une bobine rotative coupe les lignes de force quatre fois par tour, de sorte que deux bobines de ia'ï spires chacune (ce qui est loin d’être un nombre exagéré) produiront une force électro-motrice mille fois supérieure à celle d’un disque de surface égale, pour une même intensité du-champ et une même vitesse. D’autre part, la réduction, de l’effef tbermP’électrique aux balais vient de ce que
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- LA: LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIIï (2* Série). — N» 46.
- le commutateur peut être beaucoup plus petit que le disque.
- IJn appareil de ce genre a été construit pour le B u t'O a u of Sf a n dn / y/.v .
- E. M
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Transformateur rotatif à courant continu9 à enroulement induit unique et à deux circuits magnétiques. — Le Génie civil, 23 octobre, et Elec-trical Engineeringt Bjaillel 1909.
- Le nouveau type de transformateur rotatif pour courant continu, construit par les établissements Cromplon, de Londres et Chelmsford (Angleterre), ne possède qu’un seul enroulement d’induit en anneau et un seul collecteur, mais, par contre, ses inducteurs forment deux circuits magnétiques distincts, fermés à travers deux arcs diamétralement opposés de l’anneau de l’induit; son collecteur porte quatre balais, dont un est commun aux deux circuits primaire et secondaire.
- La machine est bobinée de façon à obtenir une caractéristique très tombante pour le circuit secondaire, et fournit un courant secondaire à peu près constant entre des limites de tension très écartées. Munie de bagues, cette machine peut également transformer du courant alternatif en courant continu ou inversement.
- Quelques résultats obtenus lors des essais de ce transformateur montrent que son rendement est notablement supérieur, à puissance égale, à celui des groupes transformateurs rotatifs ordinaires à deux induits calés sur un meme arbre t>u à double enroulement.
- G. C.
- Alternateur fonctionnant à la fréquence de jfOOOOO. — W. Alexanderson. —Le Génie Civil, ü3 octobre, et The Electriciun, 16 juillet 1909.
- t
- Cet alternateur de 2 kw, établi par le professeur Ecssenden, est du type à fer tournant; l'induit a 6oov encoches, avec un conducteur radial par encoche ; l’enroulement est d’ailleurs formé d’un meme fil qui contourne la denture ; la partie tournante a 3oo projections, ce qui correspondrait à 600
- pôles dans une machine ordinaire à pôles alternés. La vitesse est 20 000 tours par minute. *"
- L’entrefer a de millimètre; il joue un grand
- 100
- rôle dans le fonctionnement de la machine, dont le débit a pu être doublé en le réduisant à une valeur qui toutefois ne serait pas admissible pour une marche continue.
- La vitesse de 20000 tours n’a été reconnue possible que par l’emploi d’un arbre flexible, de 32mm de
- !QO
- mm de longueur entre
- diamètre au milieu ci paliers.
- Deux vitesses critiques (i 700 et 9000 tours) donnent lieu à de fortes vibrations. Au-delà, la machine tourne silencieusement.
- Le premier alternateur construit était commandé par courroie. Ce mode d’attaque a été reconnu impraticable et remplacé par des engrenages dans le rapport de 10 à 1.
- Le disque tournant fest en acier chrome-nikel. Sa vitesse dans l’entrefer est 3oo,n par seconde. Un échauffement anormal ayant été constaté, par suite du frottement de l’air dans l’entrefer, l’intervalle entre les projections a été rempli d’une substance non magnétique, dp façon à donner une surface lisse.
- L’alternateur est toujours employé avec une capacité qui peut être choisie de façon à équilibrer exactement la réactance, la machine se comportant comme si elle n’avait qu’une résistance purement ohmique.
- G, G. '
- TRACTION
- Locomotive iurbo-èlectrique. — Glasgow Herald et Engineering, 5 novembre 1909.
- Gettc locomotive, qui n’est encore qu’une machine d’expériences, est destinée à produire elle-même son électricité. Elle a été construite, au prix d’études très longues et très coûteuses, par la North British Locomotive 6’°. En voici la brève description:
- La vapeur est produite dans une chaudière du type ordinaire munie d’un surchaulîcur. De la chaudière elle est amenée dans une turbine à impulsion à 3-ooo tours par minute à laquelle est accouplée directement une dynamo continue à tension variable.
- La dynamo envoie du courant, sous 200 à 600 volts, aux quatre moteurs de traction à enroulement série, montés sur les quatre essieux moteurs de la locomotive.
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- La vapeur d’échappement passe de la turbine dans un condenseur. L’eau de condensation n'élant pas mélangée d’huile est renvoyée directement à la chaudière par une pompe d’alimentation.
- Tout l’appareillage (comprenant le controleur pour le groupement des quatre moteurs en parallèle, série' parallèle, ou série, et le régulateur de la tension du circuit c’est-à-dire de la vitesse du train), est rassemblé sur la plate-forme du conducteur.
- T. E.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Usine hydro électrique de la Lonza. — H. de
- Beausobre. — Revue industrielle, a3 octobre 1909.
- Ou a inauguré solennellement, le 9 octobre, l’usine électrique de la Lonza, à l’Ackersand, près de Viège (Valais Suisse).
- L’Ackersand est un plateau qui se trouve au pied de Staldenried, sur la rive droite de la Yiège, à l'endroit de la ligne où le train deZermatt prend la montée de Stalden. Une voie industrielle relie au chemin de fer l’usine nouvelle.
- L'usine est actionnée par les eaux de la Yiège de Saas, captées enavaîde Balen, à l’altitude de 1 /jîS5m ; le canal d’amenée forme un tunnel de iikm, 5oo et fournit un débit de /|m3 par seconde; la chute brute est de 73om, soit 73ks par centimètre carré, et sa puissance totale d’environ 3o 000 chevaux. Une conduite en acier sous pression de 700™“' d’épaisseur et deux de 5oomm amènent l’eau à l’usine.
- La chutede la Viège à l’Ackersand est actuellement, sans doute, la troisième du monde sous le rapport de la hauteur; les deux plus élevées sont celle d’Orlu, dans les Hautes-Pyrénées, et celle de You-vry en Valais, fournie par le lac Tannay, qui atteignent environ gSo™ de pression.
- L’usine a été construite pour cinq groupes, dont un est actuellement achevé et prêt à fonctionner; un second groupe est en montage et les trois autres seront installés successivement jusqu’à concurrence de 3o 000 chevaux, dès la captation des eaux de la Yiège de Zermatt.
- Chaque groupe (turbines et dynamos) aura une force normale de 5 5oo chevaux et une force maxirna de 6 000 HP. L’alternateur triphasé donne directement une tension de i5 55o volts, chiffre qui ne
- semble jamais avoir été atteint jusqu’à ce jour à l’aide d’une seule machine ; ce voltage élevé a permis la suppression des transformateurs dans la centrale. Les générateurs ont été construits pour 7 000 chevaux afin de pouvoir supporter, sans danger pour l’isolant, l’augmentation de puissance que peut créer l’élévation du niveau de l’eau dans les crues.
- Les groupes font 5oo tours à la minute; ils donnent 190 ampères par phase ; ils ont été construits aux usines Siemens-Schuckert, à Charlottenburg. Dans d’autres installations du même genre, avec une pression de 73 atmosphères, on n’a jamais employé que des groupes de % f>oo chevaux au lieu de 6000. C’est donc une œuvre également remarquable pour les électriciens, comme pour les hydrauliciens.
- Une des originalités de cette installation toute moderne, ce sont les interrupteurs automatiques dans l’huile, construits pour interrompre instantanément, et sans le moindre danger, une force de 3o 000 chevaux.
- Le tableau compte six appareils différents, destinés à le garantir contre les surtensions ; il est arrangé de telle façon qu’un seul homme peut faire le réglage de toutes les unités, soit 3oooo chevaux.
- La ligne de force électrique n’est pas moins bien conçue ; chaque support est formé d’un dé en béton de ciment dans lequel sont encastrés un ou deux pylônes en fer ; au sommet de ceux-ci sont fixés de courts poteaux de bois portant les isolateurs; ces pylônes peuvent supporter douze fils de cuivre de 1 VnlU5 suffisant pour conduire l’énergie des 3o 000 chevaux depuis les usines de l’Ackersand jusqu’à Yiège.
- La longueur de la canalisation est de Gkm,3.
- Cette ligne aérienne aboutit à l’usine de Viège, dans le bâtiment des parafoudres; de là elle se rend aux transformateurs, de dimensions extraordinaires; le courant basse tension se rend au four électrique, Fun des plus grands qui existent.
- L’usine de Yiège fabriquera les ferro-alliages et les dérivés du carbone.
- Celte imposante installation est un nouvel exemple de ce que l’on peut attendre actuellement de la houille blanche et du succès avec lequel les techniciens savent utiliser aujourd’hui les hautes chutes réalisant des pressions de 80 à 100 atmosphères.
- H. B.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (28 Série). — N» 46,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Indicateur électrique du fonctionnement anormal des pompes à huile. — C. Bertrand. — Jlullctin technologique des Arts et Métiers, août 1909.
- Une question qui intéresse au plus haut point le fonctionnement des turbines est celle du graissage forcé.
- Ce mode de graissage est mis en application non seulement sur les turbines mais encore sur beaucoup de machines auxiliaires et sur quelques torpilleurs et contre-torpilleurs. L’appareil qui est décrit ici a pour but précisément de contrôler le fonctionnement des pompes à huile.
- Sannerft
- L’avertisseur électrique (11g. 1) se compose d’un cylindre C (/ en bronze dans lequel coulisse, à frottement doux, un pislon également en bronze muni d’une longue tige T sur laquelle est vissée une rondelle H servantde plot au contact pour le passagedu courant électrique.
- Cette tige est liletée sur nue assez grande partie de sas longueur, pour permettre de faire occuper à la rondelle R une position qui varie avec la valeur de la pression minimum au-dessous de laquelle on ne veut pas laisser tomber la pression
- dans le tuyau de refoulement et la flexion par kilogramme du ressort Re employé. Quanta la variation maximum, au-dessus de la pression normale, il est facile de l’obtenir,quelle qu’elle soit, en donnant à R une épaisseur convenable ou en remplaçant les co-lonnettes C0 par d’autres plus ou moins longues.
- Le même appareil peut donc ainsi être placé sur le refoulement de pompes fonctionnant, à des pressions différentes.
- Le ressort R„, qui surmonte le piston P, est guidé par l’ernbase de la tige et par le prolongement p du couvercle C. La longueur de ce ressort, débandé, ajoutée k la hauteur du piston, donne la dimension H du cylindre.
- La partie inférieure de ce dernier est munie d’un raccord r pour la fixation du tuyau T greffé sur le refoulement de la pompe k huile.
- Le conduit U est fileté dans le but de permettre le montage et le réglage de l’appareil, surtout pour le cas où celui-ci serait disposé pour contrôler le fonctionnement d’une pompe à haute pression, comme celui d’une pompe alimentaire par exemple. C’est également pour la même raison que la tige T se termine par une partie carrée.
- Sur le cylindre C est fixé le support S de deux plots de contact I*, P1. Ces plots, entre lesquels se déplace la rondelle R, sont isolés électriquement de leur support par des rondelles et dés douilles en éhonitc <>, rn d, dr
- La rondelle R est reliée k la borne -|- d’une source électrique formée par quelques éléments de pile Le-elanché au chlorhydrate d’ammoniaque solidifié k l'agar-agar, et les plots I*, P, le sont k la borne -f-d’une sonnerie dont la borne — est reliée à la borne — de la pile. Le commutateur c, placé sur le fil de retour /’ n’est fermé que lorsque la pompe, mise en marche, est k son allure normale correspondant k la pression que l’on veut maintenir dans le tuyautage de refoulement. Il permet d’interrompre le courant lorsque la pompe est au repos et d’éviter une sonnerie trop longue k la suite d’un incident de fonctionnement du graissage.
- Le piston R pouvant ne pas être parfaitement étanche et donner lieu, par suite, au passage d’une très petite quantité d’huile sous pression, un raccord /y avec tuyau de décharge conduisant l’huile k la caisse d’aspiration est destinée k .soustraire le dessus du pistou k toute action autre que celle du ressort R. Si l'appareil était placé au-dessous de la caisse dans laquelle se ferait la décharge de l’Jmile, provenant des fuites, le couvercle D . devrait être muni d’un
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- presse-étoupe et Ton tiendrait compte, dans le réglage de l’appareil, de la colonne d’huile surmontant le piston.
- Fonctionnement. — Supposons l’avertisseur placé sur le refoulement des pompes à huile, et soit ok*,(ioo la pression constante reconnue nécessaire pour assurer un bon graissage, à toutes les allures.
- Si l’on admet comme limites minimum et maximum okg,4oo et ikfc par exemple, entre lesquelles la pression peut varier sans danger, la rondelle R occupera, en fonctionnement normal, une position telle qu’elle sera respectivement à
- 15 X (6oo — 4<>o)
- . v________' === pnm
- I ooo
- et
- 15 X ( * 000 — 6oo)
- __„ J________ __‘ __ gmm
- I ooo
- des plots P et P, si la flexion du ressort est de ir>m,n pour une pression de ikg par centimètre carré de surface du piston.
- Si, pour une cause quelconque (ralentissement du moteur, avarie de ce moteur ou de la pompe proprement dite, fuite par un raccord, etc.), la pression tombe de aooKrau refoulement du piston, P/ descendra et la rondelle R viendra en contact avec le plot P.
- Le circuit sera alors fermé sur la sonnerie et celle-ci se mettra en marche, avertissant qu’une avarie est imminente, si les précautions voulues ne sont pas prises immédiatement pour en faire disparaître la cause.
- Pour l'augmentation de pression, c’est le plot P, qui fermera le circuit, la rondelle R suivant le mouvement ascensionnel du pis!on.
- R. M.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Les pertes aux électrodes des fours èlec" triques. Lois générales. — C. Hering. — Elec-trochemical and MelaUurgical Industry, octobre 1909.
- Il y a deux sortes de pertes à considérer :
- 1. — La perte due à la conduction de chaleur à travers l’électrode, chaleur émise par i@8 substances liquide»
- ou gazeuses qui se trouvent à l'intérieur du four. On peut l’appeler perte thermique.
- II. — La perte due à la résistance olnnique de l’électrode. C’est la perte électrique, ou perte Joule.
- Ces deux sortes de pertes s'évaluent ordinairement en centimes par kilowatt. Pour une longueur donnée, lorsque la section droite augmente, la perte thermique augmente aussi, tandis que la perte électrique diminue. De môme, pour une section donnée, les deux variations se produisent en sens inverse si c’est la longueur-qu’on fait croître. En outre, les conductivités thermique et électrique interviennent dans la détermination de ces pertes, si bien que la perte totale peut être : partie thermique, partie électrique, ou bien entièrement thermique, ou bien entièrement électrique, ou meme encore ri’être constituée que par une fraction de la chaleur Joule. Les propriétés physiques de l’électrode se trouvant ainsi constituer un important facteur du problème, on ne peut comparer deux matériaux, par exemple le graphite et le charbon, à moins que leurs dimensions ne soient, pour chacun d’eux, précisément les dimensions optima.
- Or aucune règle ne semble jamais avoir été donnée pour déterminer ces dimensions optima. L’auteur s’est attaché à les établir par une analyse mathéma-thique et physique très serrée, et il a pu arriver à énoncer les lois suivantes, que l’on peut appeler lois des pertes aux électrodes.
- LOIS UES PERTES AUX ELECTRODES
- I. — La perte totale à l’extrémité froide d’une électrode est égale à la somme de la perte par conduc tion thermique seule (quand il n’y a pas de courant) et de la demi-perte Joule. '
- II. — Cette perte totale a sa valeur minima lorsque la chaleur perdue par conduction est égale à la moitié de la chaleur Joule. Elle est alors égale à la perte Joule elle-meme, et il ne passe pas de chaleur par conduction de l’intérieur du four vers l’extérieur.
- IIF. —Cette perte totale minima ne dépend que de la substance employée, de l’intensité, et de la température. Elle est indépendante des dimensions absolues. Le rapport de la longueur à la section droite est déterminé, mais chacune de ces deux quantités peut être choisie arbitrairement, l’autre se trouvant alors parfaitement déterminée. Par suite :
- IV. — Pour des raisons d’économie de matière, on prendra la lôrtgüeur auâsî faible que cela Sera possible.
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- V. — Pour chaque substance, il existe une chute mi-nima de tension aux électrodes, laquelle ne dépend que de la température et nullement des dimensions ni du courant normal de fonctionnement. Par suite :
- YI. — Le meilleur rendement possible pour une si électrode d’une substance déterminée peut être fixé l’on connaît le voltage total du four. La chute de tension minima dépend de la substance et de la température, mais non des dimensions.
- VIL —Le gradient calorique du flux total est égal la somme de ceux de chacun des flux individuels.
- Les hypothèses fondamentales qu’impliquent ces lois sont les suivantes :
- La section des électrodes est uniforme sur toute leur longueur; il n’y a pas d’échange de chaleur entre l’électrode et les parois du four; la variation des conductivités avec la température est sensiblement linéaire. Ces hypothèses ne sont pas rigoureusement vraies, mais une précision absolue n’est pas ici nécessaire.
- E. M.
- de p ? On peut trouver une expression approchée de la somme de cette série. '
- L’auteur pose :
- ?)
- d.v,
- de sorte que F (/) satisfasse à l’équation linéaire ;
- æ f
- d(%
- + fF = o.
- Soit L la plus petite racine de l’équation : r biiz\
- F' \ée / — o,
- (F’ étant la dérivée de F par rapport à t), ou plutôt celle de ces racines dont la partie imaginaire est négative et plus petite en valeur absolue que pour toutes les autres. En posant :
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- ü) D — t0
- Sur la diffraction des ondes hertziennes.— H. Poincaré. — Académie des Sciences, séance du 18 octobre 1909.
- la somme de la série sera sensiblement proportion-nèlle à
- Soient p le rayon de la Terre, D la distance de l’excitateur au centre de la Terre, 9 l’angle sous lequel on voit du centre de la Terre la distance de
- 2 Tt
- l’excitateur au récepteur, — la longueur d’onde
- (D
- (écrite sous forme complexe) ; on trouve que l’amplitude de l’onde difïractée est proportionnelle à
- <" + ) + > ïf^J P- Ï> !
- P„ (cos 9) est le polynôme de Legendre; I„ (Ç) est une des intégrales de l’équation linéaire :
- à savoir celle qui sc réduit sensiblement à e~ '5 pour Ç très grand; I',, est la dérivée de I„ Par rapport à Ç. Qu’arrive-t-i! lorsque D est très peu différent
- eielSp
- \/£i (1 — e - »f?)
- Le module de l’exponentielle qui figure au numérateur est égal à
- V,
- où m est égal à la partie imaginaire de — /„ multipliée par
- Cela indique avec quelle rapidité décroît l’onde dilïractée avec la distance (').
- (') Ces résultats ne concordent pas complètement avec ceux que l’auteur a annoncés dans une note antérieure. Mais un Mémoire détaillé expliquera pourquoi les formules approchées dont il a été fait usage dans cette note deviennent insuffisantes.
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- aiâ
- BREVETS
- Dispositifs pour le refroidissement des dynamos par ventilation. — Société Schneider et Cie. — Publié le 20 août 1909.
- Cette invention a pour objet divers dispositifs pour le refroidissement des dynanos par ventilation.
- Les dispositifs décrits dans ce brevet sont les suivants :
- i° Le moyeu a de la dynamo est pourvu de bras bcb à section transversale en forme d’U évasé. Entre deux bras parallèles se trouve donc un couloir (fig. 1) dans lequel l’air pénètre pour être chassé de là à travers les vides ménagés entre les paquets de tôles.
- ----CL
- Fig. 1. —- La flèche [' indique le sens de la rotation,
- i° Le moyeu est évidé de façon à former deux couronnes concentriques ; l’espace annulaire est divisé par des cloisons inclinées par rapport aux génératrices du moyeu. Cette division donne une série de couloirs parallèles à l’axe du moyeu, à travers lesquels l’air est aspiré.
- L’air se rend alors dans la douille du collecteur
- qui, dans ce cas, est divisé en deux ou plusieurs tronçons.
- 3° Le troisième dispositif qui est applicable, soit à l’enroulement d’induit, soit au collecteur, consiste à placer les connexions équipotentielles dont est munie la dynamo à Vextérieur de l’induit ou du collecteur au lieu de les disposer à l’intérieur comme on le fait actuellement.
- Ces connexions sont alors développées sur la surface extérieure et intérieure et sont à l’air libre et. se trouvent très refroidies. On accentue ce refroidissement en ménageant des vides entre les connexions. A cet effet, le nombre de ces connexions peut être inférieur à celui des sections du collecteur (ou des barres de l’induit) auxquelles ces connexions sont soudées.
- On peut également disposer la pièce qui supporté les connexions en forme de ventilateur en la munissant d’ailettes. L’effet de refroidissement obtenu sur les connexions est dès lors très intense, et ces connexions ainsi ventilées ne risquent pas de se détériorer sous l’action d’une circulation accidentelle de courant ; en même temps, par conductibilité, les lames du collecteur (ou les barres de l’induit) se trouvent également refroidies.
- 4° On obtient facilement Un effet de refroidissement en prolongeant les lamelles de jonction entre les lames du collecteur et les fils les reliant à l’induit ; un couloir de circulation est ainsi constitué entre ces lamelles prolongées et les fils; les lamelles pour l’attache de chaque fil sont de préférence formées de deux, feuilles unissant entre elles le fil et rivées entre elles dans la partie prolongée qui sert au refroidissement. M. D.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart{$premiers fascicules). — C. Hersenet R. Hartz. — Fiuedr. Yieweg usd Sohn, éditeurs, Brunswick. — Prix de chaque fascicule : M. 2.5o.
- L’ouvrage que nous analysons ici n’est pas encore complètement publié. II parait par fascicules successifs et c’est à peu près la première moitié dont nous allons rendre compte.
- Il ne s’agit pas d’un travail banal; tout y est fort bien étudié, les descriptions d’appareils sont particulièrement soignées, et les auteurs s’y sont placés au point de vue de la construction.
- Dans la première partie, nous trouvons de nombreux détails sur les piles de polarisation, employées en Allemagne à la place des condensateurs, et qui offrent l’avantage d’avoir une résistance moindre pour les courants à basse fréquence. L’adoption dé
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- la batterie centrale les a fait abandonner. On sait en quoi consistent ces piles, sortes de petites bouteilles en verre, munies d’électrodes en platine, plongeant dans un électrolyte qui peut être, par exemple, de l'acide sulfurique dilué.
- Toute cette première partie est semée de rehsci-gnements sur les montages de postes allemands et américains, renseignements précieux, qu’il serait difficile de rencontrer ailleurs. L’ouvrage est du reste, en général, fortement documenté sur les matériels étrangers (Suède, Allemagne, Amérique) et l’on ne peut guère lui reprocher à cet égard que d’ignorer un peu trop notre matériel français.
- La deuxième partie traite des réseaux urbains en général.
- Les répartiteurs y sont l’objet d’une étude très claire et très judicieuse ainsi que les appareils de sécurité. Quantité de détails intéressants y sont donnés sur les bobines thermiques, peu connues on France, et sur les paratonnerres à vide dont la sensibilité surpasse celle des paratonnerres ordinaires.
- Le fonctionnement des relais à courants alternatifs, ainsi que le relèvement automatique des volets d’annonciateurs donnent lieu à des considérations suggestives. Nous sommes initiés à cet appareil à courants alternés et à fréquence variable que les Allemands nomment « changeur de polarité » (Polwechsler). Cette machine, qui sert pour les courants d’appel, notamment lorsqu'il s’agit de postes bifurques dont plusieurs sont associés sur une même ligne, comporte un pendule dont le mouvement est entretenu par un électro-aimant qui inet sur laligne tantôt le pôle positif, tantôt le pôle négatif d’une batterie. Pour mettre l’appareil en marche, il suffit d’appuyer sur un bouton d’appel, et l’arrêt a lieu dès que la pression cesse ; de la sorte, il n’y a consommation d’énergie que pendant la période de fonctionnement utile.
- Ensuite, les auteurs abordent la description des meubles pour bureaux centraux. L’ouvrage sera complet en une dizaine de fascicules.
- U. C.
- Comptes rendus détaillés du XV0 Congrès international de Tramways et de Chemins de fer d'intérêt local, Munich, 1908. — i volume in-4° de 588 pages avec figures et planches hors texte. — Union Internationale des Tramways, Bruxelles.
- Nous avons publié des extraits assez nombreux des communications faites à ce Congrès. Nos lecteurs savent donc l’intérêt des questions qui y ont été
- traitées, par des orateurs au nombre desquels se trouvent plusieurs de nos collaborateurs.
- Ces comptes rendus sont divisés en quatre parties principales qui contiennent respectivement :
- i° Les quatre séances du Congrès international;
- a0 Quelques pages relatives à la XV* asssemblée générale statutaire de l’Union internationale des tramways et chemins de fer d’intérêt local, suivies du compte rendu des réceptions et des excursions ;
- 4° Les annexes, c’est-à-dire une série de notes du plus haut intérêt sur toutes les questions de traction, signées de MM. Ziffer, Scholtes, Schôrling, Petit, Spiingler, Stahl, Rizzo, C. de Burlet, Mauclère et autres techniciens de valeur ;
- /i° La liste des membres de l’Union internationale.
- T. E.
- Jahrbuch der Elektrochemie und ange-wandten physikalischen G hernie.—W. Nernst et W. Borchers. — i volume in-8° carré de 1.049 pages, avec 11.4 ligures. — WilhemKnapp,éditeur, Halle a. Saale. — Prix : broché, 3o marks.
- On trouve dans ce Jahrbuch toutes les qualités ordinaires de ces vastes répertoires allemands, si complets, et dont l’emploi nous serait si utile : abondance de la documentation, scrupuleuse indication des sources, clarté et commodité de la disposition matérielle, avec, une double table analytique, pour les auteurs et pour les matières, en outre de la table ordinaire, placée, selon l’usage allemand, au début de l’ouvrage.
- Il n’y a, en somme, que deux grandes divisions, correspondant à la partie théorique et à la partie pratique, ce qui est fort logique.
- La partie théorique prend la science électrochimique à sa racine, aux unités, aux notations, aux poids atomiques. Elle donne toutes les notions générales nécessaires sur la catalyse, la therrnochimie, les ions et les électrons, la conductibilité des solutions, la polarisation, l’électrolyse, etmêmela radioactivité.
- La partie pratique traite d’abord de la génération de l’énergie électrique dans l’électrochimie appliquée : éléments primaires, accumulateurs, thermo-éléments. Puis sont passés en revue les principaux produits électrochimiques, métalloïdes et métaux, ainsi que les appareils d’usage industriel, Bien entendu, l’étude des fours électriques est faite avec toute l’ampleur nécessaire,
- Elle est suivie du chapitre consacré à la galvano-
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- technique, et l’ouvrage se termine par une longue et très complète bibliographie.
- E. C.
- Les Métaux spèciaux. Manganèse, chrome, silicium, tungstène, molybdène, vanadium et leurs composés métallurgiques industi'iels. — Jean Escarâ. — i volume in-8° raisin de 5ÿ4 pages, avec 201 figures. — H. Dtrnon i;i E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 18 fr. ; cartonné, 19 fr. 5o.
- « C’est seulement, dit M. Escard dans sa préface, par l’emploi judicieux des éléments nouveaux (chrome, tungstène, etc.) à faire intervenir dans le métal et par le calcul exact, basé sur l’expérience, de la quantité de matière à employer, que l’on peut arriver au résultat désiré, c’est-à-dire obtenir un produit ayant toutes les qualités réclamées par les usages qu’on lui réserve ».
- L’auteur a écarté de son sujet toute conception théorique pure éloignée de la réalité au contraire, il a insisté sur toutes les particularités relatives au côté pratique de la question : prix de revient, etc.
- Ce qui augmente l’intérêt de cet ouvrage, c’est que les différents corps qui y sont passés eu revue n’avaient encore jusqu’ici fait l’objet d’aucun travail suivi ; seuls quelques notes éparses ou de rares mémoires visant un but spécial en avaient signalé les principales propriétés.
- M. G.
- Annuaii'e du Bureau des Longitudes pour l'année 1910. — I volume in-16 de 900 pages avec ligures. — GAuriuiî«-Vin,AK.s, éditeur, Paris. — Prix :
- I fr. .5o.
- Nos lecteurs connaissent bien cet excellent Recueil.
- II renferme cette année, après les documents astronomiques, des tableaux relatifs à la Physique et à la Chimie (éléments magnétiques, correction et comparaison des baromètres et des thermomètres, dilatation des liquides, tensions de vapeur, élasticité et frottement des solides, viscosité des gaz, longueurs d’ondes, solubilités, etc., etc.).
- Nous signalerons surtout deux intéressantes notices scientifiques : celle de M. Baillaud sur la réunion du Comité international permanent pour l’exécution de la carte photographique du Ciel en 1909
- et celle de M. Lallemand sur les marées de l’écorce et l’élasticité du globe terrestre.
- Dan s ce dernier travail sont résumés, à l’aide de diagramme, les calculs qui ont, depuis 1877, confirmé l’hypothèse célèbre émise à cette époque par lord Kelvin sur le coefficient d’élasticité de la terre.
- T. F.
- Le Pyromètre thermo-électrique pour la mesure des températures élevées. — H. Pécheux. — 1 volume iu-8° carré de 184 pages avec 28 figures. — Gautiiieu-Villaus, éditeur, Paris. — Prix : broché, •i fr. 5o ; cartonné, 3 francs.
- C’est à un besoin industriel que répond le pyromètre thermo-électrique ; il constitue, entre les mains d’un industriel intelligent, un thermomètre vraiment pratique, d’usage commode et fournissant les températures cherchées avec une approximation comparable à celle que donnent les meilleurs instruments des laboratoires. En outre il est de construction simple, facile à réparer en cas d’accident et donne les indications désirées par une lecture facile.
- L’auteur de ce petit ouvrage, dont nos lecteurs connaissent bien le nom, a voulu vulgariser la construction et le mode d’emploi des divers pyromètres thermo-électriques actuellement en usage. Les ingénieurs et les industriels trouveront là des renseignements nombreux sur le choix des métaux entrant dans la confection d’un pyromètre, et sur la manière d’utiliser les couples pyrometriques d’une manière avantageuse. G. A.
- CORRESPONDANCE
- M. G. Benischke nous signale qu’une phrase de son étude « Action des décharges à haute tension sur les isolateurs en porcelaine » (Lumière Electrique,n° 40,2 octobre 1909, p. 24) s’esttrouvée tronquée par une omission typographique. La deuxième phrase de l’article doit être rétablie de la manière suivante :
- « Mais, soit sous l’influence atmosphérique, soit à la suite des décharges électriques, la surface des isolateurs faits d’une matière autre que la porcelaine finit par être plus ou. moins attaquée. »
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- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Notions de Vimpôt sur le revenu frappant les Sociétés françaises.
- Nous avons donné dernièrement des explications pratiques pour le droit de timbre; nous complétons ces indications sur le régime fiscal des sociétés par une sommaire étude sur l’impôt qui affecte certains comptes des sociétés anonymes.
- Observations générales.
- La loi soumet certaines sociétés au paiement d’une taxe calculée sur les dividendes distribués et les intérêts des emprunts. Elle appelle cet impôt du nom de taxe sur le revenu. Cette dénomination n’a rien qui choque l’esprit quand elle s’applique à un dividende, mais appliquée à l’intérêt d’un emprunt, elle paraît, au contraire, bizarre, l’emprunt étant une dépense pour la société, et les intérêts étant comptés (à l’inverse d’un dividende) dans les frais généraux. Pour dissiper tout malentendu, il suffit de se rappeler l’origine historique de cet impôt qui est destiné à frapper, non pas la société, mais le capitaliste qui a placé ses fonds, soit sous forme de capital apporté, soit sous forme de prêt effectué.
- Théoriquement, ce devrait être le capitaliste qui, à chaque coupon touché, donnerait le /* % de son coupon au fisc, mais il tombe sous le sens que cette perception, ainsi comprise, deviendrait impossible pour le Trésor; l’Etat a obligé les sociétés à en faire l’avance, sauf à elles à récupérer la taxe avancée sur les capitalistes au moment où elles lui remettent le montant de son dividende ou de son arrérage.
- Ce remboursement par le capitaliste à la société ne présente aucune difficulté quand il s’agit d’un dividende, mais il est impraticable, quand il s’agit d’un intérêt payé pour prêt. Il y a, dans cette hypothèse, un impôt qui grève définitivement la société, et celle-ci doit en tenir compte dans ses prévisions. Quand elle contracte un emprunt, toutes les fois qu’elle paiera 5 francs d’intérêt, elle paiera en réalité 5 fr. an, et elle devra établir d’après ce chiffre le calcul d’amortissement.
- \
- Précautions a prendre avant de payer i/impot
- SUR LE REVENU,
- L’impôt sur le revenu n’est du que par certaines
- sociétés et pour certains comptes; donc, avant de payer ledit impôt, on doit toujours se poser ces deux questions :
- i° Suis-je bien dans une catégorie de sociétés soumises à l’impôt sur le revenu?
- a0 Suis-je bien en présence d’un compte qui, lui-même, fait encourir la taxe ?
- En d’autres termes, si Lune de ces deux conditions, qui sont toutes les deux nécessaires, mais non suffisantes, n’est pas remplie, la taxe ne sera pas due. Cela nous amène à étudier à fond chacune d’elles.
- Quelles sont les sociétés qui sont soumises a l'impôt sur le revenu?
- Sont soumises à cet impôt :
- a) Les sociétés par actions qui ne sont pas dispensées par un texte formel. Donc : les sociétés en commandite par actions, pour leurs dividendes (aussi bien ceux attribués aux gérants que ceux attribués aux commanditaires) et pour leurs emprunts ; les sociétés anonymes (emprunts et dividendes) ; il est évident toutefois que les honoraires ou. salaires des gérants, qui ne sont pas des bénéfices dans le sens légal, ne tombent pas sous le coup de la loi.
- A) Les sociétés en commandite simple ; mais pour celles-ci, une distinction s’impose : avant la loi du 1er décembre 187$ et sous l’empire de la loi du 2q juin 187*2, elles étaient frappées non seulement pour la part des commanditaires, mais encore pour les parts des commandités, c’est-à-dire des gérants. La loi du ier décembre 1876 a dispensé seulement les gérants, et les commanditaires seuls restent frappés sur leurs dividendes. Cette loi, étant une loi d’exception, ne doit pas être étendue aux sociétés en commandite par action, qui restent soumises à ce que nous avons dit ci-dessus.
- Tous les intérêts des emprunts des sociétés en commandite sont soumis à la loi.
- c) Les sociétés civiles, soit qu’elles aient établi des parts, destinées à marquer le fractionnement de leur capital, et que ces parts soient vraiment des titres non négociables, soit que les statuts leur aient donné l’allure d’actions, en permettant leur libre cessibilité, les emprunts sont également frappés.
- d) Les communes, départements et autres établissements publics, pour leur emprunts seulement.
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- e) Les associations déclarées dans la forme de la loi de 1901 (parce qu'elles ont une personnalité morale), pour leurs emprunts.
- f) Les associations syndicales conformes à la loi de i865cet de 1888, également pour leurs emprunts.
- PoUH QUELS COMPTES LES SOCIETES SONT-ELLES SOUMISES A L’iMPOT SUlt LE REVENU ?
- Nous disons avec soin : « pour quels comptes » et non pas « pour quel titre », parce que, ainsi qu’on va le voir, une société peut parfaitement payer la taxe, alors même qu’aucun titre n’aurait été créé.
- Tombent sous le coup de la loi :
- i° Les actions et toutes parts sociales (sociétés en commandite par actions, parts de sociétés civiles), sans qu’il y ait à distinguer les parts, ou actions d’apport des parts, ou actions de numéraires, actions de jouissance ;
- 20 Les parts de fondateurs, au moins'en général;
- 3° Tous les avantages même non révélés ou traduits par des titres. Si l’on supposait, par exemple, une société anonyme sans titre, c’est-à-dire sans cette marque extérieure qui révèle le fractionnement des droits et l’attribution à chacun de la part qui lui est due, l’impôt n’en serait pas moins dû ;
- 4° Enfin pour tous les emprunts faits par la société et qui sont à sa charge définitive, qu’ils soient révélés par des titres que l’on appelle obligations (hypothécaires ou non) ou qu’ils soient établis sans titre.
- Notions spéciales en ce qui concerne
- LES EMPRUNTS
- La vraie caractéristique de l'emprunt se trouve dans ce fait qu’il constitue pour la société un moyen de se procurer des fonds pour en faire l’emploi elle-même, sauf à les restituer dans un certain délai, et en servant jusqu’à ce moment un intérêt au prêteur qui utilise ainsi ses fonds.
- C’est à la véritable nature de l’opération, et non pas à la dénomination qu’elle a reçue, ou à la rubrique sous laquelle elle est répertoriée dans les livres de la société, qu’il faut se rapporter pour décider si elle est bien un emprunt, La définition et l’origine historique du mot «Impôt sur le revenu » que nous avons données plus haut aideraient beaucoup à rechercher ce véritable caractère. On n’oubliera pas que la loi, en s’adressant aux sociétés, a voulu saisir préalablement à toute distribution l’impôt dont elle voudrait frapper le revenu touché, c’est-à-dire Y emploient le capitaliste a trouvé dans ses propres
- fonds. Donc, tout ce qui sera un emploi d'argent, productif d’intérêt, sera frappé; au contraire, le prix d’un travail qui sera productif d’intérêt, parce que le paiement en sera différé, soit par le fait des choses, soit par une convention formelle, ne tombera jamais sous le coup de la loi.
- On ne saurait trop insister sur cette idée : des sociétés ont certainement payé.des impôts qu’elles ne devaient pas, ou ont été surprises d’être obligées de payer un droit au fisc, parce qu’elles n’ont pas ou le soin préalable de bien se rendre compte de la nature même de leur opération.
- Nous allons préciser ceci par l'énumération des comptes les plus fréquents, en indiquant leur nature intrinsèque et la conséquence de cette nature au point de vue fiscal.
- i° Les obligations sont les titres par excellence qui sont frappés de l'impôt, (‘/est par le papier créé sous ce nom que l'emprunt se révèle ; aussi la loi a-t-èlle eiï soin, dans l’article précité, de le viser en première ligne. De cette mention faite par la loi, il résulte immédiatement que toute « obligation », quelle qu’elle soit, est soumise à l’impôt ; par exception au principe que nous venons d’indiquer, il n’y aura pas àdistinguer si l’obligation est née d’un « contrat de vente » ou n’est que la traduction et le mode de paiement du prix d’une chose ou la rémunération spécialement convenue pour un travail effectué. Le texte étant formel, on ne doit pas chercher à y introduire le principe de certaines différences d'origine que la loi n’y a pas vues.
- 20 Tous les ejnpruiits faits par une société, même non révélés par des obligations, sont soumis à la taxe, que l'emprunt ait été constaté par un acte notarié ou non notarié, qu’il soit ou non hypothécaire, muni ou non de garanties spéciales, fait en France ou à l’étranger, par l’Etat ou par un particulier, par une collectivité ou un individu, pour une durée de moins d'un an, ou de quatre-vingt-dix-neuf ans, pour rembourser des dettes, ou même faire la base d’un prêt consenti à une collectivité qui paiera elle aussi un droit de 4 % .
- 3° Il en est de même de tout mode déguisé d'emprunt ;par exemple, un effet de commerce n’est pas de sa nature un emprunt. C’est au contraire un mode de paiement d'une créance, mode permettant au créancier de se procurer d'une façon anticipée de l’argent qui lui est dû.
- Si, au contraire, sans contre-partie autre que la remise de fonds, productifs d'intérêt, l’effet de commerce était créé, il serait une avance d’argent, des-
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- tinée à être employé par la société et serait frappé par la taxe.
- De même Y ouverture de crédit pure et simple, en argent, c’est-à-dire la promesse par un bailleur de tenir à la disposition du crédité une certaine somme d’après ses besoins, n’est qu’un mode de placements de fonds ; l’intérêt produit est frappé, s’il y a un intérêt stipulé.
- Tout autre serait une ouverture de crédit en « marchandises », c’est-à-dire le droit pour un consommateur de prendre des objets facturés, même avec majoration, pour rémunérer le service rendu ou un intérêt en représentation d’un délai accordé.
- P*ul Bougault,
- Avocat u la Cour d’appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- Les automobiles électriques utilisées comme poids lourds (suite et fin) (*).
- Certaines personnes trouvent dans la voiture à transmission électrique le grand inconvénient de transformer la puissance du moteur thermique en énergie électrique, transformation qui ne peut que nuire au rendement de la voiture. Mais, au contraire, cette transformation élève le rendement moyen de la voiture grâce à la propriété des électromoteurs d’avoir un rendement élevé à toutes les charges, contrairement à ce qui se passe dans les transmissions mécaniques.
- C’est, d’ailleurs, ce qui a été compris déjà par un grand nombre d’industriels qui font fonctionner les machines de leur usine par des électromoteurs recevant le courant d’un groupe électrogène.
- Avec de fortes charges, les brusques variations d’efforts, qui sont énormes, détruisent rapidement tous les organes des automobiles à transmission mécanique, contrairement à ce qui se passe avec la transmission électrique, qui nous donne une élasticité aussi grande que nous le désirons.
- Les bandages des roues motrices des voitures ordinaires recevant les variations brusques patinent et s’usent plus rapidement que dans la voiture à transmission électrique.
- De plus, il est permis avec cette dernière d’avoir les quatre roues motrices de manière à profiter de l’adhérence complète de la voiture, ce qui permet d’éviter presque complètement le patinage des roues si néfaste aux bandages caoutchoutés. Dans ce cas, les quati'e électromoteurs pourront être placés suc-
- (l) Y. Lumière Electrique, 3o octobre et 6 novembre 1909, t. Vllï, p. i5'i et 186,
- cessivement en série, en série parallèle et en parallèle, selon les besoins.
- En résumé, la voiture à transmission électrique utilisée comme voiture de ville ou de tourisme, et surtout comme a; poids lourds », peut être conseillée à tous les points de vue.
- Dans les deux automobiles à transmission électrique décrites plus haut, la génératrice est à courant continu.
- Le courant alternatif peut être également utilisé avantageusement dans ce type de voiture.
- En effet, le moteur d'induction a l'avantage d’être moins coûteux, grâce à sa construction simple et, par suite de l’absence de collecteur, son entretien est des plus faciles.
- MM. Hart et Durtnall ont construit une automobile dont le moteur thermique actionne un alternateur à pôles variables permettant d’obtenir des courants de périodicité variable pour une même vitesse de moteur.
- Ces courants alimentent un moteur triphasé placé dans le prolongement de l’arbre du moteur et attaquant le différentiel.
- Selon les variations de vitesse de la voiture, on envoie dans ce moteur des courants de périodes variables et lorsque la vitesse de ce moteur électrique est la même que celle du moteur thermique, un embrayage magnétique relie les deux organes, de manière que la commande de la voiture se fasse alors directement au moyen du moteur thermique.
- Celte solution est élégante, mais cette voilure ne possède certes pas la souplesse de la voiture à transmission électrique à courant continu.
- En un mot ces différentes solutions permettent d’utilisèr le moteur à essence plus avantageusement qu’âvec la transmissîoii mécanique.
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- Voiture électrique avec prise de courant par fil aérien. — En vue d’obtenir une solu-. tion économique pour le transport sur routes, on a également mis en application dans quelques villes des voitures automobiles électriques ne possédant que des électromoteurs et empruntant l’énergie électrique à des fils aériens placés le long de la route.
- Cette solution adonné des résultats assez avantageux.
- CONCLUSIONS
- Tels sont les différents types d’automobiles utilisés actuellement. C’est en vue de réduire les frais dus à l’entretien et à l’amortissement des voitures ordinaires que Ton a construit les autos mixtes et l’automobile électrique à prise de courant par fil aérien. Certes, I on aboutira à diminuer les dépenses si élevées actuellement.
- Mais pour cela il faut, dans chaque cas particulier qui se présente, approprier la voiture la plus adéquate à l’usage demandé.
- Ainsi, dans les pays montagneux, où il est nécessaire de produire à certains moments des coups de collier d’une certaine durée, l’auto mixte deM.Pieper convient tout particulièrement. Ces coups de collier ne pourraient être obtenus avec la voiture à transmission électrique parce que la puissance des électromoteurs est limitée à celle du moteur thermique.
- 11 serait donc nécessaire, pour utiliser la voiture à transmission électrique dans un pays accidenté, d’avoir un moteur thermique puissant (fonctionnant peu économiquement en marche normale) et augmentant le poids de la voiture. Mais dans un pays peu accidenté (comme à Londres), où les coups de collier ne sont pas de longue durée, la transmission électrique est une des meilleures solutions.
- Au point de vue de la contenance, il faut également, dans chaque cas qui se présente, approprier le type de voiture qui convient le mieux.
- Ainsi, si dans les grandes villes on peut utiliser des voitures à grande contenance, il n’en est pas de même dans la plupart des autres cas, car plus une voiture est lourde, plus elle coûte d’entretien.
- M. Mauclère, ingénieur de la Compagnie des Omnibus de Paris, recommande :
- « i° Des omnibus de dix il douze places sans impériale, mais avec galerie à bagages pour les correspondances de gares et les lignes d’excursions;
- %° Des omnibus de quatorze à vingt places, sans
- impériale, mais avec galerie à bagages pour les communications interurbaines et pour l’exploitation urbaine dans les villes de deuxième importance ;
- 3° Des omnibus de trente à trente-six places, avec ou sans impériale dans les grandes villes.
- Au delà de cette contenance, les voitures seraient trop lourdes et la vitesse commerciale trop réduite.
- Les omnibus légers des deux premières catégories ne présentent pas d’inconvénients, s’ils sont bien construits et soigneusement entretenus. Ils pourront, en rase campagne, atteindre une vitesse de à 3okm à l’heure.
- Le poids pourra varier dé a 5oo à 3 oookg à vide; on peut admettre un poids utile de iookgpar voyageur avec bagages et de 70kg par voyageur sans bagages, ce qui représente pour la voiture au complet un poids variant de 3 700 à 4 oook(?. Avec un moteur de 18 à 20 chevaux, ces voitures feront un bon service et les frais d’exploitation seront modérés.
- Les omnibus, comportant de trente à trente-six places et destinés aux transports en commun dans les grandes villes, seront notablement plus lourds et exigeront des moteurs de 3o à 40 chevaux, suivant le profil de la route. Leur vitesse ne dépassera guère 20km à l’heure. Le poids de la voiture à vide pourra varier de 4 000 h 4 5ookB, et avec charge complète, entre 6 5oo et 7 000 kilogrammes. »
- Il faut également, dans les applications que l’on peut faire de l’automobile, choisir celles qui sont rémunératrices.
- Ainsi, comme il est dit plus haut, il n’est pas rationnel de créer des lignes d’autobus dans l’intention de faire la concurrence à des lignes de tramways, car la dépense qu’occasionnent les autobus est de beaucoup plus élevée que celle des tramways, et, en outre, la capacité des aut'obus est de beaucoup inférieure à celle des tramways.
- Mais, dans beaucoup de villes de moindre importance, et où la circulation est assez intense, la présence des autobus peut être justifiée. Dans ce dernier cas, il faut encore que la ville soit assez étendue, car si les distances à parcourir ne sont pas suffisantes les autobus seront peu utilisés.
- Dans les lignes peu favorisées par les chemins de fer, on pourra établir des communications interurbaines au moyen d’automobiles.
- Les diligences chargées d’amener aux gares les voyageurs des communes voisines pourront être remplacées par la traction mécanique.
- L’application des automobiles électriques à prise
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- de courant par fil aérien ne pourra certes se généraliser, mais peut cependant recevoir des applications dans bien des cas.
- Ainsi, dans les villes d’importance moyenne, on pourra établir un service public sans des frais considérables.
- Dans les pays montagneux, où le profil des routes se prête mal à l’installation des voies coûteuses, ce système pourra convenir.
- Ce modé de traction peut également permettre
- d’étendre le rayon d’action des tramways urbains, ce qui aurait pour conséquence d’accroître le trafic de ces derniers.
- En ce qui concerne la traction mécanique des camions, il faudra aussi, dans chaque cas particulier, faire un choix rationnel de l’automobile.
- En résumé, on voit que dans bien des cas les automobiles industrielles peuvent être utilisées avec profit.
- S. F;
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les bruits favorables qui se répandent dans les milieux industriels et financiers quant aux résultats des exercices en cours ne semblent pas l’exacte répercussion des faits. Les hauts cours de toutes les valeurs métallurgiques et électriques escomptent déjà pour l’avenir des plus-values de dividendes ; les rapports de certaines de nos grandes sociétés métallurgiques, Aciéries de la Marine et d’Homé-court, Aciéries de Micheville, Aciéries du Nord et de l’Est, ne semblent pas justifier cette attitude des boursiers. Au point de vue des valeurs électriques nous avons dit dernièrement ce que nous en pensions : si les prix de vente se maintiennent aux cours actuels, il ne peut y avoir amélioration. Pour les valeurs métallurgiques, toutes les usines étant en période d’amélioration ou • de transformation, c’est pour un temps indéterminé le maintien des dividendes actuels. Voici ce que dit en effet Marine et Homécourt : Nous avons dû nous résigner à fermer l’usine de Rive-de-Gier dont les produits en fer ne pouvaient plus lutter contre les produits similaires en acier. Nos autres divisions ont été bien alimentées et ont donné des résultats égaux aux précédents. C’est avec confiance que nous abordons l’exercice actuel; les prix ont eu une légère tendance à l’amélioration, malheureusement si les affaires paraissent actuellement meilleures aux Etats-Unis, elles sont encore nettement médiocres en Allemagne et en Belgique et le marché de nos voisins pèse sur le nôtre.
- Les Aciéries de Micheville à leur tour reconnaissent qu’elles ont eu beaucoup de travail pendant l'exercice écoulé, que les prix de vente ont été mé-
- diocres et qu’il en est résulté, malgré l’augmentation du tonnage vendu, des bénéfices égaux aux précédents. Pour l’exercice en cours, de grosses dépenses sont prévues pour mettre en valeur le domaine minier de la Société, soit qu’elle en soit le seul concessionnaire,. soit qu’elle le détienne en participation avec d’autres firmes. Les 8 millions d’obligations à émettre au fur et à mesure des besoins entraîneront par le fait des frais d’intérêts et d’amortissement qui pèseront lourdement sur l’exercice.
- Quant aux Forges et Aciéries du Nord et de l’Est, leurs résultats pour 1908-1909 sont moins favorables que ceux de l’exercice précédent. Le conseil ajoute dans son rapport qu’il faut prévoir pour 1909-1910 une augmentation importante des amortissements à effectuer et une augmentation des charges d’intérêts afférentes à la partie non encore employée du récent emprunt. Aux Aciéries de France, même impression ; les bénéfices bruts de l’exercice écoulé sont supérieurs de 80 000 francs environ à ceux du précédent exercice ; ils permettent, après de sérieux prélèvements pour les amortissements, la distribution d’un dividende de 5 % ; mais les transformations en cours et les charges d’intérêts des emprunts récents ne permettent pas de compter sur des augmentations de dividende l’an prochain.
- D’une façon générale enfin, si les conditions de l’exercice en cours sont meilleures au point de vue des commandes de l’Etat, et, ainsi que le dit le rapport des Aciéries de la Marine et d’IIomécourt qui fait entrevoir le chômage de son usine de Saint-Cha-rnond à partir du 3o juin 1910, si la Marine ne commande pas à temps de nouveaux cuirassés, de même toutes nos autres aciéries qui s'alimentent par les ordres de la Guerre, de la Marine ou des Tra-
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- vaux puiblics verront leur activité diminuer dans une proportion bien préjudiciable aux intérêts des actionnaires. Il convient, en outre, de ne pas oublier les charges que créeront à toutes ces sociétés les retraites ouvrières et les impôts nouveaux qui menacent les concessions de mines.
- Les marchés internationaux ont été très surpris de la décision prise par la Banque d’Angleterre d’élever le taux de son escompte de 4 à 5 % . C’est une mesure de défense contre la spéculation américaine, dit-on, mais elle a déconcerté New-York et Berlin; sur cette dernière place, on attend avec anxiété les décisions de la Banque d’Empire qui sera peut-être conduite à élever son taux d’escompte de 5 à 6 %. Paris, Bruxelles et Anvers profitent de ces situations pour employer en report des sommes très considérables sur ces deux places étrangères, les taux respectifs des escomptes officiels ou privés étant plus rémunérateurs. On peut ainsi se rendre compte de la faveur qui préside actuellement aux négociations des valeurs de nos établissements de crédit.
- On annonce officiellement qu’une entente est intervenue entre les différents producteurs de zinc, et que les pourparlers engagés entre les usines d’aluminium ont finalement abouti. Cette entente engloberait la Société pour l’industrie d’aluminium de Neu-hausen, les usines françaises, la British Aluminium Company et les usines américaines; l’accord stipulerait que des ventes ne doivent être effectuées que jusqu’en mars 1910. Dans les milieux intéressés cette convention passe pour être le prélude de la formation d’un nouveau syndicat.
- L’Aluminium du Sud-Ouest, dont les comptes seront présentés à l’assemblée du »î» courant, n’a encore fait aucun acte d’exploitation. Son deuxième exercice social aété employé il la continuation del’amé-nagement de la chute de la Neste. Le compte de premier établissement est passé de ce fait de 1 227 701 fr. à 2492365 fr. 38. Les intérêts intercalaires dus statutairement aux actionnaires et les dépenses de frais généraux ont. été passés au compte de frais de premier établissement. L’exercice ne donne ni gain ni perte; mais cette pratique de grossir pour l’avenir de non-valeurs les comptes d’actif n’est pas sans critiques.
- Nul doute que la mesure prise par la Banque d’Angleterre n’ait eu sa répercussion sur le marché du cuivre. Toujours même indécision; les stocks américains s’accumulent ; la consommation est circonspecte ; les spéculateurs ont dû liquider leurs positions et de grandes quantités de métal ont été
- offertes. Il y a toujours beaucoup de rumeurs qui circulent au sujet d’une entente entre les gros producteurs américains, entente dont on ne dit rien de précis et qui menace de ne point se réaliser comme toutes celles dont on a parlé depuis plusieurs mois. Finalement, on cote le Standard aux environs de £ 57,5 et l’électro à £ 59,5. Le Rio-Tinto qui avait touché le cours de 1 960 est revenu à 1 917.
- Les valeurs des sociétés d’exploitation de l’énergie électrique ne peuvent être considérées au même titre que celles des sociétés de construction dont nous parlions plus. haut. Leur extension est graduelle et progressive et leur cours se maintiennent, celles de Paris comme celles de province ou de l’étranger sont dans cette situation.
- Ainsi la Société d’Éclairage Électrique de Cannes a réalisé, malgré'la mauvaise saison hivernale de 1909, un bénéfice net légèrement supérieur à celui de l’exercice précédent : 92 436 francs au lieu de 90 358. La répartition suivante a été votée par l’assemblée des actionnaires du 16 octobre.
- Dividende : 9,25 brut par action. 55 5oo,po
- Réserve légale................... 4 621,80
- Réserve spéciale d’amortissement ........................... i5 000,00
- Au conseil d’administration... 12 000,00
- Report à nouveau................. 5 314,68
- En examinant le bilan, on remarque que ce bénéfice ne représente encore que les 8,3 % du capital qui figure au passif pour 1 100 000 francs. A l’actif, les immobilisations et les approvisionnements sont comptés pour 886 788 fr. 31, tandis que les créditeurs divers, au passif, ne s’élèvent qu’à 88 761 fr. 61. La Société peut donc largement faire face à la distribution de son dividende çt aux frais de ses nouvelles installations qui élèveront ses. profits nets. La rubrique fonds divers à l’actif, qui se monte à 3i5 617 fr. 80 et qui n’existait pas en 1908, fait supposer que la Société d’Eclairage Electrique de Cannes a pris quelque participation dans des concessions voisines de la sienne.
- La Compagnie Générale madrilène d’Électricité accuse aussi une progression dm nombre de ses abonnés et de ses installations; les premiers sont passés de 24 5p8 à 25 4*7 j les secondes de 411 3i4 à 428 287 exprimées en lampes de 10 bougies; et les kilowatts produits sont plus élevés de 392 082. Les produits de l’exploitation étant portés pour 4 837 727 pesetas, le nombre de kilowatts fournis 10 089 23o, on constate que le kilowatt rapporterait
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- en moyenne o pes. 48. Le compte de profits et pertes ne permet cependant pas de l’assurer, car il ne présente aucune distinction entre les bénéfices bruts provenant de la vente du courant et ceux pouvant provenir de la vente de matériel divers. Les bénéfices nets s’éjfevent seulement à 708434 pes. 64, qui ont été affectés : 36o 000 pesetas aux actionnaires sous forme d’intérêt statutaire de 6 % , et 343 000 pesetas aux amortissements,- le solde étant reporté à nouveau. Nous retiendrons du rapport du conseil la déclaration d’qn accord intervenu entre les principales sociétés électriques de Madrid, fait dans le but de concilier les intérêts des consommateurs et qui a
- donné lieu cependant à des campagnes entreprises pour indisposer le public contre les sociétés d’électricité, à tel point que la question a dû être portée devant les tribunaux. La situation passive de la Compagnie madrilène apparaît comme très lourde avec ses 3 762 961 pesetas de créanciers divers et ses 9 188 166 pesetas de réserve pour administration des biens de la Supply. Elle fait preuve toutefois de beaucoup de prudence en procédant par rectifications d’inventaire à des amortissements de son actif-matériel dont la valeur se trouve réduite par l’üsure normale.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Yonne. — Les concessionnaires choisis par le Conseil général, MM. Bressot et Ç‘e, font procéder, actuellement, à l’établissement du tracé définitif de la ligne électrique qui doit relier Auxerre à Tonnerre par Chablis.
- Côte-d’Or. — Le Conseil municipal de Nuits-Saint-Georges a émis un vœu relatif à la prolongation de la ligne de tramways électriques de Dijon-Gevrey à Nuits-Saint-Georges.
- Suisse. — La Société Dyle et Bacalan a signé une convention pour la construction de la ligne du chemin de de fer Soleure à Schœnbuhl, qui doit relier directement Berne et Soleure.
- Autriche-Hongrie. — La Société Abbazianer Eleklri-citats und Kleinbahngeselleschaft, de Vienne, a été autorisée à prolonger le chemin de fer électrique Abbazia-Mattuglie jusqu’à Lovrana, par Volosca et Ablazia.
- Le projet du chemin de fer électrique de Grein àGross-Gerungs a été mis à l’étude.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — La Municipalité de Bourg a reçu des propositions de la Compagnie du gaz de Lyon pour l’éclairage électrique ; elle 11e prendra de décision qu'après avoir examiné les propositions qui pourraient être faites par d’autres sociétés.
- \
- Saône-et-Loiiie. — Le Conseil municipal de Mâcon a émis un vœu favorable à la construction d’une usine hydroélectrique à Genissiat.
- Lot. On va procéder prochainement à l’établissement de 1 éclairage électrique à Figeac. L’énergie sera fournie par l’usine de Capdenac,
- Algérie. — Le Conseil municip-'1 de Saïda vient d'adopter le projet d’éclairage él étriqué présenté par MM. Marie et Dolfus.
- Loir-et-Ciier. — Il est question d’établir à Mer l’éclairage électrique.
- Seine. — Le Conseil municipal de Montfermeil a approuvé le rapport de la commission tendant à l’établissement de l’éclairage électrique.
- Charente. — Le Conseil municipal de Jarnac a examiné, dans sa dernière séance, le projet présenté par M. Charral, tendant à l’installation de l’éclairage électrique public et privé et à la fourniture de la force motrice .
- Le Conseil municipal d’Angoulême vient d’approuver les termes de la convention passée avec la Compagnie du gaz qui devient concessionnaire aussi de l’éclairage électrique.
- Maine-et-Loike. — La Municipalité d’Angers a approuvé la proposition qui lui avait été soumise consistant à l’extension de l’éclairage électrique.
- Gironde. — Une enquête est ouverte à Caslillon relative au projet d’éclairage électrique de la ville.
- Vau. — La question de l’éclairage électrique de Toulon n’est pas encore résolue ; plusieurs sociétés sont sur les rangs.
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- Belgique. — La Commission nommée par le Conseil communal de Schaerbeck pour l’étude du projet d’éclairage électrique n’a accepté ni le principe de la régie, ni la conclusion d’un contrat avec la Compagnie du gaz de Saint-Josse-Ten-Noode. Elle propose l’installation du réseau par la commune et l'achat du courant à une usine productrice. Des pourparlers sont engagés avec une société d’engrais chimiques qui, par l'incinération des immondices de la commune, fournirait le courant nécessaire.
- Roumanie. — La municipalité de Bucarest va mettre en adjudication la construction d’une usine électrique destinée à fournir la lumière électrique à une partie de la ville. Le devis se monte à i 855 ooo francs.
- DIVERS
- Inde. — D’après les renseignements fournis par la douane de Calcutta, les chiffres de l’importation des instruments et appareils électriques durant l’année 1907-1908 et les onze premiers mois de 1908-1909 ont été les suivants :
- Tableau I
- PAYS DE PROVENANCE
- 1907-1908
- 1908-1909
- Angleterre......... ,
- Autriche..........
- Belgique..........
- France............
- Allemagne.........
- Italie............
- Straits Setllements
- Japon.............
- Java..............
- Egypte. ..........
- Etats-Unis........
- Total.....
- roupies 2 o3o a 19
- 3 120 8 63o
- 25
- 58 921 10 679 »
- >'
- 4 000
- 6 47° i3 410
- 2 i35 482
- roupies 1 762 725 8 334 3o 593 101 69 659
- i5 684 4i 123 »
- ))
- 26 206
- 1 gi3 466
- 11 n’existe qu’une seule entreprise de tramways électriques à trolley dans la capitale des Indes, c’est la Calcutta Tramways Co. Le matériel roulant provient d’Angleterre.
- C’est la municipalité qui s’occupe de l’éclairage électrique de la ville.
- Le service téléphonique est aux mains d’une compagnie anglaise. Les appareils dont se sert celle compagnie ont de provenance suédoise.
- Les Indes produisent quelques matières premières employées dans l'industrie électrique; ce sont : le mica, la gomme laque, le manganèse et le caoutchouc.
- On trouve le mica surtout dans le Bengale et à Madras. D’après un recensement officiel, il yjaurait quarante-cinq
- mines de mica aux Indes et 15723 ouvriers y seraient occupés.
- L’exportation de mica s’est élevée en 1907-1908 à 38 922 hundredweights valant 3 422 420 roupies contre 26 392 hundredweights d’une valeur de 1 902 5o5 roupies en 1908-1909,
- La gomme laque employée comme matière isolante dans l’industrie électrique est un article très important d’exportation des Indes, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par les chiffres ci-dessous :
- Tableau II
- HUNDREDWEIGHTS ROUPIES
- 1006-1007 1907- 1908 1908- 1909 254 088 340 008 372 186 33 711 498 38 770 887 27 359 35o
- C’est vers l’Amérique que se dirige la plus grande partie de la gomme laque exportée des Indes.
- Les principales provinces productrices de gomme laque sont le Bengale, le Bengale Oriental et l’Assam, les Provinces Centrales et le Bérar.
- On compte dans le Bengale et les Provinces Unies 62 usines de laque employant 6000 personnes.
- Jjes exportations de manganèse ont été en 1908-1909 de 8760275 hundredweights valant 7264223 roupies, contre 10968393 hundredweights et 8589404 roupies en 1907-1908. Les exportations viè Calcutta ne constituent qu’une minime partie des exportations de ce minerai faites par l’Inde. Les acheteurs de manganèse de ce pays sont l’Angleterre, la France, la Belgique, la Hollande et les Etats-Unis.
- L’exportation du caoutchouc indien n’est pas très importante, elle a été de 2990 hundredweights valant 578 397 roupies en 1907-1908, contre 1 964 hundred-wéights et 3igo39 roupies en 1908-1909.
- Le prix du caoutchouc a baissé pour la qualité fine hard Para de 5 shillings 21/2 pence la livre au commencement de 1907, à 3 shillings 11 1/2 pence la livre en février 1908.
- Cette exportation s’est faite surtout en destination de l’Angleterre.
- Aux dynamos, moteurs et appareils d’éclairage élec trique qui peuvent trouver un débouché sur la place de Calcutta, il faut ajouter les ventilateurs électriques de tous genres, dont on fait un grand usage aux Indes depuis quelques années.
- Suède. —- D’après 1’ Affàrsvïtvlden, Une Société vient d’être fondée en Suède pour la production du radium j elle se propose d’en fournir 48l',5 par an.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e,Série). — N° 46.
- CONVOCATIONS D'ASSEMBLÉES
- Schneider et Cio, — Le i5 novembre, 42> rue d’Anjou, à Paris.
- Société Nantaise d’Eclairage et de Force par l'électricité, fp* Le 20 novembre, 5, rue Boudreau, à Paris.
- Compagnie de Fives-Liiie. — Le 18 novembre, 8, rue d'Athènes, à Paris.
- Compagnie d'Electricité de /’Ouest-Parisien. — Le a4 novembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société de Matériels et d'Entreprises électriques. — Le 18 novembre, 3o, rue des Bons-Enfants, à Paris.
- Société d’applications industrielles. — Le 28 novembre, 8, rue Pillet-Will, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 24 novembre, à la Préfecture du Nord, h. Lille, fourniture de 45 fourgons et 6 locomotives pour chemins de fer d’intérêt local. Renseignements aux bureaux de la Préfecture, service des ponts et chaussées.
- ALLEMAGNE
- Le 18 novembre, aux chemins de fer de l’État prussien, à Konigsberg-en-Prusse, fourniture de 260 000 crayons en charbon pour lampes électriques.
- Le 28 novembre, au service des postes et télégraphes wurtembergeois, à Stuttgart, fourniture de plomb, fil dé cuivre isolé, microphones avec supports, appareils câbles, etc.
- Prochainement, à l’administration communale, à Biet-herg (Westphalie), établissement d’installations électriques, 220 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Mulhouse (Alsace), extension des installations électriques, 2 millions de marks.
- SIAM
- Jusqu’au 28 janvier, au ministère des Travaux publics, à Bangkok, soumissions pour la fourniture de 5 locomo-lives-tender, ia5 wagons à ballast, 5 wagons pour transport de rails, le tout pour une ligne à écartement d’un mètre. Cahier des charges (texte anglaisj et plans à consulter au Musée commercial, à Bruxelles. .
- ESPAGNE
- Le 9 décembre, à 11 heures, à l’hôtel de ville, à Lianes, adjudication de l’éclairage électrique de la ville pour dix années à partir du ier janvier 1910, sur la base d’une redevance annuelle de 7 160 pes. ; caut. : 1 000 pes.
- ITALIE
- Le 27 novembre, à la direction générale des chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, construction des voies ferrées Piane Crati à Pian del Lago et Pian del.Lago à Rogliano, 1 268 000 lires ; caut. provisoire : 5o 000 lires.
- Le 8 décembre, aux chemins [de fer'de l’Etat italien, â Rome, fourniture de quatre tours dp. divers types, deux à livrer à Pietrarsa, un à Milan .et- un à -Lucques ; le 12 décembre, fourniture d’une- grue à "pont roulant de 3 tonnes pour le dépôt de locomotives du Camposso à Gènes (adjudications internationales).........
- Le 14 décembre, au ministère’ des' travaux publies, à Rome, construction des lignes ferrées ci-après : i° Be-vera-Varazze (Vintimille-frontière), sur 2 685m,43, L. 1 566,098-55 ; 20 Ribera-Bivio-Breci, à écartement de om,95, sur 2736“*,17 1044000 lires pour le ict lot et 982 000 pour le 2e lot d’une longueur de 3 gi8m,33.
- PARIS. <— IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 20 NOVEMBRE 1909.
- Tome VIII (2« série).— N* 4Ÿ.
- La
- Lumière Electrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 225. — P. André. Sur un nouveau type de turbine à vapeur, p. 227. — A. Comet. Machines-Outils commandées électriquement (suite), p. a3o. — C. Egner et J. Gunnar Holmstrom. Essais de communications avec un nouveau microphone pour longues distances, p. 237.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Mesure de la résistance d’isolement d’une ligne à trois lils sous tension, G. Kapp et D. Goai.es, p. 240. — Etude, construction et essais de machines. Méthode pour étudier les pertes dans le 1er d’un transformateur, W. Chubb, p. 242.— Applications mécaniques. Dispositif de. commande pour ascenseur électrique, p. 243. — Electrochimie et électrométallurgie. Le rendement des électrodes des fours électriques, C. Heking, p. 243. — La limite pratique de la longueur des électrodes, A. Hansen, p. 244- — Télégraphie et téléphonie. Les perturbations causées sur les circuits télégraphiques et téléphoniques par le voisinage des lignes à courants alternatifs, B. Taylok, p.244.—Brevets, p. 2 44. -— Bibliographie, p. 247.— Législation et contentieux. Le droit de contrôle sur les sociétés anonymes. P. Boucault, p. 248. — Variétés. L’action du courant électrique sur les maçonneries de ciment, p. 262. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 252. — Renseignements commerciaux, p. 254. — Nouvelles Sociétés, p. 256. — Adjudications, p. 255.
- ÉDIT 0‘JtIAL
- Les deux types fondamentaux de turbines à vapeur ont été créés par de Laval et par Parsons. Dans la solution de de Laval, séduisante par sa grande simplicité, son faible prix de revient, sa consommation de vapeur réduite, c’est une seule roue qui est chargée de mettre en œuvre une fraction considérable de l’énergie de la vapeur injectée. En revanche, cette roue doit nécessairement, tourner à une vitesse énorme, qui atteint plus de 4«o"‘ par seconde à la périphérie. La rançon de cette vitesse excessive, c’est l’emploi obligatoire d’engrenages réducteurs et par suite la limitation de la puissance.
- Dans la solution de Parsons, cetle roue unique est remplacée par un grand nombre
- de roues de construction notablement plus simple, disposées de manière à fractionner l’énorme chute de vitesse disponible, de telle sorte que pour chaque roue la vitesse périphérique ne dépasse guère une centaine de mètres par seconde.
- Dès lors, la puissance de la machine n’est plus limitée. Cette fois la rançon de cet avantage est la construction compliquée et coûteuse qui devient ici nécessaire.
- Mais il y a plus : l’analyse expérimentale montre que le travail est très inégalement réparti entre les 60 ou 70 roues d’une turbine Parsons : le rendement des premières est très mauvais, celui des dernières excellent. Telles sont les données du problème.
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- M. Barbezat s’est attaché à réaliser, par un mode de construction ingénieux, la solution qui consiste à prendre, dans chacun des deux types de machines qui viennent d’être rappelés, ce qu’ils ont de plus satisfaisant, de manière à ci’éer une machine mixte.
- La première détente de la vapeur est utilisée dans une roue de Laval, puis, entre 3 ou 5 atmosphères et le vide du condenseur, la détente s’achève sur une série de roues Parsons.
- Les fraiseuses à commande électrique décrites par M. A. Cornet se divisent en trois catégories principales dont l’auteur donne les caractéristiques.
- , Un grand nombre de machines sont examinées et représentées par des photographies.
- Les inventeurs du nouveau microphone, récemment expérimenté en Suède pour les communications téléphoniques à grande distance, ne peuvent encore publier une description de leur appareil. Mais dès maintenant ils nous ont communiqué les résultats des expériences officielles faites avec le nouveau microphone, et ces résultats paraissent tout à fait remarquables.
- Nous en donnons aujourd’hui les deux premières séries, dans lesquelles on voit déjà que la communication téléphonique commerciale serait rendue possible même
- avec des coefficients d’amortissement de 6 à 7.
- Des trois méthodes données par MM. Kapp et Goales pour mesurer la résistance d'isolement d'une ligne à trois fils en charge, la plus intéressante et la plus nouvelle est certainement la dernière, qui permet de séparer les résultats correspondant à chacun des trois fils.
- Le procédé qu’indique M. Chubb pour étudier les pertes par courant de Foucault et par-hystérésis dans les transformateurs comporte l’emploi d’un voltmètre spécial, susceptible de deux modes de montage différents suivant que l’on recherche une précision commerciale ou une précision absolue.
- Après avoir signalé les tendances nouvelles de la construction des équipements pour la commande des ascenseurs, nous reproduisons le très récent travail dans lequel M. C. Hering complète et précise les plus importantes des notions contenues dans son étude sur les pertes aux électrodes des fours électriques dont nous avons donné un extrait dans notre dernier numéro.
- On lffia enfin avec intérêt les conclusions de M. Taylor relatives à la manière différente dont sont affectées les lignes télégraphiques et téléphoniques par le voisinage d’une ligne alternative.
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- SUR UN NOUVEAU TYPE DE TURBINE A VAPEUR
- Les turbines à vapeur ont été introduites dans l’industrie par l’ingénieur suédois G. de Laval et l’ingénieur anglais G. A. Parsons. En i883, de Laval lit breveter et construire sa première turbine à vapeur et entraînait avec celle-ci une essoreuse.
- En 1884, Parsons essayait et faisait breveter la première turbine à vapeur de son système; elle est aujourd’hui conservée au Ken-sington-Museum, à Londres.
- Déjà en 1629, Rranca avait proposé une turbine à vapeur genre de Laval ; en i853, Tournaire avait présenté à l’Académie française un mémoire très remarquable sur une turbine genre Parsons. Ces antériorités sont intéressantes, mais elles ne sauraient en rien diminuer le grand mérite qui revient à MM. de Laval et Parsons, d’avoir su franchir l’abîme qui sépare toujours la réalisation pratique et industrielle de la simple conception d’une machine nouvelle.
- Jusqu’à l'exposition universelle de 1900 — qui devait marquer l’apogée de la machine à piston — MM. de Laval et Parsons avaient été les seuls à construire des turbines à vapeur et à avoir obtenu des résultats satisfaisants, chacun d’eux dans la voie bien distincte qu’il s’était tracée. Dès que ces deux ingénieurs eurent démontré les avantages qu’on pouvait obtenir sur l’ancienne machine à vapeur, enabandonnant ses pistons, bielles, manivelles et volant, pour laisser la vapeur agir directement sur une roue à aubes, en engendrant ainsi sans intermédiaires le mouvement rotatif uniforme, les constructeurs prirent intérêt aux turbines à vapeur, et cherchèrent des systèmes ou des combinaisons nouvelles.
- Principe de la turbine système Barbezat.
- Il est assez curieux de constater que jus-
- qu’en 1907, alors que de toutes parts on faisait efforts sur efforts pour créer de nouveaux systèmes de turbines, personne n’ait songé à combiner les deux turbines de Laval et Parsons qui pourtant se complètent si bien mutuellement. Cette combinaison qui aurait du s’imposer il y a déjà longtemps est la caractéristique de la turbine Barbezat et a été brevetée dans les principaux pays industriels.
- Pour mieux faire saisir les raisons qui ont conduit à combiner entre elles les deux plus anciennes turbines connues, nous allons d’abord exposer le principe, les avantages et les inconvénients de chacune d’elles.
- Si au lieu d’amener la vapeur dans un cylindre et de la faire agir par sa pression sur un piston mobile, nous la laissons se détendre, de la pression de la chaudière à celle du condenseur, dans une tuyère convenablement dimensionnée, la vapeur prend une vitesse telle que théoriquement son énergie cinétique ou sa force vive équivaut au travail qu’on aurait pu recueillir dans les mêmes conditions sur un piston mobile.
- Ce dernier travail peut être exactement calculé, et il est facile d’en déduire la vitesse d’écoulement de la vapeur; celle-ci atteint environ 1 200 mètres par seconde dans les conditions habituelles de pression et de température de la vapeur; soit 2 à 3 fois celle d’une balle de fusil. La grosse difficulté à vaincre dans les turbines à vapeur consistait à recueillir rationnellement sur une roue à aubes l’énergie cinétique d’un jet animé d’une telle vitesse.
- De Laval résolvait le problème directement en construisant une roue unique capable de tourner à l’énorme vitesse périphérique d’environ 42° m./sec. et capable d’absorber à elle seule plus des 2/3 de l’énergie du jet de vapeur.
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- Coupe de la turbine.
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- Parsons fractionnait la détente, c’est-à-dire amenait la vapeur par étages successifs à des vitesses plus petites que celle utilisée par de Laval et pouvait ainsi transformer en énerg ie mécanique l’énergie cinétique de la vapeur avec 60 ou 70 roues plus simples parce qu’il suffisait que celles-ci aient au maximum, environ 100 m./sec. de vitesse périphérique.
- La turbine de Laval séduit autant par sa simplicité que par tout le génie mis en œuvre pour avoir raison des plus grandes difficultés. Sa consommation en vapeur et son prix de revient est nettement inférieur, à puissance égale, à celui des autres types de turbines. Elle n’a qu’un défaut; celui de tourner trop vite, de ne pas offrir une garantie absolue contre tout danger d’éclatement, et d’exiger des engrenages réducteurs de vitesse qui ne permettent pas de dépasser 3oo chevaux comme puissance.
- La turbine Parsons, de beaucoup la plus importante, 11’est pas limitée comme puissance (on a déjà construit des unités de îàooo chevaux); sa vitesse de rotation peut être abaissée autant qu’on le veut, à condition d’aug-men ter proportionnellement le nombre de roues,
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- ou le diamètre de celles-ci, c’est-à-dire le prix de la machine. C’est elle qui a donné jusqu’à présent, aux grandes puissances, les meilleurs rendements qui aient été obtenus avec les turbines à vapeur en général.
- Elle a l’inconvénient d’exiger une soixantaine de roues, d’être plus compliquée et plus coûteuse. D’autre part, en examinant déplus près le travail fourni par chacune des roues, on voit que les premières en fournissent très peu, avec un rendement relativement mauvais; de telle sorte que plus de la moitié du nombre total des roues donne moins du quart de l’énergie de la turbine.
- Ces premières roues tra-A'aillent donc moins favorablement que les dernières qui donnent satisfaction à tous les points de vue.
- Nous voyons donc que pour réunir les avantages des turbines de Laval et Parsons en supprimant leurs inconvénients, il suffisait :
- i° D’abaisser le nombre de tours de la turbine de Laval, et pour cela diminuer la vitesse du fluide moLeur, c’est-à-dire diminuer le rapport de détente de la vapeur utilisée par de Laval ;
- a" Suppi'imerla première partie des roues Parsons, tout en conservant la par-
- Vue de la turbine.
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- lie à basse pression. C’est ce qui a été réalisé dans la turbine Barbezat.
- Dans cette turbine représentée en coupe (fig. i), et en vue (fig. ?.), la vapeur se détend en une seule fois d e sa pression et de sa température d’admission, soit ia atmosphères et 3oo° C à 5 atmosphères et 190° G et même 3 atmosphères et 160° C dans une couronne de tuyères convergentes-divergentes appropriées. La force vive de la vapeur actualisée par cette détente est recueillie ainsi que le montre la figure 1 par une seule roue de Laval à injection partielle.
- Entre 5 ou 3 atmosphères et le vide du condenseur, la détente de la vapeur s’achève dans les différents étages d’un tambour à réaction dont l’importance par rapport au tambour classique de Parsons se trouvera de beaucoup diminuée. Ce tambour ne compte
- en effet plus qu’une vingtaine d’étages et sa longueur est à peu près le tiers de celle du tambour Parsons.
- La détente préalable dans les tuyères de Laval, en abaissant non seulement la pression, mais encore la température du fluide baignant le rotor permet de réduire les jeux nécessaires, surtout à cause des différences de dilatations, entre le carter et la partie tournante. Les dilatations du carter par rapport au socle diminuent d’importance. Les joints du carter lui-même seront plus facilement étanches et ses parois pourront être dé plus faible épaisseur. Enfin le travail de frottement de la partie tournante dans un milieu moins dense sera diminué et les bourrages supportant une pression relativement faible présenteront peu de fuites de vapeur et peu d’usure.
- (A suivre.)
- P. Andrk,
- Ingénieur aux Ateliers de Construction Bollinckx.
- MACHINES-OUTILS COMMANDÉES ÉLECTRIQUEMENT [Suite) (')
- Dans les machines à fraiser, la commande électrique est réalisée, d’une façon très simple, en plaçant un électromoteur sur le socle de la machine. Cette disposition, très rationnelle, est celle qui est le plus généralement adoptée. Nous donnerons, comme exemple de ces machines, celle de la Brown et Sharpe Mfg. C° Providence (fig. 29). On peut dire que c’est la maison Brown et Sharpe qui créa la fraiseuse universelle. Depuis i865, époque à laquelle elle fit breveter aux Etqts-Unis la première machine de ce genre, la maison américaine n’a cessé d’apporter des
- (') La Lumière Électrique des 8 mai, 19 et a6 juin, 7 et 'xi août 1909.
- perfectionnements à cette classe de machines-outils; aussi est-elle parvenue aujourd’hui à la. création de types propres à donner satisfaction aux plus larges exigences.
- Toules les fraiseuses Brown et Sharpe sont susceptibles d’être entraînées électriquement. Ces machines se divisent en fraiseuses universelles, semi-universelles et verticales. Les deux premières catégories se subdivisent à leur tour en fraiseuses à cône et en fraiseuses à poulie unique. Dans les fraiseuses semi-universelles la table ne peut se mouvoir, abstraction faite du mouvement vertical de la console, que dans le sens de ses axes principaux. Dans les fraiseuses universelles, au contraire, la table
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- est pivotante pour permettre le fraisage en hélice. Dans les machines à poulie unique, comme celle que représente notre gravure, le mécanisme d’entraînement s’installe d’une façon fort simple; la poulie de commando est remplacée par une roue déniée que l’on relie au pignon du moteur par une chaîne logée dans un carter. Un rhéostat, disposé généralement à la partie supérieure de la
- portant alors un moteur de la General Electric C° à alimentation par courant continu ou alternatif de 220 volts. Dans les fraiseuses universelles la puissance du moteur varie, suivant le type, de 2 à y chevaux et demi, dans les fraiseuses semi-universelles de 2 à 10 chevaux, et dans les fraiseuses verticales de 2 à a chevaux. La vitesse recommandée pour les mol ours est de 1 100 tours par mi-
- Fig. ->!).
- machine et dont on aperçoit la face arrière sur la figure, complète l’installation. Les machines Brown et Sharpe destinées à la commande électrique sont livrées, en général, avec console d’assise du moteur, roue et pignon dentés, chaîne et carter ou même avec l’équipement électrique complet com-
- nute sauf dans les moteurs d’une force supérieure à :* chevaux pour lesquels cette vitesse est moindre. Un dispositif commode de ces machines consiste en un embrayage à friction commandé par un levier à course très réduite que l’on distingue sur la figure à droite de la plaque portant le nom du con-
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- structeur. A l’aide de ce levier on peut instantanément suspendre le travail sans arrêter le moteur.
- Les changements de vitesse de la broche sont obtenus à l’aide d’un jeu de leviers et d’index accompagnant un tableau disposé à peu près à la hauteur de la poulie de commande. Les avances de la table sont réglées par une boîte de changements d’avances indépendante dont le mécanisme est relié par une chaîne à l’arbre de la poulie princi-
- rient en progression géométrique. Dans les machines de moyenne dimension, la broche possède 16 vitesses à droite et 8 A’itesses à gauche, les vitesses limites pouvant aller, à droite, de i3 à 439 tours et, à gauche, de 17 à 3o5 tours par minute, Dans les grosses machines on possède 16 vitesses dans les deux sens avec des vitesses limites allant de i5 à 35o tours dans les deux sens également.
- Les constructeurs de cette fraiseuse préconisent l’entrainement par moteur à vitesse
- Fig. 3o.
- pale. Comme cet arbre tourne à vitesse constante, les avances sont fonction de cette vitesse invariable et par conséquent indépendantes des vitesses de la broche. Cette disposition permet ainsi d’obtenir, pour toute vitesse de la broche, l’une quelconque des vitesses de la machine et par suite de faibles avances par minute pour de grandes vitesses de la fraise. Les vitesses de rotation de la broche comme les avances de la table va-
- constante et font valoir, à cet effet, que le grand nombre de vitesses que l’on peut obtenir mécaniquement ainsi que les limites éloignées entre lesquelles varient ces vitesses répondent amplement à tous les besoins de la pratique et rendent superflu l’emploi d’un moteur à vitesse variable dont le rendement est plus ou moins fixe et qui est, en général, plus lourd et plus coûteux qu’un moteur à vitesse constante. Les machines dont il s’agit
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- sont essentiellement adaptées à la commande électrique par moteur à vitesse constante, celle-ci pouvant être effectuée facilement pour tout voltage imposé, alors que, dans les memes conditions de voltage, le problème de la commande par moteur à vitesse variable n’est pas toujours aussi simple.
- L’entrainement électrique a trouvé un emploi fréquent dans certaines machines spéciales dérivant des fraiseuses et qui peuvent
- Fig. 31.
- servir indifféremment à l’alésage, au perçage et au fraisage. Nous avons déjà eu occasion de décrire une machine de celte catégorie à propos des machines à percer transportables. Voici maintenant une machine fixe de cette espèce comportant, suivant une disposition connue, une tète porte-broche se déplaçant sur un fort montant placé à une des extrémités d’un banc le long duquel glisse la table recevant la pièce à travailler. A l’autre extré-
- mité du banc se trouve un support mobile portant une lunette dans laquelle peut entrer l’arbre porte-outil pour éviter le porte-à-faux. La ligure 3o représente une machine de la Fosdick Machine Tool C°, à Cincinnati. Ces machines se font en deux types : le type à cène et le type à poulie unique, 'fous deux sont susceptibles d’être commandés électriquement par un moteur placé à l’arrière de la machine au pied du montant guidant la tête porte-broche. Dans le type à cône le moteur agit directement par engrenages droits sur l’arbre principal. C’est un moteur de 5 chevaux, à vitesses variables dans le rapport de i à 3 et allant de ooo à i 5oo tours par minute. Le type monopoulie, dont la figure est un exemple, comporte une boite de changement de vitesses et l’on- peut faire alors usage d’un moteur à vitesse constante attaquant la boite de changement de vitesse. La vitesse recommandée, dans ce cas, pour le moteur est de i 060 révolutions par minute. La broche possède 8 vitesses différentes variant de ia,5 à i5,5 tours par minute; les avances comportent également 8 variations allant de o, i y à 6",n,,3 par révolution de la broche. Le poids de la machine est de 3 5ookï environ.
- La figure 3i montre l’application de la commande électrique à une machine Brown et Sharpe à tailler les engrenages droits. Le moteur est placé contre le socle de la machine au bas de celle-ci, de façon à réduire l’encombrement et à écarter tout danger de vibrations dans les points d’attaque de la fraise mobile sur le banc. Le moteur entraîne une poulie unique par une chaîne et l'équipement est complété par un rhéostat disposé à la partie supérieure du montant sur lequel glisse le chariot porte-pièce. Les moteurs employés ici sont généralement encore, comme dans les fraiseuses des memes con-
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- structeurs, des moteurs à vitesse constante de la General Electric G0; leur puissance varie suivant le type de la machine de 3 chevaux un quart à 7 chevaux et demi, et leur vitesse est de 1 100 tours, sauf dans les moteurs d’une force supérieure à 5 chevaux où l’allure est plus modérée. Les vitesses et les avances de la fraise varient suivant les progressions géométriques et sont obtenues à l’aide d’engrenages de rechange ; le mécanisme, placé dans une boîte en bout de la machine,est d’un accès facile pour son inspection et le changement des engrenages.
- de 13 à i5y tours par minute et une échelle de 12 avances variant entre 12 et 3o5mm.
- La Brown et Sharpe G0 construit également des machines à tailler les roues droites et les roues coniques s’adressant principalement à la taille des petits engrenages. Ges outils possèdent des boites à engrenages analogues aux mécanismes ordinaires de changement de vitesse permettant, par la manœuvre de boutons déplacables sur un tableau fixé à la machine, d’obtenir immédiatement la vitesse demandée. Les avances prises, comme dans la fraiseuse décrite pré-
- Fig.
- Chaque type d’outil est fabriqué en deux grandeurs, dites machine régulière et machine spéciale, différant seulement par la hauteur du montant recevant le chariot porte-pièce. La machine spéciale peut ainsi tailler des roues d’un diamètre maximum plus grand que la machine régulière. Le diamètre des rouçs d’engrenage, admises dans ces outils, peut aller jusqu’à im, 83o ; la distance .minima d’axe en axe, de la fraise à la pièce, varie suivant le type de machine, de 35 à 76111111. La fraise possède, en général, 6 vitesses allant
- cédennnent, sur l’axe de la poulie unique de la machine sont indépendantes de la vitesse de la fraise. La puissance des moteurs employés ici varie de 3/4 à 2 chevaux et leur vitesse de 1 100 à 1 470 tours par minute.
- Dans la catégorie des • machines à tailler les engrenages nous mentionnerons encore les machines à tailler les roues droites, hélicoïdales et les roues à vis sans fin que construit la Société suisse pour- la construction des machines-outils d'Oerlikon (fîg. 32). Ce sont de gros outils pouvant admettre des
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- roues de 4 mètres de diamètre et commandées par un moteur électrique logé à l'intérieur du bâti. Le moteur communique son effort par le moyen de courroies à des cônes de transmission à cinq étages. Grâce à un diviseur la machine peut effectuer le taillage des roues dent par dent et utiliser par suite des fraises de profil. Les avances
- avec verniers. Un support à roulette sur lequel tourne la jante des roues à tailler permet d’annuler la poussée de la fraise et de supprimer ainsi les vibrations qui se produisent dans le cas où les roues à travailler sont de grand diamètre. La longueur maxima de denture que l’on peut obtenir est de 5oomm. La commaudc.de la fraise par l’axe de la
- Fig. 33.
- de descente du porte-lraise pour les roues droites et hélicoïdales et d’enfoncement du plateau porte-pièce pour les roues à vis saus fin sont automatiques sur une gamme très étendue. Tous les mouvements d’oscillation du porte-outil et de sa glissière ainsi que les mouvements d’avance portent des divisions
- machine permet au porte-outil de tourner de 36o° et d’utiliser cette propriété pour le fraisage circulaire des jantes des roues de grand diamètre.
- Les machines dont il s’agit comptent certainement parmi les plus parfaites et les plus productives de leur espèce. Pour donne)1
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- une idée de leur rendement nous dirons cju’elles permettent de tailler une roue à vis sans fin en bronze de 4^ dents au pas de dp’""' en t heures un quart. Avec le taillage dent par dent, une roue de aq dents au pas de ()3,ni"et de 420”"" de longueur de denture )çe qui donne 49^"”" de course au porte outil) peut être taillée, y compris le temps nécessaire à. remonter le porte-outil et faire la division, en 39 heures. Enfin le travail d’une
- qu’à présent, telles que les machines à tronçonner, à tarauder, à cintrer, à rectifier, à affûter, à meuler ou à polir' et les presses.
- Voici d’abord une machine à tronçonner « Pratt et Whitnèy » (fig. 33) dans laquelle, suivant une disposition que nous avons déjà rencontrée dans les machines américaines, le moteur est placé à la partie supérieure de la machine, à cheval sur la broche. Il attaque directement la poulie de commande du cône
- roue en fonte de ioo,,im de largeur comprenant 5o dents au pas de en""" ne demande pas plus de 1 heure no minutes.
- Pour terminer notre énumération des machines-outils entraînées par éleetromoleur, nous montrerons maintenant la commande électrique appliquée à des machines diverses, ne se rangeant que plus ou moins distinctement dans les grandes classes de machines-que nous avons passées eu revue jus-
- inférieur par une courroie. Ces machines, qui se construisent en trois grandeurs, comportent d’ordinaire des moteurs Westinghouse de a à 3 chevaux tournant à 97a tours.
- La broche reçoit un mouvement de rotation accéléré pendant que l’outil marche vers le centre de la barre à tronçonner, de telle sorte que la vitesse circonférentielle de coupe reste constante. Cette disposition permet de
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- réaliser,sur les machines à vitesse constante, une économie de temps très importante. Une barre d’acier de 76'1"" de diamètre tronçonnée en j minutes en vitesse uniforme l’est en >. minutes et demie en vitesse accélérée. Ces machines possèdent l’avance mécanique de l’outil avec débrayage automatique, un buttoir réglable pour les longueurs à tronçonner, une pompe et sa tuyauterie* pour la lubrification des outils et un réservoir collecteur d’huile. Elles possèdent également un porte-outil pei'fectionné à l’aide duquel l’outil (une lame mince évi-dée) est solidement serré ou desserré avec une grande rapidité en même temps qu’il est supporté sous la coupe d’une façon telle que les chances d’accident sont éliminées. Les diamètres des barres admises, variables suivant la grandeur de la machine, vont de 10 à 1 i4nim.
- La machine à fileter de la National Machine ry G0, à Tiffin, O. (fig. 34) présente, en ce qui concerne la commande électrique, des dispositions analogues à celles de la précédente machine à tronçonner. Ces machines qui, pour l’entraînement à courroie ordinaire, comportent un cône à quatre étages pour le changement de vitesses sont modifiées pour la commande électrique, et possèdent, dans ce cas, une poupée avec boîte d’engrenages. Celle-ci est d’une grande simplicité et permet d’obtenir 4
- ou 6 vitesses différentes. Les machines à fileter « National» sont fabriquées en dix grandeurs. On les entraîne habituellement par des moteurs à vitesse constante ou à vitesse variable dans le rapport de 1 à 1,4. La puissance des moteurs varie suivant la grandeur de l’outil de 1 à ; chevaux; leur vitesse est de 800 à 1000 tours par minute1. Les vitesses minimu cL maximu de la lilière sont respectivement de 4^ et 160 révolutions dans les petites machines eide 5 et a3 révolutions dans les grosses. Le diamètre maximum de filetage varie de 18 à i5smni; les longueurs maximu filetées sans reprises sont comprises entre 200 et 1 oi5n,m. Ces machines peuvent être exécutées à deux ou trois broches avec ou sans commande électrique. De construction semblable à celle de la figure elles sont entraînées parmi moteur unique pour obtenir la commande simultanée des broches. Ces outils se font à deux broches en six grandeurs et à trois broches en trois grandeurs. Les moteurs employés sont les mêmes que ceux que nous venons de mentionner. Il est à remarquer que le couvercle plat de la poupée permet d’installer un moteur d’encombrement quelconque en interposant, si cela est nécessaire, une plaque ou plate-forme rapportée assez, grande pour permettre la fixation du moteur.
- (A suivre.)
- A. COMET.
- ESSAIS DE COMMUNICATIONS AVEC UN NOUVEAU MICROPHONE
- POUR LONGUES DISTANCES
- Après de longues recherches nous avons réussi à construire un microphone qui surpasse en force tous les microphones employés jusqu’ici. Il peut soutenir un courant fort sans aucun changement. Pour des raisons de brevets, nous ne pouvons pas encore publier une description de la construction de
- l’appareil. Cependant nous pouvons dire qu’il est alimenté par un courant d’environ 1 ampère. Ce courant peut être pris, soit sur un réseau d’éclairage électrique, soit, sur une batterie d’accumulateurs, soit sur une batterie de piles (Leclanché ou piles sèches). Pendant ces six derniers mois nous avons
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N»47.
- essayé et mesuré notre microphone pour en déterminer la force comparée à celle des microphones ordinaires employés jusqu’ici. En outre, plusieurs épreuves oflicielles ont été faites pour constater la valeur pratique du microphone pour de longues distances. Nous donnons ci-après la spécification d’une série de ces mesures.
- ÉPREUVES DANS LE LARORATOIRE
- a) Mesure de Vénergie du courant produit par le microphone.
- Une résistance de 1000 ohms sans induction et sans capacité a été accouplée comme ligne aux appareils à essayer, afin de mesurer la force du courant alternatif produit par le microphone, un son de hauteur moyenne affectant la membrane. Ce son était produit à l’aide d’une sirène placée au centre de la chambre. L’intensité du courant alternatif était mesurée par un vacuum-thermocell, calibré exactement avec un courant continu.
- Le nombre de watts correspondant au nom-lire de vibrations de l’air produites par le microphone avait, pour quelques-uns des meilleurs microphones ordinaires actuellement employés et pour notre microphone, les valeurs suivantes :
- Tableau I
- INTENSITÉ TENSION ÉNERGIE
- DU COURANT ALTERNATIF
- MICROPHONE — '
- ampères volt.s watts
- Microphone n° 1. .. . 5,5 IO-3 5,5 o,o3
- Microphone n° 2. . .. oc 0 1 io <3,3 0,07
- Notre microphone.. 33,0 io~;l 33,o ^09
- b) Épreuves faites sur un câble artificiel.
- Un câble artificiel consistant en une résistance et un condensateur mis en communication suivant le diagramme figure i était
- employé pour des épreuves comparatives des différents microphones, épreuves dans lesquelles la distance était augmentée jusqu’à ce que la limite pour la possibilité d’une conversation fût atteinte, pour les différents appareils.
- Fig. i.
- On constatait que la limite, pour le microphone des Télégraphes suédois, pour le microphone des Postes allemandes et pour le Berliner transmetteur était un peu inférieure ou tout près de i ooo ohms et 20 microfarads accouplés au réseau, tandis que le nouveau microphone était encore parfaitement distinct à 1 âoo ohms et 3o microfarads.
- En calculant le coefficient d’amortissement du son correspondant aux distances ci-dessus mentionnées suivant la formule :
- t Ao G R
- j3 = y —-— : «a = 2TI/1
- la valeur moyenne de n étant 800, le résultat sera : pour 1 000 ohms et 20 mf. (3 = 7
- pour 1 5oo » » 3o » (3 — 11
- Ces valeurs sont vraies seulement pour les câbles. Pour les fils aériens il n’est pas possible d’obtenir d’aussi hautes valeurs pour les coefficients d’amortissement, ainsi qu’il résulte des essais suivants.
- ESSAIS FAITS EN SUEDE SUR LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES ACCOUPLÉES AUTOUR DU PAYS
- Ces essais ont été faits, par ordre de l’Administration des Télégraphes, par M. IL Pleyel, chef du Laboratoire d’essais des matériaux télégraphiques.
- Nous récapitulons quelques résultats.
- a) Lignes de cuivre 4mm,S accouplées comme suit :
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- Tableau II
- CIRCUIT MATIÈRE DU FIL DISTANCE
- Stockholm-Gothenbourg. 4,r> Gu 46ok m
- Gothenbourg-Sundsvall. . » » 836 »
- Sundsvall-Stockholm .... » )> 38 [ »
- Stockholm-Helsingborg. . n yy 6a 5 ))
- Helsingborg-Maltno 3,o )) 68 >)
- Malmô-Stockholm 4,5 » 619 )>
- Distance totale 3189 »
- dont 3113km fil de cuivre 4 fimm
- 68 » .3 Omra
- 8 » câble de papier.
- Le coefficient d’amortissement total est, pour ce circuit, à un nombre moyen de vibration de 8oo par seconde :
- (3 = 6,o;5
- Notre microphone était installé en un point de Stockholm (et accouplé en ce point à la ligne d’un abonné). Le son était reçu à un autre appareil d’un abonné à Stockholm (le Laboratoire d’essai des matériaux télégraphiques). A l’aide d’un commutateur, on pouvait coupler sur la ligne, soit un téléphone de l’Etat, soit notre nouvel appareil. En parlant alternativement, dans les deux appareils avec la même force, on a pu constater que le son de notre microphone était reçu distinctement pendant qu’on ne pouvait rien entendre de l’appareil de l’Etat dans un récepteur situé à l’autre bout.
- b) Fils de cuivre de 4mm,5 et de 3mm. Tableau III
- CIRCUIT MATIÈRE DISTANCE
- Stockholm-Luleâ 4,5 Gu ta44km
- Luleâ-Sundsvall 3,o » 867 »
- Sundsvall-Gothenbourg.. 4, 5 » 836 »
- Gothenbourg-Stockliolm. 3,o » 460 »
- Distance totale dont •jto77km fil de cuivre de 4,5,um 13»4 » . 3,o‘““ 6 » câble de papier. 3407 »
- Le coefficient d’amortissement total pour ce circuit était
- \ii — 8oo) (3— 8,o.
- Ces essais étaient faits de la même manière que ceux de la série a et le son du microphone à haut courant était distinct, tandis que rien ne pouvait être entendu avec l'autre appareil.
- c) Fils de cuivre de 3mra.
- Tableau IV
- CIRCUIT MATIERE DISTANCE
- Stockholm-Sundsvall.. . . 3,o Cu 58 Lkm
- Sundsvall-Gothenbourg . » » 771 »
- Gothenbourg-Malmo .... )) )) 387 »»
- Malmü-Stockholm » )> 460 »
- Distance totale dont au)3km fil de cuivre de 3,omm ’>. T < )() »
- 6 » câble de papier.
- Le coefficient d’amortissement était (//. — 8oo) : (3 = 7,3.
- Le son de notre microphone était intelligible, tandis qu’aucun son n’était reçu avec le microphone de l’Etat.
- d) Fils de fer de 3rmu,o.
- Tableau V
- CIRCUIT MATIÈRE DISTANCE
- Stockholm-Stidertelje .. . 3,o Fe 38km
- Sôdertelje-Stockholm . . . y> » 38 »
- Stockholm-Sala » » 131 »
- Salo-Enkoping- » » 5 7 »
- Enkôping-Stockholm . . . B )) 75 »
- Distance totale dont 3aokm fil de fer de 3“m 20 » câble de papier. 340 »
- Le coefficient d’amortissement total était (n — 8oo) : (3 =6,3.
- Le son de notre microphone était reçu distinctement et parfaitement intelligible,
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- tandis que rien ne pouvait être entendu avec l’appareil de l’État.
- De tous ces essais d’accouplement, il résulte que notre microphone rend possible la communication téléphonique sur les lignes ayant un coefficient d’amortissement total de 8,o {il = 8oo).
- La communication téléphonique commerciale apparaissait comme possible sur un circuit ayant un coefficient d’amortissement de 6 à 7.
- En outre, il résulte des essais que la limite pour la téléphonie commerciale au moyen du modèle de microphones des Télégraphes et, en général, du type ordinaire employé de nos jours, était atteinte pour un coefficient dlamortissement de 3 à 4, ce qui, d’ailleurs, était généralement admis •jusqu’ici#'
- A l’aide du tableau VI on peut déduire de ces coefficients d’amortissement, les distances auxquelles la téléphonie commerciale sera possible sur des lignes de matières dif-
- férentes et en employant, soit les appareils ordinaires, soit notre appareil.
- Tableau VI
- APPAREIL ORDINAIRE NOTRE APPAREIL
- COEFFICIENT D'AMORTISSEMENT
- MATIÈRE —.
- G n J
- Cuivre 3,o0,“ 1oookm ï()OOkm 'z5ootm
- » /|, 5 » I(){)() » >800 » '|/|00 »
- Fer 1,° M aoo )> loo » 5oo »
- » /|, 0 » 'loo » Goo » 7OO ))
- 11 faut observer que la force des sons doit être augmentée beaucoup plus que le coefficient d’amortissement ciuand la distance de-
- i
- vient plus grande. En supposant, par exemple, que l’intensité du courant pour un coefficient d’amortissement de 4, soit «, la force du courant pour un coefficient de 7 sera 20 a pour obtenir une communication aussi distincte.
- (A suivre.)
- G. Egneh et J. Gunnau Holmstrüm.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Mesure delà insistance d’isolement d'une ligne à trois fils sous tension. — G. Kapp et D. Coales. —Journal of lhe Institution of Electrical Engineers, juin 1909.
- La méthode exposée ci-dessous permet de mesurer l’isolement de chacun des trois fils séparément. Avant d’exposer le détail de ces méthodes, les auteurs en indiquent deux qui permettent de mesurer la résistance d’isolement totale sans qu’il soit nécessaire de couper la mise à la terre du fil neutre.
- Première méthode. — Soit a h une résistance parcourue par un contact glissant (fig. 1). Les extrémités a et h sont reliées aux lils extrêmes 1 et ). et le contact glissant relié à la terre par un ampèremètre A. Le fil du milieu est relié à la terre par
- un voltmètre V de résistance p. R représente la mise à la terre ordinaire avec son ampèremètre A0.
- On règle la position du contact glissant jusqu’à ce que l’ampèremètre A marque zéro. On note alors la lecture du voltmètre : soit e.
- Puis on règle une seconde fois le contact glissant jusqu’à ce que la lecture du voltmètre soit zéro et 011 note alors l’intensité i lue sur A.
- La résistance du défaut de la ligne est alors :
- Deuxième méthode. — Le fil médian est relié, en outre de sa connexion ordinaire à la terre, avec une résistance graduée à contact glissant, qui est elle-même reliée à la terre à travers un ampèremètre A
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- (fig.a). On peut employer par exemple pour A un milliampèremètre Siemens de 1 ohm de résistance.
- Pour faire la mesure on règle le contact de façon que l’aiguille de l'ampèremètre arrive presque jusqu’au milieu de la graduation ; on note la résistance
- correspondante mise ainsi en circuit entre le contact et le fil médian : soit p cette résistance et i le courant. On déplace le contact jusqu’à ce que le courant soit exactement double. Soit p, la nouvelle valeur de la résistance, en circuit. Il est facile de voir que l’on aura :
- /’= P 2 Pi —
- /étant la résistance de l'ampèremètre.
- Troisième méthode, (méthode analytique). — Ayant exposé ces deux résultats, les auteurs introduisent alors dans la mesure un nouvel élément qui est la différence de potentiel entre les deux ponts du système.
- Les règlements permettent une certaine tolérance pour la tension à fournir au consommateur : soit l\ % par exemple. Dès lors, si la tension nominale à fournir est de a5o volts, sur chaque pont, on pourra s’arranger de manière que la tension soit 2/(o
- volts côté positif, et 260 côté négatif, puis inverser la différence de manière que l’on ait 260 volts positifs et a'jo négatifs.
- Si l’on appelle E,, E2 les différences de potentiel entre le fil médian et chacun des deux autres, et a le potentiel du fil médian par rapport à la terre, on voit que Ton aura produit ainsi une variation de 20 volts sur les valeurs de E, et E2 et aussi une certaine variation sur la valeur de e. Cela permet de mesurer séparément l’isolement de chacun des trois fils.
- En effet, soit le montage indiqué par la figure ?> : les fils extrêmes sont connectés en 1 et 2, le fil neutre en O. Le voltmètre V est muni d’un interrupteur, et l’ampèremètre A, analogue à celui de la deuxième méthode décrite plus haut, à une résistance 0 en série invariable pendant la mesure.
- Fig. 3.
- La tension E entre fils extrêmes reste constante, mais E* et E2 varient, de sorte que :
- E, = Et + E3 = E\ + E'a E\ — lî, = K, — E',.
- Si l’on désigne par Iv la valeur combinée des trois isolements et de l’ampèremètre avec sa résistance en série, par r0, les conductivités partielles
- dont la somme c — c\ -f- c*2 -|- 6*0 est connue par une mesure faite selon la deuxième méthode (voir plus haut), on aies équations suivantes :
- E(6*i — E.>ca + = o (1)
- EV*i — E'c, r2 -|- e'K ™ o (2)
- 1 E', — E jri -f- (1^2— E'Jc’a -|- [e'—c)K =0 ( ->)
- D’où immédiatement :
- = c — K
- e — e
- E\ — E,
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- T. VIII (2® Série). — N® 47.
- Puis, tirant 6*2 de l’équation (3) et portant la valeur trouvée dans (i), on en tire cK — ou inversement, ce qui résout le problème.
- M. M.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Méthode pour étudier les pertes dans le fer d’un transformateur. — W. Chubb. — TheElec-tviciariy 5 novembre 1909 (*).
- En raison des variations que subissent les pertes dans le fer selon la pureté de la forme d’onde, il est désirable que Ton puisse rapporter ces pertes à une forme d’onde bien déterminée, de môme qu’à une fréquence et une tension bien définies. Le but de la méthode ici décrite, est de faire connaître la valeur des pertes dans le fer correspondant à une sinusoïde pure, meme lorsque dans l'essai l'onde est très irrégulière, et cela sans le secours d’aucun oscillographe, côntacteur, commutateur synchz’one, etc, et meme sans connaître très exactement la forme d’onde et la fréquence réelles du circuit.
- Les pertes dans le fer comprennent les pertes par courantsde Foucault elles pertes par hystérésis, qui sont à peu près dans une proportion constante pour des transformateurs de môme fréquence. Si l’on emploie un voltmètre à courant alternatif ordinaire pour régler le voltage pendant l’essai, et si la sinusoïde de la tension n’est pas pure, le résultat obtenu pour lespertesdansle fer seraplus bas ou plus haut que celui qui correspondrait à la sinusoïde pure, suivant que le facteur de forme de la tension sera respectivement supérieur ou inférieur à 1,11.
- L’auteur propose alors l’emploi d’un appareil transportable, à lecture directe, dit «voltmètre pour pertes dans le fer ». Cet instrument indique la valeur efficace d’une sinusoïde pure qui produirait dans un transformateur donne les memes pertes dans le fer que produit dans ce même transformateur la tension réelle sous laquelle il fonctionne.
- Ce voltmètre consiste essentiellement en un anneau d’acier feuilleté G, bobiné extérieurement, et en un wattmètre approprié. Une bobine S est montée en série sur l’enroulement W qui est connecté aux bornes PP. Le circuit dérivation comprend la bobine mobile M, la résistance ohmique R et l’enroulement de compensation GG (fig. 1).
- La déviation du wattmètre sera, dès lors, duc à
- (•<) D’après une communication à VAmerican Tnstiluie of Electrical Engineers.
- l’énergie totale absorbée par ce circuit, laquelle comprend les pertes dans le cuivre, et les pertes par hystérésis et par courants de Foucault dans l’anneau.
- Avant d’étalonner l’instrument pour une fréquence donnée, on règle le rapport des pertes par courants
- •vt yc
- de Foucault dans l’anneau, augmentées des pertes dans le cuivre du circuit dérivation, à la perte totale, en agissant sur la résistance R et sur le nombre de spires de W. On s’arrange pour que ce rapport soit d'environ 20 % vers les 6 dixièmes de la graduation totale. Ce réglage fait, l’appareil est étalonné à l’aide d’un voltmètre à courant alternatif et un circuit à tension sinusoïdale, de fréquence convenable, produite par un petit alternateur à induit lisse.
- On peut ainsi obtenir toute la précision nécessaire dans les mesures commerciales, mais, si l’on veut une précision absolue, il est facile d’éliminer les petites causes d erreur dues aux variations du rapport des perles composantes en employant le montage de la figure 2.
- Fig. 3. — Vj, voltmètre pour pertes dans le fer, V2, voltmètre donnant les valeurs efficaces.
- Gomme on le voit, une inductance L est montée en série, et une soupape électrolytique G la relie au wattmètre.
- L’inductance produit une pointe dans la forme d’onde et la soupape électrolytique, qui fonctionne au-dessus de son voltage critique court-circuite cette pointe jusqu’à ce qu’on ait atteint le facteur de forme 1,11.
- Quand les lectures aux deux voltmètres \x et V2
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- 20 Novembre 1909. * REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ~ ~ " ~ ““ ’ .~ r
- sont concordantes, ce facteur est atteint et Ton fait alors la lecture des pertes dans le fer.
- C. M.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Dispositif de commande pour ascenseur électrique. — Engineering, 27 août 1909.
- La construction de ce dispositif est faite d’une manière toute particulière en vue d’assurer une plus grande sécurité dans l’exploitation. Le contrôleur lui-même est bâti en charpente métallique sans marbre ni plaque d’ardoise et l’ensemble est supporté par une charpente métallique, isolée à la mi-canite, si besoin en est. Ce mode de construction empêche toute possibilité d’avarie du contrôleur par suite cle la rupture d’une plaque isolante. En même temps, il laisse la faculté de faire commander tout l’ensemble par un mécanicien ayant sous les yeux toutes les connections. Il dispense de reporter les bornes et les croisements de fils en arrière du contrôleur, où elles ne sont accessibles au mécanicien qu’après que celui-ci a traversé une région incommode, et assez souvent dangereuse.
- Sans doute, le dispositif à plaques de marbre ou d’ardoise a rendu de grands services dans le passé, mais on a une tendance à le supprimer et à le remplacer par un mode de construction purement métallique, avec des isolants de bonne qualité placés uniquement aux endroits où ils sont utiles.
- Dans l’appareil actuel, les solénoïdes et autres appareils accessoires sont montés à part dans une chambre en cornières, munie de portes aux endroits convenables. Cette chambre constitue un dispositif de sécurité contre les accidents (maniement des appareils par des gens inexpérimentés, etc.). En même temps, elle s’oppose à l’introduction des poussières.
- C. M.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Le rendement des électrodes des fours électriques- — C. Hering. — ElccArochemical and Metal-lurgical Industry, novembre 1909.
- Cet article donne quelques éclaircissements sur les « lois des pertes aux électrodes», que nous avons
- reproduites (*) et notamment sur le voltage minimum aux électrodes.
- L’élément essentiel qui détermine le rendement d’une électrode est la perte de tension entre son extrémité chaude et son extrémité froide. Or, l’auteur a montré que, pour une électrode de substance donnée, il existe une chute minima de tension au-dessous de laquelle il n’est pas possible de descendre sans augmenter les pertes totales. Ce curieux phénomène montre combien l’électrode est différente, à ce point de vue, d’un conducteur ordinaire, pour lequel on peut réduire la perte autant qu’on le désire, en augmentant sa section et diminuant sa longueur.
- Cette différence provient de ce qu’il y a pour l’électrode une autre cause de perles, à savoir la conduction de chaleur de l’intérieur vers l’extérieur du four.
- L’auteur a proposé d’appeler cette chute de voltage minima « voltage de l’électrode »; c’est une propriété physique caractéristique de chaque substance, au même titre que la densité, la conductivité, etc.
- Plus le voilage d’électrode est bas, plus le rendement correspondant est élevé.
- Cette quantité est indépendante de la longueur, de la section, et du courant.
- Elle dépend au contraire de la chute de température dans l’électrode et croît comme sa racine carrée.
- Pour une chute de température de i°, sa valeur en volts est donnée par :
- e = A \/ r K
- K étant la conductivité thermique ;
- /•, la résistivité électrique;
- A, une constante qui dépend des unités choisies :
- Par exemple, pour le graphite, dont la résistivité est r — 0,000af>(), et K = 0,2.4 par pouce cubique (les unités étant l'ohm, la petite calorie, le degré centigrade) on trouve : A =2,894 et :
- c — 2,894 y/o,00026b X 0,24 = 0,0231 volts.
- Si alors la chute de température dans l’électrode est de 1 boo°C., dont la racine carrée est4<>, la chute de tension sera :
- 40 X 0,0231 = 0,92 volts
- pour toute électrode en graphite de bonne proportion, quels que soient sa taille et le courant normal.
- De même, un four de 5o volts avec électrodes en
- (A) Lumière Electrique, i3 novembre 1909, p. 211.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE' T. VIII (2e Série), r— N* 47.
- graphite a un rendement d’électrodes de 96,3 % , quelles que soient ses dimensions, pourvu qu’il soit bien conçu.
- Il est intéressant de remarquer que celte perte minima aux électrodes est très faible (o,oa3i volt pour le graphite cl 0,022/1 pour le charbon, par degré centigrade.)
- L’auteur termine en donnant la formule pratique suivante qui résulte immédiatement des considérations ci-dessus, pour exprimer le rendement des électrodes pour un voltage total E donné du four électrique :
- E — 2 e
- W~'
- e étant la chute constante dans chaque électrode.
- E. M.
- La limite pratique de la longueur des électrodes. — A. Hansen. — Electrochemical and Metal-lurgical Industry, novembre 1909.
- On se rappelle que M. Hansen, dans un article reproduit ici même ('), assignait pourles électrodes une longueur pratique maxima de /|0 pouces (1 mètre).
- Il résulte d’une lettre récemment écrite par le même auteur qu’une grande compagnie américaine se propose de pousser cette limite jusqu’à /|5 pouces (im, 12), et même 60 pouces (im,5o).
- E. M.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Les perturbations causées sur les circuits télégraphiques et téléphoniques par le voisinage des lignes à courants alternatifs. — B. Taylor. — Proccedings of the American Instituts af Electrical Engineers, octobre 1909.
- Comme on le sait, tout conducteur électrique parcouru par un courant est entouré d’un champ électrostatique et d’un champ électromagnétique, qui induisent des forces électromotrices et des courants dans les conducteurs voisins. Avec un circuit métallique idéal, les champs extérieurs sont réduits au minimum. De même, un circuit métallique idéal peut être placé dans un champ d’intensité quelconque sans éprouver de perturbations.
- (*) Lumière Electrique, 4 septembre 1909, p. 3io,
- En pratique, il est d’ailleurs impossible de réaliser ces conditions idéales, de sorte qu’il y a toujours des courants induits dans un conducteur placé dans le voisinage d’un autre, mais les perturbations ne sont sensibles qu’à partir du moment où les courants induits atteignent une certaine intensité.
- Les lignes téléphoniques ordinaires, en particulier, présentent à cet égard une certaine tolérance.
- Un accroissement des courants téléphoniques de trois à quatre fois leur valeur instantanée causera, sans aucun doute, une grande perturbation sur les autres fils du même système et exigera une modification complète de la construction. On peut en dire autant pour les systèmes télégraphiques.
- Théoriquement, il est possible de. faire fonctionner une ligne téléphonique équilibrée à proximité d’une ligne alternative. Gela n’est plus vrai dans le cas d’une ligne télégraphique puisqu’ici il n’existe plus aucun moyen d’équilibrer un circuit comportant le retour par la terre.
- Si donc il se produit une perturbation sur une ligne téléphonique, il est possible de s’en débarrasser. Au contraire, pour une ligne télégraphique il est indispensable, dans ce cas, de modifier les appareils ou la disposition du circuit.
- P. T.
- BREVETS (1)
- Appareils de mesures.
- 4o3 616, du 3 juin 1909. — Kennedy. —Compteur intégrateur d’électricité.
- /io3 964, du 12 juin 1909. — Société Siemens Sciiuckertwekke G. m. b. H. — Coussinet-support en forme de vis pour compteurs d’électricité.
- Machines.
- /,o3 333, du 2f» mai 1909. — Société Zuckerfabiiik Fiiankenthal. — Dispositif pour mettre en marche et pour mettre hors circuit des moteurs électriques.
- 4o3 420, du 2mai 1909. — Kki.len-Domian. — Magnéto à haute tension.
- 4o3 319, du 14 mai 1909. — Tiiiéiiaut. — Dispo-
- (*) Liste communiquée par M. Josse, 17, boulevard de la Madeleine, Paris.
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- 20 Novembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 245
- sitif nouveau d’enroulement et de connexion d’induit pour machine électrique multipolaire.
- 4o3 635, du 3 juin 1909. — Juston. — Magnéto d’allumage et d’éclairage.
- /i«3 773, du 2 octobre 1908. — Société Schneider et Cie. — Dispositif d’entretoisement de paquets de tôles dans les machines électriques à courant alternatif ou continu.
- 4o3 720, du 1er octobre 1908. — Société Bocuze et Cie. — Isolation des conducteurs électriques.
- 403 742, du 7 juin 1909. — Soulier. — Redresseur mécanique de courants alternatifs à mouvement vibratoire.
- 4«4 057, du i5 juin 1909. —Vax Daalen. — Système de moteur électrique et dynamo à décalage automatique du champ magnétique.
- 404 075, du i5 juin 1909. — Schui.ze. — Procédé et dispositif pour engendrer du courant continu en utilisant une petite dynamo ou un petit transformateur.
- 404 i83, du 29 avril 1909. — Von Ugrimoff. — Dispositif de refroidissement pour contacts électriques à frottement.
- 404 249, du 21 juin 1909. — Société Mea Faiirik Magnet-Elektrisciier appahate G. m. b. II. — Aimant à branches cylindriques pour magnétos.
- 4o4 4'3, du 26 mai 1909. — Newstetter. —Système automatique de génération d’électricilé.
- L.
- Arcs et lampes électriques.
- 4o4 i45, du 18 mai 1909. — Nec. — Procédé d’alimentation des lampes à bas voltage et autres appareils électriques à bas voltage sur un réseau à haut voltage.
- 4o3 750, du 7 juin 1909. :— Société Wolfham Lam-pen Aktien-gesellsciiaft et Goll. — Procédé pour la carbonisation de fils métalliques préparés à la presse avec emploi de liants organiques.
- 403 965, du 12 juin 1909. — Société Siemens Schuckert wehke G. m. b. II. — Lampe à arc électrique dont l’une des électrodes repose près de son extrémité brûlante sur un point d’appui.
- 404 101, du 10 octobre 1908. — Société Bagues Fuèiies. — Nouvelle disposition de lampes à incandescence.
- 404 4oi, du 27 mars 1909. — Jarurg junior. — Lampe à arc.
- 404 471 j du 26 juin 1909. — Klostermann. — Régulateur perfectionné pour lampes à arc.
- Transmission et distribution.
- 4<)3 643, du 4 juin 1909. — Servet. — Appareil réducteur de courants électriques.
- 4<»3 697, du 5 juin 1909. — Soulat. — Limileur de courants électriques.
- 4<>3 pi', du ii juin '909. — Sciiweiger. — Prise de courant suspendue, étanche et transportable.
- 40.4 004, du il juin 1909.— Stamatty.— Thermo-aulo-cominulateur électrique.
- 404 i35, du 17 juin 190p. — Compagnie de signaux électriques pour chemins de fer. — Système de réduction de la consommation d’énergie des relais électriques qui doivent être maintenus à l’état d’excitation.
- 404 282, du 22 juin 1909. — Société Siemens Schuckert wehke G. m. b. II. — Système de coupe-circuits à bouchons fusibles Edison composés d’une tête de maniement et d’une cartouche.
- 4<>4 3«,)8, du 25 juin 1909. — Arcioni. —Appareil destiné à éviter les dangers résultant des survoltages dans les réseaux de distribution.
- 4o4 431, du 18 juin 1909. — Compagnie générale d’électricité. — Disjoncteur à réenclenchement empêché.
- 4<)4 i33, du 18 juin 1909. — Société française
- DES PROCÉDÉS RoUTIN POUR LE COMPOUNDAGE ÉLECTRO-MÉCANIQUE DES GROUPES É LE CT R O G EN lî S.
- — Régulateur électrique.
- 404 .313, du 23 juin 1909. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-IIouston. — Nouveau contacteur.
- 4o3 234, du 22 mai 1909. — Société spécial Faiiiiik fur aluminium Spulen und Leitungen G. m. b. II. — Procédé pour la production de couches isolantes d’oxyde ou d’hydrôxyde surfils métalliques polis.
- Electrochimie et Electrométallurgie.
- 4o3 i3j, du 16 septembre 1908. — Girod. —Potence support d’électrodes pour fours électriques.
- 4o3 44 ), du 28 mai 1909. — Société anonyme pour l’exploitation des inventions d’Etienne Benko. — Electrode en charbon pour éléments galvaniques dans lesquels le liquide électrolytique ou le gaz dépolarisant ou leur mélange est dirigé; à travers les pores de l’électrode en charbon,
- 4o3 534, du 27 mai 1909. — Société anonyme des établissements Grauer et Cie. — Appareil destiné au dépôt électrique des métaux.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. VIII (2® Série). — N» 47.
- 4o3 538, du 25 septembre 1908. — Girod. — Four électrique à réchauffer.
- /|o3 647, du 29 septembre 1908. — Gihob. — Four électrique pour le réchauffage des métaux et autres corps.
- 403 921, du 11 juin 1909. — Guunwald. — Foyer de fusion pour fours électriques k induction.
- 404 062, du 8 octobre 1908. — Keller. — Dispositif de perçage électrique des trous de coulée des fours électriques.
- 404 332, du 23 juin 1909. — Société Schott et gen. verrerie d’Iéna. — Appareil d’électrolyse à anode liquide.
- 404 369, du 24 juin 1909. — Société Heraeus. — Four k chauffage électrique.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 4o3 097, du i5 septembre 1908. — Schmeltz. —
- 1 Procédé et appareil permettant la charge rapide des accumulateurs.
- 4o3 276, du 24 mai 1909. — Porscke. — Procédé de fabrication d’électrodes composées d’oxydes ou de masses éleclrodiques à forte cohésion interne pour éléments primaires et secondaires.
- 403 280, du 24 mai 1909. — Patterson. —Batteries électriques.
- 404 oi2, du 14 juin 1909. — Schauli. — Perfectionnements dans les piles électriques.
- 404 179, du (i avril 1909. — Tate. — Perfectionnements aux plaques d’accumulateurs électriques à double fonction.
- 404 3.ao, du i5 octobre 1909. — Sabote. — Pile électrique à trois liquides.
- 4«4 4*6, du 16 juin '1909. —• Société Aubert frères. —Pile électrique à fermeture hermétique.
- Télégraphie et Téléphonie.
- 4o3 14 t, du 4 mai 1909. — Blondel. — Système de production des signaux sonores sous-marins puissants destinés aux signaux maritimes en temps de brume.
- 4o3 209, du 21 mai 1909. — Brown. — Perfectionnements relatifs à la téléphonie ou la télégraphie.
- 4o3 318, du 24 mai 1909. — Société des téléphones et télégraphes de Lyon. — Appareil
- téléphonique à longue distance avec cornets acoustiques aboutissant directement à l’extérieur.
- 4o3 347, du 20 mai 1909. — Société des téléphones et télégraphes de Lyon. — Perfectionnements aux trompettes électriques.
- 4o3 5o5, du 23 mars 1909. —Ateliers Thomson-Houston. — Perfectionnements aux relais pour téléphonie et autres usages.
- 4o3 576, du ier juin 1909. — Société telegrapheii verkstaette von G. Hasler. — Système d’électroaimant pour courants continus et alternatifs avec armature oscillante en fer doux.
- 4o3 657, du 4 juin 1909. — Gibbert et Elias. —-Perfectionnements apportés aux dispositifs pour opérer la désinfection constante de tubes porte-voix, embouchoirs, de téléphones et organes similaires.
- 4o3 688, du 3o septembre 1908. — Lacoste. — Tableau k annonciateur sans fiches pour la téléphonie.
- 4o3 708, du 5 juin 190g. — Cutjiore. — Dispositif destiné k empêcher k volonté les vibrations d’un transmetteur téléphonique.
- 4<>3 764, du 7 juin 1909. — Egner et Holmstrom.
- — Dispositif applicable aux microphones.
- 4o3 936, du 11 juin 1909. — Marshall. —Perfectionnements aux téléphones.
- 403 9D2, du 11 juin 1909. — Hildebhand Junior
- — Mode de montage pour installations téléphoniques automatiques.
- 404 170, du 18 juin 1909. — Dearlove. — Perfectionnements relatifs k la télégraphie électrique.
- 404 226, du 19 juin 1909. — Diioop. — Perfectionnements apportés aux microphones.
- 404 286, du 22 juin 1909. — Oliver. — Perfectionnements aux récepteurs téléphoniques.
- 4o4 325, du 23 juin 1909. — Rey. — Appareil
- électrique pour la télégraphie optique et actionne-ment de signaux k grande distance, ainsi que pour l’éclairage.
- 404 38o, du 24 juin 1909. — The teleuriter s indu: ate Limited. — Système de téléphone et télau-tographe central combinés.
- 404 387, du 25 juin 1909. — Sand. — Dispositif protecteur hygiénique applicable aux transmetteurs d’appareils téléphoniques.
- 404 417, du-2g mai 1909. — Webb. — Microphone multiplex et son installation.
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- BIBLIOGRAPHIE
- U est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction .
- Initiation à la mécanique (£c édition). — Ch.-Ed. Guillaume. — i volume in-8 carré de *214 pages avec 5o figures. — Hachette et Cic, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 francs.
- Cet intéressant petit ouvrage fait partie de la collection des initiations scientifiques fondée par M. C.-A. Laisant et dont quelqucsYolumes seulement relatifs a l’astronomie, aux mathématiques, à la chimie et à la physique, sont déjà parus.
- M. Ch. Ed. Guillaume, qui dédie son travail aux amis de l’enfance, tient à nous informer dès le début que ce travail est étranger atout programme etprend même le plus souvent le contre-pied du programme, ce dont il faut le féliciter.
- L'auteur prévient en outre son lecteur qu’il ne s’agit pas d'initiation à la connaissance des machines et des mécanismes, mais simplement, et le but en est largement suffisant, d'initiation aux principes généraux de la mécanique.
- Notre intention n’est pas de déflorer l’ouvrage de M. Guillaume par une reproduction plus ou moins expliquée de la table des matières ; disons seulement que le fait d étudier le mouvement avant le repos, le travail des forces avant 1 action des forces sans le mouvement, lui permet de donnera la notion d'accélération toute l'importance qu’elle mérite et qu’elle a en réalité dans l’étude de la mécanique.
- Une des idées les plus lumineuses du livre est la notion de masse présentée comme une capacité d’absorption de travail et donll auteur déduit ensuite celle d’énergie cinétique et celle de puissance.
- L’étude des mouvements oscillatoires est également traitée de main de maître et l’initiation aux phénomènes de résonnance extrêmement simple et intéressante.
- La question du choc, souvent mystérieuse dans les jeunes esprits, nous a aussi très particulièrement intéressés.
- Parmi les applications, nous signalerons le chapitre relatif à l’artillerie et.... la machine de Barbicane.
- A la lecture de ce charmant petit ouvrage, les initiants sont souvent émerveillés, et les initiés, nos fils, ceux de nos amis, etc., acquièrent, sans fatigue pour leur jeune cerveau, des notions justes que leur envie-
- raient beaucoup de ceux qui n’ont retenu de la mécanique que quelques formules, qui s’en servent souvent à contre-sens et qui confondent toujours travail avec puissance et masse avec poids.
- G.-F. Guicbekt.
- A.ide-Mémoire de poche de VÈlectricien. — Ph. Picard et A. David. — 1 volume in-16 de 85o pages avec 160 figures. — G11. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : relié, 7 fr. 5o.
- Ce petit ouvrage résume, à l’aide d’emprunts faits à différents auteurs, dont plusieurs sont fort bien choisis, toutes les notions pratiques nécessaires à l’électricien, depuis les systèmes d’unités et la théorie élémentaire de la dynamo, jusqu’aux documents administratifs qui régissent les distributions d’énergie électrique.
- En réalité, il ne semble pas possible de mettre ainsi toute l’electrotechnique, même réduite à ses traits essentiels, sous une forme si condensée, et il est permis de se demander si les Allemands ne sont pas" dans le vrai, en composant, sous le nom de manuels, des ouvrages d’une ampleur considérable, dans lesquels la disposition typographique seule permet d’économiser l’espace.
- Encore cette solution n’est-elle pas entièrement satisfaisante, car, pour tout spécialiste, un manuel général sera toujours alourdi de parties inutiles. Par exemple, l'électrochimie est une science très vaste, mais utile seulement à l’électrochimiste, et pas du tout au constructeur de moteurs de traction , et ainsi du reste. Le mieux semble donc être encore de faire un manuel, séparé pour chaque spécialité, quitte à évaluer assez largement les limites de cette spécialité. G’est encore une solution allemande, où nous gagnerions à leur disputer l’excellence.
- Ceci dit sur la conception générale de raidc-mé-moire, il nous reste à féliciter MM. Picard et David d’avoir su traiter, aussi bien qu’ils l’ont fait, le problème tel qu’ils se l'étaient posé.
- Leur répertoire comprend toute l’étude des machines, celle des appareils, des accumulateurs, des lignes, des instruments de mesure, des lampes, de la galvanoplastie, etc. L. A.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2° Série). —N° 47. i
- Oscillations de lacet des véhicules de chemins de fer. — G*. Marié. — Brochure in-8° raisin de io/j pages, avec *2 figures. — II. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : brochée, 3 francs.
- On connaît les importants travaux de M. G. Marié sur les oscillations des chemins de fer.- Jusqu’ici, les théories de l’auteur n’avaient été exposées que dans des publications, de grande valeur, il est vrai, mais éparses : les Annales des mines, le Bulletin des Ingénieurs Civils. Il faut se féliciter que l’auteur ait enfin publié, en ouvrages séparés, ses travaux actuels, qui sont le complément des précédents.
- Dans cette première brochure, l’auteur étudie l’influence de la conicité des bandages et expose une théorie nouvelle sur le rôle joué par la position du centre de gravité des locomotives.
- C.C.
- Étude complémentaire sur la stabilité du matériel des chemins de fer. Théorie des déraillements. Profil des bandages. — G. Marié. «— Brochure in-8 jésus de pages arec 11 figures. — H. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : brochée. 2 francs.
- Cette deuxième brochure développe la théorie des déraillements exposée dans le Bulletin de la Société des Ingénieurs Civils d’avril iyo(i. C’est à celte question qu’est consacrée la première partie.
- La deuxième partie comprend l’étude du profil des bandages, et spécialement de la forme des boudins, en recherchant les formes qui rendent le déraillement plus difficile. L’auteur montre que pour aug-
- menter la sécurité d’une manière pratique, on peut employer des contre-rails intérieurs assez élevés, mais que cette disposition coûteuse est généralement inutile et qu’il vaut mieux recourir à des modifications convenables de la forme du boudin.
- On trouvera dans cet ouvrage la môme tenue scientifique et les memes qualités d’exposition que dans le précédent.
- C. C.
- Les isolants en èlectrotechnique. —K. Wer-nicke. — i volume iu-8 carré de i8i pages avec 6o figures. — Ch. Békangeh, éditeur, Paris. — Prix : relié, io francs.
- Avec le développement des transmissions à haute tension, la question des isolants prend une importance pratique de plus en plus grande. L’ouvrage do M. Wernicke répondait donc à un besoin assez actuel pour mériter d’être traduit en français.
- Il est conçu à un point de vue entièrement pratique, de sorte qu'au lieu de se borner à décrire les principaux isolants (ce qui est fait d’une façon très complète, depuis le bois et la fibre jusqu’à l’ambroïne, et à d’autres substances, nouvelles venues auxquelles l’avenir semble réserver un assez grand rôle), il contient un long et important chapitre réservé aux essais des matières isolantes.
- Dans ce chapitre, l’auteur traite tous les détails d’installation du laboratoire et donne même une photographie, qui peut servir de guide. En terminant, l’auteur consacre quelques pages à l’ctude des isolateurs aériens.
- Dans tout le cours de son ouvrage, il fait de nombreux emprunts aux auteurs les plus compétents en la matière et notamment à M. Bcnischke.
- B. P.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Le droit de contrôle sur les Sociétés anonymes.
- Le droit de timbre et l’impôt sur le revenu ont comme corollaire indispensable le droit de contrôle du fisc dans les Sociétés anonymes. C'est par lui que nous terminerons notre étude.
- le législateur, en créant les differents articles que nous venons d’étudier dans les Chroniques précédentes (1), n’aurait fait qu’une série de lois destinées à rester sans utilité, s’il n’avait pas armé le fisc du droit de vérifier l’application qui en est faite, en se rendant au siège social des sociétés
- (l) Lumière Electrique, a3 octobre et i3 novembre 1909, p. 118 et 216.
- OiiSEHVATioNS uénehales. -—* Il est évident que
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- soumises ; c’est la loi de i85o, dont nous avons déjà donné le texte, à propos du droit du timbre, sous le nom de « communication », qui a précisé le droit de l’administration de faire les vérifications nécessaires; d’après la loi du ai juin 1875 (art. 7), la communication est obligatoire également dans les succursales et agences.
- Sociétés soumises. — Il résulte de ces textes, déjà assez rigoureux par eux-mêmes pour ne pas être étendus en dehors de leur sphère, que ce n’est pas en tant que « sociétés », mais en tant qu’ayant émis des actions ou obligations que les sociétés sont soumises à la formalité de la communication.
- D’où il résulte : i° qu’une société anonyme ou en commandite par actions, qui n’aurait pas émis de titres répondant à la définition exacte des actions ou obligations, 11e serait pas soumise à la formalité; qu’<7, fortiori, les sociétés en commandite simple, en nom collectif, et les sociétés civiles ne sont pas soumises. Si toutefois elles avaient émis des obligations négociables, elles seraient tenues de laisser vérifier leurs registres à souche et leurs registres de transferts et de conversions.
- Des conditions de la communication. —• On peut dire, en règle générale, que la régie ne peut exiger que les documents qui sont susceptibles de lui être montrés sans déplacement.
- Si le siège social ou l’agence qui reçoit la visite de l’agent vérificateur n’a pas les documents, la société n’est pas tenue de les faire venir; c’est à l’agent à charger un de ses collègues de la localité de faire la vérification; toutefois il arrive souvent, à ce sujet, des discussions entre l’employé du fisc et le représentant de la société, le premier alléguant que les documents doivent sc trouver au siège social ou au bureau de la succursale dans lequel il opère et la société affirmant que lesdits documents ne sont pas à sa disposition.
- Le principe est le suivant : c’est à la régie, comme demanderesse, à faire la preuve du fait qu’elle allègue.
- Mais les tribunaux lui facilitent cette preuve en admettant la présomption (Cassation, 3o décembre 1879. Dalloz, 1880, I, p. 7!), et en 1 autorisant dans bien des cas à considérer comme refus de communication la déclaration de la société « qu’elle n’a rien à communiquer ». Tou-
- tefois cette présomption ne saurait jamais aller jusqu’à faire considérer la société comme ayant entre ses mains des titres qu’elle pourrait « avoir intérêt » à conserver, sans que ce soit pour elle une obligation.
- L’Administration a le droit de faire des vérifications aussi nombreuses qu’elle le juge à propos, seulement aux heures d’ouverture des bureaux, et on ne doit pas se contenter de lui laisser l’accès desdits bureaux, mais lui présenter les livres qu’elle demande et lui laisser prendre les copies qu’elle juge à propos.
- Quels sont les livres a communiquer ? — Le principe des droits de communication fixé par l’article 9 du décret du 17 juillet 1857, et qui, au termes de ce décret, paraissait s’arrêter aux registres à souche, a été notablement aggravé par l’article 22 de la loi du août 1871 qui oblige tous les assujettis à représenter « leurs livres, titres, pièces de recettes et de comptabilité. »
- C’est pourquoi on a pu dire que tous les documents ayant rapport à la comptabilité, soit directement, soit indirectement, doivent être communiqués.
- Il résulte de ce principe que tout d’abord les livres de commerce doivent être communiqués. Il ne peut y avoir de doute pour les livres dont la tenue est obligatoire d’après les articles 8 et suivants du Code de commerce, savoir : le livre journal qui présente, jour par jour, la situation active et passive du commerçant, les opérations de son commerce, négociations, acceptations, endossement d’effets et généralement tout ce qu’il reçoit et paie à quelque titre que ce soit, le livre de copie de lettres, c’est-à-dire un registre sur lequel il copie les lettres qu’il envoie, en même temps qu’il est tenu de mettre en liasse celles qu’il reçoit. Le livre des inventaires, qui contient l’inventaire annuel obligatoire des valeurs mobilières et immobilières, des dettes, des créances, etc.
- Mais cette obligation s’étend même aux livres qui, juridiquement, ne sont pas obligatoires, et une foule de décisions obligent la société à la communication même des livres non obligatoires ; tout ce que la société pourrait dire, c’est que les livres n’existent pas ; dans ce cas, l’Administration pourrait administrer la preuve contraire, ainsi qu’il a été dit, en apportant devant les tribunaux des présomptions sérieuses.
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- Aux livres de commerce il faut naturellement assimiler les documents de pure comptabilité, chèques, factures, coupons, bilan, etc...
- On a même étendu ce principe au rapport du conseil d’administration, aux assemblées générales, aux pouvoirs donnés pour les^assemblées, à la feuille de présence desdites assemblées, etc...
- Enfin, en ce qui concerne les marchés entre la société et des tiers, il semble que les termes dont se sert la Cour de cassation: « titres se rattachant, même indirectement, à la comptabilité » ont été faits expressément pour les viser.
- Observations sur les dangers de i.a communication. — Nous avons vu très souvent des sociétés redouter beaucoup l’obligation de faire certaines communications qui ne peuvent leur faire encourir aucune responsabilité et, par contre, communiquer sans arrière-pensée des litres susceptibles de leur donner par la suite divers ennuis. Cela provient de l’ignorance dans laquelle se trouvent généralement les comptables des grands principes en matière de timbre d’enregistrement, et nous croyons utile de les résumer.
- La communication peut amener l’attention du fisc, soit sur des pièces non timbrées, soit sur des pièces non enregistrées. Mais il ne faut pas croire que toute pièce non timbrée, ou que toute pièce non enregistrée soit susceptible d’entrainer une amende ou même un double droit.
- Pour que l’absence de timbre ou d’enregistrement puisse avoir un pareil effet, il faut qu’elle soit relevée sur une pièce qui, par un texte spécial, soit soumise à la formalité du timbre ou de l’enregistrement, dans un délai déterminé ; dans le cas contraire, il n’y a aucune pénalité à encourir, même si l’inspecteur de l’enregistrement voit la pièce, car il est absolument désarmé. Nous devons donc étudier, d’abord, quelles sont les pièces qui par elles-mêmes doivent être timbrées, sous peine d’amende, au moment de leur création, et quels sont les actes qui doivent être
- enregistrés dans un délai fixé.
- \
- Pièces soumises au timbrage obligatoire. — La loi n’en a donné nulle part l’énumération; mais le principe est écrit dans l’article \i de la loi du
- i3 brumaire an VII, qui soumet au timbre de dimension (o fr. 6o ou i fr. 8o, suivant le format du papier employé) «... généralement tous actes et écritures, extraits, copies ou expéditions soit publics, soit privés, devant ou pouvant faire titre ou être produits pour obligation, décharge, justification ou défense. »
- Les mots à retenir sont les suivants : « devant ou pouvant faire titres »;on admet généralement qu’ils désignent toute pièce qui, en cas de refus d’exécuter l’acte — refus qui serait opposé par l’une des parties contractantes, dans la suite — servirait à l’autre partie pour obtenir condamnation à son profit.
- Dans cette catégorie, rentrent évidemment les baux, les prêts d’argent et tout ce que dans la vie courante on appelle un « acte ».
- En ce qui concerne plus particulièrement les sociétés, il faut ajouter : l’acte constatant la souscription d’actions, le récépissé délivré à un actionnaire constatant le dépêt de ses titres à la caisse sociale ou dans des établissements de crédit pour pouvoir assister à une assemblée générale, les pouvoirs des actionnaires en vue desdites assemblées, les extraits et copies des délibérations du conseil d’administration ou de l'assemblée générale des actionnaires.
- Pièces soumises au timbrage a un moment de leur production en .iüstice. — Dans celte catégorie rentrent les pièces qui sont visées par l’article 3o de la loi du i3 brumaire an Vil, ainsi conçu : « Les écritures privées qui auraient été « faites sur papier non timbré, sans contraven-« tion aux lois du timbre, quoique non com-« prises dans les exceptions, ne pourront être « produites en justice, sans avoir été soumises « au timbre extraordinaire ou au visa pour « timbre ».
- C’est seulement au moment où la pièce doit servir que le paiement devient exigible. 11 se fait en acquittant le prix de timbres mobiles que le receveur appose sur l’acte et oblitère immédiatement par un tampon à l’encre grasse.
- La non-présentation à l’Enregistrement, avant la production en justice ferait encourir une amende de 5 francs.
- Parmi les pièces de cette catégorie, il faut classer en principe toutes les pièces d'ordre intérieur que les agents d’un même service échangent entre eux pour les questions des affaires sociales,
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- En matière de société, il y a lieu de remarquer que les feuilles de présence aux assemblées générales d’actionnaires et les procès-verbaux de ses assemblées rentrent dans cette catégorie.
- Lettres-missives. — Parmi les pièces qui ne sont pas soumises à la formalité du timbre avant la production en justice, il faut citer avant toutes, les lettres-missives ; elles rentrent évidemment, plus encore que toute autre pièce, dans la catégorie visée à l'article 3o de la loi de brumaire an VII ; il est certain que leur objet n’est pas de fournir un titre juridique au destinataire.
- Toutefois, comme le fait très exactement remarquer Guilhot, dans son Manuel de Droit fiscal, n° i43, cette règle cesserait d’être applicable et le droit de timbre serait immédiatement exigible si, s’agissant d’une convention unilatérale, les termes de la lettre faisaient très nettement ressortir l'intention de fournir au destinataire un titre pouvant faire preuve en justice et tenir lieu d’un acte régulier.
- Nul écrit ne saurait également être rédigé sans contravention sur une feuille de papier non timbré, bien que libellé dans la forme d’une lettre-missive, s’il contient des stipulations expressément assujetties au timbre par une disposition de la loi fiscale, telles que celles relatives aux contrats de transports, aux effets négociables ou non négociables, aux quittances, reçus et décharges de sommes ou d’objets (Inst. 3oG8)."
- Observations en ce qui concerne l'enregistrement. — Le but de l’enregistrement, d’après l’article iüao du Code civil, est de donner date certaine au contrat vis-à-vis des tiers.
- On oublie trop souvent que l’article i322 dispose, au contraire, qu’entre les parties signataires^ leurs héritiers ou ayants cause, l’acte sous seing privé a la même valeur que l’acte authentique. Or, comme ce dernier fait foi de sa date par lui-même, il est nécessaire de reconnaître que l’acte sous seing privé, même non enregistré, a une valeur absolue jusqu’à date inclusivement et cela par lui-même.
- Si l’on est obligé défaire enregistrer certains actes que nous relaterons plus loin, tels que les baux de choses immobilières — bien que l’on ne craigne guère pratiquement, dans la majeure
- partie des cas, le recours des tiers, et que des contrats de cette nature, dans l’hypothèse d’une difficulté, se discutent plus souvent entre les parties contractantes qu’entre personnes étrangères au contrat — cela provient d’une disposition fiscale qui oblige à enregistrer ces sortes d’actes dans un délai fixe, sous peine d’amende et de double droit. Dès lors, pour éviter la pénalité qui serait fatale, si jamais on avait à faire la production en justice, on s’empresse de faire l’enregistrement.
- Parmi les actes qui doivent être enregistrés dans un délai déterminé, il faut citer :
- a) Les actes notariés. — Par le seul fait qu’il est dressé par un notaire, l acté est soumis à l’enregistrement dans les dix ou quinze jours, suivant que le notaire réside ou ne réside pas dans la commune où est situé le bureau du receveur. (Art. ao de la loi du 22 frimaire an VII).
- Un acte qui, comme les actes de commerce que nous étudierons plus loin, serait dispensé de tout enregistrement, devient assujetti à la formalité dans le délai ci-dessus indiqué, s’il est notarié.
- b) Les actes administratifs. — Cette catégorie comprend tous les actes passés dans l’intérêt de l’Etat, des départements, des communes et des établissements publics. — Les associations syndicales ne constituent pas des établissements publics, même lorsqu’ils sont autorisés. (Dalloz, 81, 1, i83.) Il en est ainsi, même dans le cas où les actes intéressant ces associations sont reçus par un Préfet en Conseil de Préfecture, si l'intervention de ce magistrat est le résultat d’une interprétation erronée de la loi en vigueur, ou n’a lieu que par l’exercice du droit de contrôle que l’Etat possède sur ces associations syndicales. — Les actes administratifs doivent être enregistrés dans les vingt jours de la réception de l’approbation de l’autorité compétente (art. 20, § 5, de la loi du 22 frimaire an Vil).
- c) Les actes sous seing privé qui portent transmission de propriété ou d'usufruit de biens-immeubles ^ et les baux à terme ou à loyer (art. 22 delà loi de frimaire an Vil), et les actes de vente de fonds de commerce (art. 8 de la loi du 2(3 février 1872).
- Ces actes doivent être enregistrés dans les trois mois de leur date. Cette dernière catégorie est de beaucoup la plus intéressante pour les industriels. Elle comprend bien des actes courants,
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- tels que les actes de vente immobilière (acquisition des droits de rivcraincté, locations d’usines, etc).
- Ce sont des actes que les industriels peuvent très bien faire seuls sans le secours d’un notaire, car tout le monde est capable, après avoir rédigé un acte, de le présenter à l’Enregistrement et, dans le cas où cela est nécessaire, au Bureau des Hypothèques pour la transcription.
- Donc, il faut retenir que lesdits actes sont assujettis à la formalité dans le délai que nous avons indiqué.
- OBSERVATIONS RELATIVES A L?EARECÏS'I’IÎEMENT DES
- actes dits de commerce. —Dans le butde faciliter lecommerce et l’industrie, la loi du 23 juin 1809 (articles 22 et 23) a créé un enregistrement provisoire pour tous les actes réputés actes de commerce parles articles (>32, 633 ctGVi £ i, du Code de commerce.
- Si cette loi n’avait pas été édictée, les marchés passés par un commerçant seraient tous soumis au droit de 1 % , au minimum, en vertu de l’article 69,1 3, n° 3 de la loi de frimaire an VU, qui vise les marchés.
- On peut dire que tout ce qui est relatif à la
- profession exercée par la société, bénéficie de cet enregistrement au droit fixe de 3 francs (article (\ de la loi du 28 février 1872), à la condition qu’il s’agisse bien d’un acte commercial (au moins pour l’une des parties contractantes), que l’acte ne rentre pas dans la catégorie des actes que nous avons indiqués ci-dessus comme soumis à l’enregistrement dans le délai donné, qufenfin il ne soit pas encore produit en justice ni visé dans un acte authentique.
- De plus, ce n’est qu’au moment de cette production que la loi exige le paiement de ce droit provisoire, il n’y a donc pas d’autres délai à observer, et il importe peu que l’inspecteur voie ou ne voie pas ledit acte.
- Si, avant de produire en justice ledit marché, on prend soin d’acquitter la taxe provisoire, l’Enregistrement ne percevra, après le jugement, que le droit proportionnel de titres que sur ce qui est l’objet du litige, et non pas sur le montant total des stipulations contenues dans l’acte.
- Patjl Boucault,
- Avocat i\ la Cour d’nppcl do Lyon.
- VARIÉTÉS
- L’action du courant électrique sur les maçonneries de ciment (').
- M. Niclïolas, expert de l’Etat de Victoria, à Melbourne, s’est livré à une série d’expériences pour déterminer la valeur isolante du béton et du mortier de ciment Porlland. 11 a observé, avec un courant continu d’intensité constante amené par une anode en fer, une rupture des blocs expérimentés, au bout de 7 à 28 jours suivant la teneur en sable.
- La fracture du mortier serait due, dans tous les cas, à un dégagement gazeux se produisant au sein de fa masse du bloc, par suite de l’élcctrolyse progressive de l’eau occluse dans les pores. La pression des gaz formes dans ces conditions est suffisante pour
- (!) D’après le Génie civil du 3o octobre et Y Engineering News.
- provoquer cette fracture. L’ôxydation du tube de fer produisant de la rouille, qui a un volume spécifique supérieur à celui du fer, ne peut expliquer la fracture qui se produit pendant l’essai avec le courant renversé, puisqu’il ne se forme pas de rouille dans ce cas. La production plus rapide des fentes dans les blocs contenant plus de sable s’explique par la conductibilité plus élevée de ce dernier.
- Enfin, le renversement du sens des variations de la résistance, également observé dans deux séries d’expériences faites avec un tube en fer comme anode, serait dû à l'élévation très sensible de la température du bloc qui a pour effet : i° d’accroître la conductibilité du liquide salin ; 20 de réduire la tension de polarisation de ce liquide qui a un cocfli-cient de température négatif, et 3° d’accroître rapidement le dégagement de gaz, qui finit par emplir toute la fente et oppose, par conséquent, au passage
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- du courant, une résistance croissante à mesure que son épaisseur augmente.
- 1/auteur a pu conclure de ces essais :
- i° Que le ciment ne peut, en aucun cas, être considéré comme isolant;
- 2° Qu’il ne peut empêcher la corrosion du fer de son armature sous l’action des courants électriques continus ;
- 3° Que ces courants exercent, sur les constituants, une action électrolytique ;
- 4° Qu’il suffit d’un courant peu intense pour amener à la longue une fracture des blocs de bétons et de mortier;
- 5° Que la résistance clu béton décroît à mesure que sa teneur en sable devient plus élevée.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- La décision que prendra incessamment le Conseil municipal de Paris au sujet de la concession des transports en commun est de nature à intéresser les milieux financiers autant que les milieux industriels, comme nous l’avons toujours pensé en notant, à chaque étape de cette importante question, l’orientation des idées des concédants et des futurs concessionnaires. En l’état de la questionsi la Compagnie générale des Omnibus obtient un renouvellement de son monopole, la Compagnie Française Thomson-Houston se trouvera bénéficier de ses accords anciens avec elle, résultant d’intérêts communs ; mais on ne peut rien déduire encore des nouvelles qui circulent.
- Il résulte des propositions reçues par la commission d’admissibilité que, pour les omnibus automobiles et les tramways municipaux, MM. Paindavoine et Dar-racq n’acceptent pas tout le cahier des charges, la Compagnie des Omnibus ne l’accepte qu’en ce qui concerne les tramways municipaux, mais fait des réserves pour certaines clauses relatives aux autobus. Le groupe Francq, Descubes et Favaron accepte au contraire toutes les conditions imposées, mais en demandant deux exploitations distinctes. En ce qui concerne les tramways départementaux, la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine et la Compagnie des Tramways électriques refusent une partie du cahier des charges qu’acceptent MM. Blanc et Piqué. La commission d’admissibilité a par suite retenu les propositions de la Compagnie générale des Omnibus pour l'exploitation des tramways municipaux seulement; celles de MM. Francq, Dcscubcs et Favaron pour les tramways municipaux et les omnibus non réunis; celles de MM. Blanc et Piqué pour le réseau départemental des tramways. Deux sous-commissions ont été
- chargées d’étudier les projets au double point de vue technique et financier La sous-commission qui examine les offres pour les omnibus automobiles et les tramways municipaux au point de vue technique, n’a retenu que la demande du groupe Francq, celui-ci seul acceptant sans réserve l’exploitation séparée des omnibus.
- De l’étude comparative des projets du consortium Francq, et de la Compagnie des Omnibus il résulte une assimilation presque exacte des éléments du prix de revient, mais une différence notable dans l’évaluation des recettes que le premier estime plus élevées. La Compagnie des Omnibus base évidemment ses appréciations sur les résultats de son exploitation antérieure ; le groupe Francq, qui a d’importantes attaches croyons-nous avec une compagnie d’exploitation étrangère, se laisse peut-être entraîneràdes prévisions optimistes. On dit qu’il ne fait pas de doute pour la commission que l'exploitation des omnibus automobiles sera déficitaire ; pourquoi maintenir alors le cahier des charges dans son intégralité ? Il suffit évidemment de répondre à l’objection que des capitalistes autorisés l’acceptent ; s’il ne s’agissait aussi de l’intérêt du public et du commerce, on pourrait; laisser à l’avenir le soin de justifier les uns ou les autres. Mais l’expérience serait trop coûteuse et il sera proposé qu’au cas où. les exploitations seraient disjointes, celle des tramways devrait rendre viable celle des autos en la subventionnant pour une somme à. déterminer. Que penser au point de vue financier de l’attitude des commissions d’études si elles n’hésitent pas à sanctionner de telles mesures? Elles s’honoreraient en reconnaissant les erreurs commises par le Conseil municipal et en cherchant à les redresser.
- Les bruits auxquels nous faisions allusion, la dernière fois, d’un accord possible entre les produc-
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- teurs de cuivre pour restreindre la production, semblent prendre consistance. Le Daily Telegraph mande de New-York qu’on y est sous l’impression de cette entente qui pourrait comprendre le groupe spéculatif européen et les principaux producteurs américains. Momentanément, le Rio-Tinto en subit quelque effet et demeure ferme, se basant ainsi sur les cours du métal qui sont un peu meilleurs. Mais ces bruits sont l’objet par ailleurs de démentis formels. Le président de l’Amalgamated a ainsi réduit à néant les bruits relatifs à une fusion des compagnies cuprifères et à une entente pour réduire la production. Sa Compagnie vient de vendre 3o millions de cuivre électrolytique à un prix légèrement inférieur à i3 cents. Les acheteurs européens se tiennent sur la réserve et prétendent que la quantité de cuivre disponible ne diminuerait pas du fait d’une fusion aboutissant à une agence de vente, puisque cela ne diminuerait en rien la quantité disponible. D’importants travaux de développement dans les régions cuprifères de l’ouest américain s’effectuent peu à peu, tandis que le contingent fourni par la Russie augmente de jour en jour. Jusqu’à présent, l'Oural et la Sibérie ont donné moins en 1909 qu’en 1908, mais le Caucase, l’Altaï et les usines chimiques et les radineries ont fourni beaucoup plus. Ce sont des éléments dont il faudra tenir compte sous peu en parallèle avec ceux des États-Unis.
- On dit que la nouvelle filiale de la Thomson, la Société centrale d’industrie électrique, sera probablement constituée dans le courant de ce mois. Le président du Conseil d’administration serait M. Laurent, ancien directeur de la Dette publique et le vice-jirésident, M. Ullman, du Comptoir d’Es-compte. L’action Thomson varie dans des proportions peu importantes et se tient aux environs de 745. Tous les journaux financiers signalent qu’un dernier délai a été accordé par le liquidateur de la Thomson-Méditerranée, aux détenteurs de titres de cette entreprise pour l’échange de leurs actions contre des actions Thomson. Passé le 15 novembre, ils ne seront remboursés qu’à raison de 433 fr. 33 par titre, alors qu’en échangeant trois de leurs titres contre deux Thomson-Houston ils font, aux cours actuels, un bénéfice de 180 francs] environ.
- On suit en Relgique avec beaucoup d’intérêt le développement des Ateliers de constructions électriques de Charleroi, dont nous avons signalé la récente émission. Comme nouveaux travaux, ils entreprennent : un transport de force au compte des Clouteries des Flandres, une machine d’extraction
- électrique pour le charbonnage d’Espérance-Bonne-Fortune, une station centrale pour l’ouest de Mous, les postes de transformateurs et la sous-station de Bercham, de la Société d’Électricité de l’Escaut. Leur concurrent le plus direct, l'Union Electrique A. E. G., passe du cours de 3go à 400 sur la nouvelle des commandes importantes reçues dernièrement : trois turbo-alternateurs de 2 5oo chevaux et 100 équipements de voitures motrices pour les tramways d’Odessa, toute l’installation secondaire (moteurs, aj>pareils, canalisation, éclairage) des usines métallurgiques de la Tata Iron and Steel Works aux Indes, première grande usine sidérurgique installée dans ce pays.
- Les comptes de Grenoble Electricité pour l’exercice écoulé font ressortir une notable différence dans les bénéfices au profit de l’exercice précédent, 75 767 fr. 64 contre 146 483 fr. 19. Le Conseil l’explique par l’appoint apporté à l’exercice précédent pour une très grosse affaire qui n’a pu jouer le même rôle en 1908-1909 ; il espère toutefois que les travaux courants et la vente des pétrins mécaniques contribueront à améliorer les résultats du revenu fourni par les 37 617 lampes installées par la Société, qui ont produit en 1908-1909 un bénéfice net de 71 256 francs.. Sur les bénéfices, 16 5o3 francs ont été affectés aux amortissements, et 59 263 fr. 83 ont été portés au compte réserves spéciales pour amortissements. Une assemblée extraordinaire a autorisé le Conseil à contracter un emprunt jusqu’à concurrence de 200 000 francs pour continuer les installations gratuites de la ville de Grenoble.
- Le bénéfice brut de la Compagnie Électrique de la Loire se présente jiour l’exercice écoulé en augmentation de 72 852 fr. 25 sur le précédent. Le chiffre des ventes totales est passé à 1 791 951 fr. 35, dont 223 911 fr. 90 pour l’éclairage et 1 568 089 fr. 45 pour la force motrice, laissant un bénéfice brut de 908388 fr. 45 et un bénéfice net de 443 839 fr. i5, après déduction des frais généraux, des divers et des intérêts des obligations. Au cours de l’exercice, le capital-actions est d’ailleurs passé de 3 750 000 francs à 5 millions et le capital-obligations de 6 263 5oo fr. à 8 201 000 francs. Le poste créanciers divers s’est élevé de i 979 6i3 fr. 45 à 2 338 075 fr. 70. A l’actif, on constate que les plus importantes immobilisations ont été faites à l'Usine de Montaud, à la nouvelle usine de Pont-de-Lig-non, dans les postes de transformateurs et les canalisations ; ces deux derniers chapitres passent de 3 662 817 fr. 35 à 5 844 295 fr. 10,
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- soit plus de 2 millions. Les autres postes de l’actif se sont peu modifiés; le portefeuille notamment est presque invariable à 878022 fr. 3o; le magasin, le mobilier, les appareils en location ont sensiblement les mêmes valeurs. Les espèces en caisse et en banque, résultat des émissions, présentent seules un écart important, de 121 5()3 fr. 45 à 716631 fr. 60.
- La différence très importante entre les recettes d’éclairage et les recettes de force motrice est signi-
- ficative à la Loire où le développement du petit moteur a été provoqué par la Compagnie au détriment de la lampe. Il faut, en effet, que pour un avenir peu éloigné, la Compagnie de la Loire soit en mesure de satisfaire aux demandes des aciéries ou charbonnages que lés événements économiques pousseront à adopter l’énergie électrique pour leurs exploitations.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
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- TRACTION
- Haute-Garonne. — On étudie le projet de construction d’un chemin de fer d’Aurignae à Muret.
- Espagne. — Une Société suisse étudie le projet d’exploitation des nombreuses chutes d’eau situées en Catalogne Pyrénéenne, dans la vallée de la Palaresa ; elles seraient suffisantes pour fournir la force motrice à toute la province de Barcelone.
- Italie. —Le ministère des Travaux Publics a approuvé le projet de construction d’un chemin de fer électrique de Ponte di Nossa à Clusone, dont le devis s’élève à 785 000 francs.
- Suisse. — L’Administration des Chemins de fer fédéraux suisses a décidé de ne plus employer la traction électrique sur la ligne Seebach-Wettingen, par suite des frais d’exploitation trop élevés.
- Des concessions ont été accordées à MM. Cl. Masson et O. ICluser pour la construction d'un chemin de fer électrique de Stalden à Saas Grund, et à M. A. Hurter pour un funiculaire électrique de Saas Grund à Saas-Fée.
- Russie. — La Compagnie des Tramways de Moscou à l’intention de construire un nouveau réseau de tramways de 64 versles de longueur et dont le coût sera de 100 millions de francs environ.
- Le projet d’établir une ligne ferrée Tioumen-Omsk-I’bstc, déjà voté par les Chambres russes, vient d’être ratifié par l’Empereur. La ligne sera construite par l’Etat. Les dépenses sont fixées à 3i 880 000 roubles. Sur cette somme, 3 900 000 roubles seront pris sur le crédit conditionnel y affecté du budget de 1908 et 3 millions de roubles sur le budget de 1909. Le reste sera couvert sur les budgets ultérieurs.
- D’autre part, on annonce qu’une société est en voie de formation pour construire, le chemin de fer du Caucase méridional. La ligne qui sera construite tout d’abord est celle de Djoulfa à Adji-Koboul, par la vallée de l’Arako. Sa longueur sera de 343 verstes.
- La Diète finlandaise est saisie d’un projet de loi relatif à la construction, par une société par actions à constituer, d’un chemin de fer reliant Helsingfors à Saint-Pétersbourg en longeant la côte. Les frais de premier établissement sont évalués à 100 millions de marks finlandais.
- Allemagne. — Il est question d’établir un tramway électrique entre Metz et Ranbas.
- Turquie. — La municipalité d’Andrinople a voté le projet d’établissement de tramways électriques; le devis se monte à 1 83o 000 francs.
- Japon. — Une compagnie vient d’être fondée, au capital de 2 millions de yens, pour la construction d’un chemin de fer électrique de iokm de long afin de relier Osuka à la ligne de Tokyo.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL ET TÉLÉPHONIE
- France. — Est déclarée d’utilité publique la construction d’une station radiotélégraphique à Boulogne-sur-Mer.
- Brésil. — On signale que plusieurs stations radio télégraphiques, système Telefunken, vont être installées au Brésil afin de permettre de communiquer avec la Terre de Feu.
- Italie. — Le ministère des Postes et Télégraphes a soumis un décret comportant une dépense de 2S millions de lires pour l’établissement de ligues téléphoniques.
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- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine Elektricitats Gesollschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, novembre 1909, — Vergleich der wirlschaftlichkeit von Parsons —Turbinen und Aktions-Turbinen — Die wirkung des elektrischen lichtes bei dem Schaufenster — Wetlbewerb in Berlin — Elektrisehe Scheiben — Zuganlagen auf Pruppenübungsplatzen — Untersuchung von A. E. G. Metallfadenlampen.
- Société Française Oeriikon, Paris
- Turbines à vapeur Oeriikon.
- Nouveaux moteurs Oeriikon pour métiers à tisser.
- Transformateurs à bain d’huile avec refroidissement à eau.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Force et Eclairage. — Constituée le 18 octobre 1909. — Capital : 1 000 000 francs. — Siège social : 4o, rue Gambetta, Nancy.
- Société régionale de distribution électrique. — Constituée le z5 octobre 1909. — Capital : 20000 francs. — Siège social : 5a, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- L’Eclairage Electrique. — Le 3o novembre, 364, rue Le-courbe, à Paris.
- Société Gaz et Electricité de Bergerac. — Le 3o novembre, 43, rue Nicolo, à Paris.
- Société Industrielle des Téléphones. — Le 27 novembre,
- 25, rue du 4-septembre, à Paris.
- Compagnie des Eaux et de T Electricité de l’Indo-Chine. — Le 4 décembre, 58, rue de Londres, à Paris.
- Société des Forces motrices de la Haute Durance. — Le 2 décembre, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Société Régionale de Distribution Electrique du Centre. — Le 6 décembre, 5a, Faubourg Saint-Honoré, à Paris.
- Société Impériale Ottomane d'éclairage par le gaz et l’électricité. — Le i5 décembre, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 23 novembre, à midi, à l’hôtel de'ville, à Anvers, fourniture de 60 000 paires de charbons pour les lampes à arc des quais du Sud et Cockerill ; caut. : 1 000 francs. Cahier des charges : o fr. 5o.
- Jusqu’au 3o janvier, à M. le bourgmestre de Wa-remme, soumissions et projets pour l’éclairage électrique de cette ville.
- ITALIE
- Le 6 décembre, à 11 heures ; aux directions générales des arsenaux de la marine, à Spezia et Naples, fourniture des phares électriques pour l’éclairage des navires royaux, 40 000 lires ; caut. : 4 000 lires.
- AUTRICHE-UONGBIE
- Le 3o novembre, au chemin de fer Nord-Ouest autrichien, à Vienne, fourniture d’installations mécaniques, machines-outils, etc., pour ateliers.
- RUSSIE
- Prochainement, à l’administration de la ville à Kantga, établissement de l’éclairage électrique.
- ESPAGNE
- Le 10 décembre, à la maison consistoriale de Taber-nas (Alméria), adjudication de l’éclairage électrique pour dix années aur la base d’une redevance annuelle de 3 000 pes. ; caut. : i5o pesetas.
- RUSSIE
- Le 14 mars, à l’administration de la ville, à Samarkand, construction et exploitation d’un tramway électrique de 8 verstes.
- P A BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 27 NOVEMBRE 1909.
- Tome VIII (2* série).— N’ 48.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L/Éclairage Électrique
- BEVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 237. — P. Andiuî. Sur un nouveau type de turbine à vapeur [suite], p. 239. — C. Egner et J. Gunnar-Holmstrôm. Essais de communications avec un nouveau microphone pour longues distances [suite et fin), p. 263. — P. Brenot. Détecteurs à contacts imparfaits fonctionnant sans source d'énergie auxiliaire, p. 265.
- Extraits des publications périodiques. —Elude,construction et essais de machines. Le vieillissement des isolants recouvrant les conducteurs des machines, A. Barnes, p. 269. — Arcs et lampes électriques. Sur le rayonnement total et monochromatique des lampes à incandescence, C. Fer y et C. Ciieneveau, p. 2G9. :— Transmission et distribution. Sur le mode d'action des surtensions sur les installations électriques, M. Lincoln, p. 270. — Traction. Les courants vagabonds dans les lignes de traction électrique,.). i;t B. Cuni.iife, p. 272. — Usines génératrices. L’emploi des batteries-tampons à l’usine de Gary (Indiana, B.-U.), L. Woodekidge, p. 272. —- Brevets^. 257. —Bibliographie, p. 277. — Législation et contentieux. Observations sur le timbrage des actions de numéraire, P. Boucault, p. 277. — Variétés. Déflagrateur pour émissions pseudo-musicales en télégraphie sans 111, p. 279.— Les débuts historiques delà traction électrique, p. 279. —Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles— La nouvelle usine électrique cîe la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans à Tours, R. Durand-Perroux, p. 280. — Le conjoncteur-disjoncteur Gabreau pour le contrôle delà charge des accumulateurs, H. Fontaine; p. 282. — Balance de torsion pour la fabrication des lampes à incandes-cence, p. 283. .— Pince pour la recherche des défauts d’isolement et la mesure des courants alternatifs, p. 284. — Chronique financière, p. 285.— Renseignements commerciaux.p. 287. — Adjudications, p. 288.
- ÉDITORIAL
- AI. P. André donne aujourd'hui, dans la suite de la description de la turbine à vapeur système Barbezat, des détails de construction très précis et par cela même très intéressants. Le mode de fixation dei? aubes est d’une hardiesse particulière, que justifient la grande solidité qui est néanmoins réalisée et l’économie du prix de revient.
- Dans la partie à réaction, la disposition la plus caractéristique consiste dans la conicité du tambour, au lieu de la construction ordinaire cylindrique et par étages. Là, encore, l’originalité de la disposition adoptée se justifie par d’importants avantages. Le premier,
- et qui saute aux yeux, c’est de permettre d’offrir à la vapeur en chaque point à la lois le trajet qu’elle tend naturellement à prendre, et la section et la vitesse d’écoulement qui sont nécessaires pour une détente uniforme.
- Cela permet, en outre, de sérieuses simplifications dans la construction : par exemple, il suffit d’un seul disque avec un seul jeu de chicanes pour équilibrer la poussée axiale de la partie tournante, tandis qu’il faut trois disques dans le type Parsons.
- Enfin, le fonctionnement du graissage et celui de la vanne de sûreté ont donné lieu à d’ingénieux perfectionnements que l’on trou-
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- vera résumés à la fin de l’article publié aujourd’hui.
- MM. Egner et Ilolmstrom donnent aujourd’hui les résultats d’essais faits avec leur microphone pour la téléphonie à très longue distance sur les circuits internationaux : Stockholm-Berlin, Stockholm-Cologne, Stockholm-Paris et même Sundsvall-Paris ont donné des résultats absolument remarquables que nous sommes heureux de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs au moment même où les inventeurs viennent d’en autoriser la publication. Les distances sur lesquelles ils ont obtenu couramment une transmission du son, tantôt excellente, tantôt simplement intelligible, s’élèvent à plus de i ooo et de i 5ookl" sur des circuits mixtes, partie terriens, partie sous-marins.
- Ils terminent en relatant divers essais de téléphonie sans fil, toujours exécutés avec leur appareil. La distance dans l’expérience qu’ils mentionnent atteignait a8o kilomètres.
- On sait que les détecteurs à gaz ionisés de Fleming et de Forest sont d’une sensibilité toute particulière. Il en est de même du pé-rikon de Pickard.
- Ceci a suggéré à M. P. Brenot, dont on connaît les travaux très distingués en télégraphie sans fil, l’idée d’un détecteur à contacts imparfaits, qui fonctionne sans source d’énergie auxiliaire, et sur lequel il donne aujourd’hui quelques détails.
- L’appareil ainsi réalisé est aussi sensible que les périkons les mieux réglés, et il présente le grand avantage d’être susceptible d’un réglage immédiat et de n’être pas influencé par les vibrations.
- Des remarques d’ordre pratique sont données par M. A. Barnes, relativement à l’action du temps sur les isolants des bobinages dans les machines. L’effet signalé par cet ihgénieur, consistant en un accroissement de la conductibilité, doit d’ailleurs se pro-
- duire à des degrés différents selon la nature du coton et du vernis employés.
- | Les recherches de MM. C. Féry et C. Ché-neveau sur le rayonnement total et monochromatique des lampes à incandescence ont abouti à quelques résultats qui contribueront peut-être à éclaircir ce problème très délicat et très discuté.
- On lira avec curiosité l’étude un peu paradoxale dans laquelle M. Lincoln déploie une grande ingéniosité pour représenter à l’aide d’une analogie hydraulique le mode d'action des surtensions dans les installations électriques.
- Si prévenu que l’on soit contre ces assimilations un peu simplistes et dont on a tellement abusé, on ne saurait refuser aux idées de M. Lincoln un certain attrait, dû précisément à la franchise et à la hardiesse avec lesquelles les comparaisons y sont poussées.
- Pour traiter la question des courants vagabonds qui se produisent dans les lignes de traction électrique MM. J. et R. Cunliffe ont recherché quels sont les facteurs qui déterminent la résistance d’un circuit de terre.
- Nous donnons enfin un extrait très important d’une description relative à la grande centrale de Gary. Ce n’est pas la première fois que nous entretenons nos lecteurs de cette vaste installation si intéressante à tant d’égards. Il s’agit aujourd’hui du rôle joué à Gary par les batteries d'accumulateurs et par les convertisseurs.
- On trouvera dans nos Variétés des renseignements tout nouveaux sur un dèflagrateur pour émissions pseudo-musicales en télégraphie sans fil.
- On a pu dans cet appareil, en noyant les électrodes dans des piles de lames de mica, éviter certains effets parasites : éclatements prématurés ou formation d’un arc après chaque étincelle.
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- SUR UN NOUVEAU TYPE DE TURBINE A VAPEUR [Suite) (')
- DESCRIPTION DE LA. TURBINE
- Partie à action. — La roue à action, devant résister à des vitesses périphériques importantes, doit présenter toutes les garanties voulues de solidité et de résistance. La méthode de fixation des aubes sur le disque, imaginée parM. Barbezat, est intéressante et a donné entière satisfaction.
- aubes dans la masse, comme le fait de Laval, M, Barbezat a eu l’idée de rapporter à chaud le n\élal nécessaire à leur fixation. La figure 5 fera comprendre sa méthode de construction; là figure 4 montre une roue prête à être soudée, les aubes étant en place et les interaubes maintenues avec des bandages ; la figure 5 montre cette même roue après la soudure, les bandages étant enlevés.
- bis. — Vue latérale de la turbine
- Elle offre les avantages de sécurité de la construction bien connue de Laval dont elle est inspirée, tout en étant moins coûteuse que celle-ci et ne nécessitant aucune machine-outil spéciale. Au lieu de fraiser les (*)
- Les aubes sont obtenues en sectionnant enparliesd’égale longueur bc la barre d’acier au nickel profilée a i fig. 3) telle qu’elle vient du laminoir. Dans chacune d’elles on enlève à l’emporle-pièce la mortaise cl.
- On découpe d’autre part dans de la tôle d’acier autant d’interaubes e,/'qu’il y a d’au-
- (*) Lumière Electrique, •20 novembre 1909, p. -117.
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- LA LUMIÈRE .ÉLECTRIQUE
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- bes ; cés interaubes sont formées d’une partie médiane gh qui épouse exactement l’espace laissé libre par deux aubesconsécutives sur le disque et de deux oreilles e et/'qui seront coupées après soudure et qui servent d’une part au montage de la roue, d’autre part à protéger les aubes contre la chaleur du chalumeau pendant le soudage.
- Après avoir dressé au tour la partie extérieure du disque en forme de bourrelet circulaire cl, on glisse par une ou plusieurs ouvertures mn (qu’on choisira dans l’espace
- Fig. 3. —Construction (les aubes.
- entre deux aubes consécutives) les aubes sur le bourrelet d, et on les maintient au moyen des interaubes e,f et des bandages/», q.
- Le tout étant en place on remplit les espaces « etf simultanément des deux côtés, et successivement sur le pourtour entier du disque, d’acier fondu. Api’ès refroidissement on enlève au tour tout ce qui dépasse le profil définitif uv de la roue.
- Généralement les roues des turbines sont protégées par un bandage circulaire /•. Aux très grandes vitesses périphériques auxquelles tournent ces roues, ce bandage ne se porte plus lui-mème, il doit être maintenu par les aubes et être rivé à celles-ci, ou bien soudé de la façon suivante :
- Des interaubes .r, y, ayant la môme forme quee, f\ mais ayant un pas un peu plus grand
- que celles-ci, sont maintenues par des cercles l, A-, et des bandages p , q . L’extrémité des aubes est soudée aux interaubes, puis le tout remis sur le tour pour enlever ce qui dépasse le profil définitif de la roue.
- Cette construction, bien qu’elle paraisse à
- Fig. 4- — La roue prête à être soudée.
- première vue audacieuse, a donné entière satisfaction. Elle est d’un prix de revient avantageux tout en restant très solide. En coupant la soudure par son milieu . suivant u et v on peut contrôler si celle-ci a été bien faite. On remarquera du reste que l’effort de traction centrifuge exercé par les aubes sur le disque n’est pas supporté par la soudure elle-même mais uniquement par le bourrelet périphérique de ce dernier. Pour celte raison on peut même remplacer la soudure autogène par-une brasure au cuivre sans que la solidité de la roue en soil sensiblement diminuée.
- Partie à réaction. — Les expériences favorables qui ont été faites avec cette nouvelle méthode de fixation des aubes ont déterminé les Usines Bollinckx à former à
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- l’avenir la partie à réaction des turbines suivantes, par une série de couronnes munies d’aubes fixées comme il vient d’ôtre décrit; ces couronnes sont ensjuite serrées sur l’arbre pour ne plus faire qu’un bloc.
- Dans le tambour Parsons, le degré de réaction est 1/2 et reste constant d’un bout à l’autre du tambour. M. Barbezat diminue ce degré de réaction de 1/2 jusqu’à zéro au fur et à mesure que la détente de la vapeur s’opère.
- Fig. 5. — La roue après la soudure, les bandages étant enlevés.
- Ce tambour est de forme conique; celte construction n’est pas plus difficile que la construction étagée et cylindrique si l’on a pris les précautions nécessaires pour empêcher les aubes devenues dissymétriques de se tordre; et elle présente les avantages suivants sur cette dernière :
- i° D’offrir à la vapeur le chemin que celle-ci tend à prendre naturellement sous l’effet combiné de l'entraînement par la force centrifuge et de sa vitesse d’écoulement ;
- 20 De supprimer les pertes dues à la vitesse de sortie de la vapeur, lesquelles dans la construction cylindrique du tambour sont inévi-
- tables aux endroits où le tambour change de diamètre ;
- 15° D’offrir en chaque point du tambour exactement les sections et les vitesses d’écoulement, qu’exige une détente uniforme de la vapeur ;
- 4° De permettre l’emploi d’un seul disque avec un seul jeu de chicanes pour équilibrer la poussée axiale de la partie tournante. — Parsons emploie trois disques spéciaux à cet effet.
- Comme le montre la figure 1, le jeu de chicanes est placé sur le prolongement du tambour lui-même et c’est le fond du tambour qui sert de disque d’équilibrage. Cette disposition élimine l’influence que pourrait avoir un vide variable au condenseur sur l’équilibrage de la poussée axiale. En faisant agir sur le fond du tambour une certaine pression comprise entre les pressions initiales et finales du tambour, on pourra réaliser un équilibre parfait quelle que soit la charge de la turbine et la pression d’admission de la vapeur, parce que pour chaque régime de marche en n’importe quelpointde la turbine, les pressions restent proportionnelles entre elles.
- Turbine proprement dite comme partie à action. — La roue à action et le tambour à réaction sont pressés sur un arbre rigide qui tourne dans deux paliers à rotules, fixés sur le socle et indépendants du carter de la turbine (fig. 6). L’arbre porte à l’une de ses extrémités le régulateur de vitesse genre de Laval et commande le tachymètre placé en bout de la turbine; à l’autre extrémité de l’arbre se trouve le manchon d’accouplement à griffes.
- Pour régler la position du rotor par rapport au palier de buttées et au carter, un manchon à rainures peut être déplacé axiale-ment au moyen d’un jeu de vis. Les boites à bourrages comprennent un anneau de graphite en trois pièces serrant sur l’arbre et un joint à chicanes métallique ; les buées de vapeur des fuites sont conduites au dehors du local par deux petits ventilateurs calés sur l’arbre.
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- Le graissage sous pression est assuré par une petite pompe à piston Worlhington indépendante, placée sur le côté du socle de la turbine (fig. i, 2 et 6). Elle reçoit de la vapeur à la pression des chaudières et la rejette dans la turbine après la roue à action.
- L’admission dé vapeur est réglée par un pointeau soumis à l’action de la pression d’huile ; si cette pression tend à tomber, le pointeau ouvre l’arrivée de vapeur, et il la referme dans le cas contraire. Une partie du socle dé la turbine forme réservoir d’huile.
- admission, et relié au sèrvô-moteur par deux conduites distinctes (fig. 6).
- En distribuant cette huile sur l’une ou l’autre des faces du piston du. servo-moteur placé en bout de la vanne de réglage, le régulateur ouvre ou fermé indirectement l’entrée dé vapeur à la Lurbine. Un jeu de leviers visibles sur la figure 6, formant relais, rappelle le robinet de distribution d’huile dans sa position de repos dès que le servomoteur a agi.
- Pour empêcher la turbine de s’emballer
- Fig. 0. — Turbine à vapeur système Barbezat construite par les Ateliers Bollinckx.
- La pompe aspire de ce réservoir et refoule l’huile sous i,f> atmosphère de pression dans une nourrice, et de celle-ci dans les deux paliers et dans le servo-moteur du régulateur. L’huile est filtrée par une série de toiles métalliques avant de retomber dans le réservoir du seele, où elle est en outre refroidie par un serpentin d’eau.
- Le régulateur de vitesse n’agit pas directement sur la vanne de réglage placée horizontalement au-dessus du socle : il ouvre ou ferme un robinet d’arrivée d’huile sous pression, placé dans le corps du palier, côté
- dans le cas où le régulateur d’admission ne fonctionnerait plus, et pour arrêter la turbine si la pression de l’huile venait à tomber, l’entrée de la vapeur à la turbine dépend en outre d’une vanne de sûreté chargée par un ressort, et qui en se déclenchant ferme l’arrivée de vapeur. A cet effet, le déclic de la vanne de sûreté (fig. 6) est placé devant l’arbre de la turbine, lequel en cet endroit est percé de part en part et porte : i° un pendule maintenu par un ressort et soumis à l’action de la force centrifuge ; 20 un petit piston soumis à la pression de l’huile de grais-
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- sage. Au delà d’une certaine vitesse de rotation, le pendule sort de l’arbre, vient frapper sur le crochet auquel la vanne est suspendue, et ferme celle-ci. lien est de même si la pression d’huile qui agit sur le petit piston vient à tomber.
- Après avoir passé par ces différents organes de réglage et de sûreté, la vapeur se détend à travers i i tuyères sur la roue à action. Une vanne de surcharge placée sur le côté du carier (fig. 6) permet d’ajouter à ces ii tuyères 4 tuyères supplémentaires et d’augmen-
- ter dans ce rapport la puissance de la turbine.
- Celle-ci avait été prévue pour une puissance effective de aoo à bon chevaux et 3 «ou tours par minute.
- La pression d’admission normale, devait être de io atmosphères absolues, la surchauffe de abo à a8o° C, elle vide au condenseur o|ttt,«8. par centimètre carré.
- (A suivre.)
- P. Andkk,
- Ingénieuc aux. Ateliers de Construction llollinckx.
- ESSAIS DE COMMUNICATIONS AVEC UN NOUVEAU MICROPHONE POUR LONGUES DISTANCES {Suite et Fin)(l)
- TÉLÉPHONIE A LONGUES DISTANCES SUR LES CIRCUITS INTERNATIONAUX
- a) Essais de téléphonie entre Stockholm et Berlin.
- Le 3o et 3i mai et les i et rt juin 1909 des essais ont été faits pour la téléphonie au moyen de notre microphone entre Stockholm et Berlin. Le résultat de ces essais a été excellent. Le son reçu à Stockholm était à peu près de la même force qu’en téléphonant entre Stockholm et Norrkoping (Distance 180 kilomètres) (2).
- Ces essais ont été faits sous l’assistance et le contrôle de l’Administration allemande des Postes ainsi que des administrations danoise et suédoise des Télégraphes.
- Nos appareils étaient accouplés comme appareils ordinaires d’abonnés à Berlin et à
- p) Lumière Electrique, 20 novembre 190g, p. 237.
- (2) Pour ces premiers essais on employait un courant beaucoup plus fort qu’il n’est nécessaire, ce qui causait une forte transmission <lu son sur les autres lignes téléphoniques.
- Pour les détails, voir plus loin.
- Stockholm. La ligne de Berlin était en cuivre de a"1"1 et allait via Fehmarn, suivait le câble sous-marin allemand-danois et continuait via Copenhague et Ilelsingôr-Helsing-borg à Stochholm. En Suède, une ligne de cuivre de 4mn\o était employée.
- La longueur totale du circuit était 1 ago*5"' dont :
- a^8km fil de cuivre de 5mm,o 669'“". » » » 4ram,5
- 43km câbles de terre et câbles sous-marins.
- La distance totale de'la communication entre Stockholm ne devrait pas être trop grande pour pouvoir y employer aussi les appareils téléphoniques ordinaires, mais le grand nombre de câbles s’y oppose.
- b) Essais de téléphonie entre Stockholm et Cologne.
- Les 5 et 6 juin 1909 des essais téléphoniques ont été faits entre Stockholm et Cologne sous l’assistance et le contrôle de l’Administration allemande des Postes et des Administrations suédoise et danoise des Télégraphes.
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- Le résultat de ces essais fut encore excellent. En Allemagne on employait une ligne de cuivre de 4m"\5 allant via Hambourg, par le câble sous-marin allemand-danois, et par une ligne de 4mn\° via Copenhague et de Helsingor à Helsingborg et ensuite par une ligne de 4m"\5 à Stockholm.
- La distance totale du circuit était d’environ i512 hm dont :
- i ioih,n fil de cuivre de 4™"S5 363km » » » 4mmi°
- 48km câbles de terre et câbles sous-marins.
- Dans ces essais, un rhéostat (sans induction) était accouplé comme shunt entre les contacts extérieurs de l’appareil à Stockholm. La résistance de ce rhéostat pouvait être diminuée jusqu’à ioo ohms sans que la possibilité d’une conversation cessât. La force du son reçu à Cologne était suffisant pour la téléphonie commerciale même avec un shunt aussi faible que iào ohms sur l’appareil à Stockholm.
- On peut estimer à 700-800 ohms la résistance d’une ligne aérienne de 4n,1I\5 pour le courant téléphonique au départ. Il résulte donc de ces essais que le nouveau microphone est beaucoup plus fort qu’il n’est nécessaire pour téléphoner entre Stockholm et Cologne.
- c) Essais téléphoniques entre Stockholm et Paris.
- Les ii et 12 juin 1909 des essais téléphoniques au moyen de nos microphones ont été faits entre Paris et Stockholm sous l’assistance et le contrôle des Administrations de Télégraphes .française, allemande, danoise et suédoise.
- Même sur cette distance, une communication excellente fut obtenue. Parmi ceux qui ont essayé cette communication nous mentionnons Mm° Allizé, qui parlait à Paris avec son mari, ambassadeur à Stockholm. L’articulation de la voix féminine était parfaitement rendue.
- La ligne, sur le continent, comprenait en
- premier lieu un fil de cuivre de 5mm allant de Paris à Francfort-sur-Mein et ensuite à Hambourg, puis elle se continuait par le câble sous-marin allemand-danois en Danemark et via Copenhague, Helsingor et Helsingborg à Stockholm. En Danemark et en Suède les lignes était de cuivre de 4mn\5.
- La distance totale de la ligne employée à ces essais entre Paris et Stockholm était 2 y.70km, dont :
- 1 19<>km fil de cuivre de 5mm,o 669km » » » » 4'" "S 5
- 363km » » » » 4n"ni°
- 48k'u câbles de terre et câbles sous-marins.
- A cette ligne de Stockholm à Paris on accouplait encore la ligne de Stockholm à Sundsvall (distance 58ikm). Le son de Paris était bien compréhensible à Sundsvall, de sorte que la communication téléphonique entre Paris et Sundsvall s’est montrée être possible.
- Dans tous ces essais le nouveau microphone à haut courant travaillait avec un courant d’alimentation d’environ 1 ampère. Il peut aussi bien travailler avec un courant beaucoup plus fort si cela était désirable dans un cas spécial. Cependant le courant de 1 ampère était suffisant même pour la téléphonie aux plus longues distances.
- A l’occasion des essais téléphoniques entre Stockholm et Paris, nous n’avons pas pu faire faire des essais d’accouplement d’un shunt, par suite du temps limité pendant lequel la ligne était à notre disposition. A juger de la force du son, une diminution im-portante de la force du courant devrait cependant être possible sans que la possibilité d’une conversation en souffre.
- Spécialement à l’occasion des essais téléphoniques entre Berlin et Stockholm, on a pu observer une forte transmission de son de la ligne employée pour les essais sur les lignes voisines. La transmission de son était plus forte sur les lignes allemandes que sur
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- le circuit danois ou suédois, par suite de l’accouplement en forme de croix usité en Allemagne (avec des distances relativement grandes entre ces accouplements), tandis que les autres lignes sont mises en forme d’hélice.
- Des essais faits plus tard par l’Administration des Télégraphes sur les circuits interurbains suédois ont montré que môme, quand le microphone à haut courant travaille à toute force, aucune transmission de son ne sera observée, pourvu que les lignes soient exemptes de défauts. Si elles ont par exemple des dérivations, une induction se montrera qui cependant ne sera pas gênante si les conduites ne sont pas très mauvaises.
- En adaptant à l’appareil un shunt absorbant une partie du courant, l’intensité du courant parlant peut être réglée à volonté. L’accouplement du shunt peut être fait de la manière décrite ci-dessus à l’occasion de la communication téléphonique entre Stockholm et Cologne. Les appareils qui seront mis sur le marché seront probablement pourvus d’un dispositif de shunt tel qu’il ne sera pas nécessaire d’employer un courant plus fort qu’il n’est désirable pour chaque distance. De cette manière, ces appareils pourront aussi être employés sans aucune difiicullé
- pour les lignes accouplées en forme de croix.
- ESSAIS Dlî TÉLÉPHONIE SANS .FIL
- Nous avons à plusieurs reprises essayé nos microphones pour la téléphonie sans lil. Dans ce but nous avons employé des modèles et des constructions spéciales s’adaptant sans difficultés à un courant constant de io à i5 ampères.
- Nous avons en premier lieu essayé nos appareils chez l’ingénieur danois Valdemar Poulsen(').
- Nos derniers essais entre les stations sans fil de Poulsen à Lyngby et à Esbjerg en Danemark ont été faits le ag et le 5o juin 1909. Notre microphone à haut courant était installé au poste parleur à Lyngby. Le son était bien compréhensible au récepteur à Esb-
- jei’g-
- La distance est d’environ '>.8<>k'". Le microphone, placé à Lyngby, envoyait un courant à haute fréquence d’environ 6 ampères.
- C. Egneh et J. (junnar-IIolmsthOm.
- (') Dont 011 connaît les travaux sur les vibrations électriques non arretées en télégraphie et en téléphonie sans lil.
- DÉTECTEURS A CONTACTS IMPARFAITS FONCTIONNANT SANS SOURCE D’ÉNERGIE AUXILIAIRE
- Les détecteurs à contacts imparfaits, utilisés en télégraphie sans fil avant 1907, nécessitaient, tout au moins pour que leur sensibilité fût suffisante, l’emploi d’une source d’énergie auxiliaire.
- Le contact imparfait élait intercalé dans un circuit de pile ; sous l’action des oscillations, la résistance apparente de ce contact était
- modifiée, le courant de la pile variait brusquement et cette variation était décelée, soit par un appareil enregistreur, soit par un téléphone.
- La nature des corps employés, limailles, charbon, mercure, etc., ne semblait avoir d’autre effet que de modifier la résistance du contact et de rendre plus ou moins grande
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- sa faculté de varier sous l’action des oscillations. La réception était déterminée par le courant de la pile auxiliaire, déclenché ou non par les oscillations.
- Toutefois, certains détecteurs à liquides, comme le détecteur, électrolytique, pouvaient aussi être employés de façon différente ; mais alors leur sensibilité était très médiocre.
- Le détecteur électrolytique est un redresseur de courant : si les oscillations reçues sont assez énergiques, elles peuvent actionner un téléphone monté aux bornes de l’appareil.
- Toutefois, ce n’est là qu’un mode d’emploi. exceptionnel, tout au moins avec les détecteurs électrolytiques de construction courante, car la sensibilité du détecteur « sans source auxiliaire » est médiocre.
- Une nouvelle classe de détecteurs à contacts imparfaits entre corps solides est apparue en 1907 : le rôle du contact imparfait y est tout différent.
- Ces détecteurs ont une très grande sensibilité, souvent supérieure à celle des autres détecteurs connus, et cela sans pile auxiliaire.
- Les premiers types en furent présentés par l’ingénieur américain Pickard; son « Silicon » comportait un contact entre une fine pointe d’acier et un morceau de silicium poli. Il avait à peu près la môme sensibilité que le détecteur électrolytique et fut remplacé rapidement par le « perikon » du même inventeur (1907).
- Le perikon est constitué par un contact de faible surface, sous faible pression, entre un cristal de chalcopyrite (pyrite de cuivre) et un cristal de zincite (oxyde de zinc coloré en rouge par du ferrate de manganèse, gisement de Sterling—ITill).
- Les cristaux sont enchâssés dans de petits culots montés en regard ; on les met en contact par leurs arêtes vives, et la pression au contact est réglée par un petit ressort à boudin.
- Lors des expériences de téléphonie sans fil effectuées en France au printemps de 1908
- par M. de Forest, nous avons été frappés de la supériorité du perikon sur les détecteurs électrolytiques ordinaires, supériorité marquée surtout pour la réception des ondes entretenues, et avons commencé aussitôt les recherches expérimentales nécessaires pour l’explication du phénomène utilisé dans les détecteurs de ce genre.
- L’on sait que les détecteurs à gaz ionisés de Fleming et de Forest sont d’une sensibilité plus grande que les autres types de détecteurs, en en exceptant le périkon, pour la réception des ondes entretenues. Il était assez naturel de se demander si, dans de telles conditions, il n’y avait pas une certaine analogie de fonctionnement entre les valves et les détecteurs à cristaux. En remarquant en même temps que les cristaux de perikon donnaient lieu à des forces électromotrices de contact notables, nous fumes amenés à croire que le phénomène principal utilisé était un phénomène de polarisation, que le cristal se , comportait comme un électrolyte solide.
- Encouragés dans nos recherches par les précieux conseils de MM. Blondel, Ferrié, Vallerand, Villard, nous avons étudié, en avril et mai 1908,un grand nombre de détecteurs à cristaux.
- Le contact était établi, soit entre deux cristaux, soit entre un cristal et un corps simple. Les cristaux étaient enchâssés dans des amalgames d’étain solides à température ordinaire.
- Les cristaux et corps simples ou composés employés furent les suivants : « zincite, chalcopyrite, pyrite de fer, galène, bioxyde de manganèse mélangé de graphite ou de charbon, malachite, blende, haussmannite, braunite, pyrolusite, jacobsite, franklinite, les graphites de Sibérie, de Norvège, de Geylan, le graphite lavé, le graphite de coke, le zinc pur, cristallisé ou non, le cuivre, l’acier, le manganèse, le chrome, les ferro-manga-nèse, les ferro-chrome, la cobaltine, la pana-base, l’aluminium, le plomb, le silicium, l’éponge et la mousse de platine, la tourmaline, les magnésio-ferrites. Parmi les corps qui
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- donnaient les meilleurs résultats, nous citerons en dehors de la chalcopyrite et de la /.incite, le zinc avec les pyrites, avec certains échantillons de bioxyde de manganèse. Le zinc pouvait être remplacé par d’autres métaux comme le fer, ou par des cristaux, galène, etc.
- Dans certains cas, par exemple avec le 1er et le bioxyde de manganèse mélangé de graphite, le résultat était amélioré par l’emploi d’ùne faible force électromotrice auxiliaire ; l’afmélioration était d’ailleurs peu sensible.
- Les associations de corps qui formaient de bons détecteurs correspondaient à des forces électromotrices de contact notables de l’ordre du microvolt.
- Les pressions étaient telles qu’il ne pouvait s’agir de phénomènes de piézoélectricité. On remarqua avec certains cristaux des renversements de la force électromotrice mesurée, renversements provenant vraisemblablement des impuretés de la matière. Ces renversements .furent très sensibles avec les braunites et les haussmannites. Le contact du cristal avec l’amalgame joue évidemment un rôle important ; il y a là production d’une très lente décomposition du corps enchâssé.
- Par la suite, M. Tissot a émis l’idée que le phénomène était simplement d’origine thermo-électrique : il a fait a ce sujet des expériences intéressantes.
- Il semble que, si l’idée de M. Tissot était exacte, on devrait obtenir des l’ésultats excellents en mettant en contact des corps simples, les uns fortement électro-positifs, les autres fortement électro-négatifs, ce qui n’est pas. Les détecteurs thermo-électriques de Blondel, Drüde, Schaeffer, ainsi constitués, sont peu sensibles ; pourtant, dans ces détecteurs, toutes les précautions ont été prises pour réaliser des élévations de température notables ; dans les délecteurs à cristaux, au contraire, la surface du contact n’est pas très petite, la masse à échauffer est grande et simplement placée dans l’air où son refroidissement est considérable.
- Braun, qui étudia en particulier les contacts
- entre oxydes et entre sulfures a montré nettement, par des expériences calorimétriques, que le phénomène n’était pas thermo-électrique. MM. Pieree et Austin ont môme constaté que le courant rectifié par le cristal était en opposition avec le courant obtenu en chauffant le contact. Fleming et Sachs se sont prononcés dans le même sens que Braun.
- L’hypothèse de M. Tissot ne semblant pas devoir prévaloir, nous croyons que le phénomène est identique à celui des détecteurs à électrolyte liquide. II y a variation de résistance d’un contact imparfait sous l’action des oscillations, les deux électrodes donnant lieu au moment de leur rapprochement à un phénomène de polarisation.
- Un grand nombre de détecteurs à cristaux ont été étudiés depuis 1908 à l’étranger. Nous citerons en particulier le détecteur allemand à galène et graphite, et surtout le détecteur de Otto von Bronk, à galène et tellure.
- Avec beaucoup d’autres expérimentateurs, nous avons été amenés à reprendre un certain nombre de corps étudiés par Branly depuis 1896.
- Mais le montage et le fonctionnement des détecteurs ainsi constitués est, comme on l’a vu, tout différent de celui des cohéreurs.
- Le Silicon de Pi'ckard se rapproche toutefois beaucoup des trépieds de Branly.
- Fleming a signalé l’-emploi de l’anastase (oxyde de titanium cristallisé), et des tellu-rures d’argent ou d’or.
- Le fonctionnement des détecteurs à cristaux peut se rapprocher de celui des détecteurs éleclrolyliques à anode de plomb qui fonctionnent bien sans pile auxiliaire; le contact plomb-électrolyte est alors actif.
- Les détecteurs à cristaux ont le grave inconvénient de demander un réglage préalable qui nécessite une transmission auxiliaire ; il faut en effet chercher par tâtonnements les points du cristal qui correspondent à la sensibilité maxima ; le moindre déplace-
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- ment fait tomber la sensibilité à une valeur très inférieure.
- Les vibrations dérèglent très facilement l’appareil et le télégraphiste doit le surveiller continuellement et le vérifier fréquemment.
- Dans certains cas, avec les détecteurs à pyrite par exemple, on a été amené à suspendre l’instrument.
- Un tel appareil expose à de fréquentes interruptions pendant les réceptions.
- Nous avons cherché à obvier à ces inconvénients et nous avons obtenu une bonne solution du problème en utilisant à la fois le phénomène de conductibilité unilatérale du carborandum connu depuis longtemps (Dun-woody, Pierce, Braun, etc.), et les phénomènes produits, au contact imparfait de certains cristaux ou autres corps simples ou composés. Les détecteurs de Dunwoody, basés sur l’emploi d’une masse de carborandum enchâssée entre deux électrodes, sont peu sensibles.
- Le phénomène de conductibilité unilatérale de la niasse cristalline, même pour les meilleurs échantillons, n’est pas assez accusé pour permettre d’obtenir une sensibilité aussi grande que celle des bons électrolytiques.
- Dans le montage que nous avons proposé en septembre 1908, l’échantillon de carborandum n’est enchâssé que dans une seule électrode au moyen d’un amalgame.
- Il se termine de l’autre côté par une pointe ou arête provenant de cristallisation au moment de la fabrication.
- Contre l’arête vive, on peut amener en contact un corps simple bon conducteur ou un autre corps ayant une conductibilité unilatérale de même sens que le carborandum. La pression au contact doit être faible.
- Quand l’appareil est employé comme détecteur, on utilise deux sortes de phénomènes, celui de la conductibilité unilatérale de la
- masse de cristal et enfin les phénomènes de contact des détecteurs à cristaux déjà étudiés, ces derniers ayant une importance prépondérante.
- La sensibilité est beaucoup plus grande qu’avec les détecteurs Dunwoody, ce qui montre le rôle primordial du contact.
- On n’augmente pas sensiblement la sensibilité de l'appareil en employant comme électrode auxiliaire un autre cristal à conductibilité unilatérale. On réduit beaucoup cette sensibilité en cassant la pointe de façon à lui substituer une autre aspérité aussi aiguë mais ne provenant plus de cristallisation ; ces deux expériences prouvent que le rôle principal est joué par le contact et non par la masse du cristal.
- On a obtenu de très bons résultats avec les carborandum de Brünn, de la Baltie et du Niagara. La deuxième électrode était constituée par une petite surface granuleuse de platine ou d’argent. .
- On peut employer d’autres métaux quelconques, ou des cristaux, galène, pyrites, etc. L’appareil est, sans pile auxiliaire, aussi sensible que les perikous les mieux réglés.
- Il n’y a pas de points spéciaux à chercher sur le cristal ; le réglage est immédiat, dès qu’on établit le contact à faible pression contre la pointe vive du carborandum ; il est inutile de disposer d’une transmission auxiliaire.
- Les vibrations n’ont aucune action sur le détecteur.
- Plusieurs cristaux sont montés sur la même électrode, pour le cas où une pointe de l’un vient à se briser. Un cristal à pointe brisée fonctionne comme détecteur Dunwoody ; la masse seule entre en jeu; la sensibilité est très réduite et peut alors être légèrement augmentée par l’emploi d’une force électro-motrice auxiliaire.
- P. Brenot.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le vieillissement des isolants recouvrant les conducteui’S des machines. — A. Barnes. — The Electrical lïeview, 8 octobre 1909.
- L’auteur signale le phénomène suivant, observé par lui sur un alternateur monophasé, à n paires de pôles, du type à armature tournante sans fer. La machine en question est vieille de dix ans environ. Les 24 bobines de champ sont toutes connectées en série et la tension d’excitation est de 100 volts.
- En mettant la main sur la partie isolée de l’une des bobines de champ d’un côté de l’armature, et l’autre main sur la bobine correspondante de l’autre côté de cette armature, on recevait une secousse assez forte, du moins pour 5 des 12 paires de pôles. A première vue, ceci fut attribué à la charge d’électricité statique, mais quelques expériences firent écarter cette interprétation.
- Finalement on constata que lorsque la tension était de 60 volts aux bornes de deux des bobines en question, on avait 3o volts entre l’extrémité d’une bobine et un chiffon humide placé sur la partie isolée de la bobine opposée : ce qui témoignait de fuites considérables à travers l’isolant. En réalité le voltmètre employé était électromagnétique, mais comme sa lecture la plus basse était de 3o volts, on ne pouvait pas obtenir un résultat bien correct. Il est probable qu’entre les isolements de deux bobines correspondantes la tension était de i5 volts environ.
- L’isolement des bobines était constitué par une double couche de coton soigneusement vernie à l’extérieur (c’est-à-dire à l’endroit où l’on mettait la main), et c’était à travers ce coton et ce verni que la fuite se produisait. En revernissant, on fit disparaître absolument la perturbation. La machine était d’ailleurs parfaitement sèche et l’isolement très bon avec la terre et les connexions à haute tension.
- Il semble donc que les vernis et le coton tendent à devenir bons conducteurs en vieillissant.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Sur le rayonnement total et monochromatique des lampes à incandescence.— C. Féry et C. Chéneveau. — Académie des Sciences, séance du 8 novembre 1909.
- I. Lampe à incandescence à filament de charbon. — i° Si l’on mesure la température absolue T du filament (*) en fonction des watts W, on remarque que la relation très simple
- W = a T* * 4 * [a — 2,90. 10—12)
- représente très exactement là loi observée. Ceci montre que les pertes par conductibilité et par .convection deviennent négligeables quand la température du filament atteint i5oo° à igoo1* C., puisque la seule loi de Stéfan représente le phénomène.
- Les pertes par conductibilité sont évidemment proportionnelles à l’excès de la température du filament sur celle de ses supports. Or, ce filament n’a que omm,o3 de diamètre, et sa longueur est très grande (6o‘m), ce qui fait que celte perte est petite.
- D’autre part, il est bien probable que les calories entraînées par convection sont sensiblement proportionnelles au carré de l’excès de la température de l’ampoule sur l’air ambiant. Dans un travail remarquable sur la détermination de l’équivalent mécanique de la lumière, le Dr Drysdale (2) a montré expérimentalement que cette perle n’est que de 1 à 2 % de l’énergie totale dissipée par la lampe. Il se servait pour cela d’un calorimètre spécial recevant le courant d’air chaud qui s’élève au-dessus de l’ampoule. La formule la plus générale représentant le phénomène complexe paraît donc être W = «T4 -f 6T2 + cT
- en négligeant t, température ambiante, devant T, T2 et T4, et dans cette formule le seul terme important est le premier.
- 20 Les auteurs ont trouvé que la fonction
- (*) Cette mesure se faisait à l’aide du pyrômetre opti-
- que à absorption, déjà décrit par C. Féry, J. Phys.,
- 4e série, tome III, 1904, p. 32.
- (2) J. de Physique, 4° série, tome VII, 1908, p, 872.
- G. M.
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- I — f (W), dans laquelle I représente l’intensité lumineuse, est de la forme exponentielle.
- D’après la loi du rayonnement monochromatique et celle du déplacement, qu’on peut combiner avec la précédente, on a, en effet :
- _ 32,05
- I = a,o8.io«e y/w
- Cette relation a été vérifiée, dans de larges limites, soit par les méthodes photométriques ordinaires, soit à l’aide du photomètre à lecture directe présenté de M. C. Féry (').
- La loi de proportionnalité des intensités lumineuses au cube des watts n’est donc que grossièrement approchée, sauf au voisinage du régime normal de la lampe.
- II. — Lampe à incandescence à filament de tungstène. — Pour une telle lampe, on commettrait une erreur évidente dans l’évaluation même approchée de la température du filament de la lampe, si l’on supposait son rayonnement égal à celui du charbon.
- Les auteurs ont pensé que l’étude du rayonnement d’un métal inoxydable, tel que le platine, pouvant être chauffé à l’air, leur donnerait l'ordre de grandeur des coefficients de la loi du rayonnement d’une surface de métal à pouvoir réflecteur élevé comme le tungstène.
- Un pyromètre optique, étalonné par rapport au platine, a permis alors de mesurer la température absolue T d’un manchon en toile de platine chauffé dans la flamme d’un bec Méker à air soufflé. A ce moment, si l’on mesure à l’aide d’un télescope pyrométrique à miroir doré, la radiation totale W (2), on pourra déterminer la loi qui la relie à la température absolue T; on trouve que.:
- W — «i T4,6 («, = 1,89.10 — 12).
- En admettant qu’une loi analogue s’applique au filament de tungstène, c’est-à-dire que l’énergie en watts dépensée dans la lampe est proportionnelle à la puissance 4,6 de la température absolue, on trouve que l’intensité lumineuse est donnée, en fonction de la puissance électrique, par la relation
- — 27.<i:;
- I = 3,o8.iof,e y/W
- () C. FiiRY, J. Phys., 4e série, tome VII, 1908, p.63a. p) En réalité, la radiation totale W est exprimée ici par la déviation qui lui est proportionnelle.
- Ges diverses lois mènent, entre autres résultats intéressants, à ceux-ci qui sont conséquence l’un de l’autre :
- En régime normal, la température du filament de la lampe à charbon est moins élevée (1780° vulgaires que celle du filament de tungstène (1875° vulgaires) (*).
- Le rendement spécifique de la lampe à filament métallique est plus grand ^0,82 -—^ que celui
- de la lampe à filament de charbon ^0,29
- Ce dernier fait, déjà sanctionné par la pratique industrielle, est ainsi expliqué d’après des considérations théoriques sur le rayonnement.
- A. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Sur le mode d’action des surtensions dans les installations électriques. — M. Lincoln. —Pro-ceedirigs of the American Institute of Electrical Engi-neers, novembre 1909.
- L’auteur cherche en premier lieu à donner une idée nette de la façon dont interviennent les surtensions, au moyen d'une analogie hydraulique.
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- a o
- Fig. 1.
- La figure 1 représente hydrauliquement une transmission de courant triphasé, avec les appareils générateurs d’une part, et les appareils récepteurs de l’autre : a représente une pompe à trois pistons
- (•) MM. Luminer et Kurlbaum (Deutsch. phys. Ges., tome II, 1900, p. 89) ont indiqué, en 1900, que l’intensité de la lumière émise par le platine tend à devenir proportionnelle à la 12e puissance de la température absolue, vers 1.900’.
- M. Chrétien [Ass. française avanc. Sciences, Congrès de Lille, 1909) présente à nouveau cette loi empirique pour la lampe à filament de charbon; elle n’est vraie, selon MM. C. Féry cl C. Chéncveau, que pour de petits intervalles au voisinage du régime normal de la lampe. Seule la formule exponentielle leur paraît bien démontrée dans de larges limites.
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- décales de 1200; c représente la pompe correspondant à la station réceptrice, et bbb sont les tuyaux qui relient les deux pompes et transmettent l’énergie de la première à la deuxième. On peut maintenant supposer que les parois des tuyaux b soient parfaitement flexibles (que ce soient, par exemple, des tuyaux de caoutchouc). Ceci donne l’image de la capacité statique dans l’installation électrique. D’autre part, le poids ou l’inertie du liquide qui circule représentent l’inductance ou la réactance du circuit électrique. Enfin le frottement de l’eau contre les parois des tuyaux et des cylindres correspond, bien entendu, à la résistance ohmique.
- Dès lors, un accroissement de capacité se traduit par un accroissement de la flexibilité des tuyaux de caoutchouc. De même pour les .autres caractéristiques de l’installation.
- Gomment s'interprétera dans cette représentation une surtension électrique? On peut supposer que l’on injecte brusquement dans les tuyaux b, en un certain point situé entre les pompes a et c, une
- Fig. a.
- quantité de liquide qui les gonfle brusquement en ce point. Si le tuyau n’est pas très résistant, ses parois se rompent. Si, au contraire, le tuyau est assez robuste, il ne se rompra pas et le liquide s’écoulera dans les deux sens. Dans le premier cas, sur la ligne électrique, il y aura rupture de l’isolement, dans le second cas, écoulement de la décharge.
- Or, en reprenant l’analogie hydraulique on sait que l’inertie du liquide, combinée avec l’élasticité des parois, aura pour effet de faire prendre aux tuyaux la forme de la figure a, en sectionnant le ren-
- Fig. 3.
- flement primitif en deux renflements d’importance décroissante, et qui se propagent en sens contraires. C’est toujours au point central que la tendance à la rupture est maxima, et cette tendance diminue de plus en plus au fur et à mesure que l’onde perturbatrice s’éloigne.
- Ce qui précède concerne la propagation de la per-
- turbation le long de la ligne. Qu’arrivera-t-il lorsqu’elle atteindra l’une des deux stations extrêmes?
- Pour représenter hydrauliquement la grande capacité et. la grande inductance (relativement à celle de la ligne) des générateurs ou transformateurs qui s’y trouvent, on supposera, par exemple, que les parois élastiques des tubes sont beaucoup plus minces que pour les tuyaux b et que le liquide-qui circule aux extrémités est un liquide très lourd (mercure, au lieu d’eau, par exemple).
- Fig. 4.
- C’est ce que représente schématiquement la figure 1. Lorsque la perturbation qui s’est produite sur la ligne b atteint le point p qui correspond aux bornes du générateur ou du transformateur, il se produira les phénomènes suivants :
- i° Une partie de l’énergie de l’onde incidente sera réfléchie sur la ligne b\ ;
- •2° Le reste de cette énergie se propagera dans la section b3, qui correspond au générateur, mais avec une vitesse bien plus faible, d’une part parce que le liquide est plus lourd, et d’autre part parce que la force élastique des parois est beaucoup moindre;
- R 1\
- y
- Fig. 5.
- ;î° L’inclinaison moyenne de l’onde sur sa trajectoire est beaucoup plus grande pour les mêmes raisons.
- C’est ce que représentent les figures !\, 5 et 6, qui correspondent aux phases successives du. phénomène.
- D’après l’auteur, le plus important de ces trois effets serait le troisième. Si l’on considère par exemple les points pi p2 de la figure 5, on voit qu’entre
- Fig. 6.
- pi et p2 la tendance à crever le tuyau est grande, et si l'on suppose que la position ba de ce tuyau> au lieu d’être rectiligne, comme sur la figure, soit enroulée en bobine, et qu’il y ait une spire complète entre
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- p\ et le liquide tendra à sortir de cette spire pour pénétrer dans la spire voisine.
- Il en est exactement de meme dans l’installation électrique, ce qui veut dire en somme que la décharge est bien plus dangereuse pour l’isolement entre spires (d'une même bobine) qu'entre un fil de transmission et la terre.
- En partant de ces idées, l'auteur établit l'excellence des dispositifs de sécurité suivants :
- Fil de garde aérien, parafoudres, mise du point neutre à la terre, isolement soigné des spires d’une même bobine.
- T. D.
- TRACTION
- Les courants vagabonds dans les lignes de traction électrique. — J. et H. Cunliffe. — Journal of the Institution ofEiectrical Engineers, septembre I9°9*
- Il résulte d’une série d’essais exécutés par les auteurs que les données du problème des courants vagabonds en traction sont à peu près les suivantes :
- i° On peut regarder la terre comme une masse de conductibilité presque parfaite avec un potentiel uniforme.
- *2° La valeur normale de ce potentiel peut être altérée par des causes locales (telles qu’un conduc-teurnu parcouru par un courant) et dans le voisinage immédiat de ces causes.
- En pratique, on peut fixer à 90cm environ la distance limite à laquelle une ligne de traction ayant une chute de potentiel normale par kilomètre exerce son influence. Aux distances supérieures, le gradient de potentiel devient si faible qu’il ne peut être décelé que par des instruments de haute précision.
- 3° Les facteurs qui déterminent la résistance d’un circuit de terre sont :
- D’une part :
- «) La longueur du circuit ;
- ù) La surface des électrodes ;
- c) La résistivité du terrain.
- D’autre part :
- d) \La tension appliquée ;
- e) La polarisation et la dépolarisation ;
- f) L’activité ou la passivité du fer ;
- g) Les propriétés physiques du teiTuin.
- On peut représenter cette résistance par la formule suivante :
- dans laquelle :
- a est une fonction de la résistivité du terrain et des dimensions des électrodes ;
- une fonction des dimensions des électrodes seules ;
- D, la longueur du circuit ;
- fl, une fonction des dimensions des électrodes et de la distance D.
- On voit de quelle manière complexe intervient la surface des électrodes. Or, si l’on évalue la surface de contact d’une voie ferrée par kilomètre,on trouve un chiffre considérable, qui justifie l’importance des courants vagabonds dans la traction électrique.
- Pour une intensité de trafic donnée, la valeur du courant vagabond est à peu près proportionnelle au cube de la longueur de la section.
- Les remèdes proposés par les auteurs consistent :
- d) A ne pas faire de sections très longues, pour la raison qui vient d’être donnée, et aussi pour réduire les perturbations magnétiques.
- b) A limiter la perte dans le rail pour réduire le danger de corrosion. Ceci concerne la passivité du fer, troisième des conditions secondaires énoncées plus haut (M.
- T. E.
- USINES GÉNÉRATRICES
- L’emploi des batteries-tampons à l’usine de Gary (Indiana 2£.-ÏJ.)— L. Woodbridge. — Proceedings of the American Institute of Eiectrical En-gineers, juillet 1909.
- Nous avons déjà donné (2) une description de la
- (*) Voir sur la même question :
- E. B. Wedmohe. Earlh current derived from Return circuits. Journal of the Institution of Eiectrical Engi-neerst vol. XXXI, p. 576, 1902.
- . Claude. L'Eclairage Electrique, vol. XXIV, p. 141, 19°° •
- Larsen. Elektrotechnische Zeitschrift, vol. XXIII, p. 841, 1902.
- Haiier et Goldsciimidt. Passivity of Iron. Zeitschrift fur ElektrochemieP vol. XII, p. 49, 1906.
- (2) Lumière Electrique, 14 août 1909, p. 209.
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- grande usine de Gary, installée par l'Indiana Steel Go, et signalé l’existence dans cette puissante centrale d'une batterie d'accumulateurs (') dont l'importance sera peut-être encore accrue. Nous faisions en même temps ressortir que l'emploi d’une batterie dans une installation sidérurgique est assez courant aux États-Unis. Il n’est donc pas sans intérêt d'ajouter ici quelques détails sur le fonctionnement de cette batterie.
- Gomme nous l’avons dit, la batterie est en réalité double, c’est-à-dire qu’elle comprend deux séries de i23 éléments chacune. Chaque élément comporte plaques carrées de om/|5 environ de côté. La capacité de chaque élément est de 4320 ampères à l’heure, soit864oampèresen fonctionnement normal. Bien entendu, ce que nous appelons ici fonction-
- qu’après cette filtration qu’il est envoyé dans les chambres d’accumulateurs au moyen d'un ventilateur centrifuge.
- En vue des échanges d’énergie entre la batterie et le circuit alternatif, deux convertisseurs ont été prévus, de 6 800 ampères continus chacun, avec une tension de 223 à 273 volts aux balais continus.
- Gomme surcharge momentanée on compte 10000 ampères pour le débit en régime direct sous 3oo volts, ou de 14000 ampères absorbés en régime inversé, sous 200 volts, la tension aux bagues collectrices restant constante.
- Les convertisseurs sont des machines à six phases disposées pour connexion en double triangle avec les secondaires des transformateurs statiques.
- Fig. 1. — cnéma général des connexions.
- nement normal est en réalité plus ou moins arbitraire et les accumulateurs ont une souplesse correspondant aux diverses exigences du service.
- Les deux séries sont calculées pour débiter momentanément en parallèle 17280 ampères sous une tension qui peut varier de 223 à 200 volts selon la durée de la décharge, l’état de la batterie, etc. On a même réalisé des décharges de 23 000 ampères.
- Les éléments sont répartis dans des chambres de i/in> sur 24 environ. La ventilation est assurée par une circulation d’air forcée, cet air devant traverser une couche de coke humide dans laquelle il abandonne toutes les poussières, et notamment toutes les particules de fer qu'il pouvait contenir; ce n'est
- (') Lumière Electrique, 14 août 1909, p. 211.
- Les bornes continues de .ces convertisseurs son %
- connectées directement sur la batterie sans interposition de survolteur, et la variation de la tension continue nécessaire pour provoquer la charge ou la décharge de la batterie s'obtient en modifiant la distribution du champ sous les faces polaires.
- Originairement ces convertisseurs étaient calculés pour fonction comme machines à pôles sectionnés, chaque pôle étant divisé en trois sections, munies chacune d'enroulements d'excitation shunt séparés. Dans ce type de machine, pour réduire le voltage continu sans faire varier le voltage alternatif, il faut réduire le champ des sections extrêmes de chaque pôle en augmentant au contraire l’excitation de la section médiane. Or, pendant que l’on construisait selon ces principes le premier convertisseur de Gary,
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- l’étude du convertisseur à pôles bï-sectionnés se développait, et il résulta d'un grand nombre d'expériences que cette nouvelle machine présentait certains avantages sur la machine à pôles tri-sectionnés, si bien que l'on se décida à faire une modification de montage dans le convertisseur déjà installé. On réunit deux des sections de chacun des pôles auxquelles on donna une même excitation constante : ce fut là le pôle principal ; la troisième section garda au contraire une excitation variable, et intervenait seule dans le réglage de la tension.
- La seconde machine, destinée à fonctionner en parallèle avec la première, était construite d'une manière absolument identique. L’excitation des deux sections dont la réunion formait les pôles principaux était prise sur les barres collectrices à a5o volts, tandis que l’enroulement de la troisième section recevait son courant d’une excitatrice synchrone spécial lement calculée dans ce but.
- Voici sommairement quelle est la théorie du fonctionnement de cette dernière machine. Sur la figure i, qui est un schéma de connexions simplifié, cette excitatrice est représentée en E. Son armature H est munie de 0 bagues collectrices reliées à l'enroulement en des points équidistants. Ces bagues collectrices sont reliées à 3 transformateurs de courant montés dans le circuit alternatif dont il s'agit de régler la charge. Les courants alternatifs ainsi transmis à travers l'enroulement de l’induit donnent naissance à un champ tournant proportionnel à leur intensité.
- Un moteur synchrone, relié au circuit alternatif, fait tourner l'induit dans une direction opposée à celle de la rotation du champ, de sorte que ce dernier devient stationnaire dans l’espace. Les machines sont calculées de telle sorte que pour un facteur de puissance égal à l’unité, ce champ est dirigé selon la flèche K. A l'induit est relié un commutateur avec deux paires de balais. L’une des paires, mm (balais auxiliaires), est placée aux points où la différence de potentiel due au champ K est maximum. L'autre paire de balais, nn, est connectée avec la bobiné F de réglage du champ du convertisseur à pôles sectionnés.
- L’excitatrice comporte deux enroulements de champ. L’un d’eux est un enroulement dérivation alimenté par les barres collectrices, et contrôlé par le rhéostat R. On peut régler le courant dans ce premier enroulement de façon à neutraliser le champ produit par le courant alternatif, pour une valeur particulière de la charge sur le circuit alternatif.
- Dans ces conditions, on voit que les balais mm seront au même potentiel et pourront être court-cir-cuités.
- Ceci étant fait, toute variation de la charge dans le circuit alternatif au-dessus ou au-dessous de la valeur pour laquelle le champ dérivation de l’excitatrice a été réglé, donnera naissance à une différence de potentiel entre les balais mm. Une légère variation de la charge alternative suffira pour faire passer un courant considérable dans la connexion de court-circuit qui relie ces balais, et ce courant, à son tour, engendrera un second champ perpendiculaire à K et d'une grande intensité. Ce second champ fait naître une différence de potentiel entre les balais nn et engendre un courant de valeur correspondante dans la bobine de réglage F.
- Si la charge alternative augmente, la direction du courant dans la bobine F est telle qu'elle provoque la décharge de la batterie. Si la charge alternative décroît, le courant dans F a une direction opposée et provoque la charge de la batterie. Le deuxième enroulement de champ de l’excitatrice est monté en série avec F et sert à neutraliser la réaction d’induit due au courant débité aux balais nn, ce qui augmente la sensibilité de la machine. Si le facteur de puissance est différent de l’unité, le courant alternatif fourni par les transformateurs à l'enroulement induit peut être décomposé en deux : l'un, courant d’énergie, produit le champ K, tandis que le second, perpendiculaire au premier, passe directement par la connection de court-circuit mm, et n’exerce aucune influence appréciable sur le ré-glage.
- Dans l’installation de Gary, celte excitatrice est une machine à 8 pôles dont l’armature est munie d’un enroulement à 4 pôles. Le moteur synchrone qui l’entraîne est à 4 pôles. Il y a 8 balais au commutateur. Quatre sont court-circuités et jouent le rôle de balais auxiliaires, tandis que les quatre autres sont connectés deux à deux et constituent les bornes principales de la machine.
- On a supprimé du diagramme, figure i, pour éviter toute confusion, la plupart des interrupteurs, ainsi que les barres collectrices doubles. Deux des alternateurs principaux AA sont reliés aux barres i, a, 3 du courant alternatif principal. Les transformateurs statiques, et les interrupteurs dans l’huile, intercalés entre les générateurs et les barres collectrices ne sont pas représentés. Les transformateurs d’intensité sont reliés aux barres totalisatrices 4, 5, 6 qui, à leur tour, amènent le courant aux
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- primaires des transformateurs T, dont les enroulements secondaires sont connectés à l'excitatrice E.
- II faut remarquer que le rapport de transformation des transformateurs T peut être rendu variable en insérant des spires ou en en supprimant dans leurs enroulements secondaires. C’est ce qui est indiqué conventionnellement sur le diagramme, et ce qui est réalisé en fait par un système d’interrupteurs montés sur un même arbre et commandés à la main par volant.
- L’interrupteur de court-circuit est indiqué en S, et le wattmètre monté sur l’une des phases de la connection de court-circuit en W. Le convertisseur C est monté d’une part sur les barres i, a, 3 [côté alternatif), et d’autre part sur la batterie B (côté continu). On a indiqué conventionnellement un montage triphasé et supprimé les tranformateurs et les interrupteurs. En réalité, la machine est à 6 phases comme nous l’avons vu. La résistance de démarrage pour actionner le convertisseur à l’aide de la batterie est X, le dernier contact Y. Les deux disjoncteurs D et d sont montés en parallèle entre la batterie et le convertisseur. Le plus petit sert pour le démarrage, l’autre pour le fonctionnement normal.
- La manœuvre de mise en marche est assez simple. On fait démarrer le convertisseur en fermant son circuit de champ principal, et en envoyant dans son armature,le courant de la batterie, il travers le rhéostat démarrage automatique X et le disjoncteur d. La machine est alors synchronisée sur les barres alternatives, et l’interrupteur dans l’huile est fermé. La fermeture de cet interrupteur a pour effet d’actionner automatiquement le disjoncteur de démarrage d et de séparer ainsi le convertisseur de la batterie. On règle alors la tension continue du convertisseur à l’aide de son rhéostat de champ principal, et l’on ferme le disjoncteur de mil relie normale D.
- La batterie et le convertisseur débitent alors sur les barres alternatives. On met en marche l’excitatrice E et on la connecte à la bobine F, l’interrupteur S étant fermé, de sorte qu’il n’y a aucune tension engendrée dans l’excitatrice. A l’aide du rhéostat on amène le wattmètre W au zéro. S’il y a fluctuation de charge sur les alternateurs, l’aiguille du wattmètre va osciller de part et d’autre du zéro. Mais on peut faire le réglage de telle sorte que pour la charge des alternateurs qui a la valeur moyenne désirée, le wattmètre W indique zéro.
- Quand ce réglage est effectué, on peut ouvrir l’interrupteur S et le système de réglage fonctionne.
- Les résultats donnés par ce dispositif sont très satisfaisants.
- E. A.
- BREVETS
- Système de ventilation et de frotteurs élastiques pour dynamos à courant continu, à grande vitesse. — Compagnie Générale Electrique. — Publié le ai août 1909.
- Cette invention est relative à un nouveau système de ventilation et de frotteurs élastiques pour dynamos à courant continu, à grande vitesse, permettant l’emploi des balais en charbon ou autres frotteurs à larges surfaces de contact, çur des collecteurs ayant de grandes vitesses périphériques, tels que ceux des turbo-dynamos, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de véhiculer du courant de grande intensité : machines à basse tension ou machines d’électrolyse. L’emploi des balais en charbon est en effet possible, dans ce cas, si on assure une ventilation énergique du collecteur et une pression élastique constante des balais sur les lames du collecteur. Or, le montage habituel des balais en charbon dans un support qui les maintient sous la pression d’un simple ressort métallique, ne permet pas d’assurer un contact suffisant et continu, le balai subissant les tressautements et vibrations dus à la grande vitesse du collecteur.
- Le dispositif dont il s’agit ici assure, d’une part, une pression élastique constante des balais sur le collecteur par un dispositif pressant sur chaque balai et comportant un amortisseur en caoutchouc ou autre matière analogue, avec intercalation d’une, pièce isolante évitant la transmission de la chaleur du balai à la pièce élastique, qui subit l’action d’un ressort métallique.
- 11 permet, d’autre part, d’assurer une ventilation énergique de l’induit, du collecteur, des balaiset des porte-balais.
- Cette ventilation peut être effectuée soit extérieurement au collecteur, soit intérieurement, soit par les deux moyens combinés.
- La ventilation extérieure est assurée par un ventilateur à force centrifuge calé sur l’arbre de la dynamo, ou commandé séparément, et fournissant un certain volume d’air frais sous pression qui est
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2«Série). — N* 48.
- amené, au moyen d’une tubulure, à la couronne qui porte les porte-balais. Cette couronne est évidée à cet elïet, de manière à former un canal étancbe concentrique au collecteur, qui amène l’air aux porte-balais, creusés eux-mêmes d’un canal, de sorte que l’air se trouve lancé sur le collecteur en arrière des porte-balais.
- Les porte-balais sont disposés préférablement de telle sorte que l’air est projeté dans une direction opposée â celle du sens de rotation du collecteur, de façon à soulever et à décoller la nappe d’air chaud qui tourbillonne autour du collecteur et qui est entraînée par sa rotation.
- La ventilation intérieure est effectuée de la manière suivante : chaque lame du collecteur comporte une cannelure longitudinale formant un canal qui s’étend sur toute la longueur de la lame et débouche en coude, à angle droit, à l’extrémité du collecteur, devant la face de l’induit, dans un ventilateur centrifuge. Ce ventilateur êst fixé à la partie frontale dé l'induit et tourne «avec lui. Il aspire l’air frais à travers les cannelures et l’air ainsi aspiré refroidit à la fois le collecteur et l’induit.
- L’air qui s’échappe du ventilateur est recueilli par une buse d’échappement ou, tout simplement, expulsé directement au dehors.
- Les .cannelures pratiquées dans les lames du collecteur peuvent être rectangulaires, ovales, rondes ou quelconques. On peut leur donner une surface de contact plus ou moins développée avec l’air qui y circule. Les lames peuvent être en une ou deux pièces, l’isolement en mica formant ou non l’une des cloisons.
- L’air, au lieu d’être aspiré à l’extrémité externe du collecteur, peut pénétrer dans les cannelures par une série de perforations plus ou moins grandes, pratiquées, par exemple, à côté de chacune des freltes maintenant l’ensemble des lames contre l’action de la force centrifuge.
- Pour faciliter l’entrée de l’air dans les cannelures du collecteur, on peut disposer sur l’arbre de la dynamo du côté opposé à l’induit, des aubes directrices inclinées de façon' à couper la nappe d’air ambiante et à provoquer une circulation encore plus active à travers le collecteur.
- Les divers dispositifs qu’on vient de décrire peu^ vent naturellement être utilisés, soit séparément,soit combinés entre eux.
- Signal d’appel réuni au conjoncteur pour installations téléphoniques. — Siemens et Halske Aktien-Gesellschaft. — Publié le 17 août
- 1909
- Cette invention a pour objet un signal d’appel mécanique pour installations téléphoniques qui est disposé sur le côté postérieur de la planchette à con-joncteurs et qui est mécaniquement mû en arrière lors de l’introduction de la fiche de conjoncteur.
- Le signal d’appel est construit sous forme de languette oscillante qui est maintenue dans la position de repos par un arrêt électromagnétique, et que son propre poids ou l’action d’un ressort, font tomber en avant par une fente de la planchette à conjoncteurs lorsqu’elle est libérée de l’arrêt.
- a désigne la planchette à conj'oncteurs, b est la boîte en tôle de l’aimant en forme de pot, e est le volet en forme de languette qui peut osciller sur le pivot d et peut sortir par la fente f de la planchette à conjoncteurs, g est le crochet d’arrêt pour le volet e; ce crochet d’arrêt représenté sur la figure i a la forme d’un levier coudé g, h qui est suspendu à la saillie p de la boîte b de l’aimant en forme de pot et dont le second bras h forme l’armature de l’ai-maht.
- Déshydratation des huiles pour transformateurs (*).
- Divers procédés ont été préconisés pour dessécher les huiles employées pour l’isolement des transformateurs. Un nouveau procédé vient d’être proposé.
- 11 consiste à mettre l’huile qu’on veut dessécher en contact avec du sodium ; ce métal réagit sur l’eau pour donner de l’hydrogène qui se dégage, et de la soude qui tombe au fond de l’huile. On com-
- B. R.
- 0 Revue Industrielle, 3o oclol-'"'; 190g.
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- 27 Novembre 1909.
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- mence par ajouter le sodium par petites quantités à raison d’environ 25er de sodium par ioo1 d’huile jusqu’à ce qu’une nouvelle addition de sodium ne donne plus de dégagement d’hydrogène. La quantité de sodium nécessaire dépend naturellement du degré d'humidité de l’huile, mais d’ordinaire t>ooBrde sodium par ioo1 d’huile sont plus que suffisants. On brasse ensuite l’huile trois ou quatre fois par jour et chaque fois durant une minute. Au bout de quelques jours, on peut utiliser l’huile, mais il convient d’en retarder
- l’emploi autant qu’il est possible, car plus l’huile traitée demeure longtemps au-dessus (le la soude qui s’est formée au fond du récipient, plus sa résistance d’isolement est augmentée.
- Le procédé peut d’ailleurs s’appliquer à l’huile contenue dans les bacs de transformateurs de service. Dans ce cas le sodium est fondu, puis coulé sous forme de bâtonnets ; ces bâtonnets sont attachés à des fils de fer, puis plongés dans l'huile.
- M. V.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Kapazitat und Induktivitàt. Ihre Begriffs-bestimmung, Berechung und Messung. — Ernst Orlich. — i volume in-8° carré de 294 pages avec 124 figures. —Fiuedii. Yieweg und Soun éditeurs, Brunswick. —Prix : broché, 14 marks; relié, i5 marks.
- On trouvera dans cet ouvrage absolument toutes les notions, tant théoriques que pratiques, qui concernent la capacité et l’inductance, ces deux bases essentielles de la théorie des courants alternatifs.
- L’ouvrage est partagé à peu près par moitié entre la théorie et la pratique.
- Dans la partie théorique, l’auteur prend pour base
- la théorie de Maxwell, du moins en ce qui concerne les corps immobiles. Gomme application, il donne plusieurs calculs de capacité , et d’inductance, en mettant à profit les plus récents travaux de Rosa. * Quant à la partie pratique, elle contient la description et la théorie des appareils auxiliaires, des appareils de mesures, et enfin des méthodes de mesures.
- Gomme un grand nombre de monographies allemandes de ce genre, cette étude ne laisse rien à désirer par l’exactitude, la conscience et l’ampleur avec lesquelles elle a été conçue.
- E. G.
- LEGISLATION- ET CONTENTIEUX
- Observations sur le timbrage des actions de numéraire.
- Une société en formation a posé les intéressantes questions qui suivent :
- Comme beaucoup de sociétés peuvent sc trouver dans le même cas, nous croyons intéressant, de donner les solutions qui doivent intervenir.
- Voici les deux questions:
- a) « Nous nous occupons de la constitution « d’une société dans laquelle il n’y a pas d’ac-« tions d’apport, et les actions en numéraire « étant toutes souscrites, nous ne ferons les ap-
- « pels de fonds que par échelons, jusqu’au « icr décembre 1910. Jusqu’à cette date, nous « délivrerons des reçus provisoires nominatifs « constatant les versements successifs.
- « A quel timbre seront soumis les dits reçus ?
- b) « Si certaines personnes veulent libérer « d’un seul coup tous leurs titres, est-il possible « de ne prendre l’abonnement que pour les titres « afférents à ces personnes et faire l’économie « du droit de 0,06 % sur les autres titres ? Ainsi « par exemple, en supposant égale à 2 000 le « nombre de titres libérés d’un seul coup,repré-« sentant 1 000 000 ’de capital, pourra-t-on faire
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- « l’cjonomie de o,o6 % sur les r> 5oo autres « titres représentant le solde du capital soit « ï ^5o ooo francs, les dits titres n’existant que « sous forme de certificats provisoires ? »
- Sur la première question, le soussigné a fait observer ce qui suit :
- Je vous fais remarquer seulement qu’il est basé sur l’expérience, beaucoup plus que sur la jurisprudence» car il règne en cette matière une telle indécision, dans le sein de l’Administration même que, souvent, elle ne sait h quoi s’arrêter. C’est donc à la .pratique généralement admise qu’il faut d abord recourir. Je dois vous dire aussi que si, par hasard, l’Administration contestait le bien-fondé de votre manière de faire, vous.seriez très bien armés pour vous défendre, en vous appuyant nettement sur les lois qui régissent la matière et paraissent avoir été plus ou moins faussées par la jurisprudence.
- A mon avis, vous devez ne pas prendre d’abonnement au timbre, et vous contenter de délivrer un reçu à chaque versement, muni seulement du timbre quittance de o,io.
- Ce reçu en réalité, n’est pas un titre négociable dans le sens de la loi de i85o, il échappe donc complètement à l’abonnement édicté par la dite loi. Ceci est certain.
- Doit il être timbré an timbre de dimension?
- En aucune façon. Car ce reçu ne constitue pas un titre, dans le sens de la loi de Brumaire an VII (').
- Le reçu ne serai pour celui auquel il sera délivré, qu’nne arme défensive, si on vient lui réclamer une seconde fois le paiement qu’il a fait. Supposons par exemple, que la Société — qui n’est tenue en aucune façon de créer des titres — ne veuille pas en établir. Le reçu donné, constatant le versement, né serait pas pour le souscripteur un «titre » pour exiger la délivrance des actions souscrites.
- Donc, un simple • récépissé libellé de cette façon : reçu de M. X.... la somme de .... francs, montant du nicme de sa souscription, à Paris le ..., ne peut donner lien à aucune remarque de la part du fisc, s’il est muni du timbre quittance.
- Autre chose est le certificat provisoire.
- (') Voir sur l’application de celte loi mon manuel Droits et impôts des Sociétés, p. 120 et suiv.
- On oublie trop souvent qu’entre le simple reçu et le certificat provisoire, il y a une différence.
- Le second porte, en plus des sommes reçues, la mention de l’échange obligatoire contre les titres définitifs quand ils seront établis.
- Dans certains cas, l’Administration a fermé les yeux, quand cette mention est essentiellement modeste, libellée seulement comme une note : Reçu à échanger contre un titre définitif.
- Mais il en est tout autrement, quand elle se trouve en présence d’un certificat libellé dans la forme suivante : Certificat provisoire de N.... Titres de la Société de Z.... A échanger contre les titres définitifs.
- Un arrêt de la Cour de cassation, très sérieusement motivé, du 11 avril 1876 [Dalloz, 1877, 1. 87), rapporté dans le Dict. des Rédac. V° Actions, nos 98 et 100, décide qu’il y a là un véritable titre susceptible de permettre au titulaire d’actionner la Société en remise des actions souscrites.
- Du moment que ce certificat pourrait permettre en justice d’exiger victorieusement la prestation d’une chose, la Cour de cassation a estimé qu’il devrait être timbré au timbre de 60 centimes.
- Mais il est bien entendu que ce timbre de dimension est dû par chaque certificat, quel que soit le nombre de titres indiqués par ledit certificat, et comme généralement les souscripteurs dans ces sortes de Sociétés ont des paquets de titres considérables, le droit de timbre de dimension 11’étant dû que pour chaque certificat, et non pas pour chaque titre indiqué sur le certificat, la somme à payer n’est pas exorbitante.
- Quant à la question des actionnaires qui se libèrent par anticipation, et exigeront la délivrance immédiate de 1. 000 titres environ, rien n’empêche de créer, par l’impression du titre et la signature des administrateurs, un nombre suffisant de titres, et de contracter l’abonnement, pour ce nombre seulement, en souscrivant l’abonnement entre l’impression et la signature.
- On ne saurait trop, en effet, remarquer que pour que la Société soit tenue de payer le droit de timbre, peu importe que l’abonnement soit souscrit. Mais ce qu’il faut, c’est que le titre soit matériellement créé, c’est-à-dire soit imprimé, signé et attribué à son souscripteur.
- J’ajoute que la formalité de la présentation des titres non complètement créés (titres par exemple signés d’un seul administrateur ou re-
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- vêtus de la griffe) est importante pour rendre exigible l’impôt du Timbre. (Voir mon ouvrage précité, page 71.)
- Je ne sais pourquoi, à Paris, on a pris l’habitude de payer l’abonnement du jour où on l’a contracté. Je puis très bien prendre cet abonnement pour 1 000 titres le 2 janvier, ne créer aucun titre pendant les mois de janvier, février et mars. Je n’aurai donc à ne faire figurer le droit de Timbre, ni dans la déclaration trimes-
- trielle du 20 janvier, ni dans celle du 20 avril.
- Si, par exemple, dans les trimestres suivants, j’en établis, c’est-à-dire si j’en crée 5oo sur les 1 000 pour lesquels j’ai contracté l’abonnement, c’est à partir du jour de la création de ces f>oo titres que je devrai le droit; et pour ces 5oo seulement.
- Tel est mon avis.
- Paul Boucault.
- Avocat A la Cour d'appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- Dèflagrateur pour émissions pseudo-musicales en télégraphie sans fil.
- M. G. E. Petit, chef du service radiotélégraphique au ministère des Travaux publics et des Postes et des Télégraphes, nous communique quelques renseignements sur un déflagrateur monté cette année à la station de télégraphie sans fil de Saintes-Maries de la Mer, en vue d’obtenir des émissions pseudomusicales.
- On sait que ce genre d’émissions présente le très grand avantage de faciliter la réception au milieu des signaux parasites atmosphériques ou parmi d’autres émissions de tonalité différente ; ce perfectionnement complète celui de la syntonie.
- Le déflagrateur comporte une roue métallique garnie sur sa jante de pointes disposées perpendiculairement à l’axe de rotation suivant les génératrices de deux surfaces de vis à filet carré; les extrémités de ces deux séries de pointes sont échelonnées périodiquement en chicane sur deux hélices parallèles. En regard des pointes se trouvent deux lames métalliques formant les deux pôles d’un éclateur multiple dont la roue garnie de pointes constitue le pôle intermédiaire. Les étincelles ne peuvent éclater que pendant la durée très courte du passage des pointes devant deux électrodes fixes.
- Si le circuit d’émission est alimenté par un courant continu à haute tension, les étincelles éclatent périodiquement en zigzaguant d’une hélice à l’autre, d’où une répartition uniforme de réchauffement et de l’usure sur toute la longueur des électrodes fixes, et un meilleur soufflage de l’arc.
- Si le courant d’alimentation est alternatif, les étincelles n’éclatent que par groupes à chaque demi-
- période. La hauteur du son des étincelles dans les deux cas est la même et ne dépend que de la vitesse de la roue et* du nombre des pointes.
- La difficulté pratique qui se présentait, comme dans tous les éclateurs tournants, d’éviter les écla--tements prématurés et la formation d’un arc après chaque étincelle, a été vaincue en noyant les électrodes dans des piles de lame de mica.
- Dans le circuit d’émission, excitant l’antenne par induction, le déflagrateur qui sert d’éclateur multiple est intercalé au milieu de la self d’émission, et la roue tournante est mise à la terre.
- La réception à Ouessant, Villejuif et à Alger des signaux de Saintes-Maries de la Mer a été reconnue aussi intense que celle des émissions ordinaires pour une dépense d’énergie à peu près égale.
- G. L.
- Les débuts historiques de la traction électrique (*).
- C’est à la fin de l’année 18J2 que Salvator del Negro, professeur de philosophie naturelle à l’Université de Padoue et le I)r Schulthers, de Zurich, publièrent des travaux sur le sujet suivant : « Peut-on appliquer avantageusement à la mécanique, l’énergie engendrée par l’interruption et le rétablissement successifs d’un courant électrique ? » Au mois de janvier 1833, fut exposée une machine basée sur cette idée.
- Au mois de novembre 188/,, le professeur Jacobi, de Saint-Pétersbourg, lut à l’Académie des Sciences
- (<) D’après W. Lackie, Journal of the Institution of Elecirical Engineers, juin 1909.
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- de Paris, une note relative à un nouvel appareil électro-magnétique, et, environ à la même époque, il parvint à actionner un bateau sur la Néva, au moyen d’un dispositif semblable. Le professeur Jacobi continua ses recherches en i838, sous les auspices et aux frais d’une Commission impériale. Il chercha alors à appliquer en grand la traction électro-magnétique aux navires. Il parvint ainsi à actionner un bateau monté par une douzaine de personnes, à une vitesse de 4 milles à l’heure, certainement supérieure à celle des premiers petits navires à vapeur.
- Le bateau en question, qui avait près de 8m,5o de long sur 2m,2Îi de large, avec un tirant d’eau de plus de om,8o, était mû à l’aide d’une batterie formée par 64 paires de plaques d’accumulateurs, chargés à l’acide nitrique et à l'acide sulfurique selon la formule de Grove.
- En 1839, R. Davidson exposa à Edimbourg plusieurs machines mues électriquement, et notamment une presse à imprimer.
- 1 La même année, Davidson acheva de mettre au point une locomotive capable de porter deux personnes. Grâce aux ressources qui lui furent fournies, il parvint en 1842 à faire mettre en expérience une grande locomotive électrique sur la ligne d’Edimbourg à Glasgow.
- D’après une description de l’époque, la vitesse dépassait 4 milles à l’heure. Les dimensions de la locomotive atteignaient 4in,8o de longueur et 2m,io de largeur. Le poids total, y compris la batterie, les électro-aimants, etc., était légèrement supérieur à 5 tonnes.
- Quatre roues de oln,9o de diamètre supportaient le tout. Sur chacun des deux essieux était monté un cy-
- lindre en bois muni de 3 barres de fer à intervalles égaux l’une de l’autre.
- D’autre part le châssis portait huit puissants électro-aimants. Quand la première barre avaitpassé en regard des pôles de 1 de ces aimants, le courant était envoyé sur les deux autres électros. Ceux-ci agissaient alors sur la seconde barre et l’amenaient en regard de leurs pôles. Puis le courant était coupé dans ces deux derniers électros, pour être lancé dans les deux premiers. Ceux-ci attiraient alors la troisième,barre, et ainsi de suite.
- Dans la desbription à laquelle nous empruntons ces détails l’auteur se donne ensuite beaucoup de mal, pour donner une idée de l’appareil à l’aide duquel on pouvait réaliser ces interruptions de cou. rant successives.
- La batterie employée comprenait 40 éléments à plaques fer-zinc et à acide sulfurique dilué.
- Cette première locomotive électrique eut un triste sort; les employés du chemin de fer la mirent en pièces pendant qu’elle était garée sous un hangar à Perth.
- « Les dangers d’explosions de chaudières sur les machines à vapeur, sans être très considérables sont, disaient alors les plus hardis précurseurs, assez sérieux cependant pour faire désirer un autre moyen de transportj d’une plus grande sécurité,, tout en étant aussi économique. Il peut sembler que l’électricité doive rester hors de considération dans ce problème si l’on compare ce qu’elle a permis de faire jusqu’ici avec les magnifiques résultats donnés par la machine à vapeur... »
- Mais où sont les neiges d’antan?...
- M. G.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- La nouvelle usine électrique de la Compagnie du chemin de fer d Orléans à Tours. — R. Durand-Perroux (').
- Depuis quelques années, les Compagnies de che-minvde fer françaises sont conduites à créer des usines électriques dans leurs grandes gares, non
- pas en vue de l’électrification des lignes sururbaines, mais simplement pour l’éclairage de ces gares, des halles à marchandises, des dépôts, des ateliers et aussi pour les machines-outils, chariots transbordeurs, ponts roulants, monte-charges, cabestans, grues, etc. Le nombre de ces derniers engins et l’importance des établissements précités ont augmenté très rapidement, en proportion même du
- (') Extrait d’un article du Génie Civil, i3 nov. 1909.
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- développement intense du trafic, et l’on devine l’économie considérable que les Compagnies ont trouvé à produire en un point unique toute l’énergie qui leur est nécessaire, pour un grand centre, et à transporter ensuite le courant aux différents points d’emploi.
- Ces usines présentent un fonctionnement sûr et régulier qui correspond parfaitement aux nécessités rigoureuses de l’exploitation des chemins de fer.
- La plus récente des usines créées par la Compagnie d’Orléans est celle de Tours qui,, actionnée par des moteurs à gaz pauvre, dessert l’ensemble des gares de Tours et Saint-Pierre-des-Corps. Ces deux gares constituent actuellement le centre le plus actif de la Compagnie. Neuf lignes y convergent, ce qui a conduit à y placer un dépôt très important et, par suite, des ateliers de montage et de réparations qui sont les mieux outillés du réseau. L’intensité du mouvement des marchandises y a fait multiplier des organes de manutention mécanique et créer tout un système d’éclairage à incandescence et à arc, dont on comprend l’importance, en pensant que le développement total des voies dans les deux gares atteint environ 70 kilomètres.
- L’usine de Tours comprend : d’une part, le bâtiment des gazogènes divisé en deux halls, l’un contenant les gazogènes, les appareils de refroidissement et de lavage du gaz, l’autre les épurateurs chimiques; et, d’autre part, le bâtiment des machines (moteurs et dynamos).
- Batiment des machines. — Les moteurs à gaz, de 600 chevaux, au nombre de 4, sont du type « de Nüremberg », à deux cylindres en tandem, chacun à double effet. Ils ont été fournis par la maison E. Garnier et Faure-Beaulieu, concessionnaire de la Mas-chinenfabrik Augsburg Nürnberg A. G.
- Chaque demi-cylindre fonctionne à quatre temps, ce qui donne une explosion par demi-tour de machine. Ces moteurs, qui tournent à assez grande vitesse, ont permis de caler directement l’induit des dynamos sur l’arbre du moteur. Un lourd volant assure, d’ailleurs, la régularité demandée pour le courant. Dans chaque demi-cylindre, la distribution du mélange gazeux est effectuée par trois soupapes verticales. La soupape d’échappement est à la partie inférieure, les deux autres soupapes à la partie supérieure. L’une, celle d’admission, sert à fermer complètement le cylindre à la fin de la période d’aspiration et pendant les périodes de compression et de détente. L’autre, dite de mélange, à double siège pour l’air et gaz, sert à proportionner le mé-
- lange gazeux à la marche de la machine, par l’action du régulateur qui en fait varier l’ouverture, le point de fermeture restant constant.
- L’allumage est assuré par deux batteries d'accumulateurs de Go volts chacune, alternativement en service ou en charge. Chaque cylindre possède deux rupteurs d’allumage par compression, au total huit par machine. Un collecteur de distribution est claveté à effet sur l’arbre à demi-vitesse de commande des excentriques. La figure 1 donne le schéma d’un circuit d’allumage d’une manière suffisamment explicite,
- Batt&rie d'accumulateurs
- Allumage haut
- Balais1
- Collecteur
- -a Arbre de cammand i/z vitesse
- Collectai
- Allumage bas
- de rappel
- Fig. 1. — Schéma du circuit d’allumage d’un côté du cylindre.
- Dynamos. — Les quatre dynamos Westinghouse calées sur les arbres des moteurs fournissent un courant continu de 760 ampères sous 5aj volts. Elles tournent à 135 tours, le nombre de leurs pôles est de 12 et elles sont excitées en compound. Le diamètre du collecteur est de i,n, 10, sa largeur de i8o‘"ln; l’enroulement de l’induit est du type à tambour à cannelures.
- Une batterie d’accumulateurs de 840 ampères-heure permet la distribution par deux, trois ou cinq fils, suivant les points à desservir. Elle comprend 265 éléments de quatorze plaques positives et quinze plaques négatives chacun. Les plaques positives sont de formation Planté ; les négatives sont à oxydes rapportés. Les bacs sont en bois imprégné de paraffine et doublés d’une chemise en plomb.
- La mise en marche de chacun des groupes électrogènes est assurée par un démarreur électrique. Enfin, l’installation est complétée par deux égalisatrices comprenant quatre dynamos de 25 kilowatts chacune sous i3o volts et un survolteur de 60 chevaux pour le service des accumulateurs.
- Cet ensemble est situé à la hauteur d’un premier étage et desservi par un pont roulant de i5 tonnes,
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- exception faite pour la batterie d’accumulateurs qui est située au niveau du sol dans une galerie spéciale.
- Le tableau construit par la Société Westinghouse, qui occupe un des pignons de la grande salle, est surélevé de environ au-dessus du plancher ; le départ du courant a lieu à la partie supérieure. Le tout est éclairé par des lampes à vapeur de mercure.
- R. P.
- Le conjoncteur-disjoncteur Gabreau pour lè contrôle de la charge des accumulateurs (').
- Cet appareil, présenté à la Société d’Encoura-gement, dans sa séance du a3 octobre 1908, est destiné au contrôle de charge des accumulateurs électriques servant à l’éclairage des trains, des canots, des automobiles et autres véhicules.
- Les premières études entreprises en vue d’assurer aux accumulateurs un bon fonctionnement et une durée satisfaisante firent reconnaître :
- i° que les courants de charge et de décharge ne devaient pas dépasser une certaine intensité, laquelle dépend du poids des électrodes en action ;
- qu’il fallait empêcher le courant de faire retour à la dynamo-génératrice quand le voltage de celle-ci s’abaissait en dessous de celui de l’accumulateur, et rétablir le circuit au moment où la dynamo avait repris son allure normale.
- La première de ces questions a été résolue à la suite d’une série d’expériences. Chaque fabricant livre maintenant ses accumulateurs avec l’indication précise des intensités qu’il ne faut pas dépasser à la charge et à la décharge.
- La seconde a donné lieu à la création d’appareils automatiques désignés sôus le nom de conjoncteurs-disjoncteurs.
- Le conjoncteur-disjoncteur Gabreau se compose, en principe, de deux solénoïdes à fil fin, l’un branché sur la dynamo, l’autre sur la batterie d’accumulateurs, placés en face (pôle sud et pôle nord) à très peu de distance; d’un troisième solénoïde, à gros fil, placé sur le même noyau que le premier; et enfin d’üne palette à- ressort située entre les deux noyaux de solénoïdes.
- Dans tout l’appareil, une seule pièce est mobile, c’est le noyau du solénoïde branché sur la batterie
- (') D’ap rôs II. F ontainr. Bulletin de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale, mars 1909.
- d’accumulateurs; encore sa course est-elle limitée à quelques millimètres.
- La figure 1 montre la position de ces organes.
- Le solénoïde SA, placé à la partie inférieure, est celui dont la fonction est de polariser son noyau mobile en fer doux/". A cet effet, il est constamment relié à la batterie A. Les deux solénoïdes SD et SG sont placés sur le même noyau fixe en fer doux; le
- Fig. 1.
- premier SD est en dérivation sur la dynamo, le second SC, à gros fil. reçoit le courant total de la charge, mais seulement quand la lamelle L, en aluminium argenté, est en contact avec b noyau fixe t.
- La lamelle L est fixée au point K, et prend, au repos, une position intermédiaire entre les pôles t et La dynamo étant mise en mouvement influence le solénoïde SD, et, dès que le voltage dépasse celui de
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- la batterie, le noyau plongeur t" est attiré contre le noyau fixe t; en s’élevant, il amène la lamelle L au contact de ty ce qui établit le circuit entre la dynamo et la batterie, le noyau tr faisant partie du circuit comme cela est indiqué.
- Si le voltage de la dynamo diminue et devient plus faible que celui de la batterie, la polarité du solénoïde SC change, la lamelle est repoussée et le courant est interrompu. Cette rupture est d’autant plus brusque que l'arrêt de la dynamo a été rapide. Elle s’opère d’ailleurs sans donner naissance à des étincelles nuisibles, grâce au soufflage magnétique (très bien étudié par l’inventeur) que produisent les changements de polarité.
- Les choses restent ainsi jusqu’à ce que la dynamo ait repris sa vitesse normale et que, sous l’influence d’un voltage sufflsant, la lamelle L soit revenue en contact avec le noyau des solénoïdes supérieurs.
- L’appareil peut fonctionner dans toutes les positions, mais il est préférable de l’installer suivant les indications du schéma, afin d’empêcher le poids du plongeur d’influencer les mouvements d’attraction et de répulsion dus à la différence des voltages des solénoïdes en opposition.
- L’ensemble des organes est renfermé dans une petite boîte métallique, analogue à celles en usage dans la construction des voltmètres et des ampèremètres. 11 n’existe, dans tout l’appareil, ni pivot, ni axe, ni levier, ni mercure, rien qui soit susceptible d’usure ou de détermination, rien qui puisse troubler le fonctionnement normal. La seule pièce en mouvement est, nous l’avons dit, un petit noyau plongeur pouvant se déplacer dans son fourreau de quelques millimètres.
- Le conjoncteur-disjoncteur Gabreau présente les avantages suivants :
- i° Il fonctionne dès qu’une différence de voltage se manifeste en laveur de la dynamo, quel que soit d’ailleurs l’état de charge des accumulateurs à ce moment ;
- a0 II-empêche, d’une manière absolue, le retour du courant d,e la batterie de la dynamo grâce à la polarisation fixe d’un solénoïde et aux inversions de courant qui se manifestent dans un autre solénoïde;
- 3° Il n’est susceptible d’aucun dérangement;
- /*° 11 peut être utilisé dans tous les véhicules, même dans ceux qui vibrent le plus et sont exposés aux chocs les plus violents.
- Tout récemment, l’inventeur a apporté deux perfectionnements à son appareil qui le rendent apte :
- i° A arrêter le passage du courant dans les accu-
- mulateurs quand ceux-ci sont complètement chargés ;
- 2° A modérer l’intensité dû courant de charge dès qu’elle dépasse la limite imposée par le constructeur. Ces perfectionnements ont naturellement compliqué un peu l’instrument, mais il n’en est pas moins exempt de toutes pièces délicates, pouvant occasionner des dérangements dans les organes essentiels.
- T. D.
- Balance de torsion pour la fabrication des lampes à incandescence.
- La fabrication des lampes à incandescence comporte des pesées en masse’ de corps légers, aux-
- i .
- quelles se prêtent mal les balances dites à fléau, employées généralement pour les produits chimiques, et dont la manœuvre est assez longue. Dans la balance, dite balance de torsion, fabriquée par la
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- maison Hartmann et Braun, on a cherché à réunir la rapidité et la sensibilité.
- Dans un boîtier de laiton de igommde diamètre et de 75lnm de profondeur, monté sur une colonne à trois pieds (fig. i) se trouve un axe reposant horizontalement et auquel est fixé le fléau de la balance avec l'index. L’axe, qui joue sur des saphirs, porte encore un disque d’aluminium qui oscille dans le champ d’un aimant permanent et provoque la mise au point apériodique du fléau de la balance. Dans le prolongement de cet axe se trouve.celui de l’aiguille de l’échelle qui porte un petit disque moleté en avant du cadran de verre. L’axe du fléau de la balance est accouplé à l’axe de l’aiguille de l’échelle au moyen d’un ressort de torsion qui est réglé de telle façon que, aussitôt que l’index du fléau joue sur son point de repère, l’aiguille de l’échelle est sur le o. Quand on charge le fléau, l’index descend au-dessous du point de repère, mais on peut alors le ramener sur ce dernier en tendant le ressort de torsion, ce qui se fait en tournant l’aiguille de l’échelle vers la gauche au moyen du petit disque moleté. L’échelle étant pourvue de divisions correspondant à une valeur
- naison avec un instrument de mesure, à déterminer sur le champ l’intensité du courant dans les canalisations de courant alternatif.
- Elle se compose (fig. 2) d’un noyau de fer formé de lamelles, lequel est divisé en deux parties et muni de charnières ainsi que de deux poignées, de façon à pouvoir s’ouvrir comme une pince et se refermer tout seul sous l’action d’un ressort. Chacune des moitiés du noyau porte une bobine d’induction pourvue d’un enroulement approprié.
- Lorsqu’on se sert d’instruments thermiques avec la pince, on peut atteindre la déviation maximum de l’aiguille pour üo ampères et au-dessus ; lorsqu’on emploie les instruments électromagnétiques, on peut l’atteindre pour 100 ampères et au-dessus.
- Lorsqu’il s’agit de rechercher une perte à la terre dans une installation domestique à courant alternatif, on relie un des pôles, de préférence le pôle défectueux, avec le fil de distribution, tandis que l’on met l’autre pôle à la terre. Puis on place la pince, à l’enroulement de laquelle est raccordé un téléphone, successivement aux différents branchements, autour des parties accessibles de la canalisation, par exera-
- Fîjr. 3.
- déterminée, on peut donc lire directement sur l’échelle, le poids del’objetà peser. D’après la force du ressort de torsion, la dernière division de l’échelle correspond à un poids déterminé ; en pratique le poids maximum, sur lequel on peut opérer, est de 12, în. 3o ou 6omllie, selon le type de balance.
- Pince pour la recherche des défauts d’isolement et la mesui'e des courants alternatifs.
- d,a même maison fabrique la pince de Dietze qui sert, avec 1 aide d’un téléphone, à rechercher rapidement les défauts d’isolement, à écouter les variations de courant de toute nature et enfin, en combi-
- ple aux coupe-circuits de distribution. Le courant défectueux se reconnaît dans le téléphone à un bourdonnement; si alors on suit la canalisation jusqu’à ce que ce bruit cesse, c’est qu’on a dépassé la place défectueuse et il faut revenir en arrière sur la canalisation pour la délimiter de plus près. Si l’installation est à courant continu, on peut—à l’aide d’un interrupteur approprié — rendre le courant continu pulsatoire, ou envoyer, à l’aide d’une bobine d’induction. du courant alternatif dans la canalisation.
- L’appareil permet également de découvrir les courts-circuits à la masse dans les induits de moteurs. A cet effet, on sépare en deux parties le noyau
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- de fer et l’on ne se sert que d’une moitié, tandis que l’induit en fer de la dynamo ferme sur lui-môme le circuit magnétique. On ouvre en un point l’enroulement de l’induit de la machine et l’on y envoie du courant alternatif ou du courant continu à pulsations intermittentes, tandis qu’avec la moitié de l’inducteur on suit l’enroulement jusqu’à ce que le son s’affaiblisse dans le téléphone, c’est-à-dire jusqu’au
- lequel donne directement en ampères l’intensité du courant dans la partie du conducteur ainsi entourée.
- Comme autres applications possibles de la pince deDietze,on peut encore mentionner: la recherche des cartouches fusibles fondues dans les tableaux de distribution ; la détermination du nombre de glissements des moteurs à bagues, etc.
- point où le courant défectueux pénètre dans le fer de l’induit.
- Pour délimiter de pïus près le point défectueux, on peut faire entrer le courant par l’autre bout de l’enroulement et essayer encore l’induit de l’autre côté.
- On découvre de la même façon les bobines en court-circuit dans les induits de moteur, les contacts dans les transformateurs, etc.
- La pince en combinaison avec le téléphone permet de déceler et de suivre des courants dont l’intensité descend jusqu’à o,o4 ampère (fîg. 3).
- De même, en combinaison avec un instrument calorique ou électromagnétique, la pince permet de faire, en un temps extrêmement court, sur des canalisations de courant alternatif, un grand nombre de mesures d’intensité, sans qu’on ait besoin d’interrompre ces canalisations pour y intercaler un ampèremètre.
- On entoure en un point accessible (par exemple à l’endroit, d’un coupe-circuit fusible) avec le noyau en fer de lapince la canalisation dans laquelle l’intensité du courant doit être déterminée, tandis que l’on raccorde sa bobine à un instrument étalonné à cet effet,
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Il nous faut encore revenir sur les bruits de plus en plus fondés de la formation d’un trust du cuivre. Déjà le Rio a subi le contrecoup des nouvelles optimistes qui se propagent de New-York à Londres et à Paris et a clôturé en fin de semaine à 2007, gagnant 20 points dans une séance ; le Boleo a atteint le cours de 855; la Cape Copper 214 fr. 5o et la Tharsis 1G1 fr. 5o. A ces symptômes, il semble donc que l’espoir devrait renaître d’une reprise des affaires. Mais nous croyons toujours, pour notre part, à un mouvement spéculatif et non à une augmentation de la consommation. A la date du 19 novembre on télégraphiait de New-York que le trust serait constitué avec 3oo 000 dollars en actions privilégiées et 5oo 000 dollars en actions ordinaires et qu’il contrôlerait 5i % do la production mondiale. A la même date un autre informateur prétendait tenir de la meilleure source que la constitution d’une grande combinaison du cuivre, dans laquelle G5 % environ de la production seraient représentés, était passablement certaine, mais que les détails de l'affaire pourraient n’être arrêtés qu’après plusieurs semaines
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- d'entretiens. Il reconnaissait au groupe de l’Amal-gamated l’initiative des démarches auprès de Morgan qui ne croyant pas l’heure venue, il y a cinq semaines, n’accepta pas de s’y intéresser. Depuis, sur les instances de Rockfeller, Morgan consentit à sonder les principaux intéressés et dès lors Guggeu-heim, le groupe de Calumet et Hécla se rallièrent au projet. Morgan compte que le trust du cuivre avec les deux tiers de la production réglera les cours aussi bien que le trust de l’acier qui avec la même part gouverne la sidérurgie. Cette action du trust sera désastreuse pour les consommateurs européens qui n’ont d’autre ressource pour certaines qualités du cuivre que de s’adresser aux producteurs américains ; elle suscitera d’autre part la recherche de nouvelles mines et le développement de celles qui, en dehors du Rio, et de la Tharsis concourent déjà à l’alimentation de certains marchés européens.
- Le bilan de la Compagnie de Fives-Lille, dont les résultats de l’exercice 1908-1909 viennent d’être soumis à l’assemblée des actionnaires du 18 novembre, fait apparaître un solde créditeur du compte profits et pertes de 2832693 francs, supérieur de 1 472 4'i® francs à celui de l’exercice précédent. Les résultats bruts de l’exploitation se chiffrent par 3 469 884 francs et les résultats nets par 2 775 1^7 fr. y compris les bénéfices supplémentaires des comptes : intérêts et escomptes et rentrée sur le réescompte des semeslrialités des chemins, de fer du Sud de l’Espagne. C’est par rapport au capital de ta millions un bénéfice net supérieur à 20 % . La répartition proposée par le conseil et votée par l’assemblée n’en attribue pas moins une très faible partie aux actionnaires : car le paiement d’un dividende de 6 % au capital versé absorbe seulement 720000 francs; la réserve pour fluctuations des valeurs en portefeuille reçoit 260000 francs; la réserve statutaire 126256 fr. et la réserve extraordinaire 700000 francs. Enfin un million est mis à la disposition du conseil pour l’amortissement des immeubles et de l’outillage. Toutes ces affectations aux fonds de prévoyance qui s’élèvent déjà à la somme de i3 5ooooo francs environ, ramènent à 6 800 000 francs l’actif bâtiments et outillage porté au bilan pour 22 millions. Nous ne pouvons malheureusement savoir ni par le rapport du conseil, ni par celui des commissaires, la part des travaux en cours et des bénéfices bruts et nets qu’il y lieu d’attribuer à la branche électricité exploitée par la Compagnie de Fives-Lille. Il est dit simplement que les ateliers de Givors continuent à être largement approvisionnés de commandes leur per-
- mettant d’utiliser leur puissance de production et que la section de mécanique et d’industries diverses est bien alimentée de ponts roulants électriques, de grues, etc. ; il y a lieu de noter également une immobilisation de près de 1 Sooooo francs pour les ateliers de turbines, la station centrale de force motrice, le matériel électrique tant bâtiments qu'outillage soit à Fives, soit à Givors. Par ailleurs, la Compagnie de Fives-Lille liquide successivement toutes les anciennes affaires auxquelles elle avait assuré sa participation pour son plus grand détriment. La Compagnie du Sud de l’Espagne et la Compagnie, d’électrochimie de Bozel tiennent notamment leurs engagements et les réserves appliquées aux fluctuations du portefeuille ramènent à une estimation prudente le poste actions et obligations en portefeuille qui figurent encore à l’actif pour 1 868 369 francs. L’outillage de Fives-Lille la met à même de se placer aux premiers rangs des constructeurs . de matériel de chemins de fer et lui assure en dehors de ses autres spécialités et en raison des besoins de nos compagnies et de ses relations avec les compagnies étrangères, une activité rémunératrice.
- La maison Bréguet a réalisé au cours de l’exercice 1908-1909 un bénéfice brut sur fabrication de i 156726 francs, en augmentation de 61932 francs sur le chiffre du précédent exercice ; les charges, frais généraux, intérêts des obligations, entretien des immeubles et du matériel s’étant élevés à 688 312 francs, le bénéfice net se réduit, après amortissement de créances douteuses et dépréciation à l’inventaire de certains articles, à 468 414 francs. Pour un capital de 4 millions, c’est un revenu net de 11,7 % . Le Conseil, pour éviter des difficultés de trésorerie, en réduisant ses disponibilités, a estimé nécessaire de ne pas distribuer plus de 5 % aux actions; en y ajoutant les tantièmes, et la participation du personnel, cette répartition absorbe 272 007 francs ; environ 200 000 francs sont ainsi affectés aux différents amortissements ou réserves. Le rapport du conseil fait ressortir que la plus grande partie de'S commandes de la maison Bréguet lui vient de notre marine de guerre : équipements électriques de submersibles, projecteurs de nos cuirassés, grues électriques d’embarquement des chaloupes à bord, appareil moteur de contre-torpilleurs de 750 tonneaux, appareils pour le chauffage des chaudières de ces bâtiments au pétrole suivant des dispositions dont la licence a été acquise de la maison Thornycrofl, etc., pour ne parler que des principaux travaux en fin d’installation ou en cours de fabrication, telles
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- ont les spécialités qui assurent à la maison Bréguet, d’après le rapport, un ensemble de commandes de près de 10 millions, tant pour les nouveaux cuirassés que pour les contre-torpilleurs.
- Mais les faveurs de la marine nesont pas sans créer de réelles difficultés de trésorerie par les retards qu’elle apporte à ses paiements. Le découvert en banque, provenant principalement de ce chef, s’élevait au 3o juin à 779894 francs, bien moindre, cependant, que l’an dernier, grâce à des souscriptions aux obligations nouvelles. La concurrence générale et l’avilissement du prix quand il s’agit de clientèle industrielle ne permettent pas de compensations à celte situation contre laquelle on ne peut que protester. « Dans cette branche, dit « le rapport du Conseil, le malaise général de Finit dustrie, la surproduction effrayante des ateliers « de construction, la création de nouvelles firmes « dotées de moyens financiers très puissants, enfin, cc la concurrence allemande et suisse, d’autant plus cc âpre que les débouchés indigènes se resserrent, « ont am ené une telle dépréciation du matériel cou-« rant, qu’après une période assez satisfaisante qui « à duré environ deux ans, nous nous retrouvons cc aujourd’hui aux pires jours de la crise, provoquée
- cc par l’Exposition de 1900. » Nous nous en voudrions d’affaiblir ce tableau qui correspond à la réalité et qui n’est pas encore assez sombre pour susciter, parmi les constructeurs électriciens français, cette entente des prix qui sauverait seule leur industrie.
- D’autres spécialités, les moteurs Boueherot, les turbines de Laval avec utilisation des vapeurs d’échappement, concourent cependant à conserver et à acquérir à la maison Bréguet la clientèle des mines où se répand, de plus en plus, ce dispositif économique. Ainsi, la lutte des intérêts crée précisément, parmi les constructeurs, une classification qui pourrait être la base d’une répartition par un comptoir des commandes du matériel électrique, à des prix avantageux.
- Sur une certitude d’un chiffre d’affaires de dix millions pour la marine seule, échelonnées sur deux ou plusieurs exercices, la maison Bréguet peut, évidemment, envisager Pavenir avec plus de tranquillité que ses concurrents et profiter de ses bénéfices pour élargir sa situation de trésorerie et amortir le poste de son bilan fonds de commerce dont l’estimation peut donner lieu à réserves.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Rhône, — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramways entre Briguais et les Sept-Ghemins.
- Seine. — La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest avait présenté un projet d’électrification des lignes de Saint-Germain et d’Argenteuil comportant une dépense de 61 millions de francs, y compris l’usine génératrice d'électricité. Ce projet sera repris par l'administration des chemins de fer de l’Etat et complété par deux modifications indiquées par M. Chaignc dans son rapport sur les chemins de fer de l’Etat :
- 1° On «avait prévu la construction d’une gare souler-raine à Saint-Lazare, qui coûtait à elle seule 18 millions; une étude approfondie a démontré que cette gare souterraine était inutile, la gare existante pouvant suffire à un trafic bien plus important que le trafic actuel, en supposant effectuée l'électrification de toutes les lignes de banlieue rive droite.
- ‘i° Tandis que le projet Ouest ne visait que l'électrification des lignes d’Argenteuil et de Saint-Germain, le projet nouveau comprendra toutes les lignes de banlieue, rive droite.
- Le montant total de la dépensé est de 67 millions pour l’électrification proprement dite, y compris les usines génératrices d’électricité et 7 millions pour les travaux de voie.
- La dépense serait répartie sur les années 1910 à 1914; l’exécution serait commencée en 1910 et il convient de prévoir pour cette année un crédit de 2 millions.
- Qise. — Le ministre des Travaux publics a approuvé le projet d’établissement d’une ligne de chemins de fer d’Aulnay-sous-Bois à Rivecourt, par Senlis.
- Allemagne. — On étudie le projet d’un tramway électrique entre Mittweida, Burgstadt et Limbach.
- L’administration des chemins de fer saxons a arrêté les commandes pour 1910-1911 comme suit : 68 locomo-
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- tives, 52 tenders, 2^3 voitures pour voyageurs, 5o voitures pour bagages, 4 6ia wagons à marchandises ainsi que 120 wagons à marchandises pour des voies étroites.
- Autriche-Hongrie. — La ligne de Budapest à Sa-raska vient d’être électrifiée ; les travaux d’électrification du chemin de fer de Budapest à Lorepes vont commencer incessamment.
- -A.
- ; > ? i A ÉCLAIRAGE
- Espagne. — Une société « La Eleclra de Cardona » -vient d’être fondée à Barcelone au capital de 25o ooo pesetas, pour la fourniture de l’éclairage électrique à Car-doha.
- Allemagne.— L’ « Eleklrizitatwerk-Schlesien A. G. » a été fondée à Breslau, au capital de 4 millions de marks, sous les auspices de la Gesellschaft für elektrische Unternehmungen, pour la fourniture de l’éclairage et de la force motrice dans le district de Breslau.
- Uruguay. — Une société française a soumis à l’approbation du gouvernement un projet d’éclairage électrique et de distribution de force motrice pour 18 villes ; elle a demandé une concession 'de vingt-cinq années et stipule un délai de dix-huit mois pour l’installation complète.
- DIVERS
- Suède. — D’après un journal de Stockholm, le prix Nobel pour la chimie serait accordé au professeur
- Ostwald, et pour la physique, à M. Marconi et au professeur Braun, de Strasbourg.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i3 décembre, à la Direction des forges, 2, avenue de Saxe, à Paris, fourniture en 21 lots de 800 000 kilogrammes de laiton en fil. de 45o 000 kilogrammes de cuivre et de 232 000 kilogrammes de zinc en plaques. Demandes d’admission avant le 3 décembre.
- BELGIQUE
- Le 19 janvier, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, construction du chemin de fer vicinal de Sàint-Trond à Herck-la-Ville, ig3 3i8 fr. 25; caut. : 19 000 francs. Soumissions recommandées le 18 janvier.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 28 novembre, au chemin de fer de l’Etat autrichien, à Cracovie, extension des installations de l’éclairage électrique de la station de Podgorze-Plaszow.
- AUSTRALIE
- Le 22 février 1910, à la direction des postes, à Melbourne, adjudication de l’installation de stations radio-télégraphiques à Sydney, Fremantle et Rottnest Island.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17:
- Le Gérant : J,-B. Nouet.
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- Trente et Unième année. SAMEDI 4 DÉCEMBRE 1909. Tome VIII (3* série).— N° 49.
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — P. André. Sur un nouveau type de turbine à vapeur (suite et fin), p. 291. — J. Bethenod. Remarques sur la formule de Bjerknes et son application à la détermination de l’arnortis-sementdes circuits oscillants, p. 3o2. — J. Reyval. Le problème de l’enseignement technique en France et à l’étranger, p. 3o/(.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur l’électrisation du contact, M. A. Grumbacii, p. 3o5. —- Etude, construction et essais de machines. Les machines triphasées de 17000 k. v. a. de l’installation norvégienne -de Rjulcan, p. 3o6. — Les moteurs d’induction à vitesse multiple, G. Reist et [II. Maxwell. p. 307. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Etude du détecteur éleclrolytique à l’aide de l'oscillographe, W. Pierce, p. 307. — Télégraphie et téléphonie. Sur la téléphonie à grande distance, Karpen, p. 307. — Brevets, p. 3o8. — Bibliographie, p. 309. — Législation et contentieux. Arrêt de la Cour d’Appel de Poitiers sur une infraction à la loi du repos hebdomadaire, P. Boucault, p. 3io. — Décret du 14 octobre 1909 relatif à l’application en Algérie de la loi du i5 juillet 1906 sur les distributions d’énergie électrique, p. 3ii. — Circulaire du Ministre des Travaux Publics en date du 17 mars 1909, relative à l’emprunt des voies ferrées par des distributions d’énergie électrique, et de la nécessité de ne les autoriser que dans les cas exceptionnels, p. 3ia. — Circulaire du Ministre des Travaux Publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 8 octobre 1909,relative à l’organisation du contrôle des distributions d’énergie électrique dans les communes, p. 3i3. — Variétés. La Commission des distributions d’énergie électrique, p. 3i3. — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitations. — Arcs et lampes électriques. Prix de revient de l’éclairage électrique par incandescence, p. 314. — Comparaison économique entre les diverses lampes électriques, p. 3i6. — Chronique financière, p. 3i6. — Renseignements commerciaux,p. 318. — Adjudications, p. 320.
- ÉDITORIAL
- Après les descriptions du principe et du mode de construction de la turbine à vapeur, système Barbezat, M. P. André donne aujourd’hui les résultats des essais effectués sur cette intéressante machine. Les conditions des expériences sont soigneusement relatées, ainsi que les appareils employés.
- On a opéré avec vanne de surcharge ouverte et avec vanne de surcharge fermée. On mesurait simultanément les températures et les pressions de la vapeur, avant et après la vanne de réglage, entre la partie à action et
- la partie à réaction de la turbine, ainsi qu’à la sortie.
- Ces données et les quelques autres que l’on relevait au cours des expériences ont permis d’établir des tableaux de résultats très complets dans lesquels nous remarquons surtout les chiffres relatifs à la consommation de vapeur. Celle-ci est inférieure à 6lil! par cheval et le rendement es! voisin de 60 %. —
- A propos du calcul de l’amortissement
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- cl’une antenne, en télégraphie sans fil, M. Be- ) thenod fait quèlques remarques sur la formule de Bjerknes, qui le conduisent à ramener le problème à une simple construction de courbe, d’ailleurs élémentaire, et qui, établie une fois pour toutes, peut servir à tous les calculs.
- La méthode qui résulte de cet artifice ingénieux se trouve plus simple encore que celle de M. Fleming.
- A propos du projet de loi sur Venseignement technique industriel et commercial, M. J. Reyval pose encore cet important problème et joint aux nombreux, éléments d’appréciation que nous avons déjà mis sous les yeux de nos lecteurs le début de la description (empruntée à un travail de M. O. Steels), d’une université étrangère.
- Au sujet de Vélectrisation de contact, M. Grumbach s’est livré à des recherches d’ordre très spécial, desquelles il a pu déduire qu’un corps soluble non conducteur peut modifier l’électrisation à la surface cje séparation d'un électrolyte et d’une paroi non conductrice.
- Une spécification rapide est ensuite donnée des machines à grande puissance d’une installation norvégienne.
- Une étude très substantielle de MM. G. Reist et Maxwell aboutit à une classification
- \ des moteurs d'induclion à vitesse multiple au point de vue de leurs champs d’application pratique. La catégorie indiquée en troisième lieu paraît surtout intéressante, aussi bien par ses qualités que par ses défauts.
- Après avoir résumé les mesures faites par M. Pierce à l’aide de l’oscillographe, sur le détecteur électrolytique, et dont les résultats fixent des points de détails, nous reproduisons la récente «.communication de M. Kar-pen sur la transmission téléphonique à grande distance.
- L’auteur se réfère aux travaux de M. De-vaux-Charbonnel qui sont bien connus de nos lecteurs, et il se demande s’il n’y aurait pas, dans certains cas, avantage à appliquer dans la téléphonie ordinaire les procédés de la téléphonie sans fil en employant pour la transmission des ondes une seule fréquence bien déterminée, au lieu des fréquences différentes qui interviennent dans la voix humaine.
- Notre rubrique Législation et contentieux, contient, en outre des Commentaires de M. P. Bougault sur un arrêt de la Cour d’appel de Poitiers, différents documents de dates récentes.
- Dans nos documents d’exploitation, on trouvera des données économiques puisées à une source autorisée et relatives à l’éclairage électrique.
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- SUR UN , NOUVEAU TYPE DE TURBINE A VAPEUR {Suite et Fin) (')
- DESCRIPTION DE L’iNSTALLATION
- Dans le but île pouvoir faire sur celle première turbine des essais complets, elle avait
- La vapeur était fournie à i >. atmosphères par 8 chaudières De Naeyer à loyer intérieur de 8o'"2 de surface de chauffe et de f>"'2 de surface de grille, chacune. Elle passait eu-
- Fig. 7.
- été installée dans un bâtiment spécial qu’on avait construit à côté de la batterie des chaudières des Usines Bollinckx; la figure 7 est une vue en plan de l’installation. (*)
- (*) Lumière Electrique, 20 et 27 novembre 1909, p. 227 et 259.
- suite dans un surchauffeur Bailly-Mathot (lig. 8) de 70"12 de surface de chauffe et de i,l-",(i4 de surface de grille. Ce surchauffeur était indépendant des chaudières et formait l’une des parois du local d’essai (fig. 7).
- Le condenseur par surface (fig. 9 et 10)
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- placé en sous-sol avait été fourni par la Mirr-less Watson G0 Ltcl, à Glasgow.
- L’échangeur de températures ou le condenseur proprement dit, placé immédiatement sous la turbine et relié par un joint
- mile, d’autre part au moyen d’engrenages réducteurs de vitesse à i4o tours par minute, la pompe à piston double système Edwards (fig. 9 et io). En diminuant l’excitation du moteur électrique on pouvait augmenter sa
- extensible à celle-ci, avait une surface utile de refroidissement de 98'“4 et avait été prévu pour condenser iî 5ook* de vapeur à l’heure. Un moteur électrique de aa chevaux entraînait d’une part directement la pompe centrifuge de circulation d’eau à 800 tours par mi-
- vitesse jusqu’à 915 tours/minute, correspondant à 1 Go tours par minute pour la pompe à air.
- Les autres détails relatifs à ce condenseur sont donnés par les figures 9 et 10.
- L’eau de refroidissement prise à « la
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- Senne » était amenée à la pompe centrifuge par une conduite en fonte de i3o™delong. La hauteur d’aspir-ation assez variable était
- mait la vanne placée à la sortie de l’eau de circulation du condenseur et on faisait au moyen des pompes à air le vide dans le
- Fie
- en moyenne de 3m environ. L’eau sortant du refroidisse\tr retournait à la Senne.
- Pour amorcer la pompe centrifuge, on fer-
- tuyau de refoulement de la pompe jusqu’à ce que cette dernière soit pleine d’eau. La pompe étant en pression, la communication
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- entre les pompes centrifuges et «à pistons était fermée et la vanne de sortie du condenseur ouverte pour permettre au circuit de l’eau froide de s’établir.
- La vapeur condensée, aspirée par les deux pompes à piston, pouvait être recueillie et mesurée pendant un laps de temps indéfini dans quatre tonneaux d’environ 180 litres de contenance chacun.
- La puissance fournie par la turbine était absorbée par un frein hydraulique, système Eyermann.
- Ce frein (fig. n) comprend un disque
- Dans la construction Eyermann, la force d’entraînement du carter du frein vient agir sur une membrane métallique qui ferme hermétiquement une cuvette remplie d’eau et munie d’un tube comme le montre la figure i a. Les déformations de la membrane se transmettent par l’eau au mercure contenu dans une coupelle dans laquelle vient plonger un tube en verre. En faisant agir successivement des poids déterminés sur cette membrane on peut, en tenanL compte de la longueur du bras de levier au bout duquel agira la force d’entrainement, graduer l’appareil en kilo-
- Fig- 9-
- «l’acier d’environ im de diamètre lequel tourne dans une nappe d’eau annulaire d’épaisseur réglable suivant la charge qu’on veut obtenir en étranglant plus ou moins l’arrivée et la sortie de l’eau dans l’enveloppe du frein, au moyen de robinets à pointeaux.
- Le couple de frottement entre le disque et. l’eau se transmet à l’enveloppe extérieure en fonte qui peut tourner librement dans deux paliers à billes. Ce couple de frottement se mesure par la réaction qu’il faut appliquer au carter du frein à une distance déterminée de l’axe pour l'empêcher de tourner.
- grammètres d’après la hauteur à laquelle montera le mercure dans le tube en verre.
- Dans nos essais, cet appareil ne nous a pas donné entière satisfaction d’abord, parce que la colonne de mercure ne revenait jamais exactement à son point de départ soit que la membrane ne revenait pas à sa position initiale, ou qu’il était resté de l’air sous celle-ci, ensuite parce que la température du local d’essai, en dilatant plus ou moins le mercure dans la coupelle et le tube en verre, faussait les lectures.
- Nous avons préféré remplacer cet appareil par une bascule décimale ordinaire sur laquelle la force d’entrainement du carLer
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- venait agir au bout d’un levier d’environ i"1 (exactement i oo4'n'"D) de long.
- De cette façon la puissance effective fournie par la turbine d’une part, et sa consommation en vapeur d’autre part, ont pfi être mesurés d’une façon indiscutable et avec précision.
- Résultats d'essais. — Les essais de la turbine ont été faits avec vanne de surcharge ouverte et avec vanne de surcharge fermée. Pour chaque essai un poids déterminé était placé dans le plateau de la bascule et son fléau était maintenu en équilibre au moyen du robinet de réglage du frein. Le nombre de tours à peu près invariable indiqué par le taehymètre était relevé avec soin.
- Le bras de levier du frein étant de i oo4mm, la puissance fournie par la turbine s’oblenait par l’expression :
- Il P = (),()0 i 4oa P/i.
- P étant la force en kilogrammes agissante sur le tablier de la bascule, n le nombre de tours de la turbine par minute.
- Simultanément les températures et les pressions de la vapeur étaient mesurées avant et après la vanne de réglage, entre la partie à action et la partie à réaction et à là sortie de la turbine.
- Nous notions en outre la pression de l’huile, la pression d’équilibrage sur le fond du tambour, ainsi que les pressions dans les différents étages du tambour à réaction.
- D’autre part la puissance absorbée par le moteur électrique du condenseur, la température de la vapeur condensée et la température de l’eau de refroidissement à l’entrée et à la sortie du condenseur. Les chiffres relevés sont réunis dans le tableau I.
- Ce tableau a été complété par l’indication en chevaux de la puissance théorique contenue dans la vapeur consommée se détendant adiabatiquement entre la pression etla température d’entrée et la pression de sortie de la turbine. Ces valeurs ont été relevées à l’aide
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- de la dernière Table du professeur Mollier. , Ce rendement tenant compte de l’état de la Nous en avons déduit le rendement de la | vapeur à l’entrée de la turbine et du vide
- Taiileau I
- Essais d’une turbine à vapeur système Harbezat.
- „.<*« ô-i y VANNE DE SURCHARGE FERMÉE VANNE I>E SURCHARGE OUVERTE
- r * 3 4 5 G 7 47' 8 9 IO I I 12
- Duréç.jçle l'essai : min./sec 42’i5" 23'3o" 4!' 4i'3o" sî5'35" 3S'3o" ai'45' 3o'‘i3" 21 '20" 38'io"
- Charge' dhs ipsttn :, kgr.:.. 0 iq ,0 29 ,3 60,2 75,55 0 21,80 25 ,0 5o ,3 95,5 116,4 140,8
- Nombre de tours : mm ., 3 0'2G 3 025 3 oi3 3 010 3 006 3 010 3 034 3 020 3 021 3 01G 3 ooS 3 000
- Pi’essiotf et. -, i3,o 12 ,3 12 ,85 12,17 12,7 12,2 12,G 12, G 12,5 11,55 ii,4 9.9
- Température de lu vapeur avant la vanne dù\ régulateur ; °G 23 1 a54 277 243 25a 227 289 285 272 ,3 -<94 209 . 285
- Pression : kgr/cm- et. o,7i5 2, 20 2,9a 5,80 0,43 o,583 > ,74 1,88 8 ,49 5,96 6,91 8 ,2.5
- Température de la vapeur après la vanne du régulateur : kgr/cm2.. 196 234 202 223 24<) 200 270 269 261 ,5 283 249 3 ,93 279
- Pression : kg'cm2 et 0,307 0,95 I ,1 2 1 ,85 2 ,27 0,33G I ,<) 1.08 >,7ï 2,80 3,75
- Température de la vapeur après la roue à action : °G Î2G 169 i83 i54,5 i75 if>G 218 221 200 224,5 >94 . 223
- Pression : kgr-cm2 et 0,145 o,i38 0,1275 O,1087 0,127 0, i33 0 ,ioG 0,114 0,n3 0 ,126 0,097 o,i3i
- Température de la vapeur à la sortie de la turbine • °G 9<> 8G 84,5 52 58 102,5 84 8G 5i G6 52 62
- Consommation de vapeur par heure. 247 715 1 045 I 980 2 u5o 273 9>> ,7 98G 706,5 2792,5 3 270 3 g3o
- Température de la vapeur condensée : °C 27 35,5 35 30 26 ,5 «9 9-9 32 3G 84 37
- Température de l’eau du condenseur. Entrée : °G i5 ,3 H) I» 18,5 >9 i5 ,3 >7 >7 >7 >9 iG l6
- Température de Peau du condenseur. Sortie : °G iG ,5 23 23 24 24 ,5 16,5 22 22 22 ,5 25 23 27
- Puissance absorbée par le condenseur : K\V i3 ,2 19,8 >9,8 >9,8 >9,8 i3 ,2 13,2 i3,a i3 ,8 i3,8 ii 8 i3,S
- Puissance eiïcctive au frein : HP. . . 0 80,0 123 ,7 a79 3i8 0 9> ,8 io5 ,8 212,7 404,2 490 592
- Consommation par cheval au frein . J<¥*' 9,26 8,47 7 7 ,08 10,0 9,8-4 S,o G,90 G ,G8 (>,04
- Puissance théorique disponiblp dans la vapeur condensée : HP 2; .1 I 46 217, 3 483 548 28,1 178 20 5 385 ,5 7*3,5 SGG io35
- Rendement, thermodynamique : % . — 54,0 57 •17 ,8 58 — 51,3 5i ,7 55,2 :>6,7 56,8 57 ,2
- Taeleau II
- Essais de contrôle des Ateliers Bollinckx.
- Durée moyenne d’un essai 60 à 75 min. Nombre de tours 'iono. Vanne de surcharge fermée.
- ESSAI I U 3 4 5 G 7 8 9 IO I I
- Pression de la vapeur aux chaudières :
- kgr/cm2 abs 11,2 11,4 11 ,G 10,8 I ï ?o 11,4 11,5 11 ,5 11,6 11,4
- Pression à l’entrée de la turbine :
- kgr/crn2 abs y,« 9/i 9 Z2'1 8,7 7,55 7,oo 5,85 4,80 4,20 3,25 2,75
- Température de la vapeur à l’entrée :
- °C 2 G 2 2 G') 2-5 a 5 0 2,1(1 2G8 263 269 260 265 2G0
- Pression absolue de sortie au con-
- denseur : kgr/crn2 0,8 0,0() o,o85 o,o65 0,08 0,08 0,08 0,07 0,07 0,08 0,090
- Chevaux effectifs au frein 5o8,5 j()li 481 38o 3 06,5 206,5 i52,5 I O1"
- Vapeur condensée par heure : kgr.. . 3 415 3 2- J 3 210 3 080 2 GG 5 2 45o 2 O-J'J 1 725 i 72 1 20 5 97 *)6
- Température de la vapeur condensée :
- °C 4 G 47 42,5 4<> 4 G 4 4 r> 1 A 4 4 42
- Consommation de vapeur par cheval
- effectif: kgr \ 6,3 6,44 6,4 6,4 6,52 G, 5 6,7 g,75 7>12 7>9 9,0
- turbine, c’est-à-dire le rapport entre la puissance théorique de la vapeur et la puissance effectivement produite au frein.
- absolu au condenseur est une indicaticm plus intéressante que le quotient de la vapeur consommée par la puissance effective, lequel
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- ----------—— —-—-^ g
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- n Sij.
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N» 49.
- ne tient aucun compte ni de la surchauffe, ni des pressions à l’entrée et à la sortie de la turbine.
- La figure LS représente la puissance au frein et la consommation de vapeur en fonction de la pression absolue de la vapeur de-Arant les tuyères de la partie à action ; ces courbes correspondent aux valeurs contenues dans le tableau précédent. La consom-
- normale, le rendement de la turbine s’améliorait. La figure i4 donne ces mêmes valeurs — plus l’énergie théorique contenue dans la vapeur consommée — en fonction de la puissance effective de la turbine.
- Les courbes du rendement et de la consommation par cheval au frein s’y trouvent également. Avec vanne de surcharge fermée les résultats sont plus favorables qu’avec
- Fig. 12.
- m ation de vapeur est proportionnelle à la p cession d’entrée, la puissance effective croit aux pressions élevées un peu plus rapidement que cette pression. Ceci peut s’expliquer par le fait que les aubes des cinq dernières rangées du tambour avaient seules les angles voulus et qu’aux pressions élevées, quand ces rangées donnaient leur puissance
- cette vanne ouverte comme il fallait s’y attendre. La consommation par cheval est sensiblement 5%, 7 de vapeur, et le rendement atteint 58 %.
- La puissance effective nécessaire pour faire tourner la turbine à vide à 5 000 tours par minute n’atteint pas 20 chevaux.
- Au cours des essais nous avons remarqué
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- Tahleau III
- Essais de la turbine à vapeur système Barbezat après réglage des jeux. Vanne de surcharge fermée,
- Durée de l’essai : min./sec iaf/'l/r 128'6"
- Charge au frein : kgr IOÏ 136 ,5
- Nombre de tours par minute a 99# 2 9^7
- Pression de la vapeur avant la vanne du régulateur : kgr/cin* 13,16 12,95
- Température de la vapeur avant la vanne du régulateur : "C 3oo 3o8
- Pression de la vapeur après la vanne du régulateur : kgr/cm* 7,5a 9 ,80
- Température de la vapeur après la vanne du régulateur : °C •nji 302
- Pression de la vapeur après la voie à action : kgr/cm2 2,70 3,55
- Température de la vapeur après la voie à action : °C 222 23o
- Pression de la vapeur il la sortie de la turbine : kgr/cm2 o,o83 0 ,081
- Température de la vapeur à la sortie de la turbine : "G l\ I 44
- Consommation totale de vapeur : kgr 5 820 O OOO
- Consommation de vapeur par heure : kgr 2 522 3278 ,7
- Température de la vapeur condensée : °C 27 27 >7
- Température de l’eau à l’entrée du condenseur : °C 8,5 8,5
- Température de l’eau à la sortie du condenseur : °C 16,6 17 ,8
- Puissance absorbée parle condenseur : IvW 17,1 ï7 ,i5
- Puissance effective au frein : HP 424,5 571 ,6
- Consommation de vapeur par cheval au frein : kgr Puissance disponible dans la vapeur consommée : HP 5,948 t 38 5,735
- Rendement de la turbine 57,5 56,8
- Fig. 12 bis.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N» 49.
- que la consommation de la turbine dépendait I tambour et le carter d’autre part. Ce fait plus qu’on ne le pense généralement des I nous a conduit à modifier légèrement pour
- été re/eveesaveoe
- Les courbes
- 600 -S
- 2 S 00
- LS 00
- zoq «
- Pressions absolues de la vapeur à l'entrée de la turbine en
- Fig. i3.
- 3000 toursprmin 300°de surchauffe
- Vanne de su>
- 3500 <0‘
- 3000
- 2500 -c ,
- 0 100 200 300 4-00 500 600
- Puissance effective au frein en I-P
- «
- Fig. i/,.
- jeux existant entre les aubes du carter et le i le rendre plus précis et plus sûr le mode de tambour d’une part, et entre les aubes du | réglage de la position axiale du rotor par
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- rapport au carter. Les chiffres qui ont été relevés après cette modification, chiffres que nous avons longuemenlcontrôlés par d’autres essais voisins sont indiqués aux tableaux II et III.
- Etant donné que nous-même sommes mal placé pour publier des résultats qui ne puissent être suspectés de partialité, nous allons faire effectuer de nouveau des essais complets par quelques personnes désintéressées et les publier ici prochainement.
- Il est certain que, sans le défaut existant dans les angles des aubes des premières ran-
- gées du tambour, défaut, qui ne pourra se reproduire à l’avenir, cette nouvelle turbine aurait encore donné des résultats meilleurs, surtout aux faibles puissances. Ce qui est acquis est toutefois plus que suffisant pour oser prétendre que ce système de turbine, encore perfectible, se classera parmi les meilleurs existants. La turbine de M. Barbezat fonctionnera à l’Exposition de Bruxelles de 1910.
- P. André,
- Ingénieur des Ateliers do Constructions Bollmck’x.
- REMARQUES SUR LA FORMULE DE RJERKNES ET SON APPLICATION A LA DÉTERMINATION DE L’AMORTISSEMENT DES CIRCUITS OSCILLANTS
- Comme on le sait, la formule de Bjerknes permet de déterminer l’amortissement d’un circuit oscillant tel qu’une antenne de télégraphie sans fil au moyen de mesures effectuées avec un ampèremètre thermique intercalé dans un circuit oscillant auxiliaire soumis à l’influence des ondes électromagnétiques émises par le premier circuit. Indépendamment de la méthode classique due à Bjerknes lui-même, diverses méthodes ont été proposées déjà par quelques auteurs, parmi lesquels nous citerons plus particulièrement M. J.-A. Fleming (*), et M. le lieutenant de vaisseau C. Tissot. Nous nous proposons de montrer, dans ce qui suit, comment l’on peut, en mettant l’équation de Bjerknes sous une forme particulière, simplifier encore la méthode de Al. J.-A. Fleming qui a déjà sur les autres l’avantage d’être d’une application extrêmement facile et 11e pas nécessiter l’emploi de résistances ohmiques tarées d’avance dans des conditions plus ou moins différentes de celles dans
- (') Cf. J.-A. Fleming, An elemenlary manual of radio-telegraphy and radiotelephony, 1908, p. 3oi et suivante.
- lesquelles on effectue les mesures d’amortissement (').
- Notations. Désignons par :
- J, l’intensité efficace lue au thermique intercalé dans le circuit oscillant auxiliaire ou résonateur ;
- J0, la valeur maximum obtenue pour J lorsque l’on fait varier la capacité de ce résonateur ;
- oq, la pulsation du circuit excitateur primaire;
- (ü.,, celle correspondant à la période propre d’oscillation du résonateur ;
- «, et «<„ les coefficients d’amortissement respectifs des deux circuits.
- Tant qu’on s’écarte peu de la résonance (w, =<n.z), la formule de Bjerknes peut se mettre sous la forme bien connue (â) :
- J* = J»
- a.j2
- la, -I- a.,)2 -1- (a), — wj2
- (0
- (') En effet, le tarage ne peut s’effectuer que par l’emploi des méthodes d’équilibre ou par application de la loi d’Ohm, en utilisant du courant continu ou du courant alternatif à basse fréquence; les valeurs ainsi obtenues peuvent différer sensiblement de celles correspondant à des courants de haute fréquence.
- ('-) Voir par exemple :
- J. Ziînneck. Eleht.ro m agit etischc Schwingungen und drahtlose Télégraphié, p. 5ga et suivantes.
- J. Boui.angeu et G. Fekiué. La 'Télégraphie sans fil et les ondes électriques, 70 édition, p. i6ti.
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- on supposant invariable la self-induction du résonateur.
- Posons :
- 0),-----toi
- a, + a3
- J1U'
- 2i + Î*
- (»)
- en appelant 3,, 32 les décréments logarithmiques par période complète à la résonance, n2 les fréquences, et x la différence
- i — —1
- Il vient immédiatement :
- J2 = J„2
- i
- i + tg2 0
- d’où finalement :
- J = J0 cos 0
- C5)
- Telle est la forme la plus simple de l’équation de Bjerknes.
- En relevant au thermique le maximum J0 et une autre valeur quelconque de J correspondant à une certaine valeur x ('), l’on détermine 0 au moyeu de (3) et par conséquent la somme A = 3, -f-3.> à l’aide de (2). Cette détermination est extrêmement rapide, si l’on remarque que dans l’égalité (3) il suffit pour déterminer 0 de considérer le rapport des intensités edicaces (et non le carré de ce rapport comme avec les méthodes usuelles). L’existence de tables des lignes trigonomé-triques facilite d’ailleurs énormément les calculs ; à défaut d’une table, on peut encore se servir d’une construction graphique évidente, ou mieux dresser une fois pour
- toutes une courbe fourni
- Ig 0
- ssant----- en fonction
- 2 TC
- décos 0 (2) et elle permet par une simple lee-
- () Cette valeur s’obtient d’ailleurs par simple lecture en utilisant comme résonateur un ondeinètre étalonné à capacité variable.
- (2) Nos lecteurs pourront construire cux-mômes très facilement celte courbe ; nous serons d’ailleurs très heureux d’en adresser un exemplaire à grande échelle à ceux que la question intéresserait.
- ture de connaître le rapport ^ en fonc-
- ~r
- lion de cos 0 = —. Si l’on ne connaît pas
- l’on peut, pour déterminer Bj, opérer de la façon suivante, en adoptant la méthode indiquée par M. J.-A. Fleming (loc. cit.) légèrement modifiée.
- Intercalons dans le circuit du résonateur une résistance ohmique supplémentaire de manière que son décrément devienne égal à 3'2 (§'2> §2)» et ® l’aide de la méthode ci-dessus déterminons la somme A' — S, + S 2-
- Pour pouvoir calculer les trois inconnues 8,, §.,> S'2, il faut une troisième équalion; celle-ci s’obtient facilement en remarquant que, d’après la formule de Bjerknes, il existe, à fréquence d'étincelles constante, la relation suivante entre les inaxima J0 et J'0 correspondant aux décréments §2 et o'2 :
- 1 > _ • __ ^2 (^1 ~f~ ^2)_ da A
- - JÂ (S, + 8',) S'z A'-
- Le rapport k étant d’ailleurs connu expérimentalement, nous avons en définitive les trois équations suivantes :
- g, + 3, = A
- 31 + 8'2 = A'
- De ces équations, on tire facilement les valeurs :
- Ci
- L
- o'2
- Le problème est ainsi complètement résolu.
- La méthode précédente pour la séparation de Sj el 32 ne diffère de celle exposée par M. J.-A. Fleming que par un autre choix des inconnues permettant de donner aux ré-
- A2 — A'2/<:2-
- lê A'- — k* AA' A — A'/.-2
- AA' — A2
- (4)
- A — A'/i2
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- sultats une forme plus simple et plus symétrique (*).
- L’équation de Bjerknes étant symétrique en oj et o2l au lieu d’agir sur §2 pour le second essai, on peut encore agir sur l’amortissement du circuit excitateur par l’addition d’une résistance auxiliaire (de l’ordre de plusieurs dizaines d’ohms pour une antenne) non inductive, de manière que le décrément devienne S'j > 8j.
- En opérant comme ci-dessus, l’on arrive
- (*) Le savant professeur adopte en effet comme troisième inconnue la différence Ô'2 — Sg au lieu de §'3 lui-mème.
- évidemment à des formules qui ne diffèrent des formules (4) que par la permutation des indices 1 et 3 (*).
- J. Betiienod.
- (') Comme on l’a vu plus haut, il suffit de connaître les valeurs .1 elx pour un seul régime différent de la résonance pour calculer A (ou A'). En réalité, l’on devra en pratique déterminer ces valeurs pour plusieurs régimes cl prendre la moyenne des A ainsi obtenus afin d’obtenir une valeur plus exacte de la somme des décréments. En particulier, la courbe des J en fonction de x n’est pas rigoureusement symétrique par rapport à l’ordonnée maximum J0, comme le suppose la formule approxima tive (1), et il sera bon de choisir également des régimes I pour lesquels x est négatif.
- LE PROBLÈME DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE EN FRANCE
- ET A L’ÉTRANGER
- Au moment où le Parlement français va être appelé k discuter le projet de loi sur renseignement technique industriel et commercial, dont nous donnerons plus loin le texte, il peut sembler Opportun, sans traiter une fois de plus dans toute son ampleur ce problème vital pour notre industrie, de le poser une dernière fois et de fournir, en rassemblant encore quelques documents, des bases d’appréciation nouvelles pour les discussions à venir.
- Au point de vue général, des renseignements nombreux ont été donnés dans cette Revue meme (')etl’on en trouve encore dansles rapports présentés au Congrès de Marseille (2).
- Nous connaissons donc très bien les solutions en présence : solution américaine, qui fait suivre et guider étroitement l’élève par le maître; solution allemande, plus large, mais bien appropriée au caractère national; solution suisse, intermédiaire entre les deux premières ; solution française, enfin, dans laquelle le contact entre le maître et l’élève est beaucoup moins
- (*) Eclairage Electrique, tome LIII, p. 365; fAimihre Electrique, tome I, ie série, p. 09 et 220 ; tonie III,p. 370. (2) Congrès de Marseille, chez Gaulhier-Villars.
- étroit que dans les systèmes précédents, et qu’on a appelée « académique » par opposition aux systèmes «lycéens » ou « collégiens» (J) que nous venons de rappeler.
- Chacun de ces types d’enseignement est fixé depuis déjà longtemps, et toute école technique qui se crée se rattache forcément à quelques-uns de ces modèles. Mais précisément il est intéressant de voir dans quelle mesure et dans quel sens s’exerce à cet égard le choix des hommes qui fondent de grands établissements techniques.
- On peut, dans cet ordre d’idées, prendre très utilement pour exemple l’organisation de l’enseignement électroteehniquc à l’Université de Gand, sur laquelle un travail récent de M. O. Steels (2) donne de nombreux détails.
- La section électrotechnique de l’Ecole des Arts et Manufactures, annexée à l’Université de Gand, est tic création assez récente, ce qui augmente pour nous son intérêt dans la question
- (*) A. Blondel.
- (2) Note relative à l’organisation de renseignement de l'électricité à l’Université de Gand. Description des installations du Laboratoire d’Eleclricilé industrielle. Annales de VAssociation des Ingénieurs sortis des écoles spéciales de Gand, 1909
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- actuelle. C’est en 1900 en elïet que M. Wolters, inspecteur général des Ponts et Chaussées, en fit décider l’organisation.
- Le premier trait caractéristique de l’enseignement qui y est donné, c’est qu’il s’adresse à des ingénieurs munis déjà d’une culture générale : diplùmés des Ecoles spéciales du Génie civil et des Arts et Manufactures, annexées à l’Uni-
- commun les connaissances nécessaires à tout ingénieur électricien, quelle que soit sa spécialité. Mais, d’autre part, cette spécialité est aussi respectée en ce sens que l’élève a la faculté de suivre des cours spéciaux et de limiter son examen final à la branche de l’électro-technique dans laquelle il compte faire sa carrière.
- Aiusi donc, d’une part, des cours généraux,
- 6 points
- 4 points
- SECTION DES INGENIEURS ÉLECTRICIENS
- GllAUE d’jNG ÉNIIÎUR ÉLECTRICIEN
- Epreuve unique. Programme.
- A. — Electricité théorique (rappel et développement des principales théories; théorie approfondie des courants alternatifs; théories des dynamos, moteurs, transformateurs, piles primaires et secondaires, etc.). . .
- B. — Electrotechnique générale (pratique des dynamos, moteurs, trans-
- formateurs, piles primaires et secondaires, distribution, technologie générale)............................................................... 4 points
- C. — a) Mesures électriques théoriques. .............................. 2
- b) Mesures électriques industrielles y compris la photométrie.... 2
- Un ou plusieurs des groupes de matières ci-après (électrotechnique spéciale).................................................................. 10 points
- i° Eclairage par usine centrale, transport de force, traction, technologie spéciale.
- 20 Calcul et construction des machines etappareils électriques, technologie spéciale, organisation des ateliers de constructions électriques.
- 3° a) Electro-métallurgie; b) électro-chimie.
- 4° Téléphonie, télégraphie et signalisation: étude de la ligne au point de vue physique et mécanique, étude des appareils et dispositifs, exploitation, exercices.
- Travaux d’application (calculs, dessins, rapports, analyses et résumés de mémoires, travail de laboratoire) sur :
- A. — Electricité théorique............................................. 3 \
- B. — Electrotechnique générale........................................ 2 |
- Théoriques............................................. 2 \ i3 points
- Industrielles y compris photométrie.................... 3 l
- IV. — Travail à l’atelier................................................... 3 ]
- V. — Travaux d’application, projets, devis relatifs à celui ou à ceuxde groupes j
- choisis dans le n° Il............................................... 9 i3 points
- VI. — Mémoire relatif à une question rentrant dans le ou les groupes choisis. 4 \
- II
- III
- | C. — M
- Mesures
- Total.
- ao points.
- vertpté de Gand, officiers des armes spéciales, etc. Ces jeunes gens, d’origines évidemment très diverses, font, obligatoirement, à l’Ecole spéciale des Arts et Manufactures, une année d’études complémentaires dans laquelle ils acquièrent en
- avec interrogations sur l'ensemble des matières, séances d’exercices et d’atelier, obligatoires pour tous; et d’autre part, limitation, au gré de l’élève, de l'épreuve finale, à un groupe de matières déterminé. En d’autres termes, un en-
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- geignement général suivi d’un examen spécialisé.
- Suivi, mais non sanctionné, car une importance prépondérante est attribuée aux répétitions et travaux pratiques exécutés au cours de l'année scolaire.
- Pour mieux faire saisir le plan général de cet enseignement, nous donnons ci dessus le groupement par subdivisions des matières exigées à l'examen final.
- Quant aux exercices pratiques et de laboratoire, ils sont conçus à la manière américaine, de sorte que chacun d'eux constitue un petit problème d'ingénieur, et non pas une application schématique des notions acquises aux cours. En particulier, on laisse aux élèves le soin de se tirer par leurs propres ressources de toutes les petites difficultés de détails dont la pratique analyse est si salutaire aux débutants: ni appareils tout prêts, ni connexions toutes faites.
- Ces travaux s’exécutent dans trois laboratoires distincts (un pour les mesures, un autre pour 1 électro-chimie, l’autre enfin pour les machines): dans un atelier, muni de tours à bois, d'étaux, de foreuses, etc ; dans une forge où l’on peut
- couler des pièces en cuivre et en bronze, et les modeler, etc.
- Le hall des essais industriels ou plate-forme d’essais est fort bien outillé et présente, à côté des machines les plus récentes, des types surannés, étapes historiques propres à mieux faire saisir la marche et la signification des progrès accomplis.
- Par l’importance accordée aux exercices pratiques, la manière dont ils sont conçus, par le mode de recrutement des élèves, par l’élasticité des cours et l’organisation de la spécialisation, on voit combien l’esprit de cet enseignement est en conformité avec les idées qui ont été exposées dans cette Revue.
- Quant à la question du rapprochement plus ou moins grand entre le maître et l’élève , que nous avions pris au début comme critérium des differents types d’enseignements, on conçoit que, par son organisation générale, l’année complémentaire d’études de l’Université de G and se prête particulièrement à l’application des méthodes américaines.
- (A suivre.) ' J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur Vélectrisation de contact. — M. A.Grum-bach. — Académie des Sciences, séance du i5 novembre 1909.
- L’auteur s’est proposé de rechercher si l’électrisation au contact d’un électrolyte et d’un corps isolant tel que le verre est influencée par la dissolution d’une substance isolante dans un liquide conducteur. Il a eu recours pour cela aux forces électro-motrices de filtration.
- Un liquide conducteur, filtrant sous pression à travers un tube capillaire ou une paroi poreuse, produit une force électromotrice qui, si les tubes sont suffisamment longs et étroits pour que l’écoulement ait lieu suivant la loi de Poiseuille, obéit à la loi de Hclmholtz :
- K = M — P
- (p résistivité, rt viscosité du liquide filtrant, E dif-
- férence de potentiel de part et d’autre du diaphragme, P différence de pression). M est le moment de la couche double formée à la surface de séparation du liquide du tube.
- Toute considération théorique mise à part, l’expérience montre que M est indépendant de la forme et de la surface du diaphragme ainsi que du nombre de canaux.
- Il s’agit ici d’étudier les variations du moment M, mais il faudra tenir compte des variations de la viscosité et de la résistivité du liquide. Le premier de ces facteurs est prépondérant avec des solutions très visqueuses, par exemple à 27 % de sucre de canne. Dans ce cas, les rapports pour la solution primitive et pour la solution sucrée sont inversement proportionnels aux coefficients de viscosité.
- M. Grumbach a obtenu une variation nette de M en comparant une solution aqueuse de chlorure de
- potassium à la concentration de------de molécule-
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- gramme (osr,0746) pour i ooo à une solution au même titre en chlorure de potassium, mais contenant 5GBr de phénol pour i ooo.
- Il a vérifié que le rapport des forces éleclromo-trices aux pressions reste bien constant pour un liquide donné, môme quand on réétire plusieurs fois le môme tube de verre.
- Un corps soluble non conducteur peut donc modifier l’électrisation de contacta la surface de séparation d’un électrolyte et d’une paroi non conductrice. Ce phénomène est certainement en relation avec ceux qu’a mis en évidence M. Gouy en élcc-trocapillarité.
- L’auteur se propose de répéter l’expérience décrite plus haut avec diverses substances en variant ces conditions.
- A. S.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les machines triphasées de 17 000 kva de l'installation norvégienne de Rjukan. — Elektrische Kraftbetriebe and Bahnen, i3 novembre 1909.
- Chacune de ces machines peut absorber 14 45o HP à une vitesse de a5o tours par minute, sous un facteur de puissance de 0,6, la tension étant de 10 ooo à 11 ooo volts et le courant triphasé à î>o périodes. Elles sont commandées directement par turbines hydrauliques et servent à l’exploitation d’une usine électrochimique.
- Le rendement garanti, en tenant compte de toutes les pertes par ventilation et par frottement, est de 94,8 %, ou de 95,3 % (suivant le mode d’accouplement des machines), à pleine charge et pour un facteur de puissance de 0,6.
- La chute de tension entre zéro et la pleine charge est de 3 800 ou 2 400 volts respectivement. lie poids total d’un générateur est d’environ ao5 tonnes, sur lesquelles 92 reviennent à la partie tournante, et 90 au stator seul.
- Pour faciliter les réparations éventuelles, les stators peuvent se déplacer selon leurs axes. Chacun de ces stators se compose de deux carcasses de fonte, divisées en quatre parties et de construction extrêmement robuste, dans lesquelles le fer actif est fixé par des ressorts à queue d’aronde, et maintenu par
- des plaques robustes qui se prolongent jusqu’aux dents. Ce dispositif a pour but de diminuer le bruit de la machine et d’augmenter la sécurité d’exploitation.
- Bien entendu, les dimensions sont colossales : le diamètre extérieur des stators est d’environ 6™, le diamère intérieur, de 4m, 4o, la hauteur des pièces polaires, de ai5 millimètres.
- C. M.
- Les moteurs d’induction à vitesses multiples. — G. Reist et H. Maxwell. — The Electrician, 12 novembre 1909.
- Le moteur d’induction, tel qu’on l’emploie généralement, possède une vitesse à peu près constante quelle que soit la charge. Or, dans certaines industries il est indispensable de disposer d’une vitesse variable. On emploie alors généralement un moteur avec bagues collectrices et l’on produit la variation de vitesse en insérant des résistances plus ou moins grandes dans le circuit secondaire. Un tel moteur a toujours un mauvais rendement, et la vitesse varie énormément avec la charge.
- 11 arrive souvent que le travail auquel on veut employer la machine n’exige que 2 ou 3 régimes de vitesse différents ; il est alors inutile d’avoir un moteur à vitesse variable, il suffit d'un moteur à vitesses multiples.
- Dans ce genre de machine, les différentes vitesses de synchronisme s’obtiennent en faisant varier le nombre de pôles du circuit magnétique. On réserve alors l’emploi des résistances secondaires pour les variations de vitesse dans une petite région au-dessous de chaque valeur de régime.
- L’auteur étudie alors les trois procédés suivants que l’on peut employer pour changer le nombre des pôles :
- a) On peut employer un circuit magnétique et un circuit magnétique uniques, et changer simplement le mode de couplage des bobines. C’est là le procédé le plus fréquemment employé. En effet, il utilise très bien lamatière, qui est tout entière active à toutes les vitesses. L’inconvénient réside dans la complication de l’appareillage nécessaire pour changer les interconnexions. Cependant, c’est encore le type le plus avantageux lorsqu’on n’a besoin que de deux vitesses dont l’une est le double de l’an Ire ; il suffit alors, en elïet, de six bagues collectrices. Le tableau suivant indique les différents modes de connexions, avec la puissance maxima approximative correspondante.
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- revue D*Electricité
- C’est la combinaison n° 3 qui est généralement usitée, car c’est elle qui réalise le mieux les conditions moyennes de charge pour couple constant aux deux vitesses.
- Tableau I
- VITESSE MODE 1)E MONTAGE PUISSANCE MAXIMA APP RO XIM ATI VE DÉBITÉE PAR LE MOTEUR
- (1) 100 2 circuits triangle IOO
- 5o étoile-triangle 11
- (2) 100 2 circuits étoile IOO
- 5o i » étoile 22
- (3) 100 2 » étoile IOO
- 5o 1 » triangle 66
- (4) 100 1 » triangle IOO
- 5o 2 .»• étoile *17
- (5) 100 1 » étoile IOO
- 5o 2 » étoile • 35o
- (6) 100 étoile triangle IOO
- 5o 2 circuits triangle ^00
- b) Un seul circuit magnétique et un seul circuit électrique indépendants.
- Ce type de moteur à vitesses multiples a l’avantage d’avoir des enroulements indépendants et par suite 3 différences de phases pour chaque vitesse dans le stator pour les moteurs triphasés, et 4 pour les moteurs diphasés.
- Généralement les encoches sont faites assez larges pour contenir les 2 enroulements (ou davantage) employés pour constituer les enroulements séparés correspondant aux différentes vitesses.
- Oh peut employer avantageusement les moteurs de ce type pour réaliser deux vitesses, lorsque l’une n’est pas le double de l’autre et que les enroulements et leurs isolants n’occupent pas trop d’espace. En effet, pour les moteurs à haute tension, les isolants occupent un espace considérable.
- c) Des circuits magnétiques et électriques séparés.
- En réalité les moteurs de ce type sont formés de
- deux moteurs distincts dont les rotors sont montés sur le même arbre et disposés de telle sorte que le secondaire de la première machine est connecté directement au primaire de la seconde.
- Si les deux moteurs ont un nombre de pôles différent, il y aura quatre vitesses de synchronisme, à savoir: deux pour les moteurs en fonctionnement indépendant et deux pour les moteurs en fonctionnement combiné.
- En appliquant ce dispositif à deux moteurs à demi-vitesse mentionnés dans la catégorie («), le nombre des combinaisons possibles de vitesses devient très grand.
- En raison de la très grande variation de la puissance débitée aux deux vitesses différentes, les moteurs ainsi accouplés utilisent généralement la matière d’une façon très avantageuse aux hautes vitesses. En conséquence, ce type de machine convient surtout au cas où les vitesses variables sont assez rapprochées.
- Iis présentent enfin un désavantage, à savoir: la faible valeur de leur facteur de puissance.
- C. M.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Etude du détecteur électrolytique à l’aide de ïoscillographe. — W. Pierce. — The Elec-trician, ia.novembre 1909.
- L’auteur expose une série de recherches relatives au mode de fonctionnement du détecteur électrolytique, dans lesquelles un oscillographe particulièrement sensible, avec tube de Braun, était employé pour enregistrer les valeurs instantanées du courant qui traversait le détecteur.
- De ces mesures, l’auteur a conclu :
- 1" Que l’ensemble du phénomène de rectification des courants alternatifs faibles par le détecteur électrolytique semble pouvoir s’expliquer intégralement par la théorie de la polarisation électrolytique;
- 2° Que la capacité (de polarisation) de la petite électrode en platine n’est pas absolument négligeable, même avec une fréquence de 60 seulement.
- D’une manière générale les résultats s’accordent avec les conclusions des travaux de Pupin (').
- P. T.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- »
- Sur la téléphonie à grande distance. — Kar-pen. — Académie des Sciences, séance du i5 novembre
- 1909-
- Dans la transmission téléphonique de la parole, surtout lorsqu’il s’agit de la transmission par câbles,
- (*) Jalirbuch der Elektrochemie, vol. VI, p. 35, 1899,
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- la distance semble devoir être limitée non pas par l'affaiblissement du courant téléphonique pendant la transmission, mais par son altération qui, k partir d’une certaine distance, rend la voix k l’arrivée inintelligible.
- Le courant téléphonique transmettant la parole articulée est, en majeure partie, un courant périodique pouvant être décomposé en plusieurs harmoniques différant les uns des autres par la fréquence, l’amplitude et la phase, (*).
- Si l’on admet que ces harmoniques se propagent indépendamment les uns des autres, il est facile de se rendre compte, même quantitativement, de l’altération du courant téléphonique.
- En effet la vitesse de propagation et la constante d’atténuation croissent avec la fréquence, de sorte que, pendant la transmission, les amplitudes relatives elles phases relatives des harmoniques ne restent pas les mêmes qu'au départ ; le courant total k l’arrivée ne ressemble plus au courant produit par le microphone et la parole n’est plus comprise.
- L'augmentation artificielle de la self-induction de la ligne atténue dans une grande mesure non seulement l’affaiblissement du courant téléphonique, mais aussi son altération, et permet d’accroître considérablement la distance k laquelle on peut téléphoner.
- Mais il y a lieu de se demander s’il n’y aurait pas, dans certains cas, avantage k appliquer dans la téléphonie ordinaire les procédés de la téléphonie sans fil, c’est-k-dire d’employer, pour la transmission, des ondes régulièrement entretenues, de fréquence bien déterminée et unique, produites soit par l’arc chantant, soit par des alternateurs de haute fréquence.
- La réception se ferait également par les procédés utilisés en téléphonie sans fil.
- La fréquence étant unique, il n’y aurait plus de déformation de la voix ; celle-ci serait seulement affaiblie, et il semble que par ce moyen on puisse augmenter la distance k laquelle la parole peut être transmise.
- Les difficultés de production des ondes seraient moindres qu’en téléphonie sans fil, car la fréquence devrait être juste suffisante pour que les ondes puissent suivre les ondulations de la voix par la variation prononcée d’une onde k la suivante et pour qu’elles n’impressionnent pas directement le téléphone récepteur.
- Sans doute on perdrait par ce procédé la simpli-
- (*) Y. Devaux Charronnel, La Lumière Electrique, 1908.
- cité de la téléphonie habituelle; d’un autre côté l’amortissement, s’il devient le même pour tous les sons composant la voix, devienten même temps plus considérable, surtout k cause de l’augmentation de la résistance apparente delà ligne pour des fréquences de l’ordre de i5 ooo.
- Il y aurait, k ce point de vue, avantage k se servir d’une fréquence relativement basse, 5 ooo par exemple, ce qui a priori ne paraît pas impossible.
- L’emploi des ondes permettrait de plus, ainsi que cela a été déjà proposé, la téléphonie multiple. Les récepteurs symonisés dont on se servirait pourraient être rendus aussi sensibles que possible, sans craindre les perturbations accidentelles sur la ligne, qui n’ont pas d’influence sur cette sorte de récepteur.
- A. S.
- BREVETS
- Procédé d'alimentation des lampes à bas voltage et autres appareils électriques a bas voltage sur un réseau àhautvoltage. —L.Neu. — Publié le 26 octobre 1909.
- Les lampes k'incandescence, surtout celles de faible intensité, ont, k tous points de vue : rendement, durée, prix d’achat, avantage k être constituées par des filaments courts et de forte section.
- Il en résulte que pour alimenter de telles lampes on a été jusqu’ici conduit k.fournir k leurs bornes du courant k bas voltage alors que, pour l’économie des réseaux de distribution, ceux-ci fonctionnent usuellement k des voltages de 110 ou même 220 volts.
- On a donc été amené k l’emploi d’appareils permettant d’abaisser le voltage de 110 ou 220 volts k 20 ou 40 volts par exemple.
- Cette transformation a l’inconvénient d’être onéreuse tant au point de vue des appareils à installer qu’au point de vue de la déperdition d’énergie.
- Mais on peut éviter l’emploi de ces appareils par le dispositif suivant :
- Entre le réseau à uo ou 220 volts et la ou les lampes k alimenter, on place un interrupteur rapide réglé de telle façon que le courant ne passe que pendant une fraction du temps, dépendant du voltage du réseau par rapport k celui qui conviendrait k la lampe si on voulait la faire traverser d’une façon continue par du courant k bas voltage.
- Ainsi, par exemple, s’il s’agit de voltages rcspec-
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- tifs de 220 et 4o, l'interrupteur sera réglé de façon que le courant passe pendant environ i/5 du temps et soit interrompu pendant les 4/5, De plus l’interrupteur devra avoir un nombre d’ouvertures et de fermetures par seconde suffisant pour que, grâce à la capacité calorique du filament et à la persistance des impressions sur la rétine, l’éclat de la lampe paraisse constant.
- L'interrupteur en question peut être de l’un quelconque des types connus usuellement employés pour les bobines Rhumkorff.
- 11 peut être automoteur ou à moteur indépendant, à disque, plongeur, trembleur, genre Wehnelt, à jet de mercure ou autre.
- En faisant varier à la main ou automatiquement le rapport entre les durées de fermeture et d’ouverture, on peut, soit faire varier à volonté l’éclairement des lampes si le voltage du courant d’alimentation est constant, soit amener à être constant l’éclairement des lampes si le voltage d’alimentation vient à varier.
- On peut ainsi obtenir, sans perte sensible d'énergie, les effets de scène usités dans les théâtres.
- Cela permet également de maintenir un éclaire-
- ment constant aux lampes aux cas où le voltage du réseau subit d’importantes variations.
- Dans l'application du procédé au courant alternatif, il est bon que la fréquence de l'interrupteur ait une valeur égale à celle du courant d’alimentation ou soit dans un rapport simple avec cette dernière valeur.
- De plus, dans le cas du courant alternatif, on peut régler l’éclat des lampes comme pour le courant continu par le rapport de durée de fermeture et d'ouverture, ou bien par un décalage convenable entre la phase de la fermeture et l’interrupteur et celle du courant d'alimentation, ou encore par la superposition de ces deux moyens.
- Le même procédé est également applicable à l’alimentation de lampes à arc, à vapeur de mercure et de tous autres foyers ou récepteurs quelconques d'énergie électrique.
- Ainsi, par exemple, on peut, avec du courant à 220 volts et interposition d’un interrupteur rapide, alimenter en dérivation une ou plusieurs lampes à arc construites pour fonctionner usuellement à environ 4o volts et cela sans perte notable d'énergie.
- A. P.
- BIBLIOGRAPHIE
- fl est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Cours pratique d’électricité industrielle, tome I. — H. Chevallier. — i volume in-8 carré de 897 pages avec 4*o ligures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 7 fr. 5o.
- Ce qui frappe tout d'abord dans cet ouvrage, c’est l’extrême clarté de tous les schémas, tant théoriques que pratiques, qui sont destinés à fixer dans la mémoire des débutants les lois fondamentales de l’électricité et du magnétisme, ainsi que le fonctionnement des différentes machines industrielles. C’est là un point très important, toujours très soigné dans les manuels allemands que nous présentons de temps en temps à nos lecteurs, et l’on est heureux de voir un auteur français s’y appliquer avec conscience et avec bonheur.
- Le plan général de l’ouvrage est bien celui qui correspond au point de vue pratique et industriel.
- L’auteur débute par les généralités indispensables
- sur le courant électrique et sur la loi d’Ohm, puis il passe à l’étude des piles, des accumulateurs, et enlin des machines.
- La partie théorique y est .sans doute un peu réduite, mais, tel qu’il est, ce tome premier du Cours pratique de M. Chevallier se recommande par les qualités les plus sérieuses.
- P. B.
- Die Transformatoren; ihre Vd'h'kung'sweise, Konstruktion, IPrüfung und Berechnung. — Dp G. BenischRe. — 1 volume in-8 carré de 2*20 pages avec 218 figures. — Fried. Vieweg und Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 9 marks; relié, 10 marks.
- On connaît la compétence de M. G. Benischke en fait d'électrotechnique appliquée.. Le volume actuel est digne de son auteur.
- Consacré à l’étude générale des transformateurs,
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- c’est surtout sur leur fonctionnement qu’il insiste. Le procédé d’exposition suivi est rigoureux et méthodique; le lecteur est amené très naturellement à passer des diagrammes les plus élémentaires aux plus compliqués et à la solution de tous les problèmes que peut poser la marche de la machine. Mais la construction est également traitée et éclaircie par des exemples typiques.
- Un chapitre très complet est consacré aux modes
- de montage, un autre aux méthodes d’essais, un autre au calcul des dimensions. Enfin réchauffement est traité d’une manière fort claire.
- D’un bout à l’autre du livre s’affirment des qualités didactiques de premier ordre. Plus d’une fois l’auteur a l’occasion de traiter des sujets qu’il a des raisons toutes particulières de bien connaître, par exemple celle des transformateurs d’intensité, p. 1G9. P. B.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Arrêt de la Cour d’appel de Poitiers sur une infraction à la loi du repos hebdomadaire.
- Un sieur Barbozange était poursuivi par F inspecteur du travail qui, se présentant pour assurer V exécution de la loi du i3 juillet 1906 à F usine génératrice d’Energie de la Compagnie des Tramways de Poitiers dont il est le directeur, s* en était vu refuser Ventrée.
- L’inspecteur fit un procès-verbal pour refus de permission d’entrée, en le basant sur ce que Eltsine était au moins une usine mixte, l’énergie électrique en résidu étant vendue par la Société à la clientèle privée. Le tribunal a estimé que l’usine de tramways étant soumise au contrôle spécialement créé pour elle et exercé par le ministre des Travaux publics ; il a déclaré en conséquence que l’inspecteur du travail n’avait pas le droit d’exiger l'entrée et a renvoyé Barbazange des fins de la poursuite.
- Suivant arrêt du 25 juin 1909, la Cour de Poitiers a confirmé le jugement. Ces deux décisions sont rapportées au Moniteur Judiciaire de Lyon, en date du 24 août 1909, et nous en donnons le texte intégral. Elles sont d’ailleurs parfaitement juridiques.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour d’appel de Ljion.
- Texte du jugement.
- Le Tkibuxal,
- « Attendu que Barbazange est poursuivi pour avoir refusé à l’inspecteur du travail, qui se présentait pour assurer l’exécution de la loi du i3 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire, Centrée de l’usine génératrice d’Encrgie de la Compagnie des Tramways de Poitiers,
- dont il est le directeur; que Barbazange motive son refus sur ce que l’inspecteur du travail n’a rien à faire dans un établissement soumis au contrôle du ministre des Travaux publics ;
- « Attendu que la loi du i3 juillet 1906 (art. ïi), après avoir, dans le paragraphe iül*, chargé d’une façon générale les inspecteurs du travail, concurremment avec tous les officiers de police judiciaire, de constater les infractions. dit, dans le paragraphe 2, « que dans les établissements soumis au contrôle du ministre des Travaux publics l’exécution de la loi est assurée par les fonctionnaires chargés de ce contrôle »; qu’il faut voir, dans ce second paragraphe, une dérogation formelle à la règle posée dans le premier, et, par suite, admettre que là où les fonctionnaires du contrôle attachés au ministère des Travaux publics ont compétence, l’inspecteur du travail nen a plus; qu’il n’y a même pas de concours possible entre eux; que si, en effet, le législateur eût voulu établir ce concours, il n’eût pas manqué de le dire, comme il l’a fait dans le paragraphe i131*, en plaçant sur la même ligne, au point de vue de la répression des infractions, les inspecteurs du travail et les officiers de police judiciaire ; qu'il n’y a pas, d’ailleurs, à assimiler les inspecteurs du travail et les officiers de police judiciaire, ces derniers trouvant dans l’article 11 du Code d’instruction criminelle le droit de constater partout où elles se produisent les infractions à la loi du i3 juillet 190G;
- « Attendu que la compétence exclusive des agents du contrôle étant admise en ce qui concerne la constatation des infractions commises dans les établissements ressortissants du ministère des Travaux publics, celle compétence doit s’étendre aussi bien à toute exploitation annexe qu’à l’exploitation principale, en vue de laquelle ces établissements ont été "créés ; qu’en vendant des excédents d’énergie électrique la Compagnie des Tramways ne fait qu’utiliser un produit accessoire et limité de son exploitation ; qu’il serait d’ailleurs impossible d’établir une distinction entre les choses ou les personnes
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- affectées au service des tramways proprement dits et les choses ou les personnes affectées au service de la vente d’énergie; que, sauf en ce qui concerne certains conducteurs ou watmann, le personnel chargé d'assurer ce double service est le même.
- « Par ces motifs,
- « Dit Barbazange, Henri-Noël, non coupable du délit relevé contre lui, et le renvoie des fins de la prévention, sans dépens. » •
- Texte de l’arrêt de la Cour.
- Sur appel du Ministère public, la Cour a rendu V arrêt confirmatif suivant :
- La Cour,
- Adoptant les motifs des premiers juges :
- Et attendu que l’usine de la Compagnie des Tramways a été créée uniquement dans le but de produire l’énergie électrique nécessaire à leur exploitation, qu’aux termes de l’article 17 du cahier des charges, elle doit être remise à l’Etat par le concessionnaire avec le matériel et la voie ferrée à l’expiration de la concession; qu’il est donc de toute évidence qu’elle est une dépendance de l’entreprise des tramways, laquelle forme un tout indivisible, et que cette usine doit, au même titre que la voie elle matériel, être soumise au contrôle des ingénieurs; qu’en conséquence, ces fonctionnaires sont compétents, à l’exclusion de l’inspecteur du travail, conformément au paragraphe 2 de l’article 11 de la loi du i3 juillet 1906, pour assurer le repos hebdomadaire aux employés de l’usine de même qu’aux agents delà voie; que cette solution s’impose avec d’autant plus de rigueur que les employés de l’usine sont presque tous agréés comme watmcn et peuvent être appelés en cette qualité à conduire les voitures ; que la loi du i3 juillet 1906 a appliqué à tous les établissements soumis au contrôle du ministère des Travaux publics le même principe d’ex ccption que l’article 17 de la loi du 2 novembre 1892 avait déjà appliqué aux exploitations de mines, minières et carrières; qu’en fait, à l’usine de Poitiers, les fonctionnaires chargés du contrôle ont toujours assuré l’exécution de la loi ;
- Attendu que vainement il est prétendu que cette usine, fournissant du courant électrique à des particuliers, devient une usine d’énergie électrique indépendante de l’exploitation de tramways et constitue une entreprise spéciale non soumise au contrôle des ingénieurs ; qu’en effet, elle ne vend que l’excédent de sa production d'énergie non utilisée par le service des tramways ; que celle production, calculée par le trafic maximum, varie nécessairement suivant l’importance du trafic; que la fabrication et la vente de cet excédent n’ont comporté aucune installation nouvelle, aucun autre personnel à l’usine et que cet excédent d’énergie est des plus minimes; que c’est ainsi qu’au cours de l'année 1908 la production d’énergie électrique a été de 292000 kilo- .
- wattheures et que 1 23o seulement ont été à des particuliers, ce qui représente à peu près les 4/*o00 de la production totale ; que la production de cette infime quantité d’énergie n’est qu’un faible accessoire de la fabrication de l’énergie nécessaire à l’exploitation des tramways et n’est pas susceptible d’enlever à l’usine son caractère susindiqué de dépendance de l’entreprise des tramways ;
- Attendu, en outre, que si la Compagnie des Tramways a obtenu l’autorisation de vendre à des particuliers ce minime excédent d’énergie électrique, cette autorisation n’est pas définitive ; qu’elle est essentiellement révocable, et qu’on ne saurait admettre que la Compagnie ait voulu créer une usine indépendante reposant sur une base aussi fragile.
- Par ces motifs,
- Confirme le jugement entrepris, renvoie Barbazange des fins des poursuites sans dépens, ainsi jugé et prononcé, etc...
- Décret du 14 octobre 1909 relatif à, l’application en Algérie de la loi du 15 juillet 1906 sur les distributions d’énergie électrique (*).
- Article premier.
- Sont exécutoires en Algérie; sous les réserves indiquées aux articles 2 à 8 ci-après :
- La loi du i5 juillet 1906 sur les distributions d’énergie;
- Le décret du 17 octobre 1907, organisant le service du contrôle des distributions d’énergie électrique eu exécution de l’article i8(3°) de ladite loi;
- Le décret du 17 octobre 1907, portant fixation des redevances prévues par l’article 18 (70) de ladite loi pour l’occupation du domaine public par les entreprises de distribution d’énergie;
- Le décret du 3 avril 1908, portant règlement d’administration publique pour les objets énoncés aux numéros i°, 20, 3G, 4°, 5°, 6° et 8° de l’article 10 de ladite loi;
- Le décret du 17 mai 1908, portant approbation d’un cahier des charges type pour la concession d une distribution publique d’énergie électrique par une commune ou un syndical de communes;
- Le décret du 20 août 1908, portant approbation d’un cahier des charges type pour la concession d’une distribution publique d’énergie par l’Etat.
- Art. 2.
- Les pouvoirs attribués par ces lois et règlements au Ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, au Ministre de l’Intérieur, au Ministre des Finances et au Ministre de l’Agriculture sont exercés en Algérie par le Gouverneur général. __
- (<) Journal officiel du i5 octobre 1909.
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- Art. 3.
- Toutefois, lorsqu'il doit être statue par un décret, cet acte est, apres instruction de l’affaire sur place par le Gouverneur général, préparé et contresigné par le Ministre des Travaux publics et par le Ministre de l’Intérieur,
- Art. 4.
- Dans les cas où la consultation du Comité d’électricité institué auprès du Ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes est prescrite par la loi et les décrets et dans les cas où le Gouverneur général reconnaît Futilité de prendre l’avis de ce Comité, cette consultation est provoquée par les soins du Ministre à qui le dossier est transmis à cet effet et qui le renvoie ensuite au Gouverneur générai avec l’avis du Comité.
- Art. 5.
- Lorsqu’il y aura lieu à expropriation, il y fera procédé conformément à la législation spéciale à l’Algérie.
- Art. 6.
- Par dérogation aux dispositions de l’article i3 du décret du 17 octobre 1907, organisant le service du contrôle des distributions d’énergie électrique, le tarif maximum des frais de contrôle prévus aux articles 9 et 11 dudit décret sera révisé au plus tard le iep janvier 1912.
- Art. 7.
- Les cautionnements à verser par les concessionnaires de distribution d’énergie électrique pourront être constitués en obligations émises par le Gouvernement général de l’Algérie.
- Art. 8.
- Les extraits de carte à joindre aux demandes de permissions de voirie ou de concessions seront établis à l’échelle de i/5o ooo°.
- Art. 9.
- Les Ministres de l’Intérieur, des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, des Finances et de l’Agriculture sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française et inséré au Bulletin des lois, ainsi qu’au Bulletin officiel des actes du Gouvernement général de l’Algérie.
- Fait à Rambouillet, le 14 octobre 1909.
- A. Fallières.
- Par le Président de la République :
- Le Président du Conseil,
- Ministre de l'Intérieur et des Cultes,
- Aristide Briani».
- Le Ministre des Travaux publics,
- des Postes et des Télégraphes, A. Millerand.
- Ùi Ministre desFinances,
- Georges Cochery.
- Le Ministre de VAgriculture, J. Ruau.
- Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 17 mars 1909, relative à, l’emprunt des voies ferrées par des distributions d’énergie électrique, et de la nécessité de ne les autoriser que dans les cas exceptionnels.
- Le Ministre a Monsieur le Préfet du département de...
- Mon attention a été appelée sur la tendance qu'ont les sociétés de. distribution d’énergie électrique à emprunter, pour la pose de leurs canalisations, les emprises des voies ferrées, même lorsque ces emprises n’ont qu’une faible largeur et lorsque les conducteurs électriques pourraient sans difficultés être placés sur le sol des propriétés riveraines.
- J’ai cependant indiqué, dans une circulaire en date du 5 septembre 1908, que, s il est nécessaire de donner toutes facilités aux entreprises de distribution d’énergie pour la traversée des voies ferrées, l’emprunt longitu-I dinal de ces voies ne doit être autorisé qu’à titre exceptionnel.
- Ce n’est pas, en effet, pour recevoir des réseaux de distribution d’énergie qu’ont été établis les chemins de fer, et, d’autre part, l’existence de conducteurs électriques dans l’emprise des voies ferrées présente des inconvénients qui deviendront de plus en plus sensibles à mesure que l’exploitation de ces voies utilisera des dispositifs électriques, surtout si l’emprise dont il s’agit a une faible largeur.
- En principe, la pose de conducteurs électriques sur les emprises de chemins de fer ne doit être autorisée que dans les parties où ces emprises sont assez larges pour que les conducteurs puissent être établis à une assez grande distance des rails. Si cette condition n’est pas remplie, l’emprunt n’est admissible que dans le cas où les canalisations électriques ne pourraient éviter d’emprunter la voie ferrée sans rencontrer des difficultés exceptionnelles, et il ne doit être autorisé que sous les réserves nécessaires pour qu’il ne puisse, dans l’avenir, ni gêner l’exploitation ni compromettre la sécurité du chemin de fer.
- L’assentiment que peuvent donner aux emprunts des voies ferrées, par des conducteurs électriques, les Compagnies concessionnaires de ces voies ferrées, ne dispense nullement le service du contrôle d’examiner avec le plus grand soin si ces emprunts sont justifiés par des motifs exceptionnels. Les Compagnies concessionnaires dont la concession n’a qu’une durée limitée sont en effet portées à envisager les conditions actuelles de leur exploitation plutôt que les transformations à prévoir dans un avenir plus ou moins lointain. L’État doiL, au contraire, se préoccuper de ces transformations et éviter la création de servitudes qui pourraient ultérieurement rendre plus difficile l’application de l'électricité à la manœuvre des signaux et à la traction des convois.
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- II est important que les considérations qui précèdent ne soient pas perdues de vue par les divers services intéressés. 11 conviendra donc que MM. les Ingénieurs du contrôle des distributions d’énergie électrique recherchent, quand ils instruiront des projets de distributions, les moyens d’éviter des emprunts de voies ferrées qui ne seraient pas justifiés par des raisons exceptionnelles; MM. les Ingénieurs du contrôle des chemins de fer devront, de leur côté, vérifier et justifier avec soin l’existence de ces motifs exceptionnels quand ils m’adresseront des avis favorables à des projets d’emprunts.
- J’ai remarqué, d’autre part, que l’Administration est parfois saisie d’un projet de canalisation électrique à établir sur l'emprise d’une voie ferrée sans que le pétitionnaire fournisse des renseignements sur l’ensemble de la distribution dont fait partie cette canalisation.
- Bien que les décisions ministérielles qui interviennent en pareille matière se bornent généralement à fixer les conditions dans lesquelles l’occupation du domaine public peut être admise, laissant à l’autorité compétente le soin S’autoriser l'établissement du réseau de distribution auquel appartient l’emprunt projeté, il est indispensable, pour que le degré d’utilité de cet emprunt puisse être apprécié, que le projet v relatif contienne des indications suffisamment précises sur les dispositions de l’ensemble du réseau. Les projets d’emprunts qui ne satisferaient pas à celte condition devront être complétés par les pétitionnaires.
- J’adresse ampliation de la présente circulaire à MM. les Ingénieurs en chef du Contrôle des distributions d’énergie électrique et à MM. les Ingénieurs en chef du Contrôle des chemins de fer.
- Louis Bartiiou.
- Circulaire du Ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 8 octobre 1909, relative â. l'organisation du Contrôle des distributions d’énergie électrique dans les communes.
- Lie Ministre a Monsieur le Préfet du département de...
- L’article 16 de lu loi du i5 juin 1906 prévoit que le contrôle de la construction et de l’exploitation des distributions d’énergie électrique est exercé, sous Vautorité du Ministre des Travaux publics, par les agents délé-
- gués par les municipalités, lorsqu’il s’agit de concessions données par les communes ou les syndicats de communes ou de permissions de voirie pour les distributions n’empruntant que les voies vicinales ou urbaines.
- Le décret du 17 octobre 1907, pris de concert enlre les trois Départements de l’Intérieur, de l’Agriculture et des Travaux publics, a tracé les grandes lignes de l'organisation de ces services de contrôle municipaux; mais en réalité, dans la plupart des communes, le contrôle n’a pas encore été organisé parce que les frais de contrôle que les municipalités sont autorisées à percevoir sur les entreprises, en vertu des articles 11 et 12 de ce décret, seraient insutlisanls pour rémunérer les agents spéciaux qu’elles chargeraient de ce service.
- Cependant ce contrôle est nécessaire et obligatoire. Aussi à défaut d’agents communaux, ce sont les agents de l’Etat qui, en fait, l’exercent bénévolement pour que l’instruction des affaires ne reste pas en souffrance et soit aussi complète que possible, et pour que les intérêts du public et des entrepreneurs ne se trouvent pas lésés. Mais cet état de choses, contraire aux dispositions de la loi de 1906, 11e saurait se prolonger.
- Je vous prie de vouloir bien rappeler aux maires l’obligation qui leur est imposée, par la loi, de constituer, pour les distributions établies sur le territoire de lsur commune, dans les conditions ci-dessus définies, un service de contrôle qu’ils devront confier à des agents remplissant les conditions prescrites par l’arrêté ministériel du 27 décembre 1907, pris pour l’application de l’article 5 du décret du 17 octobre 1907.
- Dans le cas où des communes se trouveraient dans l'impossibilité de recruter un personnel spécial à cet effet, je suis tout disposé, ainsi que vous l’a déjà fait connaître la circulaire du 18 octobre 1907, à autoriser les agents du contrôle de l’Etat à se mettre à la disposition des communes pour l’exercice du contrôle qui leur est attribué par la loi. Mais l’essentiel, je ne saurais trop insister sur ce point, est que les services de contrôle municipaux soient organisés et fonctionnent régulièrement dans le plus court délai possible.
- Veuillez, en m’accusant réception de la présente circulaire, dont j’adresse ampliation aux Ingénieurs en chef du contrôle des distributions d’énergie électrique, me faire connaître les mesures que vous aurez prises en vue de son application. A. Millerand.
- VARIÉTÉS
- La Commission des distributions d’énergie électrique (*).
- Le ministère des Travaux publics a arrêté, le
- a5 août dernier, ainsi qu’il suit l’organisation de cette Commission.
- La Commission des distributions “d’énergie électrique comprend des membres de droit et des membres nommés, par arrêté ministériel, pour deuxans ;
- (*) Journal officiel du 27 août 1909.
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- les membres sortants peuvent être renommés.
- Sont membres de droit :
- Le directeur des routes, de la navigation et des mines ;
- Le directeur des chemins de fer ;
- Le directeur du personnel et de la comptabilité au ministère des Travaux publics, ou leurs délégués ;
- Les représentants du ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes au Comité permanent d’électricité ;
- Le directeur de l’Administration départementale et communale au ministère de l’Intérieur;
- Le secrétaire du Comité de l’exploitation technique des chemins de fer assiste, en qualité d’auditeur, aux séances de la Commision.
- Les membres nommés par arrêté comprennent :
- Sept inspecteurs généraux des ponts et chaussées ou des mines ;
- Quatre ingénieurs en chef des ponts et chaussées ou des mines;
- Un représentant du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale ;
- Quatre représentants de l’industrie électrique.
- La Commission est présidée par un inspecteur général de ire classe des ponts et chaussées, désigné, chaque année, par le ministre.
- A la Commission sont attachés :
- Un ingénieur en chef des ponts et chaussées ou des mines, secrétaire, avec voix délibérative ;
- Cinq ingénieurs en chef ou ordinaires des ponts et chaussées ou des mines, secrétaires adjoints rapporteurs, avec voix délibératives dans les affaires qu’ils ont exposées.
- La Commission donne son avis sur les affaires au sujet desquelles elle est consultée par le ministre et, notamment, sur les questions suivantes:
- Contrôle technique, construction et exploitation des distributions, examen des projets au point de vue électrique, surveillance du contrôle organisé par les municipalités, statistiques, accidents.
- Toutes les affaires autres que les affaires administratives de la compétence du Conseil général des ponts et chaussées sont transmises au secrétaire qui distribue aux secrétaires adjoints rapporteurs les dossiers dont il ne se réserve pas l’étude.
- L’exposé est fait par le secrétaire ou par les secrétaires adjoints rapporteurs, dont le résumé et les conclusions sont formulés par écrit et distribués, avant chaque séance,aux membres de la Commission.
- Aucune modification n'est apportée aux arrêtés susvisés désignant les membres de la Commission pour les années 1909 et 1910, sauf en ce qui concerne les membres de droit désignés ci-dessus.
- S. F.
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- Prix da revient de l’éclairage électrique par incandescence (').
- Les prix de revient de l'éclairage par les diverses lampes à incandescence électrique peuvent être calculés très rapidement par la formule générale suivante :
- 11
- P_ , P_W
- TL 1000’ (*)
- (*) Extrait du Rapport de M. A. Blondel sur les Procédés modernes de l’éclairage électrique. Congrès de Marseille, 1908.
- en désignant par P le prix de la lampe, P' le prix de l’énergie (kilowatt-heure), L l’intensité lumineuse moyenne sphérique en bougies, T la durée des lampes, W la consommation spécifique moyenne par bougie moyenne sphérique.
- Le tableau ci-dessous, dressé pour les lampes au carbone et les lampes 3a B/t métalliques, montre la supériorité de ces dernières, même dans les installations fabricant leur énergie, quand les lampes sont un peu fortes. Cependant la lampe au carbone conserve des applications, au moins provisoirement, dans tous les cas où il s’agit de plus faibles intensités lumineuses, par exemple pour les lampes de 5 à 10 bougies, ou lorsque l’énergie coûte moins de o fr,o3 le kilowatt-heure, ou enfin lorsque des tré-
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- pidations sont à craindre. Le iilament de graphite peut alors trouver son application. C’est une comparaison à faire dans chaque cas. On traitera plus loin le cas de 220 volts.
- La plupart des consommateurs, au moins les particuliers français, désirent faire une économie d’énergie plus encore que d’augmenter leur lumière; la véritable solution pour le vendeur d’énei'gie consiste, je crois, à partager la poire en deux, en leur permettant d’avoir plus de lumière tout en payant moins cher, et en étendant sa clientèle aux dépens de l’éclairage au gaz
- A ce point de vue, le fait que les lampes à filaments métalliques ne se prêtent bien, jusqu’ici, qu’à
- guère employer que des lampes à filaments métalliques de moins de 40 bougies, dont la consommation n’est guère inférieure à celle des lampes de 8 et
- 10 bougies qu’elles peuvent être appelées à remplacer.
- Les lampes au carbone de 220 volts durent trois fois moins à consommation égale que les lampes de 110 volts ; en outre, elles coûtent de 5o à 80 % en plus.
- Pour le tungstène, d’après l’expérience de la Société Aucr allemande (Rémané), le passage de no à 220 volts augmente la consommation de 20 % pour meme durée de vie et le prix des lampes de 2 fr, 5o, et
- 11 n’est pas probable qu’on fasse jamais des lampes
- Tableau I
- Dépenses d'exploitation des lampes électriques et à gciz.
- incandescence PAR LE GAZ INCANDESCENCE ÉLECTRIQUE
- par le carbone 32 H de 3oo heures par le tungstène 3a H en 1000 heures
- ordinaire renversée 110 volts 220 volts 110 volts 220 volts
- i° Gaz à o //’. 20 le mètre cube; électricité à o fr. 70 le kilowatt-heurem
- Consommation horaire par lampe eu watts-heure ou en litres.
- Dépense correspondant à la consommation en francs.........
- Frais de renouvellement de la lampe par heure.............
- Frais totaux d'éclairage par heure........................
- Intensité lumineuse sphérique moyenne eu bougies décimales. Prix de la B/ms par heure.................................
- Dépenses de consommation............
- Frais totaux y compris le renouvellement, Prix de la Bms par heure..............
- 3ol 8o> ' 100 120 35 45
- 0,016 0,016 0,07 0.084 0,0245 o,o3i5
- 0,004.0 0,004 0,0017 o,oo3 0,0087 0,0062
- 0,020 65 0,020 0,072 0,087 0,028 o,o38
- 60 28 28 28 28
- o,ooo3o o,ooo33 0,00258 o,o3i 0,010 o,oi36
- ’icitc à 0 fr. 10 le kilowatt-heure.
- 0,008 0,008 o,o 1 0,011 0,0035 0,0045
- 0,020 0,012 0,012 0,00043 0,014 0,0072 0,0167
- 0,00018 0,00020 o,ooo5 0,00026 o,ooo38
- la réalisation des unités de 25 et de 32 bougies est une circonstance favorable à cette solution sur les réseaux à 110 volts. Dans les villes importantes, les besoins d’éclairage sont indéfinis, la consommation d’énergie ira donc finalement en augmentant après l’adoption des nouvelles lampes; au contraire, on peut craindre que, dans les petites villes, où la clientèle de .l’éclairage électrique est déjà fixée définitivement et ne peut augmenter, ni accroître son éclairage, cette compensation favorable ne se produise pas.
- Cas des réseaux à 220 volts. — Sur les réseaux à 220 volts, heureusement rares en France, mais nombreux à l’étranger (en Allemagne la proportion des réseaux à 220 volts récemment créés atteint 80 % ), la situation du consommateur reste défavorable, comme elle l'était déjà. En effet, il ne peut
- pour 220 volts de moins de 25 H/n ni consommant moins que 1,2:1 watt—H pôur f\o H/n 1,4 watt-II pour 32 H/, et 1,6 walt-H pour 25 11^.
- Pour obtenir l’éclairage aussi économique avec une distribution à 220 volts qu’avec un système à 11 o volts, si l’on ne veut pas augmenter l’unité de lumière au delà de >2 bougies, il faudrait donc que le prix de l’énergie rendue fût de 25 % au-dessous de celui de la distribution à 110 volts, ce qui ne paraît pas possible.
- L’avantage du consommateur n’est donc pas tou-fours certain et peut être traduit, s’il remplace des lampes de 10 bougies, par une augmentation forcée de lumière achetée au prix d’une augmentation de dépense.
- La tension de 220 volts est donc à déconseiller franchement pour des entreprises nouvelles.
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- Les entreprises de distribution existantes conserveront probablement leur vente sans faire beaucoup d'adeptes nouveaux aux dépens du gaz.
- Comparaison économique entre les diverses lampes électriques (*)
- Pour comparer ces lampes entre elles et avec
- d'autres sources de lumière il faut tenir compte du coefficient de réduction de l'intensité moyenne sphérique Ims par rapport à l’intensité horizontale Ih ; ce coefficient, qui serait théoriquement égal à 0,780 pour un filament rectiligne unique, varie en pratique suivant le type de lampe entre 0,60 et 0,90.
- Le tableau ci-dessous donne des valeurs moyen-
- Tableau I
- INTENSITÉ LUMINEUSE CONSOMMATION « a - « 4)
- £3 •go 3 iS a d ci ~ — - SPÉCIFIQUE MOYENNE DE LA VIE o '2 a g .ogf® 0 <Ü 0 *4> P .1 g-ë « g « Prix
- TYPES DE LAMPES P ^ «2 a tH <y Vt > y» ^ ‘3 0 U « horizon- tale Bfc moyenne sphérique »«.< watts par B,, . watts par Bmï £ *4> O* g*-§.6 ü <» « 3 a P S •§ £.3 moyen
- Charbon ordinaire à 3,5 watts. J‘20 56 16 1 a,6 L8 4,8 °>79 6ooh » 0% ofr4o
- Charbon ordinaire à 3,i watts. I IO r>o 16 1 a,6 3,4 4,3 °>79 400 ao 0,40
- Carbone graphité à a,5 watts . I IO 40 16 ia,6 a>7 3,4 °>79 400 ao 0,5o
- îV 1 K watt. .... aao 56 Si “J i8,5 a.o 3,3 0,6l 3oo ao »
- Ocminm à t;5 watt. 3 7 45 .44 a 8 a5 i,8 •*, 4 a.o ‘<>,74 0,76 800 15
- Tantale à a watl.s ' j 110 a a *6,7 l6,3 a, a 800 10 3.0
- Tungslèno à i,a5 watt I IO a a 1 >0 0,74 800 10 :i,75
- Les chiffres inscrits dans ce tableau donnent les consommations spécifiques moyennes pendant la rie tandis que dans le tableau précédent la comparaison avec le gaz est faite d’après les rendements mesures au moment de l’allumage pour les deux espèces d éclairage. '
- (*) Même source.
- nés pratiques déduites de l’examen des résultats de plusieurs auteurs, des consommations, puissances, rendements et durées.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Le compte de profits et pertes du Central Électrique du Nord, pour l'exercice prenant fin le 80 juin 1909, fait ressortir un solde débiteur de a /p>o a5o fr. 98 y compris le solde de 1 608 398 francs de l’exercice précédent. La perte de 791 85a francs est due à la dépréciation du portefeuille et à la rétrocession d'une certaine partie des engagements du Central. Le portefeuille malgré cela figure encore à l'actif de la so-ciélé pour 6770840 francs, valeurs évaluées aux cours de la Bourse pour celles qui sont cotées, au prix de revient pour celles qui ne le sont pas. Ces valeurs sont en particulier les titres de l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing et les actions de l’Energie
- Electrique du Nord de la France. L'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing n’a pu jusqu’à présent donner la mesure de sa valeur, car la ligne principale qui relie les trois villes précitées ne doit être ouverte à l’exploitation que dans quelques jours; les recettes des autres lignes sont en progression mensuelle sensible. Quant à l’Energie Electrique du Nord, la situation, qu’elle s’est efforcée d’acquérir, de concessionnaire exclusif pour l’éclairage des villes de Roubaix, Tourcoing, La Madeleine et ses environs, fait bien augurer de son avenir. Ces trois villes forment une agglomération de aa5 000 habitants dont l’activité commerciale et industrielle rencontre peu d’exemples semblables en France. Le rapport du Central Electrique du Nord fait ressortir que, dans un rayon de
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- i2km autour de son usine de Wasquehal, la puissance des moteurs à vapeur dépasse i5o ooo chevaux et la population atteint 6oo ooo habitants ; on voit donc, sans compter le service des moyens de transport, quel développement peut être réservé à la distribution de la force motrice électrique quand tôt ou lard les nécessités économiques obligeront les industriels de ces régions à avoir recours à ce mode pratique de transformation de l’énergie mécanique. A l’heure actuelle, quatre turbines, deux de i 8oo k\v. et deux de .3 5oo kw. produisent par mois i 3oo ooo kw. Les recettes sont passées de 80666 francs en janvier 1909 à io5 109 francs en septembre, en progression de 3o % ; les dépenses d’exploitation durant la même période passaient de 60 ooo francs environ à 86 653 francs en progression seulement de 10 % . Si l’on se base sur le chiffre de production mensuel de l’usine donné par le rapport, soit 1 3oo ooo kw, la recette moyenne par kilowatt est de o fr. 08 tandis que les dépenses d’exploitation pour cette production ressortent à o fr. 0212; le premier chiffre est l’un des plus réduits que l’on connaisse et ne peut guère être abaissé; le second aura plutôt tendance à s’améliorer, augmentant ainsi l’écart qui peut exister avec celui des recettes. Comme le capital de l’Energie Electrique est de 4 millions et demi et que les frais généraux, intérêts des obligations compris, absorbent a5o ooo francs environ, il suffit,sur la base de la production et du prix de revient actuels, d’une production annuelle de i5 millions de kw. pour assurer aux actions un intérêt de 5 % . Mais cette hypothèse ne tient pas compte des amortissements et réserves qu’il y a lieu de prévoir avant toute répartition et qui, par le fait, n’autorisent pas à penser que le Central tire un bénéfice de cette partie de son portefeuille avant que l’Énergie Electrique ne se soit assuré une clientèle de 3o millions de kw. par an : c’est d’ailleurs sa capacité de production.
- Le rapport du Conseil d’administration du Central Electrique a fait entrevoir, d’autre part, sa participation à l’organisation d’un immense réseau interdépartemental de tramways qui ne comprendrait pas moins de 2.4 7km de lignes,divisés en trois groupes dont les deux derniers ne seraient exécutés que si le premier donnait satisfaction. Les moyens financiers sont à l’étude; le Central ne pourra s’intéresser à cette nouvelle entreprise qu’en augmentant son capital. Au cours de rassemblée, certain actionnaire a exprimé l’opinion de le réduire pour tenir compte de la dépréciation du portefeuille; le Conseil s’y résoudra peut-être pour amortir en une seule fois la
- perte des deux exercices et faciliter l’adhésion de nouveaux capitaux qui ne voudraient pas s’engager avant que le passé ne fût complètement liquidé. Rien à cet égard cependant n’a transpiré des résolutions du Conseil.
- Le 10 du mois dernier avait eu lieu également l’assemblée des actionnaires de la Société d’Électricité deParis dont l’objetest identique à celui de l’Energie Electrique du Nord, principale filiale du Central Electrique. Mais l’Electricité de Paris est sortie de la période de premier établissement et du régime provisoire d’exploitation et son exercice 1908-1909 inaugure son régime normal de fonctionnement. En quatre ans, la vente assurée par les contrats à long terme passait de 11 millions de kilowatts-heure à 57 millions ; l'exercice en cours est en progression de 60 % pour la même période de juillet à octobre. Pour faire face à cette augmentation de la production, un alternateur de 6000 kw. à courant diphasé a été monté en tandem sur un groupe turbo-alternateur existant déjà, et des négociations sont engagées pour la fourniture d’un groupe de 10000 kw. Du compte de profits et pertes, il résulte que lesproduils de l’exercice comprenant le bénéfice de l'exploitation de l’usine de Saint-Denis, les loyers et revenus du portefeuille s’élèvent à 3 800 792 francs en y ajoutant le solde du compte d’intérêts, soit 128246 francs; les revenus bruts de l’exercice se chiffrent par 3429028 francs, soit 7,62 % du capital actions et obligations émis. En déduisant toutes charges, frais généraux, intérêts des obligations, amortissement des dépenses de premier établissement, versement au fonds de renouvellement du matériel, les bénéfices nets, y compris le report de l’exercice précédent, ne s’élèvent plus qu’à 1 663 740 francs qui ont reçu
- l’affectation suivante :
- Réserve légale............... 82296 3i
- 4 % à 100 ooo actions....... 1000000
- Au Conseil et au directeur. . 28 068 4°
- 4 francs à 100 ooo actions. .. 400000
- i3 fr. 33 aux parts......... i33 3oo
- Report à nouveau............ 20075 58
- Il y a lieu de remarquer que la réserve spéciale de i 100 ooo francs qui avait été constituée l’an dernier à l’aide des bénéfices industriels a été intégralement appliquée cette année à l’amortissement du compte premier établissement de l’usine Saint-Denis qui porte, régulièrement à l’actif pour 26 171 o56 fr. et s’est trouvé ramené de ce fait et par suite de l’affectation d’un autre prélèvement sur les bénéfices à
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- %t\ 776862 francs. L’autre poste très important de l’actif de la Société d’Electricité de Paris est son portefeuille d’une valeur de 16978 851 francs composé en grande partie des actions de la Compagnie Parisienne de Distribution; sur ces i5 millions, 3 700 000 francs environ restent à verser et figurent à ce titre au passif ; mais comme les disponibilités en caisse sont supérieures à 7 millions, la Société d’Electricité de Paris est prête à faire face à la demande de versement qui ne saurait se faire attendre. Ce portefeuille est porté au prix d’achat, et comme les actions ci-dessus à elles seules ont presque doublé de valeur, il est aisé de se rendre compte de la situation favorable de l’affaire. Une tranche de 10 000 obligations de 5oo francs 11’a pas été émise puisque aucune nécessité de trésorerie ne l’exigeait ; on remarque qu’en regard de 65a 5oo fr. de créditeurs divers, les débiteurs s’élèvent à 1 6070'ai francs.
- La crise américaine au cours de l’année 1908 a été invoquée un peu partout comme justification de la dépression des affaires et des bénéfices bruts et nets de nombreuses Sociétés : il est intéressant d’en saisir les effets sur les résultats d’une Société américaine des plus importantes, la General Electric C°, qui peut être considérée comme la première organisation du monde entier pour la construction du matériel électrique. Le compte de profits et pertes de l’exercice ayant pris fin le 3i janvier 1909 se solde par un
- déficit de 4/ji 77/i dollars, alors que le solde créditeur de ce même compte en 1968, solde non réparti, s’élevait à 16 513 836 dollars. « L’année 1908 d’ailleurs, dit le rapport, a été marquée par une dépression profonde et continue dans l’industrie électrique. Les commandes que nous avons reçues ne représentent que 70 % de celles des deux années précédentes; les expéditions n’atteignent que 63 % des livraisons de 1907. Ce resserrement considérable et soudain a entraîné une augmentation importante de nos prix de revient et une diminution correspondante du taux des bénéfices ».
- La capacité des usines est suffisante malgré cela pour occuper, au cours de 1908, 20000 ouvriers au li.eu de 28000 en 1907 et . 1909 marquant une reprise, ce nombre passe à al loo. La turbine à vapeur Curtis forme l’une des branches les plus importantes de l’activité de la General Electric qui vient de l’adapter à la conduite des pompes centrifuges et a vendu notamment à San-Francisco huit pompes-turbines de 760 chevaux et quatre de 600 chevaux.
- Les travaux en cours au 31 janvier 1909 formaient un total de i3 millions de dollars. Les espèces eh caisse s’élevaient à cette date à 22 millions de dollars et le capital tant actions qu’obligations figurait au passif du bilan pour 78 millions de dollars.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Calvauos.—La municipalité de Caen étudie un projet d’établissement d’un tramway électrique urbain.
- Saône-et-Loire . — Le Conseil général a voté l’établissement des 8 lignes suivantes : i° La Comaille à Alligny ; 20 Àutun à Saint-Léger-sur-Dheune ; 3° Mont-Saint-Yincent-Corinalin-Tournus ; 4° Cormalin àChalon; 5° Toulon à Montceau ; 6° Saint-Léger-sur-Dheune à Chalon ; 70 Mervans à Bletterans ; 8° Louhans à Beau-fort. Le devis du projet se monte à if 243072 francs.
- Bonus. — Est déclaré d’utilité publique l'établissement, dans le territoire de Belfort et dans le département du Doubs , d’un réseau d'intérêt local, comprenant les lignes suivantes ; iu de Belfort à Châlenois et à la limite du territoire de Belfort, et de cette limite
- à Sochaux; 20 de Belfort à Etueffont-Haut ; 3° des Errues à Rougemont-le-Château ; 4° des Errues à la Chapelle sous-Rougemont ; 5° de Belfort à Réchésy.
- Allemagne. — L’administration des chemins de fer de l’Etat prussien vient de passer aux fabriques habituelles la commande de 492 locomotives, d’une valeur d’environ 3i millions de marks, à livrer entre le ior avril et le 3o septembre 1910.
- Chine. — L’11 groupe de capitalistes anglais et américains est actuellement en pourparlers avec le gouvernement chinois en vue de la construction d’une ligne de chemin de fer de Chin-chow-fou à Tsitsihar.
- Italie. — Un décret autorise la ville de Parme à construire et à exploiter un réseau de tramways électriques urbains et interurbains.
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- ÉCLAIRAGE
- Lot-et-Garonne. — Le préfet a donné son approbation au projet concernant l’installation de l’électricité à Duras.
- Seine. — La municipalité de Yanves a approuvé le traité passé avec la Compagnie Ouest-Lumière au sujet de l’éclairage électrique et de la distribution de force motrice.
- Morbihan. — Le Conseil municipal de Vannes est en pourparlers avec la Compagnie du gaz du Mans pour l’établissement de l’éclairage électrique.
- Loire. — Le Conseil municipal de Fleurs a adopté le projet d’éclairage électrique présenté par MM. Legrand et Munich.
- Nord. — La demande de concession d’éclairage électrique présentée par la Société l’Energie électrique du Nord de la France a été accordée par la municipalité de Lille.
- Manche. — Une Société, au capital de 100 ooo francs, vient d’être fondée à Coutances dans le but d’installer l’éclairage électrique dans la ville.
- Hérault. — Le Conseil municipal de Mangnio a mis à l’étude la question de l’éclairage électrique de la commune.
- Loire. — La Société l’Union du Gaz est en pourparlers avec le Conseil municipal de Roanne, au sujet de l’établissement ded’éclairage électrique.
- Hautes-Pyrénées. — Le conseil municipal deMauléon-Magnoac a approuvé le projet présenté par M. Arieu concernant l’éclairage électrique public et privé de la commune.
- Belgique. — La Société belge « Kabelwerk Rheydt A. G. » a été chargée de l’installation de l’éclairage électrique à l’Exposition de Bruxelles.
- Russie. — La Société Générale Belge d’Entreprises Electriques crée une société au capital de 8 millions de francs pour l’éclairage électrique de la ville d’Odessa.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Eeau, Eclairage électrique et Force motrice de Brissac et extension. — Durée ; 3o ans. — Capital : 89 5oo francs. — Siège social : à Brissac (M.-et-L.).
- Société Petrier et j77ssot(matériel électrique). — Durée : io ans. —Capital : 80 000 francs. — Siège social : 24, rue de la Part-Dieu, à Lyon.
- Société Petit, Collard et C'e (installations électriques). — Durée : 10 ans. — Capital : 90 000 francs. — Siège social : 19, quai des Fleurs, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne. — Constituée le 22 novembre 1909. — Capital 3 j5o 000 francs. — Siège social : 69, rue de Miro-mesnil, à Paris.
- Société centrale pour l’Industrie électrique. — Constituée le 22 novembre 1909. — Capital : 5 000 000 de francs.— Siège social : 3, rue Moncey, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société ariêgeoise d'Electricité. — Le 3o décembre, 31, boulevard Carnot, à Toulouse.
- Société des forces motrices de la Bienne. — Le 11 décembre, 47, rue Le Pelletier, à Paris.
- Compagnie Continentale pour la fabrication des compteurs à gaz et autres appareils. —Le 6 décembre, 9, rue Pé-trelle à Paris.
- Société d Electricité Mors. — Le 18 décembre, 7, rue Duranti, à Paris.
- L'Eclairage électrique. — Le i5 décembre, 364, rue Lecourbe, à Paris.
- Société Industrielle des Téléphones. — Le 17 décembre, 25, rue du 4-Septembre, à Paris.
- L’Energie électrique de l’Aube. — Le 20 décembre, à Troyes.
- Compagnie française d’Energie électrique. — Le 14 décembre, 47, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- Sud-Lumière. — Le 23 décembre, 2.5, rue de Clichy, à Paris.
- Adriatique Electricité. — Le 14 décembre, 1, piazza Eli-sabelta, à Fiume.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de constructions Electriques du Nord et de l’Est. Jeumont.
- Bulletin mensuel, août 1909. — Machines à pôles de commutation.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N°49.
- Compagnie Electro-Mécanique, Le Rourget.
- Progrès réalisés dans la construction des turbines Brown, Boveri-Parsons.
- Allgemeine, E/ektricitâts-Geseilschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, décembre 1909. — Elektriziliit in Kirchen. — Das Eleklrostahl verfahren. — Die Elek-trizilat im Wohühause.
- f * ' 1 r *
- Thomson-Houston, Paris.
- Bulletin mensuel, septembre-octobre 1909. — Arroseuses électriques.
- ADJUDICATIONS
- ITALIE
- Le 11 décembre, à 10 heures, à la direction des constructions d'artillerie, à Turin, fourniture d’un moteur électrique, rhéostat d’aviation et ampèremètre Hartmann et Braun, 1 990 lires; caut. : 190 lires.
- ALLEMAGNE
- Le 7 décembre, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Dortmund, fourniture de deux grues de chargement pour charbon actionnées électriquement, 5o wagons à charbon, etc.
- Le 26 décembre, aux chemins de fer de l’Etal prussien. à Potsdam, fourniture et montage d’un transporteur à niveau électrique d’une force de 40 000 kn.
- HOUMANIE
- Le 10 décembre, à la mairie de Bucarest, construction de l’usine électrique destinée à fournir la force motrice nécessaire à la traction des nouveaux tramways ainsi qu’à l’éclairage de la périphérie de Bucarest, avec sous-station au centre de la ville. Devis : 1 800 000 francs.
- BELGIQUE
- Le 22 décembre, à 11 heures,à la Bourse de Bruxelles, fourniture de divers appareils destinés au service des, télégraphes (cahier des charges spécial n" i 172) : i*r lot, commutateurs, fiches, fourches, prises de courant et sonneries; caut. ; 3 600 fiancs; — 20 lot, boutons d'appel, id. à trois contacts, électro-graduateurs ; caut. : 180 francs; — 3® lot, commutateurs; caut. ; 58o francs.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Prochainement, à l’administration communale, à Grottau (Bohème), installation de l’éclairage électrique.
- AUSTRALIE
- Le 16 mars, à M. le deputy postmaster general, à Melbourne, fourniture d’appareils magnétiques (tableau de commutation) avec accessoires.
- PABIB. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17;
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année..
- SAMEDI 11 DÉCEMBRE 1909.
- Tome VIII (2° série).— N° 50.
- La
- Lumière Électri
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 3-21. —J. Ladoff. L’emploi cle substances éleetrolytiques comme électrodes de lampes à arc,p. 323. — E.-H. Weiss. Condensateur enroulé dé volume minimum, p. 326. — A. Plance. Sur une nouvelle lampe à arc, p. 329.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre, W. Broniewski, p. 331. — Sur les effets destructifs des décharges oscillantes de grande fréquence,A. LéAuTiî,p. 331. —Les variationsthermiques de l’hystérésis tournante et de l’hystérésis alternative, A.Perrjer, p. 33a. — Méthodes et appareils de mesures. Wattmètre électrolytique, (5.332.— Electromètre à cadrants pour les essais des câbles sous-marins, M. Sa vers, p. 333. — Arcs et lampes électriques. Trompe àmer-cure pour la fabrication des lampes électriques, p. 334. — Transmission et distribution. Relais électrolytique, p. 334. —Quelques expériences sur les fusibles, W. Maccall, p. 335. —Télégraphie et Téléphonie sans fil. Propagation des ondes électromagnétiques du vibrateur hertzien dans un milieu conducteur, A. Petrowsky, p. 335. — Les inventions récentes en télégraphie et téléphonie sans fil, H. Ecoles, p. 336. — Brevets, p. 337. — Bibliographie, p. 339. — Législation et contentieux. Texte du premier arrêté d’élagage pris en conformité de la loi du i5 juin 1906, P. Bougault, p. 34o. —Variétés. La désagrégation du ferro-silicium à l’air humide et ‘ ses conséquences industrielles, P. Roland, p. 342. — Documents d'exploitations. — Traction. L’utilisation des automobiles comme poids lourds considérée au point de vue économique, p. 347. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 349. — Renseignements commerciaux, p. 35i. — Adjudications, p. 352.
- ÉDITORIAL
- Nous avons récemment publié (‘) un article de M. 1. Ladoff sur les lampes à arc. Celui dont on lira le début dans le numéro d’aujourd’hui revêt à peu près le même caractère d’ensemble, mais il se rapporte à un sujet plus particulier. C’est encore la forme historique que l’auteur a adoptée pour faire son exposé. Il suit l’ordre chronologique des brevets relatifs kl' emploi des substances électrolytiques comme électrodes de lampes à arc.
- Cette étude louche de près à la chimie, ét
- (•) Lumière Electrique, 2 et 9 octobre 1909.
- met enjeu, comme on le verra, bon nombre de propriétés physiques et chimiques des différentes substances qu’elle concerne.
- Dans une précédente note sur les condensateurs téléphoniques à bande de papier enroulé (s), M. E.-Il. Weiss avait étudié l'influence de la hauteur d’un condensateur cylindrique sur la valeur de sa capacité.
- Aujourd’hui, c’est un problème du même genre qu’il aborde, en cherchant quelles sont, pour une capacité donnée, les dimensions les
- (2) Lumière Electrique, 16 octobre 1909, p. 71.
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- plus favorables au point de vue de l’encombrement. Ce problème présente un intérêt pratique en téléphonie, la place disponible pour les organes étant souvent limitéé.
- C’est encore aux lampes à arc que nous ramène, dans l’article suivant, M.-J. Reyval. La lampe nouvelle qu’il nous décrit est intéressante à plus d’un égard. Il est possible de la monter en série par quatre, sans résistances, et en outre le réglage en est obtenu d’une manière qui paraît particulièrement simple et robuste.
- Ap rès avoir résumé un certain nombre d’études théoriques récemment publiées, nous décrivons deux instruments de mesurés : ,un wattmètre èlectrolytique, de M. Thorpe, et un électromètre à quadrants pour les essais de câbles sous-marins, de M. Sayers, tous deux fort curieux, mais peut-être de valeurs d’emploi pratique différentes. Le principe du wattmètre est assez original pour que nous en ayons donné une description explicite. Chaque passage d’une quantité d’énergie déterminée correspond à un certain dégagement gazeux dans un élément électrolytique. Aussitôt après, la recombinaison des éléments décomposés se produit automatiquement, et le cycle des opérations recommence.
- On retrouve le même principe, appliqué par le même auteur; dans le relais électrolytique que nous décrivons un peu plus loin. L’introduction dans la pratique courante d’appareils de cette sorte est, évidemment, un problème assez délicat, mais ils constituent néanmoins des dispositifs en eux-mêmes ingénieux.
- La trompe à.mercure pour la fabrication des lampes électriques dont nous donnons dèux vues schématiques en coupe a soulevé un certain intérêt dans la presse scientifique
- étrangère, intérêt qui est justifié si les résultats qu’elle permet d’obtenir sont bien tels que ceux que l’on annonce. Il s’agirait, en effet, d’un vide de i/ioo ooo™ de mercure.
- Les expériences effectuées par M. Maccall sur les fusibles n’ont pas mis en évidence de résultats bien frappants, mais seulement des variations qualitatives que l’on ne peut résoudre en lois numériques précises.
- Cependant, même [au degré d’approximation qu’il est difficile de dépasser^dans ces mesures, elles n’en méritent pas moins d’être signalées, car elles semblent devoir rectifier même l’ordre de grandeur de certains résultats admis.
- Dans le domaine de la propagation des ondes hertziennes, nous signalons un travail d’un caractère scientifique très élevé, de M. Petrowski. Mais le détail des calculs n’a pas été reproduit, car tous les cas pratiques du problème considéré par l'auteur ont été étudiés par Zenneck.
- On trouvera ensuite, d’après un travail de M. Eccles, la description de deux dispositifs, d’invention récente, basés, le premier sur l’emploi d’un commutateur spécial, le second sur l’utilisation dans les récepteurs de tous les intervalles entre les éclatements des étincelles.
- Dans nos Variétés, M. P. Roland a rassemblé une série de documents relatifs à la désagrégation du ferro-silicium sous l’influence de l’air humide. Cette désagrégation, dont les conséquences peuvent être fort dangereuses, et -doivent donner lieu à des mesures de sécurité convenables, en raison des gaz toxiques qu’elle dégage, a été étudiée, d’une façon très complète, par M. P. Le-beau, qui a énoncé, à cet égard, des résultats susceptibles de servir de guides aux industriels dans cette question d’un caractère à la fois scientifique et commercial.
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- L’EMPLOI DES SUBSTANCES ÉLECTROLYTIQUES COMME ÉLECTRODES DE LAMPES A ARC
- Comme on le sait, tous les corps peuvent être classés en deux catégories selon leur aptitude à conduire l’électricité :
- Tous les métaux les (corps simples en général) sont conducteurs à la température ordinaire ; cette conductibilité décroît à mesure que la température monte.
- On dit que les corps qui ont cette propriété possèdent un coefficient de température positif.
- Les conducteurs de la seconde catégorie «ont les électrolytes : composés chimiques,
- Fig. i. — Lampe Jabloclikofï.
- auxquels il faut ajouter le carbone, qui ne sont pas conducteurs à la température ordinaire et le deviennent de plus en plus quand la température monte.
- On dit que ces corps possèdent un coefficient de température négatif.
- Soloman a fait, en 189g, une série de recherches pour établir une relation entre la conductivité des oxydes métalliques et la classification de leur métal dans le système périodique (*).
- Il nomma « point de tension critique » la température à laquelle des échantillons de chacun de ces oxydes devenaient incandescents. Les oxydes pour lesquels ce point critique correspondait à une température inférieure à i ooo° centigrades, étaient dits bons conducteurs de l’électricité ; de même, il définit les conducteurs médiocres entre 1 ooo° et i 5oo° centigrades, et les mauvais conducteurs, au-dessus de 1 5oo° centigrades.
- Le tableau suivant résume les résultats qu’il obtint :
- Tableau I
- GROUPES MAUVAIS CONDUCTEURS MÉDIOCRES CONDUCTEURS BONS CONDUCTEURS
- 2 BaO, MgO, CaO A/O3, Y202, LaO3 z„o
- 4 5 T hO1 Z;-02, CeO2 S„02 T/O2 Oxyde de
- 6 didym ium C/-203, W° 03,U03
- Soloman énonça ces résultats sous la forme suivante :
- i° La conductivité d’un oxyde est une fonction périodique du poids atomique de «»n métal ;
- 20 Tous les oxydes mauvais conducteurs sont des bases énergiques, à l’exception de l’oxyde de didymium ;
- 3° Dans certains groupes la conductivité décroît d’une manière notable à mesure que
- (l) Elelitrolechnisçhe Zeitschrift, 21, 675, 1900.
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- le poids atomique augmente. La conductivité du groupe qui contient 7 corps est plus basse que celle des groupes qui en contiennent davantage.
- SiO2 est un très mauvais conducteur,meilleur cependant que MgO et AZ203.
- L’oxyde de vanadium semble être conducteur à la température ordinaire.
- Quand on mélange des oxydes, on obtient une conductivité tout à fait différente de celle de chacun d’eux.
- Par exemple les oxydes T/îO2 ët L«203, qui sont chacun séparément mauvais conducteurs, donnent un mélange bon conducteur.
- J. Koenigsberger a traité (dans un travail sur la conductivité de l’électricité dans les corps solides et la théorie électronique) la question du mode de conduction dans le filament de lampe Nernst. Il exprime cette opinion qu’il n’est pas de nature purement électrolytique. Dans la discussion qui s’ensuivit, Nernst émit l’idée que, aux températures comprises entre i 4oo et i 5oo° centigra-
- Fig. a. —Lampe Jamin.
- des, la conduction est sans doute nettement de nature électrolytique, ainsi qu’il résulte des expériences, mais qu’aux températures plus élevées, à a ooo° par exemple, cette sorte de conductivité joue un rôle moins important et n’entre que pour i % peut-être dans la conductivité totale.
- Chose curieuse, à ces hautes températures
- la nature de l’oxyde est à peu près indifférente : au-dessus de 2 ooo° centigrades tous les oxydes ou mélanges d’oxydes ont à peu près la même conductivité.
- Tout cela indique que la conduction n’est pas purement électrolytique aux hautes températures.
- Après les oxydes, les carbures, siliciures etborures métalliques méritentquelque attention. Quelques carbures ne sont pas décom-posables par l’eau (par exemple Fe2 C,Mo2C, YC, Ci-3 C*,WoC, Zi’3C, C/-4C31, WosC et T4Q ; d’autres le sont.
- 'wk j§
- Fig. 3. — Lampe Soleil arec son bloc: B, bloc; G, granit;
- V, pierre blanche; M, marbre; K, cale.
- Les carbures ctaientemployés depuis longtemps pour constituer les corps dits « corps incandescents » en général, et particulièrement les électrodes ainsi que nous le verrons plus spécialement plus loin.
- Jablochkoflf doit être considéré comme ,1e premier précurseur au point de vue de l’em-
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- ploi des conducteurs de seconde catégorie dans les lampes à arc. La substance électrolytique (porcelaine) était vaporisée par l’arc au charbon auxiliaire. Mais ces classiques « bougies Jablochkoff » présentaient les défauts suivants :
- i° Durée de vie très réduite ;
- 2° Lorsqu’une bougie s’éteignait, toutes les autres s’éteignaient aussi ;
- 3“ Il était impossible de rallumer les bougies une fois qu’elles étaient éteintes.
- Néanmoins, Jablochkoff parvint à attirer l’attention générale sur son invention, et un grand nombre d’inventeurs, et notamment Jamin (fig. 2), s’appliquèrent à l’améliorer (’).
- D’ailleurs, tous ces perfectionnements concernaient surtout le mécanisme de la lampe et sont actuellement sans intérêt pour nous.
- Au mois de septembre 1876, Jablochkoff prit un brevet supplémentaire (n°6 663), relatif à l’addition d’oxydes métalliques aux substances qui constituent les couches isolantes pour régler à volonté la couleur de l’arc. Puis le même inventeur prit un nouveau brevet supplémentaire (octobre 1876) relatif à l’emploi d’une substance pulvérulente pour la couche isolante.
- Au mois de novembre 1876, Jablochkoff proposa de remplacer les électrodes pleines en charbon par des électrodes creuses remplies de matière isolante, composée d’un mélange de stuc et de zinc métallique en poudre (2).
- G. W- Siemens (3) suggéra l’idée suivante :
- (•) Nous citerons notamment Nyston (1878), Siemens et Halske (1878, brevet allemand 3 947), Wilde (1878), Morin (1879). Plus heureux que tous fut Jamin, avec ses brevets allemands 9-453 du 11 mars 1879, 9 710 du 28 juin 1879, 10 254 du 26 septembre 1879 et i3 669 du i3 octobre 1880.
- (2) brevet allemand 8 78a, du 2 avril 1879.
- (3) Brevet américain 255 456 du 26 mars 1882.
- faire dans certains cas le pôle de fer ou d’àcier en forme tubulaire, et le remplir d’une terre bien Lassée telle que la slrontiane, chaux, manganèse. L’idée de Jablochkoff d’employer l’arc au charbon comme auxiliaire en utilisant sa température pour la vaporisation électro-lumineuse de conducteurs électrolytiques a trouvé son développement dans la lampe Soleil (‘) (fig. 3) et dans les lampes ou brûleurs de Somzec (2), de Rapieff (1878) et de Gérard.
- Dans tous ces cas, il y avait évaporation d’un électrolyte (chaux ou marbre).
- Ch.-L. Pilleux (3) préconisa l’emploi de baguettes de magnésie ou d’une terre rare réfractaire. R.-H. Gould (4) proposa le marbre.
- Un dispositif similaire fut indiqué par St. Doubrova en 1888.
- A la fin de l’année 1881, Bede, Dumont, Rousseau, Wanters, et Deguin de Bruxelles firent des recherches très précises sur le rendement de la lampe Soleil et obtinrent les résultats suivants.
- AMPÈRES DIAMÈTRE DES CHARBONS NUMÉRO DES LAMPES PUISSANCE PAR LAMPES LUMIÈRE PAR H. K.
- 5,0 I I 16 i,iP.H.P. 787
- II.2 I I I'2 i,5 831
- 22,5 •2 3 2 4,2 ^09
- La lampe Soleil fut perfectionnée par Street et Macquaire.
- (A suivre.)
- I. Ladoff.
- (!) Clerc et Bureau, 1880.
- (2) Brevet allemand i8o3o du 21 mai 1881.
- (3) Brevet allemand 12 531 du 17 février 1880. (i) Brevet allemand 3i 066 du 2 août 1848.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N» 50.
- CONDENSATEUR ENROULÉ DE VOLUME MINIMUM
- Dans une étude précédente (*) nous avons vu que la formule qui donne la capacité d’un condensateur à bande d’élain enroulé est :
- Il s’ensuit donc que : étant donné une surface de papier S, le condensateur peut avoir une forme quelconque sans que sa capacité soit changée.
- Si nous considérons maintenant le volume occupé par le condensateur, il n'en est plus de même et, comme en téléphonie, la place disponible pour les organes est souvent limitée,il estintéressant de rechercher quelles sont les dimensions de longueur, de diamètre ou de nombre de tours qui donnent le volume minimum pour une capacité fixée ; ou bien si l’on part d’un volume donné, on peut rechercher quelle est la capacité la plus grande qu’on peut réaliser en faisant varier les dimensions.
- Reprenons les mêmes notations que dans notre étude précédente, mais remarquons toutefois que le papier isolant déborde d’une certaine quantité sur la largeur de la bande métallique ou de la bande métallisée. Nous réserverons l pour la largeur du métal et
- nous appellerons - la largeur de la bordure
- de papier isolant (fig. i).
- Il est évident sur la formule (i) que le maximum de G est donné pour le maximum, de S et nous sommes conduits à rechercher le maximum de la surface de papier métallique dans un condensateur de volume constant Y.
- Comme nous considérons le volume complet d’encombrement, le volume Y égale :
- V = ^-* (* + «). (*)
- La surface S du papier est, comme nous l’avons vu précédemment :
- S = Tzln [d -j- (n— i) e] (3)
- de plus nous avons :
- . D — d n—i) e
- •(4)
- Eliminons l et n entre les équations (a) (3) et (4) et nous obtiendrons immédiatement
- Fig. i.
- Ceci est la valeur exacte de S en fonction de D, le volume V étant donné; il suffît d’en chercher le maximum.
- Pour simplifier l’étude des variations de S, nous remarquerons que, dans la deuxième parenthèse du numérateur, nous pouvons négliger ae qui est toujours très petit par rapport à D — d, et la formule se réduit alors à :
- g __(4V — TtuP2) (D2 d'2). (5)
- Si nous étudions cette fonction de la A^ariable unique D, nous trouvons que la dérivée est :
- 4Vrf* — toD*.
- (I) La Lumière Electrique, 16 octobre 1909, p. 71.
- asD3
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- RËVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Nous avons un minimum pour D = o et
- deux maxima pour D — ±
- 4 V d'
- tc a
- La variation de S peut alors se résumer dans le tableau suivant :
- Tableau I
- D //4Vrf» . 4/4Vtf* ! — 30 —4/ 0 +1/ + *> V ^ V
- S'„ + — + —
- S — *> M ^ 1)1 M «5^ - CC — ce
- La courbe est symétrique par rapport à l’axe des S, les seules valeurs utiles de S sont celles qui ont lieu pour D > d. La valeur de S devient nulle :
- i. Pour D = d\ c’est-à-dire quand le condensateur a un diamètre égal à celui du mandrin bois, par suite S est nul, évidemment.
- 2. Pour D —
- il
- tt a
- ce qui donne :
- le volume Y est égal alors au A'oluine des deux petits cylindres, sans papier métallique (fig- ')•
- Nous aurons par suite deux cas à considérer :
- A.
- ou
- TZCl2
- V<T
- 5
- un condensateur réalisable, la courbe représentative est celle de la figure 2.
- B.
- y/
- — > d
- TC Cl
- S >
- Dans ce cas, nous pouvons obtenir un condensateur réalisable pour :
- d<D<\/—
- V 7za
- et la courbe représentative est celle de la
- Fig. 3.
- ligure 3, dont la partie utile est figurée en traits pleins.
- Le maximum de S et, par suite, de la capacité a lieu pour : _
- Alors aucune valeur de D ne peut donner
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Série). — N° 50.
- et sa valeur est :
- S„ = (a y/Ÿ — cl \/»r.a)2 iî
- et
- G" = ^ ^ — d ^^
- Pour cette capacité maximum, on a donc D donné par (6) et nous pouvons en déduire la valeur de l correspondante, en nous reportant à la valeur
- TtD2
- Y =—{l+a) 4
- On en tire l en éliminant D entre (6) et (8) et l’on obtient finalement :
- Cette valeur nous donne la relation curieuse suivante :
- l-\- a —
- '4 Va _ D2 r.d1 cP a
- Ainsi dans le cas du condensateur de capacité maximum, pour un volume donné, on a, entre les constantes linéaires, la proportion :
- D2 _ l+g (P- a
- Le problème est donc complètement déterminé.
- *
- Il y a naturellement intérêt à diminuer a le plus possible ; néanmoins on ne peut descendre au delà de certaines limites. Si nous supposons ci~o la formule (7) devient :
- CM =
- K d
- Vi.
- (»)
- et\la capacité maximum est réalisée pour un condensateur infiniment plat et d’un diamètre infiniment grand.
- / = O ; D = 00
- Dans ce cas, la courbe représentative des variations de S est donnée par la figure 4-La formule (8) s’écrit
- C„ K c?
- =------ — constante.
- V, 4 to*
- Par conséquent, si l’on considère différents volumes de condensateur, avec un isolant d’épaisseur e, enroulé sur un mandrin de diamètre cZ, le rapport de la capacité maximum au volume V, est constant. II faut déduire du volume total V les deux petits
- cylindres extrêmes non utiles de hauteur —,
- 2
- pour obtenir la valeur V[.
- D’après tout ce qu’on a vu, on peut donc réaliser le condensateur le plus parfait avec l’enroulement moindre, car toutes les con-
- Fig. 4.
- stantes peuvent être connues d’avance. La qualité du papier influe beaucoup sur l’excellence des résultats obtenus, surtout lorsqu’on a affaire à du papier étamé, et lorsqu’on peut avoir de l’étain laminé en longues bandes, il est préférable de l’employer, d’autant mieux qu’on peut couper les rouleaux pour donner à l la valeur désirée.
- On peut mettre le condensateur en boite cylindrique; cependant la boite carrée ou rectangulaire est quelquefois préférable, car le condensateur fini peut être plus facilement placé sur un panneau d’appareil de télé-
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- phonie. Dans ce cas, le mandrin est retiré et le condensateur est pressé entre des formes métalliques, une fois qu’il est sorti du bain chaud de paraffinage. Pour le refroidissement, il s.e prend en masse qu’on introduit dans la boite. Cette compression, qui ne doit
- être que légère, augmente la capacité en diminuant e comme on l’a vu déjà, mais il ne faut pas compter sur cette opération pour réaliser une capacité donnée.
- Eugène II. Weiss.
- SUR UNE NOUVELLE LAMPE A ARC
- La nouvelle lampe à arc dite « Lampe Tetra », dont nous donnons ci-dessons la description présente des particularités intéressantes.
- Elle fonctionne par 4 en série sans rhéostats, sous une tension de iio volts sur courant alternatif et sur courant continu.
- De construction extrêmement robuste, elle ne comporte aucune pièce délicate, ni mécanisme d’horlogerie.
- Le réglage est obtenu simplement par la position donnée aux armatures des électro-aimants et cette position n’est plus sujette à aucune variation.
- L’emploi de cette lampe permet d’obtenir une meilleure répartition de la lumière, par suite de l’augmentation du nombre de foyers lumineux, ce qui diminue dans des proportions considérables le prix de l’éclairage.
- 1. — Description.
- La figure i montre le schéma du mécanisme et des connexions.
- Des deux électro-aimants, placés l’un derrière l’autre, l’électro-aimant en dérivation seul est visible.
- Ces électro-aimants, montés, l’un en série A, et l’autre en dérivation B, agissent sur leurs'ar-matures respectives A' et B' en leur faisant produire des effets opposés.
- Les armatures sont supportées par un cadre C formé par deux disques solidaires l’un de l’autre qui pivotent sur un axe D.
- Pour régler la position des armatures par rapport aux extrémités polaires des électro-aimants, elles sont fixées sur deux bagues EE' qui s’em-
- boîtent sur deux moyeux rivés sur les faces extérieures des disques formant le cadre C.
- Deux vis d’arrêt FF' immobilisent les bagues
- Fig. i. —Lampe Tetra.
- EE' qui portent les armatures, après que leur position respective a été réglée.
- Ces bagues une fois immobilisées, les arma-
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2* Série). — N« 50.
- tures forment avec le cadre C un ensemble rigide qui obéit aux impulsions des électro-aimants.
- Dans l’intérieur du cadre C est logée la poulie motrice à limbe lisse G qui tourne sur le même axe D sur lequel pivote le cadre C.
- A l’extrémité du bras haut J du cadre C, sur un axe /, pivote une pièce de freinage II munie d’une vis de réglage h.
- L’extrémité du bras droit K du cadre C porte le piston d’un amortisseur à air L qui pivote sur un axe k.
- Le cylindre de l’amortisseur étant fixé sur le plateau de tête de la lampe, cet amortisseur n'agit que dans le sens de la compression, dans un but qui sera expliqué par la suite.
- Une cordelette 1 portant à ses extrémités les porte-charbons MN et logée dans la gorge de la poulie motrice G passe sur celle-ci et un petit galet de renvoi g, qui, convenablement adapté ,sur le plateau d’embase de la lampe, emmène la cordelette dans l’axe de celle-ci.
- Enfin, sur le plateau de tête de la lampe est disposée, à droite, une butée O munie d’une vis de réglage o; à gauche, une lame flexible P placée de façon que son extrémité p soit en face de la vis de réglage h de la pièce de freinage II.
- Deux bornes RR' isolées de la masse métallique de la lampe sont placées sur le plateau de tête, et deux connexions SS'pareillement isolées sur le plateau d’embase de la lampe.
- II. — Fonctionnement.
- Dès que le courant traverse les bobines de l’électro-aimant en série À, l’armature A' est attirée énergiquement vers les deux extrémités polaires munies des bobines aaf et aussitôt le cadre C oscille de droite à gauche. La vis h de la pièce de freinage II vient heurter la lame P dont la tension, sous la pression de la vis h, provoque le freinage instantané de la jioulie motrice G; ainsi bloquée et entraînée dans le sens de l’oscillation du cadre, elle emmène la cordelette I et les char-, bons s’écartent.
- L’écartement se produit franchement et prend immédiatement l’ampleur nécessaire, ceci en excluant à l’allumage les ruptures d’arc et la surintensité.
- xDès que l’arc est produit, l’écartement des charbons est maintenu par le freinage qu’exerce
- la pièce II sur la poulie motrice G, aussi longtemps que le cadre C n’est pas revenu à sa position primitive, c’est-à-dire que la pièce II ne bute pas contre la vis d’arrêt o de la butée O.
- Par l’usure des charbons, la résistance de l’arc augmente et la force de l’électro-aimant en série A diminue, tandis que celle de l’électro-aimant en dérivation B, accroît proportionnellement ; il arrive alors un moment où l’action de ce dernier devient prépondérante et l’armature B' fait osciller le cadre C de gauche à droite.
- La poulie motrice G étant solidaire de ce mouvement, les charbons se rapprochent avant même que la pièce de freinage H ait complètement quitté la poulie motrice. Sous l’action prépondérante de l’électro-aimant B le cadre C revient graduellement à sa position primitive, la lame P se détend insensiblement et la poulie motrice G devient libre dès que la pièce de freinage H revient buter contre la vis d’arrêt o qui détermina la position au repos du cadre C.
- Sous l’action de la pesanteur du porte-charbon supérieur, les charbons continuent alors à se rapprocher sans brusquerie, mais dès que la résistance de l’arc est devenue plus faible, l’action exercée par l’électro-aimant A redevient prédominante et le cadre C oscille aussitôt dans le sens opposé ; par conséquent la poulie motrice G se trouve à nouveau freinée et entraînée par la pièce II, autant qu’il est nécessaire pour conserver l’écartement normal des charbons. Les actions opposées de deux électro-aimants continuent alternativement à se produire, la disposition spéciale de ces aimants et des armatures sur lesquelles ils agissent leur assure une sensibilité telle que le rapprochement des charbons est invisible et que l’intensité du courant pour laquelle la lampe est réglée, reste absolument constante pendant tout le temps du fonctionnement.
- Pour éviter, surtout au moment de l’allumage, les mouvements brusques qui donnent lieu à dés ruptures d’arc ou des sautillements, un amortisseur à air comprimé est disposé de façon que la compression ne se produise que dans le sens de l’écartement des charbons. Dans ce but, le piston du compresseur est percé afin de permettre à l’air de s’échapper lorsque la tige du piston descend de haut en bas et ne ferme plus l’orifice de ce dernier. A. Plance.
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- revue: d’électricité
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre. — W. Broniewski. Académie des Sciences, séance du i5 novembre 1909.
- Les propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre n’ont été étudiées que dans les limites très restreintes, ne dépassant pas une addition de 12 % d’un métal dans l’autre. La grande fragilité des proportions moyennes en a été probablement la cause.
- L’auteur a étudié la conductivité spécifique, le coefficient de température de la résistance, le pouvoir thermo-électrique et la force électromotrice de dissolution de la série complète des alliages, ce qui permet de définir leur constitution.
- Si l’on applique aux courbes de conductivité et du coefficient de température les principes établis par M.-H. Le Chatelier (1895) et complétés par M. Guerrier (1907), aux courbes de force électromotrice de dissolution les principes indiqués par Laurie (1888), on trouve quatre composés définis : Al2Cu, AlCu, Al2Cu3, et AlCu3.
- Le recuit détermine des variations très sensibles dans la forme des courbes, surtout dans celles de la conductivité et du coefficient de température. Cet effet peut être produit par la restriction des limites d’une solution solide, par une cristallisation plus prononcée ou par la reconstitution d’un composé détruit par la fusion (Al2Cu). La conductivité augmente alors.
- On voit l’effet contraire se produire par le recuit du composé AlCu8, dont la conductivité est alors diminuée de moitié. Le changement de structure se produit au-dessus de üoo°, où M.-H. Le Chatelier (1890) a pu remarquer un point critique pour la variation de la résistance électrique.
- On pourrait expliquer ce phénomène par la polymérisation du composé stable à haute température en une variété stable à la température ordinaire et d’une résistance spécifique supérieure. Suivie au microscope,'la transformation se manifeste par la décomposition des gros cristaux uniformes en une série de petits cristaux très fins, semblables à la martensite.
- A. S.
- Sur les effets destructifs des décharges oscillantes de grande fi'équence. — A. Léauté. —»
- Académie des sciences, séance du j5 novembre 1909,
- L’auteur a substitué à la bobine de Ruhmkorff, qu’employait M. Violle, dans une ancienne expérience (*), un dispositif capable de produire des oscillations rapides, et relié les deux extrémités du fil fin, dont on provoque la volatilisation, aux deux armatures d’un condensateur C. Le circuit de décharge, qui d’ailleurs doit être aussi court que possible, comprenait, en outre du fil fin, un éclateur E et une petite self-induction L, qu’on pouvait faire varier à volonté ; la capacité du condensateur C et la distance explosive de l’éclateur E étaient également réglables.
- Pour obtenir des résultats comparables, il était nécessaire de s’assurer avec un soin minutieux que l’étincelle passait toujours dans les mêmes conditions entre les boules de l’éclateur E ; pour cela, après chaque expérience, on renouvelait, au moyen d’un ventilateur, l’air entre les électrodes, dont il fallait d’ailleurs nettoyer très fréquemment la surface ; l’air devait être sec et la température constante ; de plus, pour faire passer l’étincelle, il importait d’augmenter progressivement et toujours avec la môme vitesse le courant dans le primaire du transformateur ou de l’inducteur, au moyen desquels on chargeait le condensateur C ; lorsqu’on avait atteint la valeur pour laquelle l’étincelle s’était produite dans la précédente expérience, on cessait de faire croître le courant, et l’étincelle se produisait avec un retard variable, qui parfois dépassait une minute.
- L’auteur a pu constater ainsi :
- i° Que la trace produite sur le verre par la volatilisation du fil était d’autant plus large que l’énergie de la décharge était plus grande ;
- a0 Que la self-induction du circuit de décharge jouait un rôle considérable dans ce phénomène.
- En résumé, dans ces expériences, c’est une véritable explosion du fil qui se produit (2).
- A. S.
- (*) M. Violle faisait passer la décharge d’une bobine de Ruhmkorff <\ travers un fil métallique (rès fin tendu au-dessus d’une plaque de verre,
- (2) Cf. Séménov, Thèse de Doctorat.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. VIII (2® Série). — N° 50.
- Les variations thermiques de l'hystèrésis tournante et de l'hystèrésis alternative. — A. Perrier. — Thèse présentée h la faculté de philosophie de l’Université de Zurich, 1909.
- L’auteur s’est proposé de dégager les lois générales liant les deux hystérésis à la température. Pour y atteindre, il faut soumettre des substances diverses à des conditions magnétiques variées dans une mesure aussi large que possible, soit à des champs faibles jusqu’à ceux amenant les corps pratiquement à la saturation, en même temps qu’à des températures s’étendant jusqu’aux points de disparition respectifs du ferro-magnétisme ; l’auteur s’est d’ailleurs limité aux températures supérieures aux conditions ordinaires.
- Un précédent chercheur, M. Weiss, avait été amené à envisager l’aimantation à saturation I d’un corps comme grandeur fondamentale ; l’aimantation pour un champ quelconque s’exprime facilement au moyen de I avec l’aide de trois nouvelles grandeurs : deux coefficients N, N' dépendant de la structure, et un champ coercitif He, caractéristique toutes les trois du cristal élémentaire dont tous les corps ferro-ma-gnétiques sont en définitive des agrégats plus ou moins compliqués.
- Par le jeu de ces trois grandeurs, on peut donner une image fort fidèle déjà des courbes d’aimantation (à la viscosité magnétique près) et de leurs principales particularités, ainsi qu’en fait foi le mémoire précité.
- I est déjà connu en fonction de t; si l’on était aussi avancé pour Ile et pour N et N', on serait dès lors à même d’établir synthétiquement les propriétés ferromagnétiques à toutes les températures.
- Dès l’instant que la connaissance de Ho et de ses variations fait connaître les propriétés de l’hystéré-sis, il convient de se demander : quelle est la loi de variation du champ coercitif élémentaire avec la température? Cette loi est-elle la même pour tous les corps ? Quels sont les rapports avec la loi de variation de l’aimantation à saturation ?
- Voici ce qui me semble se dégager le plus nettement du travail de M. A. Perrier :
- La synthèse hypothétique de la matière ferromagnétique, dont l’auteur rappelle le canevas, est susceptible de donner une image des faits aussi apjirochée aux températures élevées que sous les conditions ordinaires.
- 'En particulier le champ coercitif élémentaire, allié à un coefficient N, suffit pour expliquer à la fois les manifestations de l’hystèrésis alternative et de l’hystèrésis tournante.
- Un corollaire théorique de ceci, le parallélisme des variations des deux hystérésis, est peut-être celui des résultats que les observations ont placé le mieux au premier plan (').
- T. G.
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE MESURES
- Wattmètre êlectrolytique. — Electrical Engineering, 14 octobre 1909, et Electrical World, 4 novembre 1909.
- Cet appareil, du à M. W. B. Thorpe, est basé sur l’électrolyse et la recombinaison continues d’une solution aqueuse contenant un très faible pourcentage de soude caustique,enfermée dans un tube hermétiquement scellé. La recombinaison des gaz dégagés s’effectue automatiquement dès qu’il s’en est produit une quantité bien déterminée, et chaque recombinaison, correspondant au passage d’une certaine quantité d’énergie à travers le wattmètre, est enregistrée sur un cadran par un dispositif électromagnétique.
- L’élément électrolytique E (fig. 1) est monté sur le réseau, avec, en série, deux rhéostats de grande résistance G et F, dont le rapport est tel que la tension entre a et c est à peu près égale à la force contre-électromotrice de l’élément, tandis qu’entre a et d s’exerce la tension totale du réseau, soit 100 ou aoo volts.
- (') V. Sur les variations thermiques de l’aimantation des corps ferro-magnéliques : IIopkinson, P h il. Trans. A., 1889, p. 443 (fer) ; Proceed. E. S., London, 1888, XLIV, ps 317 (nickel) ; P. Curie. Œuvres publiées par la Société française de physique, p. 232-334; P. Weiss, L’hypothèse du champ moléculaire et la propriété ferromagnétique. Journal de Physique, 1907, 4esérie, tomcVI, p. 661.
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- L’extrémité b de la résistance R est reliée au point c par un rhéostat II. Si donc l'on néglige la chute de tension dans R, la tension qui agit sur H est à peu près égale à la force contre-électromotrice de l’élément.
- En raison des variations de tension, une élévation du voltage principal fera passer un courant plus fort qu’en régime normal à travers H et E, ce qui aura pour conséquence d’augmenter la tension sur bc et ac. Il était donc nécessaire de disposer un troisième circuit parallèlement à E et H, pour permettre à l’extra-courant de se produire sans augmenter la chute de tension en ac et bc.
- A cet effet, on emploie un élément électrolytique J dit élément d’absorption. 11 se compose d’un tube à essai contenant deux plaques de nickel de i6omm2, plongées dans une solution à 20 % de soude caustique. Si ces plaques de nickel étaient infiniment grandes, l’absorption du courant serait assez énergique pour qu’il ne se produise aucune élévation de tension en b c, quij resterait à la tension critique de l’élément.
- En réalité, leurs dimensions sont telles que la tension bc (et par conséquent la tension ac) croît avec la tension d’alimentation, de telle manière que l’élément électrolytique enregistre une augmentation de puissance, de sorte que l’appareil constitue un watt-heure-mètre.
- En fait, il n’y a pas production de gaz dans l’élément d'absorption.
- Lorsque le circuit principal est ouvert, les différentes tensions sont équilibrées de telle sorte que le voltage de l’élément enregistreur E est très légèrement supérieur à la force contre-électromotrice. Cet équilibre s’obtient par le réglage de la résistance H. Dans ces conditions, il se produit une quantité de gaz très minime, que les électrodes de nickel empêchent d’influencer les indications du wattmètre.
- Si le circuit principal est fermé, R est parcouru par un courant; la différence de potentiel qui se produit entre ses extrémités fait passer un courant à travers l'élément E, et élève la tension en ac.
- Cet accroissement de tension étant proportionnel à la chute dans R, l’eau se trouve électrolysée proportionnellement au courant absorbé, et en outre toutes les variations du voltage d’alimentation donnent lieu à une variation correspondante du phénomène d’électrolyse, de sorte qu’à chaque instant l’activité électrolytique est proportionnelle aux watts absorbés parle réseau.
- Comme ordre de grandeur du courant absorbé par
- l’élément E à pleine charge, on peut indiquer le chiffre de 0,0.03 ampère.
- L’élément E étant hermétiquement scellé, de sorte qu’il n’y a jamais lieu de renouveler l’électrolyte.
- Le recombinaison des gaz dégagés se produit de la manière suivante : au début, l’électrolyte remplit tout le tube OP ; au passage du courant, une certaine quantité d’oxygène et d’hydrogène se dégage, ramenant le niveau à l’étiage indiqué sur la figure 1. Le flotteur O, muni de contacts en platine, vient alors toucher la pointe P et ferme un circuit qui comprend l’élément enregistreur E; le contact de platine N scellé dans le tube, et la résistance en série S.
- Il se produit alors une décomposition plus rapide de l’électrolyte, qui continue jusqu’à ce que le niveau tombe au-dessous de la pointe L. Lorsque le circuit se trouve rompu en ce point, une étincelle éclate et les gaz se trouvent recombinés. Le liquide remplit de nouveau le tube et le cycle des phénomènes recommence.
- M. M.
- Electromètre a quadrants pour les essais des câbles sous-mai'ins. — M. Sayers. — The Elecirician, 12 novembre 1909.
- Il y aquelques années, M.Dolezalek adonné la description d’un appareil très simple, auquel l’auteur a apporté de légères modifications, qui lui ont permis
- Fig. 1.
- d’obtenir de très bons résultats dans les essais de câbles sous marins, sans nécessiter l’emploi d’autres accessoires que ceux dont on use, par exemple, dans la mesure des résistances d’isolement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N»30.
- La figure i donne une coupe schématique de cet électromctre. L’aiguille N (en papier recouvert de métal), portant le miroir M, est suspendue à un fil détachable. Les quadrants de laiton Q, Q sont montés sur les isolateurs A, A, et reliés entre eux deux à deux de la manière ordinaire. L’ensemble de l’instrument peut s’orienter dans url azimuth quelconque en tournant sur la base B, et peut être fixé dans toute position à l’aide d’une vis de pression horizontale qui n’est pas visible sur la figuré. Quant au dispositif d’amortissement, il consiste on une feuille de cuivre d, rectangulaire, de omm, 07 d’épaisseur, et 3,mX icm,7 de surface, attachée au bout d’un fil d’aluminium de x rcm de longueur environ. Ce fil descend dans un cylindre de laiton t, fixé au socle B par les vis s's1. Les pôles n et s d’un aimant créent le champ magnétique qui influe légèrement sur l’amortisseur, en raison du magnétisme (très faible, bien entendu) du cuivre.
- Pour faire l’essai, le conducteur du câble est d’abord chargé, puis déconnecté de la batterie et relié à l’une des paires de quadrants de l’électromètre. L’autre paire de quadrants est reliée à l’un des pôles de la batterie, dont l’autre pôle est mis à la terre. On opère dès lors selon la méthode classique.
- M. M.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- %
- Trompe à mercure pour la fabrication des lampes électriques. — Electrical Engineering, 8 octobre et.Electrical World, 4 novembre 1909.
- Cet appareil permet d’obtenir un vide exlrême-meiit élevé, il consiste essentiellement en un tube r à moitié rempli de mercure et terminé par deux cols
- Fi y. a.
- dcv;ygnc h. Du milieu de r se détache un tube rectiligne c, suivi d’un tube flexible p terminé par le renflement d ; enfin w est une pompe à air ordinaire, à l’aide de laquelle 011 pousse d’abord le vide en d jusqu’à 10 ou zo'"<n de mercure. On fait alors basculer
- l’appareil autour de l’axe a pour l’amener dans la position de la figure 2. Le mercure retenu dans le col de cygno fait soupape et empêche l’air de retourner Aef en /•, tandis qu’en même temps l’air aspiré de d à travers c est rejeté dans f, et là est absorbé par iv, qu’actionne une petite turbine.
- Le vide obtenu peut aller, paraît-il, jusqu a i/iooooomm de mercure.
- T. D.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Relais électrolytique. — Electrical Engineering, 14 octobre 1909, et Electrical World, 4 novembre 1909.
- M. W.-B. Thorpe a imaginé un relais de temps électrolytique qui présente quelques points communs au point de vue de la construction avec le wàttraètre électrolytique du môme auteur (*).
- La figure 1 donne les détails de l’appareil. Lorsqu’il se produit une surcharge sur le réseau, la bobine W montée en série ferme en.Y le circuit local d’un
- Fig. 1.
- élément électrolytique. Le flotteur O se met alors à monter par suite de l’électrolyse, de manière à compléter ce circuit. Si la surcharge persiste, le phénomène d’éleclrolyse continue à se produire, jusqu’à ce que le flotteur U vienne toucher le contact T, il position réglable. A ce moment, le circuit de la bobine X, à travers Z, se trouve fermé et l'interrupteur principal est ouvert. Bien entendu le temps au bout duquel celte interruption de courant est obtenue dépend de la position que l’on a donnée au contact T,
- t1) Voir p. 33a.
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- et il est marqué en secondes sur la graduation, de sorte que le réglage du relais pour un intervalle de temps déterminé ne présente aucune difficulté.
- Si la surcharge vient à cesser avant que ce temps limite soit écoulé, le circuit de la pile est ouvert en Y, mais reste néanmoins fermé par le contact P,de sorte que l’électrolyse continue jusqu'à ce que le flotteur U vienne toucher T, comme précédemment.
- Après une surcharge momentanée, le cycle électrolytique revient à son état primitif, par la recombinaison des éléments décomposés, de sorte que la constante de temps de l’appareil est très bien définie.
- A la gauche de l’appareil on aperçoit notamment un joint de mercure M destiné à s’opposer à l’échappement des gaz de l’électrolyte, de sorte que l’élément n’a iamais besoin d'être renouvelé.
- T. D.
- Quelques expériences sur les fusibles. — W. Maccall. — The Electrician7 19 novembre 1909.
- L’auteur a exécuté une série de mesures pour déterminer les variations de la constante qui entre dans laformule dePreece,seIonle diamètre du fusible. On sait que, pour un fusible unique, cette formule est la suivante :
- I=K D \
- I étant le courant du fusion en ampères,
- D, le diamètre du fil enpouces.
- La constante k dépend du métal employé. Elle a les valeurs approximatives suivantes :
- Cuivre.................... 10,244
- Eiain..................... 1,64-4
- Plomb..................... 1,379
- Ces valeurs de la constante /: sont proportion-
- /te
- nelles à y —y , T étant la température de fusion
- du fil, P sa résistivité à la température de fusion, E son émissivité à cette même température. De ces trois quantités les deux premières sont constantes pour un métal ou un alliage donné, mais on sait que E varie selon le calibre du fil.
- Il résulte des expériences de l’auteur que les valeurs de E et de k vont en décroissant lorsque le diamètre diminue. En fait, le courant de fusion, dans le cas de fusibles encastrés, varie non pas comme la puissance 1,0 du diamètre, mais comme une puissance un peu inférieure à l’unité : 0,92.
- Pour les fusibles à l’air libre, cette diminution de la résistance est moins marquée.
- Passant au cas des fusibles à deux torons, l’auteur a constaté, bien entendu, que le résultat obtenu dépendait de la torsion plus ou moins grande des deux fils des fusibles. En première approximation, on peut admettre que la résistance augmente d’autant plus que la longueur du fil par centimètre est plus grande pour une même surface effective.
- T. D.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Propagation des ondes électromagnétiques du vibrateur hertzien dans un milieu conduc-teui\ —A. Petrowsky. — Mémoires de VAcadémie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg,y III0 série, vol. XXIV, n° 6, 1909.
- La propagation des ondes électromagnétiques d’un dipole a été étudiée notamment par Hertz (M, Pearson et Lee (1 2), et Love (3).
- L’auteur en reprend l’étude dans le cas très particulier où le milieu environnant le dipôle est conducteur.
- Le développement mathématique assez compliqué auquel il est conduit lui permet d’obtenir la formule de la longueur d’onde, de la vitesse de propagation, du coeflicieïit d’absorption et de décrément d’absorption.
- Les lignes de force magnétiques sont des circonférences concentriques, situées dans le plan perpendiculaire à l’axe du vibrateur.
- La force électrique est située dans les plans méridiens. Le calcul de M. A. Petrowsky donne son intensité, sa direction, ainsi que la quantité d’énergie qui traverse une surface sphérique de rayon r pendant un nombre donné de demi-périodes.
- (1) Hertz, Die Krafle eleklrischer Schwingungon. bchaudeltuachder Maxwell’schcn Théorie.[Ann. derPhys. 46, I, 1888.
- (2) Pearson cl Lee. O11 (lie vibrations in llie Field round a llicorelieal llerlzian Oseillalor. Phyl. (nuis. A.. 198, 159-189, 1900.
- (3) Love. The Advancing Front of lhe Train of Waves emiUed by a llicorelieal llerlzian Oseiüator. Proc. lioy. Soc., ;4, 73-83, 1904.
- Il convient, d ajouter à celte liste les travaux fondamentaux de Zenncck.
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- Les formules auxquelles aboutit le calcul permettent de retrouver celles de Pearson et Lee et de Hertz.
- P. T.
- Les inventions récentes en télégraphie et téléphonie sans ïlL — H. Ecoles. — The Electri-cmn, i5 octobre 1909.
- Brevet van der Wonde 6953(1908). — Le but de cette invention est d’éviter l’emploi d’un mécanisme mû synchroniquement aux deux stations correspondantes. A cet effet, l’auteur a prévu une sorte de commutateur multiple à l’aide duquel on exécute la série d’opérations suivantes :
- 1. Le manipulateur est connecté à l’antenne;
- 2. L’antenne est mise à la terre;
- 3. Le manipulateur est déconnecté;
- 4. Le récepteur est connecté;
- 5. La mise à la terre est coupée;
- 6. Le récepteur est déconnecté.
- Fig. 1.
- La figure 1 montre une vue perspective de cet instrument, a étant le commutateur rotatif et les chiffres i à 12 désignant les contacts fixes.
- Dans la position d’émission, les contacts 7 et 8 ferment le circuit h de l’oscillateur, tandis que les contacts 9 et 10 relient à l’antenne le secondaire l du transformateur. Tous les circuits récepteurs sont déconnectés.
- Si maintenant on fait tourner l’arbre a dans la direction de la flèche, les connections 7,8, d’une part, et 9>io, de l’autre, sont rompues, et l’antenne se trouve mise à la terre par les contacts 11 et 12. La rupture du circuit de l’oscillateur ne doit avoir lieu que lorsque cette mise à la terre est effectuée. La
- mise à la terre est maintenue pendant la rotation de l’arbre qui fait connecter les circuits récepteurs.
- Quand cela est fait, les oscillations dans l’antenne L trouvent un chemin par les contacts 6,5 vers les enroulements primaires R, T, et de là, par 0,0, à la terre. En même temps, le circuit du détecteur c est fermé par 4,4 et 3,3, et le circuit récepteur téléphonique par 2,2 et 1,1.
- Brevet Marconi 16 546 (1908). — Le principe de l’invention consiste à utiliser pour les récepteurs tous les intervalles inutiles entre les éclatements de l’étincelle.
- Ceci est réalisé au moyen d’un ou plusieurs commutateurs qui tournent synchroniquement avec le disque principal, et dont les segments sont disposés de telle sorte que le récepteur soit inactif pendant les courts instants où éclate l’étincelle.
- Les commutateurs peuvent être accouplés mécaniquement au disque ou bien entraînés par un moteur synchrone alimenté par un générateur accouplé mécaniquement à ce disque.
- Parmi les moyens de réaliser l’inaction tempo-
- Fig. a.
- raire du récepteur, nous indiquerons celui qui est schématisé par la figure.2.
- D représente le disque. L’étincelle de décharge du condensateur K éclate en S,S sur les disques latéraux SDjSDa à travers le primaire TP d’un transformateur oscillant. sont deux .commuta-
- teurs, V un alternateur, P un moteur synchrone. Les antennes TA et RA sont distinctes pour l’émission et la réception. M représente une cage; mise à la terre. Les parties ombrées correspondent aux substances isolantes.
- La figure 2 montre que l’antenne réceptrice est déconnectée de l’appareil récepteur, qui est lui-même
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- court-circuité chaque fois qu’une des bornes S du disque arrive dans la position de décharge.
- Il est très facile d’éviter en pratique que, dans deux stations, les décharges se produisent simultanément.
- P. T.
- BREVETS
- Emploi de conducteurs creux dans les enroulements d’appareils électriques. — Société l’Éclairage électrique. — Publié le 6 novembre 190g.
- Il s’agit ici d’un perfectionnement apporté à la construction des appareils électriques de toute nature, fixes ou rotatifs (dynamos, alternateurs, transformateurs, etc.), d’après lequel, pour assurer la ventilation ou la réfrigération on emploie, pour constituer tout ou parlie des enroulements princi-
- paux ou auxiliaires desdils appareils, des conducteurs creux dans lesquels circule un fluide réfrigérant approprié, ce qui permet, même dans le cas
- d’enroulements compacts, d’assurer le refroidissement général et même le refroidissement plus particulier de certaines parties des appareils dont la température est susceptible de prendre des valeurs plus élevées.
- La ligure 1 montre, à titre d’exemple, la réalisation du perfectionnement, objet de l’invention, dans son application à un moteur ou à une dynamo.
- On sait que, dans ce cas particulier, comme les dimensions d’un arbre de transmission sont imposées par la puissance à transmettre, si on veut réduire au minimum l’encombrement du système induit-inducteur dans le plan normal à l’axe (en augmentant naturellement lalongueurde la machine), et si, pour assurer une bonne commutation sous toutes puissances et sous toutes vitesses, on emploie des pôles intermédiaires, toute la place réservée ordinairement pour assurer la ventilation suivant l’axe de la machine est utilisée par le groupement des enroulements principaux et auxiliaires de l’inducteur. Il ne reste plus, comme surfaces de refroidissement, que les extrémités relativement peu importantes du cylindre-enveloppe de la machine et sa surface cylindrique, externe, lesquelles deviennent rapidement insuffisantes pour dissiper les calories dégagées par la machine.
- Dans le but d’obvier à cet inconvénient et d’obtenir un refroidissement efficace des parties intérieures, les enroulements de pôles auxiliaires seront constitués au moyen de conducteurs tubulaires, ayant la section métallique nécessaire pour jouer le rôle de conducteurs électriques, et dont la section intérieure est assez grande pour canaliser un réfrigérant approprié. La circulation libre ou forcée de ce fluide assurera :
- i° Par convection, le refroidissement propre desdits conducteurs ;
- 20 Par convection etconduction, le refroidissement des enroulements voisins et, par suite, de tout le système inducteur ;
- 3° Par convection, conduction et radiation, le refroidissement de l’induit.
- Pour éviter toute dérivation ou perturbation électriques, le réfrigérant employé, gazeux ou liquide sera, de préférence, non conducteur ; on emploiera, par exemple, de l’huile qui, après avoir parcouru les conducteurs tubulaires groupés en tension ou en parallèle, sera collectée dans un dispositif réfrigérant approprié (circulation d’eau, aération forcées, etc.).
- Il est évident que le groupement des conducteurs
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- .tubulaires entre eux peut être quelconque et qu’au lieu d’utiliser, pour les réunir, des tubes de jonction .conducteurs servant à la fois de connecteurs électriques et réfrigérateurs, on pourrait employer des tubes non conducteurs de l'électricité ne servant, par suite, qu’à assurer la continuité du cycle que parcourt le fluide de refroidissement.
- Enfin, la section des tubes peut être quelconque, appropriée à l’espace restreint dont on dispose pour les loger.
- L’exemple représenté se rapporte à une machine pour sous-marins dont l’induit b (dont la denture est particulièrement représentée) peut être monté sur l’arbre a de l’hélice, et l’inducteur possède quatre champs doubles dont les huit pôles principaux c sont enroulés chacun d’un circuit inducteur d.
- Les pôles auxiliaires e sont enroulés chacun de six spires tubulaires parcourues par le courant principal de la machine et dont la section extérieure rectangulaire est en contact calorique, d’une part avec les enroulements d des pôles principaux, et d’autre part avec les parties magnétiques des électros.
- Au lieu d’utiliser un cycle unique de réfrigération procurant tous les conducteurs tubulaires réunis entre eux à cet effet, on peut encore, dans le but d’obtenir des abaissements de température différents en certains points des appareils, ou encore, dans le but de maintenir à une même température toutes les parties d’un appareil dont quelques-unes sont susceptibles de prendre des températures de valeurs plus élevées, employer plusieurs cycles séparés de réfrigération desservant plus particulièrement les points considérés, etdans lesquels circuleraient des fluides susceptibles de produire, par leur température propre ou par leur vitesse d’écoulement, les effets particuliers précités.
- On peut aussi, notamment dans les lurbo-alter-nateurs, constituer un seul circuit de réfrigération pour les enroulements et les paliers.
- Système de production de signaux sonores sous-marins puissants destinés aux signaux maritimes en temps de brume, —A. Blondel. — Publié le :>() octobre 1909.
- On ne connaît jusqu’ici pour la production des signaux sous-marins que des cloches disposées dans l’eau aune certaine profondeur et frappées par un marteau actionné par un procédé mécanique quelconque.
- Il était donc intéressant de produire d’une façon plus efficace des ondes sonores dans l’air et même
- dans la mer, au moyen d’organes vibrateurs de grande surface mus par des organes puissants. C’est ce que M. Blondel a réalisé en appliquant le principe de la résonance.
- L’inconvénient des cloches, en effet, c’est que l’énergie produite par un coup de marteau est très vite dissipée par l'amortissement, surtout quand la cloche est plongée dans l’eau; la perception du signal à distance se fait donc très mal parce qu’on ne reçoit qu’un choc amorti au lieu d’une oscillation prolongée. D’autre part, pour réduire la rapidité de l’amortissement dans l’eau, on est obligé d’employer des cloches de petit volume donnant un son très élevé, mais mettant enjeu une énergie trop faible.
- Les appareils proposés par M. A. Blondel sont formés en principe d’une plaque vibrante de grand diamètre et de l’épaisseur convenable pour que ses vibrations propres soient à peu près en résonance avec la période des oscillations mécaniques forcées qu’on lui impose. Suivant les cas, on peut développer la surface autant qu’on veut sans changer la note, en employant plusieurs plaques de mêmes dimensions vibrant en synchronisme.
- Quant au mode de construction de l’appareil, on peut le concevoir de différentes manières.
- La figure 1 représente par exemple un appareil à . une seule plaque, qui est constitué, d’une manière analogue à une trompette téléphonique, au moyen d’un électro-aimant E qui attire une plaque P serrée sur tout son pourtour contre le bord d’une caisse cylindrique C.
- Entre la plaque P et la caisse G peut être interposée, pour l’emploi dans l’eau, une garniture étanche g* en caoutchouc qui a pour but en même temps de faciliter la vibration de la plaque, ou bien la plaque peut être directementsoudée sur la caisse G. Le noyau N de l’électro-aimant E est fait de préférence en tôle feuilletée.
- La caisse G et la plaque P peuvent être en fer massif de manière que le circuit magnétique de l’électro-aimant se ferme par la plaque et la caisse.
- Pour signaux sous-marins, la caisse peut être suspendue par un crochet, ou placée sur un support au fond de la mer. Elle reçoit le courant à l’aide d’un câble sous-marin dont les âmes pénètrent par une garniture étanche a, préservée elle-même éventuellement par une boîte d’enlrce h remplie d’un mélange isolant et imperméable.
- Les courants sont envoyés depuis une station située à terre ou sur un bateau et sont des courants \ alternatifs (ou interrompus périodiquement par un
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- moyen quelconque) ; la fréquence des alternances ou interruptions est telle qu’elle fasse vibrer la plaque à une fréquence comprise entre Go et i ooo par seconde de façon h lui faire rendre un son perceptible il est avantageux que ce son soit peu différent de celui que la plaque peut donner par vibrations propres, de telle sorte qu’il se produise un effet de résonance de la vibration propre de la plaque par rapport au courant qui l'alimente.
- On peut concentrer le son au mo}Ten d’un pavillon métallique, droit ou recourbé, analogue à celui des trompettes et des sirènes.
- Pour augmenter la puissance des signaux, on peut associer côte à cote dans un môme appareil un nombre quelconque de plaques semblables, courbes ou rectangulaires, hexagonales ou de forme quelconque, dont les électro-aimants sont excités en série dans un meme circuit de courant électrique oscillatoire, de façon que toutes les plaques vibrent synchroniquement, et que leurs effets soient ainsi totalisés pour la réception.
- Le même résultat peut être obtenu avec .une plaque rectangulaire très allongée et faisant agir sur elle toute une rangée d’électro-aimants agissant par la ligne médiane de cette plaque.
- Toutes ces dispositions sont surtout favorables pour la transmission des signaux dans une seule direction, Mais il est tout aussi facile de faire des appareils qui envoient des signaux dans deux directions en disposant les plaques sur les deux faces d’une boite.
- La vibration peut être entretenue, bien entendu, par des moyens autres que l’action d’un électro-aimant, par exemple par des vibrateurs à vapeur où à air comprimé capables de produire un mouvement alternatif rapide.
- D’autres procédés peuvent être employés également pour attaquer la plaque vibrante. On peut, par
- À la partie supérieure est visible lu naissance du pavillon.
- exemple, agir sur elle au moyen d’un système de leviers.
- Ou bien encore, au lieu d’agir par levier sur la plaque vibrante P, on peut attaquer celle-ci par une Lige I attaché en son centre ou suivant une couronne centrale, ladite lige portant, comme le montre la ligure 2, des armatures A1, A2 sur lesquelles agissent un ou plusieurs électro-aimants à courant alternatif El, E2. Les armatures A', A2 sont en fer doux, plein ou mieux fendu ou feuilleté pour éviter les courants de Foucault. Les électros sont fixés à la caisse G d’une façon quelconque, par exemple au moyen de croisillons B, B. La tige T peut être guidée à son extrémité inférieure par une pièce F percée d’un trou, ou de toute autre manière. Si la tige E est verticale, un guidage de ce genre peut même être inutile. Une plaque S serrée contre la plaque et munie d’une cavité D forme une caisse de résonance d'où part le tuyau du pavillon qui peut être droit ou recourbé suivant les cas.
- M. G.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- . Office national du commerce extérieur. — Extrait des rapports présentés au Conseil d’administration par le Comité de Direction. — i volume in-B° carré de 148 pages, 3, rue Feydeau, Paris.
- Cette brochure contient un extrait du rapport de
- M. E. Sartiaux, sur l’organisation,le-fonctionncmen el les travaux de l’Office, qui a terminé en iyo8 sa première période décennale d’existence légale. On y lira le développement de celle institution et l’historique des services qu’elle a rendus.
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- VOLUMES REÇUS
- Les métaux spéciaux, par J. Escard. — i volume in-8° raisin de 594 pages avec 101 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.—Prix: broché, 18 francs; cartonné, 19 fr. 5o.
- Die Messung hoher induktionen einige physikaiische Eigen-schaften von Lisen-Silicium-legierungen, par E. Gumlich. — Extrait de Zeitschrift fur Elektrochemie, Halle a. Saale.
- Normal-Luftkondensatoren und ihre absolute Messung, par E. Giebe. — Extrait de Zeitschrift fur Inslruinenten-kunde, Berlin.
- Uber Starkstramwiderstânde mit kieine Selbstinduktion, par E. Orlich. —Extrait de Zeitschrift fur Instrumenten-kunde, Berlin.
- Uber das Verhaiten von Elektrizitâtszâhlern bei schwanken-der Belastung, par E. Orlich et Gunther-Schulze. —
- Extrait de Elektrotechnik undMaschinenbuu, Vienne.
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart (7e fascicule), par C. Hersen et R. Hartz. — 1 volume in-8° raisin de 63 pages avec 33 figures. — Friedr. Vieweg et Sohn, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, a m. 5o.
- Der Serie-Commutator-Motoren, par K.-H. Haga. — 1 volume in-8° raisin de 80 pages avec i5 figures. — J. Waltman, éditeur, Delft.
- La théorie des courants alternatifs, tome II, par A. Russell, traduit de' l’anglais par G. Seligmann-Lui. — 1 volume in-8° raisin de 55i pages avec 209 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 18 francs.
- Leçons d'électrotechnique générale, tome II (3° édition), par P. Janet. — 1 volume in-8° raisin de 325 pages avec i5g figures. — Gautuier-Viixars, éditeur, Paris.— Prix: broché, 11 francs.
- Sur le choix des unités électrogènes pour les grandes centrales à vapeur, par Délia Riccia. —Extrait de la Revue Electrique, Paris.
- Les variations thermiques de l’hystérèse tournante et de fhystérèse alternative, par A. Perrier.— Thèse présentée à la Faculté des sciences de l’Université de Zurich.
- Manuel pratique du monteur-électricien, par J. Laffargue et L. Jumau. — 1 volume in-8° couronne de 1008 pages avec 926 figures. — Bernard Tignol, éditeur, Paris. — Prix : relié, 10 francs.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Texte du premier arrêté d’èlagage pris en conformité de la loi du 15 juin 1906.
- SOMMAIRE ET OBSERVATIONS
- Le texte d’un arrêté d’èlagage ne parait pas, à première vue, mériter les honneurs d’une reproduction et d’un commentaire, car ce n’est pas évidemment la première fois que nos lecteurs en auront un sous les yeux; mais celui-ci, pris par le préfet de la Drôme, est particulièrement intéressant; il suffît, pour s’en rendre compte, d’en lire la première phrase, ainsi conçue : « Vu la loi du i5 juin 1906 surlesdistributionsd’énergie... » et le premier paragraphe : « Considérant que, « sur les voies publiques empruntées par une « distribution d’énergie électrique, les arbres « plantés sur ces voies où les branches faisant « saillie hors des propriétés riveraines peuvent « nuire à la sécurité de la distribution, s’il n’est « pas procédé en temps utile à leur élagage ».
- Enfin! il s’est trouvé un Préfet pour comprendre, au predit des distributeurs d’énergie, l’ano-
- malie entre la situation de droit et la situation de fait qui leur étaient créées ; la première, née des termes sévères des règlements, notamment de l’article 35 de l’arrêté du 3i mars 1908, consistait dans l’obligation de prendre toutes les précautions pour que les tiers ne soient pas blessés, et pour cela, défaire l’élagage des arbres plantés en bordure d’une de ces voies publiques, soit sur le sol de ces voies, soit sur les propriétés particulières ; la seconde, née de l’impossibilité de faire l’élagage, sans qu’un texte administratif ne l’ait préalablement rendue licite pour telles ou telles routes.
- Beaucoup de préfets, craignant .d’imposer franchement aux riverains de la route l’obligation de laisser libre la voie publique, qu’ils empiètent de la façon la plus illégale, avaient timidement conseillé aux distributeurs de s’entendre à l’amiable avec les propriétaires, de leur offrir des prix « raisonnables » et d’obtenir la permission de couper les branches d’arbres encombrant la voie publique.
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- C’était laisser le distributeur d’énergie à la merci des exigences des riverains, surtout des communes qui demandaient, généralement, pour une branche, le décuple de la valeur entière de l’arbre, en réclamant ensuite la propriété du bois coupé.
- La loi en mains, on ne peut s’expliquer de pareils scrupules.
- Sur le sol d’une route publique, l’autorité publique (Etat, département, commune) est chez elle. Elle a la propriété du fonds, comme chacun de nous a la propriété de sa terre; or, quels sont les droits du particulier relativement aux arbres du voisin qui, au delà des limites, ofccupent un espace au-dessus de son fonds ? Ces pouvoirs sont régis par le Code civil, qui — chose étrange — déclare imprescriptible le droit du propriétaire de réduire l'empiétement des branches du voisin, cet empiétement eùt-il duré cent ans.
- Ainsi, le voisin pourra prescrire contre moi le droit de lui faire enlever une plante, qu’il aura à établir pendant trente ans sur mon propre fonds, et qui lui servira de passage ; mais même par le temps immémorial, il ne pourra prescrire le droit d’envoyer chez moi (des branches... indiscrètes : j’aurai toujours le droit de les lui faire couper : telle est la portée formelle de l’article 673 du Code civil, ainsi conçu : « Celui sur « la propriété duquel avancent les brandies des « arbres du voisin peut contraindre celui-ci à « les couper. Les fruits tombés naturellement de « ses branches lui appartiennent. Si ce sont les « racines qui avancent sur son héritage, il a le « droit de les couper lui-même Le droit de « couper les racines ou de faire couper les « branches est imprescriptible. »
- On se demande donc pourquoi l’autorité est si craintive quand sur un terrain qui lui appartient, et dont l’intégrité est imprescriptible, un voisin, par-dessus un mur, ou simplement au-dessus de la ligne idéale qui sépare le fonds public et le fonds privé, laisse les branches s’étendre impunément. Qu’elle n’imposc pas de réduire ces branches à la limite tant qu’il n’y a pas de motif sérieux pour l’exiger, cela se comprend.
- Mais quand, ayant concédé jirovisoirement son terrain pour une entreprise déterminée, en conformité de la loi, elle voit dans l’empiétement de la route une gêne pour son concessionnaire ou son permissionnaire, il parait naturel qu’elle '
- fasse usage de tout son droit, pour le faire cesser.
- L’arrêté d’élagage du Préfet de la Drôme qui s’est reproduit dans d’autres départements a été fait sous l’inspiration de ses idées.
- Nous en donnons le texte qui n’appelle aucun commentaire. Toutefois un article (l’article 4)
- pourrait être mal compris. 11 y est dit : «.étant
- « entendu que, par application de l’article 5 y du « décret du 3 avril 1908, l’entrepreneur de la dis-« tribution reste entièrement responsable de tous « les dommages qui pourraient être occasionnés « par l’exécution de l’élagage ».
- Cela ne veut pas dire que l’entrepreneur sera tenu de payer les branches coupées; mais que, si dans le fait de l’abatage il y a une manœuvre qui porte préjudice à un particulier ou à une commune (bris de tuiles, détérioration de murs, etc...), le concessionnaire en sera responsable, c’est-à-dire tenu à réparation.
- Enfin, nous ajouterons que l’élagage ne doit pas être confondu avec une opération autrement plus grave qui s’appelle l’ébrancliage, prévue par l’article 12 (40), qui consiste dans le fait de couper des branches pour faciliter, dans des terrains particuliers, l’établissement des supports. Cette servitude ne peut être acquise que par l’entrepreneur qui a obtenu la déclaration d’utilité publique ; a fortiori, il en est de même de la servitude d’abatage d’arbres, qui, comme l’ébran-ehage, est autrement plus grave que l’élagage.
- Paul Boucault, Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Elagage des arbres plantés en bordure des
- voies publiques empruntées par les distributions d’énergie électrique.
- AiutÊTiî :
- Le préfet du département de la Drôme.
- Vu la loi du i5 juin 1906 sur les distributions d’énergie électrique ;
- Vu l’arrêté du ministre des Travaux publics en date du 21 mars 1908, pris en exécution de l’article 19 de ladite loi ;
- Vu notamment l’article 35 du dit arrêté ;
- Vu l’article 2 et la section 3 de la loi du 22 décembre 1789-1790 ;
- Considérant que, sur les voies publiques empruntées par une distribution d’énergie électrique,-les arbres plantés sur ces voies, ou les branches taisant saillie hors des propriétés riveraines peuvent nuire a la sécu-
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- rite de la distribution, s'il n’est pas procédé en temps utile à leur élagage ;
- Arrête :
- Article premier. — Sur les voies publiques empruntées par les distributions d’énergie électrique dans le département de la Drôme, il sera procédé par l’entrepreneur de chaque distribution à l’élagage des arbres plantés en bordure de ces voies publiques, soit sur le sol de ces voies, soit sur les propriétés particulières, aussi souvent que la nécessité en sera reconnue par cet entrepreneur dans l’intérêt de la sécurité de la distribution, ou toutes les fois qu’il en sera requis par l’Ingénieur en chef du contrôle des distributions d’énergie électrique.
- Art. 2. — Dans tous les cas, avant de commencer les travaux, l’entrepreneur doit en donner avis, huit jours au moins à l’avance :
- Au service du contrôle ;
- Aux services de la voirie intéressés ;
- Aux propriétaires de toutes plantations devant être touchées par les travaux.
- Art. 3. — Les intéressés sont tenus de permettre et de faciliter l'exécution des travaux.
- Art. 4. — En cas d’opposition formulée par le service voirie ou par un propriétaire dans un délai de huit jours à partir de l’avertissement prévu à l’article i ci-dessus, et sur la demande de l’entrepreneur, l’exécution de l’élagage peut être ordonnée par l’Ingénieur en chef du contrôle, étant entendu que, par application de l’article 87 du décret du 3 avril 1908, l’entrepreneur de la distribution reste entièrement responsable de tous
- les dommages qui pourraient être causés par l’exécution de l’élagage.
- Art. 5. — En cas d’urgence, l’entrepreneur peut procéder à l’exécution immédiate des travaux, à charge d’en aviser en même temps les intéressés,
- Art. 6. — Les travaux d’élagage seront exécutés par l’entrepreneur de la distribution, en se .conformant aux instructions des services de voirie et sans pénétrer dans les propriétés privées.
- Art. 7. — Les produits de l’élagage des arbres plantés sur les propriétés privées seront mis à la disposition des propriétaires qui doivent les enlever dans un délai de 48 heures.
- Les produits de l’élagage des arbres plantés sur les voies publiques seront mis à la disposition des services de voirie, et rangés selon leurs indications.
- Art. 8. — Les conditions des travaux d’élagage des plantations en dehors de ceux qu’exige la sécurité des distributions d'énergie électrique, continuent d’être déterminées par des arrêtés spéciaux prévus par l’article 33 de l’arrêté réglementaire du i5 janvier 1907 sur les permissions de grandes voiries.
- Art. 9. — Expédition du présent arrêté sera adressée à M. l’Ingénieur en chef du contrôle des distributions d’énergie électrique chargé d’en assurer l’exécution, à M. l’Ingénieur en chef du service ordinaire des Ponts et Chaussées, à M. le Commandant de Gendarmerie.
- Il sera publié et affiché dans l’étendue du département.
- A Valence le icr septembre 1909.
- Signé : Le Préfet de la Drôme, Georges François.
- VARIÉTÉS
- La désagrégation du fei'ro-sîlicium à l’air humide et ses conséquences industrielles.
- L’industrie fait aujourd’hui une consommation importante dej ferro-silicium, et sa production au four électrique soulève quelques problèmes économiques qui sont venus se compliquer — chose inattendue — de problèmes sanitaires. C’est ce dernier aspect de la question que nous nous proposons exclusivement d’examiner ici.
- C’est un fait constant que certains ferro-siliciums produits par voie électro-métallurgique ont la propriété fâcheuse de « tomber en poussière » selon l’expression consacrée, au bout d’un temps, qui se chiffre tantôt par jours, tantôt par semaines,
- mais qui est toujours très court. Ceci ne serait encore [ qu’incommode, mais il y a plus : au cours de cette désagrégation, il se produit des gaz tels que l’hydrogène phosphore ou même l’hydrogène arsénié, qui sont toxiques, et dont l’accumulation peut créer un danger de mort. On voit combien, de ce fait, la question de l’emmagasinement et du transport d’un tel produit devient délicate à résoudre.
- Bien entendu, les industriels intéressés se sont dès maintenant émus, et une commission compétente s’est employée à conjurer le danger.
- Le remède qu’elle propose implique que la toxicité de ferro-silicium à l’air humide dépend de sa teneur en silicium. Il existerait un certain nombre de teneurs dangereuses ou teneurs critiques, en
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- dehors desquelles le ferro-silicium serait sans danger.
- Cela peut sembler étrange au premier abord puisque les gaz que nous avons mentionnés ne peuvent provenir que d’impuretés étrangères au silicium, — mais voici l’explication : les pourcentages incriminés sont ceux pour lesquels le ferro-silicium est instable : il se désagrège alors de lui-môme et facilite ainsi l’action de l’humidité extérieure sur les impuretés qu’il peut contenir.
- Ceci admis, il nous paraît intéressant de donner les conclusions de la commission compétente dont nous parlions tout à l’heure et qui est composée de MM. Coutagne, Barut, Girod et Kellcr. Ces spécialistes rappellent d’abord qu’on a cherché à remédier à ces graves inconvénients soit en employant des matières premières très pures, soit en trempant les morceaux de ferro-silicium dans de la paraffine, du pétrole ou d’autres substances analogues, qui empêchent ou retardent la pénétration de l’humidité. Mais le premier de ces moyens est mis en défaut par l’introduction accidentelle de quelques impuretés dans les matières premières, et le second ne fait que retarder les risques.
- La Commission propose, en conséquence, de renonper complètement à la fabrication des teneurs critiques lesquelles, actuellement bien connues, sont de 3o à ,40 % et de 47 à 65 % .
- « En s’écartant notablement, dit la Commission, de ces teneurs critiques et en évitant de fabriquer des ferro-siliciums ayant de 3o à 40 \ et de 47 à 65 % , on n’aurait plus que des ferro-siliciums parfaitement compacts, aussi peu dangereux à transporter et à emmagasiner que des morceaux.de fonte ordinaire.
- « En résumé :
- « i°Les Compagnies de chemins de fer et de navigation et tous les entrepositaires de ferro-silicium ne seront plus exposés à aucun danger, s’ils exigent dorénavant des certificats par lesquels les fabricants déclareraient que leurs ferro-siliciums ne sont pas compris entre 3o et 40 % de silicium ni entre 47 et 65 % de silicium;
- « '20 Les consommateurs de ferro-siliciums auraient tout intérêt, en vue d’avoir un produit non majoré de frais de transport ou d’entrepôt exagérés, d’adopter exclusivement les types commerciaux suivants :
- a. Au-dessous de 3o % ;
- b. 40 à 47 % ;
- c. Au-dessus de 65 % .
- et de renoncer complètement à demander les teneurs
- comprises, d’une part, entre 3o et 40 % et, d’autre part, entre 47 et 65 % . »
- Plusieurs fabricants de ferro-siliciums se sont ralliés à cet avis.
- Tel est donc le remède proposé. Un spécialiste de ces questions, M. Watson Gray (‘), le croit pleinement efficace.
- De la consultation qu’il a donnée à ce propos, nous citerons un passage qui fixe en outre l’influence de quelques autres facteurs du phénomène.
- II faut remarquer, dit M. Watson Gray, qu’à la température ordinaire, et aussi à la température qui ne serait vraisemblablement pas dépassée dans les cales de navires ou les wagons de chemins de fer? la proportion des gaz n’est pas grande, et ce n’est que lorsque le ferro-silicium est à une température qui ne sera jamais atteinte dans les conditions ordinaires, que cette proportion devient forte.
- D’ailleurs les gaz ne se produisent que si lentement et ne contiennent relativement que de si minimes quantités de phosphore et d’arséniure d’hydrogène, que, si diffus et si mélangés, ils seraient tout à fait inoffensifs, aussi bien en ce qui concerne leurs effets toxiques que leur propriétés explosives.
- L’élude chimique, faite par M. Gray, d’échantillons qui n’étaient pas précisément à faible dose de phosphore et d’arsenic, et étaient dans une bonne moyenne en ce qui concerne les pourcentages de silicium, lui a montré que des gaz se dégagent lorsque l’on chauffe le ferro-silicium à l’abri de l’humidité, et il est certain que l’on obtient dans ces conditions la composition la plus générale des gaz dégagés pendant le transport, puisque les frottements libèrent aussi les gaz du ferro-silicium de mauvaise composition.
- Même en chauffant le ferro-silicium au rouge sombre, on n’empêche pas" les gaz de se dégager lorsqu’on le fera ensuite bouillir avec de l’eau.
- Pour diminuer les dangers de désagrégation le fer on l’acier employés devraient provenir des régions qui produisent du métal à faibles doses d’arsenic et de phosphore et les quartz et minerais silicieux devraient être tout à fait exempts de pyrites arsénieuses.
- De nombreux exemples prouvent que si le ferrosilicium est mauvais, soit qu’il contienne trop d’impuretés, soit à cause de la teneur qui le rend friable
- (') Voir Bulletin de la Chambre Syndicale--des forces hydrauliques etc, i«1-octobre 1909.
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- il donne naissance à des gaz même hors de la présence de l’eau et que celle-ci ne fait qu’accélérer le dégagement des gaz. Il est donc désirable de produire le ferro-silicium aussi pür que possible, ou, ce qui semble encore plus important, de ne plus en fabriquer avec le pourcentages critiquess de silicium qui, comme on l’a vu, paraissent se maintenir entre 3o-4o et /| 7 - 6 5.
- Après avoir examiné les gaz provenant du ferrosilicium,M. Watson Gray, a acquis la conviction que le meilleur mode de transport de cet alliage est en tonneaux ou caisses en bois ; pour que les colis soient pleins, il faut remplir l’espace vide avec du foin. Il ne recommande pas d’emballer le ferrosilicium dans des barils enfer. Si le métal est mauvais, le fer ne fait qu’accroître les risques d’explosion sans amoindrir les effets toxiques. Après lé transbordement, le danger est simplement reporté du bateau à l’aciérie.
- Gomme remède pratique, enfin, M. Watson Gray demande qu’un avertissement imprimé en quatre langues : français, anglais, allemand et italien, soit collé sur chaque colis. Il serait conçu en ces termes: « Le ferro-silicium contenu dans ce colis n’offre pas de danger, mais par prudence, on est prié de ne pas le déposer près-des cabines ou autres endroits où l’on puisse dormir. Les capitaines et toutes autres personnes sont invités à observer cet avis. »
- Voilà pour le côté immédiatement pratique de la question. Mais,a-t-on dit, le meilleur moyen de vaincre son ennemi, c’est de bien le connaître.
- Ceci est l’affaire des chimistes. L’un d’eux, M. Paul Lebeau (*), a donné dans une savante étude d’abondants renseignements sur la question, et nous lui empruntons ceux qui suivent.
- » *
- ETUDE CHIMIQUE DU PHENOMENE
- Pour faire une étude complète du phénomène, il s’agissait d’abord de procéder à l’analyse des gaz provenant de l’action de l’eau sur les ferro-siliciums.
- D’après ce que nous venons de voir, il .avait été déjà observé que les ferro-siliciums ayant occasionné des accidents titraient le plus souvent 5o % de silicium environ, et fpossédaient la propriété de
- \
- (') Les gaz toxiques dégagés par le ferro-silicium sous l’action de l’air humide. Revue de Métallurgie, août 1909,
- tomber en poussière au contact de l’air humide. Les premiers essais de M. Lebeau ont été faits avec un ferro-silicium ayant précisément cette teneur et s’effritant, très rapidement à l’air.
- Voici comment il opérait :
- Il plaçait 799gr de ce ferro-silicium à 5o % de silicium dans un flacon de verre de 5oocm3. Sur le col de ce flacon était fixé, par du mastic Golaz, un ajutage en verre permettant de mettre le flacon en communication, d’une part avec un récipient contenant de l’eau bouillie, et d’autre part avec une série de tubes condenseurs.
- Les deux premiers condenseurs immédiatement reliés au flacon avaient pour but de refroidir les gaz dégagés de manière à éviter la diffusion de la vapeur d’eau dans le reste de l’appareil. A la suite, un robinet à trois voies pouvait établir la communication avec un tube barométrique ou avec deux nouveaux tubes condenseurs adaptés directement sur une trompe à mercure.
- Le vide étant fait complètement dans l’appareil, on tournait le robinet à trois voies, de telle sorte que le flacon était seulement en communication avec le tube barométrique. On laissait ensuite rentrer quelques centimètres cubes d’eau bouillie et on abandonnait le tout pendant douze heures. Après ce délai, le niveau du mercure restait sensiblement constant dans le tube barométrique.
- Les condenseurs placés entre ce dernier tube et le flacon étant alors'maintenus à — a5° par de l’acétone refroidie au moyen de neige carbonique et les deux autres plongeant dans l'air liquide, on a tourné les robinets afin de pouvoir extraire les gaz non condensables au moyen de la trompe à mercure. On a ainsi recueilli i68cln3 de gaz. Dans les tubes plongés dans l’air liquide, se trouvait un solide blanc, qui, par élévation de la température, s’est liquéfié puis vaporisé en produisant i3acln3 de gaz.
- Le gaz non condensé a été de nouveau refroidi par son passage dans un tube plongeant dans; l’air liquide. Son volume est resté le même. La séparation avait donc été complète dès la première opération. Ce gaz est combustible. Il brûle avec une flamme violacée comme celle de l’hydrogène. Sa combustion eudiométrique montre, en effet, que c’est bien de l’hydrogène pur contenant une trace d’air.
- Les gaz condensables dans l’air liquide sont également combustibles, mais brûlent avec une flamme très éclairante. Ils possèdent une odeur alliacée très prononcée. Il est à remarquer que l’hydrogène séparé de ces produits élait absolument inodore.
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- En chauffant dans une cloche courbe quelques centimètres cubes de gaz, on observe la formation d’un sublimé noir présentant l’aspect d’un anneau d’arsenic. En le traitant par l’acide azotique, ce dépôt se dissout facilement et la liqueur nitrique évaporée fournit un résidu blanc qui donne, avec une goutte d'une solution de nitrate d’argent, la coloration rouge brique caractéristique de l’arséniate d’argent.
- Le gaz ayant subi l’action de la chaleur est encore très odorant- La cloche dans laquelle il a été chauffé émetune odeur de phosphore blanc très marquée. Une solution de sulfate de cuivre absorbe la majeure partie du gaz en donnant un précipité noir dans lequel il est facile de déceler la présence du phosphore.
- Le produit gazeux condensable dans l’air liquide renferme donc de l’hydrogène arsénié et de l’hydrogène phosphoré. La quantité d’hydrogène arsénié existant dans ce mélange était évaluée en utilisant l’action de la chaleur. Une série d’essais préalables avait permis de reconnaître qu’il était possible de décomposer complètement l’hydrogène arsénié sans altérer d’une façon sensible l’hydrogène phosphoré. Pratiquement, il suffit de chauffer le mélange de ces deux gaz à la température à laquelle la flamme d'un brûleur Bunsen commence à se colorer en violet au contact du verre de Bohème de la cloche courbe renfermant les gaz.
- L’hydrogène arsénié donne de l’arsenic et une fois et demie son propre volume d’hydrogène. L’augmentation du volume du mélange gazeux soumis à l’action de la chaleur sera donc égale à la moitié du volume de l’hydrogène arsénié. D’après cela, les g,az condensable renfermaient 7rm3,3 d’hydrogène arsénié.
- La composition des produits gazeux résultant de l’action de l’eau sur l’échantillon de ferro-silicium examiné est exprimée par les nombres ci-dessous :
- Hydrogène.............. 56 %
- Hydrogène phosphore.... —
- Hydrogène arsénié...... 2)43 —
- Cette composition du mélange gazeux peut être considérée comme très exacte, puisque le gaz non condensé était de l’hydrogène pur. En outre, il fut vérifié que la partie absorbable par le sulfate de cuivre dans les gaz condensables ayant subi l’action de la chaleur était uniquement de l’hydrogène phosphoré.
- Pour cela, on a refroidi ces gaz dans l’air liquide et éliminé l'hydrogène provenant de la décomposition de l’hydrogène arsénié au moyen de la
- trompe à mercure. La combustion eudiométrique du gaz condensé correspond bien à celle de l’hydrogène phosphoré.
- Dans la suite de ses recherches, M. Lebeau a abandonné cette méthode très précise, mais délicate, et qui a l’inconvénient de nécessiter l’emploi de l’air liquide. ;
- Les ferro-siliciums, grossièrement pulvérisés, étaient encore soumis à l’action de l’eau dans le vide, mais dans un appareil de plus petites dimensions.
- Les gaz dégagés étaient entièremement recueillis sans être refroidis. L’action de la chaleur permettant d’évaluer la quantité d’hydrogène arsénié, et l’absorption par le sulfate de cuivre effectuée sur le gaz ayant été chauffé donnait la teneur en hydrogène phosphoré. Les combustions eudiométriques des résidus qui ont toujours été faites ont montré qu’ils étaient constitués par de l’hydrogène ne renfermant aucun gaz carboné. Dans les impuretés des ferro-siliciums industriels il n’existe donc aucun carbure métallique décomposabje par l’eau.
- RESULTATS
- Il ressort nettement des résultats obtenus par M. Lebeau que la composition des gaz dégagés par les ferro-siliciums ne présente pas de relations frappantes avec leur teneur en silicium.
- Cependant pour ce qui touche la présence de l’hydrogène arsénié, il est à remarquer que ce gaz ne se dégage que des produits titrant 5o % de silicium. Son abondance est certainement en relation directe avec la plus ou moins grande quantité d’arsenic existant dans les matières premières utilisées dans la fabrication. Cet inconvénient de la production d’un gaz aussi toxique que l’hydrogène arsénié peut donc assez facilement être "évité en surveillant à ce point de vue la fabrication. Ce résultat a déjà été atteint puisque un certain échantillon de ferro-silicium à 5o % , sous l’action de l’eau, a donné des gaz ne renfermant pas d’hydrogène arsénié en quantité suffisante pour être décelé par les méthodes employées. L’examen comparatif des nombres correspondant à l’hydrogène phosphoré permet également de conclure à l’influence très grande de la pureté des matières premières, mais il semble aussi que la quantité d’hydrogène phosphoré tend à diminuer au fur et à mesure que croît la teneur en silicium. Ce fait s’expliquerait par l’élévation du point de fusion du produit et par conséquent par l’influence d’une température plus élevée, sur la dissociation du phosphure de calcium.
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- Afin do pouvoir établir une comparaison entre les résultats obtenus dans ces expériences et ceu'x que l’on obtiendrait en se plaçant dans des conditions aussi voisines que possible de celles correspondant à la pratique industrielle, M. P. Lebeau a déterminé dans quel rapport pouvaient varier les volumes (qu’il mesurait soigneusement) des gaz dégagés par les ferro-silieiums, lorsqu’au lieu de les soumettre dans le vide, en poudre grossière, à l’action de l’eau, on les plaçait en fragments assez gros dans l’air saturé d’humidité à une pression voisine de la pression atmosphérique.
- Les fragments de ferro-silicium étaient mis sous une cloche de verre en même temps qu’un petit récipient contenant de l’eau, de manière à saturer l’atmosphère d'humidité. Après trois jours on a extrait à la trompe un volume déterminé de gaz en lui faisant traverser des condenseurs plongés dans l’air liquide de manière à retenir les gaz toxiques PII3 et AsH3. L’air sortant de la trompe était absolument inodore. En fermant la communication avec la cloche et en faisant le vide dans les condenseurs, d’abord à froid, et ensuite à la température ordinaire, on recueillait, les gaz ayant été solidifiés dans l’air liquide. On les soumettait ensuite à l’action du sulfate de cuivre.
- Les analyses ont établi que la composition moyenne des gaz donnés par un échantillon de ferro-silicium était de 9,4 d’hydrogène phosphoré et 90,6 % d’hydrogène; on peut en déduire que ce ferro-silicium (qui était à 7$ % de silicium) dégage lorsqu’il est en fragments assez volumineux dans une atmosphère saturée d’humidité, 37 e1113 de gaz par kilogramme ,dont r>c,n3, 5 de gaz toxique. Il est certain que le dégagement d’une telle proportion d’hydrogène phosphoré dans une atmosphère confinée est bien sufflisant pour produire des intoxications graves. Un oiseau a succombé après un séjour de 2.4 minutes dans la cloche, bien que les 3 litres d’air retirés à la trompe aient été remplacés par de l’air pur.
- Mais on ne peut pas, conclut en somme M. Lebeau, considérer comme dangereuse la manipulation ou le transport de semblables jmoduits si l’on se place dans des conditions suffisantes d’aération pour empêcher l’accumulation de gaz toxiques et combustibles.
- Il y a lieu toutefois de faire des réserves en ce qui concerne les fcrro-siliciums ayant une teneur en silicium voisine de 5o % (et ceci bien d’accord avec les idées exprimées par M. Watson Gray). On a vu que seuls ces produits donnent de l’hydrogène arsénié en quantité appréciable. En outre, la facilité avec
- laquelle ils se fragmentent occasionne une action beaucoup plus rapide et plus intense de l’air humide. En plaçant sous une cloche de 10 à 12 litres quelques fragments de ferro-silicium à 5o % et une petite quantité d’eau, l’atmosphère devient irrespirable pour un oiseau après quelques minutes.
- Quant à la nature des impuretés décomposables par l’eau, M. Lebeau a constaté que si l’on traite par l’eau un échantillon quelconque des ferro-sili-ciums étudiés, on obtient une solution alcaline d’eau de chaux et la proportion de base ainsi libérée exprimée en calcium varie de 0,1 jusqu’à 2 et 3 % . Il n’y a pas proportionnalité rigoureuse entre la teneur en calcium, attaquable par l’eau, et le volume gazeux dégagé par un même poids de ferro-silicium. Gela tient à la présence, à côté des phosphures et ar-séniures de calcium, qui, par leur décomposition, donnent les hydrures correspondants, d’une quantité variable de siliciure de calcium dont la décomposition par l’eau est beaucoup plus lente.
- Pour reconnaître le siliciure de calcium, il suffit de traiter le ferro-silicium [pulvérisé, déjà épuisé par l’eau, par l’acide chlorhydrique étendu.
- Il se dégage de l’hydrogène silicié spontanément inflammable et il se forme aussi du Silicon. Il convient en outre de signaler que, dans les liquides résultant de l’action des acides étendus sur les ferro-siliciums, dont les constituants siliciure de fer et silicium sont inattaquables, on trouve toujours une certaine quantité de fer et d’aluminium, ce qui tend à faire croire à la présence de composés plus ou moins complexes renfermant, à côté du calcium, du fer ou de l’aluminium, composés relativement attaquables pouvant ainsi intervenir dans la production de gaz sous l’action de l’air humide.
- L’examen métallographique des ferro-siliciums industriels a montré que ces impuretés facilement attaquables étaient réparties dans toute la masse. Dans un ferro-silicium à 75 % l’attaque d’une surface polie par l’acide fluorhydrique étendu différencie très bien les constituants. Le silicium reste inaltéré, le silicium Si2Fe est faiblement attaqué, alors que les impuretés concentrées entre les cristaux de silicium sont violemment détruites et laissent des cavités.
- Un ferro-silicium à 5o % apparaît complètement homogène sans silicium libre. Le siliciure de fer SPFe présente sensiblement cette composition (‘)
- (t) P. Lebeau. Comptes rendus de iAcadémie des Sciences, t. CXXXI, p. 583, 1901. Annales de Physique et de Chimie, 70 série, t. XXVI, p. 5, 1902.
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- Les impuretés sont ici encore réparties clans la masse formant de véritables joints. La facile fragmentation de ces produits ne paraît pas être attribuable aux impuretés décomposables par l’eau. Tous les échantillons à 5o % étudiés par M. Lebeau se délitent également; de plus, un produit à 75 % contenant une proportion plus forte d’impuretés est resté compact. Cette fragmentation paraît être liée à une transformation du siliciure Si(i) 2Ee.
- De l’ensemble de ses recherches, M. Lebeau conclut :
- ' i° Que les ferro-siliciums industriels à teneur élevées en silicium donnent toujours naissance, sous l’action de l’eau et par suite de l’air humide, à des gaz combustibles et toxiques. Pour les ferro-siliciums à 5o % le mélange gazeux est le plus souvent constitué par de l’hydrogène arsénié. Dès cjue la teneur en silicium dépasse 70 % , l’hydrogène arsénié n’existe plus dans le mélange, en quantité appréciable. Ces gaz ne s’enflamment pas spontanément à l’air ;
- i° Les ferro-siliciums à 5o % environ de silicium seuls se dilatent à l’air humide, offrant ainsi une surface d’action à l’humidité qui en rend la manipu-
- lation dangereuse, surtout dans des conditions insuffisantes de ventilation ;
- 3° Les impuretés des ferro-siliciums donnant naissance à ces produits sont pour leur plus grande partie constituées par l’arséniure, le phosphure et le siliciure de calcium, mais il y a lieu de tenir compte aussi de la présence de composés facilement attaquables renfermant du fer et de l’aluminium ;
- 4° L’examen métallographique permet de reconnaître la répartition de ces impuretés dans toute la masse de ferro-silicium.
- *
- !!? *
- Après des recherches aussi précises, il semble bien que l’on possède, dès maintenant, des éléments suffisants pour déterminer dans chaque cas le degré de toxicité des ferro-siliciums industriels et que l’on ait déjà des bases sérieuses pour les mesures de sécurité à édicter.
- Mais toutes les recherches dans ce domaine gardent encore un puissant intérêt, et l’on saisit là sur le vif une de ces questions dites « de laboratoire », qui sont en même temps des questions d’industrie... et non de la moindre ampleur. P. Roland.
- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- TRACTION
- L’utilisation des automobiles comme poids loui'ds considérée au point de vue économique (').
- L’application de l’automobile aux usages industriels date de quelques années seulement. A Londres, ce mode de traction pour le transpoi't en commun se développa rapidement, grâce aux conditions favorables à l’extension de ce genre de locomotion. En
- (i) D'après une étude faite par M. Dalebroux (Bulletin de Muntefiore, juin 1909) sur les chilli-es fournis par les Réponses aux questionnaires du XY° Congrès international des tramways et chemins de fer d’intérêt local. Nous avons déjà public récemment (Lumière Electrique
- des 3o octobre, 6 et i3 novembre) un extrait de l’étude d’ensemble du même auteur sur le côté technique de cette question dont nous présentons aujourd’hui, d’après lui, le côté économique.
- effet, c’est la ville la plus populeuse du monde et celle où circule le plus grand nombre d’omnibus. La concurrence y est absolument libre, le prix de l’essence est peu élevé (o fr. '14 à o fr. i5 le litre), les chaussées sont bien entretenues et peu accidentées. Toutes ces conditions étaient favorables à l’extension de la traction automobile pour le transport en commun. Aussi, en 1907, il existait vingt-sept sociétés à Londres exploitant des autobus.
- Mais, par suite de la mauvaise organisation de ces sociétés, de l’entretien coûteux des autobus, du tari peu élevé dû à l’énorme concurrence, les dépenses dépassèrent rapidement les recettes d’exploitation. La plupart des Compagnies ne purent continuer à exploiter et, sur ces vingt-sept sociétés existant en 1907, il n’en restait, en 1908, que six importantes.
- Celles-ci utilisaient un nombre d’autobus de 1 0x7 de dix-sept marques différentes, dont :
- 97a à pétrole ;
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- 34 à vapeur ;
- ii électriques à accumulateurs.
- Après Londres, le transport en commun se développa rapidement dans un grand nombre de villes. Mais les résultats d’exploitation de la plupart des sociétés furent médiocres. Les frais d’exploitation dépassaient de beaucoup les hypothèses émises.
- Voici, à titre de curiosité, les dépenses par kilomètre-voiture, relatives à quelques Compagnies :
- Tau
- voiture de n à 29 centimes. Cela ne veut pas dire que la société dépensant 29 centimes exploite plus mal que celle ne dépensant que 11 centimes. En effet, cette somme est fonction d’un grand nombre de facteurs notamment du profil de la route, du poids des voitures, du genre d’exploitation, du prix de l’essence.
- Ce tableau ne donne pas la dépense de combustible par tonne kilométrique. En se basant [sur le poids vu I
- DÉPENSES DIVERSES l-'RANCS POUR 100 DES DÉPENSES TOTALES PAR KILOMÈTRE-VOITURE
- Administration générale ; o,oo5 — 0,861
- Personnel d’exploitation 0,11875 — 0,1964
- Combustible 0,116?. — 0,2982 10,5 % — 23,4 %
- Graissage 0,0187 — 0,0346
- Eclairage. 0,0073 — 0,021
- Entretien des bandages O, I i32 — 0,2062 9,5 % — 19 %
- Entretien des voitures 0,08125 — 0,3027 j 3, 5 % 26 %
- Assurances o,oî36 — 0,06
- Loyer des garages 0,0912 —
- Total des dépenses d’exploitation 0,6422 — 0,9416
- Intérêt du capital o,o5 —
- Amortissement des voitures — des batiments du dépôt de benzine — de l’outillage 0,3625 — 32. %
- 0,0075 —
- Total du service financier 0,2441 — 0,689
- Dépenses totales par kilomètre-voiture 0,82805 à 1,2260
- Recettes par kilomètre-voilure 0,35 à 1,20
- Le tableau suivant résume les recettes et les dépenses totales d’exploitation de quelques sociétés.
- des voitures avec charge moyenne, on trouve que la dépense de combustible par tonne kilométrique varie
- Tableau II
- Recettes totales d’exploitation relatives à quelques sociétés Dépenses totales d’exploitation relatives à ces sociétés Excédent do recettes 90,627 67,969 3, 708 8, io5 33,293 82,268 26,i8i 64,2l5 1,172 2 Z, 210
- 2,658 — —. — —
- Excédent de dépenses
- — 4,397 48,975 38, o34 10,043
- On voit qu’il n?y a qu’unç seule société en bénéfice, encore faut-il dire que celle-ci exploite une ligne d’excursions, c’est-à-dire une ligne qui doit être considérée comme un cas particulier.
- Ce tableau ne peut donner qu’une idée très générale des diverses dépenses que nécessite la traction 'Automobile. En effet, ces chiffres sont relatifs à des sociétés exploitant dans des conditions complètement différentes. Par exemple, on voit dans ce tableau que la dépense de combustible varie par kilomètre-
- de o fr. 02836 à o fr. o53. Ce sont ces différents facteurs qui sont les causes de l’écart existant entre ces derniers chiffres.
- Le prix des gaimitures de bandage varie avec le poids devant être supporté de 1 5oo à 3 785 francs. La dépense kilométrique o.scille aux environs de 20 centimes^ La garantie de parcours varie de 9 000 à i5 oookm. La durée des bandages est fonction de leur qualité, du poids qu’ils supportent, de la vitesse, de l’état des chaussées, du nombre d’ai'rêts
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- et de changements de vitesse.
- Il résulte de ces quelques chiffres que les dépenses les plus importantes sont :
- Le combustible (io,5 à 23 % des dépenses-totales par km.-voiture).
- L’entretien des bandages (9,5 % à 19 % des dépenses totales par km.-voiture).
- L’entretien des voitures (i3,5 % à 26 % des dépenses totales par km.-voiture).
- L’amortissement des voitures (3-2 % des' dépenses totales par km.-voiture).
- En ce qui concerne le transport par camions-utomobiles, il ne semble pas que l’on arrive à des
- résultats beaucoup plus avantageux et, si nombreux sont déjà les industriels qui ont remplacé la traction mécanique, rares sont ceux qui, par celte transformation, réalisent une économie. Mais, heureusement, cette mauvaise utilisation ne provient pas de la dépense en essence, qui ne s'élève guère à plus de qnelqucs centimètres par tonne kilométrique. Ce qui coûte le plus, ce sont les réparations et l’amortissement, lesquels proviennent principalement du système d’automobile communément utilisée, qui ne convient peut-être pas pour les a poids lourds. »
- S. F.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Le projet dont nous parlions dans nos précédentes chroniques d’un bureau de vente régularisant la production et le prix du cuivre est toujours à l’étude. On dit que le jugement qui vient d’être rendu contre la Standard Oil n’est pas sans faire réfléchir les promoteurs de ce nouveau trust qui voudraient éviter toute cause de nullité ou de contravention aux lois. En attendant, le Rio Tinto poursuit sa marche vers le cours de 2 000, mais le métal revient à 58 £ et 5p £. En se reportant à nos notes d’il y a huit mois, nos lecteurs pourront voir que pas plus alors que maintenant, nous n’avions cru à une hausse importante du métal. En dépit des nouvelles optimistes qui nous arrivent d’Amérique, les affaires ne sont qu’entrés faible reprise et l'augmentation continuelle de la production compense largement les excédents de la consommation.
- Sortant un peu de notre cadre de documentation, mais ne croyant cependant pas dépasser les limites qui nous sont assignées, nous soulignons certaines dispositions d’esprit fort dangereuses qui viennent d’être révélées au grand jour des débats publics et qui ne tendent à rien moins qu’à la suppression du principe de la non-rétroactivité des lois en matière d’application de contrats. Déjà en matière fiscale, l’Etat ne se fait pas faute d’ignorer les dispositions formelles des décrets de concessions, voire même des lois qui les régissent; ainsi il se dispose à sou-
- mettre toutes les Sociétés de mines à des impôts fixes et proportionnels qui ne sont nullement inscrits dans la loi de 1810. Mais on l’invite en plus à annihiler par des lois de circonstances les conséquences de conventionslibrement consenties en i883 la thèse s’appuie sur un précédent bien regrettable qui fut une atteinte à la propriété. Si elle devait de nouveau s’aflirmer, il n'y aurait plus aucune sécurité en France pour les capitaux qui se trouveraient exposés aux fantaisies du législateur à la recherche de ressources budgétaires.
- La discussion des nouveaux tarifs douaniers se poursuit sans débats passionnés, tous les efforts des intéressés paraissant s’être exercés auparavant au sein de la Commission. L’aluminium, cependant, a été l’objet d’une discussion plus approfondie qui a mis aux prises les constructeurs d’automobiles et les producteurs; finalement, les défenseurs du « métal national » ont obtenu 5o francs de droit et malgré que leur raisonnement sur le prix minimum du métal fût sans valeur : peu importe que certaine société le vende soi-disant à perte à 1 fr. 60, alors-que son prix devrait être 2 fr. 4<> ; nos industries électriques et automobiles profitent de cette situation ; c’est aux producteurs à améliorer les procédés de fabrication pour lutter contre l’étranger.
- Néanmoins, l’Aluminium du Sud-Ouest qui avait prévu l’utilisation delà chute d’Arreau pour la fabrication de l’aluminium, a dû abandonner ce projet en raison de la baisse des prix et se disposer à fabriquer
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- T.
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- des nitrates de chaux par les procédés appliqués à la Société Norwégienne de l’azote; les pourparlers pour l’achat des licences sont près d’aboutir. Les travaux de la même société pour aménager la chute de la Neste sont presqué achevés en tant que barrage; il reste à construire la conduite forcée dont les études sont terminées, mais l’exécution non commencée. Les Aciéries de la Marine et d’Homécourt seraient sollicitées pour louer 7 000 chevaux pourl’u. sine du Boucau. Le Greusot présente,cette année,des résultats|un peu moins favorables que ceux de l’an dernier. Le solde du compte profits et pertes s’élève à 6258102 fr. 39 contre 6709768 fr. 07 en 1907-1908; soit près de 9 % en moins. Le résultat paraît néanmoins satisfaisant pour un capital social de 27 millions. Le dividende a été fixé à 76 francs au lieu de 80. Les approvisionnements, marchandises en magasins et en cours ont passé de 26 724 i53 fr. à 3o 675 707 fr. indiquant une plus grande activité des usines en fin d’exercice avec des profits moindres évidemment ; les débiteurs pour marchandises présentent également une différence de 4 millions en faveur de 1908-1909 à 30071439 francs, tandis que l’ensemble des créditeurs divers ne s’élève qu’à i 3 millions environ. On annonce que la Société va. installer, aux usines de Terni, un train à blindages à commande électrique pour laminer des lingots de ion tonnes. Ce choix fait honneur au Greusot qui trouvera une solution élégante de ce problème résolu aux Etats-Unis depuis fort longtemps.
- La Société d’Électricité Schuckert et Cie, à Nuremberg, a réalisé, pour l’exercice clos le 3i juillet, un bénéfice brut de 7 410 324 marks, y compris le report à nouveau de 1 206 414 marks de l’exercice précédent : le bénéfice brut de l’an dernier avait été de 7 146253 marks. Après déduction des frais généraux et d’une somme de 2 394 092 marks consacrée aux amortissements, le bénéfice net ressort à.
- 4 535 903 marks, en augmentation de 679 355' ou 29 % sur celui de l’an dernier. Il est tout à fait remarquable que Siemens-Schuckert n’ait aucunement payé son tribut à la crise. Le dividende sera porté de
- 5 à 6 % sur le capital de 5o millions de marks; un versement de 21a 610 marks élèvera la réserve à 5 millions ou 10 % du capital, et le report à nouveau sera encore de 1 212 663 marks. Le Conseil proposera par un jeu d’écritures d’amortir des pertes vtmeiennes à'concurrence de 4 2I7 266 marks par un prélèvement sur le fonds de garantie constitué en 1902 et de restituer à la réserve le reliquat de ce même fonds, soit 3 633 92b marks.
- Siemens Schuckert-Werke, à Berlin, dont le capital est partagé par moitié entre Siemens et Halske et la Société d’Electricité Schuckert et Gio, répartit 9 millions de marks de bénéfice entre ses deux commanditaires, soit 10 % de son capital.
- Siemens et Halske ne présente pas une situation moins brillante que celle de Schuckert et CIe. Le bénéfice de l’exercice clos le 3i juillet s’élève à
- 11 4*9 010 marks, en augmentation de près de 18 % sur celui 'de 1907-1908. Il permet la répartition d’un dividende de 12 % à un capital de 63 millions de marks au lieu de 11 % à un capital de 54 5oo 000 de marks. La réserve ordinaire reçoit 1 million, la réserve spéciale 5oo 000 marks, et le report à nouveau est de 1 307 014 marks. Le chiffre des commandes en cours dépasse celui de l’an dernier.
- La Compagnie française des Métaux, qui se trouve en relation par ses genres de fabrication avec de nombreuses sociétés de construction ou d’exploitation, a confirmé dans son rapport à l’assemblée du
- 12 novembre ce que nous disions plus haut. Elle a pu obtenir dans le second trimestre de son exercice 1908-1909 plus d’activité dans ses fabrications, mais sans amélioration notable de l’écart bénéficiaire par tonne produite; notre industrie, a déclaré le Conseil, se trouve dans un état intermédiaire qui se prolonge et la véritable reprise des affaires dont on parle depuis longtemps ne tend pas encore à se réaliser. Au cours de l’exercice, la réduction du chiffre d’affaires a été relativement plus accentuée parce qu’à la moins-value du tonnage s’est ajoutée la baisse des produits fabriqués. Mais l’exercice précédent avait été exceptionnel et la comparaison seule de ses résultats avec ceux de 1908-1909 tendrait trop à faire croire à un amoindrissement de l’affaire : le produit brut de l’exercice s’élève à 4 067640 fr. 37, présentant une différence de 2049 758 fr. 72 avec le précédent, de 1 948255 fr. 47 si on tient compte du produit des placements des fonds et de diverses redevances; mais les valeurs disponibles ont augmenté de 1 728532 fr. o3 et les immobilisations nouvelles provenant principalement de dépenses d’outillage se montent à 807 oo3 francs. Après prélèvement des frais généraux et d’une somme' de 1 100 000 francs à titre d’amortissements des immeubles, du matériel et fonds de commerce, le bénéfice net se réduit à 1 720816 fr. 07. La réserve légale étant au complet, le Conseil a pu proposer un dividende de 6,5 % et reporter à nouveau 604 208 francs. Le montant total des amortissements et réserves sera après cette répartition de 16905 160 francs à mettre
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- 11 Décembre 1909.
- REVUE D’ELECTRICITE
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- en regard de 28703083 francs d’immobilisations; encore n’avons-nous pas tenu compte dans ce chiffre des 3 65o ooo francs de provision régulatrice de la valeur des métaux. En forme de conclusion du rapport du Conseil, le président a pu déclarer que si la somme répartie en dividendes et tantièmes absorbait 55 % des bénéfices nets avant amortissements au lieu
- de 36 % l’an dernier, l'excellente situation de la Compagnie permettait de faire cet effort avec aisance, et que même, après l’avoir fait, la Compagnie serait en mesure de le renouveler dans l’avenir si la chose était nécessaire.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Suisse. — On étudie le projet d’un tramway électrique entre Bâle, Saint-Jâcob, Liestal et Sissach.
- Il vient de se constituer à Genève, avec le concours de financiers français et italiens, une Société au capital de 2 millions de francs, ayant pour titre « Compagnie générale des chemins de fer subventionnés ».
- Russie. — Le ministère des Voies de communication vient de donner l’autorisation pour l’étude de tracés de huit groupes de lignes ferrées d’une longueur d’ensemble de 4 672 verstes.
- Pays-Bas. — Une ligne de tramways électriques sera prochainement construite à Lewarden. Une somme de 20 000 florins est affectée à celte installation.
- ÉCLAIRAGE
- Cantal. — On construit actuellement une usine électrique à Servières pour l’éclairage électrique des communes de Servières, Saint-Privat, Saint-Julien-aux-Bois, Rilhac, Xaintrie et Pleaux ; le concessionnaire est M. Puyraimond.
- Rhône. — La maison À. Grammont a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Mouxy.
- Bouciies-du-Rhone. — La nouvelle Société électrique d’Aix, désirant étendre son réseau, a pressenti toutes les communes du canton pour la fourniture de l’éclairage électrique.
- Cher. — Le Centre électrique a obtenu pour 40 années les concessions d’éclairage électrique de Vierzon, Mehun, Foecy et Issoudun.
- Irlande. — Le Conseil municipal de Dundalk a voté une somme de 5oo 000 francs pour l’établissement de l’éclairage électrique.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Ain. — Le département est autorisé à emprunter une somme de 256 385 francs, applicable au payement d’avances à faire à l’Etat en vue de rétablissement d’un quatrième réseau téléphonique départemental.
- Turquie. — Le consortium composé de la Thomson-Houston, la Western Electric, la National Téléphoné et le Britis’h and Insular, vient d’obtenir la concession du réseau téléphonique de Constantinople. Le capital nécessaire serait de i5 millions de francs.
- Transvaal. — Le gouvernement du Cap a voté une somme de a5o 000 francs pour l’établissement d’une station radiotélégrapliique près de Capetown.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Farcot freres et C'ia. — Le 21 décembre, 17, avenue de la Gare, à Saint-Ouen.
- Compagnie Générale d’Electricité. — Le 18 décembre, 6, rue Chauchat, à Paris.
- Société française des forces hydrauliques du Rhône. — Le 23 décembre, 73, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Tours. — Le 20 décembre, i5, rue d’Argenteuil, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Lorient. — Le 20 décembre, i5, rue d’Argenteuil, à Paris.
- Société française d’entreprises et d’exploitations électriques __ Le 23 décembre, 73, boulevard Haussmann, à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Série). — N° 50.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Jusqu’au 22 décembre, à la mairie de Fontainebleau, concours pour l’installation de l’éclairage électrique dans ^. diverses salles de l’Hôtel de Ville et à l’emplacement des ^concerts d’été.
- BELGIQUE
- Le i5 décembre, il 1 heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture, à Namur, d’objets d’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 771).
- ALLEMAGNE
- Le 20 décembre, au Ivanalbaunmt I, à Brunsbuttelkoog, fourniture d’une grue pivotante actionnée électriquement.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le i3 décembre, à l’administration des postes, à Vienne, fourniture de 10 000 lampes à incandescence.
- ESPAGNE
- Le 15 décembre, à l’Hôtel de Ville, à Ginzo de Limia, concession de l’éclairage électrique pour vingt-cinq années. Un représentant local est nécessaire.
- ITALIE
- Le 18 décembre, à 10 heures, à la direction des constructions d’artillerie, à Turin, fourniture de lampes électriques à incandescence, en 2 lots, 1 oo5 et 960 lire; caut. : 101 et 96 lire.
- Le 20 janvier, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Home, adjudication internationale pour la fourniture de 5o 000 lampes électriques à filaments métalliques.
- rtnn. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 18 DÉCEMBRE 1909.
- Tome VIII (2» série).— N* 5 1.
- La
- Lumière Électriq
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — I. Ladoff. L’emploi des substances électrolytiques comme électrodes de lampes à arc [suite), p. 355. — P. Roland. L’aluminium, ses conditions actuelles de production et ses applications industrielles, p. 36o.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Etudes sur les ondes électromagnétiques très courtes. Réflexion et dispersion anomale des liquides, H. Merczyng, p. 366. — Arcs et lampes électriques. La nocivité comparée de la lumière artificielle et de la lumière solaire, L. Raybaud, p. 367. — L’influence de la lumière ultra-violette sur la production par l’ozone, E. van Aubel, p. 368. — Transmission et distribution. Les batteries d’accumulateurs et l’extension des limites de la transmission électrique, M. Taylor, p. 36g. — Divers. Méthode pour le fonctionnement sans étincelles de fermeture des tubes de Rœntgen avec l’interrupteur sous une tension d’alimentation arbitraire, p. 370. — Brevets, p. 371. — Correspondance, p. 373. — Variétés. Les lois de protection forestière en Italie, P. Buffault, p. 374. —1 Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. La collaboration des banques et de l’industrie en France et en Allemagne, p. 378. — Essai d’un groupe turbo-dynamo système A.-E.-G. Curtis, p. 38o. — Chronique financière, p. 38x. — Renseignements commerciaux, p. 383. —Nouvelles Sociétés p. 383.— Adjudications, p. 383.
- ÉDITORIAL
- En continuant à passer en revue les différentes solutions auxquelles ont songé les inventeurs, au cours des dernières années, pour permettre et rendre pratique Vemploi des substances électrolytiques comme électrodes de lampes à arc, M. I. Ladoff a l’occasion, plus d’une fois, de mêler à son exposé la relation de ses recherches personnelles.
- Celles dont il est question aujourd’hui se rapportent notamment aux crayons de lampes à arc renfermant des proportions diverses de magnétite ou de titanate de potasse. Des différentes électrodes qui ont fait l’objet des mesures de M. Ladoff, dont il est question aujourd’hui, c’est l’électrode constituée uni-
- quement par des composés oxygénés du fer qui a accusé les meilleurs résultats.
- On sait l’importance des problèmes que posent aujourd’hui les nouvelles conditions du marché de Valuminium. Il nous a semblé que le moment était venu de présenter à nos lecteurs une étude d’ensemble au sujet des conditions à la fois techniques et économiques d’applications de ce métal. Les documents qu’a rassemblés et mis en œuvre M. P. Roland ne laissent rien à désirer au point de vue de la précision et de l’ampleur.
- Dans la première partie de cette étude, qui fait l’objet de l’article d’aujourd’hui, c’est.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2e Série). — N° 51.
- le côté technique de question qui est traité, et d’une façon qui peut être, croyons-nous, d’une utilité pratique immédiate pour les nombreux constructeurs et exploitants qui songent aujourd’hui à utiliser l’aluminium dans les transports de force.
- Le métal est d’abord étudié au point de vue chimique et physique dans le sens le plus général, et les principales propidétés indiquées dans des tableaux numériques. L’auteur passe ensuite à l’énumération des applications industrielles, au premier rang desquelles il faut naturellement citer les canalisations électriques; toute la discussion économique relative à ce mode d’utilisation est résumée dans un diagramme très simple, qui donne le taux d’économie en faveur de l’aluminium en fonction dé prix relatif de ce métal par rapport à celui du cuivre. De même, un autre tableau indique les flèches admissibles pour les lignes aériennes en aluminium suivant la température et l’intervalle des supports.
- Enfin sont examinées les autres applications de l’aluminium, dans les usines sidérurgiques, l’industrie automobile, les moulages, ainsi que les emplois de l’aluminium en feuilles, des tubes de l’aluminium, et des alliages.
- Nous avons extrait de quelques récentes communications à l’Académie des Sciences des travaux d’ordre théorique assez levé.
- La loi de Maxwell, notamment, en vertu de laquelle le carré de l’indice de réfraction est égal au pouvoir inducteur spécifique, a fait l’objet de recherches très précises, et d’autant plus intéressantes .que la question est délicate, et les mesures d’une exécution difficile, sui’tout pour les ondes très courtes qu’à étudiées l’auteur (au-dessous de o centimètres).
- Des idées très intéressantes ont été émises par MM. Taylor au sujet du mode d’emploi des batteries d’accumulateurs dans les réseaux de distributions électriques. Il s’agirait de les placer, non pas dans l’usine centrale, mais à une certaine distance de la frontière de la région qui est desservie par celle-ci, dans le cas où cette région est très étendue.
- Selon l’auteur, cette disposition permettra de donner une grande extension aux réseaux et, en même temps, de diminuer le prix du cuivre employé dans l’établissement de la ligne.
- Afin de supprimer les étincelles de fermeture dans les tubes de Rœntgen, M. Rhumer a proposé l’emploi d’une bobine auxiliaire mise en circuit avant ou au moment même de la fermeture, et que l’on retire du circuit avant la rupture, au moment du maximum de courant.
- Nous reproduisons la théorie de ce dispo-| sitif.
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- L’EMPLOI DES SUBSTANCES ÉLECTROLYTIQUES COMME ÉLECTRODES DE LAMPES A ARC {Suite) (,)
- Au lieu de marbre, on employa de la ma-gnésite et de la dolomite (a), ou encore un bloc de chaux (3). Les mêmes principes fondamentaux se retrouvent dans une série d’autres lampes (4).
- La lampe de Muirliead (6) est en certain sens l’inverse de la lampe Street et Mac-quaire. Parmi les électrodes électrolytiques que l’on vient de décrire, il n’y en eut aucune qui obtint quelque succès technique.
- Les filaments composés de matériaux électrolytiques chauffés préalablement par un dispositif spécial, qui constituent, en 1897, l’invention de Nernst (6), ont sans doute été suggérés par la bougie Jabloschkoff. Mais le succès de ces filaments l'aviva, à son tour, l’intérêt que l’on portait à l’arc électrolytique, et fit éclore un grand nombre d’inventions ayant pour but l’utilisation d’électrodes électrotytiques pour l’éclairage.
- Par exemple, J.-A. Fleming (7) proposa l’emploi de corps incandescents formés de magnésie, de Carbide, etc., en connexions avec des électrodes auxiliaires en charbon de forme spéciale.
- Puis l’on songea à entourer l’électrode électrolytique d’un cylindre de verre qui régularisait la circulation d’air (8) ou encore à employer une sorte de manchon lumineux con-
- (!) Lumière Electrique, n Décembre 1909, p. 323.
- (2) Rich. Ruelman (i885).
- (3) Solignac.
- (-*) L. Somzec. Brevet allemand 19 848, 8 octobre 1882. — Siemens et Halské. Brevet allemand 3947, 26 juillet 1878. — P. ïiiion et E. Bezard, Lyon. Brevet allemand 28 981, 26 novembre 1882.
- (5) Muirhèad de Londres. Brevet anglais 774, 1886.
- (6) Dr W. Nernst. Brevet allemand 104 872, 6 juillet 1897. — Brevet allemand 104 872, m 619, 23 décembre 1898; m 173, 7 janvier 1899, etc.
- (7) J.-Ambrose Fleming. Brevet allemand 114868, 26 juillet 1899.
- (8) G. Hannoch. Brevet allemand i3i 910, 22 juin 1901.
- stitué par une substance électrolytique (*).
- A. Koch proposa, en 1900 (2), comme corps incandescent, de l’oxyde de calcium aggloméré avec un mélange des oxydes de métaux des séries zinc, magnésium, aluminium ou chrome, et les terres rares, à l’exception de l’oxyde de zirconium.
- Pour obvier à la nécessité du chauffage préalable, on proposa également (3) de munir les conducteurs de la seconde classe d’un noyau formé d’un mélange de conducteurs de première et de seconde catégories.
- Dans le même ordre d’idées on employa encore : des baguettes minces en matières électrolytiques entourant les électrodes en charbons (4); un mélange d’oxydes réfractaires non conducteurs avec un oxyde conducteur (5); une combinaison au four électrique des oxydes de terres alcalines ou de terres rares (MgO, TAO2, Z/,203) avec les sels ou les oxydes du groupe du fer, le tout en addition aux électrodes de carbones (°). Les composés du fer peuvent être remplacés par un mélange d’oxydes avec des composés du groupe du fer et de sulfures avec addition d’oxydes, sels ou sulfates de platine, rhodium, ruthénium, sodium, osmium, iridium, palladium. Le vanadium fut aussi recom-
- () B. Fuoelichand O. Brevet allemand ii2 33g,
- 11 août 1898.
- (2) A. Koch. Brevet allemand 123 789, 24 mars 1900.
- — De même: E. Bonhivers. Brevet allemand ii23i3,
- 7 juillet 1899.
- (3) P. Scharf. Brevet allemand 108 54o, 16 juin 1898. (!) Conradty. Brevet allemand, i38 348, 20 mars 1902.
- — L.-J Magee. Brevet allemand i5a 004, 8 novembre 1901. — Voir aussi : Roberts. Brevet américain S62 o3o.
- (5) L. Jones. Brevet américain 484 553, 18 octobre 1892.
- (°) E. Sander. Brevet allemand 137 576, 6 décembre 1899; i43 3o2, 21 janvier 1900; i43 3o3, 25 avril 1900; 144968, i5 août 1900.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2* Série). — N» 51.'
- mandé pour former un carbure stable, aussi bien que les composés du thorium jusqu’à la proportion de gS %.
- Selon les mesures de W. Wedding (*), le rendement d’une telle électrode est relativement élevé, soit 6,o3 bougies Hefner par watt (sous 43 volts et 7 ampères, ce qui correspond à 3oi watts).
- l’œuvre d’ewald rascii
- Mais l’homme qui doit être considéré comme le précurseur le plus éminent, dans le domaine de l’application des électrodes électrolytiques à l’éclairage par lampes à arc, est, sans aucun doute, Ewald Rasch, de Postdam.
- Ce furent les succès obtenus par Nernst qui lui donnèrent l’idée d’employer les substances électrolytiques pour la fabrication de ces électrodes.
- Les avantages de ce procédé de fabrication consistent dans la possibilité d’utiliser des températures plus élevées que cela n’est possible avec les filaments, et par conséquent, d’obtenir des rendements lumineux plus élevés pour la lampe à arc que pour la lampe à incandescence. La température de l’arc est, en effet, assez haute, non seulement pour porter à l’incandescence l’extrémité des électrodes, mais encore pour vaporiser la substance électrolytique qui entre dans leur constitution.
- Le seul désavantage de ce dispositif, c’est qu’il exige impérieusement l’emploi d’un artifice auxiliaire pour obtenir le réchauffement préalable à une température qui rende l’électrolyte conducteur de l’électricité, ou, plus simplement, h la température de conduction.
- Rasch inventa un procédé pour produire l’arc en employant comme électrodes des conducteurs de seconde classe portés préalablement à la température de conduction (-).
- (!) VV. Wedding. Elecl. Anz. 20 466, igo3.
- (2) E. Rasch. Brevet allemand, 117 214, cl. 21 f. 19 mars ‘899.
- Voici quelques extraits de cette spécification :
- « On peut employer une source quelconque pour échauffer préalablement les électrodes électrolytiques et leur donner la conductivité nécessaire. De même, il est indifférent que ce réchauffement préalable soit ou non indépendant du fonctionnement de là lampe. Dans un cas, il s’accomplit à l’aide d’une flammé ordinaire (mèche, lampe à alcool ou dispositif analogue). Dans l’autre cas, des résistances peuvent être connectées, soit à proximité des électrodes électrolytiques, soit directement avec elles, à la façon des arcs à flamme du type ordinaire dans les éclateurs à étincelles ».
- Il va de soi que l’idée de Rasch s’appliquait aussi bien à l’insertion d’un corps électrolytique, solide ou pulvérulent, dans un tube métallique. Dans ce cas, ce dernier est utilisé pour le réchauffement. L’arc éclate naturellement sur le tube métallique et échauffe la substance électrolytique qui s’y trouve contenue jusqu’à la température de conduction. En d’autres termes, c’est ici le tube lui-même qui sert d’électrode auxiliaire.
- Fig. 4. — Schémas d’allumage des arcs de E. Rasch.
- Rasch spécifia aussi que l’on peut se servir, comme électrode auxiliaire, de toutes les substances, par exemple de charbon, de mélange de conducteurs de la première ou de la seconde classe, de carbures, siliciures ou borures métalliques, d’oxydes métalliques assez bons conducteurs, de combinaisons de ces substances avec des sels métalliques ou avec des corps analogues.
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- ' De même, l’emploi d’une électrode composée d’un mélange de deux oxydes de conductivités différentes, enfermées dans un. tube métallique, fait partie de la conception de Rasch, qui s’exprime ainsi à ce sujet : « Il est avantageux de placer les électrodes bonnes conductrices (par exemple les tubes de métal) en «connexion conductive » (leiten-dem Zusammenhang) avec les électrodes électrolytiques mauvaises conductrices (par exemple un mélange pulvérulent de magné-tite et d’acide titanique), de telle façon que la substance bonne conductrice forme l’enveloppe ou le noyau de l’électrode électrolytique et serve en même temps au passage du courant.
- E. Rasch a publié les résultats de quelques-unes de ses recherches (*), mais il a malheureusement omis de définir quelle sorte d’électrode il employait et ses résultats relatifs à l’intensité lumineuse ont été relevés seulement pour l’éclairement horizontal. Le succès technique des dispositifs correspondants fut nul. L’inventeur employa des électrodes de magnésie, d’oxyde de calcium, d’oxyde de thorium et d’oxyde de zirconium sans obtenir de résultats intéressants (2).
- LES DERNIERS PROGRES
- Nous arrivons maintenant aux progrès tout à fait récents, au nombre desquels il convient de citer en premier lieu l’invention de R. Fleming (3) qui comprenait :
- i° Une électrode consistant en un tube de fer rempli principalement avec de l’oxyde de fer ;
- a0 Une électrode consistant en un tube de
- (q Par exemple : Nettes Verfahren zur Erzeugung von elekt. Licht, ou A new method of generating electric Light.
- (2) E. Rascii. Elektrotechnische Zeitschrift, brevet supplémentaire délivré le 9 janvier 1901, daté du '28 mars 1899, 22, p. i55, 1901.
- (3) R. Fleming deLynn (Massachussetts), série 149 670, 26 mars igo3. — Brevet américain, 869301, 29 octobre 1907.
- fer rempli principalement avec de l’oxyde magnétique de fer ;
- 3° Une électrode consistant en un tube de métal rempli principalement avëc un oxyde de ce métal j
- 4° Une électrode consistant en un tube de fer, avec bourrage composé principalement d’oxyde de fer en poudre, l’une des extrémités du tube et son bourrage étant disposés de manière à former ensemble une masse conductrice ;
- 5° Une électrode composée essentiellement d’un métal et d’un oxyde réfractaire de ce métal, l’oxyde métallique étant susceptible de donner un arc lumineux ou arc à flamme par sa combustion.
- La substance pulvérulente qui remplit le tube est, dit le brevet, mauvaise conductrice dans les conditions normales, et pendant le fonctionnement le courant est amené à l’extrémité de l’arc de l’électrode, à partir de l’em-boîture terminale, par le tube de métal. C’est exactement l’idée de Rasch pour son arc électrolytique avec électrodes auxiliaires.
- Déjà Roberts (‘) en 1891 avait parlé d’un tube de fer rempli d’un composé du chrome (par exemple un oxyde de. chrome).
- Un tube de fer, de cuivre, d’argent ou de tel autre métal convenable, et un bourrage constitué par une substance réfractaire non conductrice, qui, par la chaleur de l’arc établi entre deux crayons, fait pâte avec le métal et forme une extrémité réfractaire ou un point de conductivité suffisante après refroidissement, pour amorcer l’arc. Roberts ajoutait : « Il parait que les crayons pour lampes à arc ont déjà été faits en métal et en substances réfractaires et non conductrices. » Rien de nouveau sous le soleil.
- Citons encore Lewis L. Johns (2) qui proposa une électrode composée d’un mélange homogène d’un oxyde réfractaire ou non conducteur avec un oxyde métallique ou con-
- (') J.-L. Roberts. Brevet américain, 460 5g5, 6 octobre 1891.
- (2) L. Johns.Brevet américain, 484 553,18 octobre 1892.
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- ducteur, dont la surface serait recouverte de métal.
- Selon la loi des brevets anglais récemment modifiée, les brevets ne sont garantis qu’après un examen sérieux de leur mérite. Mais auparavant, la garantie d’un brevet anglais n’était qu’une question d’application. Ceci nous permet de passer sous silence beaucoup d’inventions et d’alléger cette liste déjà bien longue (').
- Un brevet allemand (2) proposa l’addition d’un composé du sodium, en petite quantité, à des électrodes faites d’un composé métallique et particulièrement l’addition de moins de i % de fluorure de sodium à des électrodes constituées par un mélange de composés de titane et de fer.
- Peu de temps après, un inventeur imaginait (3) un couple d’électrodes pour lampes à arc, caractérisé par la combinaison d’une cathode en oxyde métallique, formant après jaillissement une surface de contact non conductrice avec une onde métallique d’une substance susceptible de donner un alliage conducteur avec la cathode chaude, la fusion de cet alliage étant provoquée par le renversement du courant.
- On proposait aussi de former un alliage entre un métal et les oxydes fondus qui recouvrent la surface de contact de la cathode. Mais l’inventeur n’a pas songé à expliquer que le terme d'alliage n’est pas pris ici dans son acception exacte.
- L’auteur de cet article a exécuté des expériences avec une disposition semblable d’électrodes dès le mois de juin 1893, en employant de l’acide titanique, seul ou combiné avec un charbon, comme cathode, et une anode métallique. Il n’a pas eu à enregistrer dans ces conditions la formation miraculeuse d’un alliage entre l’anode métallique et l’oxyde de la cathode. Il n’est pos-
- (')" Citons cependant : J.-T.-H. Dempster. Brevet anglais, 26913, 9 décembre 1904; un autre brevet anglais 14 196, 23 juin 1904.
- (2) Brevet allemand, 190117, 24 février 1907.
- (3) Brevet allemand 190 118, 7 septembi-e 1907.
- sible d’établir et de maintenir un arc entre ces électrodes qu'en employant des tensions extrêmement élevées et non commerciales.
- On peut encore citer, par curiosité, l’addition proposée de petites quantités de silicate de sodium aux électrodes en oxyde (‘), et particulièrement aux électrodes formées d'acide titanique et de fer. Dans l’esprit de l’inventeur, cette heureuse disposition devait réduire la production de fumée aux électrodes pendant le fonctionnement de l’arc. De même encore, voici, en 1907, un brevet relatif à un tube métallique rempli d’acide titanique (* *) : cela fait une électrode de lampe à arc; mais l’inventeur néglige de donner une méthode pour rendre une électrode de cette espèce conductrice pour les tensions commerciales.
- L’addition de titane au charbon des électrodes sous forme de rutile est bien connue, et l'acide titanique est employé dans ce cas sous forme de sous-oxyde.
- On a proposé également, en septembre 1906 (3) :
- 10 Une électrode de lampe à arc composée d’un oxyde métallique non conducteur à froid; l’oxyde est pulvérisé, mélangé avec une poudre métallique très fine, et versé à l’intérieur d’un tube métallique ;
- 20 Une électrode spéciale contenant de 3o à 90 % d’oxyde de titane et de 5 à 70 % de fer métallique.
- De tous les crayons du type oxyde, le crayon dit « de magnétite » ou plutôt « de rutile » se montra le plus satisfaisant pour les applications techniques et commerciales.
- L’idée d’employer un tel crayon est due à M. G.-P. Steinmetz.
- Les crayons de magnétite avaient pour composition chimique primitive :
- Magnétite 98,19 % ;
- Silicium 1,81 %.
- (•) Brevet allemand, 194 007,11 septembre 1906.supp.21 192 721,identique avec les brevets anglais cités plus haut.
- (*) Brevet allemand, 194 334. 17 février 1907. — Voir aussi : brevet anglais 26 921, 9 décembre 1904.
- (3) Brevet allemand, 192 721, septembre 1906.
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- ce dernier jouant évidemment le rôle d’impureté.
- Le crayon de magnétite pure n’ayant pas donné de résultats satisfaisants, on chercha à ajouter différents ingrédients, en différentes proportions, à un mélange composé d’environ 8o % de magnétite et de 3o % d’oxyde rouge de fer. L’hématite fut ajoutée pour servir de liant. En d’autres termes on supposait que la présence d’une certaine quantité d’oxyde rouge de fer facilitait en quelque manière la fabrication du crayon, sans rien ajouter ni retrancher à ses propriétés éclairantes. Les différents autres ingrédients ajoutés à ce crayon, sans méthode bien définie et un peu au hasard, n’eurent aucune influence nette sur les propriétés de l’électrode et il y a tout avantage à se dispenser d’en faire rénumération. Signalons seulement l’acide borique, l’hydrate de potasse et, plus tard, le titanate de potasse qui ont eu une certaine influence, notamment en abaissant le point de fusion.
- L’hydrate et le titanate de potasse et autres substances analogues, mélangées avec les substances constitutives du crayon, abaissent dans une certaine mesure leur point de fusion et de vaporisation, et, par suite, augmentent la quantité de matière qui se vaporise au passage d’une intensité donnée. Ceci tendrait à accroître le volume de l’arc et à en stabiliser le fonctionnement : telle était du moins la théorie.
- Mais cette théorie, comme beaucoup d’autres, est condamnée par les faits. J’ai fait des crayons composés de :
- 8o % de magnétite ;
- 20 % d’hématite ;
- à l’exclusion de toute autre espèce d’ingrédient, sauf un peu d’eau et de glycérine, comme liant. Ce mélange fut poussé jusqu’à la consistance pâteuse, comprimé, séché à l’air, et finalement porté à une haute température, soit environ i 2oo1' C. Cette température fut maintenue pendant une heure' environ, puis on fit lentement refroidir.
- Un deuxième crayon fut préparé avec :
- 8o % de magnétite ;
- 18 % d’oxyde rouge de fer ;
- 2 % d’hydrate de potasse.
- Je préparai encore un troisième mélange pour crayons avec la composition suivante :
- Magnétite 8o % ;
- Oxyde rouge de fer 18 % ;
- Titanate de potassium 2 % ; et un quatrième crayon en titanate de potasse pur.
- Ces mélanges reçurent exactement le même traitement, en même temps, et exactement dans les mêmes conditions que le premier.
- Tous les crayons furent enfermés dans des tubes de fer.
- Les résultats photométriques accusés par ces 4 crayons furent les suivants :
- Le crayon n° 1, constitué seulement par des composés oxygénés du fer, donna 166bougies sphériques moyennes sous 60 volts et 5,3 ampères.
- Le crayon n° 2, à 2 % d’hydrate de potasse, donna 120 bougies sphériques moyennes sous 5o volts et 6 ampères.
- Le crayon n°3, à 2 % de titanate dépotasse, donna 100 bougies sphériques moyennes sous 48 volts et 6, 3 ampères.
- Le crayon n° 4, ù 100 % de titanate de potasse, composé par conséquent d’une substance regardée comme éminemmentpropre à l’éclairage, n’a donné au photomètre qu’une valeur excessivement faible ; si faible même qu’elle échappait à toute mesure et se trouvait au-dessous de la limite de mesure du photomètre intégrateur de Matthews-Blondel. •
- Gomme on l’a dit plus haut, ces quatre essais furent exécutés exactement dans les mêmes conditions, en même temps, par la même personne, avec les mêmes instruments. De plus cette personne ignorait la composition respective des quatre crayons.
- Comme on le voit, certains crayons ont fonctionné sous un voltage très bas, et avec une intensité de courant assez haute. La raison en est que l’addition .des substances chimiques correspondantes, bien loin d’enrichir l’arc, en produisant des vapeurs con-
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- ductrices,' l’affaiblissait au contraire en le rendant plus résistant et moins lumineux.
- C’est évidemment le premier crayon (constitué exclusivement par des composés oxjr-génés du fer qui était le meilleur.
- Le crayon de magnétite, avec addition
- d’hydrate et de titanate de potasse ne s’est pas montré meilleur que le crayon de magnétite pure et simple.
- {A suivre.)
- I. Ladoiu-’.
- L’ALUMINIUM
- SES CONDITIONS ACTUELLES DE PRODUCTION ET APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- L’aluminium semble aujourd’hui parvenu, en quelque sorte, à un tournant décisif de son histoire industrielle.
- Dès sa découverte, en 1827, par Wœhler, et surtout dès le début de sa fabrication par voie électrolytique (*), ce métal doué de qualités si diverses et si précieuses, léger, résistant, bon conducteur de la chaleur et de l’électricité, fit naître les plus grandes espérances. Comme on voit, il a quelque peu tardé à les réaliser, mais il semble qu’enfin maintenant nous soyons à la veille d’assister à un développement formidable de ses applications.
- Comment ce retard s’est-il produit ? Pourquoi l’heure sonne-t-elle aujourd’hui de rattraper le temps perdu? La réponse à ces questions, ce n’est autre chose que l’histoire de la concurrence du cuivre avec l’aluminium; l’occasion semble propice de la retracer très brièvement. Mais auparavant, il convient de passer en revue d’une manière aussi complète que possible les propriétés essentielles du métal, ainsi que celles de ses applications auxquelles on songe surtout aujourd’hui.
- Nous ferons de larges emprunts à un important travail de M. J.-T.-W. Etchevarri (*) ainsi qu’à une récente circulaire de l’Allgemeinc Elektricitàts-Gesellschaft (3).
- (') Datant des découvertes de Héroult et de Hall, t®) Communication à la première Assemblée générale de l’Inslitute of Metals (Birmingham, nov. 1908). Reproduite. par le Bulletin de la Chambre syndicale des forces hydrauliques.
- (3) V. Zeitschrift des Vereines deutsclier Ingenieure, 17 juillet 1909.
- l’aluminium ACTUEL ET SES PROPRIETES
- Aujourd’hui, l’aluminium s’obtient par élec-trolyse de la bauxite, en utilisant la cryolite comme fondant. Les principaux perfectionnements apportés à ce procédé depuis son adoption consistent dans l’élimination des impuretés contenues dans les matières premières. Au début, le métal de qualité courante contenait rarement plus de 98 % d’aluminium ; tandis qu’on fabrique aujourd’hui couramment du métal à 99,5 % .
- L’aluminium ne contenant que 0,4 à’o,3 % d’impuretés estréservé pour des usages spéciaux ; une telle teneur n’est pas nécessaire pour les usages courants, et ses avantages ne justifieraient pas les frais supplémentaires qu’entraînerait la fabrication. Les impuretés les plus ordinaires de l’aluminium sont le fer, le silicium et le sodium. La présence du silicium en grande quantité rend l’aluminium très cassant, sans que cet inconvénient paraisse compensé par aucun avantage correspondant. Le silicium affaiblit aussi la résistance à la corrosion, particulière à l’aluminium pur, et favorise l’attaque du métal; la mince croûte jaune qui se forme à l’intérieur des ustensiles de cuisine est donc en grande partie composée de silicium.
- Dans l'aluminium de première qualité, la proportion de silicium ne doit jamais représenter plus de 0,04 à o,o!> % ; cette proportion peut sans danger être élevée au double dans le métal utilisé par les fonderies et les aciéries. L’aluminium très pur contient parfois jusqu’à 0,2 ou o,3 % de fer. La présence de ce métal réduit quelque peu la ductilité de l’aluminium, de la même façon que le silicium, mais augmente sa résistance ;
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- elle ne paraît pas modifier la conductibilité électrique de l’aluminium au même degré que le silicium, mais elle a une influence défavorable sur sa corrosion. C’est le sodium qui est l’impureté la plus nuisible, car, même en faible, proportion, il affaiblit sérieusement la résistance à la corrosion. L’aluminium obtenu par les procédés perfectionnés actuels contient rarement plus de 0,006 % de sodium, et souvent moitié moins.
- L’aluminium pur fourni par le commerce est d’un blanc d’argent; il fond à 607° C; la densité varie entre a,56 et 2,72, suivant les procédés de production. Or la densité du cuivre est de 8,8 environ, celle du zinc de 6,9 et celle de l’étain de 7,3, il s’ensuit que l’aluminium est environ 3,3 fois plus léger que le cuivre, 2,5 fois que le zinc et 2,7 fois que l’étain.
- L’aluminium est très bon conducteur de la chaleur ; parmi les métaux communs, le cuivre seul le surpasse sous ce rapport.
- Sa conductibilité électrique atteint 60 à 62 % de celle du cuivre électrolytique pur.
- Sa résistance, comme celle du cuivre, est un peu moins élevée quand il est étiré à chaud que lorsqu’il est étiré à froid.
- Quant à sa résistance mécanique, elle dépend dans une large mesure de la méthode de traitement adoptée. Le tableau suivant donne,exprimée en tonnes par pouce carré, la résistance moyenne du métal sous ses différentes formes :
- pas être chauffé au delà de 725° C, car, à cette température, l’aluminium s’oxyde facilement au contact de l’oxygène de l’air.
- Oh peut le couler dans dés moules de sable ou en coquille; ce dernier procédé est généralement employé pour les petits moulages unis, lorsqu’on veut obtenir un travail très soigné. Les moulages d’aluminium obtenus à l’aide de moules d’acier poli ont une surface parfaitement lisse.
- L’aluminium destiné à être laminé est moulé en. lingots, qui sont ensuite laminés à chaud, les opérations intermédiaires et le finissage étant exécutées à froid; le recuit dépend de la trempe et le fini qu’on se propose d’obtenir.
- L’aluminium peut aisément être étiré en profilés, tubes et fils, par des procédés à peu près identiques à ceux qu’on emploie pour le cuivre. La billette est d’abord laminée à chaud, puis réduite par tréfilage à la dimension voulue; la graisse froide est alors employée comme lubrifiant, tandis qu’on utilise la paraffine pour la fabrication des fils très fins à la filière.
- Le recuit est encore réglé selon la trempe que l’on désire obtenir.
- Des fils de 3//| de pouce à 0,018 pouce de diamètre peuvent être fabriqués de cette façon cl peuvent remplacer les fils de cuivre, de laiton ou de maillechort dans toutes leurs applications.
- On fabrique de même des profilés, des ronds et des tubes en aluminium, à une température de
- Tableau II
- RÉSISTANCE A LA TRACTION LIMITE ÉLASTIQUE allongement % MODULE D’ÉLASTICITÉ
- Moulages au sable 5 2,5 •2J »
- Moulages en coquille 5,25 2,5 35 ))
- Barres laminées 5 .35 »
- Tôles laminées 9 8,5 6 »
- Profilés 8,75 8,5 20 »
- Fils étirés à froid 15 13 25 9 000 000
- Fils étirés à chaud 7 à 3o 10 000 000
- TBAtTEMENT DE l’aLUMINIUJI
- On peut fondre l’aluminium dans des creusets ordinaires, en plombagine sur un feu de coke; mais, pour traiter de grandes quantités, on emploie généralement un four à réverbère chauffé à la houille.
- Afin d’éviter la combustion, le métal ne doit
- 8o° G environ, en utilisant la presse hydraulique; en raison du prix élevé du matériel nécessaire, ce procédé n’est avantageux que pour une fabrication importante.
- L’aluminium doux en feuilles peut être étiré,, estampé ou forgé à la presse en différentes formes; l’huile de noix de coco, par exemple, peut être employée comme lubrifiant.
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- Pour tourner l’aluminium, il faut un outil très tranchant; la pièce d!aluminium tourne à une très grande vitesse angulaire, avec un avancement lent; il est nécessaire d’employer une grande quantité de lubrifiant., eau de savon ou paraffine.
- On perfore l’aluminium à l’aide d’un foret à diamant, avec un jeu suffisant; une mèche hélicoïdale pourrait gripper. Les filets de vis peuvent être obtenus au faraud ordinaire; on graisse avec un peu d’huile légère.
- L’aluminium peut être soudé par les différents procédés spéciaux actuellement en usage, mais les soudures ainsi obtenues, étant toutes plus ou moins soumises à l’influence électrolytique sous l’action de l’humidité, doivent nécessairement être protégées du contact de l’air humide. Les joints soudés à chaud ne présentent pas le même inconvénient, et ce procédé se répand de plus en plus depuis que l’on peut obtenir de bons résultats au moyen des appareils portatifs à oxy-acélylène.
- Depuis longtemps, on s’était rendu compte qu’on devait poursuivre les études dans cette dernière voie, attendu que les joints ainsi obtenus, ne contenant absolument que de l’aluminium, ne sont pas plus soumis que le conducteur lui-même à l’influence électrolytique ; mais la difficulté était d’éliminer la couche d’oxyde qui empêchait les deux parties de se souder convenablement. Pour réunir bout à bout les petits ronds et les fils, on surmonte aisément celte difficulté en pressant les deux extrémités l’une contre l’autre au moment de la fusion, afin de faire évacuer l’oxyde; mais on peut opérer de même avec les feuilles et les tôles. On a imaginé récemment plusieurs fondants capables de dissoudre la couche d’oxyde, et permettant aux deux parties de métal de se fondre ensemble très facilement.
- Un autre procédé qui semble devoir donner de bons résultats et provoquer de nouvelles recherches, c’est la soudure électrique (*'), qui est appliquée très fréquemment pour les tôles de cuivre et de fer. La soudure électrique, telle qu’elle est .appliquée aux fils de cuivre et de fer, convient également aux fils d’aluminium, mais avec certaines modifications.
- LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- Nous abordons maintenant la partie de cette étude dont l’intérêt est le plus immédiat. L’application capitale, celle qui doit faire de l’aluminium un métal vraiment industriel, se rapporte à son emploi dans les canalisations électriques.
- Nous passerons donc assez rapidement sur toutes les autres,
- Lignes électriques. — Parmi les applications de l’aluminium qui ont le plus de chance de prendre d’ici peu une très grande extension il faut citer celle-ci la première. Aux cours actuels de l'aluminium, la différence du prix de revient des conducteurs aériens non isolés est si notable que l’on songe à l’employer également dans le cas des transmissions souterraines, bien qu’ici l’aluminium soit légèrement désavantagé vis-à-vis du cuivre, en raison de la plus grande section qu'il est nécessaire de donner aux conducteurs, et par suite de l’importance plus grande de l’isolement.
- Nous trouvons d’intéressants renseignements à- cet égard -dans une circulaire récente de l’A. E. G.
- Le tableau II, que nous reproduisons d’après cette circulaire, est conçu précisément en vue de résoudre les problèmes pratiques de transmission électrique etdonnepar conséquent, en outre do la conductivité, les autres propriétés caractéristiques des deux métaux entre lesquels il s’agit de choisir.
- L’aluminium utilisé dans les applications électriques ordinaires présente, d’après les chiffres ci-dessus, une résistivité 1,64 ou 1,7 fois plus grande que le conducteur en cuivre, de sorte que son poids sera, pour une longueur égale, les o,516 de celui du cuivre, le rapport du poids spécifique étant voisin de 3,3.
- Dans ces conditions, pour un câble cylindrique, le diamètre sera augmenté d’environ 28 % , tandis que le poids par kilomètre du conducteur sc trouvera néanmoins deux fois moindre, et il y a lieu de considérer en plus l’avantage que présente l’accroissement de la surface de refroidissement.
- En supjjosant les prix des deux métaux exactement égaux, l’aluminium se trouvera en fin de compte 48 % moins cher que le cuivre, pour une ligne de transmission donnée.
- (')Voii’ Lumière Electrique, 27 mars 1909, p. 406.
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- Si le prix du cuivre devient égal à i,3 fois celui de l’aluminium, l’économie devient de 6o % .
- La figure i résume tous ces résultats et beaucoup d’autres, et peut être par suite d’un usagé pratique immédiat. Néanmoins il faut tenir compte de ce que, pour l’établir, on a considéré
- l’aluminium est notablement inférieure à celle du cuivre. D’après les mesures faite par l’Union des Electrotechniciens allemands, on peut faire travailler un conducteur aérien à i2k?/mn'2 s’il est en cuivre écroui, et yki»'/mm2 seulement s’il est en aluminium. La densité de l’aluminium étant
- Tableau II
- DÉSIGNATIONS CUIVRE ECROUI l ALUMINIUM
- Poids spécifique 8,9 '>-,7
- Coefficient de dilatation 0,0000165 0,000023
- Résistance à la rupture en kilogrammes par millimètre carré 38 U. 44 18 à 20
- Limite élastique en % de la résistance à la rupture. 4o à 5o .?5 à 5o
- Allongement jusqu’à la limite élastique en % o, 15 0, 14 à 0,16
- Allongement jusqu’à la rupture en % 2 à 3,5 4,5 environ
- Résistance ohmique d’un fil de im de longueur et imm2 de section à la température de i5°, en ohm 0,0175 o.olo
- Variations de la résistance par degré centigrade 0,004 0,004
- le “ prix des deux métaux bruts. Or les dépenses d’usinage se trouveront un peu plus élevées pour l’aluminium. Il suffît d’ailleurs de diminuer de 2 % l’économie calculée d’après les prix bruts pour être sûr de ne s’exposer à aucun mécompte.
- Rapport des prix : cuivre/aluminium.
- Fig. i.
- Ce coefficient de sécûrité tient compte en même temps des légers faux frais nécessités par l’emploi de l’outillage actuel, qui est prévu pour le cuivre et non pour l’aluminium, et qui peut conduire à employer des calibres plus forts que ceux qui résulteraient en calcul.
- On a porté en abscisses le rapport du prix de l’aluminium à celui du cuivre, et en ordonnée l’économie en pour cent en faveur de l’aluminium.
- Au point de vue mécanique, la résistance de
- d’autre part égale au tiers seulement (environ) de celle du cuivre, la masse propre du conducteur intervient dans une proportion moindre dans la tension mécanique. Mais la section du fil d’aluminium étant plus grande, il est davantage alourdi par la neige, le givre, ou la poussée du vent.
- De plus, au point de vue de la dilatation par la chaleur, il faut faire entrer en ligne de compte les valeurs respectives des coefficients de dilatation :
- 23/1 ooo ooo pour l’aluminium ;
- 16,5/1 ooo ooo pour le cuivre.
- De tout cela, il résulte que la distance des supports des conducteurs en aluminium peut être prise aussi grande que pour les lignes de cuivre. En Amérique, on a même essayé avec succès de dépasser ces distances.
- Dans le tableau III sont résumées les valeurs des flèches pour des conducteurs en aluminium posés sur des supports distants de 4o à i20m et par des écarts de température de l’ordre de ceux que l’on considère actuellement dans l’établissement des canalisations. Les flèches indiquées sont des minima, et l’étirage des conducteurs, pratiqué par beaucoup de monteurs, doit être absolument proscrit pour des valeurs de la flèche inférieures à celles qui sont indiquées.
- Pour l’exécution pratique de la ligne, il y a lieu de considérer qu’on ne dispose encore jusqu’à présent d’aucun procédé simple pour son-
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- der les fils d’aluminium. Il faut avoir recours à des manchons de raccord ou encore à des ligatures ou des épissures appropriées :
- Tauleac III. — Flèches clés lignes en aluminium.
- TEMPÉRATURES DE L’AIR FLÈCHES EN CENTIMETRES POUR UN INTERVALLE ENTRE SUPPORTS DE
- 4om 6om 8om IOOm I20m
- — ao°G 5 !7 49 I 22 227
- — io°G 7 22 61 14» 2 5.3
- o°C 10 3o 79 168 278
- -f 1 o°C i5 4o IOO *94 3o2
- 4- ao°C 2'2 52 I 22 220 828
- + 3o°G 3o 67 .45 a/,6 35a
- Les lignes aériennes en aluminium sont généralement peu sensibles aux actions atmosphériques. Elles ne sont attaquées que paries alcalis et parles composés du chlore ; ceci est à considérer lorsque la ligne doit passer à proximité d’une usine de produits chimiques, dont proviendraient des gaz nuisibles, ainsi qu’au bord de la mer. Néanmoins les prix actuels cle l’aluminium sont tellement bas que l’on peut employer dans ces cas des câbles d’aluminium qui sont dès maintenant produits de manière courante par l’industrie. Malgré leur section plus giande, ils sont aussi flexibles que les câbles de cuivre et, en raison de leur grande légèreté, d’une manœuvre très facile. L’économie faite sur l’âme métallique de ces câbles est d’ailleurs combattue par l’augmentation du prix de l’isolant, de l’enveloppe de plomb et du blindage qui les entoure. Pour les grandes sections, et en particulier lorsque l’enveloppe isolante est d’épaisseur réduite, c’est-à-dire en somme dans les transmissions à basse tension, il n’en reste pas moins que les câbles d’aluminium reviennent à beaucoup meilleur marché que le cuivre dans les conditions actuelles de vente des deux métaux.
- C’est d’ailleurs là un problème qui ne comporte pas de solution générale, et qui doit être examiné dans chaque cas particulier parce qu'il dépend, comme on vient de le voir, de facteurs très variables.
- De toutes les considérations précédentes il résulte que l’on a avantage en général à choisir des conducteurs d’aluminium de même calibre que les conducteurs de cuivre ordinaire. En effet leur prix de revient est plus avantageux
- en raison de l’outillage actuel des usines, et d’autre part tous les accessoires : manchons-raccords, usités normalement pour les^ conducteurs en cuivre peuvent être également employés.
- Pour les conducteurs en cuivre, on ne rencontre jamais de difficultés en arrondissant le chiffre de la section indiquée parle calcul; la comparaison immédiate du cuivre et de l’aluminium n’est plus possible avec ces valeurs arrondies et elle ne suffirait lias non plus pour les câbles de cuivre et d’aluminium de même calibre, car le périmètre des conducteurs est différent, ce qui modifie les conditions de refroidissement, et, pour les câbles à haute tension, les champs électriques développés dans l’isolant, tous facteurs qui interviennent dans le calcul de l’intensité du courant et de 1 épaisseur de l’isolation.
- L’emploi de l'aluminium n’est pas d’ailleurs limité aux transmissions à fort courant. On peut l’employer également avec avantage dans les équipements électriques de toutes natures, dispositifs de commande, et notamment à bord des navires où il se recommande par son faible poids spécifique.
- Usines sidérurgiques. — L’aluminium est utilisé par l’industrie sidérurgique pour absorber notamment l’oxygène contenu dans les oxydes de fer; la chaleur produite par cette réaction est telle qu’elle peut être utilisée pour élever la température de grandes masses de fonte.
- La présence de l’aluminium en petites quantités empêche les soufflures. Les soufflures sont dues au dégagement partiel, au moment où le métal refroidit, des gaz absorbés, pendant la fusion; or l’aluminium semble avoir la propriété de se combiner chimiquement avec ces gaz.
- Dans les petites usines, il arrive souvent qu’un moulage exige deux coulées. En ce cas, la difficulté qui consiste à maintenir le métal chaud dans l’intervalle peut être facilement surmontée en ajoutant de temps en temps de petites quantités d’aluminium; l’élévation de température ainsi obtenue préserve le métal d’un refroidissement excessif. A cet effet, on peut employer l’aluminium sous différentes formes, beaucoup de fonderies de fer et d’acier se servent d’un alliage connu sous le nom de ferro-aluminium, et qui consiste en 90 % de fer et 10 % environ d’aluminium; cet alliage est si cassant que l’on
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- peut facilement en détacher la quantité nécessaire au moment de l’employer. Cependant il vaut bien mieux utiliser l’aluminium pur, qui est alors livré en barres entaillées ou en barres demi-rondes faciles à couper.
- Quelques métallurgistes emploient l’aluminium sous formé de « granulés » : la grosseur des grains peut varier entre celle du riz et celle du sucre en poudre. Pour élever seulement la température du métal, il y a avantage à utiliser l’alu, minium sous cette dernière forme; on le mélange alors ordinairement avec assez d’oxyde pour produire l’oxygène nécessaire à sa combustion.
- Les producteurs d’aluminium livi’cnt aussi de petits blocs réguliers pesant exactement i/8 ou i/4 d’once, ce qui évite au consommateur d’avoir à peser le métal avant de l’employer et lui permet d’ajouter telle quantité déterminée d’aluminium à son fer ou à son acier, avec un minimum de perte de temps et de difficulté.
- Le procédé de soudure T lier mit, du au Dr Gold-schmitt, constitue une autre application de ce principe; la chaleur produite par la combustion de l’aluminium en présence de l’oxygène est utilisée ici pour porter les moulages de fonte et d’acier, etc., à la température de soudure.
- Industrie automobile, moulages. — L’aluminiu m est utilisé par l’industrie de l’automobile dans maintes circonstances où l’on recherche à la fois la rigidité et la légèreté, et notamment pour la fabrication des carters, de manivelles, boîtes d’engrenages, radiateurs, carburateurs, garde-boue, ainsi que de beaucoup de petits accessoires, tels que leviers de freins, graisseurs, etc. ; déplus, les ateliers de constructions mécaniques, les fonderies de laiton et d’autres industries en font une consommation importante et croissante pour des moulages courants.
- Il est avantageux d’ajouter aux moulages d’alu-
- Tabl
- métal plus facile sans élever considérablement son poids.
- Applications de l'aluminium en feuilles. — Les applications de l’aluminium en feuilles sont trop nombreuses pour être toutes citées; tous les jours, en effet, ce métal s’ouvre de nouveaux débouchés, où il remplace les métaux plus anciens. On s’expliquera facilement la faveur dont jouit l’aluminium, en consultant le tableau IV.
- La même proportion existe naturellement pour les feuilles d’épaisseurs différentes, les tubes, ronds, moulages, cornières, U, etc.
- Au début, l’industrie de la construction navale utilisait une certaine quantité de tôles d’un alliage de cuivre et d’aluminium. On a reconnu depuis qu’il ne devait être employé à ces travaux que de l’aluminium pur de première qualité; il est probable que les constructeurs de navires apprécieront foi't les tôles, U, moulages, rivets, etc., en aluminium pur pour la construction des cabines, roufles et autres parties de grands bâtiments au-dessus de la ligne de lloltaison dont il est important de réduire le poids pour augmenter la stabilité du navire.
- En 1901, on a utilisé d’importantes quantités de tôles d’aluminium pour la construction dît ronfle du vapeur Celtie ; les armateurs s’en déclarent satisfaits.
- Les tubes d’aluminium. — On utilise beaucoup les tubes en aluminium spécial pour le traitement des acides, qui n’attaquent pas l’aluminium pur.
- En vue de démontrer la supériorité de l’aluminium pour les tubes à fumée, etc., des essais ont été poursuivis il ya quelque temps aux usines de Milton (Tableau Y).
- Les mêmes essais furent répétés avec une pression de par pouce carré pendant une demi-heure, excepté le second qui fut prolongé peu. lu IV
- PRIX COMPARÉS DES MÉTAUX EN FEUILLES
- Feuille laminée de 6 pieds X 3 pieds X 1 /16 pouce :
- En aluminium........ poids 16 Lbs., et (à 1 sli. 1 d. par Ll>.), prix 17 sh. 4 d.
- En laiton................ — 49 1/2 Lbs., et (à o sli. 6 1/2 d. — ), — 26 sh. 10 d.
- En cuivre................ — fn Lbs., et (à o sh. 7 d. — ), — 33 sh. 7 d.
- En maillechort...... .— 5o Lbs., et à 1 sh. 2 d. — ), — 58 sh. 4 d.
- En étain pur............. — 42 1/2 Lbs., et (à 1 sh. 5 d. — ), — 59 sh. 10 d.
- minium du cuivre, du zin? et du nickel, qui augmentent la résistance et rendent le travail du
- dant douze heures sans que le tube ait paru subir aucune détérioration ; après cet essai, le
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- même tube fut soumis à une pression hydraulique de 6ooke, sans présenter aucune trace de fracture.
- Alliages. — Les alliages d’aluminium et de zinc,
- rieurc à 20 % pour le zinc, 6 % pour le cuivre et 5 % pour le nickel.
- On obtient aussi des alliages très intéressants — spécialement en ce qui concerne les applica-
- T ,vn le au Y
- LONGUEUR DE TUBE CALIBRE DIAMÈTRE EXTÉRIEUR PRESSION EN LBS PAR POUCE CARRÉ REMARQUES
- Pouces. 1 2 IO Pouces. 3 i/4 I 200 Dilaté de i/32 de pouce au centre, mais revenu aux dimensions primitives après la cessation
- 12 I 2 2 11 /16 I 200 de la pression. Même observation (à peine i/32 de pouce).
- 12 i4 2 I 200 Comme ci-dessus avec dilatation plutôt moindre.
- 12 i4 1 1 /8 I 200 1 Parfait. Supporterait probablement une pression beaucoup plus forte.
- 1 2 ICJ 1 1/8 I 200 Même observation.
- d<? cuivre ou de nickel sont presque les seuls utilisés ordinairement. En général, ces différents métaux ne peuvent être avantageusement alliés à l’aluminium dans une proportion supé-
- tions pour la marine — connus sous le nom de bronzes d’aluminium, en alliant jusqu’à 10 % d’aluminium au cuivre électrolytique.
- [A suivre.) P. Roland.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Études sur les ondes électromagnétiques très courtes. Réflexion et dispersion anomale des liquides. — H. Merczyng. — Académie des Sciences, séance du 29 novembre 190g.
- Comme on le sait, la relation fondamentale de Maxwell : le carré cle Vindice de réfraction est égal au pouvoir inducteur spécifique (constante diélectrique), n’est pas satisfaite pour beaucoup de corps ; les liquides surtout, l’eau en première ligne, ofîrent des divergences. La racine carrée de la constante diélectrique pour l’eau, par exemple, donne environ 9 pour l’indice de réfraction des ondes électriques, et, en même temps, l’indice optique est, en moyenne, environ 1,4-i ,5. Il doit donc exister une région des longueurs d’onde où l’indice défini par là voie optique pour les ondes lumineuses présente une transition aux valeurs définies par la voie électrique (constante diélectrique) généralement avec des ondes extrêmement longues. La même remarque
- s’applique à tous les autres liquides (divers alcools, etc.), où nous trouvons la même divergence.
- Drude (1896) et Cole ont entrepris ces recherches très délicates. Mais la plus courte onde électrique qu’étudia Drude avait encore X = 75e111, et Cole avec son onde de 5cm expérimenta seulement avec deux ou trois liquides. Malgré cela ces savants ont pu constater une soi-disant dispersion anomale, pour quelques liquides, des valeurs des indices placées entre les valeurs optiques et celles obtenues par le pouvoir inducteur spécifique.
- L’auteur a repris ces travaux.
- Pour étudier la dispersion anomale, c’est-à-dire la variation des indices et des constantes diélectriques avec la longueur d’onde, il faut déterminer pour chaque cas d’une façon précise : i° la longueur d’onde et 20 l’indice relatif. Pour la détermination des longueurs d'ondes électromagnétiques très courtes, la méthode théorique, basée sur les dimensions des vibrateurs (en l’espèce on employait un vibrateur type Righi) ne donne pas des résultats suffisamment
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- exacts. On doit préférer la méthode directe, celle des interférences produites par les miroirs électriques, disposés à la façon des miroirs optiques de Fresnel. Cette méthode a donné, pour les longueurs d’onde des vibrateùrs employés : pour A, X = 4cm, 5, pour B, X=3om, 75. Les mesures reproduites ci-dessous étaient faites avec le vibrateur A. Bien entendu, il serait très intéressant d’aller encore plus loin dans la diminution des longueurs d’onde ; mais pour les ondes en dessous de ces valeurs, l’énergie (les vibrations devient si petite, que les déterminations précises deviennent extrêmement difficiles.
- Comme récepteur des ondes, l’auteur employait un couple thermo-électrique, placé dans un miroir parabolique. Les courants produits par les ondes étaient mesurés dans un galvanomètre type cuirassé, d’après Rubens. La mesure des indices n’était pas faite par la voie directe, vu que le faisceau des rayons électriques (quoique dirigé par un miroir) n’est jamais si exactement défini qu’on puisse fixer sa position avec la précision nécessaire, mais par la voie de réflexion en utilisant la formule de Fresnel, donnant l’indice de réfraction pour une vibration normale au plan d’incidence.
- Voici quelques résultats des mesures (pouvoirs spécifiques inducteurs D pour la longueur d’onde X = 4cm} 5). — Glycérine, D = id = 16,8 (pour les ondes optiques, D = env. 2,1 ; pour les ondes électriques très longues D = 56);
- Alcool méthylique : D = 29,4 (D optique 1,8; D électrique, ondes longues, 32-33);
- Alcool amylique : D = 3,3i (D optique 1,9; D électrique, ondes longues, env. 16) ;
- Acide du vinaigre: D = 3,5 (D optique 1,9; D électrique, ondes longues, 9,7) ;
- Aniline: D =4,36 (D optique env. 2,5 ; D électrique, ondes longues, env. 7,4) ;
- Éther d’éthyle : D = 3,26 (D optique 1,9 ; D électrique, ondes longues, 4,25).
- L’auteur, en poussant encore plus loin ces études aussi bien dans la voie expérimentale que théorique, espère retrouver des bandes anomales dans les spectres des ondes électriques ; dans les régions de ces bandes, l’indice de réfraction électrique peut croître lorsque diminue là longueur d’onde.
- A. S.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- La nocivité comparée des sources de lumière artificielles et de la lumière solaire. —L. Ray-baud. — Académie des Sciences, séance du 29 novembre 1909.
- Dans une précédente communication, l’auteur avait étudié l’action des diverses radiations lumineuses et ultraviolettes sur des cultures de Phyco-myces nitens. En projetant sur une culture de ce champignon le spectre d’une lampe à vapeur de mercure en quartz, il a montré qu’une action extrêmement nocive se manifeste pour les radiations de faibles longueurs d’onde. Il a constaté depuis le même phénomène avec d’autres moisissures. Cette action commence d’une façon très brusque à la raie 3o3o, et se continue jusque vers l’extrême limite du spectre, où elle s’atténue alors graduellement, à cause de la faible intensité de ces radiations. Toute cette partie nocive n’existe pas dans le spectre d’un grand nombre de sources de lumière, parce qu’elle est complètement absorbée par la moindre épaisseur de verre.
- On sait d’autre part que le spectre solaire ne s’étend pas très loin vers l’ultraviolet, grâce à l’absorption de l’atmosphère terrestre. Peu s’en faut même que sa limite ne coïncide avec le commencement des radiations fortement nocives, et il est intéressant de remarquer qu’à la surface de la Terre ou estpresque complètement à l'abri de celles-ci. Toutefois il reste à l’extrême limite du spectre solaire une très étroite bande, déjà considérablement affaiblie par l’absorption.
- On sait en effet que la limite du spectre solaire, d’ailleurs légèrement variable, ne dépasse pas 2 900. Comme cette bande est limitée et affaiblie par l’absorption atmosphérique, on conçoit que son intensité puisse subir de grandes variations, et que l’action physiologique du rayonnement solaire puisse se modifier considérablement sans que le rayonnement total varie d’une manière appréciable. Ces considérations expliquent l’influence plus marquée des rayons solaires lorsqu’on s’élève aux grandes altitudes. Des accidents tels que les coups de soleil, les ophtalmies, tendent à faire penser que, dans un lieu donné, cette action est variable. Il semble donc qu’à certains jours l’action nuisible du rayonnement solaire estplus marquée que.d’habitude, et cela s’explique, si, comme il est probable, le spec. tre solaire est limité, au moins en partie, par l’ab-
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- sorption d’ozone, dont la proportion dans l’air n’est certainement pas constante (*).
- Il est très probable que d’autres actions du rayonnement solaire s’expliquent d’une manière analogue : action sur les matières colorantes, sur le caoutchouc.
- Quelques expériences faites par M. Raybaud sur cette dernière substance ont montré que le rayonnement de la lampe en quartz lui faisait subir une altération rapide, action qui est énormément diminuée, si l’on interpose une lame de verre. On sait d’autre part que les enveloppes des ballons subissent une altération aux grandes altitudes, et il y a lieu de les protéger non contre les radiations visibles, mais contre le rayonnement correspondant aux dernières radiations du spectre solaire.
- A. S.
- L'influence de la lumière ultraviolette sur la production de l'ozone. — E. van Aubel. — Académie des Sciences, séance du 29 novembre 1909.
- D’après les recherches antérieures (* 2), il semblait que la production d’ozone, sous l’influence de la lumière ultraviolette, pouvait être considérée comme un phénomène bien établi, lorsque parurent deux mémoires de H. Bordier et T. INogier (a), sur la cause de l’odeur prise par l’air soumis aux radiations ultraviolettes émises par la lampe à vapeur de mercure.
- Ayant soumis à des analyses l’eau de lavage de l’air irradié, Bordier et Nogier n’ont pu constater la moindre trace d’ozone malgré la sensibilité des réactifs employés et ont donné alors une explication de Y odeur purement subjective d’un gaz irradié par la lampe à vapeur de mercure.
- Franz Fischer (4) a critiqué récemment les expériences de Bordier et Nogier.
- L’auteur a cherché à trancher la question par les expériences suivantes :
- (J)H. Henriet, Rerue générale des Sciences, tome XVI1J, 1907, p. 189.
- (a) Eder, Photochémie, 3° édition, 1906, p. no et ni. Goldstein, Ber. der deulsch client. Gesellschaft, tome XXXVI, igo3, p. Sitzungsber, der kotiigl.
- preuss. Akadeinie der Wissenschaften. Berlin, 1904, p. 1228; Franz Fischer et F. Bræiimer, Physikalisclie Zeitschrift, tome VI, 1905, p. 576; tome VII. 1906, p. 3l2.
- F) Comptes rendus, tome CXLVII, 1908, p. 354 ; Archives d‘Electricité médicale, Bordeaux. 160. année, 1908, P 799-
- (*) Physikalisclie Zeitschrift, 10e année, Ier juillet 1909, p. 453.
- Une lampe à vapeur de mercure en quartz, fournie par VAllgemeine Elektricilals-Gesellschaft à Berlin, et du modèle employé pour l’éclairage, a servi aux essais. Celte lampe est munie d’un grand globe protecteur en verre. L’auteur a cherché à déceler la présence de l’ozone dans un liquide qui avait été irradié sous le brûleur de la lampe.
- On saitquel’ozone ne se dissout pas dans l’eau, mais agit sur ce liquide pour donner de l’eau oxygénée. A cause des résultats des deux savants français, il a semblé indispensable d’employer un liquide dissolvant de grandes quantités d’ozone.
- Une capsule en porcelaine contenant de l’huile d’oiive, qui dissout facilement l’ozone (*), a été placée à l’intérieur du globe en verre de la lampe à vapeur de mercure, à a5om environ du brûleur en quartz. Au bout de 2 h. i5 minutes, cette huile était devenue totalement incolore. On l’a retirée alors du globe et, après refroidissement, on en a agité une prise d’essai avec une dissolution d’iodure de potassium amidonnée. Le réactif est devenu très nettement bleu, après 40 minutes. L’huile d’olive, non irradiée, n’a donné aucune coloration dans ces conditions, même après plusieurs jours.
- La même expérience a été faite, en soumettant du pétrole du commerce aux rayons ultraviolets.
- Ayant réussi avec l’huile d’olive et le pétrole, l’auteur plaça une capsule en porcelaine contenant de l’eau distillée à l’intérieur du globe en verre de la lampe à vapeur de mercure, à la même distance du brûleur en quartz que précédemment. L’eau a été soumise aux radiations ultraviolettes, pendant i/( heures. On l’a laissée refroidir ensuite et, afin d’y déceler la présence d’eau oxygénée, on a utilisé l’action de cette substance sur la plaque photographique. Les recherches de Precht et Otsuki (2) ont établi l’extraordinaire sensibilité de cette action. Dans deu!x cristallisoirs identiques, on a donc placé, d’une part, l’eau irradiée et, d’autre part, de l’eau prise dans le laboratoire. Les cristallisoirs ont été recouverts par la même plaque photographique et le tout a été placé à l’abri de la lumière. Après deux jours, la plaque photographique a été développée : l’eau irradiée seule avait agi sur elle.
- L’auteur rappelle d’ailleurs que Miroslaxv Kern-baum (3), en employant des méthodes moins sensi-
- (<) Dammer, Ua'idbuch der anorganischen Chemie, tome IV, p. 128.
- p) Zeitschrift fur physikalisclie Chemie, t. LU, p. 236.
- (3) Comptes rendus, tome CXLIX, juillet 1909, p. 27.3.
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- blés que la précédente, a prouvé que les rayons ultraviolets décomposent l’eau, avec formation d’eau d’oxygénée.
- A. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Les batteries d}accumulateurs et Vextension des limites de la transmission électrique. — M. Taylor.— Journal of the Institution of Elcctrical Engineers, — Septembre 1909.
- Lignes aériennes.
- Le prix d’une ligne triphasée aérienne à grande distance peut se décomposer en : prix du cuivre, et prix des supports.
- Si Ton a les caractéristiques suivantes :
- Prix du cuivre. £ 60 par tonne.
- Voltage au départ.... 270 volts par mille.
- Densité de courant... a5o amp. par pouce carré.
- Chute de tension totale. 35 volts par mille.
- Facteur de puissance.... 80 % .
- Le capital se monte dans ces conditions à environ £ 20 par kilowatt effectif transmis.
- Pour une ligne de 100 milles de longueur, cela fait un voltage initial de 27 000 volts, une chute de tension totale de i3 % , et un prix résultant de £ 20 par kilowatt transmis.
- En portant la longueur de la ligne à 322 milles et en maintenant 27 000 volts au départ, le capital par kilowatt transmis se monte à £ 3o.
- Quant aux supports, on peut compter de £ 200 à £ 5oo par mille.
- Supposons qu’il s’agisse de fournir 10 000 kw. au point d’arrivée. Cela demandera pour la ligne une construction un peu lourde ; mais, d’autre part, les supports et les isolateurs coûteront moins cher, de sorte que le prix par kilowatt sera plus faible qu’avec une ligne légère.
- L’auteur propose alors d’appliquer le principe des batteries tampons en dehors des centres de distribution. Les batteries, ainsi déplacées, seraient calculées pour fournir 5o % de la pointe, ce qui diminuera de moitié le prix du cuivre employé.
- Il examine a ce propos différents exemples d’installations hydro-électriques dontles caractéristiques principales sont résumées dans le tableau I.
- Lignes souterraines.
- L’auteur exprime l’opinion que, dans ce cas, comme dans le précédent, il y a de bonnes raisons pour supprimer les accumulateurs dans les centres de distribution lorsque la région à desservir est très étendue.
- Un cas intéressant est celui où une compagnie doit détacher un feeder spécial vers une petite ville qui se trouve située en dehors de son réseau d’action. Dans ce cas, le prix de ce feeder peut atteindre £ 10 et même davantage par kilowatt demandé.
- Considérations générales.
- On s’occupe beaucoup, aux Etats-Unis, de l’emploi des convertisseurs rotatifs en conjonction avec des batteries tampons dans les systèmes de distribution à courants alternatifs.
- A première vue, il peut sembler que les pertes d’énergie dans un système à courants alternatifs seront considérables, mais, dans une installation
- Tableau I
- COUT DE LA CENTRALE - (sans la transmission) CHEVAUX INSTALLÉS CHEVAUX DEMANDÉS COUT PAR CHEVAL DEMANDÉ COUT PAR KILOWATT DEMANDÉ
- L L L
- La Goule 57.3oo 3.65o I . 7OO 34 48
- Geneva 280.000 12.000 8 . IOO 2 G 37
- Lintnal 16.5oo 1.000 5 IO 32 46
- Hauterive 260.000 7.200 4 • 900 54 77
- Mont Bovoa 2*12 .OOO 5.400 2.65o 88 125
- Kubel 27O.OOO 4.200 3.000 (i9 98
- Fihl IO/| .OOO 2.000 l. 960 52 74
- Wynan 120.000 5.750 2.800 43 Gi
- Hagneck 21G.OOO 5.200 2.700 80 114
- Be.ynan 341.000 11.700 8.45o 40 r,7
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- T. VIII (2« Série). — N- 51.
- hydraulique, le coût de chaque unité d’électricité envoyée dans la batterie ne dépasse guère o,o5, pourvu que la manœuvre soit faite au moment convenable.
- Par conséquent, ni le rendement du convertisseur rotatif, ni celui de la batterie ne doivent entrer sérieusement en ligne de compte vis-à-vis de la charge sur la ligne et à la station centrale.
- Une conclusion analogue s’applique au cas des centrales à vapeur, dans lesquelles l’énergie absorbée par la charge des accumulateurs ne dépasse pas, généralement, 0,10 par unité.
- En discutant les idées de M. Taylor, M. G. Kapp a rappelé que l’usage des batteries pour étendre le rayon d’une transmission a toujours été appliqué d’une manière plus ou moins absolue. Même dans les installations de traction les plus anciennes, on trouve des batteries placées dans les sous-stations, vers le dernier tiers de la ligne, pour égaliser la charge à la station centrale et réduire le prix des feeders.
- Pour les installations hydro-électriques on peut, dit M. Kapp, discuter que le prix de l’énei’gie fournie par une basse chute soit nécessairement élevé. Dans le tableau I, l’un des prix les plus élevés correspond à l'installation de Kuhel. Or c’est une chute très haute, pour laquelle il a fallu employer des roues Pelton.
- 1£. A.
- DIVERS
- Méthode pour le fonctionnement sans étincelles de fermeture des tubes de Rœntgen avec Vinterrupteursousunetension d’alimentation, arbitraire. — M. E. Rhumer. — Communication au Congrès de l’Association des Médecins allemands, 1908.
- L’emploi de l’interrupteur à mercure provoque des étincelles de fermeture très nuisibles, surtout dans tubes de Rœntgen doux et à tension élevée.
- Les dispositifs employés pour éviter ces étincelles peuvent se classer en deux groupes. Dans l’une la tension induite dans le secondaire a sa valeur normale; on l’affaiblit par un tube à soupape, parle passage à étincelles, etc. Les dispositifs de ce groupe ont pourtant des graves inconvénients : le passage à étincelles provoque des oscillations. Les tubes à soupape sont fragiles, nécessitent le réglage de leur vide et diminuent considérablement la densité du courant.
- Dans le second groupe, la tension induite de fermeture est rendue très petite. Cette tension, en négligeant la réaction du secondaire, est égale à :
- e = —N s
- dt
- L
- di
- dt
- -^E ê
- N „
- R
- -t.
- L
- Sa valeur maxima est donc :
- l^moxl — E.
- On la diminue soit par l’emploi de résistances en dérivations, soit par l’augmentation du nombre de spires du primaire Np ; mais on est vite limité dans ces voies par la diminution simultanée de la tension de rupture. La pratique montre en plus que, même dans les meilleures conditions, le fonctionnement de tubes de Rœntgen très doux est impossible sans étincelles de fermeture : un tube très doux oppose une résistance beaucoup plus petite à la tension de fermeture quà la tension de rupture, tandis que dans les tubes plus durs le contraire a lieu. D’après l’avis de l’auteur, ce fait peut servir à l’explication de beaucoup d’autres phénomènes.
- Le dispositif proposé par l’auteur appartient également à ce second groupe, mais il agit sans diminuer la tension de rupture. Il consiste dans l’emploi d’une bobine auxiliaire qui, à l’aide d’un système de contact, est mise au circuit avec le primaire avant ou au moment même de la fermeture ; elle absorbe presque complètement l’énergie du courant de fermeture ; mais elle n’agit pas sur la tension de rupture, car elle est retirée du circuit avant la rupture. Il est essentiel que sa mise hors circuit s’effectue au moment du maximum du courant. Si cette bobine auxiliaire est identique au primaire par le nombre des spires N et le coefficient de self-induction L.et si elle a une résistance Ra, la force électromotrice induite dans le secondaire, lors de la fermeture, est donnée par :
- Ns R*
- N„ R, + R*
- E . e
- R, R.,
- R. + R,.1
- et sa valeur maxima est :
- N R
- = Ni Rt + R, E <
- elle diminue avec R2 et on peut la régler par un choix convenable de R2 et de R,.
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- L’action favorable de cette bobine auxiliaire est due, en somme, à la diminution de la vitesse de variation du champ.
- Par un tube de contrôle à décharges on peut prouver, sans contradiction possible, l’absence absolue de la tension de fermeture même dans les tubes les plus doux et sous la plus haute tension d’alimentation.
- (Ce procédé est exploité par M. Max Levy, à Berlin.)
- BREVETS
- Instruments de mesure.
- 404 -944, du 10 juillet 1909. — Rausch. — Horloge électrique d’appel et de contrôle.
- 404 788, du 6 juillet 1909. — Société Siemens Schuckert werke G. m. b. II. — Coussinet supérieur pour compteurs d’électricité.
- 4o4 85g, du 8 juillet 1909. — Bérardi. — Interrupteur et indicateur en combinaison avec des compteurs d’électricité, pour en empêcher les fraudes et les prises indues de courant.
- Machines.
- 404 5o8, du 28 juin 1909. — Bouton. — Ventilateur pour moteurs électriques.
- 404 527, du 28 juin 1909. — Société « Mea » fa-biuk magnet-elektrischer apparate G. m. b. II. — Magnéto pour moteurs à explosion.
- 404 624, du 23 octobre 1908. — Société Ateliers nÉ constructions électriques du Nord et de l’Est. — Dispositif de commutation pour moteurs à répulsion.
- 404 733, du 5 juillet 1909. — Lacoste. —Procédé et dispositif pour la production de courants à haute fréquence.
- 404 499, du 26 juin 1909. — Société anonyme Westinghouse. — Perfectionnements dans le fonctionnement des moteurs d’induction polyphasés.
- 404 779, du a juillet 1909. — Société alsacienne de constructions mécaniques. — Dispositif de commande à distance des moteurs électriques alimentés par courants mono ou polyphasés, par l’intermédiaire d’un transformateur.
- 404 929, du 9 juillet 1909. —Parsons. —Dispositif de fixation des conducteurs sur les armatures des dynamos.
- 404 980, du 10 juillet 1909. — Société « Mea »
- FABRIK MAGNET-ELECTHISCHER APPARATE G. m. b. H.
- — Assemblage de l’arbre de l’induit des magnétos d’allumage.
- 405 434, du 6 mai 1909. — Lucas. — Moteur électrique.
- 4o5 468, du 26 juillet 1909. — Société l’éclairage électrique. — Système de réglage de vitesse pour un ou plusieurs moteurs asynchrones monophasés.
- 4o5 47'L du 27 juillet 1909. — Keller-Dorian. — Dispositions nouvelles d’aimants pour magnétos à haute et basse tension, générateurs d’électricitc et autres applications.
- 4o5 475, du 27 juillet 1909. — Société Siemens-Schuckert xverke G. m. b. H. — Disjtositif pour le refroidissement des enroulements des corps rotatifs de machines électriques.
- 4o5 476, du 27 juillet 1909. — Compagnie française pour i/exploitation des procédés Thomson-Houston. — Mode de réglage d’un moteur asynchrone par l’emploi combiné d’un rhéostat de démarrage, et de l’accouplement en cascade avec un moteur à collecteur.
- 4o5 41G, du 26 juillet 1909. — Société Deutsche elektro spareicht G. m. b. II. — Transformateur de faible puissance et procédé pour sa fabrication.
- 4o5 5i2, du 28 juillet 1909. — Société Siemens et IIalske A. G. — Bobinage fixe pour appareils électriques.
- 404 990, du 3 novembre 1908. — Huard. — Perfectionnements aux machines excitatrices.
- 405 23 i , du 20 juillet 1909. —Ferguson. — Machine dynamo-électrique.
- 4o5 123, du 16 juillet 1909. — Maison Bréguet. — Application aux convertisseurs d’énergie électrique à courant continu d’un procédé d’excitation permettant automatiquement le réglage de la vitesse du convertisseur, la régularisation et la limitation de la puissance absorbée par le moteur du convertisseur.
- Arcs et lampes électriques.
- 404 578, du 3o juin 1909. — Voss. — Perfectionnements dans les appareils électriques automatiques pour annonces lumineuses.
- 4°4 787, du G juillet 1909. — Société Siemens-Schuckert werke G. m. b. II. — Lampe à arc électrique avec collecteur de fumée.
- 404 791» du 6 juillet 1909. — Zamboni et Sterling-
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- — Perfectionnements aux réflecteurs ou abat-jour pour lampes électriques.
- /io/| 919, du 3i octobre 1908. — Petit. — Lampes à incandescence permettant le remplacement des parties détériorées.
- 405 3ai, du 22 juillet 1909. — Firme Bergmann elektricitats AVEREE A. G. — Procédé pour empêcher les phénomènes électrostatiques de se produire lors de la formation des filaments métalliques pour lampes électriques.
- 4o5 3aa, du 22 juillet 1909. — Firme Bergmann elektricitats averke A. G. — Lampe à filaments métalliques brûlant dans toutes les positions et son procédé de fabrication.
- 4o5 323, du 22 juillet 1909. — Firme Bergmann elektricitats averke A. G. — Procédé pour l’obtention de tungstène métallique pur pour la fabrication des filaments de lampes électriques à incandescence.
- 4o5 32/(, du 22 juillet 1909. — Firme Beiigmann elektricitats aa'ERKE A. G. — Procédé de traitement des filaments métalliques de tungstène pour lampes électriques à incandescence.
- 4o5 325, du 22 juillet 1909. — Firme Beiigmann elektricitats. — Procédé perfectionné de traitement des filaments métalliques des lampes électriques à incandescence.
- 4o5 326, du 22 juillet 1909. — Firme Bergmann elektricitats AA’ERKE A. G. — Procédé pour la fixation des filaments métalliques des lampes à incandescence sur les fils adducteurs de courant.
- 4o5 827, du 22 juillet 1909. — Firme Bergmann elektricitats averke A. G. — Procédé pour chauffer à blanc les boutons de ciment fixent les filaments métalliques dans les lampes électriques à incandescence.
- 4o5 532, du 28 juillet 1909. — Société Bisson, Berges et Cia. — Lampe à arc.
- 4o5 041, du 13 juillet 1909. — Weber. — Filament en tungstène métallique pour lampes électriques à incandescence.
- 4o5 o45, du 13 juillet 1909. •—• Messknie. —Lampe à arc.
- 4o5 117, du i5 juillet 1909. — Geiger. — Lampe à arc pour projections.
- Transmission et distribution.
- 4o‘4 588, du 22 octobre 1908. — Gaiffe. -— Relais électrique.
- 404 688, du 29 juin 1909. — Leygonie. — Interrupteur automatique pour circuits électriques.
- 404 83g, du 7 juillet 1909. — Société Felten et Guilleaume Lahmeyeravehke A. G. — Indicateur à distance pour courant alternatif.
- 405 371, du 24 juillet 1909. — Portal. — Interrupteur à mercure à deux directions et sans plot mort.
- 4o5 413, du 26 juillet 1909. — Martonnaud. — Interrupteur d’électricité fonctionnant à distance.
- 4o5 122, du 16 juillet 190g. —Maison Bréguet. — Dispositif d’asservissement automatique de la fermeture d’un circuit électrique.
- 4o5 198, du 19 juillet 1909. — Stamatty. — Autocommutateur électrique horaire réglable.
- Traction.
- 4<>5 173, du 17 juillet 1909.—- Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Système de freinage par récupération avec moteurs monophasés.
- Electrochimie.
- 404 G84, duiSjuin 1909. — Catani. — Dispositions pour fours électriques à haut rendement.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 404 841, du 7 juillet 1909. — Bianu. — Accumulateur électrique.
- 405 oi5, du 12 juillet 1909. — Schheiber. — Batterie secondaire perfectionnée.
- 4o5 077, du T 5 juillet 1909. — Bleeck. — Perfectionnements apportés aux piles primaires.
- Télégraphie et téléphonie sans fil.
- 4o5 3i8, du 22 juillet 1909. — Eisenstein. — Système de construction spécialement destiné aux mâts des stations de télégraphie sans fil.
- 4o5 424, du i3 novembre 1908. — Compagnie générale radiotélégraphique Gaiffe, Carpentier, Rochefort. — Perfectionnements aux réceptions radiotélégraphiques ou radiotéléphoniques par détecteurs formant clapets électriques.
- 4o5 184, du 17 .juillet 1909. —Société Polyfre-quenz elektricitats gesellschaft G. in. b. II. —
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- Dispositif pour produire des oscillations électriques.
- Télégraphie et téléphonie.
- 404 570, du 3o juin 1909. — Société Siemens et Halsice aktien-gesellschaft. — Connexions téléphoniques en diplex avec chargement à autoinduction d’après le système de Pupin.
- 4oo 317, du 22 juillet 190g. — Poss. — Dispositif pour augmenter l’effet des ondes sonores dans les cornets transmetteurs de téléphone et autres appareils du même genre.
- 405 489, du 27 juillet 1909. — Prinz et Rittin-ghaus. — Serrure pour immobiliser après une révolution la manivelle d’appel d’un appareil téléphonique.
- 4o5 040, du i3 juillet 1909. — Stragiotti. — Perfectionnements dans les transmetteurs téléphoniques.
- 4o5 h3, du i5 juillet 1909. — Société Deutsche telephon werke G. m. b. H. —Disposition pour bureaux téléphoniques automatiques avec sélecteurs divisés en groupes.
- 4o5 276, du 7 juillet 1909. — Cerebotani et Sil-bermann. — Télégraphe imprimeur fonctionnant par l’emploi d’un seul fil de ligne aussi bien avec un courant de ligne permanent qu’avec un courant de ligne intermittent, et servant en même temps de moyen pour la télégraphie sélectionnée non troublée.
- Divers.
- 4o5 020, du 12 juillet 1909. — Etablissements de Dion-Bouton. — Dispositif d’attache du couvercle de rupture pour magnéto.
- 404 674, du 23 mai 1909. — Patterson. Batteries électriques et supports de ces batteries.
- 405 467, du 26 juillet 1909. — Edelmann. — Procédé de fabrication d’une résistance électrique pour chauffage et autres usages.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Rédacteur en Ciiiîe,
- Par la présente, nous prenons la liberté cle porter à votre connaissance l’état de chose dont le détail suit, au sujet de notre lampe Conta, et vous serions très reconnaissant de vouloir bien le publier dans votre Revue.
- En date du 22 novembre, le Bureau des Brevets allemands, àBerlin, a prononcé une sentence fort intéressante. Il y a quelques mois, nousavions lancé notre nouvelle lampe Conta sans aucun mécanisme de réglage, laquelle fonctionne indifféremment sur courant continu ou alternatif, en séries par tout nombre désirable de lampes. Lorsque la lampe apparut sur le marché, la Deutsche BeckBogenlampengesellschaftà Franc-fort-sur-le-Mein lança des annonces contre nous dans tous les journaux en prétendant que la lampe Conta viole un brevet d’invention de ladite Compagnie, et en mettant en garde lé public contre l’achat de notre lampe Conta.
- Nous, de notre côté, sachant que notre construction est indépendante de toute autre, nous avions en conséquence provoqué la demande judiciaire de nullité contre le brevet allemand n° 186708, brevet qui d’une manière exclusive autorise la Compagnie Beck à supporter le charbon négatif dans les lampes à flamme.
- La Compagnie Beck, de son côté, faisait tous efforts pour maintenir la validité dudit brevet, mais le Bureau des Brevets allemands, à Berlin, a pourtant prononcé la nullité.
- Nous aimons à croire que cet état de chose sera l’objet d’un certain intérêt de vos lecteurs et cela d’autantplusque la lampe Conta fut brevetée S. G. D.G. aussi en France dans l’entretemps. Donc, la lampe Conta est indépendante dans sa construction, et peut être livrée à tout le monde.
- Avec nos remerciements anticipés, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments très distingués.
- Regina Bogenlampen-fabrik.
- Koln-Sülz, 9 décembre 1909.
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- T. VIII (2® Série).—N°51,
- VARIÉTÉS
- Les lois de protection forestière en Italie.
- Communication présentée au Congrès de Bordeaux, de /'Association Française pour l’Aménagement des Montagnes, par M. Pierre Buffault, inspecteur des Eaux et Forêts (').
- Le programme du Congrès comportant l’examen des divers moyens employés dans les divers pays pour conserver les bois existants, reboiser lies sols incultes et prévenir la dégradation des terrains en montagne, il m’a paru intéressant de rapporter, ici, les dispositions essentielles de plusieurs lois italiennes récentes, qui tendent au triple but qui vient d’être énoncé. Les peuples ne sont pas tenus à la même discrétion que les individus et il est fort utile, nécessaire même, de regarder un peu ce que fait le voisin. On en tire de profitables enseignements pour la conduite de ses propres affaires.
- Les lois dont l’examen va être fait au point de vue sylvo-pastoral sont, par ordre chronologique : la loi de 1897 sur la Sardaigne, la loi de 190a sur le bassin du Sele, la loi de 1904 pour la Basilicate et celle de 1906 pour la Calabre.
- I
- Nous ne reparlerons pas, ici, de la loi forestière du 20 juin 1877 qui, avec celle du ier mars 1888, sur le reboisement, constitue le code forestier de l’Italie, ayant déjà donné ailleurs l’analyse de ces deux lois (*). Mais, avant d’examiner les quatre lois locales sus-énoncées, il nous paraît indispensable de dire quelques mots de la situation générale du reboisement de l’autre côté des Alpes.
- Le premier pas fait, depuis l’unification de l’Italie, vers le reboisement obligatoire est la loi du 4 juillet 1874 sur les biens communaux incultes. Les lois des anciens Etats tendaient plutôt à conserver les forêts existantes qu’à en créer de nouvelles. Le déboisement, toujours croissant néanmoins, devenait inquiétant
- (*) Reproduite par la Houille Blanche, septembre 1909. (2) Pierke Buffault. Solution du problème forestier à l’étranger. 3e Congrès du Sud-Ouest navigable, Toulouse, Privât, igo5.
- et le nouveau gouvernement chercha à assurer la conservation des forêts restantes et à reconstituer les boisements détruits. De là, la loi de 1874, puis peu après celle de 1877 précitée.
- La loi du 4 juillet 1874 dispose que les biens incultes communaux qui sont patrimoniaux doivent être mis en culture et, s’ils tombent sous le coup de la loi forestière, être mis en bois. Si, dans un délai de cinq ans ('), les communes n’ont pas obtempéré, les biens devront être vendus ou loués en emphythéose avec l’obligation de reboisement pour ceux soumis à la loi forestière (art. 1). Passé ledit délai et faute par les communes de n’avoir pas satisfait à la loi, les députations provinciales procéderont, au profit des communes, à l’aliénation ou à la location des biens (art. 4). Le Comité forestier ou une commission spéciale établira la liste des biens communaux soumis à la loi (art. a) (8).
- Les résultats obtenus par cette loi, sont peu de chose (ben piccola cosa), dit M.Zappella (3), à cause des dépenses trop lourdes que la loi imposait auxeommunes etdes privations pénibles qu’elle entraînait. Et cependant, pour faciliter l’opération, le ministère de l’Agriculture décida de contribuer pour les a/5 aux dépenses des communes et de fournir gratuitement aux particuliers graines et plants.
- Au 3i décembre 1900, sur 751 451 hectares de terrains incultes recensés, 388 354 furent écartés comme non incultes, ou non patrimoniaux, ou non cultivables, et 175 077 furent dispensés par application de l’article a de la loi de 1886; il resta donc 188020 hectares se répartissant comme suit :
- 13a 096 hectares rendus à la libre culture;
- (*) Prorogé de cinq autres années par la loi du ib juin 1882, puis de 10 autres années encore par celle du 11 avril 1886. Cette dernière loi de 1886, en son article 2, exempte des obligations de la loi de 1874, les terrains de montagne maintenus en bon état, ne présentant aucun danger de dégradation, d’avalanches, de glissement, et dont le reboisement n’est pas nécessaire à la régularisation du régime des eaux.
- (2) Voir texte et commentaires, Miciiele Zappella : Leggi sulle foreste, Martine Fiança, C. Ippolita, 1905.
- (3) Op. cil.
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- 6u hectares proposés pour la soumission à la servitude forestière ;
- 55 3i3 hectares restant soumis aux obligations de la loi de 187/1.
- De ces 55 3i3 hectares, voués au reboisement, 11 189 furent aliénés et n 338 furent loués, les uns et les autres avec obligation de î-eboiser et, en 1900, on en pouvait compter 41711 comme reboisés ou étant sur le point de l'être. Sur 2 783 communes tombant sous le coup de la loi, 2 594 l’ont exécutée d’une façon ou d’une autre et 189 ont encore à le faire.
- Telle est l’œuvre de la première loi de reboisement italienne : 7 % seulement des communaux incultes rendus à la forêt. C’est peu assurément et l’on comprend que les forestiers ne soient point satisfaits.
- Pour faire mieux, le ier mars 1888, fut votée une nouvelle loi ('), relative au reboisement et complétant, sous ce rapport, la loi spéciale de 1874 et la loi forestière de 1877, dont les dispositions étaient absolument insuffisantes.
- Cette loi s’imposait, ainsi qu’on peut s’en rendre compte, en lisaut son exposé des motifs, dont nous extrayons les données suivantes :
- L’Italie compte environ 260 fleuves importants et un nombre considérables de torrents qui sillonnent ses montagnes et ses collines. Celles-ci occupent plus de 170 oook"n2I soit 57 % du territoire qui a 298 3o5km2 de superficie. Les terrains à restaurer forment une étendue considérable. Les chiffres officiels accusent environ 387 632 hectares avec une dépense de 123 lires par hectare, soit au total 47914 788 lires. On peut les croire entachés d’optimisme ; les Apennins, par exemple, passant pour plus dégradés que nos Pyrénées.
- Ces dégradations et le délabrement des bois restants sont dus surtout à l’abus du pâturage; les mauvaises exploitations et le feu ont aussi beaucoup détruit, mais le pâturage abusif reste la cause principale du déboisement et de la dégradation des montagnes d’Italie. II est aussi la source des plus grandes difficultés que rencontre l’administration, la suppression ou la réduction du pâturage, qui s’exerce sur toutes les
- (fi Voir analyse succincte, in P. Buffault, op. cit. et pour plus de détails consulter : T. Pampeloni, Corso di legislazione e giurisprudenza forestale, Vallombrosa, 1897 ; M. Zappela, op. cit.
- montagnes, heurtant trop les intérêts d’une multitude de pauvres gens qui en vivent.
- La loi a cherché un remède dans la mise en dépens temporaire avec indemnité au propriétaire (art. 19). Le gouvernement a décidé, en outre, et bien que ce 11e fût pas dans la loi, de concourir aux dépenses des communes pour 2/5 et de fournir gratuitement plants et semences aux particuliers.
- Malgré tout cela, et au rebours des espérances qu’elle avait fait concevoir, cette loi de 1888, dit M. Zappella (j), a causé de douloureuses désillusions et manqué presque complètement son but. Cela tient, d’une part, à ce que les propriétaires montagnards sont naturellement opposés à former les associations forestières et de reboisement, prévues par la loi, et qui souvent comportent de trop lourdes dépenses pour eux et, d’autre part, à ce qu’ils ne se résignent point à renoncer au pâturage, même pour un petit nombre d’années et alors qu’ils y trouveraient finalement leur intérêt. Ainsi, l’œuvre « vraiment sainte » de la restauration du pays par la forêt reste stationnaire et les dommages augmentent (Zappella) (2).
- Ou conçoit donc que le gouvernement ait eu recours à des dispositions législatives spéciales lorsqu’il s’est agi d’œuvres d’un intérêt particulièrement pressant et d’une importance considérable, telles que le relèvement économique de grandes provinces ou la protection de travaux d’intérêt général.
- II
- CRÉATION DE RESSOURCES POUR LA SARDAIGNE
- La question forestière est d’une importance vitale pour la Sardaigne où les 2/5 de la superficie ne peuvent être utilement consacrés à d’autre culture que la forêt (Pietro Fossa). Détruites par le fer et le feu, les antiques et rfehes forêts de l’île on fait disparaître avec elles une puissante source de richesse. L’économie générale du pays, ainsi que son régime climatérique et hydrologi-que, s’en est trouvée altérée, et un coup fatal a
- F) Op. cit.
- (a) Sur les résultats des lois forestières de 187g et 1888 etl’opinion italienne à leur égard, voir Pierre Bui-fault, Choses forestières d’Italie, Revue des Eaux 'et Forêts, 1908, p. 196.
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- T. VIII (2* * Série). — N» 51.
- été porté à l’agriculture. En 1870, les bois couvraient encore 1 o4oî>22 hectares, soit 41,11 % du territoire de l’ilc ; aujourd’hui, ils n’en occupent plus que 63 328. Les crues des cours d’eau sont devenues bien plus fréquentes, plus rapides et plus dangereuses (1). La population réclamait donc un frein à cette destruction des bois et une réparation du mal causé. Telle est l’origine de la loi du 2 août 1897.
- De cette loi, nous retiendrons seulement les dispositions suivantes d’ordre forestier.
- Dans chaque chef-lieu des deux provinces sera constituée une commission d’arbitrage composée de... (divers fonctionnaires dont l’inspecteur forestier)..., qui jugera des contestations et litiges sur les terrains ex-usagers (2) et homologuera les transactions intervenues à ce sujet (art. 4). Elle aura même compétence pour les litiges relatifs aux bois déclarés inaliénables par la loi du 4 mars 1886.
- Les biens ex-usagers, libres de servitude, de condominium, etc., seront mis à la disposition d’une caisse usagère qui est constituée en personne morale, à laquelle seront dévolus le rendement des redevances de baux et le prix des rachats, et qui aura pour objet de faire des avances en argent aux banques de grains (monti frumen-lai'i) des communes, et aux fermiers pour les constructions de bâtiments (art. G et 8j, et même plus tard d’accorder des primes et subsides aux fermiers pour ces constructions et pour les reboisements (art. 10).
- Les biens affectés à la caisse usagère seront divises en deux catégories : les uns, à reboiser comme il sera dit à l’article 3o, et qui seront consignés sur les registres des inspections forestières ; les autres, divisés en lots de 5 hectares au moins, qui seront affermés (sous diverses conditions). Mais ces dispositions ne s’appliquent pas aux biens qui actuellement sont boisés et que les communes déclareront vouloir retenir en s’obligeant à les conserver boisés, sous réserve de l’avis favorable de la commission d’arbitrage (art. 6).
- (') Ponti, Rapport sur l’influence de la destruction des forêts, X8 Congrès de navigation. Milan, igo5.
- (*) Nous traduisons par usagers le terme adeniprivili qui désigne des terrains qui étaient soumis à certains droits" d’usage dénommés adimprivi. Ces terrains, en majeure partie boisés jadis, occupaient 43a ooo hectares. V. T. Pampaloni, op. cit., p. 327.
- Les travaux d’hydraulique et de reboisement nécessaire seront exécutés en 29 ans. Ils sont évalués à 8 millions de lires, dont 1 25o 000 pour les reboisements (art. 21 et 23).
- En outre de iSoooo lires que l’Etat fournira annuellement pendant 4° ans pour les irrigations (art. 21), les dépenses seront supportées par l’Etat, pour les 3/4, et par les intéressés (provinces, communes et particuliers), pour le 1/4 ; à l’égard des dépenses de reboisement proprement dit, les provinces sont considérées comme les seuls intéressés (art. 22).
- Le concours des intéressés est obligatoire et exigible suivant les règles fiscales (art. 25).
- Les travaux, objet de la présente loi, ont le caractère d’utilité publique. En cas d’expropriation, l’indemnité sera déterminée suivant les règles de la loi du i5 janvier i885 (art. 27).
- Les travaux de reboisement seront exécutés par les soins du ministère de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie sur les terrains exusagers consignés dans les inspections forestières selon la règle de l’article 6. Quant aux terrains privés à reboiser, ils seront expropriés conformément à l’article 27, à moins que le propriétaire ne s’oblige à les reboiser à son propre compte en se soumettant à toutes les dispositions, qui seront prescrites par l’inspection forestière.
- Dans ce cas, et pourvu qu’ils maintiennent l’état boisé, ils seront exemptés de l’impôt foncier dû au Trésor public. Les terrains boisés appartenant à l’Etat sont inscrits parmi les forêts domaniales inaliénables (art. 28 et s.).
- On remarquera que, pour les terrains particuliers à reboiser, l’Etat incite les propriétaires à les reboiser et, à leur défaut, se réunit à la province en consortium pour faire l’opération, après expropriation des propriétaires. M. Zapella regrette que cette disposition, qu’il juge simple et efficace, ne soit pas étendue à toute l’Italie. Cette procédiwe se différencie de la nôtre, en France, par la participation de la province, participation fort juste que nous n’avonspas.
- Une autre disposition, qui nous parait très importante et devoir être féconde, est l’avance d’argent à faible intérêt aux fermiers des terrains ex-usagers pour les divers travaux à exécuter et, notamment, les reboisements. C’est l’heureuse application à ces derniers du crédit agricole.
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- PROTECTION FORESTIÈRE DANS LE BASSIN DU SELE
- Le Sele est un petit fleuve côtier rpii se rend à la mer entre Eboli et Paestum, au Sud-Est de Salerne, et qui prend sa source dans un nœud de montagnes, appelé quelquefois l’Apennin napolitain, situé à l’Est de Salerne. De ce massif montagneux descendent également d’autres cours d’eau de la région napolitaine.
- La pérennité et l’abondance des sources du Sele et des autres cours d’eau naissant dans l’Apennin napolitain sont d’un intérêt exceptionnel pour Naples et les campagnes environnantes, qui s’y acclimatent d’eau, et aussi pour l’aqueduc de laPouille, en voie de construction, qui traversera cette région et yjprendra également de l’eau.
- C’est bien là « la lutte pour l’eau ». On a immédiatement compris que, pour en sortir vainqueur, que, pour protéger toutes ces sources, il fallait protéger les rares forêts subsistant dans ces montagnes et y reconstituer celles disparues (').
- L’Apennin napolitain, dont les principaux sommets, dans la partie qui nous occupe, sont le Calvello (i 58om), le Raiamagra (i 672m), le Cer-vialo (1809™) et le Polveracchio (1790™), était autrefois couvert de belles forêts, il n’en reste plus que quelques-unes qui sont cupidement exploitées par les communes propriétaires de la majeure partie de ces montagnes. Ainsi la Serra de Teana, que l’aqueduc de Pouille longera sur iakm, était autrefois couverte d’une vaste forêt, dont plus rien ne subsiste aujourd’hui. Sur les versants dénudés, on pâture ; plus bas, on sème des céréales et on cultive des vignes qui profitent de la fertilité d’un sol jadis boisé, mais qui sera bientôt épuisé. Il a suffi de moins de quarante ans pour réaliser ce malheureux changement (2).
- L’honorable député, R. de Cesare, disait à la Chambre italienne, en 1901, que les déboisements ayant une influence directe sur les sources du Sele, on pouvait prévoir le jour où manquerait
- (1) La disparition de ces forêts a rendu torrentiels des cours d’eau qui ne l’étaient pas ou peu, qui maintenant sont sujets à des crues rapides et dont le lit s'exhausse constamment. Tel le Sele. Le fleuve Allaro (Reggio de Calabre) est devenu un exemple classique de torrentia-lité (Ponti, rapport cité).
- (2) « Oh povero nostro Appennino méridionale, dive-nuta irriconoscibile, in pueno di quarant’anni ! » (R. de Cesare.)
- tout le volume d’eau destiné à alimenter les provinces de Pouille, ce dont souffrirait également la ville de Naples. Celle-ci s’alimente avec l’eau du Serina et d’autres cours d’eau originaires de ce nœud de hautes et pittoresques montagnes, lesquelles étaient couvertes de vieilles forêts, il y a peu d’années encore, et qu’aujourd’hui l’on dénude de façon barbare.
- On n’hésita donc point sur les moyens d’éviter une si dangereuse disette. Protéger par la forêt les « têtes d’eau » du Sele et autres cours d’eau voisins apparut, de suite, comme la seule solution du problème.
- Et le 26 juin 1902 fut votée la loi relative à la construction de l’aqueduc de la Pouille et à la protection forestière du bassin du Sele, après les très intéressants travaux préparatoires d’une commission spéciale d’études (').
- Cette loi, au point de vue forestier, renferme les dispositions qui suivent :
- Un décret établira le périmètre du bassin hydrologique des sources du Sele. Les terrains y compris, qui ne sont pas déjà soumis à la servitude forestière, en vertu de la loi du 20 juin 1877, seront soumis à cette servitude par l’effet de la présente loi et pourront être astreints à des règles spéciales de conservation et de culture, à déterminer par règlement d’administration publique (art. i5).
- Au cas où l’application du précédent article occasionnerait une diminution de revenu, le. propriétaire aura droit à une indemnité à établir selon les règles de la loi sur l’expropriation pour utilité publique (art. 16).
- Tous les terrains soumis à la servitude forestière par l’effet du précédent article i5 seront sans autre formalité placés, pour l’impôt foncier, dans la classe du revenu imposable minimum de la région (art. 17).
- Au budget des dépenses du ministère des Travaux publics, il sera annuellement réservé, et pour dix exercices consécutifs à partir de 1902-1903, un fonds de 100000 lires pour les travaux de reboisement du bassin du Sele et les dépenses accessoires relatives à la protection forestière de ce bassin (18).
- (J) Voir Atti delta Commissione permanente per la tutela délia silvicoltura nel bacino del Sele, a protezione del costruendo acquedoito pugliese, Roraa, casa éditrice italiaua, igo5.
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- T. VIII(2eSérie).—N» 51.
- Les travaux, objet delà loi,sont déclarés d’utilité publique (art. 19).
- Consécutivement, le décret royal du n janvier 1903 a délimité le périmètre de protection du bassin du Sele, y comprenant toutes les sources et « têtes d’eau » du Sele, du Tusciano,etc., et englobant 17 927 hectares dont l’altitude varie de 400-600“' (côté Est) à 1809'“ Mlfi Cervialto), vers le centre du périmètre.
- Ce décret spécifie que les projets de travaux à établir en conformité de l’article 18 de la loi devront indiquer les zones à reboiser ou restaurer, celles à mettre en défense pour le pâturage, celles â garantir par des travaux hydrauliques et des travaux de consolidation de rives de cours d’eau on de torrents, et celles à laisser à la libre culture agricole sous l’observation des règles de l’article i5.
- Cette énumération montre la variété des mesures prises et des travaux entrepris dans le périmètre créé. Les travaux d’art sont exécutés par les soins du génie civil et ceux de semis et de plantations par les soins du service forestier (*). Les bois existants, communaux ou particuliers, sont astreints à des plans de conservation et de
- (1) Cette organisation est assez analogue à celle qui présida, au début, à la fixation de nos dunes de Gascogne. Y. Pierre Buffault : Les débuts de la fixation des dunes. La Commission des dunes, Bordeaux, Gounouilhou, 1905.
- culture, véritables petits règlements d’exploitation déterminant le mode de traitement des bois, l’âge d’exploitabilité, la nature et l’ordre des coupes et travaux accessoires, etc. (•).
- Ces divers travaux de restauration ont été commencés dès 1902 et sont actuellement en bonne voie d’exécution. Les forestiers italiens pensent que le crédit affecté sera largement suffisant, que le but de la loi sera pleinement atteint et qu’un « splendide manteau arborescent couvrira bientôt les versants nus de ces montagnes, assurant la pérennité et la pureté des sources » (Zappella). Nous observerons que,pour résoudre cette question d’utilité publique, les Italiens n’ont pas hésité à restreindre le « droit d’user » des propriétaires, afin de conserver les forêts et d’en reconstituer d’autres, et ce, sans déposséder personne, en réduisant au minimum les expropriations. Nous les félicitons grandement de cette procédure modèle (2).
- C) Sur la technique des travaux forestiers du Sele et les règlements d’exploitation des bois du périmètre. V. Pierre Buffault : Choses forestières d’Italie, Revue des Eaux et Forêts.
- (a) Nous voudrions voir procéder de même eu France, où on a commencé dans les Hautes-Alpes à agir d’une façou analogue : V. Pierre Buffault : Le régime forestier, 3° Congrès du Sud-Ouest navigable, Toulouse, Privât, 1904; Observations sur la nécessité de réfomer nos lois forestières, 4e Congrès du Sud-Ouest navigable, Toulouse, Privât, 1906.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- La collaboration des banques et de l’indus-ti'ie en France et en Allemagne.
- Le problème de l’assistance financière à porter aux entreprises industrielles, par le moyen des banques locales, a été agité de façon intéressante au récent congrès du Syndicat des Banques de province. (') D’une lettre de M. C. Cavallier (2), nous extrayons le,s remarquables passages suivants :
- (1) Nancy, septembre 1909.
- (2) Publiée par le Bulletin de la Chambre Syndicale des forces hydrauliques, etc., 25 octobre 1909.
- « Il existe une très grande différence entre les procédés industriels français et les procédés industriels allemands.
- « Un Français qui désire créer une industrie commence généralement par construire une petite unité, une cellule industrielle, si je puis dire; il y dépense peu d’argent. S’il n’a pas d’actionnaires, il ne prélève sur ses résultats que le strict nécessaire pour ses besoins et ceux de sa famille. S’il a des actionnaires, il réduit le dividende au minimum et emploie la très grande partie dés bénéfices à développer sa cellule industrielle.
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- a Et c’est ainsi qu’au bout d’un certain nombre d'années, de grands établissements se trouvent créés avec un capital resté peu important et dont la rémunération constitue une charge relativement légère.
- a Grâce à cela l’industriel français peut continuer à prélever sur ses bénéfices, les sommes nécessaires, non seulement à l’entretien, mais encore au renouvellement incessant de son outillage, à l’agrandissement de ses ateliers, au perfectionnement de ses procédés, au remplacement de ses machines, jamais usées, mais vite démodées, et il est tenu de faire toutes ces dépenses parce que, sans cela, il se trouverait en infériorité flagrante vis-à-vis de ses concurrents nouvellement venus ou de ses concurrents étrangers.
- « L’industriel allemand s’y prend d’une tout autre façon. S’il a la conception d’une aciérie faisant a5oooo tonnes d’acier par an, il cherche les capitaux nécessaires pour construire immédiatement, d’un seul jet, l’unité nécessaire pour atteindre cette production. Cette usine, il la construit avec les machines et l’outillage tout à fait perfectionnés et devant donner le prix de revient le plus réduit. »
- « Au point de vue financier, c’est-à-dire au point de vue qui touche à la banque, quelles sont les conséquences respectives de ces deux manières de faire ?
- « L’industriel allemand ne peut se procurer directement les énormes capitaux dont il a besoin tout d’un coup. Il s’adresse obligatoirement à des sociétés financières qui souscrivent une partie souvent importante des actions, et qui donnent le complément nécessaire sous forme d’ouverture de crédit. Il en résulte, au point de vue industriel, que l’usine est essentiellement dépendante de la banque, et l’on a vu des banques intervenir dans le fonctionnement commercial de certaines usines.
- a 11 en résulte encore que les banques voient d’un œil bienveillant les sociétés industrielles distribuer de beaux dividendes, ce qüi fait monter les actions dont elles détiennent, je l’ai dit, une grande partie.
- « Cette situation offre, pour les banques, un danger qui ne peut échapper à personne; et survienne une crise, que les déposants en compte courant, dont l’argent va servir à construire des usines, réclament, sous l’influence d’une panique, le montant de leurs dépôts, on voit immédiatement le désastre qui peut en résulter. Et ce n’est pas une simple hypothèse ; ces faits se sont produits.
- « Avec l’industriel français, les banques ne courent pas ce danger. L’industriel et le banquier vivent en bonne intelligence, comme deux industriels ayant
- des affaires communes. L’industriel a chez le banquier un compte courant, tantôt débiteur, tantôt créditeur, mais il doit raz’ement des sommes considérables. Il a, de ce fait, une certaine indépendance et le banquier a, de son côté, une grande sécurité.
- « Si l’industriel veut, à un certain moment, dépenser plus d’argent que son industrie ne lui en rapporte, et cela s’est produit dans ces dernières années, par suite du développement considérable de l’industrie minière et sidérurgique en Meurthe-et-Moselle, l’industriel émet des obligations, et ses banquiers trouvent facilement le placement de ces obligations chez M. Tout-le-Monde, parce que l’industriel inspire confiance et parce que la banque régionale inspire, elle aussi, confiance, et qu’en avalisant au moins moralement la signature de l’emprunteur, elle fait, des obligations industrielles de Meurthe-et-Moselle, des titres de tout repos.
- « Et c’est ainsi que le développement de l’industrie en Meurthe-et-Moselle s’est fait sans crise financière, malgré la rapidité vertigineuse avec laquelle on a marché. »
- Tel est donc, en France, le rôle de la banque vis-à-vis de l’industrie.
- M. C. Renauld le précise en ces termes dans son rapport :
- Ce rôle est l’assistance aux valeurs régionales.
- La tâche n’est pas toujours facile.
- Chez les valeurs régionales, elle commence seulement, quand elle est déjà terminée, pour un emprunt d’Etat, avec le succès de son émission. Après le recrutement du capital, se poursuit notre concours, concours tutélaire non moins que financier.
- Ce parrainage peut constituer le réduit imprenable de la banque locale.
- Pourquoi ?
- i° Parce que, sur place, on est plus conscient qu’à distance des possibilités d’une industrie et de ses besoins financiers ;
- a0 Parce qu’on y connaît plus à fond la valeur de ses dirigeants et l’estime dont ils jouissent, tous éléments qui sont la base fondamentale du crédit;
- 3“ Parce qu’une entreprise locale, alimentée en capitaux par la région elle-même, est l’objet d’une surveillance plus étroite; c’est l’œil du maître, et quel œil perçant que celui de l’intérêt;
- 4° Parce que, s’il ne suffit pas de faire des enfants, mais qu’il faille encore les élever, nous ne voyons pas les représentants d’un grand établissement central, distant du siège de l’entreprise, appliquer financièrement ce principe avec autant de soins et de
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- scrupules que les promoteurs ou dirigeants locaux, opérant sous le regard de leurs commettants ;
- 5° Parce qu’enftn, tout, c’est trop, c’est-à-dire qu’un omnium qui se conçoit j>our les diverses branchesd’une même industrie, pourra difficilement réaliser l’omniscience et l’omnicompétence industrielles.
- Cet omnium central ne saurait non plus avoir la clairvoyance et la souplesse au même degré que les banques locales adaptées aux milieux et aux personnes.
- « On objectera que la coupole de nos rivaux abrite un personnel exercé d’ingénieurs spécialisés dans chaque genre.
- « C’est exact. Mais ces spécialistes ont le tort de n’être pas du cru et de n’y pas résider.
- cc L’arbre le plus vigoureux n’est pas celui qu'on a transplanté loin de son terrain d’élection, mais plu-tôt celui qui continue à puiser les sucs d’un sol fait .pour son essence et à grandir sous le sol de son climat.
- « Il y a également pour la plante humaine un maximum de vigueur et de rendement : c’est dans le milieu auquel elle fut acclimatée de tout temps.
- a La preuve en estfournie quotidiennement par la difficulté supplémentaire qu’ont à vaincre, lorsqu’ils changent de siège, les directeurs dé succursales chez nos rivaux.
- « Pour se faire agréer par l’opinion locale, c’est à des habitudes, à des goûts nouveaux pour eux, c’est à une mentalité propre qu’il faut qu’ils se plient.
- « Us n’y réussissent pas toujours, parce que, en dépit de leur facilité d’assimilation, leur formation antérieure ne parvient pas à saisir tous les caractères d’un milieu différent.
- « La vie d’affaires est malaisée surtout parce qu’elle est une continuelle adaptation et une appropriation incessante. »
- Il nous a paru opportun de citer ces documents représentatifs des tendances actuelles dans les sphères industrielles et financières de l’Est.
- P. J.
- Essai d’un groupe turbo-dynamo système A.-E.-G. Gurtis (<).
- Les mesures ont été faites les 3o novembre et ier décembre 1908. La turbo-dynamo doit fournir une puissance de 4 000 k\v. par 1 5oo tours et 5a périodes. La vapeur est reprise dans un condensateur par surface et renvoyée alternativement dans deux bâches de mesurage au moyen d’une pompe à air humide.
- La consommation, garantie pour une pression de 121/2 atmosphères, surchauffée à 3oo° et un vide de gS % est de :
- 6kB,5 par kilowatt-heure à pleine charge,
- 7k”,2 par kilowatt-heure à demi-charge.
- (*) D’après un rapport de la Société Berlinoise pour l’inspection des chaudières, reproduit parla Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, août 190g.
- Tableau
- NUMÉROS 2>£ L’ESSAI
- 1 2 3 4 5 0
- Nombre de soupapes de tuyères ouvertes J I 2 2
- Pression de vapeur effective at 12,4 ip.,5 [2,3 12,3 12,2 12,2
- Température de la vapeur. °c 334 345 333 33o . 341 35o
- Vide (baromètre à 769mm) % 98,2 98,0 98B 98,1 97,6 97.3
- Puissance du courant triphasé aux bornes KW 2 200 2 236 3240 3247 4232 4239
- — de l’excitatrice KW 9,9 9.9 I Ï,I u,r 12,-J 12,7
- totale (triphasé + continu] KW 2 209,9 2245,9 325i,i 3 2.58,1 4244,7 425i,7
- — absorbée par condensateur (l) . KW 57,3 58,6 59,2 59,2 62,9 4 169,1 59.4
- — en triphasé. Puissance de la condensation KW 2142,7 2177.4 3 180,8 3187,8 4179.6
- Consommation de vapeur pour triphasé Kg/KWÀ 5,40 5,34 5,49 5,45 5,5o 5,43
- pour triphasé -p continu Kg/KWA 5,38 5,31 5,47 5,43 5,4g 5,41
- — pour triphasé — condensateur Kg/KWA 5,54 5,48 5,59 5,55 5,5g 5,5i
- — pour triphasé, calculé pour 3oo° et g5 % vide... Kg/ICWA 5,99 5,98 6,o5 5,98 6,09 6,07
- 1 % vide = r,5 % cons. de vapeur.
- 6° = 1 o/0 COns. de vapeur.
- (') Cette puissance représente celle de la pompe à air et de la pompe à eau pour une hauteur manométrique d’aspiration de 4 mètres. ' ,
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- Les bâches ont été étalonnées et l’étanchéité du i condensateur vérifiée avant l’essai. |
- La pression de la vapeur, le degré de vide et la J température de l’eau de refroidissement ont été j mesurés à l’aide de manomètres vacuomètres et thermomètres éprouvés, et la pression atmosphérique à l’aide d’un baromètre contrôlé par l’Institut météorologique de Berlin. !
- Les mesures électriques ont été faites au moyen d’instruments de précision étalonnés par l’Institut physicotechnique de l’Etat, et appartenant à la Société de surveillance d’Essen, les courants triphasés ont été mesurés par la méthode des deux watt-mètres.
- Chaque essai a duré une heure, et les lectures ont été prises aux turbines de 5 en 5 minutes, aux instruments de mesure pour le courant principal de 2,5 en 2,5 minutes, à ceux pour l’excitation et la condensation de jo en io minutes.
- Les résultats piincipaux sont donnés dans le tableau I.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Le Moniteur des Intérêts matériels a fait état, dernièrement, de statistiques officielles pour étudier la situation commerciale et industrielle de la France. De la comparaison des bilans de la Banque de France, des prix des principales marchandises, des chiffres de notre commerce extérieur et des recettes de nos chemins de fer, il conclut à un mouvement de reprise des affaires. Les symptômes que peut, en effet, procurer l’examen des chiffres ci-dessus, sont tous concordants et accusent une progression légère mais tendant à s’accentuer. En Belgique, mêmes indices ; le portefeuille de la Banque nationale est, en particulier, de 8o millions supérieur à ce qu’il était il y a un an, et l’encaisse est moindre de 5o millions. Comme conclusion, le Moniteur croit pouvoir affirmer que, d’une manière générale, la période de liquidation de la crise peut être considérée comme bien terminée et que nous nous trouvons à l’aurore d’une nouvelle ère de réparation et de prospérité.
- On annonce en particulier, en France, des commandes très importantes de wagons et de locomotives de la part de toutes nos compagnies de chemins de fer; on dit,même que certaine compagnie a sol- i licité l’autorisation de passer des ordres en Bel- I
- I gique, en Allemagne, et que le ministère hésiterait.
- | Celui-ci doit être pris entre son désir de donner du J travail à tous nos ateliers de construction de wagons et la nécessité de satisfaire la légitime ambition des compagnies d’obtenir rapidement et à bien meilleur compte leur outillage industriel. Ne nous faisons pas, en effet, d’illusion sur les raisons qui peuvent j inciter les conseils de nos grandes compagnies à avoir recours à l’étranger ; c’est autant, sinon plus, la question des prix que celle des délais de livraison ! Elles sont tant surchargées d’impôts et de dépenses que leur préoccupation de réduii’e leur prix de matériel neuf à qualité égale ne peut être critiquée.
- Les bourses européennes reflètent en ce moment l’optimisme général qui peut résulter des impressions dont nous parlions plus haut comme de l’échec des nouvelles mesures fiscales que projetaient partout les ministres des Finances. Nos valeurs électriques se tiennent donc plutôt en hausse, qu’elles soient d’entreprises de construction, de transport ou de distribution.
- La Compagnie Générale d’Électricité vient de publier ses résultats pour l’exercice clos le 3o juin 1909; ils font ressortir un bénéfice de 2 354 856 fr.; le dividende proposé sera de 6 % comme l’an dernier.
- Une Assemblée extraordinaire des Tramways mécaniques des environs de Paris est convoquée pour le 3o décembre à l'effet de statuer sur une réduction du capital.
- La sous-commission technique chargée d’examiner les propositions des demandeurs en concession des omnibus automobiles et des ti*amways ont renvoyé devant le Conseil municipal les deux concurrents, la Compagnie des Omnibus et le groupe Francq-Favaron, à l'effet d’autoriser l’exploitation des omnibus et des tramways par une seule société. Ce vote de la sous-commission remet en question les points essentiels du cahier des charges, car il est la conséquence des tarifs et des chai’ges imposées et de la durée des concessions accordées. Le public parisien n’échappera pas au régime provisoire.
- On dit que la Thomson-Houston aurait obtenu avec la Western Electric Company, de Chicago, et la National Telefon and British Insulated Company, de Londres, la concession des téléphones de Constantinople. La Thomson prendi’ait une participation de 20 % dans la nouvelle société qui aurait besoin d’au j moins 40 millions pour mener à bonne fin l’oi’gani-I sation des services téléphoniques à Constantinople.
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- Le Rio seul ne participe pas à l’allure générale : il avait dépassé le cours de 2000 sur l’annonce de la formation du trust! Mais le jugement qui atteint la Standard Oil C° donne à réfléchir aux promoteurs du mouvement et le Rio est retombé aux environs de i960. Cependant, sans affirmer que la United States Copper Corporation ne se constituera jamais, il est avéré que les groupes cuprifères dirigeants, l’Amal-gamated d’un côté et la firme Guggenheim de l’autre, ont suspendu les hostilités. On prévoit pour 1910 une consommation d’un million de tonnes contre un disponible de i 278000 tonnes, ce qui donnerait un excédent de 278 000 tonnes; il serait donc de l’intérêt de toutes les mines de s’entendre pour réduire cette production jusqu’au jour où la consommation qu’on prévoit énorme par l’utilisation généralisée des chutes d’eau, la concentration de la transmission de la force, l’électrification des chemins de fer, absorbera le disponible. Néanmoins toutes les tentatives de formation du trust sont suspendues jusqu’au jour où le Président des Etats-Unis aura fait connaître son opinion sur les trusts en général.
- Il a été question, il y a quelques mois, du différend survenu entre la Société Lilloise d’Electricité et les Tramways électriques de Lille. Ceux-ci avaient cru pouvoir vendre leurs excédents d’énergie à des particuliers. La Société Lilloise avait vu dans cette vente une Concurrence déloyale portant atteinte à son monopole : et la Cour de Douai lui avait donné raison; mais à la suite d’incidents de procédure, la cour de Cassation d’une part, le Conseil d’Etat de l’autre se trouvent saisis de l’affaire. Ce dernier serait, paraît-il, en possession d’un mémoire du ministre des Travaux publics transmettant avec avis favorable la demande d’autorisation de la Société des Tramways de vendre du courant. Si le Conseil d’Etat tranchait le différend en faveur des Tramways, on aperçoit tout l’intérêt qui pourrait s’attacher aux actions des Tramways de Lille qui se négocient aux environs de i4o francs.
- La Société d'Applications industrielles, dont on se rappelle les difficultés financières qui aboutirent à une réduction du capital et un nouvel appel de'fonds de 2 5oo ôoo francs, a pu réaliser, au cours de l’exercice, un bénéfice brut de 286 757 fr. 12. Après divers
- amortissements s’élevant à i65 462 fr, 10 dont 76000 francs pour dépréciation du portefeuille, le bénéfice net disponible subsiste à 121 294 fr, 7a sur lequel on prélève 100000 francs pour répartir un dividende de 3 % , tant aux actions anciennes qu’aux actions nouvelles.
- Du fait de l’augmentation du capital, la situation de la société s’est grandement assainie : les comptes d’ordre et débiteurs par garantie, qui figuraient Tan dernier au bilan pour 3 433 9Ùo francs et représentent pour la plus grande partie les avances faites par les banques ne subsistent plus cette année "que pour 1 093 264 fr. 80 ; les débiteurs par acceptation se sont d’autre part entièrement libérés ; mais les débiteurs divers paraissent encore pour 3 161 643 francs.
- Le portefeuille, qui est constitué par l’ensemble des titres des diverses entreprises auxquelles s’est intéressée la Société, est porté à l’actif au chiffre de 5 324 392 francs. Il comprend des titres delà Société des Forces Motrices d’Auvergne, de la Compagnie d’Éclairage de Bordeaux, de la Société des Forces Motrices de la Haute Durance, de l’Énergie Électrique du Centre, de l’Ehergie Électrique du Nord de la France, de l’Est Électrique, de l’Est-Lumière, delà Société Électrique des Pyrénées, du Sud-Electrique et de la Société des Forces Motrices de la Vis.
- Plusieurs de ces sociétés sont encore en période d’organisation ou de construction, mais leurs produits d’exploitation sont en progression constante, ce qui fait bien augurer de leur avenir. D’autres, comme l’Est-Lumière, la. Société jd’Électricité de Caen sont au contraire en cours normal d’exploitation et distribuent des dividendesde 6 % et 4 % • L’Énergie Electrique du Nord et l’É’nergie du Centre qui alimentent des régions industrielles de premier ordre ne peuvent à leur tour manquer de recevoir un développement très intéressant et très profitable à la Société d’applications indus-trielles.
- En résumé, l’exercice 1908-1909 aura été pour celle-ci un exercice de réorganisation et de consolidation qui lui permet d’envisager l’avenir sous un aspect favorable. . . , .
- D. F,. . ;
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Corrèze. — Le Conseil général a émis un avis favorable au projet des deux lignes de tramways suivantes : i° de Tulle à Brives par Saint-Germain et Sainte-Féréole; 2° d’Objat-Allassac à Sainte-Féréole.
- Loire. —L’avant-projet relatif à la construction d’une ligne de tramways qui relierait Saint-Galmier-Yesuche à Saint-Galrnier-Ville, à été soumis à l’enquête d’utilité publique.
- Puy-de-Dôme. — Le Conseil général a adopté un projet de réseau de tramways comportant 200km et comprenant les lignes suivantes : i° Pionsat à Clermont ; 2° Clermont à Besse; 3° Champeix à Ariane; 4° Saint-Remy à Pont-de-Dore.
- Seine-Inférieure. — Est à l’étude, le projet d’éfablis-sement d’une ligne de tramways de Rouen à Mont-Saint-Aignan.
- Rhône. —Est déclaré d’utilité publique, l’établissement d’une ligne de tramways entre le Rozay et Saint-Didier-au-Mont-d’Or.
- Coohinchine. — D’un programme d’ensemble, relatif à la construction d’un réseau de chemins de fer et de tramways comprenant 700km, plusieurs lignes (2ookm) sont prévues d’urgence : i° Prolongement de la ligne Saïgon-Mytho jusqu’à Vinhlong; 2° Tramway de Sadec à Vinhlong; 3° Tramway de Yinhlong à Travin ; 4° Tramway de Travin à Tieucan.
- Espagne. — Est projeté l’établissement d’un tramway électrique destiné à desservir la route de Sans à Coll-Blanch.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie électrique de Menton. — Le 28 décembre, 9, .rue Pillet-Will, à Paris.
- Société Electricité, Gaz et Eau, de Tonneins. — Le 28 décembre, 161, rue Lecourbe, à Paris.
- Compagnie orientale des radiogrammes et d'applications
- électriques. — Le 27 décembre, 5, rue du Helder, à Paris.
- Société italienne de chemins de fer et tramways. — Le 22 décembre, i3, rue de Caslellane, à Paris.
- Anciens Etablissements Lacarrière, — Le 28 décembre, 16, rue de l’Entrepôt, à Paris.
- Société française Oerlikon. — Le 28 décembre, 9, rue Pillet-Will, à Paris.
- Compagnie du secteur électrique de Villeneuve-Saint-Georges. — Le 23 décembre, 25, rue de Clichy, à Paris.
- Energie électrique du Centre. — Le 28 décembre, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Compagnie électrique du Midi. — Le 21 décembre, 6, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie française de charbons pour l’électricité. — Le 29 décembre, 80, rue Taitbout, à Paris.
- Société d’applications électriques. —- Le 24 décembre, 21, faubourg Montmartre, à Paris.
- Société de constructions électriques et mécaniques. — Le 29 décembre, 11, rue Saint-Florentin, à Paris.
- Société française de distribution et de constructions électriques. — Le 29 décembre, i5, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des Tramways Suresnes-Saint-Cioud-Garches.
- — Le 28 décembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- NOUVELLES .SOCIÉTÉS
- Société Thomas Fauvain et Cle (Distribution d’énergie électrique). — Durée : 35 ans. — Capital ; 55000 francs.
- — Siège social 23, rue Bugeaud, Lyon.
- Compagnie d'Electricité du Sénégal. — Constituée le 6 décembre 1909. —Capital: 1000000 francs. — Siège social : 12, rue Cambacérès, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 5 janvier 1910, au sous-secrétariat des Postes et
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- Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture d’appareils et de cordons souples pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques (9 lots). Demandes d’admission avant le 24 décembre.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administi ation de la ville, à Barmèn, fourniture d’une turbine, 70000 marks.
- Prochainement, à l’administration communale, à Oehrin-gen (Wurtemberg), établissement d’installations électriques, 1 200 ooô marks.
- Prochainement, à l’adminis tration de la ville,à Neustadt-sur-II,, établissement d’un tramway électrique.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Cassel, établissement d’installations électriques.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Prochainement, à l’administration des Postes autrichiennes, à Vienne, fourniture de 10000 lampes à incandescence.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Neu-paka (Bohême), établissement d’installations électriques pour éclairage et énergie.
- AUSTRALIE
- Le 3i janvier, à M. le deputy postmaster general, à Adélaïde, fourniture de matériel télégraphique et téléphonique.
- TRANSVAAL
- Le 5 janvier 1910, à la direction du service municipal d’énergie électrique de Capetown, fourniture de moteurs électriques et de tableaux de distribution. Cahier des charges à l’Oflice national du commerce extérieur, 3, rue Feydeau, à Paris.
- Wa-i
- Min. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente et Unième année.
- SAMEDI 25 DÉCEMBRE 1909.
- Tome VIII <2\ série).- N« 52.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — A. Blondel et C. Le Roy. Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties [fin), p. 387. — J. Bethenod. Sur l’alternateur à résonnance, p. 3p5.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur l’état actuel de la théorie de la commutation, J. Sumec, p. 3gg. — Arcs et lampes électriques. Courbe d’éclairement du sol déduite de la courbe d’intensité, J. Sumec, p. 4<>3. — Usines génératrices. Installations électriques dans la nouvelle gare de triage de Wustermark,p. 4<>4- — Applications mécaniques. — Nouveaux types d’appareils de levage à commande électrique, L. Riefstahl, p. 406. — Brevets, p. 409.— Bibliographie, p. 410. — Législation et contentieux. Jugement du Tribunal civil de Bordeaux sur l’impossibilité, pour une entreprise de distribution, non déclarée d’utilité publique, de faire passer ses lils par dessus une propriété privée, P. Boucault, p. 411. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 412. — Renseignements commerciaux, p. 414. — Adjudications, p. 4*5. Tables des matières tome VIII, p. 416.
- ÉDITORIAL
- Nous publions aujourd’hui la fin de l’important article que MM. A. Blondel et G. Le Roy ont consacré au calcul des lignes de transport d'énergie à courants alternatifs, et dans lequel ils utilisent une construction géométrique d’usage très pratique, comportant notamment un procédé de corrections vectorielles d’une simplicité remarquable.
- L’exemple numérique traité, en premier lieu, se rapporte à une ligne à très haute tension qui comprend, en outre du centre de consommation situé à l’extrémité d’arrivée, d’autres centres de distribution situés à certaines distances de la station réceptrice. Le réseau se trouve ainsi sectionné en un certain nombre de tronçons, que la méthode
- proposée permet d’étudier de proche en proche.
- Le cas d’un câble' distributeur est ensuite traité rapidement, et les auteurs terminent en indiquant, pour les ingénieurs auxquels le maniement des formules semble plus commode que celui des graphiques, le mode de calcul correspondant aux constructions vectorielles qu’ils ont indiquées.
- En vue d’augmenter, dans les transmissions radio-télégraphiques, le nombre d’étincelles par seconde, et d’obtenir un son musical dans le téléphone du poste récepteur (son qui par cela même se distinguera de ceux qui sont engendrés par des influences
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2e Série). — N° 52.
- parasites), on a tendance à employer des alternateurs à grande fréquence de construction spéciale, que M. J. Béthenod appelle alternateurs à résonance.
- Comme on le verra, le diagramme de marche de ces machines présente des particularités remarquables, qui sont clairement analysées par l’auteur.
- L’important travail d’ensemble dans lequel M. J. Sumec a cherché à rassembler toutes les notions qui concernent actuellement la théorie de la commutation est un de ces travaux de premier rang que nous avons l’habitude de mettre, d’une manière complète, sous les yeux de nos lecteurs.
- Une série de schémas relatifs aux différents cas (induit lisse, noyau denté), et des tableaux numériques correspondants, fournissent, sur ce problème d’électrotechnique si délicat, la plupart des indications que l’on peut aujourd’hui mettre entre les mains des ingénieurs et des constructeurs.
- Le môme auteur, par une étude géométrique d’ordre élémentaire, donne ensuite la solution d’un petit problème pratique de photométrie : il s’agit de déduire la courbe
- d’éclairement du sol en partant de la courbe d’intensité.
- Les descriptions des installations électriques aménagées dans une nouvelle gare allemande très importante, celle de Wuster-mark, montrera un grand nombre de dispositions intéressantes, qui peuvent servir de documents sur la question des usines centrales.
- D’une récente communication faite à l’association électrotechnique de Vienne, nous avons extrait la description de différents appareils de levage à commande électrique ou accessoires de ces appareils.
- Des dispositifs particuliers sont indiqués, relativement à la période de fin de course des organes de levage proprement dits, selon qu’on emploie le moteur série-continu, le moteur shunt, ou des moteurs triphasés.
- Sous notre rubrique « Législation et Contentieux», on trouvera une consultation récente de M. P. Bougault, à propos d’un jugement qui a réglé un point pratique relatif à l’établissement des lignes de transport d’énergie électrique.
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- 25 Décembre 1908. REVUE D’ELEGTRICITE
- CALCUL DES LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE A COURANTS ALTERNATIFS EN TENANT COMPTE DE LA CAPACITÉ ET DE LA PERDITANCE RÉPARTIES [Suite et Fin) (‘)
- CAS DE PLUSIEURS STATIONS
- Les exemples qui précèdent suffisent pour montrer la façon dont on résout les cas plus complexes. Quand, par exemple, une ligne est formée de tronçons successifs de différentes sections, il convient de traiter chaque tronçon séparément en déterminant le régime à son extrémité du côté usine en fonction du régime à son extrémité du côtédela station réceptrice. On peut ainsi cheminer de proche en proche en partant de cette dernière station. De même , si la charge , non répartie uniformément, se produit, non pas seulement à l’extrémité d’arrivée, mais en un certain nombre de points connus de la ligne (cas, par exemple, d\ln transport qui alimente plusieurs villes sur son parcours), on divise la ligne en tronçons limités par ces points de distribution importants et on traite, par les méthodes précédentes, chaque tronçon comme s'il était seul, en déterminant tout d’abord le régime total de débit à l’extrémité d'aval. On opère donc encore, de proche en proche, en partant du tronçon le plus éloigné de l’usine.
- Il suffit de connaître pour chaque tronçon le régime d’entrée tL0, %.0 du tronçon qui le précède en remontant. On considère cet U0 comme le U4 du nouveau tronçon et on prend pour son I4 la résultante de $.0 et du courant fourni au centre de distribution qu’il dessert, en rapportant le décalage et le courant au voltage local, c’est-à-dire à ai0.
- La suite des calculs est donc très simple et n’exige qu’un peu de patience ; elle est rapide si on se contente de la méthode simplifiée, c’est-à-dire en négligeant les puis-
- (*) La Lumière Electrique, 3o octobre 1909, p. i3i.
- sances xK inclusivement (ce qui est parfaitement légitime, étant donné que les tronçons sont généralement plus courts que toutes les lignes étudiées ci-dessus).
- Quatrième exemple. — Ligne à très haute tension, îoo ooo volts, de i 2ookm, pour transport et distribution à 3 stations, formée des mêmes conducteurs qu'au premier exemple. —- Reprenons le transport à très grande distance, étudié dans le premier exemple (’), et supposons que, en outre du centre de consommation (5o ampères par conducteur) situé à son extrémité d’arrivée A, la ligne comprenne deux autres centres de distribution de même)importance (5o ampères), situés respectivement aux points B et G, à 600 et 1 oookm de la station réceptrice ; supposons, en outre, que les facteurs de puissance globaux de ces trois consommations soient respectivement 0,80 en À, o,85 en B, et 1,00 en G. Ces conditions sont résumées sur l’épure de la figure 17 par le tableau des données, qui montre les trois tronçons AB, BG, CD de la ligne. Il s’agit de déterminer le régime aux points B, G et D.
- Les constantes des conducteurs sont, par hypothèse, les mêmes que pour le premier exemple (1), et nous supposons encore une perte d’énergie de 2 5oo watts par kilomètre pour l’ensemble des trois conducteurs. Les constantes, qui en ont été déduites pour le calcul de la ligne, sont :
- z = 0,204476 ohms w — 0,000001614 mhos 0 = 6i°46'5"
- G' = 8i°5'2o"
- S = i4205i'25'’
- (() La Lumière Electrique, a3 octobre 1909, p. 99 et suivantes.
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- CO
- 00
- 00
- /
- Epure des tensions.
- Epure des Courants.
- Echelles
- • Données . "Résultats
- [Station rêcsptrice)A. B C D (Station génér. ) . B C \ » I)
- 1 1A 50A L . V 0A ! i t> iE a=5«A M.l#* 1 mas
- U S7732v ? ? ? UfSOlSO1' 6Ï875 S7500
- Cos (p>=0.80 Cos y>7=085 r.nr,iP%1 ? <p*=-i M + 20 + 60
- ' 600 10.000 20000 30000 40.000 5û.000\/nlt<.
- 0 3 10 20 30 40 50 60 70 80 30 m—OU! Ampères
- Fig. 17. — Quatrième exemple; cas de plusieurs centres de consommation.
- m
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2® Série)
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- On construit de proche en proche à la fois l’épure des tensions et l’épure des courants, en appelant pour chaque tronçon U,, I4, <p, les tension, intensité et décalage à l’aval, c’est-à-dire à l’extrémité du côté de l’arrivée, et IIq, 0o. ?o> les mêmes grandeurs à l’entrée du côté amont ou côté départ; en outre, à chaque station intermédiaire, nous appellei*ons h et , l’intensité et le décalage du courant local, rapportés à la tension qui existe en ce point. Nous désignerons le rang des tronçons par un, deux, trois accents, etc., suivant leur ordre, en partant de la station réceptrice.
- Premier tronçon. — On trace d’abord les
- vecteurs M'j 0 = U', —57 732 volts; P'j O' — I'j = 5o ampères, décalé en arrière de U',, de l’angle o\ — arc cos 0,80.
- On a pour ce premier tronçon :
- ï! — 600 z — 122,6856 ohms;
- W' = 600 iv = 0,0009683 mhos;
- Z'W' ,
- -----= 0,05950.
- On trace, sous l’angle S par rapport aux deux lignes précédentes, les vecteurs correctifs
- M'.M',
- Z'W' (600)2 2
- U', = 3 429 volts,
- P'iP'ï
- Z'W' (600)2
- ï', = 2,968 amp.
- En prenant les tiers des vecteurs correctifs, on lit sur l’épure la tension et l’intensité moyennes
- S'Ô = U'„, = 56 75o V.
- TÔ'=!',„= 49,8 A.
- La ligne M'2 Q'2 représente la tension à la station B
- ‘U'0 == 60 y5o V.
- Le courant de charge ON'2 = J'0 s’obtient en traçant l’angle 0' —|— <p't en avance par rapport à la direction de I',,, et sa valeur lue sur l’épure est 54,5 ampères.
- Le courant total à l’entrée du premier tronçon est donc représenté par la résultante J0' dont la valeur lue est environ 54 ampères et le décalage correspondant <p'0 = 310 47I6".
- Station B. — Pour avoir le courant total à la station B, il suffit de combiner le courant j()' avec un courant I’* — 5o ampères décalé de l’angle ^ par rapport à la tension de la station Ot'0. La résultante Pj R'2 définit le courant Ij =91,5 ampères à l’arrivée du second tronçon, et “Uq devient le correspondant. Il n’y a plus qu’à recommencer pour le second tronçon, en partant de ces deux valeurs et de leur décalage angulaire qui représente ip"i (environ—1°5'),toutes les opérations faites pour le premier tronçon. L’accent suffit à distinguer le second du premier.
- Deuxième tronçon. — On a ici, pour les 4ookm du tronçon :
- Z7 = 400 z ~ 81,7904 ;
- W" = 400 IV = 0,00064157 ;
- d’où :
- Z'W*
- Z'W*
- 2
- Z" W"
- 0,02167, U", = I 781V., I", = 2,4016 A.
- D’où l’on obtient la longueur du vecteur de chute de tension
- OQ'2 = Z'I'„, = 6001 V.
- que l’6n porte sous l’angle ^ = 36° 52' 10" en retard par rapport -à la direction Oq formant l’angle 0 en avance sur la tension moyenne U',„; cela pour tenir compte du décalage qui existe entre U'm et I'm.
- On porte ces vecteurs respectivement en MÇW'z et P\ P Y
- En prenant les tiers de ces vecteurs, on en déduit comme plus haut la tension moyenne
- S"Q'2 et le courant moyen T'N'2 ayant respectivement les valeurs -
- U"„t = 60 125 V.,
- I"rn = 9°)75 A.
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- Puis l’on en déduit 2'T'* que l’on porte'en Q* Q* direction obtenue en portant d’abord à partir de U',,, l’angle 0 et en en retranchant ensuite y”i qui est ici négatif; de même le segment W"U''m est porté sous l’angle 0' à partir de la direction I'm et donne ainsi le point N”?. Le segment P’YN'Y représente le courant de départ du second tronçbn $"o et sa valeur lue sur l’épure est 96 ampères environ.
- De même, la tension 0l"o en G représentée par le vecteur AÏ''2Q"2 a pour valeur lue sur l’épure 64 875 volts.
- Station C. ^ A la station G, nous avons à combiner maintenant le courant %"o avec le courant local P"2P"\ = 5o ampères tracé en phase avec at"0, (La résultante ï"\ = P"'1N"'2
- M
- Fig. 18. — Epure
- tivement, et Pon en déduit les valeurs moyennes, puis les vecteurs Q"?Q,/r2~= 5 930 v.
- et N"2N'"2 === 20,94 ampères ; d’où, finalement, les vecteurs résultants :
- at'"0 = 6,7 5oo V,
- 2"o = 149,5 A,
- et l’angle
- ?"'o =• + ê°.
- Il est facile, comme on le voit, d’exécuter ainsi l’étude de la ligne par tronçons ; une fois qu’on a fait ce cheminement pour un certain voltage, le résultat peut être appliqué par similitude si l’on fait varier à la fois toutes
- .N
- uoCUm
- câble distributeur.
- se trouve par hasard passer sensiblement par le point P"l7 mais ce n’est qu’une coïncidence fortuite). L’angle <p"\ qui s’en déduit égale environ 20.
- Troisième tronçon. — On a, pour les 200^™ du tronçon :
- Z" == 40 8952,
- W" — 0,00032279,
- Z"'W" ,r
- -----= 0,0000.
- 2
- On en déduit :
- Z"W"
- U"', = 428,15 V. et
- \
- Z'W' r .
- ----— I , =0,957 A.
- les intensités et tous les voltages suivant une même proportion.
- cas d’un caule distributeur
- Nous avons considéré, jusqu’ici, une ligne de transport dont le débit principal a lieu à l’extrémité d’arrivée ou en des centres de consommation concentrée.
- Un autre cas particulier intéressant est celui d’un câble distributeur dont tout le débit est supposé uniformément réparti. Ge n’est qu’une application particulière du cas déjà traité dans l’exemple 2.
- Nous ferons encore ici l’hypothèse simplificatrice qui consiste, comme nous l’avons déjà montré ailleurs l1), à remplacer le débit uniforme par une distributanee et une exci-
- On porte, comme plus haut, ces vecteurs sous l’angle 3 à partir de U"Y et I"'! respec-
- (q^Yoir Lumière Electrique, 28 mars 1908, t. 1. p. 397.
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- tance uniformes, comme si le voltage était constant.
- En appelant <p le décalage du courant débité et p la puissance en watts distribuée par kilomètre par l’ensemble des conducteurs formant la ligne, le débit watté sera représenté par la distrîbutance g = et le débit
- 0 vJ
- dé watté par une excitance k = g tang. (arc cos <p), qui se retranche de la capacitance toc.
- La construction graphique à suivre dans ce cas n’est autre que celle de la figure i du régime à vide (*) corrigée par les constructions des figures 4 et 6.
- Si l’on applique la correction simplifiée (fig. 9 et io) en négligeant les termes en x*, cette figure se réduit simplement à la
- figure 18 ci-jointe dans laquelle M+l repré-
- Ginquième exemple. — Appliquons ceci au câble souterrain étudié plus haut (*); câble triphasé de 5omm-, iookm de longueur, ioooo volts étoilés à l’arrivée (17320 volts entre fils) ; et faisons-lui débiter comme distributeur So ampères par pont, soit 5o ^3 par fil, uniformément répartis.
- Nous avons comme précédemment (voir deuxième exemple) :
- ta — 314,15 r = 0,3594 ohm/km.
- I = o,ooo35a h./km. z — 0,3761 ohm/km. t = i7°G'io" wc = o,oooo58ia.
- Nous nous donnons (en négligeant la va-
- A\..-
- Echelle dés volts
- OO O O O O
- ......e-H_ <N . ira
- Echelle des ampères
- Fig. 19. — Cinquième exemple. Câble distributeur.
- . , . j zwa-
- sente une correction de premier ordre-------,
- portée sous l’angle S en avant de la direction OMj (ou % — S en arrière de la phase du vecteur U'j).
- Le point S est pris au tiers de M+l et
- détermine la tension moyenne SO = Um ; il n’y a plus qu’à construire les deux composantes ÔF = GU,,, et FN = (*)GU„„ en posant
- x0 = longueur du câble,
- G = (g' + g")* 0, wC — (wc — k) Æ’0,
- pour obtenir le vecteur ON représentant le courant débité.
- (•) LaLumière Electrique, 18 septembre 1909, p. 356, et a5 septembre, p. 388.
- riation de voltage en ligne, ce qui aura pour effet, par conséquent, d’augmenter un peu le débit linéaire du côté de l’usine génératrice) :
- 5o v/3 . ! Jï
- g— ------.— ---------=--------,
- 100 km. ioooov. 20000
- et cos cp — o,85 pour le courant distribué, d’où k = g tang. arc cos o,85 ;
- soit
- k = 0,621 g; te c — 0,621 g — 0,00000434
- d’où
- w = \/g2 (o,oooo58i2—0,621g')2 = 0,0000867, 6' = 2°5a'8'V
- 8 = 0 + 0' = — i9°58'i8".
- (t)- La Lumière- Electrique^ 3o octobre 1909, p. i-3*.
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- Nous formons, comme précédemment, le tableau des corrections relatives et absolues:
- 720
- (ZIVX2'3
- U.
- ZIVX‘
- AtiZ I J
- = 0,00043180 =4,3180 A. = 7,1918 V.
- \zwx‘
- 120
- =0,0038244
- 72O
- (ziVX2)2
- Ij=0,02I 59V.
- tu.rU1=o,68886A.
- dans le cas où l’on s’arrête aux termes en ,-zé inclusivement. Ces corrections sont du
- La tension résultante au départ est donnée directement ici par U0 = 11 600 volts; de même l’intensité au départ est donnée par J0=:pi,5 ampères. On peut obtenir sensiblement le même résultat en considérant, comme on l’a expliqué plus haut, la tension U,„ obtenue en joignant O'S. La lectui’e donne environ
- U„t = 10 55o volts ;
- d’où
- O'F =
- 4/3.100
- 20 000
- X
- 10 55o = 91,3
- IL- eoooo volts
- to.ooo
- EcheZ/e des Volts
- Fig. 20. — Correction géométrique du second ordre ^termes en æ4).
- même ordre de grandeur que dans les exemples précédents.
- Le tableau ci-dessous résume les valeurs obtenues pour les régimes aux distances 25, 5o, 75 et 100 kilomètres.
- Tableau
- X M^Io M2M3 O’N, n,n2
- 2 5 kl R. 101,91V. 0,17310V. 2,7696 2i,678A. o,o7364A.
- 5o — 407,65 43,356 0,58913
- 75 - 917,22 14,<>21 65,o33 1.9883
- I()0 i63o,6o 4 4,314 86,71i 4,7131
- FN2 = 0,0000434 X io55o = 4,5 J0 = y/O'F2 -)- FN22 = 91,4 environ.
- On remarquera que l’effet de capacité est ici presque complètement annulé par le décalage du courant consommé sous le facteur de puissance cos ® = o,85.
- Il en résulte que le courant débité est presque en phase avec la tension, tandis que dans la marche à vide le courant est représenté par le vecteur J0 == Sy,5 A. de la figure 14, et la tension par U0 = 9 65o Y. de la figure i3.
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- REMPLACEMENT DES CONSTRUCTIONS GRAPHIQUES PAR DES FORMULES
- Dans ce qui précède, nous nous sommes appliqués à utiliser de préférence des constructions graphiques (*).
- (*) On peut d’ailleurs, pour rosier dans le meme ordre d’idées, employer aussi la géométrie pour calculer l'impédance, l'admittance et les angles 0 et 0', en construisant simplement les deux triangles de g et toc d’une part et de r et a) / d’autre part; les angles 0 et 0/ ajoutés géométriquement donnent 8.
- On peut meme tenir compte des seconds termes en .r* dans le calcul de OMa, 0'P;i du diagramme général en effectuant le calcul par une simple construction graphique. Dans ce but, il suffit par exemple d’écrire les deux premiers termes (en x2 et x’*) du développement sous la forme équivalente ci-dessous (par exemple en ce qui concerne la tension) :
- M11 n p.x^ Ul ( _ px2'
- 2 \ 6 ,
- M m qx2 Ui 1
- 2 V 6
- Ui
- (^•2)2 _j_ (^2)2 , >
- Les seconds termes des parenthèses des deux expres-
- px2V{
- ; ils
- sions ci-dessus sont égaux à —car M„
- 3 V i 2 '
- ont donc pour effet de réduire MtM dans la proportion de
- *o
- ^ q, en appelant t la projection du point T situé au
- i/3 de MiM.
- Cette réduction se fait graphiquement, comme le représente la figure io, en traçant par t une parallèle à MiM jusqu’à sa rencontre B avec MO, puis en menant la droite BC parallèle à OMj jusqu’à sa rencontre C avec M|M. Le segment M*G ainsi obtenu au lieu de MiM a pour expression
- Il ne reste plus qu’à corriger l’abscisse du point C en ajoutant parallèlement à MjO un segment complémentaire
- _ u (P*2)2 + (g*2)2 _ Z»W»U!
- 12 12
- MiM M,M
- Ce segment peut être lui-mème déterminé graphiquement en portant sur OMi avec un compas une longueur
- MiA = OA' = MiA “ 1/2, MiT = 1/6 MiM, puis traçant A'D parallèle à MiM; les triangles semblables ainsi réalisés donnent le segment cherché
- A'D = MiM
- OA'
- OMi
- MiM MjM
- 6 ÔM,
- Il n'y a donc plus qu’à reporter avec le compas la lon-
- La méthode graphique a l’avantage qu’elle permet une facile discussion en cas de variation du décalage ou d’au très'éléments, notamment par des méthodes antérieurement exposées par Lun de nous (*). Mais certains ingénieurs préfèrent le calcul à la géométrie; il est facile de faire cette substitution en traduisant simplement sous forme algébrique les constructions géométriques précédentes.
- i° Relations entre les deux extrémités d'un tronçon. — Il suffit de déterminer les projections de at0 et sur l’axe OX et sur un axe perpendiculaire en projetant les composantes et en attribuant aux angles les signes convenables. Si l'on s’en tient à l’approximation simplifiée (2), c’est-à-dire en négligeant les
- gueur A'D suc CB à partir de C pour obtenir le point E ; la droite EO représente la tension au départ U0, corrigée au second degré d’approximation. La meme correction pourrait être faite sur l’épure des courants (fïg. 21).
- 0 u to so io 30 60 /o sa $o ioq
- Echelle des Ampères
- Fig. 21.
- Pour rendre plus lisible l’épure de c et exemple particulier, on a supposé une ligne de 1 200km d’impédance élevée : r — 0,216 ; wl == 0,198; uc = o,ooooo255 ;
- g = ^5. IO“8.
- (() La Lumière Electrique ( 1908), n° 19.
- (a) Si l’on veut une approximation plus précise, il n’y a qu’à prendre plus de termes dans les séries des composantes projetées, en introduisant de la même manière le décalage <pt dans les formules générales (16) à (20), ante (t. VIII, p. 369).
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- termes en x4, on a immédiatement les expressions :
- ( (,£lll,)x = Uj 4- cos 3^
- \ 4-zæI, £cos(0 —?,)-|-^^.cos(G —?!+8)]
- . TT zwx2 . ^
- Iflhjr = Ui —-— sin o
- 4~ zxI, j^sin (0 — ?,) -f sin (0 — <p4 + 5)J,
- et de même :
- (3#)x = L cos?! -)- L cos (S — ?,)
- -(- wUi j^cosO' -(- ^W~ - cos (G' + S)J 2
- , , , ZIOX2. . .. .
- (&uh = L —— sin (o — <pd
- 4- wxUj j^sinG' 4- —ç~ sin (9' 4" o)j.
- On en déduit aussitôt les expressions des vecteurs eux-mêmes :
- (27) ‘U0 = V/,(‘I*'o)x2 4~ (‘II«)y2)
- (a8) î)q — vA^o)x2 4- 4*o)y2,
- , , t — (“T-Ux (^o)y 4“ (‘Ho)y (4>)x
- 29* tg*°- ru0)x(ô0)x +4l0)y(j0)y •
- Les puissances et rendement déduisent également des projections de “Uq et o0 par les formules déjà données plus haut (?.5 septembre, p. 394).
- Po — (‘tto)x (4i)x 4" (cI4)y (4))y
- II _ UiLcos?, n 1 — P •
- 1 0
- Si l’on a affaire à une ligne divisée en plusieurs tronçons on applique à chaque tronçon, comme on l’a indiqué ci-dessus, les constantes correspondantes aux conducteurs tels qu’ils sont disposés dans le tronçon.
- a" Régime dans une station intermédiaire.
- \ 0
- — A chaque station, 1 intensité 1{ d'arrivée du tronçon d’amont est la résultante de l’intensité
- à l’entrée du tronçon d'aval avec l’intensité L distribuée au point de jonction et dont on
- connaît le décalage ?; par rapport à la tension locale Ol0 (tension de départ du tronçon plus éloigné) ; on a donc pour le tronçon d’amont, en projetant sur T-Iq et sur une perpendiculaire
- I'i = /(4>cos<?o + Lcos?i)2 4“ (Josin?0 -j- bsimpi)2
- et
- = J0 sin ?0 4- h sin?,
- 1 cos ?0 4- Il sin (fl U', = aïo.
- Il suffit d’introduire ces valeurs d’arrivéeî dans les formules générales (25) à (29) ci-dessus pour en déduire en grandeur et en phase les expressions de ‘U-', O’ ?'0 à l’entrée du tronçon d’amont considéré.
- 3° Formules pour les câbles distributeurs. — Le cas d’un câble distributeur n’est qu’un cas particulier des formules précédentes et peut donc, au même degré d’approximation, s’écrire immédiatement comme il suit, en remarquant que Ol0 = U0 et — J0 :
- (30) U0 — U, 1 4- ^ —zwx2 cos S
- (31) J0 = wæU, \J1 4- —-“CosS.
- (32)
- <I>0 = arc tan g
- 6 sin G' -)- zwx2 sin (G' 4- 8) 6 cos 0' 4- ziox2 cos (G' -f- §
- — arc tang
- ziox2 sin S 2 4" ziox2- cos S’
- Ges formules sont à substituer aux formules, généralement incorrectes, que l’on emploie le plus souvent, en ne tenant compte que de l’impédance des câbles. Car, dans le cas ordinaire des câbles distributeurs à haute tension, c’est-à-dîre des câbles souterrains qui parcourent une ou plusieurs rues d’une ville, les phénomènes de capacité l’emportent en général sur les phénomènes de self-induction.
- CONCLUSIONS
- En résumé, nous avons exposé dans cet article une méthode très simplifiéé qui, sans
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- calcul fastidieux ni compliqué, permet de tenir compté avec uiie approximation très suffisante pour la pratique de tous les effets de capacité répartis dans les lignes industrielles usuelles, aussi bien aériejines que souterraines.
- Les résultats peuvent être mis sous une forme graphique se prêtant facilement à la discussion de tous les régimes et aussi de l’influence des différentes constantes des lignes. Ils peuvent être mis également sous une forme algébrique, qui n’exige pas l’emploi de formules bien compliquées ni de tables spéciales (*).
- (') C’est uniquement pour sacrifier à l’usage courant et contre notre gré que nous avons employé dans ce mémoire la division de la circonférence en degrés sexa-
- II n’en serait plus de même si l’on voulait appliquer cette méthode à l’étude des harmoniques, car dès que l’qji dépasse des fréquences de 200 périodes par seconde, les termes correctifs deviennent beaucoup plus importants et il faut prolonger les développements en série d’autant plus loin que l’ordre de l’harmonique est plus élevé. Il devient alors plus simple de remplacer ces développements par les fonctions hyperboliques elles-rmêmes dont ils dérivent.
- A. Blondel et G. Le Roy.
- gésimaux; nous ne saurions trop recommander la division du quadrant en ioo grades et l’ejnploi des tables de logarithmes correspondantes du Service géographique de l’Armée. Leur emploi permet d'abréger notablement tous les calculs des courants alternatifs et donne sans interpolation une précision suffisante pour la pratique.
- SUR L’ALTERNATEUR A RÉSONANCE
- L’on connaît les services rendus en radiotélégraphie par les montages avec transformateurs dits « à résonance » lorsque la source utilisée parla charge du condensateur du circuit oscillant primaire est à courant alternatif. Pour réaliser un tel montage, la meilleure solution, à notre avis, consiste (au moins dès que la puissance est notable) à adopter un transformateur industriel convenablement calculé (l) pour cet usage et à lui adjoindre une bobine de self-induction intercalée, soit dans le circuit secondaire, soit plus simplement dans le circuit à basse tension. Tout se passe alors comme si l’on avait introduit dans celui-ci une capacité égale à la capacité du circuit oscillant primaire multipliée par le carré du rapport de transformation ; il est donc facile de dimensionner la bobine de self-induction de manière à ce qu’il y ait résonance.
- (*) Cf. J. Bethenod. Sur le transformateur à résonance, l’Eclairage Electrique, t. LIII, n°s 43, 44, 46, 46, 5o et 5a, 1907.
- Avec les alternateurs usuels, à fréquence normale, la self-inductance, ainsi définie, a toujours une valeur très prépondérante par rapport à l’effet de la réaction cl’induit de l’alternateur même, et l’on peut, avec une approximation suffisante, soit négliger cet effet, soit, mieux, le supposer équivalent à celui d’une inductance évaluée d’après le courant de court-circuit suivant-la méthode de Behn-Eschenburg. Mais l’on a tendance, actuellement, en radiotélégraphie, à utiliser des alternateurs à fréquence élevée (5oo périodes par seconde environ) de façon à augmenter le nombre d’étincelles par seconde et à obtenir ainsi un son musical dans le téléphone relié au détecteur du poste récepteur ; de cette manière, le son de la transmission se distingue nettement des sons dus aux parasites atmosphériques et, en outre, l’on profite de la sensibilité de l’oreille pour les sons d’une certaine hauteur.
- De tels alternateurs ont généralement une réaction d’induit très accusée, surtout si l’on
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- T. VIII (2« Série). — N» 52.
- veut les rendre de construction économique, et dans ces conditions, l’on peut se demander s’il ne serait pas possible de profiter éventuellement de cette circonstance pour supprimer la bobine de self-induction nécessaire avec un alternateur usuel, et relier directement l’alternateur au transformateur industriel élévateur de tension. Or, si, avec les alternateurs de construction ancienne (surtout avec ceux à induit sans fer, genre l’erranti ou Mordey), il est possible d’assimiler l’effet de la réaction d’induit à celui d’une simple bobine de self-induction dont la valeur est déterminée par le courant de court-circuit, il n’en est plus de même avec les alternateurs modernes. Avec ceux-ci, il est nécessaire d’appliquer la théorie des deux réactions dues à M. A. Blondel, et cette application conduit, comme on va le voir, à des conclusions assez intéressantes au point de vue pratique. Avant d’entreprendre cette tâche, nous ferons remarquer que, conformément au titre de cet article, nous désignerons, dorénavant, par alternateur à résonance tout alternateur étudié dans le but proposé ci-dessus.
- Notations. Désignons par :
- I, le courant dans l’alternateur;
- E, sa force électromotrice avide;
- w, la vitesse de pulsation ;
- ô, l’angle de déphasage entre E et I à un régime quelconque.
- En définitive, comme on l’a rappelé plus haut, l’on peut remplacer l’ensemble formé par la capacité, le transformateur et les connexions par une self-induction de résistance ohmique R, étant entendu que la réactance Lw peut devenir négative, lorsque la capacité et le rapport de transformation ont des valeurs suffisamment grandes.
- D’un autre côté, les circuits magnétiques d’un alternateur à fréquence aussi élevée (Soirpériodes par seconde environ) ne sont pas saturés et l’on peut admettre que la réaction d’induit est représentée par deux forces électromotrices égales respectivement à Xw I sin è et X' w I cos <{/, la première étant
- en opposition ou en phase avec E (suivant que I est en retard ou en avance sur E) et Fautre en quadrature.
- L’on obtient ainsi le diagramme familier de la figure i, dans lequel :
- ÂB = RI BC = Lwl.
- (L’on comprend dans ce terme les forces électromotrices dues aux flux de fuites de l’alternateur.)
- CD = X'wl cos (^ DE rr: Xwl sin ({l ËÂ= E.
- Fig. i.
- Divisons maintenant les valeurs de toutes les lignes de la figure par I ; elles deviennent :
- ÂB — R
- BC = Lw
- CD = X'w cos
- DE = Xw sin
- — E EA = — ;
- d’ailleurs le triangle rectangle GDF donne la relation
- CF = -—^T — X'w, (i)
- cos
- et en élevant EG perpendiculaire sur AE, le triangle rectangle EFG permet de calculer
- GF.
- FG = £1—^ = ^-X>f^=:(X-X> (a) sin p sin tp
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- (Le diagramme suppose X >X', ce qui est le cas le plus général ; le cas où X' > X sera traité plus loin.)
- Faisons maintenant varier L (au moyen d’une bobine de self-induction intercalée dans le circuit, par exemple), les autres quantités X, X' R, w restant fixes. Si l’on marche à excitation constante, E conserve également la valeur correspondant à la tension à
- vide, et le vecteur EA =
- E
- T
- nous permet de
- suivre les variations de I et de 6 lorsqu’on modifie L.
- Or, le lieu du point A est évidemment la ligne AA' parallèle à BG, puisque la distance
- AB = R est constante. D’autre part, en vertu des égalités (i) et (2) les points F et G sont immobiles et les lieux des points D et Esont
- les circonférences décrites sur GF et FG comme diamètres. On peut ainsi connaître immédiatement pour chaque valeur de
- __ E ______
- BG = L la valeur correspondante de =E A
- et de <Jj. L’on est alors conduit aux observations suivantes :
- i° Si la self-induction BG est telle que la condition
- L -j- X' = o (3)
- est satisfaite, le point A tombe en A' et le point B se confond avec le point F. On a alors :
- 6 = 0
- Tout se passe, dans ce cas, comme si l’on avait affaire à un alternateur théorique dont l’effet de la réaction d’induit totale serait équivalent à celui d’une inductance X', car le courant et la force électromotrice sont bien en phase et leur rapport 11e dépend que de la résistance ohmique R. Il est intéressant de remarquer que la relation de résonance (3) est indépendante de X, c’est-à-dire de la réac-
- tion d'induit directe. Si les fuites magnétiques sont faibles et que l’on n’ajoute aucune self-induction supplémentaire, elle peut se mettre sous la forme connue
- ü)2X'C a2 = 1, (T)
- G étant la capacité chargée par l’intermédiaire d’un transformateur dont le rapport de transformation est a.
- 20 Le maximum du courant I ne correspond cependant plus au régime pour lequel 4/ = o.
- a) Supposons d’abord en effet que la droite
- AA'ne rencontre pas le cercle décrit sur FG comme diamètre, ce qui se traduit par l’inégalité
- (cas de la figure 1) ; si le point B se déplace à droite du point F et vient en B" par exemple, il est manifeste que l’on obtiendra des segments E"A" plus courts que A'F. On peut du reste calculer aisément la valeur de 6
- pour laquelle le minimum du segment AE (c’est-à-dire le maximum de I) est atteint.
- L’on tire en effet de la figure 1, pour des valeurs négatives de 6 :
- ----- A"B" —
- A"E" =---------FG sin 6
- cos 6
- ou en remplaçant les vecteurs par leurs valeurs
- E
- T
- R
- CO S O
- T, - fi
- >'0
- w sin 6
- ce qui donne en annulant la dérivée :
- Rsint]/
- ---—----X — X' w cos 4> == o. , j)
- cos-
- L’angle 6 étant ainsi déterminé, l’on pourrait en déduire la valeur de L, mais les calculs ainsi poursuivis sont longs et pénibles et il est préférable d’opérer graphiquement de la façon suivante :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2# Série). — Nd 82.
- Multiplions les deux termes de l’égalité (5) par cos -i. Elle peut alors s’écrire
- R tg t}* = (X — X') to cos2 ^
- ou encore, en abaissant du point E" une perpendiculaire E" II" sur FG :
- Ffi" = ÏFG.
- Telle est la condition géométrique du maximum, et elle nous permet pour un alternateur donné de connaître immédiatement
- la différence FB" entre X7, le coefficient de la réaction d’induit transversale et la valeur négative de L correspond au maximum de courant. Si cette valeur est justement atteinte lorsque la self-induction additionnelle intercalée dans le circuit est nulle, c’est-à-dire si cette valeur est égale à
- + >v ;
- Coj2a2
- s étant la self-induction due à l’effet des fuites, l’alternateur considéré sera un alternateur à résonance, suivant l’expression proposée ci-dessus.
- Il est d’ailleurs à rappeler que la tension a\
- -p^r est évidemment maxi-
- Uü)
- secondaire U2
- mum, pour une capacité et un rapport de transformation donnés, en même temps que I et il en est de môme du rapport de la puissance apparente Cw LV exigée par la charge du condensateur en régime permanent à la puissance de l’alternateur (définie par le produit El de la tension à vide par le courant normal). Quant à la valeur de L pour laquelle ces maxima sont atteints, elle est, d’après la figure i, manifestement comprise
- entre — X' et — X puisque la longueur GF est égale à X' et la longueur CG à X.
- b) Si la résistance R est suffisamment faible pour que l’inégalité
- H <
- (X-A')ü)
- (6)
- soit satisfaite, la droite AA7 rencontre le
- cercle décrit sur FG comme diamètre en deux points pour lesquels l’intenffité I peut atteindre théoriquement une aussi grande
- E
- valeur que l’on voudra, le rapport — étant
- nul. Ces deux points limitent évidemment une région dans laquelle la machine devient auto-excitatrice, et l’inégalité (6) peut être considérée comme une condition nécessaire pour un tel fonctionnement. Quant aux valeurs absolues correspondantes de L, elles seront encore comprises évidemment entre X7 et X.
- Ainsi donc, en résumé, dans le cas où les deux réactions directe et transversale d’un alternateur ont des valeurs différentes, là première étant prépondérante (X > X7), le maximum des courants primaire et secondaire et de la tension secondaire n’est plus atteint lorsque le courant est en phase avec la tension à vide, mais lorsque ce courant est en avance d’un certain angle. Le maximum ainsi obtenu est en outre supérieur à la va-E
- leur — du quotient de la tension à vide par
- la résistance olnnique apparente. Dans certaines conditions il dépasse même théoriquement toute valeur donnée, et alors la machine peut fonctionner en auto-excitatrice.
- Dans le cas où la réaction transversale se-
- rait prépondérante (X7 > X), l’on obtiendrait ün diagramme ne différalit de celui de la figure i que par la position du cercle FEGE" qui se trouverait alors à gauche du point F. L’on serait ainsi conduit à des conclusions analogues à celles qui précèdent, à cette différence près que l’angle correspondant au maximum de I et de U2 (ou éventuellement à l’amorçage comme machine auto-excitatrice) serait positif\ le courant étant en retard sur la tension. D’ailleurs ce cas n’a guère qu’un intérêt théorique (’).
- (*) Dans tout ce nui précède, l’oii a supposé implicitement avoir affaire à ün alternateur monophasé muni d’un amortisseur annulant l’eff et des pulsations de la réaction d’induit d’un tel alternateur. Les conclusions subsistent encore dans le cas d’un alternateur ordinaire sans amor-
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- Il resterait encore à étudier les régimes variables avec étincelles obtenus avec de
- tisseur, à condition de tenir compte de ces pulsations en majorant d’une quantité convenable le coefficient de self-induction s représentant l'effet des fuites, suivant les 'principes développés par M. A. lîlondel dans son mémoire au Congrès de Saint-Louis (1904).
- semblables alternateurs. Mais, comme il s’agit alors de courants amortis, l’on ne saurait appliquer dans ce cas sans restriction la théorie des deux réactions, et il nous semble impossible à l’heure actuelle d'élucider cette question autrement que par l’expérience.
- J. Betiienod.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur l'étal actuel de la théorie de la commutation. — J. Sumec.----------Conférence faite devant le
- Congrès des Electriciens, 26 janvier 1909 (Elektrotech-nische Zeitschrift, 1909.
- L’auteur résume l’état final de la théorie de la commutation, d’après les discussions des deux dernières années, en se plaçant surtout aux points de vue :
- i° de la valeur de la self-induction et par conséquent de l’intensité du champ de commutation ;
- a0 de la densité infinie du courant dans la lame qui quitte le balai.
- Il parle d’abord de l’action magnétisante du courant d’induit et surtout de la zone de commutation.
- I. — Action magnétisante du courant d’induit.
- La force magnétomotrice est, en un point quelconque de la circonférence d’induit, égale à la moitié de la somme algébrique des volumes de courant comptés entre ce point et le point éloigné du premier d’un pas polaire.
- Dans le cas de la commutation rectiligne, en un point fixe par rapport au balai, la variation de la force magnétomotrice provoquée par le déplacement dx de l’armature est égale à :
- kio, . al
- 7.W U
- dl = y 1 («
- :') dt (1
- variation extérieure variation intérieure variation totale à la zone do à la zone de
- commutation commutation
- T la période de la commutation ;
- I le courant;
- b largeur du balai p largeur de la lame ’
- : nombre de bobines en c. c. ; b uf> jdt~Y dL
- C’est également la variation du volume de courant entre deux points quelconques de l’armature comprenant la zone entière de commutation, en particulier dans la zone du balai augmentée des deux côtés de la moitié d’une lame, comme le montre la figure classique qui montre la répartition en escalier du courant dans les spires en commutation.
- Or d’après l’équation (1) cette variation est constamment nulle si u est un nombre entier g, car alors u — u'.
- Si u comprend une partie entière g- et une fraction /, il y a des oscillations, egr u' peut prendre deux
- . T
- valeurs : g 1 pendant le temps J — et g pendant
- T
- le temps (1 — j) —.
- La différence u’ — u a ainsi deux valeurs 1 —j et —j, et la vitesse de la variation du volume de courant dans cette zone est respectivement :
- u = u' = dx =
- hivl .4 w 1 (1 —./) — et —j — ;
- T
- les variations elles-mêmes sont :
- où :
- aiv est le nombre de conducteurs d’une spire ;
- + 2 (* — j)
- 1 iv I et —
- (‘ —J)
- a 101.
- u
- u
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2« Série). — K» 52.
- Les figures i et 2 se rapportent au cas où u = 1,4. Les valeurs maxima du volume de courant (avec zéro
- I '
- pour la valeur moyenne) sont ici :
- o?6. 0,4
- . % w I
- 0,17
- itv I;
- Ce qui n’est que 17 % du volume de courant total d’une bobine.
- Si u est plus grand, ces valeurs sont encore plus
- Fig. 1 et 2.
- petites. Pour éviter complètement ces oscillations, li faut que la vitesse de commutation soit à chaque instant inversement proportionnelle au nombre des bobines en commutation, La courbe du courant du court-circuit se rapproche alors d’une ligne droite; en réalité cette courbe prend cette forme à cause de l’inertie du champ magnétique. Pratiquement il n’y a pas lieu d’insister sur le cas u = g +1/\ sauf le cas où le balai est moins large que la lame du collecteur (turbo-dynamo à balais métalliques) ; alors
- Elle est proportionnelle à la surface de la couche 1$ La figure 3 correspond au cas où b = % {3.
- Cette valeur moyenne de la force magnéto mo~ trice peut être réduite à zéro par. une variation correspondante du courant d’excitation; mais les oscillations provoquent des oscillations du champ magnétique presque étouffées sous la surface polaire,' mais persistant dans l’air entre les pièces polaires et pouvant réagir sur les spires en court-circuit.
- IL —La valeur du coefficient delà self-induction pour le courant de court-circuit rectiligne.
- Dans une spire en court-circuit on a a chaque instant :
- 2 Ri — Ze — — to —r . 1 o ®.
- dt
- Le champ est du reste engendré par l’aimant et par le courant. Le premier agit sur la spire en court-circuit :
- 1) Par suite de la rotation de celle-ci, si le balai ne se trouve pas sur la ligne neutre ;
- a) Parle passage des dents sous la surface polaire; cette action est presque étouffée par les courants de Foucault et les oscillations du courant d’excitation ;
- 3) Par la variation du courant d’excitation (dans les commutatrices);mais on ne s’occupera pas de cela.
- Armature lisse.
- Fig. 3.
- même les oscillations du champ seraient presque complètement étouffées par les courants dans le fer et dans le cuivre de l’aimant.
- La commutation non rectiligne peut être considérée comme la superposition du courant de court-circuit rectiligne ir et d’un courant supplémentaire is : i zzz ir is.
- Le volume instantané du courant supplémentaire, ou bien la force magnétomotrice instantanée est égale à io2i$7is représentant le courant d’une spire d’ordre u. Sa valeur moyenne est :
- T lu T
- u_ o 1, , wu r
- w ÿZ j isX dt= — J u dt ;
- o O
- D’après l’équation (1) le champ extérieur à la zone de commutation est, comme il a déjà été dit, constant dans le temps, immobile par rapport aux balais et, par conséquent, sans effet de self-induction (à part
- b
- la petite correction due à ce que ^ ± à un nombre
- entier). A l’intérieur de la zone le champ est au contraire self-inductif.
- Dans la ligure 4, on a représenté ce champ, en supposant b zzz >ip et l’armature se déplaçant à droite. La pente du champ est proportionnelle à la valeur instantanée du courant. On pourrait déterminer son action inductive sur la même Figure, mais il est plus simple de supposer l’armature immobile et le champ avec le balai et l’aimant se déplaçant à gauche. On obtient alors la figure 5. A l’extérieur de la zone de commutation BB, le champ est uni-* forme; son inclinaison, à l’intérieur, varie proportionnellement à la valeur du courant de court-circuit; l’action inductive pour le déplacement dx es
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- figurée par les machines ; elle est égale à celle produite par le champ moyen, qui serait un champ réel, si les spires en court-circuit n’étaient parcourues par aucun courant. Si : Ba est le champ correspondant aux ampères-conducteurs totaux du pas po-
- Fig. 4-
- laire x; U, la vitesse du déplacemement ; l, la longueur de la spire — la force électromolrice
- induite dans la bobine par ce champ extérieur est : ee, — 2 io . I. v . B(I . -----------^ . io—8.
- T
- Il reste à évaluer l’action du champ intérieur à la zone de commutation. Comme cette action ne dépend que de la variation du champ, la même pour toutes les spires, on peut supposer que le courant a la même phase dans toutes les spires en commutation. Le champ se présentera suivant la figure 6. La self-induction, d’ailleurs, ne dépend que de la variation de la pente de son propre champ — car
- Fig. 6.
- il est partout uniforme. Cette action diminue vers le milieu de la bobine comme le carré, le nombre de spires et l'intensité du courant variant linéairement; elle est donc i/'l de celle qui alla - ; or le T
- champ disparaît en - et £ie plus les champs de
- signe contraire situés de deux côtés différents de la bobine additionnent leurs actions : la force électro-motrice induite est donc :
- w
- 7.
- • rj,
- B,. P
- 3 x
- = 7ÎV . v .
- B„
- x
- Ùi
- ua
- io~8 quel que soit a.
- Maintenant, la valeur moyenne du champ d’une bobine (u — a) agissant sur l’autre bobine est
- B,t — ; son action est donc :
- w . — . I. S . Ba- io—8 = %wvlBa- . -4 . io—8.
- 1 x x u2
- Ainsi l’action totale du champ intérieur à la zone de commutation agissant par une spire (par symétrie aussi sur l’autre) est :
- e/„ = 7W\’IBx - . —- . io~8 (u = a), x /,
- On peut écrire d’une façon générale :
- m b S
- ein = a w . v . laa-- . io—8.
- x M2
- (3)
- On calculera s d’après le dessin schématique du champ rectiligne comme dans la figure 7. Lorsque u croît, ein se rapproche à la parabole, qu’elle atteint pour u = rft (la distribution du courant est alors rectiligne, c’est celle du champ parabolique).
- Fig. 7-
- La force électromotrice induite dans une bobine en court-circuit par le champ total de l’induit est ainsi donnée par :
- , m / b , s b\
- P-T— Pcx + Cm = 22£>F/Ba I------------. - ) . IO 8 ,
- \ X w x/
- 5
- ou bien en posant I — —- = S «-
- cv = iwvlBa ^1 — S . 10—8.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2* Série). — N° 52.
- Les valeurs de s et S sont données par le tableau I.
- Tableau I
- Valeurs de s et S pour un 'induit lisse.
- = b: fi S s — i _ JL H3
- I I 3 °,67
- 2 I I I - I — 3 3 0,670,67
- 3 i i i a - 4 — a -3 3 3 0,740,520,74
- 4 I ï II 3Ï’Ï7333 °>79°>54 o,54 0,79
- 5 I I I I I 4Ï,0S,*3,"3<3 o,83 o,5g o,5i 0,590,83
- Noyau denté.
- Le courant étant ici concentré dans les encoches, le champ d’armature se présente sous la forme d’escalier (fig. 8) et la hauteur de marche est
- d’entrer dans la commutation ne diffère du champ précédent que proportionnellement à la valeur du courant de l’encoche qui se trouve entre elles. La figure 9 sert d’exemple pour m (nombre de spires par encoche) égal à a.
- Il est à remarquer que le champ à la portée d’une spire entre avec le facteur i au lieu de i /3 dans le calcul de son action inductive sur cette spire. Les valeurs de s et de S, ainsi calculées, sont données dans le tableau II.
- Talleau II
- Valeurs de s et S pour induit à encoches avec une lame par encoche.
- u — b \ $ S s = S 1 “ —r
- M2
- I I O
- I I
- 2 2 2 — —
- 2 2
- 3 6 4 6
- 3 3 5
- 9 9 9
- 00 3 2 2 3
- 4 4 8
- 4 4 4 4
- 5 i3 11 5 20 l/( 12 I-i 20
- 5 I I _ - -
- 25 25 25 a5 a5
- Dans le cas de deux ou plusieurs bobines par encoche, il est plus simple de déterminer directement S, d’après les considérations qui suivent.
- Fig. 8.
- m. Ba — dans le cas de m bobines par encoche.
- T
- Malgré la distribution non uniforme du courant sur la surface d’armature, l’action du champ d’induit à l’extérieur de la zone de commutation est tout à fait identique à celle de l’induit lisse ; la force ma-gnétomotrice dans un point fixe du noyau varie proportionnellement à la variation du courant dans les bobines en commutation et dans le cas de la commutation rectiligne (avec u = nombre entier) proportionnellement au déplacement du point (l’escalier glisse d’un mouvement uniforme sur une droite fixe). On peut ainsi trouver à un moment quelconque le vrai tableau du champ ; le champ d’une dent dont l’encoche n’est pas encore en commutation monte a P
- uniformément de Ba — pendant l’avancement d’une lame; le champ de la dent dont l’encoche vient
- m B jmi i !1j 2üiiJ/
- 4- dit—^
- T,___
- b 2up
- 1
- \K/<)
- l'ig- 9-
- s
- Si pendant le temps — le champ de toutes les spires
- i a P
- d’un côté d’une bobine augmentait de Ba — et dimi-
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- revue D’électricité
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- nuait autant de l’autre côté, la force électromotrice induite dans la bobine s était :
- e„ —w . - l. x . B« — . io—8 p x
- novlB„ io~s.
- Or les champs ne varient pas autant. Ainsi, par exemple, sur la figure 9, le champ de la dent I par rapport à l’encoche du milieu monte de 1 /3 au lieu de
- a 8
- tomber de 1, en unités B„ Il y a résidu
- A = - de sorte que la force électromotrice doit être V 28
- diminuée de 10 -. A B« — x. I. 10—8, x étant la lar-P T
- geur du pas dentaire, ou bien en posant xd = m (3
- b .
- = m — il faudra soustraire u
- 7 77 b ,n
- — 2 w v l B„-----io~8.
- x u
- f)Z
- Par conséquent S = — A. Dans le cas général A
- est la somme de résidus analogues. En se basant Tableau III
- Valeurs de S pour induit à encoches avec une ou m lames par encoche.
- w = 6 : (J
- 6 /, 6
- 9 9 9
- P 1
- 3 o o 3
- 4 2 o 2 4
- 8 8 8 8 8 8
- là-dessus on a représenté dans la figure 9 en bas la valeur de ex dans une des bobines de l’encoche moyenne; d’ailleurs toutes les bobines d’une même encoche ont la même courbe de ex déplacée seulement dans le temps (T, et T2). La partie intéressante de la courbe correspond seulement pour le temps de court-circuit d’une bobine, sur une largeur par exemple égale à [m -j-.[m — i)J(5. Dans le tableau III on a donné l’ensemble de valeurs de S. Pour une valeur donnée de m et de u les valeurs de S pour la niemo spire commencent à partir du rang n.
- J. P.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES ET PH0T0MÉTRIE
- Courbe d’éclairement du sol déduite de la courbe d’intensité. — J. Sumec. — Elektrotech-nick und Maschinenbau, 5 décembre 190g.
- L’éclairement d’un point du sol placé à une distance d de la source lumineuse dans la direction faisant un angle a avec l’horizontal est, si ia est l’intensité lumineuse, dans cette direction :
- J« sin a
- E ^—dT~'
- La hauteur h de la lampe au-dessus du sol restant constante, et a désignant la distance horizontale du point éclairé à la source, on a :
- Ea =
- Ja sin a
- Â*
- X sin2 a,
- formule qüe l’on emploie quand on veut déterminer l’éclairement du sol à différentes distances de la lampe, ou bien :
- „ J« sin a
- E„ —---------— X cos af,
- formule que l’on emploie lorsque le point lumineux se déplace sur une même verticale.
- Si l’on trace (fig. 1), sur l’axe vertical de la courbe d’intensité, un demi-cercle passant par le point lumineux (diamètre ioomin), un rayon lumineux quelconque coupe la courbe d’intensité au point A, le cercle d’intensité au point B, et l’on a :
- AAi = Ja sin a BBt = sin5 a BB2 = cos2 a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. VIII (2«Série). — N*,52.
- d’où :
- E/« — j-X AAt X BB,,
- «2
- et :
- Ea = -.X AA, X BB,. a~
- Il suffit alors de mesurer sur le papier les longueurs AA, BB, et BB2 pour obtenir les deux courbes de répartition de la lumière.
- Fig. i.
- L’échelle des courbes, eu « Lux », s’obtient en remarquant que pour h — xm
- et a= im,
- l’éclairement du sot, pour a = 45°, a pour valeur, en lux: o,5 (AA,)43 en Kerzen ; si h ou a ont une valeur quelconque, le nombre de lux varie en raison inverse de leurs carrés : il suffit d’établir l’échelle correspondante.
- Dans le cas de la courbe d’éclairement pour une hauteur constante du point lumineux, il est préférable d’avoir la courbe en coordonnées rectilignes qu’on déduit aisément de la courbe en coordonnées polaires obtenues par le procédé indiqué.
- Ces résultats s’appliquent à l’éclairage des rues et des places où il s’agit de trouver en même temps l’écartement convenable de deux lampes et leur hauteur.
- On fait de cette donnée que l’éclaircissement à égale distance des deux lampes doit avoir une certaine valeur ; de la courbe Ea on déduit la valeur de a" (valeur de x correspondant au point où l’éclairement est maximum) pour le type de lampe considéré ; en multipliant tg a" par la demi-distance des lampes on a la hauteur de celles-ci.
- La hauteur ainsi obtenue est celle pour laquelle
- l’éclairement du sol est le plus grand possible aux points les plus défavorables. Pour un type de lampe et une distance entre lampes déterminés, on obtient ainsi un éclairement aussi régulier que possible;
- A. P.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Installations électriques dans la nouvelle gare de triage de Wustermark. — Revue Générale des chemins de fer cl des tramways, octobre 1909.
- Près de Berlin, sur les lignes du Hanovre et de Hambourg, entre les stations de Wustermark et de Dallgow-Dobertz, on a construit une nouvelle gare de triage d’une très grande étendue, puisqu’elle .a 4 ooom de long et 5oom de large et couvre ainsi une surface de près de 74 hectares.
- Nous nous occuperons seulement des installations électriques, d’éclairage, manutention et signalisation qui ont ici une certaine importance.
- Nature du- couvant, — Par suite de l’étendue de la gare à desservir et aussi en vue d’alimenter plus tard les gares voisines, àu moyen de l’énergie électrique, qui devra être transmise sur une longueur de iÿkm, on a eu recours au courant alternatif.
- Ce courant est engendré sous une tension de a'îo volts et est en partie utilisé directement sous celte tension dans les différents bâtiments voisins de la station centrale, tandis qu’une autre partie est transformée sous une tension de 3 000 volts, pour le fonctionnement de certaines machines affectées au service de la gare de triage et pour la distribution à grande distance.
- Ce courant de 3 000 volts est transformé dans des sous7stalions pour être ramené à sa tension première, c’est-à-dire à a3o volts.
- Au point de vue de l’installation électrique, on peut diviser la gare en quatre sections. La première comprend toute la partie Ouest de la gare où se trouve la station centrale. Les trois autres ont chacune une sous-station I, II, III et forment la partie est de la gare.
- Dans la première section, la distribution du courant est réglé directement par le tableau de distribution de l’usine centrale.
- Il alimente : 35 lampes à arc de 10 à 12 ampères, 270 lampes à incandescence de 12 à 25 bougies ; 2 moteurs d’une puissance variant d’un demi-cheval à 10 chevaux pour les pompes, et les différents
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- 405
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- services de l’usine de réparation et deux transformateurs d’une puissance de 9$ kilowatts où le facteur de puissance cos = o,8.
- Pour les trois autres sections, on a :
- Usine secondaire I. — 47 lampes à arc de 10 à 1 2 ampères; 233 lampes à incandescence de 10 à a5 bougies et 4 moteurs d’un demi, 3, 5 et 10 chevaux pour le service dés ateliers de menuiserie.
- Usine secondaire II. — 5i lampes à arc de 10 à 12 ampères, 200 lampes à incandescence de 40 bougies et un moteur de 10 chevaux pour la mise en marche d’un convertisseur.
- Usine secondaire III. — 12 lampes à arc de 12 ampères-seconde et i3 lampes à incandescence de i2 à 24 bougies.
- Usine électrique. — Comme machines motrices, on a installé des moteurs Diesel jumelés à 4 temps, d'une force de 100 chevaux avec un alésage de cylindre de 35omm et une course de piston de 55om,n.
- Les cylindres des machines et des pompes sont munis de radiateurs. Pour avoir un bon refroidissement, il ne faut pas moins de 10 litres par cheval. L’eau entre à une température moyenne de 10 degrés.
- Chaque moteur a un volant d’un diamètre de 3mioo et d’un poids de 9 3ookg moulé d’une seule pièce.
- Il actionne au moyen de courroies de transmission une dynamo à courant alternatif d’une puissance de 100 kilowatts, donnant 750 tours à la minute. Ces machines sortent de l’usine Siemens. Ce sont des machines à pôles intérieurs munies d’un moteur d’excitation. L’induit de ce dernier est fixé sar le prolongement de l'arbre de la machine. Il peut atteindre une puissance de 2 kilowatts à 05 volts.
- Le rendement de la dynamo à courant alternatif en pleine charge a été estimé, lors de l’essai, à 92,3 % pour cos 9—1.
- Le courant fourni par les machines est envoyé dans un câble à armature de plomb qui communique avec le tableau de distribution, lequel se trouve un peu surélevé de manière que les employés embrassent d’un seul coup d’œil toute la salle.
- Ce tableau se compose de sept panneaux en marbre d’un mètre de large environ et monté sur de solides armatures de fer : Sur les trois panneaux de gauche se trouvent placés les interrupteurs et les instruments de mesure, ainsi que ceux qui servent à régler la marche des dynamos à courant alternatif et des moteurs d’excitation. Les rhéostats pour le réglage se trouvent derrière; mais les volants à mains émergent en avant du tableau. Le panneau I
- suivant comprend les interrupteurs et les appareils de mesure pour les transformateurs; sur les deux autres panneaux se trouvent les interrupteurs et les appareils de mesure pour la lumière et la force. Le panneau le plus à gauche est laissé libre pour servir lors de l’installation d’un quatrième groupe de machines.
- Le tableau de distribution est à une distance du mur. Il est donc très commode de faire les réparations, lorsque les avaries se produisent derrière lui. A côté de lui, se trouvent les compteurs automatiques enregistrant le nombre des vatts-heures dépensés par les lampes à arc, les lampes à incandescence et les moteurs. Ces compteurs sont des moteurs construits d’après le principe de Ferraris.
- Pour régler la marche parallèle des dynamos, on a eu l’idée d’accoupler toutes les résistances si bien que tous les moteurs sont commandés en meme temps et de la même manière.
- A côté de la salle des machines se trouve, du côté nord, un bâtiment annexe qui comprend les chambres des pompes, les transformateurs, la chaufferie, les dortoirs pour le personnel. Dans les combles de ce batiment se trouvent les deux réservoirs de 1 5oo litres pour le combustible minéral des moteurs.
- Chambre des pompes. — Il y a deux pompes centrifugés à haute pression, pour alimenter les réservoirs d’eau. Elles font environ 1 400 tours et peuvent élever, à une hauteur de 6om, jusqu’à ioo”’3 d’eau à l’heure. L’extérieur est en fonte, mais la turbine, les distributeurs et les bandages sont en bronze.
- Les pompes sont actionnées par un moteur à courant alternatif au moyen d’une courroie.
- Chambre des transformateurs. — Dans cette salle il y a deux groupes de transformateurs pour élever le courant à la tension maximum. Gc sont des transformateurs cuirassés avec des radiateurs à huile.
- Le service des interrupteurs se fait au moyen de leviers. On est averti de cette manœuvre au tableau de distribution, dans la salle des machines, par rallumage de différentes lampes de couleur.
- Ligne. -r- Le transport dé l’énergie électrique, aux usines secondaires, se fait au moyen de deux câbles enfoncés à environ om, 80 en dessous du niveau du sol.
- Eclairage. — Les lampes à arc que l’on utilise sont des lampes à arc à flamme. Les circuits, qui ne possèdent que deux ou trois lampes à arc, sont pourvus de transformateurs. L’éclairage au moyen
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- des lampes à incandescence se fait avec des ampoules à filaments de charbon ou à filaments métalliques.
- On a installé deux câbles sur lesquels courent des trolleys qui prennent le courant et le conduisent dans des lampes portatives. Ces lampes servent à l’éclairage des wagons de marchandises en manutention. Les câbles ont une section de a5mm2 et sont fixés de distance en distance sur des isolateurs. La prise de courant se compose d’une tige en bambou, qui se termine à sa partie supérieurepar deux étriers, et à sa partie inférieure par une boite de prise de courant reliée à la lame portative sur un petit câble.
- Cette boîte et les deux étriers sont entourés d’une feuille de caoutchouc. Les deux étriers sont en cuivre et bien montés de façon qu’ils ne perdent jamais le contact, même quand la tige de bambou, par suite du vent, s’incline.
- La lampe, qui est toujours à proximité de la main, est reliée à la boîte de prise de courant par un câble d’une longueur de a™, 5o environ. Elle est enfermée dans une cage métallique dont une des parties est fermée par des matières isolantes. C’est à cet endroit que l’on a soudé un crochet double qui permet de fixer la lanterne en n’importe quel endroit du wagon.
- La lampe à incandescence que l’on emploie est une lampe à filaments de charbon de i6 bougies.
- Cabines d’aiguilleurs. — Dans l’usine électrique et les usines secondaires se trouve un groupe de machines qui alimentent les trois batteries d’accumulateurs affectées au service des cabines d’aiguilleurs dont la première sert pour la cabine A, la deuxième pour la cabine B et la troisième pour la cabine C.
- Les machines pour les cabines A, B comprennent des moteurs à courant alternatif d’une puissance de io chevaux, ainsi que des moteurs à courant continu de 5 kilowatts. Ces derniers alimentent des batteries d’accumulateurs de 204 éléments du type J 3 de la société pour la fabrication des accumulateurs.
- Pour la cabine G, il n’y a qu’un moteur à courant alternatif de 3, 5 chevaux et un moteur à courant continu de 1, G kilowatt. Il sert à l’alimentation d’une batterie d’accumulateurs comprenant *04 éléments J 1.
- De plus, le courant alimente 35o lampes servant à l’éclairage des signaux et des indicateurs de direction.
- Dépenses de premier établissement et prix de revient.
- L’installation de l’usine a coûté 226 a5o francs qui se répartissent ainsi :
- Bâtiments............H................ 65 ooo »
- Moteurs à courant alternatif, tableaux
- de distribution et câbles............. i5i 62b »
- Réservoirs pour le combustible..... 3 875 »
- Pont roulant.............................. 4 875 »
- Eclairage...............•........... 875 »
- Le prix de revient d’un kilowatt-heure est de o fr. 10, pour une consommation de 476000 kilowatts-heures.
- T. P.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Nouveaux types d’appareils de levage à commande électrique. — L. Riefstahl. — Communication à VElektrotech. Verein, 16 novembre 1909, Vienne. — Reproduite par YElektrotechnik und Maschi-nenbau, 28 novembre, 5 décembre 1909.
- L’auteur décrit :
- Un nouveau contrôleur permettant, dans les appareils de levage à commande électrique, de freiner par le moteur à la descente de la charge.
- La figure 1 représente le schéma des connexions dans ce contrôleur, propre au service des ponts roulants d’atelier ou de fonderie.
- Ces ponts roulants exigent, comme on le sait, une mise en marche très lente et très progressive à la descente, ainsi qu’un réglage de vitesse très sensible.
- Le schéma est fait pour un moteur série. Le frein électro-magnétique, qui doit être calculé assez fort pour pouvoir maintenir la charge lorsque le moteur est.au repos, est représenté dans le schéma par un électro-aimant série. Celui-ci présente sur l’électro-shunt de notables avantages : bon marché, rémanence plus faible, action plus rapide à l’interruption du courant.
- Le levage se fait en employant les touches n° 1 à 6.
- On remarque sur le schéma qu’entre le levage et et la descente il y a 3 positions de freinage pour modérer l’élan du moteur quand on soulève de faibles charges. Les 3 touches permettent d’arrêter rapidement le moteur sans produire d’étincelles au collecteur.
- A la touche n° 6 du freinage, l’électro-frein série est levé et le champ du moteur fortement excité (par excitation séparée). Cette excitation est coupée
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- par un interrupteur spécial, dit « de protection ».
- A l'inverse de ce qui se passe au levage, la vitesse de descente est d'autant plus grande qu'il y a plus de résistance dans le circuit de l'induit. La vitesse va donc en fiugmentant de la position 6 à la position i et atteint, à la dernière touche, i,5 fois la valeur de la vitesse d'élevage à pleine charge.
- A la position 7, la vitesse est minima, l’induit étant branché sur le réseau sans résistances.
- Ce qui caractérise ce dispositif, c'est que dans toutes les positions de descente le moteur est mis sur le réseau, et de telle sorte que le champ ainsi que les résistances'de démarrage et de réglage à la descente, sont montés en parallèle avec l'induit, tandis
- Même si on revient à la position, le frein n’est pas dégagé. Il est nécessaire, pour descendre à nouveau, que le mécanicien aille jusqu’à la position <c halte » puis revienne à la touche 6 en passant par les positions 1, 2, etc. (fig. 1).
- Les avantages du procédé décrit sont que le mécanicien ne peut jamais faire naître dans l'induit des tensions supérieures Scelle du réseau pour lequel il est constant, ce qui était possible avec les systèmes précédemment employés.
- Il n’est pas possible non plus avec ce système de laisser descendre la charge sans que le moteur soit en circuit, ce qui évite à ce dernier une vitesse exagérée.
- que l'électro-frein est en série avec la résistance d'excitation séparée sur la ligne d’alimentation.
- A la position 6, quand la descente commence, l'excitation séparée prend environ 7.0 % du courant correspondant au levage de la charge normale.
- A la position 5, elle n’est plus que de 15 % de cette valeur et diminue régulièrement avec les touches suivantes.
- Au moment où la vitesse de descente a atteint une valeur telle que la force électro-motrice de l’induit est sensiblement égale à la tension du réseau, le courant d'excitation séparée est sensiblement nul, et l’électro-frein abandonne son noyau, freinant ainsi toute la partie mécanique.
- Il faut remarquer enfin la mise en circuit d’une résistance automatique de protection E. S. dans le circuit de freinage, au passage de la position « descente-force» à la position « descente-freinage », ce qui évite un à-coup dans le courant de freinage.
- A la rigueur, cette résistance ne serait pas néces-saii'e avec un personnel expérimenté ; elle constitue toutefois un org’ane de sécurité.
- Pour les ponts roulants à déplacement rapide, le schéma est différent : l’excitation du moteur sur la touche de freinage 6 disparaît et un électro-shunt est substitué à l'électro-série. La manœuvre est^simpli-fiée, et, de plus, l’emploi de l’électro-shunt fait que le mécanicien n'est pas obligé de veiller au dégage-
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- ment du frein magnétique, puisqu’il est réalisé sur toutes les touches de freinage.
- L’emploi d’une résistance pour renforcer le champ est ici de première importance, car la nécessité de travailler rapidement peut conduire le mécanicien à ne pas utiliser les touches de freinage, et simplement les touches « force-descente ».
- A ces dispositifs de sécurité prévus sur le contrôleur, on peut ajouter les dispositifs qui permettent de mettre automatiquement le moteur hors circuit, lorsqu’on n’a pas toute confiance dans l’habileté du personnel chargé de la manœuvre des ponts à grande vitesse. Ces dispositifs, en interrupteurs de fin de course, sont compris de telle façon qu’il soit possible de passer sans autre manœuvre à la marche arrière.
- Cependant la pratique a montré qu’il vaut mieux ne pas employer ces interrupteurs de lin de course, et l’on a dû les supprimer des installations où ils avaient été prévus. Si on les maintient, on peut néanmoins dépasser la position correspondante, en employant un interrupteur de franchissement, commandé par pédale, qui court-circuite l’interrupteur de fin de course.
- Tout récemment enfin, on a breveté un dispositif, représenté par la figure i, et caractérisé par ce fait qu’il étalilit, avant d’atteindre la position définitive de fin de course, une zone qui peut n’être parcourue qu’à une vitesse très réduite. On peut donc utiliser ainsi le chemin de roulement tout entier sans perdre les avantages d’une limitation automatique des déplacements.
- b
- j e s c
- ci
- Tout ce qui précède se rapporte aux moteurs continus-série.
- L’emploi de plus en plus répandu du courant triphasé oblige à étudier des dispositifs équivalents au précédent dans le cas des moteurs synchrones. En ce qui concerne la descente de la charge, les conditions sont simplifiées et sont identiques à celles d’un moteur-shunt.
- Oq peut sans inconvénient, par l’intermédiaire d'un cliquet, laisser descendre la charge en entraînant le moteur, puisque celui-ci fonctionnera en génératrice d’une vitesse supérieure de quelques pour cent à celle du synchronisme. Il convient de
- remarquer, que l’introduction de résistance dans le rotor aurait pour effet d’augmenter la vitesse et non de la diminuer.
- On peut donc équiper la plupart des ponts roulants sans freins, avec un contrôleur réversible ordinaire.
- Dans certains cas cependant, il est nécessaire de prévoir un freinage électrique qui permette d’obtenir une vitesse réduite à la descente. Pour y parvenir, il suffit d’exciter le stator avec un champ tournant dans le même sens qu’au levage et d’introduire dans le rotor assez de résistance pour que le couple résultant ne suffise plus à tenir la charge eh équilibre, de sorte que le moteur sera entraîné par cëlle-ci. Les tonditions sont alors identiques à celles du moteur shunt continu.
- Les courbes de la figure 3 donnent les vitesses que l'on peut atteindre avec des contrôleurs disposés pour le freinage en fonction de l’effort de traction. Elles ont été relevées sur un pont roulant de 7,5 tonnes, le moteur fournissant une puissance intermittente de ii,ï IIP pour une vitesse au synchronisme de i ooo tours par minute, 5o périodes, no volts.
- Les courbes marquées en chiffres arabes se rap-Effort de traction.
- Fig. 3.
- portent aux positions de levage ; celles marquées en chiffres romains, aux positions de descente avec freinage.
- Il convient de remarquer que, pour une position déterminée de la manette du contrôleur, la vitesse
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- du levage ou de descente n’est pas déterminée, mais dépend essentiellement de la charge. La manœuvre d’un pont roulant équipé en triphasé exigera donc, de la part du mécanicien, une certaine habileté, qui consistera à trouver rapidement pour chaque charge la touche correspondant à la vitesse convenable.
- , Il faut enfin signaler l’emploi fait du système Léonard dans les ponts roulants où il s’agit de manipuler de lourdes charges à des vitesses assez Élevées, afin d’être absolument maître de la période de descente.
- Dans ce cas, les trois moteurs d’un même engin de levage peuvent être séparément mis sur les barres de la dynamo de démarrage. Le groupe de démarrage est en général placé sur l’appareil de levage lui-même, afin d’économiser les canalisations et d’arrêter plus facilement le groupe en cas de non-fonctionnement des moteurs.
- On voit de suite la complication qu’entraîne l’application de ce système. Aussi est-il limité au cas où il est de toute nécessité.
- Dans le cas des gros moteurs également, on a recours au système des contacteurs actionnés par un circuit auxiliaire que commande un petit contrôleur. Le schéma reste le même que dans chacun des cas précédents; en réalité, les touches du contrôleur, au lieu d’être, rassemblées, sont séparées, et au lieu d’être manœuvrées à la main, le sont par des électroaimants.
- Ces deux derniers dispositifs, système Léonard et contacteufs, permettent la commanda à distance des appareils de levage.
- BREVETS
- Dispositif pour coupler et découpler automatiquement une dynamo associée à une batterie d’accumulateurs dans une installation électrique d’éclairage. — Aktiengesellschaft Brown, Boveri. — Publié le 23 septembre 1909.
- L’invention se rapporte à un dispositifautomatique pour dynamo associée à une batterie d’accumulateurs dans une installation d’éclairage et caractérisée par le fait que son nombre de tours varie dans de grandes limites. Ce dispositif est tel que, par une tension déterminée de la dynamo, correspondant à un nombre de tours suffisamment grand, le circuit principal se ferme, et qu inversement ce circuit s’ouvre pour une certaine diminution de vitesse, le régula-
- teur assurant en même temps le réglage de la tension et de l’intensité.
- En outre, la fermeture et l’ouverture du circuit de la dynamo se font sous l’influence du régulateur, et on arrive à ce but au moyen d’appareils relativement réduits qui ne comportent aucune installation complexe et se composent essentiellement d’un robuste interrupteur pour le circuit de la dynamo, l’enclenchement et le déclenchement dépendant directement du régulateur.
- Une application de ce dispositif est donnée à titre d’exemple au dessin schématique (fig. 1).
- Pour le réglage du champ d’excitation de la dynamo, on dispose d’une bobine Deprez et d’Ar-sonval i qui est, d’une part, sous l’influence d’une force mécanique 2 et, d’autre part, sous l’influence d’un système magnétique dont le champ résulte de la-superposition de deux enroulements, dont l’un 3 est branché aux bornes de la dynamo et l’autre 4 est parcouru par le courant de la djmamo.
- En ce qui concerne l’excitation de la dynamo, il faut remarquer que, sous l’influence de ces deux forces antagonistes, la bobine déplacera directement ou indirectement le dispositif de conctact 5 du rhéostat de champ 6, et ce, pour chaque vitesse et pour chaque état de charge de la batterie ; il en sera ainsi jusqu’au moment où la force électriquè aura fait équilibre à la force mécanique.
- Pour la mise en circuit ou hors circuit du courant de la dynamo, oh se sert avantageusement d’un électro-aimant 7, comportant deux enroulements superposés, dont l’un 8 est alimenté par une dériva-
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- tion clu courant d'excitation et l’autre 9 par le courant de la dynamo.
- Le fontionnernent en est le suivant :
- A l’origine, la dynamo 10 — à auto-excitation — par suite d’accroissement du nombre de tours, crée une tension suffisante pour provoquer la rotation de la bobine dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de sa position initiale, de manière que par le glissement du secteur 5 sur les plots de la résistance, le circuit de l’enroulement 8 de l’électro 7 soit bientôt fermé et, produisant l’attraction de l’armature, ferme à son tour le circuit de la dynamo au moyen de l’interrupteur r 1.
- Comme conséquence, le courant de charge qui circule à partir de cet instant occasionne une chute de tension dans le circuit de la dynamo, entraînant une chute de tension interne dans la dynamo elle-même, c’est-à-dire que, s’il n’existe pas une commande plus rigide que celle qui est supposée exister, il en résultera une diminution du nombre de tours au moment, de la charge, de telle sorte que, dès le moment suivant, les forces électriques agissant sur le régulateur 5 le feront revenir en arrière jusqu’à ce qu’il soit de nouveau à sa position initiale et ait mis en court-circuit le circuit de l’enroulement 8. Il en
- résulterait donc une rupture du courant de charge, engendrant ainsi indéfiniment des alternatives de rupture et de mise en circuit, n’était la présence de l’enroulement 9 parcouru par le courant de charge qui, lui, maintiendra l’interrupteur 7 jusqu’au moment où le courant de charge aura atteint une valeur approchant de zéro, ce qui arrivera seulement si le nombre de tours de la dynamo se trouve encore réduit davantage par sa commande.
- Ce dispositif, vis-à-vis de ceux pour lesquels la mise en circuit ou hors circuit du courant de charge se produit par un interrupteur automatique indépendant, présente l’avantage qu’il n’y a plus à considérer deux forces indépendantes l’une de l’autre, celle de l’interrupteur et celle du régulateur, ce qui entraîne toujours des irrégularités plus ou moins grandes dans le fonctionnement, mais au contraire, on arrive ici par l’ensemble unique et inhérent à la disposition du régulateur, à mettre en circuit ou hors circuit le courant de charge aussi favorablement que possible. '
- Cette invention convient donc particulièrement dans les applications d’éclairage des trains et dans le cas d’installations électriques par moulins à vent.
- C.M.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Agenda Dunod pour «1910 : Electricité, à l’usage des électriciens, ingénieurs, industriels, chefs d’ateliers, mécaniciens et contremaîtres, par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien. — Un petit volume 10 X i5, de 4°o pages, plus 128 pages blanches datées. —H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.— Prix: relié, 3 francs.
- Cet agenda contient tout ce qu’il est essentiel de connaître sur les quantités et unités physiques, géométriques et mécaniques, sur les phénomènes magnétiques, électriques et électromagnétiques, sur les quantités et unités magnétiques, électromagnétiques, thermiques et photométriques, sur la production de l’énergie électrique, sur les accumulateurs, les canalisations, l’éclairage électrique, etc.
- On trouvera dans l’édition. 1910 la liste des loca-
- lités dans lesquelles existe une distribution d’énergie électrique, liste établie d’après des documents officiels récents et minutieusement vérifiés.
- Déjà l’édition 1909 avait donné les documents officiels relatifs aux distributions d’énergie électrique, le cahier des-charges-type pour la concession d’une distribution d’énergie, et la nomenclature par département des tramways électriques.
- Ainsi les électriciens auront non seulement l’ensemble des renseignements utiles à leur profession, mais aussi une documentation précise sur tout ce qui est relatif aux distributions d’énergie électrique et aux tramways électriques existant en France.
- Enfin, l’agenda contient des tables et formules usuelles de mathématiques et de physique.
- S. F.
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Jugement du Tribunal civil de Bordeaux sur l’impossibilité, pour une entreprise de distribution, non déclarée d’Utilité publique, de faire passer ses fils par dessus une propriété privée.
- II n’eStpas inutile, étant donné la légèreté avec laquelle quelques entrepreneurs de distribution d’énergie croient pouvoir se passer des autorisations administratives, aussi bien que des permissions des propriétaires privés, pour implanter leurs poteaux là où il leur convient, de reproduire ici un jugement du Tribunal de Bordeaux qui dispose conformément à la loi :
- iu Que les entrepreneurs qui ont obtenu la déclaration d’utilité publique peuvent seuls établir les canalisations au-dessus des propriétés privées ;
- a0 Que les autres, même en offrant une réparation pécuniaire et un engagement écrit d’enlever leur canalisation à première réquisition, ne peuvent passer outre à la défense du propriétaire.
- Paul Bouoault, Avocat ii la Cour d’Appel de Lyon.
- Texte du jugement.
- Le Tribunal :
- Allendu que la Société d’éclairage électrique de Bordeaux a fait passer trois câbles électriques au-dessus d’une maison appartenant au sieur Das, et que ce dernier par exploit en date du 25 avril 1908, a assigné ladite Société aux lins d’enlèvement de ces câbles et en dommages-intérêts.
- Attendu que la Société électrique 11’a pas obtempéré attx injonctions de Das et s’est bornée à répondre, par acte du Palais dù 20 mai dernier, qu’elle est prêté à faire procéder en temps utile à l’enlèvement des câbles, de manière à ne pas gêner les travaux de surélévation que Das manifestait le désir d’entreprendre.
- Attendu que l’action de Das est fondée; qu’en effet, aux termes de l’article 552 du Code civil, la propriété du sol entraîne celle du dessus et du dessous.
- Attendu que, dans ce texte, le législateur n’établit aucune distinction entre ces trois parties de l’espace et qu’il les soumet également, d’une manière exclusive et absolue, à la volonté et à l’action du propriétaire; qu’en
- ce qui concerne le dessus, l’article 552 n’indique d’autres restrictions que celles qui sont portées au titre des servitudes.
- Attendu que si le progrès de l’industrie a créé une situation inconnue du législateur du Code, Une loi récente a cherché à concilier les nécessités de la vie moderne avec la règle de l’article 552.
- Attendu qu’aux termes de l’article 12 de la loi du i5 juin 1906, les propriétés privées sont désormais assujetties au passage des conducteurs d’électricité, lorsque l’entreprise électrique est déclarée d’utilité publique; qu'ainsi le législateur a défini avec précision les cas dans lesquels la règle de l’article 552 reçoit actuellement exception, mais que, les exceptions étant de droit étroit, elles ne sauraient être étendues au profit d’autres que ceux qui ont été visés dans la loi.
- Attendu que la Société électrique de Bordeaux n’a pas été déclarée d’utilité publique, et qu’elle ne remplit pas, dès lors, les conditions requises par la loi pour se prévaloir de l’article 12.
- Attendu, au surplus, qu’on soutiendrait en vain, que l’installation ne cause aucun préjudice à Das, et que la Société d’ailleurs est disposée à enlever ses câbles en temps utile.
- Attendu que le droit de propriété étant absolu et exclusif, en dehors des exceptions créées par la loi, son étendue ne peut être soumise à Une condition quelconque, et augmenter ou diminuer, selon que les droits, prétendus par les tiers, seraient plus ou moins préjudiciables aux propriétaires.
- Attendu, d’autre part, qu’on ne saurait imposer à celui-ci l’obligation de prouver son intention de disposer de l’espace du dessus ou d’établir que le temps utile est arrivé sans ajouter à l’article SS2 des conditions qui n’y sont nullement contenues; que, dès lors, le Tribunal doit faire droit à la demande de Das, en ce qui concerne les câbles
- Attendu, pour ce qui est des dommages-intérêts, qu’il y a les éléments suffisants d’appréciation.
- Par ces motifs :
- Condamne la Société électrique de Bordeaux à enlever, dans les quinze jours de la signification du jugement, les câbles passant au-dessus de l’immeuble du sieur Das, à peine d’une astreinte de 5o francs par jour de retard pendant le délai d’un mois, passé lequel il sera fait droit à nouveau, et statuant sur les dommages-intérêts condamne la Compagnie â payer à Das la somme de 25 fr,, la condamne en outre aux dépens. — • — -
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- LA LUMIÈRE. ÉLECTRIQUE T. VIII (2« Série). — N° 52.
- CHRONIQUE INDÜSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Il circule des bruits contradictoires au sujet de l’entente desproducteurs de cuivre. Le 9 décembre, le Daily Telegraph mandait de New-York d’une façon formelle que l’intention des Compagnies de cuivre était d’inaugurer une réduction systématique de la production aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada; la proportion serait de 10 % de la production actuelle. Le Moniteur des Intérêts matériels ajoutait, le 10 décembre, que ceux qui conduisaient les négociations avaient été en relation avec les autorités de Washington dans le but d’obtenir la plus haute sanction pour leur projet ; que d’aucuns pensent que, sous une forme ou sous une autre, la combinaison se fera; et que les organisateurs se seraient assurés que la décision rendue contre la Standard Oil ne compromettait aucun intérêt vital du futur trust, dont la création a été spécialement escomptée par la hausse des actions cuprifères américaines.
- Depuis ces nouvelles, il a été télégraphié que l’organisation envisagée avait abouti; le cours du métal en a subi le contre-coup et s’est un peu relevé.
- Le Rio Tinto cependant que nous avions vu à 2 000, puis à i 974, a été entraîné au plus bas jusqu’à 1 951 pour clôturer à 1 957. Les résultats de Cape Copper soumis à l’Assemblée des actionnaires du 8 courant sont beaucoup moins favorables que ceux de l’avant-dernier exercice. Le bénéfice net réalisé a été de 90 22/, £ au lieu de 144 366 £; augmenté du solde reporté de 1907-1908, il s’élève à i65o88£ et a reçu l’affectation suivante : i'ncome-tax anglais, 16 58o £; income-tax colonial, 9 558 £; dividendes, 94 875 £ à raison de 3 sh. (5 d. par titre; report à nouveau, 44 o65 £. La faiblesse des résultats obtenus a été attribuée principalement à une grève qui entraîna la fermeture pendant quatre mois de l’usine de fusion de la Compagnie; mais la diminution des bénéfices des mines Tilt Coves dans lesquelles Cape Copper a une participation y a sa part également. Et dès lors c’est à la réduction de la production et aux bas prix du cuivre qu’il faut attribuer lavréduction des bénéfices nets. Cape Copper ne possède pas évidemment des mines de premier ordre, car tout le minerai abattu ou estimé est à teneur variable de 1 à 10 % ; mais elle procède dans
- la Colonie du Cap à de nombreuses prospections et à des essais dont elle espère tirer un grand profit. Si la production mondiale continuait à augmenter et les prix des cuivres à se maintenir, son calcul serait probablement trop optimiste.
- Chaque fois qu’elle est soumise au contrôle d’une commission technique dégagée de toute préoccupation politique, la question des transports en commun s’éloigne de la solution. La jonction des deux exploitations des omnibus et des tramways a paru nécessaire et le préfet de la Seine a dû préparer un nouveau cahier des charges à soumettre au conseil municipal. Le cours de l’action Omnibus suit naturellement toutes les fluctuations de l’opinion plus ou moins favorable, de toutes les ambitions qui se manifestent tant en bourse qu’à l’hôtel de ville. Cependant les réserves qu’a formulées la commission d’admissibilité ne sauraient échapper à personne : a En « ce qui concerne la mise en train de l’exploitation « nouvelle des tramways, il est certain que cette cc mise en train présente de sérieuses difficultés pour « tout autre exploitant que l’exploitant actuel. Il « aurait donc été nécessaire que le demandeur ap-ct portât à l’appui de sa demande un plan convena-« blement étudié et suffisamment précisé dans ses cc détails, faute de quoi l’exploitation pourrait se trou-« ver compromise. Or ce plan n’a pas été fourni par « le demandeur. Dans ces conditions, la sous-« commission, tout en considérant que le déniante deur en concession est admissible, fait les plus « expresses réserves sur la possibilité où il se trouée vera d’assurer le fonctionnement régulier de Texte ploitation pendant la période de transition qui cc commencera au 1e1' juin 1910». La conclusion à en tirer est que le concessionnaire futur, s’il n’est pas la Compagnie générale des Omnibus, se trouvera malgré lui obligé d’utiliser le matériel de celle-ci pour la période transitoire, ce qui ne laissera pas de lui créer une situation pleine de difficultés techni-ejues et financières. Il n’v aurait ({lie demi-mal à tous ces atermoiements, conséquences regrettables de toutes les fantaisies de nos administrateurs communaux irresponsables ; mais l’intérêt du public s’en trouve sacrifié ; il joue un rôle trop secondaire dans ces négociations plus politiques ejue commerciales. L’Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tram-
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- ways a réalisé en 1908-1909 pour un capital de xo millions un bénéfice brut d’exploitation de 2 689 70.5 francs et un bénéfice net de 2 257 077 fr. Un prélèvement de 1 aSoooo francs pour le fonds de prévoyance a réduit, les bénéfices distribuables à 1 007 077 francs permettant de donner 8 % aux actions. L’Omnium lyonnais se trouve principalement intéressé dans la Compagnie des chemins de fer à voie étroite de Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier, dans les tramways d’Avignon, les chemins de fer sur route d’Algérie et le chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris. De ce fait, son portefeuille s’élèveà 7 781 407 fr. dont 3 811 3a5 francs pour les titres des filiales (Cannes, Fontainebleau, Bourges, Poitiers), et 2489211 fr. 5o pour les actions des entreprises ci-dessus. Pour toutes lés filiales, les résultats de l’exploitation sont en progression sensible : Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier a distribué 20 francs de dividende brut ; Avignon a donné 7 francs; le Nord-Sud encore en cours de construction donne 4 % d’intérêt intercalaire. La situation de l’Omnium lyonnais est donc prospère. Son président n’a pu se défendre cependant de faire part à l’assemblée des appréhensions que lui faisaient concevoir les grèves continuelles et les tendances des pouvoirs publics à modifier en cours de concession les contrats qui lient les conces sionnaires. « Il est à craindre, a-t-il dit, pour les « travaux à venir que les modifications des conditions « du travail qui se sont multipliées au cours de ces « dernières années d’une façon incessante, en faussant « toutes prévisions si sagement établies soient-elles, « paralysent les initiatives privées et les découragent « d’entreprendre des travaux d’aussi grande enver-« gure que ceux exécutés au cours de ces 20 dernières « années. Il est enfin désirable que les pouvoirs pu-« blics se rappellent dans la préparation des lois so-« ciales que les Compagnies de transports ont accepté « de l’Etat, pouvoir concédant, des concessions à des « conditions nettement définies. » Malheureusement ces remontrances, pour employer le mot de nos parlements d’autrefois, ne dépassent guère les limites de ces assemblées d’actionnaires et ne causent même pas de remords à ceux qui se rendent sciemment coupables de certains dénis de justice. Les disponibilités de l’Omnium lyonnais étaient, au 3o juin, de 3648498 francs, alors que ses créanciers divers s’élevaient à peine à 1 900000 francs. A son actif les débiteurs divers figuraient pour 3 652 352 francs y compris 1 43oooo francs d’avances aux filiales productives d’un intérêt de 4 % et l’ensemble du porte-
- feuille pour 9322245 francs. L’augmentation seule du cours des actions Nord-Sud depuis le 3o juin a déjà donné à ce chiffre une plus-value importante qui confirme l’excellente situation dont nous parlions plus haut.
- On annonce l’acquisition parla Société des Forces motrices du Ilaut-Grésivaudan du réseau de distribution d’énergie appartenant à la Société de ciments prompts et Portland artificiels. L’Union Electrique de son côté a acquis, de la Société civile des Forces motrices de l’Ain, les chutes de Cize-Bolozon et de Serrières-sur-l’Ain et un certain nombre de concessions de distribution d’énergie dans l’Ain et la Saône-et-Loire.
- La Société dijonnaise d’Électricité a réalisé au cours de l’exercice 1908-1909 un bénéfice de 180 708 fr. 4λ contre 149 697 fr. 98 en 1907-1908. Le solde disponible qui, avec le report précédent, remontait à 191 584 fr. 60 a permis la distribution d’un dividende de 40 fr. 620 bruts par action et de 41 fr. 66 par part de fondateur, supérieurs l’un et l’autre aux répartitions de l’année précédente. Une somme de 54 760 fr. 32 a pu être affectée malgré cela aux amortissements et 25 896 fr. 04 ont été reportés à nouveau.
- L’Est-Lumiëre ou Compagnie d’Electricité de l’Est-Parisien a réalisé cette année un bénéfice d’exploitation de 1 323 026 francs en augmentation de 260941 fr. 77 sur celui de l’an dernier. Ces résultats sont dus tant à l’augmentation des recettes qu’à la réduction des dépenses. Le nombre total des polices en service était au 3o juin 1909 de 14 840 représentant pour l’éclairage 193000 lampes de 5o watts et pour la force motrice 9700 kw; ces chiffres correspondent à une augmentation de 2 02.4 abonnés avec 23 oo'o lampes et 1 800 kw. de force motrice. On remarquera que là progression du nombre de lampes est seulement de i3 % pendant que celle delà force motrice est de 23 % ; les recettes ont augmenté de près de i5 % .
- Après déduction des frais généraux et des amortissements, le bénéfice net ressort à 3p4 445 fr. 93. Il a permis au Conseil de répartir un 'dividende de 6 % aux actions et de donner 10 francs aux parts de fondateurs pour la première fois depuis la constitution de la Société. L’assemblée extraordinaire sur la proposition de son Conseil a décidé d’ailleurs le rachat de 2 000 parts de fondateur au prix unitaire de i5o francs et a modifié la répartition des bénéfices en accordant aux actions ordinaires tout le surplus des bénéfices restant après l’attribution des 10 % au
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- Conseil. La somme nécessaire à ce rachat a été prélevée sur le compte d’amortissements qui s’élevait à i 620 490 francs. Mais cette opération très profitable aux intérêts des actionnaires pourra gêner momentanément la trésorerie de la Société qui ne dispose en regard de ses créditeurs divers à 770 4^3 fr. 22
- que de 990 647 fr. 80. L’augmentation progressive de ses recettes proportionnellement plus importante que celle des dépenses (nous l'avons vu plus haut) pourra lui permettre de faire face à la différence.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Italie. — Le gouvernement italien doit faire prochainement doubler la voie ferrée de Forli à Rimini. Le coût de ces travaux est évalué à 2 700 000 lires-
- Russie. — Une commission composée de représentants des ministères des Voies de communications, des Finances et dé la Guerre, vient d’être formée pour étudier le projet de l’ingénieur colonel Koutchinski, relatif à la construction d’un chemin de .fer électrique de Tiflis à Vladicaucase.
- Japon. — La « IÇobe-Akashi-Electric-Railway Company » a l’intention d’établir un chemin de fer électrique de Kobé à Akashi (viâ Suma). Il serait également question de construire une ligne analogue d’Osaka à Taka-radzuka (viâ Ikeda). La « Minimo-Arima-Eleclric-Rail-way Cy » négocierait avec le gouvernement japonais en vue de l’exécution de ces derniers travaux. Les dépenses respectives seraient de : i° 210 100 livres sterling; 20 3oo 000 livres sterling,
- DIVERS
- France. —Par arrêté du 12 novembre 1909 du ministre des Travaux publics, le bureau de contrôle et d’essais annexé à l’Institut électrotechnique de Grenoble est agréé pour délivrer le certificat d’essai des compteurs servant à mesurer les quantités d’énergie livrées aux abonnés par les concessionnaires ou permissionnaires de distributions d’énergie électrique.
- Brésil. — D’après le Bulletin Commercial de Bruxelles, le service de la statistique douanière évalue l’importation totale des machines et appareils électriques au Brésil en 1907 à 7 858 45g milreis-papier, soit environ i2 573 5.3o francs, se décomposant comme suit : Etats-Unis, 4766883 milreis ; Grande-Bretagne, 1 154 651 ; Allemagne, 1 ra5 ô56; France, 633 5o5 ; Suisse, 62 170; Italie, 43899; Norvège, 24047; Suède, 18 129; Belgique, 11 8g3 ; Argentine,’9 a85 ; Pays-Bas, 2811; Uruguay,
- 2399; Danemark, 527; Autriche, 382 ; Portugal, 120; Origines diverses, 2 672.
- D’après les renseignements recueillis, les articles, appareils et accessoires les plus demandés pour les installations électriques sont : les fils et câbles de cuivre nus et les fils et câbles isolés avec du caoutchouc, etc.; les lampes à arc et à incandescence de 120 volts à courant alternatif de 5o périodes; les lustres ou appareils d’éclairage, ou exclusivement à l’électricité, ou mixtes (électricité et gaz) ; les téléphones et leurs accessoires, piles, etc.; les sonnettes électriques et tous leurs acces.-soires; les groupes électrogènes (moteurs à pétrole, gazoline, etc., accouplés à des dynamos) ; la verrerie pour lustres et suspensions, etc.; les accumulateurs; les charbons pour piles et lampes; les isolateurs; « cleats », tubes, etc., en porcelaine; les rosettes, interrupteurs, tableaux de distribution, etc.
- Les téléphones préférés sont ceux du type « Ericsson ».
- Pour l’article commun (interrupteurs,rosettes,«cleats», porte-lampes, etc,), le type courant est le type américain. Il y a beaucoup de difficultés à placer d'autres types, non seulement à cause des prix, mais aussi en raison de la préférence accordée par les Américains résidant au Brésil aux articles de leur pays. Pour pouvoir faire la concurrence, il conviendrait de fabriquer des articles identiques qui puissent se confondre avec ceux de provenance américaine.
- Quant aux prix de vente, il est impossible de les donner d’une façon exacte, à cause de la concurrence énorme sur la place. Par suite de cette concurrence, on arrive à vendre au Brésil quelques articles à un prix moindre qu’en Europe. Il en est ainsi pour les lampes à incandescence (qui paient i5 % de droits de douane) ; les charbons pour les piles se vendent 45o reis.
- Il n’existe pas de statistique permettant de donner des chiffres précis sur les importations des machines et appareils électriques dans la province de Rio Grande do Sul. En tout cas, le marché est encore très restreint : i5o 000 à 200 000 francs peut-être pour les articles de commerce courant.
- L’industrie est, d’ailleurs, encore peu développée dans cet Etat. Depuis l’installation de l’usine delà Gom« panhia Força et Lux, à Port-Aîègre, on commence à
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- vendre queques petits moteurs de i 1/2, 2 et 3 chevaux coûtant respectivement, 5oo, 55o et 600 milreis à Port-Alègre.
- Le débouché pour les appareils destinés à l’éclairage et à la téléphonie est appelé à prendre de l’importance, diverses installations de l'espèce ayant été créées dernièrement ; on en trouve maintenant jusque dans de petites villes des colonies.
- A Port-Alègre. trois usines alimentent l’éclairage public et privé. Ce sont celles des compagnies Fiat-Lux, Força et Luz et de la Municipalité (Intendencia Municipal). A Rio Grande existe la Companhia de Illuminaçao Electrica; à Bagé, l’Empreza de Luz Electrica (Emilio Guilayn et C°) ; à Urugayana, Barbara et filhos. Il y a également des entreprises d’éclairage électrique dans les petites villes de Santa Maria, Alegrete, Saô Gabriel, Santa Cruz, Santa Victoria do Palmar.
- Les principales compagnies de téléphone sont Em-preza Uniaô Telephonica, à Pelotas ; Companhia Tele-phonia Riograndense, à Port-Alègre. Cette dernière exploite plusieurs lignes de l’État. En outre, il y a de petites entreprises de téléphone dans diverses villes du pays.
- Il n’y a dans l’État qu’une seule entreprise de Tramways électriques, c’est la Companhia Força et Luz, déjà citée, qui exploite ,un réseau de 4°km de lignes à Port-Alègre : elle a commencé récemment à distribuer de l'énergie électrique au public. Cette Compagnie vient d’accepter une proposition de rachat qui lui a été faite parla société Anglo-South-Américan Works C°.
- Il est question d’établir la traction électrique sur le réseau des tramways de la ville de Rio Grande. C’est l’usine de la Companhia Illuminaçao Luz Electrica qui fournirait l’énergie électrique.
- Suède. —La « AktiebolagetElectrometal », de Ludvika, doit construire prochainement un,établissement pour la production de la fonte au four électrique au point de vue industriel. Cette usine comprendra deux fours pour
- la réduction du minerai de fer, de 2 5oo HP chacun, et deux fours pour acier de 600 HP. chacun. Tous les fours seront actionnés par courant biphasé. On construira par la suite quatre nouveaux fours pour fonte de 2 5oo HP. et quatre fours pour aciers supérieurs de 600 HP. chacun.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 19 janvier 1910, à 3 heures, à la Préfecture de Lille, fourniture de : 2 fourgons, 12 wagons couverts et 22 wagons-tombereaux pour le chemin de fer de Lourches à Cambrai.
- Le 28 janvier 1910, à la mairie de Bayonne, adjudication de l’installation de l’éclairage électrique dans les bâtiments de l’hôpital thermal militaire et d’un groupe hydro-électrique, 9 3oo francs. Soumissions, avant le 8 janvier, au Directeur du Génie de Bordeaux.
- BELGIQUE
- Le 28 décembre, à 10 heures, à l’hôtel communal, à Grâce-Berleur (Liège), fourniture de l’énergie électrique nécessaire à l’éclairage des bâtiments communaux et des habitations particulières. Soumissions recommandées le 27 décembre.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture, en 22lots, d’objets d’éclairage électrique des gares, etc., nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’État.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l'administration communale, à Zeren, téablissement d’installations électriques, 80 000 marks.
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- Théories et généralités.
- Calcul des constantes de Fourier pour les courbes enregistrées en courant alternatif.
- — S.Slichter............................ 18
- Recherches des harmoniques d’une force électromotrice non sinusoïdale. • —
- G. Agnew .............................. 46
- Capacité et attraction ou répulsion mutuelles de deux sphères métalliques électrisées rapprochées l’une de l’autre. —
- XA. Russell...............................78
- Sur la conductivité électrique des poudres. —
- * H. Goddard...............................79
- La valeur absolue de l’équivalent mécanique de la chaleur dans le système international d’unités électriques. — T. Bai lles. ...........................................79
- Influence d’un champ magnétique sur la conductivité électrique des flammes.. —
- A. Wilson................................79
- Sur la mesure des pressions élevées déduite des variations de résistivité de conducteurs soumis à leur action. — A. La-
- fay. ................................113
- L’essai magnétique des fers en courant alternatif.— A. Campbell.............................144
- Théorie de l’interrupteur de Wehnelt (Ré^-
- ponse à M. P. Ludewig). — P. Bary. 201 Sur l’électrisation du contact.— M. A. Grum-
- bach....................................3o5
- Sur les propriétés électriques des alliages alu-
- minium-cuivre. — W.Broniewshi. . 331
- Sur les effets destructifs des décharges oscillantes à grande fréquence. —
- A. Leauté............................331
- Les variations thermiques de l’hystérésis tournante et de l’hystérésis alternative. —
- A. Parier...............................332
- Etudes sur les ondes électromagnétiques très v courtes. Réflexion et dispersion anormale des liquides. — H. Merczyng . 366
- Sur l’état actuel de la théorie de la commutation.— J. Sumec.................................399
- Méthodes et appareils de mesures.
- Galvanomètre oscillatoire bifilaire. — W.Dud-
- dell...............................19
- Analyseur d’harmoniques à échelle variable. —
- G. Mader.............. .... 20
- Asynchronomèlre (appareil pour mesurer le glissement dans les moteurs asynchrones). — F. Ilorschitz..................... . 21
- Montage d’un wattmètre monophasé sur une ligne triphasée à trois fils. — F. Conrad...................................47
- Sur les transformateurs d’intensité. — IF.
- Genkin.......................67
- Sur l’étalonnementdes condensateurs par l’électro-diapason. — Deçauai-Char bonne l. . 80
- L’électro-diapason. — A. Guillet .... 81
- La mesure absolue d’une résistance électrique en unités électrostatiques. —llurmu-
- zescu........................179
- Méthode pour la mesure absolue des résistances. — B. Posa.......................207
- Mesure de la résistance d’isolement d’une ligne à trois fils sous tension. —
- G. Kapp et D. Coales.........240
- Wattmètre électrolytique.............332
- Electromètre quadrant pour les essais des
- câbles sous-marins. — M. Sayers. . 333
- Brevets.......................*. . . . x 17
- Études, construction et essais de machines.
- Rôles des champs différentiels dans les moteurs d'induction ; influence du pas d’enroulement raccourci.—Helmund. 21
- Les pertes aux épanouissements polaires. —
- A. Adams, C. Lanier, C. Pope et
- O. Schooley.......................... 4<)
- Couple et vitesse des moteurs-série pour la commande des appareils de levage. —
- F. Seatnan.......................5i
- Sur réchauffement des bobines. — G. Trevor
- Williams.........................82
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- j ?
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- Moteur d’induction monophasé à démarrage
- automatique.........................83
- Méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force dans l’air. —
- Th. Lehmann .... io3, 13*7, i63
- Détermination du rendement des dynamos à courant continu, lorsqu’on dispose de deux machines à peu près identiques.
- — G. Rrion............... . . . n3
- Sur la construction des transformateurs cuirassés.— P.Iieller............................144
- Influence des dents d’armature sur les fuites
- magnétiques. — Miles Walker. . . 146
- Transformateur rotatif à courant continu et à enroulement induit unique et à deux
- circuits magnétiques..................208
- Alternateur fonctionnant à la fréquence de
- 100000. — W. Alexanderson. . . 208
- Le vieillissement des isolants recouvrant les conducteurs des machines. — A. Bar-
- nés. . 269
- Méthode pour étudier les pertes dans le fer
- d’un transformateur. — W. Chubb . 242
- Les machines triphasées de 17 000 K. V. A. de
- l’installation norvégienne de Rjukan. 3o6 Les moteurs d’induction à vitesse multiple. —
- G. Reist et H. Maxwell................3o6
- Brevets . . . 26, 83, 2i3, 275, 276, 337, 409
- Arcs et lampes électriques et photométrie.
- L’arc au mercure.—I.Ladoff. .... 7, 35
- La consommation de la lampe à filament de
- tungstène. — P. Steinmetz. ... 82
- Le rallumage de l’arc électrique. — A. Pol-
- lock, M. Wellisch et R. Ranclaud. . 114
- L’amélioration de la lumière dè l’arc au mercure.— H. Ives.................................n5
- Sur le rayonnement total monochromatique des lampes à incandescence. — C. Féry
- et C. Cheneyeau.......................269
- Balance de torsion pour la fabrication des
- lampes à incandescence................283
- L’emploi de substances électrolytiques comme électrodes de lampes à arc. — L La-
- doff........................... 323, 355
- Sur une nouvelle lampe à arc. — A. P lance . 329
- Trompe à mercure pour la fabrication des
- lampes électriques....................334
- La nocivité comparée de lumière artificielle et
- de lumière solaire. — L. Raybaud . 367
- L’influence de la lumière ultraviolette sur la production de l’ozone. — E. van Aubel, 368 Courbe d’éclairement du sol déduite de la
- courbe d’intensité.—/. Sumec . . 4«3
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Prix de revient de l’éclairage électrique par
- incandescence ...................... 314
- Comparaison économique entre les diverses
- lampes électriques..................316
- Brevets. .....................................3o8
- Transmission et distribution.
- Action des décharges à haute tension sur les isolateurs en porcelaines. — G. Be-
- nischke...................................24
- La distribution à 110000 volts delà Grand
- Rapids Muskegon Power Cy. ... 5i
- L’emploi des parafoudres électrolytiques en aluminium dans les transmissions à
- courant alternatifs.......................58
- Calcul des lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties. — A. Blondel et C. Le Roy. 99,
- i3i, 387
- La distribution de la tension électrique dans les câbles triphasés. — MM. Tliorn-
- ton et J. Williams..................115
- Calcul des courants de charge dans les câbles
- triphasés. — E. W. Marchant. . . 116
- Le convertisseur Cooper-Hevitt à vapeur de
- mercure.—M. Leblanc fils. . 168, 195
- Nouvelle bobine de réactance. — R. Livingstone . 180
- Sur le mode d’action des surtensions sur les installations électriques. — M. Lincoln .........................................270
- Pince pour la recherche des défauts d’isolement et la mesure des courants alternatifs .......................................284
- Relais électrolytique.........................334
- Quelques expériences sur les fusibles. —
- W. Maccall............................335
- Les batteries d’accumulateurs et l’extension des limites de la transmission électrique. — M. Taylor..............................36g
- Traction.
- Voiture servant au nettoyage automatique des
- rails. — Schœrling....................*5
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2e Série). — N° 52.
- Locomotives électriques du Britisb Columbia
- Railway.................................a 5
- Quelques types récents de blocks automa-
- tiques. — A. Reisset. . . . 4o, 76, 20/,
- Emploi des freins sur rails électromagnétiques.— R. Braun..............................52
- Procédé de calcul de la consommation d’énergie d’un chemin de fer électrique. —
- P. Heinz#. . 147
- Les automobiles électriques utilisées comme
- poids lourds...............i52, 186, 218
- Calcul graphique du rapport du poids des wagons au poids adhérent à l’effort de traction par tonne. — C. Hoeheriegg. 181
- Dispositif de limitation automatique de la vitesse maxima dans les équipements de traction à courant continu ou monophasé ........................................x83
- Locomotive turbo-électrique ...... 208
- Les courants vagabonds sur les lignes de traction électrique. J. et R. Canliffe\ . 272
- Les débuts historiques de la traction électrique .......................................279
- La nouvelle usine électrique de la Compagnie de Chemins de fer d’Orléans à Tours.
- — R. Durand-Perroux...................280
- Brevets.......................................i83
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Comparaison des différents systèmes de traction au point de vue du coût du premier établissement............................i54
- Idem au point de vue des frais d’exploitation.. i55 L’utilisation des automobiles comme poids lourds, considérée au point de vue économique .......................................347
- Usines génératrices.
- Stations centrales à vapeur. Equation financière. — J. Mathieu...........................3,7
- Installation hydro-électrique à 27 000 volts de la Societa Industriale Elettri.ca délia Valnerina, à Terni (Italie) .... 61
- L’usine hydro-électrique de la Lonza. — II, de
- Beausobre............................. 209
- Sur un nouveau type de turbine à vapeur. —
- N P. André.................227, 259, 291
- L’emploi des batteries-tampons à l’usine de Gary (Indiana, E.-U.). — L. Wood-bridge.................................272
- Essai d’un groupe turbo-dynamo système
- A. E. G. Curtis ....... 38o
- Installations électriques dans la nouvelle gare de triage de Wustermark. . .........404
- Applications mécaniques.
- Indicateur électrique du fonctionnement anormal des pompes à huile. — C. Bertrand .......................................UK)
- Dispositif de commande d’un ascenseur électrique .......................... . . . . 243
- Machines-outils commandées électriquement
- [suite). — A. Cornet.................23o
- Nouveaux types d’appareils de levage à commande électrique. — L. Riefstahl. . 406
- Electrochimie et électrométallurgie.
- Fours de grande capacité pour couler l’acier. 83
- L’emploi du tungstène dans les soupapes électrolytiques, — H. Walter , . . 117
- La récupération de l’étain des déchets de fer-
- blanc par Electrolyse .................122
- La production électrique de la fonte. . . i83
- Les pertes aux électrodes des fours électriques.
- — Lois générales. .— C. Hering. . 211
- Le rendement des électrodes des fours électriques, — C. Hering...........................243
- La limite pratique de la longueur des électrodes. — A. Hansen............................244
- La désagrégation du ferro-silicium à l’air humide et ses conséquences industrielles.
- — P. Roland............................342
- L’aluminium, ses conditions actuelles de production et ses applications industrielles. — P. Roland..........................36o
- Eléments primaires et accumulateurs.
- Elément galvanique donnant du courant alternatif...........................................53
- Sur la constante de temps et une batterie d’accumulateurs. — W. Ashe. . . . . 149
- Le conjoncteur-disjoncteur Gabreau pour le contrôle de la charge des accumulateurs — II. Fontaine...........................282
- Télégraphie et téléphonie sans. fil.
- Sur le calcul de l’amortissement d’une antenne excitée indirectement en dérivation.
- — J. Bethenod. ...... i5
- Sur la diffraction des ondes hertziennes. —
- II. Poincaré...........................212
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- Détecteurs à contacts imparfaits fonctionnant sans source d’énergie auxiliaire. —
- P. Brenot............................265
- Déflagrateur pour émissions pseudo-musicales
- en télégraphie sans fil..............279
- Remarques sur la formule de Bjerknes et son application à la détermination de l’amortissement des circuits oscillants.
- — J. Bethenod.......................3oi
- Etude du détecteur électrolytique à l’aide de
- l’oscillographe. — W. Pierce. . . 307
- Propagation des ondes électromagnétiques du vibrateur hertzien dans un milieu conducteur. — A. Petrowsky. . . 335
- Les inventions récentes en télégraphie et téléphonie sans fil. — II, Ecoles. . . . 336 Sur l’alternateur à résonance. —J. Bethenod. 3g5
- Télégraphie et téléphonie.
- Note sur les condensateurs téléphoniques à bande de papier enroulé, —* E.-r/L, Weiss. .......... 71
- La situation téléphonique en France. —M, La-
- brosse. ,........................... 85
- Téléphonie multiple. — A. Maior. . , . 149 Essais de communications avec un nouveau microphone pour longues distances, —
- C. Egner et /. Gunnar Holmstrôm,
- 237, a63
- Les perturbations causées sur les circuits télégraphiques et téléphoniques par le voi-* sinage des lignes à courants alternatifs. -tt B. Taylor, ...... a44
- Sur la téléphonie à grande distance, — JCar-
- pen. . 307
- Condensateur enroulé de volume minimum. —t
- E.-H. Weiss. ........ 326
- Brevets. ....................., . 276, 338
- Renseignements économiques et commerciaux.
- Chronique financière, 93, 125, i56, 189, 220,
- 253, 285, 3i6, 349, 38i, 4*2 Renseignements commerciaux, 63, 95, 127, i56
- 191, 222, 25i, 287, 3i8, 35i, 383, 414
- Nouvelles sociétés...........128, 256, 319, 383
- Adjudications, 64, 96, 128, 160, 192, 224, 25i,
- 288, 320, 352, 383, 415
- Divers.
- Correspondance................84, n8, 2i5, 373
- L’emploi du sulfite de zinc pour les tubes Braun.
- — F. Giesel et J. Zenneck .... 25
- Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique. — L’IIoest
- 28, 55
- Le développement de l’électricité au Japon. . 58
- L’électricité à l’Exposition internationale de
- Nancy. — J. Reyval. 110, 142, 173, 206
- Divers types de rhéostats destinés à l'étalonnage sur place des compteurs ou aux
- lampes de projection..................123
- Publications périodiques suisses. .... 188
- La France au Congrès international de |radio-
- logie et d’électricité de Bruxelles. . 188
- L’action du courant électrique sur les maçonneries de ciment......................... 252
- Le problème de l’enseignement technique en
- France et à l’étranger, — J. Reyval. 3o3 La commission des distributions d’énergie
- électrique............................313
- Méthode pour le fonctionnement sans étincelles de fermeture des tubes de Rœntgen avec l’interrupteur sous une tension d’alimentation arbitraire. —
- E. Rhumer . .'..................370
- Les lois de protection forestière en Italie. —
- P. Buffault. . ....... 374
- La collaboration des banques et de l’industrie
- en France et en Allemagne. . . . 378
- Brevets (Listes).............53, i5o, 244, 371
- Législation et Contentieux-
- Observation sur le paiement du droit de timbre dans les sociétés par actions. —
- P. Bougault,........................n8
- Notions de l’impôt sur le' revenu frappant les
- sociétés françaises. — P. Bougault. 216
- Le droit de contrôle sur les sociétés anonymes.
- — P. Bougault......................248
- Obsei’vation sur le timbrage des actions de
- numéraire. — P. Bougault. . . . 277
- Arrêt de la Cour d’appel de Poitiers sur une infraction à la loi du repos hebdomadaire.— P. Bougault.....................3io
- Décret du 14 octobre 1909 relatif à l’application en Algérie delà loi du i5 juillet 1906 sur les distributions d’énergie
- électrique..........................3n
- Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 17 mars 1909 relative à 1-emprunt des voies ferrées par des distri-
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-
- 420
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. VIII (2e Série). — N° 52.
- butions d’énergie électrique et de la nécessité de ne les autoriser que dans
- les cas exceptionnels................. 3i2
- Circulaire du ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, en date du 8 octobre 1909, relative à l’organi-
- sation du contrôle des distributions d’énergie électrique dans les communes..................................3i3
- Texte du premier arrêté d’élagage pris en conformité de la loi du i5 juin 1906. —
- P. Bougault. . '............340
- Jugement du Tribunal civil de Bordeaux sur l’impossibilité pour entreprise de’ distribution, non déclarée d’utilité publique, de faire passer ses fils par-dessus une propriété privée. P. Bougault. 411
- Bibliographie.
- Analyse des métaux par l’électrolyse : métaux industriels, alliages, minerais, produits d’usines.— A.Hollard et L.Ber-
- tiaux................................27
- La fabrication électrochimique de l’acide nitrique et des composés nitrés. —
- J. Escard. .........................27
- Manuel pratique des principaux droits et impôts frappant les Sociétés industrielles et financières (appendice pour les Compagnies de gaz et d’électricité).
- — P. Bougault.........................27
- La théorie des courants alternatifs. — A. Rus-
- sel, traduit par G. Seligmann-Lui. . 55
- La technique pratique des courants alternatifs.
- — Giuseppe Sartori, traduit par
- Montpellier...............................84
- Les matières abrasives industrielles. — J. Escard . . 118
- Congrès international des applications de l’électricité, Marseille, 1908. — H. Ar-magnat...................................i85
- Die Fernsprechtechnik der Gegenwart. ______
- G. Hersen et R. Hartz.................213
- Comptes rendus détaillés du XV0 Congrès international de tramways et d’intérêt
- local, Munich, 1908...................214
- Jahrbuch der Elektrochemie und angewandten physikalischen Chemie. — W. Nernst
- et W. Borcliers..................... 214
- Les métaux spéciaux : manganèse, chrome, silicium, tungstène, molybdène, vanadium,et leurs composés métallurgiques industriels. —J. Escard. . . . . 2i5 Annuaire du Bureau des Longitudes pour
- l’année 1910................ . . , ai5
- Le pyromètre thermo-électrique pour la mesure des températures élevées. —
- II. Pécheux.................... . . 2i5
- Initiation à la mécanique (2®. édition). —
- Ch.-Ed. Guillaume.....................247
- Aide-mémoire de poche de l’électricien. —
- Ch. Picard et A. David................247
- Oscillations de lacet des véhicules de chemins
- de fer. — G. Marié....................248
- Etude complémentaire sur la stabilité du matériel des chemins de fer. — Théorie des déraillements. — Profil des bandages. — G. Marié.............................248
- Les isolants en électrotechnique. — K. Wer-
- nicke.................................248
- Kapazitâtundlnduktivitat ;Ihre Begrifïsbestim-
- mung und Messung.—Ernst Orlich. 277 Cours pratique d’électricité industrielle
- (tome I), — H. Chevallier. . . . 3og Die Transformatoren; ihre Wirkungsweise, Konstruktion, Prüfung und Berech-nung. — Dr G. Benischke. . . . 309 Office national du commerce extérieur, -r-Extraitdes rapports présentés au conseil d’administration par le Comité de
- direction......................339
- AgendaDunodpour 1910. Electricité. . . . 410
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- 25 Décembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 421
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Aubel (van) (E.). — L’influence de la lumière ultraviolette sur la production par
- l’ozone................................368
- Adams (A.). Lanier (C.), Pope (C.), Schooley (O.). — Les pertes aux épanouissements polaires..................................49
- Agnew (G.). —Recherches des harmoniques
- d’une f. é. m. Sinusoïdale..............46
- Alexanderson (W.).—Alternateur fonctionnant à la fréquence de 100.000. . . 208
- André (P.). — Sur un nouveau genre de turbine
- à vapeur................227, 25g, 291
- Ashe (W.). —Sur la constante de temps d’une
- batterie d’accumulateurs...............149
- B
- Barnes. — La valeur absolue de l’équivalent mécanique de la chaleur dans le système international d’unités électriques. 79 Bary (P-). — Théorie de l’interrupteur de
- Wehnelt (Réponse à M. P. Ludewig). 012 Barnes(A.).—Le vieillissement des volants recouvrant les conducteurs des machines. 269 Beausobre (H. de). — L’usine hydroélectrique
- de la Louza............................209
- Benischke (G-). — Action de décharges à haute tension sur les isolateurs en porcelaine........................................ 24
- Bertrand (C.). — Indicateur électrique, fonctionnement anormal des pompes à
- huile..................................210
- Betiienod (J.). — Sur le calcul de l’amortissement d’une antenne excitée indirectement en dérivation..............................i5
- Remarques sur la formule de Bjerknes et son application à la détermination de l’amortissement des circuits oscillants..................................3oi
- Sur l’alternateur à résonance. . . 3g5
- Blondel (A.) et Le Roy (G.). — Calcul des
- lignes de transport d’énergie à courants alternatifs en tenant compte de la capacité et de la perditance réparties
- 99, 131, 387
- Braun. — Emploi des freins sur rails électromagnétiques .................................5 2
- Brion (G.). — Détermination du rendement des dynamos à courant continu lorsqu’on dispose de deux machines à peu
- près identiques.......................11S
- Brenot (P.). — Détecteurs à contacts imparfaits fonctionnant sans source d’énergie
- auxiliaire. .'........................260
- Broniewski (W.). — Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-cuivre. 331
- Buffault (P.). — Les lois de protection forestière en Italie.........................374
- Bougault (P.). — Observation sur le paiement du droit de timbre dans les sociétés par
- actions. . . . .......................n8
- Notions de l’impôt sur le revenu frappant
- les Sociétés françaises..............216
- Le droit de contrôle sur les sociétés
- anonymes............................248
- Observations sur le timbrage des actions
- de numéraire.........................277
- Arrêtde la Cour d’appel de Poitiers sur une infraction à la loi du repos hebdomadaire........................ 310
- Texte du premier arrêté d’élagagc pris en conformité delaloi du i5 juin 1906. 34o
- Jugement du tribunal civil de Bordeaux sur l’impossibilité pour une entreprise de distribution, non déclarée d’utilité publique, de faire passer ses fds pardessus une propriété privée. . . . 4m
- G
- Campbell (A.). — L’essai magnétique des fers
- en courant alternatif. , 14 4
- Comet (A.). — Machines-outils commandées
- électriquement (suite). . . ; . 23o
- Conrad (F.). —Montage d’un waltmètre mono-
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-
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- 422
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE JT. VIII (2« Série). — N“ 52.
- phasé sur une ligne triphasée à trois
- fils.............................. 47
- Coales (D.). — Voir Kapp..................
- Cheneveau (C.). — Voir Fery...............
- Chubb (W.). —Méthode pourétudier les pertes
- dans le fer du transformateur. . . 242
- Cunliffe (J. et R.). — Les courants Vagabonds dans les lignes de traction électrique...........................272
- D
- Devaux-Gharbonnel. — Sur l’étalonnement des condensateurs par l’électro-diapa-
- son. . ....................... 80
- Duddell (W.). — Galvanomètre oscillatoire
- bifilaire.........................19
- Durand-Perroux (R.). La nouvelle usine électrique de la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans à Tours* . . 280
- E
- Ecoles (II.). “ Lés inventions récentes en télégraphie et en téléphonie sans fds. . 336
- Egner (C.)et GuNnar-Holmstrôm (J.).—Essais de communications avec un nouveau microphone pour longues distances, 237, 263
- Fery (C.) et ChenevèAu (C.). — Sur le rayonnement total et monochromatique des
- lampes à incandescence.................269
- Fontaine (H.). — Le Conjoncteur-disjoncteur Gabreau pour le contrôle de la charge des accumulateurs.............................282
- G
- Genkin (W.). — Sur les transformateurs d’intensité* ................................. . 67
- Giesel(E.) et Zenneck(J.)* — L’emploi du v sulfite de zinc pour les tubes Braun. . 25
- Goddard (H.). — Sur la conductivité électrique des poudrés.............................79
- Grumbach (M. A.). — Sur d’électrisation par
- contact..............................3o5
- GùitjLET (A.). — L’électro-diapason. ... 8i Gunnar-Holmstrom. — Voir C.-E. Egner. . 263
- H
- Hansen (A.). — La limite pratique de la longueur des électrodes....................244
- Hellmund. — Rôles des champs différentiels dans ïesmoteürs d’induction ; influence du pas d’enroulement raccourci. . . 21
- Heller (P.). — Sur la construction des transformateurs cuirassés....................144
- Heinze (P.). — Procédé de calcul de la consommation d’énergie d’un chemin de
- fer électrique.......................14 7
- IIering (C.). — Les pertes aux électrodes des
- fours électriques. Lois générales . . 211
- Le rendement des électrodes des fours
- électriques.............................243
- Hociienegg.— Calcul graphique du rapport du poids des wagons au poids adhérent et à l’effort de traction par tonne. . 181
- Horschitz. — Asynchronomètre (appareil pour mesurer le glissementdes moteurs
- asynchrones)...........• 21
- Hurmuzescu. — La mesure absolue d’une résistance électrique en unités électrostatiques................................17g
- I
- Ives (H.). — L’amélioration de la lumière de
- l’arc au mercure.................115
- K
- Kapp (G.) et Coales (D.) —Mesure delà rési-
- stance d’isolement d’une ligne à 3 fils
- sous tension.........................240
- Karpen. — Sur la téléphonie à grande distance........................................307
- I*
- Labrosse. — La situation téléphonique en
- France.................................. 85
- Ladoff (I.). — L’arc, au mercure ... 7, 35
- L’emploi des substances électrolytiques comme électrodes de lampes à arc........................... 323, 355
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-
- 25 Décembre 1909.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 423
- Lanier. — Voir Adams.
- Lafay (A.). — Sur la mesure des pressions élevées déduites des variations de résistivité de conducteurs soumis à leur
- action..............................n3
- Leblanc (M.), fils. —Le convertisseurCooper-
- Hewitt à vapeur de mercure. . 168, iy5
- Le Roy (C.). — Voir Blondel.
- Lehmann (Th.). — Méthode graphique pour déterminer le trajet des lignes de force
- dans l’air, io3, 137............... . i63
- Léauté (A.). — Sur les effets destructifs des décharges oscillantes à grande fréquence. .............................. . . 331
- L’Hoest. — Quelques questions d’organisation des ateliers de construction mécanique (suite et fin). . . . . 28, 53
- Lincoln (M.). — Sur le mode d’action des surtensions sur les installations électriques...................................270
- Livingstone (R.). — Nouvelle bobine de réactance . . 180
- M
- Maccall (W.).—Quelques expériences sur les
- fusibles...........................335
- Mader (O.). — Analyseur d’harmoniques à
- échelle variable...................20
- Mathieu (J.). — Stations centrales à vapeur.
- — Equation financière..............37
- Marchant (E.-W.). — Calcul des courants de
- charge dans les câbles triphasés. . . 116
- Maior (A.). — Téléphonie multiple. . . . 149
- Maxwell (II.). — Voir Reist.
- Merczyng (H.). — Etudes sur les ondes électromagnétiques très courtes. — Réflexion et dispersion anomale des liquides ........................................366
- P
- Periiier (A.). — Les variations thermiques de
- l’hystérésis tournante et de l’hysté-
- résis alternative......................332
- Petrowsky (A.). — Propagation des ondes électromagnétiques du vibrateur hertzien dans un milieu conducteur. . . 335
- Pierce (W.). — Etude du détecteur électrolytique à l’aide de l’oscillographe. . 307
- Plance (A.). —* Sur une nouvelle lampe à arc. 329 Pope. — Voir Adams.
- PoLLOCk(A.), WeLLISCH (M.),etRANCLAUD(B.).
- — Le rallumage de l’arc électrique. . 114
- Poincaré (H.). —- Sur la diffraction des ondes
- hertziennes..........................212
- R
- Ranclaud (B.). — Voir A. Pollock.
- Raybaud (L.). — La nocivité comparée de lumière artificielle et de lumière solaire...................................367
- Reisset (A.). — Quelques types récents de
- blocks automatiques . . . 4o, 76, 204
- Reyval (J.). — L’électricité à l’Exposition internationale de Nancy, no, 14^, 173, 206
- Le problème de l’enseignèment technique en France et à l’étranger. . . 3o3
- Reist (G.) et Maxwell. — Les moteurs d’induction à vitesse multiple .... 3o6
- Riiumer (E.). — Méthode pour le fonctionnement sans étincelles de fermeture
- des tubes de Rœngen, etc.............870
- RiEfstaiil (L.). — Nouveaux types d’appareils
- de levage à commande électrique. . 406
- Roland (P.). — La désagrégation du ferrosilicium à l’air humide et ses consé-
- quences industrielles.................342
- L’aluminium, ses conditions actuelles de production et applications industrielles. . 36o
- Rosa (B.). — Méthode pour la mesure absolue
- des résistances. . :...... 207
- Russell. — Capacité et attraction ou répulsion mutuelle des deux sphères métalliques électrisées et rapprochées l’une de l’autre. .......... 78
- S
- Sayers (M.). — Electromèlre à quadrants poulies essais des câbles sous-marins . . 333
- Sciiooley. — Voir Adams.
- Sciioerling. — Voiture servant au nettoyage
- automatique de rails.............. 25
- Seaman (F.). — Couple et vitesse des moteurs-série pour la commande des appareils
- de levage.............- . — 5i
- Sliciiter (S.). — Calcul des constantes de
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- 424
- T. VIII (2® Série). — N° 52.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Fourier pour les courbes enregistrées en courant alternatif. . . . . . 18
- Steinmbtz*(P.). — La consommation de la
- lampe à filament de tungstène. . . 82
- Sumec (J.). — Sur l’état actuel de la théorie
- de la commutation....................899
- Courbe d’éclairement du sol déduite de la courbe d’intensité.......4o3
- T
- Taylou (B.). — Les perturbations causées sur les circuits télégraphiques et téléphoniques par le voisinage des lignes à courant alternatif. . . .... 244
- Taylor (M.). — Les batteries d’accumulateurs et l’extension des limites de la transmission électrique. . ... . . 369
- Thornton et Williams (J.). — La distribution de la tension diélectrique dans les câbles triphasés.......................11.5
- W
- Walter (H.). — L’emploi du tungstène dans
- les soupapes électrolytiques. . . . 117
- Walker-Miles. — L’influence des dents d’armature sur les fuites magnétiques. . 146
- Welliscii (M.). — Voir Pollock.
- Weiss (E.-H.). — Note sur les condensateurs téléphoniques à bande de papier enroulé ......................................71
- Condensateurs enroulés de volume
- minimum .......................... 326
- Wilson (A.). — Influence d’un champ magnétique sur la conductivité électrique des
- flammes.............................79
- Williams-Trevor (G.). — Sur réchauffement
- des bobines........................ 82
- Williams (J.). — Voir Thornton.
- Woodbridge (L.). — L’emploi des batteries-tampons à l’usine de Gary (Indianna
- E.-U.)..............................272
- z
- Zenneck (J.). — Voir Giesel.................a5
- P4BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.'
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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