La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M. LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’iNSTITUT Pr A L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- G LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES D" DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE l’iNSTITU1?
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- RÉDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et de PÉcole Supérieure d’Électricité.
- TOME X (2* Série)
- 2e TRIMESTRE 1910
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- 142, RUE DE RENNES, l42
- PARIS VIe
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- Trente-deuxième année.
- SAMEDI 2 AVRIL 1910.
- Tome X (2* série). — N* 14.
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- La
- Lumière Électrique
- lz*ii
- Précédemment |5
- 1/Éclairage Électrique ^
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — R. van Cauwenberghe. Etude des chocs aux essieux moteurs en tenant compte de l’inertie des induits, p. 7. —-E. Caudrelier. Force électromotrice et intensité dans un circuit sur lequel sont branchés des moteurs et génératrices asynchrones, p. 10. — A. ÏRoller. La transformation du réseau électrique parisien, p. 12.
- Extraits des publications périodiques- — Théories et Généralités. Production des champs cycliques par le moyen! d’oscillations ifamorties] dans les dispositifs d’Artom, O. Corbino, p. 14. — Sur la variation séculaire des éléments magnétiques dans la région de Paris, A. Angot, p. 19. — Méthodes et appareils de mesures. Bobine symétrique pour galvanomètre à cadre mobile. C. FiSry, p. 19. — Arcs et lampes électriques. Sur la stérilisation de l’eau par l’ultraviolet, E. Urbain, C. Scal et A. Fgige, p. 19. — Comparaison des actions photochi-: miques et abiotiques des rayons ultraviolets, Cernovodeanu et V. Henri, p. 19. — Pénétration et action bactéricide des rayons ultraviolets par rapport à la constitution chimique des milieux, G. Vallet, p. 19.— Traction. Le système monophasé pendant l’année 1909, p. 20. — Sur la façon d’évaluer la température de la vapeur surchauffée, B. Fournier, p. 21. — Applications mécaniques. Avertisseur électrique pour fuites de gaz, p. 22. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Sur les résultats obtenus dans la torpille radio-automatique par un nouveau commutateur et radio-combinateur. G. Gabet, p. 22. — Télégraphie et Téléphonie. Sur l’équation des télégraphistes, H. Larose, p. 22. — Brevets, p- 22. — Variétés. Dispositifs contre les dangers résultant de contacts à la terre de conducteurs à haute tension (suite et fin). Guido Fano, p. 24. — Chronique industriel! et financière- — Chronique financière, p. 26.— Renseignements commerciaux, p. 28. — Adjudications, p. 3i.
- ÉDITORIAL
- M. van Cauwenberghe a fait, sur le mode de suspension des moteurs de traction, une remarque qui parait très judicieuse: il s’est demandé s’il y avait des raisons mécaniques pour préférer le système généralement employé à tout autre, et une analyse très simple lui a montré que non.
- En effet, il est d’usage de placer les ressorts de suspension au droit du centre de gravité du moteur. Or, quel doit être le rôle de ces ressorts ? Atténuer les cliocs. Mais si
- l’on étudie comment agit un choc, on voit apparaître comme point remarquable non pas le centre de gravité mais le centre instantané de rotation. Ce point, facile à déterminer, est celui où l’auteur conseille de placer les ressorts.
- On sait que les traités d’éleclrotechnique négligent généralement de tenir compte “des harmoniques de rangs pairs dans l’étude des lignes à courant alternatif. Il est évident que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T, X (2« Sérief-N014.
- cela n’est pas toujours justifié, et récemment M.J.-B. Taylor en a fait la preuve. Mais ce n’est pas tout.
- M. E. Caudrelier, ingénieur des Ponts et Chaussées, montre déplus qu’il peut se développer, clans un circuit sur lequel sont branchés des machines asynchrones, des harmoniques de force éleclromotrice et d'intensité dont la fréquence n’est même pas un multiple exact de celle que possède l’onde fondamentale : des sortes d’harmoniques boiteux qui, pour n’être pas aisés à mettre en formules, ne dohrent pas moins entrer en ligne de compte.
- L’exposé par M. A. Troller, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, de la transformation du réseau électrique parisien, met en œuvre des documents qui ont le double mérite d’être officiels et tout récents. C’est en somme l’état exact à l’heure actuelle de cette question, de ce qui est fait au début de 1910, et de ce qui reste à faire, qui est mis ainsi souslesyeux de nos lecteurs. L’auteur a tenu à l'eproduire aussi fidèlement que possible les données offi cielle's, et son élude reflète par conséquent un peu l’optimisme qui est de style en pareille matière.
- Nous reproduisons, dans sa quasi-intégi’a-lité, l’importante étude de M. O. Corbino sur la production des champs *cycliques par le moyens cVoscillations amorties clans le dispositif d’Artom.
- Les vues théoriques qui y sont développées intéressent naturellement au premier chef la radiotélégraphie.
- La stérilisation par l’ultraviolet continue à préoccuper les savants, et très utilement comme on peut en juger par les récents résultats obtenus.
- Comme nous le signalions dans notre dernier « Editorial», on recommence à parler un peu partout du système monophasé en traction.
- En attendant d’en donner —très prochainement— une étude d’ensemble, nous reproduisons les remarques de l'Electric Hailway Journal c\n\ sont intéressantes, mais évidemment discutables.
- Nos variétés contiennent la fin de l’étude de M. G. Fano sur les dispositifs de sécurité dans les transmissions à haute tension.
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- 2 Avril 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ÉTUDE DES CHOCS AUX ESSIEUX MOTEURS
- EN TENANT COMPTE DE L’INERTIE DES INDUITS
- Les petites dénivellations, que possèdent les voies les mieux établies, font subir aux essieux des voitures et, par réaction au rail, des chocs souvent considérables. Ceux-ci sont surtout violents sur les essieux moteurs, et d’autant plus que la masse du moteur se trouve plus complètement reportée sur l’essieu. C’est ainsi que les moteurs à action directe du Central London, montés d’une façon rigide sur l’essieu, ont été mis rapidement hors de service et ont produit une véritable destruction de la voie.
- En général, l’attaque des essieux se fait par engrenage simple. Le moteur (voir fig. x) est relié à l’essieu par des paliers (en À) et au châssis de la voiture par des ressorts (en B). De plus le pignon et la roue d’engrenage (dont les cercles primitifs se touchent en C) constituent la liaison entre l’essieu et l’induit du moteur.
- Nous nous proposons d’étudier le phénomène du choc sur le système ainsi défini.
- Remarquons tout d’abord qu’au moment du choc les efforts statiques sont en équilibre. Ainsi le poids du moteur est équilibré par la réaction statique des ressoi'ts B d’une part et de l’essieu A d’autre part. Le choc pi’oduit une accélération instantanée qui ne détruit pas l’équilibre des efforts statiques. Ceux-ci n’interviendront donc pas dans nos équations.
- D’autre part, les efforts qui entrent en jeu dans le choc sont des foi’ces agissant instantanément, c’est-à-dire celles provenant de l’inertie des masses ou de la réaction d'appuis rigides. Les réactions des ressorts B ne naissent qu’après des déplacements finis de leur
- point d’application, et ne jouent par conséquent aucun rôle.
- Ainsi donc, il est parfaitement faux de croire qu’on atténuei'a les chocs en plaçant les ressorts de suspension au droit du centre de gravité des moteurs. Ce pi’éjugé a cependant cours chez la plupart des constructeurs et exploitants. Bien plus, nous verrons que pour des motifs d’un auti-e ordre, il est avantageux d’éloigner les ressorts du centre de gravité.
- Un choc vertical se produisant en D, au point de contact de la roue et du rail, imprime à l’essieu une accéléi’ation verticale /. La force verticale instantanée en D estFj.
- •B-------
- -----f.
- Fig. j.
- Si le choc n’entraîne pas le patinage de la roue, et nous verrons plus tai'd que cette hypothèse est justifiée, tous les points de la roue, en particulier A et C, seront animés de la même accélération j. En A etC se développent des forces F2 et F3. Nous pouvons transporter ces deux forces au centre de gravité O du moteur (sensiblement sur l’axe) en introduisant les couples — FJ et — F3/-, ce dernier agissant sur l’induit seulement.
- La carcasse du moteur tournera autour de son centre de gravité, avec l'accélération an-
- gulaire
- dui
- dl
- par l’effet du couple — ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2« Série). — N» 14
- l’induit tournera autour du même point O
- avec l’accélération-----par l’effet du cou-
- rt/ 1
- pie — F3/\ Ces deux mouvements sont indépendants l’un de l’autre, car l’induit tourne librementdans ses paliers.
- Enfin les forces F2 et F3 (reportées en O), agissant sur toute *la masse du moteur, produiront une accélération verticale du centre de gravité.
- Soit :
- Me, la masse de l’essieu avec sa roue d'engrenage;
- Mm, la masse du moteur complet; le, le moment d’inertie de la carcasse autour de O;
- L, le moment d’inertie de l’induit autour de O.
- Les équations d’équilibre dynamique sont: Fi = F, + F3 + M ej
- F a + F, — M,„y'
- VJ :
- le
- du>’
- dt
- autour d’un centre instantané situé à gauche de O et dont la distance à O se détermine par la relation :
- ou bien
- _f
- l -J- x ]
- 1J — ï
- Ce centre instantané de rotation est sensiblement immobile pendant le choc. Il y a donc avantage à placer en ce point les ressorts de suspension. De la sorte, ils ne subiraient aucune déformation et n’entretiendraient pas, après le choc, des oscillations nuisibles au bon foctionnexnent.
- Application. — Appliquons ces formules aux moteurs du Métropolitain de Paris :
- Me = 108 Mm = 2/(5
- le = 19 L- — 2,6 > M-Kg-seconde.
- l — 0,48 / = 0,11 )
- Il vient :
- F,r = L
- dtù"‘
- dt
- et les équations des liaisons :
- j=j + l r
- f + ’
- dià"
- dt
- Il en résulte :
- F,
- M„ -f- M
- m
- ./
- j
- (3)
- Lé mouvement instantané de la carcasse se ramène évidemment à une rotation simple
- 7- = o,565 J
- F, = %!fij F, == 0,38 F, x = o,5fi mètre.
- Nous en tirons les conclusions suivantes :
- iu Le choc produit sur le rail est le même que si o,565 du poids du moteur se trouvaient directement portés par l’essieu (voir équation i) ;
- i° Le centre instantané de rotation de la carcasse est à 56cm de l’axe du moteur, c’est-à-dire très loin du centre de gravité ;
- 3° La force F3 sur l’engrenage vaut o,38 de l’effort au rail, ce qui est considérable.
- Le couple de F3 autour de A est évidemment équilibré par un effort langentiel au niveau du rail. Les diamètres des roues d’engrenage et porteuse nous donnent pour cet effort :
- F'a ï= o,765 F:) =r 0,290 F,.
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- 2 Avril 1910.
- Soient /Teffort tangentiel sur le rail développé par le couple électrique du moteur, et F l’effort statique sur l’essieu.
- Admettons un coefficient de frottement de o,25. La roue ne patinera pendant le choc que si (*) :
- F's + f> °,a5 (F, + F)
- ou bien :
- f^> 0,^5 F — o,o4 1<\
- Comme les chocs intenses ne se produisent qu’aux grandes vitesses, pour lesquelles f est petit, la condition ci-dessus ne sera certainement jamais vérifiée.
- Nous avions donc raison plus haut d’exclure la possibilité du patinage. Il est d’ailleurs évident que, s’il se produit du patinage, la réaction d’inertie de l’induit, se trouve diminuée et le choc atténué.
- Procédé destiné a atténuer les chocs. — De nos formules résulte que le moment d’inertie I,- de l’induit intervient pour une part dans le choc. Or, en réalisant une liaison élastique entre l’induit et l’essieu, par l’introduction de ressorts dans le pignon ou dans la roue d’engrenage, on supprime l’effet de L sur le choc. Faisons donc I, = O dans nos formules. Nous trouvons pour le cas des moteurs du Métropolitain de Paris :
- f
- J = 0,296
- F, = 180/ x =. 0,18 F3 = o.
- Le choc sur le moteur est donc le même que si 0,296 de son poids étaient portés di-
- rectement par l’essieu. Primitivement nous avions o,565, c’est-à-dire que nous avons gagné environ 5o %.
- Quant au choc sur le rail, il est de 180 j au lieu de 246y. Nous gagnons 27 %.
- Ce dernier chiffre ne paraît peut-être pas très élevé. Il est cependant certain que, dans l’état actuel de la traction électrique sur les voies très chargées, telles que celles des métropolitains, les chocs sur les rails ont atteint une valeur très considérable qu’il serait bon de diminuer, et en tous cas dangereux de dépasser.
- Or, en maintenant la même valeur aux chocs, on pourra, par l’emploi d’une liaison élastique, et si l’on admet que les chocs croissent proportionnellement à la vitesse, augmenter la vitesse des trains dans le rapport de 246 à 180, soit de %.
- Enfin l’introduction de la liaison élastique annule la force F3. L’engrenage n’est donc plus en aucune façon sollicité par les chocs. Or, on connaît l’effet destructeur de ceux-ci sur les roues d’engrenage bipartites.
- RÉSUMÉ
- Une étude mathématique du choc produit sur les rails par les essieux moteurs attaqués par engrenage conduit aux conclusions suivantes :
- i° Il est inutile et plutôt nuisible de disposer la suspension des moteurs au droit de leur centre de gravité. Il vaut mieux la placer au centre instantané de rotation, qu’il est facile de déterminer;
- 20 En créant une liaison élastique entre l’induit du moteur et l’essieu, on diminue sensiblement les chocs sur le rail, et dans des proportions très notables, ceux qui sollicitent le moteur.
- (*) Nous nous plaçons évidemment dans le cas défavorable où F\j et f sont de même signe.
- R. van Cauwenberghe,
- Docteur ingénieur.
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- FORGE ËLECTROMOTRICE ET INTENSITÉ DANS UN CIRCUIT
- SUR LEQUEL SONT BRANCHÉS DES MOTEURS ET GÉNÉRATRICES ASYNCHRONES
- M. J.-B. Taylor,'clans une communication à Y American Institute ofElectrical Engineers dont un extrait a paru le 17 septembre 1909 dans The Electrician fait observer que, dans l’étude dés lignes parcourues par des courants alternatifs, les auteurs d’ouvrages électrotechniques et les ingénieurs négligent les harmoniques pairs sous prétexte que les générateurs industriels ne les produisent pas ; protestant contre cette manière de voir, M. J .-B. Taylor cite des cas où des harmoniques pairs s’introduisent dans les circuits.
- ,11 nous a semblé intéressant de signaler que, dans un réseau, il peut se développer non seulement des harmoniques pairs, mais aussi des oscillations dont la fréquence n’est pas un multiple exact de celle que possède l’onde fondamentale. Il est, en effet, important d’éviter que les conditions de résonnance ne soient réalisées pour l’une de ces oscillations.
- I
- Supposons branché sur un réseau un moteur asynchrone polyphasé.
- Si la différence de potentiel aux bornes du stator est une fonction sinusoïdale du temps, si les enroulements inducteurs et induits donnent naissance à un champ sinusoïdal, et si les effets d’hystérésis sont négligeables, le courant qui parcourra le stator aura, quelle que soit la vitesse du rotor, la forme d’une sinusoïde.
- Mais il est impossible de réaliser dans l’industrie de pareils enroulements ; les inducteurs et les induits ne créent pas une répartition sinusoïdale du flux et il en résulte que les courbes des forces électromotrices et d’intensité dans les circuits qui alimentent des moteurs asynchrones ne sont pas sinusoïdales.
- Pour le démontrer, nous ferons tout
- d’abord une simplification qui ne diminue en rien la généralité du résultat que nous nous proposons d’établir : nous supposerons que lé champ tournant produit par l’inducteur est sinusoïdal dans l’espace.
- Considérons un rotor constitué par un enroulement triphasé à 2 pôles et à une bobine par phase et par pôle.
- /
- Si — est la vitesse du champ inducteur, —
- P P
- la vitesse du rotor, le champ créé par chacune des bobines de l’induit peut être représenté, en posant uq = w-w’, parla série (‘) :
- Xl = Xm sin u>, t [sinjt?6-f-- sin 3/?9-f--sin5Jp0-(-...]
- „„ . , , 21E. r . / „ , 2tc'
- #^2-— sin-I sin ( —j——
- + \ «in (3P6+ 2TC) + r sin ( 5PS+ IO|) +•• j
- X3 = Xm sin ((*>!*+ ^péj"sin (p 6 + y^
- 4- ^sin (3/^ + fa) +1sin (5p6 +ip) + •••]•
- Le champ résultant total aura pour expression :
- X — - Xm j^cos (ü)j t—72O) — - cos (o)j£ -f- 5 />0)... j.
- On voit que H est la superposition de champs qui tournent par rapport à l’induit avec des vitesses :
- (U, (1)]
- P' V"
- p) Il est à peine besoin de faire remarquer que l’hypothèse d’un courant induit sinusoïdal n’est nullement restrictive.
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- 11
- c’est-à-dire se déplacent dans l’espace avec des vitesses absolues :
- lations à comparer sont représentés par les formules :
- 0) --- b) -(- 6 Ci)'
- P1 P
- Ces champs engendrent dans l’inducteur des forces électromotrices A, sin (wt -f ç), A5 sin (u>5 t -J- <p5)— ; pour calculer ü>5, nous remarquerons que le pas polaire du champ
- correspondant à ce terme est égal à par suite l’on a :
- x
- — et que 5 p
- 7.TZ 27C I 27C
- ei>u —o) -f- 6w' —«*» —J— 6 to'*
- 5 P
- Il en résulte que :
- Cl),. = — <*> —|— 6 (»>'.
- On voit donc que le courant qui parcourt le stator et le circuit d’alimentation ne peut pas être une pure sinusoïde. Il en est de même de la tension entre deux points quelconques du circuit.
- — o —j— 6 g)
- Le rapport
- n’est pas générale-
- ment un nombre entier; —, varie, pendant la
- Ci)
- période de démarrage, de o à un nombre voisin de i, et il y a lieu de remarquer que l’harmonique pair 4 se produit par exemple
- pour — = 5/6, c’est-à-dire pour une vitesse
- Cl)
- du rotor voisine du synchronisme.
- II
- Nous nous sommes proposés de rechercher quelle pouvait être l’amplitude de ces oscillations secondaires et pour cela nous les avons comparées à celle qui produit le champ induit principal, qui tourne avec la
- vitesse - et dont les effets sont généralement P
- connus sous le nom de « réaction d’induit ».
- Calculons donc le rapport '^’.
- Aj
- Les deux champs qui produisent les oscil-
- B sin (ci) ^ — sin^(—w -(- 6t»') t -j- üp ôj;
- si bien que les flux qui traversent les bobines du stator sont proportionnels à :
- cos aM-—, cos (—ci) 4-6 o') t
- 2 0 ii/
- On a donc
- As
- â!
- et si c’est par exemple l’harmonique 4 qni
- A
- se produit -p = 4/aa.
- A,
- Dans le cas d’un moteur déphasé on aurait de la même façon
- A,
- A,
- w — i -f- 4 — (0
- 9
- — i -j- G —
- Cl)
- et, dans le cas où — = 3/4, c’est-à-dire dans
- le cas de l’harmonique 2,
- A*
- A,
- 2/9-
- L’emploi des coefficients K indiqués par M. Blondel montre que, lorsque le nombre des encoches ou des bobines par pôle et par
- phase est égal à 2, les rapports
- ^ et ^calcu-
- At A,
- lés précédemment doivent être réduits sensiblement au 1/4 et au i/3 de leur valeur.
- * * •
- En résumé l’étude précédente prouve que, par suite du fonctionnement des moteurs et génératrices asynchrones, il circule dans les l’éseaux des courants et il s’v développe des forces électromotrices, dont la fréquence n’est pas toujours un multiple exact de la fréquence fondamentale du réseau et qu’en particulier des harmoniques pairs peuvent prendre naissance.
- 12. Gavdiuïlieh,
- Ingénieur des Ponts ol. Chaussons, Churlcvillc.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE T. X (2« Série). — N» 44.
- LA TRANSFORMATION DU RÉSEAU ÉLECTRIQUE PARISIEN
- Le réseau électrique de Paris est actuellement en pleine rénovation. C’est là une conséquence du nouveau régime qui, en 1907, a fait succéder aux six secteurs indépendants d’autrefois une compagnie unique, concessionnaire de la vente du courant pour l’éclairage et la force motrice.
- Le ier novembre 1907, la concession des anciens secteurs arrivait à expiration ; le nouveau concessionnaire, la Compagnie Parisienne de distribution d’électricité, dont le traité n’avait été conclu que le 5 septembre 1907, ne pouvait immédiatement prendre possession de son monopole et assumer en même temjxs la tâche de l’extension et de la réfection du réseau, conséquences nécessaires de l’abaissement des tarifs, formellement prévues du reste dans le programme technique annexé à la convention du 5 septembre 1907.
- Une période transitoire était indispensable; on sait qu’elle expire le 3i décembre 1913 : l’exploitàtion du réseau continue à être assurée jusque-là par les anciens secteurs réunis en Comité de l’Union des secteurs parisiens, mais avec un tarif uniforme pour toute la capitale de o fr. 07 l’hectowatt-heure pour l’éclairage, o fr. o3 pour la foi-ce motrice. L’abaissement de prix est déjà considérable : l’hectowatt-heure coûtant autrefois o fr. i5. En 1914, le tarif diminuera encore ; lorsque la Compagnie Parisienne entrera définitivement en. fonctions, le prix du courant d’éclairage sera réduit à o fr. o3 l’hec-to watt-heure.
- Jusqu’à cette date, la tâche qui incombe à la Compagnie Parisienne est de mettre le réseau en mesure de satisfaire aux besoins d’une clientèle considérablement accrue. Le programme technique de 1907 lui impose, outre la construction de deux grandes usines
- (ensemble 7-5 000 kilowatts de courant biphasé à 12 3oo volts), un plan de refonte etd’exten-sion du réseau dont elle poursuit l’accomplissement avec une remarquable vigueur.
- Ce plan a été conçu de façon à concilier trois conditions, toutes trois de la plus haute importance : tout d’abord éviter des dépenses colossales comme celles qu’eût entraînées l’unification totale du réseau, éviter également un éventrement général de Paris, assèz affecté déjà par les travaux du Métropolitain, enfin réduire au minimum les perturbations dans le service des 4° 000 abonnés des secteurs.
- Nous nous proposons, dans ce qui suit, d’indiquer, d’après les documents officiels, les grandes lignes du programme actuellement en voie d’exécution et l’état des travaux au début de 1910. On verra qu’ils ont été poussés avec une rapidité, on peut le dire, inespéi’ée.
- Le nouveau réseau comporte trois zones de distribution : la première comprend le quartier du Centre, à population dense, à consommation intensive à la fois comme éclairage et comme force motrice ; elle est desservie par un système de distribution à courant continu soit à 5 fils, soit à 3 fils. La deuxième zone comprend la rive gauche et le quartier ouest de Paris; la population y est relativement clairsemée, la consommation peu intén-sive ; le système de distribution reste celui antérieurement en vigueur : courant alternatif monophasé à 3 000 volts. La troisième zone couvre le nord-est, l’est et le sud-est de Paris, où n’existait, pour ainsi dii’e, aucune distribution, où la densité de la population susceptible’ de former une clientèle électrique est très faible, où les chances de développement de la force motrice apparaissent peu considérables*; on a adopté là un système
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 13
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- T
- nouveau : le biphasé sous •j.'X. iio volts.
- La constitution cle ce réseau comportait la création ou la transformation de sous-stations, la pose de nombreux kilomètres de canalisations.
- i° Sous-stations.
- a) Pour la zone à courant continu, on devait créer ou transformer onze sous-stations transformant le courant alternatif haute tension en continu basse tension, directement utilisable chez les abonnés. Les installations devaient être faites de façon que les sous-sta-tions puissent, jusqu’à la création des nouvelles usines, s’alimenter aux usines existantes, usines appartenant aux anciens sec-téurs, ou à des tiers, tels que la Société d’Electricité de Paris, à Saint-Denis, du Triphasé, à Asnières, de l’Ouest-Lumière, etc.
- Voici la liste de ces onze sous-stations :
- Transformées.
- Bondy, 70, rue de Bondy.
- Trudaine, 9, avenue Trudaine;
- Saint Roch, 26, rue Saint-Roch ;
- Mauconseil, 33, rue Mauconseil;
- Sévigné, 52, rue Sévigné;
- Clichy-Puteaux, 53, rue des Dames;
- i
- Entièrement nouvelles.
- Bergère, 27, rue Bergère;
- Pasquier, r7, rue Pasquier;
- Temple, 36, rue Corbeau;
- Voltaire, 14, avenue Parmentier;
- Saint-Antoine, 100, rue de Charenton.
- b) La zone à courant alternatif monophasé devait être dotée de 4 sous-stations, abaissant à 3 000 volts la tension du courant, et répar-tissant la charge sur les phases du courant biphasé fourni par les usines. Le courant distribué est à nouveau transformé dans les immeubles par des transformateurs qui en abaissent, sur place, la tension jusqu’à une valeur inoffensive. Ces 4 sous-stations, toutes quatre nouvelles, sont : La Muette, 29, rue Offenbach; Sèvres, 6, rue Récamier; Gobe-
- lins, 3, rue Vésale; Les Tentes, 253, boulevard Péreire.
- c) Pour la zone à courants biphasés, on avait prévu la création de 5 centres de couplage destinés à répartir le courant haute-tension reçu des usines entre 120 postes de transformation qui en abaisseront la tension à 2 X 110 volts.
- Ces centres découplage sont Doudeauville, 28, rue Doudeauville, Laumière', 10, rue Armand-Carrel"; Ménilmontant, 22, rue de l’Est; Charonne, 22, rue des Haies ; Daumes-nil, 7, rue Dubrunfaut.
- 20 Canalisations.
- L’installation des canalisations comportait, tout d’abord, des canalisations primaires amenant le courant alternatif des usines, actuelles ou futures, aux sous-stations et aux postes de couplage, puis l’établissement de feeders et sous-feeders amenant le courant des sous-stations et des postes de couplage aux canalisations de rues, enfin la pose de 6oohm au moins de nouvelles canalisations de rues ; dont iookm avant 1910; puis iookm en 1910, 1911, 1912, le sui’plus devant être exécuté avant 1920. Où en sont actuellement tous ces travaux? La Compagnie Parisienne de distribution d’électricité connut des moments difficiles, surtout dans les premiers mois du nouveau régime, alors que rabaissement des tarifs amenait un surcroît considérable de clients, sur un réseau déjà surchargé, dépourvu de toute élasticité, incapable de faire face à un surcroît de demandes.
- Dès le mois de mai 1907, avant même d’avoir une existence légale, la Compagnie Parisienne, aidée par le personnel des secteurs, se mit à l’œuvre, de façon à permettre aux secteurs de renforcer, dans l’hiver 1907-1908, la fourniture du courant dans la région du centre; 3 cables furent établis pour amener le courant alternatif biphasé, 12 3oo volts de l’usine de Saint-Denis aux sous-stations Trudaine, Bergère, Bondy, Villette,AlauGonseil, en même temps que la puissance de ces sous-stations était augmentée de 4000 k\v.. On ra-
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- T. X (2* Série). — N» 14.
- clieta les câbles établis par le Métropolitain depuis l’usine du triphasé jusqu’à la place Glichy ; on les raccorda à la sous-station de Puteaux augmentée de i 4»o kw. On installa de nouveaux feeders reliant les usines d’issy et de Levallois aux l’éseaux de la rive gauche et des Champs-Elysées. On disposa ainsi d’un supplément de 6006 kw. qui permirent d’atteindre le chiffre total de 4» ooo kw et de passer sans encombre la difficile période des mois d’hiver. Cinq*millions furent absorbés par ces pi’emiers travaux, qui entraînèrent la construction de 34oom de gi’andes galeries de câbles.
- A pai'tir de 1908, les travaux fux*ent poussés avec beaucoup plus d’activité encoi’e ; à la fin de l’année 1909, la Compagnie Pari-sienne avait engagé pour plus de 80 millions de dépenses, et le programme, exécuté par le Comité de l’Union des Secteurs, atteignait l’état d’avanceixxent suivant : toutes les sous-stations sont terminées, sauf celles des Gobe-lins et des Ternies; leur puissance, de 36 000kw. en 1907 est portée à 85 000 kw., laissant place du reste à un.développement supplémentaire de 5o 000 kw. Les 5 centres de couplage sont presque tenninés. Sur les 120 portes de ti’ansfonnateui’s, 8 son t installés, 10 sont\m construction, 39 sont approuvés.
- Sur 4'»°km de câbles pi’imaires, 260 sont
- installés; 284m dé galeries sur 35; i2okm de feeders ou sous-feeders, 2.5okm de canalisations de nies. (La convention n’en exigeait que 100 pour le début de 1910). Enfin 27**"' de canalisation à 2 fils sur 56hm,5 sont ti’ansfoi’-més en canalisation à 3 ou 5 fils.
- On peut juger, par ces quelques chiffres, de l’effort gigantesque qui a été accompli en deux ans à peine ; ces l'ésultats font le plus grand honneur à ceux qui ont dirigé l’œuvre et au pei’sonnel qui l’a exécutée. Lors dés ten’ibles inondations qui ont si cruellement épi’ouvé la région parisienne (‘) les services de l’éclaii’age électxûque n’ont l’elativement que peu souffei’t. Ils le doivent au superbe et l'écent réseau qui, créé en quelques mois, l’eliait tous les centres de distribution, en même teixxps qu’aux usines des secteui’s, la plupart très éprouvées, à des usines de secoui’s, l’estées heureusement indemnes. Sans la prodigieuse activité déployée depuis deux ans pour la refonte du réseau, Paris, aujoui’d’huiencoi’e, serait partiellement privé de courant électiûque.
- A. Troller.
- (*) Y. R. Chassériaajd. Les inondations et les installations électriques parisiennes. Lumière Electrique, tome IX (2° série), nos 6, 7 et i3.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Production de champs cycliques par le ncioyen d’oscillations amorties dans les dispositifs d’Artom. — O. Corbino. — Elettricista, i5 octobre 1909, et N nova Cimenta, fasc. 3, 1909.
- M. O. Corbino avait eu, en 1903, l’occasion de pubfier quelques recherches théoriques sur la production de champs tournants par le moyen d’oscillations électi'iques amorties, en discutant un dispositif du pi’ofesseur Artom. A la suite d’une étude plus
- récente d’Artom sur la production de ces champs' par la composition d’oscillations amorties, il se trouve conduit à donner communication de quelques résultats de ses nouvelles recherches sur la môme question.
- Il rappelle tout d’abord qu’il avait mis en évidence que l’emploi des coui’ants oscillatoii’es amortis intei'dit l’application des idées suggérées par la théorie des courants alternatifs persistants. Un système de circuits, capable de donner avec des courants persistants (même de période indéterminée)
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- des champs tournants, peut donner de simples champs rectilignes avec des courants amortis. La figure i en fournit un exemple typique : les deux circuits identiques agissent l’un sur l’autre par un accouplement magnétique déterminé par le coefficient de mutuelle induction M ; et alors on obtient dans les deux circuits, avec des courants persistants, des courants décalés d’un quart de période. Voyons au contraire ce qui arrivera avec des courants amortis.
- Ih Hl
- M
- M
- WVvV
- Fig. î.
- Soient /, L, C, les valeurs communes de la résistance du coefficient de self-induction et de la capacité; 4 et i.2 les courants dans les deux circuits, dont le premier entre en oscillation au temps zéro, en vertu d’une cerlaine énergie électrostatique qui lui a été fournie auparavant. Ces courants f, et 4 sont tels que
- 4 — 4 “ aAe~''isin tût, 4 + — îBe_h l sin
- d’où
- #
- • 4 — Ae—ht sin n>t -f- Be -^sin v>'t
- 4 = — Ae-1|,;sin u>t + Be—h'1 sintoY.
- ment, d’affaiblir une seule des deux composantes de ce doublet de fréquence émis par chaque circuit. Et en outre, les deux composantes, considérées chacune dans les deux circuits, ont des phases égales ou contraires. En sorte que, quand même la différence entre les fréquences serait d’assez faible importance pour ne pas permettre la production de battements perceptibles dans la courte durée des oscillations amorties, on ne pourra jamais obtenir que les courants des deux circuits soient décalés en phase de 90° et qu’on ait par suite, en les composant, des effets analogues à ceux produits par les champs tournants amortis.
- Les conditions sont tout autres dans les deux dispositifs suivants ; dans l’un, nous avons encore deux circuits, l’inducteur et l’induit comme dans la figure i, mais leurs self-induction, capacité et résistance sont différentes; dans l’autre, un circuit inducteur exerce son action sur deux circuits induits accordés avec le premier et excités par lui, l’un élec-trostatiquement, l’autre électromagnétiquement.
- La solution générale des équations :
- i t du , I C - 1
- 7-171 + L* Ji +udt+ Cl J l<dt-0
- . , „ dU , „, di, , i C. ,
- ^ 72+ L2 Tt +M dt + Çj Hdt ~°
- dans lesquelles les indices i et a se rapportent aux deux circuits i et i de la figure i, est donnée par
- J
- ( il—Ave—lltsin(a>£ + a1) + B1e— ll'tsin(co7+|31> ( 4 = A2e-|ltsin(ü)^-)-a1) 4-B2e-ll'tsin((i)7-)-P2
- Dans ces équations h, li', w, u>' sont les coefficients d’amortissement et les pulsations propres de deux circuits distincts ayant pour résistance /•, pour capacité C et respectivement pour self-induction L-M et L-(-M. On détermine les valeurs de A et B par un calcul spécial qui conduit aux résultats suivants :
- A _ . /L + M L — M • L + M'
- Les deux circuits sont donc parcourus par des courants amortis de deux périodes différentes et les deux'amplitudes dans le circuit i sont d’autant plus voisines de l’égalité que M est plus petit par rapport à L, c’est-à-dire que l’accouplement magnétique des deux circuits est plus faible.
- 11 n’est pas possible, en atténuant l’accouple-
- c’est-à-dire que l’on a ici encore un doublet de fréquence avec un amortissement différent, commun aux deux circuits.
- Les constantes — A, — A', e>, e>' sont les parties
- réelles et les coefficients de —i et de —\J—i dans les quatre racines conjuguées de l’équation
- (L,La - + (lV'2 + L2+.r»
- + (fe+u;+'' '’) **+(&+?t) +ek=n-
- Quant aux huit constantes A, B, «, (3, elles sont déterminées par les conditions aux limites et par les équations différentielles (i).
- Il est possible d’obtenir qu’une des composantes, par exemple celle en A et w, ait dans les deux cir-
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- cuits une différence de phase — et une amplitude
- égale, de façon à pouvoir servir à la production d’un champ tournant amorti. Cette possibilité est démontrée par la méthode des vecteurs tournants le long d’une spirale.
- Si l’on dérive les équations (i) et si l’on cherche à satisfaire aux équations obtenues, au moyen de la solution particulière
- 4 — sin wt, 4 = Ae—ht cos oit, (3)
- on obtient un système d’où l’on déduit facilement
- h =
- ri +1\
- 2(L, + L2)’
- w*-J-A* =
- Cl c2
- Lt -(- L2
- (4)
- Si, au contraire, on substitue les valeurs (3) dans les équations (i) directement, on peut avoir une 7 ü>2
- autre expression pour h et une pour —0, qui comparées aux précédentes fournissent les deux suivantes; elles doivent être vérifiées par les constantes des deux circuits pour que les équations (3) constituent une solution donnée.
- (
- *2
- C,
- (-------
- c2 cj ^ Vc22 c/
- M
- }'t _j_ /*2 2(Lj -|-L2) /L,
- Vc2
- c;+c.
- T . \ 2 ,i.j2 >
- Cl
- n’empêche que les nouvelles conditions puissent se réaliser. ^
- Il faut pourtant tenir compte de la deuxième composante en h! et w'. L’effet de celle-ci sera pratiquement négligeable quand h' sera grand par rapport à h, et mieux encore si la seconde composante est apériodique (somme de deux exponentielles à exposants réels, de valeur élevée par rapport à ht). Alors la superposition orthogonale des champs magnétiques dus à 4 et à i2 donnera un champ qui part de zéro, atteint rapidement une certaine valeur en décrivant dans l’espace une courbe et, après avoir passé par un maximum, décroît jusqu’à zéro, en suivant une spirale circulaire.
- On voit donc que, si la théorie permet de justifier le résultat obtenu, elle ne fournit pas, sous cette forme, un procédé facile pour déterminer a priori les constantes des deux circuits capables de produire l’effet désiré; tandis que d’autre part la théorie simple des courants persistants ne peut être considérée comme un guide sûr. Il faut donc procéder par expériences systématiques, inspirées par des considérations théoriques générales qui puissent guider de loin et que nous allons discuter maintenant.
- Remarquons) tout d’abord que, par suite de l’accouplement, les deux circuits donnent lieu à un doublet dont les fréquences sont très voisines des fréquences propres des deux circuits eux-mêmes, sans leur être identiques, attendu qu’elles se trouvent modifiées par la mutuelle présence de ces circuits. De même les amplitudes de la même comppsante dans les deux circuits sont en général différentes. Or la première composante en h et w du courant 4 associée à la même composante du courant z2 constitue une intégrale particulière des équations (i).
- Posons :
- Z, = i'i -j- i"i et i.2 = i'î -f- i"2,
- 4(Lt + La)(^-+^-)
- ('•.+»*)* " ''
- On peut remarquer, dans les équations (.i), que lorsque les équations (3) sont une solution du système, les valeurs de h et de w sont celles qui correspondent au système des circuits i et a disposés en série, c’est-à-dire formant circuit unique.
- Gomme on le reconnaît immédiatement, nous sommes bien loin des conditions simples que faisait prévoir la théorie des courants alternatifs ; mais rien
- avec
- i'i = A,e-*lt sin (wt -(- a,) i"i = R|lf,t sin [na't -f- (4) i’2 = A^e-1'4 sin («£-}- ai)
- ?'3— B2e—h'4 sin (w'£-f-112).
- Nous pourrons dire aussi que i\ et i'2, de même que i"i et z"2, satisfont aux mêmes équations, ou que i\ engendre dans le secondaire i'2 avec une fréquence très voisine de la fréquence propre du primaire, et qu’inversement i"2 crée dans le primaire, eii réagis-
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- sant sur lui, i", avec une fréquence très voisine de celle du secondaire; mais l’action réciproque ne se fait pas sentir à un degré égal si l’inertie électromagnétique des deux circuits est très différente, c’est-à-dire si les valeurs de L, et de L2 sont très différentes. En fait, même si les deux circuits ont des périodes propres très voisines, mais si L, et La sont très différents et notamment quand L, est très supérieur à L2, le primaire exercera une action énergique sur le secondaire, sans que la réciproque soit vraie. Cela a lieu aussiavecdes courants persistants, auxquelscha-que circuit offre, pour une pulsation w, la résistance
- apparente
- et celle-ci, pour un
- écartement égal à h) de la pulsation de résonance, est beaucoup plus grande quand L est plus fort.
- En conséquence, i\ peut déterminer dans le circuit secondaire un i'2 notable; avec i'2 prend naissance dans le secondaire même i"2, mais la réaction de i"2 sur le primaire peut être très petite quand la
- force électro-motrice correspondante — M est
- de faible importance par rapport aux forces électromotrices inductives et de capacité considérables qui se manifestent dans le primaire, en raison de la non-coïncidence de la période de i"2 avec la période propre du circuit.
- On pourra alors écrire comme suit les équations fondamentales pour les deux circuits :
- >Vi -f- Li çj- j*l\ dt — o (5)
- ,.2i2 + L2 ±1 + -fi2 dt = - M (6).
- c’est-à-dire qu’on pourra négliger dans la première
- la réaction due au courant secondaire. dt
- Ceci posé et sous les réserves formulées, nous savons que le courant excitateur est nul à l’instant t. — o où commence la décharge. Dès lors l’intégrale de l’équation (5) sera iL = Ae~ A<sin u>t. La suivante s’intégre immédiatement et complètement par la méthode des vecteurs tournants.
- Le courant i2 se compose de deux parties : l’une qu’on peut dire forcée et dont la cause directe est i\ ; l’autre qu’on peut appeler propre et dont la valeur initiale est déterminée par le fait que pour t — o, i2 doit être égal à o.
- Soient i'a et i"2 les deux parties. On a pour i't> en changeant les sens dans lequel /2 se compte positivement :
- ,,P2 + L= ^ +±-Ji'2dt- M
- d/\
- dt'
- et pour i 2 :
- r2i"2 + L2±2 + ±.Ji»2dt^o.
- (7)
- (8)
- La partie t'a est un courant d’amortissement h de pulsation u>, comme le dont il dérive; soit(fig. 2) OA sa phase et OB la valeur maximum r.2 I'2 de r2 i'a ; alors, en posant a2 = A2 -|- w2, tgS —,
- CD
- le segment BC = L2 a l'2, qui fait avec OA un angle
- X
- ---1— 3, représentera par ses projections les valeurs
- di‘
- l'a
- de L2—y?; et le segment CD = qui fait l’angle
- dt
- C 2«
- -G+s) avec OA représentera les valeurs instantanées de — J' i'2dt.
- Or si nous supposons L, Cj = L2C2 et pour cela :
- a2 = A2 + o)2 == y-p- — j—pr,
- on aura aussi :
- BC 1= BD,
- et par suite le point D tombe exactement sur OA. L’équation (7) signifie alors que OD représente, par
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- di'
- ses projections, M —; c’est-à-dire que i\ estenphase ac
- avec la force électromotrice qui l’engendre et que, par suite, la phase de étant en avance de - -|- §
- sur celle de iiy la phase de i\ est représentée par OE, parallèle à CD, et qu'elle est sensiblement en quadrature avec OA, quand S n’est pas trop grand.
- Au courant /'2 se superpose le courant propre i% du circuit 2 qui a, pour ce motif, comme coefficient
- d’amortissement,-—-. Sa valeur initiale sera égale et a L2
- OB , . ,
- opposée à---- = l^, précisément pour avoir au com-
- raencement de la décharge i2 — o.
- 7*2
- Mais si, par hypothèse, l’amortissement —j- est
- très grand comparativement à h —
- i\ s'annu-
- lera rapidement ; c’est pourquoi, dans la toute première phase du phénomène, i2 ira en augmentant, avec ou sans oscillation et atteindra une valeur maximum , puis décroîtra lentement en oscillant et suivant une exponentielle caractérisée par l’amortissement A. On peut dire, en d'autres termes, que z2 est donnée par une sinusoïde dont les maxima s’appuient sur la courbe résultant de deux exponentielles, l’une positive et l'autre.négative, de valeur égale à l’origine, mais l'une très rapide et l'autre fort lente. Passé la première, il reste une oscillation amortie sensiblement en quadrature avec ix et décroissant avec la même rapidité.
- La composition dans l’espace, et suivant des directions orthogonales de ix et de /2, donnera un champ qui se crée dans un temps très court, en partant de zéro, avec ou sans rotation, et qui décroît ensuite lentement, en tournant le long d’une spirale.
- Les conditions sont encore plus favorables, comme il était à prévoir, quand le circuit i agit sur deux circuits 2 et 3, en résonance avec le premier et identiques entre eux, mais tels qu’ils ne produisent pas d’effet sensible de réaction sur le premier, en raison de la grande inductance de celui-ci.
- , Soit, comme ci-dessus, ix = Ae*~hl sin 0le courant dans le circuit.
- Les courants /3 dans les circuits 2 et 3 consisteront encore en deux parties, l’une forcée l’autre propre 1 . La première est en phase avec la force électromotrice inductrice, comme nous l’avons vu. Si l’on a recours pour les circuits 1 et 2 à un accouplement magnétique, et pour 1 et 3 à un accou-
- plement électrostatique, la phase de i\ sera en avance
- 7Ç
- de —|- S sur celle de ; et la phase de i*3f en retard
- TÉ
- de - B sur celle de i2 ; le décalage relatif sera par
- conséquent de 2 â seulement, c’est-à-dire très petit si l’oscillation de 1 est faiblement amortie et égal à 90° seulement quand B = 45°, c’est-à-dire h — G). Pour £ très petit, si l’on voulait qu'entre i,2 et la différence de phase soit de qo°, il suffirait que l'accouplement entre 1 et 3 fût de nature ohmique.
- A /'2 et i*3 se superposent et zM3, c’est-à-dire les courants propres de 2 et de 3, en opposition de phase avec V et avec des valeurs initiales égales à V pour annuler l'intensité à l'instant t = o.
- Une fois obtenue ta quadrature entre les courants forcés et par suite entre les courants propres de 2 et 3, il ne faut plus que les amortissements de ces derniers circuits soient très grands par rapport à A. Le contraire peut avoir lieu, de façon que les courants forcés s’annulent rapidement et que subsistent les courants propres, s’amortissant lentement avec une même vitesse, et toujours en quadrature. On obtiendra alors, en composant orthogonalement z2 et /3, qui sont en quadrature et auxquels on peut donner une amplitude initiale égale, un champ qui parte de o, atteigne, en suivant une spirale, une valeur maximum et décroisse en tournant dans le même sens jusqu’à zéro. La durée relative des deux phases dépend des valeurs relatives de l’amortissement du circuit 1 et des amortissements communs aux circuits 2 et 3.
- Le système d’accouplement à choisir (ohmique, électrostatique ou électromagnétique) entre 1 et 2 et entre 2 et 3 est celui qui a été indiqué plus haut, dans le cas de capacité et self localisées. Les choses changent si, les self et capacité étant réparties, on a des ondes stationnaires dans les circuits, avec ven-treset nœuds de potentiel ou de courant, ainsi qu'il est facile de le reconnaître. En règle générale, les deux circuits 2 et 3 doivent réagir fort peu sur le circuit 1, tout en étant en résonance avec lui, avoir des constantes égales et enfin être excités par le circuit principal avec force électromotrlce en quadrature. Mais le réglage des phases des courants induits sera toujours très délicat, attendu qu’au voisinage de la résonance la moindre variation dans les constantes ou dans la période produit des variations énergiques dans la phase du courant induit. Théoriquement, si r est petit et o> grand, pour une très petite variation de to en plus ou en moins de la condition de résonance,
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- la phase du courant induit varie de — 90° à -f- 90'' par rapport à la force électromotrice inductrice.
- M. O. Corbino conclut en disant cpie, d’une part, la possibilité théorique d’obtenir les effets cherchés est bien démontrée et même avec une certaine latitude; que d’autre part, les difficultés pratiques sont atténuées par la recherche expérimentale, systématique, des conditions les plus convenables, enfin que ce champ d’études a déjà fourni aux radiotélégraphistes des ressources tout à fait extraordinaires et des solutions qui se perfectionnent chaque jour de plus en plus et qui leur permettent de surmonter des obstacles à première vue assez sérieux.
- G. B,
- Sur la variation séculaire des éléments magnétiques dans la région de Pai'is. — A. An-got. — Académie des Sciences, séance du 28 février 191°.
- Il est maintenant établi que la composante horizontale H du champ terrestre à Paris a passé par un maximum pendant les années 1906 et 1907.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Bobine symétrique pour galvanomètre à cadre mobile. — C. Féry. —Académie des Sciences, séance du 28 février 1910.
- M. Lippmann a montré autrefois l’inconvénient que présente le magnétisme du cuivre pour la construction de galvanomètres très sensibles à bobine mobile ; il indiquait comme remède l’emploi de champs aussi uniformes que possible et d’un vernis renfermant du bismuth (diamagnétique) pour recouvrir la bobine.
- M. G. Féry propose une autre solution : enrouler symétriquement le fil magnétique autour de l’axe de la bobine. Celle-ci se trouve ainsi un peu plus lourde et résistante (à cause de la présence de spires dont le plan est perpendiculaire aux lignes de forces), et le couple moteur du galvanomètre plus faible — mais la sensibilité est fortement accrue.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- Sur la stérilisation de l’eau par l’ultraviolet. — E. Urbain, O. Seal et A. Feige. — Académie des Sciences, séance du 28 février 1910.
- Les travaux antérieurs de différents auteurs amènent à la conclusion suivante :
- i° 11 est inutile de chercher à utiliser des longueurs d’onde inférieures à 1 860 UA (*), car elles sont absorbées presque entièrement par le quartz el par l’eau ;
- 2° L’air est un milieu de transparence très suffisante ;
- 8° La limite du spectre solaire étant environ 2 900 UA, ce chiffre limite supérieurement les longueurs d’onde utiles.
- Les auteurs réaliscut un arc très riche entre ces limites en employant comme mèche des charbons, un mélange de charbon et d’alumine par parties égales. L’arc est placé à ioom au-dessus d’une auge circulaire contenant l’eau à stériliser ; avec 2. ampères, on stérilise alors définitivement l’eau de la ville, pour une durée d’illumination de 1 minute.
- Comparaison des actions photochimiques et abiotiques des rayons ultraviolets. — Ceruo-vodeauu et V. Henri. — Académie des Sciences, séance du 28 février 1910.
- Au-dessous de 2 900 ou 2 800 UA, ces rayons deviennent incompatibles avec la vie, «abiotiques ». Leur action bactéricide est alors d’une extrême intensité, ainsi qu’il résulte des mesures comparatives exécutées par les auteurs.
- Pénétration et action bactéricide des rayons ultraviolets par rapport à la constitution chimique des milieux. — G. Vallet. — Académie des Sciences, séance du 7 mars 1910.
- Il est très important, pour l’étude de la stérilisation, de connaître la perméabilité relative des différentes substances alimentaires usuelles, vis-à-vis des rayons ultraviolets.
- L’auteur a fait cet examen pour :
- i° Les sucres. — Le -glucose est perméable en solution jusqu’au titre de 20 % ; le lactose l’est davantage et parfaitement en solution saturée (35 % environ à 3o°).
- 20 Les alcools. — La glycérine pure, sans eau, est très perméable, mais moins que l’eau.
- L’alcool éthylique pur est très perméable.
- 3° Les acides. — L’acide acétique et l’acide tar-Lrique sont perméables, en solution.
- 4° Les sels minéraux. — Le chlorure de sodium est perméable, en solution, jusqu’à saturation (3o % ) ; l’azotate de chaux, jusqu’à 19 % ; le carbonate de soude, jusqu’à 27 % .
- (*) Unités Angslrcun.
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- 5° Les sels organiques. — Les tartrates sont très perméables.
- 6° Matières grasses. — L’huile d’olive est opaque. j° Matières protéiques. — Les limites de perméabilité sont : gélatine, 17 % ; peptone, 3 % ; albumine, 1 % .
- 8° Matières colorantes. —Les résultats sont va-
- %
- riables.
- TRACTION
- Le système monophasé pendant F année Ï90Q. — Electric Railway Journal, janvier 1910.
- Le système monophasé s’est considérablement répandu pendant l’année écoulée. La Commission des chemins de fer suisses s’est décidée en faveur de ce système pour les lignes exploitées par l’Etat. En France, les lignes du Midi l’ont adopté et trente voitures motrices à unités multiples sont actuellement en ponstruction. Les compagnies de chemins de fer de l’Etat allemand le considèrent comme le système type et en poussent activement le développement, de meme que celles de Suède et de Norvège. Dans la plupart des exploitations d’Europe, on utilise une tension de 10000 à i5ooo volts. La fréquence la plus généralement employée est de i5 périodes.
- En Amérique, le système monophasé n’est pas en grande faveur. L’équipement nécessaire pour une seule ligne nouvelle a été effectué celte année, et plusieurs lignes anciennes ont été transformées du système monophasé au système à courant continu avec 600 011/1200 volts au trolley. Toutefois une analyse soigneuse des raisons qui ont motivé l’abandon de ce système sur les lignes montre qu’il y avait été très mal adapté. Sur l’une d’elles par exemple, de longueur moyenne, il était obligatoire d’utiliser du courant continu à l’une et à l’autre extrémités avec des connexions en continu sur des câbles souterrains aussi bien que sur une ligne aérienne, ce qui amenait des complications qui contrebalançaient les avantages présentés par le système monophasé pour les portions interurbaines de la ligne. Dans un autre cas, une grande partie du parcours à effectuer était alimentée par du continu. Quoique,dans ce cas,il n’y eût pas de complications aussi grandes que dans le premier, il était extrêmement coûteux d’entraîner les équipements plus lourds et plus chers du monophasé, sur un long parcours,à l’aide du continu. C’est pourquoi il a paru raisonnable d’équiper la ligne entièrement avec du continu.
- Dans les premières années qui ont suivi l’introduction du monophasé, il y eut des enthousiastes quis voulurent appliquer ce système partout. Il e.n est résulté un grand dommage pour ce dernier en raison de l’application à tort et à travers qui en a été faite. De plus, les équipements, sur une grande partie des lignes sur lesquelles ils ont été exploités, ont été surchargés et entraînés à des vitesses excessives, effectuant un service beaucoup plus pénible qu’il n’eût été possible avec des équipements en continu de la même puissance. Néanmoins, il est intéressant de constater que, en dépit de ces abus, l’équipement s’est montré très satisfaisant en beaucoup de cas. Des exemples d’électrification de réseaux à vapeur, notamment celui de New-York, celui de Newhaven et Hartford ont fourni des résultats excellents pendant celte dernière année. Les retards des trains ont été extrêmement réduits et les difficultés rencontrées ont été en très petit nombre. Sur la ligne de Newhaven, les locomotives effectuent un travail bien supérieur à celui qui leur avait été assigné par les constructeurs. Sur certaines lignes interurbaines l’exploitation s’est montrée très économique. Dans d’autres, certaines difficultés rencontrées proviennent de ce qu’on a abusé de la faculté que possèdent les mo- , leurs d’être surchargés facilement . D’ailleurs, on peut remarquer qu’il n’y a pas eu un seul exemple de transformation d’un équipement monophasé en équipement continu partout où l’équipement avait été fourni par de grandes manufactures d’appareils monophasés. Bien au contraire, plusieurs de ces lignes ont fait de nouvelles commandés dans le but d’étendre leur exploitation.
- Une nouvelle ligne pour laquelle on construit acluellemcntun équipement monophasé est le « Rock Island and Southern Railway», ligne qui a été primitivement destinée à servirai! trafic marchand, mais qui sera utilisée aussi pour un service de trains de grande vitesse. Elle sera exploitée uniquement à l’aide du courant alternatif monophasé qui rend possible F utilisation de bobines d’induction plutôt que de résistances pour les moteurs. Les moteurs seront alimentés par un transformateur à double enroulement au lieu d’un autotransformateur, de telle sorte que les circuits ne seront pas misa la terre et que la 1 possibilité de rupture des isolants sera réduite au minimum.
- Cet équipement présente un degré de simplicité qui paraît devoir attirer tous ceux qui auront à établir désormais des lignes électriques.
- Les expériences faites ont montré que les équipe-
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- ments monophasés peuvent servir aussi bien pour le service interurbain que sur des voies extrêmement chargées. La complication qui résulte de l’établissement d’équipements pouvant servir à la fois sur le continu et sur l’alternatif n’est pas à désirer; mais elle est pourtant réalisable et ne doit pas causer d’embarras, si l’équipement a été convenablement étudié.
- Des conducteurs de plomb, placés entre l’enroulement induit et le collecteur, sont destinés à réduire les pertes dans le moteur et permettent de ramener ses dimensions à une valeur supérieure à celle des dimensions ordinaires pour un rendement donné. La condition principale est. de donner à ces conducteurs unie capacité calorifique suffisante pour pouvoir maintenir le courant pendant le temps maximum nécessaire pour que le moteur puisse développer son couple au repos, etde les rendre suffisamment solides pour qu’ils ne puissent pas être affectés par les vibrations mécaniques auxquelles tous les moteurs de traction sont sujets. Les conducteurs de plomb placés sur l’induit des locomotives de Newhaven n’ont jamais donnéj d’ennuis, bien qu’ils soient soumis à des conditions de démarrage extrêmement pénibles et que les moteurs soient appelés à développer un couple au démarrage correspondant à une surcharge de i.oo à i5o % . Le plus grand inconvénient de ces conducteurs, c'est qu’ils représentent une addition coûteuse à l’enroulement induit; néanmoins, le prix total du moteur muni de ces conducteurs ne dépassera pas celui d’un moteur construit pour une même puissance sans conducteui’s, carie nombre de faisceaux et; le nombre de pôles peuvent être réduits en raison de l’induction plus élevée quipeutêtreadmise.
- Une discussion sur le système monophasé entraîne naturellement la comparaison avec les systèmes rivaux. Ce sont le continu à haute tension et le triphasé.
- Le système continu i 200 volts a fait aussi pendant l’année écoulée des progrès considérables jiour le service des chemins de fer interurbains et quoiqu’il ne semble pas qu’on doive gagner beaucoup à l’appliquer à l’exploitation des lignes à grand trafic, il est certain qu’il jouit actuellement d’une faveur marquée. L’objection principale à ce système est que le voltage employé n’est pas suffisamment élevé pour s’adapter aux lignes à grand parcours et il est certain que, si l’on doit employer le courant continu pour ces lignes, le voltage doit être considérablement augmenté.
- Le système triphasé a, lui aussi, fait un pas en avant,
- avec l’électrification du Gréai Northern Railway.
- Quoique, apparemment, celte installation n’ait rien prouvé qui n’ait été déjà prévu, elle indique une tendance à développer tous les systèmes possibles de traction électrique de telle façon que chaque problème puisse subir l’examen le plus soigneux lorsqu’il se présente et que le meilleur système, dans chaque cas particulier, puisse être appliqué. Sans aucun doute, cette façon de procéder permettra de réaliser de grands progrès dans l’électrification des lignes de chemins de fer.
- Les raisons de favoriser le système monophasé sont exactement les mêmes à l’époque actuelle que pendant la période des dix années qui viennent de s’écouler. La simplicité de la distribution et la possibilité d’une dépense de premier établissement extrêmement faible en font un système, de ce point de vue, préférable à chacun des deux autres. La possibilité de donner au moteur une grande vitesse en détermine l’emploi sur les lignes à long parcours. Cependant, l’inconvénient est que les locomotives doivent en tout cas, sauf quand on ne désire que des vitesses très faibles, avoir une puissance supérieure à celle nécessaire dans l’un des deux autres systèmes. Par conséquent, l’entretien est plus coûteux. Néanmoins,celte dépense d’entretien pour les locomotives sera, pour les lignes de longueur considérable, bien plus que compensée par la diminution des frais de premier établissement et des dépenses d’exploitation du système de distribution. Si l’on en juge par le grand intérêt qui se manifeste actuellement pour l’électrification des lignes de chemin de fer, le nombre des expériences faites sera sous peu suffisant pour qu’il soit possible de déterminer sûrement à quel mode d’exploitation chaque système est le mieux adapté. Il est d’ailleurs possible à ce moment que de nouveaux procédés etde nouveaux développements se présentent qui viennent changer totalement le point de vue.
- Quant à présent, c’est le système monophasé qui paraît appelé à se développer le plus rapidement.
- C. T.
- Sur la façon d’évaluer la température de la vapeur surchauffée. —B. Fournier. — Académie des Sciences, séance du 28 février 1910.
- Les dispositifs généralement employés pour mesurer la température de la vapeur surchauffée, par exemple dans les locomotives à surchauffe, prouvent que l’on assimile ce lluide à la vapeur saturée. Or, en réalité, la vapeur surchauffée se comporte comme
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- ùn gaz proprement dit, une masse d’air par exemple, c’est-à-dire en somme comme un isolant thermique : la température peut donc varier d’un point à un autre d’une enceinte surchauffée. Avec le thermomètre placé de la manière ordinaire, une partie seulement du réservoir sensible plonge dans la vapeur en mouvement, au lieu d’être* entièrement immergé comme il le faudrait. On mesure donc une température fausse (trop petite).
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Avertisseur électrique pour fuites de gaz. — Revue industrielle, 19 mars 1910.
- On sait que, d’après la loi de Graham, deux gaz différents se diffusent à travers une même paroi poreuse avec des vitesses inversement proportionnelles aux racines carrées de leurs densités : dans le cas d’une fuite de gaz à travers une paroi poreuse,il en résulte que le gaz qui s’échappe et l’air qui arrive pour le remplacer .seront animés de vitesse très différentes et qu’il se créera par suite assez rapidement une variation de pression sur chacune des faces de la paroi. Le professeur A. di Leggc emploie cette différence de pression à faire mouvoir un index en mercure qui peut fermer un circuiMlc sonnerie électrique.
- L’expérience a montré que la sonnerie fonctionne bien avant que la fuite ne soit devenue dangereuse.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur les l'ésultats obtenus dans la torpille radio-automatique par un nouveau commutateur et radio-combinateur. — G. Gabet. — Aca-' démie des Sciences, séance du 28 février 1910.
- L’auteur a exposé antérieurement (4) le principe du retard au contact permettant la sélection des commandes pour appareils télémécaniques.
- La valeur pratique de ce principe a été confirmée par une expérience prolongée exécutée en Seine, en 1909, avec la torpille radio-automatique.
- (') Communication à l’Académie, 7 janvier 1907.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- t
- \
- Sur l’équation des télégraphistes. — H. La-rose. — Académie des Sciences, séance du i4 mars 1910.
- L’auteur indique un procédé d’intégration qui conduit à une expression propre au calcul numérique.
- BREVETS
- Appareils de mesure.
- 407 678, du 7 octobre 1909. — Siemens et Halske, A. G. — Compteur de débit pour courant continu. /i»7 /| H8, du 28 septembre 1909.
- Machines.
- Société alsacienne de constiujctions mécaniques. — Dispositifs refroidisseurs pour machines dynamo-électriques fermées.
- 407 010, du icroctobre 1909. — Neu. — Perfectionnements aux dispositifs de démarrage, des moteurs électriques à courants polyphasés.
- 407 570, du 4 octobre 1909. — Société anonyme Westinghouse. — Bobine pour appareils électriques.
- 407 198, du 20 septembre 1909. — Sagaeh. — Perfectionnements aux magnétos d’allumage des moteurs à explosions.
- 407 400, du 25 septembre 1909. — Société alsacienne de constructions mécaniques. — Dispositif de refroidissement des machines dynamoélectriques fermées.
- 407 861, du i3 octobre 1909. — Meafabrik magnet elektrocher apparate G. m. b. H. — Distributeur de sûreté pour appareils électro-magnétiques d’allumage.
- 407 978, du 20 septembre 1909. — Peloux. — Dispositifs pour obtenir un couple moteur invariable et indépendant des variations de courant.
- 408 008, du fi octobre 1909. — Société A. Brown et Boveri Co. — Dispositif pour le refroidissement des machines électriques.
- 408 07!», du 19 octobre 1909. — Société Siemens Schuckert werke G. m. b. H. —Dispositif pour le refroidissement des collecteurs de machines électriques.
- 408 j 1 5, du 20 octobre 1909. — Kelten et Guil-leaume lahmeyerwerke W. G. — Groupe mo-
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- teur générateur à courant pratiquement constant.
- /108 181, du 22 octobre 1909. — « Mea » fabuik
- MAGNET ELEKTRISCHER APPARATE G. 111. b. H. -----
- Galet pour la commande des organes de contact des interrupteurs dans les magnétos d’allumage.
- io8 du 2") octobre 1909. — Stansfiei.d, IIatt
- et la Société J. Stone et company limiter. — Perfectionnements aux survolteurs.
- 408 231, du ai octobre 1909. —Dey. — Perfectionnements dans les appareils servant à contrôler les moteurs électriques.
- Arcs et lampes électriques.
- 407 300, du ier octobre 1909. — Sciiaffer et IIei-mann. — Mode de couplage de lampes à arc montées en série avec des lampes à incandescence.
- ,'107 5i3, du i0r octobre 1909. — Lewy. — Lampe électrique de poche.
- 407 634, du 7 juillet 1909. — Péchin. — Contacts centrifuges de lampes à arc.
- 407 337, du 24 septembre 1909. — Société anonyme pour l’exploitation des brevets A. Denereaz.
- — Douille et son culot prise de courant pour lampes électriques ou autres appareils utilisant le courant électrique.
- /i07 104, du 18 septembre 1909. — Société Gebru-der Siemens et Gie. — Electrode pour la lumière à arc électrique.
- 407 i63, du 22 décembre 1908.— Kœchlin. — Système d’alimentation de lampes à bas voltage.
- '107 200, du 22 septembre 1909. — Société exoffi-ciobeleuchtungskorper C° G. ni. b. H. — Support de lampe électrique à incandescence.
- 407 383. — Société Geiiruder Schmidt. — Lampe à arc transportable pour la photographie et autres usages similaires.
- 407 710, du 8 octobre 1909. — Szubert. — Lampe électrique à arc.
- 407 744, du 9 octobre 1909. — Trin. — Lampe électrique portative de sûreté.
- 407 874, du 14 octobre 1909. — Schwarz. — Système régulateur pour lampes à arc électrique avec deux ou plusieurs couples d’électrodes brûlant successivement.
- 407 888, du 14 octobre 1909. — Darves et Aroud.
- — Treuil pour lampes à arc.
- 407.976, du 18 septembre 1909. — Garangei.o. — Lampe électrique à incandescence.
- 408 073, du 19 octobre 1909. — Gebruder Siemens et Go. — Fabrication d’électrodes pour la lumière à arc.
- Transmission et distribution.
- 407 274, du 23 septembre 1909. — Blos. — Transmetteurs pour coinbinateursà distance commandés par des impulsions électriques de natures différentes.
- 487 19.4, du 20 septembre 1909. — Société anonyme Westinghouse. — Système de distribution électrique.
- 407-361, du 25 septembre 1909. — Walter. — Coupe-circuit électrique.
- 407 38i,du27 septembre 1909. — Compagnieano
- NYME CONTINENTALE POUR LA FABRICATION DES
- COMPTEURS A GAZ ET AUTRES APPAREILS.-- Lillliteur
- de courant électrique.
- 407 781, du 11 octobre 1909. — Carez. — Outil à dénuder les conducteurs électriques isolés.
- 407 786. — Vachoux. — Interrupteur à distance
- 407 884, du 1.4 octobre 1909. — « Watt 0 instal-
- LATIONEN FUR STAIIK UND SCHWACHSTROM CARI.
- schulz. — Commutateur électrique avec bouton de pression.
- 407 898,' du i5 octobre 1909. — Murray. —Coupe circuit.
- 407 944, du 16 octobre 1909. — Handcock, iiykes et rawlings. — Perfectionnements au revêtement des fils et conducteurs électriques.
- 407 956, du 16 octobre 1909. — Dickson. — Perfectionnements dans les commutateurs électriques thermostatiques.
- 408 020, du 11 octobre 1909. — Féret frères. — Poteaux en ciment armé pour conduites électriques.
- 408 090, du 19 octobre 1909..— Buisset et Augustin. •— Support en ciment armé pour poteaux de lignes aériennes.
- 4<»8 114, du 20 octobre 1909. — Robert Bosch. — Attache pour câbles conducteurs électriques.
- 408 186, du 22 octobre 1909. — Giiay. — Perfectionnements aux conducteurs électriques.
- Electrochimie et Electrométallurgie.
- 407 5i8, du 2 octobre 1909. — Gibes. —: Procédé et appareil pour fabriquer par voie éleclrolytiquc des objets métalliques ou composés de métal et de substances non métalliques et objets fabriqués par ce procédé.
- 407 55o, du 3o décembre 1908. — Larat. — Procédé et appareil pour la catalyse électrique des liquides conducteurs ou non.
- 408 245, du 23 octobre 1909. •— IIelfenstein. — Four électrique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N« 14.
- Télégraphie et téléphonie sans fil.
- 407 717, du 8 octobre 1909. — Rossi. — Révélateur d’ondes' électromagnétiques.
- 407 843, du 3o décembre 1908. — Bethenod. — Mode d'enroulement pour alternateurs à fréquence élevée. ,
- Télégraphie et téléphonie.
- 407 344, du a3 septembre, 1909. — Johannsen. — Dispositif de multiples de téléphones.
- 407 395, du 27 septembre 1909. — Hufschmidt et Wagneii. —Perfectionnements apportés aux transmetteurs de téléphones.
- 407 688, du 7 octobre 1909. —Anspach. —Redressement des images déformées dans les transmissions d’images à distance.
- 407 820, du 12 octobre 1909. — Société Electric press bulletin company. — Perfectionnements aux appareils imprimeurs télégraphiques.
- 407 826, du 12 octobre 1909. — Société électric press bulletin company. — Perfectionnements aux appareils de transmission télégraphiques.
- Divers.
- 407 886, du 14 octobre 1909. — André. — Perfectionnements aux systèmes avec résistance de réglage variable.
- VARIÉTÉS
- Dispositifs contre les dangers résultant de contacts à la terre de conducteurs à haute tension. —Guido Fano. —a Communication à la section de Naples de VAssociazione eletlrotecnica italiana, novembre-décembre 1909. (Suite et fin) (').
- Une meilleure solution est,sans doute le récent système du conducteur étayé par une corde métallique soutenue par d’autres isolateurs, système qui est spécialement en usage dans la haute Italie, mais toutefois limité aux croisements.
- Les armatures métalliques mises à térre et placées de façon que le fil, en se rompant, vienne en contact
- {1 _ -1 O
- S ~n!m ~nfm
- Fig. 8. — Ligne de retour avec nombreuses mises à la terre fi).
- avec elles, présentent, elles aussi, l’incertitude du bon contact à la terre.
- Les crochets Gould, qui ont été très en faveur, mais pendant un temps assez court, sont presque complètement abandonnés en raison de la notable résistance des contacts et de la possibilité d’un décrochage indépendamment de la rupture du conducteur.
- Au contraire, un système qui parait devoir bien
- (') Voir Lumière Electrique, 26 mars 1910.
- (fi) Voir Lumière Electrique, 26 mars, p. 410, 2e colonne.
- répondre aux besoins est celui des relais différentiels de la maison Siemens. Toutefois, leur emploi est actuellement si peu étendu qu’on ne peut apprécier la valeur des objections qui ont été faites à ce système, objections tendant spécialement à démontrer que des causes indépendantes de la rupture du conducteur peuvent aussi faire fonctionner mal à propos l’appareil.
- Un système qui, sans contredit, présente une plus grande sécurité de fonctionnement que tous les précédents est le système Giraud. Dans ce système, on obtient la coupe de la ligne en provoquant un court-circuit net à la rupture du conducteur. On peut, même à ce système, faire des critiques (surtensions qui peuvent se produire par suite du court-circuit et de l’ouverture subséquente, incertitude de fonctionnement en cas de fortes gelées ou de fortes oxydations de pivots, peut-être même nécessité d’une plus grande distance horizontale entre les conducteurs et les dispositifs spéciaux pour ceux-ci), mais il semble qu’elles ne peuvent enlever beaucoup de valeur à l’appareil.
- Après avoir ainsi passé rapidement en revue les principaux systèmes en service, mentionnons un système qui dérive directement de ce qui a été dit précédemment sur les conducteurs de retour.
- Reprenons le schéma du réseau de retour et supposons qu’au point A se forme le contact habituel entre le réseau de retour et un conducteur en tension ; tous les conducteurs de retour seront par-
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- courus par des courants, mais il est évident, que, à un instant donné, relativement au centre de distribution sur le conducteur .où s'est produit le contact, le courant sera dirigé, par exemple, de l'extérieur vers l’intérieur, tandis que dans tous les autres conducteurs il aura le sens contraire, et en outre (quand les lignes sont plus de deux), l’intensité sera notablement supérieure aux autres (environ égale a leur résultante). Il est donc possible de distinguer ce courant des autres et de s'en servir pour provoquer un signal ou même la coupure de la ligne où s'est produit le
- contact. Afin que ce contact se fasse en cas de rupture de conducteurs sur les lignes aériennes, il faudra mettre, sur les supports de ces lignes, des armatures reliées métalliquement au fil de retour et placées de façon que le conducteur, en se rompant, vienne bien en contact avec elle savant de toucher le sol. Dans les installations à lignes nombreuses et mieux encore dans les installations à lignes aériennes et souterraines appartenant au même système, l’intensité du courant par lequel est parcouru le conducteur de retour, au cas où le contact a lieu sur la ligne, est si différente de celui par lequel il est parcouru dans les autres cas, qu’un simple relais convenablement taré remplit le but.
- Dans le cas au contraire de deux lignes uniques, le système deviendrait plus complexe, car on devrait recourir à des relais wattmétriques avec autant de circuits voltmétriques, que le système a de phases, dont un seul devrait automatiquement s’intercaler quand l’avarie se produit.
- Enfin, dans le cas d'une ligne unique, il est évident que le système ne s’adapte pas, mais alors on peut le remplacer par un signal de terre ordinaire.
- L’intertsité du courant qui traverse les conducteurs.de retour n’est qu'une partie de celle qui est due à la capacité et dispersion parce que l’autre partie passe parla terre. Si les contacts à la terre ne sont pas bons, l’intensité du courant dans les conducteurs de retour augmente. Il est par suite possible de se
- faire, avec ce système, une idée de l’état des contacts à la terre. Dans les expériences faites, dans une petite partie de l'installation de la Société napolitaine constituée par un câble triphasé d’environ 4km et d'une très courte ligne aérienne (dans ces conditions le courant maximum dans le conducteur de retour était d’environ i ampère), on a mis (fig. io) en
- 1_______________
- Fig. io.
- série avec le conducteur de retour deux relais à
- inaxima, tarés de façon différente ; le plus sensible actionnait une sonnerie, le moins sensible au contraire la détente de l'interrupteur de la ligne. Dans ces conditions, tant que les contacts à la terre étaient bons sur la ligne, on n’avait que le signal, quand au contraire ils n’étaient plus bons on avait la coupure de la ligne.
- On peut assurément faire à ce système quelques objections ; la plus grave de toutes est qu’il est possible, si le conducteur est rigide, qu’en se rompant il touche le sol sans prendre contact avec l'armature reliée au fil de retour. Les expériences faites sembleraient proiiver que ce danger n’existe pas; toutefois elles n’ont pas été assez développées pour qu'on puisse l'affirmer absolument.
- Pris en lui-même, il est certain que ce système n’aurait aucune supériorité sur les autres et spécialement sur le Giraud; il n’a été mentionné que comme un complément possible du système dont il a été parlé d'abord.
- Remarquons que, à la différence de tous les autres, ce système agit même dans le cas de contacts à la terre indépendants de la rupture des conducteurs qui peuvent toutefois présenter des dangers semblables. Avantage ou défaut, cela prouve que le système peut être éventuellement utilisé uniquement dans ce dernier but comme complément des systèmes qui ne servent que dans le cas de rupture. G. B.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Après le vote du Conseil municipal consacrant définitivement le renouvellement du privilège de la Compagnie Cénérale des Omnibus, les assemblées ordinaire et extraordinaire convoquées pour le a 3 mars dernier devaient présenter un caractère d’intérêt particulier. Le rapport du Conseil, à la première assemblée extraordinaire, a bien exposé le nouveau système d’exploitation dont il a fait ressortir toutes les charges et avantages : soit la réduction des prix des parcours (o,i5 en première classe pour une section de 3kul), l’augmentation du nombre des voitures, du nombre des lignes, de la vitesse des véhicules, des allocations supplémentaires au personnel, un abonnement pour l’entretien du pavage, des droits de stationnement et le partage des bénéfices. Il faut remarquer que le Conseil municipal et la Compagnie ont enfin appliqué le système rationnel du droit de stationnement basé sur un pourcentage de la recette : 3 i/a % pour les omnibus, 6 % pour les tramways, substitué au droit fixe par voiture si préjudiciable aux intérêts de tous et du public~~en particulier, car la recette d’une voiture pouvant, dans certains cas, ne pas même couvrir le droit fixe J la Compagnie n’avait aucun intérêt à mettre plu/s de véhicules à la disposition du public. Toutefois, nous aurions aimé, que, à partir d'un certain chiffre de recettes, ce tarif fût dégressif, calculé de façon à ne pas nuire aux intérêts de la ville cl à favoriser ceux du public et de la Compagnie. Mais il faut bien avouer que ceux qui se sont donné la tâche de défendre les intérêts du public, n’ont préconisé qu’une série de mesures et d’exigences en contradiction complète avec ces intérêts. La sagesse, ou plutôt la véritable connaissance des conditions industrielles et commerciales d’une exploitation de transports, ayant prévalu à peu près, la vieille dame, suivant l’expression de son président, va tenter de faire du moderne et de créer une exploitation vraiment parisienne.
- Au point de vue électrique, la nouvelle exploitation utilisera le trolley, partie en aérien, partie en caniveau souterrain. Pour ce dernier système, les résultats des lignes d’essais ont été satisfaisants et n’était
- son prix élevé de premier établissement, on serait conduit à le considérer comme le système par excellence, mais il coûte, dans une ville comme Paris, horriblement cher.
- Il faudrait maintenant, que, au point de vue des voitures, on s’inspirât quelque peu des types employés à Munich et à Amsterdam : pourquoi, en matière de voitures publiques, faisons-nous toujours étriqué et peu confortable. Cette grande transformation appelle une modification de la Société qui, du régime de Société autorisée, se transforme en Société anonyme ; et une immobilisation de capitaux évalués à 120 millions. Ecartant toute idée de liquidation dont les résultats eussent été incertains, le Conseil a décidé de créer 12 600 actions de 5oo francs pour porter le capital actuel de 17 à 80 millions ; chaque actionnaire ancien pourra souscrire, par droit de préférence, 3 actions et demie nouvelles pour une ancienne. A l’assemblée, plusieurs actionnaires ont vivement critiqué cette décision, dommageable pour eux, prétendaient-ils, parce que leur titre vaut, à les en croire, 2 000 francs tout au moins; illusion décevante entretenue par des articles de journaux financiers.
- Depuis 1901, la Compagnie a suspendu l’amortissement de ses actions ; pour faire face aux intérêts et au remboursement de scs obligations, elle a dû faire appel à de nouvelles émissions d’obligations que ses recettes actuelles ne lui permettent pas de rembourser ; la situation est donc obérée et la vente d’un matériel inutilisable et d’immeubles bien spéciaux ne produirait probablement pas tout ce que les optimistes en attendent. Pour l’exploitation future, on a estimé que, pour être rémunératrice, la recette, par kilomètre-voiture, devrait être de 1 fr.04-pour les tramways et de i fr. 06 pour les omnibus automobiles. Cette année encore, malgré une augmentation du nombre de kilomètres-voilures, omnibus et tramways, la moyenne de recette par kilomètre-voiture n’a été que de o fr. 9043 pour les omnibus et de o fr. 9328 pour les tramways : l’exploitation est déficitaire. La traction électrique pourra modifier ces résultats sur les lignes de tramways, malgré l’abaissement du prix des parcours, car il ne faut pas oublier que le tarif par sections a conduit
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- à supprimer la correspondance; mais, pour les autobus, rien n’est moins certain. Non, ainsi que l’a déclaré le président du Conseil d’administration, la Compagnie Générale des Omnibus n’enrichira pas ses actionnaires, elle se contentera de résultats honorables, permettant d’arriver à des résultats honorables pour les actionnaires.
- L’achèvement des lignes du Métropolitain et la réorganisation des tramways en commun vont constituer, pour certains constructeurs électriciens, une période d’activité importante qui influera favorablement sur leur situation financière.
- Tandis que le cuivre reste stationnaire, l’aluminium remonte; à Londres le prix du métal vient de passer de 7!! £ à 75 £ 6, tandis qu’il montait en Allemagne de marks à 160 marks ; comme consé-
- quence immédiate, Froges s’inscrit à 1760, venant de 1640, Pechiney à 1249, venant de 1140, et le Giffrc gagne 255 francs en une semaine, avec le cours de 1 3oo francs. Cette brusque élévation des cours du métal français n’est pas pour favoriser son emploi dans l’industrie électrique.
- La Société française des câbles électriques, système Berthoud Borel et Cie, vient de présenter à l’Assemblée générale de ses actionnaires un bilan des plus remarquables. La progression des profits nets d’une année sur l’autre n’est pas supérieure à 5 %, puisque les bénéfices de 1909 sont de 272 229 fr.i.69 au lieu de 262078 fr. 62 en 1908; mais la forte situation financière de la Société, résultat d’une sage politique d’amortissements, lui a permis de rembourser par anticipation toutes ses obligations restant en circulation et d'amortir intégralement tout son actif immobilier, non compris les terrains qui figurent au bilan pour leur valeur d’acquisition, malgré la plus-value qu’ils ont certainement acquise. Le résumé ci-dessous du bilan, au 3i décembre 1909, donnera, du reste, mieux que tout commentaire, une idée de la situation financière de l’affaire.
- ACTIF
- Terrains. Bâtiments. Outillage industriel 2 355 4611*6
- Marchandises en magasins.............. 616 900,85
- Disponible ou réalisable à court terme. 1 544 429.89
- Débiteurs divers...................... 1 972 i58,25
- 6 468 95o,i5
- PASSIF
- Envers la Société.................... 1 3oo 000
- Envers les tiers...................... 981 492,21
- Réserves et amortissements............ 3 852 670,63
- Report de l’exercice 1908.................. 82 557,72
- Profits et pertes.......................... 272 229,69
- 6 488 95o,i5
- On voit que les réserves et amortissements présentent un total supérieur au montant du capital ajouté à l’ensemble de l’actif immobilier, le poste débiteurs divers est lui-même double des engagements de la Société envers les tiers ; inutile donc d’insister sur l’excellence de la situation de trésorerie, quand nous aurons, au surplus, fait remarquer que, à 35 000 francs près, le poste disponible ou réalisable est constitué par des espèces en caisse ou des valeurs en portefeuille. Le bénéfice de l’exercice s’est incontestablement ressenti de la guerre de tarifs que se sont déclarée les constructeurs de câbles, et sans avoir de renseignements sur le chiffre d’affaires, il est bien à présumer que, pour la progression ci-dessus établie des bénéfices, la Société a dû augmenter considérablement son rayon d’actions pour compenser la plus faible rémunération de ses prix de vente.
- Le dividende proposé est de 80 francs absorbant 208 000 francs; la réserve légale reçoit 12 236 fr. 45; les tantièmes du Conseil s’élèvent à 43 388 francs et le report à nouveau est de 89 oo5 fr. L’action, d’une valeur nominale de 5oo francs et qui avait reçu 70 francs l’exercice précédent, s’esjt inscrite dernièrement à la Bourse de Lyon à i65o fr. ; pour l’acquéreur actuel, le dividende de cette année constitue un revenu brut de 4 fr. 85 % .
- Certains considéreront que c’est peu pour une valeur industrielle, mais la plus-value de l’action est certaine et compensera, dans une mesure intéressante, la faiblesse du dividende.
- La Compagnie générale de Railways et d’Élec-tricité a voté, dans son -assemblée du 23 mars, la répartition suivante de ses bénéfices nets qui s’élèvent pour l’exercice à 3 193 215 fr. 26.
- Dividende ; 4 francs aux actions de capital de jouissance et de dividende....
- 5 % au fonds d’amortissement.........
- 5 % au Conseil.......................
- Sur le surplus : 5o % aux actions de capital et de jouissance...............
- 19 fr. 42 à chaque action de dividende..
- Solde à reporter.....................
- 3 193 216,26 D. F.
- 1 180 200 97 *3i,o4 97 i3i,o4
- 875 000 874 871
- 68 882.18
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N» 14.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- »
- Seine. —Le Dr Salmon, conseiller général de la Seine, vient de de'poser un projet pour :
- i° La substitution de la traction électrique à la vapeur sur le chemin de 1er de Vincennes, de Paris-Bastille à une des stations du réseau;
- 2° L’établissement de services rapides et fréquents sur le réseau ainsi modifié ;
- 3° La transformation de cette ligne en ligne souterraine de Paris-Reuilly à Paris-Bastille.
- Seine-Inférieure. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans la ville de Rouen, de deux lignes de tramways à traction électrique :
- i° Entre la place Beauvoisine et la barrière de Neuf-chdtel ;
- 2° Entre la barrière du Havre et Bapeaume.
- La concession a été accordée à la Compagnie des Tramways de Rouen.
- département d’Oran, d’un chemin de fer d’intérêt général, entre Sidi-bel-Abbès et Tizi, par ou près Baiidens, Boulet, Mercier-Lacombe et Aïn-Fékane.
- Est déclarée d’utilité publique la ligne du chemin de fer d’intérêt général à construire dans le département d’Oran, entre Relizane et Prévost-Paradol, par ou près Zemmora, Mendez et Monlgollier.
- Congo. — Par décret du 18 mars 1910 :
- i° Sont autorisées, jusqu’à concurrence d’une dépense maximum de 800000 francs, les études d’un chemin de fer à voie de 1™, partant d’un point de l’estuaire du Gabon et aboutissant, soit à Ouesso sur la Sangha, soit à N’Goïla sur le N’Goko.
- 20 Sont autorisées, jusqu’à concurrence d’une dépense maximum de 5oo 000 francs, les études d’un chemin de fer à voie de 1 mètre, parlant d’un point de la côte à déterminer dans le voisinage de Pointe-Noire et aboutissant à Brazzaville.
- Alpes-Maritimes. — Le Commission du Conseil général a, dans sa dernière séance, examiné les divers projets suivants : rétrocession de certaines lignes des tramways départementaux à la Compagnie des chemins de fer du Sud; construction du tramway de Pont-de-Gueydan à Guillaumes^et changement de tracé du tramway de Nice à Cagnes.
- Aube. — Une enquête d’utilité publique est ouverte sur l’avant projet d’un chemin de fer électrique d’Ervy à Maraye-en-Othe.
- Haute-Vienne. — Le Conseil municipal de Bessines a émis le vœu que le préfet et le Conseil général veuillent bien prendre en considération le projet d’une ligne de tramways électriques départementaux partant de Limoges par Grosereix, Maison-Rouge, la Crouzille, Pazès, Chanteloèbe, Avèle, Mazateau, Bessines, station de Bessines avec branchement sur Saint-Sornin, Arnac, ou avec raccordement sur la Creuse, soit par Folles, Fursae, Bénévent, soit par Monterolles, le Dogon, Saint-Maurice, la Sçuterraine.
- Algérie. — Est déclaré d’utilité publique rétablissement, dans le département d’Alger, d’un chemin de 1er d’intérêt général, entre Berrouaghia et Djelfa par Boghari.
- Russie. — Le gouvernement russe vient d’accorder l’autorisation d’étudier le tracé des voies ferrées suivantes :
- 1 Kiew à Balta, par Vassilkow, et Kristinqÿka à Nico-laïew, par Olviopol et Yosnesensk (longueurs respectives : 5oo verstes);
- 2 lvharkow à Kherson, par Constantinovgrad et Apos-tolo (longueur : /j85 verstes);
- 3 Prichib à Bolstoï Tokmak (longueur : 37 verstes).
- Pour ce qui concerne la ligne devant relier Sébastopol, Yalta, Baktschisaraï et Balaklava, deux projets sont actuellement examinés ;l’un comporte l’établissement d’une voie ferrée passant par Sébastopol, Yalta, Baktschisaraï avec' raccordement à la ligne Sébaslopol-Ivourak-Moscou-Sainl-Pétersbourg (devis : i3 à 17 millions de roubles); l’autre consisterait à desservir Sébastopol et Yalta au moyen d’un tramway électrique et à organiser un service de bateaux de Balaklava à Yalta avec escales dans toutes les baies et anses de la côte.
- Mexique. — Une compagnie vient de se former à Mexico au capital de 2 5oo 000 piastres, en vue de l’établissement d’une voie ferrée entre Teziutlan (Etat de Pueblajet le port de Naulla (Etat de Vera-Cruz). On prévoit également la construction d’un embranchement destiné à relier Papanlla à Misantla.
- Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le
- Suisse. — La Société italienne Siemens-Schuckcrt a
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- demandé au gouvernement suisse une concession pour l’établissement et l’exploitation d’un chemin de fer électrique à voie étroite de Tirano à Bormio.
- Le Conseil fédéral propose aux Chambres d’accorder aux chemins de fer fédéraux un crédit de a4 millions pour la construction d’un tunnel de base du Hauestein, et le déplacement de la ligne à partir de Sissach. Ces dépenses visent à améliorer le trajet de BAle à Olten et à rendre au Gothard la possibilité de concurrencer le Loetschberg.
- Allemagne. — La Société Siemens-Schuckert a établi un projet de tramway électrique de iakm de long, entre Hohenstein et Lujau. Le devis est de i 5ooooo marks.
- La municipalité d’Altona (Holstein) a décidé l’établissement d’un tramway électrique de cette ville à Ei-delstedt, via Stellingen-Laugenfelde.
- Est à l’étude le projet d’un tramway électrique entre Reutlingen et Pullingen (Wurtemberg).
- Autriche-Hongrie. — Un projet est à l’étude pour rétablissement d’un chemin de fer électrique entre Linz et Engers Bendorf.
- Turquie. — Le ministre des Travaux publics a reçu une demande de concession pour l’établissement d’un réseau de tramways électriques à Beyrouth.
- La concession d’un tramway électrique à Drussa a été accordée à M. Javanovich, de Smyrne. La concession a une durée de 70 ans, et la ligne aura une longueur de 8 kilomètres.
- ÉCLAIRAGE
- Ahiëge. — La municipalité de Faujeaux est en pourparlers avec la Société méridionale de transport de force au sujet de l’installation de l’éclairage électrique.
- Aube. — Une commission a été nommée par le Conseil municipal de Troyes pour étudier le projet d’éclairage électrique et de distribution de force motrice, présenté par M. Mestre.
- Charente-Inférieure. — La Compagnie continentale du gaz et la Société charentaise du gaz viennent de conclure un accord pour l’éclairage à l’électricité de la ville de Saintes.
- Cher. — Le Conseil municipal de Yierzon-Villages a accepté les propositions d’éclairage électrique qui lui avaient été faites par le Centre électrique.
- Dordogne. — La Société corrézienne d’électricité qui fournit déjà l’éclairage électrique à Excideuil, Genis et Sainl-Edard, a décidé d’étendre son réseau aux localités suivantes : Cubas, Cheveix, Saint-Martial, Saint-Agnant et Hautefort.
- Drôme. — La municipalité de Saillans s’est montrée, en principe, favorable à l’installation de l’électricité dans la commune.
- Eure. — Le Conseil municipal de Beaumont-le-Roger a fixé au 9 mai la limite de la réception des offres pour le renouvellement de la concession d’électricité.
- Gers. — La municipalité de Seyches a adopté les propositions de M. Bertrand, relatives à la concession de l’éclairage électrique pour une durée de vingt années.
- Haute-Savoie. — Le Conseil municipal de La Roche a mis à l’étude un projet d’éclairage électrique.
- Hérault. — Il serait question de constituer, à Béda-rieux, une coopérative au capital de 100000 à 12S 000 fr. en vue de la construction d’une usine hydro-électrique pour l’éclairage de la ville.
- Jura. — Le Conseil municipal de Francheville a volé, dans sa dernière séance, l’installation de l’éclairage électrique public et privé.
- Loire-Inférieure. — Le Conseil municipal de Mesnil-Esnard a émis un avis favorable au p’rojet d’installation de l’électricité dans la commune.
- Loiret. — Le Conseil municipal de Fleury-les-Aubrais a approuvé le projet présenté par l’Omnium électrique concernant l’installation de l’électricité dans la commune.
- Lot-et-Garonne. — M. Larrat, propriétaire de l’usine hydraulique de Hautièges, a demandé au Conseil municipal de Mezin la concession de l’éclairage électrique de la commune. '
- Mayenne. — Le Conseil municipal d’Ernée a voté, dans sa dernière séance, la mise en adjudication de l’installation de l’éclairage électrique.
- Pyrénées-Orientales. — Comme suite à notre information du 26 février 1910, M. Ecoiffier a obtenu la concession de l’éclairage électrique de Saint-Jean-Laiseilles.
- Rhône. — La Société lyonnaise des forces motrices du Rhône va procéder prochainement à l’installation de l’électricité dans les communes de Caluire et de Cuire.
- Saône-et-Loire. —Le Conseil municipal dé Chalon-1 sur-Saône a émis un avis favorable à la demande de con-
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- cession d’éclairage électrique formulée par la Société d'Energie électrique de la Côte-d’Or.
- Seine-et-Marne. — La municipalité de Meaux a reçu trois projets’ relatifs à l’installation de l’électricité ; elle va les examiner dans une de ses prochaines séances.
- Somme. — La région de Ham va être prochainement dotée dé l’éclairage électrique. La Société qui est en formation dans ce but, devant conserver un caractère exclusivement régional, va provoquer le plus grand nombre de souscriptions possibles parmi les 42 communes faisant partie du réseau.
- Italie. — Une Société la « Societa Eleltrica Moltra-sima » vient d’être fondée à Moltrasia dans le but d’utiliser une chute d’eau sur la rivière Vesporina près de cette ville et de fournir aux habitants l’éclairage électrique et la force motrice .
- Une nouvelle station hydro-électrique va être très prochainement ouverte sur le Cismone, dans la Haute-Italie ; e,lle aura une puissance totale de 20 000 chevaux. Le Cismone est un torrent qui prend sa source à Prirniero, dans le Tyrol, et se jette dans la rivière Brenla, près de Bassano, sur le territoire italien. Il a été établi un barrage de 35m de haut formant un réservoir de akm de longfdont la retenue est de 6 millions dé mètres cubes d’eau. La station comprend actuellement 3 alternateurs de 3 Soo HP et des transformateurs élévateurs à 35 000 ou 60 000 volts. L’énergie sera distribuée à Padoue, Yi-cenzo, Rovigo, Belluno, etc. Le coût de l'installation totale seya d’environ 2 millions de lire.
- Une nouvelle Compagnie a été créée dernièrement à Florence au capital de a millions de francs, ayant pour titre la « pocieta Idroelettrica del Brasimone » dans le but d’utiliser une chute d’eau à Cainugnano et d’y établir une centrale hydro-électrique pour l’éclairage et la force motrice.
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- Belgique. — La Société intercommunale belge d’électricité a constitué, au capital de 65o 000 francs pouvant être porté à 2 millions, la Société d’Electricité de l’Est de la Belgique qui fournira d’énergie électrique Verviers et la région environnante.
- Roumanie. — La ville de Bucarest a décidé l’installation d’une importante station centrale pour l’éclairage électrique des faubourgs de la ville et pour la distribution de force motrice à divers établissements hydrauliques municipaux; le devis du projet se monte à 1 855 000 francs. A l’expiration de la concession des tramways, en 1916, on a prévu un crédit de 3 Soo 000 fr. pour l’agrandissement de la station qui fournira le courant à tout le réseau des tramways. Il a été calculé que, de 1911 à 1916, on aurait besoin de 6 400 000 kilowatts-
- heures par année, et en 1916, de 3o 000 000 kilowatts-heures. Le kilowatt-heure serait fourni à o fr. 14 pour les tramways et à o fr. 07 pour les autres industries hydrauliques.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Loire-Inférieure. — La Chambre de Commerce de Nantes est autorisée à avancer à l’Etat une sommé de 314 700 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Nantes-Bordeaux.
- Russie. — On étudie le projet de relier Tiflis et Bacou par une ligne téléphonique ; le coût serait de 400 000 roubles.
- République Argentine. — Le gouvernement a l’intention d’établir plusieurs stations de télégraphie saris fil, de concert avec les pays intéressés, pour communiquer avec l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces stations s’étendront de Tierra del Fuego, situé au Sud de la République Argentine, le long des côtes de l’Argentine, de l’Uruguay, du Brésil, aux îles Fernando de Noronha, Cap-Vert, Madère et à Gibraltar; de là, les communications seront établies avec l’Europe le long des côtes de l’Atlantique et de la Méditerranée et avec l’Asie et l’Afrique septentrionale, le long des côtes de la Méditerranée.
- Il est question d’établir une ligne télégraphique entre Campo de Mayo et l’arsenal militaire de Buenos-Ayres. Les travaux seront entrepris sur une distance de 5okm, et comprendront l’établissement de deux stations génératrices.
- Afrique. — Le gouvernement de Zanzibar a décidé qu’aucune station radiotélégraphique ne serait érigée sur son territoire sans une autorisation, sous peine d’une amende de 2 5oo francs, d’un emprisonnement de 1 an et de la confiscation des appareils.
- Angleterre. — L’Amirauté a l’iutention d’installer une station de télégraphie sans fil à Scarborough.
- DIVERS
- Allemagne. — La municipalité de Geislingen (Wurtemberg) vient de passer un traité de 25 années avec la Société électrique coopérative « l’Alb-Elektriciültsverke dont la centrale est située à Altensdal, jiour la fourniture du courant aux agriculteurs. Les prix ont été fixés ainsi qu’il suit : avec courant pour les machines à battre, 6 francs par hectare jusqu’à 8 hectares et 4 fr, par hectare en plus ; sans courant pour les machines à battre, 4 francs et 3 francs respectivement. Un rabais de
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- 3o % sera accordé aux consommateurs de plus de i î5o francs de courant.
- Deux autres sociétés électriques coopératives du même genre existent dans la Haule-Souabe; l’une d’elles, la « Herrenberger Elektricitiltswerke » fournit l’éclairage et la force motrice à tout le district d’Hechingen qui comprend 6i communes. Elle possède j 900 clients avec 1 5oo moteurs, et les résultats de son exploitation ont été assez satisfaisants pour lui permettre de distribuer, en 1908,1m dividende de 4,5 % pour un capital de a millions de francs.
- L’Union des agriculteurs du district de Gottingen, qui comprend 5o communes, a décidé de demander à la station centrale de la municipalité-de Gottingen l’énergie nécessaire pour l’éclairage et la force motrice destinée aux besoins de l’agriculture.
- La municipalité de la ville d’Àlfeld (Hanovre) et de 65 localités des districts d’Alfeld, Cronau, Holzminden et Gandershein ont voté l’établissement en commun d’une centrale électrique destinée à fournir du courant aux diverses applications à l’agriculture. Le devis se monte à 6 25oooo francs.
- Bavière. — Une société d’études, au capital de 3?5ooo francs, a été constituée par les soins des maisons Ausburg-Nuremberg, Schuckert, Heilmann et Littmann, dans le but d’utiliser les chutes d’eàu de la Bavière pour les hesoins de l’industrie et de l’agriculture.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie des Chemins de fer Nogentais. — Le 14 avril, 19, rue Blanche, à Paris,
- Compagnie Hellénique Thomson-Houston d’Electricité. — Le i3 avril, à Athènes.
- Compagnie française des Tramways électriques et Omnibus de Bordeaux. — Le 14 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Chemins de fer du Périgord. — Le 21 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Société des Forces motrices de ia Haute-Durance. — Le i3 avril, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Chemins defer de l'Est Algérien. —Le 28 avril, rue Pas-quier, à Paris.
- Société d'Applications électriques, — Le 5 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 11 avril, à la Préfecture de Nice, concours pour la fourniture et l’installation d’appareils électriques et d’un monte-charges à la manutention militaire de Nice. Renseignements à la i™ sous-intendance .militaire de Nice, 23, rue de Lépanle.
- Jusqu’au ior mai, à la mairie de Goderville (Seine-Inférieure), concours pour la fourniture et l’installation de pompes élévatoires actionnées par moteur hydraulique et moteur à gaz pauvre.
- Jusqu’au 8 mai, à la mairie de Beoumonl-le-Roger (Eure), concours pour la concession de l’éclairage électrique pour une durée de quarante ans à commencer en décembre 1913. Cahier des charges et conditions à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 20 avril, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de câbles et accessoires et installation d’une partie des câbles et accessoires dans l’agglomération bruxelloise, en 2 lots ; caut. : 1e1'lot, 2 000 francs ; 2e lot, 10 000 francs (cahier des charges spécial n° 1114).
- PAYS-BAS
- Le 19 avril, à l’administration des hospices civils, à Bois-le-Duc, fournitures et travaux pour les installations mécaniques et électriques d’une station centrale.
- ESPAGNE
- Le 20 avril, à 3 heures, à la direction d’artillerie de Trubia, fourniture d’un pont-grue électrique de 25 tonnes, caut. : 5 % .
- Le 10 mai, à midi, à la junte des travaux du port d'Alicante, fourniture de deux pompes centrifuges et de trois moteurs à gaz d’éclairage; caut. : 1 5oo pesetas.
- Jusqu’au 22 février 1911, au ministère des Travaux publics, à Madrid, concours pour l’établissement entre Burgos et Gatalayud d’un chemin de fer stratégique à voie unique et écartement d’un mètre.
- ITALIE
- Le 10 avril, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome,
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- fourniture de deux machines à courber les laminés (adjudication internationale).
- Le ii avril, aux chemins de 1er de l’Etat italien, à Itome, fourniture d’un moteur électrique pour le dépôt de locomotives d’Ancône (adjudication internationale).
- Le 18 avril, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de trois marteaux-pilons pneumatiques moyens et deux id. petits (adjudication internationale).
- Le 24 avril, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de a raboteuses pour métaux pour l’atelier de Pietrarsa et d’une machine à emboutir pour l’atelier de Milan, d’une machine spéciale pour fraiser les ailettes des tubes, une presse hydraulique à transmission pour l’épreuve des tubes bouilleurs, d’une machine à disque tournant à grande vitesse pour travailler les tubes destinés à l’atelier de Rimini (adjudication internationale).
- Le 22 avril, à 9 heures, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, construction des lignes ci-après du réseau complémentaire de la Sicile à écartement de om9ô : i° Montallegro-Siculiana du chemin de fer Sciacca-Ribera-Bivio-Greci-Porto-Empedocle, 1 33o 000 lire; caut. provisoire : 5o 000 lire; 20 Valguarnera-Grotta-Calda du chemin de fer Assoro-Valguarnera-Piazza-Armerina, longueur 7 45om, 1 407 000 lire; caut. provisoire : 5o 000 lire.
- $
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Treuen-en-Sa., travaux d’extension aux installations électriques 100 000 marks.
- Prochainement, au Landkreis, à Dortmund, établissement d’un tramway, 1 857 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Mannheim, extension des installations électriques, 900 000 marks.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 7 avril, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture de plusieurs installations mécaniques d’atelier, machines-outils, etc.
- Prochainement, à l’administration de la ville, hAgram: i° fourhiture d’une turbine à vapeur de 1 200 kw., avec chaudière, machines, conduites électriques, etc., 420000 couronnes; 20 travaux d’extension aux canalisations et deux stations de transformation, 108 000 couronnes.
- Le 6 juin 1910, à la Mairie de Pecs, adjudication pour l’établissement et la concession d’un service de tramsvays électriques. Caut. : 5oôoo couronnes. Cahier des charges à la Mairie.
- ROUMANIE
- Prochainement, à la mairie de Focskani, établissement de l’éclairage électrique, 730 000 francs. -
- TURQUIE
- Le 14 avril 1910, à l’Administration centrale des chemins de fer du Hedjàz, à Constantinople, adjudication de la fourniture de 4° wagons à marchandises, ainsi que de 40 wagons à voyageurs de 3e classe et de 10 de ire et 2e classes.
- AUSTRALIE
- Le 27 avril, à M. le deputy posmaster general, à Adélaïde, fourniture de 200 poteaux télégraphiques en fer ou en acier de 26 pieds de longueur.
- Le 9 juin, à M. le deputy postmaster general, à Bris-bârie, fourniture de fils et câbles télégraphiques.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8,9 et to de l'année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique,(ire série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARU. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Tome X <2» série). — N* 15.;
- Trente-deuxième année. SAMEDI 9 AVRIL 1910.
- La
- Lumière Électrique
- S
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique %
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. —Jacques Buéguet. Note sur les équipements électriques des nouveaux submersibles de la marine française, p. 35. —Aldo Righi, Arc triphasé avec quatre charbons, p. 4i- — G. Revessi. Chronique de la traction électrique : Les limites d’emploi de la traction monophasée, p. /,3.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la mesure de l’intensité d’aimantation à saturation et la loi d’approche vers la saturation, P. Weiss, p. 48. — Décharge des (inducteurs. Capacité des électrodes, E. Caudrelier, p. 48. — Transmission et distribution. Compensatrices pour systèmes à trois fils, G. Cooper. — Applications mécaniques. Appareil de sécurité pour le service des mines, J. Fisher. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie, J.-A. Fleming, p. 52. — Variétés. L’industrie électrique et les taxes fiscales, H. Schueiber, p. 5y. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 61. — Renseignements commerciaux, p. 63. — Adjudications, p. 64.
- ÉDITORIAL
- Nous sommes heureux de présenter aujourd’hui à nos lecteurs plusieurs travaux d’une importance de premier ordre.
- En premier lieu, M. Jacques Bréguet, qui est remarquablement bien placé pour être documenté sur la question, me t au point, dans une note dont la première partie est publiée aujourd’hui, l’ensemble des données que l’on possède actuellement sur Y équipement électrique des submersibles. Consacrée à la marine française, cette étude constitue un exposé théorique et pi’atique complet du problème; dans la seconde partie, l’auteur examinera la réalisation des principes posés et décrira, avec des vues photographiques, les
- installations les plus caractéristiques de notre marine.
- Une très courte noté de M. Aldo Righi rend compte d’un travail tout récent de cet ingénieur. M. Aldo Righi expose qu’il a réussi à faire fonctionner dans des conditions favorables un arc triphasé à quatre charbons, dans lequel le quatrième charbon, généralement isolé, fait l’objet de dispositifs et de manœuvres spéciales, notamment pour l’allumage.
- Comme une sorte de préface aux Chroniques de la traction électrique qui vont bientôt paraître sous la signature de M. Janin,
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- nous avons reproduit la communication très étudiée de M. Revessi sur le système monophasé.
- L’auteur adopte le diagramme simplifié de Goldschmidt, pour le fonctionnement du moteur, et en fait la discussion au point de vue pratique. Gétte discussion le conduit à poser, pour le champ d’application de ce système, des limites qui sont souvent dépassées par les exploitations existantes.
- M. Revessi considère en somme le système de traction monophasé comme très intéressant, mais d’application assez rigoureusement limitée.
- Après quelques travaux théoriques de M. P. Weiss et de M. Caudrelier sur la loi cl’aimantation au voisinage de la saturation et sur la décharge des inducteurs, nous revenons à des études plus développées.
- Les différentes méthodes de compensation dans les transmissions électriques à trois fils ramènent M. Cooper à. parler de la compensatrice G. M. B., que nous avons déjà présentée à nos lecteurs.
- Après les compensatrices pour courant continu, en général, l’auteur examine le mode de fonctionnement du compensateur statique.
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- M. Fisher décrit ensuite un appareil de sécurité pour le service des mines qui, dans son ensemble, fonctionne comme un disjoncteur qui entrerait en jeu chaque fois qu’il y a surcharge persistante, court-circuit, contact à la terre, tension nulle, ou rupture d’un conducteur.
- »
- Enfin Ivl. Fleming a exécuté de très intéressantes mesures radiotélégraphiques concernant les résistances, les inductances, et les fréquences.
- L’auteur a obtenu des résultats d’une grande portée, en faisant varier les différents facteurs des expériences. Son étude est d’un .intérêt trop soutenu pour être résumée, et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer nos lecteurs à l’analyse très développée que nous en donnons.
- Nous avons choisi, parmi les récentes communications faites à des sociétés électrotechniques étrangères, celle de M. Sehréiber, qui traite d’une question d’intérêt général: la taxation de Vélectricité.
- On lira dans nos Variétés les idées de cet auteur, qui montrent comment sont accueillies les prétentions fiscales de l’Etat dans des pays voisins.
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- NOTE SUR LES ÉQUIPEMENTS ÉLECTRIQUES DES NOUVEAUX SURMERSIRLES DE LA MARINE FRANÇAISE
- Au moment où les submersibles du programme de décembre 1906, c’est-à-dire les plus gros navires sous-marins qui aient été jamais construits, commencent, avec succès, leui’S essais, nous croyons intéressant de donner sur leurs équipements électriques quelques renseignements, parmi ceux, bien entendu, qui ne peuvent être considérés comme confidentiels.
- Ces bâtiments, le Mariotte, l’Archimède et YAmiral-Bourgois, ont, en effet, des déplacements de l’ordre de 800 tonnes et dans leurs flancs des machines motrices d’une puissance totale supérieure à 2 000 chevaux. Ils ont un grand rayon d’action, sont habitables, et présentent, en définitive, tous les caractères de ce que l’on est conduit à appeler aujourd’hui des sous-marins offensifs.
- Leur machinerie électrique est extrêmement importante, puisque ces bâtiments doivent pouvoir évoluer uniquement avec leurs électromoteurs et atteindre, en plongée, une vitesse de 10 nœuds.
- Chaque bâtiment est muni de deux hélices. Sur chaque arbre se trouvent montés, l’un à la suite de l’autre, un moteur thermique, machine à vapeur ou moteur à explosion, selon les types, et un électromoteur. Le premier actionne la ligne d’arbre, lorsque l’on est en surface, le deuxième, quand on est en plongée. D’autre part, en surface, le moteur thermique doit pouvoir actionner l’hélice et, en même temps, l’électromoteur, qui se trouve alors fonctionner en générateur d’électricité pour la recharge des accumulateurs.
- Chaque ligne d’arbre doit pouvoir, de plus, fonctionner indépendamment l’une de l’autre, puisque, particulièrement aux faibles vitesses, le réglage relatif des nombres de
- tours de chaque hélice permet de donner au bâtiment les qualités d’évolution qui lui sont nécessaires.
- Chaque moteur doit pouvoir varier de vitesse, d’une façon à peu près continue entre l’arrêt et la vitesse maxima, et cela dans les conditions les meilleures possibles de rendement.
- C’est que en effet, le rayon d’action est directement lié au rendement, et que de la réalisation du minimum de pertes, dans les moteurs électriques, pour toute la gamme des vitesses, dépend le succès du bâtiment.
- D’autre part, il est indispensable, lorsque les moteurs thermiques sont à explosion, et il est bien commode, lorsque les moteurs sont à vapeur, d’exécuter, même en surface, toutes les manœuvres, telles que mises en route, entrées et sorties de port, accostages, marche arrière, etc... avec les seuls électromoteurs.
- L’appareillage de ces moteurs, qui doit de plus permettre la recharge des accumulateurs, sera donc particulièrement étudié et robuste.
- #
- » *
- Occupons-nous, tout d’abord, des dispositifs employés pour réaliser les variations de vitesse des électromoteurs à courant continu. Plusieurs solutions se présentent alors à l’électricien.
- Tout d’abord la plus simple : variation dt vitesse obtenue par l’interposition dans le circuit de l’induit d’un l’héostat destiné à absorber une fraction de tension de la source.
- Une deuxième solution consiste à alimenter, sous tension constante, l’électromoteur, et à faire varier l’excitation, d’où le flux et la
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- force contre-électromotrice et, par conséquent, la vitesse de l’induit.
- La première solution présente les avantages suivants : le moteur, fonctionnant constamment sous le flux maximum, se trouve toujours dans de bonnes conditions de commutation et la tenue des balais est toujours satisfaisante.
- La deuxième solution a l’inconvénient, au contraire, de nécessiter des dispositions spéciales pour assurer une bonne commutation, pour les valeurs de la vitesse qui correspondent à un très faible flux et à une réaction d’induit proportionnellement considérable. Toutefois, depuis l’introduction, dans la pratique industrielle, des enroulements de compensation, des pôles redresseui's et autres dispositifs similaires, les constructeurs sont arrivés à faire des dynamos ayant une bonne tenue de balais, à n’importe quel régime du flux. L’inconvénient qui subsiste se trouve réduit, en fin de compte, à une augmentation de prix, une complication légère en supplément et une «très faible perte sur le rendement propre du moteur.
- La question poids et encombrement fait pencher nettement la balance pour l’emploi delà première solution; les dimensions du moteur, en effet, sont celles d’un moteur utilisé normalement pour faire sa puissance maxima prévue.
- Si les prévisions montrent que, pour cette vitesse maxima N, il faut P chevaux, il suffira d’établir un moteur capable de faire cette puissance P, à la AÛtesse N, sous la tension U de la source, dans l’espèce une batterie d’accumulateurs.
- En diminuant la tension aux bornes, par l’interposition d’un rhéostat principal d’induit, la vitesse diminue proportionnellement à celte tension aux bornes E, en supposant le fluxconslant; lecouple diminuant lui-même en raison directe du carré de la vitesse, l’intensité parcourant l’induit en fait de même.
- Dans le cas de la deuxième solution, le poids et l’encombrement dépendent immédiatement de la vitesse minima que l’on dé-
- sire obtenir avec le champ maximum, sans interposition de rhéostat d’induit.
- Si l’on admet que cette vitesse minima doive être obtenue pour une vitesse N.j N
- égale à ^ , on se rend compte que si le moteur est alimenté à plein flux, sous la tension 3E, il sera capable de faire, à la vitesse N, une puissance triple de celle qui lui est demandée. On a donc un moteur trois fois plus puissant comme dimensions qu’il n’est nécessaire. Dans ces conditions, il se trouve beaucoup trop volumineux et dispendieux, et l’utilisation volumique est beaucoup moins bonne que dans le premier cas.
- N
- Aussi, la valeur —, pour la vitesse à flux
- maximum, n’est-elle pas employée; on se contente, et l’on en verra les raisons plus
- N
- loin, d’une valeur N0 voisine de —.
- Reste à considérer la valeur du rendement, pour départager, d’une façon plus précise, ces deux solutions.
- Afin d’étudier cette question avec une certaine exactitude, nous allons calculer, d’une façon approchée seulement, comment varie le x’endement avec la vitesse et par conséquent la puissance.
- Considérons d’abord la première solution, et soit N, la vitesse maxima (vitesse normale);
- I, le courant absorbé par l'induit à ce régime ;
- TJ, la tension d’alimentation de la source ;
- E, la tension aux bornes de l’induit du moteur; d’où L-E, la tension absorbée dans le rhéostat d’induit.
- Pour la vitesse N, on aura U •= E.
- Soit P, la puissanceen kilowatts représentée par le produit UI;
- Pc, la puissance dissipée dans l’excitation shunt ;
- P,, la puissance dissipée par effet Joule, dans l’induit, les balais, les connexions, etc.;
- P,,, la puissance dissipée parles pertes dans le fer (effet Foucault et hystérésis) et par les
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- pertes mécaniques (frottements des paliers, halais, ventilation, etc.).
- Avec le dispositif actuel, Pe est une constante; P4 varie comme le carré du courant I, et par conséquent comme la puissance quatrième de la vitesse.
- Pj, se compose d’éléments complexes, dont la variation en fonction de la vitesse ne suit pas une loi simple.
- Certains éléments (hystérésis) varient comme la puissance simple de la vitesse; d’autres (courants de Foucault), comme le carré de la vitesse ; d’autres enfin (ventilation) varient comme le cube de la vitesse.
- Admettons, et ceci est d’ailleurs très voisin de ce que nous donne l’expérience, que les pertes varient comme la puissance 3/a de la vitesse.
- Dans ces conditions, si l’on appelle Xle rapport d’une vitesse de régime quelconque N' à la vitesse normale maximum N, et P'e, P'„ Pp les pertes correspondantes, on poui’ra écrire :
- P'« = P*,
- P'/ = P/X\
- P'„ = P, Xi.
- Evaluons de même la perte de puissance dans le rhéostat en circuit dans l’induit, pour la vitesse N'.
- La tension aux bornes de l’induit est E', telle que :
- E' = E xX,
- et la perte P'r dans ce rhéostat, donnée par P',. = (U — EX) I'.
- Or
- E=U,
- et
- F = I X X2 ;
- d’où :
- PV = (i — X) UI X* = P (i — X) X2.
- Exprimons maintenant les termes Pe, P,:,
- Pp en fonction de P, tout au moins d’une façon approchée.
- Pour une machine d’une puissance comprise entre 200 et 600 chevaux-effectifs, tournant à une vitesse de l’ordre de grandeur de 3oo tours par minute, on peut admettre qu’à pleine charge les pertes sont les fractions suivantes de la puissance absorbée :
- Pe = P X 0,01 r>,
- P; = P X o,o3,
- Pp = P X 0,04.
- Le rendement, qui pouvait s’écrire sous la forme :
- «__P (P< + P/ + Pp)
- P P + P«
- deviendra, en l’exprimant en fonction de l’unique variable X :
- __X2 — [o,o‘i X4 -f- 0,0.4 x, s -f- (1 — X) X2J
- P ~~ X2 + 0,015 ’
- ou en simplifiant :
- X3 — (o,o'5 X4 -|-o,o4 X1,i)
- 9 = X*+o,oi 5
- Cette expression donne les valeurs de p en fonction de X, indiquées dans le tableau ci-dessous :
- X p
- 1,00 o,()ifi
- o ,70 0,669
- 0,00 0,412
- 0,20 o, i3o
- Lourdes valeurs inférieures et très petites de X, lesquelles sont absolument sans intérêt dans la pratique, cette formule donne pour p des valeurs négatives. Cela tient à ce que la formule ci-dessus n’est qu’approchée.
- Le courant I suit, du fait des pertes, une loi complexe, et le rapport définissant p est toujours plus grand que ne l’indique la formule à mesure que X diminue.
- La formule ne peut être considérée comme suffisamment approchée que pour les points correspondants à des pertes dont la valeur
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- n’est qu’une fraction importante de la puissance utile.
- En tout cas, l’allure de la courbe figurative du rendement est bien significative; le rendement décroît sensiblement en raison directe de la vitesse.
- Pour un régime correspondant à la demi-vitesse, c’est-à-dire à une allure courante pour le bâtiment, il n’y a que 4° % de la puissance utilisée; 6o % sont dissipés en pure perte, dans la machine elle-même et surtout dans son rhéostat d’induit, comme le montrerait la formule explicitée des pertes.
- Ce dispositif de variation de vitesse par l’induit correspond donc à une très mauvaise utilisation de la puissance disponible à bord, c’est-à-dire de l’énergie emmagasinée dans les batteries d’accumulateurs ; aussi, ne nous étendrons-nous pas davantage sur ce procédé, qu’il nous a fallu indiquer pour mémoire.
- * *
- Voyons maintenant comment varie le rendement lorsque l’on utilise^ des moteurs dont la variation de vitesse est due uniquement à la variation du champ principal, le moteur étant alimenté à la tension sensiblement constante de la source.
- Fixons nous une vitesse minima admissible,
- pour le champ maximum, et égale à —.
- Nous pouvons, comme précédemment, établir une formule basée sur des considérations empiriques, qui nous permettra de tracer une courbe de rendement en fonction de la vitesse.
- Soit, avec des notations analogues aux précédentes :
- P, la puissance en volt-ampères, absorbée par l’induit;
- Pp, la somme des pertes mécaniques et dans le fer ;
- P,-, 4es pertes par effet Joule dans les enroulements de l’induit, les inducteurs-série, pôles auxiliaires de commutation, enroulements de compensation, etc.;
- . P„ les pertes dans les inducteurs dérivés.
- Le courant I variant, comme le cube de la vitesse, le terme P{ variera comme la puissance sixième de la vitesse, et l’on pourra écrire :
- P'/= Pt X X*.
- Le terme Pp varie d’une façon qu’il est difficile d’expliciteralgébriquement d’une façon simple.
- La vitesse diminuant, les pertes mécaniques varient suivant une certaine puissance de la vitesse; les pertes magnétiques augmentent du fait de l’augmentation de l’induction, mais diminuent en même temps que la fréquence.
- En fait, comme on peut s’en rendre compte par l’observation de ces pertes sur plusieurs induits, le terme Pp varie peu, dans les limites de flux et de vitesse que nous considérons ; pour la vitesse la plus basse, les pertes seraient pourtant un peu plus fortes que pour la vitesse maxima, et la courbe passerait par un minimum, situé à égale distance des vitesses extrêmes.
- Nous pouvons, en définitive, admettre sans faire d’erreur appréciable que :
- P' — P
- Le terme Pe varie suivant une loi qui dépend uniquement de la forme de la caractéristique à vide de la machine.
- Or, dans les limites entre lesquelles varie l’induction, nous pouvons assimiler cette caractéristique à un arc d’hyperbole.
- Là courbe de P„ en fonction de (ï> et par conséquent en fonction de N, qui lui est inverse, sera également un arc d’hyperbole.
- , „ , N
- Si le flux maximum correspond à —, nous
- pouvons admettre que l’asymptote de cette
- N
- hyperbole correspondra à l’abscisse
- On pourra, dans ces conditions, écrire :
- P'^P.X^-
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- D’autre part, le rendement p résulte comme précédemment de la formule :
- P - (P,+ P,).
- P P + P. ’
- or, dans les machines de l’ordre de grandeur de celles envisagées, on a :
- P; = P X P,,= P X 0,0'tO P(=PX 0,010.
- Le rendement p sera dans ces conditions donné par la formule :
- X3 — (o,o3;> X* -f- o,o.'i)
- P = ----------------*---
- X3 -4-o,oio X .rr---
- 5 X — i
- sant, bien entendu, que dans le cas précé-dënt, et les valeurs du rendement s’écarteront peu de la di’oite qui joint le point :
- P 0,5 I 5 X rrr 0,5o
- à l’origine des coordonnées.
- La comparaison des courbes I et II montre que l’emploi de la deuxième solution procure, au point de vue du rendement, un avantage très sensible, surtout dans les points à vitesse élevée.
- On peut, ainsi, dire qu’entre les 8/io de la vitesse maxima et cette vitesse maxima elle-même, le rendement varie peu.
- Mais pour la marche à demi-vitesse, les
- Rendement
- IX
- Fig. i. — Valeurs des rendements établis d’après les formulés indiquées dans le texte : 1, pour un moteur à champ constant et tension variable; II, pour un moteur à champ variable; III, pour un moteur à champ variable alimenté à la tensioin IV et V, courbes relevées expérimentalement sur le Mario lie (elles sont légèrement au-dessus des précédentes).
- Cette expression donne les valeurs de p, en fonction de X, indiquées dans le tableau ci-dessous :
- X P
- 1,00 0,916
- 0,860
- o,5o o,515
- N , La vitesse — (corres 2 pondant à X = o,5) étant
- la vitesse minima que l’on puisse obtenir par le réglage du champ, les valeurs inférieures à cette dernière devront être obtenues par un rhéostat d’induit beaucoup moins puis-
- rendements ne sont guère bons dans un cas comme dans l’autre :
- N
- Pour — la courbe I donne p — o,4 12
- Pour » II » p — o,Si5.
- Ce dernier gain est-il en rapport avec les sacrifices de poids, d’encombrement, de complication de construction, et par conséquent de prix, qu’il a fallu s’imposer, s’il est le seul avantage de cette disposition ? Il semble que non, et c’est pourquoi cette solution, qui a pourtant été employée, n’a-t-elle été introduite ici que comme transition à l’étude de la disposition des machines en série-parallèle.
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- Supposons là tension d’alimentation du moteur égale constamment à E; par la variation du champ, le rendement diminue avec la vitesse pour atteindre une valeur de o,5, pour X — o,5 lui-même, le champ se trouvant doublé par rapport.à sa valeur initiale.
- Si, à ce moment, nous alimentons l’induit à une tension deux fois moindre, pour conserver la môme vitesse, il sera nécessaire de diminuer le champ de moitié.
- A vitesse égale du moteur, c’est-à-dire à fréquence égale, l'induction dans le fer diminuant elle-même de moitié, les pertes dans le fer diminuent comme une puissance comprise, en première approximation, entre la puissance i,6 et la puissance 2 de l’induction; il'eh résulte que le terme P,,, dont la valeur était donnée par :
- P,, = 0,04 X P,
- aura une valeur comprise entre
- ^P et 4 3
- soit sensiblement 0,0115 P.
- A puissance égale, la tension diminuant de moitié, l’intensité double et la perte par effet Joule est quadruplée; si bien que P/ qui était égal à :
- o,o35 PX*,
- deviendra :
- 0,140 P.X6.
- Le courant d’excitation, de son côté, redevient celui qu’il était en pleine charge à la vitesse maxima, mais cela non plus pour la
- valeur X — 1 mais pour X = o,5, de sorte que l’on peut écrire :
- _ 0,02
- ~ f,x— i’
- car la nouvelle asymptote de l’hyperbole figurative des pertes dans les inducteurs est :
- X
- 1 ___t
- 2 X 3 — 6 ’
- La formule du rendement sera, en définitive, donnée par l’expression suivante :
- X3 — (0,14 X6 -f- 0,115)
- Notons de suite que cette formule donne, comme les précédentes, des rendements qui sont inférieurs aux rendements réels; c’est donc une courbe des minima de rendement que nous pouvons seulement tracer.
- Cette formule approchée donne les chiffres suivants de p en fonction de X.
- X ' P
- o,5 o,83o
- 0,375 q,585
- 0,25 0,070
- La courbe III tracée montre bien qu’aux environs de la demi-vitesse, c’est-à-dire pour une vitesse usuelle pour tous les bâtiments, le rendement a une valeur tout à fait acceptable.
- (A suivre.)
- Jacques Breguet,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique
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- ARC TRIPHASÉ AVEC QUATRE CHARRONS
- Dans le numéro du 3o janvier 1904 de cette Revue, M. l’ingénieur Mercanton a publié une recherche expérimentale sur un arc voltaïque triphasé avec trois charbons, disposés suivant les arêtes d’un trièdre régulier et reliés chacun avec une phase du courant. Il trouva que le rendement lumineux était bien supérieur à celui d’un arc monophasé. Un régulateur pour cette lampe fut ensuite étudié par MM. Bentivoglio et Sici-liani, de Milan (*), qui construisirenttrois types différents selon la puissance de la lumière qu’on voulait obtenir.
- Avant la publication de ces travaux, une lampe à trois charbons verticaux, qui fonctionnait sans régulateur, avait été brevetée en 1901 par la « Société generale italiana d’elettricità Edison » de Milan (*) ; et deux autres lampes, par M. R. Flemming de Swampscott (Mass.) (3) : dans l’une de ces deux dernières lampes, on avait une disposition des charbons qui était la même que celle de M. Mercanton ; dans l’autre, on avait six charbons verticaux, dont trois étaient reliés au centre de l’étoile d’un transformateur triphasé, tandis que les trois autres charbons communiquaient avec les trois phases.
- Mais, malgré la petite consommation spécifique, toutes ces lampes ne sont pas devenues d’un usage courant, certainement à cause du fait, mis en évidence par M. Blondel au Congrès international des applications de l’électricité-de Marseille (4), que « ces lampes forment des foyers trop puissants pour les applications ordinaires ; des expériences ont montré que les trois arcs ne s’allument pas
- (*) L’Elettricisla, i5 novembre 1904, * janvier 1908.
- (2) L’Electricien, 28 mars 1903.
- (3) I.‘Electricien, 10 octobre igo3.
- (') Paris, Gauthier-Villars, 1909, tome I, p. 368.
- toujours tous à leur tour, de sorte que la lumière est finalement plus papillotante que celle d’un arc monophasé de même fréquence, contrairement à ce qu’on pouvait espérer du dispositif pour uniformiser la lumière des courants alternatifs. »
- J’ai réalisé une nouvelle disposition qui m’a donné tout de suite de bons résultats, sans employer pour la régulation de nouveaux mécanismes plus ou moins compliqués, et qui fonctionne aussi bien sous puissance élevée que sous faible puissance.
- Je dispose, avec les pointes en haut et suivant les arêtes d’un prisme à section triangulaire à côtés égaux de 12 à i5ram, trois charbons de 8,nm, en communication avec les trois phases, et je les fixe verticalement à la place du charbon inférieur d’une lampe différentielle monophasée ordinaire. Le charbon supérieur, de 2omm, à peu près, dont l’axe coïncide avec celui du prisme, est suspendu de manière qu’il puisse venir en contact en même temps avec les troià charbons inférieurs. En général ce quatrième charbon est isolé.
- Les trois arcs, qui se forment entre les pointes des trois charbons et le quatrième, ferment les courants en étoile, si l’on peut encore ainsi parler lorsqu’on a affaire à des conducteurs à trois dimensions, tels que le système des arcs dont il s’agit ici.
- Puisque l’on a six cratères disposés de manière à envoyer les rayons lumineux surtout en bas, les réflecteurs sont inutiles et l’on a une lumière très fixe, comparable à celle d’un arc à courant continu. Les connexions avec le régulateur sont faites de telle manière que la bobine à gros fil soit insérée dans une phase, et que l’autre soit en dérivation entre deux phases, ou bien montée entre une phase et le quatrième char-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUfE
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- bon, suivant la tension employée. La construction d’un régulateur à champ tournant différentiel ne présente pas de difficultés spéciales : il donnerait peut-être de bons résultats.
- J’ai observé quêlques phénomènes intéressants que je vais exposer, quoique cette étude soit tout à fait incomplète, n’ayant pas pu être conduite encore jusqu’à la détermination du rendement de la lampe dans ses meilleures conditions de fonctionnement,
- mière, ni dans la consommation. Mais si l’on provoque la formation de ces cratères, en baissant encore le charbon supérieur, on constate bien souvent une diminution au wattmètre, pendant que la lumière, qui était auparavant papillotante et rougeâtre, devient fixe, blanche et augmente sensiblement d’intensité. Cela s’explique par le fait qu’on vient de doubler le nombre des cratères.
- L’arc de M. Mercanton ne s’est éteint qu’à moins de 17 périodes par seconde ; ceci
- Fig. 1. — Aspect des arcs sans le quatrième charbon.
- ni à l’exécution d’essais et de mesures convenables.
- Un appareil très simple de régulation à la main a servi dans les expériences suivantes.
- Allumons l’arc d’une manière quelconque entre les trois charbons, le quatrième étant asssez loin pour ne pas influencer l’arc. Puis peu à peu approchons-le jusqu’à ce qu’il soit très près des autres, mais que les trois cra-tèresN supérieurs ne se soient pas encore formés. Pendant ce mouvement, on n’observe pas de variation remarquable, ni dans la lu-
- Fig\ 2. — Aspect normal de l’arc avec six cratères.
- à cause, probablement, des trois cratères très rapprochés, qui ne permettent pas à la chaleur de se dissiper assez vite. Si cela est vrai, avec ma disposition, on-doit pouvoir descendre à des fréquences encore plus basses, ce qui serait très important pour les chemins de fer à traction électrique triphasée à i5 périodes, dans lesquels on est forcé de recourir, pour l’éclairage des gares, à des lampes à incandescence triphasées, ou à d’autres sources. Je ne puis formuler des conclusions précises à cet égard, n’ayant pas
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- encore exécuté des essais assez nombreux; mais ce que j’ai observé jusqu’à présent me permet de bien espérer.
- Une dernière observation curieuse est celle de la très petite consommation du charbon supérieur, et de la formation, en certaines circonstances spéciales, de tuber-
- cules très lumineux au lieu des cratères, se dirigeant vers les trois charbons inférieurs.
- Je reviendrai sur cet argument une fois mes recherches achevées.
- Bologne, mars 1910.
- Aldo Righi,
- Ingénieur.
- CHRONIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- LES LIMITES D’EMPLOI DE LA TRACTION MONOPHASÉE (*)
- Malgré les nombreux écrits auxquels a donné lieu la traction monophasée, il est permis de douter qu’on ait une conception bien nette du rôle qu’elle peut jouer, surtout dans le domaine de l’application de l’électricité aux voies -ferrées.
- Il s’agit d’un système nouveau, dont l’étude théorique 11’a pas encore été suffisamment approfondie et dont les résultats pratiques 11e peuvent être tenuspour définitifs, faute d’une longue expérience, ce dont bénéficient les autres systèmes.
- On ne peut porter un jugement sur un système de traction électrique, sans tenir compte simultanément de ses trois éléments essentiels : le moteur, l’équipement électrique de la ligne et la centrale. L’élément le plus important pour l’objet spécial que l’auteur a en vue étant le moteur, c’est lui qu’il convient d'envisager tout d’abord.
- LE MOTELH
- Laissons d’abord de côté les résultats d’expérience obtenus avec les moteurs déjà construits, et considérons plutôt les propriétés du moteur monophasé, tel qu’il peut être idéalement conçu, les résultats d’expérience ne servant ici que d’utiles moyens de contrôle. Il s’agit d’établir, indépendamment du progrès des détails de construction, ce que l’on peut, espérer du moteur monophasé.
- Réduit à sa plus simple expression, le fonctionnement type du moteur monophasé à collecteur
- 0 Communication à la i3° réunion annuelle de VAsso-ciazione elettrotecnica italiana, le 29 septembre 1909.— Atti, novembre-décembre 1909.
- est celui du moteur en série, dont on suppose :
- La résistance nulle ;
- Les pertes dans le fer et les pertes par frottement, nulles également ;
- La réluctance du circuit magnétique, constante ;
- Enfin la dispersion elle flux transversal nuis.
- C’est-à-dire que l’on a simplement, comme le montre la figure x, le circuit d’excitation en série avec l’armature, et relié par un flux commun en phase avec le courant ; on peut imaginer, au moins dans cette première partie de l’étude, que le moteur est alimenté à tension constante
- Fig. 1.
- Dans cette hypothèse on a, en marche normale, deux forces électromotrices induites : l’une Ea, due à la rotation de l’armature, proportionnelle, en valeur efficace, au courant et à la vitesse du moteur, et en retard sur le courant d’une demi-période, l’autre, au contraire, due à la self-induction du circuit d’excitation, proportionnelle au courant et à la fréquence, et en retard d’un quart de période.
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- Ainsi que le montre la figure a, la tension appliquée e est la résultante de ces deux forces élec-motrices, Ea et EM changées de signe, et elle est en avance sur le courant, c’est-à-dire que le moteur joue le rôle par rapport à la ligne d’une charge inductive.
- Diagramme. — Danslc cas d’une tension d’alimentation e constante, il est possible d’imaginer un diagramme circulaire qui, par analogie avec le diagramme bien connu des moteurs polyphasés à induction, permette de suivre l’allure du moteur dans les diverses conditions de fonctionnement qui peuvent se présenter, et d’en déduire les caractéristiques de la vitesse, du couple, de la puissance et du facteur de puissance, en fonction, comme d’habitude, du courant. La base d’un pareil diagramme est le triangle rectangle des trois différences de potentiel considérées,
- La normale BC, abaissée du point B sur le diamètre, mesure le produit i cos <p, c’est-à-dire, étant donné que la tension appliquée est constante, la puissance.
- Remarquons encore que le segment CA, intercepté sur le diamètre par cette normale, est proportionnel au carré de BA, c’est-à-dire au carré du courant i; il s’ensuit, puisqu’il s’agit d’un moteur en série, en tenant compte des hypothèses faites, que ce segment mesure le couple M.
- Ce n’est pas tout ; si nous divisons, en effet, l’expression de Ea par l’expression EL, nous trouvons que le rapport est égal à cotg 9 et proportionnel à la A'itesse n du moteur; cette vitesse est donc mesurée sur la figure par le rapport
- OB
- OA
- et, à une échelle convenable, par le segment
- parmi lesquelles la tension d’alimentation, c’est-à-dire l’hypoténuse, reste constante, tandis que les deux autres, c’est-à-dire les côtés de l’angle droit, varient avec la charge.
- Traçons donc sur le diamètre OA (fîg. 3) égal, à une échelle convenable, à la tension d’alimentation e, un demi-cercle : à un point quelconque B de ce demi-cercle, correspond un régime de fonctionnement déterminé du moteur, OB représentant la force électromotrice E«, AB la force électromotrice EL.
- Il est alors facile de voir, en se rappelant l’expression de EL, que le segment AB mesure le couranl i; de même, puisque le segment OB, c’est-à-dire la force électromotrice Ea, forme avec le diamètre OA, c’est-à-dire avec la tension appliquéee, l’angle o don tic cosinus détermine le
- cisément ce facteur, ou bien, plus simplement, ce taèteur est mesuré par le segment OB, quand on se sert d’une échelle où OA représente la longueur de l’unité.
- contre d'une parallèle au diamètre, l’origine de l’échelle des vitesses étant déterminée sur la même droite par l’intersection avec la normale au diamètre menée parle point O.
- Ce diagramme a été récemment développé par R. Goldschmidt (') ; il permet d’étudier facilement l’allure du moteur monophasé en série et constitue le point de départ du développement graphique ultérieur de la théorie de ce moteur, dont on s’occupera précisément tout à l’heure.
- Quand 011 veut, en effet, considérer le moteur au point de vue de son application principale, qui est évidemment celle de la traction, il n’est pas possible de séparer de cette étude celle du système de réglage par variation (obtenue à l’aide du transformateur interposé entre la ligne et le moteur), de la tension appliquée. Dans ce cas plus complexe, le diagramme précédent 11e suffit pas pour étudier l’allure du moteur, et cela parce que, même eh répétant le diagramme pour plusieurs tensions différentes, par exemple pour
- (') The Electrician, 1908, vol. LXI, p. 670.
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- celles qui correspondent aux touches du contrôleur, il y a nécessairement, pour chacune, des variations de l’échelle des vitesses, de l’échelle des puissances et de l’échelle des facteurs de puissance, en sorte qu’il n’est pas possible de réaliser cette représentation directe et synthétique des divers éléments en jeu, qui est nécessaire pour que l’étude des moteurs d’un train en marche soit complète et rapide.
- Remarque sur le facteur de puissance. — Mais il convient, avant d’aller plus loin, de faire une observation importante, qui est déjà implicitement contenue dans l’une des observations précédentes; on a déjà vu qu’il y a proportionnalité entre cotg <p et la vitesse n, ce qui revient à dire que le facteur de puissance d’un moteur monophasé en série n'est fonction que de la vitesse, en sorte qu’à une infinité de couples de valeurs de la tension appliquée et du moment résistant, qui peuvent correspondre à une vitesse déterminée, correspond toujours la même valeur de puissance.
- Ceci posé, prenons un système d’axes rectangulaires (fig. 4) et plaçons le triangle des différences de potentiel OAB, correspondant à des conditions données d’alimentation et de charge
- B
- sl
- M
- Yig. 4.
- du moteur, de façon que le côté OB, correspondant à la force électromotrice Ea, soit sur l’axe des ordonnées et que l’hypoténuse OA forme avec cet axe l’angle <p. L’hypoténuse OA, c’est-à-dire le rayon vecteur du point A, à partir de l’origine, mesure alors la tension d’alimentation ; indépendamment de cette tension, le côté BA et par suite l’abscisse du point A mesure, à une échelle déterminée, pour un moteur donné, le courant i.
- Comme, toujours dans l’hypothèse admise, le couple du moteur est proportionnel au carré du courant, il est encore possible, pour un moteur
- donné, de marquer sur l’axe des abscisses, entre l’échelle linéaire des courants, la graduation quadratique des couples ; cela fait, la position du point A indique immédiatement le couple développé par le moteur.
- D’auti’e part, l’inclinaison du rayon AO sur l’axe des ordonnées détermine aussi, comme on peut le voir aisément, le facteur de puissance et, par suite, spécifie, comme on l’a dit dans ce qui précède, la vitesse; l’un et l’autre, par suite, sont mesurés par cette inclinaison.
- Finalement, en ce qui concerne la mesure de la puissance, il suffit de remarquer qu’elle est égale au produit des volt-ampères par le facteur de puissance, c’est-è-diré égale au produit du courant i, abscisse du point A, par l’ordonnée Ea, qui est précisément égale au produit de la tension e par le facteur de puissance ; elle est donc également spécifiée par la position du point A.
- En résumé, dans le système de représentation imaginé, la position du point A détermine la tension d’alimentation e, le courant i, le couple M, le facteur de puissance cos <p, la vitesse n et la puissance p, c’est-à-dire tout ce qui est nécessaire pour déterminer avec exactitude le régime de fonctionnement du moteur. A tous les points A qui se trouvent sur le même arc de cercle concentrique à l’origine des axes, correspond la même tension appliquée ; à tous les points A qui ont la même abscisse, correspondent le même courant et le même couple; à tous les points A qui se trouvent sur la même droite, issue de l’origine des axes, correspond le même facteur de puissance et la même vitesse; à tous les points A, finalement, qui se trouvent sur la même hyperbole équilatère, correspond la même puissance.
- Considérons maintenant un moteur donné ; nous en connaissons les caractéristiques principales de fonctionnement, pour une valeur unique de la tension, ces caractéristiques pouvant éventuellement être réduites à quelque-points, de façon, tout au moins, à connaître,pour une tension donnée et une vitesse donnée correspondant aux conditions moyennes de fonctionnement : courant, couple, facteur de puissance; traçons sur une feuille de papier deux axes rectangulaires. Avec l’origine des axes pour centre, menons des arcs de cercle ayant pour rayon, à
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- line échelle convenable, la tension d’alimentation ; l’échelle des courants et la graduation des couples qui doivent être portées sur l’axe des abscisses sont alors déterminées ; on subdivise ensuite l’angle droit compris entre les axes à l’aide de rayons issus de l’origine, et, en regard de chacun d’eux, on “marque le facteur de puissance correspondant à l’angle d’inclinaison par rapport à l’axe des ordonnées, et le nombre de tours, et l’on établit, pour le régime de fonction-nementdont on possède les éléments expérimentaux, le facteur de proportionnalité entre le nombre de tours en question et cotg cp; finalement on construit un certain nombre d’hyperboles équilatères correspondant à des valeurs convenables de la puissance. Un travail de ce genre a été fait pour un moteur Siemens de 15 chevaux-heure, un W. B. M. 90,dont on possédait, grâce à des contrôles appropriés, les caractéristiques expérimentales de fonctionnement, dans des limites très étendues et correspondant a différentes valeurs de la tension appliquée (fig. 5). ,
- Fig. 5.
- Valeur d’emploi pratique du diagramme. — En général, pour un bon moteur série compensé, le fonctionnement réel correspond suffisamment bien à celui du moteur idéal.
- En effet, la loi d’après laquelle à chaque facteur de puissance correspond une vitesse unique est presque rigoureuse. Toutefois, en allant, des vitesses plus petites vers les vitesses plus grandes, la vitesse augmente en pratique plus rapidement que 11e l’indique la loi de la cotangente'; en conséquence, le facteur de puissance expérimental correspond â la vitesse moyenne; aux vitesses supérieures correspond, en réalité, un facteur de puissance moins élevé que celui
- qui résulterait du diagramme théorique; aux vitesses moindres, par contre, le facteur de puissance est quelque peu plus élevé et, naturellement, n’atteint pas la valeur zéro au début du démarrage; cet avantage du moteur pratique sur l’idéal n’est toutefois qu’apparent, car il dépend des pertes internes du moteur, qui ne sont pas considérées dans le diagramme théorique.
- 11 y a une différence notablement plus importante et du reste facile à prévoir, étant donnée l’hypothèse de la constance de la réluctance prise comme base du diagramme théorique, dans l’allure du couple. Etant donné que la saturation du fer est rapidement atteinte, le couple cesse bien vite d’être proportionnel au carré du courant, pour croître par la suite de façon seulement proportionnelle à ce courant. Une seconde échelle des couples, placée au dessous de l’échelle théorique, montre que ces couples varient, dans la pratique, bien plus len-' tement qu’en théorie et que, dans la pratique, le fonctionnement du moteur est notablement moins favorable.
- Dans l’étude du moteur, spécialement pour l’application à laquelle on s’intéresse ici, on ne peut pas faire abstraction de cette circonstance, tandis que, d’autre part, dans le diagramme théorique, et cela comme conséquence immédiate des prémisses posées, on n’a pas tenu compte du rendement. Dans le but, non pas d’étudier le moteur en lui-inême, mais de rendre plus complète l’application du diagramme aux problèmes de traction, on peut introduire dans le diagramme la notion de rendement, précisément pour passer de l’échelle théorique à l’échelle pratique des couples ; cela revient à faire l’hypothèse que toutes les pertes qui ont lieu dans le moteur, tant électriques que magnétiques et mécaniques, ont pour effet de freiner l’armature en réduisant le couple utile.
- Il suffit alors de supposer qu’au courant normal correspond le rendement maximum, soit de 78 %, que ce rendement diminue jusqu’à 70 % pour les courants moindres, correspondant aux plus grandes vitesses réalisables dans la pratique, et jusqu’à 60 % pour les courants plus forts, correspondant au démarrage; on réduit alors les couples théoriques en rapport avec ces rendements.
- Les résultats obtenus par ce moyen cadrent avec une approximation suffisante avec ceux de
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- l’expérience et les hyperboles équilatères mesurent la puissance totale absorbée parle moteur.
- Le diagramme ainsi complété et rendu d’une application pratique, nous n’avons qu’à déplacer le point A pour suivre le moteur dans un régime de fonctionnement quelconque,tant au démarrage qu’en marche normale : la première impression est que les larges limites de vitesse et de couple que le moteur alimenté à tension variable permet d’atteindre, sans s’exposer à des rendements trop faibles, assurent à ce type de moteur l’absolue prépondérance dans la traction.
- Limites de fonctionnement. — 11 faut toutefois remarquer à ce propos qu’il s’agit d’un moteur très délicat, en raison des exigences de construction spéciales auxquelles il doit satisfaire ; il doit, en effet, avoir un entrefer bien plus réduit que celui que peuvent avoir les moteurs à courant continu ; il doit pouvoir fonctionner normalement avec une grande vitesse, à moins de n’avoir pas un grand nombre de pôles ; il offre des difficultés spéciales pour la commutation, comme d’exiger, entre autres choses, l’interposition de résistances entre l’enroulement et les lamelles du collecteur, pièces dans lesquelles le développement de chaleur est très élevé ; il doit enfin remplir des conditions spéciales, relativement aux dimensions du collecteur et des balais.
- Pour tous ces motifs, le courant maximum de marche normale, celui qui correspond à la puissance horaire, est plus limité que dans les moteurs à courant continu de mêmes dimensions et il en est de même pour le courant admissible au démarrage.
- De même, des raisons mécaniques (qui tiennent à l’emploi d’un grand collecteur, à lamelles multiples, soumis à des vitesses périphériques plus grandes que dans les autres moteurs), limitent la vitesse maximum que le moteur peut supporter : d’autre part, en marche normale, des considérations non seulement particulières au moteur, mais relatives encore à la ligne et à la centrale,déconsfeillentde faire marcherlemoteur avec un facteur de puissance trop faible et par suite à vitesse trop réduite, la vitesse la plus favorable, en ce qui concerne le moteur, étant, en règle générale, très supérieure à celle qui correspond au synchronisme, 5oo tours pour un moteur à 6 pôles alimenté à périodes.
- Des raisons ayant trait à la commutation et à la construction du collecteur limitant supérieu-
- rement la tension que le moteur peut supporter en marche normale, cette tension maximum se réduit encore au démarrage pour ne pas donner lieu à des courants d’intensité excessive.
- Enfin, l’insuffisance de la chute de tension du moteur limite inférieurement les tensions d’alimentation, bien qu’au démarrage cette tension doive être très faible pour obtenir une petite accélération et pour limiter par suite l’emprunt d’énergie fait à la centrale.
- Ces limites, qui ne sont pas appliquées avec une rigueur excessive, ont été marquées sur le diagramme théorique de la figure 5 par des lignes plus accentuées : le polygone limite le fonctionnement du moteur en marche normale et la verticale isolée limite le champ de fonctionnement dans la période de démarrage.
- Ces restrictions faites, et si l’on remarque que, pour les plus grandes vitesses et les plus petites tensions, le couple est assez petit pour ne pas permettre un épuisement proportionné de la puissance du moteur, considération qui réduit en outre le champ de fonctionnement, on voit que l’élasticité du moteur; tout en n’étant pas à dédaigner, n’est pourtant pas aussi grande qu’elle pourrait le paraître à première vue, Le moteur peut — et cela est même trop fréquent dans la pratique— fonctionner encore en dehors de ces limites, mais il en résulte une exploitation non économique, due principalement à la fréquence des avaries.
- Dans les limites indiquées, on voit en effet, que le couple maximum de marche! normale, c’est-à-dire celui qu’on pourrait utiliser sur les plus grandes pentes, est un peu plus du double du moment correspondant, à la puissance normale du moteur alimenté à la tension maxima.
- La transmission mécanique. — 11 ne resterait plus qu’à tenir compte du rapport de réduction des engrenages et du diamètre des roues motrices pour remplacer, dans le diagramme, la vitesse exprimée en nombre de tours par minute, par la vitesse du train en mètres par seconde, et à tenir compte encore du rendement des engrenages pour remplacer le couple du moteur, en kilograminètres, par l’effort de traction aux jantes des roues motrices en kilogrammes.
- Cela fait, le diagramme théorique, tel qu’il a été développé, comporterait la solution complète de tous les problèmes relatifs à l’horaire et aux consommations, tant pour la marche normale
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- que pour les démarrages, lorqu’on se serait, en outre, donné le nombre des moteurs par train, la composition du train même, le profil et la plani-métrie de la ligne, et qu’on aurait adopté le coefficient de traction, en tenant compte éventuellement de la vitesse, des courbes et de la résistance de l’air.
- Le diagramme, outre qu’il permet facilement de tenir compte dans les problèmes de ce genre de la manœuvre du contrôleur, aurait aussi, et justement à cause de cela, le mérite de permettre de choisir, pour les couples successifs, les conditions d’alimentation les plus favorables, non seulement en ce qui concerne le fonctionnement des moteurs du train, mais encore pour ce qui regarde la chute de tension sur la ligne et, par suite
- aussi, les conditions d’alimentation des autres trains simultanément en mouvement.
- Ainsi, au point de vue des chutes de tension, le diagramme permet de voir d’un coup d’œil l’influence delà chute delà tension d’alimentation sur l’allure des moteurs et sur la marche des trains et d’en déterminer les lois.
- Ce n’est pas le cas de traiter ici ces applications.
- Mais, ce qui résulte en somme du diagramme théorique, c’est que l’élasticité du moteur monophasé alimenté à tension variable, n’est pas assez grande pour placer la traction monophasée dans des conditions de supériorité absolue par rapport aux autres systèmes de traction.
- (A suivre.) G. Revessi.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la mesure de l’intensité d’aimantation à saturation et la loi d’approche vers la saturation. — P. Weiss. — Communication à la Société française de Physique, 4 mars 1910.
- L’intensité d’aimantation à saturation des métaux ferromagnétiques et de la magnétite est connue avec une assez faible précision. Cela tient en partie aux difficultés inhérentes aux mesures dans les champs intenses, en partie à ce qu’on n’a pas tenu compte suffisamment de ce que la détermination de la loi d’approche est un complément indispensable de cette mesure. Enfin, dans bien des cas, on n’a pas remarqué que l’aimantation des pièces polaires des électroaimants n’est pas rigide, mais est influencée par le déplacement du corps à étudier.
- La méthode employée par M. Weiss consiste à retirer un ellipsoïde, de la substance à étudier, d’un petit solérioïde placé dans l’axe de l’entrefer d’un électro-aimant puissant et à mesurer au balistique la quantité d’électricité induite. Une application delà théorie des images magnétiques, analogues aux images élec-
- triques de lord Kelvin, permet d’enfermer l’erreur relative provenant du retentissement de ce déplacement de matière magnétique sur les pièces polaires dans les limites étroites de dt 0,001.
- Ces travaux ont montré que, pour le fer, le nickel et la magnétite, la loi d’approche est hyperbolique. Pour le cobalt, la distance entre la courbe et l’asymp-
- tole est un infiniment petit en —, H étant le champ
- employé.
- L’intensité d’aimantation à saturation, rapportée à l’unité de volume, est à la température ordinaire pour ces quatre substances :
- 1706; 476,1»; 1 /| 1 a ; 476,5.
- Décharge des inducteurs. Capacité des électrodes. — E. Caudrelier. — Académie des Sciences, séance du 7 mars 1910.
- L’auteur a exécuté de nouvelles expériences (*) sur cette question, à l’aide d’un petit transformateur Rowland à capacité très réduite. Elles ont confirmé
- (f) Voir Lumière Electrique, 8 janvier 1910, p. 44.
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- que la présence de traits lumineux dans l’étincelle de décharge des inducteurs est due, non pas à la capacité du circuit primaire, mais à celle des électrodes et du circuit secondaire.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Compensati'ices pour systèmes à trois ûls. — G. Cooper. — Communication à Y Institution of Elec-trical Engineers, reproduite par YElectrical Review, et VElectrician, 25 février 1910.
- L’auteur décrit d’abord quelques formes de compensatrices pour courant continu comprenant deux machines shunt montées sur le même axe.
- La figure 1 représente une compensatrice comportant une armature à double enroulement avec collecteur à chaque extrémité. L’induit est bobiné d’une façon spéciale, l’un des enroulements étant plus court que l'autre.
- Comme les faisceaux de l’enroulement de gauche se terminent dans l’intervalle entre les pôles principaux et les pôles auxiliaires, les conducteurs de ces faisceaux ne sont pas soumis à l’influence des pôles auxiliaires. Les pôles principaux sont montés en déri-
- ]
- Fig. 1.
- vation sur les fils extrêmes. Les pôles auxiliaires sont en série et montés sur le lil neutre. Il en résulte que leur polarité changera suivant que la surcharge se fera sentir d’un côté ou de l’autre et leur influence variera en raison de l’importance de cette surcharge. Le voltage induit dans la partie de droite de l’enroulement principal sera, soit en conjonction, soit en opposition avec celui qui est induit dans le reste de l’enroulement tournant dans le champ principal.
- Ce type de machine a été utilisé pendant plusieurs années à Blackburn et a donné toute satisfaction. Il maintient le voltage constant à 1 % près, quelle que soit l’importance des surcharges. Il peut être monté de façon à donner une compensation parfaite ou à survolter le côté qui n’est pas en équilibre, aux quelques troubles près qui se produisent dans le champ inducteur, en raison des courants qui
- prennent naissance lors d’une faible surcharge de l’un des ponts, ou en raison du magnétisme rémanent, lorsque l’équibrc est parfait. Cet inconvénient peut, d’ailleurs, être évité par l’emploi d’un enroulement shunt dans une machine travaillant dans la partie rectiligne de la courbe de magnétisme, avec un enroulement série disposé de façon à l’aider ou à s’opposer à son action, suivant son propre sens.
- La forme la plus récente de compensatrice à cou-
- Fig. 2.
- rant continu est connue sous le nom de C. M. B. ('). Celte machine ne possède qu’une armature, un collecteur et une série de balais. Son rendement est de 4 à 5 % supérieur au rendement obtenu avec deux machines couplées et son prix est moindre.
- Le compensateur statique ou égalisateur est très employé en Angleterre, dans les installations comportant des commutatrices. Il se prête très facilement à cette sorte d’emploi ; on réunit le fil neutre du réseau au point neutre des bobines secondaires des transformateurs qui alimentent les commuta, trices. Dans une récente communication, le Dr Gar-rard a montré que ce procédé est mauvais au point de vue du rendement et qu’il vaut mieux se servir d’un compensateur statique séparé qu’utiliser les bobines secondaires des transformateurs.
- Le compensateur statique se compose d’une bobine de réactance ou d’un noyau de transformateur ayant un seul enroulement sur chaque branche. Des bagues collectrices sont réunies à intervalles égaux
- Fig. 3.
- aux enroulements induits de la dynamo de façon à obtenir le nombre de phases voulu. Ces bagues collectrices fournissent une force électromotricc alternative qui est appliquée aux bornes de la bobine de réactance, ainsi que le montre la figure a sur laquelle on a pris, pour plus de clarté, une bobine à
- (') Voir Lumière Electrique, 4 septembre 1909, p. 3o5.
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- quatre pôles qui constitue un compensateur triphasé. Le point neutre du système est réuni au fil neutre de la distribution. Lorsque le système est en équilibre, la tension de réactance empêche toute production importante de courant alternatif aux bagues collectrices. Lorsqu'une surcharge se produit sur l’un des ponts, le courant passe à travers le compensateur et l'armature induite; il se produit une chute de voltage qui n'est pas supérieure à celle des compensateurs ordinaires si le compensateur statique a été convenablement calculé.
- L’avantage de ce système réside dans sa grande simplicité et ses faibles dimensions d’encombrement. Il possède un haut rendement et son action est absolument automatique.
- Quelques constructeurs préfèrent le système monophasé, d’autres le di ou le triphasé. Le Dr Gar-rard a montré que la régulation est d’autant meilleure que le nombre de phases est plus grand.
- Tab
- compensateur statique. Dans le cas où l'on utilise un compensateur statique avec une machine compound ou avec une machine à pôles de commutation, l’ent-roulement série doit être divisé en deux parties, une moitié étant réunie au pôle négatif, l’autre au pôle positif du générateur, sans quoi le compensateur statique ne donnera pas le véritable équilibre, c’est-à-dire que la tension ne sera pas égale entre le fil neutre et chacun des deux autres, en raison de la chute de voltage dans l’enroulement série.
- Par exemple, si on suppose que, à pleine charge, la résistance de Penroulement série entraîne une perte de x % de la tension aux bornes de l’induit, dans une machine à 5oo volts, la chute de tension entre le fil neutre et l’un des fils extrêmes sera de 5 volts supérieure à la différence de tension entre le fil neutre et l’autre fil sur lequel renroulement série est monté. Le tableau I donne les résultats d’essais effectués sur un compensateur statique :
- A. U I
- AMPÈRES CHARGE CHARGE
- 4- VOLTS DIFFÉRENCE % DE LA COMPENSATRICE DE LA DYNAMO
- DE — VOLTS EN % EN %
- DÉSÉQUILIBRE DE LA PLEINE CHARGE DK LA PLEINE CHARGE
- IO y/>7,o 2 58,0 0,2 G
- 43 '257,0 258,3 0,3 25 6,1
- Go 257,0 y 5g,o 0,4 35 8,5
- 80 256,5 209,0 o,5 47 11,4
- Pour un s}\stème monophasé, il indique, pour une chute de tension donnée duc à l’enroulement induit et pour une surcharge de io % , une différence de voltage de o,6C> % ; pour un système triphasé, de o,38 % et pour système hexapnasé de 0,49 % . Mais il semble qu’au point de vue commercial, il ne soit pas avantageux de dépasser trois phases, à moins de faire porter les bagues collectrices par un prolongement de l’axe de la machine hors de ses paliers, car l'accroissement de longueur de cet axe nécessiterait un accroissement do son diamètre et des dimensions des paliers, ce qui, dans une grosse machine, augmenterait la dépense.
- L’auteur a installé une dynamo de 3Go kw., à huit pôles, 5'2o volts, roo ampères, 300 tours par minute, munie de bagues collectrices, permettant d’utiliser la machine à pleine charge comme alternateur triphasé. Le compensateur statique est calculé pour une surcharge de 170 ampères. La machine a un enroulement compound pour la traction, mais elle fonctionne en njachine shunt lorsqu’on fait usage du
- De ces essais, il résulte que la différence de voltage entre le fil neutre et les autres fi^s 11’excède pas 1 % à pleine charge. Le compensateur, dans le cas étudié, a une puissance égale à 1/4 de la puissance du générateur. Si l’on a affaire à des courants de surcharge considérables, on peut adjoindre à la machine, un survolteur destiné.à relever la tension du côté surchargé, ainsi qu’il est indiqué sur la figure 3 (cas d’une commutatrice). Pour faire varier le voltage, si on le désire, ou agit sur l’excitation du survolteur, monté en série sur le fil neutre.
- C. T.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Appareil de sécurité pour le service des mines. — J. Fisher. — Communication à l'Institution of ElectriccdEngineers, reproduite par VElectrical Engineering, 3 février, et VElectrical Review, a5 février 1910.
- L’auteur a réalisé un appareil destiné à réduire
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- SI
- les risques provenant du contact de câbles mal isolés dans les mines. Les accidents les plus fréquents sont causés par les machines transportables dans lesquelles les câbles, traînant à terre, sont exposés à s’abîmer extrêmement vite. L'appareil comporte des interrupteurs automatiques qui coupent le courant dans chacune des conditions suivantes :
- i° Surcharge persistante;
- 2° Court-circuit entre phases ;
- 3° Défaut d’isolement entre une phase et la terre ;
- 4° Tension nulle;
- 5° Rupture d’un conducteur,
- Le système nécessite que le câble soit muni d’un fil pilote et d’un fil de terre. L’interrupteur est manœuvré par un solénoïde placé sur l’un et l’autre fils, de telle sorte que, si l’un des circuits n’est pas complet, le courant ne peut pas traverser le solénoïde et il est impossible de fermer l’interrupteur.
- La figure i montre la disposition pour une trans-
- Cabie
- Cable
- Source
- mission triphasée dont le fil neutre est à la terre. On imagine de même les connexions correspondantes, lorsqu’on utilise le courant continu avec point neutre à la terre obtenu par l’addition d’un balai supplémentaire au collecteur de la génératrice.
- Lorsque l’interrupteur M est abaissé , et que les circuits du iil pilote E4 et du fil de terre E sont fermés, le solénoïde P est actionné et ferme l’interrupteur principal. L'interrupteur de contrôle M passe automatiquement au contact n° i qui introduit une résistance élevée daris le circuit et change les connexions, de telle façon que l'interrupteur se trouve intercalé entre l’arrivée de courant et le solénoïde. On voit que l’interrupteur principal ne peut pas cti’e maintenu dans la position fermée, à moins que le courant ne traverse le solénoïde, et qu'il ne peut pas y avoir de courant à travers ce dernier si le circuit de terre n’est pas fermé à travers E et E1? ou si la ligne n’est pas sous tension. Il en résulte que l’interrupteur ouvre automatiquement le circuit dans tous les cas que nous avons mentionnés.
- La ligure a représente le détail de l’appareil de disjonction. C'est un interrupteur tripolaire
- à coupure dans l’huile muni de trois bobines R à déclenchement retardé du système à dashpot. Une graduation permet, de régler la mise en mouvement des noyaux de ces solénoïdos.
- P est le solénoïde de contrôle qui comporte deux enroulements dont l'un sert au moment de la fermeture du circuit et dont l’autre est une bobine de grande résistance qui consomme seulement la faible quantité d’énergie suffisante à maintenir l'armature quand l’interrupteur est fermé.
- F est un petit interrupteur de contrôle manœuvré de l’extérieur au moyen de la poignée G. Cet interrupteur est à réenclenchement empêché. L est une lampe indicatrice qui s'allume ou s’éteint suivant que le circuit principal est ou n’est pas sous tension.
- Les bobines R sont destinées à ouvrir le circuit de contrôle, ce qui entraîne l'ouverture de l’interrupteur principal. Le mécanisme est entièrement clos. Toutes les ruptures de courant se font dans l'huile. Le câble est attaché à la cheville B. Cette cheville
- z
- l’ig. ü.
- vient s’enclencher avec l’interrupteur de telle façon qu’il est impossible de la l’etirer lorsque l’interrupteur principal est fermé. Cette fixation est effectuée par un simple cliquet K grâce auquel la formation d'un arc, lorsque l'on manœuvre la cheville, est rendue impossible, par cette raison que l’on ne peut la manœuvrer lorsque le circuit est fermé.
- Une cheville semblable est disposée au point d'utilisation à l’autre extrémité du câble et les connexions sont laites comme l’indique la figure 3. Le plot porte de même un cliquet K qui vient prendre contact avec un épaulement de la cheville et est réuni à un petit
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- interrupteur au moyen duquel l’ouvrier peut ouvrir le circuit de contrôle et ainsi arrêter le moteur, en empêchant que le courant ne puisse être remis sur la ligne tant qu’il n’a pas fermé cet interrupteur.
- Ceci est un point important pour la sécurité des ouvriers et c’est un progrès qui n’avait pas encore été réalisé. En fait, il existe des arrangements qui permettent aux ouvriers d’arrêter le moteur, mais non pas de couper le courant sur la ligne. La cheville est réversible et permet le renversement du sens de marche du moteur si cela est nécessaire.
- Enfin, l interrupteur s’ouvre instantanément dès que se manifeste une perte à la terre, soit au moteur, soit dans la transmission. Le système qui réalise cette interruption est fort simple. Il comprend un relai placé dans le conducteur de terre. Ce relai opère dès qu’un courant le traverse, ce qui se produit chaque fois qu’il y a une perte. La bobine D (fig. i) est montée entre le fil de terre et: la boîte d’interruption.
- L’électro fonctionne sous un courant beaucoup plus élevé que celui nécessaire pour le solénoïde de l’interrupteur principal, afin de discerner entre le courant normal dans son circuit et le courant qui proviendrait d’une perte. Il ouvre le circuit de contrôle comme le font les bobines de surcharge R.
- Il est probable que ce système pourrait être employé avantageusement, non seulement dans les mines, mais dans un grand nombre d’installations électriques où l’on fait usage d’appareils transportables comportant des câbles que l’pn laisse traîner à terre.
- C. T.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie. — J.-A. Fleming. — Communication à VInstitution of Electrical Engineers, reproduite par l'Electrician, 17 et 24 décembre 1909.
- Maintenant que l’on connaît bien les principes sur lesquels doivent être construits les appareils employés en radiotélégraphie, il est bon d’attirer l’attention des constructeurs sur les pertes d’éner-giç^ qui peuvent s’y produire, d’insister sur les mesures quantitatives nécessaires pour savoir dans quel sens il est possible de réaliser des perfectionnements.
- Résistances à haute fréquence. — La première question qui se pose est celle de la mesure des résistances à haute fréquence. L’auteur définit d’abord ce qu’il entend par ce terme; il montre qu’à haute fréquence et pour des conducteurs non magnétiques de
- R
- section circulaire le rapport—1 est donné par la for-
- mule simple :
- R,
- R
- La valeur de h est :
- c étant la circonférence des conducteurs exprimée en centimètres, p sa résistivité et n la fréquence.
- Gela suppose que \Jh soit plus grand que 5 ou u).
- Fig. 1.
- Il est important de vérifier cette formule en mesu-
- ,. . R, .
- rant directement le rapport — et de pouvoir aussi
- mesurer ce rapport pour des câbles toronnés pour lesquels aucune valeur théorique n’est connue.
- . L’appareil imaginé par l’auteur n’est autre qu’un thermomètre différentiel. Deux tubes de verre T (fig. 1) recourbés dans leurs parties inférieures et évasés à leurs extrémités sont fermés à chaque bout par des bouchons de caoutchouc traversés par de fortes tiges de cuivre. La partie inférieure des tubes contient du mercure. La fermeture des tubes est rendue hermétique en plaçant sur les bouchons une couche d’huile ou de mercure. Ces tubes sont réunis par un siphon renversé contenant un liquide coloré et une bulle d'air. Deux fils identiques W sont attachés aux tiges de cuivre supérieures qui traversent les bouchons, et plongent dans le mercure par leur partie inférieure.
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- Afin de les maintenir dans Taxe des tubes, on peut employer un ou deux disques de mica. Tout l’appareil est placé dans une enceinte fermée, et on observe la bulle d’air à travers une fenêtre. Si Ton fait passer un courant continu dans l’un des fils et si l’on produit des oscillations électriques dans l’autre, il est possible de régler l’intensité du courant continu de façon que les chaleurs dégagées de chaque côté soient les mêmes. Les ampèremètres thermiques À et Al mesurent les intensités de courant I et L, et l’on a :
- R, I2 R ~ V*
- On emploie les ampèremètres thermiques décrits ci-dessous ; il est bon d’intervertir le rôle des deux fils relativement aux courants continu et de haute
- même fil tendu est de i,»5. On voit d’après ces chiffres
- qu’en toronnant des fils même aussi bons que ceux
- 36 ^
- n°36 S. W. G, on n’obtient pas un conducteur dont la
- Fig. a.
- résistance à haute fréquence soit la même qu’en courant continu ; on peut cependant disposer les torons de façon que les fils aient même position res-
- Tableàu I
- NATURE DU CONDUCTEUR
- Fil de cuivre nu 2ram (N° 14 S. W. G.).. » » imm,6 (N° 16 S. W. G.)..
- » » omm,i9 (N0 36 S. W. G.)..
- Câble de cuivre nu — (fil d’antenne)......
- i(>
- 7
- Fil de cuivre nu ^........................
- 22
- Fil de — chaque toron isolé à la soie.....
- 36
- Lame de cuivre nu 1,82 X 0,0147cm2........
- Spirale de lil de cuivre nu imm,6 (N° 16 S. W. G.) 142,5 tours; 2,54 tours par centimètre ..................................
- Fil d’argent nu imm,4 (N° 17 S. W. G.).. . .
- FRÉQUENCE COURANT DE HAUTE FRÉQUENCE 11 ampères COURANT CONTINU J ampères Ri_ K ' mesuré 12 "ï? caTcuIé
- 440 OOO 5,95 14,45 5>9 5,47 R
- 4 jo 000 7>°9 ij,IJ 4,57 4,54 R
- 540 OOO 2,81 2,8 1 1 1,00 5 K
- 746 OOO 6,56 >6,73 6,5o
- 444 000 8,10 19,26 5,66
- 439 OOO 8,08 16,58 4,20
- 735 OOO 6,2 5 15,41 6,10
- 472 OOO 8,46 !)>!>' J,:19
- 472 OOO I I 11,7° 1,12
- 44o OOO 10,6 15,92 2,25
- 4 jo 000 r>,9 14,20 5,7°
- 4 jo 000 6,87 7,765 1,32 1,2
- fréquence et de prendre la moyenne des rapports
- Ri
- R’
- si les fils ont une surface rayonnante différente, on élimine ainsi cette cause d’*erreur.
- On a réuni dans le tableau I les résultats de quelques expériences. En regard de certains de ces résultats on a inscrit leur valeur précaleulée par les formules de Russell (R) ou de Kelvin (K).
- Le même appareil peut servir avec des spirales, mais dans ce cas les formules théoriques ne se vérifient guère. On peut voir d’après le tableau I que pour une fréquence de 45p 000 le rapport de la résistance du fil n° 16 S. W. G. en spirale, à la résistance du
- pective les uns par rapport aux autres, ce qui n’est pas le cas normal. Les expériences montrent aussi que le fil de omn',i9 (n° 36 S. W. G.) n’est pas convenable pour arriver à ce but; il faut employer du n° 40 S. W. G. (om n, 12).
- Ampèremètres. — Au cours de ces expériences on a pu remarquer qu’il est fort difficile de construire un ampèremètre thermique donnant des indications correctes à haute fréquence. La figure 2 représente un dispositif convenable : Sur deux pièces de laiton sont soudés un certain nombre dé fils de cuivre de omm,i9, (n° 36 S. W. G.) traversés par le courant total. Une pince thermo-électrique est fixée au
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- lil du milieu et réunie par l'intermédiaire des bornes T, et T2 k un galvanomètre. On peut étalonner un tel ampèremètre en courant continu.
- Etalons de capacité. — L’auteur donne la préférence à l'huile de paraffine bien desséchée comme diélectrique. Les constantes diélectriques du verre, du mica et de l'ébonite varient en effet avec la fréquence. Avec l’air lui-même, il peut y avoir quelque incertitude à cause de l'augmentation apparente de capacité qui se produit aux tensions et aux fréquences élevées par suite des décharges qui le traversent.
- Il emploie deux feuilles résistantes de /.inc, enroulées de façon k former des spirales k coins carrés (fig. 3). Elles sont maintenues à iCDI de distance k l’aide de cales en ébonite portant des rainures. Le tout est placé dans une boîte de zinc remplie d’huile de paraffine, k point d'inflammation élevé, et parfaitement débarrassée d’humidité par un contact de plusieurs jours avec des fragments de potassium ou de sodium. La constante diélectrique d’une telle huile est de 2 environ aux faibles fréquences, et puisque son indice de réfraction optique est 1,41, sa constante diélectrique, pour les fréquences de
- Fig. F
- l’ordre de celles qu'on rencontre en optique, doit être voisine dç 2, et on peut conclure avec quelque certitude qu’elle a aussi la même valeur pour les fréquences de l'ordre d'un million. On peut déterminer la capacité d’un tel condensateur k basse fréquence (100 ou 200) k l'aide des méthodes ordinaires. L’auteur a construit 6 condensateurs de ce type d'une capacité d’environ o,ooo5 mfd. 11 est de toute nécessité, pour obtenir de bons résultats, de relier au sol la boîte métallique.
- Etalons d'inductance. — Pour déterminer les fréquences et les longueurs d’ondes il faut associer une capacité connue avec une inductance dont la valeur puisse être prédéterminée. Pour y arriver, c’est un circuit de forme rectangulaire qui convient le mieux. On enroule du iil isolé dans la gorge d‘un cadre rectangulaire en bois. Le circuit est coupé au milieu d’un des côtés et on y place un éclateur k houles. Sur le côté opposé on insère des condensateurs. Si A est la longueur moyenne d’un côté B
- celle de l’autre, D celle de la diagonale et d le diamètre du fil, la valeur L de l'inductance à haute.fréquence est donnée par la formule (*) :
- L= cj,-aio4
- (A -j- B) logio
- d
- A l°gio (A -H-D) — B logio (R B,
- A + B— DI
- J
- La formule de MM. Rosa et Cohen (2) est basée sur
- l’hypothèse d’une distribution uniforme de courant dans la section du conducteur et par suite elle diffère quelque peu de celle-ci; (elle donne* un résultat trop élevé car elle contient le terme A -j- B -f- d).
- Circuit oscillant étalon. — La meilleure méthode pour réaliser un tel circuit est de se conformer au schéma de la figure 4* Cependant, lorsqu'il est besoin de réaliser des circuits d oscillation étalons pour de faibles fréquences, il est nécessaire d’insérer dans le circuit une inductance telle qu’une spirale k une seule couche ou une hélice plate dont l'inductance peut être prédéterminée. Ceci entraîne une petite correction, non seulement k cause de la capacité des bobines, mais aussi par suite des modifications d’inductance produites par la distribution du courant. Ce dernier effet, peut cependant être évité en employant des fils do cuivre; n° 4° S. W. (L, loronnés et recouverts de soit*. Toutefois, l’avantage des circuits rectangulaires est qu’il n’y a point k faire de corrections de capacité.
- Inductance des solénoïdes à une seule couche de fil, — Weinstein a montré’ que la formule de Maxwell était inexacte, et il eu donne une autre que Stefan a encore s i m p 1 i I i é o *c o m m e suit :
- L =
- '1 tu /* n
- W + d*\
- C,+
- /2
- A*
- Log«
- 8 /•
- v/a2 + æ
- (1) Voir J.-A. Flkming, The Principles of Electric Wave Telegrapky, chap. n, p. ïoo.
- (2) Bulletin du Bureau of Standards, n°93, Washington,
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- L-représente l'inductance eu courant continu rest le rayon moyen de la bobine, b la largeur et d la profondeur de la section rectangulaire; Ci cl C2 sont des
- fonctions de
- d
- Cette formule suppose que le lit est de section carrée et que l’épaisseur de l’isblant est infiniment petite; elle implique en outre qu’il est lassé de façon à remplir tous les vides. Cependant, connue on emploie généralement du fil rond on fait une correction AL. La valeur vraie est alors L -f- AL.
- o,3i86 -f-cj;
- D étant le diamètre extérieur du fil isolé. Maxwell attribuait à C la valeur constante —0,01971 ; mais Rosa a montré que c’est une fonction du nombre des couches et des enroulements.
- Inductance des spirales plates. — Jusqu’ici l’auteur n’a pas connaissance qu’on puisse prédéterminer facilement une telle quantité d’une façon suffisamment précise pour les besoins de la pratique. Pourtant il
- Fig. 5.
- est certain que la formule de Stefan et sa correction permettent de calculer l’inductance de bobines cylindriques et de spirales plates, pourvu que le rayon moyen r ne soit pas trop petit par rapport à l'épaisseur b et à la largeur d. L’auteur a fait des expériences pour vérifier l’exactitude de ses prédéterminations. Les résultats obtenus sont suffisamment approximatifs pour qu’on puisse employer la formule de Stefan avec ces restrictions.
- On peut réaliser une inductance variable sans contacts glissants en montant deux spirales plates sur deux panneaux réunis par une charnière (iig. 5). Les deux spirales sont reliées par une connexion flexible, de sorte que, lorsque les deux panneaux sont rabattus l’un sur l’autre, les courants dans les deux spirales sont en opposition et l'inductance est minirna. En ouvrant les deux panneaux on peut faire varier l’in-
- ductance de 1 à 8 sans modifier la résistance totale. On peut aussi monter quatre spirales sur deux panneaux placés l’un sur l’autre et pivotant autour de leur centre; ou relie les bobines entre elles de façon que lorsqu’on tourne le panneau supérieur de 1800 l’inductance varie depuis un minimum jusqu’à un maximum. De tels dispositifs sont usuels en radiotélégraphie. L’auteur présente une quadruple bobine plate dont l’inductance peut varier de *28 000 à 33oooocm. M. Dyke, s’inspirant de ces principes, a pu construire des dispositifs très ramassés d’appareils radiotélégraphiques ; il peut ainsi déceler des longueurs d’ondes de 3oo à 4 000 mètres.
- Mesure de la fréquence des étincelles. — Jusqu’ici il n’existait, pas de procédé -précis pour effectuer cette mesure. 11 y a quelques années l’auteur proposait de faire passer très rapidement une bande télégraphique sur le trajet de l'étincelle et de compter
- Fig. 0.
- le nombre des trous. Plus récemment il a imaginé un moyen d’enregistrer photographiquement la fréquence. il n’y a pas besoin' d’approcher de l’étincelle; il suffit qu’on puisse en former une image au moyen d’une lentille. L’appareil comprend une chambre noire ordinaire parfaitement étanche et noircie à l’intérieur (fig. f>) ; sur une des faces de la boîte est percé un trou dans lequel est vissé une sorte de collimateur; à l’intérieur se trouve un mouvement d’horlogerie W qui entraîne dans son mouvement un axe vertical sur lequel est fixé un miroir cubique.
- La vitesse de rotation est d'environ 18 tours par minute.
- Sur un des cotés de la boîte se déplace une plaque photographique f qui reçoit son mouvement du mécanisme d’horlogerie lui-même par lMntermé-
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- diairc do deux petites poulies. Si la fcnlc du collimateur est éclairée d’une façon intermittente on observera sur la plaque des traits alternativement brillants et obscurs. Si / est la longueur de la fente, 0 l’angle en degrés que sous-tend la fente sur la surface du miroir ; si la plaque photographique descend de d centimètres par tour du miroir et deD centimètres en T
- N
- secondes, la fréquence de l'étincelle est ;
- N étant le nombre des images en M colonnes, Wla largeur de la plaque en centimètres et G ayant la va-d. 0
- L’auteur a pu vérifier cette formule en faisant tourner un disque percé de trous devant le cratère d'un arc électrique.
- Lorsqu'on emploie cet appareil pour compter le nombre des étincelles qui jaillissent entre les boules de l’éclateur d’un appareil de transmission radiotélé-graphique, on constate que les résultats obtenus sont extrêmement variables ; ils dépendent du générateur d’énergie qu’on emploie, bobine inductive ou transformateur; ils diffèrent, pour une bobine, suivant le genre d’interrupteur usité, et surtout suivant la longueur de l’étincelle et les conditions dans lesquelles on la produit, avec ou sans soufflage.
- sans soufflage avec soufflage
- Fig*. 7. — Source d’énergie : transformateur de 1 kilowatt. Distance explosive : 5mm, (grande inductance dans le circuit primaire du transformateur).
- L’auteur employait dans ses expériences un transformateur de 1 kw. branché sur une distribution alternative à 140 volts, 100 périodes. Le secondaire à ao 000 volts chargeait un condensateur de o,0189microfarad, à lames de verre, dont ladéeharge se produisait entre deux disques ou deux boules de laiton dont la distance était réglable.
- Pour une distance explosive assez grande, de 5 à Ginm, il y a en général deux étincelles par période; elles se produisent au voisinage ' des instants où la tension est maxima. Mais, si l’on introduit une inductance importante dans le circuit primaire du transformateur, quelquefois aussi, si l’on dirige un courant d’air sur l'étincelle, il ne se produit plus qii’imc décharge par période. La raison de ce fait n'est pas bien connue, mais la ligure 8 le met clairement en évidence.
- Si l’on passe maintenant a des distances explosives plus courtes de a à 3min, le phénomène est tout différent : dans chaque demi-période, il se produit des étincelles multiples qu’on peut expliquer de la façon suivante : lorsque la différence de potentiel entre les boules de l’éclateur augmente, il arrive un moment où éclate une étincelle; l’air qui est situé entre les boules est alors ionisé et d’autre part la diffé-
- sans soufflage avec soufflage
- Fig. 8. — Source d’énergie : transformateur de 1 kw. Distance explosive : 3 millimètres.
- ronce de potentiel continue à croître ; une seconde étincelle se produit, bientôt suivie d’une troisième, etc. Le phénomène s’exagère lorsque la distance explosive devient très petite : un arc véritable finit par se produire, si bien que les oscillations disparaissent.
- L’effet du soufflage dans ces différents cas est d’entraîner l’air ionisé. La différence de potentiel correspondant à chaque décharge est donc plus grande; la charge que prend le condensateur à chaque fois est plus considérable, et le nombre des étincelles se trouve réduit. On observe donc, en résumé, une augmentation de la valeur efficace du courant de décharge et une diminution du nombre des étincelles par demi-période. Les figures 8 et 9 montrent clairement cette influence ; pour de petites distances explosives le phénomène dépend encore de beaucoup d’autres facteurs.
- On peut d’ailleurs remarquer que, bien que la fréquence du transformateur reste constante, I’inter-
- sans soufflage avec soufflage
- 0* — Source d'énergie : Transformateur de i kw. Distance explosive : omm,r>.
- valle de temps entre chaque étincelle n’est pas le même. C’est que le voltage auquel une décharge prend naissance dépend de l’état d’ionisation de l’air qui subsiste après la décharge précédente.
- Tous ces faits s’accordent à montrer combien sont vains les efforts tentés pour effectuer la résonance
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- entre deux stations, lorsqu’on veut baser la syntonisation sur la fréquence des étincelles et non sur celle des oscillations.
- Les mômes phénomènes sont encore plus marqués
- sans soufflage avec soufflage
- Fig. io. — Source d’énergie : bobine d’induction (interrupteur à mercure). Distance explosive : 2mm.
- lorsqu’on photographie l’étincelle d’une bobine inductive ordinaire dont l’interrupteur est soit à marteau, soit à turbine à mercure (fig. io et 11).
- sans soufflage avec soufflage
- Fig. n. — Source d’énergie : bobine d’induction (interrupteur à marteau). Distance explosive : ol"™,2.
- Avec des distances explosives assez grandes, de .5 à 6"‘m, et surtout avec l’interrupteur à marteau,
- l’intervalle entre les étincelles est très irrégulier. Lorsqu’on réduit la distance d’éclatement, le phénomène des étincelles multiples apparaît et finalement avec i11"’1 ou moins, à chaque interruption primaire correspondent des centaines de décharges, consistant chacune en un train d’oscillations qui restent quelquefois ininterrompues pendant plusieurs périodes, et qui souvent aussi disparaissent totalement pendant un certain temps; un arc entre boules d’éclateur en est sans doute cause. Le soufflage produit encore les mômes effets.
- L’auteur a étudié aussi le déchargeur de Wien (type Courit Von Arco). On observe sur la photographie des groupes de cinq ou six décharges séparées par de très petits intervalles de temps, ces groupes eux-mêmes étant séparés par des intervalles de temps légèrement plus longs. L’intervalle entre deux étincelles est d’environ 1/4000 de seconde. Quoique cet appareil ne produise pas d’oscillations amorties, les trains d’oscillations, auxquelles il donne naissance, ont une valeur efficace relativement grande.
- L. B.
- VARIÉTÉS
- L’industrie électrique et les taxes fiscales; — H. SoDreiber. — Conférence faite le 5 janvier 1910 à T Elektrotechnischen Verein, à Vienne.—Elektroteclinik und Maschinenbau, i3 février 1910.
- Ce qui fait l’intérêt particulier du travail que nous analysons ici, c’est qu’il présente le résumé de nombreuses études relatives au même sujet faites dans différents pays, en même temps qu’il contribue àélucider plusieurs points de doctrine générale qui ne peuvent manquer d’exciter l’intérêt des professionnels.
- l’état de la question
- C’est un signe des temps, a dit M. Schreiber, que tous les Etats civilisés se débattent au milieu de difficultés financières. En France, on demande à l’impôt sur le revenu de nouvelles ressources; en Angleterre, il y a conflit budgétaire entre la Chambre des Communes et la Chambre des Lords; chacun se rappelle le grand pro-
- gramme financier qui a soulevé tant d’émotion en Allemagne; en Autriche, enfin, un ministre des Finances a naguère offert aux contribuables une abondante collection d’impôts.
- Dans le programme allemand, se trouvait un projet de taxe sur l’électricité; en Autriche, le gouvernement n’a pas caché que la présentation d’un impôt de ce genre n’était pas éloignée. En 1907, le ministre Dr von Korztowski, en quête de nouvelles sources de revenus, avait expressément déclaré qu’il lui semblait injuste de soumettre la lumière du pauvre : le pétrole, à une taxe considérable, tandis que la lumière du riche, gaz et électricité, ne serait pas imposée. Il ajoutait d’ailleurs qu’il fallait s’attendre à une résistance sérieuse de la part des communes propriétaires d’usines de gaz et d’électricité.
- En Allemagne, on a pensé à un monopole qui aurait réuni dans les mains de l’Etat toutes les exploitations électriques.
- En Autriche, les projets qui ont été préparés
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- comportaient une question bien litigieuse, celle de savoir à qui serait réservé le produit de l’impôt sur l’électricité, d’où concurrence possible entre l’Etat, les diverses provinces et les municipalités.
- Une taxe sur l’électricité n’est pas le seul impôt qui ait de l’importance pour les industries électriques : elles peuvent être aussi vivement atteintes par la solution d’autres questions. Ainsi, par exemple, une question importante pour l’industrie est la détermination du domicile régulier de l’imposition, notamment quand il s’agit d’entreprises qui envoient au loin le courant électrique. Quand le lieu de production, comme c’est le cas pour des installations hydrauliques, se trouve dans une petite localité quelconque, tandis que le véritable territoire d’écoulement, d’où résultent les recettes effectives, est dans une tout autre circonscription, une réglementation nouvelle et un rajeunissement de la loi sur l’impôt personnel deviennent de toute nécessité. Cette question a été inscrite par la Fédération des Industriels autrichiens à son programme d’études.
- Après avoir cité d’autres questions connexes à celle de la taxe sur l'électricité, telle que la loi de 1894 qui a accordé des exonérations à certaines catégorie de moyens de communications, le conférencier, revenant à la taxation de l’énergie électrique pure et simple, remarque que, dans cet ordre d’idées, l’Autriche peut revendiquer une certaine priorité, bien qu’un impôt sur l’électricité ait été adopté en Russie, ainsi qu’en Italie, mais seulement comme taxe sur la lumière — 0,6 centime par liectowatt-helire — et non pas comme taxe sur la force. Au contraire, l’impôt projeté parle Secrétaire d’Etat allemand n’établissait pas de différence entre les modes d’utilisation du courant électrique. L’emploi de ce courant était uniformément taxé à à % ad valorem (du prix du courant) et limité à o, 4 pfennig. Ce devait donc être un impôt sur la production, frappant le courant électrique en tant que courant, qu’il soit Utilisé pour l’éclairage ou pour le transport de force. En présence des objections qui furent faites à ce projet, on déclara que l'éclairage électrique mérite et comporte une chaègc plus lourde que la force motrice; en conséquence, on introduisit par surcroît, dans le projet, une sorte de taxe supplémentaire, en ce sens que, outre le procédé d’éclairage, on taxa
- séparément le moyen d’éclairage, et que les charbons pour lampes à arc, les lampes à incandescence et les lampes à filament de charbon, comme à filament de métal, furent frappés d’un impôt spécial. Le mouvement de protestation s’accentua et contribua, avec d’autres causes d’ailleurs, à faire enterrer l’ensemble de la réforme. L’impôt sur l’électricité avait échoué; il ne resta que les taxes sur lampes et crayons. Sans entrer dans le détail des chiffres, on peut indiquer que les lampes à filament de charbon du type courant de 16 bougies et de 5o à 56 watts, sont tax,ées à 20 pfennigs, les lampes à filament de métal du modèle le plus usuel de 3o bougies et 3o watts, à 40 pfennigs, tandis que la taxe pour les électrodes en charbon a été proportionnée au poids, soit pour la qualité ordinaire 60 pfennigs par kilogramme, pour lampe à arc à flamme i mark par kilogramme. Ces articles ont acquis force de loi et sont actuellement en vigueur.
- Le conférencier pose en principe qu’un impôt ne doit être ni une entrave pour le progrès, ni surtout une manière de punition ou d’amende, mais qu’il doit représenter un compromis équitable, ou consenti entre les exigences publiques, les « nécessités d’Etat » comme on dit, et la sauvegarde des intérêts privés. Et il se demande quel encouragement particulier l’industrie électrique de son pays peut se glorifier d’avoir reçu des pouvoirs publics ?
- PMNCIPES DE LA TAXATION
- L’électricité 11e peut être l’objet d’aucune taxe. D’après la doctrine dominante, l’électricité 11’est pas une force, mais seulement une méthode de transport de force. Un bon vieil adage dit : « Les pensées sont exemptes d’impôts». Or, de même que les pensées ' sqnt de nature immatérielle, l’électricité n’est à proprement parler qu’un phénomène idéal, un bien immatériel ; il n’est pas admissible qu’on impose un phénomène d’éner-
- gi«.
- D’autre part, l’exploitation de l’électricité est déjà atteinte par la législation financière régulière. La plupart des entreprises d’électricité fonctionnent sous forme de sociétés de capitalistes ; elles sont soumises aux fortes contributions que les règlements en vigueur leur imposent, des contributions qui sontd’ailleurs deux ou trois fois plus élevées en Autriche qu’à l’étranger.
- Le ministre des Finances, qui a prétendu que
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- du moment que le pétrole, la lumière du pauvre, est taxée, on doit taxer également la lumière du l’iche, a formulé un sophisme ; c’est la conclusion contraire qui serait à la lois juste et logique. Imposer le pétrole est injuste, il en serait de même de taxer l’électricité.
- L’électricité a d’ailleurs, fort heureusement, cessé depuis longtemps d’être un article de luxe. L’éclairage électrique des magasins, fabriques, ateliers est devenu une nécessité sociale. Et précisément dans ces derniers temps,à la suite d’une enquête entreprise par un périodique de Berlin, il a été déclaré qu’une des grandes préoccupations de l’Etat devrait être de doter, par la voie légale, les habitations malsaines ou sombres, de l’éclairage électrique.
- L’Etat pourrait d’ailleurs tenir le raisonnement suivant : l’utilisation de la matière première, la transformation en énergie électrique des forces que renferment la houille, les cours d’eau, les chutes, le vent, ont amené une augmentation de valeur considérable des propriétés, et l’Etat, qui a mis son organisme au service de ces transformations, qui les a facilitées par son concours et sa. protection, a le droit de participer aux avantages qui en résultent. Cette prétention est fondée, quand les exploitations électriques sont des entreprises lucratives, qui non seulement supportent les grosses charges que leur imposent les municipalités — lesquelles d’ailleurs, en échange des subventions qu’elles réclament des compagnies, leur accordent des avantages, comme de leur laisser la libre disposition des routes — mais encore servent de forts dividendes à leurs actionnaires et un intérêt notable à leurs obligations Mais, si l’on jette un coup d’œil sur les noms des actions de ces sociétés, on trouve quelles donnent à peine un revenu «bourgeois».
- NATURE DE LA TAXE
- Maintenant, de quelle nature pourrait être la taxe sur l'électricité ? On sait que, dans le système allemand, elle devait porter sur la production, c’est-à-dire être levée à la source même d’électricité. Ce mode de taxation se distingue par une grande simplicité. La taxe peut être de compter de deux manières, ou bien d’après l’installation — par exemple une installation faite pour t .ooo chevaux verra sa taxe fixée d’après sa capacité de production— ou bien d’après le travail réel.
- Et comme la production et la capacité de production ne sont naturellement pas toujours concordantes, on peut, même en prenant la même base de taxation, ne pas obtenir le même résultat. Mais le procédé est commode et simplifie le décompte des taxes, les relations entre le fisc et l’entrepreneur, les installations des consommateurs, chez lesquels il n’est pas nécessaire d’installer des compteurs. 11 n’est besoin, dans ce cas, que d’un seul enregistreur, à l’usine génératrice, pour connaître le montant de la taxe due par le producteur.
- La taxation sur la consommation, par contre, entraîne l’emploi d’un grand nombre d’appareils enregistreurs, un décompte plus compliqué, par suite des opérations plus longues et plus coû. teuses. Mais elle échappe à des inconvénients, que ne peut éviter la taxation d’après la production. Dans ce dernier cas en effet, il est fort diffi. cile au producteur de faire reporter la taxe sur le consommateur. Dans le premier procédé, l’entrepreneur peut considérer la taxe comme une obligation envers l’Etat, dont il lui est prescrit de s’acquitter uniquement, dans la vente d’actions. Lataxation, d’après la production, offre enfin l’inconvénient de rendre irréalisable la destruction de l’électricité d’après sa destination et son mode d’emploi. La taxation qui atteint l’électricité dans les usines génératrices ne peut se faire que d’après la quantité du courant produit, lequel est lancé dans les canalisations, que ce courant soit utilisé par le consommateur pour éclairage ou pour force. 11 est, au demeurant, difficile, en se plaçant au point de vue technique, d’admettre la taxation d’après la production.
- 11 est encore à remarquer que cette taxation comprend les pertes de voltage qui se produisent entre la station de débit et la station de réception ; et enfin qu’au point de vue administratif elle prend facilement le caractère d’un droit de concession, violant ainsi le principe qui donne à l’octroi d’une concession la marque d’un acte d’administration gratuit.
- CONCLUSION
- Mais ce qui milite contre les deux modes de taxation de l’électricité, quelle que soit la forme de décompte à adopter, c’est que l’électricité a cessé d’être un ob jet de luxe et que la taxer serait aller directement à l’encontre des tendances actuelles, à une époque où l’on a en vue d’amélio-
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- rerla condition des classes moyennes. Un pareil impôt est contraire aux exigences de l’hygiène. Sans parler de l’éclairage électrique des rues, l’emploi de l’électricité comme force motrice ne diminue-t-il pas, dans les grandes villes, le fléau de la fumée et de la suie?
- Taxer l’électricité, ce serait commettre un acte hostile au commerce et rétrograder pour la solution d’un problème populaire ; ce serait frapper durement les petits industriels et les petits patrons, au moins autant que la grande industrie. De plus la taxe serait injuste, parce que, naturellement, elle ne pourrait se faire que d’après les marques extérieures.
- C’est avec le même droit ou, à proprement parler, avec la même injustice qui suggérait de calculer l’impôt d’après la force en chevaux ou le kilowatt-heure, qu’on pourrait établir une taxation d’après le nombre des cheminées, ou d’après l’effectif du personnel, ou d’après la surface des ateliers de production. Et comment soumettre l’énergie électrique à un impôt spécial tant que toutes les autres sources d’énergie n’auront pas été frappées d’impôts semblables ? Serait-il admissible d’imposer la force fournie par la vapeur ou la force mécanique, et la force animale?
- Enfin cette taxe atteindrait tout le monde, riches et pauvres, et même plutôt pauvres que riches.
- La plupart des usines sont devenues la propriété des communes, celles-ci devraient donc acquitter la taxe, tant qu’elles ne seraient pas en mesure ou d’avis de la faire supporter par leurs abonnés ; on verrait ainsi cette conséquence fâcheuse que la taxe serait répartie sur l’ensemble des habitants, et que des gens se trouveraient atteints, qui ne se servent pas d’énergie électrique et qui auraient à supporter ces charges sans profiter des avantages.
- Avant de terminer, le conférencier cite le cas de la ville de Brünn qui possède un établissement municipal d’électricité et qui a imposé ses consommateurs de gaz et d’électricité d’une certaine taxe.
- La municipalité de Brünn a trouvé là un moyen d’atteindre les fabriques — nombreuses dans
- cette ville de fabricants de drap — qui, produisant elles-mêmes leur courant, n’étaient pas clientes de l’usine municipale. Cette taxe s’élève à environ i5 % du prix de l’hectowatt-heure. La mesure a eu pour conséquence d’obliger les industriels à mesurer et à enregistrer leur production, à installer des compteurs, à limiter leur production et leur éclairage ; elle les place, en outre, en posture défavorable vis-à-vis des con-, currents qui, se trouvant dans la banlieue en dehors du champ d’action de la ville, échappent aux nouvelles taxes. Mais,d’autre part,l’industrie électrique a perfectionné de façon surprenante ses lampes à incandescence, a diminué dans une notable proportion l’intensité dont la lampe a besoin, et obtenu, en adoptant une lampe à filament de métal, une augmentation de l’intensité lumineuse. Et le taux, qui a été établi sur le système des lampes à filament de charbon, est devenu insuffisant.
- Modifier le contrat en cours, on ne doit le faire qu’avec le consentement des parties, du consommateur comme de l’entrepreneur et cela peut entraîner des difficultés. Ce n’est pas un embarras quand l’entrepreneur est une municipalité. Comme elle jouit de certains privilèges, il arrive un beau jour qu’elle adopte une autre taxe, qui produit le même effet qu’une augmentation du tarif trop faible, et, ce qui n’était pas commercialement réalisable par la voie directe, est obtenu par un détour.
- Le conférencier invite le Verein à étudier si le moment ne seraitpas venu derechercher lemoyen de mettre fin à cette concurrence inadmissible entre l’Etat, la province et la commune, afin de soustraire par des moyens légaux s’il est possible cette valeur si importante et ce bien si précieux, que constitue l’électricité, aux convoitises fiscales. Et il termine en rappelant le mot de Goethe « Encore plus de lumière! » auquel les financiers, d’Etat ont trouvé un bien fâcheux pendant :
- « Encore plus d’impôts! » C’est, assurément, a conclu enfin M. Schreiber, une époque d’aveuglement et d’inconscience que celle où l’on a l’idée d’imposer la lumière!
- C. B.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La loi consacrant notre nouveau régime douanier a été promulguée au Journal Officiel mars dernier et avec, toute la précipitation désirable, rendue applicable à partir du ier avril par un décret promulgué en meme temps! Celle façon de procéder justifierait à elle seule l'opération de ceux qui considèrent cette loi plutôt comme une mesure de protection. Déjà, vis-à-vis des Etats-Unis d'Amérique et de Porto-Rico, il a fallu changer d'attitude et leur accorder, par une loi promulguée en même temps, le bénéfice des tarifs les plus réduits pour certains produits et pour d’autres le régime du tarif antérieurement appliqué.
- IVous ne sommes pas au bout de ces bizarreries. Le Conseil supérieur de l’industrie et du commerce belge a poursuivi son enquête sur la même question et a adopté le projet préparé par la commission des tarifs douaniers relativement à la perception des droits ad valorem. M. de Smet de Naeyer a pu dire qu’un pays qui refusait à ses voisins un régime économique stable consacré par des traités de commerce s'exposait à provoquer des guerres de tarif, et qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que la Belgique adoptât à l’égard de la France les mêmes mesures que la Suisse, quand celle-ci l’avait jugé nécessaire. Des groupements d’industriels et de commerçants belges parlent de boycotter nos produits et de favoriser les maisons allemandes qui se précipitent dans ce but à Bruxelles. En matière de fournitures électriques, ces dernières, qui tenaient déjà le haut du marché, n'auront aucun mal à nous supplanter dans les quelques places où notre activité nous avait permis d'entrer. Nous verrons aux statistiques prochaines ce qu’il faut penser de notre nouvelle politique économique.
- L'assemblée du Nord-Sud de Paris aura lieu le i3 avril prochain ; le rapport fera ressortir la nécessité pour l’affaire de se procurer de nouvelles ressources. Sur 38 millions environ d’obligations souscrites, 3o millions ont été absorbés par les travaux neufs; les disponibilités restantes ne suffiront pas aux dernières dépenses de premier établissement, Ainsi se précise la nécessité de l’augmentation du
- capital que les inondations avec leurs conséquences auront rendues plus impérieuses encore.
- L’Énergie électrique du Nord de la France procède à l’émission de 13700 obligations 4 1/2 % . Elle est actuellement concessionnaire de l’éclairage des communes de la Madeleine, de Lezennes, de Roubaix et d’autres communes qui sont aux portes de la grande agglomération de Lille; elle a signé des contrats de fournitures de courant avec Tourcoing et avec des Sociétés de Tramways. Pour faire face aux besoins de toute cette clientèle qui groupe en quelques kilomètres carrés une infinité d’industries diverses, l’Energie électrique doit augmenter son usine de Wasquehal et installer une nouvelle unité de 9 000 chevaux. Gomme nous l’avons déjà dit, le capital sera porté à 7 millions. Les bénéfices mensuels atteindraient,paraît-il, 75000francs, tandis que le service des obligations n’exigerait que j5 000 fr. pour la même période de temps. La Banque de l’Union Parisienne, la Banque Transatlantique, le Crédit du Nord, le Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie sont parmi les établissements émetteurs. Les capitalistes qui s’intéressent aux valeurs de sociétés d’électricité auront le choix entre les obligations de 000 francs de l’Energie Electrique du Nord, émises à 480 francs, rapportant 22 fr. 5o bruts par an, soit 4,69 % ; ou les obligations de 1 400 francs de la Compagnie Parisienne de Distribution d’électricité émises à 392 francs, et rapportant 15 francs bruts par an, soit 3,8*2 % . Les premières sont amortissables en 49 ans, les secondes en 36 ans, à partir de 1914.
- La Compagnie générale parisienne de Tramways a réalisé, au cours de l’exercice 1908-1909, un chiffre de recettes de 9683903 francs, supérieur de 900 1 i6fr. à celui de l’exercice précédent; cette progression remarquable de plus de 10 % provient pour r>5i 004 fr. des lignes dites du groupe du Châtelet dont l’équipement électrique avait été achevé en 1908.
- Cet exercice a bénéficié de la situation nouvelle créée par la transformation complète de toutes les lignes à traction animale en lignes à traction électrique ; le trafic s’est relevé sur certaines lignes anciennes, malgré la concurrence du ^Métropolitain et après un niveau normal sur les lignes nouvelles qui ont bénéficié d’un plus grand nombre de kilo-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2a Série). — N° 15.
- mètres-voitures. Néanmoins, le Conseil estime que les bas tarifs pratiqués pour les grandes distances parcourues dans Paris ne sont pas compatibles avec; les dépenses d’exploitation et les services rendus au public; il augure encore mieux de nouvelles conventions qui sont en cours de discussion, qui lui imposeront évidemment des charges supplémentaires mais qui tout au moins lui donneront satisfaction quant au sectionnement. Le coefficient d’exploitation ressort à 7 5 % . Déduction faite de dépenses accessoires (montant d’avaries, caisse de secours, intérêts et agios, provision pour réfection des voies), le solde créditeur du compte profits et pertes s'élève à 1 <)/|8 468 fr. 57 qui a reçu les affectations ci-après :
- Réserve légale.................. 96 576 88
- 5 % aux actions de priorité..... 746 00
- Remboursement de 387 actions. ... 96 75o 00
- 4 % aux actions ordinaires...... 999 470 00
- Report à nouveau................ 9 296 6b
- L’amortissement s’opère annuellement par le remboursement au pair d’un certain nombre d’actions ordinaires et d’actions de priorité dont le montant figure au passif pour 89 91'1 260 francs; les réserves diverses et amortissements s’élèvent, au 31 décembre 1909, a 6 709 762 fr. 80. Sous la rubrique, compte d’entreprise générale, figure encore au passif une somme de 10 8:30278 fr. 81 qui s’ajoute en réalité aux créditeurs divers et représente les avances consenties à la Compagnie par ses banquiers et fournisseurs pour la transformation de son réseau. L’administrateur délégué a déclaré qu’une somme de 637 000 francs avait été dépensée au cours de l’exercice en travaux neufs, et imputée à ce compte, ruais que des paiements avaient été faits. Il semble que, malgré cela, la situation de trésorerie de la Compagnie parisienne ne l’autorisait pas à se montrer aussi large vis-à-vis de ses actionnaires et
- qu’il eût été sage pour elle de réduire davantage son compte créditeurs.
- Les Tramways électriques et Omnibus de Bordeaux ont subi au cours de l’exercice une grève du personnel qui a affecté grandement les recettes, tout en aggravant les dépenses d'exploitation. Les bénéfices nets sont, en moins-value, de ifioooo francs environ; avec le report antérieur, le solde disponible s’est élevé à 1 460 129 fr. contre 1 610 518 fr. en 1908, et a été réparti de la façon suVante :
- Réserve légale...*............... 63.358
- Amortissement du capital.......... 5a 5ia
- Aux actions 5 %................... 1 221 088
- Report à nouveau................. 83 171
- La dette obligataire s’est accrue de 1 million, résultat des émissions réalisées en 1909; mais par le jeu naturel de l’amortissement, ce poste s’est réduit, d’autre part, de 870 000 francs. Pour Bordeaux, le coefficient d’exploitation qui s’applique à un ensemble de lignes à traction électrique et animale ressort h 68 %.
- La Société Suisse d’industrie Electrique a déclaré cette année un dividende de 7 % . Le rapport du Conseil constate que l’ensemble des entreprises auxquelles elle s’intéresse se sont développées d’une manière satisfaisante en 1909. Les bénéfices nets se sont élevés à 1 209 570 fr. 66, sur lesquels 700 000 fi’, ont été prélevés pour le dividende, aj4 997 fr. 22 pour les réserves et 126 742 fr. pour le Conseil. Sur 20 000 000 francs de capiLal, 10 millions seulement sont versés; le complément des participations de la Société a été assuré par l'émission de 3o millions d’obligations. L’actif se compose par le fait de 22 millions environ de litres de sociétés diverses d’exploitation et de 21 millions de débiteurs drvers, représentation des avances non consolidées et recouvrables à terme.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Raris. — Une enquête est ouverte sur l’avant-projet relatif à un embranchement du chemin de fer électrique Nord-Sud de Paris, de la gare Montparnasse à la porte de Vanves.
- Il en est de même pour Pavanl-projet relatif au prolongement. jusqu’à la porte de La Chapelle, de la ligne « Porte de Versailles-Place Jules-Joffrin » de la ligne Nord-Sud.
- Acgkiui:. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département d’Oràn, d’un chemin de fer
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- 9 Avril 1910.
- revue d’électricité
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- d’intérêt général, de Tizi à Uzés-le-Duc, par ou près Mascara, Maoussa, Palikao et Dombasle.
- Russie. — Le Conseil municipal de Minsk a volé la substitution de la traction animale à la traction électrique pour ses tramways.
- La municipalité de Simperofol a accordé à M. Bielen la concession de ses tramways électriques.
- ÉCLAIRAGE
- Loire. — Dans notre numéro du 29 janvier, nous avons annoncé la mise en service prochaine de la ligne électrique en aluminium Dauphiné-Centre, nous empruntons à la Revue Industrielle de l'Est les renseignements qui suivent.
- Cette ligne, destinée à apporter à la Société l’Energie électrique du Centre, qui distribue l’énergie électrique dans tout le centre de la France, les excédents d’énergie de deux usines hydro-électriques de la région dauphinoise : l’Eau d’Olle et la Roizonne, a une longueur de i6okm entre les deux postes de transformation.
- Elle part de Saint-Chamond, suit la vallée du Gier, franchit le Rhône à Saint-Alban,- l’Isère à Noyaret et le Drac à Grenoble, où elle aboutit à un poste central de transformation, où se réunissent les deux lignes d’alimentation qui viennent de l’Eau d’Olle et de Roizonne.
- Le transport de force est réalisé sous 60 000 volts, la plus forte tension employée en France jusqu’à ce jour, et la puissance transportée est de i5 000 chevaux.
- Mexique. — D'après le Bolelin de la Oficina interna-cional de las Republicanas amerir.anas, de Washington, on procède au Mexique à la création d’une importante usine, sur le fleuve Conchas, près de Santa-Rosalia, Etat de Chihuahua, qui transmettra la puissance génératrice aux districts miniers de Santa-Eulalia et Parral.
- Cet établissement est le plus important de ceux de cette catégorie existant dans la République ; en outre, divers projets hydro-électriques moins importants sont, à l’heure actuelle, sur le point d’être réalisés.
- L’installation d’une usine électrique sur le fleuve Mayo, près d’Alamos, Etat de Sonora, a été également accordée par le gouvernement mexicain et, en vue de transmettre la force nécessaire aux villes et entreprises industrielles situées à l’entour du fleuve Altar, à Sonora, on projette d’établir un nouveau centre générateur.
- On envisage encore l’installation d’une usine à Puente. Grande, sur le fleuve Santiago, près de Guadalajara, avec des câbles de transmission aboutissant aux districts miniers d’Etzatlan et Hostotipaquillo ; la con. cession comprend notamment la construction d’une digue dans une partie du lac Chapala, dont la jonction sera effectuée au moyen d’un système étendu de canaux
- d’irrigation et de tranchées : un chemin de fer électrique qui, parlant des mines de Las,Playas, atteindra Tapettaya, dans le district de Guanajuato.
- D’autre part, bien que l’utilisation des eaux du fleuve Matamoros ait été roncédée récemment, un établissement hydro-électrique d’une capacité génératrice de 10 000 chevaux, sera prochainement construit dans l’Etat de Hidalgo.
- Enfin, de nombreux accords ont été conclus dans le but de capter les eaux de diverses sources destinées à fournir l’énergie nécessaire à l’industrie.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Eure. — La Chambre de Commerce de Pont-Audemer est autorisée à avancer à l’Etat une' somme de 8 592 fr. en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Evreux-Pont-Audemer.
- Seine-Inférieure. — La Chambre de Commerce de Bolbec est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 10 920 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Bolbec-Fécamp.
- Turquie. — Le gouvernement turc a décidé l’installation de plusieurs stations de télégraphie sans fil à Trébi-zonde, Salonique, Bayreuth, Yemen, à l’arsenal de Constantinople et l’équipement de tous les vaisseaux de guerre.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston. Paris.
- Bulletin mensuel. Janvier 1910. — Nomenclature des pièces constituant les contrôleurs type K.
- Allgemeine Elektricitiits Gesellschaft. Berlin.
- A. E. G. — Zeitung. Avril 19-10.— Elektrisches Was-serfôrderungs-Anlagen II.
- Die Kraftübertragungranlage in Ronokei. Formosa.
- Dampfverbrauchsversuche an Dampfturbinen.
- DerHafen von Constantza.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Chemins de fer de Pau, Oloron, Maulêon et Tramways de Bayonne à Biarritz. — Le 26 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Société française Electrolytique. — Le a5 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Havraise d’Énergie électrique. — Le 28 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
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- Société lorraine des Anciens Établissements de Dietrich de Lunéville. — Le 16 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie d'éclairage électrique du \Secteur des Champs-Élysêes. — Le a5 avril. 7, rue Chauchat, à Paris.
- Chemins de fer du Calvados. — Le 28 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
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- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 27 avril, à l’Établissement central du matériel de la télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de Latour-Maubourg, à Paris, fourniture de 3 oooks 111 d’acier de 5/io de millimètre. Dépôt des pièces avant le 18 avril.
- BELGIQUE
- Le i3 avril, à n heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien de la section de Sart à Housy du chemin de fer vicinal de Spa à Verviers. Soumissions recommandées le 12 avril.
- ESPAGNE
- Le 26 avril, à la mairie à’Almaden, adjudication de l’éclairage électrique de la ville pour dix années; caut. : 3o6 pesetas.
- Le 27 mai, à 11 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomentoj, à Madrid, adjudication de la concession d’un tramway à vapeur de la station du chemin de fer, à Penarroya, aux mines de Yal-deinlîerno par Fuenteovejuosa ; caut. : 7 931,19 pesetas.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 16 avril, au Kôniglich. ungarischen Bergamt, à Komlo (Hongrie), fourniture des installations mécaniques du service électrique, 2 turbines à vapeur, 2 génératrices, 2 chaudières à vapeur avec tubes bouilleurs, conduites, grue de montage, tableaux distributeurs, etc.
- Le 18 avril, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Linz, établissement d’une centrale électrique et installation de l’éclairage électrique à la station de Saint-Valentin.
- Prochainement, à l’administration communale, à Lirn-sur-D., établissement d'installations électriques à Perg.
- ALLEMAGNE
- Le 11 avril, à l’administration communale, à Leipzig, fourniture des installations pour l’éclairage électrique. >.
- Prochainement, à l’administration communale, à Ludwigsburg, établissement d’un tramway électrique.
- Prochainement, à l’administration de la ville de Rheydt, extension des installations électriques, 60 000 marks.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le 9 mai, direction générale de la comptabilité, à Buenos-Ayres, fourniture de matériel de télégraphie.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et iode l'année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARU. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 16 AVRIL 1910. Tome X (2« série). —N* 16
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- La
- Lumière Électriq
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique
- est interdite.
- u SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. —Jacques Breguet. Note sur les équipements électriques des nouveaux submersibles delà marine française (suite et fin), p. 67. — G. Revessi, Chronique de la traction électrique: Les limites d’emploi de la traction monophasée (fin), p. 7'L
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. L’intensité d’aimantation à saturation aux très basses températures, P. Weiss et K. Onnes, p. 76. — Sur les propriétés magnétiques du manganèse, du vanadium et du chrome, P. Weiss et K. Onnes, p. 76. — Recherches sur le magnétisme terrestre, A. Nodon, p. 76. — Les tensions explosives en courant alternatif et leur relation avec le rayon de courbure des électrodes, J. de Kowalski et J. Rappel, p. 77. — Méthodes et appareils de mesure. Etalon de résistance à inductance et capacité compensées, S. Leroy-Brown, p. 77.— Transmission et distribution. Déséquilibre de potentiel par rapport à la terre dans un réseau de distribution électrique, Giancarlo Vallauri, p. 77. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie, J.-A. Fleming, p. 83. —Bibliographie, p. 86. — Variétés. Les installations hydro-électriques du Sud-Ouest de la France, P. Postel-Vinay, p. 87. — Documents d’exploitations. Statistique relative à l’exploitation des chemins de fer suisses, à la fin de l’année 1907, p. 91. —Dépense d’exploitation d’une voiture électrique automotrice avec moteur à la gazoline, p. 91. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 92. — Renseignements commerciaux, p. g4- — Adjudications, p. 96.
- ÉDITORIAL
- En terminant son étude sur les équipe-pements électriques des nouveaux submersibles de la marine française, M. J. Breguet décrit le mode de sectionnement et de montage des batteries qui a été appliqué sur le Mariolle, l’enroulement spécial des induits des moteurs réalisé sur VArchimède, et résume les conditions auxquelles doit satisfaire l’appareillage.
- On peut se rendre compte, en lisant cet exposé, des difficultés toutes spéciales auxquelles se heurte le constructeur à qui l’on a confié l’équipement d’un submersible : il est gêné, avant tout, par le manque de place,
- et toutes ses fâcheuses conséquences : ventilation très pénible à assurer, notamment sur les inducteurs ; difficulté de se protéger contre l’humidité, et par suite, nécessité d’apporter un soin spécial aux isolements.
- L’agencement de l’appareillage est, dans de telles conditions, une sorte de tour de torce : il s’agit de permettre des combinaisons rapides, précises, sures, et cela dans un espace invraisemblablement réduit.
- On saura gré à M. J. Breguet d’avoir rassemblé à la fin de son étude les énoncés des principales tendances qui s’imposent, selon lui, aux constructeurs, en matière d’installa-
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- tion de submersibles. Pour les machines, l’auteur recommande l’emploi de tensions d’alimentation élevées : près de 5oo volts ; pour les circuits auxiliaires, au contraire, il serait intéressant, afin de ménager l’appareillage, de limiter la tension à une valeur beaucoup plus faible.
- M. J. Breguet a renoncé à publier l.es vues photographiques que nous espérions pouvoir donner. Cette décision étant inspirée par le souci de la défense nationale, la rédaction de là Lumière Electrique ne pouvait que s’incliner.
- La deuxième et dernière partie de la conférence de M. G. Revessi traite des mérites respectifs des trois grands systèmes de traction : monophasé, triphasé, continu.
- De l’avis de l’auteur, la traction monophasée se recommande surtout par l’économie qu’elle permet de réaliser sur la ligne.
- Pour ce qui concerne la centrale, au contraire, il n’y a pas de différence bien marquée.
- En somme, aux yeux de M. Revessi, toute ligne à profil accidenté, à trafic moyen et à vitesse assez grande, appartient au domaine de la traction monophasée.
- C’est sur cette conclusion que se termine ce travail qui, sans êti*e au-dessus de la discussion, nous a paru assez remarquable pour être présenté comme première Chronique de la traction électrique.
- | Plusieurs travaux théoriques sont résumés ensuite, et notamment celui de MM. de Ko-walski et Rappel sur l’influencedurayon de courbure des électrodes sur la tension explosive en courant alternatif.
- M. G. Yallauri s’est posé le problème suivant : s’il se produit une fuite à la terre sur un des conducteurs d’un réseau, quel serai le déséquilibre de potentiel qui en résultera sur les autres systèmes de conducteurs ?
- Dans le cas où il s’agit d’un réseau triphasé, l’auteur expose une solution qui met en évidence des résultats remarquables et que l’on rapprochera utilement des idées énoncées par M. G. Fano, dans l’étude que nous avons tout récemment publiée (Y. p. 78, note).
- Les équations établies par M. Vallaùri se simplifient dans le cas où il s’agit d’un système monophasé et conduisent rapidement à la conclusion.
- Dans le domaine de la télégraphie sans fils, nous présentons la fin des remarquables mesures de J.-A. Fleming.
- Enfin, nos Variétés contiennnent un résumé de l’importante communication faite, à la fin de l’année dernière, par M. Postel-Vinay sur les installations électriques du Sud-Ouest de la France.
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- NOTE SUR LES ÉQUIPEMENTS ÉLECTRIQUES DES NOUVEAUX SURMERSIRLES DE LA MARINE FRANÇAISE (Suite et Fin) (•)
- Pour obtenir simplement la variation de tepsion du simple au double, il faut mettre deux moteurs sur le même arbre et les coupler successivement en série pour les faibles vitesses, en parallèle pour les fortes vitesses.
- Cette solution est très tentante et serait employée couramment si on ne se heurtait, dans son application, à de graves inconvénients :
- Si la seule objection à ce système provenait de la nécessité dans laquelle on se trouve de posséder sur la même ligne d’arbres deux moteurs, alors qu’un seul suffirait, il serait encore utilisé aujourd’hui, mais la raison qui l’a fait abandonner est la suivante :
- Tant que les électromoteurs sont couplés en tension, tout va bien ; les induits sont automatiquement parcourus par le même courant et le réglage de la vitesse est aisé; mais la difficulté se présente lorsque l’on couple les deux induits en parallèle.
- La répartition des charges, sur ces deux rotors, clavetés sur le même arbre, est délicate ; elle dépend uniquement des flux relatifs des deux circuits magnétiques.
- Pour peu que l’on diminue inégalement les flux dans les deux machines pour accélérer, l’un des induits prend toute la charge et le deuxième fonctionne en génératrice sur le premier; des courants de circulation considérables parcourent les deux circuits induits, les disjoncteurs sautent, il devient difficile de tenir la chai’ge, si les rhéostats de champ sont mal l'églés.
- Il a fallu, dans ces conditions, quelque
- tentant qu’il soit, renoncer au couplage des induits en série et en parallèle avec réglage par le champ, pour l’obtention des variations de vitesse indispensables au fonctionnement.
- SOLUTION ADOPTÉE A BORD DU MARIOTTE
- Au lieu de coupler deux induits en série et en parallèle, une disposition qui en découlait immédiatement a consisté à coupler deux demi-batteries en série ou en parallèle.
- C’est cette disposition qui a été utilisée par la maison Breguet sur le Mariotte,
- Le rendement, en fonction de la vitesse, avec cette disposition, varie comme il suit : lorsque la vitesse décroît, depuis la vitesse maxima jusqu’aux trois quarts environ de cette vitesse, le rendement varie dans de faibles proportions : de 0,92 à o,85, et l’on peut considérer que la vitesse est économique.
- Entre les trois quarts de la vitesse et la demi-vitesse maxima, le rendement diminue très rapidement pour devenir franchement mauvais (p = o,5 pour X — o,5).
- A ce moment, on couple en parallèle les deux demi-batteries qui constituent la batterie d’accumulateurs du bâtiment; la tension d’alimentation diminue de moitié, la vitesse reste constante, mais en même temps le rendement remonte brusquement jusqu’à dépasser lè chiffre 0,80.
- 3
- Entre la demi-vitesse et la vitesse - , le
- -- — O
- rendement reste bon, puis il descend extrêmement rapidement pour rejoindre, àla vitesse
- (f) Voir Lumière électrique, 9 avril 1910.
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- T. X (2e Série). — 16
- — , la valeur du rendement obtenu avec la 4
- première méthode.
- A ce moment, l’introduction d’un rhéostat d’induit, pour diminuer la vitesse, devient la solution la plus avantageuse.
- Bien plus, si l’on considère que les points figuratifs du rendement en fonction de la vitesse, à champ constant et à tension variable, par un rhéostat d’induit, sont sensiblement sur une droite passant par l’origine des coordonnées, on constate qu’il y aurait avantage à laisser le champ fixe et agir avec
- Il est intéressant de voir ce que devient la courbe III pour des valeurs de X comprises entre o,5 et l’unité. En en calculant divers points, on constate que le rendement se maintiendrait constamment entre 0,90 et 0,80 entre la demi et la grande vitesse.
- Il y aurait ainsi avantage à ne passer du couplage : batteries en parallèle, au couplage : batteries en tension, que pour la valeur de X correspondant au point F, intersection des courbes II et III.
- D’après la figure, la valeur de X correspondante est voisine de o,85.
- Rendement
- Diagramme. — Valeurs des rendements établis d’après les formules indiquées dans le texte. La courbe en pointillé représente la courbe des rendements réellement observés sur les moteurs du Mariotte lors de leurs essais. On peut constater que les courbes réelles et calculées diffèrent peu les unes des autres.
- Désignation des courbes : ,
- I, pour un moteur à champ constant et tension variable;
- II, pour un moteur t\ champ variable;
- .b
- III, pour un moteur à champ variable alimenté à la tension
- 2
- JV et V, courbes relevées expérimentalement sur le Mctviotte. (Elles sont légèrement au dsssus des précédentes).
- un rhéostat principal, à partir du point E, où la tangente à la courbe du rendement passe par l’origine.
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire a priori, pour les vitesses basses, on a avantage, au point de vue rendement, à ne pas rechercher l’obtention d’une vitesse mi-nima par un renforcement exagéré du champ ; oh a intérêt, au contraire, à laisser au champ une valeur moyenne et à agir sur la vitesse par l’intermédiaire du rhéostat de démarrage.
- L’intensité I dans l'induit est alors :
- 1' = I X (o.SS)3 X — I X 0,615 X a =r I X i,aa5.
- Dans ces conditions, non seulement le flux est diminué dans des limites peut-être un peu excessives, mais la réaction d’induit est elle-même élevée, et le courant, parcourant les enroulements, est de nature à les échauffer d’une façon trop considérable.
- On ne peut donc pas profiter complètement des avantages que procurerait, au point
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- de vue du rendement, le passage parallèle en série, au point F, mais nous pouvons toutefois le faire pour une valeur de X supérieure à o,5 : égale à o,yS, par exemple.
- En effet, pour cette vitesse, on a :
- I' = I X (<>,75)3 x 2 = I X o,/|2 x a
- = I X 0,8/,
- Le courant est alors inférieur au courant maximun passant dans le même enroulement à la vitesse maxima.
- On pourrait donc, grâce à un schéma approprié du démarreur et du rhéostat de champ, passer de la combinaison parallèle à la combinaison séi'ie, pour une vitesse égale environ aux trois quarts dè la vitesse maxima, et cela procurerait un avantage au point de vue du rendement pour les valeurs de X comprises entre o,5 et 0,75.
- On pourrait, de même, ne pas augmenter le flux à partir de la vitesse 0,3^5 N, qui correspond à la même excitation que la vitesse 0,75 N, mais avec un couplage de sources différent; et le rendement n’en serait nullement affecté, mais là une difficulté d’un autre ordre se présente :
- Pour la simplification des connexions et des combinaisons du rhéostat de démarrage, nous avons intérêt à le munir du minimum de plots ou de contacteurs par où passe le courant principal. Nous sommes ainsi tentés de faire le rhéostat de démarrage le plus petit possible, et par conséquent de chercher, non pour des questions de rendement, mais pour des questions de sécurité de fonctionnement, à réaliser la vitesse la plus basse possible par le champ, de façon à n’utiliser le rhéostat de l’induit que pour des vitesses inférieures, par exemple, au quart de la vitesse maxima.
- D’ailleurs, le rendement dans les points bas comme vitesse n’intervient plus, la puissance totale mise en jeu étant alors extrêmement faible et la puissance utile inférieure aux pertes.
- SOLUTION ADOPTÉE A KOHI) DE l’aRCHIMEDE
- Disons quelques mots d’une variante de cette dernière solution (couplage de deux demi-batteries en parallèle ou en série).
- Cette solution découle immédiatement du principe des couplages en série et en parallèle des induits, mais elle tourne l’inconvénient signalé en ce que les deux induits sont bobinés sur un même noyau, de façon qu’ils soient toujours sous le même flux.
- Cette solution a été proposée à la marine française par la maison Breguet et elle se trouve réalisée sur le submersible Archimède.
- Dans ces conditions, le moteur est alimenté par une seule batterie, mais son induit est muni de deux enroulements, ayant chacun leur collecteur, de part et d’autre du paquet de fer.
- Selon que l’on couple les deux collecteurs en parallèle ou en série, sous un même flux, ?a vitesse varie du simple au double.
- Cette solution ne diffère point théoriquement de la précédente ; elle présente toutefois plusieurs avantages comme les suivants :
- Le collecteur étant divisé en deux collecteurs, marchant en parallèle pour la puissance maxima, le courant par collecteur est la moitié de ce qu’il était sur le moteur, dans la solution précédente, toutes choses égales d’ailleurs, et de bonnes conditions de commutation sont plus faciles à réaliser.
- Les collecteurs sont, en effet, deux fois plus courts et sont plus robustes et moins sujets à déformation.
- Les connexions de couplage série-parallèle des collecteurs sont situées entre le tableau de manœuvre et les moteurs ; elles sont par conséquent assez courtes, les appareils de manœuvre étant contigus aux machines.
- Dans le cas des couplages respectifs des deux demi-batteries, les connexions série-parallèle sont situées entre lé tableau de manœuvre et les batteries ; elles sont, par conséquent, beaucoup plus longues, puisque
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- des accumulateurs se trouvent dans un compartiment distinct de la machinerie électrique et généralement à l’autre bout du bâtiment.
- Nous verrons tout à l’heure un autre avantage de la solution à 2 collecteurs, à propos de la recharge des accumulateurs.
- Ces électromoteurs doivent, en effet, non seulement servir à actionner le sous-marin, comme réceptrices, mais aussi à assurer la recharge des accumulateurs, comme génératrices.
- Le principe que l’installation de recharge de tout bâtiment submersible doit respecter est le suivant :
- Obligation de pouvoir recharger les accumulateurs, par les moyens propres du borc^ le bâtiment étant à l’arrêt ou même en marche en croisière.
- Autrement dit, les moteurs thermiques doivent, pour une vitesse déterminée, fournir une certaine puissance dont une partie est utilisée à la propulsion proprement dite, l’autre à la recharge des accumulateurs.
- Supposons fixée, parles données tactiques, la vitesse maxima en surface avec les moteurs thermiques : soit Nt cette vitesse ; la vitesse maxima en plongée avec les seuls moteurs électriques, soit Nc cette vitesse.
- Le couple d’un moteur thermique étant sensiblement constant, la puissance disponible Pt se trouve être proportionnelle à la vitesse, et l’on peut écrire :
- P« = P/mai X X.
- La puissance P,„ absorbée par l’hélice, est prôportionnelle au cube de la vitesse, de sorte que :
- La puissance Prf disponible sur l’arbre se trouve ainsi être :
- Prf = Pi«, (X-X3).
- P,, est maximum pour
- soit :
- P<y = P# m„* X 0,384.
- Le problème de la recharge en marche est possible, puisque nous disposons, comme l’indique la formule ci-dessus, d’un excédent de puissance, sur l’arbre, que nous pouvons absorber dans les dynamos fonctionnant en génératrices sur les accumulateurs.
- Pour fixer les idées, supposons, ce qui se rapproche de la réalité, que la vitesse en surface est de 4° % supérieure à celle en plongée; cela correspond à une puissance des moteurs thermiques un peu inférieure au triple de celle des moteurs électriques.
- La valeur maxima de P(i sera obtenue, dans ces conditions, pour une vitesse exprimée, en fonction de N„, de la façon suivante :
- 0,71a
- Mais, pour pouvoir charger la batterie, il faut que, pour cette vitesse, nous puissions disposer d’une tension supérieure d’au moins 4o % (c’est la valeur usuelle admise) à la" tension d’alimentation des moteurs.
- 11 est, en effet, préférable de recharger les deux demi-batteries, en tension, de façon qu’elles soient parcourues par le même courant.
- La tension dont il faut pouvoir disposer ne doit pas non plus correspondre, autant que possible, à la valeur maxima du flux, parce que, la charge d’une batterie étant une
- P* = Ptmax X X».
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- opération longue, on risquerait de maintenir trop longtemps le plein courant dans les inducteurs en dérivation, et que, de plus, nous avons vu combien le rendement devenait plus mauvais lorsque l’induction, et par conséquent l’excitation, étaient maxima.
- Admettons ainsi que, pour la i*echarge, nous soyons encore à 20 % en deçà du flux maximum ; or, la tension maximum E,„ est obtenue,"à plein flux pour la vitesse o,5 Ne.
- Pour réaliser la tension E„, 4° %, avec
- un flux égal à 0,8 $max., la vitesse devra être :
- Nc
- o,5 X i,4 0,8
- N.=
- 0,875 Ne.
- La condition de puissance maximum disponible fixe une valeur approchée favorable pour la recharge. Cette valeur est :
- 0,80 Ne
- La condition de régime de flux favorable, nous fixe, pour la fin de la charge, une vitesse minimum de
- 0,875 Ne
- De sorte que, entre les vitesses 0,8 et o,gNe, on sera dans de bonnes conditions de fonctionnement pour la charge des deux demi-batteries d’accumulateurs.
- En définitive, ce régime favorable corres-pondra sensiblement aux 6/10 de la vitesse maxima en surface, c’est-à-dire à une vitesse qui peut être considérée comme la vitesse de croisière, en surface.
- Si Pe est la puissance maxima des moteurs électriques, la puissance disponible Pd pourra s’écrire, puisque P<lliax = 3 Pe,
- P,x= PeX'iX o,38/t =P«X 1,15,
- c’est-à-dire qu’elle est légèrement supérieure à la puissance maxima que peuvent faire les moteurs à flux minimum, mais par-
- faitement compatible, au contraire, avec la puissance que le moteur peut développer sous la valeur du flux défini précédemment pour la recharge de la batterie.
- Etant donné que la décharge de la batterie produit une puissance P„à la vitesse 0,715 N(, pendant une durée de H heures, la recharge d’une quantité d’énergie électrique capable de produire cette puissance Pe, sera faite en l’espace de IL heures, donné par la formule :
- II' =
- H
- o,5 X i,ï5
- H X
- c’est-à-dire en un temps 70 % fois plus long mais à une vitesse o,6N„ au lieu de 0,715 N,, soit 20 % fois plus faible.
- Ce résultat suppose le rendement global de la batterie, des canalisations et des dynamos, égal à o,5o, ce qui est un minimum.
- Au point de vue de la recharge de la batterie, l’emploi d’un moteur à deux collecteurs permet d’effectuer cette opération à une vitesse plus lente du moteur électrique, et par conséquent du bâtiment lui-même.
- En effet, la recharge s’effectue avec les deux collecteurs de l’induit, en série l’un avec l’autre. Or, avec ce couplage, la force électromotrice, à flux maximum, est égale à celle de la batterie, pour une vitesse égale au quart de la vitesse maxima.
- Avec la vitesse
- N« = o,a5 X —-j N, 0,8
- soit environ
- = 0,4 N,
- nous pourrons avec la même excitation que précédemment, pour la vitesse 0,8 N, recharger les accumulateurs; autrement dit, une même tension sera obtenue avec une vitesse deux fois moindre que dans le cas précédent, ce qui peut être parfois précieux.
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- RÉSUMÉ ET CONCLUSION GÉNÉRALE
- On vient'de voir les grandes lignes des conditions auxquelles doivent satisfaire, dans l’état actuel de l’électricité, les schémas généraux des installations et de l’appareillage des nouveaux sous-marins; mais ces calculs élémentaires n’ont été donnés que pour fixer seulement quelques idées générales ; les difficultés réelles du problème ne commencent en effet, pour le constructeur, qu’au moment où l’on met sur pied l’étude définitive de l’installation, pour ne se terminer seulement qu’après les essais de recette des bâtiments.
- Citons parmi ces difficultés :
- 'L’encombrement extrêmement réduit dont on dispose, la place étant parcimonieusement comptée entre les différents couples qui limitent les dimensions des moteurs.
- La ventilation très délicate à réaliser, notamment sur les systèmes inducteurs, dont les électros se refroidissent mal.
- L’humidité, qui règne à bord, et qui est une source considérable d’ennuis dans les isolants.
- L’appareillage, dont, la complexité des combinaisons à réaliser dans un petit volume est extrême. La rapidité, la précision et la sûreté des manœuvres à exécuter nécessitent des dispositions extrêmement ingénieuses, telles que celles employées par la maison Védovelli Priestley, notamment dans ses contrôleurs, sur le Mariotte et sur Y Archimède.
- Debout ceci semble résulter que, pour répondre aux desiderata de la pratique, les installations électriques principales des submersibles de l’avenir devront pouvoir répondre aux conditions très générales suivantes :
- Augmentation, dans la plus large mesure possible, de la tension d’alimentation des induits ; une tension qui paraîtrait assez favorable au constructeur serait celle de 480 volts.
- Elle conduirait, en effet, à des connexions beaucoup moins volumineuses et par conséquent plus économiques à tous points de vue, non seulement à l’intérieur du moteur, et elles sont nombreuses en raison des dispositifs de commutation utilisés, mais aussi à l’extérieur, où, entre le moteur et le démarreur ou la batterie, doivent courir de gros conducteurs.
- L’inconvenient dû à la difficulté de la tenue de l’isolement avec cette tension diminuerait si l’on admettait que seul le circuit principal était à haute tension : les conducteurs reliant les batteries aux machines seraient faciles à bien isoler; ils sont d’ailleurs visibles et pourraient être rendus visitables à tous instants.
- Au contraire, tous les autres circuits se trouveraient, soit à 120 volts, soit à 240 volts, c’est-à-dire montés, soit sur une demi-batterie, soit sur un quart de batterie.
- Il en résulterait que tous les solénoïdes des contacteurs, les bobines d’excitation, les rhéostats d’accélération, etc., et surtout toutes les connexions et [touches des contrôleurs, seraient à basse tension (120 volts) et par conséquent, à isolement normal.
- Le maintien de l’isolation convenable de la machine électrique elle-même, notamment celle de l’induit, pièce délicate entre toutes, et d’ailleurs d’autant plus délicate qu’elle est à plus haute tension, nous conduirait à proscrire complètement l’emploi des moteurs ouverts.
- Ces électromoteurs devraient être alors blindés hermétiques, blindés étanches, avec hublots de regard des lignes de balais, pour leur surveillance.
- Le refroidissement des moteurs, dans ces conditions, serait obtenu par un procédé qui est entré dans la pratique de l’électricité, pour les transformateurs à haute tension, nous voulons dire par l’emploi de la circulation d’eau.
- Cette circulation pourrait être réalisée comme pour les condenseurs, soit par pompe de circulation, soit par sillage; cette question
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- n'est plus du domaine de l’électricien.
- Quant à l’appareillage,tous les gros contac-teurs principaux seraient à rupture dans l’huile et leur nombre serait réduit au minimum, par la réduction au minimum, comme nous l’avons vu précédemment, du rhéostat de démarrage.
- Les petits contacts n’offriraient, au contraire, aucune difficulté particulière d’établissement.
- En définitive : tension doublée pour le circuit principal ; contacteurs indépendants,
- robustes, apparents et en nombre minimum, pour les coupures du courant principal; électromoteurs complètement étanches, refroidis par circulation d’eau.
- Telle nous paraît la voie dans laquelle la marine peut guider les constructeurs, mais avec prudence, bien entendu, dans l’étude des sous-marins et submersibles de plus de i ooo tonnes dont on parle déjà.
- Jacques Breguet,
- Ancien élève de l’École Polytechnique
- CHRONIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- LES LIMITES D’EMPLOI DE LA TRACTION MONOPHASÉE (Fin )(*)
- COMPARAISON DES SYSTEMES MONOPHASÉ, TRIPHASÉ ET CONTINU
- Il résulte de ce qui précède que le système monophasé permet certainement des variations de vitesse et de couple que les systèmes à courant continu et à courant alternatif triphasé ne permettent qu’au grand détriment du rendement (et ce préjudice est du à la présence de résistances de réglage), mais cela à condition que ces variations soient maintenues dans des limites relativement restreintes ; et, d’autre part, que le système monophasé est au contraire loin de permettre ce que permet une installation triphasée ou une installation à courant continu à réglage série parallèle, c’est-à-dire d’obtenir les meilleures conditions de rendement pour deux vitesses et par suite deux couples très différents entre eux, le facteur de puissance dans l’installation monophasée étant fonction uniquement de la
- (*) Voir Lumière Electrique, 9 avril 1910. Communication à l’Association électrotechnique italienne. — Atti, novembre-décembre 1909.
- vitesse, comme on l’a vu, et le rendement dépendant en grande partie du courant et par suite de couple développé.
- Malgré ces différences, il est à croire que, si l’on perfectionne les détails de construction des trois groupes de système de traction électrique continu, triphasé et monophasé, ils tendront, pour ce qui concerne l’organe moteur, vers une limite de perfection commune dans ses grandes lignes, mais dont les trois systèmes se sont approchés jusqu’ici à un degré différent, eu égard à leur différence d’âge.
- On dirait que, comparativement aux différences bien plus essentielles entre la traction électrique et sa plus antique rivale, aujourd’hui encore vic-torieusè, la traction à vapeur, les différences inhérentes au caractère particulier des divers systèmes de traction électrique tendent à disparaître.
- La ligne. — Le véritable avantage de l’emploi du système monophasé pour les voies ferrées réside dans la ligne. — C’est surtout en raison de l’économie de la ligne que des tronçons,dont la construction avait été commencée dans d’autres sys-
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- tèmes, ont été ensuite exécutés en système monophasé, comme récemment les réseaux entre Rotterdam, la Haye et Scheweningcn ; c’est surtout en raison de l'économie de la ligne que les expériences exécutées sur les voies ferrées de l'Etat suédois ont conduit l'ingénieur Dahlan-der, qui les a dirigées, à conclure qu’il semble difficile qu'on puisse réaliser dans un avenir prochain un système de traction électrique plus simple, meilleur et à meilleur marché que le système monophasé.
- Si on laisse de côté les réseaux purement urbains, il est, selon Roedder, entré en exploitation plus de 2 oookm de ligne à traction monophasée depuis 1904, tandis que, depuis 1900, on n’a exploité qu'un millier de kilomètres à courant continu avec alimentateurs à courant triphasé à haute tension, que 4ookm à courant continu à haute tension, et moins encore 220ktU, pour la plupart en Italie, à courant triphasé, quelques-unes de ces dernières installations concernant toutefois des tronçons à très grand trafic.
- La centrale.— En ce qui concerne la centrale, aucun des trois systèmes ne peut se targuer d'une supériorité indiscutable sur ses concurrents ; dans l'application de l'électricité aûx voies ferrées, tous ont le très grave inconvénient d’une faible utilisation de la centrale, du à l’élévation excessive de la consommation maximum par rapport à la consommation moyenne, aggravée pour les systèmes à courant alternatif, par cette circonstance, que les plus grandes consommations sont régulièrement accompagnées de faibles facteurs de puissance. Le courant continu, outre qu’il n'aurait pas ce défaut, aurait en outre l’avantage de permettre facilement l’emploi des accumulateurs, mais c’est un avantage bien coûteux'; cela n'empêche pourtant pas qu’on ait essayé d’appliquer les accumulateurs, même dans le cas des installations à traction monophasée ; on peut se faire une idée des complications et des rendements qui en sont résultés.
- La traction triphasée aurait encore pour elle — ce qui serait même possible, grâce à des expédients convenables, dans les deux autres systèmes concurrents — de permettre la récupération dans les descentes; il s’agit toutefois d’un avantage qui, dans la pratique, a été reconnu d’une application bien difficile.
- *
- * *
- De tout cela, il résulte qu’il faut, pour que le système monophasé puisse être employé avantageusement en traction, qu'il ne soit appliqué que dans les cas pour lesquels ses propriétés spéciales le désigneront particulièrement; et que, même alors, il faut apporter le plus grand soin à faire l’adaptation rationnelle des installations motrices aux exigences particulières de l’exploitation.
- Sont du domaine de la traction monophasée ces lignes — comme il s’en trouve un grand nombre en Italie — qui ont un profil et une pla-nimétrie accidentée, un trafic dont l’intensité n’est pas assez grande pour exiger que des trains lourds se succèdent à courte distance, et une vitesse élevée déterminée principalement par la nécessité d'augmenter la souplesse du service par rapport à celle qu’on peut atteindre par l’exploitation à vapeur, mais telle qu’elle exige une fréquence limitée de trains suffisamment pesants et avec une vitesse, au moins pour les marchandises, déterminée plutôt par le prix de revient de la traction.
- Nous posons en principe que l’idée d’utiliser le système adopté pour les tramways sur les voies ferrées, en organisant des trains légers et fréquents, ce qui était le rêve de l'exploitation électrique des chemins de fer il y a quelques années, a été reconnue pratiquement inadmissible, les exigences particulières du service des voies ferrées réclamant, en général, des trains lourds de voyageurs, des trains de marchandises éventuellement très lourds, et laissant à l’augmentation du trafic le soin d’exiger en outre pour sa part des trains relativement fréquents.
- Une autre conception, que la pratique tend à abandonner, est l’exagération des accélérations dans les démarrages ; des accélérations élevées sont strictement nécessaires pour la rapidité du service et l’économie de l’exploitation dans le service de tramways à arrêts fréquents; elles 11’ont pas d’autre effet, dans le cas des chemins de fer électriques, que d’augmenter inutilement le poids'de l’équipage moteur, puisque les arrêts sont relativement rares et deviennent d’autant plus rares qu'il s'agit de trains plus rapides.
- Dans ces conditions, disparait, même pour les
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- trains de voyageurs, la nécessité de répartir les moteurs le long du train, de le former de plusieurs automotrices entremêlées de remorques et. d’appliquer le système de commande h unités multiples, système qui soustrait à une facile surveillance des machines délicates, qui oblige à faire des manœuvres ennuyeusespour le public et trop apparentes en cas d’avaries, qui limite la possibilité de longs parcours sans transbordement, et qui empêche l’échange des voitures entre une ligne et l’autre, si elles sont exploitées par des méthodes de traction différentes. Nous admettons que les automotrices, seules ou en multiple, ne peuvent trouver d’emploi convenable que dans les tramways ou, tout au plus, dans les voies ferrées de trafic très limité et d’intérêt strictement local. Reste donc seulement la locomotive électrique, tant pour les trains de voyageurs que pour les trains de marchandises.
- La locomotive. — Mais dans ce cas, il convient de voir si le même type de locomotive peut se prêter convenablement à deux services si différents, vu que très souvent les constructeurs offrent et que, plus souvent encore, les directeurs des chemins de fer réclament des locomotives indistinctement destinées à ce double service.
- C’est, à notre avis, rechercher un idéal, qui est théoriquement à peu près irréalisable et qui n’a même pas été atteint par la traction à vapeur. En ce qui concerne plus particulièrement le système monophasé, il est facile de vérifier, à l’aide du diagramme susmentionné, que les limites de vitesse et de couple comprises dans le champ de la marche normale ne sont pas suffisantes pour atteindre dans la traction de train de voyageurs le temps minimum — ce qui, à part des cas spéciaux et des lignes surchargées de trafic, doit être la règle fondamentale de toute exploitation de chemin de fer, et ce qu’il est nécessaire d’obtenir pour que l’application de l’électricité aux voix ferrées puisse réussir.
- Si même l’on admet la possibilité matérielle de construire des locomotives aptes au service mixte, on ne peut éviter qu’elles travaillent dans des conditions économiques dill'érentes. En fin de compte, il s’agit d’avoir des locomotives très puissantes et très rapides, dont les moteurs soient destinés normalement à fonctionner
- dans la zone de leur champ de fonctionnement normal correspondant aux vitesses les plus élevées.
- Est-il possible d’avoir, avec le système monophasé, des locomotives électriques suffisamment puissantes, comparables h celles à courant continu ou aux triphasées? Un exemple récent s’est chargé de répondre à cette question. La maison Oerlikon a équipé une locomotive monophasée de 2000 chevaux pour la ligne Spiez-Erutigen sur laquelle on prépare les essais en vue de l’exploitation électrique en système monophasé de la ligne si importante du Lotschberg, actuellement en construction.
- Pour le transport des marchandises, on peut avoir des trains très lourds marchant à vitesse limitée. Pour ces trains, le poids de l’équipage électrique, ajouté au poids des parties mécaniques et constitutives de la locomotive, peut même être insuffisant pour assurer l’adhérence, au point qu’il peut être nécessaire de combler la différence avec du lest. Ce fait prouve le peu d’importance du poids plus élevé de l’équipage électrique dans le système monophasé; Cette importance est faible dans la locomotive pour voyageurs où la question de l’économie est secondaire ; elle est faible dans la locomotive à marchandises où l’on a besoin, la vitesse étant limitée, d’un fort poids pour l’adhérence. Outre les dimensions plus grandes des moteurs, ce plus grand poids est dû à la présence du transformateur qui olïrc par lui-même le très grand avantage de permettre l’application de tensions aussi élevées qu’on voudra sur la ligne de travail, et l’autre avantage, également important dans la pratique, de limiter sur la locomotive à un petit nombre d’organes, de protection relativement facile, la tension élevée de la ligne.
- Connaissant l'effort de traction maximum que la locomotive doit développer et la vitesse minimum correspondante, effort etvitesse qui doivent être réalisés dans les limites de fonctionnement normal des moteurs, connaissant aussi le poids minimum pour l’adhérence, on possède toutes les conditions essentielles auxquelles la locomotive doit satisfaire.
- Contrôle du fonctionnement à l'aide du diagramme. —- Après avoir déterminé le type et le nombre des moteurs et, par suite, le type de transmission du couple moteur aux roues
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- motrices, on construit le diagramme théorique qui a fait l’un des objets principaux de cette note. Avec ce guide et en se servant du profil et de la planimétrie de la ligne, on peut contrôler le fonctionnement de la locomotive pendant tout le parcours, constater si les moteurs sont effectivement utilisés dans le champ de marche normale, si les démarrages sont suffisamment sûrs eu égard à la bonne conservation du matériel, si les vitesses qu’on obtient dans les divers tronçons de la ligne s’accordent avec les autres exigences du service, si les consommations instantanées sont compatibles avec les conditions d’alimentation de la ligne, tant au point de vue du fil de travail et des alimentateurs éventuels, qu’au point de vue de la potentialité de l’usine génératrice.
- Si quelqu’une de ces vérifications n’est pas satisfaisante, le résultat lui-même indiquera généralement dans quel sens il faut chercher le remède, et ce remède éventuel consistera probablement à faire varier la composition des trains, en tenant compte de ce qu’à la composition maximum correspond généralement le minimum de frais de personnel.
- Le travail que demande ce contrôle est largement compensé par la sécurité qu’il donne d’avoir atteint le but proposé avec le minimum de moyens, ce qui revient à dire, en pratique, avec le minimum de dépenses.
- En terminant, l’auteur de cette note tient à déclarer qu’il n’a pas la prétention d’avoir fixé en, tous détails le procédé le meilleur; il s’est surtout attaché à faire ressortir que,pour obtenir de la traction monophasée les résultats qu’on en peut espérer, il faut l’appliquer avec desdonnées précises, rationnellement et prudemment ; il est persuadé que le champ d’application de la traction monophasée peut être très vaste, notamment en Italie, et il demande que des essais méthodiques et comparatifs soient faits par les chemins de fer de l’Etat, prenant en considération qu’il s’agit d’un système qui a déjà atteint un grand degré de perfection, qui semble convenir à beaucoup de voies ferrées italiennes et qui est en train, dans d’autres pays, de prendre le dessus sur tous les autres systèmes de traction électrique.
- G. Revessi.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- L’intensité d’aimantation à saturation aux très basses températures. — P. Weiss ei K. Onnes. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910.
- Les auteurs ont étudié l’augmentation relative des intensités d’aimantation à saturation (c’est-à-dire pratiquement dans un champ de ao 000 gauss) pour différentes substances, quand on opère à une température voisine du zéro absolu (pratiquement ao° absolus obtenus à l’aide de l’hydrogène liquide), au lieu de la température ordinaire. L’écart entre la tl\éorie et le résultat d’expérience est plus marqué pour le nickel que pour la magnétite.
- Sur les propriétés magnétiques du manganèse, du vanadium et du chrome. — P. Weis
- et K. Onnes. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910.
- Les auteurs ont réussi à produire du manganèse ferromagnétique ('), substance singulière, qui est cent fois moins magnétique que le fer et qui possède un champ coercitif dix fois supérieur à celui d’un acier à aimants permanents.
- Recherches sur le magnétisme terrestre. — A. Nodou. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910.
- Le magnétisme terrestre subit, à certaines époques déterminées, des variations brusques et rapides de direction et d'intensité ; ces troubles précèdent de 12 à 24 heures l’apparition des grands mouvements atmosphériques. On peut les mettre en (*)
- (*) Déjàobservé par Seckelson; Wied, Ann., tome LXVII, 1899, p. 37.
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- évidence par un magnétoinètre spécial, à très faible moment d’inertie.
- Les tensions explosives en courant alternatif et leur relation avec le rayon de courbure des électrodes. —J. de Kowalski et J. Rappel.— Communication à l’Académie impériale des Sciences de Cracovie, Philosophical Magazine et Electrician, a5 mars igio.
- On admettait autrefois que l’étincelle éclate quand [ intensité maxima entre les électrodes a dépassé une certaine limite ; l’expérience, ayant contredit cette théorie, M. A. Russell aurait, d’après les auteurs, ajouté l’hypothèse suivante (*) : pour les distances explosives supérieures à i"'m, il faut déduire de la valeur de la tension maximum une certaine quantité, dite « volts perdus », qui est de 8oo volts dans le cas où le diélectrique est l’air.
- Les auteurs ont exécuté des mesures qui ne confirment pas celte hypothèse. Mais il faut ajouter que M.A. Russel a discuté ces résultats dans un article ultérieur du Philosophical Magazine et rectifié l’énoncé de ce que les auteurs appellent sa théorie.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Etalon de l'èsistance à inductance et capacité compensées. — S. Leroy-Brown. — Physi-cal Review et The Electrician, i61- avril 1910.
- On cherche généralement à réduire autant; que possible, d’une part, l’inductance, d’autre part, la capacité des étalons de résistance. L’auteur a songé à employer une méthode différente, en opposant l’une à l’autre l’inductance et la capacité, de sorte qu’elles se compensent aussi parfaitement que possible. Son étalon de résistance, constitué par deux fils parallèles, peut fonctionner aussi bien en courant continu interrompu qu’en courant alternatif, et permet d’effectuer avec précision des mesures de capacité de quelques centièmes de microfarad.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Déséquilibre de potentiel par rapport à la terre dans un réseau de distribution électrique. — Giancarlo Vallauri. — Communication à la section de Naples de V Associazione elettrotecnica italiana. de VAtti, novembre-décembre 1909.
- Dans un réseau de transport et de distribution
- d’énergie électrique, dont aucune partie n’est mise h la terre directement, les systèmes de conducteurs reliés au pôle des générateurs se trouvent, dans les conditions normales de l'installation, à égalité de différence de potentiel par rapport à la terre. O11 peut, en effet, considérer celle-ci comme reliée électriquement à lieux ou plusieurs systèmes de conducteurs par des résistances, capacités et self-inductions identiques pour chacun d’eux. Il s’ensuit que, dans les conditions normales, si l’on intercale des voltmètres entre chaque système de conducteurs et la terre, ces appareils donnent des indications semblables. Mais si les conditions d’isolement d’un des systèmes de conducteurs deviennent moins bonnes, l’équilibre entre les courants dérivés de chaque système ne se maintient plus, d’où résulte aussi un déséquilibre pour les potentiels par rapport à la terre.
- Il est intéressant et, pratiquement, d’une importance notable, d’établir les relations qui permettent de déterminer, à l’aide des différences de potentiel lues aux voltmètres, sur lequel des systèmes de conducteurs s’est modifié l’isolement et quelle est la valeur du dommage, c’est-à-dire quelle résistance présente la dérivation qui s’est établie entre le système de conducteurs et la terre (’).
- Cette étude conduit à des résultats remarquables, spécialement dans le cas d’1111 réseau de distribution de courant alternatif triphasé. Désignons par V le
- b)
- potentiel entre deux phases, par/l = —la fréquence,
- 'lit
- par C la capacité et par r la résistance d’isolement de chaque phase par rapport à la terre. La mesure de r se réduit à une mesure d’isolement ordinaire ; celle de l’impédance totale,
- y/^ + w’
- d’où l’on tire C, peut s’effectuer en reliant au sol par l’intermédiaire d’une résistance négligeable et d’un ampèremètre l’une des phases et en mesurant le courant I qui la traverse, d’où :
- 1 _ y/3 V
- y/^+w 1
- (') Les considérations générales qui sont exposées ici ont été inspirées par la communication de l’ingénieur G. Fano : Dispositifs contre les dangers îles contacts à la terre de conducteurs à haute tension. Voir Lumière Electrique, 26 mars et 2 avril 1910.
- (*) Phil. Mag., vol. XI, 6, p. 237, 1906.
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- Cela suppose naturellement qu’on englobe aussi dans C l’effet de la self-induction, r’esl-à-dire que, si celle-ci n’est pas négligeable, la valeur de C, déduite de celte mesure et introduite dans toutes les expressions suivantes, représente une capacité idéale liée à la capacité réelle C' et à la self-induction L par
- la relation C = C'—* —- .
- (*)2L
- Dans les conditions normales, si les vecteurs III, II III, III I (fig. 2) représentent les potentiels V entre chaque couple de phases, les vecteurs 01, OU, OUI V
- représentent les de chaque phase par rapport à
- la terre, et, en tout cas, ils se peuvent mesurer avec trois voltmètres placés respectivement entre les trois phases et la terre. Mais si maintenant, entre la phase I et la terre, on établit une dérivation accidentelle, de
- le courant de O à I par : r -4- R
- i = P - sin (u>, — <p) -|- PwG cos (0)t —9) ;
- le courant de II à O par :
- 4 = Pi — sin (o)£ — -j- Pj ü)C cos (ü)£ — Çi);
- le courant de III à O par :
- 4 = P2 - sin (lût — <p2) + Pa wG cos (ojt — Çjj)!
- Entre ces grandeurs existent les trois relations :
- (,l — P + Pu <*2 = P + P?, i = «1 + h,
- qui, devant être satisfaites pour toute valeur de /, se dédoublent en six équations entre les six in-
- Fig. 1.
- résistance R (fig. 1), le point O se déplace dans le diagramme des potentiels.
- On veut déterminer comment varient en fonction de R, soit les potentiels respectifs des phases par rapport à la terre, soit le courant qui traverse R.
- Supposons que nous puissions considérer les potentiels et les courants comme simplement sinusoïdaux, on peut exprimer le potentiel de II par rapport à I par :
- Vt — Y sin (tût -J- 3o°); le potentiel de III par rapport à I par :
- v2 — V sin (tn£ — 3o°); le potentiel de O par rapport à I par :
- p — P sin (o>£ — 9) ; le potentiel de II par rapport à 0 par ;
- x pi =zz Pj sin (idl — cpj) ;
- le potentiel de III par rapport à 0 par :
- Ih = ^2 sin — ?î);
- /T S
- Fig. 2.
- connues P, P,, P3, <p, cp1? cp2. E11 se bornant à P et à y et en éliminant les autres inconnues, 011 a:
- 1
- p. ^3딂V
- 1J sin
- /• + 3 R\2
- H
- R
- + (3 ü) C)*
- /•+ 3R
- + 3(ü)C):
- PcoSf = v/5v ^ + my+(3<aC|,
- D’où :
- P =
- v/3 V
- mw-’
- )+
- >4-311 .
- .2 R
- 3(<i)G)2J"
- 1 g <P = —
- 01G
- R /• + 3R >R
- + 3 (u>C)*
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- P
- Ayant calculé P, on en déduit le courant IR — qui traverse R.
- Les formules se simplifient si l’on peut considérer comme négligeable le courant de dispersion par rapport à celui de capacité, ainsi qu’il arrive en particulier dans les réseaux formés de câbles souterrains. Si en effet on pose r — o©, on a :
- P =
- y/3 O) CV
- V^R5 + ^wG)2
- «g-1?
- 311 wC
- j _ \/3 (oCV
- * ~ y/i +(3w CR5)'
- , Pour étudier la variation simultanée des trois potentiels dès phases par rapport à la terre, quand R décroît de oo à zéro, il convient de déterminer le lieu du point O dans le diagramme vectoriel. Choisissons les axes des x et des y comme l’indique la figure a; les coordonnées de O sont x= —P sin <p et y — P cos cp; en substituant dans ces deux équations les valeurs précédemment obtenues et en éliminant la variable indépendante R, on obtient une équation du second degré entre x et y/, qui est l’équation d’un cercle passant par O et par I et de rayon
- si ^ est l’angle dont le courant résultant normal de capacité et de dispersion précède le potentiel qui le produit = arc lg/*o)C).
- Les coordonnées du centre A sont :
- Xq —
- V i
- ^3
- Cela signifie que le point A se déplace sur la droite AB quand r et C varient. Si C reste constant, le point A coïncide avec B pour /• = ©o (isolement parfait) et il s’éloigne vers la gauche quand r diminue, jusqu’à l’infini pour /’— o. Si /reste constant, le point A s’éloigne à l’infini pour C — c© et quand C diminue, il se rapproche de B en venant de la gauche jusqu’à coïncideravcc B pour C —o; ilpasse ensuite à droite de B si C < o, c’est-à-dire si la self-induction l’emporte sur la capacité.
- Si au contraire on veut déterminer le lieu du point O, quand r varie, pour des valeurs déterminées de C et de R, il suffit d’éliminer r entre les expres-
- sions de x et de y. On a aussi dans ce cas l’équation d’un cercle, qui est tangent en O à l’axe des y et qui a pour rayon :
- _ V i P~fÿf FÛÆ’
- de telle sorte que les coordonnées du centre sont :
- _ V i _ V
- ‘r#“6V/3 rse’ ?/0~7r
- Le centre D se déplace donc sur la droite O D quand R et C varient; si G reste constant, il coïncide avec O pour R = co et il s’éloigne de O quand R diminue ; si R reste constant, il se rapproche de O par la droite quand C décroît, coïncide avec O pour C = o et passe à gauche pour C < o.
- Enfin le lieu du point O, quand C varie, et pour des valeurs déterminées de r et de R, s’obtient de la même manière; c’est un cercle de rayon :
- — — r P ^3 /- + 3R’
- dont le centre E a pour coordonnées
- Vo
- V r+6R
- TFTüv
- c’est-à-dire qu’il se déplace sur la droite 10 et que, r étant constant, il va de O à B quand R varie de co à zéro; R étant constant, il va de B à O quand r varie de co à zéro.
- Ainsi, pour toute valeur constante présumée d’une des trois variables R, r, C, on peut tracer un dessin comprenant deux familles de courbes, dans lequel chaque courbe correspond à une valeur constante d’une des variables restantes.
- On voit par la figure a que, dans tous les cas où tp > Go°, il existe des valeurs de R, supérieures à une certaine limite, pour lesquelles le potentiel II O, vers la terre d’une phase intacte, est moindre que le potentiel 10 de la phase atteinte et qu’il existe d’autres valeurs de R, inférieures à une certaine limite, pour lesquelles le potentiel IÏI O, entre une phase et la terre, est plus grand que le potentiel entre deux phases. 11 s’ensuit que, lorsque l’indication de l’un des trois voltmètres est inférieure à celle des deux autres, il est certainement relio à la phase dangereuse, mais dans les autres cas, il est plus sùr de définir la phase
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- atteinte, comme celle qui, dans Tordre du temps, vient après la phase dont le potentiel s’est le plus élevé par rapport à la terre.
- Une fois qu’on a établi quelle est la phase atteinte, il peut y avoir intérêt à déduire la valeur de la résistance R de la dérivation accidentelle, et ensuite aussi
- le
- courant — qui
- la traverse.
- Si Ton peut admettre r et C comme constants pour un réseau déterminé, il suffit d’avoir construit pour ce réseau, d’après les formules ci-.dessus, le diagramme cartésien P = f (R), d’où Ton lire la valeur de R, qui correspond à la valeur observée pour P. Ou bien il suffit, dans le diagramme polaire, d’avoir construit le cercle, lieu de O, pour ces valeurs de /* et de C et de Tavoir gradué en valeurs de R; en reportant alors sur ce cercle la position actuelle de O à l’aide des indications des A oltmètres, on lit la valeur correspondante de R.
- Si Ton veut tenir compte de ce que r peut, dans un réseau, varier entre des limites déterminées, on pourra construire autant de diagrammes cartésiens P = /*(R) qu’il y a de valeurs de r que Ton veut considérer ; on obtiendra R, pour la valeur observée de P, par la courbe qui correspond à la valeur de r la plus probable dans les conditions actuelles. Mieux encore, on reportera le point O sur le diagramme polaire, sur lequel on aura tracé les lieux correspondant à la constante C et aux diverses valeurs tant de r que de R. Dans ce dernier procédé, on détermine en même temps-/’ et R et Ton pourrait utiliser cette méthode pour déduire Tisolement d’un réseau en fonctionnement, en connectant une phase avec la terre à l’aide d’une résistance variable R et en déterminant sur lequel des cercles (correspondant chacun à une valeur déterminée de /’) se déplace le point O (4).
- problème d’une façon tout à fait analogue et plus simplement. On a dans ce cas :
- P sin f
- o>CV
- R /r + a R\* , pv
- (—7r~ ) +<*“c)
- /’ -f- aR
- ,.2
- P cos © = V
- R
- + a (ü>C)'
- D’où
- /
- P =
- wC
- tg ? = — -
- R r+aR /•2R
- -j- :l («C);
- et pour / = °o
- P =
- VwC
- \/ jf. + (““C)1
- *81 =
- a R(oC
- Ici, s’il survient une dérivation vers la terre par l’un des pôles, les deux potentiels, par rapport à la terre, deviennent différents entre eux. Ils ont une somme supérieure au potentiel total, car ils ne sont pas en opposition de phase, mais le pôle atteint, pour une valeur quelconque de R, possède par rapport à la terre un potentiel inférieur à celui de l’autre pôle lequel pour son compte ne dépasse jamais le potentiel total.
- *
- ¥ ♦
- Dans le cas d’un réseau monophasé, on traite le
- (t) On peut encore arriver aux mêmes résultats par les diagrammes cartésiens, en construisant, outre les P “ /’ (R) pour des valeurs déterminées de r, les Pi = f(R) pour les mêmes valeurs de r, et en recherchant ensuite avec les résultats (ou bien directement par la voie analytique) les diagrammes en coordonnées P et Pi ; mais il est plus rapide de construire les diagrammes polaires.
- * *
- Pour un réseau triphasé, le problème dont il s’agit se complique, quand on veut considérer le cas de deux dérivations accidentelles R4 et R2, par deux phases distinctes, vers la terre. Ici, à travers chaque résistance il ne passe pas seulement un courant vers la terre, qui se ferme sur les capacités et les dispersions des autres phases, mais encore un courant maintenu au potentiel Y entre les deux phases altérées à travers la résistance Rt -f- R2. Si Rt et R2 ne sont pas toutes les deux trop petites, le courant n’est pas assez intense pour que les fusibles et les disjoncteurs automati-
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- ques entrent en action; il peut même être assez faible pour que les indications des ampèremètres de phase ne révèlentpas le dommage et n’indiquent pas quelles sont les phases atteintes. Par suite, il est intéressant, dans ce cas, do pouvoir utiliser les indications des trois voltmètres intercalés entre chaque phase et la terre.
- Supposons atteintes les phases II et III, ce qui introduit des dérivations Ri et R2 (fig. 3) et adoptons pour les potentiels et pour les courants.les mêmes symboles que nous avons employés dans la première partie de cette étude ; on obtient de façon tout à fait analogue :
- inr1 (îVrr1, + 7.)-^ Vir
- ttgKj \ ttgni î/ ttgUj
- -f- Rj
- P sin y —
- P cos <p =
- (
- R2 + Ri , 3\* R2R1
- 3 \2
- + (3uC)*
- V3/R2 + R1 , 3\/R2 + ri , 2\ , ,
- +7j(~^Rr'f7j+3(oC(V:iMG+2Tt^;j
- 1“R7RT+r) +(3“G)
- Fig. 3.
- d’où l’on tire :
- obtient les carrés de P, P,*, P2; en faisant les rapports, on obtient tg <p, tg cp, et tg cp.2.
- Si l’on admet cjue /• et C sont constants, à chaque couple de valeurs de IL et R2 correspondent des valeurs déterminées de P, P! et P2, autrement dit une position du point O dans le diagramme polaire. Celle-ci se trouvant spécifiée par les indications des trois voltmètres, on doit pouvoir obtenir Rt et R2 et, dans ce but, il convient d’avoir tracé les lieux du point O qui correspondent à chacune des valeurs déterminées de R! ou de R2. En prenant pour origine des coordonnées, par exemple, le centre du triangle
- Fig. 4.
- des potentiels de la façon indiquée (fig. 4), on a :
- Pt sin cp. =-----V — P sin
- 2
- P, cos = — V — P cos cp ;
- P2 sin <p2 = - V— P sin ©,
- 2 ‘
- P2 COS cp2 v — P cos <p.
- 2
- x — — P sin cp y = P cos ®-------------- .
- S/3
- Substituons à Psin ^et à Pcos <p leurs expressions en fonction de r, w C, IL, R2 et éliminons entre les équations IL ; nous en déduisons l’équation générale des lieux du point O pour des valeurs déterminées de R2. Ces lieux sont des arcs de cercle ayant pour coordonnées de leur centre :
- V v/3 rwC + 1 y/3 /'ù)C
- y »
- v/!™0-3-*®'.
- On a ainsi trois couples d’équations ; en élevant au carré et faisant la somme dans chaque couple., on
- 3/-wC
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- et pour rayon :
- _ V
- ^ i a j-b) C
- X — /à) -f- + \/ï rwC + a
- Construisons le point A de façon que
- OA III r= — arc tg /*a>C;
- ces cercles passent tous par A et par II et ils ont leurs centres D sur la droite BD, perpendiculaire à A II en son point milieu B et à une distance de ce dernier
- BD = -4
- \/ 3 / o) C -f- 3 -f- a —
- U.»
- 3 /*o)C
- Pour déterminer, au contraire, les lieux de O pour des valeurs déterminées de Ri? on élimine ll2 entre X et y et on obtient encore l’équation d’un système de cercles ayant pour coordonnées de leur centre,
- et pour rayon :
- _ V ^ iî/’wC
- V i — \/3/’(oC v/3 /'ü)C
- Vo =
- Y yJst'toC + 3 +
- A 3 moC
- R =
- Ri R*
- = constante, on trouve, par des pro-
- R| + R2
- cédés analogues, que les premières sont des arcs de cercle, semblables enti’e eux (lig. 5), passant par le centre du triangle, par le point L, lequel divise le segment IIIII en deux parties qui sont dans le rapport même des résistances, et par le point A tel que
- OA III :=r ai’C tg V ù> C. . v.
- Ils ont leur centre T sur un segment HK perpendi-
- Ces cercles passent donc par III et par A et ils ont leurs centres sur la perpendiculaire E F au point milieu de III A, à une distance :
- EF =
- y 3 — \/3 ' WC + 2
- 4 3/'ü)C
- On peut ainsi construire deux familles dé courbes qui pour des valeurs données de r et de C correspondent, les unes à R2 --- constante, les autres à R, — constante (dg. 5). Si, au lieu de ces deux familles, on veut construire celles qui correspondent à un rap-
- port i;
- Ri
- R.
- constante et à une résistance
- culaire à OA en son point milieu G, symétrique par rapport à G et vu de O sous un angle de i ao° ; tandis que les lieux correspondant à R = constante sont des segments de droites passant par A étayant pour coefficient angulaire.:
- 3(*>C
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- R ^ r
- Une lois construit sur le diagramme polaire l'un ou l’autre couple de familles de courbes, en reportant sur ce diagramme le point O grâce aux indications des trois voltmètres, on peut, si le point O
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- tombe à l'intérieur du triangle, déterminer immédiatement quelles sont les phases endommagées et quelles valeurs possèdent R} et R2.
- Si le point tombe en dehors du triangle, la phase qui donne le potentiel minimum est certainement atteinte, mais on ne peut dire avec certitude laquelle des deux autres a subi une avarie.
- Mettons à part la considération que pour une pareille position de O, si les courants de phase ne sont pas sensiblement accrus, la seconde avarie doit être de peu d’importance.
- Il est possible, en effet, de déterminer sur laquelle des deux phases elle s’est produite.
- A cet effet, on les connecte successivement à la terre à travers une grande résistance et on vérifie dans quelles conditions, en supprimant et établissant ou bien en faisant varier celle nouvelle dérivation, on obtient que le point O se déplace dans le diagramme sur une courbe IL = constante ou sur une courbeR2 = constante (').
- Dans le cas dont il s'agit maintenant, de deux dérivations accidentelles entre deux phases et la terre, comme les variables indépendantes sont déjà au nombre de deux, on ne peut, dans un seul dessin, tenir compte également de la variation de r ou de celle deC.
- Cependant puisque r peut, pour un même réseau, prendre, suivant les cas, diverses valeurs comprises entre des limites déterminées, on pourra en considérer un certain nombre cl construire un diagramme pour chacune d’elles.
- La question pourrait se traiter do façon analogue, mais elle conduirait à une complication plus grande, dans le cas où les dérivations accidentelles vers la terre ne présenteraient pas seulement de la résistance ohmique, mais aussi de la self induction cl de la capacité.
- Il ne faut pas perdre de vue que les résultats qui viennent d’être exposés ne doivent être considérés que comme approximatifs, parce que la condition de la sinusoïdalité des lois de variation de la force électromotrice des courants n’est jamais rigoureusement remplie.
- G. B.
- (*) De même que dans le cas d’une dérivation accidentelle unique, on aurait pu construire ici des diagrammes cartésiens, et par exemple r=. f (R,) pour diverses valeurs de R3. P2 =/'(Ri) pour les mêmes valeurs de R2, et en déduire ou calculer directement d'autres diagrammes en coordonnées Pi Pa, etc.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie. — J.-A. Fleming. — Communication à l'Institution of Electvical Engineevs, reproduite par VElectriciariy 17, fil\ et 3( décembre 1909 (* *).
- Mesure de la longueur d’onde et du décrément logarithmique. — On peut mesurer la longueur d’onde à l’aide d’un circuit possédant une inductance et une capacité variables, faiblement accouplé avec le circuit de l'antenne; on règle l'inductance et la capacité de façon que le courant dans ce circuit auxiliaire soit maximum. L’auteur, dans son cymo-mètre, emploie un condensateur cylindrique à tube glissant, dont le diélectrique est en ébonite. L’inductance est une spirale en fil de cuivre sur laquelle se déplace un contact. Le mouvement de ce contact et celui du tube glissant (armature extérieure du condensateur) sont sous la dépendance d’une même poignée, de sorte que la capacité et la portion effective d’inductance varient à la fois dans les mêmes proportions. Le circuit est de forme rectangulaire. On repère le maximum du courant à l’aide, soit d’un tube à vide à néon connecté aux bornes du condensateur, soit d’un ampèremètre thermique placé dans le circuit du cymomèlre. Une échelle indique directe-
- ment la constante d’oscillation 0 = y/CL, L étant exprimé en centimètres et C en microfarads. D'où la 5,o33 X 10®
- fréquence n = --------\/cf~---- cl ^ ^on8’ueiuI d’onde
- A— 57,G y CL mètres. Lorsqu’on emploie un tel appareil avec une antenne réceptrice, les oscillations sont trop faibles pour être décelées, mais on substitue au tube à néon un détecteur redresseur en série avec un téléphone de grande résistance intérieure. L’auteur a constaté que ie meilleur détecteur de ce genre est celui de Pierce (molybdénile et pointe de oui-
- vre) (2).
- Cet appareil, ou un ondemèlre analogue, peut servir à déterminer le décrément logarithmique des
- (!) Cet extrait complète celui qui a été publié dans notre dernier numéro (p. 5‘±). À ce propos nous tenons à avertir nos lecteurs que le cliché de la figure 7 (p. 56) a subi une déformation qui en altère l’allure : en réalité les deux diagrammes sont composés de_poinls assez espacés. Les traits horizontaux sont parasites.
- (2) Voir Lumière Electrique, n janvier 1910, p. 110.
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- T. X (2« Série). — N* * 16.
- oscillations de la façon suivante, s’il s’agit d’une antenne transincltrice : on commence par construire la courbe de résonance en portant en ordonnées le carré I2 de la valeur efficace du courant dans le circuit du cymomèlre, et en abeisses différentes valeurs n de la fréquence dans le circuit, pour différentes valeurs de la capacité çt de l’inductance, et dans des limites telles que n ne diffère pas plus de f> % de la fréquence de résonance N. Si alors P est le carré de l’intensité efficace maxima dans le circuit du cyrno-mètre, S2 1° décrément logarithmique par demi-période de ce circuit, le décrément des oscillations dans l’antenne est donné par la formule de Bjerknes (*) :
- C IV
- On a o2 = —, C = étant une constante expéri-n 4L
- mentale, puisque dans ce type d’appareil R' et J./ varient proportionnellement.
- Si donc on choisit à priori i
- n
- N
- = o,o5
- et qu’on
- détermine sur la courbe la valeur I correspondante, prend la forme :
- Mesure du rendement d’une installation. — A l’aide des mesures ci-dessus, il est possible d’évaluer le rendement total d’une station radio-télégraphique de transmission, c’est-à-dire le rapport de la puissance moyenne en watts émise par l’antenne sous forme d’ondes, à la puissance moyenne fournie au transformateur ou à la bobine inductive.
- L’énergie W rayonnée en watts par une antenne a pour valeur :
- •±
- W _o,
- K)6 5o
- ira.
- c,
- expression dans laquelle N est le nombre de décharges par seconde du condensateur primaire dont la capacité est Cj mfd ; Vt, la tension moyenne à laquelle
- \
- (*) A propos de l’application de la formule de Bjerknes, cf. J. Betuenod, La Lumière Electrique, 4 décembre 1909, p. 3oi.
- se produisent ces étincelles ; L, l’intensité efficace moyenne du courant dans le circuit du condensateur ; 81, le décrément logarithmique de ce circuit; 01? la constante d’oscillation définie comme ci-dessus; I2, le courant à la base de l’antenne (reliée au sol) et R'2, la résistance à haute fréquence de cette antenne.
- Il est à remarquer que &i lient compte des pertes dans le condensateur.
- Si alors P est l’énergie fournie à la station, le ren-
- W
- dement total de l’installation est —.
- Dans les expériences de l’auteur faites à YUniver-sity College de Londres, on avait P ==: a 6ao watts, W = 78 watts. L’énergie fournie au transformateur était environ 800 watts.
- Par rapport au transformateur le rendement de radiation est donc d’environ 10 % et le rendement total de 3,4 % . C’est un chiffre très faible, et cela provient de ce que les pertes par effet Joule sont énormes, tous les appareils travaillant à leur intensité maxima, mais non à leur puissance maxima.
- Le rendement varie, en particulier, avec la longueur de l’étincelle. Pour le définir, le meilleur procédé est de construire la courbe qui indique sa valeur en fonction du pourcentage de pleine charge du transformateur ou bobine inductive.
- Il est possible encore de déterminer théoriquement la puissance rayonnée pour une antenne. L’auteur a établi la formule suivante :
- h2
- w = 160 y -,
- h et \ étant la longueur de l’antenne et la longueur d’onde exprimées avec la même unité de longueur; I2, l’intensité efficace à la base de l’antenne. Pour l’expérience ci-dessus, cette formule donnaitW = 80 watts, ce qui concorde bien avec la valeur expérimentale.
- Pour diminuer les pertes, il faut apporter grand soin au choix des fils de connexions, employer des fils guipés au coton et tressés de façon à former une bande plate et non pas toronnés de la façon ordinaire.
- 11 y a lieu également d’effectuer des expériences pour déterminer quelle est la forme de décharge qui transmet à l’antenne la plus grande quantité d’énergie, toutes choses égales d’ailleurs.
- Quand au rendement de réception, il est possible de le déterminer si le courant dans l’antenne réceptrice n’est pas trop faible pour qu’un bolomètre ou
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- un microampèremètre Duddell puisse le déceler. Ceci amène l’auteur à parler des travaux du lieutenant Tissotf1 2); dans une expérience effectuée entre le Henri-lV et un autre navire, à un kilomètre de distance, l’énergie reçue par l’antenne était i/6o ooo de l’énergie émise.
- L’auteur rappelle.enfin que l’énergie émise par une antenne n’est pas la même dans toutes les directions. Somintensité pourrait être représentée par l’équation / = C sin3 6. Dès lors, pour évaluer l’énergie qui traverse la surface d’une antenne, il faut considérer l’intensité de radiation moyenne horizontale, et non l’intensité moyenne sphérique. La première est environ i,6 fois plus grande que la seconde. Faute de tenir compte de cette considération, on pourrait arriver à cette conclusion que l’antenne reçoit une plus grande quantité d’énergie que celle qui correspond à la surface qu’elle présente.
- Cètte communication a été discutée en même temps que celle de MM. Eccles et Makower sur le rendement obtenu dans la production des oscillations électriques au moyen des étincelles courtes jJ).
- Tout le monde s’est accordé à reconnaître l’importance de ces deux communications.
- M. Taylor fait observer que la valeur de 78 watts de l’énergie émise par l’antenne de l’University College est sans doute trop forte à cause des pertes auxiliaires dues à l’induction électro-statique sur les conducteurs et les murs environnants, et par suite des pertes ohmiques à la plaque de terre de l’antenne. M. Fleming répond à cela que les premières peuvent être évitées, et que les secondes sont difficilement mesurables. Il serait possible cependant de disposer le circuit de l’antenne de façon que celle-ci ne rayonne que peu ou point, en laissant intacte la prise de terre et reliant l’extrémité libre de l’antenne à une capacité, de façon que le courant qui la traverse soit le même. Le rayonnement d’énergie serait alors supprimé et les pertes dans le circuit demeureraient les mêmes qu’en fonctionnement normal.
- M. Wilson signale une perle due aux courants de Foucault qui peut se produire ; il rappelle que, dans
- (>) Tissot. Etude de la résonance des systèmes d’antennes dans la télégraphie sans fil.
- (2) Voir Lumière Electrique, 12 mars 1910.
- les usines à courant alternatif, lorsque trois barres placées en parallèle sont dans un même plan, les barres extérieures sont à une température plus élevée que celle du milieu. Des effets analogues doivent se produire dans les antennes.
- Il voudrait aussi que les bases d’établissement des licences accordées pour l’installation des stations de télégraphie sans fil reposent non pas sur la puissance totale mise en jeu, dans ces stations, mais sur l’énergie qu’elles rayonnent.
- M. Morris insiste sur la variation du rendement, en fonction de la longueur de l’étincelle et du milieu dans lequel elle se produit ; lui-même a fait, il y a deux ans, quelques expériences avec des oscillateurs de Hertz et de Langwitz en employant pour récepteur un circuit fixe fermé sur un thermo-galvanomètre Duddell. L’intensité du courant reçu varie, pour un même milieu, avec la longueur de l’étincelle, et les courbes obtenues sont fort différentes suivant les milieux. C’est ainsi que pour une longueur d’étincelle de omm,oo4, l’énergie reçue est environ i3 fois plus grande avec l’huile de paraffine ou l’acétate d amyle qu’avec l’air. Les longueurs d’étincelle les plus efficaces étaient les suivantes: air 4m,n ; acétate d’amyle omm,04 ; huile de paraffine omm,004.
- Il voudrait voir faire, dans le cas des étincelles de haute fréquence, des expériences analogues à celles que lui-même a réalisées sur l’arc électrique (*).
- M. Eccles répond que pour chaque valeur de courant, il a mis entre les électrodes de l’éclateur de von Lepel l’épaisseur de papier qui donnait les meilleurs résultats. Il a remarqué que la combustion du papier améliorait le rendement; mais les produits de la combustion sont loin d’être définis.
- M. Fleming, en terminant, réfute quelques objections de M. Murray; il ajoute qu’il a eu en vue uniquement l’indication de méthodes qui n’excluent pas l’initiative des expérimentateurs, mais qui puissent aider à se rendre un compte exact des rendements des appareils radio-télégraphiques.
- L. B.
- C) VoirMomus, Eclairage Electrique, 19 octobre 1907, P- 97-
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- La télégraphie sans fil et les ondes électriques (7e édition), par J. Boulanger et G. Ferrié.
- — i volume in-8° carré de 487 pages avec a55 figures.
- — Bergek-Levrault elCle, éditeurs, Paris.— Prix:relié, 10 francs.
- C’est la septième édition de cet ouvrage que nous présentons ici. Cette constatation suffirait à le recommander à nos lecteurs, s’il en était besoin d’ailleurs et si l'éminente compétence de ses auteurs n’était le meilleur des garants.
- Destiné aux ingénieurs, ce volume est conçu à un point de vue pratique et ne contient de théorie que ce qu’il est indispensable d’en savoir; étant donné cependant le grand rôle que joue la théorie dans la science radiotélégraphique, elle occupe encore dans les exposés une place assez considérable. C’est ainsi qu’un chapitre spécial est naturellement consacré à l’étude des théories les plus accréditées aujourd’hui, et particulièrement à celles de Blondel et de Poyn-ling. Mais, en définitive, les auteurs ont surtout cherché à mettre entre les mains des techniciens les éléments nécessaires pour procéder sur des bases rationnelles à l’installation d’un poste transmetteur ou récepteur.
- C’est pourquoi, après avoir décrit séparément les organes de transmission (bobine Carpentier, bobine Rochefort, interrupteur GailTe à turbine, alternateur Villard, condensateurs Mosicki, transformateurs Oudin et Tesla) et les détecteurs de toute sorte, ils consacrent plus de 5o pages à #la description des inodes de montages pratiques.
- Tout cela est très complet, et très au courant des nouveaux progrès, ce qui est une qualité appréciable dans une science qui évolue aussi rapidement que l’a fait la télégraphie sans Jil au cours des dernières années.
- Le livre s’achève sur les procédés de syntonisation et d’entretien des ondes, que suit une note, succincte mais très complète, sur la téléphonie sans fil etssjon étal actuel.
- Enlin l’on trouve également des renseignements administratifs.
- De tout ce remarquable ouvrage, nous n’avons
- que du bien à dire; il n’est pas jusqu'à son exécution matérielle qui ne doive contribuer au grand succès qu’il est assuré de rencontrer.
- S. F.
- Les oscillations électriques, Principes de la télégraphie sans fil, par O, Tissot. — 1 volume de470 pages, avec 5*2. figures. O.Doin et Fils, éditeurs, Paris. — Prix : cartonné, 5 francs.
- En lisant cet ouvrage, après le précédent, l’on ne peut s’empêcher de penser que la télégraphie sans iil est une branche de l’électrotechnique vraiment privilégiée. Conçu à un point de vue plus spécialement didactique, le livre de M. Tissot est un exposé magistral, digne de la grande réputation de son auteur.
- Ici, la part faite à la théorie est beaucoup plus considérable; nous signalerons, spécialement, au chapitre iv, l’exposé des idées de Kirchhofï, sur la propagation d’un ébranlement le long d’un fil, ainsi que la théorie de Bjerkues sur la résonance, au chapitre vii.
- Bien entendu, les dispositifs pratiques, pour les mesures, par exemple, 11e sont pas systématiquement laissés dans l’ombre, mais c’est surtout sur le principe de ces dispositifs que l'auteur a entendu insister.
- H a fait ainsi l’ouvrage didactique qui nous manquait encore et il l’a fait avec des qualités d’exposition précieuses.
- Le débutant est toujours un peu effrayé par les notions assez ardues que l’on rencontre dans l’élude théorique do la radiotélégraphie, notions qui sont, comme on sait, du domaine de la physique supérieure. Muni de cet ouvrage, il pénétrera aisément dans ces régions abrupt es, et aura mémo acquis, après sa lecture, des connaissances générales qui déliassent de beaucoup le domaine particulier de la radiotélégraphie.
- S. F.
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- VOLUMES REÇUS
- Les compteurs électriques à courants continus et à courants alternatifs, par L. Barbil-lion.— i volume iu-i6 de 22G pages avec ia4 ligures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 3 fr. 25.
- Téléphonie. Du téléphone Bell aux multiples automatiques, par A. Turpain. — i volume in-8° raisin de 186 pages, avec 123 figures. — Editeurs : Gkatier et Rey, Grenoble, et Gauthier-Villars, Paris. — Prix : broché,5 francs.
- Notions fondamentales sur la télégraphie* par A. Turpain. — i volume in-8° raisin de 180 pages avec 122 figures. — Editeurs : Gratier et Rey, Grenoble, et Gauther-Villars, Paris. — Prix : broché, 5 francs.
- Annuaire 1910 de la Société des Ingénieurs Civils de France. — I volume in-8° raisin de 524 pages. — En vente : 19, rue Blanche, Paris. — Prix : broché, 3 francs.
- Production électrique de l’ozone, par E. Dou-zal. —r 1 volume iu-8° jésus de 115 pages avec 5a figures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris et Liège. — Prix : broché, i5 francs.
- L’èlectrotechnique exposée à l’aide des mathématiques élémentaires (Tome IÎ), par N.-A. Paquet, A.-G. Docquier et J.-A. Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 584 pages avec 546 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, ï5 francs ; relié, 16 fr, 5o.
- I
- Cours d’électricité et de magnètisme (Tomel), par E. Pierard. — 1 volume in-8° raisin de 358 pages avec 238 figures. — Ramlot, éditeurs, Bruxelles. — Prix : broché, 10 francs.
- Cours d’électricité et de magnétisme (T. II), 2° édition, par E. Pierard. — 1 volume in-8° raisin de 5g6 pages avec 483 figures. — Ramlot, éditeur, Bruxelles. — Prix : broché, 11 francs.
- VARIÉTÉS
- Les installations hydro-électriques du Sud-Ouest de la France. — P. Postel-Vinay. — Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, novembre 1909
- On sait que la Société d’Energie Electrique du Sud-Ouest a créé au bord de la Dordogne, à Tuilière, une centrale qui dessert toute la zone d’influence de trois villes, Bordeaux, Angoulème et Périgueux, et qui utilise le débit total de la Dordogne.
- CONDITIONS GÉNÉRALES d’ÉTARLISSEMENT DU RÉSEAU.
- Trois artères principales à 5o 000 volts ont été installées, savoir :
- i° Deux lignes triphasées, spécialement affectées au transport de l’énergie, dans la région de Bordeaux et se servant mutuellement de secours.
- Chacune d’elles a été établie suffisante pour assurer le transport de l’énergie totale nécessaire à Bordeaux. Ces deux artères aboutissent au poste de Cenon où la tension est abaissée à i3 >00 volts ;
- 20 Une ligne triphasée, en forme d’Y, affectée au transport de l’énergie dans les villes d’Angoulème et de Périgueux. Le point de rencontre des deux branches de l’Y se trouve à Neuvic où est établi un
- poste de coupure. Les deux branches aboutissent chacune à un poste de transformation abaissant également la tension de i3 5oo volts.
- Flnplus de eesligncsprincipales, et afin de pourvoir d’énergie les industries locales dans les vallées de la Garonne, du Dropl, de la Dordogne, de la Dronne, de l’Islc, des lignes à Ci loo volts ont été établies sur les mêmes supports. Ces lignes aboutissent à chaque poste de transformation sur les barres-omnibus à i3 joo volts.
- Sur le parcours de chacune des lignes doubles à 5o 000 et i3 5oo volts est situé un poste de bifurcation et de sectionnement permettant de couper le courant sur les circuits à 5o 000 et i3 5oo volts. Enfin, une ligne indépendante directe, à i3 5oo volts, est établie entre Tuilière et Périgueux.
- Dans ces conditions, un examen du schéma général du réseau permettra de se rendre compte des conditions de sécurité qui sont réalisées par ces dispositions.
- En principe, les deux artères i3 5oo volts Tuilière Bordeaux sont toujours coupées soit à Saint-Pey d’Armens, soit à Camiran; la_ partie comprise entre Cenon et l’un quelconque de ces postes est alimentée par du courant à i3 5oo volts venant de
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- Cenon et celle située entre Tuilière et l’un de ces postes par du courant à i3 5oo volts venant de, Tuilière.
- Les artères principales peuvent elles-mêmes être sectionnées dans ces postes.
- Par conséquent, une avarie survenant dans l’une des quatre sections ainsi constituées n’immobilisera jamais que cette section elle-même, c’est-à-dire une faible partie du réseau desservi. Enfin, sur le réseau Tuilière-Angoulême-Périgueux (fig. i), et grâce à la ligne directe i3 5oo volts Tuilière-Périgueux, la sécurité est également assurée, car quel que soit le tronçon de ligne à 5o ooo volts avarié, il sera toujours possible soit d’alimenter
- Lignes à.50 000 Volts
- Lignes à 13 OOP Volts
- Fig. î.
- Angoulême seul, Périgueux étant desservi par sa ligne propre à i3 5oo volts (avarie au tronçon I), soit d’alimenter Périgueux à i3 5oo volts et Angoulême à 5o ooo en élevant la tension à Périgueux (avarie au tronçon III), soit enfin, cas extrême, d’alimenter Périgueux normalement et Angoulême à i3 !Soo volts (avarie au tronçon II) (fig. i).
- Construction des lignes primaires.
- Toutes les artères principales 5o ooo volts ont été établies sur pylônes métalliques et les dérivations à i3 5oo volts sur poteaux en sapin injectés au sulfate de cuivre.
- Artères principales.
- Les pylônes normaux en alignement droit ont une hauteur totale de 14“,5o ; ils sont encastrés de 2m dans un massif de béton ; leur poids est de 68okB. Pour
- les angles et les courbes, leurs poids varient de 68okg à i 4oo et, à l’exception de quelques traversées de routes, chemins de fer, canaux et rivières, la forme employée reste toujours la même. Leur section est pyramidale et l’écartement normal moyen entre pylônes est d’environ 90 mètres.
- Enfin les bras de pylônes qui soutiennent les isolateurs de la tranche inférieure de la ligne à 5o ooo volts sont munis, à leurs extrémités, de deux cornières verticales de o“, 5ode hauteur. Ces cornières sont destinées à protéger les lignes contre les coups de foudre qui peuvent se produire, en présentant à la foudre le chemin de l’armature pour prendre contact avec la terre.
- Chaque pylône supporte :
- i° Une ligne triphasée à 5o ooo volts;
- 20 Une ligne triphasée à i3 5oo volts;
- 3° Un circuit téléphonique.
- i° Lignes à 5o ooo volts.
- Les conducteurs des lignes à 5o ooo volts sont espacés de im, 75 l’un de l’autre et disposés suivant un triangle équilatéral.
- 2° Lignes à 13 5oo volts.
- Les conducteurs des lignes principales à i3 5oo volts sont espacés de g5cm l’un de l’autre et disposés en triangle équilatéral ; les isolateurs qui le supportent sont constitués par deux cloches scellées au four.
- La distance qui, sur un même pylône, sépare les deux conducteurs les plus voisins à 5o ooo et i3 5oo volts est de im, 4f>-
- Tous les conducteurs et câbles des artères principales sont en cuivre nu à haute conductibilité, ayant une résistance à la rupture de 35ke par millimètre carré.
- La ligne téléphonique enfin ne présenté rien de particulier.
- USINE DE TUILIÈRE
- Cette importante usine a une puissance totale de 24 ooo kilowatts ; elle peut être divisée en deux parties principales :
- i° Usine hydraulique ;
- 20 Usine thermique.
- Enfin, un poste élévateur de tension est établi à côté de l’usine proprement dite.
- L’usine hydraulique elle-même peut être consi-
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- dérée comme comprenant deux parties distinctes, savoir :
- i° Aménagements hydrauliques extérieurs;
- 2° Usine proprement dite.
- Aménagements hydrauliques extérieurs.
- La chute alimentant l’usine hydraulique de Tui-lière a été créée de toutes pièces par l’établissement d’un barrage à vannes mobiles, qui est sinon le plus grand, du moins l’un des plus grands existant dans le monde.
- Les vannes métalliques qui ferment les pertuis du barrage ont une hauteur commune de i’3ra, reposent, sur des seuils en fonte à im au-dessous de la côte d’étiage de la Dordogne et sont manœuvrées par des treuils à commande électrique. Quant aux neuf piles qui forment les 8 pértuis, elles ont 3im,3o de hauteur et 3m d’épaisseur.
- USINE HYDRAULIQUE PROPREMENT DITE
- Turbines hydrauliques.
- Chaque turbine de 3 ooo chevaux, du type Francis, à axe vertical et à 107 tours par minute, est directement accouplée à l’alternateur qu’elle commande. L’arbre est en deux pièces, en acier, de 3ooram de diamètre; il est guide par trois paliers, et tout le poids des parties tournantes de la turbine et de l’alternateur est supporté par un pivot à huile sous pression situé à sa partie supérieure entre la turbine et l’alternateur; il est d’ailleurs à signaler qu’une partie du poids réel des parties tournantes est équilibré par la pression de l’eau sur le plateau de la roue motrice inférieure.
- Les alternateurs commandés directement par les turbines sont du type à induit fixe et inducteur tournant ; leur puissance individuelle est de i 700 k\v pour cos <p = o,g.
- A la vitesse de régime de 107 tours par minute, ils débitent, à la fréquence de 5o périodes, du courant triphasé à la tension de 5 5oo volts entre phases. L’inducteur mobile comporte 56 pôles prévus pour excitation en continu à 12a volts. Ces pôles sont fixés à la périphérie d’un volant en acier coulé magnétique, dont le diamètre est de 4m,5go et le' PD2 de 320 000 kilogrammètres carrés.
- .Ces alternateurs ont un rendement à pleine charge de g/, % et à demi-charge de 91 % , et l’échaul-
- fement d’aucune de leurs parties n’excède 45° au-dessus de la température ambiante après une
- marche à pleine charge d’une durée, suffisante pour que soit atteinte la température de régime.
- Les services accessoires comportent essentiellement :
- Quatre groupes moteurs-générateurs constitués chacun par un moteur d’induction à cage d’écureuil, d’une puissance de 220 dix, enroulé pour la tension de 220 volts et la fréquence de 5o périodes, commandant par accouplement direct une dynamo à courant continu de i5o kw. Ces groupes sont eux-memes alimentés sous 220 volts triphasés, par un groupe triphasé de trois transformateurs monophasés, de 225 kw chacun, abaissant la tension de 5 5oo à 220 volts.
- En plus de ces machines, est installé un groupe à vapeur auxiliaire dans l’usine thermique comprenant une machine compound-tandem de 75 chx. tournant à 3go tours par minute et actionnant, par accouplement direct, une dynamo à courant continu de 5o kw sous 125 volts. Tous ces groupes auxiliaires sont d’ailleurs aussi bien destinés à assurer les services accessoires et l’excitation des alternateurs de l’usine thermique que de l’usine hydraulique.
- USINE THERMIQUE
- Salle des machines.
- Les turbines installées ici sont du type à arbre vertical du système Curtis, bien connu à l’heure actuelle.
- Ces turbo-alternateurs ont une puissance individuelle de 3 000 kw à la vitesse de 750 tours par minute ; ils fournissent du courant triphasé 5o périodes, à la tension de 5 5oo volts.
- La turbine proprement dite est prévue pour être alimentée en vapeur à la pression de i2ks, surchauffée à 275°, et pour fonctionner avec un vide de g3 % de la pression atmosphérique.
- Les garanties de consommation de vapeur ont été largement tenues aux essais de réception, au cours desquels les résultats ci-dessous ont été obtenus :
- A pleine charge.......... 7ks, 002
- A demi-charge............ 7ks> 4
- Les alternateurs sont excités sous 125 volts continus ; ils sont établis pour que réchauffement d’aucune partie des enroulements ne dépasse de plus de 45 degrés centigrades la température ambiante, après un fonctionnement ininterrompu de 2.4 heures, a
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- pleine charge. Ils peuvent, en outre, supporter, pendant deux heures consécutives, une surcharge de 5o % , et, pendant de courts laps temps, une surcharge de ^5 %..
- La régulation du groupe est assurée par un régulateur suffisamment sensible pour que l’écart de vitesse, entre la marche à vide et la marche à pleine charge, n’excède pas 2 % . Cet écart ne dépasse d’ailleurs pas 5 % de la vitesse de régime pour des variations brusques de charge atteignant 75 % en plus ou en moins de la charge normale.
- En outre, pour faciliter la mise en parallèle des groupes, un dispositif spécial a été prévu, muni d’un servo-moteur électrique commandé du tableau et permettant de faire varier la vitesse de régime de 3 % .
- Enfin un dispositif de sécurité est installé, qui coupe automatiquement l’arrivée de la vapeur au cas exceptionnel où la vitesse viendrait à dépasser de plus de 10 % la vitesse de régime.
- Tableau de distribution et poste élévateur de tension.
- Un des points les plus intéressants de ce tableau concerne les dispositions qui ont été prises pour la régulation de la tension au départ. Le voltage au départ est réglé en fonction du voltage en bout de ligne, au moyen de régulateurs « Tirrill (’) ». Ainsi .qü’il a été exposé plus haut, trois artères à 5o 000 volts partent de l’usine de Tuilière, dont une dessert Angoulême et Périgueux, et les deux autres desservent Bordeaux. Comme ces deux dernières aboutissent au même point, il n’a été installé qu’un régulateur pour elles deux, et le nombre total de régulateurs installés s’est, de ce fait, trouvé réduit à deux.
- Le principe des régulateurs « Tirrill » consiste à, régler le voltage des alternateurs en agissant sur
- (') Cf. L'Eclairage Electrique, i3 mai igo5, p. a3i.
- l’excitation des excitatrices et, par suite, indirectement sur l’excitation des alternateurs. Les barres-omnibus d’excitation ont donc été divisées en deux tronçons qui peuvent être affectés aux alternateurs desservant, soit les artères de Bordeaux, soit l’artère Angoulêrne-Périgueux.
- Enfin, pour que le réglage au début soit fait en fonction du voltage en bout de ligne, les régulateurs Tirrill sont alimentés par l’intermédiaire de « compensateurs de perte en ligne », dont le principe très simple consiste à créer, sur le circuit secondaire des transformateurs de mesure, une ligne fictive ayant une self, une capacité et une résistance proportionnelles à celle de la ligne principale.
- Poste élévateur de tension.
- Ce poste ressemble beaucoup, dans ces grandes lignes, à ceux installés dans la région du littoral, en particulier à La Brillanne, postes qui ont été par ailleurs décrits très en détail par M. de Marchena dans son intéressante conférence de juin 1907.
- POSTES TRANSFORMATEURS PRINCIPAUX
- Ces postes sont au nombre de trois, savoir :
- Le premier situé à Cenon et desservant Bordeaux ;
- Le second, situé à Soyau et desservant Angoulême ;
- Le troisième, situé à la Font-Pinquet, desservant Périgueux.
- L’ensemble de toutes ces installations, établies du premier coup sur un plan d’ensemble définitif, a été mis en fonctionnement en une seule fois au printemps 1909. C’est la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston qui avait été chargée de toutes les installations mécaniques et électriques du réseau, à l’exception des lignes de transport de force.
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- DOCUMENTS D’EXPLOITATIONS
- Statistique relative à l’exploitation des chemins de fer suisses à la fin de l’année 1907. — Electric Railway Journal, icr janvier lyio.
- Le gouvernement suisse vient de publier les statistiques relatives au réseau de ses chemins de fer pour l’année 1907. 11 y a eu en fonctionnement 36 lignes de tramways urbains d’une longueur 'globale de 4oakra. Parmi celles-ci, 3i seulement, à voie de im et représentant une longueur de a6akm, étaient desservies électriquement. La seule ligne à voie de-i™,434 est la ligne de Lucerne qui a akm,9. Les tramways ont transporté 97 367 553 voyageurs, et 181 561 tonnes de marchandises sur a3 07a 039 train-kilomètres. Le produit net fut de ia 314 43o francs et les dépenses totales d’exploitation deg 455 353 fr. Le service a demandé a 848 employés, 8 locomotives à vapeur ou électriques, 109 wagons de marchandises et 859 voitures de voyageurs parmi lesquelles 661 étaient des voitures motrices.
- Il y a eu en service 42 lignes interurbaines à voie étroite, dont ai, présentant une longueur de
- 4 i6kra,6, étaient desservies exclusivement par l’électricité, tandis que 3 autres, d’une longueur totale de a4kœ,7 utilisaient un service mixte à vapeur et électrique. Toutes ces lignes étaient à voie de im. La longueur totale du réseau à vapeur à voie étroite était de 5i4km. L'ensemble des chemins de fer interurbains a effectué le transport de 11 317 588 voyageurs et de 787 616 tonnes de marchandises sur un parcours de
- 5 586 73a train-kilomètres. Le produit total a été de i3 40a 307 francs et les dépenses d’exploitation de 8537 ioa francs.
- Les chemins de fer à crémaillère, au nombre de 1 a, représentaient une longueur de 97kœ. Trois lignes seulement, d’une longueur globale de i6k,n,9, étaient entièrement électriques et trois, représentant une longueur de a6kin,i, comportaient un service mixte. 1 Les douze lignes ont servi un transport de I
- 1 o3i 006 voyageurs et de 69 989 tonnes de marchandises sur 3oa 538 train-kilomètres. Le produit total a été de 3 79! 781 francs et les dépenses d’exploitation de a oa6 5o5 francs.
- Les funiculaires étaient au nombre de 36, représentant une longueur de 3ikm,66; aa de ces lignes représentant une longueur de aikm3a étaient exploitées électriquement. Elles ont servi au transport de 6 060 936 passagers et de i63 698 tonnes de marchandises, sur une longueur de 670 716 train-kilomètres. Le produit total a été de 1 879 714 francs et les dépenses d’exploitation de 1 049 889 francs.
- Dépenses d’exploitation d’une voiture électrique automotrice avec moteur à la gazoline. — Electric Railway Journal, ier janvier 1910.
- L’essai a été effectué du i°r au 7 décembre 1908 sur une ligne de tramways de New-York. La voiture ne contient que a8 voyageurs, mais le revenu brut est à peu près le même que celui des autres voitures delà ligne qui comportent 46 places.»
- Le nombre des voyageurs transportés pendant une semaine est de 4 a35. Le parcours utile est de 86gkm avec un parcours journalier variant de 101 à i44km. Le parcours total effectué par la voiture est de 891 56okm correspondant à une consommation de 1008 litres de gazoline et de a6,n litres d’huile. La dépense de gazoline est de 13,14 cenlimes et la dépense d’huile de 1,4g centime par kilomètre. Les dépenses dans l’équipement électrique sont les mêmes que dans les automotrices ordinaires, soit environ o fr. a4 par kilomètre utile. Les dépenses diverses se montent à a, 19 centimes par kilomètre utile. Les dépenses totales sont donc : 40,8a centimes elles bénéfices 96,30 centimes par kilomètre utile.
- Par kilomètre de distance totale parcourue les dépenses sont de 38,40 centimes. Les revenus nets sont de 93 centimes par kilomètre.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La loi du i5 juin 1906 surins distributions d’énergie avait prévu l'organisation de leur contrôle par . les services dépendant du ministère des Travaux publics. Le décret du 17 octobre 1907 avait fixé, dans une de ses dispositions, les frais de ce contrôle limités au maximum de 10 francs par kilomètre de . ligne et par an pour les distributions soumises au contrôle exclusif de l’Etat et de 5 francs par kilomètre de ligne et par an pour les distributions soumises au contrôle des municipalités. Bien des difficultés se sont élevées déjà entre les agents du contrôle et les exploitants, en vertu de concessions antérieures à cette loi. Certains litiges même ont été soumis à la juridiction du Conseil d’Etat. Mais, en attendant leur solution, il ne faut pas manquer de signaler la circulaire du 8 février 1910 du ministre des Travaux publics, reportant au ier janvier 1912, au plus tard, l'époque à laquelle sera relevé le tarif maximum dés frais de contrôle. Le règlement du 17 octobre 1907 parlait d’une révision, au plus tard le ier janvier 1910; le ministre ne parle plus de révision, mais de relèvement du tarif maximum ! Il importerait donc que tous les exploitants s’unissent dès maintenant pour protester contre ces projets de surélévation d’un impôt qui grève déjà petites et grandes exploitations. Ajoutés-aux redevances pour occupation du domaine public, ils constitueront, si l’on n’y prend garde, pour les petites stations centrales, qui sont encore le plus grand nombre, un surcroît de dépenses de 5 à 10 % du montant des frais d’exploitation. La parole est aux intéressés qui ont encore tout loisir pour sc défendre.
- 11 y a deux ans, la Revue Economique Internationale avait consacré un de ses articles aux cartells des tisseurs allemands et avait montré comment la prospérité des affaires amenait la constitution de ces cartells, favorisait leurs progrès et comment toute crise d’inactivité provoquait immédiatement leur rupture et une lutte acharnée entre anciens syndiqués devenus concurrents.
- La Vie financière, dans son numéro de mars der nier, constate qu’un mouvement analogue se manifeste actuellement en Allemagne dans la sidérurgie.
- La crise industrielle de 1907-1908 avait provoqué une désagrégation des cartells ; 1 activité industrielle renaissant, les syndicats tentent de se reformer : l’ancien syndical rhénan-westphalien de la fonte, le syndicat silésien des fontes, celui des producteurs de fontes spéciales ferro-siliceuses, le syndicat des aciéries de la Silésie, le syndicat des pointes, se sont reconstitués ou prorogés sur de nouvelles bases qui sont au minimum la lixation du contingent de chaque établissement et les prix au-dessous desquels toute vente est interdite. Ces ententes existent aussi ‘ pour toutes les maisons allemandes de constructions électriques auxquelles nous ne pouvons rien opposer de semblable ; il est vrai que, chez nous, des esprits avisés qualifieraient ces unions de syndicats d’accaparement !
- L’assemblée extraordinaire du Central électrique du Nord a.eu lieu, à Bruxelles, le 8 avril. Elle a décidé de réduire à t\o francs la valeur nominale des actions de capital; en conséquence, celui-ci a été réduit de 5 à •>, millions ; elle a décidé, également, que cette opération ne pouvait être considérée comme une perte entraînant la liquidation, que la Société continuait son existence et émettrait, par tranches successives, 8 millions d’actions nouvelles de 40 francs chacune, conférant les mêmes droits que les actions actuelles. L’assemblée a décidé, d’autre part, de porter le nombre des parts de fondateurs à 100 000, les 5o 000 parts nouvelles étant attribuées au groupe français, la Société générale d’Entreprises de Paris, qui souscrit immédiatement fi O 000 actions de 40. francs, qu’elle libère de suite de 10 % .
- Ces résolutions n’ont pas été adoptées à l’unani-mité; deux actionnaires ont voulu obtenir, du prési-" dent, la composition du portefeuille ; il s’y est du reste obstinément refusé, appuyé dans son attitude de réserve par le représentant de la Société d’Enlre-prises. C’est le même groupe, comme nous l’avions fait entrevoir, qui, en 1906-1907, avait fait une convention avec le Central Electrique, quand il avait créé l’Energie Electrique du Nord; il se propose d’élargir le cadre des opérations du Central Electrique et de l’intéresser dans les différentes entreprises françaises et mises sur pied par
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- lui. Un actionnaire a demandé quelques explications sur l’évaporation du capital et a cru pouvoir soutenir que le Central avait réalisé 3a ooo actions de la Société Lille - Roubaix-Tourcoing , pour acheter a5 ooo actions à l’Union des Tramways. Le propos n’a été ni infirmé, ni confirmé. Nous verrons, dans notre prochaine chronique, ce qu’il est advenu des titres de l’Union.
- La note, en ce qui concerne l'aluminium, est moins optimiste qu’il y a huit jours, et toutes les valeurs du groupe se sont inscrites en moins-value. Pour des lots de faible importance, les cours se sont élevés jusqu’à 190 francs. Mais, comme toujours, la mise en marche des usines récemment achevées ou la reprise d’activité de celles qui chômaient, risquent d’amener un abaissement des cours. Il paraît que les tramways de Nancy viennent d’adopter les câbles en aluminium comme feeders.
- De Belgique, on donne sur les valeurs de trarn-ways des renseignements satisfaisants, quant aux résultat de l’exercice 1909, et des nouvelles encourageantes pour l’exercice en cours. Les Tramways de Bilbao, qui cotent respectivement 107 francs pour l’action de capital et 48 francs pour l’action de dividende,ont réalisé un bénéfice net de 447 67 5 fr-i après une dotation de 73 ooo francs environ au fonds d’amortissement et de renouvellement. L’an dernier, ce bénéfice avait été de 394 821 francs et la
- dotation du fonds d’amortissement de 41 ooo francs *
- seulement. L’augmentation des bénéfices nets est donc de i3 .% . Le dividende sera de 4 fr. 85 par action de capital et de o fr. 70 par action de dividende.
- La Société des Tramways de Lille et de sa banlieue, dont on n'a pas oublié les démêlés avec le public, a réalisé, au cours de l'année 1909, des bénéfices nets un peu moindres. Les actions de capital reçoivent cependant le même dividende que l'an dernier, soit 27 francs, et les actions de jouissance, 2 francs. Il s’ensuit que la Société belge des Tramways de Lille, dont le portefeuille est exclusivement composé d’actions de la Société française, distribuera à ses actions de capital G francs et à ses titres de jouissance, un franc, comme l’an dernier.
- Les tramways de Nice et du Littoral ont réalisé également de moindres bénéfices en 1909 : 309910 fr. contre 340 338 francs en 1908. Le solde disponible, avec le report précédent, s’élevant à 4^7 837 francs, le dividende de 10 francs a été maintenu et une somme de 102 340 francs a été reportée à nouveau.
- La reprise complète des services du Métropolitain
- a ramené l'attention sur la valeur qui est en hausse sensible et a de nouveau dépassé le cours de 600 fr. Le Nord-Sud lui-même, enprévisionde son augmentation de capital, s’inscrit aux environs de 537. On annonce la mise en service pour le irp juillet du tronçon Porte de Yersailles-Notre-Damc-de-Lorettè, c'est-à-dire de la partie la plus intéressante de la ligne ; il est probable qu’à l’assemblée du i3 courant, les actionnaires auront été renseignés sur ce point, comme sur le montant approximatif des dégâts causés par les inondations.
- Puisque nous avons parlé d’une façon générale des représailles douanières que la Belgique se disposait à exercer vis-à-vis de certains produits français, il nous paraît intéressant de citer l’exemple très concret suivant que cite le Moniteur des Intérêts Matériels, La dynamo de 7 kilowatts, 1 200 tours environ, pesant dans les 38okset revenant à 65o francs, paie à son entrée en Belgique 2 francs par iookfr comme machine dans laquelle la fonte domine, c’est-à-dire 7 fr. Go, tandis que la même dynamo belge paiera, pour entrer en Allemagne, !\% fr. .70, en Suisse Go fr. 80 et en France r r4 francs! En outre, la dynamo belge a été taxée i5 fr. 32 pour l’entrée en Belgique des matières premières qu’on n’y trouve pas, soit 4Gkg de cuivre et 255kff d’acier. On conçoit que l’exportation des machines belges étant si menacée, les industriels et les commerçants de Belgique cherchent à obtenir de leur gouvernement une élévation des droits qui les protégeront d'ailleurs bien plus contre l'invasion allemande que contre nous.
- À l’Assemblée générale des actionnaires du Rio Tinto, le président du Conseil a donné quelques détails sur le travail considérable de déblayage et de dérochage qui avait été poursuivi au cours de l'année dans la nouvelle -carrière de San Dionisio exploitée à ciel ouvert : ce travail, d’après lui, est une œuvre de plus d’ampleur, en fait, que l’exécution d’une simple section des excavations du canal de Panama! Mais les efforts des ingénieurs du Rio se sont portés aussi vers des méthodes de traitement des minerais plus rapides et, par conséquent, plus productives et plus rémunératrices. Toutes ces mines gaspillent leur propriété, a prétendu M. Fielding. Mais il compte sur le bon sens des Américains qui contrôlent les mines à bas prix de revient et celles à prix plus élevés pour obtenir d’eux une régularisation de la production. En fait, d’ailleurs, ajoutait M. Fielding, si l’on compare-les stocks d'aujourd’hui à ceux d’il y a dix et vingt ans, ils sont
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- en rapport respectivement avec la consommation d’alors. Pour le Rio en particulier, la production d’acide sulfurique concourt à son activité : elle a été
- et elle est encore de nature à assurer des résultats intéressants pour ses actionnaires.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — L'Usine annonce que la Compagnie des chemins de fer de l’Est doublerait sa commande de wagons, soit 3 ooo au lieu de i 5oo.
- La Compagnie des Chemins de fer Paris-Orléans a passé à la Compagnie Fives-Lille une commande de 20 locomotives.
- Les Chemins de fer de l’Etat, de leur côté, prépareraient une commande d’un millier de wagons.
- Est déclaré d'utilité publique l’établissement du réfeeau complémentaire concédé à la Compagnie du chemin de fer métropolitain, de Paris et la convention passée entre la Ville de Paris et la Société anonyme du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, relative au chemin de fer d’intérêt local souterrain de Montmartre à Montparnasse.
- Algérie. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer d'Aïn-Beïda à Tébessa avec embranchement de la Meskiana à Morsott.
- Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’un chemin de fer de Bouïra à Aumale.
- Est déclaré d’utilité publique- l’établissement d’un chemin de fer de Ténès îi Orléansville.
- Aube. — Est déclaré d’utilité publique l'établissement, dans les départements de l’Yonne et de l’Aube, d’un réseau de chemins de fer d’intérêt local, à voie de im. Concessionnaires : MM. Coignet et Grosselin.
- Haute-Marne. — MM. Giros et Loucheur ont demandé une concession pour l’établissement d’un chemin de fer électrique de Langres-Marne à Langres-Bel-Air.
- Gironde. -— Le conseil municipal de Saint-André-de-Cubzac a émis le vœu que l’Administration des chemins de fer de l’Etat fasse procéder à l’étude du projet d’élec-trilication de la ligne de Saint-André-de-Cubzac à Bordeaux.
- Pas-de-Calais. — La municipalité de Marquise a volé une annuité de 2 5oo francs payable pendant trente ans pour participation aux frais d’établissement d’un che-
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- min de fer électrique desservant Wimille-Wimereux, " Wiesant, Marquise, Hardinghen et Guines. ’
- ' b
- Haute-Garonne. — Une pétition a été adressée au:; préfet et au maire de Toulouse pour que Saint-Martinr du-Touch soit relié à Toulouse par une ligne de; tramways électriques. p
- Dordogne. — Est déclaré d’utilité publique l’établisse- ' ment des lignes de tramways des Landes à Saint-Yrieixf et de La Chabroulié à Saint-Mathieu.
- Italie. — La Direction des chemins de fer de .l’Etat a ; passé contrat avec la,firme italienne Brown-Boveri et Cic pour l’électrification de la ligne du Mont-Cenis en-;,, tre Bardonecchia et Modaiie. La transformation devra être effectuée pour l’exposition de Turin en 1911.
- Allemagne. — La ville de Halle-sur-Saale a été auto- : risée à contracter un emprunt de 21 millions de marks, dont une partie sera consacrée à l’achat et à l’extension, du réseau de tramways.
- Espagne. — Sur rapport du conseil juridique du ministère de Fomento, la direction générale des Travaux publics vient d’annuler les concessions, octroyées en février 1905 et igo6, des lignes de tramways électriques d'Azcoitia à Zumaya et de Zumarraga à AzCoitia (Gui-puzcoa) et d’ordonner le remboursement des cautionnements.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Le Conseil municipal de Belley, dans sa séance du 6 mars, a approuvé le projet d’éclairage électrique et de distribution de force motiice présenté par -MM. Charvet fils.
- Dordogne. — Dans sa dernière réunion, le Conseil municipal de Savignac-les-Eglises a voté le principe de l’éclairage électrique dont nous avons annoncé l’enquête dans notre numéro du 12 mars.
- Drôme. — La demande de M. Bregnat concernant l’installation de l’électricité à Portes-les-Volonces a été acceptée par le Conseil municipal.
- Isère. — Le Conseil municipal de Paladrus a émis un
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- avis favorable à.la mise à l’enquête du projet d'éclairage électrique de la commune.
- Nièvre. — La municipalité d’Imphy a voté, dans sa dernière séance, l’éclairage électrique de la commune.
- Seine-Inférieure.— Le conseil municipal d’Elbeuf a adopté les rapports de M. Goux relatifs à l’éclairage électrique de la ville et à la distribution de force motrice aux tramways.
- La commission municipale d’éclairage de Sotteville-les-Rouen étudie la demande de concession d’éclairage électrique formulée par une compagnie parisienne.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Paris. — Le ministère de la Marine a décidé l’installation sur la Justice et la Vérité de postes radiotéléphoni-ques. Le système choisi est celui des capitaine Colin et lieutenant Jeance, dont nous avons signalé en son temps les brillantes expériences entre Toulon et Port-Vendres.
- Algérie. — La Chambre de commerce de Mostaganem est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de 20 g5o francs, en vue de l’installation de cabines téléphoniques à Cassaigne, à Ouillis et à Lapasset.
- Allemagne. — D’après l’agence Reuter, la station ra-diotélégraphique de Nauen est restée en communication avec un steamer Woermann durant tout son voyage de Hambourg au Kameroun. La distance est de 6 4°° kilomètres.
- Angleterre. — L’Amirauté a l’intention de faire ériger une station radiotélégraphique à Rosyth.
- Russie. — Un crédit de 7 5oo 000 fr. a été accordé à l’administration centrale des téléphones de Saint-Pétersbourg pour l’extension de son réseau téléphonique. L’Administration, comptant sur un chiffre de 45 000 abonnés, se verra dans la nécessité de demander sous peu une nouvelle somme de 12 750 000 francs.
- Australie. — L’Australian Wireless Telegraph C° a obtenu, pour 2075000 francs, l’installation de stations de télégraphie sans fil à Fremantle et Sydney, dont nous avons annoncé l’établissement dans notre numéro du 29 janvier. Leur rayon de communication doit être de 2 000 kilomètres.
- DIVERS
- Des statistiques publiées par l’Administration des Travaux publics (Direction des chemins de fer), nous extrayons les renseignements suivants :
- La longueur des voies ferrées européennes livrées à
- l’exploitation au ier janvier 1909 étaif de 3a2o37kln, soit un accroissement de 4 258“k pour 1909, représentant une moyenne de3knl,3 par myriamètre carré et de 8km,a par 10000 habitants.
- Le détail par pays s'établit ainsi :
- Par Par Par
- Kilom. Diyriam. cap. 10 000 hall.
- Allemagne (*) . 59.o34 soit io,9km 10,5
- Autriche-Hongrie . 42.636 _ 6,3km 9,o
- Belgique (2) 4 969 — i6,8kro 7,4
- Bulgarie (3) 1.691 — ' ,7km 4,o
- Danemark 3.484 9)°km 15,5
- Espagne • 14.897 — 3,okm 8,3
- France (fl . 48.123 — 9.°km 12,4
- Grande-Bretagne 37.263 — 11,9km 9.o
- Grèce 1.241 i.,9km 5,i
- I talie 16.718 — 5,8k|“ 5,o
- Luxembourg ... . 512 — i9>7km 21,6
- Norvège . 2.873 — o,9km 12,9
- Pays-Bas . . . 3.100 — 9,4km 6,1
- Portugal 2.894 — 3, ikm 5,3
- Roumanie 3.243 — 2,5km • 5,5
- Russie et Finlande . 58.843 — i t km 5,5
- Serbie . 678 — i,4k“ 2,7
- Suède . i3.632 — 3,okni 26,5
- Suisse . 4.53g — io,9kn> i3,6
- Turquie . 1.557 — o,9km 2,8
- Malte, Jersey et Man.., . I IO — IO,Okm 3,o
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie des chemins de fer économiques du Sud-Est. — Le 10 mai, 3o, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer d’intérêt local du Morbihan. — Le j8 mai, 3o, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer du nord de l’Espagne. — Le 12 mai, 17, paseo de Recoletos) à Madrid.
- Compagnie générale des chemins de fer vicinaux. — Le 21 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Compagnie électrique du Nord. — Le 23 avril, porte d’Ocre, à Douai.
- Compagnie du chemin de fer de Clermont-Ferrand au sommet du Puy-de-Dôme. — Le 29 avril, 19, rue Louis-le-Grand^ à Paris.
- (') Non compris les chemins de fer tertiaires.
- (2) Y compris les chemins de fer vicinaux.
- Y compris les lignes de la Roumélie orientale incorporées dans lé réseau bulgare le 22 septembre 1908. (4) Y compris les lignes d’intérêt local.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ADJUDICATIONS
- : FRANCE
- Le 25 avril, aux bureaux de la Société le Centre électrique, à Saint-Amand (Cher) construction d’une usine génératrice à vapeur. Propositions au Siège social, 12, boulevard de Fleurus, à Limoges, avant le 25 avril.
- Le 27 avril, à 10 heures à Toulon, fourniture de fils et câbles en cuivre et en bronze, câble sous-marin, 8 3oo francs.
- Le 3 mai, à létablissement central du matériel de la télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de Latour-Maubourg, à Paris, fourniture de 40 tableaux annonciateurs à quatre directions modèle de campagne et 160 id. modèle de forteresse ; — 20 5oo postes microléléphoniques de campagne, modèle de l’infanterie; — 3°’25ô héliôgràphes de campagne complets. Production des pièces avant le 23 avril.
- Le 4 mai, à 2 heures, à la Manufacture d’armes de Châtellerault, fourniture de deux dynamos accouplées de 100 kw. Demandes d’admission avant le 29 avril.
- Le 21 mai à 2 h. 1/2 à la mairie de Tulle, fourniture pour la Manufacture nationale d’armes de Tulle, de 5 goo®1 courroies de transmission en cuir, simples, et 8om courroies de transmission en cuir, doubles (en 3 lots). Demandes d’admission, au plus tard, le â5 avril.
- 11ELGIQUE
- Le 10 mai, à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture, en 8 lots, de machines-outils à commande électrique pour l'atelier de la station des nouveaux bassins du Nord.
- Le 11 mai, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, construction de la section de Staden à Woumen du chemin de fer vicinal de Roulers-Dixmude-Rixsehoote, 117.645 fr. 75, caut. : 12 000 francs. Soumissions recommandées le 10 mai.
- Le 18 mai, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux à Bruxelles, construction du tronçon compris entre Yirginal-Yillage et Braine-le-Comte et des trois premiers kilomètres de l’embranchement du .Planoit à Rebecq-Rognon (chemin de fer vicinal de Nivelles à Braine-l’Alleud-Virginal-Rebecq - Rognon-
- Braine-le-Comle) 263 482 fr. 07 ; caut. : 26000 francs. Soumissions recommandées le 17 mai.
- ALLEMAGNE
- Le 3o avril, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Sarrebriick, fourniture et montage de 2 plaques tournantes de 20m de diamètre pour locomotives actionnées électriquement; — le 2 mai, fourniture et installation de 5 ponts à peser d’une force de 5o tonnes;—le 14 mai, fourniture et montage de 2 chaudières tubulaires à vapeur.
- Prochainement, à l’administration de la ville à Pulso-ritz, extension des installations électriques, 3oo 000 marks.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 2 mai, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture de deux grues roulantes actionnées électriquement.
- ESPAGNE
- Le 10'mai, au Comité des travaux du port d’Alicante, à Alicante, adjudication de la fourniture de deux pompes centrifuges et de deux moteurs â gaz, destinés au service d’assainissement du port.
- Le 27 mai , à la Direction générale des Travaux publics (Ministerio de. Fomento), à Madrid, adjudication des travaux d’établissement d’une ligne de tramways à vapeur entre la station de Penarroya et les mines de Valdeinlierno via Fuenlesvejuna. Cautionnement : 7,g3i pesetas. Un représentant local est nécessaire.
- ROUMANIE —
- Le 11 mai, à l’Administration des chemins de fer de l’Etat, à Bucarest, adjudication de là fourniture de 1 000 wagons à marchandises d’une capacitéde iotonnes.
- URUGUAY
- ’ Le 4 juillet, au conseil d'administration du port de Montevideo, adjudication de la fourniture de 20 grues électriques d’une puissance de 1 5ooks. à 5 bookK. Cautionnement provisoire; 1000 piastres, définitif: 6 % de la valeur de l'offre. Cahier des charges à l’Oflice national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de Cannée 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans ta rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- pabis. — imprimerie LEVÉ, rue cassette, 17. Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tr«nte-dèuxièmo année.
- SAMEDI 23 AVRIL 1910.
- Tome X(2° série).-N" 17.
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- La
- Lumière Électrique
- û
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique %
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97.— G.-F. Guilbert. Mesure et calcul des pertes dans le fer avec champ tournant elliptique et champ alternatif, p. 99. — Richard Werkner. Chronique des stations centrales. L’emploi des accumulateurs dans les centrales à courant continu et à courant alternatif, p. 107.
- Extraits des publications périodiques. —• Théories et Généralités. Force éleclromotrice des amalgames de zinc, E. Cohen et W. Tombrock, p. m. — Méthodes et appareils de mesures. Etalonnage des transformateurs destinés aux appareils de mesures, A. Laws, p. 112. —- Traction. Système de suspension des fils aériens du chemin de fer électrique de New Haven, p. n3. — Applications mécaniques. Les moteurs électriques dans l’imprimerie, H. Sharpsteen, p. n3. — Divers. Courants électriques entre l’air et la terre, C. Simpson, p. 114. — Législation et Contentieux. Peut-on donner des lignes électriques en garantie à un bailleur de fonds ? Paul Boucault, p. n5. — Première décision citée au texte de l’article. Jugement du tribunal d’Amiens du 14 juin 1902. p. 118. — Deuxième arrêt cité au texte : Arrêt de la Cour de Cassation du 4 novembre 1898, p. 119. — Variétés. Les travaux du National Physical Laboratory en 1908, p. 120. — Chronique industrielle et financière, Notes industrielles. Les limiteurs de courant et la tarification du courant, p. 121. — Chronique financière, p. 123. — Renseignements commerciaux, p. 125. — Adjudications, p. 127.
- ÉDITORIAL
- M. C.-F. Guilbert s’est attaché, a faire ressortir la signification d’un important et récent travail de Mi E. Rother sur la mesure et le calcul des pertes dans le fer, dans le cas d’un champ elliptique ou alternatif.
- C’est d’une étude expérimentale qu’il s’agit, de sorte que les résultats sont d’une grande valeur pratique. Ils sont donnés, notamment, sous forme de courbes, que nous reproduisons, et qui mettent parfois en évidence des phénomènes assez inattendus.
- M. Rother a donné, pour l’interprétation de ces résultats d’expériences, une méthode analytique basée sur certaines hypothèses
- simplificatrices, et une . méthode graphique que l’on trouvera appliquée à un exemple particulier.
- L’emploi des accumulateurs dans les centrales est une question destinée, par nature, à être toujours traitée à un point de vue général, et à faire, par conséquent, l’objet d’études approfondies et développées.
- Celle que M. Richard Werkner a présentée à une séance récente de l’Association électrotechnique autrichienne ne laisse rien à désirer sous ce rappoi’t.-Conçue à un point de vue pratique, nullement encombrée
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- LA LUMIÈRE, ELECTRIQUE T. X (2* Série). — N» 17
- de formules compliquées, elle nous a paru pouvoir être utilement présentée comme préface à nos Chroniques des stations centrales, de même que, tout récemment, le mémoire de M. Revessi pour les chroniques de la traction électrique.
- La première partie est publiée entièrement dans le numéro actuel : elle traite du système que l’auteur désigne par : production et distribution de courant continu, dans la classification qu’il donne au début de son travail.
- M. R. Werkner donne, dans des cas simples et fréquents en pratique, les bases du calcul élémentaire, qui permet d’évaluer les frais de combustible.
- , Les expériences de MM , Cohen et Tombrock ont montré que la force électromotrïce des amalgames de zinc suit, qualitativement, une loi constante.
- Pour étalonner les transformateurs destinés aux appareils de mesure, M. A. Laws indique plusieurs méthodes, dont l’une (p. 113) est assez expéditive pour être couramment uti-
- lisée et fournit une première approximation suffisante.
- Un type intéressant de suspension des conducteurs aériens a été réalisé dans les installations du chemin de fer électrique de New-Haven. La suspension caténaire et les fils de travail y sont seuls sous tension.
- Au point de vue très spécial des applications d'électricité dans l’imprimerie, M. H. Sharp-steen étudie les types de moteurs qui conviennent aux différents appareils.
- Il sé produit, entre l’air et la terre, des échanges constants d’électricité, sous forme de courants, que M. C. Simpson a cherché à enregistrer. Ces recherches présentent un grand intérêt pour les applications agricoles de l'électricité, mais elles sont naturellement fort délicates et sujettes à des perturbations nombreuses.
- Il est enfin inutile de signaler l’intérêt du problème juridique qu’étudie M. P1. Bou-gault avec sa clarté coutumière : Peut-on donner des lignes électriques en garantie: à un bailleur cle fonds ?
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- • •'iwyp
- 2Ï Avril 1910. REVUE D*ÉLEGTRICITE -- 99
- MESURE ET CALCUL DES PERTES DANS LE FER AVEC CHAMP TOURNANT ELLIPTIQUE ET CHAMP ALTERNATIF
- Le calcul des pertes dans le fer des machines dynamo-électriques présente toujours un grand intérêt dans l’établissement de ces àqaachines. Parmi celles-ci, les moteurs asyn-%chrdn.es monophasés et les moteurs monophasés .à collecteur sont le siège de champs tournants elliptiques pour le premier et de champs alternatifs pour les seconds.
- Le calcul des pertes par hystérésis et courants de Foucault avec de tels champs doit évidemment être différent de celui qui correspond à des champs tournants constants.
- M. Erich Rother vient de publier (*) le compte rendu d’une série d’expériences faites dans le but d’établir les différences qui existent entre les pertes avec les divers genres de champs, résultats que nous allons analyser ici.
- Dans les fessais entrepris, l’auteur s’est efforcé de* réaliser les conditions suivantes :
- i° Production séparée de deux champs alternatifs de grandeurs et de décalage de phase connus. Dans l’espace les deux champs faisaient naturellement entre eux un angle égal à la moitié d’un pôle;
- 2° Mesure exacte de la puissance consommée dans chacun des deux champs alternatifs et connaissance des pertes par échauffement du cuivre;
- 3° Mesure de la puissance totale dans le cas où une partie du circuit magnétique est mobile.
- La disposition des circuits est indiquée (fig. i). Gomme source de courant, on s’est servi de deux alternateurs accouplés et attaqués par'un moteur à vitesse très facilement réglable.
- L’accouplement des deux alteimateurs per-
- (') Voir Elekirotechnik und Maschinenbau, 17 et 240c-tobre 1909, p. 961 et 990.
- mettait de décaler ceux-ci, l’un par rapport à l’autre, d’un angle quelconque. Les essais ont porté sur un moteur triphasé dont deux phases étaient couplées en série pour former un des enroulements, et dont l’au tre phase restait séparée, le rapport entre les tensions des deux circuits était donc dev/3. Les mesures des puissances, courants et tensions, étaient faites avec des instruments de précision.
- -ti___~{~i> fül
- -U----j_L> ijÿ 1 '
- La mesure exacte des courants magnétisants résultait de la courbe de magnétisation ou caractéristique à vide de la machine employée. Pour la mesure de la puissance absorbée par le rotor, on a employé un moteur auxiliaire de puissance suffisamment grande pour que la puissance pulsa-toire absorbée par ce rotor n’influe pas sur lesmésures. Gelles-cifurentfaites dans l’ordre suivant :
- I.Essais avec rotor fixe.
- a) Le décalage de phase dans le temps entre
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- T. X (2* Série). — N° 17.
- les deux champs alternatifs Kj et K2 est nul (a = o°).
- a) K2 = o de sorte que la force électromotrice E2 produite par ce champ est nulle.
- i. K, = 1/4 K, normal, E, = a5 V
- i. K, = 1/2 E| » Ej = 5o »
- 3. K,= 3/4 K) . » Ei = 75 »
- 4. K, = K, » Et = ioo »
- (3) Ej = 100 volts = constante.
- !. K2 = 1/4 K,
- . Kj = 1/2 K,
- 3. K2 = 3/4 Ki
- 4. K2 = 1 K,
- 5. Ks = 5/4 K,
- . K2 = 6/4 K,
- E« — I/4 Ei/V^3 — i4,4 V
- E2 = 3/4 Ei/\/3 = 43,2 » E2 = 3/4 E,/y/.3 = 43,2 » E3 = 1 E,/y/3 = 57,6 »
- E2 = 5/4 Ei/y/3 = 72 »
- E2 = 6/4 Ei/\/3 = 86,4 »
- 6) Les flux alternatifs ont un décalage de phase de 3o° (« = 3o°). La série des essais (a) disparaît naturellement, et celle des essais ((ï) donne des champs tournants elliptiques dont la période de glissement est égale au nombre de périodes du réseau, soit 5o.
- c) et d) Les mesures sont identiques aux précédentes, mais avec a = 6o° et 90°.
- IL — Le rotor tourne avec une vitesse constante n = 6^5 tours par minute.
- Les mesures se suivent dans le même ordre que précédemment, mais le nombre de périodes du glissement est maintenant n$ — 27,5.
- III et IV. — Essais avec n — 1 000 et 1 5oo tours.
- Dans le premier cas, le nombre de périodes du glissement est n,= 16,7. Dans le second cas le rotor était attaqué en sens contraire du champ tournant correspondant à un glissement ?is == 100. Naturellement, les résultats de ce dernier essai, étant donné le glissement tout à fait anormal et les pertes élevées dans les dents du rotor et du stator, ne peuvent être généralisés qu’avec une grande circônspection.
- M. Rother donne les résultats obtenus sous forme de tableaux et sous forme de
- courbes; nous nous contenterons de reproduire ces dernières.
- Le courant magnétisant est obtenu de la manière suivante : désignons par U* la tension aux bornes, I le courant et <p le décalage entre ces deux quantités. Soient également /• la résistance ohmique du circuit et tj> le décalage magnétique.
- On a alors pour la valeur du courant magnétisant \m :
- \m -= I COS (J;,
- avec
- tg + =
- UÆ COS <p--- 7*1
- U* sin f
- La figure 2 représente la puissance communiquée au moteur auxiliaire pour diffé-
- rentes vitesses et pour différentes valeurs du rapport des champs K2 et Kn mais avec un décalage nul entre ces deux champs. Les
- Fig. 3.
- figures 3, 4 et 5 représentent les mêmes courbes, mais pour des décalages de 3o°, 6o° et 90°, la première pour une vitesse du moteur de 678 tours par minute, la seconde pour 1 000 tours par minute et la troisième pour i 5oo tours par minute.
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- watts
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- Etant donné que, pour les deux premières, la rotation du rotor se fait dans le sens du champ tournant elliptique avec des fré-
- Fig. 4.
- quences l’espectives de 27,5 et 16,7 périodes par seconde, la puissance mesurée est négative et représente celle restituée par l’action
- du couple moteur dû à l’hystérésis et aux courants de Foucault. On voit de suite que la puissance augmente avec la formation du
- Fig. G.
- champ tournant (K, = K2) pour diminuer ensuite.
- Sur la figure 5, au contraire, le glissemen étant de 200 % et les pertes dans les dents assez grandes, la forme des courbes est très différente, mais la diminution de la puissance se fait encore de part et d’autre de la valeur K2 = Kj correspondant au champ
- Fig. 7.
- tournant. La lenteur de la diminution pour K2 ;> Kt est certainement due aux pertes dans les dents à cause de la fréquence élevée. Les figures 6, 7, 8 et 9 donnént les pertes
- Fig. a.
- totales en fonction de comme les précé-dentes. Avec rotor immobile (fig. 6) les pertes
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- sont toujours les plus petites pour le champ alternatif ordinaire et sont toujours les plus grandes pour le champ tournant parfait «=90°. Il y a lieu de remai’quer que les pertes pour a = 90°, sont sensiblement plus élevées que pour a = 6o° tandis que celles pour a = o°,3o° et6o° se suivent d’assez près.
- Pour une vitesse cependant lente (67a tours, fîg. 7) l’aspect est déjà complètement différent; à cause du couple utilisable de l’hysté-résis et des courants de Foucault, les pertes diminuent avec l’apparition du champ tournant plus ou moins parfait., Une bizarrerie,
- cependant très soigneusement vérifiée, est celle de la diminution très brusque des
- K
- pertes pour—2voisin de o dès que « est dif-
- férent de o.
- Pour une vitesse de 1 000 tours les phénomènes sont les mêmes, mais renforcés.
- Pour 1 aoo tours (fig. 9) les pertes sont dé nouveau plus faibles avec a = o°, mais jusqu’à
- environ =17. 3 seulement, ce qui est difficile î
- lement explicable, ainsi que les points d’intersection de la courbe a = o° avec les autres courbes.
- Toutes les méthodes de calcul connues des pertes par magnétisation se servent de la formule approchée de Steinmetz, c’est-à-dire reposent sur la connaissance de l’induction maximum et du nombre de périodes par seconde. Il nous faut donc chercher une méthode conduisant à une formât!e analogue
- dans le cas du champ elliptique. On y arrive avec les hypothèses suivantes; 1" le champ a une forme sinusoïdale sous le pôle dans l’espace ; 20 la forme de sa courbe de variation (ellipse) est connue ; 3° le champ tourne avec une vitesse w et la masse de fer soumise à l’aimantation avec une vitesse w,.. Pour un point quelconque de la masse de fer, dont la position au temps t — o est donnée par l’angle x, on trouve pour l’induction en ce point à fonction du temps :
- Æ_____h *>57 ^lnimjn SÎn p [a, -f- tpt — (p,.t)
- + (c°s2p<Pi)œmi*m.n
- où
- û3mi max et dimi mi„ sont les valeurs limites de l’induction moyenne dans le champ elliptique sinusoïdal (les demi-axes de cette ellipse). <pj = w ti7 <prl = (ù,. t{.
- Naturellement, pour la partie fixe du circuit (stator), on a w,. = o. En outre, la valeur de o) pour des flux alternatifs décalés entre eux d’une quantité différente de 90° est la valeur moyenne de la vitesse angulaire du vecteur du champ tournant.
- On peut employer également pour trouver l’induction ci-dessus dSj ’ une méthode graphique utilisée pour l’exemple suivant. Le
- 5
- champ elliptique choisi correspond à K2— - Ki
- 4
- et a — 90°, et se rapproche ainsi assez fortement du champ tournant circulaire. Le développement graphique de la courbe de magnétisation se foiune très simplement. On dessine les sinusoïdes sous le pôle pour ç = o°, 45°, 90°, lesquelles se reproduisent pendant une rotation du vecteur du champ. On poi’te sur un schéma les angles de rota-tion dans l’espace et l’on fait tourner sur ce schéma le champ dessiné sur un papier calque. On peut ainsi, pour chaque angle de rotation du champ et pour une portion du fer quelconque, à partir de son point d’origine, trouver l’angle de déphasage sous le pôle et
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- avec lui la direction et la valeur de lfinduc-tîon. De cette manière ont été construites les courbes de magnétisation ai — /*(<p) pour des vitesses dont les rapports à celle du synchronisme sont : o, -, -5 i, ^(fig. 10). La première
- courbe est évidemment une sinusoïde dont le nombre de périodes est égal au nombre de tours par seconde. Cette courbe devient de plus en plus asymétrique et pour le synchronisme elle passe tout entière au-dessus de l’axe des décalages, avec une simple pulsation correspondante aux diamètres de l'ellipse.
- ¥£ i y 4 s ftp
- Décalage des champs.
- Fig, io.
- Naturellement, pour le champ tournant parfait, on a :
- Oii — rh 1,57 Oimi sin p (a -f- ?, — cp,.,) .
- qui, pour le synchronisme, donne une parallèle à l’axe des abscisses.
- De toute façon, le nombre de périodes de la courbe est donné par le glissement : 54o° du champ pour 1/3 du synchronisme, 1080" pour a/3 ou 4/3 du synchronisme. On peut donc dire que, par sa rotation dans un champ elliptique tournant, une portion de circuit magnétique est soumise à une magnétisation dont le nombre de périodes est donné par le glissement. Mais, tandis que le cycle d’his-térésis n’a qu’une boucle avec le champ tournant circulaire, il est ici plusieurs fois bouclé, sa forme dépendant d’ailleurs de la valeur de l’induction, de la nature du fer, etc., mais correspondant toujours néanmoins à une augmentation de la perte.
- Le cas du champ simplement alternatif peut être étudié de la même façon en supposant que le champ elliptique a son petit axe infiniment petit. La variation de l’induction se fait alors sous le pôle dans le temps suivant l’équation : Oi — sin wi, ai se rapportant à une répartition homogène dans l’espace. Pour une répartition sinusoïdale dans l’espace, on aura :
- Oi — 1,57 <B,nnx sin ü>ï sin pet. et enfin pour une portion de fer de position déterminée par l’angle a et tournant avec une vitesse wrt :
- Oi — 1,57 0311)a* sin iùt sin p (a -f-
- Décalage des champs.
- Fig. 11.
- Dans cette équation, w est la vitesse angulaire du vecteur du champ et w,. celle de la portion de fer.
- Les courbes correspondantes déterminées graphiquement comme les précédentes sont portées (fig. 11) pour (o2 = o, i/3, 2/3, 1 de w. Ces courbes ont les mêmes caractéristiques que celles de la figure 10, mais en diffèrent en ce que les pulsations intérieures à une même période ont une bien plus grande valeur comme cela est particulièrement visible pour la courbe = co.
- De même le nombre de périodes de la courbe est également déterminé par le glissement de <*>,. par rapport à w, avec cette différence que w es t ici une grandeur idéale mesurée en degrés de déphasage, tandis que le wj d’un champ tournant est mesuré en degrés dans l’espace. Dans ce dernier, si w, — w,., on a n,. = ns.
- Par contre, avec champ alternatif, si w,. — w
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- on a : n,.=pn et w,. = 6,28 n, et pour nr = n a»
- o)r = —.
- P
- Le premier cas se rencontrera rarement (à cause du nombre de tours élevé , pour un nombre élevé de périodes du réseau, bien qu’il soit extrêmement favorable à la diminution des pertes dans le fer. On voit également de suite, d’après les égalités ci-dessus, l’avantage d’un nombre de périodes peu élevé pour les moteurs monophasés.
- Puisque, avec un champ elliptique quel qu’il soit, les pertes sont également fonction du glissement, il s’ensuit que la formule des pertes pour champ tournant circulaire ne devrait être modifiée qu’en ce qui concerne la forme du champ. Ceci abstraction faite, bien entendu, de ce que pour a différent de 90° la vitesse angulaire est variable'pendantle cours d’une période,puisquelafonnulede Steinmetz ne considère pas ce phénomène.
- Avec ces hypothèses, et comme tout champ elliptique peut être décomposé en deux champs alternatifs décalés de 90° dans l’espace et dans la phase et dont la valeur maximum est déterminée par les demi axes de l’ellipse, il paraît logique d’introduire, dans les formules des pertes des champs tournants circulaires, un simple facteur de forme
- dépendant de — = —a et b étant les deux a Kj
- axes.
- On pourrait alors calculer, par exemple,-les pertes pour le glissement donné, pour un champ circulaire égal à l’un des demi-diamètres de l’ellipse et multiplier le résultat
- par un facteur s. fonction de —!.
- K]
- Logiquement,, ce facteur de forme e devrait être différent pour le stator et le rotor, mais comme déjà pour le champ circulaire, les phénomènes de magnétisation sont aussi différents pour le stator et le rotor, et que les formules de pertes qui n’en tiennent pas compte sont cependant suffisamment exactes pour les besoins de la pratique,- on est con-
- duit à adopter un coefficient e =
- com-
- mun au stator et au rotor.
- On pourra d’abord pour a = 9o0etK2 = K1, c’est-à-dire pour un champ tournant parfait, et pour différents nombres de tours, déterminer un facteur supérieur àl’unité G = f(nt) qui fasse coïncider le calcul et les mesures et tienne par suite compte de toutes les pertes additionnelles en excluant ainsi leur influence. * La courbe de ce cofficient C en fonction du nombre de périodes du glissement n, est tracée (fig. 12).
- C a, dans cette courbe, une valeur toujours élevée qui peut s’expliquer par le vieillissement du fer dû aux forts échaufïements auxquels la machine était couramment soumise. La courbe montre, en outre, que les pertes par hystérésis dans les dents, disparaissent, avec les faibles inductions employées, devant
- les courants de Foucault, parjsuite de la mauvaise isolation des tôles. Pour de hautes inductions et un glissement normal, la courbe pourrait se rapprocher d’une parallèle à l’axe des abscisses et, avec une augmentation plus grande de l’induction, on pourrait avoir comme courbe celle publiée en 1908 par Bragstad et Fraenkel (*).
- Les courbes de pertes existantes pour « = 90° permettent de déduire le coefficients rapporté au cas du champ tournant parfait contenu dans cette série d’essais (K2 = K.j). Comme il s’agit d’une recherche de principe, on laissera naturellement de côté l’essai à
- (’) Elektrotechnische Zeischrift, 1908.
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- i Soo tours qui n’a pas de valeur pratique. Les valeurs de e sont rassemblées dans le tableau suivant :
- Tableau I
- 0 t : m 675 t : m 1 000 t : m
- K2 = 0,25 K, K2 = o,5 K, K2 = o,75 K, k2 = k, K2 = i,25 K, K, — i,5 K, e = o,5 e — o,63 £ = 0,8 £ = 1,0 £ —— 1,24 £ = I ,Ô2 =0,55 = 0,6.4 — °>77 = 1,0 = i,3 =1,69 = 0,56 = o,65 = 0,80 = 1,00 = 1,28 = 1,67
- On voit de suite que l’influence de la vitesse disparaît complètement devant celle de —
- Ki
- comme on l’avait prévu plus haut; et même que les écarts entre les s pour des vitesses différentes ne suivent aucune loi et sont probablement dus aux inévitables erreurs de mesure.
- 7,2 t,4 *,S t,S
- 0,2 0J OA OS 06 0,7 ÛJ ?
- La figure i3 est construite avec les valeurs de e du tableau ci-dessus, portées en
- fonction de On obtient une courbe dont
- l’équation, très facile à trouver, est avec une grande approximation :
- (K,/K,)‘ + o,96 _<*> VJ(»
- (K2/K,)2 + *
- Cette équation prouve, cfu moins pour a. =90°, que les hypothèses faites concernant l’existence d’un coefficient simple fonction de K2/K1 sont exactes et permettent de trouver la perte pour un champ elliptique quelconque, en connaissant celle pour un champ circulaire.
- Il est intéressant de vérifier maintenant cette formule pour des cas quelconques.
- M. Rothcr prend le moteur suivant :
- Motor monophasé à collecteur.
- Stator.
- 48 encoches ouvertes par une fente de 4““' de largeur
- Diamètre extérieur des tôles........... 520mm
- Diamètre intérieur des tôles........... 34omm
- Entrefer.................................. iram,5
- Pas dentaire près de l’entrefer........... 22min,i
- Pas dentaire à la base................. 26mm
- Epaisseur d’une dent près de l’entrefer. 9mm,i
- Epaisseur d’une dent à la base......... i3mm
- Hauteur totale d’une dent.............., i8ram
- Il en résulte d’après Niethammer (Dynamos à courant continu) les sections suivantes pour le passage du flux, pour une longueur axiale de 82mra et une épaisseur de tôles de
- 5/io de millimètres :
- Section effective dans l’air 200om2
- Section des dents à la base I28cm2
- Section des dents près de l’entrefer. gocmî
- Section du noyau de fer 5gcmi
- Volume du fer du stator 8dI“\25
- Volume du fer des dents 0<lm3,8225
- Données du rotor .
- 66 encoches complètement ouvertes.
- Diamètre extérieur des tôles . 337mm
- Diamètre intérieur des tôles i7imm
- Largeur du pas dentaire près de l’en -
- . i6mm,i
- Largeur du pas dentaire à la base. . . . i4mm
- Epaisseur de la dent près de l’entrefer 7,nm,i
- Epaisseur de la dent à la base i^mtn
- Hauteur totale de la dent 22ram
- Section effective dans l’air . i49cm2,2
- Section des dents près de l’entrefer. . y 501112, g
- Section des dents à la base 67on’2,6
- Section du noyau de fer 5ocm2
- Voluitfe du noyau de fer . ~3dm3,62
- Volume des dents odm3,7I
- 2
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- *06 • ',; - la ’ LUMIÈRE 'ÉLECWiQÜE ^ ;''"' ’'"t.Î {2‘ S^)?-2^|P
- iar Exemple. — Soit un champ elliptique quelconque, par exemple celui obtenu avec a = 3o° et K2 =.K^ D’après les mesures, le flux existant était Kj = o,i i5x io°. Le grand axe de l’ellipse déterminé à la manière habituelle représente alors un flux K1 = o,i586 >< ioG. Si on imagine le champ créé par les 2 flux K/.j et K2 décalés de 90°, le facteur de forme qui en résulte est :
- D’après la formule précédemment trouvée, le calcul des pertes étant exécuté avec comme flux tournant circulaire, on obtiendra la valeur de e.
- D’après Niethammer la formule des pertes dans le stator et le rotor est la suivante :
- A* -f- W(0( —
- c L-Î-[(-®£l A,
- | 100 Lv 000i \i 000J J
- +»-(-)'["{—1 y •«'+*' (—y ^.1
- \IiOOJ l_\l 000/ \IOOO/ J
- + *-£[( «ay-* + ,.j
- 100 L\i 000/ \i 000/ J
- +A— ')T(--)'--il
- V 100/ L\i «00/ \i ,000/ J )
- Dans cette formule l’index 3 se rapporte au stator et 2 au rotor, lü est l’induction, k se rapporte au noyau, z aux dents, ah et aw sont, les coefficients de Steinmetz, n est le nombre de périodes du stator, ns celui du rotor, s l’épaisseur des tôles, 0, le volume du fer, k et k les coefficients additionnels pour les pertes dans les dents par lesquels l’induction minimum, doit être introduite dans les formules. C’est le coefficient déjà mentionné, lequel tient compte des pertes additionnelles dans le champ tournant et qui a été déterminé comme une fonction'de ns.
- En supposant le champ sinusoïdal, et te-
- % 7C
- nant compte, par conséquent, du coefficient -,
- on a dans les dents du stator à la base : 03-, miu = 1 9S0 (G. G. S.) et dans le noyau du stator 03*, max. = 2 100. On trouve alors comme pertes dans le stator
- Ah -f- W, = cA X 1-6,22 aw X 2,668 watts (‘).
- En comptant une dispersion de 10 %, on a pour le rotor :
- rain = 2 35o et dans le noyau BA2 ma, = 2 240 On trouve alors pour n — ns
- A/, -f- W2 = C/, . 8,37 -)- ®w • 1,602 watts.
- Le calcul des pertes dans le champ tournant parfait donne les coefficients :
- c,,. = 2 . et c" = 2,5 (?).
- Le coefficient de correction C est donné par la courbe et a pour valeur 3,3 pour 5o volts.
- Le total des pertes devient donc 191 watts pour ce flux fictif = o,x58d X .io6. Le facteur de réduction :
- 2
- est égal à 0,524, ce qui donne, pour les pertes avec champ elliptique, 100 watts.
- Or, la mesure donna 10.1,2 watts. La coïncidence est surprenante et pourrait provenir même d’un heureux hasard.
- 20 Exemple. —Pour a = 6o° et K2 = i,5K, et pour 675 tours au rotor. On trouve
- K', = 0,0916 X 106 et K'j/K', = 2.
- Avec C = 3,o5 les pertes calculées sont de i47w,4« La mesure donna i45w,5.
- 3e Exemple. — Pour a = 3o°, K2 = 5/4 Kj,
- C) Dans cette formule M.Ttother paraît avoir compté approximativement 4, = i,5 et i'i 2.
- (2) Le coefficient c/j = 2 rapporté à la formule usuelle r( B1’0!.! V io~1 donne y, = o,oo3i4- Le coefficient cr=r 2,5 rapporté à la formule usuelle a [e Q B]2 V io~12 donne a = 25. On en déduit aussi que dans la formule ci-dessus de Niethammer, bien que ce ne soit pas indiqué, il faut compter les volumes en décimètres cubes Q l’épaisseur des tôles èn millimètres.
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- REVUE D’ÉLECTAtClTE
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- 23 Avili 4 910*
- on aK'( a=s 0,178.10® et K^/K/j *=*0,26, Avec i ooo tours au rotor et C = 3,o5, on calcule unëj perte de 91 watts. La mesure donna 106 watts.
- On voit que la concordance est toujours très satisfaisante. En pratique, on devra, pour chaque cas, choisir comme champ tournant, lè grand axe et le petit axe, ce qui conduit à deux valeurs de e et deux valeurs de pertes dont on prendra la moyenne.
- M. Rother signale finalement une bizarrerie
- que des recherches très précises seules pourraient éclaircir, c’est que pour IC2 ola courbe de e donne un coefficient de réduction qui s’applique en somme au champ alternatif,comme si un champ elliptique fortement allongé était différent d’un champ alternatif simple.
- L’auteur termine par une comparaison des essais donnés par Niethammer dans un article sur le même sujet publié en 1906.
- G.-F. Guilbert.
- CHRONIQUE DES STATIONS CENTRALES
- L’EMPLOI DES ACCUMULATEURS DANS LES CENTRALES A COURANT CONTINU ET A COURANT ALTERNATIF (*)
- Lorsqu’on a à faire choix d’un système de courant en vue de l’établissement d’usines d’électricité pour la fourniture de lumière et de force, il y a lieu de considérer, outre les dépenses de premier établissement de la centrale et du réseau de distribution, les frais d’exploitation auxquels ôn est conduit avec les divers systèmes. Ces frais d’exploitation annuels peuvent, dans tous les systèmes de courant, être plus ou moins diminués grâce à l’emploi d’accumulateurs, en sorte qu’un système comportant des accumulateurs pourra être plus économique que le même système ou qu’un autre système sans accumulateurs. Dans l’exposé qui va suivre, on examinera la justesse de cette assertion pour chaque système pris séparément.
- Il y a lieu de distinguer les systèmes suivants :
- I. — Production et distribution de courant continu.
- (<) Communication à 1 'Elektrotechnisches Verein de Vienne,le i5 décembre 1906. — Elchtrotechiiik undMüs-chinenbau, 3o janvier et 6 février 1910.
- II. — Production et distribution de courant alternatif.
- III. — Production de courant alternatif et distribution de courant continu.
- IV. — Production de courant alternatif et distribution tant de courant alternatif que de courant continu.
- Dans les systèmes de courant alternatif, il n’y a, en général, à considérer, pour les nouvelles usines d’électricité, que le courant triphasé.
- Nous allons maintenant rechercher, pour les systèmes de courant susmentionnés, l’influence des accumulateurs sur le rendement des usines d’électricité, sans tenir compte ni de la sécurité de fonctionnement, ni de la réserve momentanée, etc.
- Dans les recherches qui suivent, il convient d’étudier séparément les dépenses dont l’ensemble constitue les frais d’exploitation annuels. Ce sont :
- i° L’intérêt et l’amortissement des dépenses de premier établissement;
- 20 Les dépenses de Combustible ;
- 3° Les dépenses de personnelT”-
- 4° Les frais d’entretien ;
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- 5° Les dépenses pour le graissage, les enduits divers, etc.
- I. —Production et distribution de courant
- CONTINU.
- Ce système trouve son application pour les usines d’électricité de petites villes. Le courant continu est produit a une faible tension et arrive directement aux consommateurs, dans le système à deux ou trois conducteurs, par des canalisations d’alimentation et de distribution. Si la centrale ne comporte pas de batterie d’accumulateurs, on proportionne les dimensions de l’installation de machines aux besoins maximum dans les heures du soir de la journée d’hiver la plus chargée. La présence d’une batterie d’accumuelaturs permet de réduire l’instal-
- lation de machines à celles qui suffisent pour la consommation moyenne de cette journée répartie sur la durée de fonctionnement desmachines. La batterie assume la partie de la charge dont la pointe de la courbe de charge, dans les heures du soir, donne bien l’idée. La batterie sert, en outre, pendant l’arrêt de la machine, à fournir à elle seule le courant dans les heures de jour et dans les heures de nuit, aux époques de faible consommation, comme on peut le voir par le diagramme de charge type universellement connu (fig. i).
- Lorsque, en dehors de l’éclairage,la centrale sert encore à alimenter des moteurs, ce qui devient tôt ou tard indispensable même dans
- une petite ville, il faut alors fournir du courant jour et nuit sans interruption. Si la centrale ne comporte pas de batterie, on doit maintenir tout le long de l’année, pour les machines, la durée de fonctionnement à a4 heures par jour. Si, au contraire, il existe une batterie, le service des machines ne doit durer que 10 à 12 heures au plus pendant les mois d’été.
- Mais il s’agit de chercher quelles modifications l’adjonction d’une batterie d’accumulateurs à une installation de machines à vapeur apporte aux dépenses de premier établissement et aux frais d’exploitation.
- A. Frais d!établissement. —* Dans le cas où l’on établit une batterie d’accumulateurs, l’ensemble de l’installation des machines peut être diminué, attendu que les machines, aussi bien celles qui sont en service que celles qui sont en réserve, ne doivent pas être calculées pour le maximum de charge possible, mais pour le travail moyen qui est notablement plus faible. Par contre, c’est pour la différence qu’on doit organiser une batterie d’accumulateurs.
- Or, l’organisation d’une batterie d’accumulateurs, en vue de la fourniture d’une quantité de travail déterminée pendant un temps court, est, en général, meilleur marché que l’organisation, en vue du même rendement, d’un ensemble de machines se composant de chaudière, machine à vapeur et dynamo, en tenant compte de la réserve nécessaire. Par suite, l’ensemble des dépenses de premier établissement, quand l’installation comporte une batterie d’accumulateurs, est plus faible, si la consommation de courant, dans les heures de jour et de nuit, n’est pas élevée. Si pourtant le diagramme de charge est tel que, dans les heures de jour et de nuit, on prélève beaucoup sur la batterie, en sorte qu’il est nécessaire d’avoir une batterie de grande capacité, alors les frais de premier établissement de la centrale avec accumulateurs sont un peu plus élevés que sans accumulateurs.
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- B. Frais d'exploitation. — i. Intérêt et amortissement. — L’amortissement des frais supplémentaires, occasionnés éventuellement par la batterie, est à répartir sur vingt ans, parce que les fabriques d’accumulateurs se chargent, sur demande, de l’entretien des batteries pour vingt années, de sorte que la durée d’existence des batteries atteint au moins ce chiffre. Avec un amortissement en 20 ans et un intérêt de 5 %, on obtient un taux d’amortissement d’environ 8 % que l’on doit compter comme dépense annuelle des frais supplémentaires de première installation.
- Par suite, même dans le cas où les dépenses d’installation de la centrale avec accumulateurs sont, non pas au plus égales, mais un peu plus élevées que sans accumulateurs, 8 % seulement de cette différence doivent être comptés comme dépense annuelle supplémentaire pour intérêt et amortissement. Il n’y a donc pas, de ce chef, à tenir compte d’un chiffre appréciable.
- a. Frais de combustible. — Aux pertes d’énergie dues à la charge des accumulateurs correspond l’économie de combustible que l’emploi d’accumulateurs permet d’obtenir, grâce à une meilleure utilisation des machines.
- La charge de la batterie comporte une perte d’énergie de 25 %. Dans le cas où 3o % de la consommation de courant annuelle sont empruntés à la batterie, ce qui est assurément une évaluation plutôt trop forte que trop faible, on doit employer, pour la charge de la batterie, 4° % de la fourniture de courant annuelle. Les pertes d’énergie dans la batterie atteignent io %, en sorte que la production de courant annuelle de la centrale est d’environ io % plus forte que sans batterie.
- Les pertes d’énergie d’une installation de machines à vapeur consistent en pertes de chaleur dans la chaudière, en pertes de vapeur dans la chaudière, dans la canalisation, dans le cylindre à vapeur et dans le conden-
- seur, en quantités de travail pour la compression de la vapeur dans le cylindre à vapeur, en impulsion mécanique des organes mobiles, de la pompe à air, de la pompe d’alimentation, en pertes de frottement et en pertes de courant, par exemple pour l’excitation des générateurs, etc.
- Sauf celles qui dépendent de la puissance de la machine, ces pertes d’énergie restent en grande partie les mêmes, que la machine marche à pleine ou à faible charge ou à vide. Ces pertes à vide atteignent, dans une installation de machines à vapeur de moyenne puissance, environ i5 % du travail maximum.
- Dans le calcul suivant, on ne doit faire entrer en ligne de compte que les pertes en marche à vide et négliger les pertes d’énergie supplémentaire qui dépendent de la puissance des machines.
- Désignons par P la puissance maximum indiquée de la machine à vapeur suffisante pour la charge maximum
- Dans le cas d’un service journalier de 24 heures, les pertes d’énergie annuelles, dans une installation de machine à vapeur, atteignent environ :
- 15
- ---PX 365 X 24 = 1 314 P.
- 100
- S’il existe au contraire une batterie, celle-ci peut assumer, par exemple, 3o % de la charge maximum, en sorte que la machine à vapeur ait un travail d’environ 3o % moindre que dans le cas précédent.
- Si cette machine à vapeur fonctionne en moyenne dix heures par jour et qu’en tant que plus petite machine elle ait des pertes relativement plus fortes, d’environ 18 %, les pertes d’énergie atteignent alors, en prenant la même base pour le calcul :
- — X — P X 365 X 10 = 460 P.
- JOO IOO
- C’est une règle d’expérience, que la fourniture annuelle de courant d’une centrale d’éclairage de petite ville correspond à une durée d’utilisation de la charge maximum
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- égale à 900 heures en chiffres rends. La puissance utile annuelle atteint 900 fois la charge maximum, c'est-à-dire, puisque la charge maximum atteint 85 % de la puissance maximum indiquée de la grande machine :
- 900 x P ??? 765. P.
- 100
- Si l’on emploie des accumulateurs, les pertes atteignent dans ces accumulateurs, comme on l’a dit, 10 % de la puissance utile annuelle, soit 77 P.
- Le total de la production de courant s’obtient par la somme du travail utile et des pertes de travail ; il atteint donc, quand on n’emploie pas d’accumulateurs :
- 765 P 1 3i4 P = 2079 P, et,' quand on emploie des accumulateurs :
- 765 P 77 P -j- /*6o P = 1 3oa P.
- On peut admettre que la quantité de travail annuelle est proportionnelle à la quantité. de combustible consommée, en, sorte-que les quantités de combustible, dans les deux cas, se comportent comme les quantités de travail. Pour produire réchauffement de la chaudière qui est nécessaire une fois par jour, quand les machines ne fonctionnent que 10 heures (c’est-à-dire lorsqu’on; emploie des accumulateurs), il faut ajouter, à la quantité de combustible calculée, un supplément de 5 %, lequel n’est pas nécessaire lorsque les machines (sans accumulateurs) fonctionnent 24heurespar jour defaçonininterrompue. Les quantités de combustible, dans les deux cas,
- sont donc entre, elles comme1-—?. L’éco-
- 2.079
- u,omie qui en résulte, pour le cas où l’on emploie des accumulateurs est donc :
- 2 079 — i 367 2 079
- 712 2 °79
- 3= 34 % (chiffres ronds).
- Ce calcul n’a aucune prétention à la précision, parce que l’on y a négligé les pertes d’énergie supplémentaires dépendant de la puissance de la machine. Ce décompte
- approché montre toutefois de façon suffisante que l’emploi d’accumulateurs permét de réaliser une notable économie sur les dépenses de combustible.
- Cette grosse économie n’existe d’ailleurs que si une seule machine satisfait au maximum de charge; cette machine travaille dans des conditions défavorables quand la charge est faible. Mais si l’on installe deux machines d’égale grosseur, qui satisfassent à elles deux au maximum de charge, on n’aura plus, dans les instants de faible charge, qu’une seule machine en service, en sorte que les pertes d’énergie n’atteignent à ce moment que la moitié des pertes d’énergie qui se produisent à pleine charge. D’autre part, les petites machines travaillent avec un rendement moins avantageux et par suite avec un plus fort pourcentage de perte d’énergie. Le réehaufc» fement journalier de la chaudière, pour la deuxième machine, entraîne des pertes au foyer, comme lorsqu’on emploie des accumulateurs et une seule machine pour un fonctionnement de demi-journée. 11 s’ensuit que si la consommation de combustible, lorsqu’on emploie deux machines demi-fortes, est beaucoup plus faible que lorsqu’on emploie une forte machine, cette consommation est pourtant encore notablement plus élevée que dans le cas où l’on fait fonctionner pendant une demi-journée une machine à charge uniforme en employant des accumulateurs.
- 3. Dépenses de personnel., — Pour le service de vingt-quatre heures, deux équipes de personnel sont nécessaires, tandis que, si l’on emploie des accumulateurs, avec un service de dix à douze heures,, on n’a besoin que d’une seule équipe.
- On peut donc, par suite de la suppression de la moitié du travail de jour, faire l’économie du salaire d’un machiniste, d’un chauffeur et d’un aide.. Gomme la batterie peut être servie par le gardien de la machine et n’exige pas un gardien particulier* on peut économiser la. moitié des dépenses du personnel quand on emploie une batterie'.
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- 4- Frais d’entretien. — Les frais d’entre-tieh d’une installation de machine sont en rapport avec la durée d’utilisation et la grosseur de la machine \ ils doivent donc, dans le Gas d’un service journalier de dix heures avec une petite machine), atteindre un chiffre relativement moindre que dans le' cas où une grosse machine fonctionnerait pendant vingt-quatre heures.
- Les frais d’entretien de la batterie sont plus élevés que cette économie réalisée sur l’entretien de la machine, en sorte que finalement les frais d’entretien de l’ensemble de l’installation-sont plus élevés avec accumulateurs que sans accumulateurs.
- 5. Dépenses de matières. — La consommation des matières pour le graissage et le nettoyage est également proportionnelle à la durée du fonctionnement des machines.
- Si l’on emploie des accumulateurs, le sup-
- plément de dépense occasionné dans les petites installations par l’entretien de la batterie pouvait être compensé par les économies réalisées sur les frais d’entretien et sur les dépenses de matières de graissage et de nettoyage, en raison de la durée réduite de fonctionnement des machines, en sorte que ; les économies réalisées sur les dépenses de j combustible et celles de personnel restent j tout entières dispônibles. Dans les grandes | installations, sont disponibles, après déduc-j tion des frais d’entretien supplémentaires, les économies réalisées, sur les autres dépenses d’exploitation.. Finalement, l’emploi d’accumulateurs entraîne une réduction notable de la somme des frais d’exploitation, d’où accroissement de rapport dé l’usine d’électricité.
- (A suivre.)
- D’après Richard Werkner.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Force èlectromotrice des amalgames de zinc. — B.. Cohen et W. Tombrock. — Communication à l’Académie royale d’Amsterdam, reproduite par l’Elec.trician, 14 janvier igro.
- Ces forces électromotrices, importantes à connaître avec exactitude, surtout à cause de Félément Clark, ont été déterminées à o°,5 sur des substances chimiquement pures, afin d’éliminer des réactions secondaires.
- Les auteurs ont employé le tube en forme dTF, bien connu. Au fond de l’une des branches, se trouvait de l’amalgame à ro % ; au fond cle l’antre, à x % (composition en poids) ; ie liquide interposé était une solution diluée de sulfate de zinc. Les amalgames à x %, de très faible teneur, étaient formés dans la branche même dû tube où ils devaient rester, en y faisant passer un courant électrique entre du mercure, comme cathode, et une lame de
- zinc pur. Du temps du passage du courant, il était possible de déduire la composition de l’amalgame.
- On mesurait, aussitôt après la confection de ï’élé-ment, puis de temps en temps, la différence de potentiel entre les deux amalgames et, aussi, entre le zinc pur et l’amalgame à 10 % .
- Ces mesures montrent combien le potentiel du zinc pur est mal défini.
- La différence de potentiel entre les deux amalgames est de l’ordre de 1/10 000, mais elle varie en fonction du temps ; elle peut môme s’inverser pour de faibles teneurs de l’amalgame à x % .
- Des mesures antérieures de M. Cohen avaient montré qu’à o°, entre le zinc pur, déposé électrolyti-quement sous forme spongieuse ou arborescente, et l’amalgame à 10 %, existait une différence de potentiel de ov 000488, le zinc formant le pôle négatif. Les nouvelles mesures, mentionnées ci-dessus, s’accordent à montrer que lorsqu’il existe_une différence de potentiel entre zinc et amalgame de zinc, elle est toujours de telle nature, que l‘e zinc soitle pôle négatif.
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- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Etalonnage des transfoi'mateurs destinés aux appareils de mesui'e. — A. Laws. — lilcc-trical World, •i'} janvier 1910. ~
- Dans toutes les installations à courant alternatif, la mesure de la puissance, de l’intensité et du voltage, l’usage d’appareils tels que phasemètres ou fréquencemètres nécessitent l’emploi de transformateurs. Il est utile de connaître les constantes de ces instruments qui peuvent influer, d’une façon très sensible, sur les indications des appareils de mesure auxquels ils sont adjoints.
- La détermination du rapport de transformation n’est autre que celle du rapport de deux intensités.
- V . 7:
- i 1
- «
- I I.
- t —R-2 * 4 I
- * . 1
- Fig. 1.
- En courant continu, si l’on emploie le montage de la figure 1 et si le galvanomètre n’indique aucun courant, on a
- L _ R,
- I,
- Si l’on opère en courant alternatif, les résistances Rt et Ra doivent être non inductives et les courants I, et Ia de même forme et en phase, ou, si Ton emploie un appareil de zéro spécial, doivent présenter une différence de phase connue. La méthode de M. Robinson consiste dans l’emploi d’un galvanomètre, du type d’Arsonval, dont les bornes sont reliées à un commutateur entraîné par un moteur synchrone. Si la bobine mobile du galvanomètre est reliée directement aux bornes des résistances R, et Rs, le champ dans lequel elle se meut peut être inversé synchroniquement avec le sens du courant It, par exemple.
- Ce courant traverse la bobine fixe d’un électro-dynamomètre dont la bobine mobile est montée entre R, et R2. Le dynamomètre est amené au zéro par modification de la résistance R2 qui peut être prise
- sur un fil de — d’ohm. Comme l’on admet que, 10
- dans le transformateur. d’intensité, il y a un très léger décalage entre les intensités I, et I2, si le dyna-
- momètre reste au zéro, c’est que l’on a, en appelant P l’angle de calage :
- En pratique, cette méthode a un grand défaut, car la sensibilité décroît avec le carré de l’intensité. On lui préfère la suivante :
- D1 (fig. 2) est l’électro-dynamomètre indicateur de zéro.
- Fig, 2.
- Ses bobines fixes sont traversées par un courant d’environ 8 ampères, dérivé du secondaire d’un transformateur de phases. Si la différence de phase entre L et I2 est A et si le décalage du transformateur est p, le produit des courants dans les bobines de D, sera nul lorsque l'on aura :
- r ~ ^ (cos ^ +tg A sin
- On s’arrange pour que A soit nul, c’est-à-dire pour que It et I2 soient en phase. Pour cela, on dispose d’un second dynamomètre Da dont la bobine mobile peut, au moyen du commutateur S,être mise en série soit avec la résistance r, soit avec R,. En série avec cette bobine, est un condensateur de 1 mfd. Lorsque S est dans la position 2, le dynamomètre D2 accuse une légère déviation, la résistance èn série avec le condensateur étant appréciable. En ajustant le shunt non inductif s,, cette déviation peut être réduite à zéro. L’interrupteur S est alors ramené à la position 1, fermant le circuit de la bobine mobile Da à travers Rt.
- En général, il se produit une nouvelle déviation. En changeant la position des bobines du transformateur de phases, on la ramène à zéro, ce qui montre que I et If sont en phase ou que le flux à
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- travers les bobines de Dt est en concordance avec le coürant I,. On a alors pratiquement :
- L _ R2
- i, K
- Le commutateur sert à découvrir et à éliminer tout effet d’induction entre les bobines de Dj.
- Cette méthode, qui donne de bons résultats, est d’un emploi assez long, en raison de la durée de la période d’oscillation des dynamomètres et de leur manque d’amortissement. Comme il est nécessaire d’étalonner fréquemment les transformateurs, on a réalisé un dispositif permettant d’en déterminer très rapidement les constantes à o,i près. C’est le dispositif que représente la figure 3.
- R1 , L* 0
- f ttheo.'h
- D est un électro-dynamomètre à fil méplat. Le tore est en tôle feuilletée avec entrefer de 9;i,m. La section du tore est de 59 X 38mma et son diamètre moyen est de 2oom, il porte 240 tours de fil absorbant 3 ampères sous 110 volts dans l’entrefer est suspendu un fil métallique méplat de 35°m de longueur. Sa partie inférieure est amalgamée et plonge dans un vase à mercure de 6mm de diamètre. La résistance totale du système oscillant est de 2 ohms. Le plan dans lequel est le fil méplat est celui des lignes de force et sa position peut ôtre repérée au moyen d’un micromètre. La période d’oscillation est d’environ une demi-seconde. Le courant It est réglé par un rhéostat non inductif. En vue d’otenir que le flux en a soit en concordance déphasé avec le courant I,, on dispose en série avec le fil méplat un condensateur et un rhéostat. Le réglage se fait au moyen du transformateur de phase. L’interrupteur est alors placé dans la position 1 et la résistance est ajustée jusqu’à ce que le fil revienne au zéro.
- On a alors :
- L _ IL
- h Ri'
- Il suffit d’une minute pour faire l’opération complète. C. T
- TRACTION
- Système de suspension des fils aériens du chemin de fer électrique de New-Haven. — The Electricien (*), 25 mars 1910.
- On construit en ce moment un prolongement de la ligne électrique de New-York,New-Haven et Hartford, entre New-Haven et Starnford. Avant d’entreprendre cette construction qui porte sur une longueur de 65km, on a établi une ligne d’essai d’environ ikm,5oo de longueur. Elle diffère de l’installation primitive par la suspension aérienne des fils.
- Les ponts dont la travée surplombait quatre voies ou davantage, qui, par conséquent, étaient coûteux et lourds d’aspect, ont été remplacés chacun par deux pylônes placés en regard l’un de l’autre, perpendiculairement aux voies.
- Leur extrémité supérieure s’infléchit, suivant un profil élégant, pour se terminer horizontalement, et 'une pièce d’écartement, constituée par un tube d’acier, est insérée entre les extrémités horizontales et contribue à la rigidité de l’ensemble. Le tube porte des croisillons auxquels sont attachés des fils tendus entre eux et les pylônes. Les portées sont de 90 mètres.
- Des câbles d’acier d’environ 3cm de diamètre sont attachés aux pylônes. Ces câbles supportent eux-mômes des tubes horizontaux de 7om,(3 de diamètre au moyen d’autres câbles de 3cm,8 de diamètre. C’est sur ces tubes transversaux, espacés d’environ 3om, que sont fixés les isolateurs de porcelaine, placés dans l’axe des voies correspondantes. Les fils de travail y sont reliés au moyen d’une suspension caténaire.
- Ainsi, la suspension caténaire et les fils de travail sont seuls sous tension.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Les moteurs électriques dans Vimprimerie. — H. Sharpsteen. — Electrical World, 27 janvier I9I°-
- L’auteur passe successivement en revue les différentes machines qu’utilise l’imprimerie en étudiant l’intérêt que présente pour elles l’entraînement par moteur électrique.
- Massicot. — Le choix de l’entraînement de cette machine est nécessairement déterminé par la puissance qu’elle doit absorber tant au démarrage qu’en
- (•) D'après The Railway and Engineering Review.
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- marche normale. On dsoit donc procéder à une étude préalable de cette puissance. Un bon moteur doit pouvoir supporter une surcharge de ioo pour xoo, pendant xo secondes au moins, lors de la mise en marche et de l’accélération du volant de la machine.
- Il est bon de le cojnpounder suffisamment pour éviter les inconvénients d’une mauvaise commutation.
- Lorsqu’un tel moteur n’entraîne qu’une seule de ces machines, une faible portion de l’énergie produite est utilisée d’une manière efficace, car, pendant la plus grande partie du temps, le moteur entraîne seulement le volant et la machine ne travaille pas. C’est pourquoi on emploie, de préférence, un moteur de faible puissance. Si, lors d’opérations de découpàges difficiles, on constate que le courant dépasse la valeur permise, il vaut mieux caler sur l’axe de la machine un volant de grande dimension que d’augmenter la puissance du moteur.
- Lorsqu’on peut grouper ensemble plusieurs machines et les entraîner par un même axe, et si l’on prend soin de n’effectuer leur démarrage que successivement, on peut réduire la puissance nominale du moteur au tiers de la somme des puissances requises pour chacune des machines fonctionnant séparément. Cette puissance varie de i à 5 IIP, suivant l’importance de la machine à entraîner.
- Linotype. —Le moteur doit avoir une puissance d’environ 0,25 HP, pour un fonctionnement continuel de io heures et être muni d’un interrupteur à rupture brusque, placé à portée de la main de l’ouvrier qui doit arrêter le moteur chaque fois que la machine n’a pas à fournir un travail effectif. La vitesse des moteurs varie de 6oo à 8oo tours par minute, suivant le diamètre des poulies.
- Un grand quotidien de New-York utilise l’entraînement par groupe de quatre machines, montées sur un même axe, qu’un moteur de i HP conduit par l’intermédiaire d’une courroie. Il est ainsi plus facile de répartir le- travail de façon à réduire les dépenses inutiles d’énergie ; cependant l’ensemble se prête moins bien à des variations de vitesse.
- Rouleau matrice. — Cette machine ne fonctionne, en général, que peu de temps par jour, elle est entraînée par un moteur de 2 à 3 IIP, avec transmission par courroie. La figure i est un diagramme de montage des appareils de contrôle destinés à la conduire. Quand l’interrupteur SS, est fermé,, le courant est mis sur la ligne LL,. Pour mettre la machine en marche, l’opérateur manœuvre le levier O
- qui entraîne la barre I Vers la gauche ; le contact S>3 s’applique sur les plots J, J,, Ja et J3 et le contact P sur les plots J4 et Js. Le courant d’excitation est alors fermé. La barre L3 est reliée à L, par le câble W, la barre L4 à L par W, qui ferme le circuit de la bobine de démarrage S et excite l’électro M agissant sur le frein B, ce qui arrête le mouvement du bras H et supprime la résistance de démarrage, donnant ainsi à l’induit A sa pleine vitesse.
- a
- Fig. i.
- Lorsque la table de la machine a accompli sa course entière, elle rencontre la tige I et la manœuvre vers la droite, ce qui entraîne, dans l’ordre inverse, la suite des opérations que nous venons .de décrire jusqu’à arrêt du moteur. On emploie de préférence le moteur série.
- Ebarbeuse.— Elle demande un moteur deo,5 HP, avec un interrupteur automatique. Le moteur doit être entièrement clos en raison de la poussière qui se produit.
- Presse d’imprimerie. — Là presse est conduite par un moteur de 0,^5 à 2 HP, avec entraînement par courroie, monté sur une poulie d’au moins iS0"1 de diamètre. Lorsqu’il faut une puissance de 1 HP pour amener le volant d’une presse à sa vitesse normale en 5 secondes, il suffira, en général, de 0,25 HP pour assurer son fonctionnement à pleine charge. Ces moteurs doivent pouvoir supporter une surcharge de 100 % au démarrage; leur vitesse doit se régler par le circuit shunt et correspondre à un tirage de 900 à 1 800 exemplaires à l’heure.
- C. T.
- DIVERS
- Courants électriques entre l’air et la terre.— C. Simpson.'—PliysiccdSociety,séance dun mars igio(’).
- L’auteur décrit une méthode d’enregistrement au- (*)
- (*) D’après The Electrician, 1e1' avril 1910.
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- 25Avril IMft. ' REVUE I>’ÉLECTR1GITÉ — 115
- tojmatique du courant qui circule entre la terre et l’air, pendant la belle saison. Une large plaque de i7‘“a est placée à ciel ouvert et isolée du sol, mais placée aussi près de lui que possible. Un récipient laisse tomber de l’eau sur cette plaque à travers un cylindre relié au sol. Ainsi, l’eau s’empare de la charge électrique de la plaque et vient tomber dans un autre récipient qui est connecté toutes les deux minutes avec un électromètre enregistreur.
- L’auteur étudie les causes d’erreur de la méthode et la détermination du courant à l’aide des indications dé l’électromètre. Il ne peut donner de chiffres certains à cause des perturbations du champ élec-
- trique produites, dans les conditions de l’expérience, par les collines et les arbres (Simla, Inde).
- Il a trouvé cependant ce résultat très surprenant: que l’influence du soleil est de diminuer la conductivité de l’air.
- Au cours de la discussion, M. Ghree rappelle les expériences de Wilson sur le même sujet, et les difficultés qu’on rencontre à réaliser un isolement effectif par rapport au sol. M. Russell serait heureux de voir obtenir par les deux méthodes des chiffres concordants. D’après Wilson, l’intensité du courant par centimètre carré de la surface du sol serait d’environ* 2,2 io-:16 ampères.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Peut-on donner des lignes électriques ’ en garantie à un bailleur de tonds?
- Quand on a besoin d’argent, il faut, généralement, donner, pour en avoir, une garantie réelle sur une chose tangible, et faire,, en pratique, ce que le Code civil appelle: la constitution d’un gage.
- Accorder une hypothèque sur une usine, c’est gênant, notamment quand la Société qui emprunte est abondamment pourvue d’obligataires, qu’une pareille mesure pourrait effaroucher. Aussi plusieurs tentatives ont été faites, ces derniers temps, dans les milieux industriels, pour projeter de faire entre amis une sorte de contrat sui generis, indéterminé, par lequel l’emprunteur donne en garanties les lignes qu’il a créées pour faire sa distribution, lignes existantes au moment du prêt, et quelquefois lignes futures...
- Nous ne voudrions pas ralentir le zèle de ceux qui veulent donner une garantie, mais il nous paraît intéressant de nous demander comment on pourra valablement constituer un gage sur une ligne déterminée.
- Tout le monde sait aujourd'hui que l’on peut donnèr en garantie à un créancier, soit un meuble, soit un immeuble : le gage mobilier suppose la remise au créancier ou à un tiers* du bien donné en gage ; l’hypothèque ou sûreté immobilière suppose une inscription, sans dessaisissement.
- La première des questions que l’on doit résoudre pour tirer au clair la méthode à suivre* est donc la suivante :
- « Une ligne électrique est-elle un meuble ou un immeuble ? »
- Il n’est pas possible de donner une réponse absolue à cette question qui doit être résolue, avant tout, par des distinctions, suivant que Fon envisage telle ou telle ligne: les électriciens voudront bien ne pas s’étonner devant ce mot « distinctions » qui, souvent, a l!e privilège de les amuser au détriment des jurisconsultes. Si, d’aventure, on demandait brusquement à un ingénieur : « de quoi se compose une ligne », ou « en quels matériaux établit-on une canalisation électrique » il répondrait probablement : « cela « dépend des cas dans lesquels on se trouve ; il y « a des poteaux en bois, d’autres en ciment, « d’autres encore en fonte, et les fils peuvent « être en enivre ou en aluminium », il n’y a donc rien de bien extraordinaire à ce que le domaine juridique comporte aussi ses distinctions.
- Nous répondrons done :
- A) Une ligne électrique est généralement un « meuble » parce que généralement elle est aérienne, et que si l’on peut à la rigueur donner le nom de fondation au système employé, pour fixer les poteaux au sol, les fils qui transportent le courant sont unis à ces poteaux d’une lagon très légère : aussi l’ensemble ne forme pas une adhérence au sol suffisamment parfaite pour consti-
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- tuer ce que l’on appelle vraiment « P immobilisation ». Or, c’est dans l’incorporation au sol des différents objets que se trouve le principe de l’immobilisation : en réalité, on peut dire que la terre constitue l’immeuble par excellence, que les autres objets, les matériaux notamment, sont tous des meubles, et que si l’on donne le nom d’immeuble à un bâtiment, c’est parce qu’il est constitué par la réunion intime d’objets qui se réunissent les uns aux autres d’abord, puis, par ce moyen, font un tout compact avec le sol. Tous les auteurs sérieux s’accordent à dire qu’au contraire, si l’on se trouvait en présence de bâtiments placés sur terre sans fondement, ni pilotis (boutiques foraines, cabines de baigneurs, etc.), on ne devrait pas les traiter comme immeubles).
- Et l’on comprend très bien pourquoi le tribunal d’Amiens s’était prononcé en faveur de la nature purement mobilière d’une ligne électrique dans une décision relative à une question d’octroi en remarquant, dans une analyse très exacte, que les « câbles ou fils du réseau aérien « reposent sur des cloches en porcelaine, adap-« tées aux colonnes, poteaux, ou potelets, et sont « maintenus dans les gorges desdites cloches, « par leur poids, leur tension, et un lien de cui-« vre enroulé sans scellement ni soudure, lequel « lien susceptible d’être détaché sans la moin-« dre brisure, en sorte que ces câbles pour-« raient sans aucune effraction être enlevés ou « adaptés à un autre usage ». Nous donnons « d’ailleurs en note à la fin de cet article, le jugement tout entier, aussi intéressant par l’espèce qui nous occupe, que par la question des droits d’octroi (').
- Telle est, en somme, à notre avis, l’idée rigoureusement exacte qui doit être retenue : « L’immobilisation d’un objet dépend de son incorporation plus ou moins intime avec le sol ou avec le bâtiment qui fait corps avec le sol. »
- 11 semble puéril, au premier abord, d’insister sur cette idée: nous crbyons cependant que l’on gagne à élucider ces principes ; plusieurs fois en effet, nous avons entendu dire que la ligne ne peut pas être un immeuble, parce que (sans que
- O'Lc tribunal do La Rochelle ne paraît pas partager cette opinion ; mais il s’appuie sur des raisons qui me paraissent inadmissibles et erronées. (Jugement du 22 juin 1909.)
- l’on ait à retenir son plus ou moins d’adhérence) elle ne peut s’incorporer juridiquement avec le sol public, qui porte les poteaux : si cette ligne, a-t-on dit, est placée en vertu d’autorisation, son titré juridique est précaire, puisque, théoriquement au moins, l’autorisation peut être retirée par l’autorité qui l’a donnée. Si elle existe en vertu d’une concession municipale, la commune concédante a le droit, à l’expiration du délai fixé à l’article du cahier-type, ou de reprendre le tout sans indemnité, ou de faire remettre les lieux en leur état initial ; il y a donc précarité du titre de l’occupation qui conduirait à cette conséquence fatale: la nature mobilière de la ligne.
- Mais c’est là une cause bien secondaire et que la jurisprudence n’admet pas : tout ce qui a un caractère d’incorporation intime peut être considéré comme immeuble, même lorsque l’emplacement est un endroit public, et lorsque l’autorisation donnée par le maire du domaine est précaire; la Cour de Cassation a jugé le 10 avril 1867 que les constructions et bâtiments élevés en vertu d’une permission administrative, sur des terrains dépendant du domaine public sont immeubles tant qu’une incorporation certaine subsiste et qu’ils sont immeubles vis-à-vis du constructeur qui a,obtenu Vautorisation voulue (’). (Dalloz, 1867, première partie, page 399.)
- (')« Sur la seconde branche du même moyen, tirée de « la violation des articles 5aa,-.5a3, 5a4, 5a5 C. Nap. et « des articles 675 et suivant C. Pr. Civ.
- « Attendu qu’il est constaté, en fait, par les qualités de « l’arrêt attaqué, et qu’il n’apparaît pas qu’il ait été « contesté devant les juges du fond, que les objets sur « lesquels a été pratiquée la saisie immobilière dont la « nullité était poursuivie par le demandeur en cassation « consistent en un immeuble bâti sis rue de la Boulan-« gerie, un établissement de batelage connu sous le « nom de Marine du Commerce, comportant un permis « d’établir sur un terrain dépendant du domaine public, « une maison d'habitation, divers magasins, deux ponts « débarcadères et leurs accessoires.
- « Attendu que les bâtiments et constructions élevés « en vertu de cette permission constituent, par leur « nature, des immeubles, tant qu’ils adhèrent au sol, « encore bien que la permission eût été stipulée révoca-« ble, qu’ils peuvent être mis, comme tels, dans le com-« merce, et, par suite, être valablement transmis, hypo-« théqués et saisis comme tels, sous la condition réso-« lutoire qui affecte la durée de leur existence.
- « Attendu que les allégations de fait sur lesquelles le « pourvoi s’appuie pour soutenir qu’on aurait à tort « compris dans la saisie immobilière des objets rnobi-« liers de leur nature et qui ne pouvaient être consi-
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- Elle avait jugé déjà quelques temps auparavant que le locataire établissant un bâtiment sur le terrain du propriétaire avait créé réellement un immeuble (* *). (Dalloz, 1862, première partie, page 281.) On a encore dit que les canalisations ne peuvent être des immeubles parce que
- « dérés comme des accessoires des immeubles saisis, « sont démenties par les constatations ci-dessus rele-« vées de l’arrêt attaqué et n’ont point été d’ailleurs « soumises au juges du fond, qui auraient pu seuls, les « vérifier. »
- (*) « Attendu que, devant la Cour, le demandeur en cas-« sation ne conteste pas la nature immobilière des cons-« tructions saisies, mais qu’il soutient que, comme « locataire-conducteur, il n’avait sur les bâtiments par « lui édifiés sur le terrain dont il était fermier, qu’un « droit mobilier.
- « Attendu que si, aux termes des articles 546, 551, 553 « et 555 précités, les constructions édifiées sur le ter-« rain d’autrui sont réputées appartenir au propriétaire « de ce terrain, alors même qu’il est prouvé qu’elles ont « été faites par un tiers et à ses frais, cette exception « qui n’est que l’application de la maxime : eedificia « sola cedant, n’est pas absolue, qu’elle cède à la « preuve contraire, et que toutes les fois que, par suite « des conventions intervenues entre les parties, il est « démontré que le maître du sol a entendu renoncer au « bénéfice du droit d’accession sur ces constructions, le « tiers qui les a élevées avec ses matériaux en reste pro-« priétaire jusqu’à l’époque fixée pour leur démolition. »
- « Attendu que ce qui est vrai du tiers constructeur en « général l’est aussi, et à plus forte raison, du locataire « qui, conformément aux clauses de son bail, bâtit sur « le terrain objet de sa location, que, dans l’espèce il « avait été formellement stipulé que les bâtiments que « celui-ci devrait élever sur les terrains affermés reste-« raient pendant la durée du bail affectés au paiement « du loyer, et qu'à son expiration ils seraient enlevés « par le même preneur qui devrait déblayer le terrain « et niveler le sol à la hauteur du trottoir existant; « qu’en présence de ces stipulations et lorsque dans ses « conclusions soit en première instance, soit en appel, « le demandeur, loin de prétendre comme il le fait au-« jourd’hui devant la Cour, que les constructions sur « lui saisies ne lui appartenaient pas, se bornait à main-« tenir qu’elles n’étaient pas choses immobilières, l’ar-« rêt attaqué a dû considérer comme constant et reconnu « le droit de propriété du locataire sur ces construc-« tions que, légalement, il déclarait immeuble par appli-« cation de l’article 5i8 C. Nap. et, par suite, valider la « saisie immobilière qui en avait été faite. »
- « Sur le troisième moyen: — Attendu que la saisie des « constructions comprenait nécessairement le droit de « jouir du terrain sur lequel elles avaient été élevées, « que, dès lors, en validant la seconde saisie que, par « acte séparé, Souty avait cru devoir faire de ce même « droit, l’arrêt n’a pu causer préjudice au demandeur, « que celui-ci est donc sans intérêt et que, par suite,
- le propriétaire sachant, avant toute chose, la fragilité de son titre, ne peut pas avoir la volonté, l’intention d’incorporer pour toujours au sol public une canalisation qu’il sait devoir être enlevée comme vieille ferraille, à un moment donné.
- Cette théorie n’est pas plus exacte que la précédente, parce que tout d’abord l’intention du propriétaire est indifférente en ce qui concerne les immeubles par nature ; elle ne peut intervenir que pour créer des immeubles par destinationt; pour s’en rendre compte, il suffit d’ouvrir un Code: les articles 524 et suivants indiquent que sont « immeubles par destination » les meubles que le propriétaire de l’immeuble a voulu attacher à son fonds, pour le service de l’exploitation de ce fonds ; au contraire, dans les articles qui précèdent, il définit l’immeuble par nature, il en cite des exemples, sans réclamer la justification de la volonté du propriétaire ; de même l’idée de l’emplacement à perpétuelle demeure ne peut pas entrer en ligne de compte, puisque le Code déclare que «sont et seront immeubles par nature » les arbres qui sont attachés au sol, tant qu’ils y seront attachés : il est cependant évident qu’un jour ou l’autre, par la force des choses, ces arbres seront abattus (Baudry-La-cantinerie, n° 27). La jurisprudence est, aujourd’hui, en ce sens.
- B) Mais, à notre avis, on peut considérer comme immeuble, une ligne souterraine placée sous un sol public, parce qu’il y a incorporation manifeste et indiscutable ; sans doute, ce caractère immobilier est susceptible de s’évanouir, à la fin de l’autorisation, si la canalisation est extraite de la terre dans laquelle elle était enfouie. Nous avons vu plus haut que cette précarité manifeste n’influe pas sur le caractère intrinsèque du droit de propriété.
- La Cour suprême l’a décidé (également dans une question d’octroi par arrêt en date du 9 novembre 1898), dont nous donnons plus loin le texte. Dans le recueil de Dalloz (1899, première partie, page 525) où cet arrêt est rapporté, il est
- « non recevable à proposer ce troisième et dernier « moyen devant la Cour: Rejette.
- Du 7 avril 1862, Ch. civ. MM. Troplong, ior prés. ; Fauconneau-Dufresne, rap. ; de Marnas, i0-_av, gén., c. conf. ; Groualle et Ginot, av.
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- fait une série de réflexions très justes que nous donnons en note (*).
- Nous résumons donc ces deux points :
- Une ligne électrique peut être tantôt meuble, tantôt immeuble, bien qu’elle soit un terrain public. Et la nature juridique doit être déterminée par une considération tirée exclusivement de l’adhérence de la ligne au sol : très problématique pour les lignes aériennes, cette adhérence paraît certaine pour les lignes souterraines.
- Un prochain article tirera de ces principes des conséquences pratiques pour la constitution d’un droit de gage créé sur ces lignes.
- (A suivre.)
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Première décision citée au texte de l’article. Jugement du tribunal d’Amiens du 14 juin 1902.
- « Attendu qu’on ne saurait assimiler par voie d’analo-
- (i) « D’après le pourvoi, le tarif d’octroi visant les « matériaux destinés à des constructions immobilières « ne pouvait s’appliquer à des tuyaux exclusivement « destinés à des canalisations souterraines situées sous « la voie publique et non susceptibles d’être incorporées « au sous-sol de ces voies, ce sous-sol faisant partie du « domaine public inaliénable et imprescriptible, de plus « ajoutait le pourvoi, les tuyaux n’étaient placés qu’à « titre précaire, par une Compagnie qui en conservait « la propriété et pouvait les enlever, les changer ou les « vendre. Cette argumentation ne devait pas réussir. Il « était manifeste que si les conduites prises isolément >( étaient meubles, une fois assemblées elles formaient « un immeuble par nature, puisque conformément à la « définition de l’article 523, C. civ., elles étaient atta-« chées au sol. Peu importait que ce sol lui-même fît « partie du domaine public, cette situation supposait « sans doute une autorisation administrative accordée à « la Compagnie, mais elle ne pouvait détruire le carac-•« tère immobilier de l’aqueduc. (V. Caen, 26 mai 1886, « D. P., 87. 2. 81.) Etla nature immobilière des condui-« tes n’était pas davantage modifiée par ce fait que « l’installation n’émanait pas du propriétaire du sol; « d’après l’opinion dominante cette nature procède, en « effet, de l’établissement de la canalisation dans le sol, « et non de la qualité de celui qui l’établit ; comme l’ob-« servaient les juges du fond, un bâtiment ne cesse pas « d’être immeuble pour avoir été construit par un loca-« taire ou un simple concessionnaire. (V. dans le même « sens C. de Cass, de Belgique, 8 mai 1886, D. P., 87, « 2.221. — Civ. Cass,, 19 juillet 93. />./*., g3. i.6o3.— « Adde. les nombreuses décisions citées avec renvois à « la ddctrine. Jur. Gén. Supplément, V. biens, n°s 4 et 8, « où est mentionnée et discutée l’opinion divergente « soutenue par quelques auteurs).
- « gieles fils du réseau aérien de la Société d’Electricité aux « tuyaux servant à la conduite des eaux qui sont, sur leur « parcours, complètement incorporés au sol et sont, aux « termes de l’article 5a3 du Code civil, immeubles par « leur nature, qu’il n’y a en effet aucune similitude en-« tre les tuyaux adaptés au sol, ou installés dans l’inté-« rieur du sol, et des fils disposés dans l’air sans être « rattachés à leur support par scellement ni soudure ;
- « Attendu qu’on ne peut considérer davantage les-« dits fils comme immobilisés à perpétuelle demeure, « alors que les exigences des propriétaires obligent cha-« que jour la Compagnie à modifier leurs parcours et « leurs points d’attache aux potelets installés sur les « habitations particulières.
- « Attendu au surplus que les câbles ou fils du réséau « aérien reposent sur des cloches en porcelaine, adap-« tées aux colonnes, poteaux ou potelets et sont main-« tenus dans les gorges desdites cloches par leur poids, « leur tension et un lien de cuivre enroulé sans scelle-« ment ni soudure, lequel lien est susceptible d’être « détaché sans la moindre brisure, en sorte que ces câ-« blés pourraient, sans aucune effraction être enlevés et « adaptés à un autre usage ;
- « Attendu qu’il est également constant en fait que les « câbles et fils du réseau aérien ne communiquent avec « la canalisation souterraine que par une épissure, sim-« pie enroulement des fils autour d’eux-mêmes, et éga-« lement sans soudure, la séparation de l’épissure s'o-« pérant sans aucune effraction ni détérioration ;
- « Attendu qu’il est encore établi que le réseau aérien « et la canalisation souterraine ne communiquent qu’en « un très petit nombre de points, et que la plupart des « câbles et des fils du réseau aérien ainsi que cela a été « démontré sont indépendants du réseau souterrain ;
- « Attendu enfin, que les câbles du réseau aérien ainsi « qu’il en a été donné la preuve au tribunal ne sont « joints par aucune soudure mais mis en contact par « épissure avec le tableau de distribution de l’usine, « lequel n’est lui-même relié aux bâtiments de l’usine par « aucun scellement ;
- « Attendu que la Ville d’Amiens soutient encore que « le x’éseau aérien fait partie essentielle ét intégrale de « l’usine à laquelle il est incorporé, et qu’il constitue « avec elle une véritable construction immobilière, une « et indivisible ;
- « Attendu que cette prétention repose sur cette consi-« dération que, à défaut de fils, la canalisation tout en-« tière serait frappée de stérilité, deviendrait inutile et « que l’usine elle-même demeurerait sans objet ;
- « Mais attendu que le caractère d’immeuble par na-« ture, ou destination à perpétuelle demeure ne s'appll-« que pas nécessairement à tous les meubles servant « d’organes et d’instruments indispensables au fonction-« nement d’une usine industrielle, qu’un semblable rai-« sonnement conduirait à faire considérer les voitures « des Compagnies de tramways et les locomotives et les
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- « wagons des chemins de fer sans lesquels elles ne « pourraient fonctionner, comme constituant des irnmeu-« blés, ce qui serait absurde1;
- K1 Attendu qu’il est inadmissible de considérer les « 700km de fils du réseau aérien de la Compagnie dis-« persés au loin, comme ayant le caractère de c.ons~ « traction immobilière par •voie d’incorporation, soit à « l’usine, soit aux u4km de canalisation souterraine, « alors que pour les besoins de son fonctionnement et « des réparations, sans pouvoir prévoir alors le procès « actuel, la compagnie a fait en sorte que, depuis les « machines à vapeur mettant en mouvement les dyna-« mos jusqu'à l’extrémité de son réseau, nulle part au-« cun des organes de transmission de la force électrique « ne se trouve assujetti au sol ou aux constructions par « un scellement ou une soudure, mais uniquement par « des boulons, des vis ou des épissures essentiellement « et facilement démontables ;
- « Attendu que, dès lors, les droits litigieux n’étaient pas dus et qu’il échet d’ordonner la restitution des 3 344 fr. 85 avec intérêts de droit.
- Note : On peut citer un arrêt en sens contraire du tribunal correctionnel de Chambéry du 8 juillet 1896. Journal de Chambéry, 1897, PaSe 9®.
- Deuxième arrêt cité au texte : Arrêt de la Cour de Cassation du 4 novembre 1898.
- Les tuyaux de fonte introduits par une Compagnie d’adduction d’eaux dans le périmètre d’un octroi, dont le tarif assujettit aux droits les fers de toute espèce des-tinës aux constructions immobilières, ne peuvent bénéficier d’une exemption comme destinés à conduire les eaux à diverses communes en traversant seulement le périmètre assujetti sans qu’il en soit rien distrait lorsque la Compagnie intéressée les a introduits sans demander l’admission à l’entrepôt ni faire la déclaration d’emploi, ces demandes ou déclaration constituant la condition préalable à l’exemption imposée par le règlement et le tarif d’octroi (Ord. 9 décembre 1814, article 11). — L. 28 avril 1816, article 148).
- La taxe d’octroi sur les fontes destinées aux constructions immobilières frappe les canalisations en fonte établies sous la voie publique, lesquelles, s’identifiant avec le sol, constituent comme lui un immeuble par nature. (Code Civ., 523).
- Et ce, encore que lesdites canalisations aient été placées par un possesseur à titre précaire.
- Compagnie g16 des eaux contre commune de Suresnes.
- Le tribunal civil de la Seine statuant sur l’appel interjeté par la Compagnie générale des eaux d’un jugement du tribunal de paix de Courbevoie du 3i janvier 1896 a, par jugement du 3 novembre 1896, rejeté la demande formée par cette Compagnie contre la commune de Suresnes en restitution d’une somme de
- 9 ii3 fr. 34 perçue à l’octroi de ladite commune sur des tuyaux de fonte destinés à des canalisations d’eaux souterraines.
- Pourvoi en Cassation par la Compagnie générale des eaux. i° Violation de la loi du 5 ventôse an VIII (article premier), de l’ordonnance du 9 décembre 1814, (article 11) de la loi du 28 avril 1816, article 148, en ce que le jugement attaqué a déclaré passibles des taxes d’octroi de la commune de Suresnes, des conduites en fonte, qui, à raison de leur destination non contestée, ne pouvaient être considérées comme destinées à la consommation locale, puisqu’elles constituent par leur assemblage une canalisation de'transit traversant le périmètre de l’octroi, sans que l’eau qu’elles contiennent soit distribuée et puisse même être distribuée aux habitants, de la commune de Suresnes; violation par fausse application du décret du 12 février 1870, en ce que le jugement attaqué a fait de l’admission à l'entrepôt industriel établi par ledit décret, la condition préalable de l’exemption des droits pour des objets qui, à raison de leur emploi non contesté, ne peuvent être considérés comme destinés à la consommation locale, alors, d’ailleurs, qu’il ne s'agit ni de combustibles ni de matières premières destinées à la fabrication dans les établissements industriels de produits qui doivent être exportés.;
- 20 Subsidiairement, violation des règlements et tarifs de l’octroi de Suresnes, des articles 518, 523, 525 C. Civ. en ce que le jugement attaqué a décidé que les conduites en fonte posées par la Compagnie générale des eaux, dans le sous-sol de la route nationale n° 187 dans la traversée de la commune de Suresnes, constituent des constructions immobilières, et sont, dès lors, passibles de taxes édictées par le tarif d’octroi de cette commune.
- Arrêt :
- La cour : Sur le premier moyen tiré de la violation de l’article premier de la loi du 5 ventôse an VIII, de l’article 11 de l’ordonnance du 9 décembre 1814 et de l’article 148 de la loi du 28 avril 2816, ainsi que de la fausse application du décret du 12 février 1870 ;
- Attendu que le tarif de l’octroi de la commune de Suresnes assujettit aux droits les fers de toute espèce, zinc, plomb, fonte et ^cier, façonnés ou non, destinés aux constructions immobilières ; que dans le courant des mois de mai, juin, juillet et août i8g5, la Compagnie générale des eaux a acquitté sans protestation ni réserve, en conformité de cette disposition, la somme de 9118 fr. 34 pour une quantité totale de 6o7ue,54o de tuyaux de fonte qu’elle a introduite ;
- Attendu que ladite Compagnie a soutenu devant la juridiction d’appel, et qu’elle prétend encore, dans son pourvoi, que les taxes d’octroi ne pouvant porter que les objets destinés à la consommation locale, les tuyaux dont il s’agit en étaient affranchis, parce qu’ils ont servi d’une manière publique et sans qu’il soit-possible-do le contester, à conduire les eaux à diverses communes du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. X (2« Série). — N° 17.
- département de la Seine, situées au nord de Paris, en traversant simplement Suresnes, sans qu’il en fût rien distrait pour le périmètre assujetti;
- Attendu que la ' décision attaquée a justement écarté cette prétention en se fondant sur ce que, pour bénéficier de l’exemption, la Compagnie aurait dû, ce qu’elle n’a pas fait, remplir une condition préalable imposée par le règlement et le tarif d’octroi, à savoir demander l’admission à l’entrepôt, cru déclarer l’emploi particulier qu’elle entendait donner à ses tuyaux, demande ou déclaration qui, seule, aurait permis le contrôle et la vérification de cet emploi ; qu’en statuant ainsi, elle n’a violé, ni faussement appliqué aucun des textes susvisés.
- Sur le deuxième moyen : pris de la violation des règlements et tarifs de l’octroi de Suresnes et des articles
- 5i8, 5a3,5a5 C. Civ. Attendu que les tuyaux de fonte employés par la Compagnie à la construction d’une canalisation sous les voies publiques se sont identifiés avec le sol ; qu’ils constituent, comme lui, un immeuble par nature, bien qu’ils aient été placés par un possesseur à titre précaire, au lieu de l’être par le propriétaire du fonds ; qu’en décidant, en conséquence, qu’ils ont été à bon droit soumis à la taxe qui frappe les fontes destinées aux constructions immobilières, le tribunal civil n’a violé ni les règlements et tarifs susvisés, ni les articles précités du Code Civil.
- Par ces motifs rejette.
- Du 9 nov, 1898 Ch. Req. ; MM. Tanon, pr. ; Petit, rap. j'Puech, av. général, c. conf. ; Coudoen, av.
- VARIÉTÉS
- Les travaux du National JPhysical Labora-tory en 1009.— Electrician, 2Ômars etieravril 1910.
- L’inspection annuelle du Laboratoire National de Physique de Londres vient d’avoir lieu. Parmi les nouveaux appareils installés, on peut citer un petit four électrique à induction ICjellin, ainsi qu’ün dispositif de calibrage rapide des pyroniètres Féry : ceux-ci sont montés par 12 sur un cadre circulaire et les lectures se font ainsi très vite.
- Le rapport du Comité exécutif résume les travaux exécutés pendant l’année 1909, notamment ceux sur les unités électriques (appareil de Lorenz), sur l’hys-térésis (M. Campbell) et sur l’influence d’une tension très élevée appliquée pendant longtemps à divers diélectriques.
- Pour 1910, on projette des recherches de photo-métrie, des mesures d’énergie électrique et d’isolements. On espère beaucoup de l’emploi d’un watt-
- mètre électrostatique à haut voltage pour mesurer l’énergie perdue dans les isolants.
- Une installation produisant du courant à 100000 volts a été aménagée pour la mesure et l’étude des hauts voltages.
- Les propriétés physiques des huiles employées dans les interrupteurs et les transformateurs. — W. Pollard Digby et B. Mellis. —
- Communication à la section de Manchester de l’Institution of Electrical Engineers. Electrician, ier avril 1910.
- L’emploi des huiles dans les interrupteurs et transformateurs altère leurs propriétés. Les auteurs ont exécuté une longue série d’essais sur ces huiles, de manière à étudier letir résistanèe spécifique, leur rigidité diélectrique, l’influence de la cuisson, de la température, etc.
- Leurs expériences ont mis en évidence une sorte de regroupement moléculaire des constituants hydrocarbonés, dans certaines conditions.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les limiteurs de courant et la tarification du courant.
- On sait en quoi consiste le tarif forfaitaire : les usines conviennent avec les consommateurs d’une intensité maximum ou d’un nombre de lampes déterminé en se basant sur un certain prix; il n’est pas permis de dépasser l’intensité correspondante. Il en résulte une simplification notoire dans le décompte de la quantité consommée; ce qui permet même d’exiger le paiement à l’avance, et, en outre, de supprimer les frais élevés d’achat, d’amortissement et de réparation des compteurs, sans parler des installations d’étalonnage de ces compteurs.
- Comme on fixe d’avance le taux maximum de consommation momentanée, le coût de l’installation avec le tarif à forfait est sans importance. Le consommateur peut effectuer son installation d’après les besoins du moment ou à venir. Naturellement, il faut que l’usine prenne ses précautions pour que le consommateur ne prélève pas sur le réseau plus de courant qu’il n’a été convenu. A cet effet, on emploie des appareils dits limiteurs de courant.
- Il est évident que le tarif à forfait convient naturellement surtout aux petits consommateurs. De là le besoin de créer un appareil de dimensions réduites permettant de prélever à forfait de petites quantités d’énergie (quelques lampes seulement), lequel appareil doit être aussi bon marché que possible, tout en étant d’une grande simplicité et d’un fonctionnement irréprochable.
- Le limiteur de courant, schématisé par la figure i, a été construit par la maison F. Ohlinger, en vue de répondre à ces conditions; il s’emploie pour des intensités jusqu’à 3 ampères. Cet appareil se compose d’une bobine d’électro-aimant a (fig. i), qui est parcourue par le courant de consommation. L’armature est formée par une petite tige en fer b qui, à l’étal de repos, appuie sur deux petits godets à mercure d et equi se trouvent dans un tube c et y sont hermétiquement enfermés; dans cet état la tige b ferme le circuit. Dès que le courant dépasse une certaine intensité, l’armature est attirée et le circuit
- est interrompu; de sorte que toutes les lampes de l’installation s’éteignent. Le flux de force engendré par l’électro-aimant disparaît et la petite tige de fer referme à nouveau le circuit. Si l’intensité est restée la même qu’auparavant, le jeu se répète et oblige le consommateur à retirer les lampes qui sont en trop ; après quoi l’appareil reprend sa position de repos. Ces limiteurs de courant se font pour des intensités jusqu’à 3 ampères et peuvent être réglés de telle manière qu’une lampe de io bougies seule peut être alimentée à forfait.
- - Le maniement de ces appareils est très simple. Lorsqu’un consommateur désire augmenter sa con-
- Fig. i.'
- sommation,après avoir été abonné au début pour un plus petit nombre de lampes, il suffit de desserrer la vis/'et de relever l’électro-aimant jusqu’à une certaine hauteur, après quoi la vis est de nouveau serrée et le couvercle de la boîte replombé.
- La figure 2 montre l’appareil en état fermé, tel qu’il est installé. La disposition intérieure est représentée sur la figure 3.
- On voit que, dans ces appareils, les points de corn-tact ouverts (qui se consument après un usage prolongé et ne fonctionnent plus) ont été complètement supprimés. Ils peuvent être d’ailleurs employés aussi bien avec du courant continu qu’avec du courant alternatif. Pour les protéger contre les détériorations
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- extérieures et les manipulations intempestives, on les a munis d'un couvercle à plomber.
- La construction du limitcur type KA est visible sur la figure Le courant de consommation parcourt le solénoïde B, dont le noyau à fer doux A produit
- Fig. 2.
- un champ magnétique intense. .L’armature G, mobile sur un ressort feuillard E., est reliée’rigidement à un tube de verre rempli en partie de mercure, lequel possède deux échancrures en G et en H pour l’entrée du
- Fig. 3.
- courant. Pour empêcher toute oxydation, on arempil le tube de mercure avec un gaz neutre et on l’a fermé hermétiquement par soudure. Solénoïde, tube de mercure et appareil de consommation sont montés en
- série. Le nombre d’ampèrotours de la bobine est fixé à un minimum et dimensionné de telle manière que farinaiure est attirée lorsque l’intensité du cou-
- rant dépasse de io % l’intensité maximum convenue. Pendant ce temps, le mercure se sépare et le courant est interrompu en H. Par conséquent aussi le flux de force magnétique disparaît et l’ai’mature tombe de nouveau, ce qui fait que le circuit est encore une fois interrompu et l’armature attirée. Le jeu se répète de la même manière et oblige le consommateur à ne pas dépasser le maximum de consommation convenu avec l’usine.
- La consommation propre de ce limiteur n’est que de i à 2 watts, soit de beaucoup inférieure à celle des compteurs. Précisément pour le consommateur de quelques lampes seulement, pour lequel la tarification à forfait est employée, la consommation propre des compteurs électriques est un facteur assez important. Il est même possible de déterminer une limite, en dessous de laquelle l’emploi des compteurs-watt-heures n’est plus rationnel, en tenant compte de leur prix, de leur consommation propre, des frais d’entretien et de la location.
- Fig. 5.
- La mise au point pour l’intensité ou pour le nombre de lampes demandé se fait sur place au moyen d’un ressort K qui, lorsqu’il est tendu plus ou moins, l’approche l’armature G du noyau magnétique A et réciproquement dans la détente produit l’éloignement de l’armature par rapport au noyau. Ges appareils se font non seulement comme appareils unipolaires, mais aussi comme appareils bipolaires suivant la figure 5 et sont destinés aux réseaux à courant continu ou à courant alternatif à trois fils. Récemment la même maison a entrepris la fabrication d’appareils tripolaires pour les réseaux à courant triphasé. Les appareils possèdent trois bobines d’excitation -et deux tubes interrupteurs, qui sont connectés suivant la figure 6. Le but de ces appareils tripolaires est de couper toute l’installation dès que la charge d’une phase quelconque dépasse la quantité prévue à forfait. En employant cet appareil, il
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- importe donc peu sur quelle phase a lieu le maximum de consommation, car, dès que le consommateur branche un nombre de lampes plus considérable que celui convenu, l’appareil entre en fonctionnement.
- Pour préciser les conditions d’emploi des limiteur s, prenons, par exemple, la tarification de l’usine électrique de la ville de Drontjen (Norvège).
- Taxe fixe : environ 5o francs par an pour chaque kilowatt. Cette taxe est établie suivant le nombre de kilowatts que l’abonné peut consommer au maximum simultanément. En outre, est établie une taxe de con-sommation'de o fr. io seulement par kilowatt-heure consommé.
- Pour prélever la taxe fixe, un limiteur est mis en série avec le compteur et son type est déterminé par le nombre de lampes brûlant à la fois. Quand on établit le prix par kilowatt-heure, suivant cette tarification, pour différentes durées d’utilisation annuelle, on trouve une courbe qui se rapproche de la courbe théorique du prix de revient.
- De même encore l’usine du canton de Zurich emploie ces limiteurs également pour les abonnés qui ont un compteur. Voici l’extrait de la tarification employée par cette usine :
- «Le consommateur doit garantir une consommation minima annuelle, laquelle augmente suivant le nombre de lampes qui peuvent brûler simultanément et dont le nombre est déterminé. Cette redevance minima est fixée à o fr. 5o par bougie et année. » L’emploi du limiteur dans ce cas permet à l’usine de calculer cette redevance minima d’après le nombre de lampes brûlant simultanément et elle peut ainsi obtenir plus facilement la clientèle des consommateurs qui doivent avoir un grand nombre de lampes
- installées, mais qui ne les allument jamais toutes à la fois (grands restaurants, villas, hôtels). Quand on veut vendre le courant à forfait, tout en tenant compte de la durée d’utilisation du courant, on met en série avec le limiteur un compteur horaire, qui indique pendant combien d’heures les lampes ont brûlé. Les deux appareils ensemble coûtent encore moins qu’un compteur.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- L’assemblée générale des actionnaires du Nord-Sud de Paris, du i3 avril, a approuvé les comptes de l’exercice 1909, tels qu’ils lui étaient présentés, a réélu, comme membres du Conseil, MM. P. Cha-puy et de Billy et a donné tout pouvoir à son Conseil pour émettre, au fui* et à mesure des besoins, 100 000 actions nouvelles au nominal, qui porteront le capital de l’entreprise de 5o à 76 millions. D’après les déclarations du Conseil, ces 25 millions couvriront « d’une part, l’accroissement des dépenses, ré-« sultant des additions et améliorations nombreuses « et utiles, réalisées au cours des travaux et aussi « des exigences croissantes des services publics, « des circonstances difficiles que l’entreprise a tra-« versées, des retards accumulés, finalement, de la’ « crue exceptionnelle de la Seine et, d’autre part, « des travaux de construction de deux lignes cornet plémcntaires actuellement mises à l’enquête ».
- Mais, comme d’après le témoignage de l’administrateur délégué, ces deux dernières lignes coûteront, à elles seules, au moins a5 millions, il est à présumer que les ressources actuelles feront face aux besoins actuels, et qu’une émission d’obligations nouvelles permettra de parer aux besoins futurs.
- L’insistance de plusieurs actionnaires, qui avaient senti tout l’intérêt de dégager ces deux sortes de nécessités : celles du présent et celles de l’avenir, n’est pas venue à bout de la réserve de l’administrateur délégué, qui n’a pas précisé, dans ses nombreuses explications, le quantum de chacune d’elles.
- Au 3i décembre 1909, le passif comportait 5o millions de capital-actions, 38 040 000 fr. de capital-obligations et environ 3 63o 000 fr. de créditeurs divers, y compris 1 5oo 000 fr. d’intérêts intercalaires pour 1909. A l’actif, les immobilisations figurent pour 82 3o3 518 fr. 62 en augmentation de 3a 971 195 fr. 53 par rapporta l’exercice précédent ; cette augmentation provient du règlement des tra-
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- vaux d’infrastructure et de superstructure en cours, des intérêts intercalaires, des intérêts et primes de remboursement des obligations, et de l’achat d’un immeuble aux abords de la place Saint-Georges. Les débiteurs divers ne représentent que 318072 fr. 12 et les sommes disponibles en banque s’élèvent à 8 349 3io fr. 82. Depuis le 3i décembre, ces dernières sommes ont dû* être absorbées par les travaux complémentaires et le règlement du matériel roulant, dont 60 % est déjà livré. Les inondations n’ont pas provoqué autant de dégâts que le public se l’était imaginé; mais elles ont révélé quelques améliorations à apporter à la défense contre l’envahissement du tunnel, par les eaux d’infiltration, d’où qu’elles viennent. De plus, les réclamations qui pouvaient résulter des dommages, directs ou indirects, causés aux tiers sont, jusqu’à présent, de peu d’importance.
- Les nouvelles actions seront émises à un taux fixé par le Conseil, suivant les circonstances (on a parlé de 270 francs) ; les anciens actionnaires auront un droit de préférence d’une action pour deux; ces 100000 actions jouiront des mêmes droits que les anciennes, à partir du icr janvier 1910.
- La Ville de Madrid vient d’accorder, à une coopérative électrique, une concession avec privilège de se servir des égouts pour établir la canalisation de son réseau, et d’être exempte des impôts municipaux. Les 17 compagnies existantes vont adresser une requête au gouvernement pour obtenir l’annulation de cette décision et, au besoin, soumettront le cas aux tribunaux compétents; elles soutiennent que le Conseil municipal de Madrid a agi en opposition formelle avec tous les décrets et règlements qui concernent la matière. En attendant la solution du conflit, la plus grande indécision ne peut manquer de régner au sein des compagnies concessionnaires et d’avoir sa répercussion sur leur développement, leurs recettes et, par voie de conséquences, sur la valeur de leurs titres.
- Le Cuivre est de nouveau en recul. De New-York, on mandait, il y a quelques jours, des ventes d’électrolytique à i3 centimes la livre, voire même à des prix inférieurs. On dit que les groupes intéressés s’occupent de nouveau de réduire sensiblement la production. La consommation augmenterait légèrement en France et en Allemagne. Mais la situation générale ne s’améliore pas ; la réduction de la production de quelques mines est largement compensée par les augmentations constatées ailleurs. Que nous sommes toujours loin de la brillante en-
- volée des cours prédits, il y a un an, par les spécu-teurs à la hausse, à la suite de l’élection Taft. Nous n’avons jamais cru, pour notre part, à cette ascension des cours, qui n’aurait pas du tout correspondu à la situation industrielle ; les événements nous ont malheureusement donné raison et ne se disposent pas davantage à nous donner tort. Les statistiques dernières sont désappointantes, malgré les bons avis de commandes venues d’Angleterre et des Etats-Unis. On espère que le bas prix encouragera les acheteurs.
- Dans son exposé des motifs, le projet de loi belge, portant modification du tarif des douanes et du système de perception des droits, sur les marchandises tarifées ad valorem, consacre un paragraphe particulièrement intéressant à la tarification des machines et appareils électriques. Dans les milieux industriels belges, les avis sont fort partagés sur l’opportunité de la révision. Les constructeurs électriciens demandaient une classification distincte, pour leurs produits, tandis que les industriels, utilisant le matériel électrique, réclamaient le statu quo ; c’est bien le même épisode de la lutte qui se poursuit partout, entre consommateurs et producteurs, et vient de finir en France, au profit des seconds. Les constructeurs demandaient l’adoption intégrale de la tarification douanière allemande aux produits de la construction électrique, et la réduction, dans la proportion de 5o % , des droits frappant à son entrée en Belgique le cuivre ouvré, laminé ou tréfilé. Les industriels ont fini par reconnaître que les machines électriques s’éloignent, en effet, par certains caractères, des machines ordinaires, et ils ont été amenés, ainsi, à classer les dynamos d’après la proportion des métaux entrant dans leur construction, et à établir, sur cette base, le taux d’imposition de la machine entière. Le taux se rapprochait de 4 francs les 100 kg. Les industriels proposèrent donc l’adoption de ce droit, qui est actuellement de 2 francs pour les machines composées, en majeure partie, de fonte et de 4 francs pour celles composées de fer ou d’acier ; il ne modifierait que peu de chose à l’ordre établi, puisque, aujourd’hui même, la plupart des machines sont construites en acier. Les constructeurs auraient désiré que, à défaut de la tarification allemande, on adoptât 8 francs pour les machines jusqu’à 3 000 kilogrammes et 4 francs au-dessus de 3 000 kilogrammes, et qu’un droit plus élevé fût perçu sur les lampes qui suivent actuellement le régime des machines. La commission, par neuf membres sur seize, s’est prononcée pour la tarification allemande, et par sept
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- membres sur seize, pour le droit-unique de 4 francs les ibp kilogrammes pour les dynamos et les transformateurs. Le ministre des Finances s’est rallié .4 l’avis de la minorité qu’il a fait sien, dans l’article 35 du nouveau tarif; il justifie, par cette mesure, ccttc remarque de l’exposé des motifs que la « Belgique est « restée une terre vraiment hospitalière, largement « Ouverte à tous les étrangers, sans que jamais, dans « aucune circonstance, il ne soit exigé d’eux des con-« tributions ou des sacrifices plus lourds que ceux « imposés aux nationaux ».
- On annonce, pour la Société des Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, un dividende de 35 francs, contre 3a fr. 5o l’an dernier, par action de préférence, et de io francs contre 7 fr. 5o par action ordinaire.
- De nouveau, le bruit s’accrédite, en Allemagne, de l’électrification des chemins de fer de l’Etat bavarois, dont les travaux préparatoires, qui consisteraient en l’aménagement des grandes chutes d’eau du pays,
- serait fait par la maison Schuckert. En France, notre Compagnie du Midi donne l’exemplè sur un tronçon de son réseau dans sa partie montagneuse ; le Paris-Lyon-Méditerranée a consacré le système par la ligne du Fayet àChamonix, mais en courant continu, tandis que la précédente; est prévue en monophasé, haute tension. Il faudra bien, pour donner satisfaction à la fois aux actionnaires, aux travailleurs des chemins de fer et à la clientèle commerciale, que ces timides essais s’étendent aux lignes de plus grande importance.
- La Société pour Entreprises Electriques, à Berlin, qui participe à la Compagnie générale des tramways de Buenos-Ayres, estime à 7 ou 8 ans la durée des travaux du Métropolitain de cette ville, et à ia5 millions de francs la dépense d’installation. L’entreprise, confiée k. l’Anglo-Argentine tramway Company, serait réalisée au moyen d’émissions successives d’obligations.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Bouches-du-Rhône. — Le Conseil municipal de Marseille a voté, dans l’une de ses dernières séances, un emprunt de 2 gg5 000 francs pour le réseau complémentaire des tramways.
- Gard. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement dans la ville de Nîmes, de nouvelles lignes de tramways.
- Haute-Garonne. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramways entre Marignac-Saint-Béat et le Pont-du-Roi.
- Allemagne. — Plusieurs lignes de tramways électriques sont projetées entre Heslach et Kaltental, Tege-lort.Tegel et Berlin.
- La municipalité de Dresde a reçu d’une Société de Francfort une demande de concession pour l’établissement d’une1 ligne électrique de Mittweida à Limbach; je devis est d’environ 2 millions de marks.
- Italie. — Sont à l’étude les lignes de tramways électriques suivantes : Monza à Meda, Bisuschio à Viggiu et Avellino à Ariano.
- Espagne. — La Compagnie des tramways urbains de Bilbao a demandé à la Direction générale des Travaux publics à Madrid une concession pour l’établissement et l’exploitation de deux lignes de tramways électriques à Bilbao.
- Une Société ayant pour titre : Société des tramways électriques de Biarritz-Saint-Sébastien-Tolosa, a été fondée à Bruxelles, au capital de 7 millions de francs, dans le but de construire un tramway électrique entre ces diverses villes.
- Japon. — Une Compagnie a été formée dans le but de construire et d’exploiter un chemin de fer électrique de Tokio à Yokohama, avec embranchement à Kamata, d’une longueur de 3o1<m. Le montant du devis est de 8 g32 5oo francs.
- Le projet d’un chemin de fer électrique aérien à Tokio est à l’étude. Il comporterait deux lignes, l’une de l’Est à l’Ouest de la ville, l’autre du Nord au Sud. Le coût de ces deux lignes serait de 4o millions de francs.
- Russie. — La Douma municipale de Perm (Oural) a voté une résolution qui accorde à M. Pavlofsky,— représentant de capitalistes anglais, la concession pour la construction d’un tramway électrique. Les dépenses de
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- ce chef sont établies à plus de i3 millions de roubles. La Douma a décidé simultanément de solliciter l’autorisation d’émettre un emprunt obligations de i million i/a de roubles, en laissant à M. Pavlofsky le soin de réaliser cet emprunt à Londres à 88 %
- République Argentine., — Il est question d’inaugurer sous peu la nouvelle ligne française de chemin de fer de Rosario à Puerto Belgràno (Concession Alvear). Cette voie ferrée a une longueur de 80a11"1 ; elle est à voie large de im,676. Les rails, système Yignole, d’une longueur de i2m chacun, sont posés sur des traverses de bois (quebracho), à raison de ia5 par kilomètre, 47 sta-tions ont été créées sur tout le parcours de la voie ferrée.
- D’après lé projet primitif, cette ligne devait aboutir dans l’enceinte du port de Rosario, mais l'accès présentant quelques difficultés, la Compagnie a résolu de construire à proximité de la ville tin port particulier qu’elle exploitera elle-même.
- La dépense totale s’élèvera à environ i25'oooooo de francs.
- La République Argentine possédera donc, sous peu, 26 oookm de voies ferrées, sans compter les nombreuses lignes projetées et celles actuellement en construction.
- On annonce qu'une ligne de chemin de fer électrique va être établie entre La Plata et Buenos-Ayres. On prépare actuellement les plans et l’on croit que les travaux pourront commencer prochainement.
- ÉCLAIRAGE
- Sénégal. — Sous les auspices de la Compagnie française d’études et d’entreprises coloniales, a été fondée à Paris, au capital de 1 million de francs, la Compagnie d’Électricité du Sénégal qui a pour but de fournir l’éclai. rage électrique au Sénégal et aux autres districts français de l’Afrique occidentale.
- Palestine. — D’après le Daily Mail, une Compagnie française préparerait un projet de distribution d’énergie électrique dans toute la Palestine. La force motrice serait fournie par une chute d’eau sur le Jourdain entre les chutes de Mérom et le lac de Galilée. L’usine génératrice qui y sera élevée fournira l’électricité à toutes les principales villes de la région. Une somme de 12 millions de francs serait consacrée aux premiers travaux d’établissement.
- DIVERS
- Allemagne. — D’après Etahl und Eisen, il existe, à l’heure actuelle, 114 fours électriques, dont 67 en activité, 36 en montage et 11 ayant servi à des expériences et déjè éteints. Il y a 35 fours à induction, 77 fours à arc et 2 d’un système mixte.
- Voici le nombre de fours pour chacun des systèmes les plus répandus :
- Kjellin ou Rôchling-Rodenliausen....... . 3i
- Héroult..................... . 29
- Paul Girod.................................
- Stassauo.......:........................... i3
- ICeller.................................... 6
- Chaplet (forges d’Allevard)................ 5
- La France possède 23 fours électriques et l’Allemagne 25.
- Espagne. — Du rapport de M. Querry, consul français à Santandeiy nous extrayons les renseignements qui suivent :
- Le développement de l’industrie minière et des indùs-Tableau I
- IMPORTATION IMPORTATION
- TOTALE FRANÇAISE
- tonnes piécettes kilo g. piécettes
- Machines à vapeur
- ou à gaz fixes.. . . . 160 264 000 » »
- Machines à vapeur ou
- à gaz demi-fixes. . 35 80000 » ))
- Générateurs cylin-
- driques I 2 12 3oo 3i3 3i3
- Générateurs multi-
- tubulaires 55 78 600 )) »
- Volants 25 I *2 OOO 84 42
- Pompes l32 290 OOO 1 800 3 900
- Locomotives de
- moins de 35 tonnes. 128 23o OOO 6 000 11 3oo
- Moteurs hydrau-
- liques 8 10 5oo )) »
- Machines en cuivre.. 4 20 000 )) »
- Machines pour l’in-
- dustrie textile. .. . 9 io5oo 676 97a
- Machines-outils 61 86 5oo 1 5oo 2 140
- Machines diverses.. 963 1 627 000 27 700 47 000
- Courroies de trans-
- mission 3 10 OOO 91 3i8
- tries électriques fait que le chapitre des appareils et machines est un de ceux qui fournissent les plus gros chiffres de l’importation à Santander, mais non malheureusement de 1 importation française. L’ensemble en" atteint une Valeur de 4 394 000 piécettes parmi lesquelles l’industrie française ne figure, tout au moins sur les relevés de la douane, que pour une somme de 83 155 piécettes. Il serait bon, pour rectifier ce chiffre, d’y ajouter un contingent important de machines françaises, qui, en>. barquées à Anvers sur des navires belges, allemands ou espagnols, figurent aux importations belges. C’est ce qui. s’est passé notamment pour l’installation de la grande' fabrique de soude créée par la société Solvay près de Santander et dont la machinerie très considérable a été presque exclusivement fournie par l’industrie française.
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- Le groupe des machines proprement dites occupe le premier rang dans ce chapitre : il représente à lui seul une importation- de i 923 tonnes, d’une valeur de 3 427 000 piécettes. Le tableau I indique les principaux articles dont il se compose, avec en regard les chiffres des importations françaises correspondantes.
- Ce qui vient d’être dit des-machines s’applique également au matériel électrique, dont l’importation a été, en *907, de i5o’| tonnes, représentant une valeur de 455 5oo piécettes, en plus-value de 821 5oo piécettes sur l’année précédente. L’importation française a été de 1 go1** et 64Î piécettes !
- Voici la liste des principaux articles- compris sous cette rubrique :
- Tableau II
- - IMPOT TO tonnes ITÀTION TALC piécettes IMPOI FRA kilo g. ITATION NÇAISE piécettes
- Dynamos d’üu poids inférieur à 4ookff.. 2 ! 106 000 IOO 5o8
- Dynamos d’un poids de 401 à 2 5ookt>. : . 60 170 000 J) »
- Dynamos d’un poids de 2 Soi à 5 oooker. 11 33 000 )) ))
- Dynamos d’un poids au-dessus de 5 oooks 5 i5 000 )> ))
- Accumulateurs et piles 3 5 000 9° i35
- Câbles conducteurs. 7 45 000 » »
- Appareils téléphoniques et télégraphiques 1 17 5oo » ))
- Lampes à arc et électrodes 12 5o 000 )) »
- Ampoules à incandescence » 4 5oo » »
- C’est l’industrie allemande qui a fourni la presque totalité des chiffres ci-dessus. Il est vrai d’ajouter qu’à l’inverse du matériel machines, la plus grande partie du matériel léger d’électricité, notamment les ampoules, sont importées par la voie de terre. S’il pouvait être tenu compte de cette importation, le chiffre des affaires françaises, particulièrement en ce qui concerne ce dernier article, serait notablement'majoré.
- Ainsi qu’il a été dit plus haut, l’industrie électrique, tant en ce qui concerne l’éclairage que la force motrice, se développe dans toute la région de Santander, où les exploitations minières particulièrement substituent peu à peu à leurs moteurs à vapeur des moteurs électriques. Mais là comme- ailleurs ce sont surtout nos concurrents qui profitent des occasions que leur offre ce développement. C’est ainsi qu’il y a deux ans, lors de la transformation des tramways de Santand er en tramways électriques
- et bien que cette transformation ail été signalée en temps utile par ce poste à l’industrie française, c’est une: maison allemande qui a fourni tout le matériel nécessaire à cette substitution. De nouvelles lignes sont pi’ojetées. Userait à souhaiter que les maisons françaises fissent un effort pour participer à une branche d’affaires qui s’étend de plus en plus.
- CONVOCATIONS D'ASSEMBLÉES
- Société Nimoise d’Eclairage et de force motrice par l'Électricité. — Le 4 mai, 3, rue Moncey, à Paris.
- Compagnie industrielle d’Électricité des Pyrénées centrales.
- — Le 25 avril, 7, place Lévis, à Paris.
- Société générale des Chemins de fer économiques. — Le 20 mai, 4> cité de Londres, à Paris.
- La Parisienne Électrique. — Le 28 avril, 97, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer Économiques du Sud-Est. — Le 10 mai, 3o, rue de Londres, à Paris.
- Société des Établissements Maiicet et Blin. — Le 30 avril, io3, avenue de la République, à Aubervilliers (Seine).
- Compagnie Française des Accumulateurs Electriques Phœnix.
- — Le 14 mai, 6, rue Nouvelle, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i01' mai, à Brest, concours pour l’installation de l’électricité à l’établissement de pyrotechnie de Saint-Nicolas. Demandes d’admission avant le Ie1' mai, au directeur des Travaux hydrauliques, à Brest.
- BELGIQUE
- La ville de Liège (service communal du gaz etde l’électricité), place Saint-Jean, 22, à Liège, reçoit les offres pour la vente de chaudières babcok et Wilcox, machines à vapeur Willans, dynamos Pieper pour éclairage et traction, tuyauteries, réchauffeurs et appareils de tableaux.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, au bureau central des chemins de fer de l’Ètat,. à Berlin, fourniture de 1 006 voitures à voyageurs, 299 fourgons à bagages et 8 628 wagons à marchandises pour les lignes du réseau prussien-hessois et 25 voitures à voyageurs, 21 fourgons à bagages et
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- 739 wagons à marchandises pour les chemins de fer de l’empire.
- Prochainement, au Kreistag, à Dortmund, extension du réseau des tramways électriques, a 016 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Elberfeld, agrandissement de la sous-station électrique, 275 000 marks.
- Prochainement, à l’administration communale, à Làuchhammer-en-S., établissement dune grande usine centrale d’électricité.
- Prochainement, à l’administration communale, à Neuss, établissement d’un tramway, 600 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Bonn, établissement de lignes électriques, 2 5oo 000 marks.
- Prochainement, à l’administration communale, à Zit-tau, extension des installations électriques de la ville, 5oo 000 marks.
- / BULGARIE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Sophia, fourniture de 5 000 hydromèlres.
- AUSTRALIE
- Le icr juin, à M. le Depu.ty postmaster général, à Sydney, fourniture de 8 sections de table de commutation téléphonique.
- TURQUIE
- Il est ouvert à Constantinople, au ministère impérial ottoman des Travaux publics, un concours portant sur la concession de la distribution publique de l’énergie^ électrique dans la partie européenne de Constantinople et de sa banlieue, s’appliquant à tous usagés autres que la télégraphie, le téléphone et la force motrice nécessaire aux entreprises de transports en commun, aux conditions d’un cahier de charges, d’un règlement d’adjudication et d’un règlement technique arrêtés par le ministère et dont les concurrents pourront prendre connaissance à la direction des Travaux publics.
- Des exemplaires du cahier des charges et du règlement d’adjudication en turc et en français sont en vente au prix de 10 piastres à la caisse du ministère. Quant au règlement technique, il est en vente au prix de 5 piastres.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de Vannée 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ire série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe qué'de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s'adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- Pi BIS. — IMPRIMER» LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tronte-deUxlèmeaanée. SAMEDI 30 AVRIL 1910. Tome X (2« série). — N* 18.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRlCll É
- ha reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — J. Reyval. L’Exposition de la Société française de physique, p. i3i. — Richard Werkner. Chronique des stations centrales. L’emploi des accumulateurs dans les centrales à courant continu et à courant alternatif, p. i34-
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. L’influence de l’azote sur les propriétés des aciers, Stromayer, p. i45. — Transmission et distribution. Transmission à haute tension au Colorado, p. i45. -— Applications mécaniques. Conduite électrique des trains laminoirs, Mc, Allister, p. 147. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Détecteur électrique d’ondes électromagnétiques, M. Wellish, p. i5o. — Télégraphie et Téléphonie. Système de téléphonie automatique, L. Campbell, p. i5o. — Bibliographie, p. i5i. — Législation et contentieux. Peut-on donner des lignes électriques en garantie à un bailleur de fonds? Paul Bougault (suite et fin), p. i5a. — Variétés. Fondation George Montefiore, p. i54- — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitations. Coût de l’installation d’une usine à vapeur, p. i56. — Chronique financière, p. 1S7. — Renseignements commerciaux, p. 159. — Adjudications, p. 160.
- ÉDITORIAL
- Gomme chaque année, nous présentons à nos lecteurs un compte rendu des appareils les plus intéressants qui aient été remarqués à F Exposition de la Société de Physique.
- M. J. Reyval consacre la première partie de cette étude, qui parait aujourd’hui, à la description schématique et à l’exposé du principe des appareils de mesures à deux aiguilles système Ferrié-Carpentier, récemment présentés à la Société Internationale des Electriciens par M. Joly.
- Le principe de ces appareils est très élégant et très général. Si une certaine grandeur (électrique ou autre) est fonction de
- deux autres mesurables par des déviations d’aiguilles, il est évident qu’elle sera elle-même mesurée par le déplacement du point de croisement de ces deux aiguilles, pourvu qu’on ait une fois pour toutes inscrit sur le cadran commun les valeurs correspondantes à chaque point de croisement : pratiquement, il est clair que ces valeurs seront constantes le long de certaines courbes qu’il est aisé de tracer, et entre lesquelles il est très aisé d’interpoler, s’il y a lieu. La maison Carpentier a réalisé sur ce principe des ondemètres et des ohmmètres dont l’échelle est remarquablement étendue.
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- T. % (2» Série). — N918
- L’étude d’ensemble de M. R. Werkner sur l’emploi des accumulateurs dans les centrâtes traite aujourd’hui de tous les systèmes de production et de distribution, à l’exception de celui qui a été examiné dans notre dernier numéro.
- Les données pratiques indiquées par l’auteur se rapportent notamment à la distribution triphasée, et à la critique du service de douze heures.
- M. R. Werkner ne se borne pas au cas des centrales à vapeur et examine le cas des moteurs à gaz aspiré ou des moteurs Diesel.
- On trouvera intégralement dans le numéro actuel la fin du compte rendu de cet important travail.
- Des recherches récentes mettent en évidence le rôle pernicieux et très adif que joue Vazote dans la constitution des aciers. Il nous était impossible de passer ces expériences sous silence, mais nous n’y insistons pas, parce qu’elles n’intéressent pas directement l’électricité.
- Il y a de bons enseignements à tirer de l’étude de la transmission à haut voltage, en pays très accidenté, de la Central Colorado Power C°. Les ingénieurs s’y sont heurtés à des conditions climatériques très difficiles, la ligne ayant à franchir des altitudes de plus de 4 ooo mètres.
- On trouvera dans la description que nous donnons des particularités très curieuses : dans une sous-slalion, les barres collectrices à ioo ooo volts sont disposées à l’extérieur des bâtiments; sur certaines sections, la ligne est doublée, etc.
- Enfin, nous donnons quelques détails sur les conditions générales de fonctionnement de l’installation.
- La commande électrique des trains dé laminoirs a fait, dans cette Revue, l’objet de plusieurs études particulières. Celle de M. Mc Allisler est conçue à un point de vue général et traite l’ensemble de la question. Pour compléter encore cette étude, nous y avons ajouté les idées précédemment exposées par M W. Manklelow.
- Le point délicat que M. Mc Allister discute avec sa grande compétence, est surtout l’emploi du volant, mécanique ou électrique.
- Nous signalons ensuite le détecteur de M. Wellish, et les expériences corrélatives de l’auteur.
- On trouvera sous notre rubrique Législations et Contentieux la fin de l’article de M. Paul Bougault, sur les lignes électriques données en garantie.
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- âû Atïil 49i0. ; REVUE D’ÉLECTRICITÉ — i3t
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- L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Nous ne ferons aujourd’hui qu’amorcer le compterendu de cette exposition, qui a eu lieu le jeudi 3i mars et le vendredi i6r avril, 44) rue de Rennes.
- Si l’on n’y trouvait pas l’occasion de concentrer son attention sur quelque grand principe scientifique bien nouveau et original, les occasions ne manquaient pas de constater divers perfectionnements intéressants à des appareils déjà connus, ou même d’ingénieuses créations.
- L’on peut faire une place à part aux appareils de mesure à deux aiguilles, système Ferrié-Carpentier. Nous en empruntons d’abord la description à une récente communication de M. Joly (').
- On concevra aisément, par les exemples ci-dessous, que le principe de ces appareils est absolument général.
- FRÉQUENCEMÈTRES OU QNDEMÈTHES A DEUX AIGUILLES.
- « Les fréquencemètres ou ondemètres qui sont présentés mesurent des fréquences variées à des échelles diverses, mais ils ont tous le même schéma. Deux circuits sont alimentés en dérivation par la source dont on étudie la fréquence; l’un comprend une résistance sans self-induction Rj et un ampèremètre à courant alternatif convenable A,, l’autre une self-induction L2 et un ampèremètre Ao semblable au premier (fig. i).
- « Les deux ampèremètres sont disposés de telle façon qu’on peut utiliser pour la mesure le point de croisement de leurs aiguilles.
- (') Appareils à deux aiguilles, système Ferrié et Carpentier, Fréquencemètres, Ohromètres, L. Joex. Bulletin de la Société internationale des électriciens, février 1910.
- « Un réseau de courbes de fréquence est tracé sur le cadran de l’appareil.
- « Soient, alors, e la tension efficace aux bornes des circuits dérivés; it l’intensité efficace dans le premier circuit; t2 l’intensité efficace dans le second: Soient R, la résistance ohmique du premier circuit dont la self-induction estnégligeable, R2la résistance presque négligeable du deuxième circuit, et L2 le coefficient de la self-induction qui est
- Fig. 1. Schéma des fréquencemètre» et ondemètres.
- établie de façon que ce coefficient reste constant quand e varie.
- « On a :
- e = R, /, = 4 ç/R^ 4- IA wa, ou
- et
- — F {ii, i-i)'
- « 11 est donc possible de tracer sur le cadran des courbes de fréquence qui sont parcourues par le point de croisement des
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- T.X
- (2* Série). — N® 4Ô*.
- aiguilles qui mesurent ix et i2 quand e varie.
- « Si l’on néglige R2qui est petit devant L2, on voit que la relation simplifiée se présente sous la forme
- * __Rjfi___£ h
- Lj/3 i-2
- « Les ampèremètres employés sont des milliampèremètres thermiques. Ces appareils ont, en effet, l’avantage de donner des indications aussi exactes en courant continu qu’en courant alternatif. D’autre part, la self L2 est sensiblement constante,étant constituée par deux bobines parallèles, à noyau droit formant système astatique.
- « Il en résulte que l’étalonnage du fréquencemètre peut se faire en courant continu en remplaçant L2w par la résistance équivalente.
- « L’expérience nous a montré que cette façon de procéder était parfaitement correcte; elle est en outre particulièrement simple.
- Fig. a.
- « Une deuxième mesure intéressante peut être donnée en même temps que la fréquence par cés divers appareils : c’est celle de la tension.
- « On peut noter, à propos de cet appareil, uh détail de construction intéressant. Pour éviter les erreurs de parallaxe dans les lectures, les aiguilles ne se présentent pas seulement sous forme de couteaux, comme dans
- les autres appareils. Ce sont des fils fins tendus, très rapprochés, et que supportent des aiguilles d’aluminium disposées en dessous du cadran. »
- OHMMÈTRES A. . DEUX AIGUILLES
- « Divers types d’ohmmètres ont été réalisés : parlons d’abord du plus général, celui dont l’échelle est la plus étendue et qui présente à cet égard des qualités tout à fait remarquables.
- « Le problème de la mesure d’une résistance par un voltmètre et un ampèremètre est très simple : il- se complique lorsqu’on cherche à étendre les limites de l’appareil et à évitér les causes d’erreur ou les corrections. Ou bien, en effet, le voltmètre sera disposé aux bornes d’un circuit comprenant en série la résistance et l’ampèremètre, ce dernier n’ayant pas toujours une résistance propre négligeable; ou bien le voltmètre sera branché directement aux bornes de la résistance, auquel cas l’ampèremètre mesurera par surcroît le courant qui le traverse, ce courant n’étant pas toujours négligeable (fig.3).
- « On a donc cherché à réaliser un appareil dans lequel la cause d’erreur inévitable
- Fig. 3. — Les deux schémas usités pour la mesure des résistances.
- puisse être dans tous les cas négligeable.
- « L’ohmmètre doit mesurer les isolements, et il est intéressant d’étendre de ce côté, autant que possible, la sensibilité de l’appareil; on est donc conduit à prendre un milli-ampèremètre très sensible, quoique portatif. Celui qui est employé dans le présent appareil est un galvanomètre à pivots aussi robuste qu’un voltmètre ordinaire à cadre mo-
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- bile et qui donne toute sa déviation pour o,3 milliampère enyiron. Il est shunté par un shunt universel (fig. 4) de manière à présenter les sensibilités suivantes : o,4-4-4°-4oo milliampères pour toute l’échelle, suivant la position de la manette de gauche. Dans le cas de la sensibilité maximum (o,4 milliampère) on voit que chaque division représente
- io microampères, c’est-à-dire le courant que peut donner une magnéto de 5oo volts sur
- une résistance de 5o mégohms; nous pouvons donc, grâce à cet appareil, mesurer des isolements de cet ordre.
- « Pour toutes les résistances élevées (su-périeuresà ioo ohms), la mesure s’opère ainsi en négligeant la résistance de l’ampèremètre (i,5 ohms devant ioo ohms, dans le cas le plus défavorable) et en connectant le voltmètre aux bornes de l’ensemble formé par la résistance à mesurer et l’ampèremètre en série.
- « Au-dessous de ioo ohms, la résistance de l’ampèremètre introduirait une erreur dè plus en plus importante, dont on pour-
- rait tenir compte, il est vrai, mais dont il est plus simple de se débarrasser en poussant un commutateur.
- « Dans le cas des résistances faibles, il n’est pas non plus nécessaire de recourir à
- ufie magnéto, quoique celle-ci convienne encore parfaitement; un ou deux accumulateurs peuvent très bien suffire.
- L’échelle de cet appareil s’étend donc de 0,02 ohm à 5o mégohms.
- (A suivre.)
- J. Reyval.
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- T. X (2* Série). — NM8.
- CHRONIQUE DES STATIONS CENTRALES
- L’EMPLOI DES ACCUMULATEURS DANS LES CENTRALES A COURANT CONTINU ET A COURANT ALTERNATIF (') (Suite et fin).
- .Il: — Production et distribution de
- COURANT ALTERNATIF.
- Dans les villes de grande étendue, afin de diminuer les frais d'établissement de la canalisation, on produit, dans la centrale, du cou-rant alternatif à haute tension ; on l’amène par des canalisations de faible section aux différents centres de consommation ; on l’y transforme, par des transformateurs fixes, en courant alternatif à faible tension et on le distribue sous cette forme aux consommateurs.
- Quand on compare les frais d’exploitation d’une usine: de courant alternatif, organisée pour une fourniture de courant ininterrompue, avec les frais d’exploitation d’une usine de courant continu de même espèce,sans batterie, on peut établir, tout d’abord, que les dépenses annuelles de personnel, d’entretien et de consommation de matières sont les mêmes dans les deux cas. En ce qui concerne les frais de combustible, on trouve que les pertes d’énergie dans les machines travaillant vingt-quatre heures par jour sont aussi égales dans les deux cas. On peut admettre encore que les pertes d’énergie dans les canalisations de distribution sont équivalentes dans les deux systèmes. On peut bien admettre que les pertes d’énergie dans les canalisations à haute tension de l’usine de courant alternatif sont inférieures de quelques pour cent aux pertes d’énergie dans les conducteurs d’alimentation de l’usine de courant continu. Pour l’usine de courant alternatif, viennent toutefois s’ajouter les pertes dans (*)
- (*) Communication à V Elektrotechnisches Verein de Vienne, le i5 décembre 1906. — Elelfti-otechnik und Ma-schinenbau, 3o janvier et 6 février 1910.
- y oit Lumière électrique, a3 avril 1910, p. ioy,
- les transformateurs. Celles-ci se montent, en tenant compte des pertes de magnétisation dans la marche à vide, en moyenne à 1,5 % au moins de la puissance nominale, soit pour
- l’année entière
- i,5
- X 365 X 24, ou en chif-
- 100
- fres ronds, i3i fois la puissance nominale. Lorsque la distribution se fait par transformateur individuel, les transformateurs doivent être calculés pour la puissance totale installée, tandis que la centrale n’est construite que pour le maximum de puissance simultanément nécessaire, soit environ 4o % de la puissance de l’installation. Les pertes des transformateurs atteignent par
- suite i3i : — = 327 fois le maximum de 100
- puissance de la centrale. Si la fourniture annuelle de courant de la centrale correspond à une durée d’utilisation de sa puissance maximum pendant 900 heures et par suite atteint 900 fois la puissance maximum, la perte annuelle dans les transformateurs
- est alors —- = environ 36 % de la four-
- 9°o
- niture totale annuelle de courant. Ce pourcentage élevé diminue : quand la durée moyenne d’utilisalion de la puissance de la centrale est plus grande; quand une partie des transformateurs inutilisés peut être déconnectée, et quand, au lieu d’un grand nombre de petits transformateurs, on peut en employer un plus petit nombre de plus grands. -
- Le pourcentage est par suite plus faible dans les installations générales pour lumière, force et traction, que dans de simples installations d’éclairage. Si au lieu d’opérer la distribution par des transformateurs individuels,
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- on emploie une canalisation secondaire de distribution avec couplage parallèle de tous les transformateurs, on doit alors calculer les transformateurs, non pas pour la totalité de la puissance de l’installation, mais seulement pour la puissance moyenne et, dans ce cas, les pertes des transformateurs sont diminuées en proportion. D’après les données statistiques des usines d’électricité en Allemagne, les pertes par transformateurs atteignent en moyenne environ i5 à 20 % def?la fourniture de courant annuelle.
- Il ressort, des données qui précèdent, que les dépenses de combustible d’une usine de courant alternatif sont plus élevées que les dépenses de combustible d’une usine de courant continu sans batterie, tandis que les auti’es dépenses d?exploitation sont les mêmes dans les deux cas. Comme, en outre, ainsi qu’on l’a déjà vu, les dépenses d’exploitation d’une usine de courant continu peuvent être notablement réduites par l’adjonction d’une batterie, il s’ensuit qu’une usine de courant continu avec batterie nécessite des frais d’exploitation bien moindres qu’une usine de courant alternatif.
- La conséquence, c’est que, à égalité de frais de premier établissement, et à égalité de frais annuels d’intérêt et d amortissement, l’établissement d’une usine de courant continu avec batterie est préférable à celui d’une usine de courant alternatif, parce que, pour la première, les frais d’exploitation sont moindres. Toutefois, même dans le cas où les frais de premier établissement de l’ùsine de courant continu sont plus élevés que ceux de l’usine de courant alternatif, il y aurait lieu de déterminer tout d’abord si la quotité annuelle des frais d’intérêts et d'amortissement, correspondant au supplément de dépenses de première mise, n’est pas notablement surpassée par les économies sur les dépenses d’exploitation, parce que, dans ce cas, l’établissement de l’usine de courant continu avec batterie est plus avantageux, en dépit de l’excédent de dépenses de première mise,
- Pn lmt quelque temps, l’introduction de lampes à filament métallique, réalisant une économie de courant, a constitué un avantage pour le système à courant alternatif vis-à-vis du système à courant continu, parce que les lampes à filament métallique pouvaient être plus facilement adaptées pour le courant alternatif de faible tension que pour le courant continu à la tension souvent employée de 220 volts. Toutefois, depuis que l’on a obtenu de bonnes lampes à filament métallique de 220 volts, que l’on continue à améliorer, cet avantage du courant alternatif sur le courant continu tend à disparaître.
- Cas du courant triphasé.
- L’établissement d’usines de courant continu est limité, dans les villes de grande étendue, par les frais d'installation des canalisations, en sorte que, pour de grandes distances, un transport de courant alternatif ou de courant triphasé est seul praticable. Dans les cas où l’on ne considère qu’une simple usine à courant triphasé, la question se pose de savoir s’il ne serait pas également avantageux d’adjoindre une batterie à une centrale de courant triphasé. La plus simple solution consisterait à faire charger dans la centrale la batterie par un convertisseur, en dehors du réseau,et à faire livrer de nouveau du courant triphasé au réseau par le convertisseur. De cette manière, les machines pourraient marcher à pleine charge 10 à 12 heures par jour, tandis que la batterie abattrait la pointe de la courbe de charge et livrerait seule du courant, pendant les heures de jour et de nuit, comme dans le cas d’une usine de courant continu, avec cette différence que la centrale ne fournirait au réseau de canalisation que du courant triphasé.
- En pareil cas, les frais de premier établissement, comparativement à une centrale de courant continu de même importance, sont augmentés du prix du convertisseur, tandis que les dépenses d’exploitation se trouvent augmentées du fait de l’accroissement des dépenses de combustible résultant des perles
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- d’énergie dans la double opération du convertisseur.
- Le rendement d’un moteur-générateur pour la transformation du courant atteint, à charge variable, 85 %. Le rendement de la puissance utile fournie par la batterie au réseau, par rapport à la puiss’ance empruntée au réseau pour le chargement, atteint par suite
- 85
- ion 100
- 85
- — — 54
- IOO
- chiffres ronds.
- Si, comme nous l’avons admis précédemment, on prélève sur la batterie 3o % de la
- consommation annuelle, alors 3o X
- 5/+
- 55 % en chiffres ronds de la consommation annuelle sont employés pour le chargement, et par suite, au total, 125 % du courant utile sont produits par les machines. La perte atteint donc 25 % de la puissance utile.
- Dans le calcul qui a été fait précédemment pour la centrale de courant continu, on a obtenu la puissance annuelle d'une machine à vapeur, suffisante pour le travail maximum, et travaillant vingt-quatre heures par jour, en faisant la somme du travail utile et des pertes d’énergie dans l’installation de la machine à vapeur, par la formule :
- 705 P -j- i 31/( P — 2 079 P,
- où P représente la puissance maximum indiquée de la machine à vapeur.
- On peut aussi admettre cette valeur de la puissance de travail annuel pour une centrale de courant triphasé.
- Quand on emploie des accumulateurs, il faut une installation de machines à vapeur un peu plus considérable que dans le cas d’une centrale de courant-continu, pour subvenir au besoin journalier, dans la journée d’hiver la plus chargée, avec le même diagramme de charge, lorsque les machines fonctionnent douze heures de charge régulière. Comme le ^rendement de l’installation d’accumuia-leurs n'atteint alors que 54 % au lieu de 70 %, la puissance de la machine doit atteindre, ainsi qu’il résulte de la planimélrie dés sur-
- faces, 77 % delà charge maximum, au lieu de 70 %, comme le montre la ligne ponctuée dans la figure 1. Les pertes d’énergie, dans cette machine, atteignent, pour une moyenne annuelle de fonctionnement journalier de 10 heures, suivant un calcul effectué d’après les mêmes bases que précédemment :
- — . 21 p . 365 . 10 = 5o6 P.
- IOO IOO
- A cela s’ajoutent les pertes annuelles de l’installation des convertisseurs et des accumulateurs décomptées à s5 % de la puissance a5
- utile : — 765 P = 101 P.
- 100 J v
- La puissance de traA^ail totale qui en résulte est :
- 765 P 191 P -f 5o6 P = 1 462 P.
- 11 convient encore d’admettre la proportionnalité des puissances de travail aux quantités de combustible et de tenir compte d’un supplément de 5 % pour réchauffement
- journalier de la chaudière dans le cas d’un service de dix heures. Le rapport des quantités de combustible, dans le cas du fonctionnement d’accumulateurs et dans le cas du simple fonctionnement de machines pendant
- , 1535
- vingt-quatre heures est de ---.
- 0 ' 2 079
- L’économie en cas d’emploi des accumulateurs atteint donc :
- 2 079 — 1 535 ' a 079
- 544
- 1 079
- = 26 % en chiffres ronds.
- Pour une usine de courant continu, l’économie était de 34 %, en sorte que le résultat se trouve péjoréde 8 % par les pertes de convertisseurs. Et même dans ce cas, l’économie se trouverait réduite si, au lieu d’une machine suffisante pour la puissance maxima, on employaitdeux machines moitié moindres, parce que le service d’une machine plus petite, à faible charge, entraîne une diminution des pertes d’énergie dues à l’installation de la machine à vapeur.
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- Dans les usines de courant, triphasé, l’économie de consommation de combustible est donc un peu plus faible que dans les usines de courant continu. Le supplément de frais de premier établissement, nécessité par le convertisseur, entraîne une augmentation des dépenses annuelles pour intérêts et amortissement.
- Les autres dépenses d’exploitation sont les mêmes que pour les usines de courant continu. Les économies totales, sur les frais d’exploitation, seront donc, dans les usines de courant triphasé, un peu plus faibles, toutes choses égales d’ailleurs, que dans les usines de courant continu; elles peuvent pourtant atteindre toujours un montant notable.
- Ces économies peuvent être augmentées, quand, au lieu des moteurs générateurs pour la transformation, on emploie des commuta-trices dont le rendement est plus avantageux, en sorte que l’économie de consommation de combustible est plus grande. On peut, en outre, au lieu d’employer un convertisseur sur l’arbre de la machine à vapeur avec le générateur de courant triphasé, placer encore un générateur de courant continu, qui, dans le jour, charge la batterie avec l’excédent de puissance disponible de la machine à vapeur et qui, alimenté le soir par la batterie comme moteur, vient au secours de la machine à vapeur pour actionner le générateur de courant triphasé. De cette façon les pertes dues à la transformation sont réduites de moitié.
- Des calculs précis de bénéfices font reconnaître, sur les bases sus-indiquées, dans beaucoup de cas également, pour des usines de courant triphasé, que l’emploi d’une batterie d’accumulateurs est économique, en raison de réductions réalisées sur les frais d’exploitation concernant la consommation de charbon, le personnel, la consommation d’huile à, graisser, pour un service de dix heures.
- Cas du service de douze heures.
- Les économies que permet de réaliser
- l’emploi d’accumulateurs sur *les frais d’exploitation, par comparaison avec les usines de courant continu et de courant alternatif sans accumulateurs, disparaissent, pour la plus grande partie, quand les centrales ne fournissent pas de courant dans le jour et que, de ce fait, les frais d’exploitation diminuent comme du fait de l’emploi d’accumulateurs. Ce moyen auxiliaire est pourtant inapplicable lorsqu’on a à fournir du courant pour des moteurs et il devra, dans l’avenir, être toujours plus restreint, parce que la fourniture de courant de jour est déjà exigée, même de petites usines d’électricité.
- Le service journalier de douze heures, pour
- S fi 7 8 £> tO '/ tZ / Z J S 6
- minuit
- Fig. 2.
- les machines, que nous avons considéré jusqu’ici, n’est possible dans les centrales, pour petites villes, qu’avec une charge relativement faible dans les heures de jour; on ne peut l’envisager, dans les centrales pour grandes villes, qui ont à faire une fourniture importante de courant de jour. Le travail d’une batterie, dans les heures de jour, serait alors trop considérable ; la grande batterie qui serait nécessaire occasionnerait une notable élévation des dépenses de premier établissement, ainsi que des frais d’exploitation pour intérêts, amortissement et entretien. L’économie sur les frais de personnel que permet d’obtenir un service de demi-journée ne joue son rôle que dans les petites centrales, où les frais de personnel constituent une partie notable des dépenses d’exploitation annuelles. Pour les centrales
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- plus importantes, les frais de personnel restent les mêmes, tandis^que toutes les autres dépenses augmentent, en sorte que l’économie sur les frais du personnel entre fort peu en ligne de compte.
- En pareil cas, il est plus avantageux de ne pas faire état* de cette économie relativement faible, de maintenir le service de heures pour les machines et de n’employer la batterie d’accumulateurs que pour supprimer la pointe de la courbe de charge (fig, a).Comme on le voit, parce diagramme, la puissance des machines répartie également sur 24 heures atteint, dans les usines de courant continu, 42 % , dans les usines de courant triphasé 46 % de la charge maxima dans les heures de nuit. La perte due au convertisseur occasionne donc une augmentation de la puissance de jour d’environ :
- Avec un service de machines de 2.4 heures, uniformément chargé, l’installation de machines et batterie esL moins considérable qu’avec un service de douze heures — ainsi qu’on le voit d’après le diagramme — de sorte que les dépenses de première mise, de même que les dépenses annuelles pour l’intérêt, l’amortissement et l’entretien de l’installation, sont diminuées. Les dépenses concernant le personnel, ainsi que le graissage et le nettoyage sont plus élevées que dans le cas du service de 12 heures; la consommation de charbon reste à peu près aussi élevée. Il est pourtant intéressant, au point de vue de l’augmentation des bénéfices que, dans le cas d’un service de 24 heures, uniformément en pleine charge,- avec l’installation existante , le plus grand nombre possible de kilowatt-heures puisse être produit et fourni, de façon que le capital de première mise soit utilisé et rémunéré dans les conditions les plus favorables.
- L’équilibre de charge dû à la batterie permet, pour les usines de courant continu, une augmentation des profits dans tous les
- cas. Pour de petites villes, où la consommation cio courant dans le jour est relativement faible, le service de douze heures convient; la batterie assure seule le courant dans les heures de jour et de nuit et sert à soutenir la machine dans les heures dn soir. Pour de grandes villes, où la consommation de courant de jour est relativement élevée, il y a lieu de préférer le service de 24 heures, dans lequel la batterie abat la pointe de la courbe de charge dans les heures de la soirée, Et la réduction des frais de première mise et des dépenses d’exploitation pour intérêts, amortissement et entretien, pèse plus lourdement dans la balance que l’augmentation résultant du service de 24 heures, pour les dépenses d’exploitation concernant le personnel et la consommation d’huile à graisser,
- Le service de 12 heures et le service de 24 heures ne sont à considérer que comme des cas limites pour une équipe et pour deux équipes de personnel et ne sont requis, la plupart du temps, que dans les journées d’hiver les plus fortement chargées, tandis qu’à d’autres époques de l’année les machines marchent moins longtemps et que, dans les heures du jour restantes, la fourniture du courant n’a lieu que par les accumulateurs.
- Dans les usines de courant triphasé, le champ d’application des accumulateurs est maintenu dans des limites plus étroites. Une économie sur la consommation de charbon résultera dans ces usines de l’emploi d’accumulateurs, si les pertes d’énergie dues à l’installation de convertisseurs et d’accumulateurs, sont inférieures à la différence entre les pertes de marche à vide lorsque la machine fonctionne simplement ou que l’on emploie des accumulateurs. Tel est le cas, par exemple, quand on emploie une seule machine suffisante pour la totalité de la charge. Pour une faible consommation de jour, on fait le service de 12 heures; pour une forte, le service de 2.4 heures et on réalise une économie importante de consommation de charbon
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- par la charge complète et uniforme de la machine.
- Lorsqu’on emploie deux machines, qui suffisent ensemble pour la puissance maximum, on peut réaliser une économie, quand la consommation de jour est assez faible pour qu’une des deux machines ne puisse pas être dans des conditions de charge favorables. Alors le service de 12 heures se présente, d’après la figure 1, comme avantageux, en ce sens que, en hiver, à charge élevée, deux machines marchent en liaison avec la batterie, et qu’à faible charge, en été, une seule machine, de liaison avec la batterie, est appelée à satisfaire le besoin de jour. Suivant les besoins, les deux machines, ou une seule, marchent dix à douze heures, ou même pendant un temps moindre, à pleine charge. L’économie que les conditions favorables de charge des machines permettent d’obtenir résulte de ce que, d’après les chiffres donnés par diverses centrales de courant triphasé, en travaillant sans batteries dans des conditions défavorables, on a dépensé en été, à faible charge, jusqu’à 5o % de plus de charbon pour produire un kilowatt-heure qu’en hiver, à haute charge. Grâce à l’emploi des accumulateurs, l’utilisation des machines serait notablement plus avantageuse, même quand il s’agit de la charge en hiver, en sorte que l’économie de consommation de charbon, dans une année, doit devenir très considérable.
- S’il y a dans la centrale de courant triphasé deux machines pour le service, l’une pouvant fonctionner à pleine charge pour le jour, tandis que la deuxième n’est mise en marche que pour les heures de la soirée, une charge des deux machines, en service de 12 heures ou de 24 heures, d’après la figure 1 ou la figure 2, n’aurait aucun objet. La batterie peut alors servir à supprimer la pointe extrême du diagramme de charge, si cette pointe ne dépasse que d’une quantité assez faible la puissance des deux machines, et qu’une machine plus forte existante, ou bien qu’une troisième machine à installer, ne pourrait
- fournir ce trop faible supplément de consommation que dans des conditions de charge défavorable.
- Alors, 011 peut faire la répartition du service d’après la figure 3, la batterie abattant la pointe extrême et pouvant être chargée par l’excédent de puissance d’une machine dans les heures de jour et de nuit. Par ce moyen, on économise encore la consommation de charbon nécessaire pour échauffer la chaudière en vue du court temps de fonctionnement de la ti'oisième machine.
- minuit
- L’on voit ainsi que, grâce à une répartition de service appropriée et par une utilisation favorable des machines existantes, l'einploi d’accumulateurs, même dans des centrales à courant triphasé, est, dans beaucoup de cas, une soui'ce de profits.
- Cas des moteurs à gaz ou des moteurs Diesel.
- Toutes les recherches antérieures ont été faites dans l’hypothèse d’une installation de machines à vapeur. Il y a lieu d’examiner maintenant succinctement comment les rapports se modifient, si l’on emploie les accumulateurs en adjonction avec d’autres machines motrices : comme, par exemple, des moteurs à gaz par aspiration ou des moteurs Diesel.
- A. Frais de première mise. — Pour une installation de moteurs à gaz ou de moteurs Diesel, les dépenses de premier établissement sont considérablement plus élevées que celles d’une installation de machines à vapeur pour la même puissance.
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- B. Frais d’exploitation. — i. Intérêt et amortissement. — L’amortissement doit se faire sur un laps de temps plus court, en sorte que le pourcentage annuel réservé à l’amortissement est plus élevé qu’avec une machine à vapeur. Gomme ce pourcentage plus fort est à décompter sur-des frais de première mise eux-mêmes plus élevés, les frais d’intérêt et d’amortissement sont forcément beaucoup plus grands que pour des machines à vapeur donnant la même puissance.
- 2. Dépenses de combustible. — Le rendement d’un moteur à gaz aspiré ou d’un moteur Diesel est, à faible charge, encore plus défavorable que le rendement d’une machine à vapeur. La perte d’énergie est, par suite, plus importante ; l’économie relative de consommation de combustible, à pleine charge des moteurs, lorsqu’on emploie des accumulateurs, est par suite plus élevée qu’avec les machines à vapeur.
- D’autre part, le prix du combustible nécessaire pour obtenir la même puissance est bien moins élevé qu’avec les machines à vapeur, de sorte qu’en dépit du pourcentage plus grand de l’économie idéalisée sur la quantité de combustible, l’économie exprimée en valeur monétaire est bien plus faible que pour les machines à vapeur.
- 3. Dépenses de personnel. — Avec le service de 12 heures et la fourniture de courant nocturne par accumulateurs, on peut, comme avec les machines à vapeur, économiser la moitié des frais de personnel qui sont nécessaires pour un service de vingt-quatre heures. Pourtant, comme, avec le moteur Diesel, on n’a pas à tenir compte du salaire du chauffeur, les frais de personnel sont en général plus faibles qu’avec la machine à vapeur et l’on en peut économiser la moitié.
- 4- Frais dentretien. — L’expérience a démontré que les frais d’entretien sont plus élevés avec les moteurs à gaz aspiré et les moteurs Diesel qu’avec des machines à vapeur.
- 5. Dépehses de matières. — La consom-
- mation de matériel de nettoyage et de graissage pourrait être à peu près aussi élevée que pour les machines à vapeur.
- Par ce qui précède, on peut voir que les frais d’intérêt et d’amortissement, qui dépendent de l’importance des moteurs, sont plus élevés et que les dépenses de consommation de combustible et de personnel, qui dépendent de la durée du service, sont moins grandes ; il est, par suite, opportun de choisir la grosseur des machines aussi petite que possible, même s’il en résulte un accroissement de la durée du service journalier. Les moteurs Diesel et les moteurs à gaz ne sont donc pas employés pour un service de douze heures, mais pour un service de vingt-quatre heures régulier à pleine charge. Comme les moteurs Diesel et les moteurs à gaz aspiré coûtent bien plus cher d’établissement que des batteries d’accumulateurs destinées à fournir la même puissance en plusieurs heures, il convient d’employer des moteurs Diesel aussi petits que possible, qui chargent pendant les heures de jour et de nuit la batterie d’accumulateurs, laquelle, dans les heures de soirée, abat la pointe de la courbe de charge. La répartition du travail peut se faire suivant les besoins d’après la figure 2 ou la figure 3.
- Les pertes de transformation, étant donné le bon marché du combustible ne jouent qu’un faible rôle dans les frais d’exploitation et sont plus que compensées par les économies résultant d’une réduction de consommation de combustible des moteurs à pleine ,charge. Comme, en outre, l’entretien . de grandes batteries n’est guère plus cher relativement que l’entretien des moteurs exposés à de hautes températures et pressions et par suite rapidement mis hors de service, Temploi d’accumulateurs en combinaison avec des moteurs Diesel ou à gaz aspiré est en tout cas économique.
- Dans les centrales de courant triphasé, avec la vapeur comme force motrice, on prévoit souvent, pour la charge de jour relativement petite, un petit moteur Diesel, afin de ne
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- pas avoir à faire marcher, de jour, dans des conditions défavorables les grosses machines à vapeur. Il y aurait lieu, dans chaque cas, de déterminer par un calcul comparatif s’il en résulte des frais d’exploitation moindres que si l’on réduisait le service des machines à vapeur à la demi-journée en employant une batterie d’accumulateurs, comme cela a lieu dans la répartition de service de la figure i. Si le calcul compai’atif indique un avantage ên faveur du service avec un moteur Diesel, ée qui peut être le cas pour une charge de jour importante, régulière, on peut réaliser d’autres économies en employant une batterie d’accumulateurs à côté du moteur Diesel. Le moteur Diesel peut, avec sa puissance disponible dans les heures de jour et de nuit, charger la batterie qui apporte, à la fourniture de courant du soir, le complément nécessaire en sus de la pleine charge du moteur Diesel et d’une machine à vapeur. La répartition de service se fait dans ce cas d’après la figure 3. Malgré la perte de transformation, le courant de la batterie ne doit, en raison du bon marché de l’huile, occasionner que des dépenses de combustible bien inférieures à celles que nécessiterait une deuxième machine à vapeur qui, fonctionnant dans des conditions de charge défavorables, serait mise en marche pour le court laps de temps correspondant à la pointe de charge et dont la chaudière devrait être chauffée à cet effet.
- III. —Production diî courant-alternatif
- ET DISTRI R UT ION DE COURANT CONTINU.
- Quand il s’agit de grands territoires de ville on peut, au lieu d’une simple usine de courant alternatif, employer un système combiné de production de courant alternatif et de distribution de courant continu. Pour cela on produit,dans la centrale, du courant alternatif à haute tension ; celui-ci est amené dans des sous-stations établies dans les divers districts de consommation et là, au moyen de convertisseurs tournants, il est transformé en cou-
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- ranl. continu à basse tension et dirigé sur les réseaux de distribution des différents districts.
- Dans ce système, on n’installe pas les batteries d’accumulateurs dans la centrale, mais on les répartit dans les sous-stations et on les utilise en parallèle avec les convertisseurs. U en résulte que la canalisation de haute tension n’a pas besoin d’avoir les dimensions correspondant àla charge maximum, mais à la charge moyenne. Les batteries d’accumulateurs servent ic i,montées en parallèle avec les convertisseurs, à leur venir en aide au moment de la charge rnaxima et, après la cessation de fonctionnement des machines, à assurer seules la fourniture du courant dans les heures de nuit, service en vue duquel elles sont, rechargées pendant lé jour. On a souvent coutume de faire un pas de plus dans cette voie.
- Pour pouvoir donner également aux câbles à basse tension pour courant continu, qui amènent le courant des sous-stations aux divers centres d’alimentation de réseaux de distribution, non pas les dimensions nécessaires pour la charge rnaxima, mais celles qui conviennent pour la consommation moyenne de courant, on a l’habitude d’installer aussi aux centres d’alimentation, fortement chargés, des accumulateurs destinés à équilibrer la charge; par ce moyen on peut réduire les dépenses des câbles d’alimentation. Nous allons maintenant rechercher l’influence des accumulateurs sur les dépenses de première mise et sur les frais d’exploitation dans ce système.
- A. — Dépenses cle premier établissement. — Grâce à l’installation de batteries d’accumulateurs dans les sous-stations, on peut choisir un modèle plus petit, tant pour les machines en' service ou en réserve dans la centrale, que pour les convertisseurs dans les sous-stations; on peut encore donner des dimensions plus faibles aux canalisations qui amènent le courant alternatif de la centrale^ aux sous-stations. Comme les accumulateurs, pour la fourniture d’une puissance déter-
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- minée, même pendant un laps de temps plus long, sont meilleur marché que toutes ces machines et conducteurs requis pour la même puissance, il est hors de doute qu’on peut réaliser des économies sur les frais de premier établissement par l’adoption des batteries d’accumulateurs. L’addition des batteries aux centres d’alimentation du réseau de distribution de courant continu entraîne encore des économies constituées par la dif-rence de prix qui résulte de la différence de dimensions à donner au câble d’alimentation, quand on le calcule pour la charge moyenne au lieu de la charge maxima.
- B. Frais d'exploitation. — Les économies réalisées sur les frais de première mise entraînent aussi des économies sur les frais annuels d’intérêt et d’amortissement. Comme les batteries d’accumulateurs en adjonction avec les convertisseurs dans les sous-stations ont le même effet què dans les simples usines de courant continu (lorsqu’elles sont adjointes à l’installation de machines à vapeur dans la centrale même), les économies qui résultent de l’établissement de batteries d’accumulateurs, en ce qui concerne le total des dépenses d.’exploitation, sont analogues à celles des usines de courant continu.
- Lorsqu’on compare les frais d’exploitation d’une usine d’électricité pour production de courant triphasé et distribution de courant continu, avec Une simple usine de courant triphasé, sans batterie, on trouve que-la première, à cause de ses sous-stations, a de plus gros frais de personnel et d’entretien; que, par contre, la consommation de combustible y est moindre que dans la simple usine de courant triphasé, parce que l’installation de machines peut être placée dans des conditions de charge favorables, (grâce aux batteries d’accumulateurs) et qu’on peut éviter les pertes de transformateurs dans le réseau de distribution. Il y a donc lieu de préférer le, système pour la production de courant triphasé et la distribution de courant continu à une simple usine de courant triphasé, quand l'économie de combustible a plus d’im-
- portance que les frais de personnel et d’entretien des stations de convertisseurs. Gela peut être le cas dans certaines villes.
- IY. — Production de courant alternatif et
- DISTRIRUTION DE COURANT CONTINU AUSSI
- BIEN QUE DE COURANT ALTERNATIF.
- Dans ce Système, le courant alternatif produit dans la centrale est amené par des canalisations de haute tension aux divers centres de consommation et là, livré au consommateur, après avoir été partiellement transformé en courant alternatif à basse tension, partiellement converti en courant continu.
- A l’aide de sous-stations avec batteries d’accumulateurs, on réalise, en partie, un équilibre de charge de la centrale, qui, en raison du report aux heures de jour de la consommation de courant des divers gros consommateurs, se trouve, avec ses machines et son installation existante, en mesure de s’annexer de nouveaux consommateurs aüx heures de la soirée et, par suite, de tirer un meilleur profit de ses installations. L’usine d’électricité peut installer ces sous-stations à ses propres frais, ou bien laisser le soin de cette installation aux consommateurs, avec concession d’un tarif de courant correspondant avec courant de jour à bon marché.
- Ce tarif doit être établi de telle façon que les économies réalisées sur le prix du courant puissent compenser les dépenses d’exploitation pour intérêt, amortissement, service et entretien des sous-stations.
- Une application spéciale de ce système combiné est fournie par le cas fréquent où une centrale de courant triphasé, servant à l’éclairage, d’une ville, doit fournir du courant continu pour les tramways urbains et comprendre, à cet effet, une installation de convertisseurs avec une batterie tampon.
- Si, dans ce cas, on a choisi la batterie d’accumulateurs assez forte pour qu’elle soit en état de fournir seule, sans convertisseur, le courant total des tramways pendant trois
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- à quatre heures, la batterie peut encore, en dehors dë son rôle de tampon, servir à assumer seule, au moment de la charge màxima, dans lës heures du soir des journées d’hiver, la consommation de courant des tramways, par Suite à décharger la centrale et à lui permettre d’entreprendre d’autres Services de lumière. Gomme l’installation de convertisseur existe déjà, il suffit,dans la plupart des cas, de porter la batterie tainpon à la puissance double ou triple, et cela coûte toujours moins que d’installer unë machine d’égale valeur dàns la centrale, pour l’augmentation de ëonsommâtion.
- La répartition du service aurait lieu d’après la figure 4- Lâ batterie ne servirait, dans lës heures de jour, que comme batterie tampon pour le service des tramways; elle serait employée, dans les heüres de soir, au moment dë la chargé maxirha d’éclairage, Comme batterie de capacité ; elle pourvoirait
- minuit
- seule aux besoins de courant des tramways et par cela même, déchargerait la centrale. Dans les heures de nuit, pendant l’arrêt du service des tramways, le rechargement de la quantité de courant empruntée à la batterie, serait opéré à l’aide de la puissance disponible d’une machine, afin que la batterie se retrouve à pleine charge aux heüres de la matinée, pour le début du service des tram- j ways et puisse correspondre à son rôle de j batterie tampon. !
- Comme le courant destiné aux tramways I doit quand même être transformé, les pertes
- de transformation* par emmagasinage de courant, n’entrent plus en ligne de compte et la consommation de combustible, dans cette répartition de service* subit la même réduction que dans le cas où la suppression de la pointe de la courbe de charge est opérée par une batterie d’éclairage, danS uné simple Usine de courant continu.
- Un autre cas spécial de ce système combiné se présente quand la centrale de cou-* rant triphasé d’une ville doit pourvoir, sans étendre son ins tallation de machines, à l’éclairage d’une ville voisine. Alors la centrale livre, dans le jour, par une canalisation à distance, du courant triphasé à haute tension à la ville voisine, où le courant est converti dans une soüs-station et emmagasiné dans une batterie d’accumulatéurs. Dans les heures du soir, la centrale alimente alors sa propre ville de courant triphasé, tandis que la ville voisine est éclairée par la batterie avec du courant continu.
- Les centrales régionales, créées dans les dernières années surtout, mais particulièrement en Allemagne, offrent aux villes desservies le courant triphasé à haute tension, le plus souvent sur la base du tarifa cote fixe et variable. Les villes doivent compter une cote fixe pour chaque kilowatt de leur consommation maximum de courant dans l’année et, en outre, une taxe pour chaque kilowatt-heure consommé. La centrale régionale laisse aux villes desservies le soin de décider si elles veulent organiser une distribution secondaire de courant triphasé ou une transformation avèc distribution de courant continu.
- Dans le dernier cas, la taxe, pour la cote fixe, peut être notablement abaissée par l’emploi d’accumulateurs qui, chargés pendant les journées d’hiver dans les heures de jour et de nuit* sont déchargés pendant les heures du soir, de façon que l’installation des convertisseurs fonctionne 2*4 Heures et constamment à charge uniforme. La fourniture journalière de courant est uniformément répartie sur 24 heures ; la charge
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- maxima, de la journée d’hiver la plus fortement chargée est notablement réduite ; et la cote fixe, dépendant de la charge maxima est considérablement diminuée. Les villes peuvent alors établir, en décomptant, les profits, si les économies réalisables sur les frais de courant annuels permetraient le service et l’entretien des sous-stations à créer et en même temps l’intérêt et l’amortissement des frais de première mise. Le résultat de calculs semblables est que, jusqu’ici, en Allemagne, environ 4° villes desservies par des centrales régionales, ont créé des stations de convertisseurs avec batteries d’accumulateurs.
- Ces sous-stations, pour un tarif donné de répartition du courant secondaire, ne sont profitables que dans certaines villes, parce que, pour une faible charge, l’économie sur la cote fixe est faible, tandis que les frais de personnel des sous-stations sont les mêmes pour de petites installations que pour de grandes. Des calculs ont fait voir que c’est seulement pour des villes dont la charge maxima atteint plus de i5o kw environ qu’on peut signaler comme d’un bon l'apport la distribution de courant triphasé.
- Quand une centrale régionale doit être organisée pour l’éclairage de plusieurs petites villes, dont la charge maxima individuelle reste au-dessous de ido kw, mais dont le total de charge atteint un chiffre plus élevé, il est indiqué, au lieu d’organiser dans chaque ville une station de convertisseurs, d’installer dans la centrale même, pour toutes les villes à la fois, une station de convertisseurs avec batteries d’accumulateurs. Les villes ne seraient pourvues, par la canalisation à longue distance, que de courant triphasé; elles auraient, en outre, une organisation secondaire pour une distribution de courant triphasé, tandis que la batterie, dans la centrale au contraire, pour une faible consommation de jour, en réduisant le service des machines à une durée de douze heures, ou bien pour une forte consommation de jour et un service de a4 heures
- peut servir, en supprimant la pointe de la courbe de charge, à diminuer les frais d’exploitation.
- Dans les usines d’électricité, actionnées par la force hydraulique, il arrive souvent que cette force n’est pas suffisante dans les heux*es de soir pour les besoins maxima. On peut alors utiliser de jour la force de l’eau, qui coule inutilisée, à charger des accumulateurs qui fournissent, le sôir, une partie du courant nécessaire. Gomme dans ce cas la force motrice ne comporte pas de frais d’exploitation, les pertes dues à la transformation et à l’emmagasinage ne jouent aucun rôle.
- Au lieu de semblables installations d’ac-cumulaleurs, on organise souvent, dans des centrales régionales importantes, actionnées par la force hydraulique, des installations d’accumulateurs hydrauliques avec barrages, qui, par rapport aux accumulateurs électriques, possèdent l’avantage de ne pas exiger de frais d’entretien considérable. Pourtant, dans ce cas même, l’établissement de sous-station avec accumulateurs, dans les villes desservies, offre un avantage, pour les centrales régionales, c’est que non seulement les dimensions des constructions des installations de turbines et de générateurs, mais encore la canalisation à distance, doivent être calculées pour une puissance plus faible. Même les centrales régionales à installations d’accumulateurs hydrauliques ont coutume de consentir, aux villes desservies, le tarifa cote fixe et variable, afin de rendre possible une charge plus régulière des centrales par des installations d’accumulateurs.
- Lorsqu’on développe des installations de centrales existantes, les batteries d’accumulateurs ont, en général, pour objet, quelles que soient les machines motrices employées, d’uniformiser, autant que possible, la charge des machines existantes, jusqu’à ce que ces machines fonctionnent à pleine charge, pendant toute la durée de fonctionnement; après quoi seulementl’installation de nouvelles machines devient nécessaire. L’emploi des bat-
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- teries d’accumulateurs permet d’ajourner de quelques années, jusqu’à l’époque où la consommation aura pris le développement attendu, l’établissement de nouvelles machines qui ne seraient pas encore à pleine charge et qui, par suite, ne travailleraient pas dans
- des conditions favorables et, grâce à une bonne utilisation des machines existantes et constamment à charge uniforme , d'augmenter les bénéfices des usines d’électricité.
- (D’après Richard Werknrk).
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- L’influence de l’azote sur les propriétés des aciers. —Stromayer.— Communication à l'Institution of naval Architects, mars 1910; reproduite par le Times Engineering, supplément du 3o mars (•).
- L’influence de l’azote est, d’après les recherches de l’auteur, de 5 à 10 fois plus active que celle du phosphore. Une proportion de 0,01 % d’azote augmente la fragilité de l’acier dans des proportions considérables. La somme de la teneur en phosphore, et de 5 fois celle en azote, ne doit pas dépasser 0,08 % dans les tôles d’acier doux.
- L’origine de cette impureté n’ést pas très claire. Pour l’éliminer, on a essayé avec succès le traitement par le titane pur.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Transmission a haute tension au Colorado.
- — Eleetrical World, 27 janvier 1910.
- Laplus grande installation hydro-électrique du Colorado a été entreprise, il y a quelques années, par la Central Colorado Power Company. Elle est remarquable, non seulement en raison des dimensions du territoire qu’elle doit desservir, de la longueur des lignes de transmission et du haut voltage employé, mais surtout par le caractère extrêmement accidenté du parcours de ces lignes, les grandes altitudes qu’elles atteignent et les conditions climatériques extraordinaires auxquelles elles sont soumises.
- (') Bien qu’il ne s’agisse pas ici des qualités électriques des aciers, il ne nous semble pas moins impossible de passer sous silence ces très importantes expériences, résumées" par M. G. Richard dans la Revue de quinzaine de la Société d'Encouragement;
- L’objet de l’installation est de fournir l’énergie nécessaire à l’exploitation des mines situées dans les montagnes du Colorado central et à l’éclairage des villes de Denver, Boulder, Colorado Springs et Puebla.
- La première usine hydro-électrique construite, celle de Shoshone, a été mise en exploitation en mai 1909. Elle comporte deux alternateurs biphasés de 5 000 kw, à 60 périodes. La seconde usine, celle de Boulder, est encore en construction. Elle doit fonctionner à partir de mai 1910 et comportera le même équipement. Une troisième usine sera installée à Gore Canyon.
- Les deux lignes de transmission, venant de Shos-home et de Boulder, aboutissent à une sous-station située dans la banlieue de Denver, à partir de laquelle l’énergie est transmise aux divers quartiers de la ville à t3 5oo volts. Une particularité très intéressante de cette sous-station est la disposition des barres de distribution à 100000 volts à l’extérieur des bâtiments. De chacune de ces'barres qui sont fixées au-dessus du toit, au moyen de suspensions isolantes, partent des câbles aboutissant aux interrupteurs à coupure dans l’huile dont chacun est p'acé dans un bâtiment spécial. Les deux lignes de transmission peuvent être, soit montées en parallèle, soit exploitées séparément.
- Lignes de transmission.
- Le circuit de transmission entre l’usine de Shoshone et Denver, en passant par Leadville, a une longueur d’environ De Boulder à la sous-station de
- Denver, la ligne a une longueur de 46tm,4oo. Le passage le plus difficile est à la frontière de l’Argentine, aune altitude de 4 i78m. Les conditions climatériques dans cette portion du parcours ont contraint les ingénieurs à construire une ligne double sur une distance do :,)km,8oo. Les deux lignes suivent de
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- trajets différents* dafts üfte direction à peil près parallèle à celle du vent dominant qui peut atteindre dans cette cdntrée Uné vitesse de i iokIÜ à l’heure.
- La plus grande partie de la ligne entre Glenwood et Denver et toute la ligne de Boulder est construite sur des poteaux comportant un seul circuit. Toutefois, une portion comprise entre Glenwood et Den-vër utilise des poteaux à double circuit. Les poteaux à circuit unique pèsent environ i oooke et ont i3m,45 de hauteur. La prôfôhdeür des fondations est de jm,8o.
- Dans la partie montagneuse du trajet, l’espacement entre poteaux est très variable, la position de chacun d’ëüx étant déterminée parla configuration du terrain. Partout où cela a été possible, les poteaux ont été placés sur des nflontiCul.es. Cette disposition présente le double avantage de permettre un grand écartement des poteaux, tout en conservant aux fils une hauteur suffisante au-déssüs dti sol et de mettre les poteaux
- Fig. i.
- hors du passage des écoulements d’eaü, de neige ou de glace.
- La figure 1 représente le dispositif de suspension sur les poteaux à un seul circuit; elle montre les positions relatives des différents conducteurs et du fil dé terre, G.
- Les conducteurs sont des câbles à six fils dont l'âme est en chanvre. La distance entre poteaux varie de 80 à 90“ avec une flèche telle que reffort sur les conducteurs ne devienne pas trop considérable soiis l’action combinée du froid, de la neige et du vent. Les joints sont assujettis par des manchons de cuivre.
- La suspension .des conducteurs est assurée par quatre disques isolants superposés, de 3o0,n de diamètre. Chaque disque -peut supporter séparément aS 000 volts et l’ensemble 100 000 volts. Ces disques sont réunis en série par le système à double attache représenté sur la figure a, et les extrémités Sont maintenues par des étriers en fer galvanisé.
- Les trois câbles sont soutenus par un même bras horizontal à une hauteur aU-dessus du sol de i3m,a5. L*écart entre eux èst de 3mi5. Ace bras est fixé un câble relié à la terre, servant de protection contre la foudre.
- Tout le long de la ligne, Un passage de 30“* dé large a été réservé, sauf aux approches dé Denver où il est réduit à i8m,5o.
- Fonctionnement.
- Les résultats d’exploitation sont intéressants à divers points de vue.
- Pendant les six premiers mois, la ligne a servi à transmettre, sur une longueur de 5ikm,5oo, à une ten-
- sion de 8f> 000 volts, l’énergie fournie par l’usine à vapeur de Leadville à la sous-station de Dilloin Quoique l’installation ne comportâtpas de parafoudre, pendant tout l’été de 1908, aucun accident 11e survint, ni aux appareils, ni à la ligne. Le seul inconvénient a été, an total, un arrêt; de 17 minutes provenant du déclenchement des disjoncteurs à coupure dans l’huile sous l’influence de charges induites par la foudre.
- La transmission à 100000 volts de Shoshomc à Denver ne fut mise en exploitation qu’en juillet 1909. L’expérience a montré que les difficultés qui surgissent pendant l’hiver sont beaucoup plus graves que celles qui peuvent résulter pendant l’été de l’action des orages. Le givre et la neige ont recouvert
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- les conducteurs jusqu’à leur donner un diamètre de i5omm et, en certains endroits, une couche non discontinue de glace rattachait directement les isolateurs aux montants des poteaux. Deux conducteurs ont été brisés lors d’une violente tempête.
- On a constaté, aux époques de température très basse, des phénomènes statiques assez curieux.
- Aux grandes altitudes, lorsque la neige tombe, il arrive qu’un arc vienne à jaillir entre l’un des conducteurs et le fil neutre, produisant une chute de tension à la sous-station. En général, cet arc n’est de durée ni d’intensité suffisantes pour faire sauteries disjoncteurs; la seule trace qu’il laisse est Une légère Cavité dans les conducteurs qu’il ne parvient jamais à fondre entièrement. En général, cet arc prend naissance à une trentaine de mètres des poteaux. On pense qu’il est dû àdes charges statiques dans les conducteurs causées par le vent et la neige, donnant naissance à une différence de potentiel considérable. Il est étonnant que cet arc, une fois amorcé, ne soit pas maintenu par le courant provenant des usines génératrices. En effet, non seulement l’usine de Shoshone qui produit io ooo kw, mais encore l’importante station de la Denver Gas and Electric Co débitent sur le réseau, et une énorme puissance se trouve mise en jeu.
- C. T.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Conduite électrique des trains de laminoirs. — Mc. AUister. —Metallurgical and Chemical Engineering, février 1910.
- Généralités. — L’emploi de l’électricité dans la conduite des trains de laminoirs permet d’emmagasiner l’énergie entre le moment de sa production et celui de son utilisation; il assure, d’autre part, un bon rendement général à l’installation complète.
- Lorsqu’on se borne à remplacer, dans une installation ancienne, chaque moteur à vapeur par un moteur électrique, chaque motetir, devant pouvoir produire le Couple maximum, doit être /, à 8 fois plus fort qüé ne l’exigerait la puissance moyenne. Les génératrices doivent être calculées en conséquence.
- On peut d’ailleurs diminuer le prix de revient des génératrices et augmenter leur rendement par l’emploi d’une batterie d’accumulateurs.
- Moteurs à courant continu. — Dans une installation avec moteur à vapeur, la conduite des laminoirs est réversible et capable de passer rapidement
- de l’arrêt à la vitesse maxima. Cette condition entraîne, pour l’électrification, l’emploi de courant continu, beaucoup supérieur à l’alternatif pour la variation de vitesse et le changement de sens. Quoique des moteurs à courant continu, sans aucun dispositif spécial pour la suppression des étincelles, aient donné d’excellents résultats dans la conduite des laminoirs, il est, cependant, hors de doute que les exigences sévères, imposées par la variation du couple des laminoirs, s’accommodent mieux de moteurs à pôles de commutation.
- Bien que l’application directe d’un volant sur un moteur réversible soit évidemment nuisible à son fonctiohnement,on peut obtenir de grands avantages de l’emploi d’un groupe-génératrice-volant-moteur. Le moteur de cé groupe est calculé de façon que sa vitesse décroisse quand la charge augmente; ce peut être un moteur shunt en continu ou un moteur asynchrone en alternatif. La génératrice du groupe .est, par exemple, une génératrice à courant continu, dont on puisse régler le voltage suivant les besoins. Le rôle du volant est d’emmagasiner l’énergie quand le moteur est moins chargé et de soulager ainsi la génératrice au moment de la plus forte charge. Il permet au moteur du groupe de fonctionner à charge presque constante, quoique la charge de la génératrice soit très variable.
- L’emploi, dans un tel groupe, d’une génératrice à voltage variable, permet d’économiser une partie de l’énergie qu’on dissiperait, sans cela, dans les rhéostats, et d’augmenter ainsi le rendement, mais ne diminue pas sensiblement les dimensions de la génératrice. Pour éviter la production d’étincelles, quand la machine fonctionne à bas voltage, avec un champ affaibli et un courant d’armature maximum, la génératrice peut être munie de pôles de commutation.
- On peut ainsi proportionner moteur et génératrice à leur charge moyenne, ce qu’on ne peut faire autrement.
- Gomme exemple de groupe-moteur-volant-géné-ratrice, on peut citer l’installation de la «Illinois Steel Company » où une génératrice de 1 3oo HP, commandant un volant de 100 tonnes, fournit l’énergie à deux moteurs réversibles de 2 000 HP.
- Moteurs synchrones. — Le courant continu, précédemment envisagé, avait l’avantage de la souplesse â vitesse variable, et de l’emploi possible d’une batterie d’accumulateurs. Mais il avait l’inconvénient d’exiger un collecteur délicat et de ne pouvoir atteindre les voltages àuxquels la transmission d’éner-
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- gie reste économique à de grandes distances. A ce dernier point de vue, le moteur synchrone est plus satisfaisant, mais sa concordance absolue de vitesse, avec la génératrice, interdit complètement remploi de volants, et l’écarte des applications où ceux-ci sont nécessaires pour régulariser la distribution de l'énergie.
- Moteurs polyphasés. — Pour la commande directe de trains de laminoirs irréversibles, aucun moteur ne convient mieux que le moteur asynchrone. Il n’a, en effet, pas de collecteur et ne produit, par suite, pas d’étincelles. La régularité de sa vitesse est identique à celle du moteur shunt, qu’il peut remplacer dans les applications. Il permet l’emploi de voltages élevés, mais, par contre, ne permet pas d’utiliser les accumulateurs — et le moteur asynchrone ordinaire ne permet qu’une seule vitesse. Ces inconvénients sont, en somme, faibles et peuvent être réduits par les méthodes que nous allons indi-qper. Construit avec une résistance secondaire constante (c’est-à-dire avec un rotor en cage d’écureuil), lé moteur asynchrone se comporte absolument comme un moteur shunt, ayant une résistance constante dans un circuit d’armature. Le moteur tend à * prendre une vitesse bien définie, et la charge le ralentit dans une proportion dépendant du couple qu’il doit exercer.
- De même que le moteur shunt, il peut exercer son couple maximum à n’importe quelle vitesse, pourvu qu'on augmente suffisamment la résistance du rotor. En outre, une combinaison de moteurs asynchrones en série peut être employée pour obtenir des vitesses réduites. (Cette opération correspond au montage en série des armatures de 2 moteurs à courant continu.) Cette méthode est employée pour le réglage de la vitesse de 2 moteurs asynchrones, aux laminoirs de la Edgar Thomson Steel Company.
- En ce qui concerne le moteur lui-même, les meilleurs résultats s’obtiennent quand la vitesse est pratiquement constante, sans variation, dans la résistance secondaire. C’est le cas du moteur à cage d’écureuil, qui se trouvera l’abri de toutes les perturbations de circuit. Un tel moteur, muni d’un volant suffisant, constitue une machine idéalement simple, pour la conduite de laminoirs irréversibles.
- Plus la résistance de la cage d’écureuil est faible, plus faible doit être le volant, et le rendement du moteur est d’autant meilleur, mais c’est au détriment de la régularité de la charge. La réciproque est vraie.
- Dans tous les cas, l’énergie demandée par le mo-
- teur au groupe volants-génératrice oscille forcément; on peut cependant définir une vitesse moyenne, correspondant à la puissance moyenne.
- Un volant, calculé pour fournir aux laminoirs toute l’énergie représentant l’excès de travail des couples supérieurs au couple moyen, par la perte de force vive, entre sa vitesse moyenne et sa vitesse rninima, serait plus que suffisant, en raison des inévitables fluctuations du moteur. En sacrifiant un peu de la simplcité idu moteur à cage d’écureuil, on peut, du reste, diminuer, dans une certaine mesure, la répercussion de ces fluctuations sur le volant et la générati*ice. Il suffit, pour cela, d’employer un rotor à enroulements et à bagues, permettant de faire varier, selon ses besoins, la résistance du secondaire. O11 peut ainsi maintenir absolument 1 constante, la force demandée par le moteur, en faisant croître la résistance secondaire, proportionnellement au « glissement » du moteur par rapport à sa vitesse de synchronisme, on peut même, par la variation de résistance du secondaire, changer le sens de ces fluctuations.
- L’auteur ne connaît pas d’exemple d’installation à charge constante. Par contre, une installation à résistance variable fonctionne à l’usine Gary, Ind., de la cc Illinois Steel Company», où une batterie d’accumulateurs sert à réduire, à leur minimum, les fluctuations de charge des génératrices.
- Emploi des accumulateurs. — Nous avons déjà mentionné cet avantage du courant continu, de pouvoir utiliser le courant d’une batterie d'accumulateurs. A l’usine Gary, qui emploie des moteurs asynchrones, on a tourné la difficulté par l’emploi de transformateurs rotatifs, comme intermédiaires entre le courant alternatif et les accumulateurs. Par l’emploi de ces transformateurs, à pôles fendus et rapport de transformation variable, on peut maintenir, aussi constante que l’on veut, la charge des génératrices, malgré les violentes fluctuations de la chargé sur le moteur. Cette batterie d’accumulateurs présente une particularité intéressante: c'est l’emploi d’une génératrice à voltage variable, servant à faire varier l’excitation des commutatrices suivant les besoins de la charge. Le dispositif permet un réglage aussi parfait que l’on veut.
- Avantages relatifs des accumulateurs d’éneigie chimique ou mécanique. — O11 a vu que deux procédés permettent d'employer des génératrices de puissance constante, malgré les fluctuations de la charge, savoir ; le volant et la batterie d’accumuïa-teurs;
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- Quoique ayant des rôles analogues et concourant au même résultat, ces deux procédés possèdent des caractères distinctifs qui leur assignent à chacun un rôle distinct. Le principal avantage du volant est de donner de l’énergie avec une intensité de force aussi élevée qu’on le veut. Par exemple, le volant d’un moteur de 5o HP peut produire, pendant un temps très court, 5o ooo HP, tandis que la batterie d’accumulateurs, capable de produire cet effort, devrait être calculée pour environ 12 5oo kilowattheures, et pourrait donner le même débit plusieurs minutes. On voit donc que le volant est précieux pour les efforts instantanés, tandis qu’il faut un certain temps pour extraire l’énergie d’une batterie.
- Si donc, on a besoin d’une grande force pendant un temps très court, le volant est plus économique et meilleur que la batterie d’accumulateurs. S’il faut, au contraire, une énergie assez considérable débitée à Un taux relativement faible, pendant plusieurs secondes, la batterie est préférable.
- Il faut aussi remarquer que la batterie ne soulage que la génératrice, tandis que le volant répercute son influence sur toute l’installation, qui, grâce à lui, peut être établie pour la puissance moyenne, au lieu de l’être pour la puissance maxima. On peut donc le regarder comme indispensable. Il est d’un meilleur effet sur le moteur commandant les laminoirs, que sur la génératrice.
- * #
- Nous compléterons cet exposé en présentant maintenant les idées qu’un autre auteur, M. W, Mank-telow a fait valoir, dans une étude antérieure (*). Nous nous attacherons à celles qui ne font pas double emploi avec les précédentes.
- D’après M. W. Manktelovv, la preuve est bien faite. Le moteur électrique, appliqué à la conduite des laminoirs, s’est montré d’un emploi économique dans un grand nombre d’ateliers, aussi bien en Europe qu’en Amérique. Les frais d’installation sont la principale objection contre son usage, surtout lorsqu’il s’agit de. le substituer à une machine à vapeur en service, mais les avantages sont assurés. Avec un personnel moins nombreux, le rendement du travail, avec le moteur électrique, est accru de io à 5o % . L’emplacement de l’appareil est réduit. La consommation de force, dans chaque opération,
- (<) Fectures of the design and operation of rolling mill motors, ete.Electrical Review, 5 novembre 1909.
- est immédiatement mesurée, ce qui permet des économies. La force requise, pour un travail donné, est le critérium du rendement. La force nécessaire au passage dans le laminoir dépend de la forme à donner au lingot. Plus le bloc est gros, et plus longtemps il conserve une haute température, moins le laminage est onéreux; Une plaque, au contraire, peut se refroidir pendant le laminage de 1 3oo° à 8oo° de sorte que la dernière passe demande une très grande force motrice. Il faut compter par tonne laminée /pjt kilowatt-heures pour des rails et 91 pour des plaques. Pour obtenir le plus grand rendement d’une, installation, il est nécessaire que la charge du moteur soit sensiblement constante, ce qu’on obtiendra en disposant bien tous les appareils auxiliaires, élévateurs, ti ansporteurs, etc. Ces auxiliaires absorbent de 5 à 10 % de la force totale.
- Les moteurs, soumis à des variations brusques de charge, ne sont pas montés simplement en série.
- ’ Toutefois, les moteurs en série du système Thury ont des qualités particulières. Etant à courant constant, ils ne peuvent, évidemment, pas être brûlés, même par un arrêt résultant d’une surcharge. Un volant sert de régulateur et est fixé sur l'axe même du moteur. Le voltage varie automatiquement suivant la charge ; le déplacement des balais est effectué automatiquement. Des moteurs triphasés sont employés parfois là où la production du courant alternatif est plus pratique.
- Eu avril 1908, a3o moteurs à laminoirs fonctionnaient en Europe, produisant au total normalement 190000 HP, fournissant, par unité, une force moyenne de 83o HP et une puissance de surcharge variable de 1 à 2,5. Les plus gros moteurs employés sont les 2 moteurs Rombacher-Hutte, fournissant chacun 3 700 HP ou 7 5oo HP couplés sur le même arbre. Les surcharges peuvent varier, dans les laminoirs, de 1 à 3 à certains instants très courts.
- La nécessité de renverser le sens du mouvement du laminoir résulte de l’avantage qu’il y a à conserver au métal une haute température pendant le laminage. Ce renversement de sens de rotation, même avec les moteurs électriques , s’opère en quelques secondes.
- Les volants sont appelés à jouer un rôle très important dans le travail du laminoir ; aussi doivent-ils être constitués d’acier fondu ou d’acier au nickel forgé et avoir une très grande vitesse périphérique. On remplace parfois un grand volant, difficile à fa-
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- briquer, par deux de moindre dimension. Un nou-veau système américain, pour construire les grands volants, consiste à assembler des secteurs formés de feuilles d’acier découpées et à les fixer sur une carcasse rigide en acier fondu. Ces diverses parties sont rivées ensemble. La brisure d’une roue ainsi façonnée paraît impossible. Le plus grand volant, construit d’après ce principe, pèse 90 tonnes et a une vitesse à la périphérie de 77 mètres par seconde. L’avantage de deux volants, c’est de pouvoir, en certains cas, débrayer l’un des deux. Le graissage des parties soutenant l’axe du volant, doit être très soigneusement fait. Il est bon de prévoir un signal d’alarme en cas d’échaufïement très marqué.
- L’étude des diagrammes montrant les variations brusques des charges des laminoirs et leur amplitude très étendue, prouve que la batterie d’accumulateurs chimiques est incapable de les égaliser. Dans ce oas l’accumulateur électromécanique (Westinghouse, Siemens-Ugner, Creplet-Lahmeyer, etc.), est préférable, Le système Iffland utilise une batterie d'accumulateurs chimique. Dans les ateliers Carnegie,’ on a récemment installé une batterie de éléments, produisant un courant de décharge de 10 000 ampères qui peut s'élever à i5 000 ampères durant de courtes périodes.
- M. L.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- JQètegteur électrique d’ondes électromagnétiques. —- M, Weflish. — The Electricien, 18 mars 19IQ.
- L’auteur, au cours d’une série d'expériences effectuées sur l’ionisation, a constaté l’influence des ondes électromagnétiques sur un tube à vide renfermant deux électrodes d’aluminium parallèles, monté dans le circuit d’une batterie d’accumulateurs. Pour des valeurs convenables du vide et du champ électrique,
- telles que la décharge soit sur le point de se produire dans le tube, et en l’absence de rayons cathodiques., les ondes électromagnétiques rendaient conducteurs l’espace gazeux situé entre les deux électrodes,
- Il a construit un détecteur constitué par un tube de verre de /(cm de diamètre renfermant deux éleç-trodes d’aluminium de acm de diamètre séparées par un intervalle de icm. Le tube est relié à une pompe a mercure et une jauge Mac Léod indique le degré du vide,
- A partir de l’un des pôles d’une batterie d’accumu-lateurs, dont l’autre pôle est en communication avec le sol, on monte en série une résistance, uno capacité et une self-induction variables, un éleçtromètre shunté par une grande résistance, afin de l’amortir; l’autre borne de 1’électroinètre est reliée au sol, On place le détecteur en dérivation aux bornes extrêmes du condensateur et de la self-induction variables.
- Il est probable que l’effet d’une impulsion électrique est d’établir des oscillations électriques dans le circuit du tube à vide. Le champ électrique qui en résulte, superposée celui qui existait déjà, provoque une décharge à travers le gaz. Cette décharge n’est pas lumineuse, et son existence est seulement décelée par les déviations de l’électromètre ou d’un galvanomètre. L. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Système de téléphonie automatique. — h. Campbell. — Proceedings of the American Institute of Eleciriçal Engineers, février 19x0.
- En pratique, toutes les installations de téléphonie automatiques existantes emploient des appareils du type « Strowger » avec ou sans adjonction d’interrupteur de ligne Keith. L’auteur décrit cet équipement électrique au point de vue technique (*).
- (4) Le même auteur a étudié le problème au point de vue économique dans les Transactions of the American Institute of Electrical Engineers, 1908, p. 5o3.
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Traité de physique, parO. D.Chwolson, traduit sur les éditions russe et allemande par E. Davaux. — A. Hermann et Fils, éditeurs, Paris, —.tome III, i<R' fascicule, i volume in-8 raisin de 408pages avec 126 figures.
- Prix : broché,113 francs. — tome IV, i«r fascicule, 1 volume in?8 raisin de 43o pages avec 165 figures. — Prix : broché, ias francs.
- Les deux présents fascicules de la traduction française dp l'puvrage universellement réputé du professeur Chwolson nous paraissent présenter un intérêt tout spécial pour les lecteurs de la Lumière Electrique s’intéressant aux questions d’ordre théorique. Dans le premier en effet, réservé à l’étude de la thermométrie, de la capacité calorifique, de la thermo-chimie et de la conductibilité calorifique, se trouvent traités un certain nombre de problèmes, tels que celui de Fourier, qui offrent la plus grande analogie avec les problèmes que l’on rencontre en électricité. L’exposé de ces problèmes est d’ailleurs très remarquable par sa clarté et sa simplicité, qui rendent la lecture des plus faciles. Quant au second fascicule, il est consacré à l’étude du champ électrique constant ; il commence donc la série des fascicules, réservés à l’analyse des phénomènes électriques, et après sa lecture, c’est avec impatience que nous attendons la publication de ceux relatifs au champ électrique variable. Cinq chapitres divisent le premier fascicule du tome quatrième; ce sont:
- Chapitre I. Propriétés du champ électrique constant.
- Chapitre II. Les sources du champ électrique.
- Chapitre III. Action du champ électrique sur les corps qu’il renferme.
- Chapitre JV. Mesures électrostatiques,
- Chapitre V. Electricité atmosphérique (terrestre).
- Nous signalerons plus spécialement à l’attention de nos lecteurs les passages suivants : l’étude de l’induction sur un conducteur qui se trouve dans un champ électrique donné, au moyen de l’équation fonctionnelle de Robin que l’on retrouve en partant de l’équation de Fredholm (chap. 1), l’exposé de la théorie des dilectriques de Mossotti et Clausius (chap. i) et de celle de Nernst sur la production des
- forces électromolrices dans les systèmes de conducteurs au contact (chap. 2.) etc. La descripton des machines électriques du type dit à influence (chap. 2)est également très intéressante et fort complète, ainsi que celle des divers éleclromètres (chap 4). Enfin ce • dernier chapitre contient un excellent résumé des travaux effectués pour la mesure des constantes diélectriques. Comme nous l’avons signalé déjà dans les bibliographies relatives aux précédents fascicules, la traduction fournie parM. E. Davaux est vraiment remarquable et ajoute encore à la clarté du texte original. On constate d’ailleurs avec plaisir que l’auteur utilise souvent les travaux de savants français et qu’en particulier il renvoie fréquemment le lecteur aux célèbres mémoires de M. H. Poincaré qui constituent une si importante contribution à l’étude mathématique des différentes branches de la physique. C’est là un choix dont nous devons nous féliciter et qui augmentera considérablement sans aucun doute l’intérêt des fascicules consacrés au champ électrique variable.
- P.S.
- Problèmes et exercices de mathématiques générales. —E. Fabry, professeur à l’Université de Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 420 pages avec 63 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs. Paris. — Prix : broché, 10 francs.
- On trouve dans cet ouvrage, qui complète le traité de mathématiques générales du même auteur que nous avons déjà analysé (*), plus de 700 problèmes (énoncés et solutions), choisis généralement parmi ceux qui sont donnés aux examens des grandes écoles ou des facultés, et relatifs à l’algèbre, à la géométrie analytique à deux et trois dimensions, au calcul différentiel et intégral, et enfin à la mécanique.
- La première partie est consacrée aux énoncés, la seconde aux solutions. Celles-ci sont clairement et succinctement exposées ; et, d’une manière générale, l’ordre et la concision qui régnent dans tout cet ouvrage, ainsi que la gradation judicieuse des pro-
- (») Voir Lumière Électrique, 28 novembre 1908, p. 277.
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- blêmes le rendent apte k seconder utilement les efforts des jeunes gens qui préparent un examen exigeant des connaissances mathématiques élevées. 11 faut surtout féliciter l’auteur de ne pas s’être égaré dans des recherches plus ou moins fantaisistes, et de s’être borné à des problèmes réellement utiles pour la formation mathématique du lecteur.
- R. G.
- La matière, l’èther, Vélectricité (tomes I et II), par H. J, Proumen, ingénieur civil des Mines. — a volumes in-8° carré de 269 et 302 pages. — H. Desforges, éditeur, Paris.
- On peut résumer l’état de choses nouveau qu’ont créé les découvertes physiques faites depuis un demi-siècle en disant que nous en sommes arrivés au point où il va devenir indispensable de modifier notre conception de la matière. Les idées anciennes qui avaiqnt été jusqu’à présent un cadre commode pour nos Connaissances cessent d’être des auxiliaires de notre esprit d’investigation pour devenir au contraire des obstacles gênants. De là un malaise sur lequel le monde savant n’a pas encore pris entièrement son parti, et qui, à plus forte raison, désoriente le public.
- Des ouvrages de vulgarisation comme celui de M. Proumen viennent donc bien à leur heure pour donner à tout le monde quelque idée de la transformation qui s’accomplit ; l’auteur se sert du langage
- ordinaire, et ne cite guère des maîtres de la science que leurs idées générales. Tout le détail des conquêtes scientifiques récentes est donc exposé en une sorte de causerie qui correspond bien au but qu’elle se propose : instruire sans ennuyer. Nous ne ferons qu’un reproche à l’auteur : c’est d’avoir trop souvent et trop lourdement insisté sur l’incertitude des théories scientifiques. Il y a là des scrupules trop délicats à développer dans un ouvrage de vulgarisation : on risque trop d’être mal compris du lecteur, et de lui inspirer une défiance qui n’est pas contrebalancée par une vision suffisamment claire des immenses services que peut rendre une idée, même fausse. Il n’est que trop facile de railler la science; il est beaucoup plus difficile et beaucoup plus utile de la faire. C’est ce qu’on aimerait à entendre plus souvent répéter de nos jours. J. R.
- VOLUMES REÇUS
- Considerazioni sulla potenza irraaiata da un’ antenna radiotelegrafica e misurazione sperimentale in un caso, par P. Barreca. — Extrait du Nuovo Cimento, Florence.
- Thei'modynamique et Chimie (2<! édition), par P. Duhem, — 1 volume in-8 raisin de 679 pages avec 173 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 16 francs.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Peut-on donner des lignes électriques en garantie a un bailleur de fonds? (Suite et fin) (').
- Dans un précédent article, nous avons établi : i° que les lignes aériennes peuvent être considérées comme meubles; 20 que les lignes souterraines peuvent-être considérées comme immeubles, sans qu’il y ait à considérer la nature du sol (public ou privé) qu’elles empruntent.
- Nous devons maintenant nous demander quelle conséquence cette distinction peut avoir sur le gage à constituer au profit d’un créancier.
- A) Si la ligne est un meuble il faut déclarer de
- (1) Voîr" Lumière Electrique, 23 avril 1910.
- suite que le gage est impossible. Le gage mobilier ne peut s’établir, sans que l’objet sur lequel il est constitué ne sorte du patrimoine du débiteur, pour rentrer dans celui du créancier ou dans celui d'une tierce personne désignée à cel effet; du moins, si la validité du gage entre les parties peut avoir lieu sans cette formalité, la réalisation du gage pourrait être empêchée par les tiers. La loi, en effet n’a pas voulu que l’on puisse se créer une solvabilité factice, en gardant par devers soi un bien qui serait frappé du droit d’un créancier ; il y aurait là une apparence de nature à tromper les tiers, et l’article 2 075 du Code civil, afin d’empêcher cette erreur, a formulé cette règle :
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- « Dans tous les cas, le privilège ne subsiste sur « le gage, qu’autant que ce gage a été mis et est « resté en la possession du créancier ou d’un « tiers convenu entre les parties.'»
- Sans doute, si la chose donnée en gage est une creance, un droit de bail, une chose incorporelle en un mot, la loi a prescrit des moyens de forme (tels que la remise des titres par le débiteur au créancier), qui équivalent à la remise matérielle d’un objet.
- Si le gage porte sur un fonds de commerce, l’inscription prise sur le régistre ouvert à cet effet, au greffe du tribunal de commerce en tient lieu mais, s’il s’agit d’une chose « matérielle» sur laquelle le gage est établi, il faudrait que cette chose fût nécessairement remise au créancier. Est-il besoin de dire que l’on ne saurait envisager une ligne électrique aérienne, remise aux mains d’une personne autre que celle qui l’exploite ?
- Dans ces conditions, le distributeur d’énergie qui veut se procurer des fonds n’a d’autre ressource que de donner une hypothèque sur son usine.
- S’il n’a pas d’usine et s’il ne possède qu’un réseau, la constitution d’un gage lui est impossible ; il pourrait toutefois donner en nantissement tout son fonds de commerce.
- B) Si la ligne est un « immeuble », par exemple si elle est souterraine, l’hypothèque est évidemment permise, et on se trouve en présence du contrat bien connu, de pratique courante, appelé «l’affectation hypothécaire » ; tout le monde sait qu’il se réalise au moyen d’un acte notarié, inscrit au bureau des hypothèques de l’arrondissement où se trouvent les immeubles grevés, qu’il donne au créancier le droit de poursuivre le paiement, et de se faire payer par préférence aux créanciers hypothécaires de rang postérieur, et par préférence aux créanciers chirographaires.
- fi ne faudrait pas cependant se faire illusion sur la valeur commerciale ou financière d’une hypothèque, même en la supposant très réellement constituée et inscrite sur une ligne souterraine prise isolément, abstraction faite de toute une usine et de tout centre de production de force. On se demanderait vraiment quel sera en pratique l’avantage du créancier, qui risque fort de n’avoir pour lui que l’ennui de faire extraire .le cuivre, et d’avoir
- autant de frais à avancer que de métal à trouver au fond de la tranchée.
- Néanmoins au point de vue juridique, l'opération est certainement possible.
- C) Mais il nous faut, en troisième lieu, envisager une combinaison dont la réalisation, dans bien des cas, pourra être de beaucoup la plus avantageuse.
- C'est une hypothèque portant à la fois sur une usine et sur les canalisations qui en sortent.
- Dans ce cas, il ne serait plus à notre avis question de distinguer entre les lignes aériennes et les lignes souterraines, mais il devrait seulement être tenu compte de ce fait que les lignes partant de l’usine y sont jointes matériellement, et que, placées par le propriétaire de l’usine, elles concourent au but que celui-ci se propose, c’est-à-dire à l’accomplissement de l’exploitation de son industrie.
- En effet l’article 2 133 prononce que : « l’hy-« pothèque acquise s’étend à toutes lesaméliora-« tionssurvenues àl’immeublehypothéqué » et la jurisprudence interprète ce terme améliorations comme comprenant tous les immeubles par destination (voir Code civil annoté de Dalloz, article 2 133). !
- Du reste ce principe a été également prononcé par un autre article (2018) dans les termes suivants : « Sont seuls susceptibles d’hypothèques, les biens immobiliers qui sont dans le commerce et leurs accessoires réputés immeubles. »
- Si l’on rapproche les deux articles, on n’a aucun doute sur la possibilité pour un débiteur de donner une hypothèque, en spécifiant que le gage du créancier comprendra les lignes qui complètent l’œuvre utile dont son usine est le centre.
- Mais, m’objectera-t-on, comment pourra-t-il « immobilise! » la ligne purement aérienne qui d’après ce que vous avez dit plus haut n’est pas un immeuble ?
- Je réponds: prise en elle-même cette ligne évidemment est un meuble et, envisagée isolément, son propriétaire ne peut pas l’immobiliser; la volonté du propriétaire ne peut pas convertir en un immeuble une ligne qui, matériellement,n’en est pas un : il ne lui appartient pas de changer sa nature. Si par exemple j’achète du courant à une usine de production, et si je me contente d’établir un réseau de distribution qui comprendra des fils aériens, la nature de cette canalisa-
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- tion restera purement mobilière. Mais au contraire, si dans ma volonté, nettement exprimée dans mon acte de constitution d’hypothèque, je considère, comme formant un tout l’usine que je possède et les lignes qui rayonnent autour d’elles tout en s’y rattachant comme à leur centre, je rentre dans la catégorie prévue par l’article 52/| du Code civil, qui dit que les objets que le propriétaire d’un fonds y a placés pour le service et 1 exploitation de ce fonds sont immeubles par destination; ainsi sont immeubles par destination, quand ils ont été placés par le propriétaire pour le service et l’exploitation du fonds, les animaux attachés à la culture.les Ustensiles aratoires, les ustensiles nécessaires à 1 exploitation des forges, papeteries et autres usines ; et sont aussi immeubles par destination tous effets mobiliers que le propriétaire a attachés au fonds à perpétuelle demeure.
- Cette énumération n est pas limitative, elle n’a pour but que de bien préciser la pensée du législateur : un ustensile aratoire et des animaux ne sont pas forcément situés sur le sol même de l’immeuble, on peut très bien concevoir des animaux détachés dans un pâturage éloigné, loué même pour la saison de l’été, et, cependant, ap-partenantencore à la maison où ils sont immeubles par destination. Rien ne s’oppose donc à ce
- que l’on considère la ligne comme rentrant dans celte catégorie pour le service du fonds auquel elle est agrafée dès son point de départ rayonnant au loin pour compléter la diffusion du courant qui se fabrique à l’usine.
- Pour bien comprendre que l’éloignement de l’objet devenu immeuble par destination n’est pas un obstacles cette immobilisation, on peut citer, par exemple, les décisions rendues en matière de source : l’h^poihèque établie sur un immeuble s’étend de plein droit aux eaux d’une source que le propriétaire y a amenées pour l’usage etcomme accessoire de l’immeuble* en dérivant la source par une canalisation du fonds sur lequel elle jaillit et qui est aussi sa propriété, et dès lors si, à la suite de l’expropriation forcée de ces deux fonds, il y a lieu de distribuer le prix de la source, c’est non pas aux créanciers inscrits sur le fonds où la source prend naissance, mais à ceux ayant comme garantie l’immeuble où les eaux sont amenées, que ledit prix est distribué. (Cassation 3o mars 1892, Dalloz. 92. 1. 389!.
- Les personnes qui voudraient se procureur de l’argent par ce moyen feront bien de méditer ces principes.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d'Appel de Lyon.
- VARIÉTÉS
- Fondation George Monteüore
- PRIX TRIENNAL
- Cond'tions du Concours de 1911.
- Nous donnons ci-dessous les renseignements détaillés qui nous sont communiqués sur cette fondation dont la Lumière Electrique a déjà parlé (‘J.
- Article premier. — Un prix dont le montant sera constitué par les intérêts accumulés d’un capital de i5o 000 francs de rente belge, à 3 % , sera décerné tous les trois ans, et pour la première fois en 1911, à la suite d’un concours international, au meilleur
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- (4) Voir Lumière Electrique, 5 février 1910, p. 186.
- travail original présenté sur l’avancement scientifique et sur les progrès dans les applications techniques de l’électricité dans tous les domaines, à l’exclusion des ouvrages de vulgarisation ou de simple compilation.
- Art. 2. — Le prix portera le nom de a Fondation GeorgeMontefiore Levi ».
- Art. 3. — Seront seuls admis au concours les travaux présentés pendant les trois années qui auront précédé la réunion du jury.
- Ils devront être rédigés en français ou en anglais et pourront être imprimés ou manuscrits. Toutefois, les manuscrits devront être dactylographiés et, dans tous les cas, le jury pourra ep décider 1 impression,
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- Art. — Le jury sera formé de dix ingénieurs électriciens, dont cinq belges et cinq étrangers, sous la présidence du professeur-directeur de l’Institut électrotechnique Montefiore, lequel sera de droit un des délégués belges.
- Sauf les exceptions stipulées par le fondateur, ceux-ci ne pourront être choisis en dehors des porteurs du diplôme de l’Institut électrotechnique Montefiore.
- Art. 5. — Par une majorité de quatre cinquièmes dans chacune des deux sections, étrangers et nationaux,lesquels devront, à cet effet, voter séparément, le prix pourra être exceptionnellement divisé.
- A la même majorité, le jury pourra accorder un tiers du disponible, au maximum, pour une décou. verte capitale, à une personne n’ayant pas pris part au concours ou à un travail qui, sans rentrer complètement dans le programme, montrerait une idée neuve pouvant avoir des développements importants dans le domaine de l’électricité.
- Art. 6. — Dans l’hypothèse où le prix n’aurait, pas été attribué, ou si le jury n’avait attribué qu’un prix partiel, toute la somme rendue ainsi disponible devra être ajoutée au prix de la période triennale suivante.
- Art. 7.— Par application des dispositions qui précèdent, le montant du prix à décerner en 1911 est fixé à vingt mille francs.
- Article 8. — Les travaux dactylographiés pourront être signés ou anonymes. Est réputé anonyme tout travail qui n’est pas revêtu de la signature lisible et de l’adresse complète de l’auteur.
- Les travaux anonymes porteront une devise qui sera répétée à l’extérieur d’un pli cacheté joint à l’envoi ; à l’intérieur de ce pli, le nom, le prénom, la
- signature et le domicile de l’auteur seront écrits lisiblement.
- Art. 9. — Tous les travaux, qu’ils soient imprimés ou dactylographiés, seront produits à douze exemplaires ; ils seront adressés franco à M. le Secrétaire-archiviste de la Fondation George Montefiore, à l’hôtel de l’Association rue Saint-Gilles, 3i, Liège (Belgique).
- Ils porteront entête du texte et d'une manière bien apparente la mention « Travail soumis au concours de la Fondation George Montefiore, session de 1911 ».
- Le secrétaire-archiviste accusera réception des envois aux auteurs ou expéditeurs qui se seront fait connaître.
- Art. 10. — Les travaux, dont le jury aura décidé l’impression, seront publiés au Bulletin de l’Association des ingénieurs électriciens sortis de l’Institut électroiechniquc Montefiore. De cette publication ne résultera pour les auteurs ni charge de frais, ni ouverture à leur profit de droits quelconques. Il leur sera néanmoins attribué, à titre gracieux, vingt-cinq tirés à part.
- Pour cette publication, les textes anglais pourront être traduits en français par les soins de l’Association.
- Art. 11. — La date extrême pour la réception des travaux à soumettre au jury de la session de 1911 est fixée au 31 mars 1911.
- Pour le Conseil d’administration de VAssociation des Ingénieurs électriciens sortis de VInstitut électrotechnique Montefiore :
- Le secrétaire général, Le président,
- Gustave L’Hoest. Omer de Bast.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 156
- T. X (2e Série)
- N« 17.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’
- Coût de Vinstallation d’une usine à vapeur moderne. - Electrical World, 20 janvier 1910.
- L’auleur insiste sur l’influence qu’exercent les frais de première installation sur le coût total de la production dans les usines à vapeur. Il donne le prix détaillé de l’installation d’une centrale de a 5.00 kw récemment achevée, et dont la puissance sera portée plus tard à 10 000 kilowatts.
- L’usine est un complément de la station principale hydraulique d’une grande ville de l’est des Etats-Unis. Elle est mécaniquement indépendante de cette dernière mais lui est reliée électriquement de telle sorte que les deux usines sont exploitées comme si elles constituaient une même unité. Le bâtiment est une construction en briques avec soubassement en ciment monté sur pilotis. La base des fondations est à environ am, 40 au-dessous du niveau de la rivière. On a suivi la division ordinaire en chambre de chauffe et chambre des machines. L’installation occupe une -surface de 44 X 34,n2. La chambre des chaudières a un toit en ciment recouvert de toile goudronnée. Le toit de la salle des turbines est en charpente recouverte de toile goudronnée.
- L’installation comporte 6 chaudières verticales Hazelton de 400 HP, munies de foyers Murphy. Chaque chaudière comporte une cheminée de i^ao de diamètre et 9“ de haut. Le charbon est amené' à la station par une grue conduite par un moteur de 5oo volts. Le combustible est envoyé à un broyeur et un convoyeur électriques destinés à manutentionner 5o tonnes de charbon par heure.
- Les cendres sont aussi enlevées au moyen d’un convoyeur électrique. Une installation de filtration système Jewel munie d’un agitateur électrique est disposée dans l’usine. Les pompes d’alimentation sont mues par la vapeur, mais tout le reste de l’équipement auxiliaire est électrique. Un turboalternateur diphasé Westinghouse-Parsons de 2 400 kw, 60 périodes, "> 600 volts fonctionne actuellement. La station est desservie par une grue Miles ^9.5 tonnes.
- Le prix relativement élevé du bâtiment est dû à ce
- EXPLOITATIONS
- que la Compagnie a tenu à élever les fondations et la superstructure complète d’une installation suffisante pour loger tout l’équipement ultérieur de l’usine. Le coût initial approximatif de l’installation serait environ de 35o francs par kilowatt si le bâtiment devait être considéré comme suffisant pour l’installation. initiale seulement. Le coût de l’équipement des pompes et du tuyautage pour l’eau d’alimentation, de même que l’installation des tableaux de distribution est un peu inférieur à ce qu’il aurait été si l’usine n’avait pas été une extension d’une usine déjà existante, quoi qu’elle en soit presque totalement indépendante. La Compagnie possédait le terrain sur lequel l’installation a été bâtie et aucun chiffre n’est fourni sur la valeur réelle actuelle de ce terrain.
- L’auteur donne en détail le prix de l’installation :
- Terrassements........................... 45 588,7!}
- Montage des pilotis........... ... 35 275, 20
- P’ondations en béton............... 134 192,50
- Briques et charpentes.............. 70225 »
- Toiture............................ 25 o55 »
- 6 chaudières de 400 HP................ 144 000 »
- (i foyers Murphy....................... 5i 920 »
- Convoyeur de charbon.................... 49 000 »
- Une turbine Westinghouse-Parsons
- de 2 5oo kw.......................... 260 000 »
- Appareil de condensation............... ftx 175 »
- Filtre pour l’eau d’alimentation... 22 5oo »
- . Pompe du filtre......................... 2 990 »
- Pompe d’eau d’alimentation.............. 16 45o »
- Réchauffeur d’eau d’alimentation. . . .18 600 • »'
- Grue de 25 tonnes.................. 33 125 »
- Pompe de filtre.................... 1 000 »
- Pompe pour l’eau de refroidissement. 750 »
- Récipient d’eau de refroidissement.. 2 400 «
- Appareillage et câbles.................. i5 5oo »
- Chambre des turbines.. ............ 37 941 »
- Chambre des chaudières.. ......... 6 344,4<»
- Chambre des condenseurs............ 7 3a6,o5
- Toiture de la chambre des chaudières............................. 10442,60
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- KfcVüE D’ELECT K1C1TÊ
- 30 Avril 19l0.
- Toiture de la chambre des turbines. 3 12a, »5
- Cheminées................................. 7469,85
- Système de ventilation.................. 5 006, a5
- Plomberie............................... a i8i,55
- Appareils de chauffage.................. a 36o »
- Peinture................................ 2 070 »
- Escaliers............................... n 020 »
- Conduites de vapeur pour la turbine. 2049 »
- Conduites de vapeur pour la pompe
- d’alimentation . .’........... 502,90
- Conduites de vapeur pour l’eau de condensation ........................ 187,40
- Régulateurs....................... 526, 5o
- Compteurs d’eau et conduites...... 4 763, 10
- Conduites de vapeur pour les chaudières............................... 19 916,80
- Revêtement des conduites................ 3 345,5o
- Conduites pour l’eau d’alimentation. a3 o34 »
- Conduites pour la décharge............. 21 969, 90
- Citerne... ............................. 2 4^8, o5
- Conduites pour les filtres................ 4674,00
- Total.......... 1 1.49 4o6,65
- Coût des appareils principaux par kilowatt :
- Chaudières................................. 07,60
- Foyers...................................... 20,75
- Turbine........................... 104 »
- Bâtiment et fondations............ 151,65
- Condenseur.................................. i6,85
- Divers............................ 109, o5
- Total........ ... 469,90
- L’auteur donne ensuite les frais supposés de l’addition d’une seconde turbine de 2 5oo k\v exprimés
- en francs par cheval :
- Chaudières................................ 60 »
- F oyers........................... 21 »
- Filtres................................... *o »
- Conduites de chaudières.................... 8,36
- Pompes.. . .............................. 7 »
- Turbine....................................80 »
- Condenseur................................. n »
- Conduites de vapeur pour la turbine. 2, 5o
- Revêtement des conduites.......... 2, 5o
- Appareillage et câbles..................... 5 »
- Installation du foyerdelaturbine, etc. 5 »
- Total.................. 212,90
- C. T.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- La baisse des métaux autres que le fer s’accentue, dit-on, et l’origine de cette baisse est aux Etat-Unis,
- malgré l’optimisme de certaines dépêches qui tendent à faire croire que les valeurs cuprifères sont très recherchées à Wall Street. Les producteurs américains cesseraient, paraît-il, de publier les statistiques mensuelles concernant les stocks du métal. Cette décision apparaît naturellement 'comme le corollaire d’une situation peu favorable pour le commerce du cuivre; cependant quelques-uns l’attribuent à l’inexactitude des renseignements fournis par un groupe important de propriétaires de mines de cuivre à l’Association des producteurs. A Londres, à la date du 21 avril, on donnait comme certaines des ventes de grosses quantités de cuivre pour la consommation américaine et pour l’exportation : les prix pratiqués sont plutôt inférieurs à ceux relevés
- 11 y a huit jours, l’EIectrolytique ayant été traité à
- 12 3/4 cents. Si d’ici lin avril les expéditions à destination de l’Europe n’augmentent pas, les stocks à la fin du mois seront de nouveau en progression importante.
- Du reste, certaines Compagnies augmentent leur production. L’Utah Copper C°, qui a produit 23 548 tonnes en 1909, avec un prix de revient de 8,4 cents par livre, produira environ 26 785 tonnes en 1910, à 8,5 cents la livre. Le bénéfice est d’environ 4 cents par livre. Tandis que le prix de revient de la Nevada Consolidated C°, au cours du dernier trimestre,a été de 7,24 cents par livre, en diminution de 0,23 cents sur celui d’un trimestre précédent. L’effort des producteurs se dirige donc vers une réduction du prix de revient par une augmentation du nombre de tonnes de minerai traitées. Peut-on alors seulement’ entrevoir la stabilité du prix de métal qui se maintient difficilement aux environs de £ 57 1/2.
- Lesnouvelles toutes récentes de certains secteurs de province très importants font ressortir partout une progression de recettes de courant. Ainsi l’Euergie électrique du Littoral méditerranéen donne, pour février, 468461 francs en plus-value de io3ooofr. sur les recettes de février 1909, qui avaient été de 365 461 francs. Les deux premiers mois de l’année, à 989 856 francs, accusent ainsi une plus value de 248 571 francs, soit de 33,5 %. Le titre bénéficie déjà d’une amélioration présumée des résultats de 1909 : il s’inscrit à 4>5,5o. En 1908, la sécheresse persistante avait obligé la Société à recourir à ses usines à vapeur pour suppléer à l’insuffisance de ses installations hydrauliques. En 1909, il n’en fut pas de même, et l’année en cours, à ce point de vue très particulier, s’annonce comme aussi favorable.
- L’Energie Electrique du Nord réalise en février
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2e Sérié), — N? dô
- Istë
- ï5o 2^7 francs de recettes, en augmentation de noo % sur 1909, et l'Energie Electrique du Centre, qui a achevé ses installations du seçfeur du Roannais, encaisse en février 1910, pour les réseaux de Mont-luçon, Saint-Etienne et de Roanne, 171013 francs au lieu de n8 644 en 1909.
- Tandis qu’à Paris le compartiment des valeurs d’électricité n’est pas pour le moment l’objet d’actives transactions, à Berlin, il continue à être privilégié. L’action Schuckert hausse de 147,60 marks à t55,5 marks et l’action de la Société pour Entreprises Electriques gagne 5 % à 167 marks. Les résultats de l’exercice écoulé pour la Société Bergmann sont des plus favorables; le bénéfice brut atteint 5 «38483 marks contre 4 483 989 en 1908. Après amortissement de j 3a« 966 marks, le conseil proposera de maintenir le dividende à 18 % , le capital ayant été de 14 à ar millions de marks, les 7 millions nouveaux participant à la moitié des bénéfices.
- A Saint-Pétersbourg, le développement des secteurs d’électricité dépasse toutes les prévisions. L'Eclairage de Saint-Pétersbourg (société belge), dont les privilégiées cotaient' en novembre 460 et cotent maintenant 537 fr- 5o, la recette brute en 1909 s’est élevée à 6 464 n? francs, laissant, toutes charges déduites, un bénéfice de 2 4>5 694 fr.. dont la répartition proposée serait la suivante :
- Amortissement d’obligations.......3i3ooo
- Amortissement d'actions privilégiées. i465oo
- A la réserve...................... io5 6oi
- Impôts............................33oooo
- Dividendes.............. 141S205
- Tantièmes......................... IQ1972
- A nouveau,........................ 3 g«6
- les privilégiées recevraient «a francs ; l’ordinaire 53 et la jouissance 7 francs,
- La société l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg, dite de 1886, augmente deson côté son capital de 6 millions d’actions.
- La Société Anonyme russe de Saint-Pétersbourg pour installations électriques déclare un bénéfice de 930 000 roubles, supérieur de 387 ooo roubles à celui de 1908 ; elle propose à ses actionnaires la répartition d’un dividende de 6 % au lieu de 2 % • Il est à présumer, dans ces conditions, que l’Auxiliaire d’En-treprises Electriques, la Société belge, qui détient maintenant la plus grande partie des titres de la précédente, distribuera pour son premier exercice un dividende.
- L’Assemblée générale des actionnaires de l’Union des Tramways, annoncée dans notre avant-dernière
- chronique, a eu Heu le 9 avril dernier à Bruxelles. Du rapport, il résulte que les bénéfices divers se sont élevés à 6 338 francs et les charges à 335 607 francs laissant une perte de 329 «63 francs. L’écart considérable entre le chiffre de 433 000 francs montant des bénéfices divers de 1908 et celui de 1909 provient de la perte subie sur les ventes des titres du portefeuille, perte qui s’élève à a»» 000 francs! Il eût été intéressant de connaître la partie du portefeuille réalisée; mais le président s’est refusé à la faire connaître. Refus inexplicable quand on voit dans quel impasse l’Union est acculée : il semble que les commissaires des comptes auraient dû renseigner,, les actionnaires sur ce point; car, comme l’a fort bien dit un actionnaire, il ne peut y avoir aucun inconvénient à faire connaître la partie de l’actif qui a été vendue en dehors même du droit que possède tout actionnaire, à savoir ce que le Conseil a fait du patrimoine de la Société. A d’autres questions, plus précises encore, concernant le rachat à un tiers pour un million et demi de son bénéfice éventuel de construction dan? l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, et le débours d’une somme de 4oo ooo francs pour des obligations et des parts de fondateur du Central Electrique du Nord, le Conseil s’est abstenu de répondre; son silence a donné libre cours à tous les commentaires Cependant, le bilan a été adopté par la grande majorité des actionnaires. A l’Assemblée extraordinaire qui a suivi, une proposition de dissolution dé la Société a été écartée, et les résolutions suivantes ont été votées : suppression de toute valeur nominale aux actions de capital; création de 5o ooo actions privilégiées de 100 francs ayant droit, après déduction des charges et réserves, à un intérêt de 6 % et à aS % du surplus des bénéfices; attribution d’un intérêt de 5 % aux actions de capital sur ce même surplus des bénéfices ruais après la répartition accordée aux privilégiées. La souscription du nouveau capital a été garantie à concurrence d’un million par un groupe composé de la Société générale des mines et de commerce, la Société Internationale de commerce, la Banque suisse pour le commerce étranger et diverses personnes habitant Paris. Le conseil d’administration ayant été renouvelé entièrement, on peut penser que l’affaire sera mieux dirigée. Mais l’ère des difficultés n’est pas close, puisque la promesse de souscrire à l’augmentation de capital de l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing a été faite antérieurement, et que cette société lutte de son côté contre la mauvaise chance qui l’a poursuivie bien longtemps et l’oblige à envisager une réorganisation
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- âô Avril 19iô.
- Rêvuë b'ÉtÊctHiCitê
- iev
- financière. En fin de compte, on ne peut se défendre d une critique contre des gestions qui ont conduit le Central Electrique du Nord, l’Union des Tramways et l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing au point où ils en sont aujourd'hui.
- Pour faire suite aux différents renseignements que nous avons donnés parfois sur la transformation prévue des méthodes, métallurgiques, notons que le nombre des fours électriques actuellement installés ou en montage est de 114. Les plus répandus sont ceux de Roechling-Rodenhauser, d’Heroult et de
- Paul Girod i la France en possède al, l’AUetnagne,
- a5.
- L’essai de participation aux bénéfices qu’avait tenté sir Christopher Furness dans ses chantiers de constructions navales vient d’aboutir à un échec, les ouvriers eux-mêmes ayant voté l’abandon du système à la suite d une réduction du travail qui avait amené le chômage pour beaucoup d’entre eux. Ils eussent été heureux d’avoir à leur disposition l’argent qu’ils étaient obligés d’employer à acheter des actions.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Ardennes et Marne. — Est déclaré d’utilité publique 1 établissement, dans les départements de la Marne et des Ardennes, des chemins de fer d'intérêt local, à voie de l"*» de largeur.
- ip De Reims à Reine;
- 2° De Reims à Asfeld.
- Yonne. — Le département est autorisé à emprunter une somme de 7 975 5oo francs applicable aux frais d’établissement du réseau de chemins de fer d’intérêt local déclaré d’utilité publique par la loi du 3o mars 1910.
- Aupe. Le département de l’Aube est autorisé à emprunter une somme de 972 250 francs applicable aux frais d’établissement du réseau de chemins de fer d’intérêt local dont nous avons annoncé la déclaration d’utilité publique dans notre numéro du 16 avril 1910. Ce réseau comprend les lignes suivantes :
- Ligne de Sens à Nogent-sur-Seine : raccordement de Villeneuve-1’ Archevêque à Saint-Maurice-aux-Riches-Hotnmes. — Ligne de Joigny à Auxerre : raccordement d’Aillant à Fleury. — Ligne de Joigny à Villeneuve-l’Archevêque : raccordement de Laroche-sur-Yonne à Brion.
- Le maximum du capital de premier établissement est fixé à 11 460000 francs.
- Charente-Inférieurs. Est déclaré d’utilité publique, à titre d’intérêt général, l’établissement d’un chemin de fer, de Saintes à Burie.
- Basses-Pyrénées. — Est déclaré d’utilité publique, à titre d'intérêt général, l’établissement du chemin de fer électrique d'Hagelmau à Pau par ou près Arzacq.
- Allemagne. — Un projet de loi déposé à la Chambre
- prussienne autorise le gouvernement à réaliser par voi d’emprunt une somme de 199 g83 000 marks pour l’amélioration et l’exlemion du réseau des chemins de fer. Parmi les dépenses ainsi|prévues figurent 55 437 000 marks pour la construction de lignes nouvelles 4l -33a 000 marks pour la pose de voies supplémentaires, 22 249000 marks pour l’achèvement de travaux encours et 80824 000 marks pour l’achat de matériel roulant,
- ÉCLAIRAGE
- Corrèze. — Le projet d’éclairage électrique de Mey-mac soumis par M. Rambaud vient d’être approuvé par la municipalité.
- Haute-Loire. — La municipalité de Vorey-sur-Arzon est en pourparlers pour l’éclairage électrique de la commune.
- Hautes-Pyrénées. — Les communes de Sarp et d’Izaourt viennent de traiter avec une Société régionale d’électricité pour l’éclairage électrique.
- Hérault. — Un comité s’est fondé k Lodève dans le but d’étudier la solution la plus favorable pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Pyrénées-Orientales. — La municipalité de Montlouis a adopté les plans et devis du projet d’éclairage électrique.
- Saone-rt-Lqire. Le Conseil municipal d’Epinac-les-Mines a adopté le projet de traité pour l’éclairage électrique.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Seine-et-Oise. — La Chambre de Commerce de Corbeil est autorisée à avancer à l’État une somme de 8 iz5 fr.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série)^
- en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Cor-beil-Villeneuve-Saint-Georges.
- ♦
- Tonkin. —Une compagnie américaine a demandé l’autorisation d’établir des stations de télégraphie sans fil à Singapore et à Hong-Kong, aün de pouvoir communiquer avec Yokohama, Shanghaï et Bangkok.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston. Paris.
- Bulletin mensuel. Février-mars 1910. Matériel de ligné caténaire simple pour courants à haute tension.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft. Berlin.
- Die Uberlandzentrale Bebwit.
- Selbsttatiger elektrischer Antrieb fur Hauswassër-pumpen.
- Die neuen Kontroller der A. E. G.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Artésienne de force et lumière. — Constituée le a fl mars 1910. — Capital : 800 000 francs. — Siège social : Bully-Grehay (Pas-de-Calais).
- Société du verre électrique, —Constituée le 6 avril 1910.
- — Capital : 3oo 000 francs. :— Siège social : 7, rue Saint-Pétersbourg, Paris.
- Société anonyme des Établissements Silicia. — Constituée le 23 mars 1910. — Capital : 1 oooooode francs. — Siège social : Bruxelles.
- - Société Nuittonne d'Electricité. — Durée 3a ans. — Capital : 55 000 francs. — Siège social : Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or).
- La Régionale Electrique. — Constituée le 18 avril 1909.
- — Capital : 65o 000 francs. — Siège social : 6, rue Broca, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANGE
- Le 20 mai, à la mairie de Mortcerf (Seine-et-Marne) fourniture d’une pompe pour l’élévation de l’eau, d’un gazogène et d’un moteur à gaz pauvre. Soumissions avant le 4 mai.
- BELGIQUE
- Le 18 mai, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture du courant aux lignes électriques de Louvain. Soumissions recommandées le 17 mai.
- Le a5 mai, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, construction de la section de Leval-Trahegnies à Anderlues, 129 669 fr. 69 ; caul. i3ooo francs. Soumissions recommandées le 24 mai.
- Le i5 juin, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, installation de la traction électrique sur la ligne de Bruxelles à Hâecht: lignes aériennes, sous-station, armement du matériel roulant. Soumissions recommandées .le 14 juin.
- ALLEMAGNE
- Le 12 mai, à l’administration des salines, à Ebensee, établissement d’installations électriques pour la traction des wagons.
- Prochainement, au Kreistag, à Crossen-sur-Oise, établissement d’une centrale électrique, 1 100000 marks.
- Prochainement, à l’Anhaltisclie Landtag, à Dessau, établissement d’une centrale électrique 25 millions de mark.
- Prochainement, à l’administration communale, à Schriesheim (Bade), installation de l'éclairage électrique, 60 000 marks.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 2 mai, à l’administration des postes, à Vienne, fourniture de 5oooo m. cts-fil en caoutchouc, 100000 m. cts fil ordinaire et 1 200 000 m. cts câbles métalliques.
- Prochainement, à l’administration communale, à Kaposvar (Hongrie), extension des installations électriques, 25o 000 couronnes.
- ROUMANIE
- Prochainement, à la mairie de Bucarest, fourniture des voitures, câbles et accessoires pour l’établissement I des tramways communaux.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de Vannée 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (il'“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe 'que de- la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PàiiA.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant: J.-Li. Nouet.
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- .Trente-deuxième année. SAMEDI 7 MAI 1910. Tome X (3e série).— N° 19.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Èclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- SOMMAIRE
- EDITORIAL,p. 161. — Devaux-Chaubonneï.. Chronique de télégraphie et téléphonie : La téléphonie et la télégraphie sous-marines au moyen des courants de haute fréquence, p. i63. — J. Reyval. L’Exposition de la Société française de physique (suite), p. 169.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la loi de l’induction, de Baille hache, p. 172. — Méthodes et appareils de mesures. Les amalgames de cadmium et l’élément étalon Weston, 1 E. Smith, p. 172. —Etude, construction et essais de machines. De l’influence de la ventilation sur la température de régime des conducteurs nus ou isolés, L. Roy, p. 173. — Transmission et distribution. Parafoudre électrolytique à électrodes d’aluminium complètement immergées, p. 176. — Electrochimie et électrométallurgie. Sur le raffinage électrolytique de l’or, p. 176. — Réduction des chlorures de bore et d’arsenic par l’hydrogène sous l’influence de l’effluve électrique, A. Besson et L^ JFourniee, p. 178. — Eléments primaires et accumulateurs. Mixture à l’épreuve des acides et des bases pour imprégner les rayons qui supportent les batteries d’accumulateurs, F. Bonnet, p. 178. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Recherches sur les cohéreurs, H. Eccles, p. 179. — Brevets, p. 179-—Chronique industrielle et financière.—Notes industrielles. Les prescriptions de sécurité dans les installations électriques, p. 182. — Nouvelles machines à vapeur économiques, A. Berthier, p. 184. — Chronique financière, p. 187. — Renseignements commerciaux, p. 190. — Adjudications, p. 191.
- ÉDITORIAL
- La téléphonie sans fil, en attirant l’alten-tion sur l’emploi cle courants alternatifs de haute fréquence dans les circuits de microphones, a donné à plusieurs l’idée que l’on pourrait peut-être procéder d’une manière analogue dans la télégraphie et la téléphonie ordinaires, en particulier pour les communications sous-marines. Si l’on se fie, en effet, aux formules connues qui déterminent l’affaiblissement et la vitesse de propagation des courants de très haute fréquence, on trouve que ces deux quantités tendent à devenir indépendantes de la fréquence, et par
- suite que des co’urants périodiques de fréquence suffisamment élevée tendent à se propager sans aucune déformation.
- Mais, fait remarquer M. Devaux-Charbon-nel, il est facile de voir qu’un tel raisonnement implique une sorte de contradiction dans le point de départ. M. Karl Wagner, en soumettant la question à l’analyse a montré d’une manière précise que les théoriciens dont il s’agit étendaient abusivement au régime variable les données qui concernent. exclusivement le régime régulier ; d’où leur erreur.
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- T. X (2® Série). — N° 19.
- Cette discussion a paru à M. Devaux-Charbonnel assez décisive et importante pour faire l’objet de sa deuxième Chronique de Télégraphie et Téléphonie, que nos lecteurs liront avec le même plaisir et le même profit que la première;
- Parmi les appareils présentés à VExposition de la Société française de Physique, M. J. Reyval décrit aujourd’hui un instrument de mesure d’une application très générale : le logomètre, dont le principe est fort élégant et qui est une nouveauté toute récente ; et un dispositif de redresseur à vibreur pour la charge des accumulateurs en courant alternatif, qui est également d’une simplicité ingénieuse.
- Nous citerons aussi un intéressant dispositif de démarrage des moteurs synchrones, dont l’application est toutefois limitée aux machines de faible puissance.
- On s’occupe beaucoup en ce moment de la question des unités électriques. A ce propos les recherches de M. Smith sur les anomalies observées dans Félément étalon Weston sont du domaine de l’actualité. M. Smith semble en effet avoir démontré que le titrage choisi pour l’amalgame de cadmium employé n’était pas toujours le plus convenable.
- La communication de M. Roy à la Société des Électriciens sur Féchauffement des conducteurs a été très appréciée, et nous avons tenu à en donner les résultats essentiels
- sans trop l’écourter. L’auteur est parvenu à tenir compte d’une manière satisfaisante de l’influence de la ventilation.
- Nous signalons ensuite un type de para-foudre électrolytique dont les électrodes sont complètement immergées, puis, plus longuement, un nouveau procédé pour résoudre la question très spéciale, mais très intéressante, du raffinage électrolytique de l'or.
- M. F. Bonnet a récemment indiqué une mixture à l'épreuve des acides et des bases pour imprégner les rayons qui supportent les batteries d'accumulateurs dans les stations centrales. Nous en indiquons d’après lui la composition et la préparation.
- Enfin on lira les résultats des dernières recherches de M. Eccles sur les cohéreurs, qui ont conduit leur auteur à une hypothèse intérëssante.
- Nous devons à nos lecteurs quelques explications au sujet du retard apporté à la publication de la Table des matières du ier trimestre de 1910; cette table est constituée en fascicule séparé sur un plan nouveau destiné à rendre les recherches plus rapides et plus complètes : l’établissement du premier fascicule a donné naturellement lieu à des remaniements assez nombreux qui sont cause de notre retard, qui est par suite entièrement exceptionnel et ne saurait d’ailleurs guère se prolonger encore .
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE (1)
- LA TÉLÉPHONIE ET LA TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINES AU MOYEN DES COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE
- On connaît le principe sur lequel repose la téléphonie sans fil. Ayant produit au moyen d’un dispositif particulier, arc chantant en général, des courants de très haute fréquence correspondant à un nombre de vibrations qui dépasse la sensibilité de l’oreille, on fait agir un microphone sur ces courants. Les sons de la voix, qui font varier la résistance des contacts microphoniques, augmentent ou diminuent l’amplitude des courants à haute fréquence suivant la loi même des variations des sons émis. Le courant à haute fréquence produit des ondes hertziennes qui sont transmises à l’espace au moyen de l’antenne à la façon des ondes ordinaires, et, à l’arrivée, les ondes reçues dans un récepteur téléphonique n’impressionnent pas l’oi'eille, car leur période est trop élevée, mais les variations d’amplitude reproduisent fidèlement les modulations de la voix.
- La decouverte de la téléphonie sans fil a appelé l’attention sur un nouveau procédé de mise en œuvre des microphones. Jusqu’ici on les avait alimentés par du courant continu. Les variations de résistance des contacts microphoniques, produites par la voix, faisaient varier l’intensité du courant et le transformaient en un courant ondulatoire. Le dispositif employé par la téléphonie sans fil consiste, au contraire, à alimenter le microphone par un courant alternatif dont la période est assez élevée pour ne pas agir sur. l’oreille; l’amplitude de courant est modifiée par les vibrations du microphone, et la parole se trouve ainsi reproduite.
- Ce mode absolument différent d’envisager (*)
- (*) La dernière Chronique de Télégraphie et Téléphonie a paru dans la Lumière Electrique du 5 mars 1910.
- les transmissions téléphoniques devait faire éclore de nouvelles idées, et il était naturel de songer que certains problèmes qui n’avaient pu être abordés jusqu’alors allaient peut-être recevoir une solution simple et commode.
- En tête de ces questions, s’est placée immédiatement la télégraphie sous-marine. Un examen superficiel a permis tout d’abord de croire que l’on tenait le moyen, depuis si longtemps cherché, de propager les ondes téléphoniques dans les câbles. On sait, en effet, que la capacité de ces conducteurs est la cause principale de déformation des signaux qui y sont transmis. Un signal isolé est non seulement affaibli, mais il est allongé, étalé, par suite de sa propagation. Deux signaux qui se suivent à court intervalle se trouvent soudés, confondus en un seul.
- S’il s’agit de télégraphie, la vitesse de succession des signaux doit être assez faible pour qu’ils puissent arriver distincts à l’extrémité du câble. Pour la téléphonie, la question se présente sous un aspect différent. Si on considère une force électromotrice de forme sinusoïdale et de pulsation w, elle détermine la propagation sur la ligne d’ondes électriques qui ont une loi déterminée. La longueur des ondes et leur coefficient d’affaiblissement dépendent naturellement des constantes de la ligne sur laquelle elles se propagent; mais elles dépendent aussi de la période de l’onde considérée. Il est d’ailleurs facile de voir, d'après les formules qui donnent la valeur de l’affaiblissement, que cette constante augmente avec la fréquence, de soi’te que si, en particulier, on considère un courant téléphonique qui comporte toutes les
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- T. X (2e Série). — N° 19. ’
- fréquences correspondant au son fondamental de la voix et à diverses harmoniques, ce courant sera déformé par la propagation et la parole deviendra inintelligible.
- Considérons, maintenant, un courant de haute fréquence. A mesure que la fréquence s’élève, le coefficient d’affaiblissement se rapproche de plus en plus d’une valeur limite qui est indépendante de la fréquence
- R, C et L étant la résistance, la capacité et la self-induction de la ligne par unité de longueur.
- D’autre part la vitesse de propagation des ondes s’approche aussi de la valeur
- X
- v = ——
- V LC
- dans laquelle n’apparaît plus la fréquence.
- Il en résulte que des courants périodiques d’une fréquence suffisamment élevée peuvent se propager sans aucune déformation.
- De là à conclure que la télégraphie et la téléphonie Sont possibles avec les câbles sous-marins au moyen de courants de haute fréquence, il n’y avait qu’un pas facile à franchir. Aussi, depuis quelques années, plusieurs auteurs se sont attaqués à ce problème et, bien qu’aucune expérience concluante n’ait encore été réalisée jusqu’à ce jour, il reste cependant dans l’esprit de beaucoup de personnes la conviction que la solution est simple et que le succès est prochain. D’une façon générale et en s’en rapportant aux considérations que nous venons de rappeler, il semble qu’il suffise, pour la télégraphie, de choisir un courant d’une période suffisamment élevée et de composer les signaux, à la manière des signaux Morse, d’éléments de différentes longueurs, les signaux seront correctement transmis et reçus à l’extrémité d’arrivée. Pour la téléphonie, on adoptera un courant alternatif dont la fréquence soit assez élevée pour ne pas impressionner l’oreille, et on emploiera comme transmetteur un dispo-
- sitif agissant, non pas sur la période, mais sur l’amplitude du courant. Ces variations d’amplitude, se transmettant fidèlement jusqu’à l’autre extrémité de laligne, reproduiront la parole dans le récepteur.
- Malheureusement, tout ce merveilleux édifice ne tient pas debout, car sa base n’est rien moins que solide. Il semble tout d’abord bien étrange, en ne faisant appel qu’au simple bon sens, qu’après avoir constaté que les courants alternatifs éprouvent des déformations d’autant plus grandes qu’ils sont plus rapides, on puisse les utiliser pour propager des phénomènes électriques avec une sécurité plus grande que celle donnée par le courant continu. Cependant cette remarque n’a que la valeur d’une objection de sentiment.
- En regardant les choses d’un peu plus près, il n’est pas difficile de découvrir que l’on fait dire à des formules mathématiques ce qu’elles n’ont jamais renfermé. En effet, les expressions que nous avons rappelées concernant les courants alternatifs résultent d’un calcul qui suppose qu’un régime est établi sur la ligne. On fait avant tout cette hypothèse fondamentale qu’un courant de fréquence égale à celle de la force électromotrice parcourt la ligne. Si cette hypothèse- est vraisemblable au bout d’un certain temps qui sera égal à un certain nombre de périodes, elle n’est certes pas légitime quand il s’agit des premiers moments de la propagation. Nous avons nous-même maintefois employé ces formules, ou d’autres, obtenues par les memes procédés de calcul, dans le but d’étudier certaines questions de téléphonie ordinaire ; mais nous avons eu bien soin de constater auparavant, par expérience, que la partie la plus importante des sons de la voix humaine correspondait à un régime régulier d’un nombre assez grand de périodes représentant les voyelles, compris entre des intervalles beaucoup plus courts relatifs aux consonnes; et, néanmoins, nous avons toujours cru prudent de faire appel à l’expérience pour vérifier les résultats de la thçorie.
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- Mais il est absolument illégitime de penser que les formules en question peuvent s’appliquer quand il s’agit du régime variable.
- Pour s’en convaincre d’une façon plus probante que ne permet de le faire le simple raisonnement, il semble qu’il n’y ait guère d’autre moyen que d’attaquer la question par le calcul.
- C’est ce que vient défaire M. Karl Wagner dans un article publié les 17 et 24 février dans VElektrotechnische Zeitschrift.
- Il rappelle tout d’abord que le problème comporte deux cas particuliers qui ont été déjà étudiés. Le premier est celui d’un courant très lentement variable. On peut dans ce cas négliger la self-induction et on retombe dans la théorie bien connue qui a été exposée pour la première fois par W. Thomson. L’autre cas se rapporte aux conducteurs très courts, ou à ceux dont la résistance ohmique est relativement très faible. Les ondes y sont amorties, mais non déformées, comme l’a montré Ileaviside.
- Mais il est possible d’aborder le cas général. Il suffît de suivre la voie qui a été indiquée par H. Poincaré (*). Etant donnée l’importance que peut avoir la méthode pour l’étude de problèmes de ce genre, nous croyons utile de résumer la marche du calcul.
- En employant des vaxûables convenablement choisies pour représenter les distances à l’origine X, le temps T, le courant I et la force électromotrice V, et qui soient liées aux variables ordinaires x, t, i et v par les relations
- (*) Eclairage Electrique, tome XL, 1904, p. 121 à 241.
- le problème se ramène à la solution d’une équation différentielle
- a^> ô<I> ô2<I> _ dTt + a ÔT ~ ôX5 — °’
- qui déterminera une fonction auxiliaire $ donnant I et V par les relations simples
- î _ _ M» _
- dT ÔX’
- Si l’on suppose qu’il s’agit d’une impulsion de très courte durée, c’est-à-dire d’une onde qui sera produite à une extrémité de la ligne, pendant un temps très court, la fonction <t> sera nulle en chaque point de la ligne jusqu’au temps
- T = X.
- A partir de ce moment, elle variera suivant la loi
- <ï> = — e~T J0 — X2)>
- J0 étant la fonction de Bessel, dont nous rappelons la valeur :
- J0 (Lv) = 1 +
- +
- +
- 3!2
- valeur qui se réduit à
- ex
- \J %~x
- quand x est suffisamment grand. D’ailleurs, comme la relation
- T = X
- correspond à
- dire que l’onde n’arrive au point X qu’à l’époque T = X, revient à dire que l’onde se propage avec une vitesse
- I
- y/Ec’
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- T. X (2* Série}. — N* 49.
- Mais, en pratique, le phénomène le plus important n’est pas celui de l’impulsion élémentaire dont nous venons de parler, car il ne correspond pas au mode ordinaire de production des signaux sur les câbles. On sait, en effet, que ces signaux sont produits en appliquant au câble une force électromotrice pendant un certain temps, puis en mettant le câble à la terre pendant un temps qui le plus souvent est égal au premier. Cette opération constitue un signal élémentaire. Ces signaux, qui peuvent être de polarité différente, sont diversement combinés, de manière à former les lettres de l’alphabet. Or, il est facile de voir que la forme des signaux qui apparaîtront à l’extrémité du câble sera bien déterminée, si on connaît la forme du courant qui est donnée par l’application de la force électro-motrice pendant un temps infini. En effet, mettre le câble à la terre, un certain temps après avoir appliqué une force électromotrice, équivaudra à superposer à la première force qu’on supposera toujours agissante, une nouvelle force égale et de signe contraire. La forme du signal, à l’extrémité d’arrivée, sera donc obtenue en combinant avec la courbe primordiale correspondant à la force électromotrice supposée continue, une courbe identique, décalée par rapport à la première du temps convenable, et inversée. L’envoi d’un second signal obligera à combiner avec la courbe précédente, la même courbe primordiale convenablement décalée et située, etc., de sorte que la forme de la courbe du courant dépendra en somme uniquement de la courbe correspondant à une force électromotrice de durée indéfinie.
- C’est cette courbe qu’il s’agit de calculer. On trouve pour son expression une valeur analogue à celle qui correspondait tout à l’heure à la fonction 4>.
- i = <rT j0 (i \Zr'F^T>). {i)
- \
- M. Wagner a calculé quelques-unes de ces courbes pour les valeurs particulières o — o,i — i — i,5—2 — 3 •— 5 — iodèX
- en supposant qu’il s’agit d’un câble ayant par kilomètre
- R = i ohm,
- L = 5 X io~4 henry,
- C = o,25 mîcrofarad ;
- ce qui pour X — i donne la longueur approchée
- x = 90 kilomètres et pour T — 1 la valeur
- £ — 0,001 seconde.
- Les courbes des figures 1, 2, 3, 4 permettent de suivre la variation de courant en certains points du câble.
- Fig. 1. — Courbe du courant d’arrivée. — X = o est le commencement du câble ; X = 0,1 correspond â 9k“ de câble ; X = 1 correspond à 90^“ de câble; X = i,5 correspond à 135k111 de câble; X = 2 correspond à i8okm de câble ; X 3 correspond à- 270km de câble.
- Le courant au temps T = X, c’est-à-dire t — x /LG débute avec la valeur
- i—- v
- ji t
- 2L amp.
- Cette valeur est d’autant plus petite que
- Fig. 2. — Courbe du courant d’arrivée pour X = 3 (270km de câble).
- le point considéré est plus éloigné de l’origine. Pour X = 2, la valeur du courant est constante. Pour X > 2 le courant augmente,
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- passe par un maximum et diminue ensuite lentement avec le temps.
- Gomme X = io correspond à une longueur
- Fig. 3. —Courbe du courant d’arrivée pour X = (45okn' de cftble.)
- de 9ooSm seulement, il y a intérêt à rechercher ce que devient la courbe du courant
- Fig. 4. — Courbe du courant d’arrivée pour X = io (900km de céble).
- pour des longueurs supérieures. C’est ce que montre la figure 5.
- Fig. 5. — Courbe du courant d’arrivce pour les points très éloignés.
- Dans ce cas la valeur de I est plus simple. A part les premiers moments qui suivent l’arrivée du front de l’onde, on a
- courant, en considérant le “temps au bout duquel le maximum est atteint. On a :
- R
- aL
- R2 C
- 4 L
- X-
- d’où
- t. =- R CL;2. 2
- Cette valeur de t correspond en somme au demi-produit de la capacité totale du câble par sa résistance totale. C’est l’analogue de la loi de Thomson pour les câbles dont la self-induction est négligeable. On doit donc conclure que pour les câbles de grande longueur, c’est-à-dire d’une longueur supérieure à io X, cette quantité n’a aucune influence sur la valeur du courant.
- On pourrait objecter que les résultats que nous venons de rappeler ne s’appliquent qu’à une ligne indéfinie et non pas, comme c’est le cas en pratique, à une ligne finie. Cette objection est très juste. Mais il convient de remarquer que le cas de la ligne finie se ramène à celui de la ligne indéfinie. Supposons, par exemple, qu’une ligne finie comporte au départ une force électromotrice /'(T) et qu’elle soit à la terre à l’arrivée. Considérons une ligne indéfinie; pour maintenir la condition V = o au point X = l, il faut qu’une force électroniotrice /‘(T) soit placée au point X = o. l. On aura, en effet, pour la ligne indéfinie
- q> = q> (x,T) + <i> (a / — x,T)
- _ 5!
- e 2T
- \/ 27ïT
- C’est la formule que donne la théorie de Thomson,quand on néglige la self-induction. La courbe a un maximum pour T = X2 :
- X\/ 27ÎC
- et
- v 00 v /
- V = = o pour A = (.
- Mais cette force électromotrice va produire une force élect.romotrice qui va s’ajouter à celle que nous avons supposée au départ de la ligne finie. Pour l’annuler, il faudra sur la ligne indéfinie placer une force / (T) au point X — — 21. Mais alors, il conviendra d’équilibrer l’effet produit sur le point X = Z, par une force électromotrice
- On a en somme une idée de l’étalement du
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- f(T) placée au pointX = 4 l, etc... Finalement la fonction <ï>, à considérer, sera de la fonne
- <1> = 2* <I> (X zfc ml, T)
- et le problème se solutionnera en faisant la somme d’un certain nombre de fonctions $. Cette fonction est donc fondamentale et la
- Fig. 6.
- forme des courbes qu’elle donne permet de se rendre compte de toutes les conditions des transmissions.
- Supposons maintenant qu’il s’agisse d’un courant alternatif. On pourra remplacer un courant sinusoïdal, pour l’étude qui en est faite, par un courant de la forme indiquée par la figure 6.
- Au temps T == o, le courant en chaque point est donné par la formule (i)
- I = e-ïJ0(*VT*^X») =I(X,T). (i)
- Si e est la demi-période de la force électromotrice, il faudra admettre qu’au temps T = e vient se superposer une force électromotrice égale à — 2 qui donne un courant
- b = — 2 I (X,T — e).
- Puis au temps T= 2 s viendra une nouvelle force électromotrice égale à -)- 2 ; et ainsi de suite.
- Le calcul montre que finalement s’il y a au départ n pulsations on doit ajouter au courant donné par la formule (1) un terme
- pour avoir l’effet produit én un point déterminé par la n° pulsation.
- En somme les pulsations de la force électromotrice se transmettent le long de la ligne, mais elles vont s’affaiblissant suivant la loi e~x. Tant que X n’est pas grand, le courant supplémentaire n’a pas d’influence, car il est beaucoup plus petit que le courant principal. Alors le courant alternatif peut parfaitement être employé pour transmettre les signaux. Mais ce cas n’est pas intéressant, car la transmission se fait sans difficulté, quel que soit le courant employé. A mesure que X augmente, l’amplitude des pulsations diminué et alors le courant supplémentaire peut pren-" dre une valeur supérieure à celle du courant principal. Si on considère, en effet, un câble transatlantique, pour :
- • x = 4»
- on a
- e'x — 0,4 X io-1’
- tandis que le courant supplémentaire pour 100000 périodes et pour n = 10 donnerait o,20 >< 10"11,c’est-à-dire une valeur6oo 000 fois plus grande. De sorte que, à l’extrémité du câble, il arrivera une seule impulsion de la forme de l’équation (2), au lieu d’une série de pulsations, ou du moins l’impulsion unique sera beaucoup plus importante que les n pulsations qui correspondront au signal du départ.
- En résumé, les variations d’amplitude sur lesquelles on comptait pour transmettre des signaux ne se manifesteront pas sous la forme qu’on pouvait leur supposer. Tous les raisonnements basés sur l’existence d’ondes stationnaires seules sont entachés de grosses erreurs, et il ne semble pas que les espérances qu’on avait fondées sur ce nouveau mode possible de communication soient justifiées.
- Devaux-Ciiarbonnel.
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- L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE {Suite) (,)
- En dehors des appareils de mesures à deux aiguilles, dont nous avons rendu compte la dernière fois et dont quelques-uns au moins présentent un intérêt pratique immédiat (2), la maison Carpentier présentait également un logomètre, imaginé par M. L. Joly et qui mérite de retenir l’attention.
- Cet appareil, décrit par M. Carpentier, le 29 mars, dans une note à l’Académie des Sciences (3) permet de mesurer le rapport (d’où son nom) de deux courants (indépendamment de leurs valeurs absolues), — et par suite decomparer deux résistances, ou encore, comme on le concevra aisément d’après sa constitution, de servir d’indicateur à distance, de transmetteur d’ordres, etc.
- Le logomètre est en somme un galvanomètre Deprez-d’Arsonval dont l’équipage mobile est constitué par un cadre double (fig. 1) et dont le champ magnétique est dissymétrique.
- (Ai
- /•
- V
- Fig. 1.
- L’équipage mobile est constitué par deux cadres égaux en fil conducteur, accolés côte à côte et dans le même plan sur un même axe, comme le montre la figure 1. L’ensemble peut tourner autour de cet axe qui est monté entre pivots dans le bâti de l’appareil. Des
- (q Voir Lumière Electrique, a3 avril 1910.
- (2) L’ondemètre ne peut encore, dans l’état actuel de la radiotélégraphie, rendre de grands services, puisqu’on a toujours affaire non pas à une onde unique, mais à deux. A mesure que les progrès de la technique nous rapprocheront de l’onde pure, sa valeur d’emploi augmentera.
- (3) Comptes Rendus du 29 mars 1910, p. 826.
- rubans d’argent, extrêmement ténus, permettent de faire circuler des courants dans les deux cadres, en n’exerçant sur l’équipage qu’une force directrice à peu près négligeable.
- Les pièces polaires de l’aimant de champ sont façonnées de manière à laisser entre elles un vide cylindrique. Le noyau répartiteur est placé dans ce vide, excentriquement comme on le voit sur la figure 2. Par suite de cette disposition, la densité du champ, de part et d’autre du noyau, va en décroissant régulièrement de A en B.
- L’axe de l’équipage occupe le centre du noyau répartiteur; les côtés extérieurs des cadres se déplacent donc suivant un cylindre
- Fig. 2.
- concentrique à ce noyau et sont plongés dans des régions de densité magnétique vaiûable, suivant la position de l’équipage.
- Lançons dans les cadres des courants d’intensités î, et 4 et désignons par Zq et /i2 les densités magnétiques le long des branches extérieures de l’équipage. Les forces qui solliciteront ces deux branches (supposées réduites chacune à un fil unique) auront respectivement pour expressions q/ij et izh2- Le sens des courants ayant été choisi de manière que ces forces soient en opposition et-dirigées vers les plages faibles du champ, on verra
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- l’équipage tourner jusqu'à venir occuper une position pour laquelle on aura :
- OU
- h>2
- hi 2*2
- Cette position ne dépendra donc nullement des intensités absolues des courants, mais seulement de leur rapport. Une analyse très simple montre que, sous les conditions énoncées précédemment, cette position est stable. Il est donc possible de tracer sur le cadran de l’appareil une graduation devant laquelle se déplacera son aiguille et dont les divisions correspondront aux diverses valeurs du rapport l-~.
- ^9
- Une particularité intéressante du logomètre consiste en ce que l’allure de sa graduation peut être, pour ainsi dire, modelée par un façonnage convenable de l’entrefer dans lequel se meuvent les cadres de son équipage. Dans le modèle présenté en séance, l’entrefer est compris entre deux cylindres circulaires excentrés l’un par rapport à l'autre. Un simple changement dans les diamètres respectifs de ces cylindres ou dans leur excentricité est de nature à influer grandement sur la sensibilité de l’instrument, c’est-à-dire sur l’écart des valeurs extrêmes qu’il embrasse. Une déformation plus profonde des pièces polaires agirait sur les régions intermédiaires de la fonction de sensibilité.
- Nous allons maintenant parler de deux dispositifs fort ingénieux, présentés par M. A. Soulier.
- Dispositif de démarrage des moteurs synchrones de faible puissance.
- M. Adouber emploie un moteur dont l’induit est muni d’un collecteur et de bagues, et l’inducteur feuilleté. Au démarrage, l’in-ductfeur et les balais du collecteur sont reliés au réseau, les balais étant décalés d’un certain angle par rapport à la ligne neutre. Par
- suite, le démarrage se fait comme celui d’un moteur monophasé à collecteur (*).
- Le mouvement du rotor s’accélère rapidement et atteint bientôt une vitesse supérieure à celle qui correspond au synchronisme : c’est ce notable excès de vitesse qui est la condition essentielle d’application de la méthode. A ce moment, on coupe au moyen d’un commutateur les connexions réseau-moteur, tandis qu’on relie le réseau aux bagues : la machine devient ainsi auto-excitatrice et se freine ; sa vitesse, en décroissant, arrive à celle du synchronisme ; à ce moment l’accrochage a lieu spontanément et le régime normal est établi.
- Transformateurs redresseurs pour la charge des accumulateurs avec le courant alternatif.
- M. A. Soulier a établi de même la très ingénieuse soupape à vibreur que nous allons décrire, et qui comporte, pour la charge des accumulateurs, des simplifications de manœuvre considérables, puisqu’en particulier elle dispense de reconnaître les pôles.
- En voici le principe : nous savons que, dans le téléphone, les mouvements de la membrane sont sensiblement synchrones du courant alternatif qui traverse les bobines. Si donc un récepteur de ce genre a été étudié en vue de donner à sa membrane des déplacements suffisamment grands pour pouvoir être utilisés, on voit que l’on pourra s’en servir pour fermer le circuit du courant alternatif, quand ce dernier aura un sens déter-miiié, et le rompre dès que le sens tendra à changer. Si la fréquence du courant alternatif vient elle-même à varier, comme c’est continuellement le cas dans le téléphone, la lame obéira fidèlement et maintiendra toujours le courant redressé dans une direction bien déterminée.
- Tel est le principe de l’appareil. En réalité, il est un peu plus compliqué, car pour obtenir un bon fonctionnement il faut qu’il ne se
- (!) V. A. Blondel, Eclairage Electrique, igo3 et 1904.
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- produise pas, ou presque pas, d’étincelles entre les points de contact ; l’appareil devra donc ouvrir et fermer le circuit au moment précis où le courant alternatif passe par zéro ! on verra plus loin comment ce résultat a été atteint pratiquement.
- Ceci dit, l’appareil se compose :
- i° D’un transformateur, ou d’un auto-transformateur ayant pour but d’approprier économiquement la tension de distribution à l’application que l’on a en vue.
- 2° D’un redresseur ou vibreur.
- Le transformateur n’offre rien de bien particulier. Il est à circuit magnétique fermé', sa forme a été choisie de préférence circulaire, afin de pouvoir disposer le vibreur, en son milieu; il reçoit sur son primaire les iio ou 220 volts du réseau de distribution et rend par le secondaire du courant à la tension de 6 ou 7 volts ou tout autre tension, s’il est nécessaire.
- Le redresseur se compose essentiellement d’une lame vibrante en acier FF tendue entre deux supports A et B ; elle porte en son centre un contact en alliage spécial inoxydable venant appuyer légèrement sur un contact de même nature, porté par une équerre G. La pression de la lame d’acier contre l’équerre est réglée par une vis V que bloque un contre-écrou.
- Devant la lame vibrante et à une petite distance se trouve un électro-aimant YZ excité par du courant continu (pris sur l’accumulateur à charger). L’un des pôles Y de cet électro reçoit une bobine magnétisante E parcourue par le courant alternatif du réseau. Le montage se fait d’une façon très simple :
- Le secondaire à gros fils p, q du transformateur, dont le nombre de spires est réglé pour donner une force électromotrice en rapport avec le nombre d’accumulateurs à charger, est relié à ces éléments par l’intermédiaire de la lame vibrante et du contact G.
- Fonctionnement. — Gomme il est facile de le voir sur le schéma, si on lance le courant alternatif dans l’appareil, la lame vibrante va fonctionner comme une vraie soupape ; en
- oscillant sous l’effet de l’électro, elle pourra venir fermer le circuit de l’accumulateur sur le secondaire lorsque le sens du courant sera propice à la charge, elle rompra, au contraire, le contact dès que le sens du courant tendra à changer.
- Le mouvement de la lame sous l’influence de l’électro-aimant polarisé s’explique de la façon suivante : les bobines YZ parcourues par du courant continu déterminent un flux fixe dans le noyau, tel, par exemple, qu’en E se trouve un pôle nord. Si le courant alternatif est lancé dans la bobine E, on voit que
- tantôt son action s’ajoutera à celle de l’élec-tro à courant continu, tantôt elle s’en retranchera; il en résultera que la lame vibrante en acier qui est dans le voisinage suivra fidèlement ces variations d’attraction. Reste à obtenir le synchronisme absolu qui permet une marche sans étincelle ou à peu près. Le calage du mouvement de la lame par rapport au courant qui la traverse se règle assez aisément en modifiant l’excitation de l’électro à courant continu. L’ensemble est en effet assimilable en tous points à un moteur synchrone, il suffira donc de le surexciter ou de l’exciter d’une façon variable pour obtenir une mise en phase parfaite des mouvements de la lame.
- Une autre particularité curieuse de cet
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- appareil est que l’on n’a pas besoin ni de s’inquiéter des pôles ni de les reconnaître avant de lui relier les accumulateurs. Quel que soit le sens des attaches, la charge a toujours lieu. Ce fait paradoxal s’explique si l'on remarque que l’électro-aimant YZ est excité par l’accumulateur à charger ; si on change le sens des attaches de l’appareil avec l’accumulateur, on change aussi les pôles de l’électro et le mouvement de la lame se trouve aussitôt modifié, en sorte qu’au lieu de recueillir l’une des ondes du courant alternatif, elle recueille l’autre.
- Enfin le redresseur h double vibreur système A. Soulier, dont nous ne dirons qu’un mot, comporte, en vue d’obtenir un plus grand rendement et une plus grande puissance, deux lames au lieu d’une seule, ce qui permet de redresser les deux ondes du courant alternatif ; de plus l’appareil est auto-excitateur, en sorte qu’il se met en marche à la simple fermeture d’un interrupteur.
- Le rendement de ce redresseur double se calcule aisément en tenant compte que la dépense de courant des bobines destinées à entretenir le mouvement des lames n’est que de 5o watts à peine. Un appareil fournissant i5 ampères à no volts, soit i65o watts, aura donc un rendement :
- i5X i io
- 71 = (r5X< io)—{—5o = 97 P°Ur 10°-
- Lorsqu’il s’agit de rechai’ger les batteries
- de deux éléments (4 volts), l’appareil de M. A. Soulier se présente sous la forme d’une caisse plate contenant le tranformateur et le vibreur. Au-dessus deux bornes pour l’arrivée du courant alternatif et deux bornes pour les accumulateurs. Une fois les connexions établies, il suffît de tourner la manette de l’interrupteur pour mettre les accumulateurs en charge.
- Pour réduire l’intensité du courant on peut soit intercaler un rhéostat dans le circuit des accumulateurs, soit employer un appareil à deux circuits permettant de charger à deux intensités différentes, 2 et 4 ampères, par exemple.
- De même, pour les garages, les établissements scientifiques, etc., l’appareil est établi sous forme de tableau de charge et complété par un rhéostat à curseur qui permet le réglage de l’intensité du courant. Le panneau, que l’on peut accrocher au mur, comporte en bas la soupape, en haut le rhéostat et deux lampes témoin auxquelles on peut adjoindre un voltmètre et un ampèremètre.
- Ce « chargeur » porte trois bornes « Accumulateurs », les deux bornes extrêmes sont reliées à la batterie, la borne centrale au deuxième élément; cette liaison a pour effet d’assurer l’excitation de l’électro du vibreur, quel que soit le nombre d’éléments mis en charge.
- (.A suivre.) J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur laloi de l’induction. — De Baillehache. — Bulletin de la Société internationale des électriciens, février 1910.
- L’auteu? cherche à mettre en évidence le véritable caractère de la loi de l’induction, en s’appuyant sur les idées de M. F. Emde, dont on a à diverses reprises donné un aperçu dans cette Revue (’).
- (•) Voir Lumière Electrique, 11 septembre 1909, 5 et 12 février 1910.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Les amalgames de cadmium et l’élément étalon Weston. — B. Smith. — Communication à la Pliysical Society, reproduite par l’Electrician, 18 mars 1910.
- L’auteur a entrepris, en octobre 1908, une série de recherches sur l’élément Weston avec des amalgames contenant de 1 à 25 % de cadmium. Il se proposait alors : i° de déterminer pour quelles rai-
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- revue d’Electricité
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- sons il existe quelquefois, mais pas toujours, des différences de force électromotrice entre les éléments où l’on emploie des amalgames à io et 12,5 % ; 2°, de préciser entre quelles limites de température on peut employer, des amalgames de différentes concentrations; 3°, d’expliquer les divergences observées lorsqu’on se sert d’amalgames contenant de 12,5 à 14 % de cadmium; 4°, enfin, de trancher la question de savoir si les limites de températures (o° C à 4o° C), assignées par la Conférence internationale des unités et étalons électriques (Londres, 1908), pour l’emploi de l’élément Weston, sont susceptibles d’être discutées.
- La méthode qu’il a employée consiste à déterminer directement la différence de potentiel entre deux amalgames en contact avec une solution saturée de sulfate de cadmium.
- Au lieu d’affecter la forme classique en H, le vase de verre usité était constitué par quatre tubes verticaux réunis entre eux par une pièce tubulaire en croix. C’est en somme la combinaison de deux tubes en H réunis par la portion horizontale. Dans l’un des tubes se trouvait de l’amalgame à 10 % ; dans deux des autres, des amalgames à x et x' % ; dans le dernier, du mercure et une pâte de sulfates de mercure et de cadmium. Le tout était rempli avec une solution saturée et neutre de sulfate de cadmium.
- Des mesures très nombreuses sont traduites par des courbes et des tableaux. Une première série indique, à différentes températures, les variations de la force électromotrice en fonction de la concentration de l’amalgame. Elles présentent un palier horizontal, et les conditions correspondantes pour l’amalgame sont un mélange des deux phases solide et liquide.
- Un autre groupe de courbes donne, pour différentes concentrations, les valeurs de la force électromotrice en fonction de la température.
- Voici les principales remarques faites par l’auteur :
- Lorsqu’on augmente la température, un amalgame primitivement solide se transforme en un mélange de deux phases solide et liquide, et le coefficient de température se modifie ; il prend encore une nouvelle valeur lorsque l’amalgame devient entièrement liquide.
- Il est remarquable qu’un amalgame, constitué par les deux phases, possède, à une température donnée, une force électromotrice indépendante de la proportion de cadmium qu’il contient (palier horizontal indiqué ci-dessus); au contraire,lorsque l’amalgame n’est constitué que par une phase, soit solide, soit li-
- quide, la force éleclromotrice dépend du pourcentage de cadmium.
- Lorsqu’on élève la température d’un amalgame solide assez pour qu’il devienne complètement liquide, et lorsqu’on le ramène à la température primitive, la force électromotrice de cet amalgame prend une nouvelle valeur et cette valeur dépend de la vitesse du refroidissement. Cela est dû à des différences d’homogénéité de la masse. Les amalgames liquides présentent aussi des anomalies dues à des différences de concentration.
- L’auteur conclut donc à l’emploi exclusif pour l’élément Weston des amalgames constitués par un mélange des deux phases. Il construit alors les courbes représentatives des états d’équilibre des amalgames. Si l’on porte en abscisses le pourcentage de cadmium et en ordonnées la température, ces courbes sont les lieux des points où un amalgame devient totalement liquide et totalement solide. Ces de.ux courbes sont sensiblement parallèles, et c’est uniquement dans la région comprise entre elles que les amalgames sont propres à être employés dans l’élément Weston.
- Un simple,examen suffit dès lors à montrer que l’amalgame à i2,a % doit être complètement solide au-dessous de 120. Cependant, à cause de la proximité du premier point de transition, il peut quelquefois se comporter, entre o° et 120, comme un système à deux phases. C’est ce qui explique les anomalies.
- L’amalgame à 10 % se trouve au contraire très nettement dans la région intérieure aux courbes, lorsque la température varie de o° à 5i°.
- L’auteur propose donc finalement de remplacer dans les étalons l’amalgame à 12,5 % par celui à 10 % . L. B.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- De l’influence de la ventilation sur la température de régime des conducteurs nus ou isolés. — L. Roy. —Bulletin de la Société internationale des électriciens, février 1910.
- L’auteur a cherché à traiter le cas le plus simple : celui d’un seul conducteur indéfini placé dans un fluide en mouvement, mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité.
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- M. Boussinesq a traité complètement (') le problème dans le cas où le corps immergé est, soit une lame mince, soit un cylindre, soit un corps de révolution placés dans des conditions déterminées par rapport à la vitesse du courant. Ces formes géométriques simples sont évidemment très éloignées de celles des appareils électriques industriels, mais les résultats obtenus pour le cylindre vont heureusement s’appliquer aux conducteurs aériens ou immergés dans un liquide.
- Un des résultats essentiels de l’analyse de M. Boussinesq est qu’au point de vue de dissémination de la chaleur du corps dans un fluide ambiant, tout se passe comme si le corps rayonnait sa chaleur dans le vide avec un coefficient de conductibilité extérieure proportionnel à la racine de la vitesse Y do ventilation et en raison inverse de la racine carrée du trajet des filets fluides sur le corps. Le coefficient de proportionnalité varie avec la forme du corps.
- Eh particulier, dans le cas d’un cylindre circulaire indéfini dont les génératrices sont perpendiculaires à la vitesse V du courant fluide, le coefficient de conductibilité extérieure fictif k a pour expression :
- le rayon ne dépassant pas pratiquement iom ou aom, on peut considérer m0 comme constant dans. toute l’étendue de la section du conducteur ;
- I, l’intensité en ampères du courant continu, ou l’intensité efficace s’il s’agit du courant alternatif ; p0, la résistivité en ohms de la substance à o°;
- P, le coefficient de variation de la résistivité avec la température, coefficient qui vaut o,qo4 pour le cuivre ; /•, le rayon du cylindre conducteur.
- D’après ce qui a été dit au sujet de A, on doit avoir, si le régime est établi,
- 0,24 I2 p0 (i -f- S M0) = 1% r k ua. (a)
- 7î r~
- En remplaçant k par sa valeur dans cette équation, on obtient:
- 8 «qV tc&CV/-5 = p0 (i -f- P «o) Ia* o,a4. (3)
- Cette formule fait connaître la tempévatüre de régime du conducteur pour chaque valeur de I et de V.
- La formule (a), où k est traité comme une constante, se trouve dans la plupart des ouvrages. On en conclut qu’à température Constante le rayon d’un
- à ,.
- conducteur doit varier comme la puissance - de 1 intensité; d’après la formule (2) on voit qu’il doit va-4
- rier comme la puissance -g de cette intensité.
- formule dans laquelle r désigne le rayon du cylindre, K le coefficient de conductibilité interne du fluide ambiant, et C la capacité calorifique par unité de volume et à pression constante du fluide.
- On peut prendre :
- K = 5.10-5
- A i5° on trouve pour C
- C 2,91.10—4
- dans le même système d’unités.
- Ces préliminaires étant posés, faisons l’application de la formule (i) au cas d’un conducteur nu, puis à celui d’un conducteur isolé.
- Conducteur nu. — Soient :
- m0, la température de régime du conducteur comptée comme il a été dit ; la substance qui constitue celui-ci étant bonne conductrice de la chaleur et
- (') Dans son mémoire Sur le pouvoir refroidissant des courants fluides, publié en igo5 dans le Journal de Ma thématiques pures et appliquées (6® série, tome 1).
- Conducteur isolé. Remplaçons n0 par u'a ; et soit IC, le coefficient de conductibilité thermique de la substance isolante. Déterminons m'0.
- La surface intérieure de l’isolant qui est en contact avec le conducteur est isotherme ; supposons qu’il en soit de môme delà surface extérieure, ce qui, aura. sensiblement lieu si l’épaisseur de la couche isolante 11’est pas trop grande. Dans ces conditions, l’usage d’un coefficient de conductibilité extérieure fictif est légitime et l’on a :
- Par raison de symétrie, la température u, en un point M de l’isolant, ne dépend que de la distance OM = x de ce point au centre 0, comptée suivant le rayon qui passe par ce point; les surfaces isothermes sont donc des cylindres concentriques. Soit F le flux de chaleur au point M compté en sens inverse de l’axe Oa?, on a :
- et l’équation indéfinie, qui exprime que la même
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- quantité de chaleur traverse chaque surface isotherme, s’écrit :
- F+ï
- dj d x
- o.
- . On en déduit par intégration
- F
- A x’
- (4)
- A désignant une constante arbitraire. Soit Q la quantité de chaleur qui apparaît par seconde dans chaque unité de longueur du câble.
- En exprimant les conditions de raccordement pour x — r, l’équation (4) devient, tous calculs faits:
- -Si + K.ÿ:
- 27C X dx
- On intègre alors entre les limites r et R, puis on exprime les conditions de raccordement pour x= R, ce qui donne en définitive pour la température cherchée :
- Cette formule (5), où l’on peut encore regarder Q comme indépendant de u'0, va nous conduire à quelques remarques intéressantes. Remarquons d’abord qu’elle se réduit bien à (3) si R = /•.
- Si Y croît au delà de toute limite, k'0 tend vers la la valeur
- Q
- 2.1Z Kl
- Etudions comment varie la température de l’âme du câble quand on fait varier l’épaisseur de l’isolant, tous les autres éléments restant fixes.
- En prenant la dérivée de n'0) on obtient:
- du'q Q /j_
- o?R 2itR \K4
- -i/ )
- 8V KCVR/’
- La discussion de celte formule montre qu’un conducteur isolé peut, si le courant de ventilation est assez faible, ou si la section de l’âme du câble est assez petite, moins chauffer que s’il était nu. 11 existe alors une épaisseur d’isolant pour laquelle la température du conducteur est la même que s’il était nu.
- On trouve aisément l’expression du minimum de
- température ; si on le compare alors à la température du conducteur nu, on voit que le rapport de ces
- deux valeurs — est le plus petit possible pour les
- «o
- plus faibles valeurs de V, compatibles avec les hypothèses qui légitiment l’emploi du coefficient de conductibilité extérieure fictif, ainsi que pour les plus petites valeurs de r. Ce rapport est indépendant de la charge du conducteur et d’autant plus petit que K, est plus grand, c’est-à-dire que l’isolant est meilleur conducteur que la chaleur.
- Ces résultats, d’apparence paradoxale, méritaient assurément d’être signalés.
- Mais une question se pose : peut-on pratiquement se trouver dans l’un et l’autre des deux cas envisagés précédemment ? Il suffit de faire une application numérique pour constater que la chose est possible. Prenons, par exemple, le conducteur de tout à l’heure d’un centimètre de diamètre (r = o,5), ce qui correspond déjà à une section assez notable, et entourons-le d’un isolant solide, tel que la porcelaine, pour laquelle on a environ
- K, = 4.10—13.
- Avec les données:
- K—5.IO—5, C =-2,91.10—4,
- fournies antérieurement pour l’air atmosphérique, on voit qu’on sera dans le cas qui nous occupe si,
- V<
- T3 K) 2 64 KC r
- 070e111,
- nombre qui correspond à un vent très frais ; une vitesse du vent inférieure à celle-là peut donc être regardée comme encore compatible avec les hypothèses admises.
- Pour un conducteur isolé, on trouve alors en prenant :
- V = 100
- ce qui correspond à un courant d’air à peine sensible :
- Kmin. n
- — = 0,67.
- «0
- Le rayon correspondant de la gaine isolante serait alors égal à:
- R = 5cm,35.
- L'abaissement de température dû à l’existence de l’isolant peut donc être très notable (33 % dans l’exemple présent).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2« Série). — N* 19.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Paratoudre êlectrolytique à électrodes d’aluminium complètement immergées. — Electrical World, 17 mars 1910.
- Lorsqu’on se sert comme parafoudres d’éléments électrolytiques à électrodes d’aluminium, et surtout lorsque ces appareils sont connectés d’une façon permanente à la ligne, donc constamment traversés par un courant, on constate que les électrodes se rongent, surtout à la surface de l’électrolyte. Cette corrosion ne se produit pas d’une façon régulière; tel élément dont les électrodes sont restées indemnes pendant un an est ensuite détruit en quelques jours-
- M. R. Heyden vient de breveter un dispositif, grâce auquel les électrodes ne traversent pas la surface de l’électrolyte, mais sont complètement immergées. Les bornes sont placées sur la paroi inférieure de l’élément et parfaitement isolées par rapport à celui-ci. Elles supportent, à l’intérieur, les électrodes d’aluminium et sont recouvertes d’un liquide non conducteur, tel que le tétrachlorure de carbone ou le bromoforme, non miscible avec l’électrolyte. Celui-ci forme une seconde couche liquide, au-dessus de la précédente, et son niveau dépasse la partie supérieure des électrodes.
- L. B.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Sur le raffinage électrolytique de l’or. —
- Metallurgical and Chemical Engineering, février 1910.
- Le procédé Wohlwill, pour le raffinage de l’or en récupérant le platine, a été l’objet de nombreux travaux ('). Un récent brevet de la Norddeutsche Affine-rie A. G., avec laquelle le même inventeur est en rapports, a trait à une modification assez simple qui élargit singulièrement le domaine et les conditions d'application du procédé Wohlwill.
- Si l’on raffine de l’or, riche en argent, dans une solution de chlorure d’or contenant de l’acide chlor-
- (*) Voiv^Electriçal World : articles de O.-K. Tutle, vol. I, p. 157 et les articles rédigés par l’inventeur, M. Emile Wohlwill, vol. II, p. 221 et 264, et vol. VI, p. 45c».Voir aussi l'Eclairage Electrique, 23 juillet 1898,
- hydrique pur ou d’autres chlorures, il est nécessaire d’enlever de temps en temps, par un procédé mécanique, le dépôt de chlorure d’argent qui se forme sur l’anode ; la pratique a montré que cela était nécessaire quand la proportion d’argent à l’anode était supérieure à 6 % . Si ce dépôt de chlorure d’argent à l’anode n’est pas enlevé, il y a du chlore mis en liberté, et cela arrivera d’autant plus vite que la densité de courant employé, et la proportion d’argent à l’anode seront élevés.
- Il devient alors nécessaire de réduire la densité du courant, mais cela augmente considérablement la dépense en raison de la diminution de la produc-^ tion et de l’augmentation correspondante des charges du capital par poids unitaire de matière purifiée.
- Un nouveau dispositif permet de surmonter ces difficultés : on emploie un courant ondulé au lieu d’un courant continu et constant. Cela se fait de préférence en montant une dynamo à courant continu en série avec une dynamo à courant alternatif. Si le voltage de cette dernière est inférieur à celui de la première, le courant résultant, obtenu par la superposition des deux courants élémentaires, sera toujours de même sens, mais passera périodiquement d’un minimum à un maximum.
- Bien qu’un tel courant produise un bon effet dans le raffinage électrolytique de l’or, il est préférable, dans la pratique, d’employer un alternateur d’un voltage (maximum) supérieur à celui de la dynamo à courant continu en série avec lui. Dans ce cas nous obtenons un courant qui n’est pas toujours de même sens, mais est en réalité un courant alternatif symétrique par rapport à la courbe de voltage de la dynamo continu (fig. 1).
- Fig. 1.
- L’effet électrolytique est, comme l’indique la loi de Faraday, égal à l’effet du courant continu opérant seul. Autrement dit, le poids d’or total, déposé à la cathode, s’obtient par la loi de Faraday, en sujipo-sant que le courant continu passe seul.
- L’effet de l’alternateur en série avec la dynamo à courant continu se manifeste de plusieurs manières.
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- Le voltage aux bornes de l’élément de raffinage, mesuré avec un voltmètre à courant continu, est inférieur à celui qu’on observe avec la dynamo continue employée seule. En outre, la réaction d’anode est essentiellement influencée par le courant alternatif. Il est possible d’accroître considérablement la densité de courant à l’anode sans provoquer le dégagement de chlore et sans gratter la couche de chlorure d’argent.
- L’accroissement de la densité de courant à l’anode est limitée par ce fait qu’un petit dégagement d’oxygène se produit quand, en faisant croître la densité de courant, le voltage atteint la valeur pour laquelle le chlore se dégagerait avec un courant continu. L’apparition de l’oxygène est d’abord si limitée que la décroissance correspondante des ampère-heures est relativement faible. Elle a môme un certain avantage puisqu’elle facilite la chute du dépôt de chlorure d’argent. Si l’on augmente la densité de courant, l’évolution du gaz devient plus rapide. La limite de densité de courant qu’il ne faut pas dépasser, sous peine de faire décroître immodérément l’efficacité en ampère-heures, dépend de la proportion d’argent aux anodes et de la valeur du courant alternatif.
- Plus le rapport de l’alternatif au continu est élevé, et moins la proportion d’argent est forte, plus la limite admissible de densité de courant s’élève.
- Aussitôt qu’un fort dégagement de gaz se produit à l’anode (plus de quelques bulles) il devient nécessaire de diminuer le continu en laissant à l’alternatif sa valeur ou d’augmenter l’alternatif en laissant au continu sa valeur. Par exemple, si l’on traite de l’or brut contenant environ io % d’argent par la méthode employée à l’origine par Wohlwill, il ne faut pas dépasser la densité de courant de 760 ampères par mètre carré à l’anode, et, avec ce chiffre, il faut gratter la couche de chlorure d’argent à l’anode toutes les minutes. Avec l’usage de courant alternatif, dont le voltage est d’environ 1,1 fois celui du continu, il est possible de maintenir à l’anode une densité de 1 a5o ampères par mètre carré sans gratter l’anode.
- La méthode permet aussi de traiter par le procédé électrolytique des alliages beaucoup plus riches en argent qu’avec le courant continu seul. Par exemple, de l’or contenant 0.0 % d’argent peut être raffiné si le rapport du courant alternatif au continu est 1,7, et on peut employer dans ce cas une densité d'anode de 1 aoo ampères par mètre carré.
- Avec des densités de courant plus faibles, on peut traiter des alliages encore plus riches en argent. Le
- procédé s’applique à tous les cas qui se présentent en pratique.
- L’emploi du courant ondulé et la possibilité correspondante d’employer des densités de courant élevées comporte un autre avantage important. Dans le premier procédé Wohlwill (avec le courant continu seul) environ 10 % de l’or des anodes passe à l’état de poussière impalpable dans les boues et doit être récupéré par des procédés chimiques. Si toutefois on emploie un courant ondulé, l’or ne passe dans les boues qu’au commencement de l’opération, tant que l’anode n’est pas complètement couverte de chlorure d’argent. Ensuite, l’or ne passe plus dans les boues.
- Les boues se composent essentiellement de chlorure d’argent, que sa structure spongieuse fait tomber de lui-même. Gomme, au commencement de l’opération, il passe toujours un peu d’or dans les boues et que les pertes mécaniques à l’anode ne peuvent être entièrement évitées, la boue contiendra toujours un peu d’or, mais généralement pas plus de 1 % de celui contenu dans les anodes, d’où économie appréciable.
- Cet avantage suffit à justifier l’emploi du courant ondulé dans les cas même où l’on doit raffiner de l’or pauvre en argent.
- Si l’on n’a pas intérêt à obtenir une densité de courant supérieure à 1 000 ampères par mètre carré, le procédé a l’avantage que la proportion d’acide chloi'-hydrique ou de chlorures, ajoutés à l’élément de raffinage peut être considérablement diminuée. Avec de l’or contenant peu d’argent, et une densité de 1 000 ampères par mètre cari é, il faut en continu 3 % d’acide chlorhydrique et une température de 6o° à 70° G. La superposition de courant alternatif permet de n’employer qu’un quart de la proportion précédente en acide, soit 7 à 8 grammes d’acide chlorhydrique par litre. Et si l’on laisse 3o grammes ou plus sans dépasser 800 à 1 000 ampères par mètre carré, il n’y a plus besoin de chauffer l’électrolyte à 60 ou 70 degrés.
- Si l’on emploie le courant continu, l’élévation de température de l’électrolyte est indispensable, sinon l’or se précipite à l’état de poudre noire ou brun foncé — même avec une densité de 5oo ampères par mètre carré.
- L’application du courant ondulé permet aussi l’accroissement de densité à la cathode en solution chaude ou si la densité de courant à la cathode est inférieure à 1 000 ampères par mètre carré, il est possible d’obtenir des dépôts cohérents et denses même en solution froide.
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- En pratique, le procédé s’emploie de la façon suivante. Les deux dynamos (à courant continu et alternatif) sont connectées en série, et le voltage de la dynamo à courant continu est réglé de telle sorte qu’un ampèremètre à courant continu (qui n’est pas affecté par l’alternatif) indique en ampères l’intensité cherchée pour le continu. Soit ie cette intensité. S1 l’on veut employer un courant alternatif d’une valeur effecth'e de ia ampères, la valeur efficace du courant ondulé obtenu par superposition des deux est
- I = v/42+4a-
- I se mesure par un ampèremètre thermique et l’on règle le voltage du courant alternatif, jusqu’à lire à l’ampèremètre le I cherché.
- Si l’on veut, par exemple, que ic == ia — 200 ampères, on aura I y/8o ooo = 283 ampères.
- Le voltage total qui indique l’énergie consommée se mesure aussi par un appareil thermique.
- Par exemple, si l’alliage à raffiner contient io % d’argent, il est recommandé d’employer un courant continu d’environ i aoo ampères par mètre carré, et un alternatif de même intensité efficace ; la densité
- totale de courant est alors i 2Üo sji = 1767 ampères par mètre carré.
- Dans ce cas, le voltage du courant continu aux bornes de l’élément doit être 1 volt et le voltage total 1,4. Gela donne un courant alternatif de o,gvolts.
- Dans le calcul des dynamos, le mieux est de compter i,3 volt comme courant continu maximum par élément, et 1 volt seulement par élément en courant alternatif. Les deux dynamos étant en série, leurs armatures doivent être proportionnées pour résister à l’élévation de température produite par le courant total. Dans les limites usuelles de fréquence, la valeur de celle-ci n’influe pas sur le résultat (pour moins de 5o périodes par seconde).
- La valeur à choisir pour la densité de courant et le voltage dépend naturellement de la composition de l’alliage d’or. Si l’or contient moins de 10 % d’argent, on peut accroître un peu le courant continu et diminuer l’alternatif. Sinon, modifier dans le sens indiqué plus haut.
- En général, on emploie des solutions de chlorure d’01* contenant au moins 3 % d’acide chlorhydrique et chauffées à 60 ou 70 degrés. Si toutefois on peut employer une densité de courant entre 5oo et 1 000 sans inconvénient, on peut abaisser le. titrage en aciàe chlorhydrique à o, 75 % ou garder 3 % et ne pas chauffer.
- On peut remplacer l’acide chlorhydrique par les
- chlorures qui forment des sels doubles avec le chlorure d’or,par exemple le chlorure de sodium. Comme nous l’avons déjà dit, on emploie comme cathodes de fins rouleaux de feuilles d’or, et l’on fournit l’or régulièrement à l’électrolyte sous forme de chlorure d’or pour compenser la perte. Si l’or raffiné est riche en plomb, on ajoute de l’acide sulfurique àl’éleç-trolyte en quantité équivalente à l’acide chlorhydrique libre.
- M. L.
- Réduction des chlorures de bore et d’arsenic par l’hydrogène sous l’influence de l’effluve électrique. — A. Besson et l*. Fournier. —Académie des Sciences, séance du 4 avril 19.10.
- Les auteurs ont montré précédemment (*) que le trichlorure de phosphore est réduit par l’hydrogène sous l’action de l’effluve électrique. Ils ont étendu cette étude aux chlorures de bore et d’arsenic.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Mixture à l’épreuve des acides et des bases pour imprégner les rayons qui supportent les batteries d’accumulateurs.— F. Bonnet. —Elec-Irical World, 10 mars 1910.
- Pour supporter les batteries d’accumulateurs, les rayons de bois sont encore ceux qui donnent les meilleurs résultats, car les métaux, même recouverts d’enduits, se laissent facilement attaquer par les composés acides ou basiques.
- Il ne faut pas songer, pour le bois, à la peinture ordinaire qui se fendille. La solution suivante peut serviràl’imprégner ; elle le rend inattaquable etaussi plus difficilement combustible.
- On prépare deux bains, dont voici la composition en poids :
- Solution A. — Chlorhydrate d’aniline, 1 ; chlorhydrate d’ammoniaque, 1 ; eau, 6.
- Solution B. — Sulfate de cuivre, 2; chlorate de potasse, 1; eau, 12.
- La surface du bois doit être fraîchement rabotée, sèche et exempte de corps gras. On étend d’abord la solution A, puis on laisse sécher; ensuite on étend la solution B. Deux nouvelles couches de chacune sont encore appliquées.
- Le séchage ne doit pas être trop rapide. Ce traitement terminé, le bois possède une teinte vert jaunâtre ;
- p) Comptes Rendus, 10 janvier 1910.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- on le lave vigoureusement au savon, puis à grande . eau. Enfin lorsqu’il est sec on le passe à l’huile de lin.
- Il présente alors une jolie teinte noire due à la présence du noir d’aniline qui s’est formé par l’application successive des deux solutions. Le savon de cuivre, qui remplit les porcs du bois, ne se laisse pas mouiller, et c’est sans doute pour cela que les liquides corrosifs n’ont pas d’action sur le bois imprégné.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Recherches sur les cohêreurs. — H. Ecoles. — Physical Society, séance du n mars Ligio, d’après YElectrician, ier avril 1910.
- L’auteur développe les résultats d’une série de recherches sur les cohêreurs, et insiste particulièrement sur les relations qui existent entre l’énergie fournie au détecteur, sous forme de vibrations électriques, et l’énergie que fournit le détecteur en courant continu, au circuit de l’appareil récepteur.
- On fournissait au détecteur une quantité d’énergie du même ordre de grandeur qu’en télégraphie. Il faisait partie d’un circuit secondaire contenant une capacité et une inductance convenables. Le circuit primaire entrait en vibration en y effectuant la rupture d’un courant connu. L’accouplement était très faible, de sorte que l’interruption d’un courant de quelques milliampères, dans le primaire, fournissait au détecteur une énergie de l’ordre d’un millième d’erg, et la force électromotrice aux bornes du détecteur était de l’ordre de 1/10 de volt. On comparait le son produit dans un téléphone par le courant que laissait passer le détecteur avec le son produit dans le même téléphone par l’interruption d’un courant continu mesurable. On se servait pour cela d’un interrupteur à clef spécial, permettant d’effectuer très rapidement cette comparaison. La puissance fournie au détecteur et au téléphone était déterminée par extrapolation en se servant de mesures effectuées au moyen d’un thermo-galvanomètre sur des courants plus intenses.
- Des courbes résument les résultats d’expériences effectuées sur des cohêreurs à pointe de fer oxydé plongeant dans le mercure, et à pointe de fer parfaitement propre touchant une plaque de fer oxydé.
- i° Une première série donne, en fonction de la force électromotrice appliquée, le courant dans le
- cohéreur. Le courant augmente de plus en plus rapidement lorsque croît la force électromotrice, puis la courbe présente une inflexion, et ensuite le courant augmente moins vite.
- a0 Une autre série donne la valeur do la puissance fournie au téléphone en fonction de la force électro-motrice appliquée, pour différentes valeurs de l’énergie de vibration communiquée au détecteur. La sensibilité aux oscillations commence par croître, puis diminue lorsque la force électromotrice augmente.
- 3° Enfin, d’autres courbes indiquent la puissance fournie au téléphone w en fonction de la puissance W reçue par le détecteur, la force électromotrice appliquée au cohéreur étant constante.
- On a :
- w — m (W — a),
- où m et a sont des valeurs qui dépendent de l’amplitude du courant qui traverse le détecteur.
- Pour un bon détecteur fer-mercure, de faible résistance, m = 0,06 et a — io-3 watt.
- Ces courbes montrent que ces cohêreurs agissent comme détecteurs intégrateurs.
- L’auteur développe l’hypothèse que les propriétés d’un cohéreur à oxyde peuvent provenir uniquement des variations de température produites, dans la petite masse d’oxyde au contact, par les oscillations électriques et la force électromotrice appliquée. Il examine mathématiquement cette hypothèse et montre que les conséquences qu’on en tire trouvent leur vérification dans les courbes signalées ci-dessus, aux erreurs près des mesures.
- L. B.
- BREVETS
- Méthodes et appareils de mesure.
- 408 oai,dui3 novembre 1909.—Ferrie.—Procédé de mesure des éléments électriques des circuits.
- 409 4o5, du 19 novembre 1909. —Korber. —Résistance électrique.
- 409 782, du 29 novembre 1909. — Carpentier. —-Perfectionnements aux ampèremètres thermiques.
- Machines.
- 408 324, du 26 octobre 1909. — Aictiengesell-schaft brown, boveri et Cie. — Dispositif de réglage pour moteur alimenté par une dynamo génératrice.
- 408 364, du 27 octobre 1909. — Sciianschieff.
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- 180
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X(2° Série). — N» 19.
- Perfectionnements aux machines magnéto-électriques pour moteurs à explosions.
- 408 596, du 3 novembre 1909. — Hohme. — Porte-balai pour machines électriques.
- 408 755, du 9 novembre 1909. — Maison Bréguet. — Moteurs asynchrones.
- 408 833, du 11 novembre 1909. — Allgemeine elektricitats-gesellschaft. — Dispositif pour l’excitation des bobines de renversement des machines à collecteur polyphasées.
- 408 589, du 27 janvier 1909. — Deault et Raulot-Lapointe. — Dispositif permettant d’utiliser les deux phases d’un courant alternatif en vue de l’excitation des bobines d’induction.
- 409 010, du i3 novembre 1909. — Welch et Parkman. — Moteur électrique.
- 408 881, du 4 octobre 1909. -r- Robert Boscii. — Système d’isolation pour bobines avec couches de fil disposées en gradins.
- 409 o58, du i5 novembre 1909. —Société l'éclairage électrique. — Système de protection pour les machines génératrices ou moteurs à courants alternatifs à haute tension.
- 409 235, du 6 octobre 1909. — Heyland. — Couplage électrique pour moteurs mono et polyphasés.
- 409 27b, du 28 octobre 1909. — Bossu. — Rhéostat automatique pour la régularisation de dynamos, de démarrage de moteurs.
- 409 331, du i5 novembre 1909. — Baker. — Machine électrique.
- 409 34o, du i5 février 1909. — Boucherot. — Machine électrique.
- 409 576, du 24 novembre 1909. —Milton. —Procédé et appareil de production de courants alternatifs.
- 409 519, du 23 novembre 1909. — Timar. — Allumage électro-magnétique.
- Arcs et lampes électriques.
- 408 292, du 29 octobre 1909. — Neple. — Support articulé pour lampes électriques.
- 408 3o5, du 26 octobre 1909.— Rush. —Applique pour lampes électriques.
- 408 (124, du 4 novembre 1909. — Kuzel. — Procédé pour améliorer la qualité des lampes électriques à filaments métalliques.
- 408 688, du 9 novembre 1909. — Kaul et IIyde. — Procédé pour opérer les connexions entre les filaments incandescents dans les lampes électriques.
- 1.408 859, du 12 août 1909. — Mmo Cooper. 1— Emballage pour lampes électriques.
- 4Q9 o85, du i5 novembre 1909. — Sloog. — Dispositif pour empêcher la chute des ampoules électriques.
- 409 354, du 18 novembre 1909. — Gravinselek-trode G. m. b. H. — Electrode pour lampes à arc.
- 409 436, du 19 novembre 1909. — ICorting et Ma-thesien A. G. — Mode de couplage de résistances de remplacement à mise en circuit automatique pour lampes à arc.
- 409 478, du 20 novembre 1900. — Julius Pintsch A. G. — Lampe électrique à incandescence.
- 409 481, du 22 novembre 1909. — Mortier, — Support pour lampes.
- 409 537, du 23 novembre 1909. — Pintsch A. G. — Lampe électrique.
- 409 608, du 25 novembre 1909. —Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thom-son-Houston. — Nouveau procédé de fabrication de filament métallique pour lampes.
- 409 906, du 3 décembre 1909. — Draeger et la Société Sprecher et Schuh A. G. — Procédé de fabrication de filaments de charbon pour électricité.
- Transmission et distribution.
- 408 414, du 29 octobre 1909. — Norrentoft. — Coupe-circuit de sûreté.
- 408 4G7, du '3o octobre 1909. — Kenny. — Moulure métallique portant des fils électriques.
- 408 661, du 5 novembre 1909. — Murray. — Coupe circuit.
- •408 809, du i°r février 1909. —Mallier et Bourou-meau. — Raccord amovible de prise de courant sur.câbles isolés.
- 408 870, du 24 septembre 1909. — Société générale DES huiles et fournitures industrielles l’Oléo. — Attache-fil.
- 408 937, du 2 novembre 1909. — Burton. — Isolateur pour câbles électriques.
- 408 941, du 2 novembre 1909. — Garrigan. — Perfectionnements aux commutateurs électriques.
- 409 061, du i5 novembre 1909. —Sociétéelektro-meciianische yverke G. m. b. II. — Redresseur de courant alternatif.
- 409 129, du 16 novembre 1909. — Porzellanfaurik iientschel et Muller. — Isolateur pour conducteurs électriques.
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- 7 Mai 1910.
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- REVUE
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- 409 i58, du 9 février 1909. — Drault et Raulot-Lapointe. — Commutateur redresseur automatique.
- 409 i85, du 17 novembre 1909. — Murray. — Coupe-circuit.
- 409 34i, du i5 février 1909. —Bouiiek. — Dispositif permettant de fermer un circuit électrique automatiquement à une température variable à volonté.
- 409 607, du a5 novembre 1909. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Appareil commutateur pour la commande à distance des circuitsde faible intensité.
- 409 636, du 26 novembre 1909. — Crouch et Etchells. — Distribution applicable à l’éclairage électrique des trains.
- 409 664, du 27 novembre 1909. — Timar. — Procédé pour isoler entre eux des fils métalliques polis.
- 409 804, du 3o novembre 1909. — Compagnie
- FRANÇAISE POUR L’EXPLOITATION DES PROCÉDÉS
- Thomson-Houston. — Système d’enclenchement des interrupteurs commandés à distance.
- 409 749, du 27 novembre 1909. — West.— Perfectionnements aux porte-fusibles électriques.
- 409 780, du 27 novembre 1909.— West. —Perfectionnements aux rhéostats.
- 409 819, du 3onovembre 1909. —VonZweigrergk. — Perfectionnements aux souffleurs magnétiques pour commutateurs.
- 409 837, du xep décembre 1909. — Gianoli. —Con-tacteur électrique.
- Usines génératrices.
- 408 56i,du 2 novembre 1909. —Durtnall. —Perfectionnements àla production de force électrique.
- Electrochimie et électrométallurgie.
- 408 397, du 28 octobre 1909. — Petersson. — Procédé de chargement des fours électriques à résistances.
- 408 565, du 2 novembre 1909. — Société pour l’industrie chimique a Bale.—Procédé et appareil pour l’électrolyse continue des solutions aqueuses.
- 409 020, du i3 novembre 1909. — Helpenstein. — Four électrique.
- 409 244, du i5 octobre 1909. — Popp. —- Four électrique.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 408 714, du 6 novembre 1909. — Roitel, Bouzou
- et Roubes. — Perfectionnements à la construction des accumulateurs. *
- 408 745, du 8 novembre 1909. — Boige. — Accumulateur électrique.
- 409 076, du i5 novembre 1909. — Braunsciiild et Chapiro. — Dépolarisants pour piles électriques.
- 409 586, du 25 novembre 1909. —• Heil. — Nouvel élément galvanique.
- Télégraphie et téléphonie sans fil.
- 408 879, du i0r octobre 1909. — De Forest radio téléphoné Co. — Disposition pour la téléphonie et la télégraphie secrètes sans fil.
- 408 880, du ier octobre 1909.— De Forestra dio téléphoné Go. — Disposition pour la télégraphie double sans fil.
- 408 933, du 3o octobre 1909. — Manders. — Perfectionnements dans les appareils pour la production d'oscillations électriques continues.
- Télégraphie et téléphonie.
- 408 412, du 28 octobre 1909. — Willis. — Récepteur téléphonique.
- 408 362, du 29 octobre 1909. — Carpentier. — Transmetteur automatique.
- 408 577, du 2 novembre 1909. —Moloney. — Perfectionnements aux transmetteurs téléphoniques.
- 408 668, du 5 novembre 1909. — Carpentier. — Manipulateur perforateur.
- 408 985, du 12 novembre 1909. — Webb. — Montage pour l’installation de téléphones.
- 409 090, du 12 juillet 1909. —The howland tele-grapiiic company. — Système de télégraphie.
- 409 271, du i3 février 1909. — Karkowski et Plessis. — Système téléphonique.
- 409 359, du 18 novembre 1909. —D. Sonn nachf.
- — Appareil pour la réduction des mots de codes télégraphiques.
- 409 457, du 20 novembre 1909. — Eurieult. —
- — Perfectionnement au signal adopté dans les tableaux commutateurs téléphoniques pour indiquer la fin de conversation d’un poste secondaire.
- 409 478, du 20 novembre 1909. —; Kusnick. — Tableau de renseignements pour poste téléphonique.
- 409 673, du 18 juin 1909. — May. — Téléphone.
- 409 799, du 3o novembre 1909. — Société Barbier, Bénard et Turenne. — Appareil pour la phototéléphonie.
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- 182 LA LUMIERE ÉLECTRIQUE . T. X (28 Série).-— N’19.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les prescriptions de sécui'ité dans les installations électriques.
- Nous reproduisons ci-dessous quelques-unes des Instructions rédigées par les Associations françaises des Propriétaires d’Appareils à vapeur ayant un service électrique (Amiens, Lyon, Marseille, Mulhouse-Nancy par l’Association des Industriels du Nord de la France (Lille), et par l’Association normande pour prévenir les accidents (*).
- Ces instructions concernent toutes les installations électriques, à l’exception des installations de télécommunication ( télégraphes, téléphones , signaux; etc.) . Cependant, si ces dernières sont en connexion directe avec une installation industrielle, ces instructions leur sont applicables.
- On appellera dans la suite :
- Installations à basse tension, celles dont la tension entre un conducteur quelconque et la terre ne dépassera pas i5o volts efficaces en courant alternatif et 3oo volts en courant continu ;
- Installations ci moyenne tension, celles dont la tension définie comme ci-dessus sera supérieure à i5o volts efficaces encourant continu, tout en restant inférieure à 6oo volts en courant alternatif ou continu ;
- Installations à haute tension, celles dont la tension entre un conducteur quelconque et la terre sera supérieur à 6oo volts.
- Accumulateurs.
- Les locaux renfermant des accumulateurs doivent être ventilés de façon efficace. Le seul mode d’éclairage qui y soit toléré est celui par lampe à incandescence dans le vide à double enveloppe; il ne doit y être fait usage que d’interrupteurs hermétiques et d’appareillage résistant à l’action de l’acide.
- Le sol et le plafond des locaux, les ferrures et les boiseries doivent être rendus inattaquables aux acides (2).
- (>) Publié par la Houille Blanche, octobre 1909. (s) Voir plus haut, p. 178.
- Les éléments doivent être disposés de telle façon qu’il soit impossible de toucher simultanément deux éléments ayant à la décharge une différence de potentiel supérieure à iafi volts; ils doivent être accessibles au moins sur une de leurs faces latérales.
- Appareils.
- Le bois sec et préparé pourra être employé jusqu’à 600 volts comme traverses d’interrupteurs et dans les contrôleurs, et jusqu’à 1 000 volts quand il est plongé dans l’huile.
- Ne pourront être admis comme isolants :
- i° Pour la basse tension : l’ardoise ;
- 20 Pour la moyenne tension : l’ardoise; le marbre dans les endroits humides ;
- 3° Pour la haute tension : l’ardoise et le marbre.
- La surélévation de température des pièces conductrices et des contacts ne devra pas dépasser 3o° C, en fonctionnement continu.
- Les fusibles des coupe-circuits et la partie active des rhéostats ne sont pas astreints à cette condition, mais la surélévation de température de leurs contacts ne devra pas dépasser /toJ G.
- Coupe-circuits h fusibles ou électromagnétiques Spécification.
- Au moins jusqu’à 20 ampères, les coupe-circuits pour basse et moyenne tension doivent être construits de manière à empêcher l’emploi erroné de fusibles trop forts (il n’y a aucun inconvénient à ce que l’emploi d’un fusible plus faible soit possible, cela peut même être désirable dans certains cas).
- Pour les coupe-circuits fusibles jusqu’à 20 ampères, il est recommandable :
- Qu’au-dèssus de 3oo volts, les coupe-circuits soient construits de telle façon que les parties mobiles destinées à des tensions inférieures ne puissent s’y adapter.
- Conditions d’emploi.
- On devra placer des coupe-circuits au départ
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- de chaque conducteur ainsi qu’en chaque point des conducteurs où la section varie, à moins que le coupe-circuit en tête de ligne ne protège la section la plus faible.
- Plusieurs dérivations de lampes peuvent avoir un coupe-circuit commun ne dépassant pas 6 ampères jusqu'à i5o volts et 4 ampères au-dessus de i5o volts.
- INTERRUPTEURS. PRISES DE COURANT.
- Il est bon de faire précéder chaque prise de courant d’un interrupteur ; ce dernier ne doit pas manquer lorsque la tension dans la prise de courant dépasse 3oo volts ou que celle-ci sert à dériver une puissance supérieure à 5oo watts. Cet interrupteur sera autant què possible à enclenchement avec la fiche.
- Rhéostats et bobines de self-induction.
- a) Les rhéostats et bobines de sels-induction dont réchauffement peut dépasser 3o° G doivent être établis de manière qu’il ne puisse y avoir de contact des parties chaudes avec des matériaux inflammables ; réchauffement des parties combustibles voisines ne doit pas être supérieur à 5o° G.
- Appareils de mesure.
- Moyenne et haute tension. —Tous les appareils de mesure dont les boîtiers ne sont pas suffisamment isolants pour pouvoir être touchés directement, ou suffisamment isolés des organes intérieurs pour pouvoir être mis à la terre s’ils sont métalliques, devront être protégés par une enveloppe supplémentaire mise à la terre ou isolante.
- Cette même prescription s’appliquera aux appareils branchés sur des transformateurs de mesure, si ces derniers ne sont pas munis d’un dispositif empêchant le passage de la tention primaire.
- Parafoudres et limiteurs de tension.
- a) Les parafoudres devront être appropriés à la nature du courant et à la tension de la ligne à protéger. Ils devront rester efficaces après plusieurs décharges successives et ne pas donner lieu à des courts-circuits ou à des mises à la terre inopportunes.
- b) L’emplacement des parafoudres est à étudier dans chaque cas ; toute installation reliée à un ré-
- seau de lignes aériennes de plus de 5oora doit en comporter. Les parafoudres doivent être placés avant tout autre appareil et autant que possible suivis d’une self-induction.
- c) Les lignes de terre doivent être en cuivre avec une section minimâ de ^mm2, et présenter le moins de coudes ou d’angles vifs possible.
- d) La résistance de la prise de terre doit être aussi faible que possible et, en général, ne pas dépasser ao ohms.
- f) Pour la moyenne et la haute tension, les parafoudres de conducteurs à des potentiels différents auront des lignes et des prises de terre spéciales, ou bien si l’on fait usage d’une prise de terre commune, les conduites à terre comprendront des résistances non inductives.
- Les lignes de terre de parafoudres devront être protégées par une enveloppe ou couverture isolante (le bois est suffisant) dans toutes leurs parties accessibles. Elles doivent être séparées des autres lignes de terre.
- g) Pour la haute tension les lignes de terre des parafoudres devront être montées sur supports isolants.
- Groupements d’appareils, tableaux
- ET POSTES DE DISTRIBUTION.
- a) Les coupe-circuits, interrupteurs, commutateurs, parafoudres et tous les appareils en général doivent être disposés et protégés de telle façon que leur fonctionnement ou leur manœuvre ne puisse occasionner aucun accident. Ils devront pouvoir être facilement inspectés au besoin en service.
- b) Les pièces conductrices, les raccords et les contacts doivent avoir des dimensions telles que leur température maxima ne dépasse jamais de plus de 3o° G la température ambiante.
- La température des rhéostats ne devra pas dépasser aoo° G ; leurs cadres ou enveloppes devront être incombustibles, et leur disposition sera telle que les parties voisines ne puissent s’échauffer de plus de 5o° G au-dessus de l’ambiante.
- c) Les appareils de manœuvre et de sécurité doivent être munis de plaques indicatrices.
- 11 est recommandable de distinguer les conducteurs de polarités ou de phases différentes par des signes ou une peinture en couleur.
- Quand les connexions d’un tableau ou d’un groupement ne seront pas évidentes a priori, il sera bon d’afficher à proximité un schéma ou dessin schématique indiquant clairement toutes les connexions' ainsi
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- 184 v r LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. X (2e Série). — N» 19.
- que la destination des différents départs. Ce schéma est indispensable pour la moyenne et la haute tension.
- d) S’il.y a dans un même groupement des appareils à basse moyenne et haute tension, chaque groupe doit être nettement séparé et différencié par des signes ou une peinture en couleur.
- Basse tension. — e) Les tableaux de distribution doivent être construits en matières incombustibles, à l’exception des petits tableaux secondaires de moins de om2,5 qui pourront être en bois.
- L’ardoise et le bois ne pourront être employés comme supports isolants.
- f) Les tableaux de plus de im2 de surface doivent présenter à l’arrivée un espace libre d’au moins 73cm de largeur et 2m de hauteur, afin que les raccords et connexions soient accessibles Lorsqu’il est impossible d’obtenir cet écartement, ainsi que pour les tableaux de moins de im2, on devra prendre des dispositions spéciales pour permettre l’accès facile aux connexions.
- g) L,es fusibles des coupe-circuits doivent toujours être couverts.
- Moyenne tension. — h) 11 ne devra pas entrer de matières combustibles dans la construction des tableaux ou postes de distribution.
- i) Les charpentes, garnitures et boîtes de protection métalliques devront être mises à la terre.
- /) Toutes les pièces métalliques de la construction des postes de distribution, et en particulier les supports métalliques d’isolateurs, devront être reliées entre elles et mises à la terre.
- k) Les tableaux doivent être disposés de telle façon qu’aucun conducteur ou appareil sous tension ne soit accessible des passages ou emplacements où se tient habituellemeut le personnel pour le service normal du tableau.
- l) Les conducteurs et appareils sous tension, qui doivent être manœuvrés ou inspectés pendant le service, doivent être placés dans un local fermé et accessible seulement au personnel responsable.
- Dans ces locaux, on doit réserver des passages libres d’au moins im de largeur et sm de hauteur avec plancher isolant et non glissant.
- m) Si, dans ces passages, il existe des conducteurs ou appareils sous tension des deux côtés, la largeur devra être portée à im,ao; dans tous les cas, ils devront être établis de telle façon que le personnel appelé à y circuler ou à y travailler ne puisse venir accidentellement en contact avec des pièces sous tension.
- S’il existe dans ces parages des balustrades ou mains-courantes, elles devront être isolées de terre.
- Haute tension. —n) Les prescriptions relatives à la moyenne tension s’appliquent également à la haute tension, avec les modifications et adjonctions suivantes :
- i° Le plancher des passages où se lient habituellement le personnel pour le service normal du tableau doit être isolant;
- a0 La largeur respective des passages prévus aux alinéas l et m ci-dessus devra être .portée au minimum à im,2o et à im,5o pour la haute tension.
- S. F.
- Nouvelles machines à vapeur économiques.
- Contrairement aux prédictions pessimistes de certains ingénieurs (Sir Bramwell n’affirmait-il pas en 1881, devant l’Association Britannique, que dans cinquante ans on ne trouverait plus de machine à vapeur que dans les musées), la machine à vapeur continue à se perfectionner chaque jour et à lutter, non sans succès souvent, contre ses nombreux concurrents. N’est-il pas vraiment surprenant de voir qu’un moteur dont le rendement thermique est inférieur à io % puisse concurrencer des machines incomparablement plus économiques au point de vue théorique ?
- Ce paradoxe s’explique aisément lorsqu’on étudie l’évolution admirable de la machine à vapeur. Nul outil industriel n’a subi de plus nombreuses et méthodiques transformations. On pourrait presque affirmer qu’il a atteint aujourd’hui la perfection, si ce mot était scientifique. De fait, la consommation de charbon dans les nouveaux types à vapeur surchauffée peut être envisagée comme un minimum qu’on ne semblait pas pouvoir obtenir.
- La question de la force motrice étant l’une des plus intéressantes au point de vue industriel, nous allons décrire quelques nouveaux types dé machine à vapeur, remarquables par leur faible consommation.
- MOTEUR ÉCONOMIQUE DE FRIEDRICH.
- Ce moteur est caractérisé par son faible encombrement et sa consommation peu élevée pour de faibles puissances (i à 3o HP). Il est destiné aux petites industries, aux exploitations agricoles et aux petites installations d’éclairage électrique. Sous un volume très réduit il réunit les perfectionnements les plus récents : surchauffeur, économiseur.
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- 7 Mai 1910
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 185
- Le moteur Friedrich se compose d’une chaudière tubulaire disposée pour permettre . une surchauffe modérée et un réchauffement élevé de l’eau d’alimentation, et d’un moteur à vapeur monocylindrique à vitesse normale, pourvu d’un système spécial de piston.
- La chaudière est munie d’un dispositif d’alimentation régulière et d’un régulateur de combustion automatique, de manière à réduire l’entretien au minimum. La grille est disposée de manière à permettre l’utilisation des combustibles les plus divers, tels
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- Fig. i. — Chaudière. — Coupe transversale par c cl (fig. a).
- que tourbe, sciure de bois, etc. La pompe d’alimentation aspire l’eau réchauffée par la vapeur d’échappement et l’envoie dans l’économiseur placé sous la cheminée de la chaudière. De là, l’eau, qui a déjà atteint ainsi une température élevée, passe dans la chaudière. Le foyer est complètement entouré de tubes à eau. La chaudière est aisément démontable en ses diverses parties. Le nettoyage s’effectue facilement, les tubes étant accessibles aux deux extrémités.
- Le moteur lui-même possède une distribution à piston. Le cylindre de travail, celui de distribution et le dispositif servant au chauffage de l’eau par la vapeur d’échappement forment un tout réuni sur un socle, dans un seul cylindre d’acier poli.
- On sait que dans les machines ordinaires à simple effet, fonctionnant à une pression un peu élevée, il est nécessaire de munir le côté du piston placé dans la partie ouverte du cylindre, d’un dispositif destiné à assurer l’étanchéité. Dans le moteur économique Friedrich, on utilise, à cet effet, un second piston qui complète l’action du premier. Ce piston s’emploie pour le cylindre de distribution et pour le cylindre de travail. Les espaces compris entre le piston principal et le piston auxiliaire sont remplis avec la vapeur d’échappement. On divise ainsi la chute de pression et l’on neutralise les fuites. De plus, on évite le refroidissement du cylindre. On a donc un double bénéfice.
- La figure i représente la chaudière (coupe transversale) avec les tubes d’eau. En D se trouve la vanne commandant le tuyau de vapeur ; en N le niveau le plus bas de l’eau dans la chaudière ; en R le retour de la canalisation venant de l’économiseur; en P l’amenée de l’eau venant de la pompe à main.
- La figure i donne une coupe longitudinale de la chaudière. On voit que les tubes à eau sont fermés à la partie antérieure ; ils sont courts et d’un diamètre assez élevé. Les tubes du haut servent à la surchauffe de la vapeur.
- Sous le tuyau de la cheminée se trouve l’économiseur E qui se compose d’un fort cylindre de fer à doubles parois. Dans l’espace annulaire arrive, ainsi
- Fig. ibis. —Coupe e/g.
- qu’on l’a dit, l’eau d’alimentation déjà chauffée par la vapeur d’échappement. L’économiseur est donc intercalé dans la canalisation sous pression de la pompe d'alimentation.
- La figure 3 est une vue d’ensemble du moteur.
- La figure 4 en donne une coupe verticale dans le sens de l’axe; la figure 5 montre le réchauffeur; enfin la figure 6 représente une coupe horizontale du moteur.
- Le cylindre double C se compose du cylindre de travail et du cylindre auxiliaire. Il porte en outre, venus de fonte avec lui, le cylindre de distribution E et la chambre F du réchauffeur. Le piston de distribution G,qui possède également un piston auxiliaire, se meut dans une boîte H pourvue d’un certain
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- nombre de trous et effectue ainsi la distribution de la vapeur.
- Fig', a. —Chaudière. — Coupe longitudinale,
- Les espaces compris entre les deux paires de
- Fig. 3. — Vue'd’ensemble du moteur, pistons (piston de travail et piston auxiliaire) se
- remplissent, ainsi qu’on l’a dit, de vapeur d’échappe-
- Fig*. 4. — Coupe verticale du moteur
- ment qui arrive clu cylindre de distribution par le
- RcchautTeur.
- canal / et pénètre dans le cylindre de travail. Cette
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- vapeur pénètre par K dans la chambre du réchauffeur F, puis de là elle sort à l’air libre par un tube L placé sur le fond supérieur du cylindre, où se trouvent également les régulateurs et une soupape de sûreté.
- Fig. 6. — Coupe horizontale du moteur.
- Le réchauffeur (fig. 5) se compose d’un tube M à nervures entouré par la vapeur d’échappement. Ce tube est fermé à sa partie supérieure et sa partie inférieure est munie de prises pour l’arrivée de l’eau froide et le départ de.l’eau chaude. La conduited’ar-
- Fig. 7« — Vue d’ensemble de la chaudière.
- rivée u est mise en relation soit avec un réservoir placé un peu haut, soit mieux avec une canalisation d’eau.
- L’eau réchauffée pénètre par la vanne de réglage O dans le récipient à eau P adjoint à la pompe
- d’alimentation, d’où elle est aspirée .par cette même pompe.
- La figure 7 donne une vue de l’ensemble de la chaudière.
- Le tableau I renferme quelques caractéristiques des moteurs économiques Friedrich (Feuerbach près Stuttgart).
- Tableau I
- Puissance en chevaux i à 2 8 à 10 25 à 3o
- Longueur du moteur complet (en mètres) I ,20 2,10 3,5o
- Largeur r i ,80 2,80
- Hauteur 1,80 2,40 3,20
- Diamètre du piston 128 210 250
- Course 160 2^0 3io
- Tours par minute 19° 180 275
- Poids complet (environ).. . . 750 3200 6 000
- Le prix oscille entre 1 5oo et 8000 francs.
- (A suivre.) A. Berthier.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Les nouvelles du marché du cuivre, qui n’étaient pas satisfaisantes, il y a huit jours, ne sont guère meilleures. A Londres, l’Amalgamated est tombée de 79 £ à 7$ £ 1/2; elle distribue néanmoins son dividende trimestriel habituel de 5<> cents par action. Le Rio est à 75 £ 3/4 venant de 76 £ 1/2 ; à Paris, accentuant sa baisse progressive, il a fait, à la dernière bourse de la semaine, 1912 francs. Le métal ne se comporte pas mieux; à Londres,l’électro cote 59 £ 5; et à Paris, les premières marques se traitent à iSofr. 25; à New-York, le Staùdard descend â 12,40 cents. Certains spéculateurs à la baisse font courir le bruit de la dissolution de l’Association des producteurs américains; il n’en est rien encore; tandis qu’à Londres il se constitue une société qui contrôlera 98 mines dans l’Arizona, son capital de 2 millions de livres est représenté par un million d’actions ordinaires et un million d’actions de préférence 7 % d’une livre sterling. En résumé, cette situation de dépression ne busse pas de surprendre les augures du marché qui trouvent singulier de voir des positions qui ont résisté si longtemps quand tout était défavorable au métal, abandonnées juste au moment où l’amélioration se fait sentir. Les constructeurs
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- auraient en France, en Angleterre et en Allemagne d’importants travaux qui nécessiteront l’emploi d’une grande quantité de cuivre; ils désireront profiter des bas prix du métal et s’approvisionneront en conséquence. Mais tout est subordonné à la sagesse des producteurs qui en Amérique seulement auraient livré en avril 120 millions de livres grossissant les stocks des Etats-Unis de 25 millions de livres.
- Nous aurons sous quelques jours l’assemblée des actionnaires du Métropolitain de Paris et nous connaîtrons le point de vue du conseil sur la situation de l’exercice écoulé et de l’exercice en cours. Mais on sait déjà par le rapport des commissaires la diminution des bénéfices nets, malgré l’augmentation des recettes de l’exploitation, conséquence aussi bien de l’ouverture de nouvelles lignes que de la progression du trafic.
- Malgré cette réduction de profits, le conseil proposera à l’assemblée de maintenir le dividende à 20 francs ; au cours actuel de 5g3 francs, c’est un revenu brut de 3,3^ %, alors que les actions de la Compagnie du Nord se capitalisent à 4 % ; et celles de la Compagnie de l’Est à 3,77 % pour ne citer que les deux plus prospères à l’heure actuelle. Voilà des anomalies de la cote, car nul n’osera mettre sur le même pied nos deux compagnies de chemins de fer dont les intérêts du capital sont en partie garantis par l’État, et le Métropolitain de Paris qui dispose d’une concession plus limitée et sera bientôt très concurrencé par le réseau réorganisé des Omnibus et Tramways! Si nous rapportons le chiffre des recettes totales (intérêts en compte et produits de fonds placés en reports, recettes de l’exploitation) au capital engagé, nous trouvons un revenu brut de 3o % et un revenu net de 7,63 % . La Ville de Paris, qui touche une redevance de 14 348679 francs, supérieure de 2 664 082 francs au revenu brut auquel nous faisons allusion, parait vraiment seule pour le moment avoir fait la bonne affaire.
- La Compagnie Générale Française de Tramways a fixé, dans son assemblée du 6 avril dernier, le dividende de l’exercice écoulé à 3o francs par action et a approuvé le report à nouveau de la somme de 158 892 francs. La répartition de ce dividende absorbe 3 millions ou les 9/10 des bénéfices nets de l’année, qui se sont élevés à 3 354 8o5 francs : le surplus des bénéfices, auquel on ajoute le report précédent de 198 262 francs, est affecté au compte reconstitution du capital à concurrence de 129642 fr. 3o, et au compte provision pour accidents et renouvellement du matériel pour la somme de i5o 000 francs; la part
- du conseil est de 145 o32 francs, et le report à nouveau de i58 392 francs. L’année au point de vue recettes a été meilleure que la précédente, malgré de moins bonnes conditions climatériques générales et bien que 1908 ait été exceptionnelle en raison de l’Exposition de Marseille. Mais la Compagnie a ouvert de nouvelles lignes au cours de l’exercice à Marseille et à Nancy et a recueilli tout le bénéfice de l’exploitation de la ligne du Havre à Montivilliers incorporée à son réseau depuis décembre 1908. Cependant l’augmentation des recettes brutes n’a pas conduit à une progression proportionnelle des profits nets, en raison de l’augmentation des charges qui vont toujours en montant. Depuis cinq ans, la majoration de l’échelle des salaires n’est pas inférieure à 25 % , et cependant rien n’est négligé pour améliorer le sort du personnel : secours aux malades, aux nécessiteux, repos hebdomadaire, caisses de mutualité, alimentées par des cotisations de la Compagnie, versement de 2 % des salaires à la caisse des retraites pour la vieillesse. Tous ces sacrifices aggravent le prix de revient et rien ne permet de penser que les dispositions législatives de demain ne les aggraveront pas encore. Le coefficient d’exploitation proprement dit est de 67,74 % , plus élevé de 1 % qu’en 1908; mais l’année en cours s’annonce comme plus favorable. Nous ferons remarquer, enfin, qu’au point de vue financier l'amortissement s’opère à la Compagnie générale française par le remboursement des obligations, par des prélèvements pour un compte de reconstitution du capital, et par une provision pour renouvellement du matériel; dès maintenant, en y ajoutant la réserve légale et la réserve spéciale, ces comptes de prévoyance forment à eux seuls, sur un passif de 112 millions, la somme de 9 319 166 francs bien près du capital engagé.
- Le fonds de reconstitution du cajjital a sa contrepartie à l’actif représenté par des obligations des sociétés filiales et un prélèvement sur la valeur d’un immeuble, siège social de la Compagnie. La Compagnie générale française n’exploite pas, en effet, uniquement pour son compte, avec une formule un peu spéciale, puisque partout elle achète son courant; mais elle patronne encore les chemins de fer et tramways du Var çt du Gard, les tramways de Tunis et ceux de Cambrai et de Saint-Quentin, dont les actions constituent son portefeuille pour 5 399 299 fr., rapportant, autantqu’on peut en juger, 657 i57francs. Tout cet ensemble de résultats témoigne bien de la grande prudence qui préside à la gestion du patrimoine de la Compagnie dont a parlé son président
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- et du coup d'œil et de l'intelligente conduite de la direction auxquels il a rendu hommage.
- La Compagnie des Tramways de Tunis s'est ressentie, au cours de 1909, des effets de la crise économique qui a sévi sur la Régence, crise due à plusieurs récoltes mauvaises. Les recettes de l'exploitation sont restées stationnaires au chiffre de i 536 008 frv et les dépenses ont atteint 1 013 608 fr. donnant un coefficient d'exploitation de 65 % . Le montant des bénéfices nets s’est élevé à 469 593 fr., ce qui ne représente qu'un revenu de 4)6q % du capital inscrit au passif pour la première fois à 10 000 000 de francs. Néanmoins, l'assemblée disposant du report des bénéfices de l’an dernier a voté un dividende de 6 % , qui a absorbé 482000 francs. La Compagnie avait, l'an dernier, une très grosse dette de 918 006 francs qu'elle a pu acquitter par un prélèvement correspondant sur son augmentation de capital, sa situation de trésorerie apparaît comme très aisée, lui permettant de faire face aux travaux d'extënsion de son réseau de distribution d'énergie qu'elle a entrepris concurremment avec la modification de la ligne de chemin de fer Tunis-Goulelte-Massa, à laquelle elle vend du courant. Nous constatons ici une formule inverse de celle pratiquée par la Compagnie Générale française, car la Compagnie des Tramways de Tunis alimente avec son usine les particuliers en éclairage et force motrice et se fait le pourvoyeur de courant de la Compagnie du Gaz et Régie cointéressée des Eaux qui poursuit la modification de sa concession d'éclairage de Tunis et garantit dès lors sa clientèle à l'usine des tramways. Ici le passif ne comporte comme fonds de prévoyance que la réserve légale et. une provision pour affaires contentieuses dont l’ensemble s’élève à 353 572 fr. 69. La Compagnie recueillera évidemment de ses ventes de courant supplémentaires des bénéfices ultérieurs intéressants, car elles lui permettront d’utiliser au mieux ses installations qui travailleront à pleine charge. Remarquons que les tramways de Tunis n’ont pas de charge d’obligations.
- Avec les Tramways de Nice et du Littoral, nous retrouvons la forme des compagnies affiliées à la Thomson-Houston ; un capital-actions de i5 millions
- en l’espèce, doublé d’un capital-obligations de i5 millions et les amortissements prévus par le remboursement du capital-actions, le remboursement des obligations et la constitution d'une provision pour dépréciation, renouvellements et accidents. Nice et le Littoral ont réalisé 3 6o5 o35 francs de recettes, en augmentation de 317207 francs sur 1908, et les tramways départementaux ont réalisé 124 597 francs ; les dépenses se chiffrant par 2 727 723 francs, le coefficient d’exploitation ressort à 73,1 % et le bénéfice brut à 1 001 909 francs.
- Après la déduction des charges qui comprenait l'amortissement de 122 obligations pour 61 000 fr., et la provision pour renouvellement pour 25 000 fr., le compte profits et pertes présente un solde de-427 836 francs sur lequel la répartition de 10 francs aux 3o 000 actions absorbe 3oo 000 francs, ou 70 %. Le rapport du Conseil fait mention des nombreux travaux d'amélioration en cours, soit à Nice, soit sur le Littoral et des autorisations obtenues des autorités compétentes pour l’exploitation du réseau de Monaco, des voies ferrées du Port de Nice et de la ligne Nice-Cimiez; les créditeurs divers figurent, en effet, pour 1 889 892 francs. On est alors très surpris des largesses de la Compagnie envers ses actionnaires quand on constate qu'en regard de ses exigibilités, l’actif ne présente que 287 772 francs de disponibilités immédiates ; comme les quantités d’approvisionnements ne varient guère en raison môme des nécessités du service, on ne peut donner, aux 999 5o3 francs de matières en magasin, le caractère de disponibilités. Cette situation de trésorerie ne pourra s’améliorer que par une augmentation de capital ou la création d’obligations.
- De New-York on mande que la General Electric C° a publié son rapport sur l’exercice 1909 qui se compose de 11 mois, par suite du changement apporté à l’année financière. Les recettes brutes se sont montées à 54 102 000 dollars, en augmentation de 6 945 000 dollars, èt les bénéfices à 9 599 000 dollars, en augmentation de 2 556 000 dollars. Ces résultats dénotent l’amélioration importante des affaires aux Etats-Unis, et font présager un exercice 1910 encore plus favorable.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — D’après l'Usine, la Compagnie des chemins de fer de l’Etat a mis en commande 4° locomotives pour express et 70 autres. Cette acquisition sera complétée par d’autres locomotives répondant aux besoins qui seront reconnus.
- Pour les voitures, les chiffres de 233 voitures et 100 fourgons sont portés à 256 voitures, dont 56 de troisième classe à intercommunication et à boggies, 52 de troisième classe à couloir partiel et 60 fourgons.Une dépense de 5 millions et demi est prévue à ce sujet pour 1910 et 1 900 000 fr. pour 1911. Au sujet des 2.000 wagons, la dépense prévue sur 1910 est de 3 6^3 000 francs et sur 1911 de 3 327 000 francs.
- D’après le rapport du Conseil d’administration, la Compagnie des chemins de fer de l’Est possédait, le i01' janvier 1910, pour un réseau de 5 004 kilomètres, 1 642 locomotives, représentant une force de 1 192 964 chevaux-vapeur.
- Elle prévoitlalivraisonenigioetigu de99 locomotives compound de divers types, dont i3 locomotives lenders à deux boggies moteurs de trois essieux, accouplés chacun pour la remorque des trains de marchandises lourds, celle de 178 voitures à voyageurs et 4 601 wagons de marchandises.
- Autriche-Hongrie. — La municipalité d’Aussig vient de décider d’établir une ligne de tramways électriques entre Pokau et Tellnitz. Devis : 270 000 couronnes.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Saône-et-Loire. — La Chambre de Commerce de Mâcon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 78 45o francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques, Mâcon-Moulins, Paray-Charolles, Cliênes-Oêches-sur-Saône et Vergé-Igé.
- Venezuela. — Le gouvernement du Venezuela a l’intention de faire construire une ligne télégraphique traversante pays situé au sud de l’Orénoque jusqu’à San-Fernando de Atabapo, à la source de Manaos, près des frontières de Colombie et du Brésil.
- Allemagne.— Le Norddeutscher Lloyd, la Hambourg-Amerika-Line et plusieurs autres Compagnies maritimes allemandes ont décidé d’étàblir sur leurs navires la télégraphie sans fil. La Compagnie Telefunken a été chargé de l’installation.
- DIVERS
- Espagne. — Du rapport de M. Boulot, consul de France en Espagne, nous extrayons les renseignements qui suivent :
- Sur 1 567 000 pesetas que représente l'importation à Bilbao du matériel électrique, la France ne figure que pour quelques centaines de francs. Ce sont l’Allemagne et la Belgique, le premier surtout de ces deux pays, qui retirent tout le bénéfice de ce commerce important. Il en est d’ailleurs à peu près de même dans toute l'Espagne.
- Cependant, grâce aux nombreuses chutes d’eaux dont ce pays est pourvu et en raison des prix relativement élevés qu’y atteignent les charbons même de production indigène, l’industrie électrique tend à se développer de plus en plus. De nombreuses fabriques y sont créées, allant souvent chercher la force motrice à de grandes distances. La plupart des entreprises minières ont aussi leur installation électrique.
- Les articles importés à Bilbao, évalués à 1 567 4*6 pesetas, comprennent pour plus de moitié (812 037 pesetas) des dynamos électromoteurs, bobines d’induction, transformateurs. L’Allemagne tient la tête avec une avance considérable sur les autres pays, ainsi qu’on le verra par le tableau suivant :
- Pays d’origine Appareils pesant jusqu’à 4ookB Appareils de 401 kB. et au-dessus.
- Allemagne.. 228 420 pesetas 371 477 pesetas
- Belgique ... 59 944 — 3i 33o —
- Angleterre. . 9 432 — 54 227 —
- Pays-Bas , .. » 26 532 —
- France 18 184 — 1 260 —
- Les accumulateurs et piles électriques sont fournis par l’Allemagne (5 25o pesetas), sur un total de 6 900 pesetas.
- Les câbles électriques et fils métalliques garnis de fibres'textiles représentent un chiffre de 604 000 pese-
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- tas ; la France et l’Angleterre ne prennent aucune part à ce commerce :
- Belgique........... 3i 7 58o pesetas
- Allemagne.......... 222 480 —
- Pays-Bas........... 63 000 —
- La-valeur des lampes à arc est de 33 000 pesetas environ ; celle des charbons pour ces lampes est. de 12000 pesetas. Ces articles sont fournis par l’Allemagne, l’Angleterre et la Belgique.
- C’est de Belgique que viennent presque toutes les lampes électriques à incandescence (g3 000 pesetas), la France cependant en importe de son côté pour près de 3 000 pesetas.
- Les appareils et machines représentent une valeur de plus de 6 millions et demi de pesetas. Comme pour les importations de matériel électrique, la part delà France à ce commerce est extrêmement faible. Elle ne dépasse pas 32 000 pesetas.
- Les machines à vapeur et à gaz fixes sans chaudières ni volants représentent un poids de 772 346kS et une valeur de 1 158 5oo pesetas. Elles viennent principalement d’Allemagne, soit directement, soit par la voie de la Hollande.
- Allemagne................... 661 8o3 pesetas
- Hollande..................... 427 227 —
- Angleterre................... 68 127 —
- Les machines à vapeur et à gaz, demi-fixes avec leurs chaudières, machines à pétrole, à air comprimé et les pièces détachées de ces machines à l’exception .des volants, représentent un poids de 28 397ke et une valeur de 56 800 pesetas; 85 % était d’origine anglaise, le reste d’origine allemande.
- Les générateurs cylindriques à vapeur {14.9 733ks) viennent également d’Angleterre et de Belgique ainsi que les machines multibulaires, gazogènes et leurs pièces détachées (717 ?goks) et les volants pour machines de tout genre (28 480 kilogrammes.)
- L’Allemagne et la Belgique expédient des moteurs hydrauliques : 63 260 kS valant 75 900 pesetas. Les machines-outils représentent une valeur de 354 65o pesetas et 268 795kB, se répartissant ainsi, entre les principaux pays de provenance :
- Jusqu’à Pesant plus
- 5ook6 de 5ooks
- Belgique................. 38 2g9kff 58 27iks
- Allemagne................ 16 633kS 69 337ks
- Angleterre............... 49 735ks 23 53oks
- Pays-Bas............ » 8 3iiks
- France.............. » 2 357ks
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÊES
- Compagnie des Tramways de l’Indre. — Le 7 mai, 19, rue Blanche, h Paris.
- Compagnie du chemin de fer de l'Est de Lyon. — Le 9 mai, 13, rue Auber, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer départementaux des Deux-Sèvres. — Le 12 mai, àParthenay.
- Compagnie d'Exploitation de Tramways et Chemins de fer.
- — Le 14 mai, ig, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie française de Tramways Indo-Chinois. — Le 12 mai, .19, rue Blanche, à Paris.
- Société Française d’Eciairage et d’Electricité. — Le 9 mai, 172, quai Jemmapes, à Paris. '
- Société Ch. Miidé et C‘.°. — Le 17 mai, 60, rue Desre-naudes, à Paris.
- Compagnie électrique du Secteur de ta Rive Gauche. — Le 25 mai, 8, rue Danton, à Paris.
- Les tramways électriques Nord-Parisiens. — Le 20 mai, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie Électrique du Jura-Doubs. — Le 26 mai 364, rue Lecourbe, à Paris.
- Société de l'accumulateur Tudor. — Le 14 mai, 26, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- Compagnie d'Appareils Électriques. — Le 24 mai, 25, rue du 4-Septembre, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine. — Le 20 mai, 19, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des Tramways mécaniques des environs de Paris.
- — Le 19 mai, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 27 mai à la mairie de Faremouticrs (Seine-et-Marne), fourniture d’une pompe pour élévation de l’eau, d’un gazogène et d’un moteur à gaz pauvre^ Soumissions avant le 11 mai.
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- ALLEMAGNE
- Le 24 mai, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Brème, fourniture et montage d’une grue roulante actionnée électriquement.
- Prochainement , à l'administration de la ville, à Calw (Wurtemberg), établissement d’installations électriques nouvelles, i35 000 marks.
- Prochainement, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Berlin, fourniture de 412 locomotives, 1 224 voitures à
- voyageurs et 9 400 wagons à marchandises, 78 000 000 de marks.
- „ »
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Regensburg extension des installations électriques, 35o 000 marks-.
- AUSTRALIE
- Le 14 juin, M. le deputy postmaster general à Melbourne, fourniture de 110 appareils téléphoniques divers, 100 tableaux de distribution, etc.
- i
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (irs série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PA BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUÇ CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 14 MAI 1910.
- Tome X(2* «érle). — N* 20.
- Tr«nte-d6nxldmo «dote.
- ddddddddddddddiwwddddddiwwddddddddwddddddddidwdidwdwdwdddddddwdwwwdiwiw
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- !*
- I/Ëclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Electrique est interdite.
- ;8U
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. iq3. — A. Eseling. Câbles téléphoniques à longue distance, système Pupin, p. 195. — P. Sur l’équipement électrique des submersibles, p. ao5.
- Extraits des Ipublications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Ampèremètre à mercure à pression interne, p. 207. — Les projections électriques militaires, A. Bociiet, p. 207. — Usines génératrices. Une centrale à vapeur moderne (la centrale de Buenos-Ayres), M. Gensch, p. 208. —Applications mécaniques. Horloges électriques modernes, F. Hope-Jones, p. 208. — Divers. Sur les accidents causés par l’électricité, A. d'Arsonval, p. 214. — Législation et contentieux. — La condamnation pour occupation de la voie publique sans autorisation entraîne-t-elle toujours l’enlèvement du poteau ? p. 215. — Texte de l’arrêté du Conseil de préfecture du Rhône ,(28 juin 1909), P. Boucault, p. 217. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Nouvelles machines à vapeur économiques, A, Berthier [suite), p. 219. — Chronique financière, p. 22i. — Renseignements commerciaux, p. 223. — Adjudications, p. 224.
- y
- ÉDITORIAL
- Nôüs donnons entièrement le travail que M. Ebeling vient de nous communiquer en même temps qu’à VElektrotechniscke Zeitschrift, sur les câbles téléphoniques à longue distance, système Pupin.
- L’auteur y donne une méthode pour mesurer la perte par dérivation, c’est-à-dire la valeur réciproque de la résistance effective d’isolement des câbles téléphoniques. Il montre, à l’aide de résultats de mesures, que l’on a pu établir, pour les lignes Pupin, des câbles éléphon iques de construction spéciale qui ne présentent que de très faibles valeurs de perte. L’auteur insiste, en outre, sur la concordance entre les mesures et le calcul de la constante d’affaiblissement de câbles Pupin ; il
- en tire la conclusion qu’il est possible de poser des câbles téléphoniques Pupin de 1 ooo‘m, sans qu’il soit nécessaire de prendre un fil de cuivre de plus de 3m,n. Ainsi serait démontrée la possibilité d’utiliser des câbles pour toutes les lignes téléphoniques importantes d’Allemagne, et leur usage serait également à recommander, au point de vue économique, pour les communications téléphoniques interurbaines.
- Cet ensemble de réflexions nettement favorables ne saurait nous faire oublier que la discussion est encore ouverte, sur la plupart des problèmes que M. Ebeling a pris a tâche de résoudre. Mais il s’agit là d’une documentation expérimentale assez imposante pour
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- être mise entièrement sous les yeux des spécialistes.
- La récente note de M. J. Breguet sur Véquipement électrique des submersibles nous a valu, de la part d’une personnalité très compétente, une communication, dont le caractère nous a paru dépasser celui d’une correspondance ordinaire : de sorte que nos lecteurs la trouveront à l’emplacement généralement réservé à nos articles de fond.
- La discussion à laquelle se livre notre distingué correspondant est celle du problème suivant: dans quelles conditions doit-on se placer pour réaliser un moteur d’hélice de poids minimum satisfaisant aux desiderata convenables de puissance et de vitesse?
- L’auteur conclut de ses observations que l’on aurait nettement avantage à relever la vitesse à laquelle on fait le couplage de batteries.
- Avant de présenter les articles suivants, nous tenons à informer nos lecteurs que l’organisation des chroniques relatives à chaque branche de l’électrotechnique, auxquelles a été fait un si bon accueil, est bientôt complète : M. d’Arsonval, membre de notre Direction scientifique, a, bien voulu se charger lui-même de la chronique d’électricité médicale ; des ingénieurs spécialistes tiendront de même nos lecteurs au courant du développement des théories électriques de Y électro-métal-
- lurgie et de Y éclairage : la publication de ces nouvelles chroniques va commencer prochainement.
- Parmi les nouveaux instruments de mesure, nous avons retenu un ampèremètre à pression de mercure.
- La belle conférence que vient de faire M. Bochet à la Société internationale des électriciens met au point l’état actuel de la question de projecteurs militaires. Après avoir satisfait, grâce aux mirois dorés, aux desiderata,de solidité et, de qualité d’éclairement, l’asservissement électrique du projecteur à la lunette d’observation a permis d’obtenir la précision impressionnante d’un demi-degré dans l’orientation des appareils.
- Dans la même séance, M. d’Arsonval résumait une très intéressante série d’observations faites en Autriche sur les dangers d'élec-trocution et en tirait des conclusions sur lesquelles la grande autorité de leur auteur attirera l’attention de tous les électriciens.
- Le problème des horloges électriques a fait de grands progrès en "peu d’années. Le moment semble venu de mesurer le chemin parcouru; c’est ce que fait M. F. Hope-Jones en détaillant les principaux types d'horloges de construction courante à l’époque actuelle.
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- CABLES TÉLÉPHONIQUES A LONGUE DISTANCE, SYSTÈME PUPIN (1)
- Les grands ravages subis par les lignes téléphoniques et télégraphiques en Allemagne et surtout dans les environs de Berlin, sous l’action des tempêtes de neige du milieu du mois de novembre 1909, ont suscité dans les journaux une série d’articles qui se sont entre autres occupés de la possibilité d’éviter la répétition d’ennuis de ce genre en se servant de câbles. En général, la conclusion de ces articles était que l’on pouvait bien construire de longues lignes télégraphiques sous forme de câbles, comme l’Allemagne en possède plusieurs depuis de nombreuses années, mais qu’il 11’était pas possible de poser de longs câbles téléphoniques de fonctionnement techniquement utilisable.
- Les réflexions développées ci-dessous ont pour but de prouver que non seulement il est possible de poser souterrainement toutes les lignes téléphoniques importantes d’Allemagne, mais que ce serait môme avantageux au point de vue économique.
- La maison Siemens et Halske est arrivée à cette conclusion en se basant sur les essais scientifiques et pratiques exécutés avec le système Pupin qui est utilisé jusqu’à présent partout avec grand succès pour les câbles téléphoniques ; la preuve en a été fournie par les diverses lignes posées dans un certain nombre d’Etats, surtout en Allemagne et dans les Etats-Unis de l’Amérique du Nord. En Allemagne, le système a été employé sur une grande échelle avec un résultat brillant dans le bassin industriel westphalien du Bas-Rhin. Les plus longues lignes de câble Pupin se trouvent dans l’Amérique du Nord où il y a des câbles Pupin de plusieurs centaines de kilomètres en exploitation.
- (?) Cet article a été communiqué simultanément par l’auteur à VElektrotechnische Zeitschrift. N. D. L. R.
- Les essais rapportés ci-dessous furent entrepris à cause des différences constatées entre les mesures de la constante d’affaiblissement et le calcul de celle-ci à l’aide des valeurs électriques. La constante d’affaiblissement définit l’effet d’une ligne téléphonique quelconque et également celui d’une ligne Pupin qui ne se distingue d’une ligne ordinaire qu’en ce qu’elle renferme des bobines de self intercalées suivant une certaine loi qui a été indiquée par le Professeur Pupin. En général, la constante d’affaiblissement est donnée par l’expression :
- P = 4/1 [V+Fc2)(R2 +P2 L*) +(AR-P2CL)]
- Dans cette formule, p — aim, n étant la fréquence par seconde, R et L représentant la résistance effective et la self par kilomètre de ligne double, A et G la perte et la capacité de charge par kilomètre, mesurée conducteur contre conducteur.
- Pour les lignes à self élevée, c’est-à-dire également pour les lignes Pupin, l’expression prend une forme simplifiée que M. le Professeur Breisig (') lui a donnée le premier:
- <*>
- Les termes électriques de cette équation renferment les valeurs kilométriques des bobines de self. La perle A, qui représente la valeur réciproque de l’isolement apparent, avait d’abord été négligée ; on croyait, en effet, pouvoir le faire, parce qu’il s’agit généralement de câbles sous papier et que par suite les valeurs de l’isolement mesurées avec du courant continu s’élèvent à plusieurs milliers
- (’) Elektrotechnische Zeitschrift, 1908, page 588.
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- de mégohms, la valeur réciproque étant par conséquent presque nulle. Si l’on pose A = o, les équations ci-dessus prennent des formés plus simples :
- Pl = y/lpC [v/rTh^Eî-Vl] (3) pour le cas général, et
- P' = ;R\/i ,4)
- pour les lignes Pupin.
- M. BélaGati est le premier qui ait fait remarquer (J) que l’isolement apparent des câbles téléphoniques ordinaires sous papier est en réalité beaucoup plus faible pour les courants alternatifs téléphoniques, que ne l'ont montré les mesures d’isolement avec du coui’ant continu. Il trouva à l’aide de la méthode de la barrette qu’à aooo périodes la résistance de l’isolement d’un câble téléphonique sous papier avait, avec du courant alternatif, une valeur kilométrique de o,i mégohm, c’est-à-dire un dix-millième de la valeur mesurée avec le courant continu; cette dernière était de i ooo mégohms.
- 11 utilisa pour les mesures la variation de la résistance de la barrette, fil mince échauffé par des courants alternatifs de la fréquence en question, en chargeant avec ces courants,
- une courte longueur de câble, tantôt un condensateur de même capacité, monté en pai’allèle avec une résistance choisie de façon que l’intensité de résonance lue au galvanomètre sur le pont soit la même dans les deux cas.
- M. le Professeur Breisig (*) a ensuite montré à l’aide de l’égalité ci-dessus (2) quelle importance cet isolement, en cas de courant alternatif, ou plutôt sa valeur réciproque, la perte peut avoir sur la constante d’affaiblissement dans les câbles Pupin. D’après les mesures deM. Gati, la perte, était de 1:0,1 X io6 ohms ou 10X10-0 ohms pour des câbles téléphoniques sous papier; M. le Professeur Breisig a, par contre, calculé une valeur de 2,9 à3,8x 10-6 en se basant sur des mesures effectuées sur un câble sous-marin. La construction de ce câble s’écartait toutefois de l’exécution normale, le fil de cuivre étant entouré de fils de fer.
- Relativement à l’importance de la perte, il convient de remarquer ce qui suit : lorsqu’il s’agit de câbles Pupin courts, comme ceux posés jusqu’à présent pour la « Reiclispost, » qui ont en général des conducteurs de cuivre minces, et par suite une constante d’affaiblissement relativement élevée, la perte ne joue pas un rôle important; par contre, dès que l’on a à poser de longues lignes de câble, on
- Tableau I
- - R L G A ’ EL (3« P A
- 7° 0,1 0,04 IO . 10—° O ,0221 0,0079 o,o3oo 36 %
- » » » 3 . 10-6 )) 0,0024 0,0245 I I %
- » » » I . 10—6 » 0,0008 0^022t) 4 %
- » » » o,5 . IO-6 )> 0,0004 0,0225 2 %
- K) » )) IO . IO“8 0 ,oo3» 0,0079 (ï jOI I I 247 %
- » » » < 3 . 10—0 )> 0 ,0024 o,oo56 75 %
- » » y> I . IO-6 )) 0,0008 0,0040 2 5 %
- )) » y) 0,5 . 10—0 » 0,0004 0 ,oo36 1 2 %
- par l'intermédiaire de la résistance, tantôt
- doit choisir des conducteurs de. cuivre relati"
- (*) Bêla Gati. Die Messung dielektrischer Widers-tânde mittels des Barrelters, Elektrotechnik und Masclii-nenbau, 1908, fasc, i3.
- fi) F. Breisig. Neuere Beobachtungen an untcrseeis-chen Fernspi-echkabelu.— Elektrotechnisclie Zeitschrift, 1908, p. 586,
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- yement épais pour obtenir. une constante d’affaiblissement suffisamment faible et la valeur de la perte peut alors jouer un certain rôle. Nous allons le montrer à l’aide de quelques exemples choisis arbitrairement et résumés dans le tableau 1. Soit L — o, i henry èt C = o,o4 mfd., les valeurs kilométriques de la self-induction et de la capacité d’un câble téléphonique sous papier ; supposons successivement que la perte soit égale à ioX io~r’ (valeur conforme aux données de M. Gati), à 3 X io 6 (valeur correspondant aux indications de M. le Professeur Breisig), à i X io~e et à o,5x io"“. Admettons que la valeur kilométrique de la résistance du conducteur, y compris les bobines, soit d’abord de 70 ohms et ensuite de 10 ohms, ce qui correspond à des conducteurs de cuivre ayant un diamètre respectif de omm,8 et de plus de 2 millimètres.
- Ces données nous permettent de calculer les valeurs de (3,. pour la première partie (indépendante de la perte) de l’équation (2) et celles de ga correspondant aux diverses valeurs de la perte pour le deuxième membre de l’équation ; leur somme (3,. -j- [3a représente les valeurs effectives de (3. Dans la dernière colonne du tableau I, A représente les variations pour cent de (3,. sous l’action de (3a. Lorsque la résistance R est égale à 70 ohms, la perte i o X 10'6 provoque seule une variation très(sensible de la valeur de la constante d’affaiblissement, tandis que lorsque la résistance est de 10 ohms, la perte o,5 X 10-6 est seule négligeable. On remarquera toutefois que les valeurs posées ci-dessus ont été choisies d’une manière arbitraire comme exemples bien frappants. Il en ressort, par exemple, que dans le cas de R — 10 et A = 1 X io-6, on peut réduire la valeur kilométrique de la valeur de (3a et par suite l’influence de la perte en diminuant la valeur kilométrique de la self.
- M. Lüschen a déjà attiré l’attention sur ce point en donnant quelques exemples ('). En
- choisissant des bobines appropriées on est à même d’empêcher que (3,. croisse trop en même temps.
- La valeur d’environ 3 X io“' admise par M. le professeur Breisig, pour la perte, paraissait très bien convenir pour les valeurs que nous avons mesurées de la constante d’affaiblissement de quelques lignes de câbles; par contre, pour d’autres lignes, la valeur admise par M. le professeur Breisig était encore trop élevée et nous avons cru pouvoir conclure de certaines mesures que la perte des câbles téléphoniques sous papier est très petite, sinon complètement négligeable. En tout cas, il y avait des différences entre le calcul fait en négligeant la perte, et la mesure de la constante d’affaiblissement. On pouvait, il est vrai, l’expliquer par la production de pertes inconnues dans les bobines d’induction. Il était donc absolument nécessaire d’élucider la question.
- Nous nous sommes, en conséquence, efforcés de trouver une bonne méthode permettant la mesure de la perte, même lorsque sa valeur est très faible. Nous avons complètement résolu ce problème. L’idée sur laquelle cette solution repose est due à M. lé Dr Adolf Franke et découle des réflexions qui étaient déjà contenues dans son travail (*). M. le Dr Franke y a décrit un alternateur spécial qu’il construisit autrefois pour la « Reichs: post » lorsqu’il faisait partie du bureau des ingénieurs télégraphistes, et avec lequel il fit une série d’essais des propriétés électriques de lignes et d’appareils téléphoniques. Cette machine et la méthode trouvée par M. le D1' Franke ont été utilisées d’une manière ingénieuse par M. le Professeur Breisig pour ses précieuses recherches.
- M. le Dr Franke est arrivé au cours de ses considérations à la relation simple :
- = A.x -f- inmGx (5)
- Foi
- sprechkabeln und die wirksame Zeitkonstante von Pupin-spulen. Elektrotechnische Zeitschrift, 1908, page no5.
- (‘) An. Franke. Die elektrischeu Vorgiinge in Fern-sprechleitungen und Apparaten. Elektrotechnische Zeitschrift, 1891, page 447 et suivantes.
- (4) F. Luschen, Ueber die wirksame Ableitung in Fern-
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- pour le cas de lignes suffisamment courtes. Dans cette équation, y0l et e0l, représentent l’intensité et la tension de la ligne à circuit ouvert, A et G la perte et la capacité par unité de longueur, n la fréquence par seconde et x la longueur de la ligne.
- Fig. i.
- Si l’on intercale alors dans le circuit de l’alternateur la courte longueur de câble K et un condensateur variable cx, ne possédant pas de perte pouvant être mesurée, et réglé de façon qu’on obtienne avec lui la même amplitude de tension qu’au bout du câble, on obtient pour le condensateur l’équation
- ——intnci 16)
- et pour le câble, la formule (5) nous donne:
- ^ (7)
- a et c2 étant les valeurs correspondant à la longueur mesurée; l’intensité yx est dans les deux cas la même.
- Les équations ci-dessus nous donnent :
- e, a-\-i%T:n c2 V2~~
- ---— +“
- 177:11 c, Ci
- 11% ne,
- Gomme il s’agit de courants sinusoïdaux, on peut poser
- cq == beiîltn\
- parce qu’il s’agit d’un pur condensateur et
- En introduisant ces valeurs dans l’équation ci-dessus, on a :
- a
- e, . . ea
- ~ = e~'a=z cos a— «sin a =— -------
- ^2 Ci iT. %nct
- d’où
- Cn . Cl.
- cosa = —- sina =-----------
- Ci 2 net
- a est le décalage de phases entre les tensions au condensateur et au bout de câble, décalage à mesurer avec l’alternateur. Gomme cet angle est très petit, nous pouvons poser cos a = 1, par suite
- . a
- Ci = c2 = c et a.= ——
- 7% ne
- et enfin :
- a = 2 k ne*. (8)
- L’alternateur du type primitif ne permettait pas d’obtenir des valeurs certaines, car l’angle a est en général relativement petit (il n’atteint pas un degré) et l’exactitude de réglage de l’alternateur est à peu près du même ordre. Lorsque, grâce à des perfectionnements minutieux auxquels M. l’ingénieur A. Becker a contribué, il fut possible d’obtenir un réglage suffisamment précis, on dut encore faire subir certaines améliorations à la méthode de mesure, avant de pouvoir obtenir des valeurs exactes. On ne parvint pas non plus avec cette machine à réglage plus précis, à calculer la perte à l’aide des valeurs obtenues par l’observation de longues lignes d’après la méthode du Kaiser-lisches Telegraphen Versuchsamt.
- La valeur trouvée au moyen de l’équation(8) indique la perte pour la lpngueur de câble, sur laquelle on effectue la mesure ; pour obtenir la valeur par kilomètre, il faut modifier la valeur trouvée proportionnellement à la longueur. L’angle a doit rester constant pour différentes longueurs de câble, mais à la condition toutefois que ces longueurs soient suffisamment courtes. Les observations faites à ce sujet ont montré l’exactitude de cette supposition pour un câble dont lalongueur pouvait être facilement modifiée. L’angle a correspondant à la longueur simple de et à la longueur double de i5o,n était de 12'à i3'. On s’est servi également de longueurs semblables pour les autres mesures.
- L’angle a étant aussi resté constant pour différentes fréquences, ce qui fut constaté par des mesures faites sur divers câbles,
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- il s’ensuit que la perte varie proportionnellement à la fréquence.
- Le contrôle de l’exactitude des résultats s’est fait à l’aide de la mesure de l’angle a, en reliant une résistance constante en parallèle avec un condensateur de même capacité que le câble; a et c étant constants dans ce cas, a devait diminuer à mesure que la fréquence augmentait. Le tableau II renferme les valeurs mesurées et calculées de l’angle a pour c — o,oo6o5 mfd. avec une résistance à alcool de 6,6 mégohms montée en parallèle.
- Tableau II
- n a mesuré a calculé
- 5l2 26' 26',8
- 640 20' 21',4
- 896 i3' i5',3
- I I OO 12' I2',5
- Gomme les mesures ne sont exactes qu’à % près, la concordance peut être considérée comme bonne.
- Le câble qui a servi aux essais les plus importants dont il est question ici, était d’une construction spéciale déjà employée à plusieurs reprises pour le système Pupin. Sa perte à 900 périodes était égale à A = 0,45 X io~6 et variait entre o,44 >< io-8 et 0,47 X 1 o-8 pour les divers conducteurs mesurés.
- Pour deux lignes doubles sous gutta-percha, de construction différente, placées dans de l’eau salée (conducteurs dont on disposait justement et dont les dimensions différaient de celles des conducteurs sous-marins), nous avons constaté à 900 périodes une perte A = 9,3 X io-' et 10,6 X io~8. La moyenne 10 X io~B correspond d’ailleurs à la valeur indiquée par M. le Professeur Brei-sig pour la perte à 900 périodes d’un câble sous gutta-percha de self continuellement répartie. Il ressort dès valeurs indiquées par M. le Professeur Breisig, pour le câble sous gutta-percha, que la perte croît avec la fré-
- quence; par contre, ce n’est pas ce qu’il a trouvé pour le câble sous papier.
- La perte de câbles avec forts conducteurs cuivre a fait également l’objot de mesures qui ont montré qu’il est possible d’obtenir une faible perte, même pour ces câbles. Nous avons trouvé, par exemple, pour un câble avec conducteur en cuivre de imm,5 une valeur maxima de 0,74 X io~8à 900 périodes, pour la perte.
- Nous avons, en outre, fait d’autres mesures sur divers câbles et conducteurs existants et nous nous en promettons des éclaircissements intéressants sur la nature de la perte. Ces travaux feront l’objet d’un exposé spécial.
- Cette méthode a enfin pu être employée pour déterminer la perte des bobines destinées à la pupinisation, celles-ci pouvant être considérées comme un conducteur à capacité continuellement répartie. Les mesures ont aussi fourni en général des valeurs sensiblement égales pour les mêmes sortes de bobines; par contre, les valeurs dès différents types ne concordaient pas. Nous avons trouvé, par exemple, des pertes variant entre o,o36x io-8eto,o4oX io-6 avec une self de 0,2 henry pour diverses bobines du type I. Pour le type II, les valeurs de la perte avec une self de 0,2 henry variaient entre 0,21 X io~8 et 0,28 X io-8. Ces deux genres de bobines employés dans des câbles, qui ont été posés et pupinisés il y a quelque temps, correspondent donc aux types normaux. Les chiffres indiqués pour le type I montrent qu’il est possible d’obtenir des valeurs très faibles pour les pertes.
- La mesure de la perte des câbles et des bobines nous a fourni tous les renseignements nécessaires pour juger de la concordance entre les calculs et les mesures, c’est-à-dire de l’exactitude de la théorie de Pupin; Nous avons naturellement dû tenir compte, dans les calculs, de la règle du sinus qui donne le degré de concordance de la ligne Pupin avec une autre ligne analogue, suivantla distribution des bobines de self.
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- D’autre part, il était nécessaire de pouvoir faire des mesures sûres de la constante d’affaiblissement, pour constater si les- mesures et les calculs concordent réellement. On pou. vait se servir, dans ce but, de la méthode tout à fait irréprochable dont se sert le « Kaiser-liches Telegraphen-Versuchsamt » .Nous n’insisterons pas ici sur cette méthode qui est basée sur l’emploi de la machine de Franke-Toutefois, comme elle présente l'inconvénient que les calculs prennent beaucoup de temps, on chercha une autre méthode sûre et rapide, car il a fallu, comme on peut bien se l’imaginer, exécuter un très grand nombre de mesures avant d’arriver aux résultats actuels très simples. En effet, tant qu’il ne nous était pas possible de mesurer sûrement les pertes, nous avons cherché à déduire leur valeur de la différence entre les calculs et les mesures. Néanmoins, malgré de nombreux essais, nous n’avons pu trouver de cette manière indirecte une valeur exacte de la perte, à cause de divers facteurs qui jouent un certain rôle dans les essais et dont nous n’avons reconnu l’importance qu’après avoir appris à mesurer la valeur de la perte.
- On peut considérer, comme une méthode sûre et plus simple, la mesure de l’intensité aux extrémités du conducteur, lorsque la ligne est suffisamment longue. La plupart de ces mesures furent exécutées avec l'oscillographe, le graphique du courant étant pris simultanément aux deux bouts de la ligne, l’intensité fut calculée à l’aide des amplitudes des courbes sinusoïdes. On calcula ensuite la constante d’affaiblissement au moyen de
- l’équation ^
- 2 e~
- , dans laquelle Je et la représentent l’intensité au commencement
- et à la fin de la ligne de longueur l. La plupart des essais ont été faits avec des lignes, de iookm de longueur. Des essais comparatifs exécutés d’après la méthode du « Kaiserliches Telegraphen-Versuchsamt»,montrèrent qu’en cas de lignes suffisamment longues, la concordance entre les résultats des deux méthodes de mesures était complète. On fit également d’autres mesures, d’après la méthode de Franke, afin d’obtenir des valeurs relatives ; dans ce but, on détermina l’intensité aux deux extrémités de la ligne, en mesurant la tension avec une résistance sans induction. Ces mesures présentaient, sur celles faites avec l’oscillographe, l’inconvénient d’obliger de mesurer la tension avec des résistances relativement élevées, parce que l’intensité est, en général, très faible aux extrémités de la ligne, tandis que la résistance de la boucle de l’oscillographe est très petite. Toutefois, cette méthode se montra suffisamment exacte pour des mesures comparatives.
- On se servit., pour les essais servant de norme, de câbles téléphoniques sous papier de io paires, de construction spéciale, avec conducteurs en cuivre de omm,8 de diamètre dont on disposait en longueurs égales de i 3oom, de sorte qu’il était possible de répartir les bobines uniformément. Celles-ci étaient intercalées à i 3oom de distance les unes des autres. La plupart des mesures furent faites à la même fréquence de 900 périodes, qui correspond à la fréquence moyenne des vibrations de la voix humaine. Les mesures défi-tives furent faites à diverses fréquences.
- Le tableau III renferme les résultats des mesures faites à 5oo, 900 et 1 200 périodes ; nous nous sommes bornés à ces fréquences
- Tableau III
- n R L c A Pr ps P cale. P mes. P mes.
- 5 00 900 12 00 71 74,o 76>7 0,154 henry » » o,o3<>8 mfd; » » 0,27 . 10—'8 0,48 . 10—G 0,64 . io—6 O,0160 O,Ol66 0,0172 O, 0160 0,0167 O ,0175 0,0163 0 ,0173 0,0182 a 0,0162 0,0177 0,0187 b O ,0l62 0,0173 0,0l84
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- parce que toutes les données qui leur correspondent peuvent être mesurées avec une assez grande sûreté et qu’elles embrassent une étendue suffisante. Ce tableau indique les fréquences, les valeurs moyennes de la résistance effective, de la self induction, de la capacité et de la perte, toutes ces valeurs rapportées à i’"" de ligne double, en tenant compte des valeurs du câble et des bobines; lés valeurs de la constante d’affaiblissement obtenue en ne tenant compte que du premier membre de l’équation (2), c’est-à-dire en quelque sorte de la valeur idéale de g; les valeurs |3S obtenues en tenant compte de l’écart indiqué par la règle du sinus de Pupin, enfin les valeurs (3 calculées en tenant compte de tous les facteurs venant en question, même de la perte, c’est-à-dire les valeurs pratiques delà constante d’affaiblissement. Les deux dernières colonnes renferment les |3 résultant de la mesure de la constante d’affaiblissement. Les chiffres indiqués dans les deux dernières colonnes permettent de reconnaître l’exactitude de la concordance des valeurs obtenues pour 3 par le calcul et par la mesure.
- Les mesures indiquées en a et b ont été faites avec des bobines de forme semblable et d’exécution ne différant que légèrement. La perte de ces bobines est très faible ; elle correspond à celle indiquée plus haut pour le type I, c’est-à-dire est d’environ o,o4Xio-G. Les mesures $mes. indiquées en b représentent les valeurs moyennes de plusieurs observations faites à des jours différents à l’aide de la méthode de la comparaison du courant aux extrémités de la ligne, en se servant de l’oscillographe et de la machine dé Franke. Les valeurs portées en a ont été obtenues au moyen d’une seule mesure. Gomme on le voit, la concordance est déjà assez bonne, même avec une seule mesure.
- La différence entre (3* et J3 cale, montre l’in-fluencede la perte; cette différence est de 2 à 4 % pour les- fréquences indiquées. Toutefois, comme nous l’avons vu plus haut, la perte joue surtout un rôle dans les câbles avec
- conducteurs en cuivre de fort diamètre. Pour permettre de juger l’importance des valeurs de la perte mesurées dans le cas qui nous occupe, nous pouvons renvoyer aux exemples arbitraires figurant au tableau I, où nous avons déjà indiqué la variation de la constante d’affaiblissement pour A — o,5 X io—6 qui représente une des valeurs moyennes mesurées ici; nous avons déjà montré que cette variation est faible. Même dans le cas où la perte serait égale à 1 X io~e, on aurait encore la possibilité, comme nous l’avons dit plus haut, de réduire sensiblement l’augmentation de la constante d’affaiblissement pour l’exemple choisi avec R= 10, en diminuant la self-induction. En tout cas, les données fournies, par exemple, par M. Lüschen (') et M._ Devaux-Charbonnel (2) sur le rendement des câbles Pupin en admettant de fortes pertes doivent être modifiées, au moins en ce qui concerne les câbles téléphoniques isolés au papier, parce qu’on peut fabriquer des câbles de faible perte.
- On a fait également d’autres mesures sur un câble en service avec conducteur en cuivre de omnJ,9 de diamètre. Sa perte était inconnue, parce qu’on n’était pas encore à même de la mesurer à l’époque de la pose. Le tableau IY renferme les valeurs de la constante d’affaiblissement (3,- obtenues à l’aide des facteurs électriques du câble et des bobines, sans tenir compte de la règle du sinus ni de la perte, les valeurs (3,s. modifiées à -l’aide de la règle du sinus et les valeurs $mes. provenant de la mesure. L’équation (2) permet de calculer d’une manière simple, en se servant des valeurs mesurées, la valeur' de la perte qui indique naturellement le total des valeurs pour le câble et les bobines; les résultats ainsi obtenus figurent en A cale. En admettant que la valeur correspondant à 900 périodes soit de o,5g X to-'6, on trouve pour 5oo et 1 280 périodes, la variation étant proportionnelle, les pertes indiquées en Ap.
- (1) Elektrotechnisclie Zeitschrift, 1908, page 1 to5.
- (2) Devaux-Charjbonnel : Etude sur les lignes téléphoniques. La Lumière Electrique, 190g, p. 327 et suivantes.
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- CJomme on le voit, la concordance est très bonne.
- On a pu tenir compte, après coup, de la perte des bobines qui sqnt du type à forte perte, dont nous avons indiqué plus haut la valeur moyenne 0,25 X io-6 à poo périodes; la valeur kilométrique de la perte est indiquée en ASp. Si l’on soustrait cette valeur de celle mentionnée en A, on obtient la perte du câble seul, mentionnée en AA, Comme qn le voit, la perte est également faible dans ce cas et concorde presque avec celle du câble d’essai (voy. tableau III ). Ce n’est du reste pas étonnant, car ce câble est de la même construction spéciale ; toutefois, cette concordance exacte peut être un hasard,
- Nous résumons comme suit le résultat de ces recherches :
- valeur déterminée de la constante d’affaibUs-sement pour une ou plusieurs fréquences déterminées. Les calculs ont montré qu’en sé servant des meilleui’es bobines que l’on construit actuellement en fabrication normale et de câbles de construction très soignée, on peut poser des câbles téléphoniques interurbains, pratiquement utilisables, de i ooo1 * 3 4*™ de longueur, sans que le conducteur en cuivre doive avoir un diamètre inférieur à environ 3mm. Toutes les lignes téléphoniques importantes d’Allemagne ont une longueur inférieure.
- Il faut également tenir compte de ce qu’en cas de lignes constituées exclusivement par des câbles, on peut se contenter d’une plus faible intensité phonique qu’en cas de lignes aériennes. Par suite des défauts d’isolement,
- Tableau IV
- n P, p* 0,0169 1 76 186 P mes.- A cale. A p ASp A h
- 5 o o 900 1280 0,0168 •79 0,0172 180 0,35 . 10—6 0,^9 . IO—G 0,9/, . 10-8 0,33 . JO—8 0,5,9. jo—8 0,84. 10—8 0,07 . io—8 0,13 . 10—6 0,24 . IQ—8 0,28 . .10—6 0,46 . 10—6 0,70 , 10—6
- i) Les câbles fabriqués suivant le système Pupin donnent le résultat théorique,
- a) Les câbles de construction spéciale utilisés par la maison Siemens et Halske pour le système Pupin possèdent une perte si faible que son influence sur la valeur de la constante d’affaihlissement est insignifiante.
- 3) On peut mesurer la perte d’un type de câble quelconque avec un câble d’essai de faible longueur.
- 4) Il est possible de fabriquer des bobines de perte négligeable.
- La conclusion à tirer de ces résultats si simples, mais dont l’éclaircissement a coûté tant de peine, est, en résumé, que nous sommes actuellement à même de juger nettement des distances auxquelles on peut aujourd’hui se servir de câbles téléphoniques Pupin.
- On peut obtenir, dans la mesure des moyens techniques dont on dispose, une
- ces dernières n’ont presque jamais leur plein rendement théorique et, comme il s’y produit en général des bruits nuisant au rendement, il faut choisir pour elles un conducteur en cuivre sensiblement plus fort qu’il ne serait nécessaire si rien ne nuisait au rendement. Pour les câbles, il n’est pas nécessaire d’augmenter la section de cuivre, car ils ont toujours un rendement uniforme. Les essais de laboratoire faits par la maison Siemens et Halske ont montré que l’on peut se contenter d’une valeur = 3,5 à 4 pour de longs câbles téléphoniques interurbains. Ce produit de la constante d’affaiblissement par la longueur, qui a d’abord été indiqué par M. le professeur Breisig. comme facteur de rendement et appelé exposant d’affaiblissement, permet, grâce à sa forme simple, de se faire une idée exacte. A mesure que le diamètre du conducteur en cuivre augmente, la valeur de la constante d'affaiblissement
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- R E V UE D ’ E L E C T;R 1.C I TÉ N
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- 3 augmente en général et par suite également la longueur pour laquelle on obtient la même valeur de $1. On a pu obtenir facilement des valeurs diverses pour $1 dans le laboratoire, car on disposait d’un câble avec conducteurs en cuivre de olu,l,,8 de diamètre et de 3oo!lI,> de longueur qui, une fois püpinisé, donnait environ (3/ ~ 6,5 ; la parole transmise était basse, mais claire.
- On a fait également, avec l’appui de l’administration des Postes allemande, des essais destinés à montrer l’influence desbureaux téléphoniques ; il en est résulté que ces derniers produisent, il est vrai, un affaiblissement du son transmis, mais que celui-ci est insignifiant dans les bureaux modernes.
- Après avoir constaté la possibilité technique de la pose de longues lignes téléphoniques interurbaines, nous allons examiner si leur emploi est économique. Les administrations des Postes sont seules à même de répondre sûrement à cette question, en se basant sur les données qu’elles possèdent; toutefois, on peut aussi en juger approximativement sans cela.
- Les longues lignes de câbles téléphoniques viennent surtout en question lorsqu’il s’agit d’un nombre assez grand de lignes, c’est-à-dire pour relier les grandes villes ayant entre elles un fort trafic. Toutefois, ces villes possédant déjà entre elles des lignes téléphoniques, il ne vaut pas la peine- de calculer pour quel nombre de lignes la pose d’un câble revient meilleur marché que celle de lignes aériennes. En général, on se décidera à poser un câble, soit quand le nombre des lignes est si grand que la pose de lignes aériennes présenterait des difficultés, soit quand les avantages présentés par un câble sont suffisants pour justifier un excédent de dépense momentané dont on pense être dédommagé avec le temps.
- Les avantages présentés par un câble peuvent se résumer comme suit :
- i) La netteté de la parole une fois atteinte subsiste, d’une manière uniforme, car il est
- extrêmement rare qu’il se produise des défauts dans le câble,
- ) La conversation n’èst gênée pmvaucun bruit.
- . , . I
- 3) Il n’y a jamais de recettes de perdues par suite de dérangements de la ligné.
- 4) On n’a pas à craindre ni les frais de réparation à la suite de tempêtes de neige, ni les pertes de recettes s’ensuivant. t
- 5) Les frais d’entretien des câbles sont très faibles par rapport à ceux des lignes aériennes.
- ) Lorsqu’on pose des câbles, on prévoit un certain nombre de conducteurs de réserve qui permettent une plus grande rapidité de trafic.
- 7) Par suite de la sûreté et de la rapidité du service, la confiance du public augmente, il s’ensuit une augmentation de l’emploi du téléphone qui justifie la pose des conducteurs de réserve.
- 8) L’achat du câble peut être rendu meilleur marché par la vente des fils de bronze existants qui représentent une haute valeur.
- Abstraction faite de la sûreté et de l’excellence de la compréhensibilité de la .parole, qui constituent surtout un agrément pour le public, et abstraction faite également de la pose de conducteurs de réserve qui représente un excédent de dépense, tous les au tres points correspondent à des économies qui peuvent devenir très importantes au cours des années. Relativement aux frais d’entretien nous avons un certain point d’appui dans les indications fournies par M. O’Meara, du Post Office anglais au Congrès de Budapest (*), et d’où il ressort que lés frais d’entretien se montent à 2,90 marks, c’est-à-dire en chiffres ronds 3 marks de plus par kilomètre pour une ligne aérienne que pour une ligne de câble ; nous reviendrons ci-dessous sur ce point. Quant à la réserve, en se servant du système Dieselhorst-Martin inventé en Angle-
- (') II. Streckf.ii. Internationale Zusamfnenkimftr dér Telegraphentecliniker in Budapest, 1908. Elektrolech-nisclie Zeitschrift, 1909, p.'ia7.
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- terre, on est a même de limiter sensiblement le nombre des lignes de réserve, en tant que, grâce à la seule construction spéciale du câble, on gagne une réserve de 5o % de circuits téléphoniques. Dans ce système, on peut utiliser d’une manière irréprochable la combinaison connue de chaque groupe de deux circuits téléphoniques avec un troi-sième, tandis qu’en cas de lignes aériennes, cette combinaison dépend du bon état d’isolement des lignes. Il n’y a besoin que de faire une pupinisation spéciale qui n’est toutefois nécessaire que lorsque la combinaison doit être utilisée, c’est-à-dire quand les circuits téléphoniques sont complètement occupés. On ne peut se servir de la combinaison avec des câbles de construction ordinaire.
- Nous voulons- prouver par un exemple que1 les frais d’un câble interurbain ne sont pas extrêmement élevés. Soit une ligne existante de 5ookm de longueur, qui doit être posée souterrainement. Cette longueur représente la longueur moyenne des lignes importantes d’Allemagne et a été choisie pour cette raison.
- Cette ligne comprend i4 circuits téléphoniques en fil de bronze de 4ram et l’on veut poser un câble avec 28 circuits téléphoniques ; on se servirait aussitôt de la réserve. Un tel câble construit comme câble Pupin coûterait environ 10 000 marks par kilomètre, c’est-à-dire 5 millions de marks pour 5ookm, y compris les frais de pose. En vendant les 14 lignes doubles en bronze, on réaliserait, sans tenir compte des frais de démontage, à peu près 2 millions de marks, le fil de bronze ayant une valeur intrinsèque relativement élevée. Il s’ensuit qu’on aurait seulement à faire une dépense unique de 3 millions en chiffres ronds. Mais, d’autre part, on voit en se basant sur les données de Mr. O’Meara que l’on économiserait environ 84 000 marks par an pour les frais d entretien d’un câble de 28 lignes doubles et 5ook>n, par rapport aux frais correspondants pour le même nombre de lignes aériennes, ce qui représente déjà un bon rapport du capital. Si l’on considère
- en outre le gain provenant de l’augmentation des recettes par suite de la sûreté et de la^ rapidité des communications et des économies de réparation, et si l’on tient compte de ce que les câbles ont une très longue durée, comme l’expérience nous le prouve, et ne nécessitent par conséquent qu’un taux d’amortissement très minime, on en arrive nécessairement à la conclusion que non seulement la pose de câbles interurbains n’est pas plus chère pour les lignes importantes mais qu’elle est même économique et à recommander.
- La longueur des lignes importantes est d’environ 4 oookm en Allemagne; ceci correspondrait à une dépense totale unique d’environ 5o millions de marks pour câbles de 28 paires; elle ne serait que d’à peu près 3o millions, en déduisant le chiffre réalisé par la vente du fil de bronze.
- Si l’on se décide à poser des câbles téléphoniques interurbains de ce genre, on cherchera naturellement à caser toutes les lignes importantes et les lignes télégraphiques dans des câbles. Aujourd’hui, on n’a plus d’hésitation à le faire; il est possible de placer dans le même câble, à côté les unes des autres, des lignes télégraphiques et téléphoniques de rendement élevé, comme le montrent les divers longs câbles combinés de ce genre posés en Angleterre. En cas d’un très grand nombre de conducteurs, on placera naturellement chaque sorte de conducteurs dans un câble spécial.
- Les explications ci-dessus se rapportent au rendement des câbles, système Pupin, à self artificielle intercalée à certains points; les câbles à self continuellement répartie ne sont pas en question pour de telles longues lignes interurbaines. Toutefois, les essais mentionnés ici nous ont également fourni des données exactes sur le rendement de ce dernier genre de câbles ; nous reviendrons plus tard sur ce;sujet. Toujours est-il que les présentes explications montrent que l’on a la possiblité de poser les principales lignes téléphoniques d’Allemagne souterrainement et
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- de débarrasser ainsi le service téléphonique de tout manque de sûreté et inconvénient, ce
- qui a déjà été fait avec succès dans les ré seaux urbains. A. Ebeling.
- SUR L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE DES SURMERSIRLES
- J’ai lu avec intérêt dans les numéros de la Lumière Electrique des 9 et 16 avril les articles très documentés de M. J. Breguet sur l’équipement électrique des submersibles français.
- Permettez-moi, puisque cette question est soulevée, de vous signaler un problème s’y rattachant et qui n’a pas encore été, à ma connaissance, nettement posé, malgré son grand intérêt.
- Dans quelles conditions doit-on se placer pour réaliser un moteur d’hélice de poids minimum donnant une puissance P„t à la vitesse maxima V,„, et permettant d’obtenir d’une façon suffisamment économique les vitesses comprises entre V,net, parexemple, les 4/10 de cette vitesseV,,,'?
- Pour réaliser cette dernière condition, on devra user uniquement d’un couplage de batteries (ou d’induits comme sur Y Archimède) et de variations de champ, à l’exclusion de l’emploi d’un rhéostat d’induit.
- Notons d’abord que ce fait d’efï'ectuer un couplage de batteries ou d’induits implique l’obligation de faire un moteur variant par le champ au moins dans le rapport de 1 à 2.
- Pour réaliser un moteur de poids minimum donnant la puissance P,„ à grande vitesse, on est amené à faire travailler à cette vitesse le circuit magnétique à une induction aussi élevée que possible, et par suite à faire le couplage des batteries à une vitesse Va- plus élevée que la demi-vitesse maxima.
- Soit I,„ le courant dans l’induit à la vitesse maxima V,„ (et par conséquentau grand voltage). 11 faut que, à la vitesse Yx, quand on estau petit vol-
- (')Nous avons reçu d’un spécialiste très compétent, qui désiré garder l’anonymat, les observations suivantes dans une lettre que nous publions exceptionnellement comme article de fond, parce qu’elles complètent le récent travail de M. J. Breguet.
- atage, l’intensité la dans l’induit ne dépassepas 1s, n quoi l’induit devrait être dimensionnéprus lo,„ l’intensité Iœ > 1,«> et le cuivre induit serait ma utilisé à la vitesse maxima, ce qui ferait perdre l’avantage de poids obtenu en saturant plus le fer.
- On peut donc dire que la vitesse la plus favorable au couplage est telle que \x — I,„.
- La puissance P,„ absorbée à la vitesse V.» est I,„ U, U étant, le grand voltage; la puissance Pa, absorbée à la vitesse Y* au petit voltage est :
- la, — ; si la, := I,„, la puissance demandée au mo~ 1
- teur à la vitesse Yx sera la moitié de la puissance maxima.
- Les puissances variant proportionnellement aux cubes des vitesses, on a . .
- p* /y*v
- p 2 vvj
- D'où :
- Va, = 0,795 Ym,
- On a donc intérêt, au point de vue du poids, à faire le couplage à une vitesse bien supérieure à la demi-vitesse, et par conséquent à ne pas faire travailler le moteur à champ minimum à la grande vitesse'.
- En pratique ce résultat devrait être légèrement modifié. En effet, la Marine ne demande en général qu’un èssai assez courta la vitesse Yla batterie se vidant très vite à cette allure; la durée de cet essai ne permet pas au moteur.de prendre sa température de régime correspondant à l’in-
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- 'tensité I,„. Au contraire la-vitesse-V,„ doit pouvoir être soutenue beaucoup plus longtemps sans dépasser le même éehauffement de l’induit; ceci conduit à prendre ix un peu plus petit cjue l„„ c’est-à-dire à diminuer légèrement la valeur trouvée de \x.
- 11 faut également remarquer qu’à la vitesse Væ le moteur tournant moins vite se refroidit moins bien qu’à la vitesse V„t, ce qui conduit aussi à adopter 1^ <C L«.
- Par contre, quand les batteries sont en parallèle, le régime de décharge étant plus modéré que quand elles sont en série, le petit voltage est un peu supérieur à la moitié du grand voltage, ce qui tend à diminuer la.-et par suite réchauffement de l’induit à la vitesse Vœ.
- Tous comptes faits, pour obtenir des échauf-fenients égaux de l’induit aux vitesses Va- en régime prolongé, et Y„, en régime intermittent, on doit avoir suivant les cas Va — 0,7 à 0,75 Vw.
- Dàns ces conditions la vitesse minirna obtenue sans rhéostat d’induit serait
- Au voisinage delà vitesse Va au grand voltage, le rendement serait très supérieur à celui de o,5 constaté par M. Breguet au champ maximum,
- p
- car à la demi-vitesse la puissance est tandis
- . ’ iym
- que, à la vitesse Yx — 0,75 V,,,, elle es-t—'A . La
- 2,37
- perte par excitation qui fait baisser le rendement au champ maximum serait donc rapportée, dans notre hypothèse, à une puissance trois fois plus
- forte (exactement —— = 3,37) que dans le système où le couplage se fait à demi-vitesse. De plus, cette perte par excitation étant celle d’un
- moteur moins gros serait elle-même diminuée. Le rendement resterait par suite constamment acceptable au grand voltage.
- On ne retomberait dans de très mauvais rendements qu’au voisinage des 4/10 de la vitesse maxima, en arrivant au champ maximum petit voltage. A ce moment, comme le remarque M. Breguet, il y aurait avantage à employer un rhéostat d’induit; il semble d’ailleurs qu’il y ait intérêt à étendre à ce rhéostat le système dé refroidissement par circulation d’eau dont parle M. Breguet; pour cela, on l’immergerait dans de l’huile refroidie par un serpentin. Ceci permettrait de faire un appareil relativement léger et pouvant dissiper un nombre de watts important. On pourrait aussi user du couplage en série de deuxinduits en arrivant au voisinage de la vitesse 0,04 V„, ; ceci compliquerait l’appareillage, puisqu’il yaurait àprévoir à la fois couplage de batteries et d’induits, mais le supplément de poids dû aux relais, connexions, etc., serait bien inférieur au gain réalisé en forçant le champ dans le moteur à la vitesse maxima. Ce gain, en reportant la vitesse de couplage de o,5 V,» à 0,7 ou 0,75 V,;i peut, en effet, sur des navires du type deVArchimède et du Mariotte,ètre voisin d’une dizaine de tonnes. ' .
- Le seul inconvénient du système est d’augmenter la vitesse minirna necessaire pour recharger la batterie, et ceci dans le rapport de 0,7 à 0,5, soit de 3o % ; si néanmoins on consent à coupler les batteries en parallèle pour la charge, ou si on adopte un couplage d’induit en plus du couplage des batteries, cet inconvénient disparaît.
- Il semble donc qu’il y ait Un avantage bien net à relever la vitesse à laquelle on fait le couplage des batteries, puisque cette modification permettrait un gain important sur les poids sans inconvénient notable.
- P.
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- 14 Mai 1910. RËŸÜÉ D'ÉLECTRICITÉ
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- — -H-.......207
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURÉS
- Ampèremètre à mercure à pression interne. — Electricdl World,* 24 mars 1910.
- Lorsqu’un eoiiraiit côntifiti OU alternatif traverse une cüldhnë cylindrique. de triercüféj il existe une différence de pression hydrostatique entre l’axe et la périphérie. On utilise cette différence de prëssion pour produire l'ascension d’un liquide dolofé dans un tube, et les dénivellations sont proportionnelles au cafr<? de l’intensité du courant.
- L'appareil peut donc être employé en courant continu ou alternatif et il mesure des intensités comprises entre 5oo et 5ddo ampères.
- D’après les constructeurs, rappârèll donne des indications exactes, à o,t % près, à partir du Cinquième de l'échelle. II est presque apériodique et la colonne revient de sa hauteur tnàxima à sou niveau normal en 4 secondes-environ. La constante de l’instrument, qu’on peut mesurer ou calculer s’il s’agit de courants très intenses, ne dépend pas de tensions de ressorts ou de Variations de magnétisme d’aimants ; elle est donc indépendante du temps.
- La consommation propre n’excède pas 70 watts.
- Les usages de cet appareil sont tout indiqués pour déterminer le rapport de transformation des transformateurs série, mesurer les grandes intensités employées en électrochimie, etc.
- L. B.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Les projections électriques militaires. — A. Bochet. — Communication à la Société internationale des Électriciens, 4 mai 1910.
- Les premiers miroirs employés comme projecteurs étaient paraboliques. Mais leur construction était beaucoup trop difficile. Le côlonèl Mangin trouva enfin la solution pratique en employant un verre Sphérique limité exclusivement par UU miroir également sphérique, en faisant Ctt sorte que l’abër*-ratiOn de réflexion fut ainsi à peu près Compensée
- par l’aberration de réfraction. Malheureusement tous les miroirs de verre se sont montrés trop fragiles pour les usagés militaires. On eut alors recours aux miroirs dë métal. Uii artifice ingénieux consista alors à déposer sur un paraboloïde convexe en Verre uiie couché électrolytiqüe d’argent, puis une deuxième couché d’ür, destinée à donner de la solidité. On plongeait ensuite le tout dans de l’eau châUde i la différence dès dilatations décollait la COUehe métallique de son support en verre et l’on Obtenait Un miroir de métal d’ün poli merveilleux. Mais si lèS miroirs h surface d’argent étaient moins fragiles que ceux en verre, ils S’altéraient rapidement. C’est alors qu’on songea éhfin à construire des miroirs dorés.
- Ces miroirs, bien que le pouvoir réflecteur de l’or soit inférieur à Celui de l’argent, donnent dés résultats pratiqués supérieurs, d’abord parce qUè leur lumière est plus douce, et par suite plus favorable à l’observation, et ensuite parce que, même au point de vue photométrique, la couche de verre qu’011 est obligé de disposer sur un miroir d’argent pour le protéger produit une perte de lumière qui compense à peu près les différences des pouvoirs réflecteurs. Au total, les miroirs dorés sont bien préférables au point de vue pratique, et ils supportent parfaitement bien l’épreuve du tir. Quant à la source de lumière, il n’y a pas lieu de s’adresser à d’autre qu’à l’arc électrique, qui donne un éclat de 240 bougies par millimètre carré, tandis que la chaux, à l’incandescence du chalumeau oxhydrique, en donne 8.
- Destinés à guider les artilleurs de terre et de mer, les projecteurs militaires doivent avant tout obéir rigoureusement à la volonté de l’observateur du tir. Celui-ci observe à l’aide d’une lunette, et les dispositifs d’asservissement électrique qui ont été réalisés ont pouf but de faire suivre au projecteur — à un demi degré près — les mouvements de cette lunette. M. Bochet a présenté des positifs : celui de la maison Breguet repose sur un jeu de commutateurs; celui de la. maison Sautter Harlé, sur l’emploi d’un pont de Weastone : les déplacements de la lunette se traduisent en somme par le déplacement d’un sommet du pont ce qui rompt l’équilibre et lance un courant dans le galvanomètre : la déviation de celui-ci commande
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- 2Q8 LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- la marche, dans un sens correspondant, du moteur qui actionne le projecteur. Enfin un troisième dispositif, très ingénieux, repose sur l’emploi de lames vibrantes accordées : c’est un procédé par résonance, qui offre le grand avantage de ne nécessiter pour les transmissions que des fds de très faible calibre, de véritables fils téléphoniques.
- Au point de vue de la technique générale des projecteurs, M. Bochet a rappelé les travaux fondamentaux deM. A. Blondel sur la divergence du faisceau lumineux des projecteurs, la localisation du foyer de lumière dans le cratère positif de l’arc, et le rôle de la densité du courant d’alimentation.
- Il a tenu également, à propos des manoeuvres navales de nuit qui ont permis d’entraîner le personnel à l’emploi des projecteurs électriques, à rendre hommage à la science et au sang-froid des officiers de marine français qui savent éviter des accidents au cours de ces exercices utiles mais périlleux. Si les accidents sont plus rares dans certaines marines étrangères, a dit M. Bochet, c’est que des manœuvres de ce genre n’y ont pas lieu.
- Actuellement, aussi bien sur terre que sur mer, les projecteurs militaires sont susceptibles de rendre de précieux services.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Une centrale à vapeur modeime (la centrale de Buenos-Ayres).—M.Gensch.—Elektroteclmische Zeitschrift, i3 et 20 janvier 1910.
- La production de cette centrale, qui était de 10 millions de kilowatt-heures en 1902,avait plus que décuplé en 1908, tandis que le prix moyen de vente du courant a baissé d’un tiers dans la même période (en 1908, il était de 3o centimes le kilowatt-heure). La courbe de charge, quia une pointe très accentuée, a imposé l’emploi de batteries-tampons.
- L’auteur s’occupe surtout des générateurs de vapeur, au sujet desquels des essais très complets ont été exécutés. Le combustible employé contient 83 % de carbone pur. L’emploi d’un économiseur, qui représente une partie importante de la surface totale de chauffe, permet de faire donner à l’installation son maximum de puissance et de rendement.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Horloges électriques modernes. — F. Hope-Jones — Communication à Y institution of Eleclrical Engineers, 17 février 1910; reproduite par Y Electricien, 18 et a5 février et par Y Eleclrical Review, 4 mars igïo.
- L’auteur constate qu’il y a 10 ans, à part les systèmes Ritchie et Lund, les horloges électriques étaient presque inconnues en Angleterre. A cette époque, il inventa le système Synchronorne et depuis lors, plusieurs autres sont entrés dans la pratique.
- On peut classer les horloges électriques en trois catégories :
- i° Horloges indépendantes actionnées électriquement ;
- 20 Horloges, munies d’un mécanisme d’entraînement individuel, recevant, par l’intermédiaire d’une horloge mère, des impulsions électriques qui servent à synchroniser leurs mouvements.
- 3° Horloges où les rouages reçoivent leur mouvement effectif des impulsions qu’envoie une horloge mère à intervalles de temps rapprochés.
- Ce sont ces dernières qui sont les plus intéressantes et l’auteur passe en revue un certain nombre de dispositifs.
- Système Lowne.— La figure 1 représente, dans sa partie supérieure, l’horloge mère de ce système. La béquille mobile A porte, vers le bas, deux axes qui enserrent la tige du pendule, et en haut un prolongement qui supporte la barre d’échappement B. L’armature C est normalement maintenue écartée des pôles de l’électro-aimantpar le ressort plat E, en acier, qui est relié à la tige D. On voit en F un
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 209
- levier mobile à crochet et en G un cliquet qui fait faire à la roue H une révolution par minute. Une extrémité du levier J vient ainsi,chaque demi-minute, dans la position qu’indique la figure, et alors elle rencontre, pendant la course de celui-ci, le ressort de contact K;il est,en effet, fixé à la béquille A et se meut avec le pendule. Le contact L étant normalement maintenu fermé, l’électro-aimant est excité à chaque — de la course du pendule à secondes, vers la
- gauche, et le ressort E se trouve bandé.
- Le circuit série comprend des cadrans M, M, M' qui sontdu type à une seule roue et dont les électros sont shuntés par des bobines N.
- Lorsque l’armature G est attirée, elle est maintenue abaissée par F jusqu’à ce que le pendule, dans sa prochaine course à droite, l’abandonne et permette au ressort E de fournir au pendule, par l’intermédiaire de B, l’énergie qu’il avait précédemment emmagasinée.
- L’armature, en se déplaçant, fait mouvoir le volant P, de sorte que son mouvement n’est pas trop rapide et le contact L demeure fermé jusqu’à ce que l’horloge la plus paresseuse ait fonctionné.
- Les bobines shunt N ont pour but de retirer du circuit les électros des horloges, aussitôt qu’ils ont attiré leur armature ; ainsi, le courant devient plus intense dans ceux qui n’ont pas encore agi, et l'on peut vraiment dire que la consommation de courant est proportionnelle au travail à effectuer pour faire mouvoir les horloges.
- Au lieu de prolonger la durée du contact au moyen d’un dispositif tel que le volant P, on pourrait employer deux transmetteurs subsidiaires dont l’un effectuerait la fermeture et l’autre l’ouverture du circuit.
- A la vérité, le mode de propulsion du pendule peut ne pas satisfaire les esprits soucieux d’une grande rigueur, car le pendule n’est jamais absolument libre ; il doit effectuer un certain travail aux extrémités de sa course et l’énergie nécessaire pour fermer le contact lui est empruntée. Toutefois, l’auteur n’est pas surpris du parfait fonctionnement de cet appareil, car les détails en sont bien étudiés et sa construction est très soignée.
- Système Aron. — La figure i représente une horloge de ce type. On y utilise le procédé de remontage automatique employé depuis longtemps avec succès dans les compteurs Aron.
- Le cliquet d’entraînement A est monté sur l’armature B, et il agit sur la roue principale de l’horloge
- au moyen du ressort G. La partie mobile D supporte une lame isolée E et une lame de contact F ; elle est en équilibre instable, et le ressort G la maintient dans une position ou dans l’autre, lorsque la tige de contact H, fixée à l’armature, se déplace et dépasse le point mort. Ce mécanisme sert à remonter automatiquement une horloge ordinaire dans laquelle la partie mobile doit, chaque minute, tourner un commutateur ; cela a pour effet d’envoyer aux différents cadrans une impulsion et de renverser en meme temps la polarité de la batterie. A cet égard,
- Fig. 2.
- ceci est tout à fait conforme à la pratique allemande (système Grau-Wagner) qui donne de bons résultats. Les efforts effectués sur le continent pour réaliser des systèmes fonctionnant au moyen d’impulsions dans un seul sens ont été abandonnés à cause de la difficulté d’obtenir des contacts parfaits à .-la» fermeture et à la rupture.
- Fig. 3.
- Système Perret. — La figure 3 représente le système de remontage automatique de l’horloge Perret. L’électro-aimant A est placé verticalement au-dessous de l’armature H que supporte le levier G centré en B. Le poids de ce levier, s’ajoutant à l’action du.r.es-sort R, entraîne la roue F par le moyen du cliquet G2. La roue F est en»général la roue centrale d’une hor-
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- âiO LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série).R» 20.
- loge à échappement ; elle porté 60 dents et effectue une révolution* entière à l’heure. B' et B2 sont des bornes de contact et D', D2 des contacts à ressort qui viennent alternativement s'appuyer sur les bornes B' et B2 par le jeu des cliquets G' et Ca. Ces contacts sont en série avec l’électro-aimant,
- Lorsque le levier C tombe, le contact D2B2 se ferme lentement, D' B' étant alors ouvert. Lorsque le cliquet G' franchit le sommet d’une dent, rapidement le contact D' B' se ferme; Télectro fonctionne et aussitôt le contact DaB2 se rompt.
- On voit que le contact qui s’ouvre est celui qui a été bien fermé lorsque le circuit était ouvert en un autre point. L’énergie nécessaire pour effectuer les contacts est empruntée à la roue F ou à l’armature qui l’entraîne, mais elle est très faible et les variations de la force motrice sont insignifiantes.
- A cause de la délicatesse des contacts, ce type d’horloge 11e peut toutefois s’employer qu’avec de faibles forces électromotrices et des courants peu intenses. On se sert de relais pour commander les cadrans récepteurs, qui sont du type à une seule roue.
- Tout en constatant l’excellence de ce système, l’auteur craint qu’on ne puisse l’employer avec une entière sécurité, du moins en Angleterre où les horlogers repoussent encore de toutes leurs forces le principe des horloges électriques, et où, par suite, il est rare de trouver des ouvriers aussi au courant que les Suisses de la façon dont est construite une telle horloge.
- Système Magneta. — M. Fischer de. Zurich s’est inspiré des idées de Wheatstone en réalisant le système Magneta. Wheatstone engendrait des courants alternés au moyen de la lentille du pendule de son horloge de contrôle. Gelle-ci était, en somme, une machine magnéto électrique entraînée par un poids très lourd qu’on remontait à la main.
- Fischer a apporté à ce système deux modifications radicales. D’abord, l’entraînement de la génératrice magnéto-électrique est effectué par un train d’engrenages séparé, placé soüs la dépendance d’un mouvement d’horlogerie à remontoir et indépendant. De plus les impulsions électriques sont engendrées toutes les inimités au lieu de chaque seconde.
- La figure 4 représente une section horizontale de l’horloge mère. Le levier de déclenchement 5 constitue la liaison entre les deux systèmes de rouages, celui de l’horloge, à droite, et celui qui entraîne la magnéto, à gauche. Lorsque, à la fin de chaque minute, ce levier se déclenche, la manivelle. 6 devient
- libre de faire un tour, et par l’intermédiaire de là bielle y l’armature prend un rapide mouvement de va^et-vient. Les ressorts atténuent le choc et ont aussi pour but d’emmagasiner une certaine énergie qui autrement siérait dépensée au démarrage et à l’arrêt.
- Les mouvements deg cadratle sont naturellement* du type polarisé; ils sont établis polir fonctionner rapidement et c’est un ressort qui fait mouvoir les aiguilles*
- Les limites d’application d’un tel système sont évidentes. Il est certain qu’une horloge mère de ce type, capable de faire fonctionner un grand nombre de petits cadrans ou un petit nombre de grands, doit être plus coûteuse et plus encombrante qu’une autre dont le rôle se borne à tourner Un Commutateur»
- Aux yeux de Fauteur* la principale qualité du système Magneta réside dans la parfaite uniformité de l’impulsion électrique qu’il engendre. Ses inconvé-
- Fig. 4.
- nlents sont, au contraire, la nécessité d’un remontage fréquent, les pertes dans les transformations successives d’énergie, et les limites restreintes de ses applications résultant de" la faible puissance dont on dispose.
- Système « Synchronome ». — Lorsque l’auteur aborda le problème des horloges électriques, il se proposait de remédier aux défectuosités des contacts et de parer à l’éventualité d’une chute de tension de la batterie.
- Les contacts commandés mécaniquement par un mouvement d’horlogerie présentent, en effet, les défauts suivants :
- i° La petite puissance nécessaire pour leur fonctionnement est empruntée à l’échappement; ‘i° ils manquent de précision à la fermeture et à la rupture ; 3° leur durée est ajustée d’une façon arbitraire, indépendamment du temps nécessaire pour le travail à effectuer; 4° ils laissent passer le courant disponible sans avoir égard à sa suffisance ou à son insuffisance.
- La figure 5 représente le premier système qu’il a proposé.
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- Le levier.pesant G entraîne la roue D, l'échappe-mentBetle pendule Adela façon ordinaire.Lorsqu’il atteint, en s’abaissant, la vis cle contact G portée par l’armature E, l’électrooiimnnt le replace sur la dent suivante de la roue à rochet.
- Sous sa dernière forme (fig. 6), le Synchronome . est constitué de la façon suivante : le levier pesant C est normalement appuyé sur le buttoir K. Chaque
- Hg. <5.
- demi-minute, il vient toucher la vis de contact de l’armature E. Le courant qui provient d’une source convenable traverse le circuit des cadrans et de l'électro-aimant'dé l’horloge placés en sérié; l’arma-
- ture E se trouve attirée et le levier G replacé sur le buttoir. Le pendule déclenche l’interrupteur au moyen de la roue à i5 dents 11' qui porte une ailette D, laquelle vient à chaque tour faire basculer le buttoir K. Le crochet B, qui pivote sur le pendule A, fait tourner la roue en 3o secondes. Au moment du déclenchement du levier G, le petit cylindre R, fixé sur lui, se trouve juste au-dessus de la partie incurvée de la palette J, sur laquelle il roule en donnant au pendule une impulsion au moment où il passe dans la position verticale. Ainsi le pendule est toujours libre, sauf au milieu de sa course- Le levier vertical articulé avec l’aiguille que l’on voit sur la figure sert de moyen de réglage. Les lettres N, R et A indiquent respectivement une marche normale, retardée ou accélérée.
- Gette méthode de propulsion du pendule, lorsqu’il passe dans sa position moyenne, est due à
- Fig. 7.
- Sir Guninghame qui l’a appliquée aux horloges mécaniques.
- Avec ce nouveau dispositif, le contact s’elïectue à la meme vitesse que le mouvement du pendule ; do plus, quand l’intensité du courant tombe au-dessous d’une certaine valeur, le pendule sert d’auxiliaire à l’électro pour remettre en place le levier C, et c’est un signe de la chute de tension de la batterie. Si le pendule s’arrête, l’interrupteur reste ouvert.
- Les mouvements des cadrans récepteurs sont du type que représente la figure 7. Ils se construisent en différentes grandeurs dont le diamètre varie de 7cm,5 à 3"*. La roue A porte 120 dents rectangulaires et fait mouvoir l’aiguille des minutes calée sur son axe. L’électro B attire l’armature G qui est fixée au levier D au moyen duquel le cliquet E quitte la dent. Lorsque le courant cesse de passer, le ressort F fait avancer la roue d’une dent. Les pièces G, H et I fixent les positions relatives des différentes pièces pendant 'le fonctionnement, mais on peut rendre libre la roue en soulevant le lë.yier-G. . . .
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- Système Gent. — Ce système, que représente la figure 8, ressemble beaucoup au précédent.
- Le levier pesant N, situé vers le bas, supporte un contrepoids Nt réglable et l’électro-aimant se trouve au-dessus. La surface d’iropulsip11 Ri est voisine du centre du pendule A et, immédiatement
- Fig. 8.
- au-dessus, on voit le petit rouleau P. L’armature n’effectue pas elle-même le contact, mais son extrémité V fait basculer un levier T. Ce levier, par l’intermédiaire de S, et S abaisse le levier N, puis retombe. Le mode de propulsion de la roue n’est pas figuré, mais elle porte deux axes J, J qui, à chaque tour, s’appuient sur la manivelle F d’un levier qui pivote autour du point H. Ainsi K se soulève, permettant ainsi à G de s’abaisser et de séparer le crochet M du buttoir O.
- Les cadrans récepteurs sont du même type que ceux du système Synchronome.
- Dans les installations d’« heure électrique », les cadrans récepteurs doivent se déclencher rapidement, et l’interrupteur de l’horloge mère doit, au contraire, fonctionner lenlement.de façon qu’il possède à la fois une grande inertie mécanique et électrique. L’auteur a étudié, à l’aide de l’oscillographe, la nature des impulsions électriques que transmet son synchronome, en faisant varier les dimensions et le nombre des cadrans récepteurs.
- Il est, en effet, intéressant de savoir quelle valeur prendxl’intensité du courant et de combien la durée du contact dépasse celle que réclame le fonctionnement des cadrans. On met ainsi en évidence la petitesse de la portion active des impulsions.
- Nous reproduisons ici quelques relevés riscillo-graphiques. La figure g s’applique à un circuit comprenant l’horloge transmettrice, ia petits ^ et a grands cadrans récepteurs. La résistance totale du circuit était 6i, 8 ohms et la force électromotrice 23 volts, ce qui correspond à un courant de régime de 0,3^ ampère. La flèche indique le sens d’inscription du diagramme. On voit que la courbe présente une légère dépression ; elle correspond à la période pendant laquelle les armatures s’approchent de leurs électros, ce qui engendre une force contre-électromotrice dans le circuit. Les cadrans fonctionnent à 0,25 ampère en o,o45 seconde, et l’interrupteur rompt le circuit lorsque le courant a atteint la valeur 0,27 ampère, au bout de 0,06 seconde.
- Grâce à un bon réglage de l’interrupteur principal, on voit avec quelle précision la fermeture du
- centièmes de seconde.
- I‘ig- 9-
- courant s’effectue,. sans aucun à-coup; c’est une question de tâtonnement pour le réaliser. La rupture est pratiquement instantanée.
- La surface de la courbe est de 0,012 coulomb, ce qui correspond à 3,5 ampère-heures par an.
- L’auteur fait varier les conditions des expériences ; il étudie, en particulier, ce qui se passe lorsque, sans changer la force électromotrice, on augmente le nombre des cadrans dans le circuit. Dans ce cas, la durée de passage du courant est plus longue, donc le fonctionnement plus lent, et bien que l’intensité ne prenne pas une valeur aussi grande, la surface du diagramme et, par suite, la consommation de courant sont plus élevées.
- Il étudie aussi l’effet de la self-induction du circuit ; elle contribue à diminuer l’aire des courbes en empêchant le courant d’atteindre sa pleine valeur.
- Les conclusions sont, en somme, qu’il est bon de calculer l’enroulement de l’électro de l’interrupteur de l’horloge mère, de façon que son fonctionnement se produise pour la même intensité de courant que celui des cadrans récepteurs; l'inertie qu’il possède et la course qu’il a à effectuer seront suffisantes pour qu’il fonctionne après ces cadrans. On a avantage à employer une *ension plusj^élevée que c-elle
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- qui est nécessaire, puisque la rupture s’effectue avant l’établissement du courant de régime et que dans ce cas la consommation des appareils est plus faible.
- Dans l’exemple précédent, le voltage pourrait diminuer de 3o % (i6 volts), ou bien on pourrait augmenter la résistance du circuit de 42 % avant que l’électro transmetteur se refuse à ijfonconner. C’est
- centièmes de seconde. Fig. 10.
- une garantie contre les chutes de tension ou une élévation anormale de la résistance intérieure de la batterie. Dans ce cas, la durée de passage du courant est plus longue, et on peut, par exemple, disposer une sonnerie dont le marteau soit réglé de façon qu’il entre en jeu seulement pour ces longs contacts, ce qui avertit du mauvais état de la source. D’ailleu s, si le courant devient insuffisant pour que
- centièmes do seconde. Fig. 11.
- l’électro de l’horloge mère attire son armature, le contact dure une seconde tout entière, comme il a été vu.
- Enfin, les figures 10, 11 et 12 montrent : la première, l’effet d’une étincelle à la rupture, la seconde, l’influence de shunts non inductifs sur les électros des cadrans et la troisième, le résultat obtenu lorsqu’on shunte le contact avec un condensateur de
- centièmes de seconde.
- Fig- 12.
- 1,75 microfarad. La composition du circuit est la même dans les trois cas. Le renversement de courant qui se produit dans la figure 12 n’est pas suffisant pour provoquer un nouveau déclenchement, mais on peut utiliser son existence pour dissiper le magnétisme rémanent des électros.
- Système Bowell et système Murday. — Les os-^il’ations du pendule de l’horloge mère sont main-
- tenues, dans ces deux systèmes, pai* l’échappement « Butterfly » (Foucault Hipp), que représente la figure i3. La petite pièce mobile A pivote librement sur le pendule P. Lorsque l’arc que décrit le pendule tombe au-dessous d’une valeur prédéterminée, la pièce A vient s’engager dans la rainure du bloc B, ce qui provoque un contact entre les deux leviers
- équilibrés; un circuit se ferme et l’électro-aimant qui est situé au-dessous de la lentille du pendule communique à celui-ci une énergie nouvelle.
- Dans le système Bowell, le pendule prpvoque un contact entre ressorts à l’extrémité de sa course;.un courant circule dans le circuit des cadrans dont la
- Fig. i4-
- partie essentielle est constituée par une armature mobile dans un champ fixe. Dans le système Murday, le contact s’effectue au moment du passage au zéro. M. Murday a également fait des applications de l’échappement Butterfly aux horloges de monuments publics qui possèdent de lourds pendules.
- Le système suivant, du à Gent,permet de contrôler une horloge Hipp par un circuit qui envoie desimpul-
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- Ui LA LUMIÈRÈ É LECTRIQUE T. X (2« Sérié)!
- sions toutes les demi-minutes. Supposons que le pendule de l’horloge que représente la figure 14 ait son mouvement entretenu par ce système. Le pendule dans son mouvement entraîne la palette 'à crochet A, laquelle fait tourner la roue B. La longueur du pendule ou le nombre dès dents de B sont réglés de façon que les aiguilles de l’horloge avancent d’une demi-minute en 27 secondes environ. Alors, un axe F, qui est fixé sur la roue E, vient soulever le levier C et empêche A de mordre sur la roue E, si bien que le pendule oscille librement. Mais, lorsque le circui*-de l’électro-aimant Dj est parcouru par un courant à la fin de la demi-minute, D se soulève, C, est libéré et, de nouveau, le pendule entraîne les aiguilles.
- L’auteur donne enfin quelques indications sur l’entraînement par moteur des grosses horloges de monuments publics.
- Une longue discussion a suivi cette communication. L’utilité des shunts non inductifs, si employés en télégraphie et presque' inconnus des fabricants d’horloges, ne fait pas de doute. Relativement à la consommation de courant, on a reconnu que, d’une part, les dépenses de ce chef sont toujours minimes et les économies réalisables absorbées par l’augmentation de prix des appareils, et que d’autre part, dans un grand réseau d’horloges les dérivations sont plus importantes que le courant utile (Duddell).
- M. Alty s’est demandé pourquoi on ne place pas les cadrans récepteurs en parallèle, ce qui serait plus économique pour la batterie et rendrait les cadrans absolument indépendants. Plusieurs raisons s’y opposent et M. H. Joncs se propose de les exposer.
- ________ L. B.
- DIVERS
- Sur les accidents causés par l'électricité. — A. d’Arsonval. — Communication à la Société Internationale des Electriciens, 4 mai 1910.
- M. d’Arsonval a présenté et commenté les observations faites en Autriche par le Dr Jellinek, qui a la direction d’une clinique spéciale où sont traités les électrocutés. La déclaration de ces sortes d’accidents est obligatoire en Autriche et le blessé est alors remis aux soins de cette clinique, fondée et entretenue par des dons personnels de l’Empereur d’Autriche. On a pu de la sorte réaliser un nombre très grand d’observations, dont il résulte principalement que. :
- i° Toutes les tensions sont dangereuses : à 110 volt^, les accidents sont fréquents (*) ; une jeune fille a été électrocutée sous 65 volts ;
- (1) Cf. Lumière Electrique 1» mars 1910, p. 344.
- a0 Le courant continu est généralement plus dangereux que le courant alternatif;
- 3° Les effets de l’électrocution sont très variables, selon l'état physique et aussi psychique de l’acoi-denté. C’est ainsi que les fonctions vitales se trouvent suspendues par la surprise, tandis que s’il y a préméditation ou préparation du sujet (suicide, ou électrooution d’un condamné en Amérique) ,i’orga-nisme résiste généralement si bien que, d’après M. d’Arsonval (qui avait émis cette opinion dès 1892), les électrocutés américains pourraient être facilement rappelés à la vie si l’on ne se hâtait de faire leur autopsie...;
- 4° Enfin les méthodes de respiration artificielle se sont montrées très efficaces. M. d’Arsonval cite le cas d’un ouvrier électricien électrocuté sous 4 5oo volts, et sauvé, plus d’une demi-heure après l’accident, par MM. Maurice Leblanc et Picou, grâce à la respiration artificielle. Il est très important d’étendre le blessé en laissant la tête plutôt plus élevée que le reste du corps; on pratique alors les tractions rythmées de la langue, l’excitation électrique du fond de la gorge ou bien une sorte de refoulement vers le haut des organes abdominaux, accompagné d’une pression sur le thorax, pour chasser l’air, qu’on laisse rentrer ensuite librement. Il importe de ne pas se décourager trop tôt.
- 5° Au point de vue du processus physiologique, l’électrocution agit de deux manières différentes : en provoquant la désagrégation des tissus (effet dis-ruptif) ou par inhibition.
- En terminant, M. d’Arsonval a montré quels résultats on a pu obtenir en Autriche en instruisant le personnel de la nature des dangers courus et des précautions à prendre, — notamment par des planches murales exposées dans les écoles techniques ; depuis que cette propagande salutaire a été répandue, le nombre des accidents par électrocution a diminué dans la seule ville de Vienne, malgré le développement incessant des installations électriques, dans la proportion de 140 à 8. La conclusion de M. d’Arsonval mérite d’être retenue. Toutes les tensions étant dangereuses, toutes les réglementations d’installations électriques sont illusoires et il y a lieu de les supprimer purement et simplement (’).
- (i) Nous rappelons ici que M. d’Arsonval a bien voulu se charger de notre Chronique d’électricité médicale dont nous commencerons assez prochainement la publication, et qui tiendra noslecleurs au courant des progrès aujourd’hui très rapides de cette branche spéciale et très intéressante de l’électrotechnique. N. -D. L. R.
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- LÉGISLATION BT CONTENTIEUX
- La condamnation pour occupation de la voie publique sans autorisation entraîne-t~elle toujours T enlèvement du poteau?
- Le Conseil de préfecture vient de statuer sur une affaire infiniment modeste, au point de vue de la condamnation pénale, mais qui peut être extrêmement intéressante pour les électriciens qui se trouveraient dans le même cas que celui qui en a été l’objet,
- Un électricien avait placé sur le talus d’une voie ferrée (chemin de fer départemental) un poteau ou plus exactement un pylône sans s’être muni des autorisations préalables.
- Cela s’était fait avec la complicité tacite de l’Administration des Ponts et Chaussées, qui, émue de la situation de l’industriel dont les autorisations, demandées depuis de longs mois, n’étaient pas encore revenues du ministère, avait consenti «à fermer les yeux, pourvu que l’opération se fît, rapidement et silencieusement-
- Par un malheur que l’on aurait dit combiné à dessein, le pylône métallique allait être mis en place, lorsqu’il glissa sur sa base, réunit entre eux les fils télégraphiques placés sur le bord de la voie, les brisa immédiatement, produisant dans les appareils une perturbation qui n’avait rien de silencieux.
- Naturellement l’Administration en fut avertie et comme son autorisation n’était que verbale, elle s’empressa de faire un procès-verbal pour contravention de grande voirie.
- Le délinquant — l’ingénieur de la Société chargé du service de la ligne en construction — fut cité à comparaître devant le Conseil de préfecture,
- 11 est bien oertain qu’il lui était impossible de nier la contravention.
- Mal conseillé, il essaya d’abord de soutenir qu’il n’était point l’auteur matériel de la contravention, et que c’était l’ouvrier qui avait fait la pose qui devait être poursuivi.
- Or, c’est là une prétention qui est directement opposée aux principes les plus chers à l’Administration. Il a été maintes et maintes fois reconnu que lorsque la contravention pst com-
- mise par un individu agissant pour le compte d’autrui, l’amende est à la charge des maîtres ou commettants responsables aux termes du droit commun du dommage causé par leurs domestiques ou préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. L'arrêt le plus formel qui existe en pareille matière a été rendu par le Conseil d’Etat du 5 janvier 1877 (rapporté dans Dalloz 77, 3° partie, p. 57).
- Sans doute, il est connu de tout le monde que l’amende,en matière dé grande voirie, ale caractère d’une peine et non d’une réparation. On pourrait donc en conclure que, comme l’amende est rigoureusement personnelle à l’auteur du délit, c’est contre celui-ci qu’elle doit être prononcée et non pas contre le directeur du travail, qui ne pourrait être que civilement responsable aux termes de l’article i384 du Code civil. Mais, en pareille matière, c’est le propriétaire qui a donné un ordre qui en réalité est le véritable contrevenant. Celui qui l’a exécuté peut et doit même être laissé en dehors de la poursuite.
- La police du roulage (art. 23 de la loi du 3o mai i85i) prescrit que les procès verbaux seront notifiés au domicile du propriétaire do la voiture, et « quand il y a lieu » à celui du conducteur.
- Le Conseil d’Etat, même enl’absence d’un texte spécial, considère que le procès-verbal peut être notifié au. propriétaire d’un troupeau sans même que le conducteur soit mis en cause (Dalloz, 73, 3, Gi).
- Enfin la Cour de cassation elle-même, dans différents arrêts (5 juin i856 et 3 avril 1857) rapportés dans Dalloz (56, 1,286 et 57,1,229), déclare qu’en matière de contravention aux règlements sur l’usage des eaux, un propriétaire peut être condamné à l’amende, bien qu’il n’habite pas sur les lieux, et que le fait incriminé soit l’œuvre de son préposé.
- Pour terminer ces citations de jurisprudence, nous dirons que le Conseil d’Etat, par arrêt du 20 avril 1894 (D., 1895,5e partie, p. 588), a décidé que lorsque le travail a été exécuté pour la pose d’une canalisation, sur les ordres et pour le compte de la Société, c’est contre les représentants de cette Société et non contre les ouvriers
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- que la répression de la contravention doit être poursuivie.
- Dans ces conditions, l’application de la peine paraissait absolument certaine, et le délinquant ne devait pas songer à s’en évader.
- Mais il restait pour la Société une question infiniment plus grave : le poteau après sa chute avait été vivement relevé nonobstant la contravention. Il occupait encore, au moment où l’ingénieur comparaissait devant le tribunal répressif, la place litigieuse, et servait à transmettre à toute une région la force et la lumière annoncées et promises par une foule de contrats.
- L’enlèvement du poteau allait conduire au chômage de toute une installation, et comme d’autre part les autorisations depuis longtemps attendues ne pouvaient manquer de venir, il était certain que l’enlèvement du pylône serait immédiatement suivi de son rétablissement par le seul fait que les autorisations seraient arrivées et, dans ces conditions, il ne devait y avoir qu’un chômage stérile pour tout le monde.
- Néanmoins de très nombreux arrêts en pareille matière ont décidé que, dans le cas de condamnation, le tribunal répressif, par voie de conséquence, doit enlever l’objet qui occupe sans droit la voie publique.
- Toutefois, il faut reconnaître que certaines décisions, trop peu connues, en matière d’aligner ment autorisent le jugea maintenir, à raison de circonstances spéciales, les travaux de construction ou les travaux confortatifs faits en contravention.
- 11 en est ainsi lorsque les travaux exécutés sont peu considérables, et on peut consulter sur ce cas le Code des lois civiles ou politiques annotées (V° ^Voirie, N° 7629). U a été jugé encore qu’en cas de contravention à un règlement de grande voirie concernant les saillies perinises en dehors de l’alignement, la juridiction administrative peut, tout en appliquant l’amende, déclarer, si les conditions dans lesquelles la construction a été élevée ne s’y opposent pas, que le contrevenant ne sera pas tenu de réduire les saillies pour lesquelles il a été poursuivi.
- Sans doute, on peut citer, comme ayant été cassés parle Conseil d’Etat, des arrêts de Conseil de préfecture ordonnant que l’Administration ne fera pas enlever des plantations parce que celles-ci ne sont point une gêne pour la circula-
- tion sur la route où elles constituent une anticipation illégale. Le Conseil d’Etat a déclaré que l’Administration en était seule juge et que Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de dire que l’Administration aurait toujours le droit de requérir l’enlèvement de l’objet litigieux (Cons. d’Etat, 9 décembre 1857. D., 58,3,47).
- Mais on comprend1 aisément qu’autre chose est pour le Conseil d’ordonner franchement la démolition, — ce qui est pour lui en quelque sorte une invitation à l’Administration d’avoir à l’opérer, — ou de dire tout simplement qu’il n’y a pas lieu de l’ordonner.
- En effet, dans cette hypothèse, l’Administration n’est pas dessaisie du droit de supprimer l’empiètement si cela devient nécessaire, mais elle ne voit pas cette mesure imposée comme conséquence formelle d’un arrêt et peut continuer son attitude de complicité bienveillante que nous signalions plus haut.
- C’est dans ce sens qu’a été rendue la décision du Conseil de préfecture en date du 28 juin 1909 et dont nous allons donner ci-dessous le texte intégral.
- Signalons seulement deux particularités intéressantes qui naissent de cette question.
- a) Tout d’abord on remarquera à la lecture que le Conseil s’est appuyé sur la loi du i5 juillet 1845.
- Cette loi est applicable aux chemins de fer, puisqu’elle porte ce titre : « Loi sur la police des chemins de fer ». Mais l’article 2 de cette loi déclare : « Que sont applicables aux chemins de « fer les lois et règlements sur la grande voirie « qui ont pour objet d’assurer la conservation « des fossés, talus, levées et ouvrages d’art « dépendant des routes et d’interdire, sur toute « leur étendue, le pacage des bestiaux et des « dépôts de terre et autres objets quelcon-« ques ».
- Cet article par conséquent rend applicable aux chemins de fer et notamment à la conservation de leurs talus la loi du 29 floréal an X dont nous donnons ci-dessous le texte (‘).
- (*) Loi relative aux contraventions en matière de grande voirie. (Bull, des lois, 3 S,, B. 192, N°. 1606).
- « Article premier. — Les contraventions en matière « de grande voirie, telles qu’anticipations, dépôts de « fumiers ou d’autres objets, et toutes espèces de dété-« riorations commises sur les grandes routes, sur les « arbres qui les bordent, sur les fossés, ouvrages d’art,
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- Il en résulte que toute contravention est passible du Conseil de préfecture.
- b) On peut se demander quelle serait en pareille matière la prescription requise, au cas où l’action commise ne serait pas poursuivie immédiatement.
- La loi de floréal est muette sur la prescription, et la jurisprudence élève un conflit assez curieux.
- La Cour de cassation (Arrêt du 18 mars 1895, D., 1895, n56), décide que toutes les contraventions de grande voirie qui sont punies d’une peine correctionnelle sont des délits, et par conséquent se prescrivent par trois années à compter du jour où ils sont commis. (Voir Dalloz, Code des Lois civiles et politiques annotées, n° 7675).
- Le Conseil d’Etat au contraire assimile les contraventions de grande voirie à de simples contraventions ordinaires, quelles que soient les peines qui y sont attachées.
- Or comme les contraventions se prescrivent par un an, il y a intérêt à connaître quel est le système qui a prévalu.
- Heureusement pour les électriciens, c’est le système du Conseil d’Etat, qui est même allé jusqu’à considérer que les constructions élevées sans autorisation sur les routes sont prescrites par le délai d’un an à partir du jour où la construction est terminée, contrairement à l’avis de certains jurisconsultes qui auraient voulu voir dans ce fait une contravention permanente, et
- « et matériaux destinés à leur entretien, sur les canaux, « fleuves et rivières navigables, leurs chemins de halage, « francs-bords, fossés et ouvrages d’art, seront consta-« tées, réprimées et poursuivies par voie administra-« tive.
- « Art. 2. — Les contraventions seront constatées « concurrement parles maires ou adjoints, les ingénieurs « des ponts et chaussées, leurs conducteurs, les agents « de la navigation, les commmissaires de police et par « la gendarmerie...
- « Art. 3. — Les procès-verbaux sur les contraven-« lions seront adressés au sous-préfet, qui ordonnera « par provision, et sauf le recours au préfet, ce que de « droit, pour faire cesser les dommages.
- « Art. 4. — Il sera statué définitivement en Conseil « de préfetture : les arrêtés seront exécutés définitive-« ment sans visa ni mandement des tribunaux, nonobs-« tant et sauf tout recours, et les individus condamnés « seront contraints par l’envoi de garnisaires et saisie « de meubles en vertu desdits arrêtés, qui seront exé-« cutoires et emporteront hypothèques. »
- par conséquent durant autant que la construction elle-même.
- Toutefois, il ne faudrait pas exagérer les conséquences de ce principe, et notamment il faut avoir soin de distinguer l’action publique, qui peut se prescrire et rendre alors la condamnation à l’amende radicalement impossible,, et l’action tendant au maintien ou au rétablissement de la voie publique endommagée par la contravention.
- Ainsi, bien que la peine ne puisse pas être ordonnée, les Conseils de préfecture doivent prononcer, dans l’intérêt toujours subsistant de la grande voirie, soit la destruction des bâti-ments élevés sur les bords des grandes routes sans permission ni alignement, soit l’abatage des plantations effectuées sans autorisation sur les terrains dépendant des cours d’eau navigables ou flottables.
- Même l’Etat ale droit de requérir une condamnation à des dommages-intérêts, pour la réparation des dégradations causées à la route (Dalloz, loc. cit., n° 7688).
- En réalité, par conséquent, la distinction entre le délit et la contravention n’est intéressante qu’à deux points de vue : d'abord le non-paiement de l’amende, et ensuite le Cas infiniment plus important dans lequel un tiers demande des dommages-intérêts en vertu du préjudice que lui a causé l’acte punissable ; en vertu du grand principe que l’action publique et l’action civile, au point de vue de la prescription, sont intimement liées, l'action civile ne sera plus recevable de la part d’un tiers au bout d’un ait, si l’on admet qu’il y a contravention, et dans le cas contraire, c’est-à-dire si l’on admet qu’il y a délit, l’action civile en dommages-intérêts sera possible pendant trois ans à compter du jour où l'acte délictueux aura été commis.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Texte de l’arrêté du Conseil de Préfecture du Rhône (28 juin 1909).
- Présents : MM. Pain, président, Curty et Gaillard conseillers ; Honoré, secrétaire général, commissaire du gouvernement, et Perrichon secrétaire-greffier.
- Vu, enregistré au greffe le 8 décembre 1908, le- mémoire dans lequel le sieur Clément X... ingénieur civil des Mines, expose :
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- ———————————————————— — — .. . r
- , Qu’il . fonpe opposition à. l'arrêté par défaut rendu contre lui par le Conseil de Préfecture le a3 octobre »9°8;
- Qu’il n’a pas commis la contravention constatée par le procès-verbal de M. Henri Ferrand, conducteur des Ponts et Chaussées et commissaire de surveillance administrative ;
- Qu’il n’est pas chargé de donner les ordres qui ont motivé la contravention ;
- Et conclut à ce qu’il plaise au conseil:
- En la forme, le recevoir opposant à l’arrêté du a3 octobre 1908;
- Au fond, rapporter ledit arrêté et renvoyer l’exposant des fins de la prévention sans dépens ;
- Vu le rapport de l’ingénieur du contrôle du iS décembre 1908, approuvé par l’ingénieur en chef le 17 du même mois ;
- Yu le procès-verbal du 20 juin 1908, dressé par M. Ferrand, Henri, conducteur des Ponts et Chaussées et commissaire de surveillance du chemin de fer;
- Vu l’arrêté duConseil de Préfecture du 23 octobre 1908 condamnant le sieur X... à une amende de cinquante francs, aux frais du procès-verbal et à l’enlèvement du pylône indûment installé, dans un délai de quinze jours ;
- Vu l'ensemble des pièces du dossier;
- Vu la loi du 15 juillet i845etle décretdu iermars 1901 ;
- A la séance du i8juin 1909,
- Ouï M. Pain, président en son rapport :
- Ouï Me Bougault, avocat, pour le sieur X... èn ses observations;
- Ouï M. le commissaire du gouvernement en ses conclusions ;
- Considérant que le procès-verbal du 20 juin 1908 est régulier en la forme ;
- Considérant que l’installation sans autorisation dans le talus d’une ligne de chemin de fer d’ün pylône en charpente métallique' constitue une contravention prévue par l’article 2, titre Y®” de la loi du i5 juillet i845, ainsi conçu :
- « Sont applicables aux chemins de fer les lois et règlements sur la grande voirie qui ont pour objet d'assurer la conservation des fossés, talus, levées et ouvrages d’art dépendant des routes et d’interdire, sur toute leur étendue, le pacage des bestiaux et les dépôts de terre et autres objets quelconques » ;
- Et punie par l’article 2, même titre, ainsi conçu :
- « Les contraventions aux dispositions du présent titre seront constatées, poursuivies et réprimées comme en matière de grande voirie ;
- «Elles serontpunies d’une amende de 16 à 3oo francs. »
- Considérant que la responsabilité du fait constaté dans le procès-verbal incombe au sieur X... ingénieur chargé de diriger l’installation d’une ligne de transport d’éner-gieélectrique de la Société anonyme de Y...
- Considérant qu’il y a lieu de condamner le contrevenant,à raison des circonstances de la cause, au minimum de l’amende ; mais qu’il n’y a pas lieu d’ordonner la démolition du pylône nécessaire pour le transport de l’énergie électrique ;
- Par ces motifs,
- Statuant contradictoirement et vidant son délibéré du 18 juin;
- ’ v'
- Arrête : , ’
- • <\ ’
- L’arrêté du 23 octobre 1908 est rapporté ;
- Le sieur X, ingénieur, est condamné à une amende de seize francs et aux frais du procès-verbal liquidés à la somme de quatre francs trente centimes.
- Fait et prononcé en séance publique, à Lyon, le 2S juin
- I9°9-
- Signé : L. Pain, président-rapporteur,et P, Perrichon, secrétaire-greffier.
- Pour expédition conforme :
- Le secrétaire-greffier,
- Signé: P. Perrichon.
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- 14 Mai 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 219
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouvelles machines a vapeur économiques.
- (Suite) (i)
- MACHINES DEMI-FIXES
- Ce genre de machines se répand beaucoup aujourd’hui grâce aux heureuses dispositions et à la construction soignée que certains constructeurs ont réussi à réaliser. Les machines demi-fixes présentent les avantages suivants : elles concentrent dans un espace très restreint la chaudière et le moteur; elles suppriment la maçonnerie pour la chaudière et les fondations parfois coûteuses pour le moteur; elles suppriment également la tuyauterie chère à établir
- connus de ce type, ceux de la maison Wolf de Mag-debourg (fig. i à 3). Grâce à l’emploi de la surchauffe simple et double, la distribution se faisant par pistons-valves parfaitement équilibrés et rendus étanches au moyen de segments, la consommation de vapeur a pu être réduite d’une manière remarquable en ce qui concerne [notamment les petites unités. Voiciles résultats d’essais faits en Belgique.
- Demi-fixe brevetée à vapeur surchauffée et à haute pression, de 17 à 35 chevaux.
- Durée de l’essai : 7 heures.
- Température de la vapeur surchauffée : 3io°.
- Travail effectif moyen : 24,93 chevaux.
- Rendement mécanique : 90 % .
- Fig:. 1.
- et souvent mal installée. En outre, la consommation réalisée avec certaines de ces machines est tout à fait réduite, ainsi qu’on va le voir.
- MACHINES WOLF
- Signalons d’abord, comme particulièrement intéressante, l’application qui a été faite de la sui’-chauffe aux machines à vapeur demi-fixes et même aux locomobiles. Citons, parmi les modèles les plus
- Consommation de houille brute par cheval-heure effectif : ikB,ooî,
- Demi-fixe brevetée tandem à double surchauffe et à condensation, de 20 à 42 chevaux.
- Durée de l’essai : 7 h. 5.
- Température de la vapeur surchauffée (Cyl. h. p.) :
- 34705 i (Cyl. h. p.) i83°.
- Travail effectif : 34,69 chevaux.
- Rendement mécanique : 90 % . _
- Consommation brute de houille par cheval-heure effectif : oks,6o8.
- (*) La Lumière Electrique, 7 mai 1910, p. 184.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2e Série). — N* 20.
- Consommation devapeurpar cheval-heure effectif : 4k*,9-
- La consommation accusée par les deux essais est exceptionnellement réduite. Il résulte des chiffres indiqués que, si on prend le cas où un charbon équivalent à celui qui a servi pour les essais coûterait i5 francs environ, rendu sur place, le coût du cheval-heure effectif ressortirait à o fr. 009.
- Le rendement élève s’explique autant par la réduction au minimum des pertes entre le générateur et le moteur que par le bon agencemènt des organes et l’adoption des meilleures dimensions expérimentalement appliquées à la chaudière, aux sur chauffeurs, à la distribution, etc.
- Le tableau I indique les résultats d’essais effectués par M. F. Gutermuth, professeur à l’Université technique de Darmstadt,sur une demi-fixe compound à vapeur surchauffée et 4 condensation de i5o à 232 chevaux.
- Ainsi donc, pour un moteur de 100 chevaux, la consommation de vapeur n’était que de 3kg,9Üo et la consommation de charbon de okB,474 par cheval-effectif et par heure. D’autres essais (H. Burstall à Londres) ont donné des résultats analogues (3kB,93o de vapeur et okB,470 de charbon dans le cas d’un moteur de i5o chevaux).
- Avec une augmentation de la surchauffe jusqu’à 43o°, la maison Wolf a réussi à dépasser encore ces chiffres minimes. Des essais exécutés par M. Hilli— ger, directeur de l’Association pour la surveillance des chaudières, à Berlin, sur une demi-fixe de 100 chevaux ont donné les résultats suivants :
- portés d’une manière parfaite et l’ensemble a offer toutes les garanties d’une sécurité démarché absolue.
- Signalons encore, d’après le constructeur, lés principaux avantages revendiqués en faveur de ces machines.
- Fig. 3.
- Tôles'extrêmement fortes.
- Surfaces de chauffe amplement suffisante. Facilité-d’accès de toutes les parties. Enlèvement aisé des incrustations.
- Fig. 3.
- Support extrêmement solide pour l’arbre coudé. Nettoyage automatique des tubes à fumée et du surchauffeur au moyen d’un dispositif de ramonage à vapeur surchauffée d’un emploi très commode.
- Tableau I
- I II III IV
- Durée des essais : heures 6,58' 268 7,58' 3 12 5,58' 3°9 6,o3' 332
- Température de la vapeur surchauffée : degr. C
- Puissance effective constatée au frein : chevaux 1 134 177 2o3,5 226
- Rendement mécanique : % >. 88 90,8 — 91
- Consommation de charbon brut par cheval-heure effectif : kg. o,633 0,62 0,61 0,623
- Consommation de vapeur par cheval-heure effectif : kg . ~ \ pour la machine et les organes, par heure : gr. Consommation d huile < r . ... , s 0 ( pour le cylindre, par heure : gr 5,6 5,21 o,532 i,644 5,2 5,i
- Consommation de charbon : okB,36o par cheval-heure effectif;
- Consommation de vapeur : 3ks,a6par cheval-heure effectif.
- Mêrffe à cette température quelque peu exagérée en marche normale, tous les organes de la machine normale, notamment les pistons-valves,se sont com-
- Distribution ne comportant qu’un seul organe intérieur pour chaque cylindre. Surveillance facile. Grande sécurité de marche.
- Etanchéité absolue et durable à n’importe quelle température de la vapeur au moyen de segments-ressorts. Pas de pertes de vapeur.
- Equilibrage complet de la pression de vapeur. Au-
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- 44 Ma! 1910. ' REVUE D'ÉLECTRICITÉ v>.\
- cun coincement ni aucun grippage des tiroirs.
- Admission intérieure de la vapeur. Le.s boîtes à bourrages sont ainsi ménagées parce qu’elles n’entrent en contact qu’avec de la vapeur détendue.
- Distribution de vapeur extrêmement avantageuse, d’où grande économie.
- Mouvement doux et glissant, assurant une grande durabilité. Pas de soupapes frappant sur leur siège.
- Poids réduit ; l’influence du régulateur se fait donc facilement et rapidement sentir.
- Adduction ininterrompue d’huile pendant la marche. Pas de bain d’huile dont la résinification peut provoquer dés dérangements. Réglage satisfaisant. Minime variation du, nombre de tours aux divers changements de charge. Conservation de la nouvelle position après quelques secondes. Grande sensibilité.
- Les boîtes à bourrages du piston et de la tige du tiroir sont munies de garnitures métalliques d’excellente qualité. L’expérience a démontré que ces garnitures peuvent être utilisées pendant des années de service intensif ininterrompu, sans qu’il soit nécessaire de les renouveler.
- [A suivre.) A. Berthieii.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les journaux financiers qui consacrent chaque semaine quelques lignes de leur revue aux valeurs d’électricité constatent tous que, dans leur ensemble, elles ont subi, sur notre marché de Paris, un fléchissement appréciable. Ceci est-il dû à la baisse du Rio, ou à des déceptions causées par l’annonce des dividendes égaux à ceux des exercices antérieurs ? L’influence des fluctuations du Rio ne se conçoit que par une sympathie malheureuse ; mais l’égalité des dividendes ramène le marché à une plus juste appréciation des situations de beaucoup de valeurs du groupe qui ont monté sans trop de raison. Le Métropolitain, qui avait repris sa marche ascendante avec la reprise des services, est de nouveau en baisse s’inscrivant à 588 après 583 ; certains font remarquer que c’est la première fois que les bénéfices annuels sont en diminution et malgré l’augmentation du nombre de kilomètres exploités. Et ceux-là mêmes qui avaient le plus prôné la valeur semblent maintenant conseiller à leurs lecteurs quelque prudence en répétant que depuis les inondations les recettes sont simplement égales à ce qu’elles étaient l’an dernier et qu’il faudra bientôt compter avec la réduction des prix des places des tramways et des omnibus. Qu’on
- veuille bien se reporter à nos notes antérieures : nous avions toujours pensé que cet élément nouveau était à prendre en sérieuse considération. Le Nord-Sud, de son côté, a fléchi à 3o5 contre 34o fin mars. L’émission des xoo ooo actions nouvelles a été close hier. La Société d’Electricité de Paris est à 5oo contre 5i5; la Compagnie parisienne de distribution d’Electricité à 397 contre 412. Les Ateliers de Jeu-mont, dont le dividende sera maintenu à 12 fr. 5o, restent stationnaires. La Compagnie Edison et le Secteur de Clichy ne suivent cependant pas le mouvement général et s’inscrivent en hausse sur les cours du mois précédent, respectivement à 1 401 et
- I 4*6. Les résultats annoncés de la Compagnie Edison et qui seront confirmés à l’assemblée du
- II mai font ressortir un bénéfice net de 5 263 258 fr. contre 4 211 o3i pour l’exercice précédent. Le dividende des actions et des parts serait maintenu à 115 francs et à 80 francs.
- Les Ateliers de Constructions électriques de Charleroi ont réalisé en 1909 un bénéfice net de 583 477 fr. 40 qui a été réparti de la façon suivante ;
- Réserve légale.................... 2 2 820,08
- Intérêts de 5 % aux actions....... i83 899,05
- 5 % à g5 actions de priorité
- amorties....................... 2 375,00
- 10 % au conseil................... 24 730,76
- 5 % au fond d’amortissement des
- actions de priorité. .......... 12‘365,38
- Dividende de 10 francs à 21 000 actions.......................... . . 210 000,00
- A reporter..................... 127 287,13
- Les actions de priorité entièrement libérées recevront 35 francs, et les actions ordinaires, 10 francs. Cette répartition en absorbant 418 629 francs dispose d’une grande partie des disponibilités de la Société dont le montant partiel ressort de la différence des postes fabrication et installations en cours, caisse et effets à recevoir figurant à l’actif pour 2 622 528 fr. ifvet des créditeurs divers figurant au passif pour 1 3g6 i3o fr. o5. Nous devons dire à la vérité que le poste débiteurs divers qui s’élève à 6 233 5o6 fr. 5g comprend,en outre des sommes dues par la clientèle, le montant des disponibilités chez les banquiers ; il est assez rare de voir englober sous ce même titre deux éléments de l’actif aussi distincts et on ne s’explique pas cette confusion.
- Sous réserves des éclaircissements qui pourraient être donnés à cet égard, nous pouvons dire que les Ateliers de Charleroi ont à leur disposition les 5 millions non versés de leur capital de xo millions et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série)— N# 20i
- peuvent trouver dans le placement de leurs obligations encore à la souche les ressources dont ils auraient besoin. Le bilan et le rapport sont muets sur la quotité des frais généraux d’administration : ils nous apprennent : i° que les usines et l’outillage sont complètement amortis grâce au bénéfice réalisé sur le portefeuille qui a permis de les passer en écritures pour un franc contre 607 000 francs l’année précédente; et 20 que le montant des commandes s’est élevé à 8 463 a66 francs contre 8 204 387 francs en 1908; il était en 1904 de 4 104 619 francs. De nouveaux ateliers destinés spécialement à la fabrication des grosses machines et des alternateurs pour turbines sont en cours de construction en même temps que des projets d’organisation d’une fonderie et d’une câblerie sont à l’étude. Le rapport ajoute que les Ateliers de Charleroi portent leur activité vers la construction du matériel de mines pour lequel soixante sociétés charbonnières forment une clientèle régulière.
- La Société Havraise d’Ënergie Électrique a
- réalisé, au cours de l’exercice 1909, un bénéfice net de 635 429 fr. 88, supérieur de 10 000 francs au dixième du capital nominal, et bieji que les nouvelles installations correspondant à l’augmentation récente du capital ne fussent pas encore en service. Comme le report de l’an dernier s’élevait lui-même à 607 139 fr. 71 , le bénéfice à répartir était de 1 292 569 fr. 59. L’assemblée des actionnaires a ratifié les propositions du Conseil qui affectaient : 125 000 francs à l’amortissement de 5oo actions; 25 521 fr. 5o à la'réserve légale; 4i4 dqo francs aux actionnaires à raisqn de 22 fr. 5o par action de capital et de 12 fr. 5o par action de jouissance; 27 777 fr. i5 aux administrateurs et 6 3oo francs à l’ingénieur-directeur. Le solde, soit 698 970 fr. 34, a été reporté. Ainsi donc, si l’on y comprend la somme consacrée à l’amortissement de 5oo actions, les bénéficès distribués ne s’élèvent même pas à la moitié des bénéfices disponibles. Il paraît superflu d’ajouter que, dans ces conditions, la trésorerie de la Société èst à l’aise et lui a permis de dépenser, au cours de l’exercice, plus de 800 000 francs, en frais de premier établissement, sans avoir recours à l’émission d’obligations qu’elle était autorisée à créer. Le rapport fait remarquer que les résultats d’exploitation ont été influencés par les transformations de l’usine, l’abaissement à 0,07 centimes du prix de l’hectowatt-heure lumière, et la diffusion des lampes à filament métallique. Mais de nouveaux éléments de recettes, tels que l’augmentation du trafic des
- tramways qui se sont adjoint le réseau complémentaire de Montivilliers, l’installation de nombreux moteurs pour les travaux du port, les besoins des particuliers et de la Chambre de commerce, l’extension du réseau lumière et force motrice de la Havraise d’Ënergie aux communes voisines du Havre, de nouveaux éléments, disions-nous, compenseront l’effet de la réduction des tarifs. L’usine, d’autre part, complètement transformée, sera en mesure de produire avec plus d’économie. Nous signalerons,, en dernier lieu, que les frais d’installation de l’éclairage public, les canalisations aériennes, les machines et travaux du port et les frais de premier établissement, figurent au bilan chacun pour un franc. Aucun rapport, d’ailleurs, 11e donne avec plus de détails l’emploi des capitaux investis dans l’affaire puisqu’on y trouve, par comptes séparés, le détail des amortissements divers comme celui des dépenses de premier établissement.
- Les résultats de la Compagnie Centrale d’Eclai-rage et de Transport de force, à Limoges, sans être aussi brillants, dénotent une amélioration sensible de la situation financière et économique de cette Compagnie. Les recettes totales (lumière et force motrice) se sont élevées à 908 552 fr. 60 en augmentation de 82 411 francs; les dépenses d’exploitation ont été de 627 429 francs; d’où un coefficient d’exploitation de 80,9 % ; la Société Havraise en est seulement à 5o % . Mais il ne faut pas oublier de faire la différence des exploitations, l’une en grande partie hydraulique, l’autre entièrement à vapeur, compensée partiellement par la différence des prix de base du courant. A Limoges, le chiffre des bénéfices, après déduction des frais généraux, intérêts et amortissements des obligations, s’établit à 383 36g francs, sur lesquels les actionnaires se répartissent 171 5oo francs, ou moins de 5o % , à raison de 6 % par action privilégiée. Les amortissements réalisés compensent, cette année, les dépenses de. premier établissement qui se sont seulement élevées à i85 888 francs. A titre de comparaison, nous noterons que la recette moyenne, à Limoges, par kilowatt-heure enregistré à Limoges, est de o fr. 148 ; dans la recette de 874 i52 francs, la force motrice entre pour 3g3 486 francs, soit 45 % , ce qui explique le faible chiffre moyen enregistré.
- Les assemblées générales ordinaire et extraordinaire de I’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, qui devaient avoir lieu le 3o avril, ont été remises au 4 juin, faute du quorum nécessaire. Cette remise a donné lieu à divers incidents et amené le président
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- REVUE* D’ÉLECTRICITÉ
- 14 Mâi 1910.
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- à déclarer que les 3 a ooo actions possédées par l’Union des Tramways et le Central étaient maintenant dans le public : c’est la confirmation du renseignement donné à l’assemblée de l’Union des Tramways par un actionnaire qui n’avait pu cependant l’obtenir ce jour-là du président.
- 11 faut signaler la formation d’une société pour l’acquisition d’annuités de la Société Norvégienne de l’Azote et de forces hydro-électriques constituée pour 5o ans et émettant 8o ooo obligations 5 % de 5oo francs au taux de 49& francs pour venir en aide à
- la Société Norvégienne de l’Azote, en lui permettant de poursuivre ses installations, et de fournir sa part des capitaux nécessaires pour l’achèvement des travaux entrepris en compte à demi avec un groupe allemand. Le capital de la Norvégienne est lui-même de 4i J 66 aüo francs, divisé en actions de préférence et actions de capital anciennes et nouvelles. Les annuités qu’elle a vendues à la nouvelle Société, couvrent les intérêts, l’amortissement des titres et tous frais accessoires.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- • Paris...— La Compagnie des chemins de fer du Nord, d’après le rapport du conseil d’administration, a pris livraison en 1909 de 126 locomotives, 369 voitures à voyageurs et 724 wagons et fourgons, soit un total de dépenses de 3a 981 140 francs. Les commandes passées depuis le i8'janvier 1910 comprennent 113 locomotives et 1284 véhicules divers. Le réseau exploité comprend 3 775 kilomètres.
- Le rapport du conseil d’administration des chemins de fer P.-L.-M. indique pour 1909 une livraison de 201 locomotives, 149 tenders, 85 voitures à voyageurs et 1 689 wagons à marchandise. Pour 1910 et 1911, il est prévu 264 locomotives, 275 tendérs, 382 voitures et 3 864 wagons. Le réseau exploité est de 9496 kilomètres.
- Haute-Garonne. —Il est question d’établir à Toulouse un chemin de fer électrique pour relier les différentes gares entre elles. La subvention du département serait de 1 million. ,
- MM. Bisson, Bergès et Cie ont été nommés concessionnaires du tramway électrique de Marignac au Pont-du-Roi, dont nous avons annoncé la déclaration d’utilité publique dans notre numéro du 23 avril. Le devis d’établissement est de 1 800 ooo francs.
- Haute-Vienne. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de deux lignes de tramway entre les Landes et Saint-Yrieix èt entre la Chabraulie et Saint-Mathieu.
- Algérie. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de chemins de fer entre Biskra et Touggourt et entre Tenès et Orléansville.
- Italie. — Un tramway électrique va être prochainement construit entre la Spezia et Cadimare,
- ÉCLAIRAGE
- Paris. — Nous apprenons la création d’une Association des consommateurs de lampes électriques, fondée sur les modèles d’organisation analogues existant en Allemagne, en Autriche et en Suisse depuis plusieurs années, et dont l’influencé s’est fait sentir d’une façon très favorable dans la qualité des fournitures livrées à leurs adhérents.
- Son but est d’obtenir une lampe à incandescence convenablement étalonnée et de bonne fabrication, tant au point de vue de l’économie de consommation qu’au point de vue de la diffusion et de la bonne renommée de l’éclairage électrique.
- Le Siège social est : 63, boulevard Haussmann, Paris.
- Drôme. —• La municipalité de Taulignan a voté le principe dé l’installation de l’éle.ctricité dans la commune. ' ‘
- Isère. — Le Conseil municipal de Ruy a voté l'éclairage électrique de la commune.
- Marne. — La Compagnie générale électrique de a Champagne a été déclarée concessionnaire de l’éclairage électrique d’Avenay.
- Seine-et-Oise. — Le Conseil municipal de Sannois a approuvé le projet d’éclairage électrique présenté par la Société Le Triphasé.
- Vienne. — Il est question d’établir uh barrage de 9 mètres de haut sur la Vienne à l’Isle-Jourdain et d’y établir une usine génératrice dans le but de fournir
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- la lumière électrique t.X(2« série)., **
- l’éclairage électrique et la force motrice à tout le département.
- Vaucluse. — La municipalité d’Avignon a adopté le rapport de M. Arlaud concernant l’éclairage électrique. Le dévis est de 42 840 francs.
- Autriche-Hongrie.—D’après VElektroteçhnicky Obzor, on projette l’établissement d’usines électriques centrales à Humpolec, Pelhrimov, N. Paka, Trebechovice, Kralupy, Polna, N. Mesto n/Met., Svétla n/S, Zloczova, Kyjov et Blhac.
- Brésil. — Une demande de concession a été adressée au gouvernement fédéral du Brésil en vue d’utiliser les chutes de Paulo Affonso et du Rio San Francisco, pour l’établissement d’usines destinées à produire la force motrice et l’éclairage électrique à Bahia, Alagôas, Ser-gipe et Pernambuco.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 28 3oo francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Oran-Bou-Tlélis-Lour-mel.
- Brésil. — Le ministère des Travaux publics a été autorisé à établir une ligne télégraphique entre l’Etat de Matto-Grosso et l’Etat de l’Amazone.Devis : 83o 000 mil-reis environ.
- /
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Parisienne «LaCentrale Electrique ».— Constituée le 25 avril 1910.— Capital: i5oooo francs. —- Siège social : 68, avenue de Saxe, Paris.
- Société Nouvelle des Groupes Electrogènes Fiat Lux. —
- Durée 5o ans. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : 5, quai Aulagnier, Asnières (Seine).
- :
- Galey frères (Installations électriques).— Durée: 20 ans. — Capital : 600 000 francs. — Siège social i 6, rue de , Varenne, Paris.
- _• . .)
- Société Française Radio-Electrique. — Durée : 3o ans. —-Capital : 200000 francs. — Siège social : 128, rue de la* Boétie, Paris.
- Société Norvégienne de l'Azote et de forces hydro-électriques. — Durée : 5o ans. —Capital : 100 006 francs, — Siège social : 3, rue d’Antin, Paris.
- i
- ADJUDICATIONS
- ITALIE
- Le 22 mai, à Rome,fourniture de deux pompes pour la pression des chaudières à livrer à Florence et à Palerme et des pièces dé rechange pour moteurs électriques ; — le 28 mai, fourniture d’un tour vertical à un seul montant (adjudications internationales).
- ALLEMAGNE
- Le 18 mai, à la députation des finances, à Hambourg, fourniture de 2 i5o hydromètres.
- Le 23 mai, à la députation des finances, à Hambourg, fournitures de deux chaudières tubulaires à vapeur avec accessoires.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 21 mai,au ministère des Travaux publics,à Vienne, établissement d’une centrale téléphonique à Vienne.
- BULGARIE
- Prochainement à l’administration communale, à Philip-popoli, installation de l’éclairage et des tramways électriques.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et to de Vannée 1894 de notre Revue, et la table dès 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1r' série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de là Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que <te la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s'adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- Fiais. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Lt Gérant : J.-B. Noubt.
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-
- Trent«-d6uxl*me année. " SAMEDI Si MAI 1910. Tome X (2° série). — N’ 21.
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- Lumière Électrique
- Précédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL,p. 193. — A. Gheysens. Sur le diagramme de fonctionnement des moteurs synchrones, p. 227. — H. Pécheux. Résistivité du nickel, de l’aluminium marchands et de leurs alliages. Mesure, résultats, applications mécaniques, p. 232.
- Extraits des publications .périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Mesure à l’aide de l’appareil de Kapp de la perméabilité du fer dans les champs intenses, R. Beattie et H. Gerrahd, p, 23g. — Traction. Méthode graphique générale et réversible pour la détermination de toutes les grandeurs nécessaires dans les calculs de traction, A. Hruschka, p. 240. — Locomotive électrique à accumulateurs du puit= « Von der Heydt », p. 240. — Résultats obtenus dans l’éleclrilication des chemins de fer anglais.— Applications mécaniques. Egalisation de la puissance absorbée pas les machines d’extraction ou de laminoirs, F. Niethammer, p. 241. — Variétés.. Les usines hydro-électriques de Suisse, Maurice de Goppet, p. 244.— Chronique industrielle et financière. Chronique financière, p. 204. — Renseignements commerciaux, p.-256. — Adjudications, p. 256.
- ÉDITORIAL
- L’étude, récemment publiée ici même, de M. Isambert, sur une construction géométrique permettant de passer des essais à vide d’un moteur synchrone aux courbes en V en charge, a suggéré à M. A. Gheysens un certain nombre de réflexions qui font ressortir la différence des constructions qui conviennent à un moteur synchrone ou à un alternateur.
- Ceci posé , M. Gheysens reprend la méthode graphique de recherche des pertes dans le cas moteur synchrone, et remanie, en vue d’une meilleure précision, le procédé indiqué à cet égard par M. Isambert.
- M. H. Pécheux, dont nos lecteurs ont sou-
- vent eu l’occasion de lire les travaux, continue ses recherches sur les propriétés électriques de métaux industriels.- Il nous donne aujourd’hui un grand nombre de résultats de mesures relatives à la résistivité du nickel et de l'aluminium marchands et de leurs alliages.
- Les résultats lui permettent de fixer d’une manière précise la valeur d’emploi de tel ou tel alliage suivant sa composition. Les constructeurs trouveront donc dans cette étude, entièrement publiée dans notre numéro actuel, des données pratiques intéressantes.
- Rien n’est plus utile, pour établir un pro-
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- 226 * LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2‘ Série).N 'il.
- jet, que de disposer d’un procédé graphique approprié. Dans le cas des projets de traction la multiplicité des données rend un tel auxiliaire particulièrement précieux. C’est pourquoi nous avons reproduit l’essentiel d’une méthode préconisée par un spécialiste étranger, M. Hruschka.
- MM. Beattie et Gerrard ont exécuté une série de mesui’es pour vérifier dans quelle proportion la perméabilité du fer est modifiée par l’influence des bords de l’échantillon expérimenté.
- Cette influence des bords a pour effet de faire diverger singulièrement les chiffres obtenus par la méthode du tore et par celle de Watson.
- La conclusion des expérimentateurs est intéressante notamment en ce qu’elle conduit à modifier les chiffres indiqués par certains formulaires. Nous l’eproduisons le tableau de ces modifications.
- Il y a en exploitation dans un puits de mine allemand une locomotive électrique à accumulateurs qui a permis de réaliser des économies très sérieuses par rapport à la traction animale, antérieurement employée.
- Les chiffres comparatifs que nous donnons
- sont édifiants à, cet égard et se résument ainsi : économie de plus de 5o %.
- On retrouve un tableau, beaucoup plus vaste, des avantages de l’électrification, en étudiant les résultats obtenus dans l'électrification des chemins de fer anglais.
- Ces documents sont pour nous d’un intérêt singulièrement actuel.
- En passant en revue, d’après M. Nietham-mer, les principaux systèmes employés pour la commande électrique des laminoirs, nous avons saisi l’occasion de réunir, sous forme de schémas et de brefs commentaires, toute la documentation industrielle relative à ce problème.
- Quelques-uns de ces schémas sont très connus, d’autres le sont à peine. Nous avons tenu à les rappeler tous afin d’avoir un ensemble complet.
- Le rapport de M. M. de Coppetsur les usines hydro-électriques de la Suisse est, comme les autres rapports de notre consul, un document du plus vif intérêt. Une multitude de renseignements divers, sur des installations caractéristiques à différents égards, y sont rassemblés avec beaucoup dé soin et de compétence, et peuvent être consultés avec fruit par les industriels français.
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- ^iHaï'.«40^->'-;:i:^ >::•?” " REVUE D'ÉLECTRICITÉ ’ '' '
- sua LE DIAGRAMME DE FONCTIONNEMENT DES MOTEURS SYNCHRONES
- Dans son article du 29 janvier dernier, M. Isambert parle de l’application de la construction de Potier à la prédétermination du ; fonctionnement des moteurs synchrones. Il donne à ce diagramme une disposition heu- ' reuse, qui permet d’en faire la répétition 1 aisément en vue d’en déduire les earactéris- ! tiques d’excitation pour divers I constants en fonction de y variable ; ces courbes valent la surface qui représente ce qu’on appelle simplement la caractéristique de l’alternateur ou du moteur synchrone.
- Les tracés sont pareils pour un alternateur et pour un moteur, mais ils ne doivent cependant pas être confondus : ce que M. Isambert n’a pas évité. Reproduisons, parallèlement aux tracés faits pour un alternateur, I ceux qui conviennent à un moteur synchrone, ! en conservant les notations :
- U = tension aux bornes ;
- RI = chute ohmique ;
- $tél 33= XI == chute due à la self-induction du stator;
- E,. = la tension résultante ou tension induite intérieure ;
- tp ^ décalage extérieur (retard de I sur U);
- + == décalage de I sur Eri
- y = décalage intérieur propre de l’alternateur ou du moteur:
- êf = RÏ -)- O.
- Faisons les tracés pour un 9 positif : courant en retard sur U.
- On a d’abord ;
- générateur (fig. 1) U = E — es ; l’angle opposé à E,. est tc -j- 9 — y.
- moteur (fig. 1') Ü = E + es; l’angle opposé à E,. est y ?•
- Puis (fig. 2 et 2') les triangles de Potier composant les excitations. J,, est l’excitation
- qui suffirait à produire E,. interne si l’on faisait abstraction de la réaction d’induit (l); J« est l’excitation qui neutralise cette réaction
- Fig. 1. —Générateur.
- (J« est proportionnel à I) et l’angle (J,., J„) du triangle est suivant le cas :
- 7 “b ^ pour le générateur,
- TC , .
- - .— tp pour le moteur.
- Fig. 1'. — Moteur.
- Le côté opposé J est l’excitation résultante; c’est l’excitation réelle qui, d’après Potier, correspond au fonctionnement (U, I, cos <p).
- En réunissant maintenant les deux constructions en une seule où l’on fait coïncider
- (’) Cette réaction n’est évidemment pas la réaction totale d’induit, car nous avons déjà tenu “compte-dès chutes de tension dites à la résistance ohmique et aux fuites magnétiques.
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- 228 LA LUMIÈRE
- les directions J,, et E,,, on obtient les figures 3 et 3'.
- M
- Fig. 2. — Générateur.
- On y a :
- OA = U OD = J,.
- OC = K DG = J a
- OG = J.
- Fig. 2'. — Moteur.
- Précisons de quels éléments il faut dis-
- 0
- Fig. 3. — Générateur.
- poser pour construire le diagramme DAB ODG. Potier demande :
- 1) La résistance du stator;
- ÉLECTRIQUE T. X (2* Sôriéji'—* N®21^5;’
- 2) La caractéristique à circuit ouvert ;
- 3) La caractéristique en court-circuit; un point suffit, puisque cette caractéristique est droite dans la partie pratiquement utilisée;
- 4) Un point delà caractéristique endéwatté.
- Ces données sont utilisées pour la construction de la façon suivante :
- 1) La résistance R, dans le côté AB = RI ;
- 2) La caractéristique à vide, pour J,. — OD correspondant à E,..
- 0
- Fig. 3'. — Moteur.
- 2), 3), 4) Pour la détermination des deux coefficients de Potier, a. et X. Le coefficient X détermine la grandeur de BG--XI et a, celle de DG = J„ = al. Gomme le fait remarquer M. Isambert, l’essai 4) peut être remplacé par l’essai plus simple indiqué par Blondel : mesure directe de l’inductance X de l’induit, l’inducteur étant enlevé. En même temps on déterminera le côté DG = Ja qui entre dans les constructions, en appliquant la construction du triangle ODG de Potier à la marche en court-circuit (utilisant ainsi la caractéristique en court-circuit) avec le même courant I (fig. 3). J„ = DG reste commun; OD= J,, devient MD = (J,.)^. parallèle à AG ; OG= J devientMG= (J)IC. Le triangle MDG est déterminé par la grandeur de DM (excitation qui correspond à une force'électromotrice AC), celle de GM (fournie par la caractéristique en court-circuit) et par l’angle connu MDG. On a ainsi la justification de la
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- 21 Mai 1910. REVUE D’ELECTRICITE --229
- remarque que M. Isambert attribue à Rothert. La construction MDG s’applique sans modification au diagramme du moteur synchrone (fig. 3').
- Remarquons aussi que toute la figure BAG DMG ne dépend que de I et se modifie proportionnellement à I en restant semblable à elle-même.
- x
- *
- *
- Occupons-nous donc uniquement du moteur synchrone. C’est la construction de ma figure 3' qui sert de base à l’épure (fig. 4) qui montre les corrections à faire subir à la figure 4 de M. Isambert.
- Puissance absorbée. — Pour chaque point de fonctionnement, la puissance fournie au moteur est U1 cos ». En menant OII, égal et parallèle à AH = U et traçant le cercle OT de rayon I, alors KT représentera I cos q> ou UI cos <?, c’est-à-dire la puissance absorbée.
- Pertes. — Supposons relevée la courbe en V du moteur à vide. Le nombre de watts pour : cos ® i (I minimum) représente : pertes mécaniques + pertes dans le fer + RI2.
- Ici I est petit, puisque la puissance fournie est faible. Mais le terme RI2 peut néanmoins être évalué si on a eu soin de relever I dans le cas déterminé. Nous connaîtrons donc ensemble, à vide, les pertes mécaniques et les pertes dans le fer. Les premières sont couram-
- Fig\ 4.
- On a :
- CB = XI OG = Ja construit comme il a été indiqué.
- BA = RI OQ' = J,.
- AH = U GQ' = J = excitation cherchée.
- OH = E BAH = Ÿ
- En "gardant d’abord I constant, les points A et G restent invariables et on obtient rapide-mentles divers J qui correspondent à divers y. D’après la remarque faite, quand I variera les points G et A se déplaceront sur les droites fixes OG et OA, les segments OG et OA variant proportionnellement à I.
- ment admises être les mêmes en charge qu’à vide. Les pertes dans le fer ne dépendent que de la saturation, c’est-à-dire de E = OH (fig. 4)- Celui-ci ne varie en marche ordinaire que de quelques % ; nous aurons les pertes dans le fer avec la même approximation, ce qui est suffisant, en les supposant constantes. Nous représenterons l’ensemble des pertes mécaniques et des pertes dans le fer par la distance entre les parallèles xx. et XX.
- Les pertes dans le cuivre RI2 sont représentées en fonction de I par une parabole. Pour un I déterminé, nous prenons le nou-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Veâu centre Ot (00^ = RP) p^tii* tracer lin cerclé de rayon I.
- Puissahùè utile. •— Le segment T\k\- découpé par le cercle Oj et là droite .tx àur TK représente donc la puissance utile du moteur.
- C&urb&s en V. — On peut entreprendre la construction inverse : se donner P„ et chercher J en fonction de I. L'on tracera ainsi une courbe en V.
- * *
- Les observations qu'appellent la façon dont M. ïsambert évalue les pertes sont donc les suivantes :
- i° Lès watts donnés à côs <p= t par sa courbe a® (p. i3a), non seulement représentent les pertes par frottements, mais aussi celles dans le fer, avec la remarqué que ces dernières varieront d’après la charge (I, 9).
- 2° Si les pertes dans le fer dépendent de la saturation, celle-ci n’est de toute façon pas représentée par OC (fig. 4 de M. Isam-bert), car OC y représente un segment proportionnel à I, courant de stator. Dans cette même figure l’usage de sa courbe 2“ ne saurait se justifier.
- 3° Il n’a pas été question de la puissance absorbée par l’excitation. Si l’excitation est séparée, on en tient aisément compte après ; l’épure donne. la grandeur J du courant d’excitation. Si l’excitatrice est en bout d’arbre, le cas est un peu plus compliqué; par exemple, la courbe en Y à vide n’aura plus la même signification : les watts absorbés par le groupe moteur-èxcitàtficè comprendront en plus la puissance dè l’excitation fournie au moteur et toutes les pertes mécaniques et électriques de l'excitatrice, sans parler du supplément de pertes au moteur,
- *
- * *
- Une dernière remarque d’intérêt purement théorique peut être faite concernant les courbes J=/,(cos 9) représentées pour divers I par la figuré 5 de M. ïsambert. L’excitation
- T. X (2* Série).
- J poiurcoô fttfcï ne croit pas nécessairement avec le courant 1 absorbé ; l’exception pourrait se produira pou# de très petits courant»* En effet, examinons (fig. 5) le diagramme pour cos 9 t=a 1.
- Pour un I variable, représenté par OA en grandeur, AH tas IJ se déplace parallèlement à lui-même entre les parallèles OA et H^tt-Prenons la position pour laquelle OH est perpendiculaire à OA. Soient IM1 et Em les valeurs correspondantes de I et de Er. Em est le minimum de Er. La construction montre que pour
- Fig. 5.
- tout courant plus grand que Im l’on obtient une excitation J plus grande (car Er, Jr, OG, GOH sont plus grands). Pour des courants plus petits que I„, l’on ne peut pas affirmer que J diminue car Jr grandit encore.
- On a :
- E,„ = OH = OH0 sin y = U sin y
- et pour I =: 0 (*)
- E0=:OH0 = U
- É0 — E>„ U (1 — sin y) — H'H0
- La différence des excitations qui corres pondent à I,„ et à I = o dépend de cette différence É0 — Êm = H'H0 et aussi de la satura-
- (*) Ce cas extrême est pris pour faire Un calcul simple quoiqu’il ne corresponde pas à une marche pratique en moteur. Son admission ne nuit aucunement à la conclusion qui s’applique aux petits courants absorbés aux environs de là marche à vide.
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- 2* Mal 1010;
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 231
- tion; elle sera d’autant plus grande que y est petit et que la saturation est forte. Or
- wS
- y = arc tg
- Donc : petite self-induction intérieures, (grande résistance R de l’induit), grand entrefer, grande saturation, telles sont les conditions dans lesquelles tend à se reproduire l’exception indiquée. Ce sont les caractéristiques des alternateurs à faible réaction d’induit, dont la construction est maintenant délaissée pour celle des types plus économiques à grande variation d’excitation pour lesquels on a trouvé des solutions satisfaisantes de réglage et de compoundage.
- Le problème du réglage de l’excitation dans un générateur est de tenir la force électromotrice aux bornes U constante ; pour un moteur synchrone, de conserver cos <p = t (sauf objet spécial : par exemple améliorer le facteur de puissance d’un réseau chargé inductivement d’autre part); c’est pour le moteur le mode de marche le plus économique. Plus la réaction d’induit est grande, plus grande sera la chute de voltage aux bornes d’un alternateur et la diminution du cos <f pour un moteur; plus donc un réglage sera nécessaire.
- La figure 5 montre comment l’excitation OQ0 correspondant à 1 = o pourrait dépasser celle GQ correspondant à Im.La chose serait à examiner avec les données d’alternateurs existants; en tous cas, plus la machine est à réaction, moins vite l’anomalie se présentera et, après tout, il est possible a priori que le courant I0 absorbé à vide par le moteur (cos <p = i) soit plus grand que I,„, ce qui ôterait toute valeur pratique à ma remarque. Aussi celle-ci n’a-t-elle été annoncée que comme une observation purement théorique, relative au diagramme employé.
- Remarque. — Pour un moteur synchrone à grande réactance et à régime très variable une régulation automatique serait nécessaire si l’on veut un fonctionnement économique. On pourrait très simplement imaginer une
- application du principe du compoundage Seidner (’). Soit (fig. 6) une série de courbes en V. Le lieu des points M, correspondant au minimum du courant, est la loi qui devrait lier l’excitation et le courant absoi’bé. La résistance spéciale employée par Seidner pourrait ainsi être traversée par une fraction du courant principal alternatif et en
- Fig. 6.
- môme temps être installée comme ^hunt sur le rhéostat d’excitation de l’excitatrice ; on pourrait ainsi, pour une augmentation donnée du courant, obtenir l’augmentation correspondante de l’excitation. Il y aurait cependant à examiner de plus près la stabilité du fonctionnement du système (2).
- A. Gheysens,
- ingénieur.'
- (’) Elektrotechnische Zeitschrift, Ier semestre 1908.
- (2) M. L. Isambert, à qui nous avons communiqué les observations précédentes, relatives au problème qr’il a lui-même traité, nous fait remarquer que, en ce qui corn-cerne les pertes, la construction qu’il a employée est approximative, car les pertes fer exactes, qui dépendent naturellement de E sont difficiles à introduire exactement. Or la courbe des watts à vide contient les pertes par frottement, les pertes cuivre RI2 correspondant à l’intensité, et les pertes fer à vide pour l’intensité correspondante, c’est-à-dire pour une valeur donnée de E. Aux faibles saturations et grandes intensités, cette perte est presque négligeable devant les autres. L’erreur faite aux fortes intensités et forte excitation n’est pas non plus très grande parce que, l’intensité augmentant rapidement, les pertes cuivre deviennent très grandes et la différence entre les pertes fer à vide et en charge est presque négligeable. Le cercle 02 vaut donc avec cette approximation. Pour plus' de commodité, M. Isambert rappelle qu’il a tracé ces pertes en partant d’une droite X'X', telle que la courbe des pertes passe par O. X'Q contient les pertes par frottement plus les pertes fer à vide.
- En somme, M. Isambert estime qu’on peut maintenir la construction des cercles correspondant aux intensités sans pratiquement commettre une grosse erreurr ~
- N. D. L. R.
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- ' >-' - ... .y...;4.,r,.,v.
- 2321 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série); — N^f?'
- RÉSISTIVITÉ DU NICKEL, DE U ALUMINIUM MARCHANDS ET DE LEURS ALLIAGES
- MESURE; RÉSULTATS; APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- a) Nickel. — Le nickel est obtenu, depuis 1903, dans les diverses usines qui le raffinent, en France (Saint-Denis, le Havre, pour le métal de la garniérite et du minerai du Canada) et en Angleterre (Clydach, pour le nickel du nickel-carbonyle), à un état de pureté plus grand, grâce aux divers perfectionnements apportés dans les traitements métallurgiques. Ainsi, dans les quelques échantillons que nous avons eus à étudier, depuis cette époque, la teneur totale en impuretés, qui s’élevait à 2 % (avant 1903), est tombée à 1 % et même o,5 %. Ces impuretés ne dépendent pas seulement du minerai traité, mais aussi de la méthode suivie pour l’extraction du métal.
- Les minerais du Hartz (riches en cuivre et en cobalt) d’un traitement assez difficul-tueux, donnent un nickel relativement riche en cobalt et en cuivre, métaux difficiles à éliminer ; tandis que la garniérite renferme plus de fer, eÇ pas de cuivre, le nickel du carbonyle, enfin, ne renferme ni fer, ni cobalt.
- La présence des métaux étrangers, même-en quantité faible, modifie considérablement les propriétés électriques du nickel marchand, en particulier sa résistivité ; à tel point que, des résultats obtenus pour cette résistivité, on peut, concurremment avec les données de l’analyse chimique, déterminer, dans une certaine mesure, l’état de pureté relative d’un métal marchand.
- b) Aluminium. — L’aluminium est retiré, actuellement, de la bauxite blanche, ou de la cryolithe; dans le premier cas (procédé lléroult), et étant donné que la bauxite est mélangée à de l’oxyde de fer et à une gangue
- siliceuse, le métal obtenu, à 99 % d’aluminium pur, renferme à la fois du fer et du silicium; dans le second cas (procédé Minet), l’aluminium provient d’un minerai pur, il ne renferme que dù fer en très faible quantité, ce dernier provenant de la cuve d’électrolyse de la cryolithe. La résistivité de l’aluminium marchand dépend aussi de ces impuretés, mais les différences obtenues sont moins sensibles que dans le cas du nickel.
- Nous allons' exposer les résultats de nos recherches récentes sur la résistivité de ces deux métaux et de leurs alliages avec le cuivre, et nous donnerons quelques indications sur l’emploi de ces métaux et alliages dans la construction des résistances industrielles.
- I. — Mesures des résistivités.
- Nous avons mesuré les résistivités de nos échantillons par la méthode du Pont à corde de Wheatslone. Le métal ou l’alliage était contourné en spirale, bien recuite pour enlever les effets de l’écrouissage, produit par la torsion. Chaque spirale était reliée, à l’aide de 2 pinces épaisses, de résistance négligeable, à 2 gros fils de cuivre, de résistance connue à l’avance, raccordés eux-mêmes à l’uhe des branches du pont à corde. Une boîte d’ohms internationaux soigneusement étalonnée par E. Ducrétet était placée sur l’autre branche du pont ; on n’utilisait, dans
- la boite d’ohms (étalonnée de— d’ohm à 1
- 10
- ohm), que l’étalon de — d’ohm , chaque spirale étudiée ne dépassant pas cette résistance.
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- 21 Mai 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ -233
- La spirale était chauffée, d’abord, pour obtenir un recuit convenable, dans un bain de paraffine à l’ébullition (370°), dans lequel elle était complètement noyée, jusqu’aux pinces de raccordement; dans l’axe de cette spirale, était disposée la soudure chaude de notre pyromètre nickel-cuivre, relié à un galvanomètre Deprez-d’Arsonval étalonné et gradué en degrés centigrades : nous laissions ensuite refroidir le bain de paraffine, lentement (en baissant graduellement la flamme), en faisant de temps en temps une lecture de résistance, de 370° à la température ambiante.
- La résistance décroissant avec la température, nous préparions, à l'avance, un équilibre quelconque du pont, et cherchions, par tâtonnements, le moment exact de cet équilibre : la lecture sur la règle du galvanomètre pyrométrique nous fournissait, au même instant, la différence de température entre les soudures ; soit : entre la spirale et la température ambiante.
- N. B. La chaleur spécifique du nickel est sensiblement la même que celle du cuivre et que celle des cupro-nickels, la vitesse de refroidissement de la spirale et de la soudure du pyromètre était sensiblement la même aussi; d’où des résultats très comparables pour le nickel et les cupro-nickels.
- Dans le cas de l’aluminium, qui se refroidit moins vite, il fallait opérer beaucoup plus lentement, et comparer ensuite les résultats entre eux, et directement.
- Nous avons ainsi déterminé, pour chaque métal ou alliage, 8 à 10 résistances différentes.
- II. — Résultats.
- Les fils de cuivre reliant chaque spirale au pont à corde étaient nus, et se refroidissaient ainsi très facilement; malgré la propagation, par conductibilité, de la chaleur du bain de paraffine, au voisinage des pinces de raccordement, les fils de, cuivre ne s’échauffaient que sur une faible longueur ; en négligeant l’accroissement de résistance
- des fils de cuivre dû à cette conductibilité, nous commettions une erreur voisine de 1 % ; nos résultats étaient atteints avec •>. chiffres décimaux exacts.
- La résistance rt de chaque spirale étant obtenue, — par différence — à une température quelconque l°, on en déduit la résistivité p, à t° par la formule connue :
- i't X .vc,"‘2
- Admettant, ensuite, que la résistivité obéisse, entre 370° et la température de o°, à une loi parabolique, nous avons calculé une formule de la forme :
- Pt — p0 (I -j- at-\- bi*)
- où : p„ est la résistivité à o° ; a, b, les coefficients de température, dépendant du métal ou de l’alliage étudié; trois équations suffisent pour avoir : p0, a, et b', on la vérifiait ensuite sur les autres résultats obtenus (8 à 10 mesures au total pour chaque échantillon).
- i° Nickel et alliages de nickel.
- a) Nickels. — Les 4 échantillons de nickel étudiés sont caractérisés par leurs compositions chimiques, que nous avons établies nous-mêmes ; lé tableau I les résume :
- Tahleau I
- Échantillons Cuivre Fer Cobalt Carbone et Silicium Impuretés totales
- Ni (L).... Ni (F.N),. Ni (F.Nï,. Ni P)./.. o,ao % 0,8o % O,/|0 % traces traces traces 0,60 % i,5o % o,i5 % traces 0,10 % o,5o % néant 0,40 % o,i5 % 0,10 % o,85 % i % i,»5 % 2,10 %
- Ce tableau montre nettement que les trois premiers nickels proviennent des pyrites cuivreuses ; le quatrième de la garniérite.
- Les formules de résistivité que nous avons calculées pour ces quatre nickels sont données dans le tableau II ; elles donnent la résistivité en microhms.
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- Remarque. — Nous avons obtenu les limites de températures entre lesquelles les variations de la résistivité suivent une loi parabolique, de la manière suivante :
- La figure i donne l’allure de ces courbes ; on constate : que la présence du fer et du cobalt relève la courbe de résistivité : [Ni(P);Ni(F.N)2];
- Tableau II
- Échantillons Formule de pt Limites de températures où elle s’applique
- Ni (L) pt= 9 (1 + o,oo531 - - 0,000 oo5 5 t2) o° à 345°
- Ni (F.N), pt = 10,24 (1 + 0,0037 t- - 0,000 006 019) o° à 34o°
- Ni (F.N), pt = 14,a5 (1 -f- o,oo35£-j - 0,000 007 0 taj o° à 34 o°
- Ni (P) pt — 13,25 (1 -f- o,oo3o t - - 0,000 007 0 t2) o° à 33o°
- Chaque spirale de nickel, reliée au pont à à corde, était disposée dans un tube de porcelaine vernissée, avec la soudure du pyro-mètre à son intérieur ; ce tube était chauffé extérieurement pendant quelques minutes à goo°, dans un four à gaz Mermet, pour recuire la spirale ; nous laissions ensuite refroidir lentement le tube et relevions de temps en temps la résistance de la spirale, entre goo° et i5°. En construisant une courbe des
- et que la teneur en impuretés totales accuse une plus grande différence entre les coefficients angulaires des deux portions de la courbe (remarquable surtout dans le Ni (P).
- Dans toutes, le coefficient de température principal a diminue après (33o°, 34o° ou 345°), le 2e coefficient b devenant négligeable. Cette température 33o°, 34o°, 345° est une température critique pour le métal (transforma-
- Fig
- Pt en fonction des températures t, nous avons constaté que : la résistivité pt croît paraboliquement de o°à 33o°[Ni (P)], ou 34o° [Ni(F.N)], ou 345° [Ni (L)] ; puis, très sensiblement, suivant une droite de 33o° ou 34o° ou 345° à goo°.
- I.
- tion moléculaire) : la présence du fer abaisse cette température [Ni(P); Ni (F.N)2]; celle du cuivre et du cobalt la relève [Ni (L)].
- La résistivité est doublée : à 270° (F. N^; à 3oou (F. N^; h 333* (P) ; pour le [Ni (L)], elle est doublée à r88° seulement.
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- 4 J'*“H'nfSî ' -«îT^çw^f- ‘, s^5^"t-^W'‘/--i,V'^' ' ’ v-.v•;•• r^Vv^r<^?^r5
- 2Mïai 191Q. REVUE P^LEeTmClTÉ ^
- Nota, —« Dewar et Fleming ont trouvé, pour un nickel marchand,
- pt :eh a w 0,0064.
- Ce nickel devait être plue pur que notre [Ni.(L)], à cause de la grandeur de son coefficient a ; mais il ne devait pas renfermer de cobalt-, métal qui abaisse p0 dans le métal pur. Par contre, M, Ph. Hàrrison a trouvé pour un nickel (voisin de notre [Ni (F. N)i)] :
- p0 = joi>",a8 ; a = 0,0048.
- En résumé, le nickel le plus pur [(Ni (L)] a le plus grand coefficient principal de tempé^ rature, et la plus faible résistivité à q°; la résistivité à o° des trois autres est d’autant plus grande, qu’il y a un plus grand nombre de métaux étrangers : [Ni (F.N)^].
- b) Cupro-r-nichels.— Les quatre échantillons étudiés par nous ont la composition chimique qu’indique le tableau III.
- Tableau III
- Échantillons Nickel Cuivre Cobalt Fer
- I 9 % 89,5 % o,5 % 1 %
- 2 20 % 8q % néant traces
- 3 3o % 7° % néant traces
- 4 4o % 60 % néant néant
- Les formules de leur résistivité sont (de o° à 370°) :
- Tableau IV
- Échantillons Formule de pe (microlims)
- I a 3 4 (çonstantan) pr=; 22 (1 +0,000 590 < +0,000 00 a3 m pt = 27,26 (I -j- 0,000 326 Î + OjOOO 000 69 t2) p* = 32,33 (1 -j- 0,000 2701 -j- 0,000 000 37 t2) p, 42,39(1 + 0,000 167 t-j-0,000 qqo 047 (?)
- Remarque. La teneur en nickel croissant, la résistivité p0 croît très sensiblement en progression arithmétique jusqu’à la teneur 3o % en nickel; elle croît plus vite ensuite; les coefficients de température diminuent rapidement quand la teneur en nickel augmente ; pour l’alliage à 4o % (çonstantan) le 2e coefficient b est négligeable, la résistivité variant linéairement.
- c) Mailleehorts. Les quatre tnaillechorts étudiés par nous ont donné à l’analyse chimique la composition mentionnée au tableau V :
- Tableau V
- Mailleehorts Nickel Zinc Cuivre Cobalt Fer
- P 32 % 16 % 52 % néant néant
- E 23 % 19 % 58 % traces néant
- B 18 % 24 % 56 % 2 % néant
- R 3o % 26 % 4<> % 4 % traces
- Et le tableau VI donne leurs formules de résistivités (de o° à 370°)
- TAarsAv VI
- P pt = 25,26 fi -j- 0,000 26 t -j- 0,000 001 3 t2)
- E pt =3 22,52 (1 4- 0,000 28 t -f- 0,000 000 2 /,*)
- B pÉ == 3o,8j h -f- 0,000 043 t -j- 0,000 qoo 28 t2)
- R p«= 47,61 (1 -f- 0,000 043 t-\- 0,000 000 80 t2)
- Remarque. — La présence clu cobalt, dans un maillechort, élève très sensiblement sa résistivité à o° et diminue considérablement son coefficient de température principal' (cas des échantillons B et R) ; ainsi : R a sensiblement même teneur en nickel que P, mais il renferme 4 % de cobalt ; de même, B par rapport à E; l’accroissement de la teneur en nickel (à teneur sensiblement égale en zinc), est corrélatif de l’augmentation de . la résistivité, et de la diminution de coefficients de température (analogie avec les cupronickels.
- d) Ferro-Nickel. — Nous avons expérimenté un seul ferro-nickel à 25 % de nickel, C’est un alliage de fabrication courante, très souple ; il ne renferme pas d’autres métaux que le nickel et le fer. La résistivité est donnée par la formule :
- p, = 76,2 (1 -|- 0,00115 t — 0,000 000 5q t2) ;
- on peut supprimer le 20 coefficient jle température négligeable devant le premier. La
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- 236
- ' w» .’faîWjjwjHBSf^wrçsSW
- LA LUM IÈRE ÉLECTRIQU E T. X (2» Série). ~
- résistivité à o° est très élevée, mais le coefficient île température principal est trop fort ; sa résistance doublerait à 870°.
- e) Applications industrielles des alliages du nickel aux résistances. — Les alliages sont utilisés, de préférence aux métaux, dans la construction des boîtes d’ohms et des rhéostats de réglage (lampes, dynamos), à condition :
- i° Qu’ils présentent une grande résistance sous un volume faible ; 20 qu’ils aient un coeificient de température principal aussi faible que possible.
- D’après. les tableaux précédents, nous voyons que le cupro-nickel (à 20, 3o, 4o % de nickel) et les quatre maillechorts répondent entièrement à ces conditions.
- Si l’on calcule, d’autre part, la température pour laquelle p, = 2p0, dans ces alliages, on trouve, entre 3 ooo° et 4 ooo° pour les cupronickels à 20 et 3o % et les maillechorts P et E (température inaccessible dans les applications industrielles possibles de ces alliages) ; pour les maillechorts B, R et le constantan (4o % de nickel), l’accroissement de résistance, pour quelques degré» au-dessus de la température ambiante, est absolument négligeable : ces alliages conviennent très spécialement dans la construction des bobines des boîtes d’ohms. Quant au cupro-nickel à 9 % de nickel (sa résistivité serait doublée à 1700°) et au ferro-nickel, leur emploi doit être limité à la construction des rhéostats, ou des bobines ne demandant pas un étalonnage' aussi précis ; ils sont, d’ailleurs, cassants et ne peuvent s’employer qu’en fils assez gros.
- Remarque générale sur les résistivités d’alliages de nickel. — On trouve, dans les formulaires à l’usage des électriciens, des nom-
- Table.
- bres très variables pour la résistivité des cupro-nickels et des maillechorts, sans indication de la composition chimique de ces allia’ges. Ainsi, le constantan est indiqué avec une résistivité p0 variant de 20 à 4o microhms, et un coefficient principal «, allant de o,ooo45 à 0,00020 ; le nôtre donne : p0 = 42^9, avec a — 0,000167 ; le mot constantan n’ayant pas un sens précis par lui-même, il serait indispensable de connaître sa composition chimique, afin de mieux comprendre l’influence des métaux qui la composent sur la valeur de p„ et de a. Mais c’est surtout pour les maillechorts ' que les indications sont vagues : on trouve des maillechorts avec : p0 = 3o; a == 0,00027 (Dewar-Fleming) ; d’autres avec : p0 = 25,7 et a = 0,00022, etc. ; il est bien certain que la composition en nickel, zinc, cuivre, variant énormément dans ces alliages, les chiffres obtenus doivent différer sensiblement : il importe donc de connaître, à côté de la résistivité, la composition centésimale de l’alliage.
- Enfin, nos résultats précédents montrent l’influence heureuse de quelques centièmes de cobaltdansles maillechorts; p0 estaugmen-té et a considérablement diminué.
- Dans l’emploi des nickels et alliages à la construction des résistances étalonnées, où l’on ne dépasse jamais 4o° à 5o°, on peut négliger le deuxième coefficient de température ; dans la pyrométrie, où l’on atteint iooo° et plus, il faut au contraire utiliser les deux coefficients.
- 2° Aluminiums èt alliages d’aluminium.
- a) Aluminium. — Nous avons étudié 3 échantillons d’aluminium, entre o* et 370°. Le tableau VII nous donne leur composition chimique et leur formule de résistivité : au VII
- Echantillons Fer Silicium Total d'impuretés pt en microhms
- Al .'Clù Al T.A) AI (P) 0,07 % 0,12 % 0,2λ % 0 ,oG % traces 0,12 % 0,13 % 0,12 % 0,37 % 72(! pt = »,75 (! p t = 2,8o (1 -j- 0,00/j2 t-\- 0,000 004 t2) -j- o,oo4o t -f- 0,000 004 t2) -f- 0,0046 t-\- 0,000 004 l2)
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- Sèsis.tivités ('Mierohms)
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 21 Mai 1910.
- 237
- Nota. — Dans les limites - d’emploi de l'aluminium, — plus restreintes que celles des nickels ou de leurs alliages, et à cause du point de fusion plus proche du métal, et de son état pâteux à partir de 6oo°, — on peut
- Températures
- Fig. 2.
- négliger le deuxième coefficient de température.
- M. Benoît a trouvé, pour un échantillon d’aluminium marchand, la formule :
- pt =— 2,89 (1 -)- 0,0039 t) mierohms;
- ce métal, d’après nos conclusions, devait être plus riche en fer que les nôtres, très certainement. D’ailleurs Moissan et Ditte ont vérifié, pendant ces i5 dernières années,
- que la teneur en fer, des aluminiums marchands, allait en décroissant; les bauxites étant obtenues plus pures, aujourd’hui.
- . Remarque.— i°Le fer relève la résistivité à o°;
- a0 Le principal coefficient de température est d’autant plus grand qu’il y a un plus grand nombre d’impuretés; il croit avec la teneur en silicium.
- Ici, l’influence des matières étrangères ne donne pas des écarts aussi considérables que dans les nickels.
- La température où la résistivité : p( = ap0, est 2000 (Ch.); 2io°(F. N); 182° (P);
- Si nous traçons les courbes de résistivités, nous remarquons que l’Al (F. N) (courbe en pointillé) se confond presque sensiblement avec. l’Al (Ch) : d’abord au-dessous jusqu’à iao" l’Al (Ch) passe au-dessus de l’Al (F. N,) tout en demeurant très près; quant à l’Al (P), sa résistivité croît plus rapidement que celle des deux autres (fig. 2).
- N. B. — Remarquons que l’Al (F. N) ne renferme pas de silicium : l’influence du silicium s’ajoute donc à celle du fer pour relever la résistivité de l’aluminium (il en est de même dans les aciers, comme on sait).
- b) Cupro-aluminiums. —Nous avons étudié six cupro-aluminiums, dont la composition et la formule de résistivité sont réunies dans le tableau VIII.
- Nota. — On peut, dans la pratique, avec l’emploi de ces alliages à fies températures relativement basses, ne conserver que le premier coefficient de température.
- Remarques. — i° La résistivité à o° croit avec la teneur en aluminium, jusqu’à l’alliage u VIII
- Écliantillo ns Cuivre Aluminium Formule de résistivité pf mierohms (de o à370°) P t = 2pO
- I 97 % 3 % , p( — 8,26 (1 -)- 0,00 102 t -f- 0,000 oo3 t2) O GO II •Kù
- ‘l 95 % r. % pt = 10,21 (1 -j- 0,00 070 t -f- 0,000 002 t2) 04» II wo
- 3 9'» % 6 % pt =z 11,62 (1 -j- 0,00 o55 t -j- 0,000 002 t2) t = 1818°
- 4 92,5 % 7,5 % pt == (3,62 (1 -f- 0,00 o36 t-f- 0,000 001 t'2) t== 2777°
- 5 9° % ÎO % pt = 12,61 (t -j- 0,00 o32 t -j- 0,000 002 i*) l =_3.l 2r)°
- 6 G % 9-4 % pe = 3,io (1 -j- 0,00 o38 t -}- 0,000 oo3 C1) t — 263°
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- $38 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2‘Série), — R*ÎS1.
- à 7,5 % d’Al; elle décroît ensuite ; a° le principal coefficient de température décroît quand la teneur en aluminium croît ;
- N. B. — Ges résultats ne s’appliquent qu’à l’alliage jusqu’à io % en aluminium.
- Quant à l’alliage à 94 % d’Al, il se rapproche beaucoup des aluminiums ; en le considérant comme Un aluminium à 6 % de cuivre, on voit que ^addition de faibles quantités de cuivre à l’aluminium accroît légèrement sa résistivité à o", et rapproche son principal coefficient de température de celui du cuivre (effet contraire à celui du fer sur l’aluminium).
- Si l’on traçait la courbe de résistivités de ce cupro-aluminium à 94 % d’Al, sur la figure 2, on obtiendrait la courbe qui y est figurée en trait mixte ; elle montre : que la résistivité d’un cupro-aluminium très riche en aluminium croît plus lentement que celle de l’aluminium, son allure rappelant celle du cuivre.
- c) Applications industrielles cle Valuminium et des cupro-aluminiums aux résistances. i° L'aluminium, plus tenace que le cuivre, et beaucoup plus léger, -tend à remplacer celui-ci dans les canalisations électriques. Voyons rapidement ce que vaut cette substitution.
- Soit, à transmettre une certaine quantité d'énergie électrique à une distance donnée; quelles que soient cette quantité et la distance du transport, la transmission devant se l'aire dans des conditions identiques de rendement, la résistance doit être la même avec l’un ou l’autre des 2 métaux.
- Soit : R cette résistance ; si p, •sRin2 sont la résistivité et la section droite pour l’aluminium ; p', sles mêmes quantités pour le cuivre; lcm étant la longueur du câble, nous aurons à poser :
- D’où
- s
- P
- Pr
- Prenons : p' = km», 6 (cuivre des fils con
- dücteürs); p = 2^,72 (Al le plus pur) ; d’où :
- P a.na
- 6' =: S' X -, = S1 X = 1,7
- P I,()0
- La dépense en aluminium (densité : 2,6; prix du kilogramme : 2 fr. 5o) sera :
- pl=sX. I === 2,6 X 0,0025 ; pour le cuivre, elle sera (densité : 8,95; prix du kilogramme == 1 fr. 5o) :
- Pz= s'XlX 8,95 X o,ooi5.
- D’où:
- Pi __ s X 2,6 X 0,0025
- p2 s> X 8,g5 X 0,0015 2210
- = Ss = ''’5 *•
- 1,7 s' X 2,6 X 25 s' X 8,95 X i'5
- L’économie réalisée en adoptant l’aluminium serait donc, envix’on, de 18 % ; ajoutons que la plus grande ténacité du métal permettrait d’espacer davantage les pylônes destinés à supporter les câbles; l’économie totale de l’installation s’en trouverait encore augmentée.
- Mais il se présente, dans l’emploi de l’aluminium, un inconvénient assez grave : ce métal, à cause dès traces de fer et silicium (et dans l’état de la métallurgie de l'aluminium, il est impossible de l’obtenir entièrement pur) s’altère assez rapidement à l’air humide mais surtout dans une atmosphère renfermant des vapeurs acides, ou salines; il est également altérable au contact des liquides alcalins : cette altérabilité rend son emploi très difficultueux, impossible même pour les canalisations électriques dans le voisin a g-e de la mer, dans l’intérieur des usinés de produits chimiques, et aussi pour les canalisations souterraines; ajoutons que le dépôt d’alumine qui se produit sur le métal 11e cesse de se former que lorsqu’il a acquis une certaine épaisseur : mais alors le métal devient très cassant; avec des fils de gros diamètre, l’altération demeure superficielle sans nuire sensiblement à la ténacité du métal.
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- 21 Mai lÔiO. REVUE D’ÉLECTRICITÉ _ 239
- 2° Les cupro-aluminiums, sans présenter une résistivité comparable à celle des maille-chorts, ont un coefficient de température faible (surtout les alliages à 6, 7 1/2 et 10 %); mais ces alliages sont moins malléables que les maillechorts ; l’alliage à 3 % est très dur, cassant, difficile à tordre; l’alliage à 5 % est encore dur et cassant; de même l’alliage à 6 % ; l’alliage à 7,5 % l’est un peu moins; l’alliage à 10 % est le plus pratique : il a le plus faible coefficient de température, s’étire en fils très fins et très résistants ; il pourrait remplacer le maillechortdansla construc-
- tion des bobines de résistances étalonnées, mais il en faudrait un volume plus considérable, à section égale. Ajoutons que, à cause de son coefficient de torsion assez grand, il convient particulièrement dans ^construction des fils de suspension des galvanomètres apériodiques, ou des spirales des ampèremètres industriels : il s'échauffe très difficilement, qualité qui s’ajoute aux précédentes. Enfin, tous les cupro-aluminiums sont inaltérables à l’air humide.
- H. PlîCHEUX,
- Docteur ès sciences.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Mesure à l’aide de l’appareil de Kapp de la pei'méabilité du fer dans les champs intenses. — R. Beattie et H. Gerrard. — The Electrician, 18 février 1910.
- Les auteurs employaient l’appareil de Kapp tel que l’utilisait Watson (*). Toutefois, ils ont été conduits à opérer d’une façon un peu différente de celle que préconisait cet auteur.
- Ils ont, en effet, été frappés de la différence qui existe entre les courbes 6b = f (X), obtenues par la méthode de Watson et* les mêmes courbes déterminées par la méthode du tore. sur des échantillons du même fer. En immergeant le tore dans un bain d’huile parcouru par une circulation d’eau, ils ont pu pousser la force magnétisante jusqu'à 1 5oo C. G. S., alors qu’autrement on ne peut en dépasser 400.
- Les courbes obtenues par la méthode du tore se placent en dessus des autres, et la conclusion, c’est que les inductions mesurées par la méthode de Watson se rapportent à des champs trop élevés. Cela est dû à des différences dans la valeur de l’induction qui augmente de quelques pour cent, du centre aux bords de l’échantillon en expérience.
- Au lieu de prendre la force magnétisante égale à
- (J) Voir Lumière Electrique, 16 novembre 1907, p. 239
- 1,26 fois le nombre des ampères-tours deTélectro-aimant divisé par la longueur de l’échantillon entre les pièces polaires, les auteurs la mesurent.
- Pour cela on enroule une bobine d’exploration an centre de l’échantillon et une seconde, du même nombre de tours, par-dessus, avec entre elles un espace d’air mesurable. On connecteces deux'bobiues à un galvanomètre balistique différentiel. On obtient ainsi la valeur de X au voisinage immédiat de l’échantillon, et elle ne doit pas différer sensiblement de la valeur intérieure.
- Lorsqu’on n'est pas soucieux d’une grande exactitude, on peut beaucoup simplifier l’emploi de l’appareil en dressant une courbe qui relie le champ au centre de la pièce d’essai au courant d’cxcitatioîi. Cette courbe n’est guère affectée par les qualités de l’échantillon, non plus que par son épaisseur. Il esS. ainsi commode de faire rapidement des mesures de perméabilité dans les champs intenses.
- Voici quelques chiffres se rapportant à des tôles d’induits. Us concordent bien avec les résultats de; Peirce et de Gumlich.
- X 6b
- 400 21 000
- 600 22 OOO
- 800 22 500
- I 200 2 3 IOO
- i Goo 23 5oo'_
- 2 IOO 24 000
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- 240 la lumière électrique t. x(2° série). — n° 21.
- Ces chiffres sont assez différents de ceux que donnent certains formulaires, et dont on déduit des intensités d’aimantation trop grandes. A ce propos, il est bon de se rappeler que la plus grande intensité d’aimantation observée est I = i 800, et que la plus grande observable dans les meilleures tôles est d’environ 1 740.
- L. B.
- TRACTION
- Méthode graphique générale et réversible pour la détermination de toutes les grandeurs nécessaires dans les calculs de traction. — A. Hruschka.— Elektrische Kvaftbetriebe und Bahnen, 14 et 24 janvier 1910.
- L’originalité et la fécondité de la méthode tiennent au choix des variables qui a conduit à l’établissement de courbes simples sur lesquelles on peut très rapidement trouver toutes les conditions de fonctionnement correspondant à des cas variables. Si T est le poids tracteur en tonnes et ;a le coefficient d’adhérence correspondant à un coefficient de frottement donné, on a en kilogrammes : 1 000 T[x pour l’effort tracteur possible de sorte que
- i 000 Ty. = (T —N) s
- si N est le poids à remorquer et z le nombre de kilogrammes nécessaires à la traction d’une tonne du poids total T -j- N. Si l’on écrit cette équation sous la forme
- T _ z N 1 000 — z’
- T
- si l’on suppose [J. constant et que l’on porte - en % en ordonnées et z en kilogrammes par tonne en
- Fig. 1.
- abscisse*?, on obtient une parabole (fig. 1); il suffit
- d’en tracer plusieurs en faisant varier entre - et —.
- 3 10
- Sur cette courbe I étant la force en kilogrammes par tonne, II le coefficient d'adhérence p., on trouve III qui donne de suite le rapport du poids tracteur au poids traîné, valeur qui permet de trouver la puissance. Il suffira de donner' à z une valeur qui tienne compte des différents éléments résistants : frottement de roulement, pente, influence des courbes, accélération (celle-ci extrêmement importante par rapport aux autres), résistance de l’air, etc., pour
- • A T
- trouver aussitôt —.
- Pour que la méthode conserve toute sa simplicité il faut que z total ait la même valeur pour les poids tracteur et traîné, ce qui est à peu près toujours vrai. Dans le cas contraire, on peut en tenir compte en traçant de nouvelles paraboles, mais qui ne passent plus par l’origine des coordonnées. Naturel-
- T
- lement on peut aussi trouver z si l’on connaît — et
- \j., ce qui permettra, par exemple, de déterminer, pour T
- un donné, l’accélération ou la pente qu’il sera possible d’atteindre.
- B. G.
- Locomotive électrique à accumulateurs du puits « Von derüeydt».— Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, 24 janvier 1910.
- Une locomotive à accumulateurs fonctionne depuis un an dans celte mine à la satisfaction complète de l’exploitation. Celte locomotive roule sur voie de 720'"“ de largeur entre rails, et sur un trajet de 2 3oo,n qui sera porté à 4 5oom. Elle se compose d’une caisse en acier forgé qui repose sur les roues par des ressorts, avec caisses à s$ble sur les côtés, et sur le devant une cabine avec des appareils électriques, phares, signal, etc. La vitesse possible est de i26km à l’heure. Des freins puissants permettent d’arrêter rapidement. Deux moteurs-série blindés de 7,5 chevaux attaquent les deux essieux avec un seul train d’engrenages. La batterie d’accumulateurs est placée à la partie supérieure sur des rouleaux de manière à l’enlever et la remplacer facilement en trois minutes. Chaque batterie est de 80 éléments de 78 ampères-heures. Le poids de la locomotive est de 5 tonnes. Tous les iokm elle doit rentrer pour changer de batterie, après avoir traîné 25 wagons à ioo1'"' à l’heure. Elle fournit par jour 525 tonnes-kilomé. triques. Le coût de l’exploitation ressort du tableau I.
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- 211
- Tableau I
- Mois Jours de travail Tonnes-km fournies Goût de l’entretien du transformateur et des batteries Salaire du mécanicien Goût du materiel Goût du courant ii 0 fr. o3 le kw-heure Goût total Goût par tonne-km
- fr. fr. fi-. fr. fr centimes
- Moyenne par
- mois...... 13 290 340 45o 02 166 1 008 7^
- Ces prix diminueront encore quand le parcours aura atteint sa valeur maximum.
- Avec chevaux, les prix se décomposaient comme
- suit : ‘
- Fr.
- 1. Nourriture................ 4,00
- 2. Ecurie.................... i,6o
- 3. Harnais et ferrage. . . . 0,25
- 4* Charretier................ 3,3o
- 9>l5
- Comme le cheval rendait 52 tonnes-kilomètres, le prix pour une tonne-kilomètre était donc de 18 centimes au lieu de 7,5 centimes avec la locomotive, soit une économie de plus de moitié.
- B. G.
- Résultats obtenus dans F électrification des chemins de fer anglais, —Electric RaiUvay Journal, ier janvier 1910.
- Dans le système actuel de traction électrique avec oke,454 de charbon à 10 fr. 5o la tonne, on peut entraîner une charge de 1,016 tonne sur une distance de 3km,68o avec vitesse moyenne de 35km,70 à l’heure ; dans l'exploitation par la vapeur, avec le meme poids de combustible coûtant 20 fr. la tonne, on entraînait la même charge sur un parcours de 3km,5oo avec une vitesse de 28km,4 à l’heure.
- La vitesse moyenne, y compris les arrêts, a été portée de a5km à 32km à l'heure et le nombre de tonnes-kilométriques par an, de 27 090 000 à l\% 210000, tandis que les dépenses totales d'exploitation par tonne-kilomètre, y compris l’intérêt et l'amortissement de l’équipement électrique, a été réduit de 2 167 centimes à 1,84$ centime.
- Dans la première moitié de l’année (jusqu’au 3o juin 1908), le nombre des voyageurs transportés a été double de celui qu'indiquent les statistiques pour la moitié de la dernière année de l’exploitation des lignes par la vapeur (jusqu'au 3i décembre 1902).
- Le nombre de places-kilomètres occupées par chaque voyageur a décru de 3o % et les recettes par place-kilomètre ont augmenté de 26,5 %, alors que
- le rapport des dépenses aux recettes a diminué de 95,3 % à 69,8 % .
- DÉTAIL DES DÉPENSES LIGNES ÉLECTRIQUES centimes LIGNES A VAPEUR centimes
- Dépenses relatives au matériel
- roulant par tonne-km. ..... o,5Go °>737
- Entretien de la ligne Dépenses relatives aux ascen- o,o56 0, i3i
- seurs par km-d'ascension. . 180 520
- Exploitation et entretien Total des dépenses, l’intérêt et l'amortissement du capital additionnel relatif à l’équi- 0,422 1 ->99
- pement électrique excepté. . 1,512 2,16 5
- G. T.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Egalisation de la puissance absorbée par les machines d9 extraction ou de laminoirs. — F. Niethammer. — Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, 14 janvier 1910.
- Pour éviter les oscillations dè puissance dues aux machines d'extraction, on est conduit à employer des groupes transformateurs à volant composés d’un moteur à haute tension avec résistance automatique de glissement, une ou plusieurs dynamos d’équilibre et un ou deux lourds volants pesant jusqu’à 40 tonnes. L'excitation est directement couplée ou commandée par un moteur. Ce système, connu sous le nom de système ligner, est coûteux, encombrant et de mauvais rendement.
- Avec le couplage d'équilibre de Léonard il est possible d'obtenir les mêmes résultats avec la masse seule des dynamos, surtout avec des régulateurs rapides à la station centrale, ce qui correspond à une grosse économie. L'A. E. G. a construit ce système
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N« 21.
- sans volant pour des puissances de i 200, 1 700 et 3 3oo HP. Si l’éloignement n’est pas très grand entre la centrale et la machine d’extraction, il est possible d’attaquer lamachine d’équilibre Léonard directement à la centrale, ce qui simplifie encore. La figure 1 représente le schéma d'une pareille installation qui se compose : d’une turbine de 160 HP qui attaque par courroie une dynamo de 60 HP sous 525 volts avec
- volant de 5 tonnes, de 94m de vitesse circonféren-cielle pour 800 tours, avec une chute de vitesse de i5 % . Au-dessous d’une vitesse de 5oo tours un signal d’alarme est mis en jeu. Le moteur donne 1 ioo chevaux à 100 tours et attaque le laminoir par engrenages de rapport 1 à 5. Comme on le voit (fig. 2) ce moteur a des pôles de commutation avec résistance S de réglage et un enroulement compen-
- Fig. i.
- volant, et la dynamo d’équilibre pour ± 600 volts dans le couplage Léonard. De l’induit de celte dynamo partent les câbles qui vont à 200 mètres au moteur de laminoir et ceux très faibles qui vont à l’appareil shunt d’équilibre de la dynamo compensatrice et au compteur de tours.
- Bien que la puissance de la turbine ne soit que de 100 HP environ, le moteur demande jusqu’à 1 5oo.HP qui sont donnés pendant quelques secondes par le
- Fig- 2.
- sateur. La dynamo compensatrice possède une excitation rapide avec suppression de la rémanence par un petit enroulement série sur les pôles. Comme la dynamo génératrice suit les oscillations du volant, elle possède un régulateur automatique de tension système Dick (fig. 3) qui, par avancement d’un noj'au dans du mercure, fait varier le niveau de ce mercure qui court-circuite des résistances dans le champ de la machine.
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- Si, au lieu d’un volant, on utilise une batterie-tampon, on a le schéma (fig. 4)- La turbine T est de 35o HP et l’installation permet des à-coup de 900 HP. L’accouplement AK étant ouvert, la génératrice D est couplée à la batterie avec la dynamo-tampon PD. Le moteur de laminoir attaque des volants par câbles avec variation de vitesse de i5 % entre la marche au tiers de charge et à pleine charge. Ce moteur de 45o
- Fig- 4.
- à 900 HP tourne de i85 à 25o tours à l’aide d’un régulateur NR. La dynamo-tampon PD porte une excitation shunt constante N et une série en opposition S prise en dérivation sur une résistance sur le circuit du moteur du laminoir. De cette manière, la charge
- Fig. 5.
- et la décharge de la batterie varient^avec la charge du moteur.
- On peut également, avec batterie-tampon, éviter
- le transformateur si l’on couple la dynamo-tampon P et l’égalisatrice A directement sur la machine motrice D (fig. 5) laquelle attaque encore une génératrice à courant alternatif.
- La dynamo tampon est excitée par la différence de tension de la batterie B et de la dynamo H attaquée par le moteur d’extraction F, Cette dynamo est excitée par une dérivation prise sur une résistance en série WH dans le circuit du moteur d’extraction. L’excitation de P tombe ainsi avec la puissance croissante du moteur et la batterie se décharge.
- Fig. C.
- Un autre groupement estutilisépai’ Brown-Boveri, (schéma fig. 6). La turbine à vapeur attaque l’égalisatrice 1 avec enroulement Déris et couplage Léonard. Le régulateur de champ S de l’égalisatrice sert au démarrage et à l’égalisation, en prenant le courant d’un transformateur de compoundage ia-i3, qui reçoit le sien de l’excitatrice 3. Les choes d’énergie ont ainsi une répercussion sur la turbine et de là sur. la chaudière qui est un bon réservoir d’énergie. Sur l'arbre on a encore un alternateur 2, de 1 a5o KVA.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N® 21.
- Le plus économique est encore, quand on le peut, de supprimer les appareils auxiliaires en utilisant deux moteurs d'extraction ou un moteur à deux collecteurs couplés en série parallèle et à vitesse va-
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- Fig. 7.
- riable par le champ, la génératrice étant compound.
- Les nouvelles installations utilisant le courant alternatif, et les à-coups de puissance créant sur le réseau des baisses fréquence préjudiciables,
- l’A. E. G. construit des groupes pour une puissanc de 1 700 HP maxima, l’usine génératrice étant au moins vingt fois plus importante que la puissance maxima du moteur et munie de régulateurs rapides. La Westinghouse couple aussi directement le moteur mais met en parallèle avec lui une commutatrice avec transformateur, dont le côté continu travaille sur une dynamo tampon avec volant dont le champ change avec la charge par un relais.
- Une autre disposition consiste à coupler le moteur sur le réseau, mais à relier le rotor à une machine auxiliaire munie d’un volant et qui égalise la charge. Kolben-Seidener utilisent, dans ce but, le schéma figure 7 qui place, entrele moteur et le réseau, un transformateur de fréquence sous la forme d’un moteur à collecteur. Le déplacement des balais de ce moteur modifie la fréquence et la chute de vitesse du moteur permet au volant MS de fournir la différence d’énergie demandée. B. G.
- VARIÉTÉS
- Les Usines hydro-électriques de Suisse (').
- D’après la dernière statistique publiée annuellement par l’Association suisse des électriciens, il existait en Suisse, à la fin de 1907, G07 entreprises livrant de l’énergie électrique à des tiers. De ces 607 entreprises, 266 avaient fourni des données suffisantes sur leur construction et leur exploitation à l’Inspectorat des installations à courant fort, les autres au nombre de 341 étant d’ailleurs, en général, peu importantes.
- Parmi les 266 entreprises de la première catégorie, 173 étaient des usines à moteurs primaires, et q3 des usines recevant des premières le courant électrique et le distribuant à leur tour.
- Les 173 usines, produisant elles-mêmes en tout ou partie l’énergie électrique, étaient pour la plupart — i52 — des installations purement hydrauliques ou hydrauliques et thermiques à la fois et pouvaient être qualifiées d’usines hydro-électriques; les autres fonctionnaient exclusivement, soit à la vapeur, soit au moyen de moteurs à explosion.
- Les centrales à moteurs primaires sur lesquelles
- (’) Rap'port consulaire publiée par le Moniteur officiel du Commerce, 3 février 1910.
- Cf. Eclairage électrique. Lee forces hydrauliques de la Suisse, tome LII, p. 762.
- la statistique de l’Association suisse des électriciens donne des renseignements complets sont d'importance très inégale. La puissance maxima, calculée en kilowatts,est supérieure à 1 000 pour 3a, et égale ou inférieure pour 14* d’entre elles: la moyenne ressort à 1 077 kilowatts et la puissance totale, évaluée aux moments les plus favorables de' l’année, à 186 263 kilowatts (168 920 en 1906).
- Parmi les usines laissées en dehors de la statistique en question, trois • seulement possédaient une puissance supérieure à 1 000 kilowatts.
- Quant au coût d’établissement des 173 usines de la première catégorie, ilatteignait 236212 000 francs dont 125 813 000 pour la partie hydraulique et calorique, et 110399000 pour la partie proprement électrique (dynamos, transformateurs, lignes de distribution, etc.). On calcule que les frais ont été, en moyenne et par kilowatt, de 1 037 francs pour les usines qui demandent exclusivement leur force à l’eau, de 1 324 francs pour celles qui ont, en outre, des moteurs thermiques et de 3 i38 francs pour celles qui n’ont que des moteurs à explosion.
- Les 173 usines génératrices se subdivisent comme suit en ce qui concerne la nature du courant :
- 57 produisaient le courant continu,
- 85 —• le courant alternatif,
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- 3i produisaient les deux sortes de courant.
- Au point de vue de la tension, 14 usines à courant alternatif atteignaient ou dépassaient 10 000 volts (maximum 3a 000 v.) et 5 à courant continu avaient un Voltage égal ou supérieur à 5 000 unités (maximum a5 000 v.j.
- L’étendue des réseaux primaires et secondaires ressort du tableau suivant:
- Tableau I
- LIGNES PRIMAIRES LIGNES SECONDAIRES
- kilomètres kilomètres
- Longueur des- lignes
- aériennes 5 386 4,83o
- Longueur des conduc-
- téurs souterrains.... 1 s77 3 470
- La longueur du plus grand réseau primaire était de 682kra, celle du plus grand réseau de distribution de 8i9km, tous deux étant à fils aériens. Enfin la distance maxima de transport de force était de iookm environ.
- La puissance des moteurs hydrauliques et thermiques, ainsi que des moteurs électriques recevant leur courant d’autres usines était, toujours en 1907, de 289 865 chevaux, leur nombre de 752, ce qui donne une moyenne de 385 chevaux par moteur.
- Dans la période favorable des eaux, la puissance simultanée des usines hydro-électriques de Suisse 'atteignait 2i3 000 HP., elle tombait à t32 870 dans la période défavorable.
- Enfin, la puissance des moteurs et lampes branchés sur les réseaux des 173 centrales électriques alimentés par elles était d’environ 206 800 kilowatts, ainsi
- répartis :
- Electromoteurs............... 87 3oo kw.
- Lampes à incandescence....... 102 5oo —
- Appareils de chauffage et autres. 17 000 —
- Ces chiffres témoignent de l’importance déjà acquise par la production et la distribution de l’énergie électrique en Suisse; - ils sont en progression marquée sur ceux de l’année précédente (1906) et devraient être majorés de 20 % au moins pour correspondre à la situation actuelle.
- L’utilisation des cours d’eau en vue de la création d’énergie électrique remonte en Suisse à 1886. Lucerne et Martigny furent les premières villes qui curent des centrales électriques ; dans les années
- suivantes, Interlaken, Vevey-Monttfeux, Genève, le Loclc, etc. imitèrent rcet exemple, et, à la fin de 1890,011 comptait déjà en Suisse une douzaine d’usines de ce genre avec 4 000 chevaux de force. C’est surtout,comme on le voit, dans les villes fréquentées parles étrangers qu’est née cette nouvelle industrie.
- Très favorisée sous le rapport des eaux, la Suisse possède, outre des chutes naturelles, difficilement exploitables il est vrai, un grand nombre de chutes artificielles aménagées, et constituées, soit par des torrents, soit par des rivières, soit par des fleuves. Dans le premier cas, on obtient, au moyen de réservoirs et de conduites forcées, une grande hauteur de chute avec un faible débit; dans le second, on installe, à côté de la rivière, un canal de dérivation qui donne une chute moyenne avec un débitmoyen ;enfin,dans le troisième, on établit un barrage au travers du fleuve, afin de compenser par un fort volume d’eau la faible hauteur de chute. C’est ainsi que le Rhône, pour ne citer qu’un exemple, a été utilisé par ces trois procédés :
- Tableau II
- HAUTEUR DE CHUTE DÉBIT A LA SECONDE
- - mètres m. C.
- Usine de Brigue-Naters 144 0,15
- — de Saint-Maurice 3o 40
- — de Chèvres, près Genève. 4-8 120-320
- D’une manière générale, on peut dire que ce sont d’abord les chutes miennes et basses à proximité des grandes agglomérations du plateau et de la plaine qui ont été aménagées. Puis, à partir de 1894, s’estproduiteequ’onaappelé très justementccl’ascension des usines vers la montagne» et on est allé chercher à de grandes altitudes la force d’eau nécessaire tant pour l’éclairage électrique des stations de tourisme et (au moyen de conducteurs à haute tension) de localités de plus en plus éloignées que pour , la traction des chemins de fer secondaires et pour l’industrie électro-chimique. Enfin, dans les dernières années, bien que le système des usines à haute chute continue à être largement pratiqué, les grands fleuves ont été de nouveau ou vont être mis à contribution pour subvenir à la demande croissante d’énergie électrique qui se produit dans les grandes villes et les régions industrielles. Telles sont,en particulier, Jes centrales en construction sur le Rhin dont j’ai donné un aperçu
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- dansun précédent travail (*), et celle qui va être établie par la ville de Genève sur le Rhône, à proximité de la frontière française.
- Les premières usines hydro-électriques suisses avaient une puissance limitée à i ooo chevaux ; ce n’est qu’une dizaine d’années après que les progrès de l’électrotechnique permirent l’installation de grandes unités hydrauliques et électriques. Les usines de Chèvres et de Rheinfelden, ouvertes à l’exploitation en 1897, comportent des installations de 18000 et 16000 HP. effectifs, et, celles qui sont actuellement en voie de construction dépasseront sensiblement ces chiffres.
- En même temps, on accroissait progressivement la puissance des machines dynamos. Les groupes de x aoo HP installés en 1897 à l’usine de Chèvres sont très dépassés aujourd’hui. Ainsi à Brusio dans les Grisons, à Spietz et au Lôntsch fonctionnent respec. tiveroent des unités de 3 000, 3 200 et 6 000 HP.
- L’augmentation de la tension des lignes de transport de force a permis, d’autre part, d’étendre le champ d’action des centrales. De i5 000 volts en 1891, la tension a pu être progressivement portée à 5o 000 volts et les transmissions de forcé s’opèrent maintenant, en Suisse comme ailleurs, à de très grandes distances (100 à 200 kilomètres).
- D’autre part, on a vite reconnu que la « houille blanche » ne pouvait, même dans les pays où elle est plus abondante, remplacer complètement la houille noire. Sur les i52 usines hydro-électriques recensées en 1907, 65 sont pourvues, pour la période des eaux défavorables, d’une réserve à vapeur constituée, en général,par des turbines. On a obtenu ainsi une force supplémentaire de 53 000 HP environ.
- Les cours d’eau ont été aussi mieux utilisés. Certaines centrales, comme celle d’Olten-Ruppoldingen, et de Porrentruy ont, au-dessus du bâtiment des turbines, des réservoirs qui sont remplis pendant les heures de faible charge et permettent de faire face à la forte demande des heures du soir.
- Enfin, dans ces derniers temps, on a construit des usines « en parallèle ». Les plus importantes sont celles de la Société Motor à Besnau sur l’Aar et à Lôntsch dans le canton de Glaris, distantes l’une de l’autre de iookm. La première dispose d’une force constante, mais sous une chute de quelques mètres, tandis que celle de Lôntsch a une chute de 33om alimentée par un rései’voir de 5o 000 000 de mètres
- (4) Inséré au Moniteur officiel du Commerce du 29 avi'il 1909. Voir Lumière Electrique, 22 mai 1909, p. 255.
- cubes. En les reliant par un conducteur aérien, la Société peut utiliser complètement la force de Bez-nau et recourir, le soir, à celle de l’usine de Lôntsch.
- Grâce à tous ces progrès, les nouvelles usines hydro-électriques de Suisse sont plus puissantes que les précédentes. On aura remarqué combien, pour un pays aussi peu étendu, il y a de centrales. Gela tient,d’une part, à ce que lorsqu’elles ont été établies, on ne connaissait pas encore les grosses unités hydi*auliques et électriques, d’autre part à ce que l’utilisation des cours d’éau est réglementée par les lois cantonales qui diffèrent beaucoup entre elles, ce qui a pour effet un morcellement souvent excessif de la force disponible. Mais la tendance est aujourd’hui de renoncer aux petites usines, et la refonte de la législation relative aux forces hydrauliques, qui va être bientôt achevée, permettra sans doute une utilisation plus rationnelle de la houille blanche.
- A ce point de vue, il faut noter tout d’abord que la Suisse a réglementé depuis quelques années (arrêté fédéral du 3i mars 1906) la dérivation à l’étranger des forces hydrauliques du pays. Celle-ci n’est pas interdite, mais elle doit être autorisée par le Conseil fédéral qui pose souvent des conditions sauvegardant les intérêts du pays.
- Jusqu'à présent, il a donné neuf autorisations d’exportation de force correspondant à une quantité d’énergie de 21 235 k\v. (28855 HP), dont 16 754 en Italie, 4 000 en Allemagne et 45o environ en France.
- En second.lieu, les cantons et les communes n’accordent aux entreprises hydro-électriques que des concessions de durée limitée. Cette durée tend à s’abaisser.
- Ainsi, la société des forces motrices de Rheinfelden qui, en 1894, avait acquis du Gouvernement du canton d’Argovie une concession de 90 ans, n’a obtenu en 1908 celle relative à Augst que pour 80 ans, à l’expiration desquels le Gouvernement pourra disposer des forces hydrauliques. Le plus souvent, les communes et les cantons se réservent un droit de rachat à l’expiration de la cinquantième année, moyennant le paiement de tout ou partie des installations et un droit de reprise, sans indemnité, au bout de90 ou xoo ans.
- Les usines hydro-électriques de Suisse ont été, à de très x-ares exceptions près, construites par des Sociétés locales, entre autres le Motor, qui ont fait exécuter les travaux hydrauliques par des entrepreneurs du pays (Zschokke d’Aarau, Alb. BussdeBâle, etc.) et demandé le matériel électrique à des usines
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- 'suisses (Brown-Boveri, de Baden; Œrlikon près de Zurich ; Alioth, de Bâle, etc*.). Le phis grand nombre sont exploitées par ces sociétés elles-mêmes ou par des filiales à forme anonyme. Mais beaucoup aussi appartiennent aux communes, parfois même aux cantons, qui tiennept à posséder les sources mêmes auxquelles s’alimentent leurs services de lumière et de force électriques. Après Lucerne, Genève, Zurich, Lausanne, Fribourg, etc., Bâlè vient d’entrer dans cette voie.
- Pour compléter cette étude, et préciser en même temps certains points, je crois utile de consacrer quelque lignes aux centrales les plus importantes.
- Dans le bassin du Rhône, on peut citer celles de la Lonzâ, de Saint-Maurice, de la Grande-Eau et de Genève, qui utilisent les eaux du fleuve et, sur le Doubs, celle de la Goule.
- Les premières sont situées, Tune à Gampel sur la Lonza, affluent de droite du Rhône, l’autre près de la Viège,, affluent de gauche. Elles appartiennent à une société anonyme fondée en 1897, a surtout pour objet la fabrication de produits électro-chimiques, et dont le capital, accru à plusieurs reprises, est aujourd’hui de 12 millions de francs. L’usine de Gampel a une puissance de 7 5oo HP qui est employée, tant pour la production du carbure de calcium que pour la construction de la rampe sud du Lôtschberg. L’usine de Viège, achevée cette année, comporte des installations hydrauliques pour 26 000 à 3o 000 HP dont 11 000 seront utilisés pour commencer ellesex*a mise en marche très prochainement; et fournira peut-être la force nécessaire à l’électrification de la ligne du Valais.
- A Saint-Maurice, se trouve depuis 1902, l’usine des Services industriels de la commune de Lausanne. Le Rhône y a été aménagé pour donner, grâce à une chute de 37“ et un débit de i6m3 par seconde, une force de 6 000 chevaux environ; cette force est transportée à 60 km de là, à Lausanne, où il y a une usine à vapeur et y est employée notamment pour la traction des tramways.
- La Société anonyme des forces motrices de la Grande-Eau, qui est au capital de 2 millions de francs et a émis en 1907 pour 3 millions de francs d’obligations, a été eréée en 1895; elle possède deux usines : l’une,celle des Farettes.à Aigle, destinée à utiliser les eaux de la Grande-Eau, affluent de droite du Rhône, sous une chute de i5om et pourvue de six groupes d’ensemble 4.5oo HP; l’autre à Vouvry, de l’autre côté du fleuve, alimentée par les
- eaux du lac Tannay (*) et meublée de six alternateurs mono-triphasés d’une puissance totale de 6.000 HP. Ces deux usines qui sont établies en parallèle peuvent produire au maximum 4 3oo kw. ; elles desservent 26 communes (y compris celle de Saint-Gingolph, en France) et fournissent la force électrique aux trois lignes Aigle-Leysin, Aigle-Ollon-Monthey et Mon-they-Champéry. Le nombre des lampes (à 10 bougies) installées a passé de 4 874 en 1897 a 34 54a en 1906 et la force motrice vendue, de 87 à 948 jHP, dans le même laps de temps.
- Le Service électrique de la ville de Genève exploite, depuis 1888, l’usine de la Çoulouvrenière au point où le Rhône sort du lac Léman et,, depuis 1897, celle, beaucoup plus importante, de Chèvres, en aval. Ces deux établissements représentent un capital de i5 800 000 francs. Elles ont une puissance totale de 20 q5o HP, dont 2 5oo obtenus à la Goulou-vrenière par des moteurs à vapeur,et i84ôo và Chèvres par 18 unités hydro-électriques. Ces forces considérables servent à l’éclairage de la ville et des environs (en 1907, 7 607 abonnés, 160 58o lampes de 5o watts à la traction des tramways (700 kw.) et à l’industrie électro-chimique (3 000 kw.). Le nombre des kilowatts-heures a été de 36 600 000 en 1907. Comme l’usinede Chèvres a déjà atteint salimite de puissance, la ville, d’accord avec le canton, a décidé la construction d’une troisième usine, eh aval de la seconde, qui aura une puissance initiale de 12 000 chevaux.
- Les eaux du Doubs qui forment, sur une’ partie de son cours supérieur, la frontière franco-suisse, ont été employées dès 1894 pour la production d’énergie électrique. Une’ société anonyme dont le siège est à Saint-Imier (Jura bernois) a, au lieudit La Goule (980m d’altitude), des installations intéressantes en ce qu’elles ont été parmi les premières de ce genre en Suisse. L’eau est amenée aux turbines par un tunnel de 42Ôœ et un canal à ciel ouvert de 9°mj qu’achève une conduite en tôle rivée d’une longueur de ioo”; la chute est de 2Ôm. La centrale d’une force totale de 3 65o chevaux, dessert à la fois 25 communes suisses, entre autres celles de Saint-lmier, où il y a une réserve à vapeur de i 5oo HP., et 11 communes françaises, et rend les plus grands services à toute cette région dont les nombreux ateliers d’horlogerie sont pourvus aujourd’hui delà force électrique.
- Cette année a été ouverte à l’exploitation une usine située également sur le Doubs, à quelques
- (*) Sous une chute de 920™, la plus haute de Suisse.
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- LA "LUMIÈRE" ÉLECTRIQUE
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- kilomètres en aval de celle de La Goule, au lieu dit Le Refrain, mais sur la rive gauche, en territoire français. C’est une entreprise franco-suisse conçue et dirigée par MM. Japy et d’autres industriels du pays de Montbéliard, et, du côté suisse, par les administrateurs de La Goule. La chute est de 62“, elle actionne trois turbines de 2 260 IIP chacune. L’électricité produite est destinée à la France.
- Le bassin du Rhin qui, avec ses affluents, dont l’Aar est le principal, occupe la majeure partie de la Suisse, contient un très grand nombre d’usines hydro-électriques. Dans mon travail précité, j’ai brièvement décrit celles en exploitation (Schaffouse, Rheinfelden) ou en construction (Augst-Wyhlen, Laufenbourg) sur le Rhin.
- Sur l’Aar s’échelonnent plusieurs centrales.
- La plus en amont, celle de Felsenau à Berne, est la propriété des services municipaux de la ville; sa construction remonte à 1892. Laforcedue auxmoteurs hydrauliques n’est que de 45oHP; celle des moteurs à vapçur, à gaz et électriques comptée ensemble est dix fois plus considérable (4 990 HP),
- Vient ensuite une usine plus importante, celle de Ilagneck, située sur le canal par où l’Aar pénètre dans le lac de Bienne. Elle a été mise en marche en 1900. Ses principales installations sont : un barrage sur le canal de Ilagneck, un canal de prise d’eau de 27111 de largeur et de i8omde longueur et la station productrice de force. Cette dernière possède cinq séries de machines (turbines à réaction avec générateurs respectifs) dont les quatre premières développent une puissance de 1 35o HP et la cinquième de 1 600 IIP. Depuis plusieurs années, l’usine de Hagneck alimente à Nidau, avec l’excédent de sa production d’énergie, une fabrique de ferro-silicium.
- Usine et fabrique appartiennent à une société anonyme qui. après diverses transformations, a pris, en 1909, la dénomination de Bernische Kraftwerke (Forces motrices bernoises). Cette société, au capital de 10 millions de francs, est administrée par des personnalités politiques de Berne, et l’appui financier de la Banque cantonale ; elle a acheté en >898, et exploite depuis 1899, une autre usine à Spiez pour l’utilisation des eaux de la Kander et de la Simme
- J
- rivières tributaires du lac de Thoune. Elle est meublée de huit groupes de machines (turbines Francis avec générateurs) ; la force normale est de 1 200 HP pour chacun des cinq premiers groupes et de 3 200 IIP pour chacun des trois derniers. Deux autres unités, également de 3 200 HP, destinées à produire du courant monophasé pour traction sur les voies ferrées,
- ont été installées tout récemment. Il y a, en outre, un réservoir de 4ooooom3 servant à emmagasiner les eaux qui ne sont pas immédiatement nécessaires.
- Les usines de Hagneck et de Spiez sont reliées par un conducteur qui permet de faire fonctionner les deux établissements de concert, et, en cas de besoin, de transmettre à l’un d’eux le trop-plein d’énergie de l’autre. Les lignes à haute tension de la société avaient, à la fin de 1908, une longueur totale de 6a4km et desservaient 191 localités du canton de Berne.
- Enfin, une troisième usine est en construction sur le cours supérieur de la Kander. Il y aura là une chute de 3oom avec un débit de oinc,8 à 3mc,5 par seconde qui donnera une force de 2 400 à io5ooHP. Cette centrale, qui sera prête en 1910, fournira le courant électrique au chemin de fer du Lôtschberg.
- En 1908, la société, qui compte i5 o5o abonnés, a produit tout près de 40 millions de kilowatts-heures, elle prévoit que ses trois installations seront insuffisantes dès 1913, et elle s’est déjà préoccupée, tant d’utiliser une autre concession de forces, que de s’en assurer une nouvelle. En vue de pourvoir à tous ces agrandissements, elle a doublé, en 1909, son capital-obligations qui a été porté de 6 à
- 12 millions de francs (en titres 4 1/2 % ).
- A 5okm environ en aval de l’usine de Hagneck, se trouve celle de Wangen qui appartient à une société anonyme suisse, au capital de 10 millions de francs, filiale de la Deutsche Gesellschaft fur elektrische Unternehmungen (antérieurement Felten et Guillaume Lahmeyerwerke), à Francfort-sur-le-Mein. C’est la seule entreprise de ce genre, en Suisse, dont le Conseil d’administration soit tout entier composé d’étrangers. L’usine a été aménagée en 1904 pour effectuer une production utile totale de 10 000 HP son rayon d’action s’étend, à travers le Jura, jusque dans les environs de Bâle où elle actionne .un tramway sur route et de nombreux métiers de passementiers ; sa production d’énergie a été, en 1907, de
- 13 900 000 kilowatts-heures. Pour développer ses installations, la Société a émis, cette année, un emprunt de 7 millions de francs à 4 i/2 % .
- Un peu plus bas, à Wynau, la Société suisse d’industrie électrique de Bâle avait, dès 1895, fait établir une centrale par la maison Siemens et llalske (constructions électriques) ; celle-ci fut rachetée, en 1902, par un consortium de 26 communes bernoises, entre autres Langenthal qui est le siège de la société d’exploitation (capital-actions : 1 ooo 000 francs). La force électrique de Wynau est de 3 750 IIP, à la-
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- quelle s’ajoutent i ooo HP, provenant d’une réserve à vapeur.
- Près du centre important d'Olten, à Ruppoldin-gen, les eaux de l’Aar, dérivées dans un canal, fournissent, depuis 1896, une force de 3 200 HP, L’usine est complétée par un réservoir amont qui, sous une chute de 3aom, peut donner 1 200 HP, et par un réservoir à vapeur de 1 000 HP. Elle est exploitée par une société anonyme au capital de 2 millions de francs, quia émis pour 3 280 000 francs d’obligations 4 et 4 1/» % .
- Enfin, à peu de distance de l’embouchure de l’Aar, dans le Rhin, la Société Motor, trust financier de la maison de constructions électriques Brown, Bo-veri et Cie, a installé, en 1902, la centrale de Beznau avec barrage de ioom, canal d’arnenée de 1 180” et bâtiment contenant 11 groupes pour génératrices et 2 pour excitatrices (puissance totale 14 100 HP), et deux turbines à vapeur système .Brown-Boveri-Parsons (7 000 HP). La puissance totale, mesurée en kilowatts, n’est pas inférieure à 14 400.
- La Société filiale constituée en 1907 par le Motor, au capital de i5 millions de francs, entièrement versés ('), porte le nom de Société anonyme des Usines électriques Beznau-Lôntsch. Elle a, en effet, acquis, en 1904, de trois communes du canton de Glaris, une concession pour l’utilisation des forces hydrauliques du Lôntsch et du lac le Klôn-thal. Les travaux, qui ont été achevés dans l’été de 1908, ont consisté à créer, en surélevant le lac de IClônlhal, un réservoirde 5o 000 ooo“3, d’où l’eau est conduite dans un tunnel sous pression, de 4km de long, à un château d’eau, puis, par une conduite, au bâtiment des turbines qui se trouve sur la rive gauche de Lôntsch. La chute réalisée est de 357'“ et la force maxima prévue de 24 000 HP (actuellement 18 000 HP, en trois groupes de 6 000 HP chacun).
- Ainsi qu’il a été dit plus haut, les deux usines de cette société sont reliées entre elles par un conducteur de iookin environ de longueur. Elles disposeront ensemble, après achèvement complet, d’une force de 47 000 HP, et pourront produire par an i3o 000 000 de kilowatts-heures. Dès 1908 (année où la seconde usine n’a fonctionné que pendant six mois), il a été distribué 69 706 74Ü kilowatts-
- pi Elle a, en outre, éinis pour,i5 millions de francs d’obligations dont 7 5oo 000 en 1907 à 41/2 % et une somme égale en 1909 à 4 1 /4 % • '
- heures (*) (contre i5 480000 en 1904, première année d’exploitation de l’usine de Beznau). Le réseau à haute tension (maximum 27 000 v), qui mesure 717k,« de longueur (contre $29 en 1907) s’étend à six cantons (Argovie, Zurich, Schwytz, Glaris, Thurgovie, Saint-Gall), où la société possède 5o stations de transformation.
- Un réseau presque aussi étendu ((»82km) est celui de la Compagnie vaudoise des Lacs de J aux et de l'Orbe dont les deux usines : à La Dernier, près Vallorbe, çt plus en aval, à Montcherand tirent des eaux de cette rivière, tributaire de l’Aar, une force totale de 9 000 HP environ. La Société, qui a son siège à Lausanne, a été constituée en 1901, au capital de 2 millions de francs et a émis pour 5 millions de francs d’obligations. Les usines ont été ouvertes à l’exploitation, la première en 1904, la seconde en 1907. Elles desservent 276 communes des cantons de Vaud et de Neufchâtel, et même de France auxquelles elle ont distribué, en 1907,
- 10 600 000 kilowatts-heures.
- Sur un autre affluent important de l’Aar, la’Sarine, qui traverse du sud au nord le canton de Fribourg,
- 11 existe deux centrales importantes.
- Celle de Montbovon qui appartient à une Société anonyme, constituée au capital de 2 100 000 francs, a été mise en marche en 1896, elle exploite une chute de 67“* avec débit de 5 à 9m3 par seconde .et la puissance maxima que peuvent réaliser ses six groupes de machines est de 5 400 HP ; il y a, en outre, à Ro-mont, siège de la société, une réserve à vapeur de 2 5oo HP. En 1907,1a société comptait 3 86dabonnés, auxquels elle avait distribué 13 600 000 kilowatts-heures, dont un quart environ fourni par l’entreprise suivante. Plusieurs chemins de fer régionaux, entre autres celui de Montreux-Oberland bernois (62km), sont actionnés par l’usine de Montbovon, qui procure également du courant à l’établissement électrométallurgique Paul Girod.
- L’Etat de Fribourg possède et exploite, depuis 1891, une usine hydraulique en ville et, depuis 1902, une autre usine beaucoup plus importante à Ilauterive. Cette dernière, dont les frais d’établis-
- p) Ce chiffre n’est actuellement dépassé en Suisse que par la Société germano-suisse des forces motrices de Rheinfelden, qui a produit, en 1907, 94 millions de kilowatts-heures dont 54 absorbés par deux sociétés électro-chimiques à Rheinfelden badois. Les 4o~ millions" de kilowatts-heures restants ont été distribués, moitié en Suisse, moitié en Allemagne.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série)
- — N# 21
- sement ont été de i i millions de francs, a une puissance maxima de io 8oo HP, et peut produire 5 460 kw. Elle pourvoit à l’écluirage de 173 communes peuplées de près de 100 000 habitants, son réseau primaire est de 368km avec tension maxima de 3a 000 volts; son réseau de distribution de 819^. Elle a fourni, en 1907, 28 5oo 000 kilowatts-heures, dont la moitié environ, à l’autre usine électro-métallurgique Paul Girod à Courtepin, et une notable portion aux tramways de Fribourg et au chemin de fer électrique de Fribourg-Morat-Anet» (3a kilomètres).
- La ville de Lucerne a son service électrique assuré par une société anonyme, celle des Usines électriques de Lucerne-Engelberg, dont la presque totalité du capital-actions (4 600 000 francs) lui appartient. Cette société, qui a été constituée en igo3, exploite deux usines, l'une aux environs de Tho-renberg, qui date de 1886, et n’est plus utilisée que comme station de réserve, l’autre, depuis igo5, à Oberinatt, près d’Engelberg (canton d’Unterwalden), qui a une force de 8 600 HP, et a produit, en 1907, 7 793 000 kilowatt-heures.
- Une autre usine, située sur la Reuss, à Rathau-sen, à proximité immédiate de Lucerne, et mise en exploitation en 1896, procure à 24 communes du canton une force à peu près équivalente à celle de la centrale d’Engelberg. La Société anonyme de Rathausen a conclu, cette année, avec une société électrique d’Altdorf, un contrat pour la construction et l’exploitation en commun à Arniberg (canton d’Uri), d’une nouvelle usine hydro-électrique de 5 000 HP. A cette occasion, elle a élevé son capital de 1 million à 4 iSoooo francs et émis un emprunt de 4 millions de francs, au taux de 4 1/2 % .
- La Suisse orientale est beaucoup moins riche que les autres parties du pays en stations centrales d’électricité. Outre celle de Lôntsch, dont il a été question plus haut, elle n’en compte que deux méritant d’être signalées.
- La première est celle de Kubel, dans le canton de Saint-Gall, qui appartient à une société anonyme fondée en 1898 au capital de 1 f>oo 000 francs, porté depuis lors à 4 5oo 000 francs. L’usine qui capte les eaux de l’Urnâsch et de la Silter, tributaires du lac de Constance sous une chute de 90“, est en exploitation depuis neuf ans, sa construction a coûté 9 1 o 000 francs. Elle comporte sept moteurs hydro-électriques développant une puissance totale de 8700 HP, et deux machines à vapeur d’ensemble 4000 IIP, et peut produire 9 4ookw. Le réseau à
- haute tension est de i46km et s’étend à 34 communes des cantons de Saint-Gall et d’Appenzell. En 1907, il a été distribué 11 800 000 kilowatts-heures (contre 3 662 377 en 1901). Afin d’agrandir ses installations, la Société a émis à la fin de 1906 pour 1 a5oooofr. d’actions nouvelles (') et pour 1 750 000 francs d’obligations 4 i/4 % y ce qui porte sa dette actuelle à 4 25o 000 francs.
- Zurich, qui a, comme la plupart des grandes et même moyennes villes de Suisse, son service municipal d’énergie électrique, exploite depuis 1892 une usine en ville sur la Limmat à sa sortie du lac. Mais cette usine, tout comme celle de la Coulouvrenière à Genève, devint assez vite insuffisante ; elle ne peut produire en effet que 5 43o kw. (dont la plus grande partie provient de moteurs à vapeur), ce qui est assurément peu pour une ville de 180 000 habitants (*). Aussi la municipalité était-elle obligée d’acheter à l’usine de Beznau jusqu’à 2 5oo kilowatts.
- Cette situation précaire va cesser très prochainement. La ville de Zurich a fait exécuter depuis trois ans près de Thnsis, dans les Grisons, de grands travaux pour utiliser les eaux de l’Albula. Cette usine sera une des plus puissantes de Suisse : elle contiendra huit groupes de 2 000 HP chacun et pourra envoyer à Zurich par des conducteurs de i6okm, une quantité d’énergie évaluée à 13 000 kw. Les frais de construction s’élèvent à plus de 12 millions de francs qui ont été couverts par une émission d’obligations 4 % du canton de Zurich effectuée au mois de mars de cette année.
- Au bassin du Pô se rattachent en Suisse le canton du Tessin et la portion méridionale du canton des Grisons.
- Bien que très riche en forces hydrauliques, le Tessin ne les a aménagées que tardivement. Les trois villes principales du canton, Bellinzona, Lugano, Locarno exploitent, les deux dernières depuis 1908 seulement, des centrales employant les eaux de divers affluents du Tessin et produisant chacune de 2 000 à 2 5oo kilowatts.
- La plus grande usine hydro-électrique de cette région est celle que la Société Motor, déjà plusieurs fois citée au cours de cette note, vient de finir d’installer près de Bodio. Les eaux de la Biaschina, torrent tributaire du Tessin, sont conduites par un
- (* 1) Dont une fraction notable a été souscrite par la Société Watt de Glaris, trust d’entreprises électriques.
- (2) Les tramways municipaux absorbent à eux seuls
- 1 620 kilowatts.
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- *wçg.v ... -
- 24LMài 4040. RÉVUE D’ÉLECTRICITÉ Wi
- tuanol de y11" de long jusqu’à un réservoir situé à a8om au-dessus du bâtiment des turbines. La force escomptée est d’environ aSooo HP ; la presque totalité est destinée à des entreprises électro-chimiques dont l'une a été créée sous le nom de Gotthardwerke par le Motor associé à des firmes allemandes.
- Dans la partie du canton, faisant géographiquement partie de la Vaheline, se trouve la force la plus considérable peut-être de toute la Suisse. La concession en a été donnée par les communes de Brusio et de Posehiavo à un Consortium italo-suisse,, qui s’est transformé en 1904 en société anonyme [Krafttverke BrUsio). Le capital initial (3 millions de francs) a été porïéi eït 1909 à 4 500 000 francs, et la Société a émis en même temps pour 2 millions de frahCs d’obligatiôns 4 i/s* % Uiiô première usine a été construite de 1904 à 1906 à Campocologno pour l’utilisation du lac de Posehiavo dont les eaux se déversent dans les turbines sous une chute de 4tom, et actionnent dix groupes d’altêrnateurs d’une productivité totale de 20 000 kw. De cette force, la plus grande partie (16 000 kilowatts) est vendue au prix de 58 francs par kilowatt et par an à la Société lombarde pour la distribution de l’énergie électrique, à Milan où elle parvient, après transformation, par des fils aériens de igollm de longueur sous une tension de a5 000 volts; le surplus est employé pour la traction du Chemin de fer de la Bernina (Saint-Moritz à Tirano) qui est en voie d’achèvement.
- En présence des besoins croissants d’énergie électrique de la Société lombarde, celle de Brusio1 a décidé l’an dernier d’aménager une autre force dont elle a également la concession, à Robbia, au nord de Posehiavo. La chute formée par les eaux du lac de la Bernina sera de i75m ; la force produite atteindra dès le début 4 000 kw., qui seront exportés en Italie à une tension de 5oooo volts et au prix de 73 francs par kilowatt par àn.
- Dès à présent, la Suisse est bien pourvue d’énergie électrique. Si l’on jette un coup d’œil sur une carte des stations Centrales et de leurs réseaux, on voit que, à part quelques vallées des hautes Alpes, tout le pays est sillonné par des lignes électriques ; celles-ci sont particulièrement nombreuses dans la région comprise entre les lacs de Genève et de Neuchâtel, Cette énergie a permis à la Suisse non seulement d’installer jusque dans les plus petits villages la lumière électrique, mais encore de fournir à certaines industries à domicile (tissage des rubans, horlogerie) la force motrice ; d’autre part, grâce à la construction de toutes ces centrales, une industrie
- électro*-chimique s’est créée en Suisse (*) et un grand nombre de chemins de fer secondaires et même à voie normale ont pu être actionnés par l’électricité (2).
- On peut d’ailleuirs prévoir que, dans les prochaines années, de nouvelles usines hydro-électriques apparaîtront sur le sol de la Confédération. Sans parler de celles en construction sur le Rhin, sur le Rhône et ailleurs, plusieurs grandes centrales sont à l’état de projet. Je me bornerai à mentionuer celles que la Confédération fera sans doute édifier sur les pointa où elle a acquis des concessions de forces hydrauliques pour la future électrification de tout ou partie de son réseau : dans le canton d’Uri et la partie supérieure du Tessin, pour le chemin de fer du Gôthard, dans le canton de Schwytz pour les lignes de la Suisse orientale. De ces trois forces, la dernière, celle dite de l’Etzel, serait la plus considérable : l’usine projetée, à 45om en amont d’un réservoir- de 96000 ooom3, aurait une capacité totale de 72000 HP, dont 12000 de réserve, les frais de construction sont évalués à 3a millions de francs et les dépenses annuelles d’exploitation à 2 33o 000 fr.
- En terminant, je tiens à donner un aperçu de la situation financière des principales entreprises de production et de distribution d’énergie électrique.
- Dans le tableau III, j’ai rangé quinze sociétés anonymes, toutes à un capital supérieur à un million de francs et indiqué pour chacune d’elles les dates et chiffres permettant de se faire une idée approximative de leur développement.
- On aura remarqué que, comme il est d’ailleurs de règle dans ce genre d’affaires, le capital actions a dû attendre plusieurs années avant d’être rétribué : cette période, qui a été pour les centrales suisses de deux à six ans (3), s’étend souvent au delà de l’année, d’ouverture à l’exploitation.
- Les dividendes oscillent pour la dernière année entre 3 et 8 % (4); la moyenne calculée en 1907 était de 5,3 %, taux de rendement qui peut être considéré comme satisfaisant pour un ensemble d’entre-
- (1) Voir le Moniteur officiel du Commerce du 6 mai 1909.
- (2) Voir le Moniteur officiel du Commerce du 24 juin Ï9O9.
- (3) La seule entreprise qui fasse exception (Bezüau-
- Lôntsch) appartenait, avant d’être constituée en Société, à un trust électrique fondé dès. i8g5. — — -
- (') Les usines de la Lonza et de Montbovon n’ont pas donné de dividendes pour 1908.
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- )UTC
- ' ,rv*
- LA LÜM1E RE ELECTRIQUE
- T X (2* Sêrie)^lg:®
- prisés dont plusieurs, à cette date, étaient très ré- | (56 160000 francs). Dans ces dernières . années centes.;* I (1903-1909), il a été émis par les sociétés suissse de
- Tableau III.
- . NOM DE L’ENTREPRISE • 1 U) ‘g g H W O O'W £ ü H ü g.5g g £ « 5 3 S w fi g fi O 9 fi H Q 04 « CAPITAL ACTIONS INITIAL CAPITAL ACTIONS ACTUEL CAPITAL OBLI- GATIONS DIVIDENDE. EN %
- 2 P O fi J S " W H g fi Q 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 ) 1908
- La Goule ....... 1893 1894 1894 1896 I 000 000 2 000 000 I142000 3 280000 5 5 5 5 5 5 <5lé SX 514 9 4 5 5
- Olten-Aarburg .. I000000 2 000 000 0 4 5 5 5 5 5 514 514 514 514 6
- Rathausen 1894 1894 1896 1897 I 000 000 4 i5oooo 12500 000 4000000 5oooooo 3 5 514 5 514 5 SX 5X 414 514 5 5 5 5 5 »
- Rhcinfelden 5oooooo 4 4 6 614 7 8 8 8-5
- Wynau 1895-1902 1895 • 1897 1898 1898 19OI 1898-1903 1895 1896 ? 1 5ooooo 1 5oo 000 I 338000 4 2 4 4 4 4 4 4 6 4 4 4 4 4, 4- 4
- Grande-Eau I 200 000 2 000 000 3 000 ooô 6 6 6 6 5 5 4 4
- Lonza 2 400 000 1 5ooooo 12 000 000 2 20000b 0 • 0 0 0 .0 0 6 6 6 0 J ^ l 5 »
- Kubei 1900 * 1896(1) 1904 1899-1900(2) 4250000 4.25oooo i 000000 ». 0 0 0 3% 4 0 5 3 414 2 5 6 5 7 6 6
- Montbovon ? 2 100 000 ». 0 0 0 0 0 0 3 3 3 0
- Joux-Orbe 760000 55ooooo 2 000 000 2000000 » » » » 0 0 0 0 414 5 5 514
- Hagncck-Kander. 10000000 6000000 » » . » » » » 4 4 4 4 4 414
- Wnngfin 1903 1903 1905 190b 6 000 000 10 000 000 7000000 ? » p ? ? ? » » » » 1 2 3
- Lucerne - Engel -j bero* 4600000 4600000 » » » » » » » » 1 414 1 2 414 3 % » 414 3% » 414 4 •
- Brusio 1904 1907 1907 I902*i9°8(3) 3 000 000 4 Sooooo 3oooooo » » » • » » » » » » 5
- Beznau-Lontsch. i5 000 000 15 000 000 i3 5oôooo » » » » » » » » » » 4 ? '
- ll) Appartenait auparavant à la Société Genoud et C!c.
- (2) La Société actuelle,dont les origines remontent à l’année 1898,a acheté en 1903 l’usine de la Ivander, antérieurement exploitée par le Motor.
- (3) L’usine de Bcznau a été d’abord, exploitée par le Motor qui a constitué en 1903 une société filiale pour cette entreprise et celle du Lüntsch; les dividendes distribués par le A/ô/or depuis 1900 ont été les suivants : 1900, G% ; 1901-1902,,0; 1903,4% ; 1904, 5%; 1905-1908, 0%.
- La plupart des quinze sociétés inscrites dans ce production de force électrique pour 59600 060 fr.
- tableau ont accru leur capital actions qui atteint au environ en actions et 70000 000 francs environ en
- Tableau IY
- NOM DE LA COMMUNE DATE d’ouverture DE l’exploï- TATION VALEUR DES INSTALLATIONS APRÈS AMORTISSEMENTS ÉVENTUELS INTÉRÊTS (*) V AMOR- TISSEMENT VERSEMENT AU IONpS DE RÉSERVE PRODUIT NET EN • %.
- 9 Aaran 1893 francs I 796 OOO 4 */«• % 155 000 fr. » francs » »
- Bellinzona 1890-1903 1 453 948 58 618 fr. 70 000 fr. 10 648 fr. » ))
- Berne 1892 3 800 412 6 % 7>57 % vfl OS GO I> c 198 750 5,2
- ^ , \ Electricité ) Porces motrices. . . 1888 6 385 996 3,5 % a % y> 817 660 12,8
- 12 006 491 3,5 % 1,2 % » 640 665 5,3 ))
- Lausanne 1901 10 23o 102 4 % i,5 % i,5 % 276 85i (2)
- Le Locle ï889 2 307 781 4 % » 1 % 78 276 3,3 •
- Lugano 1908 2 OOO OOO 4 % )) » » »
- Neuchâtel ,895 3 663 727 4 % I % 2,3 % •74 472 2,3
- Saint-Gall i897- 3 409 942. 4 ‘/a % 5,49 % » 72 000
- Schaffhouse 1897 2489 387 ' 4 % i,5 % 5 % 3o 000 ï,2 3,6
- Zurich 1892 7 389 797 4 V. % 5% » 288 004
- (l) Ces intérêts sont ceux des avances faites à l’entreprise par le budget communal.
- (*) Produit net des trois entreprises municipales de Lausanne, gaz, électricité et eaux, dont la valeur totale est de 20 millions de francs environ.
- total 88 55oooo francs; elles ont également émis des obligations pour des sommes importantes
- obligations. Quant à l’exploitalion directe par les municipalités, elle ressort du tableau IV,'valable
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- 21 Mai 1910. HEVÜE D’ÉLECTRlClTE
- 2»3
- pour 1908, qui ne comprend que celles possédant une usine hydroélectrique :
- Il serait intéressant d'examiner ces chiffres de plus près et de tenter une comparaison entre l'exploitation des centrales électriques par les sociétés anonymes d'une part, les municipalités de l’autre, mais ce serait là sortir de mon sujet (1). Qu’il me suffise de faire remarquer que la plupart des entreprises communales d’électricité sont dans une situation favorable puisque, après avoir payé l’intérêt des sommes qui leur ont été avancées par la caisse municipale et pratiqué des amortissements souvent très larges, elles retirent encore des bénéfices de leur exploitation (2). Ces bénéfices sont assez modestes, il est vrai (saui! en ce qui concerne Berne, et surtout Genève), mais il ne faut pas perdre de vue que, dans la plupart des cas, la règle en vigueur dans ces entreprises municipales est de réduire les prix lorsque les excédents des recettes (après paiement des intérêts et versement aux fonds d’amortissement ou de réserve) permettent de le faire.
- C’est ainsi que, sur onze entreprises communales, six ont abaissé depuis quelques années leurs tarifs pour l’éclairage ;
- Tableau Y
- PRIX DE l’hECTOT 1903 USUEL VATT-IIEUUE 1909
- Aareu 6 centimes 6 centimes
- Bellinzona 4 — 4 —
- Berne 6,5 — 6,5 —
- Genève 3,3 - 0,8 —
- Lausanne 7 — 5 —
- Le Locle 6 — 6 —
- Lugano 5 (M — 4 —
- Neuchâtel 5,5 — 5 —
- Saint-Gall 7 — 6 — 6,5 —
- Schaffhousc 6 —
- Zurich . 8 — 5 —
- (i) A cette époque, le service électrique de Lugnno était assuré par une compagnie privée.
- (*) Plusieurs des sociétés à forme anonyme Lucernc-Engelberg, Wynau, Hagneck-ïvander sont d’ailleurs en réalité des entreprises communales, fortement soutenues par les municipalités et les banques cantonales, et contrôlées par elles.
- (8) Les entreprises sans bénéfices sont de date très récente (comme Lugano) ou ont consacré tout le produit brut aux amortissements (Aarau, Bellinzona).
- Ainsi qu’on le voit, le prix moyen de l’heclowatl-heure pour l’éclairage n’atteint pas cinq centimes.
- Celui de la force motrice est extrêmement variable. Voici quelques chiffres afférents à 1906:
- Tableau VI
- PRIX DU CHEVAL PAR AN
- pour 3000 h. annuelles et un
- moteur d’une puissance de
- 1 HP 10 IIP 5o HP 100 IIP
- francs fraucs francs francs
- Entreprises communales :
- Genève 400 268 173 l40
- Lausanne 400 280 2l5 2 I 5
- Neuchâtel 3 00 220 i63 ifi’i
- Berne 272 2l3 175 160
- Fribourg 25o 196 i56
- Entreprises sous forme
- anonyme :
- Rheinfelden 208 196 178 166
- Beznau. 21 5 19G 170 160
- Kander 245 210 » »
- Hagneck 210 17^> » i45
- Montbovon 25o 196 » i56
- Kubel 400 275 180 »
- Olten-Aarburg 220 200 170 »
- Ces prix semblent être assez bas pour permettre à la Suisse, sinon de s’affranchir du tribut qu’elle paie à l'étranger pour ses approvisionnements en combustible, du moins de ne pas accroître ses importations de houille. En fait, depuis 1900, malgré les progrès de l’industrie dans ce pays, celles-ci restent stationnaires:
- 1900 .............. îo 570 000 quintaux
- 1901 ................ 1871^ 000 —
- 1902 ....,......... 18878000 —
- 1903 .............. 20 5i8 000 —
- 1904 .............. 21 ^97 000 —
- 1905 .............. 22 667 000 —
- iqoG............... a 5 110 000 —
- 1907............... ai 8a7 000 —
- iqo8............... ao 598 000 —
- Nul doute que, lorsque les chemins de fer fédéraux seront électrifiés, ces arrivages ne diminuent considérablement : la houille blanche qui a déjà fait ses preuves en Suisse, comme je crois l’avoir montré, jouera alors un rôle décisif dans l’économie na tionalede ce pays.
- Bâle, 8 décembre 1909.
- Maurice de Goppet,
- Consul général de France.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série).^ N*WJ
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Le Rio Tinto a détaché la semaine dernière un coupon de 3i fr. 94, mais son recul a été supérieur à cette valeur du coupon sur des nouvelles pessimistes de New-York quant à la situation des stocks et à l’activité économique des Etats-Unis. L’Amalgama-ted avait voulu s’opposer à lapublication de la statistique des producteurs américains, mais elle n’a pu y parvenir .; 'le fameux trust de ces derniers, dont on parle sans cesse, ne se réalise toujours pas, et la conclusion pratique de tous ces efforts stériles est une baisse de prix du métal favorable aux consommateurs. L’Allemagne et l’Angleterre se montrent particulièrement actives dans leurs achats. Certains prétendent que les cours ont atteint leur minimum ; de fait, au cours de cette semaine il y a eu une reprise très accentuée sur l’avis que la situation économique américaine n’était pas si désastreuse qu’on s’obstinait à le prétendre et que les stocks fin avril étaient en diminution de 1 200 tonnes sur ceux de fin mars. Les autres valeurs de tête du groupe cuprifère sont égalementfaibles ;la Tharsis s’inscrit à i5i, le Boleo à 788 ; son dernier exercice a été marqué par des difficultés de main-d’œuvre et il a été extrait 33o 000 tonnes seulement, soit 10 800 de moins qu’en 1908. Mais le relèvement de la teneur du minerai a permis de maintenir la production du métal à 12 425 tonnes, soit 17$ de moins que l’exercice précédent.
- Toutes ces fluctuations du métal laissent complètement indécises les valeurs des sociétés qui s’occupent de transformer le cuivre : les Tréfieries du Havre oscillent de 210 à 215 pour retomber à 212 ; les Métaux perdent plusieurs points à 700 francs et l’Electro-Métallurgie de Dives varie peu à 458. L’assemblée du 10 mai a voté les résolutions suivantes : approbation des comptes qui se soldent par un bénéfice net de 1 i5o 740 francs ; affectation de 57 537 francs à la réserve légale; répartition d’un dividende de 22 fr. 5o par action ; 4 % à la direction sur le dividende, soit 27 000 francs ; attribution à la réserve d’amortissement du compte de premier établissement de 3q4 375 francs. Un solde de 65 5a6 francs est reporté à nouveau. Malgré une ré-
- duction desproflts nets de 335 112 francs, le conseil et l'assemblée n’ont pas hésité à voter le même dividende que l’année précédente ; il est bon de remarquer que les sommes distribuées ne s’élèvent qu’à 61 % des bénéfices nets, que la réserve d’amortissement atteindra 2 3oo 000 francs et avec les diverses autres réserves 4 281 242 fr. 5o, soit plus du quart du capital social. La diminution des bénéfices s’explique,d'après le. conseil, par une baisse des prix de vente due principalement à la concurrence étrangère. Pour faire face aux inconvénients de cette situation, le conseil a consacré plus de 5oo 000 francs cette année encore à des immobilisations qui lui permettent d'augmenter la production des usines, d’abaisser les prix de revient, de reprendre d’anciennes fabrications et d’en adopter de nouvelles. Un quai a été construit sur la Dives pour permettre l’accostage de chalands ou de vapeurs qui transportent par mer avec économie jusqu'au Havre les produits des usines. Puis à la suite d’essais effectués en 1908 et 1909, le conseil a décidé d’importer en France la métallurgie de l’étain et accessoirement la transformation de ce métal en produits manufacturés. Une participation a été prise dans la reconstitution de la Leeds Cooper Works ; le portefeuille-titres apparaît ainsi pour la première fois au bilan pour la somme de 74 107 -francs. En raison des cours du cuivre et de la faible diminution qu’avait subi le stock des métaux en approvisionnement à l’inventaire, la réserve pour fluctuation du cours des métaux n’a pas été dotée cette année d’une provision spéciale. Le président du conseil a fait ressortir que le chiffre de 1 375 252 francs porté à ce compte permettrait à la société d’être couverte jusqu’au cours de 42 livres qui ne paraissait plus devoir être atteint. Il ajoutait que la consommation mondiale,qui avaitpr'esque doublé en 10 ans,ne laissait pas que de l’inquiéter, malgré les promesses d’abondance de l’Amérique. Il ne nous semble pas que les événements actuels soient de nature à justifier ces inquiétudes, et en admettant que l’Amérique ne puisse suffire, il y a d’autres gisements d’une richesse incomparable* en Russie et en Afrique.
- La Société Nimoise d’Eclairage et de Force motrice par l’électricité déclare un bénéfice de 96 073 fr. 3o. En y ajoutant le report de l’an der-
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- 21 Mai 481Ô. REVUE D'ÉLECTRICITÉ 255
- nier, le solde à répartir s’élève à 117 061 fr. 35. L’assemblée a voté un dividende de 6% aux actions qui absorbe 52 5oq francs, un prélèvement de 4 ^5i fr. g5 pour les administrateurs, et a reporté 4 g55 fr. 55. La réserve générale d’amortissement a reçu 5o o5o fr. 20 et la réserve légale 4 8o3 fr. 65.
- La Société Avignonnaise d’électricité, malgré un bénéfice brut d’exploitation de 71 279 fr. 22, supérieur de 3o 000 francs environ à celui de l’exercice précédent, n’obtient que 24 525 fr. o3 de bénéfice net contre 28 728 fr. 91. Le dividende a été cependant élevé de 4 à 5 francs.
- La Société Générale Belge d’Entreprises Electriques, quiporte son capital de,8 à 10 millions, a réalisé en 1909 un bénéfice brut de 1 238 55o francs contre 112089a francs en 1908. Le bénéfice net suit la même progression, car il ressort à 840 160 francs contre 728663 francs. Le dividende proposé est de
- 8.5 % par action et de 58 fr. 34 par part de fondateur. Cette situation permet au conseil d’émettre les 4 000 actions nouvelles de 5oo francs nominal au taux de 800 francs, avec une prime de 3oo francs qui sera affectée au fonds de réserve, déduction faite de tous frais se rapportant à l’augmentation de capital. 11 a été stipulé un droit de souscription par préférence tant aux parts de fondateur qu’aux actions ordinaires ; les 1 200 parts de fondateur auront le droit .de souscrire à la moitié des actions nouvelles dans la proportion de 5 actions nouvelles pour 3 parts ; les porteurs des 16 000 actions anciennes pourront souscrire aux 2 000 autres actions à raison de x nouvelle pour 8 anciennes. Rappelons que la Société Générale Belge d’Entreprises Électriques est le plus important actionnaire de l’Auxiliaire d’Entreprises Électriques dont l’activité s’exerce à Saint-Pétersbourg et dont les actions ordinaires, cotées à Bruxelles en octobre dernier i5o francs, se négocient actuellement aux environs de 248 francs.
- L’Électricité allemande d’Outre-mer, dont l’Assemblée aura lieu le 7 juin, fait savoir que ledividende proposé par le conseil sera de 10 % au lieu de
- 9.5 % précédemment. Le bénéfice brut s’est élevé à 17361155 marks contre 15077892 marks, qui laisse, après déduction de tous frais et dépenses, un bénéfice net de u 3.32 456 marks contre 9901560 l’an dernier. Les amortissements et les réserves recevraient 2861362 marks, la réserve légale ayant atteint la limite statutaire ne recevrait rien. Ces résultats donnent une idée du développement pris par les affaires d’électricité en Argentine et particulièrement à Buenos-Ayres; on ne peut que regretter d’en
- voir le profit aller aux seules sociétés étrangères qui ont compris depuis longtemps l’intérêt de prendre des participations dans les entreprises d’éclairage, de transport de force et de traction, de toutes ces villes nouvelles.
- Rien, du reste, n’est plus symptomatique de l’état d’esprit de nos capitalistes que de voir vendre à Bruxelles, en souscription publique au taux de x 12 fr. 5o, des actions de 100 francs pour la construction et l’exploitation de chemins de fer et de tramways en Belgique et à l’étranger au nom de la Société anonyme des Tramways électriques Biarritz-Saint -Sébastien-Tolosa. Le tramway projeté reliera toutes les principales cités du golfe de Gascogne, notamment Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, longeant constamment la côte qu’il quittera pour desservir en Espagne, Irun et Saint-Sébastien. Le capital est fixé à 7 millions de francs, représenté par 7000 actions de capital de 100 francs chacune ; il est créé en outre 70 000 parts de fondateur sans désignation de valeur. L’affaire est lancée par la Banque auxiliaire de la Bourse à Bruxelles; rien n’indique dans l’avis d’émission les bénéficiaires des parts de fondateur ; ni la raison de cette prime de 12 fr. 5o qu’on assigne à un titre qui n’a actuellement que sa valeur de pure convention. Quand les banquiers belges ont fait l’émission des tramways de Rosario, de Buenos-Ayres, de Barcelone, de Rotterdam et tant d’autres, ils pouvaient expliquer la plus-value de i5 francs'assignée au titre par la valeur de l’actif existant, des concessions en exploitation, des réserves accumulées par les amortissements antérieurs. Ici rien de semblable, puisque l’organisme du tramway est tout à créer et que la Société ne possède encore que des droits de concession !
- Les promoteurs évaluent les recettes à 3 o38ooofr. et les dépenses à 1 064 5oo fr. laissant un bénéfice net de 1 974 100 francs. Le réseau projeté devant avoir 68km, si on évalue à un million le fonds de roulemeixt, les approvisionnements et frais divers ; la dépense par kilomètre de ligne équipé, gares et matériel compris, pourra s’élever à 88 000 francs environ. Nous jne pouvons pas dire si nos compatriotes ont tort ou raison de se désintéresser de l’affaire, mais ce que nous soulignons, c’est l’esprit d’initiative, tout au moins financier, qui anime nos voisins, quand il s’agit d’entreprises de traction et qui nous a déjà valu le Métropolitain, l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, lesjvamwajs de Lille, de Dunkerque, etc.
- D F.
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- 256 LA LUMIERE ELECTRIQUE T. X (2* Série). — N4 2i.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Vosges. — La Société des tramways d’Epinal a mis à l’étude l’extension de son réseau jusqu’à Thaon.
- Italie. — Un tramway électrique est projeté entre Aversa-Casal et Principe.
- La Compagnie des tramways électriques de Terni a été autorisée à construire une ligne de tramways de Collestatte à Ferentillo.
- La « Societa Elettrica Comense À. Volta » a obtenu une concession pour l’établissement d’un tramway électrique de.Co.mo à Cernobbio et Maslianico.
- La « Societa Tramvie Vicenline » va faire établir prochainement une.ligne de tramways de Bassano à Noyenta et Montagnana, avec un embranchement à Barbarano.
- Espagne — M. J. Parédes Pastrana a demandé une concession pour l’établissement et l’exploitation d’un tramway électrique à Cadix.
- Bmisii,. — La traction électrique va être appliquée prochainement à la ligne du chemin de fer de Rio-de-Janeiro à Petropolis.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie des Tramways de Roubaix et de Tourcoing. — Le icr juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société des Usines Electriques Bergmann. — Le 3o mai, G, rué Boudreau, à Paris.
- Compagnie d'Electricité ef de Traction en Espagne. —Le 28 mai, ai, rue des Capucines, à Paris.
- Compagnie Rouennaise dè Tramways. — Le 3 juin, 33, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Compagnie des Tramways électriques d’Eibeuf. — Le 4 juin,-33, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Compagnie Centrale de Chemins de fer et Tramways. — Le 3 juin, 33, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Société des Forces motrices d'Auvergne. — Le 11 juin, 28, rue Grange-Batelière, à Paris. ,
- Compagnie générale de Traction.— Le 8 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer électriques de Sevran à Ciaye-Souiliy et au Raincy. — Le n juin, 52, rue Saint-Georges, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- Fit A F CE
- Le ro juin, à 3 heures, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de câbles téléphoniques à 14 et à 27 paires sous plomb (6 lots). Demandes d’admission avant le 3i mai.
- BELGIQUE
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage de deux pompes à vapeur à Landen pour le service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Rheydt, extension des installations électriques, 460 000 marks.
- AUTRICHE-IIONGKIE
- Prochainement, à la municipalité, à Aussig, établissement d’une ligne de tramway électrique de Pokaù'"àI Tellnitz, 270 000 couronnes.
- ITALIE
- La municipalité de la ville de Rome (commission exécutive des tramways- municipaux, 49, SS. Apostoli, à Rome) reçoit lés offres pour la fourniture des machines-outils pour l’exploitation des nouvelles lignes.
- EGYPTE
- Le ministère de l’Intérieur met en adjudication la fourniture et l’installation des machines et appareils nécessaires à l’établissement de l’éclairage électrique dans la ville d’Assiout. Cette fourniture 'comprend :
- Section L
- a) Trois groupés électrogènes d’environ 55 kw. chacun. — Tuyauterie et accessoires. •
- b) Deux pompes rotatives^ moteurs électriques et appareils de démarrage.
- c) Réservoir à eau et tuyauterie.
- d) Deux réservoirs à combustible. , ,
- e) Pont roulant.
- f) Tableau de distribution et connexions.
- g-).Eclairage de l’usine et dépendances. •
- h) Outillage pour l’atelier de réparations.
- Section II.
- a) Câbles à haute tension.
- b) Kiosques de transformateurs.
- c) Transformateurs.
- d) Ligues aériennes à basse tension.
- c) Appliques pour l’éclairage public.
- Cautionnement : 10 % de la valèur de l’offre.
- Les soumissions qui pourront porter soit sur l’installation complète, soit sur l’établissement d’une seule section, devront être adressées, jusqu’au 3o juillet 1910, au ministère précité (Bureau des Municipalités et Commissions locales).
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-F. Nouet.
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- .Trente-deuxième année.
- SAMEDI 28 MAI 1910.
- Tome X (2* série). — N* 22.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- La reproduction des articles de La. Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p, a57. — J. Rézelman. Analyse de la réactance, p. 25g. —J. Reyval. L’Exposition de la Société française de physique (suite), 266.
- Extraits des publications périodiques- —Théories et Généralités. Courbes déformées de courant et de tension et leur analysé, A. Hermann, p. 274- — Etude, construction et essais de machines. Compoundage des alternateurs par les redresseurs à mercure, B. Schafer. — Arcs et lampes électriques et photométrie. Solution graphique de certains problèmes d’éclairement, F. Parks, p. 275.—Action des rayons ultra-violets sur les trypanosomes, H. Bordieh et R. Horand, p. 275. — Action des rayons ultra-violets sur les microorganismes et sur ’ différentes cellules, Etudemicrochimique, Cernovodeanu et Y. Henri, p. 276. —Comparaison de la lumière du jour aux sources lumineuses artificielles, H. Ives, p. 276.— Transmission et distribution. Isolateurs de haute tension, K. Kuhlmann, p. 277. -— Traction. Sur la théorie du monorail à gyroscope, A. Fôppl, p. 281. — Electrométallurgie. Le four électrique, J. Harden, p. 283. — Brevets. — Procédé de fabrication de filaments de charbon pour électricité, M. Hugo Drager et Société Sprecher et Sciiuh A. G., p. 283. — Nécrologie, p 284. — Chronique industrielle el financière. — Chronique financière, p. 285.—Renseignements commerciaux, p. 287. — Adjudications, p. 288.
- ÉDITORIAL
- Destinées à fournir aux techniciens des indications pratiques et immédiatement utilisables sur la construction et le mode de fonctionnement des machines électriques, les recherches de M. Rezelmàn comportent essentiellement l’emploi de coefficients dont il s’agit d’obtenir des valeurs empiriques aussi qpiçtes que possible.
- Dans son précédent travail sur les réactances de dispersion, l’autêur avait introduit certains de ces coefficients qui étaient variables selon le mode de bobinage. De nouvelles recherches, que nous présentons aujourd’hui, sur Y analyse de la réactance, ont pour objet, notamment, de préciser ce
- point et d’obtenir la correction, qu’il est nécessaire d’apporter aux formules pour les rendre générales.
- M. J. Reyval reprend aujourd’hui Ja description des principaux dispositifs rassemblés à la dernière Exposition de la Société française de physique. En même temps que cette exposition, en avait lieu une autre, spécialement consacrée aux appareils médicaux; il n’est pas parlé ici de ces appareils spéciaux, dont une chronique spéciale viendra prochainement entretenir nos lecteurs. —
- L’ « acromètre » est un instrument de mesure qui intéresse la commande des machines
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2« Série). Df° 22»
- dans les centrales ; il sert à faire connaître la pression maxima qui règne dans un moteur à explosion en régime normal.
- L’auteur décrit encore un limiteur de tension original, un détecteur à contacts solides, et enfin, les intéressants dispositifs de commande à distance de M. le baron d’Ivry.
- Le problème de Vanalyse des oscillo-grammes fournis par le relevé des tensions et des courants industriels a donné lieu déjà à de nombreuses solutions. Rappelons en particulier le travail de M. Fischer-Hinnen, publié l’année dernière dans cette Revue.
- Le procédé de M. A. Hermann, procédé qui est ingénieux, ramène à une classification des oscillogrammes, suivant leur type. Mais ce type peutn’être pas toujours facile à reconnaître rapidement.
- Autre problème éternel de l’éleetrotech-nique : Le compoundage des alternateurs. M. Schafer a tenté, non sans succès, de le résoudre par remploi de redresseurs à mercure. On trouvera le schéma du montage employé. L’intensité du courant redressé dépassait io ampères.
- Les problèmes d’éclairement, relativement aisés à mettre en formules, peuvent, dans une certaine mesure, donner lieu à l’emploi A'a'baques. M. F. Parles en indique quelques-uns qui semblent simples à établir.
- Après avoir rendu compte en quelques
- mots des travaux récents relatifs à Y ultraviolet (stérilisation), nous reproduisons assez largement une étude de M. Ives sur la pho-tométrie des sources de lumière artificielles comparées à la lumière du jour.
- Les chiffres donnés par M. Tves sont d’un grand intérêt, car ils sont rapportés, non pas à l’ensemble des radiation émises, mais à celles qui définissent :1e « rendement en lumière du jour » de chaque source.
- On lira ensuite, de M. Kuhlmann, un travail d’ensemble sur les isolateurs de haute tension. L’auteur connaît d’autant mieux ce problème, qu’il a lui-même proposé des solutions qui ont reçu des approbations industrielles importantes.
- Un grand nombre de schémas permettent de suivre les commentaires, très complets, de l’auteur.
- M. A. Fôppl a publié, sur la théorie du monorail à gyroscope, des observations qui peuvent utilement guider les novateurs d'ans cette région très particulière <$u vaste domaine de la traction électrique.
- A l’aide d’une discussion mathématique très simple, M. Foppl montre que la position la plus avantageu' se pour le gyroscope est parallèle à Taxe de symétrie du pendule.
- Enfin, M. J. Harden passe en revue les qualités et les défauts d’un certain nombre de fours électriques, spécialement en ce qui concerne le traitement de l’acier.
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- 28 Mai 1910. RE VUE D’ÊLECTRICITE
- 2t>9
- ANALYSE DE LA RÉACTANCE
- Dans l’étude précédente sur la réactance de dispersion ('), nous avons introduit certains coefficients, dont la valeur a été déterminée expérimentalement.
- Ces coefficients variaient avec le genre de bobinage ; nous verrons dans la suite qu’il faut apporter des corrections pour rendre les formules générales. —A cet effet, nous envisageons un enroulement biphasé et faisons emploi dé la propriété bien connue de l’indépendance des phases.
- i) Perméance Xk.
- Nous avions écrit précédemment (*) :
- X» = 0,9» |log (^) + c, + ? log((gJi)t[ • b)} où :
- le premier terme : log^x ' Zij se rapporte au
- flux entre les sommets voisins, le facteur Cq au flux entre les sommets non-voisins, et le dernier terme au flux embrassant toutes les l’ainures par pôle et phase ; t représente
- (*) Y. Lumière Electrique, t. YI (2e série), p. 366 et t. VII, p. i3, 3p et 72.
- (2) Rappelons que l’auteur emploie les notations suivantes :
- «]/„ flux traversant chaque rainure avec perméance XK, sur une longueur
- «J/A- == flux entre les sommets des dents avec perméance ).*, sur une longueur ;
- «|/g = flux embrassant les bobines extérieures avec perméance \s, sur une longueur ls\
- s^ = nombre de fils en série par rainure ; q = nombre de rainures par pôle et phase; p = nombre de paires de pôles; w == P- q- sn, — spires en série par phase; t = pas polaire ;
- Z,- = longueur virtuelle des tôles ;
- tf — pas des dents ;
- ri = ouverture des rainures ;
- a, — <1 — ri — largeur du sommet des dents ;
- c = fréquence.
- 1 étendue de l’intégration et B un facteur tenant compte de l’arrondi du pas polaire.
- Posons : t = Q. Z1, où Q — nombre de rainures par pôle, alors le dernier terme devient : q log ^—Q— . B
- La vérification montre que l’intégration ne peut être étendue sur tout l’arc polaire ;
- en effet, à partir de t — à Q - h (fig- 1) le
- flux n’embrasse plus effectivement toutes les rainures par pôle et phase.
- Nous ferons l’intégration sur une longueur x = (Q — c . q) ty et nous aurons :
- X* = 0,92 j log + ?log
- en supposant B = 1, c’est-à-dire qu’il y a un nombre de pôles très élevé.
- Pour trouver la valeur de G, nous posons que pour un enroulement couvrant tout l’arc polaire (q = Q) le dernier terme :
- Q i°g
- Q — c.Q
- Q — 1 Q—c • Q
- Q-,
- o, c’est-à-dire :
- et :
- C = Q
- D’une façon générale, le dernier terme de-
- vient ainsi : q log I Q
- et nous obte-
- nons pour :
- q — 1/2 Q, c’est-à-dire une phase d’un en-
- q —
- <]
- roulement biphasé : q log Ç-
- q = Q, c’est-à-dire deux phases en sérié d’ïïï enroulement biphasé : q log f ------ Y= o ;
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- 260
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série). — N»22.
- q = i/3Q, c’est-à-dire une phase d’un enroulement triphasé: q log ^ ;
- q = a/3 Q, c’est-à-dire deux phases en série d'un enroulement triphasé : q log
- Nous savons que la perméance cl'une phase d’un enroulement biphasé {q = - Q) est la
- de rainures par pôle et phase et est égal-à zéro pour q — 2, donc : C4 = 1,09.
- Nous pouvons continuer et écrire :
- C‘+41“K^) = C"
- d’où:
- C8 = 1,09 + 1,59 = 2,68
- (q- t) l ,
- Fig. 1.
- même que celle des deux phases en série {q = Q) ; il faut donc que :
- c? + ?I°g(^-‘)==G37 et par conséquent pour q — 2 :
- C2 + 2 log -----------) = Ct>
- \ 2.2 — 2 J
- 9
- d’ôù :
- C* = Ca -f- 1,09.
- Or, le facteur C ne dépend que du nombre
- et de la même manière :
- C8 + 6 log
- 4.8 — i
- ;nr
- — C16,
- d’où :
- Clc = 2,68 -f 2,76 = 5,44.
- Les 4 valeurs de C2, C4, C8 et G10 permettent de tracer la courbe (fig. 2), déterminant la valeur de G pour les valeurs intermédiaires de q.
- Pour un genre d’enroulement donné, le
- a une va-
- dernier terme : q log
- leur, qui, comme G, ne dépend que du nombre de l’ainures par pôle et phase;.nous pouvons donc les réunir.et écrire :
- D<7 = C<7 + q log
- Q-
- I
- Nous obtenons ainsi, pour un nombre de pôles très élevé :
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- 28 Mai 1910.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 261
- ayant pour D, les valeurs qu'indique le tableau I.
- Tableau I
- q VALEURS DE Dg POUR
- 1 = Va Q 7 = Q 1 = V* Q î = 2/s Q
- 2 L1 1,5i
- 3 1>97 — - 2,&7 —
- 4 2,7W ï»1 3,45 2,10
- 5 3,41 — 4,35 —
- 6 4,10 1,93 5,22 3,26
- 7. .. 4,76 6,o5 —
- 8 5,46 2,7° 6,93 4,37
- 9 6,10 — 7>75 —
- IO — 3/,o 5,42
- I 2 — 4,10 — 6,48
- 14 — 4,78 — 7,5o
- l6 — 5,45 — 8,52
- 18 6,10 — 9-52
- La vérification de ce tableau montre, qu’il y a presque entière proportionalité entre Dg ét g, de manière que :
- Dj=o,68 .g pour un enroulement g = 1/2 Q Ds = o,34 .g — — q= Q
- Ds = 0,875 .g — — <7 = j/3Q
- Dj = o,545 .g — — <7 = 2/3 Q.
- Il reste à déterminer l’augmentation de la perméance due à l’arrondi du pas polaire ; nous devons donc ajouter un terme de la forme : xq. g log B, où B est un facteur dépendant du nombre de pôles de la machine.
- Nous écrivons : xq. g, étant donné qu’il y a l’accourcissement des lignes de force correspondant à C2 ainsi qu’à :
- le coefficient x dépend donc du nombre de rainures par pôle et phase. En outre, pour remplir la condition de l’égalité des perméances d’un enroulement g ~ - Q, et d'un enroulement g = Q, il faut que :
- xq. q .log B = ;vM. 2. q. log B, c’est-à-dire :
- En admettant x = 1 pour un enroulement g — 1/2 Q, il s’ensuit que x — o,5 pour un enroulement g== Q. Etant donné que le rapport — varie de la même manière, suivant
- g
- le genre d’enroulement, nous pouvons admettre avec une grande approximation :
- x = i,3 pour un enroulement g = ^Q;
- et x = 0,8 pour un enroulement g = ^ Q. La formule définitive devient donc pour :
- q=- Q, X^o^jlog^^ + 0,68. q + 1 . g logB j
- =0,92jlog(^)+ q (0,68 + log B) |
- q= Q', 'A*=o,92|log^^^^-f o,3/,. q + o,5 q log B j
- =o*92jl0g(~~^+ o£-q (o,68 + log B) |
- ?= j Q, >^= °,92 jlos("7~)+°’8 ? 5. q+1,3. q log B j
- =o,92|1°g^-jri)+IIi3 q K68 + log B)
- q—i Q, X*=o,92 jlog^^—^+o,5/|E>. ÿ+0,8. q log B
- =o,92jlog^p^+ 0,8 q (0,68 + log B)
- Appliquée à différentes machines, dont \k a été déterminé au moyen de spires auxiliaires, nous trouvons pour B les valeurs indiquées dans le tableau II.
- Tableau II
- H P 1 Q B P + 1 P
- 220 I 5 i5 L9 2
- 220 I IO i5 ],96 2
- 4 5 00 2 4 I 2 .,545 i,5
- 45oo 2 8 12 1,6 i,5
- 175 3 6 12 i,36 i,33
- It5 3 I 2 12 1,36 i,33
- i75 4 3 9 1,23 _ 1,25
- 175 4 6 9 ï,24 1,25 [
- Xq---------- 2 • «Z-2/j».
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-
- 262 ' LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. X (2‘Série).— S»22.
- Il en résulte qu’on
- la valeur de
- P +
- peut prendre pour B
- 2) Perméance X,.
- Afin de nous rendre compte de l’exactitude de la formule :
- qu’il y a des pertes supplémentaires importantes; en faisant-les corrections en conséquence, nous obtenons le tableau IV.
- La réactance
- 1 2,5.c.îo2 , .
- X$ — ---------»----• (>s * As
- IO8
- xs == U,!y6.qs
- 12,5.5o. ivi
- .L.o,46(iog^4 A)
- Tableau d’essai III
- LECTURES avec un courant de 10 amp. dans bobine a TENSION b MESURÉ! C : SUR BC d BINE a+b+c+d Courant J Fréquence c Watts mesures W J2R w dû*
- a 6,4 4,o 2,6 1,6 |5,2 IO 5o 7,5 4,9 1,53
- —j— b 10,3 9,35 6,0 3,6 3o » » 18,75 9,25 2,o3
- a -f- b -\^c 13,2 13 10,6 6,25 44 » » 28 i3,a5 2,11
- et —j- b —j- c —[— d 15 15 13,3 10 54 » » 34 »7,2 »,97
- b 4,0 5,6 3,55 2,2 16 IO 5o 7,25 4,4 i,65
- b 4 c 6,7 8,8 8,0 4,8 28,5 » » i6,3 8,4 *,94
- b —j— c —j— d 8,5 11 10,6 8,5 39 » » 23,75 11,85 2,0 I
- c 2,8 3,6 4,6 2,8 13,5 IO 5o 6 3,05 1,52
- c —|— d 4,35 5,6 7,3 6,3 24,5 » » i2,5 7,45 x,68
- d 1,8 2,2 2,8 3,7 IO IO 5o " 5,i 5. 3,5 •1,46
- b -\-d 5,75 7,5 6,2 5,8 — » » — ~
- et d 8,2 . 6,4 5,4 5,35 10 5'0
- a — d 4,65 i,85 O 1,85 » » — — —
- a -|- c 8,8 7; 4 5 7,0 4,3 _ IO 5o
- a — c 3,55 O 1,6 °,75 » » — ,
- des expériences (tableau d’essai III) ont été faites sur des bobines du rotor d’un turboalternateur ; les dimensions de ces bobines sont en rapport avec celles que l’on rencontre normalement en pratique. Elles se composent chacune de 36 barres (1,7 X21), disposées suivant la figure 3.
- Les mesures faites au wattmètre montrent
- 288.2c2
- ls étant la longueur d’une demi-spire et c — So.
- Le tableau V indique, dans les différents cas étudiés, la valeur de chacun des termes qui entrent dans l’expression de xs; le cal-
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-
-
- •• -*H-<^,,« • -I.J*.... --iipj.v . . ---afirïï. rt .. . ...
- 28«ai 1910, “ • REVUE D’ÉLECTRICITÉ 26»
- Tableau IV
- Bobines Réactance Tension
- a 6,25 0,625
- a -|- b >9, 5 1,94o
- a -j- b + -c 36,8 3,68o
- a —j— b -j— c d 53,3 5,33o
- b 5,5 o,55o
- b -j- c *6,67 1,667
- b -j- c -j- d 3o,o5 3,oo5
- C 4,5 0,4 5o
- c -f- d 13,6 i,34o
- d 3,6 o,35o
- d + b 13,1 1,310
- a «f- d i3,4 i,34o
- 1 a -f- e 16,6 i,56o
- cul de x, y est effectué et placé en regard de sa valeur expérimentale. On y trouve également dans la dernière colonne le rap-
- ^ x, mesuré
- port------—-— -----_
- x„ calculé (A = o)
- En prenant la valeur moyenne A = o, l’écart maximum entre les calculs et les mesures atteint seulement ± 6 %, suivant les différentes formes des sections; il est à remarquer qu’une petite erreur dans les mesures a une influence considérable sur la valeur de A, mais faible, sur le rapport
- ^ xa mesuré ,
- R =------ï—r-r—i;-----. Maigre le soin des
- x„ calcule (A =o)
- mesures, le tableau montre qu’il y a des écarts jusqu’à 5 % ; il faut que :
- (ligne a) (ligne a) (ligne a -f- b)
- 6a + en —— j
- en effet :
- 6,4 + 4 ~ i°/3.
- !.o8o
- I.OOk
- .927
- r, 850 . 1 •
- Li: n
- .1
- a b c tiL
- t'ig. 3.
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-
- 26* LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série). —M° 22.’
- Tableau V
- Bobines en série l, ai, 2 ft TL . *1, gTTs *V3 ï88.ival. 288. wH 2/, xs mesuré 288.H'2./, , A oox mesuré
- 10® 10® ‘ °Hls 10® æ,calcu]é(A= 0)
- a 1 415 222 12,72 1, io5 1 296 0/128 o,585 0,625 -{-0,040 -0,0758 1,070
- a A-b 1 353 299 9,o5 0,956 5 184 2,020 i,935 i,95o —}—(),() 15 -0,0075 1,010
- (X -j— 1} —j- C 1 298 376 6,9° o,838 11 664 4,35o 3,65o 3,68o -J-o,o3o -0,00690 1,001
- 1 235 453 5,45 0,735 20 746 7,38o 5,420 5,33o (>,0()0 - 0,01 22 0,985
- b 1 298 2^42 11,70 1,068 1 296 o,485 o,5i7 o,55o -f-o,o33 4-0,0680 1,061
- b-\-c t 235 299 8,25 0,916 5 184 1,840 i,685 ,,667 OjOI2 —0,0060 o,99°
- b-\-c-\-d 1 180 376 6,3o °i799 11 664 3,950 3,15o 3,00 5 —0,14 5 —0,0370 o,953
- C L I 8<) 2 2 2 io,65 1,026 1 296 0,440 o,451 o,45o 0,001 —0,00227 0,997
- c.-\-d I II9 299 7,5° 0,874 5 184 1,670 1,460 1,36o — 0,100 -0,0600 o,934
- d i o55 222 9,5° <697 8 1 296 o,393 o,383 o,36o 0,023 o,o585 0,940
- d-\-b 1 180 376 6,3o <6799 5 184 1,760 i,4o5 1,310 -0,095 -o,o54o o,933
- a-\-d 1 235 ',53 5,45 o,735 5 184 1,840 i,35o i,34o 0,0 1 —o,oo54 0,992
- a-f-c 1 298 376 6,90 o,838 5 184 i,935 1,620 i,5 60 —0,06 -o,o3io 0,963
- De la même manière :
- (ligne a) (ligne b) (ligne a -f- b)
- 6a + 6 b -j— 6 a —|- 6b 6a “f- 6h J
- en effet :
- 6,4 “f- 4 “I- 4 4" 5,6 = io,3 -)- 9,35.
- De plus, le cuivre méplat empêche la formation libre des lignes de force à l’endroit des bobines; A aurait probablement des valeurs plus grandes avec bobines en fils.
- En tout cas, il ressort du tableau que la perméance varie sensiblement suivant :
- r, i
- log et qu’il est indispensable, pour un calcul exact, de faire entrer la circonférence Tla.
- Il serait inutile de vouloir se baser sur ces essais pour trouver une relation entre A (ou R), et les dimensions des bobines; nous verrons en outre, d’après les essais faits spécialement dans ce but, sur le stator d’un moteur triphasé de ïyS IiP, que la formule, tellè que nous l’avons employée pré-
- cédemment, répond parfaitement au caractère des phénomènes.
- Fig. 4-
- Stator d'un moteur triphasé de 175 HP —
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 28 Mai 1910.
- à 8 pôles— 5o périodes — 750 tours—3 000 volts entre phases, le rotor étant enlevé. Dimensions :
- (ï>i= 75omm
- l — 270 — 3 x 7“'",5 72, rainures (19 X 5o) . Sri ==23 p =4
- x = 294 mm / = 260 — 4 —32,7 — q = 3
- S„—23 p— 3 q — 6
- Nous avons donc transformé, par un simple changement de couplage, un bobinage par pôles conséquents en un bobinage.par pôle;* les longueurs extérieures sont les mêmes dans les deux cas :
- 4 = 6804„ = 360""“, 4,; = 320ram ;
- Tableau VI
- Tableau d’essai TENSIONS SUR LES SPIRES AUXILIAIRES
- Enroulement @n~ I ei _ n C mesuré k rapporté (* C mesuré rapporté ( .1 K'
- I Phase cj-I ioi,3 109 2,24 41,2 2,33 32, l I<> 51,5
- II Phases I et II en série ' 109 218 *2,63 96,8 2,42 GG, 2 10 5.,5
- 111 En triphasé i<;9,“> 190 2,G1 48 2,4 i 33,5 10 5.,5
- IV Plan droit Plan incliné 2o5j 5 207/> — 3,26 9° 3,4 ' 7a>5 10 10 51,5 51,5
- V Plan droit Plan incliné 20 i 206 410 3,2 88/. 3,43 71 10 10 ' 5 .,5 01,5
- VI .. - ,'ù Bobines a. b et c a9.3 — 2, G 3 12,. 2,84 9,8 10 5., 5
- Vil . Bobines' a et b 15/> — 1,42 6,55 1,24 57 ,0 51,5
- VIII. Bobines b et c > v — 1,32 G, 08 1 ,o3 4.73 10 51,5
- Le , stator de. ce moteur est bobiné par pôles conséquents ; il y a donc 4 bobines par phase; les 12 bobines sont disposées en deux plans, comprenant deux bobines de chaque phase (fig. 4)- Il s’ensuit que les 6 bobines de chaque plan peuvent être couplées en série et former ainsi un enroulement biphasé à 6 pôles avec un bobinage par pôle.
- Les dimensions deviennent :
- <ï>f~ 75omm 7 = 392 """
- l — 270 — 3X7mm,5 4= 26° —
- 72 rainures (19x60) 4 = 32,7 —
- ainsi que la périphérie ‘ll3C aiomra. Il n’en est pas de môme pour la périphérie 'llsc :
- É11 triphasé Tt,c = 240mm.
- Et en biphasé atac. == 470mm.
- Pour séparer expérimentalement les perméances a*, Às et a„, des spires auxiliaires ont été placées : t° dans l’intérieur du stator le long des rainures d’un pôle ; il y a 5 fils dans la fente de chacune des trois rai-
- P) Mesure rapportée au nombre total de spires de
- fils de l’enroulement l’enroulement, par exemple : a,»4 {;is a^düaires. “ ‘
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 866
- T. X (2e Série). — W» 22
- mires d’une bobine; i° suivant le l, d’une bobine extérieure avec ao fils dans chacun des deux intervalles.
- Essais. -— Des mesures ont été faites (tableau VI) :
- i° Surw/ze phase de 1 ’enroulementtriphasé;
- 2® Sur deux phases en série de l’enroulement triphasé;
- 3° En triphasé ;
- 4° Sur une phase de l’enroulement biphasé;
- 5° Sur deux phases en série de l’enroulement biphasé ;
- 6° Sur une bobine séparément, 3 encoches, a, b et c\
- 7° Sur deux encoches a et b',
- 8° Sur deux encoches b et c.
- Remarque. — On constate que, pour un même courant de 10 ampères, la tension produite dans les spires auxiliaires extérieures dépend de l’enroulement parcouru :
- i® Une phase de l’enroulement triphasé : 2,33 volts;
- 2® Deux phases en série de l’enroulement triphasé : 2,4a volts; |
- 3° En triphasé : a,44 volts;
- 4° Une phase de l’enroulement biphasé : 3,5o volts ;
- 5° Deux phases en série de l’enroulement biphasé : 3,43 volts;
- 6° Une bobine séparément : a,84 volts.
- On constate donc encore une légère induction mutuelle positive entre les bobines extérieures de deux phases d’un enroulement triphasé, quoique bobiné par pôles conséquents.
- La constatation principale consiste! en ceci : la tension induite dans les spires extérieures par une bobine seule est notablement plus grande que par une phase de l’enroulement triphasé. Les valeurs l, et %, étant les mêmes dans les deux cas, cette augmentation ne peut être attribuée qu’à l’absence d’une force démagnétisante, ce qui prouve donc expérimentalement la présence d’une induction mutuelle négative importante entre les bobines voisines d’un enroulement par pôles conséquents.
- (.4. suivre.) J. Rézelman,
- Ingénieur, chef de service des A. G. E. G.
- L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (Suite) (1)
- Parmi les instruments de mesure' d’un caractère nettement industriel, l’un des plus intéressants est celui qui a été baptisé « acro-mètre » par ses inventeurs.
- L’acromètre Mazellier et Carpentier est un manomètre à maxima dont l’usage est indiqué pourl’értude et le contrôle des moteurs à explosion.
- On sait que, dans les moteurs qui utilisent la force expansive des gaz ou des vapeurs, la pression à l'intérieur des cylindres varie d’une manière continuelle et passe par des suites de valeurs périodiquement croissantes et décroissantes. Parmi ces valeurs, Ies.ma-xima sont spécialement intéressants à con-
- p) Voir Lumière Electrique, a3 avril et 7 mai 1910.
- naître; ils constituent pour les moteurs à explosion, et les moteurs à quatre temps, en particulier, des indices de marche tout à fait caractéristique. Correspondant, en effet, à la compression du mélange tonnant et à l’explosion, ils renseignent indirectement: d’une part, sur l’étanchéité du piston, des soupapes et des joints et, d’autre part, sur la qualité de la carburation, sur l’énergie de l’allumage et sur les variations même de la puissance développée.
- L’acromètre — du grec acron, sommet — est destiné à fournir la mesure directe de ces maxima par lesquels passe la pression dans les cylindres.
- Il se compose de deux parties: le manomètre proprement dit, et l’obturateur, au
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- REVUE D?ÉLEGTRIG1TÉ
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- travers duquel îes gaz comprimés vont du cylindre au manomètre.
- Le manomètre M, dé eonstruetion perfectionnée, tire sa précision d’un dispositif spécial dont il est muni et grâce auquel son aiguille est exempte de tout temps perdu. Il est complété par un raccord dans lequel est pratiqué un orifice de dégagement commandé par un bouchon pointeau (i3).
- L’obturateur (2), dont la fonction est de ne laisser passer les gazipie dans un sens (généralement du cylindre au manomètre), est constitué de manière à tenir sans fuite de fortes pressions et à n’occasionner aucune perte
- guidé dans ses mouvements par les parois périphériques de cette chambre. Mais 'il porte sur son pourtour une oouronwe de trous destinés à livrer passage aux gaz. C’est la légèreté de ce disque qui donne à l’obturateur sa sensibilité et c’est sa minceur et, par suite sa souplesse, qui en assure l’étanchéité.
- Pour faire usage de l’acroinètre, il faut d’abord adapter son obturateur sur le cylindre du moteur. Ce montage se fait par l'intermédiaire d’un petit raccord (i)qui se visse dans la paroi de la culasse ou de la boîte à soupape.
- Si l’on ne doit faire qu’une mesure passa-
- Fig.
- 1, Raccord visgé; a, corps de l’obturateur; 3 et 4, joints cuivre et amiante; 5, disque-clapet; 6, chambre annulaire ; 9, couvercle du disque ; S1, siège du disque ; S2, contre-disque; 8, canaux.
- de charge dans la conduite sur laquelle il est intercalé. Composé (fig. i), à peu près comme un raccord de plomberie dit trois pièces et de forme extérieure analogue, il comporte intérieurement une petite chambre plate où se trouve logé son organe essentiel, son cla-plet, fait d’un simple disque métallique mince (5) ; ce clapet compris entre deux sièges annulaires, aux centres desquels aboutissent les canaux (8) qui mettent en communication le cylindre et le manomètre M, est d’un dia-fnètre à peine inférieur à celui de la chambre qui le contient et se trouve parfaitement
- gère, on visse directement le manomètre sur l’obturateur à l’aide d’un second raccord.
- Si on établit, au contraire, une installation permanente, on fixe pour plus de commodité le manomètre à une certaine distance du cylindre, sur un support quelconque de manière qu’il soit sous les yeux de l’observateur et on le réunit, à l’obturateur au moyen d’un tuyau de petit diamètre en cuivre bien recuit dont la flexibilité permet de lui faire suivre n’importe quel trajet.
- L’acromètre, une fois installé sur un moteur, fonctionne d’une manière qu’il est facile
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2e Série). — N?*2V i
- le comprendre. Dès la mise en marche, de petites quantités de gaz, à chaque explosion, viennent soulever le disque de l’obturateur, pénètrentdans le manomètre et y augmentent très rapidement la pression jusqu’à ce qu’il s’établisse un équilibre.
- Quand l’équilibre s’est établi et que l’aiguille s’est,fixée, la pression indiquée est évidemment la pression d’explosion maximum.
- Tant que cette pression conserve une valeur constante, l’aiguille du manomètre demeure immobile. Si, à un certain moment, les explosions produisent une pression maximum croissante, l’introduction de nouvelles quantités de gaz dans le manomètre porte l’aiguille au chiffré correspondant au nouveau maximum.
- ' Que la pression d’explosion vienne, au contraire, à décroître, ce sont les fuites qui assurent le fonctionnement : le disque de l’obturateur reste, en effet, appliqué sur son siège, mais comme le volume du gaz contenu dans la tuyauterie et le manomètre est minime, et que l’étanchéité de cette capacité qui comporte des joints n’est jamais-absolue, il se produit, dans le manomètre, une chute lente de la pression qui redescend jusqu’à se mettre en équilibre avec le niaximum réduit. Le pointeau do dégagement permet, d’ailleurs, de régler les fuites et d’activer, s’il est nécessaire, la descente de pression dans le manomètre, de telle sorte qu’en manœuvrant ce pointeau d’une manière continue, il est possible de suivre des variations, même assez brusques, de la pression d’explosion.
- Maintenant, si, l’acromètre étant en relation avec un des cylindres d’un moteur polycylin-drique en marche, on vient à couper l’allumage sur ce cylindre, le maximum de pression observable correspondra évidemment à la compression. C’est donc, d’après les explications qui précèdent, celte pression qu’indique l’acromètre et on sait tout l’intérêt que présente la connaissance exacte de la compression mesurée, à chaud et à l’allure de régime.
- Pour un moteur monocylindrique la mesure de cette compression, bien que plus délicate, peut également Se faire. Pour y arriver, on devra couper l’allumage et aussitôt ouvrir et refermer instantanément le pointeau de dégagement. Dans le court intervalle qui précédera l’arrêt du moteur, l’aiguille du manomètre aura le temps de se fixer au chiffre correspondant à la compression. Si l’acromètre est installé sur une voiture lancée ou descendant une pente, la lecture de la pression et le rallumage peuvent se faire sans arrêt de la. machine.
- Si l’on veut connaître la compression à froid, il suffit, évidemment, de la produirë en faisant tourner le moteur sans allumage.
- Quant à la dépression produite à l’aspiration du mélange, il faut, pour la mesurer, employer un modèle spécial d’acromètre.
- En ce qui concerne l’entretien de l’acrô-rnètre Mazellier Carpentier, le seul organe qui demande quelque surveillance est l’obturateur ; il suffit de veiller à ce que le disque-clapet conserve la plus grande mobilité.
- La maison Chauvin et Arnoux présentait une série d’appareils électrodynamomé-triques pour courants continus et alternatifs de toute forme et de tonte fréquence.
- Pour les mesures de, courants alternatifs de faible valeur, nous signalons en outre un milliampère-mètre calorique sensible donnant sa déviation totale pour 10 milliampères.
- Le courant à mesurer échauffe un couple thermo-électrique actionnant un galvanomètre sensible. Pour les courants de haute fréquence, le fil chauffant est rectiligne de façon à avoir une impédance négligeable.
- Un galvanomètre Deprez-d’Arsonval, donnant une déviation de i millimètre à i mètre avec un courant de i/iooo de microampère, et néanmoins très robuste.
- Un enregistreur photographique, permettant d’enregistrer sur un cylindre recouvert d’une feuille de papier les déplacements d’un galvanomètre en fonction du temps. Le galvanomètre peut être relié à un couple thermo-
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- électrique et servir pour la mesure des températures.
- Gomme appareils pyrométriques, un galvanomètre fonctionnant avec couple platine-platine rhodié et donnant des mesures de températures jusqu’à i 6oo°.
- Un galvanomètre ordinaire jusqu’à i 4oo° et fonctionnant avec une canne nickel-alliage de nickel très résistante.
- Enfin, un photomètre permettant la comparaison rapide de deux lampes, tant pour la consommation que pour l’intensité lumineuse. Les plages éclairées par les deux sources présentent l’aspect de deux ellipses concentriques. L’une des sources est fixe, l’autre peut être écartée ou rapprochée au moyen d’un soufflet. Une aiguille indique directement le rapport des deux lampes, tandis que des ampèremètres donnent la consommation de chacune des lampes. Enfin l’ensemble est très portatif et peu encombrant.
- La maison Richard Relier présentait un curieux limiteur de tension dont voici le principe (fig. a) :
- Sur un tube en fonte a sont branchés un certain nombre de tubes verticaux en veine, un pour chaque pôle. On règle l’arrivée de l’eau par un robinet placé à l’entrée de l’appareil; l’eau monte alors dans le petit tube b et redescend par un autre tube concentrique également en verre c. L’extrémité de ce tube est fermée par un capuchon en cuivre e muni d’une borne qui reçoit la dérivation de la ligne. L’eau retombe dans une cuve en tôle et le trop-plein /'permet à l’eau de s’écouler quand elle a atteint la moitié de la hauteur. Les extrémités des tubes sont réunies par une chaînette en cuivre qui est reliée à la terre. Enfin le couvercle supérieur de la boite est en marbre et au passage des tubes se trouvent disposées trois douilles sur lesquelles s’écoule également l’eau retombant du jet d’eau. Des petites bornes fixées à la partie supérieure de ces douilles permettent de brancher des lampes qui indiquent quand un des fils de ligne est à la terre.
- L’éclairage des locaux de l’Exposition était assuré au moyen de lampes à arc du type Conta ou du type Beck, qui sont déjà connues de nos lecteurs. En ce qui concerne les lampes à incandescence, la maison Grivolas présentait des calibres étudiés par M. Zetter et des tiiiés à contrôler l’unification des culots et des douilles.
- Comme dans toute exposition d’appareils
- Fig. 2.
- de physique, on trouvait naturellement encore quelques dispositifs de transmission des images à l’aide du sélénium. M. Louis Ancel a imaginé de nouveaux récepteurs en sélénium d’une grande sensibilité et d’une inertie très réduite, en même temps qu’un type spécial de détecteur électrolytique pour la radiotélégraphie.
- Un autre détecteur, mais à contacts solides celui-là, était exposé par la maison Ducretet et Roger.
- Comme on le sait, la structure assez irrégulière des minéraux et le peu d’homogénéité de leur constitution font que tous les points de leur surface ne possèdent pas la même sen sibilité : certaines régions sont tout à faitinsem sibles, alors que des points qui en sont très voisins possèdent au contraire une très grande sensibilité. Il est donc nécessaire de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série)» — E* 22,
- pouvoir explorât rapidement toute la surface de la substance en expérience.
- A cet effet la matière à explorer M (fig. 3) est serrée solidement au moyen de quatre vis au centre du boîtier, sur une plaque métallique rigide pouvant pivoter autour d’un point situé près de la paroi. On peut ainsi imprimera la susbtance M au moyen d’un bouton B' un déplacement latéral. Le point de centre autour duquel peut tourner cette première plaque est lui-même fixé sur une deuxième plastie mobile pouvant pivoter autour d’un autre centre, de manière à imprimer au moyen du bouton B à la première plaque, et par suite à la substance M, un mouvement
- Fig’. 3. — Détecteur Ducrctet et Kogcr.
- de sens perpendiculaire au premier. Au-dessus de la substance M à explorer, se trouve disposée une pointe P interchangeable fixée par une vis à l’extrémité d’un ressort très flexible. Une deuxième pointe P', portée par un deuxième ressort, peut à volonté être juxtaposée à la première afin d’augmenter l’effet dans le cas de corps.très peu conducteurs. La pointe P peut aussi se déplacer légèrement en faisant tourner autour de son axe le ressort qui la porte.
- Une vis à longue tige Y, terminée par un
- bouton, permet de régler la pression de contact entre la substance fixée au centre et à la pointe mobile, quelle que soit la forme de l’échantillon en service. — Il est donc possible d’amener ainsi successivement la.pointe en regard de tous les points de la surface de la substance M; lorsque le point précis le plus sensible a été déterminé, on fixe les plaques mobiles dans une position invariable au moyen des boutons de serrage B et Bh
- Tout cet ensemble est monté dans un boîtier en cuivre, sur colonne à pied lourd,,fermé par un couvercle vissé, avec glace laissant voir l’intérieur. Ce boîtier est complètement étanche, afin d’être à l’abri de la poussière ét de l’humidité, et toutes les manœuvres de réglage se font de l’extérieur de la boîte. Un tube peut servir, s’il est nécessaire, à établir une communication avec un flacon desséchant extérieur,' ou à introduire divers gaz à l’intérieur.
- La recherche des régions sensibles et le réglage se font au moyen du petit radiateur d’essai relié directement par un fil conduc” teur à une des bornes fixées au boîtier.
- Les doubles bornes fixées sur le boîtier et sur le pied, recouvrent les cordons souples du .téléphone Te, ainsi que lfes fils de connexion reliant le détecteur, soit à l’antenne d’une part et à la terre de l’autre, soit au dispositif d’accord suivant le schéma de la figure 3.
- Dans ce schéma, l’antenne Ga est reliée au commutateur m ; lorsque la manette de celui-ci est placée sur le plot R (réception), la spirale primaire So du dispositif d’accord de E. Ducretet est intercalée en série avec l’antenne, ainsi que le solénoïde à curseur S. La spii*ale induite Se est reliée aux bornes du détecteur, avec interposition, dans le circuit du condensateur à réglage Go. Les récepteurs téléphoniques sont branchés aux mêmes bornes. A l’état de repos, l’antenne est mise à la terre en plaçant la manette du commutateur m sur le plot T.
- Des mêmes constructeurs, nous citerons encore l’appareil à arcs multiples pour la pro-
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- .w''r¥v.Î0«
- daction d'oscillations électriques continues, en téléphonie sans fil; l’intéressant appareil imaginé par M. Billon-Daguerre pour la stérilisation par les rayons hyper-ultra -violets ; enfin et surtout les dispositifs de commande télémécanique de M. le baron d’Ivry, qui ont suscité une assez grande curiosité.
- Dispositifs de commande de signaux et de manœuvres à distance,
- Ges appareils, construits par la maison Ducretet et Roger, ont été décrits dans une note présentée à l’Académie des Sciences le
- manœuvres, c’est-à-dire les qualités requises pour diriger ou commander à distance des engins sous-marins, terrestres ou aériens; ils peuvent se prêter à une foule d’applications diverses.
- « Il est possible, par ce système, de pouvoir obtenir l’exécution de la commande, soit instantanément, soit seulement au bout d’un nombre quelconque de secondes après l’avoir envoyée. Enfin, il est possible aussi d’annuler ladite commande avant ou pendant son exécution. Le manipulateur et le récepteur re-
- Fig. 4.
- i4 juin 1909 par M. Cailletet, au nom de leur inventeur, M. le baron d’Ivry.
- D’après les indications données dans celte note, ils permettent de provoquer à distance, soit avec un seul fil, soit sans fil de ligne au moyen des ondes hertzi ennes, des commandes ou manœuvres multiples, variées et sélectionnées, telles que: allumage ou fonctionnement mécanique des signaux, mise en marche et arrêts de tous moteurs, hélices, gouvernails, aiguillages, téléphones, etc., au moyen d’embrayages et de débrayages.
- « Ils ont l’avantage de posséder une grande souplesse et une sécurité absolue dans les
- viennent ensuite d’eux-mémes simultanément au point du départ (zéro du cadran) après avoir exécuté leurs manœuvres. »
- Les deux appareils principaux sont, naturellement :
- 1° Un MANIPULATEUR-S ÉLECTION N EU R-EXPÉ-
- diteur des commandes à effectuer;
- 2° Un RECEPTEUR-RETARDATEUR-EXÉCUTEUK
- des commandes expédiées.
- Le manipulateur (fig. 4) estcomposé essentiellement d’un cadran divisé en 8 secteurs égaux, chacun servant à une commande dis-tincte, sauf le dernier qui est le point de. départ ou de repos lors de la remise automati-
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- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X(2« Série). — K* 22.
- que au zéro. Sur le cadran se trouve une première aiguille, folle autour de son axe, et servant d’index pour la commande choisie ; une seconde aiguille, calée sur l’axe, est entraînée par un un petit moteur et démarre aussitôt que l’index a été déplacé du zéro. Cette seconde aiguille, pendantsa rotation, effectue les différents contacts et vient rencontrer la première aiguille à la position qui a été déterminée d’avance ,- cette rencontre provoque la rupture du circuit d’émission ; la deuxième
- Le récepteur se compose essentiellement d’un solénoïde suceur avec noyau de fer guidé. Il peut être relié au transmetteur par un seul fil de ligne ayant la terre pour retour, quel que soit le nombre des commandes à exécuter. Si la commande doit avoir lieu sans fil au moyen des ondes hertziennes, le récep-teurmanœuvre au moyen d'un courantlocal et d’un relais très sensible combiné avec un détecteur de trains d’ondes et un appareil d'accord ou de syntonisation.
- Fig. 5. — Récepteur sélectionneur, modèle simple.
- aiguille, entraînant ensuite la première, la ramène au zéro.
- Les différents plots de contact sont disposés en couronne sur le socle de l’appareil: les plots pairs servent à envoyer les commandes et les plots impairs à les annuler. Lorsque le frotteur passe sur un plot, le courant est envoyé dans un relais qui produit l’émission de courant dans le récepteur, lequel porte le même nombre de plots que le manipulateur.
- ' Fig. C. — Récepteur sélectionneur, modèle complet avec ses relais.
- Dans les deux cas, le courant d’utilisation actionnant les appareils constituant les diverses commandes est emprunté à une source électrique locale reliée au récepteur.
- Tous les organes du récepteur sont immergés dans un bain de pétrole et d’huile mélangés. A chaque émission de courant produite à distance, un solénoïde soulève un noyau de fer creux fermé à son extrémité supérieure.
- Ce noyau constitue le corps d’une petite
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- 28 liai 1910.x
- REVU Ri D’ÉLECTRIC ITÉ
- pompe dont le piston, fixe intérieur, consiste en un second tube concentrique à frottement fixé sur l’embase et portant à sa partie inférieure un clapet à billes.
- Au moment de l’ascension du noyau, le clapet se soulève et une petite quantité de pétrole est aspirée. Quand le solénoïde n’attire plus le noyau, ce dernier reste néanmoins soulevé un certain temps, parce que sa chute brusque est empêchée par le pé-
- lorsque le pétrole est sorti en quantité suffisante du corps de pompe, ce qui constitue le retard au contact.
- Le mouvement de rotation du levier de contact est obteuu par un système de rochets disposés en deux couronnes dans lesquelles un ergot avance d’une dent à chaque soulèvement du noyau.
- Enfin, aussitôt la commande exécutée, le leviêr de contact, continuant à descendre,
- trole contenu dans la pompe, d’où il ne peut s’écouler que lentement par une petité ouverture à débit réglable. Lorsque le noyau est dans cette position, le levier de contact se trouve au-dessus de la couronne de plots et peut ainsi passer Successivement en regard de chacun sans en toucher aucun; à chaque émission, le levier avance de l’intervalle d’un plot. Lorsque le levier est arrêté au-dessus du plot correspondant à la commande choisie, il s’asseoit lentement sur ledit plot avec lequel il vient faire contact
- passe au-dessous de la couronne de plots, et un galet fixé au bas du noyau glisse alors sur un plan incliné circulaire, c’est-à-dire en spirale, ce qui a pour effet de ramener le levier à la position initiale de repos. Cette manœuvre s’effectue en même temps sur le manipulateur, de sorte que les deux postes, bien qu’éloignés l’un de l’autre, sont remis au zéro automatiquement et simultanément.
- De la maison Radiguet et Massiot, nous avons à signaler des appareils de démonstration destinés aux travaux pratiques de physi-
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- LA LUMIÈRE; ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série}: ~..K«a2>^!
- qiae et de chimie, et aussi des appareils d'électricité médicale.
- Ce dernier genre d’appareils était comme d’habitude assez copieusement représenté à l’Exposition de la Société de Physique, mais nous nous abstiendrons d’en parler ici,
- M. cl’Arsonval devant lui-même commencer prochainement dans cette Revue une >série de chroniques qui présenteront l’état actuel de ces questions avec beaucoup plus d’arito-rité que nous ne pourrions le faire.
- (A suivre.) J. Rkyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Courbes déformées de courant et de tension et leur analyse.— A. Hermann. —Elektrotech-nische Zeitschrift, 20 et 27 janvier igio.
- Ces courbes peuvent toujours être représentées sous la forme de séries de Fourrier
- E = E, sin o)t -f- E3 sin 3w£ -|- .... dans le cas où dans chaque demi-période les courbes sont symétriques par rajjport au milieu de la demi-période et de la même manière par E’= E, sin (d>t — a,) -j- E3 sin 3 (w£ — ù3) . ..
- ou bien
- E := At sin tôt -j- A3 sin ’iiet -f- ....
- -f- B, cos io£-f~ B3 cos 3 ut -f- ....
- dans le cas des courbes asymétriques, c’est-à-dire dans lesquelles seule subsiste la symétrie des demi-
- Fig. 1.
- périodes. On peut donc,sur un oscillogramme donné, connaissant son type et le nombre des harmoniques, mesurer les ordonnées pourautant de valeurs du temps qu’il y a d’inconnues à déterminer : bi> L3; A,, B,, etc. On aura ainsi un système d equatjons permettant de déterminer les grandeurs des harmoniques et l’équation de la courbe. L’auteur applique cela en prenant pour abscisses des valeurs
- , -, etc.
- 5
- mi-période. Par exemple, dans le cas de la ligure 1, où il n’y a qu’une seule harmonique, l’équation de la courbe est :
- E = E, sin lût -{- E3 sin 3<o£.
- En mesurant les ordonnées Y. et Ya correspon-
- dantà t ; T T
- = — et t - : -, on a :
- 8 4
- et Yt = E, sin l\5° -j- E3 sin i35°
- Y2 = E, sin 90° -f- Ea sin 270°
- d’où :
- E, = —r + — = 0,71 Y, -f- o,5o Ya y a 2
- et
- E2 — -p--------- = 0,71 Yt — o,5o Y2.
- ya 2
- En procédant de cette manière, l’auteur donne des tableaux correspondants aux cas de 1, 2 et 3 harmoniques supérieures des courbes symétriques et asymétriques. On y trouve la forme de la courbe pour les exemples courants de la pratique, l’équation de la courbe et enfin les amplitudes des harmoniques en fonction des ordonnées mesurées.
- N. B. — Nous signalerons pourtant une difficulté: c’estrîmpossibililé de reconnaître iminédiatementpar l’aspect de l’oscillogramme la nature des courbes. Ainsi, par exemple, les courbes qui sont données comme courbes-types sont bien faciles à confondre, surtout sur les oscillogrammes. Telle quelle, cette méthode n’est donc pas toujours applicable; il y a lieu de la compléter par une étude qualitative préalable des courbes à analyser.
- S. P.
- de la de-
- simples du temps telles que -, - , -
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- V'.’.Wiï • - - -.v'.'-N' ' • »• - • - ' -v ». y
- 2» Mai 1910. REVUE D'ÉLECTRICITÉ ' ; ^
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Gompoundage des alternateurs par les redresseurs à mercure. — B. Schàfer. — Elektro-tcrhnisehe Zeitschrift, ao janvier 1910.
- L’auteut- donne les résultats d’essais effectués sur un alternateur triphasé de 5o K.V.A., 750 tours par minute, 5ô périodes, a3o volts. Le montage était conformé au schéma qü’ihdique la figure 1.
- Fig. excitatrice; G, redresseur; transformateurs:
- in, d’intensité; p, de tension.
- On fournissait à vide au redresseur le courant minimum suffisant pour l’incandescence nécessaire.' Le redresseur, après un ajustage convenable des résistances, a fonctionné d’une manière tout à fait satisfaisante (courant redressé de 4 à 11 ampères). Son Faible prix, la durée garantie de 2000 à 3o<>0 heures, la puissance absorbée négligeable donnent une idée favorable de l’emploi possible de ce mode.de réglage des alternateurs.
- S. P.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Solution graphique de certains pi'oblèmes d’éclairement. — F. Parks. — Electrical World, 24 mars 1910.
- On peut déterminer l’éclairement d’une source lumineuse sur une certaine surface par la considération du flux lumineux, ou bien point par point. La première méthode est la plus récente et par raison d’habitude, sans doute-, on l’emploie moins que la secondé. Mais celle-ci donne lieu à des calculs longs et ennuyeux.
- Supposons la surface éclairée horizontale et un rayon lumineux SM tombant sur elle, sous l’incidence à, en un point M.
- Si I est l’intensité lumineuse en bougies dans cette direction, h la distance normale de la source S à la surface, et h un facteur qui dépend des con-
- ditions locales, l’éclairement par unité de surface, au point considéré, est
- cos3 a. h2
- /f êtant supposé connu,il faut déterminer I et « pour chaque point particulier. La valeur de I correspond à l’angle <p du rayon SM avec l’axe de symétrie de la lampe, angle que donnent les courbes photométri-ques, et, si la lampe à incandescence est inclinée, cet angle n’est pas égal à a et est situé dans un plan différent.
- Pour éviter toute ambiguïté écrivons :
- e — /f cos3 a.
- . h2
- Au lieu de calculer a et ij>, l’auteur indique comment construire un abaque permettant de les déterminer géométriquement.
- Dans l’angle supérieur gauche d’un carré se trouve le point S, projection de la lampe sur le plan éclairé., Les côtés supérieur et de gauche sont gradués en unités de longueur, et on trace un quadrillage à l’aide duquel on peut repérer sur le graphique la position d’un point quelconque du plan. De plus, on trace des droites passant par S et formant entre elles, à partir des côtés du cadre, des angles de 5 en 5 degrés ; la valeur de ces angles est inscrite sur les bords inférieur et de droite.
- Cela fait, si l’on se donne la haüteur de la lampe au-dessus du plan éclairé et son inclinaison, on peut, à l’aide de constructions fort simples, n’exigeant qu’un compas et une règle, déterminer, sur une feuille de papier calque placée sur l’abaque, les angles a et ep . Ces construtions ne sont autres que des rabattements comme on en effectue constamment en géométrie descriptive; c’est pourquoi nous n’insistons pas sur ce point. L’habitude aidant,, et grâce aux arcs de cercle de répère tracés d’avance, sur l’abaque, on peut exécuter à main levée les différentes constructions.
- L.B.
- A.ction des rayons ultraviolets sur les trypanosomes. — H. Bordier et R. Horand. — Académie des sciences, séances des 7 mars et 4 avril 1910.
- Les trypanosomes sont insensibles à l’action des rayons X, mais meurent rapidement sous l’influence des rayons ultra-violets; en outre ils subissent ainsi une transformation qui les rend transparentsTet très difficiles à observer.
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- „ 5p?ss?
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série). — W»22
- Action des rayons ultraviolets sur les microorganismes et sur différentes cellules. Etude microchimique. — Cernovodeanu et V. Henri. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910.
- Les rayons ultraviolets produisent dans le protoplasme des transformations-chimiques et jjhysiques qui modifient complètement toutes les réactions de coloration. Cette action des rayons est bien différente de celle de la chaleur, de l’éau oxygénée ou des fixateurs ordinaires.
- Ces récherches précisent donc un point important de la technique de l’ultraviolet.
- Comparaison de la lumière du jour aux sources lumineuses artificielles. — H. Ives. — Bulletin of the Bureau of Standards, novembre 1909.
- La lumière qui convient le mieux à l’œil humain étant celle du jour, il est intéressant de déterminer un chiffre qui donne une idée de la ressemblance qui existe entre cette lumière et celle d’une source artificielle quelconque. Toutefois les méthodes simples, pour déterminer le rendement d’une source lumineuse en lumière du jour, font défaut. L’auteur en propose deux :
- Première méthode. Ecrans absorbants. — Cette méthode s’applique uniquement aux sources dont le spectre est continu.
- Prenons pour unité, pour chaque longueur d’onde, l’intensité lumineuse du spectre du jour et traçons une courbe indiquant en fonction de la longueur d’onde l’intensité lumineuse du spectre de la source étudiée.
- L’auteur a effectué cette détermination pour un certain nombre de sources lumineuses, travail déjà fait par Nichols, mais celui-ci prenait po'ur étalon de comparaison la lumière de l’acétylène. De plus, il a complété les mesures de Nichols en indiquant exactement la consommation spécifique des différentes sources et leur composition. Toutes ces courbes ont leur point le plus bas dans le bleu. Si l’on prend arbitrairement, égale à l'unité, l’ordonnée d’un point situé dans l’extrême bleu (o, 4ajji.), l’écran dont le pouvoir transmissif sera, pour chaque radiation, l’inverse des ordonnées de cette courbe fournira de la lumière constituée comme celle du jour. A vrai dire, celte lumière manquera un peu de bleu, mais la quantité manquante est négligeable; elle est inférieure à 2 % .
- On peut dès lors déterminer le rendement en lumière^du jour pour une certaine source par le I'
- rapport p == -, I' étant l’intensité de la lumière blan-
- che restante et I l’intensité totale de la source. Sans faire de nouvelles mesures, il suffit de dresser une courbe donnant en fonction de la longueur d’onde les différentes intensités spectrales de la source étudiée, et de réduire ses ordonnées dans le rapport indiqué ci-dessus. Le rapport de l’aire de la nouvelle courbe obtenue à l’aire de celle dont.elle dérive n’est autre que p.
- Le tableau I est intéressant, à observer en ce qui concerne les lampes à incandescence ; on y voit en particulier que la consommation en watts « par bougie de lumière du jour » est inférieure à la consommation ordinaire de la première lampe à filament de carbone.
- Tableau I
- SOURCE Consommation spécifique en watts par candie (*) sphérique. Consommation spécifique en watts par candie ( *) sphérique de lumière au jour. P p’
- Lampe à filament de charbon... . 4,8a 25,1 <9>3 3i
- ‘ .... i,75 •»7>7 21,2 33,4
- Lampe à filament métallisé 3,i 12,6 24,6 35, 8
- Lampe au tantale . 2,6 9,5 2(>, 3 37,3
- Lampe au tungstène i,56 4,7 33,2 43,5
- Acétylène
- Manchon WelsbacU,% % de cérium. 5o, 5 65,5
- Arc au mercure (Nichols) 78! 8
- Lumière moyenne du jour IOO IDO
- C) Rappelons, d’après M. Janet (Lumière Electrique, 2D mai 1909), que pour les besoins de la pratique la candie et la bougie décimale ont mémo valeur.
- Celte méthode a cependant un intérêt plutôt pratique que scientifique. Le rendement dépend, en effet, .de la longueur d’onde pour laquelle on a choisi l’ordonnée unité. D’autre part, pour les sources qui présentent un spectre de raies, le rendement déterminé par cette méthode est visiblement nul; et cependant toutes ces sources excitent trois sensations primaires, qui donnent à l’œil quelque impression de blancheur.
- - Deuxième méthode. Sensations colorées primaires. — L’auteur propose donc une autre méthode cpii peut s’appliquer à toutes les sources lumineuses.
- Une couleur quelconque peut être obtenue par un mélange de lumière blanche et de celle qui provient d’une certaine raie spectrale. Si donc on dispose d’un étalon de lumière blanche et qu’on superpose aux rayons lumineux qu’il produit ceux qui proviennent d’une région étroite d’un spectre, on pourra faire
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- 2 8 Mai 1910. ,, REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- une comparaison photométrique entre cette lumière mixte,-et celle de la source étudiée ; on arrivera à réaliser l’égalité d’éclairement en faisant varier méthodiquement les intensités lumineuses de chacune des deux parties de la lumière mixte, et aussi la région du spectre d’où provient la lumière colorée. Le rapport- p' entre l’intensité de la lumière blanche employée et l'intensité totale de la source déterminera ce qu’on peut appeler le rendement en sensation de blancheur de la source en question.
- Cette méthode, préférable au point de vue scientifique, car elle ne dépend pas d’un choix d’écran arbitraire, est d’une application délicate; il est en effet nécessaire de posséder un étalon de lumière blanche ou d’employer des artifices qui permettent de tourner la difficulté. Sans entrer dans les détails, disons seulement que ces artifices reposent sur la considération des courbes des trois sensations primaires, rouge, vert et bleu qui sont produites pour chaque radiation dans un œil normal (Kônig et Exner). Bor-nous-nons à donner pour les mêmes sources lumineuses que ci-dessus les valeurs de p' (tableau I).
- Discussion. — La première méthode donne des indications précieuses sur la valeur des pertes qu’entraînera l’emploi d’écrans absorbants pour differentes sources. De plus, les qualités de celles-ci, au point de vue de la bonne distinction des couleurs, sont également mises en évidence par les valeurs de p.
- La seconde rend'compte uniquement du degré de la sensation de blancheur qu’on éprouvera à la vue d’une surface éclairée par une source lumineuse.
- Toutes les deux donnent des chiffres intéressants pour la pratiquent l’auteur, pour les mieux condenser, les représente graphiquement.
- *567 456746674667
- I II III IV V
- Fig. i. — Rendements p' (surface totale dos rectangles) et p (aire des parties couvertes de hachures). — I, lumière du jour; II, arc au mercure ; III, manchon Welshach (3/4 % de cérium); IV, lampe au tungstène; V, lampe fi filament de carbone (4 watts).
- Au-dessous d’échelles graduées en dixièmes de p. et dont l’étendue correspond au spectre visible (fig. i), il construit des rectangles dont la surface est proportionnelle à p' et dont la partie couverte de hachures est proportionnelle à p. Il indique de plus, perpendiculairement à l’échelle, par un trait vertical,
- la position de la raie dominante. Pour la lumière du jour (1), pet p' étant égaux à 100% , toute la surface du rectangle est ombrée. Pour l’arc au mercure (II), on voit immédiatement que son rendement en sensation de blancheur est d’environ 80 % , mais qu’il ne vaut rien pour le discernement des couleurs. Il n’en est pas de même pour là source III, etc.
- L. B.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Isolateurs de haute tension. — K. Kuhlmann.
- — Elehlrotechnisehe Zeitschrift, 20 et 27 janvier, 3 février 1910.
- Les isolateurs, tant extérieurs qu’intérieurs, peuvent être subdivisés en isolateurs de support et isolateurs d’amenée. Dans les premiers, les deux conducteurs à protéger ne se croisent pas et sont maintenus à une distance déterminée l’un de l’autre ; dans les derniers, les conducteurs se traversent mutuellement. Les fils télégraphiques et les fils de prise du courant dans un transformateur à huile en sont des exemples typiques.
- Tous les isolateurs ne doivent céder à la tension qu’ils supportent que superficiellement, par la couche d’air extérieure, et non par la masse isolante; la longueur de passage à la superficie est ainsi la longueur de sûreté des isolateurs" (’). La rupture de l’isolant comporte, en effet, des conséquences beaucoup plus graves pour l’exploitation que le court-circuit par l’air qui disparaît en même temps que la surtension.
- La figure i donne, en fonction, de la tension du réseau, les facteurs de sûreté S généralement employés ; on appelle ainsi le rapport de la tension que peut supporter l’isolateur à la tension d’utilisation.
- Pour déterminer ces courbes, on a supposé que les deux conducteurs sont isolés par rapport au sol; il peut alors exister entre l’un d’eux et la terre 5o à 60 % de la tension.
- On voit d’après la courbe que le facteur de sûreté varie de 6,5 à 2. Ces valeurs sont évidemment plus ou moins variables suivant l’importance et la nature de la station; mais, en tout cas, même avec un eon ducteur à la terre on ne pourrait pas les abaisser de plus de 70 à 80 % . (*)
- (*) Cf. Kuhlmann, /;’. T. Z., 1908, p. n5o et 1151
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2e Série). — N« 32*.
- ISOLATEURS DE SUPPORT POUn L’EXTÉRIEUR
- La tension de rupture pour ces isolateurs — qu’on fait généralement en porcelaine travaillant à la compression — dépend beaucoup de leur état hygrométrique (*). On est donc obligé de prendre un facteur de sûreté beaucoup plus grand, pour les très hautes tensions : 3 et même 3,5. La résistance à la rupture doit être plus grande, de 35 à 5o % plus élevée que celle indiquée par la figure i.
- S U (kilovolls)
- ,V !>n «!7 *jü
- Voltage .do régime.
- Fig. r. — U, tension de rupture; S, facteur ,'de sécurité.
- D'après les courbes de Ta figure 2, la tension de rupture varie peu . à partir de ro,nm de hauteur de pluie par minute ; en pratique, une pluie de ’/mm se présente déjà assez rarement. Aussi, est-il tout à fart
- suffisant de faire les essais à io1"” par exemple.
- Hauteur de pluie par minute (Millimètres).1'
- Fig. a.
- Les typtes de ces isolateurs les plus connus sont
- les isolateurs à manteaux (flg, 3) et les isolateurs Delta (fig. 4); les premiers1, plus anciens, sont de-beaucoup inférieurs aux autres.
- Fig. 3. — Isolateur A manteaux.
- Il suffit pour comprendre leur défaut de considérer là figure 3 où on a représenté les capacités linéiques (le long de l’axe de l’isolateur) se chargeant à travers des résistances de plus en plus grandes à partir de l’attache du conducteur (le support de Fiso-
- Fig. 4. —Isolateur Delta.
- lateur est supposé par e^empleTmis à la terre) par des courants (les petites flèches de la figure) décroissants en même temps. Dans un réseau à courant alternatif ou sous de brusques variations du régime dans le cas du courant continu, les courants oscilla* toîres de charge des capacités provoquent le pas* sages d’étincelles dans l’air entre les manteaux, la densité du champ électrique y étant 5,3 fois plus forte que dans la porcelaine, de constante diéiîee*
- (') Cf. Pr Frjese, Das Porzellan.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 28 Mai 191Q
- T70
- trique égale à 5,3 (‘) ; il se produit ionisation de l’air qui facilite la rupture de l’isolateur. Sous les pluies, lesi potentiels des condensateurs en bas sont encore plusi grands, la densité du champ électrique également et il se forme des décharges parles bords entre les manteaux (courant de o,oo5 à 0,01 ampère).
- Cette influence nuisible de la grande valeur de la
- Fig. 5. — Dispositif tioddard.
- constante diélectrique sera diminuée en supprimant complètement les manteaux, ou encore mieux en les écartant l'un de l’autre. C’est le type Delta et ses modifications.
- Ces considérations sont pleinement confirmées par
- Fig. 6. — Isolateur Brown-Boveri,.
- l’expérience : on a pu’ photographier, par exemple, les effluve*'émises entre les bords, des manteaux intérieurs et aussi desi gouttes brillantes de pluie, qui se vaporisent, en; partie et éclatent en partie sous l’action de la pression électrostatiqiue. On prétend améliorer les isolateurs en augmentant ces phéno-
- D’aprcs Wirtz. Cf. Fuiese. Bas Porzellan, p. 46 à 4«.
- mènes, en mettant sur les isolateurs des couvertures métalliques. L’auteur n’a pas pu constater une améliorait©® notable. Le prix et le' pends deviennent moins grands, si l’on remplace les «ouverture» en porcelaine par des couvertures métalliques, mais on augmente le courant de dh.ir.go. Cependant on peut recourir à ce dispositif entre les tensions moyennes et les temsionsitrès hautes, car, au-delà de a5 000. volts, les isolateurs en porcelaine, même du type Delta, deviennent trop lourds et encombrants. Les isolateurs à couvertures métalliques ont à sec une rigidité électrique plus faible, par une pluie à peu près égale, que les isolateurs à couverture en porcelaine; cela ne nuit donc pas à la sécurité d’exploitation du réseau.
- Les isolateurs Delta exposés à l’air libre ne sont nullement protégés contre l’effet de la foudre se déchargeant dans le poteau de l’isolateur; ce sont sur-
- jc'jg, 7. — Type ancien d’isolateur pour l’intérieur.
- tout alors les isolateurs le® plus élevés qui sont en danger. Ainsi la Niagara Lockport and Ontario Power G0 a dû placer, à côté de ces isolateurs, un pa-rafoudre ('); mais cela diminue la’sécurité du réseau contre les surtensions atmosphériques.
- Pour protéger ces isolateurs contra les oscillations atmosphériques se propageant le.lQng.de® fils on emploie, d’après Goddard, une forte bobine de réaction dont les extrémités opposées sont réunies par un conducteur peu inductif (fig. 5).
- Un autre inconvénient de ces isolateurs, c’est leur encombrement à partir d’une certaine tension. Le dispositif de Hewlett (2) qui, suivant la tension, place en série un plus ou moins grand nombre de ses iso-
- (<)• Voir R. D. Mersiio.v, The Transmission Pliant of the Niagara, Lockporit and Ontario Power (G°,_
- (2) Proceedings of the Am. Inst, of El. Eng. t. XXVI, 1907, p. 975 et E. T. Z., 1907. p. 905.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série). '—
- lateurs élémentaires, a de grands avantages sur les isolateurs Delta : remplacement facile des isolateurs défectueux, réalisation de très hautes tensions soiis faible encombrement, simplicité ' de fabrication, absence de la mise à la terre, si l’un des isolateurs en série est détérioré. Ces isolateurs sont de deux types: diamètre : i65mm et2Gomm; hauteur: 65h,a’et ioomm).
- Ils sont employés dans .la transmission de Grand Rapids Muskègon, noooo volts (rigidité à sec 370 000 volts;sous une pluie de ioram, 200 000 volts).
- Fig. 8. — Isolateur Kuhlmann, 33 ooo volts.
- Ces isolateurs Hewlett ont donné lieu à plusieurs créations analogues, en particulier l’isolateur Brown-Boveri et Gie A. G. (fig. 6) (l).
- ISOLATEURS DE SUPPORT POUR l’iNTEKIEUR
- Ces isolateurs ont à supporter des efforts mécaniques très grands (supports des interrupteurs). Les isolateurs ordinaires, même en les disposant en série pour la haute tension,n’aùraient aucune rigidité mécanique. L’auteur a proposé un système (A. E. G.) où l’on renonce complètement aux sillons qui ne servent, somme toute, qu’à agglomérer les poussières. Son isolateur est vide à l’intérieur (il est hermétiquement clos en bas par un couvercle métallique) ; la rupture .pe peut ainsi se produire que superficiellement, même si l'isolateur se brise en haut ; pour
- augmenter la rigidité mécanique, la section des porcelaines a une forme parabolique. La figuré 8: en donne lés dimensions et la figure 9 indiqué comment on les monte en série pour de très hautes tensions,
- ISOLATEURS D’ENTRÉE
- On a constaté que la longueur du trajet selon lequel la foudre se fait passage le long de l’isolateur
- Fig. 9. — Isolateurs en série, 125 000 volts, est plus grande que la longueur correspondante dans l’air pour la même tension; ce qui s’explique encore par la plus grande capacité linéique qui provoque des étincelles superficielles de charge avant la rupture. Pour diminuer cet effet, il faut proportionner le diamètre à la longueur et rendre surtout à 1 endroit de la douille d’attache la capacité très faible (fig. 10) (*).
- Jt
- T
- .1*
- T
- T
- T.
- Fig. 10. —D, boulon de traversée ; P, tube de porcelaine; s, douille métallique.
- L’A. E. G. emploie l’isolateur de l’auteur, à l’intérieur rempli par de l’huile ou des isolants composés ; la porcelaine a la forme parabolique ; cet isolateur chasse d’une manière très efficace l’eau de pluie par la vaporisation. La figure 11 • représente un de ces isolateurs. Celui de la General Electric G0 (2), basé
- (*) Brevet du 21 janvier 1909.
- (*) Benischke. E. T. Z., p. 95.
- (2) Zeitschrift fur elektrische Bahnen, 1906, fasc. 2.
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- 28 Mai 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ ' ''
- sur le même principe, remplace-la porcelaine par des isolants comprimés d'une certaine composition.
- La densité du champ électrique radiale diminuant de l’axe vers la périphérie, il faut prendre les maté-
- Fig. il. — Isolateur A. E. G., ia5 ooo volts, riaux isolants de constante diélectrique et de rigidité électrostatique décroissant dans le même sens.
- fC
- .s
- M
- Fig. 12. — D, boulon; M, couclio de métal; e, il la terre; i, isolant.
- Le principe a clé indiqué pour les câbles déjà en 1901, par O. Gonnann (’) et rappelé parle DrApt(* 2);
- pour les isolateurs, c’est surtout G.*Benischke (') qui l’a indiqué.
- C’est un autre principe qui sert de guide à R. Nagel (*) qui emploie des condensateurs de même capacité (disque en papier recouvert des deux côtés par des feuilles d’étain (fig. 12). Conformément aux prévisions de l’auteur, il y â eu au commencement des difficultés à cause des étincelles aux bords.
- D’après une communication récente (3), on est parvenu à vaincre les difficultés en mettant les bords d’étain dans des anneaux métalliques à section circulaire. S. P.
- TRACTION
- Sur la théorie du monorail à gyroscope, — A. Foppl. — Elektrotecknische Zeitschrift, 27 janvier 1910.
- La partie essentielle du monorail est son gyroscope; il doit assurer la stabilité de la voiture non seulement contre les perturbations accidentelles, comme dans les bateaux, mais aussi dans la marche normale. Le schéma du problème se présente selon la figure 1, où A est l’axe des oscillations du pendule CD qui schématise un bateau si son centre de gravité est plus bas que A et un monorail dans le cas contraire. Le volant gyroscope peut occuper par rapport au pendule l’une des trois positions I, Il et III.
- Dans la position I son axe de rotation est parallèle au couteau de suspension A; dans II il est parallèle à l’axe de symétrie du pendule et dans III il est normal aux deux directions précédentes. On peut d’ailleurs déplacer le volant parallèlement à lui-mêine sans changer son action stabilisante. Quelle que soit la position du gyroscope (I, II ou 111), si l’on maintient son axe solidaire du pendule et sa vitesse de rotation constante, son action stabilisante est nulle. Pour pouvoir réagir sur les oscillations, il faut dans II et III rendre mobile l’axe de suspension du cadre du volant et dans I changer sa vitesse de rotation.
- Dans le dernier cas, qui est pratiquement peu avantageux, mais-plus simple à comprendre, on peut employer deux volants actionnés par des moteurs électriques et tournant en sens contraire; on pourra alors ralentir la vitesse de l’un pour accélérer l’autre avec une faible perte d’énergie. Les couples ainsi provoqués — produit du moment d’inertie I du volant
- (') E. T. Z., iyo7, p. 95.
- (2) E. T, Z. 1907, P- *53.
- (3) Proceedings ofthe Am, Inst. ofEl. Eng,, mars 1909.
- (>)A. T. Z„ 1901, p. 485. (a) E. T. Z., 1908, p. 160.
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- 282. LÀ LUtfiÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série), — N* «2.,
- (fit)
- par l’accélération —, positive ou négative—ajoutent
- leurs effets sur le pendule et permettent de le conserver en équilibre dans une position oblique. Mais il faut pouvoir créer automatiquement ces couples stabilisateurs. On pourrait, par exemple, utiliser un petit pendule régulateur à oscillations propres amorties, qui réglerait les accélérations des volants; ce régulateur serait également efficace pour le parcours des courbes. 1
- Dans la position II (fig. 2), le moment de la quantité du mouvement du gyroscope par rapport à son axe de rotation peut être décomposé en deux, l’un
- Fig. 1.
- Iw sin ij; suivant A, l’autre I wcos suivant BB. Les variations du premier avec t|< donnent le couple stabilisateur Iw (l’angle ^ étant assez petit pour con-
- fondre sin t|> avec ty) ; le système est donc équivalent à un volant fictif, dans la position I, à vitesse variable o>tJ>. Le mouvement du pendule est régi par l’équation C) :
- d^cp A d3cp /P* pr l2(o2\ dicp
- ~dt'‘ + k~dP ^ \ K + T + IÎT ) ~dfi
- + A
- P s dvf pr Pa-
- IK ~dt + T K ? = °'
- (’) Pour l’étude mathématique l’auteur renvoie à son ouvrage : Vorlcsungen iiber Technische Mechanick Band VI.
- où :
- P,p désignent les poids du pendule et du volant K,k désignent leurs moments J par- rapport d’inertie ; I au couteau A
- s,r désignent les distances du 1 et à l’axe ee centre de gravité compté i respective-positivement en bas.... J ment.
- A désigne le coefficient d’amortissement £dû au frottement du cadre du volant dans les paliers et supposé proportionnel à la vitesse.
- Fig. a.
- Pour assurer la stabilité (absence des exponentielles positives), il faut tout d’abord rendrejj les coefficients positifs. Or dans le monorail s est négatif; s’il n’y avait pas de frottement, il suffirait pour assurer l’équilibre normal de rendre r < o et de prendre le volant assez puissant.
- Le frottement et les perturbations accidentelles compliquent la solution. On pourrait faire A lui-même négatif en accélérant le mouvement de précession ((}*) au lieu de le retarder par le [frottement. • é?® .
- Alors le coefficient de — serait positif, mais celui de
- dy3
- dt3
- deviendrait négatif. Il faut donc compléter le
- schéma de la figure 2 par un régulateur qui au
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- 28 Mai l910^ '"'i;'' ' REVUE" D»ËLECT«1ÇITE.
- moment nécessaire accélère ou retarde le mouvement de l’àxe du gyroscope.
- Quant à la position III, il y faudra aussi rendre le cadre du gyroscope mobile autour de l’axe de symétrie BB. Cette position est pratiquement moins avantageuse que la précédente : /• est ici égal à o et pour aider la stabilisation du monorail, il faudrait des poids ou des ressorts. Le parcours des courbes nécessite ici l’emploi de deux volants tournants en sens inverse, tandis que dans II cela a beaucoup moins d'importance.
- Somme toute, la position II est pratiquement la plus avantageuse. C’est elle qui est adoptée par A. Scherl (10 nov. 1909, Berlin) et actuellement peut être aussi par L. Brennan (lonov. 1909, Angleterre).
- On ne peut d’ailleurs que faire des hypothèses étant donné l’ignorance complète où l’on se trouve jusqu’à présent des dispositifs adoptés par les inventeurs.
- S. P.
- ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Le four électrique. — J. Harden. — Communication à la Rugby Enginering Societr', d’après V Electri-cian, 18 mars 1910.
- L’auteur passe en revue les avantages et désavantages d’ün certain nombre de fours électriques (*).
- D’abord les fours à arc, parmi lesquels le système Stassano et le système Héroult. La consommation d’énergie pour le premier est de 1 000 à 1 200 kilowatts-heures par tonne d’acier produite.
- Puis les fours d’induction, le système Kjellin et une modification de celui-ci, le four Rœchling-Rodenhauser (*). Dans ce dernier type, le secondaire n’est pas constitué seulement par le four, mais aussi par un circuit spécial qui absorbe 35 % de l’énergie primaire.
- On traite ordinairement de l’acier Bessemer dont l’analyse est à peu près celle-ci : carbone, o,3 % ; soufre, 0,07 à 0,08 % ; phosphore, 0,06 à 0,07 % . Après raffinage, il contient seulement des traces de soufre et de phosphore. La consommation d’énergie varie de 100 à 3oo kilowatts-heures par tonne.
- L’auteur donne un exemple particulier. Il s’agit de
- (*) Sur les fours électriques, en général, voir Lumière Electrique, Solier, i5 août 1908, p. 195, et Carcano, S juin 1909, p. 3o8.
- (2) Voir Wedding, Lumière électrique, 7 mars 1908, p. 3i3.
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- raffiner de l’acier destiné à la fabrication de tubes h chaudières. L’analyse finale révèle èn % : C, o,t4; Si, o,oi ; M/l, 0,41 ; S, o,o3a; P, traces.
- Les substances incorporées à la masse, qui comprennent entre autres du ferro-silicium à 5o % et du ferro-manganèse à 80 % , reviennent à 19 fr. 35 par tonne. L’énergie consommée est de 197 kilowatts-heures par tonne et son prix ajouté à celui de la main-d’œuvre est égal à 11 fr. 60.
- Les fours d’induction, contrairement à ce qui se passe dans les fours à arc, ont une charge très constante, mais un mauvais facteur de puissance. Cependant le dispositif Rcechling-Rodenhauser l’améliore.
- Si l’on considère un four de chaque type, d’une capacité de 5 tonnes, fonctionnant sur un générateur à 25 périodes et devant fournir 520 kilowatts, avec le four Rœchling le facteur de puissance sera d’environ o,65 à 0,70 ; avec le four à arc, 0,9. De plus, les fluctuations de charge, pour celui-ci, sont de l’ordre de 25 % . Cela correspond à une puissance apparente de 75o K.V.A. pour le premier et de 725 K.V.A. pour le second. La différence est faible, mais plutôt en faveur du four d’inductiori, car pour l’autre les générateurs doivent être construits d’une façon plus robuste.
- L’auteur, enfin, remet au point certaines idées inexactes qui sont répandues et qui tendent à considérer le four électrique comme devant détrôner les anciens fours. Ceux-ci sont plus économiques lorsqu’on désire fabriquer de grandes quantités d’acier de qualité moyenne et principalement dans les pays où, comme en Angleterre, le charbon existe en abondance et où il n’est pas indiqué de faire subir à l'énergie qu’il contient des transformations multiples. Au contraire, pour le raffinage et pour les aciers au creuset, lé problème est tout différent et le four électrique est celui dont l’emploi semble le plus justifié et le plus économique.
- L. B.
- BREVETS
- Procédé de fabrication de illaments de charbon pour électricité. —Sff. Hugo Drager et Société Sprecher et Schuh A. G., n° 409 906. Publié le 6 mai i910-
- Le procédé consiste à soumettre à l’action de vapeurs de métaux des filaments de charbon poreux.
- Les filaments de charbon sans enveloppe métallique, actuellement connus, présentent généralement l’inconvénient que les lampes où on les utilise
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- 284 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série). — N° 255?'"^
- consomment un nombre de watts assez élevé ; en cas de survoltage, la consommation augmente considérablement, et les filaments surchauffés s’abîment rapidement, prématurément. D’un autre côté, les filaments de charbon munis d'une enveloppe métallique obtenue, par exemple, par la galvanoplastie, présentent le défaut d’être détruits au bout de très peu de temps par l’électrolyse et par suite des différences des coefficients de dilatation des matières; en outre, ils forment des dépôts sur les parois des ampoules.
- Voici comment ée brevet propose d’opérer:
- Supposons qu’on emploie, par exemple, des filaments de charbon poreux, ou que l’on prépare les filaments en comprimant du charbon réduit en poudre et mélangé avec un liant qui contient du charbon. On peut mettre ces filaments en présence de corps métalliques, du mercure ou du bismuth, par exemple, et en même temps en présence de corps non métalliques, comme par exemple du silicium (de préférence sous forme de carbure), et les exposer alors, dans le vide, aux hautes températures d’un four électrique. A condition que l’air n’entre pas, les filaments de charbon restent absolument tels quels, jusqu’à la température d’environ % ooo° G.; mais déjà, àla température de i ooo°, approximalivement, les vapeurs peuvent pénétrer dans les pores. A cette dernière température, le mercure n’existe qu’à l’état de vapeur, tandis que le silicium ne se vaporise qu’à i 700° ou i 8oo°, approximativement. A la température de 1 ooo°, les vapeurs de mercure, qui sont alors seules en présence, pénètrent dans les pores des filaments, sans toutefois les remplir complètement; on peut, du reste, régler à volonté le degré de remplissage en augmentant ou en diminuant la quantité de mercure employée dans l’opération. Lorsque, ensuite, la température de 1 700 ou 1 8oo° est atteinte, le silicium se vaporise également, et pénétre à son tour dans les pores, qu’il remplit complètement; le silicium forme en même temps une couche à la surface des filaments de charbon saturés de vapeur de mercure, et on peut donner à celte couche une épaisseur plus ou moins grande, selon le temps employé, la température et, enfin, les dimensions des filaments.
- Les filaments de charbon, préparés de cette façon, présentent, grâce à la vapeur de mercure absorbée,
- l’avantage d’une faible dépense de courant ; d’un autre côté, grâce à la présence de la couche de silicium, ces filaments sont très solides et très durs ; on peut les exposer à de hautes températures, et ils résistent aux acides.
- Leur résistance est notablement supérieure à cellè du charbon.
- Cette fabrication de filaments pourrait se faire encore, par exemple, de la façon suivante : après avoir obtenu des filaments couverts de carbure de silicium, cela en procédant comme il a été décrit ci-dessus, on détruit par le feu, le noyau de charbon intérieur ; puis on remplit de mercure le tube incombustible ainsi obtenu. Avec des filaments préparés de cette manière, on évite tout dépôt brun sur la paroi des ampoules.
- Il convient de préparer les filaments de charbon de façon qu’ils soient très porèux, et pour cette préparation le charbon de bois, coke et autres matières similaires conviennent par excellence.
- NÉCROLOGIE
- J. Joubert.
- Dans la séance du 6 avril dernier, M. le président delà Société Internationale des Electriciens a rappelé en ces termes la carrière de J. Joubert, qui fut lui-même président de la S. I. E. :
- « Sorti de l’Ecole normale supérieure, J. Joubert avait été l’un des collaborateurs de Pasteur dans ses premières études sur la génération spontanée. Après des recherches sur la phosphorescence du phosphore, il s’était plus spécialement occupé d’électricité; ses études sur les courants alternatifs et le fonctionnement des dynamos sont devenues classiques, et ses . travaux sur la machine Gramme lui valurent la plus haute récompense de la Société d'encouragement pour l’Industrie nationale. Professeur de physique au collège Rollin et inspecteur général ‘de l’Instruction publique, il a présidé pendant: vingt-cinq ans le jury d’agrégation de physique. En 1882, il publiait, en collaboration avec Mascart, les importantes Leçons sur Vélectricité et le magnétisme et, en 1888, un, Traité élémentaire d'électricité, remarquable par la netteté de l’exposition. C’est une perte que vient de faire la science. « -,
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- 28 Mai ,1910. ; t REVUE D’ÉLECTRICl'lÉ
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- On sait l’antagonisme qui règne à Marseille entre la Compagnie Générale d’Electricité etlaCompagnie du Gaz et d’Electricité en dépit des efforts dépensés des deux côtés pour arriver à une entente commerciale. La même lutte d’intérêts vient de débuter à Lyon entre la Compagnie du Gaz de Lyon et la Société des Forces Motrices du Rhône ; des accords étaient intervenus en 1900 entre les deux concessionnaires pour éviter des canalisations parallèles dans les mêmes rues et des colonnes montantes dans les mêmes immeubles. Mais Jonage, paraît-il, dès 1905 cherchant à restreindre le développement de son associée, lui intentait un procès pour non-observation des clauses de l’accord Ce procès n’eut pas de suite, mais la situation resta tendue et Jonage manœuvra ainsi qu’il ressort du rapport du conseil du Gaz de Lyon pour mettre fin à une entente qui paraissait lui peser. Chacun des deux associés devenus deux ennemis se prépare à une guerre de tarifs qui sera pour le plus grand profit des habitants de la •ville de Lyon. La Compagnie du Gaz va étendre ses réseaux de canalisations, augmenter la puissance de sa station centrale actuelle par l’adjonction de nouveaux groupes convertisseurs et créer une centrale à vapeur qui fournira l’appoint aux stations hydrauliques des Alpes qui l’alimentent. La situation financière du Gaz de Lyon lui permet d’ailleurs des immobilisations importantes. Le solde des bénéfices nets-de l’exercice écoulé est de 2 3a3 335 fr. 10 de même valeur à 1 000 francs près que celui de l’exercice précédent : la répartition approuvée par l’Assemblée attribue aux actionnaires un dividende de 32 fr. 5o qui absorbe 1 820 000 francs ; les frais d’administration s’élèvent à 81 166 fr. 75 et le solde, soit 422 168 fr. 35, est versé au compte général d’amortissement. Il est intéressant de souligner que les ventes de gaz sous toutes ses formes d’emploi ont augmenté de 1 400 ooo"13 environ, le nombre d’abonnés passant lui-même de 85 5oo à 89 776. L’augmentation des abonnés d’électricité est proportionnellement plus élevée : 9 % au lieu de 5 % ; les 11 3Gi abonnés ont procuré en vente de courant une recette dé 1 677993 fr. 89, soit en moyenne 147 fr- 60 par
- abonné. Les autres sources de recettes.du Gaz de Lyon : vente de coke, de sous-produits, location d’appareils, éléments qui n’ont pas tous leur équivalent aux Forces motrices du Rhône sont également en progression. Nous terminerons ce résumé en disant que le Gaz de Lyon développe dans la banlieue de Lyon ses concessions d’électricité et vient d’obtenir celle de Trévotix, marquant ainsi sa ferme intention de donner à cette branche de son activité sociale toute l’ampleur possible.
- Les Forces Motrices du Rhône, dont l’assemblée aura lieu prochainement, ont réalisé de leur côté 2 512692 francs de bénéfices nets en 1909 en augmentation de 195 000 francs, les produits de l’exploitation s’étant élevés de 4 734 980 francs à 4 p55 829 francs. Le dividende qui sera proposé par lé conseil sera vraisemblablement de 25 francs comme l’an dernier. Les immobilisations ont augmenté au cours de i’exer-cice de 1 million environ.
- La Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston rendait compte pour la première fois à l’assemblée du 12 mai dernier des résultats d’un exercice qui s’appliquait à ses opérations et à celle des trois sociétés qu’elle a absorbées au cours de l’exercice. Ces résultats lui ont permis de porter le dividende à 3o francs par titre. Les bénéfices bruts se sont élevés à 6 159942 francs provenant de bénéfices sur entreprises, ventes, revenu du portefeuille et des participations, etc. Les frais généraux, intérêts des obligations et divers amortissements de travaux et de frais d’.açhat de brevets ayant absorbé 2 179 877 francs, il restait 8980 o65 francs dont le conseil a déduit encore 16 126 francs pour le compte réserve pour accidents detravailet 3o5 000 fr. pour la réserve d’amortissement des constructions, matériel et outillage. Le solde de 3 658 938 francs, auquel s’ajoute le report de l’exercicè précédent,a été réparti comme suit :
- Réserve statutaire : 5 % sur 3 658 g38 fr. 81 182946,94
- 5 % aux actions...................... 2822649,45
- 10 % au conseil sur le solde, déduction
- faite du report de 1908.............. 65 334,24
- Dividende de 1 % aux actions............ 564 529,90
- Report à nouveau........................ 1.98 742,28
- Dans ses déclarationsà l’assemblée, le président a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série).
- fr 22..
- fait ressortir l’augmentation, du dividende malgré l’accroissement du capital, et l’exactitude des prévisions du conseil quant aux résultats de la fusion avec la Thomson-Houston de la Méditerranée; en particulier, le bénéfice annoncé de 8 millions et demi s’est parfaitement réalisé et figure au bilan pour 5 3o5 ooo fr. | sous la rubrique réserve d’amortissement dés constructions, matériel et outillage; le surplus ayant été consacré à des amortissements divers de certains , comptes des sociétés absorbées, qui n’apparaissent pas,parce que la Thomson-Houston française les avait déjà amortis dans ses propres comptes.
- Le poste du bilan qui à subi la modification la plus importante est celui du portefeuille-titres qui, malgré l’apport des 16 millions de capital des trois sociétés absorbées, passe de 6i millions à 55 millionsla disparition des Ateliers Thomson et des Accumulateurs Union a été suivie de l’annulation de leurs titres, représentant 7 5oo 000 francs ; mais leur valeur a été incorporée à l’actif sous les trois postes : terrains des usines, construction et bâtiments, matériel et outillage, qui forment un total de 12 6a^ 953 fr. 85, réduite à 7 3a2 953 francs par l’inscription au passif et en contre-partie d’une réserve d’amortissement de 5 3o5 000 francs. La vente des actions dé priorité des Tramways Sud et l’amortissement partiel de certaines autres valeurs du portefeuille explique, d’autre part, la réduction signalée ci-dessus. Les participations figurent pour 12 761 g45 fr. 3g, y compris le solde de l’avance à la Compagnie générale parisienne des Tramways ; les travaux en cours [s’élèvent à 7 g5o 116 fr. 74 et les débiteurs divers à 28 917 85g fr. 10. Au passif, le capital apparaît pour la première fois à 60 millions; les obligations figurent pour 29 095000 fr., et l’ensemble des réserves est de 3o 227 279 fr. g5/ La situation, pour l'exercice en cours, se présente d’une façon satisfaisante, le montant des commandes et des travaux à exécuter dépassant 21 millions. Les projets de réorganisation de la Compagnie des Omnibus , le renouvellement de la concession des Tramways Nord et comme corrolaire celui des Tramways Sud, ne peuvent qu’influencer favorablement la situation industrielle de la Thomson-Houston. Déjà elle a dû décider de doubler la capacité de sôn usine de Neuilly, pour satisfaire sa clientèle de petites machines ; le développement des entreprises de traction et notamment l’électrification des chemins de fer assurent l’activité de ses autres ‘usines de Lesquin et de Paris. C’est ainsi que la Thomson a été déclarée adjudicataire, pour le compte
- de l’Etat, des travaux et fournitures de la ligne de La Mure à Gap (80 kilomètres à 2 400 volts), qui. sera la première application de la traction par courant continu à un voltage aussi élevé; la Compagnie des Chemins de fer du Midi lui a confié la commande d’une locomotive à courant monophasé de 1 5oo chevaux. L’ensemble des grandes entreprises de distribution qui ont été réalisées par la Thomson paraissent toutes entrées maintenant dans leur période normale d’exploitation : les usines de la Brilîanne, de Ventavon, de Tuillières, de Vitry, fournissent le courant à toute une clientèle de particuliers, d’industriels ou d’entreprises de tramways qui sè trouvent réparties dans leur rayon d’action. Enfin, le plus grand nombre des sociétés françaises ou étrangères auxquelles elle est intéressée ont distribué cette année des dividendes égaux ou supérieurs à ceux de l’exercice précédent. On peut dire, en résumé, avec le président du Conseil, que la Compagnie Française Thomson-Houston peut envisager l’avenir avec confiance et, avec l’un des actionnaires, que la situation de la Société, raffermie par -les diverses opérations d’amortissements signalées aü cours du rapport, apparaît comme excellente. Là Bourse, jusqu’à présent, n’a pas reflété cet état d’esprit : le cours oscille autour de 800 francs, parce que certains s’attendaient, paraît-il, à une augmentation du dividende qui, au taux actuel du marché, capitalise la valeur à 3,75 %
- La Société des Usines Felten et Guilleaume Lahmeyer a réduit cette année son dividende à 6 % contre 8 % pour 1908, to % en 1907 et 11 % en 1906. Le rapport Convient cependant d’une reprise d’activité industrielle en Allemagne ; toutes les usines de la Société, à l’exception de celle des dynamos, ont été largement alimentées. Mais la baisse extraordinaire des prix des machines et des accessoires a donné un bénéfice inférieur au précédent. Le bénéfice brut total n’a atteint que i3 993 108 marks contre 14 618 885 pour l’exercice 1908; d’autre part, les frais généraux et les impôts augmentant, le bénéfice net ne ressort qu’à 3 624 o35 max’ks contre 5 127 520. La Société Felten et Guilleaume Lahmeyer subit, en définitive, les effets d’une politique de lutte de prix à outrance qui est pratiquée sur tous les marchés, y compris le marché français.
- On n’a certes pas oublié tous les articles des journaux financiers ou non, sur la Société Française Electrolytique et la valeur de ses procédés nouveaux pour l’extraction du cuivre des minerais
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- pauvres. L’assemblée générale extraordinaire du 19 mai a décidé la dissolution anticipée et la liquidation de la Société.
- Dans leur assemblée extraordinaire du même jour, les actionnaires du Chemin de fer électrique Nord Sud de Paris ont approuvé l’augmentation de
- capital de a5 .ooo' 000 de francs et reconnu la sincérité de ïa déclaration de souscription aux 100 000 actions nouvelles. Le capital est désormais fixé à yS millions divisé en 3oo 000 actions deaSo francs.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Algérie. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement de chemins de fer entre Bouïra et Aumale, et entre Aïn-Beïda et Tebessa.
- Espagne. — La Compagnia Madrilena d’Urbanizacion a adressé au ministère des Travaux publics une demande de concession pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique dans la banlieue de Madrid.
- Maroc. 1—- Une société est en formation dans le but d’obtenir la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique reliant le port de Martin à Tétuan. La longueur serait de iotm et la dépense prévue, de a5o 000 francs environ.
- Allemagne. — L’administration des chemins de fer de l’Etat de Prusse a décidé l’électrification de la ligne Dessau-Bütterfeld; les travaux seront effectués par l’Allgemeine Elektricilats-Gesellschaft,Siemens etHalske et Brown Boveri.
- Suisse. — D’après une dernière statistique : à la fin de l’année 1908, la longueur des voies principales ou secondaires en exploitation sur le territoire Suisse atteignait 4 448km, le nombre de locomotives à vapeur était de 1 5n (1 446 en 1907); il y avait 37 locomotives électriques (3a en 1907). Les dépenses se sont élevées à 1 oa! 606 364 francs, soit en moyenne à 66 a83 francs par locomotive. Le nombre des wagons de voyageurs est de 4 221. Us figurent au bilan pour la somme de 76 35i 4ï8 francs, soit, enmoyenne, par voitureji8 088 fr. Il y a 17 077 wagons de marchandises, dont 16 voitures motrices; leur valeur a atteint 72 379 o3o francs, soit par wagon 4 z38 francs.
- ÉCLAIRAGE
- Côte-d’Ok. — Le Conseil municipal de Boncourt-le-
- Bois vient de décider l’installation de l’électricité dans la commune.
- Drôme. — On va procéder prochainement à l’établissement de l’éclairage électrique à Montélimar.
- Haute-Garonne. — Le préfet a approuvé la délibération du Conseil municipal de Martres, relative à l’installation de l’éclairage électrique.
- Pats-Bas. — Un projet est à l’étude concernant la construction et l’exploitation en commun d’une üèine centrale d’électricité par les villes de Deventer et de Zwolle.
- Brésil. — Une demande de concession a été adressée au gouvernement fédéral en vue d’utiliser les chutes de Paulo-Affonso et du Rio San-Francisco pour l’établissement de stations centrales destinées à la production d’énergie électrique pour l’éclairage de Bahia, Alagoas, Sergipe et Pernambuco.
- Russie. — Plusieurs stations centrales vont être érigées à Rovno, Karassoubazar et Rostofï-sur-Don, et on va procéder à l’extension de l’éclairage électrique de Kieff.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- France. — Conformément à la convention internationale radiotélégraphique de Berlin, depuis le i5 mai dernier, les stations de télégraphie sans fil suivantes reçoivent les communications internationales : Boulogne, Ouessant, Porquerolles, Sainte-Marie-de-la-Mer, F’ort-de-l’Eau, Ajaccio, Brest, Cherbourg, Dunkerque, Lorient et Rochefort. Le prix des messages a été fixé à o fr. 40 par mot, excepté pour les messages entre la France, la Corse, l’Algérie et la Tunisie qui sont tarifiés o fr. i5 le mot. __________
- Etats-Unis. — Une société, la Continental Wireless
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-
- 288
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série).-— N«. 22.
- Téléphoné et Telegraph C°, vient d’être fondée à Newark au capital de a5 millions de francs, dans le but d’établir des stations radiotélégraphiques commerciales.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Conpagnie du Gaz et de l'Electricité de Melun. — Le 3i mai, n, rue de la Tour-des-Dames, à Paris.
- Société d'Electricité industrielle. — Le 3o mai, 39, rue Popincourt, à Paris.
- L'Electrique de Montmorency. — Le 24 juin, rue des Dames, à Paris.
- Société du Chemin de fer de Miramas à Port-de-Bouc. — Le 14 juin, 47, rue Cambon, à Paris.
- Société électrique de la Lampe Hydrd. — Le 10 juin, 40, rue Condorcet, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- •
- Le 14 juin, à l’Etablissement Central du matériel de la télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de Latour-Maubourg, à Paris, fourniture de 100 appareils Morse, modèle 1907. Demandes d’admission avant le 2 juin.
- Le 2 juillet, à la mairie de Bordeaux, fourniture et installation d’un moteur à essence de pétrole pour le camp de Saint-Médard. Production des pièces avant le 6 juin.
- BELGIQUE
- Le i5 juin, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et installation du matériel nécessaire à l’éclairage électrique de l’hôtel des téléphones de Charleroi (cahier des charges spécial n° 1 118).
- ITALIE
- Prochainement, au municipe, à Rome, fourniture de
- de 3okn» fil de cuivre pour trolley (adjudication interna-tionale). *'
- Le 5 juin 1910, à la direction des chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de 75 pompes électriques nécessaires à plusieurs dépôts de locomotives^
- Le i5 juin 1910, à la direction des chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture de 19 600 globes pour les lampes électriques servant à l’éclairage des wagons.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à M.-Glad-bach, fourniture de voitures de tramway, 128 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Frie-deberg (Nm), établissement d’installations électriques, g5 000 marks.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 2 juin 1910, & la direction générale des postes et télégraphes, Albrecht, ut 3, à Budapest, fourniture de câbles cl accesoires, de lampes et de globes électriques.
- SERBIE
- Le 2Ô juin, à l’administration du.monopole des tabacs, à Belgrade, fourniture d’un ascenseur électrique en fer avec accessoires. : ".
- TURQUIE . .
- Le 15/28. juin, au ministère, des. travaux publics, à Constantinople, adjudication de la concession d’un nouveau réseau de tramways électriques à Salonique. Cahier des charges et réglement : 10 piastres turques (environ 2 fr. 4°j*
- Jusqu'au 29 octobre, n novembre, au ministère des Travaux: publics, à Constantinople, concours pour la concession d’un nouveau réseau de tramways électriques urbains et suburbains à Constantinople, comprenant six lignes, en tenant compte des droits réservés à la Société des, tramways de Constantinople. Des primes jusqu’à concurrence de 1 000 livres turques pourront être décernées aux projets les meilleurs après celui de l’adjudicataire. '
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et io de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard ctar.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que dp la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- f>« tus.
- . IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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-
-
- ; *' ‘KKWH Sty-iy^y • ' ' s. *
- Trente-ifouxltine année. SAMEDI'4 JUIN. 1910. Tome X (2* série). — N* 23.
- La
- Lumière Electrique
- Pirécédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Electrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — J. Rézelman. Analyse de la réactance [suite et fin), p. 291. — J. Perrin.
- - Mouvement brownien et molécules, p. 298.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Variation avec la température des propriétés magnétiques du fer dans les champs magnétiques faibles, Ch. Maurain, p. 3o2. — Ionisation par pul-. vérisation des liquides, L. Bloch, p. 3o2.— Ionisation par barbotage et actions chimiques, de Broglie et Bri-zard, p. 3oz.— Sur une nouvelle circonstance de formation des rayons cathodiques, L. Dunoyer, p. 3o3. — Etude, construction et essais de machines. L’état actuel de la construction des dynamos et des transformateurs, L. Fleischmann, p. 3o3. — Transmission et distribution. L'appareillage moderne à haute tension, W. Vogel, p. 3o3. — Traction. Appareils électriques d’aiguillage pour tramways, C. Werner, p. 3o4. — Usines génératrices. Le degré d’utilisation de l’énergie hydraulique dans les centrales d’éclairage et de force des grandes villes, Norberg-Schulz, p. 3o6. — Applications mécaniques. L’électricité à bord du vapeur « George Washington », F. Thilo, p. 3o6. — Divers. Effets physiologiques produits par un champ magnétique alternatif. S.-P. Thompson, p. 307. — Bibliographie, p. 307. — Législation et contentieux. Droits d’octroi sur les matériaux. Entrepôts et dispense d’entrepôt, P. Boucault, p. 3io. — Décision du tribunal de paix de Roubaix du 3 juillet 1908, p. 3i3. —Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 317. — Renseignements commerciaux, p. 319. — Adjudications, p. 319.
- 7
- ÉDITORIAL
- La fin. de Vanalyse de la réactance comporte l’étude des trois perméances que distingue l’auteur et dont nous avons rappelé les significations dans le dernier numéro de la Lumière Electrique.
- L’étude spéciale des enroulements à barres a été exécutée par M. J. Rézelman sur des moteurs asynchrones triphasés dont la spécification est, selon sa coutume, minutieusement indiquée. Les formules établies pour les trois perméances sont remarquablement confirmées par les essais, et l’auteur termine
- en rassemblant les valeurs des facteurs qui interviennent dans les différents modes de bobinage. L’ensemble de ce travail apporte de nouvelles indications éminemment utiles et qui justifient l’intérêt avec lequel les techniciens en ont suivi la publication.
- Après cet exposé un peu aride en raison de la précision nécessaire, une étude, d’un oi’dre beaucoup plus général, traite d’une question théorique qui a fait couler déjà beaucoup d’encre : celle des mouvements
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- 290 LA LUMIE RE ÉLECTRIQUE T; X (2* Série). — N° 23. ,
- browniens ; on sait qu’on désigne ainsi les mouvements infinitésimaux dont sont agitées les particules des préparations microscopiques. On sait combien ces observations paradoxales ont jeté de trouble dans nos conceptions mécaniques et à quelles controverses elles ont donné lieu.
- D’après M. Jean Perrin, spécialiste éminent en ces matières, le mouvement brownien doit être considéré comme révélant la nature profonde de ce qu’on appelle un « fluide en équilibre ». En réalité, tout le fluide s’agite, et ce n’est qu’un équilibre moyen que nous percevons.
- Dans une deuxième partie, l’auteur exposera le principe des mesures fondamentales auxquelles a donné lieu ce phénomène.
- Les exigences de sécurité des installations modernes ont conduit les exploitants à constituer des réserves non pas seulement de machines, mais d’appareillage. M. W. Yogel examine à ce propos les principales modifications récentes apportées à l'appareillage à haute tension.
- L’emploi de barres collectives simples est souvent abandonné, en raison des perturbations qu’il entraîne, en cas d’accident, sur le service général de l’installation : avec les systèmes en anneau ou en boucle, et surtout avec les systèmes à barres collectives doubles, on est paxwenu, au contraire, à limiter très efficacement les répercussions d’un accident local. La section atteinte est aisément isolée, et les réparations se font en toute sécurité.
- La même préoccupation de sécurité a suscité, dans le domaine de la petite traction
- électrique, d’ingénieux systèmes électriques d'aiguillage.
- L’un de ceux qui paraît le plus efficace, et qui est d’ailleurs très répandu en Allemagne, est décrit et schématisé par M. G. Werner.
- Deux autres systèmes allemands sont également décrits, qui sont d’ailleurs employés, avec des variantes assez légères, aux Etats-Unis d’Amérique.
- Une étude de M. Norberg-Schulz, dont nous reproduisons les chiffres les plus typiques, fournit d’utiles données sur le degré d’utilisation de Uénergie hydraulique dans les centrales.
- L’auteur a borné son travail aux centrales destinées à alimenter les grandes agglomérations. 11 met en œuvre une sérieuse quantité de documents et ses moyennes sont établies sur des bases très larges.
- Il paraissait également intéressant d’indiquer sommairement la répartition de la puissance électrique consommée par le géant de la flotte commerciale allemande, le vapeur George Washington, dont la presse technique étrangère a récemment donné des descriptions.
- Nous avons reproduit, d’après celle de M. F. Thilo, les caractéristiques les plus saillantes.
- Une consultation documentée de notre collaborateur juridique, M. P. Bougault, traite des droits doctroi sur les matériaux.
- De la discussion des textes, M. Bougault conclut que l’industriel doit toujours coin-, mencer par réclamer l’entrepôt : conseil pra tique étayé par une décision du tribunal de paix de Roubaix.
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- 4 Juin 1840, REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 291
- ANALYSE DE LA RÉACTANCE (Suite et fin) ^
- SÉPARATION DES PERMÉANCES
- d’où :
- i ) Une phase de Venroulement triphasé :
- p_4*_3=0'92 | l°g(--a^)+1,3 • 3(o,68-}-log i ,25)| =3,89,
- d’où :
- i»,5.’5i,5.a762
- xsk = — —y iog— • 26.3,89 — 0,0409. 26.3,89 =: 4,i5 Q.
- Le tableau d’essai donne 41,2 volts pour 10; ampères, ce qui correspond à une réactance x,k = 4,12 Q.
- "hsa ~ 0,46.3 |4* À | = 1,12,4- 1,38. A, XJC = 0,46.3 A j = 1,024-1,39. A,
- d’où :
- xsa—0,0409.36( 1,12 4“ 1,36. A)— x, 654-2, o3. A Xsc—o,0409.32(1,02-(- i,38. A)= i,334-i,80.A
- et
- Xsa 4- Xsc = 2,98 4- 3,83 . A.
- 3i 2
- Le tableau d’essai donne —— = 3,12 Q;
- 10
- donc A — 4~ 0,06.
- Il reste :
- 101,3 -- 4!,2 - 32,1
- xsn = ------------------1- — 2,8 Q
- 10
- et
- X„ = 2,64.
- 2) Deux phases en série.
- ' X* =0,92 ] log( —)4“(),8.6(o,68-|“Iogi,25) p=4,ÿ=6 ( ' V J /
- = 4,87
- (l) Voir Lumière Electrique, 28 niai 1910.
- Xsk = 0,0818.26.4,57 r= 9,72 Q
- Le tableau d’essai donne 96,8 volts pour 10 ampères, donc :
- Xsk = 9,68 Q
- La réactance des raccordements extérieurs est montée de
- Il reste :
- 66,2 2 X
- ij05.
- Xsn
- 218 — 96,7-----66,2
- ÎO
- 5,5 Q
- et
- 2,59.
- 3) En triphasé.
- Les résultats sont les mômes que dans le cas précédent ; l’induction mutuelle entre les raccordements extérieurs semble augmenter encore légèrement leur réactance :
- 33,5
- 373
- = 1,06.
- 4) Une phase de Venroulement biphasé.
- X* —0,9^1 l°g( TC' v7---)4- 6 (0,68 4- log i,333)
- p=3,?=o ( V 5 /
- =5,57,
- d’où :
- Xsk = . 26.5,57 = 0,0614.26.5,57
- 3.O.1os
- — 8,90 £2.
- Le tableau d’essai donne — — 9 ü.
- ~ksa — X,6 — 0,46.3 ] togl -- ) 4- A
- 2 10
- = 1,12 1,38. A,
- (, (2.680
- = o,46.6jlog^— j — 1,27 4- 2,76. A;
- ) 4“ A
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-
-
- 292
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série). — N»23.
- d’où: .
- x,a-\-xsb=0,061 4.36 (i, 12-f-1,38. A)=2,47-|-3,o4. A xs c =<>, 0614.3 2 ( i, a 7-J-a,7 6. A) =2,4 g-f- 5,4 a. A et
- •ïja “(“ *** "j~ “f~ 4,96 -f- 8,46. A.
- Le tableau d’essai donne
- 72)5
- 10
- 7,25 ü
- d’où A =-(- 0,271.
- La seconde phase avec mêmes valeurs l, et 4l„ quoique inclinée et plus près du fer, a sensiblement la même réactance.
- Il reste :
- •t'sn
- 2o5,5 — 90 — 72,5 10
- = 4,3 O
- et
- \n
- 5) Deux phases en série.
- Les résultats sont les mêmes que dans le cas précédent ; l’essai prouve que l’induction mutuelle entre phases est négligeable.
- 6) Une bobine de trois encoches a, b et c. La réactance xsk de cette bobine, alimentée
- séparément, est plus grande que lorsqu’elle fait partie d’une phase triphasée (cas 1); il y 2 63
- aune augmentation de —— = 1,175, résul-2,24
- tant encore de la disparition de l’induction mutuelle négative entre bobines.
- Suivant le tableau d’essai, la réactance des raccoi’dements extérieurs, rapportée sur
- 4 bobines, est 4 = 3,92 Q.
- x,a + oc,c = 2,98 + 3,83 A,
- comme dans le cas 1, d’où : A = -f- o,245.
- Pour X„, on trouve encore une valeur de 2,7.
- 7) Une bobine de 2 encoches a et b.
- d’où :
- À = -j- 0,252.
- 8) Une bobine de 2 encoches b et c.
- ls = 6 3omm; Isa = 35omm; clls«=i55mm;
- l,c — 28om,n; 4I.SC = i75mm.
- Nous trouvons de la même manière Xsa + *sc — 3,i55 + 3,55.A = 4,a5 û, d’où :
- A = 0,309.
- Nous voyons que pour la bobine alimentée séparément (cas 6, 7 et 8) la valeur de A est environ la même que pour un bobinage par pôle (cas 4 et 5), tandis qu’elle se rapproche de zéro pour un bobinage par pôles conséquents {cas 1, 2 et 3).
- Ceci prouve qu’il faut réellement distinguer l’enroulement par pôle de celui par pôles conséquents.
- L’application faite sur plusieurs machines a donné les résultats du tableau VII.
- 1 ) Bobinage par pôle :
- A varie entre -(- o,25 et + o,4o ; valeur moyenne : + o,3o ;
- R varie entre + i,3o et i,5o; valeur moyenne : 1,4.
- 2) Bobinage par pôles..conséqùents :
- A varie entre — o,o5 et + 0,07; Valeur moyenne : + o,o3;
- R varie entre 0,94 et 1,08 ; valeur moyenne : i,o3.
- Huit machines à bobinage par pôle, vérifiées par les nouvelles formules, donnent une augmentation de la réactance des raccordements extéi’ieurs due à l’induction mutuelle, variant entre 1,25 et 1,5; valeur moyenne 1,35.
- Pour un bobinage par pôles conséquents, cette induction mutuelle est négligeable.
- ls = 725mm; Isa = 375mm; Usa = i55m“ ;
- lsé-- 35omm; ‘lliC ='i75mm;
- Rapporté sur 4 bobines complètes on trouve :
- Xsa -j— Xsc 3,86. -j— 4,08. A 5,ii Q,
- 3) Perméance a„.
- Il nous reste à analyser la perméance Xn; nous avons écrit :
- X„ = 1,25
- rt 1 a;,o , n
- >'3 >'i + ra J\
- i(fig. 5).
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-
- 4. Juin 4910. ” REVUE D'ÉLECTRICITE ' "' 393
- Tableau VII
- BOBINAGE PAR PÔLE BOBINAGE PAR PÔLES CONSÉQUENTS
- H P A ^ mesuré H p A ^ a\ mesuré
- a), calculé (A = o) u\ calculé (À » 0)
- 7,8 I + <>,278 >,32 2 OOO 2 + o,o65 1,08
- 220 I -(- o,3t>o .,45 5 000 2 -j- o,o5 i,o5
- 220 I + 0,355 >,44 4 5 00 2 OyOli »,9'»
- 35o 7 + (72r> 1,32 35o 4 + 0,06 5 > ,°9
- 170 3 + o,2?1 1,46 IOO 4 — o,o3 °,96
- i75.. 3 + <’,2/,5 1,315 i75 4 + 0,06 1,08
- i75 3 -j- 0,25a i,33
- 175 3 + 0,309 i,3:>
- 175 4 + 0,/, 20 i,53
- Mais l’expérience a montré que la formule donne des valeurs trop faibles. L’erreur doit être attribuée aux deux derniers termes qui sont à rectifier, si l’on veut se rendre compte de l’importance exacte de chaque partie. En traçant le schéma des lignes de force, on
- trouve que la perméance de la fente dépend
- de — et de —i de manière à prendre la forme :
- >\ . >4
- ^j,,5+ 0,0.5 ('i)’J = .,s^ + »,°> +
- Le troisième terme se rapproche de la réalité en divisant la hauteur 7’0 en trois parties égales ; pour simplifier, nous la divisons en deux parties, t/3 en bas près de la fente
- et 2/3 au-dessus. Ce terme devient ainsi :
- +
- -1 + 2'»‘
- D’après les essais,la courbure des lignes de force près de la fente est si importante pour
- les machines à haute tension avec grand r, et /•<,, qu’il faut même écrire :
- 3/'„ 27V.
- “T
- 4>'l + ,-3 >‘l + r3
- La formule définitive devient donc :
- 3/
- 3
- + .- + Ï-
- .T~—- +
- 7’, ' 57'j -J- 7'3 7'j -j- 2}’3
- r\ . „ r
- + i,5-i + o,OI5-i .
- 7 1 7 /.
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-
-
- $94
- : - y » v;vv4't'. -
- LA LUMIERE ELECTRIQUE T.X (2* Sériej,-^ Jff 23.
- Appliquée au moteur qui nous occupe (fig. 6), cette formule donne :
- 1 Z35 , 6>5 , 3-4,5 , 2.4,5
- Xn -- 12.) | -----+ ———----- -J- --—--- +
- ' -- 19 5.5 +19 5 + 2.19
- + i,5 - + o,oi5 -
- 2,64.
- Dimensions :
- cp; =: r,4y,l,m ; -Z — 294mm
- l = 270—3X7,5mm; U = 260 —
- 120 rainures ( 10X27) ti == 19,5 —
- S„ =f= 2 P — 4 q = 5
- Le rotor a un enroulement ondulé avec 2 barres par rainure ; en suivant les flèches
- VàfCx* !»»//
- îU! ''K°° iiii?
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- / /y / ♦. ♦, // / / *_+
- Fig. 7. — Bobinage par pôle; 2 barres par rainure. Phases I et II en série.
- ENROULEMENTS A BARRÉS
- Rotor du moteur triphasé asynchrone de ij5 HP, à 8 pôles, 5o périodes, j5o tours.
- de la figure 7, on voit de suite que la dispo-sition des bobines extérieures correspond en réalité à celle d’un bobinage, par pôle,
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-
-
- 4 Juin 1Ô10.
- ; REVUE D’ÉLECTRICITÉ . '.'
- de même pour ce qui concerne la situation réciproque des phases. Les longueurs extérieures sont les mêmes pour les trois phases.
- ls = 4 ao““ ; lsa = l,b = 3oom“ ; Usa = ‘II, „ — i .,o“» ; l,c—\ 2omm ; Il te = aoor,,m.
- Le calcul donne :
- p-}q-s~ °j9Î |1°g(TC'y~5')+1>3-fi(0>68+loëB) |
- = 5,2 -f 5,98.10g B ;
- Tableau VIII
- TABLEAU D'ESSAI 4 e0 -1 Cq — Il e* rapporté c Watts par phase COS <p w J 2. R,
- I. Lectures avec un courant de 100 amp. dans phase:: 0 — I 14,1 VJ 'b* 6,85 51,5 a 70 °>l91 1,69
- IL Lectures avec un courant de 100 amp. dans 2 phases en série I et II 17,6 35 8,5 5i,5 245 «>,1 ;i9 1,57
- .111. Lectures avec un courant de 100 amp. dans chaque phase 17>1 3o,6 -8,6 5 j,5 23()' 0,13 i,45
- Les essaisjlont le tableau VIII indique les résultats étant effectués à grand courant et faible tension ne peuvent, être faits sans transformateur intermédiaire élevant la tension à une valeur convenable pour l’alternateur; sinon les harmoniques supérieures faussent les résultats en donnant des tensions trop < élevées, surtout en monophasé.
- Séparation des tensions.
- 1) En monophasé par phase.
- Le rotor a des rainures suivant la figure 8.
- 1,25
- ™ ra>5 1 3.2 .
- 30+ 10 + 5.3.+ 10 + •-
- + L5 T + o,oi5-..> 1
- 'j ^ 10
- 2,3-4
- +
- d’où :
- 12,5.5i,5.4o2
- x,n —-----——---s—.26. 2 3/, = o,ooo5i5.26.2,34
- 4.5.108 . . }
- = 0,314 li.
- La réactance x,h = o,o685 ü a été déter-minéeau moyen de spires auxiliaires ; donc ; X* = 5,i a.
- d’où :
- B = 0,97.
- \\V
- Fig. 8.
- D’après cet essai, la perméance, pour^ l’arc polaire convexe, semble diminuer moins vite
- que suivant le terme
- — )
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- 296
- >"' .-.ViV C'-i- -
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série); — N» 23.
- Il reste pour les raccordements extérieurs :
- 13,85 — 6,85 — 3,i/,
- —--------------- = o,o386 Q.
- "ksb = o,/,6.5 (log—-------(- A
- \ ioo
- = 2j12 + M-A
- xsc = o,ooo5i 5. i w (i,43 2,3 A)
- = 0,0088-}-0,0142.A
- •Æsa-\-xsb-\-Xsc — 0,0252 -(- o,o3i95. A = o,o386; d’où :
- A = 0,42 et R — 1,53.
- Fig. 9- — Bobinage par pôles conséquents, i barre par rainure. Phases I et il en série,
- Xjc 0,46.5 I log
- 2.420
- — 1,43 + 2,3. A
- Xsa + xsb — 0,0002575.3o(2, I 2’-f- 2,3 A) = 0,0164 -|- 0,01775.A
- 2) En monophasé sur deux phases en série. La réactance xm reste o,o3i4 Q; l’essai donne
- 8,5
- Xsk —----== o,o85£2,
- 100
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-
-
- 4 Juin 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ Ï97
- d’où'":
- X*=:G,35
- p=},q=io — °>9a j 1,24 + 0,8. io (<>,68 -f log B) = 6,i5 ^jr- 7,35.log B.
- moteur avec quatre rainures par pôle et phase et deux barres par rainure, ce qui constitue donc en réalité un enroulement par pôle.
- RÉSUMÉ
- Nous trouvons donc pour B une valeur même supérieure à l’unité.
- Il reste pour les raccordements extérieurs 0,175 — o,o3i4 — o,o85 = o,o586Q; il y a
- , o,o586 .
- donc une augmentation de —= 1,52 par induction mutuelle.
- La réactance du stator d’une machine à courant alternatif peut être calculée en considérant les trois perméances Xn, \k et ),».
- 0 X„
- ,2'>
- z_ , Ü , , a-7~6
- ,-3 5.7’, -)- 7*3 7*| -f- 27-3
- 1 w ^ 4 1 ^ 1
- + i/)------1- o,oi5 —
- I l I
- Fig. 10. —Une bari'C par rainure.
- Rotor d’un moteur triphasé asynchrone de 175 HP, à 20 pôles, 5o périodes, 3oo tours, 5 rainures par pôle et phase.
- Ce rotor à un enroulement ondulé avec • une barre par rainure ; en suivant les flèches de la figure 9, on voit de suite que la disposition des bobines extérieures correspond en réalité à celle d’un bobinage par pôles conséquents, de même pour ce qui concerne la situation réciproque des phases.
- La seule différence est que les raccordements extérieurs d’un côté ne se trouvent pas en face de ceux de l’autre.
- La figure 10 représente leur disposition extérieure.
- La figure 11 se rapporte au stator de ce
- 2) Pour un enroulement]où q = - Q:
- >>/.- = 0,92 j log ) -f q
- q= Q =
- ,>’M+iog (^11
- À7, = 0,92jlog(^^ + 0,5.7^0,68 -f log
- P +
- ? = 3 Q :
- X* = o,9ajlog^^-‘^-|-i/3.ÿ^o,68 4-log^^-i-i^ j|;
- 0,92 jlog ( ‘~p ) + «>,8.ÿ
- 0,68-)-log
- P+ 1
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-
- 298 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série). — & 23 1
- 3) Pour un enroulement par pôles conséquents :
- X, = o,46. q, (^logÿj
- où Xs doit être décomposé en deux parties a etc; l’induction mutuelle entre phases est négligeable.
- etc (a = b pour un enroulement où q est pair) A varie entre 0,25 et 0,40 ; en moyenne : A = 0,3. On peut écrire également :
- Xs — 0,46. qs. R ^log
- où R varie entre 4,3 et 1,5, en moyennes R = 1,4.
- Fig, 11. — Deux barres par rainure.
- Pour un enroulement par pôle :
- 21
- \s = 0,46 . qs (log 4. A) où \ doit être décomposé en trois parties
- Pour l’enroulement par pôle, l’induction mutuelle entre phases augmente la réactance des raccordements extérieurs de 1,25 à 1,5; en moyenne 1,35.
- J. Rezelman,
- Ingénieur chef dé service des A.C.E.G.
- MOUVEMENT BROWNIEN ET MOLÉCULES (1)
- 1. Les molécules. — Il y a très longtemps que l’hypothèse des molécules et des atomes a été formulée, mais c’est seulement depuis le xvai6 siècle que cette hypothèse a été véritablement féconde.
- Voyons d’abord les raisons qualitatives qui peuvent justifier cette hypothèse. Ce qui peut nous faire croire, en premier lieu, à
- (]) Conférence faite par M. Jean Perrin à l’Ecole Supérieure de Télégraphie. Le travail complet se trouve exposé dans les Annales de Chimie et Physique, septembre 1909, p. 1-114.
- l’existence des molécules, c’est la notion de mélange. Prenons, par exemple, de l’eau sucrée ; on reconnaît très bien les propriétés du sucre dans cettç dissolution de sucre dans l’eau, et on explique bien cette persistance des propriétés du sucre au travers de l’eau, si l’on admet que la dissolution de sucre dans Peau est, à l’échelle près, un mélange aussi grossier que peut l’être un mélange de perles de verre et de grains de plomb. Chacun des petits éléments dont se compose le mélange conserve son individualité.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4 JNhflMÛt .rt
- Si nous admettons l’existence des molé cules d’eau, nous devons les supposée toutes identiques, car s’il en existait, par exemple, des grosses et des petites, il est probable qu’il y aurait des procédés de fractionnement pour les séparer, ce qui n’a pas lieu.
- Les molécules d’un corps ne sont pas immobiles, comme le montrent les faits de diffusion. Si nous prenons un récipient contenant une couçhe d’eau sous une couche d’alcool, nous constaterons, au bout, de quelque temps, la présence d’alcool dans la couche inférieure et d’eau dans la couche supérieure, même si les précautions les plus minutieuses ont été prises, pour que la température soit la même partout. De même, une expérience célèbre de Berthollet montre la diffusion de l’hydrogène dans le gaz carbonique, malgré la différence de densité.
- 2. Les atomes. Continuons donc à développer l’hypothèse moléculaire, sauf à l’abandonner, si nous nous trouvons acculés à une contradiction.
- Des considérations de chimie nous amènent alors à définir les atomes.
- Si nous faisons réagir du sodium sur l’eau, nous constatons que la moitié seulement de l’hydrogène de l’eau est chassée et remplacée par du sodium. Nous admettrons que l’hydrogène de la molécule d’eau peut se scinder en deux atomes et deux seulement, puisque aucune autre réaction ne nous conduit à en considérer davantage ; l’atome est ainsi la plus petite partie de la molécule pouvant entrer eh combinaison.
- Il semble bien que, dans ces derniers temps, on ait réussi à disséquer des atomes, mais avec les produits de cette rupture, on ne sait pas mieux reproduire le corps, d’abord étudié, qu’on ne refait un troupeau de moutons avec des morceaux de mouton : c’est en ce sens que nous dirons que l’atome est insécable.
- 3. La constante d’Avogadro. — i8gr d’eau contiennent 2gr d’hydrogène; donc, puisque
- chaque molécule d’eau contient deux atomes d’hydrogène,
- atome d’hydrogène _ i
- molécule d'eau i8'
- Prenons du méthane : i6gt de méthane contiennent 4gr d’hydrogène et nous pouvons, par substitution, remplacer par du chlore, le quart de l’hydrogène du méthane; donc :
- atome d’hydrogène i molécule de méthane iG
- Par suite :
- molécule d’eau. _ 18
- molécule de méthane 16
- On conçoit, donc que, si nous admettons l’existence des molécules, nous pourrons, par des considérations de chimie analogues aux précédentes, avoir les rapports des poids des molécules des corps.
- Si, d’autre part, nous mesurons la densité d de la vapeur d’eau et la densité d'du mé-
- d 18
- thane, nous constatons que 1 on a^F=3Y6'
- Donc le rapport des densités des gaz se trouve égal au rapport des poids de leurs molécules ; cela veut dire que : clans les mêmes conditions de température et de pression, des volumes égaux des différents gaz contiennent le même nombre de molécules. Ainsi se trouve justifiée, par l’expérience, dans ce cas et dans un très grand nombre de cas analogues, la vieille hypothèse d’Avogadro, énoncée il y a un siècle.
- En particulier, si nous considérons le volume occupé par 2gr d’hydrogène, ce volume contiendra un nombre N de molécules. Une autre molécule-gramme quelconque , 32gr d’oxygène, par exemple, contiendra aussi N molécules,
- La connaissance de cette constante d’Avogadro N permettra d’obtenir immédiatement les poids de toutes les molécules et-de tous les atomes.
- Nous aurons par exemple : molécule
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — JMsE
- d'oxygènei
- 3a v 16
- —atome d oxygéné = —,
- D’autre part, la théorie cinétique des gaz. établit que :
- atome d’hydrogène = —, etc.
- 4. Vélectron. — Une autre constante universelle est atteinte également, en même temps que N ; cette constante est la charge de l’électron. On sait que la décomposition par le courant de la molécule-gramme d’un électrolyte donné s’accompagne toujours du transport de la même quantité d’électricité; cela s’explique en admettant que, dans tout électrolyte, une partie au moins des molécules se dissocient en ions mobiles, porteurs de charges électriques fixes ; si l’on appelle faraday, la quantité F d’électricité (qôSjo coulombs) que laisse passer en se décomposant i molécule-gramme d’acide chlorhydrique; la décomposition d’une autre molécule-gramme quelconque s’accompagne du passage d’un nombre entier de faradays. Par suite un ion quelconque porte un nombre entier de lois la charge de l’ion hydrogène. Cette charge e se présente ainsi comme indivisible et forme l’atome d’électricité ou électron :
- Ne = F.
- Dans ces dernières années, l’étude des ions dans les gaz a conduit à la même valeur de la charge e.
- 5. La théorie cinétique. — Nous allons maintenant passer en revue succinctement les différentes méthodes qui ont permis de calculer la constante d’Avogadro et d’abord nous allons résumer brièvement la marche des idées par lesquelles la théorie cinétique des gaz avait permis de prévoir à 3o % près la valeur de cette constante.
- Si un gaz est formé de molécules en état d’agitation perpétuelle, la pression exei’cée par le gaz sur une paroi s’explique immédiatement çar le choc des molécules contre cette paroi. L’analyse mathématique de cette notion conduit à retrouver la loi de Mariotte : pv = G‘°.
- 2
- p ç = - nw,
- n étant le nombre de molécules contenues dans le volume e, et w, l’énergie cinétique moyenne d’une molécule.
- Pour une molécule-gramme, n devient égal à N, et pv à RT, T étant la température absolue et R la constante des gaz parfaits. (83,2><io0 en unités G.G.S.); l’équation précédente s’écrit alors :
- Nw RT 3
- ou:
- Or, N a la même valeur pour tous les corps. L’énergie moléculaire de ti’anslation a donc pour tous les gaz la même valeur moyenne, proportionnelle à la température absolue.
- Enfin, une série d’efforts, dus à Clausius, Maxwell, Van der Waals, a permis d’atteindre les dimensions des molécules et leurs masses.
- L’équation des gaz avait été obtenue en négligeant le volume vrai des molécules par rapport à celui que sillonnent leurs trajectoires, ainsi que la faible action qui sollicite par cohésion chaque molécule vers l’ensemble des autres. Van der Waals, en tenant compte des deux complications négligées, obtint la formule célèbre :
- (/< + „-,)("-*) = RT,
- où la nature particulière du corps étudié intervient par les deux paramètres a et b, dont l’un a exprime l’influence de la cohésion et dont l’autre b représente le quadruple du volume vrai des molécules de la masse donnée.
- On a donc, en supposant les molécules sphé-l’iques et de diamètre D, la relation :
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ '!(r:V“:;î^^^^!:^^jcü^
- Or, b peut être obtenu par des mesures de compressibilité.
- D’autre part, Clausius et Maxwell ont démontré la relation :
- V i
- nd. = —_r
- L étant le libre parcours moyen des molécules du gaz, V le volume occupé par la -molécule-gramme.
- Enfin, Maxwell montra que le libre parcours moyen L pouvait se déduire d’une mesure de viscosité. Le coefficient G de frottement intérieur (frottementde deuxcouches gazeuses parallèles, animées de vitesses différentes, l’une sur l’autre) est donné par la relation :
- G=^rfUL,
- d étant la densité du gaz, U, la vitesse moyenne des molécules du gaz et L, le libre parcours moyen.
- Mais la vitesse moyenne se calcule par l’équation précédemment écrite :
- r.. 2 „ 2 „ 7«Uâ
- Ri = -i\w = -N-----
- i J 2
- ou
- RT = t, MU2.
- :>
- M = Nm étant la molécule-gramme du gaz.
- On calcule ainsi U, ensuite L parla mesure du coefficient G ; alors la relation de Glausius-Maxwell et celle qui résulte de la formule de Van der Waals permettent de calculer N et D.
- Par cette méthode, on trouve pour l’argon : N =ï 6,2 X io23 et, en centimètres :
- io—7 > D 7> io-8.
- Ce résultat peut n’être que grossièrement approché par suite du défaut de rigueur de
- l’équation de Maxwell et de Van*der Waals.
- 6. L’équipartition de l'énergie. — Nous avons vu, puisque la constante d’Avogadro est la même pour tous les gaz, que l’énergie cinétique moyenne moléculaire des différents gaz est la même à une même température. En généralisant cet énoncé, on est arrivé au théorème de l’équipartition de l’énergie.
- La théorie complète conduit à penser que ce résultat ne dépend pas du rapprochement des molécules et, par suite, doit s’appliquer aux liquides et aux dissolutions.
- Enfin, par une généralisation encore plus osée, ce principe peut être applicable à un agrégat de plusieurs molécules, en un mot à une poussière, chaque poussière ayant la même énergie cinétique moyenne qu’une molécule.
- 7. Le mouvement brownien. — Or, un naturaliste Brown avait signalé en 1827 un phénomène très curieux. En observant au microscope un liquide contenant en suspension des poussières, il constata que ces poussières, au lieu de prendre, suivant leur densité, un mouvement régulier de chute ou d’ascension, se trouvaient au contraire animées d’un mouvement parfaitement irrégulier. Chaque particule va et vient, s’arrête, repart, monte, descend, remonte encore, sans tendre aucunement vers l’immobilité. C’est là le mouvement brownien. En i863, Wiener devina que les mouvements moléculaires pouvaient donner l’explication du phénomène. En 1888, M. Gouy établit, non seulement que l’hypothèse de l’agitation moléculaire donnait du mouvement brownien une explication admissible, mais encore que certaines explications grossières et simplistes étaient sûrement à rejeter.
- En premier lieu, M. Gouy observa que le mouvement brownien n’est pas dû à des trépidations transmises au liquide, puisque, par exemple, il persiste la nuit, -à-la la campagne, aussi bien que le jour, près
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- 'T. X"(2*
- d’une rue populeuse où passent de lourds, véhicules. Il n’est pas dû non plus aux courants de convection qui se produisent dans lès fluides où ^équilibré thermique n’est pas réalisé, car il ne change pas d’une façon appréciable quand on se donne beaucoup de peine pour obtenir cet équilibre. On doit donc écarter toute comparaison entre le mouvement brownien et l’agitation des poussières qu’on voit danser dans un rayon de soleil. Aussi bien, dans ce dernier cas, il est aisé de voir que des poussières voisines se meuvent en général dans le même sens, dessinant grossièrement la forme du courant qui les entraîne ; au lieu qu’un des caractères les plus frappants du mouvement brownien est l’indépendance absolue des déplacements de deux particules voisines, si près qu’elles passent l’une de l’autre. Enfin, ce n’est pas non plus l’éclairement inévitable de la préparation qu’on peut incriminer, car M. Gouy put le diviser brusquement par mille, sans modifier du tout le phénomène observé. Toutes les
- autres causes successivement imaginées Ont aussi peu d’action; la nature même des particules ne parait avoir aucune importance, et dès lors, il est difficile de ne pas penser que ces particules servent simplement à révéler une agitation interne de fluide, ceci d’autant mieux qu’elles sont plus petites, conformément au principe de l’équirépartition de l’énergie.
- Ainsi donc, lë mouvement brownien apparaît comme un problème important de physique générale, et révèle une propriété profonde de ce qu’on nomme un fluide «en équilibre. Get équilibre n’existe qUe d’une façon moyenne et pour de grandes masses : è’est un équilibre statistique. En réalité, tout !le fluide s’agite indéfiniment et spontanément en des mouvements d’autant plus violents'et rapides qu’ils concernent des portions plus petites et la notion statique de l’équilibre est complètement illusoire.
- (A suivre.)
- 3. Perrin.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Variation avec la tempêi'ature des propriétés magnétiques du fer dans les champs magnétiques faibles. — Ch. Maurain. — Académie des Sciences, séance du ai mars 1910.
- L’auteur appelle aimantation anhystéretique celle qu’on obtient en réduisant l’hystëfésis pour chaque valeur du champ magnétique. L’étude en fonction de la température de cette aimantation, étude effectuée concurremment avec celle de l’aimantation ordinaire, sur trois échantillons de fer, a mis en évidence un minimum de l’aimantation anhystérétique vers 55o° pour un échantillon de fer presque pur.
- Ionisation par pulvérisation des liquides. — L. ïpoéb. — Académie des Sciences, séance du 18 avril 1910.
- L’auteur a obtenu, à l’aide notamment du pulvéri-
- sateur Gouy, des effets d’ionisation très nets avec un grand nombre de liquides." Les mêmes liquides qui sont actifs par barbotage le sont aussi par pulvérisation.
- Ces expériences permettent d’interpréter certains résultats énoncés par Faraday dans son célèbre mémoire sur la machine d’Armstrong (*).
- Ionisation par barbotage et actions chimiques. — De Broglie etBrizard. — Académie des Sciences, séance du 18 avril 1910.
- t L’examen du barbotage d’un gaz dans un liquide, en bulles très fines, par exemple à travers un tissu très serré, montre nettement qu’une enveloppe du liquide inférieur accompagne les bulles à travers le milieu supérieur et retombe après l’éclatement.
- (l) Cf. Fahaday. Exp. Res., t. Iï, n° 2 07'5 et. suiv.,
- 1843, p. 106,
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-
-
-
- Sur une nouvelle circonstance de formation des rayons cathodiques* — L. Dunoyer. —
- Académie des Sciences,, séance dq 18 avril 1910.
- L’auteur a montré, par une expérience le rôle capital joué, contrairement à l’opinion admise,par la nature de la cathode dans la production des rayons cathodiques.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’état actuel , de la construction des dynamos et des transformateurs.— L. Fléischmann.. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 janvier 1910.
- i° Dynamos. —Après avoir constaté la tendance actuelle de la construction vers les grosses unités, l’auteur exprime l’avis que cette tendance ne fera que s’accentuer, et qu’aux génératrices de 12 000 chevaux déjà réalisées, succéderont, dans pas très longtemps, des machines de 20 000 chevaux, qui seront, bien entendu, des machines alternatives polyphasées.
- Quant aux tensions, on a été jusqu’à produire directement 3o 000 volts, bien qu’il y ait des raisons très nombreuses pour s’arrêter aux environs de i5 000 volts.
- Tout cela conduit à rendre la ventilation difficile ; l’auteur cite, par exemple, comme particulièrement délicats à Cet égard, les moteurs de 2 5oo chevaux à 1 5oo tours par minute qu’on a réalisés pour la commande des pompes centrifuges.
- 20 Transformateurs. — Les plus grands qu’on ait construits jusqu’ici sont de 10 000 KVA à peu près ; les tensions ont été poussées jusqu’à 1.00.000 volts sur des transformateurs en service, et jusqu’il 5oo 000 volts sur des appareils d’essai.
- Le refroidissement spontané ne peut servir que jusqu’à une puissance de 1 000 kw environ : au delà, il faut employer les transformateurs dans l’huile.
- Lès transformateurs rotatifs sont limités; pour la puissance, par la fréquence et la tension : pour 25 périodes et 600 volts, la puissance limite correspondante est de 3 000 kw ; pour 5o périodes et la même tension, ce sera 2 000 Jcw seulement.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- L’appareillage moderne a haute tension. — W. Vogel. — jElektrische Kraftbetriebe und Sdhnen, 24 décembre 1909.
- En Haute-Silésie on utilise pour les transports de force de quelque importance le triphasé, à l’exception de quelques aciéries. Les tensions usuelles sont 3oo, 5oo, 1 000, 2000, 3 000, 5 000 et 6 000 volts. La tension de 3oo volts est un reste des débuts de la transmission par triphasé. Cette tension présente l’inconvénient de nécessiter les mêmes dépenses de câblerie qu’une installation àbasse tension et d’exiger les mêmes mesures de sécurité qu’une installation à haute tension. On rencontre deux transports à
- 10 000 volts ; un autre à 5oooo est en cours d’exécution.
- L’application toujours croissante de la transmission électrique rendit bientôt les salles de machines et de.distribution trop étroites. On y remédia d’abord en ce qui concerne les machines sans envisager le problème au point de vue des tableaux de distribution. On conserva pour ceux-ci les anciennes dimensions et on y brancha tout ce que l’on put, jusqu’à la limite imposée par la sécurité et la commodité du service.
- 11 fallut bientôt que l’appareillage et le système de distribution suivissent les progrès de la partie mécanique.
- La caractéristique d’une installation moderne est le large dimensionnement des locaux, qui est nécessaire pour la manœuvre des ajîpareils.
- L’ingénieur électricien se trouve souvent en présence de locaux qui lui sont imposés, et dont il doit s’accommoder. Une installation commencée de la sorte est vouée à toute sorte de complications dans l’exécution et de difficultés dans le service.
- Câbles de départ
- Génératrices.
- Fig. 1. — Système £1 une barre collectrice.
- Alors que les anciennes installations étaient établies d’après le système « à une barre collectrice » (fig. 1) on rencontre dans de plus récentes, l’emploi du système dit « en boucle » (iig. 2).
- Qn n’a représenté sur les schémas qu’une seule barre, pour simplifier. -----------
- L’inconvénient du système aune barre collectrice,
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- i^sïriô)
- c’est que le moindre accident survenant à un appareil quelconque oblige à mettre l’ensemble de la station hors service, ou bien à exécuter des travaux sous tension, toujours difficiles et dangereux.
- I, I, l, L l 1
- Fig. 2. — Système en boucle.
- Au contraire, le système « en boucle » permet de localiser l’accident entre deux couteaux de sectionnements (*) et d’entreprendre sans danger toutes répar
- Fig. 3. — Double barre, système bâtard, tions, recherches, etc., sans interrompre le service.
- Cependant il est à craindre que deux accidents simultanés obligent à mettre hors de service ^es sec-Terre. „„„
- i, L L l,_. \.\p.
- , rL 1 1 l'ï# t-t UU
- Sous-slalion. /- 1 * j-j ï- j 1 -|4 \ 1 ~J j
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- I, b b b 1
- 1 >is tribu lion.
- Centrale.
- O ‘D ^^1 ^î^l t *1 *'
- ..jLrij^iri ini f Y Y •
- i i —
- vSj ai~\ h 4i
- Yr?)1 jij=7V' $
- Ç t^J y -;;,, /
- H Je <1 S Y. n
- Fig. 4. — Double barre, schéma général. H, interrupteurs dans l’huile.
- tions intermédiaires non atteintes, et que le grand
- (') Interrupteurs qui ne fonctionnent que hors charge.
- nombre des connexions insérées en série dans les barres collectrices ne donnent une résistance totale de passage relativement considérable.
- De plus, tous les interrupteurs doivent être prévus pour le courant total de l’installation.
- D’autre part l’expérience a montré la nécessité de constituer une réserve pour toutes les parties de l’installation, aussi bien pour les organes de distribu-
- Station 6..
- Station A..
- Fig. 5. — Double barre; liaison de deux centrales.
- tion que pour les générateurs eux-mêmes. Une réserve complète de tous les interrupteurs, instruments de mesure, etc. serait évidemment trop dispendieuse, mais elle est indispensable pour le centre vital de toute l’installation : les barres de distribution. C’est cette considération qui a conduit au système dit à barres collectrices doubles ovl a de double barre », soit bâtard (fig. 3), soit du type général (lig. 4)-
- Nous reviendrons prochainement sur quelques exemples de ce système.
- TRACTION
- Appareils électriques d’aiguillage pour tramways. — C. Werner. — Elektrische Kraft-betriebe und Balinen, 4 janvier 1910.
- On a cherché à réaliser des appareils électriques d’aiguillage pour augmenter la sécurité et éviter un personnel dont on n’est d’ailleurs pas toujours très sûr, étant donné les distractions de la rue. En Allemagne trois sortes d’appareils sont employés.
- Dans l’une des- dispositions employées, tous les appareils sont logés dans un petit kiosque, parfaitement accessibles et protégés même contre les plus grandes pluies. Deux électro-aimants actionnent un levier qui transmet le mouvement aurai! et reçoivent eux-mêmes le courant de deux coupleurs. La commande est automatique grâce à des contacts supportés
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-
-
- “4 \fuifc 1040. 5
- REVÜE
- d’électricité
- par des isolateurs spéciaux et qui sont touchés au passage du tramway, le fonctionnement étant le suivant :
- Le conducteur isolé f (fig. i) est connecté avec les bobines A du coupleur E, de sorte que, au passage du tramway, Un courant passe par h, g, le trolley et va à.la"terré par la voiture; le barreau i attiré ferme un circuit k qui permet au courant de passer par la bobine pafe-étincelle /, celle m du coupleur U, l’électro a et par le contact « du coupleur U à la terre. L’aiguille est alors actionnée, mais aussitôt le trolley passé, le courant cesse dans h, k est coupé par i, le levier «qui est tiré mécaniquement par J’aiguille et qui n’est plus verrouillé par le courant dans m vient mettre le contact à droite de sorte que l’électro b sera prêt à fonctionner pour la fois suivante.
- .. — ‘ 1
- Fig. i.
- Si au passage du trolley sur f., le trolley avait été découplé intérieurement à la voiture, le courant n’aurait pas pu passer et l’aiguille n’aurait pas marché. Le mécanicien peut donc à volonté faire fonctionner ou non l’aiguille en laissant ou non son trolley couplé sur les moteurs pendant le passage en f.
- La ville de Mannheim qui emploie ces appareils donne sur eux les renseignements les plus élogieux. Une aiguille pour trois lignes qui fonctionne /,oo fois par jour n’a pas donné lieu depuis deux ans à une seule réparation. Beaucoup de villes sont munies de ces appareils : Karlsruhe, Bonn, Zürich, etc.
- Lorsque la construction d’un kiosque n’est pas possible, on emploie une disposition, qui se place dans le sol, mais demande une extraordinaire isolation des bobines.
- Un autre système comportant aussi des contacts est schématisé par la figure 2. Le trolley étant supposé couplé à la terre, dans la voiture, laisse passer, en touchant g, un courant à travers i qui attire d et ferme e, e2. De suite après, le trolley touchant h un
- Fig. a.
- courant passera par l’électro a, k, e, e8, et la terre par le trolley. L’aiguille est mue par l’électro a et cela même après que le trolley a abandonné g, car le courant établi dans a donne en k un effort suffisant
- Fig. 3.
- pour maintenir d sur les contacts e,e2. Après le passage sur h, d retombe sur e4.
- Si le trolley est découplé dans la voiture pendant le passage, en arrivant sur g aucun courant ne“pxts-sera, mais lorsque le trolley sera à cheval sur g et h,
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- ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Sérié).
- Un courant passera par i, g, h, e3, e4, b et la terre. L’aiguille est alors attirée en sens contraire du précédent. Le mécanicien peut donc'actionner l’aiguille à volonté dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’il i couple ou découple son trolley.
- Cette installation fonctionne parfaitement à Cologne ! et Düsseldorf.
- La figure 3 est le schéma d’un troisième système. Si le trolley de la voiture est couplé à la terre pen- ' dant le passage sous la barre g, un courant passe par e, e2, la bobine “U, g et la terre par le trolley. La ; bobine fll attire son noyau qui coupe ex e2j ainsi que es e, et met e3 efl, de sorte que le courant passe par ; l’électro b, la bobine 11 comme avant, et la terre par g. i L’aiguille est alors attirée par b ; quand le trolley j quitte g le courant est interrompu.
- Si le trolley est découplé sur la voiture, quand il est en g rien ne se passe. Quand il est sur g et h simultanément on a un courant par et e2, la bobine “U, g, h, le court-circuiteur d, ese6, et l’électro a qui ' actionne l’aiguille dans l’autre sens. Le court-circuiteur fif2 a pour but d’empêcher l’attraction du noyau de Ai au cas où le mécanicien couplerait son trolley avant d’avoir quitté h.
- En Amérique des systèmes un peu différents quant à la disposition des électros, mais de même schéma, sont aussi en fonctionnement.
- Dans tous les cas des signaux optiques avertissent de loin le mécanicien de la position de l’aiguille et par suite de la manoeuvre à faire.
- B. G. ’
- USINES GÉNÉRATRICES
- Le degré d’utilisation de l’énergie hydraulique dans les centrales d’éclairage et de force des grandes villes. — Norberg-Scliulz. — Elek-troteclinische Zeitschrift, 6 janvier 1910.
- L’usine d’électricité de Christiania peut produire, par la vapeur, a o45 kw et, par les accumulateurs, 685 kw d’énergie électrique sous forme de courant continu.
- En 1908, elle permettait d’obtenir le courant continu à raison de 95 francs le kilowatt-an, y compris le prix du charbon, de l’huile et de l’eau, et à raison de 76 francs de kilowatt-an, non compris ces mêmes frais. L’usine hydro-électrique de Hamme-ren-Christiania permettait d’obtenir du courant alternatif biphasé à raison de 101 francs le kilowatt-an, et du courant continu (par transformation), à
- raison de 170 francs le kilowatt-an. L’installation hydro-électrique de Kykkelsrud donnai^ 1 940 kw d’énergie triphasée par an, pour no francs.
- En discutant les conditions d’exploitation des différentes centrales, l’auteur conclut qu’une centrale à turbines à vapeur revient à a5o francs le kilowatt, ou un peu moins, en y comprenant tous les frais de construction.
- Il faut donc compter, pour les grandes installations, de a5 à 3o francs le kilowatt-an. Le charbon, l’eau et l’huile ne font guère que 6 à 7 centimes par kilowatt-heure produit, même pour les «pointes » de courte durée.
- L’auteur rappelle également que, d’après les études de Schôr, sur les .installations hydro-électriques de la Suisse, on peut évaluer les frais de construction, dans les cas ordinaires, de 760 à près de 2 000 francs par kilowatt. Un kilowatt-an de force hydraulique coûterait alors (en le calculant à raison de 10 % des frais d’établissement),de 75à20ofrancs.
- D’une manière générale, on obtient le maximum de rendement des installations hydro-électriques en les faisant travailler en parallèle avec des installations à vapeur et des batteries d’accumulateurs.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’électricité à bord du vapeur « George "Washington », — F. Thilo. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 janvier 1910.
- Ce vapeur du Norddeutschen Lloyd est la plus grosse unité de la flotte de commerce allemande. Affecté au service avec, l’Amérique du Nord, il a été construit aux chantiers « Vulcan » de Stettin.
- Ibpeut convoyer : 620 passagers de i™classé.
- — — 877 — a’ classe.
- — — 614 — 3e classe.
- — 1 43o — 4° classe.
- Il faut compter en plus 525 hommes d’équipage. Des machines à quadruple expansion, agissant sur sa double hélice, lui donnent une vitesse de 19 noeuds., pour une puissance indiquée de 20 000 chevaux.
- Les dynamos de n© volts et 1 000 ampères sont attaquées par les machines compound verticales à grande vitesse. Elles comportent un dispositif d’huile sous pression.
- La ventilation du navire emploie une énergie de i5o chevaux.
- L’éclairage du bord est assuré exclusivement par 4 3oo lampes à filament de charbon de 25 bougies.
- Il y a, bien entendu, une station de T. S. F. Mar-
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- cOni, et enfin un équipement de chauffage électrique qui àbs'orbe rÿo kilowatts. M. G.
- DIVERS '
- TU ffets physiologiques produits par un champ magnétique alternatif. — s.-P. Thompson.—
- Academie des Sciences •, séance du r8 avril 1910.
- L’auteur .expose que le magnétisme arrive à
- exercer une certaine influence sur l’organisme lorsqu’on opère avec un champ alternatif suffisamment puissant. Le goût et la vue sont affectés ; l’oUïe et l’odorat ne le sont pas.
- A la suite de la communication de M. S. P. Thompson, M. d’Arsonval a rappelé qu’il avait déjà signalé ces phénomènes en i8q3 et 1896.
- M. B.
- "F
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Recherches sur la décharge des condensateursA. tiéautè, ancien ingénieur au corps des Mines. — Thèse soutenue le 18 mars 1910, devant la Faculté des Sciences de Paris. Gauthier-Villars.
- La décharge des condensateurs met en jeu des phénomènes très difficilement accessibles à l’expérience, en raison de leur faible durée et de leur complexité. Depuis Helmholtz, qui le premier a nettement conçu le caractère oscillatoire de la décharge, beaucoup de travaux intéressants avaient été exécutés, mais ils laissaient dans l’ombre quelques points importants. En particulier, l’on n’était pas fixé sur la cause dès singularités qu’on observe dans la décharge d’un condensateur à travers une bobine de self. Dès 1860, Feddersen, et,dans ces dernières années, ML llemsalech, avaient reconnu la présence, dans la décharge disruptive obtenue par coupure du circuit, de stries sensiblement équidistantes.
- M. A. Léauté, prenant pour point de départ les travaux de ce dernier expérimentateur, s’est donné à tâche d’élucider ces points obscurs. Par des expériences ingénieuses, qui viennent confirmer une théorie mathématique remarquable, il a mis en évidence le rôle essentiel que joue dans le phénomène la capacité des bobines de self insérées dans le circuit de décharge.
- Dans son dispositif expérimental, M. A. Léauté s’est servi, pour examiner üétincelle, de deux méthodes qu’avait employées M. Hemsalech pour l’observation de l’étincelle de coupure.
- La première est une méthode de miroir tournant
- dans laquelle on supprime le miroir en imprimant à la plaque photographique elle-même un mouvement rapide.
- La seconde est une méthode de soufflage magnétique, dans laquelle l’étincelle se trouve soumise à l’action d’un courant d’air.
- Le montage général adopté par MI. A. Léauté est le suivant :
- Un condensateur se décharge à travers un circuit comprenant un éclateur, une ou plusieurs bobines de self,des condensateurs auxiliaires, etc.; le condensateur reçoit sa charge par l’intermédiaire d’une résistance et d’un tranformateur alimenté par un courant interrompu.
- Dans une première série d’expériences, l’auteur est parvenu à montrer que des stries, identiques à celles qui prennent naissance dans les étincelles d’induction, peuvent être produites par deux courants oscillatoires de fréquences très différentes. Une deuxième série de recherches vient ensuite préciser la dépendance qui existe entre la production de stries et la capacité de bobines d’induction; en passant, M. A. Léauté définit exactement ce qu’on doit appeler la capacité d’uAe bobine de self-induction.
- La partie théorique de ce travail, c’est-à-dire l’étude analytique des phénomènes, fait d’autant plus d’honneur à son auteur que ni Thomson ni Kirchhoff, qui ont donné chacun leur solution du problème, ne considéraient le cas, expressément traité ici, de là présence d’une bobine de self dans le circuit de décharge. MI. A. Léauté a donc dû s’engager dans une
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- T. ' X (2e Série).' — U*'2S. ^
- yoie nouvelle, et, en choisissant judicieusement ses hypothèses simplificatrices, il a réussi à établir une interprétation mathématique qui n’a pas seulement le mérite de la virtuosité, mais qui est encore remarquablement conforme à la réalité des choses: ayant démontré en effet, par voie analytique l’existence dans le circuit de décharge de deux courants sinusoïdaux superposés, l’auteur reconnaît l’identité de l’un de ces courants avec celui que prévoyait Thomson; mais le second est singulièrement plus intéressant à mettre en évidence, parce qu’il donne l’explication de la présence des stries et permet même'de retrouver la loi d’écartement de ces stries. C’est ce qu’indique brillamment l’auteur à la fin de son mémoire qui apporte ainsi une contribution de grande valeur à l’étude d’un problème intéressant à plus d’un égard.
- M. G.
- Cours pratique d’électricité industrielle, tome II, par H. Chevallier. — I volume in-8° carré de 373 pages avec 33o figures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 7 fr. 5o.
- On continue à trouver dans ce second tome — qui traite des applications du courant électrique à l’éclairage, au chauffage, au travail mécanique (traction et commande électrique de l’outillage.industriel) à l’électrolyse,à latélégraphie et à la téléphonie — le même et remarquable esprit de clarté, le même souci d'utilité pratique, et les mêmes qualités d’exposition que dans le premier tome.
- Les ouvrages d’électrotechnique pratique de M. Chevalier se distinguent décidément par une allure très particulière : sobres comme des manuels, ils sont généralement complets à souhait. L’étude de l’éclairage électrique, spécialement celle des lampes à arc avec leurs systèmes de régulateurs, est l’une des meilleures que nous possédions.
- De même la traction électrique est traitée avec une clarté que la complexité du sujet rend méritoire.
- Les notions données sur l’électrométallurgique sont, il est vrai, bien sommaires, mais le chapitre « commande électrique de l’outillage industriel » est plein de bonnes indications, notamment sur la commande électrique des ascenseurs et des engins de levage.
- La signalisation et la téléphonie sont exposées a^ec un grand nombre de schémas de montages et d’appareils, aussi clairs que le texte qui les commente.
- T. P.
- Formulaire des Centraux (3e édition), par J.-B. — 1 volume in-16 de 463 pages avec figures.- — H. Dunod et E. Pijîat, éditeurs, Paris. — Prix : relié, 7 fr. 5o.
- Disposé, dans l’ensemble, à la manière d’ùn dictionnaire, ce formulaire a deux grandes qualités : d’abord, son format est réduit et aisément maniable; on peut sans peine le mettre dans la poche; et en deuxième lieu, les recherches y sont faciles. Il en a une troisième plus rare encore : c’est de ne contenir qu’un minimum de texte courant. S’il est des ouvrages dont le « langage ordinaire »,que l’on recherche tant ailleurs, doive être en effet banni, ce sont sans doute les formulaires et les manuels. Jamais on n’y a recours pour se faire une idée d’ensemble sur une question : c’est toujours un chiffre ou une formule précise qu’il s’agit de trouver rapidement. Beaucoup d’auteurs de formulaires l’oublient; félicitons donc l’auteur de celui-cide ne.pasl’avoir oublié.
- La partie de cet ouvrage consacrée à l’électrotech-nique est établie d’après le cours de M. Monnier, membre du comité de direction de notre Revue ; les résumés en sont faits sous une forme claire et facile.
- Au total, cet ouvrage est assurément l’un des meilleurs du genre.
- S. E.
- L’électricité dans lesmines, E.-J.Brunswick. — 1 volume in 8° raisin de 254 pages, avec 68 figures. Gauthier-Villars, éditeur,Paris. — Prix : broché, 7 fr. 5o.
- Nul n’était mieux qualifié que M. Brunswick, dont on se rappelle le rapport au Congrès de Marseille sur l’équipement électrique dans les mines, pour rassembler en un volume les éléments de cette importante question. M. Brunswick s’est acquitté de cette tâche avec sa conscience et son érudition ordinaires. Il a versé dans l’ouvrage que nous présentons aujourd’hui de nombreux documents encore inédits ; d’une manière générale, l’auteur s’est attaché à faire un exposé plus ample, plus complet, mieux adéquat aux réalités industrielles que ne peut l’être, par nature, un rapport à un Congrès.
- Ingénieur en chef d’une maison de construction, il nous fait ici profiter d’une longue et vaste expérience.
- La table des matières de cet ouvrage donnera idée de la documentation mise en œuvre :
- TABLE DES MATIERES
- Introduction. Préambule. — Chapitre premier. Considérations générales. Classification.— Ciiap. II.
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- 4 Juin 1910
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- Ateliers au jour; commande des machines-outils et engins divers. Criblages. Lavages. Usines à briquettes, service des fours. — Cliap. III. Pompes. Remarques sur le réglage de la vitesse. Exemples de pompes électriques. Puissances atteintes avec les pompes électriques. Dépositions particulières aux pompes de fonçage. — Cliap. IV. Ventilateurs. — Chap. V. Moteurs spéciaux pour service au fond. Moteurs antidéflagrants. —- Chap. VI. Treuils simples ordinaires pour plans inclinés ou pour faible extraction. — Chap. VII. Traction. Système à trolley. Locomotive à accumulateurs. —Chap. VIII. Eclairage au fond. Lampes de mines.
- Dans le chap. IX, Extraction propr1 dite, l’auteur étudie les éléments des installations au point de vue technique : Détermination de la puissance instantanée. Résultats obtenus avec les extractions à vapeur. Avantages de la commande électrique. Influence du régime de l’extraction électrique sur les dispositions de la station centrale. Eléments rentrant en compte dans la dépense relative à l’extraction. Des divers modes de commande électrique. Démarrage des divers genres de moteurs. Moteurs à courant continu. Moteurs à courants alternatifs. Comparaison des systèmes. Uniformisation de la puissance absorbée. Découplage du groupe régulateur; arrêt éventuel des volants ; réduction des résistances passives. Récupération et freinage électriques. Choix du mode de commande électrique de l’extraction.
- Chap. X. Discussion des systèmes au point de vue du coût de l’installation. Courants triphasés utilisés directement. 'Détermination de la génératrice. Courants triphasés utilisés par l’intermédiaire d’un groupe uniformisateur-convertisseur en courant-continu. Courants triphasés avec groupe convertisseur-uniformisateur et survoltrice-dévol-trice.
- Chap. XI. Discussion des système1 au point de vue de l’Économie de l’Exploitation. Cas des courants triphasés utilisés directement. Cas des courants triphasés utilisés par l’intermédiaire d’un groupe convertisseur-uniformisateur fournissant du courant continu, ou autre système équivalent. Réseaux à courants triphasés à 5o périodes par seconde utilisés pour la commande directe de l’extraction sans systèmes d’uniformisation. Conclusions. — Chap. XII. Exemples d’applications. Exemples d’extractions électriques dans les mines (Tableaux). Dispositions particulières à quelques installations. — Chap. XIII. Emploi du courant continu direct avec démarrage par batterie d’accumulateurs fractionnée pour
- couplages. Puits Zollern IL Générateurs à vapeur. Station centrale. Extraction. — Chap. XIV. Emploi du courant continu direct avec génératrice principale à tension variable sjjécialement affectée à l’extraction. Mines de fer de la Mourière. Calcul de la machine d’extraction à tambours tronconiques, sans câble d’équilibre. Données caractéristiques de l’extraction. — Chap. XV. Emploi direct du courant continu avec groupe turbo-générateur. Mines de Courrières. Description de l’installation. Turbines à vapeur. Fonctionnement du groupe à vitesse variable. Dynamosgénératrices. Volant uniformisateur. Manœuvre-freinage. Appareils de sécurité. Conditions de fonctionnement. Diagramme des puissances. Vérification de la puissance de la turbine. Détermination du volant. Dépense de vapeur. Marche des turbines à l’air libre. — Chap. XVI. Emploi direct des courants triphasés. Sur cet important problème, l’auteur cite de nombreux exemples d’installations existantes. — Chap. XVII. Emploi du courant continu avec groupe d’uniformisation. Gelsenkirchener Bergwerks Gesellschaft. Puits Zollern II. Fonctionnement du groupe convertisseur. Convertisseur-régulateur Illgner. Génératrice d’extraction. Conduite de l’extraction, manœuvre ; appareillage. Moteurs d’extraction. Résultats d’exploitation. — Chap. XVIII. Emploi des courants polyphasés avec groupe convertisseur d’uniformisation système Illgner. On trouve encore ici une abondante documentation pratique. — Chap. XIX. Emploi des courants polyphasés transformés en courant continu avec système survolteur-dévolteur et volant indépendant. Charbonnage du Hazard. Sièges de Fleron etMicheroux. Générateurs, centrale. Machine d’extraction, système Créplet. Uniformisation de la puissance absorbée. Appareillage et manœuvre. Démarrage initial de l’installation. Economie générale du système. Compagnie de Ligny-les-Aire. Siège de Tiremande. Station centrale. Machinerie de démarrage. Extraction. Moteurs d’extraction.
- V. R.
- Production électrique de l’ozone et applications à l’industrie, l’hygiène, la thérapeutique. — E. Douzal. — i volume de 115 pages avec 5ï figures. — Cii. Béranger, éditeur, Paris et Liège. — Prix : broché, i5 francs.
- Le grand intérêt qui s’attache actuellement à l’ozone et à ses applications industrielles est un sûr garant du bon accueil qui sera fait à ce livre. Trai-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aiô
- T. X (2* Série). - MA23;S
- tant d’une question éminemment spéciale, il possède le grand mérite d’être écrit par un spécialiste. Non seulement M. E. Douzal connaît fort bien, par métier, les choses dont il parle, mais encore il a apporté une contribution intéressante à différentes parties de la technique industrielle de l’ozone. Bien entendu, ses appareils sont décrits dans son ouvrage, mais sans nuire aux proportions de l’ensemble, qui constitue un exposé très complet et très clair de la question.
- L’exécution typographique ajoute à la netteté du texte. C’est un ouvrage documentaire avant tout, et qui remplit fort bien son but.
- L’auteur, partisan convaincu de l’emploi de l’ozone, n’a pas répandu sa conviction d’une manière indiscrète dans son œuvre ; et lorsqu’il vient à l’exprimer, on ne peut lui reprooher de le faire, étant spécialistç, avec une certaine partialité. Au surplus, M. Douzal s’appuie sur un nombre respectable d’autorités scientifiques.
- M.G.
- VOLUMES REÇUS
- Leitfaden zum Elektrotechnischen prak-tikum, par O. Brion. — x volume in-8 raisin de 404 pages avec 38o figures. — B. G. Teubner, éditeur, Leipzig. — Prix: broché, io marks; relié, n marks. „
- Cours de mécanique rationnelle et expêri-mentale, par H. Bouaase. — i volume in-8 raisin de 692 pages avec 7(29 figures. —• Gu. Dblagrave, éditeur, Paris. Prix : broché, 20 francs.
- La radioactivité et la constitution de la matière, par A. Battelli, A. Occhialini et 8. Chella,
- —1 volume in-8 raisin de 36opages avec i44 figures, — Gauthier-Vilears, éditeur, Paris. — Prix : broché, 8 fr,
- Ricerche ed JEsperienze di telephonia elet-trica senza illo, parQüirino Majoraua. — Extrait des Rendiconti délia R. Academia dei Lincei, Rome.
- E’Electricité à la campagne, par R. Champly. — 1 volume in-8 raisin de 292 pages avec 289 figures. — H. Desforges, éditeur, Paris. —Prix : broché, 6 francs.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Droits d’octroi sur les matériaux. Entrepôts et dispense d’enti'epôt.
- Nous avons eu plusieurs fois à parler des octrois, soit pour les combustibles, soit pour les matériaux nécessaires aux distributions d’énergie électrique, et nous avons pu nous apercevoir, à de nombreuses demandes d’explications, que cette question doit être tenue à jour puisqu’elle intéresse un très grand nombre d’industriels.
- Différentes décisions sont intervenues dernièrement, dont nous allons rendre compte, en donnant le texte. Mais il convient toutefois de résumer tout d’abord les principes qu’elles supposent connus.
- I
- L’octroi est un impôt qui frappe les objets destinés à la consommation locale. Ce principe n’est pas né avec le décret du x5 février 1870; il
- lui est bien antérieur, puisqu’il est écrit dans l’article 148 de la loi de 1816 — loi organique des octrois — dans les termes suivants : « les droits « d’octroi continueront à 11’être imposés que sur « les objets dé consommation locale, il ne pourra a être fait exception à cette règle que dans des « cas extraordinaires et en vertu d’une loi spé-« ciale » (*);
- (4) Il règne généralement, dans l’esprit des industriels, une certaine confusion entre les différents textes relatifs à l’octroi, et nous croyons devoir indiquer rapidement quel a été l’ensemble de la législation sur ce poiut. Comme le mot l’indique, les. communes ne pouvaient, sous l’ancien régime, établir des droits pour elles-mêmes qu’en vertu d’une permission qu'octroyait le pouvoir royal. L’Assemblée constituante a supprimé cette facilité. Poussé par la force des choses, le gouvernement fut obligé de restaurer des droits municipaux. Tour à tour perçus par les communes avec l’approbation du pouvoir législatif (lois du 9 germinal an V, 5 ventôse an VIII) remis aux soins du gouvernement (décret du 8 février 1812), rendus aux communes (ordonnance du 9 décembre 1814)
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- 4 loin ISloi ; REVUE D’ÉLECTRICITÉ -
- Le rédacteur du décret de 1870 a" tenu compte de cette prescription de la loi et a donné la facilité de faire entrer au moyen de l’entrepôt, c’est-à-dire en franchise, les combustibles et les matières premières employés aux établissements industriels, parce qu’il tombe sous le sens, que ces établissements emploient le chavhon à la fabrication d’objets qui vont rayonner de la ville soumise dans la France entière et même à l’étranger, et que ce serait taxer indirectement un objet destiné à une consommation générale et non locale que de frapper le combustible qui concourt à sa fabrication.
- Ce qui est dit pour le combustible est vrai des matières premières, cette expression comprenant toutes celles qui se transforment pendant la fabrication, de telle façon qu’en disparaissant elles-mêmes, elles ont donné naissance à un produit nouveau.
- Lorsque ce combustible est entré dans l’établissement industriel,deux choses peuvent se passer : ou le produit fabriqué est totalement exempt de droit d’octroi et, dans ce cas, l’industriel n’a absolument rien à payer; ou bien il est frappé d’un droit, et dans ce cas, ce droit est payé sur le produit que l’industriel ne justifie pas avoir fait sortir du lieu-sujet. Mais le combustible est toujours exempt, ainsi que la matière première, et si par hasard ces matières avaient payé le droit à l’entrée, elles pourraient être détaxées, l’Administration devant déduire du droit payé par le produit lui-même l’impôt payé par le combustible ou la matière première (* *).
- et codifiés par la loi de 1816, d’une façon définitive, les droits d’octroi ont repris leur allure de droits nettement municipaux, et c’est dans les deux derniers textes précités qu’il faut chercher les principes définitifs ; mais le décret du 12 février 1870 les a complétés, non seulement en créant l’entrepôt industriel, mais encore en indiquant les objets qui peuvent être frappés d’une taxe et le montant de la taxe elle-même d’après la population de la commune qui la perçoit.
- (*) Cette déduction est prescrite en termes formels par l’article 9 du décret : « Lorsque les droits d’octroi auront « été acquittés à l’entrée pour des combustibles ou des « matières premières qui, dans l’intérieur du lieu-sujet « seront employés à la préparation ou à la fabrication « d’un produit industriel livré à la consommation inlé-« rieure et imposable, s’il est régulièrement justifié de « ce paiement, le montant desdits droits sera pré-« compté sur celui des droits dus pour le produit fabri-« qué. »
- L’Administration ne pourrait pas, dans ce cas, serefu-
- Àyant ainsi étahli une exemption pour les combustibles et les matières premières des établissements industriels, le décret du i!> février prévoit d’autres exemptions dans des termes plus généraux et plus formels. C’est ainsi que l’article i3 exempte de tous droits tout ce qui est relatif à l’exploitation de chemins de fer, aux travaux des ateliers et à la construction de la voie ; ne doivent payer que les objets consommés dans les gares, salles d’attente, bureaux.
- Ainsi, une matière première entrant dans un atelier de chemin de fer est dispensée de tous droits, alors même qu’elle serait fixée sur la voie dans le périmètre du lieu-sujet.
- On comprend donc avec quel empressement certaines industries ont essayé de persuader aux tribunaux qu’elles étaient en réalité des chemins de fer, pour bénéficier de l’article i3, ou de déclarer que, tout en faisant pénétrer dans le rayon de l’octroi certains matériaux soumis aux droits, elles entendaient les consacrer à une consommation générale, et non locale, de façon à exciper de l’article 14& de la loi d’avril 1816 que nous avons cité plus haut.
- Parmi les premières, il faut citer les compagnies des tramways qui disaient : « Nous sommes « des chemins de fer, donc non seulement nos ce combustibles doivent entrer en franchise — « ce qui n’est point d’ailleurs discuté — mais, en « plus, nous pouvons et nous devons obtenir « l’entrepôt pour tous les matériaux nécessaires « à nos lignes, alors même que nous les utilise-« rions dans le lieu-sujet. »
- Parmi les autres, se trouvaient des Compagnies de distribution d’Eau qui disaient : « Nous distri -« buons de l’eau dans plusieurs communes ;donc a une commune ne peut pas percevoir de droits
- ser à faire la déduction sousprétexte que l’entrepôt préalable n’aurait pas été obtenu pour les matières premières. La Cour de cassation l’a décidé par arrêt du 3o octobre i8g3 rapporté dans Dalloz (1894, I, p. iÔ?), dans les termes suivants : « Celui qui fabrique dans l’intérieur d’une ville, des objets assujettis aux droits d’octroi (dans l’espèce du plâtre) à l’aide de matières premières, venant de l’extérieur et déjà taxées elle-mêmes à leur entrée (dans l’espèce des pierres à plâtre), doit payer le droit d’octroi sur les produits fabriqués par lui, d’après le tarif fixé pour ces produits, sauf à précompter sur ce droit celui qu’il a pu payer sur les matières premières sans que ce précompte soit soumis à la condition préalable de l'entrepôt, »
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- « pour les matériaux destinés à la construction « d’un réservoir alimentant nos concessions. Ce « réservoir situé dans telle commune n’en est pas « moins un réservoir intercommunal, par consé-« quent il n’a rien de local, et nous réclamons « l’entrepôt. »
- Il est très intéressant de connaître les réponses faites par la jurisprudence à ces différentes prétentions.
- Il
- Envisageons d’abord les tramways électriques.
- 11 a été décidé qu’il ne peuvent pas, d’emblée, s’assimiler aux chemins de fer. Partout, ils ne peuvent pas obtenir la décharge que ceux-ci se voient accorder sans difficulté.
- Il faut distinguer dans la jurisprudence ce qui est relatif :
- a) Aux tramways urbains;
- b) Aux tramways interurbains ;
- c) Aux parties mixtes.
- a) Pour la première catégorie, il a été décidé que les matériaux employés à la construction d’un tramway sont passibles des droits d’octroi, alors que le tramway ne dessert que la commune et ne dépasse pas les limites de la ville et de la banlieue ni celles de l’octroi. (Req., 3 février 1904, 1.47s.)
- Et il n’y a pas à considérer le mode d’exploitation, la longueur du tramway, le fait qu’il dessert les comptoirs et les magasins des agglomérations annexées à la ville, à une époque relativement récente et un port compris dans les limites de l’octroi. Peu importe aussi que ce tramway doive transporter des voyageurs et éventuellement les messageries à destination d’une autre ville, ayant également un tramway, si les deux tramways sont des entreprises distinctes, séparées par un bras de mer ne constituant pas dès lors un tout indivisible.
- b) Pour la deuxième catégorie, la compagnie concessionnaire d’un réseau de lignes urbaines et suburbaines de tramways doit être exonorée des droits d’octroi, sur les matériaux ayant servi à la construction des lignes suburbaines qui, mettant en communication plusieurs communes, sont considérées comme affectées à un service général.
- En conséquence, les concessionnaires de ces lignes ne sauraient être astreints à acquitter des
- droits d’octroi sur les matériaux ayant servi à la construction de la voie ferrée, même dans les limites de l’octroi d’une des villes desservies, si cette partie de ligne est commune à la traction urbaine et suburbaine. (Voir Req., 9 mai 1906, Dalloz 1906,1, 467. Cassation, 19 janvier 1898. Dalloz 1898, 1, 5i3).
- c) Mais si la compagnie a, à la fois, des lignes rigoureusement urbaines à côté de ses lignes qui participent à la double traction, bien qu’elle ait aussi un réseau intercommunal, elle ne peut pas, sous prétexte que les deux Réseaux sont en communication, éviter de payer les droits d’octroi pour la part nettement urbaine, alors surtout que cette indivisibilité est formellement interdite parledégré de concession qui distingue les lignes du réseau concédé en lignes urbaines et lignes suburbaines.
- Ces principes viennent encore d’être très nettement affirhiés par une décision du juge de paix de Roubaix, en date du 3 juillet 1908, et relativement à la Compagnie des tramways de Roubaix-Tourcoing.
- Nous n’hésitons pas à la reproduire à la suite de cette observation. On pourra aussi consulter sur la question les arrêts du Conseil d’Etat, 9 mai 1902; 24 juin 1904; 24 novembre 1902; 3 juillet 1909.
- III
- En ce qui concerne les canalisations d’eau, la jurisprudence paraît au premier abord un peu plus délicate à apprécier.
- Ce n’est toutefois qu’une apparence, ainsi que nous allons l’établir.
- Le 14 mai 1909, le Conseil d’Etat approuvait, par un arrêt formel,le refus du préfet delà Seine, confirmant le refus du maire de Montreuil, qui n’avait point voulu accorder l’entrepôt pour les matériaux destinés à un réservoir que la compagnie soutenait ne pouvoir utiliser que pour une distribution intercommunale. Donc, disait-elle, nous devons, pour lesdits matériaux, être admis à l’entrepôt.
- Le Conseil d’Etat a pensé, après conclusion de M. l’avocat général Romieu, qu’il ne pouvait appliquer à des matériaux l’article 8 du règlement d’administration du 12 février 1870, par ce fait que cet article vise les matières premières à employer dans des établissements industriels,
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- et que l’expression « matières premières » vise seulement des substances destinées à se transformer, tandis qu’au contraire les matériaux employés à un réservoir ressemblent beaucoup ' plus à des objets destinés à une construction, les chemins de fer pouvant seuls être exempts sur ce point.
- Du reste, le Conseil d’Etat a bien eu soin de dire que le refus du Préfet et du Maire ne fait pas d’obstacle à ce quë la compagnie fasse les déclarations nécessaires pour permettre le contrôle des quantités et la vérification de l’emploi particulier qu’elle entend donner à ses matériaux, en vue de réclamer, si elle s’y croit fondée, par application de l’article 148 de la. loi du 28 avril 1816, l’exonération des taxes d’octroi perçues sur lesdits matériaux.
- On peut donc dire que c’est sèulement une question de texte qui a fait échouer la compagnie d&ns sa demande d’entrepôt, et que tous ses droits seront réservés.
- Comment les fera-t-elle valoir?
- En payant, avec réserves, les droits d’entrée afférents à ces matériaux, puis en faisant constater l’emploi qu’elle en fait, et si elle justifie que cet emploi est affecte à un usage intercommunal, e lie pourra être exemptée facilement.
- La Cour de Cassation a d’ailleurs parfaitement jugé, dans une espèce identique, à la date du 12 décembre 190G, de la façon suivante : « L’exemption des droits d’octroi estacquisé, en « vertu de l’article 148 de la loi du 28 avril 1816, « pour un tuyau de fort diamètre introduit dans « le périmètre de l’octroi de Clichy et présentant « un caractère d’intérêt général, si la Compagnie « des Eaux prouve l’emploi qu’elle entend en « faire, et si cet emploi a été vérifié et constaté par « le maire et le préposé en chef de l’octroi ».(').
- IV
- Nous terminerons teut ceci par un résumé indiquant la différence entre [l’entrepôt et la déclaration exigée par l’article 148 de la loi [de 1816.
- [*) Il est vrai de dire que la Cour de Cassation remarque dans son arrêt que, dans le règlement local de l’octroi en question, il n’y avait pas prescription expresse de la nécessité d’avoir l’entrepôt pour[avoir l’exemption. La question n’est donc pas jugée encore pour le cas où le règlement contiendrait une disposition.
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- Lorsque l’on obtient l’entrepôt, on fait entrer la marchandise en franchise. On n’a donc pas de droit à payer. Cela toutefois ne veut pas dire que la commune 11e pourra rien réclamer. Si elle a accordé l’entrepôt par erreur, elle pourra actionner l’industriel en paiement de droits en retard.
- Mais il est aisé de comprendre que la situation de l’industriel est bonne car, en matière de taxe surtout, il vaut mieux être débiteur éventuel que créancier d’une restitution.
- Au contraire, l’industriel qui n’a pas obtenu l’entrepôt et qui, malgré cela, estime que le caractère de consommation générale des matériaux qu’il fait entrer doit l’exempter de droit, est tenu néanmoins de faire l’avance, sauf à lui à réclamer le bénéfice de l’article 148 de la loi de 1816.
- Mais il se heurte alors, non seulement aux ennuis de la réclamation, mais encore aux objections que l’on pourra lui faire sur les constata*-tions qu’il a faites : on pourra les arguer d’insuffisance, dire qu’elles ne sont pas convaincantes, etc.
- Enfin si, comme dans la plupart des règlements d’octroi, l’entrepôt était considéré comme une formalité nécessaire à l’exemption, l’industriel serait sûrement déclaré en faute de ne pas avoir au moins essayé de l’obtenir, et on lui reprocherait sûrement de vouloir mettre en œuvre la loi de 1816 avant d’avoir accompli les formalités du décret de 1870.
- La ligne de conduite se dégage donc bien nette : il faut toujours commencer par réclamer l’entrepôt.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Décision du Tribunal de Paix de Roubaix du 3 juillet 1908.
- Sommaire. — Une compagnie de tramways ne peut soutenir valablement qu’elle doit être assimilée à une compagnie de chemin de fër et bénéficier à ce titre de l’exemption accordée par le décret du 12 février 1870, article i3, dont les termes sont limitatifs.
- Les lignes de tramways servant uniquement à transporter d’un point à un autre, dans l’intérieur d’une ville, les habitants et les voyageurs ayant été construites dans l’intérêt et pour le service exclusif de la ville, sans dépasser les limites du périmètre de l’octroi, possèdent bien le caractère communal tel que l’établit ^ jurisprudence.
- Il importe peu que la même compagnie possède d’au-
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- très lignes suburbaines et intercommunales ; il ne faut pas envisager les lignes dans leur ensemble, mais chacune prise isolément; chaque ligne reste distincte et conserve son caractère et son individualité propres.
- Dans ces conditions, les lignes visées, ayant un caractère strictement communal, leurs matériaux de -construction ne peuvent bénéficier de l’exemption des droits d’octroi prévue pour les lignes servant à la circulation générale.
- Ainsi décidé par le jugement suivant :
- Attendu que la Compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing a formé opposition à la contrainte décernée contre elle le 5 novembre 1906 par M. le maire de Roubaix, pour la somme de igo63 fr. ia représentant les droits que lui réclame l’Administration de l’Octroi de Roubaix pour les matériaux par elle employés à la construction de ses lignes nouvelles à Roubaix, ladite contrainte rendue exécutoire et signifiée le 7 novembre 1906 ;
- Attendu que ladite compagnie déclare avoir consigné sous réserve de ses droits, entre les mains de M. le receveur de l’Octroi de Roubaix la susdite somme de 19063 fr. 12, et en justifie, que par suite son opposi- ' tion est régulière.
- En la forme,
- Recevons la Compagnie dont il s’agit comme opposante à la contrainte susdite ;
- Attendu que la Compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing se fonde, pour réclamer la restitution des 19063 fr. 12 'de droits d’octroi afferents aux matériaux employés pour la construction des lignes nouvelles, sur ce qu’aux termes de l’article 148 de la loi du 28 avril 1816, les droits d’octroi ne sont imposés que sur les objets destinés à la consommation locale, à l’exclusion des objets destinés au commerce général, et que le décret du 12 février 1870 faisant application de ce principe, a excepté de tous droits d’octroi les matériaux destinés soit à l’exploitation des chemins de fer, soit à la construction de la voie et de ses dépendances, et que cettè exception s’applique à toutes les voies ferrées et en particulier aux tramways, lorsque, comme dans l’espèce, ils parcourent plusieurs communes qu’ils font communiquer entre elles; sur ce que, conformément aux décrets du 26 avril 1894 et du 20 avril 1906, les seuls ‘ qui régissent aujourd’hui la concession de la compagnie, toutes les lignes, tant anciennes que nouvelles, exploitées par la Société rétrocessionnaire ne forment qu'un seul réseau d’intérêt général pour Roubaix-Tourcoing et les communes environnantes, qu’il est indivisible, non seulement en vertu des décrets de concession précités, mais encore par l’unité d’entreprise et d’exploitation qui se manifeste par l’établissement de trains ouvriers, la délivrance d\abonnements de toutes sortes et de billets avec correspondance sur toutes les lignes sans aucune distinction ;
- - Attendu que M. le maire de Roubaix, par l’organe de
- M® Brackers d’Hugo, soutient que les droits réclamés par l’Administration de l’Octroi sont dus, parce que les lignes exploitées par la Compagnie nouvelle des tramways de Roubaix-Tourcoing ne forment pas un réseau indivisible, que les lignes nouvelles ont un caractère purement communal ayant leurs points de départ et d’arrivée, ainsi que tout leur parcours, sur le territoire de Roubaix;
- Qu'enfin ces lignes créées longtemps après le réseau primitif ont été exécutées dans un but purement communal et sont absolument distinctes d’un réseau antérieur de la Compagnie ;
- Attendu, tout d'abord, que la Société des tramways de Roubaix-Tourcoing ne peut soutenir valablement qu’elle doit être assimilée à une compagnie de chemins de fer, et bénéficier à ce titre de l’exemption accordée par le décret du 12 février 1870, article i3, dont les termes sont limitatifs ;
- Qu’au surplus la loi du 11 juin 1880 établit une distinction très nette entre les chemins de fer et les tramways, et définit ces derniers à son article 26 en ces termes, « voies ferrées concédées sur une voie publique », que d’ailleurs à différentes reprises la Cour de Cassation a refusé de considérer comme chemin de fer, bénéficiant à ce titre de l’exemption des droits d'octroi, des voies ferrées à traction de chevaux concédées par décrets, établies sur la voie publique, notamment à Lille (Cour de Cassation 12 novembre 1877),puis à Lyon (Chambre des Requêtes, 20 novembre 1894), qu’ainsi l’article i3 du décret de 1870 est sans application dans le cas présent;
- Que,d’autre part, la Société des tramways de Roubaix-Tourcoiiig ne peut d’avantage invoquer l’article 148 de la loi de 1816 en soutenant que les objets imposés n’étaient pas destinés à la consommation locale ; qu’en effet, l’article 148, en autorisant l’établissement d’une taxe seulement sur les objets destinés à la consommation locale, en exempte au contraire ipso facto tous les objets livrés au commerce général ;
- Qu’en effet, la Ville de Roubaix reconnaît le caractère d’affectation aü coinmérce général des lignes suburbaines établies par la Société sur le territoire de- plusieurs communes qu’elle fait communiquer entre elles et qui sont à ce titre exemptées des droits d’octroi afférents aux matériaux employés à leur construction ; qu’elle se borne à réclamer les droits concernant les matériaux ayant servi à l’établissement des lignes urbaines construites entièrement sur le territoire de la commune et dans le périmètre de l’octroi ;
- Attendu que la Cour de Cassation, par de nombreuses décisions, a admis le caractère local d’entreprises de cette nature et a décidé, par voie de conséquence, leur assujettissement aux règlements d’octroi (arrêts des i3 novembre 1877, 20 novembre 1894, 3 février 1904,9 mai 1906) ;
- Attendu qu’en l'espèce le premier réseau de tramways
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- organisé à Roubaix a été un réseau purement urbain, constitué par des lignes ayant toutes leur point de départ et d’arrivée, ainsi que tout leur parcours, sur le territoire de la commune de Roubaix, que ce réseau, concédé par le décret du 3 décembre 1873, a été formé uniquement pour satisfaire aux besoins de circulation loeale dans les limites du périmètre de l’octroi ;
- Attendu qu’ultérieurement et à la suite du décret du 26 avril 1880, plusieurs lignes de ce réseau, qui avaient leur point terminus à la périphérie de la commune de Roubaix ont été prolongées sur le territoire des communes environnantes ;
- Qu’ainsi ces lignes prolongées ont perdu leur'caractère primitif, c'est-à-dire le caractère purement urbain, en vertu même de la jurisprudence de la Cour de Cassation qui a décidé que, toutes les fois qu’un tramway met en communication directe deux ou plusieurs communes, il ne s’agit plus d’un intérêt purement local, mais qu’on se trouve en présence d’un instrument de commerce général dont profitent ou doivent profiter les communes traversées ou ainsi reliées, que les droits d’octroi perçus dans l’intérêt exclusif de la commune qui les impose n’ontplus de raison d’être et ne peuvent se justifier, et que c’est alors le cas d’invoquer l’exception qui résulte ipso facto de l’article 148 de la loi du 28 avril 1816 (arrêts, Cour de Cassation des 19 janvier 1898, 14 juillet 1808. Conseil d'Etat, 9 mai 1908) ;
- Attendu, d’autre part, que du réseau primitif urbain il est resté cependant deux lignes : i° la ligne de la gare aux marchandises, atïjourd’hui dite « de ia Fosse-aux-Chênes » à la gare du Nord, portant le n° 1 bis depuis le 3 décembre 1875 jusqu’au décret du 20 avril igo5 où elle devient la ligne 8 ; 20 la ligne dite « de la Gare Nord-Est », portant depuis 1875 le n° 4 jusqu’au décret de igo5 où elle devient la ligne 7, de la gare de Roubaix à la gare de Roubaix-Watrelos !
- Que, malgré quelques modifications, soit dans leur tracé, soit dans leur point de départ ou d’arrivée, ces lignes sont toujours demeurées dans leur parcours entier sur le territoire de Roubaix et ont servi uniquement à des besoins locaux ; qu’ainsi ces deux lignes, urbaines d’origine, suivant le décret du 3 décembre 1875, ont conservé ce caractère communal d’une façon permanente sans aucune altération puisqu’elles n’ont jamais été l’ob. jet d’aucune prolongation au delà des limites de l’octroi ; qu’elles n’ont donc pu être incorporées en 1880 dans le réseau suburbain, formé par le prolongement de certaines lignes communales ; que d’ailleurs, en leur refusant toute extension en dehors de Roubaix, il ressort clairement qu’elles étaient seulement d’importance urbaines, et destinées à desservir uniquement les quartiers de Roubaix. Qu’en outre, ni expressément, ni implicitement, les décrets des 26 avril 1880, les 28 avril 1894 et 20 avril igo5 n’ont fait perdre à ces lignes leur caractère purement communal. Qu’ainsi à côté du réseau suburbain formé par les anciennes lignes urbaines prolon-
- gées à dater du décret du 26 avril 1880 s’est constitué en fait ou en droit un réseau urbain réduit, tout 4 fait distinct et composé des deux lignes précitées. Qu’àujour-d’hui c’est à ce réseau urbain que viennent s’ajouter pour le compléter et le développer, les lignes nouvelles n0<l 2 bis, 8 bis, 8 ter et 10, établies en vertu du décret du 20 avril igo5, auxquelles la Compagnie des tram, ways de Roubaix-Tourcoing refuse le caractère urbain ;
- Attendu, cependant, que ces nouvelles lignes possè. dent bien le caractère communal tel que l’établit la jurisprudence. Qu’ainsi elles ont toutes leur point de départ et d’arrivée et leur parcours total sur le territoire de Roubaix, qu’elles sont établies conformément au tracé fixé à l’article 2,paragraphe 2 (lignes nouvelles) du cahier des charges annexé au décret du 20 avril 1905, qu’elles ont été conçues et décidées pour répondre à des besoins locaux, desservir des quartiers déshérités, aider à leur développement, précisément entravé depuis 1880 par la création des lignes suburbaines qui, en facilitant les relations avec les communes voisines, amenèrent par cela même l’exode d’une partie de la population roubaisienne.
- Que tous ces faits se trouvent nettement établis par les rapports, discussions et délibérations du Conseil municipal de Roubaix, qu’il est dit notamment à la séance du i3 août 1902 « nous ne pouvions pas laisser « souffrir les quartiers du Raverdi et du Cul-de-Four, « qui aspirent d’être reliés au Centre et au parc de « Barbieux, ni les autres quartiers placés au centre de c< Roubaix, qui réclament des communications plus rapi-« des dans l’intérieur de la Ville ».
- L’Administration a pensé que le seul moyen d’aboutir à brève échéance était de créer un réseau municipal que formeront les lignes à établir, et de concéder à la Compagnie actuelle jusqu’au 3i décembre. 1920 le réseau existant (Bulletin communal, 1902, p. 58g), et à la page suivante on dit encore: « La seconde raison qui a « guidé notre conduite c’est de restreindre à Roubaix « seul le bénéfice des nouveaux tramways. Nous consi-« dérons que nous avons fait aux co.mmunes qui nous « environnent suffisamment de faveur, pour ne pas con-« tinuer à mettre la banlieue tout à fait en concurrence
- « avec la Ville de Roubaix ... Dans ces conditions,
- « nous devons réserver toute notre sève, toutes nos res-« sources pour nous-mêmes, nous devons ambitionner « de voir se dresser de nouvelles usines, de nouvelles « maisons, que viendront habiter de nouveaux contri-« buables. P lus notre territoire sera exploité, plus il y « aura d’épaules sur lesquelles sera réparti le poids des « impôts et des charges communales » ;
- Attendu que la convention concernant les nouvelles lignes fut votée dans cet esprit par le Conseil municipal de Roubaix. Qu’ainsi et ne contrariant en rien aucun des caractères du réseau urbain créé en 1875 mais_ré-duit en fait à dater du décret du 26 avril 1880, ces lignes nouvelles viennent s’y ajouter, le compléter et le déve-
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- lopper pour la satisfaction unique des besoins locaux, opposés en l’espèce aux intérêts suburbains;
- Qu’ainsi, la distinction et la divisibilité s’établissent nettement entre les diverses lignes formant la concession de la Compagnie nouvelle des tramways de Roubaix-Tourcoing, par leur origine, leur tracé, leur destination, leur individualité même, résultant d’un numéro d’ôrdre au paragraphe 2 de l’article 2 du oahier des charges annexé au décret de concession du 2oavril igo5 ;
- Qu’en outre, la Compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing ne saurait bénéficier de l’exemption des droits d’octroi pour ces lignes nouvelles, sous prétexte qu’on ne saurait pas distinguer les différentes lignes dont elle a obtenu la concession, mais considérer l’ensemble de ces lignes comme constituant un seul et même réseau, les lignes urbaines et les lignes suburbaines, concourant les unes et les autres à assurer la circulation générale, formant un tout indivisible ;
- Attendu que cette interprétation serait absolument arbitraire et contraire à la réalité des faits, qu’il ne peut être tiré argument, en faveur de l’indivisibilité, des points de soudure qui existent sur différentes places de la Ville de Roubaix, entre les lignes suburbaines et les lignes urbaines, Comme, par exemple, cela se produit pour les lignes 2 et 2 bis, et encore, du fait qu’il a été établi par la Compagnie, en raison de l’unité de l’entreprise des trains ouvriers sur l'ensemble des lignes exploitées formant les deux réseaux, et du fait qu’elle délivre des cartes d’abonnement et des billets avec correspondance valable sur toute l’étendue de la conce's-sion sans distinction delignes ;
- Que tous ces actes d’exploitation sont uniquement le fait de la compagnie concessionnaire de l’ensemble des lignes, qui organise son service pour la commodité des voyageurs évidemment, mais aussi et surtout pour son profit particulier dont l’intérêt bien compris est de donner toutes les facilités aux voyageurs, pour en augmenter le nombre;
- Que le caractère des lignes n’en est pas altéré et reste absolument distinct, ainsi que leur destination, les lignes suburbaines desservant plusieurs communes, présentant un caractère plus que communal, affectation au commerce général, les lignes urbaines, au contraire, créés uniquement pour le service de la Ville, pour transporter d’un point à un autre de celte ville les personnes qui y résident ou qui s’y trouvent, affectation à l’intérêt purement local ;
- Attendu que la société ne saurait se baser sur le prétendu principe d’indivisibilité admis par la jurisprudence, qui considère comme faisant un tout avec la ligne de chemin de fer, exemptée des droits d’octroi, tout ce qui en est un accessoire indispensable et nécessaire, mais dans le cas où seulement il y a affectation nécessaire à l'intérêt général (arrêts Cassation, 12 décembre 1883, açjjuin i856, 4 décembre 1888) ;
- Attendu que la jurisprudence, en cette matière, vient à
- l’encontre delà prétention de la Société des tramways de Roubaix-Tourcoing qui ne saurait soutenir que les lignes urbaines constituent un accessoire nécessaire et indispensable à l’exploitation des lignes suburbaines ; que les tramways urbains ont été créés spécialement et uniquement pour les besoins locaux, que c’est là leur destination, leur affectation, que c’est donc essentiellement une entreprise d’intérêt local, et qu’il est dès lors impossible de trouver en l’espèce cette çondition que la Société demanderesse reconnaît nécessaire pour permettre de dire qu’il y a indivisibilité, affectation collective à l'intérêt général ; •
- Attendu que la Société ne saurait davantage se prévaloir de ce que la concession des nouvelles lignes urbaines et la prolongation de concession du réseau suburbain aient été concédées.par un seul et même acte, lè décret du 29 avril 1905, que dans le Cahier des charges annexé à ce décret, on trouve à l’article 2 la distinction très nette des deux genres de lignes,,..individualisées par un numéro, par l’indication du point de départ de l’itinéraire et du point d’arrivée; ...qu'en ce qui concerne les lignes concédées et à construire faisant l’objet du paragraphe 2, toutes comportent, en vertu de leur tracé, un parcours exclusivement urbain, qui d’ailleurs n’a pas été changé depuis le décret de concession ;
- Qu’ainsi, par le cahier des charges même, le caractère urbain des lignes nouvelles... est bien déterminé ;
- Attendu, enfin, que la Compagnie des tramways de Roubaix-Tourcoing ne saurait prétendre que du jour où sa concession comprend une partie des lignes suburbaines, tout l’ensemble du réseau concédé devient ipso facto suburbain, nonobstant le caractère purement local de certaines lignes du réseau ; qu’elle ne saurait davantage incorporer d’autorité dans son réseau suburbain toutes les lignes nouvelles concédées ultérieurement à l’établissement de ce réseau et affectant un caractère absolument urbain, tant par leur conception que par leur destination et leur usage ; qu’elle ne pourrait le faire qu’en allant à l’encontre de toute la jurisprudence, qui est unanime à donner aux lignes urbaines le caractère purement local et à l’assujettir par voie de conséquence aux droits d’octroi ;
- Attendu... que dans ces conditions, les matériaux ayant servi à leur construction sont des objets destinés à la consommation locale et doivent être, conformément à l’article 148 de la loi du 28 avril 1816, assujettis aux droits d’octroi.
- Par ces motifs, déclarons la Compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing mal fondée en sa demande de restitution de la somme de 19 o63 fr. 12 afférents aux droits d’octroi sur les matériaux de construction des lignes nouvelles n°s 2 bis, 8 bis, 8 ter et 10, l’en déboutons et la condamnons aux dépens.
- Justice de Paix de Roubaix, 3 juillet 1908.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Dans une de nos dernières chroniques, nous avons donné un aperçu sommaire des résultats obtenus par la Société Avignonnaise d’Electricité. Le Journal officiel du 17 mai, dans ses publications au bulletin annexe, mentionne l’émission par cette Société de 5oo obligations nouvelles de 5oo francs chacune, type 4,5o % , amortissables ên trente ans à partir du 3o. octobre 1912. Une première série de 5oo obligations avait été émise en 1906 ; mais le Conseil n’avait plus les disponibilités suffisantes pour faire face à ses engagements actuels et aux dépenses des travaux qu’il projette. Si on examine le bilan de la Société Avignonnaise, on remarque d’abord qu’au 3i dé. cembre 1909, 436 obligations de la première série avaient été seulement détachées de la souche, mais sans tenir compte de cette circonstance et en supposant que l’émission actuelle soit prise ferme par une banque ou un groupe de capitalistes, le montant des obligations en circulation atteindra alors la valeur du capital-actions qui est de 5oo 000 francs ; le service (intérêts et amortissement) de la série nouvelle exigera un supplément de recettes minimum de i6 5oo francs environ. Ce supplément sera, autant qu’on peut le présumer, largement couvert par l’augmentation normale des recettes.
- En 1909, pour 18 100 lampes et 204 kilowatts de force motrice répartis entre 1 o58 abonnés, les recettes d’exploitation se sont élevées à 173 846 francs en progression de 20 000 francs sur l’exercice précédent : la recette moyenne par abonné passait elle-même de i63 fr. 63 à 164 fr. 3i, bien que l’augmentation de consommation portât principalement sur la force motrice dont le chiffre des abonnés s’élevait de 42 % pour une puissance nominale supplémentaire en kilowatts de 62 % . Par rapport au capital engagé le profit brut ressort à 24,83 % , le profit net .à 14,65 % , le coefficient d’exploitation étant de 58 % . Déduction faite des intérêts divers et amortissements d’obligations,des dépenses des expositions d’Avignon et de Marseille et d'une réserve pour amortissement du matériel de 20 000 francs, il restait un bénéfice de '24025 fr. o3 et avec le report de l’exercice précédent 33 081 francs que l’assemblée a réparti de la façon suivante : réserve légale: 12.26 fr. o5; aux
- 5 000 actions, 5 % ,soit 25 000 francs; report à nouveau, 8 081 francs. On ne peut se défendre d’une certaine surprise de voir les actionnaires se répartir les bénéfices avec augmentation de 1 % sur l’exercice précédent quand les créditeurs divers dépassent les débiteurs de plus de 155 000 francs, y compris un découvert en banque de 100000 francs : il semble qu’il eût été préférable de ne rien distribuer cette année, de liquider une partie de ses dettes pour consacrer à des travaux neufs la plus grande partie de l’emprunt nouveau.
- Dans le même annexe au Journal officiel, nous notons l’augmentation de capital de la Société de l’AccumulateurTudor et de la Société anonyme Méridionale de Force : la première, par la création de 2 5oo actions de 100 francs émises à i5o francs libérables en entier à la souscription, porte son capital de 2 200 000 francs à 2 45oooo; la seconde, par la création de 2 800 actions de 5oo francs chacune,porte le sien de 3 600 000 francs à 5 millions.
- L’Electro-métallurgique de Froges a réalisé, en 1909, 1 3ooooo francs environ de bénéfices nets contre 700000 francs en 1908 et réparti 45 francs au lieu de 4o par action. La réserve spéciale sur laquelle on avait dû prélever l’an dernier 3oo 000 francs pour parfaire le dividende sera dotée cette année de 180000 francs. L’assemblée générale extraordinaire sera saisie d’une proposition de rachat des parts de fondateur existantes, au moyen de la création de 1 000 actions nouvelles à attribuer aux porteurs à raison de 10 actions par part.
- Les résultats de Froges sont d’autant plus intéressants que Péchiney avoue dans son rapport que la branche aluminium qui devrait en temps normal et en raison de son outillage lui rapporter facilement un bénéfice de 2 millions ne lui a rien rapporté en 1909. Le marché de l’aluminium s’améliore toutefois, le développement de la consommation ayant conduit à relever les prix. Mais Froges met en marche sa nouvelle usine de l’Argentière, capable d’une importante production.
- La Société Electro-chimique du Giffre a obtenu en 1909 des résultats un peu inférieurs à ceux de 1908 : 385 017 francs de bénéfice au lieu de 462 075 fr. Elle attribue cette différence à l’abaissement des prix de vente dû à une concurrence intense sur cer-
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- tains produits. La Société du Giffre recherche dès lors à se créer, par la fabrication de nouveaux produits, une source de débouchés capables de donner des résultats intéressants. Le bénéfice net est encore malgré cela égal aux 18,7 % du capital; la réserve légale reçoit 12 08g fr. 85,; 10a 118 fr. 10 sont consacrés à des amortissements divers, 40000 francs à une provision spéciale pour travaux en vue d’amortir rapidement la nouvelle usine en construction sur la rive droite du Giffre. Après prélèvement de a5 44r fr. 40 pour les tantièmes statutaires, une somme de 245 999 francs est répartie entre lés actionnaires à raison de 60 francs par titre et grâce à un prélèvement de 40 632 francs sur la réserve spéciale aux actions. L’ensemble des réserves au 3i décembre 1909 n’était pas inférieur à 1 365 874 francs ou à 66 % de la valeur du capital; les débiteurs divers et espèces en caisse figurent au bilan pour 4g4 735 francs, les créanciers pour 453 265 francs. Le poste participations et valeurs qui figurait en
- 1908 .pour 618152 francs est porté en 1909 pour 633 365 francs.
- De même que la précédente, la Société Electro-métallurgique des procédés P. Girod déclare en
- 1909 un bénéfice brut inférieur à celui de 1908 : 75i 65i francs au lieu de 786893 francs. Après des amortissements s’élevant à 323 680 francs, le solde disponible à répartir est de 4*7 970 francs. On sait que les aciéries P. Girod viennent de recevoir une commande très importante d’obus pour le compte'du ministère de la Guerre; on entrevoit un exercice satisfaisant, sans compter les bénéfices résultant pour la Société Électro-métallurgique de la vente des licences qui sont de plus en plus recherchées : douze licenciés au i5 avril 1910 avaient acquis les droits d’exploitation des procédés P. Girod.
- La Compagnie des Tramways mécaniques des environs de Paris, la Compagnie des Tramways Electriques Nord-Parisiens, la Compagnie des Tramways de Paris et du département de Jla Seine viennent de tenir plusieurs assemblées générales extraordinaires pour approuver les conventions préparées par leurs divers conseils, d’accord avec les pouvoirs publics, dans le hut de réunir en une seule exploitation toutes les lignes de tramways départementaux exploitées ou à créer dans la région nord-ouest de Paris.
- L’ensemble des résolutions adoptées a pour conséquence la fusion des Tramways mécaniques des environs de Paris, des Tramways électriques Nord-Parisiens avec la Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine qui absorbe les deux premières. Après rétrocession à cette dernière compagnie par le département de la Seine des concessions que lui donnera l’Etat, il en résultera un réseau départemental de plus de 3o8km de voies qui sera soumis aux mêmes règles pour tout ce qui concerne les conditions d’exploitation : soit la durée de concession, les tarifs, l’application du trolley, les redevances à la ville, le partage des bénéfices, les conditions applicables au personnel. Le public, aussi bien que les différentes compagnies fusionnant ne pourront que retirer des avantages de l’unité apportée à cette exploitation des tramways dans un même secteur. La Compagnie des tramways de Paris et dit département de la Seine qui subsiste déclare, pour son dernier exercice, un bénéfice d’exploitation de 1 400 807 francs, différence entre les recettes et les dépenses de l’exploitation. Après des amortissements-divers le solde à répartir est de 925 m francs qui permet de distribuer 20 francs à chacune des actions de capital qu’elles soient en circulation, amorties ou rachetées. Le capital actuel de la société, qui est de 14 692 5oo francs, dont 3 778 000 francs sont amortis, sera prochainement porté à 60 millions environ comme conséquence des résolutions votées. De nouvelles sources de travaux vont surgir de ce fait pour les sociétés de construction de matériel électrique. La Compagnie Thomson Houston, très intéressée dans ces sociétés, sera des premières à en bénéficier.
- Une nouvelle compagnie en formation avec siège social provisoire à Paris, 1, rue Rossini, etdénommée Compagnie Générale d’Eclairage et de force des Centres départementaux, se propose d’acheter l’usine à gaz de Cayeux-sur-Mer dans le Somme et d’assurer l’exploitation dans cette ville de l’éclairage au gaz et à l’électricité. Elle a pour objet également l’exploitation de la concession de l’éclairage par l’électricité de la ville de Briare. Le capital est fixé à 600000 fr. divisé en actions de 100 francs dont 750 attribuées, au fondateur et 5 25o à souscrire.
- D. F.
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- 41 Juia^ 19ib; V ^ ; REVUE D*ÉLECTRICITÉ "';" ~
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Loire..— La ligne de transport d’énergie électrique Dauphiné-Centre a été mise en service le 27 avril. Elle fontionne actuellement d’une manière satisfaisante et transporte à Saint-Etienne une puissance de 4 000 chevaux à 3‘oooo volts. Les usines génératrices hydro-électriques de l’Eau d’Olle et de la Roizonne dans les Alpes marchent en parallèle avec l’usine à vapeur de Saint-Victor- sur-la-Loire et de Pont-de-Lignon, sur le Lignon. La distance extrême des deux usines les plus éloignées est de 2.3o kilomètres.
- DIVERS
- France. — L’Electro-Métallurgie de Dives, à la suite d’essais qui durent depuis dix-huit mois, a décidé d’importer en France la métallurgie de l’étain et la transformation de ce métal en produits manufacturés. Des ateliers ont été construits et leur aménagement sera terminé sous peu.
- Jusqu’à maintenant, la France était entièrement tributaire de l’étranger pour cette industrie, et les importations annuelles atteignent environ 10000 tonnes.
- Belgique. — La Société métallurgique du Hainaut, qui exploite les usines de Couillet, a décidé l’installation d’une aciérie électrique en vue de la fabrication des aciers de qualité. C’est le four Héroult qu’elle a adopté.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société d’Eclairage et de Force par l'Electricité à Paris. — Le 20 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Compania General Madrilena de Eiectricidad. — Le 25 juin, Espozy, Mina, 6, Dup, à Madrid.
- Compagnie du chemin de fer de Bayonne à Biarritz. — Le 9 juin, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Société Ottomane des Tramways Libanais Nord et Sud de Beyrouth. — Le i5 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société des chemins de fer helléniques. —Le i5 juin, 39, rue de l'Université, à Paris.
- Société .pour le Travail électrique des métaux. — Le 20 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine E/ektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A.E. G. Zeitung, mai 1910. — Wie misst man elektrische Strôme.
- Elektr-izilàts-Papiere.
- Die A. E. G. Fabrik Riga.
- Elektrische Wasserforderungs-Anlagen III.
- Westinghouse Electric Company, Paris.
- Catalogue général, 1910.
- Jacquet frères, Vernon (Eure).
- Machines dynamo-électriques.
- Thomson-Houston, Paris.
- Bulletin, avril 1910. — Dépôt de voitures et atelier d’Ivry construits pour la Compagnie Générale Parisienne de tramways.
- Allgemeine Elektricitats-Geselischaft, Berlin.
- A. É. G. Zeitung, juin 1910. — Elektrische Wasser-fôrderungs-Anlagen IV.
- Wie misst man elektrische Strôme.
- Neue Amvendungsgebiele der Elektrizitàt II.
- Transportable Elektromotorem.
- Ventilatoren.
- ADJUDICATIONS
- IRANCE
- Le 18 juin 1910, à la préfecture de Grenoble (Isère), construction du chemin de. fer électrique de La Mure à Gap, 1 35o 000francs; cautionnement provisoire ,-23ôôdTrT, définitif, 46 000 francs.
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. X (2* Série), ~ 23;;
- Jusqu’au 20 juin, à M. le sous-directeur des constructions navales, à Toulon, concours pour la construction sur les terre-pleins de Missiessy d’une usine centrale d’électricité.
- Le 22 juin, à l’établissement central du matériel de la télégraphie militaire, 5i bis, boulevard de Latour-Maubourg, à Paris, fournitures ci-après : i° 70postes microphoniques de campagne, modèle de l’aérostation militaire; — 20 200 postes rnicrotéléphoniques de campagne avec sonnerie, modèle 1909, sans microphone. Production des pièces avant le 11 juin.
- ALLEMAGNE
- Le 14 juin, à la députation des finances, à Hambourg, fourniture et montage de 4 grues actionnées électriquement.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Mannheim extension des installations électriques, 983ooo marks.
- BELGIQUE
- Le 10 juin, à 9 heures, à la maison communale, à
- Amay (Liège), travaux et fournitures d’un réseau électrique. Soumissions à la poste le 12 juin.
- Le i5 juin, à 3 heures, à la maison communale, à Ampsin (Liège), travaux et fournitures d’un réseau électrique. Soumissions h la poste le 12 juin.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le i5 juin, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Stanislau, fourniture de plusieurs machines-outils pour les ateliers.
- Prochainement, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Lemberg, fourniture de crayons en charbon et de lampes à incandescence, etc.
- ESPAGNE
- Le 5 juillet, à 3 heures, i^la fabrique nationale de Tru-bia, fourniture de 5 électro-moteurs de 5o chevaux (prix maximum 3 945 pesetas), 2 de 3o chevaux (2 673 pésetas) et 8 de 20 chevaux (2 102 pesetas) ; caut, : 5 % .
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dar.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
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- P»BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B, Noubt.
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- Trente-deuxième année.
- SAMEDI 11 JUIN 1910.
- Tome X (2® série). — N* 24.
- La
- Lumière Électriq
- P<r écédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- -:U SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 320. — J. Perrin. Mouvement brownien et molécules (suite et fin), p. 323. — J. Rey-Val. L’exposition de la Société française de Physique (suite et fin), p. 32b.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Etude de l'effet photoélectrique de Hertz pour des radiations de longueur d’onde bien définie, M. Bloch, p. 336. — Force électromotrice due à la gravitation au sein des électrolytes, P. Bary, p. 336. — Méthodes et appareils de mesures. Mélhode de mesure d’un champ magnétique en grandeur et direction ; dygographe, L. Dunoyer, p. 337, — Sur la mesure de l’indice de réfraction des liquides au moyen du microscope, L. Decombe, p. 337. — Etude, construction et essais de machines. Les machines asynchrones à champ tournant au moment du passage par le synchronisme et le moteur dit « à hystérésis », G. Benischke, p. 337. — Transmission et distribution. Dispositif à contacts électriques régis par la rotation d’un organe mobile autour d’un axe fixe, L. Decombé, p. 338. — Traction. Du fonctionnement des bielles motrices dans les locomotives électriques, E. Pacilli, p. 33g. — Brevets, p. 343. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 348. — Renseignements commerciaux, p. 35o. — Adjudications, p. 35i.
- 7
- ÉDITORIAL
- Dans la seconde partie de son étude : Mouvement brownien et molécules, M. J. Perrin passe en revue les différentes méthodes qui ont permis de calculer le nombre des molécules contenues dans ce que nous nommons le volume moléculaire. Ses travaux personnels, sur le mouvement brownien, lui ont fourni trois procédés de détermination de la constante d’Avogadro, et les résultats concordent non seulement entre eux, mais encore avec les valeurs que bien d’autres méthodes ont permis d’obtenir.
- La conclusion de M. J. Perrin se devine : devant de telles coïncidences, il est difficile
- de ne pas accorder une réalité objective aux molécules.
- M. J. Reyval termine aujourd’hui la description dés principaux appareils réunis à Y Exposition de la Société française de physique. Parmi ceux qu’il retient aujourd’hui se trouvent le pyromètre à télescope et les lunettes pyrométriques de la Compagnie pour la Fabrication des compteurs ; divers appareils construits par la maison Richard pour la Compagnie des chemins de fer d’Orléans sur les indications de M. Sabouret : volant et clef dynamométriques, thermomètre en-
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- LA LUMTÈ RE ÉLECTRIQUE
- T: X- (2» Sétie)/N» 24
- registreur, etc. Il ne peut, malheureusement, que signaler beaucoup d’autres dispositifs intéressants.
- La description de l’ingénieux régulateur, automatique de notre collaborateur M. JéL. Routin, termine cet article. L’appareil employé pour maintenir constante la tension fournie par un générateur électrique, est d’abord étudié, puis les dispositifs d’asservissement et de compensation et les procédés destinés à assurer la bonne conservation des contacts. Rappelons que M. Routin a publié ici même, en 1908, une savante étude où il a développé la solution du problème du réglage des groupes électrogènes (‘). Nos lecteurs savent donc que l’emploi du régulateur, décrit en détail aujourd’hui, n’est pas limité au réglage de la tension; le domaine de ses applications est infiniment plus vaste.
- Une série de recherches de M. Blpch sur l’effetphoto-électrique de Hertz, montre que ce phénomène varie en fonction du temps et des conditions de l’expérience,, principalfe-nxent avec la longueur d’onde employée.. D’où la nécessité de bien définir cette dernière lorsqu’on veut classer les métaux par ordre de pouvoir photo-électrique.
- La détermination expérimentale de là force électromotrice due à la gravitation au sein des électrolytes a été entreprise par M. Bary. Des phénomènes secondaires viennent compliquer l’effet direct; il est certain, néanmoins, qu’ici calcul et théorie sont en désaccord.
- Nous signalons ensuite une nouvelle méthode de mesure qui s’applique à la détermination de la grandeur et de la direction, d’un
- (l) J.-L.Routin. Le réglage des groupes électrogènes. La Lumière ‘Electrique, éditeur.
- f champ magnétique. Son auteur, M. L. Du-noyer a fondé sur elle un appareil enregistreur dont les applications à la marine serii-blent s’imposer, car les « digogrammes » qu’il permet d’obtenir, indiquent à! la fois là), grandeur et la direction du champ terrestre, et forment autant de documents précieux pour la navigation.
- On sait que la puissance absorbée par les machines asynchrones à champ tournant au moment du passage par le synchronisme,
- ! diminué brusquement et on attribue, en général ce phénomène au couple d’hystérésis. M. G, Benisehke l’explique en faisant intervenir le magnétisme rémanent et fait valoir les raisons pour lesquelles cette façon de voir lui paraît plus rationnelle. Nous donnons lé diagramme qui lui permet de détèr-' miner Tes pertes.
- Nous décrivons; encore d’après M. L. Décombe-, un dispositif à contacts électriques ï: régis'par la rotation d’un organe mobile autour d’un axe fixe, dispositif ingénieux qui permet en particulier de modifier, à volonté, la durée relative des contacts par rapport à l’intervalle de temps qui les sépare.
- Enfin, le travail dé M. E. Pacilli sur le fonctionnement des bielles motrices dans les locomotives électriques est assez largement reproduit. Cette étude s’applique aux locomotives électriques telles que celles de la Valteiine, et détermine l’influence qu’exercent sur le fonctionnement de petites erreurs dans l’angle que doivent former les deux manivelles d’un même ai’bre. L’auteur étudie la répartition du travail entre les deux bielles en faisant abstraction des déformations électiques ; puis il les introduit en modifiant légèrement ses équations, et il termine par une application numérique.
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- 11 Juin 1910.
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- MOUVEMENT BROWNIEN ET MOLÉCULES (Suite et fin) (*)
- 8'; L'énergie moléculaire. — Nous avons vu tout à l’heure qu’une poussière, ou granule, avait sans doute même énergie moyenne qu’ùrie molécule. Mesurer l’une serait mesurer l’aùtre, et par suite atteindre N. J’ai essayé d’atteindre cette énergie cinétique d’iin granule. On peut connaître la grandeur et par suite là masse d’une poussière microscopique et il suffirait de mesurer la vitesse moyenne pour avoir l’énergie cinétique moyenne. Mais cette mesure directe est impossible à cause des extraordinaires enchevêtrements de la trajectoire réelle d’une parti-culè. La vitesse moyenne apparente d’une particule varie follement en grandeur et en direction sans tendre vers une limite quand le temps de l’observation décroît à l’échelle où on]peut expérimenter. (La notion de fonction sans dérivée’ trouverait peut-être là son application.)
- La mesure directe de la vitesse étant impossible, voici là' marche que j’ai suivie:
- J’ai eu l’intuition que, si je pouvais réaliser une émulsion à grains identiques, que j’appellerai, pour abréger, émulsion uniforme, les grains de cette émulsion devaient se répartir en fonction de la hauteur, comme fait un gaz sous l’action de la pesanteur.
- Un raisonnement tout semblable à celui qui a permis à Laplace de relier l’altitude à la pression barométique peut en effet nous donner la loi de raréfaction de l’émulsion en fonction de la hauteur.
- Considérons une émulsion uniforme en équilibre dans un cylindre vertical. L’état de la tranche horizontale comprise entre les niveaux h et h -)~ dh ne serait pas changé si elle était emprisonnée entre deux pistons semi-perméables aux molécules d’eau, mais
- imperméables aux grains. Chacun de ces pistons serait soumis par le choc des grains qu’il arrête à une pression osmotique qui sera au niveau h :
- n étant le nombre de grains par unité de volume et w l’énergie granulaire moyenne. Au niveau h -j- dh , cette pression sera :
- P -(- dP =-(«-(- du) w.
- Or la tranche de grains considérée ne tombe pas, il faut pour cela qu’il y ait équilibre entre la différence des pressions osmotiques, qui la sollicite vers le haut, et le poids total des grains, diminué de la poussée qu’ils éprouvent, qui la sollicite vers le bas. On aura donc :
- dP = — ivdn = ndh ^ rut? (A-o) g,
- a étant le rayon de chaque grain supposé sphérique, A sa densité, § la densité du liquide intergranulaire. Par intégration, on obtient la relation suivante entre les concentrations «o et n en deux points dont la différence de niveau est h :
- a i «o 4 , .. .
- — w log — — - r.a3 (A-o <>h,
- 3 ° n 3 ' ' °
- relation qui va permettre d’atteindre
- Il s’agissait donc d’abord de réaliser une émulsion de grains sphériques ; j’ai pu obtenir ce résultat avec la gomme gutte, provenant de la dessication du latex que sécrète le guttier d’Indo chine, soit en frottant un morceau de gomme gutte sous un filet d’eau,
- (*) Voir Lumière Electrique, 4 juin 1910.
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- T. X (2* Série). — N» 24.
- soit en traitant par l’alcool et en étendant de beaucoup d’eau cette solution alcoolique. On obtient ainsi une émulsion jaune contenant des grains spériques de toutes les tailles.
- Quant au mastic, en épuisant par l’alcool et en étendant brusquement d’eau la solution, on obtient une émulsion blanche comme du lait, faite de grains sphériques de tailles très variées. Il est probable que beaucoup de résines peuvent ainsi donner des émulsions de grains sphériques.,.
- Pour obtenir une émulsion où les grains aient à peu près le même rayon, j’ai procédé par centrifugation fractionnée.
- 9. Les mesures. — Pour mesurer A — S, densité apparente des grains, j*ai employé la méthode du flacon telle qu’on l’applique aux poussières et j’ai trouvé à 20° :
- A — 3 — 0,207 P°ur les grains de gomme gutte A — 0 ==0,063 .pour les grains de mastic.
- Ce n’est pas sur une hauteur de quelques centimètres ou même de quelques millimètres que j’ai pu étudier la répartition d’équilibre des émulsions,4 mais sur la faible hauteur d’une préparation disposée pour l’observation microscopique.
- Une goutte d’émulsion est déposée dans une cuve cylindrique dont la hauteur est, par exemple, de 100^. La préparation est portée sur la platine, rendue soigneusement horizontale, d’un bon microscope à fort grossissement et muni d’une vis micrométrique très soignée.
- Le microscope ayant une faible profondeur de champ, on ne peut voir nettement à un même instant que des grains situés dans une tranche horizontale très mince dont l’épaisseur est de l’ordre du micron. En élevant ou abaissant le microscope, on voit les grains d’une autre tranche.
- En faisant ainsi des photographies instantanées de deux tranches distantes, par exemple, de h= 3o:g et en comptant le nombre des images nettes de grains, j’ai pu ainsi
- obtenir le rapport — .
- Il reste enfin à mesurer le rayon a d’un grain, ce que j’ài fait par trois méthodes différentes dont je citerai seulement la suivante : j’ai compté combien il y a de grains dans un volume connu d'émulsion titrée, ce qui donne la masse d’un grain et par suite son rayon, si l’on connaît sa densité. J’ai utilisé pour cela le fait accidentellement observé, qu’en milieu faiblement acide, les grains de gomme gutte se collent sur le verre ; dès que les hasards du mouvement brownien amènent un grain au contact d’une paroi, ce grain s’immobilise. Au bout de quelques heures, tous les grains de l’émulsion sont fixés, et on peut alors compter à loisir tous ceux qui proviennent d’un cylindre de base connue (mesurée à la chambre claire).
- Nous^pouvons maintenant étudier utilement la distribution des grains d’une émulsion. Au début, après l’agitation qui, forcément, accompagne la manipulation, on voit sensiblement autant de grains dans une tranche supérieure ou dans une tranche inférieure de la préparation. Quelques minutes suffisent pour que les couches inférieures deviennent manifestement plus riches en grains, mais cet enrichissement tend vers une limite, atteinte en quelques heures pour nos émulsions, où la répartition est sensiblement la même après trois heures ou après quinze jours. Une fois atteint cet état de régime, j’ai vérifié que la répartition des grains suit bien une loi exponentielle; par conséquent, la distribution des grains a bien la même forme que celle d’un gaz pesant en équilibre.
- La loi exponentielle, une fois établie, l’équation de répartition donnera w et, par
- T 3 RT
- suite, là constante d Avogadro : N = --^—
- ” . 2 w
- J’ai trouvé ainsi pour N des valeurs comprises entre 6,5x io2i et 7,5>< io23,bien que la densité apparente eût Ararié de 1 à 4 et la masse des grains de 1 à 4«-
- Ce fait qu’011 obtient pour N une valeur si voisine du nombre 6,2 X. io2S obtenu par
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- Fig. i. — Répartition d’équilibre de grains de gomme-gutte (o,6|x de diamètre; 4 niveaux pris de io en io (x).
- Fig. 2. — Répartition d’équilibre d’une émulsion de mastic (i jx de diamètre, 3 niveaux pris de 12 en 12 (x).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2« Série). — N° 24.
- le raisonnement de -Van der Waals, alors qu’avant l’expérience, on (auraifc;pufs!attendre à n’iïpporte quelle valeur de N ,comprise entre o et oo, accroît singulièrement des chances de réalité de l’hypothèse moléculaire.
- ( io. Détermination précise des grandeurs moléculaires. — Mais il y a mieux. Yan der Waals a établira formule avec certaines hypothèses simplificatrices et, tandis .qu’on n‘e'peut mesurer exactement b par des me-sÜ'res de compressibilité, dans mes ;expé-ri&hcés, je puis déterminer les grantleurs
- qui entrent dans l’équation a.vec telle riréci-,>HiS ,Mi-r Jos • : • • '-'r
- sion que je voudrai : c est une simple question ‘de'.patience, et de temps. '
- 'Dàhs'mes mesures les plus soignées, j’ai obtenu: N = 7,o5Xio33 d’où l’on déduit immédiatement le poids des atomes ; ën'jpar-ticulier pour l’atome d’hydrogène, on a :
- h — i ,43 X 10 -tt,
- Enfin, on a pour la charge de l’électron : . e == 4,1X1 o -1° unités électrostatiques G. G. S., et pour l’énergie moléculaire à o°,
- U’ — o,5 X 10-13 ergs.
- Quant aux diamètres moléculaires, nous pourrons les tirer de l’équation de Clausius-Maxwell. J’ai ainsi trouvé: 1,7 Xio-8.pour l’hélium ; 2,7 X io-8 pour l’argon ; 2,0 X IO_s. pour l’hydrogène; 2,6X io~8 pour l’oxygène; 4,oX'o'! pour le chlore; etc... Mais ce calcul ne comporte pas, sauf peut-être pour les molécules mono-atomiques, la môme précision que celle qui est possible poür les masses.
- 11. Mesure de Vagitation des granules. — Les expériences précédentes permettent donc de déterminer les diverses grandeurs moléculaires; mais une autre marche ,expérimentale était possible à partir du mouvement brownien, marche qui avait été indiquée par Einstein.
- Sans se préoccuper dutrajet plus ou moins enchevêtré que, décrit . chaque grain. Ven, un tèiqpis donné, l'Einstein considère simplement déplacement pendant ce.jtçmps, c’êst-à-dire le segment rectiligne qui joint le point.-de départ au point d’arrivée . Einstein montre qu'alors le carré de là projection du déplacement moyen sur un axeqmndant le temps t est donné par la formule :
- 2 RT ,r N
- Ç étant le coefficientde viscosité et a le rayon des,grains.
- ISn notant la position d’un grain à la chambre claire de demi-minute en demi-minute, j’ai observé que le déplacement moyen vérifiait bien la formule d’Einstein et j’ai ainsi trouvé .pour ;N la valeur7,15 X i°23.
- Sur la figure 3, on voit, à un grossissement tel que 16 divisions d,u quadrillage représentent 5o microns,, trois dessins!Obtenus en traçant'les segments qui j oignent’ les positions consécutives d’un même grain de mastic, de rayon égal à ou,52, pointé.de 3o en 3o secondes. C’est le carré moyen de la projection sur un axe de tels segments qui vérifie la formule d’Einstein.
- Ces dessins ne donnent qu’une idée très affaiblie du prodigieux enchevêtrement de la trajectoire réelle. Si, en effet, on .faisait des pointés de seconde en seconde, ‘chacun de ces segments yectilignes se trouverait remplacé par un contour polygonal 4e trente côtés relativement aussi compliqué que le dessin ici reproduit, et ainsi do suite.
- Les mouvements ainsi observés sont l’image fidèle des mouvements moléculaires, ou mieux ce sont déjà des mouvements moléculaires, au même titre que l’infrarouge est déjà de la lumière.
- Une autre formule d’Einstein donne de même le carré moyen a2 de la rotation en un temps t d’un grain relativement à un axe arbitraire :
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- 14, Juin .1910.
- RE VUE D !ÉL E C TïR l C I T É
- 327
- î En mesurant, ;grâce à dé petits< défauts intérieurs ;aux,sphères et servant de repères, les rotations-de sgros grains de mastic ( 13jj.de diamètre) suspendus dans une solution d’urée de même.densité, j’ai,obtenu.pour le nombre N la valeur <?,f> Xuo23.
- Le .fait d’obtenir pour N, par .des voies si différentes, des nombres, sinon identiques, du moins comparables donne, on en;conviendra, une singulière, force à ; la i théorie .cinétique. ,
- i2. Autres méthodes. —Nous avons encore d’autres moyens d’atteindre cette constante N.
- Bien.que, pour la plupart, ils ne comportent pas autant de précision, ils donnent cependant des nombres du même ordre de grandeur.
- L’un de ces moyens, signalé par lord Rayleigh, permet de compter les molécules de l’air d’après la diffraction qu’elles produisent sur la lumière solaire, diffraction qui est l’origine de la coloration bleue du ciel. Développant la théorie élastique de la lumière,
- lord Rayleigh arrive à une formule qui per-mét d’avoir N si l’on mesure simultanément, pour une même longueur d’onde, l’éclat du soleil, et, dans une direction connue, celui du ciel. Des mesures malheureusement peu ..précises, ^effectuées sur le mont Rose, ont donné pour N la valeur9X ioK3,,.l’erreur due à l’imprécision des mesures,pouvant .atteindre 4o %. L’ordre de grandeur?est bien retrouvé.
- Un autre moyen .consiste à déterminer directement la charge e de l’électron, qui, nous le savons,), doit être, la 'N**®* partie du faraday(Ne= F). G’est ce qula'fait J.-L.Thomson, .vers 1900,.en ionisant un:,gaz. - à fF.aide des rayons X eten opérant sur ce,gaz-humide débarrassé de poussières . une < détente 1 qui a pour ,:effet de isursaturer le. gaz, auquel,cas une condensation d’eau seproduiL-sur les , ions. On peut* obtenir la charge individuelle d’une . gouttelette ; pour cela on mesure la charge dotale d’électricité libre (par exemple en mesurant le courant qui passe à travers icm3 du,gaz.maintenu dans un état d,'ionisation constante). La vitesse de chute >du brouillard formé permet d'obtenir le. rayon « des gouttes .en calculant la .quantité d’eau condensée. On trouve ainsi pour N des -nombres compris entre 4 X! io‘3 et 9X io23. Les mesures les plus précises ont donné 6,1 X-io23.
- Rutherford;enfin (1908) a prédéterminer la charge de 1 .l’atome d’électricité et;.par suite la constante N à partir d’observations relatives aux corps radio-actifs. Le radium émet des rayons de trois sortes : les rayons a, les rayons [3 et les rayons y- Les rayons a sont chargés positivement et possèdent la propriété d’exciter des scintillations sur des écrans au sulfure de zinc. Crookes admet que chaque scintillation marque le point d’impact d’un projectile a. En comptant le nombre de scintillations observées ou en comptant le nombre d’impulsions isolées résultant de l’action des rayons a sur un électromètre sensible on a le nombre de projectiles posi-,tifs rayonnés par seconde par igr de radium (3,4X io10 d’après Rutherford). En mesurant
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- d’autre part la charge globale d’électricité rayonnée (ce qui est d’ailleurs assez difficile), on en déduit aussitôt la charge d’un projectile a, ce qui conduit pour N à la valeur: 6,2Xio23.
- Un autre calcul peut se faire de* la façon suivante. Rutherford a montré que les projectiles * étaient sans doute des atomes d’hélium chargés positivement. De la connaissance du nombre de projectiles a émis en une seconde par un gramme de radium et, d’autre part, de la connaissance de la masse d’hélium résultant de la transmutation continue du radium (mesurée soigneusement par Dewar), on déduit immédiatement le le nombre d’atomes N qui forme un atome-gramme d’hélium. Ce calcul donne pour N la valeur : 7,1X10”.
- • Enfin, on retrouve à peu près le même nombre à partir des mesures relatives au rayonnement du corps noir, selon la théorie de Lorentz. D’après la théorie électronique des métaux de Drude, existent dans tout métal des corpuscules électriques qui se meuvent en tout sens dans le métal, comme les molécules d’un gaz, et avec la même énergie cinétique moyenne. D’après Lorentz la lumière émise par un métal incandescent à une température donnée, provient de l’énergie rayonnée par ces corpuscules, par suite de leurs changements de vitesse. En admettant, conformément au principe de l’équi-
- partition de l’énergie, qu’un corpuscule électrique a la même énergie cinétique moyenne que la molécule d’un gaz, Lorentz a pu calculer la répartition de l’énergie dans le spectre, et inversement, de la fraction d’énergie du rayonnement noir comprise entre deux longueurs d’onde déterminées, énergie que l’on peut mesurer ; Lorentz tire pour N une valeur voisine de 7X 1023.
- Résumons donc les moyens différents
- employés pour mesurer N :
- i° Mesures de compressibilité et viscosité des gaz.................... 6,2 X io23
- 20 Mouvement brownien :
- a) Répartition des grains....., 7,o5 X k>!3
- b) Agitation de translation.. j,i5 X iOî!
- c) Agitation de rotation...... 6,5 X 1023
- 3Ü Bleu du ciel (précision médiocre). 9 X m23
- 4° Chargp des ions gazeux (J.-J.
- Thomson)...................... 6,1 X 10'23
- 5° Rayons a :
- a) Charge positive émise..... 6,2 X ioM
- b) Hélium dégagé............... 7,1 X 1023
- 6J Energie du spectre infrarouge . . 6 à 7 X 1023
- Il est difficile à un esprit non prévenu de de ne pas être frappé de la concordance de ces,valeurs de N obtenues par des méthodes si diverses; il y a donc lieu, je crois, d’accorder une réalité objectivé aux molécules, car de semblables coïncidences ne peuvent être l’effet du hasard.
- J. Perrin.
- L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (Suite) (1)
- Nous terminons aujourd’hui l’examen de cette exposition où il nous reste encore à faire quelques étapes intéressantes.
- Plusieurs modèles nouveaux d’oscillogra-
- (’) Voir Lumière Electriaue. 3o avril, 7 et 28 mai 1910.
- phes et d’enregistreurs photographiques, ainsi qu’un microphotomètre, étaient présentés par M. A. Blondel.
- Dans le domaine de la physique pure, les visiteurs de l’Exposition doivent une reconnaissance spéciale à M. de Broglie pour leur avoir permis d’observer aisément ces fameux
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- mouvements browniens qui sontvenus jeterle trouble dans nos conceptions fondamentales de la mécanique, et mettre eu question le principe de Carnot.
- La Compagnie pour la fabrication des compteurs exposait différents appareils pyrométriques ; nous reproduisons ci-dessous le schéma de deux d’entre eux.
- Le pyromètre à télescope (fig. i) se compose d’un télescope et d’un galvanomètre.
- Fig. i. — Pyromètré à télescope.
- Le télescope porte sur l’axe optique de son miroir M, doré à sa surface, un couple thermo-électrique formé par les soudures de deux fils fer-constantan disposés en forme de croix et fixés à deux lames de laiton D et R reliées aux bornes b, b' \ deux fils conducteurs relient ces bornes à celles d’un galvanomètre.
- b t>
- Fig. 2. — Lunette pyrométrique.
- Pour mesurer avec cet appareil la température du four ou d’un corps placé dans un four,, il faut d’abord mettre au point le télescope braqué sur le four ou le corps. Pour cela, on vise par l’oculaire O un regard percé dans le four ou le corps lui-même et on amène l’image du regard ou du corps sur la soudure du couple ; cette soudure se présente à l’œil sous la forme d’un
- disque noir placé au centre du champ visuel.
- Les miroirs inclinés, qui réfléchissent l’image dans l’oculaire O, sont destinés à assurer la mise au point automatique.
- Les lunettes pyrométriques (fig. 2) sont destinées aux usines où l’abondance des fumées et poussières peuvent présenter des inconvénients pour les télescopes. Ces appareils sont complètement fermés à l’avant par une lentille qui protège la soudure thermo-élec-
- Fig. 3. — Galvanomètre apériodique enregistreur Richard.
- trique ; par contre, ils présentent l’inconvénient d’être moins sensibles aux basses températures ; les mesures ne commencent qu’à 8oo°.
- Nous regrettons de ne pouvoir que signaler rapidement les intéressants dispositifs d’horlogerie de M. Ch.-Ed. Guillaume présentés par la maison Grivolas, les appareils de précision de M. Jobin, deM. Pellin, et les curieux ventilateurs à ozone fonctionnant sur courant alternatif de Rousselle et Tournaire, de même que les lampes Westinghouse, destinées à
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- la technique de l’ultraviolet et sur lesquelles nous aurons sans doute l’occasion de revenir.
- Nous rentrons plus spécialement dans le domaine de l’industrie avec la maison J. .Richard qui exposait toute une série d’appareils construits pour la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans à la demande et sur les indi-
- Une clef dynamométrique imaginée tpar M. Pernaut, sous-inspecteur du matériel de cette même Compagnie et s’adaptant à un axe quelconque, permettant ainsi de connaître facilementile moment résistant nécessaire à vaincre pour chaque mouvement;
- Un thermomètre enregistreur pour le contrôle de la température des bouillottes, à
- Fig. 4. — Transmetteur de niveau ù un fil J. Ric' ard.
- cations de M. Sabouret, ingénieur en chef du matériel :
- Un volant dynamométrique permettant une étude approfondie des transmissions de mouvements à leviers articulés de toute nature et en particulier des commandes de freins à main ;
- enregistrement sur cadran donnant ainsi le minimum d’encombrement possible.
- ;En ce qui concerne exclusivement l’électricité, la maison J. Richard nous montrait un ampèremètre enregistreur à deux sensibilités automatiques, un autre à mouvement d’hoidogerie permettant d’inscrire les dia-
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- grammes sur des bandes de papier blanc défilant devant la plume à raison de ioomm par minute (fig. 3).
- Signalons, encontre, une exposition très complète, installée par M. Richard, de tous les modèles d’enregistreurs et d’indicateurs de niveau sur place et à distance ainsi que des pluviomètres, présentant les appareils susceptibles d’être employés utilement par les Services de préviision et d’annonce des
- Fig. 5. — Récepteur de l’appareil précédent.
- crues dont le besoin s’est fait sentir si cruellement il y a quelques mois à peine (fig. 4 et 5).
- Enfin le régulateur automatique Routin, exposé par la Société industrielle des téléphones, mérite une description détaillée, et c’est par lui que nous terminerons.
- Nous supposerons, dans ce qui va suivre, qu’il s’agit de maintenir constante la tension fournie par un générateur électrique en agissant sur son courant d’excitation.
- La figure 6 donne le schéma des connexions et la figure 7 une vue d’ensemble de l’appareil.
- (1) est un fléau de balance mobile autour de l’axe (2) ;
- (3) est une bobine mobile suspendue au fléau et sur laquelle le champ magnétique créé par les bobines (4) et (5) développe un effort vertical dirigé de haut en bas.
- Les bobines (3), (4) et (5) sont reliées en série avec une résistance additionnelle (6) et ce circuit est connecté aux bornes du générateur dont il s’agit de régler la tension.
- On a figuré sur le schéma des tôles qui forment le circuit magnétique.
- Un contre-poids réglable (7), fixé au fléau, permet d’équilibrer l’effort développé sur (3). On peut d’ailleurs modifier à volonté la valeur de la tension normale sans avoir à toucher au contre-poids, en agissant sur un écrou (8) qui bande.plus ou moins un petit ressort (9) fixé au fléau.
- L’appareil de .mesure est robuste et puissant; le couple qtii sollicite la bobine mobile correspond, eneffet,!normalement à un effort de 25o*r agissant sur un bras de levier dei2cm; on rend ainsi négligeable l’effet des frottements et l’on peut obtenir facilement une très grande sensibilité.
- (10) est une tige de fer argenté fixée au fléau et électriquement isolée de ce dernier.
- ^Lorsque le!fléau s’incline,Ua ;tige (10) peut venir en contact avec il’itn ou d’autre des fils d’acier argentés (n) ou (11') qui sont fixés au; bâti» par des suppoi'ts isolants.
- La dige (io) peut se déplacer librement dans l’évidement de la bobine fixe (12) qui la maintient constamment aimantée en vue d'assurer, ainsi qu’il sera expliqué plus loin la fermeture franche et la rupture brusque des contacts. —
- Lorsque la tension est trop forte, le couple développé sur (3) l’emporte sur le couple
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- antagoniste fourni par (7)et(<)), le fléau s’in- points (14) et(i5) d’une résistance (i4)i (i5), clineet le contact s’établit entre (io) et (ii). (16) utilisée comme potentiomètre et reliée
- V7777777/ 7777777777,
- 777?
- Cirettii â
- Fig. 0. — z, fléau ; 2, couteaux ; 3, bobine mobile du tensimètre ; 4-5, bobines fixes du tensimètre ; 6, résistance additionnelle
- 7, contrepoids; 8, écrou du ressort 9 ; 9, ressort de réglage ; 10, contact mobile; 11-11' contacts fixes; 12, bobine d’aimantation; i3-i3\ relais inverseurs ; i4-i5-i6, potentiomètre; 17-18, source auxiliaire; 19-19',armature des relais inverseurs; 20-20', axes des armatures; 21-21', contacts mobiles des relais; 22-22', contacts fixes des relais ; 23, servo-moteur ; 24-24, contacts de repos des relais; 25, relais de shuntage; 26, armature du relais de shuntage; 27, contact du relais de shuntage ; 28, contact fixe du relais 25 ; 29, électro d’asservissement ; 3o, armature de l’électro 29; 3i, amortisseur ; 3a, résistance du moteur ; 33, inducteur du moteur.
- Fig. 7. — Régulateur Routin ; vue d’ensemble.
- Le circuit de l’électro (i3) est alors par- en (i^jet (18) à mne source de courant con-couru par un courant dérivé entre les tinu.
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- L’électro (i3) attire son armature (19) qui, pivotant autour de (20), vient appliquer le contact en charbon, mobile (21), contre le contact en charbon, fixe (22); l’induit (23) du moteur qui commande le l’héostat (moteur à excitation constante) est aloi’s mis en rotation dans le sens qui entraîne la diminution de l’excitation. Dès que le contact est rompu entre (10) et (n), l’armature (19) est rappelée par un ressort (non figui’é au schéma) qui vient appliquer (21) contre (24) ; les balais de l’induit se trouvent ainsi mis en court-circuit, ce qui provoque l’arrêt brusque du moteur par freinage électro-magnétique.
- Lorsque la tension est trop faible, le fonc-
- Asservissement magnétique et compensation
- Chaque fois que le courant est lancé dans le moteur, l’électro (2$), qui est parcouru par le courant de l’induit, attire son armature (26) ; le contact en charbon, mobile (27), s’applique contre le contact en charbon, fixe, (28) et fex’me le circuit de l’électro d’assei’visse-ment (29) alimenté, comme les relais, par une dérivation prise en (14) et(i5) sur le potentiomètre.
- Cet électro (29) attire une armature de fer doux(3o) fixée à l’extrémité du fléau. Comme l’électro est disposé de façon à se trouver en face de son. armature lorsque le fléau est
- Fig. 8. — Tcnsimètre Routin, une bobine étant enlevée.
- tionnement de l’appareil s’explique d’une manière analogue; les organes qui entrent en jeu sont alors ceux qui sont désignés au schéma par des chiffres pourvus d’indices (19'), etc... Il suffit de remarquer que le contact entre (21') et (22') aura pour effet de faire tourner l’induit dans le sens qui entraîne l’augmentation de l’excitation.
- Pour limiter le courant de démarrage, on intercale une résistance fixe dans le circuit de l’induit. Des butées d’arrêt, non figurées au schéma, servent à limiter la course du fléau.
- horizontal, son action a toujours pour effet de développer sur le levier un couple qui agit en sens inverse de la variation de tension qu’il s’agit de corriger ; l’effet produit est donc bien en tous points comparable à celui d’un asservissement. La compensation est d’ailleurs instantanée, car l’asservissement cesse dès que le contact est rompu entre (10) et (11) ou (11').
- Tant que la variation de tension est supérieure à une certaine valeur qü’il est toujours possible de limiter d’avance en réglant convenablement la distance de (29) à(3o)
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- le contact entre (ro) et( i i)ou (m() est maintenu malgré l’action de (29) sur (3o) et l’induit tourne d'uni mouvement continu: à sai vitesse maxima. Mais lorsque, la variation de tension se trouve réduite à la valeur assignée,, le oontactentre (io) et(n) ou(m') se’trouve brusquement rompu chaque fois que le cou-' rant est lancé dans l’induite L’impulsion reçue par le fléau1 est' amortie dans- laoataracte à air(3 1); puis l’action de (29) sur (3a) se trouvant supprimée, le fléau s’incline à nouveau pour rétablir un* nouveau contact tant que la tension n’a pas- été ramenée à sa valeur normale. L’induit ne tourne plus alors que par à-coups et sa vitesse moyenne se trouve d’autant plus réduite que la variation
- « du courant! qui!- actionne; le relais^ avant la rupture du contact.
- f Pour bien comprendre le r6ie que; joue* la ( magnétisation de la tige* (10), il est! nécessaire de considérer au préalable; nomment varient en fonction dè la distance entre (to) et'Pun des fils dè contacta i 1), I’attraotionma-gnétique- et' le couple élastique: développé par la flexion du, fil antagoniste (i 1)..
- Si l’on; suppose1tout d'abord.’(i afi immobile, et si l’on figure horizontalement; sur l’axe ox (fig. 11) la distance entre (ro)' et (ii) et verticalement sur l!axe oy. les; couples, on voit de suite que le couple développé sur le fil: d’acier (n) par l’attraction magnétique est représenté par une courbe
- de tension qui reste à corriger est plus faible car, tandis que les impulsions successives communiquées au fléau pour éloigner (10) de (11) ou (ii) vont croissant à chaque instant, le couple qui tend après chaque rupture à ramener (10) vers (11) ou (ii')va au contraire en décroissant.
- Conservation des contacts
- Pour assurer la bonne conservation des contacts, M. Routin a mis en œuvre deux moyens distincts : le premier vise la fermeture franche et la rupture brusque des contacts et le second la réduction automatique
- hyperbolique telle que AB, tandis que le couple élastique développé par la flexion du fil (1,1) est représenté par une droite telle que CD. La distance OD correspond évidemment à la distance entre (10) et 11) lorsque celui-ci est au repos et né développe aucun couplé élastique. La distance OD peut donc servir à définir la position de (10).
- Désignons par E et F les points de rencontre de CD et de AB et par e et f les projections respectives de E et de F sur l’axe des x. Tant que la distance du ressort à l’aimant est supérieure à Qé, le couplé magnétique est plus fort que le couple élastique ; mais celui-ci devient ensuite prépondérant.
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- Pour * une* position déterminée de (io) le ressorti abandonné à lub-mème, se placera donc à là1 distance*©e;qui* correspondrait a une position d’équilibre stable.
- Si on* déplaçait à la main le ressort de façon à réduire la1 distance wOf, l’attraction magnétique redeviendrait prépondérante et le ressort serait attiré brusquement jusqu’au contact.
- Lorsqu'on déplace (io), la droite CD' se* déplace parallèlement à elle-même. En considérant en particulier la tangente CjDj, on voit que lorsque ( i o) aura été amené dans la
- Fig- 10. — Rhéostat et moteur de commande.
- position définie par ODl5 le ressort sera brusquement attiré jusqu’au contact, car les deux points E et F étant alors confondus au point G, il n’y a plus de position d’équilibre stable intermédiaire.
- L’effort qui applique le ressort contre l’aimant est mesuré par la longueur ACj. Le contact sera donc toujours établi d’une manière franche. Ce premier résultat est particulièrement appréciable lorsqu’il s’agit de régler la tension d’un générateur fournissant des courants alternatifs, car les vibrations
- auraient, tôt fait, sans cette précaution!,, de mettre le contact hors service.
- On voit de plus que, lorsque le fil; (ci:)' aura été amené au contact de la tige aimantée:, il faudra déplacer cette dernière jusqu’à, la po* sition correspondant à OD2 pour obtenir la rupture du contact ; le fil (i i) s?éearterai alors brusquement de la quantité D1D2. Ainsi se trouve réalisée la seconde condition indispensable pour la bonne conservation, du contact.
- Lorsque (i) est au voisinage de la position horizontale, l’action de (io) sur (m) est négligeable; d’autre part, lorsque (io) est en contact avec (n), le couple développé autour de (2) par l’attraction de (10) sur (ti) est toujours de beaucoup inférieur à celui qui
- Fig. il.
- est développé autour du même point par Faction de (29) sur (3o) et qui agit en sens inverse ; on n’a donc pas à craindre que Faction de (10) sur (ir) puisse troubler le réglage.
- Lorsque l’armature (19) a été attirée, l’entrefer se trouvant pratiquement nul, on peut diminuer considérablement le courant qui circule dans (i3) sans avoir à craindre le relèvement de (20) sous l’influence du ressort de rappel. Pour obtenir automatiquement cette- réduction de courant, on détermine le
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- bobinage de (29) de façon que la résistance de ce circuit soit très petite par rapport à la résistance delà partie (i4-i5) du potentiomètre. Au moment où (27) vient en contact avec (28), la partie du potentiomètre comprise entre (i4) et (i5) se trouve shuntée et la tension entre (i4) et (i5) peut être ainsi réduite à volonté; on limite d’ailleurs très facilement l’augmentation de courant qui en résulte dans le potentiomèti’e en donnant à la partie qui reste en service une résistance
- beaucoup plus grande que celle de la partie shuntée. La tension entre (i4) et(i5) peut être ainsi réduite à une fraction déterminée de sa valeur initiale.
- Telles sont les grandes lignes de cet ingénieux et utile appareil et de son mode de fonctionnement. Parmi tous ceux que nous avons pu observer à cette exposition de Physique, il en est peu qui intéressent aus^i directement l’électrotechnique pratique.
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Étude de l’effet photoélectrique de Hertz pour des radiations de longueur d’onde bien définie. — M. Bloch. — Communication h la Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910.
- Les essais qui ont été tentés par divers expérimentateurs pour classer les métaux par ordre de pouvoir photo-électrique décroissant n’ont pas donné, jusqu’ici, de résultats concordants, en raison de la variabilité du phénomène de Hertz avec les conditions extérieures et surtout de la variation de l’effet avec le temps ou fatigue photo-électrique. D’autre part, la nature de la radiation employée paraît devoir jouer aussi un rôle important, et c’est ce que l’auteur s’est efforcé de rechercher.
- Les métaux étudiés ont été le zinc, l’aluminium, le fer, le cuivre, l’argent, le nickel, le laiton, à des degrés très divers dë poli. Voici quelques-uns des principaux résultats qui ont été obtenus :
- 1. Aussitôt après le polissage, on constate, suivant les cas, une fatigue progressive, ou au contraire un accroissement spontané de l’effet, suivi ultérieurement d’une fatigue.
- 2<Xes variations de l’effet en fonction du temps ou du degré de poli pour un métal donné sont extrêmement différentes pour les diverses raies. On en conclut que, dans un groupe de raies, la raie la plus ac-
- tive sur un métal donné n’est pas toujours la même.
- L’ordre de deux métaux dans la liste des pouvoirs photo-électriques peut fort bien s’inverser quand on passe d’une longueur d’onde à une autre.
- Tous ces résultats font ressortir l’intérêt qu’il y a à définir avec rigueur la Idngueur d'onde de la radiation employée, lorsqu’on se propose de comparer les substances photo-électriques les unes aux autres.
- Force électromotrice due à la gravitation au sein des électrolytes. —P. Bary. —Communication à la Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910.
- Quand, dans un électrolyte, les deux électrodes ne sont pas au même niveau, deux effets peuvent se produire :
- ,t° Un effet direct qui provient du transport matériel qui s’effectue de bas en haut ou de haut en bas, et qui se traduit aux électrodes par une certaine force électromotrice ;
- 2° Un effet indirect qui est causé par les différences de concentration de la solution qui s’établissent lentement du fait de la pesanteur ; les deux électrodes plongent alors dans des milieux distincts et présentent une différence de potentiel.
- L’auteur s’est proposé de mesurer la grandeur de l’effet direct en prenant une solution de SO*Cu et deux électrodes de cuivre'.
- L’expérience a donné des nombres 6 à 8 fois plus grands que le calcul ne l’indique.
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- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Méthode de mesure d’un champ magnétique en grandeur et direction ; dygographe. — L,. Dunoyer. — Communication à la Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910.
- La méthode dont il s’agit consiste à mesurer l’angle que font entre eux deux équipages magnétiques de même moment, placés l’un au-dessus de l’autre dans le champ et mobiles autour d’un axe perpendiculaire au champ passant par leur milieu. Si le champ est très grand, l’action mutuelle des deux équipages est négligeable et ils prennent la direction du champ; si le champ est nul, ils se mettent en opposition dans une direction quelconque; pour un rapport convenable entre le champ et leur moment magnétique, ils font entre eux un certain angle i a ; par raison de symétrie, cet angle est bissecté par la direction du champ (').
- Le calcul conduit soit à concevoir un appareil de mesure des variations du champ extrêmement sensible (l’auteur compte y revenir prochainement), soit au principe du dygograghe.
- Cet appareil, ainsi appelé parce qu’il trace les courbes auxquelles l’usage maritime a donné le nom de dygogrammes, fournit aux navires, pour tous les cas où la force directrice moyenne est suffisante, le moyen d’effectuer la compensation de leurs compas en un temps minimum, et sans observations extérieures. De plus le dygogramme obtenu et daté est un document complet et faisant image pour l’histoire magnétique du navire. Il est, en effet, de jffus en plus reconnu par tous les marins que l’état magnétique de beaucoup de navires est, en certains points, soumis à de perpétuelles fluctuations qu’il est essentiel de pouvoir suivre facilement.
- On compense le champ à mesurer par un champ connu et on emploie le dispositif des deux équipages pour vérifier, et alors avec une très grande précision, que la compensation est effectuée. Le dispositif se prête à des applications très variées. Le dygographe donne à la fois la grandeur et la direction de la composante horizontale du champ terrestre.
- (') Contrairement à ce que pensait l’auteur jusqu’à l'achèvement de son travail, la méthode n’est pas nouvelle, mais seulement la manière dont elle a été utilisée dans ce qui suit, en particulier dans le dygographe. M. Bidlingmaier a publié dans les Comptes Rendus des travaux de l’expédition antarctique allemande de 1901-j9o3 (t. V, fasc. 1) une importante étude sur le compas a double rose, sa théorie et sa pratique»
- Les deux équipages magnétiques sont formés chacun de huit aiguilles d’acier, de 4cm de longueur, disposées en cylindre.
- Sur la mesure de l’indice de réfraction des liquides au moyen du microscope. — L. Décombe. — Communication à la Société Française de Physique, séance du "6 mai 1910.
- L’auteur a exposé une méthode dérivée de la méthode de Brewster pour la mesure de l’indice des liquides, mais beaucoup plus précise.
- M. Décombe espère pouvoir bientôt présenter un réfractomètre basé sur le principe de cette méthode.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les machines asynchrones à champ tournant au moment du passage par le synchronisme et le moteur dit « à hystérésis ». — G. Benischke.—ElektrolechnischeZeitschrift, 10 mars 1910.
- Dans le passage d’un moteur asynchrone à champ tournant par le synchronisme on constate une chute brusque de la puissance absorbée. On l’explique en admettant qu’au synchronisme intervient un couple d’hystérésis.
- M. Benischke n’est pas partisan de cette explication : l’hystérésis qui est une dégradation de l’énergie sous forme de chaleur ne peut nullement produire un couple. Le couple qui s’introduit provient en réalité du magnétisme rémanent dans le rotor, qui,
- Au-dessous • Au-dessus
- du synchronisme. Au synchronisme. du synchronisme
- Fig. 1.
- tout en dépendant de l’hystérésis, ne lui est nullement proportionnel. Le couple change de sens en s’annulant pour le synchronisme de la manière indiquée par la figure 1.
- Voici comment l’auteur a étudié la cause de la brusque chute de puissance au synchronisme : il accouple rigidement le moteur asynchrone avec une
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- tèars .et porté en ordonnées (fig. 2) la puissance GH1 absorbée par le moteur asynchrone et la puissance CK fournie par la dynamo ; en abscisses le glissement PC;
- La puissance absorbée par le moteur asynchrone peut être décomposée en trois parties :
- i° Segment CD. — Pertes dans le fer (courant'de Foucault et hystérésis) et pertes dans le cuivre du stator dues au courant magnétisant seul (suivant la valeur du glissement ces pertes peuvent d’ailleurs ne pas être constantes) ;
- a0 Vecteur DG. — Pertes par frottement’dans les deux machines accouplées (DF) et puissance mécanique utile (FG);
- 3° Vecteur GH. —• Pertes dans le cuivre du rotor et celles dans le stator qui sont dues au courant de travail ;
- Au-dessus au-dessous
- du synchronisme.
- Fig. 3.
- En diminuant l’excitation de la dynamo on accélère la vitesse et l’on s’approche de la marche à vide (R). Ensuite la dynamo devient moteur et compense en partie les pertes par frottement. Juste avant le synchronisme, le moteur asynchrone absorbe seulement les pertes de la première catégorie, soit PO, car les pertes n° a sont nulles étant proportionnelles à la puissance utile. Le moteur à courant' continu compense toutes les pertes par frottement.
- Au delà du synchronisme, le moteur asynchrone fonctionne en génératrice et le moteur à courant continu compense les pertes n° i (UB = OP). De là vient la chute brusque de la puissance absorbée par la machine asynchrone. Au synchronisme les deux
- machines sont- en équilibre' instable relativement aux pertes n°i.
- A circuit rotorique ouvert on constate également une ohute brusque dé la puissance, quoique plus faible- : le couple du moteur asynchrone étant plus petit.
- Ces considérations permettent de déterminer les pertes par ifrottemeïit’OB{*) ; il suffit dé dé'termiaer A (marche à vide) et un-point quelconque-(2)i
- La concordance des résultats ainsi obtenus avec ceux donnés par d!autres méthodes a été vérifiée par Peukert (3) et constatée par Simons et1 Vollmer (*) quid^Utribuèrent d'ailleurs au hasardl S. P-..
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Dispositif à contacts électriques régis par la rotation d’un organe mobile autour d’un axe fixe. — ü. Décombe. — Communication à la Société Française de Physique/séance dü 6 mai 1910.
- Le problème suivant se rencontre sous une forme plus ou moins particulière dans la mesure de la vitesse angulaire d’un axe, l’émission des signaux commandés par un organe en rotation, le remontage automatiqpe des mouvements d’horlorgerie, etc.
- Etant donné un organe animé d’une rotation autour d’un axe uniforme ou variable, fermer le circuit d’une pile sur des appareils déterminés, à des intervalles de temps et pendant des durées proportionnelles-à la vitesse de rotation de l’organe.
- On sait qu’il est très difficile de réaliser un bon contact électrique entre deux pièces métalliques animées l’une par rapport à l’autre d’une vitesse de glissement notable. Il faut établir entre ces pièces une pression relativement élevée donnant lieu à des frottements, des irrégularités et de l’usure.
- Pour ces motifs il convient, si le mouvement de l’orgàne en rotation est délicat, de rejeter la solution consistant dans l’emploi d’une bague, chaussée sur
- (*) Biînischke. E. T. Z.,1901, p. 698. {Ecl. Elect. 5 avril 1902).
- (2) Cette méthode dans laquelle on admet l’existence d’un couple d’hystérésis a été critiquée par :
- Bua-gstadt. E. T. Z. 1908, p. 35.
- Lehmann. E. T. Z., 1903, p. 507, et Ecl. Elect. 22 août 1903.
- Bâche Wiig. E. T. Z\, 1906, p. 106.
- Zn-p. Elektrotechnik und Maschinenbau, 1908, p. 443 ,
- (3) E. T. Z., igo3, p. 662.
- (4) E. T. Z., 1908, p. 96, ,327, (Luiri. El'ect. 11 avril I9°9-)
- dÿnamo shunt1 débitant sur une batterie d'acoumula-
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- 14Juinl9lOi REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- -33»
- üâxe'de. rotation^ et munie de touches altemative-msentco«ductrieeset> isolantes sur' lesquelles? s’appuie un balai métallique en ? relation ? avec le circuit de lÀ- pii&eftHtes? appareils;.On peut en outre observer que->cette-solution ne permet pas de modifier la durée relàtiv© des?contacts par rapport àl’intcrvalle de tempinqui les? sépare, condition éminemment favorable cependàntau réglage du1 contacté et qui ? s’impose d’ailleurs étroitementdans certains?cas;
- Le dispositif1 adopté par M'. Décombe est? le. suivant :
- Un disque dont .la circonférence a été découpée de manière à présenter des arcs de courbe AA', BB', GG'..., tous inclinés dàns le même sens, sur les rayons du disque, est fixé sur l’axe de rotation supposé horizontal. Les arcs AA', BB',... se raccordent angulairement entre eux par de petits fragments de droites- dirigés suivant des rayons, de telle sorte que le passage d’un, are au suivant se fasse par une chute radiale brusque. La pente croissante des arcs est d’ailleurs dirigée en sens inverse de la rotation.
- Deux lèviers, mobiles chacun autour d’un axe fixe parallèle à; l’axe de rotation, reposent simplement, en vertu de leur poids et par le moyen d’une goupille en ivoire mobilfe le long de chacun d’eux, sur la périphérie du disque. Les' choses sont disposées de- telle sorte que l’une des goupilles échappe le sommet de l’un des arcsun peu avant que l’autre échappe le sommet de l’arc consécutif.
- Un courant s’établit à ce moment entre les deux leviers et ce contact dure jusqu’à ce que la seconde goupille échappe à son tour.
- Si l’on donne aux arcs AA', BB,'.... la forme de spirales logarithmiques, la charge de l’axe demeure constante pendant la rotation. Les dimensions sont telles que cette charge ne subisse pas non plus de variation au moment où le premier levier vient reposer sur le second; ,On peut enfin faire varier la durée du contact entre des limites relativement étendues par le déplacement des goupilles le long des eviers correspondants.
- Ce dispositif très simple permet de réaliser un contact satisfaisant aux conditions exigées ; son fonctionnement est très régulier et sans influence perturbatrice sur le mouvement parfois délicat de l’organe mobile en rotation.
- TRACTION
- HufonetiQnnementdesbielleamotriaeBdahB les locomotives électriques.— B> PacilU. —-L'Industfia, ij avril 191 o.
- Dans certaines locomotives électriques, le mouvement est transmis à l’aide de bielles et manivelles par les moteurs à l’essieu central et par celui-ci aux essieux accouplés. Ce type de.liàison est, par exemple, employé pour les locomotives électriques de la Val-teline (fig. 1).
- Fig. 1.
- Dans ces locomotives?,-l’arbre de chacun des? deux moteurs porte à ses extrémités deux manivelles perpendiculaires entre elles. Les arbres tournent presque sans jeu dans des coussinets fixés aux bordages de la locomotive. Les manivelles d’un même côté de la machiné sont reliées au moyen d’une bielle triangulaire, à laquelle est également reliée la manivelle correspondant à l’essieu central;
- Le coussinet dit pivot de cette dernière peut coulisser dâns un logement approprié creusé verticalement dans la bielle motrice afin dé laisser la liberté des déplacements relatifs entre essieux et châssis que permettent les ressorts de suspension.
- Dans le but d’éviter des battements qui seraient extrêmement dangereux en raison de la masse considérable de la bielle triangulaire, on a été obligé de réduire au minimum possible les jeux entre ses coussinets et les boutons dé manivelle des moteurs.
- Pour pouvoir amener aux deux positions horizontales qui font entre elles un angle de 1800 les deux manivelles d’un même côté, les longueurs de celles-ci ne doivent différer entre elles que de quantités inférieures aux jeux admis-entre les coussinets de la bielle et les boutons de manivelle.
- On voit donc clairement, en présence de la faible valeur admise pour les jeux, quelle exactitude doit être exigée pour les longueurs de manivelle.
- On n’aperçoit pas avec autant d’évidence la nécessité d’une exactitude absolue dans l’orthogonalité des deux manivelles d’un même arbre.
- Ainsi qu’on le démontrera, une petite erreur sur l’angle compris entre les manivelles d’un même arbre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Sérié). — N® 24.
- où, bien entendu, les jeux sont maintenus dans les limites exigées pour éviter des battements, a donné lieu à de sérieuses anomalies dans la marche delà locomotive, en produisant des flexions transversales vibratoires des bordages. Une erreur d’environ 12 minutes dans l’angle que font les deux manivelles d’un moteur a été suffisante pour causer des vibrations alarmantes. Pour les éliminer, il a été nécessaire d’admettre des jeux susceptibles de provoquer de forts battements de la bielle.
- Profitant de ce que sur les pivots cylindriques des manivelles des moteurs sont calés des anneaux sphéroïdaux en acier trempé, on a ramené les deux boutons à la position relative exacte, en remplaçant l’un des anneaux sphéroïdaux par un anneau convenablement excentré par rapport au pivot cylindrique. Après cette substitution, l’allure de la machine est devenue parfaite.
- Le but de la présente étude est précisément de mettre en évidence l’influence qu’exercent sur le fonctionnement de la locomotive des erreurs même faibles dans l’angle que forment les deux manivelles d’un même arbre.
- 4?
- * *
- Supposons que les manivelles d’un même arbre ne soient pas exactement orthogonales, mais que les longueurs de toutes les manivelles soient égales. Pour une position déterminée de l’une des manivelles, si l’on fixe la longueur d’une des bielles, la figure formée par les deux bielles et par les deux couples de manivelles reste spécifiée. Naturellement les longueurs des deux bielles satisfont à la condition de différer de la distance entre les axes des deux moteurs par les faibles quantités que permettent les jeux entre pivots et coussinets des manivelles et lés déformations élastiques des bielles et manivelles;.on suppose, bien entendu, les axes fixes, ce qui arrive tant que les bordages ne se déforment pas, en raison de la presque nullité des jeux entre les axes des moteurs et les coussinets correspondants fixés aux bordages.
- Proposons-nous tout d’abord de rechercher la relation entre les variations gK et g2 de longueur des bielles motrices par rapport à la distance l entre les axes dans l’hypothèse où les longueurs des manivelles sont égales entre elles et où les manivelles d’un des arbres ne sont pas exactement à angle droit.
- Si tp est l’angle formé avec la ligne des centres par une des manivelles correspondant à une bielle et si
- cette bielle a une longueur l -f- dl, l’autre manivelle formera avec la ligne des centres un angle qui différera de tp d’une quantité ü?cp.
- L’angle «ftp, compris entre les manivelles BÇ et AE, peut être mis en évidence en construisant le parallélogramme ABCD sur les côtés AB et BC (fig. 2). La longueur DE se confondant avec l’arc qui a pour -centre A et pour rayon r est mesurée par—rd<f. L’allongement dl représenté par EF peut être facilement obtenu si l’on remarque que la figure EFDpeut
- A l '<- B
- Fig. 2.
- être considérée comme un triangle rectangle en F dans lequel l’angle en D est égal à <p. On a :
- dl — r sin tp dy. (1)
- Appliquons cette formule aux deux quadrilatères de la figure 3; en B les manivelles sont à angle
- droit et en A elles forment l’angle - e.
- g\ =—/’sin<|;«f<j; ou bien gi —— j’cosydty (2)
- gi — — /'simpeff. (3)
- Si 1 on tient compte de ce que la différence entre dty et df est égale à e, il sera possible, en éliminant
- A .." B
- l a - l- 2
- Fig. 3.
- ces angles entre les équations (2) et (3), d’obtenir une relation entre les variations de longueur des deux bielles. Divisant les deux membres de (2) par cos tp et les deux membres de (3) par sin tp et retranchant la première équation de la seconde
- «2
- S*
- = r{dty — d<f) = re.
- (4)
- sintp cosip Dans cette formule l’angle tp est l’angle que forment avec l’horizontale les manivelles en retard de phase.
- Remarquons que les deux formules (2) et (3) sont légitimes quand les angles d<p et cfip sont infiniment petits. L’un d’eux doit nécessairement être petit, attendu que l’un des deux angles tp et t|; est certaine-
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- ment compris entre 45° et i35° ou entre 225° et 3i5° et que par suite le sinus correspondant est supérieur en valeur absolue à 0,7.
- Et puisque gi comme g2 sont des fractions de millimètre tandis que la valeur du rayon de manivelle est considérable (3aomm dans le cas des locomotives de la Valteline), il s’ensuit qu’une des deux valeurs dtp ou dty est certainement très petite.
- L’autre valeur dty ou e?p, dont la différence avec la première est e, lequel dans nos considérations a des valeurs très petites, est donc elle aussi des plus petites.
- Répartition du travail entre les deux bielles. — Pour fixer les idées, supposons que le sens de la rotation soit contraire à celui des aiguilles d’une montre, que l’arbre moteur soit A et que e soit positif. Désignons par g la plus grande variation de longueur permise par les jeux entre fusées et coussinets.
- Faisons pour le moment abstraction des déformations élastiques des bielles et manivelles ; c’est le cas limite dont on s’approche quand le travail transmis par les bielles diminue. La bielle entre en fonction quand la variation de'longueur correspondante est égale en valeur absolue à celle que permet le jeu: elle sera tendue si la variation de longueur est positive, comprimée si cette variation est négative. Pour étudier la manière dont se comportent les deux bielles pour les différentes valeurs de l’angle cp, il faut avanL tout connaître à quel moment les deux bielles atteignent toutes deux les variations maxima que permettent les jeux ; celles-ci sont de même signe ou de signe contraire.
- L’équation
- 1 1
- sinp cosp
- qu’on tire de(4), quand on égale à±g- les variations gv et g2, fournira les valeurs des angles cp pour lesquels les bielles ont toutes deux l’allongement ou le raccourcissement maximum, le signe positif correspondant au premier cas et le signe négatif au second.
- L’équation
- sinp cosç
- fournira les valeurs des angles cp formés par les manivelles en retard pour lesquelles les bielles atteindront les variations maxima permises, mais de signe contraire: le signe positif correspond au raccour-
- cissement de la bielle l, en avance de phase et à l’allongement de la bielle l2 en retard; le signe négatif au cas contraire.
- Graphiquement, l’auteur porte en abscisses les valeurs de cp et en ordonnées celles des expressions
- Les abscisses des points d’intersection de ces courbes
- avec les horizontales d’ordonnées ± — fournissent
- g
- les valeurs cp, racines des équations (5) et (6).
- Les fonctions (-7^—----------—) et ( —— -j---l-—\
- \sm cp cos cp/ \sm cp cos cp/
- admettent des minima égaux à a y/2.
- Soit “en valeur absolue supérieure à 2 y/2.
- Pour toute position déterminée du système des deux bielles, caractérisée par l’angle p que font, avec l’horizontale, les manivelles en retard, les courbes déterminent la nature des efforts supportés par les deux bielles.
- Pour de petites valeurs de p ou peu différentes de
- multiples
- la variation de longueur de la bielle
- correspondant à la position horizontale des manivelles ou à une position très voisine est très petite. L’effort est par suite intégralement transmis par l’autre, laquelle conserve constante et égale en valeur absolue à g la déformation tant que l’autre n’entre pas en fonction, enprenantla valeur dzg. Par suite, pour de petites valeurs de p jusqu’à un certain angle la bielle seule transmettra l’effort en se raccourcissant de la quantité g et la bielle l2 ira en s’allongeant; elle entrera en fonction lorsque lt restant toujours raccourcie de la quantité g, la bielle l2 aura atteint l’allongement g-, tandis que la bielle /, est raccourcie, la bielle l2 est allongée.
- Dans le cas où ce serait possible, de telles variations de longueur, d’après la formule (4), devraient atteindre des valeurs supérieures à g. Il en résulte des inflexions des bordages ou des glissements entre les pare-essieux des arbres moteurs et les bordages, surmontant l’adhérence créée par la tension des boulons de fixation.
- Puis l’effort continue à être transmis par la bielle lt, qui se maintient raccourcie de la quantité g. La bielle 12 dans cet intervalle va en se raccourcissant et sa variation atteint la valeur — g. Ensuite l’effort esttransmispar labielle l2 seule, qui se maintient rac-
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- m, LA L UMTÈ R E iÉIÆ C T RIQ UjE T. X (2* Série). N° <24.
- courcie de la quantité.g. <La bieille 4 va en s'allongeant’ jusqu’à,un certain angle pour lequel cet,allongement atteint la valeur -f- g. En procédant 'd’une manière analogue pour les autres quadrants, on arrive à établir comment est transmis l’effort selon les diverses positions que prennent les bielles.
- Cette représentation graphique des diverses phases de travail des deux bielles et 4 met en évidence un intervalle, dans lequel l’effort transmis est contraire à celui qui est nécessaire pour la transmission du mouvement dans le sens voulu.
- Pour éliminer les intervalles dans lesquels les bielles agissent en opposition entre elles, il faut que
- la valeur de — soit inférieure à 24/2. Cela montre g
- entre les deux bielles soient suffisamment, éloignés
- de - et de — pour éviter des efforts excessifs anx ' 2 2
- boutons de,manivelle. Si l’on veut, par exemple, que la bielle en avance de,phase n’ait pas à travailler seule, au>;delà de Imposition correspondant à <p — 6o° (ce qui revient à admettre pour, les , pivots ,de manivelle un effort maximum qui ne soit pas supérieur au double de celui qu’ils supportent quand les mani-
- velles sont verticales), il faut que — — o,85, comme
- g
- on le déduit de l’examen des courbes.
- Les limites à admettre pour e, dans le cas de la bielle rigide, pour que les efforts aux pivots, de manivelle ne soient pas excessifs, sont en réalité trop
- qu’une erreur dans l’angle que forment les manivelles d’un même arbre,, de,même qu’une erreur entre les longueurs des manivelles, conduit à la nécessité düaccroître les jeux, cetqui. toutefois, comme il a été. déjà,remarqué, doit être évité, ufmde ne pas,provoquer des battements qüi seraient très dangereux.
- La condition — < 2 annule les vibrations de
- g
- la locomotive qui proviennent des inflexions successives des bordages et ainsi écarte également le danger deirupture des boulons de fixation des plaques de garde des coussinets des arbres moteurs aux bordages.
- Quoique l’inégalité précédente soit remplie, le travail entre les deux bielles et par suite entre les deux.pivotsde manivellede l’arbre moteur peut n’être pas,toujours, également reparti. Il faut par suite.non
- seulement que soit inférieur à mais que lés angles pour lesquels se produit l’échange de travail
- réduites. Les déformations élastiques des bielles et des manivelles concourent certainement à améliorer les conditions. Supposons toujours remplie
- la condition — < i\f 2 pour que (les deux bielles
- , . g , . . .
- n .aient aucunement a agir en qpposition.etproposons-nous de rechercher de combien doit être réduit ,e pourvue,,en tenant compte des déformations élas* tiques, les,pivots, de manivelle n’aient, pas -à supporter d,'efforts excessifs.
- Désignons par S la déformation élastique de la bielle l, pour 9 = o; pour un angle différent <p, pourvu toutefois que la bielle 4 seule transmette
- §
- l’effort, la déformation sera exprimée par — ----
- cos <p’
- la formule (4) sera alors remplacée par :
- gt
- èincp
- g y —
- B
- cosq>
- (7)
- coscp
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- 41 JuinlfllO. REVUE D’ÉLECTiRlCITÉ 343
- quLn’esL&pplicable que dans les cas où la bielle /, transmet seule l’effort.
- Recherchons la ,valeur des angles limites pour lesquels la bielle /, supporte à elle seule le travail de transmission,, afin de pouvoir juger de l’effort au pivot de,manivelle.
- 11rsuf{ira.de setborner à rechercher la valeur :de l’angle du premier quadrant pour lequel la, bielle /, cesse de supporter à. elle seule l’effort de compression. Les,trois positions limites restantes de lia bielle /,,, dans .lesquelles, elle supporte à elle seule, le travail ide {transmission,, sont les;trois qui sont à la même distance que la (position trouvée de; la ligne qui joint les,centres.de rotation À. et;B.
- Cette valeur de tp sera déterminée par la solution de l’équation obtenue en substituant — g aux variables gl et g2 dans la relation (7).
- Le problème se limite par suite à la recherche des racines de l’équation
- g -j-----
- =Lg+_col(g = /.e
- sincp eostp
- ou de l’équation équivalente
- /•ecos2® cos2 9 8
- - ------- -\-:—- — costp =
- g smtp T g
- (8)
- Pour résoudre cette équation, construisons les courbes
- recos*
- +
- cos2<p
- coscp
- pour les diverses valeurs du paramètre —(fig. 4).
- ë
- r s
- Une valeur pour — étant fixée, la courbe corres-
- * ,
- pondante indique .pour tonte valeur de - (repré-
- g
- sentée par l’ordonnée) la valeur correspondante de tp (représentée par l’abscissé) pour laquelle la bielle /, cesse de fonctionner seule.
- Exemple. — Admettons que les jeux permettent aux bielles un allongement on un raccourcissement de 25mm, que la déformation d de la bielle /,, quand elle se trouve à la distance maxima, des centres de rotation A et B et pour la charge maxima, soit de oŒm, i et que r s = o“ïm,5. En suivant (fig. 5) la courbe du
- paramètre
- r e
- 2,, on. trouve qu’à l’ordonnée
- g
- 2ll
- 0,25
- g 0,25 - o,,4 correspond l’abscisse <p ;
- *7°
- Tel est l’angle limite auquel la bielle 72. intervient pour soulager la bielle h du travail.de transmission.
- C. !B.
- BREVETS
- •Nouveau système d’enalenchement des interrupteurs commandés à distance pour le contrôle d’un moteur. — Compagnie Française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston, résidant en France (Seine) . — N° 469 804, publié le 2 mai igio.
- Dans les dispositifs de contrôle employés principalement en traction électrique ou pour la commande de gros moteurs à courant continu, on produit l’insertion, puis le court-circuit des résistances de démarrage, progressivement, par l’intermédiaire d’interrupteurs électro-magnétiques ou contacteurs. Les circuits de commande de ces contacteurs sont disposés de telle sorte que leur fonctionnement successif ait lieu dans l’ordre prévu, sans qu’il puisse se produire d’inversion.
- Généralement, on dispose sur ces contacteurs des interrupteurs auxiliaires qui interrompent le courant de manœuvre des contacteurs, autrement dit le courant de contrôle. Chaque contacteur, en se fermant, ferme en même temps l’interrupteur auxiliaire correspondant, qui se trouve traversé par le courant de contrôle du contacteur qui doit jouer ensuite. Par conséquent, la fermeture de chaque contacteur rend possible la fermeture du contacteur suivant, et de celui-là seulement.
- Entre la source du courant de contrôle et le groupe de contacteurs est interposé.un relai.de verrouillage généralement excité par un courant proportionnel au courant du moteur et qui coupe le circuit de contrôle tant que le courant dans, le;moteur est supérieur à une valeur prévue.
- On. comprend alors que la première émission,de courant de contrôle fejyue le premier contacteur, ce qui ferme en même temps ,1e circuit .de contrôle du contacteur et en (prépare le fonctionnement; mais en même temps le relai de verrouillage actionné .par la première impulsion du courant moteur a coupé le circuit de contrôle en un autre point et ne le .refermera que lorsque, le moteur, ayant pris de la vitesse, le courant aura diminué suffisamment. Ace moment, le deuxième contacteur court-circuiteraTme portion de la résistance, produisant ainsi une deuxième
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- 344 ^ ^ LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2' Série). — N» 24
- impulsion de courant qui, en faisant jouer à nouveau le relai de verrouillage, empêchera le troisième con* tacteur de se fermer immédiatement. Le jeu successif de chacun des contacteurs prépare la fermeture du suivant. Cette fermeture étant effectuée seulement par l’intervention d’un relai de verrouillage qui règle la rapidité du démarrage est un système bien connu.
- Mais on peut simplifier les circuits auxiliaires, auxquels on est conduit avec le système connu, même lorsqu’on veut utiliser les contacteurs à la réalisation de manœuvres relativement complexes, telle que le démarrage d’un groupe de moteurs mis successivement en série ou en parallèle.
- Les figures indiquent plusieurs formes de réali -
- Traversant un trou à la partie supérieure de la culasse 13 est une pièce mobile formée par. une tige magnétique 14 qui repose normalement sur le sommet du noyau 12.
- La barre 14 traverse librement un trou percé dans une barre 19 qui, par le jeu de l’axe 21 et des manivelles 23, peut être soulevée parallèlement à elle-même par l’action du relai Q. Dans ce mouvement la barre 19 soulève la tige 14 par sa tête 20.
- Le relai Q peut être de n’importe quel système, par exemple, comme dans la ligure, il peut comporter un cadre 27 dans lequel sont placées la bobine de manœuvre 28 et la bobine de surchage 29. Ces deux bobines peuvent agir sur le noyau 26 prolongé par
- 3» 30 34
- M2 .
- —JUlflM1
- -juuuuir——juuwnj1
- sation de ce système en le supposant appliqué à la manœuvre d’un moteur simple.
- Dans toutes ces figures, M représente le moteur supposé excité en série avec un de ses pôles à la terre, L représente la ligne d’amenée de courant, K représente le contrôleur de manœuvre, II1, R2, R3, 3, la résistance de démarrage.
- Dans la figure 1, 4 est un contacteur de ligne dont la fermeture met le courant sur le moteur; les contacteurs 1, 2, 3, en jouant dans cet ordre, assurent la suppression progressive des résistances. Le contrôleur K possède deux positions de marche, X et Y.
- Chacun des contacteurs 1 à 4 comporte un interrupteur principal 10 manœuvré parla tige 11, et un noyau 12 qui peut glisser dans la culasse magnétique i3 qui contient la bobine 16.
- .la tige 25 qui peut soulever la barre 19 et qui porte en même temps à son extrémité un interrupteur qui peut, soit connecter entre eux les points 3i et 32, soit au contraire s’appuyer sur les points morts 33
- et 34.
- La bobine 29 est traversée par le courant du moteur, de façon que le noyau 26 est attiré par l’émission de courant et maintenu soulevé tant que le courant est supérieur à une valeur prévue. Quand le courant tombe au-dessous de la valeur prévue, le noyau 26 tombe. Quand il atteint sa position inférieure, les contacts 3o referment brusquement le circuit de la bobine 28 qui attire à nouveau l’armature 26.
- Quand les bobines 16 des. contacteurs 1 à 4 reçoivent le courant, le champ magnétique produit par
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- 345
- !a bobine 16 fait adhérer la tige 14 avec le noyau 12. Par conséquent, quand le courant arrive dans la bobine 16, il solidarise 14 et 16, et si à ce moment le relai Q soulève la barre 19, celle-ci soulève l'armature mobile 10 du contacteur et le ferme.
- Si la barre 19 vient à retomber, le contacteur reste fermé tant que la bobine 16 est sous courant, car cette bobine qui n'aurait pas suffi pour lever l'armature ia sans l’aide d’une attraction de 14 X ia peut néanmoins tenir 12 soulevé contre le noyau i5.
- Les circuits des bobines 16 sur les contacteurs 1, 2 et 3 sont complétés respectivement par les interrupteurs auxiliaires 35, 36, 37, fermés par le jeu des contacteurs précédents 4, 1 et 2.
- Enfin, le circuit de la bobine 28 du relai Q peut être interrompu par un interrupteur auxiliaire 4<> manœuvré parle contacteur 3.
- On remarquera que les contacteurs 4, 2 ferment,
- en se fermant, leurs interrupteurs auxiliaires, tandis que le contacteur 3 l'ouvre. Le fonctionnement est alors le suivant :
- Qand on met le contrôleur K sur sa position X, le courant de contrôle, par le fil 38, alimente la bobine 16 sur le contacteur 4, et celui-ci est alors prêt à se fermer, puisque ses circuits sont complets, mais on a vu qu’il ne peut pas se fermer par lui-même. Si alors on place lé contrôleur sur la position Y, le fil 41 recevant du courant de contrôle permet à celui-ci d’alimenter le relai Q, puisque les contacts 3o et 40 se ferment; à ce moment, le relai Q se soulève et, en montant, entraîne, par le soulèvement de la barre 19, la fermeture du contacteur 4- Une impulsion de courant qui se produit immédiatement produit le démarrage du moteur, et en même temps l’excitation de la bobine 29 qui maintient le relai Q levé. Le relai Q, en se levant a coupé le courant de la bobine 28 en3o. Par conséquent, son armature retombera dès que le courant de démarrage sera retombé à une certaine valeur.
- On remarquera en même temps que la fermeture du contacteur 4 a fermé l’interrupteur 35 et, par conséquent, excité la bobine 16 du contacteur 1 ; celui-ci pourra donc se fermer si la barre 19 est soulevée à nouveau parle relai Q. Or, c’est précisément ce qui a lieu dès que le courant dans la bobine 29 est tombé en dessous d’une certaine valeur, car, à ce moment, l'armature 26 est attirée à nouveau vers le haut, grâce à la fermeture du contact 3o. On se rend compte, par conséquent, que le relai Q transmet à la barre 19 un mouvement alternatif de bas en haut qui, chaque fois, entraîne la
- fermeture d’un contacteur, celui dont la bobine s’est trouvée mise sous courant par la fermeture du précédent. Lorsque le contacteur 3 se ferme, il coupe définitivement le courant de la bobine 28 par l'interrupteur 40, et alors les quatre bobines 16 restent sous courant, la bobine 28 n'en recevant plus.
- Les bobines des contacteurs 1, 2, 3, au lieu d’être alimentées par un courant de contrôle, peuvent aussi bien être connectées directement en série avec le courant moteur par la fermeture du contacteur précédent.
- De même, au lieu d’employer une barre 19 qui agisse sur tous les contacteurs, on peut, comme dans la figure 2, placer un dispositif de va-et-vient
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- spécial sur chacun des contacteurs. Dans cette figure, chacun des contacteurs 4, 1, 2,.3 comporte une armature mobile 12 qui peut fermer le contacteur 10. L'armature 12 ne peut pas être soulevée par le magnétisme de la bobine 16 qui cependant suffit, grâce au noyau i5, à tenir 12 levé. Pour que 12 se soulève, il faut que la tige 14, qui est attirée par i2, soit soulevée elle-même par le soulèvement du noyau 5o sous l'action de la bobine 5i.
- 5o est réuni à 14 par une*tige non magnétique. Les bobines 51 sont toutes montées en série, elle courant qui les parcourt peut être interrompu périodiquement par le jeu de l’interrupteur 3o. L’interrupteur 3o peut être manœuvré par la tige 53 qui prolonge vers le haut le noyau 5o du contacteur 3. Un dash-pot 54 retarde la descente du noyau 5o. La bobine 29 est, comme précédemment, parcourue par le courant du moteur.
- Il est clair que si l’on place K dans la position X,’ la bobine 16 du premier contacteur 4 recevra le courant. Le contacteur 4 est donc prêt à se fermer. Si alors on place K dans la position Y, on envoie par le fil 41 le courant dans la série des bobines 5i, qui toutes font soulever le noyau 5o qui leur correspond.
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- Dans les contacteurs i, 2, 3,1e noyau 5o se lève seul.
- Daiis le contacteur 4, grâce à l’action de la bobine 16, le noyau 5o produit en mêmeitemps le soulèvement du noyau 12 et, par conséquent, la fermeture du contacteur 4. 'En même temps, le noyau 5o du contacteur 3, en se soulevant, ouvre l’interrupteur 3o. La bobine 29 maintient le noyau 5o levé tant que le courant de démarrage n’a pas suffisamment diminué. A ce moment, le noyau 5o retombe et referme le courant dans les bobines 5i, ce qui produit à nouveau le soulèvement de tous les noyaux 5o et la fermeture du contacteur 1 que la fermeture du précédent contacteur avait rendue possible.
- La fermeture de l’avant-dernier contacteur 2 permet la fermeture du dernier contacteur 3, et l'on se rend compte que, lorsque celui-ci est fermé, son noyau 12 empêche la chute du noyau 5o et, par conséquent, maintient ouvert l’interrupteur 3o, ce qui arrête le mouvément de 'va-et-vient des noyaux 5o.
- Dans la figure 3 est représenté un système un peu difïéi’ent. Les cont acteurs 4, 1,2, 3 ne sont pas fermés directement par le mouvement de va-et-vient d’un électro-aimant. Ce mouvemeut ferme seulement dos interrupteurs auxiliaires qui alimentent les bobines de manœuvre des contacteurs 4, i, 2, 3.
- On a montré en même temps dans cette figure un autre système de l’éalisation du mouvement de va-et-vient par l’emploi d’un petit moteur.pilote 67. Dans ce système, le moteur à contrôler M reçoit encoi’e le courant de la ligne L, par'l'intermédiaire des résistances R', R2, R3, un relai Q en série avec le courant principal ayant encore pour but de modérer la rapidité du démarrage.
- A chaque contacteur 4, 1, 2, 3, correspondent les relais A, B, G, D. Dans ces relais, on retrouve, comme précédemment, un cadre i3, un noyau i5 fixe traversé jxar une tige 14 magnétique, et un noyau mobile 12 indépendant de la tige 14. Quand la bobine 16 n’a pas de courant, la tige 14 se soulève sans soulever le noyau 12. Quand la bobine 16 est excitée, le soulèvement de la tige 14 produit le soulèvement du noyau 12, et l’attraction du noyau i5 suffit seule pour maintenir levé le noyau 12. Le soulèvement du noyau 12 produit la fermeture de l’interrupteur 60 qui produit la fermeture du contacteur correspondant 4, 1, 2, 3.
- Dans la disposition représentée, le soulèvement des tiges il\ est produit par l’action d’excentriques 63 dans des colliers 62, les excentriques 63 étant
- entraînés par l’axe 64 qui porte à son extrémité une roue dentée 65 que le moteur-pilote 67 entraîne.,par l’action d’une vis. La fermeture du -contrôleur K dans la position X envoie du courant dans la-bobine 16 du relai A relié à la terre -par les jinterrqpt.eurs auxiliaires 61 des l’elais et les résistances 7’1,'r?, H, r. Par conséquent, le .relai A est prêt àjouejj. §il’on passe le-contrôleur K à la position Y, -oniproduit l’excitation de l’inducteur 66 du moteur pilote. En même temps qu’on fait amener le contrôleur K Sur la position X et envoyer du courant dans la bobine 16 et les résistances r, on fait envoyer du courant dans l’armature 67 du moteur pilote, cette armature étant montée en parallèle avec la résistance r. Par conséquent, dès que l'inducteur 66 est excité, le moteur 67 commence à tourner et px’oduit le soulèvement de toutes les tiges 14. Comme la bobine 16 du
- Fig-. 3.
- relai A est excitée dans ce relai,'le noyau 12-se soulève également et ferme l’interrupteur 60. Cette fermeture entraîne la fermeture du contacteur 4, en même temps qu’elle coupe le courant de l’interrupteur 61. Le courant de contrôle passe alors par le fil 38. La bobine 16 du premier relai A dont l’armature reste soulevée par l’interrupteur 60 traverse la bobine du contacteur 4 et la bobine 16 du rélai-13. La résistance 7’1 est précisément égale a la résistance des enroulements des bobines 4 et 16, de manière que le courant dans le circuit de la résistance r et de l’armature 67 reste le même.
- La première émission de courant fait produire le soulèvement du relai Q et par conséquent interrompt le courant dans l’armature pilote qui a stoppé.
- Quand le courant retombe au-dessous d’une valeur déterminée, le relai Q referme le courant du moteur pilote qui se remet en route et produit le fonctionnement du deuxième relai B, ce qui entraîne le fonctionnement du deuxième contacteur 1; et ainsi
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- de suite. Quand le dernier contacteur 3 se ferme sous l’action du relai D, celui-,ci .coupe, par l’inter- r rupteur 61, définitivement le courant du moteur qui cesse de tourner.
- On remarquera que si, pendant la période de démarrage, on remet le contrôleur K à la position X, on coupe le courant d’excitation du moteur pilote, 5«t spar conséquent on arrête le démarrage ; lès con-tacteurs déjà fermés restent fermés. Au contraire, si l’on remet le contrôleurTGà sa position de repos, tous'les'contacteurs retombent.
- Moteur électrique —H. Prott. — N» 410 S29,
- publié le i3 mai'igio. < .
- 1 Lé moteur dolit il s'agit ici comporte de chaque côté de l’induit moteur un: induit tournant à vide séparé et isolé du premier. Les induits a vide sont disposés de manière à soutenir la tendance qu’ont les lignes de force à se disperser au .démarrage! du moteur, c’est-à-dire à ne pénétrer que partiellement dans l’induit moteur qui se trouve-en face du système 'inducteur, et, d’autre part, à passer à côté dudit induit. L’induit moteur ne se trouve donc frappé, au début de la marche du moteur, que par un petit nombre de lignes de force ; il ne reçoit qu’une faible induction et par . conséquent il démarre lentement. ,Ce n’est que peü à peu que les lignes de force se concentrent sur lui. Il s’ensuit que la vitesse du moteur au démarrage se règle automatiquement sans qu’il soit besoin d'aucune résistance de mise en marche ou son équivalent ;Te moteur peut immédiatement recevoir la totalité du courant, sans qu’il en résulte un échauffement dangereux de l'enroulement inducteur, étant donné que les induits à vide absorbent l’excès primitif de courant.
- Suivant la disposition des induits à vide et suivant leur distance d’axe en axe de l’induit moteur, le moteur peut être établi pour différentes vitesses au démarrage, c’est-à-dire pour différents moments d’attraction. Dans certains cas le dispositif peut permettre de faire varier la réceptivité des induits à vide par rapport aux lignes de force du champ magnétique, ainsi que la distance d’axe entre ceux-ci et l’induit moteur, afin de pouvoir régler le même moteur pour diverses vitesses d’attraction et, s’il est nécessaire, modifier la vitesse pendant la marche. Grâce à la disposition sjmictrique des induits à vide de part et d'autre de l’induit moteur, l’attraction longitudinale, qui dans d’autres conditions, serait exercée sur les induits à vide par le champ magnétique, se trouve équilibrée, de telle sorte que l’arbre
- de l’induit n’exerce plus, dans ce cas, de pression longitudinale sur les paliers.
- La figure 1 représente, à titre d’exemple, un mode d’exécution en coupe verticale longitudinale.
- On a figuré un moteur à induction dont l’induit 1 est disposé en court-circuit, tandis que le système inducteur 2 est établi d’une manière appropriée à un enroulement 'èn tambour. Bien' entendu l’invention peut s’appliquer également à d’autres genres de moteurs: L'induit'mo'teilr i'est'claVété fixe sur l’anbre 3. A côté et séparés de 'celui-ci se trouvent de part et d’autres deux induits à vide 4, c'est-à-dire dés induits quim:ont à fournir aüéün travail, mais qui ' sérVènt uniquement à régler la viteSse de démarrage du mo-
- ’Fig. 1.
- teur. Dans l’exemple figuré, ces induits à vide sont reliés à l’arbre de l’induit et ils consistent en des poulies de fer entourées sur leur périphérie de larnes de tôle minces 5; elles peuvent toutefois être établies de toute autre manière appropriée. Les induits à vide peuvent par exemple également être munis d’un enroulement spécial indépendant de celui de l’induit moteur, ou bien être constitués par des poulies soit massives, soit composées de tôles distinctes.
- Il est loisible de donner au moteur un moment de démarrage déterminé, d’après le mode d’exécution des induits à vide. Si on entoure à une certaine distance ces derniers d’anneaux fixes, en matière non magnétique, reliés à l’enveloppe du moteur et qui sont perforés à volonté de manière à permettre aux lignes de force d'influencer auxdits points les induits à vide, l’on pourra également déterminer à volonté le moment d’attraction du moteur.
- Tout le système induit, moteur et a vide7peut, comme il est figuré, être claveté fixe sur son arbre, ou bien être susceptible de coulisser sur ce dernier.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- L’impression que l’on ressent actuellement à la lecture des journaux financiers et la comparaison des cours est une impression de calme, sinon de défaveur au marché des valeurs d’électricité. Sur la publication, pour les sociétés d’exploitation, des résultats partiels, en amélioration par rapport aux exercices précédents ou, pour les sociétés de construction, de nouvelles commandes importantes obtenues on ne sait au prix de quels sacrifices, le public a acheté, et sa désillusion est grande de constater que les dividendes conservent leur valeur antérieure. Le Métropolitain est en recul à 585 francs, le Nord-Sud à 3oa francs. L’Est Parisien se maintient à 57 fr. après avoir dépassé le cours de 63; les Tramways de la Rive Gauche sont à 42 fi". 75 venant de 47 fr.; la Compagnie générale parisienne de Tramways ne varie guère à 191 francs; les Omnibus rétrogradent à 1392 francs. L’accueil fait par le public à l’application des nouveaux tarifs est, pour l’instant, peu défavorable parce qu’ils conduisent à une modification des habitudes acquises ; la suppression de la correspondance est le sujet principal des récriminations des voyageurs que leurs occupations appellent loin de leur domicile. Mais tout ceci s’arrangera quand la Compagnie aura pu mettre à la disposition du public un plus grand nombre de places de deuxième classe, puisque dans ce cas la totalisation des prix des divers parcours n’excédera pas trente centimes. Seuls, les Tramways de Paris et du département de la Seine et la Thomson Houston font exception à la baisse générale ci-dessus et s’inscrivent : les premiers à 53q francs, la seconde à 818 francs.
- Quant aux valeurs de nos différentes sociétés d’exploitation, elles rétrogradent toutes : Edison à i38o francs; la Rive Gauche à 33o francs; l’Electricité de Paris à 479 francs; Éclairage et Force par l’électricité à i36o francs; la Compagnie parisienne dexDistribution à 400 francs; la Compagnie générale d’Electricité à 887 francs, Jeumont ou les Ateliers de Constructions du Nord et de l'Est à 420 francs. L’assemblée générale des actionnaires a
- eu lieu le 3i mai. Le solde du compte profits et pertes, déduction faite des frais d’administration et d’abonnement au timbre, soit 60 453 fr. 90, et après affectation à la réserve d’amortissement du premier établissement 600 000 francs, a été arrêté à la somme de 1 137 920 fr. 61 ; le capital étant de 20 millions, le .taux des bénéfices nets rëssort à 5 fr. 68 % ; le taux des bénéfices bruts à 8 fr. 98 % . L’assemblée a approuvé la répartition suivante :
- Réserve légale: 5 % sur i i36 848 francs.. 56 842 3g
- Dividende de 4 % au capital................. 771 5oi i3
- Conseil d’Administration..................... i5 384 60
- 2 fr. 5o aux actions........................ 200 000 00
- 4,61 aux parts bénéficiaires................. 92 307 70
- Solde à reporter.............................. 1 884 79
- En résumé, les actions de capital touchent i2fr. 5o bruts ou 12 francs nets et les parts 4 fr. 61 bruts ou 4 fr. o5 nets.
- Au cours de l’exercice, les Ateliers du Nord et de l’Est ont été amenés à racheter l’usine à gaz de Maubeuge avec les concessions de Maubeuge, Haut-mont, Louvroil et Ferrière-la-Grande. Le compte de premier établissement se trouve de ce fait figurer au bilan pour 16 929 55o fr. 87, en augmentation de 3 872257 fr. 12; amorti de 400600 francs au dernier bilan, il se trouve ramené à i5 929 55o fr. 87 par le prélèvement de 600 000 francs sur les bénéfices de cette année. Ces acquisitions faites en vue de briser les entraves apportées au développement de la station centrale de Jeumont qui s’est assurée par contrats plus de 10 000 chevaux de force motrice détournent la Société de son objet principal et le Conseil a iait entrevoir qu’en temps opportun il examinerait s’il ne conviendrait pas de céder ses exploitations gazières. Le chapitre des travaux en cours s’élève à 4 392 g56 francs, en augmentation de i 5o3 i83 francs sur l’exercice précédent ; le rapport signale le développement des centrales dans les mines et la métallurgie, et dont la construction a été confiée à Jeumont. La construction des alternateurs pour turbines cà vapeur, des moteurs asynchrones triphasés à vitesse variable, des moteurs de traction et des locomotives dont une de 1 5oo
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- chevaux pour les chemins de fer du Midi retient particulièrement l’attention du bureau d’études des Ateliers du Nord et de l’Est et occupe l’activité de ses ateliers. Au cours de l’exercice, le chiffre d’affaires pour les ateliers, la fonderie et la câ-blerie, a été de 9 675 785francs; il est, cette année, en avance de 5oo 000 francs sur celui de l’an passé. En résumé, développement important de deux affaires d’exploitation et de construction malgré les difficultés créées d’une part, par l’opposition des compagnies gazières et, d’autre part, par la concurrence des autres maisons de construction.
- La Société Gràmme, malgré l’incendie survenu au cours de l’exercice écoulé qui a détruit une partie de ses ateliers, a pu réaliser un bénéfice net de aa5 649 francs, permettant la répartition suivante :
- Réserve légale :5 %............ 11 232 47
- 5 % aux actions................ n5 000 00
- 6 % au Conseil.............. 5 962 00
- 16 % au directeur........... i5 898 70
- 8 % au sous-directeur....... 7 949 35
- 2fr. 5oaux actions........... . 11 5oo 00
- Report à nouveau............... 58 o56 92
- Chaque action touche un dividende de 27 fr. 5o semblable à celui de l’exercice précédent. Par rapport au capital, le taux des bénéfices nets est de 9 fr. 81 %, le taux des bénéfices bruts de 17 % en faisant figurer dans les bénéfices bruts les mêmes comptes que pour Jeumont ; le montant des amortissements ou réserves diverses est de 144 657 fr. 76, soit près de 4o % des bénéfices bruts. Le Conseil estime que l’exercice écoulé a été assez satisfaisant comme courant d’affaires et que l’exercice en cours est plus favorable. Le compte des travaux en cours se trouvant englobé dans le chapitre des approvisionnements, on ne peut apprécier l’activité de la Société que par la comparaison des chiffres du matériel non facturé : il était, au 3i décembre, plus élevé de 33 2o3 francs, dénotant ainsi un chiffre d’affaires plus important. Le fonctionnement de la Société Gramme a été normal et elle continue, suivant l’expression du Conseil, à tenir toujours une place honorable au premier rang de la fabrication et de l’installation du matériel élèctrique.
- Les affaires d’électricité prenant en Argentine une extension que suivent avec grand intérêt Allemands, Belges et Français, la constitution d’une nouvelle Société d’Electricité de Rosario ne peut passer inaperçue. Elle vient de se former à Bruxelles sous les auspices de la Société Financière de Transports
- et d’Entreprises industrielles pour la reprise de l’éclairage et de la distribution de la force à Rosario; parmi les intéressés se trouvent la Société Financière de transports: 5i 000 actions; la Société Centrale pour l’Industrie Electrique à Paris : 4 5 000 actions ; la Compagnie Générale des Tramways de Rosario: 40000 actions ; MM. Casscl et C° et Allard à Bruxelles : 6 750 actions chaque maison ; la Société d’Entreprises Electriques à Berlin: 55oo actions; la Société Générale Belge d’Entreprises Electriques: 5 000 actions; la Banque Internationale de Bruxelles: 4 000 actions ; la Dredsner Bank et Disconto-Gesells-chaft: 3 5oo actions chacune. Ainsi, le nombre total des actions de capital est de 175 000 représentant un capital de 17 5oo 000 francs ; il est en outre créé 175900 actions de jouissance sans désignation de valeur qui participent aux bénéfices après les prélèvements statutaires et un premier dividende de 5 % au profit des actions ordinaires. La Société des tramways de Rosario, dont les actions sont côtées à la Bourse de Paris, s’est engagée, comme on le voit, à souscrire 4 millions. Mais elle intervient de plus dans l’affaire par une convention aux termes de laquelle elle abandonne l’exploitation de son usine de production d’énergie en se fournissant du courant nécessaire à son exploitation à la Société nouvelle. Cette convention a pour conséquence d’augmenter d’environ 8 millions de ltw la production de l’usine d’éclairage, de diminuer le prix de revient et de procurer de sérieux avantages économiques aux deux sociétés. Nous connaissons cette forme d’exploitation qui est celle de la Compagnie Générale Française de Tramways en particulier et qui tend à se répandre parce qu’en effet elle est au bénéfice des grandes centrales de distribution et des compagnies de tramways.
- L’Anglo-Argentine Tramways, qui exploite les tramways de Buenos-Ayres, publie les résultats de son exercice 1909 qui, s’appliquant à un exercice de reprise et de réorganisation des réseaux des différentes compagnies delà capitale, sont de bon augure pour l’avenir de l’affaire. Les recettes brutes totales ont atteint 48 860000 fr. et les dépenses 3o 422 000 fr. procurant un bénéfice brut de 18 438 000 fr. Ce bénéfice, après les attributions nécessaires aux obligations et à leur amortissement, aux actions de préférence de premier et de second rang, permet une répartition de G % aux actions ordinaires. La Compagnie ne pouvant suffire à son trafic dans certaines rues de Buenos-Ayres, un réseau souterrain a été décidé dont l’Anglo-Argentine a obtenu trois lignes. Pour
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- couvrir, le^. frais de ces Jjgpeg .souterraines et racheter en raênie.ternps le M^trppolitano Tramway, actuellement.exploité à bail, le conseil va demander à ses actionnaires de l’autpr^ser à créer 6 millions de livres d’obligations .5 % prenant rang après les obligations 4 1/2 existantes amortissables au pair, en ,quatre-vingts années ou par,anticipation à, partir du 3i dé-
- cembre 1920 et à émettre Sooooo livres d’actions • preferred de second rang et 1 5oo 000 livres d’actions ordinaires, ces dernières, à offrir par préfé-! rence aux porteurs des ordinaires anciennes. Les. ! statuts > seraient alors modifiés de façon à porter le ! dividende des actions preferred de premier et second 'rang de 5 % à.5 1/2 %. D. F.
- i
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION,
- Haute-Gaponne. — Le Conseil général, dans sa dernière session, a pris en considération le.projet d’un tramway électrique entre Boussenç et Saint-Pé-del-Bosc.
- Basses-Pyrénées. — Le Conseil général a émisun avis favorable à la demande de concession de M. Martinet concernant, le 1 projet d.’installation d’nn, tramway électrique, de, Hendaye-Gare ; à .Heudaye-Plage-
- A cette session,,du,Conseil général, M. Garat, au nom de MM. Lafourcade et Le Barillier. a.présenté une proposition relative à l’électrification du tramway de Bayonne à Biarritz.
- Haute-Marne. — Le Conseil général a adopté le principe du projet de construction des chemins de fer électriques de la Haute-rMarne. Il comprend :
- Les lignes,i° de Chaumont- à Bourbonne-des-Bains; 20 de Chaumont à Fayl-Billot ; 3° de Montigny à Langres-Marne-Bifurcalion ; 4° de Varennes à Bourbonne-les-Bains ; 5°. de Chaumont à Arc-en-Barrois; 6° d’Arc-en-Barrois à Langres-Marne-Bifurcation ; de Giey-sur-Aujon à Auberive; 8° de Chaumont à Monlier-en-Der ; 9° de Gillancourt à Clairvaux; io° de Langres-Marne-Bifurcation à Langres-Bel-Air.
- Ile-et-Vilaine. — Sur le budget de 1911, le ministre des Travaux publics a réservé une somme de i o5i ooo fr. pour l’établissement d’une usine électrique sur la ligne de Dol à Rennes.
- Suisse,—i- Un groupe financier franco-suisse vient.de constituer à Berne la Compagnie suisse du chemin de fer de la Furka. au , capital de 8 millions de francs, pour l’explôitation du chemin de fer de Disentis à Brigue.
- Italie. — Le ministère des Travaux publics a accordé
- MM. Traversi et Hubert Lemaire une concession de
- 5o ans pour la construction et l’exploitation, d’un tramway électrique entre Andria et Trani : la distance est de , 12 kilomètres.
- Une société belge a soumis à l’approbation du gou-' vernement un projet de chemin de fer électrique de i S. Quirico à N.-D. de la Garde.
- La concession d’un tramway électrique entre Anzio et i Nettuno, d’une longueur de 3 kilomètres, a été accordée à la maison A.ndreucci-Allegra.,
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- Autriche-Hongrie. — L’A. E. G. Union a obtenu la concession d’un tramway électrique à Tesin ; le devis est de 345 000 couronnes.
- ÉCLAIRAGE
- Marne. — La concession de l’éclairage électrique de Sainte-Menehould a été accordée à la Société Energie et Eclairage.
- Côte-d’Or. —On procède actuellement à l'installation de l’électricité dans la commune d’Aloxe-Corton.
- - Autriche-Hongrie. — Le Conseil municipal de Pelhri-mov a approuvé le projet d’éclairage électrique présenté par la maison L. Ocenasek, de Prague ; lè devis est de 80 000 couronnes,
- Le Conseil municipal de Josefer a voté l’établissement d’un réseau pour l’éclairage électrique. Le courant
- * serait fourni par la station centrale de Jaromer.
- !
- Le Conseil municipal de N. Jicin a voté le projet d’éclairage électrique de la ville.
- Plusieurs projets d’éclairage électrique sont à l’étude à Latsch, à Hall et à Saint-Michael.
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- 11 Jtain 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 351:
- PAvs-Bas. —. Le Gonpe.il communaLde. Middelbourg étudie actuellement le projet d’installation, dans cette ville, d’une usine centrale d’électricité.
- nouvelles sociétés
- Compagnie générale d'Éciairage et de Force des Centres départementaux. — Constituée le a3 mai 1910. — Capital': 600000 francs. — Siège social : 1, rue Rossini, Paris.
- Société d'Electricitêi de- Rqsaria. —Constituée.le 28 mai igjo. -1- Capital,: 1,7 5oo 000 francs, —> Siège social.: Bruxelles.
- Compagnie Electrique de Mimizan. — Durée : 9 ans. — Capital1: 66 000 francs. — Siège social : 39, rue David. JohnSton, Bordeaux.
- Société des. Anciens Etablissements; G. Trouvé et ChafeJ rêupi.S., — Durée : 19 ans. — Capital : 200000. francs. — Siège social: 69, rue Caumarlin, Paris.
- CONVOCATIONS RASSEMBLÉES
- Société d'Electricité Niimeiior. — Le 16 juin, 49, rue Lacordaipe, à. Paris.
- Compagnie parisienne de Distribution d’Electricité. — Le 18 juin, 8, rue d'Athènes, à Paris.
- Société pour la transmission de la Force par l’Électricité. — Le 20 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Compagnie française de Matériel de chemins de fer. — Le 16 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Energie Electrique du Littoral méditerranéen. — Le i5 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Roubaix et de Tourcoing. — Le
- 22 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways de /’Ouest-Parisien. — Le
- 23 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie Franco-Algérienne d’Electricité.— Le 6 juillet, 2o5, rue Saint-Honoré, k Paris.
- Compagnie Industrielle de Traction.— Le 22 juin, i5, rue d'Argenleuil, à Paris.
- Compagnie des Trqmways de Lourdes. — Le 23 juin, 47, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société bouionhaise d’Edairage et de Force par l’Electricité. — Le 20 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Société générale Electrique et Industrielle. — Le 23 juin, 25, rue de Clichy, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Quercy. |— Le 19 juin, à Saint-Céré.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- %
- Le 20 juin, APEcole Coloniale, 2, avenue de l'Observatoire, à Paris, installation de l’éclairage électrique : 20 000 francs ; caut. 2 000 francs.
- Le a3 juin, à la préfecture de Bourges (Cher), construction du chemin de fer de Neuilly-en-Sancerre à Vier-zQn, section de Méry-en-Bois. à Vierzon: 216-000 francs.
- Le Ier juillet, à la préfecture, du Mans (Sarthe), eon-struction.d’un nouveau réseau de, chemins de fer d’intérêt local à voie étroite: 525 000 francs.
- Le 20 juin à La Rochelle, concours pour l’électrification des appareils de manœuvre des ouvrages au port de La Rochelle-Pallice.
- Les travaux et fournitures comporteront :
- La transformation de 6 treuils de cabestans pour la manœuvre des portes d’écluse ;
- La fourniture de 4 treuils de levage de vannes ;
- La fourniture de 2 pompes électriques;
- La fourniture de 1 compresseur d’air électrique ;
- La fourniture du tableau de distribution et de la canalisation aérienne et souterraine.
- Les constructeurs qui désireront prendre part à ce concours devront en adresser la demande à M. Modelski, ingénieur en chef des ponts et chaussées,'à La Rochelle, avant le 20 juin.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le i5 juin, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture de machines-outils, matériaux divers pour les ateliers, de crayons en charbon et lampes à incandescence.
- Le i5 juin, au chemin de fer Nord-Ouest autrichien, à Vienne, fourniture de crayons en charbon et lampes à incandescence.
- Le 3o juin, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Cracovie, fourniture de diverses machines-outils.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N® 24.
- ITALIE
- La commission consultative des tramways électriques municipaux, piazza S. S. Apostoli, 49, à Rome, reçoit les offres pour les fournitures ci-après :
- i® 5o ooom câble triphasé 8 200 — 35o volts, 3oooo isolateurs, etc. ;
- 2° Equipement électrique pour deux cabines de production et 35 id. de distribution;
- 3® 8 200 alternateurs de 35o volts, 3 de 2 000 kw et 2 de 2 000 kw; transformateurs divers 8 200/3 000 volts ;
- 4° Cadres de tension 3o 000 volts;
- 5° Turbines hydrauliques pour les alternateurs ci-dessus ;
- * 6° Environ 5oo poteaux en ciment armé pour transmission électrique;
- 7° ' Poteaux en fer en traversée de chemin de fer et de routes ;
- 8° Environ 220 km fil de cuivre pour transmission électrique ;
- ,9° environ 4 000 isolateurs, depuis 3o 000 volts, pour transmission électrique (adjudication internationale).
- Le 3o juin, à 11 heures, au ministère de la marine, à Rome, et à la direction générale de l’arsenal de la marine, à Spezia, fournitures de lampes électriques et de lampadaires pour le service des arsenaux, i5oooo lires ; caut. : i5 000 lires.
- BELGIQUE
- V'i.
- Le 24 juinj A i3h. 1/4, A l’hôtel de ville, A Bruxelles, fourniture de câbles et accessoires nécessaires au service
- de l’électricité; caut. : 1er lot, 2000 francs;— 2® lot» 3.5oo francs ;—cahier des charges: o fr. 5o. Soumis-' sions ledit jour, avant n heures.
- Le 25 juin, A 16 heures, aux hospices civils, A Saint-Gilles-lez-Bruxelles, rue du Fort 25, mise en service régulier des connexions de la centrale électrique, du tableau et réseau principal de distribution A l’hôpital de Saint-Gilles; cahier des charges : r franc; plans 4 francs.
- Le 20 juillet, An heures, A la Société nationale des chemins de fer vicinaux, A Bruxelles, fourniture de câhles armés souterrains et sous-fluViaux et pose desdits câbles pour l’alimentation des lignes vicinales de Bruges; prix du cahier des charges : 1 franc. Soumissions recôm-‘ mandées le 19 juillet.
- Le 27 juillet, A n heures, A la Société nationale des chemins de fer vicinaux, A Bruxelles, armement électrique complet d'une sous-station de transformation de courant alternatif triphasé A haute tension en courant continu directement utilisable pour la traction électrique sur les lignes vicinales de Bruges ; prix du cahier des charges : 1 franc. Soumissions recommandées le 26 juillet.
- PORTUGAL
- Jusqu’au 16 juillet, la direction des travaux publics et des mines, A Lisbonne, recevra les offres pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer de Penafiel A Lixa, d’une longueur de 33 kilomètres ; caut. 1 600 milreis.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1T’ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que dp la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PiBIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Ls Gérant : J.-B. Noubt.
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- TrAiite-dëuxldme année.
- SAMEDI 18 JUIN 1910.
- Tome X (2* série».'—N" 35.
- La
- Lumière Ëlectriqu
- P'r écédemment
- L'Éclairage Électrique
- Y*,,
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- .......................................................................................
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — H. Poincaré. Sur la diffraction des ondes hertziennes, p. 355. — J. Reyval. Les machines synchrones à collecteur utilisées comme transformatenrs de courant ou tension, p. 36a.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur quelques propriétés du sélénium, T. Thorne Baker, p. 365. — Méthodes et appareils de mesures. Sur une méthode simple pour la mesure d’un champ magnétique, G. Ciieneveau, p. 355. —Etude, construction et essais de machines. Les pertes dans le fer par l’aimantation tournante, J. Herrmann, p. 365. — Traction. Travaux récents de l’association allemande des transports interurbains, p. 366. — Électrochimie et Electrométallurgie. Usine à cyanure d’argent de la « San Rafael y Aseza C° », à Pachuca, E. Girault, p. 367. — Télégraphie et Téléphonie. Sur les ‘deux suites de solutions de l’équation des télégraphistes, Larose, p. 368. — Brevets. Dispositif automatique de protection ou de sécurité pour voie unique avec trains circulant dans les deux sens, E. Unverricht, p. 368. — Commutateur électromagnétique, A. Pifre, p. 36g. — Système de mise en circuit d’électromoteurs à source de courant commune, Felten et Guilleaume, p. 871. — Bibliographie, p. 373. — Variétés. Le thermophile électrique: tissus, tapis, tricots chauffant par l’électricité, p. 374. — Accident au Great Nothern Railway, p. 875. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Nouvelles machines à vapeur économiques (suite), A Ber-thierp. 376. — Chronique financière,)?. 38i. — Renseignements commerciaux,p. 383. —Adjudications, p. 383.
- ÉDITORIAL
- Nous avons la bonne fortune cle commencer aujourd’hui la publication de l’important travail dans lequel notre éminent collaborateur M. H. Poincaré développe la communication qu’il avait faite à la fin de l’année dernière à l’Académie des Sciences sur la diffraction des ondes hertziennes.
- Ce problème très obscur a donné lieu à des solutions très divergentes. On a supposé que l’ionisation de l’atmosphère terrestre jouait un rôle et que le passage des couches d’air conductrices aux couches isolantes pouvait être assez brusque pour déterminer la ré-
- flexion des ondes. L’interprétation la plus ordinaire des phénomènes de diffraction si importants constatés dans la technique des ondes hertziennes consiste à les attribuer à la grande valeur de la longueùr d’onde. La critique de cette théorie se dégagera du calcul, exposé par M. H. Poincaré, calcul dont le résultat final s’énonce sous une forme simple.
- A la base de ce calcul, M. IH. Poincaré pose une remarque d’après laquelle on n’a pas en réalité affaire à une longueur d’onde unique : les ondes hertziennes possèdent un spectre continu, dont certaines parties corres-
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- 3SÏ
- LA LUM1E RE ÉLECTRIQUE T. X (2« Série). 25.
- pondent à des longueurs d’onde beaucoup plus grandes que celle calculée d’après la définition ordinaire.
- Dans la première partie de son travail, publiée dansle numéro actuel, M. II. Poincaré conduit son étude jusqu’au seuil du problème proprement dit qu’il s’est posé. Ces préliminaires comportent l’établissement des équations générales du champ, celle du potentiel retardé, et enfin l’étude d’une solution particulière.
- Nous attirons particulièrement l’attention des lecteurs sur le choix particulier des unités exposé au début du paragraphe 2, choix dont résultera une forme élégante des équations suivantes.
- M. J. Reyval nous ramène dans le domaine de la pratique immédiate en analysant un récent travail de M. R. Moser. L’auteur y montre qu’une machine synchrone à collecteur se prête parfaitement à la transformation du courant ou de la tension dans les installations, lorsqu’il s’agit, par exemple, du réglage d’alternateurs compound ou de génératrices de traction.
- Selon les conditions particulières du problème, l’auteur donne quatre schémas différents.
- De récents ti’avaux de M. Thorne Baker sur quelques propriétés du sélénium ont porté sur les moyens dont on peut faire usage pour supprimer, ou du moins compenser l’inertie de ce corps, dont l’emploi en téléphotographie serait déjà beaucoup plus aisé s’il obéissait immédiatement aux variations d’éclairement qu’on lui impose.
- M. Ghéneveau a institué une méthode ma-nométrique différentielle très élégante pour la mesure des champs magnétiques : la sensibilité est plus de cent fois plus grande dans le dispositif différentiel que dans un dispositif de mesure directe.
- Les pertes dans le fer soumis à un champ magnétique tournant passent-elles par un maximum pour une certaine valeur de l’induction? Certaines expériences et certaines théories ont semblé le démontrer. Il convient cependant d’enregistrer le démenti qu’opposent à ce fait les expériences très soignées de M. Herrmann.
- Les travaux récents de Vassociation allemande des transports interurbains ont abouti à la « standardisation », dans une certaine mesure, des différents types de rails; nous reproduisons deux des formes adoptées, ainsi que le tableau général des caractéristiques.
- Nos lecteurs trouveront désormais, dans notre rubrique Brevets, une documentation soigneusement tenue à jour. On a pu reconnaître que la description des dispositifs les plus intéressants ou les plus suggestifs proposés soit par des inventeurs isolés, soit par de grandes maisons de construction (ces derniers ont généralement une valeur pratique immédiate, et constituent de véritables descriptions d’appareils anticipées) tient depuis quelque temps dans nos colones une place en rapport avec l’intérêt qu’y portent la majorité des industriels et des techniciens.
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- SUR LA DIFFRACTION DES ONDES HERTZIENNES
- § i. — Inthoduction.
- Comment expliquer les effets extraordinaires de diffraction observés en télégraphie sans fil? Les grandes longueurs d’onde peuvent-elles y suffire? Je ne prétends pas résoudre ici la question complètement, il faudrait des calculs plus complets et surtout des mesures précises. Toutefois, les conclurions du présent travail seront dans le sens négatif; il est probable que la théorie brute ne peut rendre compte des faits.
- Nous supposerons dans la suite que toutes nos fonctions sont de la forme partie réelle H eiu>t
- H étant indépendant du temps ; tandis que w est une constante dont la partie réelle définit la période et la partie imaginaire l’amortissement.
- Nous supposerons, dans ce qui va suivre, que o) est réel. Gela paraîtra au premier abord injustifiable, puisque l’onde émise par l’excitateur est amortie. Mais en réalité nous n’aurions pas le droit de représenter l’onde amortie par une formule
- eiiüti
- o) étant imaginaire; et en effet, cette onde amortie a un commencement; de sorte qu’il conviendrait d’égaler l’onde à une fonction discontinue F (t), égale à o pour t <d o par exemple et à ei(ùt pour t > o. Cette fonction discontinue peut être développée en série de Fourier :
- F (t) — j* eiat tp (a) efa, (i)
- où a est réel. Le coefficient a (a) est donné par la formule :
- /*+<»
- 2 7uip (a) = j F [t)dt
- parce que pour£ — oo l’expression e'(w—»)< s’annule, parce que la partie imaginaire de w est positive.
- Par la formule (i), l’onde incidente F (t) est décomposée en une infinité de composantes isochrones eâd <p (a) dx, formant un spectre continu.
- Nous devrons examiner séparément chacune de ces composantes, et pour chacune d’elles l’exposant ixt est purement imaginaire. C’est ce qui justifie notre hypothèse où nous traitons w comme réel.
- On remarquera que, pour a = o, <p (a)ne s’annule pas, mais se réduit à . Et cela a une
- i o)
- grande importance. On explique en effet d’ordinaire la diffraction des ondes hertziennes en disant que la longueur d’onde est très grande, et on entend d’ordinaire par là la longueur d’onde calculée à l’aide de la partie réelle de u et que nous appellerons X. Mais, ainsi que nous venons de le voir, nous n’avons pas en réalité une longueur d’onde unique, mais un spectre continu, et dans ce spectre il y a des parties qui correspondent à des longueurs d’onde beaucoup plus grandes que X. Ces parties ne sont pas d’une intensité négligeable puisque
- tandis qu’en posant w = w0 -j- iwi, et en prenant <x = (!)„, on avait
- de telle sorte que
- 1<pK)| et <p |o]
- sont sensiblement du même ordre de grandeur.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N» 25.
- Parmi les composantes de notre spectre, il y en a donc qui sont susceptibles de produire des effets de diffraction beaucoup plus grands que ceux qui correspondraient à la longueur X. Et c’est déjà une première explication de la grandeur des effets constatés.
- § 2. — Équations générales du champ.
- J’emploierai les notations de Maxwell, mais avec quelques simplifications : i° je choisirai les unités de façon que la vitesse de la lumière soit égale à i ; 2° je supposerai les milieux noti magnétiques, de telle sorte que leur susceptibilité magnétique soit égale à i, les effets de cette susceptibilité paraissant en tous cas négligeables; 3° je supposerai que le pouvoir inducteur spécifique est partout égal à i ; car les seuls milieux que nous aurons à envisager sont Pair et les corps conducteurs ; à l’intérieur de ces derniers corps les courants de conduction sont tellement prépondérants sur les courants de déplacement que l’on ne sait pas déterminer le pouvoir inducteur ; et d’ailleurs, sauf dans une couche superficielle extrêmement mince, le champ est nul.
- Nous désignerons donc par F, G, H les composantes du potentiel vecteur; par a, (B, y celles de la force magnétique ; par f, g, h celles du déplacement électrique ; par u, v, w celles du courant de conduction; par le potentiel scalaire ; par p la densité électrique, et nous aurons :
- rfll dG dy dz’
- d F rfty
- dt dx ’
- (0
- rfy rf|B dy dz'
- clL _l i Ht — a dx dy dz ”
- rfa | rf(5 rfy
- dx dy dz
- (3)
- 14)
- Aux équations (i), (2), (3), il faut, bien entendu, adjoindre celles qu’on en déduit par symétrie.
- On remarquera que toutes les quantités sont définies expérimentalement, sauf le potentiel vecteur et le potentiel scalaire, et que les équations elles-mêmes ne suffisent pas pour définir complètement ces potentiels^ Elles ne cesseront pas en effet d’être satisfaites, si on remplace F, G, H, <J* par
- F 4- — ^ dx '
- G +
- rf<P
- dy*
- H +
- rf<l>
- rfi"’
- + -
- rfd>
- rf?
- $ étant une fonction arbitraire.
- Pour achever de définir ces potentiels, il faut donc se donner une équation complémentaire, c’est la suivante :
- rfF ' dG rfH rftjj dx dy dz ' dt
- (6)
- On obtient ainsi les potentiels de Lorentz. On trouve alors les équations suivantes :
- 4-P =
- 41t!l =
- tdiv rfrf
- rf2<p dt2 rf2F dî?
- A<|q
- AF,
- (7)
- idw dv\ rf2a
- 4 ^ \rfÿ ~ Hz), = dF ~ Aa;
- ce qui permet de représenter i]>, F et a par des potentiels retardés, représentation sur laquelle nous reviendrons.
- Nous emploierons généralement les potentiels de Lorentz ; et, sauf avis contraire, ce sera toujours d’eux qu’il s’agira ; cependant dans certains calculs, nous ferons usage d’autres solutions.
- Nous allons encore écrire les équations de Maxwell dans un système quelconque de coordonnées curvilignes, procédé que M. Abraham a employé avec avantage. Soient x , y', z' les nouvelles coordonnées ; nous supposerons que ces coordonnées soient orthogonales, et que l’élément d’arc ds est donné par l’équation :
- ds9- = cPdx'* + b2dyn + c2dz12.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Si, par exemple, il s’agit des coordonnées polaires, de sorte que x' soit le rayon vecteur, y' la colatitude et z la longitude, on aura :
- a= i, b — x', c = x' sin y .
- Nous définirons F', G', II' par l’identité :
- F'dx' -)- G'dy' -)- H'dz' = Fdx -|- Gdy -j- IIdz,
- de telle sorte que les composantes du potentiel vecteur suivant les normales aux sur-faces x' = const., y' = const., z = const. •soient :
- P G' H'
- 7? T’
- Nous définirons de la même manière f'igi (3\ y'; u\ v', (V, et nous pren-
- drons
- <j> — f
- pdx dy dz = p'dx'dy' dz',
- ou p' —
- abc
- Nous trouverons ainsi les équations suivantes •
- a /dH' dG'\
- bc \ dy'
- _ dF' dy
- dt — d7?’
- ( i bis) (2 bis) (3 bis) (4 bis) (5 bis)
- Quant à l’équation (6), elle devient :
- yi d (Y'bc\ i dy dx' V a ) ' abc dt
- (6 bis)
- Vis-à-vis d’oscillations de très grandes fréquences, tout conducteur se comporte comme un conducteur parfait. Ce n’est là qu’une première approximation, et dans une étude
- récente* M. Sommerfeld a cherché à se rendre compte de l’écart entre cette approximation et la réalité de la pratique. Nous nous contenterons néanmoins de cette première approximation, et nous regarderons tous nos conducteurs comme parfaits, d’où les conséquences suivantes :
- i° A l’intérieur du conducteur le champ électrique est nul :
- f — g = h = o.
- 2° On trouve aisément :
- da /dh dg\
- dt 1 \dy dz)
- da.
- Donc à l’intérieur du conducteur— est nul,
- dt
- c’est-à-dire que, si l’on part du repos, le champ magnétique est nul.
- 3° Les courants de conduction et l’électricité libre p sont localisés à la surface des conducteurs.
- 4° L’examen des équations montre que les composantes tangentielles de la force électrique, et la composante normale de la force magnétique sont continues. Prenons en effet pour axe des z la normale à la surface du conducteur. Nos quantités, et leurs dérivées par l’apport à x et à y seront finies ; il ne peut y avoir doute que pour les dérivées par rapport as. Or on trouve :
- dg
- dz
- dh
- dy
- +
- i da df_ dh i d$
- \t. dt’ dz dx /(ïî dt'
- dy da dp
- dz dx ~ dy’
- dg <[nGdz df ’ dz ’ d y —‘ sont dz finies,
- c’est-à-dire que f g, y sont continues. Ce qu’il fallait démontrer.
- Donc à la surface du conducteur, et du côté extérieur, les lignes de force électrique aboutissent normalement à la surface,'tandis que les lignes de force magnétique sont tangentes à la surface. Pourvoir que la première
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2e Série). — N» 25.
- condition entraîne la seconde, il suffit de se rappeler l’équation
- tt.
- dl
- 5° Considérons encore une normale à la surface, prenons-la pour axe des z, et considérons les parties de cette normale très voisines de son pied ; en ces points on aui-a, d’après ce qui précède,
- f = g = o,
- d’où
- df_ . *8 x
- dx dy dz
- d_h
- dz
- = P>
- ou, en intégrant et l’emarquant qu’à l’inté-rieur h est nul, et étendant l’intégration à toute l’étendue de la couche superficielle où il y a de l’électricité libre :
- h =
- Cette intégi’ale représente la densité superficielle de l’électricité libi’e, tandis que p re-présente la densité de volume. Cette densité superficielle est donc, égale au déplacement électrique en un point très voisin de la surface du côté externe.
- 6° Considéi'ons l’équation
- 47C
- dp
- dz
- et observons que dans la couche superficielle
- — et — sont finis, tandis que u et ^ sont dt dy dz
- très gi’ands. Intégrons comme dans le cas précédent, et remai’quons qu’à l’intérieur P est nul, il viendra :
- Le second terme du premier membre et le premier du second sont négligeables ; et il reste :
- P = —
- /
- udz
- et de môme :
- vdz.
- Or
- f J u d z, J
- vdz l’eprésentent la densité su-
- perficielle des courants de conduction, tandis que «et p en représentent la densité de voiuixie. Donc la force magnétique à la surface, du côté externe, est perpendiculaire au courant de conduction, et lui est proportionnelle.
- Nous retrouverons ces deux derniers résultats en parlant des potentiels retardés.
- 7“ Le coui’ant de conduction étant supei’fi-ciel, le vecteur u, v, w est tangent à la sui--face.
- § 3. — Les potentiels retardés.
- Soit y(x, y, z, t) une fonction quelconque. Considéi’ons les deux points x, y,i z (point attiré) et x', y', z (point attii-ant) ; soit
- r=sJ^L (*—
- leur distance. L’intégrale
- J f f <P (x\ yt— /) j dx'dydz', (i)
- étendue à tout l’espace, s’appellera le potentiel retardé de <f et pouri’a être représenté par la notation
- Y — P (?)•
- Elle satisfera à l’équation suivante (analogue à celle de Poisson) :
- d2V
- Si aloi’s on se reporte aux équations (7) du paragi’aphe.précédent, on voit que F, G,H, a, p, y, sont respectivement les potentiels i’e-tai'dés de
- P, U, V, IV,
- dw dv du dw dv du , .
- - . . _. -- . ___ - — - _ f^î
- dx dz’ dz dx’ dx dy
- Les oscillations auxquelles nous aui’ons
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- 339
- affaire seront toujours, soit des oscillations pendulaires simples, soit des oscillations pendulaires amorties. Gela nous permet de Supposer que toutes nos fonctions sont proportionnelles à une exponentielle e*“h A la vérité, nous obtenons ainsi une solution imaginaire de nos équations, et cette solution ne saurait directement convenir ; mais il est aisé, par un procédé bien connu, d’en déduire une solution réelle correspondant au cas de la nature. Il suffira de conserver la partie réelle de cette solution imaginaire, qui sera également une solution de nos équations. Dans ces conditions, si la solution imaginaire se présente sous la forme
- Ae'wi,
- la partie réelle de w définit la période, la partie imaginaire de w définit l’amortissement, le module de A représente l’amplitude de la solution réelle, et son argument en représente la phase.
- Si donc on a pour forme de nos fonctions’
- F = Aeü‘{
- on en déduira
- et c’est ce que nous ferons à chaque instant dans la suite.
- Si alors y est proportionnel à ei<at, l’intégrale (î) peut se mettre sous une nouvelle forme. Soit di' = dx cLÿ dz l’élément de volume qui a son centre de gravité au point attirant. Soit
- ?' = <p i-d, y\s!, t).
- On aura :
- ? (*', y', z',t — /•)= <p'e~ iur-Notre intégrale deviendra alors :
- /p—
- 4 — (3)
- C’est alors un potentiel analogue au potentiel newtonien, mais avec une loi d’attraction un peu différente. J’observerai que ce potentiel possède”les propriétés essentielles du potentiel newtonien, en ce qui concerne la continuité. Si en effet j’envisage la différence
- e— i
- r r
- des deux expressions, correspondant aux deux sortes de potentiels, cette différence reste finie pour r — o.
- Mais nous avons encore à tenir compte d’une autre circonstance. Les quantités (2) sont nulles, sauf dans une couche extrêmement mince à la surface des conducteurs.
- L’intégrale (3), qui est un potentiel de volume, va donc se transformer en un potentiel de surface.
- Désignons par
- U,V, W
- les densités superficielles de l’électricité et du courant de conduction. On a alors :
- les intégrales du second membre étant celles qui ont été envisagées à la fin du paragraphe précédent.
- Nous pouvons écrire :
- où rZs'est l’élément de surface du conducteur ayant pour centre le point attirant, tandis que |et U' sont les valeurs de et de U en ce point attirant. Les potentiels scalaire et vecteur se présentent ainsi comme des potentiels de simple couche; ils sont donc continus, tandis que leurs dérivées ne le sont pas.
- g 4. — Etude d’une solution iluvticulière.
- Reprenons les équations (1 bis), etc., du
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-
- 360
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2e Série). — N° 25.
- paragraphe a et supposons que les coordonnées choisies soient les coordonnées polaires, de telle façon que l’on ait :
- a — î, b — x', c — x' sin y’.
- Nous pourrons alors (à la condition de ne pas nous astreindre à prendre le potentiel de Lorentz) satisfaire aux équations en faisant
- G' = H' = o, a'
- o,
- h' — o,
- d_
- dz'
- = o.
- en général celui de Lorentz, parce que l’équation cesse d’être'vraie sur les conducteurs. Quoi qu’il en soit, (2) et (3) nous donnent respectivement, en tenant compte de (6) et de(i),
- df<
- dt
- J2 F' JY _ J2F' <PF' d& dxdt dt2 dx,v
- 1 d'f' x12 sin y1 dy'
- 1 d / . JF'\ r,2sin?/' dy'VXny dy')*'
- d’où
- Les équations, en dehors des conducteurs, se réduiront alors à
- , c dF' . JF'
- dF' dy ,
- dt dx'
- 47c
- .frg' = — df _ a d^1 __________________________________________________________________________________________
- d<y
- dj/.’
- df'
- 4 t.
- dt bc dy' x12 sin y' dy'
- b d'i1 1 Jy'
- ac dx'
- (2 bis)
- (3)
- (3 bis)
- dt ac dx' sin y' dx'
- jjj if x'2 sin y') + te1 sin y')—°- W
- De (2 bis), (3 bis) et (1) nous tirons:
- dg' __ d2<y _______ i Jy'
- dt dy'dt sin?/' dx'
- 1 d / . , dF<\ d2F'
- — —-------7— ( sin ?/' -r—, ) = ~—-—.
- sin?/' dx \ dy'J dx'dy'
- L’égalité
- d2<y _ d2F' dy'dt dx'dy'
- nous conduit à admettre la suivante :
- dF' dû' dx1 dt
- (6)
- ce qui montre que l’équation (6 bis) du paragraphe 2 reste vraie, en dehors des conducteurs, comme pour le potentiel de Lorentz, bien que notre potentiel vecteur ne soit pas
- d2F' J2F' • cotg y' dF' 1 J2F'
- dx'2 dP x’2 dy' x'2 dy12' ^
- Je veux satisfaire à cette équation en pre nant pour F' le produit d’une fonction dex' par une fonction de y', et pour cela il faut
- KF'
- égaler les deux membres de (7) à ——, K
- étant une constante. On trouve ainsi les deux équations :
- w2F' +
- d2F'
- dF2
- KF'
- HF
- (8)
- cotg y'
- JF'
- dy'
- d2 F' dy'2
- = KF',
- (9)
- en nous rappelant que
- æ F'
- de
- — o)2 F'. Con-
- sidérons d’abord l’équation (9), qui nous montre comment F' varie en fonction de l’angle y'- Si nous posons
- cos y' = (a,
- l’équation devient:
- », J2F'
- JF'
- — ayi —-------1- KF' == o.
- J[22 d\>.
- (9 bis)
- On voit que cette équation se réduit à celle qui définit le polynôme de Legendre
- PB ([J.) = P» (cos y '), si l’on a soin de prendre
- K — n (n'+ 1).
- Il convient d’ailleurs d’attribuer à K cette valeur, si l’on veut que F' reste régulier pour
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- toutes les valeurs de l’angle y'. Nous pouvons alors nous reporter à l’équation (8) pour voir comment se comporte F' en fonction du rayon vecteur x'. Posons
- ü)_r' = Ç,
- notre équation devient
- dl F'
- d?
- + F
- '[
- n{n -f-
- Gette équation linéaire admet deux intégrales remarquables que je désignerai par J„ (|) et I„ (£) à cause de leur analogie avec les fonctions de Bessel; dans tout ce qui va suivre, ces notations désigneront, sauf avis contraire, non pas les fonctions de Bessel ordinaires, mais les intégrales de l’équation (io).
- L’intégrale I„ est celle qui, pour § très grand, est sensiblement égale à e—iï; il n’est pas difficile de voir que cette intégrale est égale à
- e~ix multipliée par un polynôme entier en*.
- Dans les paragraphes suivants nous désignerons fréquemment par £ l’argument de la fonction I„.
- L’intégrale J„ est celle qui, pour £ = o, reste holomorphe ; elle est égale à la partie réelle de AI,,, A étant un facteur constant. La fonction J,, n’est pas ainsi entièrement définie, elle ne l’est qu’à un facteur constant près, et pour déterminer ce coefficient nous ferons la convention suivante.
- Soient I'„ et J'„ les dérivées de I„ et J„; on aura la relation :
- r„J„ — J'„l„ = const.
- Il est aisé de voir que cette relation a lieu entre deux intégrales quelconques de (io). Nous choisirons notre facteur constant, de telle sorte que cette constante soit égale à i ; de sorte qu’on aura
- J'«I» = i- (”)
- Il résulte de là que F’ sera d’une des formes suivantes :
- Retenons seulement la première forme ; nous avons trouvé :
- / df - æ F'
- 1 ^ dt dP
- d* F'
- ZP7’
- d’où
- 4 TC * O) f1 = ü)2F' -{-
- (P F' dx'*
- n[n +. i)F' Tjî *
- d’où enfin
- /’ = ^±Pp.(cMÏ’)^
- 4 TC f (O
- Ceci nous montre comment varie la composante radiale/’' de la force électrique en fonction du rayon vecteur x' ; elle varie proportionnellement à Avec la seconde forme, x2
- il suffirait de remplacer J„ par I,(.
- Gela posé, considérons un champ électromagnétique quelconque et supposons:
- i° Qu’à l’intérieur d’une sphère de rayon R., il n’y ait pas de conducteur ;
- 2° Que le champ soit de révolution.
- On voit que, dans les mêmes conditions que plus haut, on peut supposer:
- G' = II' = o, etc.
- De plus F' pourra être développé en une série de fonctions sphériques, et, puisque le champ est de révolution, en une série de polynômes de Legendre. Nous aurons donc
- F' = eiat £ K„P„ (cosy'),
- K„ étant une fonction de x' seulement. D’après ce qui précède, K„ devra satisfaire à l’équation (io), et d’autre part rester holomorphe pour x' — o, puisqu’il n’y a pas de conducteur à l’intérieur de la sphère de rayon R. Nous aurons donc
- F' = eud 2 A„,J« (a)a’') P„(cosy’)
- et
- end ^ B„ —P,t (COS*,')
- F' = e*«<P„(cosÿ') J„(ü).F), F' = eiMt P„ (cos*/') I„ (uf).
- x'
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2® Série). — N® 25.
- les A„ et les B„ étant des coefficients numériques.
- Supposons maintenant: i° Qu’à Yextérieur d’une sphère de rayon R, il n’y ait pas de conducteur ;
- a0 Que le champ soit de révolution ;
- 3° Que l’état actuel ait été atteint en partant du repos, de telle sorte que toutes nos quantités soient susceptibles d’être représentées par des potentiels retardés.
- Dans ces conditions, F' sera, pour x' très grand, sensiblement proportionnel à e~~'iua;, ce qui nous permet d’écrire :
- F' = e^t 21 A„I„ (ax1) P„ (cosy') et
- f = eiat S B» ' p»(cos?/)- (l3W*)
- {A suivre.) H. Poincaré.
- LES MACHINES SYNCHRONES A COLLECTEUR UTILISÉES COMME TRANSFORMATEURS DE COURANT OU TENSION
- On est souvent conduit à installer des transformateurs de courant ou de tension, par exemple dans le cas d’alternateurs compound ou de génératrices de traction, pour amener à une valeur déterminée le courant ou la tensionnécessaires au réglage del’installation. On peut d’ailleurs avoir à demander simultanément à ces appareils aussi bien un changement dans le nombre déphasés, qu’un décalage entre les grandeurs primaires et secondaires.
- M. R. Moser, auquel nous empruntons la description qu’on va lire (J), a montré qu.e ce résultat s’obtient très bien avec une machine à collecteur soit employée seule, soit reliée à un transformateur ordinaire, mais de
- dimensions réduites au — ou au — de sa 20 io
- valeur ordinaire.
- Une disposition de ce genre est schématisée sur la figure i, dans laquelle I-I représente un réseau triphasé ou les conducteurs principaux d’une génératrice, et l’on se propose, dans un but de réglage, de transformer le courant .h du premier en un courant Ju dans
- (*) Robert Moser. Elektrische Kraftbetriebe und Bali-nen, 24 décembre 1909.
- le second. Le réseau I-I comportera tout d’abord un transformateur de courant ordinaire, mais de dimensions réduites c dont le courant secondaire est conduit au rotor l d’une machine à collecteur par les balais b. Le stator s de ce tte machine fournit le courant J„ diphasé par exemple, et il s’agit d’utie transformation du nombre de phases et de la tension.
- Fig. 1. — Transformateur rotatif de courants polyphasés.
- Pour que l’installation réunisse tous ses avantages, il faut que le rotor l soit attaqué synchroniquement avec la machine principale, directement ou par moteur synchrone.
- Le fonctionnement est le suivant. Dans la marche synchrone le rotor'se conduit par rapport au courant arrivant aux balais comme
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- une résistance morte. Les ampères-tours engendrés dans le rotor par ce courant ont la même action que le courant continu qui arrive pardieux bagues dans l’inducteur d’un générateur synchrone ordinaire.
- Le diagramme de fonctionnement de là machine à collecteur concordera donc avec celui d’un générateur à pôles pleins (fig. 2) : B4 AjSont les ampères-tours du rotor qui ont à compenser les ampères-tours OB1? du stator pourgarderen OAt, les ampères-tours magnétisants perpendiculaires à la tension OC^ Si maintenant le réseau II-II a une résistance apparente constante on aura, lorsque le courant J, variera, une série de triahgles semblables de sorte que restera toujours proportionnel à Jj et décalé par rapport à lui du même angle :
- Fig. 2. — Diagramme poiir différentes excitations et à résistance de réseau constante.
- Cet appareil agit ainsi tout à fait à la manière d’un transformateur de courant, mais avec cette différence que l’énergie électrique demandée au transformateur et amenée aux balais b et correspondant aux pertes ohmiques dans le rotor permet l’envoi dans le réseau II d’üne quantité d’énergie 10 à 20 fois plus grande amenée mécaniquement par l’arbre, ce réseau II étant d’ailleurs d’un nombre de phases quelconque par rapport au réseau primaire. En outre, tandis que les transformateurs ordinaires ont besoin, pour modifier le décalage du courant, d’appareils coûteux dits régulateurs de tension, il suffit ici de décaler les balais pour obtenir ce résultat avec toute la précision désirable.
- Mais le principal avantage est encore de
- permettre la transformation des courants monophasés, soit en d’autres monophasés décalés, soit en courants d’un nombre de phases quelconqne. La figure 3 représente une dis-pôsition de ce genre où le courant alternatif simple est transformé en triphàsé. On a seulement l’obligation de transformer l’excitation monophasée du rotor en champ tournant, par exemple par l’ad jonction de balais court-circui-tés xx perpendiculairement aux balais bb, ou encore par un procédé analogue à celui i ndiqué par M.M. Latour. O11 peut aussi munir le rotor d’un enroulement en court-circuit indépendant. Dans les deux càs, la puissance amehée aux balais ne correspond toujours qu’à la perte ohmique dans le rotor.
- On peut naturellement, au lieu de transformateurs de courants, utiliser les mêmes dispositifs comme transformateurs de tension. Cela résulte de ce que la tension à appliquer auxbalais b sera proportionnelle au courant du rotor, d’après les hypothèses faites (toujours
- Fig. 3. — Transformateur rotatif de courant mono-polyphasé.
- avec stator polyphasé). On a alors, comme le montre la figure 2, les courants du rotor B1At, B2A9, etc. proportionnels .à la tension du stator ÔC[, OC2, OC3 etc., si la courbe de saturation est une droite.
- La figure 4 représente en traits pleins une disposition pour transformer une tension Et monophasée en tensions triphasées dansle réseau II-II. Dans cette installation la tension est prise sur le réseau II par un petit transformateur parce que ce réseau est supposé à haute tension. Pour supprimer l’oscillation du courant du rotor on intercale dans le circuit de ce rotor une résistance w inductive ou morte. Cet appareil présente les mêmes avantages pour la transformation des tensions que pour celle des courants : valeur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2« Sérié). — N° 25;
- de la tension, nombre de phases différentes, décalage et élévation de la puissance prise sur le réseau.
- Dans tous les cas où, pour une fréquence constante, des transformateurs de courant etde tension sont utilisés et auxquels il est seulement demandé d’avoir une courbe de saturation linéaire, ces machines peuvent trouver leur emploi.
- On peut également effectuer une combinaison de transformateurs de courant et de tension ci-dessus décrits, de la même façon qu’on réunit des transformateurs statiques à un transformateur mixte.
- Fig. 4. — Transformateur de tension mono-polyphasée.
- Les schémas des figures i, 3 et 4 resteront les mêmes. Mais le rotor aura deux enroulements séparés avec chacun un commutateur dont l’un sera alimenté par le courant primaire à transformer et l’autre par la tension secondaire à transformer. Si l’on voulait réunir en un seul les deux enroulements du rotor, on emploierait le même moyen que ceux employés dans la combinaison de transformateurs de courant ou de tension.
- La figure 4 montre en traits ponctués une disposition à employer dans le cas d’excitation monophasée. Elle se compose d’un deuxième enroulement secondaire sur le transformateur h dont le courant est conduit à une deuxième paire de balais b' en passant par une bobine de self p.. La résistance w est ou une résistance morte ou une capacité.
- Les balais b' sont à angle droit avec les balais b. On obtient de cette manière un champ touniant sans l’emploi de l’enroulement en court-circuit j, de sorte que ce dernier n’a qu’à égaliser les oscillations restantes, ce qui diminue les pertes dans le rotor .
- Cette disposition est particulièrement recommandable dans le cas de rotor monophasé et stator triphasé (4).
- Du reste, l’inclinaison des balais b' par rapport aux balais b peut aussi être quelconque. L’important est que les deux courants soient décalés la plus péssible etde même intensité. Cette dernière conditions peut s’obtenir par variations du nombre des spires sur le transformateur h ou par entrefer variable sur la bobine de self-induction.
- En ce qui concerne la commutation dans; ces dispositifs, elle ne présente aucune difficulté, puisque l’on ne travailla qu’au synchronisme. Il ne s’agit ici que de machines de faibles puissances pour lesquelles, par une étude convenable, la tension de commutation peut être maintenue dans des limites convenables. Lorsqu’une excitation polyphasée est adoptée comme pour le cas de la figure i, on peut employer un enroulement amortisseur qui favorise la commutation; de même dans le cas des excitations monophasées on peut aussi adopter cet enroulement court-cir-cuité (fïg. 4).
- J. Reyval. (*)
- (*) Pour une position appropriée des balais V on obtient un champ tournant parfait si les champs composants sont sinusoïdaux. Si la différence de phase entre les deux courants b et V est y, les paires de balais doivent être inclinées de n—(—l'une par rapport à l’autre, et les amplitudes des deux courants étant égales à A celle du' champ tournant sera A sin y.
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- 18 Juin 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 3«5
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur quelques propriétés du sélénium. — T. Thorne Baker. — The Electrician, 8 avril 1910.
- Le professeur ICorn a donné une formule exponentielle qui représente le courant qui prend naissance dans un circuit comprenant un élément de sélénium lorsque l’éclairement de cet élément subit une variation donnée. Cette formule indique comment interviennent l’inertie et la sensibilité de l’élément dans le jeu de ses variations dé résistances. On peut en conclure que, si deux éléments de sélénium sont disposés dans deux branches différentes d’un pont de Wheatstone, la condition d’équilibre du pont sera satisfaite si le produit du coefficient de sensibilité par le coefficient d’inertie est le même pour chacun des deux éléments.
- M. Baker montre qu’un tel montage permet d’annuler les effets retardateurs et que tout se passe alors comme si le sélénium obéissait immédiatement aux différences d’éclairement. En particulier, quand on cesse d’éclairer le sélénium, le courant tombe instantanément à zéro, tandis que, dans ce dispositif de compensation, le régime persiste pendant deux ou trois secondes.
- Un dispositif breveté utilise également le même procédé de compensation pour transformer l’énergie reçue dans un poste récepteur de T. S. F.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Sur une méthode simple pour la mesure d’un champ magnétique. — G. Chéneveau. — Société Française de physique, séance du i5 avril 1910.
- Etant donnée la petite dénivellation qu’011 obtient en plaçant un liquide magnétique, par exemple, dans un champ magnétique, on peut penser gagner en sensibilité en plaçant dans le champ le niveau de séparation de deux liquides de densités voisines, l’un.magnétique et l’autre diamagnétique, disposés dans deux gros réservoirs reliés par un tube fin. On peut ainsi obtenir une dénivellation qiii permet déjà de voir nettement, sans instrument d’optique, ou de
- projeter dans un cours, sans dispositif spécial, cet elîet appréciable du champ.
- Pour avoir une mesure exacte du champ, au point où se trouve le niveau, si le champ est supérieur à 1 000 gauss, on peut mettre en communication le dispositif des deux tubes précédents, d’une part avec un petit compresseur, d’autre part avec un manomètre différentiel, et comprimer l’air jusqu’à ce que le niveau soit revenu au môme point et à l’équilibre. En d’autres termes, on compense la pression due au champ par une pression due au compresseur, qui est mesurée par la dénivellation h du manomètre différentiel. On peut ainsi multiplier par i3o environ l’effet produit dans le champ, c’est-à-dire observer 6CU',7 de dénivellation au manomètre au lieu de o0m,o5 dans un champ de 2 800 gauss.
- L’intérôt de cet appareil, qui ne nécessite pas un dispositif de mesure très précis, est de donner le champ II par une formule simple H =k \/îi, (Æ constante de l’appareil), et de mesurer un champ d’une étendue excessivement petite ou en une région très étroite, qu’il soit ou non uniforme, continu ou alternatif.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les pertes dans le fer par l’aimantation tournante. — J. Herrmann. — Elektrotechnische Zeitschrift, 14 avril 1910.
- On a trouvé (') que les pertes par hystérésis dans l’aimantation tournante passent par un maximum pour une valeur de l’induction assez élevée (16000-18000) et décroissent ensuite lorsque la saturation augmente. On a constaté cette dernière décroissance en déterminant le couple nécessaire pour immobiliser les disques de fer placés dans un champ magnétique tournant et en identifiant les courbes ainsi obtenues, déduction faite des pertes par les courants de Foucault, avec les courbes de pertes par hystérésis. L’existence du maximum des pertes hystéré-tiques dans l’aimantation tournante-était,-d'ailleurs,
- C) Baily. The Electrician, n° 33, 1894, p. 5iG, etc.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série).— N». 28.
- considérée comme conforme à la théorie moléculaire de l’aimantation d’Ewipg.
- L’auteur, pour étudier la question, a mesuré l’élévation de température de disques tournant dans un champ immobile en fonction de la saturation et il conclut, des courbes obtenues, qu’il n’existe pas de maximum des pertes pour B = i6 ooo—18 000 : les pertes par hystérésis dans le champ tournant croîtraient donc avec la saturation de la même manière que dans le champ alternatif, aussi bien pour les inductions élevées que pour les inductions faibles (1).
- L’aqteur a pris les précautions nécessaires pour éliminer les perturbations thermiques extérieures pouvant fausser les indications du galvanomètre thermo-électrique; et, en outre, il s’est assuré, en séparant les pertes, que la croissance des pertes avec la saturation n’est pas due aux courants de Foucault.
- S. P.
- TRACTION
- Travaux récents de T association allemande des transports interurbains. — Electric Raïlway Journal, 1e1'janvier 1910.
- Le rapport du comité de construction et d’exploitation de ccttc association étudie un grand nombre de questions, parmi lesquelles les principales sont : spécification des rails et unification de leur section ; préparation et modification du contrat passé avec l’agence de vente de l’association des fabricants de lampes ; usur e des rails ; révision des ordonnances actuelles relatives à la distance de freinage; rails au manganèse; retrait des bandages-de roues ; pavage silencieux tels que pavage en bois ou en asphalte.
- Pour ce qui concerne la spécification des rails, elle a été faite particulièrement pour les Compagnies de tramways qui sont d’importance trop restreinte pour pouvoir employer des ingénieurs compétents en la matière. Jusqu’à cette époque, de telles, exploitations devaient acheter les produits des usines de laminage tels qu’ils leur étaient offerts, ou imiter sans raison la pratique des grandes lignes
- (1) Voir le travail antérieur de l’auteur : Versuche iiber Eisenverluste im Dreh-und Wechselfeld. Ferdinand Enke, éditeur, Stuttgart, 1909, E. T. Z., 1909,-p. 9-27.
- de chemin de fer à trafic plus important. Les conditions en Allemagne, à ce point de vue, ont toujours été plus mauvaises qu’aux Etats-Unis, car dans ce pays les usines Phœnix ont toujours dû fournir 129 types différents de rails pour satisfaire leur clientèle. Le comité a entrepris la comparaison de 200 sections de rails utilisées en Allemagne dans des conditions variées de trafic, pendant les 10 dernières années, pomme résultat, il a recommandé 4 sections pour les parties du réseau en ligne droite et 4 pour les courbes. Les sections des rails les plus légers sont représentés par les figures 1 et 2. Les
- autres sont de même forme et les caractéristiques correspondantes sont indiquées par le tableau I-, dans lequel le suffixe a indique les rails courbes. On peut observer que le rail le plus léger recommandé pèse 42ks,8 par mètre, quoiqu’on ait employé
- Fig. 2.
- dans un grand nombre de lignes des rails pesant 32fc8 par mètre. On a adopté un minimum plus élevé parce que l’expérience a montré que la légèrejéco-noinie de métal était de beaucoup dépassée par l’augmentation du prix d’entretien. De plus,]le jco-mité a rejeté les rails dont la hauteur dépasse i8oram, quoique des rails atteignant 200min aient été expéri-
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- roentés. Sur ce point, l’opinion du comité est que, avec le pavage ordinaire en pierre, les rails les plus bas doivent être employés et que, au point de vue de la durée et de l’entretien, les rails plus hauts ne se sont pas montrés aussi satisfaisants qu’on l’avait espéré quand ils ont été placés dans des fondations en ciment.
- aux essais seront supportées par les compagnies. Des dispositions ont été prises pour effectuer ces essais dans la plupart des grandes villes allemandes.
- La proposition qui a été faite d’employer des rails en acier au manganèse a pris son origine dans cette croyance, que l’usure est causée par le roulement de bandages trop durs sur des rails trop doux. Mais le
- Tableau I
- TYPES I la a 3 3« 4 4«
- Poids en kg par mètres /|3 ,8 45 ,7 49 5 2 52 ,/, 56 ,0 5q ,8 57,8 61 ,.o
- Hauteur en millimètres i5o 15o l6o 160 160 160 180 180
- Base en millimètres i/jO 140 i5o I JO 180 180 180 180
- Epaisseur de l’âme I I i r 12 12 12 12 12 12
- Largeur de l’ornière 3i 34 3i 34 3i 34 3i 34
- Profondeur de l’ornière. . 35 35 40 40 40 40 40 40
- Largeur du champignon 47 47 51 5i 56 56 56 56
- Largeur du contre-champignon 1/, 21 15 2 i 16 26 16 26
- Moment résistant en cm2 208 215 2 51 259 a97 3o^ 342 356
- Plusieurs lignes, en Allemagne, ont utilisé la pratique de réduire dans les courbes la profondeur de l’ornière du rail extérieur (8mm) de telle sorte que la roue roule sur son boudin au lieu de rouler sur le bandage.. Ceci, réduit le patinage de la roue en augmentant son diamètre. La méthode a été employée avec succès pendant io ans sur de grandes lignes comme celle de Hambourg où aucun déraillement n’est survenu de ce fait. La profondeur ordinaire des rainures, à Hambourg, est de 8ram, mais le comité a recommandé une profondeur minimum de ic“ pour rester dans une limite de sécurité. A l’avenir, les tramways établiront leurs courbes avec deux types de rails à large rainure comportant un rail à rainure: profonde pour le côté intérieur et un rail à rainure plate pour l’autre côté.
- Le comité a précisé son contrat avec l’association des fabricants de1 lampes afin de fixer» le prix des nouvelles lampes à filaments métalliques. Suivant ce nouvel arrangement, un rabais de 25 % est consenti à toutes les compagnies qui achètent leur fourniture de lampes à l’agence de l’association.
- L’usure des rails a été étudiée très minutieusement. Il s’est agi de déterminer si l’usure est due à la composition de l’acier ou au laminage du rail,
- 11 a été décidé que les fabricants de rails devront faire des essais de laminage et de résistance. Les associations des chemins de fer allemands paieront la plus grande partie des frais qu’ils nécessiteront et les dépenses d’installation pour les lignes soumises
- comité a dû se référer à l’avis des industriels qui ont déclaré qu’une proportion, même très réduite, de manganèse, entraînerait une grande difficulté dans le laminage. C’est pourquoi la question en est restée là.
- La nécessité de déterminer quel est le retrait convenable pour les bandages de roues s’est fait sentir en raison des difficultés qui se sont élevées entre les manufactures et les compagnies. Le comité a jugé que le retrait le plus convenable pour assurer la solidité parfaite des bandages est de imm pour des roues de 6oo à 8oomm, sans inconvénients appréciables .
- Le comité a reçu quelques plaintes relatives aux difficultés et aux dépenses entraînées par le pavage en asphalte. Le pavage en bois n’a pas encore été utilisé en Allemagne.
- Un comité spécial, chargé de Fétude de l’équipement électrique des lignes, a traité les questions suivantes : moteurs à pôles auxiliaires, coupe-circuits sur réseau principal, lignes de terminaison en aluminium, électrolyse par courants de retour.
- C. T.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Usine à cyanure d’argent de la « San Rafael y AsezaC°»à Pachuca.— E.Girault. — Melal-lurgical and Chemical Engineering, mars 1910.
- L’usine construite en 1908 est du type de celle
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N° 25.
- construite l’année précédente par A. Grothe à la « San Francisco Hacienda ».
- Les minerais employés sont à 70 ou 7S % de silice et 10 à 20 % de calcaire. On traite tous les minerais ayant plus de 3oo grammes d’argent par tonne.
- Ce traitement se fait de la manière habituelle qui comporte trois broyages différents. Les broyeurs, pilons, bocards, sont mus électriquement par des moteurs séparés de 7$ à 100 HP. Il faut 1,68 HP par tonne de minerai.
- La fusion se fait dans des creusets en graphite chauffés au coke.
- Le prix de revient d’une tonne se répartit proportionnellement aux chiffres approximatifs sui-
- vants :
- Frais généraux................ 18 %
- Broyage et concentration.... 29 »
- Cyanuration................... 3a »
- Pompes et compresseur....... 3 »
- Filtrage....................... 8 »
- Précipitation et fusion.... 10 »
- Total............. xoo %
- M. L.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur les deux suites de solutions de F équation des télégraphistes. —H. Earose.— Académie des sciences, séance du 3o mai 1910.
- L’auteur complète les résultats qu’il a donnés dans une communication précédente (*) et achève ainsi la construction du tableau des distributions élémentaires simples d’électricité possibles sur une ligne télégraphique indéfinie, tableau à deux suites infinies' de fonctions, avec rupture, soit de potentiel soit de quantité d’électricité à partir de l’origine du temps en un point de la ligne.
- BREVETS
- Dispositif automatique de protection ou de sécurité pour voie unique avec trains circulant dans les deux sens'. — E. Unverricht. — N° 409927, publié le 6 mai 1910.
- Dans les dispositifs de sécurité connus pour trains circulant en sens opposés ou l’un à la suite de
- (*) Voir Lumière Électrique, t. X (2e série), p. 22.
- l’autre, la voie unique est bloquée par des butées qui sont amenées dans la position de « voie libre » ou de « voie occupée » par le train en marche au moyen de commutateurs fonctionnant automatiquement et indépendamment l’un de l’autre, puis, dans la positionne c< voie occupée », déclenchent les freins ou les signaux avertisseurs; mais ici, le fonctionnement est incertain, lorsqu’un seul commutateur cesse de fonctionner avec précision.
- Le dispositif actuel se distingue de ceux-là en ce que les commutateurs des appareils de cantonnement fonctionnent alternativement et mécaniquement; de cette façon, lors de la fermeture des contacts pour dégager les butées de voie à franchir, les connexions électriques qui limitent la zone de sécurité sont rompues simultanément et avec les memes commutateurs; par suite, les butées ne peuvent pas être amenées dans la position d’inaction (c’est-à-dire la position de « voie libre ») et les chapeaux de fermeture, en matière fragile, de la conduite de frein à air comprimé, sont détruits: les trains viennent automatiquement à l’arrêt.
- En outre, les butées placées dans la position d’enclenchement ne peuvent être écartées qu’après que l'enclenchement de celles assignées à la zone de sécurité la plus proche située en avant dans le sens de marche a eu lieu, attendu "que les mêmes commutateurs, qui effectuent l’enclenchement des butées de voie ferment en même temps le circuit pour l’excitation des aimants actionnant les commutateurs par lesquels est préparé le déclenchement des butées de voie de la zone de sécurité située en arrière, dans le sens de marche.
- Enfin, il n’est plus ici question de ressorts, ni de verrous : la position éventuelle des commutateurs et la position d’enclenchement des butées sont influencées par leur propre poids, ce qui offre une grande sécurité dans le fonctionnement.
- D’autre part, lorsque le dispositif de sécurité pour les trains ou l’un de ses éléments fonctionne d’une manière défectueuse ou n’obéit pas, tous les leviers d’arrêt des butées de voie viennent dans la position de bloquage, en sorte que les trains continuent à être protégés. *
- En outre, il est disposé un commutateur fonctionnant mécaniquement ou invariablement et alternativement, lequel ferme le circuit par lequel la butée de voie est amenée dans la position d’inaction.
- Le commutateur .est relié aune tige articulée pour fixer les aiguilles, les signaux ou les équivalents.
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- REVUE D'ELECTRICITE
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- Dans la figure 1-2, la position du commutateur est la suivante :
- Le contact g est établi dans le tube -2 pour l'aimant b9 de même que le contact k dans le tube 3; le contact p est interrompu dans le tube i pour l’aimant c et le contact q dans le tube 3 pour l'aimant a, de même que le contact l dans le tube 2.
- Fig. i-2.
- Si, par la fermeture d’un contact de voie, l’aimant b reçoit le courant par le contact g dans le tube 2, le levier d'armature s est attiré, les tubes à contact i, 2, 3 oscillent dans la position opposée; le contact p est alors établi dans le tube i pour l’aimant 6*, le contact q dans le tube 3 pour l’aimant a ainsi que le contact l dans le tube 2.
- Auparavant, le contact k a été rompu dans le tube 3, ainsique le contact g dans le tube 2 pour l'aimant toute autre fermeture de circuit du contact de voie restant sans elïet sur l'aimant b et toute dépense inutile d'énergie étant évitée, jusqu’à ce que,
- par la fermeture du contact l de l’appareil suivant, selon la direction du train, l’aimant a ou celui c soit excité, et les tubes du contact 1, 2 et 3, ramenés dans la position précédente par l’attraction du levier d'armature s; le conducteur aboutissant à l'aimant b en passant par le contact g est encore prêt pour un nouvel actionnement de l’aimant b.
- L’autre position de l’appareil de commutation indiquée sur les figures est la suivante :
- Le contact /’ est établi dans le tube G pour l’aimant e et celui o dans le tube 4 pour l’aimant n, de même que le contact h dans le tube 5 ; le contact m est interrompu dans le tube 5 pour l’aimant d> de même que le contact /* dans le tube 6. Si, suivant le courant de la marche du train, l'un des aimants e ou n reçoit un courant par la fermeture du contact h de l'appareil suivant, le levier d'armature t est attiré, les tubes à contact 4, 5 et G viennent dans la position opposée, et le contact m est établi dans le tube 5 pour l’aimant d de même que le contact f dans le tube G. Précédemment, le contact h a été rompu dans le tube 5, de même que le contact r dans le tube 6 pour l'aimant e et le contact o dans le tube 4 pour l’aimant n ; toute autre fermeture de circuit du contact h dans l'appareil suivant pour l'aimant e ou celui n reste sans effet, et toute dépense inutile d'énergie est évitée, jusqu’à ce que, un contact de voie étant établi, l’aimant d soit excité et les tubes de contact 4,5 et 6 ramenés dans la position précédente par l’attraction du levier d’armature t; les conducteurs aboutissant aux aimants e et n en passant par les contacts r et o sont alors prêts pour exciter à nouveau les aimants e et n.
- Les tubes à contact 1, 2 et 3, de même que 4, 5 et G, étant assemblés solidement l'un à l'autre, les contacts k et l, de même que f et h s’y trouvant sont alternativement établis ou rompus mécaniquement. Par suite, le contact k est établi, tandis que l est rompu, et le contact h sera établi, tandis que/’sera rompu. Ou bien le contact k sera rompu quand l sera établi et le contact h rompu pendant que/*sera établi.
- Commutateur électromagnétique. — A. Pifre. — N° 410671, publié le 26 mai 1910.
- Les commutateurs électro-magnétiques, et plus particulièrement ceux où plusieurs commutateurs sont actionnés successivement par éleetro,-fermant une série de circuits électriques, sont fréquemment employés, par exemple, dans les électro-aimants
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- accélérateurs pour moteurs électriques ; dans ce cas, un électro-aimant actionne successivement plusieurs commutateurs, afin de mettre graduellement en court-circuit la résistance de démarrage du moteur. Dans les commutateurs électro-magnétiques de ce type, la manœuvre des leviers, dans un ordre déterminé, est obtenue de diverses manières, par exemple, par un réglage de leurs armatures à des distances différentes de l’électro-aimant, lorsqu’ils sont ouverts, ou en plaçant ces armatures suivant des inclinaisons différentes.
- Le dispositif décrit ici est précisément destiné à assurer la fermeture des leviers du commutateur dans l’ordre voulu et en outre à empêcher que ces derniers ne soient ouverts avant leur tour. Dans le cas d’un électro-aimant accélérateur, il est nécessaire, en effet, que les leviers du commutateur soient ouverts,, aussi bien que fermés, dans un certain ordre, pour éviter la formation de l’arc de rupture qui se produit toujours lorsque les commutateurs sont ouverts, avant leur tour.
- Fig. i.
- La figure i représente un électro-aimant destiné à actionner plusieurs leviers de commutation. Cet électro comprend un bâti formé par une console verticale i, en matière magnétique, fixée a un support vertical 4 au moyen de boulons a. Le noyau 3 de l’électro-aimant est disposé horizontalement et est également fixé, sur la face de la console i, à l’aide de boulons a1 qui passent à travers le support 4, la console i et dans le noyau 3, les ouvertures pratiquées dans la console et le noyau étant filetées pour recevoir les extrémités filetées des boulons. L’enroulement 5 de l’électro-aimant est porté par une bobine 6 de forme allongée, de même que le noyau 3.
- Sur la console i Sont fixés des bras horizontaux j présentant à leurs extrémités des ouvertures circulaires dans lesquelles est engagée une tige 8 sur laquelle pivotent les leviers,a,( b, c, d. Ces leviers, qui sont en matière magnétique, sont disposés en regard du noyau 3.
- Chaque commutateur porte une oreille 9, pourvue d’une ouverture filetée destinée à recevoir un boulon : de réglage 10. Les têtes des boulons reposent, lorsque les leviers du commutateur sont ouverts, sur une barre horizontale 11 qui limite l’écartement des leviers par rapport au noyau. Les boulons 10 sont fixés en position, après réglage, au moyen d’écrous iï.
- Les arrêts 10 sont réglés de façon que chacun des leviers, en commençant par le levier a, soit un peu : plus près de son armature que le levier suivant situé à sa gauche.
- De cette manière, lorsque l’électro-aimant est excité par un courant augmentant graduellement d’intensité dans l’enroulement 5, le levier d est d’abord attiré et, après lui, les leviers b, c, d, dans leur ordre.
- D’autre part, les leviers b, c, d sont munis de doigts 55 qui viennent se placer dans le chemin des leviers a, b, c respectivement.
- Lorsque les leviers sont fermés, chaque doigt 55 vient buter contre le levier voisin, de sorte que chacun d’eux est maintenu par le suivant, le levier d seulement étant libre. Lorsque ce levier d s’ouvre, il libère le levier c qui peut lui-même s’ouvrir et libérer le levier b, et ainsi de" suite dans toute la série de sorte qu’aucun levier ne peut s’ouvrir spontanément et hors son tour.
- La fermeture des leviers s’opère dans l’ordre inverse, car les leviers b, c et d sont maintenus chacun dans la position d’ouverture jusqu’à ce que les leviers a, b et c se soient respectivement fermés.
- Les leviers des commutateurs sont montés sur pivot, ce qui; permet l’amovibilité, desdits leviers, j L’extrémité inférieure de chaque levier comporte deux bras i3 et 14. Une fente i5, comprise entre ces bras, est plus étroite que le diamètre' de la tige de support 8, sauf à sa partie supérieure où elle est agrandie et arrondie-pour recevoir la tige 8. Cette fige est circulaire en coupe transversale, sauf dans les parties de sa longueur qui forment support pour les leviers. En ces endroits, un segment de la tige est enlevé, de façon à présenter un méplat 16 ; en ces points, le diamètre de la tige est un peu moins grand que la largeur de la fente 15. D’après ce qui
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- •précédé, il suffit., pour enlever un levier, de faire tourner la tige 8, de manière à amener le méplat 16 élans l’alignement de la fente i5; le levier peut alprs être retiré instantanément. Lorsque l’on fait tourner la tige 8 pour amener-le méplat 16 en travers de la fente i,5, lç levier est assujetti et ne peut plus être enlevé.
- La tige 8 est elle-même maintenue en place au moyen d’un bras de loquetage 17. Ce bras, qui peut être en laiton ou autre matière élastique, est pourvu à une extrémité d’une ouverture en forme de segment 18 lui permettant de s’adapter sur l’extrémité de la tjge 8, laquelle fait légèrement saillie sur le bras 7.
- Le bras de loquetage 17 est maintenu sur la tige 8 par une goupille 19. Non loin de son autre extrémité, ce bras de loquetage comporte des oreilles 20 recourbées intérieurement à angle droit. Ces oreilles sont destinées à s’adapter sur le bras 7 du bâti de l’élec-tro-aimant et à assujettir la tige 8 do manière que ses méplats 16 soient placés en travers des fentes i5. Lorsqu’on, désire enlever un des leviers de sa tige de support 8, l’extrémité libre du bras de loquetage 17 est déplacée vers l’extérieur pour libérer les oreilles; elle est ensuite abaissée, ce qui oblige la tige 8 à tourner jusqu’à ce que les méplats 1G soient venus en alignement avec les fentes i5 ; on peut alors enlever n’importe lequel des leviers en le soulevant simplement de sa tige 8.
- Les leviers sont ainsi rapidement interchangeables.
- Chaque levier porte à son extrémité supérieure un contact 22, en cuivre par exemple, pourvu d’une tige 28 passant à travers le levier. Le contact 22 et sa tige 23 sont isolés du levier par des garnitures 24 en matière isolante. Des conducteurs flexibles %5 sont reliés au contact 22 par un organe de liaison 26 monté sur la tige 23. Le tout est fixé par un écrou 27 vissé sur l’extrémité de la tige 23.
- Les contacts fixes sont montés dans des supports S fixés à la base 4. Chacun de ces supports S comprend une paire de bras parallèles A qui partent de la base 4 et une partie disposée verticalement B formant une seule pièce avec les bras A et s’étendant sous ces derniers.
- Les extrémités intérieures des bras A sont réunies par une pièce transversale qui vient buter contre la base 4. Cette pièce porte une tige filetée destinée à fixer la pièce A à la base 4. La partie B est munie de trois ouvertures 33, 34, 35 dans lesquelles sont montés, sur des ressorts, des contacts
- fixes 3,6, 3,7, 38 disposés sur une même ligne verticale. Le contact 22 peut venir s’appliquer sur ces contacts fixes. .
- La portée 39 de la tige du contact peut coulisser dans une partie des ouvertures 34, 35, lesquelles présentent ensuite une section plus, petite pour recevoir la portée 40 de la tige du contact. Des ressorts, à boudin 43, 4.31 sont disposés dans les ouvertures 4x, de manière à s’appuyer sur la portée 3q, des. tiges des contacts. Le contact supérieur 36, est en. charbon et dépasse la ligne des autres contacts, remplissant le rôle de souffleur d’étincelle lorsqu’on ouvre le levier il est maintenu dans une pince 44 faite en deux.pièces situées l’une au-dessus de l’autpe et réunies par une vis 45.
- Les contacts sont assujettis au moyen d’une clé ou cheville K et ne peuvent être par suite retirés du support S. Cette cheville, qui est en laiton ou autre métal, présente une fente longitudinale entre des bras parallèles. Le long die cette fente des trous sont, en outre, pratiqués à des distances correspondant à l’écartement des tiges portant les, contacts fixes.
- L’extrémité de la cheville est recourbée à angle droit, de façon à former une manette 49, La cheville peut coulisser dans des oreilles portées par lu support B et disposées en face des tiges des contacts.
- Dans la position de verrouillage, les bras de la cheville embrassent les méplats 41 des tiges des contacts, les évidements de la fente de la cheville étant au-dessous de leurs tiges de contact respectives. La fente permet un déplacement longitudinal des tiges de contact limité, comme étendue, à la longueur • des méplats 41. Lorsqu’on désire enlever un contact, . la cheville est soulevée d’une quantité suffisante pour amener les évidements de la fente en face des tiges de contact.
- La cheville K ne maintient pas seulement en place les contacts, elle forme aussi un arrêt limitant leur mouvement dans les deux sens. Des conducteurs flexibles 52 partent de chaque contact et vont aux bornes 53, assurant la connexion entre les contacts et leur support S.
- Système de mise en circuit d’électromoteurs à source de courant commune. — Felten et Guilleaume-Iiahmeyerwerke Aktien Gesellschaft. —. N° 410 919, publié le 2 juin 1910.
- Il est préférable, pour les machines_à commande électrique, telles que les grues ou autres dispositifs pour le transport des fardeaux placés sur les bateaux,.
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- (le ne pas amener les fils d’alimentation des électromoteurs sur le pont où se trouvent les appareils de réglage.
- Le réglage peut se faire, de façon connue, à l’aide d’un courant spécial, conformément au système de Leonard. Mais ce système ne permet pas d’éviter l’utilisation de dispositifs spéciaux de commutation, actionnés par des relais, mécaniques ou électriques, pour produire l’interruption du courant ou la mise en circuit d’une nouvelle machine.
- Lorsque, par exemple, il n’existe, ainsi que c’est le cas généralement, qu’un seul générateur, alimenté par une machine primaire, pour la commande de plusieurs machines, il est nécessaire que le système possède, à côté de dispositifs de réglage pour le travail à produire, des dispositifs permettant d’interrompre le courant ou de le faire passer à une autre machine. Généralement ces installations décommandé sont très complexes.
- Mais on peut éviter l’interruption ou la commutation du courant d’alimentation en mettant différentes machines commandées en série dans le circuit commun d’alimentation, les machines non utilisées étant immobilisées, par exemple par freinage à bloc ; le courant d’alimentation ne fait alors que traverser ces machines sans fournir aucun travail mécanique.
- Au cas où l’on se propose uniquement d’éviter un relais commutateur, tout en conservant un dispositif de mise en circuit permettant, par exemple, d’empêcher le courant de traverser l’armature du moteur, la mise hors circuit de la machine commandée peut se faire de façon très simple en établissant, à l’aide d’un dispositif approprié, un court-circuit entre les bornes de la machine en question. On évite un relais spécial pour l’interrupteur mentionné en reliant simplement la commande du dispositif de mise en court-circuit à la commande du frein de la machine.
- La figure i représente schématiquement un mode d’application du système dont il s’agit à une installation comprenant deux électromoteurs alimentés par un générateur commun.
- Ce sera par exemple, le cas pour les grues de pont qui, à côté du mouvement de levage proprement dit, doivent opérer un mouvement tournant.
- a et b désignent des électromoteurs, etc est le générateur qui les alimente. Toutes ces machines sont mises en série.
- Le courant d’excitation est fourni par le réseau de du bord; les enroulements /*, g d’excitation des moteurs sont connectés directements à ce réseau ; la mise rn circuit de l’enroulement d’excitation h du
- générateur c dépend, par contre, de la position des organes de contrôle iy k ou l, m.
- La tension de l’excitation du générateur se détermine, conformément au système Leonard et de façon connue, à l’aide des résistances graduées o ; p et q sont des électro-aimants de freinage qui, de façon connue également, laissent agir un contrepoids qui immobilise le moteur par freinage lorsqu’ils ne sont pas excités.
- Lorsque le frein est mis action, les systèmes de leviers r et s ferment en même temps les interrupteurs t et «, de sorte que le moteur en question est mis en court-circuit.
- La position des organes, telle qu’elle est représentée sur la figure, correspond au cas où le moteur a est mis en action. L’électro-aimant de freinage p est donc excité et l'interrupteur de court-circuit t est déconnecté ; au moteur Z», au contraire, le frein est en action et l’interrupteur de court-circuit u est connecté.
- Pour mettre le moteur a hors circuit, il suffit de mettre hors circuit l’enroulement d’excitation de l'électro-aimant de freinage p, alimenté par les fils c et w dans lesquels est intercalé le contrôleur i; l’effet de freinage peut alors se manifester et le système de levier r est actionné. Le commutateur l est par suite de cet actionnement, déconnecté, ce qui a pour effet de mettre hors circuit l’enroulement
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- d’excitation/t. Après un certain déplacement, le commutateur de mise en court-circuit t est connecté, de sorte que, non seulement le moteur a sc trouve freiné à bloc, mais encore un circuit sans résistance est constitué pour le courant de travail, alimentant
- le moteur b et qui évite ainsi l’armature du moteur a.
- Pour mettre le moteur b en circuit, il suffit d’exciter l’enroulement de l’électro-aimant de freinage q.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Recherches sur les propriétés thermo-mécaniques des corps solides.— L. Roy, préparateur à l’Ecole Supérieure d'Electricité. — Thèse de doctorat ès-sciences mathématiques. — Gautiiier-Yillars, 1910.
- La théorie classique de l’élasticité étudie les défor--mations des corps dont la température est uniforme et constante; d’autre part, la théorie de la propagation de la chaleur dans les solides suppose ceux-ci indéformables et néglige, par conséquent, les dégagements ou absorptions de chaleur que produisent les déformations du milieu. Ces deux théories ont donc besoin d’être généralisées, si l’on veut qu’elles rendent compte des phénomènes thermo-mécaniques. C’est à cette généralisation qu’est, consacré le remarquable mémoire de notre collaborateur, M. Roy.
- Dans les deux premiers chapitres, les équations générales de la thermo-élasticité, ainsi que celles relatives aux plaques, sont établies par la méthode des variations, en partant de l’équation fondamentale de l’Energétique. Le reste du mémoire est consacré aux tiges droites de section quelconque.
- L’auteur étudie, comme cas particulier, le mouvement longitudinal d’une tige qui se refroidit : celui-ci est la superposition d’un mouvement progressif de contraction et d’un mouvement vibratoire de même période que celui qu’on observerait, à température constante, par l’application d’actions mécaniques extérieures. Enfin, quand une tige, primitivement à une température uniforme, est mise en vibration mécaniquement, la température, en chaque point, contient un terme périodique d’amplitude extrêmement faible. Dans cette dernière partie, M. Roy est parvenu à des formules simples, très accessibles au calcul numérique.
- Il est inutile de souligner l’intérêt et l’originalité du problème que s’était posé l’auteur. La manière dont il l’a traité et résolu lui fait le plus grand honneur.
- J. R.
- Quelques applications de Vêlectrotechnie en Belgique : l’électricité dans les carrières. — A. Lambotte. —. Rasilot, Bruxelles.
- M. Lambotte passe ici en revue les installations électriques principales faites dans les carrières de Belgique. Ce résumé de quelques pages se termine par plusieurs tableaux donnant les caractéristiques des installations, et qui constituent la partie la plus importante de l’opuscule.
- G. V.
- Quelques applications de Vêlectrotechnie en Belgique : l’électricité dans les mines. — A. Lambotte. — Ramlot, Bruxelles.
- Cet ouvrage, notablement plus important que le précédent en raison de Tampleur plus grande du sujet traité, est conçu sur le même plan.
- L’auteur y donne la spécification des équipements électriques utilisés dans les mines de 8 sociétés belges différentes : machines d’extraction électriques, treuils, exhaure par groupes moteurs-pompes à piston, exhaure par groupes moteurs-pompes centrifuges, et ventilation à commande électrique.
- Des tableaux récapitulatifs relatifs à chaque groupe d’appareils et copieusement documentés sont rassemblés à la fin du livre.
- G. V.
- VOLUMES REÇUS
- Recherches sur la décharge des condensa-tèurs. — Thèse de M. André Lèauté -— Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- Recherches sur les propriétés thermomécaniques des corps solides. — Thèse de M. Louis Roy.— Gautiiier-Villaes, éditeurs, Paris.
- jEin apparat zur Rrüfung von Dosenschal-tern aux mechanische Hadtbarkeit, par H. Schering. — Extrait de PElektrotechnische Zeitschrift,. Berlin.
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- VARIÉTÉS
- Le thermophile électrique : tissus, tapis, tricots chauffants par Vélectricité.
- Dans line note présentée par M. d’Arsonval, à l’Académie des Sciences, le 17 mai dernier, M. Herrgott a fait connaître les éléments essentiels d’ûné invention dont l’industrie du chauffage est peut-être appelée à tirer un intéressant parti.
- La production si facile de la chaleur au inoyen du courant électrique, remarque M. fîerrgott, a depuis longtemps été appliquée dans quantité d’appâreils de chauffage de formes surtout rigides, mais elle a permis également de chauffer des corps souples; aussi un certain nombre d’essais ont été tentés avec succès dans ce sens particulier depuis quelques années.
- D’abord, des tissus usuels ont été chauffés par l’adjonction d’un conducteur électrique fixé à leur surface par divers moyens; puis des fils de résistances électriques ont été tissés avec des fiis d’amiante pour constituer des tissus assez grossiers et former ainsi des rhéostats qui sont ensuite devenus, convenablement disposés, des appareils de chauffage à haute température; enfin, un fil plus ténu et de grande résistivité électrique a été enroulé sur une âme souple en amiante pour former un fil électrique chauffant, encore trop gros pour être tissé, mais pouvant s’appliquer sur des tissüs en leur laissant une certaine souplesse.
- Cependant, malgré leur intérêt pour chauffer le corps humain, ces divers essais avaient conservé à ces appareils et à ces tissus des dimensions encore assez restreintes, des formes un peu spéciales et des aspects plutôt rudes, qui limitaient l’emploi de chacun d’eux à des cas particuliers. On était bien arrivé à composer des tissus chauffés, mais il restait mieux à faire pour réellement fabriquer des tissus chauffants.
- Passant alors à ce qui fait expressément l’objet de sa communication, l’inventeur s’est exprimé ainsi :
- Ce qui caractérise les tliermophiles Herrgott, c’est ce fait que c’est au tissage même que des
- fils électrothermiques et textiles sont incorporés dans ces tissus ; ils en,forment ainsi partie intégrante, de telle façon que les aspects habituels de ces tissus ainsi que leur souplesse sont conservés avec la possibilité de les exécuter en toutes dimensions.
- Pour cette fabrication mécanique, il fallait tout d’abord adopter le fil à la fois chauffant et textile ; les fils électrothermiques thermophiles sont soigneusement fabriqués sur une âme de laine autour de laquelle est enroulé én spirale un assemblage tressé à plat, de fils très tétius de nickel pur ; le tout est enveloppé de fins guipages contrariés dé même textile que lé tissu à exécuter. Ainsi ces fils sont très soupléS, në bouclent pas au tissage et sont aussi bien éhi-ployés pour les métiers à tisser mécaniques que pour le tricotage à la main ; leur conducteur électrique chauffant ne peut être facilement sectionné, étant bien préservé, car ainsi, c’est l’âme textile d’un tel fil qui résiste à la traction ëh le supportant.
- Les thermophiles ont leurs chefs et leurs lisières noii chauffants car, intentionnéllemënt, les fils électrothërmiques n’y parviennent pas, afin d’éviter leur usure prématurée par frottements; dans chacune dés deux lisières sont enfermées un ou jjlusieurs fils spéciaux amenant le courant électrique pour alimenter les divers circuits chauffants, un pôle dans chaque lisière afin d’éviter tout court-circuit et toutes faussés manipulations.
- Les fils de lisières sont placés pendant le tissage oii après le tricotage ; les diverses sections de fils électrothermiques, de longueurs prévues pour la température à obtenir, y sont reliées de façon que la fin d’un circuit chauffant et le commencement du suivant se trouvent connectés ensemble au même point du même fil de lisière, donc sur le même pôle; de cette manière, la différence de potentiel entre deux circuits consécutifs est nulle sans possibilité de court-circuit.
- Ce genre de fabrication permet ainsi d^exé-cuter les thermophiles en toutes dimensions, d’y
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- incorporer autant de circuits qu’il est nécessaire, et même ensuite de la couper en longueurs déterminées dans lesquelles on retrouve ce qui est nécessaire au bon fonctionnement.
- Cette disposition bien spéciale aux thermophiles laisse possibles toutes les combinaisons électriques des divers circuits et, par conséquent, de chauffage ; on peut, en effet, disposer les fils de lisières pour alimenter les divers circuits de dérivation ou en série à volonté.
- Enfin ces tissus sont autorésistants, c’est-à-dire que les circuits thermophiles sont mis en dérivation directe sous la tension du courant électrique à utiliser et prévus pour une température déterminée au-dessus de la température ambiante dans laquelle ils sont déployés.
- Ce mode particulier de tissage permet de serrer les fils électrothermique en trame les uns contre les autres, ce qui peut paraître défectueux au premier abord; bien au contraire, il faut remarquer que le fil éleetrothermique, n’ayant qu’à chauffer une très petite largeur de tissu, n’a besoin de se trouver qu’à une température très peu supérieure à la température uniforme de ce tissu; car ce serait l’inverse si les fils chauffants étaient très espacés. Enfin, il est à remarquer que, par suite de la grande longueur possible de chaque circuit électrothermique, la différence de potentiel entre deux duit.es chauffantes voisines est fort peu élevée et sans danger.
- Le nickel pur, uniquement employé dans les thermophiles, est peu oxydable, ce qui permet les applications humides, mais surtout son coefficient de résistance au passage du courant électrique augmente vite avec la température, de sorte qu’il devient son propre régulateur; aussi, après avoir échauffé plus vivement le thernio-phile au début, il entretient ensuite le dégagement de chaleur en dépensant de moins en moins d’énergie électrique,
- Dans ces conditions, le rendement de ces tissus thermophiles est des plus élevés, étant
- donné qu’il s’agit de transformer le courant électrique en chaleur par contact; aussi la consommation d’électricité est-elle minime.
- Les fils électrothermiques Ilerrgott sont si souples, qu’en laine ils se suffisent à eux-mêmes et peuvent être tricotés en toutes formes, ces tricots sont montés comme les tissus thermophiles.
- Leur auteur en attend de grands services au point de vue médical, car ils permettent l'application de températures variant de —5° n —15o°. Les applications industrielles se révèlent chaque jour, qu’il s’agisse de tissus filtres pour matières grasses, ou de toiles sans fin therinophilès et mobiles pour le séchage, ou de satinage sous presse.
- Les nombreuses applications thermophiles viennent compléter tous les àutres modes de chauffage et l’on peut espérer que la thérapeutique y trouvera en particulier Une aide puissante.
- A. S.
- Accident au Great Nothern Railway. — Electric liailway Journal,19 mars 1910.
- Une avalanche s’est produite le icr mars dernier au tunnel de Cascade Mountàin que traversé le Great Northern Railway (*). Elle a emporté avec elle quatre locomotives électriques, trois à vapeur et deux trains. L'équipement électrique aérien a été détruit en grande partie.
- Les pertes ne peuvent encore se chiffrer; toutefois il est probable que les dégâts affecteront surtout l’isolation des moteurs, etc., par suite de leur contact avec la neige. Les avaries d’ordre purement mécanique seront sans doute légères, car le matériel 11’a pas été emporté très loin par l’avalanche S’il est nécessaire de refaire les bobinages, il faudra transporter les locomotives à Seattle par exemple, et le service ne pourra reprendre que dans six mois.
- (b Voir Lumière Electrique, ia mars 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2® Série). — N° 25.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouvelles machines à vapeur économiques.
- (Suite) (*).
- MACHINE A VAPEUR « EQUICOURANT »
- DE LA SOCIÉTÉ ALSACIENNE
- On- sait que l’emploi des très hautes pressions dans les machines à vapeur a conduit les constructeurs à établir des machines à triple et même quadruple expansion. Ces dispositifs qui peuvent convenir aux très grandes puissances sont onéreux lorsqu’il r s’agit de ^puissances moyennes (ioo-5oo chevaux). De plus,. la très haute température de la vapeur dans le. cylindre à haute pression (35o°) présente . de graves inconvénients. Aussi la tendance actuelle semble-t-elle défavorable aux cylindres multiples. Il semble plus avantageux d’utiliser la machine compound à deux cylindres ou même la machine à cylindre unique avec très forte surchauffe de la vapeur et haute pression. Il est évident : qu’il convient d’adopter dans ce cas des dispositions particulières.
- Dans les systèmes ordinaires de machines à vapeur à distribution de précision, cette distribution est réglée pour chaque côté du cylindre par deux organes disposés à l’extrémité de celui-ci. L’organe d’admission (soupape, obturateur ou tiroir) soumis à l’influence du régulateur, admet au point mort une certaine quantité de vapeur qui agit sur le piston jusqu’au moment où celui-ci, revenant en arrière, chasse la vapeur détendue hors du cylindre à travers l’organe d’échappement maintenu ouvert par la distribution. Pendant tout le cycle, c’est-à-dire pendant les deux courses du piston, les parois en contact avec la vapeur sont soumises aux variations de température de celle-ci et subissent principalement un fort abaissement de température pendant la longue période d’échappement pendant laquelle le cylindre est mis en communication avec le condenseur ou le receiver.
- Qes machines sont donc caractérisées par le fait que les surfaces nuisibles, telle que la face active du
- (*) Voir Lumière Electrique, 7 et 14 mai 1910.
- piston, le fond du cylindre avec les canaux d’admission et d’échappement, et les parois du cylindre, sont baignées alternativement par des courants de vapeur de température différente et de sens contraire; elles peuvent donc être désignées sous le nom de machines à contre-courant.
- Considérons unè machine à vapeur du type courant avec quatre soupapes équilibrées (fig. 1).
- M. E. Roesler dans la Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure en expose jsommairement les inconvénients. L’admission et l’échappement de la vapeur doivent être séparés dans le fond du cylin-
- Fig. 1. — Machine à contre-courant (ancien système).
- dre pour éviter autant que - possible les pertes de chaleur par refroidissement. Avec des vitesses du piston supérieures à /|,n par seconde, les soupapes d’échappement sont de très grandes dimensions et l’espace nuisible devient très considérable. La vapeur vive qui pénètre dans le cylindre vient en contact (puisque la soupape d’échappement est disposée dans le fond du cylindre) avec des surfaces qui sont constamment refroidies par de la vapeur à une température relativement basse.
- Aussi, pendant toute la course du piston, y a-t-il perte de chaleur. Ajoutons que l’intérieur du cylindre est relié, la moitié du temps environ, au condenseur ou au receiver, circonstance qui a pour effet de refroidir encore les parois du cylindre. Etant donné que les soupapes d’échappement et d’admission sont toutes deux dans le même fond du cylindre, la vapeur pendant l’échappement doit se déplacer dans la direction opposée à celle qu’elle a suivie pendant l’admission et la détente ; elle vient une seconde fois en contact avec le fond du cylindre
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- qui est à une haute température, s’échauffe à son contact et entraîne inutilement les calories ainsi acquises dans le condenseur.
- Fig. a. — Machine à équicourant (nouveau système). Dans les machines compound, la chute de température de la vapeur est fractionnée ; les inconvé-
- truite par la Société Alsacienne de constructions mécaniques).
- Dans cette machine,une partie delà vapeur détendue s’échappe au condenseur à fin de course; la vapeur restant dans le cylindre est comprimée pendant la course de retour. Si on utilise delà vapeur vive à 12 atmosphères, la compression doit réduire de i3o à i5o fois le volume de vapeur détendu à la pression du condenseur. En conséquence il faut une longue compression et un faible espace nuisible.
- En fait, la durée de la compression est d’environ 93 % de la course de retour. A cet effet l’ouverture et la fermeture des orifices d’échappement est assurée d’une façon très simple par le piston. Celui-ci fait office de piston-valve. L’espace nuisible n’est plus que de 1 à 2 % ; en effet, dans le fond du cylindre, on n’a ménagé que le logement de la soupape
- écoulement d’eau chaude.
- iîj
- évacuation de la pompe à air.
- /////// '////////z Fig. 3.— Disposition générale de la machine. Coupe verticale.
- nients ci-dessus mentionnés n’ont plus la même importance que dans les machines à un seul cylindre. C’est donc plus particulièrement aux machines à un cylindre que s’applique le système que nous allons décrire (machine à vapeur système Stumpf, cons-
- d’admission. La vapeur d’admission traverse le fond du cylindre avant d’arriver à la soupape ; le fond est ainsi fortement chauffé.
- Etudions le cycle de la machine Stumpf (diteEqui-courant).
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- Considérons le côté A du cylindre (fig. 2). La vapeur admise par l’organe d’admission C, placé sous la dépendance du régulateur au moyen d’un mécanisme connu, agit sur le piston E jusqu’à ce que celui-ci arrive au point mort opposé B. A ce moment, le piston découvre une couronne de lumières D, disposées dans la paroi du cylindre au milieu de sa longueur, par lesquelles la vapeur s’échappe au condenseur. Le piston revenant ensuite vers le point mort A referme rapidement ces lumières, ne laissant le cylindre en communication avec le condenseur que pendant une fraction très petite de la course et comprime fortement la vapeur
- dent que les machines à équicourant sont dans des conditions beaucoup plus favorables que les machines à contre-courant au point de vue de l’effet nuisible des parois. Comme, en outre, la compression est très élevée et atteint la pression d’admission, les surfaces nuisibles sont fortement réchauffées pendant le travail de compression, de sorte que la vapeur fraîche pénètre dans un espace dont les parois, ainsi que le fluide y contenu, possèdent une température au moins égale à la sienne. Tout échange de chaleur, aux dépens de la vapeur vive admise dans le cylindre, est donc réduit au minimum et les condensations initiales, influençant défavora-
- Entrée de la vapeur.
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- pompe à air.
- pompe à eau chaude.
- moteur électrique.
- Fig. 4. — Disposition générale de la machine. 'Vue en plan.
- restée dans le cylindre. Lorsque le piston est arrivé au point mort A, l’autre face du piston met à son tour tout le côté B du cylindre en communication avec le condenseur à travers les orifices d’échappement D. Le courant de vapeur, pendant les périodes d’admission et d’échappement de chacun des côtés du cylindre, a donc lieu dans un seul sens, ce qui justifie la désignation de machines à équicourant donnée à ce nouveau système de moteur.
- Gomme, d'une part, lors de l’échappement, l’intérieur du cylindre n’est mis en communication avec le condenseur que pendant un temps très court et que, d’autre part, le courant de vapeur froide ne vient pas léchef les organes d’admission, il" est évi-
- blement la consommation, sont presque totalement évitées.
- Dans les machines ordinaires ou à contre-courant il a fallu, pour éviter dans la mesure du possible les pertes dues à l’action des parois et améliorer la consommation, avoir recours à la détente étagée dans deux ou plusieurs cylindres, ce qui permet de limiter les écarts de température dans un même cylindre. Ce procédé a, toutefois, l’inconvénient de multiplier, en même temps que les cylindres, les surfaces nuisibles totales de la machine et, en outre, étant donné que la vapeur doit être conduite d’un cylindre à l’autre par des tuyauteries plus ou moins longues, de créer de nouvelles pertes dues au frotte-
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- ment et au rayonnement. On a bien cherché à obvier à celles-ci en chauffant les receivers au moyen de vapeur à température plus élevée, mais ce xemède n’a pas toujours donné les résultats que l’on en attendait.
- Dans les machines à équicourant, grâce à la disposition qui vient d’être décrite, la région très chaude près de l’admission est complètement séparée de la région froide qui se trouve dans le voisinage de l’échappement.
- Fig. 5, — Diagramme de la machine à équicourant.
- Les orifices d’échappement ne restent ouverts que pendant un dixième de chaque course ; aussi la surface du piston est bien moins refroidie par la vapeur d’échappement que dans les machines ordinaires. La compression de la vapeur restant dans le cylindre a pour conséquence une forte surchauffe de cette vapeur, aidée par la haute température du fond du cylindre. De cette manière, l’intérieur du cylindre et ses parois se trouvent réchauffées avant chaque nouvelle admission.
- Fig. 6. — Diagramme rnnkinisé d’une machine ordinaire à double expansion. ,
- Avec cette machine, la consommation de vapeur est très économique. Dans les essais effectués à Mulhouse le 21 février 1909 par l’Association Alsa-sienne des propriétaires d’appareils à vapeur sur une machine à vapeur à courant continu de 5oo chev. effectifs, la consommation de vapeur fut de 4kg,6 par cheval-heure indiqué pour une charge de 5o3 chev.
- indiqués. La figure 5 montre le diagramme relevé sur la machine.
- Voici les dimensions principales et conditions normales de marche de la machine essayée.
- Puissance indiquée normale. .. 525 chevaux
- Diamètre du cylindre........ 6/Dm“
- Course,..................... 1 000™
- Nombre de tours par minute. .. 125
- Diamètre de la tige du piston. . .13omm
- Espace mort.............. 2 %
- Pression initiale de la vapeur.. 12kg/om2
- Température de la vapeur..... 35o"
- La 'machine était accouplée 'directement à une dynamo à courant continu.
- Le condenseur par mélange, système Westinghouse-Leblanc était commandé par un moteur électrique alimenté par la dynamo.
- Durée des essais 5 h.,58 et 5 h.,08.
- Consommation de vapeur par cheval-heure indiqué:
- 4ksr,73 et 4ke,65.
- Consommation de vapeur par kilowatt-heure utilisable :
- 8kg,n et 7kk,6i.
- Rendement mécanique : 90,1 et 92,5 % .
- Rendement de la dynamo : 92,7 et 93 % .
- Puissance nette débitée par la dynamo : 226 k\v et 319,4 kilowatts.
- Puissance nette disponible sur le réseau : 214,5 kw et 307 kilowatts.
- On voit que les machines à équicourant présentent au point de vue de la consommation de vapeur, tous les avantages des machines à expansion multiple ; d’après les constructeurs, elles sont même plus économiques que celles-ci dans le cas de charges variables, car leur consommation' de vapeur, rapportée à l’unité de puissance, reste sensiblement constante à pleine et faible charge.
- En résumé, les constructeurs revendiquent pour les machices Stumpfles avantages suivants:
- i° Simplicité et rendement mécanique élevé. Ces machines, en effet, ne possèdent que deux organes de distribution, alors que les machines compounden possèdent huit et les machines à triple expansion, douze ou même seize. Elles n’ont qu’un seul piston au lieu de trois ou quatre ;
- 20 Emploi des plus hautes pressions de vapeur et des plus hautes températures de surchauffe (vapeur à 12 atmosphères, température de 35o°)';
- 3° Faible consommation de vapeur, même pour les petites machines (4kg,65 à 5kg,par cheval-heure) ;
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- 4° Consommation de vapeur sensiblement constante entre pleine et faible charge ;
- 5° Grande élasticité de marche permettant les plus grandes surcharges ;
- n’y a donc,pour toute la machine, qu’une seule garniture de tige de piston. Elle est à segments métalliques, tandis que les deux presse-étoupes des tiges de soupape sont à labyrinthe ;
- 6° Rendement mécanique élevé espaces nuisibles réduits à moins de 2 % du volume du cylindre ;
- 70 Etanchéité du cylindre. Par suite de sa grande
- 8° Régularité et sensibilité de marche. On conçoit que les machines Stumpf présentent à cet égard une supériorité marquée sur les machines à expan-
- Fig. 8. — Machine à vapeur à équicoürant, système Stumpf, de 80-100 HP.
- longueur, le piston présente une grande surface de . sion multiple, l’effet de réglage devant, dans ces portée et tout guidage arrière devient superflu. Il dernières, se propager à travers plusieurs cylindres.
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- ~9° Emplacement et fondation réduits ; surveillance et entretien minimes ; prix d’achat relativement peu élevé ;
- io° Consommation d'huile réduite.
- Le graissage du piston se fait dans des conditions très favorables. L’huile est introduite vers le milieu du cylindre où, d’une part, la vitesse du piston est la plus grande et où, d’autre part, les parois du cylindre sont les plus froides, par suite de la proximité du canal d’échappement entourant le cylindre. L’huile fraîche ne vient donc pas en contact avec la vapeur surchauffée et est ainsi préservée de son action nuisible. Le graissage du piston est, en général, assuré par un graisseur genre Mollerup, celui des différentes articulations par des graisseurs - à compte-gouttes, dont le nombre est toutefois extrêmement restreint, étant donné la simplicité générale delà machine et en particulier de la distribution.
- A; Beuthier.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La semaine écoülée aura vu une nouvelle chute des cours de la valeur spéculative par excellence: le Rio. Il y a peu dejours encore les cours oscillaient autour de i 83o ; ils venaient de 2 ooo; ils se tiennent maintenant aux alentours de i712 francs, avec une tendance à la baisse qu’accentuera l’augmentation incessante des stocks. Ce ne sont pas, en effet, les menaces de poursuites contre les dirigeants des trusts qui sont la véritable cause de ces écarts ; la demande des consommateurs ne répond toujours pas aux prévisions des producteurs qui ne cessent de développer leur extraction et grossissent les stocks ; les statistiques américaines accusent pour le mois de mai une position plus défavorable encore que précédemment. La consommation aux Etats-Unis est tombée de 78 millions de livres en janvier à 59 millions de livres en mai : les exportations de leur côté ont passé de 8r millions de livres en janvier à 45 millions en mai; la production, qui avait été de 117 millions de livres en avril, a atteint 123 millions en ruai portant les stooks à 160 millions de livres. Il n’y a pas d’autre raison à cette chute des cours. Le métal a un marché dénué d’intérêt, la consommation ne se préoccupant pas de faire face à ses besoins les plus urgents et les producteurs maintenant leur prix. Ainsi l’Arnalga-mated continue à demander des prix supérieurs à ceux acceptés et pratiqués sur les différentes places. Toutefois, le mouvement de hausse, qui s’est produit
- il y a une quinzaine de jours, s’est presque maintenu: le Standard est aux environs de 57 etTElectrolytique cote 59/10.
- Le groupe des valeurs de traction continue à attirer l’attention des capitalistes à Paris et à Bruxelles. A Paris, la Compagnie des Omnibus procède à l’émission au pair de 126 000 actions de 5oo francs chacune, paj^able par quart à la souscription, au 3i décembre-1910*, au 3o juin 1911 et au3i décembre 1911. Pendant la période de transformation de traction et au plus tard jusqu’au 3i décembre 1914, les actions nouvelles auront droit, sur les sommes dont elles seront libérées, à un intérêt intercalaire qui sera fixé par l’assemblée générale sur la proposition du conseil à raison de 4 % l’an au moins sans pouvoir dépasser .5 % .
- Cet intérêt sc confondra, chaque année, à due concurrence, avec les bénéfices qui pourraient être mis en distribution pour les dites actions ; il sera payé même en cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfices, et ce qui excéderait les bénéfices sera porté au compte de premier établissement. Si, pendant cette même période, les produits de l’exploitation permettaient la distribution d’un dividende supérieur à l’intérêt intercalaire, les actions nouvelles et les actions anciennes de jouissance participeraient, à titre égal, dans la répartition de ce dividende supplémentaire, sauf en ce qui concerne l’exercice 1910, pour lequel il sera tenu compte de la date à partir de laquelle les actions nouvelles participeront aux bénéfices.
- Ces diverses modalités de répartition des bénéfices et le droit de préférence accordé aux actionnaires anciens de souscrire à 3 actions et demie nouvelles pour une ancienne, constituent les particularités les plus intéressantes de la souscription. En réalité, ces dispositions'ont été l’objet de critiques formulées par les anciens actionnaires qui se sont prétendus lésés : il reçoivent de suite 25 francs à titre d’intérêt sur leurs anciens titres qui sont transformés en actions de jouissance par remboursement de 5oo francs. Les cours de ces titres de jouissance s’éttabliront*ils aux environs de x a5o fr., puisqu’on assigne à l’action actuelle le cours fictif de 1 750 francs par le droit qu’on confère à son propriétaire ? Après l’achèvement complet de la transformation , peut-être! mais jusque-là, non, très certainement. La première semaine d’exploitation a donné des recettes en diminution de 9 à 12 %y malgré une augmentation moyenne de voyageur» de 12 % .
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- La Compagnie générale parisienne de Tramways
- vient d’obtenir le décret approbatif de la convention passée entre elle et le préfet de la Seine pour l’exploitation provisoire des lignes Montparnasse-Bastille, Montparnasse-Etoile et Porte d’Ivry-les-Halles. Le Conseil général est appelé à délibérer en session extraordinaire sur la réorganisation définitive du réseau de cette compagnie.
- A Bruxelles, les Tramways bruxellois cotent i 090 pour l’action de dividende ; le ^capital Buenos-Ayres, r3a fr. 5o ; Athènes et Pirée, privilégiées, 3/| ; dividende, 7,75; les recettes totales ont été absorbées en presque totalité par les charges sociales et le service des obligations. Le Central Electrique du Nord, qui Se ressent de ses nouveaux patronages, s’est inscrit à 49 fr- ^5 pour l’action de capital, à 20 fr. 5o pour la part de fondateur. Les Tramways d’Anvers se traitent à i5a francs: leurs recettes de 1910 sont en notable augmentation sur celles de 1909. De même pour les tramways de Kiew dont l’action de capital vaut no,5o et l’action de dividende 5i 1/4 : celle-ci en particulier était tombée à 43 francs au cours de l’année précédente.
- La Compagnie générale de distribution d’Ener-gie Électrique, dans son assemblée générale ordinaire du 7 courant, a approuvé les comptes de l’exercice 1909 et voté l’emploi suivant du solde créditeur du compte profits et pertes qui s’élève à i54 549,o3 :
- Amortissements sur mobiliers.. 6 553 4o
- Réserve pour amortissements... 147 990 63
- Les recettes de l’exploitation ont atteint le chiffre de 2 645 712 fr. 75 et les frais 1 767 172 fr. 18, d’où un coefficient d’exploitation de 66 % ; mais les frais généraux, et l’intérêt des obligations absorbant 723 991 fr. 54, n’ont laissé disponible que le solde créditeur ci-dessus. Par rapport au bilan de l'exercice précédent, les postes participations débiteurs et créditeurs présentent des différences importantes.
- Les participations qui s’élèvent à 5 677 5oo francs représentent la totalité des intérêts de la Compagnie dans l’Energie Électrique du Sud-Ouest et du Sud-Lumière, les appels du dernier quart ayant été faits sur les actions de ces sociétés; les débiteurs divers qui figurent pour 1 498 168 fr. 41 comprennent, outre les clients de force motrice, une avance momentanée faite à l’Énergie du Sud-Ouest. Enfin les créditeurs qui passent de 1 3o5 408 fr. 57 à 4 549 208 fr. 16 concernent les entrepreneurs'chargés des fournitures nécessaires à l’extension de l’usine. Les résultats de 1909 marquent une pro-
- gression très intéressante des bénéfices bruts en augmentation de plus de 3oo 000 fr. sur ceux dé 1908 et autorisent la Compagnie à envisager 1910 comme le point de départ d’une exploitation fructueuse. Malheureusement les inondations, puis l’incendie qui ont immobilisé et détruit une partie de l’usine de Vitry, ont compromis ces résultats. Une turbine à vapeur vient d’être mise en route et une seconde le sera sous |quelques jours. Pendant la période de chômage, le service de la clientèle a pu être assuré par les divers producteurs d’énergie électrique voisins qui avaient eux-mêmes eu recours à la Compagnie de Distribution, dès le début des inondations. L’exploitation d’Alger fournit son développement ; le Sud-Lumière termine ses installations dans la région de Villeneuve-Saint-Georges, Orly et Palaiseau et entame des pourparlers pour étendre son réseau.
- L’Energie Électrique du Sud-Ouest, par contre, a rencontré de grandes difficultés pour son exercice de début et on a vu plus haut que la Compagnie de Distribution lui avait fait une avance de fonds ; on envisage que son traité de fourniture avec les tramways de Bordeaux lui permet de considérer l’avenir avec confiance. L’exercice 1910, en raison de toutes ces circonstances de fait, ne sera donc pour la Compagnie de Distribution qu’un exercice d’attente et i9i i,avec la fourniture au Nord-Sud, marquera le point de départ d’une exploitation intéressante.
- Les actionnaires de Froges, dont nous annoncions dernièrement la réunion, ont décidé d’étudier la question du rachat des parts de fondateur et de la faire aboutir avant l’assemblée de l’année prochaine. En votant cette année un dividende de 45 francs qui absorbait 1018 687 francs des bénéfices disponibles, l’assemblée attribuait aux parts un dividende de 5o % supérieur à celui de l’exercice précédent. On entrevoit l’intérêt pour les actionnaires de ces négociations. La dette de 1 344 955 fr. 22 qui figurait en 1908 au poste banquiers a entièrement disparu en 1909; les comptes débiteurs ont augmenté d’un -million, ce qui a sa répercussion sur les produits fabriqués qui ont été réduits pour leur part de 1 3oo 000 francs. Au passif, primes sur émissions comprises, les réserves s’élèvent à 19 092 276 francs pour un capital de i5 millions. Les immobilisations qui figurent pour leur valeur d’achat sont à 26 442 85o francs.
- La dernière circulaire Renauld annonce la formation d’une nouvelle société de distribution d’énergie, les Ardennes Electriques, qui pourvoira à l’ali-
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- mentation en énergie électrique • des usines de la vallée de la Meuse entre Noryon et Givet. Par suite de son accord avec l’Est-Electrique, la nouvelle société achètera en gros le courant à haute tension à l’Est-Electrique, puis le transformera et le revendra au détail, au moyen d’un réseau de distribution à établir. L’ensemble des usines à alimenter représenterait une puissance de près de io ooo chevaux. Le capital de la nouvelle société sera de 35o ooo francs divisé en 700 actions de 5oo francs. Les apports, qui représentent les dépenses effectivement faites, sont évalués à 20 ooo francs. Les bé-
- néfices seront répartis comme suit : réserve légale, 5 % ; intérêt.des actions, 5 % ; au Conseil, 25 % ; aux actionnaires, ^5 % . MM. Gérard, maître de forges, à Bogny; Hellé, des usines Jean-Maire; Martin, ingénieur, à Deville ; Mialaret, maître de forges, à Bogny et Renauld, banquier, à Norney, sont les fondateurs.
- Dans la même région, la société Energie et Eclairage vient d’obtenir l’adjudication de la concession du gaz, des eaux et de l’énergie électrique de Sainte-Menehould.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer d’Orléans a passé à la Compagnie Fives-Lille une commande de 120 locomotives.
- La Société des Anciens Etablissements Cail a obtenu de la Compagnie des chemins de fer du Nord une commande de 40 locomotives.
- Charente-Inférieure. — Le Conseil général a voté un emprunt de 745 ooo francs pour la construction d’un chemin de fer entre Saintes et Brie.
- Pas-de-Calais. — La Société des Chemins de fer Economiques du Nord a demandé au Conseil général l'autorisation de convertir à la traction électrique 63 kilomètres de son réseau de Valenciennes.
- Haute-Garonne. — Le département a été autorisé, par décret du 3 juin, à emprunter une somme de i 3oo ooo francs en vue de l’établissement du tramway de Marignac au Pont-du-Roi.
- Russie. — Une société belge vient d’obtenir de la municipalité de Simféropbl une concession pour l’établissement d’un tramway électrique.
- La Société des Tramways de Taschkent va faire procéder à l’électrification de son réseau de tramways ; de plus elle établira 21 K°m de nouvelles lignes électriques dans la ville de Taschkent.
- La Commission des voies] de communications a ouvert un crédit de 80 ooo roubles pour l’étude de l’électrifica-
- tion des lignes de la grande banlieue de Saint-Pétersbourg.
- Belgique. — Le Conseil communal de Forest a donné un avis favorable au projet de la Société des Tramways Bruxellois tendant à l’établissement d’une nouvelle ligne de tramways se prolongeant jusqu’à Uccle.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société des usines hydro-électriques des Hautes-Pyrénées. — Le 28 juin, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie française de Matériel de chemins de fer.— Le 16juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer de Grande Banlieue. — Le 20 juin, 48, rue delà Victoire, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le ii juin, à la mairie de Rennes (Ille-et-Vilaine), installation de l’éclairage au gaz et à l’électricité, devis : 21 63o fr. 3o.
- Le 28 juin, au ministère des Colonies, 27, rue Oudinot, Paris, fourniture d’isolateurs scellés et de fil jbi-métal-lique pour la construction de lignes télégraphiques en Afrique équatoriale française. — -----
- Le 7 juillet, à la mairie de Bourges (Cher), fourniture
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- de câbles et fil pour canalisation et éclairage électrique. Demandes d’admission avant le 20 juin.
- Le 2 juillet, à la mairie de Nice (Alpes-Maritimes), fourniture et installation d'un monte-charges et de moteurs électriques à la manutention militaire de Nice. Dépôt des projets avant le 22 juin.
- Le 27 juillet, à la mairie de Châtellerault, fournitures pour la Manufacture d’armes de Châtellerault.
- ier lot.' — 1 800 lampes à incandescence de 10, 16 et 32 bougies.
- 2e lot. — 600 de 5o bougies.
- 3e lot. — 4 265 balais divers en graphite cuivré pour dynamos,
- 4e lot. — 3i2 creusets en plombagine, de 20 et 45 kil.
- Demandes d’admission, au plus tard, le 25 juin.
- BELGIQUE
- Le 18 juillet (au lieu du 20 juin), à 11 h. à la direction
- du service spécial de l'Escaut maritime, Marché-au-Blé-de-Zélande, à Anvers, établissement d’ün ascenseur électrique pour chariots dans l’angle nord-est de l’embarcadère flottant du Canal au Sucre, à Anvers ; caut. : 8 000 francs (cahier des charges no 19 ; prix : fr. o 20); prix du plan : 1 fr. 70 ; s’adresser, i5, rue des Augus-tins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 14 juillet.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 27 juin, à la direction de la Société des chemins de fer de l’Etat, à Vienne, établissement d’installations, d’énergie et d’éclairage électrique à l’atelier de Simme-ring.
- Le 29 juin, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Cracovie, fourniture de nombreuses installations mécaniques, machines-outils, etc., pour les ateliers.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l'année 1894 de_ notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ire série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dar.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe-que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- MBIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 25 JUIN 1910. Tome X aérle). — N* 26
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- , REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — H. Poincaré. Sur la diffraction des ondes hertziennes [Suite), p. 387. — A. Reisset. L’égalisation de la puissance absorbéé par les machines d’extraction ou de laminoirs, p. 3g4.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. L’usage des graduations logarithmiques en électrotechnique, notamment dans les essais de fer, O. Weisshaau, p. 397. — L’ionisation des gaz par voie chimique, M. de Broglie et L. Brizard, p. 3q8. —Arcs et lampes électriques et photomélrie. Nouveau type de réflecteur pour lampe à arc, K. Hrabowski, p. 398. — Transmission et distribution. Le tube à vapeur de mercure employé comme parafoudre, p. 3g8. — Traction. L’électrification de la ligne de chemin de fer Dessau-Bitterfeld, Heyden, p. 3g8. —Applications mécaniques. Dispositif Winhey pour la protection des circuits électriques dans les mines, n. 399. —Électrochimie et Électrométallurgie. La soudure électrique et la soudure autogène; leurs applications à la réparation des navires, A. Scott, p. 399. — Télégraphie et Téléphonie. Considérations sur la puissance rayonnée par une antenne et sa mesure expérimentale dans un cas particulier, P. Barreca, p.400. — Brevets. Dynamo à collecteur avec enroulement ouvert, p. 4°9- — Douille étanche pour câbles électriques. p. 412. — Chronique industrielle et financière. —Chronique financière, p. 4i3. — Renseignements commerciaux,p. 4*5. — Adjudications, p. 416.
- ÉDITORIAL
- M. H. Poincaré, poursuivant son étude sur la diffraction des ondes hertziennes, aborde aujourd’hui le fond du problème. Il considère la terre et étudie les effets de diffraction qu’elle produit sur les ondes émises par un excitateur rectiligne disposé suivant le prolongement d’un rayon terrestre.
- Il montre, en passant, comment il est possible de déterminer les périodes propres des ondes produites par un excitateur sphérique, et s’arrête également au cas limite où la distance de l’excitateur à la surface du sol deviendrait nulle.
- Nos lecteurs auront â se souvenir des résultats obtenus au cours du paragraphe 8 et surtout de la remarque finale, lorsque, prochainement, notre éminent collaborateur développera les conclusions de cette magistrale étude.
- A propos d’un ai’ticle récemment analysé" dans nos colonnes, de M.Niethammer, surl’d-galisation de la puissance absorbée par les ma-chinesd’extraction ou de laminoirs, nousavons reçu des renseignements complémentaires sur
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- 386 , LiL XüilIERË ÉLECTRIQUE T. X (2* Sériç). H* 26. ) ,
- des dispositions récemment brevetées, concernant des installations triphasées.
- Ces documents ont permis à M. A. Reis-set de décrire deux dispositifs différents : des groupes égalisateurs de charge et des groupes tampons proprement dits.
- Nous publions cette étude sous le même titre que celle de M. F. Niethammer et nous sommes heureux de donner à nos lecteurs la primeur de la description de ces groupes tampons qui seront utilisés dans l’équipement électrique du Mont Cenis.
- M. O. Weisshaar signale l’avantage des coordonnées logarithmiques, souvent employées, il est vrai, en physique théorique, à cause de leur élégance, mais dont on n’a. peut-être pas assez saisi l’importance vraiment pratique, surtout en électrotechnique et notamment dans les essais de fer.
- MM. M. de Broglie et L. Brizard, continuant leurs recherches sur l’ionisation, ont été amenés à conclure que Y ionisation des gaz par voie chimique ne saurait se produire en l’absence de phénomènes secondaires.
- Nous décrivons brièvement ensuite, d’après M. Hrabowski, un nouveau type de réflecteur pour lampes à arc; puis une application nouvelle du tube à vapeur de mercure : son emploi comme parafoudre.
- Rapidement ^encore sont tracées à grands traits les caractéristiques de la prochaine électrification de la ligne de chemin de fer
- Dessau-Bitterfeld, encore exploitée par la vapeur, puis décrit un dispositif de protection des circuits électriques dans les mines.
- Les applications de la soudure électrique et de la soudure autogène à la réparation des navires ont fait l’objet d’une communication de M. A. Scott, à la Société des Ingénieurs de la marine d’Ecosse, et nous la résumons ici.
- Ces deux méthodes de réparation, en grand honneur sur le continent, sont encore peu répandues en Ecosse, et l’auteur s’attache à montrer l’avantage que la marine peut en retirer. Quoique connues en France* ces considérations n’en sont pas moins intéressantes, car elles résument bien la question et de plus l’auteur indique quelques chiffres précis.
- Nous reproduisons enfin, presque intégralement, les considérations de M. P. Barreca sur la puissance rayonnée par une antenne et sa mesure expérimentale dans un cas particulier.
- L’auteur rappelle d’abord les formules données par d’autres auteurs, et notamment R. Rüdenberg ; il passe ensuite à la description de son dispositif expérimental et énonce les résultats auxquels- l’ont conduit l’examen des diagrammes lumineux qu’il a pu relever.
- L’exactitude n’en est pas absolue, sans doute, mais plusieurs, des chiffres spécifiés présentent un intérêt technique.
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- 25 Juin 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 387
- SUR LA DIFFRACTION DES ONDES HERTZIENNES (Suite)
- § 5. — Diffraction par une sphère.
- Nous allons maintenant commencer l’étude des effets de diffraction produits-par la sphère terrestre sur les ondes émanées d’un excitateur. Le champ extérieur sera produit par un excitateur rectiligne qui, prolongé, irait pas. ser par le centre de la Terre, de telle façon que les champs soient de révolution. Cet excitateur pourra se considérer comme réduit à un point, que j’appellerai S. Soit O le centre de la Terre, et M le point x, y, z\ je désignerai par./• la distance SM, par D la distance SO, par p la distance OM, par © l’angle SOM, par tc— Ç l’angle OMJ5; par 0 l’angle OSM. Il en résulte que p et ? représentent ce qui, dans le paragraphe précédent, était appelé x! et y'.
- S
- Fig.i.
- Nousavons besoin de la composante radiale du déplacement électrique, c’est-à-dire de ce que, dans le paragraphe précédent, nous appelions f'. Pour le champ extérieur, nous pouvons prendre un potentiel vecteur, dirigé suivant SM et égal en grandeur à
- eù<(i—r)(\. _|_ eosO;
- on en tire en affectant d’astérisques les lettres relatives au champ extérieur, c’est-à-dire au champ qui se produirait si la Terre n’existait pas:
- —sinôsini;
- + (jr2 + (sinôsinÇ — acosOcoaÇjj. (i)
- A l’intérieur de la sphère de rayon D, f peut être développé par la formule (i3) du paragraphe précédent, ce qui me permet d’écrire :
- f* - eiu (wp) J* P« (cos ?)• (2)
- Le coefficient A„ ne dépend que de n et de D.
- Passons au chaipp intérieur que nous représenterons par f', le champ total étant f' + / *• A l’extérieur de la sphère terrestre, c’est-à-dire pourp O p0, si p0 représente le rayon de la Terre, nous pourrons appliquer la formule (i3 bis) du paragraphe précédent et nous aurons:
- f — ehd ^ B»I» (WP) ^ P » (cosç). (3)
- A l’intérieur de la Terre, c’est-à-dire pour p <^p0 la formule ( 13) nous donnera :
- p — en,i V C„,J„ (wp) 4 P„ (coscp). (4)
- j-J P"
- Enfin sur la surface nous aurons, pour la densité p. de l’électricité,
- p = e«y ^ D„ P„ (cos cp). (5)
- Il reste à calculer les coefficients CK
- et D„.
- Ecrivons les valeurs de F' pour pZ> p*, et
- (i) Voir Lumière Electrique du 18 juin 1910.
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- 388
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série). — N« 26.
- p <C p0 ; nous trouverons, en nous reportant à la formule ia du paragraphe 5 :
- F' = e*~‘ V-J*1-- B„I„(<op) P„(cos«p) n[n + i)
- et
- F' — «'-'-JJ ’Zfk'+'i) P" (cos<P)'
- Rappelons que F' n’est pas ici le potentiel de Lorentz, de soi’te que ce n’est pas un potentiel desimpie couche. Les équations (2 bis) (3 bis) et (1) du paragraphe 4 nous ont donné :
- dg'
- d2 F'
- dt dx' dy’’
- ou, avec nos notations actuelles, di>' . d2F'
- = 4^ = ^,
- ce qui nous donne, pour p ]> p0 :
- + I) ,M ^
- • . B„ d P„
- g' = V I'„ wp .-T—
- 0 «4- I. acp
- et pour p < p0 :
- g' = y -, C” J'„(wf 0 n (n -f- 1)
- rfP»
- Mais la composante tangentielle g' doit rester continue pour p = p0, ce qui donne:
- B„F>i (wpo) = C(lJ„ (wp0). (6)
- D’autre part, la composante normale f doit être discontinue et son saut brusque doit être égal à p,, ce qui donne :
- B«I» (wp0) = C„J„ (wp0) -f- D„. (7)
- Enfin, le champ total
- r+r
- doit être nul à l’intérieur de la Terre, ce qui donne:
- ,A« -f- C„ — o. (8)
- Des équations (6), (7) et (8) on peut, en se rappelant que
- déduire
- d’où
- B» (wp0) D„ — A,M
- A»
- p„2 r„ (wp0)
- que j’écrirai quelquefois:
- P»(cos<p), (9)
- eu,t y A»J» P
- Z-t n MM n* Pô 1 n
- (9bis
- On voit par là comment on peut déterminer les périodes propres des ondes émises par un excitateur sphérique. Ces périodes sont données par les équations
- I'„((»Po) = O.
- Pour aller plus loin, reprenons le triangle précédent SOM, dont les côtés sont D, r et p, et lés angles ©, 0 et k — Ç, et la formule :
- , nu ... » t\'Kf‘ = »') I— sinO sinç
- -)- I—^ (sin 6 sinÇ — 2 cos6 cosÇ)J.
- On remarquera que cette formule présente une symétrie particulière. Supposons que, dans le triangle SOM, on permute les sommets S et M ; les longueurs D et p se permuteront, © se changera en — <p ; /• ne changera pas, 6 se changera eni — ç, et Ç en % — 6, de sorte que les produits sin 0 sin \ et cos 8 cos i; ne changeront pas. Il en résulte que /'* ne changera pas. Donc f'* est une fonction de D,p et © qui ne change pas quand on change D, p et <p en p, D et — <p; et comme d’ailleurs elle ne change pas quand on change ©eu — <p, ce sera une fonction symétrique de. D et p ; mais les conditions de cette symétrie exigent quelque attention. Nous avons trouvé:
- /'* = ^A„J„ (wp) -i P„ (coscp),
- A„ étant une fonction de D; on serait tenté, à cause de la symétrie, d’écrire que A„ est
- égal, à un facteur constant près, à Jn (w D)
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- 25 Juin 1910.
- REVUE D’ELECTRICITE
- 389
- mais la formule précédente n’est vraie que si p D ; si on avait p >> D, il faudrait la modifier et ÿ remplacer J„ (w p) par I„ (w p) (de même
- que si on veut développer ^suivant les polynômes P„, le développement procède suivant les puissances positives de psi p <; D, et suivant les puissances négatives si p > D). Or si l’on a p <| D, on aura inversement D > p; il faudra donc conclure que A» est proportionnel non pas à J (wD) ^-2, mais à I„(w D) et écrire :
- f" — eh,t J„ (wp) P„ (cos<p),
- K„ étant un coefficient indépendant à la fois de D, de p et de ®. Pour déterminer ce. coefficient, supposons que D et p soient très petits; alors I„ et J„ se réduiront sensiblement à leurs premiers termes ; soient
- I„(uD) = è„(wD)-’*, J„(wp) = c»(wp)'*+1
- ces premiers termes ; il viendra, pour t — o,
- f'k = ^j Knb"c" ^ (d) p"-
- D’autre part, dans ces conditions r est très petit, de sorte qu’il reste :
- — (sinOsinÇ— 2co.sGcos§).
- Nous savons que l’on a:
- Si nous différentions cette égalité, d’abord par rapport à D, puis par rapport à p, en rémarquant que si dp = o on a
- dr — dû cos G
- et que si d, D = o on a
- dr — — d p cos Êj, nous trouverons : eosQ
- rdG = e?p sinE,
- Di 2 (- + )(§)>..
- puis
- 2 cos 6 cos I; sinOsinÇ
- ou, en identifiant les deux valeurs de 4 « / \
- ou enfin :
- K«
- i n (n -j- 1)
- 4Ttu>2 b,ic,i
- Or on trouve aisément
- r(an+ i )
- b n = (— l)l-> CH = (— i)'1
- a[a»r(re -j- 1)]* 2.[2»r(/i -f- i)]2
- IOI
- d’où
- et
- bnc„.
- F (2 n -(- 2) T(a» + 1) -
- r(2/1 -j- 2) 2n —(— i
- K„ =
- n(n -f- 1) (2n -j- 1),
- 4 TCU»2
- ce qui me permet d’écrire:
- A„ = -—^n(n -f- i)(2« +.1) In^D^
- l\ TC(i)
- D2
- M
- et
- 1*=4ï^?i>2',<'î+,i<“+,)îSp"(cos,f)'|,î!
- §6. — Introduction des valeurs non
- ENTIÈRES DE 11.
- Il s’agit maintenant (en faisant t = o pour nous débarrasser du facteur eiut) de sommer la série
- (.)
- On a assez souvent une première approximation de la somme de la série
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- 390
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série)’~ N» 26.
- en la remplaçant par l’intégrale J' F («) dn ;
- il viendra :
- P„—i —
- /
- ( i -|-u2 e2'?) « eh du
- e’('H-i)? ( i -)-m2)b+i
- (e—h-\-u2eh)'^du (i + m2)»+‘
- il suffit pour cela que la formule sommatoire d’Euler soit suffisamment convergente.
- Si nous cherchons à appliquer cette méthode au cas qui nous occupe, nous serons arrêtés par une première difficulté; en effet nos fonctions A„, PIt et I'n ne sont définies que quand n est entier positif ; il faut d’abord les définir pour toutes les valeürs de n. Commençons par P„. On peut établir que :
- 2%Pn — ^ (cosq? -f- zsincp costi)),ldw (a)
- et nous pouvons conserver la même formule dans le cas où n n’est pas entier positif ; il pourrait y avoir une difficulté si
- cos tp -j- / sin cp cos w
- s’annulait sur le chemin d’intégration; c’est ce qui peut arriver quand le chemin d’intégration est rectiligne, pour 9 = - et pour cer-
- 2
- taines valeurs imaginaires de ©; mais si on attribue à <p l’une de ces valeurs, il suffira de modifier le chemin d’intégration. Nous observerons que la fonction P„ ainsi définie est une fonction entière de n.
- La fonction p/ jouit d’une autre propriété importante. Posons
- G)
- tg- = t;
- notre relation devient :
- _ 0 __ f+z" {eh -f- e~h t?) dt
- * U~J-a, (l + «*)n+l •
- Changeons «en — n — i ; il viendra :
- (e!r -f- e->?t2)n+l
- Posôns
- t. — ueh-,
- ou
- P_»_t(?)=PB(-.ç) = PB(?),
- car il est aisé de voir que P„ ne change pas quand on change <p en — ç ; il suffit pour cela de changer w en o)-(-tc, dans la formule (2) ; les limites deviennent o et 27c, mais peuvent être ramenées à — tz et -f- -tz, puisque
- la fonction sous le signe J'est périodique.
- Ainsi la fonction P„ ne change pas quand on change n en — n — 1.
- Passons à L„ et I',,. Rappelons que I„ satisfait l’équation différentielle :
- -2^] = ., (J)
- où les dérivées sont prises par rapport à Jj et où l’on a posé S; = o>p (cfr. § 4, équation 10). La fonction I„ ne cessera pas de satisfaire à cette équation quand n ne sera plus entier. De plus, cette fonction I„ sera sensiblement proportionnelle à e—quand i; sera très grand. Or cette condition suffit pour déterminer l’intégrale de (4) à un facteur constant près. On vérifie aisément que les rapports
- Mf) Mf) ' Mf)
- I„.(Y))’ I'„(Ç)’ l'n.(vj)
- qui se trouvent ainsi entièrement définis sont des fonctions méromorphes de n (c’est-à-dire le quotient de deux fonctions entières).
- Mais quand on change n en n — 1, le produit n (n -f- 1) ne change pas. Donc l’équa- -tion (4) ne change pas, et celle de ses intégrales qui devient sensiblement proportionnelle à e—* pour i; très grand reste la même à un facteur constant près. Donc le rapport
- I—n—1 _ F—n—1
- ~TT “ÔT
- est indépendant de Ç et ne dépend que de n ; il reste à déterminer ce facteur constant.
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- 25 Juin 4910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ lll 391
- Si donc nous changeons.nén — n — i, ces rapports
- ne changent pas. Donc en particulier l’expression
- I,i (toD)
- l',,(<*> P)
- qui figure dans la formule (.12) du paragraphe précédent est une fonction méromorphe de ra qui ne change pas quand on change n en — ra— 1. .
- Le terme général de la série (12) du paragraphe précédent est
- 4 iîù)2p2 D2
- ra(ra -f- 1) (ara -f- 1)
- 1,1 (fa> D)
- I'„(wp)
- P„(cOS Cf).
- (4)
- On voit d’abord que ce terme général est une fonction méromorphe de n. Si maintenant nous changeons n en — n — 1, je dis que cette fonction changera de signe, c’est-à-dire que ce sera une fonction impaire
- de -ra 4- -. En effet, nous avons vu que P„est
- . 2
- une fonction paire, qu’il en est de même de
- de
- D)
- 7. Il en est de même de ra (ra+i);
- I„ {<*> p)
- tandis que 2ra+i est une fonction impaire. E)onc l’expression (i3) est une fonction impaire. Ce qu’il fallait démontrer.
- Cas limite de D — p; emploi des séries
- DIVERGENTES.
- Le cas le plus intéressant est celui où D est très voisin de p; on pourrait d’abord songer à faire D == p dans la série ( 12) du paragraphe 5; mais cette série deviendrait alors divergente. On peut néanmoins employer l’artifice suivant. Reprenons la série :
- VI — rât(«-f- i)(ara-f- 1) I„ (wD)
- V- — 2j 4t;w2D2p2 r„(o>p)
- que je puis écrire :
- - in (ra -|- 1 ) (ia ra—[— 1) I„,(ü>D) I'»(ù>D)
- 4'7to)2D2p2
- r»(o)D) r„(wp)
- p„.
- Tant que p << D, elle converge; si l’on fait p = D, le facteur —/-----) devient égal à 1 et
- I n (<*> P)
- elle diverge. Ce facteur, pour ra très grand, est sensiblement égal à
- pY,+1
- D/ ’
- de sorte que nous sommes amenés à comparer notre série à la suivante ;
- yi— m(«+i)(2«-|-i) I„(d)D) / pVi+,p Zj 4tcio2D2p2 IUwDïId/
- I'n(wD) \D/
- Or on peut démontrer que, quand p tend vers D, les deux séries (1) et (2) tendent vers une même limite.
- Voici une première conséquence :
- Nous trouvons :
- dy. D2 _ —in (ra -f- i)(ara-|- 1) I'»(fa)D) p
- dD Zj 4'jcwp2 (I'„wp) "
- Les considérations précédentes étant applicables à cette nouvelle série, nous avons :
- lirn
- d[J. D2
- dD
- (pour p = D)
- = lim
- S
- — in(n 1) (2« -f- 1) 4 x w p2
- _P\”+1p . T))
- ce qui, au facteur
- près, peut s’écrire :
- ^ n (ra -f- i) (ara + 1) P„,
- Or,
- 2 P» (5)" = 7 = (p2 + 1)2 — aDpcosç)-*, d’où
- d»i
- 2 n(n + P" (s) = dWd9 ~~ dDrfp2'
- Or un calcul direct montre que le second membre de cette égalité s’annule pour p = D, donc : quand D tend vers p, la dérivée de p.D2 par rapport à D tend vers zéro.
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- §8. — Etude de la fonction méromorpiie
- h
- r,/
- « — + 00-, l’autre, pour « =—oo ; on trouve à un facteur constant près
- Pour utiliser les résultats précédents, il importe de se rendre compte de la façon dont se comporte la série divergente
- 4/xw2D2pV = 2 n(n + i)>«+ i) P»>
- et pour cela il faut d’abord chercher comment se comporte le rapport pour n très
- * »
- grand même par rapport à w D.
- On trouve aisément pour n très grand la formule approximative :
- n{n + i)(»n + i)-^- — — £(« + i) (an -f- i) — —
- I K 2
- à,des termes près qui s’annulent avec -. Cette
- n
- formule est applicable lorsque la partie réelle de n est positive et très grande.
- Cette formule nous montre d’abord que :
- lim = o pour partie réelle de n positive 1 n
- et très grande.
- Comme ~ ne change pas quand on change « en — n — i, on aura de même :
- lim == o pour partie réelle de n négative
- 1, / et très grande.
- Je voudrais maintenant étudier de plus près l’expression
- R(n) = n[n + i)(an + i)^,
- A n
- An. = 2 (e*nfn— ijrjîrt-j- i),
- , , . „ . : . rfn -f- i) v/’i
- B« = (e4n,w — g2nnt) enm _L_J--1-ï—,
- r(« + ;)
- Il est aisé de vérifier que, si l’on désigne
- A' A
- par —A' ce que devient le rapport quand B „ B„
- on y change « en — n — i, on a comme il convient :
- A» A'„ __
- B,t B'„
- Nous pourrons donc écrire, C étant un facteur constant
- I„ = C(AbÇ-» + B„Ç»+ï)
- U________A» g-" + B„+-B
- I « — «A,,?-»-1 -}-(« + i) B„g«'
- Si la partie réelle de n est positive ou. négative et très grande, l’un des termes du numérateur (comme du dénominateur) l’emportera de beaucoup sur l’autre. Si la partie imaginaire de n est très grande sans que sa partie réelle le soit, ces deux termes seront comparables et il pourra- se faire que le dénominateur s’annule.
- On obtiendra donc les racines du dénominateur en écrivant :
- Ç2n+1
- A,t n B» n -J- i
- ou sensiblement
- qui est une fonction méromorphe de n, et rechercher en particulier comment sont distribués les infinis de cette fonction méromorphe et surtout ceux pour lesquels n est très grand. Considérons le développement de I„ suivant les puissances de g.
- Nous devons surtout nous occuper des coefficients des termes en g-’1 et g”+1, que j’appellerai A„ et B„; ce sont en effet les termes prépondérants, le premier pour
- P"+’=£ = ^r(”+0r (“+ :) +'>
- ou, en remplaçant les fonctions eulériennes par leurs valeurs approchées,
- Ç2n+1 — 4 ÎK'xln n~n e ~n 27cn
- ou, en observant que l’argument de n doit être compris entre — u et + t: (pour que les formules approchées des fonctions eulé-
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 393
- 25 Juin 1910.
- riènnes soient applicables) et par conséquent
- voisin de -,
- 2
- [in -f- i) log? = log8/u2 -j- a» (log a — i — a tic)
- -f- (an -j- i ) log n— ai Kit,
- K étant un entier. Cette formule pour n très grand équivaut sensiblement à
- n log n — i’Kiï
- ou encore, plus grossièrement, à iKir
- n ~ îôpC’
- ce qui nous indique que les infinis de notre fonction méromorphe sont un peu moins « condensés » que les nombres entiers K, mais plus condensés que les puissances K'+% quelque petit que soit e.
- Il y a intérêt à connaîtra le résidu correspondant. Posons
- * = fîÇ*«H4, =^^L±_Lç2n+i;
- A ti A n n
- d’où
- i»T5* + * g.
- I'„ <!>, — i n ’
- le résidu sera :
- | i + «î>i i n <!>! |dérlog<I>, ’
- la dérivée logarithmique de étant prise par rapport à n. Mais pour une racine on doit avoir = i, et comme n est très grand, on a sensiblement <f> = «hj ; il reste donc
- 2 £ I
- n dér logd»,’
- Or on trouve sensiblement
- dér logd>, =: — a log/(,
- d’où
- résidu de
- ln
- l'„
- 71 log 72 *Kît‘
- Quant au résidu de R (n) il est sensible-
- . — 2 Ç n2 ment -z—-— . log n
- Cela nous permet de tirer des conclusions au sujet du développement de la fonction
- R (n) ; on voit que s’annulant pour n très
- gi’and, il en est de même de n~3 R (n), et la considération de la distribution des infinis et des résidus nous montre qu’on peut construire dans le plan des n une série de cercles concentriques, de rayons indéfiniment croissants, tels que n~3 R (nt tend uniformément vers zéro sur ces cercles, quand le rayon de ces cercles croit indéfiniment. L’application du théorème de Cauchy suffit alors pour montrer que l’on a :
- n^RW = ^ + î| + îî + V
- [n
- £k) £k
- les a étant des constantes, les e représentant les différents infinis de iv~3 R„ et les BK étant les résidus correspondants de R (n).
- J’ai encore une remarque à faire au sujet de la distribution des infinis. Supposons
- que B, soit très grand ; si n est fini, jr sera sensiblement égal à i et ne pourra pas devenir infini. Donc, tous les infinis auront un module très grand. Si maintenant n est très grand et réel positif, nous trouverons
- l'i = *§
- ^'n y/n- — (j2
- ce qui montre que nous ne pouvons avoir d’infini que pour n voisin de i;. La conclusion subsiste quand, la partie réelle de n étant positive et très grande, la partie imaginaire est finie, ou simplement est très petite par rapport à g.
- Si la partie réelle de n est négative et très grande, sa partie imaginaire étant finie ou petite par rapport à Ç, on peut ramener au cas précédent en changeant n en — n — i,
- - In
- ce qui, comme on sait, ne change pas rr.
- * n
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- 394
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUj'E
- T. X (2e Série). — N» 26/
- En résumé, si l’on fait abstraction des cas
- où — est voisin de ± i, tous les infinis ont
- leur partie imaginaire très grande de l’ordre de
- Nous avons donc à rechercher les infinis
- tels que ^soit voisin de ±i, mettons de -f- i-
- On peut dans ce cas trouver une valeur approchée de IB. Soit F (t) une fonction de t définie par l’équation différentielle
- F"(«)+*F(f) = o
- et telle que les deux premiers termes du développement soient
- F(«) = 3“5r(!) + 3ïr^)f + ...
- on aura à un facteur constant près
- I»
- î
- 3 ( iin \
- F\i '
- F\te 3 ),
- en posant
- t = e2 -
- 2
- 5V
- n = Çcose.
- Si nous nous rappelons que £ est très grand, nous verrons que les zéros de î'p seront très sensiblement donnés par l’équatibn :
- Si t — t0 est la plus petite racine de cette équation, on posera
- t — e2 , n = £ cos e = Ç — § ;
- il viendra donc pour celui des infinis de R (n) dont la partie imaginaire est la plus petite en valeur absolue :
- n = Ç — to
- il
- ce qui montre que la partie imaginaire de cet infini est très grande de l’ordre de !;§.
- (.A suivre.)
- H. Poincaré.
- L’ÉGALISATION DE LA PUISSANCE ABSORBÉE
- PAR LES MACHINES D’EXTRACTION OU DE LAMINOIRS
- /
- On se rappelle qu’un article a été publié récemment sous ce titre dans cette Revue (1).
- Cette étude, complète, dans ses grandes lignes, ne pouvait faire mention de toutes les dispositions nouvellement brevetées. Des renseignements intéressants nous sont parvenus sur quelques-uns de ces dispositifs, actuellement en construction à la Société Brown, Boveri et C16.
- Ces dispositifs concernent spécialement les installations à courants triphasés et sont de deux sortes :
- I. — Les groupes [égalisateurs de charge, placés en parallèle sur les réseaux à fortes variations de charge, — réseaux d’usine, de ville ou même de région industrielle, — amortissant les effets dus aux à-coups des machines branchées sur le réseau. Ces groupes viennent automatiquement en aide aux machines génératrices de la centrale, leur rôle étant de couper les pointes de charge instantanées (fig. i).
- Ils comprennent en l’espèce une machine asynchrone triphasée, A ; un moteur triphasé à collecteur, B ; un volant C et enfin un relais P-R, influencé parle réseau, agissant sur
- (') Lumière Electrique, 21 mai 1910, p. 241.
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- 25 Juin 1910. i</.
- l’excitation du moteur triphasé à collecteur.
- Le groupe égalisateur de charge est placé en parallèle sur le réseau. Pendant les périodes de faible charge, ce groupe tourne à vide n’absorbant que très peu de courant, la machine asynchrone fonctionnant comme moteur et accumulant dans le volant une certaine quantité d’énergie.
- Une pointe de charge vient-elle à se produire — engendrée ici par les à-coups d’un moteur d’extraction triphasé à double collecteur (') — le relais agit immédiatement sur l’excitation du moteur à collecteur K, le
- au réseau l’énergie accumulée précédemment dans le volant.
- On obtient de la sorte un équilibrage des charges sur les réseaux soumis aux à-coups d’un ou de plusieurs moteurs.
- II. — Groupes tampons proprement dits. Ces groupes, placés en série sur le réseau à protéger, sont destinés à parer aux à-coups directs des machines à marche irrégulière, comme les machines d’extraction, de laminoirs, des moteurs de traction.
- Gomme exemple d’application de ces groupes, nous décrirons ceux que la Société
- Centrale
- Fig. i. — I, moteur il double collecteur : le levier H commande le calage des balais mobiles. — II, groupe tampon : le relais R, monté sur le transformateur de courant P, agit sur le transformateur T, qui modifie l’excitation JE du moteur à collecteur triphasé B, dont les bornes K sont réunies aux bagues du moteur d’induction A.
- collecteur de ce dernier moteur joue le rôle de transformateur de fréquence et la machine A, qui travaillait un instant auparavant comme moteur, travaille instantanément comme génératrice asynchrone, restituant
- (') Ces moteurs d’une construction nouvelle peuvent être branchés directement sur les réseaux triphasés à haute et basse tension. Ils comportent, comme les moteurs monophasés système Brown, Boveri, Déri des rangées de balais fixes et mobiles. Le démarrage et le réglage, de la vitesse s’obtiennent simplement par déca. lage des balais mobiles.
- Brown, Boveri a actuellement en construction pour l’Administration des chemins de fer de l’Etat italien.
- On saitque,eli vue de l’Expositionde Turin, le tunnel du Genis sera équipé électriquement.
- Pour éviter que le réseau de force et lumière de la Centrale de Chiomonte sur laquelle sera branchée la sous-station en question soit influencé par les à-coups du réseau de traction, il a été commandé pour cette installation 3 groupes tampons comprenant chacun (voir schéma fig. â) :
- Un moteur asynchrone triphasé à rotor bo -
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (3* Série)/— N° 26;
- biné de % 5oo HP, à 5oo/4c)5 tours, 7 000 volts, 5o périodes;
- Un moteur triphasé à collecteur pour permettre d’obtenir le réglage du^jiombre de
- Un volant de 4‘o tonnes, 4<> 000 PD2, restituant 5o ooo-65 000 HP/sec., soit environ 1 000 HP/min, en supposant que le nombre de tours du groupe tombe de 4<)5 à 4oo tours ;
- 8 a mes collée trices
- A fa Centrale.
- o*AV^“
- 8obinesdeself.
- u à
- «=»ltq
- Volant
- Groupe transformateur
- Câbles d'excitation
- Fig. 2. — A, ampèremètre; V, voltmètre; E1} sibles ; Tlt transformateur de tension ; T2, tr différentiel; R, résistances en charbon pouvant être retirées du circuit; P, parafoudre.
- électro de déclenchement; Eat électro fonctionnant à tension nulle; F, fu ransformateurs d’intensité; S, séparateurs à couteaux; RM, relai à maxima
- tours du moteur ci-dessus, d’environ 20% ( 5oo-4oo) et d’améliorer en même temps le cos f du réseau;,
- Un alteimateur triphasé de 2 000 KVA à 5oo tours, 16, 7 périodes,3 5oo à 3 8oo volts. Voici le fonctionnement de ce groupe tampon.
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- Le réseau de traction est alimenté par l’alternateur à 16,7 périodes et pendant les pointes un relais influencé par le réseau de la centrale agit sur l’excitation du moteur à collecteur. Ce dernier fait tomber la vitesse du moteur asynchrone principal comme le ferait une résistance de glissement, avec cette différence que nous n’avons pas ici de pertes d’énergie, la restitution d’énergie disponible autrefois perdue dans les résistances se faisant ici sous forme mécanique sur l’arbre même du groupe tampon.
- La vitesse du moteur asynchrone tombant plus ou moins, le volant dans lequel est accumulé une grande quantité d’énergie, entre en action et vient en aide aux unités de la Centrale, ou, si l’on préfère, amortit l’à-coup.
- En résumé, ce qui différencie les deux dispositifs d’équilibrage des charges sur les réseaux triphasés à forte variation, c’est d’une part la manière dont sont disposés les groupes, soit en série, soit en parallèle sur le réseau à protéger, d’autre part c’est le mode même de récupération de l’énergie accumulée dans le volant: dans le premier cas la même machine absorbe et restitue tour à tour
- «
- l’énergie enjeu; dans le deuxième cas il existe deux machines distinctes, l’une pour accumuler l’énergie dans le volant, l’autre pour la restituer au réseau de traction (‘).
- Les installations d’extraction ou de laminoirs avec moteurs à courant continu et commandés par groupes tampons peuvent être basées sur le même principe et il n’y a pas lieu de s’étendre sur leur fonctionnement. Le rôle du moteur triphasé à collecteur placé en cascade avec le moteur asynchrone principal consistera . toujours à faire tomber la vitesse de ce dernier, de manière à faire restituer par le volant une partie de l’énergie accumulée. Ici encore on n’a plus à tenir compte de pertes d’énergie dans des résistances de glissement; la récupération d’énergie disponible est complète et enfin le facteur de puissance est égala l’unité.
- A. Reisset.
- fl) En fait, la deuxième disposition n’est motivée que lorsqu’on doit faire une transformation de fréquence, ou de phase, ou de tension, ou de genre de courant, et revient en principe à la précédente si cette condition tombe.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- L’usage des graduations logarithmiques en êlectrotechnique, notamment dans les essais de fer. — O. Weisshaar. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 avril 1910.
- Il y a, en électrotechnique, un certain nombre de lois empiriques qui s’exprimentpar des formules où la principale variable est affectée d’un exposant constant : par exemple, l’exposant 1,6 dont est affectée l’induction B dans la formule des pertes par hystérésis, d’après Steinmetz ; ou encore l’exposant 2 qui joue un rôle correspondant dans l’expression de la perte par courants de Foucault.
- Il est clair que si l’on 'traduit ces lois par des diagrammes,en portant en ordonnées et en abscisses, non pas les variables elles-mêmes, mais leur logarithmes, on aura des lignes droites ; par suite l’allure de ces diagrammes transformés sera beaucoup plus nette que celle des courbes originales.
- D’après M. Weisshaar, ce procédé graphique est d’une telle précision et d’une telle commodité qu’il serait désirable de le voir s’introduire dans les usages commerciaux, pour spécifier nettement, par exemple, la'garantie de perméabilité d’une qualité de fer déterminée.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2* Série).'— N". 26.
- L’ionisation des gaz par voie chimique. — , M. de Broglie et L. Brtzard. — Société Française de | Physique, séance du 3 juin 1910.
- M. de Broglie expose les résultats des recherches qu’il a poursuivies avec M. Brizard et qui les ont conduits à conclure qu’en général le bouleversement moléculaire dû à la réaction chimique, quand il n’entraîne p*is de phénomènes secondaires . (haute température, incandescence, éclatement de surfaces liquides ou solides, etc.), n’a pas tendance par lui-même à produire l’ionisation du gaz environnant (').
- A propos de l’ionisation par combustion, l’auteur signale en outre (2) qu’il a mesuré le rapport des mobilités des ions produits par la flamme de l’oxyde de carbone et des ions produits par le radium ; ce rapport, égal à 1,21 pour les ions -)- et à 1,70 pour les ions, — tandis qu’il est de l’ordre de 1 000 pour les flammes hydrogénées, conduit à regarder les agglomérations envisagées comme identiques.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Nouveau type de réflecteur pour lampe à arc. — K. Hrabowski. — Elektrotechnisçhe Zeitschrift. 6 janvier 1910.
- Ce réflecteur est disjmsé de manière à réfléchir la plus grande quantité de lumière possible de haut en bas, s’opposant ainsi à l’étalement de la lumière dans le sens horizontal : la zone éclairée est alors un cercle dont le rayon est à peu près égal à la hauteur de la lampe au-dessus du sol.
- D’après M. Hrabowski, cette concentration intense de l’éclairement serait obtenue avec une perte de lumière qui n’excéderait pas 11 % , Le réflecteur en question est composé en réalité de deux réflecteurs : l’un en tôle métallique émaillée, l’autre en cristal ; ce dernier est travaillé optiquement avec soin et courbé selon trois surfaces sphériques raccordées entre elles. L’aspect général est celui d’un réflecteur très ouvert, largement dimensionné dans le sens horizontal.
- (')XVoir Comptes rendus, icrjuin, 22 novembre 1909; 18 avril 1910.
- (2) Voir Comptes rendus, 3o mai 1910.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Le tube à vapeur de mercure employé comme parafoudre. — Electrical World, 10 mars 191°.
- M. H. Thomas vient de breveter un dispositif de parafoudre fondé sur l’emploi de tubes à vide, à vapeur de mercure.
- On connecte à la ligne à protéger, par l’intermédiaire d’un interrupteur à étincelles, une série de ces tubes, shuntés par des condensateurs, suivant le schéma de la figure i.
- Fig. 1.
- Employé seul, le tube à vapeur de mercure ne j laisserait pas rigoureusement passer la décharge i pour une surtension donnée ; mais il se prête bien à limiter l’intensité du courant de terre lorsque l’interrupteur à étincelles a fixé la tension du fonctionnement.
- Lorsqu’en effet une étincelle éclate, une tension anormale est appliquée au condensateur dont les bornes sont la ligne et le sol et au circuit monté en parallèle, lequel comprend le premier tube.
- Le condensateur ne peut laisser passer qu’une intensité de courant limitée et si la décharge est suffisante, le surplus traverse le premier tube. Dès lors, les conditions de fonctionnement sont les mêmes pour les tubes successifs, et ils entrent successivement en action, pour redevenir inactifs quand la surtension disparaît.
- L. B.
- TRACTION
- L’électrification de la ligne de chemin de fer Dessau-Bitterfeld. —Heyden. —Elektrotech-nische Zeitschrift, 21 avril 1910.
- La ligne de Magdebourg à Leipzig comporte trois sections principales, délimitées par les points terminus et par les gares intermédiaires de Dessau et de Bitterfeld. A cette dernière station, un embranchement se détache vers Halle.
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- 25 Juin 1910. 'L'-.'-' , REVUE D’ELECTRICITE 3Ô9 ’
- *>L’ensemble de ce réseau, actuellement exploité à la vapeur, est destiné à être électrifié. La première section sur laquelle on introduira la traction électrique est celle de Dessau-Bitterfeld.
- On emploiera le courant monophasé à i5 périodes, io ooo volts, avec retour par les rails, la tension d’alimentation du réseau étant de 6o ooo volts.
- La centrale comportera un générateur de 3 ooo kw Siemens-Schuckert, actionné par turbine à vapeur de l’A. E. G. Le courant, produit directement à 3 ooo volts, sera élevé à 60000 volts par deux transformateurs de 1 85o K. V. A., puis la tension sera abaissée à 10 ooo volts dans une sous-station. Chaque locomotive de train rapide recevra un moteur de i ooo chevaux environ; chaque locomotive de train de marchandises, un moteur de 600 chevaux.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Dispositif Winhey pour la protection des circuits électriques dans les mines. — The Elec-trician, 18 murs 1910.
- Ce dispositif de sécurité, établi par M. W. Wins-boroug, est destiné à rompre les circuits principaux quand se produisent des dérivations vers le sol, causées par le contact d’une personne avec un conducteur sous tension.
- Fig. 1. — Schéma des connexions.
- Une paire de bobines (fig. 1) est enroulée sur un noyau feuilleté D; une extrémité de l’enroulement est réunie au sol, et l’autre à un tableau à fiches, II, qui permet de la relier aux points neutres des alterna-
- teurs Gt G2 ou à un indicateur d<? fuites L, qui renseigne sur l’importance de la dérivation et la localise. Lorsque se produit une fuite à la terre T les bobines D attirent leur armature, et le circuit du relai A se ferme sur la batterie B. A son tour, celui-ci entre en fonctionnement, et un courant alternatif à a3o volts, dont la source est figurée en C, est lancé dans la bobine F, qui, en attirant son noyau, fait basculer les interrupteurs tripolaires E, E2 placés sur les circuits principaux. L. B.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- La soudure électrique et la soudure autogène; leurs applications à la réparation des navires. — A. Scott.— Communication à Y institution of Engineers and Shipbuilders d’Ecosse ; reproduite par l’Electrician, 18 mars 1910.
- L’auteur rappelle d’abord quels sont les deux procédés de soudure électrique. Dans l’un, le plus ancien, la température très élevée de l’arc provoque la fusion et la soudure ; dans l’autre, inventé par E. Thomson (4), on utilise la chaleur Joule dégagée dans la résistance que présente le contact des pièces à souder.
- Le premier mode de soudure a l’inconvénient de modifier, par l’introduction de carbone, les propriétés physiques du fer et de rendre cassante et dure une pièce qui devrait conserver une grande élasticité. Cet inconvénient est évité dans le procédé Kjellberg, utilisé à Gothenburg pour effectuer les réparations des navires.
- On a installé , s.ur un vieux bateau une turbine de Laval qui entraîne deux dynamos à courant continu et une excitatrice. La tension peut varier de t>o à x2o volts. Les câbles pénètrent dans le navire à réparer.
- Le pôle négatif du générateur est relié à une table enclume sur laquelle on pose les deux pièces à souder, après avoir chanfreiné les bords en regard, et on les y fixe à l’aide de quelques points de soudure. Cette opération demande environ une minute. L’ouvrier saisit d’une main, à l’aide de pinces isolées, une barre d’acier revêtue d’une substance fusible et reliée à l’autre pôle du générateur ; son autre main reste libre. L’arc se produit, et la soudure une fois
- (M La Lumière Electrique, 18 septembre 1886.
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- faite, on termine la pièce à l’aide d’outils pneumatiques.
- L’auteur montre, par des chiffres, qu’on obtient de la sorte des résultats satisfaisants, du moins quand la barre d’acier est de bonne qualité. Ces chiffres se rapportent aux valeurs des charges de rupture, élongation, contraction, etc., pour des échantillons non soudés et soudés.
- La vitesse avec laquelle s’effectue l’opération est d’environ a8cm en deux minutes et demie lorsque deux plaques, dont les bords se recouvrent, sont réunies par un filet de soudure, comme on a coutume d’opérer pour les chaudières. Lorsqu’elles sont placées bord à bord, après avoir été chanfrei-nées, on peut, en une heure, opérer la soudure sur une longueur de trois mètres, s’il s’agit de plaques de 9mm,5 d’épaisseur.
- Quelques exemples de réparations montrent qu’on peut employer ce mode de soudure dans des cas fort différents et dans une position quelconque pour l’ouvrier.
- L’auteur signale ensuite la soudure autogène ou au chalumeau oxyacétylénique : l’ouvrier tient d’une main le chalumeau et de l'autre la barre d’acier qui doit effectuer la soudure.
- Comparant les deux méthodes, il observe que la soudure électrique concentre la chaleur en un point, tandis que la soudure autogène échauffe une large surface. La première s’applique dans beaucoup plus de cas que l’autre ; de plus, les essais de résistance qu’on peut faire, l’opération une fois terminée , sont plus satisfaisants.
- Il fait cependant observer l’importance qu’il y aurait pour la pratique à réglementer et les matériaux employés et le procédé d’application. Ce serait la condition essentielle pour obtenir des résultats comparables. L. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Considérations sur la puissance rayonnée par une antenne et sa mesure expérimentale dans un cas particulier. — P. Barreca. — Communication faite au 3“ congrès de la Société italienne pour l’avancement dès Sciences, reproduite parle Nuovo Cimento, novembre-décembre 1909.
- I
- Nous donnons ci-dessous le texte presque intégral de ce travail.
- Les lois mathématiques qui régissent le fonction-
- nement des antennes radiotélégraphiques sont pour la plupart encore inconnues ; en particulier il est impossible actuellement de prévoir comment se comporte, au point de vue de la quantité d’énergie rayonnée, une des antennes complexes de la pratique et de fixer à priori les dimensions convenables. On peut cependant puiser quelques indications dans l’application du principe de similitude d’après lequel, lorsqu’on néglige les résistances ohmiqües, les longueurs des ondes propres de deux antennes géométriquement semblables sont entre elles cômme les dimensions homologues, et les décréments logarithmiques sont les mêmes (').
- L’utilité pratique de la loi de similitude réside en ce que, si l’on possède un album d’antennes nombreuses dé jà essayées "et dont on connaisse toutes les dimensions, ainsi que les mesures expérimentales de la fréquence et du décrément, on pourra construire une antenne avec longueur d’onde etdécrément exactement fixés; en outre, comme on sait, chaque antenne possède en pratique des appareils de réglage dans son fil de terre, pour en changer la fréquence entre certaines limites, en sorte que l’on n’a pas besoin d’une grande exactitude (2). (*)
- (*) Yoir Abraham, Annales de Physique, 1898, p. 442-— Drudf., Annalen der Physik, 1902, 9,p. 293. — Zex-neck, lilektromagnetische Schwingungen und drahtlose Télégraphié, p.S'il.
- (2) L’expression « antennes géométriquement semblables » exige une explication. Chaque antenne est un oscillateur dont une partie est le terrain qui l’entoure et l’autre le pavillon aérien qui est avec lui en bonne com -munication. On peut construire ce pavillon de façon qu’il soit géométriquement semblable à un autre (même pour l’épaisseur des fils), mais l’expression « géométriquement semblables » appliquée à deux zones du terrain avoisinant n’est pas claire par elle-même. Elle est toutefois exacte. Il faut, à la vérité, distinguer dans l’espace avoisinant, la « région de la pure propagation » ( IVel-lenzone des Allemands) de l’espace adjacent à la station, lequel fait partie de l’oscillateur aérien-terre et fonctionne principalement par le diélectrique de son condensateur et par le milieu magnétique de sa self-induction, c’est à dire qu’il est en réalité partie constitutive de l’appareil. On fait entre elles une distinction nette en appliquant le théorème de Poynting parce que dans la « région de la pure propagation » un élément de surface (fixe dans l’espace) est traversé par l’énergie toujours dans un sens (la force électrique et la force magnétique changent de direction en même temps), tandis que dans la « région de l’oscillateur » ou « région de la génération », suivant les mouvements complexes des lignes .de force, l’énergie passe alternativement dans des sens opposés (avec prépondérance de celle qui s’éloigne).
- Si les pavillons aériens sont géométriquement sem-
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- En ce qui concerne la quantité d’énergie qu’un aérien donné peut irradier, une indication plus transparente du décrément logarithmique est donnée par ce qu’on pourrait appeler pouvoir irradiant de l’antenne et ce que nous définissons: la puissance irradiée qui correspond à un ampère efficace circulan t continuellement dans le ventre. Montrons d’abord qu’en divisant la puissance W irradiée (avec des oscillations permanentes sinusoïdales pures ) par le carré du courant efficace mesuré dans le ventre, on obtient la constante caractéristique prédite :
- W
- II suffit de remarquer que, quand notre oscillateur vibre avec plus ou moins d’intensité, W et 1 changent,mais que la forme géométrique de ses tubes de force électriques et magnétiques à des instants correspondants de la période ne change pas. L’énergie emmagasinée à des instants correspondants dans un même tube électrostatique est donc chaque fois proportionnelle au carré de la différence de potentiel électrique à ses extrémités à l’instant considéré; or la valeur efficace de cette différence de potentiel est proportionnelle à la valeur efficace du courant; de déplacement correspondant dans le tube. De même l’énergie existant en un même instant et dans un même tube de force magnétique dans les deux cas est certainement proportionnelle au carré de la force magnétique et, par conséquent, également proportionnelle au carré du courant correspondant à cet état du tube (dans les conducteurs, dans la terre et dans les tubes de l’air avoisinant comme courant de déplacement), étant donné que ce courant produit les forces magnétiques avec distribution identique dans le temps et dans l’espace, dans les deux cas.
- Il s’ensuit que l’énergie mise en jeu dans une période entière est toujours proportionnelle à I2, I étant le courant mesuré en un point arbitraire, mais invariable de l’oscillateur.
- Si nous choisissons ce point dans une section de la partie métallique filiforme et mieux encore dans
- blables ils intéressent, comme des régions de génération, les espaces situés au-dessus des surfaces terrestres géométriquement semblables.
- Les ondes de la pratique dépassent actuellement, rarement, akm de sorte que, dans la région de génération, on peut considérer la terre comme plane.
- le ventre de courant, il est plus‘ facile de mesurer pratiquement le courant correspondant I„.
- Le rapporta a ordinairement les dimensions d’une résistance. Démontrons qu’il ne varie pas dans des antennes géométriquement semblables, mais exposons d’abord une autre considération. Soient deux oscillateurs géométriquement semblables ; distinguons par les indices i et a les grandeurs physiques analogues en des points homologues et à des instants homologues (c’est-à-dire à des instants correspondants des deux périodes). Soient mt et 77i2 deux dimensions homologues : je dis que si nous les faisons vibrer de manière que E, = Eâ, on a aussi II, = H2 et réciproquement, les E désignant les forces électriques, et les H les forces magnétiques.
- En effet, traçons dans les régionà avoisinant les deux oscillateurs deux circuits de forme arbitraire,
- semblables dans le rapport —, semblablement dis-
- 11% 2
- posés et infiniment petits; soient c(, j2 /2, leurs surfaces et leurs longueurs. Appliquons la loi du circuit :
- d H * dt
- E
- où A est l’inverse de la vitesse E de la lumièré.
- f1' E cos e dlx Puisque : rot, E = —---------------,
- fl~ E cos e dl2
- rot, E = _!--------------
- a2
- e étant l’angle de E avec l’élément linéaire, et puisque E et s sont les mêmes en des points homologues, il s’ensuit que :
- /dll\
- \~cTt m2
- / d\ \ \ 7711
- \ dt )2
- Or, si li et t2 sont les temps écoulés à partir des origines des périodes respectives jusqu’aux instants correspondants, on aura, puisque f, et t2 se correspondent :
- dt2 7712
- dt\ 777,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. X (2« Sériej
- ce qui, comparé à l’équation qui précède, donne :
- dt Ji dt) 2
- dt<% dtt
- et par suite H, = II2, ce qu’il fallait démontrer. Pour la réciproque, on peut utiliser l’autre loi de circuit, c’est-à-dire :
- rrdE 1 „
- K —— = — rot H. dt A
- Nous pouvons maintenant démontrer que le pouvoir radiant ne varie pas dans des antennes géométriquement semblables. Faisons-les vibrer comme les deux oscillateurs précédents; les énergies contenues dans les espaces avoisinants à des instants homologues sont les intégrales du volume de la K u.
- fonction — E2 -|- — H2 et, par suite, sont entre
- o X oX
- elles comme les cubes des dimensions homologués (*).
- D’autre part, les courants de déplacement aux points et aux instants homologues sont, entre eux,
- m1 . , , . , K^E
- comme ---- parce que leurs densités --— varient en
- 1 fadt
- raison inverse des dimensions homologues), tandis que les sections des tubes de force électrique géométriquement semblables varient en raison directe des carrés de ces dimensions. C’est de la même façon que varieront les courants de la partie métallique qui en sont la continuation, mais la fréquence n varie en raison inverse des dimensions homologues, donc : y
- n X énergie par cycle
- as=z
- carré du courant dans le ventre
- est indépendant des dimensions.
- A: '
- Puisque Wc comprend la puissance irradiée et la puissance consommée par effet Joule dans le système formé de l’antenne et de la terre de la zone de génération, on a :
- We
- T 2
- où /• est la résistance ohmique (à haute fréquence et avec les courants non stationnaires). Des occupations ultérieures m’ont empêché de suivre le développement entier de ce plan et conduit à limiter mes expériences à une seule antenne que j’indiquerai plus loin.
- La valeur du pouvoir radiant et la démonstration de son existence dans le cas particulier d’un dipôle, ou oscillateur de Hertz peuvent s’obtenir imtnédia-ment comme le fait R. Rüdenberg (*). Hertz (Aus-
- breitung, etc., p. 160) calcule par
- it* E2 P 3 À3
- l’énergie
- irradiée avec des oscillations persistantes dans une demi-période ; E est la charge maxima instantanée, l la distance entre les centre des sphères, X la demi-longueur d’onde. Si nous multiplions par le double de la fréquence afin d’avoir la puissance et si nous désignons alors par X la longueur d'onde entière, nous trouvons :
- 16 tt* E2/2 3 AX4 ’
- où A est l’inverse de la vitesse de la lumière. Le courant est stationnaire, ou à peu près, dans cet oscillateur, et sa valeur efficace est :
- lefl’.
- v/a F
- 2
- •k y/aE ~ÂX~
- ¥ *
- Ce qui suit est un exposé dés recherches expérimentales que je me proposais de faire, dans le but d’acquérir une notion quantitative des pouvoirs radiants de nombreux types géométriques d’antennes, et par la voie la plus .directe possible, c’est-à-dire en mesurant directement la puissance W,,, fournie à l’antenne (par des oscillations persistantes et sinusoïdales pures) et le courant correspondant lv dans le fil de terre.
- (4) K = pouvoir inducteur spécifique; (J. = perméabilité magnétique.
- de sorte que la puissance devient :
- tc2A T2) Peff' = (ohm 790 5?) Peff-
- Dans son remarquable travail, Rüdenberg propose de mettre à profit ce résultat en comparant empiriquement les antennes radiotélégraphiques (bien
- (*) R. Rüdenberg. Der Empfang elektrischer Wellen in der drahtlosen Télégraphié.Annalen der Physik, 1908,
- t. III, p. 446.
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- qu’elles aient des courants non stationnaires), à des dipôles dont on fixe la hauteur au jugé (').
- Par exemple, si une antenne présente un grand épanouissement supérieur, on peut facilement admettre qu’elle fonctionne comme moitié d’un dipôle dont la sphère supérieure est à une distance du milieu égale à la distance de l’épanouissement à la terre.
- . Pour certains aériens (par exemple un aérien triangulaire), il semble difficile de pouvoir déterminer la longueur du dipôlede façon à obtenir l’équivalence.
- Pour un aérien à simple fil vertical (peu usité du reste maintenant) et dans lequel le courant est très loin d’être stationnaire, la comparaison avec le dipôle ne peut se faire que moyennant un artifice, en tant que l’énergie émise par un aérien de ce genre est connue par un autre procédé. Neanmoins (dans les cas où elle est applicable) cette méthode de Rüden-berg a de l’utilité parce qu’elle est préventive et applicable à des aériens dont on n’a pas expérimenté le géométriquement semblable.
- Pour l’exactitude,, au point de vue littéral, il faut noter que le procédé de Rüdenberg est en apparence légèrement différent de celui qui est exposé. Il écrit pour un dipôle ou oscillateur de Hertz l’équation, à une légère variante près :
- d*q
- D^ + L^
- +
- r, dq 1 1
- ræ + c?
- dans laquelle les trois derniers termes sont analogues aux termes bien connus de l’équation de Kelvin et dont le premier concerne l’irradiation.
- D est une constante convenable. En intégrant cette équation pour des oscillations persistantes on obtient une fonction sinusoïdale ; il s’ensuit que le premier et le troisième termes sont tous les deux des produits de constantes par des cosinus et peuvent (grâce àdes transformations analytiques convenables sur leurs coefficients et à la considération de la fréquence») être intégrés, c’est-à-dire que, dans l’équation finale, reste sommée avecle coefficient R, unecertaine expression constante due à la radiation. Il y a donc dans le dipôle une constante carastéristique de ce dernier phénomène et qui a les dimensions d’une résistance ; on peut la calculer en déduisant D de l’expression de Hertz précitée.
- (')jLes autres dimensions du dipôle (par exemple les rayons de sphères) doivent lui donner la fréquence voulue, ce qui sera toujours possible si, dans la fixation de la hauteur, on n’a pas dépassé la limite 1/2 X comme il est naturel.
- II. — Méthode et appareils employés.
- J'ai fait usage de la même lampe de Poulsen que dans une étude antérieure (*) ; cette lampe étant alimentée avec de l’hydrogène carburé par gargouillement dans la benzine.
- La tension continue était de 240 volts et la consommation de 7 ou 8 ampères. Le champ magnétique transversal de la lampe était d’environ 3 000 gauss.
- Le condensateur primaire était à lames de verre garnies d’étain ; la self-induction primaire était constituée presque exclusivement par le primaire du transformateur à haute fréquence, parce que les conducteurs restants étaient très voisins l’un de l’autre.
- Du circuit oscillant primaire faisait partie un ampèremètre à fil chaud (type industriel de 5o ampères).
- O
- Fig. 1.
- Le circuit oscillant secondaire était formé d’une antenne à T représentée dans le dessin (fig. 2) et reliée au transformateur, à un ampèremètre à fil chaud A et à la terre, comme le montre la figure 1.
- Le transformateur de Tesla était formé de deux noyaux parallélépipèdes àbase carrée, de bois paraffiné, d’environ im de hauteur (côtés, respectivement 40 et 3o cm.). Sur le premier étaient fixées 16 spires de câble de cuivre à 7 fils revêtu de caoutchouc et
- (l) Atti dell'Associazione elettrotecnica italania, 1907, p. 490-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. X (2* Série)
- N* 26.
- sur l’autre des spires d’un câble analogue. Des contacts à mâchoire permettaient de prendre sur le premier et sur le second le nombre de spires que les deux circuits exigeaient pour avoir la fréquence voulue et en même temps être syntonisés.
- Le noyau interne pouvait, grâce à des poulies et à des contrepoids, être plus ou moins enfilé dans l’autre afin de varier lé degré d’accouplement; celui-ci était toujours tenu assez faible pour que le cymo-mètre muni d’un révélateur sensible (centiampè-remètre à fil chaud) indiquât dans le fil de terre pratiquement une fréquence unique.
- Dans la figure i, les lettres G représentent des petits condensateurs réglables à air (petits disques métalliques de 5°"' de diamètre); ils servaient à raccourcir convenablement les abscisses et les ordonnées des diagrammes lumineux afin de leur donner des dimensions convenables.
- sateur donne la puissance circulant dans l’oscillateur primaire (*). En faisant deux mesures (W, et Ws) avec et sans aérien (si l’ampèremètre primaire indique un même courant oscillant ou si nous ramenons à ce cas), on a Wr = W, — W2.
- La machine électrostatique était continuellement tenue en mouvement par un moteur électrique et échauffée par une étuve électrique ; les constantes du tube étaient déterminées chaque fois séparément. Tout le dispositif des expériences était dans une guériie en bois au pied du poste radiotélégraphique de l’arsenal de Spezia.
- Pour relever les diagrammes, je n’ai pas pu me servir de la photographie parce que les images lumineuses, même quand elles étaient nettement visibles à l’oeil nu, n’étaient pas suffisamment intenses pour être photographiées à l’extérieur du tube, même avec une très longue durée de pose.
- Jtjj secondaire .
- I ' '*• ' ' ’ • ' ’ ’ y *
- Les deux paires .d’électrodes deviatriees étaient dans le tube à une distance de 6 ou 7e”1 l’une de l’autre; l’une d’elles était formée de petites plaques intérieures, l’autre de lames d’étain collées sur le bulbe (environ 1 dm2, avec rubans d’étain pour les connexions). Le tube était alimenté par une petite Wimshurst à deux disques, qui, lorsque le temps étaitcalme, donnait sur l’écran un petit point bleu de amm de diamètre.
- Le tube était relié à la machine par l’intermédiaire d’un nombre variable de petits tubes à vide formant rhéostat, sans lesquels il arrivait souvent que la machine, qui était de petite puissance, fonctionnait en quelque sorte en court-circuit.
- Le tube était revêtu d’étain relié à l’anode et au point P de la figure 1.
- L’aire du diagramme obtenu sur l’écran avec les connexions de la figure (dues à H. Barkhausen) multipliée par la fréquence et par la capacité du condèn-
- En conséquence, j’ai disposé derrière le fond du tube.un châssis de lames de mica, et à 3oCBl de ce châssis une lunette.
- En me plaçant par derrière, je projetais sur le mica la courbe lumineuse en l’y gravant avec une plume de verre dont j’avais rendu visible la pointe polie par l’artifice des fontaines lumineuses (petite lampe dans le manche).
- Je répétais mes dessins de diagramme, tandis qu’un aide lisait les ampèremètres de terre et de l’oscillateur primaire.
- (') Autant que je puis le savoir, mes expériences sont les premières dans lesquelles on ait effectivement réalisé une pareille mesure. Une exécution indirecte a été faite par le Pr Simon quand il a relevé dans un arc Duddel avec un oscillographe double les grandeurs qui correspondent aux abscisses et (aux ordonnées et les a ensuite coordonnées graphiquement. Zur théorie des selbsltônen-denLichtbogens.ElefdrotechnischeZeiischrift,iÿo,],\>.vÿ!).
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- 405
- Il convient d’insister particulièrement sur la pureté des oscillations sinusoïdales employées.
- III.' Au sujet de l’absence d’harmoniques.
- En adoptant des capacités plutôt petites (et des self-inductions plutôt grandes) je limitais l’ampérage primaire oscillant qui, comme on sait (par exemple d’àprès mon travail précité), croît lorsque la capacité de l’oscillateur, pour une fréquence donnée,augmente. De cette façon l’on pouvait obtenir des courants sinusoïdaux ou des oscillations dites de première espèce (*) qui convenaient à ma mesure et qui en outre étaient exemptes d’harmoniques ou en avaient de très faibles. En réalité, la résistance
- apparente d’un oscillateur «n L — —
- as nC
- (qui
- est zéro pour sa fréquence propre) a pour toute harmonique d’ordre donné (c’est-à-dire de fréquence donnée) une certaine valeur ; cette valeur, si la fréquence de l’harmonique reste constante, croît lorsque L croît et que G diminue.
- L
- L’oscillation est donc d’autant plus pure que est
- VJ
- plus grand.
- Dans mon cas, je constatai la pureté suffisante des vibrations en approchant du générateur un cymo-mètre connecté à un révélateur pas trop grossier (centi-ampèremètre à fil chaud), qui résonnait pour une seule fréquence nettement définie. Au contraire, toutes les fois que je voulais produire des courants oscillatoires accompagnés d’harmoniques plus ou moins fortes, j’arrivais facilement à mettre ceux-ci en évidence par le meme moyen; il suffisait d’employer une capacité grande par rapport à la self-induction et de manœuvrer le rhéostat à courant continu, de
- Fig. 3. — a ,b, c.
- façon à la limiter dans la lampe. Les harmoniques que j’obtenais le plus facilement étaient celles de fréquence double et quadruple, ce qui est naturel, parce que les harmoniques égales, qui existent toujours dans la tension à l’arc et qui représentent la dissy-
- f1) H. Barkhausen.-Das Problem des Schwingungser-zengung etc. —A. Blondel. Sur les phénomènes de l’arc chantant, Lumière électrique, juillet igo5, p. $i.
- métrie due àson hystérésis, doivent tendre à donner des courants de la même fréquence, ou tout au moins de fréquence voisine, dans le circuit oscillant. Je donne un exemple de vibration avec harmonique :
- Capacité 0,00948 microfarad. — Je n’employais pas d’aérien. — Le cymomètre (employé comme il est dit ci-dessus) a donné dans des lectures successives alternées ces deux indications :
- X, — 470 — 470— 5io— 46° (moyenne 480“)
- — 235 — 240— 25o— 23o (moyenne 23gm)
- Le rapport des amplitudes variait de i,5 à i,3.
- Dans les conditions des expériences définitives même une harmonique de courant qui aurait été 5 % du courant fondamental aurait été relevée.
- En ce qui concerne la pureté constatée, il s’agit seulement des courants [i) et des tensions au condensateur et à la self-induction, lesquelles étaient sinusoïdales :
- Il ne s’agit pas de la tension aux pôles de l’arc, qui est toujours dotée d’harmoniques intenses.
- Cette dernière distinction résulte des diagrammes obtenus (fig. 4 et 5) ou mieux de ceux de la figure 3 qui se prêtent à des considérations plus simples (•). C’est suivant la verticale de la feuille de papier que les électrodes étaient connectés à l’arc.
- Ces derniers, étant en forme de huit, sont (plus ou moins exactement) des courbés de Lissajous pour un intervalle d’octave et montrent que la tension à Varc présentait une harmonique double prépondérante, relativement à la tension du condensateur [etpar suite par rapport au courant). Non pas que dans celle-là l’unisson à la note fondamentale eût manqué complèteinent et qu’alors dans le cas de courant pur le travail de l’oscillateur aurait été zéro et les cycles égaux, mais il n'était pas notable parce qu’il ne déplaçait pas beaucoup le point de croisement le long de l’horizontale. Du reste, par des constructions graphiques on pourrait, à l’aide des diagrammes 4 et 5, en partant de la sinusoïdalité du mouvement horizontal, construire facilement la courbe de la tension à l’arc et la décomposer ensuite pour avoir deux ou trois termes de la série de Fourier.
- C) Ces derniers sont des diagrammes relevés à des époques et dans des conditions diverses; a et b sont calqués sur le mica correspondant, c estun croquis recueilli sur le journal des expériences.
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- Dans le diagramme b, la différence de pha^se des deux mouvements est environ zéro (1/2 période de la plus lente). Les harmoniques égales représentent l’hystérésis de l’arc.
- IV. — Mesures.
- J’ai fait vibrer l’aérien de la figure a pour une longueur d’onde d’environ 700“ en prenant comme spires secondaires du transformateur de Tesla dont j’ai parlé un peu moins de ao spires.
- L’accouplement était faible, de manière à obtenir pratiquement sur l’antenne une fréquence unique; en outre, j’avais soin de ne pas produire d’harmoniques, ainsi que je l’ai déjà dit.
- Dans ces conditions, l’antenne était modérément excitée et un tube à vide placé dans ses environs ou
- en contact avec elle ne brillait pas tout à fait. Je rapporte deux séries d’expériences :
- i10 Série (8 mai 1909). — Capacité primaire, 0,001649 microfarads. Spires primaires du jigger 10. Spires secondaires 19,75.
- Longueur d'onde mesurée sur le primaire, 73om très nettement indiqués (n = 411000). — Pas d’harmonique. — Sur l’antenne, résultats identiques. J’ai relevé les six diagrammes de la figure 4 remarquables par la forme à trois boucles ; à droite de la plus petite boucle, il y avait toujours une tache allongée (environ 5mm de longueur dans, les petits diagrammes, jusqu’à 9mm dans les grands) qui semblait une autre boucle écrasée. Puisqu’il m’importait chaque fois de relever soigneusement l’aire comprise dans le diagramme, je n’ai pas tracé sur le mica ces prolongements à aire zéro; je me suis contenté d’estimer à l’œil leur longueur.
- Les aires des diagrammes, à première vue, ne suivent pas line loi simple; des mesures avec aérien don-
- nent une surface inférieure aux mesures sans aérien.; cela vient de ce que l’irradiation affaiblit l’amplitude des oscillations primaires. En ramenant par le calcul toutes les aires à une lecture de ao ampères primaires apparents, on a des nombres bien concor- ‘ dants dont les moyennes sont :
- x Sans aérien............... 6amm2,q
- Avec aérien.......... iaomm2
- Le procédé de réduction des aires suivant les
- carrés des courants ne peut laisser de doute puisque, toutes choses égales d’ailleurs, la proportionnalité des courants primaires aux secondaires résulte de diverses considérations. Par exemple, on peut noter que, l’oscillateur secondaire étant en résonnance avec l’autre, amplifie ses propres oscillations jus-, qu’au point où il a dans une période une déperdition d’énergie égale à ce qu’il reçoit dans le môme intervalle de temps. f *
- Mais déperdition aussi bien que production (par voie d’accouplement inductif électrocinétique) s’effectuent suivant les carrés des courants correspondants, elles sont donc proportionnelles entre elles. Avec cela, nous supposons que (au moins avec une approximation suffisante), les pertes de l’oscillateur primaire (représentées par les aires correspondantes
- ^ V
- 4-
- croissent, elles aussi, comme les carrés des courants et.des tensions, ce qui ne sera pas très éloigné de. la vérité puisque ces pertes se produisent par effet Joule dans les fils et dans l’étain du condensateur, par irradiation du primaire (1) et par l’hystérésis diélectrique. Or, même si celte dernière avait dû apporter une petite modification de la loi avec exposant a, en passant parle calcul de i5 ampères ou plus à ao, (deux lectures seulement ont donné des chiffres moindres), la chose sera acceptable.
- On obtient comme constantes du tube les suivantes :
- Par trois déterminations sur les grandes élec-volt
- trodes, 96,9---
- mm.
- Par trois déterminations sur les petites élec-
- . „ volt
- ti*odes,ao,9 --
- ‘ mm.
- les électrodes étant connectées avec l’arc.
- En sorte qu’un millimètre carré de l’aire valait" a 608,7 volts carrés.
- Donc les pertes primaires W, pour ao ampères apparentes étaient :
- volt2
- nC X2609-------- X 6ama>2,9 = 411 000 X 0,001 649
- mm2
- X 10—6 farads X 6a,9 X 2609 = iu,a W.
- (*) Même sans équipement complet, c’est-à-dire avec l’oscillateur primaire fonctionnant seul, une station placée à petite distance pouvai t percevoir les oscillations.
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- vm
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- et avec le même courant primaire mais avec l’aérien en action, on développait au contraire
- 411 oooXo,ooi 649X io—s X 2609 X 120 = su 2,2 W.
- La différence: 101 watts représente la puissance irradiée (et en partie consommée par effet Joule de l’oscillateur secondaire) dans les instants où travail-laiënt les appareils ; l’ampèremètre primaire marquait 18,70 ampères apparents, quand celui de terre marquait 2,31 ampères apparents (moyenne de 5 lectures), c’est pourquoi la puissance de 101 w. se rapporte à un courant apparent de 2,47 au ventre.
- Puisque le tarage à haute fréquence (428 000) de l’ampèremètre employé donnait comme coefficient de correction 1,1 (’), nous devions admettre 2,72 ampères pour le courant de terre.
- Il aurait été intéressant de connaître quel accroissement doit subir ce chiffre du fait des arrêts de fonctionnement et s’il existe {-) de ces arrêts.
- Fig. 5 .
- Or, c’est rarement et avec difficulté que j’ai réussi
- à voir dans le diagramrhe à boucles même le peti1 point lumineux au repos (voisin du point d’intersection).
- Cela montre que quelquefois il y a eu, certainement, des arrêts, mais cela semble être aussi un indice que, la plupart du temps, ces arrêts manquaient ou qu’ils étaient trop courts pour impressionner l’écran.
- Le petit point lumineux n’aurait-il pas passé inaperçu parce qu’il serait arrivé exactement sur le petit trait lumineux du cycle? Cela ne semble pas très probable. Nous avons, de par nos expériences mêmes, des raisons pour soutenir qu’avec les oscillations de première espèce et peu intenses que nous utilisions, ces arrêts, s’il s’en produisait, étaient de durée relativement courte. Etant constatée l’absence d’harmoniques dans le courant primaire, il est légitime d’appliquer la formule des courants sinusoïdaux :
- Iejr. = 0,707 X 2tc«CV mox*
- à la largeur de nos diagrammes, qui représente précisément le double de la tension instantanée maximum au condensateur. Appelant donc r la constante 96,9 volts par millimètre déjà connue, et tenant compte des « queues » à ajouter aux diagrammes de la figure 4 dans la mesure indiquée on a les ampérages efficaces vrais en multipliant par
- (1) Ce fait singulier qu’un ampèremètre à haute fré-
- quence marque moins qu’il n’est vrai était dû au fait que le shunt intérieur de l’instrument (en fil de cuivre) était en fil fin. Le fil chaud était divisé en plusieurs parties parcourues en parallèle par le courant.
- (2) Il semble que, dans ce cas, le courant oscillatoire de la lampe Poulsen n’est pas produit de façon absolument continue, mais avec des interruptions. Fleming, pour mettre ces faits en évidence, fait tourner rapidement un tube à néon dans le voisinage de l’oscillateur [Jahrbuck filr drahtlose Télégraphié and Telephonie, 1908, p. 86) et dans le disque lumineux décrit on distingue alors quelques secteurs obscurs. Cette expérience ne prouve toutefois pas qu’il existe de véritables arrêts à proprement parler, parce que les secteurs obscurs pourraient aussi correspondre à des vibrations peu énergiques, inférieures à la limite nécessaire pour l’allumage du tube. On peut admettre que ces arrêts sont dus plutôt à des irrégularités de fonctionnement (au moins dans certains cas) et ils peuvent être éliminés par une méthode convenable ; cela résulte du fait que Kiebitz (Elektrotechnische Zeitschrift 1909, p. 22) en répétant l’expérience précédente de Fleming (fréquence non élevée) a obtenu un disque lumineux. En augmentant la vitesse à 40 tours par seconde, on séparait les demi-oscillations sans relever d’arrêts d’aucune sorte.
- 1
- — r
- 2
- ITZnC . 0,707 = 0,707 X 3,14 X 96,9
- X 4i1 000 X 0,001 649 X
- 0,1
- 459
- amp. efï.
- mm.
- En faisant ces produits, on trouve des chiffres assez voisins de ceux qu’indiquent les mesures, et par suite les arrêts, s’il y en avait, ne seraient pas (avec nos oscillations faibles et de première espèce) notables.
- IIe série (14 mai 1909). —Même capacité que dans la série précédente. —~h — 7i5m nettement marqués. — Pas d’harmonique. — Dans le fîl de terre se trouvait (avec bobine mobile arrêtée) un électrodynamomètre qui avait été intercalé pour tarer directement l’ampèremètre de terre; pour augmenter suffisamment la sensibilité de l’électro-dynamomètre, j’avais ajouté même quelques spires de câble fixées au support. Dans ces conditions, pour rétablir la syntonie des deux circuits, il fut nécessaire de diminuer le nombre des spires secondaires du transformateur Tesla en les portant à 7. Accouplement léger
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- sur le fil de terre X = 715™. Pas d’harmonique., L’ampèremètre de terre donnait des indications qui, pour 20 ampères apparents primaires, correspondaient à 2,47 apparents, n =419000. J’ai relevé les quatre diagrammes de la figure 5 qui présentaient aussi la tache à queue (c’est peut-être quatrième boucle écrasée) dont j’ai fait mention dans la série précédente'et qui allait ici d’une longueur de 8 à une longueur de iomm environ.
- Les aires ont toujours été planimétrées plusieurs fois en prenant la moyenne de toutes les mesures et en tournant le long du contour dans un sens unique, de façon à obtenir directement la somme algébrique des surfaces des boucles. Les constantes du tube (moyenne de trois déterminations) furent les suivantes : aux électrodes reliées au condensateur avec i o3i volts efficaces, c’est-à-dire avec un double maximum instantané de 2 908 volts efficaces, . volt
- on avait 2qmm et par suite 100,3-----—. Aux petites
- J mm.
- électrodes, avec 5i6 volts efficaces, c’est-à-dire avec
- un double maximum instantané de 1 456 volts, on a
- volt
- eu 3imm,5 et par suite 46,22 ——.
- mm.
- On avait recherché la sinusoïdalité de ces tensions, suffisante pour notre but, grossièrement à l’oscillographe Blondel et ensuite plus exactement en faisant agir (sans l’intermédiaire des petits condensateurs de réglage représentés figure 1) une tension continue, périodiquement inversée d’environ 3oo volts et une tension alternative ; il en résulta que les deux constantes, ainsi calculées, différaient de 3 à 4 % environ, ce qui est acceptable, car nous ne pouvons pas prétendre à une précsion bien plus grande que dans la mesure de W.
- Un millimètre carré valait donc 4 638 volts2.
- Les moyennes obtenues sont :
- Avec aérien mm2 62,8 ± 4 %
- Sans aérien — 30,76 ± 4 %
- aussi concordant, ce qui prouve que la différence était tout entière due au réglage différent d’un des petits condensateurs du tube de Braun. •
- Mais le même accord si parfait des résultats des deux séries doit être en partie fortuit, malgré tout le, soin que j’ai apporté à l’exécution des expériences si l’on pense aux nombreuses mesures de caractère différent qu’il a fallu faire'pour se procurer les données nécessaires. En effet, la détermination résulte par différence de deux autres, dont chacune est du type :
- n X G X aire X X r'.
- Il n’est pas très probable que les erreurs commises dans la mesure de ces facteurs s’ajoutent toutes, mais cela est possible; si nous estimons séparément au jugé toutes les erreurs éventuelles, nous arrivons à la conclusion qu’il est possible que Wc soit erroné de 15 à 20 % .
- Quant à l’ampérage de terre de la a* série, il <est encçre de 2,47 apparents et de 2,72 effectifs; il es vrai que je n’en ai fait qu’une détermination unique (moyenne de 5 lectures) pour les deux séries.
- Les courants calculés (d’après les largeurs complètes des diagrammes, queues comprises) en les multipliant par :
- 1 volt
- - r. 2TCrtL X o,7<>7 — 0,707 X 3,i4 X ioo,3 ---
- 2 mm
- X 41900° X 0,001649 X 10-6
- 0,1549
- amp. eff. mm.
- coïncident à peu près avec les lectures faites avec ou sans aérien équipé et confirment que, dans notre cas, s’il y avait des arrêts, ils n’étaient pas grands.
- Même les valeurs des courants de terre (à cause de la nécessité du tarage et de l’imperfection de l’immobilité de l’instrument durant les lectures) peuvent être affectées d’une erreur possible maxi-
- We
- muni de 5 % peut-être. Le rapport £ est donc incertain à 20 -f- 2 X 5 = 3o % environ.
- V. — Résultats.
- dont la différence, soit 35mm2, est la valeur de la puissance passée à l’antenne et qui est :
- volt2
- 4iQ000 X o,ooi 649 X io-° X 4689---------
- v ’ mm
- X 32m,n2 = 102,5 W.
- \
- Il est remarquable qu’une aire très différente de celle de la série précédente conduise à un résultat
- Avec 19 spires 3/4 du transformateur Tesla décrit, la somme de la résistance ohmique et du pouvoir radiant du système antenneterre était i3 à 14 ohms = ±3o % . Pourjdes antennes géométriquement semblables, la partie non ohmique reste invariable parce que, dans la mesure de l’approximation, lethéorème établi pour des antennes non résistantes, géométriquement semblables, seraapplicable.
- G. B.
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- 25 JuinlMoK " '^:v. :-' >7
- t îf^ r; W ? :f .‘ï» *^r»a ;
- REVUE D’ÉÙECTRÎqiTÉ
- 409
- BREVETS
- Dynamo à collecteur avec enroulement ouvert. — Compagnie Française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — N° 410922, publié le 2 juin 1910.
- Il s’agit ici d’une solution donnée au problème du onctionnement à force électromotrice constante, et avec une bonne commutation, des turbo-généra-teurs, où généralement des machines à grande vitesse.
- Cette solution, système Girault, comporte une dynamo à courant continu, excitée d’une façon quelconque, dont l’enroulement ouvert, c’est-à-dire dans lequel les sections d’induit dont les extrémités sont sous les balais sont seules actives et parcourues par le courant, la différence de potentiel entre balais étant engendrée tout entière dans chaque section d’induit au lieu d’être produite par mise en série d’une section sous balais avec d’autres qui n’y sont pas encore.
- Cétte machine ressemble donc, à ce point de vue, aux anciennes machines à induit ouvert (Brush, Thomson, Anatole Gérard), mais l’induit est divisé en un grand nombre de sections (comme dans les dynamos modernes ordinaires) aboutissant à un collecteur divisé, les extrémités des sections actives reliées au collecteur étant mises en parallèle par les balais.
- La commutation, de ce fait, est améliorée grandement par rapport à celle des anciennes dynamos à induit ouvert par suite de la supériorité du collecteur divisé sur le redresseur à coquilles.
- L’enroulement d’induit est composé de sections telles que celles représentées figure 1 ou figure 2. Les sections représentées figure 1 sont dites bipolaires parce qu’elles sont dans le champ des deux pôles consécutifs. Si B est l’induction dans l’entrefer, n le nombre de conducteurs constituant la section,/la longueur du pôle suivant l’axe et v la vitesse du conducteur, on sait que la force électro-motriee produite est :
- E = B Inv 10—8.
- Si la machine est multipolaire, il peut y avoir avantage à employer les sections multipolaires telles que figure 2, qui produisent le voltage voulu avec des conducteurs répartis dans tous les champs de manière que, comme dans les enroulements ondulés ordinaires, les différences entre les champs des
- divers pôles ne produisent pas *d’effets nuisibles.
- Dans les figures 1, 2, 3, on a représenté des sections de pas diamétral. On verra plus loin qu’il peut être différent.
- N
- t"
- [] []
- iD Ot'
- Fig-, 1.
- On a représenté à titre d’exemple, figure 3, un schéma d’enroulement d’un induit multipolaire avec bobines bipolaires.
- ’[] s[] -G s[]
- Fig. 2.
- Soit une section quelconque active allant de la lame du collecteur i! à la lame i2. Dans la figure, cette section comporte 4 conducteurs actifs a, b et c, d, mis en série par des développantes a, p, de t b, nii, c. Si le passage d’un conducteur sur le pôle donne 10 volts, la machine donnera donc 40 volts entre les balais B! et B2. On a représenté en traits pleins les conducteurs placés en haut de l’encoche, dans le noyau d’ifiduit, et en ponctué les conducteurs placés au fond de l’encoche. L’enroulement représenté donnera 4 conducteurs par encoche.
- On a représenté de même la section 3, 32. Comme on voit, la section 3; 32 et la section ij i2 sont en parallèle, grâce aux balais B,, B2, et il en est de même pour les sections de 1 à 7 sous chaque balai. La section 7 entre sous le balai et la section 1 va en sortir.
- Pour utiliser au mieux l’induit, on placera de même, sous les autres pôles, des sections identiques, par exemple la section i2, i3, et l’on remarquera que la section 11, i2, aboutissant à”là même lame du collecteur que la section i2, i3, toutes les
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- 440 LA LUMIÈRE ELECTRIQUE ' >; T.'X(2*Sérïe)^4iMràéH"
- -. h,:il
- sections i de l’induit forment un enroulement fermé, mais qui, en réalité, se comporte comme un enroulement ouvert, sauf pour les courants parasites de circulation pouvant résulter de différences dans la valeur de l’induction sous les divers pôles de la machine. Dans ce cas, on peut même réunir les deux conducteurs aboutissant à la lame dès leur sortie de l’encoche, comme on l'a représenté en
- n, v
- Les courants de circulation prendront une intensité moindre si on double le nombre des lames de collecteur de façon à faire aboutir la section i4, i2à une lame i2' et à faire partir la section i2, i3 de la
- Fig. 3.
- lame is"; les lames îj, it" remplacent alors la lame is de la figure 3. Le courant utile à connecter serait alors moitié moindre, et la résistance de contact des balais serait deux fois intercalée dans le circuit des courants de circulation.
- L’une ou l’autre de ces dispositions peut sembler préférable, suivant le cas.
- On conçoit que les balais pourront couvrir à .peu près une zone correspondant à la largeur d’un pôle, car pour toute la région d’entrefer constant, l’induction étant sensiblement constante si la machine est uniformément compensée, les forces électromotrices des différentes sections sous balais ayant leurs côtés voisins sous les mêmes pôles seront égales, et par conséquent on pourra les mettre en parallèle par les balais.
- Les balais pairs seront réunis en parallèle, les balais impairs également,, et les deux groupes donneront les deux pôles de la machine.
- S
- Sur la base du principe posé, de nombreuses combinaisons sont possibles (connexions équipo-tentiellcs, etc.). On pourrait même construire la ma-
- chine absolument à l’inverse des machines actuelles, en réunissant chaque section à un balai au lieu d’une lame de collecteur, et en prenant le courant sur ces balais par des secteurs métalliques remplaçant les balais et séparés par des secteurs isolants. 11 suffirait, pour obtenir néanmoins un bon fonctionnement des balais, de faire tourner les secteurs avec les pôles inducteurs, et de rendre fixe l’induit dont les sections seraient toutes réunies à des balais qui frotteraient, soit sur les secteurs métalliques, soit sur les secteurs isolants.
- L’induit devenant fixe, on pourrait réaliser facilement son bobinage en bobinant chaque section par un fil sans soudure, comme on le fait pour les bobines d’alternateur, au lieu d’employer, comme d’habitude, des conducteurs réunis par des développantes soudées.
- On peut également, dans la figure i, terminer la section en i" au lieu de i', et placer de ce côté de la machine un second collecteur. ,
- Ce deuxième collecteur, comme le premier, posséderait les deux polarités, mais chaque collecteur serait moitié moins long, suivant l’axe, que le collecteur unique. 1
- On pourrait, au contraire, donner à chacun d’eux la longueur totale du collecteur unique, mais ne placer sur chacun que les balais d’une seule polarité ; on pourrait aussi réunir sur chaque collecteur les balais de même polarité entre eux et coupler ensuite les deux collecteurs en parallèle ou en série, le montage en série pouvant convenir à une distribution à cinq fds. '
- On peut aussi ne pas réunir entre eux les groupes de balais de même polarité, mais ainsi qu’il est représenté figure /,, réunir alors sur le collecteur arrière le balai — i au balai -(- a, puis sur le collecteur avant et toujours dans le même sens, lé balai — a au balai -J- 3, puis à l’arrière le balai — 3 au balai -f- 4, et ainsi de suite, les bornes a, b étant réunies aux balais -)- i et — 4-
- ‘ La chaîne des conducteurs d’induit et des connexions entre balais représente alors un conducteur .ondulé analogue à celui formé par un enrou-leinement d’alternateur; le courant produit est toujours de même sens, parce que les connexions ne sont établies que pour des positions toujours les mêmes des conducteurs soumis aux flux.
- i Quand on veut employer les sections dites multipolaires de la figure a, on peut obtenir plusieurs dispositions. On peut, comme figure a, réunir l’une des extrémités de la section n polaire en a, au même
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- 25' Juiü 4910
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- RèVüÉ é’ËLEC TRÎciTiÊ
- ..- -•• r^t.;y<
- collecteur en b, après que les différents côtés de la section ont passé sous un nombre pair de pôles 'd’induit; la section correspond ainsi à un nombre impair de pas polaires et l’on peut ainsi aboutir en b après avoir fait ou non plus que le tour de l’induit. Chacune des sections élémentaires formant la section n polaire peut comprendre un ou plusieurs tours sur l’induit.
- Le bobinage de la section ressemblera beaucoup à celui d’un alternateur monophasé à enroulement ondulé. Si chacune des sections était réunie à une bague au lieu d’une lame de collecteur, on aurait, en effet, un alternateur m — phasé si m est le nombre des sections, et par conséquent le collecteur est monté comme l'est le collecteur auxiliaire placé sur les alternateurs qu’on veut exciter par une
- <f2
- SX*
- hoüb
- al
- H>
- Fig. 4.
- partie de leur propre courant redressé sur un collecteur.
- Les différences sont cependant essentielles, car dans l’alternateur ainsi auto-excilé on obtient un courant, ondulé parce que le nombre de phases est restreint et que les lames du collecteur sont assez larges pour ne quitter le balai que quand la force électromotrice qui augmente dans la lame suivante a atteint la valeur de celle qui décroît dans la lame sous balai, tandis qu’ici le nombre de lames est grand parce que le nombre de phases est grand, et d’autre part la lame ne reste sous balais que tant qu’elle donne le voltage maximum, ce qui permet d’obtenir un courant de voltage constant et non ondulé.
- On peut remarquer qu’il peut être intéressant de compenser cette machine. Sans compensation, en effet, la réaction d’induit fait varier la valeur de l’induction sous le pôle.
- La compensation sera obtenue en plaçant des conducteurs parallèlement à l’axe sur la face polaire : on remarquera que le courant dans une section n’est pas le courant total de la machine. Si %p est le nombre de pôles de l’inducteur, il y a p balais
- de chaque polarité, ot par conséquent le courant sous chaque pôle est — . Si chaque section possède n
- conducteurs, il y en a — sous chaque pôle, et par
- conséquent le nombre d’ampères-tours sous chaque
- pôle est — , et la compensation exige sur chaque AP
- pôle un npmbre égal d’ampères-tours sur la face polaire. On pourrait même reproduire sur la face polaire l’image exacte des courants engendrés sous
- Jd 1
- Fig. 5.
- elle dans l’induit, en constituant le balai par une série de balais étroits placés côte à côte, ces balais étant tous connectés en parallèle par des conducteurs traversant d’abord la face polaire — fois dans le
- même sens, le retour se faisant à travers l’autre pôle comme l’indique la figure 5. Dans cette figure, G est le collecteur. Au-dessus est figurée une section d’induit, avec, en ponctué, -les pôles ; en bas de la figure est représentée à nouveau la surface polaire : pour plus de clarté, B,, B2 sont deux balais élémentaires, et les courants qui en partent ou y arrivent traversent les surfaces polaires avant d’aboutir aux bornes P et Q. On remarquera que, entre chaque
- balai et la borne,—conducteurs suffisent sous chaque 2 .
- pôle, et que ces conducteurs peuvent appartenir
- pour moitié à chacune des polarités.
- La division du courant I en - courants par balais
- P
- de même polarité et en —. par section çL’enroule-* mp
- ment si m est le nombre de sections actives sous
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- LA LUMIERE ËLECTRlQUE T. X (2-Série)1.' — Nè 26'.,
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- chaque pôle (mp est au nombre total de sections comme l’arc polaire est au pas polaire) facilite la commutation puisque le courant dans la lame qui va
- quitter le balai est au plus — si l’induction reste
- mp
- constante dans les conducteurs actifs jusqu’au moment où ils quittent le balai, tandis qu’il serait —
- dans une dynamo du type ordinaire.
- On peut faciliter la commutation par tous les moyens connus et employer également dans ce but un pas variable pour les conducteurs de la bobine, ses extrémités seules étant de pas diamétral. Ges dispositions peuvent à la fois augmenter la densité de courant sous le milieu du balai et la diminuer aux extrémités, et diminuer la réaction d’induit.
- Douille étanche pour cables électriques. — M.&ebedenko. — N° 410 778, publié le 3o mai 1910.
- uu-Dans les réseaux de câbles électriques, surtout ceux à isolation en papier ou en jute, les points les plus faibles sont ceux où l’extrémité du ou des conducteurs en cuivre du câble, nue ou recouverte de caoutchouc, pénètre dans le manchon et vient en contact avec l’air ambiant. Dans le cas où les conducteurs et le manchon peuvent se déplacer relativement, ne fût-ce que dans des limites très faibles, il peut arriver que la douille isolante, placée ordinairement à l’endroit dangereux, se décolle du conducteur ou du manchon, même quand le montage a été très soigné; l’humidité, pénètre dans les fissures de la garniture isolante assurant l’étanchéité du câble à sa sa sortie, et détruit rapidement l’isolation. Ce processus est surtout activé par les gelées.
- Dans,la douille étanche ici décrite, on emploie (pour assurer la fermeture étanche dés manchons dans les boites de dérivation, de distribution, de transformateurs, etc.) un ou plusieurs conducteurs C, munis chacun aux deux extrémités de cosses ou serre-fils de forme quelconque pour le serrage du câble.
- On introduit ces conducteurs dans une douille en métal B munie d’un filetage et d’une tête pour permettre delà visser dans le manchon.
- Les conducteurs sont séparés de la douille par une matière isolante solide A. L’épaisseur de la couche isolante, la distance, mesurée sur la surface
- Fig. 1.
- de l’isolateur, entre les conducteurs et la douille, aussi bien que la forme de cette surface, peuvent naturellement varier selon les conditions de fonctionnement, c’est-à-dire selon la tension des courants à transmettre, selon la nature de la surface de la matière isolante employée, etc. La section du cuivre du - qu des conducteurs G, ainsi que les dimensions de la douille métallique B, doivent bien entendu correspondre à la section du câble portant le courant.
- Ce dispositif est applicable aux courants forts ou aux courants faibles.
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- 25 Juin 1910.,' » f V REVUE D’ÉLECTRICITE ' ll£ 413
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Le Rio a encore baissé ; il était à r 693 francs èn fin de semaine. Ses cours paraissaient surfaits et avaient été poussés en prévision d’une reprise des cours du métal qui n’ont pas résisté bien longtemps à la hausse tentée encore il y a trois semaines ; le cuivre est à 55 £ 2, et manifeste plutôt des tendances à la baisse.
- En définitive, le trust des producteurs est toujours à l’état de projet ; la consommation reste inférieure à la production qui se développe toujours parce que les prix actuéls du métal rémunèrent encore suffisamment les prôducteùrs.
- Faisant suite à nos informations de la dernière fois, nous notons, d’une façon générale, sur le marché de Paris, une nouvelle baisse de toutes les valeurs de traction et des valeurs de sociétés d’exploitation à huit jours d’intervalle. Les Ateliers de Jeumont s’inscrivent à 3g5 francs au lieu de 4*7 fr.; la Compagnie générale d’Electricité, à 887 francs ; le Secteur de la Rive Gauche, à 3i5 francs au lieu de 33o francs; le Nord-Sud, à 292 francs venant de 3i6 francs; l’Est-Parisien, à 55 fr. 5o ; la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité, à 3go francs. On explique cette dernière baisse par la réalisation d’importantes quantités de titres de cette société détenues par la Compagnie générale du Gaz pour la France et l'Etranger et par la Compagnie continentale Edison. L’une et l’autre ont cru qu’il était de l’intérêt social de profiter des hauts cours de l’action pour vendre une partie de leur portefeuille. Edison, à elle seule, a vendu i3 665 actions, et cette opération lui a laissé un bénéfice de 2 25o 000 francs qui a permis d’augmenter le dividende et de le porter de 125 à i3o francs.
- La Société Lyonnaise des Forces motrices du Rhône a encaissé, au cours de l’exercice 1909, 5 026 877 fr. 73, soit 232 545 de plus qu’au cours du précédent exercice. Le bénéfice net s’est élevé à 2 5x2 (192 fr. 65 dont l’assemblée du 7 juin a voté la répartition suivante, suivant les propositions du Conseil :
- A la réserve légale : 5 %... 125 634 fr. 65
- Aux actions : 5%............ 1 25o 000 fr. 00
- Soit au total...... 1 375 634 fr. 65
- En les déduisant des bénéfices nets, il reste à répartir 1 137 o58 francs auxquels il faut ajouter le report de 1908, soit 43 525 fr. 18, d’où un total de i 180 581 fr. 18 à répartir. Il a été prélevé sur cette somme :
- Pour amortissement du compte spécial de
- premier établissement................. 55o 000 fr.
- Pour renouvellement de matériel.......... 5oo 000 1»
- Sur le surplus : 5o % aux actions........ . 5o 000 »
- 35 % aux parts........... 35 000 »
- 10 % au Conseil.......... . 10 000 »
- 5 % au fonds d’amortissement des actions......... 5 000 »
- Report à nouveau...................... 3o 581,18
- En résumé, le dividende brut des actions est de 26 francs et celui des parts de fondateur, le premier depuis le début de l’exploitation, est de 5 fr. 833. Mais les parts ne toucheront pas ce dividende /qui sera porté au crédit de leur compte pour permettre a la Société de récupérer les droits de circulation perçus depuis l’origine par l’Enregistrement, droits qui s’élèvent à 80 941 fr. 5g. Les derniers cours de l’action et de la part s’inscrivaient à Lyon respectivement à 644 et à 746 francs. L’action, l’an dernier, n’avait touché que 25 francs bruts.
- Les comptes du bilan qui présentent, par rapport à celui de l’exercice 1908, des différences très importantes sont ceux des installations hydro-électriques, canalisations, etc., en augmentation de 533 400 fr. 73; de l’usine de secours, pouf laquelle il a été dépensé 466 553 fr. 3o correspondant à l'installation d’un nouveau matériel; du portefeuille qui figure pour 569 351 fr. g5 plus élevé de i65 686 fr. 70 qu’en 1908, et des banquiers qui se solde par 1 555 6g4 fr. 85 en augmentation de 354 447 fr- Au passif, il y a diminution sur le compte intérêts des obligations, par suite du remboursement de 283 d’entre elles; et sur le compte provision pour renouvellement de matériel. Le compte d’exploitation présente de son côté une augmentation de dépenses de 56 5go fr. 20 qui s’explique par des dragages dans le Rhône, à la sortie du canal de fuite et par l’extension du réseau et des abonnés. Au 3i décembre 1909, les canalisations atteignaient 54o 5x6 mètres, desservant chez i3 438 abonnés, 26 023 chevaux de__force motrice et 256 3xo lampes de 10 bougies. Le Conseil a
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- 414' L A LUMIERE ËLEGTRI QUE
- T. X (2« Sérié): *- «‘ 26. "
- donné un aperçu des recettes des premiers mois de 1910, toutes en progression très importante, même en avril où l’application des tarifs réduits d’éclairage eut pu faire baisser notablement ce chiffre.
- Au ier janvier 1910, application faite des résolutions de l’assemblée du 7 juin, les différentes réserves s’élèvent à 5 846 834 francs, sans compter la provision pour renouvellement de matériel et entretien.
- A l’actif :
- Les terrains et canal de dérivation
- sont portés pour......"............... 26 257 470,o5
- Les installations hydro-électriques et le
- - réseau pour..................,....... 20 860 966,07
- L’usine de secours pour.................. 1 469 g55,3o
- Le compte spécial de. premier établissement pour.............................. 7 519 6o3,i2
- L’amortissement porte donc en totalité jusqu’à ce jour sur ce dernier compte.
- L’assemblée de cette année devait être particulièrement intéressante, puisqu’on escomptait les déclarations du Conseil, en réponse à celles qu’avait faites le conseil de la Compagnie du gaz de Lyon au sujet de la rupture du contrat qui liait les deux sociétés. Nous avons vu que la Compagnie du gaz de Lyon s’était plainte des agissements de sa concurrente, trop empressée à donner à certaines clauses de leur contrat des interprétations qu’elle a estimées contraires à la lettre, comme à l’esprit de celui-ci. La Société des Forces motrices, de son côté, ne manque pas de faire valoir que contrairement à ses engagements, le Gaz de Lyon vendait de la force motrice. Toute tentative de.conciliation ayant échoué, malgré les efforts du Conseil et de la direction, le traité a été définitivement rompu. Les Forces motrices du Rhône en ont profité pour abaisser leurs tarifs d’éclairage qui ne sont pas des tarifs de guerre, mais qui permettront de soutenir contre les autres modes d’éclairage une concurrence avantageuse. Le Conseil regarde en résumé cette rupture comme sans conséquence fâcheuse et estime, au contraire, que, recouvrant sa liberté, il pourra développer son exploitation d’éclairage en raison même de l’outil dont il dispose : le canal de dérivation du Rhône. Le public bénéficiera de cette lutte et assistera avec intérêt à ses péripéties.
- Aux nouvelles de la dernière heure, on dit . que l’exercice de la Maison Breguet qui a pris fin le 3o avril dernier s’annonce comme satisfaisant. Le rapport de l’exercice précédent signalait les importantes commandes obtenues de l’Etat et des chantiers
- de constructions navales; elles ont continué et continueront à assurer pendant deux ans encore l’activité des ateliers Breguet, tant à Douai qu’à Paris. Pour le précédent exercice les bénéfices nets s’étaient élevés à 468000 francs et avaient permis la distribution d’un dividende de a5 francs qui serait encore assuré cette année : il n’exige qu’un décaissement de 25o 000 francs qui permet de doter largement les réserves. , ;
- Les bénéfices de la Société Westinghouse pour l’exercice 1909 sont de 316464 francs. Voici, comment se présente le compte de profits et pertes : Le bénéfice brut figure pour 901 809 francs. Le relèvement des intérêts et produits du portefeuille passent de 94 5io;francs à 302 806 francs. Au débit, les frais d’administration absorbent 304641 francs, le droit du timbre: 70 182 francs, et les intérêts des obligations: 375 000 francs. Enfin, les emprunts hypothécaires et divers figurent pour i38 3a8 francs contre 3o8 643 francs l’année dernière. '
- La Compagnie générale des fours à coke et autres fours industriels vient de passer un traité avec la station centrale d’électricité de Calais aux termes duquel celle-ci utilisera pour le chauffage de ses chaudières les gaz perdus des fours à coke. L’opéra-tion ne manque pas d’être avantageuse pour les deux sociétés puisqu’elle abaisse leur prix de revient.
- Marcel Vilgrain et Cie procède actuellement à l’émission des 3oo 000 francs d’obligations, autorisée par l’assemblée du i5 février dernier. Les titres de 5oo francs rapportent 4 r/2 % ; nous avons vu au moment de l’assemblée générale que les immobilisations faites par Vilgrain et Cl0 avaient rendu nécessaire cet emprunt dont les ressources procureront quelque élasticité à la trésorerie^
- Les résultats généraux de l’Energie Electrique du Sud-Ouest n ont pas été, comme le disait le rapport de la Compagnie française Thomson-Houston, ce qu’on pouvait en attendre en raison de difficultés administratives qui ont reculé la date de fourniture de courant à Bordeaux et notamment aux tramways-. Les recettes d'exploitation ont été de246.828.fr. 45, les dépenses de i45636 fr. 48, faisant ressortir un bénéficie brut d’exploitation de ïoi 1.91 fr. 97 ; en y ajoutant le solde du compte intérêts et divers le produit total de l’exercice est de . 1.4.5. .119.fr, 3g. Après déduction des frais généraux le bénéfice net est de 53 073 francs qui a été porté aux amortisse-! ments.
- On annonce la mise en route à l’Argentière-la-Bessée-sur-Durance de l’usine d’alumipium qu’a fait
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- REVUE D’ELECTRICITE,
- çonstruire la Société de Froges. L’usine emprunte son énergie à la Durance et à son affluent la Gy-ronde, issue du massif du Pelvoux. La mise en mar-çhe^s’est faite avec 2 groupe^ électrogènes de 1 750
- chevaux chacun j l’usine comportera 26 groupes identiques ; deux autres unités sont en cours de montage et les 22 autres seront installées successivement. D. F
- RENSEIGNEMENTS commerciaux
- TRACTION
- Itàliè. — La Société Italienne de Transports a obtenu la concession du chemin de fer électrique Montecello-Palombara ; le devis est de 1 5oo 000 lires.
- L’administration des chemins de fer de l’Etat a décidé d’étendre l’électrification de la ligne Savona-San-Giuseppe jusqu’à Ceva, d’une longueur de 5o kilomètres.
- Le Conseil provincial de Gênes a accordé à une compagnie, qui vient d’être fondée au capital de 800 000 lires, une Concession de 3o ans pour la construction et l’exploitation d’un tramway électrique de Savona à Vado.
- Un réseau de chemins de fer et de tramways électriques est à l’étude dans les provinces de Basilicata et de Calabre, en utilisant les chutes d’eau pour la production de l’énergie. La banque Dreyfus, de Paris, a présenté un projet réalisable en sept années et moyennant une subvention de 10 700 lires par kilomètre, La Compagnie des chemins de fer de la Méditerranée a de son côté présenté un autre projet.
- Espagne. — Le ministère des Travaux publics a accordé à la Société du Tramway de Cadix à San Fernando V Caraca la concession d’un tramway électrique entre ces deux villes, et à la Société « Nueva Montana » la concession d’un tramway électrique dans la banlieue de Santander.
- Le ministre des Travaux Publics prépare un projet de loi comportant une dépense de 425 millions pour la construction de chemins de fer et de tramways.
- Egypte. — La Fayoum, Egypt, Light Railways C° est en négociations avec le gouvernement pour la construction de nouvelles lignes.
- Hollande. — La municipalité de Gouda a accordé à M. J. H. Müller, la concession de tramways électriques entre Gouda, Haastrecht, Oudewater, Montfoort et Utrecht, et entre Gouda et Rotterdam.
- Chili.— La Compagnie Italienne Westinghouse a soumis au gouvernement un projet d’électrification par courants triphasés de la ligne de Santiago à Yalparaiso, avec embranchement à Los Andes, d’une longueur de . 187 kilomètres.
- Mexique. — Une voie ferrée doit être prochainement construite entre Camacho et Bonanza via Tecolotes et Cedros.. Un emprunt de 3 millions de pesos vient d’être émis en vue de l'exécution de ces travaux.
- ÉCLAIRAGE
- Corse. —La concession de l’éclairage électrique de Bastia a été accordée à MM. Chapuis et Cie. L’usine électrique va être établie prochainement et la concession partira du 1e1' janvier 1912.
- Dordogne. — Un projet d’éclairage électrique de Domme et des localités environnantes est actuellement à l’étude et sera soumis sous peu à l’approbation du Conseil municipal.
- Cantal. — M. C. Vigier a été déclaré concessionnaire de l’éclairage électrique de la commune de Neùs-sargues. Les travaux d’établissement vont commencer très prochainement.
- Landes. — M. Bertrand procède actuellement à l’installation de l’électricité à Seyches; le courant sera fourni vers le i5 août prochain.
- Seine-et-Oise. —- Le Conseil municipal de Pontoise a été Saisi d’une proposition d’un ingénieur concernant l’éclairage électrique.
- Saone-et-Loire. — La municipalité a approuvé le traité passé avec la Compagnie des eaux et gaz relatif à l’établissement de l’électricité dans la commune.
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- Ain. — Les communes de Marluzet ét Saint-Jean-sur-Reyssouze vont être prochainement'dotées de la lumière électrique ; le courant sera fourni par l'usine électrique de MM. Laurent et Cie sur la Reyssouze qui alimente déjà les communes de Saint-Trivier-de-Courtes, Monte-nay, Saint-Juliert-sur-Reyssouze, Jayat et Foissiat.
- Espagne. — D’après le Moniteur officiel du Commerce, les machines et appareils électriques transformateurs et petit appareillage pour installations particulières d’éclairage sont très demandés en Espagne. Ces fournitures sont faites, jusqu’ici, en majeure partie par des maisons allemandes.
- DIVERS
- Russie. —Du rapport de M. Guermonprez, vice-consul français à Odessa, nous extrayons les renseignements qui suivent concernant l’industrie électrique dans le district d’Odessa.
- L’année 1909 a vu, après de nombreuses difficultés, une société belge reprendre- la concession de l’éclairage électrique d’Odessa, ce qui doit amener une diminution de i5 kopeks sur les prix de consommation, et le commencement des travaux d’installation de la traction électrique par la société des tramways d’Odessa.
- Parmi les grands travaux, projetés ou commencés en Russie méridionale et qui peuvent intéresser l’industrie électrique, on peut citer :
- i° La transformation du port d’Odessa ;
- a» La création en cette ville d’un, port franc ;
- 3“ Le projet de chemin de fer électrique Sébastopol-Yalta.
- Les habitants du district de Berdianok et de Mélitspol, ainsi que ceux de toute la vallée de la Molotschna, demandent avec insistance l’établissement d’un réseau téléphonique. IL en est de même en ce qui concerne Théodosie et Ackermann.
- De même, il a été question de doter Halbstadt (Tauride) et ses environs de l’éclairage électrique. Cette installa-
- tion aurait, d’ailleurs, dans cette région agricole, une. grande importance. r : r
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- ? -, .
- Le 28 Juin, à-la mairie de Saint-Martin-de-Ré (Gha-rentë-Inférieure) construction d’un poste radiotélégra-phique militaire.
- \
- Le 6 Juillet, au ministère de la Marine, à Paris, marché de gré à gré pour la fourniture des disjoncteurs électriques automatiques: 52000 fr., caiit. 2 5oo francs
- BELGIQUE
- Le 4 juillet, à 11 heures, à la maison communale, à Bisseghem (Flandre occidentale), réadjudication de l’installation de l’éclairage électrique de la commune, 17 241 fr. 5o; cant. 5oo fr. Soumissions recommandées le 2 juillet.
- Le 27 juillet (au lieu du i5 juin), a n heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, installation de la traction électrique sur la ligne de Bruxelles à Haecht : lignes aériennes, sous-station, armement du matériel roulant.
- PAYS-BAS
- Le 3o juin, au Collège des régents des hospices, à Bois-le-Duc, construction d’une station centrale d'éclairage électrique. • •
- ANGLETERRE
- Le 5 juillet, au County Council, Spring Gardens, .County Hall, à Londres, fourniture de 25ô. voitures électriques pour tramways.
- Nous prions instamment ceux jie nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue. et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1 T‘ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dat.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur ^n chef. Pour toute autre, communication, s’adresser aux « bureaux de lu Lumière Electrique ».
- P»SI8. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Ls Gérant : J.-B. Noubt.
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- La Lumière Électrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME X (S* Série)
- 2e Trimestre 1910
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- Tables du Tome X (2e Sérié)
- La Table des matières trimestrielle de la Lumière Électrique est éditée maintenant en fascicule séparé, en raison du développement qui lui a été donné. La Lumière Électrique se propose, en effet, de signaler, aussi complètement que possible, tous les articles intéressants, publiés dans la presse étrangère, de sorte que la table des matières de cette Revue constituera, en quelque sorte, la table des matières générale des publications électrotechniques françaises et étrangères.
- Au point de vue de la disposition matérielle, la table par noms d’auteurs correspond aux recherches rapides, et la table méthodique des matières aux recherches complètes. Dans cette dernière, 011 0 conservé, pour le$ travaup étrangers, la référence directe aux publications originales.
- Les articles dont les titres sont suivis d’un résumé très sommaire sont ceux dont la Lumière Électrique a publié des eMl'aitS impartants, Ceux'dont le titre seul est indiqué ont été simplement signalés, en quelques lignes, dans le téxte de la Revue.
- Enfin, Tordre alphabétique a été adopté d'une manière aussi générale que possible, en raison de sa commodité. Par suite, dans la table méthodique, les matières sont rangées selon l'ordre suivant :
- Applications mécaniques., Bibliographie.
- Divers.
- Eclairage électrique.
- Electrochimie et électrométallurgie. Eléments primaires et Accumulateurs. Législation et Contentieux.
- Machines.
- Mesures.
- Télégraphie et Téléphonie.
- Télégraphie et téléphonie sans fil.
- Théories et généralités.
- Traction.
- Transmission et Distribution.
- , Usines génératrices.
- Renseignements économiques et commerciaux.
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- 5# * table METHODIQUE DES MATIERES ^ ^
- !' ...... <..!,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- APPLICATIONS DIVERSES
- Avertisseur électrique peur fuites de ga?.— Rçvm industrielle, |Q nrnpp 1919,, 22
- — Les moteurs électriques dans Vimprimerie.
- — H. 8harpsteen. — Electrical World, 27 janvier
- 1910.......................................... 113
- Commande 4b massipot, du rouleau roptpjqe, de l’ébarbeusp, de }a presse,
- ffor loge s électriques modernes. — F. Hope 4çtnes — Communication à Y Institution of Electrical Engineers, 17 février 1910; reproduite par VElectri-cian, 18 et 2S février et par VElectrical Review, 4 mars
- 1910.............. . ......................... 208
- Systèmes Lowne, Aron, Perret, Magneta, Synchrono-ijorpe, Grept, PqwçJI, Murday,
- LAMINQIRS
- Conduite électrique des trains de laminoirs.
- — Mc. Allister. — Melallurgicol and Chemical Engineering, février 1910......................... 147
- Moteurs continus; moteurs synchrones; moteurs polyphasés. Rôles comparés du volant 99 de la batterie d’accumulateurs. Idées de M. Mank-telpw,
- Egalisation de la puissance absorbée par les machines d’extraction ou de laminoirs. — F. Niethammer. — Elektrische Kraftbeiriehe and
- Bahnen, 14 janvier 1910....................... 241
- Systèmes Léonard, A. E. G., Dick, h baRerier •tampon, Brown-Boveri, Westinghouse, Kolben= Seidener.
- Même sujet. — Note complémentaire.— A. Heis-set........................................ 3g4
- Description de quelques dispositifs Brown-Bo-
- veri : groupes égalisateurs de charge; groupes tampons proprement dits,
- MINES
- Appareil de sécurité pour le service des mines. — J. Fisher. —Communication à Vlnslitution of Electrical Engineers, reproduite par Ylilpçlriettl -Engineering, 3 février, et VElectrical Review, 2.5 fgypigp-*9«o......................................... Soi
- Interrupteur automatique fonctionnant dans lé cas de surcharge, de ppurt-cirpujt, de fujle à la terre, de tension nuJJe, de rupture d’un pondue* tepr.
- Dispositif Winhey pour la protection des oirouits électriques dans les mines.— The Elec-trician, 18 mars 1910..............*.!........ 899
- • NAVIRES :
- Note sur les équipements électriques des nouveaux submersibles de la marine française.— J. Breguet.........................35, 67
- Formules et diagrammes des rendements.
- Le Mariotte, l'Archimède. Résumé des desiderata généraux.
- Sur l’équipement électrique des submersibles. — P..................................... 2û5
- Discussion de la vitesse à laquelle on doit faire le couplage des'batteries,
- L’électricité a bord . du vapeur « George Washington ». -**, F- Thila. Elektpqteçhnische Zeitschrift, 6 janvier 191Q....... ....... 3o6
- La soudui'e électrique et la soudure autogène; leurs applications à la réparation des
- navires-................................. 399
- Voir Eluptrociiimie jst Electrométali,urgie.
- BIBLIOGRAPHIE
- La télégraphie sans ûl et les ondes électriques (7e édition), par J. Boulanger et G. Ferrié. —
- 1 volume in-8° carré de 487 pages, avec 255 figures.— Berger-Levrault et Cifi, éditeurs, Paris. ^ Prix î relié, 10 francs................................. 86
- Les oscillations électriques. Principes de la télégraphie sans fil, p»»- q. Tiesqt--^ t volume
- 4e470 pages, avec. 52 figures. — O, Dois et Fils, éditeurs, Paris. — Prix : cartoupé, 5 francs.. 86
- Traité de physique, par O.-D. Chwolson, tra-
- p.2x3 - vue 419/432
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- — 4
- duit sur les éditions russe et allemande par B. Davanx. — A. Hermann ët Fils, éditeurs, Paris. — tome III, ior fascicule, i volume in-8° raisin de 408 pages, avec ia6 figures. — Prix : broché, i3 francs. — tome IV, i,r fascicule, i volume in-8° raisin de 43o pages, avec i65 figures. — Prix : broché, 12 francs........ i5i
- Problèmes et exercices de mathématiques générales. — E. Fabry, professeur à l’Université de Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 420 pages, avec 63 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs. Paris. — Prix : broché, 10 francs................... i5i
- La matière, l’éther, l’électricité (tome I et II), par H.-J. Proumen, ingénieur civil des Mines. — 2 volumes in-8° carré de 269 et 3oa pages. — H. Desforges, éditeur,. Paris............................ i5a
- Recherches sur la décharge des condensateurs. — A. Léauté, ancien ingénieur au corps des Mines. —Thèse soutenue, le 18 mars 1910, devant la Faculté des Sciences de Paris. — Gauthier-Villars. 307
- 'Cours pratique d’électricité industrielle, tome II, par H. Chevallier. — 1 volume in-8° carré de 373 pages avec 33o figures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 7 fr. 5o......... 3o8
- Formulaire des Centraux (3e édition), par J.-B. — 1 volume in-16 de 463 pages avec figures. —
- H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix : relié, 7 fr. 5o.................................... 3o8
- L’électricité dans les mines, par E.-J. Brunswick. — 1 volume in 8° raisin de 2.S4 pages, avec 68 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. —Prix1 : broché, 7 fr. 5o................................ 3o8
- JProduction électrique de l’ozone et applications à l’industrie, l’hygiène, la thérapeutique. — E. Douzal. — 1 volume de n5 pages avec 52 figures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris et Liège. — Prix : broché, i5 francs...................... 3og
- Recherches sur les propriétés thermo-mécaniques des Corps solides. — L. Roy, préparateur à l’Ecole Supérieure d'Electricité. — Thèse de doctorat ès sciences mathématiques. — Gauthier-Villars,
- 191°........................................ 373
- Quelques applications de l’êlectrotechnie en Belgique : l’électricité dans les carrières. — A. Lambotte.— Ramlot, éditeur, Bruxelles..,. 373
- Quelques applications de l’êlectrotechnie en Belgique : Vélectricité dans les mines. — A. Lambotte. — Ramlot, éditeur, Bruxelles.... 373
- Liste des volumes reçus........87,152, 3io, 373
- DIVERS
- CONCOURS, EXPOSITIONS, ETC.
- L’exposition de la Société française de Physique. — J. Reyval................i3i, 169, 266, 328
- Appareils de mesure à deux aiguilles système
- Ferrié-Carpentier............... ....... i3i
- Logomèire. Dispositif de M. A. Soulier : démarrage des moteurs synchrones de faible puissance, charge des accumulateurs avec du courant alternatif. ................................ 169
- Acromètre Mazellier-Carpentier ; exposition Chauvin et Arnoux ; limiteur de tension Richard Heller ; détecteur Ducretet et Roger; dispositifs de commande télémécanique de M. d’Ivry... 266
- Pyromètre à télescope ; lunette pyrométrique de la Compagnie pour la fabrication des compteurs. Ampèremètres enregistreurs, indicateurs de niveau J. Richard. Régulateur automatique Routin. 3a8
- Fondation George Mûnteûore.................. 164
- Les travaux du National Physical Labora-tory en 1909. — Electrician, a5 mars et ier avril
- 1910 . .y .... ................. . . i . ..... 120
- EFFETS PHYSIOLOGIQUES
- Sur leçi accidents causés par l’électricité.
- — A. d’Arsonval. — Communication à la Société
- Internationale des Électriciens, 4 mai 1910. 214
- Résultats observés à la clinique du D1- Jellinek, en Autriche.
- Effets physiologiques produits par un champ magnétique alternatif. — S.-P. Thompson. — Académie des Sciences, séance du 18 avril 1910.... 307
- NÉCROLOGIE
- J. Joubert..... .......................... â84
- QUESTIONS DIVERSES
- L’industrie électrique et les taxes fiscales.
- — H. Schreiber. —Conférence faite le 5 janvier 1910
- à VElektrotechnischcn Verèin, à Vienne. — Elektrotech-nick und Maschinenbau, i3 février 1910............. 57
- L’état de la question en Autriche. Arguments pour et contre.
- Les prescriptions de sécurité dans les installations électriques....................... i83
- Prescriptions des Associations françaises des propriétaires d’appareils à vapeur et de l’Association normande pour prévenir les accidents.
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- — b —
- Le thermophile électrique : tissus, tapis, tricots chauffant par l’électricité. — Herrgott. — Académie des Sciences, séance du 17 mai 1910.... 374
- Accident au Great Northern Railway. —
- Electric Railway Journal, 19 mars 1910....... 375
- Courants électriques entrer Air et la terre. — C. Simpson. — Physical Society, séance du 11 mars
- ............................................ n4
- Liste des volumes reçus. Voir Bibliographie. Liste de brevets.......................... 179
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LAMPES A ARC
- Arc triphasé avec quatre charbons. — A. Righi.................................. 41
- Lampe à arc ordinaire dont le charbon inférieur est remplacé par 3 charbons. Photographies.
- Les projections électriques militaires. — A. Bochet, — Communication à la' Société internationale des Électriciens, 4 mai 1910........ 207
- Historique et généralités.
- Nouveau type de réflecteur pour lampe à arc. — K. Hrabowski. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- 6 janvier, 1910.............................. 3g8
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Procédé de fabrication de filaments de charbon pour électricité. —M. Hugo Drager et Société Sprecher et Schuh A. G. Brevet n“ 409 906. Publié le 6 mai 1910.................................. 283
- PHOTOMÉTRIE
- Solution graphique de certains problèmes d’éclairement. — F. Parks. — Electrical World, 24mars 1910................................... 275
- Comparaison de la lumière du jour aux
- sources lumineuses artificielles. — H. Ives. —
- Bulletin of the Bureau of Standards, novembre
- *9°9...................................... 276
- Mesure du « rendement en lumière du jour » des sources : méthode des écrans absorbants ; méthode des sensations colorées primaires.
- RAYONS ULTRAVIOLETS
- Sur la stérilisation de l’eau pari’ultraviolet. — B. Urbain, C. Seal et A. Feige. — Académie des Sciences, séance du 28 février 1910........ 19
- Comparaison des actions photochimiques et abiotiques des rayons ultraviolets. — Cernovo-deanu et V. Henri. — Académie des Sciences, séance du 28 février 1910......................... ig
- Pénétration et action bactéricide des rayons ultraviolets par rapport à la constitution chimique des milieux. — G. Vallet. — Académie des Sçiençes, séance du 7 mars 1910........... 19
- Action des rayons ultraviolets sur les trypanosomes. — H. Bordier et R. Horand. — Académie des Sciences, séances des 7 mars et 4 avril 1910.................................... 275
- Action des rayons ultraviolets sur les microorganismes et sur différentes cellules. Etude microchimique. — Cernovodeanu et V. Henri. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910................................... 276
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Sur le l'affinage électrolytique de l’or. —
- Metallurgical and Chemical Engineering, février
- 1910........................................
- Perfectionnement du procédé Wohlwill par la Norddeutsclie Affinerie A. G. Emploi du courant ondulé.
- Réduction des chlorures de bore, d’arsenic par l’hydrogène sous l’influence de l’effluve
- électrique. — A. Besson et L. Fournier. — Académie des Sciences, séance du 4 avril 1910... 178
- Le four électrique. — J. Harden. — Communi-
- cation à la Rugby Engineering Society; d’après ÏElectri-cian, 18 mars 1910........................... 283
- Usine à cyanure d’argent de la « San Rafael y Aseza C° » à Pachuca. — E. Girault. — Metallurgical and Chemical Engineering, mars 1910.... 367
- La soudure électrique et la soudure autogène leurs applications a la réparation des navires. — A. Scott. — Communication à YInstitution of Engi-neers and Shipbuilders d’Ecosse, reproduite par. The Electrician, 18 mars 1910.................... 399
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- — 6 —
- ÉLÉMENTS PftîMÀÏftES ET ACCUMULATEURS
- L’èmplài des accumulateurs dans lès Geh-
- traleS. -*« R. Wëdkttei*.............i&), i34
- Voir Usines génératrices.
- Mixture à l’épreuve des acides et des bases pour imprégner les rayons qui supportent les batteries d’accumulateurs. — F, Bonnet, “‘•Alets-trical World, 10 mars 1910............... 178
- ‘Les amalgames de cadmium et l’élément étalon Wëston. — B. Smith. Communication à la Pliysical Society, reproduite par YElectïician, i8 mars 1910.................................... 172
- D’après les expériences de l’auteur, l’amalgame à 1 ti,3 % est le meilleur pour les étalons Wes. ton.
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- JPeut-on dOnnë? dési lignes éléëiriqtiès en garantie à un bailleur de fonds. — P, Bou-g-ault.........;............ ;......I l5, IÔ2
- La condamnation pou? occupation dé la
- voie publique sans autorisation entraîne-t-elle toujours l’enlèvement du poteau P — P. Bou gault...................................... 215
- Droits d* octroi sur les matériaux. Entrepôts et dispense d’entrepôt. — P. Bougault.,.. :ho
- MACHINES
- Del’influence de la ventilation sur là température de régime des conducteurs nus ou isolés. — L. Roy. —Bulletin de la Société internationale
- des. Electriciens, février 1910.....,.....173
- Application d’une formule de M. Boussinesq dus conducteurs électriques.
- Analysé dé là réactance. — A. ReSaeithaii.
- 259, 291
- Valeurs des perméances correspondant aUx rainures, aux soinmets des dents, au flux embrassant les bobines extérieures, Résdltats d’essais,
- L^tat atiiiièi dé la Côhëtrtiction des dynamos èt des t?ansfo?maièü?s. — Îj. FlèiSChmann. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 janvier 1910.... 3ô3
- ALTERNATEURS
- Compoundage des alternateurs par les re-
- dresseurs à mercure. — S. SchâFer. — Ëlekiro-technisclie Zeitschrift, 20 janvier 1910................ 275
- MACHINES ASYNCHRONES
- îééS machines asynchrones à champ tournant au moment du passage par le synchronisme et le moteur dit « à hystérésis ». — G. Benischke. —Elektrotechnische Zeitschrift, 10 mars 1910........................... ......... 337
- s MO’l’Èbns SYfJCÜRotiEs
- Sur le diagramme de fonctionnement des
- moteurs synchrones. — A. GheysenS.......... 220
- Discussion d’un travail antérieur de M.L, Isam-bert. Evaluation des pertes.
- Les machines synchrones à collecteur utilisées comme transformateurs de courant ou
- tension. — J.Reyval........................ 36a
- Analyse d'un travail de M. R. Moser (Elek-trische Kraftbclriebe and Bahnen, 24 décembre 1909).
- PERTES
- Mesure et calcul des pertes dans le fer avec champ tournant elliptique èt champ alternatif.
- — C.-ï*. Guiibèfit........................... 99
- Analyse d’un travail de M. E. Rother (Elek-trotechnik und Maschinenbau, 17 et 24 octobre igbj)). Diagrammes-,
- Les pertes dans le fer par l’aimantation tournante. — A. Herrinann. Elektrotechnische_ Zeitsbhrift, 14 àVl’ll 1910 1 , 365
- BREVETS
- Motêür électrique — R. Ptfôtt. — N° 410 529,
- publié le a3 mai 1910...................... 347
- Dynamo à collecteur avec enroulement ouvert. — dompagiiie Française jgotit1 l’ekploita-tion des procédés l'homsôh-Hôuston. — ü® 4U> 922, publié le 2 juin 1910.... ................. 409
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- MESURES
- ÉLECTRICITÉ
- Bobine symétrique pour galvanomètre à Cadre mobile. — C. Féry. — Académie des sciences,
- séabce du 28 février 1910...... .......... 19
- ïüt&ïon de résistance à inductance et capacité compensées. — S. Leroy-Brown. — Phys.i-Cül Review et The Electricien, Ie1’ avril 1910. 77
- Etalonnage des transformateurs destinés aux appareils de mesure. A. LàW«. Elec-
- trical World, ij janvier 1910............... 112
- Méthode de M. Rôbibsübj debfc autres méthodes industrielles.
- Àiûpëfetnètrè à mercure à pression interne.
- **** Elëttriçal World, 24 mars 1910......... 207
- L’appareil peut être employé en courant continu ou alternatif et il mesure des intensités comprises entre SoO et 5 000 ampères.
- MAGNÉTISME
- Mesure à l’aide de l’appareil de Kapp de là perméabilité du fer dans les champs intenses.
- — R. Beattie et H. Gerrard. — The Electrician,
- 18 février 1910...................... 1 .... 23g
- Tableau des modifications à apporter aux chiffres indiqués dans les formulaires.
- Méthode de mesure d’un champ magnétique en grandeur et direction ; dygographe.
- L. DuUoyCr. — Société Française de Physique, séance
- du 6 mai 1910.............................. 337
- Compensation des compas de navigation.
- Sur une méthode simple pour la mesure d’un champ magnétique. — C. Ghèneveau. — Société Française de Physique, séance du i5 avril 1910. ... 365
- Sur la mesure de l’intensité d’aimantation à saturation et la loi d’approche vers la saturation. — P. Weiss. — Société Française de Physique, séance du 4 mars 1910.................... 48
- MESURES DIVERSES
- Sur la mesure de l’indice de rétraction des liquides au moyen du microscope. — £. Rè-
- comhe. Société Française dé Physique, séance du 6 mai 1910................................... 337
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur l’équation dés télégraphistes. — H. La-rose. — Académie des sciencesj séance du 14 mars .1910.............................. .... 22
- Surlesdeux suitesde solutions de l’équation des télégraphistes. H. Larose. — Académie des sciences, séance du 3o mai 1910............. 368
- Système de téléphonie automatique. <— li. Campbell Proceedings of the American Instilute of Electrical Engineers, février 1910..... . i5o
- Chronique dê télégraphie et téléphonie :
- La téléphonie et la télégraphie sous-marines au moyen des courants de haute fréquence.— Devaui-Charbonnél.......................... 163
- Analyse d’un travail de M. Karl Wagner (Elektrotechnische Zeitschrift, 17 et 24 février 1910). Courbes du courant d’arrivée en fonction dë la distance.
- Câbles téléphonique a longue distance système Pupin. — A. Ebeîing.................. 195
- Essais de la maison Siemens et Halske. .
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Production de champs cycliques par le moyen d’oscillations amorties dans les dispositifs d’Artom. — O. Corbino. — Elettricista, i5 octobre 1909, et Nuovo Cimento, fasç. 3. 1909.
- Voir Théories et Généralités.
- Sur les résultats obtenus dans la torpille radio-automatique par un nouveau commutateur et radio-cômbinateur. — G. Gabet. — Aça-démie des Sciences, séance du 28 Février 1910. 22
- Sur la diffraction des ondes hertziennes (à suivre). — H. Poincaré..............355, 387
- Etude mathématique des différentes longueurs d’oüdë à considérer ët de leur rôle dans la diffraction.
- Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie. — J.-A. Fleming. — Communication à VInstitution of Electrical Ëhgineers, reproduite par VElectrician, 17, 24 et 3i décembre 1909...... .5a 83
- Résistances à haute fréquence.; tableau des valeurs pour différents types de fils. Ampèremètres. Etalons de capacité, d’inductauce. Inductance des
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- ' FWr- ' - ’: V -g r ,-• 'v
- solénoïdes à une couche de fil : des spirales plates. pour l’avancement des Sciences, reproduite par le Nuovo
- Fréquence des étincelles : relevés oscillogra- Cimento, novembre-décembre 1909.... 4°°
- phiques.............................. 5a récepteurs
- Longueur d’onde ; décrément logarithmique, rendement.
- Considérations sur la puissance rayonnée par une antenne et sa mesure expérimentale dans un cas particulier. — P. Barreca. — Communication faite au 3e congrès de la Société italienne j
- Détecteur électrique d’ondes électromagnétiques. — M. Wellish. — The Electrician, 18 mars
- 1910.............................................. i5o
- Tube à vide avec deux électrodes d’alumiuium.
- Recherches sur les cohêreurs. — H. Eccles. — Physical Society, séance du 11 mars 1910, d’après VElectrician, ier avril 1910...................... 179
- THÉORIES ET
- Sur laloi de l’induction. — De Baillehache. —
- Bulletin de la Société internationale des électriciens, février 1910............................. 172
- L’usage des graduations logarithmiques en électrotechnique, notamment dans les essais de fer; — O. Weisshaar. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 avril 1910:.................. 397
- Courbes déformées de courant et de tension et leur analyse. — A. Hermann. — Elektrotechnische Zeitschrift, 20 et 27 janvier 1910..•... 274
- Production de champs cycliques par le moyen d’oscillations amoi'ties dans les dispositifs d’Artom. — O. Corbino. — Elettricista, i5 octobre 1909 et Nuovo Cimento, fasc. 3, 1909... 14
- Etnde mathématique, complément d’un premier travail publié en 1903.
- Force électromotrice des amalgames de zinc. — B. Cohen et W. Tombrock. — Communication à Y Académie Royale d’Amsterdam, reproduite par VElectrician, 14 janvier 1910............ m
- Force électromotrice due à la gravitation au sein des électrolytes.— P. Bary. — Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910.. 336
- DÉCHARGE
- Décharge des inducteurs. Capacité des électrodes. — E. Caudrelier. — Académie des Sciences, séance du 7 mars 1910.................... 48
- Les tensions explosives en courant alternatif et leur relation avec le rayon de courbure des électrodes. —J. deKowalskiet J. Rappel.—
- Communication à Y Académie impériale des Sciences de Cracovie. — Philosophical Magazine et Electrician,
- 25 mars 1910............................... 77
- IONS, ÉLECTRONS, ETC.
- Mouvement brownien et molécules. — J. Perrin ;..................................298, 323
- Historique rapide. Mesures de la constante
- GÉNÉRALITÉS
- d’Avogadro. .Photographies ; répartitions d’équi libre.
- Ionisation par pulvérisation des liquides.
- — L. Bloch. — Académie des Sciences, séance du
- 18 avril 1910.................... ...... 3o2
- Ionisation par barbotage et actions chimiques. —M.de Broglie et L. Brizard. — Académie des Sciences, séance du 18 avril 1910.... 3oa
- L’ionisation des gaz par voie chimique. — M. de Broglie et L. Brizard. — Société Française de Physique, séance du 3 juin 1910.......... 3g8
- Sur une nouvelle circonstance de formation des rayons cathodiques. — L. Dunoyer, —
- Académie des Sciences, séance du 18 avril 1910.. 3o3
- Étude de l’effet photoélectrique de Hertz pour des radiations de longueur d’onde bien définie. — M. Bloch. — Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910............. 336
- MAGNÉTISME
- L’intensité d’aimantation à saturation aux très basses températures. — P. Weiss et K. Onnes. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910............................. 76
- Sur la variation séculaire des éléments magnétiques dans la région de Paris. — A. An-got. — Académie des sciences, séance du 28 février 1910...................................... >9
- Recherches sur le magnétisme terrestre.
- — A. Nodon. — Académie des Sciences, séance du
- 14 mars 1910........................... 76
- MATÉRIAUX ÉLECTROTECHNIQUES
- Les propriétés physiques des huiles employées dans les interrupteurs et les transformateurs. — W. Pollard Digby et B. Mellis. — Communication à la section de Manchester de Ylnstitu-tion of Electrical Engineers. — The Electrician, ier avril 1910.................................... *ao
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-
-
- L’influence de l’azote sur les propriétés des aciers. — Stromayer. — Communication à l'Institution of naval Architects, mars 1910; reproduite par le Times Engineering, supplément du 3o mars.... i45
- Résistivité du nickel, de l’aluminium marchanda etdeleurs alliages : mesures ; résultats; applications industrielles. — H. Pécheux a32
- . Résultats de mesures. Diagrammes et formules représentatives.
- Sur quelques propriétés du sélénium. —
- T. Thorne Baker. — The Êlectrician, 8 avril ......................................... 365
- Variation avec la température des propriétés magnétiques du fer dans les champs magnétiques faibles. — Ch. Maurain, — Académie des Sciences, séance du 21 mars 1910. 3oa
- Sur les propriétés magnétiques du manganèse, du vanadium et du chrome, — P. Weiss et K. Onhes. — Académie des Sciences, séance du 14 mars 1910.... ........................ 76
- TRACTION
- Chronique de la traction électrique: Les limites d’emploi de la traction monophasée. — G. Revessi. — Communication à VAssociazione eleltro-tecnica italiana, 29 septembre 1909. — Atti, novembre-
- décembre 1909.............................43, 73
- - Le moteur : diagramme. Limites pratiques de fonctionnement. La transmission mécanique.. 43
- Comparaison avec le triphasé et le continu. La ligne, la centrale, la locomotive. Contrôle du fonctionnement à l’aide du digramme..... 73
- Le système monophasé pendant l’année
- 1909. — Electric Railway Journal, janvier 1910. 20
- Généralités. Point de vue américain.
- Etude des chocs aux essieux moteurs en te-
- nant compte de l'inertie des induits. — R. van Gauwenberghe........................ 7
- La suspension des moteurs doit être disposée non au centre de gravité mais au centre instan-f tané de rotation. Une liaison élastique entre l’induit .et l’essieu diminue les chocs.
- Méthode graphique générale et inversible pour la détermination de toutes les grandeurs nécessaires dans les calculs de traction. — A. Hruschka.— Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, 14 et 24 janvier 1910.......................... 240
- Sur la théorie du monorail à gyroscope. — A. FÔppl. — Elektroteclinische Zeitschrift, 27 janvier
- 1910............................................ 28i
- Critique des trois positions possibles du gyroscope par rapport au pendule.
- Travaux récents de l’association allemande des transports interurbains. — Electric Railway
- Journal, ier janvier 1910....................... 366
- Types de rails standards. Spécifications, coupes.
- Système de suspension des fils aériens du chemin de fer électrique de New-Haven. — The Electrician, 25 mars 1910............‘........... ”3
- Appareils électriques d’aiguillage pour tramways. C. Werner. — Elektrische Kraftbe-
- triebe und Bahnen, 4 janvier 1910.............. 3o4
- „ Dispositifs employés en Allemagne (à Mann-
- heim, Carlsruhe, Bonn, Cologne, Dusseldorf).
- L’électrification de la ligne de chemin de fer Dessau-Bitterfeld. — Heyden. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 21 avril 1910............ 3g8
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Statistique relative à l’exploitation des chemins de fer suisses’a la fin de l’année 1907.
- — Electric Railway Journal, ior janvier 1910. 91
- Dépenses d’exploitation d’une voiture électrique automotrice avec moteur à la gazoline.
- — Electric Railway Journal, ier janvier 1910. 91
- Locomotive électrique à accumulateurs du puits « Von derHeydt».— Elektrische Kraftbetriebe
- und Bahnen, 24 janvier 1910.................... 240
- Comparaison économique avec la traction animale.
- Résultats obtenus dans l’électrification des chemins de fer anglais. — Electric Railway Journal,
- ior janvier 1910............................ 241
- Tableau comparatif des dépenses : électricité-vapeur.
- LOCOMOTIVES
- Du fonctionnement des bielles motrices dans les locomotives électi'iques. — B. Pacilll. —
- Vlndustria, 17 avril 1910...................... 33g
- Etude cinématique des erreurs commises sur l’angle que forment les deux manivelles d’un même arbre; leur influence sur le fonctionnement.
- Sur la façon d’évaluer la température de la
- vapeur surchauffée. —B. Fournier.— Académie des sciences, séance du 28 février 1910.;. 21
- BREVETS
- Dispositif automatique de protection ou de sécurité pour voie unique, avec trains circulant dans les deux sens. — E. Unverricht. — N° 409 927, publié le 6 mai 1910...... 368
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- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- 1ùèséqùilibre de potentiel par rapport & la terré dans tin réseau de distribution électri-qüêi G. VtÜldUfl. Communication à là section de Naples de VAêSbclütiohe élèlit'bteèhiéti itàiiatlti. — Atti, ttovembPè-»décembré 1909.
- Etude mathématique permettant dé déterminer les fuites d’un réseau à l’aide des lecturës aux voltmètres.
- Force électromotrice et intensité dans un circuit sur lequel sont branchés des moteurs
- et génératrices asynchrones. — 33. Caudre-lier,............. 10
- Ilpeut se développer dans un tel réseau, non seulement des harmoniques pairs (Cf. Taylor, Electrician, 17 septembre 1909), mais encore des oscillations dont la fréquence n est pas un multiple simple de celle de l’onde fondamentale.
- Compensatrices pour systèmes à trois fils.
- — Q, Goojper. **- Communication à VInstitution of Elec-
- trical Engineers, reproduite par YElectl’ical Eeview, et Y Electrician, 25 février 1910............... 49
- Compensatrice à double enroulement; cômpen-; satrlce C. M.B. ; compensateur statique ; résultats d’éssais.
- appareillage
- Dispositifs contre les dangers résultant de .contacts à la terre de conducteurs à haute tension (suite et fin). — G. Fano. — Communication à la section de Naples de YAssociazione eletlrotecnica
- iiatiana, novembre-décembre 1909............... 24
- Crochets Gould ; relais différentiel Siemens ; système Giraud. Expériences faites par la Société Napolitaine. >
- P ara fou dre électrolytique à électrodes d’alu-
- minium complètement Immergées. — Electricai
- World, 17 mars 1910........................ 176 t
- Le tube à vapeur de merctire employé comme parafoudre. — Èlecirical World, 10 mars 1910....................................... 398
- Les limiteurs de courant et la tarification
- électrique...............................;... 121
- Description d’appareils.
- Isolateurs de haute tension. — K. Kuhlmann.
- — Elektrotechnische ZeilSChrift, 20 et 27 janvier, 3 février 1910.. ......................... -. .... 277
- Types Delta, Goddard, Brown-Boveri, Hewlett, Kuhlmann, A. E. G.; General Electric C°, Nagel.
- L’appareillage moderne a haute tension, —
- W. Vogel. — Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen,
- 24 décembre 1909..................... *.....3o3
- Systèmes à barres collectrices simples en doubles. Schémas.
- Dispositif à contacts êleùtriqties régis par la rotation d’un organe mobile autour d’un axe fixe.—L. Décombe. — Société Française de Physique, séance du 6 mai 1910................. 338
- Disque dont le pourtour est taillé suivant une sérié d’arcs de courbe, évitant l'emploi de contacts glissants.
- DESCRIPTION D’INSTALLATIONS
- La transformation du réseau électrique parisien. — A. Troller....................... 12
- Etat des travaux au début de 1910. Programme définitif.
- Les installations hydro-électriques du sud-ouest de la France. — D. Postel-Vinaÿ. — Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, novembre
- «9°9........................................ 87
- Réseau desservant Bordeaux, AngoUlâmé et Périgüëux, établi par la Société d’EtteVgio électrique du Sud-Ouest,
- Transmission k haute tension au Colorado.
- — Electrical World, 27 janvier 1910........ 145
- Installations de la Central Colorado Power C°. Suspension des conducteurs. Résultats d’exploitation.
- bRËVëïs
- IStdUVéati système d’êhclènchemeht dés interrupteurs commandés à distante potif le contrôle d’un moteur. — Compagnie Française pour l’exploitation des prooédés Thomson-Houston, résidant en France (Seine). — N® 409 804, publié le 2 mai 1910............................ 343 -
- Commutateur électromagnétique.---A. Pifre.
- N° 4I°67I, publié le 26 mai 1910,........ 36g
- Système de misé en circuit Ü’électrômotèurs à source de courant commune, — Feltëh et Guilleaumè-Iiahmeyerwerke Aktien Gésêllschaft.
- — N° 410 919, publié le 2 juin 1910......... 371
- Douille êiaüche polir Câbles électriques, — M. Lebedenko. — N° 410 778, publié le 3o mai 19*0..'..................,.................. 412
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- USINES GÉNÉRATRICES
- Chronique des stations centrales ; L’emploi des accumulateurs dans les centrales à courant continu et à courant alternatif. — R. Werk= ner. — Communication à VElektrotechnische Verein de Vienne, le i5 décembre 1909. — Elektrotechnik und Mas-
- chinenbàu, 3o janvier et 6 février 1910..107, i34
- Discussion économique èotllplète dniis le cas des quatre systèmes de production et de distribution possibles.
- CENTRALES HYDRO-ÉLECTRIQUES
- Les installations hydro-électriques du sud-ouest de la France^ — P. Pôstel-Viùay , :. 87
- Voie Transmission et Distribution
- Les Usines hydro-êlectriquës de Suisse. — M. de tibppet................................ 244
- Rapport consulaire, d’après les statistiques.
- Lê degré ü’titilisation de l’énergie hydraulique dans les centrales d’éclairage et de force des grandes villes. — Norberg-Schulz. — Elek-
- trotechnische Zeitschrift, 6 janvier 1910.. 3o6
- Résultats d’exploitation de la centrale électrique de Christiania.
- CENTRALES A VAPEUR
- CoÙt dé Vinstallatlon d’une usine à vapeur moderne. — Electrioal Wbïld-, ao jafiviei* tgto.. i56
- une centrale à vapeur moderne (la centrale
- deBüënôS-AyréS).—M.Geimàh.~Eléktrotechnische
- Zeitschrift, 18 et 20 janvier 1910.208
- Noiivéllès machinés à vapeur économiques
- — A. Berthiet*......................184,219, 376
- Machines de Friedrich; machines Wolf; machines à équicourant (Société Alsacienne).
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Chronique financière : 26, 61, 92, 123, 157, 187, 221, 2S4, 285, 817, 848, 38i, 4j3
- Renseignements commerciaux : 28,62, 94, 12a 159, 190,228, 286, 287, 3i9,35o, 383, 4i5
- Nouvelles Sociétés : 160, 224........ 35i
- Adjudications ;3i, 64( 96, 127, 160, 191, 224, 266
- 288, 819, 35i,383. 4^6
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- TABLE DES AUTEURS
- A
- Allister (Mc.), — Conduite électrique des
- trains de laminoirs. . . . . . . 147
- Angot (A). — Sur la variation séculaire des éléments magnétiques dans la région
- de Paris................ 19
- Arsonval (A. d’). — Sur les accidents causés
- par l’électricité.......................214
- B
- Baillehache (de). — Sur la loi de l’induction. iy2
- Barreca (P.). — Considérations sur la puissance rayonnée par une antenne et sa mesure expérimentale dans un cas particulier........................................400
- Bary(P.). — Force éleçtromotrice due à la
- gravitation au sein des électrolytes. . 336
- Beattie (R.) et Gerrard (H.). — Mesure à l’aide de l’appareil de Kapp de la perméabilité du fer dans les champs intenses. ........................................239
- Benischke (G). — Les machines asynchrones à champ tournant au moment du passage par le synchronisme et le moteur dit « à hystérésis ........ 337
- Berthier (A.)—Nouvelles machines à vapeur
- économiques. ... . . . 184, 219, 376
- Besson (A.) et Fournier (L.). — Réduction des chlorures de bore et d’arsenic par l’hydrogène sous l’influence de l’effluve électrique. . . . . . .178
- Bloch (L.). — Ionisation par pulvérisation
- des liquides..................... 302
- Bloch (M,). —-Etude de l’effet photoélectrique de Hertz pour des radiations de longueur d’onde bien définie.....336
- Boche’t (A.) — Les projections électriques
- militaires.........................207
- Bonnet (F.). — Mixture à l’épreuve des aci-
- des et des bases pour imprégner les rayons qui supportent les batteries d’accumulateurs. . . . . . . . 178
- Bordier (H.) et Horand (R.). — Action des rayons ultraviolets sur les trypanosomes. . .................... ... 275
- Rougault (P.).— Peut-on donner des lignes électriques en garantie à un bailleur de fonds ? . ....... ii5, i52
- La condamnation pour occupation de la voie publique sans autorisation entraîne-t-elle toujours l’enlèvement
- du poteau ?................. . . . 215
- Droits d’octroi sur les matériaux. Entrepôts et dispense d’entrepôt. . 310
- Breguet (J.). — Note sur les équipements électriques des. nouveaux submersibles de la marine française. . . . 35, 67
- Brizard. — Voir Broglie (M. de).
- Broglie (M. de) et Brizard. — Ionisation par
- barbotage et action chimiques. . . 302
- Ionisation des gaz parvoie chimique. 398
- C
- Campdell (L.). — Système de téléphonie automatique............................... . . . i5o
- Caudrélier (E.). — Force électromotrice et intensité dans un circuit sur lequel sont branchés des moteurs et génératrices asynchrones. ...... 10
- Décharge des inducteurs. Capacité
- des électrodes.................... . 48
- Cauuenberghe (R. van). — Etude des chocs aux essieux moteurs en tenant compte
- de l’inertie des induits............. 7
- Cernovodeanu et Henri (V.). — Comparaison des actions photochimiqües et abiotiques des rayons ultraviolets. ... 19
- Action des rayons ultraviolets sur les microorganismes et sur différentes cellules. Etude microchimique . . . 276
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- iS —
- Chbnbveau (C.). — Sur une méthode simple
- pour la mesure d’un champ magnétique...................... .... 365
- Cohen (E.) et Tombrock (W.). — Force elec-
- tromotrice des amalgames de zinc. . 111
- Cooper (G.). — Compensatrices pour systèmes à trois fils.....................49
- Coppet (M. de). — Les usines hydro-électriques..................................a44
- Corbino (O.). — Production de champs cycliques par le moyen d’oscillations amorties dans les dispositifs d’Artom. 14
- D
- Décombe (L.). — Sur la mesure de l'indice de réfraction des liquides au moyen du
- microscope.........................337
- Dispositif à contacts électriques régis par la rotation d’un organe mobile
- autour d’un axe fixe...............338
- Devaux-Charbonnel. — Chronique de télé-
- graphie et téléphonie : La téléphonie et la télégraphie sous-marines au moyen des courants de haute fréquence. . . 1 63
- Drager (H.). — Procédé de fabrication de filaments de charbon pour électricité. . 283
- Dunoyer (L.). — Sur une nouvelle circonstance de formation des rayons cathodiques...........................................3o3
- Méthode de mesure d’un champ magnétique en grandeur etdirection ; dygo-graphe...................................337
- E
- Ebeling (A.). — Câbles téléphoniques à longue
- distance, système Pupin.................195
- Ecoles (H.). — Recherches sur les cohéreurs. 179
- P
- Fano (G.). — Dispositifs contre les dangers résultant de contacts à la terre de con-
- ducteurs à haute tension (suite et fin). 24 Feige (A.).—-Voir Urbain (E.) et Scal (C.).
- Féry (C.). — Bobine symétrique pour galvanomètre à cadre mobile.................... 19
- Fisher (J.). — Appareil de sécurité pour le
- service des mines..................5o
- Fleischmann (L.). — L’état actuel de la con-
- struction des dynamos et dçs transformateurs................... .... 3o3
- Fleming (J.-A.). — Mesures quantitatives concernant la radiotélégraphie. . . 5a, 83
- Fôppl (A.). — Sur la théorie du monorail à
- gyroscope............................281
- Fournier (B.). — Sur la façon d’évaluer la
- température de la vapeur surchauffée. 21 Fournier (L.).—Voir Bssson (A.).
- G
- Gabet (G.). — Sur les résultats obtenus dans la torpille radio-automatique par un nouveau commutateur et radio-combi-
- nateur..............................22
- Gensch (M.). — Une centrale à vapeur moderne (la centrale de Buenos-Ayres). 208 Gerrard (H.). — Voir Beattie (R.).
- Gheysens (A.). — Sur le diagramme de fonctionnement des moteurs synchrones. 227 Girault (E.). — Usine à cyanure d’argent de
- la « San Rafael y Aseza C° » à Pachuca. 367 Guilbert (C.-F,). — Mesure et calcul des pertes dans le fer avec champ tournant elliptique et champ alternatif. ... 99
- H
- i *
- Harden (J.). — Le four électrique. . . . 283
- Henri (V.). — Voir Cernovodeanu.
- Hermann (A.). — Courbes déformées de courant et de tension et leur analysé. . . 274
- Herrgott. — Le thermophile électrique : tissus, tapis, tricots" chauffant par
- l’électricité..................... . 374
- Herrmann (J.). — Les pertes dans le fer par
- aimantation tournante. . ... . 365
- Heyden. — L’électrification de la ligne de che-
- min de fer Dessau-Bitterfeld. . . . 3g8
- Hope-Jones (F.). — Horloges électriques modernes...............................208
- Horand (R.). — Voir Bordier (H.).
- Hrabowski (K.).—Nouveau type de réflecteur
- pour lampe à arc...................398
- Hruschka (A.). — Méthode graphique géné-
- rale et réversible pour la détermina-tion de toutes les grandeurs nécessaires dans les calculs de traction. . 240
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-
-
-
- ** fl »**
- , J
- Ives (H,), — Comparaison de }a lumière du jour aux sources lumineuses artificielles. ajfi
- Jt
- KQWAMnq (J, 9g) Pt RAPPEg (R), Res ten-
- sions explosives gn courent alternatif
- et leur relation avec le rayon de courbure des électrodes. ...... 77
- Kuhlmann. — Isolateurs de haute tension. . 277
- L
- Larose (H.). s— Spr l’équation des télégraphistes. ......................................22
- Sur les deux suites de solutions de l’équatiqn des télégraphistes . . . 368
- Laws (A-)- — Etalonnage des transformateurs
- destinés aux appareils de mesure, . i|*
- Lebedbnko (M.). tt-s Douille étanche pour ' cables électriques, , . . , , • 4**
- Leroy»Brqw8, Etalon de résistance à indue»
- tance et capacité compensées. ... 77
- M
- Maurain (Ch.). — Variation avec la température des propriétés magnétiques du fer dans les champs magnétiques faibles. . ......................3o2
- Mellis (B.). — Voir( Pollard-Digby ’(W.) . .
- N
- NigTHAMMER (F,), ^-i Egalisation de la puis-: sance absorbée par les machines d’ex-traetion pu de laminoirs, .... 241 ÎJeDON. (A.). — Recherches sur le magnétisme
- terrestre. ,........................ 56
- IjoRBERG-^cHuLz. — Re degré d’utilisation de l’énergie hydraulique dans les centrales d’éclairage et dp force des grandes villes. 3o6
- Q
- Onîïes (K,.). — Voir Weiss (P.).
- P. — Sur l’équipement électrique des submersibles. 1 1 » ». ». . •
- PAciLgt (g;), Du fonctionnement des bielles " motrices dans, les locomotives électriques . . ... . . . . . , . 339
- Parks (F,), ^ Solution graphique de certain9
- problèmes d’éclairement, , , . • a75
- Pécheur (H.), — Résistivité du nickel, de l’aluminium marchands et de leurs
- alliages, , ,.............* f ,
- 1 PggfliN (J,).— Mouvement brownien et molécules. up8,
- ! Pifre (A,)', — Commutateur électromagnétique 369
- 1 PqiNCAgg (H,), -rr. %r la diffraction des ondes
- hertziennes (A suivre). . . . 355, 387
- Pollard Digby (W.) et Mellis (B). — Les propriétés physiques des huiles employées dans les interrupteurs et les
- transformateurs..............., • 120
- Pqstel-Vinay. — Les installations hydro-électriques du ^ud-Ouést de la France. • 87
- Prôtt (H,). — Moteur électrique. , 347
- .
- Rappel (J.). —Voir Kowalski (J.de).
- ReissEï (A.). — L’égalisation de la puissance absorbée par les machines d’extraction ou de laminoirs. . . . . . . . 3g4
- Revessi (G.). — Chronique de ia traction élec-* trique : Les limites d'emploi de la traction monophasée. . , . . . 43, 73
- Reyval (J.)—L'exposition de la Société Française de Physique. . i3i, 169^ 266, 3a8
- Les machines synchrones à collecteur utilisées comme, transformateurs
- de [courant ou tension. . - 36i
- Rezelman(J.). — Analyse de la réactance. 25g, 291
- Righi (A.). — Arc triphasé avec quatre charbons....................................41
- Roy (L.). —De l’influence de la ventilation sur la température de régime des conduc- teurs nus ou isolés.........................173
- S
- Scal (G.). — Voir Urbain (E.).
- ScuAFgR (B,), ==» Qpmppundftge des alterna^
- teurspar les redresseurs à mercure, . 275
- Sçhreiueh (H,), tht L’industrie électrique et
- les taxes fiscales, 67
- Scott (A,)- — Ra soudure électrique et la sour dure autogène ; leurs applications à la réparation des navires? , • • • » 399
- §UArpsteén (H.). — Les moteurs électriques
- dans l’imprimerie h3
- 2o5
- p.2x14 - vue 430/432
-
-
-
- Simpson (C.). — Courants électriques entre
- l'air et la terre. . ............11/,
- Smith (E.). — Les amalgames de cadmium et
- l’élément étalon Weston. .... 172
- Stomayer. -—L’influence de l’azote sur les propriétés des aciers ....................i/t5
- T
- Thilo (F.). — L’électricité à bord du vapeur
- George-Washington. . .... 3o6
- Thompson (S.-P.). — Effets physiologiques produits par un champ magnétique alternatif.............................307
- Thorne-Baker (T.). —Sur quelques propriétés
- du sélénium.....................365
- Tombrock (W.). — Voir Cohen (E.). . .
- Troller (A.). —La transformation du réseau
- électrique parisien............... . 11
- U
- Unverricht. — Dispositif automatique de protection ou de sécurité pour voie unique avec trains circulant dans les deux sens. ......................................368
- Urbain (E.), Scal (C.) et Feige (A.). — Sur la
- stérilisation de l’eau par l’ultraviolet. 19
- V
- Vallauri (G.). — Déséquilibre de potentiel
- par rapport à la terre dans un réseau
- de distribution électrique...............77
- Vallet (G.). — Pénétration et action bactéri-ricide des rayons ultraviolets par rapport à la constitution chimique des milieux.............................................19
- Vogel (W.). — L'appareillage moderne à haute
- tension.................................3o3
- W
- Weiss (P.). — Sur la mesure de l’intensité d’aimantation à saturation et la loi d’approche vers la saturation. ... 48
- Weiss (P.) et Onnes (K.). — L’intensité d’aimantation à saturation aux très basses
- températures......................... 76
- Sur les propriétés magnétiques du manganèse, du vanadium et du chrome. 76 Weisshaar (O.). — L’usage des graduations
- logarithmiques en électrotechnique, notamment dans les essais de fer. . . 397
- Wellish (M.).— Détecteur électrique d’ondes
- électromagnétiques..................i5o
- Werkner (R.). — Chronique des stations centrales : L’emploi des accumulateurs dans les centrales à courant continu et
- à courant alternatif.........107, i34
- Werner(C.).— Appareils électriques d’aiguillage pour tramways................3o4
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