La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- La
- Précédemment
- L'Eclairage
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Co-
- direction SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M. LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, ' DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’INSTITUT Pp A L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- Électrique
- f ! '
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
- «wvwvwwww»
- A. WITZ
- Dn DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES DE LILLE, MEMBRE CORR* DE L’iNSTITUT
- RÉDACTEUR EN CHEF :
- R. CHÀSSERIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et de l’École Supérieure d’Électricité.
- TOME XI -(a* Série)
- 3e TRIMESTRE 1910
- ^VUVWVWWWWV»
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- l42, RUE DE RENNES, l42
- PARIS VIe
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- Trente-dèuxième année. SAMEDIS JUILLET 1910. Tome XI (2e série). - N* 27.
- rrt*infinnnnr*ri**i*W***‘****A‘V*m*-:*i*iV
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La. Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — H. Poincaré. Sur la diffraction des ondes hertziennes (Suite et fin), p. 7. — A. Tian. Sur l’emploi des soupapes électriques pour protéger les circuits inductifs au moment de l’interruption du courant, p. i3. — J. Rezelman. Détermination de l’induction mutuelle entre les raccordements extérieurs, p. 16.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. De l’effet du shuntage des bobines d’induction, G. HowE,p. 21.— Sur l’existence des deux potentiels explosifs P. Villard et H. Abraham, p. 22. — Mé-tliodeset appareils de mesures. Quelques mesures sur un condensateur à celluloïd, G. Vallauri, p. 22 — Etude, construction et essais de machines. Sur le fonctionnement du moteur monophasé, G. Benischke, p. 26.— Transmission et distribution. Construction de nouveaux tableaux1 de distribution à haute tension, W. Vogel, p. 26. — Chronique industrielle et financière- — Chronique financière, p. 3o. — Renseignements commerciaux, p. 32. — Adjudications, p. 32.
- ÉDITORIAL
- 1
- M. H. Poincaré termine aujourd’hui son importante étude sur la diffraction des ondes hertziennes et en développe les conclusions.
- Il montre comment varie avec la distance l’amplitude de l’onde diffractée, amplitude qui peut être représentée par une exponentielle décroissante très simple, et avec quelle rapidité cette décroissance s’opère si l’on tient compte de la grande valeur de la longueur d’onde. Ce fait vient s’ajouter à la remarque initiale de l’article, d’après laquelle on n’a jamais une longueur d’onde unique mais un spectre continu dont certaines parties produisent des effets de diffraction encore plus considérables.
- M. H. Poincaré se garde pourtant d’affirmer que cette explication soit suffisante ; il
- émet même des doutes à cet égard et fait appel à l’expérience qui seule pourra indiquer aux théoriciens s’il n’y a pas lieu d’envisager la question à un autre point de vue et de revenir comme point de départ à l’hypothèse de la réflexion des ondes sur les couches d’air ionisées.
- On a déjà proposé bien des dispositifs pour atténuer les effets nuisibles qui accompagnent la rupture d’un courant. M. A. Tian, lui aussi, s’est appliqué à résoudre le problème et ses recherches ont abouti à cette conclusion que l’emploi des soupapes électriques constitue un moyen très simple et très efficace pour protéger les circuits inductifs au moment de l’interruption du courant.
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- 6
- LA LUMÎKWë4’ tfL'ÊCTHï'QÜE T. Xf($‘Siti#. — ^2T.
- Montée en dérivation aux bornes de l’inducteur d’une dynamo, une,telle soupape préserve à la fois l’inducteur de surtensions dangereuses et ^interrupteur d’étihcelles néfastes, lorsqu’on cotipé le circuit d’exci*" tation.
- Nous commençons la publication d’une nouvelle étude de M-. J. Rezelman sur la détermination de l'Vridüctibn' mutuelle entre les raccordements extérieurs, et ce travail vient compléter le précédent.
- Toujours soucieux d’apporter des indications précises aux techniciens et’ aUX constructeurs, hauteur décrit en détail les spécifications des machines sur lesquelles ont porté ces expériences.
- Ces deux études et d’autres qui les suivront bientôt formeront ütf important travail d’ensemble et d’une haute utilité pratiqué sur cette* question Si ârdüfe déS' résite--tancés de machines.
- Dans'ün! travail récent, M. Gampbéll montrait que le shuntage des bobines d'induction produit une augmentation de résistance. M. G. Howe précise, à l’aide d’un diagramme, qu’il n’en résulte pas une augmentation d’impédance, car la self-induction diminue en même temps que la résistance augmente.
- MM. P. Yiliard et H. Abraham ont reconnu que dans certaines conditions expérimentales il peut exister entre deux électrodes deux potentiels explosifs entre lesquels le
- régime de décharge est silencieux et continu.
- Afin d’améliorer le facteur de puissance ' des réseaux dedistributionà courants altéré .natifs, il est tout indiqué devoir’recours à’ des condensateurs, et cela d’autant plus que des travaux récents ont montré la supériorité économique de ceux-ci sur les moteurs synchronesi Mais le problème n’est pas encore résolu complètement au point de vue de la sécurité du fonctionnement et c’est 'pourquoi M. G. Yallauri a1 effectué quelques mesures sur un condensateur à celluloïd. . L’auteur en conclut qu’au point de vue des applications pratiques en question, il n’y a ( rien à espérer de ce diélectrique. Il était ‘ d’autant plus intéressant de publier ces 1 recherches pour’ documenter les - chercheurs engagés dans cette voie.
- ( M. G. Benischke a repris et développé l’étude de MM. Hutinet Leblanc sur Ve fo'itc-1tiorinetnent du moteur monophasé et il es-« tinte' que cette théorie, quelquefois mise- en * doute, est’ cependant d’une grande exac-, titude.
- Enfin, nous donnons, d’aprèsM. W. Yogel, quelques indications sur la construction des nouveaux tableaux de distribution à haute tension. Cette étude vient compléter le travail du même auteur, paru1 ici même il' y a peu de temps. Il s’agit aüjburd?huî plus spécialement du système à barres collectrices doubles, dont l'emploi’ offre1 de si1 grands avantages1 pour la Sécurité- de fonctionnement des installations.
- x Nos lecteurs trouveront à la fin de ce numéro ta table des matières gêw premier trimestre de 1910, dont nous avons expliqué le retard. La table du second trim'estre' est s'oïts pressé et paraîtra dans peude temps.
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- 2 JûïllètlSlft
- REVUE* DMÊIiECTRICITÉ
- 7'
- SUR LA DIFFRACTION DES ONDES HERTZIENNES [Suite-et fin) w
- § 9. —• Sommation de séries diverses.
- Nous allons envisager diverses séries de la forme
- 2r(»)Pb(cos9),
- 7t=0
- o# R (tt)'est une fonction rationnelle, ou mé-romorphe de n. Parmi ces séries, il y en aura qui seront divergentes; par définition, et par application dès principes du paragraphe 7, la, somme dfe: ces'séries sera la limite vers; laq;nella tends la isérie
- ^ R(w)p" P>,
- du cercle de rayon 1. On aura, par le théorème de Cauchy,
- n~fn
- ~ldz,
- °=/>i
- z)zndz. (n^tc
- s si l’intégrale est prise le long d’un cercle de i rayon 1 — e.
- I Soit
- = v—^;
- AJ x — n — 1
- j n=0
- \ il viendra, d’après les formules (2.),
- P)
- quand p, d’abord plus petit que 1, tend vers l’unité. Cette -limite, existera, dans; Les; cas; que.» nous aurons à traiter.
- Nous partirons de l’identité
- Mais si nous faisons; z =• e*V il viendra* d’après l’identité (i),
- n x e^—^) — eix'd
- (45
- 21%.
- gias(e—2e) __ g*’#?
- =2,7
- e1»?
- —|— X
- Oh peut démontrer cette identité, soit en développant le premier membre, par la. formule de Fourier, soit en considérant ce premier membre comme une fonction méromor-phe de x décomposable en éléments simples, soit encore par d’autres procédés.
- Cette identité suppose toutefois que <p est compris entre a et 21c.
- Soit maintenant
- fiz) =2j'A'^re
- une fonction de z holomorphe à l’intérieur
- j d’où
- avec
- U = X (a;) J' f[z) z x dz
- (6)
- Le; chemin d’intégration est représenté j sur la figure 2 :
- \ O est l’originé dans le: plan des z ; A est le | point 1 ; ABMB' est le cercle de rayon 1 ; OA I est une coupure rectiligne. Le chemin d’inté-j gration doit différer peu du cercle x4BB', j puisque nous avons fait dans nos formules S £ = il doit être à l’intérieur de ce cercle,
- pour que la fonction f {z) reste, holomorphe ;
- : il doit partir du point A' pour aboutir au | point A, puisque doit rester compris entre I o et 2u pour que là formule ( 1 ) reste appli-
- (M Voir Lumière Electriqueides i8 et 25 juin 19x0.
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- 8’
- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série.) — N» 27.
- cable. La valeur de z~x au point A initial est i, et au point final elle sera e~2nX. Le chemin d’intégration sera donc le chemin APQA parcouru dans le sens de la flèche.
- Nous chercherons une valeur approchée de U quand x est très grand. Si la partie ima-
- ginaire de x est positive et très grande, \(.x) est sensiblement égal à — e2ixr- ; les seuls éléments sensibles de l’intégrale sont ceux qui sont voisins du point A final, de sorte que nous trouvons pour l’intégrale :
- d’où
- S
- mais ce n’est pas là l’application que nous avons en vue ; nous prendrons
- m = y p»*'1 = 7=
- . v>
- iz coscp -J-.z2
- (7)
- et nous en tirerons
- y
- 1 ) sin — ' 2
- (8)
- C’est là une première sommation d’une
- série de la forme 2 R (n) P„ ; mais, ainsi que nous allons le voir, les résultats sont bien différents quand la fonction rationnelle R (n) jouit de la propriété
- R(«) ----- — R(— n — 1).
- fl1)
- e2ilt(l—x) I ---- X
- f{ i ) e—iixn 1 — x
- et
- Comme premier exemple, prenons
- RM
- ï — x'
- Si la partie imaginaire de x est négative et très grande, X (x) est sensiblement égal à 1 ; les seuls éléments sensibles de l’intégrale sont ceux qui sont voisins du point A initial, de sorte que nous trouvons pour l’intégrale
- fl1)
- ---- I
- I ----- x
- et encore
- U =
- 1 — ;v
- On peut prendre, par exemple,
- Az)=yzn ei‘n=—-—-,
- 1 — ze’f
- Nous avons trouvé d’abord ;
- S (9)
- f(z) étant la fonction (7). En changeant dans cette formule x en 1 — #, on trouve :
- S = M1 “ *) f flz)zX-ldz. (10)
- Transformons cette intégrale en faisant
- 2 = - ; il viendra : u
- Quand z décrira le chemin APQA dans le sens de la flèche, u décrira le chemin ÀLKA dans le sens de la flèche; la valeur initiale
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 9
- de u-x sera t et la valeur finale sera e2i'ra. Mais X(i—x) =— e—2iltæX(A’) ;
- nous pouvons donc transformer la formule (io) et écrire :
- Maise-2iVœ peut être regardé comme une autre détermination de u~-K, à savoir celle qui, au lieu d’avoir i pour valeur initiale et eih-x pour valeur finale, a e~2ir-æ comme valeur initiale et i comme valeur finale. Nous pouvons donc écrire :
- l’intégration est prise le long de ALKA avec la valeur initiale e~tiræ pour u~;x. Mais
- ce qui donne :
- S— x’1— n=X^ f f(ll)u~xdu- (I2)
- Si l’on observe que la valeur initiale de z~x dans (9) est égale à la valeur finale de u~* dans (12) et inversement, on voit qu’il est possible de raccorder les deux intégrales.
- Pour calculer ^ R (») P„, nous n’aurons qu’à ajouter les deux formules (9) et (12), après avoir dans cette dernière remplacé u par z, ce qui est un changement de notation; on trouve alors :
- ^ R (n) P,j = X (x) J'f{z)z-Xdz. (13)
- L’intégrale est prise le long du contour fermé APQALKA, la valeur initiale et finale de z~x étant 1. On remarquera que, si l’on pratique les coupures OA 00 et BMB', cette dernière allant de B = e!? à B' = e!(2r—?>, les deux fonctions f(z) et z~x deviennent uniformes; et que notre contourne coupe pas ces coupures. Nous pouvons en conséquence déformer notre
- contour d’intégration d’une manière conti' nue, pourvu que ce contour reste fermé, enveloppe la coupure BMB', en laissant en dehors la coupure OA 00 . Nous pouvons, par exemple, prendre un contour qui suit l’une des lèvres de la coupure B'MB du côté interne en allant de B en B' et qui revient ensuite de B' en B, en suivant l’autre lèvre de cette même coupure; ce que nous pouvons encore écrire :
- ^ R (n) P» — 2 X (x) J f{z) Z-* dz (14)
- avec cette condition que l’intégrale doit être prise le long de la coupure sur la lèvre interne.
- Nous allons chercher à évaluer approximativement l’intégrale (14).
- Deux cas sont à distinguer :
- Si la partie imaginaire de x est positive et très grande, on aura sensiblement :
- \{x) = — e2ixT‘
- et les seuls éléments sensibles de l’intégrale seront ceux qui sont voisins du point B' ; on aura alors :
- 2 /*27r-? tV(l-*)+rf4f
- RP» = — / .. V-----------------
- J yi (<? -f- —*2tt) (g—2'? — i )
- Nous pouvons remplacer au numérateur l’exponentielle g’P-^ par
- x$) — g—1? g—ia-l
- et les formules relatives aux valeurs approchées des intégrales nous donnent, à un facteur numérique près,
- fl — ia 1
- /e-ai? - i \/x
- d’où
- „ é?ÎX’?
- V RP„ = K --— '--------(K étant un facteur
- \/(i —e2i?)x numérique).
- On remarquera que la partie imaginaire de x étant positive, l’exponentielle est très petite.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série). — »» ,27.
- Supposons maintenant que la partie imaginaire de x soit négative et très grande ; on aura sensiblement
- \[x] — I
- et les seuls éléments sensibles'de l’intégrale seront voisins du point B ; ,«m aura donc :
- i:
- ï “H d\]/
- On peut remplacer e*(1—par e!‘» e ~ix\ce qui donne, à un facteur numérique près.,
- e—,x?.
- » y/e2i? —T y/x
- On a donc :
- SRP.= K'-p^=.
- Ici encore, la partie imaginaire de x étant négative, l’exponentielle est très petite.
- On voit donc que les deux parties de la somme,
- \3 1 » X-1 1 n
- x — n — i
- se compensent presque exactement. Supposons maintenant
- R(w) (a 71 -}- l)p.
- Nous avons
- ^p* — ap D.cos tp -|- -D2
- Si&p*=s'
- formule valable pour p 'D.
- Introduisons le symbole d'opération :
- AS
- dS
- D
- d S
- •dp d\) ’
- nous trouverons successivement :
- as=2(“+,iDwïT'”' ®s=2(»»+'r
- et en général:
- 4»S = 2(«» + .)'^ïP..
- D»+‘
- 'Quand on permute p et D,, la fonction .S ne change pas, le symbole A se change en— A, et Ap S se change en
- (_ i)pApS.
- Si donc p est impair et si on fait D = p, cai aura :
- APS = o.
- Nous avons :
- en supposant p < D; faisons D — i, faisons tendre p vers D, ie premier membre tendra vers zéro, le second membre tendra vers une limite qui sera par définition la somme de la série divergente
- On aura donc, pour/? impair,
- ^ (2« + !)PP» = O.
- On conclura de là que
- £ lt(W}JV=.o
- quand R .(n) est un polynôme entier tel que R(w) = —R(— n — i).
- § au. — Conclusion.
- Appliquons ces principes à notre problème. Nous avons trouvé :
- *=<a--+ ») feSp"- ()
- I'n'Kp)
- Nous avons vu au paragraphe y que la limite de cette expression, pour p = D, est
- >‘=5=5»2*mp-. w
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- 2 Juillet 1910.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Il-
- ia gomme de la série divergente (2) étant définie comme nous l’avons fait aux paragraphes 7 et 9.
- Nous avons observé ensuite que R (n) est une fonction méromorphe de n satisfaisant à la condition
- R(W) C3S — R(— « l).
- On aura d’ailleurs:
- nw—nt—* (6)
- Q*(u)== —Q*(—h—1). (7).
- Nous sommes ainsi conduits à envisager la double somme :
- Nous avons vu ensuite au paragraphe 8 que cette fonction méromorphe peut être décomposée en éléments simples. Soit ç* l’un des infinis de R (»)., et B* le résidu correspondant ; la série
- V Baw3 2j îÆ3 (n — s*)
- (3)
- s.nwp.+s,s,<î*(»)p,.. m
- Nous observerons que, d’après le paragraphe 9 et la relation (6), on aura :
- Sne>p-°-
- D’autre part,
- est convergente et sa somme ne diffère de R (n) que par un polynôme du second degré.
- Distinguons parmi les infinis ceux dont la partie imaginaire est positive ; nous aurons en outre les infinis — 1 — s* qui auront leur partie imaginaire négative, et le résidu correspondant sera -j^- B* ; on peut donc diviser la série (3) en deux parties,
- V B*”3 v__________________B*”3______ 1
- g*3 Zi (? + e*)3 [n 4- ï -f ?*)’
- en ne donnant aux e* que les valeurs dont la partie réelle est positive.
- Comparons la seconde série (4) à la suivante :
- _ V B*(« + 1;3
- Zi e*3(n 4- I + £*)'
- Nous constaterons que ces deux séries convergent et que leur différence est un polynôme du second degré en n. Gela nous permet d’écrire :
- RM=n(”)+2Q*(w) <5)
- Q*(«) = ra*(n) -f B J—-----1----—- "1,
- étant un polynôme du second degré, tel que
- GT*(w) == — n — i),
- ce qui entraîne :
- 2 (w)p>* — °i
- y Q*(")p»=Bty f——+ .-1-, ]pn.
- *** Lu r~rr £* u -f-1 -j- ?d
- Or la somme qui fîgur.e ici au second membre est aux notations près, celle que nous avons évaluée au paragraphe 9.
- Gomme — ek a sa partie imaginaire négative, elle est égale à
- K'
- ! e~2îï)
- IG étant un facteur numérique. La somme (8) prend ainsi la forme :
- *2.
- B* eük?
- \Zei(i — e-2l>)
- (9)
- avec
- Q*(«)
- B kn3
- e*3 (n — £*)
- BÆ(«+ i)3 £43(u + 1 -f s*)
- B /
- Nous savons que la série converge
- absolument; mais les exponentielles ei,kt décroissent beaucoup plus rapidement que les
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- 12
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 27.
- facteurs -5- ; nous sommes donc certains que £J/f
- la série (9) converge, et il est aisé de s’assurer que sa somme est bien la même que celle de la série (8). Les termes de la série (9) décroissent même si rapidement qu’on peut réduire la série à son premier terme et écrire :
- K" Bleu<?
- w2D* /ei(i
- (10)
- K" étant un facteur numérique.
- Qu’est-ce maintenant que e, ? La remarque finale du paragraphe 8 nous permet de nous en rendre compte ; on a
- £1
- toD — 4
- b)D
- 1
- 3
- t0 étant la plus petite racine de l’équation
- F' 3 / = o.
- Ainsi l’expression de p. contiendra un facteur e'tif, ce facteur décroîtra très rapidement quand 9 augmentera, c’est-à-dire à mesure qu’on s’éloignera de la source ; son module est, en effet, égal à
- e~h,
- h étant la partie imaginaire de ; or cette partie imaginaire est de la forme:
- i
- /w(wD)3,
- m étant un facteur numérique, ou en prenant D = 1, de la forme :
- 1
- /wu>3.
- Quand 9 augmente, c’est-à-dire quand on s’éloigne de la source, l’amplitude des oscillations varie sensiblement comme l’exponentielle :
- G—
- C’est là notre conclusion finale. Comme w 1
- ests très grand, w5 est très grand aussi, de
- sorte que cette décroissance est très rapide, quoique moins rapide que si l’exposant était de la forme — m w 9.
- Cette conclusion finale permet-elle d’expliquer les phénomènes observés ? Pour s’en l’endre compte, il convient d’abord de se reporter à la remarque du paragraphe 1, d’après laquelle les ondes hertziennes possèdent un spectre continu où les composantes qui correspondent à des valeurs de w qui ne sont pas très grandes ne sont pas négligeables. Cette explication est-elle suffisante ? Il est permis d’en douter. Des calculs numériques et des expériences précises permettront seuls de trancher la question.
- Peut-être sera-t-on obligé d’en revenir à une autre hypothèse déjà souvent proposée, et d’après laquelle les couches supérieures de l’atmosphère, devenues conductrices par ionisation, réfléchiraient les ondes. Ce qui viendrait à l’appui de cette opinion, c’est la grande différence constatée entre les transmissions à grande distance de nuit et de jour. Il est possible, en effet, que les conditions de l’ionisation n’étant pas les mêmes de nuit et de jour, le passage des couches non-conductrices aux couches conductrices se fasse plus brusquement la nuit, de façon à rendre la réflexion possible.
- Notre conclusion finale est exactement conforme à celle que j’avais formulée dans les leçons que j’ai professées à l’Ecole supérieure de Télégraphie et qui ont été reproduites dans la Lumière Electrique (*). Elle est, en revanche, en contradition avec une formule que j’ai donnée dans les « Comptes Rendus», au mois de mars 1909 et que j’ai rectifiée dans une note du mois d octobre de la même année (* 2).
- H. Poincaré.
- (*) Lumière Electrique, tome IV, ae série, page 327.
- (2) Voir Lumière Electrique, i3 novembre 1909.
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- 13
- î
- SUR L’EMPLOI DES SOUPAPES ÉLECTRIQUES POUR PROTÉGER LES CIRCUITS INDUCTIFS AU MOMENT DE L’INTERRUPTION DU COURANT
- L’interruption du courant dans un circuit inductif donne naissance à une force électromotrice de self-induction, en même temps qu’un arc se produit dans l’interrupteur. Pour éviter la dégradation trop rapide de cet appareil on est conduit à couper brusquement le courant; mais alors la tension supportée par le circuit, s’il est très inductif, peut être considérable au moment de l’interruption, et dépasser de beaucoup la tension normale; si bien que, quand il s’agit d’un circuit comprenant par exemple l’inducteur d’une dynamo, la pi’otection de l’interrupteur constitue un grave danger pour la machine.
- On a cherché à réduire à la fois ces deux effets nuisibles qui accompagnent la rupture d’un courant, en intercalant progressivement des résistances sur le circuit. Il faut que la réduction du courant soit suffisante pour que l’on puisse, en dernier lieu, couper le courant sans danger. On évite d’ailleurs toute surtension à ce moment si la résistance ainsi ajoutée est telle que l’on puisse mettre l’inducteur en court-circuit avant de manœuvrer l’interrupteur principal. M. Kallmann (') a proposé un dispositif ingénieux consistant à intercaler dans le circuit des résistances de lampes Nernst dont la valeur faible croit d’elle-mème progressivement à mesure qu’elles s’échauffent. De toute façon, on est amené à employer un rhéostat où puisse se dissiper une puissance de même ordre de grandeur que celle fournie au circuit, rhéostat dont le coût est par conséquent élevé.
- On sait que l’étincelle de rupture peut être supprimée par la mise en parallèle, sur l’in-
- (•) Elektrotechnische Zeitschrift, tome XXIV. 19 novembre 1908, p. 1 i34.
- terrupteur d’un condensateur d’une capacité suffisante; par ce moyen qui revient à produire une brusque rupture on n’assure que la protection de l’interrupteur ; le circuit est par contre soumis à une forte tension; l’emploi de ce dispositif dans les bobines Rhumkorff en fait foi. Il faut cependant remarquer que si la capacité a une valeur considérable, incomparablement plus grande que celle qui est nécessaire pour éteindre l’étincelle, toute surtension peut être évitée dans le circuit. On sait en effet que si c, l et R sont respectivement la capacité du condensateur placé en parallèle sur l’interrupteur, le coefficient de self et la insistance du circuit, et si 011 a
- c la différence de potentiel aux bornes
- de l’inducteur diminue graduellement, et sans s’inverser depuis l’instant de la rupture, de E à o, E étant la tension normale d’alimentation. Pour éviter toute surtension, il n’est d’ailleurs pas nécessaire de prendre c
- 41
- aussi
- grand : si c <; — (*) la tension s’in-
- verse peu de temps après la rupture et si
- 1 4i 1 . , . .
- c ^ ---- — la tension.mversee ne dépassé
- 12,1 R'*
- pas — E. Cette valeur minima de la capacité est encore bien considérable : pour protéger l’inducteur d’une petite dynamo de 3 kilowatts ayant 3o ohms et 2,1 henrys. il faudrait prendre un condensa teur de 700 microfarads(2)!
- (') En négligeant l'amortissement des oscillations dû aux pertes d’énergie par hystérésis et courants de Foucault, et en supposant également négligeable la capacité propre du circuit.
- (2) Il faut remarquer que le condensateur mis en dérivation sur l’interrupteur doit pouvoir supporter la tension aE, à moins que la source ayant une self négligeable, on puisse aussi bien mettre le condensateur en dérivation sur l’inducteur. Dans ce cas, la tension à scs bornes oscillerait seulement de -f-E à —E.
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- 14
- LA LUMIÈRE ÉLECTR1QU.E
- T. XI (2« Série). — 2f.
- On voit donc que si le problème peut être entièrement résolu par le seul emploi d’un condensateur, il exige alors la mise en jeu d’énormes capacités. v
- La protection du circuit pourrait être assurée en même temps que celle de l’interrupteur, si, produisant une rupture brusque (avec ou sans condensateur) on évitait l’élévation anormale de là tension aux bornes de l’inducteur à l’aide d’un appareil spécial limitant automatiquement cette tension. Cet organe de protection ne devrait pas avoir d’inertie de fonctionnement sensible et oïl conçoit que sa réalisation purement mécanique, à l’aide d’un éléctro par exemple, soit difficile. Les parafoudrès ordinaires, â étincelle, ne sont pas appropriés pour les basses tensions (quelques centaines de volts) généralement employées pour l’excitation des machines électriques ; CeüX du type électro-lytique conviendraient mieux, mais pour qüe toute surtension notable soit rendue impossible, il faudrait que le nombre de leurs éléments soit tel que chacun d’eux soit normalement soumis à une tension voisine de la tension de rupture. Or on sait que dans ces conditions le fonctionnement de ces appareils est défectueux.
- * ♦
- J’ai résolu d’une façon très satisfaisante le problème en mettant à profit ce fait bien connu, que, au moment de la rupture, le courant traversant un circuit non inductif placé en parallèle sur un autre qui l’est beaucoup, change de sens. On conçoit alors qu’il soit possible de protéger un circuit inductif en laissant constamment dérivé sur lui un autre circuit sans self, à condition d’y intercaler un organe ne permettant au courant de ne passer que dans un seul sens, celui de l’extra-courant, et présentant une inei’tie de fonctionnement très faible. Je me suis servi dans ce but avec succès de soupapes électrolytiques.
- La première, condition à remplir, relative
- à la protection du circuit, est que la différence de potentiel A/a aux extrémités de l’inducteur (fig. i) ne dépasse jamais ± E, E étant la tension de la source; la deuxième, relative au bon fonctionnement de l’interrupteur, est que la différence de potentiel ajb, aux bornes de cet appareil, reste faible pendant quelques instants après celui de la rupture, pour rendre l’amorçage d’un arc impossible, ou peu dangereux.
- Soient I le courant traversant normalement l'inducteur et r la résistance totale du circuit dérivé ASa dont la self est supposée négligeable, et soient, à un instant quelconque suivant celui de la rupture, i le courant qui traverse là soupape, et, la capacité de cetté dernière étant généralement appréciable, e la différence de potentiel de part et d’autre du diélectique recouvrant la lamé d’aluminium^1).
- On a
- Dif. de pot.A/a = e — ri et si la self de la source est négligeable,
- Dif. de pot. ajb — E — (e — ri)
- = E — e —J— /’i
- Dans ces expressions e varie de la valeur
- (4) On néglige la force électromotrice de polarisation (sens P b — Al), inférieure à 2 volts.
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- REVUE D’ELECTRICITE
- iniHialé ET à> la valeur o, qu’elle atteint d’autant plus vite que la capacité de la soupapev est plus faible. D’autre part, i varie graduellement de la valeur initiale I à o. Donc :
- i°’ A moins que ri ait une valeur assez grande pour que (e — ri) puisse avoir une valeur1 absolue1 supérieure’ à E, il> ne saurait y avoir de surtension. Or, ri ne peut a fortiori avoir une valeur supérieure à ri, donc il n’y a rien à craindre’, relativement à la protection de l’inducteur, si r me d'épasse pas la résistance du circuit à protéger'.
- 2° Si la soupape’ a une capacité notable de telle sorte que e ne tombe1 pas immédiatement à la valeur zéro’ mais reste voisine de E pendant quelques instants après la rupture on peut arriver à supprimer tout arc de rupture quelle que soit d’ailleurs la tension E de la source : il suffît simplement que ri ne dépasse pas une vingtaine de volts nécessaires pour amorcer un are.
- Si ri a une valeur plus grande et surtout si la soupape a des dimensions si restreintes que la capacité en soit négligeable, on aura à couper le courant I dans un circuit non inductif, sous une tension au plus égale à E+rl
- aussi brusquement qu'on le veut.
- Telles sont lés conclusions auxquelles permet d’arriver l’examen des phénomènes qui se passent après la rupture du courant. Je les ai vérifiées de la façon suivante sur deux inducteurs de 3o et roo ohms alimentés respectivement sous n5 et 220 volts.
- i° Pour constater l’effet de la soupape relativement à la protection du circuit, j’ai placé en dérivation sur un inducteur avec pôles inversés,un voltmètre polarisé Y (fig. 2) prenant oamp,oo28 au bout de Féchelle et dont la constante de temps est tout à fait négligeable. On évite d’ailleurs que l’aiguille puisse dévier en sens inverse’ du sens normal à l’aide d’une butée c susceptible d’être déplacée sur le cadran du voltmètre.
- Dans une première expérience, sans soupape, on détermine le point le plus bas a où il faut placer la butée pour que l’aiguille' ne
- la quitte pas $ l’instant de la- rupture du courant. Ce point correspond à une1 tension de 65o volts pour l'inducteur alimenté sous i r5 volts. Cette valeur est d’ailleurs une limite inférieure dé la tension réelle supportée par le circuit, parce que l’équipage mobile du voltmètre n’est pas un système absolument indéformable.
- Si on établit ensuite le circuit AS« comprenant la soupape S, le point a déterminé comme plus haut correspond à 45 volts, la soupape ayant une résistance dé quelques
- + '' A
- ohms (‘). On accroît à peine cette tension (5o volts) si l’on fait usage d’une soupape dont les électrodes n’ont que quelques millimètres carrés de surface et dont la résistance est d’une vingtaine d’ohms.
- Avec l’inducteur de 100 ohms alimenté sous 220 volts on a trouvé dans les mêmes conditions, sans et avec soupape (deux éléments en série), 600 volts et 35 volts. Pour la raison donnée plus haut ces nombres ont sans doute une valeur un peu trop faible; ils semblent néanmoins nettement montrer que la tension après rupture, ne saurait atteindre avec la (*)
- (*) Dans tous ces essais la rupture du courant est produite toujours de la même manière par le même interrupteur.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XI (2® Série). — N® 27.
- soupape la tension normale, en sorte qu’il n’a pas paru utile de chercher à les déterminer avec plus de précision.
- La protection d’un circuit inductif relativement à la surtension de rupture paraît donc complètement assurée par ce dispositif.
- 2" Pour ce qui est de la suppression de l’étincelle de rupture, les résultats obtenus sont tout à fait remarquables. On réduit ainsi un arc de rupture de i2cra de longueur (avec l’inducteur de 3o ohms sous 115 volts) à une fraction de millimètre, comme si le circuit avait été privé de toute self et si la source, malgré sa force électromotrice élevée, avait perdu de son côté tout pouvoir d’amorcer un arc. Pour que pareil résultat soit atteint, il faut employer, ainsi qu’on l’a dit plus haut, une soupape de faible résistance présentant une notable capacité, facile d’ailleurs à construire : la soupape employée était constituée par quatre plaques de plomb et quatre plaques d’aluminium de i**1"2 chacune plongeant dans une solution saturée de PO4 Am2 H. Avec une soupape minuscule dont les électrodes n’ont que quelques millimètres carrés, l’arc n’est plus éteint, mais réduit seulement au quart de sa longueur primitive. On se rend compte encore que la présence de self est nuisible dans la source ou
- dans le circuit dérivé ; cependant la présence d’une bobine dont le coefficient de self est
- les —2— de celui de l’inducteur ne produit x ooo
- qu’un effet à peine appréciable sur l’accroissement de l’étincelle.
- Par la mise en œuvre de moyens très simples, on arrive donc à éviter toute surtension et à réduire l’arc de rupture au point de le rendre imperceptible. Normalement, le circuit dérivé est traversé par le courant de polarisation de la soupape; mais on peut rendre ce courant tout à fait négligeable en mettant en série un nombre d’éléments tel que chacun d’eux n’ait à supporter qu’une faible tension : sous 5o volts le courant à vide est de oamP, 02 environ par décimètre carré de plaque. D’ailleurs, il ne serait pas difficile de combiner un interrupteur n’effectuant la mise en parallèle du circuit de pi’otection que quelques instants avant celui de la rupture du courant.
- En résumé, l’emploi des soupapes électriques paraît fournir une solution très satisfaisante du problème étudié.
- A. Tian,
- Agrégé de l’Université, Professeur suppléant à l’Ecole de Médecine de Marseille.
- DÉTERMINATION DE L’INDUCTION MUTUELLE ENTRE LES RACCORDEMENTS EXTÉRIEURS
- Les essais, faits sur les bobines du rotor d’un turbo-alternateurde 1 25o KVA, ont démontré que la formule qui donne la valeur de la perméance A, correspondant au flux qui embrasse les bobines extérieures sur une longueur en fonction de cette longueur et de la périphérie ai, ;
- \s = o,46.^.^1og^- -}-
- est applicable dans d'assez larges limites pour permettre de se former, par le calcul, une idée de l’induction mutuelle entre bobines.
- Le tableau d’essai III de notre précédente étude (') montre que la bobine a, alimentée séparément, induit dans une bobine voisine b autant de volts que b en produit dans «, étant parcouru par le même courant :
- ligne (a) : ea = 6,4 eb = 4,
- ligne [b) : eb = 5,6 ea = 4.
- (4) J. Rezelman : Analyse de la Réactance, Lumière Electrique des 28 mai et 4 juin 1910
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- La bobine a induit dans les bobines voisines :
- ligne (a) : ea — 6,4; e*=4; ec = 2,6 et ed=i,6.
- La force électromotrice induite diminue avec augmentation de la distance, c’est-à-dire de la périphérie ai, :
- eb = 0,626.6»; ec — o,lto^.ea et ea=o)%5.ea.
- représente Vaugmentation de la réactance de a et b produite par induction mutuelle. De la même manière :
- mb,c — i,65 et mc,d — 1,64 ; ma,c — i,43 et mb,d= *>43; =1,34.
- , On constate que pour une même valeur de ai, :
- i° rna,b — im,c — mc,d et 20 ma,c = mb,d•
- Fig. 1. — Phases II et III en série.
- Pour fixer l’induction mutuelle, nous pre-
- ligne («) : ea = 6,4; ligne (Z>) : e* = 5,6; ligne {a + b) : ea-\-b — 19,65.
- Alors le rapport :
- ea+b
- nia,b
- ea Sb 6,4 -)- 5,6
- *9,65 _ 6
- ---5 — *>64,
- Pour déterminer l’induction mutuelle entre les raccordements de phases différentes, il suffît donc de calculer :
- 1" La réactance a?,, des raccordements de la phase I ; —
- 20' La réactance œsil des raccordements de la phase II ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série).—-N* 27.
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- 3°' La réactance x'„'„ des raccordements des phases I et II couplées en série ; alors le coefficient :
- 1,11
- mi,n — -—-T——.
- &8 I ”|“ II
- Pour la perméance X» d’une phase, nous avons considéré les trois parties :
- a) XJn sur une longueur 4«‘ et une périphérie Usa;
- b) Xst sur une longueur lab et une périphérie ^ ;
- c) Xsc sur une longueur lsc et une périphérie Hu ;
- ls = longueur d’un raccordement extérieur, étant décomposé en lsa, lac et lab, lsc.
- La perméance de deux phases en série peut être déterminée par le même procédé;, pour cela nous considérons que l„ conserve la même valeur que pour une phase. Les périphéries 0lsa2, au, et atsc2 deviennent plus grandes, correspondant à un nombre double de bobines voisines. Gomme il ressort de la figure i, nous pouvons considérer que lsc conserve encore la même valeur que pour une phase, mais pour les raccordements lsa et lsb Tinduction mutuelle se produit seulement sur une partie: C.4« et G.lsb. La réactance des bobines extérieures en monophasé par phase étant :
- , . 12,5.C.Wa2 , „ /. 2-4 , A\
- ÆsarT'Œsb-j-Æsc—------4a- 0,46. (Ja\ log — |-A 1
- P-Ça-10 \ U*a /
- I2,5.C.M'*2 , ( %ls , .
- H--------r lsb °/*6 • 1os.tt +A
- p.qb.ios 2 \ 0ais(,
- 12,5 .c.wc2 ['
- .o,46.çcI log
- p.qc.
- . Ist
- >°
- Wa • h,
- !îl+A)
- /;.io° (
- -f- Wl? . lsb ( “f" ^
- l0gC + A
- 1 I A
- 1oS.TT + A
- ILSC
- celle de 2 phases en série devient :
- 5,75.0 „ , /, 21,
- •Vsal —|——|—’sc2:
- p. I0b
- (2(va)2.G.4,
- k»s=+A)
- +(2w6)*.C-.46(log ^+a)'+(2Wc)U,c (1o8'^2+a) 5,7 5. c
- 4.-
- Wa2 .G.ISI
- log------|- A
- Msa2
- p. 10
- -f- W b2.G.lsb ( log'.fT”-----h a'j -(- Wc2 ‘lsc ( log —-------1- A
- U«62 / \ *-*'Sc2
- Nous admettons pour A la même valeur dans les deux cas et déterminerons la valeur de G d’après les essais des machines déjà décrites.
- Stator d'un turbo-alternateur triphasé de 4 000 KVA —à 4 pôles — 5o périodes — 6600 volts entre phases, ayant 6c rainures à 5 fils, donc 5o spires par phase.
- 4 = 1 86omm,
- 4« = I 060 Olsa2 = G20mm (flg. 2),
- 4c = 8bo aisc2 = I 200 (fig. 3).
- La machine a un bobinage par pôles conséquents, mais les raccordements de la phase Il sont inclinés en sens opposé; la réactance des bobines extérieures des phases II et III en série (fig. 1) a été mesurée :
- 3?sa2 ~]— &sc2 — 1,80 O.
- Le calcul donne :
- 5,75.5-1 ( ( 2.1860
- A’sa2+^'sc2.~4 • a' 8 15o2.C.io6( log - ——f-o,o5
- -|- 5o2.8o Aog ——o,o5
- = i,29.C-f-o,635; A = o,o5 d’après essai,
- donc
- 1,29.C-f-o,635 = 1,80 et C = 0,905.
- Pour cette machine, l’induction mutuelle extérieure est élevée, les raccordements étant tenus parallèlement à une distance relativement faible (fig. 2) ; le rapport m = i,55.
- Stator d'un alternateur triphasé de 270 KVA
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- à 14 pôles — 5o périodes — 3 ooo eoto entre phases, ayant 84 rainures à 19 fils donc 266 spires par phase. La machine a un bobinage par pôle :
- wa =£= wb = 133 et wc = 266.
- 1) Phases I et II en série : ls = 56o“m,
- Isa = isb = 200 01,a2 = atsé2 = 255mm (fig. /|),
- lsc — 36o “Usez = 38o (fig. 5).
- Fig. 3.
- D’après essais :
- A = 0,25 et Xsal + Xsb2 + xsc2 = 3,700.
- Fig. 4.
- Le calcul donne :
- •ï’sre2 -|- X'sb2 “I- XSc2 — 4
- 5,73 . !)0
- 7 . I O8
- . 2.5Go
- i332. C. 20 I log-—----h 0,2t> I . 2
- + 2G62.3G ( log
- 2i>a 2.56o
- 38o
- = 1,04 . C-f-3,0 = 3,76, d’où 0 = 0,73 et /» = i,3x.
- 2) Phases I et III en série :
- h = 5Gomm,
- Isa = hb — 200 dtsng == dls&2 = 38omm (fig. 4), hc = 36o “ttseï = 38o (fig. 5)..
- Suivant essais :
- •f'sa2 —(- Xsbi “j- X'sc2 — 3,66 iî.
- Nous trouvons de la même manière G = 0,76 et m = 1,26.
- 3) Phases II et III en série :
- l, = 56oœm,
- ha = hb = 200 01^2 = “US62 = 255,n'u (fig. 4),
- hc = 3Go ‘Usc2 — 38o (fig. 5).
- Suivant essais :
- Xsal ~f“ Xsb2 “f" Xsc2 — 3,gGQ,
- d’où
- C = 0,86 et m = 1,37.
- Stator d'un moteur triphasé 220 IIP à deux pôles—5opériodes — 63oo volts entre phases, ayant 3o rainures à 60 fils, donc 3oo spires par phase. La machine a un bobinage par pôle :
- Wa — 180, W/, = 120 et wc = 3oo.
- 1 ) Phases I et II en série :
- ls = 1 o5omm,
- ha — 58o ‘U,02 = 5oomm (fig. 6),
- hb = 58o d.lsfi2 = 420
- hc - 47^ d-lscZ 94^
- D’après essais :
- A ~ 0,35 et Xsa2 ~f~ Xsb2 Xsc2 == 58,8 £2.
- Le calcul donne :
- l'sa2 X'sb2 “f" Xsc2 — 4
- 5,75.5o
- i8o2.C.58 ( log a4- 0,35 );
- _ , , 2.1 o5o ,
- + 1202.G.58 log —^-------(- 0,35
- + 3oo2.47( log
- 420 2.1o5o
- 94o
- o,35
- =3o,i.C+34,i=58,8û, d’où C=o,82 et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 27.
- 2) Phases I et III en série :
- 3) Phases II et III en série :
- *^sa2 + + Xscî = 61 O.
- Nous trouvons de la même manière
- d’où
- &$al + Xsbi + Æ'sc2 = 69,5 ü,
- C = 0,90 et m — i,23.
- C = 0,76 et m = 1,26.
- Phase III
- Phase II
- Phase I
- Fig. 6.
- La distance plus grande entre les raccordements diminue donc le coefficient m de 4,34 à 1,23.
- Les vérifications ont été continuées sur le rotor d’un moteur de 175 IIP — 3 000 volts — 700 tours — 5o périodes — ayant un enroule-
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- 21
- ment avec deux barres par rainure ; on trouve :
- C = 0,93 et m = 1,62.
- Pour un enroulement semblable l’induction mutuelle extérieure est élevée, les raccordements étant tenus parallèlement à une faible distance.
- En résumé :
- Tableau I
- > c m
- o,9°5 1,55
- o,73 i,3i
- 0,76 1,26
- 0,86 i,37
- 0,82 i,3i
- o,9° 1,23
- 0,76 1,26
- o,93 1,52
- Conclusion. — Pour le rapport ni variant de 1,25 à 4,55, le coefficient C varie de 0,75 à 0,90 ; cette variation de C paraît grande, mais si l’on considère qu’il appartient à un terme qui n’est qu’une faible partie de la réactance totale et change donc beaucoup pour une petite erreur dans les mesures, il est plutôt surprenant que l’écart ne soit pas plus grand.
- Il en résulte que nous pouvons déterminer avec une grande approximation, le coefficient de Vinduction mutuelle entre les raccordements extérieurs de phases différentes, en prenant pour G une valeur de 0,85.
- (A suivre). J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service des A. C. E. G.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- De l'effet du shuntage des bobines d’induction. — G. Howe. — The Electric.an, 22 avril 1910.
- Lorsqu’on shunte une bobine de résistance R, possédant une grande self induction L, par une résistance non inductive S, on observe une augmentation de la résistance. M. Campbell l’a montré récemment et a vérifié expérimentalement ses formules (').
- On peut montrer, à l’aide d’un diagramme vectoriel, que, malgré l'augmentation de résistance, l’impédance n’augmente pas, car la diminution d’inductance est plus que suffisante pour compenser l’augmentation de résistance.
- En l’absence du shunt, V et C, représentent respectivement la différence de potentiel et l’intensité (fig. 1). Ces vecteurs sont presque à angle droit, puisque L est très grand.
- Lorsqu’on introduit un shunt S très résistant, il V
- est traversé par un courant — de faible intensité, en
- O
- phase avec V. Le courant résultant est C2, évidem (*)
- ment plus grand que C, ; donc l’impédance a diminué. "
- Soient R' et L' les valeurs de la résistance et de la self de la bobine shuntée. En abaissant de V des
- Fig. 1.
- perpendiculaires sur C, et C3, on met en évidence les composantes de V et l’on a :
- w L' C2 < w L C,, C2 R' > C, R.
- En tenant compte de ce que C2 > C, on voit aisément qu’on a :
- R' > R,
- (*) Lumière Electrique, 22 janvier 1910, p. 118.
- L' < L.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Séria),—H**7,
- On a géométriquement sur la figure, d’une façon approximative :
- V
- S C(R'— R)
- C ~ v •
- i V
- D’où l’on tire, en posant - = G et - == Z, la formule vérifiée par M. Campbell
- R' — R=,GZ2.
- On peut obtenir de même les corrections bien connues pour la capacité distribuée.
- L. B.
- Sur l’existence de deux potentiels explosifs. V. Villard,et H.Abraham. — Académie des Sciences, •séance du a3 mai 1910.
- Les auteurs ont reconnu que, moyennant certaines précautions, la tension disruptive ordinaire Vt peut être sensiblement dépassée sans qu il se produise aucune étincelle. On peut atteindre alors ce que les auteurs appellent le deuxième potentiel explosif qui donne lieu à une étincelle.
- Le phénomène s’observe entre une anode sphérique de icul de rayon et une cathode de large surface.
- Le premier potentiel explosif V4 peut être appelé « potentiel d’aigrette », Mais il paraît être accidentel, tandis que c’est le second V2 qui paraît être le potentiel explosif normal. Entre V, et V8, le régime comporte une décharge silencieuse et continue, accompagnée de luminescence de l’anode.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Quelques mesures sur un condensateur à celluloïd. — G. Vallauri. — Communication à la section de Naples, 37 janvier 1910. — Atti délia Asso-ciazione elettrotecnica italiana, mars-avril 1910.
- On ne peut pas encore dire que le problème de l’emploi de condensateurs à haute tension dans les lignes de transports et dans les réseaux de distribution de courants alternatifs pour corriger le facteur de puissance, soit résolu d’une façon satisfaisante (*), malgré l’introduction des condensateurs de Moscicki et de Meirowsky, qui représentent assurément un
- (4) L. Lombardi. Condensateurs électriques pour' haute tension. Atti delVA.EJ., 1899, fasc. i, et 1904, fasc. 3.
- progrès notable sur les types précédents. En effet aujourd’hui encore, dans la plupart des établissements à courant alternatif, ou bien l'on se résigne à des valeurs de cos <p plutôt basses, en s’assujettissant aux pertes qui en résultent dans les transmissions et à la production d’une puissance apparente plus élevée (*), ou bien l’on a recours à remploi de moteurs synchrones ou d’autres machines capables d’absorber, dans des conditions déterminées, des courants en avance de phase sur le potentiel (2]).
- Un type de condensateur approprié pour de pareils usages devrait ne pas être d’un prix prohibitif, n’avoir pas un trop grand encombrement et,en outre, présenter une capacité élevée et consommer une quantité d’énergie très petite (3) et cela non seulement pour l’économie de son emploi, mais encore pour qu’il ne se produise pas ces échauffements qui d’ordinaire détériorent les condensateurs en long service, en donnant lieu à des accidents imprévus (4). Comme on ne connaissait pas de résultats d’essais directs ayant pour objet d’étudier l’eipploi éventuel du celluloïd pour cette application (5), on a voulu exécuter quelques mesures sur un petit condensateur à celluloïd.
- Condensateur à celluloïd. — Les condensateurs
- (‘) Dans plus d’une centrale, on pourrait pendant plusieurs heures de la journée diminuer d’une unité le nombre des générateurs en mouvement si l’on avait un facteur de puissance plus élevé.
- ,(2) A part Je fait qu’une batterie de condensateurs serait un moyeu assez peu maniable pour maintenir cos ç — 1 dans des conditions de charge quelconques, Mordey, dans son étude récente — Sortie iests and uses of condensers — se référant à l’exemple d une installation à 10 00.0 volts et 5.0 périodes avec une puissance 1 utile de 1 ppp kw et cos <j> = 0,8, conclut en faveur de la supériorité économique d’une batterie de condensateurs à papier type Mansbridge sur un moteur synchrone. Mais il est permis d’avoir des doutes sur la sécurité qu’une semblable batterie 'de condensateurs off rirait en fonctionnement continu. Des condensateursk papierd’un type spécial sont aussi les derniers du type Meirowsky.
- (3) Mordev trouve tant pour des condensateurs à papier que pour des condensateurs verre une consommation égale à 1% environ de la puissance apparente.
- (4) Cet inconvénient n’a pas mpins d’importance que le prix élevé pour inspirer aux techniciens de la défiance au sujet de l’emploi des condensateurs.
- (sj W. IJaii;s,ema,n;n et L. Adri-mann, dans 1 ’Elcktrotech-nische Zeitschrift, 1907, p. 990, font mention d’un condensateur k celluloïd, qui aurait des propriétés peu différentes d’un condensateur à papier au point de vue des applications à la radiotélégraphie.
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- plans présentent, par rapport à d’au,très types plus modernes^1), un .inconvénient: c’est que le,diélectrique est plus fortement cimenté près des bords des armatures qu’en toute autre partie, en sorte que la tension maximum applicable pour une épaisseur d’isolant donnée ou bien l’épaisseur minimum correspondant à une tension donnée,, sont définies par la condition «que le diélectrique ne «oit pas perforé aux bords. U s’ensuit qu’à l’intérieur des bordures l’épaisseur du diélectrique ,es,t excessive et cela entraîne une augmentation de dépense et une réduction de capacité. Toutefois, comme il est bien plus facile de produire le celluloïd en lames d’épaisseur constante,, ,que sous les formes compliquées qu’une meilleure utilisation rendrait nécessaires, on a préféré construire un simple condensateur plan.
- 1ms armatures .consistent Tune en 8, l’autre ,cn 7 rectangles de télé de-fer mince de 5 X 8 cm2, alternés entre eux et séparés par des rectangles de .celluloïd de.G„6,x,9,aem2. Chaque élément d!armatur.eporte un appendice de iom de largeur, qui fait saillie en dehors de l’ensemble et ces appendices sont réunis en deux groupes aux deux côtés du condensateur. En Je construisant, on a placé autour de chaque tôle de fer une bordure en feuilLe de celluloïd de même épaisseur qu’on attachait au rectangle inférieur et au supérieur en en humectant la surface avec de l’acétate d’amyle et en plaçant l’appareil sous presse à chaque opération nouvelle, dans le but -également d’expulser de la façon la meilleure l’air interposé. Si l’on scie un condensateur ainsi construit et si l’on examine la section, on constate que l’ensemble est tout à fait compact .et que le celluloïd présente aux bords une continuité homogène, en sorte que les armatures apparaissent comme emprisonnées dans une masse uniforme. Le celluloïd employé est du celluloïd commercial noir d’aspect corné (celui qu’on appelle celluloïd au manol, du prix de 6 francs environ le kilogramme) laminé & l'épaisseur bien uniforme de omm,71.
- Mesures avec des forces ëlectromotriees continues. — Dès les premières mesures, effectuées par la méthode 'balistique en employant un galvanomètre électromagnétique d’Arsonval, une batterie de piles sèches et une clef de 'Sabine, on relève des anomalies qui ne s’expliquent que par une très lente polarisation du diélectrique, ainsique le démontrent les résultats suivants :
- (!) Moscicki, Elektrotechnische Zeitschrift, 1904, vol. XXV, p. 527.
- a) A la déviation balistique du galvanomètre succède toujours une déviation permanente considérable, si on le laisse connecté avec le condensateur en charge ou en décharge.
- b) Une décharge de 5 minutes ne suffit pas à annuler la charge accumulée en a secondes de sorte qu’en alternant des charges et des décharges de ces durées on constate dans la décharge ,un accroissement continu tant des déviations balistiques ,(i55, i85, aa.a, a33, etc.) que des déviations permanentes, m.esurées 2 minutes après la descente de la décharge (48, 60, 70, 77, etc.).
- c) En déterminant la courbe de charge par la méthode ordinaire (c’est-à-dir.e en chargeant le condensateur pendant des temps successivement plus longs et en mesurant pour chacun la décharge balistique), on a une courbe de décharge qui monte assez lentement (fig. 1) et qui continue à monter après des temps relativement très longs (*).
- i JA
- 1 .ofüï
- a • /o 20 30 m som
- Duree de la charge Fig. 1.
- d). Puisque la courbe de charge qui vient d’être tracée monte assez lentement au début, le .courant de charge ne présente pas dans les tout premiers moments une valeur beaucoup plus grande qiue dans les suivants et Ton peut voir la valeur du courant, tant pour une charge complète que pour une complète décharge avec un galvanomètre à déviation permanente.
- En appliquant une force éiectromotrice de 1,245 volts (2), on ,a tracé la courbe de la figure 2.
- (*) La détermination d’une telle courbe exige beaucoup de temps, parce qu’avant toute nouvelle charge, il faut que le condensateur soit complètement déchargé et on n’.ob.tient ce résultat, même en appliquant convenablement des charges contraires, qu’après quelques heures.
- !(2,) Dès que la plus longue charge a été finie, on a mesuré de nouveau la force éiectromotrice, afin de s’assurer que dans l’allure de la courbe n’interVenait pas un phé-
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- ' Le courant de charge ne devient constant (et égal à i,23 X to-10 ampères, correspondant à une résistance d’isolement de i,oi mégohm)qu’après plusieurs jours et, pour devenir nul, le courant de décharge exige un temps encore plus grand (* *).
- é) La grande lenteur de ces phénomènes fait douter qu’en donnant au condensateur une charge alternée on puisse en tirer une décharge aussi alternée. L’expérience confirme cette prévision (fig. 3). En
- Fig. a.
- effet si l’on donne, avec une même force électromotrice, une charge initiale de 4° minutes et ensuite une contraire de io minutes, cette dernière ne suf-
- Couran
- :de charge
- Courant de décharge
- Fig. 3.
- fit pas a compenser la première et dès le début de la décharge on a un courant de signe correspondant
- nomène de polarisation, et on a trouvé que cette force électromotrice n’avait pas changé.
- (*) Tant durant la charge que durant la décharge on a constaté que le fait de soumettre le condensateur à des vibrations ne modifie pas les courants. Voir à ce propos P.-L. Mercanton. Effet des ébranlements mécaniques sur le résidu des condensateurs. Comptes-Rendus de l’Académie des Science s, octobre 1909, p. 5gi.
- à la charge initiale (I); si l’on porte, au contraire, les temps à 3i minutes et 19 minutes, la seconde charge annule les effets de la première et le courant de décharge se maintient jusqu’à la fin, de signe correspondant à la charge la plus récente (II) ; mais si l’on donne une première charge de 34 minutes et une seconde contraire de 16 minutes, on réussit à obtenir une décharge, qui au début correspond à la charge la plus récente, mais après 11 minutes environ change de sens en prenant celui qui correspond à la charge initiale (III).-
- Mesures avec des forces électromotrices alternatives. — La lenteur avec laquelle le condensateur se polarise laisse prévoir qu’en le soumettant à des charges périodiquement alternées, il donne lieu à une perte notable d’énergie en vertu du phénomène qu’on a coutume d’appeler hystérésis ou viscosité diélectrique ('); que par suite il n’estpas capable d’absorber des courants en avance de phase sur le potentiel d’un quart de période mais d’un intervalle bien plus petit, et qu’enfin la capacité va en diminuant lorsque la durée de la charge diminue, c’est-à-dire lorsque la fréquence augmente. Les mesures avec courant alternatif s’effectuent en appliquant la méthode des trois
- £
- jLK r\)yr
- JS\
- 60e 900 /20° ISO* /so’Y
- Fig. 4.
- voltmètres, c’est-à-dire en mettant en série, avec le condensateur, une résistance non inductive de 600 000 ohms et en dérivant aux bornes du condensateur et de la résistance deux voltmètres électrostatiques,modèle Lord Kelvin, de très petite capacité et aux extrémités du circuit un troisième voltmètre.
- Pour maintenir autant que possible invariable la forme des courbes de courant et de potentiel, on maintient ce dernier constant dans chaque série de mesures et pour chaque fréquence, en employant un générateur auxiliaire, dont on ne modifie en rien le circuit, mais sur l’excitation duquel on agit seulement.
- (i) Voir O.-M. Cokbino, B. Monasch et L. Emanueli.
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- Comme contrôle, on relève avec le disque de Jou-bert (*) les courbes de potentiel (aux bornes du condensateur) et de courant (aux bornes de la résistance non inductive) pour un même potentiel (fig. /J) et pour trois fréquences différentes (2). Lès trois courbes de potentiel sont pratiquement identiques, et ces courbes de même que celles du courant se rapprochent suffisamment de sinusoïdes pour que, en ce qui concerne les présentes mesures, on puisse appliquer les formules relatives aux grandeurs simplement sinusoïdales.
- Dans cette hypothèse, on peut déduire de la mesure par la méthode des trois voltmètres, outre la puissance consommée w et le courant efficace I, l’avance
- or
- de phase f = arc cos , la capacité apparente 1 sin «b . , . „ V
- et la résistance apparente R =
- ----a tu «V I cos cp
- Les valeurs ainsi obtenues pour une série démesures sont réunies dans le tableau I :
- fréquence, on a un accroissement du courant et de l’énergie consommée, tandis que cos cp se maintient presque invariable autour de la valeur très élevée, de o,9° ('), tandis que la capacité apparente baisse beaucoup (2) et que la résistance apparente diminue également.
- Des mesures à fréquence constante et à potentiels différents démontrent que les qualités du condensateur deviennent moindres quand le potentiel croît; ainsi, par exemple, pour une fréquence de 26,5 périodes, V passant de 38 à 53,5 volts, le facteur de puissance augmente de o,8o à 0,90, tandis que la capacité apparente diminue de 12,1 X 10—9 à 7,7 X io_9 et la résistance apparente de 402 X 103 à 374 X 103.
- Mesures à haute tension. — Plusieurs échantillons prélevés sur la lame de celluloïd dont le condensateur est formé, et placés entre deux disques de laiton communiquant avec le secondaire d'un transformateur, ont été soumis à des tensions alternatives
- Tableau I
- n V I IV COS (p C R
- 20,5 53,8 o,i52 X 10—3 7,46 x 10—3 0,91 9 >° X 10-3 377 X 103
- 23,7 53,3 0,155 7,56 0.91 8 ,0 377
- 26,8 53,5 o,i5q 7 >69 0,90 7 >7 374
- 29,2 53,8 0, i63 7,82 0,89 7,5 370
- 32 ,2 53,6 0,167 8,09 0191 6,5 355
- 34,8 53,4 0,170 8,14 0,89 6,6 35o
- 36,7 54,i o,i75 8,38 0,89 6,4 35o
- 38,3 53 ,7 8,5i 0,89 6,2 339
- 40,7 53,6 0,180 8,69 0,90 5;7 33o
- On constate qu’en maintenant le potentiel constant aux bornes du condensateur et en faisant croître la
- (t) On emploie le disque de Joubert avec la méthode balistique, en se servant d’un bon condensateur à paraf-line. Les mesures prennent un temps considérable, parce que le courant normal dans le circuit étant très petit, le courant instantané de charge du condensateur à paraffine suffit pour abaisser le potentiel aux bornes de la partie de circuit sur lequel on fait les expériences et il faut un très grand nombre de contacts instantanés, avant que le potentiel ait repris le long du circuit la distribution normale. Il s’ensuit que le relèvement d’une courbe occupe quelque temps et que les mesures sont étendues à une période entière, afin de vérifier, par la superposition des deux moitiés d’ondes, que le phénomène s’est maintenu en condition de régime stable.
- (2) Les fréquences se déduisent des vitesses du générateur qu’on mesure fréquemment à tachymèlre.
- croissantes. Quand on fait croître la tension avec une grande lenteur, les échantillons ont été tous perforés pour des tensions efficaces comprises entre 9 000 et 10 000 volts (3). Pour des applications
- (!) F.-W.' Gkower, en faisant des expériences à une fréquence de 100 périodes sur 54 condensateurs à mica et sur 20 condensateurs à papier, n’en a trouvé que 7 à mica et 8 à papier pour lesquels ç < 89°.
- (2) En faisant des expériences sur des condensateurs verre, type Moscicki, aux fréquences très élevées desétincelles oscillantes, J.-A. Stockl n’a pas trouvé que la capacité varie sensiblement, même pour de larges variations de la fréquence (par exemple de 170 000 è 540000 périodes). Lumière Électrique,A909, vol. VII, p. 57 et 91.
- (9) On a soumis à des épreuves analogues un type de celluloïd transparent, spécial, de qualité commercialement supérieure (10 fr. 5o le kilogramme), mais les ré-
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- instantanées du potentiel', la perforation n’est immédiate qu’au delà de 2 5' ooo volts. Le condensateur entier, soumis à des tensions alternatives lentement croissantes, s’échauffe notablement, et là tension', ali bout de i o minutes environ pendant lesquelles elle a été maintenue constante à i ooo volts, commencé’ à descendre assez rapidement, faisant voir que les conditions d’isolement deviennent progressivement plus mauvaises. Si l’on augmente petit à petit la tension primaire du transformateur, de façon qu'aux bornes du condensateur on lise encore 9 ooo volts, ce n’est qu’après 12 minutes qqe survient là véritable perforation du diélectrique, qui est révélée par la chute imprévue de la tension.
- Conclusions.— Les mesures effectuées démontrent que le condensateur étudié présente là propriété de se charger avec une lenteur de beaucoup supérieure à celles qu’on a rencontrées jusqu’ici ('). Au point dé vue théorique, les résultats recueillis ne permettent pas de faire la part distincte des phénomènes d’imparfaite polarisabilité, celle des variations de résisw--tance électrique provoquées parla polarisation même ou, par le passage du courant de conduction, celle enfin des phénomènes analogues aux phénomènes électrolytiques ou d’autre naturel
- Au 23oint.de vue des a2?plications pratiques, on 2>eut conclure que le type de celluloïd, quba été1 l’objet des essais ne se prête 2>as ài la construction de condensateurs à employer dans les transports et dans les distributions d’énergie électrique par courant alternatif, soitparce que ces condensateurs,, dont la charge est très lente, présentent aux- fréquences ordinaires une petite capacité et un facteur de puissance beaucoup plus voisin de 1 que de o et consomment une quantité excessive d’énergie, soit parce que, cette énergie se transformant en chaleur, ils se détériorent rapidement quand on veut les utiliser à des tensions élevées et qu’ils n’offrent pas, par conséquent, une garantie suffisante au point de vue de la sécurité et de la stabilité' de'fonctionnement. G. B.
- sultals ont été plus mauvais ; on a toujours eu la perforation entre 7 ooo et 8 ooo volts, à travers une épaisseur de 0,77 millimètre.
- (t) Pour les condensateurs avec diélectrique à polarisation lente, voir les mesures effectuées sur des condensateurs Swimburne par L. Lombardi : Mesure absolue dé la capacité des condensateurs au moyen de courant alternatif, Elettricista, 1896, vol. V, fasc. 1 et 2. — Voir aussi L. Lombardi. Polarisabilité lente des diélectriques: La soie comme diélectrique dans la construction dès condensateurs. Mémoires de VAcadémie Royale d'es Sciences de Turin, série 2, vol. XLI'Vl
- ÉTUDE, CONSTRUCTION1 ET ESSAIS*
- DE MACHINES
- Surle fonctionnement du moteur' mono* phase. G. Benisohke. -— Ele/ctrische Kraftbetciebe und Bahnetij,^février 19io,.
- Dès 1891, Hütin et Leblanc d’onnèrent là thébrié* dû moteur monophasé par décomposition du'champ” alternatif en 2 champs tournants^1). Depuis, cetté théorie fut très discutée et sa valéUr misé en doutèi L’auteur estime qu’elle est cependant parfaitement exacte' pour tous lès régimes. Eichberg'a essayé une théorie où les deux champs tournants compensants' étaient'ihégâüx, mais cettè théorie n’à pu expliquer les-phénomènes qui se produisent au synchro,— nisme, tandis que les deux champs égaux les expliquent. C’est ^pourquoi l'auteur: s’est attaché à la mé-*-ihôdé dé Leblanc dont il pousse, dans ce thavailTap-plication aussi loin que possible. L’équation dû couplé se trouve en outre exprimée, ici d’une manière! dff-férente que dans les divers ouvrages faits sur la - question, en ce sens qu’il n’y entre que le glissement-du rotor au lieu des deux différences de vitesse du, rotor avec chacun des deux champs tournants.
- TRANSMISSION! ET DISTRIBUTION*
- Construction de nouveaux tableaux? de distribution à haute tension. -—W. Vogel. — Elek-trische Kraftbetriebe'Und Bahnen,.24 décembre: 1909 et: 4 janvier 1910.
- SYSTÈME A BARRES COLLECTRICES DOUBLES
- Nous avons déjà donné, précédemment (2), d’après M<. Vogel, quelques* schémas du système dit « à barres' collectrices doubles » en nous proposantld’yr revenir. Voici une description complète des plus inquortants d’entre eux.
- Fig. 1;. —Système bâtard.
- La figure' 1 montre' bien deux' barres collectrices réunies par un interrujileur ; mais il est clài-
- (*) HtrTiN' et;Leblanc. Lumière Electrique (1™ série), tomes XL et XLI.
- (*) Voir Eumière Electrique' dü’4; juin 1910, p. 3b3‘.
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- qu’ùn'ttel système n'eSt pas aUtrediosûque le" sysi tèttle à Barré collectrice simple, cèlle-ci'étant seule* ment divisée en dfeUX: parties; D’où1 le nom> db système* bâtkrd quif lui' a été’donné:
- Sur chacune des- deux* moitiés1 d'une’ barre-' se trouve’ urt‘ générateur et üri! groupe de lignes’ de départ; ce qui équivaut Bien à la* constitution d'une réserve dë’cesdemt' sortes'd'élémentSy mais’non pas’ à une réserve de bai-re collectrioe, püique les' deux moitiés doivent, toujours opérer’ ensemblb ; -qu'il sür-Vibrtné' simultanément une avarié* à un générateur; sur' lk* moitié droite et àP une. ligne de départ' sur la moiti^gàüché, lb* défaut du système’ apparâît : les « doublés-barres « manquent.
- A’u contraire, lfe* schéma' général dü système’ « à double BaVre » (flg. a)1 donne’ lieu* aux observa* tions suivantes :
- EeS deux* paires*de barrés inférieures I Ilyl'II, appartiennent à*la'centrale, la» paire supérieure à une'sbus-station.
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- 'Fig, a.— Schéma général.
- On distingue dans les barres collectrices de la centrale une division en trois parties :
- i° Barres des générateurs (G I et G II) ;
- 2° Barres des lignes de distribution ou de départ (VI et VII);
- 3° Connexions entre les deux sortes de barres précédentes (S I et S II).
- Chaque générateur peut être isolé par un interrupteur dans l’huile H et peut, d’autre part, etre relié au moyen des « séparateurs » ou « section-neurs » T, soit aux barres I, soit aux barres II, soit
- a la fois auX' barres T et II. De1 lh> sorte la mise’etï' ou hors' ciroüit dés générateurs peut’ se faire avec ou sans interruption dm courant.
- Fig. 3;.
- Tout ceci peut se répéter identiquement pour les barres de distribution ou des lignes de départ.
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- Dans chacune dès connexions S I et S II; on peut intercaler d’une manière permanente ou occasion-
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- nelle des instruments de mesure appropriés M (compteurs, de courant ou d'énergie, appareils en-
- Fig. 5.
- registreurs, etc.), qui font connaître la charge des barres I et II.
- parallèle, par l’interrupteur PH. Toutes ces manœuvres de connexions se font séparément et indépendamment, sans confusion possible.
- Les dispositifs marqués U sur le schéma désignent les appareils de protection contre les surtensions, J les appareils de mesure d’isolement.
- Lès avantages de la construction avec cellules élémentaires sont maxima avec âle système à barres collectrices doubles,
- La figure 3 montre le schéma d’un système à barres collectrices doubles. Les figures 4 et 5, montrent deux dispositions du système à barres collectrices doubles, installées dans la « Grafin Lauragrube ». Dans la figure 4, les deux systèmes de barres sont de part et d’autre de la cloison en ciment; dans la figure 5, ils sont l’un au-dessus de l’autre, d’un même côté de la cloison.
- Dans l’installation, figure 6, un bâtiment spécial est affecté aux barres de couplage. Sur le plancher supérieur sont les colonnes portant les appareils de
- 1050 V
- 6300V.
- 110 V
- Sur chacune des paires de barres, on peut faire débiter à volonté un ou plusieurs générateurs.
- Les deux paires de barres peuvent être mises en
- mesure et de couplage et les barres pour la distribution sous i ooo volts et, sur le plancher inférieur, les barres pour 6 ooo volts. Chaque barre a
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- un canal en béton spécial ; la traversée du béton se fait dans des tubes en porcelaine.
- Dans le tableau construit par la maison Reinhardt Lindner pour la « Cleophasgrube », les appareils situés à l’étage inférieur sont commandés électroma-tiquement depuis l’étage supérieur où tous les appareils de mesure et de commande sont centralisés.
- Dans la disposition adoptée par l’A. E. G. pour l’O. E. W. centrale à Chorzow, l’étage supérieur est affecté aux doubles barres collectrices et aux sec-tionneurs. L’étage au niveau du tableau reçoit les appareils de couplage et de mesure. L’étage inférieur reçoit les départs des câbles.
- La figure 7 offre une vue très intéressante d’une installation de transformateurs et de barres de couplage pour une centrale construite par l’A. E. G. pour le Sud africain. Dans le haut, sont les conducteurs nus pour 10 000 volts et 40 000 volts, les sec-tionneurs et les appareils de protection contre la foudre et les surtensions. L’étage au-dessous com-
- :L
- ra----------------------J).,
- Fig. 7.
- porte les cellules de couplage pour les deux sys-
- tèmes à barres doubles. A l’étage inférieur sont les appareils de mesure et de couplage. De part et d’autre du bâtiment principal sont des annexes pour les transformateurs.
- La figure 8 représente une disposition différente des précédentes, installée par l’A. E. G. pour la centrale de Falvahütte. L’étage supérieur porte, a droite, un pupitre pour les appareils de mesure et es appareils de commande des interrupteurs de l’étage inférieur, à gauche les appareils de couplage sur le réseau ; à l’étage inférieur se trouvent les
- doubles barres collectrices, de part et d'autre d’un couloir. Ces barres collectrices sont logées dans des cellules en béton. Une installation de ce genre offre pour le personnel une grande sécurité.
- On emploie fréquemment au lieu d’interrupteurs tripolaires dans l’huile 3 interrupteurs unipolaires, par mesure de sécurité. L’A. E. G. construit de tels appareils pour des tensions allant jusqu’à 5o 000 volts.
- Service du tableau de distribution.—Pour la commodité de ce service, on cherche à centraliser, autant que possible, la commande de tous les appareils de couplage et de mesure. Quant à ceux de départ, ils peuvent très bien être ailleurs, car il suffit que le mécanicien soit averti de la chute des disjoncteurs par un signal quelconque, pour aller y remédier sans peine, la chose étant rare.
- Le rassemblement des appareils se fait encore le
- Fig. 8.
- plus fréquemment sur un tableau. On a reproché à cette disposition l’inconvénient de faire tourner le dos, pendant la manœuvre, aux machines à coupler. On a alors disposé les appareils sur pupitre ou colonnes. Mais cet avantage n’est pas capital, puisqu’on exécute pour les usines de force motrice de Rheinfeld des installations où la salle du tableau est à 60 mètres des machines à commander.
- Il s’ensuit que le choix du tableau, du pupitre ou des colonnes pour les appareils de mesure et de couplage est une simple affaire de goût.
- B. G.
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- GHeRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- La dernière séance de la semaine à la Bourse de Paris a été plutôt favorable aux valeurs d’électricité et de.traction. La Compagnie Générale d’Elec-tricité a notamment progressé de 900 à 930 francs; la Thomson-iHouston de 802 francs à 807 francs; l’Edison de i 3f>5 .francs à 1 370 francs; la part s’inscrit,à 83o françs au lieu de 825 francs ; les autres valeurs conservent leurs positions. D’autre part, la situation de toutes les entreprises d’exploitation dont les centres sont dans le Nord, le Centre et le Midi» est partout en amélioration très sensible sur celle de l’exercice précédent ; les plus-values de recettes s'élèvent à 3oo 000 francs environ pour,les 4 premiers mois de l’exercice-de l’Energie Electrique du Nord ; à 53o3oo, 240 000 et 220 000 francs environ et respectivement pour les 10 premiers mois de l’exercice en cours de l'Energie Electrique du Centre, de la Compagnie Electrique de la Loire et du Sud Electrique. Aux valeurs de traction, il y a peu de variations,. sauf sur l’action nouvelle des Omnibus qui monte à 660 francs et la jouissance à 344*
- !A Anvers et Bruxelles, les transactions en valeurs de tramways sont moins actives. Les, Anversois, dont les irecettes pour une seule semaine sont en plus-value sur 1909 de plus de 10 000 francs, se négocient pour l’action de capital aux environs de i5o francs; les Tramways de Rotterdam reconquiè. rent les cours de 110 francs pour l’action de capital et 36 pour l’action de dividende, bien loin encore ;pour la première du cours de i56 francs qu’elle a coté presque au début de l’entreprise. Rosario, qui avait été émise à 115 franGS, il y a trois ans, vaut 106 francs pon dit que le dividende, pour r.aêtre fixé cette ; année. au-dessus de 4 francs, ce qui assurerait une légère répartition aux actions de;dividçnde..,On fait beaucoup de cas des actions des (tramways .de •Saratow, dont les cours s’inscrivent,à 100.francs pour l’action de oapital, à 41 franes.pour l’action de dividende; de janvier à fin avril, 1910, la recette des tramways seule ,a ,progressé de 268 326 francs par rapport àÜ908, année,de la transformation, ,et la recette d’éclairage: s’est élevée à, 91 070 francs contre 7975 francs en .1909. Le Central .Electrique du Nord fait preuve de quelque fermeté à 52 francs
- pour l’action de capital ; comme on le sait, sa participation est mâintén?mt Tort "importante dans l’Energie ..Electrique du Nord de la France qili vient de traiter avec la Compagnie des chemins de fer du Nord pour l’éclairage de toutes les gares de Ta région de Lille, ainsi que pour la fourniture de force motrice aux ateliers de construction d’Héllemmes ; ces .conventions assurent aux usines de'Wasquébal une vente supplémentaire de 3 à 4 millions de kilowatts-heures par an. Wasquehàl, du reste, s’agrandit et disposera ,au printemps prochain d’un nouveau groupe turbo-alternateur de 10 000 chevaux,Ta puissance totale dé l’usine atteindra alors a5 000 chevaux.
- Le marché du'Rio, que nous avions’lâissé très déprimé il y a. huit jours, a été encore très agité, mais sur des nouvélles plus favorables de la diminution des stocks en Europe et de la reprise des cours du métal, la hausse n’a*pas tardé à s’imposer, ramenant les cours aux environs de 1 700 francs. A Londres, les cours du métal ont légèrement flotté, toute perte étant rapidement récupérée, grâce aux acheteurs nouveaux que suscite tout rabais ; on y discute beaucoup, paraît-il, de l’opportunité d’achats importants à faire par les consommateurs dès que les cours approchent de 5o £, prix inférieur au niveau normal et moyen des cours des dernières années. Les représentants de l’Amalgamated et des groupes Ryan et Guggenheim seraient en Europe en vue de négocier une entente pour diminuer la production du cuivre ; ils fonderaient leur espoir d’arriver à une solution sur l’intervention de M. Morgan. Mais on dit aussi que leur but serait de conclure une entente avec les acheteurs de cuivre spéculatif pour l’écoulement des excédents. L’Amalgamated, pour arriver plus facilement à ses fins et fortifier sa position de producteur en diminuant l’influence des autr.es groupes, a favorisé dernièrement l’augmen-,tat;on du. capital de l’Anaconda qui a pu racheter des propriétés contiguës aux siennes. .Toutes ces manœuvres n’aboutiront pas au résultat prévu pour .lequel 1 il faudrait une augmentation de la .production que l’état actuel des besoins eurojiéens et américains ne fait pas seulement entrevoir.
- Au contraire de toutes ces tergiversations, , les métallurgistes du plomb viennent de renouveler la convention internationale constituée l’an dernier. La Metalgesellsçhaft, de Francfort, et la maison
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- 2juillet 4910.
- HE VUE ^D’ÉLECTRICITÉ
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- Merton, de Londres, sont chargées des ventes comme pour la première année.
- Dans une assemblée extraordinaire qui a eu lieu le •i5jjuin'dernier, les actionnaires ;de l’Enevgie Electrique du Littoral -Méditerranéen ont voté, sur la proposition de leur conseil, l’augmentation de leur capital-par l’émissionde 12 ooo actions de 5oo francs chacune, émises au pair et offertes par préférence aux propriétaires des 64 000 actions anciennes. Le capital social sera alors porté à 38 millions. En outre le conseil a été autorisé à émettre, au furet à mesure des besoins, des obligations 4e ,fioo. francs jusqu’à concurrence de 10 millions de francs. Toutes ces sommes ont pour but, tout en allégeant la trésorerie de la société, de lui permettre la constitution d’un réseau secondaire dans tous les villages que traversent les lignes du réseau primaire qui .alimentent les grandes agglomérations. La clientèle de villages, qui est-eéllede petite force motrice, assure une rémunération intéressante des capitaux engagés, car les pi’ix de vente sont plus avantageux et l’ali— ijnentation de ces centres de distribution peut se faire .sansaucune augmentation des usines et des lignes .principales; celles-ci au contraire largement calculées pourvoiront seulement aux besoins nouveaux. Les installations de ce genre, déjà réalisées, ont d’ailleurs donné, pour les quatre premiers mois de l’exercice, une augmentation de recettes de 361 000 francs sans augmentation des dépenses. On remarquera que, malgré le cours actuel de l’action ancienne, qui ne s’écarte pas de 390 francs, les actions nouvelles sont offertes au pair. Ceci n’a pas été accepté sans critiques de l’assemblée; mais le conseil étant assuré par avance de concours financiers qui lui ont garanti l’émission avec obligation d’immobiliser les nouvelles actions pendant deux ans a pu passer outre à ces observations.
- Dans l’assemblée ordinaire qui précédait il a été voté que le solde créditeur du compte profits et pertes de l’exercice 1909, soit 1 219 732.fr., serait porté pour 600142 fr.àun compte de réserve spéciale pour faire face aux dépenses exceptionnelles de vapeur et reporté à nouveau pour G19 590 francs. .Les recettes totales de l’exercice, en augmentation de plus de 5oo 000 francs sur le précédent, se sont élevées à 4 5f>i 333 fr. 98 et les dépenses à 2 104 434 fr. 28.
- En ajoutant au bénéfice brut de 2 446 89911’. 70 le report de l’exercice précédent, soit 749 847 fr. 63, le total du crédit du compte profits et pertes s’élevait à 3 196 747 fr. 33 dont il faut déduire les frais d’abonnement au timbre des actions et obligations, les inté-
- rêts divers- et les amortissements sur le matériel et le portefeuille pour obtenir le solde rappelé plus haut. Comme l’an dernier le Conseil a désiré renforcer sa situation financière e.t,a demandé de nouveau aux actionnaires de ne pas distribuer de dividende.
- Nous avons noté, il y a peu de temps, la constitution d’une société pour l’installation d’un tramwayde Biarritz à Ilendaye, société formée sous le patronage de banques belges. De Bruxelles, on annonce la vente prochaine par souscription publique de 4 000 actions ,de $0.0(pesetas de la Société Barcelonaise d’Électri-cité.rLe Conseil comprenddes représentants del’All-igemeine de Berlin, delà Banque .pour Entreprises électriques de Zurich, et la Société.Lyonnaise des eaux et de l’éclairage à Paris. Les titres mis en vente font d’ailleurs.partie des 36 000, actions ordinaires .de la société, déjà cotées à plusieurs bourses ; on les offre, avec une prime de 160 francs, à 660 francs pour tenir compte des 6 742 427 pesetas de réserve qui figurent au bilan du 31 décembre 1909. Les bénéfices nets d’exploitation ressortent à 2 127 276 pesetas au même bilan, soit à i5 .% du capital-actions, permettant de doter le fondsd’amortissement de gSo o.oo pesetas ; mais la situation de trésorerie est des plus délicates, car le poste créditeurs divers est supérieur de 3 millions de .pesetas à celui des débiteurs divers. Vingt millions d’obligations encore en circulation avaient.permis de compléter les installations actuelles qui comportent ,.3o 000 chevaux, mais ils n’ont pas suffi à en solder le montant. La société, en outre de la production et de la distribution d’énergie aux 600 000l1abitants.de Barcelone, est assurée delà fourniture de courant .aux trois sociétés de tramways chargées des transports dans la ville et scs alentours.
- ;La Société Électrométallurgique procédés Paul h Girod a voté,-dans une assemblée extraordinaire, l’augmentation de son capital de 10 à 12 millions, avec autorisation pour le conseil de le porter ultérieurement ,àiE> millions. ,La même, assemblée a décidé la création d’obligations pour un montant de 5 millions de francs.
- A Merlerault, dans l'Orne, ;il se constitue une so-ciétédite la Régionale Electrique de l’Orne ayant pour objet de produire le courant électrique et de fournir l’éclairage et la force motrice dans diverses localités de l’Orne. Le capital est fixé à 880000 fr. divisé en 5 8.00,actions de ,100 francs chacune entièrement libérées. _
- D. F.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 27.
- RENSEIGNEMENTS
- TRACTION
- Hautes-Pyrénées. — Un décret du 8 juin 1910 déclare d’utilité publique les travaux d’établissement d’une usine électrique destinée à produire la force motrice nécessaire à la ligne de chemin de fer de Toulouse à Bayonne.
- Yonne. — Les pièces d’un avant-projet d’établissement d'un réseau de tramways électriques, d’une longueur de 238 kilomètres environ, sont déposées à la préfecture. Les propositions devront être faites avant le ier novembre prochain.
- Dordogne. — Le Conseil général a voté la construction d’un troisième réseau dp tramways à voie de im, d’une longueur d’environ 700 kilomètres.
- Russie. — La commission des voies de communications de la Douma a émis un avis favorable sur la demande du ministre compétent tendant à l’autoriser à distribuer dans le second semestre de 1910, au compte du budget de 1911, des commandes de matériel pour les chemins de fer de l’Etat jusqu’à concurrence de 20 millions de roubles.
- Portugal. — Le gouvernement portugais vient d'approuver le projet de construclioh d’une voie ferrée entre Vidago et Moure. Devis : i44 67° milreis.
- République Argentine. — Le gouvernement argentin vient d’approuver le projet de construction d’une section du chemin de fer du Nord destinée à relier le département de Garay à celui de San-Javier. .
- Espagne. — La société des tramways de Barcelone-San-Andrés vient d’obtenir pour 60 ans la concession d’une nouvelle ligne de tramways de la place Centrale de Barcelone à Gracia.
- Autriche-Hongrie. — Le gouvernement a ouvert un crédit de 10 millions de couronnes pour la fourniture de 2 000 wagons supplémentaires à livrer d’ici l’automne prochain. .
- Suède. — Le Riksdag vient d’accorder au gouvernement le"crédit demandé pour l’électrification d’une première ligne de chemin de fer appartenant au réseau des chemins de fer de l’Etat suédois. C’est, dans l’intention du gouvernement et du Riksdag, la première étape dans la voie de l’électrification totale du réseau en substituant à la vapeur la force motrice des chutes d’eau qui abondent sur son territoire.
- Le crédit voté est de 21 5oo 000 couronnes et doit s’appliquer à la ligne dite « Riksgritnzenbanan ». Le« Riks-
- GOMMERGIAUX
- grànzenbanan » s’étend de Gellivare à la frontière norvégienne, mais l’électrification ne s’appliquera actuellement qu’à la portion de la ligne qui part de Kiruna,
- La station d’énergie sera installée à PSrjus. Cette station a été préférée à Vakokoski, bien que plus éloignée et plus coûteuse que cette dernière, comme étant plus centrale, susceptible de fournir une force plus considérable et mieux qualifiée pour distribuer dans l’avenir l’énergie à un plus vaste réseau. La station dePitrjus se trouve à l’embouchure du lac Stuor Lulejaur. Elle fournira 80 000 volts.
- ÉCLAIRAGE
- Haute-Saône. — La société d’électricité de Servance, qui vient'd’être fondée par M. Forel, a pour objet la création à Servance d’une usine hydro-électrique alimentée par les chutes de l’Ognon et du Miellin pour la distribution de l’énergie électrique dans le canton de Mélisey.
- Rhône. — La Circulaire Brun annonce la mise à l’enquête du projet d’utilisation des forces motrices du Haut-Rhône. Le projet comporte l’établissement d’un barrage de 70m de hauteur qui transformerait la vallée dû Rhône en un lac de 20km de long. La puissance disponible serait de 235 000 chevaux et pourrait être transportée à Paris sous une tension de 120000 volts.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 22 août, à 2 h. 1/2, à la mairie de Saint-Étienne (Loire), fourniture à la manufacture d’armes de Saint-Etienne de magnétos, sonneries, supports métalliques, harnachement complet de 202 bobines dérouleuses.
- ALLEMAGNE
- Le 7 juillet, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Dortmund, fourniture et montage d’une chaudière tubulaire avec surchauffeur pour l’atelier central.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le i5 juillet, aux chemins de fer de l'Etat autrichien, à Pilsen, fourniture des installations mécaniques pour deux stations hydrauliques.
- Le i5 juillet, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Villach, fourniture et montage de deux plaques tournantes pour locomotives actionnées électriquement.
- Plats. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Tnntt'dtnxlèn* année.
- SAMEDI 9 JUILLET 1910.
- Tome XI (2« aérle). — N* 2fL-"
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Ëclairage Électrique
- A
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. —M. Joly. Chronique des théories électriques : Ions et électrons, p. 35. — J. Rezel-man. Détermination de l’induction mutuelle entre les raccordements extérieurs (Suite et fin), p. 43.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Appareil à induction pour transformer industriellement en chaleur l’énergie électrique même à potentiel élevé, avec application spéciale à réchauffement des liquides, Alfredo Ponzini, p. 47- — Arcs et lampes électriques et photomé-Irie. Une installation d’éclairage avec moteur à benzol, M. Arbeiter, p. 5i. — Stérilisation des liquides par les radiations de très courte longueur d’onde. Résultats obtenus, Billon-Daguerre, p. 52. — De la recherche des substances fluorescentes dans le contrôle delà stérilisation des eaux, F. Diénert, p. 52. — Traction. Tramways ' électriques urbains et suburbains en Amérique, E. Eichel, p. 5a. — Applications mécaniques. Les projections électriques militaires, A. Bochet, p. 53. — Dispositifs pour annoncer lechauflement des paliers et des arbres, p. 55. — Électrochimie et ElçclrométaUurgie. Installation d’un four électrique à l’usine « Chicago-Sud » de la • United States Steel Corporation, p. 55. — Télégraphie et Téléphonie. Sur une solution du problème de la vision à distance,H.-C. Saint-René,p. 57. — Brevets. Dispositif permettant l’utilisation des deux alternances d’un courant alternatif pour la mise en fonction de bobines d’induction, p. 57. — Liste de brevets, p. 58. — Chronique industrielle et financière- — Chronique financière, p. 61.— Renseignements commerciaux, p. 63. — Adjudications, p. 64.
- ÉDITORIA L
- Le développement général de Télectro-technique appliquée, suivi et commenté d’une manière continue dans nos chroniques, ne peut être considéré d’une manière absolument indépendante du développement parallèle de l’électroteclinique théorique. Plusieurs publications étrangères, pourtant d’un caractère essentiellement pratique et industriel, font, pour cette raison, un accueil assez large aux exposés purement scientifiques. C’est en nous plaçant au même point de vue, et dans le but de tenir nos lecteurs au courant, non pas des théories plus ou moins nébuleuses,
- mais de celles qui donnent des résultats et qui servent à quelque chose, que nous avons institué, parallèlement aux nombreuses chroniques d’électrotechnique appliquée, la Chronique des théories électriques.
- Le point de départ à prendre était tout indiqué. Le développement des conceptions ionistiques et électroniques a pris une telle importance, que personne ne peut plus en ignorer du moins les traits principaux. M. Joly les expose avec une clarté que l’on appréciera; l'étendue de sa documentation, puisée aux meilleures sources, est assez com-
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- plète pour faire mention des travauxles plus récents (1908 et 1909), relatifs aux Ions et Electrons.
- M. Rezelman termine son étuda expérimentale sur la détermination de Vinduction mutuelle entre les raccordements extérieurs en cherchant dans quelles conditions l’on peut appliquer la formule précédemment établie, au cas de l’induction mutuelle négative entre les bobines extérieures du stator et du rotor d’un moteur asynchrone. Suivant qué, soit le stator, soit le rotor, soit tous les deux, sont bobinés par pôle ou par pôles conséquents, trois cas sont à considérer, auxquels correspond une valeur nettement différente de la compensation. La conclusion, formulée par Paüteur dans le cas des machines de construction normale (p. 47), est d’un haut intérêt pratique.
- L’avenir de l’emploi industriel de Vénergie électrique pour le chauffage est encore incertain. En fait, on s’adresse toujours à l’effet Joule, qui est, par nature, d’une utilisation incommode et dispendieuse.
- M. A. Ponzini s’est demandé s’il ne serait pas plus avantageux d’utiliser réchauffement produit par Courants de Fôü'câült dans une masse magnétique par un courant variable : l’auteur expose à cet égard des vues théoriques ingénieuses, et, ce qui est mieux encore, des résultats expérimentaux encourageants.
- M. Arbeiter a publié d’intéressants chiffres d’exploitation sur une installation d'éclairage avec moteur au benzol, que nous reproduisons en les faisant suivre du compte rendu de communications récentes relatives à la technique de Y ultra-violet,. ,
- M. Eichel nous fait un tableau enviable de l’aménagement des tramways électriques en Amérique : à vrai dire par le développement des voies et l’intensité du trafic, ce sont de véritables chemins de fer.
- Nous complétons aujourd’hui le rapide extrait que nous avons donné en son temps de la remarquable communication de M. Bo-r chet surfes projections électriques militaires, en reproduisant les trois schémas de commande électrique Breguet, Sautter, Harlé et Yiry.
- On trouvera ensuite d’assez nombreux détails sur le fonctionnement d’un four électrique destiné à prôduire de l’acier, et d’une importance exceptionnelle (i5 tonnes). Les chiffres publiés dans la presse technique américaine annoncent des résultats remarquables.
- Nous décrivons enfin un dispositif récemment breveté, particulièrement destiné au fonctionnement des ampoules productrices de rayons X.
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- CHRONIQUE DES THÉORIES ÉLECTRIQUES
- IONS ET ÉLECTRONS
- Parallèlement aux idées de Maxwell-Hertz sur les propriétés électromagnétiques de l’éther, les théories ionistiques et électroniques se sont largement développées; elles sont à la base de nos conceptions modernes de la matière et de l’électricité; sœurs des théories atomiques et moléculaires, elles partagent leur fortune ; elles ont montré, depuis dix années surtout, qu’elles étaient aussi fécondes que comriiodès par les explications mécaniques simples qu’elles suggèrent. Nous nous proposons d’exposer rapidement sur quelles bases expérimentales ellès sont actuellement fondées, nous réservant d’aborder dans la suite les applications particulières qui peuvent en être faites et qui intéressent plus particulièrent les électriciens.
- Nos, conceptions modernes sur la conductibilité électrique des gaz sont imitées des hypothèses faites par Clausius sur le transport de matière qui accompagne le passage du courant dans un électrolyte.
- On distingue une conductibilité métallique et une conductibiité électrolytique ; dans le premier cas, le passage du courant ne s’accompagne d’aucun phénomène chimique; dans le second, il est inséparable d’une décomposition qui se traduit aux électrodes par des dégagements gazeux ou des dépôts de matière. L’eau qui, pure, ne serait pas conductrice ou le serait extrêmement peu, le devient par addition d’une certaine quantité d’un acide, d’une base, ou d’un sel et nous fournit alors l’exemple d’un conducteur électrolytique.
- La théorie admise universellement aujourd’hui suppose que les molécules du corps dissous ou du moins certaines d’entre elles sont scindées en deux particules, qui peuvent
- être des atomes, l’une chargée positivement, l’antre négativement; cette séparation préexiste au passage du courant et le champ électrique ne fait qu’entraîner les particules chargées le long des lignes de force ; ces particules sont les « ions ».
- Les dégagements que nous constatons aux électrodes résultent de la décharge des ions au contact de celles-ci, et, s’il y a lieu, des réactions chimiques auxquelles peuvent donner naissance les corps en présence. Nous concevons, par exemple, que dans les dissolutions aqueuses d’acide chlorhydrique, la molécule HCl se sépare en deux ions H+ et Cl" qui sont alors les atomes d’hydrogène et de chlore chargés.
- Entraînés par le champ, les ions prennent immédiatement une vitesse parfaitement déterminée, proportionnelle au champ, ce qui suppose qu’ils éprouvent de la part du milieu une résistance par frottement proportionnelle à la vitesse; la vitesse avec laquelle ils se déplacent dans un champ d’un volt par centimètre définit leur « mobilité ». L’expérience montre que cette mobilité varie d’un ion à l’autre dans des limites d'ailleurs assez restreintes ; elle est pour les solutions diluées la même pour tous les ions de même nature (H , par exemple), quelle que soit la molécule dont ils proviennent.
- Les lois de Faraday se commentent aisément; elles peuvent se résumer ainsi : tous les ions électrolytiques portent la même charge par valence rompue. Les ions H et Cl n’échangeaient qu’une valence et la décomposition d’un poids moléculaire d’HCl ou, ce qui revient au même, le dégagement d’un poids atomique d’hydrogène s’accompagne du passage de 96 55o coulombs (1 faraday).
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- La décomposition de S04 = Cu exige 96 55o X 2 coulombs (2 faradays) puisqu’il y a deux valences rompues entre S04 et Cu.
- Une conséquence s’impose immédiatement lorsqu’on se place au point de vue des théories atomiques. « Si nous acceptons l’hypothèse que les substances élémentaires sont composées d’atomes, nous ne pouvons éviter de conclure que l’électricité positive, aussi bien que négative, est divisée en parties élémentaires définies qui se comportent comme des atomes d’électricité » (Helmholtz).
- Si nous appelons -j-e la charge positive que porte l’atome d’hydrogène à l’état d’ion, l’atome'de Cl porte la charge —e et si N est le nombre de molécules que contient un poids moléculaire d’acide chlorhydrique,
- Ne = 96 55o coulombs = 1 faraday ou, en unités électrostatiques C.G.S,Ne = 29 X 1013.
- e est un véritable atome d’électricité et toute charge électrique ne peut être qu’un multiple de cette quantité élémentaire.
- La relation, parfaitement déterminée, qui existe entre la quantité de matière décomposée et la quantité d’électricité transportée, ou, si l’on veut, entre la masse de l’ion et sa charge électrique, est une caractéristique des ions de l’électrolyse ; l’expérience a montré qu’elle se vérifie avec toute l’exactitude possible. Nous retrouverons, dans l’étude des conductibilités gazeuses, un transport d’électricité par la matière à l’état de division extrême sans y rencontrer la liaison qu’établit la loi de Faraday.
- Il était utile de rappeler nos conceptions sur le mécanisme de l’électrolyte autant parce qu’elles ont servi de modèle à des théories que nous allons rencontrer que pour pouvoir en marquer la nature particulière^
- CONDUCTIBILITÉ DES GAZ
- Caractères généraux.
- La déperdition que subit à l’air, dans les conditions ordinaires, un corps électrisé est extrêmement faible; l’air, et plus généralement les gaz, peuvent être regardés comme
- d’excellents diélectriques. Cependant ils deviennent légèrement conducteurs sous des influences aujourd’hui bien étudiées; sur le passage des rayons de Rontgen, des rayonnements émis par les corps radioactifs, des rayons cathodiques issus d’un tube à vide (Lénard), au voisinage d’une pointe électrisée, d’une plaque métallique chargée négativement et éclairée par la lumière ultra-violette, d’un corps incandescent, d’une flamme, du phosphore qui s’oxyde, les gaz cessent d’être isolants. On constate de même une légère conductibilité dans des gaz récemment préparés, dans ceux qui ont barboté en fines bulles, ou qui portent en suspension des fumées légères (tabac).
- Quelle que soit l’origine de cette conductibilité, elle présente un certain nombre de caractèi-es constants. Si deux électrodes sont séparées parle gaz à étudier et si l’on maintient en permanence la cause qui le rend conducteur, on constate que le courant qui passe est proportionnel à la différence de potentiel entre les électrodes, tant qu’elle reste faible; pour des valeurs plus élevées, le courant est moins fort que ne le voudrait une loi analogue à celle d’Ohm et il tend vers une valeur limite, appelée courant de saturation, quand la différence de potentiel augmente suffisamment. Un volume donné du gaz rendu conducteur ne peut donc transporter qu’une quantité maximum finie d’électricité.
- Si maintenant on supprime la cause qui entretient la conductibilité et que l’on abandonne le gaz à lui-même, la conductibilité disparaît d’elle-même plus ou moins lentement et si l’on établit entre les électrodes une différence de potentiel, le courant qui passe épuise la conductibilité.
- « Il est impossible d’attribuer à des molécules neutres un rôle quelconque dans le transport d’électricité par convection ; l’air avec la vapeur d’eau qui y est répandue constitue le meilleur isolateur que nous connaissions; si les molécules d’air ou de vapeur sont électrisables, comment cet air peut-il être isolant, puisqu’un nombre incalculable
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- 9 Juillet 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- de molécules frappe à chaque instant chaque millimètre carré du conducteur? » (Giesc.) L’hypothèse d’un transport par convection (qui paraîtrait, par exemple, admissible dans le cas des fumées du phosphore ou du tabac, d’après un mécanisme analogue au carillon électrique), est contredite par la loi de variation du courant avec la différence d e potentiel ; au lieu de conduire à l’existence d’un courant de saturation, elle exigerait une diminution apparente de résistance, à mesure que croîtrait la différence de potentiel.
- L’explication des résultats expérimentaux se trouve dans l’hypothèse que la conductibilité du gaz est due à des centres chargés les uns positivement, les autres négativement, qui se déplacent suivant les lignes de force du champ électrique et se déchargent aux électrodes, à des « ions » que produit l’action des rayons X, du rayonnement du radium, etc. Il s’en produit un nombre déterminé par seconde et le courant de saturation est le courant capable de transporter aux électrodes autant d’ « ions » qu’il s’en forme. Lorsqu’on fait cesser toute action ionisante, la rècombinaison des centres explique la disparition lente de la conductibilité, et le passage d’un courant épuise leur nombre.
- Nous pouvons donc nous représenter que le gaz rendu conducteur est constitué par le mélange de trois gaz : le gaz primitif, dont les molécules sont neutres, le gaz que forment les ions positifs et celui que forment les ions négatifs; ces deux derniers constituent une sorte d’impureté légère introduite dans le premier, et le reproduisent en se combinant.
- Il est, d’ailleurs, possible d’extraire d’un gaz ionisé des charges positives ou négatives. Imaginons qu’entre deux plateaux, dont l’un A est chargé positivement, l’autre B négativement, nous fassions passer au voisinage de A un faisceau de rayons X; il ionise le gaz sur son parcours, les centres négatifs sont immédiatement recueillis par le plateau A, les centres positifs s’en éloignent et voyagent à travers la plus grande partie du gaz compris entre les plateaux.
- Un courant d’air perpendiculaire aux lignes de force du champ, et assez éloigné de A, les emporte et peut les abandonner à un tampon de coton placé à l’intérieur d’un cylindre de Faraday qui indiquera une charge positive.
- Les rayons X et ceux du radium créent à la fois des ions positifs et des ions négatifs, dont les charges s’équivalent, l’ensemble du gaz restant neutre ; la lumière ultra-violette frappant un corps chargé négativement, ou la décharge par une pointé, ne fournissent que des ions d’un seul signe.
- Mobilité des ions.
- La mobilité, c’est-à-dire la vitesse que prennent les ions dans un champ d’un volt par centimètre, nous permet deles distinguer et de les classer. Nous n’insistons pas sur les méthodes expérimentales qui permettent de déterminer la mobilité ; nous renvoyons le lecteur aux travaux de Zeleng, Rutherford, J.-J. Thomson, Langevin, Bloch, etc. Dans un milieu déterminé, la résistance qu’éprouve l’ion par frottement est proportionnelle à sa vitesse; elle est d’autant plus grande que le volume de l’ion est plus considérable. Nous avons, comme nous le verrons plus loin, toutes les raisons de penser que la charge d’un ion est toujours la même ; la force électrique qui l’entraîne est donc toujours la même dans le même champ et les mobilités nous permettent de nous faire une idée des grosseurs relatives des centres chargés qui se déplacent dans un milieu donné.
- A la pression atmosphérique, les ions produits par les rayons X, le rayonnement des corps radioactifs, la lumière ultra-violette ont une mobilité voisine de icm,5 par seconde; les ions négatifs sont un peu plus mobiles que les ions positifs ; l’influence de la vapeur d’eau est d’ailleurs très marquée, elle diminue la mobilité de l’ion négatif; il faut sans doute rattacher ce fait aux propriétés particulières de l’ion négatif comme centre de condensation de la vapeur d’eau.
- M. Langevin a trouvé que pour des près-
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- sions variant de 7e"1,5 à i43c,u de mercure, le produit de la mobilité par la pression est une constante pour l’ion positif ; il diminue pour l’ion négatif quand la pression baisse au-dessous de 20e"1; variation attribuable à ce que la structure de l’ion se simplifie aux basses pressions.
- Un phénomène analogue s’obtient aux hautes températures, dans les flammes salées, où les résultats, assez peu précis, s’accordent cependant pour attribuer à l’ion négatif une mobilité considérable; d’après les récentes expériences de Gold (1907), la mobilité de l’ion négatif serait de l’ordre»de 10 ooocm, celle de l’ion positif, beaucoup plus faible, est voisine de 6ocm; il semble que la structure de l’ion négatif soit simplifiée à l’extrême, jusqu’à ne plus comporter que la charge électrique, sans cortège moléculaire, l’électron.
- Par contre, les gaz issus des flammes et refroidis nous donnent des ions lents (ocm,2 à 240° environ d’après Mac Clelland); et plusieurs expérimentateurs ont montré que les gaz récemment préparés, l’air où s’oxyde le phosphore, etc., contiennent des ions très peu mobiles. Dans le cas des ions du phosphore, étudiés par M. Bloch, les centres des deux signes ont la même mobilité ; elle reste comprise entre et ~ de
- 00 000
- millimètre, le plus souvent voisine de—~
- 100
- de millimètre. Elle est donc mille fois plus faible en moyenne que celle des ions produits par les rayons X.
- De semblables ions existent en permanence dans l’atmosphère terrestre, ainsi que l’a montré M. Langevin. Si l’on fait passer un courant d’air atmosphérique entre les armatures d’un condensateur normalement aux lignes de force, et que l’on représente le courant électrique qui traverse le condensateur en fonction de la différence de potentiel appliquée, la courbe du courant doit présenter une variation de courbure, chaque fois que le champ est suffisant, pour recueillir tous les
- ÉLECTRIQUE T. XI (2* Série).—. K» 28.
- ions d’une certaine mobilité ; on constate ainsi l’existence dans l’air atmosphérique de deux sortes d’ions, les uns analogues aux ions produits par les rayons X, d’une mobilité de ic'“,5, et les autres, qui peuvent être cinquante fois plus nombreux, d’une mobilité
- de —— de centimètre. Les données que nous 6 000
- possédons sur les grandeurs moléculaires nous permettent d’estimer que ces gros ions sont des particules ayant environ io~e centimètre de diamètre et contenant au moins un million de molécules (*), alors que les petits ions comprennent, au maximum, 10 à 20 molécules groupées par attraction électrostatique , autour d’un centre électrisé. II ne semble pas qu’il puisse exister d’ions intermédiaires; l’expérience n’en a pas constaté. Les gros ions seraient formés par diffusion des petits ions sur les fines poussières neutres; ils peuvent se détruire à leur tour, en redonnant les particules neutres, par recombinaison avec un petit ion de signe contraire. Parmi les causes susceptibles d’entretenir cette ionisation de l’atmosphère,-il faut compter, sans doute, pour les couches très élevées, l’influence des radiations solaires; pour les couches plus basses, la radioactivité du sol paraît la cause prépondérante.
- Le rôle important que jouent ces ions dans divers phénomènes météorologiques, (production et variations du champ électrique dans l’air terrestre, perturbations magnétiques, etc.), place l’étude de l’ionisation de l’air à la base des recherches d’électricité atmosphérique. Dans tous, les phénomènes qui dépendent surtout de la conductibilité de l’air (courants d’électricité atmosphérique), ce sont les petits ions qui jouent le rôle principal à cause de leur mobilité élevée ; les gros ions semblent, au contraire, devoir jouer le principal rôle quand le phénomène
- (’) Ceci souligne la différence entre ces ions gazeux et l’ion électrolytique, ce dernier n’étant, d’après nos conceptions, qu’une fraction de molécule.
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- REVUE D’ÉLEGTRICITÉ
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- 9 -Juillet 1910.
- produit ne dépend que du nombre des centres et surtout dans la condensation de la vapeur, d’eau saturante.
- G.-T.-R. Wilson a montré le rôle particulier des ions dans la condensation de la vapeur d’eau ; elle se produit, en leur présence, pour des sursaturations plus faibles que dans les conditions ordinaires. Les expériences, avec un jet de vapeur, sont devenues classiques ; si nous examinons, par exemple, l’ombre portée par le jet de vapeur, elle est presque invisible à l’état normal ; elle devient sombre dès qu’on produit, par un procédé quelconque, dès ions à l’intérieur du jet ; les ions sont devenus les noyaux des fines gouttelettes condensées. Dans l’air, dépouillé de poussières et saturé de vapeur d’eau que l’on détend adiabatiquement, le
- rapport — du volume final, occupé par la vapeur d’eau, au volume initial, peut mesurer la détente qu’elle subit; il n’y a pas de condensation lorsque est inférieur à i,a5; à vi
- partir de i,2Ô jusqu’à 1,28, il y a condensation sur les petits ions négatifs ; la condensation sur les ions positifs n’a lieu que pour la valeur i,3i; et , en l’absence d’ions, la condensation exige une détente de 1,38.
- Les gros ions sont encore singulièrement plus actifs; ils provoquent la condensation de la vapeur d’eau simplement saturante, ils jouent un rôle essentiel dans la formation des nuages, quand une masse d’air humide s’élève et se détend.
- Charge d’un ion.
- Townsend a pu établir la proposition importante que la charge d’un ion produit par les rayons X ou le rayonnement des corps radioactifs (mobilité i,5) est, pour les ions des deux signes, la même que celle des ions de l’électrolyse.
- Il se sert des mesures faites sur le coefficient de diffusion des ions. Imaginons qu’un gaz ionisé soit renfermé dans un récipient
- métallique; les ions vienneht se décharger sur la paroi et si nous considérons les ions positifs et négatifs comme deux gaz A et B, tout se passe comme si la paroi conductrice était une substance chimique, capable d’absorber A et B et. non les molécules neutres du gaz; le problème est donc le même que celui de la diffusion d’un gaz à l’intérieur d’un autre. La théorie cinétique fournit facilement la relation
- 3 10 8m
- où n est le nombre de molécules contenues dans icm3 du gaz dans les conditions normales, e la charge d’un ion, u sa mobilité, K son coefficient de diffusion. Les dernières mesures de Townsend (Proced. Roy. Society, 1908) le conduisent aux résultats suivants :
- ne -f- = 1,26 ioi0 ne — = 1,34 io10.
- La loi de Faraday nous fournit dans le cas de l’électrolyse n = 1,225 io'°.
- L’accord est aussi satisfaisant que possible, car les expériences sont délicates; il nous permet d’affirmer l’identité de charge des ions des gaz et des ions électrolytiques.
- Que vaut cette charge ? De nombreuses méthodes nous permettent d’en obtenir plus ou moins exactement la valeur. Une des plus directes et des plus ingénieuses est certainement celle qu’ont employée, sous des formes un peu différentes, J.-J. Thomson (1898), II.-A. Wilson (1903) et enfin Millikan et Begeman (1908 et 1909). Sous la forme due à Wilson, elle peut se résumer ainsi; on provoque, par une détente adiabatique, la condensation de la vapeur d’eau sur les ions et l’on mesure la vitesse avec laquelle tombe la gouttelette formée, sous l’action de la pesanteur seule, d’abord, puis sous l’action combinée de la pesanteur et du champ électrique; la vitesse de chute que la résistance de l’air rend immédiatement constante, à cause des faibles dimensions de la gouttelette, est proportionnelle à la force qui J.a provoque dans chacun des cas. Millikan et
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- T. XI (2* Sérié). — N» 28.
- Begemàn ont trouvé e =L io~10 unités électrostatiques C. G. S., puis Millikan e — 4,65 io-10. Nous citons la méthode, non parce qu’elle est susceptible du maximum de précision, mais parce qu’elle nous fait voir pour ainsi dire les ions, en nous permettant de les compter, à la façon dont les bactériologistes comptent les germes dans un bouillon de culture par les agglomérations dont ils ont été le point de départ. .
- Toutes les méthodes de la théorie cinétique des gaz qui nous permettent de compter le nombre de molécules présentes dans un volume moléculaire nous fournissent en même temps la valeur de la charge électrique élémentaire, par la relation qu’établit la loi de Faraday. La détermination la plus précise est due àM. J. Perrin (1908), qui l’a déduite de ses beaux travaux sur le mouvement brownien (*) ; elle conduit à la valeur e — 4,6 io~10 unités électrostatiques absolues.
- Les suspensions gazeuses.
- Nous avons réservé jusqu’à maintenant l’étude optique des suspensions gazeuses ; il faut entendre par là un ensemble de particules suffisamment petites, pour que l’action de la pesanteur (qui varie comme le cube des dimensions linéaires) soit rendue négligeable ; la résistance de l’air proportionnelle au carré des dimensions linéaires ne permet plus aux particules de prendre une vitesse de chute appréciable; elles sont animées du mouvement désordonné connu sous le nom de mouvement brownien. La fumée de tabac, par exemple, peut se résoudre, à l’ultramicroscope, en un grand nombre de particules ; examinée à l’intérieur d’une cuve de verre, à faces parallèles, et soumise à l’action d’un champ électrique, elle révèle l’existence de trois sortes de centres; les uns suivent le champ électrique, les autres le remontent, les troisièmes restent insensibles à son action; nous voyons donc là de gros ions positifs, négatifs et des parti-
- P) Lumière Electrique, 4 el n juin 1910.
- cules neutres. La mobilité de ces centres peut se mesurer directement au microscope; elle correspond, comme ordre de grandeur, à celle des ions du phosphore. Si nous assimilons les particules à de petites sphères, l’une d’elles, soumise à la force d’entraînement H X e (H champ électrique, e charge du centre), éprouve de la part du milieu, d’après une formule due à Stokes, une résistance par frottement égàle à 61:\). a v (où nous désignons par > le coefficient de viscosité du milieu, par a le rayon de la particule, par v sa vitesse). On a donc, à l’état de régime :
- H X e = 6x1* av.
- L’expérience donne H, a et v; g est connu; M. de Brôglie déduit de ses mesures e = 4,5 io_10 unités électrostatiques C. G. S.
- La charge d’une particule en suspension est donc la même que celle des ions que nous avons déjà rencontrés; cependant elle peut être parfois un multiple de la charge précédente; il est facile alors de le constater par l’action d’un rayonnement ionisant ; le radium, par exemple, en créant des petits ions très mobiles, fait disparaître les charges multiples, par suite de la diffusion des petits ions sur les particules chargées de signe contraire, et entraîne une variation appréciable de la mobilité ; le fait que la mobilité reste insensible à l’action des radiations permet donc d’affirmer que les grains examinés ne portent qu’une fois la charge commune à tous les ions.
- Dans celte étude, toute trace d’hypothèse a disparu; les ions sont visibles et leur déplacement sous l’action du champ électrique directement mesurable. De même que les théories moléculaires acquièrent une base expérimentale solide par les recherches effectuées sur le mouvement brownien des colloïdes, ainsi que l’a montré le beau travail de M. Perrin, les théories ionistiques, qui leur sont liées si étroitement, trouvent dans les propriétés des suspensions gazeuses une très forte présomption de réalité objective; en nous plaçant au point de vue logique.
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- 9 Juillet 1910.
- plutôt qu’au point de vue historique, l’étude des suspensions gazeuses aurait pu nous servir de point de départ.
- Décharge disruptive.
- La conductibilité des gaz n’est pas nécessairement provoquée par une cause ionisante ; il suffit que la différence de potentiel entre deux électrodes isolées par l’air devienne suffisamment élevée pour qu’une étincelle éclate et que la résistance gazeuse tombe à une valeur qui n’est plus qu’une faible fraction de sa valeur primitive. L’hypothèse de l’ionisation par choc nous permet d’étendre à la décharge disruptive les théories ionistiques qui précèdent.
- Lorsque les ions négatifs ou positifs qui existent toujours dans un gaz (la radiation, dite pénétrante, due à la radioactivité du sol, en produit constamment quelques-uns par seconde), prennent, sous l’action du champ électrique, une énergie cinétique suffisante, ils deviennent capables de briser les molécules neutres, en créant, à leur tour, des ions positifs et négatifs. Dans l’air raréfié, les ions négatifs, dont la structure est très simplifiée, se montrent particulièrement actifs; en effet., leur libre pai’cours moyen, étant supérieur à celfii des ions positifs plus volumineux, ils peuvent, entre deux chocs, subir l’action d’une plus grande différence de potentiel et acquérir une énergie cinétique plus considérable. C’est ce qu’ont montré les expériences de Townsend.
- Si on étudie la conductibilité d’un gaz à basse pression ionisé d’une façon permanente par une source constante et que l’on, représente la courbe du courant en fonction du champ, on retrouve la forme de courbe déjà décrite et le palier correspondant au courant de saturation; si le champ électrique continue à augmenter, la courbe du courant se relève insensiblement d’abord puis très rapidement (fig. i) ; c’est que le champ est devenu suffisant pour que les ions négatifs en produisent d’autres par collision avec les molécules du gaz.
- Supposons qu’un ion négatif (et par conséquent, aussi, de nouveaux ions positifs) se déplacent d’un centimètre à l’intérieur du gaz; un calcul très simple montre que s’il y avait au départ N0 ions négatifs il en arrive à une distance l un nombre
- N=rN0e“';
- a étant une fonction du champ électrique et de la pression du gaz. Chargeons à une certaine différence de potentiel deux plateaux, séparés par le gaz à basse pression, éclairons le plateau négatif avec de la lumière ultraviolette ; lésions produits partent de ce plateau etl’expé-rience montre que si, laissant le champ et la pression constants, on fait varier la distance entre les plateaux, le courant suit la loi que représente la formule N = N0 eal.
- différence de potentiel
- Fig. i. — ab, palier correspondant au courant de saturation; B, potentiel d’ionisation (ions négatifs); bc, partie de la courbe où se produit l’ionisation par chocs.
- Lorsque le champ devient suffisamment grand ou la pression suffisamment faible, le nombre d’ions négatifs qui atteignent le plateau positif est supérieur à celui que fournit le calcul précédent ; un nouveau phénomène entre en jeu ; à leur tour les ions positifs peuvent ioniser par choc et il est évident que si les ions des deux signes en produisent d’autres en nombre suffisant, nous obtiendrons une décharge continue ; le courant pourra passer en l’absence de toute cause spéciale d’ionisation ou plus exactement pour une ionisation extrêmement faible, comme celle qui existe normalement dans les gaz.
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- Si nous supposons, en reprenant le dispositif expérimental précédent, que la lumière ultra-violette libère Nft ions négatifs sur le plateau chargé négativement, et qu’un ion positif produise 0 nouveaux ions de chaque signe pendant un parcours de icm, l’ion négatif en produisant a dans les mêmes conditions, un calcul simple montre quTil arrive sur le plateau positif à une distance l un nombre d’ions donné par la formule :
- n0 [a —
- Il y aura décharge disruptive lorsque N pourra Revenir infiniment grand devant N0, c’est-à-dire pour :
- l0g§
- a — Be(«—P)1 = o ou 1= 1.
- a—p:
- Deux expériences nous permettent de fixer les valeurs de a. et 0 correspondant à un champ et à une pression données; la formule fournit alors la distance des deux plateaux pour laquelle on obtient la décharge disruptive. L’accord avec l’expérience est parfait.
- La théorie permet de retrouver aussi que le potentiel disruptif dépend seulement de la quantité de gaz qui se trouve entre les électrodes, propriété expérimentalement bien établie.
- La relation précédente qui, au fond, par l’intermédiaire des variables a et (3, relie la distance disruptive à la pression et au champ, est valable tant que le champ peut être regardé comme constant entre les deux plateaux, mais le passage de la déchai’ge, surtout avec un courant assez intense, modifie la distribution du champ. Les ions négatifs étant beaucoup plus mobiles que les ions positifs, il existe près de la cathode un excès de
- charge positive dont l’effet est de produire une rapide variation de potentiel ; une polarisation analogue mais plus petite se produit à l’anode. La valeur élevée du champ cathodique peut provoquer l’ionisation par les ions positifs, alors que la différence appliquée serait insuffisante pour un champ supposé uniforme. Townsend trouve, par exemple, dans un tube à gaz raréfié, qu’il fallait 6o3 volts pour amorcer la décharge et seulement 35o pour y maintenir ensuite un courant relativement intense (— d’ampère).
- 9°
- Stark a déterminé la chute de potentiel nécessaire pour qu’un ion provoque l'ionisation par choc, c’est-à-dire pour que le courant commence à croître après le palier correspondant au courant de saturation. La théorie nous permet de prévoir que le potentiel d’ionisation ne doit dépendre ni de la température ni de la pression du gaz, puis-qu’en somme il mesure la vitesse que doit prendre l’ion ; c’est ce que Stark vérifie pour l’azote,, par exemple, où il trouve un potentiel d’ionisation de 27 volts pour les ions négatifs et 320 volts pour les ions positifs quelles que soient la pression et la température.
- L’arc électrique n’est pas un phénomène différent de la décharge disruptive; l’ionisation par choc est à la base de sa théorie. Il faut signaler pourtant que l’émission d’ions négatifs y est provoquée par là haute température de la cathode ; on sait, en effet, qu’il est impossible d’allumer un arc dont la cathode est refroidie. La distribution du champ à l’intérieur de l’arc, la nature des chutes de potentiel cathodique et anodique trouvent leur explication dans la théorie que nous venons d’exposer.
- {A suivre.) M. Joly,
- Agrégé des Sciences Physiques.
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- 9 Juillet 1910. ^ REVUE D’ÉLECTRICITÉ __ 48
- DÉTERMINATION DE L’INDUCTION MUTUELLE ENTRE LES RACCORDEMENTS EXTÉRIEURS (Suite et fin) <'>
- Voyons maintenant comment appliquer la formule, pour déterminer l’induction mutuelle négative entre les bobines extérieures du stator et du rotor d’un moteur asynchrone. Quand le rotor est placé dans le stator, il y a compensation de lignes de force ; le rapport ni en représente de nouveau la mesure.
- Nous avons trois cas à considérer :
- i° Stator et rotor avec bobinage par pôles conséquents ;
- 2° Stator et rotor avec bobinage par pôle ;
- 3° Stator avec bobinage par pôles conséquents et rotor avec bobinage par pôle, ou inversement.
- Remarquons, pour le premier cas, que les raccordements extérieurs sont normalement disposés en deux plans, chaque phase en ayant autant dans l'un que dans Vautre.
- Pour le second cas, les raccordements sont disposés en trois plans, un plan pour chaque phase.
- Pour le premier, la compensation est donc la même pour chaque phase, tandis que pour le second elle dépend du plan plus ou moins rapproché ; il y a lieu d’envisager celui du milieu.
- La perméance combinée est déterminée par la moyenne des /„ des raccordements du stator et du rotor avec les périphéries communes ni, correspondantes.
- Soient pour les catégories i) et 2) :
- xs,= réactance des bobines extérieures du stator ;
- x„n = réactance des bobines extérieures du rotor, rapportée sur le stator;
- x„ réactance des bobines extérieures
- (•) Voir Lumière Electrique du 4 juin 1910, P- 3o3.
- du stator et du rotor, étant couplés en série et dans le même sens. Alors le rapport :
- représente la diminution due à l’induction mutuelle négative et la réactance résultante a comme valeur :
- 2 (*2si —” -i's 1,11 — 'Isr*
- Pour étudier l’importance de la compensation, faisons une application sur le moteur triphasé de 175 HP ;— à 8 pôles — 5o périodes — 3 000 volts entre phases, appartenant à la troisième catégorie.
- Le stator possède 72 rainures à 28 fils, donc 276 spires par phase et un bobinage par pôles conséquents :
- ls = 68omm
- ha = 36o au = 2 I omiu xsa = i ,865 O
- lsc — 320 atsc = 280 xsc — 1,520 ü
- :rsl = 3,385 £2
- A = -j- 0,06 d’après essai.
- Le rotor possède 120 rainures à deux barres, donc 4o spires par phase et un bobinage par pôle :
- lj = 4 2omm
- ha- l-sb ioo au=au=100mm Xsa~—0,023p£3 lsc— 120 qu=20Q xsc=z o,oi48Q
- 0 38 7 £-
- A = -f- 0,42 d’après essai.
- La réactance des bobines extérieures d’une phase du rotor, rapportée sur le stator, devient donc :
- x,u = o,o387.(gY = 1 >84 Ü ; la partie b ne prend pas part à l’indue-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Sérié). — N». 28.
- tion mutuelle, rapportée sur le stator :
- X sb — 0,01 iq5 .
- /.o
- = 0,57 Q.
- Nous envisageons maintenant une phase du rotor placée en face d’une phase du stator et nous nous figurons que le rotor ait par phase le même nombre de spires que le stator : wa = 276.
- Le bobinage du stator étant par pôles conséquents et celui du rotor par pôle, nous avons :
- _ 12,5-C. 1,5. wa' / 24
- 'rsr,u —------ü----• 4(1-0,46 I log —--[- Ai
- p. 10°
- .. (wa
- +
- ia,5.c.3.^
- p. 10“
- Ils.
- •4«.o,46( log^—:--{- Au
- r2,5.C.2.H2a2 . / 24 \
- + P.,«-— • 0/,<1 + Ai )
- +
- p. io8
- 5,75
- p . IO8
- ' • f-ac • 0,46 ( log^—^ -}- A„ J Oise /
- .Isa ( log^—h Ai
- 24
- 4-0,75.4» ( logîjT^—f-Air ) 4-2.44 log—' 4~A
- a 4
- + 2 -4c “I- | -} x'sb•
- Pour notre moteur, les dimensions moyennes sont les suivantes :
- 4 = 55omm
- ha = 33o ‘Usa = 55omm (lig. 7),
- 4c = 220 “tts =r 33o (fig. 8).
- L’estimation de la périphérie ats„ de ce moteur, qui a des bobines rectangulaires en fils sur le stator et un enroulement ondulé en barres sur le rotor, est approximatif ; toutefois une erreur ne donne pas une grande différence, étant donné qu’il s’agit d’un terme logarithmique.
- Nous trouvons donc :
- 5,75.5i ,5.27G2
- 5i,u —
- 4. ios
- i,5.33( log
- KK,
- 0,06
- 2.^ÜO . _\
- 55o nn
- 4-0,75.33^1og-^—-f-0,42 j4-2.22^!og-^— 4-0,06 j 4-2.22 M0g-^—4-0,42 j 4-0,57 = 6,390.
- Il s’ensuit que :
- xsr— 2 (xg 1 —|— x9 u) — Xsl,11= l°j45 — 6,39 = 4,060 et le rapport
- 4,06
- Q.775-
- xsi -j- ^sii 3,385 4- 1,84 Pour la partie soumise à l’induction mutuelle, le coefficient
- X»I,U — x'sb 6,39 — 0,57
- m = 2
- = 0,76.
- •^sl + ^’sll-x'sb 5,225—0,57
- Dans les cas 1) et 2), où les raccordements du stator et du rotor sont analogues, on trouve :
- 5.75.c.wa2 ( / »4 \
- nx.n- 44^log—-f AJ
- 4~ 4 4
- :(lO((î^ + A)},
- ou tva = wc ; .
- 5,75.c.wj ( _ 7 | 2 is>
- p. I O®
- ">^:+a
- + 4^(l°g^ + A) .
- où wa — wb et wc = 2«v
- Pour A on peut admettre la valeur moyenne du stator et du rotor.
- Si le rotor du moteur de 170 HP avait un enroulement par pôles conséquents, comme le stator, avec A = 0,06, nous aurions :
- 4 — 42ouun
- Isa — 3 OO “Us
- I 20“
- 120 ‘lise = 200
- Xsa — o,o3aa Q X’sc — 0,0097 ^ Xsa 4- XSc = 0,0419 H
- et rapporté sur le stator = 1,99 Q.
- Pour la détermination de x„ ,, les dimensions seraient :
- 4 -- 55omm 4 a == 33o
- 4c — 220
- ce qui donne :
- _ 5,75.51,5.27e2
- a'si.n —~
- et
- 4.1 o8
- 4- 4.22.^10^
- X $ r
- OLsa = 55omm Oise —- 33o
- 4.33 ( log -f- 0,06
- 2.55o
- -f- 0,06
- 33o
- 2(3,385 4- i,99)-5,56
- 5,56 Ü : 5,190.
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- Ici le rapport :
- :z<r
- 'si + -i'sU
- = m —
- M75
- 0,965.
- Supposons maintenant le stator et le rotor
- Pour la détermination de les dimensions seraient :
- ’h = 55o""n
- ha — 3oo tl,(t = 52omm
- hc — 25o 4t$c — i îo
- Fig. 7.
- bobinés par pôle avec A = 0,42 ; nous aurions :
- h =r 68omm
- ha =z 3oo 4l,svt = 1 35mm .l'sa + -t-'sb =z 1 ,20 U
- hc = 38o ‘lise = 2 5 o .TSc — 2,48 0
- :vs 1 — 3,68 Q
- •l’s 11— 1,840
- ce qui donne :
- 5,75.5i,5.2762 ( ( a.55o
- a-io l°ëi-r +
- + 4.a5 + °,4.)j = 7>8Q
- "x,r= 2(3,68 + 1,84) — 7,8 = 3,24 0.
- et
- et
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- T. XI (2* Série).— M° 28:
- Le rapport
- *! S r __ _____ 3 y 2 4 r
- -----j-----= m = —- = 0,59.
- :tsr + &,u ——
- Vérifions enfin le cas du stator bobiné par 80
- +o,75.3o^log^^-fo,42j+2.25^1og^|^+o,o6^ +2.25 Aog^L^+o,42 jj+o,6:=6,2+o,6:=r<L8£î^
- s/ \/ \/
- ?S—?S.—? -s—7 S
- t_____I
- go
- pôle, A == 0,42, avec rotor bobiné par pôles conséquents et A= 0,06 :
- xsï = 3,68 Q •'s 11 = ï,99q
- xai + .rsn — 5,67 £2
- ls = 55omm
- Isa = 300 ‘U.jn = 52o“m
- ls c = 25o lise = 33o
- donc :
- •l's I.II :
- 5,7r>.5i,5.a76a 4.108
- j1’5-30 (lo*^'+o'°6;
- d’où :
- 2.5,67 — 6,8 = 4,54 0
- et
- xsr 4,54 «
- --------— = —— r— 0,80.
- •r.i + -Ts 11 5,67
- Le tableau II résume ces résultats. Il montre que la compensation est quasi négligeable quand stator et rotor ont un bobinage par pôles conséquents (où A o), tandis qu’elle est très importante quand tous deux sont bobinés par pôle. La compensation a
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- 47
- une valeur intermédiaire pour un bobinage I A,= A1I=o, est à peu près égale à la réac-mixte. I tance résultante xar. Il en résulte que la
- Tableau II
- a'si + a'sn iPjfr Xsr if-'S I + a's It
- 1) Stator par pôles conséquents (At — 0,06) Rotor par pôle (Àn — 0,42) 5,22 5 ! 4,06 0,775
- 2) Stator par pôles conséquents (Aj — o,o<3). Rotor par pôles conséquents (Alt — 0,06)... 5,370 5,19 0,965
- 3) Stator par pôle (At — 0,42) Rotor par pôle (An — 0,4a) 5,52 3,24 0,59
- 4) Stator par pôle (Aj = 0,42) Rotor par pôles conséquents (AIt — 0,06) 5,6, 31 0,80
- En calculant, pour les quatre cas considérés, la valeur de .rSI -{-xm pour A, = A„ = o, on trouve :
- 1) *",! -f- .r,n — 4,18 Q,
- 2) xsi -f- Xsu = 4,83 O,
- 3) - .î'S£ -j- x,u 3,635£2,
- 4) xsi -|- xsn = 4,83o ü.
- Nous pouvons en conclure que, pour le moteur de construction et dimensions normales qui nous occupe, les rapports sont tels que la somme des réactances du stator et du rotor (xeX -f- ,rgII) calculées avec
- compensation par induction mutuelle négative équivaut sensiblement à la suppression des facteurs d’induction A.
- En outre, l’induction mutuelle positive entre phases d’un enroulement par pôle, dans le cas de deux phases en série ou en triphasé,' diminuera, étant donné que par leur •étendue ces lignes de force communes se trouveront sous l’influence des raccordements de l’autre enroulement.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service des A. C. E. C.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES .
- Appareil à induction pour transformer industriellement en chaleur l’énergie électrique même à potentiel élevé, avec application spéciale à réchauffement des liquides. — Alfredo Ponzini. — Atti délia Associazione elettrotecnica ita-liana, mars avril 1910.
- La technique de réchauffement des liquides par le moyen de l’électricité n’a mis en œuvre, avec des résultats suffisamment pratiques, que le principe de la transformation de l’énergie électrique en chaleur,
- par effet Joule : on obtient réchauffement, soit par la mise en contact direct du liquide avec le circuit parcouru par le courant, soit par l’introduction du liquide dans le circuit lui-même, en tirant parti de la résistance que le liquide peut présenter au passage du courant.
- Ces systèmes rencontrent tous deux des difficultés assez importantes quand on veut les appliquer à un courant à tension élevée, du fait qu’il faut resserrer , dans un espace nécessairement limité, des conducteurs à potentiel très différent qui sont placés dans un milieu relativement conducteur.
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- T. XI (2» Série). — N° 28
- On pourrait donner une application plus étendue au système qui consiste à séparer le liquide complètement du circuit parcouru par le courant, au moyen d’une couche isolante à travers laquelle s’effectue la transmission de chaleur. Ce système présente également des difficultés très grandes* que l’on veuille l’appliquer avec des tensions élevées ou bien construire des appareils de débit considérable.
- On a, depuis longtemps, dans l'application du principe de l’induction électromagnétique, un moyen de construire des appareils de chauffage h courant alternatif dans lesquels la couche isolante ne participerait pas à la transmission de chaleur.
- On avait déjà, il y a quelques années, fait breveter des appareils de chauffage dans lesquels était appliqué u>n principe connu : le développement de la chaleur par le moyen des courants de Foucault induits dans une masse compacte de matière magnétique. Le brevet fut abandonné, probablement parce que les appareils, qui avaient en vue ^application de l’électricité aux usages domestiques furent trouvés peu maniables et peut-être même peu agréables. Ils devaient nécessairement produire, en effet, sous la forme simple qui avait été projetée, de forts décalages de phase dans la charge des réseaux de distribution.
- Le but de la présente communication est précisé-' ment de montrer que, grâce à un examen plus approfondi de l’allure des courants de Foucault dans une masse magnétique, on peut arriver à construire un appareil qui possède les qualités requises, par une application pratique du principe qui vient d’être rappelé, et qui représente un progrès sensible dans la technique des applications du courant alternatif au chauffage.
- Prenons un circuit magnétique fermé, composé de lamelles de fer, et disposons autour des deux noyaux un enroulement d’un nombre de spires convenable.
- Si nous relions les extrémités de l’enroulement aux bornes d’un réseau à courant alternatif, le circuit magnétique deviendra le siège d’un flux dont la force électromotrice induite fera équilibre à celle du réseau. Nous aurons ainsi une bobine à forte self-induction qui prendra au réseau une petite quantité dè puissance dûe aux pertes :
- i) par hystérésis dans le circuit magnétique, a) par courants de Foucault dans ce même circuit,
- 3) par la résistance ohmique de l’enroulement au passage du courant.
- Si, maintenant, aux deux noyaux feuilletés, nous substituons deux noyaux massifs et si nous répétons l’opération de la mesure de l’énergie absorbée, nous savons que la perte par courants de Foucault est devenue plus importante que les deux autres, au point de constituer la quasi-totalité de l’énergie que le système prend au réseau.
- L’intensité et la distribution des courants parasites dépendent des qualités de perméabilité magnétique et de résistance électrique de la matière constitutive des noyaux, de la conformation de ceux-ci, et naturellement, de l’intensité de la force magnétisante. Dans le cas de noyaux à forme géométrique simple, tels que le cylindre plein ou creux, la détermination de l’intensité et de la distribution des courants induits se prête, moyennant quelques hypothèses, à une étude analytique. Nous nous contenterons de quelques considérations sur l’allure de ces courants dans le cas le plus simple : celui d’un noyau cylindrique plein.
- La section droite est alors, représentée par un cercle, dont nous appellerons O le centre.
- Si l’on suppose le flux uniformément réparti dans la section et si l’on admet que la dispersion des lignes de force le long de la surface du cylindre est nulle, la direction des lignes de force sera normale au plan de la section. Chaque circonférence ayant pour centre O embrassera un nombre de lignes de force proportionnel au carré du rayon et par suite la force électromotrice induite le long de la circonférence de centre O sera proportionnelle au carré du rayon. L’intensité spécifique du courant élémentaire induit à la distance x du centre s’obtiendra en faisant le quotient de la force électromotrice induite le long des circonférences de rayon x par la résistance de la tranche dont la base est i X dx et la hauteur xzx.
- Comme la résistance varie comme le rayon, tandis que la force électromotrice varie comme le carré du rayon, il en résulte que l’accroissement de l’intensité est linéaire. Et il est facile de voir que pour tous les points situés à la distance x de l’axe, c’est-à-dire sur la surface cylindrique qui a pour base la circonférence de rayon x, l’intensité unitaire du courant dans le sens normal aux génératrices de la surface cylindrique est constante. Dans le cylindre massif, les courants parasites formeraient donc — dans l’hypothèse faite — une infinité de solénoïdes ou de systèmes de courants d’égale intensité (variable avec la
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- distance à l’axe) qui parcourent des circuits fermés égaux, disposés normalement à la ligne, lieu géométrique de leurs centres de figure.
- Chaque solénoïde engendre dans son intérieur une force magnétisante d’où résulte un flux qui, étant donnée la grande perméabilité magnétique du milieu, prend des valeurs considérables. La détermination analytique du flux produit par l’ensemble des courants parasites se prête également, dans le cas que nous considérons, à une étude suffisamment simple. Il suffit pour notre but d’avoir mis en évidence l’existence de flux pour en déduire qu’il devra donner naissance à une force électromotrice à 90° avec le champ produit par les courants parasites.
- Cette force électromotrice de self-induction devra être équilibrée par une force égale et contraire appliquée aux extrémités du circuit inducteur.
- L’effet de la force électromotrice de self-induction est, par suite, de produire un décalage de phase entre la tension et le courant du circuit inducteur et de donner à la charge des courants parasites la caractéristique d’une charge inductive.
- Les mesures faites au wattmètre montrent, en effet, que le décalage de phase produit par la charge des courants parasites induits, dans une masse compacte de matière magnétique constituant un circuit fermé, a lieu avec des cos cp compris entre 0,7 et 0,8 ; de plus, que, tandis que l’énergie absorbée varie dans des limites très étendues, suivant la qualité de la matière (fonte, fer doux, acier à dynamo) et cela selon les valeurs de la perméabilité magnétique et de la résistance électrique, le décalage de phase ne présente pas de grandes variations précisément parce que, même dans des matières différentes, la distribution des courants dans la masse doit rester semblable.
- De l’exposé que nous venons défaire, nous pouvons conclure que, pour réduire le décalage déphasé, il faudra réduire la valeur de la force électromotrice de self-induction produite par le champ des courants parasites, ce que l’on pourra obtenir en augmentant la réluctance du champ lui-même.
- Pour voir comment on peut arriver à ce résultat, prenons un transformateur ordinaire à bobines cylindriques de même axe, qui ait son enroulement primaire extérieur identique à celui du noyau massif que nous considérions. Relions alors l’enroulement secondaire du tranformateur avec un circuit extérieur constitué par une résistance ohmique ; et par une bobine de réactance L choisie de telle façon que l’énergie que le transformateur prend au réseau soit
- égale comme valeur et décalage de phase à la charge donnée par les courants parasites (fig. 1).
- Nous pourrions, en outre, supposer que l’enroulement secondaire a une résistance ohmique susceptible d’absorber pour le passage du courant la même énergie qui se consomme dans la résistance extérieure Par là nous n’aurons rien changé aux conditions de charge de notre transformateur dont le circuit extérieur contiendra la seule bobine de réactance. On pourra également supposer l’effet de cette bobine remplacé de la façon suivante. Nous savons que, dans le primaire aussi bien que dans le secondaire d’un transformateur, il se produit au passage du courant une force éleclromotrice de self-induction qui est due à l’action du champ magnétique de dispersion sur les ampères-tours de l’enroulement. L’intensité de ce champ magnétique est proportionnelle à -, I étant le courant et p la résistance du P
- circuit magnétique.
- t
- En général, les circuits magnétiques de dispersion des deux enroulements, se fermant en grande partie dans l’air, présentent une résistance suffisamment forte et, par suite, la force électromotrice de self-induction est relativement petite. Nous pourrons pourtant, en donnant au circuit magnétique de l’enroulement secondaire de notre transformateur une réluctance moindre, augmenter le flux agissant sur les ampères-tours secondaires et par suite la force électromotricc de self-induction. Pour diminuer la réluctance du champ de dispersion secondaire, il suffira d’introduire entre le primaire et le secondaire de notre transformateur une matière de perméabilité magnétique supérieure à celle de l’air, par exemple des fils de fer disposés suivant la direction de l’axe de la bobine. A tout accroissement de la force électromotrice de self-induction de la bobine secondaire, nous pourrons faire correspondre une diminution de la force électromotrice appliquée
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- aux extrémités de la bobine de réactance et pousser l’opération jusqu’à,pouvoir supprimer totalement cette bobine en laissant en court-circuit les extrémités* de l’enroulement secondaire.
- Nous aurons ainsi deux systèmes, complètement identiques au point de vue de leur allure électrique, constitués, l’un par le noyau massif dans lequel se développent les courants parasites, l’autre par un transformateur dont le secondaire a une résistance ohmique capable d’absorber autant d’énergie wattée qu’en absorbent les courants parasites, et en outre un circuit magnétique de conformation telle qu’il donne une force éléctromotrice de self-induction égale à celle que l’on mesure dans la charge des courants parasites.
- Rappelons la conclusion à laquelle nous étions arrivés : pour réduire le décalage de phase, il faut réduire la valeur de la force électromotrice de self-induction en augmentant la réluctance du champ produit par les courants induits.
- Dans le circuit du transformateur la chose apparaît suffisamment simple en tant qu’il suffira de tailler en beaucoup de points la matière magnétique introduite entre primaire et secondaire, de façon à intercaler des espaces d’air dans le parcours des lignes de force ; dans le cas du noyau massif, on peut escompter le même résultat, en pratiquant dans la partie la plus éloignée de l’axe et où sont davantage concentrés les courants induits, des cannelures normales à l’axe et à peu de distance l’une de l’autre.
- Le bien-fondé de ces considérations est confirmé par l’expérience ; nous le verrons dans un cas pratique rapporté plus loin.
- Mentionnons seulement que si, au lieu d’un cylindre plein, le noyau est formé par un cylindre creux, la loi de distribution des courants dans la masse subira des variantes, mais se manifestera toujours par le fait caractéristique que l’intensité croît de l’intérieur vers l’extérieur et, par suite, que la méthode exposée pour diminuer le décalage de phase sera applicable même au cas de cylindres creux.
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- Les résultats expérimentaux que nous donnons à l’appui de la méthode proposée se rapportent précisément à un cylindre creux d’une longueur considérable par rapport à son diamètre extérieur et sans fermeture magnétique aux extrémités. Avec un circuit înagnétique fermé les résultats auraient été un peu meilleurs.
- Les dimensions du noyau étaient les suivantes :
- Longueur, 63am,n ; diamètre extérieur, 35“““; diamètre intérieur, aimm. La matière employée était du fer bien homogène.
- La bobine inductrice se composait de 2 000 spires de fil de 12/jo et entourait le noyau sur une longueur de 5oo millimètres.
- Les extrémités de la bobine étaient reliées à un transformateur à tension variable et l’on a fait une série de lectures correspondantes des watts, volts et ampères. Pour éliminer l’influence de la variation de résistance électrique due à l’augmentation de température de la matière durant l’expérience, on a fait circuler de l’eau à l’intérieur du cylindre.
- Les mesures faites sur le tube à paroi extérieure lisse ont donné.les résultats suivants : la tension variant de telle sorte que l’énergie absorbée aille de 200 à 1 200 watts, le cos y varie de 0,70 à 0,79.
- Après avoirpratiqué dans la paroi externedu tube 70 cannelures de 2 X 2mm distantes de 7mnl,5 d’axe en axe, le cos cp pour les mêmes limites de puissance est resté compris entre o,855 et 0,94.
- Une augmentation ultérieure du nombre des cannelures pourra peut-être faire atteindre des valeurs de cos cp encore plus voisines de l’unité.
- Les mesures signalées n’ont pas la prétention d’être rigoureusement scientifiques, ; elles ont été toutefois effectuées avec un wattmètre et un voltmètre de précision Siemens et Halske et un ampèremètre à fil chaud Hartmann et Braun et on doit les tenir pour suffisamment exactes. Etcomme les mêmes instruments ont servi pour toutes les lectures, on peut admettre que la loi de variation de cos <p est déterminée de manière à ne laisser aucun doute.
- Sur le noyau qui a servi aux mesures relatées ci-dessus, on a'procédé à une contre-épreuve en coupant par une cannelure longitudinale toutes les nervures formées par les cannelures transversales.
- Le résultat obtenu fut de nouveau une diminution du facteur de puissance, qui fut ramené par exemple d’environ 0,92 à environ 0,82.
- Il est facile maintenant d’entrevoir comment les idées exposées peuvent s’appliquer à la construction d’appareils pour courants monophasés ou polyphasés, susceptibles d’utiliser l’énergie électrique même à tension élevée. Le circuit du courant étant complètement séparé du milieu dans lequel la chaleur se développe,il suffira de prendre les précautions d'isolement qu’on emploie dans la construction des transformateurs ordinaires.
- . La forme du noyau, qui lè fait ressembler à un élément de chaudière tubulaire, se prête bien à
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- transmettre la chaleur engendrée par les courants parasites à un liquide qui circule dans l’intérieur du noyau et le fait d’employer un liquide qui peut être de grande conductibilité, comme par exemple une solution de soude, n’aura pas d’influence sur Je fonctionnement de l’appareil.
- On a pu réaliser ainsi un appareil triphasé d’une puissance de î oo chevaux, à i ooo volts et à 5» périodes, qui, pour des raisons n’ayant aucun caractère technique, n’a pas encore été mis en service, mais qui est destiné à utiliser l’énergie électrique disponible de nuit dans une centrale.
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- Il ne sera pas superflu d’émettre ici quelques considérations sur le problème de l’utilisation des résidus d’énergie électrique disponibles pendant les arrêts et pendant les heures de nuit.
- La mise en valeur de ces résidus n’entraînerait aucun accroissement de dépenses d’exploitation des centrales, tandis qu’elle pourrait améliorer sensiblement le rendement du kilowatt-an.
- Supposons, par exemple, qu’on utilise pendant 3oo jours i kilowatt au chauffage pendant les i % heures de nuit : on obtiendra théoriquement 3oo X X 865 = 3 114 ooo calories qui, pratiquement, pourront se réduire à environ 2 8oo ooo.
- Or, par kilogramme de charbon brûlé sur la grille d'une ehaudière, on pourra obtenir difficilement au point d’utilisation de la chaleur plus de 4 ooo calories effectivement utiles. Ainsi i kw, dans les conditions d’utilisation supposées, correspondrait à environ 7 quintaux de charbon, soit de a5 à 3o francs d’économie par kilowatt-an.
- Quiconque pourrait disposer, de nuit, d’une telle énergie, serait, par suite, en situation d’amortir, en deux années,l’installation de chauffage électrique qui, s’ils’agit de puissances non inférieures à8oou ioo chx ne coûterait pas plus de 45 à 5o francs par cheval.
- Les industries qui ont besoin d’eau chaude pour des lavages, des bains, etc., pourraient tirer parti de l’énergie électrique disponible de nuit pour chauffer l’eau dans des récipients isolés au point de vue thermique. Dans les séchoirs à eau chaude ou à vapeur, les appareils de chauffage pourraient se brancher diversement sur les tubes d’entrée et de vidange de l’eau ou de la vapeur. Dans ce cas, l’eau servirait d’organe de transmission de la chaleur.
- Chacun pourra imaginer aisément bien d’autres applications. Celte brève communication, dit en terminant l’auteur, n’est qu’une modeste contribution au problème qui consiste à mettre les industries en
- mesure de tirer le plus grand profit de l’énergie dont elles disposent. C. B.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Une installation d’èclaii'age avec moteui' à benzol. — M, Arbeiter. — Êlektrotechnik und Ma-schinenbau, 23 janvier 1910.
- Le développement des sports d’hiver a conduit à la création d’hôtels isolés en pleine montagne, qui éloignés de tout centre, doivent cependant présenter le meilleur confort. Or ce confort ne va plus actuellement sans lumière électrique. Un hôtel du col de Dornbirn-Sehwarzenberg, à 1 i4oln d’altitude, présente une solution de ce problème qui paraît être une solution type.
- Dans une petite annexe sont installés deux groupes constitués chacun par une d}rnamo de 4 kw sous ii5/i6o volts attaquée directement par un moteur à benzol à un cylindre à 4 temps tournant à jjo tours.
- Dans une salle voisine une batterie d’accumulateurs Tudor de 108 ampères-heures pour une décharge en trois heures, complète l’installation en ce sens qu’elle permet au moteur une marche toujours économique à pleine charge.
- Cette installation donne depuis quatre mois toute satisfaction, bien que le benzol encrasse cependant davantage que la benzine ; les bougies d’allumage ont seulement besoin d’être changées assez souvent, ce qui n’offre pas de difficulté.
- Le rendement de la batterie est de 74 % . L’ensemble de l’installation de 180 lampes, dont yo environ allumées ensemble, consomme 0^,59 de benzol par kilowatt-heure effectif, ce qui correspond à o fr. 197 le kilowatt-heure en payant le benzol 33 fr. les 100 kilogrammes.
- En tenant compte de l’amortissement et de l’intérêt du capital ainsi que des frais d’entretien et de fonctionnement, on trouve o fr. 06 comme prix de-revient de l’hectowatt-heure,ce qui est très bas étant donné la faible puissance de l’installation ; et ce prix baissera encore lorsque l’installation sera complète.
- Le prix de l’installation se décompose de la manière suivante :
- Groupes moteurs-dynamos et tableau.
- Batterie d’accumulateurs............
- Câbles, compris pose................
- Lampes et matériel pour l’installation.
- Montage complet.....................
- Divers..........................
- Total..........
- 6 800 fr. 2 ooo » 200 »
- 2 ooo » 1 100 »
- 5oo » 12 600 »
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- Ces quelques chiffres montrent l’intérôt de petites installations de ce genre qui sont sûrement appelées à se développer.
- B. G.
- Stérilisation des liquides par les radiatiàns de très courte longueur d’ànde. Résultats obtenus. — Billon-Daguerre. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910.
- Le 8 novembre dernier, l'auteur a décrit un nouveau mode de stérilisation intégrale des liquides par les radiations de longueur d’onde inférieure à 2 600 unités Angstrôm, nombre correspondant à l’ultraviolet. La région invisible du spectre, entre 1 o3o et 1 100 unités, est le siège de radiations possédant une action chimique environ 25 fois plus grande que celle des rayons ultraviolets produits par les lampes à vapeur de mercure ou autrement (chiffres vérifiés et publiés par Lyman de Harvard University).
- Voici les résultats abiotiques ou bactéricides obtenus avec un appareil stérilisateur construit pour utiliser ces radiations.
- Il se compose d’un tube en quartz, de 250m de longueur et de 20“” de diamètre, renfermant de l’hydrogène raréfié, traversé par le courant induit d’une petite bobine de Ruhmkorff donnant i5mm d’étincelle avec 2 ampères et 6 volts, fournis par trois accumulateurs ou pris en dérivation sur un secteur, soit 12 watts.
- Le liquide circule dans un tube en cristal, de 3cm de diamètre, au centre duquel est plongé concentriquement le tube à gaz en quartz émettant les radiations.
- I. — Eau de Seine additionnée par 10 litres de 20 gouttes de culture de colibacille datant de 48 heures. Le nombre des colonies par centimètre cube dépasse 29 000.
- IL — Celte même eau, soumise aux radiations du tube à gaz raréfié, avec un débit de 5 litres à la minute, ne cultive pas dans un bouillon de gélatine peptonée, et sur les plaques on ne retrouve aucune colonie.
- La stérilisation est intégrale et sans élévation de température.
- Ges résultats s’expliquent par ce fait qu’une ]am,pe à vapeur de mercure, consommant 3 ampères et 110 volts, ou 33o watts, n’utilise au maximum que 20 % (66 watts) de l'énergie pour produire des radiations ultraviolettes et que 264 watts servent à
- produire inutilement des rayons lumineux visibles non abiotiques.
- Au contraire les 12 watts consommés par la petite bobine d’induction, qui illumine les tubes à gaz raréfiés, donnent un. courant induit de haute tension transformé ensuite, presque complètement, en radiations invisibles de très courte longueur d’onde, dont l’action chimique est au moins 20 fois plus grande que celle des lampes et arcs à vapeur dé mercure.
- De la recherche des substances fluorescentes dans le contrôle de la stérilisation des eaux. — F. Diènert. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910.
- L’auteur a constaté que les eaux réellement traitées par l’ozone et les rayons ultraviolets renferment une quantité de substances fluorescentes nettement "plus faibles qu’avant la stérilisation.
- TRACTION
- Tramways électriques urbains et suburbains en Amérique. — E. Eichel. — Elektrisclie Kraftbetriebe and Bahnen, 4 février 1910.
- Réseau de l’Ohio. — Le réseau de « l’Ohio Electric Railway System » est un exemple du développement rapide des tramways électriques; ce réseau, par absorptions successives de petites voies locales, atteint maintenant un développement de plus de 1 oooktn. La plus grande partie est à voie unique, mais à mesure de l’extension du trafic, les voies sont doublées. La partie la plus active va de Columbus à Dayton, sur ii2kin qui sont parcourus en 2 heures 10 minutes pour un prix de o fr. 066 le kilomètre. D’autres lignes, plus longues, jusqu’à 3ookm, ne comportent que deux trains par jour dans chaque sens. Pour faciliter le commerce, cette compagnie de tramways a passé des accords avec les compagnies de chemins de fer existantes. Dans les villes importantes qui constituent les nœuds du système de tramways, d’importantes gares ont été créées, munies de bureaux d’expédition, de douanes, etc.
- Avec l’augmentation des parcours, certaines lignes, comme « Chicago Milwaukee » et « Oregon Electric Railway», ont créé des wagons-restaurants extrêmement confortables.
- La Chicago Milwaukee a, sur un parcours de 3ookl", un trafic considérable de 46 trains de voya-
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- geurs et 8 de marchandises par jour. Depuis peu, circulent 4 trains de luxe par jour de trois voitures à couloir réunies en accordéon. La première voiture est une voiture ordinaire, la deuxième, un wagon-restaurant, la troisième, un wagon à siège en corbeille (korbsenal-wagon). Chaque voiture a 4 moteurs de 160 chevaux et la tension du réseau est de -3o ooo volts triphasés.
- L'Oregon Electric Railway possède dans ses trains de luxe des wagons-bars au lieu de wagons-restaurants.
- B. G.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Les projections électriques militaires. — A. Bochet. — Communication à la Société Internationale des Electriciens, 4 mai 1910.
- Nous avons déjà rendu compte (l) dans son ensemble de cette communication dans laquelle M. A. Bochet a décrit différents dispositifs d’asservissement électrique de projecteurs. Nous allons maintenant décrire les dispositifs électro-mécaniques qui rendent solidaires la lunette de l’observateur et le projecteur proprement dit.
- Système de la maison B reguet.
- À l’arrêt, l’électromoteur A du projecteur est en court-circuit par les relais inverseurs J et J' qui se trouvent à la position de repos. D’autre part, le moteur shunt B (7 kilogrammètres) du manipulateur est en court-circuit par suite de la concordance des frotteurs des deux commutateurs d’asservissement C et D.
- Tout déplacement de l’alidade de visée et de son frotteur G sur le plateau inverseur F provoque le jeu d’un relai inverseur J ou J' et par suite la mise en marche du moteur A du projecteur. On réalise ainsi la commande non asservie.
- L’asservissement est obtenu de la façon suivante : la rotation du moteur A et par suite du commutateur C supprime le court-circuit du moteur B et fait agir un inverseur électromagnétique II de façon à donner au moteur B un sens de rotation convenable. Ce dernier entraîne alors son commutateur D et le plateau inverseur F jusqu’à ce qu’il y ait concordance entre les frotteurs des deux commutateurs C et D et que le plot nul du plateau inverseur vienne en contact avec le frotteur du porte alidade; d’oii court-circuit et arrêt du système.
- (’) Lumière Electrique, i.{ mai 1910, p. 207.
- Si le moteur du manipulateur tend à prendre de l’avance sur celui du projecteur, aussitôt l’inverseur H entre en jeu et renverse son sens de marche. 11 revient donc en arrière, stoppe au moment du court-circuit et repart dès qu’il prend du retard. Il reste donc, à ce léger réglage près, constamment asservi au moteur du projecteur et toujours avec tendance au retard.
- Fig. 1.
- Il ne peut y avoir déréglage que si, au contraire, le moteur du projecteur prend de l’avance sur celui du manipulateur. Ceci est facile à éviter. Il suffit de déterminer les vitesses des moteurs en conséquence. D’ailleurs, dans ce cas, l’inverseur électromagnétique monté dans le manipulateur deviendrait fou et battrait par saccade, ce qui attirerait l’attention.
- Le démarrage rapide et la vitesse du moteur B lui permettent de ne pas se laisser dépasser sensiblement par l'autre, même pendant les changements de marche.
- Afin d’éviter qu'il se produise des balancements importants et ininterrompus du projecteur et du moteur du manipulateur, par suite de l’inertie des pièces, on ralentit la vitesse du projecteur et, par suite, du manipulateur dans le voisinage immédiat du but, c’est-à-dire du point zéro. Ce ralentissement est obtenu par un frein électromagnétique E monté sur l’arbre de l'induit du moteur du projecteur, et dont le circuit d’excitation est relié au plateau F et à son frotteur jouant le rôle d’interrupteur. Il y a deux plots de freinage; la vitesse passe donc de la valeur normale à sa valeur réduite par l’intermédiaire d’une autre valeur.
- Système de la Société Sautter, Havlè et Ci0.
- Ce système est basé sur les propriétés du pont de Wheatstone.
- Deux rhéostats A (poste de commande) et B (poste récepteur), convenablement ajustés au moyen de résistances complémentaires C, sont montés en dérivation aux bornes de la source (fig. a)., La lunette du poste de commande entraîne dans son mouvement un contact mobile sur la résistance A. Un autre
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- contact, solidaire des mouvements du projecteur, se déplace sur B. .
- Les contacts mobiles de A et B -sont reliés aux bornes d'un galvanomètre D. Celui-ci n'est traversé par aucun courant lorsque les contacts sont sur des touches correspondantes de A et de B. Autrement, le galvanomètre est parcouru par un courant dont le sens dépend de la position relative des contacts mobiles. Le galvanomètre polarisé D établit alors des contacts qui agissent sur les relais E ou F d’un commutateur inverseur commandant le moteur de pointage H.
- Cet électromoteur entraîne donc le projecteur dans un sens ou dans l’autre, suivant la position relative des contacts mobiles-de A et B.
- Les connexions sont établies de telle sorte que le déplacement du projecteur ramène le contact mobile de B dans le sens voulu pour rétablir la coïncidence el,es positions des contacts mobiles sur les deux rési-* stances A et B, et à ce moment l’équilibre se rétablit et le moteur H s’arrête, son induit étant court-circuité par le commutateur inverseur.
- Ainsi limité, le système imprimerait au moteur H une vitesse constante, quelle que soit l’amplitude dès mouvements du projecteur. Le dispositif suivant permet au contraire de lui donner une allure appropriée à Pimportance du déplacement à effectuer.
- Le galvanomètre D établit tout d’abord les contacts correspondant aux relais E et F, et cela pour une différence extrêmement faible dans la position des contacts mobiles de A et B. Si cette différence augmente, le courant qui traverse D devientplus intense et le couple augmente. La lame du premier contact établi se trouve fléchie et produit un second contact qui actionne le relais G. L’armature de ce relais met en circuit ou hors circuit l’enroulement complémentaire I et une résistance L.
- Lorsque le relais G n’est pas excité, le courant de la source traverse la résistance en question et aboutit d’une part à l’induit et, d’autre part, à l’enroulement complémentaire I. L’excitation de l’électromoteur atteint son maximum et le courant dans l’induit est limité par la résistance ; par suite l’induit H tourne lentement.
- Lorsqu’au contraire le relais G attire son armature, l’enroulement 1 se trouve hors circuit et le courant va directement de la source à l’induit II. L’excitation étant réduite et le courant admis sans résistance sur l’induit, ce dernier tourne à grande vitesse.
- Il résulte de ce dispositif que lorsque la lunette a
- été déplacée d’un angle assez grand, le projecteur tourne rapidement, puis quand le parallélisme est sur le point de s’établir, le courant diminue dans D, Je relais G cesse d’agir et, à une allure réduite,le moteur achève le réglage du parallélisme pour y parvenir sans oscillations.
- Il va de soi qu’un double dispositif de ce genre ’est installé sur le projecteur pour opérer lés pointages en hauteur et en direction.
- La précision de l’asservissement ne dépend que dè la sensibilité des galvanomètres D et de la subdivision des rhéostats A et B. En pratique, elle correspond à moins d’un demi-degré.
- Fig. a.
- Les volets d’occultation du faisceau sont commandés du poste de manœuvre au moyen d’un commutateur qui envoie le courant dans un électro-aimant qui les actionne. En même temps, un autre , relais entre en action et commande le réglage de la lampe ainsique la mise en circuit d’une résistance supplémentaire de manière à réduire le régime de l’arc à une faible intensité. Si, par exemple, la lampe fonctionne normalement à ioo ampères, l’intensité tombe à 17 ampères dès que les volets se ferment. Le nouveau réglage de l’arc est établi de façon que la taille des crayons se conserve parfaitement et,à l’ouverture, le régime normal est rétabli instantanément
- Toutes les manœuvres s’effectuent par l’intermédiaire d’un câble à sept conducteurs.
- Système de M. le capitaine Viry.
- Ce système, récemment appliqué par la Société Sauttcr, Harlé et Cio à des appareils automobiles de campagne, est particulièrement intéressant, car deux fils de petit diamètre, analogues à des fils téléphoniques, suffisent pour transmettre au projecteur un nombre quelconque de mouvements.
- Le poste transmetteur comporte des lames vibrantes en nombre correspondant à celui des mouvements à obtenir et dont la période propre est différente.
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- La mise en action de l’une d’elles produit dans le circuit un courant de période égale à celle de cette lame. Ce courant agit sur les lames vibrantes du récepteur, respectivement accordées avec celles du transmetteur, et seule la lame du récepteur correspondant à celle qui a été mise en action au transmetteur entre en vibration et provoque le déclenchement d’un relais qui produit le mouvement désiré.
- La figure 3 montre ladisposition du système pour deux mouvements correspondant à la marche dans l’un ou l’autre sens de l’électromoteur I.
- Le poste de commande A comporte deux lames vibrantes C, dont la vibration peut être entretenue au moyen d’électro-aimants B et de contacts disposés comme le montre le schéma. Une seule bobine B peut actionner plusieurs lames.
- Les lames vibrantes E du récepteur qui sont en forme de diapason sont soumises à l’action des bobines F qui reçoivent les courants vibrés du transmetteur.
- Fig. 3.
- La lame du transmetteur accordée avec celte qui a été mise en action au transmetteur entre en vibration et vient déclencher un cliquet articulé G, maintenant la bascule H qui établit le contact correspondant à l’un des mouvements de l’électromoteur I.
- Pour faire cesser le mouvement de I, il suffit d’envoyer du poste récepteur un courant continu qui agit sur la bobine K dont le noyau abaisse, par la tige J, les leviers H de manière à armer à nouveau les cliquets G.
- En donnant à la constante de temps de la bobine K une valeur élevée par rapport à celle des bobines F, les courant vibrés passent presque entièrement par ces dernières bobines, tandis que les courants continus agissent sur la bobine K.
- On peut ainsi commander sup les projecteurs de campagne des mouvements de rotation à droite ou à gauche, vite ou-lentement; l’abaissement ouïe relèvement du faisceau, l’extinction de l’arc et l’abaissement du rideau d’occultation.
- On peut d’ailleurs commander un nombre beaucoup plus considérable de mouvements avec ce système, car les lames peuvent être réglées avec des différences de deux vibrations par seconde.
- Dispositifs pour annoncer réchauffement des paliers et des arbres. — Jlélios,. i5 mai 1910
- Le fonctionnement de cet appareil breveté en Bohème est très simple, du moins en théorie : une cartouche détonante, contenue dans une boîte fixée au palier dont on veut surveiller réchauffement, fait explosion dès que la température de ce palier atteint 8o°, par exemple, et projette alors une fiche métallique qui vient fermer un circuit électrique disposé une fois pour toutes. C’est dans ce circuit qu’est intercalée la sonnerie ou l’avertisseur mécanique qui entre alors en fonctionnement.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Installation d’un four électrique à l’usine « Chicago Sud » de la United States Steel Corporation. — Metallurgical and Chemical Engineering, avril 1910.
- Le but de ce four électrique est de produire de l’acier Martin. D’après les renseignements donnés ici, on y parviendrait dans les conditions remarquables qu’on va lire.
- La première caractéristique de cette installation est son importance. Les plus grands fours Héroult étaient jusqu’ici des fours de 5 tonnes. Dans l’installation que nous décrivons, cette capacité est triplée. Jusqu’ici le four Héroult traitait des charges froides d’acier Martin. Ici, pour la première fois en Amérique, on trouve le four Héroult combiné industriellement au Besscmer. Enfin jusqu’ici le procédé Héroult avait pour but de fabriquer des aciers très durs, remplaçant l’acier au creuset; tandis que l’installation « Chicago-Sud », de même que l’installation de Worcester de la même société, a pour but de produire un large tonnage de rails, essieux et câbles d’acier,
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N? 28.
- L’installation « Chicago-Sud » fonctionne d’une façon continue depuis un an. Elle traite des aciers riches en soufre et phosphore qu’il s’agit de désulfurer et déphosphorer.
- Depuis plusieurs années, l’industrie se plaint de la qualité des aciers pour rails, essieux, etc. D’où tendance nette à abandonner le convertisseur pour le four Martin. On a même été jusqu’à prédire l’abandon du Bessemer. Si le four électrique adjoint au Bessemer peut produire de l’acier meilleur et meilleur marché que le four Martin seul, on aperçoit l’importance de la méthode instaurée à l’usine de « Chicago-Sud ».
- Il faut d’abord faire remarquer que le four Héroult est maintenant à l’usine « Chicago-Sud » un appareil parfaitement connu, et qu’on emploie sans aucune hésitation, sans aucun tâtonnement. Ce n’est pas un appareil d’essai, et sa marche est absolument industrielle. Il fonctionne d’une façon continue toute la semaine, et ne s’arrête le dimanche que par suite de l’arrêt du convertisseur qui l’alimente.
- •On effectue en moyenne 12 chauffes. La durée totale effective de la chauffe dans une journée est de 18 heures 5 minutes.
- L’énergie spécifique moyenne est de 194,5 kilowatts-heure par tonne.
- Mais il ne faut pas oublier que l’opération comprend la désulfuration et la déphosphoration. Dans le cas d’un acier de faible teneur en phosphore, la consommation moyenne d’énergie est moindre, tombe à io3,8 kilowatts-heure par tonne.
- L’énergie électrique est fournie par des moteurs à gaz de hauts fourneaux,dans des conditions très avantageuses. Elle revient, en effet, à un demi-cent par kilowatt-heure, soit environ 2 centimes et demi.
- Pour ce qui est de l'approximation avec laquelle la composition cherchée est atteinte, les données d’expériences prises au hasard dans les carnets d’analyse de l’usine sont très satisfaisantes.
- La régularité de marche, qui fait du four Héroult un appareil industriel, est dûe principalement à la simplicité de ce four, et à l’absence totale de complications (sauf peut-être la position des électrodes au sommet).
- On sait que le four Héroult est bâti comme un four Martin dont la chaleur serait fournie par les électrodes placées au sommet. Dans le cas du four de cc Chicago-Sud » il y a 3 électrodes (puisqu’il est chauffé par du courant triphasé).
- Lav simplicité de la construction a pour résultat la facilité des réparations. Du reste, depuis mai 1909,
- il n’a jamais été nécessaire d’arrêter le four pour le réparer.
- Le revêtement intérieur est tenu en bon état en jetant quelques pelletées de dolomite calcinée et broyée dans le four sur les partjes du foyer les plus endommagées. Cela se fait entre deux chauffes successives et demande quelques minutes. La consommation de dolomite, ainsi employée, est d’environ 4kff>5 par tonne d’acier produit.
- Le toit, en matériaux siliceux, a été régulièrement réparé ou remplacé pendant l’arrêt du dimanche. Le dernier toit a duré 129 chauffes. Le remplacement de cet organe est très simple, puisqu’il y a toujours un toit en réserve.
- Les murs latéraux du four tiennent depuis le 16 novembre 1909, et il n’ a pas besoin d’y toucher.
- Le coût des réparations et entretien est donc très bas. En voici le détail : un toit siliceux coûte environ 3oo francs, il dure 129 chauffes, le coût du toit par tonne traitée est d’environ 15 centimes. La dolomite, également, revient à i5 centimes par tonne. La part des réparations du four dans le prix de revient est donc d’environ 3o centimes par tonne, chiffre remarquablement bas.
- Pour ce qui est des électrodes, leur consomma lion moyenne est d’environ 2^,7 par tonne d’acier, et ce chiffre est vrai aussi bien pour le graphite que pour le charbon amorphe. On espère arriver à le réduire à l’avenir.
- On voulut, au début, employer des électrodes de charbon amorphe. Il fut très difficile de les faire homogènes à cause de leurs grandes dimensions. C’était une difficulté qu’on n’avait pas rencontrée dans l’emploi de fours plus petits ; elle n’a pas encore reçu de solution. Les électrodes de charbon amorphe cassaient au moment le plus inopportun et étaient la source de grandes perturbations. On a donc eu recours aux électrodes de graphite, mais cela augmente considérablement le prix de revient de la tonne d’acier.
- Les électrodes employées sont des tiges de graphite de im, 20 de long sur oni,2o de diamètre. La section de l’électrode est formée de trois tiges accolées formant un trèfle. Trois de ces groupes de im,2o forment l’électrode totale de 3ffl,oo de long. Elle est entourée d’un water-jacket à sa pénétration dans le toit.
- Il y a simultanément 4 ouvriers employés au four : un chef de coulée, son aide et 2 manœuvres. Les ouvriers de l’usine, qui travaillent près du four,
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- 9 Juillet 1910.
- donnént un coup de main au moment de la coulée.
- On peut fabriquer ainsi de l’acier pour essieux, des rails, de l’acier à haute teneur en manganèse et de l’acier ordinaire.
- Le four est capable d’affiner la fonte la plus rebelle, comme les plaques de poêle et de fourneau.
- Comme caractéristique mécanique de l’acier fait à « Chicago-Sud » par le procédé électrique He-roült-Bessemer, le banc d’épreuves de la « Illinois Steel Company » donne les chiffrés suivants : limite élastique, 35 ooo à 47 000 ; résistance à laten-sion, 60 000 à 70 000 ; allongement à la rupture, 25 à 3o % ; diminution de la section de rupture, 43 à 60 %. Pour ce qui est de la différence entre l’acier produit électriquement de cette façon et l’acier Martin sur sole acide, il a été établi qu'on obtient la même résistance à l’extension avec moins de carbone dans le procédé électrique. Par exemple, un acier électrique, à 0,10 de carbone, a la même résistance à la traction qu’un acier Martin (acide) à 0,15 ou 0,17 de carbone.
- Pour ce qui est de l’installation générale de l’usine, il n’y avait pas l’emplacement nécessaire pour construire le four électrique près du Ressemer. II A'a sans dire que, dans une installation neuve, il en serait autrement.
- M. L.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur une solution du problème de la vision à distance. — H.-C. Saint-René. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910.
- L’appareil que l’auteur décrit ici permet d’obtenir, à une distance indéterminée, l’image d’un objet placé devant le transmetteur, ainsi que ses mouvements, s’il est animé, mais non ses couleurs.
- Cette description était contenue dans un pli cacheté déposé par l’auteur dès 1895 et qui vient seulement d’être ouvert.
- Cette méthode exigerait un fil de ligne par chaque point de l’objet ainsi transmis. Mais l’auteur indique qu’il seràit possible de réduire considérablement le nombre des fils, ainsi que celui des éléments au sélénium, en faisant passer par un mécanisme convenable un même élément devant un grand nombre de points, de telle sorte qu’il revienne au même endroit à des intervalles de 1/10 de seconde au
- BREVETS*
- Dispositif permettant l’utilisation des deux alternances d’un courant alternatif pour la mise en fonction de bobines d’induction. — G. Gaiffe. — N° 4io-4°5, publié le 20 mai 1910.
- La mise en fonction des bobines d’induction sur courant alternatif a été réalisée jusqu’à ce jour au moyen d’interrupteurs synchrones avec ce courant alternatif. Mais, dans certaines applications, par exemple pour le fonctionnement d’ampoules productrices de rayon X, où il est nécessaire que le courant envoyé dans la bobine soit toujours de même sens, on n’utilise qu’une alternance par période.
- On peut chercher à utiliser les deux alternances de chaque période et à envoyer dans le primaire de la bobine d’induction des courants toujours de même sens.
- Ce dispositif comprend essentiellement :
- i° Un transformateur spécial dont le secondaire est divisé en deux tronçons égaux;
- 20 Un interrupteur commandé par un moteur synchrone, avec la source de courant alternatif, et constitué de manière à fermer alternativement, sur l’enroulement inducteur de la bobine d’induction, l’un des circuits secondaires du transformateur à l’une des alternances de chaque période et le second circuit secondaire à l’autre alternance.
- a
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- bywwpstimsvmsotpmæ
- Fig. 1.
- Ainsi qu’on le voit-(fig. 1), le transformateur comprenant un primaire a aux deux bornes duquel arrive le courant alternatif, et un secondaire qui présente trois prises de courant, deux prises extrêmes b et c et une troisième prise d en son milieu ; ce secondaire est ainsi divisé en deux tronçons e, f.
- Les deux prises extrêmes b, c de ce secondaire sont reliées aux deux contacts g, h présentés par l’une des parties d’un interrupteur i h jets-de mercure, par exemple ; l’autre partie de cet interrupteur
- maximum.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série). — M?28.
- est reliée à l’une des extrémités du primaire j de la bobine d’induction ; l’autre extrémité de ce primaire est reliée à la prise médiane d du secondaire du transformateur.
- Par ce dispositif, la tension du courant dans le tronçon e du secondaire est égale et de signe contraire à la tension dans le tronçon f, et les contacts g, h de l’interrupteur i sont disposés de façon à fermer le circuit du tronçon ek l’une des alternances et le tronçon fk l’autre alternance.
- Dans ces conditions, le courant qui traverse le primaire j de la bobine, d’induction est toujours de même sens.
- Le nombre des interruptions peut être égal au nombre d’alternances, comme dans le cas supposé . où il n’esj établi qu’une émission du courant par alternance. En multipliant les contacts de l’interrupteur et en les plaçant de façon convenable, on pourrait obtenir plusieurs émissions de courant par alternance.
- LISTE DE BREVETS C)
- Machines.
- 4io m. — Barlow et la firme electromotor equipment company LIMITED. — Dispositif de mise en marche pour moteurs électriques.
- 4iO 24a, du 11 décembre 1909. — Aktien Gesell-schaft Brown, Boveri et Cie. — Dispositif pour l’emploi de deux moteurs monophasés branchés sur un circuit triphasé.
- 410 3i3, du 11 décembre 1909. — Delaville et Villard. — Régulateur automatique pour groupes électrogènes.
- 410 3i5, du 11 décembre 1909. — Mortier. — Machine d’induction à multiplication de vitesse.
- 410 3a4, du i3 décembre 1909. — Société anonyme Krupp A. G. Dispositif de réglage de la tension dans les dynamos à courant continu.
- 410 397, du 12 mars 1909. — Ateliers de constructions électriques du Nord et de l’Est. — Perfectionnements aux moteurs à collecteur.
- 4 10 4if>, du 16 décembre 1909.—Société anonyme Westinghouse. — Perfectionnements dans les machines dynamo-électriques.
- 410 529. — Prott. — Moteur électrique.
- 4io 417. — Société anonyme Westinghouse. —
- (') Communiquée par la maison Josse, 17, boulevard do la Madeleine, Paris.
- Perfectionnements dans les machines «JÿharaP* électriques,
- 411 184, du 31 décembre 1909. — Fitz.— Générateurs électriques. .
- 4n 186, du 3i décembre 1909. — Société alsacienne de constructions mécaniques. — Dispositif pour le démarrage et le réglage de vitesse de moteurs électriques.
- 411 327, du 6 janvier t9110- — Société anonyme Westinghouse.— Alternateur polyphasé.
- 411 337, du 7 janvier 1910. — Compagnie française pour l’exploitation DES PROCÈDES THOMSON-HOUSTON. — Dynamo à voltage indépendant de la vitesse.
- 4n 394, du 8 janvier 1910. — Fourriè.— Commande des moteurs d’induction polyphasés par du courant alternatif monophasé transformé.
- 411 441, du 10 janvier 1910. — Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Dispositif pour la commande des machines collectrices à courant alternatif à excitation shunt ou séparée.
- 4n 5oo, du 12 janvier 1910. — Kramee. — Transformateur à haute chute de potentiel avec un ou plusieurs trajets auxiliaires pour les lignes de force.
- 4n 589, du i5 janvier 1910. — Tuch. — Transformateur d’énergie électrique en énergie mécanique.
- 4n 716,du igjanvier 1910.—Société A. G. Brown et Boveri. — Dispositifpour le couplage automatique en parallèle de génératrices à courants alternatifs.
- 411 748, du 17 avril 1909. —Ateliers de constructions électriques du Nord et de l’Est. — Moteur monophasé série compensé.
- 411 890, du 24 janvier 1910. —Blank et Steiner. — Transformateur automatique.
- 410 814, du 3o décembre 1909. — Filliol. —Inducteur pour machines électriques.
- 410 840, du 16 octobre 1909. — Lippelt. — Perfectionnements aux dynamo électriques.
- 410 922, du 3o décembre 1909. —Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Dynamo à collecteur avec enroulement ouvert.
- 410 847, du 8 novembre 1909. — R. Boscii. — Mode de fixation des porte-charbons.
- Arcs et lampes électriques.
- 409 963, du 3 mars 1909. — Gallois. — Proôédé et dispositif pour le réglage des lampes à arc.
- 409 968, du 6 octobre 1909.— Podszus. — Appa-
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- reil électi’ique à vapeurs particulièrement applicable comme lampe.
- 4io 412, du 16 décembre 1909. — Poydenot.— Appareil pour signaux de nuit.
- 410 53o, du 24 décembre 1909. —Winter. — Perfectionnements aux moyens à employer pour améliorer le fonctionnement des tubes dans les appareils à rayons X.
- 410 3o4, du 6 décembre 1909. — Haccou. — Dispositif pour l’éclairage électrique d’un véhicule.
- 410 483, du 21 décembre 1909. — Société Bisson, Berges et Cie. — Lampe à arc.
- 410 726, du 19 mars 1909. — Lambert de Montoi-son et Guillemont. — Système d’éclairage électrique continu avec lampes allumées par intermittence.
- 4n 387, du 8 janvier 1910. —Heimann et Schaeffer. — Mode de montage pour la mise en service de lampes à arc avec remplacement de la résistance additionnelle par des lampes à incandescence.
- 411 388, du 8 janvier 1910. — Heimann et Schaeffer. — Mode de montage pour la mise en service de lampes à, incandescence et de lampes à arc dans les installations à courant alternatif.
- 411 667, du i5 avril 1909. — Levenq. — Lampe à arc.
- 411 712, du 19 janvier 1910. —Société anonyme Westinghouse. — Système de commande pour appareils à vapeur de mercure.
- 411 807, du 22janvier 1910. — Heraeus G. m. b. H. — Dispositif amortisseur des effets de marteau d’eau dans les lampes à vapeur de mercure pendant leur transport.
- 411 722, du 20 janvier 15(10. — Berlemont. — Procédé d’allumage des arcs à mercure ou à vapeurs métalliques.
- 411 864, du 20 janvier 1910. — Société anonyme Westinghouse. — Système de commande pour appareils à vapeurs de mercure.
- 410 948, du 22 novembre 1909. —Jaegek. — Lampe électrique à incandescence à filaments métalliques.
- Transmission et distribution
- 410 oao, du 6 décembre 1909. — Crouch et Etchells. — Système de distribution électrique.
- 410 077, du 5 mars 1909. — Gaiffe. — Dispositi-permettant la mise en fonction de bobines d’induction sur courant alternatif polyphasé.
- 410 141, du 8 décembre 1909. —Nodière. —Raccord pour jonction de câbles électriques.
- 410 183, du 9 décembre 1909.*—Handcock, Dykes Rawlings et Dieselhorst. — Procédé et appareil pour le recouvrement des conducteurs électriques.
- 410 185, du 10 décembre 1909. — De Mairhofen et Stein. — Dispositif de contact permettant d’établir des circuits électriques temporaires dans n’importe quel but.
- 410 198, du 10 décembre 1909. — Roycourt et Soulier. — Dispositif pour le redressement des courants mono ou polyphasés pour l’alimentation d’appareils utilisant habituellement des courants continus.
- 410 206, du 10 décembre 1909. — Graves et Graves. — Enrouleur pour fil électrique.
- 410 4o5, du i3 mars 1909. — Gaiffe. — Dispositif permettant l’utilisation des deux alternances d’un . courant alternatif pour la mise en fonction de bobines d’induction.
- 410 517, du 23 décembre 1909. — Guyot. — Interrupteur automatique de courant électrique.
- 410 627, du 20 décembre 1909. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Perfectionnements aux para-foudres électrolytiques.
- 410 671, du 23 décembre 1909. — Pifre. -— Commutateur électro-magnétique.
- 4 io 775. — Murphy. — Procédé de redressement de courants électriques.
- 410 778. — Lebedenko. — Douille étanche pour câbles électriques.
- 411 081, du 14 décembre 1909. —Navarro.—Appareil isolateur pour conducteurs électriques.
- 411 i55, du 3o décembre 1909. — Surmont et Montcocol. — Résistances électriques avec car-borundum et kaolin.
- 4 n 429, du 16 janvier 1910. —Morse code signal Co. — Dispositifs électromagnétiques.
- 4n 442, du 10 janvier 1910. — Fr. Krizik —Appareil électromagnétique à courant alternatif pour la production de mouvements de mesure, de régulation de commande ou de réglage.
- 411 221, du 3 janvier 1910. — Quante. — Système combiné d’embout de fermeture et de boîte de jonction pour câbles électriques.
- 4n 23i, du 3 janvier 1910. —Société générale des huiles et fournitures industrielles l’oléo. — Borne de contact.
- 411 283, du 5 janvier 1910. — Société anonyme Westinghouse. —Perfectionnements aux'combi-
- na teurs.
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- GÔ
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2* Sérlej. —N» 28.
- \i i 43o, du io janvier 1910. — Ciievreux. — Prise
- * de courant. .
- 4m 5io, du 12 janvier 1910. —F. Clouth riiei-nisciieGummwaaren fadhikM.B. H. —» Isolateur pour conducteurs à haute tension.
- 411 547, du 14 janvier 1910. — Jaspar et Meller. —r Régulateur automatique électromagnétique.
- /|ii 615, du 17 janvier 1910.—Osculati et Cari-ni. — Joint pour conducteurs électriques.
- /i 11 652, du 18 janvier 1910.— Babcock. — Perfectionnements aux appareils électriques destinés à fournir à un circuit de ligne un courant continu qui change de sens périodiquement.
- 4 10 919, du 27 décembre 1909. — Fëlten et Guil-leaume Lahmeyer Werke A. G. — Système de mise en»circuit d’électromoteurs a source de courant commune.
- 410 884, du 11 décembre 1909. — Rouvillain. — Baguettes en amiante pur pour recevoir les fils conducteurs.
- 410 924, du 3o décembre 1909. — Schroder. — Commutateur électrique à temps pour éclairage d’escalier.
- 410 943, du 12 novembre 1909. —Morse. — Interrupteur électrique.
- Traction.
- 410 958, du 8 décembre 1909. —Witter. — Dispositif automatique de démarrage et d’arrêt des moteurs électriques et principalement des moteurs de tramway et automotrices.
- Electrochimie et electrométallurgie.
- 410 21 G, du 8 mars 1909. — Senemaud. — Dispositifs de construction d’un appareil électrolyseur.
- 410 563, du 3o novembre 1909. — Werth. — Dispositif pour la galvanisation électrolytique des tubes, etc.
- 410 655, du 23 décembre 1909. — Société poldi-hutte tiegelgusstahlfabrik. — Four de fusion électrique à induction.
- 410 656, du 23 décembre 1909. — Poldihutte Tiegei.gusstahlfabrik. — Perfectionnements aux fours à induction.
- 410 65^, du 23 décembre 1909. — Poldihutte Tiegei.gusstahlfabrik. — Perfectionnements aux fours à induction, dans le but d’empêcher les ruptures.
- 410 710, du 27 décembre 1909. — Société badische anilin et soda FABRiK. — Productions d’arc vol-
- taïques stables de grande dimension et leur application à la réalisation de réactions gazeuses.
- 4ïi 075, du 4 décembre 1909. — Louis. —Four électrique triphasé.
- 411 437, du 10 janvier 1910. — Vogel. — Four électrique pour la fusion de matières quarlzeuses.
- 411 583, du i5 janvier 1910. — Reid. — Four électrique.
- Eléments primaires et accumulateurs.
- 410 56i, du 29 novembre 1909. — DeLaminière.— Accumulateur électrique formant bloc.
- 411 046, du 17 décembre 1909 — Morrison. — Batteries galvaniques réversibles.
- 411 i52, du 17 décembre 1909. — Taylor. — Perfectionnements aux dispositions destinées à charger et à décharger les accumulateurs électriques.
- 411 156, du 3o décembre 1909. —J. Stones et company Limited etM. Dakker. —Perfectionnements aux accumulateurs électriques.
- 410 906, du 17 décembre 1909. — Fuller. —Accumulateur électrique.
- Télégraphie et téléphonie‘sans fil.
- 410 620, du 18 décembre 1909. — Fessenden. —^ Perfectionnements dans les signaux électriques sans fil."
- 410 667, du 23 décembre I909. — Von Lepel et Bus-tyn. — Dispositif pour la production de courants électriques à haute fréquence.
- 410 966, du 24 mars 1909. ^— De Mailly Chalôn et Chantelot. — Radiotélautograplie.
- Télégraphie et Téléphonie.
- 410 218, du 11 décembre 1909. — Bandfield. — Perfectionnement aux dispositifs d’attache des fils télégraphiques.
- 410 076, du i3 déembre 1909. — Chappuis. — Tableau d’abonné fonctionnant sur batterie centrale.
- 410 724, du 19 mars 1909. — De Vicnet de Ven-deuil. — Procédé et appareils pour réaliser la vision à distance.
- 4m 090, du 21 décembre 1909. —Blos. — Système de téléphone automatique.
- 411 iq5, du 3i décembre 1909. — Société submarine signal Cy. — Perfectionnements aux appareils de transmission de signaux sous-marinS.
- 411 239, du 3 janvier 1910. — Stille. — Relais téléphoniques à double bobine.
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- 9 Juillet 1910, REVUE D'ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- . Au moment où le Rio-Tinto subit en Bourse ces fluctuations désordonnées que les uns attribuent à la spéculation, d’autres à la liquidation de situations trop chargées, d’autres enfin aux perspectives peu rassurantes de la consommation, il est intéressant de donner un aperçu- de la statistique pour 1909 que vient de faire paraître la Métal Gesellschaft de Francfort. La production mondiale a été de 844 <>00 tonnes en 1909, en augmentation de ioooootonnes sur 1908. L’Amérique seule a fourni 63g 400 tonnes, l’Europe 1i5 800 tonnes ; l’Espagne et le Portugal 53 000, dont 36 000 pour la Société du Rio-Tinto en augmentation de 1 200 tonnes. La consommation s’est accrue de 698 3oo à 782 800, le plus grand accroissement s’étant produit aux Etats-Unis, passant de 208 800 tonnes à 318900; mais comme l’Europe a réduit sa consommation, les stocks ont finalement passé de 112 100 tonnes à 175 100. Le prix moyen du cuivre Standard à Londres n’a cessé de baisser; de 87 livres environ en 1906, il est descendu à 58 livres en 1909 et ne s'écartera du cours de 56 en 1910.
- L’aluminium, au contraire, présente une augmentation de la consommation de 17 000 tonnes à 3o 800 tonnes pour une production dans l’année de 24 200 tonnes ; ce qui a eu pour conséquence la réduction des stocks. Néanmoins le prix moyen annuel a été en 1909 de 1 fr. 68 contre 4 fr. 37 en 1907.
- Les résultats de la Compagnie Parisienne de Distribution d électricité, qui a tenu son assemblée générale ordinaire le x8 juin dernier, ne peuvent évidemment que se supputer d’après les résultats des secteurs qui jouissent encore d’une partie de leur autonomie et d’après les déclarations du conseil d’administration, car le bilan ne comporte pas pour le moment de compte de profits et pertes. Or, les secteurs depuis le nouveau régime présentent tous des plus-values de recettes et des augmentations de bénéfices, et la quote-part des redevances acquittées par l’Union des Secteurs, jointe aux intérêts des comptes courants ou des valeurs de la Compagnie Parisienne balancent en grande partie les intérêts intercalaires
- que touchent les actionnaires de cette dernière. Au cours de l’exercice 1909, le capital a été porté à 100 millions, dont un quart n’est pas encore versé; plus de 45 millions ont été consacrés aux dépenses de premier établissement ; les recettes diverses së sont élevées à 2172769 francs et les dépenses à 4 021 760 fr. 73 sur lesquels 827 976 francs ont été versés à la Caisse des Dépôts et Consignations pour la constitution de la retraite des employés. La consommation annuelle s’est élevée à 56 700 000 kilowatts-heures accusant une augmentation de 8,2 % sur 1908 ; ces chiffres sont sensiblement supérieurs à ceux de l’augmentation relative de la consommation dü gaz lors de l’abaissement du prix de vente en igo3. Cependant, tout le nouveau réseau n’est pas encore établi et les parties qui en sont installées ne rendent évidemment pas leur maximum. L’effort immédiat de la Compagnie Parisienne s’est porté sur l’organisation des sous-stations de distribution toutes achevées fin 1909, sauf deux, et sur la mise en place des canalisations primaires, posées en galeries de im,3o de large sur 2m,3o de haut, des feeders amenant aux canalisations de rues le courant basse tension; et sur la transformation de la canalisation à deux fils en trois fils dans la zone s’étendant du nord au sud-est de Paris. Tous les engagements pris de réaliser, dans un délai déterminé, un certain programme de travaux ont été largement tenus jusqu’à présent, malgré les difficultés de la situation et malgré les grèves; il reste à construire les deux grandes usines du Nord et de l’Ouest pour lesquelles les terrains sont achetés et les commandes de groupes passés; ces derniers seront des turbo-alternateurs de i5 000 chevaux produisant des courants biphasés à la tension de. 12 5oo volts et àla fréquence 42. Il apparaît, dans ces conditions, que la Compagnie Parisienne de Distribution sera entièrement en mesure d’assurer, à l’expiration de la période transitoire, le service de l’éclairage et du transport de la force motrice, suivant les obligations de son cahier des charges.
- Dans les dépenses de premier établissement de la Compagnie Parisienne figure un chapitre intitulé : versement aux secteurs : 14 4oo 000 Fr. à valoir sur le
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- montant des installations et du matériel qui leur ont été rachetés.
- Nous retrouvons, au bilan de la Société du Secteur de la place Clichy, la trace de ce versement : très important acompte, dit le rapport du Conseil de cette dernière société, en ajoutant qu’un intérêt lui est servi sur le complément non payé de celles de ses installations dont le rachat a été envisagé.
- La somme de 5 3oo ooo francs correspondante a été provisoirement inscrite au passif à un compte d’attente, et consacrée à la souscription des nouvelles actions du Triphasé dont le capital a été porté de 6 millions à 14 millions de francs. Certains actionnaires ont reproché au conseil du Secteur de Clichy de ne point leur donner suffisamment d’explications sur' les différents postes du bilan et surtout de modifier l’ordonnance de celui-ci, qui ne permet pas la comparaison avec les précédents ; ce reproche n’est guère fondé puisque le rapport donne succinctement l’application de chaque compte. Il est bien évident d’autre part que le Secteur terminant son existence pour Paris en 1914 doit passer par profits et pertes les sommes qu’il consacre d’après ses conventions aux travaux neufs exécutés pour le compte de la Compagnie Parisienne. L’imputation à ce même compte de là perte subie sur réalisation de matériel et sur la transformation du matériel de Puteaux réduit le solde disponible à 620 000 francs et cause la déception des actionnaires qui entrevoyaient, comme dans les autres secteurs, une distribution très intéressante provenait t d’une répartition de l’actif beaucoup plus que des bénéfices réalisés. Les actionnaires touchent 9 % ou 45 francs bruts; mais ils ont l’espoir de voir revivre leur capital initial dans la nouvelle affaire du Triphasé dont ils possèdent laplus grande partie des actions ; le portefeuille qui contient des actions de la Compagnie Parisienne est passé de 3 5n 718 francs à 11 897 141 francs.
- Le bilan donnant seulement le montant des bénéfices d’exploitation, on ne peut se faire une idée du coefficient d’exploitation, ni du prix moyen de vente de l’hectowatt. On sait seulement que le nombre des polices en service au 3i décembre dernier était de 14 253, représentant 281 883 hectowatts au lieu de 12608 polices représentant 198700 hectowatts en 1908. Certaines charges (rétroactivité des retraites, improductivité momentanée du capital engagé dans le Triphasé) ne devant pas se renouveler cette année, nul doute que l’exercice ne soit meilleur, tout au moins comme résultats apparents.
- Les Ardennes Électriques, dont nous avions
- annoncé la formation, ont tenu leur première assemblée constitutive le '24 juin; après la vérification de déclaration de souscription et de versement, les actionnaires ont donné mission à M. Hellé, industriel à Lunéville, de faire le rapport sur les apports et avantages particuliers stipulés aux statüts en faveur des fondateurs et des administrateurs.
- La Société électrique du Toulois, qui avait été créée l’an dernier, porte son capital à 3oo 000 francs. Marcel Yilgrain et Cie procède de son côté à une émission de 3oo 000 francs d’obligations. On voit que les capitalistes de notre Est n’ont vraiment que l’embarras du choix entre tant d’affaires de distribution d’éclairage ou de force motrice dont quelques-unes ne manquent pas de témérité à l’heure présente. Avec les charbonnages et les mines de fer, ils ne peuvent vraiment savoir où fixer leur choix 1
- Nos lecteurs connaissent sans aucun doute le projet d’utilisation des forces motrices du Haut-Rhône, dû à l’initiative de M. Blondel. La mise à l’enquête en est officielle à partir du 1or juillet. La puissance disponible prévue est de 240 000 kilowatts qui seront transportés à Paris à la tension de 120 000 volts.
- La Compagnie de locations électriques, dont les actions ont été introduites récemment sur le marché, a été constituée en 1907 pour créer et mettre en location toutes installations électriques. Elle se charge en conséquence d’établir les colonnes montantes et d’exécuter toutes les canalisations d’éclairage ou de transport de force dans les immeubles ou ateliers moyennant un loyer payable mensuellement et proportionnel au coût de l’installation. Pour les propriétaires des immeubles, elle fait l’abandon gratuit de ses travaux au bout de quinze ans de location, sauf pour les colonnes montantes pour lesquelles le délai est de vingt-cinq ans. On sait combien toutes les opérations de location de. matériel sont rémunératrices; la Compagnie de locations électriques qui avait d’abord limité son champ d’action à Paris répartit déjà celte année 5 % à ses actions de première et de seconde émission : le capital initiai étant de 600 000 francs et ayant été porté à 1 200 000 en mars 1909. Il est, depuis mars 1910, à 3 millions. La Compagnie a passé avec le Secteur d’Eclairage et de Force un contrat pour l’exploitation de son industrie dans les communes d’Aubervilliers, Pantin, Saint-Denis, Saint-Ouen, et elle s'efforce d’obtenir de semblables contrats pour d’autres régions de la banlieue.
- Bref, les recettes qui s’étaient élevées à 251 000 fr.
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- en 1909 contre 88 000 francs de dépenses, sont éva- 1 semble du capital, permettant d'envisager une répar-luées à 38/j Ooo francs en 1910 ou à 12,8 % de l’en- I tition de 5 % à toutes les actions. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Belgique. — La Compagnie des Tramways intercommunaux de Bruxelles, qui vient d’être fondée à Bruxelles au capital de 1 million de francs, a pour but l’établissement et l’exploitation d’un tramway électrique de Bruxelles à Schaerbeck.
- Autriche-Hongrie. — Un chemin de fer électrique est projeté entre Lana-Burgstall et Oberlana.
- Allemagne. — 11 es't question de construire un chemin de fer électrique sur le mont Schaninsland, d’une hauteur de 1 4oom environ; le devis serait de 2 5ôo 000 francs.
- On étudie le projet d’un tramway électrique entre Singen et Steisslingen.
- Suisse. — Est à l’étude le projet d’établissement d’un chemin de fer électrique, de 48 kilomètres de longueur, entre Bevers (Haute-Engadine) et Taraps Schuls. Les lignes de Bevers à Saint-Moritz, de Samaden à Pontre-siva, vont être électrifiées; la force motrice sera fournie par la station centrale de la Brusie Ivraftwerke Gesellschaft.
- TÉLÉPHONIE
- Turquie. — Le gouvernement vient d’accorder, pour trente ans, la concession du téléphone à Constantinople et aux environs, augroupc de la Société Webb, qui comprend également la Compagnie américaine Bell, la Thomsom-Houston française, la National Telefone et la Western Electric Company. La durée de la concession est de quarante années, le gouvernement s’étant réservé le droit de rachat au bout de dix ans.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- La Régionale Electrique de l'Orne. — Constituée le i3 juin igio. — Capital :'58oooo fr. — Siège social : Le Mer-lerault (Orne).
- Société Houplain et Elluin (constructions mécaniques et électriques). — Durée : 20 ans. — Capital : 200000 fr.
- — Siège social : 40, rue Bargue, Paris.
- Compagnie des tramways intercommunaux de Bruxelles. — Constituée le 14 mai 1910. — Capital : 1 000000 de francs.
- — Siège social : 7, rue Crespel, Bruxelles.
- Société d’électricité de Servance. —Constituée le 13 juin 1910. — Capital : 375 000 francs. — Siège social : Servance (Haute-Saône).
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société Française d'éclairage et d'électricité. — Le 12 juillet, 172, quai Jemmapes, à Paris.
- Energie électrique du Littoral méditerranéen. — Le 12 juillet, 19, rue Blanche, à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Westinghouse Electric C*, Paris.
- Compteurs d’eau système Ketterer.
- Compteurs Westinghouse type C pour courant alternatif monophasé.
- Compteur d’ampère-heures Westinghouse type O pour courant continu.
- Lampes à vapeur de mercure Cooper Hewitt pour la photographie. v
- Lampes Westinghouse.
- Thomson-Houston, Paris.
- Bulletin, mai 1910. — Nomenclature des pièces constituant les contrôleurs type B et R.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, juillet 1910. — A. E. G. Turbinenl. Elektrische Grosszentralen.
- Die Sicherheitseinrichtungen im deutschen Eisenbahn-betriebe.
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- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 12 juillet, à la mairie du Pré-Saint-Gervais (Seine), installation des appareils pour l’éclairage à l’électricité du groupe scolaire, rue Lamartine : 9 85o francs; caut. : 200 francs. Soumissions avant le il juillet.
- Le 12 juillet, à 3 heures, au ministère des Colonies, à Paris,adjudication d’isolateurs pour le service des 1*08168 et Télégraphes du Gabon.
- Le 21 juillet, à la mairie de Bourges (Cher), fourniture de matériel électrique pour l’Ecole centrale de Pyrotechnie (6 lots). Renseignements à l’Ecole.
- Le 24 juillet, au ministère de la Marine, à Paris, marché de gré à gré pour la fourniture d’objets d’appareillage» électrique, 1" lot, 47 000 francs; 2» lot, 164 000 fr. Cahier des charges au ministère (bureau 72).
- Le 26 juillet, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs pour bureaux centraux téléphoniques (4 lots). Renseignements à la direction de l'Exploitation téléphonique (3e bureau).
- Le 4 août, à la mairie de Bourges (Cher), fournitures de 24 moteurs asynchrones triphasés pour le service de l’artillerie (2 lots). Renseignements à la fonderie de Bourges et à Paris, 1, rue Saint-Thomas d’Aquin.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration communale, à Bres- |
- lau, construction d’une usine d’électricité, 600 000 marks..
- Prochainement, à l’administration communale,; à Gladbach, agrandissement de l’usine d’électricité, 335 000 marks.
- Prochainement, à l’administration communale, à Môr-cliingen (Lorraine), établissement d’un tramway entre la ville et la gare, i5o 000 marks.
- ITALIE
- L’Administration des tramways de Rome ouvre un concours pour l'installation d’une nouvelle ligne de tramways sur une distance de 21 kilomètres.
- Ces travaux nécessiteront l’acquisition de rails (pesant 55ks) devis : 320 000 lires.
- Le 27 juillet, au chemins de fer de l’Etat italien,, à Rome, fourniture de deux machines-tours pour le travail des tirants à livrer aux ateliers de Pietrarsa.
- Le 22 août, fourniture de 184 4°° charbons pour lampes à arc (adjudications internationales).
- ESPAGNE
- Le 3i juillet, à la direction générale desTravaux publics (ministère de Fomento), à Madrid, construction d’une voix ferrée stratégique entre Requena et Alcaraz par Casas Hanez et Albacete.
- Le 2 août, construction d’un chemin de fer secondaire de Zumarraga à Zurnaya.
- Nous prioiis instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir* série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dar.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- J.» Gérant : J.-B. Noubt.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÛ, RUE CASSETTE, 17.
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- Trtnte-déuxlèma anode
- SAMEDI 16 JUILLET 1910.
- Tome XI <2° série). - N* 29.
- La
- Lumière Électrique
- P<récé demment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, P. 65. —- Maurice Leblanc. Notes sur la condensation : pompes rotatives pour les condenseurs, p. 67. — M. Joly. Chronique des théories électriques : Ions et électrons [suite et fin), p. 7'J. .
- Extraits des publications périodiques. —Méthodes et appareils de mesures. Mesures de réactance et d’induction mutuelle dans les circuits à courant alternatif, G. Grassi, p. 80. — Traction. L'omnibus pétroléo-élec-trique système Daimler, p. 82. — Applications mécaniques. Commande électrique centrale dans l’industrie textile,G. Zaretti, p. 83.— Électrochimie et Electrométallurgie. Action calorifique des électrodes sur le four et perte minimum aux électrodes, C. Hering, p. 83. — Traitement préalable du fer avant l’étamage ou la galvanisation, H. Howabd, p. 83.—Brevets. Mode d’application des ondes hertziennes à la mesure des distances, p. 84.— Bibliographie, p.86.—Variétés. L’organisation des ingénieurs-électriciens pour la recherche des situations industrielles, p. 87. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’application des millivoltmètres au contrôle continu des gaz au point de vue physique, L. Fabre, p. 90. — Chronique financière, p. 92. — Renseignements commerciaux, p. 94. — Adjudications, p. 96.
- ÉDIT OUI A L
- On sait comment l’emploi des turbines à vapeur est venu de nouveau poser le problème de la condensation. Pour que leur rendement puisse atteindre celui des machines à piston, il est nécessaire de les faire déboucher dans des condenseurs où le vide soit très élevé et, pour produire ce vide, les pompes à air ordinaires sont insuffisantes.
- Notre éminent collaborateur, M. Maurice Leblanc, a résolu ce problème, il y a quelques années, en se basant sur un principe absolument nouveau. Une turbine à injection partielle, tournant à contre sens, permet d’envoyer dans une trompe, non pas un jet con-
- tinu, mais une succession de lames d’eau qui emprisonnent entre elles une certaine quantité d’air.
- Nos lecteurs pourront d’ailleurs se reporter avec fruit à l’exposé des conceptions théoriques qui ont servi de point de départ à M. Maurice Leblanc et qui ont été publiées ici même (').
- L’emploi de ces condenseurs s’est généralisé avec une extrême rapidité dans les stations centrales et dans la Marine et il existe peu
- (•) M. Leblanc. Notes sur la condensation. La Lumière Electrique, i3,20 juin et 4 juillet 1908.
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- de succès industriels comparables à celui qu’ils ont légitimement remporté.
- Pourtant quelques desiderata restaient encore à satisfaire, et notamment il était intéressant .de supprimer les mouvements alternatifs dans les moteurs des nouvelles pompes ; il fallait donc trouver moyen de les faire tourner à une vitesse telle qu’on puisse les accoupler directement à des turbines à vapeur.
- C’est justement cet ordre de grandeur de vitesse que la théorie indiquait comme devant donner aux pistons d’eau lancés par les aubes la forpie la meilleure au point de vue du rendement.
- Ce sont cés dernières considérations qui ont conduit M. Maurice Leblanc à établir des pompes rotatives pour les condenseurs d’un type nouveau, et qu’il a récemment exposées dans une communication faite à l’Association technique maritime, doïit il a bien voulu nous communiquer le texte. Nous en publions aujourd’hui la première partie où nos lecteurs, trouveront le calcul dont nous parlions plus haut et pourront déjà apprécier les résultats excellents que fournissent les nouvelles pompes rotatives.
- Sans entrer dans tous les développements auxquels donne lieu la théorie des ions et électrons, M. Joly, dans la seconde partie de sa chronique, mentionne d’une façon succincte les travaux les plus importants accomplis sur cette importante question au cours de ces dernières années.
- Signalons en particulier les remarquables expériences de Rutherford et Geiger, relatives au rayonnement des corps radioactifs et sur lesquelles M. Joly insiste un peu plus en raison de leur ingéniosité et de leur importance.
- M. G. Grossi a montré comment, à l’aide d’un électrodynainomètre, employé comme
- appareil de zéro, il est possible de faire des mesures de réactance et d’induction mutuelle, en évaluant uniquement des résistances.
- L’auteur ne revendique pas, pour cette méthode, une grande sensibilité ni une grande précision, mais elle se prête à des mesures rapides et faciles ; elle peut donc être fort précieuse au point de vue industriel et c’est pourquoi nous la décrivons en détail.
- L’omnibuspétroléo-électrique Daimler présente plusieurs innovations intéressantes. Signalons entre autres l’abandon du châssis, la présence d’une caisse en acier, et l’indépendance complète des deux roues d'arrièi’e, attaquées par deux groupes moteurs différents.
- D’après M. G. Zaretti, il serait imprudent de préconiser la commande électrique individuelle ou par groupes au détriment de la commande centrale. C’est une question d’espèce et, en particulier, dans l'<industrie textile,, la commande centrale permettrait encore de.réaliser d’importants bénéfices.
- Nos Brevets contiennent un ingénieux mode d’.application des . ondes hertziennes à la mesure des distances ; on y utilise l’appareil à champs tournants de M. R. Arno où, sous l’influence des ondes, se produisent des variations d’hystérésis que manifestentles déviations d’une aiguille,déviations quipeuvent mesurer la distance entre les deux postes d’émission et de réception.
- Enfin, qu’il nous soit permis de signaler à tous ceux de nos lecteurs qui s’intéressent au problème de Vorganisation des jeunes ingénieurs en vue de la recherche des situations industrielles l’article de Variétés de la page 87 ainsi que notre rubrique nouvelle (page 56 du supplément).
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- NOTES SUR LA CONDENSATION
- POMPES ROTATIVES POUR LES CONDENSEURS (*)
- I. — Pompes a air.
- Pour qu’un condenseur produise le plus grand vide possible et que son pouvoir condensant soit maximum, il faut que la pression pi’opre de l’air soit pratiquement nulle dans sa région la plus chaude.
- La pompe à air doit enlever, par seconde, toute la masse d’air qui afflue pendant le même temps, en la puisant dans la région la plus froide. La pression propre de cet air est alors égale à la différence des tensions de la vapeur d’eau saturée correspondant aux températures extrêmes du condenseur.
- Gomme cette différence de tension n’est jâmais que de quelques millimètres de mercure/le volume spécifique de d’air à enlever est toujours très considérable. Il l’est d’autant plus que la différence des températures de l’eau, à l’entrée et à la sortie du condenseur, est plus petite.
- L’air extrait d’un condenseur est non seulement saturé de vapeur, mais il entraîne toujours avec lui de l’eau à l’état de gouttelettes. Dans les pompes à piston, elles se vaporisent au contact des parois échauffées par la compression précédente et la vapeur produite occupe une notable portion du volume engendré.
- Aussi les pompes dites à air sec munies . de dispositifs permettant d’éliminer l’effet j des espaces nuisibles, qui produiraient un vide excellent si elles avaient à aspirer de l’air sec, ne peuvent plus le faire, dès qu’elles aspirent dans un condenseur.
- C’est pourquoi beaucoup d’inventeurs se
- (*) Communication faite à Y Association technique maritime, le 17 mai 1910.
- sont, proposé de substituer des trompes à eau aux pompes à piston. Avec elles, en effet, la vaporisation des gouttelettes entraînées n’est plus à craindre. Le volume d’air aspiré va en augmentant avec le vide, à l’inverse de ce qui se passe avec les pompes à piston.
- Dans notre pompe à air, l’air est aussi entraîné par un courant d’eau lancé dans un diffuseur. Mais ce courant n’est pas continu comme dans les trompes : l’eau arrive par masses successives et il existe la même différence entre le mode de fonctionnement de notre pompe et celui d’une trompe ordinaire, qu'entre le mode de fonctionnement de l’échappement d’une locomotive et celui de son souffleur.
- Ce résultat est dû aux dispositions représentées sur la figure 1, qui représente en coupe l’une des pompes à air du contre-torpilleur Voltigeur.
- Au-dessus d’un diffuseur A est une turbine à injection partielle B, munie d’un distributeur C, par où arrive l’eau, sous l’influence du vide.
- Nous réglons généralement à 5m la hauteur d’aspiration, soit naturellement, soit par un étranglement. L’eau pénètre alors dans la turbine avec une vitesse absolue de iom par seconde environ. La vitesse périphérique de la turbine et les angles de raccordement des aubes sont calculés de manière que la vitesse ' absolue de l’eau, à la sortie, soit de 36m par seconde.
- Il sort de Ta turbine à injection partielle une gerbe d’eau bien délimitée, que l’on oriente suivant l’axe du diffuseur, et dont la section droite est d’abord rectangulaire. Un des côtés de cette section demeure constant.
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- L’autre augmente graduellement, car les filets
- i j= 1
- Fit'. I-
- extrêmes de la gerbe vont en divergeant, l’angle de divergence étant sensiblement égal à l’angle occupé parle distributeur, augmenté de celui qui sépare deux aubes consécutives.
- On trace le diffuseur de manière que la gerbe commence à lécher ses parois lorsque sa section droite est devenue carrée. On ramène ensuite graduellement sa section de la forme carrée à la forme circulaire.
- L’eau est aspirée. Il faut donc amorcer la pompe, au moment de la mise en route, comme s’il s’agissait d’une pompe centrifuge. Dans ce but, un éjecteur à vapeur annulaire est disposé en un point D du diffuseur. On y envoie un courant de vapeur qui fait le vide et on l’interrompt dès que l’eau afflue dans la turbine. Cette disposition est inutile, si on dispose d’eau sous pression.
- On munit alors la crépine de la pompe d’un clapet de pied et on envoie dans le tuyau d’aspiration de l’eau sous pression. Il suffit que la pompe soit en charge de ira, pour que l’amorçage se produise. Gela fait, on supprime l’arrivée d’eau sous pression et la pompe continue à aspirer l’eau qui lui est nécessaire.
- Cette disposition présentait plusieurs avantages :
- i° Elle nous permettait de communiquer de la force vive à l’eau, avec une seule roue, dans de bien meilleures conditions qu’avec une pompe centrifuge, même multicellulaire. C’est que notre roue tourne dans le vide : nous pouvons lui imprimer impunément une grande vitesse tangentielle.
- 2° L’eau s’étale sur la surface des aubes qui la poussent et ne remplit plus les canaux de la roue, à la sortie. Pendant son passage devant le distributeur, chaque aube débite une lame d’eau séparée de celle qui la précède et de celle qui la suit.
- Ces lames ont une surface délimitée, chaque aube ne débitant de l’eau que pendant son passage devant le distributeur. Mais elles continuent à s’étendre après être sorties de la turbine, comme nous l’avons déjà dit. L’espace compris entre elles va donc en
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- 16 Juillet 1910.
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- augmentant et se remplit d’air, jusqu’à ce que leurs bords aient rejoint les parois du diffuseur.
- On peut grossièrement comparer ces lames ' à des pistons d’eau qui balaieraient successivement le diffuseur, comme les bouffées de vapeur d’échappement balaient la cheminée d’une locomotive.
- Quoi qu’il en soit, le rendement de nos premières pompes s'est montré notablement supérieur à celui des trompes à eau actionnées par des pompes centrifuges.
- Après un premier essai fait à Cherbourg, avec des moyens de fortune, la Marine décida d’appliquer nos pompes à air sur le contre-torpilleur Voltigeur, construit par MM. de la Brosse et Fouché, qui est muni de turbines Rateau.
- Il y avait deux condenseurs de même puissance, l’un à bâbord, l’autre à tribord. Chacun d’eux fut muni d’une pompe à air, mais une canalisation spéciale permettait de desservir les deux condenseurs avec une seule pompe.
- Le tableau I renferme les résultats obtenus à la vitesse de 26,6 nœuds :
- notable de pression, entre la* sortie des turbines et les condenseurs. Le constructeur n’avait sans doute pas compté sur un vide aussi élevé, sans quoi il aurait augmenté le diamètre des conduites d’échappement.
- On envoyait de l’eau de mer dans les pompes et on se préoccupait de savoir s’il n’y aurait pas un entraînement d’eau douce notable. Le calcul montrait que la perte devait être négligeable et l’événement nous a donné raison.
- Pendant un essai de six heures, dont une heure à 3i,3 nœuds et cinq heures à plus de 24 nœuds, la dépense d’eau douce n’a été que de 3 652 litres. Le même essai, fait sur un autre torpilleur semblable, muni d’une pompe à air à piston, avait donné lieu à une dépense d’eau douce environ 1,8 fois plus considérable.
- A la suite de cette première application, la Marine nous a chargé de construire les pompes à air des contre-torpilleurs Boutefeu, Drague, Cimeterre, Fourche et Faulx.
- Elle nous a toutefois fait remarquer que, s’il était intéressant de supprimer les mouvements alternatifs dans les pompes, il se-
- Tableau I
- Nombre de pompes à air en service. Pression absolue p en millimètres de mercure et température t correspondante en degrés centigrades. Température de l’eau extraite du condenseur.
- condenseur bâbord condenseur tribord sortie de la turbine bâbord
- P t P t p t
- a 3 2,3 3i,5 33 31,75 /« 2,6 35,-5 s? O c VT
- 1 . 36 3^,5 36 32,5 4 « ,9 35 »
- Ainsi, dans l’essai fait avec lès deux pompes à air, la différence de température entre les régions la plus chaude et la plus froide du condenseur n’était que de ii°. La tension de vapeur correspondant à la température de 20°,5 étant de i8,nm, l’air était extrait des condenseurs avec la très petite pression propre de i4 millimètres.
- Le vide obtenu avec une seule pompe était encore excellent et il y avait une chute
- rait aussi intéressant de les supprimer dans leurs moteurs.
- Elle nous ’a, en conséquence, engagé à étudier des pompes à air à grande vitesse, susceptibles d’etre directement actionnées par des turbines à vapeur.
- Or, nous avions déjà entrepris cette étude et elle nous avait conduit à de bons résultats.
- Dans notre premier mode de dimensionnement, la vitesse périphérique de la turbine
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- T. XI (2» Série].
- n’était que de i6ra par seconde. Les considérations suivantes nous ont conduit à lui donner une valeur béau'coup plus élevée, ce qui devait nous permettre, par une coïncidence heureuse, d’adopter les vitesses de rotation des turbines à vapeur.
- Supposons que les lames d’eau lancéés par les aubes, au lieu de se résoudre en pluie, foraient de véritables pistons : il convient que leur surface demeure normale à l’axe du diffuseur.
- Il vaut mieux évidemment que les pistons d’eau affectent la forme A que la forme B (voir fig-. 2). En effet, à volume aspiré égal et pour un même débit d’eau, les lames auront une suida ce minirna et une épaisseur
- JL
- B
- Fig.
- maxima, si elles affectent la forme A. Elles courront moins de risques de se crever et l’étanchéité des pistons Sera mieux assurée.
- Or, les lames d’eàu lancées dans le diffuseur de notre pompe à air affectaient la forme B. Nous avons pensé que l’on améliorerait son rendement, en faisant prendre aux lames la forme A.
- Il n’était pas possible de les rendre planes, à cause de la divergence de la gerbe d’eau, les masses qui se déplacent le long du diffuseur ayant un plus long chemin à parcourir que celles qui se déplacent le long de son axe. Nos pistons d’eau devaient nécessairement prendre une forme bombée, comme il est représenté sur la figure 3.
- Mais comtae la divetEehcé de là g’étfbé èfct toujours petite, Cet effet ést peu SèhSi'Mé’. Cette forme des pistons d’eau devait êtïë exfcbte bien préférable à lai forme B ét Aous nous sommés proposé de la leur d'orihér.
- i J
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- i : J
- s//SA - -
- Fig. 3.
- Désignons par :
- R, lé rayon de la turbiné ;
- V, sa vitesse périphérique ;
- W, la vitesse absolue de l’eau, à la sortie de la turbine;
- '/
- Fig. 4.
- a, l’angle décrit par l’extrémité d’une aube, pendant qu’elle projette de l’eau,-en passant devant le distributeur (fig. 4) ;
- (3, l’angle dé la direction de la vitesse absolue W avec un plan tangent à la péri-
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- R EVUE. D ’ ÉL E C T RIGI TÉ
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- 16 Jiiillet 191Ù:.
- phérie: de la-turbine, passant par le point d’émergence de l’eau.
- . Soit. AB l’arc que décrit, l’extrémité d’une aube, pendant qu’elle déverse de l’eau. La section faite dans la gerbe d’eau par un plan perpendiculaire à l’axe de la turbine sera comprise? entre les- droites QA et OB, qui font toutes lest deux un angle- (3 avec la circonférence1 de rayon R passant par les points A. et; B:>
- Traçons la bissectrice 0M de l’angle A.0B et! menons, par le point; B,, la perpendiculaire BC sur cette bissectrice.. Elle: rencontre en G la droite; OA. La bissectrice OM sera parallèle à. l’axe dé la. gerbes
- Pour1 que la condition voulue soit, remplie, il faut que.: lîeau lancée par une aube, lorsque celle-ci est en A, arriverau point G, lorsque- l’aube arrive; au point B...
- Oni at les relations suivantes :
- CAB = p + ^ GBA = C®©>— ABO
- GM) — - — - ÂBO = p- — ~
- % 2 2
- d’où :
- ,GBA-.= - — (3. 2
- Le triangle- ABG nous donne
- AG cos
- cos
- et :
- AG
- BG.
- sin g _ ^ sin
- d’où
- AG'= AB
- COS p
- Mais nous avons :
- d’où : «
- OC
- AG = a R tg- cos j3.
- AB = a R! sin -2
- Fig. 5. __ ______
- Le temps que met l’eau à parcourir la
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- T. XI (2e Série). — N- 29.
- distance AG est égal à
- AC
- W
- Le temps que Ra
- met une ^uhe à parcourir l’arc AB est —.
- Nous devons donc avoir la relation :
- AC _ Ra "W — V
- ou
- aR tg - cos p W
- Ra
- T'
- L’angle a étant toujours très petit, on peut écrire sans erreur sensible :
- a.
- 2lg-
- d’où :
- W — Y cos p.
- Il faut donc que la vitesse périphérique
- Fig. 6.
- de la turbine soit plus grande que la vitesse qqe l’on veut imprimer à l’eau.
- D’autre part, il y avait intérêt à augmenter l’angle p, afin que la bissectrice OM coupât
- l’arc AB en un point aussi voisin que pios-sible de son milieu (voir fig. 4)* Gela était nécessaire pour que la gerbe fût homogène. Pour la même raison, il y avait lieu de faire très petit l’angle de divergence de la gerbe.
- Enfin, les aubes devaient être recourbées, vers leur extrémité, en sens inverse du mouvement, au lieu de l’être dans le même sens.
- Gela nous conduisait au mode de dimensionnement représenté sur la figure 5. Il diffère beaucoup de celui que nous avions d’abord adopté, comme on s’en rendra compte en comparant les figurés i et 5.
- Nous avons hésité longtemps à le réaliser. La vitesse relative de l’eau par rapport aux aubes devenait beaucoup plus grande que dans le premier cas et nous craignions que la diminution de rendement, qui en résulterait, ne compensât, et au delà, l’accroissement dû à la meilleure forme des pistons d’eau.
- Mais, l’année dernière, notre dévoué et précieuxcollaborateur, M. Buss, se rendit en Amérique, pour organiser la fabrication de nos condenseurs dans les ateliers de la Westinghouse Machine G0, à Pittsburg. On objectait à nos appareils de tourner à la vitesse des dynamos, alors que, dans les stations centrales modernes, l’on voulait se servir exclu-sivementde petitestur-bines à vapeur, pour . i- commander tous les
- appareils de servitude.
- Pour donner satisfaction aux Américains, M. Buss construisit, à Pittsburg, une pompe à air de notre système tournant à la vitesse de 2 5oo tours par minute.
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- Il était impossible de ne donner qu’une vitesse périphérique de i6-“ par seconde, comme nous l’avions fait jusqu’alors, à la turbine d’une machine puissante tournant à 2 5oo tours par minute. Le diamètre intérieur de la roue serait devenu trop petit, pour qu’on pût y loger le distributeur d’eau.
- Il fut conduit à adopter une vitesse péri-
- La figure 6 est une photographie de la pompe d’essai construite à Pittsburg. Elle est accompagnée d’une pompe d’extraction d’eau condensée, que l’on voit au premier plan. La turbine est à l’arrière-plan. Le tableau II donne les résultats fournis par cette pompe. ^
- La dépense de travail par litre d’eau avait
- Tableau II
- Essai de la pompe à air, N° 18, à a 5oo tours. — East Pittsburg.
- Pression barométrique Vitesse en tours par minute Débit en litres par seconde (eau) 760 a5oo 35 37 38,5 4i 43 45 47
- Puissance en HP 3? 3q 4<> 43 45 47 5o
- Température de l’eau (en degrés) Diamètre de l’orifice de rentrée d’air (en mm) l8 O 2,38 3,96 5,55 7,14 8,73 10,3
- Hauteur de refoulement de l’eau à la sortie de la pompe (en mètres) Vide obtenu 2,5o 744,6 742,8 739 j5 734,2 96,6 727 >3 716,6 703
- % de la pression barométrique 93,2 98 97 >3 9^ il 94 ,3 9a
- Pression absolue dans le condenseur (en mm).... i5,4 \q,% 20,5 25,8 32,7 43,4 &7
- Pression absolue de l’air (en millimètres) O 1 ,817 5,107 10,42 17,32 18,02 41,62
- Volume d’air engendré en litres par seconde... . O 35o 343 33a 3a8 3o5 285
- Litres d’air par litre d’eau 9 >4 8,8 8,1 7 >7 6,8 6,1
- Volume engendré en litres par seconde, par Ht*. . 9-5 8,6 7 >74 7,3! 6,5 5>7
- phérique de 5om par seconde, notablement supérieure à la vitesse de 36m, que nous continuions à vouloir imprimer à l’eau.
- Le nouveau mode de dimensionnement s’imposait alors.
- Les résultats furent excellents et le rendement de la pompe notablement augmenté.
- légèrement augmenté, comme nous nous y attendions, mais le condenseur étant à la pression de 32,nm,7, la nouvelle pompe en extrayait 7‘,35 d’air par IIP, alors que la première n’en extrayait guère que 4-(.A suivre.)
- Maurice Leblanc.
- CHRONIQUE DES THÉORIES ÉLECTRIQUES
- IONS ET ÉLECTRONS (Suite et fin) (<).
- Rayons cathodiques ; rayons canaux.
- Tant que le vide n’est pas très élevé, la décharge lumineuse qui se produit dans un gaz dépend des positions de la cathode et de l’anode ; elle suit les lignes de force qui vont
- de l’une à l’autre. Au vide de Grookes, le phénomène change d’aspect ; la cathode laisse échapper en avant d’elle un faisceau qui se propage en ligne droite, indépendamment de la position de l’anode; ce faisceau produit une lueur bleue dans l’air et excite la fluorescence du verre qu’il frappe: c’est le
- (') Lumière Electrique, 9 juillet 1910.
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- T. XI (2« Série). — N» 29.
- faisceau cathodique dont la direction ne dépend que de celle du champ aux abords de la cathode. Si la cathode est perforée ou constituée par une toile métallique, on observe que dans une direction opposée à celle des rayons cathodiques se propagent, également en ligne droite, des rayons jaunes (dans l’air) capables d’exciter aussi une fluorescence jaune du verre ; ce sont les Kanal-strahlen ou rayons-canaux (fig. 2).
- Sans insister sur les conditions expérimentales de production nous rappelons l’expérience suivante due à M. Villard. Si l’on place en avant de la cathode un écran percé de detix trous, l’émission de rayons catho-diqsue n’a lien qu’en face de ces deux trous.
- Fig. 2.
- a, anode; cc, cathode perforée (toile métallique, par exemple); l, tube permettant de faire le vide; i, faisceau cathodique; 2, faisceau canal.
- Nous devons donc supposer que le rayonnement cathodique est provoqué par l’arrivée sur la cathode d’un afflux de matière électrisée positivement et qui la frappe avec une grande vitesse comme en témoigne l’élévation de température que subit la cathode. Cet afflux peut être à son tour rendu visible au moyen d’une cathode perforée; il peut se propager en ligne droite à travers les ouvertures pratiquées et constitue le rayonnement canal. Avec une cathode perforée par des trous obliques, qui ne laisseraient pas passer de jour normalement, l’émission de rayons ca-
- naux est rendue impossible. En frappant la cathode, ils y libèrent des ions négatifs que le champ entraîne en sens contraire et qui produisent eux-mêmes l’afflux positif par collision avec les molécules du gaz.
- M. Perrin a montré que les rayons cathodiques portaient des charges négatives, en les recevant dans un cylindre de Faraday; il s’agissait donc bien dans leur cas d’une émission de matière électrisée et non d’un rayonnement électromagnétique analogue à celui qui constitue la lumière ; l’expéi'ience par laquelle Lenard avait pu faire sortir du tube de Crookes le rayonnement cathodique, à travers une mince feuille d’aluminium, s’explique simplement par les faibles dimensions des corpuscules qui le composent.
- Le champ magnétique dévie le faisceau cathodique. Nous savons, en effet, qu’un corps électrisé en mouvement subit sur un parcours clx les mêmes effets qu’un élément de courant dont l’intensité serait égale au produit ev de la charge du corps électrisé par sa vitesse ; l’action du champ magnétique est perpendiculaire cà sa propre direction et à celle de la vitesse de déplacement; elle produit donc sur le corps électrisé une accélération centripète ; elle change de sens avec le signe de l’électrisation du corps en mouvement ou le sens de son déplacement.
- Les rayons cathodiques sont aussi déviables par un champ électrique perpendiculaire à leur déplacement ; un champ parallèle à leur direction de propagation augmenterait ou diminuerait leur vitesse, suivant les cas. Les expériences de déviation électrostatique nécessitent un vide élevé où l’ionisation par les rayons devienne négligeable : une décharge ne doit pas passer entre les plateaux où se produit le champ déviant, car elle le supprimerait.
- Inertie et charge électrique sont donc deux propriétés expérimentales du rayonnement cathodique, fl était du plus haut intérêt de fixer quel rapport existait entre la masse des rayons m eL leur charge e et, c’est ce que nous fournissent les mesures faites sur les
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- 16 Juillet 1910'.
- K BV EPR D’ÉLEGTBICITÉ
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- déviations par les champs magnétique et électrique.
- Soit 4 la distance parcourue par les rayons cathodiques dans un champ électrique uniforme F ; ils traversent le champ> pendant un
- temps - à la vitesse v et y subissent une dé-
- viation qui, tant qu’elle reste petite, peut se mettre sous la forme :
- Fe L
- 0. (angle de déviation) = — X — X rn v
- I
- P
- puisque est égal au rapport des vitesses parallèle et perpendiculaire aux lignes de force.
- Dans un chaïnp magnétique uniforme H, la particule cathodique est entraînée suivant une ligne à rayon de courbure constant, hélice o.u cercle, puisque la force normale à la trajectoire est constante. Si la déviation angulaire reste petite, elle est donnée par la formule presque immédiate
- en admettant que 4 est la distance parcourue dans le champ magnétique uniforme. On tire
- facilement de ces deux relations v et — en
- m
- fonction des quantités mesurables 0l5 02, F, II, 4, 4- Une mesure précise devra, dans la pratique, tenir compte de ce que les champs ne sont pas uniformes et ne commencent jamais brusquement à un endroit donné.
- La vitesse des rayons peut d’ailleurs se déterminer d’autre façon ; plaçons une anode perforée en face de la cathode et étudions les rayons cathodiques sortis du champ; le travail reçu par eux de la source électrique a servi à leur communiquer de l’énergie cinétique. Soit V la différence de potentiel entre les électrodes, nous pouvons écrire :
- - 7MP2= cV.
- ‘1
- La seule mesure de la déviation magnétique fournit alors — et v.
- ni '
- IJn résultat essentiel est que la valeur du rapport — ne dépend pas du mode de production ni du gaz renfermé dans le tube à vide; les premières mesures attribuèrent à
- — la valeur de 1,878 X ro’ unités G. G. S. m
- électro-magnétiques. La détermination plus récente de Klassen effectuée sur les rayons cathodiques de faible vitesse donne 1,774>Oo7; pour l’ion électrolytique H, par exemple, le
- rapport — vaut environ io4. Si nous aclmet-m
- tons que la charge d’un corpuscule cathodique est l’élément d’électricité, nous sommes conduits à leur attribuer une masse extrêmement faible, plus de mille fois plus petite que celle de l’atome d’hydrogène, le plus léger q,ue nous connaissions. Nous verrons plus loin comment peut être précisée la nature de cette masse.
- La vitesse des rayons cathodiques est évidemment variable avec la différence de potentiel entre les électrodes; elle est clans tous les cas inférieure à celle de la lumière dont elle peut valoir plusieurs dixièmes.
- L’étude des rayons canaux nous fournit des résultats différents; Wien a montré qu'ils portaient une charge positive, qu’ils étaient très peu pénétrants, qu’il était difficile d’en obtenir un long faisceau et que les déviations magnétiques et électriques s’accordaient avec le signe de leur charge et l’hypothèse cl’une faible vitesse de translation ; l’observation de ces déviations est d’ailleurs rendue délicate par la nécessité où L’on se trouve de faire agir les champs assez près de la cathode en évitant toutefois d’influencer la direction du faisceau cathodique. La déviation étale le faisceau des rayons canaux, ce qui montre qu’il est composé cle rayons de vitesse ou de charge différentes; une partie môme n’est pas déviée du tout: Wien (1908) conclut cle son élude que les rayons canaux peuvent perdre leur charge pendant une partie cle leur parcours; une fraction seulement des centres est chargée
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2® Série). — N® 29.
- positivement et une sorte d’équilibre s’établit entre les ions chargés et les particules neutres, de sorte que leur rapport reste constant. La déviation maximum observée correspond à celle que subiraient les atomes du gaz chargés positivement. Le l’apport de leur charge à leur masse varie de 3Xio3 à io4, ce qui leur assigne bien des dimensions voisines de celles des atomes ou des molécules ; leur vitesse de propagation est de l’ordre du centième de celle des rayons cathodiques.
- Rayons cathodiques et rayons canaux ne sont pas les seuls modes par lesquels l’électricité se transporte dans les tubes à vide; nous signalerons l’existence de rayons ano-diques d’électricité positive (Gehke et Rei-chenheim), de rayons positifs se propageant avec les rayons cathodiques (J.-J. Thomson), de rayons magnéto-cathodiques (Villard).
- Le fait essentiel qui subsiste est l’existence dans les tubes à vide de trois groupes de corpuscules : ions positifs, ions négatifs, molécules neutres. Les premiers ont une masse voisine des masses atomiques ; ce sont, sans doute, des atomes-ions, alors que les particules négatives qui constituent le rayonnement cathodique, et dont la masse n’est pas le millième de celle de l’atome d’hydrogène, correspondent à une forme particulière de la matière, l’électron, dont la nature ne dépend pas du gaz où elle est produite.
- Les expériences de M. J. Recquerel, où il avait paru constater la formation « d’électrons positifs » par l’action des rayons cathodiques sur un faisceau canal, s’interprètent fort bien sous cette hypothèse, et l’expérience n’a pas permis de constater l’exis-<|ence de charges positives, possédant une inertie moindre que l’atome. Quand la pression du gaz augmente suffisamment, l’électron négatif comme l’atome-ion positif s’entourent d’un cortège de molécules, qui diminue leur dissemblance, et ils nous fournissent les ions que nous avons d’abord étudiés.
- Rayonnement des corps radioactifs.
- Toutes les notions, ainsi acquises, se précisent encore singulièrement par l’étude du rayonnement des corps radioactifs.
- On sait que le radium, par exemple, en plus d’un gaz lui-même actif, l’émanation, émet une radiation composée, où l’on a distingué trois sortes de rayons: les rayons a, (3,. y. Nous ne faisons que mentionner les résultats des expériences qui ont montré que les l'ayons a sont aisément absorbés et pro-. voquent presque totalement l’ionisation des gaz exposés à l’action du radium. Les rayons |3 sont constitués par des particules négatives, lancées à grande vitesse, et ressemblent, à tous les points de vue, aux rayons cathodiques; les rayons y> non déviables et extrêmement pénétrants, sont causés par les perturbations électromagnétiques qui accompagnent le départ des particules précédentes et sont analogues aux rayons X.
- Déjà la déviation des rayons y par le champ magnétique et le champ électrique permet de les rapprocher des rayons canaux ; la
- g
- valeur du rapport - est du même ordre, leur m
- vitesse cependant un peu plus grande. Les expériences extrêmement ingénieuses de Rutherford et Geiger(i9o8) sur la nature et la charge des particules a émises par le radium, nous précisent leur nature, et sont, du plus haut intérêt au point de vue de notre connaissance de la matière ; nous les décrirons brièvement en soulignant, dès maintenant, la véritable impression d’art qui s’en dégage.
- Si l’on peut déterminer, par une méthode' directe, le nombre des particules y qu’émet une quantité donnée de radium (i gramme, par exemple), étendue en couche mince, la charge d’une particule s’en déduit facilement par la mesure du courant d’électi'icité positive, transporté par les particules. On peut utiliser, dans ce but , la propriété qu’elles possèdent d’exciter la phosphorescence d’une préparation de sulfure de zinc
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- chaque particule, en frappant la préparation, produit une petite lueur fugitive. Si l’expé-. rience est relativement facile, son principe même exige une vérification ; car il n’est pas sûr que toutes les particules a soient capables d’exciter la phosphorescence. Aussi Rutherford et Geiger ont-ils utilisé une méthode de numération électrique ; chaque particule a est décelée par l’ionisation qu’elle provoque en passant entre les deux armatures d’un condensateur; la différence de potentiel appliquée au condensateur est suffisante pour donner lieu à l’ionisation par choc et à l’amplification considérable de courant (quelques milliers de fois), qui en résulte. Le courant qui traverse le condensateur devient alors mesurable avec un électromètre ordinaire; un dispositif spécial (résistance radioactive) établit une fuite constante à l’électro-mètre et l’empêche de rester chargé de façon permanente ; il reçoit ainsi une impulsion au passage de chaque particule et revient vers son zéro. Les particules « sont émises dans un vide assez poussé et pénètrent dans l’appareil déceleur par une fenêtre étroite ; la distance de cette fenêtre à la source et ses dimensions sont telles qu’il pénètre 3 à 5 particules par minute, de façon que l’électromètre revient au repos entre deux passages. Le corps radioactif était la mince couche de radium G que l’émanation dépose sur un corps qui y est exposé pendant un temps suffisamment long (3 heures) ; son activité, variable pendant l’expérience, peut être comparée à celle d’un gramme de radium ; comme l’émission de particules a se fait dans toutes les directions également et avec la même vitesse, lorsque le dépôt radioactif est en couche mince, les dimensions de l’appareil permettent de calculer quel est le nombre total de particules émises par le radium C, en expérience et, par conséquent, par un gramme de radium; un gramme de radium émet 3,4 X io10 particules a par seconde. La mesure est confirmée par la méthode qui utilise la numération des scintillations observées sur un écran de sulfure de
- zinc; l’accord est meilleur «qu’on ne pouvai l’espérer.
- La mesure du courant total d’électricité positive émis par le radium conduit à attribuer à chaque particule a une charge égale à 9,3 X io10 unités électrostatiques G. G. S. ; Rutherford et Geiger en déduisent qu'une particule « porte deux fois la charge élémentaire pour laquelle ils admettent la valeur e == 4)65 x iolû (valeur sans doute un peu forte comme la précédente). Le rapport
- C
- — déterminé par la méthode des déviations m
- vaut 5,07 X 103 ; pour l’hydrogène dégagé de l’électrolyse de l’eau, le même rapport vaut 9,63Xio3;le poids atomique du gaz, constitué parles particules a qui portent une double charge, serait donc de 3,84; celui de l’hélium est 3,96. Gomme l’hélium est un produit de désagrégation constant du radium, Ruther-ford en conclut que la particule a n’est qu’un atome d’hélium chargé positivement. L’expérience nous fournit donc à la fois une nouvelle détermination de la charge élémentaire d’électricité et nous précise la nature du rayonnement positif, dont l’élément nous apparaît encore comme un atome-ion.
- Les rayons (3 du radium nous permettent, à leur tour, d’avancer plus loin dans notre connaissance de l’électron. Ils ne forment pas un faisceau homogène, et leurs vitesses sont suffisamment différentes pour nous permettre de constater l’influence de l’augmentation de vitesse de la particule électrisée sur sa masse. Que faut-il entendre par la masse d’un électron ?
- Un corps électrisé en mouvement traîne avec lui une véritable chevelure de lignes de force électriques et magnétiques ; à la mise en mouvement du corps chargé correspond une accumulation d’énergie dans l’éther ambiant, à tout ralentissement, une diminution d’énergie ; comme il n’y a, en réalité, dans le milieu qui l’entoure, aucune dissipation d’énergie sous forme de chaleur, l’effet est équivalent à un accroissement d’inertie du corps en mouvement, comme
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dans le cas d’un solide se déplaçant à l’intérieur d’un fluide parfait. L’inertie d’un corps électrisé, en mouvement, se compose donc de deux parties ; l’une correspond à la notion ordinaire d’une certaine quantité de matière, l’autre, de nature purement électromagnétique, est d&e à la charge électrique. L’accroissement de masse que le corps électrisé doit à sa charge et à sa vitesse peut se calculer, en appliquant la théorie électromagnétique de l’éther; très petit et constant tant que la vitesse du coi'ps est faible devant celle de la lumière, il deviendrait infini pour cette vitesse même. La loi suivant laquelle se produit la variation dépend des hypothèses faites sur la forme et les propriétés du corps électrisé. Max Abraham avait supposé un électron sphérique et rigide; Lorentz imagine, au contraire, conformément au principe de relativité, qu’il subit une contraction dans le sens du mouvement. L’expérience seule pouvait nous dire quelle portée nous devions attribuer à ces théories.
- Kauffmann a pu étudier les rayons (3 du radium dont la vitesse de translation approche de celle de la lumière et varie dans des proportions assez notables. Ces expériences, devenues classiques, consistent à impressionner, par un mince faisceau de rayons j3, une plaque photographique placée normalement à leur trajectoire libre, après que les rayons ont subi, dans deux directions rectangulaires, une déviation magnétique et une déviation électrique. Il est ainsi possible pour chaque espèce de rayons de me-£
- surer le rapport — et la vitesse. L’expérience
- montre* que la masse de l’électron augmente avec sa vitesse, etqueraccroissement observé est en accord satisfaisant avec les formules d’Abraham ou de Lorentz, loi’squ’on y suppose nulle la partie matérielle de l’inertie., La masse de l’électron serait donc d’origine purement électromagnétique. La forme si particulière de matière qui constitue les rayons cathodiques et les rayons (3 ne serait que-l’élément d’électricité négative débarrassé
- T. XI (2° Série).— K° 29.
- de tout support matériel ; autant que cela ait du moins un sens de séparer les deux notions de matière et d’électricité.
- Des mesures précises semblent d’ail'leu'rs décider en faveur de la théorie de Lorentz qui suppose l’électron déformable parle meuve ment.
- L’atome.
- Puisque, d’après la théorie de Maxwell, la Lumière est une vibration électromagnétique de l’éther, il est tout naturel de la supposer émise par la vibration de charges électriques à l’intérieur de l’atome, au moins dan® le cas où, comme dans les flammes salées, l’émission de lumière apparaît comme une propriété de l’atome du métal dont le sel est dissocié. La durée d’oscillation des charges électriques détermine la position des raies dans le spectre et tout changement de cette durée doitse traduire par un déplacement de raies.
- En. nous tenant à la forme simple de la théorie de Lorentz, les centres électrisés évoluent dans l’atome comme s’ils étaient attirés par une force centrale. L’atome apparaît comme une sorte de système solaire en réduction infime, dont les corpuscules électrisés sont les planètes. Un champ magnétique doit troubler les périodes de vibration:; agissant comme dans les expériences de déviation sur les rayons cathodiques ou les rayons canaux, il produit, sur la particule électrisée, une force centrifuge ou centripète suivant le cas, dont l’effet est de modifier la fréquence de là lumière émise ; s’il augmente, par exemple, la fréquence de la vibration d’une particule négative, tournant autour de lui dans un certain sens (force centripète), il diminue la fréquence des particules positives qui tournent dans le même sens (force centrifuge) ou des particules négatives qui gravitent en sens contraire.
- Examinons comment est modifiée la lumière émise dans la direction du champ magnétique ; la vibration de la particule électrisée peut se décomposer en trois compo-
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- santés rectangulaires, l’une parallèle au champ, les deux autres normales à la première; seules ces deux dernières donnent lieu à une propagation de lumière, dans le sens du champ ; on voit aisément que, sous l’influence du champ magnétique, elles fourniront deux vibrations polarisées circulaire-ment en sens contraire, l’une de fréquence plus élevée que la vibration primitive, l’autre de fréquence moins élevée ; la raie spectrale sera dédoublée.
- L’observation dans une direction perpendiculaire à celle du champ magnétique montrera l’existence de trois raies (triplet), dont une raie centrale, non influencée par le champ magnétique, et qui provient de la composante de la vibration parallèle au champ; elle est polarisée rectilignement. Les composantes normales au champ four_ nissent les deux autres raies, l’une de fréquence plus élevée, l’autre de fréquence moins élevée que la raie primitive et qui seront, dans les nouvelles conditions d’observation, polarisées rectilignement à angle droit de la première.
- Telle est la théorie simple de l’efEet Zee-mann normal; l’hélium le présente pour toutes ses raies. L’expérience montre que l’effet du champ magnétique sur les raies spectrales est bien celui que la théorie prévoit. La polarisation des vibrations circulaires, dans un champ magnétique donné, nous permet, en outre, de constater que l’émission n’est due qu’à des charges négatives en mouvement; enfin les mesures faites sur la modification de la fréquence (écartement des raies) attribuent au rapport — des
- m
- particules en mouvement la même vàleur qu’aux corpuscules cathodiques ; ce sont donc des électrons.
- Il s’en faut malheureusement que la théorie simple de Lorentz soit suffisante pour expliquer et prévoir tous les phénomènes de l’électro-magnétisme. L’existence de quadru-plets, de sextuplets, etc., les écartements de raies anormaux que présentent bien des corps,
- les polarisations circulaires contraires à celles que produiraient des électrons négatifs, etc., sont autant de faits qui n’ont pas reçu d’explication électronique satisfaisante; l’accord quantitatif trouvé dans le cas de l'effet Zee-mann normal n’en constitue pas moins un fait de la plus haute importance et personne ne peut songer à l’attribuer au hasard.
- Arraché au système planétaire où il évoluait, l’électron constitue le rayonnement cathodique, le rayon $ du radium, etc. ; l’atome privé d’un ou plusieurs électrons fournit un atome-ion positif. Dans le cas de l’électrolyse, et pour des ions monovalents, par exemple, l’ion négatif porte un électron en plus; l’ion positif en a perdu un.
- Dans le bref résumé que nous présentons, il est impossible de mentionner tous les développements auxquels donne lieu la conception des électrons. Nous aurons l’occasion de revenir sur les théories électroniques des métaux, du magnétisme, etc.
- Qu’il nous soit permis, pour terminer, d’insister sur le caractère des théories ionis-tiques et électroniques. La discontinuité de la matière et de l’électricité, qui est leur fonds véritable, reste une hypothèse ; cependant la nature hypothétique de nos conceptions actuelles ne tient pas au défaut de vérifications expérimentales ou au manque de précision; elles n’ont jamais été mises en( contradiction avec l’expérience et se sont montrées fécondes, ce qui est le véritable critérium de leur valeur ; mais il est dans la nature même de leur objet d’échapper aux investigations de nos sens ; nous ne pouvons espérer voir, par exemple, des objets possédant les dimensions atomiques parce qu’ils sont très petits devant les longueurs d’ondes delà lumière. Peut-être serait-il plus juste,devant le superbe développement des théories atomiques et ionistiques, d’accorder à la discontinuité de la matière et de l’électricité la valeur d’un véritable principe scientifique.
- M. Joly,
- Agrégé des Sciences Plijsir|ucs.
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- T. XI (2* Série). — N° 29.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Mesures de réactance et d’induction mutuelle dans les circuits à courant alternatif. — G. Grassi. |— Comptes rendus] de l’Académie des Sciences Physiques et Mathématiques de Naples, fasc. 3, 4, 1909, et Elettricista, i5 février 1910. .
- L’objet de cette note est de faire connaître une méthode qui permet de mesurer la réactance et le coefficient d’induction mutuelle dans les circuits parcourus pâr des courants alternatifs, en se servant d’un électrodynamomètre quelconque dont il n’est pas nécessaire de connaître la graduation ni la constante, attendu que dans chaque cas on le ramène au zéro.
- ' Il ne s’agit pas d’une méthode de précision, ni de grande sensibilité ; elle est en tout cas digne de considération, puisqu’elle peut être d’une application facile et utile dans beaucoup de cas où il faut connaître, au moins avec une certaine approximation, les coefficients d’induction d’un circuit.
- Le principe de la méthode est de faire agir sur l’électrodynamomètre deux courants dérivés en parfaite quadrature.
- On sait qu’il est en général possible d’obtenir deux courants en quadrature, dérivés d’un môme circuit alternatif si, entre les deux dérivations, il y a mutuelle induction (fig. 1).
- Fig. 1.
- Supposons le courant alternatif sinusoïdal de fréquence f et soient X et X, les réactances des deux circuits dérivés de résistances 7’et Soit, en outre, M le coefficient d’induction mutuelle et p, = 2tc/'M.
- On établit aisément que, pour que I et I, soient en quadrature, il faut que l’on ait la relation :
- /•/q + (X — p.) (X, — p.) = o (1)
- à laquelle s’ajoute toutefois l’autre condition nécessaire [J.2 < XX, puisque pratiquement il sera impos-
- sible d’éviter la dispersion magnétique, si petite qu’elle soit, et que de toute façon p.2 ne pourrait jamais être supérieur à XX,. Mais il y a une autre condition nécessaire : l’équation en p. (1) donne deux racines ; pour qu’elles soient réelles, il faut que l’on ait (X4 — X)2 > 4/v, (2).
- Il est en outre aisé de voir que, des deux racines réelles, l’une n’est pas admissible, parce qu’elle serait en contradiction avec la condition p2 < XX,.
- La disposition de la figure 1 permet bien d’obtenir les deux courants en quadrature, mais en pratique elle ne se prête pas bien aux mesures. L’auteur préconise la disposition suivante, qui permet d’obtenir les deux courants en quadrature avec moins de restrictions.
- Les deux circuits soumis à l’induction mutuelle sont AB et CB (fig. 2) ; sur l’un d’eux, AB, est placé en dérivation un circuit de résistance i\ et de réactance X,.
- Les circuits AB et CB ont respectivement les résistances et réactances r, X; 7o, X0; le circuit CB est parcouru par le courant total I0 = I —j— I,.
- La condition pour que les deux courants soient en quadrature devient alors :
- l't'i + (X -j- p.) (X, — p.) = o (3)
- ce qui donne :
- p. = - a X ±^ y/(x + *i)s + 4 (4)
- Les racines sont toujours réelles, toutes les deux, quelles que soient les valeurs de r, X et X,, et il n’existe aucune condition restrictive, parce que le circuit de réactance X, est placé de façon à ne pas exercer d’induction mutuelle sur le circuit r.
- On*rcmarque que, lorsque la condition (3) est satisfaite, c’est-à-dire lorsque les courants sont en quadrature, leur rapport prend la forme (/ étant l’unité imaginaire) :
- L _ . /
- I y Xt — p.
- OU
- L . X + p.
- 1 1 n •
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- Par conséquent, si nous désignons par i et ix les valeurs absolues des deux courants (ou même les valeurs efficaces directement mesurables), on aura :
- et, pour Xt — o, c’est-à-dire quand on place en /’i une résistance non inductive, la valeur absolue de
- [x devient jxr(6).
- ii
- Si l’on connaît X, l’équation (4) donne, pour Xi = o,
- réelle, on a la condition pour que I0 et I soient en quadrature, c’est-à-dire
- (/' /*i) 7*i -f- (X -f- Xi) (Xi - |X) — O.
- Toutefois, remarquons immédiatement que, dans ce cas, la valeur de la résistance 7*i n’est pas celle qui apparaît dans les relations précédentes; il convient de mettre cela en évidence en remplaçant ?\ par 7*2 dans la dernière équation, et écrivant
- (r + ^*2) ;,2 + (^ + (^i — F*) = <> (8)
- Ces formules démontrent qu’il est possible d’obtenir les deux courants en quadrature parfaite avec des intensités quelconques et même avec des intensités égales. Ainsi, par exemple, si le circuit dérivé n’est pas inductif, la relation (G) subsiste et les deux courants sont d’intensité égale quand r — [x.
- Au lieu du rapport entre les deux courants dérivés, on peut mettre en évidence, dans l’équation (G), le
- On a ainsi deux équations, l’équation (3) et l’équation (8), qui permettent de calculer *x et X quand on connaît les résistances et que la réactance est connue ou négligeable.
- L’on peut avoir d’autres relations utiles en permutant les circuits r et /*0, c’est-à-dire en portant en C l’extrémité A (fig. 2) du circuit 7*, comme on le voit dans la figure 3. Si l’on fait alors varier les résistances de manière à obtenir que les deux courants /0 et ii soient en quadrature, nous aurons une relation semblable à (5), où l’on pose 7*0 et X0 à la place de 7* et
- ^MAAAAAAn
- -AMMMMr r B c r -vwwwvv*
- c n
- nAAAWM^
- Fig.
- B
- r
- Fig. 3.
- rapport entre le courant dérivé iL et le courant principal 7*0. En effet, quand les deux courants dérivés sont en quadrature, on doit avoir i0ü = i2 -|- i* et en éliminant i entre cette équation et l’équation (G), on obtient
- t5)
- La même disposition des circuits permet de ramener en quadrature parfaite le courant principal avec un des courants dérivés. En effet, de même qu’en général
- i0 = i + i, =1 (i+t)’
- on a
- Io __ r -f- /’o -J (X - Xj)
- 1 >*1 —j (Xi — [X)
- et, par le procédé connu, en égalant à zéro la partie
- de X, parce que le circuit r a pris la place du circuit /0. On devra substituer à 7*1 une autre valeur de la résistance du même circuit, que nous appellerons /*3. On aura :
- /’o/,3 + (*0 F*) (^1 - V*) ~ O* (9)
- Finalement, en faisant varier la résistance de façon à mettre en quadrature les courants /0 et 7, on obtiendra une relation semblable à (8) en permutant encore r et X avec /*0 et X0 et mettant à la place de /'3 une nouvelle valeur Soit
- (7*0 4- /vJ i\ -f- (X0 -j- Xt) (Xt — (x) — o. iio)
- On a donc les quatre équations (3) (8) (9) et (10) qui permettent de calculer Xi, X0 et |xct d’éliminer Xt. Si cette dernière réactance était négligeable, il suffirait de trois des équations précitées pour déterminer les réactances des deux circuits donnés et leur induction mutuelle.
- Les méthodes de mesure qui découlent de ces dis-
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- T. XI (2« Série). — N° 29.
- positifs exigent essentiellement et uniquement l’emploi d’un électrodynamomètre dont les deux bobines soient insérées dans les deux circuits qui doivent être parcourus par les courants en quadrature. Une résistance variable constitue le circuit dérivé et cette résistance est modifiée en divers cas jusqu’à ce que l’électrodynamomètre marque zéro.
- Si l’on veut utiliser les équations (5), (6) ou (7) ou d’autres semblables qu’il serait facile d’établir, jjour déterminer g. par des mesures d’intensités, il faut insérer des ampèremètres dans les circuits considérés, outre l’électrodynamomètre comme il a été dit.
- En outre, les relations (3), (8), (9) et (10) donnent
- Fig. 4-
- lieu à des méthodes où il faut ramener au zéro l’électrodynamomètre ; il faut cependant toujours connaître les résistances. A ce propos, remarquons que pour connaître les diverses valeurs de la résistance du circuit dérivé /, particulièrement quand ces résistances sont petites, il pourra être bon, dans certains cas, de mesurer dans ce circuit l’intensité du courant et la chute de potentiel entre les extrémités.
- La disposition des circuits pour appliquer la méthode et répéter les diverses observations est celle qui est indiquée parla figure 4- Les deux circuits qui exercent entre eux de l’induction mutuelle sont A a et Ac. Le circuit Ab doit être formé par une résistance non inductive, si possible.
- Les trois circuits sont réunis à une extrémité en A et aboutissent, par leurs autres extrémités, aux trois godets à mercure a,b,c d’un commutateur à six contacts. Aux contacts a' et c', arrive le courant alternatif d’alimentation, sinusoïdal autant que possible.
- C. B.
- TRACTION
- L’omnibus pètroléo - électrique, système Daimler. — The Electricien, ier juillet 1910.
- Ce type de voiture comporte plusieurs traits nouveaux. La Compagnie Daimler qui exploite les brevets Knight, Lanchester et Pieper (K. L. P.) s’est proposé, en adoptant cette conception, la réduction
- du poids du véhicule, conjointement avec un minimum d’encombrement des parties saillantes, la simplification et l’accessibilité du mécanisme et de la .commande.
- La principale innovation réside dans la suppression du châssis, cette forme généralisée de construction de toutes les automobiles. De ces deux éléments constitutifs : châssis et caisse, le premier, quelle que soit sa structure, résiste aux efforts durant la marche; le second n’a qu’à supporter le poids des voyageurs.
- L’abandon du châssis a conduit à la fabrication d’une caisse en acier sur les flancs et au bas de laquelle sont rapportés les groupes moteurs, dans l’intervalle d’empâtement des essieux. Cette disposition des moteurs, en pleine lumière, au surplus facilement déplaçables pour une réparation, confère un avantage au service d’entretien, avantage susceptible de prendre une grande valeur dans une exploitation régulière et intense.
- Chaque roue d’arrière est attaquée séparément, au moyen d’un engrenage hélicoïdal, par un groupe comprenant un moteur à pétrole et un moteur électrique couplés sur le même arbre. De ce fait, résultent une diminution du poids de l’essieu d’arrière et l’élimination du différentiel.
- Les constructeurs de ce véhicule 11e marquent pas de faire ressortir combien est facilité l’examen du groupe moteur, l’âme de tous ces systèmes. Si une réparation s’impose, le démontage s’opère rapidement ; on substitue au groupe avarié un groupe en bon état et l’immobilisation de la voiture est réduite ainsi à un minimum.
- Une batterie d’accumulateurs complète les parties essentielles de l’équipement et débite sur les moteurs électriques. Mais à vide, ceux-ci fonctionnent en génératrices et rechargent la batterie. La marche arrière est d’ailleurs assurée par les moteurs électriques seuls. Ceci permet de supprimer les dispositifs de changement de vitesse et de renversement de marche.
- Signalons encore une autre nouveauté : c’est l’emploi de roues à rayons métalliques qu’on n’a guère vu adopter dans les véhicules de poids lourds ; elles ont aussi un diamètre plus grand que les roues ordinaires ; le roulement de la voiture en sera certaine-mefSfc adouci. 11 semble que dans la coordination générale des éléments de ce véhicule de transport en commun, on ait principalement visé l’économie du poids, sans rien sacrifier de la solidité, économie qui est toujours si intimement liée aux dépenses d’entretien. E. D.
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- sa
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Commande électrique centrale dans Fin -dustrie textile. — G. Zaretti. — L'Industrie, ao mars igio.
- Les systèmes de distribution d’énergie mécanique dans les grands établissements de l’industrie textile peuvent se réduire à trois :
- i° Commande centrale, quand la motrice est unique ou que les diverses motrices, placées dans un local unique, actionnent ensemble les transmissions principales ;
- a0 Commande par groupes, quand à chaque groupe de machines est affecté un moteur distinct;
- 3° Commande individuelle, quand chaque machine est actionnée par un moteur approprié.
- Quel est le système le meilleur? Les avis diffèrent et ce désaccord paraît provenir de ce que l’on prétend généraliser, tandis qu’il convient, dans chaque cas, détenir compte d’une foule de circonstances: machines spéciales de l’industrie en jeu, genre de machines opératrices, disposition des locaux, frais de personnel et d’exploitation, rendement des moteurs, etc., etc.
- La commande centrale est la première en date, parce qu’elle est la seule pratique, quand on ne possède pas la distribution d’énergie par l’électricité, mais, dans certains cas, môme avec le courant électrique, ce système de commande permet encore de réaliser d’importantes économies.
- Un exemple en est fourni par l’Etablissement L. Schilling et Gle de Turin, où l’on prépare, file, tortille et teint les laines peignées.
- A l’origine, les ateliers étaient desservis par une transmission longitudinale, actionnée par un moteur électrique vers le milieu de son parcours. Par suite du développement de l’industrie, le nombre des moteurs a été porté à quatre, deux de i-oo chevaux et deux de y5, tous sur la même transmission mais placés respectivement de chaque côté. Lorsque cette puissance totale de 35o chevaux fût devenue insuffisante, on a voulu, tout en augmentant l’énergie, en améliorer l’emploi. Dans ce but, on a, tout en conservant la commande centrale, dont la disposition générale des ateliers indiquait le maintien, remplacé les quatre moteurs par un seul de 6oo chevaux directement accouplé à la transmission principale par deux joints rigides.
- A la suite d’un concours entre diverses maisons de construction de machines électriques pour la fourniture d’un moteur de 6oo chevaux, 3oo tours, cou-
- rant triphasé, 3 ooo volts et 5o périodes, un moteur a été mis en service depuis janvier 1909; au point de vue de l’échauffement, le maximum de température constaté n’a pas atteint 35° au-dessus de la température ambiante; le rendement, quia été de 92% à pleine charge et de 8g % à demi-charge, est très bon dans toute la zone comprise entre la demi-charge et 20 % de surcharge. O11 peut réaliser une économie de 8 à 10 % , suivant la charge, sur la consommation des quatre moteurs antérieurement en service.
- G.13.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Action calorifique des électrodes sur le tour, et perte minimum aux électrodes. —C.Hering. — Metollurgical and Chemical Engineering, avril 1910.
- L’étude de l’action calorifique des électrodes sur le four peut conduire à la détermination des éléments du four; celle de la perte aux électrodes, également. A priori, les conditions trouvées en partant de l’un ou l’autre point de vue peuvent être incompatibles. En tenant compte simultanément des deux phénomènes, le constructeur peut choisir les meilleures proportions.
- Les articles précédents de l’auteur ont montré que, dans le cas où la variation de conductibilité avec la température est négligeable, les conditions de non refroidissement par les électrodes sont identiques à celles de la perte minima d’énergie aux électrodes. Il montre ici que, même si l’on tient compte des variations de la conductibilité, la même conclusion subsiste, car les termes de corrections ainsi introduits se trouvent être négligeables dans tous les cas pratiques.
- M. L.
- Traitement préalable du fer avant F étamage ou la galvanisation ('). — H. Howard. — Me-tallargical and Chemical Engineering, avril 1910.
- Les tôles étamées sont souvent imparfaites, par suite de la présence de piqûres dans le métal protecteur, ces piqûres devenant des centres d’oxydation. Elles proviennent le plus souvent d’un décapage acide, cpii a laissé par endroits des traces d’acidité.
- (4) Brevet américain n° 949 5y5, du i5 février 1910.
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- Pour obvier à cet inconvénient, M. Henry Howard de Boston (Massachusetts) a fait breveter le procédé suivant.
- Après un décapage acide, on lave à l’eau ou mieux en solution alcaline, puis l’objet décapé est plongé dans un électrolyte alcalin, où il sert de cathode. Comme électrolyte, on peut employer un hydroxyde ou un carbonate. Il se forme de la soude à la surface des tôles, et l’hydrogène est mis en liberté. Les surfaces ainsi traitées résistent beaucoup mieux à la corrosion, par suite de la disparition des traces acides.
- M. L.
- BREVETS
- Mode* d’application des ondes hertziennes à la mesure des distances. — M. Legras et R. Pilliet. — N° 409 932, publié le 6 mai *910.
- On a déjà eu l’idée d’utiliser les ondes hertziennes pour assurer la sécurité de la navigation soit en recherchant à réaliser la direction des ondes, soit en essayant de' mesurer l’énergie radiée par un poste d’émission et, par suite, d’en déduire la distance correspondante.
- Les essais tentés jusqu’à ce jour dans ces deux voies ne sont pas assez concluants pour qu’on puisse regarder le problème comme résolu.
- Il s’agit ici d’un nouveau procédé d’utilisation des ondes hertziennes pour la mesure des distances en général, et particulièrement en mer par temps de brume.
- On a recours pour cela à l’appareil à champs tournants dû au professeur Riccardo Arno et dont le principe sera exposé plus loin. Cet appareil se prête d’autant mieux au but poursuivi qu’il est à la fois très sensible et très robuste.
- L’énsemble des appareils relatifs à la présente invention comprend, réunis dans un même endroit :
- i° Un poste d’émission d’ondes hertziennes rayonnant une énergie constante ;
- 20 Un poste de réception, comportant, en plus des appareils habituellement employés, l’appareil de Riccardo Arno (fig. 1).
- L’énergie rayonnée par les différents postes installés à terre ou à bord devra être la même, la période et l’amortissement des antennes, identiques. Il est facile d’obtenir cette dernière condition en se servant d’antennes identiques et de dispositifs identiques d’accord. Quant à l’énergie rayonnée, elle peut être mesurée à un facteur constant près et par suite
- il est facile de la maintenir à une valeur bien déterminée.
- Le poste d’émission comprend les appareils habituellement employés. L’excitation de l’antenne est indirecte pour faciliter l’accord de tous les postes entre eux.
- Fig. 1.
- Le poste de réception (fig. 1) comporte :
- i° Des appareils indicateurs;
- 20 Un appareil à champ tournant permettant d’évaluer les distances.
- Les appareils indicateurs peuvent être un de ceux habituellement employés : de préférence un cohé-reur, parce qu'il permet lui-même l’emploi d’un appareil Morse laissant des signaux écrits et dont la bande devra se dérouler à vitesse constante pour permettre de déduire l’intervalle et les durées d’émission d’un poste d’après le simple examen de la longueur de bancle déroulée.
- L’appareil permettant d’évaluer les distances, dû au professeur Riccardo Arno, est fort intéressant. C’est une application du principe suivant :
- Lorsqu’un disque ou cylindre en matière magnétique, placé dans un champ magnétique tournant, est en outre soumis à l’action d’un champ périodique, on constate une variation dans Vhystérésis du disque ou cylindre employé.
- On constate en outre (et c'est cette propriété qui est utilisée ici) que pour une intensité et une fréquence convenables du champ magnétique tournant, l’hystérésis du cylindre ou disque diminue à mesure que l'intensité du champ périodique augmente et augmente au contraire en même temps que la. fréquence de ce champ périodique.
- Voici comment ces principes ont reçu une application (fig. 2 et 3).
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- Deux petits cylindres magnétiques en acier 43 et 44 parfaitement identiques sont reliés rigidement et suspendus au moyen d’un fil dans deux champs tournants égaux mais de sens contraires et créés par des courants polyphasés ; par exemple par deux séries de bobines triphasées 46, 47) 48 et 49, 5o et 5i alimentées par un petit alternateur triphasé 5a.
- Des résistances 56, 57 et 58 et des ampèremètres 53, 54 et 55 permettront de régler les courants dans les bobines, à l’intensité voulue et d’obtenir la parfaite égalité des champs tournants. Or, chaque cylindre magnétique, par suite des phénomènes d’hystérésis, est soumis à un couple ; mais les deux champs tournants et aussi les couples étant de sens contraire, l’ensemble des deux cylindres 43, 44 restera donc immobile.
- Fig. a.
- Fig. 3.
- Dans le champ tournant supérieur, entre les trois bobines 46, 47 et 48 et le cylindre 43, est disposée une bobine creuse verticale 45 dont l’une des extrémités peut être reliée à l’antenne et l’autre à la terre par l’interrupteur 3o.
- Si des oscillations hertziennes sont reçues par l’antenne, un courant périodique de haute fréquence traversera la bobine 45 et produira, d’après le mode de montage adopté, une diminution de l’hystérésis du cylindre magnétique 43, et par suite une diminution du couple appliqué à ce cylindre. L’ensemble des deux cylindres 43, 44) ne sera donc plus en équilibre et tendra à tourner dans le sens du champ tournant créé par les bobines 49, 5o, 5i.
- Un couple antagoniste résultant de la torsion du fil arrêtera cette rotation à une certaine déviation.
- Dès lors, si l’on suppose un poste d’émission fixe et un poste de réception mobile : à mesure que la distance séparant les deux postes diminuera, l’intensité du courant périodique circulant dans la bobine 45 croîtra évidemment, et il en sera de même de la déviation de l’équipage mobile. L’appareil pourra être directement gradué en distances.
- L’appareil à champ tournant pourra être construit
- «
- tel qu’il est représenté aux figures 2 et 3, c’est-à-dire en prévoyant une suspension mono ou bifilaire pour l’équipage mobile des deux cylindres magnétiques.
- Toutefois à bord des bateaux un tel appareil 11e serait pas d’un usage commode et il sera nécessaire d’employer un dispositif tel que celui de la figure 4 : les deux cylindres 48, 44 sont suspendus entre pivots et la liaison de leurs déplacements sera obtenue par exemple par de très légères roues dentées 5g, 60, 61, 62, l’arbre des deux roues 60, 62 étant également soutenu entre pivots. Un ressort 63 placé sur cet arbre créera le couple antagoniste nécessaire pour arrêter la rotation.
- Enfin la bobine 45 devra évidemment avoir une impédance convenable pour faciliter l’accord à la réception.
- Voici maintenant comment fonctionneront les appareils décrits ci-dessus.
- Fig. 4.
- En pratique, ils seront surtout installés sur les points dangereux des côtes et à bord des navires de quelque importance.
- Par temps clair la facilité qu’on a de faire le point rend inutile l’emploi de l’appareil à champs tournants mesureur de distances, et l’installation pourra fonctionner comme une installation ordinaire de T. S. F.
- Supposons maintenant que le temps soit brumeux : un navire muni de ces appareils fera à intervalles réguliers (par exemple, toutes les deux ou trois minutes) des émissions d’ondes en nombre et durée variables (par exemple, deux émissions de 10" ou une de i5”, etc.).
- Un code international pourrait déterminer le nom. bre, la durée et l’intervalle des émissions d’après la nationalité ou le tonnage du navire, par exemple. Le même code donnera les caractéristiques d’émission des postes de la côte absolument comme. Y Annuaire des Phares donne l’éclat et la durée de leurs feux.
- Aussitôt après chaque émission, le navire mettra son antenne dans la position de réception.
- Le navire saura immédiatement, d’après lés indications du Morse, si un autre navire ou un poste fixe se
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- trouve dans son voisinage. Les signaux enregistrés sur la bande du Morse lui donneront soit l’identité du poste fixe, soit certains renseignements sur le navire voisin.
- Une simple lecture de la déviation de l’appareil à champ tournant lui donnera la distance correspon-
- dante à chaque émission. Le navire pourra donc suivre sa route de façon précise.
- Une énergie de lo kw. paraît suffisante pour 1Jalternateur du poste d’émission, et une longueur d’onde de 3oo à 4oom paraît être celle qui devrait de préférence être adoptée.
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Alterrtating Current Motors. — A.-S. Mc. Allister (3° édition). — i volume in-8° raisin de 322 pages avec,i38 ligures. — Mc, Gjiaw Hill B’ook C°, éditeurs, New-York.
- On nous pardonnera de donner un peu tardivement la bibliographie de cette nouvelle édition du travail si justement réputé deM. Mc. Allister, édition qui suit de très près les deux premières et qui montre bien le succès sérieux qu’a remporté cet excellent traité.
- Cette troisième édition, très augmentée sur quelques points, l’est plus particulièrement sur l’emploi du moteur synchrone comme condensateur ou mieux générateur de courant déwatté et sur les .moyens d’atténuer les étincelles dans les moteurs monophasés à collecteur; ces deux questions font chacune l’objet d’un chapitre nouveau.
- M. Mc. Allister fait un effort très important pour bien mettre en évidence le décalage dans le temps ou déphasage, le décalage électrique dans l’espace, et le décalage mécanique; ces deux derniers diffèrent simplement en ce que le premier est ramené à la machine bipolaire. C’est là un progrès sérieux au point de vue didactique et dont la notion, d’ailleurs bien connue, devrait être adoptée universellement sous la forme simple que nous lui donnons ici de déphasage et de décalage en fraction de pôle.
- L’étude des moteurs asynchrones a été très étendue et mise à jour avec les perfectionnements divers apportés dans ces dernières années.
- En résumé, le traité de M. Mc. Allister reste une des meilleures études didactiques sur les moteurs a courants alternatifs simples ou polyphasés. •
- G.-F. Güilbert.
- VOLUMES REÇUS
- La télégraphie sans fil, la télémécanique et la téléphonie sans fil à la poi'tée de tout le monde (5e édition), par E. Monier..— i volume in-8° couronne de 198 pages avec 25 figures. —H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 fr.5o.
- Alcune Misure sopra un condehsatore a cel-luloïde, par G.Vallauri.— Extrait des Atti delVAsso-ciazione elettrotecnica italiana, Milan.
- Pratique de l’installation électrique dans l’habitation, par Richard Berger. — t volume in-8° carré de 352 pages avec 446 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: cartonné, 5 francs.
- Les inventions industrielles et d’utilité générale à réaliser, par Hugo Michel, 3° édition française traduite de -l’allemand, par L. Du vinage. — Brochure in-8° raisin de 88 pages. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 3 francs.
- Machines électriques, par A. Mauduit. — 1 volume in-8° raisin de 930 pages avec 566'figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.— Prix : broché, 25 francs; cartonné, 27 francs.
- Uber Ausschaltvorgânge und magnetische Funkenlôschung, par le D> Erich PhiliSppi. — Brochure in-4° de 62 pages avec 44 figures. — Leoniiaud Simion, éditeur, Berlin. — Prix : 3 m. 5o,
- L’électricité dans les mines,par A. Gambette.
- — i volume in-8° raisin de 203 pages avec 112 figures. — Ramlot, éditeurs, Bruxelles. — Prix : broché, 5 francs.
- L’électricité dans les carrières, par A. Lam-botte. —Brochure in-8° raisin de 19 pages avec 9 figures,
- — Rajilot, éditeurs, Bruxelles. —Prix : broché, 2 francs.
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- VARIÉTÉS
- L’organisation des ingénieurs-èlectiùciens pour la rechei'che des situations industrielles.
- Les considérations que nous faisons valoir ici sont générales, mais nous nous bornerons à les appliquer à l’industrie électrique française, par crainte d’aborder un sujet qui serait sans doute d’un éminent intérêt, mais beaucoup trop vaste, et exigerait une documentation particulièrement difficile à réunir d’une manière complète.
- En nous en tenant, au contraire, au problème particulier du recrutement du personnel d’ingénieurs dans l’industrie électrique, nous aurons l’avantage de pouvoir prendre pour points de départ des quelques réflexions qui vont suivre un petit nombre de faits bien nets et sur lesquels l’accord est général.
- Par exemple, on ne risque de soulever aucune objection en affirmant que les jeunes ingénieurs électriciens ont à l’heure actuelle, en moyenne, d’assez grandes difficultés à trouver dans l’industrie une situation qui leur convienne. Pour quelques-uns, ces difficultés vont même jusqu’àles déterminer à abandonner leur spécialité et à profiter de telle occasion qui se présente pour s’adonner à la mécanique, à la métallurgie, etc... Ajoutons d’ailleurs que cet cc encombrement » n’est pas particulier à l’industrie électrique ; il sévit partout : témoin l’ardeur des jeunes élèves-ingénieurs à se porter vers les industries de création récente et dont ils espèrent des débouchés nouveaux, par exemple l’aviation.
- Un second fait, c’est l’isolement du jeune ingénieur lorsqu’il vient de quitter les bancs de l’école technique qui l’a formé. Cet isolement n’est sans doute que relatif, et nous verrons comment tout à l’heure. En outre, il dépend du earactèrede chacun, de l’indolence ou de l’énergie individuelles, de la sociabilité, du scepticisme, etc.
- Mais, d’une manière générale, onn’estpas bien loin de la vérité en disant qu’au sortir de l’école chacun « joue des coudes » pour son propre compte, et fait sa carrière comme il l’entend ou comme il le peut.
- Le résultat, c’est que l'ensemble des jeunes
- ingénieurs qui sortent chaque année des différentes écoles techniques constitue un corps qui n’est pas organisé. Le poids de cette erreur collective retombe tout entier sur chaque individu. Le fonctionnement général de la société, à notre époque, tend de plus en plus à écraser les isolés, et, qu’on le regrette ou non, il y a là un fait positif dont on doit prendre son parti.
- On nous dira que ce tableau est bien poussé au noir et qu’en particulier nous semblons vouloir oublier ces instruments puissants de solidarité, d’information, d’aide mutuelle que sont les a Associations amicales d’anciens élèves ». Nous les oublions si peu que c’est surtout à elles que nous avons songé en écrivant ces lignes.
- C’est en elles, en effet, que se trouve le remède. Quelques-unes sontdéjàsérieusement constituées grâce à l’activité de personnalités isolées qui ont le double et rare mérite de l’initiative et du désintéressement, mais il s’en faut que toutes soient aussi puissantes qu’il serait désirable pour l’intérêt commun et de leurs membres — et de ceux qui croient préférable de rester en dehors de leur action. C’est pour rappeler à tous l’existence de ces sociétés, pour favoriser le groupement des ingénieurs en Amicales, enfin et surtout pour signaler dans quelle large mesure l’action de ces Amicales peut — dès maintenant, et sans attendre que soit vaincue l’inertie des retardataires — être développée, que nous croyons utile, à la veille du jour où les « promotions sortantes » vont quitter leurs écoles respectives, d’exposer les principes d’un programme d’action généralisé dont l'efficacité sera exactement mesurée par l’activité et l’esprit de solidarité de ceux qui sont conviés à le mettre en œuvre.
- . *
- * *
- Une association amicale d’anciens élèves fonctionne, pour l’expédition quotidienne des affaires courantes, c’est-à-dire en premier lieu pour ce qui concerne le jeu des offres et demandes d’emplois, par l’organe d’un comité que nous supposerons (ce qui est d’ailleurs presquedoujours conforme à la vérité), composé de jeunes gens actifs
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- et pleins de dévouement pour leurs camarades. Comme nous venons de le dire, les soucis de ce comité sont de diverses sortes : il prend généralement à tâche d’entretenir ce que l’on peut appeler le côté « sentimental » de l’association : c’est-à-dire de provoquer l!intérêt mutuel entre camarades dans les différentes circonstances de l’existence ; succès scientifiques ou industriels, distinctions honorifiques, événements de famille au besoin. Ceci est sans doute louable, mais, puisque nous sommes en train de considérer les choses au point de vue pratique et terre à terre, si l’on veut, il faut bien avouer que l’esprit de notre époque est fait de telle manière que jamais une association amicale ne recruterait un nombre avouable d’adhérents si elle bornait là son action. Aussi n’en est-il rien, et est-ce le « placement » dans l’industrie des camarades jeunes et anciens qui est le principal objectif de l’Amicale.
- A cet effet, elle dispose, d’une part, des renseignements fournis (plus ou moins consciencieusement, mais qu’y faire ?) par les membres eux-mêmes, et d’autre part des offres d’emplois que peuvent lui communiquer occasionnellement les maisons industrielles. Lorsqu’une telle offre se produit, l’on avertit rapidement le ou les camarades qui semblent désignés par leurs desiderata.
- Nous connaissons plusieurs associations où ce système fonctionne d’une façon remarquable, et où le dévouement des camarades chargés de ce service obtient des succès d’autant plus méritoires qu’ils sont souvent insuffisamment secondés par les intéressés eux-mêmes. Il arrive ainsi qu’une association amicale ayant inspiré, parson fonctionnement consciencieux et régulier, une confiance générale à l’ensemble des maisons industrielles, sa réputation est faite, et un véritable roulement,continu ou presque,d’offres d’emplois vient absorber, dans une mesure évidemment variable, le flot, incessant celui-là, des demandes formulées par ses membres. Cela déjà suffirait à consacrer la valeur pratique de ces amicales et à leur amener de nombreux adhérents.
- Mais, nous venons de le dire, ce fonctionnement même est souvent difficile à assurer : les renseignements individuels sont incomplets, par-foisyils font défaut. Un membre de l’association change d’adresse et néglige d’en avertir le secrétariat : on ne peut plus communiquer avec
- lui ; tel autre est amené à modifier ses desiderata et omet de communiquer les modifications, etc. 11 y a plus encore : il y a des offres telles que pas un seul candidat ne semble leur correspondre, alors qu’en réalité elles seraient très bien accueillies par beaucoup d’ingénieurs momentanément sans situation, à qui elles plairaient pour des raisons entièrement particulières, momentanées. Ou bien encore, le camarade adressé par l’association ne prend pas effectivement possession de la situation vacante, par suite d’un obstacle quelconque. Si l’association n’est pas avisée de l’échec des négociations, c’est une situation perdue pour elle. Enfin et surtout nous ferons remarquer qu’en pratique, si l’on demande à une promotion d’élèves ingénieurs, au moment où ils sortent de l’école, quelle situation ils désirent, plus de 5o % d’entre eux peuvent faire sincèrement cette réponse : « n’importe quoi », ou du moins laissent leurs desiderata indéterminés dans une très large mesure : service technique ou service commercial, électrochimie ou traction électrique, la plupart recherchent avant tout cette chose difficile : une situation. Quelle est alors l’insuffisance des renseignements qu’ils peuvent fournir ! Comment distinguer entre ces candidats identiques celui qui convient à telle offre d’emploi ?
- Toutes ces raisons ensemble font que les moyens d’action dont disposent les Amicales ont besoin d’être complétés.
- Comment peuvent-ils l’être ? Par un organisme d’information mutuelle intensive qui vienne combler ces inévitables lacunes, qui aille atteindre, n’importe où, les camarades négligents ou empêchés, qui porte à la connaissance des candidats ignorés les offres qui n’ont pu être utilisées par d’autres, qui permette enfin aux ingénieurs sortis d’une même école de communiquer largement entre eux.
- La Lumière Electrique nous a paru désignée, par la fréquence de sa périodicité et l’étendue de son champ d’action, pour assumer ce rôle. L’offre que nous avons faite aux Amicales d’anciens élèves de notre collaboration, nous a valu, dès l’abord, de si flatteurs encouragements, que nous avons confiance dans l’usage efficace et utile que sauront en faire ces associations.
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- La forme pratique sous laquelle il est entendu
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- que nous collaborerons à l’œuvre de solidarité des Amicales est la suivante : chaque fois qu’une offre d’emploi est communiquée à l'une de ces Amicales par une maison industrielle, le secrétaire de l’Association (après avoir, s’il y a lieu, prévenu d’urgence les candidats désignés par la nature de leurs desiderata) peut, s’il le désire, communiquer à la Lumière Electrique non pas le texte même de cette offre ('), mais un texte plus général, permettant à tout lecteur de se rendre compte de la nature de la situation offerte, mais non d’avoir en mains les éléments nécessaires pour faire aucune démarche. Les renseignements indispensables à cet égard ne peuvent être obtenus qu’en s’adressant au siège même de l’association qui a communiqué l’offre (3).
- L’offre ainsi publiée ira toucher parmi les lecteurs de la Revue un nombre indéfini de candidats éventuels qui n’auraient pu sans cela se manifester.
- Est-il besoin de faire remarquer que seuls ceux de ces candidats qui seront anciens élèves de l’école qui a communiqué l’offre pourront, en s’adressant à leur association, obtenir d’elle les renseignements nécessaires, de sorte que l’activité de chaque école profitera exclusivement'à ses anciens élèves ?
- Par suite, soit que l’association n’ait trouvé de prime abord aucun candidat désigné par ses dé-siderata pour l’emploi en question, soit que celui qu’elle aura pu prévenir ne puisse pas, pour une raison quelconque, prendre possession de la situation vacante, dans ces deux cas, une occasion qui aurait été perdue aura mille chances de ne plus l’être.
- Mais il y a plus.
- Le rôle d’ « intermédiaire » que va assumer notre Revue entre les ingénieurs électriciens
- (4) Ce texte doit être en effet considéré comme chose confidentielle entre l’association amicale et la maison industrielle en question.
- (2) On trouvera à la page 55 du supplément de ce numéro, des exemples d’offres communiquées selon ce principe, sous la rubrique Intermédiaire des ingénieurs-électriciens, dont le plein fonctionnement datera, d’après l’entente faite avec les différentes écoles techniques, de la sortie des promotions (fin juillet).
- équivaut, si l’on veut, à l’établissement entre eux d’une correspondance infiniment plus active que ne pourrait l’être une correspondance par lettres individuelles. Il convient d’insister sur ce point, car, s’il est bien compris, c’est celui qui peut avoir le plus d’influence sur le développement des organisations que nous considérons ici. Il arrive, en effet, beaucoup plus souvent qu’on ne croit, qu’un ingénieur, lui-même en quête d’une situation, soit amené à refuser ou à ne pas prendre en considération telle offre dont il a connaissance. Il ne faut pas que cette offre soit perdue pour ses camarades ; même s’il ne possède à son égard que des renseignements assez vagues, il lui suffira d’avertir l’association de l’occasion dont il ne peut ou veut profiter, pour que tous ses camarades en soient aussitôt utilement prévenus par l’organe de notre Revue.
- En terminant ce bref exposé, nous ne pouvons que souhaiter que les jeunes générations d’ingénieurs électriciens comprennent le parti qu’elles peuvent tirer, sur le terrain de l’utilité pratique immédiate, du fonctionnement intensif des associations déjà organisées, et n’hésitent pas à profiter aussi largement que possible de l’auxiliaire que nous sommes heureux de leur offrir : cet auxiliaire aura exactement la valeur qu’ils lui donneront eux-mêmes.
- Enfin, nous tenons à faire observer que, si cette petite note envisage la question du recrutement du personnel au point de vue des ingénieurs, la solution qu’elle préconise concorde également avec les intérêts généraux des industriels. Ceux-ci ont tout avantage à se trouver en présence non d’une « poussière d’individus », mais de groupements sérieusement organisés, qui puissent leur offrir l’ampleur et la rapidité du choix, qui soient une source de renseignements et de référenôes : et c’est pourquoi, d’ailleurs, un si grand nombre d’entre eux s’adressent de préférence à certaines sociétés amicales, plutôt qu’à d’autres : parce qu’elles sont les mieux organisées.
- L’organisation est dans la société actuelle une force privilégiée, précisément en ce qu’elle esl un facteur d’équilibre général.
- R. Chassemaud.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’application des millivoltmëtres au coa> trôle continu des gaz aupoint'de vue physique.
- Au milieu des progrès réalisés, l’industrie, a cherché à s’entourer du contrôle scientifique indispensable à la réussite: économiqaie de toute fabrication: et a tenu à- être renseiignée avec: une régularité presque mathématique sur lai marche de ses différentes exploitations au plus: grand profit de son personnel technique et ouvrier.
- Dans cet ordre d’idées, les-millivoltmètres* ont joué un rôle intéressant dans le contrôle rigoureux qu’ilsont permis de réaliser dans l’étude des gaz au point de vue physique. Les pyromètres thermo-électriques automatiques ou enregistreurs nous montrent une application heureuse: des millivohmètres qui ont pu.! recevoir un étalonnage très précis*en degrés centigrades.
- Fig. I. —i Pyromètre thermo-électrique.
- Aujourd'hui,par une-récente utilisation des theiuno-élément's en calOri-métrie, les millivolts vont représenter directement des calories par mètre cube de gaz, comme c’est lé cas du calorimètre: auto-enregistreur Junkers.
- La température d’un-gaz ou- d’une vapeur présente dans bien des cas une indication utile. Lorsqu’elle n’oscille que dans des limites peu étendues, on fait usage des thermomètres enregistreurs et à cadran du type Richard, étalonnés par comparaison avec un thermomètre à mercure. Pour des températures plus élevées, et dans le cas [où l’on veut placer l’appareil indicateur ou enregistreur loin de l’en-
- droit où règne la température à mesurer et le monter au besoin en parallèle avec un second appareil', en un* autre-point où la connaissance de la température- peut être utile, on fait usagé des pyromètres thermo-électriques.
- Un pyromètre de ce type est constitué par un thermo-élément et un appareil de mesure réunis* entre eux par dés fils conducteurs (fig. n).
- Le couplé1 thermo-électrique' est représenté par deux' fils métalliques de composition différentes, soudés-entre eux et d’une-longueur ne devantpas être inférieurejt un mètre pour ne-pas avoir des indications-faussées'par conductibilité calorifique.
- La section des1 fils ne doit pas* être trop» faible
- pour n’être pas influencée par une trop forte-résistance, ni trop grandè pour pouvoir répondre de là qualité dix métal employé. Les* fils ne de-
- i.
- UulZZKLJ
- W
- vront pas se modifier, une fois exposés aux tem-pératures à mesurer, et. donner le maximum dé force électromotrice.
- Jlusqu’à- rfiooP, le couple est constitué par des* fils de platine et platine-
- rhodié donnant uneexac-
- titude de 5 % ; jusqu’à i ooo°, l’on fait usage du platine iridié ; au-dessous de 65o°, d’un fil d’argent et d’un fil de constantan ; entre- i oo9 et 190P d’un élément cuivre-constantan.
- Les deux fils du tliermo-élément sont parfaitement isolés l’un de l’autre dans l’intérieur d’une
- enveloppe solide résistante et imperméable aux gaz et' aux vapeurs (fig. 2) ; le tout est' enfermé dans un tube protecteur spécial, avec ou sans refroidissement. Pour les gaz de hauts fourneaux, fours à sole, fours métallurgiques, pour l’industrie verrière et céramique, on se sex't d’un tube de protection constitué par un double tube de quartz, sans tube de fer, fermé à la partie supé-rieui’e; au-dessus de 1 ooo°, on emploie un double tube en porcelaine Marquardt, dans un tube de
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- fer', fermé. L’appareil de mesure peut être simplement indicateur, mais il est parfois utile d’avoir Un relevé cmitinu’des variations de température pouvant se produire durant un espace de temps plus ou moins long.
- Si l’on ne veut employer qu’nn seul appareil de mesure pour plusieurs couples thermo-électriques (de même espèce), on peut le faire d’une façon très simple à l’aide d’un commutateur ordinaire. On amène, par exemple, tous les fils de
- Fig'. 2. — Garnie
- Dans ce but, le couple thermo-électrique est réuni à un millivoltmètre enregistreur constitué par un galvanomètre à aiguille établi d’après le dispositif de Deprez et d’Arsonval, avec suspension unifilaire du cadre. L’aiguille oscille horizontalement sur l’échelle et porte normalement une pointe en un point donné. Cette pointe oscille avec l’aiguille au-dessus d’une bande de papier mue lentement par un mouvement d’horlogerie. Au-dessus du papier à diagramme circule à volonté un ruban encreur.
- Au-dessus de l’aiguille se trouve un étrier circulaire qui, occupant toute la largeur du papier, s’abaisse à certains intervalles et fait que la pointe dé l’aiguille qui retombe presse le ruban encreur et pique d’un point bleu la feuille à diagramme. A l’aide du système de coordonnées imprimées sur le papier, on petit ainsi relever immédiatement et à chacune instant la température. En général, l’appareil enregistre une fois par minute,mais,pour certains buts spéciaux, il peut être construit pour un enregistrement plus fréquent, jusqu’à 4 fois par minute
- Fig. 3. — Commutateur automatique.
- La feuille à diagramme enroulée sur Une bobine mesure environ 45™, le UiouVemenf d’horlogerie se remonte tous lés Huit jours et le ruban encreur se déplace avec lui pour que le pointillé bleu qu’il donné ne puisse s’affaiblir.
- jiyro métrique.
- plktine-rhodium, à une des bornes de l’appareil de mesure et tous les conducteurs platine aux boutons de contact d’un commutateur qui est relié de son côté à l’autre borne de l’appareil de mesure. On peut ainsi observer Séparément chaque couple thermo-électrique et la température qu’ils indiquent.
- Siemens et Halske ont établi pour appareils enregistreurs un dispositif de commutateur avec fonctionnement automatique (fig. 3) de façon que, par exemple, la température de cinq couples thermo-électriques soit inscrite alternativement sur le même appareil’enregistreur.
- Le mode de fonctionnement est le suivant (fig. 4) : le commutateur U et le dispositif d’enregistrement G sont commandés par un électroaimant, et reçoivent le courant d’uné batterie de 5 piles sèches B,par l’intermédiaire d’une seconde roue montée sur l’axe du mouvement d’horlogerie qui fait dérouler le papier. .
- L’enregistrement s’opère ainsi. Lorsque le commutateur a relié un des thermo-éléments au galvanomètre, durant 40 secondes, il ne se produit aucun enregistrement afin que l’aiguille
- Fig. 4. Scliéma de montage .de 5 thermo-éléments reliés à un seul millivoltmètre enregistreur.
- puisse se placer sûrement sur la nouvelle température. La position de l’aiguille est alors marquée 6 fois de suite dans des intervalles de temps de 12 secondes. Pendant les ~i2 secondes suivantes, le commutateur se fixe dans la posi
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- tion permettant la mesure pour le thermo-élément suivant. Dans l’espace de dix minutes les températures des 5 éléments sont ainsi enregistrées et le cycle recommence avec l’enregistrement de la température du premier élément.
- A l’aide de la position de l’aiguille montée sur l’axe du commutateur, on peut se rendre compte du thermo-élément qui est juste à ce moment relié à l’instrument. L’axe de l’aiguille est prolongé et il est facile de placer momentanément le commutateur sur la position correspondant à l’appareil dont on veut lire les indications.
- (.A suivre.) L. Fabre,.
- Ingénieur chimiste.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Le public et un certain nombre de capitalistes vivent depuis trois ans de l’espoir d’assister à une réorganisation complète de ce que l’on a appelé les transports en commun : l’un aspire à une réduction des prix, à l’augmentation du nombre des voitures et des lignes qu’il souhaiterait voir passer au plus près de son domicile et du lieu de ses occupations ; les autres voudraient bien que chaque année, à l’Assemblée générale où ils se font rarement une obligation d’assister, le Conseil d’administration leur propose de beaux dividendes ! Consultez les comptes rendus des Tramways de l’Ouest-Parisien, de l’Est-Parisien, des Tramways mécaniques des environs de Paris des Tramways de Paris et du département de la Seine, puis de la Compagnie générale de traction, et vous verrez si les uns et les autres ont lieu de se déclarer satisfaits !
- Les Tramways de l’Ouest-Parisien attendent encore les décisions des pouvoirs publics en ce qui concerne la réorganisation de leur réseau. Ils déclarent pour 1909 un bénéfice net d’exploitation de 1 932 fr. pour un montant de recettes de 967 421 fr. et comme solde du compte profits et pertes, un débit de 87 014 francs qui n’apparait bien inférieur à celui de l’exercice précédent qu’en raison d’un redressement de compte sur les intérêts capitalisés de la créance de la Compagnie générale de Traction. Les frais généraux sont en légère augmentation, mais les approvisionnements, l’entretien des voies et du matériel roulant sont en diminution. Et comme les recettes-voyageurs sont également en diminution par suite, dit le rapport, d’un été pluvieux, que les
- dépenses paraissent comprimées au maximum et que le trafic n’est pas de nature à se développer beaucoup en raison de la concurrence du Nord-Sud bientôt en exploitation, rien ne fait entrevoir pour le public comme pour les actionnaires une amélioration notable de la situation.
- Celle de la Compagnie des Tramways de l’Est-Parisien ne se compare pas à la précédente. Pour 6 g38 208 francs de recettes, en augmentation de 41 269 francs sur 1908, on compte 5 359 ^8 francs de dépenses en diminution de i34 francs sur 1908 : c’est-à-dire que le bénéfice brut d’exploitation arrêté au chiffre de 1 582 007 francs permet, après déduction des charges d’intérêts et prélèvement de 600 000 francs tant pour réfection des voies que pour réparations des dommages causés par les inondations, une répartition de 3 francs aux 264 000 actions privilégiées. Celles-ci avaient touché 4 francs l’an dernier : quant aux 72 000 actions ordinaires, elles attendent encore des jours meilleurs. Le début de l’exercice 1910 qui a été marqué par les inondations entraînant l’immersion des usines de distribution ; l’arrêt complet du trafic, et de multiples remises en état, n’est pas de nature à relever la situation financière : voilà pour les actionnaires. Quant aux intérêts du public, voici ce qu’en dit le rapport : Le* négociations engagées devenues plus actives depuis le début de Tannée pour la réorganisation du réseau paraissaient sur le point d’aboutir ; mais l’espoir du Conseil s’est trouvé déçu. « Nous pouvons, ajoute-t-« il, vous donner seulement l’assurance que les « négociations en cours seront poursuivies avec le « ferme désir de trouver une solution qui, dans la « mesure de la sauvegarde des intérêts tout à fait « légitimes que vous nous avez confiés, donne à « notre clientèle et à notre personnel les satisfac-« tions qu’ils sont en droit d’attendre du rema-« niement de notre réseau. » Le coefficient d’exploitation a pu être abaissé à 77 % , la recette-voyageurs par kilomètre-voitures, s’étant élevée à ofr.698etla dépense par kilomètre-voiture ayant pu d’autre part être ramenée à o fr. 534. Si la situation de l’Est-Parisien s’est incontestablement améliorée, il faut cependant reconnaître qu’un solde créditeur de 1 473 886 francs, amortissements et provisions diverses non déduites, est encore insuffisant pour rémunérer et amortir un capital de 33 600 000 francs.
- Prenons le dernier bilan de la Compagnie des Tramways mécaniques des environs de Paris (Nord-Ouest Parisien) : le compte de profits et pertes présente un solde débiteur de 1 5g8 297 francs. Le
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- compte d’exploitation n’a produit, sous forme de redevance de la Compagnie exploitante que 355 3o6 francs : le capital engagé non amorti est de 24 327 980 francs. La Compagnie, par suite de l’apparition du décret réorganisant le réseau départemental Nord, est entrée en liquidation le ierjuin dernier, tout son actif passant à la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine, contre remise de 16000 actions de cette dernière société. Cette liquidation n’a pu être menée à bien sans d’importants sacrifices de la part des actionnaires.
- A l’Assemblée extraordinaire du 5 juillet de la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine, en même temps que les actionnaires approuvaient à titre définitif les conventions intervenues à titre suspensif entre les diverses Compagnies exploitant le réseau départemental Nord, ils incorporaient à leur actif celui des compagnies fusionnées : le capital social se trouvait de ce fait porté de 14 692 5oo francs à 29 692 5«o francs ; la différence de 16 millions représente donc la valeur du réseau des tramways Nord Parisien et des tramways mécaniques des environs de Paris. Par rachat d’actions en Bourse au-dessous du pair, et annulation de ces titres dont le nominal s’élève à 2 091 5oo francs, le capital a été réduit à 27 601 000 francs : l’assemblée a autorisé le Conseil à le porter par des souscriptions en espèces à 55 millions. Il faut espérer qu’avec ces nouveaux moyens d’action et grâce à l’unité de direction qui présidera à l’exploitation de cet ensemble de Compagnies n’en formant plus qu’une, le public et les actionnaires n’auront qu’à se louer des résolutions prises par les pouvoirs publics.
- En rapportant, dans notre dernière chronique, la nouvelle de la formation de la Société d’Electricité de Servance, nous nous étions abstenu de tout commentaire. Mais voici qu’à l’assemblée constitutive du 28 juin, les intéressés ont voté l’ordre du jour suivant : « Les membres présents, après un échange de vue sur les divers points portés à l’ordre du jour, notamment concernant la clientèle éventuelle, et le traité de contrat proposé par la Société des Houillères de Ronchamp, estiment qu’il n’y a pas lieu de donner suite au projet de formation de la Société anonyme d’Electricité de Servance et décident de faire le remboursement aux actionnaires de leurs versements, après déduction des frais faits pour la constitution éventuelle de la Société. » Evidemment l’excès du montant des apports évalués à 100000 francs sur un capital de 3^5 000 francs, et
- l’engagement complémentaire de4fournir gratuitement du courant à l’apporteur, ont fait reculer les futurs souscripteurs et on ne peut que louer leur sagesse.
- La Société pour les chemins de fer urbains et souterrains de Berlin, l’équivalent de notre Métropolitain, émet au taux de 98 fr. 90 % pour 10 millions de marks d’obligations 4 %, remboursables à partir du ior janvier 1923 et dont le produit est destiné à l’achèvement du réseau. Les recettes d’exploitation du premier semestre de l’année courante sont en augmentation de 168 000 marks sur celles de la période correspondante en 1909.
- Les cours de notre Métropolitain sont en baisse à 565 francs et ceux du Nord-Sud à 3o5 francs à la suite de ventes suscitées, dit-on, parla crainte de nouvelles inondations. Le Nord-Sud est sur le point de commencer son exploitation ; les sous-stations sont équipées, les voies placées ainsi que les deux prises de courant, l’une aérienne et l’autre parallèle à la voie; quelques détails de mise au point sont en voie d’achèvement et le matériel roulant étant livré, il semble bien que l’inauguration aura lieu sous peu. A moins que la Seine, déjouant toutes les prévisions, ne vienne de nouveau tromper l’attente de toute la population desservie par le Nord-Sud.
- Notre marché étant actuellement sollicité pour une entreprise de chemins de fer au Mexique, nous croyons intéressant de donner quelques renseignements sur la Mexico Tram C° dont les titres ont été autrefois offerts à nos capitalistes. Le total de ses recettes pour les cinq premiers mois de l’exercice en cours s’élève à 5 896 204 francs, brut, et à 3 002 227 francs net, en plus-value de 175 578 fr. pour ce dernier chiffre. Le report à nouveau de l’exercice 1909 sera, après paiement de 6 % aux actions, approximativement - de 1750000 francs. Aussi, le prochain dividende se rapportant au deuxième trimestre de l’année en cours serait porté à 1 3/4 % ou 9 fr. 06, sur la base de 7 % l’an ou 36 fr. 26.
- Les résultats de sa filiale, la Mexico Light and Power G0, influencent heureusement ses résultats propres : celle-ci en mai a encaissé brut r 469 967 fr. et net 687 528 francs, en plus-value respectivement de 320 642 francs et de 548 388 francs sur les recettes de mai 1909. Le coefficient d’exploitation ayant pu être abaissé de 59,57 % à 29,91 % , l’augmentation totale des recettes nettes pour les i cinq premiers mois de l’exercice se chiffre par I 2 069 930 fr. Pas une seule de nos organisations de
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XI (2* Série). —
- tramways ou de distribution d’énergie ne peut four-nir de pareils résultats.
- !De divers côtés, on signale une reprise des affaires en Russie qui a sa répercussion sur les entreprises d’éclairage, de force et de traction, l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg, dit de 1-886, aussi'bien que son concurrent l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg, société belge, font ressortir d’importantes plus-values de recettes ;les tramways de ICiew, d’Odessa, de Saratoff, ont abaissé leurs coefficients d’exploitation et font prévoir des résultats bénéficiaires meilleurs. A Odessa, le consul de France constate que 1909 a vu dans cette ville üne reprise des all’aires favorisée parle retour de la tranquillité publique, et une bonne récolte. Capitaux belges et capitaux français n’auront donc pas à regretter d’avoir prêté leurs concours à tant d’œuvres d’utilité publique.
- De Berlin se confirme la constitution par la So-
- ciété d'Electricité Bergmann et son groupe banques d’un nouveaudcust sous la raison sociale: Société d’Entrepmsçs Electriques Bergmann au capital de 1 % millions fie marks. Dans le,conseil,d’administration : des délégués ,de la Société Rergmann, de la Deutsche iBank, de la;Diskonto Gesellscbaft, de l’Allgemeine Teutsch Kreditanstalt. La nouvelle société, qui se pose on concurrente directe, de l’Allgemeine Elektricitats Gesellschaft, a pour objet de construire et d’exploiter des usines électriques communales et .rurales ainsi que des chemins de fer électriques. El, comme pour.affirmer ses intentions, :1a Société Bergmann expose seule à Bruxelles un modèle de station centrale avec turboalternateur et tous ses accessoires. Nous serions bien surpris si ladutte ne seiterminait pas rapidement par une entente plus profitable aux intérêts des deux concurrents.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loir-et-Cher. — Le Conseil d’Etat a approuvé la concession accordée à M. Lefebvre par le département du Loir-et-Cher concernant les lignes de tramways électriques de Cléry à Amboise, de Selles à Contres et d’Oucques. à Châteaudjin.
- Italie. — La municipalité de Padoue demande l’auto-- risation d’établir un tramway électrique de 11 kilomètres de long, entre cette ville et Abano.
- Allemagne. — Un chemin de fer électrique est projeté entre Merseburg et Muchein ; le projet est soumis à un Comité d’études.
- Autriche-Hongrie. — Le ministre des Chemins de fer a autorisé la construction dé deux chemins de fer électriques, de Rauhe.nstein il Alland et de Hinterbrühl à Alland, qui seront construits par la maison Friedrich Kny, de Vienne.
- Lu « Ferrovia Elettricalocale del Alta Anaunia » vient d’être fondée au Tyr.ol dans le but de l’établissement d’un chemin de fer électrique de Dermulo à Mendel Pass.
- Espagne. — Une demande . de. concession a été formulée par la Société Boursier et iEscartefigue pour la construction etd’exploitation d’un tramway électrique à Barcelone, de ÇasaGomis à Vallvidrera.
- La Société des Tramways de l’Est de Madrid a obtenu la concession d’un tramway électrique de la Calle de Alcala à la Calle de Diego de Léon.
- La Société de Madrid etEspagne a approuvé le projet de convention à conclure avec la Société des tramways électriques d’Espagne et qui stipule qu’à partir du janvier 1910 une communauté d’exploitation sera établie entre les réseaux des filiales des Electriques d’Espagne (Este, Mercados, .Leganès et Madrilène) et le' réseau Norte de la Société de Madrid et Espagne, les diverses sociétés mettant à la disposition do la communauté leurs réseaux tels qu’ils existent aux inventaires du 3i décembre 1909. Les nouvelles lignes à Madrid ou dans les environs qui seraient construites ou acquises entreront également dans la communauté.
- Suisse. — La Société des Tramways de Fribourg a obtenu la prolongation de la ligne de tramways de la place du Tilleul au pont de Grandfey, la longueur de la
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- 16 Juillet 1610.
- REVUE U'ÉLECTRICITÉ
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- nouvelle ligne sera d’environ 3 kilomètres, et le coût de l’établissement est estimé 3oo ooo francs.
- Belgique. — La Société des tramways de Verviers demande l’autorisation de prolonger sa ligne de la place du Congrès jusqu’à Heusy, c’est-à-dire au terminus du vicinal Spa-Heusy.
- ÉCLAIRAGE
- Cantal, — Une Société est en formation à Murat pour la fourniture de l’éclairage électrique aux communes des .(arrondissements dè Murat et de Sàint-Flour. L’usine hydro-électrique.aura;une puissance de 12 000.HP.
- Cher. —Jua. Compagnie d’Orléans,a décidé d’installation de l’éclairage électrique dans les gares de Yierzon et de Saint-Amand.
- Côtes-du-Nord. — La municipalité de Plouha a retenu le projet d’éclairage électrique proposé par MM. Meunier et‘Bienvenue.
- Creuse. — M. La Berthonnière a soumis à l’approbation du Conseil municipal de La Souterraine un projet d’éclairage électrique de la ville.
- Drôme. — La Société Dauphinoise d’éclairage électrique vient d’être constituée à Valence, au capital de 1 000000 de francs, dans le but d’obtenir des concession s d’éclairage électrique.
- La commune de Tain va être prochainement éclairée à l’électricité; les pourparlers sont engagés avec M. Dumont.
- Eure. — Le Conseil municipal de Beaumont-le-Roger a accordé la concession de l’éclairage électrique à M. Préel, ingénieur, au Neubourg.
- Gironde. — La Société d’Energie électrique du Sud-Ouest a obtenu la concession d’éclairage électrique de Vayres et Saint-Pardon.
- Haute-Savoie. — La municipalité de La iRoehe a approuvé le projet d’éclairage électrique présenté par la Société Electrique du Borne.
- Manche. — La Société « La Tension » a soumis à l’approbation du Conseil municipal d’Avranches un projet d’installation de l’éclairage électrique et de la force motrice.
- Meuse. — La municipalité de Montmédy a approuvé le projet d’éclairage électrique qui lui avait été soumis par le maire.
- Meurthe-et-Moselle. — Les communes de Van-dœuvre, Ludres, Maron et Chavigny vont être dotées de l’éclairage électrique grâce à la Compagnie des tramways suburbains de Nancy dont le .réseau traverse leurs territoires.
- Nièvre. — Les communes de Decize et Saint-Léger-les-Vignes vont être prochainement éclairées à l’électricité; les travaux d’établissement sont en cours et seront terminés pour l’hiver prochain.
- Pyrénées-Orientales, — Un projet a été soumis à la municipalité de Brouilla concernant l’éclairage électrique de la commune.
- Savoie. — Le Conseil municipal de Saint-Michel-de-Maurienne a décidé de mettre à l’étude la question de l’éclairage électrique.
- Seine-et-Oise. — Un projet est à l’étude concernant l’établissement de Téclairagc électrique dans la commune de Saint-Arnoult.
- Alsace. — La municipalité de Mulhouse vient de traiter avec la Société Elektrisclie Liclit und Kraftanlage à Berlin, en vue de la constitution d’une société qui reprendra à la ville sa centrale électrique et construira plus lard l’usine hydro-électrique de Krembs sur le Rhin.
- Cette Société sera au capital de 20 millions de marks, dont 6 millions attribués à la ville en représentation de l’apport de sa centrale et 12 millions à souscrire.
- Pays-Bas. — On annonce que la commune de Water-graafsmeer, doit procéder prochainement à l’extension de son réseau électrique. Un emprunt de 35.000 florins serait proposé à cet effet.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Gers. — Le téléphone va être installé prochainement dans les communes de Manclet, Estang et Ilouda.
- Pas-de-Calais. —Le Conseil généraletla Chambre de commerce de Cambrai ont décidé l’établissement, à frais communs, du téléphone entre Calais et Caudry.
- Italie. — Le gouvernement italien vient d’autoriser la construction d’un certain nombre de lignes télégraphiques. Un crédit de 740000 lires environ serait affecté à ces installations.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie d’Électricité de Kovno. •— Constituée le 16 juin
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI. (2* Série).
- N» 29.
- 1910. — Capital : 1 000 000 francs. — Siège social : Bruxelles.
- Société de Thermeau et Cie (Compagnie générale des iiots électriques), — Durée : 25 ans. — Capital : 5o5oo francs-— Siège social : 1, rue Herran, Paris.
- Société Taillandier et Argentini (Moteurs électriques). — Durée : 6 ans. — Capital : i5 000 francs. —Siège social: 38, rue de la Folie-Régnault, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société des appareils électriques Nieuport. — Le 16 juil.
- let, 56, rue Làfayette,' à Paris.'
- *
- Société des Anciens établissements Panhard et Levassor. Le 29 juillet, 19, avenue d’Ivry, à Paris.
- Appareillage électrique G ri volas. —Le 26 juillet, 16, rue Montgoliier, à Paris.
- Compagnie électrique de la Méditerranée. —Le 3o juillet,
- 18, rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris.
- Compagnie générale d'Eclairage de Bordeaux. — Le igjuillet, 9, rue Mogador, à Paris.
- Société Française de Machines-Outils. — Le 3o juillet,
- 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- PAYS-BAS
- Le 20 juillet, à la direction supérieure, des postes et télégraphes, à La Haye, installation et entretien de la ligne téléphonique Dordrecht-Lage Zwaluwe.
- Le 20 juillet, à la direction supérieure des postes et télégraphes, à La Haye, modifications à la ligne téléphonique Schiedam-Rotterdam et installation de nouveaux fils entre Delft et Rotterdam.
- Le 27 juillet, à la direction supérieure des postes et télégraphes, à La Haye, installation et amélioration des lignes télégraphiques le long des voies ferrées Zutphen-Hengelo-Glanerbrug, Hengelon-Springbiel et Zutphen-Winterswijk.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration communale, h Munster, agrandissement de l’usine d’électricité, 400 000 marks.
- AUTRICHE-HONGRIE - .
- Le 16 août 1910, à la mairie de Tolua (Hongrie), adjudication des travaux d’installation d’une station génératrice d’électricité destinée à fournir la lumière et la traction. Cautionnement : 10 000 couronnes. Cahier des charges à la mairie de Tolua.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l'année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dar.s la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- P»*18. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trtnte-dtuxlèm* année.
- SAMEDI 23 JUILLET 1910. Tome XI <2° série). - N° 30.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- !
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- f-W i A7. IgÜIB!
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- V .
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — Maurice Leblanc. Notes sur la condensation : Pompes rotatives pour les condenseurs [suite et fin), p. 99. — Wilfrid Blanchon. Systèmes d’installations télégraphiques avec batterie universelle et batterie centrale, p. 107.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Sur un nouveau modèle de balance pour la détermination des champs magnétiques, P. Sève, p. 112.— Etude, construction et essais de -machines. Dispositif de mise en court-circuit et de relevage des balais des moteurs à bagues, F. Niethammer, p. 112. — Convertisseurs en cascade, S. Hallo, p. ii4- — Traction. Affichage du travail d’employés négligents, "p. n5. — Electrochimie et Electrométallurgie. L’installation électrique pour l’affinage du cuivre de la Société -métallurgique de Livourne, p. n5. — L’analyse électrochimique rapide; comparaison de différentes méthodes, S. Palmer et C. Palmer, p. 117. — Brevets. Appareil électrique à vapeurs, particulièrement applicable comme lampe, p. 117. — Liste de brevets, p. 119. — Chronique industrielle et financière- Notes industrielles. L’application des millivoltmètres au contrôle continu des gaz au point de vue physique (suite), L. FauRE, p. 121. — Chronique financière, p. 125. — Renseignements commerciaux, p. 127. — Adjudications, p. 127.
- Ë DIT OUIA l
- En terminant la première partie cle son étude, M. Maurice Leblanc montrait comment, par l’augmentation de la vitesse de régime de ses pompes rotatives pour condenseurs, il avait réussi à améliorer leur rendement.
- Aujourd’hui encore, il met sous nos yeux une nouvelle série d’essais, dont quelques-uns ont été effectués tout dernièrement et montrent les résultats excellents que les nouvelles pompes ont permis d’obtenir.
- Le fonctionnement des nouvelles pompes à air s’est montré d’autant meilleur que le
- vide à obtenir dans le condenseur était plus considérable; elles restaient cependant inférieures aux pompes à piston lorsqu’il s’agissait d’enlever de grandes quantités de gaz-non condensables avec un vide médiocre. On verra par quel artifice ingénieux M. Maurice Leblanc a réussi à doubler leur effet et à les rendre applicables à ce dernier cas dans des conditions économiques. Un champ immense d’applications nouvelles leur est dès lors ouvert.
- Enfin, notre éminent collaborateur expose les considérations qui l’ont amené à monter sur le même arbre, toutes les pompes d’un
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- condenseur et à les entraîner par une même turbine à vapeur.
- Il est inutile de souligner l’intérêt que présente cette disposition, sans doute à la veillé d’être appliquée aux grands condenseurs marins.
- M. W. Blanchon, frappé des inconvénients multiples qu’entraîne la présence des piles dans les bureaux télégraphiques secondaires^ a réalisé des systèmes d’installations télégraphiques avec batterie universelle et batterie centrale.
- Outre^ la suppression complète des piles dans les bureaux secondaires l’auteur s’est en outre préoccupé de réduire leur nombre dans lebureau central, et de combiner des dispositifs d’une manœuvre très simple, afin d’éviter, au personnel manipulant, un long apprentissage et des difficultés nombreuses, pendant la période de transition entre l’ancien mode d’exploitation et celui qu’il préconise.
- Nous publions aujourd’hui la première partie de cette étude où M. W. Blanchon étudie le système d’installation télégraphique avec batterie universelle. Il décrit en détail les mesures de sécurité qu’il a prévues et les différents tableaux qui font partie du bureau central.
- L’auteur ajoute que ces différents dispositifs ne sont plus du domaine de la théorie ou du projet; ils fonctionnent depuis deux ans et
- ont reçu de l’expérience une heureuse consécration.
- ' M. P. Sève vient de réaliser un nouveau modèle de balance pour la détermination des champs magnétiques en valeur absolue dont nous signalons les traits essentiels.
- Nous décrivons, d’après M. F. Niethammer, deux dispositifs différents de mise en court-circuit des balais des moteurs à bagues; de nombreuses figures aident à en comprendre le fonctionnement.
- Puis, nous analysons une longue étude de M. S. Hallo, sur les convertisseurs en cascade. L’auteur indique les caractéristiques de ces convertisseurs et les compare aux commu-tatrices.
- Vinstallation électrique pour l'affinage du cuivre de la Société métallurgique de Livourne est ensuite décrite en détail. On. y trouvera de nombreux renseignements sur la composition des anodes et des bains, sur les réactions secondaires qui accompagnent l’électro-lyse, les densités de courant employées, etc.
- MM. S. et G. Palmer ont cherché à préciser quel est le rôle exact de la rotation de la cathode lorsqu’on veut effectuer une analyse électrochimique rapide.
- D’après ces deux auteurs, la rotation de l’électrode a une grande influence, mais sa forme est aussi un facteur très important
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- REVUE D’ÈLEGTRIGITË
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- 23 Juillet 1910;
- NOTES SUR LA CONDENSATION
- POMPES ROTATIVES POUR LES CONDENSEURS (*)
- Le tableau III donne les résultats fournis par une turbo-pompe du même système construite par notre licencié M. Balcke.
- première communication (’), l’air puisé dans un condenseur entraîne avec lui des gouttelettes d'eau qui se vaporisent dans la pompe,
- Tableau III
- Turbo-pompe à air Westinghouse-Leblanc, construite par la Société Balcke.
- Tours par minute 1 600 1600 1600 1600 1600 I 600 1600 1600
- Pression barométrique en millimètres 743 743 743 743 743 743 743 743
- Température de l’eau, en degrés i4 14 i4 • 4 i4 i4 14 14
- Diamètre de l’orifice de rentrée d’air, en millimètres, O a 3 4 5 6 7 8
- Vide obtenu 73i 728 723 716 700 691 677 653
- Tension de l’air, en millimètres de mercure 0 3 8 i5 26 5o 54 78
- Volume d’air aspiré en litres par seconde — 148 126 1 >9 106 IOO 99 9*
- Puissance prise en HP i5 16 ll 17,8 i8,5 *9.3 20 2 I
- Litres d’air par IIP et par seconde Mètres cubes d’air à l’heure et par cheval — 9/3 7.4 6.7 5,73 5,2 5 4,35
- 33,5 25,5 24,5 20,8 18,8 18 14,6
- Si l’on cherchait quel est le rendement absolu de cette pompe employée comme compresseur d’air, on le trouverait encore très petit. Il ne peut en être autrement avec une machine pneumatique produisant un très grand vide.
- La valeur absolue du rendement n’a pas d’importance. Il suffit que le supplément de travail absorbé par une pompe à air produisant un vide de 73omnl, par exemple, au lieu d’un vide de 700™'", soit petit par rapport au gain de travail qui en résulte pour la turbine.
- D’ailleurs, lorsqu’il s’agit de produire de pareils vides, notre nouvelle pompe prend moins de travail que les pompes à piston.
- On l’a souvent contesté, mais on s’est toujours appuyé pour cela sur des résultats fournis par des pompes aspirant de l’air plus ou moins saturé, provenant directement de l’atmosphère et non d’un condenseur. Or, comme nous l’avons fait remarquer dans une
- et la vapeur produite occupe une grande partie du volume engendré par le piston.
- Pour faire une comparaison équitable, il conviendrait de choisir deux pompes absorbant la même puissance, des deux systèmes à comparer, et de les monter successivement sur un même condenseur fonctionnanttoujours dans les mêmes conditions. La meilleure pompe serait celle qui ferait le meilleur vide.
- C’est ce que l’on a fait l’année dernière à Pittsburg, où l’on a ainsi comparé la pompe à grande vitesse, qui venait d’être construite, à deux pompes à piston très perfectionnées. Ces deux dernières ont fourni les mêmes résultats.
- Notre pompe s’est trouvée équivalente aux pompes à piston, lorsque le vide dans le condenseur, que l’on faisait varier avec une rentrée d’air, était égal aux gi% de la pression barométrique. Elle était supérieure, lorsque le vide était plus grand, et inférieure, lorsqu’il était plus petit.
- (') Voir Lumière Electrique, 16 juillet 1910.
- (*) Voir Lumière Electrique, 13, 20juin et ^juillet 1908.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2® Sérié.) — N® 30.
- La remarque précédente s’applique naturellement aux trompes à eau de tous les systèmes, en particulier à celles desservies par une pompe centrifuge.
- Ces derniers temps, on a proposé de faire passer simplement dans une trompe l’eau de refroidissement d’un condenseur à surface et de lui faire aspirer l’air du condenseur.
- Cela supprime la turbine qui lance l’eau dans la trompe, en chargeant de ce soin la pompe de circulation. Mais cette simplification ne peut être acquise qu’au prix d’une notable dépense de travail supplémentaire.
- D’après des rensignements qui nous ont été commupiqués, on aurait obtenu les résultats suivants:
- Débit d’eau à l’heure : i io mètres cubes.
- Pression à l’entrée de la trompe: 9'" d’eau.
- Ori enlevait donc 2^28 d’air, à la pression propre de 37""",51 de mercure, par seconde et par cheval de puissance, alors que, dans les mêlnes conditions, notre nouvelle pompe enlève :
- 6 litres, soit 2,63 fois plus.
- Dans l’expérience l’appelée ci-dessus, la trompe à eau était loin de donner le vide théorique, pour lequel la pression dans le condenseur n’aurait dû être que de 29™“,785 au lieu de 47 millimètres.
- Avec notre pompe, au contraire, on arrive facilement au vide théorique.
- Nous indiquons dans le tableau IV, par exemple, des résultats d’essais que nous choisissons entre beaucoup d’autres, parce que les nombres relevés l’ont été contradictoirement.
- Tableau IV
- Installation de Cleophasgrube (Haute-Silésie). Condensation centrale desservant 3 machines à vapeur d'extraction, 2 turbines à vapeur et une série de moteurs auxiliaires. Poids de vapeur condensée à Vheure : 5o 000 kilogrammes.
- Température de l’eau à la sortie du condenseur. 35 35,5 34,5 34,5 35,5 35
- Tension de vapeur correspondante 41,85 4i 40 40 43 41,85
- Pression absolue dans le condenseur 42 45 40 4o 43 42
- Pression à la sortie delà pompe : 2m,6 d’eau.
- Volume d’air aspiré : 33 ,n3 à l’heure.
- Pression dans le condenseur: 47 millimètres.
- Température de l’eau dans la trompe : io°5
- Température de l’eau, à la sortie du condenseur, 29°.
- Tension de vapeur de l’eau à io°5: 9mm,49.
- Tension de vapeur de l’eau à 29°: 29,n”,785.
- Avec un rendement de o,65 pour la pompe centrifuge, le travail absorbé par la pompe était de
- 110 000 X 6.4
- ------------— = 4,02 HP.
- 270 000 >< o,65
- Le volume d’air extrait par seconde était de v
- 33 000
- TfküT = 9)2 litres.
- Cette installation a remplacé une autre condensation à surface, avec pompe à piston. La pression dans le condenseur, avec la même arrivée de vapeur, variait alors entre 75 et 85mm de mercure.
- Dans l’industrie, pour avoir de bons résultats, il faut employer un appareil spécial, pour chaque fonction à remplir. Si l’on demande à un même appareil de remplir deux fonctions distinctes, il les remplit généralement mal toutes les deux.
- Le tableau V est relatif aux essais officiels de la condensation centrale de l’usine électrique de Worms, installée par M. Balcke et donne les renseignements les plus complets. C’est une condensation par surface. On remarquera la petitesse de la différence de la température à laquelle la vapeur est con-
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- 23 Juillet 1910.
- REVUE D’É LE G TRI CI TE
- 101
- densée et de la température à laquelle l’eau de condensation est rejetée. Ceci démontre, une fois de plus, que la condensation se fait d’autant mieux, dans un condenseur à surface, qu’il est mieux purgé d’air.
- Or, comme on peut le voir (*) sur les figures i et 5, les diffuseurs dé* nos pompes sont généralement munis d’un éjecteur à vapeur circulaire destiné à l’amorçage. Nous avons constaté qu’une fois l’amorçage obtenu, on
- Tableau V
- Usine électrique de Worms. Essais de réception du 5 avril 1910.
- NUMÉROS DE L'ESSAI CHARGE SURCHARGE CHARGE NORMALE
- 1 2 3 4 5 0 7 8
- 1. Charge de la turbine, en kilowatts.. 880 880 880 880 700 700 700 700
- 2. Quantité de vaj>eur par heure D, en kilogrammes 5 370 4 5i4
- 3. Pression barométrique, en millimètres de mercure.,... 747.’» 748
- 4. Vide dans le tuyau d'aspiration d’air (à la pompe à air) P3, en
- millimètres de mercure 73i 73l,5 73i,5 73i,5 732,5 732,5 732,5 732,5
- 5. Vide au condenseur P*, en millimètres de mercure. 728 728,5 728,5 728,5 731 73i 781 73i
- 6. Vide à la turbine Pj, en millimètres de mercure.. 725,5 726,5 726,5 726,5 729,5 729>5 ?a9,5 729,5
- 7. Vide au condenseur, rapporté au baromètre n° 3, en 97.4 97,5 97,5 97,5 97-75 97,75 97-75 97,75
- 8. Différence de pression entre l’aspiration d’air et la pression k la
- turbine, c’est-à-dire P3 — Pj, en millimètres de mercure 5,5 5 5 5 3 3 3 3
- 9. Quantité d’eau de circulation Q, en mètres cubes a l’heure 262 262
- 10. Température de la vapeur saturée au condenseur tc, en degrés C. 21,6 21,2 21,2 21.2 19,b *9,b *9,b *9,0
- 11. Température do l'eau de circulation à l’entrée £|, en degrés C... 8,5 8,5 8,5 8,5 8.6 8,6 8,0 8,6
- 12. Température de l’eau de circulation à la sortie t2, en degrés C... 2 20,5 20,5 20,5 18,8 *8,9 18,7 18,8
- i3. Température de l’air extrait £3, en degrés C..... 18,G 18,3 18 18,2 18 18,2 i8,3 18,2
- 14. Température de l’eau condensée t±, en degrés C . 19,5 i9>* *9>‘ 17,6 17,5 *7,4 1*7,5
- i5. Température de l’eau de la pompe à air t$, en degrés G i3,5 i3,6 i3 i3,5 i4 14,2 14 *4,*
- Q 16. Débit d’eau de circulation —. .. 48,8 58
- 17. Débit du condenseur idéal 46,5 53,3
- 18. Echauffement de l’eau de circulation en degrés G 12,5 12 12,1 12 10,2 io,3 10,1 10,2
- 19. Différence de température entre la vapeur saturée (vide) et l’eau
- chaude de circulation à la sortie tc —12, en degrés C 0,6 0,6 o,7 0,8 0,7 0,9 0,8
- 20. Débit d’eau de circulation réel du condenseur idéal i,o5 1,09
- 21. Quantité de chaleur transmise par heure, en calories 3 1 73 670 2 672 288
- 22. Surface de refroidissement du condenseur 200 200
- 23. Quantité de vapeur condensée par mètre carré, en kilogrammes. 26,85 22,57
- 24. Chiffre de transmission de chaleur, en calories 3 840 3 420
- 25. Puissance prise par la pompe à air, en kilowatts 4,85 4,85
- 26. Puissance prise par la pompe à air, en pourcentage du travail
- fourni par la turbine, en % o,55 o,7
- 27. Travail pris; pompe à air, pompe de circulation, plus pompe
- d’extraction, en kilowatts *7 *7
- 28. Puissance prise par la pompe à air, la pompe de circulation et lu
- pompe d’extraction, en pourcentage de la puissance prise par
- la turbine, en % 1,90 a,4
- Mais notre pompe à air demeurait inférieure aux pompes à piston, toutes les fois qu’il s’agissait d’enlever de grandes quantités d’air, ou de gaz non condensables, avec un vide médiocre. Gela nous interdisait, en particulier, de l’appliquer aux concentrations dans le vide des solutions de sucre, de matières colorantes.... où, à l’air contenu dans l’eau ou rentrant par les fuites, vient s’ajouter une quantité de gaz non condensables produits par la fermentation des substances dissoutes.
- pouvait aspirer, par cette coupure, une masse d’air au moins égale à celle arrivant à la chambre supérieure, sans altérer en rien le fonctionnement de la pompe normale. La pression de l’air ainsi aspiré devait naturellement être plus grande que celle de l’air affluant dans la chambre supérieure, tout en restant très basse.
- Cela nous permettait, dans beaucoup de cas, de doubler l’effet utile de notre pompe.
- (*) En se reportant à la première partie de cet article.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N« 20.
- Une application de ce système a été faite avec succès, sur nos conseils, par notre licencié ]yi, Skoda dans une grande sucrerie en Hongrie, appartenant à M. de Fàtzenhoffer.
- Il s’agissait de maintenir le vide voulu dans un appareil à sextuple effet de très grandes dimensions. Le dernier bouilleur et sa tuyauterie aboutissaient à un condenseur barométrique. La pompe à air employée est représentée en coupe sur la figure 5. Elle était commandée électriquement par l’intermédiaire d’une courroie.
- Les gaz dégagés dans les quatre premiers bouilleurs étaient envoyés dans l’orifice d’entrée F de4 l’éjeçteur de la pompe. Ceux dégagés dans les deux derniers l’étaient dans l’orifice E de la chambre supérieure.
- Les résultats obtenus ont été les suivants : Pression barométrique (en mm de Hg).. .. 748
- Vide dans le condenseur (en mm de Hg). . . 698
- Pression absolue dans le condenseur (en mm
- de Hg).............................• 5o
- Travail électrique fourni au moteur (HP).. 69
- Vitesse de la pompe (tours par minute).. . . , i38o Température de l’eau d’injection (degrés).. i3 Pression absolue des gaz non condensables
- extraits du condenseur (en mm de Hg).. . 38,8
- Le même condenseur était également muni d’une pompe à piston Weiss directement conduite par une machine à vapeur, tournant à la vitesse de 5o tours par minute. On pouvait substituer instantanément l’une des deux pompes à l’autre, afin de comparer leurs effets utiles. La pompe Weiss était excellente : elle permettait de réduire à 2mm de mercure la pression dans une enceinte fermée.
- La pompe à piston, aspirant dans le condenseur la totalité des gaz dégagés dans les six bouilleurs, produisait un vide de 68omm. Le travail indiqué qui fut relevé au cours de l’expérience était de 58 HP. Mais, comme d’après les garanties, cette machine consommait i5kB de vapeur par cheval indiqué, on considéra qu’elle dépensait autant en argent que xnotre pompe, bien que le moteur de cette dernière absorbât 69 HP.
- Si notre pompe eut été directement con-
- duite par une turbine, ce que permettait sa vitesse de rotation, elle eût encore moins dépensé de vapeur.
- On fit un essai en supprimant la communication des quatre premiers bouilleurs avec l’orifice F de l’éjecteur de notre pompe. La totalité des gaz allait dans le condenseur d’où ils étaient aspirés par la tubulure E (fig. 5). Le vide tomba à 66omra. La pression absolue des gaz non condensables passa ainsi de 38inm,8 à 76mra,8.
- Nous avions donc bien sensiblement doublé l’effet utile de notre pompe, en lui faisant aspirer aussi des gaz non condensables par l’orifice de son éjecteur. Elle se comportait en effet comme si elle eut engendré un volume double.
- Ces nouvelles pompes à air peuvent donc être appliquées avantageusement dans tous les cas. D’autre part, elles sont extrêmement simples et peuvent être construites aussi bien pour tourner à la vitesse des turbines que pour tourner à la vitesse des dynamos.
- II. Pompes d’extraction d’eau condensée.
- Les premières pompes d’extraction du contre-torpilleur Voltigeur étaient des pompes à piston à action directe. Elles refusèrent de fonctionner dès que la pression, dans le condenseur, tomba au-dessous de 65“m de mercure. Il fallut, lors des premiers essais, diminuer le vide produit par la pompe à air, en faisant une rentrée d’air continuelle dans le condenseur.
- On nous autorisa alors à remplacer ces pompes à piston par des pompes centrifuges de notre fabrication, directement conduites par des moteurs à vapeur à grande vitesse.
- Les figures 7 et 8 représentent ces pompes. Elles sont à simple roue.
- Les pompes de ce genre doivent être spécialement dimensionnées, d’autant plus que l’on ne peut jamais les mettre en charge que de quelques décimètres d’eau.
- On pourrait croire l’eau extraite d’un con-
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- ch
- Fig. 8.
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- 6 -Si*
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- ssasBr?.
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- dënseur complètement purgée d’air et ne pas craindre de voir celui-ci s’accumuler dans la pompe. Or, même dans nos machines frigorifiques, à vapeur d’eau, où la pression restante dans l’évaporateur tombe quelquefois à iram de mercure, l’eau extraite est toujours fortement émulsionnée d’air et la densité du mélange est bien inférieure à i.
- Il faut donner des dimensions qui paraissent démesurées aux conduites allant du condenseur à la pompe, mettre, par exemple, un tuyau de 8ommde diamètre là où un tuyau de 4o,,,m suffirait, si l’eau n’était pas extraite du vide. Enfin, il faut donner de très grandes ouïes à la pompe.
- Il est alors beaucoup plus facile de faire une pompe à une seule roue qu’une pompe à plusieurs roues associées en série.
- Comme la puissance théoriquement nécessaire, pour extraire l’eau d’un condenseur, est très petite par rapport à celle de la machine desservie, il n’y a pas lieu de chercher un très grand rendement. Ce qu’il faut, c’est que la pompe s’amorce imperturbablement.
- Mais, si l’on commande la pompe à air par une turbine, il sera naturel de lui accoupler la pompe d’exti’action. Dès que nous aurons affaire à une pompe à très grande vitesse, il n’y aura plus aucune raison d’accoupler des pompes en série.
- Dans les condenseurs marins, les quantités d’eau à extraire sont tellement considérables qu’il y a lieu, au contraire, d’accoupler des roues en parallèle.
- La figure 9 représente une étude faite pour un condenseur de i2ooooks à l’heure. La pompe à air et la pompe d’extraction sont montées sur un même arbre et conduites par une
- Pompe cl'extraction Pompe à ait' Pompe de circulation
- d'ectu condensée
- Fig. 10.
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- turbine à vapeur tournant à la vitesse de | phie d’un groupe complet de pompes mues par
- Fig. il.
- 2 5oo tours par minute et produisant 8o chevaux.
- Etant données cette vitesse et la grandeur du débit de la pompe d’extraction, il a fallu lui donner deux roues associées en parallèle.
- III. — Pompes de circulation.
- Il était très intéressant de faire tourner aussi ces pompes à la vitesse des turbines, pour réunir en un seul groupe, conduit par une même turbine, toutes les pompes d’un condenseur.
- En adoptant une vitesse de 2 ooo tours par minute, on peut encore employer une pompe à une seule roue, mais à deux ouïes, pour des condenseurs de puissance moyenne (ioooo‘e de vapeur à l’heure environ).
- La figure io représente un groupe de pompes, en cours d’exécution, pour un condenseur de ii oooke de vapeur.
- La pompe de circulation doit débiter 7001113 à l’heure et son ren-dôment prévu est de 65 %.
- La figure n est la photogra-
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- une turbine, pour condenseur à surface de la même puissance, construit par notre licencié M. Balcke.
- Lorsque la puissance devient plus grande, il faut employer des pompes ayant plusieurs roues associées en parallèle. Une pompe à deux roues débitera sensiblement deux fois plus qu’une pompe à une seule roue. On pourra débiter environ 2,5 fois plus avec trois roues qu’avec une seule roue. Au delà, le bénéfice devient illusoire : il faut tellement renforcer l’arbre, qu’il finit par boucher lés ouïes.
- La figure 12 est une photographie d’un condenseur à injection, dont les pompes tournent à 1 5oo tours par minute et doivent être conduites directement par la turbine à vapeur à laquelle le condenseur est destiné. Gomme
- on le voit sur la figure, l’extraction de l’eau d’injection est assurée par trois pompes centrifuges associées en parallèle.
- En résumé, nous pensons qu’on peut faire aujourd’hui des pompes de circulation à la vitesse de 2 000 tours, pour des condenseurs de 25- 000 à 3o oookg de vapeur à l’heure. Cette puissance augmente rapidement, lorsque la vitesse diminue.
- Nous croyons qu’il serait très intéressant de pouvoir faire des groupes semblables à ceux représentés sur les figures 10 et 11, pour les grands condenseurs marins. Mais il faudrait, pour cela, réaliser des pompes d’un débit de 6 000 à 8 ooom3 à l’heure, tournant au moins à la vitessse de 2 000 tours par minute. C’est très difficile, mais ne nous paraît pas impossible. Maurice Leblanc.
- 2t.
- SYSTÈMES D’INSTALLATIONS TÉLÉGRAPHIQUES AVEC BATTERIE UNIVERSELLE ET BATTERIE CENTRALE
- 1
- CONSIDERATIONS GÉNÉRALES
- En créant les systèmes complets d’installations télégraphiques avec batterie universelle et batterie centrale qui vont être décrits, je me suis attaché à répondre, par des solutions réellement pratiques, aU désir de ceux qui, frappés des inconvénients résultant, pour le service télégraphique, du montage défectueux et du mauvais entretien des piles dans les bureaux principaux et dans les bureaux secondaires, estiment qu’il y a intérêt à ne pas mettre de piles dans les bureaux secondaires et à adopter, pour les bureaux prin--cipaux, une installation de piles qui, tout en offrant le maximum de sécurité pour le service des transmissions, offre aussi le maximum de simplicité pour le montage et l’entretien.
- J’ai pensé que de pareils systèmes 11e seraient
- réellement pratiques qu'aux principales conditions suivantes :
- i° Créer pour l’installation de piles des bureaux principaux des organes de connexion, de groupement, de permutation et de distribution spécialement appropriés à leur destination, d'une manœuvre très simple, d’une construction robuste et dans lesquels tous les détails soient étudiés en vue de garantir l’installation contre tout danger pouvant provenir de courts-circuits accidentels ;
- 20 Faire choix d’un modèle de pile de très faible résistance intérieure, de grande capacité et d’un entretien facile, ces trois qualités étant nécessaires : la première, pour assurer la constance du courant malgré les variations de résistance des circuits d’utilisation, sans qu’il soit nécessaire d’associer plusieurs éléments en dérivation comme on le fait en général avec les piles au sulfate de cuivre ; la seconde pour espacer le plus possible les époques où la réfection
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- T. XI (2e Série). — N« 30i
- partielle ou totale d’une pile s’impose ; la troisième pour que l’entretien puisse être assuré dans le minimum de temps et par le premier venu ;
- 3° Supprimer complètement les piles des bureaux secondaires, aussi bien pour l’appel que pour la transmission, et pourvoir ces bureaux d’un générateur de courant magnéto-électrique jjour leur permettre d’appeler le bureau central, afin que le courant nécessaire à la transmission, courant continu provenant de la batterie centrale, ne soit envoyé sur la ligne qu’au moment des transmissions et non en permanence ;
- 4° Ne pas imposer aux agents manipulants des manœuvres supplémentaires plus ou moins compliquées pour passer du mode d’exploitation ordinaire au mode d’exploitation avec batterie centrale, ou de la position^ de transmission à la position de réception.
- Pour obtenir ces résultats, je n’ai pas reculé devant les complications de construction que ’on pourrait reprocher à mes appareils, ces complications étant, d’ailleurs, plus apparentes que réelles en l’état actuel de l’industrie électrique, et étant largement compensées par la simplicité de manœuvre qui en résulte.
- Si j’ai associé la batterie universelle à la batterie centrale, ce n’est pas que ces deux choses soient nécessairement liées l’une à l’autre. On peut réaliser l’une sans l’autre; mais il y a tout intérêt à associer les deux systèmes, la batterie universelle servant ainsi à la fois pour le travail par la méthode ordinaire et pour le travail, en batterie centrale.
- Il va de soi que pour ce système de batterie centrale, comme pour tous les systèmes qui reposent sur l’emploi du courant continu, l’un des principaux éléments de succès est le bon état cl’isolement désalignés. On peut, dans une certaine mesure, remédier provisoirement à un défaut d’isolement par un réglage approprié des appareils ; mais il importe de rendre aux lignes leur isolement normal aussitôt que cela est possible.
- Tels qu’ils ont été conçus et réalisés par moi, ces deux systèmes d’installation (batterie universelle et batterie centrale! ont été, ensemble et séparément, soumis, depuis le mois de décembre 1907, à des essais pratiques ininterrompus en service normal, qui en ont démontré le fonctionnement parfait. La première installation réa-
- lisée, qui comporte la batterie universelle et l'a batterie centrale, comprend 11 bureaux secon-! daires reliés à un même bureau principal. Tous les éléments de pile ont été complètement supprimés dans les 11 bureaux secondaires (soit environ 200 éléments à raison de 18 à 20 éléments par bureau). Au bureau principal, près de 3oo éléments au sulfate de cuivre (modèle Callaud) et près de 200 éléments d’autres modèles ont été supprimés et remplacés par 140 éléments nouveaux divisés en deux groupes égaux pour fournir le courant positif et le courant néga-' tif.
- Cette installation fonctionne encore, après plus de deux ans, à la satisfaction dm personnel manipulant. On peut se faire une idée de la diminution d’encombrement et de la diminution de frais d’entretien que permet l’application de ces systèmes.
- Il
- BATTERIE UNIVERSELLE
- Mon système d’installation télégraphique,avec batterie universelle, repose sur l’emploi d’un voltage unique, qui peut être fourni soit par des machines, soit par des accumulateurs, soit par des piles.
- Certains des organes constituant ce système peuvent être utilisés quelle que soit la source d’éleclricité ; tels sont les rhéostats à bobines amovibles et les lampes à filament de carbone.
- Pour les organes de connexion, de groupement et de permutation, je me suis attaché à créer des modèles robustes, d’un fonctionnement sûr, et combinés de façon à simplifier au maximum les manœuvres obligatoires. Ces organes ont été étudiés en vue de 1?utilisation des piles comme source d’électricité, ce qui est, en France, le cas le plus général ; car, pour les installations de machines dynamo-électriques et les grandes installations d’accumulateurs, les organes appropriés se trouvent en abondance dans le commerce, où il n’y a qu’à choisir les meilleurs.
- L’installation de batterie universelle comporte théoriquement l’emploi d’une pile unique dont la force électro-motrice est celle qui est nécessaire pour la ligne offrant la plus grande résis-
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- tance. Il y a sur cette .pile autant de prises de courant qu’il y a de lignes à desservir et toutes ces prises de courant sont branchées sur une barre de distribution reliée au dernier élément, c’est-à-dire que le voltage est unique, des résistances ohmiques sans self-ânduction étant ajoutées artificiellement à chaque ligne pour obtenir l’égalisation de toutes les lignes. '
- Pratiquement, comme il existe des lignes où le service des transmissions exige les deux sens du courant (par exemple, les lignes bifurquées desservant deux bureaux associés en dérivation), l’installation comprend deux piles dont l’une fournit le courant positif, son pôle négatif étant relié à la terre, et l’autre fournit le courant négatif, son pôle positif étant relié à la terre.
- Deux conditions essentielles s’imposent : calculer les résistances artificielles de façon à obtenir dans tous les cas l’intensité nécessaire au bon fonctionnement des appareils récepteurs (soit environ i5 milliampères sur les lignes
- T ’ P
- Uh
- lOOvoltS +
- F, .-Fusibles
- Batterie universelle, système \V. Blanchon.
- Figure i.
- simples et environ 3o milliampères sur les lignes bifurquées où les deux bureaux sont en dérivation) ; égaliser le travail des deux piles malgré la différence notable entre les prises positives et les prises négatives, afin que les deux courants positif et négatif soient sensiblement égaux.
- Ces deux conditions, et quelques autres importantes à divers points de vue, sont remplies dans le système d’installation de batterie uni-
- verselle que j’ai réalisé et dont le principe est représenté schématiquement par la figure i.
- Mesures de sécurité.
- Toutesles précautions sont prises pour garantir l’installation contre tout danger pouvant provenir d’une élévation anormale de l'intensité du courant. Des fusibles fondant à i ampère sont placés sur chaque fil, d’abord près des piles, puis à l’entrée et à la sortie du tableau de distribution et à l’entrée de chaque panneau de rhéostats. En outre, sur chaque prise de courant est placée une lampe à filament de carbone d’un modèle construit spécialement sur mes indications et dont le filament rougit de façon à être nettement visible, même en plein jour, dès qu’il est traversé par un courant de 45 à 5o milliampères. On a ainsi l’indication d’une augmentation anormale d’intensité qui n’offre aucun danger, mais dont la continuité userait inutilement la pile. C’est un avertissement qu’aucun fusible actuellement connu ne peut donner. D’autre part, le filament de ces lampes, qui, à froid, a une résistance de 5oo ohms environ, offre encore, lorsqu’il est poussé au blanc éblouissant, une résistance de a5o ohms environ. Il en résulte que si la force électro-motrice utilisée est de ioo volts, par exemple, la ligne sur laquelle se trouve une lampe de ce modèle ne peut pas être parcourue par un courant d’une intensi té supérieure à 400 milliampères. Le filament ne résiste, d’ailleurs, pas longtemps à une pareille intensité et fait alors office de coupe-circuit.
- Le même souci de sécurité m’a guidé dans les calculs auxquels je me suis livré pour déterminer les dimensions des bobines amovibles des rhéostats, ainsi que la nature, le diamètre et la longueur du fil à employer pour chaque bobine suivant la résistance à obtenir. Toutefois, pour ne pas multiplier à l’infini les types de bobines, je me suis arrêté à une série telle que toutes les résistances qui peuvent être nécessaires dans la pratique puissent être obtenues avec une, deux ou trois bobines au maximum.
- Tableau de distribution Wilfrid Blanchon.
- Le tableau de distribution reçoit les- deux pôles de chacune des deux piles, qui sont amenés
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- à un inverseur. Cet inverseur, que j’ai imaginé et réalisé en 1901 pour certaines installations téléphoniques, est combiné de telle façon que la simple manœuvre d’une manette ou d’une clé relie le pôle positif de l’une des deux piles à la barre de distribution pour prises positives et le pôle négatif de la seconde pile à la barre de distribution pour prises négatives, et relie en même temps à la terre le pôle négatif de la première pile et le pôle positif de la seconde pile. Le groupement inverse est obtenu par une manœuvre inverse de la manette ou de la clé. Il suffît donc d’inverser périodiquement la manette ou la clé (par exemple toutes les vingt-quatre heures) pour égaliser le travail des deux piles, sans avoir à toucher en quoi que ce soit aux connexions fixes de l’installation. Le tableau de distribution est équipé de façon à permettre le montage de deux piles positives et de deux piles négatives, dans le cas où le nombre des lignes pouvant travailler simultanément serait assez grand et où, par conséquent, il y aurait intérêt à ne pas les grouper sur une même batterie.
- Volt mitre
- «VWWIAAA
- I I I I l i t
- Dispositif de mesure du tableau de distribution \V. Blanchon.
- Figure 2.
- Sur le panneau de distribution est fixée une installation de mesure très simple permettant de yérifier avec la plus grande rapidité la force électro-motrice et la résistance intérieure de chacune des piles.
- Le dispositif adopté est celui que j’ai imaginé
- et réalisé en 1902 pour le voltmètre portatif utilisé depuis cette époque par les monteurs du service téléphonique. Il est représenté schématiquement par la figure 2. La résistance de la bobine est calculée de façon que le circuit bifurqué comprenant le voltmètre et la bobine ait une résistance de 1000 ohms. En appuyant sur la clé E, on fermé la pile sur le voltmètre et on lit la force électromotrice; en appuyant sur la clé U, après avoir laissé la clé E reprendre sa position de repos, on lit la différence de potentiel utile aux bornes d’un circuit de résistance connue. On en déduit la résistance intérieure de la pile. C’est l’application par des moyens très rapides de la formule bien connue
- L’opération, qui ne nécessite que la .manœuvre de deux boutons de contact pour les deux lectures à faire sur le voltmètre, ne demande pas même cinq minutes pour deux piles, grâce aux barèmes que j’ai établis et où l’on trouve instantanément la traduction de la formule pour toutes les lectures possibles.
- Panneaux de rhéostats, système WilfridBlanchon.
- Les panneaux de rhéostats sont en nombre variable suivant l’importance du bureau. Chaque panneau comprend un certain nombre de rhéostats à bobines amovibles destinées à la constitution des résistances artificielles, un nombre égal de lampes à filament de carbone connectées en série avec les rhéostats, et deux barres de distribution positive et négative reliées au tableau de distribution. C’est de ces panneaux que partent les prises de pile destinées aux lignes ou sections de ligne aboutissant au bureau, à raison d’üne prise par ligne simple exploitée avec un seul sens de courant, et de deux prises pour chaque ligne exploitée avec les deux sens de courant.
- Les rhéostats et les bobines sont du genre des rhéostats et bobines employés depuis fort longtemps dans les installations Baudot. Ils n’en diffèrent que par des détails de construction et des dimensions beaucoup plus grandes.
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- ItlSVUE D’ÉLECT K1C1TÉ
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- Tableau de mutation des prises de courant, système Wilfrid Blanchon.
- Avec les installations ordinaires, lorsqu’un bureau correspondant signale que le courant qu’il reçoit est trop fort ou trop faible, on modifie l’intensité de ce courant en faisant varier le voltage employé, c’est-à-dire en diminuant ou en augmentant le nombre des éléments de pile.
- Dans mon système de batterie universelle, on fait varier l’intensité du courant, non pas en modifiant la pile mais en augmentant ou diminuant la résistance intercalée dans la prise de courant qui dessert la ligne sur laquelle on veut opérer. Il suffit, pour cela, d’ajouter une bobine au rhéostat, ou d’en enlever une, ou encore d’en remplacer une par une autre plus ou moins résistante suivant le cas. L’opération n’est ni difficile ni longue, et, dans les bureaux de faible importance où ces mutations sont extrêmement rares, il est inutile de l’abréger par l’addition onéreuse d’organes de mutation rapide. Au Contraire, dans les grands bureaux où, à tort ou à raison, les mutations dont il s’agit sont fréquentes, il y a intérêt à les rendre aussi rapides que possible. Pour arriver à ce résultat, j’ai étudié et réalisé un tableau de mutation des prises de courant.
- Im
- 3o«
- Tableau de mutation des prises de courant, système W. Dlanchon.
- Figure 3.
- La constitution de ce tableau est basée sur l’emploi de conjoncteurs et de fiches analogues, quant au mode de construction, aux conjoncteurs (jacks) et aux fiches des tableaux téléphoniques. L’originalité réside dans les combinaisons et le mode d’utilisation de ces organes dont la forme et les dimensions, arrêtées d’un commun accord entre le constructeur et moi, ont été déterminées de façon à assurer d’excellents contacts et à prévenir autant que possible les fausses manœuvres.
- Ce tableau de mutation des prises de courant, dont les organes sont représentés schématiquement par la figure 3, est divisé en deux parties, l’une affectée aux prises de courant pour lignes simples, l’autre réservée aux prises de courant pour lignes bifurquées : à la première aboutissent les prises de courant dont les résistances sont calculées pour qu’au moment de l’abaissement du manipulateur l'intensité soit, au départ, de ‘20 milliampères environ ; à la seconde aboutissent les prises de courant dont les résistances sont calculées pour qu’au moment de l’abaissement du manipulateur l’intensité soit, au départ, de 40 milliampères environ (voir fig. 1).
- Les conjoncteurs sont de deux types. Les uns, placés en deux rangées verticales à droite et à gauche de chacune des deux parties du tableau et signalés extérieurement par des étiquettes carrées, sont formés de deux ressorts-laines. Le grand ressort est relié à une prise de courant; le petit ressort sert uniquement à maintenir la fiche lorsqu’elle est enfoncée dans le conjonc-teur pour une mutation. Ces conjoncteurs constituent les prises de courant dites « prises de réserve » auxquelles on a recours pour augmenter ou diminuer l’intensité sur la ligne sur laquelle on travaille.
- Les autres conjoncteurs, placés en rangées horizontales et signalés extérieurement par des étiquettes rectangulaires longues,sont formés de trois ressorts-lames. Legrand ressort est destiné à être relié, soit en permanence, soit par le jeu d’un tableau commutateur, à l’enclume de travail du manipulateur; il est, à l’état normal, en contact permanent avec un ressort court relié à la prise de pile jugée convenable pour la ligne considérée. Le troisième ressort ne sert qu’à maintenir la fiche lorsqu’elle est enfoncée dans le conjoncteur pour une mutation.
- Il résulte de ces dispositions qu’à l’état normal le tableau de mutation de prises de courant que j’ai combiné, 11e comporte l’emploi d’aucun cordon ni d’aucune fiche. Pour opérer les mutations jugées nécessaires à titre temporaire, on se sert de cordons souples à un seul conducteur terminés aux eux extrémités par deux fiches dissemblables : l’une peut être introduite dans les conjoncteurs à trois lames, mais 11e doit pas pouvoir entrer dans les conjoncteurs à deux lames dont le canon est d’un diamètre plus petit; la seconde fiche d’un cordon pénètre dans le con-
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- joncteur à deux lames. Cette différence entre les deux fiches d’un même cordon est indispensable pour empêcher la mise en court-circuit, par le cordon, de deux prises de réserve.
- Comme on le voit par la figure 3, l’utilisation du cordon souple avec ses deux fiches permet de substituer instantanément une résistance à une
- autre sans interrompre le service. Cette substitution ne doit être que temporaire. S’il est reconnu nécessaire de la rendre définitive on modifie le rhéostat relié au conjoncteur à trois lames et l’on peut ensuite enlever le cordon souple.
- (/I suivre.) Wilfrid Blanchon.
- , EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- méthodes et appareils de mesures
- Sur un nouveau modèle de balance pour la détermination des champs magnétiques. — P. Sève. — Société Française de Physique, séance du 17 juin 1910.
- L’auteur décrit une balance destinée à la mesure en valeur absolue des champs magnétiques où l’uniformité peut être réalisée sur quelques centimètres.
- Elle utilise le principe imaginé par M. Cotton ;. ce principe consiste, comme on sait, à équilibrer par des poids l’action électrodynamique exercée sur un élément de courant de longueur et d’intensité connues placé dans le champ étudié perpendiculairement aux lignes de force; pour éliminer l’action électrodynamique sur les portions de courant voisines de l’élément utilisé, 011 constitue les conducteurs d’amenée et de sortie par des arcs de cercle concentriques ayant pour axe le couteau de la balance.
- L’appareil présenté se différencie des appareils antérieurs basés sur le même principe par un certain nombre de perfectionnements qui en rendent le maniement plus aisé.
- Le conducteur placé dans le champ est formé d’une lame de cuivre déposée par éleetrolysc ou appliquée à l’aide d’une tresse de soie sur les bords d’un arc de verre dont les parties circulaires ont été usées sur des matrices de bronze à la façon des surfaces optiques. Cet arc est robuste et sa largeur utile se mesure aisément à l’aide d’un palmer.
- L’arrivée du courant se fait à l’extrémité de l’arc opposée à l’élément utile et non au milieu de l’arc, ce
- qui élimine plus sûrement les causes d’erreur dues au champ qui règne encore à distance de l’élément utile.
- On s’est arrangé pour que l’élément de courant utile soit horizontal, condition toujours commode et nécessaire pour la mesure des champs produits par certaines formes de pièces polaires.
- M. Sève indique ensuite les méthodes employées pour mesurer les éléments géométriques de l’instrument et la technique qui a paru la plus commode pour son emploi.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Dispositif de mise en court-circuit et de relevage des balais des moteurs à bagues. — F. Niethammer.— Elektrotechnih undMaschinenbau, 26 septembre 1909.
- Les figures 1 à 3 correspondent à l’exécution de l’A. E. G. Union. En tournant la poignée g vers le haut, l’anneau c se déplace sous l’action de la roue 5. Dans un appendice placé à la partie inférieure de la pièce c se trouve une fente s qui, lorsque c tourne, pousse le doigt t vers la gauche, c’est-à-dire a vers la droite. Par ce déplacement, a vient sur les trois contacts à contacts o fixés respectivement sur chaque bague, ce qui met les trois bagues en court-circuit. Les nez i {il y en a trois) servent de guides pendant le déplacement de a. Pendant ce temps les cames excentrées /j et f\ sont déplacées avec l’anneau c et viennent soulever, par les boulons m, les leviers h, ce qui fait tourner les lignes de porte-balais et sou-lève'les balais de dessus les bagues r.
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- Schorch et Ci0, à Rheydt, exécutent, conformément | concentriques ; les balais b située de côté frottent
- aux figures 4, 5 et 6 , une disposition originale et | non sur les surfaces cylindriques mais sur les plans
- —Wâ
- 1(1 y if -JyZ'iïei Eig, 5, M ' _________
- nouvelle comme principe. Les trois bagues sont J perpendiculaires à l’axe. La poignée G est déplacé'
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- de l’encoche pt à l’encoche p3. Par ce mouvement, les trois bagues se déplacent axialement le long de la douille H et les pièces de contact à ressort m se placent chacune entre deux bagues et les mettent en court-circuit. Pour les petits types les contacts de court-circuit sont constitués par les doigts élastiques fendus n (fig. 6). Après le court-circuit des trois bagues St, S2, S3 les balais à ressort b se posent contre une pièce fixe v et, les bagues étant poussées encore plus avant, le contact cesse entre les balais et les bagues.
- B. G.
- Convertisseurs en cascade. — S. Hallo. — Eleklrotechnische Zeitschrift, 9 et 16 juin 1910.
- Le convertisseur en cascade est un moteur asynchrone dont le rotor polyphasé est accouplé électri-
- Son montage est schématisé dans la figure 1. St est le stator d’un moteur asynchrone ordinaire ; R est le rotor dont les phases peuvent être, au démarrage,par l’intermédiaire du plot de court-circuit annulaire et des bagues S, reliées aux résistances de démarrage Ra; G est l’induit de la dynamo en série avec le roter; F son excitation et G le collecteur.
- Si / est la fréquence du courant d’alimentation,/?^ et pa les nombres de paires de pôles de la génératrice et du moteur asynchrone, n la vitesse angulaire en nombre de tours par minute du convertisseur, la fréquence de la force électromotrice induite dans G
- est et la fréquence de celle qui est induite dans
- , • „„ pan
- le rotor est f—1— .
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- Si le nombre de spires est tel que les amplitudes
- quement et mécaniquement avec l’induit d’une dynamo t1).
- (’) E. Arnold et J.-L. La. Cour. Der Kasskadenum-former. Ferdinaud Enke, Stuttgart, 1904.
- Arnold et J.-L. La Cour. Die Wechselstromtechnik, tome Y, Kap. xxii. Julius Springer, Berlin, 1909.
- B.-S. Hallo. The Theory and Application of Motor-converters, Journal of the Institution of Eleclrical En-gineerst tome XLIII, Nr. 197.
- de ces forces électromotrices soient égales, c’est-à-
- • 1 6°/
- dire si la vitesse est n = -/—, le convertisseur
- P« + Pe
- marche ausynchronisme, le rotor et l’induit étant en parallèle. La partie de l’énergie fournie au stator
- est rendue sous forme d’énergie électrique et —
- P
- sous forme d’énergie mécanique [p = pa pg). C’est cette propriété de permettre d’avoir des vi-
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- tesses pas trop grandes avec un petit nombre de pôles de la génératrice qui caractérise le convertisseur en cascade et détermine ses conditions d’emploi : fréquence d’alimentation et tension continue élevées, tandis que la commutatrice ordinaire demanderait un trop grand nombre de pôles (ce qui diminuerait la place réservée aux pôles de commutation) avec un sectionnement du collecteur trop grand (d’où un diamètre exagéré).
- Pour le convertisseur à tension continue variable on est obligé d’augmenter la réactance du côté alternatif pour diminuer le courant déwatté, ce qui diminue la surcharge et donne des difficultés pour le refroidissement à cause _ du grand nombre des ampères-conducteurs par centimètre.
- Pour éviter ces inconvénients, les encoches du stator sont complètement fermées et dimensionnées de manière à avoir une grande réactance pour les faibles charges et une réactance plus petite, et presque constante pour la pleine charge et pour surcharge.
- L’auteur donne les'courbes correspondantes pour l’un de ses convertisseurs.
- Leé convertisseurs en cascade se prêtent bien à la distribution à trois fils et ont un rendement supérieur à celui d’un groupe moteur-générateur (l’auteur en indique quelques exemples). Ils ont un bon fonctionnement là où les fortes variations de charge rendraient impossible l’emploi des commuta-tri'ces. L’auteur termine par la description de quelques convertisseurs en usage. La puissance totale de ces convertisseurs installés s’élève à ioo ooo kw. environ, les plus intéressants étant ceux du Great Western Railway à Londres et de la station centrale de Manchester.
- S. P.
- TRACTION
- Affichage du travail d’employés négligents. — Electric Railway Journal, 26 février 1910.
- Dans une grande exploitation de tramways électriques, il existe souvent de grandes différences d’appréciation entre le service mécanique et celui du mouvement, lorsqu'il s’agit de déterminer les responsabilités dans les accidents qui souvent produisent de grandes perturbations dans le service.
- Pour éviter tous les' conflits 4e ce genre, une compagnie américaine a introduit dans ses ateliers la méthode photographique qui a aussi comme conséquence de forcer chaque ouvrier monteur dans l’atelier et le wattman des voitures à apporter un plus grand soin dans le montage et la manœuvre de l’équipement électrique des voitures.
- Chaque fois qu’une voiture entre à l’atelier de réparation, on prend une photographie de l’induit, des inducteurs, du combinateur et de tous autres organes qui décèleraient quelque coupable négligence.
- L’épreuve photographique, accompagnée d’une brève relation du sujet de l’accident et du nom de l’employé négligent, est affichée pendant dix jours dans l’atelier ou au dépôt. C’est ainsi que sont fidèlement enregistrés tous les résultats des accidents et qu’il devient possible d’en préciser les origines, attribuant ensuite à chacun la responsabilité qui lui incombé. Ce procédé d’enquête a fourni d’excellents effets économiques.
- E. D.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- L’installation électrique pour l’affinage du cuivre de la Société métallurgique de Livourne. — Elettricista, i5 février 1910.
- La Société métallurgique italienne a créé, en 1900, une grande installation électrolytique dans son établissement de Livourne, afin de se procurer par ses propres moyens une partie du cuivre, très pur, qui est nécessaire à ses usines pour la fabrication du fil pour conducteurs électriques et, en outre, afin de pouvoir mieux utiliser les minerais cuprifères italiens ou étrangers qui, par leur pureté et leur composition, se prêtent le mieux au traitement électrométallurgique.
- L’installation couvre environ 5 8oom2, dont 4 400 sont occupés par les batteries de bains électrolytiques et les machines. Les batteries se composent de 43a bains, répartis en a.4 files de 18 bains chacune et disposés entre eux en cascade, afin d’obtenir une circulation complète et continue de l’électrolyte.
- Les bains sont formés de caissons en bois, revêtus de plaques de plomb ; ils ont une capacité d’environ iln3. Sur le bord supérieur, s’appuient,
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- au-dessus de supports isolants, les barreaux conducteurs sur lesquels prennent contact les lames qui fonctionnent nomme électrodes.
- Les anodes, du poids de i20ks environ, ont une forme rectangulaire et se terminent, à leur partie supérieure, par deux bras courts, par lesquels elles s’appuient sur les barreaux conducteurs du courant.
- Le cuivre, dont elles sont formées, présente la composition moyenne suivante, laquelle résulte d’analyses nombreuses :
- le caisson de dépôt à 5o°, au moyen de serpentins de vapeur; on obtient ainsi un avantage notable pour le rendement, attendu que la résistance électrique diminue d’environ 2 % par degré centigrade.
- Durant l’électrolyse, la solution tend toujours à s’enrichir en sulfate de cuivre et à s’appauvrir en acide libre pour diverses causes dont l’une est donnée par la formule :
- Cu SO4 -f Cu = Cu2S04 Cu*SO* +H*SO* + 0' = aCuSO4 + H20.
- Cu = 98,5
- Fe = 0,07. As = 0,20 S = o,25 Sn et Sb = 0,10
- Ag= 0,07 Bi .= 0,25 Pb — o, 17 SiO2, etc.
- Les anodes peuvent rester dans les bains de 20 à 3o jours, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elles soient devenues assez minces pour offrir trop de résistance au passage du courant ; on les enlève alors et on les remplace par des neuves. Elles sont au nombre de 9 par bain et occupent les rangs pairs.
- Les cathodes sont formées de feuilles minces de cuivre électrolytique , obtenues par un système spécial dans des bains convenables; elles sont un peu plus petites’ que les anodes et sont suspendues à une barre de bois qui sert également à porter la bande de cuivre pour le passage du courant. Les cathodes sont au nombre de dix par bain et occupent les rangs impairs ; elles restent immergées pendant i5 à 18 jours; jusqu’à ce qu’elles atteignent le poids de 40 à 5oke:; elles sont alors enlevées et remplacées par des neuves.
- L’électrolyte qui circule dans les bains se compose de i3o«r de sulfate de cuivre et de 120e1, d’acide sulfurique par litre, le reste étant de l’eau ; à la température ordinaire, quand il vient d’être préparé, il a une densité d’environ 19. Il est nécessaire que l’électrolyte circule continuellement dans les bains pour garder de l’homogénéité. A cet effet, on a, à un niveau de 3m au-dessus des bains, un caisson de dépôt, d’ou la solution descend dans le premier bain et passe de celui-ci, au moyen des siphons, dans tous les autres bains de la série, jusqu'à ce que, du dernier bain, elle tombe à terre dans une fosse, d’où une pompe la ramène au caisson de dépôt.
- Poar diminuer la résistance électrique à l’intérieur des bains et pour favoriser l’épuration chimique de l’électrolyte, on réchauffe ce dernier dans
- Or ,il est très important de maintenir constant le titre de la solution ; dans ce but, on a intercalé, dans les batteries, un certain nombre de bains, avec des anodes insolubles de plomb. Le courant électroylise la solution en décomposant le sulfate de cuivre et mettant en liberté l’acide correspondant, suivant la formule :
- Cu SO4 + H20 = H2 SO4 -|— 0 —j- Cu.
- Les bains à anodes de plomb produisent, en outre, une purification de la solution. A la longue toutefois., la teneur de l’électrolyte en métaux étrangers s’accroît au point d’altérer la régularité de la marche de l’électrolyse; il estalors nécessaire de remplacer l’électrolyte.
- Voici des analyses de solutions effectuées à diverses périodes :
- Après un mois de travail : en grammes par litre, 1,29 As — o,54 Bi — o,35 Fe.
- Après trois mois de travail : en grammes par litre, 2,80 As — o,65 Bi — 1,07 Fe.
- On traite à part les solutions impures retirées des bains, pour en retirer le sulfate qui est employé à la préparation de nouvelles solutions.
- Toutes les impuretés précipitées au fond des bains contiennent une grande quantité d’éléments auxquels on fait subir un traitement approprié pour en tirer parti. Voici un échantillon de la composition de ces résidus :
- Cu = 5a,5o % A g — 4,40 %
- Au = o,o55 » Bi =r 4,54 »
- Pb = 6,18 » As — t,6o .»
- Sn et Sb = 2,00 » SiO2, S, etc.
- Le courant qui passe par chacune des quatre batteries de bains a une intensité de 1000 ampères avec 5o volts et comme dans chaque bain on a 10
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- électrodes en parallèle, pour une surface totale de iom2, on a une densité de coûtant de i ampère par décimètre carré d’électrode.
- Les barreaux conducteurs de cuivre, qui servent de supports aux électrodes, ont une section de 600 millimètres carrés.
- La différence de potentiel aux électrodes dc.cha* que bain est d’environ o,35 à 0,45 volt, ce n’est que dans les bains à anodes de plomb qu’elle atteint? volts.
- Le cuivre électrolytique produit dans les bains présente une structure microcristalline compacte, et une couleur rose claire caractéristique. Son. titre est de 99,7 à 99,9 de cuivre ; sa conductibilité électrique, en prenant pour résistance spécifique celle de Matthiesen (1,579 microlnn à o°), est comprise entre 99,5 et 99,7 %.
- La production journalière de l’usine est d’environ iotonnes de cuivre électrolytique, qui est employé à préparer du fil pour conducteurs électriques, du fil spécial de bronze pour les téléphones de l’Etat et divers autres alliages.
- Les quatre batteries contiennent ensemble une charge de 600 tonnes de cuivre et 5oom3 d’électrolyte en circulation.
- L’énergie électrique, nécessaire pour le fonctionnement des bains, est fournie par 4 dynamos à courant continu qui donnent au total 4 000 ampères avec 100 volts; elles sont mises en action par une motrice à vapeur de 600 chevaux.
- L’établissement comporte en outre un laboratoire de chimie, avec installation complète pour analyses électrolytiques, une salle d’essais électriques, avec galvanomètre pour les ponts de Wheatstone et de Thomson, pour la mesure de grandes et de petites résistances électriques ; une salle d’essais mécaniques avec 5 machines à traction de 1 à 3o tonnes et 2 machines pour la flexion et la torsion du fil de cuivre.
- C. B.
- L’analyse èlectrochimique rapide; comparaison de différentes méthodes. — S. Palmer et G. Palmer. — Communication lui'American Eloctroche-mical Society ('), reproduite par l’Electrician, 22 avril 1910.
- Pour produire un dépôt rapide de cuivre., de zinc ou d’autres métaux, on a proposé différentes mé-
- thodes telles que rotation de la cathode, de l’anode et même dernièrement de l’électrolyte.
- Les auteurs ont fait plusieurs séries d’essais en employant l’appareil de Frary dont l’anode esti une spirale de platine, dans différentes conditions :
- 1) En utilisant une toile de platine comme cathode, avec mouvement de rotation de l’électrolyte;
- 2) Avec la même cathode, sans provoquer la rotation du liquide ;
- 3) Enfin, également sans rotation, mais la cathode en platine ayant la forme conique usuelle.
- Les conditions des expériences qui ont porté sur des sels de zinc et de cuivre étaient celles indiquées respectivement par Fischer (*) pour le cuivre et Frary (2) pour le zinc.
- Avec une solution de sulfate de cuivre, ils ont trouvé qu’un dépôt total de ogr,3i de cuivre se produisait sur la cathode en 25 minutes dans le premier cas, 5o minutes dans le second et 5 heures dans le troisième. La rapidité avec laquelle s’effectue le dépôt semble donc être due, en grande partie, à la constitution de la cathode, la rotation de l’électrolyte ayant cependant aussi une influence.
- Avec des solutions de sels de zinc, l’électrolyte était refroidi par une circulation d’eau traversant un serpentin en plomb placé autour du vase. Les expériences (1) et (2) ont duré le même temps pour obtenir le dépôt complet du zinc (o®r,i en 3o minutes).
- Les auteurs pensent que les spires de plomb empêchent la rotation de l’électrolyte de sorte que celle-ci n’intervient, plus d’une façon appréciable.
- De l’ensemble de leurs expériences, ils concluent que l’emploi d’une cathode en forme de toile est souvent suffisant pour les analyses rapides, et permet d’éviter les différents moyens d’agitation mécanique du liquide. L. B.
- BREVETS
- Appareil électrique à vapeurs, particulièrement applicable comme lampe. — E. Podszus. — N° 409 968, publié le 7 mai 1910.
- Il s’agit ici d’un appareil électrique à vapeurs, particulièrement applicable comme lampe à vapeurs, et destiné à guider le jet composé de vapeurs métalliques incandescentes de manière que, d’une part, il
- ('-} Elektroanalytische Schnellmetkoden, p. 106.
- (a) Journal of theAmerican Chemical'Society, 2Ç), 1907.
- (*) Transactions , vol. XV.
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- soit tenu éloigné de l’enveloppe extérieure en verre de l'appareil et que, d’autre part, il soit amené à produire des effets d’incandescence spéciaux. Cela donnerait la possibilité de rendre l’appareil à vapeurs utilisable pour toutes les substances électrodiques susceptibles d’être employées en principe et de régler aussi bien la température que la couleur et la radiation de l’arc lumineux.
- Dans la forme d’exécution de l’appareil, conforme à la figure i, le métal, constituant la cathode, est vaporisé dans une enceinte fermée, de sorte que les vapeurs formées sont en surpression par rapport à la chambre de jet, ét cette chambre est munie d’un ajutage par lequel la vapeur formée à la cathode est amenée à l’anode en un jet sous pression. Ce jet possède une grande vitesse et seulement un petit diamètre,* de sorte que la vapeur incandescente ne circule pas le long de l’enveloppe extérieure qui, par suite, es! protégée contre les accroissements de température nuisibles.
- C +
- Fig. j.
- Le dégagement des vapeurs se fait dans un corps creux a en matière réfractaire, telle que la magnésie ou ses analogues, dont la cavité intérieure b est reliée au pôle négatif et contient la cathode e en métal vapo-risable, tel que le mercure, le sodium ou une substance analogue. La cavité b est en communication par un ajutage d avec la chambre de jet e. Par suite de cette disposition, il se produit une surpression dans la cavité b et les vapeurs métalliques formées à la cathode c passent par l’ajutage d sous pression dans la chambre de jet e par laquelle elles sont conduites, sous forme d’un jet continu de diamètre beaucoup moindre que la chambre de jet elle-même, à l’anode f qui est perforée en forme de douille et peut être en
- une matière plus difficilement fusible, telle que le wolfram, le tantale, le molybdène, le charbon ou une substance analogue. Les vapeurs métalliques se condensent à l’anode, dans un corps creux g entourant l’anode, lequel est également en matière réfractaire, afin que les matières condensées ne puissent endommager l’enveloppe. La cavité intérieure h, servant d chambre de refroidissement, du corps g, forme au fond une gouttière i dans laquelle se rassemble le métal condensé liquide. La gouttière i est en communication avec la cavité b du corps protecteur a, entourant la cathode, par un tube k en matière non conductrice et résistant aux influences chimiques du métal, tube par lequel le métal condensé reflue de la gouttière i à la cathode. Là, la colonne métallique se trouvant dans le tube k produit une contre-pression correspondant à la surpression dans la chambre de vaporisation b. Les parties décrites sont entourées d’une enveloppe extérieure en verre l qui est fermée avec étanchéité à l’air. Le tout est, soit vide d’air, soit empli d’un gaz inerte, par exemple, l’argon.
- Le tube de reflux reliant les deux corps creux a et g peut aussi (fig. a) être supprimé. Le métal condensé dans la chambre de refroidissement h de l’anode f retombe alors librement par de fines ouvertures pratiquées dans le fond de la gouttière f, à travers la chambre de jet e sur la surface supérieure creusée du corps creux inférieur a. Ce dernier est divisé par une cloison séparatrice m en deux cavités concentriques b et n qui, toutes deux, sont emplies de matière cathodique. La partie intérieure c forme la cathode principale, la partie extérieure o la cathode secondaire qui a un niveau plus bas que la cathode principale. Le métal rassemblé sur la surface supérieure du corps creux a reflue par un canal p à la cathode. Pour obtenir dans ce cas une plus grande surpression dans la chambre k vapeurs b on a disposé dans le canal de reflux p une soupape de retenue q, qui est portée par le métal de la cathode secondaire et habituellement maintenue fermée, mais qui s’ouvre de temps en temps pour laisser le métal refluer à la cathode. Gela se produit de la manière suivante : une. fois l’allumage effectué, la formation de vapeurs commence dans la chambre cathodique. Il jaillit alors un arc lumineux en même temps de la cathode principale et de la cathode secondaire, possédant une intensité plus grande pour la cathode principale, car cette dernière a un niveau plus haut. Dès que les deux niveaux sont à peu près égaux, la cathode secondaire vaporise aussi plus fort. Quand son niveau, et aussi la pression, se sont abaissés jusqu’à
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- une certaine limite, le corps, de soupape q descend sous la charge de la colonne métallique, et le métal rassemblé sur le corps creux a se précipite par le canal p dans la cathode principale c. Lorsque cette dernière est emplie jusqu’au bord supérieur de la cloison séparatrice m, les quantités en excès coulent par-dessus la cloison séparatrice m dans la cathode secondaire o, ce qui élève son niveau, fait monter sa pression et fermé la soupape c. De la sorte, Pétat
- +
- Fig. 2.
- initial de l’appareil est rétabli et le fonctionnement décrit se répète. La cathode secondaire procure l’avantage que l’arc qui en sort échauffe la cathode principale et augmente ainsi sa pression de vapeurs.
- Toutefois, même quand l’ajutage est en matière réfractaire, il peut arriver qu’avec une charge plus élevée de l’appareil, la température monté jusqu’au point de destruction de l’ajutage. Pour pouvoir alors amener la température du jet de vapeurs aune valeur voulue sans mettre en danger l’ajutage, il faut refroidir ce dernier. Si le refroidissement est assez énergique, une charge additionnelle de la lampe ne produit qu’une élévation de température suivant l’axe du jet. Comme les vapeurs métalliques chauffées à une plus haute température émettent une radiation tout autre que celles qui se produisent à une température
- plus basse, il en résulte un moyen de modifier l’économie et la coloration lumineuse*de la lampe. Le refroidissement de l’ajutage se fait avantageusement en rassemblant dans son voisinage des masses métalliques provenant de la condensation dans les chambres de refroidissement et qui abaissent la température de l’ajutage par contre-radiation. Dans certains cas, il suffit même de placer, au voisinage des corps métalliques plus difficilement fusibles, des surfaces de refroidissement plongeant de préférence dans le métal condensé et produisant un refroidissement par conduction. Le niveau du métal condensé se règle alors par vaporisation et condensation.
- LISTE DE BREVETS (•)
- APPAREILS DE MESURE
- /(i2 041, du 29 janvier 1910. — Société Felten et Guilleaume Lahmeyerwerke Actiengesell-schaft. — Procédé de contrôle de l’utilisation îles appareils consommateurs de courant électrique, en particulier des lampes à incandescence.
- 12084/359486, du 19 janvier 1910.— Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines a gaz. — Compteurs d’électricité n’enregistrant que la quantité d’énergie excédant une quantité fixe.
- machines
- 411 172, du 3i décembre 1909. — Société Industrielle de Delle. — Perfectionnements aux bougies d’allumage électrique pour moteurs à explosions.
- 12064/375219, du i5 janvier 1910. — Siemens Schuckertwerke A. G. m. b. II. — Disposition aux moteurs à collecteur à courant alternatif pour la compensation simultanée de la tension de réactance et de la tension de transformateur.
- i2o52/386 260, du 7 janvier 1910.— Delon. — Procédé et appareil servant à obtenir de très grandes différences de potentiel continues.
- 12034/400 025, du 10 avril 1909. —Rivière etBoiviN. — Dispositif permettant de transformer les ondes électriques en ondes mécaniques.
- 411 95o, du 26 janvier 1910. — Saintagne. —' Bougie d’allumage électrique.
- 412 060, du 3i janvier 1910. — Société Civile Cha-nudet et Demisxois. — Bougie d’allumage à démontage et remontage rapide.
- (') Communiquée par l’Office International de brevets
- d’invention Dupont et Elluin, 4d, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
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- 412 086, du 24 avril 1910. — Bellem et Bregeras. Distributeur magnéto-électrique de liquide carburant pour les moteurs à explosions.
- 411 942, du 26 janvier 1910. — Siemens Schuckert-wERke G. m. b. H. — Collecteur pour machines électriques.
- 412 125, du 3 janvier 1910. — Société A. G. Beown Boveui et G10. — Enroulement compensateur pour machines polyphasées à collecteur avec induit en tambour.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- 4i 1 909, du 24 janvier 1910. — Bergmann Elektiii-citatswerke Aktiengesellschaft. — Procédé pour la fixation des filaments métalliques.
- 411 g58, du 26 janvier 1910. — Klein. — Dispositif indiquant l’utilisation qui a été faite de lampes électriques à incandescence.
- 412 048, du 29 janvier 1910. — Société the Westinghouse Métal Filament Lamp C° Limited. — Procédé de décarburation des filaments métalliques pour lampes électriques à incandescence.
- 412 064, du 3i janvier 1910. —• Heimann et Schaf-FEr. — Dispositif de montage pour lampes à arc en série.
- 12094/873 923, du 21 janvier. 1910. — Compagnie Française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouveau procédé de fabrication du tungstène spécialement apjdicable à la fabrication de lampes à incandescence.
- transmission et distribution
- 4i2 109, du 1e1' février 19m. — Société The Thomas Foreign Patents Limited. — Contrôleurs électriques.
- 412 209, du 3i janvier 1910. —Société d’Klectri-cité Mors. — Relais électrique.
- 4i 1 974, du 21 avril 1910. — Anizan. — Electro-aimant à noyau armature mobile et à effet réversible. traction
- 4ii 0G7, du 3o octobre 1909. —Seget. — Signal électrique pour chemins de fer.
- 411 229, du 3 janvier 19îo. —Société Bisson, Berges et Cie. — Commutateur automatique pour lignes aériennes de traction électrique.
- 411 274, du 4 janvier 1910. — Bankir. —Aiguillage aérien automatique pour tramways à trolley à voie unique.
- 12089/402 629, du 2ojanvier 1910. —Samaia.— Dispositif pour manœuvrer depuis le véhicule les trappes de sortie des charrues de prise de courant.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- 11996/404 332, du 11 décembre 1909. — Société
- Schott et Gen, Verrerie d’Iena. — Appareil d’électrolyse à anode liquide.
- II99?/4°4 332, du 11 décembre 1909.— Société Sciiott et Gen, Verrerie d’Iéna. — Appareil d’électrolyse à anode liquide.
- 412 o54, du 29 janvier 1910. — Crockeii, — Cellule électrolytique principalement applicable à l’élec-trolyse du chlorure de sodium et à la récupération de la soude caustique.
- 412 197, du 11 décembre 1909. — Rose. — Procédé et four électrique pour la calcination et la graphitation de matières charbonneuses.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- 12010/334 600, du 28 décembre 1909. — Becker.
- — Perfectionnements dans les accumulateurs électriques.
- 412 996, du 28 janvier 1910. — Wegl. — Plaques d’accumulateurs électriques à matelas de crin ou filasses métalliques.
- 412 n3, du ier février 1910. —Marino. — Perfectionnements apportés au traitement du bois afin de pouvoir l’employer dans les accumulateurs.
- 412 114> du ier février 1910. — Marino. — Perfectionnements apjaortés aux accumulateurs.
- 412 213, du ier février 1910.— Silve.—Accumulateur cylindrique pour lampes électriques portatives.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- 411 349, du 7 janvier 1910. — C. Lorentz A. G.
- — Dispositif de retenue et de protection pour les diaphragmes de capsules microphoniques.
- 411 365, du 7 janvier 1910. — The pictoiiial news-paper company Limited. — Perfectionnements à la phototélégraphie.
- 411 412, du 8 janvier 1910. — Natii. — Dispositif de protection pour appareils téléphoniques.
- 411 431, du 10 janvier 1910. — Cartier Saint-
- • René. —- Récepteur pour appareil de télévision.
- 411 65i,du 18 janvier 1910.— Electro mechanical Works. — Appareil téléphonique à plusieurs directions.
- 411 897,du 24janvier 1910.— JahnkeetTate.—Perfectionnements aux transmetteurs de téléphones.
- 412 186, du 26 janvier 1910. — Adroiier-Guyto.
- — Parafoudre pour lignes télégraphiques et téléphoniques.
- DIVERS
- 4 ii 298, du 5 janvier 1910. — Mijnssen. —Feuilles fabriquées au moyen de l’acétylcellulosc et destinées plus spécialement à l’isolation électrique et à la photographie.
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- 23 Juillet 1910. '' REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’application des millivoltmètres au con trôle continu des gaz au point de vue physique (‘).
- Pour étalonner les couples thermo-électriques, l’on se sert des points de fusion de divers métaux et alliages spéciaux, constituant en quelque sorte des températures étalons très précises servant à établir l’échelle thermométrique et à graduer les indications des millivoltmètres en degrés centigrades.
- Voici quels sont, d’après le National Physical Laboratory, les points de fusion et d’ébullition d’un certain nombre de corps :
- Degrés
- centigrades Hydrogène liquéfié 253 Oxygène 182 Mercure congelé 39 Glace fondante 0 Point d’ébullition de l’eau aune pression de nfi M IOO
- Point d’ébullition de l’aniline 184
- » y> de la naphtaline '2 20
- » y> de la diphénylamine. . . 3o2
- » » du soufre 445
- » de fusion de l’étain 2 3 2
- » )) du plomb 327
- )) » du zinc 4i9
- )) » de l’antimoine 632
- )> » de l’aluminium 657
- )> » du chlorure de sodium. 800
- » » de l’argent à l’air p55
- )) )) de l’argent dans une at-
- » » mosphère réductrice. . 962
- )> )) du cuivre à l’air 1 062
- » » de l’or 1 064
- )) )) du sulfate de potasse.. . 1 070
- y> » du cuivre dans une
- atmosphère réductrice. 1 084
- » y> du maillechort 1 427
- » » du fer pur 1 5o3
- » » du platine I 7IO
- Le tableau I renferme à titre d’indication les valeurs moyennes de la force électromotrice en fonction de la température de la soudure pour différents couples, sous réserve que les extrémités soient à o°. Chaque élément est livré avec ses valeurs exactement étalonnées.
- En Angleterre, on fait usage pour l’enregistrement des millivolts des thermo-couples, c’est-à-dire des températures auxquelles ils correspondent, du galvanomètre automatique à coi’de « Thread recorder » dont la figure 5 représente le dispositif schématique.
- Fig. 5. — Dispositif schématique du galvanomètre îi corde Callendar.
- L’aiguille du galvanomètre A est mobile autour de l’axe B, terminée par une partie aplatie dans le sens vertical et surplombant le tambour C dont elle est séparée par la corde encrée G tendue parallèlement au tambour très près de sa surface latérale.
- La barre de pression ou guillotine D peut tenir abaissé contre le tambour et rendre libre ensuite le bras indicateur A, grâce à la came E
- (') Lumière Electrique, x6 juillet 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2e Série). — N°30.
- et à son taquet F. En effet, à des intervalles de temps réguliers, la came E fait un demi-tour permettant la descente de la barre D sur le bras indicateur et la soulève ensuite à sa position normale. La chute de la barre a pour effet de presser le bras A contre le tambour et de pincer la corde encrée comprise sur la surface d’enregistrement.
- Entre deux enregistrements, le galvanomètre est libre de reprendre sa position d’équilibre.
- Une fois le coefficient du galvanomètre convenablement déterminé en fonction de la trace de la corde et de la longueur du bras indicateur, on peut se servir d’une feuille quadrillée dont les coordonnées rectangulaires seraient toutes uniformes (fig. 6).
- Tableau I
- PLATINE-PfcATÏNE RHODIÉ PLATINB-PLATINE IRIDIÉ ARGENT-CONSTANTAN CUIVRE-CONSTANTAN
- degrés G miHivolts degrés C millivolts degrés C millivolts degrés C millivolts
- aoo i,5 200 a,8 IOO 3,7 I87 5,2
- 5oo 3,3 400 5,8 200 8 80 2,6
- 6ôo 5,3 5oo 7,® 3oo I2,9 O 0
- 800 7,4 600 8,7 400 18, i -j- IOO 4,1
- I OOO 9,6 700 10,4 5oo 24
- 1 aoo 12 800 12 600 3o
- i 400 i4,4 900 i3,6 65o 3a,3
- 1 600 *7 - I OOO l5,2
- L’extrémité libre du bras est muni d’un couteau en ivoire qui fait imprimer un point encré sur le papier, à l’intersection du bras et de la corde, enregistrant ainsi d’une façon visible l’inclinaison momentanée du galvanomètre. Le bras
- L’appareil (fig. 7) doit être monté à l’abri des trépidations sur des consoles solidement fixées contre un mur de pierres, ou sur une plaque d’ardoise reposant fermement sur un pilier en briques.
- iiva/v Aiyv
- Fig. 6. — Diagramme obtenu avec un pyromètre thermo-clectrique Gallendar relié à un galvanomètre enregistreur
- à corde. Températures d’un four de poterie Climax.
- indicateur est articulé, ce qui empêche la sus- r La boîte doit être nivelée de façon que le bras pension de se plier lors de la chute du bras. | indicateur du galvanomètre oscille librement,
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- ce qui se réalise avec le niveau circulaire à bulle d'air. A la borne de prise de courant, isolée de l'enregistreur et se trouvant à gauche du rhéostat, l'on réunit le fil conducteur positif (qui, dans les thermo-couples, est constitué par des fils de platine rhodié, de platine iridié ou de cuivre oonstantan). La borne, vissée directement dans le fond de l’enregistreur du côté droit le plus éloigné, est la négative, dans les enregistreurs à 2 et 4 fils; il n’y a qu’une borne négative, commune à tous les galvanomètres.
- Pour la mise en marche, on commence par libérer le galvanomètre; ce qui se fait en tournant, avec la clef du mouvement d’horlogerie, la vis placée en haut et à droite du châssis du galvanomètre. La vis à gauche commande le bouton de torsion du galvanomètre et ne doit pas être touchée à moins que l'on ait à régler le zéro de l’appareil.
- Fig. 7. -i- Galvanomètre enregistreur ù corde Callendar.
- Le bras indicateur du galvanomètre doit osciller librement au-dessus du fil encré à environ 3m,n au-dessous de la barre de pression portant l’échelle de contrôle.
- On remonte par les deux orifices du côté droit de la boite les mouvements d’horlogerie. On met en marche celui du tambour en appuyant sur le petit bouton marqué « Starter ».
- Puis, on déclenche le mouvement d’horlogerie enregistreur pour que le régulateur soit libre de tourner. Ce mouvement enregistreur actionne l’arbre de la came, quand on le désire, grâce au disque d’échappement qui se trouve du côté du mouvement d’horlogerie dans la direction de l’enregistreur. Un bras en fil de fer s’engage dans le disque et règle la révolution du mécanisme enregistreur.
- On s’assurera que le filament encré est bien placé sur les poulies de guidage, qu’il est suf-
- fisamment tendu et qu’il,s’avance d’environ 1““ toutes les fois que la barre de pression se relève; après avoir abaissé le bras indicateur, le mouvement en avant continue jusqu’à ce que presque tout le filament encré se soit déroulé de l’une des bobines sur l’autre; c’est alors qu’un nœud formé sur le filament vient s’engager dans un des crochets de guidage, oc qui a pour résultat de changer la direction de marche du filament en sens contraire; de cette façon le filament ne s’use pas en un seul point et l’encre se trouve distribuée uniformément.
- Pour l’encrage du filament, deux ou trois gouttes sont versées sur chaque bobine d’ébo-nite. On fait aller et venir le filament à plusieurs reprises pour régulariser la couche d’encre. L’enregistreur ainsi encré peut fonctionner quatorze jours environ.
- La multiplicité des points imprimés pour un même laps de temps dépend de la mise en marche de l’échappement. Si l’on met le fourreau qui se trouve sur l’échappement à fleur du disque, l’apf>areil imprime un point à chaque minute, mais si l’on recule ce fourreau vers la plaque du mouvement d’horlogerie, les points sont inscrits de trente en trente secondes.
- On règle la marche du tambour par la position occupée par la roue engrenée, sur l’arbre du tambour. Si l’on fait engrener cette roue avec la roue la plus proche du mouvement d’horlogerie, le tambour mettra 25 heures à faire un tour complet et chaque division du temps représentera une heure sur le j>apiei‘ ; si c’est avec la plus éloignée, le tambour tournera douze fois plus vite, c’est-à-dire en 2 heures 5 minutes, soit une division toutes les 5 minutes.
- Le mouvement d’horlogerie du tambour se remonte toutes les 24 heures, celui de l’enregistreur toutes les 24 ou 12 heures, suivant que l’on veut un point à la minute ou toutes les 3o secondes.
- Pour la mise en place du papier à diagramme, on pousse hors de son logement, parallèlement à l’axe du cylindre, le coin horizontal extérieur du tambour. On replie un bord d’environ 6mm du papier et on l’insère dans la fente laissée libre, de façon que la zone engrenée étant à droite, le papier s’enroule vers l’intérieur. On replace ensuite le coin en serrant bien le papier sur le tambour, la ligne du zéro étant naturellement à droite.
- O
- Pour la mise en marche de l’enregistrement, on fait tourner le tambour en sensjnverse du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série). .—-N" 30.
- mouvement d’horlogerie afin d’éviter du temps de perdu sur l’enregistrement.
- La roue engrenée de l’arbre du tambour se colle parfaitement et l’on arrange le tambour de manière que l’enregistrement commence au moment voulu.
- Pour éviter toute incertitude, il est bon d’inscrire sur le papier l’heure de la mise en marche.
- Pour la vérification du zéro, on met hors circuit l’enregistreur, et on réunit les deux bornes à l’aide d’un fil de cuivre pour raccourcir le circuit du galvanomètre. On tourne le bouton de torsion en appliquant la clef du mouvement d’horlogerie sur l’arbre à gauche du châssis du galvanomètre. Quand on emploie l’appareil avec des ,thermo-couples, le galvanomètre en court-circuit donne la même lecture que celle obtenue avec les deux soudures du thermo-couple à la même température. Par exemple, la soudure froide d’un thermo-couple se trouvant en plein air — ce qui est généralement le cas des pyromètres à température de a5° — le galvanomètre à circuit court doit indiquer a5°. Si cette soudure est placée dans un récipient rempli de glace fondante — ce qui est le cas des recherches de précision — la lecture à circuit court doit être deo°C. Dans les recherches de basses températures, où l’on emploie un hypsomètre, la température de la soudure froide sera de ioo° C et la déviation doit être la même.
- Dans le cas d’un zéro établi avec une déviation à circuit ouvert éloignée de l’échelle, on fait la vérification par l’une des méthodes suivantes :
- On réchauffe le thermo-couple d’une façon quelconque mais telle que sa température soit connue indépendamment de la déviation de l’enregistreur. Si l’échelle de ce dernier comprend cette température, la déviation peut être ainsi vérifiée.
- On peut encore déterminer sur l’échelle les millivolts qui équivalent à une température quelconque et appliquer cette force électromotrice à l’enregistreur tout en contrôlant les valeurs obtenues à l’aide d’un potentiomètre.
- Enfin, la vérification peut se réaliser avec un dispositif d’étalonnage spécial.
- La résistance du galvanomètre se compose de quatre parties : la bobine mobile, la suspension, la résistance balistique et le rhéostat; les deux
- derniers sont enroulés sur un tambour d’ébo-nite et l’on peut faire varier la résistance du rhéostat dans de certaines limites. Sur le tambour d’ébonite se trouve un collier ainsi qu’une vis fixe; cette dernièreprend contact surles deux fils du rhéostat et, selon sa pression, on peut introduire plus ou moins de résistance dans le circuit.
- Le galvanomètre est d’ordinaire fourni avec une sensibilité telle que la déviation totale de l’échelle de 8omm correspond à une force électromotrice d’un millivolt.
- Si l’on veut réduire cette sensibilité, on fait usage d’une bobine multiplicative fournie sur demande pour donner l’amplitude de température voulue. La bobine consiste en une résistance de fil de manganèse enroulé sur une bobine d’ébonite et munie, à l’une de ses extrémités, d’une attache en métal avec laquelle on la relie à la bobine isolée sur la base de l’enregistreur, et à l’autre, d’une borne à attacher au fil conducteur.
- Il faut naturellement éviter de sortir le système enregistreur de sa boîte dans des endroits où il y a de la poussière et, en particulier, des poussières métalliques.
- Les emplois du pyromètre thermo-électrique enregistreur sont nombreux : nous trouvons cet appareil d’une application courante dans les fours à recuire et à cémenter, dans les manufactures de faïence et de porcelaine, dans les verreries, dans les fonderies, dans les hauts fourneaux. En particulier pour les hauts fourneaux il permet de suivre les variations des températures des appareils Cowper, Whitwell; chauffés par les gaz chauds du haut fourneau et refroidis ensuite par l’air à insuffler aux buses des tuyères.
- Un pyromètre enregistreur indique ainsi l’instant où il y a lieu de renverser la marche de ces appareils, c’est-à-dire d’arrêter le passage de l’air froid envoyé sous pression par les machines soufflantes pour se réchauffer à 700° et 900° et de recommencer le chauffage par les gaz chauds pour portera nouveau les Whitwell et les Cowper à une température élevée.
- Placé sur la canalisation du gueulard, un pyromètre indiquera par le refroidissement, qui résulte de l’introduction d’une charge nouvelle, l’instant où celle-ci a été faite, le temps qui s’est écoulé entre deux charges consécutives, etc.
- (A suivre.) L. Fabke,
- Ingénieur Chimiste
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE FINANCIERE
- D’une façon générale l’industrie dessine un mouvement de reprise très caractérisé, surtout chez les métallurgistes.
- Les ateliers de construction de wagons ou de locomotives sont tous très chargés et prévoient encore des ordres très importants : léur activité entraîne celle de nombreux autres constructeurs dans des branches différentes, mais qui s’y rattachent. C’est pourtant cet instant que les mineurs et les « cheminots » choisissent pour nous menacer de grèves dont les conséquences économiques sont incalculables.
- .Les métallurgistes se plaignent de la hausse des cokes; il semble que devant la situation faite aux Compagnies de mines, ils doivent enregistrer le supplément de prix exigé de i fr. 5o par tonne sans trop de récriminations.
- Le Rio Tinto continue à être lourd et s’inscrit en baisse à i 6a5 francs. La production du cuivre en juin a été supérieure à celle du mois précédent et bien qu’il y ait augmentation des livraisons pour l’Europe, les stocks s’élèvent toujours.
- Les cours du métal ont subi de leur côté une baisse importante qui favorise les entreprises de distribution et cause une activité réelle dans tout ce qui s’occupe de construction et d’installation de matériel 'électrique.
- L’action de la Compagnie Générale d’Electricité vient de faire un bond en avant de ioo francs sur la nouvelle de la vente de sa filiale de Nantes au groupe Empain. La cession est faite moyennant le prix de 5 millions qui est considéré comme très avantageux pour la Compagnie Générale d’Electricité. Jusqu’alors, tous les bénéfices de cette station avaient été portés en amortissements et n’avaient pas été incorporés au compte de profits et pertes de la Société mère : seuls, les profits des stations de Rouen, Nancy et Amiens contribuaient à alimenter ce compte.
- Les capitalistes escomptent donc une augmentation certaine du dividende de la Compagnie Générale d’Electricité pour l’exercice prenant fin le 3o juin; c’est peut-être ne pas suffisamment compter sur la prudence du Conseil qui estimera nécessaire de réserver ses disponibilités, à compléter l’organisation du réseau de Marseille et à la réorganisation de celui de Nancy.
- Les cours de 9’fo francs semblaient exagérés il y a peu de temps sur la base d’un dividende de 3o fr.
- à ro6o francs ils le sont encore, malgré tout, car y eût-il augmentation du dividende, ellé’ne saurait être supérieure à 5 francs. Les mieux informés envisagent l’avenir qui est plein de promesses.
- La Compagnie Générale d’Electricité vient, d’autre part, de traiter à Nancy avec la municipalité pour l’établissement d’une usine d’incinération des ordures ménagères : elle construit cette usine à son compte, l’exploite et dispose des gaz et des sous-produits; la dépense d’installation est évaluée à ooO francs et la concession prendra fin en 1949.
- Elle serait aussi sur le point de réaliser dans des conditions encore meilleures, une autre de ses stations. Et elle vient de plus d’obtenir la concession de Brest.
- La deuxième assemblée constitutive des Ardennes Electriques a eu lieu le 4 juillet et a confirmé, suivant nos indications antérieures la nomination des administrateurs, tous des industriels. La nouvelle société fera, dit-on, appel au public sous la forme d’obligations.
- Le Conseil de la Société Brown Boveri et Cie propose de fixer le dividende de l’exercice écoulé à 8 % au lieu de 11 % distribués pour l’exercice précédent ; les amortissements et les réserves reçoivent du reste des allocations importantes dans les mêmes proportions que les années précédentes. Cette mesure justifie les bruits qui avaient couru d’une moindre satisfaction de la société de son dernier exercice et même de l’exercice en cours. A Berlin, l’action a été très faible sur cette nouvelle.
- La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques a déclaré, par contre, un dividende de 10 % . égal au précédent pour l’exercice prenant fin le 3i mars dernier. Les bénéfices, s’élevant à 4 708 600 francs, en augmentation de près de 600 000 francs sur ceux de 1908-1909, n’ont jamais été aussi élevés.
- Le chiffre d’affaires a atteint 62 millions et demi, faisant ressortir à 7,59 % le bénéfice net. La répartition a été la suivante : amortissements, 2 000 000 de francs ; dividende 10 % , soit 1 800000 fr.; fonds de secours aux ouvriers, 700000 francs; amortissement du compte Exposition de Nancy, 127 568 fr. 36; report à nouveau, 204 631 fr. 64. Dans la décomposition du chiffre d’affaires, nous remarquons que l la "Construction électrique et la câblerie rentrent pour i5 619 075 francs, chiffre inférieur de 2 millions à celui des commandes de locomotives et ma-j tériel de chemins de fer, comme des ordres en I machines de filature et de tissage. Au 31 mars, le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- montant des commandes s’élevait à 43 657 i5i fr., chiffre un peu supérieur à celui de l’année précédente.
- Au bilan, on constate que les immobilisations ont passé de 28 901 492 francs à 3o 818 224 francs, ramenées par les amortissements à là valeur nette de 11 621 980 francs; les approvisionnements, marchandises et travaux en cours sont à 19 561 3g5 francs, les disponibilités à to 599 934 fr. et les débiteurs divers à 12 724 913 francs.
- Au passif, le capital est inchangé; les dépôts et les réserves sont en légère augmentation, celles-ci se montent à 10 496 486 francs, chiffre indépendant de celui des amortissements; les créditeurs divers à n 343 3o4 fr. sont inférieurs de 1 400 000 francs aux débiteurs. En cinq ans, le chiffre d’affaires est passé de 41 800 000 francs à 62 45o 000 francs; le dividende a pu être porté de 280 francs à 400 francs, et le cours de l’action, qui était de 5 400 au 3i mars 1906, s’établit actuellement aux environs de 7 400 fr.
- La situation de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques est de premier ordre au point de vue financier comme au point de-vue matériel et exécution, et elle tient notamment dans la branche électricité une des premières places parmi les constructeurs de son importance.
- L’exercice de la Société Pyrénéenne d Energie Électrique, dont les résultats ont été communiqués à l’assemblée du 3o juin, n’est encore qu’un exercice d’attente.
- La station d’Orlu est seulement en essais et ne sera en marche définitive que dans quelques semaines. Les lignes à 55 000 volts dont le. développement est de 225 kilomètres ont été essayées en partie avec le courant de l’Usine des Sept-Deniers appartenant à la Société Toulousaine d’Electricité. Aussi, dès qu’Orlu pourra fournir l’énergie, les réseaux secondaires, dont les tensions sont de 25 000 ou de i3 5oo volts, pourront-ils être alimentés ; ils atteignent aujourd’hui 45o kilomètres auxquels viendront s’ajouter 35o autres kilomètres dont no sont en construction.
- Pendant l’exercice écoulé, les recettes pour vente de courant, locations diverses et bénéfices sur installations, se sont élevées à 290 260 francs et les frais de production et de distribution du courant à
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- 221 435 francs ; l’excédent des recettes sur les dépenses est donc de 68 824 francs, tandis que l’an dernier l’exploitation avait laissé une perte de 7 181 francs.
- Avec les produits du portefeuille, le compte profits et pertes se soldait au crédit par 194 396 francs que le Conseil a proposé d’appliquer en amortissement du poste de l’actif : redevances pour location de chute.
- D’après les renseignements donnés, il semble que l’exercice 1910 présentera une période d’exploitation de quatre à cinq mois et que les résultats des efforts déployés par la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique dans la région du Sud-Ouest de la France commenceraient à se dessiner.
- C’est le 27 juillet (nouveau style) que la commission nommée à la suite de la mise en adjudication de l'Eclairage Electrique de Constantinople fixer a l’ordre des soumissions. La première classée sera retenue pour le choix définitif qui appartient au ministre des Travaux publics. Il paraît que les projets présentent entre eux les plus grandes différences à tel point que l’on pourrait croire qu’ils ne s’appliquent pas à la solution d’uri problème identique.
- L’un des concurrents, le groupe de la Société Hâvraise d’Electricité a pris des arrangements avec la Société du Gaz de Stamboul en vue de lui permettre, si la concession lui est accordée, d’étendre sur le territoire de Stamboul le réseau d’éclairage électrique à construire à Galata et à Péra.
- La Compagnie Centrale de l’Industrie électrique, dont le siège est à Bruxelles, AÛent de constituer la Compagnie d’Electricité de Kovno, au capital d’un million de francs, représenté par 2 000 actions de capital de 5oo francs souscrites et libérées de 10% ; 2 000 actions ordinaires et 1000 parts de fondateur ont été attribuées à la Compagnie centrale.
- La répartition des bénéfices est ainsi prévue : 5 % à la réserve ; 5 % aux actions de càpital, une somme. à déterminer pour l'amortissement des actions de capital.
- Sur le solde des bénéfices les administrateurs reçoivent 10 % ; le surplus est réparti à concurrence de 40% aux actions de capital; 55% aux actions ordinaires et 5 % aux parts.
- D. F.
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- REVUE D’ÉLECTRICITE
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- 23 Juillet 1910.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Seine. — Le Conseil général a voté le prolongement du tramway électrique Concorde-Bonneuil jusqu’à Bré-vannes (Seine-et-Oise) ; le Conseil général de ce dernier département *a être pressenti au sujet d’une subvention à fournir pour les dépenses de premier établissement.
- Marne. — Le département est autorisé à emprunter une somme de 2 56? 000 francs applicable aux frais d’établissement du chemin de fer d’intérêt local de Reims à Beine, et de la partie située dans la Marne du chemin de fer d’intérêt local de Reims à Asfeld, chemins de fer d'intérêt local déclarés d'utilité publique par la loi du 5 avril 1910.
- Manche, — Le Conseil général a décidé l’électrification du réseau des tramways départementaux. Il est question d’un projet de ligne de tramways entre Querqueville et Landemer.
- Autriche-Hongrie, — Une concession a été accordée à l’Aktiengesellschaft Triester Ivleinbahnen (Trieste) pour l’établissement d’un chemin de fer électrique d’Opeina à Sésana.
- Le gouvernement hongrois vient de commander aux usines du pays 3 000 wagons à marchandises, dont une grande partie devra être livrée en automne.
- Russie. — L’ouverture de l’Exposition Internationale des applications d’électricité aux chemins de fer, fixée pour l’automne de cette année, est ajournée jusqu’au i5-28 avril de Tannée prochaine, par suite de la décision prise par la Société impériale technique russe de rapporter cette ouverture au jour de la célébration des 75 années d’existence des voies ferrées en Russie.
- ÉCLAIRAGE
- Seine-Inférieure. — La Compagnie Centrale de tramways et de chemins de fer a demandé à la préfecture de Rouen l’autorisation d’établir une usine électrique au Grand-Quévilly pour la fourniture de l’éclairage élec-
- trique et de la force motrice aux agglomérations situées dans un rayon de a5 à 3o kilomètres.
- Turquie. —A l’heure actuelle, huit sociétés ont envoyé leurs offres pour l’éclairage électrique de Constantinople et des faubourgs. Ce sont : l’Union ottomane, Fouquiau et Warnant, Société Westinghouse, Compagnie Française d’Eclairage Electrique, Syndicat Électrique Suisse, Giros et Loucheur, Ganz et C° et Schneider et C‘°.
- La commission technique, nommée par le ministre des Travaux publics, va examiner ces divers projets et remettra son rapport avant un mois.
- La durée des travaux d’établissement ne devra pas excéder dix-huit mois.
- Allemagne. — L’Elektrizitàtswerk Schlesier, à Breslau, fondée par la Gesellschaft fur elektrische Unternehmun-gen, de Berlin, a obtenu toute la fourniture de l’énergie électrique pour la ville de Trebnitz, qui abandonne l’exploitation de son usine municipale d’électricité.
- TÉLÉPHONIE
- Vaucluse. — La chambre de commerce d’Avignon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 168 062 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Apt-Manosque, Avignon-Carpentras 2“, et Avignon-Lyon 2°.
- Basses-Pyrénées. — Le Conseil municipal d’Aretle, sur la proposition de l’administration des Postes et Télégraphes, a voté une subvention pour l’établissement d’une ligne téléphonique.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie Internationale d’Electricité. — Le 3o juillet, 29, quai de Coromneuse, à Liège.
- Compagnie Générale d'Electricité de Creil, — Le 4 août, 09, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société du Secteur Electrique du bassin de Beffes. — Le ier août, 175, rue Saint-Honoré, à Paris.—
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- 12$r LA LUMIÈRE: ÉL^GTRIQUE' T. XI (2* Série); — N°30o ;
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 2 août, à 3 heures, à la direction générale des postes et des télégraphes, rue de Grenelle, io3, à Paris, fourniture de 2 ooo ooo d’isolateurs en porcelaine ou en verre, en 21 lots. Demandes d’admission avant le 23 juillet.
- Le 6 août, à 11 heures, à la direction générale des postes et des télégraphes, rue de Grenelle, io3, k'Paris fourniture : i°dei5oooo kilogrammes de fil bimétallique de 2mm en 2 lots; — 20 de 100000 kilogrammes de fil bimétallique de 3mm eu 2 lots. Demandes d’admission avant le 27 juillet.
- , ESPAGNE '
- Le 3o juillet, à 9 h. 1/2, à la maison consistoriale (mairie) de Malagon, installation des services d’éclairage public de la ville par l’électricité pendant six années.
- Jusqu’au 10 août, à 12 heures, au gouvernement civil de la province de Jaen, offres pour l’exploitation du réseau téléphonique urbain de Linarès. Adjudication le
- 22 août, à 11 heures, à la direction générale des télégraphes, à Madrid ; càut. : 7800 pesetas.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, au gouvernement provincial de la Hesse supérieure, à Darmstadt, construction à Lissberg d’une usine d’éleetricité devant fournir le courant à 60 localités environ, devis, 3 millions de marks.
- Le i«r août, à l’administration communale, à Forback, travaux nécessaires à l’établissement d’un tramway électrique entre Stieringen et Wendel d’unè longueur de 8km,6.
- ... AUTRICHE HONGRIE ^ 1
- Le 7 août, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Vienne, installation d’une usine électrique à Pardubitz.
- ITALIE
- Le i3 août, à n heures, aux directions générales des arsenaux de la marine, à Spezia et Venise fourniture de câbles et fils électriques, 36 5oo lires, caut. : 3 65o lires.
- Ht?’
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et iode l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1 r‘ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe, que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS, — IMPRIMERIE Lïvé, RUE CASSETTE, 17.
- L» Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 30 JUILLET 1910. Tome XI (2° série). — N* 31.
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- S‘Il
- \&*V
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — J. Bethenod. Remarques sur les montages destinés à obtenir d’une distribution de courant alternatif à potentiel constant un courant d’intensité constante et vice-versa, p. 121. — Wil-FRID Blanchon. Systèmes d’installations télégraphiques avec batterie universelle et batterie centrale, (suite et fin), p. i33.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur la durée de l’émission de raies spectrales par les vapeurs lumineuses dans l’étincelle électrique, A. Hemsalech, p. 142. — Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-argent, W. Broniewski, p. 142.—Alliages du fer-électrolytique avec l’arsenic et le bismuth, F. Burgess et J. Aston, p. 142. — Traction. Lignes de traction électriques sans rails, A. Heller, p. i43. — Locomotive pour train de marchandises, à courant alternatif, du chemin de fer New-York-Newhaven et Hartford, K. Meyer. — Electrification du chemin de fer du Lapland, p. 146. — Usines génératrices. L’usine électrique delà chute de la Steyr, R Renger, p. 147. — La turbine à utilisation de la vapeur d’échappement, p. 147 — Électrochimie et Electrométallurgie. Dépôts d’aluminium,en solutions aqueuses,la cathode étantanimée d’un mouvement de rotation, A. Tuder et G. Thommsen, p. 148. — Eléments primaires et accumulateurs. Remise à neuf des plaques d’accumulateurs sulfatées, O. Hamilton, p. 148. — Télégraphie et Téléphonie. Sur la propagation d’une discontinuité sur une ligne télégraphique munie d’un transmetteur, H. Larose, p. 149. — Brevets. Système de groupement pour stations téléphoniques automatiques, p. 149. — Chronique industrielle et financière. — .Xotes industrielles L’application des millivoltmètres au contrôle continu des gaz au point de vue physique (suite et fin), L. Fabre, p. i52. — Chronique financière, p. i55. — Renseignements commerciaux, p. i55. — Adjudications, p. i5g.
- ÉD1T0RIAL
- Les remarques que développe M. J. Bethenod sur les montages destinés à obtenir d’une distribution de courant alternatif, à potentiel constant, un courant d'intensité constante et vice-versa lui ont été suggérées in-cidernmentparsesétudes de radiotélégraphie.
- Si l’on alimente à tension constante un circuit comprenant un condensateur et un transformateur et si, de plus, la self primaire et la capacité satisfont à la condition de ré-
- sonance, on obtient au secondaire une intensité constante.
- L’auteur retrouve, comme cas particulier de ce montage, la méthode bien connue de M. Boucherot; puis, il généralise, dans le cas d’un certain nombre de transformateurs montés en cascade.
- Il est inutile d’insister sur la simplicité et l’élégance de la conclusion de M. J. Bethenod.
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- 130 LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XI (2* Série). —'N° 31 -,,
- M. W. Blanchon continue la description des systèmes d'installations télégraphiques qu’il a combinés et installés et s’occupe plus spécialement aujourd’hui de la batterie centrale. II décrit minutieusement les différents organes qui doivent prendre placé au bureau central : tableau commutateur retransmetteur, translateurs, etc.
- Nous signalerons, parmi tant de dispositions ingénieuses, celle du récepteur Morse, à levier coudé.
- Enfin la sonnerie polarisée Mutel, qui ne fonctionne qu’avec une direction déterminée du courant, se prête évidemment à bien des applications, en dehors de la télégraphie proprement dite, dans le domaine de là signalisation.
- Au cours de cette étude, M. W- Blanchon a mis uniquement en lumière les traits essentiels des installations. On lui saura gré de cette description précise quoique succincte de ces très intéressants dispositifs.
- Les alliages du fer avec l’arsenic et le bismuth paraissent avoir des avantages au point de vue magnétique. MM. F. Burgess et J. Aston montrent qu’une certaine proportion d’arsenic permet de réaliser des inductions plus grandes, et que, dans ce cas également, les pertes par hystérésis sont plus faibles et la résistance électrique plus élevée.
- M. A. Heller décrit deux systèmes de tramways électriques sans rails; le premier est caractérisé par la présence d’un accouplement souple à ressort entre le moteur et les l’oues motrices; le deuxième comporte l’emploi de voitures très analogues aux omnibus automobiles.
- Bien qué ces deux systèmes aient pris en
- pratique un certain développement — notamment en Norvège — ils semblent présenter encore, dans ,1’état actuel de l’industrie, des avantages discutables. La résistance au roulement est accrue de telle sorte que la consommation spécifique de courant prend des valeurs considérables.
- Les nouvelles locomotives à courant alternatif américaines ne rencontrent pas, de la part des techniciens européens, une confiance unanime, et M. K. Meyer fait quelques réserves à leur égard.
- Quoi qu’il en soit d’ailleurs, le mouvement vers l’électrification des lignes s’affirme chaque jour : on va l’appliquer aux chemins de fer du Laplcind, en Suède.
- L'utilisation des vapeurs d'échappement dans des turbines, dont les applications industrielles se sont si vite généralisées, peut se réaliser avantageusement, lorsque les machines existantes fonctionnent avec condenseur, en modifiant les soupapes de manière à élever la pression à l’échappement. 1
- MM. A. Fuker et G. Thommsen attirent l’attention sur l’influence qu’exerce la rotation des électrodes plongées dans une solution de sel d’aluminium, pour activer la décomposition.
- Les plaques d'accumulateurs sulfatées peuvent, d’après M. O. Hamilton, être remises à neuf par une recharge en solution alcaline.
- Ce procédé, s’il est vraiment efficace, est d’une application assez facile pour mériter d’être signalé.
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- 30 Juillet 1910. : REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 131
- REMARQUES SUR LES MONTAGES
- DESTINÉS A OBTENIR D’UNE DISTRIBUTION DE COURANT ALTERNATIF A POTENTIEL CONSTANT UN COURANT D’INTENSITÉ CONSTANTE ET VICE-VERSA.
- Une étude des transformateurs employés en radiotélégraphie, sous le nom de jiggers, pour la réception des ondes électromagnétiques, nous a conduit incidemment à quelques remarques sur les propriétés des montages combinés de transformateurs et de condensateurs. Malgré leur extrême simplicité, ces remarques nous ont paru présenter un certain intérêt que nous nous proposons de mettre brièvement en évidence.
- Fig. ..
- Considérons un transformateur T (fig. i), dont le primaire se trouve en série avec un condensateur de capacité C.|, l'ensemble étant soumis à une tension sinusoïdale E(. En écriture symbolique, l’équation du circuit primaire s’écrit immédiatement :
- E, = LiWli./— —j + McoLj/, (i)
- L^(i)
- en désignant par Lj la self-inductance du primaire du transformateur, M le coefficient d’induction mutuelle entre les deux enroulements, et en négligeant la résistance ohmique du primaire.
- Si l’on ajuste donc la capacité C[ de manière à réaliser la condition
- L, Lito2 ~ i., (2)
- l'égalité (1) se réduit à
- E, = Mu Ii/, ' (3)
- c’est-à-dire en passant aux valeurs efficaces
- L'intensité secondaire est donc constante et indépendante de la charge du circuit d’utilisation, si la tension primaire est maintenue constante.
- On réalise ainsi, de la façon la plus simple, un système permettant d’obtenir un courant alternatif à intensité constante en partant d'une distribution à potentiel constant (’).
- Il est du reste facile de se rendre compte (fig. 2) de la variation du courant primaire lorsqu’on fait varier la charge secondaire. Celle-ci est définie jiar la tension U2 aux bornes du circuit d’utilisation et par son angle de déphasage ?2 par rapport à I2; l’équation symbolique du circuit secondaire est alors
- O = L2ù)I2y -(- Mi.»I,y.-J- U2, (5)
- équation qu’il est facile d’interpréter géométriquement et dans laquelle l’on désigne par L2 la self-inductance de l’enroulement secondaire, dont on néglige la résistance ohmique.
- Menons suivant la direction OA le vecteur représentant l’intensité secondaire I2; d’après l’égalité (3) la tension primaire E4 pourra être figurée par un vecteur OB de 90° en avance sur OA. Gela posé, portons suivant (*)
- (*) Comme on le voit, cette propriété du montage de la figure 1 subsiste quels que soient les récepteurs alimentés par le circuit secondaire, c’est-à-dire se trouve indépendante, non seulement delà grandeur et delà nature des impédances des appareils d'utilisation, mais même de l'existence de forces électromotrices dans ces appareils (pourvu naturellement que ces forces électromotrices soient de même fréquence que la différence de potentiel primaire).
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- 132 LA LUMIERE
- *
- OB un vecteur 00' = L2«I2 et par le point O' menons un vecteur O'D — U2 faisant un angle .rO'D = ç2avec Io ;levecteur résultantOD est, d’après l’égalité (5), le vecteur représentatif de — et par conséquent on obtient
- Fig. a.
- en OC la direction du courant primaire Ij. On peut ainsi pour chaque couple de valeurs de U2 et de ç2 déterminer le] vecteur Mwlj, c’est-à-dire la grandeur et la phase du cou -rant primaire I4. On constate immédiatement sur la figure i que si le courant I2 est en retard sur U2, le courant primaire I, est en avance sur la tension primaire I(. Il serait du reste aisé, au moyen du triangle OO'D, de calculer les valeurs algébriques de I, et <p, en fonction de U2 et de <p2; nous laisserons ce soin au lecteur et nous passerons à l’examen d’un cas particulier qui se ramène à une solution familière aux électriciens.
- Il est évident que le transformateur de la figure i peut être remplacé par un autotransformateur sans que les propriétés caractéristiques du montage soient altérées; or, si le rapport de transformation de cet appareil est pris égal à l’unité, il se réduit à une bobine de self-induction, et l’on arrive au montage de la figure 3 qui n’est autre que celui proposé parM. Boucherot, il y a une vingtaine d’années (*). Le montage de M. Bou-
- (*) Une démonstration s’appliquant même aux cas où il existe des forces électromotrices dans le circuit d’utilisation ne semble pas d’ailleurs avoir été publiée jusqu’ici, même dans ce cas particulier.
- ELECTRIQU E T. XI (2« Série.) — N° 31.
- cherot est donc, en réalité, un cas particulier du montage de la figure i, et il est assez curieux qu’il ait été cependant signalé bien antérieurement. Il va de soi que réciproquement, le montage en question permettrait d’utiliser un courant constant pour obtenir aux bornes secondaires une tension constante ; il suffirait pour cela d’intervertir les rôles des enroulements, le condensateur se trouvant cette fois en série avec l’enroulement secondaire.
- Fig. 3.
- Le montage de la figure i se prête à une généralisation intéressante ; considérons m transformateurs semblables couplés en cascade, le primaire de l’un étant relié au secondaire du suivant, et alimentons le premier de la série sous une tension constante Et, le dernier étant utilisé pour alimenter des appareils quelconques; en intercalant dans chaque circuit un condensateur ajusté de manière à annuler sa réactance apparente, nous pouvons écrire, en négligeant les résistances ohmiques, les m-\-1 équations suivantes
- E, — MmLy,
- O = Mo>Iiy -(- MwIJ,
- O = Mw 13j -(- M w Ity,
- s
- O = -f M(*)Imq-i,
- O rrr M U) I J -(- U,n_|-i,
- U„1+i étant la tension aux bornes du secondaire du jnibmetransformateur supposé alimentant les appareils d’utilisation.
- L’examen des égalités de rang impair de la précédente série montre que les intensités dans les circuits de rang pair sont constantes quelles que soient la grandeur et la nature de
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- la charge du circuit d’utilisation; on en déduit en effet
- et
- 1-2 -f- I4 = O, h + I» = °j
- L +' !» = O, etc.
- Plaçons-nous maintenant dans le cas où m est impair; m-|-i est alors pair et le courant Im+l, qui circule dans les appareils d’utilisation, est donc constant.
- Si, au contraire, m est pair, le courant Im est constant et par conséquent en vertu de la dernière égalité de la série, la tension Um+l aux bornes du circuit d’utilisation est constante. Ainsi donc, suivant que le nombre des transformateurs en cascade est pair ou impair, la distribution est à potentiel constant ou à intensité constante.
- L’on constate de même aisément qu’en partant d’une distribution à intensité constante, l’on arriverait par le même montage en cascade à une distribution à intensité constante ou à potentiel constant suivant que le nombre des transformateurs est pair ou impair (‘).
- C) Il serait facile de généraliser la démonstration dans le cas où les transformateurs n’auraient pas les mêmes constantes.
- Dans tout ce qui précède, l’effet des résistances ohniiques a été négligé ; il est facile de se rendre compte que cet effet est négligeable tant que la tension secondaire, dans le cas d’une distribution à intensité secondaire constante (ou le courant secondaire dans le cas d’une distribution à potentiel secondaire constant), ne dépasse pas une certaine valeur.
- La présence de ces insistances limite les valeurs maxima des tensions ou des courants; dans le cas des figures 1 et a, par exemple, il est bien évident que la tension U2 n’atteint pas une valeur infinie lorsque le circuit d’utilisation est ouvert, ainsi que cela aurait lieu si l’intensité secondaire demeurait rigoureusement constante. Enfin, en terminant, nous ajouterons que les considérations développées en dernier lieu pourraient s’étendre aisément au montage de plusieurs alternateurs en cascade, dans le but de multiplier la fréquence, montage proposé à diverses reprises pour la production directe de courants à haute fréquence applicables à la radiotélégraphie ou à la radiotéléphonie (*). Nous aurons peut-être du reste l’occasion de revenir prochainement sur cette question.
- J. Betiienod.
- C) Voir, par exemple, La Lumière Electrique, tome II, 20 série, g mai 1908, p. 176.
- SYSTEMES D’INSTALLATIONS TELEGRAPHIQUES AVEC BATTERIE UNIVERSELLE ET BATTERIE CENTRALE (Suite et Fin)(1)
- III
- BATTERIE CENTRALE
- Mon système d’installation télégraphique avec batterie centrale se distingue par les particularités suivantes :
- i° Il ne nécessite l’envoi d’un courant con-
- (‘) Voir Lumière Electrique du 23 juillet 1910.
- tinu qu’au moment où le service des transmissions l’exige, c’est-à-dire au moment même où des télégrammes sont à transmettre. Une fois le courant continu établi, la transmission des signaux de l’alpbabet Morse se fait par interruptions successives du courant sur la ligne, interruptions pour lesquelles il suffit, comme le fait comprendre la figure 4, de manœuvrer le manipulateur Morse à la façon ordinaire. Les trans-
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- missions terminées, le courant est supprimé.
- a0 II n’exige de la part des agents manipulants du bureau central aucune autre manœuvre que celles auxquelles ils sont habitués avec les installations ordinaires. Pour les agents des bureaux secondaires, la seule manœuvre supplémentaire consiste, lorsqu’ils ont à appeler le bureau central, dans l’actionnement de la manivelle d’une petite machine magnéto-électrique dont le courant fait déclencher le volet d’un annonciateur au bureau central.
- elles par l’intermédiaire d’un translateur relié au même tablèau-eommutateur.
- 4° Le récepteur du bureau central (Morse ordinaire ou parleur ordinaire) est actionné par un courant local. Il n’enregistre pas la transmission du bureau central comme cela a lieu lorsqu’il est Iraversé par le courant continu, et, par suite, les « coupures » des bureaux correspondants sont plus facilement perçues. L’actionnement du récepteur par un courant local offre, en outre, l’avantage d’assurer une réception par-
- Bureau
- Bureau secondaire
- Morse ordinaire
- Morse à leviercoudê W.B
- 80 Volts
- {
- Annonciateur
- Liane
- Bureau secondaire
- Bu reau
- Batterie c entraie. système Wilfrid Blanchon.
- Figure 4.
- 3° Il est combiné de telle façon que toutes les lignes aboutissant au bureau central, aussi bien les lignes exploitées à la manière ordinaire que les lignes exploitées par batterie centrale, sont reliées à un même tableau-commutateur et peuvent être desservies par unei même installation Morse (Morse ou parleur) sans autre manœuvre que celle d’une fiche dans le tableau-commutateur. Deux quelconques de ces lignes peuvent aussi être mises en communication entre
- faite, malgré les imperfections de la transmis" sion du bureau secondaire, parce que la transmission est d'abord reçue dans un relais dont la marge de réglage est plus grande qué celle du Morse ou du parleur.
- La simplicité des manœuvres, dont je me suis fait une obligation absolue, ne va pas sans une certaine complication dans le montage des instal lations, mais cette complication est compensée-par le fonctionnement siir d’organes robustes et
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- par la suppression des difficultés provenant du montage défectueux et du mauvais entretien des piles dans les bureaux secondaires.
- Il convient aussi de remarquer que le système a été étudié pour répondre aux besoins de l’exploitation du réseau télégraphique français et que je me suis attaché à satisfaire à tous les besoins de cette exploitation. C’estpour atteindre ce but que j’ai adopté les dispositifs décrits ci-après.
- Les appareils nécessaires à l’installation complète du système sont les suivants :
- A. — Au bureau central :
- i°iUn tableau-commutateur Wilfrid Blanchon, auquel sont reliées toutes les lignes ou sections de lignes aboutissant au bureau et. les installations Morse (Morse ou parleur) desservant ces lignes ou sections de lignes,le même tableau recevant ensemble les lignes exploitées à la façon ordinaire et les lignes exploitées par batterie centrale.
- 2° Autant d’installations Morse (Morse ou parleur) qu’il y a d’agents manipulants pour assurer le service, y compris l’installation nécessaire à l’agent chargé de la manœuvre du tableau-commutateur. Chacune de ces installations, qui peut desservir indistinctement l’une quelconque des lignes reliées au tableau-commutateur, se compose :
- D’un manipulateur Morse ordinaire ;
- D’un récepteur Morse ordinaire (ou d’un parleur ordinaire) ;
- Et d’un retransmetteur Wilfrid Blanchon.
- 3° Un translateur Wilfrid Blanchon per-' mettant au bureau central de mettre en communication directe deux quelconques des bureaux desservis par les lignes reliées au tableau-commutateur, soit deux bureaux avec pile, soit deux bureaux sans pile, soit un bureau avec pile et un bureau sans pile.
- B. — Dans chaque bureau monté à la façon ordinaire (bureau avec pile) :
- Une installation ordinaire sans modifications.
- C. — Dans chaque bureau desservi par la batterie centrale (bureau sans pile) :
- Un manipulateur Morse ordinaire ; i
- Un récepteur Morse modifié, à levier coudé système Wilfrid Blanchon.
- Un appel magnétique Mutel, petite machine magnéto-électrique à courants successifs de même sens.
- Une sonnerie à trembleur ordinaire, si la ligne ne dessert qu’un seul bureau ;
- Si la ligne dessert deux bureaux secondaires, on installe, dans chacun d'eux, au lieu d’une sonnerie à trembleur ordinaire, une sonnerie à trembleur polarisée Mutel qui ne peut être actionnée que par un courant de sens déterminé (+ ou —), de façon qu’un courant envoyé par le bureau central ne dérange que celui des deux bureaux secondaires auquel il est destiné. D’autre part, l’appel magnétique de l’un des deux bureaux secondaires n’envoie que des courants positifs et celui de l’autre bureau secondaire n’envoie que des courants négatifs. Ces courants reçus au bureau central dans les annonciateurs polarisés du tableau-commutateur Wilfrid Blanchon indiquent sans possibilité d’hésitation le bureau qui appelle.
- Toute l’installation peut être faite à simple fil, suivant l’usage généralement admis pour les installations télégraphiques. Cependant l’administration française ayant, à l’époque où j’étudiais mon système, adopté le montage à double fil pour l’intérieur des bureaux télégraphiques (tout en continuant à utiliser la terre comme conducteur de retour pour les lignes télégraphiques), le tableau-commutateur Wilfrid Blanchon a été conçu de façon à se prêter au montage à double fil et les appareils accessoires (paratonnerres et coupe-circuits) des modèles employés en téléphonie, inverseurs, interrupteurs et commutateurs à deux et trois directions de modèles nouveaux créés par moi) sont tous à double fil.
- Dans tous les cas, les lignes restent à simple fil ; mais sur les lignes desservant deux bureaux les installations en dérivation sont remplacées par des installations en embrochage.
- Tableau-commutateur Wilfrid Blanchon.
- Le tableau-commutateur Wilfrid' Blanchon, représenté schématiquement par la figure 5, permet, par le déplacement d’une simple fiche sans cordon, de mettre uneligne quelconque en communication avec un appareil quelconque et de conduire en même temps à renclume de travail du manipulateur le voltage positif ou négatif qui convient à cette ligne. Ce tableau-commutateur est composé de conjoncteurs analogues, quant au mode de construction,aux conjoncteurs (jacks) des tableaux téléphoniques et comporte un double multiplage par dérivations qui a permis la sup-
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- pression des cordons. A chaque installation Morse (Morse ou parleur) reliée au tableau-commutateur, correspond une série de conjoncteurs en dérivation, en nombre égal au nombre des bureaux pouvant être desservis par le même tableau ; d’autre part, à chacun des bureaux desservis par le tableau correspond une série de conjoncteurs en dérivation, en nombre égal au nombre des installations Morse (Morse ou parleur) reliées au tableau-commutateur. Cha-
- Ce tableau-commutateur contient, outre les organes de commutation (conjoncteurs), des organes indicateurs d'appel (annonciateurs). Les annonciateurs employés sont des annonciateurs polarisés du modèle adopté par l’Administation française pour les tableaux téléphoniques. La raison de ce choix est que le réseau télégraphique français comporte un très grand nombre de lignes desservant deux bureaux sècondaires dont l’un travaille avec le Courant positif et
- =r\
- Figure 5.
- que conjoneteur reçoit six fils que a fiche met en communication deux par deux.
- La fiche est constituée par l’assemblage de trois sections métalliques séparées par des rondelles en ébonite. Dans le cercle fileté opposé à la tête est introduit un disque en carton ou en ivoire sur lequel est inscrit un numéro correspondant à celui de la direction à laquelle la fiche Nest affectée. Ce numéro est le même que celui de l’annonciateur et de tous les conjoncteurs affectés à la même direction.
- l’autre avec le courant négatif. Chacune de ces lignes est reliée dans le tableau-commutateur Wilfrid Blanchori à deux annonciateurs montés de telle façon que l’un ou l’autre est actionné selon le sens du courant d’appel, ce qui permet de reconnaître sans hésitation quel est le bureau qui appelle. Pour les lignes ne desservant qu’un seul bureau, des annonciateurs ordinaires pourraient être employés, mais il a paru préférable de n’utiliser qu’un type d’annonciateur, les annonciateurs polarisés adoptés étant d’une grande
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- sensibilité et d’un réglage facile, Les dispositions adoptées pour les plots de raccordement dans le socle de l’appareil sont telles que le tableau peut recevoir indistinctement des lignes desservant un seul bureau et des lignes desservant deux bureaux ; l’affectation des annonciateurs se fait au moment de l’installation, par un judicieux accrochage des fils aux plots de raccordement sans qu’il y ait à toucher à aucune des soudures intérieures.
- Il suit de là que la capacité d’un tableau de ce modèle se définit, non par le nombre des lignes qui peuvent y être reliées, mais par le nombre des bureaux qu’il peut desservir. Ainsi, un tableau qui contient 24 annonciateurs peut desservir 24 bureaux, soit au minimum 12 lignes et au maximum 24 lignes.
- Au-dessous des annonciateurs se trouve une série de conjoncteurs spéciaux dont chacun .correspond à l’un des annonciateurs. Ces conjoncteurs ne comportent que quatre ressorts, dont deux sont reliés aux deux fils de la ligne et les deux autres à l’entrée et à la sortie de l’électro-aimant de l’annonciateur. La fiche dans la position de repos est enfoncée dans le « conjonc-teur d’annonciateur » (eonjoncteur à 4 ressorts); elle met les ressorts de ce eonjoncteur en communication deux à deux et, par conséquent, la ligne en communication avec l’annonciateur. Lorsque le bureau central doit transmettre ou recevoir un télégramme, il n’a pas autre chose à faire qu’à enlever la fiche du con-joncteur d’annonciateur et l’enfoncer dans un « eonjoncteur de travail » (eonjoncteur à fi ressorts) ; le travail achevé, il replace la fiche dans le eonjoncteur d’annonciateur vpositionde repos).
- Il y a autant de fiches que d’annonciateurs, c’est-à-dire autant que de bureaux pouvant être reliés au tableau. Chaque fiche porte le même numéro que l’annonciateur auquel elle est affectée. Ce numéro est répété dans toutes les séries de conjoncteurs, à coté du eonjoncteur affecté à la même direction. Une fiche doit donc toujours être enfoncée dans un eonjoncteur portant le même numéro qu’elle.
- La seule précaution à prendre est de ne,jamais mettre un appareil (c’est-à-dire une même série de conjoncteurs) en communication avec deux directions, ni une même direction en communication avec deux appareils. Le numérotage des fiches et des conjoncteurs et la disposition des
- séries de conjoncteurs sont tels qu’un peu d’attention suffit pour éviter toute erreur.
- Pour que l’agent manipulant n’ait pas à travailler sur deux installations distinctes, l’instal-tation Morse ordinaire (Morse ou parleur) est complétée par l’adjonction du retransmetteur Wilfrid Blanchon, relié au tableau-commutateur et qui est dans ce système le véritable organe de réception et de transmission, le courant qui actionne le récepteur Morse ordinaire et le courant que transmet le manipulateur Morse ordinaire étant des courants locaux.
- Le tableau-commutateur Wilfrid Blanchon qui vient d’être décrit peut être avantageusement utilisé à la place des tableaux à cordons, pour des installations ne comportant pas la batterie centrale. Les organes restent les mêmes, mais le câblage intérieur peut être simplifié et le nombre des plots de raccordementréduit.Trente tableaux-commutateurs Wilfrid Blanchon (modèle simplifié) sont en service depuis deux ans.au poste central des Télégraphes de Paris. Cè sont les premiers qui aient été construits.
- De même, on peut réaliser mon système d’installation avec batterie centrale en utilisant des tableaux à cordons, comme ceux que j’ai combinés sous différentes formes depuis 1902 et que l’Administration française a adoptés pour les installations ordinaires, en particulier celui que j’ai désigné sons l’appellation « tableau-commutateur, type 1909 ». C’est même avec un tableau de ce genre que j’ai réalisé ma première installation de batterie centrale. Mais on a les inconvénients des cordons et la manœuvre est un peu plus compliquée.
- Retransmetteur Wilfrid Blanchon.
- Le retransmetteur Wilfrid Blanchon est formé par l’association de quatre relais constituant deux groupes distincts (voir fig. 6). C’est le véritable appareil de réception et de transmission du système. L’un des groupes est affecté aux lignes exploitées à la façon ordinaire ; l'autre groupe est affecté aux lignes exploitées par batterie centrale.
- L’ensemble est relié au tableau-commutateur Wilfrid Blanchon.
- Comme chaque série de conjoncteurs de travail du tableau-commutateurest divisée en deux groupes dont l’un est affecté aux lignes exploitées à la façon ordinaire et l’autre aux lignes
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- exploitées par batterie centrale, le simple enfoncement. tl’une fiche du tableau-commutateur dans le conjoncteur auquel aboutit la ligne à mettre en position de travail établit les connexions utiles entre cette ligne et celui des deux groupes du retransmetteur qui lui convient.
- Le bureau central peut donc passer d’une ligne exploitée à la façon ordinaire .à une ligne exploitée par batterie centrale, ou inversement, sans avoir à effectuer d’autre manœuvre que le déplacement des fiches dans le tableau-commutateur.
- Des boutons de court-circuit et un inverseur à double fil, qui se trouvent sur le socle du retransmetteur, permettent l’intercalation facile et rajïide d’un milliampèremètre dans le circuit
- bureaux reliés à ce tableau-commutateur, soit deux bureaux avec pile, soit deux bureaux sans piles, soit un bureau avec pile et un bureau sans pile.
- Les deux bureaux, même montés de façon différente, communiquent entre eux absolument comme si l’installation de leur correspondant était semblable à la leur.
- Récepteur Morse modifié pour bureaux secondaires sans pile.
- Comme on l’a vu par ce qiii précède, au moment où le bureau centi’al a un télégramme à transmettre à un bureau sans pile, ou au moment où le déclenchement du volet d’un annonciateur l’avertit qu’un bureau sans pile, qui a fait fonc-
- Retransmetteur WUfrid Blanchon,
- Figure 6.
- de travail pour la vérification de l’intensité des courants émis ou reçus sur l’uhe quelconque des lignes pendant le travail.
- Translateur WUfrid Blanchon.
- Le translateur Wilfrid Blanchon est formé par l’association de deux retransmetteurs Wilfrid Blanchon. Les choses se passent donc dans chacune des deux parties du translateur comme elles se passent dans le retransmetteur.
- Grâce aux combinaisons du translateur Wilfrid Blanchon, le bureau central peut mettre en communication directe, sans autre manœuvre vque celle des deux fiches du tableau-commutateur Wilfrid Blanchon qui sont affectées aux deux lignes à connecter, deux quelconques des
- tionner l’annonciateur au moyen d’un appel magnétique, a besoin du courant pour transmettre, la fiche du tableau-commutateur alïectée au service du bureau secondaire intéressé est enlevée du conjoncteur d’annonciateur et enfoncée dans le conjoncteur de travail portant le même numéro de l’une des séries de conjonc-teurs correspondant aux installations de réception et de transmission disponibles. L’enfoncement de la fiche dans ce conjoncteur de travail a pour objet de relier la ligne au groupe convenable du retransmetteur et, en même temps, dç fermer le circuit du courant continu par la ligne, le manipulateur et le récepteur Morse du bureau secondaire, et enfin la terre (voir fig. 4). L’armature du récepteur Morse du bureau secondaire est donc attirée. Quel que soit celui des deux
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- bureaux (central ou secondaire) qui transmet, la manœuvre du manipulateur a pour résultat de faire cesser l’attraction de l’armature du récepteur Morse du bureau secondaire. Si le bureau secondaire était pourvu d’un récepteur Morse ordinaire, l’armature étant attirée vers les noyaux de l’électro-aimant pendant les périodes de « repos » et relevée par le ressort antagoniste pendant les périodes de « travail » (transmission des points et des traits), la bande porterait’ un trait continu sur lequel apparaîtraient; en blanc les points et les traits. On aurait, pour ainsi
- de l’armature produite par le courant continu éloigne le couteau de la molette d’impression ; chaque fois que la manœuvre du manipulateur interrompt le courant, Je ressort antagoniste éloigne l’armature des noyaux de l’électro-aimant et porte le couteau au contact de la molette pour produire l’impression. L’impression est donc obtenue par un pivotage normal, sans aucune articulation. Le levier porte un prolongement horizontal qu’il a fallu faire assez long, pour qu’il puisse aller s’engager entre les deux butées de réglage reculées par la position couchée de
- O
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- Réce
- I
- Récepteur Morse à levier
- coudé., système Wilfrid Blanchon.
- Organes d* impression du Récepteur Morse .
- Figure 7.
- dire, une épreuve négative des signaux. Pour obtenir une impression normale sur la bande, divers moyens ont été mis en œuvre ; celui cjue j’ai imaginé, et que représente schématiquement la figure 7, tout en assurant une impression normale, permet une lecture au son parfaite. Le levier, qui comprend le couteau d’impression et l’armature, a été coudé à angle droit, l’armature étant reportée sur la branche verticale. Par suite de cette position de l’armature et de la position qui a été donnée à l’électro-aimant, l’attraction
- l’électro-aimant ; mais un contrepoids formé cl’un petit cylindre de laiton équilibre l’ensemble du système de telle façon que, le ressort antagoniste étant complètement détendu, l’horizontalité du levier est parfaite. O11 obtient la sensibilité que l’on désire en manœuvrant convenablement les butées de réglage et le ressort antagoniste. Après le réglage de l’armature, on obtient le réglage de la pression du couteau contre la molette, de la même façon que dans le récepteur Morse ordinaire. Afin que les dimen-
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- sions d’encombrement du récepteur Morse ne soient pasdépassées, la colonne spéciale supportant le rouet a été supprimée et le rouet a été fixé sur la même colonne que les butées de réglage. J’ai désigné ce récepteur sous l’appellation de « récepteur Morse à levier coudé, système Wilfrid Blanchon ».
- Sonnerie polarisée, système Mutcl:
- Figure 8.
- Le même résultat a pu être obtenu par l’intermédiaire d’une articulation (levier articulé Mutel, levier articulé Wilfrid Blanchon), mais ces deux leviers sont inférieurs au levier coudé au point de vue mécanique et se prêtent moins bien à la lecture au son. Toutefois,, ils fonctionnent d’une façon très satisfaisante pour la
- lecture sur bande et ils ont l’avantage de réduire au minimum la transformation à faire subir au récepteur Morse.
- Sonnerie polarisée Mutel.
- La sonnerie polarisée imaginée par M. Mutel, inspecteur principal à la Direction des ateliers de construction et de réparation du matériel de l’Administration française, et qui ne fonctionne qu’avec un courant continu de seins déterminé (positif ou négatif), a sa place tout indiquée dans les bureaux sans pile associés par deux sur une même ligne et pour lesquels le courant d’appel provenant du bureau central doit être de sens déterminé ^positif pour l’un des bureaux secondaires, négatif pour l’autre), afin que les deux bureaux secondaires ne soient pas dérangés simultanément.
- Mais l’emploi de celte sonnerie n’est pas limité aux installations avec batterie centrale. Dans les installations ordinaires, le courant d’appel du bureau central (positif ou négatif) est reçu, aux bureaux secondaires, par un relai polarisé (rappel par inversion de courant) qui reste inactif dans un des bureaux et qui, dans l’autre bureau, ferme le circuit d’une pile locale sur une sonnerie à trembleur ordinaire. La sonnerie polarisée Mutel, substituée à la sonnerie à trembleur ordinaire, permet la suppression du relais polarisé (rappel par inversion de courant) et de la pile locale.
- Sur la culasse de l’électro-aimant (voir fig. 8) est fixée, entre les deuxbobines,unetigede fer doux, de section rectangulaire parallèle aux deux tiges cylindriques de fer doux formant les noyaux des bobines et de même hauteur que ces noyaux. L’enroulement des bobines est tel que le courant produit deux pèles de même nom aux extrémités libres des noyaux des bobines et un pôle de nom contraire à l’extrémité libre de la tige médiane. Des épanouissements polaires fixés à l’extrémité des trois tiges de fer doux réduisent les entrefers.
- L’armature est constituée par un aimant en fer à cheval dont le pivotage permet à chacune dé ses branches d’osciller entre la masse polaire centrale et l’une des masses polaires extrêmes.
- A cet aimant mobile sont fixés le marteau de la sonnerie et deux ressorts-lames, dont l’un sert, comme dans la sonnerie à trembleur ordinaire, aux fermetures et ouvertures successives du circuit et l’autre fait office de ressort antagoniste.
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- L’aimant permanent, qui constitue l’armature et qui est mobile autour d’un pivot, prend une position de repos déterminée par l’effet du ressort antagoniste. Suivant le sens du courant envoyé dans les bobines de l’électro-aimant, l’aimant est déplacé de sa position de repos ou s’y trouve maintenu avec une plus grande force.
- La sonnerie polarisée Mutel peut être mise en action par un courant de 5 milliampères. Normalement, elle est actionnée par le courant de iü à 15 milliampères qui assure le fonctionnement de l’appareil Morse.
- Appel magnétique à- courants
- successifs de même sens, système Mutel.
- Dans les installations avec batterie centrale de mon système, les bureaux secondaires n’ayant pas de pile, il est indis pensable de les pourvoir d’un appareil qui leur permette d’appeler le bureau central lorsqu’ils ont un télégramme à transmettre, afin que ce bureau envoie sur la ligne le courant continu nécessaire à la transmission des signaux Morse.
- L’appel magnétique à courants alternatifs utilisé dans les installations téléphoniques suffirait pour les lignes qui ne desservent qu’un seul bureau ; mais, pour les lignes qui desservent deux bureaux, il est nécessaire que ces deux bureaux envoient des courants de sens différent (l’un,lecourant positif, l’autre, le courant négatif) afin que ces courants reçus au bureau central dans des annonciateurs polarisés indiquent quel est le bureau qui appelle.
- M. Mutel a modifié l’appel magnétique des installations téléphoniques de façon à lui faire produire non plus des courants alternatifs mais des courants successifs de meme sens, qui peuvent être positifs ou négatifs suivant le montage. La succession de ces courants est assez rapide pour que, pratiquement, ils agissent sur les annonciateurs polarisés comme des courants continus.
- Un disque métallique (voir fig. 9) entraîné par
- le mouvement de l’arbre de.l’induit passe entre deux ressorts-lames destinés .à recueillir par frottement et à transmettre sur la ligne les courants émis; mais les deux faces de ce disque sont recouvertes sur les 7/8 de leur surface de matière isolante, de sorte que le secteur métallique qui ferme le circuit par son passage entre les ressorts-lames ne représente que 1/8 du cercle.
- Le disque n’est pas fixé sur le canon qui lui sert d’axe et qui est monté sur l’arbre de l’induit
- Appel .magnétique à courants successifs de même sens, système Mutel.
- Figure 9.
- Le canon est pourvu d’une saillie qui s’appuie, suivant le sens de la rotation, sur l'une ou l’autre des deux extrémités d’une entaille ménagée vers le centre du disque. La saillie et l’entaille ont des dimensions telles que le disque puisse se déplacer librement de 90 degrés autour du canon.
- Après avoir orienté convenablement le canon, on le fixe sur l’arbre de l’induit par un collier de serrage.
- L’appareil est alors en état de produire des courants successifs de sens déterminé (positif ou négatif suivant l’orientation du canon) lorsqu’on tourne la manivelle dans le sens normal (sens de la marclie des aiguilles d’une montre;. A chaque rotation, le secteur métallique se trouve en prise avec les ressorts-lames pour fermer le circuit au moment où se produit le courant de sens convenable. Au moment où se produirait le courant de
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- sens inverse, c’est-à-dire après un demi-tour de la bobine, le circuit n’est pas fermé puisque les ressorts frotteurs sont en contact avec la matière isolante. Si l’on manœuvre la manivelle en sens inverse, le disque n’est entraîné qu’après que l’arbre de l’induit a fait un quart de tour (90°), et, gràpe à l’orientation du canon sur cet arbre, les ressorts frotteurs sont en contact avec la matière isolante au moment où pourraient se produire les courants ; il n’y a donc pas alors production de courant, tandis que sans ce dispositif
- on recueillerait des courants positifs en tournant dans un sens et négatifs en tournant en sens contraire.
- L’appel magnétique Mutel, à courants, successifs dé même sens, fait fonctionner d’une manière parfaite un annonciateur de 600 ohms intercalé dans un circuit de 3 000 ohms et 5 microfarads et réglé pour fonctionner sous une intensité de 20 milliampères.
- Wilfrid Blaîvchon.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur la durée de l’émission de raies spectrales par les vapeurs lumineuses dans l’étincelle électrique. — A. Hemsalech. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910.
- Dans une étincelle éclatant entre électrodes métalliques, de la vapeur lumineuse est projetée dans l’espace voisin et y perd au bout d’un certain temps son pouvoir d’émettre des raies spectrales. L’auteur a cherché à déterminer les valeurs relatives de ce temps pour 200 raies du spectre du fer: pour la plupart d’entre elles, ces durées relatives semblent proportionnelles à l’intensité de la raie.
- Sur les propriétés électriques des alliages uluminium-argent. — W. Broniewski. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910.
- L’auteur s’est attaché aux propriétés thermo-électriques de ces alliages. Il conclut: à l’existence de deux composés définis Al2 Ag3 et Al Ag-3. Le coefficient de température de la résistance électrique, pour de l’argent aussi pur que possible, a pour valeur 0,00415, entre o et ioo°.
- Alliages du fer èlectrolytique avec l’arsenic çt le bismuth, — F. Burgess et J. Aston. — The Electrician, 11 mars 1910.
- En fondant, dans un creuset de magnésie, du fer et
- de l’arsenic on peut obtenir des alliages renfermant environ 4 % d’arsenic; mais il est difficile de dépasser cette teneur. On a pu également réaliser des alliages à 5 % avec du bon fer commercial. Les lingots obtenus se prêtent très bien aux opérations du forgeage aux températures ordinaires.
- Tant que la proportion d’arsenic est faible, l’alliage est plutôt inférieur, au point de vue magnétique, au fer pur. Mais entre 3 et 4 % d’arsenic l’induction atteint dans ces alliages des valeurs beaucoup plus grandes que dans le fer. Ainsi pour 3C = 60 l’induction atteint environ 17 000 gauss dans le fer électrolytique et 18000 dans l’alliage à 3,86 % de As.
- L’addition d’arsenic au fer commercial, dans une proportion de 5 % , quoique préjudiciable aux propriétés mécaniques de l’alliage, lui communique des qualités magnétiques comparables, dans les expériences des auteurs, à celles des meilleurs échantillons de fer pur.
- La courbe de magnétisation d’un alliage à 2 % de bismuth, d'abord au-dessous de celle du fer électrolytique pur, la traverse brusquement pour un champ d’environ 22 gauss, et ses ordonnées restent ensuite de 4 ài> % plus grandes.
- Des mesures d’hystérésies effectuées sur des échantillons d'alliage à 3,86 % d’arsenic, de fer élec-trolytique et de fer de Suède ont donné respectivement, dans ces trois cas, pour surfaces des cycles des nombres proportionnels à 1, 1,7 et 2,1.
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- La /résistance électrique du même échantillon (3,86 % As) était 3^,1 microhms par centimètre cube ou 3,07 fois celle des échantillons électrolytiques en expérience.
- L. B.
- TRACTION
- Lignes de traction électriques sans rails. — A. Heller. —Zeitschrift des Vereines deiUscher lnge~ nieure, 3o avril 1910.
- L’avantage le plus important qu’offre l’emploi d’un matériel automobile, pour le trafic sur terre, est la possibilité de changer la région de ce trafic.
- Il est possible de déplacer l’ensemble de l’exploitation, presque sans perte aucune-, quand la région où L’on opère n’est pas rémunératrice ou bien quand le trafic y est devenu assez considérable pour motiver l’établissement d’une voie à rails, susceptible d’un plus fort rendement qu’un service d’automobiles.
- Les voies sans rails peuvent revendiquer en grande partie le même avantage, parce que les frais d’établissement de la conduite aérienne ne sont qu’une partie des frais d’installation d’une voie à rails et qu’en cas de tranfert de l’exploitation, on peut en réemployer les éléments constitutifs. Du reste, dans le cas où l’augmentation du trafic conduirait à l'établissement d’une voie à rails, les conduites aériennes seraient telles quelles utilisables pour la nouvelle exploitation.
- La liberté de mouvement des voitures — deuxième avantage de la voie sans rails sur la voie à rails— peut y être réalisée de façon presque aussi parfaite qu’avec les automobiles.
- Il convient d’ajouter que en raison, de l’augmentation de la résistance au roulement, la consommation de courant, par tonne et par kilomètre, est plus élévée que pour les tramways électriques. Cette augmentation est de 25 a 100 % suivant le modèle de véhicule, mais d’autres considérations — légèreté plusgrande des véhicules, différences de frais d’amortissement, de remplacement de bandages, etc —viennent la compenser dans une notable mesure
- L’auteur mentionne ici deux systèmes. I/un, du modèle Schiemann, est employé par la « Gessell-schaft fiir gleisloseBahnen Max Schiemann et Cic » de Wurzcn ; l’autre, du modèle JIolI, par la « Œsler-reichische Daimler Motor en Gcsellschaft » de Vienne.
- Matériel Schiemann. — Un perfectionnement ré-
- cent consiste dans l'intercalation, entre le moteur e^ les roues motrices libres sur l’essieu, d’un dispositif d’accouplement souple à ressort, destiné à assurer l’adhérence complète dans les tournants.
- La voilure pèse 3 tonnes; elle est munie d’un moteur de 15 à 22 chevaux qui actionne l’essieu d’arrière au moyen d’une commande par engrenages avec rapport de réduction de 1/6; elle peut, avec 20 voyageurs, faire 20 kilomètres àl’heure. l/entrée de la voiture est sur le côté.
- La distribution de force sur les deux roues motrices est représentée par là figure 1. L’expérience a montré la nécessité de laisser les roues motrices mobiles l’une par rapport à l’autre afin qu’elles ne glissent pas dans les courbes.
- Fig. 1. —Roues motrices, système Schiemann.
- Les pignons compensateurs (différentiels) qu’on emploie habituellement dans la construction d’automobiles ont l’inconvénient de faire dépendre de l’adhérence l’uniformité de répartition de la force.
- . Dès qu’une roue, par suite d’une diminution subite de l’adhérence, vient à glisser, toute la force d’impulsion est reportée sur l’autre roue qui tourne très vite tandis que l’autre reste presque fixe. Celte propriété du pignon compensateur, qui cause des difficultés spécialement pour les montées où l’on doit toujours avoir à sa disposition l’adhérence^eomplète, intervient aussi dans les voitures électriques dont les roues motrices sont actionnées par des moteurs particuliers. Si les moteurs sont l’un derrière l’autre, celui dont la roue glisse reçoit souvent un excès de tension, qu’il retire à l’autre; si les moteurs sont parallèles, celui de la roue qui ne glisse pas peut être surchargé de façon que deux faits peuvent se produire : ou bien cette roue se met également à glisser ou bien le coupe-circuit fonctionne.
- Comme le rôle propre du pignon compensateur est uniquement de permettre aux roues motrices, dans les courbes, des trajets de longueur différente, il
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- vient à la pensée de limiter la mobilité de ces roues Tune par rapport à l'autre.
- Schiemann obtient ce résultat en réunissant, chacune dés roues motrices qui sont engagées librement sur l'essieu, d’un ressort de buttée auquel correspond un toc d’entraînement fixé sur cet essieu. Le mode d'action de ces tocs, qui atténuent les chocs imputables à un manque de précaution et protègent l'équipage contre ceux qui résultent de la voie, consiste à assurer aux roues motrices la faible indépendance qu'elles doivent avoir pour le passage des courbes
- Fig. a. — Suspension à ressort de la prise de courant.
- et, par contre, à opposer une résistance croissante au glissement d’une des roues. Les essais effectués jusqu’ici avec ce système ontdémontré que la voiture peut remorquer sur une route couverte de neige un traîneau balladeur pour io personnes.
- Le courant à 5oo volts est amené à la voiture par un conducteur bipolaire dont la lige est poussée de bas en haut avec une roue réglable à l'aide d'une suspension à ressort sur le toit de la voiture et dont le patin peut se placer automatiquement d’après les courbures de la conduite aérienne et indépendamment des mouvements de la voilure fig. 2 et 3). Pour l’amenée du courant, la tige constitue elle-même l’iin des conducteurs, et elle contient l’autre dans sa cavité intérieure. La distance des fils aériens n’est que de i5o millimètres.
- x Le principal objet, de ce dispositif de trolley est de pouvoir introduire dans la conduite aérienne de simples aiguilles automatiques sans joints ni croise-
- ments. En outre, l'amenée du courant se trouve encore assurée, quand l’écart que la voilure est forcée de faire, par rapport à la canalisation aérienne, atteint jusqu'à 3 mètres.
- Il faut remarquer qu’en raison du faible trafic auquel sont destinées les voies ^électriques sans rails, on ne donne en général à la conduite aérienne qu!une seule ligne. En cas de rencontre de deux voitures accrochées à la même conduite et marchant en sens inverse, l’une d’elles peut continuer à marcher, tandis que l’autre doit se garer et descendre son trolley, elle n’a toutefois pas besoin pour cela de s'arrêter ; elle peut continuer à rouler sans courant, tandis que de son poste le conducteur abaisse la tige de contact.
- Système Sloll. — Ce système doit son développement à l’emploi de moteurs de moyeu pour véhicules lourds, en particulier pour les omnibus automobiles, avec lesquels les voitures de ce système ont une res-
- Fig. 3. —Prise de courant Schiemann.
- semblance presque complète, l’analogie subsiste même pour le châssis, qui est en tôle et qui, sans la carosserie, mais avec les moteurs et les autres dispositifs électriques, ne pèse que 1,7 tonne.
- On connaît déjà le modèle du moteur Mercédès électrique. Ce moteur est de 20 HP, il est destiné à l’essieu d’arrière ; il est introduit dans une roue à simples jantes de caoutchouc; le courant lui est amené par l’intérieur de l’essieu qui est creux.
- Mais les moteurs se disposent aussi sur les roues de direction ; on a déjà exécuté des voitures à quatre roues motrices pour des parcours en montagne particulièrement raides. Lorsqu’on marche en descente, ces voitures sont freinées électriquement aux quatre roues.
- En règle générale, on monte sur ces voitures par le côté ; elles peuvent contenir vingt-deux personnes ; le poids total de la voiture vide est de 2,5 tonnes. On voit que le poids du véhicule est moindre. Un
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- autre avantage est que le fonctionnement est presque silencieux et ne nécessite aucun engrenage.
- La prise de courant se fait par un chariot équipé sur quatre poulies à gorge circulaire (fig. 4) et marchant sur la conduite aérienne bipolaire ; ce chariot est relié à la voiture par un double câble flexible d’une longueur de io à iam. On augmente la stabilité de
- Fig. 4. — Prise de courant,, système Stoll.
- cet équipage en y suspendant par une longue tige une poulie à ressort dont le brin est dispose de façon à maintenir une boucle que forme le câble et d’éliminer les effets de la traction de la voiture sur les points de jonction. Le câble est assemblé avec la voiture à l’aide d’une sorte de douille facile à démonter et fixée à un câble de 10 à ia”, qui est maintenu tendu par un treuil automatique. Le conducteur a ainsi la possibilité de profiter de toute la largeur
- de la route, comme s’il était indépendant de la conduite aérienne. Cet assemblage permet en outre à deux voitures, qui se rencontrent sur la môme ligne, de s’éviter commodément; les conducteurs font l'échange des douilles et par suite des trolleys, en ralentissant l’allure, le cas échéant, et continuent leur route.
- *
- * *
- Le système Schiemann est employé sur n lignes dont la longueur totale est de 45km,5 et qui comportent a8 voitures automobiles et locomotives.
- Il a été notamment organisé en Norvège, pour le compte de la « Aktieselskabet Drammens Elektriske Bane » sur les deux rives du « Drammens-Elv », où l’on a installé deux lignes ayant respectivement 3km et 3km,5 de longueur. Ces deux lignes sont reliées par un pont de bois à rampes raides de 10 % . Le courant est amené par une canalisation de 4okm et par un groupe transformateur de 60 kw. ; on doit adjoindre une batterie d’accumulateurs à l’installation actuelle, pour lui permettre de fonctionner le dimanche après-midi, malgré la fermeture de l’usine génératrice.
- Quant au système Stoll, il a été, dans ces deux dernières années, appliqué sur 8 lignes dont la longueur totale est de a3km et dont le service comporte 26 voitures.
- C. B.
- Locomotive pour train de marchandises, a courant alternatif, du chemin de fer JVew-York-Newhaven et Hartford. — K. Meyer. — Zeitschrift des Vereines doutscher Ingenieure, 3o avril 191°.
- Le chemin de fer de New-York, Newhaven et Hartford a adopté pour ses nouvelles locomotives de train de marchandises la commande par transmission d’engrenage, qu’on a employée à l’origine pour tous les véhicules de chemins de fer actionnés électriquement et qui s’est bien comportée pour de faibles puissances de moteurs. Avec le courant alternatif, on est allé jusqu’à des puissances de 180 chevaux (moteurs A. E. G.); avec le courant tournant, j jusqu’à 2O0 chevaux (Grcat Northern). Le nouveau modèle américain emploie des moteurs de 3oo à 35o chevaux; seule, une expérience prolongée per-I mettra de reconnaître si les engrenages_ont un bon I rendement pour ces fortes puissances.
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- Voici quelques renseignements sur la, locomotive dont il s’agit.
- Elle est actionnée par quatre moteurs, chacun d’une puiss ince réelle de 3oo chevaux ; elle doit pouvoir remorquer des trains de marchandises du poids maximum de i 5oo tonnes à la vitesse horaire de 56um. Si on l’emploie au trafic des voyageurs, elle doit conduire des trains de 800 tonnes à la vitesse horaire de 7»km. Les moteurs sont alimentés par l’intermédiaire des transformateurs transportés sur la locomotive en courant alternatif de 11 000 chevaux-heure et périodes-seconde fournies par cable ou en courant continu de tension 600 volts fournis par rails. Les locomotives, à voie normale, sur deux bogies à triple essieu, dont les roues directrices (D) et les rouets motrices (M) sont disposées dans l’ordre DMMD, ont les dimensions principales et les poids ci-après spécifiés :
- Diamètre des roues motrices..... 1 6oomm
- Diamètre des coussinets d’essieux
- moteurs....... . . . ......... 203 »
- Longueur.............................. 33o »
- Diamètre des roues directrices. . . 1 06.7 »
- Entraxe des roues (motrices et directrices) ........................ 2 134 »
- Entraxe total.................... n iîéS »
- Longueur entre tampons........... i/| 36o »
- Hauteur........................... 4 iyi »
- Largeur............................ 3 o/|8 »
- Poids total (environ)................ 1201
- Poids adhérent (environ).............. 85l
- Les moteurs sont installés sur le châssis bogie immédiatement, au-dessus des essieux. Ils sont à douze pôles et enfermés dans une boîte pour refroidissement renfoncé. 11 en est de même du transformateur qui ramène la tension du câble conducteur à la tension du moteur.
- Pour le service en courant alternatif, les quatre moteurs sont mis en parallèle; pour le service en courant continu, ils sont d’abord en série, puis ils forment deux groupes, serrés et parallèles.
- 11 est permis d’émettre un doute sur la réalisation des conditions énoncées : vitesse horaire de 56km avec un train du poids de 1 5oo tonnes. D’antre part le rapport de la puissance exprimée en chevaux au poids exprimé en tonnes n’atteint que 11,y. Mais on sc rend compte (pie le poids est fort élevé parce que la locomotive doit porter simultanément l’équipement nécessaire pour le service à courant alternatif
- et l’équipement nécessaire pour le service à courant continu, parce qu’éllc doit servir aussi pour la remorque de trains de voyageurs, avec une vitesse fort élevée, etc. En résumé, -on ne peut l’assimiler â d’autres locomotives qui n’ont pas la mémo destination et ne dérivent pas de la meme conception.
- G. B.
- Electi'ifïcation du chemin de fer du La-pland. — Engineering, 11 mars et 1e1’ juillet 1910.
- Cette importante ligne du réseau des Chemins de fer de VEtat suédois qui traverse le Lapland, primitivement construite pour le transport des vastes et riches gisements de ruinerais de fer de Gellivare, Kirunavaara et Luossavaara, va être exploitée électriquement. Le 20 mai dernier, le parlement suédois a adopté le projet du gouvernement pour l’érection d’une section hydro-électrique à Porjus Faits sur l’importante rivière Lule. Le devis estimatif de cette station, d’une puissance de 5o 000 HP, se monte à 16 437 000 francs, tout agencée bien entendu.
- Elle comporte trois alternateurs monophasés d’une capacité maximum de 10 5oo K. Y.A. et. trois alternateurs triphasés chacun de 10 800 Iv. Y. A. Un monophasé et un triphasé montés sur le même arbre de turbine constituent la réserve.
- Le voltage engendré est transformé, pour le système monophasé, à 80 000 volts et pour le triphasé à 70 000 volts.
- La dépense de l’installation en monophasé, comprenant toute la machinerie et les instruments, est calculée au taux de 55 fr. 55 par K. V. A. de la capacité de charge maximum des'génératrices, les turbines marchant à 180 tours par minute et à 46 fr. 60 par Iv. Y. A. lorsque la vitesse de rotation des turbines atteint 187,5 tours par minute. .L’intérêt de l’équipement électrique est calculé à raison de 4 %j l’amortissement à 3,5 %, l’entretien à i,65 % du coût, soit un lotal de y % .
- Le coût total du barrage, de la station centrale,-du l'équipement "électrique, etc., se monte h 16437 000 fr. pour une puissance disponible sur l’arbre des turbines de 5o 000 IIP; si on ne disposait que de 37 5oo IIP sur l’arbre, la dépense serait de i5 770 7Q0 francs se traduisant par 36o fr. 70 dans le premier cas et 463 fr. 65 dans le second par cheval électrique produit à l’usine à pleine.charge.
- La surface de captage du bassin de la rivière Lule se développe sur y 6ookm2 approximativement..
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- La hauteur de chute des eaux entre le grand lac Lule et la mer est de 36om ce qui représente environ i45 ooo IIP aux basses eaux. L’Etat possède des droits non contestés aux chutes représentant, au niveau bas, quelques 70 000 HP, quantité qui grandira, par le réglage du débit des lacs dans la rivière Lule, jusqu'au chiiTre formidable de 3oo 000 HP.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- L’usine électrique de la chute de la Steyr. — K. Henger. — Elektvotechnik und Maschinenbau, i3 mars 19x0.
- Cette usine, qui est une des plus importantes de F Autriche, a été construite pour la maison Hofmann et C°, partie pour fournir l’énergie à ses fabriques de ciment de Portland de Kirchdorf, partie pour distribuer l'énergie et l’éclairage dans les environs.
- Un barrage de /§5m de développement et 1 4m de hauteur est bâti sur le roc et crée une chute de 1^“ qui est utilisée. Ce barrage est en forme d'arc de 4«m de rayon dans le but d’éviter des tensions dues aux dilatations par différence de température; il provoque la formation d’un bassin de akm,8 de longueur contenant encore en basses eaux 900 ooom3. On dispose aussi aux turbines, suivant l'arrivée d'eau, de 1 000 a a 000 chevaux. i3 oooin3 de béton furent nécessaires à la construction de l'ensemble.
- L’usine, de construction élégante, forme, avec le lac artificiel créé par le barrage, un ensemble agréable que n’ont pas en général les usines électriques. Elle est bâtie, à cause du manque de place, contre la digue et le canal d'amenée d'eau et pourra recevoir trois groupes, dont deux seulement sont en place. Les tableaux et appareils sont dans un pavillon d'extrémité, et au-dessus de la salle des machines se trouvent les appartements du personnel.
- Les turbines sont du type Francis jumellées de la maison Voilh à arbre horizontal. Elles fonctionnent sous i*Am de chute et absorbent 8m3,a5 d’eau par seconde; Leur vitesse de rotation est de '2T>o tours par minute et leur puissance de 100 chevaux à pleine ouverture.
- Chaque turbine est dans une chambre spéciale et l’évacuation de l'eau se fait par un tuyau en béton. Un régulateur avec servo-moteur maintient la vitesse constante et peut également être commandé depuis le tableau pour amener la turbine au synchronisme.
- Un accouplement Zodel réunit4a turbine à l’alternateur triphasé de Siemens-Schuckerl.
- Les alternateurs sont de 840 k\v. avec cos cp = 1, à a5o tours et 7 5oo volts. Les échauffemcnt, rendement et chute de tension sont garantis pour un cos cp égal à 0,8 à cause de la prépondérance des moteurs sur le réseau. Avec cos o 0,8 le rendement est 91,7 % ,ce qui porte la charge de la turbine à 1 oüoehev. Le bobinage des alternateurs est fait dans des encoches ouvertes, pour la facilité des réparations. Les pôles sont à épanouissements feuilletés et bobinés en barres de cuivre ou tournées après bobinage.
- Chaque alternateur porte en bout d’arbre une excitatrice compound à huit pôles.
- Le tableau de distribution* est construit en trois étages ; à l'étage inférieur sont les coupleurs, transformateurs et appareils de mesure; l’étage du milieu porte le tableau avec tous les appareils à basse tension; au troisième étage sont les transformateurs des appareils de mesure des lignes de départ et les pa-rafoudres.
- Les* parafoudres sont à bornes et complétés par des résistances liquides de mise à la terre, lesquelles actionnent une sonnerie pour avertir le personnel lorsque l’eau vient à manquer. De nombreux sec-tionneurs permettent de supprimer partout la haute tension en cas de réparations. La disposition générale du tableau est celle qu'on emploie couramment. Elle comporte comme particularité l’emploi d’indicateurs de mise à la terre Westinghouse.
- La disposition en trois étages n'est pas à recommander; elle n'a été employée que faute de place.
- De l’usine partent trois conducteurs nus à haute tension. L'un de 35mm de section va directement à iokm à l’usine de ciment. Les autres, plus petits, vont dans les villages voisins . De place en place, des pointes placées sur les nuits écoulent à la terre les charges d’électricité atmosphériques par des fils de 5 millimètres carrés.
- Dans l'usine de ciments un transformateur dans l’huile, de 280 K. V. A., abaisse la tension à nio volts et alimente différents moteurs dont un de 3o3 chevaux.
- Aux différent autres endroits d’utilisation du courant sc trouvent des postes transformateurs abaissant la tension à iao volts pour l’éclairage et 210 volts nour les moteurs. R. G.
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- La turbine à utilisation delà vapeur d’échappement. — Engineering, juillet 1910.
- Les moteurs à vapeur à mouvement alternatif des
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- pistons, fonctionnant à haute tension de vapeur et à condensation, donnent certainement un bon rendement; cependant les praticiens sont obligés de reconnaître qu’ils ne réalisent pas les bénéfices économiques théoriques qui devraient résulter de l’établissement d’un bon vide dans le condenseur. En service courant, un vide de 65omm est tout ce qui est compatible avec l’emploi de ces machines, au point de vue économique. Sans nul doute, aux épreuves d’essais, alors que tous les organes sont en parfait état, des soupapes sans fuite, des stuffing-box en bon ordre, on peut prendre un chiffre quelque peu plus élevé avec un bénéfice effectif de consommation par cheval-heure, mais les occasions de rentrée d’air sont si nombreuses dans le fonctionnement normal d’un moteur, qu’il est bien rare qu’il vaille la peine de . réduire la pression dans le condenseur au-dessous de cette limite. En effet, la force expansive de la vapeur du cylindre ne peut pas être portée, avec économie, au delà de 3,6 à 4kB,5 en valeur absolue.
- La turbine à vapeur, d’un autre côté, peut tirer un bon rendement du plus haut degré de vide commercialement réalisable. Aussi, ce genre d’appareils est-il l’objet, depuis quelque temps, d’une très grande demande. Ils utilisent la vapeur des moteurs à échappement à l’air libre et, avec l’énergie perdue jusqu’ici, ils développent presque autant de puissance que les machines dont ils forment, pour ainsi dire, un simple appendice.
- Cette propriété de la turbine à vapeur est particulièrement utilisable dans le cas où la charge d’une station motrice équipée en moteurs à piston réclame l’installation de nouvelles unités.' Si les machines existantes fonctionnent avec condenseur, une modification apportée aux soupapes donne la faculté d’élever la pression à l’échappement et la vapeur est ensuite admise dans la turbine avant de se rendre au condenseur. Par ce moyen, non seulement la capacité de la station se trouve augmentée à bas prix par kilowatt, mais le rendement total de l’installation est considérablement accru, la puissance additionnelle étant obtenue sans qu’il y ait une majoration proportionnelle de la dépense de combustible.
- La station Workman, Clark et Cie, de Belfast, se trouvait précisément dans les conditions ci-dessus formulées, et on a eu recours, pour y faire face, au système que nous venons de définir.
- En général, il y a de nombreux cas où l’ingénieur, pour satisfaire à un accroissement de la charge d’une station, désire installer un nouveau matériel, mais toujours il se propose de le faire aux moindres
- frais possibles. En l’occurrence, le système que nous avons sommairement décrit est susceptible de répondre à sa préoccupation, puisqu’il n’implique pas l’addition de nouvelles chaudières.
- E. D.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Dépôts d’aluminium, en solutions aqueuses, la cathode étant animée d’un mouvement de rotation. — A. Tucker et G. Thomssen. --- Communication à VAmerican Electrochemical Society, reproduite par 1 ’Electrician, i3 mai 1910.
- Les expériences effectuées sur le cuivre et d’autres métaux ont montré qu’en faisant tourner la cathode il est possible d’augmenter beaucoup la densité du courant et d’améliorer le dépôt. C’est pourquoi les auteurs ont essayé d’appliquer ce procédé à des solutions aqueuses d’aluminium réputées jusqu’ici indécomposables par le courant.
- L’anode était une feuille d’aluminium et l’électrolyte une solution de chlorure ou de sulfate d’aluminium.
- A 3 200 tours par minute, en solution étendue, on n’obtenait aucun dépôt persistant ; à 5 000 tours, en solution très concentrée, de consistance pâteuse, on obtenait un dépôt noir où l’on remarquait quelques traces d’aluminium métallique, mais qui noircissait au contact de l’air.
- Ces grandes vitesses-de rotation étaient obtenues au moyen d’une petite turbine à air comprimé. En la faisant tourner entre i5 000 et 20 000 tours, le dépôt d’aspect noirâtre était susceptible d’être poli. Dans cette dernière expérience, la cathode avak 5mm de diamètre ; la température était de 3o° à 4<>°> le voltage moyen de 16 volts, la densité du courant de o,o85 ampère par centimètre carré, et la durée de l’électrolyse de 5 à 6 minutes.
- L. B.
- S
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Remise à neuf des plaques d’accumulateurs sulfatées. — O. Hamilton. — Electrical World, 14 avril 1910.
- Il est d’usage, lorsque les plaques d’accumula-
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- leurs se sont recouvertes de sulfate' de plomb, de procéder à une surcharge prolongée delà batterie; mais on peut faire à cette méthode l’objection qu’elle nécessite une grande dépense de temps et d’énergie électrique, d’autant plus que l’amélioration qu’elle produit n’est souvent que passagère.
- Voici quel est le procédé recommandé par l’auteur :
- On remplace la solution acide par une autre solution de soude caustique (de 2 à 5 % ) et l’on opère la recharge dans le même sens et au même régime que d’ordinaire. Il faut veiller à ce que l’électrolyte reste constamment alcalin et pour cela ajouter au besoin de la soude pendant l’opération. On rince les plaques et on recommence la charge dans l’électrolyte ordinaire.
- Cette manière d’opérer aurait permis de porter à 70 et 80 % le rendement d’éléments sulfatés dont la valeur était, avant traitement, d’environ 25 % .
- L. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur la propagation d’une discontinuité sur une ligne télégraphique munie d’un transmetteur. — H. Larose. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910.
- Soit une ligne infinie, munie d’un transmetteur qui comprend en série une résistance R, une capacité C et une self L.
- Si l’on applique brusquement, au départ de cette ligne, un pôle d’une pile à force électromotrice constante, l’autre pôle étant à la terre et la pile reliée à la ligne par des appareils, une méthode •d’intégration due à M. H. Poincaré permet d’établir notamment que, si la self L n’est pas négligeable, le potentiel et le courant seront continus au front de l’onde pendant la période variable.
- BREVETS
- Système de groupement pour stations téléphoniques automatiques. — Siemens et Halske Aktiengesellschaft. — N° 409 999, publié le 7 mai 1910,
- Dans les stations téléphoniques dans lesquelles la communication entre les abonnés est établie par des appareils de commutation (sélecteurs de groupe et de fils) que l’abonné appelant met en fonction par
- des envois de courant, il est d’usage de disposer des appareils commutateurs auxiliaires automatiques qui fonctionnent pendant le laps de temps qui s’écoule entre le décrochage du récepteur par l’un des abonnés et l’envoi de pulsations de courant par le poste de l’abonné. Ces appareils de commutation, fonctionnant pendant la période d’appel, relient le fil de l’abonné appelant à un premier sélecteur de groupe libre qui est alors réglé par les pulsations de courant du poste de l’abonné.
- Le nombre de ces premiers sélecteurs, accessibles à un tel appareil commutateur pendant la période d’appel est relativement limité) car, en raison du peu de temps disponible pour le réglage, cet appareil ne peut en général exécuter que 10 à i5 pas. Le jeu de sélecteurs de groupe accessible à un tel appareil de commutation peut naturellement être atteint en commun par un certain nombre d’abonnés formant un groupe. Des égards pour les conditions pratiques du régime exigent qu’un jeu.de, par exemple, 10 sélecteurs de groupe (correspondant à 10 pas des appareils de commutation automatiques) ne soit pas rendu accessible à plus de 100 abonnés, parce que l’expérience démontre que dans un groupement de ioo abonnés, jusqu’à 10 % de ces abonnés parlent en même temps.
- On peut partir de ce fait que le pour cent des communications simultanées est beaucoup plus faible dans un grand groupe d’abonnés que dans un petit groupe, et qu’il deviendrait possible de diminuer sensiblement le nombre des premiers sélecteurs dans .des groupes d’abonnés. Dans un groupe de 2 000 abonnés, on pourrait, par exemple, n’employer que 5o premiers sélecteurs de groupe (correspondant à 2 1/2 % ) si chacun de ces 2 000 abonnés jiouvait atteindre chacun de ces 5o sélecteurs. O11 y parvient par la combinaison du fonctionnement de l’appareil commutateur (entrant en action au moment où l’abonné décroche son récepteur) avec celui d’un second appareil commutateur automatique à pas,,de manière que la communication des abonnés avec un premier sélecteur de groupe libre s’établit par les deux appareils commutateurs à pas. En raison de cette double sélection automatique, un grand nombre de ces sélecteurs de groupe se trouvent disponibles en commun à un nombre considérable de lignes d’abonnés. Le nombre des pas de commutation et la durée de la sélection n’atteignent ainsi nullement des limites inadmissibles.
- L’exemple schématisé par la figure 1 fait voir . [ l’établissement de la communication ~ entre un.
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- abonné appelant T33 et un autre abonné TfiS, par un .sélecteur de groupe GW et par un sélecteur de ligne LW ; ces sélecteurs ne sont indiqués que par leurs leviers de contact. Dans les stations plus grandes, la communication, au lieu d’être établie par un seul sélecteur de groupe, serait établie par des sélecteurs premiers, seconds, etc.
- Pour relier la ligne de l’abonné appelant T33 à un sélecteur de groupe libre GW avant l’envoi des pulsations sélectrices de courant, on utilise ici des ap-pareils commutateurs automatiques construits sous forme d'appareils dits « présélecteurs». Chaque ligne d’abonné est pourvue d’un présélecteur au moyen duquel on sélectionne une ligne de communication intermédiaire a, b, c, etc.; le dessin ne fait voir que le présélecteur VW33 appartenant à la ligne du poste appelant T33. A chaque ligne de communication est attribué un second présëlecteur VW1 qui sert a relier la ligne de communication intermédiaire à un sélecteur de groupe libre GW.
- Après le décrochage du récepteur au poste T33, il se forme un courant venant de la batterie G de la station et passant par l'enroulement du relais R33 et par les fils a33, Z»33 du poste T33. Le relais R33 est , excité et ferme, en attirant son armature, le circuit pour rélectro-aiinant tournant D33, du présélecteur VW33. Le courant pour l'élcctro-aimant tournant passe alors de la batterie G à l'interrupteur U, l'enroulement de l'élcctro-aimant D33,le contact /* du relais R33, le contact de repos p1 du relais d’essai P33, la terre, et revient à la batterie. A chaque fermeture du circuit à l'interrupteur U, l’élcctro-aimant fait avancer d’un pas les leviers commutateurs o1, o2, o3 du présélecteur VW33. L’enroulement du relais P33, communiquant par une résistance w33 et par le contact/’2 au relais R33 avec la terre, essaie par le levier commutateur o3 les lignes d'essai c et les lignes de communication reliées aux contacts du présélecteur. Aussitôt qu’une ligne de communication libre a, b, c est trouvée, il së forme un courant de la batterie G, par le contact de repos R2 du présélec-teur VW1 de la ligne de communication, l’enroulement du relais R1, la ligne r, le levier-commutateur o3, l'enroulement du relais P33, la résistance f*'33 et le contact /‘2, vers la terre ; ce courant excite les deux relais P33 et R1. Le relais P33, en attirant son armature, provoque la rupture du circuit pour l’électroaimant tournant D33 au contact p1, la mise hors circuit des enroulements du relais R33 aux contacts p‘\ la communication des fds c/.33, />33 de la ligne d’abonné par les contacts p5, p* avec les leviers
- commutateurs o1, o2, et la mise en court-circuit de la résistance jv33 au contact p4. Le relais R33 devenu sans courant ouvre alors ses contacts r1, r2. La mise hors du circuit d'essai de la résistance w33 cause dans la ligne c une diminution de tension qui empêche l’excitation du relais d'essai d’une seconde ligne appelante par cette ligne d’essai c. On ne peut donc mettre aucun autre présélecteur au repos à cet endroit, parce que l'excès de courant ne suffît pas polir la mise hors circuit d’un autre aimant tournant D, ou autrement dit : les lignes a, Z», c apparaissent occupées par tous les autres abonnés.
- Fig. i.
- Le relais excité R1 au présélecteur VW1 provoque au contact r3 la mise en circuit de l’électro-aimant tournant D1 du présélecteur VW1, la communication de l'enroulement du relais d’essai px avec la terre par la résistance tvl et le contact /-*, et la communication de son propre enroulement avec la batterie G par le contact /*G et le contact de repos p7 du relais P1. L’électro-aimant tournant D1 fait avan cer pas h pas les leviers commutateurs o\ o:\ o6 du présélecteur VW1 et aussitôt que le ]evier commutateur oG trouve la ligne c1 d’un « premier » sélecteur de. groupe libre GW, il se forme un courant delà batterie G, par le commutateur h disposé au sélecteur de groupe, par la résistance w2, par la ligne d’essai cA du sélecteur de groupe, par le levier commutateur oG, par l’enroulement du relais P1, parla résistance w\ et par, le contact rk vers la terre. Le relais P1, excité par ce courant, coupe au contact pH le circuit pour l'électro-ai-mant tournant D1 ; au contact p7 il coupe le circuit pour le relais R1, et il met en communication, par les contacts pi0, et pu les fîls de lignes d’abonnés a, b avec les leviers commutateurs o'1, o3 et, par ceux-
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- ci, avec les fils aK b1 du sélecteur de groupe GW. Par la fermeture du contact pVi la résistance wx est eourt-circuitée, de sorte qu’une diminution de la tension empoche la mise en circuit d’un second pré-sélecteur dans la ligne d’essai du sélecteur de groupe GW.
- Le fil a33 de la ligne d’abonné se trouve alors relié au sélecteur GW par pr*9 o1, pn\ o*, a\ et leHl bn communique avec le sélecteur de groupe GW par pG, o-,-b, pli9 o5, bx. L’abonné peut maintenant envoyer les pulsations de sélection et régler ainsi de manière connue le sélecteur de groupe GW sur un sélecteur de ligne LW et le sélecteur LW sur la ligne du poste demandé T5Ei. Quand la conversation est terminée et que les sélecteurs de ligne et de groupe sont déclenchés, les présélecteurs YW1 et YW33 sont également déclenchés, le contact h étant ouvert an sélecteur de groupe GW et le courant étant coupé d’abord dans la ligne c1. Le relais P1 devenu sans courant, provoque par la chute de son armature l’ouverture du contact p*, de sorte que le courant est aussi coupé dans la ligne d’essai r et que le relais P33 devient aussi sans courant. Les relais P1, et P33 mettent les électro-aimants tournants D1 et D33 de nouveau en communication avec la batterie par les contacts respectifs p9 et pl, par les contacts fermés K3 et K1 aux arbres commutateurs des sélecteurs et par l’interrupteur U, et les présélecteurs continuent à être tournés pas à pas dans la position du repos jusqu’à l’ouverture des contacts K3 et K1. Un essai des lignes que les leviers commutateurs touchent pendant ce mouvement ne peut pas avoir lieu en raison de la rupture des circuits pour les électro-aimants d’essai aux contacts respectifs rvet/,2 des relais de mise en circuit R1 et R33.
- A l’opposé de la disposition qu’on vient de décrire, les différentes lignes d’abonnés peuvent ne pas posséder chacune leur propre système commutateurs, mais des systèmes commutateurs dits chercheurs d’appel, sont alors communs à un groupe ou une série de lignes d’abonnés et viennent se placer sur une ligne appelante pour la mettre en communication avec les sélecteurs proprement dits. Avec des contacts fixes, de tels chercheurs d’appel communiquent aux lignes d’un groupe d’abonnés (chaque groupe comprenant de préférence îoo abonnés) tandis que les liras commutateurs sont mis en communication avec, les te premiers » sélecteurs. Les chercheurs d’appel dont il est question ici sont combinés de manière qu’ils viennent se
- placer automatiquement sur des séries subdivision* naires des séries de contacts de la série de lignes d’abonnés reliés à ces contacts.
- Cette disposition de chercheurs d’appel a pour but de faire obtenir, malgré les grandes séries de contacts, à chaque chercheur (de préférence chacune pour ioo communications) chaque mise en communication d'un contact avec les bras commutateurs du chercheur par un nombre très restreint (ne dépassant généralement pas io) de pas de commutation. A cet effet, on fait, électromagnctiquemenl avancer les bras commutateurs du chercheur sur deux modes dilïé-rents de pas, par exemple des pas de soulèvement et des pas de rotation, comme il est d'usage aux sélecteurs automatiques connus de Strowger. Sur un mode de pas (par exemple soulèvement) les bras commutateurs arriventà chaque pas devant une série de contacts (par exemple chacune de dix contacts) avec lesquels ils se toucheraient un à un sur le second mode de pas (par exemple rotation). Les chercheurs d’appel dont il s’agit ici sont seulement disposés de manière qu’à l’appel d’un poste d’abonné ils n’onl en général qu’à exécuter le second mode de pas (rotation), tandis qu’ils exécutent le premier mode de pas indépendamment de leur mise en action par un poste d’abonné. Il y a en effet, pour chaque série de ïoo abonnés, un certain nombre de chercheurs aux contacts desquels les ïoo postes d’abonnés sont reliés de manière connue par une commutation mu! liple. Les contacts sont disposés ici par rangées horizontales et pour chaque rangée ou même pour deux ou plusieurs rangées, formant une série subdivisionnaire dans la série des ïoo abonnés, il y a un appareil de contact sur lequel l’électro-aimant à soulever les bras commutateurs d’un chercheur est mis en circuit lorsqu’aucun chercheur ne se trouve devant chaque série subdivisionnaire. A l’aide de cette disposition on obtient qu’un'chercheur se place devant chaque série suhdivisionnairc ; de plus, un certain nombre de chercheurs est tenu en réserve. Quand un abonné appelle, le chercheur placé sur la série suhdivisionnairc de cèl abonné n’a qu’à exécute]* io pas au maximum pour arriver sur la ligne. Le vide qui s’est formé par le déplacement du chercheur est immédiatement rempli par l’appareil de contact déjà mentionné qui fait monter les chercheurs des séries subdivisionnaires inférieures et provoque la sortie de la réserve d’un chercheur qui vient se placer sur la dernière série suhdivisionnairc en bas.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XI (2e Série). — N°31,
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIERE
- NOTES INDUSTRIELLES
- U application des millivoltmètres au contrôle continu des gaz au point de vue physique (suite et fin) (*).
- L’application des couples thermo-électriques et des millivoltmètres vient d’être faite pour la détermination du pouvoir calorifique des gaz.
- Jusqu’à présent cette détermination se faisait avec le calorimètre industriel Junkers qui constitue l’appareil simple et exact par excellence et dont lê principe répond à la conception même de la calorie.
- Ce calorimètre (fig. 8) se compose essentiellement d’une petite chaudière multi-tubulaire verticale ;les gaz chaudsprovenant de la combustion complète du gaz essayé circulent dans les tubes entourés d’un courant d’eau froide.
- Connaissant la différence des températures
- Fig1. 8. — Calorimètre industriel Junkers : A, Calorimètre multi-tublaire ; B, Compteur à gaz ; C, Régulateur ; D, Eprouvette de mesurage d’eau ; H, J, Thermomètres (entrée et sortie de l’eau).
- d’entrée et de sortie de l’eau dT, le volume de gaz brûlé G, la quantité d’eau chauffée Y pendant la combustion du volume de gaz déterminé, il est facile d’en conclure le pouvoir calorifique du gaz d’après la formule
- VxrfT , .
- C =z -------. I
- La puissance calorifique est facile à calculer : elle nécessite la lecture des température de deux thermomètres et la mesure des volumes d’eau et de gaz.
- Néanmoins pour des essais permanents, ces opérations trop souvent répétées deviendraient peu commodes et, l’attention des industriels s’étant tournée vers la recherche d’un calorimètre à marche continue, on a cherché à rendre le calorimètre Junkers automatique (fig. 9) en le
- ""V
- construisantde façon que le quotient de la for-
- (-T
- mule (1), c’est-à-dire le rapport de la quantité d’eau au volume de gaz, soit rendu constant.
- Le pouvoir calorifique deviént alors directement proportionnel à l’élévation de température du courant d’eau.
- Fig. 9. — Calorimètre auto-enregistreur Junkers, pour le contrôle continu du pouvoir calorifique des gaz.
- La différence de température du courant d’eau peut être déterminée à l’aide d’un couple thermoélectrique et indiquée à tout instant par la lecture d’un instrument à cadran disposé de manière à enregistrer, s’il est besoin, le pouvoir calorifique d’une façon continue sur une bande de papier.
- Dans le calorimètre auto-enregistreur, on
- . . . . . V
- arrive a rendre constant le quotient — en accou-
- Cx
- (’) Lumière Electrique, 16 et a3 juillet 1910.
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- plant solidairement le compteur à gaz A (fîg. io) avec un régulateur d’eau B construit spécialement dans ce but avec des roues à chaînes C etC2 et une chaîne de commande D. Le calorimètre F est identique, en principe, au calorimètre ordinaire : c’est le même corps tubulaire dans l’inté-
- Fig. io. — Schéma du calorimètre Junkers.
- rieur duquel se font la combustion du gaz à expérimenter et la circulation de l’eau qui entre dans l’appareil en G et monte par la conduite II et le robinet modérateur J au récipient K muni d’un flotteur réglant la pression d’eau.
- Du récipient K l’eau coule au régulateur B.
- Avant d’y entrer, le couramt d’eau est encore réglé par un régulateur très sensible L. Du régulateur B l’eau découle à travers un récipient de compensation M ayant pour but d’uniformiser la vitesse de l’eau, puis dans le calorimètre F d’où l’eau s’échappe par un tuyau W qui la conduit dans le récipient O et de là dans le tuyau P.
- En Q se trouve un entonnoir d’écoulement recevant l’eau de trop-plein du récipient de compensation M.
- Le gaz suit le trajet R, S, T, passe à travers le régulateur U, d’où il se rend au compteur à gaz A.
- A la sortie de ce compteur, le gaz s’écoule dans un second régulateur de pression W et de là, dans la canalisation X et au bec Y en traversant en route un récipient desséchant Z. Les produits de la combustion s’échappent parle raccord a; b et c sont les thermomètres destinés à mesurer les températures d’entrée et de sortie du courant d’eau à travers le calorimètre; ils sont superflus pour l’indication automatique de la puissance calorifique.
- Ils ont le très précieux avantage de permettre de la déterminer en tout temps par la méthode ordinaire et de contrôler facilement l’indication et l’étalonnage même du millivoltmètre.
- C est le dispositif de remplissage pour le compteur hydraulique; /‘et g sont des manomètres fixés aux régulateurs de gaz pour la mesure et le réglage de fa pression du gaz.
- L’élévation de température du courant d’eau, fonction de la puissance calorifique, est indiqué par un galvanomètre h au moyen d’un couple thermo-électrique intercalé d’un côté dans la voie d’eau froide et de l’autre côté dans la voie d’eau chaude, de sorte que la tension du courant créé, proportionnelle à la différence de température entre voies froide et chaude, donne une échelle bien nette pour la puissance calorifique. Cette méthode de mesure est très pratique, car l’on peut ainsi placer le galvanomètre indicateur à n’importe quelle distance du calorimètre et même brancher sur ce couple un galvanomètre enregistreur et un à cadran dont les indications peuvent être utiles séparément dans deux services.
- Le couple thermo-électrique est relié au galvanomètre h par les fils i et k. Dans l’appareil présenté ici le galvanomètre h est à cadran avec dispositif enregistreur : i est l’aiguille indicatrice sur l’échelle m du papier à diagramme se dépla-
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- O alories au mètre cube.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- çant sur le rouleau dans le sens de la flèche et sur lequel l’aiguille l vient frapper par intervalles réguliers un point donnant le pouvoir calorifique à l’instant même de l’opération.
- li
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- millivolts
- Fig. ii. — Tableau donnant le pouvoir calorifique du gaz en fonction du voltage.
- Le galvanomètre Siemens et Halske employé avec le calorimètre Junkers se compose essentiellement d’un millivoltmètre avec bobine suspendue et d’un mécanisme enregistreur placé dans une cassette et monté avec le mil-livoltmètre sur un socle commun.
- Sur le devant du socle se trouve la vis de blocage servant à déclencher ou à arrêter le voltmètre. Elle sert également à retenir la cassette, lorsque le v , \ \
- voltmètre est déclenché. On peut\—\ \ -V V régler exactement au zéro l’aiguille
- Sur le côté postérieur se trouve un verrou empêchant le ressort d’arrêt de la cassette de glisser des deux encoches portées par le socle de l’appareil.
- Le ressort d’arrêt étant dans l’encoche extérieure, le mouvement d’horlogerie est alors arrêté et l’on peut ainsi transporter l’appareil.
- La cassette de l’enregistreur repose sur deux glissières fixées sur le socle et n’est retirée que lorsque l’on change la bande de papier ou le vuban encré.
- Le mouvement d’horlogerie se met en marche lorsque le ressort d’arrêt est dans l’entaille intérieure et. on n’a besoin de le remonter que tous les huit jours ainsi que le ruban encré que l’on ramène dans sa position primitive en tournant la vis de réglage à gauche.
- Pour remplacer le ruban encré — ce qui a lieu d’ailleurs très rarement — on dévisse les vis des réglettes servant à les fixer dans les rainures des cylindres en ébonite, on met le nouveau ruban en place, on revisse les réglettes puis on enroule le ruban sur la bobine de droite à l’aide de lavis de réglage.
- Pour le papier, oh retire la cassette, on enlève la réglette transversale au-dessous de laquelle le papier glisse, puis on relève le guide-papier ; après avoir ôté le vieux ruban, on enfonce le nouveau monté sur son axe dans les deux cous-
- du galvanomètre à l’aide d’une cheville ’j / /'—j de réglage, lorsque l'instrument n’est t—=/ -V--V-pas arrêté.
- Sur la droite de la boite sont percées deux ouvertures (avec flèches indicatrices de mouvement) destinées? aux clés servant à remonter le mou
- veinent d horlogerie et a régler la posi-pjg I2 — Diagrammes obtenus avec le calorimètre enregistreur. —1\0 i : Fabri-tion de la bande de papier enregis- Cation de gaz de ville additionné de gaz à l’eau d’une façon intermittente — ,, -, , K ® ’ N* a : Gaz de gazogène marchant au lignite (i oy5 ù i aafi calories). — N°3
- treur que 1 on place de façon que la Emission d’une usine livrant du gaz d’éclairage à 5 ooo calories.
- flèche gravée sur le couvercle de la cassette et sinets dont la partié inférieure est fixe et la par-
- visible à travers le papier indique l’arc correspondant à une avance de 3 heures sur le temps réel.
- lie supérieure à ressort.
- En plaçant la bande de papier, le côté perforé
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- doit être à gauche de la boite. Les pointes de la roue dentée pénètrent dans les trous : on rabat ensuite le guide-papier et la réglette transversale,
- la constance de ligne obtenue lors de l’émission du mélange gazeux.
- Le diagramme V se rapporte à une observation
- Fig. i3. — Diagramme IV. Gaz de houille avec addition d’hydrogène.
- puis on remet la cassette dans la boîte de l’ap- . faite sur un gaz de générateur dont le pouvoir pareil. I calorifique subissait de très grandes variations,
- Fig. 14. — Diagramme V. Gaz de gazogène.
- Pour l’interprétation des courbes enregistrées, il faut noter que la distance d’un point quelconque de la courbe à l’un des deux arcs de cercle entre lesquels il se trouve et qui portent les heures correspondantes indique le moment de l’enregistrement.
- Si l’on veut avoir le nombre des calories, il suffit de se reporter au tableau graphique donnant le pouvoir calorifique en fonction du voltage (fîg. 1 i)oudeplacersurla feuilleàdiagramme une règle graduée d’après ce graphique et d’après la largeur de ladite feuille.
- Nous donnons ci-contre divers diagrammes obtenus avec le calorimètre auto-enregistreur Junkers (fig. ia, i3 et 14).
- Le diagramme IV indique les valeurs du pouvoir calorifique d’un gaz d’éclairage additionné de 10 % d’hydrogène. On peut y voir les fluctuations qui se présentent lors de la production et
- ce qui donne une idée de la sensibilité même du calorimètre.
- L. Faiuie,
- Ingénieur-Chimiste.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Il y a huit jours, l’Amérique télégraphiait qu’un syndicat puissant, dirigé par William Rockfeller, contrôlait l’Amalgamated et ses filiales et, suivant un plan arrêté, favorisait le marché libre du cuivre, faisant concurrence au groupe Guggenheim et autres producteurs indépendants; cette tactique pourrait provoquer des prix inférieurs du métal sur tous les marchés avant que l’industrie ne fût rétablie. Aussi de grands efforts étaient-ils toujours tentés en vue d’un accord entre les grandes compagnies pour réduire la production de i5 % : efforts rendus vains par
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- le refus obstiné de l’Anaconda et de l’Amalgamated de se joindre au mouvement. Celle-ci n’accepte pas davantage de vendre au-dessous de i3 cents, taux qu’elle a fixé il y a plusieurs mois et qui contribue à l'élévation de son propre stock, tandis que les autres producteurs de cuivre affiné ont accepté des ordres à un demi-cent de moins/et ont reçu de nombreux ordres. Comme conclusion, on disait cependant que le cours de 5o livres pour le métal ne paraissait guère probable, les actions cuprifères remontant. Quelques jours après, de nouveaux bruits circulaient à Londres d’un nouveau syndicat du cuivre en Amérique et provoquaient une hausse du Rio et des actions de l’Amalgamated. Cependant la situation économique ne varie pas, et l’abaissement du prix de vente, au-dessous de 12 cents, amènera plus sûrement la réduction de la production par la fermeture de nombreuses mines, que tout syndicat, dont d’importants producteurs ne pourront jamais s’accommoder. Mais tous ces bruits, plus ou moins fondés, sont nécessaires aux spéculateurs, vendeurs comme acheteurs, qui se préoccupent bien moins de l’état des stocks et des besoins de l’industrie que de réaliser. leur bénéfice ou de limiter leurs pertes ! L’augmentation réelle des stocks américains a été de 10 283 tonnes en juin ; la consommation de l’électrolytique, du icrau i5 juillet, a été supérieure de 8 000 tonnes à celle de la même période de 1909, mais encore inférieure à celle de
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- Quelques détails complémentaires sur la situation de la Pyrénéenne d’Energie Electrique qui semble sur le point d'entrer dans la période' active d’exploitation. Le service, jusqu’à présent, a été assuré par les usines hydro-électriques de la région du Tarn, d’Arthy, de Marsac et de Bessières ou par l’usine à vapeur de la Société Toulousaine. Dès que l’usine d’Orlu sera en route, 10 000 chevaux hydrauliques seront disponibles et permettront l’alimentation de Toulouse, de Castres et de Mazamet, dans le Tarn de Lavelanet dans l’Ariège, de Castelsarrasin et de la région voisine de Montauban. Suivant l’exemple de l’Energie du Littoral, la Société Pyrénéenne a suscité et obtenu la fusion de plusieurs sociétés qui, dans sa sphère d’influence, pouvaient, en restant concurrentes, nuire à ses propres intérêts : la Société Toulousaine d’Electricilé a été absorbée par la Société du moulin de Bazacle et toutes deux forment la nouvelle Société Toulousaine du Bazacle. La Société Biterroise a conclu un accord avec la Société des Forces motrices de l’Agout, nouvel-
- lement constituée à Castres, celle-ci s’engageant à fournir à la première tout le courant dont elle aura besoin pour alimenter Cette, Frontignac et Lodève.
- En examinant le bilan de la Pyrénéenne, on constate en regard d’un capital-actions de 8 millions, doublé d’un capital-obligations de 8 25o 000 francs, les sommes très importantes consacrées à l’acquisition de la chute d’Orlu, des concessions d’éclairage et aux locations de chute : elles s’élèvent à 2 967 541 fr. Les usines et réseaux figurent pour 12 307 374 francs, Orlu seul absorbant 4 228 5og francs. Le portefeuille, composé des actions des sociétés régionales qui exploitaient auparavant dans le cercle restreint constitué par les deux villes de Toulouse et de Béziers et leurs environs immédiats, est évalué à 2 810957 francs. En trois chapitres, les immobilisations atteignent la somme de 18 o85 872 francs,supérieure au capital de près de 2 millions de francs. Il y a peu de débiteurs divers puisque l’exploitation n’est pas ouverte; mais sous les deux rubriques valeurs disponibles et comptes des tiers, le passif présente un total de créditeurs divers de 4 706 064 francs qui suppose, pour la raison ci-dessus, l’intervention indispensable de la banque fondatrice. Il est à présumer que l’augmentation du capital suivra de près la mise en exploitation du réseau, car les recettes des premiers exercices ne permettront pas de rembourser les avances consenties en compte courant.
- La Compagnie Centrale d’Énergie Électrique, filiale de la Société Centrale pour l’industrie électrique, filiale elle-même de la Compagnie française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston, vient d’être constituée au capital de 5 millions de francs. Lanouvelle Compagnie projette de construire une station centrale électrique qui fournira de courant la région rouennaise. On rattache ce projet à celui des modifications et prolongements du réseau des tramways de la Compagnie de Rouen qui vient d’absorber les autres réseaux de la ville dont elle n’était pas concessionnaire, notamment le.funiculaire de Bon-Secours. Les augmentations prévues conduiraient à une consommation plus importante de courant que la nouvelle usine serait appelée à fournir.
- Comme il court d’autres bruits de réalisation d’une autre de ses stations par la Compagnie Générale d’Electricité, on peut se demander si Rouen n’est pas précisément le centre visé par ce groupe financier qui engloberait en même temps la distribution d’éclairage et de force aux particuliers et aux tramways. La réalisation serait faite avec un bénéfice important qui procurerait à la Compagnie Générale
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- les ressources nécessaires pour la construction de la station, et du réseau de Brest dont elle vient d’obtenir la concession; et le cas échéant les disponibilités nécessaires pour réaliser la distribution d’éclairage et de force de Constantinople pour la concession de laquelle elle est sur les rangs.
- La Compagnie Générale d’Éclairage de Bordeaux
- a approuvé dans son assemblée extraordinaire du 20 juillet l’apport fait à elle de son actif par la Compagnie du Gaz de Bordeaux en liquidation. Celle-ci reçoit en représentation de cet apport 8 ooo actions nouvelles de 25o francs chacune, de la Compagnie Générale d’Eclairage qui décide de porter son capital de r2 à 14 millions divisé en 56 ooo actions de 25o francs chacune.
- Le 12 juillet dernier, les actionnaires de l Energie Electrique du Littoral Méditerranéen approuvaient définitivement l’augmentation de capital décidée dans l’assemblée du 15 juin dernier, après vérification de la déclaration faite par son conseil de la souscription du quart des 12 000 actions nouvelles de 5oo francs. Le capital social de l’Énergie du Littoral est dès lors de 38 millions de francs divisé en 76 000 actions de 5oo francs chacune, soit :
- 8000 actions émises contre espèces lors de la constitution originaire de la Société;
- 5 5oo actions émises contre espèces en exécution de la délibération de l’assemblée générale extraordinaire du 17 octobre 1901;
- ------11 ........... .................
- 2 5oo actions attribuées aux liquidateurs de la Société des Forces Motrices cfes Alpes-Maritimes en exécution de la même délibération ;
- 16000 actions émises contre espèces en exécution des délibérations de l’assemblée générale extraordinaire du 28 mars 1904;
- 32 000 actions en exécution de la délibération de l’assemblée générale extraordinaire du 12 mars 1906;
- Et 12000 actions en exécution de la délibération des assemblées extraordinaires des i5 juin et 12 juillet 1910.
- La dernière assemblée de la Compagnie Générale des Omnibus a été pleine de surprises pour le conseil d’administration. Deux actionnaires ont apporté au conseil des consultations qui ne tendent à rien moins qu’à annuler toutes les opérations de transformation du capital telles qu’elles ont été réalisées par les assemblées générales extraordinaires précédentes. Ils ont prétendu que les anciens actionnaires se trouvaient lésés dans leurs droits par le mode de répartition adopté et que les apports faits à la nouvelle Compagnie représentés par des actions de jouissance devaient l’être par des actions d’apport constituant au moins un actif de 90 millions supérieur à l’actif social. Le Conseil a dû suspendre le vote des résolutions concernant la modification du capital et promettre d’étudier les deux questions soulevées.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — La Compagnie du Gaz de Lyon, ayant obtenu toutes les autorisations nécessaires, va commencer sous peu les travaux d'installation de l’éclairage électrique de Trévoux.
- Algérie. — La compagnie Thomson-Houston a demandé la rétrocession de l’éclairage électrique de Fort-de-l'Eau par suite du décès du concessionnaire. Le Conseil municipal a accepté en principe la demande, mais sous réserve de modifications à apporter au cahier des charges.
- Cantal. — Il est question de constituer une société
- dans le but d’établir une usine hydro-électrique de 12 000 chevaux sur l’Allagnon, dans la commune de Joursac, pour fournir l’éclairage électrique à plusieurs cantons de la région.
- Charente-Inférieure. — La concession de l’éclairage électrique de Pont-l’Abbé-d’Arnould a été accordée à la Société « Central Ouest Electric ». Cette Société est déjà concessionnaire de l’éclairage de Saint-Porchaire.
- Le maire de la Flotte a été autorisé par le Conseil municipal à traiter la question de l’éclairage électrique. La durée de la concession serait de 40 ans.
- Hautes-Pyrénées. — Une usine génératrice destinée à
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- fournir l’éclairage électrique à Loudenvieille va être établie sur l’Aube; le concessionnaire est M. Planche, à
- Briançoft.
- Haute-Vienne. — La municipalité de Saint-Priest-Tairion a donné son adhésion au projet d’éclairage électrique qui lui avait été soumis par M. Seigle.
- La municipalité de Chalus va examiner le projet d’éclairage électrique qui lui a été proposé par M. Bou-rinet.
- Landes. — La municipalité de Léon a émis un avis favorable au projet d’éclairage électrique présenté par M. Simon.
- Lot. — La Société de la Vieille-Montagne a obtenu la concession de l'éclairage électrique de Figeac; les travaux d’établissement vont commencer très prochainement.
- Pas-de-Calais. — La Société générale d’entreprises publiques et privées a été déclarée, par le Conseil municipal de Calais, concessionnaire de la fourniture de l’énergie électrique.
- Pyrénées-Orientales. — La Société du Pas-de-Loup a obtenu la concession d’éclairage électrique de Ville-lonque-les-Monts.
- Seine. — Le Conseil municipal du Bourget a approuvé le rapport concernant la concession de l’éclairage électrique pour une durée de 3o ans.
- Seine-et-Oise. — Les Conseils municipaux de Corbeil et Vigreux examinent les diverses propositions d’éclairage électrique qui lui ont été communiquées.
- Comme suite à notre information du 16 juillet, nous apprenons qu’une Société Coopérative d’Electricité vient (j’être fondée à Saint-Ârnoult, dans le but de fournir l’éclairage électrique à la commune et aux villages environnants.
- Tarn. — La municipalité de Labastide-Saint-Georges a décidé l’étude d’un projet d’éclairage électrique de la commune.
- Suisse. — La ville de Lausanne aurait l’intention de s’approprier la Compagnie des eaux du lac de Bret et d’établir à Epesses une usine hydro-électrique de 20 ooo chevaux, pour parer aux déficits possibles de l’bsine du Bois-Noir. Le devis du projet . serait de 7 25o ooo francs.
- TÉLÉPHONIE
- D’après le Deutsche Verkehrs-Zeitung le nombre des postes téléphoniques était en 1900 de: 2 200000 en Amérique, 212200 en Allemagne, n5ooo en Angleterre, 63 200 en France et 63 5ooen Suède. Au 1er janvier 1909, le développement avait pris les proportions suivantes : Amérique, 6620000; Allemagne, 860000; Angleterre, 590000; France, 197000; Suède, 167000.
- Le nombre des communications téléphoniques pendant l’année 1908 a été de 11 milliards en Amérique, i,5 milliard en Allemagne et 1,8 eu Angleterre.
- Par 100 habitants, le nombre des postes est de 8,2 pour l’Amérique,1,4 pour l’Allemagne, 1,3 pour l’Angleterre, o,5 pour la France et 3,1 pour la Suède.
- DIVERS
- La Havane. — D’après le Bulletin de la Chambre de Commerce française de La Havane, l’importance des applications électriques à Cuba a fait un grand pas durant les dix dernières années et aujourd’hui l’île achète une grande quantité d’articles d’électricité de toutes classes.
- Cuba possède des tramways électriques dans les plus grandes villes : Havane, Santiago, Camagüey, Cien-fuegos, et les plus importantes sucreries emploient, autant que possible, la force électrique.
- Il est difficile d’apprécier exactement le montant des importations d’appareils électriques, car le lot de matériel introduit dans le pays, sous cette rubrique, se confond dans d’autres classes d’appareils. Cependant, on peut indiquer au bas mot une somme de 2 millions de francs pour l’appareillage électrique.
- Les Etats-Unis ont la plus grande part de ces importations, puis viennent l’Angleterre, l’Allemagne, la France, la Belgique et la Suisse.
- L’appareillage et les machines françaises sont très appréciés et les fabricants auraient intérêt à faire plus de propagande. 1
- Cuba a fait dernièrement une importante commande de câbles électriques, d’appareils téléphoniques et télégraphiques, mais ceci ne peut pas être considéré comme un négoce annuellement assuré, car il est simplement le résultat de la rapide période d’expansion économique que ce pays a subie.
- Les Américains ont fait de grands efforts pour augmenter les voies de communication de File. De nouvelles lignes télégraphiques la traversent, reliant les centres importants. Des fabricants des Etats-Unis, à qui on a assuré d’importantes commandes de matériel de tramways pour Cuba, ont eu une part très active dans cette augmentation de voies de communication. Il a été fondé par
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- des financiers américains une Société qui est alliée aux principales Compagnies de chemins de fer.
- Les Compagnies ne se limitent pas h fournir simplement le matériel roulant, mais vendent aussi des machines électriques et toutes les pièces de rechange. Les dynamos sont très demandées et les fabricants des Etats-Unis en fournissent de bonnes et économiques. Les plus employées sont de io à ioo kw. de capacité avec courant de iao volts.
- Les Américains ont introduit des moteurs de 1/2 à 1 HP qui sont employés pour des usages domestiques. Quelques maisons cubaines possèdent de luxueuses installations. Ces petits moteurs sont également appréciés par de nombreux industriels qui n’ont besoin que d’une faible puissance pour faire marcher les machines employées chez eux.
- Les dynamos américaines paient 20 % de droits d’importation et les autres pays, inclus la France, a5 % ad valorem, sauf pour les sucreries où les droits respectifs ne sont que 8 et 10 % .
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Électriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Bulletin mensuel, novembre 1909. — Nos turbo-alter-nateurs.
- Bulletinmensuel, décembre 1909.—Les grues de port.
- Société Anonyme Westinghouse, Le Havre.
- Moteurs h induction polyphasés.
- AUgemeine Elektricitats-Cesellschaft. Berlin.
- Sicherheitsvorrichtung fiir elektr. betriebene Aufziige
- Kleine transportable Montage- u. Kontrollinstrumenle
- Elektrische Feldbahnen für die Landwirtschaft
- Beleuchtung mit Niederspannungslampen.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Electrique de Tourouvre. — Durée : 3o ans. — Capital : 35 000 francs. — Siège social : Tourouvre (Orne).
- Syndicat Lyonnais, Force motrice et éclairage' électrique. — Durée : 40 ans. — Capital : 45 000 francs. — Siège social : 26, quai des Brotleaux, Lyon.
- Société d’applications du Béton armé. — Constituée le 23 juillet 1910. — Capital : i25ooo francs. — Siège social : 11, rue de Belzunce, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- «
- Société Anonyme Westinghouse, — Le ior août, 45, rue de l’Arcade, à Paris.
- Société des Tréfileries du Landy. — Le 16 août, 112, rue du Landy, à la Plaine-Saint-Denis.
- ADJUDICATIONS
- 1 HAN C K
- Le 10 septembre, à la préfecture de Cahors (Lot), concours pour la construction et l’exploitation d’un réseau départemental de tramways comprenant les lignes ci-après classées en deux réseaux :
- Réseau primaire. Ligne de Saint-Céré à Figeac, par Leyme, Lacapelle et Lissac ; de Castelfranc à Gourdon par Cazals; de Gourdon à Figeac par Costerale, Saint-Germain, Labastide-Murat, Livernon, Assier et le Bourg ; de Castelnau à Cahors, de Cahors à Labastide-Murat, par Vers; de Gourdon à Payrac par Le Vigan et Saint-Projet ; de Saint-Céré à Bagac par Sousceyrac et La-tronquière; de Souillac à Salignac. Total : 3i8km6oo. Dépense approximative : 14 724 100 francs.
- Réseau secondaire. Ligne de Saint-Céré à Labastide-Murat par Gramat avec variante par Loubressac ; de Souillac à Montfaucon; de Figeac à Vers par Conduché; de Limogne à Vers par Conduché. Total : i55tm.
- Renseignements à la préfecture et chez M. Soulié, ingénieur en chef, â Cahors.
- BELGIQUE
- Le i2août, à 10 heures, à l’hôtel communal, à Schaer-heek lez-Bruxelles : fourniture et placement d’un câble de raccordement entre les installations électriques du groupe scolaire de la rue Jçsaphat et les bains communaux de là rue Kessels; caut. : 200 francs. Soumissions le 11 août, avant midi.
- Le 10 août, à i3 heures,à la Bouse de Bruxelles, fourniture d’objets pour l’éclairage électrique des gares nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 823).
- Le 23 septembre, à 11 heures, à la direction générale des ponts et chaussées, 38, rue de Louvain, à Bruxelles, fourniture de l’énergie électrique nécessaire au fonction
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- nement des dix usines ëïévatoires à . édifier pour l’alimentation supplémentaire du bief de partage du canal de Charleroi à Bruxelles; caut. : i5 ooo francs (cahier des charges n° 61; prix : ofr. 20; s’adresser, i5, rue des Augustins, à Bruxelles). Soumissions recommandées le 19 septembre.
- ITALIE
- Jusqu’au 3i juillet, aux chemins de fer de l’Etat ita-ien, à Rome, soumissions pour la fourniture de cinq machines-outils pour les ateliers de Rimini et de 12 5oo tubes bouilleurs en laiton (adjudications internationales).
- PAYS-BAS
- Le 11 août, au gouvernement provincial, à Haarlem, installation de l’éclairage électrique dans les bâtiments du personnel du waterslaat, à Ymuiden, 3 ioo florins.
- EGYPTE
- Jusqu’au 9 août, à 4 h. 3o, M. l’administrateur de la
- municipalité d'Alexandrie recevra les offres pour la fourniture et le montage d’un moteur à pétrole au jardin Nouzha; caut. : 6o livres égyptiennes (i 56o francs environ).
- ESPAGNE
- Le 23 septembre, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), & Madrid, adjudication de la concession d’un chemin de fer stratégique, avec garantie d’intérêt de l’Etat, de Yillajoyosa à Dénia; caut. : 179337 pesetas.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 7 août, à la directiou pour les lignes de la Société des chemins de fer de l’Etat, à Vienne, installation de l’éclairage et de la force électriques dans l’atelier des wagons à Pardubitz.
- Le ier octobre, à l’administration delà ville, à Mostar installation de l’électricité.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des jo premiers volumes de La Lumière Electrique (ire série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans ia rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PtBIS, — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- SAMEDI 6 AOUT 1910.
- Tome XI (3e nérle) — Nv 32.
- Trente-dfeuxidipe année.
- La
- Lumière Électriq
- Précédemment
- I/Ëclàirage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. iGi. — P. Brenot. Chronique de télégraphie et téléphonie sans fil, p. i63. — J. Reyval. Générateurs et transformateurs avec faible courant de court-circuit, p. 176.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur l’absorption électrique exercée par quelques alcools, P. Beaulard, p. 180. — Sur la rotation de l’arc à mercure dans un champ magnétique. Observation du phénomène de Doppler, A. Dufour, p. 180. — Remarques sur la théorie d’établissement des courants alternatifs (les états stationnaires et non stationnaires), W. Wagner, p. 180. — Méthodes et appareils de mesures. Nouveau procédé pour la mesure des champs magnétiques, Wr. Peukert, p. 182. — Transmission et distribution. Sur la mise à la terre des installations triphasées, Max Vogelsang, p. 183. — Les perturbations téléphoniques dans les réseaux triphasés avec câbles taraudés et le point étoilé du générateur à la terre, E.-Y. Holstein-Rathlou p. i83. — Traction. Locomotive électrique à turbine Reid-Ramsay, p. 186. — Voiture spéciale pour le nettoyage, des rails, p. 186. — Brevets. — Dispositif pour l’emploi de deux moteurs monophasés branchés sur un circuit triphasé, p. 187.— Dispositif de réglage de tension dans les dynamos à courant continu, p. 187. — Variétés. — Avantages des souffleries à air oxygéné, p. 189. — Renseignements commerciaux, p. 190. — Adjudications, p. 191..
- Æ
- ÉDIT
- Nous n’avons pas à présenter à nos lecteurs M. le capitaine P. Brenot, puisqu’il est depuis longtemps déjà au nombre de nos collaborateurs.
- M. P. Brenot a bien voulu se charger de tenir à jour, avec sa compétence de spécialiste, notre Chronique de Télégraphie et Téléphonie sans fil.
- La première de ces chroniques paraît aujourd’hui. L’auteur y fixe d’abord, comme point de départ, avec toute l’ampleur désirable, l'état actuel de la radio-électricité, en mettant à profit les travaux récents des spécialistes les plus autorisés.
- OUI A l
- A côté de nombreux savants qui s’occupent de recherches radio-électriques, et parfois même autour d’eux, des préoccupations commerciales sont venues souvent déformer l’aspect véritable des questions techniques. L’étude impartiale et purement scientifique que nous présentons ici à nos lecteurs n’en sera que plus appréciée.
- Le problème de la transmission est commenté par la juxtaposition des diagrammes qui représentent les oscillations respectives du primaire et du secondaire et montrent la loi des échanges d’énergie entre les deux circuits. Les recherches faites d’autre part
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- LA L U Ml É ttlfi' ÉLECTRIQUE
- T. XI' (2* Série).SSL, -
- sur l’aimantation du fer, ont amené à des constatations remarquables qui seront utilisées dans la construction des alternateurs à haute fréquence (p. 172).
- Les procédés de réception s’améliorent chaque jour avec la création de nouveaux détecteurs ; l’auteur rappelle notamment celui de M. Jégou, dont nos lecteurs ont lu naguère la desci’iption.
- L’auteur termine, par quelques lignes sur la direction des ondes et la valeur des portées atteintes la partie de son exposé qui concerne la radio-télégraphie proprement dite; dans une seconde partie, sera décrit l’état actuel de la radiotéléphonie et de la télémécanique.
- Plusieurs soi’tes de distributions électriques sont soumises, à des courts-circuits fréquents (installations de traction) : on a tout intérêt à diminuer l’intensité du courant correspondant; c’est pourquoi divers constructeurs ont cherché à réaliser des générateurs et transformateurs à, faible courant de court-circuit,, sur lesquels M, F. Niethammer a donné dés détails'que reproduit M. J.. ReyvaL
- Après avoir mentionné les dispositifs Àlioth, Maefarlane et Burge, Westinghouse,, etc.,, l'auteur conclut que, dans le cas des alternateurs, il 11’y a qu’une solution parfaite : celle que fournirait l’alternateur asynchrone, dont l’emploi industriel se heurte malheureusement encore à beaucoup de difficultés.
- ; M. W. Wagner a fait, sur la théorie de l’établissement des courants alternatifs, des remarques qui ont leur importance pratique : il y considère, en effet, précisément le® états autres que ceux de régime, c’est-à-dire les périodes d’établissement du courant, auxquelles 11e s’appliquent pas les diagrammes classiques, et qui interviennent cependant dans le fonctionnement de la régulation système Tirrill, par exemple.
- Le nouveau procédé de M. W- Peukert pour la mesure des champs magnétiques met en œuvre la torsion des lignes équipo-tentielles d’une lame placée dans un champ uniforme.
- Pour M. M. Vogelsang, la mise à la terre ; du point neutre dans les installations tripha-\ sêes avec montage en étoile agit principalement en transformant en courts-circuits francs > lès fuites accidentelles qui se produisent sur , le réseau. Le système qu’il préconise consiste à mettre à la terre, non pas le point neutre,
- , mais l’un des pôles extérieurs.
- ; M. Holstein*RathloUi étudie le même pro-1 blême sur un exemple pratique, celui de là distribution, électrique de Copenhague.
- On trouvera ensuite deux nouveautés en fait de traction : une locomotive à turbine, puis une voiture d’un type nouveau pour le nettoyage des rails.
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- CHRONIQUE DE (TÉLÉGRAPHIE ET ÎËLÉPIÏÔNIE SANS FÏL
- Bien qtté depuis l'origine de la télégraphie salis fil les recherches expéri ihefi taies sür les; pîOpîiétësdes ondes hertziennes, lés' diverses façons dé lès produire et de les déceler, aient été extrêmement nombreuses, on eSt! obligé de reconnaître qu’elles n’ont pas été très fécondes au point de vue théorique. Il semblé que, croissant sans cesse, les applications industrielles et commerciales de la découverte de Marconi n’aient paS laissé- aux ingénieurs et aux physiciens la'faculté ni le* temps' de dégager de tout l’imbroglio des hypothèses et théories souvent contradictoires la philosophie de l’eiï-semble-.
- S’il écarte pour un moment rinédrittüe complexe que constitue ce milieu Subtil où sé croisent les ondes de Hertz, lë physicien se trouve néanmoins, tant au centre de production qu’au point d’arrivée, en présence d’équations représentant dès régimes sans cesse variables, et dont la, plupart des coefficients même n’ont qu’une constance tellement approximative' qü’on ne sait plus très bien s’ils ne devraient pas être choisis comme variables'principales, lie problème, posé dans un monde physique tout' nouveau, est ainsi d’une difficulté énorme, qui s’accroît encore par suite d’un manqué de coordination dans les efforts; d’un manque de méthode dans les recherches, d’un« bluff » invraisemblable allant jusqu’à dénaturer entièrement les résultats expérimentaux, toutes choses qui sont les conséquences d’une concurrence et d’une jalousie commerciale exagérées par l’appât de l’inconnu et l’amour-propre de petits expérimentateurs désireux de profiter de l’igtioîanCe' Où se trouve encore le publie, même instruit, de la technique nouvelle de la radioélectricité.
- Dans les chroniques que nous avons l’hon-
- neur de commencer aujourd’hui dans cette Revue, nous ne nous proposerons pas de présenter au lecteur un résumé de' tout ce qui se feraen radioélectricité. Nous chercherons seulement à mettre en relief les idées nouvelles basées sur des faits, paraissant susceptibles de provoquer des progrès théoriques ou pratiques1 importants, quitte à laisser dans l’ombre des études ou expériences, même intéressantes, qui1 ne feraient que' confirmer des résultats déjà connus. Nous examinerons d’abord l’état actuel des principales branches de là radioélectricité : radiotélégraphie, radiotéléphonie, télémécanique.
- PROCÉDÉS DE TRANSMISSION EMPLÔVÉS EN TÉLÉGRAPHIE sans fil
- Les procédés de transmission employés actuellement en télégraphie sans fil ont fait l’objet d’une remarquable communication du commandant Ferrié (janvier 1910) à la Société internationale des électriciens, et nous ferons de larges emprunts à cette communication.
- Dans tous les procédés de transmission dérivés des travaux de Hertz, on s’est attaché surtout à réaliser la production d’ondes aussi énergiques et aussi pures que possible, tout eri diminuant les causes d’amortissement. La solution approchée du problème de la syntonie, d’une importance de plus en plus primordiale devant le développement incessant du réseau radiotélégraphique mondial, est en effet liée intimement à la réalisation de ces diverses conditiGUs.
- Le maximum de sécurité, fait remarquer le commandant Ferrié, serait obtenu si l’on pouvait réaliser, d’une part, une transmission d’ondes de période très pure, très régulière, et ayant un amortissement aussi faible que possible, et, d’autre paît, des circuits de
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- réception et des détecteurs présentant très peu d’amortissement, et dont la mise en vibrations ne pourrait être faite que sous l’influence d’un seul mouvement vibratoire bien déterminé.
- Les oscillations électriques produites par les décharges périodiques des condensateurs présentent nécessairement un amortissement assez grand qui rend théoriquement impossible la réalisation de syntonie exactes. On a néanmoins essayé d’améliorer les résonances produites.
- Pou,r transmettre des signaux hertziens, on fait le plus généralement agir un circuit oscillant fermé sur un autre circuit intercalé dans î’antenne. Le circuit inducteuret le circuit induit comprenant l’antenne sont « mis en résonance », c’est-à-dire sont établis de façon à avoir la même période. On démontre alors aisément que dans l’ensemble des deux circuits accordés prennent naissance, non pas une seule onde, mais deux ondes Ll5 L2, dont les longueurs sont données par les formules
- Lj = L0 \ji + x, La = L0 y/i — x
- dans lesquelles L0 représente la longueur d’onde de chaque circuit considéré isolément et x le coefficient d’accouplement des deux circuits.
- M
- Ce coefficient x a pour valeur -----; M
- /LL7
- est l’induction mutuelle des deux circuits, L, L' sont leurs self-inductions.
- Les deux ondes d’accouplement ont des amortissements différents entre eux et différents de celui du circuit excitateur, l’onde longue étant la moins amortie. Sicq et «2sont les amortissements des deux circuits, les amortissements des deux ondes sont représentés par les formules :
- «1 + «2
- L'énergie dépensée dans le circuit oscillant inducteur se répartit entre les deux mouvements vibratoires. Le circuit récepteur ne pouvant être accordé que sur l’un de ces mouvements, il y a intérêt à les rendre aussi voisins que possible l’un de l’autre, donc à diminuer l’accouplement à la transmission. Les études d’Oberbeck, de Bjerkness, de Drude, Yien, Slaby, M. Abraham ont montré que l’on devait adopter pratiquement des accouplements compris entre o,o6eto,2. Les résonances réalisées sont ainsi assez pures et néanmoins les pertes d’énergie entraînées par la faible induction mutuelle des circuits transmetteurs ne sont pas très considérables.
- Pour mesurer les amortissements on a recours à la méthode de Bjerkness. Malheureusement cette méthode, très indirecte, suppose un certain nombre de conditions dont certaines ne sont le plus souvent pas réalisées : elle conduit parfois ainsi à des chiffres inacceptables (*).
- Il est en somme très difficile de mesurer l’amortissement des circuits contenant des étincelles. D’autre part, la détermination de l’amortissement des antennes est incertaine : le calcul de la résistance de rayonnement est en effet peu précis, et la faible valeur de la résistance de la prise de terre, variable d’ailleurs, rend sa mesure très délicate.
- Les nombres donnés par les divers expérimentateurs sont des plus différents. MM. Duddell et Tissot ont trouvé que la. insistance apparente d’une antenne de navire était de l’ordre de 5o ohms.
- Le comte Arco (2) indique des valeurs tellement faibles pour l’amortissement des antennes, que l’on est en droit de conclure à. la nécessité d’une étude nouvelle et méthodique des amortissements.
- Actuellement l’on procède en somme par empirisme, en diminuant simplement autant que possible toutes les résistances ohmiques en jeu. Les connexions sont réduites en par—
- I —|— X
- I ------ X
- (1) Ferrie, loc. cit.
- (2) Elektroteclinische Zeitschrift. 1909.
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- ticulier au strict minimum et disposées pour éviter les courants de circulation et les selfs supplémentaires. Ces dernières conduisent en effet, pour une période à réaliser déterminée, à diminuer les capacités en jeu, c’est-à-dire la quantité d’énergie disponible.
- M. Bethenod a récemment proposé deux montages, qui simplifient considérablement les circuits oscillants utilisés, en améliorant leur rendement.
- Alimentation
- Antenne
- Fig. i. — Montage en dérivation.
- L’un des montages les plus couramment adoptés en télégraphie sans fil est celui de la figure i, dit montage en dérivation : le circuit oscillant AGEB a une partie commune AB avec l’antenne. Les connexions AC, CE, EB correspondent forcément à des pertes d’énergie et leur self-induction peut, avec une batterie puissante, être telle que l’on ne puisse accorder le circuit primaire ACEBA et le système antenne-terre qu’en réduisant exagérément la portion commune AB (et par suite l’accouplement), ou en supprimant des éléments de la batterie ; la construction du circuit AB est en outre assez compliquée pour les grosses puissances.
- M. Bethenod connecte directement l’antenne et la terre aux bornes du condensateur au moyen des connexions BA (fig. a), l’explo-
- seur E étant monté également en dérivation sur ce condensateur. Si l’on veut éviter que toute la tension d’alimentation soit supportée par l’antenne, il suffit d’adopter la variante de la figure 3. Dans un cas, l’antenne est accouplée directement par condensateur, dans l’autre, l’accouplement comprend en outre la partie de conducteur CE, réduite, il est vrai, en pratique, à l’exploseur lui-même. La self-induction des connexions AB peut d’ailleurs être accrue par l’adjonction d’une bobine à nombre de spires réglables. -
- Alimentation
- Fig. a. — Montage de M. Bethenod.
- Pour des valeurs identiques d’accouplement, l’amortissement est réduit, le montage est très simplifié et l’on gagne légèrement sur l’énergie mise en jeu (*).
- L’étincelle est un des facteurs principaux d’amortissement. Sa résistance, très variable et très mal connue, augmente vite quand la distance explosive s’accroît et diminue avec l’intensité du courant. L’on a été conduit alors à fractionner les étincelles pour les grandes distances explosives. Wien fut ainsi amené (2) à faire des observations qui sont devenues le point de départ de la méthode
- (*) Le couplage par condensateur est connu depuis longtemps, mais le rôle des connexions et l’importance de leur emplacement ne semblent pas avoir été mis jusqu’ici en évidence.
- (2) Physikalische Zeitschrift,i5 novembre 1906.
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- de production d’osci,lIatiops dite « à étincelles soufflées » préconisée par la Compagnie Te- j lefunken. ’
- Fig. 3. — Variante du montage précédent.
- Dans le cas du montage ordinaire avec exploseur habituel (Arco), le circuit excitateur (fig. 4) commence à osciller avec une grande amplitude. L’énergie est transportée après quelques oscillations sur le deuxième circuit, si bien qu’au bout de très peu de temps l’énergie primaire est devenue nulle.
- Fig. 4. — Oscillations du primaire. Fig. 5. — Oscillations du secondaire.
- A partir de ce moment, un retour de l’énergie tend à se produire du circuit secondaire sur le circuit primaire (fig.4 et 5), jusqu’à ce ipie ce dernier recneille à nouveau toute l’énergie. Cet échange se produit plusieurs fois. Le professeur Dieselhorst a enregistré
- photographiquement le phénomène (‘),à Tfts-cillographe.
- On s’attendrait, lorsque l’énergie a quitté le premier circuit pour la première fois,,à c.e que l’étincelle cesse. Cela n’a cependant;pa$ lieu, et paraît devoir être attribué à ce q.u.e, dans les exploseurs habituels, la ^résistance de l’étincelle ne devient pas très grande, contrairement à la théorie, même au moment où l’intensité s’annule, peut-être d’,ailleurs parce que l’exploseur ne se refroidit pas assez vite.
- En déterminant la courbe de «résonance de l’ensemble des deux circuits, on trouve toujours, au lieu de l’onde fondamentale des deuxscircuits accordés, les .deux ondes différentes de celle-ci, et dites « ondes d’accouplement », dont il a été parlé plus haut : les courbes 4 et 5 sont, en effet, les résultantes de deux courbes sinusoïdales amorties de périodes différentes.
- Wien expérimenta deux systèmes ainsi accouplés et dans lesquels le circuit primaire avait une distance explosive très faible. Il trouva alors trois ondes au lieu des deux ondes ordinaires et donna du phénomène l’explication suivante :
- Fig. fi. — Oscillations du primaire. Fig. 7* — Oscillations du secondaire.
- Les étincelles très courtes augmentent de 1 résistance très rapidement lorsque l’intem j sité diminue Les oscillations du premier ! système (fig. 6) disparaissent alors de suite
- P) L. D. f., Zenkçck, 1909.
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- et seules celles du deuxième système (fig. 7) subsistent, de dernier système, l’antenne dans ,1e cas de la télégraphie sans fil, vibre alors seul avec sa période et son amortissement propre iGomme un système non accouplé.
- Tant que ,l’étincelle dure, les circuits sont accouplés -,ett dion note les deux ondes d’accouplement ; ïla troisième onde correspond à la vihration de l’antenne une fois Tétincelle soufflée.
- ,Le comte Aeco affirme que, grâce à ce procédé qui concentre toute l’énergie sur un seul mouvement vibratoire et permet ainsi les accouplements serrés., il a obtenu un rendement de l’ordre de 60 % pour l’énergie transformée en oscillations dans l’antenne.
- de serait dix fois plus que par les procédés habituels. Le comte Arco admet d’ailleurs, comme nous Ta,vons déjà.dit, des amortissements d’antenne très différents de ceux qui ont été trouvés par ailleurs. Étant donné en outre la difficulté .pratique, signalée par Wien et souvent,constatée, de réaliser régulièrement les étincelles soufflées, on est en droit d’attendre de nouveaux faits expérimentaux pour juger les procédés que nous venons de décrire.
- des procédés sont d’ailleurs, dans les postes actuels de la Telefunken, intimement liés aux procédés de transmission par étincelles musicales que nous allons maintenant examiner, d’est à ces derniers procédés qu’il faut peut-être attribuer tout simplement les accroissements de portée réalisés dans les nouveaux postes de la Telefunken. — des portées ne sont d’ailleurs pas supérieures à celles qui sont obtenues par les autres systèmes sérieux en usage.
- Dans la plupart des stations actuelles, les condensateurs sont chargés au moyen de pourant alternatif et de transformateurs. Les bobines d’induction ne sont utilisées que pour les faibles puissances. Il est nécessaire, pour avoir un bon rendement, d’introduire dans le circuit,du transformateur des bobines
- de self que l’on règle pour obtenir la ^résonance sur le condensateur pour la période du courant d’alimentation. Ces procédés furent introduits indiscutablement par Tesla et d’Arsonval, et, dans sa communication d’avril 1910 à la Société internationale des Electriciens, M. d’Arsonval relate des expériences, effectuéesdès i8q5, dans lesquellesdl utilisa, pour la charge d’un condensateur alimentant unexploseur, des résonances directes sur un circuit à 110 volte. :L?é,tude complète des transformateurs à résonance est d’ailleurs beaucoup plus récente, et n?a pu être mise au point qu’à la suite des travaux de M. Abraham (1899), de Blondel (’j (1902, 1904, 1907, 1908); de Seibt (1904) et de Bethenod (Eclairage électrique, nos 43 à 52, 1,907).
- La résonance est obtenue, soit vpar une self additionnelle placée dans le circuit primaire ou secondaire d’un transformateur industriel sans fuites, soit par la self propre d’un transformateur à fuites.
- Les transformateurs à fuite ont été utilisés principalement par Koch en Allemagne et Gaiffe, en France. On leur adjoignait souvent les selfs supplémentaires indispensables avec les transformateurs sans fuites. Ges artifices, dont on ne comprenait pas entièrement le rôle, avaient surtout pour but, dans la pensée des opérateurs, d’empêcber la production d’un arc permanent à l’exploseur.
- Actuellement, on sait dimensionner très exactement les transformateurs, et selfs employés pour la charge des condensateurs.
- Avec les transformateurs industriels bien construits, la surtension due à la résonance atteint dix et douze.
- Les transformateurs à fuites ont l’inconvénient d’être plus lourds,, plus coûteux, et de se prêter plus difficilement à la charge de capacités variables : ce qui se conçoit facilement, la variation de capacité entraînant une
- (!) Blondel, Eclairage Electrique. 3o juillet 1904. — E. T. Z.,7 avril 1904. — Éclairage Electrique, ti°* ao-»3, ________Eidletin de la Société de Physique, i9°7*
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- variation correspondante de self, difficile à réalisèr quand on ne met en jeu que la self de fuites!
- Dans la plupart des cas, on ne peut, en effet, agir d’autre part sur la fréquence de charge comme l’a proposé M. d’Arsonval, soit que l’on soit alimenté par un réseau, par un moteur thermique à vitesse constante, soit que la fréquence d’étincelle soit imposée pour les raisons que nous verrons plus loin.
- La tension de charge des condensateurs se limite à volonté en réglant la distance des pôles de l’exploseur, et en agissant aussi, le cas échéant, sur des résistances ohmiques intercalées dans le circuit, ou mieux sur l’excitation de l’alternateur, si cela est possible.
- Quand l’on ferme le circuit de charge du condensateur, la tension et le courant augmentent progressivement, et ce n’est qu’au bout d’un certain nombre d’alternances que le régime permanent correspondant à la résonance est atteint. Suivant la distance qui sépare les pôles de l’éclateur, l’étincelle éclate plus ou moins tôt, après une, deux ou plusieurs demi-périodes.
- Dès que l’étincelle éclate, le transformateur se trouve en court-circuit et la résonance est détruite, l’effet de la self n’étant plus compensé par le condensateur, qui est également mis en court-circuit par l’étincelle. La tension redescend à une valeur infime, et l’établissement progressif du régime recommence. L’étincelle ne jaillissant à l’éclateur que par suite des surténsions dues à la résonance, il n’y a' presque plus à craindre la formation d’arcs. On s’oppose d’ailleurs en outre à cette formation en empêchant réchauffement des pôles de l’éclateur, par rotation, ventilation, etc., et par l’emploi de métaux spéciaux, comme le zinc, par exemple.
- Si le courant d’alimentation est à basse fréquence, et que l’on désire profiter des avantages de la résonance pour le rendement en énergie et la bonne qualité de l’étincelle, on est conduit, tout au moins avec les écla-
- teurs habituels, à ne provoquer la décharge que toutes les deux ou trois périodes, c’est-à-dire un petit nombre de fois à la seconde, 20 environ avec du courant à 5o périodes.
- Or, les récepteurs actuels sont, comme on sait, à peu près tous auditifs. Les séries longues ou courtes de décharges correspondent aux signaux Morse, que l’oreille entend et que le télégraphiste interprète. Si la membrane du téléphone reçoit des successions de décharges d’une fréquence de ao environ à la seconde, l’oreille perçoit un roulement peu caractéristique, facilement noyé dans la friture due aux perturbations électriques atmosphériques.
- Si l’on produit au contraire des trains d’oscillations réguliers assez rapprochés, par exemple, d’une fréquence de 4°° à 5oo par seconde, l’oreille a la sensation d’une note musicale, analogue à une note de flûte ou de clarinette. Une telle note perce parfaitement au milieu de la friture. Elle présente d’autres avantages très grands.
- Les téléphones ordinaires, dont la théorie et le fonctionnement sont encore assez obscurs, ont une sensibilité plus grande pour les sons d’une fréquence voisine de 6oo. Le maximum de sensibilité varie évidemment avec les caractéristiques électriques et mécaniques de l’appareil, mais il semble, pour les téléphones courants, se maintenir aux environs de 6oo.
- L’oreille est plus sensible pour les sons d’une telle hauteur que pour les sons graves; son maximum de sensibilité correspond toutefois à des sons plus élevés.
- On voit donc que, même à énergie transmise dans chaque train d’onde plus faible, la réception pourra être mieux assurée par suite du meilleur fonctionnement du téléphone et de l’oreille.
- Les condensateurs et la plupart des appareils de transmission seront moins coûteux et moins volumineux, les tensions d’isolement devenant plus petites.
- Avec des notes musicales pures, on pourra d’ailleurs réaliser des syntonies acoustiques
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- avec des monotéléphones, comme l’a proposé Blondel.
- Les avantages des sons musicaux sont si évidents que dans tous les pays on s’est efforcé de les réaliser.
- Avec le courant alternatif à basse fréquence, il est nécessaire de rapprocher les pôles de l’éclateur, de façon à avoir plusieurs décharges pendant le temps qui correspond à la demi-période. Il semble qu’il y ait avantage dans ce cas à ne plus travailler en résonance, mais à utiliser les battements qui se produisent quand on applique brusquement une force électro-motrice alternative à un circuit susceptible d’oscillations. La courbe de la tensien aux bornes du condensateur atteint plus rapidement une valeur élevée, ce qui est favorable à la production d’étincelles serrées sans formation d’arc.
- Dans les études que nous avons été amenés à’daire à ce sujet, en collaboration avec le capitaine Fracques, sous la direction du commandant Ferrié('), nous avons constaté qu’il était absolument nécessaire de souffler violemment l’étincelle, ou de faire usage d’éclateurs tournant rapidement. Dès que la puissance est un peu grande, il devient impossible, avec des dispositifs simples, d’avoir des sons purs, pour une fréquence d’alimentation de 5o.
- La difficulté est, un peu moins grande avec les courants alternatifs d’une fréquence inférieure à 3o.
- Si les pôles de l’éclateur tournant sont commandés par un petit moteur synchrone, qui les amène en regard toujours au moment où la force électromotrice parcourt la même région de sa courbe, le son est évidemment amélioré ; mais on ne peut ainsi obtenir que des sons relativement graves, d’une période Avoisine de i5o pour un courant d’alimentation de la fréquence 5o.
- Les éclateurs tournants donnent de bons résultats avec le courant continu : ici, il n’y (*)
- (*) Bulletin de la Soçiêté internationale des électriciens, ier janvier 1910.
- a plus à craindre les irrégularités provenant de la variation de la force électromotrice. Ils sont employés par Marconi dans les grosses stations transatlantiques de Glifden et de Glace-Bay.
- Les difficultés que nous venons de signaler pour la réalisation d’étincelles fréquentes et régulières disparaissent en grande partie si l’on fait usage d’alternateurs de fréquence relativement élevée. Admettons par exemple que l’alternateur donne une fréquence de 600, et faisons le réglage de résonance comme avec les basses fréquences : rapprochons les pôles de l’éclateur, de façon qu’il y ait une étincelle environ toutes les deux demi-période, ce qui correspond déjà, avec une machine à bon rendement, à une surtension notable, voisine de 3 : nous obtenons la note
- musicale de période et, malgré le grand
- nombre d’étincelles correspondant, nous constatons peu d’arc à l’exploseur, par suite de la surtension assez grande nécessaire pour atteindre le potentiel explosif.
- Dans la pratique, les éclateurs ordinaires ne peuvent convenir : le son obtenu est grinçant et très irrégulier. Il n’est pas nécessaire néanmoins d’employer d’éclateurs tournants ou ventilés, tout au moins pour les puissances moyennes : les éclateurs tournants donnent môme le plus souvent d’assez mauvais résultats, par suite des variations continuelles de potentiel explosif qu’ils introduisent, quelles que soient les précautions prises pour leur construction.
- En utilisant des étincelles correspondant à une assez forte surtension de résonance, on obtient des sons très purs, d’une fréquence même supérieure à 600, en constituant l’éclateur par une pointe peu aiguë et un plateau. La longueur d’étincelle peut dépasser i5'c,n : c’est à la fixité absolue de l’étincelle et à la dyssymétrie mécanique, électrique et calorifique de l’éclateur que l’on doit attribuer la régularité du phénomène. La nature du métal delà pointe a une importance capitale : avec certains laitons des sons très
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- purs ont été obtenus. Le plateau est en cuivre rouge. En agissant sur l’excitation de l’alternateur, on produit à son gré une plus ou moins grande raréfaction d’étincelles : les notes obtenues restent pures, à condition d’être séparées par les intervalles voisins de la quinte.
- L’alternateur intervient considérablement pour la pureté du phénomène. Nous avons finalement utilisé pour nos essais des alternateurs du type établi par M. Bethenod. Ces machines, d’un principe très ingénieux, ont une puissance volumique considérable. Leurs carcasses sont des carcasses de moteur asynchrone, et c’est par simple modification des enroulements que l’on réalise des alternateurs à fréquence élevée. Les réactions d’induit et la self intérieure peuvent facilement être établies pour qu’on puisse obtenir la résonance directe sur la capacité à charger. La tension de la machine en charge est plus que quadruple de sa tension à vide : on supprime donc la bobine de self extérieure La Telefunken emploie comme oscillateurs dés anneaux de cuivre rouge. Les étincelles sont très courtes, voisines de i/4 de millimètre. Quand on veut augmenter l’énergie, on monte un grand nombre d’oscillateurs en série.
- Les sons obtenus ainsi sont très purs. Le comte Arco affirme que la pureté du son est due au soufflage de l’étincelle par suite de la faible longueur de cette étincelle et du rapide refroidissement de l’éclateur : le phénomène de Wien se produirait régulièrement à chaque décharge.
- Les étincelles très courtes ont d’aillleurs été utilisées avant 1908 par Egbert von Lepel qui a ainsi obtenu des sons musicaux purs. L’éclateur de Lepel est alimenté par du courant continu.
- v La réalisation d’ondes sinusoïdales non amorties permettrait d’obtenir des syntonies relativement exactes, et avec un excellent
- rendement, puisque les effets de la résonance, accrus dans des proportions considérables, donneraient lieu, à énergie égale, à des amplifications de tension et d’intensité très grandes.
- Cette réalisation est tentée actuellement par l’emploi d’arcs chantants et d’alternateurs à haute fréquence.
- Les arcs qui ont permis jusqu’ici d’obtenir des oscillations rapides régulières et puissantes sont de deux types principaux, les arcs Poulsen et les arcs Blondel.
- Les premiers sont à basse tension, et l’augmentation d’énergie s’obtient par montage de plusieurs arcs en série.
- Les seconds sont à haute tension (2 000 volts et plus) et permettent de mettre en jeu sur un seul arc des puissances considérables. Leur régularité est remarquable et plus grande que celle de l’arc Poulsen. Nous avions au début, avec le commandant Ferrié, fait jaillir l’arc dans une circulation intensive d’un liquide diélectrique : cette circulation put être supprimée, avec l’emploi d’une masse liquide assez grande, et l’arc fut très régulier et très stable. L’éclateur était constitué par deux plateaux de cuivre rouge baignant dans du pétrole ou d’autres liquides spéciaux.
- Quel que soit le procédé employé pour produire les ondes hertziennes, décharge oscillante d’un condensateur ou arc chantant, une grande partie de l’énergie est transformée en chaleur. Un alternateur possédant un rendement bien inférieur à celui des alternateurs normaux permettrait néanmoins probablement de bénéficier d’une économie notable sur l’énergie nécessaire à la transmission.
- Il est certain d’ailleurs que le problème conserve de très sérieuses difficultés, même en tolérant des pertes notables. Si l’on applique les principes qui régissent la construction des alternateurs ordinaires, on est con-
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- duit à munir la machine d’un nombre de pôles considérable, et à atteindre des vitesses tangentielles énormes. Les essais tentés dans cette voie depuis Tesla n’avaient pas donné de résultats pratiques jusqu’en 1904. Depuis 1904, M. Fessenden a déclaré à pim-sieurs reprises avoir réussi à établir des alternateurs homopolaires, du type Mordey-Vic-toria, donnant une puissance notable sous des fréquences de 5o 000 à 200 000 périodes.
- Les résultats de M. Fessenden n’ont pas reçu un contrôle technique suffisant pour qu’il soit permis de les considérer comme acquis. Nous donnerons toutefois quelques caractéristiques d’une machine qui fut calculée pour lui par E.-F.-W. Alexanderson, dans le but de montrer à nouveau la difficulté du problème.
- L’induit comporte un enroulement ondulé en fil de cuivre de omm33 placé dans 600 encoches. Il n’y a qu’un conducteur par encoche.
- L’inducteur homopolaire tournant a 3oo projections polaires.
- L’armature de l’induit est en fer feuilleté. Le volume du fer soumis au flux alternatif est extrêmement réduit, la plus grande partie de l’armature recevant un flux constant; les pulsations de flux ne se font en effet sentir qu’au voisinage immédiat des dents.
- La puissance.de la machine varie énormément avec l’entrefer.
- L’alternateur d’Alexanderson est établi avec un entrefer de ou,37; mais, au moment des expériences, l’entrefer a été réduit jusqu’à om,o9 et la puissance de la machine était plus que doublée. Des précautions spéciales doivent être prises dans la construction des disques tournants : la force centrifuge change en effet légèrement la forme de ces disques et l’entrefer varie. La force électromotrice de la première machine présentait ainsi un maximum pour 60 000 périodes et décroissait ensuite pour les vitesses plus grandes. L’alternateur est entraîné à 20 000 tours.
- L’arbre doit être très rigide pour maintenir les dimensions de l’entrefer, malgré les
- attractions entre l’inducteur et l’induit; il doit néanmoins être assez élastique pour permettre au disque inducteur tournant de se centrer lui-même. On donne au rotor la forme d’un solide d’égale résistance.
- Quand la machine augmente de vitesse, elle passe par deux vitesses critiques, à 1 700 tours et à 9 000 tours; le premier point de résonance vibratoire correspond au cas où l’axe vibre comme une corde, le second correspond à la vibration du disque et l’axe prend alors la forme d’un S. La vitesse de rotation de la machine, qui est de 20 000 tours pour 100 000 périodes, est obtenue au moyen d’engrenages dans le rapport de 10 à 1.
- Le disque tournant est en acier chrome nickel, de qualités magnétiques médiocres. La vitesse tangentielle est de 35o"‘. La force centrifuge sur la matière au bord du disque est de 68 000 fois son poids. Par suite de la forme de ce disque, l’effort est de 2ike par millimètre carré.
- Le frottement de l’air dans l’entrefer est considérable. On le réduit autant que possible en remplissant toutes les rainures de métaux non magnétiques. Les remplissages sont ancrés pour supporter l’effet de la force centrifuge.
- Les études des paliers ont été particulièrement difficiles.
- L’alternateur résonne sur un condensateur d’environ o,3 microfarad.
- La charge maxima est de 3o ampères sous 70 volts, à la fréquence 100 000.
- Des alternateurs de 35 kilowatts sont à l’étude.
- La description succincte de la machine d’Alexanderson montre qu’elle est loin de donner la solution du problème, et que, quelque soit son rendement, la délicatesse de sa construction lui fera encore préférer en général les dispositifs anciens.
- C’est vers la construction d’alternateurs basés sur des principes nouveaux qu’il faut, croyons-nous, diriger les recherches. M. Be-thenod vient d’achever l’étude d’une machine établie en utilisant un artifice proposé en
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- 1894 par M. F. Jarvis-Patten. Cet artifice consiste à monter plusieurs alternateurs hétéropolaires en cascade, l’induit de l’un alimentant l’inducteur du suivant. Au sortir de l’induit du niim° alternateur, la fréquence obtenue est nf \ f étant la fréquence du premier alternateur considéré isolément.
- L’induit et l’inducteur comportent du fer. Il est à remarquer à ce sujet que le fer peut parfaitement être employé aux hautes fréquences, moyennant certains artifices. On ne peut évidemment tabler sur des inductions aussi élevées qu’en basse fréquence, et il ne semble pas qu’on puisse compter dépasserai 00 gauss ; mais le gain en puissance volumique est déjà considérable avec une telle induction.
- Les pertes par hystérésis et coui’ants de Foucault peuvent être extrêmement réduites en travaillant seulement dans certaines zones de la courbe d’aimantation, ainsi que le montrent des essais dus à M. Jouaust.
- Dans la machine de M. Bethenod, qui ne tourne qu’à faible vitesse, il est possible d’employer des tôles de fer doux de bonne qualité, alors que les rotors de Fessenden sont en aciers spéciaux peu magnéliques.
- M. Bethenod a d’ailleurs simplifié le montage de M. F. Jarvis-Patten qui serait d’une réalisation pratique difficile.
- PROCÉDÉS DE RÉCEPTION EMPLOYÉS EN TÉLÉGRAPHIE SANS FIL.
- Les études relatives à la réception des ondes hertziennes ont été extrêmement nombreuses. Elles n’ont pas abouti néanmoins à l’adoption de procédés nouveaux. On peut même dire qu’elles n’ont apporté que de faibles éclaircissements sur le fonctionnement des anciens récepteurs. L’état de la question est resté sensiblement le même qu’au moment de notre Rapport au Congrès de Marseille (1908) (’). (*)
- (*) La Lumière électrique, 2, 9, 16, 23, 3o janvier
- 1909.
- Le détecteur électrolytique Ferrie, le détecteur magnétique Marconi, le détecteur à gaz ionisé de Fleming sont encore, et à juste titre, les plus employés.
- L’adoption de plus en plus généralisée des procédés de transmission à étincelles musicales avec faibles amortissements a poussé les divers expérimentateurs à la recherche de détecteurs intégrateurs ; l’énergie étant répartie sur un plus grand nombre d’oscillations, il est évidemment nécessaire, pour conserver la même sensibilité de réception, de disposer d’un détecteur sensible, non plus seulement (comme le cohéreur par exemple) à l’amplitude des premières oscillations de chaque train d’onde, mais à l’énergie totale du train d’onde.
- Les détecteurs à cristaux sont ceux qui ont donné les meilleurs' résultats dans cet ordre d’idées.
- Le « perikon » de Pickard est un des types les plus caractéristiques de cette catégorie de détecteurs. Il fonctionne très bien sans aucune source d’énergie auxiliaire. Nous rappellerons son principe en quelques mots, car c’est de lui que dérivent presque tous les détecteurs à cristaux construits depuis 1908.
- Le perikon comporte deux disques de métal contre lesquels sont maintenus, par un procédé quelconque, des cristaux de chal-copyrite (pyrite de cuivre) d’une part, et de zincite, d’autre part. La zincite est un oxyde de zinc coloré en rouge par des traces de ferra te de manganèse (gisement de Sterling-Ilill, près New-York).
- On amène les cristaux en contact par des arêtes vives; un ressort à boudin permet d’exercer sur eux une certaine pression, variable à volonté.
- Nous avons, en 1908, émis l’hypothèse que le fonctionnement des détecteurs de ce type était dû à la conductibilité unilatérale des substances employées et à des phénomènes de polarisation. Nous les considérions comme des détecteurs électrolytiques solides. Les diverses expériences exécutées depuis ont semblé confirmer cette manière de voir, en
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- écartant les hypothèses relatives à des phénomènes thermo-électriques (Braun, Pierce, Fleming, etc.).
- Un grand nombre de détecteurs à cristaux ont été construits : détecteurs à pyrite de Braun, Pickardt, Tissot, à molybdénite (Pierce), etc.
- Depuis 1908 nous avons réalisé plusieurs types de détecteurs de cette catégorie. Nos meilleurs résultats ont été obtenus en employant d’une nouvelle façon le carborundum de Dunwoody.
- Un cristal de carborundum est enchâssé dans un amalgame de mercure et d’étain, et on amène au contact d’une arête vive de ce cristal une petite électrode métallique. La pression doit être assez faible.
- Tous les points de l’arête ne conviennent pas et l’on procède par tâtonnements. Deux phénomènes entrent en jeu: celui de la conductibilité unilatérale delà substance signalée par Dunwoody et Pierce, et les phénomènes de contact dont avons parlé à propos des perilcons. Le carborundum employé n’est pas celui que l’industrie utilise normalement : il est obtenu avec un fondant spécial qui lui donne une couleur très caractéristique.
- Une force électromotrice auxiliaire, même très faible, réduit la sensibilité du détecteur. Sans toucher aux organes de réglage du circuit oscillant, en changeant seulement le point de contact du cristal, nous avons pu à volonté éliminer l’une ou l’autre de deux réceptions simultanées, ayant même longueur d’onde, des énergies sensiblement identiques, mais seulement des amortissements et des fréquences de trains d’ondes différents.
- M. Jegou, réalisant un desideratum que nous exprimions au Congrès de Marseille, a construit un détecteur électrolytique très sensible, à force électromotrice intérieure. Le détecteur Jegou ressemble au détecteur Fer-rié, mais la cathode est constituée par un mélange de mercure et d’étain. Il est assez curieux de remarquer l’analogie de cet appareil avec certains détecteurs à cristaux : la pointe fine du détecteur Jegou correspond à
- l’arête du cristal, l’électrolyte liquide est remplacée par l’électrolyte solide que forme la masse cristalline ; dans les deux cas une électrode est constituée par un amalgame de mercure et d’étain.
- 5 Téléphone
- Fig. 8. — Détecteur électrolytique.
- Les détecteurs à cristaux ont un rendement meilleur avec le montage de la figure 9 qui diffère un peu, comme on le voit, du
- Fig. 9. — Détecteur ù cristaux.
- montage généralement adopté avec l’électro-lytique (fig. 8). La capacité C) doit être notablement plus forte que la capacité C2.
- Les détecteurs à cristaux ont une sensi-
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- bijité très grande surtout pour les ondes peu amorties. La plupart permettent la suppression de la pile et du potentiomètre. Ils ne s’usent presque pas : leur remise en état est, en tous cas, très économique. Malheureusement, si l’on veut profiter de leur rendement maximum, il faut laisser à l’opérateur le soin de rechercher les points du cristal qui correspondent à la sensibilité maxima, et ces points sont variables avec le temps. Le détecteur n’est donc pas pratiquement indéréglable, d’où un grave inconvénient sur les détecteurs électrolytiques, magnétiques, à valve, toujours prêts à fonctionner.
- On adjoint souvent au détecteur un petit organe de production d’oscillation, sonnerie, vibrateur, etc., permettant de s’assurer que le détecteur est toujours bien réglé. Nous ne considérons encore les détecteurs à cristaux que comme des appareils de secours, extrêmement précieux toutefois, devant être employés parallèlement aux autres types de détecteurs.
- + *
- Avant de terminer cet examen sommaire des appareils de réception, il est nécessaire de signaler à nouveau le rôle primordial de l’écouteur téléphonique. L’écouteur habituel, construit pour la reproduction nette de la parole, n’est pas du tout celui qui convient pour les sons spéciaux produits en télégraphie sans fil. Des écouteurs très sensibles, à enroulements longs et résistants, ont été étudiés et réalisés par M. Sullivan. Le type d’écouteur à adopter varie avec le détecteur employé.
- Les renforçateurs, comme ceux de M. Pol-lalc, présentent l’inconvénient de ne renforcer que des sons déjà assez forts. Ils sont compliqués et dans bien des cas n’augmentent pas lafacilité du service, les sons parasitaires étant également renforcés. Leur étude est néanmoins très intéressante, surtout dans le cas des étincelles musicales qui permettent la réalisation des syntonies acoustiques.
- ANTENNES — PROPAGATION DES ONDES HERTZIENNES --- RÉSULTATS; DIVERS.
- A la théorie des antennes et de la propagation des ondes à la surface du sol, aucune contribution très importante n’a été apporté depuis les études de Max Abraham, Macdonald, Blondel, Righi, Zenneck, Poincaré.
- Nous signalerons seulement une intéressante observation de Marconi, au sujet de l’influence de la lumière solaire sur la propagation des ondes longues. On sait que, aux grandes distances, cette influence est très néfaste sur les ondes habituellement adoptées. Des signaux de navire,perçus à 8ookm le jour, sont reçus à près de 3 oookm la nuit. Marconi a constaté que l’influence de la lumière diminuait jusqu’à devenir insensible,quand on employait des ondes voisines de 6 à 8 ooo mètres.
- *
- * ¥
- Le problème de la direction des ondes n’a pas encore reçu pour la transmission de solution pratique aux grandes distances. Les procédés Blondel et les procédés Tosi-Bellini donnent des résultats très intéressants, surtout à la réception, MM, Tosi et Bellini ont construit un poste à Boulogne pour le service de télégraphie sans fil de l’administration des Télégraphes. Ils ont également fait de nombreux essais à bord de divers paquebots.
- On peut admettre que les procédés actuels permettent de trouver la direction d’un poste transmetteur placé à 3ookm à 5 à 6 degrés près.
- On a reconnu depuis plusieurs années que les dispositifs à antennes douhles se prêtaient à une syntonie plus parfaite que les antennes simples, et à une protection grande contre les perturbations atmosphériques : les ondes non accordées, et provenant de centres d’émission situés daps des directions différentes de celles qui correspondent à l’effet maximum sur l’antenne double, produisent, en effet, sur les deux parties de cette antenne des effets discordants.
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- M. Petit, ingénieur des télégraphes, chef du service de T.S.F. de l’Administration, a fait en particulier à ce sujet des expériences intéressantes au poste de Saintes-Maries-de-la-Mer.
- Les figures io et n donnent le schéma de T’ r
- l’antenne qu’il a employée. Les antennes vibraient en harmonique 3, sous l’influence des ondes de 3oo mètres.
- On n’a rien reçu des postes situés dans le plan de symétrie des antennes.
- Fig. xi.
- Les postes situés dans le plan perpendiculaire étaient reçus presque aussi fortement qu’avec l’antenne normale à prise de terre, ce qui s’explique par les grandes dimensions du cadre utilisé comme antenne.
- La friture, très violente à cette époque dans les régions méditerranéennes, était diminuée notablement.
- A Rufisque, le lieutenant Garnache avait éga-lementadopté en 1908 un dispositif de ce genre pour se préserver contre la friture qui atteint sous les climats tropicaux une intensité énorme.
- Avec l’emploi de sons musicaux qui percent presque toujours, même au milieu des bruits parasitaires violents, ces antennes, d’un emploi un peu compliqué, ne sont plus nécessaires. Nous n’envisageons pas ici, bien entendu l’hypothèse d’un poste à ondes dirigées.
- Le rendement des appareils de transmission et de réception a été notablement augmenté.
- On cherche actuellement des dispositifs pratiques permettant de passer instantanément de la transmission à la réception, 'et inversement, sans aucune autre manœuvre que celle du manipulateur, et cela même avec de grosses puissances. Le sans-filiste, qui resterait coiffé du casque pendant la transmission, pourrait entendre, entre deux mots, des signaux qui lui seraient envoyés par son correspondant au cas de mauvaise i-éception ou de perturbations ; tout se passerait alors dans la pratique comme en télégraphie ordinaire.
- La réalisation de ce desideratum, facile pour les petites énergies, est délicate poulies grandes.
- A énergie égale, les portées les plus considérables ont été obtenues par les postes français. Parlantdu rendement desnouveaux appareils Telefunken, qu’il affirme très supérieurs auxautres, le comte Arco donne des nombres qui semblent, au contraire, prouver que les appareils français, même des anciens modèles, ont des qualités techniques au moins équivalentes : les intensités de 13 ampères pour les puissances de 2 kw, de 3o à 4o ara-
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- pères, pour des puissances de 8 kw, mesurées à la base d’antennes de navires, n’ont rien d’extraordinaire. Nous avons obtenu i5 ampères pour une puissance consommée de i 4oo watts, sur une antenne analogue, avec une prise de terre moyenne. Notre étincelle chantante avait une fréquence de 4o°i l’éclateur était du type pointe-plateau.
- Si nous examinons les portées réalisées, nous constatons des résultats analogues.
- Le poste de la Baie-du-Levrier, en Afrique, construit et réglé par le capitaine Vivet et le lieutenant Garnache, a été équipé avec les appareils du génie militaire, comme celui de Rufist^ue. Il dispose d’une antenne en pyramide renversée dont la base est soutenue par des pylônes à 70™ de haut, et sa puissance est de 5 kw, sa longueur d’onde étant de 900™. Ses signaux sont reçus à Bizerte, par-dessus l’Afrique, à 8 700 kilomètres.
- Les navires ordinaires français les ont entendus jusque dans le golfe de Gascogne.
- Si l’on fait abstraction des questions de rendement, on trouve comme portée maxima de service réalisée pendant le jour celle de Glace-Bay (Amérique du Nord) à la Tour Eiffel. Les télégrammes envoyés par la grande station de Marconi sont parfaitement reçus à toute heure.
- Il est probable qu’après l’aménagement
- prochain de la station puissante de la Tour, la communication sera facilement établie dans les deux sens.
- L’importance du réseau radiotélégraphique mondial va sans cesse en croissant. Le public s’est déjà habitué au nouveau mode de communication, et l’exige de plus en plus partout. Le rendement meilleur des appareils, devenus aussi plus pratiques, permet la construction de postes relativement peu coûteux, et les compagnies de navigation cèdent petit à petit à. l’opinion publique.
- Il est à regretter toutefois que l’on n’ait pas encore imposé, tout au moins à tous les navires d’un assez fort tonnage (*), l’installation de petits postes de sécurité. Les accidents que la T. S. F. a empêchés ne se comptent déjà plus, et,le prix des postes de sécurité est si peu élevé qu’on ne comprend pas qu’on puisse hésiter devant les sacrifices nécessaires.
- Paul Brenot.
- (') Rapport au Congrès de Marseille, P. Brenot.
- GÉNÉRATEURS ET TRANSFORMATEURS AVEC FAIBLE COURANT DE COURT-CIRCUIT
- Certains réseaux ont de très fréquents court-circuits, par exemple, ceux alimentant des fours, ou encore des tramways. Avec des machines à courant continu, on se contente de munir le réseau de disjoncteurs qui dé-
- C) D’après F. Niethammer, Eleklrische Kraftbetricbc und Bahnen, 14 décembre 1909, p. 681.
- clenchent pour le double du courant-normal, cette rupture brusque n’étant d’ailleurs pas sans inconvénients mécaniques et électriques par le choc qu’elle donne sur les génératrices.
- Avec les alternateurs le court-circuit peut varier, suivant la résistance apparente du réseau et de l’alternateur et suivant la rapidité,
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- de 2 ou 5 fois à io ou 20 fois le courant normal. Indépendamment de réchauffement, ces courts-circuits provoquent des déformations considérables des parties extérieures des bobines. Cette action mécanique, très difficile à calculer, dépend, comme réchauffement, du carré du courant, et de la longueur des parties frontales des bobines. On voit de suite que, dans les turbo-générateurs, qui ont des fronts de bobines très longs, cet effet est particulièrement à redouter. O11 doit alors employer des constructions représentées sur la figure 1, où les bobines ont leurs surfaces d’action mutuelle minimum et où elles sont plus tenues mécaniquement entre elles et au support de l’induit.
- A B
- Fig. 1. Connexions frontales.
- Enfin dans les transformateurs, où le courant de court-circuit peut atteindre de 20 à 3o fois le courant normal, les effets mécaniques sont diminués en divisant le bobinage en un grand nombre de bobines élémentaires empilées en alternant la haute et la basse tension, chaque bobine étant en outre solidement tenue. La maison Alioth place, entre les enroulements haute et basse tension qui sont concentriques, non seulement un tube isolant mais un fort cylindre de protection mécanique. De plus le bobinage est fait en cuivre plat et les bobines imprégnées par le vide ou la pression d’un isolant compound.
- Examinons tout d’abord le moyen déjà signalé de l’emploi d’un disjoncteur à maxirna contre l’aètion des courants de court-circuit. On peut tenir l’emploi d’un pareil disjonc-
- teur avant et après chaque transformateur comme la meilleure protection. L’emploi d’un appareil du même genre à action différée est condamnable ainsi que celui des fusibles.
- Dans le cas d’une brusque ouverture du disjoncteur on se heurte au danger d’une surtension. Pour éviter cette action 011 installe le disjoncteur de manière qu’il ne coupe pas le circuit mais introduise dans celui-ci une forte résistance ou une bobine de self-induction, comme cela a été déjà employé fréquemment. Pour les machines à courant continu on a également employé un disjoncteur spécial qui, en coupant le courant principal, intercale une importante résistance dans le circuit d’excitation de la génératrice et évite ainsi une augmentation de tension.
- La disposition qui consisterait à faire l’alternateur avec grand courant de court-circuit, ce qui le rendrait coûteux, et à le munir de bobines de self également coûteuses ne pa-raîtpas avantageuse. Etudions, d’aprèsM. Nie-thammer les moyens employés pour diminuer économiquement les courants de court-circuit. La condition d’un courant de court-circuit faible est résolue au mieux par l’emploi d’alternateur à grande réaction d’induit et haute chute de tension, d’ailleurs très économique comme construction, mais presque inutilisable précisément à cause de la chute de tension trop élevée.
- Par une forme appropriée du pôle et de l’épanouissement il est possible de construire un alternateur qui'ait à la fois un faible courant de court-circuit et une faible chute de tension, mais le procédé est dangereux, car on risque de ne pas pouvoir obtenir la tension à pleine charge. Ceci est résolu, par exemple, par la construction polaire de Macfarlane et Burge (fig. 2). Le pôle porte, sur une certaine longueur, une perforation circulaire de telle manière que dans cette partie la saturation soit élevée et correspondante à la caractéristique A, dans la figure 3. Pour deux proportions différentes, des ampères-tours de réaction d’induit à ceux de la marche à vide, la figure montre, en négli-
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- géant la résistance intérieure de la machine, les élévations de tension et e\ pour un alternateur ordinaire, et e2 e\ pour un alternateur construit avec pôles évidés.
- Enoutre,cetalternateuresttrèsbon marché.
- D’après la figure 2 (A), il est facile de voir, sans aller plus loin, qu’on peut construire un générateur avec une élévation de tension ordinaire de i5 à 18 % et un courant de court-circuit de 1/2 à 2: fois le courant de pleine charge pour court-circuit lent et 5 à 8 fois pour court-circuit brusque. La tension de pleine charge est d’ailleurs légèrement réglable par déplacement de la vis dans le trou c^e noyau.
- Fig. 2. — Construction polaire de Macfarlane et Burge.
- Dans les turbo-générateurs, dont l’enroulement est réparti dans des encoches, le même procédé peut être employé, mais sui-
- Fig. 3. — Caractéristique à vide des dynamos Macfarlane et Burge ; E, volts ; AW, ampères-tours.
- vantun dispositif un peu différent (fig. 2 C). On peut également, d’une manière moins parfaite, obtenir le même résultat en glissant une tôle dans la fente d’un pôle (fig. 2 B).
- Il existe une série de méthodes de compoundage qui permettent le' réglage de i la tension des alternateurs à grande réaction d’induit. Ces méthodes se divisent en deux catégories :
- «) Celles qui compoundent en tenant compte du courant seulement sans considération du facteur de puissance.
- b) Celles qui compoundent en tenant compte du courant et du facteur de puissance.
- Si ces dernières méthodes donnent un meilleur réglage de la tension, les premières ont le grand avantage, si elles sont étudiées pour un facteur à puissance égale à l’unité ou à 0,95, de comporter un très faible courant
- Fig. 4. — Compoundage Miles Wallcer.
- de court-circuit. Une des méthodes de com poundage les plus simples est celle indiquée sur la figure 4 et qui n’agit que sur la composante wattée du courant. L’épanouissement P est fortement saturé pendant que la corne polaire H est faiblement saturée. A la pleine charge, la composante wattée de réaction d’induit (fig. 5) augmenté le champ principal
- Fig. 5. — Diagramme du champ.
- comme l’indique l’épure. Dans le cas d’un courant déwatté le compoundage est nul et le courant de court-circuit faible.
- Tout récemment cette construction a été
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- simplifiée comme l’indiquent les figures 6 e t 7. Cette dernière disposition donne, dans la marche à vide, un deuxième harmonique assez important mais qui disparait à la pleine charge.
- OOOQ
- Fig. 6.
- Pour les turbo-générateurs avec un enrou-lementj réparti, il est également possible de saturer davantage les dents sur un côté du pôle et de saturer très peu les dents de l’au-
- Fig. 7. — Diagramme du champ.
- tre côté par une réparation inégale de l’enroulement de manière à obtenir le même résultat qu’avec la figure 6. Des turbo-générateurs de ce genre ont été construits jusqu’à 6 000 kilowatts par la société Westinghouse.
- La plupart de ces dispositions sont telles que l’on obtienne un léger compoundage
- Fig. 8.
- Fig- 9-
- pour un facteur de puissance égal à l’unité et cependant un faible courant de court-circuit. La figure 8 montre une méthode plus complète de compoundage qui maintient pra-
- tiquement la tension constante en fonction du courant et du déphasage. Si l’on connecte les bagues d’après la figure 9, le compoundage agit seulement pour un facteur de puissance égal à l’unité, par contre si elles sont connectées comme sur la figure 8, le compoundage agit pour tous les facteurs de puissance.
- Dans les méthodes de compoundage total qui utilisent, comme sur la figureS. un transformateur de courant, on introduit dans l’enroulement secondaire un disjoncteur à maxi-ma D qui interrompt l’excitation série avant la formation du court-circuit. Dans ce cas, par suite de la faible excitation restante, le courant de court-circuit devient très modéré et le courant du réseau n’est pas interrompu. En outre, les bobines du primaire du transformateur de courant agissent, lorsque le secondaire est interrompu, comme d'assez fortes bobines de self.
- Dans les turbo-générateurs bipolaires, il est relativement difficile d’obtenir une élévation de tension de moins de 20 % lorsqu’on coupe la pleine charge avec un facteur de puissance de 0,8, quelques-uns même vont jusqu’à 3o % de chute de tension. Ces machines ont sûrement l’avantage d’un faible courant de court-circuit, mais nécessitent l’emploi pour le réglage de la tension d’un régulateur spécial qui augmente l’excitation lorsque le courant augmente, de sorte que pour le courant de court-circuit l’excitation serait maximum.
- Il est facile toutefois de combiner un tel régulateur avec un relais à maxima de manière que pour un certain courant, l’excitation soit ramenée à une faible valeur et diminue ainsi le courant de court-circuit.
- De l’avis de M. Niethammer, aucune autre sorte de construction d’alternateur n’est capable de donner une meilleure solution. Les machines homopolaires auraient, bien l’avantage d’un faible courant de court-circuit, mais elles sont trop mauvaises au point de vue de la chute de tension. - ---
- Il faut cependant mentionner qu’au point
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- de vue delà faible valeur du courant de court-circuit la machine idéale serait l’alternateur asynchrone, puisque le courant dé-watté de ces machines est pris sur le réseau, et par suite que, dans le cas d’un court-circuit, l’excitation devient aussi nulle d’elle-même. Il y a malheureusement beaucoup
- d’obstacles à l’emploi de ces machines. Elles paraissent cependant pouvoir être utilisées dans le cas de turbines fonctionnant avec la vapeur d’échappement des machines à vapeur actionnant des alternateurs ordinaires.
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur l’absorption électrique excercée par quelques alcools. — P. Beaulard. — Académie des sciences, séance du 4 juillet 1910.
- L’auteur a opéré avec des longueurs d’onde de i2m et de 35m. Il résulte des mesures faites qu’aucun alcool ne présente une dispersion purement anormale:.il y a toujours une région où elle est normale.
- Sur la rotation de l’are à mercure dans un champ magnétique. Observation du phénomène de Doppler. — A. Dufour. — Académie des sciences, séance du 4 juillet 1910.
- On connaît les phénomènes particuliers ditscc vent électrique » ou « vent magnétique », et celui du « pouvoir des pointes » qui leur est parent. Cette Revue en a publié un exposé très complet en 1898, d’après les travaux de Lehmann, Arrhénius et War-burg. On se rappelle qu’en particulier (*) un arc soumis à un champ magnétique parallèle à sa direction prend un mouvement de rotation, sous l’influence du vent magnétique produit.
- M. Dufour a utilisé cette rotation (en employant un arc à mercure) pour mettre en évidence le phénomène de Doppler, qui se présente comme la somme d’un déplacement et d’une variation de la longueur d’onde optique.
- (') Eclairage Electrique, t. XVI, n° 3o, p. 170.
- Remarques sur la théorie de rétablissement des courants alternatifs (les états stationnaires et non stationnaires). — W. Wagner. — Elektrotecknische Zeitschrift, 3ojuin 1910.
- L’auteur insiste sur la distinction à faire entre les états stationnaires et non stationnaires dans les phénomènes électriques.
- L’emploi des imaginaires ou des diagrammes, si utile lorsqu’on aborde l’étude de ces phénomènes, suppose que le courant est devenu périodique, stationnaire. Ces méthodes ne s’appliquent pas aux périodes de fermeture du circuit ni aux.périodes de transition, pendant lesquelles il se produit des variations d’un certain état stationnaire à un autre.
- Or, ces périodes de transition ont une grande importance pratique ; ainsi, par exemple, la régulation des générateurs réalisée par Tirrill (*) utilise justement l'état non stationnaire : le réglage très rapide effectué par le rhéostat ne donne pas au courant le temps de prendre sa valeur finale. En effet, pour les grosses machines à fort électro-aimant, le temps d’établissement du courant stationnaire est de l’ordre de quelques secondes.
- La constante de temps d’établissement d’un courant dans une bobine à noyau de fer est indépendante de la fréquence du régime stationnaire postérieur; on le voit très clairement sur la figure i ; mais la valeur du courant maximum pendant la période de transition varie avec la phase de la tension alternative appliquée. Les perturbations du régime qui se produisent pendant la période de transition per-
- (’) A. SomvAiGER et F. Natalis, Dus Regulierproblem in der Elehlrotecluiil;, B.-G. Teubner, 1909.
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- mettent d’expliquer les intensités anormales, parfois énormes, qu’on observe dans le premier moment d(application d’une tension alternative à un transformateur, à un moteur à champ tournant ou à une bobine à noyau de fer. C’est ainsi que l’auteur a observé une intensité trente fois supérieure au courant stationnaire avec un transformateur de x kilowatt seulement.
- Fig. i. — Influence (l’une self.
- De même un brusque court-circuit d’un alternateur donne lieu à un état non stationnaire (*); lés courants qui prennent naissance sont de beaucoup supérieurs au courant de court-circuit déterminé par les diagrammes ou calculé. Les dégâts qui en résultent pour les enroulements peuvent être énormes. Ici encore l'instant de la période oii se produit le court-circuit influence la valeur de Tin—
- Fig. a. — Gourant stationnaire (résonance).
- tensité anormale; il n’existe pas encore de théorie suffisante de ce fait.
- Un autre exemple des mêmes phénomènes est fourni par la mise en circuit d’une capacité en série avec une self; ici pourtant, quelle que soit la phase d’application, on ne peut pas éviter l’état de transition qui a une durée d’autant plus longue que la résonance est plus forte c’est-à-dire que la fréquence
- d’oscillation propre et la fréquence de la tensiou qu’on applique sont plus voisines (fig. a).
- L’augmentation d’intensité par la résonance s’obtient ainsi par l’augmentation d’inertie électro-dynamique.
- Pour les câbles et réseaux aériens, il y a encore à distinguer entre l’état stationnaire et les périodes de transition.
- Supposons que la force électromolrice appliquée soit E sin iot.
- L’état stationnaire est déterminé en chaque point de la canalisation par
- i = J sin (<iil -f- <j>) p — P sin (bit -j- cp)
- p étant la tension entre les conducteurs d’aller et de retour, i le courant et J, P, 9 et ^ des fonctions de la distance du point considéré à l’extrémité du réseau. On représente cet état stationnaire par la superposition de deux ondes déterminées amorties dans l’espace (et non pas dans le temps), onde directe et onde réfléchie se propageant le long du réseau.
- Mais cette représentation n’a jamais donné lieu à une application pratique. Les calculs auxquels on est conduit sont tellement compliqués et inextricables que personne ne voudrait les appliquer. Au contraire, l’emploi des imaginaires indiqué par A. Franke (*) et surtout les méthodes et diagrammes en spirale de Breisig (2) utilisant l’impédance de court-circuit et de la marche à vide, rendent les calculs aussi simples que pour le courant continu. Le même calcul-s’applique également pour les canalisations téléphoniques, le nombre des périodes pour un son étant encore assez grand et la longueur de canalisation assez faible pour permettre à l’état stationnaire de s’établir.
- Incomparablement plus difficile est l’étude des périodes de transition : au lieu d’équations différentielles ordinaires, avec les constantes initiales que fournissent les périodes stationnaires, on a ici à intégrer des équations aux dérivées partielles avec des fonctions initiales et des conditions fonctionnelles aux limites données.
- Mais justement ces périodes de transition se font sentir dans le réseau de haute tension. On peut repi’ésenter les phénomènes qui y apparaissent par des ondes se propageant le long du réseau et pouvant produire, par superposition avec les ondes
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 1891, p. 447-458.
- (2) Elektrotechnische Zeitschrift, 1900, p. 87; 1899, p. 383.
- (*) F. Vvnoa. Elektrotechnische Zeitschrift, 1906, p. 827.
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- réfléchies, des surtensions dangereuses (*). Ces ondes n’ont rien de commun avec celles, d’un caractère assez artificiel, par lesquelles on représente un état stationnaire. Les ondes d’état non stationnaire décroissent avec le temps et jamais leur superposition ne peut produire un état périodique, c’est-à-dire stationnaire; elles se propagent avec une vitesse constante, déterminée par la nature des isolateurs et subissent en général une déformation pendant leur propagation.
- Dans les réseaux télégraphiques à long câble, par suite de leur trop grande constante du temps (toujours la même pour le courant continu que pour le courant alternatif), on est obligé de ne pas attendre l’état stationnaire et d’utiliser ainsi les phénomènes non stationnaires. Le signal sinusoïdal périodique arrive'ainsi sous la forme non périodique (2).
- Ni l’emploi des imaginaires, ni celui des diagrammes ne sont applicables aux problèmes qui se posent dans ce cas ; on peut lés résoudre approximativement en employant le principe établi par Fourrier et appliqué par Breisig (*). Ce principe consiste à considérer la cause non périodique d’un phénomène non stationnaire comme se répétant périodiquement après une certaine durée de ce phénomène; on peut ainsi le décomposer en une série indéfinie de phénomènes périodiques et leur appliquer le procédé ordinaire des calculs des courants alternatifs. En sommant ces séries il est possible de résoudre le problème avec une approximation pratiquement suffisante.
- L’auteur exprime le regret qu’en général l’étude des états non stationnaires ne soit pas faite assez complètement dans les traités d’électrotechnique.
- S. P.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Nouveau procédé pour la mesure des champs magnétiques. — W. Peukert. — Elektrotechnische Zeitschrift, a3 juin 1910.
- Pour effectuer cette mesure, l’auteur utilise le phénomène de Hall, c’est-à-dire la torsion des lignes équipotentielles d’une lame métallique a, b, c, d
- (*) W. Wagner. Elektromagnetische Ausgleichsvor-gànge in Freileitungen und Kaheln, 1908. Voir aussi Elektrotecknische Zeitschrift, 1908, p. 707.
- X2) Elektrotechnische Zeitschrift, 1910, p. 194.
- (3) Elektrotechnische Zeitschrift, 1900, p. 1046; 1901, p. 4*5.
- (fig. 1), placée dans un champ magnétique uniforme.
- Une source de courant E débite un coûtant réglable i, mesuré par le galvanomètre g, et ce courant traverse la lame métallique dans la direction ab. Si c et d sont au même potentiel en l’absence de tout
- Fig. 1.
- champ magnétique, l’introduction d’un champ St provoque entre ces deux points une différence de potentiel e, par suite de la rotation des lignes équipotentielles :
- d étant l’épaisseur de la lame et C, un facteur de proportionnalité dépendant de la nature de la lame employée. Ce facteur est maximum pour le bismuth.
- La différence de potentiel e entre c et d sè mesure aisément au moyen d’un dispositif potentiométriqüe et d’un galvanomètre g, employé comme appareil de zéro.
- Il est nécessaire que la largeur de la lame ne soit pas trop grande par rapport à la longueur (*).
- Fig. a.
- Le sens de la rotation des lignes équipotentielles dépend du sens du courant et du champ, et il est indiqué par la flèche sur la circonférence (fig. 2).
- La lame employée était une lame de bismuth de dimensions 68 X 28 X imm. Les prises de courant étaient en fil de cuivre fin, soudé en a et b.
- L’auteur a étudié :
- i° La proportionnalité de e à i qui se vérifie bien; toutefois les dissymétries nécessairement existantes
- (*) A.-Y. Ettingsiiausen el Nernst, Wiener Ber., 94-2, 1886, p. 56o.
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- dans la lame ont pour effet que les déviations du galvanomètre sont différentes lorsqu’on donne au champ deux valeurs opposées. On observe de plus une déviation initiale, pour i — o, que l’auteur attribue à une force électromotrice de nature thermoélectrique.
- 2° La proportionnalité de e à * 3C (mesuré au balistique). Cette proportionnalité ne subsiste que jusqu’à une valeur déterminée de Ht à partir de laquelle e croît un peu moins vite que ne l’indiquerait une formule linéaire.
- Fig. 3.
- L’auteur donne les tableaux et les courbes correspondant à ces deux séries d’essais. Il indique également le schéma employé pour la mesure de e au potentiomètre (fig. 3).
- Ainsi, en tenant compte des dissymétries de la lame on peut dresser des courbes d’étalonnage et, par une simple lecture au galvanomètre, mesurerdes champs magnétiques. D’ailleurs, la sensibilité de la méthode varie proportionnellement à i.
- S. P.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Sur la mise à la terre des installations triphasées. — Max Vogelsang. — Elektrotechnische Zeitschrift, i6juin 1910.
- L’auteur a déjà indiqué l’utilité de la mise à la terre d’un des pôles dans les réseaux monophasés, afin d’éviter les perturbations provenant des surtensions; ainsi, par exemple, à Franclcfort-sur-le-Mein, où depuis 1899 l’on a mis à la terre par une résistance liquide de deux ohms environ le pôle extérieur d’un câble concentrique, aucun inconvénient de ce genre ne sc produit, tandis qu’avant d’avoir pris
- cette mesure, les surtensions provoquaient souvent des ennuis. Le remplacement du câble concentrique par un câble taraudé n’a diminué en rien la protection.
- Théoriquement, cet effet de la mise à laterre n’est pas bien clair; pratiquement, les perturbations dangereuses produites par une surtension sont la conséquence d’un court-circuit accompagné d'une mise à la terre accidentelle latente (provenant par exemple de la rupture d’un isolateur), et l’on constate d'ailleurs expérimentalement que ces mises accidentelles à la terre provoquent inversement des surtensions. L’utilité de mettre à la terre l’un des pôles consiste donc en ce que l’on ramène franchement les prises de terre accidentelles, latentes, à un véritable court-circuit.
- Dans les réseaux triphasés, on a commencé de mettre à la terre le point neutre des générateurs montés en étoile.
- Dans ce cas, la mise à la terre accidentelle de l’une des phases provoque des perturbations dans les réseaux téléphoniques et dans le réseau lui-même.
- Dans le dispositif que préconise l’auteur, il en est tout autrement. On met à la terre l’un des pôles extérieurs du réseau triphasé, et parla même, on diminue dans le rapport de i/3 les prises accidentelles de terre. On est ramené à ce qui se présente dans les réseaux monophasés.
- On peut alors n’employer que deux disjoncteurs au lieu de trois, car théoriquement, il est nécessaire d’en disposer un sur chaque phase : chacun de ces deux disjoncteurs coupe le courant dans la phase du circuit où circule un courant supérieur à une valeur déterminée. On peut, pour la phase dont le pôle est à laterre, se contenter d’un isolement de faible tension, et la placer en haut des pylônes avec des parafoudres de basse tension. La traversée de voies, avec ce système, est également assurée plus facilement : si l’un des deux conducteurs haute tension se casse, le déclenchement du disjoncteur correspondant est immédiat par suite du court-circuit formé.
- S. P.
- Les perturbations téléphoniques dans les réseaux triphasés avec câbles taraudés et le point étoilé du générateur à la terre. — E.-V. Holstein-Rathlou. — Elektrotechnische Zeitschrift, 23 juin 1910.
- La station centrale de Copenhague comprend deux turbo-alternaleurs de 2 5oo kw. chacun, 1 5oo
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- tours par minute, 6 ooo volts, 5o périodes; dont l'un a le point neutre à la terre, et une station de transformation composée de deux moteurs synchrones générateurs de a5o kw. chacun, 6 ooo volts, 7i»o tours par minute, non à la terre; les transformateurs à primaire en triangle; basse tension en étoile avec conducteur neutre à la terre. L’introduction dans cette centrale d’un câble (23k,n section 3 X 5omm2 et 3 X 70mm2, isolé au papier, conducteur en secteur, sous plomb, armé d’acier) a provoqué des perturbations téléphoniques, que le câble fût chargé directement par l’un des turbo-alternateurs ou par le groupe moteur-générateur, ou par le transformateur en charge ou à vide. La discussion de ces perturbations (*) a abouti à ce résultat que partout où cela n’est pas gênant pour le réseau téléphonique, il est bon d’av,oir le point neutre à la terre.
- Pour se rendre compte des causes de perturbations téléphoniques à Copenhague, avant d’enlever la mise à la terre de l’alternateur, on a exécuté plusieurs essais.
- Le fort courant à la terre (5 ampères) qu’on a constaté ne pouvait être attribué ni à des actions inductives, ni à la capacité entre phases ou entre l’âme des conducteurs et l’enveloppe du plomb, ni à la distribution non uniforme des constantes diélectriques ; il n’y avait pas non plus nulle part de rupture d’isolement (20 ooo volts) ; d’ailleurs l’énergie de 5 ampères sous la tension :
- 6000 volts y/3
- soit 17,5 kw., brûlerait rapidement le câble au point faible.
- Fig. 1. Cas d’un câble à trois fils.
- On était amené ainsi à penser que ces forts cou-
- rants provenaient de l'harmonique supérieur d’ordre 3 K en phase dans le conducteur neutre.
- La figure i fait très bien voir comment, par suite des capacités des trois conducteurs d’un câble par rapport à la terre, le courant vagabond circule à
- travers la terre, les récepteurs téléphoniques et le réseau téléphonique dans le cas où le centre de l’étoile est mis à la terre (E fermé).
- Il était donc nécessaire d’étudier la question à l’aide des oscillogrammes ; pour ces essais, on a pris l’un des groupes moteur-générateur et un câble de 5km,7,3mm25o, isolé du reste du réseau. Les oscillogrammes obtenus sont ceux des figures 237.
- Fig. 3.
- Les essais à vide (oscillogrammes a, b) font voir un harmonique du 15e ordre de la tension par phase et d’ordre 17e dans la tension du réseau (cet harmonique était à prévoir par suite de la présence de trois encoches par phase (•), la tension au point neutre étant rigoureusement égale à zéro).
- Ensuite on a branché le câble à vide (c, h, d, i, ni, r,n,s). On voit que la tension entre le centre de l’étoile et la terre, aussi bien que le courant correspondant, sont formés uniquement par des harmoniques d’ordre 3A; ni l’harmonique fondamental, ni l’harmonique 17 n’existent pas; tandis que le dernier est bien marqué dans les courants de charge (oscillogrammes e, k, 0, t).
- Le plus nuisible est le i5e harmonique de fréquence 750, parce que les réseaux téléphoniques ont la sensibilité maximum pour une fréquence 800.
- L’harmonique 21e de fréquence 840 (courbe d) a, pour la même raison, une grande influence.
- La valeur du courant total I est d’ailleurs peu
- () Voir Kuhlhàhn, E. T. Z. 1908, p. 3iG et discussions, p. 3a6 ; aussi E. T. Z., 1908, p. 463.
- (<) Ufferborn, Kalender ftïr Electrotechniker, 1910, P- 197 et «98*
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- 6 Août 1910.
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- nfluencée par ces courants d’ordre supérieur (I2 — Io2 -j- I32) ; pour exagérer l’effet des courants d’ordre 3k, dans l’armature du plomb on a relié les
- sous charge n’étaient pas effectués ; il est à présumer que la tension des harmoniques d’ordre 3 k serait
- V
- Fig. 4.
- trois conducteurs entre eux et connecté à une des phases le point neutre étant à terre (g, q); on voit la présence de l’harmonique fondamental,du 70 et du
- /v/V
- Fig. 6.
- diminuée (par la saturation) ; en tous cas, on ne peut pas, des essais à vide, conclure les relations en charge par une simple proportionnalité : ainsi sous la charge et un câble cinq fois plus long (a8km) le
- Fig. 7.
- Fig. 5.
- i5° (g). Sous 5 000-6 000 volts on vu déjà des perturbations dans le réseau téléphonique. Les essais
- courant de fuite n’était que le double du courant à vid# (5 ampères).
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- la lumière électrique
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- Comme protection ,,(.à part la distribution téléphonique à deuX’fils), op pourrait encore employer un conducteur de retour pour le courant vagabond ; mais il peut encore exister des effets inductifs.
- _____ S. P.
- TRACTION
- Locomotive électrique a turbine Reid-Ramsay. — Engineering, 8 juillet 1910.
- Ce système de locomotive a été construit dans les ateliers de la North Brittish Locomotive C° de Glascoyv. Elle vient de subir vdes. essais sur le réseau nord anglais, mais seulement avec la remorque d’un wagon-salon. Elle a aussi été essayée sur une courte longueur de voies avec une charge de wagons.
- Cette locomotive est du type que 'les anglais désignent sous le nom de self contnined, c’est-à-dire que la machine, les soutes à charbon, les réservoirs d’eau sont portés sur un seul et même châssis. La chaudière est établie à l’avant, la dynamo-génératrice au milieu et le refrpidisseur pour l’eau de condensation est disposé à l’arrière. Le châssis composé de longerons d’acier très robuste est posé sur deux boggies., un à l’avant, l’autre à .l’arrière,, .comportant iquatre essieux. La turbine, animée d’une vitesse angulaire de 3 000 ^révolutions tpar minute, est couplée directement ,à une génératrice à épurant continu et à voltage variable fournissant un courant de 200 à 600 volts à quatre moteurs série dont les armatures sont installées sur les essieux moteurs de la locomotive.
- La vapeur d’échappement de la turbine passe à travers un condenseur injecteur. Ce type de condenseur est acceptable dans l’occurrence puisque la vapeur est exempte d’huile de graissage interne. L’eau de ce condenseur, réunie à celle de l’appareil condenseur à circulation, est admise dans un réservoir à eau chaude. L’eau emplissant les réservoirs opère la condensation par mouvement circulatoire déterminé par de petites pompes centrifuges actionnées par des turbines auxiliaires placées le long de la grosso turbine. L’eau de condensation passe du réservoir à la première pompe qui la refoule dans le condenseur, et, de là, au puits d’eau chaude. Elle est reprise à celui-ci par la seconde pompe qui le rehvoie à l’appareil réfrigérant à l’autre extrémité de la locomotive. Le courant d’air qui s’échappe en passant sur le réfrigérant est lancé par un ventilateur
- dans le foyer de » combustion qui est activée (par tirage forcé.
- Ce petit tableau-de distribution et tous les instruments nécessaires, le combinateur pour les groupements variés du moteur répondant aux variations de l’effort de traction sur ,1a barre d’attelage, et le régulateur du voltage dans le circuit électrique ,et par conséquent de la vitesse du train, sont placés sur la plateforme du wattman. Comme particularité, cette locomotive n’a, pour ainsi dire, pas de cheminée en hauteur, elle est . creusée presque (au niveau de la périphérie cylindrique de la chaudière. Clest, à notre connaissance, la première application de la turbine à vapeur dans les locomotives. (On suit avec attention les expériences faites avec ce nouvel appareil qui peut être l’origine d’une évolution rapide du moyen de traction des trains sur les grandes lignes de chemin de fer.
- E. 1).
- Voiture spéciale pour le nettoyage des rails. — Electric Railway Journal, 7 mai 1910.
- On sait combien il est important de tenir propres les gorges des rails de tramways; le roulement, de même que la puissance motrice absorbée sont singulièrement affectés par le degré de propreté du chemin de roulement. La Société anonyme (Verninigte Isolatorenwerke de Berlin ta fait construire une voiture qui a pour objet ce nettoiement et (l’enlèvement simultané des produits de l’opération. Elle a l’apparence générale d’une voiture ordinaire ; elle marche à des vitesses «variables qui peuvent atteindre jusqu’à 24 kilomètres à‘l’heure.
- Des racloirs opèrent le décrayonnage de la gorge du rail, les saletés sont aussitôt aspirées dans un récipient; l’ajustage qui termine le tuyau d’opération a la largeur exacte .de là gorge du rail afin de ne pas absorber les particules mobiles du sol en dehors du rail.
- La puissance d’aspiration est assez forte jjour entraîner dans le récipient des fragments de briqués et de pierres.
- Le récipient est relié à une pompe pneumatique actionnée par le courant de ligne.
- Les quatre racloirs de la voiture agissent sous pression pneumatique. Ils s’adaptent d’eux-mêmes automatiquement à la direction suivie par la voiture et ils ont leurs coussinets de support arrangés de de telle façon qu’ils ne s’abîment pas et qu’ils ne perdent pas leur efficacité aux croisements, aux
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- 6 «Août 1910.
- RE ¥ U E P’ É UE C T MC IT E
- m
- ,fit dans les coprhes. Les r^clpips sont les seuls (éléments «Je l’équipement exposé» à une usure appréciable.
- Les relis spflt erro.sés Ayant la mise en jeu des r.aclpir.s afin de ne pas soulever de poussière. La voiture porte deux .réservoirs d’eau avec indicateur .de niyeau,. Le , récipient pù se ressemblent les ,prp/r-duits de,;d.éc,r.aypnuage,est muni d’une,soupapejparti-culi^res’ppposjant à l’introduotipu ffcs mAtières -dans l’appareil de;SU0ciou.. U y a,aussi un inducteur du degré dp ,vide dans le Récipient,. Un .sifflet d’alarme retentit lorsque celui-ci >es.t plein. L’opération est alors arrêtée et ,1e véhicule ya déverser sa récolte à l’endrqit affecté ,à ,ce;trpbje,t en s’engageant sur une estac.ade. Lefcontenu du récipient descend ,par sirnr pie .effet de lagrayité.
- La ,yp,itur.e e.S.t«pourvue de deuJf;mo,teurs de 26 H.P. Elle a 6m9p de longueur, l’empattement des .roues est de i“9_5, Les,ro'ues ont omSpo,de diamètre.
- La consommation d’énergie quand 1 appareil fonctionne ,à,la vitesse de ,i(3km à,l’heure est de i5o watts envirpn par vpiture-rHilomètre.
- E. D.
- BREVETS
- Dispositif pour l’emploi de deux moteurs monophasée branchés sur .un circuit triphasé. — Aktiengesellsc,haft Brown, Boveri. N°4.io 24a, publié le 14 mai 1910.
- L’emploi de moteurs monophasés s’est généralisé depuis qu’on peut régler leur vitesse et que leur couple de démarrage a été amélioré ; mais il présente certaines difficultés lorsqu’il s’agit de brancher des unités assez fortes sur un réseau triphasé.
- A 3o-5o chevaux on arrive généralement à la limite de ce que les centrales électriques d’une certaine importance admettent encore comme branchement monophasé. Pour permettre de brancher des unités plus fortes, il était tout indiqué de transformer le courant triphasé en courant diphasé à l’aide d’un transformateur Scott et de brancher sur chacune des phases du système diphasé un moteur à courant alternatif.
- Il faut alors, à chaque fois, faire marcher ensemble deux moteurs de force égale accouplés mécaniquement.
- On peut perfectionner ce dispositif de .telle manière qu’on applique ,1a .mé thode de Scptt on se ser-vant d.es enroulements des moteurs euxrmèmes.
- La figure 1 montre le montage pour deux,moteurs à .répulsion accouplés,
- I, II, III sont les bornes ppur du connexion des enroulements ,des stators avec un réseau triphasé.
- Le nombre des tours de l’enroulement du stator du moteur a entre les bornes I et II étant égaLà n, le nombre des tours de ^enroulement du stator du moteur b doit alors être égal à 0,87 n. Lune des extrémités de ce dernier enroulement est connectée avec le milieu du précédent.
- Fig. 2.
- Il importe que les deux moitiés de l’enroulement a aient autant que possible des résistances égales et des répartitions égales et il est avantageux d’employer à cet efïetile dispositif de la «figure a. Les deux moitiés de ,l’enroulement sont logées dans les mêmes rainures du stator. Les bobines des «différents pôles sont reliées alternativement en série de telle manière que chaque moitié de l’enroulement comprenne autant de bobines intérieures que de bobines extérieures.
- Dispositif de réglage de tension dans les dynamos à courant continu. — Fried. Krupp AlctiengeseUschaft. —N» 410 324, publié le 18 mai
- I9l°-
- Dans ce dispositif, la tension de la dynamo peut être variée de manière continue, dans un sens ou dans l’autre, de zéro jusqu’à une valeur maximum déterminée, sans qu’il soit nécessaire d’intercaler des résistances.
- A cet effet, la partie du bâti magnétique, que traversent les lignes de force passant par l’induit quand
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- là dynamo est en marche, présente une solution de continuité pourvue d’un pont ou noyau de fer ; ce noyau de fer est monté rotatif et porte lui-même l’enroulement inducteur de la dynamo.
- La figure i est une coupe transversale d’une forme d’exécution du dispositif.
- La figure 2 est une coupe, vue de gauche, suivant la ligne 2-2 de la figure i.
- Sur ces figures i et 2, A désigne l’induit de la dynamo, qu’on a supposé être une machine géné-
- Fig. 1.
- ratrice; à l’aide de l’arbre a1, l’induit A est monté rotatif dans deux supports B représentés schématiquement. L’enroulement d’induit a3 est relié par deux conducteurs S -)- et S— au réseau de consommation du courant non représenté sur le dessin. Le bâti magnétique de la dynamo, muni de deux pieds de support c1, possède une culasse C en forme de cercle, qui est montée par rapport à l induit A de la génératrice, de manière que son plan de symétrie soit perpendiculaire à l’axe de rotation de cet induit.
- La dynamo possède deux épanouissements polaires c9 et E, dont l’un c9 est prévu sur le bord intérieur de la culasse circulaire C. L’autre épanouissement polaire E est relié à la culasse C à l’aide de deux boulons e1 en bronze. Au-dessus de l’épanouissement polaire E est monté un arbre d1, muni d’un volant d6 et tournant dans deux oreilles de support c2 et c3 fixées au bord intérieur de la culasse G ; l’axe de l’arbre d1 se trouve dans le plan de symétrie mentionné de la culasse G et est perpendiculaire à l’axe de l’arbre ax de l’induit A.
- Sur l’arbre d{ est monté, de la manière représentée au dessin, un électro-aimant, composé d’un noyau de fer D, en forme de barre de section rectangulaire et d’un enroulement d4 enveloppant ce noyau de fer. L’enroulement dK est relié par deux bagues •à frottement d5 aux deux conducteurs S1 -j- et S1 —
- branchés sur le ré,seau non représenté sur le dessin. L’espace dans lequel peut se mouvoir l’électro-ai-manl DdK. est limité par l’épanouissement polaire E et un corps polaire c4 rigidement fixé à la culasse G. Les surfaces limites du corps polaire c4 et de l’épanouissement polaire E, tournées vers l’électro-aimant D d* et désignées respectivement par c6 et c2 font partie d’un cylindre dont l’axe coïncide • avec l’axe de rotation de l’arbre d1. Les surfaces frontales d2 et d3 du noyau de fer D sont également cylindriques et établies coaxialement à l’arbre-rf1 ; leur rayon n’est que très peu inférieur à celui des surfaces 6-ü et e2. L’angle au centre duquel correspond la surface c3, est calculé de manière que dans la position angulaire de l’électro-aimant D d4 représentée sur la figure 1, dans laquelle l’axe longitudinal du noyau de fer est perpendiculaire au plan de symétrie de laculasse C, les surfaces frontales d2 et d3 du noyau de fer soient encore complètement recouvertes par cette surface c6. Entre le corps polaire c4 et l’épanouissement polaire E se trouve un espace intermédiaire F de chaque côté du plan de symétrie de la culasse G. Les arêtes-limites des surfaces c,B et e2, adjacentes à ces espaces intermédiaires, et désignées respectivement par c6 et e4, sont parallèles à l’axe de l’arbre d'.
- Lorsque, la dynamo étant en marche, l’électro-aimant Do?4 occupe la position représentée sur la figure 1, les lignes de forces produites dans l’électro-aimant traversent le corps polaire c4 suivant le chemin G représenté en traits mixtes sur la figure 1 et, en admettant que le pôle nord se trouve en c?2, elles suivent ce chemin dans le sens des flèches y (fig. 1). Il est est clair que, dans ce cas, nulles lignes de force ne peuvent traverser l’induit A.
- Conséquemment, pour cette position de l’inducteur, aucun courant ne passe dans l’induit A de la génératrice. Dans la position mentionnée, l’électro-aimant, sous l’influence des forces magnétiques produites entre lui et le corps polaire c4, reste en équilibre stable. Si, à ce moment, à l’aide du volant d6, on fait tourner l’électro-aimant Do?4, dans le sens de la flèche x contre l’action de ces forces magnétiques, jusqu’à ce que la surface frontale d2 de l’électro-aimant ne se trouve plus que partiellement recouverte par la surface c3, mais déjà enveloppée, en partie, par la surface e2, le courant des lignes de force se bifurque. Tandis que l’une des parties du courant de ces lignes continue à traverser le corps polaire c4, l’autre partie passe dans l’épanouissement polaire E et arrive par l’induit de la génératrice, l’épanouissement polaire c9
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- et la culasse C au corps polaire c'" où elle se réunit au courant des lignes de force, mentionné en premier lieu, et revient avec celui-ci en d3 à l’électro-aimant D d'\ On produit ainsi un champ magnétique traversant l’induit A de la génératrice et sous l'influencede ce champ un courant naît dans l’enroulement a2 de l’induit. Le nombre de lignes de force qui parcourent le chemin décrit en dernier lieu, et par suite, aussi, la tension du courant produit dans l’induit de la génératrice, augmentent, évidemment, d’autant plus que la partie de la surface di} recouverte par la surface e2, devient plus grande. Lorsque l’électro-aimant Dd'a tourné de manière que toute la surface d* se troüve recouverte par la surface e-, toutes les lignes de force produites dans l’électro-aimant passent par l’induit A de la génératrice. Et lorsque l’électro-ai-mant Dd* a tourné d’un angle de go° par rapport à sa position de la figure i, le chemin que prennent les lignes de force à travers l’induit A de la génératrice est le plus court; la tension du courant produit dans l’induit de la génératrice possède alors sa valeur maximum.
- Dans cette position 'de l’électpo-aimant, qui est désignée sous le nom de position maximum de Vélectro-aimant, ce dernier, etjeela se comprend sans; explication, se trouve également en équilibre stable.
- Si on déplace l’électro-aimant D d* de sa position delà ligure i, en le faisant suffisamment tourner en sens contraire de la flèche x, on renverse le sens du champ magnétique qui traverse l'induit A et conséquemment aussi le sens du courant induit dans l’induit A. Le réglage de la tension se poursuit exactement comme dans le cas de la rotation de l’électro-aimant dans le sens de la flèche x.
- Une variante d’exécution consiste en ce que les arêtes eG et e4 sont inclinées vers l’axe de l’arbre d1 ; le mode de fonctionnement de variante est essentiellement le même que précédemment. Mais l’inclinaison des arêtes e6 et e* procure cet avantage d’une bifurcation tout à fait graduelle du courant des lignes de force pendant la rotation de l’électro-aimant.
- De même, si la surface cylindrique à laquelle appartient e2 est excentrée, on pourra régler la tension suivant une courbe fixée à volonté.
- VARIÉTÉS
- Avantages des souffleries à air oxygéné. — W. Richards.—Metallurgical and Chemical Engineering, mars 1910.
- L’avantage d’enrichir l’air en oxygène dans une soufflerie de haut fourneau est surtout d’élever la température à la sortie des tuyères.
- Si l’élévation de température, ou plutôt l’effet thermique, peut se calculer exactement, il n’en est pas de même de son influence sur le rendement. Il est pourtant évident que cette élévation augmente la quantité de fonte produite par la combustion d’une tonne de charbon. C’est ce qu’on a déjà constaté par le réchauffage et le séchage de l’air.
- Le réchauffage de l’air à 5oo°, par exemple, donne un effet thermique de 2 096°. Si, au lieu d’air atmos-
- phérique, on emploie de l’air enrichi à 5 % , l’effet thermique est de 2466°. Cet accroissement de température accélère l’allure de fusion. Les gaz ayant leur volume(donc leur chaleur spécifique totale) réduit de 16 % , et leur température élevée de 18 % , nous admettrons que la transmission de température aux solides est de 16 —(— 18 = 34 % plus rapide. D’où majoration de i/3 pour le débit du haut-fourneau. Comme avantages secondaires on peut noter la diminution des pertes par rayonnement, et probablement aussi l’abaissement de la température des gaz brûlés.
- On peut donc penser que cet enrichissement à 5 % augmenterait le débit de i/3, avec une économie probable de 16 % du combustible.
- M. L.
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- ËA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série).—> 31
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE- ET FINANCIÈRE renseignements commerciaux
- TRACTION
- Chili. — Le gouvernement chilien vient de décider la construction d’une voie ferrée- entré Cabilda et- Go-piapo.
- Pavs-Bàs. — La municipalité d’À'mstèrdam se pro-po'së d’ach'èter plusièUrs nouvéllès machines électriques et d^agrtindir le dëpôt de sés tramways.
- Il est question de construire une ligne-de tramways à vapeur entre Ter Appel et Delfzijil, viâ Winscholen.
- Brésil. — Le gouvernement brésilien vient de rendre un décret autorisant la' construction d’un chemin dè' fer entre Itapuna. et Corumba. Devis : 69 270 235 milreis.
- ÉCLAIRAGE
- Espagne. — D’après VInformation, le consortium des producteurs d’électricité par la vapeur, comprenant la> Madrilène d’Electricité, l’Electricité de Chamberi et l’Electricité du Midi, fait savoir qu’à partir du ier août le courant électrique pour l’éclairage est abaissé à 6 centimes l’hectowatt-heure, et le courant pour la force motrice à 2 centimes 1/2, avec application aux contrats établie à des conditions supérieures aux UoüVeaüx tarifs.
- Du côté des entreprises hydrO'-'életetricpies, là‘ Coopé^-' rative-, constituée définitivement, et avec ellè; en partie liée, l’Electra, puis l’Hydrô-Electrique Espagnole, là Gazéification Industrielle, l’Elfeotricité Saütilldfte, ont étendu leurs canalisations dans toute la ville et pris position contre les occupants, en attendant qu’elles léür prennent la clientèle par des offres plus avantageuses. Produisant lé courant à de bien meilleures conditions, moins chargée^ en capital, très soutenues, par ailleurs, par dés grôupés riches et puissants, elles forment, contre les premières, une cbttcurrenee des plus redoutables.
- Pour les premières, la-lutte sera des plus difficiles, parce que leurs concurrentes ont-eu la prévoyance d’acéa-parer autour de Madrid, dans un rayon très étendu, toutes les chutes d’eau utilisables, et, pour les secondes, les tarifs réduits qu’elles vont être obligées de consentir ourles avantages qu’elles se sont engagées à faire aux consommateurs, ne laissent guère espérer des dividendes.
- ; Turquie. — Ôn projette- d'étàbïir à Tripoli dW Syrie; UU'e station générU'trifcè' d’électricité1.
- TÉLÉPffONTE
- : Eure. — La chambre de1 commerce d’Evreux est au-
- j torisée à avancer à l’Etat une somme de 2i'79o franc»'
- ! en vue de l’établissement du téléphone dans les com-1 munes d’HeudreVille, Houdonville, Houlbec-Cocherel,
- | Menillës, Notre-Dâmè-dû-Hamel, Lérÿ.
- 1
- Saône-et-Loire.-^* La! Chambre' dé' commerce de' Mâcon est autorisée à avancer à 1; Etat une somme dè: . 4 810 francs en vue "àe l’établissement d’un circuit téléphonique Passy-Salornay-sur-Guye.
- Algérie.— La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 36 000 francs en vue de la construction de circuits téléphoniques Orléansville-Ténès et Bordj ! Ménaïel-Hassonvillers.
- Cuba. — Le gouvernement cubain a autorisé la Compagnie nationale des téléphones à installer et exploiter un service de téléphones dans les provinces de’ l’île.
- DIVERS
- Bolivie. — D’après le Bulletin Commercial de Bruxelles, en dehors de quelques usines' produisant l’électricité nécessaire à leur éclairage"; il n’existe actuéll'e1-j ment en Bolivie que trois installations électrique» importantes, à savoir :
- i° L’installation des mines de Huanchaca, pour force,, épuisement dès eaux de la mine et éclairage ;
- 20 L’installation de la ville de La Paz,, pour force, éclairage et1 traMwaÿs électriques ;
- 3“ L’installation de là ville d’Oruro, pour éclairage.
- L’instaliati'Oü! dfes: niîUés1 de Iluaiiéhdta est, de' Beaucoup, la plus importante; Elle comporte une usiné génératrice installée à Yura, à- 7.5 kilomètres de là' miné, uhe ligne de transport, la station' réceptrice de'Pucalayo àVeo transformateurs, moteurs d’extraction électriques, pompes d’épuisement électriques, etc., le tout exécuté de igo3 à 1905 par une société française.
- L’usine génératrice utilise les eaux du rio Cahua, amenées par un canal de 12 kilomètres établi pour un
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- 6 Août11910. REVUE D'ÉLECT[R 1 CITE
- débit d'e 5 métrés ctibés par seconde so'üs une chute de1, 108 mètres. Elles se compose actuellement de quatre groupes électrogènes de5ôo kilowatts chacun, produisant dp courant triphasé, transformé ensuite a 36 ooo volts.
- Lia ligne de transport sur pyl'ones métâlliques a yS' kilomètres de lôngUeur et' est protégée dans tbutë son étendue par un parafoudre spécial, contre lès orages très fréquents dans ces régions. La’ligne est située a une altitude moyenne de 3 8oo à 4 ooo mètres et franchit la cordillère de los Frailes à 4 200 mètres.
- La station réceptrice de Pucalayo transforme le courant suivant les besoins des mines et des usines; on doit notamment signaler son emploi pour deux pompes, électriques établies dans la mine au niveau 356, qui permettent l’épuisement- des eaux acides et presque bouillantes de la mine.
- L’installation électrique de la ville de La Paz, appartenant à la compagnie The Bolivian Rubber and General Enterprise C°, Ltd., comporte actuellement .une usine génératrice à vapeur et hydraulique, le réseau de distribution pour l’éclairage électrique public et privé •et une ligne de tramways électriques de 6 kilomètres de longueur.
- L’usine génératrice à vapeur et hydraulique comprend un groupe électrogène de 3oo chevaux et une turbine de. *8o chevaux.
- Le réseau de distribution fournit l’éclairage public au moyen de 3i5 lampes à arc de 280 bougies (35volts 5 ampères) et de 200 lampes à incandescence de 16 bougies à 110 volts. Il y a actuellement pour le service des particuliers 1 3oo lampes à-'incandéscence dèi6à32 bougies sous 110 volts. La subvention annuelle de la ville de La Paz pour son éclairage est de 58 ooo boliviens, soit 116 ooo francs. Le prix de la lampe de 16 bougies pour les particuliers est de 3,5o boliviens par mois.
- La ligne de tramways de 6 kilomètres de longueur, à trolley sur tout son parcours, a 8 voitures en service de 6 heures du matin à 3 heures du soir, Les voitures pour 3o passagers sont munies de moteurs de 43 chevaux et furent fournies par une maison américaine. La subvention municipale annuelle par kilomètre est de .1 ooo boliviens, soit 2 ooo francs.
- L’usine génératrice à vapeur actuelle sera remplacée prochainement par une station hydro-électrique établie à 5 kilomètres de la ville, qui utilisera, sous une chute de 438 mètres, 5oo litres d’eau par seconde, amenés par une conduite métallique de i5 kilomètres du barrage de Millerni, construit par la compagnie.
- L’installation de la ville d'Oruro comprend une station génératrice à vapeur de i5o chevaux, fournissant l’éclairage des rues au moyen de 25o lampes à incandescence Tantale de 25 bougies et de 6 lampes à arc, et donnant l’éclairage aux particuliers aux prix de 85 cen-tavos (environ 1 fr. 70) le kilowatt. Il y a actuellement 2 5oo lampes environ en service chez les particuliers.
- On voit que les débouchés actuels sont très réduits;
- toutefois ilest perttiié dè prévoir que petf à' peu' lenômbré des insfâllàtîons électriques se développera considérablement en Bolivie, surtout au point de vue industriel. En effet, la cherté du combustible doit faire préférer les installations hydro-électriques comme génération de force,, et tout le versant oriental de la Cordillère des Andes abonde en rivières, torrents et chutes importantes. On doit donc prévoir dés appareils à haute tension comme générateurs, accouplés- à dés moteurs hydrauliques à haute pression.
- Si les débouchés sont actuellèment peu nombreux' j pour les produits manufacturés intéressant l’industrie i électrique, la Bolivie doit, par contre, appeler l’attention 1 de nos industriels comme source de matières premières ! surtout pour le. cuivre, l.’étain et Le caoutchouc, i Les mines de cuivre natif de Corocoro donnent, en effet, un métal de toute première qualité, au point de vue de la conductibilité électrique. Produit par les diverses compagnies sous formes de « barillas » de 80 et 90 % de cuivre pur, il est vendu exclusivement au Havre et à Liverpool. La production totale de la Bolivie, pendant ces dernières années, a été de : 4 347 Ifi3ks en 1906 ; 3 469 i85 en 1907 ; 2 877 6o5 en 1908 et , 3 o84o&9*?s en 1909.
- 1 La Bolivie’ occupe aujourd'hui le second rang,.comme pays producteur d’étain, produit sous forme de barillas de 60 à 70 % d’étain, ou de barres. La production, expédiée aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne et en France, a été de.: 29 373 538ks en 1906; 27 677 i85 en 1907; 29 g38 828 en 1908 et 35 566 4I5% en 1909.
- Enfin, dans sa partie nord-est, la Bolivie produit une grande quantité de caoutchouc de qualité supérieure, exportée presque exclusivement par l’Amazone en Angleterre et en France.
- La production en a été de: 1 929 6o8ks en 1906; x 83o 5i3 en 1907; 1 818 187 en 1908 et 2 772 47>k|î en 1909.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le Ier août à l’école de bienfaisance de l’Etat à Sauit-Hubert, fourniture d’appareils et de matériaux nécessaires à l’entretien du réseau électrique ; caut: 200 francs.
- Le 6 août, à 3 heures à la maison communale, à Amay (Liège), érection d’une cabine de transformation électrique.
- Le 27 août, à 3 heux-es à l’hôtel communal, à Hollogtie-aux-Pierres (Liège), installation d’une distributiondelec-tricité; caut.: 8 ooo francs. Soumissions recommandées le 24 août.
- ALLEMAGNE
- Le 16 août, à l’administration de la ville, à Francfort-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série)/—'H* 32..
- sur-Mein, fourniture et montage d’un transporteur électrique de wagons d’une force portative de 35 tonnes.
- ITALIE
- Le 14 août, aux chemins de l’Etat italien, à Rome, fourniture de deux machines pour, la fabrication des clous et une scie à métaux pour l’atelier de Turin, de trois trépans divers et de trois grues à mouvement tournant pour l’atellêr de Rimini; —: le 17 août, de six compresseurs à air actionnés par moteur électrique pour divers dépôts (adjudications internationales).
- La municipalité de Cagliari (Sardaigne) met au concours un projet tendant à doter cette ville d’un foyer d’électricité dynamique pour l’éclairage des principaux
- quartiers et pour le fonctionnement de deux ascenseurs publics. .
- Les propositions' peuvent être adressées, dès à présent, à l’Administration municipale de ladite ville. )
- On peut consulter à l’Olïice national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris, un plan de la ville de Cagliari à l’échelle de i/5ooo sur lequel se trouvent mentionnés les travaux projetés.
- ESPAGNE ’
- Le i3 août 1910, à la Direction générale des Travaux'
- publics, à Madrid, adjudication de la concession d’un tramway électrique, à Barcelone, du point, dénommé Casa Gomis, sur la grand’route de Cornella à Fogas, au chemin de Tibidabo à Vallvidriera.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique ( 1r” série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans ïa rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- P*Btf>. — IKPBIUBRIE LEVÉ, BUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noukt.
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- Trente-dèuxlème année.
- SAMEDI 13 AOUT 1910. Tome &I (8e série). - N” 33.
- La
- Lumière Électrique^
- P'r écédemment 13/
- , , (aWBUOTHtQl
- L'Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- sommaire
- EDITORIAL, p. i6i. — P. Brenot. Chronique de télégraphie et téléphonie sans fil : 2e partie, p. igS. — J. Rézelman. La réactance des moteurs asynchrones, p. 201.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur les potentiels explosifs, P. Vil-lard et H. Abraham, p. 210. — Sur la résistance électrique des métaux alcalins, L. Hackspill, p. 210. — Réactions chimiques et ionisation. G. Reboul, p. 210. —Arcs et lampes électriques. Différents modes d’éclairage des phares, J. Bénard, p. 210. — Actions des rayons ultraviolets sur certains hydrates de carbone, H. Bierky,
- V. Henri et A. Ranc, p. 211. — Décomposition de la vapeur d’eau par l'aigrette, M. Ivernbaum, p. 211. — Ëlec-troçhimie et Electrométallurgie. Formation d’oxyde d’azote au moyen de l’arc lumineux court, avec une anode refroidie, W. Holwech, p. 211. — Usines génératrices. Méthode graphique pour l’évaluation des frais d’exploitation, Hans Gisi, p. 211. — Divers. Développement de l’électrotechnique en Allemagne ét aux Etats-Unis,
- W. Fellenbeg, p. 218. — Bibliographie, p. 221. — Brevets. Dispositif pour la commande des machines à. collecteur à courant alternatif à excitation shunt ou séparée, p. 219. — Chronique industrielle et financière. Chronique financière, p. 222. — Renseignements commerciaux, p. 223. — Adjudications, p. 223.
- ÉDITORIAL
- La Chronique de télégraphie et téléphonies ans fil de M. le capitaine P. Brenot expose, dans sa deuxième partie, l’état actuel de la radiotéléphonie et de la télémécanique.
- La radiotéléphonie ne semble pas, d’après l’auteur, être appelée à réaliser des progrès assez décisifs pour entrer bientôt dans la pratique courante. Ce qu’on peut citer de plus intéressant à son actif, ce ne sont encore que des expériences : elle n’a pas donné lieu, comme la télégraphie sans fil, à de véritables exploitations.
- Cependant des résultats très dignes d’attention ont été obtenus dans des cas isolés ; il suffit de rappeler les communications à
- plus de 4oo’(m réalisées par Majorana en 1908 et les belles expériences exécutées tout récemment par la marine française,
- Quant à la télémécanique, elle se heurte encore à de telles difficultés qu’on ne peut môme pas dire qu’elle soit dans l’enfance. Tout appareil susceptible d’être déclenché par des ondes hertziennes intentionnellement envoyées l’est évidemment aussi par les ondes accidentelles et surtout, dans le cas des applications militaires, par les ondes perturbatrices systématiquement produites par l’ennemi.
- M. P. Brenot termine, par quelques mots très clairs sur ces difficultés, sa remarquable chronique. ~
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2« Série). — N» 33
- M. Rézelman aborde l’étude de la Réactance des moteurs asynchrones sur la machine complète, après avoir considéré le stator et le rotor séparés.
- C’est donc le cas réel d’intérêt industriel, qui est examiné ici. Une fois de plus on pourra constater la concordance remarquable entre les mesures faites et les formules approchées établies par l’auteur. L’emploi de ces formules se trouve donc ainsi recommandé aux constructeurs.
- Nous avons noté ensuite la continuation des curieuses recherches de MM. Villard et Abraham, qui amenèrent ces deux auteurs à poser formellement la question suivante :
- La tension dite explosive entre deux électrodes ne correspond-elle pas à un phénomène de nature purement accidentelle?
- La réponse paraît devoir être affirmative.
- M. J. Bénard, dans une récente communication aux ingénieurs civils, a rectifié quelques idées fausses qui ont cours généralement sur l?éclairage. des phares : l’arc électrique est bien loin d’y jouer le rôle important qu’on lui attribue généralement, surtout si l’on considère les pays étrangers.
- L’auteur exprime le désir qu’on crée des
- lampes à incandescence de forme spéciale pour cet usage:
- D’intéressantes expériences de laboratoire de M. W. Holwech ont montré que l’emploi à'un arc court avec anode refroidie améliore sensiblement les conditions de formation d'acide azotique.
- M. W. Fellenberg poursuit depuis près d’un an dans la presse technique allemande une comparaison entre les développements de Vélectrotechnique en Allemagne et aux États-Unis.
- D’une grande abondance de documents et de diagrammes nous avons extrait les chiffres les plus caractéristiques.
- M. H. Gisi a réussi à établir une méthode graphique pour Vévaluation des frais d’exploitation, qui est très générale.
- Les diagrammes donnés par l’auteur s’appliquent en effet à tous les cas qui peuvent se présenter dans des installations mécaniques, et notamment dans les installations auxiliaires des centrales électriques.
- L’anteur a complété les résultats publiés dans le numéro actuel par une étude qui sera prochainement mise sous les yeux de nos lecteurs.
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- 13 Août 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- (II0 partie) (').
- RADIOTÉLÉPHONIE
- La téléphonie avec fil et la radiotéléphonie sont régies par les mêmes principes généraux.
- Dans l’une, l’organe de liaison entre les correspondants est un fil, dans l’autre, c’est le fluide de Maxwell.
- La première utilise les variations imprimées par un microphone à un courant électrique; la seconde repose sur l’emploi, au lieu d’un courant continu, d’une succession régulière d’oscillations électriques. Modifiées au moyen d’un microphone actionné par les ondes sonores, ces oscillations reproduisent, dans les récepteurs acoustiques du correspondant les ébranlements mécaniques qui furent cause de leurs modifications.
- Dans les deux cas, le problème à résoudre est triple :
- Production, ou d’un courant continu, ou d’une succession régulière d’oscillations;
- Action de la voix, soit sur le courant continu, soit sur l’appareil producteur d’oscillations;
- Enregistrement, soit du courant déformé, soit des oscillations modifiées.
- La première partie du problème, bien simple en téléphonie ordinaire, est extrêmement difficile à résoudre en radiotéléphonie. Les sons émis par la voix humaine dans le langage parlé paraissent constitués par des mouvements vibratoires d’une complexité extrême : quelques-uns correspondent à des périodes extrêmement courtes qui descendent
- jusqu’au ^ g ~~ de seconde (Majorana).
- Les oscillations électriques, dont les an-
- tennes normalement employées sont le siège, ont des périodes d’une durée voisine de quelques millionièmes de seconde. Il est bien évident, dès lors, que les vibrations sonores, même les plus rapides, ne pourront pas agir en provoquant la formation de dentelures sur les sinuosités de chaque vibration électrique : elles produiront seulement des fluctuations progressives de séries relativement longues d’oscillations électriques.
- Les trains d’ondes amorties, produits en télégraphie sans fil, sont séparés par des intervalles de temps qui sont presque toujours supérieurs à un millième de seconde, même avec les transmissions musicales aiguës. Si l’on faisait agir les vibrations de la voix sur un microphone intercalé dans une antenne émettant de semblables trains d’onde, Faction des ondes sonores serait d’une irrégularité telle qu’elle ne pourrait donner lieu à aucune application pratique, puisque certaines vibrations de la voix ont des fréquences voisines de iS ooo.
- Il était donc nécessaire, si l’on désirait utiliser les procédés de transmission par ondes amorties de la télégraphie sans fil, de les modifier, de façon à accroître considérablement le nombre de décharges par unité de temps.
- Dans cette voie, les meilleurs résultats ont été obtenus par Majorana. Ce physicien a d’ailleurs fait remarquer qu’il n’était pas nécessaire de produire plus de io ooo trains d’onde par seconde : « Les vibrations très serrées delà voix n’impressionnent pas, en effet, les récepteurs téléphoniques ordinaires et cela n’empêche pas que pratiquement la reproduction de la voix soit parfaite. »
- Ce phénomène tient à la grande délicatesse de l’oreille, et à la faculté qu’elle possède
- (') V. Lumière Electrique, 6 août 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série.) — N° 33
- de reconstituer des impressions incomplètes.
- Après avoir utilisé des machines statiques, des bobines d’induction avec interrupteurs spéciaux, Majorana s’est finalement rallié, pour l’emploi d’énergies suffisantes, aux procédés habituellement employés pour la charge des condensateurs en télégraphie sans fil par du courant alternatif de basse fréquence.
- On peut employer le montage normal, la distance d’éclatement à l’exploseur étant extrêmement réduite. Le potentiel explosif est alors atteint rapidement, surtout si l’on a détruit le réglage de résonance primaire pour utiliser les phénomènes de battements qui, comme on le sait, provoquent, dans certains cas, une élévation brusque de la tension.
- Majorana a pris les plus grandes précautions pour combattre la formation de l’arc permanent, qui tend toujours à se produire, par suite de réchauffement des électrodes et de l’ionisation de l’air environnant.
- Il a employé des éclateurs fixes et des éclateurs tournants.
- Dans les éclateurs fixes, le soufflage est obtenu par un jet de gaz comprimé. La pression du gaz atteignait io atmosphères pour une fréquence d’étincelles qui dépassa 120 par demi-période du courant d’alimentation (fréquence 42)- La distance d’éclatement était de 2mm,5, pour une fréquence d’étincelles de 6 3oo.
- Dans les éclateurs tournants, c’était le mouvement de l’éclateur qui produisait le soufflage de l’étincelle.
- Il ne semble pas que les très intéressants procédés de Majorana (') puissent donner aut re chose qu’une solution provisoire du problème. La transmission de toutes les vibrations de la voix n’est d’ailleurs assurée que d’une façon assez imparfaite.
- C’est en traitant la question dans toute sa généralité, en cherchant à produire, non plus des trains d’onde amorties très rapprochés,
- (>) On trouvera dans un prochain numéro de la Lumière Electrique un exposé d'ensemble des travaux de Majorana.
- mais des ondes absolument constantes de période et d’amplitude, analogues aux ondes sonores soutenues correspondant, par exemple, à une note émise par un tuyau d’orgues, que l’on parviendra le plus sûrement à avoir de bonnes communications radiotéléphoni-ques. Nous retrouvons là le problème des ondes entretenues, dont l’importance est tout aussigrande pour la télégraphie sans fil,etdont la solution, poursuivie par deux méthodes, celle de l’arc chantant et celle de l’alternateur à haute fréquence, n’a pas encore été donnée d’une façon bien satisfaisante pour les puissances un peu notables.
- Dès 1904, Poulsen pensa à appliquer son arc à la téléphonie sans fil. Mais c’est à Rüh-mer que sont dus les premiers succès obtenus en radiotéléphonie à l’aide d’arcs chantants. Rühmer employait un arc de Poulsen donnant 3oo 000 oscillations par seconde. Les portées réalisées furent d’abord de 3om avec des antennes de im,5o de hauteur : elles atteignirent rapidement 4o kilomètres.
- De concert avec Poulsen, de Forest modifia légèrement le dispositif expérimental du début, pour créer un matériel plus facilement réglable et transportable.
- L’arc de Poulsen jaillit entre une électrode de cuivre refroidie et une électrode de charbon, dans de l’hydrogène ou un composé hydrogéné : de Forest (1908) utilisa comme composé hydrogéné de la vapeur d’alcool, qu’on peut obtenir très facilement par. un grand nombre de dispositifs.
- On réalise d’ailleurs facilement une atmosphère favorable, en employant, comme le proposa Poulsen, une circulation de gaz d’éclairage ou d’hydrogène obtenu par décomposition sous l’action de l’eau del’hydruré de calcium.
- On peut déterminer la composition du gaz employé de façon que, par suite de sa dissociation, il se produise, sur le charbon qui constitue la cathode, un dépôt charbonneux qui compense presque absolument l’usure de l’électrode (de Forest, 1908).
- On sait que les grands perfectionnements
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- 13 Août 1910.
- KE VUE D’ÉLECTRICITÉ
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- apportés par Poulsen à l’arc de Düddell, ont consisté dans un ensemble de dispositifs permettant d’augmenter considérablement la fréquence des oscillations produites, tout en permettant la mise enjeu d’une assez grande énergie.
- En 1903,M.Düddell, d’une part,etM. Cam-pos, d’autre part, cherchant à perfectionner les premiers dispositifs. Düddell, avaient proposé de monter plusieurs arcs en série et en parallèle, ce qui permettait l’emploi de sources de courant plus puissantes. Ils remarquèrent que lorsque plusieurs arcs étaient ainsi groupés, leur stabilité individuelle était plus grande que, lorsqu’ils étaient isolés et croissait avec leur nombre.
- La Telefunken fit un certain nombre d’essais, en utilisant ainsi des arcs multiples à air libre.
- Les anodes en cuivre étaient refroidies et les cathodes constituées par des charbons de gros diamètre. L’arc était très court et l’on en montait jusqu’à douze en série.
- Les résultats obtenus par cette méthode sont restés* nettement inférieurs à ceux qu’ont donnés les dispositifs Poulsen.
- La théorie de l’arc Poulsen et, en particulier , le rôle de l’atmosphère hydrogénée , sont encore assez mal connus.
- Les oscillations ne sont vraiment régulières qu’à condition que la capacité aux bornes soit très petite par rapport à la self-induction.
- On atténue les irrégularités des ondes émises par l’antenne (Colin et Jeance) en employant des circuits intermédiaires, comme l’a proposé Stone : l’antenne est alors mise en vibration, après double transformation.
- Les arcs à haute tension, jaillissant dans des diélectriques liquides , comme l’arc Blondel, sont plus réguliers et plus stables que les arcs Poulsen : mais ils ne pei’mettent pasaussi facilement de réaliser des oscillations très rapides et n’ont pas encore reçu, en radiotéléphonie, autant d’applications que les premiers.
- Les essais de radiotéléphonie, au moyen
- d’alternateurs à haute fréquence, se bornent encore aux essais de Fessenden.
- Les détails précis et contrôlés manquent. L’alternateur qui servit aux expériences entre New-York et Braut Rook avait, parait-il, une puissance de 1 kw, et donnait du courant de fréquence ioo 000.
- La distance franchie atteignait 35okm, l’antenne de New-York ayant 6om de hauteur, celle de Braut Rock 120 mètres.
- * *
- Parmi les difficultés que rencontre la téléphonie sans fil appliquée aux grandes distances, une des plus grandes réside dans l’emploi du microphone.
- Les intensités de courant un peu fortes dégradent rapidement les microphones employés en téléphonie ordinaire. Or, en radiotéléphonie, si l’on désire atteindre de grandes distances, il faut, beaucoup plus vite qu’en téléphonie avec fil, augmenter les énergies en jeu. Quels que soient les artifices de montage employés pour ne faire passer dans le microphone qu’une faible partie du courant total, les microphones habituels deviennent insuffisants.
- On emploie souvent plusieurs microphones montés ensemble de façon à répartir l’énergie. Ce n’est qu’un palliatif médiocre, car la répartition de cette énergie et celle des vibrations sonores se fait très irrégulièrement.
- Parmi les microphones les plus susceptibles d’être appliqués à la radiotéléphonie, nous citerons le microphone de MM. Egner et Holmstrôm qui, en téléphonie ordinaire, a donné de bons résultats entre Paris et la Suède, et surtout le microphone hydraulique de Majorana qui supporte facilement de fortes intensités de courant par suite du renouvellement constant du liquide conducteur.
- On a essayé un grand nombre de dispositifs microphoniques les plus divers ^action de la voix sur un condensateur à armature vibrante, sur des flammes, sur l’écoulement
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- T. XI (2« Série). — N° ZZ.
- des gaz, sur un^ faisceau de lumière ultraviolette projeté sur des étincelles serrées ou un arc chantant, etc. Aucun ne donne encore parfaite satisfaction.
- Nous ne décrirons pas ici les innombrables procédés proposés pour le montage du microphone. Suivant la façon dont on le place, il agit en faisant varier l’intensité des oscillations émises, ou leur fréquence, ou les deux à la fois. Très souvent, le microphone est en série avec l’antenne, au voisinage de la prise de terre : il est alors traversé par toute l’énergie récoltée par l’antenne et agit sur l’amplitude des oscillations émises.
- Gampos proposa, en 1903, de le placer en dérivation aux bornes d’une capacité ou d’uiie self-induction, dans un des circuits oscillants : le microphone n’est plius traversé ainsi que par une partie de l'énergie en jeu, et modifie à la fois la fréquence et l’intensité des oscillations; c’est, semble-t-il, la disposition la plus judicieuse.
- k
- * *
- Les récepteurs auditifs employés en télégraphie sans fil peuvent être employés en radiotéléphonie. De meilleurs résultats seront évidemment obtenus avec les détecteurs plus sensibles aux ondes non amorties, comme les détecteurs à gaz ionisés et les détecteurs à cristaux.
- La déformation des courants électriques, pendant leur propagation le long des lignes longues, devient rapidement très gênante en téléphonie avec fil. En radiotéléphonie, il n’y a évidemment rien de semblable et la reproduction de la voix est parfaite... quand, au poste de départ, les ondes émises sont régulières et que le microphone fonctionne bien.
- * *
- La téléphonie sans fil a déjà donné lieu à des expériences très intéressantes. Nous citerons, en particulier, comme fixant à peu près actuellement la limite pratique des portées réalisées, les essais de Majorana, qui, en novembre 1908, a pu reproduire nette-
- ment la parole à 420km entre Rome et San Giulano, les essais de Poulsen entre Lyngby etEsbferg, Berlin et Copenhague.
- En France, les lieutenants de vaisseau Colin et Jeance ont obtenu, sur terre et sur mer, des résultats à peu près du même ordre. Ils emploient tyois arcs Poulsen en série.
- Si satisfaisants que soient les progrès réalisés depuis 1906, il ne semble pas que la radiotéléphonie puisse prétendre encore entrer vraiment dans la pratique comme la radiotélégraphie.
- Les appareils n’ont qu’un rendement insuffisant et sont compliqués et délicats : seule, la découverte d’un procédé simple de production d’ondes entretenues, énergiques et régulières, permettra de leur apporter de notables perfectionnements.
- A ce moment, il ne faudra pas encore attendre de la radiotéléphonie un développement analogue à celui de la téléphonie ordinaire.
- Le gros avantage de cette dernière est de pouvoir être mise entre toutes les mains ; par suite de la grande dispersion d’énergie dans tout l’espace, la première nécessitera, longtemps encore, probablement, la mise en jeu de puissances assez notables qui en restreindra la vulgarisation. Réseau sans postes d’abonnés, ne comprenant que des cabines publiques, tel nous apparaît le réseau radio-téléphonique futur... et les cabines ne pourront être bien nombreuses, tant que les problèmes de la syntonie et de la direction des ondes n’auront pas reçu d’excellentes solutions»
- Ainsi limitée, la radiotéléphonie ne semble pas devoir concurrencer sérieusement la radiotélégraphie, qui disposera toujours d’appareils à meilleur rendement, puisqu’elle n’est pas astreinte à la reproduction de phénomènes complexes.
- Si l’on envisage toutefois ses nombreuses applications, en particulier, en mer, sur les côtes, entre les continents qui n’auroht pu être réunis par la téléphonie ordinaire ar-
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- 199
- rêtée par la difficulté de faire franchir aux courants vibres de longs parcours sur les câbles sous-marins, on comprendra l’intérêt industriel de premier ordre qui s’attache à son étude.
- TÉLÉMÉCANIQUE
- La commande d’appareils à distance est une des applications les plus séduisantes des ondes hertziennes. Elle a, plus que toute autre peut-être, tenté les inventeurs de tous pays : dès 1899, Orling, Jameson indiquaient des procédés pour mouvoir des gouvernails et des torpilles. Parmi les physiciens ou les ingénieurs qui ont orienté leurs études vers la télémécanique, M. Branly est certainement l’un de ceux qui ont réalisé les expériences les plus intéressantes.
- Le but qu’on se propose en télémécanique est, d’une façon générale, comme le dit M. Branly (Communication du 20 mars 1905 à l’Académie des Sciences), de réaliser à une station de réception divers effets (par exemple, explosion de mines, mise en marche d’un moteur, etc.) dans des circuits agencés à l’avance, puis de les supprimer, l’ordre de réalisation et l’ordre de suppression étant quelconques, et ces deux ordres pouvant varier au gré de la station de transmission, de telle sorte que les effets puissent avoir lieu dans un poste abandonné ou dans un bateau non monté. — Le déclenchement des appareils récepteurs nécessite évidemment l’ouverture ou la fermeture d’un circuit électrique commandé par un détecteur d’ondes.
- Or, ce que peuvent faire les ondes hertziennes émises par le poste de commande, des oiides parasitaires le produiraient aussi éventuellement, si l’on ne prenait des dispositions spéciales, préservant les récepteurs, dans la plus grande mesure possible, soit contre les perturbations accidentelles dans le cas des applications industrielles, soit contre les perturbations accidentelles et contre les perturbations systématiques, dans le cas des applications militaires.
- Les dispositifs divers qui ont été propo-
- sés ne diffèrent au fond que par les procédés plus ou moins sûrs, plus ou moins compliqués, préconisés pour assurer cette protection, qui est une condition sine qua non de l’application des ondes hertziennes aux commandes à distance.
- Les ondes accidentelles péuvent assez facilement être rendues inoffensives, par une syntonisation aussi rigoureuse que possible, et par l’emploi d’appareils se commandant les uns les autres, et tels que, pour les mettre en marche, il faille des combinaisons de signaux que le hasard ne puisse presque jamais produire.
- Mais, pratiquement, en l’état actuel de la télégraphie sans fil, il n’est pas possible de se préserver absolument, contre les ondes perturbatrices systématiques. L’on parvient bien à empêcher qu’un poste perturbateur ne produise les effets dont on s’est réservé la commande, mais c’est alors le plus souvent en munissant les récepteurs d’organes de sécurité qui les bloquent quand les ondes étrangères les frappent ; et l’on n’est plus maître soi-même de la commande, tout au moins tant que dure le phénomène pertur-I bateur.
- LJn exemple nous fera mieux comprendre : supposons que pour actionner le récepteur il faille une certaine combinaison de points et ! de traits, et que le poste perturbateur envoie | une succession ininterrompue d’ondes hert-j ziennes.
- Entre deux signaux consécutifs de la combinaison, notre récepteur est atteint par les ondes étrangères : les organes de sécurité entrent en jeu et bloquent les appareils sur lesquels n’agiront plus les signaux suivants émis par notre transmetteur. Cet état de choses ne finira que quand le poste perturbateur interrompra un instant son émission continue.
- De tels inconvénients sont importants pour 1 les applications industrielles ; ils sont un obs-! tacle énorme à toute application militaire sé-i rieuse.
- ' Des palliatifs très intéressants leur ont été
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2® Série). — N® 33.
- apportés, en particulier dans les remarquables appareils de M. Branly.
- Néanmoins la télémécanique n’a pu encore recevoir d’application industrielle véritable, et, malheureusement, la cause en est dans sa base même, l’utilisation des ondes hertziennes.
- D’ailleurs, pour déclencher des appareils à distance, il est nécessaire de disposer d’un détecteur capable d’actionner, non plus un détecteur auditif, mais un relais, c’est-à-dire de revenir en somme au cohéreur, maintenant à peu près universellement abandonné.
- Son temps de cohéi’ence extrêmement variable, ses irrégularités, considérables dès qu’on lui demande une certaine sensibilité, rendent le plus souvént illusoires les dispositifs de sécurité basés sur des synchronismes mécaniques.
- Son mode de fonctionnement sous l’action des oscillations, qui le l’ange dans la classe des détecteurs d’amplitude, le rend impropre à toute syntonie précise, si indispensable pourtant dans un tel genre d’applications.
- Si nous nous représentons, en outre, la difficulté de maintenir à « distance » le réglage précis d’appareils de télégraphie sans fil, déjà délicats dans les postes bien dirigés, et compliqués encore par des relais et des organes de sécurité; nous comprendrons pourquoi la télémécanique, si séduisante en apparence, n’est encore restée que dans le domaine du laboratoire.
- Ce sont les mêmes raisons qui ont empêché dans la'pratique certaines autres applications des ondes hertziennes, qui prennent place en somme à côté delà télémécanique: la reproduction de l’écriture ou des signes conventionnnels, la téléphotographie, les télégraphes imprimeurs genre Hughes, etc. La plupart des radiotélautographes, dont l’un des premiers fut expérimenté par Pansa en si9o5, sont dérivés du télégraphe bien connu de Caselli, et basés sur l’emploi de 2 tambours tournant à peu près synchroniquement
- dans les 2 postes. Le tambour transmetteur est, par exemple, recouvert d’une feuille en matière conductrice sur laquelle la dépêche est écrite au moyen d’une encre isolante : il est animé, à la fois, d’un mouvement de rotation et d’un mouvement de translation. Un stylet conducteur frotte sur sa surface. Ce stylet est intercalé dans un circuit électrique, qui se trouve ouvert chaque fois que le stylet coupe l’écriture: le courant qui traverse le stylet déclenche au moyen de relais des appareils d’émission d’ondes.
- Au poste récepteur, tourne et se déplace, en face d’un stylet conducteur, un tambour analogue, recouvert par exemple d’un papier imprégné d’une solution telle que le passage d’un courant par la pointe du stylet produit une petite tache colorée au contact de cette pointe. Chaque émission du transmetteur actionnera un cohéreur qui laissera passer un léger courant dans le stylet: un point sera imprimé et la dépêche écrite au poste de départ se reproduira au poste d’arrivée.
- Un tel dispositif est séduisant: il assure théoriquement le secret de la transmission, le mouvement des tambours pouvant être réglé à volonté pour 2 postes correspondants. Mais, si même l’on ne tient pas compte de sa complication, très grande pourtant quand on lui demande un rendement suffisant, il ne peut actuellement trouver d’application pratique aux grandes distances, par suite des difficultés de réglage de divers organes, des appareils synchrones en particulier, et des irrégularités des cohéreurs sensibles.
- Nous ne croyons pas non plus, toujours pour des raisons analogues, que les télégraphes-imprimeurs genre Hovland, les appareils de radiotéléphotographie proposés par Thorne Backer, puissent encore entrer dans la pratique industrielle.
- M. Backer emploie un dispositif analogue à celui du Pr Korn : le transmetteur est tout à fait semblable à l’appareil à tambour de Pansa ; les ondes qui parviennent au poste de réception actionnent un cohéreur, dont le relais ferme ou non le circuit d’une lampe
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- éclairant les pellules de sélénium d’un appareil Korn. On pourrait peut-être se passer du cohéfreur, et avoir aussi un dispositif plus simple et plus sûr, en utilisant directement l’action des oscillations sur le sélénium. Cette action, du même ordre que celle des ondes lumineuses, a été mise en évidence par Branly en 1896.
- * «
- S’il semble certain qu’il n’y a pas lieu de diriger lés recherches relatives à la construction de récepteurs donnant des signaux inscrits vers les procédés nécessitant l’emploi des cohéreurs actuellement connus, il n’en est pas moins vrai que la télégraphie sans fil verra son rôle commercial considérablement accru, le jour où elle disposera d’appa-
- reils permettant l’inscription, sûre et très rapide, de signaux conventionnels. Alors seulement, elle pourra faire une concurrence véritable, et probablement heureuse, aux câbles à trafic intense : la réception acoustique ne permet, en effet, qu’un rendement modeste ne dépassant pas vingt mots à la minute.
- La solution est peut-être dans les procédés d’inscription photographique genre Polak, appliqués aux récepteurs auditifs actuels. Les renforçateurs présenteraient alors une importance très grande. Des expériences intéressantes ont déjà été réalisées dans cet ordre d’idées par plusieurs ingénieurs, entre autres par Poulsen et surtout par Polak.
- Paul Brehot.
- LA RÉACTANCE DES MOTEURS ASYNCHRONES.
- Après avoir analysé la réactance des machines à courant alternatif, le stator et le rotor étant séparés, continuons notre étude sur la machine complète.
- Moteur triphasé de 175 HP — à 8 pôles — 5o périodes — j5o tours — 3 000 volts entre phases.
- Stator :
- q>int = 75om,n t = 294™“
- l = 270 — 3X7"lm,5 li — a6omm rainures = 72 (19x 5o)ram t,= 32mra,7 S„ = 23 p = 4 7=3 (fig. 1)
- Rotor :
- Entrefer simple S = 1,5mm rainures--120(10X27)ram tr— i9mm,5 S„=2^= 4 7= 5 (fig. 2)
- A. — Réactance avec rotor ouvert.
- Essais. Des mesures ont été faites sous demi-tension :
- 1) En monophasé sur une phase;
- 2) En monophasé (deux phases en série) ;
- 3) En triphasé.
- Remarque. — Le courant absorbé par le
- Fig-. 1.
- stator varie insensiblement en changeant la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQU.E
- T. XI (2« Série). — *• 33.
- position du rotor par rapport au stator, quoi- j qu’il s’arrête dans des positions déterminées ; 'les tensions mesurées entre Iles bagués du ; rotor correspondent à ces dernières. I
- i) En monophasé sur urne phase. !
- La réactance d’une phase du stator correspondant au champ fondamental est :
- Le courant magnétisant pour l’entrefer et correspondant au champ fondamental sera :
- E >p
- «7
- et
- I6 _
- 5 ~ K*
- ou
- E0
- Ej, = tension aux bornes ;
- <ij— facteur des champs supérieurs = 1,06 pour q = 3, Q — 9.
- Nous écrivons :
- Fig. 2.
- c— fréquence;
- w et W\ = spires en série par phase du stator et du rotor;
- p — nombre de paires de pôles ;
- *.•*!»= pas polaire; l'i = longueur virtuelle des tôles;
- où :
- t, et tr— pas des dents du stator et du rotor ;
- /•^et/’i,. = ouvertures des rainures.
- zis — t. — ru et Zir = tr — rir = largeur des sommets (fig. 4) (*),
- Fig. 3.
- S = entrefer simple.
- fwl == facteur d’enroulement pour le champ fondamental ;
- = o,96 pour y = 3, Q= 9. • ki — facteur de fente.
- (f) Nous faisons ici emploi des abréviations et coefficients établis par Arnold. On obtient pour A’i la formule indiquée ci-dessus en admettant :
- X — 4 / rO + ?,1 r.
- V 8 '
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- 203
- Tableau I
- STATOR ROTOR
- e0~l e0~2 e0~3 el“2 Cl-3 e2“3 Ï0“1 C* Ci-a Cl"3 e3-a
- Lectures avec une tension 865 335 332 I 200 I I98 7,18 5o ,5 172 ,5 l6()
- de 865 volts sur phase I 865 333 331 1200 II98 — 7 J2» » 96 94 191 ,5
- Avec 1740 volts sur 859 880 4740 5 ,10 5o ,5 2 I I 306
- phases I—TI en série... 854 877 —— 1740 — — 5,io )) I 20 115 242 ,5
- Avec 865 volts sur 867 867 872 i5oo 15o5 l5l2 5 ,20 5o,5 210 210 210
- chaque phase. 868 867 870 15oo i5o5 i5i3 5,i8 » 210 2 10 2 10
- donc
- ki _ ________3a>7 _|_______>9.5
- 2 • 27>7 + V^>5(5+3) a- i6,5-f \/i,5(5+ 3') -0,565 + 0,535 = i,i et
- R8
- :5.5o,5.2762.0,96* ^ 0,687.39s 4.26 : —. ------;------ X ‘
- r,i . 0,15
- i3o£2.
- Stator
- Botor
- Il en résulte : I$=---7:- = 6,27 ampères
- 1,00.100
- tandis que l’on mesure : I0= 7,27 ampères; la différence correspond au courant magnétisant [nécessaire à l'aimantation du fer du
- stator et du rotor. La* réactance de dispersion d’une phase du stator est de 6,5 Q, donc ± 5 % de la réactance R8.
- La force électromotrice maximum induite dans une phase du rotor sera :
- 865 X
- 40 120
- 276 ^ 120 -f- 6,5
- 119 volts,
- tandis que le champ fondamental y induira :
- _L1§- == 112 volts ; la force électromotrice
- 1,06
- maximum entre bagues sera :
- o,38 „ ,
- 2 X H2 X = 193 volts.
- 0,96
- étant donné que fw\ = o,83 et <sf— 1 pour un
- enroulement q = 10, Q = i5.
- D’après le tableau d’essai, la phase I du
- stator induit une force 'électromotrice de
- 335 volts dans les phases voisines, il y a
- , . , 1 200 „
- donc une augmentation de 0 — 1,09-pro-
- 8,65
- duit par induction mutuelle positive.
- En faisant passer un courant de 7,2 ampères dans deux phases couplées en série, on-doit donc mesurer : 2 X 1 200 =2 4oo volts,
- resp. 7,2 X -—- ° =*= 5,23 ampères en appli-2 400
- quant 1 740 volts aux bornes.
- 2) En monophasé (deux phases en série). Pour un enroulement q = 6, Q = 9, le
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- T.
- XI (2e Série). — N° 33.
- facteur fw\ = o,83 et oy == i ; la réactance de deux phases en série
- :3goQ,
- 5.5o,5.S5a2, o,832 0,637.29,4.26
- Rj — ;----;----X ;
- 4 . 108 1,1. 0,15
- c’est-à-dire 3 x la réactance fondamentale
- d’une phase.
- Il en résulte I* = = 4,47 ampères;
- 39o
- on mesure I0 = 5,i ampères, magnétisation du fer comprise.
- La réactance de dispersion de deux phases en série du stator est i3 ü, donc ± 3 % de
- R,
- La, force électromotrice maximum entre bagues du rotor sera :
- 80 36o
- 1740 X rr" X —:—5 = 244 volts.
- 552 36o + i3
- D’après calcul l’induction mutuelle entre phases correspondant au champ fondamental
- est : i,34, au lieu de i,39 mesuré.
- \o,83/
- Le tableau d’essai montre que le courant magnétisant en triphasé a la même valeur qu’en monophasé sur deux phases en série en appliquant même tension par phase. Ceci s’explique par les valeurs des facteurs fw% et cn qui sont : fv% = o,96 et oy = 1 pour un enroulement triphasé Q = 9 ; en effet : 2. 5. o,832 = i,5. 5. o,962.
- Résumé.
- La réactance fondamentale par phase d’un enroulement Q — 9, correspondant à l'entrefer, est :
- 1) En monophasé sur une phase
- ^ __ 4,6 . c . w-2 w 0,637 . t . lt
- Ks p io8 ^ . 8
- 2) En monophasé sur deux phases en série et en triphasé
- Rb =
- 6,9 . c] . W2 0,637 . X . li
- X
- Æ, . 8
- ou
- K =
- +
- tr
- 2 . Zts -J- 8 (rts -J- l'ir)
- En pratique, ces coefficients peuvent être utilisés d’une façon générale :
- 1) Pour un nombre de rainures par pôle.
- Q = 9*
- 2) Pour un nombre de rainures par pôle
- Q ^6.
- B. —Réactance oe mspersion avec les trois
- BAGUES DU ROTOR EN COURT-CIRCUIT.
- Essais. Des mesures ont été faites dans les positions de réactance maximum, minimum et ensuite moyenne en tournant lentement le rotor.
- 1) En monophasé sur une phase.
- 2) En monophasé sur deux phases en série.
- 3) En triphasé.
- Tableau II.
- - STATOR ROTOR
- e<ri e0~2 e(T3 el~2 Cl"3 e3_3 h C h h . h
- Lectures avec un cou- 168,3 47 )2 47 ,2 I 2 I 12 I IO 5o ,5 O 40 4o
- rant de 10 ampères 156,1 5o ,2 5o ,2 106 106 » )) 46 23 23
- dans phase I 160,5 48 48 I I 2-,5 112,5 — )) )) 3i ,3 3i ,3 3i ,3
- Avec un courant de 121 I 2 I } 2 242 IO 5o ,5 81 4o,5 4o ,5
- 10 ampères dans 106 106.3 — 212 — — » )> O 70,5 70,5
- phases I-II en série. 113 ,5 114 — 227 — — » » 54,5 54,5 54,5
- Avec un courant de 120 120 , I 120 ,2 206,6 208 207 ,4 I O 5o ,5 7° _ _
- 10 ampères dans 105,4 106,8 106 181,6 182 182 » )) 70 — —
- chaque phase 114,5 114 ,5 115 198 198 ,5 >97 >5 » » 67
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- 205
- Remarque. — La réactance du moteur varie en changeant la position du rotor par rapport au stator. Contrairement à ce que nous avons constaté jusqu’à présent, le premier tableau d’essai en monophasé sur une phase montre qu’il y a une induction mutuelle négative considérable entre phases.
- i) En monophasé sur une phase.
- Le stator possède un enroulement monophasé q = 3, Q= 9, tandis que le rotor a un enroulement triphasé Q = i5, qui équivaut à un enroulement monophasé q — io, Q= i5 en plaçant deux phases du rotor en regard de la phase excitée du stator (fig. 3) .
- Les facteurs d’enroulement pour les différents champs sont (') :
- Tableau III
- fu>x f>»3 fw7
- 9 1 Q 3 0 ,96 0 ,64 0,19 — 0,14
- Q _ 2 o,83 0 — 0, i65 0,12
- q 3
- Nous voyons que les facteurs de champ du stator sont environ i5 % plus grands que ceux du rotor, sauf pour le champ d’ordre 3 où le stator a un facteur important, tandis que celui du rotor est zéro.
- Les deux phases du rotor, se trouvant en regard de la plus excitée du stator, seront parcourues par un courant, dont la valeur doit être :
- lr= h
- W fwt 2 . W1 fw' i
- 376 o,96
- 2.40 0,83
- 40 amp.
- pour annuler le champ fondamental du stator.
- Dans cette position les champs d’ordre 5 et 7 du rotor ont la même direction que ceux du stator; de plus, ils ont la même valeur,
- (q Arnold. Les enroulements des machines à courant alternatif.\ t. III.
- étant donné que le courant dàns le rotor est relativement plus grand que dans le stator dans le rapport :
- fvt’l « fWl
- fvû /Vj fw'f
- Les forces électromotrices totales induites par les champs 5 et 7 sont donc deux fois celles induites par le stator seul et comme c’est la réluctance du circuit magnétique principal qui vient en considération, la réactance correspondante à ces champs aura comme valeur :
- 4 (*^03 + *^07) — 4 • Ro (52^
- 7S . fwf
- l °,»92 1___
- \25 . 0,96* 49 • 0,96*
- = 4 . R0 . 0,002 = 0,008 . 120 = 0,96 Q.
- — 4 • Ro
- Stator
- Rotor
- Fig-, 5.
- oùR0= 120 O est la réactance du stator avec rotor ouvert. Le champ d’ordre 3 traverse également l’entrefer; la réactance correspondante à la valeur considérable :
- 32 . fw,
- o,642 \ 32 . 0,96V
- o,o5 . R0
- = o,o5 . 120 = 6 0.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2° Série).—rH» 32,
- Pour la perméance correspondant au flux traversant les rainures, sous écrivons :
- 3/-,
- ln = i,a5 — + '-Ï + F-^— + --r-6— \Si'i .*» 5r, 4- rs n 4- 2'-3
- »... 5.
- -f i,a5
- -0
- 7C. S -f- 4;*!
- et celle correspondant au flux entre sommets :
- {ztr—risf
- X* I,a5
- 6 . 8 . tr
- pour le stator et
- X* = i,a5
- [Zis --- ffr)
- 6 . S .t i
- pour le rotor (fig. 4).
- Nous obtenons (fig. 5) : Stator :
- 3 . 4,5
- /35 6,5
- = ita5 ( -- + — 4 V5-7 *9
- a . 4,5
- 5,5 4- 19 5- -j- a 19
- 2 • 2 • i.5 \ c
- -j = a,6a
- 4- i,s5Z 4- - 2 ' 1,J ^ 5Tx.i,5 4-4
- et
- X* — 1,25
- {i6,5 — 5)2 6 . i,5 . 19,5
- °>9'+-
- Rotor :
- X„ = i,25
- — _L_ il! 3 • 3 r_ 2 2
- 3o ' 10 5.3 4-k> 3 -)- 2 . îo
- + ,,a5i+ . |'5
- ’ 3 ic. 1 j 5 4~ 4 • 3
- = 2,41.
- La réactance correspondante est donc : "Vrl^'” ,aë j »'6* + °>94 4r | (»i4> 4
- = 5,9» a.
- Le tableau d’essai donne 168*3 volts pour 10 ampères, c’estrà-dire 16,83 Q. Il resta donc pour la réactance des raccordements extérieurs :
- xss = 16,83 — 0,96 — 6 — 5,92 3,95 Q.
- En changeant la position du rotor par rapport au stator, la réactance totale tombe de 16,83 à 15,61 & et diminue donc de 1,22 SL
- Comme Arnold l’a déjà indiqué, cette diminution doit environ correspondre à lia suppression des réactances supérieures ï x^ et xQ1, étant donné que dans cette nouvelle position, les champs 5 et 7 du rotor sont opposés à ceux du stator.
- Néanmoins, le champ supérieur 3 se manifeste librement, l’enroulement triphasé du rotor ne pouvant produire un champ de cet ordre.
- Pour créer dans le rotor des champs de tout ordre opposés à ceux du stator, il faut y employer un enroulement de répartition semblable, c’est-à-dire, couvrant également un tiers de l’arc. Or, pour cela, il suffît de eourt-circuiter une phase du rotor entre le point neutre et une bague et de placer cette
- Fig.. (ï.
- La largeur du sommet du stator sliS étant plus grande que le pas de dent tT du rotor, zl$ doit être remplacé par tr, l’intégration se rapportant à une dent seulement; donc :
- XA =
- 1 ,a5
- (*9.5 ~3)2
- 6. i,5.32,7
- = 1,16.
- phase en face de celle excitée du stator (fig.6).En effet, l’essai donne(V. tableau IV).
- Nous pouvons obtenir le même résultat avec l’enroulement triphasé du rotor, dont les trois bagues sont en court-circuit, en faisant une connexion entre le point neutre et
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- 13 Août 1910.
- REVUE D'ÉLECT RI CITÉ
- 20T
- Tableau IV.
- «0*1 e0~2 eos el~2 «1-8 h c 1 I rotor
- Avec un courant de 10 ampères dans phase I io7 6,5 6,5 115 ,5 ix3 ,5 IO 5o,5 66
- les bagues (fig. 7); l’essai montre que le rotor a les deux positions extrêmes suivantes :
- proprement dit, s’écartera très peu de celle déjà déterminée par calcul :
- !6,83 — 6,9G = 9,87 Q (l).
- Tableau V.
- STATOR ROTOR
- e<ri «0_2 e0_3 el_2 eI~3 I G h b b fps
- Avec un courant de ro5 ,5 ^ 3,.i 3; 1 ioa,3: i 102 ,4 IO 5o,5 65 ,2 62,5
- 10 ampères dans i68,5 4 .7 I2X ,5 121 ,7 )) B — 39,5 3914 —
- phase f. i3o » » 38 ,5 3 3 r> 38,5 48,3
- Au moment où une phase du rotor se trouve en face de la phase excitée du stator, la réactance a comme valeur 10,55 Q ; celle-ci augmente à 16,85 Q, c’est-à-dire de 60%, lorsque l’on change la position du rotor de manière à avoir deux phases en série en regard.
- Il est à remarquer que, en tournant lentement le rotor, la valeur effective du courant dans les enroulements est plus petite que celle du courant passant par la connexion au point neutre. Ceci s’explique par le fait que la> totalité du courant retourne par ‘la connexion chaque fois que le courant atteint son maximum dans une. phase.
- La valeur de 10;55 Q contiendra encore une faible réactance supérieure correspondant à la répartition différente, due au nombre inégal des rainures par pôle et phase : <2 = 3 au stator, q — 5au rotor. Il en résulte que la valeur de la réactance de dispersion
- Le dernier essai démontre d’une façon frappante l’importance des harmoniques supérieures et constitue en même temps une preuve expérimentale de l’exactitude des coefficients d’Arnold.
- Nous avons encore à traiter l’induction mutuelle entre phases; d’après le premier tableau elle est négative et atteint les chiffres élevés de :
- ——------—- — 0,72 dans la position de
- i68,3
- réactance maximum et
- I°^’1---= 0,68 dans la position de
- i56,1
- réactance minimum.
- On se rend compte facilement que l’induc-
- (1) La réactance en monophasé sur une phase avec rotor enlevé a par hasard la même valeur : 9,9 Q pour 5o,5 périodes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 208
- T. XI (2* Série). — N<* 33.
- tion mutuelle n’est produite que par les champs supérieurs; l’induction du champ d’ordre 3 est négative, mais celle des champs 5 et ^Jest positive. L’induction résultante négative est donc égale à la différence.
- Stator
- fîotor
- En effet : x03 — (.r05+x{)1)=6 — 0,96 = 5,04 O «t la tension correspondante : 5o,4 volts, ce qui coïncide avec celle mesurée.
- En faisant passer un courant de 10 ampères
- regard des deux phases excitées du stator (fig. 8).
- Les facteurs d’enroulement pour les différents champs sont les mêmes pour le stator et le rotor :
- \=\->!"‘ = °>83;
- fw3 — o; fws = — o,i65 et fw^ — 0,12.
- Les deux phases du rotor se trouvant en
- regard des phases excitées du stator seront
- donc parcourues par un courant, dont la va-
- 1 j • . r 276 o,83 „
- leur doit etre : lr— 10 X-~ X —— — «9 am-
- 4° o,83
- pères, pour annuler le champ fondamental du stator.
- Contrairement à l’essai précédent sur une phase, les champs supérieurs du stator et du rotor s’annulent dans cette position et il ne reste donc que la réactance de dispersion proprement dite, c’est-à-dire
- 12,5 . 5o,5 . 55a2
- | 26 2,62 -f- 0,94 + ^ (2/11 -f- 1,16) j -f- Æss — 1 i>84 -j- xss.
- Rotor q *10
- Fig. 8.
- dans deux phases couplées en série, on doit donc mesurer aux bornes :
- 2 X 121 = 242 volts dans l’une et
- 2 X 106 = 212 volts dans l’autre position.
- 2) En monophasé deux phases en série.
- Avec ce couplage, le stator a un enroulement monophasé q = 6, Q = 9 et le rotor un enroulement triphasé Q = 15, qui équivaut à un enroulement monophasé g = 10, Q.= i5 en plaçant deux phases du rotor en
- 2 12
- Le tableau d’essai donne ----= 21,2 Q (*),
- 10
- d’où résulte : xBS = 21,2 — 11,84 == 9,36 Q.
- En changeant la position du rotor de manière à faire coïncider la direction des champs
- p) La réactance en monophasé sur deux phases en série avec rotor enlevé a par hasard la même valeur : 21,4 Q pour 5o,5 périodes.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 209
- supérieurs du stator et du rotor, la réactance augmentera de :
- 4 (^05 4- *o,) - 4 . Ro (^5—w + f^oTèv)
- = 4 • Ro • 0,002 = 0,008 . 36o = 2,88 Q
- en prenant pour tft0 la valeur de 36o Q.
- En faisant une connexion au rotor entre le peint neutre et les bagues, on ne constate aucun changement, ni dans la position maximum, ni minimum du rotor, le courant passant par la connexion étant minime.
- 3) En triphasé.
- Avec stator et rotor couplés en triphasé les coefficients ont des valeurs telles’ que la réactance par phase est sensiblement égale à la moitié de celle en monophasé deux phases en série. Le courant du rotor doit être
- 176
- également : I,. = 10 X
- 40
- 69 ampères.
- Il nous reste encore à vérifier la réactance des raccordements extérieurs.
- L’essai en monophasé sur une phase donne la valeur de 3,95 Q et en monophasé deux 9,36
- phases en série
- 4,68Q. L’essai paraît
- indiquer que la compensation est plus parfaite sur une phase que sur deux phases en série.
- Dans l’étude précédente sur la « Détermination de l’induction mutuelle entre raccordements extérieurs » nous avons trouvé en monophasé sur une phase : xsl xSII = 4,18 Q. pour A = o.
- Nous pouvons donc considérer que l’essai confirme la conclusion exprimée dans cette étude.
- Il est encore à remarquer que les valeurs des réactances, en tournant lentement le rotor, sont sensiblement les moyennes des valeurs maximum et minimum
- Résumé.
- La i’éactance de dispersion par phase d’un moteur triphasé avec les trois bagues du rotor en court-circuit est :
- Rce X$n -j- %sk -J- Xss.
- OU
- et
- Xsn = piJ hl\
- P. 108 \qt (Ji)
- K = ..-.5 (— + Ü +
- ’ Ur, ^ r, ^ '.r, + r, ^ r, +'ir,
- X.k
- + RüS 77 -J- -
- 12,;>. c. w*
- 8 + 4'V’
- “yJ • rr j , ^fc2\
- P • K)8 ‘ \<7l Qt /
- et
- X/a =1,25
- [Zu-
- 6 . S . tr
- où zir doit être remplacé par t3, quand z{r > ta ;
- , {z\s — ru.)2
- **’•'•*-tXt.
- où zls doit être remplacé par tr, quand ^ls7> ?
- Xss Xs\ 5g
- et pour un bobinage par pôle. conséquents :
- x, =
- I2,5.f.(V2
- P . IO8
- par pôle,
- 0,46 (Isa • 10g — -f lsc . 10g — \ Usa ° Usc
- 2.)
- 12,5.6'. W2 ( I 2 Is . 7 2 L
- Xs =----------;---. 0,46 -lsa . log-----b 4c • ‘°g —
- P- IO8 V2 Uea U«
- La réactance supplémentaire due aux champs supérieurs varie suivant la position du rotor par rapport au stator :
- 1) En monophasé sur une phase de :
- o,o5 . R0 à O,o58 R0
- 2) En monophasé deux phases en série et en triphasé de
- o à 0,008. R0, où R0 est la réactance du stator par phase avec rotor ouvert.
- La valeur de la réactance R0, donc également celle des champs supérieurs, varie directement avec l’entrefer.
- D’après les essais, le courant dans le rotor atteint les valeurs maximum suivantes :
- Ir=I.
- w 0 >96 __ Is
- 2.0/'y/3 0,83
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- . XI (2e Séria). — 33i
- I r — h
- w* ’ y/J 0,83
- i
- * w'
- i,iS
- vt>
- r — i _
- V — • r
- W
- (3)
- et prend les valeurs effectivesen tournant lentement le rotor :
- w
- L^L.^.0,77.5
- » * w
- Il O» î _____
- 1/’===1^ ,• ------ W1'
- (3)
- J. Rézelman,
- Ingénieur,,Chef de service1 des A- G. E. C.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les potentiels explosifs. — P. Villard et
- H. Abraham. —.Académie des Sciences, séance du a5 juillet igio.
- Une série d’expériences très soignées ont conduit les auteurs à se demander si l’on ne doit pas con* dure à l’inexistence absolue de ce que l’on appelle généralement le «potentiel explosif ». En effet, plus on étudie de près le mécanisme de la décharge entre deux électrodes, plus on voit apparaître le caractère accidentel de la production de l’étincelle : dans un gaz très pur, il semble qu’elle disparaisse entièrement. Ces vues semblent confirmées par de nouvelles expériences faites en utilisant les tensions élevées et à variations rapides formées par des transformateurs ét des bobines d’induction (au lieu des machines électrostatiques, qui donnent des variations assez lentes).
- Sur la résistance électrique des métaux alcalins. — L. Haokspili. —Académie des Sciences, séance du 25 juillet 1910.
- Des mesures faites au double pont de Thomson ont donné les résultats moyens suivants, à o°, en microhms-centimètres :
- Cæsium.,.............. 18,1
- Rubidium............... 11,6
- Potassium............... 6,2
- Sodium.................. 4,3
- Tous ces nombres sont (sauf pour le sodium) inférieurs à ceux trouvés par MM. Güntz et Bro-niewski.
- Réactions chimiques et ionisation . —G. Kaboul. — Académie des Science s, séance du 25 juillet 19*0.
- L’auteur énonce plusieurs résultats expérimentaux qui paraissent confirmer la théorie de MM. de Broglie et Brizard.
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Différents modes d’éclairage des phares. — J. Bénard. — Bulletin de la Société des Ingénieurs Civils, mars 1910.
- La forme idéale d’une source lumineuse pour phare serait une sphère ou peut-être mieux un ellipsoïde. Les sources lumineuses qui répondent donc le mieux à l’éclairage des phares sont celles qui se rapprochent davantage de cette forme,, à la condition, bien entendu, qu’elles aient une intensité aussi grande que possible.
- L’arc électrique est la source lumineuse ayant le plus grand éclat intrinsèque, par conséquent remplissant une des principales conditions d’une bonne source lumineuse de phare.
- L’incandescence électrique, par suite de la forme des filaments des lampes, ne convient pas aux appareils de phares et, à part dans certains cas spéciaux et très rares, tels que les feux de direction, elle est peu ou point employée.
- L’arc électrique, source la plus puissante, malheureusement d’un coût d’entretien beaucoup trop élevé et demandant des gardiens instruits et soigneux, ne saurait être recommandé que pour des
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- n%
- points 4’atterrage particulièrement importants et dans des pays où l’on dispose abondamment d’un personnel expérimenté.
- L’autsur étudie alors les différentes sources lumineuses actuellement employées : huile végétale, huile minérale av«.c becs à mèches,, lampes Bourdéliés, lampes et becs ait pétrole, becs à mèches anglais, incandescence par la vapeur de pétrole, éclairage au gaz, à l’acétylène, enfin arc électrique.
- Il y a en France i3 phares illuminés par l’arc électrique, 4 seulement en Angleterre ; d’autres pays en ont un,, deux ou trois,
- On peut donc dire que l’arc électrique,, depuis cinquante ans q,u’il a été essayé jn’apris pratiquement aucun développement, à cause des frais d’entretien ; l’éclairage à incandescence par le pétrole donne satisfaction dans la plupart des cas. Le manchon à incandescence est encore plug haut que large, ce qui est inutile au point de vue de l’éclairage des phares. Ne pourrait-on désirer une lampe à incandescence électrique dont les filaments très rapprochés auraient presque l’aspect du tissu des manchons, avec la forme d’une sphère ou d’un ellipsoïde, forme que l’on doit considérer comme la forme idéale pour les appareils de phare ? Les essais faits au Service des phares de France, sur des filaments de Nernst, ont démontré que l’intensité par centimètre carré de ces filaments était vingt fois plus grande que celle des manchons à incandescence parle gaz.
- On voit le gain énorme d’intensité qui serait ainsi réalisé.
- Le courant pourrait dans beaucoup de cas être fourni par les réseaux d’éclairage publics qui se développent de plus en plus, et les frais d’entretien et de gardiennage seraient très sensiblement réduits. L’électricité conquerrait ainsi la place que beaucoup de personnes lui attribuent, en pensant, à tort,, que les phares sont illuminés par l'électricité,.
- Action des rayons ultraviolets sur certains hydrates de carbone. — H. Bierry, V.. Henri et A. Ranc. — Académie des Sciences, séance du 25 juillet 1910.
- Une certaine espèce de sucre, à fonction cétoniquc (le ’ ef-fructose), est susceptible de subir, sous l’influence des rayons ultraviolets, une dégradation profonde, jusqu’à formation d’aldéhyde formique et d’oxyde de carbone. C’est la première fois que, sans ferments chimiques, on obtient une telle dégradation de ce sucre.
- Décomposition de la vapeur d’eau par l’ai-
- grette. — M. Kernbaurn. — Ac A dé mie des Sciences,, séance du 2.5 juillet rçpo..
- L’auteur a pu réussir à obtenir cette décomposition, analogue à celle qui se produit sous l’influence des rayons p du radium et des rayons ultraviolets.
- ÉLECTROCHIMIE ET
- ! ÉLECTROMÉTALLURGIE
- )
- Formation d’oxyde d’azote au moyen de i l’arc lumineux court, avec une anode refroi-: die. — W. Holwech. — Zeitschrift ftlr Elektroçhe-] mie, juin 1910.
- i L’auteur étudie la formation de l’oxyde d’azote, ! au moyen de l’arc lumineux, court, avec cathode • chaude et anode refroidie.
- Il a obtenu environ 8o^r d’acide azotique par : kilowatt-heure. La concentration atteint 9 % . Les i arcs les plus courts donnent le meilleur rendement, avec une vitesse des gaz minima.
- L’étude électrique de l’arc a été faite avec la sonde d’iridium ; elle a prouvé que l’anode refroidie, dépourvue de vapeur d’électrode, produisait un champ constant, même au voisinage des électrodes.
- Plus le champ est puissant, meilleurs sont le rendement et la concentration obtenus, tant que la température ne s’élève pas trop : sinon, les phénomènes thermiques masquent les phénomènes électriques, et les circonstances sont défavorables à une bonne concentration.
- L’emploi de champs de plus de 200 volts par centimètre, qui peuvent paraître excessifs comparég au champ de 10 volts habituellement usité, donne des résultats meilleurs de 3,5 à 4 %
- J. P.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Méthode graphique pour l’évaluation des frais d’exploitation. — Hans Gisi. — Zeitschrift dés Vereines deutscher Ingenieure, 27 novembre 1909.
- La note suivante indique une méthode, à l’aide de laquelle on peut résoudre graphiquement les questions d’évaluation des frais d’exploitation pour toutes les installations mécaniques et en particulier pour les installations auxiliaires des usines de force électrique.
- Cette méthode donne la possibilité de déterminer,, par un calcul unique, les frais d’exploitation pour tous les cas qui peuvent se présenter dans l’exploitation
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- 242
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2» Série). — N» 33.
- dues au frottement et à la ventilation (et en outre, dans les machines électriques les pertes fer et une partie des pertes cuivre) ;
- a0 La dépense nécessaire pour produire le travail à fournir par la machine (et, en outre, dans les machines électriques, l’autre partie des pertes cuivre).
- Si l’on porte en abscisses, sur le diagramme de consommation, le travail fourni par la machine et en ordonnées l’énergie correspondante reçue (fig. i), on obtient la ligne représentative de la dépense totale d’énergie.
- Cette ligne, pour chaque espèce de machine, se présente en général sous la forme d’une droite et c’est seulement aux environs de la charge o que, suivant l’espèce de machine, elle s’infléchitplus ou moins.
- C’est ainsi qu’ici, par exemple, les moteurs à gaz donnent une ligne infléchie vers le haut, et que les moteurs Diesel, les machines électriques, les machines à vapeur à piston et les turbines à vapeur donnent pratiquement une droite parfaite. Les turbines à va-
- «
- a
- < 100 70
- a 600 b B0
- JSOO^SO
- ffLdü____
- g *00 g zo
- fourniture de force utile _
- 100 10
- Consom. de eomb i,
- .9 KW.
- 1303
- Charge
- d’une installation mécanique donnée, c’est-à-dire pour chaque durée d’exploitation (nombre d’heures
- Travail Pourcu
- Fig. i.
- annuel), pour chaque valeur de la fourniture de force annuelle,ainsi que pour des charges variables à volonté.
- Toute machine consomme, pour fournir un travail donné, une énergie déterminée qui est égale au travail fourni, divisé par le rendement delà machine 'pour la charge correspondante. Celte énergie se compose de :
- i° La dépense nécessaire pour vaincre les perles
- peur ont, en toute rigueur, des lignes de dépense totale d’énergie qui s’inclinent légèrement entre les très faibles charges et la marche à vide.
- Exemples : Le tableau 1 et la figure a contiennent les résultats obtenus avec un moteur Diesel couplé avec une génératrice.
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- 213
- Tableau I
- EXPERIENCES N'° I* 11 III IV V* MARCHE A VIDE
- CHARCK MAXIMUM 1 3/4 1/3 1/4 i‘ i/5
- Durée de Fessai : minutes.. 47,10 72,ï° 59 40,6 37,15 14,4o
- Tours/minute i85,8 188,2 190,0 190,0 191,5 186,0
- Charge : kw 158,80 131,3 io3,4 64,15 25,i5
- Rendement de la génératrice : % 92 i)1*5 9° 85,8 71,6
- Travail utile du moteur Diesel en chevaux.. . 235,0 >99.5 i56,o ioi,5 47,6
- j kg 35,o 45,0 3o,o i5,o 10,0 2,0
- Consommation f kg/heure 44,5 37,4 3o,5 '22,4 16,1 8,l6
- de combustible l g/cheval-heure 189,0 188,0 i96>° 221,0 338,o
- / g/kw-heure 281,0 280,0 297>° 35o,o 642,0
- Les essais marques d’une * ne sont cités que dans le but de compléter les données .
- Le rendement indiqué pour la génératrice électrique s’entend y compris l’excitation et les pertes de frottement et de ventilation. Les deux dernières sont estimées à i % du travail normal.
- Le moteur Diesel a été fourni par les frères Sulzer, de Winterthur et il a une puissance moyenne de 200 chevaux pour 187 tours-minute.
- La génératrice électrique est triphasée; elle donne pour 187 tours-minute et 5o périodes, 200 volts et 480 ampères avec charge inductive à cos ç = o,8 ou bien 200 volts et 390 ampères avec charge sans induction. Leur moment d’inertie est PD2 = go 000 kg.m2 et suffit pour un coefficient d’irrégulaité de i/a5o.
- Comme on le voit sur le diagramme, les valeurs de la consommation totale de combustible à pleine charge, à 3/4 de charge et à demi-charge, ainsi que pour la marche à vide, se trouvent effectivement sur une droite.
- En ce qui concerne les turbines à vapeur, le directeur des usines électriques de la ville de Francfort sur le Mein, M. Singer, a déjà fait connaître en 1904 que leur dépense totale d’énergie se présente sous la forme d’une ligne droite. Toutes ses expériences lui ont démontré que les quantités de vapeur, consommées aux différentes charges, figurent sur une ligne droite, si l’on prend les charges pour abscisses, et que cette droite,pour la charge zéro,détermine, par sa rencontre avec l’axe des ordonnées, la consommation de vapeur dans la marche à vide.
- On peut, par suite, poser pour la consommation de vapeur l’équation suivante :
- y— a x -f- b,
- dans laquelle y est la consommation de vapeur en kilogrammes par heure ; x9 la charge en kilowatts ;
- a, un coefficient qui, pour une même machine, dépend de la pression de vapeur et de la surchauffe ;
- ô,la consommation de vapeur pour la marche avide avec excitation en kilogrammes par kilowatt-heure.
- IZOOO
- 6000
- Conson devap.p ourtapf iduct.
- jevap. poi 'rtespen es |
- 2. sou 3000 /f(4t
- \Consom
- ZQQQ
- (500
- Charge
- Charge
- ig. 3.
- Cette simple relation permet d’établir l’équation pour la consommation de vapeur, dans le champ d’exploitation total d’une machine, d’après trois données et de reconnaître ensuite les valeurs erronnées, comme telles, lorsqu’on les inscrivant, on constate qu’elles tombent en dehors de la droite. Dans la figure 3, on a fait ressortir les valeurs, d’après lesquelles on a tracé là droite pour la consommation
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-
- '214
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI 83.'
- de vapeur ; on peut juger par leur position du degré de précision de la relation.
- Les chiffres de consommation de vapeur donnés se rapportent à une pression de vapeur de 14 atmosphères et :à une température de vapeur de 3oo° pour .90 % de viide. Naturellement, avec les nouvelles turbines à vapeur, ils se présentent encore plus favorablement à l’époque actuelle qu’à celle des essais •de 1.904.
- Pour d’autres sortes de machines, on retrouve approximativement les propriétés analogues de la ligne de dépense totale d’énergie ; par suite, on pourra toujours tracer, avec une précision plus ou moins
- Repense pour fa pru-\efucffon de force utile
- Dépense p£ les pertes
- Travail Flurnt
- Fig. 4.
- grande sur le diagramme de consommation, la ligne de dépense totale d’énergie qui coupe l’axe des ordonnées et indique sur cet axe la dépense d’énergie pour les pertes propres à la machine.
- En tout cas, les écarts éventuels sont faibles ; leur influence est insignifiante, parce qu’ils ne se produisent qu’aux faibles charges ou aux surcharges et non pas aux charges normales. Ils peuvent par suite être négligés.
- Si par le point d’intersection de la ligne de dépense totale d’énergie avec l’axe des ordonnées on trace une parallèle à l’axe des abscisses, les ordonnées comprises entre cette droite et la ligne de dépense totale d’énergie représentent la consommation correspondant à la fourniture de force utile. Cette consommation, divisée par la charge correspondante, donne la consommation spécifique pour la fourniture de force utile, rapportée à l’unité d'e l’énergie fournie. Cette grandeur, puisque la dépense totale d’énergie est représentée suivant une
- droite, est indépendante de la charge et l’on peut, cfe celte façon, décomposer la dépense totale d’énergie d’une machine en :
- i° dépense pour la fourniture de force utile, proportionnelle au travail fourni ;
- »° dépense pour les pertes, indépendante de ce' travail (fig. 4).
- Les frais d’exploitation peuvent par conséquent se subdiviser comme suit :
- i° Dépenses fixes d’exploitation, comprenant les dépenses pour l’intérêt et l’amortissement du capital de mise, l’entretien, le personnel et l’administration. Ces dépenses restent invariables toute l'année,, que l'établissement fonctionne plus ©u moins longtemps ou que les quantités d’énergie fournies soient plus ou moins considérables ;
- a0 Dépenses d’exploitation variables, comprenant les dépenses pour les matières nécessaires au fonctionnement de la machine motrice (pour les moteurs à gaz : le gaz ; pour les moteurs Diesel ; huile combustible; pour les machines à vapeur et pour les turbines à vapeur .: charbon, etc.), ainsi que pour les moyens de graissage.
- Les dépenses de graissage ne sont pas à négliger pour les moteurs à gaz et pour les moteurs Diesel ni pour les machines à vapeur à piston ; elles peuvent avoir une influence très sensible sur le prix de l’unité d’énergie fournie. Pour les turbines à vapeur au contraia’e,. elles sont faibles. Aux. dépenses énumérées viennent encore s’ajouter les dépenses pour le matériel de l'exploitation accessoire, par exemple pour le fonctionnement des pompes à eau réfrigérante, des pompes à air., des pompes, de condensation, d’alimentation, etc.
- Ce groupe de dépenses d’exploitation, d’après ce qui précède, varie en partie proportionnellement à l’énergie dépensée (consommation pour la fourniture de force utile) en partie proportionnellement au temps pendant lequel la machine est en fonctionnement (consommation pour les pertes, etc.).
- Les frais d’amortissement, d’entretien et de personnel ne sont compris parmi les dépenses fixes d’exploitation que par simplification et parce que leur évaluation se trouve mieux assurée de cette façon; à vrai dire, ils dépendent pourtant de la durée d’exploitation;
- Les dépenses fixes et variables d’exploitation: peuvent être représentées dans un diagramme de frais d’exploitation. On porte comme ordonnées les dépenses rapportées à l’unité de travail fourni, comme abscisses les quantités d’énergie fournies.
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- annuellement; les dépenses fixes sont alors figurées i par une hyperbole équilatère rapportée à ses ! asymptotes, parce qii’elles sont inversement propor- j tionnelles aux quantités d’énergie annuellement ( fournies ; les dépenses variables d’exploitation pour la fourniture de force utile sont représentées par une parallèle à l’axe des abscisses, parce qu’elles sont indépendantes des quantités d’énergie fournies annuellement. Les dépenses variables d’exploitation pour les pertes, ainsi que pour les moyens de graissage et leB matières pour les accessoires d’exploita-,tion donnent pour une durée déterminée une hyper-
- <u
- Quantités d'énergie fournies annuel F'g. 5.
- bole équilatère ; elles ne dépendent que du nombre d’heures d’exploitation et non pas des quantités d’énergies fournies annuellement. i
- Si l’on trace les hyperboles des dépenses d’exploitation variables pour pertes, etc., pour différentes , valeurs du nombre d’heures d’exploitation et si on j les joint aux dépenses fixes d’exploitation et aux dépenses pour fourniture de force utile, on obtient j dans le diagramme des frais d’exploitation un groupe i d’hyperboles, dont les ordonnées sont les dépenses d’exploitation rapportées à l’unité de travail fourni, les abscisses, les quantités d’énergie fournies annuellement et qui a pour paramètre le nombre des ‘heures d’exploitation (fig. 5).
- Cette représentation a pourtant un inconvénient, c’est que le diagramme n’est pas synoptique et que la lecture, pour de faibles quantités d’énergie fournie, est difficile et imprécise. En outre, elle est minutieuse, parce que, pour tracer quelque peu correctement les
- hyperboles, il faut déterminer un grand nombre de points. On évitera cet .inconvénient, par l’utilisation des coordonnées hyperboliques ; on choisit comme abscisses, non plus les quantités d’énergie annuellement fournies, mais leurs valeurs réciproques ; alors les dépenses fixes d’exploitation et les dépenses variables pour pertes, etc., ne se trouvent .plus sur des fiyperbdlcs équilatères ; mais sur des droites, qui passent par l’origine et qui s’élèvent pour des abscisses croissantes, donc pour des quantités d’énergie annuellement fournies décroissantes. L’équation • - ci
- generale x y ~ ci ou y — ~ d une hyperbole prend,
- en effet, lorsqu’on Choisit pour abscisses non
- plus x, mais — = z, la forme y = ciz, c’est-à-dire,
- celle de l’équation d’une droite qui passe par l’ori-gine.
- Les dépenses variables d’exploitation pour la fourniture de force utile, étant indépendantes des quantités d’énergie annuellement fournies,donnent encore une parallèle à l’axe des abscisses (fig. 6).
- Si l’on réunit les dépenses variables d’exploitation pour des nombres d’heures d’exploitation différente, les dépenses fixes d’exploitation et les dépenses concernant la fourniture de force utile, on obtient, au lieu du groupe d’hyperboles, un groupe de droites, qui se coupent sur l’axe des ordonnées.
- Leurs ordonnées sont les dépenses totales d’ex-pioitation rapportées à l’unité de travail fourni, leurs abscisses sont les valeurs réciproques des quantités
- SJ''' Valeurs réciproques* des quantités d'énergie fdur nies ann Je//efr>enC<
- d’énergie fournies annuellement et leur paramètre est encore le nombre d’heures d’exploitation.
- Soit, à titre d’application de la méthode précé-
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- dente, à évaluer le prix de l’exploitation d’une installation auxiliaire d’une usine d’électricité à force hydraulique. L’installation comporte un moteur (Diesel) à huile brute, de 280 chevaux, couplé avec une génératrice, le dispositif de distribution de commande électrique et tout ce qui est nécessaire pour l’organisation d’une usine de force.
- Pour la construction de l’installation, le capital nécessaire est le suivant :
- A. Immeuble..................... Fr. 10 ooo
- B. Constructions, comprenant le bâtiment des machines, l’annexe au bâtiment pour le tableau de distribution, les fondations pour le mo-teur, les récipients de combus-
- 3o OOO
- C. Machinerie : Moteiir Diesel 74 160 )
- Partie électrique 25 OOO [ 0 c 00
- Autres organes D. Divers 5 680 j i5 160
- Total.. . . Fr. 160 ooo
- Pour cette installation de machines, admettons les données suivantes :
- Consommation de combustible (capacité calor. iooooc/kg.).
- à pleine charge........... 200 g/chev-.h.
- à 3/4 de charge. '........ aïo »
- à 1/2 charge............ 235 »
- Consommation d’eau réfrigérante à la température de réfrigération de i2°........... 12 à i5 lit./ch.-h.
- Consommation d’huile de graissage ........................ 1,12 kg/he ure
- Force nécessaire à une pompe à eau réfrigérante pour amener au récipient l’eau réfrigérante d’un ruisseau coulant
- dans le voisinage........ 2,5 ch.
- Rendement électrique de la génératrice avec excitation,mais sans pertes de frottement et de ventilation...............
- i° Charge non inductive (cos <p = 1) :
- à pleine charge............ 92,5 %
- à 3/4 charge............... 92 »
- à i /2 charge.............. 90 »
- 20 Chafge inductive (cos .ç = 0,8) :
- à pleine charge.............. go,5 %
- à 3/4 de charge.............. 89 »
- à 1/2 charge................. 87 »
- !
- Pour les pertes par frottement et ventilation, on peut admettre 2 % du travail total ; elles sont pratiquement indépendantes de la charge.
- Le prix de l’huile combustible, pour une commande en wagons citernes et d’après une moyenne de plusieurs années, y compris le transport, est de o fr. 06 par kilogramme ; celui de l’huile de graissage, dans les mêmes conditions, de o fr. 40 le kilogramme.
- Evaluation des frais annuels d’exploitation.
- 10 Dépenses fixes :
- Intérêt du capital d’apport 160000 francs
- à 4,5 %............................ Fr. 7 200
- Amortissements et entretien :
- A. Immeuble.......... à 1 1/2 % i5o
- B. Constructions...... ài 1/2 % 4&o
- C. Machinerie........ à 7 1/2 )j 7 863
- D. Divers............ à 7 1/2 % 1 î 9 600
- Personnel et administration :
- Comme il s’agit d’une installation auxiliaire qui n’est en exploitation que pour un
- temps seulement....................... 2000
- Imprévu................................. 200
- * Total....... Fr. 19000
- 20 Dépenses variables.
- Combustible. — Conformément au diagramme représenté (fig. 7), la consommation spécifique de combustible pour la fourniture de force utile est de 233,5 grammes/kilowatt-heure; pour les pertes, elle est de 12,5 kilogrammes/heure de marche.
- A la consommation de combustible pour les pertes viennent encore s’ajouter, exprimées en combustible, la force nécessaire à la pompe à eau réfrigé-rente, soit i,i5 %, ainsi que la quantité nécessaire pour couvrir les pertes par frottement et ventilation de la génératrice électrique, qui ne sont pas comprises dans les rendements donnés et pour lesquelles on peut admettre 2 % de la puissance normale de 280 chevaux. Le surplus de consommation de combustible, dû à ces travaux, atteint ainsi 3,15 % de la consommation horaire totale pour un travail de 280 chevaux.
- D’après le diagramme (fig. 7), la consommation totale de combustible à pleine charge atteint 56ks
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- par heure d’exploitation; pour les exploitations accessoires, etc., 3,i5 % de ce chiffre,soit 1,76 kilogramme/heure. Donc,la consommation totale en eorn-
- Les frais d’exploitation ainsi déterminés (fixes et variables) donnent le diagramme représenté dans la figure 8.
- Consommation spécifique de combustible ppj# production de Çorce utile
- = 233.5 çj/KWrheurc . = I6U.2 g/chev-heure
- 40
- couran
- Consommation de comôt/s.-—A tibte pour les pertes.
- \ Du moteur Diesel auec générât C decourant = it.s Kqf heure * \
- 5 KW. ' Du moteur Ûh
- .26 f
- seul
- eure
- ib
- Charge
- Fig. 7.
- bustiblepour pertes,etc. est de i2,5-|- 1,76= 14^,26 par heure d’exploitation.
- Les dépenses de combustible s’élèvent :
- i° Pour la fourniture de force utile
- a33,5 . 0,06 , ... .
- -----------=0 fr.014 par kilowatt-heure.
- 1 000
- 20 Pour les pertes 14,26 X°»6° — 0 fr* 655 par heure.
- Graissage.—Pour une consommation de 1,12 kiio-grammes/hei^re d’huile à graisser les dépenses d’exploitation s’élèvent ài,i2XOj4 =ofr. 446 par heure.
- Eau réfrigérante. — L’eau réfrigérante n’a pas besoin d’être évaluée dans ce cas, parce qu’elle est restituée après avoir accompli son office.
- Les frais d’exploitation variables sont par suite (l) :
- i° Pour la fourniture de force utile, o fr. 014 par kilowatt-heure ;
- 20 Pour les pertes propres, etc. et pour la con-consommalion d’huile à graisser
- Perles, etc.,. . . o fr. 855 par heure Huile à graisser, o fr. 446 —
- Total........ 1 fr. 3o3 —
- Nota. — Le pfennig a été pris égal à o fr. 12S et le mark à 1 fr. a5.
- La méthode graphique d’évaluation des frais d’exploitation peut également, être utilisée pour des usines de force électrique analogues, avec installa-
- rertesetc. 1.30 •
- tod.mii*» Ve; 300 tso
- denergie profites annuellement en milliers de KW-heure.
- lions auxiliaires, dans lesquelles la source d’énergie normale est une force hydraulique et où l’installation auxiliaire n’intervient qu'en cas de manque d’eau ou de troubles de fonctionnement et aide à d’atteindre les maxima de charge. Si I on représente alors les frais du courant produit dans l'installation hydraulique aussi bien que dans l’installation de secours
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- dans les diagrammes des frais d’exploitation, les deux diagrammes rassemblés fournissent le prix total de l’unité de l’énergie fournie annuellement par l’installation hydraulique et par l’installation de secours, sous une forme représentative qui est précieuse pour la fixation des tarifs de courant,.
- DIVERS
- Développement de l’êlectrotechnique en Allemagne et aux États-Unis. — W. Fellenbeg. .— Elektrotechnische Zeitschrift, ai et 28 octobre, 16 et a3 décembre 1909.
- Dans une série de quatre articles, l’auteur se livre à un essai d’étude économique dans laquelle, après quelques considérations générales et un aperçu d’ensemble sur les principaux pays, il compare en
- détail les situations respectives de l’Allemagne et des Etats-Unis, notamment au point de vue des stations centrales, des chemins de fer, des frais d’exploitation, etc.
- La première impulsion qui a déterminé le développement de la « technique de fort courant » date de l’invention de la lampe à incandescence (Exposition d’Electricité,Paris, i88i)quoique ladynamo(W. Siemens, i856) et le principe de transport des forces fussent connus depuis longtemps.
- L’installation de transportdes forces par l’A.E. G. et les ateliers Oerlikon (i70km, 3oooo volts, Exposition de Francfort, 1891) porte définitivement l’élec-trotechnique au rang des premiers facteurs économiques. Le transporté longue distance rend possibles l’utilisation économique de la houille blanche etl’é'lëc-trification des chemins de fer urbains.
- Pour se rendre compte de l’avenir d'une pareille
- RENSEIGNEMENTS ALLEMAGNE ETATS-UNIS ' RAPPORT ENTRE LES DONNEES DES ETATS-UNIS ET CELLES DE L’ALLEMAGNE
- Nombre d’habitants 60 000 000 90 OOO OOO I l/ü
- Surface (en km2) 540 5o4 7 191 890 i3
- Longueur des rails de tramway (en km) 4 96° 70 287 1 4/3
- Longueur des rails de chemin de fer (en km) 53 822 347 746 6,5
- Capital dans l’industrie électrique (en francs) 704 851 156 gi3 846 636 i,3
- Capital dans l’industrie du fer (en francs) 2 178 081 38o 4 980 621 660 2,3
- Production de cuivre (en tonnes) . . . 3i 000 365 000 12
- Nombre total des stations centrales 1 978 4 714 3 462 2,38
- — des établissements privés 1 346 2,58
- — des établissements municipaux 632 1 202 1 )98
- Puissance des stations centrales (en kw) I 200 OOO 2 642 4o3 2,2
- Energie fournie (en kilowatt-heures) I 25o OOO OOO 5 858 i2i 860 4,68
- Total des kw. .'. 1 g5o 000 4 700 000 2,4
- Nombre des lampes à arc 234 566 555 921 2,37
- — lampes à incandescence 140 OOO OOO 41 807 944 • 2>99
- Moteurs fixes (en chev.-heure) 896 910 1 649 026 1,81
- Frais de premier établissement (en francs) Frais d’exploitation (en % des frais de premier établis- 1 437 5oo 000 5 225 000 000 3,72
- sement) Frais de combustible (en % des frais de premier éta- 6,5i 9,32
- blissement) Frais de matériel de graissage, etc. (en % des frais de 2,3 1 2,7
- premier établissement) : Frais de salaires (en % des frais de premier établisse- 0,25 0,14
- ment) Frais d’entretien (en % des frais de premier établis- 2,13 4,i
- sement) 0,7 0,54
- Frais divers (en % des frais de premier établissement). Frais d’exploitation par kw de puissance de centrale 1,12 1,84
- (en francs) 10 CO <1 204,60
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- industrie il y a lieu de considérer le prix du travail, les richesses naturelles, le développement des moyens de communication, etc.
- L’auteür compare donc le développement des tramways et des chemins de fer, des stations centrales, du transport de force dans les installations privées.
- II étudie également l’emploi de l’électricité sur les navires. Notons en passant qu’il estime la puissance absorbée par les navires de guerre du monde entier à 40000 kw (capital engagé : 875 millions de francs).
- L’importante question des sources hydrauliques disponibles se présente, d’après lui, de la manière suivante :
- En Europe on dispose de 35 955 000 chevaux sur lesquels 1 788 400 étaient utilisés en Allemagne, France, Italie et Suisse en igo5.
- A l’heure actuelle l’Allemagne utilise 1/4 de ses richesses hydrauliques : sur 6 millions de chx qu’elle produit, ceux dus à l’eau (294 400 de chx) ne font que 5 % ; la presque totalité est due au charbon.
- La puissance hydraulique disponible du monde entier est estimée par l’auteur à 38o millions de chx tandis que la puissance actuellement utilisée ne comprend guère que 2 % de ce total.
- De sa comparaison entre le développement de l’électrotechnique en Allemagne et aux Etats-Unis, l’auteur conclut que l’avantage reste aux Américains pour le nombre des établissements ainsi que pour la puissance, mais qu’il est du côté de l’Allemagne pour l’utilisation de l’énergie électrique dans les installations isolées.
- La méthode en faveur en Allemagne qui consiste à confier aux municipalités l’exploitation des usines a pour résultat d’entraver le progrès ; ce serait agir sagement que de renoncer à ces errements et de faciliter à l'initiative privée l’établissement de centrales importantes.
- Le tableau comparatif des frais de premier établissement montre qu’on construit en Allemagne les petites usines à moins bon compte et les grandes à meilleur marché qu’en Amérique.
- De nombreux schémas, graphiques et tableaux qui accompagnent le texte, nous extrayons quelques renseignements d’ordre général, que nous rassemblons dans le tableau. Ils résultent en général des statistiques allemandes du ier avril 1909 et des statistiques américaines remontant au 3i décembre 1907.
- G. B.
- BREVETS *
- Dispositif pour la commande des machines à collecteur à courant alternatif à excitation shunt ou séparée. — Société Siemens-Schuckert werke. N° 4n 441 > publié le 16 juin 1910.
- On sait que les machines à collecteur à courant alternatif, à excitation shunt ou séparée, n’ont pas des propriétés absolument semblables à celles des machines à courant continu ayant le même genre d’excitation.
- Dans les machines à courant alternatif, certains phénomènes gênants s’introduisent en beaucoup plus grand nombre, par suite de la réaction d’induit de l’armature, qui est toujours relativement grande, même avec les meilleures compensations.
- Aussi, dans les moteurs à courant alternatif, la vitesse n’est pas si étroitement liée que dans les moteurs à courant continu, à la tension aux bornes. Si donc la machine doit travailler alternativement comme moteur et comme générateur, les courants amenés ou partant de la machine circulent avec un très mauvais coefficient de débit.
- On s’est aperçu que la variation du décalage des phases de la tension de l’armature par rapport à celles du champ suivant la charge était un moyen possible d’éviter ces difficultés et d’autres qui en découlent. Mais dans la mise en pratique, cette mesure se heurte à des difficultés particulières.
- Quand, notamment, la réaction d’induit,dans l’armature est assez grande pour amener des anomalies très importantes dans les propriétés des machines à courant continu et alternatif du même genre, elle n’est pas cependant assez forte, d'un autre côté, pour nécessiter une modification momentanée de la phase du champ. Par suite, pour régler la phase du champ, il serait nécessaire d’avoir un dispositif de réglage relativement assez sensible ; de plus on désire modifier quelquefois, non seulement la phase, mais aussi la grandeur de la force électromolrice produite par le champ dans l’armature tournante, de sorte qu’un système plus sensible s’impose aussi pour cette modification du champ, peu importante en elle-même.
- Les nouvaux dispositifs décrits ci-dessous sont libérés de ces inconvénients ; ils ont essentiellement pour but de produire, non par rotation, mais par transformation, une composante de la force électro-motrice à introduire dans l’armature pour compenser la réaction d’induit.
- Le nouveau dispositif est représenté schématique-
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- ment (fig. i ) sous sa forme la plus simple : I représente l’armature de la machine ; II, l’inducteur ; III, un transformateur réglable ; IV, un enroulement semblable comme position et comme construction à l’enroulement compensateur ordinaire ; il le remplace donc, mais n’est pas monté en série avec l’armature comme ce dernier. L’armature I d’une part, l’inducteur II et l’enroulement compensateur IV ( si ce dernier doit être appelé ainsi ) d’autre part, sont alimentés par des circuits différents avec des intensités k e te'. Les phases de ces deux intensités doivent être décalées d’environ 90°. Ce dispositif satisfait à la condition posée, On sait pourquoi la tension d’ex-
- Fig. 1.
- citation de l’inducteur I doit être décalée d’environ 90° par rapport à la tension aux bornes de l’armature ; l’efficacité du restant du dispositif ressort de ce qui suit.
- Dans les'figures 2 et 3, k représente la tension aux bornes de l’armature, e la force contre-électromotrice produite dans le champ /"par la rotation de l’armature, 0ili la force électromotrice résultante quand on a compensé la réaction d’induit, «le courant de l’armature, e1 la tension nécessaire dans l’inducteur pour produire le champ f. L’effet des résistances olimiques, eu égard à la représentation très simple des diagrammes, n’a pas été considéré. Comme on le voit, les deux diagrammes ne diffèrent que par le décalage des phases de k et e. Dans la figure 2, le décalage est a; dans la figure 3,il est complètement nul. Dans le premier cas tùli apparaît comme la résultante de k et e; dans le deuxième cas, plus simple, on voit immédiatement que tùli est produit intégralement par transformation au moyen de l’enroulement IV qui est monté sur le même réseau que l’inducteur II, comme on l’a adopté figure 1 et comme ce sera préférable en général. La réaction d’induit dans l’armature étant proportionnelle à l’intensité du courant, la tension dans l’enroulement IV doit être variable pour des charges
- différentes; c’est'pourquoi on a intercalé le transformateur III.
- Ainsi, alors que dans les dispositifs indiqués au
- U
- Fig. 3,
- début,la force électromotrice était produite dans l’armature simplement par rotation et que par suite, pour produire la composante indispensable tùli, il fallait un décalage temporaire du champ et une variation continuelle de l’angle, ici, la composante nécessaire tùli n’est produite que par transformation.
- Avec le dispositif que l’on vient de décrire, on assure en même temps la compensation de l’armature, car en outre du faible courant magnétisant qui correspond à sa tension aux bornes, l’enroulement IV reçoit du transformateur III un courant compensant le courant i de l’armature. Ces deux courants sont essentiellement déwattés comme le courant de l’inducteur II; c’est pourquoi le réseau ayant la tension e' est parcouru seulement par un courant déwatté.
- Avec ce dispositif, on peut employer évidemment comme d’habitude des résistances ohmiques ou des bobines de réaction pour le réglage des phases.
- On ne voit pas immédiatement, d’après les diagrammes 2 et 3, comment sont liés la vitesse angulaire et le couple mécanique, quand la machine, travaillant comme moteur, est abandonnée à elle-même, puisque la résistance ohmique n’agit plus. A ce point de vue on remarquera que pour un rapport donné de la réaction d’induit et de la résistance ohmique dans l’armature, il y a aussi entre la vitesse angulaire et le couple mécanique un rapport déterminé que l’on peut régler par des résistances. On observera aussi que la courbe des vitesses d’un tel moteur,en fonction de la valeur de ce rapport, a plus d’analogie avec la courbe d’un moteur shunt à courant continu qu’avec celle d’un moteur série.
- Evidemment, comme on crée ici dans la machine un champ dans lequel circulent des conducteurs mis en court-circuit par les balais, la commutation doit être particulièrement soignée, au moyen des méthodes connues.
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- BIBLIOGRAPHIE
- DT J. Frichs Fhysikalische Technik, tome II, 2°pai'tic(7eédition),parleD‘' Otto Lehmann.— i volume in-8°jésus de i3og pages avec a3a8 figures et i/( planches en couleur. — Friedr. Yiëweg et^Soiin, éditeurs, Brunswick. — Prix : broché, 4° marks ; relié, 43 marks.
- La seconde et dernière partie du tome II de cet important ouvrage s’étend du chapitre xvti au chapitre xxn. Ce dernier chapitre est lui-même suivi d’additions très étendues aux divers chapitres des tomes I et II ; enfin quatorze très belles planches en couleur, dont la plupart sont relatives aux décharges électriques dans les gaz ou dans le vide, terminent le présent volume. Comme on le sait, l’ouvrage du Dr Frick constitue, en quelque sorte, un immense catalogue très complet de tous les appareils de physique. Mais un tel qualificatif ne veut pas dire qu’il s’agisse en l’espèce d’une simple compilation ; des explications et des schémas généralement très clairs accompagnent la description de chaque appareil, et d’autre part l’on trouve dans le texte de fréquentes notes bibliographiques renvoyant aux études ou ouvrages spéciaux pour chaque sujet. Aussi, l’on peut estimer, étant donné en outre l’énorme travail nécessité par le seul rassemblement des documents nécessaires, que le présent ouvrage doit rendre des services inappréciables à tous ceux qui s’occupent de sciences expérimentales, de recherches sur l’électricité notamment. Nous regrettons même qu’il n’existe pas (à notre connaissance), d’ouvrages français répondant au même but ; si
- divers de nos constructeurs ont en effet fait imprimer des catalogues parfois fort bien compris sur les appareils formant leur spécialité, personne n’a songé à rassembler tous les documents ainsi fournis, en leur adjoignant au besoin quelques notes complémentaires. Il faut noter, d’ailleurs, qu’une telle publication constitue une réclame des plus efficaces, ainsi que l’ont parfaitement compris les constructeurs allemands, dont les appareils se trouvent reproduits à chaque page du présent volume. Dans ce dernier, nombreux sont du reste les appareils relatifs à des phénomènes électriques ou à des applications de ceux-ci à l’étude d’autres phénomènes ; c’est ainsi que l’on y trouve des renseignements détaillés sur les oscillographes, sur les divers téléphotographes, sur les applications des ondes hertziennes à la radiographie et à la télégraphie sans fil, etc., etc.
- Enfin, l’on y remarque également un certain nombre de modèles mécaniques aidant à la compréhension des théories, ou des expériences. Sans vouloir généraliser l’emploi de ces modèles dans l’enseignement, il faut bien convenir qu’ils rendent parfois d’utiles services, et l’on ne peut que se louer de leur description.
- Du reste, puisqu’il s’agit ici de la septième édition, il est à croire que l’œuvre du Dr Frick (continuée par le Dr O. Lehmann) a été bien accueillie, et ceci dispense d’insister sur son mérite.
- P. S.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2* Série). — N® 33.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- Durant ces temps derniers, le marché des valeurs de cuivre comme celui du métal a subi une série de brusques variations qui ont amené le Rio au cours de i 6a5 francs et le Standard à terme à 53 £ environ, le cours le plus bas qu’on ait envisagé depuis 1902. Il a suffi que le groupe de l’Amalgamated, qui avait refusé jusque là de descendre ses prix de vente à 12 cents 1/2, y consentît, pour que la panique s’emparât d’un marché indécis et provoquât une baisse, très favorable d’ailleurs aux intérêts des consommateurs. Ceux-ci achetèrent de grandes quantités de métal et les cours remontèrent rapidement, puis cette hausse fut favorisée par les bruits très optimistes d’une entente toujours sur le point de se conclure entre tous les gros producteurs! De grands efforts sont tentés auprès des divers groupes, les plus puissants, pour réaliser cette réduction de la production qui ne résoudrait cependant pas le problème économique agité en vain depuis deux ans. En effet les nouveaux gisements découverts et exploités, les nouvelles méthodes de traitement ont permis d’abaisser sensiblement pour nombre de mines le prix de revient du métal ; ce que les uns obtiennent en dépensant 7 cents la livre, d’autres, et c’est le cas du groupe de l’Amalgated, ne le produisent qu’en dépensant de 9 à 10 cents. L’écart avec le prix de vente actuel paraît de beaucoup suffisant aux j)roducteurs du premier groupe, mais moins à ceux du second. Quelle force d’autre part, sinon celle qui résulte de la loi de l’offre et de la demande, peut empêcher de hardis éclaireurs à ouvrir de nouveaux gisements et à en tirer le meilleur parti dans le but bien légitime de rémunérer leurs capitaux. Ainsi de nouvelles mines dans l’Utah et le Nevada, qui pendant cinq ans ne procuraient aucun bénéfice, y sont parvenues par l’application de meilleures méthodes d’extraction ou de traitement. En Afrique, on a fondé d’autre part de très grandes espérances sur les mines du Katanga, dans la région du lac Tanganika; en Russie, la production suit un développement croissant, et l’Asie ne manque que de moyens de transport pour apporter son contingent à la production mondiale. Ne conviendrait-il pas alors d’attendre que les négociations en cours, très laborieuses au dire de tous, aboutissent pour se lancer dans une campagne de pure spéculation. Et n’est-ce pas tout à fait imprudent seulement d’y _penser en présence des résultats négatifs qu’a donné
- le trust du plomb. Au dire de ses promoteurs, ce dernier groupement devait amener un relèvement presque immédiat des taux de vente, et une régularisation des cours du métal. La régularisation s’est faite dans le sens d’un abaissement des prix inférieurs à ceux de l’année qui a précédé le trust et au détriment de tous les membres du groupement. Peut-être sans lui, les cours se seraient-ils effondrés davantage mais rien n’autorise à le croire, le trust ayant subi les cours et ne les ayant pas faits. D’autre part, bien que le cuivre distance l’aluminium en raison de ses cours actuels et des difficultés que présente le métal très léger, il faut compter que la réalisation satisfaisante avec l’aluminium des deux lignes de l’Energie Electrique du Littoral et de la ligne Dauphiné-Centre créera,'en cas d’un trop faible écart des prix, une présomption en faveur de l’aluminium.
- Depuis sa mise en service le 27 avril, la ligne Dauphiné-Centre a fonctionné d’une façon satisfaisante sous 32000 volts, en attendant que soit terminée la station de transformation du Dra'c qui doit porter la tension à 60 000 volts. Les deux lignes haute tension de l’Energie Electrique du Littoral qui réunissent l’usine Yentavon à celle de la Bril-lanne-Villeneuve sont en câbles d’aluminiüm de i3omm2 .Malgré la baisse du cuivre et l’augmentation de la production de l’aluminium, ce dernier métal a vu son jtrix de vente se relever et atteindre 2 francs, en dehors de toute entente et par le seul fait du développement de ses applications ; ceci est donc significatif et vient à l’appui de notre thèse.
- L’assemblée de l'Est Electrique s’est tenue le 3o juin : les résultats de la première année sont ceux d’une période d’essais et le bilan ne comporte pas de profits et pertes. Les installations fonctionnant, le conseil recherche la clientèle et son accord récent avec les Ardennes Electriques dont nous avons annoncé la constitution lui assure des débouchés intéressants. La production de ses deux unités de 5oo kw est absorbée et une troisième unité de 2 000 kw vient d’être commandée. Mais, pour que la situation financière de la Société facilite son développement, il a été décidé d’émettre de suite 2 4 00 actions nouvelles de 25o francs pour porter le capital de i 4oo 000 francs à 2 millions. Si, par la suite, il y avait nécessité de faire un nouvel appel au crédit, on y recourrait sous la forme d’obligations hypothé-
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- caires de 5oo francs type 4 i /a % jusqu’à concurrence de a millions. Les Ardennes Electriques, en se limitant à l’installation d’un réseau de distribution en dehors de la zone actuelle de l’Est Electrique et en se décidant à acheter du courant à cette dernière Société, se sont donné une plus grande marge de développement qui contribuera à l’extension de l’usine de Mohon.
- La société des Usines et forces motrices de TArve a décidé de rembourser la totalité de ses obligations anciennes en laissant aux porteurs la facilité de demander, au lieu du remboursement, l’échange contre des obligations nouvelles 4 1/2 % qui leur seront décomptés 490 francs. Ces obligations, dont le revenu est net de tous impôts présents et futurs, sont gagées par une première hypothèque sur l’ensemble des biens de la Société de TArve, soit une chute d’eau aménagée de 15 000 chevaux et plusieurs établissements industriels en pleine exploitation.
- Les résultats de l’Appareillage Electrique Gri-volas, soumis à l’assemblée du 26 juillet dernier, font ressortir une augmentation des bénéfices nets de 32 363 francs sur ceux de l’exercice précédent. Le compte de profits et pertes se solde en effet par 278 099 francs et en y ajoutant les 4i 808 francs reportés de l’exercice précédent, le bénéfice à répartir se chiffre par -3ao 207 francs. Le dividende a été maintenu à 10 francs absorbant ainsi 200 000 francs ; i3 924 francs ont été portés à la réserve légale ; 16 467 francs attribués statutairement aux administrateurs, et 62 842 francs seulement ont été reportés, le conseil appliquant le surplus des bénéfices, soit 2- 082 francs, à des amortissements. Le chiffre des bénéfices nets réalisés représente près de 14 % du capital, et sa progression semble être due à une augmentation du chiffre d’affaires, ainsi qu’il ressort des différents postes du bilan. Les débiteurs divers sont passés de 632 872 francs à 663 461 ; les matières premières de 545 999 francs à 574 218 ; et les marchandises fabriquées de 5i8 224 francs à 5o3 609 par unité.
- Par contre les disponibilités en caisse et en banque sont de 366 io3 francs au lieu de 453 749 francs et les créditeurs divers de 278 568 francs au lieu de 245 966 francs. En résumé, l’affaire demeure en plein développement, malgré la concurrence très active.
- Notre Métropolitain s’est ressenti de la nouvelle agitation régnant parmi ses employés qui menacent
- de se mettre en grève, poursuivant un relèvement des salaires que la Compagnie ne p‘eut leur accorder sans demander à la Ville de Paris de modifier son cahier des charges. Comme les conditions faites à ces agents pèsent déjà lourdement sur l’entreprise, il est à présumer que toute concession faite le sera au détriment de la part des bénéfices encaissés par la Ville de Paris, qui ne compenseront plus les charges des emprunts spéciaux à la construction de l’infrastructure ; ou bien la Compagnie n’y consentira que moyennant une prolongation do sa concession lui permettant d’abaisser son taux annuel d’amortissement.
- Le Nord-Sud a subi quelques réalisations : cependant la direction fait entrevoir pour les premiers jours d’octobre l’ouverture de la ligne Porte-de-Ver-sailles Notre-Dame-de-Lorette.
- L’Union Ottomane, société pour entreprises électriques en Orient, dont le siège est à Zurich et qui s’est mise sur les rangs pour obtenir la concession de l’éclairage de Constantinople, a déclaré pour l’exercice 1910 un solde bénéficiaire de 88 497 francs que le conseil proposera aux actionnaires' de reporter à nouveau.
- Les résultats de la Compagnie Générale Madrilène d’Electricité, pour l’exercice 1909, font ressortir un bénéfice brut de 3 463 44o pesetas et un bé-*éfice net de 923 i85 pesetas, les charges des obligations s'élevant à elles seules à la somme de 1 088 345 pesetas. Un intérêt de 6 % a été versé aux actions, absorbant seulement 36o 000 pesetas et 517 000 pesetas ont été portées au compte d’amortissement de l’outillage. Le litige pendant entre la Compagnie Générale et la Société du Tramway Estaciones y Mercades, qui avait rompu son traité avec elle, a été solutionné par une transaction : la Compagnie Générale Madrilène a été indemnisée des préjudices causés par l’inutilisation du matériel exclusivement consacré à la fourniture du courant à la Société de Tramways et des bénéfices qu’elle était en droit d’espérer de ce client particulier. Les abonnés et les installations sont en développement constant et la compagnie retrouvera bientôt dans sa clientèle privée une large compensation de la perte qu’elle avait faite par la rupture de ce traité.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loire-Inférieure. — La Compagnie Mutuelle de Tramways vient d’acquérir la station centrale électrique de Nantes en vue de constituer une société au capital de 12 millions pour l’exploitation des tramways nantais et la fourniture de l’éclairage électrique.
- Italie. — La direction des chemins de fer de l'Etal a l’intention d’installer la traction électrique sur 890 kilomètres de voie ferrée. Ce projet nécessiterait l’établissement d'une usine génératrice capable de fournir un courant de 40 000 volts.
- Russie. — La Compagnie du chemin de fer Volga-Bougoulma a été autorisée à construire et à exploiter une ligne de 216 vers tes de longueur reliant son réseau au chemin de fer Samara-Zlatooust.
- Une Société va être fondée par le comte Potocki pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer en Podolie d’une longueur de 224 verstes.
- ÉCLAIRAGE
- Allemagne. — Le gouvernement de Poméranie a été autorisé à contracter un emprunt de 4 millions de marks pour la création de centrales électriques et la construction de réseaux électriques.
- La Société Anonyme des Forces du Haut-Rhin vient d’être constituée à Mulhouse au capital de 20 millions de marks, dans le but de la production et de la distribution de l’énergie électrique en Alsace-Lorraine et au grand-duché de Bade. Les souscripteurs sont : la ville de Mulhouse qui fait apport de ses installations électriques municipales, dont le capital est de 9 900000 marks, la Société d’installations électriques à Berlin et la Banque pour Entreprises électriques, à Zurich.
- Palestine. — Une Société a été constituée à Tarse en vue de fournir l’éclairage électrique à la ville ; l’usine hydro-électrique sera établie sur le torrent le Cydnus à quelques kilomètres de Tarse.
- * ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 21 août, à la mairie de Cuxac d'Aude (Aude}, installation d’une turbine à l’usine de Raonel, 4 786 francs.
- Le 23 août, au Sous-Secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de câbles électriques isolés au caoutchouc (3 lots). Les demandes d’admission à l’adjudication devront être parvenues à la direction de l’exploitation téléphonique avant le 14 août.
- Renseignements io3, rue de Grenelle (direction de l’exploitation téléphonique, 2» bureau).
- Le 23 août, au ministère des Colonies, 27, rue Qudi-not,à Paris, fourniture de i3 voitures à voyageurs, destinées au chemin de fer de Saigon à Khanhoa : caut. provis. 6000 francs, définit. 12 000 francs.
- BELGIQUE
- Le 17 août, à la Société nationale des Chemins de fer vicinaux, 14, rue de la Science, à Bruxelles, adjudication des travaux de construction de la voie ferrée Mons à Frameries. Devis : 171 824 francs.
- Le i5 septembre, à la Direction générale des Ponts et Chaussées, rue de Louvain, 38, à Bruxelles, adjudication de la fourniture de 4 grues électriques mobiles nécessaires au service du port d'Ostende. Cautionnement : 9 000 francs. Les offres relatives à cette adjudication seront reçues, jusqu’au 11 septembre, à la Direction précitée.
- Le 3o septembre, à 10 heures, à la 2e direction du service spécial du bassin fluvial de l’Escaut, 22, rue Basse-des-Champs, à Gand, équipement mécanique et électrique du pont de la Barque à Gand ; caut. : 1 5oo francs (cahier des charges n°56; prix: o fr. 40); prix du plan : 3 francs; s'adresser, i5, rue des Augus-tins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 26 septembre.
- ESPAGNE
- Le 22 août 1910, à la Direction générale des Postes et Télégraphes, à Madrid, adjudication de l’exploitation du réseau téléphonique urbain de Linarès. La durée de l’exploitation est de 12 années. Les propositions seront reçues jusqu’au 16 août 1910.
- Le 21 septembre 1910, à la Direction générale des Travaux publics, à Madrid, adjudication de la concession du chemin de fer secondaire de Ribadesella à Gijon.
- Le 23 septembre 1910, à la Direction générale des Travaux publics, à Madrid, adjudication de la concession du chemin de fer stratégique de Yillajoyosa à Dénia.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 24 août 1910, à la Direction des chemins de fer da l’Etat,à Budapest,adjudication de la fourniture de 3oo voitures de chemins de fer. On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication à la Direction précitée, VI, Andrassy ut, ç3, û Budapest.
- PiBU. — ItlPft IMERIS LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 20 AOUT 1910. Tome XI (8« série). — N’ 34.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. — Paul Bary. Sur le moteur électrique à vitesse variable du système B. V. D., p. 227. — C.-F. Guilbert. Le décalage dans les circuits alternatifs entourant un circuit de tôles de fer, p. 237.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Réaimanlation spontanée du fer, H. Olliviek, p. 342. — Etude, construction et essais de machines. Les turbo-machines multicellulaires et leurs récentes applications, A. Rateau, p. 242. — Traction. Voie ferrée électrique à courant continu( 1 200 volts), p. 244.
- — Usines génératrices.Installation mixte pour la fourniture de lumière électrique et la fabrication de la glace, E. Layton, p. 245. —Électrochimie et Electrométallurgie. Nouveau principe de métallisation, U. Schoop, p. 245.
- — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Recherches et expériences de radiotéléphonie, Q. Majorana, p. 246. — Bibliographie, p. 252. — Chronique industrielle et financière.— Chronique financière, p. 253.— Renseignements commerciaux, p. 255.— Adjudications, p. 256.
- ÉDIT
- Les difficultés qui se présentent dans le fonctionnement des dynamos ou des moteurs à balais fixes, lorsque ceux-ci ont à subir de grandes variations de régime, sont nombreuses et les constructeurs poursuivent sans relâche le problème de la suppression des étincelles aux balais.
- Dans le nouveau système que décrit M. P. Bary, et dont il envisage plus particulièrement l’application à la traction électrique, les pôles d’excitation et de commutation empiètent les uns sur les autres et c’est dans leur flux résultant que se déplace l’induit. Le moteur électrique à vitesse variable du système B. V. D., ainsi constitué, a fourni aux essais des résultats excellents au point de vue de la commutation et M. P. Bary se pro-
- ORIA l
- pose de mettre en évidence l’intérêt qu’il présente en traction.
- Après avoir étudié sommairement le problème de la récupération de l’énergie, il montre comment le moteur B. V. D. en fournit une solution des plus satisfaisantes, parce que la suppression des étincelles en rend l’emploi possible, et aussi parce qu’il conduit à un combinateur fort simple dont sont exclus les dispositifs destinés à produire des modifications de couplage.
- M. G.-F. Guilbert résume une importante étude de M. C. Breitfeld consacrée au décalage dans les circuits alternatifs entourant un circuit de tôles de fer.
- La notion de perméabilité magnétique
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2* Série). — N* 34.
- semble devenir complètement illusoire lorsqu’une aimantation variable est provoquée par un courant alternatif. Il est pourtant possible, et c’est ce que montre cette étude, de tenir compte de la complexité des phénomènes, et même, au moyen de quelques mesures simples, de représenter par un diagramme les variations périodiques des différentes grandeurs physiques qui entrent en jeu.
- Soulignons, avec M. C.-F. Guilbert, l’intérêt que présente, au point de vue de l’enseignement, cette représentation, dont la valeur réside non seulement dans l’exactitude, mais aussi dans la satisfaction qu’elle peut procurer aux esprits soucieux de la conception physique de ce qu’expriment les formules.
- M. IL Ollivier signale des phénomènes de réaimantation spontanée du fer, qu’il a observés ; ces phénomènes sont généraux, mais particulièrement accusés dans les gros aimants, de forme ramassée.
- D'une importante communication de M. Râteau à la Société des Ingénieurs civils, sur les turbo-machines multicellulaires et leurs applications, nous extrayons seulement ce qui a trait aux turbines mixtes et à leur application à la commande des alternateurs. Cette remarquable étude d’ensemble traite de toutes les turbo-machines modernes, mais la partie que nous en reproduisons est certainement celle qui est de nature à le plus intéresser nos lecteurs, car les turbines mixtes s’introduisent de plus en plus dans nos grandes centrales électriques.
- Nous signalons quelques particularités intéressantes de la ligne électrique à courant continu (i 200 volts), de Stokton à Lodi ; puis une installation mixte destinée à l’éclairage électrique et à la fabrication de la glace, combinaison qui peut permettre à de petites usines d’améliorer leur facteur de charge.
- Un nouveau principe de métallisation a été indiqué récemment par M. U. Schoop, et nous l’indiquons à titre de complément des procédés galvaniques.
- Il permet notamment de produire des dépôts d’aluminium, ce que I’électrolyse ordinaire ne permet pas d’obtenir, à moins d’employer des dispositifs spéciaux (‘).
- Dâns la seconde partie de sa chronique de élégraphie et téléphonie sans fil, M. le Capitaine P. Brenot insistait sur l'importance des travaux de M. Q. Majorana. Gelui-ci a résumé ses recherches et expériences de radio-léléphonie dans un long mémoire dont nous commençons aujourd’hui l’analyse. Le début est consacré à l’étude des différents modes de production de l’étincelle et des moyens par lesquels le son ou la voix humaine lui fait subir des modifications. Nous parlerons bientôt des ingénieux microphones hydrauliques réalisés par M. Majorana et résumerons les résultats pratiques obtenus.
- Nos lecteurs trouveront à la fin de ce numéro la Table des Matières du second trimestre de 19x0.
- (*) Lumière Electrique, 3o juillet, 1910, p. 148.
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- SUR LE MOTEUR ELECTRIQUE A VITESSE VARIABLE DU SYSTÈME B. V. D.
- I
- Malgré la facilité apparente qu’il y a à faire varier spit la force électromotrice d’une dynamo, soit la vitesse d’un moteur, en donnant au champ magnétique des grandeurs différentes, on sait que ces variations ne peuvent dépasser des limites assez rapprochées, sans produire dans le fonctionnement de l’appareil des troubles qui rendent leur marche impossible à ces régimes et qui se manifestent tous par des crachements d’étincelles au contact du collecteur et des balais, quelles que soient d’ailleurs leurs causes d’origine.
- On peut sérier ces causes de la manière suivante :
- i° Variation de l’intensité du champ par la réaction de l’induit;
- 2° Distorsion du champ par la composante due au courant dans l’induit;
- 3° Self-induction des spires mises en court-circuit entre deux lames du collecteur par leur passage sous les balais.
- Les deux premières causes, variation et distorsion du champ, sont dépendantes l’une de l’autx*e, en ce sens qu’elles ont toutes deux pour origine le courant traversant l’induit, susceptible de produire un flux propre comme les pôles de la dynamo ou du moteur, et que les deux flux magnétiques superposés se composent pour donner un flux unique dont la grandeur et la direction en chaque point du circuit magnétique dépend de la grandeur et de la direction de chacune des deux composantes, des inducteurs et de l’induit ;
- La troisième cause est, au contraire, à peu près indépendante des deux premières et dépend des données de construction de l'induit ; cette dernière question a été très complètement analysée par de nombreux auteurs et la condition qu’elle renferme peut tou- j
- jours être obtenue en restant dans les proportions convenables de denture et d’enroulement.
- Nous écarterons également la première cause qui peut être très convenablement compensée par un compoundage approprié des inducteurs.
- Il reste alors à considérer uniquement la distorsion du champ et le décalage des balais qui en résulte ; il n’est pas douteux, en effet, qu’une dynamo ou un moteur étudié et construit en vue de se prêter à de larges variations de régime est réalisable, si on ne pose pas comme condition annexe que les balais doivent rester fixes; malheureusement, c’est là une condition qui s’impose dans bien des cas, tels que, pour les dynanos, celles qui sont à débit constamment variable, et pour les moteurs, ceux employés dans la traction ; d’ailleurs dans les cas où il n’est pas indispensable que le calage des balais soit fixe, c’est-à-dire lorsque la surveillance est possible, il est désirable qu’elle ne soit pas nécessaire, car elle comporte avec elle les risques d’une négligence assez fréquente.
- Lesystème B. V. D., que nous avons étudié et expérimenté, semble résoudre le problème de la dynamo et du moteur électriques à balais fixes et à grandes variations de régime. Les expériences n’ayant porté que sur un moteur destiné à la traction nous ne nous occuperons, dans cet article, au point de vue des détails précis, que de ces derniers.
- II
- La disposition originale du système B. V. D. est dans la forme des pièces polaires du moteur et legrs enroulements, il se classe à ce point de vue dans la catégorie des moteurs à pôles complémentaires de commutation, j mais au lieu de compoi’ter deux séries* de
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- pôles distincts, ceux d’excitation et ceux de commutation, le dernier empiète en partie sur le premier, de telle sorte qu’il n’y a qu’un flux unique pour eux deux.
- Considérons la figure i qui représente deux enroulements A et B dont les axes CD et EF ne sont pas en coïncidence, mais sont
- Di ip
- Fig. i.
- parallèles entre eux ; supposons que le premier A soit seul traversé par le courant, lé flux produit aura pour axe l’axe même de la bobine A, c’est-à-dire CD ; si, au contraire, le courant traverse exclusivement l’enroulement B, le flux aura son axe suivant EF ; dans le cas où les deux bobines A et B seront parcourues par des courants distincts, l’axe du flux résultant, toujours compris entre ses limites extrêmes CD et EF, lorsque les deux courants ajoutent leurs flux propres, prendra telle position intermédiaire qui résultera de la valeur respective de chacun des deux flux.
- On conçoit ainsi que si de tels enroulements chevauchés sont placés sur chaque pôle d’un moteur, la ligne de l’induit correspondant au flux maximum est variable avec l’axe du flux résultant et qu’on pourra obtenir, en réglant les intensités de chacun des circuits d’excitation, un effet qui équivaudra à faire tourner les pôles du moteur par rapport aux balais, ou, ce qui revient au même, à changer le calage des balais.
- ' Appliquée à un moteur bipolaire cette disposition donne (fig. a) des pôles divisés
- en 3 parties Y, Y,, V2, et U, Ut, U2, portant les enroulements chevauchés qui marchent ensemble deux à deux a et b, c et d.
- Supposons, comme il arrive dans certains cas, que le courant puisse devenir, dans
- Fig. a.
- un des enroulements, de sens inverse à celui de l’autre, c’est-à-dire produisant un flux de sens opposé; la disposition figurée en i montre immédiatement qu’il se produira deux flux dans les parties des enroulements qui ne sont pas communes et que ces deux flux de sens contraires auront tendance à se composer pour n’en former qu’un seul qui ne passera pas par l’induit ; cette disposition est donc mauvaise dans le cas où la machine, fonctionnant en moteur, peut avoir aussi à marcher en génératrice. En effet, dans le cas où elle fonctionne en génératrice, le calage des balais doit se faire en arrière de la ligne neutre au lieu de se faire en avant pour la marche en moteur et cette condition ne se trouverait pas remplie.
- On peut employer alors la disposition de la figure 3 où les deux enroulements A et B couvrent des surfaces inégales et sont superposés sur un de leurs côtés. Les axes pq et st donnent les limites de déplacement de l’axe du flux total quand les courants sont de même sens dans les deux enroulements; mais cette disposition se prête à donner une position telle que xy à cet axe, si le courant de l’une des bobines est opposé à l’autre ; si, par exemple, la force magnétomo-trice créée par le courant de la bobine B est
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- de sens contraire à celle créée par la bobine A, on peut se trouver dans le cas de l’égalité de ces deux forces opposées et avoir un flux
- Æ jP i5 i i
- !y 'qit
- Fig. 3.
- nul dans toute là section de la bobine B et dans la partie correspondante de la bobine A ; le flux résultant se trouve ainsi reporté uniquement sur la partie de la bobine A qui est à l'extérieur de la bobine B ; c’est cette dernière disposition qui est représentée dans la figure 4 d’un moteur à réaction compensée
- Fig. 4.
- bipolaire et pouvant accidentellement agir comme dynamo.
- C’est un moteur de ce type que nous avons eu à étudier; il a été construit en vue de l’application à la traction et les différentes
- vitesses que doit prendre la voiture ou le train et, par suite, le moteur, sont simplement obtenues par variation du champ ma-
- Fig. 5. —Disposition des pièces poluires du moteur B.Y.D
- gnétique, la force électromotrice fournie au mpteur étant supposée constante, ou, en tout cas, ses variations n’étant pas utilisées pour
- Fig. 6.
- obtenir les changements de régime du moteur. ___
- Pour obtenir automatiquement que les variations de la puissance demandée au mo-
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- leur et de l’intensité qui traverse l’induit (qui est à peu près proportionnelle à cette puissance) correspondent au calage convenable des balais dans chaque cas, les circuits sont placés comme l’indique le schéma de la figure 6. Les deux systèmes d’enroulement des pôles figurés en D et S sont l’un en série avec le courant de l’induit et l’autre en dérivation, de façon à donner ainsi une excitation compound spéciale; le circuit shunt comprend un rhéostat R qui pèrmet de faire varier l’excitation de ce circuit depuis o jusqu’à sa valeur maxima ; d’autre part, l’excitation série varie naturellement de grandeur avec la puissance demandée au moteur, de telle sorte que, lorsque l’excitation shunt est à son maximum et, par suite, le moteur à sa plus faible vitesse, l’excitation série est à son minimum. Cette dernière est, au contraire, à son maximum, dans le cas où l’excitation série reste seule à fixer la position du flux inducteur. L’importance et la position relatives des deux enroulements peuvent donc être déterminées par les conditions que le moteur doit remplir.
- III
- Les expériences exécutées sur ce moteur et dont nous donnons ci-desSous les résultats ont été faites en partie par nous, aux ateliers de construction, partie au Laboratoire central d’électricité qui en a donné le certificat et enfin partie par M. G . Walker, ingénieur-conseil, qui a condensé les résultats obtenus par lui dans un rapport.
- Pour rendre les essais faits à poste fixe comparables à ce qu’ils auraient été si le moteur, suivant sa destination, avait fonctionné sur une voiture, au fur et à mesure que nous faisions augmenter la vitesse par réduction du courant shunt, nous augmentions également la puissance recueillie, c’est-à-dire l’intensité du coui'ant dans J’in->iuit.
- Le tableau I donne l’ensemble de ces résultats.
- Tableau I
- DIFFÉRENCE de potentiel aux bornes du moteur E volts INTENSITÉ du courant total I ampères INTENSITÉ dans le circuit shunt t ampères VITESSE en tours par minute V
- 85 20 4,i 540
- 86,2 17,8 4,i 63o
- 85,2 !9>5 3,3 63o
- 85 2,3 2,8 700
- 85,7 28,6 2,62 800
- 85 37 2,25 975
- 85 35 1,3 I OOO
- 85 45 I I IOO
- 85 53 0,8 1 3oo
- 85 65 O I 7OO
- Les résultats obtenus par le Laboratoire central d’électricité sont reproduits dans le tableau suivant.
- Tableau II
- E I i V
- 84,5 *9 4 6i5
- 85 29 *>7 890
- 86 4o,5 0,9 1 160
- 86 51 0,43 1 43o
- 83 62 O 1 750
- On voit que ces derniers, malgré quelques petites différences qui proviennent des difficultés rencontrées généralement dans ce genre de mesures, pour lesquelles on est rarement bien outillé, confirment pleinement ceux du tableau précédent; ils montrent que la vitesse et la puissance du moteur ont toutes deux varié dans des limites très étendues de £>4o à i n5o tours par minute et de i 536 à 5 52a watts absorbés, sans que, cependant, dans aucun cas, nous ayons observé d’étincelles aux balais, comme il serait arrivé si le calage des balais était devenu incorrect à certains régimes.
- Dans les expériences de M. Walker, au lieu d’absorber la puissance du moteur par une dynamo, elle était employée à actionner un système d’ailettes, du genre du dynamo-
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- 231
- mètre Renard, dans lequel on pouvait faire varier soit la surface des ailettes, i^oit leur rayon de giration et connaître, dans chaque
- Tableau III
- VOLTS AMPI totaux ;res shunt WATTS TOURS PAR MINUTE PUISSANCE EN CHEVAUX RENDE- MENT TOTAL
- 85,o i5,2 4,2 I 292 641 0,98 0,57
- 82,5 58,0 4,0 3 T35 54o . 2,5 o,59
- 75,0 4,0 I 425 616 «,27 0,66
- 75,0 3i ,0 4,0 2 3a5 600 2,44 °>77
- 75,0 20 jO 3,95 I 5oo 6l I i,44 0,71
- '75,0 29,0 3,8 2 i75 588 2,29 0,78
- 80,0 18,0 3,0 I 44o 720 *>4 0,72
- 77>5 J9>2 2,25 I 488 753 1,62 o,8i
- 72,5 29,0 L9 2 102 8Î>7 2,36 o,83
- 80,0 4<J,5 0,4 3 960 1 570 4,53 0,85
- 68,0 82,0 O 5 576 1 307 6,oG 0,80
- 77>5 61,0 O 4 727 1 672' 5,45 0,86
- Dans ces dernières expérience^, l’induit du moteur qui avait servi précédemment avait été remplacé par un autre qui, tout en étant de môme inodèle, pouvait donner des valeurs un peu différentes des premières.
- Si l’on porte, sur une courbe, en abscisses les puissances mesurées en chevaux-vapeur et en ordonnées les valeurs trouvées pour les rendements, on tfouve (fig. 7)quelesrésultats, à part un ou deux points, se placent assez régulièrement sur une courbe qui montre le maximum de rendement du moteur aux environs de la puissance de 5 chevaux qui est la puissance normale. Les chiffres des rendements du tableau précédent sont figurés par une croix (+) sur la courbe ; nous y avons ajouté, figurée par un point(.), la valeur du rendement 0,828 obtenu par le Laboratoire central d’électricité pour la puissance de 4,q2 chevaux.
- 0.500 1.000 1 500 2,000 2,500 3,000 3,500 9,000 9-, 500 5.000 5.500 6.000
- Puissance au Jrdn en chevaux
- Fïg\ 7.
- cas, la puissance produite par la simple mesure de la vitesse. Le tableau III ren-erme les résultats obtenus par Walker.
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, on s’est toujours préoccupé, dansles expériences dont les résultats sont signalés ci-dessus, de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N- 34
- faire croître l’intensité absorbée par le moteur en môme temps que, diminuant le champ shunt, on voulait augmenter la vitesse. C’est le cas qui se présente dans la traction sur route ou sur rails, où on peut admettre que l’effort de traction est constant quelle que soit la vitesse (pour les vitesses ne dépassant pas 3o à 4okm à l’heure), alors que la puissance nécessaire est proportionnelle à cette vitesse.
- IV
- Appliqués à la traction, les moteurs à grande variation de vitesse par le champ magnétique, tel que le moteur B. V. D., présentent un intérêt que nous allons tâcher de montrer; si cette aptitude spéciale de tous les moteurs coinpound n’a pas été mise plus tôt en valeur, cela provient de ce que cette disposition, pour être appliquée d’une façon convenable, comporte un certain nombre de difficultés qui ne sont pas résolues dans les moteurs ordinaires et que l’expérience a montré être réalisées dans ceux qui nous occupent actuellement.
- Considérons ce qui se passe dans le cas d’une ligne de tramways dont les moteurs fonctionnent sous une tension de E volts, où chaque car représente une masse M en kilogrammes et marche à la vitesse de 5m par seconde. La puissance nécessaire théoriquement pour la marche en palier est
- El = k X M X V X ?,n X pc,
- où I est l’intensité de courant traversant le moteur, k le .coefficient de traction, pm et pc les rendements respectifs du moteur et de la commande mécanique de la voiture depuis le moteur jusqu’aux roues et comprenant, par conséquent, la perle de puissance dans les engrenages, les paliers des arbres et les essieux des l'oues. On peut prendre la valeur de p,„ = o,85 et celle de p0 = 0,90, ce qui -réduit l’expression ci-dessus à
- El = 0,765 AMV. (1)
- Cette formule donne la puissance nécessaire pour la marche en palier à un régime uniforme qui ne comporterait ni démarrage, ni arrêt, ni ralentissement et naturellement sans inclinaison de la voie qui est supposée horizontale. Non seulement ces conditions ne peuvent se trouver réunies qu’exception-nellement et lorsque cela se produit ce n’èst que pendant un temps très court, mais on peut dire qu’elles n’existent jamais pendant un temps d’une durée appréciable, par suite de ce fait que, après un ralentissement, il faut théoriquement un temps infini pour atteindre à un autre régime d’équilibre et, en pratique, cet,équilibre nouveau n’est presque jamais obtenu avant que les nécessités accidentelles ou les besoins du service n’aient imposé de nouvelles variations.
- Il suffît de jeter les yeux sur les diagrammes d’intensité de courant relevés sur les voitures de tramways pour constater cette allure constamment tourmentée de la courbe du débit. Il ne faut donc pas s’en tenir à l’étude que l’on a surtout faite jusqu’à ce jour de la marche régulière du moteur à un régime qu’il n’atteindra jamais que pendant des temps si courts qu’il est inutile de les mentionner, mais chercher les conditions pratiques et économiques dans lesquelles peuvent se faire les variations de ce régime.
- Si nous voulons considérer le travail produit à chaque instant par le courant, dans un régime variable, nous devons faire intervenir :
- i° Le travail de roulement oJT exprimé en (1) dans le cas d’un régime continu
- dTr = 0,765 kM.dl;
- a0 La variation de force vive du système, qui dépend de sa masse et de sa vitesse
- MV^ = MVrfV.
- Le travail total effectué à chaque instant pour produire un certain parcours, en palier, est donc donné par la somme de ces deux
- 1
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- termes. Dans le cas général où le parcours comporte des pentes et des rampes, il faut ajouter un troisième terme à cette expression : c’est celui qui tient compte de ce que la masse du véhicule est à élever ou à abaisser d’un niveau à un autre avec une certaine vitesse. Si a représente le rapport de la montée ou de la descente verticale au chemin parcouru, on peut écrire que dans un parcours à inclinaison constante, le travail dépensé pour la seule variation d’altitude est
- T/=M« l,
- ôù, à chaque instant,
- dT f = Ma dl,
- dans lequel a est une variable, fonction de l, dont la valeur est donnée par le profil en long du parcours.
- Au total, on peut écrire, pour le travail dépensé :
- T =y’o,765/eM«W+ j'Ma>dlJ MVrfV, et, comme
- v = f*
- dû
- T = J 0,765/tMVûfe + j’uetWdf+JMVrfV.
- Il est facile de voir que, dans cette équation, le premier terme est indépendant de la vitesse proprement dite, pour une longueur l de parcours déterminée. Le second terme n’en est dépendant que par suite de la valeur de a, qui est fonction de L; il est évident que a pouvant prendre des valeurs positives et négatives, dans un circuit fermé,
- I adl = o,
- et le second terme tout entier est nul.
- Le troisième terme considéré également dans un circuit fermé, où la voiture part d’une vitesse nulle pour aboutir à une vitesse nulle après des variations quelconques, doit lui-même être également nul.
- Toutes les lignes de traction comprenant l’aller. et le retour constituent des circuits fermés et la théorie montre qu’avec un système mécanique parfait la dépense totale d’énergie doit se limiter au premier terme, c’est-à-dire qu’elle ne dépend que de la longueur du circuit et nullement des accidents qu’il contient. Celte conclusion, bien connue, est tellement éloignée de ce que la pratique courante montre dans les systèmes actuels, qu’il n’est pas mauvais de la rappeler; cela paraîtra même d’autant plus nécessaire que nous sommes ainsi directement conduit à rechercher les causes de cette différence entre la théorie et la pratique,qui sont évidemment dans le fait que les systèmes actuels ne sont pas récupérateurs; pour monter une côte ou pour prendre leur vitesse en démarrant, les voitures dépensent une énergie importante, et, dans l’action inverse, alors qu’elles devraient retrouver cette énergie soit à la descente, soit au freinage et la rendre sous forme électrique à la ligne, elles la dissipent en chaleur par frottement dans les freins; mieux encore, une énergie spéciale est dépensée pour produire un freinage assez puissant, c’est-à-dire pour rendre ce gaspillage plus complet.
- On peut se demander maintenant si ce gaspillage représente une part importante de l’énergie totale dépensée ou si elle est négligeable et si, réellement, on est obligé de la mettre en compte, dans quelles proportions elle peut être réduite parla récupération telle que peut la produire pratiquemen t un moteur shunt ou compound.
- Y
- Supposons une voiture de tramway pesant en ordre de marche 12 tonnes et passant en palier de l’arrêt à la vitesse de 8m par seconde (environ 29km), elle absorbera, du seul fait de la force vive qu’elle acquiert ainsi,
- “2
- 12 000 X 8 ...
- -----------— 384 000 kuogrammetres....
- 2
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- Le moteur ayant un rendement moyen, dans cette période variable, de 8o %, l’énergie empruntée à la ligne sera de
- 384 <>oo X 9,81 o,8 X 3 6oo
- i 309 watts-heure.
- En admettant que, sur une ligne normale de tramway, lé coefficient de traction en palier soit de 3o watts-heure par tonne-kilomètre, on voit que, dans le cas considéré, le kilomètre-voiture dépense 36o watts-heure; avec le travail dépensé dans un démarrage la voiture eut pu parcourir un trajet de
- —=3,636 kilomètres.
- , 36o
- Gomme on peut dire que, dans un trafic urbain ou de banlieue, il y a plus d’un démarrage par kilomètre, on est certes au-dessous de la vérité en estimant que la part pour laquelle ils interviennent dans la dépense totale est de plus des 3/4. Le meme raisonnement fait pour les montées conduirait à un résultat variable avec le profil de la ligne, mais qui laissera, dans presque tous les cas, ressortir le travail pour la montée d’une côte à une valeur énorme.
- Nous voyons ainsi que, sans môme parler des différences d’altitude, un tramway pour ses démarrages totaux ou partiels absorbe les 3/4 de l'énergie qu’il emploie et que tout ce travail est finalement perdu dans les freins •au moment de l’arrêt ou des ralentissements.
- Or, quelle est la partie de ces 70 % de l’énergie dépensée qui peut être reprise par un système récupérateur?
- Le travail qui a été fourni sous forme électrique est transformé en puissance vive par l’intermédiaire du moteur et de la commande mécanique, soit avec un rendement de o,85 >< 0,90 = 0,76a, puis cette puissance vive est à son tour transformée en électricité avec le même rendement de 0,760; on peut donc retrouver, si l’on supprime complètement les freins, en marche ordinaire :
- S
- 0,75 x 0,76a2 = 0,439,
- c’est-à-dire qu’on économisera 44 % de l’énergie totale employée pour la traction du véhicule.
- Le calcul qui précède n’est évidemment qu’une approximation et on lui objectera certainement qu’il est incomplet, car, dans beaucoup de cas, il faudra faire intervenir d’autres actions que nous ne voulons pas laisser dans l’ombre.
- A. — Causes réduisant la perte :
- i° L’énergie emmagasinée en puissance vive par le véhicule n’est pas entièrement dissipée par les freins, elle est partiellement utilisée, sous sa forme mécanique, par la voiture, dont le wattinan commence à supprimer le courant pour un arrêt et ne se sert de ses freins que lorsqu’un ralentissement assez grand s’est déjà produit. On a ainsi parcouru une certaine distance sans dépense nouvelle d’énergie ; c’est la récupération en puissance vive ; elle doit être utilisée instantanément et n’existe pas dans les cas d’arrêt brusque, qui sont très fréquents dans les villes ou dans leur voisinage ;
- 20 Récupération en puissance vive dans le cas où, après une descente assez longue, la voiture a acquis une vitesse qui lui permet d’effectuer un certain parcours, sans dépense nouvelle d’énergie soit en palier, soit même dans une rampe, en admettant comme ci-dessus qu’il n’y a pas d’arrêt nécessaire dans l’intervalle.
- B. — Cause réduisant le . gain dû à la récupération :
- 3° De même qu’il y a une perte de volts importante sur la ligne qui amène le courant au véhicule, il ne faut pas admettre que l’é • nergie récupérée par le tramway fait entièrement retour à la machine.
- C. — Causes augmentant le gain du à la récupération :
- 4° Le fait de la variation de la vitesse de la voiture parle champ magnétique, c’est-à-dire très progressivement, au lieu de la variation par changements brusques de couplage, supprime toutes les pointes de courant
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- qui donnent des pertes de charge considérables dans le fil d’arrivée du courant. Nous montrerons plus loin la différence qui existe dans la forme des graphiques pour chacun de ces deux cas ;
- 5° Sur une ligne où le trafic est peu actif, le courant récupéré a pour effet immédiat de remonter le voltage sur cette ligne dont profiteront les autres voitures en service ; la tension tend donc à y demeurer constante, ce qui constitue une économie sur la perte en ligne ;
- 6° Nous avons admis qu’il n’y avait qu’un arrêt par kilomètre, alors que, généralement, c’est tous les 5o ou les ioo mètres qu’il faut ou ralentir ou s’arrêter dans l’intérieur des villes.
- En résumé, on peut dire que, dans la majorité des cas, ces causes pour et contre se contrebalancent et qu’il l’este bien, du fait de la récupération, une économie d’énergie d’environ 44 % en moyenne, bien qu’on puisse trouver des cas particuliers qui la feront plus forte ou plus faible.
- Toutefois, nous devons réserver un point, c’est celui de la suppression des freins mécaniques, qui ne peut jamais être complète, non seulement comme secours, mais encore pour arrêter complètement la voiture, ce que ne saurait faire le frein électrique. Le moteur B. V. D. peut, ainsi que nous l’avons vu plus haut, pour l’application à la traction, varier de vitesse dans le rapport de i à 3 ; si donc la vitesse maxima est de 3o kilomètres, la vitesse la plus faible sera de i o kilomètres à l’heure et le freinage avec récupération ne pourra s’opérer que dans cet intervalle. Au point de vue des énergies mises en jeu, ce sont les carrés de ces vitesses qui interviennent et la part des 44 % d’économie à réaliser pour les arrêts complets devra se ramener à :
- r-2 —2 in — io
- <»,44 X --=5--- = 0,491.
- 3<>“
- Dans le cas des ralentissements à toutes les valeurs supérieures à 10 kilomètres à
- l’heure, le frein est généralement inutile, aux vitesses inférieures, il est indispensable. En moyenne, nous pouvons estimer que la récupération doit constituer une économie de 4o %.
- YI
- Au mois de juin 1906, des expériences ont été faites sur un système de tramways à récupération automatique de courant, aux environs de Londres ; il s’agissait du système Raworth qui a beaucoup intéressé les techniciens et qui, malgré ses défauts, dont nous donnerons les causes, a fourni au cours des expériences des résultats très encourageants pour les promoteurs du système B. V. D., puisqu’ils démontrent, sous une forme qui n’était malheureusement ni complète, ni très pratique, combien la récupération peut être productive.
- Le mode utilisé par le contrôleur Raworth est basé sur l’emploi de deux moteurs à enroulements compound dont les induits pouvaient être montés, soit en série, soit en parallèle, et entre ces deux positions et au-delà de la seconde, on faisait varier progressivement la vitesse par réduction du courant dans l’enroulement shunt. Pour passer de l’arrêt à la vitesse maxima, il y a donc en fait deux démarrages des moteurs, un au début et le second au changement de couplage ; à chacun de ces démarrages, le courant de l’induit est modéré par l’intervention de résistances dans le circuit. Il y a, en outre, un système de freinage électrique, non automatique, qui consiste à mettre les induits et les enroulements série en tension sur une résistance variable, d’abord assez grande, puis plus faible et enfin nulle.
- Dans un intéressant article de M. A. Solier, paru dans Y Eclairage Electrique du r01' septembre 1906, l’auteur donne les diagrammes relevés au moyen d’ampèremètres enregistreurs pour la comparaison de la marche en récupération et de la marche ordinaire ; ces essais ont été faits à la station génératrice de Yardley qui fournit le courant à la Compa-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- gnie des tramways du District de Birmingham et Midland. Nous reproduisons ces
- graphiques (fig. 8) qui montrent comment toutes les variations brusques de courant, que l’on trouve avec le couplage série-paral-
- lèle ordinaire, disparaissentdans le système à récupération:
- En outre, les mesures faites au wattmètre sur deux voitures absolument semblables, sauf dans leur dispositif électrique, une du système Brush et l’autre du système Raworth, ont montré une économie de 20,4 % à l’avantage de la récupération.
- Ainsi que le dit l’auteur de l’article que nous venons de signaler : « Le principe de la récupération du courant est connu depuis longtemps ; il est extrêmement simple, mais on s’est heurté généralement à des difficultés de construction qui n’ont pas permis de faii’e des moteurs à récupération répondant aux besoins de la pratique journalière. Cela tenait principalement à ce que, dans les moteurs à excitation shunt employés, la ligne de commutation n’était pas fixe, et à ce que les variations de courant produites par un champ indépendant des variations du courant principal provoquaient de nombreuses étincelles, ce qui amenait l’usure rapide des balais. »
- C’est, en effet, la production des étincelles entre le collecteur et les balais qui empêche l’application si intéressante des systèmes à récupération aux moteurs de tramways ; c’est ce même inconvénient qui rend incomplet le système Raworth en l’obligeant à faire encore le couplage série-parallèle qui a le défaut de conduire à un combina-teur aussi compliqué que celui des tramways ordinaires et de laisser subsister encore une variation brusque dans la gamme des vitesses.
- On voit ainsi comment le moteur B.Y.D. peut trouver son application à la traction des tramways, par sa caractéristique de pouvoir donner toutes les vitesses et tous les régimes nécessités par la voiture sans qu’il y ait jamais trace d’étincelles au collecteur et sans qu’il soit nécessaire de faire aucune modification de couplage, les variations de vitesse s’opérant toutes par deux rhéostats, un rhéostat placé dans le circuit de l’induit pour le démarrage à pleine excitation shunt et un rhéos-
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- tat placé dans le circuit shunt pour faire varier le courant dans ce circuit de sa valeur maximaà zéro, qui correspond à la pleine vitesse. La figure 9 montre le schéma très simple de la disposition à employer.
- On voit que dans cette disposition les in-
- Fig. 9-
- duits et les enroulements série de deux moteurs restent constamment montés en tension avec la insistance variable de démarrage et que le courant principal n’est coupé que lorsqu’on arrête la voiture; la même chose pour les enroulements shunt.
- VII
- Gomme conclusion, nous dirons que nous croyons fermement depuis longtemps à l’application générale de la récupération dans les tramways et chemins de fer électriques où l’usine génératrice est constamment liée aux véhicules suivant l’expression anglaise for bettcr and ' worse, alors que dans les systèmes couramment employés aujourd’hui ce lien n’existe que lorsqu’il y a dépense et non plus quand il y a bénéfice.
- Nous avons voulu signaler au moment de son apparition un moteur qui paraît devoir remplir parfaitement toutes les conditions imposées pour ce service. L’extension prise de jour en jour par les moyens de transport rapide rend d’autant plus importante cette question que, par l’introduction de la récupération, les lignes et les usines génératrices existantes de tramways peuvent augmenter leur trafic dans une importante proportion, sans avoir à augmenter leur matériel autrement que dans le nombre des voitures.
- D’ailleurs, l’emploi de ces moteurs ne se résume pas uniquement à la traction, mais nous sommes obligés de nous en tenir actuellement à cette importante application.
- Paul Bàiiy.
- LE DÉCALAGE DANS LES CIRCUITS ALTERNATIFS ENTOURANT UN CIRCUIT DE TOLES DE FER
- Le phénomène d’hystérésis est excessivement complexe et très difficile à concevoir physiquement et à représenter graphiquement,surtout s’il s’agitde courants alternatifs. La notion de la perméabilité ja, en tant que fonction de la force magnétomotrice, se conçoit assez bien dans le cas d’une magnétisation continue dans une même direction, bien que cette perméabilité soit variable suivant une loi impossible à mettre en équation.
- Mais lorsqu’il s’agit d’aimantation variable, la relation
- b =z [a h
- perd toute signification, puisqu’elle donnerait [a = ± 00 pour h = o, ce qui est inconcevable. Il faut donc admettre que, dans le cas d’aimantation variable, pour une valeur de ;a, b n’est pas porté sur l’ordonnée de.A, mais décalé d’une valeur variable avec h et qui
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T XI (2« Série).-* N° 34,
- devient nulle lorsque h est maximum. Ceci revient à dire que, dans une représentation polaire du phénomène, le vecteur de la force magnétisante tournant à vitesse constante, celui de l’induction tournera à vitesse variable en restant en retard dans le quadrant I, rattrapant le vecteur de la force motrice dans le quadrant II, restant de nouveau en retard dans le quadrant III, pour rattraper à nouveau dans le quadrant IY le vecteur de la force motrice (fig, i). On comprend qu’il pa-
- Prenons d’abord le cas idéal où b — B sin(/»f — P) et où pour l’obtenir
- h = H, sin(/>i£ — a,) -(- H3 sin(3/«£ — a3) + ...
- on aura pour la surface de la boucle d’hystérésis
- b.dh
- b. dh,
- si T est la durée d’une période et le temps nécessaire pour décrire l’angle [3. L’intégration donne :
- ï BH, sin (p — a,)
- F
- 2
- raisse impossible de tenir compte dans un diagramme d’un phénomène aussi bizarre et l’on trouve, en effet, l’opinion accréditée que les phénomènes de la marche à vide d’un transformateur ne sont pas représentables exactement. Ils le sont cependant comme l’avaient déjà démontré G. Ferraris et H.-F. Weber à Zurich, et comme le montre très clairement M. G. Breitfeld (*), dans une étude récente que nous allons analyser ici.
- En principe, le résultat auquel on arrive dans cette étude est le suivant : si b est une fonction purement sinusoïdale, on a :
- B sinwf = H sin(/?zf— ml')
- et comme (3—«j n’est pas autre chose que le décalage de l’onde d’induction derrière la première harmonique de h :
- F = tcBH! sine,. (3)
- Cette équation est celle de la surface d’une ellipse qui résulterait de la composition de deux oscillations d’amplitudes B et Hj et déca-léesde On voit donc que pour avoir la perte dans ce cas il suffit de remplacer l’onde de force magnétomotrice par sa première harmonique B
- et de supposer = — = constante, et un re-tard de magnétisation t constant, tel que
- dans lequel jj. estune constante et t' également, bien que nous venions de voir que ces deux valeurs sont, physiquement, constamment variables pendant une période. Nous savons, en
- outre, que la perte est égale à ~r~ fois la sur-
- face de la boucle fh.db ou Jb.dh.
- (*) Elektrotechnik uni Masckinenbau, 6 février 1910.
- Vi = %nnl'.
- Etudions maintenant le cas plus complexe d’un transformateur à vide. Les tensions primaire et secondaire sont de même forme, mais N
- dans le rapport tr-. Le courant assez déformé iNj
- par la présence du fer donne également une déformation des forces électromotrices (natu-
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- Tellement moindre que celle du courant). On a alors :
- i — J, sin(/n£ — a,) -|- J3 sin(3/H£ —- a3)
- -f- J5sin(5/;2£— a3)-f-... e2 = E, sin (mt — pt) —E., sin (3 mt — (3a)
- -j- E5sin(5»zZ— j35) -(- ...
- N, N
- e\ = Ej sin (mt — Pi) + ât E3 sin (3 mt — p3)
- .>2 A 2
- + Eo sin(5/?î« — p8) + ...
- n
- qui donne résolue :
- F i T
- — = - /«HtBi sin (at + Vi 4- iï) .—
- 2 2 2
- i T
- + “ 3»îH3B3sin(a3-f Ï3 -f *).--f-...
- Et comme :
- m — ‘i.’KTl ; /!=;—; at -f- yi “f" w —~ **1 >
- on a finalement pour la surface de la boucle :
- . La puissance effective due au courant fournit d’abord la perte par effet Joule, puis celle de l’hystérésis donnée par la boucle fhdb. Or. nous avons, si Z est le flux total :
- d’où
- * dl-
- Si dt ~
- db_
- dt’
- F = TC B, H, sin »>,-{-s 3 B3H3 sine3 -f-x 5 B6H8 sine5 -{-...
- ce qui représente la somme des surfaces d’ellipses élémentaires dont chacune résulte de deux oscillations d’amplitudes respectives rB* et Hæ décalées de vx. Ceci revient à dire que l’induction dans chaque harmonique obéit encore à la loi :
- si q est la section du flux.
- On a donc
- b = — fÎL. dt J N.tg
- et en remplaçant e{ par sa valeur et en posant :
- Bt
- et
- Et
- /mN2<7’
- e3
- 3/«N2j’
- B,
- E8
- SwzNag'"’
- Yo
- - — Pz — Ta-
- on trouve :
- b = Bi sin (mt -f- yi) + B3 sin(3/nZ + Y3) + ••• h — Ht sin(/«£ — a,) -(- H3 sin(3/«£ — <x3) ...
- On peut alors construire la boucle d’hystérésis h = f {b) dont la surface sera :
- J b0(t~ty)
- hdb
- /;
- (<_fT+ï)
- hdb,
- xbx (t) = \Kxhx[t-----tx),
- dans laquelle la perméabilité ja* est constante et égale à
- x B x fi x
- Hæ
- et le retard de l’induction est constant et égal à 4. Mais ces valeurs [j.x e t 4 changent avec chaque harmonique.
- On en tire donc d’abord pour la première harmonique :
- b = |At|/it| = 14 |/i|,
- |/q| et J| étant ici, non pas les valeurs au temps t, mais au temps t — 4 (notation de Weber).
- Le flux total étant Z = bq, on a :
- Tvr db at 4wN. d\ii
- e' = -N'?3ï = -N-*-r" —
- dt
- = — Lt
- d\h\
- dt
- Comme le même raisonnement peut-être répété pour chaque harmonique, on aura
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 34
- l’équation générale des phénomènes de la marche à vide d’un transformateur :
- Di +*a + *!!+•••] >' + Li M
- Cette équation est donc identique à l’équation générale bien connue, mais où l’on a
- d\ix I d\h\ d\h,\
- dt ’ dt ’ dt
- au lieu de
- dt, dt g dt(
- dt’ dt’ dt’
- 141 , i^| , 141 , étant les intensités aux temps (t—4), (t—4), (t—4), etc. En outre,la valeur de [a constante qui entre dans les termes Lj, L3, L5 tient évidemment compte aussi des courants de Foucault.
- L’équation (4), à cause de son exactitude même, est impropre au calcul ou à l’emploi d’un diagramme vectoriel. Pour lever cette difficulté, Ferraris et Weber ont eu l’idée de remplacer la somme de toutes les surfaces élémentaires des ellipses de pertes de chaque harmonique, par une surface d’ellipse unique :
- F = ftBH sine,
- ce qui permet de déterminer sin i> connaissant les pertes mesurées au wattmètre, la forme de la courbe de la tension primaire et la valeur efficace de l’intensité.
- Nous arrivons donc à poser :
- V/i
- Pertes dans le fer = ftBHsine----,
- 4ft
- où V est le volume et « =
- i
- T
- Comme
- B = [/,H ;
- H =
- 4TN, T l ’
- on trouve :
- Pertes dans le fer = ft.[j.
- 4 «N, l
- * I*
- V» .
- ---sine
- 4tc
- et en posant — Nj2 q |a
- L
- Pertes dans le fer = ;?iLI2 sine, (7)
- ce qui conduit en fin d’analyse à la formule générale :
- ir + L = e, 18)
- 1 dt
- où H serait l’amplitude de l’onde de force magnétomotrice équivalente qui a, par rapport à la tension primaire, le décalage o et B l’amplitude de l’onde équivalente d’induction. De cette manière, on a donc :
- 2ft.rB.cIIxsine.» = ftBH sine,
- ce qui donne Comme définition de l’angle de retard hystérétique équivalent :
- valable quelle que soit la forme de e, sinusoïdale ou complexe. Cette formule étant rigoureusement la formule générale d’un circuit sans fer, avec la seule rectification que
- , d\i\ . . . . .
- dans —— 1 est pris au temps (t—4), montre de
- suite que le seul effet de l’hystérésis est donc ce décalage d’un angle v.
- Il est possible de tenir compte de cet effet dans un diagramme. En effet, multiplions (8) par idt et intégrons ; on trouve :
- En remplaçant B et H par leurs valeurs en fonction des coefficients de leurs harmoniques et en fonction de E, et J,, on trouve finalement :
- I3;- -f- ;«LP sin e — El r.osf, ou en résolvant par rapport à i :
- Pertes dans le fer
- 1 Ni- /
- 2n:e’V1+
- ;îiHS)'+-V'ù£N£)+'.
- (6)
- V1*'-|-m2 L'211*<'m.L s i n v
- f mLcosp \
- 11 mt—arc tg ———— . 9)
- \ r-\-mL*\tiv /
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- 20 Août 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 241
- Dans cette formule sin v est donné par l’équation (6) et L par l’équation (7).
- De (9) on tire :
- m L cos e
- tg<p — --:--J—: ,
- r-j-mLsmt'
- ce qui permet de tracer le diagramme (fig. 2).
- P
- De là on tire :
- . Pertes fer El cos œ—I2r
- sin v =---------=---------------.
- imN.ÿBI ^/«N1<?BI
- On peut encore calculer
- El cos <p — I2 ?•
- L — -------------»
- m I2 sin e
- et comme contrôle, en posant § = “ — (© 4- e) m LtgS
- cose — sinetgS’
- formules dans lesquelles entrent seulement les 4 valeurs mesurées plus haut.
- La figure 3 représente graphiquement les
- Fig. 2.
- La construction est alors la suivante, qui résume toute cette théorie :
- i° On mesure d’abord le courant efficace primaire I, et les tensions efficaces primaires et secondaires ;
- 20 On relève la forme de la force électromotrice secondaire e2;
- 3° On mesure la puissance absorbée El cos <p;
- 4° On mesure la résistance •ohmique primaire /•.
- Des lectures i° et 3° on déduit l’angle © et la valeur des amplitudes des différents vecteurs. Du relevé 20, on obtient la décomposition de e2 en ses harmoniques et l’on trouve :
- Fig. 3.
- phénomènes: l’onde d’intensité i suivant celle de force électromotrice p avec un décalage © et l’onde d’induction suivant celle d’intensité avec le décalage d’hystérésis c, la courbe b — f (h) devenant ainsi une simple ellipse dont la surface est 4 tc fois les pertes.
- Il est certain qu’au point de vue pédagogique cette représentation, qui est exacte, satisfait aussi pleinement l’esprit et méritait d’être signalée.
- C.-F. Guilbert.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T.( XI (2* Série). — N® 34.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERlODIQÜES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Rèaimantation spontanée du fer. — H. Olli-vier. — Académie des Sciences, séance du 25 avril 1910.
- Soit i le courant qui circule dans l’enroulement d’un gros électro-aimant (noyaux de iotm de diamètre et i5ocm de longueur; 234o spires).
- Le courant i étant très intense et d’un sens que nous appellerons positif, coupons ce courant; l’aimantation décroît lentement jusqu’à une valeur po-sitiveéh. Faisons passer un courant négatif pas trop intense'/'' (quelques dixièmes d’ampère) ; l’aimantation prend une valeur fortement négative. Coupons le courant l’aimantation reprend une valeur positive un peu inférieure à 3t. Faisons passer de nouveau le courant négatif i", coupons-le et recommençons plusieurs fois ; nous arrivons très vite à un cycle limite.
- Cycle limite. — Pour i — o, l’aimantation 3 a la valeur positive 3' (plusieurs unités C G S) ; pour i négatif et croissant en valeur absolue jusqu’à i", 3 décroît presque linéairement et atteint la valeur négative 3" qui peut être, en valeur absolue, 3o ou 40 fois plus grande que 3'. Puis, i tendant vers zéro, 3 augmente (la courbe de retour est très peu concave) et l’on retrouve rigoureusement l’aimantation première 3' : il y a eu réaimantation spontanée et totale du fer.
- Si l’on coupe brusquement le courant négatif i" qui maintient la forte aimantation négative 3", l’aimantation ne reprend sa valeur première 3' qu’au bout d’un temps mesurable, qui peut atteindre une minute. De petites boussoles, placées près des noyaux, se retournent brusquement quand l’aimantation change de signe. La durée 6 qui sépare les instants de la rupture du courant et du retournement des boussoles croit avec 3". 0 est triplé si les bobines sont mises en court-circuit pendant que la réaimantation se fait : ce sont donc des courants induits qui ralentissent ainsi la réaimantation. Si l’aimant en expérience est parallèle au méridien magnétique, au lieu de lui être perpendiculaire, et si l’aimantation 3' a le sens de celle donnée par la terre, 0 diminue un peu ; et inversement. ,
- 'M. Maurain, qui a fait des expériences analogues, a trouvé, sur diverses tiges d’acier, des réaimanta-
- ,, , , longueur
- tions d autant plus accusées que le rapport-------
- diamètre
- était plus petit et l’aimantation plus loin d’être uniforme. En opérant sur une très longue tige de fer doux, M. Maurain a trouvé une ébauche de réaimantation. Si, en parcourant un cycle d’hystérésis ordinaire, on dépasse très légèrement le champ coercitif, on a une faible aimantation négative ; si l’on coupe le courant, on obtient une faible augmentation positive.
- La réaimantation lente, spontanée et totale des gros cylindres de forme ramassée n’est que l’exagération de ce fait normal.
- A ce sujet, M. Bouty rappelle que, dès i876(’),par de simples mesures de moments magnétiques, il avait constaté qu’un barreau d’acier, aimanté primitivement dans un certain sens et soumis à l’action d’un champ démagnétisant tel que son moment magnétique soit nul (c’est-à-dire tel que le moment résultant de la bobine et du barreau soit égal à celui de la bobine employée seule), se trouve cependant aimanté dans le sens primitif quand le champ démagnétisant a cessé d’agir.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Les turbo-machines multicellulaires et leurs récentes applications. — A. Rateau. — Bulletin des Ingénieurs Civils, avril 1910.
- Cette longue et remarquable communication traite notamment des turbines « mixtes », destinées à utiliser les vapeurs d’échappement; l’auteur donne les renseignements suivants sur leur application à la commande des alternateurs.
- Les turbines mixtes, auxquelles il a été conduit en 1901, permettent, comme on le sait, d’utiliser la vapeur basse pression provenant de l’échappement des machines à piston et de donner, par introduction de vapeur vive, le complément ou totalité de la puissance, lorsque la vapeur d’échappement est en quantité insuffisante ou même vient à faire complètement défaut.
- C) Comptes Rendus, t. LXXXII, p. io5o.
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- 20 Août 1910,
- La vapeur basse pression arrive dans un tore au milieu du corps de la turbine et se détend dans quatre éléments avant de s’échapper au condenseur. La vapeur haute pression arrive en amont, traverse trois éléments, puis vient dans le tore du milieu se mélanger à la vapeur basse pression pour travailler avec elle.
- Quand la vapeur d’échappement est en quantité suffisante, les trois roues haute pression tournent
- aussi ordinairement un piston soumfs à la pression de la vapeur basse pression. On pourrait penser qu’il suffit d’agir par le régulateur centrifuge seul; en effet, si la vapeur basse pression n’arrive pas en quantité suffisante, le régulateur baisse; après avoir ouvert en grand la soupape BP, on peut profiter d’un supplément de course pour ouvrir l’obturateur HP. Mais cela ne va pas toujours sans graves inconvénients : d’abord l’obturateur basse pression res-
- Fig. i.
- librement dans la vapeur et consomment environ i % d’énergie.
- Les admissions des deux sortes de vapeurs sont réglées par des obturateurs respectivement disposés sur les tuyaux qui les amènent à la turbine et qui sont mis sous la dépendance des régulateurs de vitesse et de pression.
- Voici comment se fait automatiquement ce réglage représenté schématiquement sur la figure i.Les deux obturateurs : S,S' pour la basse pression,S,, S',,pour la haute pression, sont commandés de l’extérieur par deux systèmes de leviers G, A, B, F, E, D. Les deux leviers AB et ED sont réunis par les bielles BG et DG au point G que nous appelons le nœud de réglage. C’est là qu’agit le régulateur centrifuge R soit directement, soit par l’intermédiaire d’un servomoteur à huile L, commandé par le distributeur M et
- tant grand ouvert, la vapeur de l’accumulateur s’écoule librement dans la turbine; il en résulte un abaissement considérable de la pression dans l’accumulateur au-dessous de la pression atmosphérique, ce qui occasionne des rentrées d’air préjudiciables au bon fonctionnement du condenseur.
- L’auteur montre alors que ce système ne peut absolument pas convenir pour un turbo-alternateur accouplé avec d’autres sur un même réseau d’électricité. Dans ce cas, on ne peut, en effet, admettre sur une machine des variations de vitesse qui se répercuteraient sur toutes les autres ; il faut alors agir indépendamment du régulateur centrifuge etutiliser, pour le réglage, la pression de l’accumulateur.
- Un piston V, dont une des faces est en communication avec la conduite d’arrivée de vapeur BP à la turbine, agit soit directement, soit par l’intermédiaire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2« Série). — N» 34.
- d’un scrvo-moteur à huile TU sur une tige N disposée sous le levier H AG, mais indépendante.
- Lorsque la pression dans l’accumulateur a sa valeur normale, l'extrémité de la tige N est disjointe du levier H AG et lui laisse son libre mouvement. Le ressort X tend alors à ouvrir l’obturateur basse pression et, par l’intermédiaire du système cinématique ABCDE, il appuie l'obturateur haute pression, sur •son siège. Le point D étant alors point fixe, le régulateur centrifuge fait décrire au point C l’arc de cercle i — 3, provoquant ainsi l’ouverture plus ou moins grande de l’obturateur BP suivant la charge demandée.
- Si, le système ainsi placé dans une position déterminée par le régulateur centrifuge, la pression dans l’accumulateur vient à baisser au-dessous de la valeur que l*on s’est assignée et qui est déterminée par un ressort antagoniste, la tige se soulève, vient appuyer au point H sur le levier AG et, dominant l'effort du ressort X, ferme l’obturateur BP d’une certaine quantité. Le point G, tournant autour de I qui reste sensiblement fixe tant que la charge ne varie pas, décrit l’arc de cercle 3 — a et l’obturateur HP se soulève d’une quantité proportionnelle à celle don s’est fermé l’obturateur BP. La substitution d’une vapeur à l’autre se fait ainsi sans que la charge de la machine varie car, d'autre part, les obturateurs sont constitués par des soupapes à festons établies de façon que la levée soit proportionnelle à la charge comme cela a été expliqué précédemment.
- Si, maintenant, la pression de l’accumulateur restant constante, la charge de la turbine vient à varier, le régulateur centrifuge agit sur le point C pour lui faire décrire l’arc i — 2 et régler, suivant la charge, l’ouverture plus ou moins grande des deux obturateurs.
- Dans une séance suivante de la Société des Ingénieurs Civils, M. Barbezat et M. J. Rey ont développé d’une manière très intéressante d’autres points de la technique des turbo-machines (M.
- TRACTION
- Voie ferrée électrique à courant continu (1 200 volts). — Electric Raihvay Journal, 1909 et Zeitschrift des oslerr. Ingenieur-und Architekten-Ve-reines, Ier juillet 1910.
- v Sur une partie de la ligne Stockton-Lodi, dont le
- (*) Voir Bulletin des Ingénieurs civils, avril 1910.
- parcours est de 2 5km, de la Central California Traction Company, il est distribué aux véhicules du courant continu à la tension de 1 200 volts. A cet effet, on emploie un troisième l’ail du poids d’environ i8kB par mètre, qui est maintenu à intervalles d’environ 3m,6o, par des supports en fonte forgeable. Ces supports sont fixés par des entretoises de 3m de longueur.
- Les voitures pèsent 35 tonnes; elles sont équipées avec 4 moteurs de 75 chevaux qui, grâce à une commande par engrenages de 23 : 5i donnent une vitesse horaire maximum de 8okm. A Stockton, où sur un parcours de 3k,n les véhicules reçoivent du courant à la tension de 55o volts d'une canalisation aérienne à trolley, la vitesse horaire maximum n’atteint que 35 kilomètres.
- Ce qui présente un intérêt particulier, c’est une machine auxiliaire qui se trouve sur chaque véhicule et qui, lorsqu’on marche à 1 200 volts, fournit un courant de 5oo volts pour l’alimentation du contrôleur de marche, de l’éclairage, du compresseur et du chauffage. Cette machine possède un induit avec deux bobinages qui sont placés l’un au-dessus de l’autre dans des rainures communes et dont chacun est relié à un commutateur particulier aux diverses extrémités de l’induit. La puissance atteint environ 10 kw. Quand on passe de la section alimentée à 55o volts à la section alimentée à 1 200 volts, la prise de courant arrive à un point de la canalisation dépourvu de courant; en conséquence l'interrupteur électrique, qui ferme le champ correspondant, tombe automatiquement à la position d’interruption.
- Quand la prise de courant à patin glissant suit le troisième rail, le conjoncteur 1 2povolts est fermé, la machine auxiliaire fonctionne et les champs de courant auxiliaire sont alimentés. Quand on marche en ordre inverse, les mêmes événements se succèdent dans l’ordre correspondant. Le chef de voiture doit pourtant fermer le conjoncteur 55o volts au moyen d’un circuit de commande spécial. Enfin, chaque fois que l’on passe aune autre tension, Lune des prises de courant doit être interrompue et l’autre rétablie. Les deux disjoncteurs sont enclenchés l’un avec l’autre, de sorte qu’il n’y en ait toujours qu’un seul qui puisse être fermé.
- Il est à remarquer que la succession des faits se pi’oduit en pleine marche. Pour obtenir une comparaison entre la consommation d’énergie du service à 55o volts et du service à 1 200 volts, on a exploité la même ligne en employant des moteurs d’égale
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- 13 Août 1910.
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- grandeur dans les véhicules et pendant un môme temps avec les deux tensions.
- Le résultat a été que les machines motrices des générateurs de courant ont consommé, pour la tension la plus élevée, 9,1 % d’énergie de moins que celles des générateurs de courant à 55o volts, tandis qu’en outre les premières étaient dans des conditions très défavorables au point de vue de la charge et travaillaient avec un rendement plus faible. L’intensité du courant de démarrage à 1 200 volts atteint environ i5o ampères; ce courant s’abaisse à environ 70 ampères quand on augmente l’allure jusqu’à la marche à pleine vitesse.
- Il n’y a pas eu de difficultés d’isolement pour la plus haute tension, quoique les voitures par les hautes températures de l’été aient roulé journellement 32otm et davantage et qu’en hiver les voies aient été parfois recouvertes d’une couche d’eau de 120 à i5omm. Comme avantage spécial de la plus haute tension d’exploitation, il est à noter qu'une ligne déjà longue est alimentée sans aucune sous-station.
- C. B.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Installation mixte pour la fourniture de lumière électrique et la fabrication de la glace. — E. Layton. — Electriçal World, 5 mai 1910.
- La Nobles ville Heat, Light ancl Power Company possède une installation où elle a combiné la production de lumière électrique avec la fabrication de la glace, de façon que pendant la morte saison de l’éclairage, la vente de glace vienne compenser la diminution des recettes.
- Elle a réalisé cette combinaison moyennant une simple augmentation de 8 % de l’installation qui lui suffirait pour la charge maximum correspondant à la fourniture d’énergie électrique pendant l’hiver.
- La partie électrique de l’installation comprend un turbo-générateur de 3oo kw., un moteur tandem compound 7!) kw. à accouplement direct et un autre moteur commandé,par courroie, de i5o kw. Tous les générateurs.fournissent du courant biphasé à 60 périodes et 23oo volts.
- La partie mécanique comporte une machine tubulaire Atlas 200 IIP et deux machines tubulaires Sterleng 200 IIP.
- La production journalière de glace est de 12 tonnes; elle ne serait pas suffisante pour la consommation estivale, mais le complément est fourni par l’appro-
- visionnement de glace constitué pendant la saison plus froide.
- La glace est fabriquée par le système de la compression; le compresseur à l’ammoniaque est actionné par un moteur 40 HP, 2 3oo volts, qui marche 24 heures par jour, de mai à septembre, et qui améliore considérablement le facteur de charge de l’installation.
- Pendant les autres mois de l’année, il est fabriqué des quantités de glace qui varient avec lés possibilités de l’exploitation.
- La turbine à vapeur fonctionne avec un vide de 71 cm et la condensation produit une eau excellente pour remplir les bouteilles à glace.
- Le prix de l’énergie, pour l’exploitation de l’usine à glace par l’électricité à o fr. o5 par kw.-heure, est de 3 fr. par tonne. Il faut ajouter à ce prix la dépense du cassage et de la livraison de la glace. Le prix de la livraison en été est de 2 fr. 625 par tonne, y compris l’entretien des chevaux; en hiver il est plus élevé et il atteint environ 3 fr.1 34 la tonne.
- On peut se faire une idée comparative des recettes respectives des départements de l’éclairage et de la glace. Pour deux mois d’été, les recettes, correspondant à la glace, sont plus importantes que les recettes correspondant à l’électricité. Gomme ce résultat est obtenu grâce à un accroissement de 8 % dans la charge des machines et l’installation des générateurs, on comprend que l’opération est fructueuse pour la Compagnie d’exploitation.
- G. B.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Nouveau principe de métallisation. — U. Schoop. — Académie des Sciences, séance du a5 avril 1910.
- Ge principe, qui peut être considéré comme le complément des procédés galvaniques, consiste à projeter du métal fondu et pulvérisé sur les surfaces à recouvrir d’un dépôt métallique. La projection du métal en fusion peut être effectuée au moyen de buses appropriées, en employant certains gaz ou vapeurs à température élevée et sous forte pression. Ges gaz peuvent jouer, suivant le cas, un double rôle, soit un rôle purement physique, en servant comme agents de pulvérisation, soit en môme temps comme des agents chimiques.
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- ‘ -f'-MÏV' ' -.--V-vi .
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2eSérié).— N» 34.
- Les gaz inertes ou réducteurs comme l’azote ou l’hydrogène se prêtent particulièrement bien à la. pulvérisation des métaux s’oxydant facilement.
- D’ailleurs, la vapeur d’eau surchauffée peut être employée dans certains cas.
- Le- métal est projeté sur la surface (conductrice on non), à l'état de brouillard.
- La basse température de ces brouillards métalliques varie entre io° et 6o°; Ceci permet de traiter des objets en matière facilement fusible ou inflammable. La pression est relativement élevée entre aokg et 25ks; la détente qui se produit à la sortie de la buse abaisse donc considérablement la température initiale, qui est de a5o° à 3oo°. Par suite de la grande pression du gaz, le métal reçoit une vitesse énorme qui atteint jusqu’à ar>km par seconde.
- Les métaux qui se prêtent particulièrement bien au pro'cédé Schoop sont ceux qüi deviennent très fluides (étain, plomb, cuivre, alliage d’aluminium) à l’état de fusion. Par contre, la température de fusion plus ou moins élevée du métal à déposer ne joue qü’un rôle secondaire.
- Une application très intéressante du procédé est celle du dépôt d’aluminium, le seul métal qui soit encore resté réfractaire aux principes galvaniques.
- En ce qui concerne les applications pratiques, on peut distinguer deux grandes catégories :
- I. — Une pour les couches adhérentes destinées à embellir les surfaces ou bien à les protéger contre les intempéries et les diverses actions d’ordre physique ou chimique ;
- II. — Une autre pour les couches à détacher de la surface.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Recherches et expériences de radiotéléphonie. — Q. Majorana. — Mémoires et notes présentés à la lieale Accademia dei Lincei, Rome.
- Les études de M. Q. Majorana sur la téléphonie sans lil remontent à plusieurs années. Il a exposé ses premières recherches dans une note que YAcca-demia dei Lincei a insérée dans ses comptes rendus le 17 juillet 190/1; mais la série complète de ses expériences et les phases successives de scs études sont relatées dans un important mémoire qui lui a valu en 1909 le prix Santoro. Une dernière note résume les essais à grande distance.
- Nous nous proposons de donner un aperçu de ces *
- travaux, en insistant plus particulièrement sur les idées qui ont présidé à la succession logique des expériences, sur les dispositifs spéciaux réalisés et sur les résultats obtenus.
- Ap rès quelques considérations sur la nature du problème dont il se propose de chercher la solution, M. Majorana déclare qu’il écarta au début l’emploi de l’arc voltaïque, et se servit de simples étincelles dans l’air, Il expose d’abord quelques recherches préliminaires destinées à montrer comment on peut aborder l’étude de la question de la téléphonie sans fil en partant de ce principe.
- Entre les boules d’un éclateur, dit-il, faisons jaillir sans interruption une série d’étincelles. L’une des boules est reliée au sol, l’autre à une antenne ; on réalise ainsi une station Marconi du type le plus primitif. A une certaine distance, un récepteur acoustique connecté lui aussi à une antenne et communiquant d’autre part avec le sol, permet d’écouter la rapide succession des étincelles avec toutes ses particularités. Si l’on accélère la production des étincelles à la station de transmission, on finira par avoir au récepteur la perception du son correspondant à la fréquence de ces étincelles.
- Supposons qu’on accroisse le nombre des étincelles dans l’unité de temps : quand ce nombre est d’environ 10 000 par seconde, on ne perçoit plus au détecteur le sifflement ou le chant correspondant à une hauteur si élevée, mais seulement un crépitement irrégulier dû à quelque étincelle plus ou moins intense que les autres. L’explication d’un pareil fait peut être la suivante : ou la dépression élémentaire du cycle d’hystérésis du fer du détecteur (dans le cas d’un Marconi) due à chaque étincelle provoque des courants induits trop faibles, dans le circuit téléphonique, ou bien le téléphone, en raison de son inertie électrique et mécanique, est incapable de suivre des vibrations aussi rapides.
- On sait maintenant que • la parole articulée est accompagnée quelquefois de sons ou de sifflements dont la période descend jusqu’à i/i5ooode seconde. ; mais ces vibrations très serrées de la voix humaine n’arrivent pas au récepteur d’un appareil téléphonique ordinaire ; et cela est si vrai que, par exemple, la lettre s est difficilement perçue. Cela n’empêche pas que la reproduction téléphonique de la voix soit pratiquement parfaite. Nous dirons donc que tous les appareils destinés à la transmission ou à la reproduction indirecte de la parole (téléphone, photophone, * phonographe, etc.) donnent des résultats pratiques
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- satisfaisants, tout en n’étant pas impressionnés par les vibrations acoustiques inférieures à i/io ooo de seconde environ.
- Revenant à l’oscillateur qui fournit ioooo étincelles à la seconde, supposons qu’on ait trouvé un moyen pour faire varier d’intensité la différence de potentiel propre de chaque étincelle. Supposons, par exemple, qu’on puisse raccourcir ou allonger à volonté la distance entre les boules de l’éclateur, sans modifier le nombre des étincelles dans l’unité de temps et que les raccourcissements et allongements successifs soient causés par des vibrations sonores qui agissent sur un appareil relié avec une des boules de l’éclateur, l’autre boule restant rigoureusement fixe. Si nous examinons avec un miroir, tournant autour d’un axe parallèle aux étincelles, la succession rapide des décharges, nous pourrons voir celles-ci se développer avec leurs extrémités appuyées, non plus sur deux droites parallèles, mais sur une droite (boule fixe) et sur unejligne sinueuse (boule mobile) figurantla vibration sonore. Il est clair que l’antenne, sous l’action de ces décharges d’intensité variable, rayonne dans l’espace de l’énergie qui entre autres périodes a aussi celle du son produit devant l’éclateur. Le détecteur reproduit alors ce son et l’on peut espérer que la parole articulée peut aussi être transmise et reproduite par une méthode analogue.
- Donc, lorsqu’on aborde l’étude de la téléphonie sans fil au moyen des ondes électriques, on ne se heurte pas nécessairement à l’obligation de chercher avant tout la production des ondes continues. II est certain que, lorsque Poulsen eut fait connaître ses belles expériences, on put reprendre l’examen de la question à un autre point de vue ; mais, néanmoins, l’usage de simples étincelles détachées fournirait déjà la possibilité de résoudre le problème.
- Dans cet ordre d’idées il se présentait deux questions distinctes à étudier séparément et successivement :
- i° Produire une succession rapide d’étincelles (io ooo environ par seconde).
- En modifier l’intensité ou un autre caractère, de façon que l’énergie irradiée par une antenne oscille avec les périodes et les amplitudes des sons variables et compliqués à transmettre.
- DIFFÉRENTS MODES DE PRODUCTION DES ETINCELLES
- Machine électrostatique. — L’auteur employa d’abord des machines électrostatiques avec une antenne à un fil d’une hauteur de iom. En faisant tourner
- la machine à grande vit'esse, on pouvait obtenir une série suffisamment déterminée d’étincelles. Les nombres d’étincelles obtenus dans l’unité de temps, les boules de l’éclateur ayant un diamètre de i5mm, ont été les suivants :
- Pour une distance, d’éclatement de 5mm 975
- — — — 4 — 1 45o
- —- — — 3 — 1 mo
- — — — 2 — 3 o5o
- — — — 1 — G I2&
- Sans vouloir établir une loi précise, bien des éléments divers jouant ici un rôle complexe, on peut dire, en première approximation, que le nombre des étincelles est inversement proportionnel à la distance des sphères de l’éclateur. On voit que la capacité de l’antenne étant assez petite (de l’ordre du cent millième de microfarad), il convient d’arriver à des distances d’éclatement très petites, telles qu’un millimètre, pour obtenir environ 6 ooo étincelles. Ces étincelles, à cause de la nature du circuit vibrant employé sont, en outre, assez amorties, et l’énergie mise en jeu par elles est relativement petite. O11 pourrait d’ailleurs penser difficilement à se servir de machines électrostatiques, très encombrantes, autrement que pour des expériences délicates de laboratoire.
- Interrupteur à mercure. — Une autre méthode pour produire de nombreuses décharges à tout instant est suggérée par l’emploi des appareils d’in-
- Fig. 1.
- duction, actionnés par un courant continu interrompu périodiquement.
- M. Majorana construisit un interrupteur à mercure spécial (fig. 1) qui lui permit d’obtenir mécaniquement plusieurs milliers (4 ooo) d’interruptions à la seconde et cela avec un fonctionnement régulier pendant plusieurs heures, à condition que l’énergie mise en jeu fût assez faible.
- La boîte de bois S contient du mercure. La poulie G entraîne l’axe N et le bras AB dont la partie droite
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- est creuse et se remplit de mercure sous l’influence de la force centrifuge. Le mercure chassé verticalement ferme le circuit lorsqu’il rencontre le mercure des godets K.
- Courant alternatif à basse fréquence. —-Après des indications sur l’emploi de l’arc voltaïque soufflé, avec lequel on peut obtenir 10 ooo pulsations à la seconde, mais avec un dispositif peu propre à un travail prolongé et sur l’emploi de l’interrupteur spécial de Wehnclt, M. Majorana expose que les procédés précédents ne fournirent jamais des intensités suffisamment élevées, pour qu’on pût en espérer une utilisation pratique. Il chercha dans une autre voie.
- Supposons que le primaire d’un appareil d’induction soit traversé par un courant alternatif d’environ 40 périodes par seconde. On sait que si les extrémités du secondaire sont suffisamment voisines et dépourvues de toute capacité appréciable, il jaillit entre elles un arc voltaïque continu d’aspect caractéristique, avec développement de chaleur notable et de son bas, correspondant à la demi-période du courant primaire. Si, maintenant, le secondaire est muni d’une capacité, en dérivation, la distance d’éclatement initiale de l’arc se raccourcit considérablement et si l’intensité primaire n’est pas excessive, on peut obtenir, au lieu d’un arc, une série de décharges dont le maximum peut atteindre quelques milliers. Il faut, toutefois, que l’intensité ne soit pas excessive, attendu qu’autrement la chaleur développée par les diverses décharges rend l’air si conducteur que les décharges se confondent de nouveau, pour reproduire le phénomène primitif : l’arc. Si cela ne se produit pas, en examinant les étincelles au miroir tournant, on peut en observer la répartition dans les diverses phases de la force électromotrice secondaire. Soit AC ou BD (fig. 2) une période complète de celle-ci; les points A,B, C, D correspondent aux instants où cette tension
- IWMlll 11111111111111111111111 111111111111111111111 ..IlIlLIJIL IME
- A B à D
- C
- Fig. 2.
- estnulle; donc, à ces instants, la formation des étincelles cesse. Mais dans le reste de la période, il se développe une série déterminée d’étincelles , lesquelles se succèdent avec une fréquence d’autant plus grande que l’intensité primaire est plus grande et que plus petites sont les capacités ajoutées au se-
- condaire et la distance d’éclatement. En écoutant attentivement, on peut encore percevoir le son dû à la période du courant alternatif primaire, mais il est très faible, attendu que les interruptions A, B, C,D, peuvent être, relativement à la période, très brèves (1/1000 de seconde). Le sifflement ou chant élevé que l’on entend, en dehors du faible son fondamental, est dû à la rapide succession des décharges. Il est intéressant, en outre, de remarquer que, à part les interruptions susdites, la succession des étincelles se jiroduit 'avéc une régularité suffisante et presque à intervalles égaux.
- On peut, même si le courant primaire est très intense, ramener le phénomène aux conditions de la figure 2; il suffit de souffler violemment le parcours de l’étincelle, ce qui provoque un refroidissement énergique tant de l’air que des électrodes et le phénomène acquiert une intensité et une beauté remarquables. Pour ce soufflage, on peut employer divers gaz des plus communs : l’air, la vapeur d’eau, l’acide carbonique ; la lumière de l’étincelle prend la teinte correspondante au spectre du gaz. Voici quelques données correspondant à une expérience particulière de M. Majorana :
- Différence de potentiel primaire, 100 volts.
- Fréquence, t\% périodes.
- Intensité primaire, 35 ampères.
- Capacité au secondaire, o,ooo'2 microfarad.
- Distance d’éclatement, 2mm,5.
- Diamètre de l’orifice d’écoulement du jet d’air, 1mm, 5.
- Pression de l’air comprimé, 6 atmosphères.
- Nombre d’étincelles par demi-période, 75.
- Nombre d’étincelles par seconde, 6 3oo.
- Si l’on diminue la distance d’éclatement, le nombre des étincelles s’accroît considérablement, et dépasse même la limite de 10 000 par seconde. La pression du réservoir de gaz soufflant doit croître en même temps que l’énergie employée.
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- Au delà d’une certaine intensité de décharge, on est amené, pour détacher nettement les étincelles, à employer des pressions de io à i5 atmosphères, qui peuvent même être insuffisantes. Pour obvier à l’inconvénient de la consommation des électrodes, qui est notable en pareil cas, il convient d’employer des électrodes filiformes, en platine ou en fer, qu'on rapproche d’une petite quantité à la fois. Il est préférable, dans ce cas, d’enfermer dans une enveloppe de verre V (fig. 3) l’éclateur. Le même tube V sert de support aux deux électrodes et permet, en même temps, grâce .à l’aspiration provoquée par une cheminée, d’expulser l’air fortement ozonisé, qui a servi à souffler ies étincelles. Le tube de verre offre aussi l’avantage de protéger les yeux de l’expérimentateur contre la lumière ultraviolette intense qui émane des étincelles extrêmement nombreuses et qui pourrait lui occasionner une conjonctivite douloureuse, longue à guérir.
- Il est nécessaire d’employer .une capacité additionnelle au secondaire de la bobine d’induction ; cette capacité a pour objet d’emmagasiner, dans le court laps de temps qui sépare une étincelle de l’autre, la quantité d’électricité nécessaire à la formation de chaque décharge. Dans la pratique, quand on veut avoir une période bien définie, il suffit d’ajouter une self- induction dans le circuit de la capacité. Une semblable self-induction peut, comme dans certains dispositifs radiographiques, servir comme primaire d’un transformateur à haute fréquence.
- Eclateur tournant. — Les dispositifs ci-dessus sont faciles à réaliser quand on a un réservoir de gaz comprimé, un compresseur ou une chaudière à vapeur, mais il est des cas où il est préférable d’adopter un artifice plus simple pour souffler les étincelles. M d’Arsonval avait pensé à employer des éclateurs tournants ; ses expériences diffèrent des expériences actuelles par l’intensité du courant primaire et par la nature des phénomènes. M. Ma-jorana, dans le but de procéder à la scission des nombreuses étincelles dont il s’agit, à l’aide de l’éclateur, a étudié une forme particulière de cet appareil et il a jugé commode de se servir d’un moteur à courant alternatif asynchrone ou synchrone.
- A l’extrémité A (fig. 4) de l’axe de ce moteur est fixé un disque P d’ébonite de a5mm d’épaisseur (iacm de diamètre) portant sur les faces opposées deux anneaux métalliques BB, GG, sur lesquels s’appuient deux balais intercalés, dans le circuit de décharge. Deux fils d’acier FF, de amm de diamètre, sont fixés aux anneaux B et G et se terminent dans un petit
- bloc d’ébonite E, qui leur assure respectivement une liaison rigide avec un des deux fils terminaux K. Ges fils K sont, comme les fils F, parallèles entre
- eux, mais leur distance est plus petite, afin qu’une décharge, provenant du condensateur, les choisisse de préférence pour passer entre eux, La longueur totale de PIC est de 70 centimètres.
- Le moteur employé était asynchrone; sa puissance était d'un quart de cheval. Ce type de moteur, à la fréquence de 42 périodes par seconde, accomplit environ ao tours et la’ vitesse circonférentielle des deux filsKIC est d’environ 90™à la seconde. Ge chiffre est quelque peu réduit, si l’on veut effectivement connaître la vitesèe de déplacement de l’éclateur par rapport aux masses d’air ambiantes qui évidemment sont quelque peu troublées par le mouvement du système. Avec ce dispositif, la décharge est violemment soufflée, quand le moteur tourne, et il est intéressant d’étudier la façon dont se développe le phénomène. Les étincelles préfèrent jaillir aux points les plus éloignés de A, en sorte que les fils IC s’usent graduellement en se raccourcissant un peu à chaque fois, sous l’action destructrice des étincelles multiples. La distance d’éclatement reste toutefois sensiblement constante, tant que les fils IC sont parallèles. On comprend donc l’avantage de cette disposition, l’appareil pouvant fonctionner pendant quelques heures, sans qu’on ait besoin d’arrêter le moteur; en outre, quand les fils IC sont complètement usés, ils peuvent très facilement être changés.
- Les moteurs que fournit ordinairement le commerce accomplissent un tour pour deux périodes complètes du courant alternatif moteur (courant qui d’autre part produit aussi les étincelles). On observe donc, grâce à la persistance des images sur la rétine, un cercle lumineux sur lequel sont réparties les étincelles, divisé en quatre secteurs, dont chacun
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- correspond à une demi-période. Si le moteur était exactement synchrone, les quatre secteurs lumineux apparaîtraient absolument fixes, mais avec des moteurs asynchrones, c’est-à-dire dont les rotors tournent plus lentement que le champ, le cercle lumineux, caractérisé par les quatre secteurs, tourne lentement en sens contraire de celui des rotors eux-mêmes, en donnant ainsi une indication et même une mesure du glissement des moteurs.
- Parmi toutes les méthodes proposées et expérimentées pour la production d’étincelles nombreuses, c’est cette dernière qui donna les meilleurs résultats.
- ' IlÉGLAGE DES ETINCELLES
- Pour démontrer la possibilité de transmettre des sons à l’aide d’ondes produites par des décharges discontinues, M. Majorana commence par rappeler l’expérience du diapason ; il relie une pointe métallique à l’antenne et à un pôle de la machine électrostatique, tandis que le diapason muni d’une languette vis-à-vis de la pointe est réuni à la terre et à l’autre pôle. L’antenne rayonne dans l’espace de l’énergie qui, entre autre périodes,'a aussi celle du diapason. Un récepteur acoustique permet d’écouter la reproduction du son du diapason, jusqu’à quelques kilomètres, si les antennes des deux stations ont une hauteur d'environ 20 mètres.
- La quantité d’électricité que la machine produit à chaque instant est évidemment constante, mais elle est dépensée, sous forme d'étincelles, tantôt serrées et courtes, tantôt rares et longues. L’avantage que présente cette circonstance d’avoir à certains moments des étincelles plus longues que les autres et par suite de plus grandes différences de potentiel à l’antenne, se trouve amoindri du fait que, quand les étincelles sont plus courtes, elles sont aussi plus nombreuses. L’énergie rayonnée par l’antenne croît plus rapidement que les différences de potentiel auxquelles l’antenne est portée ; en réalité, si avec la même quantité d’électricité produite par la machine on porte l’antenne à des potentiels très bas, en rendant très petite ou presque nulle la distance d’éclatement (tout en accroissant ainsi notablement le nombre des étincelles), on n’a pas d’effet sensible au récepteur.
- Celte expérience présente un autre fait remarquable qu’avait déjà observé Sella, en faisant agir la lumière ultraviolette périodiquement interrompue sur une série fixe d’étincelles ; c’est que le nombre des étincelles produit par la machine peut être rela-
- tivement bas ou guère plus grand que celui des vibrations du son à reproduire. Il est évident toutefois que, si la fréquence des étincelles est celle d’un son perceptible, le récepteur accuse le mélange de celui-ci avec le son du diapason.
- En appliquant ce dispositif à la recherche de la reproduction de sons multiples, on trouve que si le son produit est simple et intense comme celui d’un tuyau d’orgue, le récepteur, à la station réceptrice, en donne une bonne reproduction. On obtient un résultat analogue avec le chant humain, mais non pas avec la parole qui reste étranglée. On peut améliorer les effets, et les rendre plus sensibles en donnant plus de rigidité à la membrane vibrante. On peut aussi répéter les expériences en se servant d’autres sources d’électricité, comme la bobine d’induction, actionnée par l’interrupteur à mercure ou par le Wehnelt à diaphragme ou encore par le courant alternatif à basse fréquence et à très faible intensité. Ce ne sont jamais que des expériences de laboratoire, sans utilisation pratique.
- On peut penser à modifier les oscillations électriques de l’antenne, en se servant d’un quelconque des agents qui modifient le potentiel explosif, par exemple de la lumière d’un arc voltaïque ; mais quiconque a éprouvé l’action de la lumière ultraviolette "sur les étincelles comprend combien le dispositif est délicat. Ce n’est que dans des conditions bien définies que le phénomène est net. Dans ce cas encore, on peut améliorer les résultats en employant plusieurs distances d’éclatement au lieu d’une seule. La disposition comporte de nombreuses variantes.
- On obtient de meilleurs effets en agissant sur les étincelles au moyen de flammes manométriques. Une flamme manométrique peut, avec ses mouvements, suivre les vibrations électriques les plus compliquées, au moins dans des limites suffisantes pour que la parole soit facilement reproduite.
- Comme les flammes sont conductrices de l’électricité, on pourrait penser à moduler les décharges, obtenues par les moyens énoncés ci-dessus, en insérant une flamme en un point quelconque du circuit transmetteur. Malheureusement, la quantité d’électricité qui peut passer au travers d’une flamme est très petite.
- Une capsule manométrique peut bien mettre en vibration simultanément beaucoup de flammes et chacune d’elles peut être placée au-dessous d’un trajet d’éclatement- distinct, mais finalement cette expérience présente une complication qui l’a fait abandonner.
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- M. Majorana acherché à réaliser un dispositif dans lequel la modulation ait su cause dans la magnétisation du fer. Dans une première expérience, il fait traverser un fil de fer rectiligne, d’environ 5m de longueur et de 2n:m de diamètre, par les oscillations de l’antenne, produites par un éclateur au moyen de courant alternatif à basse fréquence. En dérivation sur le fil de fer se trouve un circuit microphonique muni de deux impédances empêchant les dérivations d’oscillations. On comprend facilement que, dans ce cas, on a une magnétisation circulaire produite par le courant microphonique qui modifie l’intensité des ondes se propageant dans l’antenne. •Par ce dispositif on réussit à obtenir une bonne reproduction des sons d’un tuyau d’orgue et, en général, des sons robustes et simples, mais le dispositif suivant, dans lequel on met à profit la magnétisation longitudinale est d’un fonctionnement plus satisfaisant.
- Autour d’une plaque rectangulaire de mica assez épaisse on a enroulé un fil de fer de la même longeur que ci-dessus. Il fait partie du circuit oscillant de l’antenne de transmission. Une bobine de fil de cui vre qui fait partie d’un circuit microphonique entoure la plaque de façon que ses lignes de force soient parallèles au fil de fer.
- Afin d’empêcher un échauffement excessif du fil de fer, le tout est plongé dans le pétrole et entouré en outre d’un bain d’eau froide. Ce dispositif fonctionne comme le précédent: on peut arriver à percevoir la parole au récepteur, mais assez faiblement.
- Modulations d étincelles soufflées. — Pour toutes les expériences suivantes, on a employé, comme source d’électricité, le courant alternatif à basse fréquence. Les dispositifs qu’on va décrire n’ont été imaginés que pour obtenir le renforcement de l’intensité des effets.
- Dans ces expériences successives, les étincelles sont toujours soufflées jusqu’à ce que leur intensité et leurs propriétés oscillatoires soient plus accentuées. On a cherché à étudier des dispositions grâce auxquelles le jet de gaz puisse être influencé directement par un corps sonore (une membrane, par exemple), de façon que les étincelles sur lesquelles il frappe puissent à leur tour devenir le véhicule de transmission des sons produits devant la membrane.
- Il convient donc d’aborder le problème suivant: Produire dans un jet de gaz des variations correspondant, pour l’intensité et la fréquence, aux vibrations émisesparunesourcesonorc.Lemotf'rt/vrtfton englobe aussi bien l’intensité que la direction du jet de gaz.
- L’idée la plus simple qui se présente pour obtenir des variations d’intensité est de varier l’étranglement du tube d’écoulement du gaz: un semblable étranglement ou une fermeture, partielle et variable
- Fig. 5. Fig. 0.
- devrait être produite par une membrane sur laquelle tombent les vibrations aériennes à transmettre. Les tentatives dans ce sens n’ont pas abouti.
- M. Majorana a, au contraire, obtenu de bons résultats en suivant le principe de ne pas modifier, par les vibrations sonores, la partie totale du tube adducteur de gaz. Son premier appareil est indiqué par la figure 5. L’air comprimé arrive dans un tube à T et peut s’échapper par les orifices P, Q. L’orifice Q est voisin d’une membrane vibrante M ; au moyen de vis de réglage, on peut le rendre exactement parallèle à la surface centrale de la membrane ; dans ce but il convient que sa surface soit constituée par du verre bien plan. On comprend que l’intensité du jet sortant de P dépend de la position delà membrane et que quand celle-ci vibreil lui imprime des pulsations régulières. La membrane M a un diamètre d’environ rjm"' ; elle est en fer de 4mra d’épaisseur. L’air comprimé a une presion de 4 atmosphères; avec celte pression, le trou Q ne doit pas avoir un diamètre plus grand que 2,nm; sinon l’effort exercé par le gaz sur la membrane en empêcherait lesvibrations. Pourobtenir de plus grandes variations dans l’écoulement du gaz lorsque la membrane vibre, il importerait d’augmenter la périphérie de l’orifice même, plutôt que la section du trouQ; on a déjà un avantage notable avec un dispositif dans lequel l’orifice Q, au lieu d’être circulaire, est rectangulaire, de forme allongée.
- Cet ordre d’idées a conduit à la disposition indiquée dans la figure 6. Une pièce préparée au tour PQQ est munie d’un tube adducteur A. L’air qui entre en A.sort, soit par l’orifice P, soit par la fente circulaire très mince QQ, que l’on voit mieux dans la projection latérale de la figure.
- La membrane M s’appuie rigoureusement sur cette ouverture et en raison de la grande étendue de celle-ci, il suffit de très légères vibrations pour produire des variations très considérables sur la
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- portée de P. L’appareil exige évidemment un réglage soigné et afin de mieux assurer son fonctionnement, il est préférable de faire vibrer la membrane M au moyen d’un appareil électromagnétique ; c’est-à-dire qu’on applique le système indiqué (fig. 6) à un récepteur téléphonique énergique, dont la membrane de fer remplace celle de la figure même.
- On peut remarquer que la sensibilité de fonctionnement dépend du fait que la quantité de gaz qui, à chaque instant, est lancé dans l’atmosphère est à peu près constante. La membrane téléphonique n’a pas d’autre rôle que de faire choisir à une partie du gaz l’issue P ou l’issue Q. La sensibilité d’un appareil de ce genre est donc d’autant plus grande que le parcours PQ est plus petit.
- Voyons maintenant comment on utilise la modulation d’un .jet de gaz pour la téléphonie sans fil. Le dispositif le plus simple est celui de la figure 7. A travers l'éclateur S peuvent jaillir, si elles sont convenablement soufflées, les nombreuses étincelles nécessaires à la transmission téléphonique. Les étincelles S sont donc diversement soufflées suivant les variations d’écoulement du gaz etla station réceptrice,
- disposant d’un ' récepteur acoustique, reçoit, avec grande intensité, les sons simples et continus trans-
- Fig. 7.
- mis. Le son d’un tuyau d’orgue ou le chant humain sont reproduits à distance avec une netteté suffisante pour qu’on puisse en percevoir même le timbre. Si les variations du jet gazeux n’ont pas une trop grande amplitude,-la vitesse de l’air qui traverse l’espace d’éclatement S se maintient toujours supérieure à une certaine limite ; les étincelles sont alors toujours oscillatoires. Dans ces conditions, les sons que la station réceptrice laisse percevoir sont plus faibles, mais aussi plus nets. Et c’est ainsi que la parole même peut, bien qu’assez faiblement, être transmise.
- (A suivre.) C. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les inventions industrielles et d’utilité générale a réaliser. Recueil de 864 questions à résoudre pour répondre aux besoins actuels de l’industrie, suivi d’un précis des lois réglant les droits de la propriété industrielle. — Hugo Michel, ingénieur émérite du Patent-Amt de Berlin ; 3e édition française, complétée, traduite de l’allemand par Louis Duvinage, ingénieur civil. — i volume in-8° de 88 pages. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 3 francs.
- Cet ouvrage débute par des recommandations générales adressées par l’auteur aux inventeurs qui se proposent de prendre un brevet. Vient ensuite la liste des récompenses offertes aux idées nouvelles et enfin la longue liste de celles parmi ces idées qui, dans les différents domaines de l’industrie, seraient de nature, d’après M. H. Michel, à rendre des services particuliers. En terminant, l’auteur a résumé les principes de protection de la propriété industrielle : cet exposé s’arrête à la loi du 14 juillet 190Î), au sujet de laquelle l’auteur n’a pu donner que des -notions très sommaires.
- Nous ne doutons pas que la lecture de cet ouvrage puisse être suggestive et utilement inspiratrice pour
- les inventeurs, et particulièrement pour ceux qui ont en vue l’attrait d’une prime immédiate, mais elle le serait davantage si, au point de vue de la traduction proprement dite du texte allemand, l’ouvrage présentait moins de négligences.
- Qu’est-ce, par exemple, que la « kynématique machinelle » (p. 1/4) ? S’il s’agit simplement, comme le reste du texte semblé l’indiquer, de la « cinématique », pourquoi ne pas l’écrire en français? Parfois encore, l’auteur conserve des tournures de phrases étranges, où l’on reconnaît la syntaxe allemande. Ces négligences, simplement désagréables dans le texte courant, deviennent dangereuses dans l’énoncé des brevets, où elles sont malheureusement fréquentes.
- En ce qui concerne plus spécialement l’électricité (p. à 39), l’incertitude des termes techniques est inquiétante. Il est question (p. 37) d’un « distributeur d’électricité sous la forme onduleuse, etc... ». La rédaction trop hâtive de celte traduction. nuit ainsi au plaisir et au profit qu’on aurait à lire un ouvrage de ce genre.
- L. A.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE •
- Les comptes de l’exercice 1909 de la Société Anonyme Westinghouse, dont nous avions donné le résumé dans une de nos précédentes notes, ont été approuvés suivant les propositions du Conseil par l’assemblée des actionnaires du 4 août dernier. Le crédit du compte profits et pertes, y compris le report de l’exercice précédent, s’élève à 1 291 io3 fr. 06 dont 901 808 fr. 80 proviennent du bénéfice brut sur la vente du matériel des diverses usines de la Société et 3o2 866 fr. 5o représentent les intérêts et produits du portefeuille; le débit figure, d’autre part, pour 888 i5i fr. 01, laissant un solde créditeur de 402 9^2 francs que l’assemblée a décidé de porter jusqu’à concurrence de 3gi 856 fr. 20 en amortissement. de différents comptes, le surplus étant reporté à nouveau. Dans l’examen que le rapport fait des divers comptes du bilan, on remarque à l’actif la diminution du portefeuille-titres résultant de la vente au pair de 3 000 actions de la Societa Italiana Westinghouse, à la suite des conventions comportant cession à cette dernière des brevets de Kando en Europe, sauf la France, et l’Allemagne, ainsi que du bénéfice de certaines commandes. Les brevets de Kando se rapportent à des appareils pour traction triphasée et mettent ainsi la Société Westinghouse aux premiers rangs, des constructeurs susceptibles de proposer le matériel de traction continu, triphasé ou monophasé. M. de Kando d'ailleurs a pris place au Conseil d’administration qui s’est adjoint également M. Hollingsworth. Comme autres mouvements intéressants du portefeuille, le rapport signale l’augmentation de l’intérêt de la Société dans la Compagnie Internationale de chauffage des chemins de fer, système Heintz, la libération des actions de l’Energie Industrielle et des versements sur les actions de la Société hongroise d'automobiles. La Societa Italiana Westinghouse, au capital de 4 millions de lires et dont le siège esta Gênes, a distribué, en 1909, un dividende de 4 % ; les comptes du dernier exercice accusent un bénéfice net après divers amortissements de 5 % du capital versé. Néanmoins, sa situation de trésorerie, affectée par des retards de paiement de l’Etat, l’a obligée à avoir encore recours au concours financier de la Société Westinghouse qui inscrit de ce chef à l’actif de son bilan 1 892 622 fr.5o d’avances diverses ayant comme contre-partie à son passif une somme égale d’effets à payer. La Société hongroise
- d’automobiles au capital de 2 millions n’a pas encore produit de résultats, son usine d’Arad n’ayant été achevée qu’après clôture dfc l’exercice. La Société Internationale pour le chauffage des chemins de fer a, par contre, distribué 12 % pour l’exercice écoulé, et la Société pour l’exploitation des procédés Westinghouse-Leblanc, des }ilus prospères en raison des revenus réalisés à titre de redevances pour l’application de ses brevets relatifs à la condensation, a déclaré un dividende de 40 % sur ses actions privilégiées et ordinaires.
- Les résultats des Etablissements de Freinville sont satisfaisants. On constate d’une année à l’autre une augmentation importante du matériel en magasin et une diminution des travaux en cours. Des travaux d’agrandissement ont été entrepris et l’acquisition de certains brevets de freins et de droits d’exploitation du chauffage Heintz procurera à Freinville de nouveaux débouchés très intéressants. Les Etablissements du Havre, au cours de l’exercice, n’ont pas livré tout le matériel dont ils étaient capables, et de cette diminution de leurs expéditions résulte pour le Conseil la réduction des bénéfices de fabrication. Mais à la clôture de l’exercice, décembre 1909, le montant des travaux en cours était supérieur de 312 289 francs à celui de l’exercice précédent, et les magasins renfermaient en plus iSoooo francs de matériel fabriqué et prêt à la vente. Au total, ces deux chapitres figurent au bilan pour 5 33o 214 francs qu’il y a lieu de mettre en regard de la valeur du capital engagé dans les usines du Havre, soit d’environ 6 millions, Freinville ne figurant que pour un peu plus de 1 600 000 francs avec un chiffre de matériel en magasin et travaux en' cours supérieur a 2 1700 000 francs. Les débiteurs divers de la Société Westinghouse, classes sous les rubriques : clients, effets à recevoir, avances diverses, etc., forment le total de 11 771 179 francs et dénotent une augmentation du chiffre d’affaires, car le seul compte client s'accroît de plus de 1 million, tandis qu’au passif les divers créditeurs s’élèvent à 7 523 947 francs, la seule avance consentie à la Societa ItalianaWesting-house figurant à ce poste, comme nous le disions plus haut,pour 1800000 francs environ. L’augmentation du capital de 5 millions de francs a permis de rembourser l’emprunt hypothécaire de 4 millions; et l’exercice en cours devant bénéficier de charges d’in-
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- térêls moindres, de commandes importantes pour certaines Compagnies de chemins de fer et de nouvelles spécialités, il ne paraît pas douteux qu’il se présente comme résultats généraux dans de très bonnes conditions.
- Le Moniteur des Intérêts matériels donnant dernièrement le relevé des recettes de 80 compagnies diverses de tramways faisait ressortir l’augmentation constante du trafic dans toutes les agglomérations intéressées, sauf dans deux villes où la réduction ne trouvait guère à s’expliquer. Nos entreprises électriques françaises, quel que soit du reste leur objet: lumière, traction, force motrice, n’échappent pas à cette loi de progression. Enterautres les Forces motrices du Rhône accusent 121 354 francs d’augmentation ; l’Energie Electrique du Littoral, 392 3a6 francs ; les Omnibus et tramways de Lyon, 5oi 661 francs, tous pour lé* semestre écoulé. C’est une preuve de vitalité pour l’industrie électrique qui se remet pour l’instant des effets de la erise de 1907. La répercussion de certaines lois sociales qui modifient les conditions de la main-d’œuvre s’ajoute, d’autre part, aux effets d’un accroissement général des besoins et des transactions.
- En même temps que la Banque pour Entreprises Electriques à Zurich annonce pour 1908-1909 le maintien de son dividende de 10%, ses bénéfices nets s’élevant à 4 38i 34i fr., elle fait prévoir son augmentation de capital de 40 à 60 millions en vue d’absorber la Société Lahmeyer et Cia de Francfort au capital de 2 5 millions de marks : quatre actions Lahmeyer de 1 000 marks chacune seraient échangées contre trois actions de la Banque d’une valeur nominale de 1 000 francs. D’autre part, l’Allgemeine Electricitals Gesellschaft, qui possède 9 millions d’actions de la Banque pour Entreprises Electriques, augmenterait son capital pour absorber, d’accord avec cette dernière, le groupe Felten et Guilleaume Lahmeyer de Mülheim. Le capital de ce dernier groupe est de 75 millions. L’annonce de cette entente a eu une heureuse influence sur les cours des valeurs allemandes d’électricité qui accusent toutes des plus-values : l’A.E.G. passe de 267,50 à 275,25; la Siemens-Schuckert de 157 à 162. Ces dernières usines seraient en pourparlers pour l’installation
- d’une importante centrale électrique en Suède,
- Les bruits qui ont couru de la vente d’une liliale de la Compagnie Générale d’Electricité prendraient corps de la façon suivante.
- La Mutuelle de Tramways, société belge, dans son assemblée générale extraordinaire du 27 juillet, a apporté diverses modifications à ses statuts, notamment en ce qui concerne l’accession de l’industrie électrique aux opérations sociales. L’assemblée a ratifié l’augmentation de capital réalisé avec le concours de la Société générale de Belgique et porté le nombre des administrateurs à 11, en nommant à ces fonctions le comte de Smet de Naeyer et le baron Janssen. Comme suite à ces résolutions diverses, la Mutuelle aurait acquis la centrale électrique de Nantes, en vue de constituer une société au capital de 12 millions pour l’exploitation des tramways et de l’éclairage électrique.
- Le cuivre, ces derniers jours, a marqué une hausse d’une livre qui s’expliquerait par la diminution constatée des stocks au ier août et par la. réalisation définitive de l’accord entre producteurs. On dit que les mines de Boston et Montana et que celles de l’Anaconda ne travaillent plus que six jours par semaine, ce qui représente pour juillet une diminution d’extraction de minerais équivalente à environ 1000 tonnes de cuivre. Les accords pris, s’ils existent, seront plutôt connus par leurs résultats, les intéressés n’ayant pas l’intention de s’exposer à des poursuites de la part du gouvernement, qui conserve la meme attitude hostile vis-à-vis des trusts.
- On a vu qu’un consortium venait de se former entre les diverses entreprises madrilènes d’électricité propriétaires des mines à vapeur. La Coopérative qui englobe les entreprises hydro-électriques vient de son côté de signer une convention avec la municipalité l’autorisant à percevoir 60 centimes par kilowatt-heure. Mais son intention serait d’offrir le courant à 40 centimes ; le public, dans ces conditions, ne peut hésiter à préférer les offres de la coopérative qui obligeront les entreprises tributaires de la vapeur à baisser de nouveau leur prix et à un taux qui leur fera courir les plus grands risques de déficit.
- D. F.
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- 20 Août 1010. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer P.-L.-M, aurait commandé, d’après le Berliner Borsen Courier, 3o locomotives à la Société Henschel de Cassel et 20 locomotives à la Société Schwartzkop de Berlin. La valeur totale des commandes se monterait à 34 48o 000 francs.
- La même Compagnie a passé commande de 400 wagons aux Forges et Ateliers de Haine-Saint-Pierre et de i5o wagons à la Compagnie Centrale de Construction.
- Basses-Pyrénées — Les conseils municipaux de Biarritz et d’Anglet ont voté la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur la ligne du tramway de Bayonne à Biarritz et à Marrac.
- Vaucluse. — La Chambre de commerce d’Avignon a voté le projet d’établissement d’une ligne de tramways électriques d’Avignon à Châteaurenard.
- Brésil. — La Société Dick Kerr Cy a été chargée de l’électrification du chemin de fer de Victoria à Minas.
- Italie. — Est à l’étude une ligne de tramway électrique entre Pérouse, Argentine et la vallée de Pragelas, dans l’arrondissement de Pignerol. Le conseil communal de Pragelas a voté une subvention de 5o 000 lires.
- Un autre projet est également à l'étude pour relier par un tramway électrique Venasca à Sampeyre, dans la province de Côvni, avec prolongement jusqu’à Casteldel-fino. L’énergie électrique nécessaire serait fournie par line chute d’eau dans la commune de Salle.
- Les promoteurs de cette entreprise sont les frères Gauthier, de Nîmes.
- Roumanie. — Le gouvernement roumain vient de commander 86 locomotives ; cette nouvelle commande a été répartie entre les usines allemandes et les usines belges.
- ÉCLAIRAGE
- Calvados. — Le Conseil municipal de Thury-Harcourt a décidé de faire appel à de nouveaux concessionnaires pour l’éclairage électrique, la concession actuelle expirant le i5 septembre 1911.
- Cantal. — La municipalité de Marcenat a voté le principe de l’éclairage électrique de la commune ; le courant serait fourni par l’usine de Riom-ès-Montagne.
- Gironde. — La municipalité de Grandignan vient de traiter avec la Compagnie de Tuillières pour l’éclairage électrique de la commune.
- Lot. — La commune de Danelle va être prochainement éclairée à l’électricité ; un projet est actuellement à l’étude.
- Marne. — Le Conseil municipal de Reims a voté une somme de 29 000 francs pour l’installation de l’électri-cilé au grand théâtre.
- Pas-de-Calais. — Le Conseil municipal de Calais a accordé, dans une de ses dernières séances,la concession d’éclairage électrique à la Compagnie générale d’Entre-prises publiques et privées.
- Rhône. —• La Société Lyonnaise des Forces motrices du Rhône est en pourparlers avec la Société Grenobloise de Force et de Lumière pour l’aménagement en commun de nouvelles chutes d’eau dans les Alpes.
- Vaucluse. — La Société Le Sud Electrique vient d’obtenir de M. Ripert la rétrocession,pour une durée de 40 années, de la concession d’éclairage électrique de la commune de Mazan.
- Algérie. — Un concours est ouvert à la mairie de Fouka pour l’installation de l’éclairage électrique municipal et privé.
- Turquie. — La commission technique chargée de l’examen des divers projets déposés pour l’éclairage électrique de Constantinople et composée de cinq membres s’est divisée : une majorité de trois membres a classé premier le projet de la firme Ganz, sous réserve que son programme soit complètement modifié, et une minorité de deux membres a présenté un contre-rapport.
- Enfin, une commission qui a envisagé les projets au point de vue financier et administratif a fait un autre classement, dans lequel le projet Ganz occupe le dernier rang.
- S'il n’est pas procédé à une nouvelle adjudication, le choix du ministre se trouvera, en quelque sorte, circonscrit entre le projet Ganz et les deux soumissions I déposées par des firmes françaises. ---- —
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série). N* 34;
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Montbronnaise d'Electricité. — Durée : 40 ans.
- — Capital : 40 000 francs. — Siégé social : Montbron (Charente).
- Société beige des appareils Rateau. — Constituée le ' 2 juillet 1910. — Capital : Sooooo francs. — Siège social : Bruxelles.
- Compagnie Générale d’Eclairage de Castelnaudary. — Constituée le Ier août 1910. — Siège social : 43» rue Nicolo, Paris.
- Société d'Electricité de Chabeuii. — Constituée le ier août 1910. — Siège social : Chabeuii (Drôme).
- Société Parisienne « La Centrale Electrique ». — Durée : 5o ans. — Capital : iôoooo francs. — Siège social : 85, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Société Intercommunale d’Eclairage. — Durée : 90 ans.
- — Capital : 1 65o000 francs. — Siège social: 10, Pue Mogador, Paris.
- Compagnie Electrique. — Durée : 90 ans. — Capital :
- 5 000 000 francs. — Siège social : 3. rue Moncey, Paris.
- Société du Secteur Electrique de Méricourt et Rouvroy. — Durée : 3o ans. — Capital : 4o 000 francs. — Siège social : Rouvroy (Pas-de-Calais).
- Société d’Eclairage électrique de Saint-Fiour. — Capital :
- 1 5oo 000 francs. — Siège social : 10, rue d’Hauteville, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société d'Electricité de ia Marche et du Limousin. — Le 29 août, 364, rue Lecourbè, à Paris.
- Compagnie des Compteurs Aron. — Le 25 août, 200, quai Jemmapes, ù Paris.
- Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies du Val d’Osne. — Le 3o septembre, 58, boulevard Voltaire, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Un concours est ouvert au Sénégal pour l’installation des usines à moteurs électriques à établir à Hann et M’Ba.
- On peut consulter le dossier au ministère des Colonies, à Paris (inspection générale des travaux publics).
- BELGIQUE
- Le 7 septembre, à 3 h., à la maison communale, à Laeken-lez-Bruxelles, adjudication-concours pour la fourniture et la pose des appareils au gaz et à Pëlectri, cité au nouvel hôtel communal ; prix du cahier des charges : 1 franc.
- ALLEMAGNE
- Le 22 août, à l’administration de la ville, à Dresde, fonrniture de 6 voitures motrices et i5 voitures ordinaires pour tramways.
- PORTUGAL
- Le 12 octobre, à la direction du port et des chemins de fer de Lourenço-Marquès (Mozambique), fourniture de 7 grues électriques de la force de i,5 et 10 tonnes; les propositions seront reçues jusqu’au 12 octobre.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans in rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PàRIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSBTTF, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-deuxième «innée
- SAMEDI 27 AOUT 1910.
- Tome XI (3e série). — N" 35.
- Lumière
- La
- Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 257. —H. Pleijel. Sur le calcul des enroulements d’un transformateur téléphonique,.. ,p. 259. — L. Berger. Chronique des machines électriques, p. 264.
- Extraits des publications périodiques. Méthodes et appareils de mesures. Mesure des susceptibilités magnétiques des corps solides, P. Pascal, p. 272. — Etude, construction et essais de machines. Forme la plus avantageuse à donner aux noyaux des transformateurs, K. Schmidt, p. 272. — Traction. Note sur l’équipement’ des voitures et des ateliers de la Société des tramways de Berlin, p. 278. — Locomotive électrique lourde des chemins de fer des Alpes Bernoises, p. 274. — Usines génératrices. L’installation des turbines à l’usine d’électricité Andelsbuch dans la forêt de Bregenz, p. 274. — La station centrale de Danville, p. 275. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Recherches et expériences de radiotéléphonie, Q. Majouana, p. 275. — Brevets. Procédé Alaaar Pacz pour la préparation décomposés organométalliques (fabrication de filaments pour lampes à incandescence), p. 281. — Procédé électro-sidérurgique de fabrication, en une seule opération, du fer industriellement pur, p. 282. — Législation et contentieux. Décret du 25 avril 1910 portant addition au décret du 9 octobre 1907 (modification au règlement des appareils à vapeur), p. 284 — Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 3 mai 1910 (modification de l’article premier du modèle d’arrêté préfectoral portant autorisation d’installer une distribution d’énergie électrique par permission de voirie), p. 284. — Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 20 mai 1910 (envoi du cahier des charges-type pour concession par l’Etat d’une distribution d’énergie électrique aux services publics), p. 285. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 286. — Renseignements commerciaux, p. 287. —Adjudications, p. 288.
- ÉDIT OKIAL
- A la veille du jour où va se réunir, à Paris, une Conférence technique internationale des télégraphes et des téléphones, nous avons la bonne fortune de présenter à nos lecteurs un travail de M. H, Pleijel, membre de cette Conférence et spécialiste compétent en matière de télégraphie et de téléphonie.
- M. H. Pleijel s’est proposé de déterminer par le calcul quelles self-inductions et quels nombres de spires il y a lieu de choisir pour les enroulements d’un transformateur téléphonique.
- Les formules qu’il établit aboutissent à la
- détermination du point d’intersection de deux courbes dont l’allure est, au début, celle d’hyperboles équilatères. L’auteur fait remarquer que souvent, dans la pratique, il est possible de considérer uniquement ces portions des courbes et, par suite, d’éviter leur détermination : une construction géométrique fort simple donne la solution du problème.
- La chronique des machines électriques, que nous publions aujourd’hui, est signée d’un ingénieur spécialiste dont nous sommes heureux de nous être assuré la collaboration.-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). H« 35.
- M. L. Beiger est un praticien distingué que ses fonctions industrielles ont mis en bonne place pour parler, en toute connaissance de cause, de ce qui concerne la construction et les essais de machines.
- Il retient aujourd’hui deux travaux importants :
- L’un, de M. Doczekal, est relatif à l’essai de durée en court-circuit des machines à courant continu. Par un artifice très simple, qui consiste à modifier le calage des balais, il est possible de réaliser des conditions assez voisines de celles de la marche normale, tout en ne fournissant à la dynamo qu’une puissance correspondant aux pertes qui s’y produisant.
- Une autre étude, parue sous la signature de M. Adler, a pour objet de rechercher l’origine des courants qui circulent dans les ’ paliers des machines. Ces courants atteignent quelquefois des intensités énormes ; il est de toute nécessité de les éviter, et l’auteur résume les différents moyens qui ont été préconisés. Le plus simple et le plus pratique est encore l’isolement du palier par rapport au socle.
- La méthode de. mesure des susceptibilités magnétiques des corps solides, imaginée par M. P. Pascal, est de nature à rendre des services pour l’analyse magnétique rapide, prin-
- cipalement dans les laboratoires de chimie.
- D’après M. K. Schmidt, la forme la plus avantageuse à donner aux noyaux de fer des transformateurs est la section rectangulaire. La forme circulaire, plus séduisante à première vue, entraîne, pour un même poids de cuivre, une dépense de fer plus considérable.
- En matière de traction, nous indiquons de quelle façon la Société des tramways de Berlin a compris l’organisation de son exploitation.
- Puis, nous donnons les caractéristiques d’une locomotive électrique lourde, actuellement en construction, destinée aux chemins de fer des Alpes Bernoises.
- On trouvera ensuite les traits essentiels des installations de Yusine d’Andelsbucli et de la station centrale de Banville.
- Enfin, nous analysons la dernière partie du mémoire de M. Majorana, consacré à l’ex-posé de ses recherches et expériences de radiotéléphonie.
- Nos lecteurs y trouveront des descriptions détaillées des ingénieux microphones hydrauliques, qu’ils soient à mélange ou électro-capillaires, grâce auxquels M. Majorana a pu reproduire nettement la parole à une distance d’environ kilomètres.
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- SUR LE CALCUL £ES ENROULEMENTS D’UN TRANSFORMATEUR TÉLÉPHONIQUE
- Ce travail a pour but de donner des formules permettant de calculer la self-induction et le nombre des spires le plus favorable dans les enroulements d’un transformateur pour courants téléphoniques.
- Nous admettons que le circuit total soit composé des parties suivantes : le circuit d’abonné AB, la ligne BC et le circuit d’abonné CD. Entre AB et BC, un transformateur T est inséré et entre BC et CD, un transformateur T'. Les deux transformateurs ainsi que les deux circuits d’abonné sont supposés identiques entre eux.
- Nous emploierons les notations suivantes :
- Rt = impédance du circuit d’abonné mesurée de B vers A;
- R2 = caractéristique de.la ligne BC;
- nl, n2 — nombres de spires des deux enroulements du transformateur ;
- hpif, hpif — impédances des deux enroulements ;
- knx n2 — impédance mutuelle des deux enroulements;
- ilt i2 = courants qui parcourent les deux enroulements du transformateur T ;
- i'j, ï2 = courants qui parcourent les deux enroulements du transformateur T' ;
- Cj, e2 ^ tensions aux bornes du transformateur T ;
- <Y, v'2 = tensions aux bornes du transformateur T' ;
- E' = force électromotrice du poste d'abonné A, supposée simple et harmonique.
- Remarque. — Pour le calcul de ilt i2, U et i\, nous pouvons toujours considérer le cir-
- cuit AB comme un circuit d’impédance Ri et comme alimenté par une force électromotrice E, qui cependant est différente de E'.
- En appelant i le courant qui parcourt le poste d’abonné A, nous obtenons les équations suivantes :
- E' = li — A/, )
- Vi = Ai — Jù j
- où I, A et J sont des constantes du circuit. Donc :
- AE' IJ — A* . ,
- —=—i—.. + ».•
- Mais
- où R1 est l’impédance du circuit mesurée de B vers A.
- En posant :
- nous obtenons l’égalité :
- E = Ri ii -f- f’i,
- qui, comme on sait, est l’équation pour un circuit simple. C. Q. F. D.
- Les courants qui parcourent les deux enroulements du transformateur I sont liés par les équations suivantes :
- E = (Rt -f- hi i ii + hnl 4 \
- — 1*2 —- kïiintJi,-f- h.2n^ii )
- L’élimination de i] nous donne : lui i n2
- ^ Pn -f-ùi/i,2
- = 4 [W
- R, -f- lu (!r J
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série.) — N» 35.'
- Les mômes calculs appliqués au transformateur T' nous donnent :
- /f2 n 12 n2 Ri —j— h\_ Fip‘
- kn, /t2 ,t Ri -j- ki ni2
- ]
- Pour le moment, nous introduisons les abréviations suivantes :
- S — h2n22
- k2iii2n22 R, -)- hi n2 kn.ii„
- Ri -f Ain/
- Les équations (i) et (2) prennent donc les formes que voici :
- p E — i2 S -j- )
- S . (3)
- i'i = pi'-i )
- Pour le moment, nous appelons les constantes de la ligne I2, A2, R2.
- Les tensions aux bornes secondaires et les courants qui parcourent les enroulements secondaires sont liés par les équations (*) :
- f’*= l*h-AA\ {,y
- — A2ç— I2i 2 ;
- Ces équations nous donnent t'2 :
- -, _ A2pE_________
- 2^(I2 + A2 + S) (L-Aÿ + S)•
- Or :
- -i* + A> =1 (j)
- i.-a. = k(j)
- où Z est la longueur de la ligne.
- Donc :
- „ _ MaE
- 2 (I -f- S) (R + S)‘ (J)
- p) H. Pliïijel. De l'atténuation dans les lignes pupi-nisées. (Travail présenté au Congrès international des télégraphes et des téléphones. Paris, septembre 1910.)
- Nous supposons que la ligne est très longue.
- Donc I aussi bien que R est à peu près égal à la caractéristique de la ligne.
- Notre formule (5) prend donc la forme :
- et
- l2
- p a2e
- (R* + s)2
- II
- p1
- (R, + S)2
- ^ a2e.
- (6)
- Le courant i\ devra être maximum. Donc, il faut que :
- soit minimum.
- Nous introduisons dans (7) les expressions de S et de p. Après quelques réductions, nous obtenons :
- hlni1 h2n2 hji2— k2
- tt = ampl.)'RiR'2 Posons :
- R,
- Ra
- R.R.
- «1 «2
- /{Fil «2
- /«, Fli2
- Ri
- h2np
- < ^ =
- l h\/i2 — k
- ;veJ ï'
- yen*
- (8)
- ki /12
- TnCJî»
- k2
- | Ri R2I \kiki Nous obtenons:
- [ [ 1 -\-a,efc' -}- yci’r*-\--xyeK'v + «dp
- | s = ainpl.
- ) 1 k2
- |//,| ; I AaE ' lA‘A*
- xyeii'i'+fd
- S)
- (9)
- |R,R*I ^
- »! et o2 sont les angles de phase de —1 et de
- R,
- h.,
- jP- respectivement ; x et y doivent donc,
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- nécessairement, être des quantités positives ; h{ et À2 ont des angles de phase à peu près
- égaux à -. Si la capacité est prépondérante
- en R1} l’angle ®, est plus grand que si au contraire c’est la self-induction qui est pré-
- pondérante, l’angle a>, reste plus petit que -.
- 2
- Les mêmes conclusions s’appliquent à R2 et à l’angle <p2.
- t est en général petit; il est du même oi’dre
- de grandeur que 2 —-, où r indique la résistât
- tance et l la self-induction d’un des enroulements du transformateur. L’angle de
- phase ?0 est à peu près égal à — -.
- 2
- 2 doit être minimum. Le numérateur de z est du deuxième degré en x et en y ; le dénominateur est proportionnel à xy. En conséquence, les conditions du minimum deviennent :
- ( ampl. [i'-|-,re;T'] = ampl. \yeh* -\-txyei(-'ild-t*)] ( ampl.['i -\-yeh*] = &m\A.[xei'o-\-xxyeÂ:T'-ir.é\
- ou
- pour lesquelles z prend vtne valeur minimum.
- La. courbe
- y — ampl.
- ti -f- xeh' I i -f- xxeh'\
- passe par le point (o, i ). Pour les valeurs très
- grandes de x, y approche de — en croissant.
- T°
- A cause de la faible valeur de t, la courbe commence à suivre, pour les petites valeurs de x, l’hyperbole équilatère
- y = ampl. [i -f- xeh'].
- Cette hyperbole a son centre au point
- ( X = -- COS 1
- \v — ° )'
- Par suite, y décroît pour les petites valeurs de x, si ®j ;> - et croît si ®. < -.
- 2 ' 2
- Si le point d’intersection est obtenu pour de petites valeurs de x et de y, il se confond à peu près avec le point d’intersection des deux hyperboles :
- ( y — amPL
- | x — ampl.
- Lt
- I
- I
- -j- xeh> 1 -)- xxeJr' ] -(- y eh» H
- + *yeh*_ I
- >o)
- Si nous prenons x et y comme coordonnées rectilignes, les équations (12) représentent deux courbes dont le point d’intersection nous donne les valeurs de x et de y pour lesquelles 5 devient minimum.
- Il faut remarquer que x, y et z deviennent tout à fait indépendants des amplitudes de et de Æ, et aussi de w.
- Nous voyons que 3 devient c© pour .* = o et pour y = o; il en est de même pour les valeurs très grandes de x et de y. Pour toutes les valeurs positives de x et de y, z reste fini et continu; donc nous avons certainement au moins un couple de valeurs x, y
- y — ampl. [1 -f- xeJ?1] x — ampl. [1 -j- y eh*]
- Ce point s’obtient très facilement par la construction suivante (fig. 1) :
- Sur une droite indéfinie, nous prenons AB égala 1. En A et B, nous construisons les angles DBF et CAE égaux à ®2 et les angles DBE et CAF égaux à <pi- B F et BE nous donnent les valeurs cherchées de y et de x respectivement.
- - Si, par cette construction, nous trouvons des valeurs de x et cle y petites par rapport à 1, nous pouvons les considérer comme des valeurs approximatives des coordonnées d’intersection de nos courbes (10). Pour cela, il faut que la somme des angles FBA et FAB ne soit pas voisine de 1800.
- Les valeurs numériques sont obtenues par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série). — ÎST» 35.
- les équations suivantes qu’on tire directement de la figure :
- x _ y _______________i
- sin <p!f sin sin (cp, -|- cp2)’
- Donc :
- sin f2
- sin (cpi + cp2) sin fi
- sin (-fl -f <p2)
- Fig. i.
- La valeur correspondante dé z est
- z = 4 sin cp4 sin tp2.
- Si ®! + ®2 'C nous trouvons que les points E et F tombent au-dessous de AB. Les valeurs de x et de y deviennent donc négatives.
- En ce cas, les x et y obtenus par la construction ci-dessus manquent de sens. Le point d’intersection se trouve donc sur les parties des courbes (io) où xx ne peut pas être négligé par rapport à i. En ce cas, il faut tracer les courbes (io) pour obtenir le point d’intersection. Ce point se trouve à l’intérieur du carré limité par les droites
- Dans les parties dès courbes où se trouvent x et ÿ, les courbes ont un point d’inflexion. Donc, on peut à peu près considérer ces parties comme des lignes droites.
- Avant d’appliquer nos formules obtenues ci-dessus à des exemples numériques, nous considérons le cas spécial qùi suit :
- En ce cas, les deux côurbes devienneùt identiques, si nous changeons x en y. On sàtisfiait donc à nos équations en posant :
- X — IJ.
- Soient pj et c2 lès deux amplitudes de —. Nous obtenons :
- et si hx et À2 sont égaux
- fh __ /IRd
- ni~\ |Rt|‘
- Pour la détermination de x, nous obtenons l’équation algébrique du quatrième degré :
- de
- R,
- et
- i 4- xeJ’f'
- x — ainpl.-----------—.
- i T.reJ?'
- Si, en outre, <pj = ©2 — -, c’est-à-dire si 2
- la ligne et le circuit d’abonné ont dès angles de phase égaux à o, nous obtenons :
- x — y
- x = ampl.
- 1 +>' __\A + x2
- l -j- TqX I -j- 10X
- x — ° ; z/ = °;
- I I
- ,A _ V V ~ V
- x Enfin, il est facile de démontrer que, pour le point d’intersection, x et y sont bien éloignés de x0.
- Donc :
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 263
- Enfin, nous traiterons les exemples suivants :
- i° :
- R, = 1760 (—1 a/|°3o')
- R2 = 720 (— 9°2o')
- 1
- ~ 20 j
- w — G 000.
- Si nous traçons les deux courbes (10), nous trouvons le point d’intersection :
- *=*,35)
- y = (
- Le z correspondant devient :
- z — 3,85.
- Donc :
- cp, = 90° -|- 24° 3o'
- <Pa = 9°° + 9° 20'-
- Alors nous nous trouvons en présence d’un cas où les deux hyperboles se coupent. Le calcul approximatif nous donne :
- . sin ?a sin (cp., -j- cp2)
- sin tp,
- sin (<pt-f-a>2)
- 4 sin a), sin ©2
- Nous obtenons par définition :
- |h, n*| —2 38o |/t2 n2a| — 864.
- Les self-inductions des deux enroulements deviennent :
- L, = 0,397 benry L2 = 0,144 »
- Dans ce cas, al cp2 n’est pas suffisamment éloigné de 1800 pour que l’approximation soit assez bonne.
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- 264
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série). — N° 35.
- R, = i ooo (45°) R2 = 8oo (io°)
- G) = 6 ooo
- Nous traçons les deux courbes (io) (fig. 2). Le point d’intersection a les coordonnées :
- i x — 3,35 | y = 3,65
- •et le z correspondant devient :
- » z — 4,86.
- Les valeurs numériques des impédances des deux enroulements deviennent :
- l/i, | = 3 35o |/i2 «22| = 1 920
- et les self-inductions des deux enroulements :
- L, = o,558 henry h2= 0,487 »
- H. Pleijel,
- Docteur ès sciences,
- Chef de l'Etablissement des Essais techniques de la Direction générale des Télégraphes de Suède, Maître de Conférences à l’Université d’Upsal.
- CHRONIQUE DES MACHINES ÉLECTRIQUES
- ESSAI DE DUIIÉE, EN COURT-CIRCUIT,
- DES MACHINES A COURANT CONTINU
- La question des essais de machines électriques, au point de vue des échaufTements, est, en. général, bien difficile à résoudre en usine. Il s’agit, en effet, de provoquer dans la machine les pertes de la pleine charge à la pleine vitesse et, si le moyen le plus simple est de faire fonctionner la machine à pleine charge, ce moyen n’est plus à la portée des industriels dès que la puissance dépasse une Valeur relativement basse, quelle que soit d’ailleurs l’importance des ateliers •de construction qui ont exécuté la machine.
- Lorsqu’il s’agit de machines à courant alternatif, les deux essais à vide et en court-circuit permettent d’avoir un résultat approché pour la température en totalisant les échaufTements obtenus dans chacun de ces essais qui donnent en même temps,d’ailleurs, toutes les autres conslantes de fonctionne-hnent : rendement, chute de tension, glissement, etc. Enfin, lorsqu’on dispose de deux machines de dimensions égales, on sait aussi
- que, quel que soit leur type : machines alternatives synchrones ou asynchrones, transformateurs ou machines à courant continu, il est possible de les coupler de manière que l’une fonctionnecomme moteur et l’autre comme génératrice; de cette façon, il est possible de ne prendre à la source auxiliaire que l’énergie correspondant aux pertes de deux machines, ce qui est toujours possible, et l’on obtient ainsi une marche tout à fait identique à celle qui aura lieu sur place. Mais il est plutôt rare d’avoir ainsi deux machines égales terminées au même moment.
- Par conséquent, le problème de la détermination aux essais de l’échauffement d’une seule machine, à courant continu, de puissance élevée, n’est pas résolu et l’on court le risque de faire ces essais chez le client, ce qui est souvent fort désagréable.
- C’est pour répondre à cette question que M. Doczekal, dans YElek/rotechnik uncl Ma-schinenbau, des 27 février et 6 mars 1910, indique un moyen simple, très digne île retenir l’attention et d’être essayé le cas échéant, d’autant plus que M. Doczekal l’a
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- employé lui-même avec succès dans un grand I nombre de cas.
- La remarque fondamentale qui a conduit à la méthode que nous allons indiquer est que si une machine à courant continu, avec les balais en court-circuit dans la ligne neutre, donne de fortes étincelles en générai, la cause en est due au faible champ nécessaire pour produire le courant normal dans l’induit dans ces conditions. Si l’on déplace par contre les balais jusque sous le pôle, pour maintenir le courantde court-circuit dansl’in-duit, l’excitation de l’inducteur devra augmenter et pourra même devenir l’excitation normalede la pleine charge.Dès lors,les balais se trouveront dans un champ favorable à la commutation et l’on aura résolu en même temps les conditions d’une excitation de pleine charge sur l’inducteur, d’un courant de pleine charge dans l’induit, d’un champ dans l’induit voisin du champ normal et, en outre, d’une bonne commutation.
- -vwww.
- Kig. 1.
- Le schéma du montage est représenté par la figure i. L’excitation « est évidemment indépendante, et le courant de l’induit passe, si nécessaire,dans les enroulements compensateurs ou des pôles de commutation b et c. Une résistance R, sert pour le réglage exact de la position des balais et devient presque nulle quand ces balais sont sous le milieu du pôle.
- Les figures a à 5 donnent en trait mixte gras (III) le champ résultant du champ inducteur tracé en trait plein fin (I) et du champ dans l’induit tracé en trait gras plein (II), respectivement pour des décalages de balais
- BB, de o, 4°» 65, 90°. ,On y voit que, pour un rapport de 1,5 entre les ampèrés-tours inducteurs affectés à l’entrefer et aux dents et ceux
- !/' \
- 0 0 0 0 0*
- de l’induit, sur la longueur de l’arc polaire,, la formation d’étincelles ne dépendra déjà que de la self-induction de la spire. Si ce
- Fig, 3.
- rapport est égal à 2 comme pour les courbes ( fi g. 7) tirées des générateurs électriques de
- \ 1/
- Mobart-Parschall, on voit qu’on aura même facilement un champ favorable à la commutation. — —
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- Les figures 7 et 8, qui se rapportent aux -cas où la dynamo est munie de pôles de com-
- 1
- 000 o\y®
- V’ig. 5.
- mutation pour la première et d'un enroulement compensateur pour la deuxième, montrant que le même résultat que précé-
- Fig. 6.
- demment est atteint, mais pour un décalage moindre, soit de 60 à 65 degrés.
- 000c'
- 0 0 07K
- Fig. 7.
- vMais ces figures qui montrent clairement la possibilité de l’essai recommandé ci-dessus
- laissent voir aussi que la forme du champ' réellement existant dans l’induit et y créant les pertes est très loin de ressembler au
- 00 o
- Fig. 8.
- champ qui existera pendant la marche normale de la machine. De ce fait,les pertes dans le 1er seront donc inférieures à celles de la marche en charge et les températures aussi, mais un calcul rapide montre que la variation est donnée par un rapport simple qui permet de déterminer, avec une excellente approximation, quel sera réchauffement véritable. Nous ferons cependant remarquer que l’auteur applique aux pertes totales dans le fer le coefficient de réduction qu’il détermine de par la forme du champ, tandis que les pertes dans les dents seules sont dépendantes de cette forme.
- Tout d’abord, en ce qui concerne l’hysté-résis, les pertes par kilogramme de fer sont proportionnelles à /iB1’6 où 11 est la fréquence. Si l’on appelle 1 la valeur 77B1’0 qui correspond au champ à vide, on trouve alors poùr les pertes les chiffres proportionnels suivants.
- Tableau I
- POSITION DES BALAIS NOMBRE do périodes Umax VALEUR PROPORTIONNELLE de n B1»6 CHANGEMENT en % des pertes par rapport aux pertes’' à vide
- 0 à vide.... il Be 1,00 O
- 0 en charge. il i,58Be 2,11 + 111
- 4o° — n 1,14 Bc 1,9.4 -j- 94
- (55° — n o,9 Be 0,85 — i5
- 9°° — 2 n 0,64 Bc 0,98 2
- La valeur de B qui entre dans la formule
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- ëèï sim^Iemérit l’ordonnée maximum de chacun dës champs considérés.
- On voit de suite q*ùe les p'ërtës avec un dëcâïàg’e de 90 degrés sont sënsihlehieht la moitié dës pertes en charge.
- Pour les' courants de Éoucault, les pertes totales étant la somme des pertes dues à chaque harmonique ne seront pas proportionnelles à B2 mais à :
- B12 + 9B32 + ^B^ + 49B72 + ...
- i / i t. ! .) ... IJ .
- ou en faisant
- B, B, B5
- *‘ = b? *3 = b? =
- , « . . I
- Bc étant l’induction maximaà vide, le nopbre proportionnel aux pertes pour chaque forme de champ sera :
- V + 9 V + + 49V + 81V + •••
- On trouve ainsi, en allant jusqu’au neuvième harmonique, les équations suivantes :
- i° Décalage nul, à vide (fig. 9) :
- B„ = 1,2 Be sin’a -p 0,229 Be sin 3a -p 0,028 Be sin5a — 0,06 Bg sin 7 a — o,o5i Be sin9a.
- 20 Décalage nul, en charge (fig. 10) :
- Bœ = 1,29 Be sin (a — 11,6) -(- o,3 Be sin 3 (a -j- 24)
- -j- o, 114 Be sin 5 (a-J- 28,6) -p 0,099 Be sin 7 (a 29,6) -J- o,o5 Besing(a -f- 3a).
- 3° Décalage de 4°‘\ en charge (fig. ti) :
- Ba = 0,768 Besin(a —{— 17) —j— o,34 Besin3(a-P64) -|-o,i5i Besin5(a—14,4)-p0,021 Bcsin7(a — 8) -p 0,062 Besin9(a — 4,3).
- 4° Décalage de 65°, en charge (fig. 12) :
- Ba — 0,47 Besin(a + 44) o,'38 Be.sin3 (a —p 83,3)
- -Po,o9(i Besin 5 (a-j-3,3)
- -p o,o33Besin7 (a -p 47,3)
- -P 0,049 Besingfa-p 14,3).
- 5° Décalage de 90°, en charge (fig. i3) : t Ba.= o,3i5 Besin(a-P 102) -p 0,362 Besin3(a — 21,3) i ~p 0,0266 Bcsin5(a-p26,7) -p 0,01376esin7 (a-p 20) j -p 0,06 Besin9(a—1,9).
- Fig. 11'.
- Ces expressions donnent pour le nombre
- Fig. 12.
- proportionnel aux pertes par courants de Foucault les valeurs du tableau II.
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- T. XI (2« Série). — N» 35.
- Tableau II
- POSITION DES BALAIS NOMBRES PROPORTIONNELS AUX PERTES VARIATION en % par rapport à la valeur des portes à vido
- 0 à vide 2,322 O
- 0 en charge 3,477 + 49,5
- 4o° — 2,534 + 9
- 65° — L994 — 14,2
- 9°° — i ,652 — 28,8
- On voit cle suite que par un hasard favo-
- Fig-, i3,
- rable les pertes avec 90° de décalage sont, comme pour l’hystérésis, sensiblement moitié des pertes en charge.
- 2,s
- 0,2 s..
- ta 20 30 40 so 60 70 80 so Dejre's è/ect. de dècsloje.
- Fig. 14.
- Tous ces résultats sont plus clairement montrés par les courbes (fig. i4). On en tire donc la conclusion que, en charge, la différence de température entre le fer et le cuivre sera le double de celle obtenue dans l’essai en court-circuit ci-dessus. Si donc TFeK est la surélévation de température du fer au-dessus de l’ambiante dans l'essai en court-circuitavec balais sous le pôle, et TCuK l’élévation de tem-
- pérature du cuivre au-dessus de l’ambiante sur les extrémités des bobines, dans le même essai, on devra, pour obtenir l’élévation de température du fer en pleine charge, ajouter à celle observée ci-dessus la différence entre les températures du fer et du cuivre dans l’essai en court-circuit.
- D’où :
- TpeV TFeK -(- ( f Foie T-Cuk)
- = îTjck -- ’louK,
- formule simple qui donnera avec une grande approximation la température du fer en charge.
- Quant au cuivre induit et au collecteur, si la machine fonctionne sans trop d’étincelles, les pertes y seront sensiblement les mêmes qu’en charge et les températures aussi.
- Enfin on devra naturellement pendant cet essai faire passer dans l’inducteur l’excitation qui sera capable de donner la tension en charge (excitation calculée par une des méthodes connues), pour que Réchauffement de l’inducteur soit le même que pendant le fonctionnement en charge.
- Il semble donc bien que ce procédé soit entièrement satisfaisant pour permettre un essai de durée, donnant les températures pour une dynamo de puissance quelconque, en ne lui fournissant qu’une puissance égale à ses pertes. Il ne faut pas oublier cependant que les conditions de fonctionnement de cet essai sont assez différentes de celles du fonctionnement en charge, et par conséquent vérifier soigneusement par le calcul ou par d’autres expériences les valeurs caractéristiques d’un bon fonctionnement en charge telles que : tension d’étincelles aux. balais, chute de tension, etc.
- ORIGINE DES COURANTS A TRAVERS LES PALIERS DE DYNAMOS ET MOYEN DE LES -ÉVITER
- Le fonctionnement des dynamos, et particulièrement des dynamos à grande vitesse de rotation, donne naissance à des phénomènes secondaires très curieux, souvent inattendus,
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- ..' " K
- et dont les conséquences sont quelquefois très désagréables.
- Tels sont les courants, induits le long de l’arbre d’une dynamo (fig. i5) qui, en se fermant par le socle, passent de l’arbre aux
- Fig. i5.
- coussinets en rongeant les portées. Ce phénomène, étudié déjà par Punga et Hess (*) par Fleischmann (2), est approfondi par Adler (3) dans sa conférence faite sur ce sujet à la Société des électi’iciens de Vienne.
- Les dynamos se divisent en deux catégories, celles à champ magnétique alimenté par du courant continu et celles à champ magnétique alimenté par du courant altei’-natif.
- Fig. 16.
- Considérant les premières d’abord (fig. 16), on constate que chaque flux devrait se diviser en deux portions égales dq et dq dans le stator, mais, pour cela, il faut que les réluc-
- tances des deux circuits soient identiques puisque l’on a :
- <I>,
- IO
- dq =
- IO
- IV2
- Or ces réluctances peuvent varier soit par défaut de construction ou différence de perméabilité du métal, ou encore par la construction môme (joints, etc.).
- Cette inégalité de réluctance occasionne une différence entre dq et dq, de sorte que dq — dq — X. Si on imagine alors que ces
- Fig. 17.
- llux d>, et dq se ferment comme l’indique la figure 17, ce qui ne change rien au flux total, on voit clairement que chacun de ces champs entourant l’arbre peut créer le long de cet arbre une force électromotrice, s’il est pulsa-toire. Or on voit (fig. 17) que le champ le plus faible dq — X, tracé en traits gras, tourne autour de l’arbre dans le sens contraire des aiguilles d’une montre; après une rotation du rotor, égale à un pôle, le même champ dq — X sera le champ tracé en pointillé, lequel tourne autour de l’arbre dans le sens
- Fig. 18.
- des aiguilles d’une montre. Il y a donc, eu une pulsation complète du champ d’inten-
- (q Elektrotechnik and Mascliincnbau, 1907.
- (2) Eleklrische Kraftbetriebe and Bahnen, 1909.
- (3) Elektrotechnik and Mascliincnbau, o février 1910.
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- ’< f
- site X et à la fréquence de la dynamo, pulsation qui aura créé une force électromotrice le long de l’arbre.
- Toutes les fois que le nombre de pôles sera un multiple du double du nombre des joints il en sera de même (fig. 18) et l’on aura une force électromotrice engendrée. Par
- contre, si le nombre de pôles n’est pas un multiple du nombre de joints (fig. 19) on aura toujours les joints répartis sur des flux différents, de sorte qu’il n’y aura aucune fluctuation et par sùite aucune force électromotrice.
- Fig. 20.
- Les figures 20 et 21 montrent que, dans le cas de champs créés par des courants alternatifs, les phénomènes sont absolument identiques aux phénomènes précédents puisque
- às chaque paire de bobines correspond un circuit analogue à celui de deux pôles N et S du système précédent.
- Si.fes joints sont disposés comme l’indique la figure 20, le flux <î>2 étant supérieur à <£t, la différence X résultante, autour de Parère, oscillei’a à la fréquence du réseau ef; créera une force électromotrice dans l’arbre, par contre, si les joints étaient en n, on aurait q>2 = <pl5 et aucune force électromotrice ne serait induite. On voit ainsi (fig. 21) que les phases II et III seules engendreront uùe force électromotrice, la phase 1 étant placée par rapport au joint d’une manière qui égalise les’deux demi-flux qu’elle crée.
- Si R est la réluctance du circuit normal et r celle du joint ou de la dissymétrie, d’origine quelconque, on a :
- X «ïq
- 2 NI
- R + r
- formule qui montre l’importance du rapport j- et permet de tirer de suite les conclusions suivantes :
- i° Plus une dynamo a de pôles, plus ft est
- grand et — petit, R
- et moins la réluctance r des
- joints a d’influence ; par contre, les dynamos à grande vitesse et à petit nombre de pôles auront des valeurs de X élevées ;
- 20 Plus l’entrefer sera réduit, plus R sera
- grand et plus ^ sera petit ; les moteurs asynchrones sont ainsi plus exposés que les machines synchrones.
- On est donc ainsi à peu près en mesure de calculer la variation de flux, mais il est malheureusement impossible de calculer la résistance du circuit : ai’bre, coussinets, paliers, socle, dans lesquels les sections de passage et la densité de courant sont même le plus souvent inconnues.
- Or, cette densité de courant est particulièrement importante dans le coussinet qui est d’autant plus rongé que les contacts sont plus imparfaits. Des essais très sérieux de l’A. E. G., faits en envoyant du courant à
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- travers arbre et coussinets, ont montré que, au-dessus de i5 à 20 ampères par décimètre carré, la surface de l’arbre se ronge rapidement. Comme, dans la majorité des cas, la densité est bien au-dessous de i5 ampères, il s’ensuit que le coussinet seul souffre, ce qui est heureux, car il est plus facilement remplaçable que l’arbre.
- T
- -«fl
- La figure 22 montre le montage exécuté pour relever les intensités des courants de palier d’un moteur asynchrone de 700 chevaux, à 3 000 volts, à 12 pôles, intensités données parles courbes (fig. 23). Le voltage créant le courant des paliers était de 1,8 volt pour 3 000 volts au moteur. La courbe a donne les intensités relevées au repos. La courbe b montre que l’intensité tombe rapidement en marche, ce qui s’explique par l’interposition de l’huile entre les surfaces. Des essais analogues effectués sur d’autres moteurs ont donné les mêmes résultats.
- Une remarque très importante a pu être faite sur un moteur de 860 kw, à 16 pôles, sur lequel on a constaté 200 ampères en marche comme courants de paliers. Cette intensité ayant paru énorme, un démontage permit de constater que seules portaient les extrémités des coussinets en dehors de la
- gorge qui recueille l’huile. Ces extrémités ayant été soigneusement grattées de manière que le portage se fasse sur toute la surface de l’arbre, l’intensité tomba de 200 à 35 ampères, ce qui montre qu’un soigneux ajustage des portées, permettant à l’huile de les couvrir tout entières, limite le courant.
- 10 •20 JO ‘tû £0 60 70 èo S0 *00 *fO *20
- Fig-. 23.
- D’autres moyens ont été essayés par differents constructeurs, entre autres celui qui consiste à court-circuiter le contact arbre-coussinet par des balais frottant sur l’arbre, mais ce moyen est inefficace, la résistance de contact dans le palier étant trop faible.
- Fig. 24-
- Un seul moyen efficace et pratique consiste à isoler le palier du socle comme l’indiqué la figure 23, tous les autres endroits que l’on voudrait isoler étant moins pratiques que celui-ci. C’est aussi ce moyen qui est le plus fréquemment employé et il est tout indiqué et nécessaire dans les dynamos à très grande vitesse.
- L. Berger.
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- T. XI (2» Série). — N° 35.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Mesure des susceptibilités magnétiques des corps solides. — P. Pascal. — Académie des Sciences, séance du 25 avril 1910.
- Le corps à étudier remplit à moitié un tube de verre T, à parois minces ffig. 1), de 1»"" à 3ocm de long et'de 8mm de diamètre intérieur. Ce tube est attaché par un fil F, de 6ocm à ^o0”, à l’une des extrémités du fléau d’une balance et pend dans l’entrefer d’un fort électro-aimant E du type Weiss, dont le plan de symétrie longitudinal est placé horizontalement. La surface terminale du corps est au centre du champ, qui reste pratiquement constant dans un volume de 2cm3 pour un entrefer de i°m. Enfin, un plateau non magnétique P est attaché à la partie inférieure du tube, à portée de la main, et tout l’ensemble est protégé par une étroite cage vitrée (en pointillé).
- Fig.1.
- Les actions de l’électro-aimant sur les différentes parties du tube de verre se compensent par symétrie, et le fléau, d’ailleurs peu magnétique, se trouve dans une région où la résultante e des champs opposés de l’entrefer et des fuites magnétiques est négligeable. Il est d’ailleurs facile d’en tenir compte dans les mesures (e == on's,o8 pour un champ de 20 000 gauss).
- \ On complète l’appareil par un microscope horizontal à oculaire micrométrique qui vise à poste fixe la surface terminale du corps et permet tout à la fois de placer constamment celle-ci dans la même partie
- du champ cl d évaluer les fractions de milligramm e de la force exercée par l’électro.
- L’appareil étant en équilibre, en détermine le zéro; puis on modifie la tare placée sur le plateau P et l’on rétablit l’équilibre en excitant l’éiectro.
- O11 arrive facilement à connaître, à — de milli-
- 10
- gramme près, la force de pression F exercée par le champ et l’auteur en déduit la susceptibilité magnétique du corps soumis à l’expérience, avec une précision de —.
- 15o
- Celte méthode est également applicable aux liquides.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Forme la plus avantageuse à donner aux noyaux des transformateurs. — K. Schmidt. — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 mai 1910.
- La section circulaire, séduisante au premier abord, parce qu’elle permet une exécution plus facile du bobinage, conduit en réalité à un poids de fer plus grand que la section rectangulaire, sans que l’économie de cuivre réalisée, en pratique, soit appréciable.
- Nous supposerons dans ce qui va suivre que les sections respectives des noyaux et des culasses sont équivalentes, qu’il s’agisse de la forme rectangulaire ou de la forme circulaire.
- Théoriquement, le rapport des longueurs respectives de deux spires, l’une circulaire, l’autre rectangulaire, est donné par l’expression :
- ( = Ty
- dans laquelle D est le diamètre delà spire circulaire, a et h désignant les longueurs des cotés de la spire rectangulaire.
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- 273
- Si nous supposons (pic la section du noyau est la même dans les deux cas, il vient
- ‘ï[a-\-b) i -f- 9
- en posante
- Prenons 9 = i, ce qui correspond au cas le plus
- favorable, il vient i — = o,885. ^
- 2
- Mais, en pratique, il est impossible d’empiler les tôles de façon à obtenir la forme circulaire; ou ne peut obtenir qu’une section en forme de croix se rapprochant de la forme circulaire, mais dont la surface n’est que les 7/10 de la surface du cercle de même diamètre. Le rapport ci-dessus devient donc
- pour 9 = 1.
- Pour 9 = o,5 les longueurs des deux spires sont équivalentes, ce qui donne le même poids de cuivre. La forme circulaire n’est donc pas en réalité avantageuse au point de vue de la dépense de cuivre.
- Evaluons maintenant le rapport des poids de fer dans les deux cas, et prenons l’exemple d’un transformateur monophasé.
- Le poids des noyaux est le même dans les deux cas, puisque nous sommes partis de l’hypothèse d’une même section de fer et d'une même hauteur. Mais le rapport des poids des culasses est donné par l’expression :
- y___aA-frf-f aD
- 2 A -j— ci —2 ci
- A étant le diamètre intérieur de rcnroulement augmenté de l’épaisseur de l’isolement et (/l’espace entre les deux bobines.
- Ordinairement A = 0,37 D et cl ~ aomin (jusqu’à 15 000 volts). En remplaçant et en négligeante?, il vient :
- 0,74 + 1.48
- ce qui donne, pour 9 — <>,5, V — i,53, c’est-à-dire que le poids du 1er dans le cas de la section rectangulaire n’est que les 65 % de ce même poids dans le
- cas de la section circulaire. Ce n’est que pour 9 — i,8 que ces deux poids sont équivalents.
- La forme rectangulaire apparaît donc comme nelleinent plus avantageuse que la forme circulaire. La pratique montre d’ailleurs que l’exécution des galettes rectangulaires ne présente pas sensiblement plus de difficultés que celle des galettes circulaires. En outre, la forme circulaire exige l’emploi de tôles d’au moins deux sections différentes, alors que des tôles d’un seul modèle suffisent dans le cas de la forme rectangulaire. Enfin, la surface de refroidissement est plus grande dans ce dernier cas.
- J.-L. M.
- TRACTION
- Note sur Vèquipement des voitures et des ateliers de la Société de tramways de Bei'-lin. —Electric RaiLvuy Journal, 4 juin 1910.
- L’exploitation du réseau de Berlin etde sa banlieue comporte environ 2 65o voitures motrices et 900 voitures d’attelage. La compagnie s’est appliquée à simplifier largement, le problème de l’entretien de son matériel en tenant compte de trois importants facteurs, savoir : le choix de wallmcn éprouvés, dont les méthodes de conduite sont soumises à un contrôle sévère, le maintien des voies en bon état cl’entre-tien et la proximité des principales maisons d’électricité, ce qui lui permet d’évilcr la nécessité de * fabriquer chez elle de nombreuses pièces. Les voitures sont soigneusement examinées et repeintes à peu près tous les deux ans; elles passent alors à l’atelier central pour une durée de 4 à 5 semaines. Bien que dans les ateliers on puisse traiter 5o voitures, généralement il n’y a guère que 18 automotrices et 8 à 10 remorques qui y soient présentées simultanément.
- Les voitures et les équipements électriques présentent une grande variété. La majorité des automotrices est munie du frein électrique Sperry. Les roues dentées à jantes amovibles et les pignons à denture en cuir brut n’ont pas donné satisfaction. Durant l’été de *909 la compagnie a installé 5o essieux moteurs en acier au nickel aux diamètres de 90,78 et 75mil‘ suivant la puissance des moteurs. Après avoir atteint un certain degré d’usure, les essieux moteurs sont utilisés dans les voilures de remorque. Les bandages en acier sont posés à chaud sur les jantes^ * pour utiliser le retrait.
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- 274 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2« Série). — H°35.
- i , — i • i ii i ~i.- i Mirant u i . —.... . ce» in
- Le département électrique de l’atelier se limite strictement aux opérations ayant un pur caractère de réparation ou d’essai. En raison de la dépense occasionnée par le remplacement des porte-balais en laiton brûlé, la compagnie a mis à l’essai une composition de zinc qui coûte environ la moite de l’article originel. La tension cjes deux ressorts du porte-balais ne dépasse pas fi*15 pour les plus puissants moteurs ; elle descend jusq.u’à 2tB et même ikg,5 pour les moteurs de moindre puissance. Ces deux derniers chiffres témoignent en faveur dp.s conditions satisfaisantes de la voie à Berlin. La façon individuelle de se comporter des induits n’a pas été l'objet d’un enregistrement méthodique, mais par le calcul des longueurs de route parcourues entre les dates de réparation on est arrivé à établir que les induits de l’un des moieurs les moins puissants de tous les équipements, fournissent le meilleur service, avec un parcours de 85 31 a kilomètres.
- L’atelier d’assemblage des trucks et des moteurs contient un réservoir renfermant une solution de soude caustique, maintenue en ébullition par le passage de la vapeur vive dans un serpentin situé daps le fond du.récipient, qui sert au nettoyage rapide de tous les organes en acier et laitqn tels que coussinets, paliers, engrenages, etc., après une immersion de 3o à 45 minutes. Un chalumeau oxypcétylénique est disposé dans un bâtiment spécial pour le soudage des pièces cassées d’acier, de fer et de fonte malléable.
- E. D.
- Locomotive électrique lourde des chemins de 1er des Alpes Bernoises.—Electric liailway Journal, 18 juin 1910.
- Elle est construite par lçs ateliers d’Oerlikon pour développer, à la vitesse de 4akin à l’heure, un effort de traction normal de 12 800^ à la jante des roues, ce qui est équivalent à une puissance motrice de 2 000 chevaux.
- La caisse est montée sur deux boggies à trois essieux et la distance entre les têtes de tampon est de 14m5 7- Chaque truck porte un moteur de 1000 chevaux et la puissance est transmise aux roues par engrenages, un arbre intermédiaire et des essieux coudés. Le rapport des roues dentées est de 3,a5 à 1. Le digmètre des roues motrices a été fixé à 1 35o“’m, de sorte que le moment du couple normal, du à l’action des moteurs, sera de i3 3oo k»ra. On affirme que ces
- moteurs sont les plus forts du type série mQDophasé qu’on ait jamais construits ; ils pèsent 9) 8ookB.
- Le transformateur afférent à chaque moteur est du poids de 5 5ookB et sert à ramener le potentiel de la ligne de i5ooo à 420 volts, i5 périodes. L’équipement électrique pèse 42 tonnes. Poids total: 86 tonnes. En raison de la dissymétrie de la position des moteurs par rapport aux boggies, le poids appliqué sur les essieux avant et arrière sera de i3 tonnes, tandis que celui imposé aux quatre autres essieux sera de i5 tonnes. Cette locomotive est capable d’atteindre la vitesse maximum de 70 km à l’heure.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- L’installation des turbines à l’usine d’électricité Andelsbuch dans la forêt de Bregenz. — Schweizeriscke Bauzeitung, 1910, n° 5 et Zeitschrift des ôsterr. Ingénieur- und Architekten-Vereines, i8*' avril 1910.
- Cette installation comprend quatre turbines et générateurs. Ce sont des turbines doubles Francis; leur construction répond aux conditions suivantes :
- Chute nette (mètres)................ 60
- Quantité d’eau (m3/sec.).......... 4
- Puissance (cheval-heure).......... % 5oo
- Nombre de tours par minute. . . . 5oo
- Pour l’échappement de l’air pendant le remplissage des turbines, on se sert d’une soupape en deux parties montée sur le bâti ; cette soupape agit automatiquement et peut être réglée à une pression de purge déterminée. Au point le plus bas du bâti se trouve également une soupape automatique qui; entre en action quand la machine s’arrête. La roue porte une double couronne d’aubes en bronze-spécial et elle est boulonnée solidement sur le moyeu en fonte de fer spéciale. Le moyeu de la roue est muni de deux plateaux de déviation, de forme convenable, qui servent au passage de l’eau inactive.
- Les turbines possèdent des aubes directrices Fink, que l’on meut avec un anneau de réglage monté sur billes. Les turbines sont munies de volants en acier au nickel, qui doivent augmenter la régularité.
- La liaison des turbines avec les générateurs s’effectue au moyen du couplage isolant système Rüsch. Ce dispositif se compose de deux roues dentées qui engrènent l’une avec l’autre, et entre les dents desquelles on a fait passer une bande de caoutchouc sans fin.
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- REVUE D ÉLECTRICITÉ
- ]Le réglage (Je la vitesse est automatique et réalisé au moyen de régulateurs à pression d'huile. Par mesure de sûreté, on a aussi prévu un réglage à la main.
- Pour actionner les deux machines excitatrices, on emploie des turbines Francis simples, dont chacune a une puissance (Je 200 chevaux à 90 tours par minute.
- Le rendement obtenu pour les turbines des générateurs a été le suivant :
- Tableau I.
- » .ri; .
- U l >u... POUR UNE OUVERTURE DE RENDEMENT * GARANTI RENDEMENT Mesuré
- 4/4 78 % 78 à 8o,3 %
- 3/4 86 % 85,6 à 86,3 %
- 2/4 76 % 79,9 à 83 %
- C. B.
- La station centrale de Danville. — Electrical World, 26 mai 1910.
- La Danville Light, Heat and Power Company fournit actuellement la lumière et la force motrice à Danville, Plainfield, Avon et Brownsburg, et il est à prévoir qu'elle desservira également les localités de Salem, Clayton et Coatesville.
- La station centrale est à Danville et la ligne comporte un total d’environ 29km de transmission monophasée .
- Il y aen effet i3km,r de Banville à Avon, 8km d’Avon, vers le Nord, à Brownsburg et 7km,3 d’Avon vers le Sud à Plainfield.
- Le système de transmission reçoit l’énergie par trois transformateurs de la station de Danville, chacun de 5o kw., avec 2 200 volts au primaire et 6 600 volts au secondaire.
- A la sous-station de Plainfield, il y a deux transformateurs de 35 kw. pour réduire la force électromotrice de (ifioo volts à 2200 volts; à la sous-station de Brownsburg, deux transformateurs de 25 kw. et du meme voltage.
- Huitpetits transformateurs,de 2kw,5 à 7 kw,5 sont installés en divers points de la transmission et fournissent l’énergie à t8 consommateurs. Les circuits secondaires à trois lils sont «à 220 ou 110 volts. Enfin, un transformateur de 5 kw. dessert un sanatorium de tuberculeux.
- L’installation de force à Danville cwipporte ajti total1 420 kw. de générateurs monophasés, 60 périodes,. 2 200 volts.
- Il y a quatre machines tubulaires bprizontajes, deux de ia5 IIP, une de 75 IIP et une de 90 IIP; la pression par centimètre carré est de 8k&,8 environ.
- Les moteurs sont du type Allas à quatre soupapes ; l’un de io5 IIP touimant à 95 tours par minute; deux, de 225 et a5o IIP, tournant à 95 tours par minute. Les deux plus forts moteurs sont reliés chacun à un alternateur de 180 kw., monophasé. 2 200 volts, 60 périodes ; le plus petit moteur commande un alternateur de Go kilowatts.
- Le tableau de distribution contient trois panneaux de générateurs, un d’éclairage des rues,un de feeders, deux de lignes de transmission.
- La consommation journalière de charbon durant l’hiver de 1910 a été de 7 tonnes environ par 2/, heures.
- En février 1910,1e nombre des compteurs installés à Danville était de 394, à Plainfield de 214, à Brownsburg de 48, soit au total, y compris ceux des consommateurs le long de la ligne de transmission : 674 •
- La taxe pour l’énergie destinée aux moteurs est de o fr. 40 par kilowatt-heure, par mois. Pour les excédents, il est consenti clçs rabai^ et toute l’énergie employée au-dessus de 400 kilowatts-hpure par mois est taxée o fr. 2 3 le kilowatt-heure. L’éclairage commercial est taxé à o fr. 65, jusqu’à 20 kilowatts-heure par mois, avec rabais pour les excédents; les excédents au-dessus de i5o kilowatt-heure sont cotés à o fr. 35. L’éclairage particulier est taxé conformément à o fr. 65, quelle que soit la consommation.
- G. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Recherches et expériences de radiotéléphonie (suite) (l). — Q. Majorana. — Mémoires et notes présentés à la Reale Accademia dei Luicei, Rome.
- Avant d’aborder l’élude d’une nouvelle série de recherches de AI. Majorana, recherches d’un caractère tout différent, revenons un instant sur le soufflage des étincelles en indiquant le dispositif auquel il a, finalement, été conduit.
- Un tube T (fig. 8), en laiton mince, est traversé
- Lumière Electrique, 20 août 1910.
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- .par un courant d’air. Il cstencastré en P et supporte, à son autre extrémité, une pièce de fer K qu’il traverse. Il est, de plus, suspendu élastiquement par deux fils de bronze fixés en A et B et parcouru parle courant secondaire du circuit d’un microphone.
- Fig. 8.
- Un électro-aimant, dont les pôles N, S sont très rapprochés crée un champ fixe dans lequel le tube se meut, assurant ainsi au jet gazeux des vibrations de grande amplitude.
- Les résultats que M. Majorana a obtenus avec les dispositifs basés sur le soufflage lui ont montré la possibilité de la transmission de la parole à l’aide d’étincelles détachées, mais il n’y a pas vu encore le moyen vraiment pratique, sûr et intense d’obtenir cette transmission.
- II lui est venu à l’idée de compléter la cause modulante sus-énoncée, par une autre qui offre plus de garanties de succès. Il est arrivé à obtenir, sous l’action de la parole, outre la modification des propriétés caractéristiques des diverses étincelles, celle de leur longueur. On conçoit aisément l’avantage d’un pareil dispositif.
- Fig. 0.
- Dans le voisinage du jet d’air, il place un tube de verre V, qui se termine par un petit trou de quelques dixièmes de millimètres de diamètre ^fig. 9). Ce tube est mis en communication avec un réservoir
- élevé, qui contient du mercure ; ce liquide coule sous forme d’un filet inince. Les dimensions du filet sont telles que, pour une pression d’écoulement d’environ 3 atmosphères, le mercure jaillit en veine pleine et continue pendant i5mm environ ; puis il se divise en gouttes. Sur le prolongement de l’axe du tube V et à une certaine distance, est une électrode E de fer ou de platine, qui serait frappée par le jet de mercure, si le souffle d’air n’intervenait pas. Ce souffle, dans les conditions ordinaires, est tellement énergique que la veine liquide est nettement coupée au point P et que le mercure, réduit en gouttelettes minuscules, est vivement écrasé suivant la direction du souffle même. Le mercière et le conducteur solide E sont les électrodes du nouvel éclateur, entre lesquelles jaillissent les étincelles dues au courant alternatif à basse fréquence : le trajet d’éclatement est donné par l’intervalle PE, qui est traversé par un énergique courant d’air. Si l’on met en vibration le jet de gaz, au moyen de la membrane, la longueur PE éprouve des variations sous l’influence des vi-brations sonores. Elle est, à certains moments, presque nulle, quand le jet est très bas, à cause du déplacement vers la droite de l’arrêt R ; elle est très grande quand cet arrêt est porté à gauche. Des vibrations de la membrane et de R qui ne dépassent pas l’amplitude de omm,o5 permettent clés variations dans la longueur du trajet d’éclatement de o à 5mm. Si l’on fait jaillir les étincelles, en parlant devant la membrane, on observe également la diminution et l’augmentation de la rapidité des étincelles auxquelles correspond évidemment une plus ou moins grande énergie irradiée par l’antenne de transmission.
- Cette disposition a donné des résultats vraiment remarquables à l’Institut physique de l’Université de Rome ; ils ont été de nature à établir la conviction que, par la méthode expérimentée, on pourrait envoyer des signaux acoustiques à plusieurs kilomètres de distance. Toutefois, il restait à vaincre certaines difficultés et à remédiée à quelques inconvénients ; avant de faire les essais nécessaires, M. Majorana a orienté ses recherches dans une autre direction.
- MICROPHONES HYDRAULIQUES
- 11 s’agissait de trouver un microphone capable de produire des modifications, non pas sur un courant de faible voltage, comme c’est le cas général dans la pratiqué, mais sur des décharges à potentiel élevé, pour lesquelles les variations de contact des charbons des microphones ordinaires ne comptent pas.
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- Le type de microphone doit donc satisfaire aux conditions suivantes :
- i° Supporter des différences de potentiel notables (de Tordre de quelques milliers de volts) ;
- a0 Ne pas s’échauffer pour des courants intenses (quelques ampères).
- Les appareils actuels réalisés par M. Majorana sont basés sur deux principes :
- i° Produire dans un courant de liquide des variations de conductibilité électrique dépendant des vibrations sonores à transmettre;
- a° Utiliser les phénomènes capillaires, et en l’espèce les contractions d'une veine liquide provoquées par des mouvements vibratoires et se propageant librement dans Tair.
- Dans le premier cas, on a les microphones à mélange; dans le deuxième cas, les microphones électro-capillaires.
- Microphones à mélange. — Dans un premier dispositif,on emploie de l'acide chlorhydrique gazeux. On parle devant la membrane flexible d’une capsule, manométrique parcourue par un courant de gaz chlorhydrique sec. Les variations de pression produites par les vibrations émises ont pour effet de laisser s’échapper, plus ou moins rapidement, un jet gazeux par un tube fixé dans la paroi rigide de la capsule et percé d'un étroit orifice. Le jet gazeux rencontre une veine liquide et s’y dissout en y produisant ainsi des variations de conductibilité. Si la veine liquide fait partie du circuit d'un téléphone, on entend dans celui-ci les paroles prononcées devant la capsule manométrique. Il est possible d'ailleurs d'accentuer l'intensité phonique en employant un jet liquide multiple.
- Voici maintenant le principe du microphone à acide sulfurique.
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- Un tube de verre V (fig. io) amène de l’eau de source; un autre tube A de l’eau acidulée, à io % au moins d’acide sulfurique. Le tube a une forme spéciale ; à droite il est fermé par une membrane de caoutchouc élastique et il présente à sa partie infé-
- rieure un trou mince, exactement efi face de l’orifice d’écoulement du tube V. De ces deux trous, le dernier a bmm,9 de diamètre, le premier, imm. Le jet d’eau pure traverse donc sur un très petit parcours (5mm) le milieu qui contient de l'eau acidulée; il s'acidifie faiblement et s’écoule ensuite dans l’atmosphère. La membrane R est reliée par son centre à une plaque vibrante I munie d’un pavillon (non figuré sur le dessin). Le jet d'eau tombe sur une pièce de cuivre G et ferme le circuit d’un téléphone et d'une pile. Les vibrations de la plaque I sont communi-niquées à une autre lame plus petite R, et par celle-ci à la masse de l'eau acidulée. La veine L sort alors plus ou moins acide et engendre des variations de conductibilité dans le circuit téléphonique. La pression de l'eau de source doit être d'environ ionf; celle de l’eau acidulée, de 5ocm seulement. Le succès de l’appareil dépend principalement du choix convenable des diamètres des orifices d’écoulement ainsi que du réglage.
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- il 111 ii
- La figure 11 représente un autre dispositif de microphone à acide sulfurique. Le tube V contient, ici encore, de l'eau de source et le tube A de l'eau acidulée. L’eau de source s'écoule par P pour aller frapper la plaque de cuivre G; l'eau acidulée a deux issues. Par l’une, elle peut se mélanger a l’eau douce, par l'autre elle peut s'écouler, mais difficilement, entre deux surfaces planes de verre K. L’une d’elles est supportée par un ressort également en verré M, et reliée à la membrane vibrante I. Quand l'orifice de sortie K se trouve plus resserré, par suite du déplacement de I, l’eau qui s'écoule par P est plus acide. L'appareil est très sensible et fonctionne assez régulièrement.
- M. Majorana a construit encore d’autres types de microphones, basés sur le principe du mélange de deux liquides de conductibilité différente ; mais il a obtenu les meilleurs résultats principalement avec, l’appareil que représente la ligure io,
- Microphone électro-capillaire. — Il y a long-
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- ternps qu’on connaît les propriétés capillaires des jets liquidés. Rayïegli eri a fait l'objet d’études intéressantes. Dès 1806, Chichester Bell a breveté des dispositifs éri vue d’utiliser pratiquement’ ces1 prO-
- il c’ôm menée1 à sé contracter périodiquement et la période vibratoire dépend des élêmefits' constitutifs de l’appareil. En1 tout cas', céttë période ne' doit pas intervenir sénsiblement.
- priétéS.
- Lorsqu’une vèin’e liquide coule verticàl'értiént p'ab Une’ oüvérttiré étroite pratiquée' dahs un' tube, elle, affecte u‘nè foéme cylindriquep'éndantuncertàintemps puis, à partir d’un certain point, elle se contracte et sé divise en gouttes. Dès perturbations mécaniques, exercées sur lé tùbè, favorisent’ les contractions du jet ou la formation dés gflwtfè's ; ces perturbations mécaniques, en’particulier si ell'és sont brustjùeS et fréquentés, font momëiitah'ément raccourcir la partie cylindrique du jet ét le point d’étrah'gl'ement se rapproche de l'orifice d'écoulement'. Les contractions ou la Séparation1 en gouttes peuvent être produites' avec uii rhÿtlfme acoustique quelconque, si l’on fait agir sUr le tlibe des perturbations vibratoires dé caractère acoustique. L’expérience montré qüé lè jièt a un maximum de sensibilité, pour une période déterminée : celle qui correspond au mode périodique suivant lequel il se séparerait en gouttes distinctes, distribuées comme s’il n’était pas troublé. En partant de ce principe, on a pu produire des jets liquides dont les contractions soient sensiblement proportionnelles à l’intensité des chocs imprimés au tube, dans des limites de période très larges (celles de la voix humaine).
- Voici la description sommaire d’un premier type d’appareil basé sur ces principes et permettant d’obtenir dès courants téléphoniques de très grande intensité et pureté.
- La figure 12 représente, en cotipe, l’erisemble du' disjiôsitif. Un pavillon A concentre les vibrations sonorés extérieures (sonS ou parole) sur une membrane élastique horizdritale B. Dahs sa partie centrale,' ’ céllé-ci est traversée par un tube G (dont l’ori-ficè inférieur a une construction spéciale) relié' à un autre tube D qui traverse le pavillon A. Le tube D, sur uhé partie très petite seulement, est élastique et recueille les vibrations de la membrane qui sont ainsi transmises au liquide contenu dans les tubes D et G. On verra par la suite de quelle manière on obtient cette élasticité partielle.
- Le liquide qui traverse les'tubes D et G et s’écoqle en E est soit de l’eaü rendue conductrice par un acide ou par un sel, soit du mercure. L’écoulement du liquide est alimenté par un réservoir quelconque dont on peut modifier la hauteur. Le jet liquidé est limpide sur Une certaine longueur au delà de laquelle
- La1 Veiné liquidé tombe sur la surface plane et circulaire d’un collecteur constitué par au moins deux piëcés conductrices cylindriques, F,G,'d^une substance que n’attaque pas le liquide du jet' (en général du platirte). Les débit conducteurs, F, G, sont* isolés entre eux au moyen d’une s'ùbstadcè'sotid'é fï,'têllé'qué lé verre, la porcelaine, lé ciment,’ l’ébônité, étc., et la surface supérieure (représentée en plan dans la partie inférieure de la figure 12) esit'sôîgheüsément nivelée,
- de façon qu’il y ait continuité parfaite entre les diverses parties. Le collecteur reposé dans'un récipient I, qui porte un orifice d’écouiement' L. Le jet liquide, en frappant sur lé centré du collecteur, se transforme en une lame mince qui met' en communication électrique continue les deux conducteurs F et G.
- Un téléphone, monté en série avec les conducteurs i F et G et avec une pile, est parcouru par un courant d’intensité constante, quand on ne produit pas de sons devant l’embouchure A et que, par conséquent, le jet ne se contracte pas. Cependant, si le liquide employé est un liquide électrolytique, il se produit un phénomène d’électrolyse à la surface du collecteur, auquel correspond, dans le téléphone, un léger sifflement qui d’ailleurs ne masque aucunement les autres phénomènes sonores. Toutefois, il est absolument essentiel, si le liquide est électrolytique, que les parties conductrices du collecteur présentent à sa surface supérieure un large épanouissement. Ce n’est que par ce moyen qu’on peut obtenir des courants de haute intensité et qu’on n’est pas gêné par les troubles provenant de l’électrolyse en question.
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- Quand des sons extérieurs agissent sur la mem-brâne B, l'orifice d’écoulement entre en vibration et, pai' suite, le jet E se contracte sensiblement et dé façon variable ; l’épaisseur de la lame liquidé qüi Sè fôïiiie sur le collecteur varie aussi continuellement et dé même l’intensité du courant téléphonique. On obtient ainsi la reproduction des soris émis ou dés mots articulés én À.
- Il est évident que le téléphone, au lieu d’être monté directement dans lé circuit de la pilé et du colléeteur, peut être placé, en même temps qu’une ligné téléphonique, Sur lé secondaire d’une bobine d’induction, dont le primaire occuperait sa position actuelle.
- Le dispositif qui vient d’être décrit est dit à diaphragme horizontal : on peut évidemment modifier l’apparèil de manière que lé diaphragme occupé la position verticale.
- Poui* que le jet liquide soit limpide sur une certaine longueur, il faut que l’Orificé d’écOülemént ait un diamètre notablement plus petit qué celui du tübé addüctéur. On obtient de bons résultats quand le tube a un diamètre intérieur de 3 à 4mra et l’Orifice, un diamètre de i à imm,5.
- Nous avons dit que le tube né doit pas êtré élastique sur toute sa longueur ; autrement, les vibrations se propagent bien au dëlâ du point de liaison avec la membrane et, n’étant pas immédiatement amorties, à caüse de l’inertie de la matière' dont le'tube est formé (ordinairement du caoutchouc) ou du liquide qu’il contient, donneraient lieu à des vibrations’secon-daires et de basse fréquence qui viendraient se superposer aux autres qu’il convient de transmettre. Un tel inconvénient se fait sentir spécialement à travers les lignes téléphoniques de grande longueur où il arrive que les sons lés plus aigus sont facilement
- Fig. i3.
- atténués, tandis que les sons plus bas, parmi lesquels les sons perturbateurs précités, se propagent avec une grande intensité et vont parfois jusqu’à annuler complètement l’inlclligibilié de la parole.
- Il y a différentes façons'de réaliser l’élasticité partielle du tube D. Par exemple, la mernbéane B(fig.’i3) est traversée en son cënfrë par le tube court C (qui fait corps avec elle). Ce tube présente à sa pïtrtié inférieure l’orifice d’écoulement. Les diamètres intérieurs des deux tubes C et D sont à peu près égaux et le bord supérieur de C est très voisin du bord inférieur de D. Ils sont reliés par un tube court d’é! caoutchouc O, qui par sôn élasticité përiiiet à la membrane de vibrer librement sans què le tube D participe à son moüvemènt.
- Fig. 14.
- Dans le cas où la membrane est verticale, on peut employer le dispositif de la figure i/t ; la membrane agit alors par l’intermédiaire d’une petite pièce rigide P, sur une partie du tube de caoutchouc O qui relie les tubes D et C.
- M. Majorana indique douze dispositifs différents et il est évident qu’ori peut encore en imaginer beaucoup d’autres.
- Quel que soit celui qu’on adopte, les contractions du jet correspondent, très approximativement, au point de vue de l’amplitude et de la fréquence, aux vibrations sonores de la membrane, et il ne se produit pas de superpositions sensibles d’autres périodes, si le collecteur précité n’est pas trop distant de l’orifice d’écoulement.
- Il y a intérêt à ce que l’intensité des courants téléphoniques ait la plus grande valeur possible et, dans ce but, le collecteur doit avoir une surface aussi grande que possible.
- La forme du collecteur que représente la partie inférieure de la figure 11 n’est pas la seule qu’on puisse employer; la surface supérieure de cet appareil peut être conique au lieu d’être plane, la veine liquide tombant sur le sommet du cône. De même, au lieu d’employer deux anneaux métalliques seulement, on peut en êmployer un nombre plus grand, en les isolant l’un de l’autre et en les reliant alternativement.
- Dans les formes de microphones électro-capillaires qui viennent d’être décrites,- les vibrations sonores sont transmises au jet directement par-l’air-et la membrane, vibrante. Mais celle-ci peut (si elle est
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- munie de garnitures de fer) vibrer aussi bien sous l'influence d’une action électromagnétique, comme dans un récepteur téléphonique ordinaire ; de cette façon, au lieu de parler devant un microphone hydraulique, on peut parler devant un microphone ordinaire, et on obtient, par cet artifice,, un notable renforcement du courant téléphonique. Il est évident que, si l’on adopte cette dernière disposition, la membrane du microphone hydraulique peut être supprimée et remplacée par une simple armature de fer assez légère, qui puisse vibrer sans période propre.
- Alors le microphone hydraulique, n’étant plus muni d’une large surface vibrante, telle que l’était celle de la membrane, ne transmet aucun son à l’air ambiant ; seuls, l’armature de fer et la veine liquide sont le siège de vibrations presque imperceptibles. Même avec cette forme, il reste de première importance de restreindre les vibrations à une petite partie du tube adducteur du jet liquide.
- ESSAIS ET RÉSULTATS
- M. Majorana a effectué des essais de téléphonie sans fil à grande distance, et il en a résumé les résultats dans une autre note, où nous puisons les l'enseignements qui suivent. Voici, tout d’abord, quels dispositifs il a adoptés pour ses expériences définitives.
- Appareil de transmission. — Il est constitué par un générateur d’ondes à peu près continues ou bien par un générateur Poulsen. L’ensemble du système comporte d’ailleurs indifféremment l’emploi de l’un ou de l’autre de ces appareils.-
- Fig. i5.
- Ce générateur G (fig. i5) produit des vibrations électromagnétiques de fréquence déterminée dans le circuit de l’antenne, qui comprend un microphone hydraulique M, tel que ceux que nous avons décrits. Il est possible de rendre exact l’accord entre les périodes de vibration des circuits et de produire un changement du degré d’accouplement. Celle dernière
- particularité est de très grande importance, afin d’obtenir de larges variations dans l’intensité des ondes irradiées par l’antenne, sous l’action des pulsations microphoniques, pourvu qu’il y ait un certain accouplement moyen pour lequel les variations soient maxima. II est facile de reconnaître qu’il convient de placer le microphone en M, plutôt qu’en un autre point : dans le circuit du générateur G, il serait traversé par des courants trop intenses et entre l’antenne et la self-induction, il se trouverait continuellement chargé à des potentiels assez considérables, ces potentiels dépendant, dans ce cas, non seulement de la résistance ohmique du microphone lui-même, mais aussi des pulsations de la self-induction introduite entre le microphone et la terre.
- Appareil récepteur. — Le détecteur électromagnétique Mai'coni, primitivement employé, n’est pas très apte à déceler les ondes persistantes. Un contact imparfait de charbon traversé par un faible courant continu local, ou bien une cellule électrolytique, se prête mieux à ce rôle de détecteur; toutefois, ces deux méthodes sont encore d’une sensibilité assez variable.
- Les détecteurs les plus sensibles et les plus sûrs sont les thermiques (bolomètres) ou bien ceux fondés sur l’emploi de contacts thermo-électriques, ou encore les détecteurs à gaz ionisés comme Yaudion de de Forest.
- Le couple thermo-électrique qui a donné les meilleurs résultats est composé de pyrite de fer et de platine métallique.
- Résultats obtenus. — Une première station d’expériences a été construite à l’Institut supérieur des Télégraphes, à Rome ; l’antenne a 2 4 m de hauteur; elle est à quatre fils. Pendant deux années environ, des expériences préliminaires ont été exécutées, à la distance de 5km, entre cette station et celle de Monte-Mario, appartenant au ministère de la Marine, dont l’antenne a quatre fils également et une hauteur d’environ 5om. Un ampèremètre sur l’antenne de la première station indique, dans des conditions de transmission normales, une intensité d’environ i,a ampère. A Monte-Mario, on peut recevoir avec la pince thermo-électrique une intensité de courant d’environ i5 microampères. Les paroles prononcées à l’Institut supérieur peuvent: être reçues même avec le détecteur Marconi; elles s’entendent très fortement si l’on se sert de la pince thermo-électrique ou de l’audion.
- Ces résultats ont conduit le ministère de la Marine italienne à construire une deuxième station d’expérience
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- à Porto d’Ânzio à la distance d’environ 56km, de Monte-Mario avec une antenne à quatre fils de /|5m. Le i/| août 1908, on a expérimenté cette station et on a constaté qu’avec 3,5 ampères environ à l'antenne de Monte-Mario, on pouvait entendre nettement à Anzio les paroles prononcées à Rome. Puis, le ministère de la Marine a fait effectuer des essais sur une plus large échelle ; le contre-torpilleur Lan-ciere fut mis à la disposition de M. Majorana et, le i3 novembre, ce bâtiment abordait à l’fle de Ponza, à la distance d’environ iaokm-de Monte-Mario. Dans cette île existe une station radiotélégraphique de la Marine avec une antenne à quatre fils d’environ 6om; une fois les appareils récepteurs installés dans ce poste, on pût entendre, avec une intensité plus grande qu’à Porto-d’Anzio les sons produits et les paroles prononcées à Rome ; les vibrations de la lame téléphonique étaient perceptibles jusqu’à 3 ou /im de distance. La supériorité du résultat obtenu à Ponza dépend probablement à la fois de la plus . grande hauteur de l’antenne locale et de la meilleure situation de la station.
- Le lendemain 1 /* novembre, le Lanciere abordait à Maddalena, en Sardaigne. Dans le voisinage de ce port, sur l’île de Caprera, au lieu dit Beccordi-Vela, il existe une autre station de la marine semblable à celle de Ponza. La distance de cette station à Rome est en ligne droite d’environ a^okm. A midi, on répéta les essais de réception et on obtint encore de bons résultats. La voix provenant de Monte-Mario était nettement perceptible et son intensité n’était pas inférieure à celle d’une communication téléphonique urbaine ordinaire.
- Voulant enfin établir la portée maxima du système radiotéléphonique ci-dessus décrit, le décembre, le Lanciere abordait à Trepàni, en Sicile, pour effectuer d’autres expériences à la station radiotélégraphique installée sur le mont San-Giuliano. Celte station est aussi semblable à celle de Ponza et elle est à une distance de Rome de /|20km environ en ligne droite. On mit quelque temps à trouver l’accord dans ces conditions, parce que beaucoup de stations radiotélégraphiques voisines (parmi lesquelles les françaises sur la côte africaine) troublaient les essais; mais enfin on a pu entendre et comprendre avec-netteté, bien que faiblement, la parole émise de Rome. L’intensité de réception était pourtant, dans ce cas, à peine suffisante pour qu’une oreille exercée put comprendre. On était donc a la limite de la portée des signaux radioléléphoniques envoyés de Rome, M. Majorana put s’en convaincre davantage le 2 dé-
- cembre, car, s’étant rendu à l’autre station sicilienne de Forte-Spuria, près Messine, il acquit la certitude que les signaux de Rome ne pouvaient être compris. La station de Forte-Spuria n’est guère plus éloignée de Rome que la station du mont San-Giuliano; mais elle se trouve dans des conditions plus défavorables, parce qu’elle est entourée des montagnes de la Sicile et de la Calabre.
- Les expériences qui viennent d’être décrites 11e fixent pas d’une manière absolue la portée maximum des signaux radioléléphoniques qu’on peut obtenir avec cc système, attendu que l’emploi du microphone hydraulique peut accroître beaucoup la limite des essais actuels, rien ne s’opposant à ce qu’on augmente notablement l’énergie d’émission et les dimensions des antennes.
- Dans toutes ces expériences on a pu acquérir la certitude que la parole articulée peut parvenir à la distance de plus de /|Ooka, son timbre même étant conservé; cela démontre que toutes les périodes acoustiques qu’elle comprend sont transmises, par le moyen des ondes électromagnétiques, avec des atténuations constantes. Dans les transmissions ra-diotéléphoniques, à la différence de cc qui arrive clans la téléphonie avec fils ou avec cables, les phénomènes de déformations acoustiques de la parole ne se produisent pas. L’explication en est facile : en téléphonie ordinaire le phénomène de la propagation est intimement lié à la période acoustique, tandis qu’en radiotélégraphie, la période qui a le plus d importance est la période électromagnétique des ondes à haute fréquence.
- C. B.
- BREVETS
- Procédé Aîadar Pacz pour la préparation de composés organomètaîîiques ( fabrication de filaments pour lampes a incandescence). — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. —N° 410 562, publié le 24 mai 1910.
- Le procédé Aladar Pacz a pour but la préparation des composés organomctalliques sous forme de gelée ou pâte plastique permettant de les filer comme on le fait généralement pour préparer les filaments de lampes à incandescence, ccs composés ayant les propriétés des composés colloïdaux^
- Le procédé emploie, comme produit initial, un
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- N° 35.
- sel soluble clu métal, par exemple, un tungstate d’ammonium, et le met en solution dans l’eau. On ajoute ensuite de l’acide tannique ou un autre dérivé benzénique équivalent. M. Pacz a démontré que les corps les plus recommandables pour ce procédé sont les dérivés trioxydés, tel que le pyrogallol et ses isomères (par exemple la phloroglUcine ou l’oxyhydroquinone) et les dérivés trionymohocar-boxylés, tels que l’acide gallique et sës isotnères et les acides tànniques.
- Ce procédé se prête particulièrement à la préparation d’hydrogels de composés organo-métal-liques.
- Dans le cas du tungstène, l’addition d’acide chlorhydrique, ou de tout autre acide dilué, produit la précipitation de l’hydrogel; dans d’âutres cas, par exemple aVec le molybdène, l’additiOn d’ün àcide ne conduit pas au résultat voulu, la précipitation ne s’obtenaht qu’en neutralisant la solution par addition d’ün alcali, par èxeiüple l’ammoniaqüe, avec OU sans addition préalable d’acide chlorhydrique.
- Quand la précipitation est obtenue par addition d’âcide, tous les composés benzértiques indiqués plüs haut conviennent ; quand au contraire il faut neutraliser ensuite l’acide pour obtenir la précipitation, l’acide tannique est préféré comme composé organique.
- Il semble que, malgré que l’acide tannique soit préférable, c’est le pyrogallol qüi est l’agent dont l’action sur le sel métallique détermine la production dü composé organo-métallique, le pyrogallol se produisant dans la solution par l’addition de l’acide chlorhydrique.
- Il semble què l’on ait, avec le tungstène, produit un composé défini de formule H°C!,03W2 qui serait décomposable par la chaleur avec production d’oxyde de carbone.
- Quelle que soit la nature réelle des réactions qui ont lieu, le procédé conduit à l’obtention d’une masse plastique contenant le métal et pouvant se filer en filaments sans addition d’agglomérants, ce qui est le seul point important industriellement.
- On a remarqué que tout acide usuel, sauf l’acide nitrique, peut être utilisé, ainsi que presque toutes les bases, quand la neutralisation subséquente est nécessaire. Si l’on ne veut pas effectuer la précipitation du composé organométallique immédiatement, on peut séparer par dialyse le composé colloïdal pur et le précipiter ensuite par ébullition ou par l’action d’un sel.
- Pratiquement, M. Pacz conseille d’ajouter à la so-
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- lution du sel métallique un mélange d’acides tannique et chlorhydrique qui précipitent immédiatement une gelée très épaisse et très plastique que l’analyse montre être un composé organique du métal.
- Ce procédé s’applique particulièrement au tungstène et au molybdène, mais il peut s’appliquer également au chrome, uranium, silicium, zirconium, thorium, manganèse, bore, iridium, osmium, vanadium, niobium, tantale, titane, et aux métaux du groupe platine.
- Pour fabriquer les filaments, en partant de la gelée organométallique obtenue, on chasse par filtration, succion, pression ou évaporation une grande partie de l’eau contenue, pour lui donner la consistance nécessaire.
- Alors, sâns avoir besoin d’ajouter aucun agglo-, mérant étranger, on peut amener cette pâte à la forme voulue, par exemple, la filer dans une filière pour obtenir des filaments.
- On peut obtenir des filaments en métal pur, avec tous les métaux énumérés plus haut, et aussi des alliages ou composés métalliques, siliciures, borures, zirconiures, etc., ou même des filaments composites dans lesquels existent en même temps un corps conducteur métallique (dit conducteur de ire classe), et un corps conducteur à chaud (dit conducteur de ie classe), tel que l’oxyde de thorium, de zirconium, etc., selon la classification des oxydes (qui a été récemment rappelée dans cette Revue (’).
- Procédé électro-sidérurgique de fabrication, en une seule opération, du fer industriellement pur, en partant directement du minerai. — Société La Néo-Métallurgie. —N° 409 844, publié le 2 mai 1910.
- L’application du four électrique'à la métallurgie du fer a permis de résoudre, depuis quelques années déjà, la question importante de la transformation en acier des fontes, des riblons, ferrailles et résidus de fer ; cela en suivant les méthodes de travail appliquées au four Siemens-Martin.
- Le problème de la fabrication électrique de la fonte de fer a donné lieu, depuis plusieurs années également, à de nombreux essais dont certains ont abouti à des résultats industriels et économiques qui ont permis, dans certains cas, de les considérer comme susceptibles de lutter avec les hauts fourneaux.
- (') Y. I. Ladoff, Lumière Electrique (2e série), tomes VIII et IX.
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- Mais, jusqu’à présent, les différents essais tentés pour l’extraction directe du fer, industriellement pur, de ses minerais, n’ont pas abouti aux résultats et à la fabrication pratiques que l’on atteint par le procédé que nous allons décrire.
- Le four dans lequel on opère est un four électrique à électrode verticale, agissant en arc (et non en résistance) ^sur prise de courant, par un fond conduc-lëur, non süscéptiblè de eârburer lé métal en fusion (').
- Lé ihiherài à traiter, choisi' parmi les plus riches et les plus purs, est préalablement broyé et intiihe-merit mélangé à la quantité cle charbon (chaëbon de bois de préférence) nécessaire à la réduction de l’oxyde de fer, et à un fondant convenable. Le tout, additionné d’un agglomérant tel que la farine, le goudron déshydraté, formé un mélange pâteux qui è*St ehsüitè fortement comprimé dâris des moules de formé ovéïde Ou sphérique.
- Les agglomérés ainsi obtenus sont très perméables à la chaleur ét ont une consistance suffisante pour conserver leur forme, depuis leur introduction dans le four juscfù’à leur réduction complète et leur arrivée dans la ’zbhè 'dè fusion.
- Le procédé au'moyen duquel on réalise la fabrication dont il s’à^it est le'sùiVant :
- Dans Un four à élèctrodë verticalè, agissant en arc, préalablement amorcé, on charge d’abord une quantité déterminée d’agglomérés, fabriqués comme celix ‘dont il est qu’ëêtion ci-dessus, maïs composés seulement d’un mélangé dè minerai et de fondant, à l'exclusion de charbon. On complète ensuite le chargement du four avec lès agglomérés desquels le fer doit être extrait.
- Sous, l’actiôn de lâ chalèur de l’arc, réchauffement progressif des agglomérés contenus dans le four a lieu et, quand cet échauffemént est suffisant,
- (<) Tel, par exetnple, que le four breveté eu France le a5 septembre 1906, soùs le n° 370 oo5.
- la fusion des agglomérés sans charbon de la partie inférieure, qui sera désignée sous le nom de zone de l’arc ou zone de fusion, se produit peu à peu, pendant que s’opère la descente de la charge et la réduction de l’oxyde de fer des agglomérés avec charbon de la partie supérieure du four.
- Au fur et à mesure de cette descente de.la charge, oh comble le vide produit par des agglomérés avec charbon.
- Lorsque la fusion complète des agglomérés sans charbon a eu lieu, la prèmière partie de l’opération est terminée. Ces agglomérés forment alors, à la base du four, un bain liquide d’un mélange de minerai et de fondant, qui sera désigné sous le nom de « laitier d’affinage » sur lequel les agglomérés avec charbon, alors complètement réduits, viendront successivement fondre à leur tour. Le métal qui se produira goutte à goutte traversera le bain fluide de laitier d’affinage sous lequel se constituera peu à peu le bain de fer qui résultera de l’opération.
- Le chargement des agglomérés avec charbon cesse lorsque la quantité à traiter dans l’opération est épuisée. Le four, jusque-là resté ouvert, est alors fermé par un couvercle et, après le temps nécessaire, les agglomérés que contenait le four sont transformés en métal et en laitier.
- A ce moment, le four ne contient plus que la couche de métal en fusion, sur laquelle surnage la couche de laitier d’affinage, également en fusion, qui occupent sa partie inférieure, sa partie supérieure étant vide.
- Il fonctionne alors comme four à arc à réverbère et cette marche est continuée pendant le temps et à la température nécessaires pour parfaire l’affinage du métal, en opérer, s’il y a lieu, la désoxydation, et en opérer la coulée par laquelle se termine l’opération.
- ' Par le procédé qui vient d’être décrit, on conçoit la possibilité do faire, avant la coulée du fer affiné industriellement pur obtenu, toutes les additions destinées à la transformation de ce métal en aciers de compositions et de propriétés diverses.
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- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Décret du 25 avril 1910 portant addition au décret du 9 octobre 1907. — Modification au règlement des appareils à vapeur.
- Le décret du 9 octobre 1907, qui réglemente aujourd’hui l’emploi des appareils à vapeur fonctionnant à terre, dispose, en son article 18, que les vases clos chauffés à feu nu, dans lesquels l’eau est portée à une température de plus de 100 degrés sans que le chauffage ait pour effet de produire un débit de vapeur, sont assujettis aux mêmes prescriptions que les chaudières à vapeur, sous réserve de quelques simplifications relatives aux appareils de sûreté.
- D’autre part, l’article 33 du même décret assujettit aux prescriptions du titre V les récipients de formes diverses, d’une capacité de plus de 100 litres, qui reçoivent de la vapeur d’eau empruntée à un générateur distinct, exception faite toutefois de ceux dans lesquels des dispositions matérielles efficaces empêchent la pression effective de cette vapeur de dépasser 3ooBr par centimètre carré.
- Or, il existe des récipients de plus de 100 litres renfermant de l’eau et chauffés par de la vapeur empruntée à un générateur distinct, qui ne sont pas compris dans ces deux classes d’appareils, et dans lesquels cependant, s’ils ne sont pas mis en communication avec l’atmosphère par un moyen excluant toute pression effective notable, l’eau peut être portée à plus de 100 degrés et développer ainsi une pression plus ou moins considérable dans l’appareil. Tels sont les récipients chauffés au moyen de serpentins parcourus par de la vapeur d’eau sous pression, ou encore les récipients clos chauffés . au-dessus de 100 degrés par le moyen de double-fonds à vapeur.
- Beaucoup de ces récipients sont, il est vrai, disposés de manière qu’il ne s’y développe aucune pression effective notable ; mais on en trouve cependant qui fonctionnent sous pression, et d’ailleurs, pour ceux qui normalement ne doivent pas avoir de pression, des précautions indispensables s’imposent pour que celte condition soit remplie. Le décret doit donc y parer en assujettissant au litre V ceux vpour lesquels elle ne le serait pas.
- Afin de combler cette lacune, l’article 18 du décret du
- 9 octobre 1907 est complété par l’addition du paragraphe ci-après :
- « Les récipients d’une capacité de plus de 100 litres contenant de l’eau et chauffés au moyen de vapeur empruntée à un générateur distinct sont soumis aux règles édictées par le titi'e V du présent décret pour les récipients qui reçoivent de la vapeur empruntée à un générateur distinct. »
- Circulaire du ministre des travaux publies en date du 3 mai 1910. — Modification de l’article premier du modèle d’arrêté préfectoral portant autorisation d’installer une distribution d'énergie électrique par permission de voirie.
- Nous extrayons les passages suivants de cette circulaire :
- La question s’est posée de savoir si, dans le cas d’une demande d’autorisation d’occuper le domaine public pour l’installation d’une distribution d’énergie électrique, le demandeur devait être tenu de souscrire, préalablement à toute décision, une soumission portant engagement de payer les redevances prévues par le décret du 17 octobre 1907.
- 11 a été, en fin de compte, admis sans conteste que cette soumission était inutile lorsque l’occupation est autorisée par voie de concession. En effet, l’acte de concession signé par le bénéficiaire comporte pour celui-ci l’engagement de se conformer aux conditions du cahier des charges-type dont l’article 27 stipule expressément le paiement des redevances au tarif fixé par le décret susvisé.
- En ce qui concerne les autorisations données par permission de voirie, il a été reconnu également que la soumission, indépendante de la pétition, ne pourrait être imposée ; mais il a paru utile, pour prévenir toutes difficultés, de compléter les dispositions du modèle d’arrêté préfectoral (annexe 2 de la circulaire ministérielle du a5 octobre 1908), par une clause indiquant d’une manière formelle que les permissionnaires sont tenus au paiement de redevances exigibles en vertu du décret du 17 octobre 1907.
- L’article premier du modèle d’arrêté préfectoral portant autorisation d’installer une distribution d’énergie électrique par permission de voirie sera désormais libellé de la manière suivante :
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- 27 Août 1910. REVUE D'ELECTRICITE
- «M..... autorisé à établir dans.... commune d.......
- des canalisations et ouvrages de distri- ( sur
- bution d’énergie électrique.......... | sous
- en vue de... et à procéder aux travaux nécessités par l’entretien de ces canalisations et ouvrages, à charge
- par.... de se conformer aux conditions de la présente
- autorisation, aux règlements de voirie et aux règlements ou arrêtés édictés en exécution de la loi du i5 juin 1906, notamment aux deux décrets du 17 octobre 1907, relatifs au paiement des redevances pour occupation du domaine public et des frais de contrôle. »
- Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 20 mai IQIO. — Envoi du cahier des charges-type pour la concession par T Etat d9une distribution d'énergie électrique aux services publics.
- Jusqu'ici, en l'absence d’un cahier des charges spécial réglant les conditions applicables à la concession des lignes destinées à distribuer de l’énergie électrique aux services publics (transports en commun, distributions d’électricité, etc.), ces lignes ne pouvaient être établies qu’en vertu de permissions de voirie toujours précaires et révocables.
- Un cahier des charges-type approuvé par décret du 3o novembre 1909, et qui complète la série des cahiers des charges dressés en conformité de l’article 6 de la loi du i5 juin 1906, a pour but de remédier aux inconvénients de cette situation.
- Les lignes qui apporteront le courant aux services publics pourront d’ailleurs, comme par le passé, continuera être autorisées par simples permissions de voirie. Mais les ingénieurs du contrôle devront proposer le refus des permissions de voirie pour les lignes de distribution à grande distance, toutes les fois que l’établissement de ces lignes constitue un obstacle pour la création ultérieure ou le développement de réseaux présentant un caractère d’intérêt général. En pareil cas, le régime préférable est celui des concessions soumises au cahier des charges-type qui est annexé à la présente circulaire.
- Ce nouveau cahier des charges, tout en conservant le même numérotage des articles, diffère sur plusieurs
- points des cahiers des charges-types des i j mai et 20 août 1908, pour la concession d’une distribution publique d’énergie. Les dispositions spéciales qu’il renferme donnent lieu aux observations suivantes :
- Le service concédé (art. icl‘) a pour objet principal *de fournir de l’énergie aux services publics ; les réseaux destinés à alimenter ces services peuvent traverser des communes sans les desservir et sans que les municipalités aient à intervenir pour autoriser leur établissement; le concessionnaire a le droit, sur tout le parcours de son réseau, d’établir sur le domaine public, qu’il soit national, départemental ou communal, tous ouvrages et canalisations nécessaires à l’objet de la concession, sous réserve de l'approbation des projets d’exécution dans les formes prévues au décret du 3 avril 1908.
- L’article 3 permet au concessionnaire, lorsque toutes les obligations du cahier des charges sont remplies, de faire usage de ses installations pour vendre de l’énergie à des services publics autres que ceux situés dans la zone prévue à l’article 14 et à des particuliers. Il devra à cet efFet se pourvoir de l’autorisation du Ministre des Travaux publics • cette autorisation lui sera accordée s’il est constaté que la consistance du réseau est suffisante pour lui permettre de disposer sans inconvénients d’excédents d’énergie.
- Mais l’autorisation du Ministre n’est qu’une autorisation de principe; elle ne saurait dispenser le concessionnaire de demander, dans chaque cas, aux autorités compétentes les autorisations nécessaires (permissions ou concessions) en vue d’occuper le domaine public,pour celles de ses installations qui n’ont pas pour objet immédiat d’assurer le service concédé.
- L’article 5 prévoit à titre facultatif que le concessionnaire sera tenu de construire et de maintenir en bon état de service une ou plusieurs usines génératrices qui feront partie de la concession. Cette disposition ne doit être appliquée qu’à titre exceptionnel et, sauf le cas où il en sera fait application, les usines de production ne feront pas retour à l’Etat en fin de concession, ainsi qu’il est prévu à l’article 22.
- La durée maximum des concessibns est fixée à cinquante ans. Toutefois, s’il est reconnu que les conditions d’établissement et d’exploitation du réseau à établir l’exigent, la durée de la concession pourra être augmentée. Mais alors ce sera une dérogation au cahier des charges-type, qui devra être approuvée par un decret délibéré en Conseil d’Etat.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- L’amélioration que nous Signalions la dernière fois sur le cours des valeurs de cuivre a subsisté pendant la semaine écoulée et de nouveau le Rio a franchi le cours de 1700, atteignant 1708 avec tendance il la hausse. Les nouvelles concernant la consommation du métal sont optimistes; d’autre part, on croit que réellement une entente est intervenue entre le groupe de l’Amalgamated et les Guggenheim et que le prbjet abandonné l’hiver-dernier serait repris cet automne, mais avec l’adhésion de la Compagnie de Rio Tinto. Ce concours serait d’itn grand appoint dans la conclusion de cet accord des producteurs que que l’on cherche à réaliser depuis plus d’un an.
- De gros projets actuellement en cours d’étude ou seulement de prévision en Allemagne, en Angleterre et en Turquie peuvent donner lieu, d’autre part, à une demande importante des consommateurs. Nous avons vu la fusion des intérêts de Felten et Guil-leaume, de l’A. E. G. et de Lahmeyer. Le relèvement des affaires est général en Allemagne et se traduit non seulement par l’augmentation du trafic des chemins de fer, des importations et des exportations, mais aussi par la reconstitution de nombreux syndicats qui est un symptôme de la prospérité renaissante des affaires. Le syndicat des fontes s’est: reformé et escompte les adhésions prochaines des usines de la région de Siegen et des usines lorraines luxembourgeoises : il résulterait à brève échéance de leur entente une élévation du prix de la fonte de 7 fr. 5o par tonne; les producteurs de ferro-manga-nèse viennent de s’entendre pour régulariser les prix de vente, et le syndicat des tôles s’est prorogé et a élevé de suite ses prix de 3 fr. i5 par tonne.
- En Angleterre, un projet important d’électrification des chemins de fer serait réalisé dans quelques mois à Manchester. En vue de combattre la concurrence des tramways qui sont excellemment organisés dans cette ville industrielle, les Compagnies de chemins de fer du Grand Central, du Lancashire, du Yorkshire, et le London and North Western Railway établiraient des services de trains électriques sur plusieurs de leurs lignes rayonnant de Manchester à 10 ou 12 milles, de. façon à desservir les banlieues
- de grandes villes en môme temps que; pelles—ci. Les dispositions seraient prises pour l’çxécutiop de ce programme très onéreux, ptftis qui serait de nature à ramener le trafic suburbain actuellement perdu.
- Quant à la Turquie, elle se dispose à consacrer des capitaux très importants à des travaux publics ou d’utilité publiqqe. Unp maison française a obtenu l’adjudication des travaux de voirie; certains groupes également français offrent lpurs concours pour la construction des chemins de fer elle classement préparar toire des projets présentés pour l’adjudication de l’électricité à Constantinople peuvent réserver quelque espoir à ceux de nos compatriotes qui ont soumissionné.
- Voici, à cet égard, ce que dit la Vie Financière : « La Commission technique a achevé son rapport. Mais le travail de comparaison auquel elle s’est livrée ne permet pas d’arriver à des conclusions précises. Car l’étude des projets n’a pas été faite sur les mêmes bases, et il a été impossible d’établir une commune mesure qui permît d’apprécier les avantages et les défauts de chaque projet. La commission s’est donc scindée en deux groupes qui ont établi chacun un classement. Le premier porte en tête la Société d’Electricité Ganz et Cie, de Budapest, puis vient la Société Ilavraise d’Energie Electrique et son groupe, puis la Compagnie Générale d’Electricité avec le Syndicat oriental d’Etudes et d’Entreprises, puis le Creusot, etc. ; le second classement, par contre, place en tête la Société Havraise, puis ex æquo le consortium de la Société d’applications industrielles, de la Banque Suisse avec la maison Giros et Loucheur, et le groupe de la Compagnie Générale d’Electricité. Le Creusot passe au cinquième rang et Ganz et Cic seulement au septième. De telles contradictions se passent dé commentaires, sauf pour avouer que la commission d’adjudication qui doit désigner l’adjudicataire définitif à l’approbation du ministre ne sera guère éclairée par le travail de la Commission technique. Enfin, le jjrojet présenté par le Syndicat suisse d’Electricité n’a pas été classé. Ce syndicat prévoit, en effet, l’emploi des forces hydrauliques; mais il s’est refusé à en faire connaître les détails, se réservant d’en donner communication à la commission d’adjudication. L’em-
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- 27 Août 1910
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- barras de celle-ci sera des plus sérieux pour discerner le meilleur projet : celui qui sauvegarde les intérêts du public tout en garantissant une exploitation de toute sécurité techniquement et financière-’
- ment parlant. Quoi qu’il eh soit, l’exécution du programme qui est le prélude de l'électrification d’autres centres favorisera l’industrie électrique.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris.- —D’après le Berliner Tageblatt, la Compagnie des chemins de fer de l’Est serait en pourparlers avec des usines allemandes pour une commande de 65 locomotives.
- Italie. — La direction générale des chemins de fer de l’Etat italien -ouvrira à l’aulomne prochain un concours pour la fourniture de rails et autre matériel de la voie pour une somme d’environ six millions de francs.
- Turquie. — Le gouvernement turc a décidé de construire en régie directe la ligne de chemin d,e fer Samsun-Siwas.
- ÉCLAIRAGE
- Ile-et-Vilaine.—Un décret du 25 juillet 1910 approuve le projet d’éclairage électrique de la gare de Rennes et de distribution de force motrice dans les ateliers et dépôts. Le devis de. l’installation est de 1 a5o 000 francs.
- Saône-et-Loire. — Le Conseil municipal de Tramayes a approuvé le projet d’éclairage électrique présenté par la Société Delafon.
- Manche. — Une usine hydro-électrique va être construite très prochainement à Claies-de-Vire par M. Couperie; une partie du courant servira à l’éclairage public et particulier de la commune de Pont-Hébert.
- Aisne. — Le conseil municipal de Château-Thierry est en pourparlers avec la Compagnie du gaz pour -Rétablissement de l’éclairage électrique.
- Var. — Sur les douze projets soumis au minisire de la Marine pour l’établissement d’une station centrale à l’arsenal maritime de Toulon destinée à l’éclairage électrique et à la distribution de force motrice, deux seulement ont été retenus sur le rapport.de M. Mercier, ingénieur de ire classe.
- Lmsine électrique sera construite près du pont tournant de Missiessy et comprendra 4 groupes électro-
- gènes de 1 600 kw chacun, qui fourniront du courant triphasé à 5 000 volts, 20 périodes.
- La dépense totale s’élèvera â 6 5oo 000 francs, et la mise en marche doit avoir lieu au plus tard à la fin de l’année 1911.
- Turquie. — Le projet concernant l’établissement de l’éclairage électrique et d’une ligne de tramways électriques à Odana est soumis à l’approbation du ministre des travaux publics.
- Italie. — La .Sonie (a Ilaliana Edison a obtenu de la préfecture de Milan l’autorisation de nouvelles installations pour l’éclairage électrique de Milan et de Sesto San Giovanni.
- Allemagne. — L’Elektricilats-Werke Schlesier, de Breslau, a obtenu la fourniture de l’énergie électrique pour la ville de Trebnilz qui abandonne l’exploitation de son usine municipale d’électricité.
- L’AUgemeine Eleklriciliits-Gesellschaft a conclu une entente avec la direction des mines fiscales de Sarrebruck pour la distribution de l’énergie électrique fournie par les centrales des raines fiscales, à la partie du sud-ouest de la province rhénane et aux pays du Palatinat et de l’empire. L’Allgeineine va créer dans ce but une société à Sarrebruck ; son action s’étendra sur un rayon de 80 à 100 kilomètres.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française Oerlikon, Paris.
- Transformateurs â bain d’huile.
- Perceuses à main portatives à commande électrique directe.
- Ventilateurs de muraille électriques à fermeture automatique.
- Tourelles de transformateurs.
- Fours électriques à creuset Oerlikon.
- Commande électrique directe avec dispositif automatique pour le réglage de l’effort sur le fil pour métiers à filer à anneaux.
- La turbine à vapeur Oerlikon.
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- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie du Tramway du Mont-Blanc. — Le 5 septembre, 78, rue d’Anjou, à Paris.
- Société Electrique et Mécanique de l'Indochine. — Le 16 septembre, io, rue de Londres, à Paris.
- Société Française de tramways électriques et de chemins de fer. — Le 6 septembre, 47» boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- La ville de Toulon désire être éclairée à l’électricité. Faire le plus tôt possible .des propositions au maire qui fournira tous renseignements sur demande.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 3o août, aux chemins, de fer de l’Etat autrichien, à Lemberg, installation de l'éclairage électrique à la station de Tarnopol.
- Le icr octobre igro, à l’Hôtel de Ville de Mostar, adjudication des travaux d’installation de l’éclairage électrique dans cette ville.
- On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication à la mairie précitée.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Ilerne, établissement d’un tramway, i45ooo marks.
- TURQUIE D’ASIE
- Le i3 octobre 1910, à l’Hôtel de Ville de Jérusalem, construction d’un tramway électrique et éclairage de la ville par l’électricité ; installation du téléphone.
- Les soumissions pourront être adressées à la municipalité précitée, jusqu’au i3 octobre 1910.
- Cautionnement : 8 % du montant de l’entreprise.
- BELGIQUE
- Le 3i août, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, entreprises ci-après à exécuter dans l’agglottiération gantoise (cahier des charges spécial n" 1137) : i° construction de canalisations téléphoniques souterraines ; 20 fourniture de câbles téléphoniques et d’accessoires ; 3° fourniture et pose de câbles téléphoniques et d’accessoires.
- Le 7 septembre, à i5 heures, à la maison communale, à Laeken-lez-Bruxelles, adjudication-concours pour la fourniture et la pose des appareils d’éclairage au gaz et à l’électricité au nouvel hôtel communal; cahier des charges : 1 franc.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le 10 octobre, au ministère des Travaux publics, à Buenos-Ayres, fourniture de machines pour les ateliers du service des travaux hydrauliques, 3o5 775 francs.
- NOUVELLE-ZÉLANDE
- Le i5 décembre 1910, au Minister of Telegraphs, General Post office, à Willington, adjudication des travaux d’installation d’un poste de télégraphie sans fil.
- On peut se procurer le cahier des charges relatif à ce concours auprès du High Commissioner for New Zealand, 13, Victoria Street, London S.-W.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir<l série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter, tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- Pt BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trenterdeuxttrae année.
- SAMEDI 3 SEPTEMBRE 191<b^-’’ggÿ<|’oiiie XI (8« série). — N’ 36.
- Lumière Elec
- La
- Précé demment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — C.-F. Guilbeet. Sur le calcul de la dispersion dans les moteurs asynchrones, p. 291. —J. Reyval. L’enseignement de l’électricité en Argentine et au Pérou, p. 292.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures.Considérations pratiques sur l'emploi des compteurs à moteurs, P. Mat, p. 299. — Transmission et distribution. Les soupapes électriques et les condensateurs constituent-ils des moyens de protection efficaces contre les surtentions, F. Sciirottke, p. 3oo. — Interrupteurs dans l’huile avec connexions à la partie inférieure, F. Dehler, p. 3o2. — Traction. Voilures motrices des chemins de fer prussiens, p. 3o3. — Renforcement des voies de tramways électriques, p. 3o4. — Voiture motrice benzo-électrique de la Southern Railway C° de l’Amérique du Sud, p. 3o5. — Divers. L’utilisation de l’eau pour la production de force et pour l’arrosage, J. Pollak, p. 3o5. — Brevets. Dispositif pour le couplage automatique en parallèle de génératrices à courants alternatifs, p. 307. — Perfectionnements aux com-binateurs ou contrôleurs pour moteurs électriques, p. 309. — Transformateur à haute chute de potentiel avec un ou plusieurs trajets auxiliaires pour les lignes de force, p. 3io. — Variétés. Méthode graphique pour l’évaluation des frais d’exploitation, H. Gisi, p. 3n. — Chronique industrielle et financière. — Renseignements commerciaux, p. 3i8.—Adjudications, p. 3zo.
- ÉDIT OKIAL
- Le calcul de la dispersion dans les moteurs asynchrones ne peut se faire que d’une manière approximative, parce que les fuites dues notamment aux parties des enroulements qui sont extérieures au fer sont très difliciles à évaluer avec quelque exactitude.
- Il est nécessaire de recourir à des simplifications assez grossières si l’on veut établir sur ce point une théorie de quelque valeur : au lieu de considérer les bobines telles qu’elles sortent effectivement de l’atelier, on leur attribuera par exemple une forme géométrique simple; M. Max Kloss, dans un récent travail, que commente M. Guilbert,
- ajoute quelques autres hypothèses simplificatrices qui paraissent heureusement choisies puisqu’elles ont conduit leur auteur à une formule qui est exactement confirmée par l’expérience, et qui présente d’ailleurs le grand avantage d’être linéaire, c’est-à-dire pratique.
- Un grand mouvement d’éducation technique se poursuit actuellement dans l’Amérique du Sud. L’organisation de Y enseignement électrotechnique en Argentine et au Pérou a fait notamment des progrès d’autant plus intéressants à signaler que les promo-
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- 290 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2e Série). — N° 36 *
- teurs de ces progrès ont profité de l’expérience acquise des établissements européens.
- M. Guarini a rassemblé quelques données à cet égard dans un opuscule, dontM. J. Rey-val a extrait pour nos lecteurs les chiffres et les documents statistiques les plus caractéristiques.
- Les compteurs à moteurs ne sont pas, on le sait, des instruments parfaits ; leur entretien est délicat, leur exactitude variable, leur prix généralement élevé. On peut cependant, d’après. M. P. May, améliorer sensiblement leur valeur d’emploi en observant certaines considérations pratiques; on peut, en particulier, adopter avantageusement un dispositif de calage des balais à variation automatique selon la charge, de sorte que les lectures deviennent plus exactes à faible charge.
- A quels appareils doit-on avoir recours pour la protection des lignes: soupapes électriques, condensateurs ou para foudres ? M. F. Schrottke conclut en faveur de ces derniérs, et émet à l’égard des deux premiers des appréciations assez sévères.
- L’intérêt particulier de cette discussion vient de ce qu’elle s’appuie sur des expériences oscillographiques nombreuses exécutées sur une ligne artificielle d’une longueur notable.
- Les interrupteurs dans l'huile avec connexions à la partie inférieure, présentés par M. F. Dehler, paraissent pouvoir remplacer à eux seuls, dans certaines conditions, les tableaux à haute tension; l’auteur exprime
- l’espoir de les voir employer spécialement dans les installations minières.
- Parmi les voitures automotrices qu’emploie de plus en plus l’Etat Prussien, la plupart sont des voitures à accumulateurs. Il y a donc lieu de conclure que les expériences qui se poursuivent depuis trois ans, comparativement avec des voitures à vapeur ou à essence de pétrole, ont été nettement favorables à la traction électrique. Cependant, l’administration a mis également à l’essai une voiture mixte, pétroléo-électrique, dont nous donnons aussi la spécification. On rapprochera cette dernière voiture de celle qu’a adoptée la Southern Railway C° (p. 3o5).
- Le renforcement des voies de tramways électriques, étudié ici même au début de cette année par M. Duez, est un problème qui a été résolu à Berlin d’une manière intéressante, à l’aide de dalles de béton renforcé. Il paraît que le système n’est, au total, pas très coûteux.
- L’étude, par M. Pollack et par M. Kriiger, dés conditions économiques dans lesquelles l’eau peut être employée soit pour Y arrosage, soit pour la force motrice, nous fait voir dans l’agriculture une rivale inattendue de l’électrotechnique.
- Enfin, M. H. Gisi complète, dans nos Variétés, par un travail original qui nous a été directement adressé, l’exposé, déjà amorcé précédemment, d’une méthode graphique pour V évaluation des frais $ exploitation, basée sur une documentation pratique abondante.
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- BEVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 3 Septembre 1910.
- SUR LE CALCUL DE LA DISPERSION DANS LES MOTEURS ASYNCHRONES
- Une des questions les plus étudiées, comme d’ailleurs une des plus délicates, dans le calcul des moteurs asynchrones, est celle de la dispersion des enroulements.
- Un point .sur lequel l’accord est maintenant évident, c’est la division de cette dispersion en trois parties qui sont :
- i° Les fuites magnétiques produites par les parties des enroulements extérieures au fer ;
- 2° Les fuites produites à l’intérieur des perforations par les ampères-conducteurs qui y sont localisés ;
- 3° Les fuites supplémentaires variables avec la position relative de l’induit et de, l’inducteur et constituées par le flux qui, dans l’entrefer, vient passer d’une dent de l’inducteur à ses voisines et en venant toucher une dent de l’induit. Cette dernière dispersion, due ainsi à la denture, est désignée souvent sous le nom imagé de dispersion en zig-zag.
- De ces trois dispersions,la première est la plus difficile à obtenir avec un peu d’exactitude par le calcul.
- De nombreuses études, surtout expérimentales, ont conduit quelques auteurs à des formules empiriques applicables surtout à des enroulements du même genre que ceux étudiés et qu’il faut bien se garder d’appliquer sans discernement.
- Dans un récent travail, M. Max Kloss (*) a en vue plus spécialement une étude semi-théorique dont les résultats concordent assez bien avec la pratique courante.
- Si l’on conservait pour le calcul les formes exactes des bobines, le problème serait, au
- p) Elektrotechnik und Maschinenbau, 16 janvier 1910, p. 53,
- dire de M. Kloss, tellement complexe qu’on ne pourrait le résoudre.
- Il faudra donc introduire des simplifications, mais pour que ces simplifications soient sans danger, elles devront conduire à obtenir une conductance plutôt trop grande.
- Considérons d’abord une bobine droite (fig. i„) composée de bobines élémentaires (MJ = 3) de section de même forme que celle de l’encoche et de forme rectangulaire avec angles fortement arrondis.
- Les simplifications proposées seront les suivantes :
- i° La forme générale sera ramenée à celle d’un rectangle à angles droits de même surface ;
- 20 Les W| bobines élémentaires seront supposées réunies en une seule ;
- 3° La section de cette bobine équivalente sera supposée circulaire et égale à la somme des sections des ux bobines y compris l’isolation, de sorte que si chaque bobine élémentaire a N conducteurs de diamètre d isolé, on aura pour le rayon de la bobine équivalente :
- '=V¥-
- Nous adopterons par la bobine équivalente (fig. 1) les dimensions dans le sens périphérique — «2 dans Ie sens axial. «, sera un
- peu plus grand que le pas polaire et d’autant plus supérieur à celui-ci que le diamètre est plus petit. C’est en somme le pas polaire à mi-hauteur de l’encoche.
- Enfin, pour la simplicité du calcul, il faut supposer que les lignes de force sont des circonférences se fermant autour du paquet de fils.
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- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série.) — N* 36.
- La self-induction du faisceau peut se décomposer en deux parties, l’une relative à l’intérieur, l’autre à l’extérieur du faisceau.
- Le calcul de la force électromotrice correspondant à la première se fait d’une façon analogue à celle employée pour un conducteur circulaire plein avec densité de courant homogène.
- _+— l—I-h—I— !~
- j_________! — J-------------1-
- f;
- Fig. i. —Tète des bobines et rectangle équivalent.
- Le flux maximum produit dans une couche cylindrique d’épaisseur çlx à une distance x de l’axe est, par centimètre de longueur :
- Ui N x- dx /•
- o,4'*----ô—.------I V
- rl %tzx
- Ce flux engendre dans l’ensemble des con-
- ducteurs qui le produisent, ou ——,une force
- électromotrice totale par centimètre, puisque ces conducteurs sont en série, de :
- de =
- u i N x
- 2
- V
- .2
- . I> io—8
- o,4*/.
- Mi N
- 2
- I xzdx,
- f étant la fréquence et I le courant efïicace par phase. La force électromotrice par centimètre sera en intégrant de o à /• :
- e — o---------------- io~8. (3)
- 4
- Fig'. 2. — Calcul de la conductibilité extérieure.
- On peut l’écrire aussi de la manière suivante :
- e — — f. iii N .0,41;. NI y 2. ( — - j 10—3 ; (4) \1 V2* 4/
- la perméance équivalente au circuit de fuite à l’extérieur du faisceau est ainsi par centimètre de longueur de conducteurs :
- = °>°4 (5)
- et ne dépend pas du rayon /•.
- Fig. 3. — Répartition du champ pour trois phases.
- Pour la perméance à l’extérieur du faisceau et en limitant les lignes de force aux
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 3 Septembre 1910.
- 293
- conducteurs parallèles (*), on a (fig. 3) par centimètre :
- J r 2 7C.2-
- . R .
- logio -=0,367 logt
- (6)
- Finalement, la perméance par l’ensemble des deux parties extensives d’une même bobine sera
- — (0,04+0,;
- 367 logio-7 )«2
- + ( 0,04+0,367 l0g!
- «2
- «1. (7)
- Formule analogue à celle bien connue de la perméance d’une ligne monophasée formée de deux fils parallèles et qu'on aurait pu évidemment écrire directement par analogie en tenant compte de la remarque faite plus haut.
- Avant de simplifier les formules trouvées nous allons chercher l’influence des deux phases sur la troisième.
- La figure 3 représente la répartition de l’induction dans le plan de la bobine, au moment où le courant est maximum (14/2) dans la phase I et égal à — Iy/2 dans les phases II et III.
- Fig. 4, — Trajet du courant dans les trois phases.
- D’après l’équation ( 1), on voit que l’induction
- est proportionnelle à la distance .r, de
- sorte que le champ se répartit suivant une ligne droite de o kr dans l’intérieur du paquet de fil.
- En dehors du paquet, la hauteur est inversement proportionnelle à x et par suite représentée par une hyperbole équilatère. Naturellement la deuxième partie droite de
- (*) Il paraît plus logique, comme nous l’établirons plus tard, d’arrêter les lignes à l’axe du faisceau et non à son bord intérieur.
- la même bobine crée aussi des lignes de force dont la répartition est donnée par la ligne ponctuée de la figure 5 ; de sorte que la répartition de l’induction est donnée par la somme des deux représentée par la ligne en traits mixtes.
- Comme dans la formule (5) on cherche seulement la conductance d’une portion droite de la bobine, on ne devra considérer que l’influence sur elle des deux portions droites immédiatement voisines des bobines des phases II et III; quant à l’influence des portions IF et III', il en sera tout naturellement tenu compte en multipliant dans l’équation (7) par açf le terme correspondant à cette portion droite.
- Pour tenir compte de l’influence des côtés II et III (fig. 3) sur I, il suffira de déterminer le flux créé dans I par II et III puis d’ajouter ce flux au flux propre créé par I, et considérer le flux total comme créé par I seulement, c’est-à-dire que l’on augmentera la conductance de la phase I dans le rapport du flux total au flux propre à I.
- Mais, étant donné le déplacement des flux II et III par rapport à I, ils n’agissent pas en entier sur la portion de bobine I. Ainsi les parties hachurées horizontalement s’annulent, et celles hachurées verticalement sont seules actives. On calculera la valeur du flux correspondant à ces parties hachurées verticalement en intégrant l’équation (fi) entre d’autres limites indiquées sur la figure 3. On a ainsi par centimètre de longueur :
- Perméance de la phase I :
- R
- 0,367 ]°gioy
- Perméance équivalente de là phase II :
- 1 , R
- - 0,367 Iogio----•
- 2 a 1
- T + r
- Perméance équivalente de la phase III :
- 1
- ’2
- 0,367 *°gio
- R-^i
- Oi
- 3
- /•
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N« 36.
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- On devra donc remplacer dans l’équation (6) logjo — par une somme correspondant à
- ‘I>, -h <K + d>„ fl, = R + r :
- et l’on trouve, en posant
- SCa—0,367
- R
- logio-H—logio
- R
- -H—logi
- '+4
- .(8)
- Pour considérer maintenant l’influence de la portion circonférentielle des bobines II et III sur la portion circonférentielle de la bobine I supposons le cas extrême où ces trois parties circonférentielles sont sur le même cylindre comme cela est indiqué sur la figure 6, où la bobiné I est en trait fort et les deux autres en traits fins.
- En moyenne on voit de suite que l’excitation de la partie circonférentielle de I est
- 1 + [ + [
- diminuée dans le rapport ------------. Mais
- cette démagnétisation est un maximum et comme en réalité les bobines ne sont pas ainsi superposées, par approximation M. Kloss estime que l’action démagnétisante des bobines II et III est réduite au tiers de sa valeur par l’éloignement.
- Gomme en outre cette démagnétisation, à cause des angles arrondis des bobines, n’agit pas sur le tiers de la longueur de la portion circonférentielle, on supposera qu’elle agit
- seulement sur ~ à chaque extrémité. On aura ainsi comme coefficient de démagnétisation :
- x O+hXg
- 18
- , soit 0.94.
- La formule (7) devient alors :
- c£=
- 0,o4+0,367| logio " +
- R
- •2 — -
- 35\
- +£i°g<oïr-
- —+4
- " + o,94 |"0,04 + 0,367 l°g(o 77 j«i. (9)
- Pour rendre cette formule pratique, cher-
- chons à nous faire une idée du l’apport —
- Si l’on représente — et r en fonction de at
- pour une série de moteurs de constructions quelconques, on trouve très approximativement :
- /• — o,5 + o,o5a a.
- (10)
- et
- R
- 10 -J- o,ioflt.
- Introduisons ces valeurs dans (11) nous trouvons :
- 19 +0,2 a.
- +-log:
- £0,04 + 0,367 ^logio( 10 +0,1 «,) +7 logio 8+0,1 a,
- 3goL3a,Hf o o38+o,3451og,o —la, (ia)
- 14+o,, «,/J J - 0 i+o,io4«J
- Cette formule serait peu pratique, car elle est de la forme :
- P =; .r,«2 + ?/.«,, (i3)
- mais où æ et y sont non des constantes mais des fonctions de aiet ct%.
- Pour se rendre compte si malgré cela x et y ne pourraient pas être remplacés par des constantes, M. Kloss a construit un groupe de courbes de en fonction de aj7 pour une série de valeurs de a.2~ 9, 12, i5, 18 et pour ai — 10, 30, 3o, 4o, 5o, en ne calculant que pour les plus grandes valeurs de + quand a, est le plus grand, et pour les plus petites quand a2 est petit. Dans la pratique, en effet, on ne rencontre pas en même temps ai grand et «o petit. Or, ces courbes se remplacent approximativement par des droites parallèles et équidistantes, x et y sont donc constantes et la seule différence est que, d’après les droites, le premier terme ne serait pas proportionnel à a2 mais à «2 — 2 :
- Œ = 0,705 (a., — 2)+ 0,34 a,. (14)
- Cette formule est encore incommode parce que a2 ne se déduit des mesures de la bobine que par un calcul.
- Essayons de l’exprimer en fonction des
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- longueurs ordinairement connues des bobines. On peut écrire :
- lm — 2 (b "f" al -f" K),
- pour la longueur lin d’une spire moyenne ; L étant la largeur du fer et K un supplément, variable avec la tension.
- Or, on a entre K et «2 relation suivante tirée d’un grand nombre de moteurs exécutés :
- 2 —|— IC —J— o,o8a,.
- Portons cette valeur dans ( 14)» on trouve : S = o,7o5(K-l-o,o8<7,l)-(-o,24ai = 0,705 K-)-0,296a, ou approximativement :
- P = 0,7 K -f- o,3 a,. (t5)
- Si l’on est habitué à se servir de la longueur moyenne ls du front de la bobine, on a l, — K -j- aii et l'a formule devient :
- £? = 0,7 — 0,4 (16)
- Passons enfin à l’influence de l’enroulement du rotor. Les ampères-tours du rotor étant opposés à ceux du stator, agissons dans le môme sens sur les lignes de force du stator qui passent entre rotor et stator, et en sens contraire sur celles qui, de par leur forme circulaire, venaient passer dans l’enroulement du rotor. Si nous représentons (fig. 5) une coupe des côtés A et B d’une bobine parallèle à l’axe, la ligne de force limite supposée circulaire a pour rayon et doit venir passer en D, de sorte que la loi de répartition des inductions de A à D sera la même que celle donnée par la courbe déjà dessinée pour la partie AC, soit A EF.
- Mais le faisceau G de fils du rotor donne des ampères-tours opposés et égaux sensiblement à ceux de A, de sorte que l’on peut admettre qu’il constitue le retour de A.
- On n’aurait donc qu’à faire encore la somme des deux courbes AEF et GUI.
- Si la distance R2 -f- r entre A et G était égale àR, + /•, distancé entre A et B, le flux de fuite du rotor viendrait doubler celui du
- stator; si au contraire 112 = o, fe flux résultant serait nul.
- Il y a donc une valeur de R2 pour laquelle le flux reste le même que si le rotor était
- Fig. 5. — Influence de l’enroulement du rotor.
- retiré. Cette distance que l’on peut appeler la distance neutre s’obtiendra en posant ;
- 2 X 0,307 log-^0,367 log= Si,
- d’où
- et par suite :
- R2 = /ÏV’.
- Or, SS variant de u à id et / de 1 à 5cm r
- (équation 11), R2 oscillera donc entre 3,3 et ncm,6.
- Comme le rotor est toujours plus près que ne l’indiquent ces deux valeurs, il s’ensuit que l’influence du stator sera toujours amoindrie par la présence du rotor, mais elle ne le sera pas autant que ce qui résulterait des formules ci-dessous, car dans l’enroulement en tambour du rotor les côtés G ne sont pas, comme on l’a supposé, toujours parallèles à A mais souvent inclinés à 43° environ, cé qui diminue leur effet.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2« Série). — N° 36.
- On peut cependant tirer de ceci la conclusion qu’un moteur dont le rotor longe le stator aura moins de fuite qu'un moteur dont le rotor est conique. De même un moteur à cage d’écureuil allongée aura moins de fuites qu’un moteur dont l’anneau de court-circuit du rotor est plaqué sur le fer. L’expérience a d’ailleurs confirmé ces réflexions. La valeur du coefficient de réduction de la formule (i5) est pour un moteur à qage d’écureuil allongée 0,9 à o,8.
- M. Kloss étudie finalement le cas des enroulements à parties extérieures faites sur trois plans parallèles ou enroulements à trois étages qt avec une bobine par pôle et par phase (fig. 6).
- Fig. G. — Diagramme des enroulements.
- On voit que, dans la formule (9), le terme correspondant à la partie de bobine droite parallèle à l’axe ne change pas, le terme en «2 restera donc le même. Par contre l’autre terme correspondant à la partie circonférentielle de la bobine devra être divisé par deux puisque le nombre d’ampères-tours est devenu moitié pour cette partie.'Toutefois, dans ce terme, le coefficient qui correspondait à l’influence démagnétisante des deux autres phases doit augmenter, parce que cette influence sera précisément moins démagné tisante que dans l’autre bobinagé, soit 1,06 au lieu de o, 94, on trouve ainsi pour ce second terme de la formule (9)
- 0,0/, -f 0,367 log10 y, ai
- r / J 6
- o,o4'2 -|- 0,162 log10 ai,
- dans lequel on a remplacé également «j par ^ puisque la longueur moyenne cix a
- diminué, et — par -^L-, puisque le paquet de 2/’ ry •>.
- fils contenant la moitié des fils aura un rayon
- équivalent égal à au lieu de /'. En contins
- nuant sur cette formule les transformations déjà faites au sujet de a2) on trouve :
- f? = o,65 K -{- 0,20 ai (17)
- et comme
- K = ls — l ai b
- P = o,65 4 — 0,34 ah (18)
- 4 a naturellement ici une valeur différente pour les trois phases.
- L’hypothèse faite que le faisceau des fils est circulaire donne un résultat par excès, car les trois ou quatre bobines qui forment ce paquet n’agissent en réalité pas aussi complètement les vins sur les autres qu’avec la forme circulaire.
- 11 n’a pas été fait de distinction entre les bobines directes et les bobines rabattues sur les faces. Or les bobines relevées embrassent une étendue moindre que les bobines plates, on a donc là encore,dit M. Kloss, un résultat par excès.
- Gela ne nous paraît pas exact, car si l’espace embi’assé par les bobines est plus petit, les lignes de force sont plus courtes. En effet, pour des bobines appliquées sur le fer, ellesse réduisent, dans l’air, à des demi-circonférences au lieu de circonférences entières. L’effetsera donc forcément presque double de ce fait.
- On a également négligé l’influence réductrice de la proximité des masses pleines du support et des paliers.
- Un calcul rigoureux devrait tenir compte de tout ceci, mais les formules trouvées suffisent pour indiquer l’ordre de grandeur de la conductance de fuite et la forme linéaire de la formule la rendant très pratique. Chaque constructeur pourra d’ailleurs en modifier les coefficients suivant ses expériences personnelles.
- Les formules établies pour le stator seul pourront naturellement être employées pour les alternateurs. G.-F. Guiluert.
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- 3 Septembre 1910.
- revue « d’Electricité
- 297
- L’ENSEIGNEMENT DE L’ELECTRICITE EN ARGENTINE ET AU PÉROU
- Un récent opuscule publié par M. Guarini (') contient sur ce sujet un certain nombre de données statistiques intéressantes. Nous nous proposons d’en faire connaître quelques-unes aux lecteurs français.
- * *
- Le docteur Krauss, directeur de l’Ecole industrielle nationale de Buenos-Aires, a proposé en 1908 des réformes suggérées par une expérience de dix années par les observations faites au cours d’une mission officielle à l’Etranger et par l’étude de l’enseignement technique en Europe et aux Etats-Unis.
- La réforme la plus importante consiste dans la création d’une spécialité spéciale pour l’Elec-trotechnique. Une autre est le dédoublement des cours de technologie mécanique et de construction des machines, qui sont maintenant répartis en quatre cours, savoir :
- i° Technologie mécanique et métallurgique;
- a0 Machines de transport;
- 8° Moteurs hydrauliques, ventilateurs, machines à mesurer et à calculer, injecteurs, presses, etc.;
- 4° Petits moteurs, moteurs à gaz, chaudières, machines à vapeur, turbines à vapeur.
- Les propositions du Dr Krauss ont fait l’objet d’un décret rendu à la date du 18 février 1909 par le président de la République Argentine.
- Les conditions principales auxquelles doivent satisfaire les candidats à l’Ecole industrielle de Buenos-Aires sont les suivantes :
- a) Etre âgé d’au moins douze ans;
- b) Avoir satisfait aux dix degrés de l’école primaire ou bien, à défaut, à un examen d’admission qui comporte deux degrés.
- Le but de l’Ecole n’est pas de former des ou-
- (1) Educacion technica industrial. La Ensenanza de la Electricidad en la Argentina y el Peru. — Lima, 1910.
- vriers habiles, mais des directeurs et des chefs d’atelier qui possèdent la connaissance exacte du lieu des opérations qu’ils ont à diriger ou à surveiller, qui sachent non seulement apprécier la qualité du travail produit par leurs ouvriers, mais encore prendre toutes dispositions utiles pour que les machines et le personnel « marchent harmoniquement ».
- .L’enseignement comporte quatre spécialités:
- Technique mécanique;
- Electrotechnique ;
- Technique chimique;
- Architecture et construction.
- La durée des études est de six ans, les quatre premières années sont communes aux quatre spécialités, les deux dernières seules diffèrent suivant la division.
- Enfin d’études, il est décerné un diplôme d’ingénieur ou de maître aux élèves qui ont satisfait aux examens.
- Voici, à titre documentaire, le programme commun aux quatre premières années d'études.
- Tahleau I
- NOMBIUÎ d’heures PAR SEMAINE
- MATIÈRES
- Langue nationale................
- Calligraphie....................
- Langue étrangère (français, anglais, allemand ou italien).....
- Histoire et géographie..........
- Sciences naturelles.............
- Dessin..........................
- Mathématiques...................
- Dessin linéaire et géométrie descriptive........................
- Physique........................
- Chimie..........................
- Statique graphique et résistance
- des matériaux.................
- Comptabilité....................
- Mécanique......................
- Chaleur et application industrielle.
- 0 a a a 2e année f _ .. . \ 3* année |
- 3 3
- 3
- 4 4
- 3 3
- 2 a 2
- 3 3 4
- <5 6 6
- 3 4
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — H* 36.
- Voici maintenant le programme spécial aux futurs ingénieurs mécaniciens et électriciens pour leurs dernières années d’écoles. Il convient d’ajouter qu’il est réservé pour le travail manuel
- Tableau II
- SPÉCIALITÉS
- MATIÈRES Mécanique Electrotechnique
- > 4° 0e Gfl 4° 0° 6e
- Mathématiques 6 6 6
- Dessin de machines 6 6 3 3
- Technologie chimique 3 3
- Mécanique et cinématique appli-
- quée 2 2
- Eléments de machines 3 3 3 2
- Constructions. 4 2
- Hydraulique 2 2
- Electrotechnique, théorie et tra-
- vaux pratiques •.. 3 3
- Chaleur et applications indus-
- trielles 2 2
- Photographie 2
- Droit commercial et législation
- industrielle 2
- Technologie mécanique et mé-
- tallurgique 3 4 3 3
- Machines de transport, appa-
- reils, grues, etc 4 4
- Moteurs hydrauliques, ventila-
- teurs 3 3
- Petits moteurs à gaz, chaudières
- et machines à vapeur 6 6
- Electricité 2
- Electrochimie 2
- Théorie sur les courants élec-
- triques continus, dynamos,
- moteurs, théorie et projet... 5
- Théorie des courants alterna-
- tifs, moteurs et transforma-
- teurs, traction et éclairage
- électriques 6
- Pratique des mesures électri-
- ques 2
- Projet d'installations électriques 4
- Electrotechnique pratique - 6 8
- et les opérations industrielles des élèves mécaniciens, un nombre d’heures par semaine qui est de ia pour chacune des deux premières années, ii pour la troisième, io pour la quatrième et 8 pour chacune des deux dernières. Les élèves de la division d’électricité ne font dé travail manuel que pendant les quatre premières années à raison de iapendant chacune despremières années, de ii pour la troisième, de 8 pour la quatrième.
- * *
- Au Pérou, l’enseignement de l'électricité est donné à l’Ecole des ingénieurs et à l’Ecole des Arts-et-Métiers.
- A l’Ecole des Arts-et-Métiers, l’enseignement
- professionnel de l'électricité est donné dans la section d'électricité. Cet enseignement diffère suivant qu'il s’agit de la division des élèves ou de la division des apprentis.
- Il a été en effet créé, par décret du ii janvier 1909, une division des apprentis, ayant pour objet de former des apprentis instruits qui peuvent, au bout de quelques années de pratique, se changer en bons ouvriers. L’instruction est surtout pratique. L’instruction théorique comporte nécessairement les cours suivants : écriture, réduction, dessin arithmétique, notions d’algèbre, géométrie et dessin géométrique, anglais, instruction militaire, éducation physique. La durée des études des apprentis est de deux années ; les candidats doivent savoir lire et écrire et avoir 1/, ans.
- Les apprentis électriciens travaillent une année en électricité.
- La division normale ou division des élèves a pour objet de former des ouvriers instruits capables de devenir, avec quelques années de pratique, des chefs d’atelier.
- Les études complètes comportent, outre une année préparatoire, trois années spéciales.
- Tableau III
- HEURES PAR SEMAINE
- Mécaniciens.
- Construction de machines 6
- Chaudière, forge 3
- Physique industrielle 3
- Applications de physique industrielle et me-
- sures sur des générateurs et des moteurs
- électriques 4 A
- At.pilip.r 22 A
- Electriciens,
- Electro technique 6
- Mesures électriques et magnétiques 3
- Physique industrielle 3
- Atelier (bobines, construction et réparation
- de dynamos, moteurs et transformateurs). 4 A -
- Laboratoire de mesures électriques 4 A
- Installations „ 4 lA
- Application de physique industrielle (pro-
- blêmes et manipulations) 4 A
- Dessin électrotechnique 4 A
- Excursions 4 %
- Dansla première de ces trois années, tous les élèves, mécaniciens et électriciens, emploient leurs 15 heures de travaux pratiques dans l’atelier de mécanique, à apprendre le travail du bois et des métaux, de même que la forge, le mode-
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- lage, la fonte, le tour, le maniement des machines, etc. On fait travailler aux électriciens le bronze de préférence au fer.
- Dans la seconde année, les 18 heures de travaux pratiques sont consacrées au même genre de travaux, mais, pour les appareils construits par les élèves électriciens le chef d’atelier choisit des appareils électriques et donne la préférence aux travaux de mécanique de précision. Du reste les appareils que construisent les élèves, mécaniciens ou électriciens, sont préalablement dessinés, durant les heures de dessin industriel.
- Le programme de l’emploi du temps pour les cours spéciaux pour la troisième année est indiqué par le tableau III.
- Le diplôme d’ancien élève de l’Ecole des Arts-et-Métiers n’est décerné qu’aux élèves qui ont satisfait aux études et qui en outreont pratiqué avec succès pendant un an dans un établissement agrée par la direction de l’Ecole et ont obtenu le certificat de travaux. Ces travaux doivent être tels qu’ils démontrent, outre les connaissances théoriques, l’habilité pratique et les véritables conditions techniques du candidat en l’obligeant à concevoir, dessiner, calculer et exécuter.
- Un jury spécial a délivré pour la première fois, au commencement de 1910, neuf diplômes dans ces conditions aux élèves électriciens.
- J. Reyval.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Considérations pratiques sur l’emploi des compteurs à moteurs. — P. May. — Elektro-technische Zeitschrift, 14 avril 1910.
- Dans une étude très intéressante, l’auteur se propose de rechercher les principaux défauts des compteurs à moteur et les moyens d’y remédier. Le compteur Thomson à moteur sans fer est le plus employé à cause de sa simplicité, et par suite de son prix de revient sensiblement moins élevé que celui des autres compteurs. Mais il présente l’inconvénient d’o,xiger des nettoyages et des réparations plus fréquents que les autres compteurs; cet entretien porte principalement sur l’induit et le collecteur. On a proposé l’emploi de collecteurs amovibles; mais le remplacement du collecteur avait pour effet de le faire tourner lui-même, ainsi que les tourillons de l’induit,en faux rond, ce dont la sensibilité du compteur à faible charge était fortement affectée. En outre, si les connexions entre l’induit et le collecteur étaient, au cours d’un remplacement, faites d’une façon défectueuse, il s’ensuivait une inégale répartition du courant dans l’induit, de sorte quecelui-ci ne démarrait plus dans toutes les positions. Les secteurs exigeant que les compteurs démarrent à 1/2 %
- de la charge maxima, si l’installation comporte des
- lampes à filament métallique, cette condition limite la pression des balais sur le collecteur à 0,6 gr.environ. Cette faible pression favorise la production de nombreuses étincelles aux balais ; ces étincelles ont pour effet d’arracher du balai positif des particules de métal qui s’accumulent à la partie antérieure des lames du collecteur (dans le sens de la rotation) ; d’autres particules sont, au contraire, arrachées de la partie postérieure des lames et viennent former un dépôt sur le balai négatif. Ces dépôts ayant une grande dureté augmentent sensiblement les frottements entre les balais et le collecteur et provoquent d’autre part par leur action mécanique l’arrachement de nouvelles particules ; les lames prennent alors une forme dentelée ; le collecteur n’est plus rond et les balais sautent au passage de chaque lame, ce qui augmente encore considérablement la production des étincelles. Ces dégradations diminuent la sensibilité du compteur à faible charge dans de telles proportions qu’il n’est pas rare de relever, au bout d’un certain temps de service, des erreurs, de i5 à 20 % pour x/iode la charge maxima.
- Pour remédier à ces dégradations, il est tout indiqué de recourir aux moyens susceptibles sinon d’éviter, tout au moins de diminuer la production des étincelles. Dans ce but il conviendra de ne pas dépasser 2 volts pour la tension entre deux lames
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 36.
- voisines du collecteur et ov,3 environ entre les balais et le collecteur. On aura également intérêt à ne confier le montage des balais qu’à une personne suffisamment exercée pour donner exactement la pression nécessaire. Lorsqu’un compteur ayant tourné au laboratoire d’étalonnage pendant % jours montrera déjà dans l’obscurité de petites étincelles, on devra le retourner à l’atelier. On pourra également, si le compteur se prête toutefois assez facilement à cette opération, inverser les connexions de façon à faire disparaître le dépôt formé sur le balai négatif.
- D’autre part, dans les compteurs à magnéto, on emploie déjà avec succès un dispositif commandé par un électro et permettant de déplacer les balais perpendiculairement au collecteur lorsque la charge varie ; delà soçte,Ies balais frottent toujours à faible charge sur une partie du collecteur que les étincelles, peu importantes à faible charge et à vitesse réduite, ne dégradent guère, ce qui diminue les erreurs à faible charge,relativement les plus importantes. Un dispositif de ce genre, commandé par les électros de l’inducteur, serait facile à appliquer aux compteurs Thomson. J.-L.M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Les soupapes électriques et les condensateurs constituent-ils des moyens de protection efficaces contre les surtensions?—F. Schrottke.
- — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 et ia mai 1910.
- L’auteur, réfutant la théorie exposée précédemment par MM. Giles et Wolilleben en faveur de l’emploi des condensateurs et des soupapes électriques pour la protection des réseaux contre les surtensions, se propose de démontrer que ces appareils sont en réalité plus nuisibles qu’utiles.
- Examinant d’abord la question des charges statiques, l’auteur préconise contre celles-ci l’emploi des plaques de mise à la terre noyées dans l’eau ou de la méthode dite du point neutre à la terre. Quant au parafoudre à cornes, il possède forcément une certaine distance explosive, ce qui lui donne le grave défaut de ne s’amorcer que lorsque la tension aura déjà atteint une valeur assez élevée.
- L’auteur démontre ensuite que la formule de Ken-
- nelly, E = I y/t, sur laquelle s’appuient MM. Giles
- et Wohlleben, ne peut s’appliquer aux phénomènes ordinaires de surtension constatés dans la pratique.
- Celte formule s’applique en effet au cas où le courant est complètement interrompu avant que l’onde perturbatrice ait eu le temps d’atteindre l’extrémité de la ligne, ce qui suppose soit une rupture instantanée du couraqt, soit une ligne extrêmement longuf, cas qui ne rentrent pas dans la pratique. En effet la durée de rupture des interrupteurs à huile modernes est de i/5o seconde en moyenne et la vitesse de déplacement des ondes électriques varie entre 100000 et 3ooooo km/seconde, selon qu’il s’agit d’une ligne souterraine ou aérienne; l’onde aurait donc parcouru à la fin de la rupture de a 000 à 6oookm. Or, l’espacement moyen des stations de protection est de 5okm; il s’ensuit plusieurs réflexions de l’onde pendant la rupture du courant, de sorte que la surtension réelle n'est qu’une fraction de celle donnée par la formule de Kennelly.
- L’auteur examine ensuite la question des orages atmosphériques. D’après MM. Giles et Wohlleben, l’éclair se comporterait comme une antenne de transmission et la ligne comme une antenne réceptrice; or, ceci suppose que l’éclair est parallèle à la ligne, cas très rare dans la pratique en comparaison de ceux où l’éclair est perpendiculaire à la ligne ou fait avec elle un angle très ouvert. D’ailleurs l’énergie émise par une antenne de transmission à la distance de ikm (distance moyenne entre l’éclair et la ligne) se répand uniformément à la surface d’une sphère de jkm je rayon, soit iakm2,5 de superficie, de sorte qu’en moyenne une infime partie seulement de cette énergie pourra affecter la ligne ; en réalité cette quantité d’énergie déjà très faible doit être encore diminuée du fait de la j^roximité de la terre; d’ailleurs par suite du manque de syntonisation on jjeut la considérer comme négligeable.
- L’action de la foudre sur les lignes se manifeste surtout par des phénomènes d’influence électrostatique.
- L’auteur démontre d’autre part, en s’appuyant sur la formule de Thomson, que la fréquence des courants jjerturbateurs est en moyenne d’environ 8 000 périodes et semble être de 26 000 environ au maximum, ce qui est très éloigné des millions de périodes dont parlent MM. Giles et Wohlleben. La preuve reste d’ailleurs à faire que les stations de télégraphie sans fil, travaillant à des fréquences de 100000 à 1000000, sont influencées par les orages. D’après l’auteur, tous les phénomènes que MM. Giles et Wohlleben attribuent à la haute fréquence s’expliquent fort bien par la production d’à-coups de courant.
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- Ayant ainsi précisé les conditions du problème, il convient d’examiner le rôle joué en cas de surtension par les différents appareils de protection.
- Le condensateur présente l’inconvénient de provoquer lui-même des ondes à haute fréquence. D’ailleurs le rôle de cet appareil se borne à renvoyer dans la ligne les ondes perturbatrices, mais il est incapable d’absorber lui-même de l’énergie, de sorte qu’il protège bien le point où il est connecté, sans toutefois empêcher les dégâts de se produire ailleurs. D’autre part, monté en parallèle avec un interrupteur, il abrège notablement la durée de rupture du courant, ce qui augmente encore la surtension.
- Il est donc dans la plupart des cas plus dangereux qu’utile.
- La résistance d'amortissement, au contraire, ne provoquera aucune surtension, grâce à la progressivité de l’extinction de l’arc sur le parafoudre à cornes avec lequel elle est montée en série; on pourra donc lui donner une valeur sensiblement inférieure à celle de i 8oo ohms indiquée par MM. Giles et Wohlleben; en pratique on pourra descendre sans inconvénient jusqu’à 6oo ohms. D’autre part, la valeur de 6oo ohms indiquée par MM. Giles et Wohlleben, pour la résistance apparente d'une ligne quelconque à la transmission des ondes, s’applique seulement à une ligne unique en circuit ouvert; en pratique, surtout dans le cas d’une ligne triphasée, cette valeur sera très différente; il s’ensuit que le calcul basé sur ces chiffres et par lequel MM. Giles et Wohlleben démontrent qu’un parafoudre à cornes, muni d’une résistance, ne réduira la surtension que de 20 % au maximum, est loin d’être rigoureux.
- Examinant alors le cas pratique d’une surtension due à un défaut d’isolement sur une ligne monophasée, l’auteur indique les limites entre lesquelles devra être comprise la valeur de la résistance montée en série avec le limiteur de tension pour qu’il y ait amortissement apériodique. L’on doit avoir :
- ^ R ^ -
- 2
- avec - <T -, L étant la capacité du générateur ou
- récepteur à protéger, C2 la capacité par rapport à la terre et l% la self-induction du fil sain. Si l’on a
- il n’y aura plus apériodicilé, mais le troisième maximum de la courbe de surtension ne sera plus
- que i3 % du premier, ce qui donnera un amortissement très suffisant en pratique.
- Une condition essentielle du bon fonctionnement de la résistance d’amortissement est qu’elle possède une capacité calorifique suffisante ; sinon elle risquera d’être rapidement détériorée; c’est pourquoi l’auteur proscrit les résistances en carborundum, ohmite, etc., et recommande l’emploi de résistances noyées dans l’huile ou refroidies par un courant d’eau.
- Si les résistances à bain d’huile rencontrèrent à leurs débuts une certaine méfiance, cela tient d’abord à des défauts de construction auxquels il fut remédié depuis, et ensuite à la négligence et au manque de soins avec lesquels on les traita et qui eurent pour conséquences des accidents qu’un peu d’attention eût évités.
- D’ailleurs on les a munies depuis de fusibles qui coupent le courant dès que là température de l’huile dépasse 200° G, c’est-à-dire après 5 à 10 minutes de fonctionnement, ce qui, 99 fois sur 100, est suffisant pour écarter tout danger.
- En résumé, si les résistances à bain d’huile ne constituent pas encore la solution idéale, il faut s’en contenter jusqu’à ce que l’on ait trouvé pour les remplacer un appareil au moins équivalent. Quant aux soupapes électriques, l’auteur les estime tout à fait incapables d’exercer une protection efficace.
- Elles présentent d’abord le grave inconvénient d’éteindre les étincelles amorcées par la surtension au bout d’une demi-période du courant normal; or, cette rupture brusque est des plus dangereuses pour l’installation. En outre, la résistance de chaque colonne, d’une valeur d’environ 2000 ohms, est constituée par un fil de 0,2““ de diamètre et ne possède par suite qu’une très faible capacité calorifique .
- D’ailleurs, par suite des poussières inévitables et de la formation de bioxyde d’azote, plus résistant que l’air au passage des étincelles, il est impossible que toutes les colonnes s’amorcent en même temps ; donc jamais l’appareil ne se comportera, ainsi que le prétendent MM. Giles et Wohlleben, comme une résistance équivalente à celle de l’ensemble des colonnes montées en parallèle.
- Pour protéger l’appareil contre les détériorations qui, de ce fait, seraient inévitables, on a dû le munir do fusibles très sensibles établis pour fondre à /, ampères au maximum; or dans la plupart des cas ces fusibles fondent presque immédiatement et forment un dépôt suffisamment conducteur pour per-
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- T. XI (2* Série).—N» 36.
- mettre la formation d’étincelles statiques qui donnent l’illusion du fonctionnement, alors qu’en réalité l’appareil ne joue plus aucun rôle efficace.
- Le seul cas où la soupape électrique fonctionnera d’une manière satisfaisante sera celui d’une surtension très courte ne déliassant pas la durée d’une demi-période du courant normal ; or, toute installation bien établie doit pouvoir supporter sans danger une telle surtension. Dans les cas beaucoup plus dangereux de surtensions persistantes, elle est inefficace et même dangereuse, parce qu’elle provoque une nouvelle surtension à chaque demi-période.
- Pour illustrer sa théorie, l’auteur releva à l’oscillographe de nombreuses courbes sur une ligne artificielle de qk;", d’une capacité de 0,067 microfarad et d’une self-induction de 0,0095 henry, sur laquelle débitait un alternateur de 100 kw à 10 000 volts et 5o périodes. ATous reproduisons les plus intéressantes de ces courbes. Celle de la figure 1 lut prise au moment où le parafoudre s’amorcait ; on voit que la surtension disparaît immédiatement et que la courbe redevient parfaitement régulière ; la résistance était de 1 700 ohms. Une autre courbe reproduite, figure a, fut relevée sans aucune résistance au moment de l’extinction de l’arc; on voit que malgré l'absence de résistance aucune surtension nouvelle ne fut provoquée par l’appareil.
- Le parafoudre fut ensuite remplacé par une soupape et les résultats furent loin d’être aussi satisfaisants; on voit en effet que la courbe correspondante, reproduite figure 3, est beaucoup moins régulière que celle de la figure 1 et qu’en outre à chaque demi-période la soupape se réamorce avec une nouvelle surtension. En résumé, conclut l’auteur : i° le condensateur n’est que rarement utile; dans la plupart des cas il est inefficace et souvent dangereux.
- Fig. 1. — Parafoudre avec résistance.
- 20 La soupape électrique est inefficace contre les
- Fig. 2. — Parafoudre sans résistance.
- surtensions prolongées, les seules dangereuses,
- Fig. 3. — Soupape électrique.
- parce qu’elle brûle si ses fusibles ne fonctionnent
- pas à temps; elle est même dangereuse par les surtensions qu’elle provoque après chaque demi-période; c’est tout au plus un indicateur de surtension, mais ce n’est pas un appareil de protection efficace.
- Seul le parafoudre à cornes avec résistance à bain d’huile présente les garanties suffisantes pour assurer une bonne protection des installations électriques contre les surtensions.
- J.-L. M.
- Interrupteurs dans l’huile avec connexions à la partie inférieure. — F. Dehler. — Elektro-technische Zeitschrift, 7 avril 1910.
- L’auteur publie une description très intéressante de trois nouveaux types d’interrupteurs dans l’huile qui présentent cette intéressante particularité, à savoir que les connexions aux câbles d’arrivée et de départ du courant se font à la partie inférieure de l’appareil, dans le socle; ces interrupteurs sont construits par la société anonyme Voigt et Hæfïner qui a d’ailleurs adopté cette disposition depuis plusieurs années.
- Le premier type d’appareil est un interrupteur tri-polaire combiné avec un coupe-circuit également tri-polaire; la position des connexions à la partie inférieure permet d’ouvrir très facilement le couvercle pour remplacer les fusibles; ceux-ci sont d’ailleurs fixés entre les balais mobiles de chaque pôle de l’interrupteur, toute la partie mobile de l’interrupteur participant au déplacement du couvercle, l'on voit que les fusibles ne peuvent être changés qu’à circuit ouvert, ce qui constitue un précieux avantage de l’appareil. Cet interrupteur peut être muni d’un relais de déclenchement automatique àminima, et surmonté d’une colonnette portant un ampèremètre.
- Mais les interrupteurs munis de simples coupe-circuits ne peuvent guère être employés au delà de 5 000 volts ; pour les tensions supérieures il faut avoir recours à des interrupteurs munis d’un relais de déclenchement automatique à maxima (et d’un autre à minima, si cela est nécessaire).
- La figure 1 représente un appareil de ce genre dans lequel naturellement les connexions se font également à la partie inférieure. A signaler le dispositif de déclenchement à maxima constitué par deux électros /'branchés respectivement sur deux des phases entre les balais mobiles de l’interrupteur; lorsque l’intensité prévue est dépassée, chacun de ces électros attire une armature h, qui ne prend pas part au
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- déplacement de l'interrupteur, mais provoque son déclenchement par l'intermédiaire de leviers coudés.
- i
- Fig. i.
- Pour terminer, l'auteur décrit un troisième type d'appareil à commande automatique à distance par relais à basse tension; ces appareils permettent à l'électricien chargé de la surveillance des machines dans une station de commander de son poste, sans se déplacer et à l’aide d’un tableau de dimensions restreintes, un grand nombre d’interrupteurs à haute tension. Un voyant lui indique d’ailleurs en cas de disjonction automatique que l’un des appareils a déclenché .
- En résumé, ces appareils, en particulier lorsqu’ils sont munis d’un relais à minima et d’un ampèremètre,, remplacent fort bien, sous une forme ramassée, les tableaux à haute tension; d’ailleurs la position des connexions a la partie inférieure rend celles-ci très aisées et en outre inaccèssibles, ainsi que toutes les pièces conductrices du courant, ce qui peut éviter de nombreux accidents, surtout dans les mines grisou-teuses.
- J.-L. M.
- TRACTION
- Voitures motrices des chemins de ter prussiens. — Electric Uailsvay Journal^ 18 juin 1910.
- Le gouvernement prussien fait un usage de plus en plus étendu sur ses lignes de voitures automotrices actionnées soit par la vapeur, soit par l’essence de pétrole, soit par batteries d’accumulateurs électriques. À la fin de 1908, environ 1 2ookm de voies étaient ainsi dotées de ces véhicules comportant des lignes variant individuellement de 7 à 5akul de longueur. Le plus grand nombre de ces automotrices sont électriques. Les expériences ont été poursuivies avec persévérance depuis 1907, et chaque année, d’autres voitures venaient s’ajouter aux premières : 57 en 1908,82 en 1909. Ces dernières furent spécialement étudiées pour l’application des accumulateurs. Nous en reproduisons le plan général dans la figure 1.
- Les dimensions principales sont les suivantes :
- Longueur entre les tètes de butoirs... a5m,6o
- Largeur totale................... 2m,95
- .Empattement des roues............ 8m,65
- Les éléments sont arrimés dans des compartiments isolés situés aux extrémités du véhicule, les dimensions de ceux-ci sont de 2m,65 sur a™,45. A vide la voilure pèse 54 à 55 tonnes. L’intérieur de la caisse est divisé en deux compartiments : 3° et 4e classes ; la première est pourvue de sièges.
- La batterie de ces nouvelles voilures a été étudiée pour un parcours de iookm, sans rechargement avec un poids complet remorqué de Ga tonnes et des vitesses pouvant atteindre jusqu’à So^à l’heure. Aux épreuves d’essais, les batteries ont accusé une consommation de i3,5 watt-heures par tonne kilométrique, sans dépasser la vitesse de 4ekm à l’heure. La batterie comprend 1G8 éléments Ilager, ayant une capacité de décharge de 368 ampères-heures à 35o volts. Chaque demi-batterie peut fonctionner indépendamment. L’équipement normal consiste en deux moteurs série de 80 chevaux, avec une résistance shunt près des bobines inductrices.
- Une voiture a été équipée avec des moteurs shunt
- Fig. 1.— Plan de la voiture à accumulateurs des chemins de fer prussiens. Les dimensions sont indiquées en millimètres.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (28 Série). — N» 36.
- dans le but d’estimer la valeur de l’énergie de récupération sur les déclivités. L’accélération est assurée par le groupage des éléments suivant diverses combinaisons, mais la voiture pèse environ io tonnes de plus que celles qui emploient les moteurs série, parce qu’on faisait usage de quatre moteurs de 5o chevaux: Néanmoins l’accélération maximum, avec la disposition du moteur shunt, n’est que de om,329 m. p. h. p. s. et de om,5Go p. h. p. s. avec les moteurs série. La quantité de puissance récupérée renvoyée à la batterie est d’environ 0,9 kilowatt-heure par arrêt, mais ce résultat n’est acquis qu’au prix d’un considérable effort électrique exercé sur l’équipement. L’économie provenant de la méthode du groupage des éléments de démarrage est à l’avantage de la voiture équipée en moteur-série.
- L’administration fait aussi l’essai de voiture pé-troléo-électrique. Cette voiture a une longueur de iG'n,675, une largeur de 2m,55 et pèse à vide près de 38 tonnes. L’équipement moteur repose sur truck, le moteur à essence et la génératrice étant placés au centre, avec un moteur attaquant chacun des essieux extérieurs, comme dans les tramways. Le moteur actionne une génératrice à interpôles de' de 80 kw. dont on fait varier le voltage de o à 65o volts par une excitatrice de 2,5 kw sous 70 volts qui fournit aussi le courant d’éclairage et d’allumage du mélange explosif. Les deux moteurs fonctionnent généralement à 570 volts.
- E.D.
- Renforcement des voies de tramways électriques. — Electric Raihvay Journal. — 2 juillet i910-
- La grande Compagnie de tramways de Berlin a été amenée, par les résultats d’expérience de son exploi-
- sur assises de béton. Elle a actuellement en service à peu près 24okm de voies sur lit de béton simple comme le montre la figure 1 dans les rues asphaltées. Elle a aussi six différents types de construction dans des rues à pavage en pierre, comportant un total de 46okm, plus8km dans des rues à pavage en bois. Elle fait usage de rails du poids de 5ikB par mètre courant. Depuis 4 ans, elle a installé 711*" de voies dans des rues asphaltées, dont les files de rails sont établies sur des dalles en béton renforcé. Ce mode d’établissement est représenté par les figures 2 et 3;
- Fig. 1.
- on l’a considéré comme beaucoup plus robuste que son devancier ; en outre il coûte environ 25 000 francs de moins par kilomètre, attendu que la quantité employée est beaucoup moindre.
- La compagnie estime que le béton des voies ordinaires ne contient pas assez de ciment pour leur conférer la résistance nécessaire imposée j>ar un trafic intense. De plus, les circonstances sont telles que rarement le béton est posé dans de bonnes conditions et, une fois en service, il est soumis à l’inlluence délétère de l’eau et aux effets désastreux du bocardage des véhicules lourds. Les dépenses de réfection sont importantes.
- On résolut d’essayer une construction plus rationnelle et j>lus robuste à la fois, qui affranchissait le béton-lui-même des efforts rudes qu’il subit.
- La méthode adoptée consiste à faire usage de dés ou plutôt de dalles en béton préparées à l’avance dans de bonnes conditions de fabrication, mesurant om 10
- Fig. 2 et 3.
- talion, à consolider la structure de ses voies établies | d’épaisseur, om4o de largeur sur oin 5o de longueur.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 30S
- fixées à l’espacement de i“*44 de centre à centre. A i deux essieux du bogie placé en dessous de la cham-l’endroit du joint se trouve une plaque sous chaque ' bre des machines. Celle-ci renferme un moteur à
- Fig.
- about de rail. Des entretoises distantes de am,i6 solidarisent les deux coins de rails.
- E. D.
- Voiture motrice benzo-êlectrique de la Southern Railway C° de VAmérique du Sud. — Elektrische Kraftbetricbe und Bahnen, 4 juillet 1910.
- Elle a été spécialement conçue en vue de s’adapter aux conditions de traction de la Southern Railway C°. Elle se compose de trois parties : le compartiment de la puissance motrice, le compartiment des fumeurs avec 14 places assises et le compartiment des non fumeurs avec 38 places. On accède à ces deux derniers par des portes latérales disposées dans le milieu de la caisse, mais pour faciliter l’évacuation et l’accès du compartiment des non-fumeurs deux portes sont ménagées à l’extrémité du véhicule. Chaque compartiment possède son cabinet de toilette et des réservoirs d’eau potable glacée.
- Fig. 1 et 2.
- La disposition des sièges et la distribution intérieure se lisent aisément sur une des figures accompagnant ce texte.
- Deux moteurs électriques, d'une puissance individuelle de 100 chevaux sous la tension de 600 volts, à pôles auxiliaires de commutation, actionnent les
- essence à huit cylindres disposés par paires suivant les jambages d’un V. L’étincelle d’allumage du mélange gazeux explosif est fournie par un magnéto, le démarrage s’atteint à l’aide de l’air comprimé emmagasiné sous l’action d’une pompe pneumatique mue directement par l’arbre principal du moteur.
- Une autre petite pompe, mise en mouvement par un moteur à essence spécial qui, normalement, attaque une dynamo dont le courant assure l’éclairage de la voiture sert de réserve. Les variations de la vitesse de marche s’obtiennent en agissant sur l’excitation de la dynamo génératrice. De plus, on utilise le couplage série parallèle des moteurs.
- La voiture est pourvue d’un système d’accouplement automatique du véhicule de remorque, d’un simple frein à air comprimé, d’un frein automatique continu et d’un frein de secours à main.
- D. E.
- DIVERS
- L’utilisation de l’eau pour la production de force et pour l’arrosage. — I. Pollak — Zeitschrift des Oester r. Ingénieur und Architekten- Vereincs, 25 mars igio.
- Cette question a fait l’objet d’une étude publiée par M. E. Kriigcr, président du conseil de perfectionnement de l’Institut agronomique Kaiser Wilhelm de Bromberg (').
- Après avoir rappelé l’importance de l’eau pour la production de force, l’amélioration des conditions d'exploitation des établissements hydrauliques, due au remplacement des roues par des turbines, l’organisation de transports de force à longue distance,
- (l) Zentralblatt der Bauverwaltung, 1910, n° 7.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N» 36.
- M. Kriiger appelle l’attention sur l’importance croissante de l’arrosage agricole à la suite d’essais qui ont démontré l’influence considérable de cet arrosage sur les bénéfices de l’agriculture et encore plus de l’horticulture.
- Il se trouve conduit à rechercher le prix de l’eau dans l’un et l’autre de ces cas, afin de pouvoir dans la législation exprimer les deux modes d’emploi à leur valeur.
- Que coûte l’unité de force, cheval-heure, d’une usine hydraulique ? Le cheval-heure produit par des machines à vapeur ? Et quelle quantité d’eau est nécessaire pour produire un cheval-heure ? Appelons Kc la première dépense, K„ la seconde et Q la quantité d’eau. L’économie par mètre cube d’eau, lorsqu’on utilisera des turbines, sera représentée par
- —————C’est cette valeur qu’il faut comparer à
- celle de iul3 d’eau quand on utilise ce mètre cube pour l’arrosage agricole.
- , Pour calculer Kc, supposons d’abord une chute de 3°*,4 avec une puissance de 5/to chx, puis une chute de am et une puissance de 240 chx. En considérant le total des frais d’installation pour batiments et machines, puis les pourcentages usuels pour amortissement, intérêt, entretien et exploitation, on trouve pour les frais d’exploitation pendant un service de 10 ou de ao heures : dans le premier cas, 2",5 ou ic,4 par cheval-heure, dans le dernier cas, 3e, 1 ou ic,9.
- Si l’on décompte pour des conditions analogues le montant K,,, on obtient, pour l’usine de 54<> chx, 3e,6 et 2e,9 et pour l’usine de 240 chx, 4e,4 et 3e,2 par : cheval-heure.
- Pour simplifier les considérations suivantes, admettons comme économie résultant de l’emploi de la force hydraulique au lieu de la force vapeur, dans les deux cas, ic,4 par cheval-heure.
- Pour obtenir la valeur de imS d’eau comme force d’exploitation, supposons qu’on dispose d’une chute de ioo'n au total pour avoir la force ; c’est un résultat qui peut être obtenu à peu près par l’utilisation parfaite de la totalité de la chute de l’eau venant à la vallée au moyen d’usines hydrauliques situées l’une derrière l’autre. Il faut alors, pour produire 1 cheval-heure (270.ooob8' de travail mécanique), 2m3,y d’eau, et la valeur nette de im3 d’eau pour 100“ de hauteur
- de chute atteint
- 1,4
- 2>7
- oc,5 r.
- Eï maintenant à combien s’élève la valeur d’utilisation de im3 d’eau pour l’arrosage agricole? Une soigneuse estimation a permis de déterminer que im3
- d’eau, tout répandu sur le champ, coûte — y compris tous les frais d’exploitation et ceux d’amortissement, d’intérêt et d’entretien des installations mécaniques nécessaires pour l’arrosage — 8°,75. En se basant sur les essais de l’année 1909, on a établi — les essais étaient commencés depuis trois ans — que le bénéfice net résultant de l’arrosage par i™3 d’eau, déduction faite de tous frais d’exécution et de supplément d’engrais atteint, pour les pommes de terre de 5e à 27e,5 ; pour l’avoine, iS1’.
- Si l’on compare ces résultats, on reconnaît que l’économie résultant de l’emploi de l’eau pour l’arrosage agricole dépasse de 12 à i5 fois celle qui résulte de l’utilisation de la force hydraulique.
- Il y avait même lieu de mentionner qu’en arrosant des produits de haute valeur comme les légumes et les fruits, on pourrait obtenir des revenus nets encore supérieurs.
- Si l’on compte, en outre, qu’une grande partie de l’eau passe par les usines sans être utilisée et coule à la vallée, que les petites usines imparfaitement installées et fonctionnant mal sont la règle, et enfin que la hauteur de chute de ioom utilisable introduite dans le calcul dépasse en moyenne les conditions réellement existantes, on voit que le rendement de l’eau est encore plus en faveur de l’arrosage.
- Dans les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, on a même déjà tiré de ces faits une conclusion pratique. On peut s’attendre à ce que, par suite du développement des installations d’arrosage dans la vallée du Sacramento en Califormie, la navigabilité du fleuve soit bientôt gênée ; mais on a acquis la conviction que l'utilisation de l’eau fluviale pour des opérations d’arrosage sera une source de profits plus élevés que l’utilisation du fleuve pour la navigation.
- M. 1. Pollak, qui résume ces considérations dans la Zeitschrift, ajoute qu’on pourrait toutefois faire quelques observations. Ainsi les résultats et les essais 11e doivent pas encore être considérés comme définitifs.
- Ensuite il semble qu’il y a de l’eau en suffisance, pour tous les intéressés e< que l’agriculture et l’industrie peuvent, sur celte question, parfaitement s’entendre et sauvegarder leurs intérêts respectifs. Il n’est enfin pas inutile de signaler à cette occasion qu’on pourrait, avant toute chose, faire porter l'effort sur une mise en valeur complète des eaux provenant des villes et villages, pour qu’elles ne s’en aillent pas, comme maintenant, à l’égout à travers les rues et caniveaux des localités, sans utilisation ni profit.
- C. B. .
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- BREVETS
- Dispositiï pour le couplage automatique en parallèle de génératrices a courants alternatifs. —Aktiengesellscliaft Brown, Boveri et C'0. — N°4n 716, publié le juin ig'o.
- On emploie déjà pour connecter automatiquement en parallèle des génératrices à courant alternatif des dispositifs dans lesquels le stator (ou le rotor) d'un moteur à induction est connecté avec le réseau, tandis que le rotor (ou le stator) de ce moteur est relié aux bornes de la génératrice qui doit être accou-j>lée en parallèle.
- Le rotor de ce moteur tourne, comme on le sait, dans un sens ou dans l’autre, suivant que le nombre des périodes de la génératrice à accoupler est plus grand ou plus petit que le nombre des périodes du réseau, et il agit en même temps soit directement, soit par l’intermédiaire d’un dispositif de commande spécial sur le régulateur de vitesse de la machine motrice.
- La Société Brown-Boveri s’est proposé de compléter ces dispositifs de la manière suivante : la force électromotrice de la génératrice à accoupler sera réglée également automatiquement, suivant la force électromotrice du réseau ; en même temps, un dispositif de frein produira une énergie qui a un effet de synchronisation entre les génératrices à accoupler en parallèle ; enfin l’accouplement en parallèle ne s’effectuera automatiquement que lorsqu’il y aura concordance de phases entre les deux génératrices.
- Tel est le but du dispositif, dont on va lire la descriptions :
- Un moteur auxiliaire ou un appareil rotatif suivant le principe de Ferrari est connecté avec le réseau et un autre moteur auxiliaire ou appareil rotatif est connecté avec la génératrice qui doit être accouplée en parallèle. Le couple qu’exercent ces appareils varie avec le carré des forces éleclromotrices.
- Les deux moteurs auxiliaires en question sont calés sur un arbre commun et agissent dans des sens opposés. L'arbre commun tourne par conséquent dans un sens ou dans l’autre suivant que c’est la force électromotrice du réseau ou celle de la génératrice à accoupler en parallèle qui est la plus élevée.
- La rotation de l’arbre fait alors varier la résistance du circuit d’excitation de la génératrice à accoupler ou bien celle du circuit en dérivation de son excitatrice dans un sens convenable jusqu’à ce que la
- force électromotrice de la génératrice à accoupler en parallèle soit devenue égale à la force électromotrice du réseau.
- Mais il faut encore, pour pouvoir coupler en parallèle la génératrice avec le réseau, que les phases coïncident égalementdcs deux côtés.
- Avec les dispositifs d’accouplement en parallèle automatiques ordinaires, on en est réduit à attendre la concordance de la phase entre les deux machines; ici, au contraire, l’on peut exercer une impulsion pour établir cette concordance. Ce résultat s’obtient par un freinage du rotor du moteur à induction.
- Pour saisir le fonctionnement des différents organes du dispositif, il suffit d’examiner un exemple d’exécution spécial dans le cas d’une génératrice triphasée (fig. 1).
- Dans celte figure, a, b, c désignent les barres collectrices. A çelles-ci sont connectés les branchements d, e, / qui vont à la génératrice triphasée h en passant par l’interrupteur get les conducteurs e?1, e1,/’1 et qui servent au couplage en parallèle. Des conducteurs d, e, /'partent des connexions z, h, l qui vont au stator ou au rotor du moteur à induction m, tandis que l’autre partie de ce moteur est connectée par l’intermédiaire des conducteurs z1, A1, ll avec les conducteurs d1, e1,/’1 et par conséquent, avec les bornes de la génératrice à accoupler en parallèle.
- z. Je i
- Fig. 1.
- Avec les branchements ci-dessus et par conséquent avec les bornes de la machine à accoupler en parallèle sont connectés en outre deux moteurs auxiliaires o, o* dont les organes rotatifs sont calés sur l’arbre communp qui fait mouvoir le levier q du rhéos-
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- tatde réglage r du circuit de l’excitation s de la génératrice h qui doit être accouplée. Le courant d’excitation est fourni par l’excitatrice t qui est solidaire de la génératrice et qui est pourvue de l’enroulement en dérivation u et du rhéostat dé réglage v.
- Le régulateur de vitesse x de la machine motrice actionnant la génératrice à accoupler est influencé tantôt dans le sens du ralentissement, par la partie rotative w du moteur à induction m et ceci par l'intermédiaire de l’engrenage intermédiaire i5 qui se compose de roues d’angle, d’une vis sans fin, d’un guide coulissant, et de leviers.
- La partie rotative w du moteur à induction m peut être freinée au moyen des sabots 4 qui sont influencés par la vis ii%. Le levier 3 qui dans une position ^déterminée vient fermer le contact 6 est relié rigidement au rotor W du moteur à induction, tandis que le levier i3 qui ferme le contact 5 est solidaire du frein 4. Ce dernier levier est maintenu élastiquement dans sa position médiane par les deux Ressorts ieta. Les contacts 5 et 6 sont intercalés dans un circuit commun aux deux autres contacts 9 et 10 dont le dernier peut être fermé à la main.
- Le contact 9 est fermé automatiquement lorsque les actions respectives des deux solénoïdes 7 et 8 qui agissent en sens opposés sont égales et s’annulent par conséquent l’une l’autre. Mais comme le solénoïde 7 est influencé par la force électromotrice du réseau, tandis que le solénoïde 8 est branché au contraire sur la phase correspondante de la génératrice qui doit être accouplée en parallèle, le contact. 9 se ferme seulement lorsque la force électromotrice de la génératrice qui doit être accouplée en parallèle concorde avec la force électromotrice du réseau.
- Le contact 9 se ferme au contraire dès que le nombre des périodes de la génératrice concorde avec le nombre des périodes du réseau.
- Si l’on ferme alors le contact 6 par le levier 3, la phase de la génératrice est mise en concordance avec celle du réseau et, en manœuvrant le contact 10, on peut alors fermer le circuit comprenant les contacts 5, G, 9 ainsi qu’une source de courant 11 et une commande à distance 12 qui actionne le commutateur principal g et connecte ainsi la génératrice h en parallèle avec le rpseau.
- Lorsque l’accouplement en parallèle doit se faire tout à fait automatiquement, le contact 10 est fermé à demeure ou bien il peut être supprimé.
- hè frein 4 sert à faire agir entre les deux machines une énergie synchronisante, en ce sens que lorsque le rotor av du moteur induit est freiné, ce
- moteur agit comme un transformateur et transmet d'une machine à Vautre des courants ivattés qui ont pour effet de synchroniser les machines.
- L’intervention du frein facilite en outre le couplage en parallèle dans des installations où la vitesse est très variable par suite des variations très brusques de la charge, comme par exemple dans les installations de traction. Dans de tels cas, grâce à l’action synchronisante qui est due aux courants compensateurs cités plus haut, le serrage du frein du moteur à induction a pour effet de faire suivre à la génératrice qui doit être accouplée toutes les variations des machines qui alimentent le réseau, de sorte que l’accouplemeut en parallèle est toujours facilité.
- Le couplage complètement automatique de la machine h en parallèle avec le réseau a, b, c s’effectue de la manière suivante :
- La machine h est mise en marche et dès qu’elle a atteint sa vitesse de régime, le dispositif automatique d’accouplement en parallèle est mis en action par la fermeture des contacts n et./t1 qui peuvent être verrouillés ensemble mécaniquement.
- Suivant que la force électromotrice de la machine à accoupler en parallèle est alors supérieure ou inférieure à celle du réseau, c’est le solénoïde 7 ou le solénoïde 8 qui attire son noyau, de telle sorte que l’interrupteur 9 reste ouvert dans un cas comme dans l’autre.
- Mais en même temps l’arbre/? est amené à tourner par le couple exercé par. les moteurs auxiliaires o ou o1, c’est-à-dire par celui qui est connecté à la force électromotricc la plus élevée ; le levier q du rhéostat /’ est ainsi tourné dans le sens d’une augmentation ou d’un affaiblissement de l’excitation de la génératrice h jusqu’à ce que la force électromotrice de cette dernière concorde avec celle du réseau. Une fois cette concordance atteinte, les couples exercés par les deux moteurs auxiliaires o et o1 se font équilibre et le levier q reste au repos ; en même temps, les deux solénoïdes 7 et 8 ont des actions égales et opposées, de sorte que l’interrupteur 9 est amené à la position de fermeture.
- Le réglage de la force électromotrice a ainsi lieu sous la seule influence du flux dans les deux moteurs auxiliaires o et o1 et n’est pas influencé par la différence qui peut exister entre la fréquence de la machine h et celle du réseau, car le réglage se fait toujours pour une force électromotrice déterminée quel que soit le nombre des périodes.
- Réglage de la vitesse.
- En même temps que le réglage de la force éleclro-
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- motrice s’effectue le réglage de la vitesse de la génératrice qui doit être accouplée est parallèle, grcîce à ce fait que le rotor w du moteur à induction m tourne dans un sens ou dans l’autre tant que le nombre de périodes de la génératrice h est plus grand ou plus petit que celui du réseau.
- Le contrepoids ou le ressort du régulateur de la machine qui actionne la génératrice peut alors être réglé soit par l’intermédiaire d’une vis sans fin, de roues coniques, etc., comme l’indique le dessin, ou directement au moyen d’un levier qui est fixé ou relié au rotor, ou par relais, etc. Tant que le nombre des périodes de la génératrice h ne concorde alors pas avec celui des périodes du réseau et tant qu'il y a par conséquent un couple sur le rotor w du moteur à induction, le levier i3 reste en dehors de sa position médiane sous l’influence du couple qui est transmis par le rotor au frein incomplètement serré 4 et le contact 5 reste par conséquent ouvert. Le levier 3 qui est solidaire du rotor tourne au contraire avec ce dernier et ferme en meme temps, toujours passagèrement, le contact 6. Une fois le nombre des périodes de la génératrice h mis en concordance avec celui du réseau, le couple qui est exercé sur le moteur disparaît et le levier i3 est amené par les ressorts i et a dans sa position médiane et le contact 5 est ainsi fermé. Par suite de l’effort synchronisant qui agit entre les deux machines, les positions relatives des roues polaires des machines sont à peu près concordantes. Une fois cette concordance complète, le rotor du moteur à induction et le levier 3 qui en est solidaire ont pris (le moteur étant bobiné de telle manière que les enroulements des trois phases couvrent respectivement toute la circonférence du stator et du rotor) une’position correspondante telle que le contact 6 se trouve fermé. Si cependant la concordance de la position relative des roues polaires n’était pas encore complète, on peut rendre cette concordance absolue en plaçant le levier 3 à la mainsurle contact 6.
- A ce moment, les contacts 5, 6, 9 qui sont compris dans le circuit commun sont tous fermés et la commande à distance 12 qui est insérée dans ce circuit est mise en mouvement sous l’influence de la source de courant n, et ferme l’interrupteur principal g; celui-ci effectue l’accouplement en parallèle de la génératrice. .
- Cas des installations monophasées.
- Lorsque le dispositif d’accouplement en parallèle doit être employé dans une installation monophasée au lieu d’une installation triphasée comme dans le
- présent exemple, le moteur à inductipn m est pourvu d’une phase auxiliaire au stator et au rotor.
- Perfectionnements aux combinateurs ou contrôleurs pour moteui's électriques. — Société Anonyme Westinghouse.— N° 411 a83, publié le i3 juin 1910.
- Dans les combinateurs et les contrôleurs pour moteurs électriques, on utilise généralement un mécanisme à ressort pour le retour automatique de l’élémentmobile, quand la manette ducombinateur est abandonnée ; mais il y a intérêt à faire plus,' et à < construire le mécanisme agissant du conbinateur de telle façon que, quand la manette est abandonnée pendant son mouvement dans une certaine partie de sa course, elle retourne automatiquement à une position déterminée d’avance, tandis que, dans la partie suivante de sa course, la manette peut être abandonnée et reste à volonté dans une position quelconque.
- Voici, à titre d’exemple, un mode d’exécution qui a donné des résultats satisfaisants dans la pratique :
- La figure 1 est un plan du combinateur avec coupe partielle, tandis que lafigure 2 est une coupe verticale montrant la partie supérieure.
- Fig. i.-
- L’arbrc 1, qui porte le cylindre du combinateur (non représenté), porte également la manette ordinaire 2 et est entouré d’un ressort en hélice 3, dont une extrémité est fixée à un bras 4 monté sur une partie fixe de l’appareil et dont l’autre exlrémité 5 est attachée au levier inférieur d’une paire de leviers 6, 7 montés librement sur l’arbre i. Aux extrémités extérieures de ces leviers sont articulés une seconde paire de bras 8, 9 munis d’un galet ou rouleau 10.
- Un disque à came 12, fixé à l’arbre par une goupille 11, possède une encoche ou crochet i3 disposé pour s’engager avec le galet 10 dans certaines positions de l’arbre. Une plaque 14, fixée au bras 4, est
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- entaillée en 15 pour permettre le passage du disque a cames 12 ; elle comporte, en outre, des encoches 16 comme représenté.
- Le galet io est de préférence divisé, comme représenté figure 2, en trois parties, de façon que, après qu’il a pénétré dans les encoches 16, comme on le décrira plus loin, la partie milieu puisse tourner au contact du disque à cames dans les directions opposées aux parties supérieure et inférieure, en facilitant ainsi ce mouvement.
- Fig. a.
- Le fonctionnement du dispositif est le suivant :
- Quand la manette a du conbinateur est tournée dans la direction de la flèche (fig. i), l’encoche i3 du disque à cames 12 accroche le galet 10, et les bras 6,
- 7 et 8, 9 sont mis en mouvement autour de l’arbre du combinateur, en bandant ainsi le ressort 3. Après que l’arbre a été tourné d’une certaine quantité, le galet 10 sera amené par le disque à cames à l’intérieur des encoches 16 dans la plaque fixe i/j, et si l'arbre est tourné plus loin, le galet 10 sera maintenu dans les encoches par le pourtour 17 du disque à cames.
- Il est évident, par conséquent, que pendant la pre_ mière partie du mouvement de l’arbre, la manette, si elle est abandonnée, sera ramenée en arrière par le ressort 3 dans sa position première, à cause de l’accrochage du galet 10 clans l’encoche t3 du disque, tandis que, pendant la seconde partie du mouvement de l’arbre, c’est-à-dire quand le galet 10 sera retenu dans les encoches 16, la manette pourra être abandonnée et restera dans une position quelconque voulue, puisque l’arbre 1 ne sera plus alors en liaison efficace avec le ressort 3.
- Cette invention semble particulièrement destinée à rendre des services dans les contrôleurs pour j
- moteurs à vitesse variable. Dans ce cas, pendant la première partie du mouvement de l’arbre, la résistance en série avec l’induit du moteur est variée pour le démarrage, et il est désirable, comme on le sait, de ne pas laisser le combinateur dans une de ces positions ; pendant la seconde partie du mouvement de l’arbre, au contraire, c’est-à-dire après que le galet a été accroché par la plaque à encoches, la résistance en circuit, avec les inducteurs du moteur, est variée pour donner la variatiôn de vitesse désirée.
- Transformateur à haute chute de potentiel avec un ou plusieurs trajets auxiliaires pour les lignes de force. — Kràmer. — N° 411 5oo, publié le 17 juin 1910.
- On cherche, dans les transformateurs usuels, à réduire le plus possible la dispersion des lignes de force, et, par suite, la chute dé potentiel par induction. On rapproche, dans ce but, l'enroulement primaire et l’enroulement secondaire, soit en les superposant, soit en les subdivisant en un grand nombre de bobines placées les unes à côté des autres sur les branches du transformateur mais se recouvrant les unes les autres. On réduit, dans tous les cas, à un minimum la distance entre les différentes bobines afin d’éviter la dispersion des lignes de force.
- Au contraire, on exige pour certains dispositifs
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- spéciaux (par exemple pour les fours à arc électrique) des transformateurs possédant une chute de potentiel aussi élevée que possible.
- On obtient ce résultat de la façon la plus simple en disposant les deux enroulements l’un à côté de l’autre sur les branches du transformateur, en les faisant peu ou pas se recouvrir, et en laissant, si possible, uncertain espace entreles bobines. Mais il en résulte une difficulté : les lignes de force s’échappant des branches du transformateur dans toutes les directions induisent, dans ces branches mêmes et dans les enroulements, des courants de Foucault intenses. C’est pourquoi il est avantageux- de prévoir un trajet auxiliaire pour les lignes de force ; on jjeut procéder dans ce but par exemple de la façon suivante :
- Les pièces A( A2, Bj B2 qui constituent les branches du transformateur sont munies de pièces de fer en saillie C et D. Si l’on se figure l’enroulement primaire monté sur A, B, et l’enroulement secondaire sur A2 B2, il se produira un passage considérable de lignes de force entre C et D lorsque le transforma-
- teur sera mis en charge. Cette disposition présente l’inconvénient que la dispersion et par suite la chute de potentiel sont trop considérables pour les besoins de la pratique et ne peuvent être réglées avec facilité.
- Mais si l’on monte une partie de l’enroulement secondaire du même côté que l’enroulement primaire, on aura le dispositif (fig. i). Les bobines constituant l’enroulement primaire sont désignées par p et celles qui constituent l’enroulement secondaire par s. Les bobines montées sur les branches A, et Bt sont alors traversées, pour toutes les charges. par un nombre de lignes de force en A3 et B2 pouvant, par contre, varier par exemple de 5o % entre la marche avide et le maximum de charge. Si, par exemple, la moitié de l’enroulement secondaire se trouve en A2 B2, la chute de potentiel du transformateur comportera % . En utilisant une répartition convenable du nombre de spires on peut atteindre toute autre valeur déterminée.
- VARIÉTÉS
- Méthode graphique pour l’évaluation des frais d’exploitation. — H. Gisi.
- Comme complément à l’article que nous avons précédemment analysé (‘J, M. H. Gisi, ingénieur à Bâle, nous a fait parvenir l’appendice suivant :
- La méthode de construction du diagramme (fig. 4) (voir page 214) peut également être appliquée pour les installations hydrauliques et en particulier pour des turbines hydrauliques. La figure 9 représente le diagramme de consommation d’une turbine système Francis de 1 3oo HP et la figure 10 celui d’une turbine de 3 000 HP à roues tangentielles. Les deux turbines ont été construites par la maison Escher Wyss et Cie à Zurich.
- Comme il est facile de le voir, ces deux diagrammes ont la même caractéristique relative à la ligne représentative de la dépense totale d’énergie présentée sous la forme d’une ligne droite.
- En traçant, par le point d’intersection de cette ligne droite avec l’axe des ordonnées, une parallèle à l’axe des abscisses, on obtient de nouveau le résultat
- que les ordonnées entre cette parallèle et la ligne droite de dépense totale d’énergie représentent, la consommation correspondant à la fourniture de force utile, et que les ordonnées entre cette parallèle et l’axe des abscisses représentent les dépenses pour les perles propres à la machine.
- On peut donc prévoir également pour ce genre d’installation la même méthode graphique d’évaluation des frais d’exploitation que celle décrite plus haut.
- Pour les installations hydro-électriques les diagrammes de consommation d’énergie et des frais d’exploitation peuvent être construits de la même manière que dans le cas d’une installation électrique avec moteurs Diesel comme station de réserve.
- Comme il a été spécifié plus haut, les frais d’amortissement, d’entretien et de personnel ne sont compris parmi les dépenses fixes d’exploitation que par simplification et parce que leur évaluation à vrai dire se trouve mieux assurée de cette façon : ils dépendent pourtant de la durée d’exploitation.
- Pour le prouver, on peut procéder de la manière suivante : _
- On partage ces frais en deux parties : l’une est
- (') Voir Lumière Electrique, i3 août 1910, p. 211.
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- constante, c’est-à-dire indépendante de la durée d’exploitation et on la portera sous « frais d’exploitation fixes » ; l’autre variable, c’est-à-dire dépendant directement de la durée d’exploitation ou plutôt de la durée de marche de l’installation. Elle varie selon le temps pendant lequel la machine est en fonctionnement. Par ce fait ces frais doivent être traités d’une manière analogue à ceux de la consommation pour les,pertes, etc.
- Ce qui précède est basé sur les raisonnements suivants :
- Amortissements. — Une partie des frais d'amor-
- Elle comporte les frais d’entretien et de réparation causés nécessairement par le service et dépend directement de la durée de service par année. Par conséquent, on peut appeler ces frais « amortissement pour entretien et réparations » ou plus brièvement «entretien et réparations ».
- Les frais pour l’amortissement de dépréciations sont évidemment à classer comme « frais d’exploitation fixes », tandis que « entretien et réparations » font partie des frais d’exploitation variables et doivent être pris en ligne de compte de la même manière que la consommation pour les pertes, etc. dé-
- L igné de consommation ’ totale de forceen tfipar uniti de temps.
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- perte. ; = SO ff?
- 1300 H?
- Ne- Puissance rournie entP
- Fig.
- tissement par année est constante, que la machine marche un certain temps ou pas du tout. Elle est équivalente à la dépréciation que la valeur de l’installation subit dans le cours d’une année. La valeur de cette dépréciation par année pourrait être déterminée en divisant le capital nécessaire à l’installation par sa durée de fonctionnement normal exprimée par le nombre d’années. Nous appellerons cette partie des frais d’amortissement « amortissement de dépréciation ».
- L’autre partie des frais d’amortissement est causée par l’usure occasionnée par l’emploi direct de l’installation.
- 0-
- pendant du nombre d’heures de [marche par année.
- Personnel et administration. — Ces frais ont également les mêmes caractéristiques qui seront d’une part constantes et de l’autre variables.
- Pour n’importe quel genre d’installation, une certaine somme d’argent est utilisée en salaires payés au personnel chargé de la surveillance de l’installation lors de son fonctionnement. Il va de soi que si celle-ci n’est pas utilisée, ce personnel pourra remplir d’autres fonctions.
- Mais un emploi plus ou moins irrationnel de ce personnel est à prendre en considération. Il faut en tenir compte comme facteur constant dans le calcul
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- des frais d'exploitation, et il doit être porté sous « frais d’exploitation fixes ».
- L’autre partie, par le fait même plus importante par année et proportionnelle au nombre d’heures de marche de l’installation par année, fait partie des frais d’exploitation variables : pertes, etc.
- La répartition de ces dépenses pour personnel et administration entre les frais d’exploitation fixes et ceux d’exploitation variables est naturellement pour chaque cas différente. Elle dépend en plus grande partie de la valeur du travail fourni par le personnel en temps de non-fonctionnement de l’installation.
- Comme règle générale on peut admettre (et on ne
- pertes propres directement proportionnelles au nombre d’heures d’exploitation.
- En ce qui concerne la construction, en particulier, des diagrammes de frais d’exploitation pour une installation thermique avec turbines à vapeur ou machines à piston, et analogues à celui de la figure 8 (voir p. 217), pour une centrale auxiliaire avec moteur Diesel, il faut tenir compte, tout d’abord, de quelques considérations.
- Elles consistent à déterminer la manière d’apprécier les différentes pertes, soit celles de chaleur dans les tuyauteries entre chaudières et machines, soit celles du charbon ulilisé pour allumer la chauf-
- <?/ y,
- Courbe delà valeur réciproque
- . Ligrie de consommation totale de force,en H3par unité de temps.
- ÎISoHt
- 3500
- 290 s/ft
- 2375 Ht
- (Consommation spécifique de Iforce pour/a production de force utile.par tpproduit I / 035 tPabsorbé
- I oou
- f Force consommée en fP pou ries pertes = 325 tP
- noo 1550 2000
- Ne = Puissance fournie en H3.
- Fig. 10.
- s’éloignera pas grandement de la réalité) de faire figurer, comme frais d’exploitation fixes, 20 % du total des salaires à payer annuellement au personnel prévu pour une exploitation normale.
- Les autres 80 % de ces frais sont à diviser parla totalité des heures d’emploi par année pour déterminer les dépenses d’exploitation variables par heure de marche de l’installation. Ces dépenses font alors partie des frais d’exploitation variables pour les
- ferie ou pour la tenir sous pression en cas de non-emploi de l’installation. En outre, sont à considérer comme pertes la force employée pour la marche de toutes les machiner, accessoires.
- La manière dont il faut tenir compte du supplément de force pour les machines accessoires a déjà été indiquée lorsqu’on a traité les pompes à air, à condensation et à alimentation.
- * On a considéré la force consommée par ces ma-
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- chines comme consommation supplémentaire à celle de la machine principale.
- Ces consommations restent pratiquement constantes, que la machine principale travaille sous pleine charge ou avec une charge moindre, c’est-à-dire que les machines accessoires, comme pompes réfrigérantes, à air et à condensation, travaillent constamment sous pleine charge quelle que soit la charge de la machine principale.
- Les pompes alimentaires des chaudières travaillent également sous pleine charge. On admet généralement comme consommation de vapeur pour la marche de ces pompes a à 3 % de la consommation totale de vapeur. Pour être plus précis, le temps de leur travail sous pleine charge est limité par le travail de la machine principale, c’est-à-dire par sa consommation de vapeur. Il sera facile de se rendre compte qu’il est superflu de considérer ce fait, vu que l’erreur, en laissant ligurer dans le calcul les pompes alimentaires comme travaillant sous régime constant, n’aura pas une influence appréciable sur le résultat.
- Tout de même, et si l’on veut tenir compte d’une manière précise de la force utilisée pour l’alimentation, on peut alors se baser sur la vapeur produite par la chaufferie et déterminer la quantité d’eau transformée en vapeur par cette dernière. Cette quantité d’eau doit être également fournie par les pompes. Donc la quantité d’eau à fournir par les pompes est proportionnelle à la quantité de vapeur fournie par les chaudières. En tenant compte du rendement des chaudières et des pompes, de la puissance calorifique'des matières utilisées dans les chaudières, on obtient, comme résultat, la quantité de chaleur, exprimée en calories, nécessaire à assurer un certain travail de la machine principale.
- Par contre, on procédera d’une tout autre manière pour apprécier les pertes de chaleur dans les tuyauteries, pour l’allumage et la mise sous pression des chaudières. D’une part, les pertes de chaleur dans les tuyauteries varient à mesure de la quantité de vapeur qui les traverse et également du degré de surchauffe de la vapeur et de l’isolement des tuyauteries, de leur diamètre et de leur longueur ; d’autre part, la quantité de chaleur employée pour l’allumage et pour tenir les chaudières sous pression varie essentiellement avec le type de chaudières installé, suivant la surface de chauffe et la possibilité" d’un plus ou moins grand refroidissement, qui résulte de la construction de la chaudière elle-même.
- Pour évaluer les pertes de chaleur dans les tuyau-
- T. XI (2« Série). — N" 36.
- teries, on peut admettre les chiffres de la pratique. Ces pertes peuvent varier de 2 jusqu’à io % de la quantité totale de chaleur produite par les chaudières. Elles varient, comme il est indiqué plus haut, selon le degré de surchauffe, la longueur, le diamètre et l’isolement des tuyauteries. Pour des installations nouvelles, on ne s’éloigne pas grandement de la réalité en admettant un chiffre moyen et constant de 5 à 6 % du total de la quantité de chaleur. *
- En ce qui concerne les pertes occasionnées par l’allumage et la nécessité d’avoir, en cas de non-emploi de l’installation, les chaudières toujours sous une certaine pression, il sera nécessaire, pour un cas bien déterminé, de procéder à un compte approximatif et de déterminer ainsi un certain pourcentage du chiffre total. Ce pourcentage devra alors figurer comme facteur constant.
- Ces détails exposés, il sera facile de construire le diagramme et de savoir la manière dont il faudra tenir compte de ces différents points.
- L’exemple qui suit le démontrera encore pour plus de facilité.
- 11 s’agira d’une installation auxiliaire et de réserve à une centrale hydro-électrique.
- L’installation comprendra 2 chaudières multitu-bulaires à tubes d’eau chacune ayant une surface de chauffe de2oom2. Elles sont combinées avec des surchauffeurs et peuvent produire de la vapeur à une pression de i3 atmosphères abs. et surchauffée à 350° C.
- Un turbo-alternateur de yüo kw. construit pour être alimenté de la vapeur de 12 atmosphères abs. et surchauffée à 3oo° C.
- La partie haute pression de la turbine est munie d’une roue double à action et celle de basse tension est construite d’après les principes de réaction.
- Tous les accessoires de chaufferie et du turboalternateur.
- Il est à observer que les chaudières sont prévues pour i3 atmosphères abs. et une surchauffe à 35o° G., tandis que la turbine travaille avec de la vapeur de 12 atmosphères abs. et une surchauffe à 3oo° G. Geci en vue des pertes de pression et de température entre chaudières et la turbine à vapeur.
- L’installation de chaudières a été prévue de manière qu’elle travaille en marche normale avec le meilleur rendement.
- Le capital nécessaire il cette installation se chiffre : Partie maçonnerie, etc. : bâtiment pour
- chaudières, turbo-alternateur; maçon-
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- nerie pour les chaudières et leurs fondations,ainsi que le canal de fumée; maçonnerie pour la salle de machines cl le tableau de distribution, fondations pour les machines ; pont roulant, cheminée............................... Fr. ioo ooo
- Chaudières, etc. : les chaudières complètes avec leurs surchauffeurs, garnitures et grilles mécaniques. Les tuyauteries dans la salle des chaudières avec les pompes alimentaires et l’épurateur
- d’eau............................. Fr.
- Tuyauterie dans la salle des machines et . pour la turbine à vapeur : comme conduites maîtresses de vapeur .avec séparateur d’eau, conduites d’échappement à l’air libre, conduites d’injection, conduites de pression pour la pompe centrifuge, conduites de trop-plein, conduites de haute et de basse pression pour l’eau condensée, conduites d’eau de refroidissement pour l’huile, matériel étanche, de
- suspension et isolement........... Fr. io ooo
- Turbo-alternateur : avec les accessoires et condenseur à mélange et à contre-courant.................................... 69 ooo
- Tableau de-distribution : pour une génératrice et une ligne de départ. ... Fr. 7 ooo Connexions électriques entre, génératrice
- et tableau........................ Fr.
- Tous les prix indiqués s’entendent y compris l’emballage, le transport à wagon, chemin de fer et montage sur place.
- Dépenses diverses pour charriage et imprévu. . . .............................
- Somme totale du capital............ 260 ooo
- Nulle somme n’a été prévue pour l’achat du terrain nécessaire à l’érection de cette centrale, vu que dans le cas présent la centrale peut être placée sur un terrain appartenant déjà à l’usine.
- Les chiffres de garantie pour cette installation et pour autant qu’ils entrent en ligne de compte pour le calcul des frais d’exploitation sont les suivants :
- 1) Chaudières’.
- Rendement pour marche moyenne = 70 % Rendement pour marche forcée (*) = 70 %
- 700
- 800
- I1) Ces rendements s’entendent pour marche des chaudières avec grille mécanique et à supposer que le charbon employé ait une puissance calorifique de min. 7 800 calories.
- 2) Turbo-alternateur :
- Consommation de vapeur. — En admettant que la turbine à vapeur travaille avec condensation à contre-courant et avec de la vapeur ayant une pression de 12 atrn. abs. et une surchauffe de 3oo° C mesurée à sa valve d’admission et que la température de l’eau de refroidissement ne dépasse io° C., les consommations de vapeur par kilowatt-heure eff., mesurées aux bornes de l’alternateur, y compris l’excitation, mais sans la condensation, sont les suivantes :
- 4/4 charge = 750 kw = 7,1 kg 3/4 » = 562,5» = 7,5 »
- 1/2 ». = 375 » = 8,2 »
- avide o » = 800 » par heure de marche. Quantité de vapeur correspondante à l’énergie nécessaire pour la commande du condenseur par heure de marche = 2,7 % de la consommation de vapeur de la turbine sous pleine charge. Consommation d’huile de graissage
- par heure de marche.............. 120 grammes
- Prix — Charbon ayant une puissance calorifique de 7 800 calories rendue franco lieu
- d’emploi (centrale) par tonne............ 35
- L’huile de graissage également rendu franco
- (centrale) par 100 kg............... Fr. 60
- Ces données permettent maintenant d’évaluer les les frais d’exploitation annuels.
- i ° Dépenses fixes.
- Intérêt du capital d’apport 260000 fr.
- à 4,5 %....................... Fr.
- Amortissements et entretien :
- Constructions. ... à 1 % % j 5 00
- Chaudières ù 10 y> 6 700
- Tuyauterie à 3 » 3oo
- Turbo-alternateur à 7 K » 5 175
- Tableau à 7 % )> 525
- Connexions ..... à 7 % » 52,5o
- Dépenses diver-
- ses à 7 % » 435
- Administration et matériel d’administration .................................
- Personnel. — Comme il s’agit également dans le cas présent d’une station auxiliaire, on calcule seulement la somme totale dépensée pour les salaires des surveillants des chaudières : 2 chauffeurs ......................... Fr. 2 400
- Pour la surveillance des machines, du moment que cette, station fait partie
- n 700,00
- 14 737,50
- i 562,5o
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- d’une cëntrale entière,on calcule seulement la partie des salaires qui lui incombe, mettons........... Fr. i ioo
- Ensemble................... . 3 5oo
- Imprévu et divers..................... 5oo
- Total.................. Fr. 32 ooo
- i° Dépenses variables.
- Consommation de vapeur. — Conformément au diagramme (fig. ii), le turbo-alternateur a les consommations de vapeur suivantes :
- Pour la production de la force utile par kilowattheure 5kg,95.
- Pour les pertes, etc., par heure de marche :oks,85o. Suivant ce qui a été dit plus haut relativement à
- 12 atm. abs. et surchauffée à 3oo° C ayant une puissance calorifique de 730 cali/kilogramme d’après le diagramme de Mollier.
- Admettons que les chaudières travaillent en marche normale et continuent avec un rendement de 70 % ; que le charbon employé ait une puissance calorifique de 7 800 cal./kilogramme et qu’il coûtera 35 francs par tonne, le kilogramme de vapeur produit par les chaudières coûtera o fr. oo5.
- Les frais s’élèveront donc :
- Pour la production de la force utile à.... 3e,31
- Pour les pertes, etc....... . ............ 472^05
- Ces frais s’entendent sans les pertes occasionnées par l’allumage des chaudières et parlanécessité de les
- eooo P___/ 2
- Courbe de conson \metion de vapet ir
- ,Ligna deconsommetion totale de vapeur en Kg. par heure démarcha
- en Kg/KW heure
- Consommation spécifique de vapeur pour ta production de force utile par Kvy. heure
- = 5,95 Kg.
- Consommation de vapeur pou ries perles =850Kg/i
- 350 Kg. Consomn a tien à vide
- dapr ss garanties
- 75o fov.
- ces dhux chiffres de consommation de vapeur, il faut ajouter les valeurs suivantes et pour calculer les frais, les transformer en valeur espèces.
- Valeurs supplémentaires :
- Pour la marche de la condensation. . . 2,5 %
- Pour les pompes alimentaires........ 2,7 »
- Pour les pertes dans les tuyauteries.. 6 »
- Total des valeurs supplémentaires.. . 11,2 »
- Donc la production de vapeur par les chaudières sc monte à :
- Pour la production de la force utile par kilowattheure, 5,95 —)— 11,2 % == 6kB,62.
- Pour les pertes, etc., par heure . de. marche , 85o4- n,2 % -r= 945 kilogrammes.
- Dans le cas présent, il s’agit de la vapeur de
- tenir sous pression en cas de repos de l'installation.
- Calcul des pertes pour l'allumage et pour le maintien sous pression. Supposons que l’installation normalement soit appelée à couvrir seulement les pointes de charge dans le réseau pendant deux cents jours de l’année, et chaque jour pendant quatre heures.
- En moyenne, elle devra débiter 700 kw, ce qui demandera journellement une consommation de vapeur de 20 000 kg. et une dépense totale de charbon annuelle y compris les pertes supplémentaires............................. 20 85o kg.
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- Une fois par année il faut complètement allumer les chaudières froides, charbon nécessaire par chaudière :
- 5oo kilogrammes................,. i ooo kg.
- Maintien des chaudières sous pression, allumage et entretien des feux, par chaudière 2ookB et par année pendant
- deux cents jours. ................. 8o ooo kg.
- Charbon nécessaire en total par an... 8i tonnes, et total des dépenses pour l’allumage, etc........................ Fr. a 83o
- En pourcent des dépenses de charbon pour la production directe de vapeur par année.......................... i3,5 %
- lendemain, donc pendant un arrêt d& vingt heures, de i3 atmosphères à environ 5 à 6 atmosphères. Pour rallumer les chaudières et les mettre en état de service normal, la dépense de charbon sera alors moins grande que pour un allumage de chaudières froides.
- Il sera donc nécessaire d'augmenter les frais calculés pour la production de la force utile par kilowatt-heure de 20-10 % , c’est-à-dire à o fr. (>397-o fr. o364 et pour les pertes, etc., par heure de marche également de 20-10 % , c’esi-àdire à o fr. 567-o fr. 51970 et ceci suivant le débit annuel plus ou moins grand de l’installation.
- Graissage. — Pour une consommation de iaoBr
- 'S.—per heure, de,
- n-ooo
- 3000
- fS-pnUL
- d'exploitation r^s. düüuu. -,
- Dépenses r/xe
- Quantités d'énergie produites annuellement en milliers de KW_. heures
- Eu tenant compte que pins la machine travaillera par année, plus les dépenses diminueront, admettons 20-10 % .
- Les.chiffres'pour le maintien sous pression sont basés sur les suppositions suivantes :
- Au moment d’arrêt de l’installation, les chaudières sont sous pression et sous surchauffe normale et sont complètement remplies.
- Après l’arrêt, on ôtera les feux et on fermera les chaudières complètement, pour diminuer le plus possible les pertes de chaleur par radiation et refroidissement.
- Dans ces conditions, la pression tombera jusqu’au
- par heure de marche les dépenses pour l’huile dégraissage s’élèveront par heure de marche àofr. 072.
- Les frais d’exploitation Variables se chiffrent donc :
- Pour la fourniture de force utile par kilowattheure à o fr. o'397-o fr. o364.
- Pour les pertes propres, etc. et pour la consommation d’huile de graissage :
- Pertes, etc............. 567 519,75
- Huile à graisser........ 7,2 7,2
- Total............. 574,2 526,92
- et en moyenne 5 fr. 5o par heure de marche.
- Avec ces données on peut établir le diagramme de frais d’exploitation voir figure 12.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — En outre de la commande de 5o locomotives aux usines allemandes dont nous avons parlé dans notre numéro du 20 août, la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. a commandé :
- 70 voitpres de 3e classe, à la Société Franco-Belge, à Raismes (Nord), et à la maison Carel, au Mans.
- 3o voitures de 2e classe, aux Ateliers Métallurgiques de Nivelles (Belgique).
- 100 fourgons à bagages, à la Société Lorraine Dietrich, à Lunéville, et aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron (Nord).
- 200 wagons à primeurs aux Ateliers du Nord de la France et à la Société Baume-Marpent, à Marpent (Nord).
- 2 700 wagons couverts, à 10 constructeurs français et 2 belges.
- 45 aux Anciens Etablissements Cail, à Denain;
- 20 à la Société de Fives-Lille.
- La Compagnie des Chemins de fer de l’Est vient de commander aux Etablissements Schneider (Creusot) 20 locomotives compound à boggie avant et munies de surchauffeurs Schmidt.
- Seine. — Par décret du 19 août 1910 est constitué dans le département de la Seine un réseau de tramways dit réseau départemental Sud.
- Loire-Inférieure. — Par décret du 19 juillet 1910 est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département de la Loire-Inférieure, d’une ligne de tramways de Longehamps au pont de Cens de Nantes.
- Drôme. — La Commission intercommunale du tramway électrique de Yalence à Saint-Péray, instituée par les Conseils municipaux de Yalence et de Vernoux, dans sa dernière réunion, a pris communication du dossier établi par l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la Drôme et contenant avec les plans des traversées de Valence et de Saint-Péray, l’exposé des conditions concertées entre les Conseils généraux de la Drôme et de l’Ardèche pour la concession à donner de ce tramway.
- Après avoir apporté au projet une légère modification
- en ce qui touche le point terminus de la ligne sur Valence, la Commission a décidé de prier les préfets de la Drôme et de l’Ardèche de provoquer d’urgence les propositions des demandeurs en concession et de fixer comme dernier délai de dépôt de ces propositions le lundi 19 septembre prochain, à 9 h. du matin.
- La Commission a, en outre, éôais le vœu que la Çom mission interdépartementale instituée par les Conseils généraux de la Drôme et de l’Ardèche se réunisse à Valence, le mardi 20 septembre, avec la Commission intercommunale.
- Le dossier de ce projet est déposé à la préfecture de la Drôme plour être communiqué à toutes personnes ou sociétés qui désireraient faire des propositions en vue de cette concession.
- Authiohe-Hongrie. — Le Conseil municipal de Kecskemet a été autorisé à contracter un emprunt de 1 5oo 000 francs pour l’établissement d’un tramway électrique.
- Serbie. — L’administration des chemins de fer de l’Etat serbe va procéder prochainement à l’adjudication de la fourniture de locomotives, de 5o voitures à voyageurs et de 600 wagons à marchandises.
- ÉCLAIRAGE
- Paris.— O11 se rappelle que la Compagnie Parisienne de Disfribution d Électricité formée de l’Uniondes Secteurs et du groupe Sehneider-Mildé, devait construire deux nouvelles usines, l’une au nord et l’autre au sud de Paris,
- La construction de ces usines, qui vont être installées l’une à Sàint-Ouen et l’autre à Issy-les-Moulineaux, ne tardera pas à être commencée. Déjà la Compagnie Parisienne a commandé une partie du matériel électrique et notamment les groupes électrogènes qui sont au^nombre de 10 : 3 pour l’usine sud et 7 pour l’usine nord.
- Ces groupes sont composés chacun d’une turbine à vapeur fonctionnant sur un condensateur à surface, accouplée directement à un alternateur biphasé de 10000 kw. 12 3oo volts, 1 25o tours, 41 2/3 périodes et à deux génératrices à courant continu, 220 volts, montées sur le même arbre et fournissant l’une, l’excitation de l’alter-
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- nateur, l’autre l’énergie nécessaire aux deux moteurs du 1 condenseur.
- Chaque turbo-groupe est susceptible de donner ta5ookw. pendant deux heures après une marche en charge normale et i5ooo kw. pendant une demi-heure succédant sans interruption à la surcharge précédente.
- Cinq de ces turbines sont du système Brown, Boveri-Parsons. Ce sont du reste les constantes de ces machines qui ont été imposées aux autres constructeurs et notamment la vitesse de i 25o tours.
- Ces cinq groupes avec turbines Brown, Boveri-Parsons ont été commandés : ,
- Trois aux Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est à Jeumont, qui ont repassé l’exécution des turbines et. des condenseurs à la Compagnie Electromécanique.
- Deux à la Compagnie de Fives-Lille, licenciée de cette dernière compagnie pour la^construction du matériel et des turbines à vapeur, système Brown, Boveri et Cle.
- La consommation de vapeur à i3ks)2om2 surchauffée à I 3oo° C. ne sera que de 3k®,7 par cheval effectif (environ 3,3 par cheval indiqué), l’eau de refroidissement étant à i5°.
- Le poids total de chaque turbo-groupe est d’environ 3o5 tonnes. La turbine seule pèse environ i3o tonnes, l’alternateur environ 70 tonnes et le condenseur à surface environ 61 tonnes.
- La longueur totale est de i7m,3oo dans laquelle la turbine entre pour g™, 100 et l’alternateur avec les deux génératrices en bout d’arbre pour 8m,200.
- Ainsi qu’on peut s’en rendre compte, cette commande est pour la turbine Brown, Boveri-Parsons, un succès d’autant plus éclatant que les différentes firmes qui construisent cette turbine n’avaient aucun intérêt pécuniaire dans l’alfaire.
- Nous croyons inutile de rappeler d’ailleurs que cette turbine a déjà fait ses preuves pour les groupes de forte puissance, puisqu’il existe déjà plus de 80 machines en marche ou en construction d’une puissance variant entre 10000 et 22600 HP. Parmi ces dernières, figure notamment le turbo-groupe de 11000 kw. destiné à l’Usine de la Société d’Electricité de Paris à Saint-Denis et dont nous avons parlé en son temps.
- Haute-Savoie. — La commune du Grand-Bornand va être prochainement éclairée à l’électricité. Le courant sera fourni par l’usine hydraulique de MM. Angeloz et Pessey qui ont résolu d’y adjoindre un groupe électrogène pour fournir la lumière et la force à la commune et aux particuliers.
- Hautes-Pyrénées. — Une enquête est ouverte à la mairie de Siradan sur le projet de concession de l’éclairage électrique de la commune, présenté par M. Montet-Fortis. .
- Haute-Saône. — Le maire de Lure a soumis à l’appro- 1
- bation du Conseil municipal le projet d’éclairage électrique émanant de la Société des Houillères de Ron-champ. La concession aurait une durée de trente ans.
- Pas-de-Calais. — Le préfet du Pas-de-Calais a ordonné une enquête au sujet du projet de concession d’éclairage électrique de Calais, dont nous avons parlé dans notre numéro du 20 août.
- Isère. — La Société Générale de Forces motrices (ancienne Société de la Romanche), qui fournit la lumière et la force motrice à la ville de Grenoble, a obtenu du Conseil municipal l’autorisation de substituer l’usine de Ponthaut à celle d’Olivet pour la fourniture du courant. Le traité passé porte une fourniture de 10 millions de kilowatts-heures.
- Marne. — Une enquête est ouverte à la mairie de Neuville-au-Pont concernant le projet d’installation de l’électricité déposé par M. Laidebeurre.
- Ardèche. — La municipalité de Tournon a pris en considération la demande de concession d’éclairage présentée par la Société Dauphinoise d’Electricité.
- Ain. — Le Conseil municipal de Seyssel a voté le projet d’éclairage électrique présenté par M. Rothodod.
- Turquie. — La Gazette de Francfort annonce que le Conseil d’Etat turc a accordé à la maison Ganz et Cie la concession de l’éclairage électrique de Constantinople. Un syndicat formé de la Société pour Entreprises électriques et commerciales et la Banque Générale Hongroise de crédit va être fondé pour assurer les travaux.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Angleterre. — D’après le Standard, 5'ii vaisseaux sont équipés de stations radiotélégraphiques : 176 appartiennent à l’Angleterre, 140 à la France et g3 à l’Allemagne; aucun autre pays n’en possédant plus de 27 (excepté les Etats-Unis dont le chiffre n’est pas connu). L’Angleterre possède n3 navires de commerce et l’Allemagne 67 avec des postes de télégraphie sans fil.
- Amérique. — Une station radiotélégraphique, système Poulsen, a été érigée à San-Francisco ; elle pourra communiquer avecles stations de Los-Angeles et dePortland.
- La Compagnie américaine Poulsen aurait l’intention d’établir 480 stations de télégraphie sans fil pour communiquer sur terre et sur mer.
- Portugal. — La Marconi Wireless Telegrapli C° a proposé au gouvernement portugais d’établir dans des conditions financières très favorables des stations radio-télégraphiques dans toutes les colonies du Portugal. Le gouvernement serait disposé à accepter ces propositions.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série]. — N>:36.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie générale d'électricité des Flandres. — Constituée le 29 juillet 1910. — Capital : 160 000 francs. — Siège social : Gand (Belgique).
- Société française d'éclairage, chauffage, force motrice par l'Electricité, M. Josselme, Monroc et Cie. — Capital : 1 5oo 000 francs. — Siège social : xo, rue d’HaUteville, Paris.
- Société Française de Tramways électriques et de chemins de fer. — Le 10 octobre, 47. boulevard Haussmann, à Paris.
- CONVOCATIONS D'ASSEMBLÉES
- Gaz et'Electricité de Bergerac. — Le i5 septembre, 43, rue Nicolo, à Paris.
- Société gazière et électrique de Viiieneuve-sur-Lot et Extensions. — Le i5 septembre, 43, rue Nicolo, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le il septembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de “fer vicinaux, 14, rue de la Science, à Bruxelles, fourniture des connexions électriques pour rails nécessaires pendant la période comprise entre le Ier octobre 1910 et le 3o septembre 1911. Soumissions recommandées le i3 septembre au plus tard.
- ITALIE
- Le 7 septembre, au chemin de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture d’un ventilateur centrifuge actionné par moteur électrique pour les ateliers de Turin; — le 14 septembre, fourniture d’une cisaille avec moteur électrique pour les mêmes ateliers ; — le 20 septembre.
- fourniture de deux machines pour les maîtresses feuilles des ressorts, 2 id. pour incurver les feuilles de ressorts pour les ateliers de Turin et de Rimini et d’une mortai-seuse et d’une scie à bois pour les ateliers de Florence (adjudications internationales).
- Le i3 septembre 1910, à la direction des chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture :
- i° 1 machine à laminer, mue par un moteur électrique, destinée aux ateliers de Rimini.
- 20 12 grues nécessaires aux ateliers de Turin.
- 3° 1 machine pour la fabrication des ressorts et 1 machine à étirer le fer, nécessaires aux ateliers de Turin.
- Le 17 septembre, au ministère de la Marine, à Rome, et à la direction générale de l’arsenal de Spezia, fourniture de câbles métalliques, 200 000 lires; caut. ; 20 000 lires.
- ALLEMAGNE
- Le 5 septembre, à la députation des Finances, à Hambourg, fourniture et montage de 3 ascenseurs actionnés électriquement.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à M.-Gladbach, établissement d’un tramway électrique de Gladbach vers Neuweck.
- PAYS-BAS
- Le 8 septembre, à la direction de la Marine, à Amsterdam, fourniture de câbles en acier et articles d’éclairage.
- AUSTRALIE
- Le i3 septembre, à M. le deputy postmaster general, à Melbourne, fourniture de 7 610 appareils téléphoniques de mur et 900 id. de table; — le 4 octobre, fourniture de divers objets pour l’administration des téléphones et des télégraphes.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l'année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans ïa rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en èhef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PtBIS. — IHFKIMERIE levé, rue cassette, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 10 SEPTEMBRE 1910.
- Trente-deuxième année.
- Tome XI (9e série).
- N* 37^
- La
- Lumière Électrique
- / /*
- P'r écédemment *,y/
- L'Éclairage Électrique f81
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ ^
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 32i. — F. Punga et A. Nicolaï. Quelques remarques sur la marche en parallèle des machines à courant continu, p. 323. — C.-F. Guilbert. Enroulement des stators des machines à grande vitesse à courants alternatifs, p. 33o.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur l’apparition de certaines anomalies diélectriques par changement d’état du milieu isolant, L. MALCLi:s,p. 334-— Arcs et lampes électriques et pkotométrie. Procédé simplifié pour le triage des lampes à incandescence, K. Keil, p. 335. — Transmission et distribution. Le « facteur de diversité » dans les distributions d’énergie électrique,B. Gear, p. 336. — Traction. Résultats obtenus avec une voiture de tramways à batterie d’accumulateurs Edison, p. 338. — Usines génératrices. Méthode de calcul des turbines à vapeur, p. 338. — Turbines à vapeur pour service intermittent à vapeur sèche, p. 339. — Usine hydro-clectrique de Grand-Falls, p. 33g. — La dépréciation du matériel des installa-lations, O’Meara, p. 33g. — Applications mécaniques. Le rendement économique de la commande électrique des laminoirs, W. Schomberg, p. 34o. — La commande électrique des laminoirs au Congrès international de Dusseldorf, p. 34i. — Télégraphie etTéléphonie sans fil. Puissance rayonnée par une antenne, Barreca, p. 342. — Brevets (liste), p. 342. — Bibliographie, p. 346. — Chronique industrielle et financière. Chronique financière, p. 348. —Renseignements commerciaux, p. 35o.— Adjudications, p. 352.
- ÉDIT OUIAl
- On a beaucoup écrit sur la marche en parallèle des alternateurs, beaucoup moins sur la marche en parallèle des machines à courant continu. Ce deuxième problème est, en effet, infiniment plus simple que l’autre, mais on se convaincra, en lisant l’étude que lui consacrent MM. F. Punga et A. Nicolaï, qu’il ne l’est pas tout de même autant qu’on le croit d’ordinaire.
- Tant qu’il ne s’agit que des machines shunt, une étude élémentaire des caractéristiques fournit aisément la solution. Mais si l’on a affaire à des machines compound ou hyper-
- compound, il en va tout autrement : ici, en effet, l’instabilité de marche, qui est essentielle, introduit un facteur dont il est très délicat de tenir compte; on sait qu’on a recours alors au fil compensateur; or, dans certains cas, la résistance de ce fil, généralement négligeable, exerce une influence réelle : c’est cette influence qu’étudient les auteurs de ce travail ; ils font immédiatement l’application des résultats obtenus à un exemple pratique.
- L’introduction de la commande par tur-
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- bines des alternateurs, exigeant des vitesses périphériques très élevées, a eu une répercussion même sur le mode d’enroulement qui convient au stator des machines actionnées : la tension par spires se trouvant augmentée dans la proportion du simple au double, il a fallu prévoir des dispositifs spéciaux d’isolation.
- En étudiant, à ce point de vue, d’après des renseignements publiés par M. Büehi, les enroulements des stators des machines à grande vitesse à courants alternatifs,M.. C.-F. Guilbert énumère les conditions qu’ils doivent remplir ; il semble qu’on n’y puisse satisfaire qu’en recourant à l’emploi d’un vernis possédant des propriétés très particulières.
- Le triage des lampes à incandescence nécessite l’emploi de règles simples : M. Keil propose de faire usage, dans ce but, des relations approximatives entre les intensités lumineuses, les tensions et les consommations. Il a cherché, pour différents types de lampes, la valeur des constantes qui entrent dans ceS relations.
- Il n’y a guère plus d’un an que le terme « facteur de diversité » a été introduit dans la technique des distributions d!énergie électrique, et déjà son étude méthodique a rendu les plus grands services à bien des exploitants.
- M. Gear vient de consacrer à cette notion importante une remarquable étude qui a été accueillie avec une grande attention par les techniciens américains. Le facteur de diversité dans les distributions d’énergie électrique est le nombre qui exprime comment le maximum de charge observé sur un feeder général d’alimentation correspond aux différents maxima partiels relatifs aux installa-
- tions branchées. sur ce feeder. Au point de vue pratique, il était fort intéressant de montrer, comme l’a fait l’auteur, que l’on peut établir empiriquement un barême donnant la valeur de ce facteur de diversité pour les différents genres de distribution : éclairage, force, etc., et en déduire des règles économiques concernant les frais de premier établissement.
- La fabrication des accumulateurs tarde beaucoup à se renouveler sur des principes vraiment inédits. On en est toujours aux perfectionnements de détail. Ceux qu’Edlison a apportés récemment à son accumulateur de traction ont retenu l’attention générale. Aujourd’hui les résultats d’exploitation qu’on annonce lui paraissent très favorables.
- Les méthodes de calcul des machines à vapeur ont fait de grands progrès depuis les travaux fondamentaux de M. Rateau. D’intéressantes vérifications de ces méthodes viennent d’être faites en Allemagne ; l’accord du calcul et de l’expérience est très satisfaisant.
- On ne peut espérer que les chiffres si précis donnés par M. Schomberg cloront définitivement toute discussion sur le rendement économique de la commande électrique des laminoirs ; du moins ces chiffres constitueront-ils l’un des éléments les plus sérieux des discussions à venir. L’auteur fixe aux environs de 6 centimes le prix maximum que doit atteindre le kilowatt-heure pour que l’énergie électrique soit plus économique que la vapeur.
- L’emploi du système Léonard dans la commande électrique des raboteuses a donné, à Zurich, d’excellents résultats par sa souplesse et sa docilité de fonctionnement.
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- QUELQUES REMARQUES SUR LA MARCHE EN PARALLÈLE DES MACHINES A COURANT CONTINU
- Comparée avec la marche en parallèle des alternateurs, celle des machines à courant continu paraît généralement trop simple pour attirer l’attention de l’ingénieur.
- Il y a pourtant des cas spéciaux qui présentent en pratique quelques difficultés. Nous citerons, entre autres, le cas de génératrices compound ou hypercompound, situées à une certaine distance les unes des autres, qui doivent fonctionner en parallèle et sur lesquelles la charge doit se répartir d’une façon déterminée.
- I. —Marche en parallèle des machines shunt.
- Prenons les ampères comme abscisses et les volts comme ordonnées. Les courbes H, et IL (fig. i) représenteront les caractéristiques externes de deux machines à courant continu, auto-excitatrices, pour une position donnée du régulateur.
- Fig. i.
- Si ces génératrices ti’availlent en parallèle sur le môme réseau, leur voltage sera le même. Des points au même voltage correspondent donc à des charges déterminées. Si B, B3 est parallèle à l’axe des abscisses et si
- OB représente le voltage du réseau, la charge delà machine i est OA, et celle de la machine 2, O A,.
- En faisant OÂ=OA, -j-OA2 et AB = A,B,, et en traçant la courbe correspondante, on obtient la caractéristique externe combinée H des deux machines.
- Si les génératrices dont on s’occupe sont attaquées par des machines à vapeur ou des moteurs à gaz, dont la vitesse varie avec la charge, il faudra tenir compte de cette variation dans le tracé des caractéristiques H, IL,... Ce sont les caractéristiques des groupes complets qu’il faut faire intervenir dans la figure 1.
- Il est désirable que la répartition des charges sur les différents groupes d’une centrale se fasse proportionnellement à leur puissance, c’est-à-dire que l’on ait
- OA, : OA, : OA„ : ... : OA» = P, : P., :
- P3:... : P »,
- si l’on désigne par P,, P2, P3... Pn les puissances des n groupes.
- Fig. a. ......—
- La solution générale pour réaliser la con-
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- dition ci-dessus est que chaque groupe réponde à la caractéristique (fig. 2), dans laquelle les abscisses représentent les ampères en pour cent de la pleine charge, au lieu des ampères absolus. Autrement dit, il faut que la chute de tension entre la marche a vide et la marche en pleine charge, pour une position donnée du régulateur, soit approximativement la même pour chaque groupe.
- La répartition des charges indiquée sur la figure 1 est stable.
- On peut mieux se rendre compte de l’importance de cette propriété des machines shunt, si on les compare avec des machines eompoud et hypercompound.
- II. — Marche en parallèle des machines
- COMPOUND ET HYPERCOMPOUND.
- La figure 3 montre deux caractéristiques externes de machines hypercompound marchant en parallèle. On pourrait croire que la charge se distribue encore proportionnellement à OAj et OA2 pourvu que Aj B1 = A2 B2.
- Mais il y a une différence notable entre les figures 1 et 3. C’est que la marche en parallèle des machines shunt est stable tandis que celle des machines compound ou hypercompound représentée par la figure 3 est instable.
- Si l’une
- Fig. 3.
- Ampères
- des génératrices de la figure 1
- tombe en dehors de l’équilibre pour une cause quelconque, il se produit une certaine force — un certain courant de circulation — qui a une tendance à repousser les machines vers l’équilibre. Par exemple, si la machine 1 prenait une charge plus grande que OAj, il s’en suivrait une diminution du voltage du groupe I. Comme le groupe II est déchargé
- — la somme des courants restant constante
- — il s’ensuit aussi une augmentation de voltage pour le groupe II. Cette différence de voltage va produire un courant de circulation, dont l’effet sera de repousser les deux génératrices vers les points Bj et B2.
- Au contraire (fig. 3), si la machine 1, par exemple, sort de l’équilibre en prenant plus de charge, le courant de circulation qui prend naissance entre les deux machines est de sens tel qu’il vient affaiblir le champ de la génératrice 1, de sorte que les machines, au lieu d’être repoussées vers l’équilibre, tendront à s’en éloigner.
- Ce défaut de stabilité des génératrices compound et hypercompound a suggéré l’emploi d’un dispositif spécial pour la marche en parallèle de telles machines.
- Il est possible qu’on ait été amené à l’emploi du fil de compensation par la réflexion suivante :
- Pour changer les machines shunt en machine compound, sans altérer la stabilité de leur marche en parallèle, on pourrait employer sur chaque machine un enroulement série qui serait traversé par le courant du réseau.
- Comme les ampères-tours produits par un tel enroulement ne dépendent pas de la répartition du courant sur les machines, cette répartition ne peut nullement altérer leur stabilité et la marche en parallèle se fera aussi bien que celle des machines shunt.
- Le seul inconvénient d’un tel arrangement serait la nécessité de changer l’importance de l’enroulement série de chaque machine, si le nombre des machines travaillant en parallèle varie.
- L’emploi du fil de compensation conduit
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- au môme résultat que la disposition décrite ci-dessus en ce qui concerne la stabilité, pourvu que la résistance de ce fil soit négligeable, et de plus il est exempt de l’inconvénient que nous venons de signaler.
- Considérons deux génératrices (fig. 4)> 1 et II. Si la résistance du fil d’équilibre est infiniment petite, les points Cj etC2 doivent se trouver au même potentiel. La distribution des courants dans les électros compound Cj Dj et C2 D, n’est pas influencée par la distribution de la charge sur les armatures I et IL mais purement par les résistances Cj Dj, C2 D2 et Dj D2.
- Fig. 4.
- Pratiquement, il suffit que la résistance de la barre de compensation CjC2 soit négligeable vis-à-vis des résistances des séries CjDj et C2D2.
- Mais il peut se présenter des cas où cette condition n’est réalisable que par l’emploi de sections considérables, conduisant à des prix élevés. Nous pensons que dans ce cas l’influence de la résistance du fil de compensation sur la stabilité peut présenter quelque intérêt pratique.
- Nous avons vu que le courant de circulation, créé par une altération dans l’équilibre, a pour effet de repousser les machines shunt dans l’état d’équilibre (fig. i), et au contraire d’en éloigner les machines compound (fig. 2). Pour avoir une estimation sur la stabilité ou l’instabilité de la marche en parallèle, nous appellerons « résistance critique » la résis-
- tance du fil de compensation pour laquelle le courant, circulant entre les machines, produit autant de volts par l’effet magnétique des enroulements compound qu’il en a besoin pour traverser le circuit ohmique, ou, en d’autres termes, c’est la résistance pour laquelle un voltage zéro produit un courant de circulation quelconque. Soit i\ la somme des résistances CjDj, D4D2 et D2C2, et /2 la résistance du fil de compensation C,C2. Appelons q le
- quotient —r— • Si le courant de circulation
- I '-i + '2
- atteint une valeur Ie, la partie qIc de ce courant suivra le chemin C2D2, DjCj, en supposant qu’il prenne naissance dans le groupe II. L’autre partie (1 — q) Ic passera par le fil de compensation.
- Une chute de voltage e, + e2 est nécessaire pour que ce courant I0 puisse traverser les deux armatures II et I.
- De plus, il y a une chute de tension produite par le passage du courant Ic à travers les résistances combinées rl et /2, ou bien /•, tandis que d’autre part le courant qlc, en passant par le compoundage des deux machines, produit q (e -f- e") volts dans le circuit fermé
- II CaCjL
- Le voltage total produit par le courant de circulation est donc :
- (ei + eî) — le r + Q (e> + e")
- Pour qu’il n’y ait tendance, ni à rapprocher ni à éloigner les machines de l’équilibre, il faut que ce voltage soit nul.
- La résistance critique-est donc définie par l’équation
- q (e1 + e") — (e, -f- e2) — Lr = o- (a)
- La valeur de la résistance du fil de compensation trouvée par cette formule ne sert que comme indication au constructeur. Pour le bon fonctionnement de la centrale, il faut s’éloigner de cette valeur: il faut choisir une résistance plus faible, pour autant que ce soit compatible avec le prix de la barre de compensation. Il existe néanmoins des cas où une augmentation de la section de la barre, au-
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- :ï26
- dessus d’une certaine valeur, amène d’autres difficultés.
- Nous avons vu (fig. 4) que pour une résistance négligeable entre CjG, le courant du réseau se répartit entré les deux chemins C1D1 et D2C2, proportionnellement à leur conductibilité. Comme nous désirons que le courant dans CiDî soit proportionnel à celui de l'armature, les deux résistances C,D, et C2D2 doivent être choisies telles que, pour le plein courant dans les deux armatures, les courants dans les enroulements-série soient les mêmes que dans les armatures correspondantes — c’est-à-dire la chute de tension en CjDj traversée par le courant de pleine charge de la machine I doit être la même que la chute de tension en C2D2 traversée par le courant de pleine charge de l’armature II.
- Ce qui vient d’être dit pour deux machines est vrai pour toutes les machines d’une centrale et nous obtenons ainsi la condition générale :
- La chute de tension dans les enroulements série de toutes les machines d'une centrale doit être la pleine charge de chaque machine.
- Si cette chute de tension dans des machines destinées à marcher en parallèle n’est pas la même, il faut, ou ajouter des résistances en série avec les enroulements compound — ce qui est le remède le plus efficace — ou augmenter la résistance du fil de compensation, sans néanmoins s’approcher trop de la valeur critique.
- * ¥
- En résumé, pour avoir une marche en parallèle idéale de machines compound ou hypercompound, les conditions à réaliser sont les suivantes :
- i° Chaque machine doit répondre à la même caractéristique, tracée en prenant les volts comme ordonnées et les courants, en pourcentage de la pleine charge, comme abscisses;
- 2° La chute de tension produite dans les bobines d’excitation série par le passage du
- courant de pleine charge de chaque machine doit être la même ;
- 3° La résistance de la barre d’équilibre doit être aussi petite que possible en s’écartant, autant que le prix le permet, de la valeur trouvée par l'équation a.
- ¥ ¥
- Pour terminer, nous donnerons une application des résultats qu’on vient de lire.
- Nous prendrons comme exemple deux machines hypercompound de i ooo kw., 5oo volts à vide, 6oo volts en pleine charge, tournant à la vitesse de ioo tours par minute. Elles sont placées à 35om l’une de l’autre, le point de départ du courant vers le circuit extérieur se trouvant au milieu des deux machines, on cherche la valeur de la résistance critique du fil de compensation.
- Les barres 2îrincipales, joignant chaque machine au tableau, sont calculées pour une chute de tension de 8 volts chacune, pour le plein courant, soit i 670 ampères^ Les chutes de tensions dans les différentes parties des génératrices traversées par le courant de pleine charge sont, pour chacune des machines :
- Pour l’armature et les balais, i5 volts;
- Pour l’enroulement série, 4 volts.
- La chute de tension produite par les spires de l’induit traversées par le courant de pleine charge est évaluée à 4« volts L’enroulement série produit une augmentation de tension de 110 volts.
- Nous choisissons arbitrairement lin courant de circulation de 167 ampères (10 % du courant de pleine charge). La chute de tension produite par ce courant dans le circuit QBG.^ comprend :
- 1) i,5 volt pour chaque armature et jeu de balais ;
- 2) 0,8 volt dans la barre B ;
- 3) 4 volts pour la réaction d’induit de chaque armature. Donc en tout ii,8 volts.
- La chute de tension pour un courant de 167 ampères traversant le chemin GjDijADjC,
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- est 1,6 volt, mais comme il n’y a qu’une partie du courant q 167 ampères, qui traverse ce chemin,la chute de tension complète sera :
- [11,8 7167] volts,
- q est le rapport à déterminer.
- Le même courant q 167 ampères produit une augmentation de voltage par son effet
- Fig. 5.
- magnétique sur les deux armatures tournantes, de
- [q X 2 X 11) volts.
- Pour déterminer 7, nous avons l’équation :
- 11,8 -J- q 1,6 — q ‘i2 —o. D’où nous tirons :
- y
- 11,8
- ao,/|
- = o,58.
- Le courant suivant le chemin C2D2A, DjCj sera donc 97 ampères, et celui qui traverse le fil de compensation sera 70 ampères. La chute de tension q 1,6 = o,q3 volt, et la valeur critique de la résistance du fil d’équilibre est :
- <>,93
- 70
- o,oi33,
- car lcr — [q — 1) L i\,
- en prenant les notations de tout à l’heure. Les sections sont alors :
- Pour les barres principales = 1 3ao millimètres carrés.
- Fig. G.
- Pour la barre de compensation, pour la valeur critique, = 470 millimètres carrés.
- Voilà un cas dans lequel le prix de la barre d’équilibre entre bien en ligne de compte. Il faut s’éloigner le plus possible de cette valeur de 470"1"12, mais il serait trop onéreux de choisir une section huit ou dix fois plus grande. Pratiquement, si nous prenons la section de la barre d’équilibre égale à trois à quatre fois la valeur critique (c’est-à-dire environ 1 4°omm à 1 8oom,u2), nous nous trouverons encore dans de bonnes conditions.
- Cette augmentation, dans le rapport de 1 à 3 ou 4) se justifie pour plusieurs raisons. D’abord par la sécurité qui doit entrer dans tout calcul, comme elle entre dans le calcul mécanique d’une machine, et cela dans un rapport supérieur; ensuite par l’approximation avec laquelle le calcul de la résistance critique a été conduit. Il est clair que la marche en parallèle doit être stable pour
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- tout état de charge. Or, il est bien connu que l’effet de l’enroulement série pour la faible charge est plus important que la moyenne de cet effet entre la marche à vide et la pleine charge. Enfin, si on se rapproche trop de la résistance critique, la marche peut donner lieu à des phénomènes de pompage.
- Nous avons considéré jusqu’à présent la marche en parallèle des machines ayant une caractéristique à peu près semblable. Nous avons vu que l’idéal d'une telle centrale est la répartition de la charge sur les diverses unités proportionnellement à leur puissance pour toutes les charges de la centrale. Il y a néanmoins des exceptions, et il peut se présenter des cas où on désire que la répartition de la charge sur les différentes unités ne suive point la loi de proportionnalité. Pour citer un cas : une centrale, avec moteur à gaz de hauts-fourneaux, doit marcher en parallèle avec une centrale à turbines ou machines à vapeur. L’idéale d’une telle marche en parallèle serait que les groupes actionnés par des moteurs à gaz marchent tout le temps à leur pleine charge, et que seule la différence entre la charge totale du réseau et la puissance totale des divers groupes à gaz soit prise par la centrale à vapeur; le but d’une telle combinaison est en effet le minimum de consommation de charbon.
- Plusieurs solutions se présentent :
- L’une, qui n’est qu’approximative, serait l’emploi de dynamos shunt avec des chutes de tension différentes : les génératrices actionnées par des moteurs à gaz auront une caractéristique plongeante, tandis que celles qui sont actionnées par des turbines ou par des machines à vapeur n’auront qu’une chute de tension très faible. Cependant il est difficile de construire des dynamos avec une chute de tension très grande ou très petite sans sacrifier quelques-unes de leurs qualités essentielles. Une machine munie de pôles auxiliaires est tout indiquée pour une faible chute de tension, mais une dynamo, ni avec pôles auxiliaires, ni sans pôles auxiliaires ne
- peut convenir en général à une génératrice offrant une caractéristique plongeante. Aussi, peut-on voir beaucoup de ces machines à caractéristique plongeante dont la commutation ne serait plus considérée comme acceptable aujourd’hui.
- Nous supposons les génératrices des groupes à gaz sans pôles auxiliaires et avec 20 % de chute de tension, tandis que les dynamos des groupes à vapeur, avec pôles auxiliaires, n’ont que 6 % de chute de tension. Si l’on choisissait une valeur encore plus petite, cela mettrait en danger la marche en parallèle des groupes à vapeur entre eux. Les chutes de tension des groupes complets sont, par exemple, de 23 %, abaissement de la vitesse comprise, pour le groupe à gaz, et de 7,5 % pour le groupe à turbine. La marche en parallèle se fera à peu près d’après la figure 6 qui est tracée en prenant comme abscisses les charges totales du réseau en pour cent de la pleine charge, et comme ordonnées, les charges de chaque espèce de groupes-unités à gaz et unités à vapeur en pour cent de la pleine charge.
- On sait que la charge des moteurs à gaz ne reste pas complètement constante, mais cette approximation peut être considérée comme pratiquement suffisante dans presque tous les cas.
- Il existe une autre solution qui donne un résultat meilleur.
- Les régulateurs des moteurs à gaz font varier la distribution du gaz sous l’influence de la vitesse. On peut arranger les régulateurs de telle façon que, jusqu’à une certaine vitesse, les moteurs à gaz donnent toujours la pleine charge indépendamment de là charge du réseau. Le reste de la charge doit être fourni nécessairement par les unités à vapeur. Prenons une unité à gaz de 1 000 kvv : nous arrangerons le régulateur de sorte qu’il entre en action à 107 tours, par exemple. Pendant la marche normale, la vitesse variera entre 100 et 107 tours, sans que le régulateur fonctionne. La vitesse sera de 100 tours quand les unités à vapeur marcheront à
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- pleine charge et cette vitesse sera de 107 tours pour la marche à vide des unités à vapeur. Si la charge du réseau tombe en dessous de la pleine charge de toutes les unités à gaz, alors leur régulateur entrera en fonction.
- La variation de vitesse (entre 100 et 107 tours dans l’exemple choisi) produit encore un autre effet. L’énergie emmagasinée dans les volants des groupes à gaz est alternativement augmentée et diminuée et elle sert de cette façon à régulariser une partie des à-coups du réseau. ’
- Par exemple, les dynamos des groupes à gaz sont supposées tourner en pleine charge à leur vitesse maxima, les autres dynamos à vide. Si, à ce moment, un à-coup survient brusquement, cet à-coup va se répartir en partie sur les groupes à vapeur et en pai’tie sur les groupes à gaz. Ces derniers, qui étaient déjà en pleine charge, sont maintenant surchargés, et la vitesse va tomber graduellement jusqu’au moment où les groupes à gaz fonctionnant en pleine charge auront un voltage correspondant à une charge des autres dynamos égale à la différence entre la charge du réseau et la pleine charge des groupes à gaz. D’autre part, supposons toutes les dynamos en pleine charge et que la moitié de la charge soit brusquement enlevée. Cette variation de charge va être prise de nouveau par toutes les dynamos. Mais, vu l’augmentation de vitesse, les groupes à gaz vont graduellement reprendre leur pleine charge, et la charge des groupes à vapeur qui était diminuée d’abord brusquement à la moitié (si nous supposons que toutes les dynamos aient la même chute de tension) va diminuer graduellement au fur et à mesure que les dynamos des groupes à gaz reprennent leur pleine charge. On voit la nécessité de construire les dynamos des groupes à gaz pour des surcharges, quoique les moteurs à gaz travaillent toujours à pleine charge.
- Ce n’est pas seulement dans la marche en parallèle des groupes à gaz avec des groupes à vapeur que cette répartition spéciale peut présenter des avantages. La même chose se présente encore : dans des turbines utilisant des chutes d’eau sans réservoir suffisant et marchant en parallèle avec des groupes à vapeur dans une grande centrale; dans l’utilisation de la vapeur d’un blooming; enfin partout où la source d’énergie ne peut être emmagasinée d’une manière suffisante et où, par conséquent, il y a intérêt à utiliser cette source au mieux. On réduira ainsi au minimum la consommation de charbon ou de toute autre source d’énergie facile à emmagasiner.
- Par exemple, deux chutes d’eau, l’une avec un grand réservoir, l’autre avec un réservoir insuffisant, travaillent avantageusement d’après le système décrit. Ce dernier cas se présente très souvent, mais ici, nous rencontrons presque toujours du courant triphasé au lieu de courant continu. Mais la solution de rendre le régulateur inefficace pendant un certain régime de vitesse s’adapte aussi au courant triphasé.
- En général, en pratique, la solution du problème est bien plus aisée si la source d’énergie qui doit être utilisée en pleine charge et constamment est petite comparée avec la puissance totale de la centrale.
- Aussi est-il alors permis de faire la caractéristique du petit groupe complètement différente de celle des autres groupes. Par exemple, il est permis à une petite génératrice shunt de fournir du courant à une centrale, en parallèle avec des dynamos com-pound ou hypercompound. On arrange, dans ce cas, très avantageusement le régulateur du moteur d’une façon similaire à celle décrite plus haut.
- F. PüNGA ET A. NlCOLAÏ.
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- ENROULEMENT DES STATORS DES MACHINES A GRANDE VITESSE
- A COURANTS ALTERNATIFS
- Dans une importante étude sur les enroulements des stators des machines à grande vitesse, M. S. Büchi (*) met en évidence d’une façon très nette les conditions pour l’isolation de ces enroulements.
- L’emploi des turbines pour l’attaque des alternateurs, et la commande des pompes centrifuges par moteurs asynchrones, a donné un essor considérable à la construction des dynamos à grande vitesse linéaire, La puissance des unités augmente assez souvent .avec la vitesse, puisqu’on construit maintenant couramment des machines de 3 ooo chevaux à i 5oo tours par minute pour commande par turbines à vapeur de 4000 chevaux, à 5oo tours par minute pour turbines hydrauliques, et des moteurs de 5oo chevaux à i ooo et i 5oo tours par minute pour pompes centrifuges.
- Au point de vue mécanique, ces grandes vitesses sontdevenues possibles par l’emploi dans la construction des rotors de matériaux spéciaux dus aux progrès récents de la métallurgie ; naturellement, les fils des rotors doivent être fixés et consolidés d’une manière toute spéciale pour résister à la force centrifuge.
- Par suite de l’augmentation des vitesses et des puissances unitaires, la tension par unité de longueur des conducteurs, et la longueur de conducteurs par spire ont augmenté dans des proportions considérables, ce qui a eu pour effet de doubler la tension par spire.
- Pour se rendre compte de cette augmentation M. Büchi donne tout d’abord les chif-
- (*) Elektrotechnik uiid Maschinenbau, i4 novembre 1909.
- fres obtenus sur quelques machines ord1-nairès.
- Tableau I
- tfi 0 'bi S K ALTERNA" K VA L'EURS tours TENSION par unité de longueur des conducteurs dans le fer du stator, en volts TENSION par spire, en volts
- 1 /|0() 750 0,185 i3,7
- 2 5oo 600 0,14 i6,3
- 3 3ao(33 ~) 400 0,16 12,2
- 4 1 5oo 5oo 0,2 23,1
- 5 700 375 0,2 i5,5
- 6 800 315 0,16 12,4
- 7 i 5oo 230 «b19 21,2
- 8 725 213 0,14 10,5
- 9 I OOO 94 0,12 7.4
- La tension par spire est également la tension minirna possible entre deux conducteurs voisins dans la même encoche, et elle est la condition déterminante dans le choix du genre de construction.
- Les machines contenues dans le tableau ci-dessus ont, sans exception, des enroulements exécutés avec les matériaux et les moyens ordinaires universellement employés jusqu’à ce jour, c'est-à-dire soit bobinés à la main, soit en cadres sur gabarits. Les bobines sont entourées d’une gaine en mi-canite comprimée, et sont en outre recouvertes à la main ou par immersion dans un bain d’un vernis pour les protéger contre l’humidité.
- Les machines, avec ce genre d’isolation, ayant été exécutées par quantités innombrables, on peut en tirer la conclusion que cette isolation est appropriée aux valeurs indiquées dans le tabeau ci-dessus et suffit, par conséquent, lorsque qu’une tension par spire de ao à 2S volls n'est pas dépassée.
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- 10 Septembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 331
- Dans les machines à basse tension avec conducteurs à grosse section, la disposition des fils peut être celle représentée (fig. i), dont les machines à tension plus élevée, la tension entre deux conducteurs est encore la tension minimum si l’on emploie, comme l’indiquent les figures i et 3, une séparation isolante entre les differentes couches.
- 1
- Fig. i.
- î
- 90 OO 10.000 :o:oo:c :g:©.o:o ©:oo:c.
- Fig. a.
- Fig. 3.
- L’emploi de l’isolation supplémentaire de la figure 3 peut donner de bons résultats, mais dans une certaine mesure seulement, car non seulement une place importante est prise par cette isolation, mais encore cette isolation forme avec celle du conducteur une isolation composée qui peut conduire à une répartition inadmissible de la chute de tension totale et à la destruction de l’isolant. L’emploi de cette isolation ne va donc pas sans quelques soins supplémentaires.
- En tous cas si, dans des machines ainsi exécutées, des accidents se produisaient peu après leur mise en route, il n’en faudrait accuser que des défauts dans la fabrication, ou encore un séchage incomplet, d’ailleurs très difficile à obtenir complètement, du vernis mis sur le bobinage. Mais, pratique-
- Tableau II
- CA O (A 'W S P K PUISS chx iNCES tours TENSION par cm. tic longueur dans lo fer du stator TENSION par spire, on volts
- 40 4 ooo 3^5 0,24 47
- 11 3 ooo 5oo 0,29 36
- 12 I OOO 3 ooo 0,4
- 13 4 ooo i 5oo 0,52 85
- 14 IO ooo I OOO 0,4 95
- ment, les précautions indiquées suffisent pour ces machines.
- Voyons, maintenant, les données correspondantes pour quelques machines à très grande vitesse (Tableau II).
- On voit de suite que la tension par spire est un multiple important des précédentes et peut atteindre môme ioo volts.
- Il n’est plus possible, avec ces machines, d’éviter l’emploi de dispositions absolument spéciales, et les nombreuses machines exécutées et ayant fait leurs preuves montrent bien que leur étude doit être faite à un tout autre point de vue que pour les machines ordinaires. Nous allons étudier en détail, dans ce qui suit, les conditions à remplir par les bobinages de ces machines.
- î" Lorsque la tension par spii’e atteint une valeur aussi grande, il se produit des dé charges silencieuses entre conducteurs voisins. Ces décharges donnent lieu à une ozonisation avec production même d’acide azotique qui corrode l’isolation, oxyde le cuivre et forme ainsi entre les fils une couche conductrice à la place de la couche précédemment isolante.
- Cette ozonisation dépend, d’ailleurs, non seulement de la tension par spire, mais aussi de l’humidité de l’air, de la ventilation plus ou moins active, de l’emploi de vernis oxydants et enfin de la température plus ou moins élevée des enroulements.
- Fig. 4* — M, masse ; S, isolant (les bobines; Lu, intervalle d’air; Le, isolateur du conducteur; L, conducteur;
- De plus, la différence de potentiel entre l’enroulement et la masse, à cause des constantes diélectriques différentes des isolants, se répartira, par exemple, comme l’indique la figure 4? dans tous les endroits où un espace d'air se trouve entre l’isolant de l’en-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N» 37.
- coche et celui du fil. Un point de contact ne suffit pas, d’ailleurs, pour mettre l’isolant au potentiel du conducteur. La portion a de la tension totale produira encore des décharges silencieuses importantes à travers l'air et une ozonisation suivie de la destruction de l’isolement du fil.
- En dehors de la tension en marche normale, il y a lieu de considérer aussi les surtensions qui se produisent au moment de la mise brusque de la tension totale sur la machine. L’énorme variation de courant par unité de temps qui se produit à ce moment produit par spire une force électromotrice de self-induction très élevée, et telle que la tension totale s’applique alors tout entière
- Fig. 5.
- sur les premières spires. Ce choc répété, à chaque mise en route, arrive très vite à détruire les isolants entre spires. Pour l’adoucir, on emploie, depuis longtemps déjà, des résistances ohmiques ou des bobines de self-induction élevées qui, placées en série avec le moteur au moment de la fermeture du circuit, sont ensuite mises en court-circuit.
- Les premières spires devront donc être pourvues d’un supplément d’isolation.
- * *
- a0 Les efforts électromagnétiques sur les fils contribuent également à la destruction des isolants, mais dans un rapport moins important que ne l’indique M. Büehi.
- Pendant la marche normale, l’effort dû à la réaction du champ sur le courant qui passe dans le fil est bien en kgs :
- 9>Sl X u>0'
- Mais l’induction correspondante B, dans
- cette formule, est celle à l’endroit où se trouve le conducteur, c’est-à-dire à l’intérieur de l’encoche et non dans l’entrefer, suppose l’auteur de l’article.
- Fig. 6.
- En réalité, cette induction est au moins dix fois plus petite que dans l’entrefer, même avec une saturation importante des dents et de fuites magnétiques importantes dans l’encoche, les deux influences étant d’ailleurs en sens contraire.
- L’effort sera donc seulement par conducteur pour :
- (33 8oo, /=: no cm., I =r 3oo ampères,
- ce qui correspond à une machine de 4 ooo chevaux à i ooo tours par minute.
- Cet effort est répété ioo fois par seconde pour une fréquence de 5o périodes par seconde et se totalise toutefois pour tous les conducteurs voisins d’une même encoche et vient produire sur le dernier fil un effet renforcé.
- Les réactions mutuelles entre phases viennent encore augmenter cet effort, mais cela surtout lors de courts-circuits. Dans ce dernier cas une réaction énorme peut se produire entre deux phases, qui tend à écarter violemment les côtés extérieurs des bobines et peutmême aller jusque dans l’enroulement d’excitation créer des surtensions élevées et des détériorations.
- Cet effet peut se déterminer par la formule :
- F> = V.S.K.N»
- rt2_98i.10.2. i ooo'
- dans laquelle :
- U = Courant de court-circuit des deux phases A A. (fig. 7).
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- 10 Septembre 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- S = Surface hachurée en centimètres carrés de recouvrement des deux phases.
- N = Nombre de spires par bobine.
- K = Rapport de la surface hors du fer à la surface totale.
- A = Distance de deux bobines en centimètres.
- Fig. 7.
- Appliquée à la machine n" i3,du second tableau, elle donne:
- 6oo2 X 9 :*5(> X o,46 X i82 _
- 82 X <j8i X io X a X i oon t0°
- Un court-circuit donnant un courant double au courant normal conduit donc à un effort qui enlève môme toute possibilité de soustraire la bobine à son effet. Mais, poulies cas ordinaires, on peut par exemple em-
- ployer une disposition qui corresponde à un minimum d’effet des bobines l’une sur l’autre.
- En résumé, les conditions à remplir par les enroulements de ces machines à grande vitesse sont les suivantes :
- A. Pour la construction intérieure de la bobine il faut:
- i° Que les conducteurs soient mécaniquement fixés l’un à l’autre et à l’isolant de la bobine, dans leurs couches successives ;
- a0 Que la matière isolante entre les spires ou éventuellement entre les couches soit de substance inorganique avec propriétés isolantes élevées;
- 3° Qu’entre les conducteurs et entre ceux-ci et la gaine aucun espace vide n’existe et même que l’air et l’humidité en soit retirés;
- 4° Que l’enveloppe extérieure des bobines, même en dehors du fer, ne se laisse pas traverser par l’air.
- B. Les côtés extérieurs des bobines doivent être solidement fixés entre eux et con-
- n
- l ;l
-
- ! \
- n
- Fig. 8.
- tre le fer, ou éventuellement être disposés pour réduire au minimum les actions électromagnétiques.
- Examinons maintenant quelques-unes des solutions adoptées jusqu’ici.
- Un enroulement composé comme celui de la figure 8, et dont la partie extérieure a tous les fils écartés les uns des autres par des entretoises isolantes, de manière que l’air circule entre fils, répond à Routes les conditions A, car les isolants entre fils dans l’encoche sont en micanite et les fils ne peu-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série).— N° 37 .
- vent pas vibrer. La condition B présente par contre une certaine difficulté de réalisation, puisque les fils étant tous écartés les uns des autres ne peuvent être solidement tenus.
- Une autre méthode consiste à exécuter l’enroulement à la main de la façon ordinaire et à l’imprégner en plaçant verticalement le stator enroulé et en versant la matière isolante dans les canaux. Ce système est défectueux, car le remplissage peut être incomplet et l’enrubannage qui succède peut emprisonner de l’air stagnant favorisant l’ozonisation.
- Ce même bobinage mais avec encoches ouvertes ne remplit pas davantage les conditions demandées si on se contente de plonger la bobine dans le bain, car cette opération ne suffit pas pour chasser l’air. Si les parties extérieures sont enrubannées, l’objection reste la même que pour le bobinage précédent, si elles sont à l’air libre elles ne présentent aucune solidité et tiennent énormément de place.
- Aucun de ces systèmes ne satisfait donc à toutes les conditions imposées.
- Un troisième procédé, celui employé par la maison Alioth, de Bâle, consiste à constituer l’enroulement à la manière d’un câble à haute tension à plusieurs conducteurs. La bobine sera toutefois entourée d’un tube en micanite, et l'isolant au papier entre les fils
- des câbles remplacé par une masse isolante composée dont les propriétés seront les suivantes :
- i° Ne contenir aucune substance isolante, comme l’huile de lin ou la résine:
- 2° Ne contenir aucun acide ;
- 3° Etre absolument dépourvue d’eau et non décomposée par l’eau ou les acides;
- 4° La température de fusion doit être de i5o° environ, sans perdre aucune de ses qualités à 85°;
- 5" La capacité isolante doit être élevée ainsi que le pouvoir de pénétration ;
- 6° Le séchage doit pouvoir avoir lieu à l’abri de l’air ;
- 7° La conductibilité calorique doit être aussi élevée que possible.
- Ce vernis devra imprégner la bobine complètement et ne laisser aucun espace d’air, ce qui s’obtiendra par injection dans le vide et par compression, la bobine ayant été déjà séchée dans le vide au préalable.
- De cette manière les conducteurs sont solidement tenus entre eux par ce vernis minéral, sans pouvoir vibrer, sans espace d’ozonisation, et parfaitement isolés soit dans le fer soit sur les côtés de la bobine, ces côtés pouvant de plus très facilement être consolidés mécaniquement contre le fer. Ce dernier procédé est celui appliqué par la maison Alioth et a donné d’excellents résultats.
- G.-F. Guilbert.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur Vapparition de certaines anomalies diélectriques par changement d’état du milieu isqlant. — L. Malclès. — Académie des sciences, séance du 4 juillet 1910.
- fluide qu’elle était : ses propriétés diélectriques éprouvent alors une discontinuité. Ces faits s’expliquent par la présence au sein de la vaseline d’ions libres, de mobilité nulle quand la substance est semi-fluide.
- A 5o°, la vaseline pure devient liquide, de semi-
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- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Procédé simplifié pour le triage des lampes à incandescence. — K. Keil. — Elektrotechnische Zeitschrift, 28 avril 1910.
- L’auteur expose un procédé graphique permettant de déterminer instantanément l’intensité lumineuse et la consommation spécifique d’une lampe à incandescence pour un voltage déterminé* Les courbes de la figure i, relatives à la lampe Osram de a5 bougies, indiqyent l’une, L, l’intensité lumineuse, la seconde, S, la consommation absolue et la troisième, p, déduite •des deux premières par le procédé que nous allons indiquer, la consommation spécifique par bougie. Les deux premières courbes représentent des fonctions de la forme
- y = ci (1)
- En effet, l’auteur a vérifié à la suite de nombreuses mesures que le rapport de deux intensités
- 77
- /' £ P
- 50 5,>
- 30
- 10 7,0
- ù
- Fig. 1. — Lampe Osram a5 bougies : L, intensité lumineuse; S, consommation absolue; p, consommation spécifique.
- lumineuses quelconques était approximativement égal à une puissance b du rapport des voltages correspondants, c’est-à-dire que
- (hX = h \e J W
- En appelant E, et Ea deux tensions quelconques et Lj et L., les intensités lumineuses correspondantes; l’intensité lumineuse hC( correspondant à un voltage E^ sera donc de la forme
- L* =
- E*
- b
- L.
- Or, si l’on a déterminé expérimentalement l’inten-
- sité lumineuse L correspondant à un voltage E, le
- L
- rapport — sera constant et il viendra :
- E , - , Ci)
- équation qui est bien de la forme (1).
- De l’équation (2) l’on tire
- /, — log Li — log 'ogEj — logE,'
- Pour déterminer expérimentalement b, l'auteur effectua une série de mesures à des voltages croissants sur une série de lampes choisies au hasard et il calcula ainsi la valeur de b pour plusieurs valeurs Et
- du rapport—; L'expérience montre que, pour les
- JliO
- lampes à filament métallique, b variait peu, de sorte que la formule (3) et la courbe qui la représente donneront un résultat très suffisamment approché si l’on remplace b par sa valeur moyenne déduite des expériences précédentes. Pour les lampes Osram, cette valeur moyenne de b est 3,85.
- La consommation absolue varie suivant une loi analogue proportionnellement à la puissance i,5p du
- 120 CO
- O O'
- Fig. 2. — Lampe à filament de carbone.
- voltage (pour les lampes Os ara), ce que l’on peut mettre sous la forme :
- A = G' E1*59.
- (•'.)
- En faisant le rapport des deux équations (3) et (4) on obtiendra la consommation spécifique par bougie :
- S
- A _ C'E1'89 L — CE3-85
- G
- //£—2,513
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série). —N» 37.
- La consommation spécifique des lampes Osram varie donc en raison inverse de la puissance 2,26 du voltage ; ce résultat est représenté par la troisième courbe de la figure 1. Pour les lampes à filament de carbone, les exposants varient dans de beaucoup plus larges limites (7,87 à 4, 4,23 pour l’intensité lumineuse, 2,18 pour la consommation absolue, —5,72 à —2,o5 pour la consommation spécifique), ce qu’indiquent d’ailleurs les courbes de la figure 2. De l’équation (4), on peut déduire la loi de variation de la résistance W de la lampe; en elïet l’on a :
- d’où :
- W = £, E-*.
- Ce procédé graphique permet aisément, en partant de la consommation spécifique la plus favorable, de trouver sur la courbe le voltage et par suite l’intensité lumineuse correspondante.
- J.-L. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Le « facteur de diversité » dans les distributions d’énergie électrique — B. Gear — Electrical World, 14 avril 1910.
- Une intéressante contribution à l’étude du « facteur de diversité dans les distributions électriques de force et de lumière » a été présentée par M. Gear, de la cc Commonwealth Edison Company » de Chicago, dans une réunion d’ingénieurs tenue à Chicago, le 23 mars.
- Au début de sa communication, M. Gear montre, avec projections à l’appui, combien la demande maxima d’énergie varie avec les heures de la journée, les différents jours de la semaine, les différents mois de l’année, aussi bien qu’avec la population et avec les caractéristiques de la région desservie, qui peut être soit commerciale, soit industrielle, soit de simple résidence.
- L’effet combiné de toutes ces influences est le suivant : la somme arithmétique des demandes maxima des transformateurs et des câbles de distribution est plus grande que celle du feeder qui les alimente ; la somme des demandes maxima des feeders est plus grande que celle de la sous-station;
- et la somme des maxima des sous-stations est plus grande que la charge maximum de la station génératrice, à cause de la non-simultanéité de ces différents maxima.
- Le facteur de diversité peut être défini comme le rapport entre la somme des diverses demandes maxima des services alimentés, et la capacité de l’équipement de station génératrice, de transformateurs, ou de feeders nécessaires pour alimenter ces services.
- L’élude des facteurs de diversité est d’une grande importance au point de vue commercial, en même temps qu’un problème intéressant pour l’ingénieur et même pour le consommateur : les frais d’établissement nécessités dans les diverses parties du système de distribution pour chaque kilowatt de demande maxima déterminent en effet les charges fixes qui doivent être envisagées pour l’évaluation des prix de revient et pour l’établissement d’un système de tarifs équitable.
- L’expérience montre que le facteur de diversité est d’autant plus grand que le système de distribution est plus important. M. Gear prend comme exemple, pour l’étude du facteur de diversité, le cas d’un système de distribution à courant alternatif, d’une analyse plus aisée que celle d’un système à courant continu à basse tension, à cause de la présence des transformateurs dont la charge peut être mesurée.
- M. Gear indique, d’après les observations faites dans les quartiers de « résidence », alimentés par des lignes aériennes, que la somme des demandes maxima des clients individuelle est de 2,5 à 3 fois plus forte que la demande maxima au transformateur qui les alimente ; ce rapport devient moindre s’il y a moins de 10 clients branchés sur le transformateur, et plus élevé s’il y en a plus de 3o.
- Dans les quartiers commerciaux comprenant beaucoup de petits magasins, le rapport de la somme des maxima des clients à la charge maxima du transformateur varie de i,5 à 1,7: plus faible s’il y a, beaucoup de magasins avec étalages brillamment éclairés, expositions, etc...et plus élevé dans le cas contraire.
- Le facteur de diversité entre les compteurs et le transformateur correspondant dans les circuits de moteurs est en général assez faible, car il est rare qu’un nombre considérable de moteurs soit groupé sur un seul transformateur; il ne doit pas dépasser une valeur moyenne de 1,1.
- En arrivant aux sous-stations, on trouve un
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- facteur de diversité considérable entre les demandes maxima des transformateurs et la charge maxima du feeder qui les alimente. Ce facteur est de a h 2,a dans les régions de résidences disséminées ; de i,6 à i,8 dans celles où la population est plus dense, et de 1,2 à i,3 dans les quartiers commerciaux.
- Dans les régions où sont alimentés des moteurs désséminés de 5 à ioo chevaux, le facteur de diversité entre les transformateurs et le feeder qui les alimente est de 2 à 2,2 ; lorsque peu de gros moteurs de 100 à 5oo chevaux, ou davantage sont groir pés sur un feeder séparé, le facteur de diversité est de 1,2 à i,3.
- Dans la sous-station elle-même, il existe un facteur de diversité dû aux différences caractéristiques des charges supportées par les différents feeders partant de cette sous-station. Si cette dernière comprend dix feeders ou davantage, la valeur du facteur dé diversité est d’environ i,i5.
- M. Gear donne connaissance du tableau ci-après, où, multipliant les facteurs élémentaires, il obtient le facteur de diversité total entre la sous-station et le consommateur, pour différentes classes de clients :
- Tableau I
- ECLAIRAGE d'habitations ÉCLAIRAGE COMMERCIAL MOTEURS DISPERSÉS GROS CLIENTS MOTEURS ET LAMPES
- De la sous-station aux fee-
- ders I,i5 1,15 i,i5 1,15
- Des feeders aux transfor-
- rnateurs 1,8 1,25 2,0 1,25
- Des transformateurs aux
- compteurs 3,0 i,G G1
- Facteur de diversité total. 6,2 2,3o 2,53 i,44
- La dernière colonne s’applique aux clients dont la demande est de 100 à 5oo kilowatts.
- Le facteur de diversité résultant, dans un système de distribution réunissant toutes les classes de clients, varie entre 2,5 et 3,5 suivant les proportions relatives de ces diverses classes.
- M. Gear applique les considérations précédentes à l’exemple d’un réseau desservant des habitations, dans lequel la somme des demandes des clients durant le mois le plus chargé de l’année est de 100 kilowatts.
- D’après le tableau I, la capacité des transforma-
- teurs devra être de
- IOO
- ----== 33,3 kw, celle des feeders
- 3,oo
- de
- 33,3
- 1,8
- >8,5
- 1, i5
- — i8,5 kw, et 6,0 kilowatts.
- celle de la sous-station de
- Dans un quartier commercial la capacité de la sous-station devrait être de 43,5 kw ; dans un réseau comprenant des moteurs disséminés, de 3q,5 kw ; etdans un réseau degros clientsde 69,5 kilowatts.
- Inversement, pour îookvv. d’équipement dans une sous-station qui alimente un réseau desservant des habitations, la compagnie de distribution doit prévoir l’installation de 620 kw. en compteurs-, 207 kw. en transformateurs et n5 kw. en feeders.
- Pour desservir de gros clients de lumière ou de force elle doit prévoir 144 kw. en compteurs et transformateurs, et ii5 kw. en feeders.
- En admettant un prix moyen par kw. de 10 dollars pour les compteurs, de jà 10 dollars pour les transformateurs, de 35 dollars pour les sous-stations et pour les lignes, de i5o dollars pour la station génératrice, les frais d’établissement seront, d’après ce qui précède, approximativement répartis comme l’indique le tableau ci-après :
- Tableau II
- ÉCLAIRAGE HABITATIONS | DISPERSÉES ÉCLAIRAGE HABITATIONS RESSERRÉES ÉCLAIRAGE COMMERCIAL GROS CLIENTS FORCE OU LUMIÈRE
- Usine génératrice... . % i8,5 % 3o,o % 44,5 % 60,0
- Lignes de transmission etsous-slations. 4,5' 7,5 io,5 14,0
- Feeders, câbles de distribution, etc... . 52,0 26,0 35,o 23,0
- Transformateurs .... 4,o 2,5 3,o 3
- Compteurs 2 I ,0 34 7>° négligeable
- Total 100,0 100,0 100,0 100,0
- M. Gear présente sa communication à titre d’essai sur un sujet que Ton peut envisager sous bien des angles différents et exprime le désir qu’il soit étudié en détail, d’après de nombreuses et soigneuses observations.
- II. B.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- N* 37.
- T. XI (2» Série).
- TRACTION
- Résultats obtenus avec unevoiture de tramways a batterie d*accumulateurs Edison. — Electrical World, 21 juillet 1910.
- Des essais ont été entrepris avec une voiture à batterie d’accumulateurs Edi son(t) sur l’une des lignes dé « New-York City », en service permanent pendant trois mois, de mars à la fin de mai, dans les conditions les moins favorables, sur des voies courantes, sur une longueur d’environ 8km. Les rails avaient des formes variées, et leur poids variait entre 21 et 5ok? par mètre courant. Lavoie présentait 46 courbes et une rampe de 3oo mètres de longueur avec une perte de 3,5 % . Construite pour le service à traction chevaline,*cette voie n’avait été l’objet d’aucun entretien.
- La voiture a transporté en moyenne i5 voyageurs et fait environ 458 arrêts par jour; soit un arrêt tous les 200 mètres. La vitesse maximum est de 24km à l’heure.
- La voiture est du type à simple truck fermée comportant a6 places assises et i5 places debout. Elle pèse à vide 4 5ookg et 5 6ookg avec une charge moyenne.
- L’équipement électrique consiste en deux moteurs d’une puissance de 5 chx, chacun sous une tension de 110 volts; une batterie de 100 éléments Edison A-8 alimente les moteurs et 5 éléments assurent l’éclairage. La distance maximum parcourue avec une seule charge est de 136.
- Durant les trois mois d'expériences, la voiture a été en service pendant 1 r3a h. 5 et a parcouru 8 244 km. Cela donne une moyenne de 9ikm, 6 par journée de n h. 35. La batterie est chargée une fois par jour; la durée de charge est de 44 heures sous 60 ampères et 180 volts.
- L’énergie totale par jour absorbée par la batterie est de 48840 watts-heures et l’énergie dépensée mesurée aux balais des moteurs est de 30280, durant un rendement en énergie de 62 % . L’énergie absorbée par la batterie, rapportée au poids transporté, est d’environ 85 watts-heure par tonne-kilomètre. Quant aux moteurs, ils consomment environ 53 watts-heure par tonne-kilomètre, à la vitesse de -ÿk,u,6 à l’heure avec arrêts tous les 200 mètres.
- Jusqu’à cette date, la voiture a couvert plus de if> 000 km par tous les temps, en roulant sur des voiesvdiverscs des plus défectueuses, sans réparation
- nia la voiture ni à la batterie, sauf le remplacement d’un balai à un moteur et, comme entretien, l’addition d’eau aux éléments.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Méthode de calcul des turbines à vapeur. — Dinglers Polytechnisches Journal, 16 avril 1910.
- Les pertes dont il faut tenir compte dans le calcul d’une turbine à vapeur sont dues :
- a) A la résistance à l'écoulement de la vapeur dans les aubes et aux remous qui s’y produisent ;
- b) Aux frottements des roues ou de l'arbre;
- 6*) Aux jeux entre les organes (pertes à l’échappement, frottement des paliers, etc.),
- La perte a est la plus importante; il en résulte une diminution de vitesse que M. Rateau a déterminée au moyen d’un appareil spécial, avec lequel il a effectué de nombreuses expériences, en variant les modèles d’aubes et en opérant successivement avec et sans aubes. II mesurait la pression exercée par l’écoulement de la vapeur à l’aide d’une balance; la différence des résultats lui a donné pour coefficient des pertes à l’intérieur des aubes une valeur de o,65 à 0,80, soit une chute de vitesse de 20 % environ. Avec ce coefficient et le diagramme des vitesses, il a déterminé le rendement de l’écoulement à travers la turbine.
- Les pertes b ont été calculées par M. Rateau, à l’aide de l’expression C^R5 «3, où G est un coefficient qui dépend des conditions -de l’installation (état de la roue, hauteur d’aubes, enveloppe, etc.), ^ le poids spécifique de la vapeur en kg/cm2, R le rayon de la roue, n le nombre de tours par seconde.
- Quant aux perles c, les unes ont été évaluées en tenant compte des soins apportés à l’établissement de la machine; les autres déduites de formules admises.
- Une application de la méthode a été faite à une turbine, composée de deux groupes de roues : un de quatre roues pour basse pression, un de trois roues pour haute pression, la vapeur s’échappant du premier groupe se mélangeant à celle qui alimente le second.
- Le calcul a donné pour la consommation de vapeur par cheval et par heure, sous la charge de 800 chevaux à 3 800 tours-minute : 6ke,8 de vapeur à la pression de 6,5 kg/cm2 avec contrepression de
- (!) Voir Lumière Electrique 19 mars 1910.
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- o,i kg/cm2; u's de vapeur à la pression de ikg/cm2.
- On a mesuré directement la puissance fournie par la même turbine à l’aide d’un frein hydraulique consistant en une pompe centrifuge double ; la consommation de vapeur de la turbine était déterminée par la pesée de l’eau de condensation. On a trouvé bkK,7 à haute pression et à basse pression.
- L’accord entre les résultats du calcul et ceux de la mesure expérimentale est donc satisfaisant.
- On s’est servi du même frein pour effectuer des mesures en vue de la détermination de la valeur de l’équivalent mécanique de la chaleur; la moyenne a été 4->.7 kilogrammètres.
- C. B.
- Turbines à vapeur pour service intermittent à vapeur humide et à vapeur sèche. — Zeitschrift des ôslerr. Ingenieur-und Architekten-Vereines, 1910, n° i3.
- La fabrique Oerlikon a construit des turbines à vapeur qui peuvent être alimentées en vapeur sèche par des machines d’exploitation, des machines à vapeur, etc. et qui évitent les inconvénients qu’on a rencontrés jusqu’ici comme conséquences d’alimentation momentanée en vapeur humide.
- La partie essentielle de cette « turbine parallèle en série » consiste en ce que la vapeur sèche travaille dans deux jeux de turbine à basse pression, dont l’un se change en turbine à haute pression, dès que la vapeur humide doit être seule amenée.
- La « turbine parallèle en série » se Compose de deux turbines séparées, disposées des deux côtés du générateur. L’une des turbines comporte un cylindre à basse pression et un cylindre à haute pression, calculés tous deux pour la même quantité de vapeur. Chacun fournil 000 kw., au total 1 000 kilowatts.
- La deuxième turbine se compose seulement d’un cylindre à basse pression, calculé également pour 5oo kw. Quand le service se fait à.la vapeur sèche, la vapeur est amenée par la canalisation principale dans deux conduites auxiliaires et passe de celles-ci aux deux cylindres à basse pression. Quand on travaille à la vapeur humide, cette vapeur — laquelle possède la double chute de chaleur — arrive d’abord à la turbine à haute pression et passe de là à la turbine à basse pression reliée au cylindre à haute pression.
- L’installation travaillera avec le même rendement, à vapeur sèche comme à vapeur humide.
- Les sections des cylindres à haute et basse pres-
- sion sont calculées pour la même* quantité de vapeur. C. IL
- Usine hydro-électrique de Grand-Falls. — Times Engineering Supplément, 6 avril 1910.
- Cette usine produit l’énergie nécessaire aux usines installées à Grand Falls (Terre-Neuve) par l’Anglo-American Development C° pour la fabrication de pâle à papier.
- Elle comporte quatre turbines de 4 000 chevaux et trois de 2 5oo chevaux. Les premières tournent à 225 tours par minute et actionnent les commandes des machines à fabriquer la pâte. Les autres tournent à 375 tours et actionnent trois alternateurs polyphasés de 1 700 kw. qui donnent du courant à 600 volts, 18 ampères, 5o périodes. Chaque alternateur comporte une excitatrice de 43 kw. Le courant ainsi produit est transporté à des ateliers spéciaux, situés à quelque distance pour y actionner des machines.
- La force hydraulique est fournie par une chute d’eau de 32™; l’eau est amenée par deux conduits de 655m de longueur et de 4m,6o de diamètre.
- La matière première pour la fabrication de la pâte est fournie par des forêts qui avoisinent l’installation. Le bois est amené par flottage dans un canal spécial et, après fabrication, évacué sous forme de pâte à papier par deux autres canaux.
- C. B.
- La dépréciation du matériel des installations. — O’Meara. — The Electrician, 8 avril 1910.
- Le problème de la dépréciation du matériel industriel, et tout particulièrement du matériel électrique, peut être traité à bien des points de vue. Il est cependant nécessaire pour l’exploitant d’avoir une base d’évaluation quelconque.
- On trouve des notions intéressantes à cet égard dans différents travaux que nous croyons utile de signaler en note (').
- (*) Leake. Introductory Notes on Leake's Regisler of Industriel Plant;
- Leake. Communication à l’Institution of Directors, mars 1907.
- Rapport de la commission spéciale des Téléphones, Chicago, 1907.
- F.-G. Burtoic. The Commercial management of Engineering works (The seientific publishing Company of Manchester.
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- Parmi les méthodes principales qui peuvent être employées, nous en citerons quelques-unes.
- La première attribue une somme fixe annuelle à la dépréciation. C’est la plus simple.
- La seconde lui attribue annuellement un taux égal à 5o % de la valeur actuelle de l’installation : on a ainsi une progression géométrique.
- On peut encore (3e méthode) attribuer chaque année la même somme pour les dépréciations que pour les réparations nécessaires ; ou encore constituer un fonds de réserve; ou enfin faire évaluer la dépréciation par un expert.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Le rendement économique de la commande électrique des laminoirs. — W. Schômberg. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 janvier 1910.
- L’auteur se livre à une comparaison fort intéressante, au point de vue du rendement économique, entre la commande électrique et la commande directe à vapeur des trains de laminoirs dans les différents cas industriels qui peuvent se présenter.
- La commande électrique des trains de laminoirs irréversibles reçoit des applications sans cesse plus nombreuses. Les avantages en sont bien connus : frais d’exploitation réduits, suppression des canalisations de vapeur avec les pertes inévitables qu’elles comportent, facilité de réglage en courant continu, enfin possibilité d’employer des tensions élevées, et par suite de faibles intensités, dans la transmission par courants triphasés.
- Il y a bien l’inconvénient, avec les courants triphasés, d’une moindre facilite de réglage, mais on y obvie aisément en pratique par une répartition convenable des trains de laminoirs.
- La question du rendeme'nt économique doit faire dans chaque cas l’objet d’un examen spécial. Dans le cas d’une usine voisine d’une centrale à gaz de haut-fourneau, cas où le courant coûtera de 2,5 à 3 centimes le kilowatt-heure, il n’y a aucun doute : la commande électrique s’impose, aussi bien au point de vue économique qu’au point de vue technique.
- L’auteur examine ensuite le cas d’une fonderie déjà pourvue d’une centrale à courant continu à 5oo volts pour la production de l’énergie électrique et dans laquelle on veut installer un train de lami-noirsvdont la production est de 80 tonnes par 24 heures, ce qui donnera environ 24000 tonnes par an. L’auteur suppose que le courant électrique l
- revient à 5 centimes par kilowattheure et la tonne de vapeur à 3 fr. 37!), y compris l'amortissement et les intérêts du capital, et il se propose de rechercher quel sera dans ces conditions le mode de commande le plus économique.
- Les frais d’établissement se répartiront comme suit: a) Frais d’établissement dans le cas de la com-
- mande à vapeur :
- Francs
- i° Machine tandem do 800 chevaux avec
- tambour pour 5o tours de câble....... 81 25o
- 20 Canalisations de vapeur, raccordement
- au condenseur......................... i5 000
- 3° Fondations, caniveaux.................. i5 000
- 4° Câble, tambour, etc.................. 25 000
- 5° 3 chaudières de 120 mètres carrés chacune avec scellements..................... 45 000
- Total...................... 181 25o
- et les expériences d’exploitation ont permis d’établir que la consommation de vapeur est de 3 oooks environ par tonne laminée dans le cas de la commande directe à vapeur (à cause des pertes dans les canalisations, pertes à vide, etc ) et de 2 oooke seulement au maxi. mura dans le cas de la commande électrique, ce qui, à raison de 3 fr. 375 par tonne de vapeur et de 24 000 tonnes de métal traitées par an, nous conduira à des dépenses annuelles respectives de :
- 3 X 3,375 X 24 000 = 243 000 francs dans le cas de la commande directe à vapeur, et de 2 X 3,375 X 24000 = 162000 francs dans le cas de la commande électrique, ce qui correspond à une économie annuelle de 81 000 francs en faveur de la commande électrique.
- b) Cas de la commande électrique :
- Francs
- i° Agrandissement de la centrale par l’installation d’un groupe électrogène à va-
- peur de 600 kilowats.................. 126 000
- 20 Canalisations de vapeur, raccordement
- au condenseur . . .................... 12 5oo
- 3° Tableau, câbles, connexions, etc..... 18 750
- 4° 2 moteurs compound de laminoirs, l’un de 3oo chevaux à 120-170 t/111, l’autre de 600 chevaux à 3oo-38o t/m, avec, acces-
- soires.................................... 63 710
- 5° Volants et accessoires.................... 18 700
- 6° 2 chaudières de 120 mètres carrés chacune avec scellements........................ 3o 000
- 70 Fondations, caniveaux, etc................ 18 760
- Total......................... 287 5oo
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- Les frais supplémentaires nécessités par l'installation de la commande électrique seront donc amortis en moins de deux années.
- Par contre, pour les usines de moindre importance qui ne comportent pas de centrale et doivent emprunter le courant à un secteur, la commande électrique ne sera pas sensiblement plus économique que la commande à vapeur dès que le prix du courant s’élèvera à 5 e. 75 à 6 c. a 5 par kilowatt-heure; si le prix du courant est encore plus élevé, la commande à vapeur deviendra préférable.
- Enfin, si l’on dispose d’une quantité de vapeur d’échappement suffisante pour alimenter une turbine à vapeur d’échappement ou au moins une turbine mixte à vapeur vive et à vapeur d’échappement, la tonne laminée reviendra à 3 fr. 7$ environ, non compris l’amortissement de la turbine et du ré-chauffeur.
- J.-L. M.
- La commande électrique des laminoirs au Congrès international de Dusseldorf\ — Engineering, i*l‘ juillet 1910.
- Une communication, nourrie de détails techniques et copieusement illustrée, avait été envoyée par M. II. Ortmann-Yôlklingen, traitant des perfectionnements introduits depuis ces dix dernières années dans la construction des laminoirs. Nous n’en retiendrons que ce qui est relatif à la commande électrique, des moteurs des laminoirs. En ce qui regarde ces machines, les meilleurs témoignages sont produits en faveur de la commande électrique ; menacés clans un domaine où ils avaient, jusqu’à ce moment, exercé tout leur empire, les constructeurs de moteurs à vapeur ont fait un grand effort pour repousser la concurrence spécialement vers la conception de nouveaux moteurs à vapeur réversibles.
- Des moteurs triphasés sont maintenant en usage, pourvus de dispositifs permettant les variations de vitesse des laminoirs.
- M. Spicar, de Francfort, appela l’attention sur les moteurs électriques, construits par les ateliers Lahmeyer, pour de puissants laminoirs dégrossis-seurs à marche réversible et sur les moyens employés pour régler la vitesse et enregistrer la consommation de puissance.
- Un train de laminoirs pour plaques de blindage de cuirassés construit pour une société de Turin est
- muni de ces moteurs électriques et de tous les accessoires du service de la machinerie. E. D.
- Commande des raboteuses par moteur électrique. — Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 29 janvier 1910.
- On sait que la commande par courroie des machines à raboter les métaux entraîne des frais considérables; on a cherché à lui substituer l’accouplement direct. Les essais restèrent longtemps sans portée pratique, puisqu’on ne réussissait qu’à remplacer les frais de courroie par une dépense équivalente correspondant à l’usure des pièces d’accouplement.
- L’auteur de l’étude que nous résumons ici, après avoir rappelé ccs essais, expose que le problème a reçu sa première solution par l’emploi d’un moteur électrique réversible ; il décrit plusieurs raboteuses différentes suivant la puissance à développer.
- Il indique le système Léonard pour les machines puissantes exigeant une grande sensibilité de réglage et pour celles qui sont alimentées par les réseaux urbains.
- Dans ce système, le moteur n’est pas alimenté directement par le réseau, mais par une dynamo qu’actionne un moteur branché sur le réseau. Le démarrage du moteur a lieu à l’établissement du circuit d’excitation de la dynamo; c’est par le réglage et l’inversion de l’excitation de la dynamo qu’on règle la vitesse et l’inversion du sens de rotation. On peut régler la vitesse d’aller et la vitesse de retour indépendamment l’une de l’autre, et faire que la vitesse maxima de retour corresponde toujours à la vitesse de travail, celle-ci variant suivant la pièce à travailler et pouvant prendre toutes les valeurs entre zéro et le maximum.
- Dans ce système, les à-coups de courant, qui correspondent surtout aux changements de sens, n’ont pas de répercussion sur le courant d’alimentation. Tous les mouvements sont faciles à réaliser. Un enroulement de contre-excitation permet de supj^rimer le champ magnétique de rémanence et d’obtenir un arrêt instantané du moteur sans freinage et sans interruption de courant.
- Dans une raboteuse de ce type, installée à Zurich, le moteur de travail développe en marche normale une puissance de 10 chevaux avec vitesse, pour marche avant, de 35o à 700 tours; pour marche arrière, de 700 à x 400 tours.
- Dans un autre système, on utilise un moteur branché directement sur le réseau pour des puissances de
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- 70 à 75 chevaux et pour 55o volts, le rapport des vitesses pouvant aller de 1 à 4.
- Enfin on peut employer, pour commander,des raboteuses a vitesse constante, des moteurs triphasés réversibles branchés directement sur le réseau.
- C. B.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Puissance rayonnée par une antenne. — Barreca. — Nuovo Cimento, 1909.
- O11 a donné récemment ici un résumé des travaux de M. Barreca (*) sur la puissance rayonnée par les antennes de télégraphie sans fil. Nous donnons ci-dessous les résultats expérimentaux contenus dans le travail original de l’auteur.
- i'e Série. —
- l’aire multipliée par la fréquence et par la capacité du condensateur donnait la puissance circulant dans le primaire.
- LISTE DE BREVETS (’)
- APPAREILS DE MESURE
- 4ia 367, du 7 lévrier 1910. — Ivrktz. — Encaisseur automatique interchangeable spécialement applicable aux compteurs d’électricité.
- 41a 969, du a3 février 1910. — Compagnie pour la
- FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D’USINES
- a gaz. — Ohmmèlre à magnéto.
- 413 63a, du i5 mars 1910. — Iselïn. — Perfectionnements aux compteurs d’électricité.
- Résultats.
- I 2 3 * 5 G
- N” CONDITIONS AIRE AMPÈREMÈTRE PRIMAIRE LARGEUR DU DIAGRAMME SANS LA QUEUE QUOTIENT de la 3*colonne multiplié par 400 et divisé par le carré de la 4e
- N ‘ ^ ' 1 - ——1 — ——^—-s————-
- min2 lecture moy. eff. mm mm2
- 1 Avec aérien.. 07,a. 15 3,88 a3 ,5 101,6
- 11 Sans aérien. . 4^,5 11 4,39 a4 6o,a
- ni Avec- aérien.. 3i ,1 10 a, 58 11 12/,,4
- IV Avec aérien.. i 1 11,5 a*97 5,56 18 124, a
- V Sans aérien. . 70 ,8 a 1, j a7 ,5 65,6
- VI Avec aérien.. ro r / A 5 K 1 5 3,88 ai ia8,a
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- CONDITIONS AIliE mm2 AMPÈREMETI lecture <E PRIMAIRE moy. efT. LARGEUR DU DIAGRAMME OUTRE LA QUEUE mm QUOTIENT de la 3* colonne multiplié par 400 et divisé par le carré de la 4e mm2
- I Avec aérien.... 44 >6 .6,5 4,26 a a 65,6
- u Sans aérien.... 3 a ,6 ai r.,48 a a 29,0
- m Sans aérien. . . . a8 ,8 *9 4,9! a 1 ,5 31,9,
- IV Avec aérien.... 57 ,i *9*r> :>,(>/, a 3 ,5 60,1
- On se rappelle que AL Barreca avait basé son______________________________
- <:iadessur la mesure de diagrammes lumineux dont (1) Communiquée par roilice International de brevets
- d’invention Dupont et Elluin, t\i, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- (*) V. Lumière Electrique.
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- 343
- MACHINES
- 4ia 298, du 4 février 1910. — Siemens Schuckert wehke G. m. b. II. — Procédé pour l’actionne-ment des machines électriques.
- 12134/411 394) du 29 janvier 1910. — Fourrié. — Commande des moteurs d’induction polyphasés par du courant alternatif monophasé transformé.
- 412 538, du 11 février 1910. — Société anonyme Westinghouse. — Système de commande pour moteurs électriques.
- 412 579, du 14 février 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Machine à courant alternatif avec collecteur et couplage en série.
- 412 bip, du i5 février 1910.—Société dite Felten et Guilleaume Lahmeyerwerke Actiengesell-schaft. — Dispositif automatique de réglage du nombre de tours des moteurs à courant triphasé.
- 412 671, du 8 mai 1909. — Garcin. — Machine magnéto-électrique pouvant servir à l’éclairage ou à l’allumage des moteurs à'explosions.
- 412 761, du 18 février 1910. — Société Ciiompton et Cie Limited. — Système de contrôle à enroulements régulateurs pour moteurs électriques.
- 412 762, du 18 février 1910. — Société Crompton et G° Limited. — Machine dynamo-électrique à inducteurs isolés.
- 412 763, du 18 février 1910. — Société Ciiompton et C° Limited. — Moteur générateur à enroulements de sûreté.
- 412 764, du 18 février 19.10. — Société. Crompton et C° Limited. — Perfectionnements dans les moteurs générateurs électriques.
- 412 770, du 18 février 1910.—Société dite J. Stone et C° Limited, Stansfield et Hatt. — Perfectionnements apportés aux dynamos et plus particulièrement aux générateurs à vitesse variable.
- 412 767, du 18 février 1910. —Société Siemens Schuckert Wehke G. m. b. II. — Procédé et dispositif pour la régulation des transformateurs de fréquence avec excitation par le stator.
- 412 927, du 22 février 1910. — Société dite General Electric C°. — Nouveau système de contrôle de moteurs électriques par contacteurs.
- 412 983, du 23 février 1910. — Fynn. — Moteur à courant monophasé.
- 413 010, du 24 février 1910. — Gasnier. — Alternateur.
- 4i3 019, du 24 février 1910. — Farny. — Machine dynamo-électrique sans commutateur dont les pôles inducteurs d’inégales largeurs périphériques
- produisent des ondes positives*et négatives inégales de tension.
- 4i3 112, du 14 janvier 1910.—Meynier.—Machine dynamo-électrique.
- 4i3 if>8, du.17 février 1910. — Société Aktienge-sellsciiaft Brown, Boveri et Ci0. — Dispositif pour la marche en parallèle de génératrices à courant alternatif avec régulateurs automatiques de tension.
- 413 203, du ier mars 1910. — Maison Bréguet. — Procédé de réglage automatique de la tension et de la stabilisation du fonctionnement d’alternateurs non compound fonctionnant en parallèle avec des alternateurs auto- compound.
- 413 372, du 8 mars 1910. —Société Siemens Sciiuc-kertWehke G. m. b. H. —Couplage d’un groupe d’alterno-moteurs à collecteur mono et polyphasés.
- 413 454, du 10 mars 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Dispositif pour l’inversion du courant dans les machines polyphasées à collecteur.
- 413 587, du 5 mars 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Dispositif de refroidissement pour dynamos.
- 413 654,clu îGmars 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Procédé et dispositif pour la régulation automatique de la vitesse des moteurs polyphasés.
- 413 680, du 16 mars 1910. — Giraudelli. — Moteur à champ rotatif pour répéter à distance les mouvements angulaires en surmontant des résistances considérables.
- 12 248/403 519, du 28 janvier 1910. — Thiébaut. — Dispositif nouveau d’enroulement et de connexion d’induit pour machine électrique multipolaire.
- 12 253/412 927, du 22 février 1910. — Société dite General Electric C°. — Nouveau système de contrôle de moteurs électriques par contacteurs.
- 12 254/4>2 927, du 22 février 1910. —Société dite General Electric C°. — Nouveau système de contrôle de moteurs électriques par contacteurs.
- 4i3 5i5, du ii mars 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Dispositif de commande de transformateurs de fréquence avec collecteur par un moteur à champ tournant séparé.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 12 129/408 14a, du 27 janvier 1910. — Neu: — Procédé d’alimentation des lampes à bas voltage et
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 37.
- autres appareils électriques à bas voltage sur un réseau à haut voltage.
- 412 262, du 2 févrièr 1910. — Firme Chemisciie Farrik Griesiieim Elektron. — Procédé pour la production et le maintien d’arcs électriques lumineux allongés, horizontaux ou placés obliquement pour des réactions de gaz.
- /| 12 443, du 9 février 1910. — Société The Westinghouse Métal Filament Lamp G0 Limited. — Procédé de carbonisation des filaments métalliques pour lampes électriques à incandescence.
- 12119/394 823, du 24 janvier 1910. — Firme Berg-mann Elektricitats Werke A. G. — Procédé pour empêcher les filaments métalliques des lampes électriques à incandescence de se volatiliser.
- 412 543, du 12 février 1910. — Royer. — Système de lampes électriques à incandescence.
- 412 562, du 12 février 1910. — Canello. — Procédé et machine pour la fabrication des lampes électriques incandescentes.
- 412 589, du 14 février 1910. —Carbone. — Dispositif d’enserrage de l’arc dans les lampes à arc.
- 413 421, du 9 mars 1910. — Société Badische Anilin et Soda Fabrik et Société Norsk Hydiio-Elektrisk Kvaelstofaktieselskaii. —- Procédé de production d’arcs voltaïques brûlant de façon permanente.
- 12 2i5/35o 120, du 22 mai 1909. — Naville, Guye et Guye. — Appareil aulorégulateur pour soumettre les gaz et les vapeurs à l’action de l’arc électrique.
- 4 13 331, du 7 mars 1910.— Société Siemens Schuc-kert Werke G. m. b. H. — Lafnpe à arc électrique.
- 4 13 343, du 7 mars 1910. — Société dite Gesell-schaft fur Elektrisches Licht G. m. b. H. — Lampe à arc.
- 413 45o, du 10 mars 1910. —Walker. — Perfectionnements relatifs au mode d’engendrer, d’accumuler et d'utiliser la force électrique, particulièrement en vue de l’éclairage.
- 413 484, du 10 mars 1910. - Letorey. — Perfec-
- tionnements aux lampes électriques à incandescence.
- 4 13 544, du 12 mars 1910. —- Weber. — Procédé pour diminuer la fragilité des filaments métalliques et métaux difficilement fusibles.
- 413 f>46, du :2 mars 1910. — Rigaudy et la Société Aç-L. Berger. — Lampe régulateur électrique pouvant fonctionner indistinctement avec courant continu ou alternatif.
- transmission et distribution
- 412 237, du 2 février 1910. — Société dite Omnium Français d’Electricité. — Potelet pour lignes électriques. ;
- 412 2G1, du 2 février 1910. — Dubi.— Relais thermique pour protection d’appareils électriques.
- 412 270, 3 février 1910. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouveau parafoudre électrolytique.
- 412 325, du Sfévricr 1910. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouveau mode de connexion pour parafoudre.
- 412 33i,du 5 février 1910. — Ballion.—Interrupteurs pour canalisations électriques aériennes à haute tension.
- 412 432, du 9 février 1910. — Société Gourdon et Cie. — Borne de connexion électrique.
- 412 479, du 10 février'1910. — Bloch. — Fil conducteur électrique inviolable.
- 412 493, du 10 février 1910. — Steynis. — Dispositif isolateur pour conduites de fluides.
- 12 109/404 331, du 10 janvier 1910.— Compagnie générale d’électricité. — Disjoncteur à réenclenchement empêché.
- 12 125/404 313, du 27 janvier 1910. — Compagnie
- FRANÇAISE POUR L’EXPLOITATION DES PROCÉDÉS
- Thomson-Houston. — Nouveau contacteur.
- 412 598, du 14 février 1910. —Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouveau relais à action différée pour interrupteur électrique.
- 412 601, du 1.4 février 1910. — Traus. — Commutateur pour lampes électriques actionné par un courant de faible intensité.
- 412 602, du 14 février 1910. —Rutzky. —Isolateur d’entrée pour lignes télégraphiques et téléphoniques.
- 412 63o, du 6 mai 1909. — Rougé. — Appareils redresseurs de courants polyphasés.
- 12 169/408 692, du 7 mai 1909. — Delage et Woog. — Perfectionnements dans l’allumage électrique à distance des brûleurs à gaz.
- 412 962, du 23 février 1910. —Tua. — Interrupteur à renversement pour distributions d’énergie électrique.
- 412 963, du 23 février 1910. —Thomson. — Ferme-circuit électrique.
- 413 084, du 28 février 1910. — Société Siemens et
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- 10 Septembre 1910.
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- Halske A.-G. —Redresseur à haute tension pour courant alternatif.
- 12 201/401 385, du 9 février 1910. —Ropiquet. — Redresseur de courant alternatif avec interrupteur rotatif.
- 413 o63, du 26 février 1910. —Société Debauge et Cle. — Vernis-émail isolant et élastiquejpour fils et câbles électriques et autres applications.
- 4i3 221, du 2 mars 1910. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouveau redresseur à mercure.
- 413 369, du 8 mars 1910. — Hinsky. — Conduit isolateur tubulaire pour conducteurs électriques.
- ,4i3 3g3, du 8 mars 1910 —Neudorffer. — Coffret isolateur mural à scellement pour le montage d’appareils électriques quelconques noyés dans le plâtre.
- 4*3 3g4, du 8 mars 1910. — Ropiquet. — Appareil sélecteur de courants induits.
- 12 237/392 8o3, du 21 février 1910. —Gabreau. — Conjôncteur disjoncteur polarisé.
- 413 444, du 14 février 1910. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Nouvel interrupteur à haute tension.
- 4*3 479j du 10 mars 1910. — Société Aktienge-sellschaft Brown Boveri et C'°. — Accouplement à roue libre pour les interrupteurs électriques rotatifs à déclenchement automatique.
- 4*3 641, du i5 mars 1910. —Kitsee. —Relais à bobines mobiles.
- TRACTION
- 412 274, du 3 février 1910.— Henbard et Lévêque.
- — Système de commande automatique des aiguillages de voies de tramways et chemins de fer électriques.
- 412 930, du 22 février 1910. — Société Bisson, Berges et Cie. — Système tendeur à tension constante pour lignes de trolley.
- 413 184, du ier mars 1910.— Amati (G.). Maison LaboratoiroElectrotecnico Ing. LuigiMagrini.
- — Appareil d’aiguillage à manœuvre électrique pour tramways et chemins de fer électriques commandé par le conducteur de l’automotrice.
- 413 249, du 3 mars 1910. — Winters. — S apport de suspension pour fil de trolley et interrupteur automatique combinés.
- 413 438, du 5 février 1910. — Albanèse. — Procédé d’application du béton armé à la construction
- des lignes à traction électrique p£r caniveau souterrain.
- 4*3 439, du 7 février 1910. — Sheeiiy. — Dispositif de commande pour aiguillage^ de tramways électriques.
- 4 * 3 585, du 1.4 mars 1910. — Fanning et Nellis. — Mécanisme d’aiguillage électrique automatique.
- 4*3 685, du 16 mars 1910. — Société Aktienge-sellschaft Brown Bovery et Cie. —Commande électrique des véhicules des chemins de fer par moteurs installés rigidement sur le châssis et actionnant les essieux par manivelles et bielles.
- 413 686, du 16 mars 1910. — Société Aktience-sellschaft Brown Bovery et Cie. — Dispositif pour la traction électrique des véhicules.
- 12 2Ôi/383 028, du 26 février 1910. — Garin. — Support pour lignes aériennes à trolley.
- applications mécaniques
- 412 802, du 21 janvier 1910. — Gardner. — Perfectionnements aux appareils pour signaux sonores sous-marins.
- 412 652, du 14 février 1910. —Sire. — Système dynamo-électrique à mouvement de translation.
- 4*3 044, du 25 février 1910. — Société Siemens et Halske A. G. — Galvanoscospe à signal tournant.
- 413 353, du 7 mars 1910. — Fessenden. — Perfectionnements dans les signaux électriques.
- ELECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- 412 629, du 6 mai 1909. — Waltispurgeii. — Procédé pour la métallisation des bois et autres corps mauvais conducteurs, notamment en vue du traitement galvanoplastique.
- 413 208, du ier mars 1910. — Société dite Poldi-hutte Tiegelgusztahlfabr'Ik. — Perfectionnements apportés aux fours électriques à induction.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- 412 283, du 3 février 1910. — Schneider. — Pro cédé pour la fabrication d’électrodes positives d’accumulateurs.
- 412 482, du 10 février 1910. — Basset. — Pile électrique.
- 412 486, du 10 février 1910. — Société dite Nya
- Ackumulator Aktiebolaget Jungner. — Electrode positive pour accumulateurs à électrolyte alcalin.
- 412 785, du 10 février 1910. — Byiine, —Perfectionnements dans les piles primaires.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2‘ Série). — N° 37.
- 412 904, du ai février 1910. — Gabreau. — Limi-tateur automatique de charge et de décharge pour batterie d'accumulateurs.
- 4ia 908, du ai février 1910. — Lalande. — Accumulateur électrique.
- iaa8i/4o8 745, du 4 mars «910. —Boige. — Système d’accumulateur électrique.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- 41a 437v du 9 février 1910. — Société d’Electri-cité Mors. — Système de mât pour la.télégraphie ou la téléphonie sans fil.
- 4ia 977, du a3 février 1910. —Jacoviello. -— Dispositif générateur de courants oscillatoires à haute fréquence.
- ia ai3/35o a63dui8 mai 1909. —Gabet. —Dispositif de commande à distance par ondes lumineuses ou électriques.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- 41a aÔ7, du a février 1910. — Société anonyme le téléphone privé. — Système perfectionné d’appareils téléphoniques à plusieurs directions à voyants automatiques.
- 4ia 337, du 5 février 1910. — Betulander. — Dispositif de raccordement ou de mise en communication automatique pour installations téléphoniques à doubles lignes.
- ia 123/376 i55,du 26 janvier 1910. — Société des télégraphes Multiplex (Système E. Mercadier). — Relais transformateur monotéléphonique à plaque circulaire.
- 412 444, du 19 novembre 1909. — Société âméri-can Automatic telephone G0. — Dispositif sélectionneur électrique spécialement applicable aux systèmes téléphoniques.
- 412 752, du 17 février 1910. — Caillon. — Transmetteur téléphotographique.
- 412 922, du 22 février 1910.— Société The Sani-tary Téléphoné Transmitter G0. — Transmetteur téléphonique.
- 413 i36, du 7 février 1910. — Brown. — Perfectionnements relatifs à la téléphonie.
- 413 194, du Ier mars. — Société corporative dite Dean Rapid telegraph C°. — Système de télégraphie.
- 413 478, du 10 mars 1910. — Société dite Deutsche Telephonweiuce Gesellschaft.— Dispositif pour couper la communication téléphonique établie dans un bureau téléphonique automatique par une série de commutateurs sélecteurs.
- 413 55i, du i3 mars 1910. — Nigron. — Distributeur de courant applicable aux transmetteurs des appareils télégraphiques système Wright et Nigron.
- 413 565, du 12 mars 1910. — Société dite Deutsche telephonwerke G. m. b. H. — Procédé et disposition pour amener dans la position de repos les commutateurs sélecteurs régissant un champ de contacts dans un bureau téléphonique automatique.
- 4i3 639, du i5 mars 1910. — Kitsee. — Dispositif pour recevoir et traduire les impulsions électriques.
- 4i3 640, du i5 mars 1910. — Kitsee. — Relais télégraphique.
- 4i3 669, du 16 mars 1910. — Kajiura. — Perfectionnements apportés à la télégraphie électrique.
- DIVÉRS
- 412 866, du 19 février 1910. — Société Reiniger Gebbert et Shall àkt.— Tube Rœntgen à refroi dissement par l’air.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Notions fondamentales sur la télégraphie, par A. Turpain. — i volume in-8° raisin de 180 pages avec 122 ligures. — Editeurs: Gratier et Rey, Grenoble, Gautiiier-Villars, Paris.— Prix: broché, 5 francs.
- S.
- Get ouvrage constitue la rédaction d’un cours professé par l’auteur à l’Université de Poitiers.
- Conçu sous une forme très didactique, il renferme des descriptions détaillées des principaux appareils actuellement en usage : Bréguet, Morse, Baudot, etc. L'auteur accorde au contraire une place beaucoup plus restreinte aux problèmes théoriques tels que celui de la propagation du cou-
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- rant dans les lignes. De même, à la fin de son livre, il passe rapidement sur les dispositifs de transmission des images à distance.
- De la lecture de ce livre se dégage l’impression très nette que l’auteur a voulu surtout donner une idée précise et complète des appareils d’un usage courant, de ceux qui ont fait leurs preuves. A ce point de vue son ouvrage est bien conçu; les élèves ingénieurs le liront avec profit et en retireront de solides notions pratiques, d’autant plus précises c d’autant plus sérieuses que l’auteur y parle de choses qu’il a connues directement et pratiquées.
- D.C.
- Téléphonie. Du téléphone Bell aux multiples automatiques, par A. Turpain. — i volume in-8 de 186 pages, avec i2Î figures. — Editeurs : Gratier et Rey, Grenoble, et Gauthier-Villars, Paris. —. Prix : broché, 5 francs.
- Aujourd’hui que nous trouvons tout naturel de décrocher notre récepteur et d’entamer une conversation devant l’embouchure ou la plaque. du télé phone, il n’est pas sans saveur ni sans intérêt de nous faire repasser, en imagination, par les étapes multiples et diversement suggestives qu’ont parcourues les premiers inventeurs de la téléphonie. On lira donc avec curiosité l’historique que M. Turpain a eu l’heureuse idée de rassembler en tête de son ouvrage.
- L’auteur passe ensuite à l’état actuel de la téléphonie.
- Comme dans l’ouvrage précédent, il s’attache surtout à bien faire connaître les appareils d’usage courant, et par conséquent le poste d’abonné.
- En ce qui concerne la batterie centrale, on peut regretter seulement que l’auteur n’ait pas donné plus d’indications sur le fonctionnement du système, notamment à Paris. Le principe du multiple automatique est ensuite clairement exposé, tandis qu’une
- | description très sommaire est seulement accordée aux applications accessoires, telles que le théâtro-phone.
- D. C.
- VOLUMES REÇUS
- L’action électrique du soleil, par A. Nodon.— i volume in-16 de 200 pages avec 18 figures et 4 planches. — Gautuier-Villars, éditeur, Paris.— Prix : broché, 3 fr, a5.
- Handbuch der Telephonie,ÿar V. Wietlisbach.
- — 1 volume in-8° de 468 pages avec 446 figures. —-A. Hartleben, éditeur, Vienne. — Prix : 12 marks.
- Sur la radiazione di un antenna inclinata, par A. Garbasso. — Extrait des Rendieonti délia R. Academia dei Lincei, Rome.
- The Polytechnic Engineer. — 1 volume in-8° raisin de 144 pages. —Polytechnic. Institute, Brooklyn.
- Dictionary of métallurgie al and Chemical Material (2e édition). — 1 volume in-8° carré de 219 pages. —Metalurgical and Chemical Engineering, New-York. — Prix : broché, 1 franc.
- Les machines électriques alternatives à collecteur, par L. Barbillion. — 1 volume in-8° raisin de 148 pages avec 96 figures. — L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o.
- Cours municipal d’Electricité industrielle, tome II (2e édition), par L. Barbillion et P. Bergeon.
- 1 volume in-8° raisin de 477 pages avec 5o6 figures. — L. Geisler, éditeur, Paris.— Prix : broché 12 francs.
- Travaux du Laboratoire Central d’Electricité, tome 1. — 1 volume in-8° jésùs de 544 pages avec 2i3 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i5 francs.
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- T. XI (2* Série). — N» 37.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Les résultats de l’exercice 1909-1910 présentés à l’assemblée générale des actionnaires de la Compagnie internationale d’Électricité de Liège, qui a eu lieu le 3o juillet dernier, sont de beaucoup plus favorables que ceux de l’an dernier. Les bénéfices bruts en effet se sont élevés à 1 115 486 francs, soit à i3,4 % du capital actions et obligations, laissant un bénéfice net de 602 207 francs sensiblement égal aux 10 % du capital actions, supérieurs de i63 000 francs au bénéfice de l’exercice précédent. Cette année encore, le conseil, désireux de renforcer la situation financière de la société, a proposé de porter la totalité de ce bénéfice en amortissements; celle-ci apparaît, d’après les écritures du bilan, comme des plus satisfaisantes, puisqu’en regard d'une somme de 1 780 i58 francs figurant aux créditeurs divers, l’actif présente 2 729 493 francs de valeurs disponibles par débiteurs divers, comptes courants et espèces en caisse. La Compagnie internationale a continué pendant cet exercice la modification de son outillage en vue d’une production plus intense et plus économique du matériel électrique courant, et son carnet de commandes bien alimenté en 1909-1910 est mieux garni qu’à l’époque correspondante de l’an dernier. La succursale de Paris, qui figure à l’actif du bilan pour 353 527 francs, continue à progresser tant comme chiffre d’affaires que comme bénéfices et donne au conseilles meilleurs espoirs. Le portefeuille titres se compose principalement de 8 000 actions privilégiées de la Société Centrales Electriques, estimées à leur valeur nominale de 100 francs et dont la valeur en bourse est plus élevée. Le dividende que cette société a réparti en 1908-1909 a été de 7 fr. Go, procurant à la Compagnie internationale un revenu de 60 800 francs, et les résultats de son exercice 1909-1910 ont permis la distribution d’un dividende de 10 francs qui figurera l’an prochain au crédit du compte profits et pertes de la Compagnie internationale. Les autres titres que possédait la compagnie ont été réalisés et le succès des négociations entamées avec l’Etat belge pour la cession d’une
- partie de son domaine de Bressoux contribuera encore à consolider la situation de trésorerie que nous signalions plus haut comme satisfaisante. La politique du conseil est bien de se créer toutes les disponibilités nécessaires à l’augmentation et à l’amélioration de son outillage pour développer le chiffre de ses affaires, notamment dans les mines et les usines métallurgiques où la place de la Compagnie internationale est déjà bien marquée. Les travaux en cours au 3o avril 1910 s’élevaient à 1 862 632 francs.
- Il a été question, il y a peu de mois, d’un projet d’utilisation par certaine compagnie de chemins de fer de l’énergie électrique produite par les stations centrales de nos charbonnages du Nord. Cette idée, de même ordre que celle qui préside au transport à Paris de la force motrice du Rhône, trouvera sa réalisation certaine comme l’exemple nous en est donné par l’Allemagne avec les mines fiscales de Sarrebrück. Une importante transaction vient d’intervenir entre la direction de ces mines et l’Allgemeine Elektrizi-tats Gesellschaft aux termes de laquelle cette société serait chargée de la distribution, dans une grande partie du sud-ouest de la province rhénane et dans les pays du Palatinat et de l’empire qui l’avoisinent, de l’énergie électrique qui lui serait fournie par les centrales des mines. L’Allgemeine créerait une société spéciale dont le siège serait à Sarrebrück et dont l’action s’étendrait sur une contrée d’un rayon de 80 à 100 kilomètres.
- Ces grandes sociétés de distribution d’énergie sont en Allemagne plus ou moins prospères. A Essen, la Rheinisch-Westfâlisches Elektrizitatswerk propose un dividende de 8 % égal à celui du précédent exercice; en même temps le conseil demandera de porter le capital de 3o à 38 millions de marks, la plus grande partie des actions nouvelles devant être souscrites par les villes et districts desservis par la société. Par contre l’A. G. Kôrtings Elektrizitats-Werke à Berlin émet un emprunt de 2 millions de marks au taux de 4,5 % pour rembourser sa dette en banque ; ceci est tout au moins l’indice d’une situation financière difficile.
- D’après le rapport du Conseil d’administration de
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- 10 Septembre 1910.
- la Société anonyme des ateliers de constructions mécaniques Escher Wyss et Cie à Zurich, « les agrandissements et les changements apportés aux usines de Ravensbourg sont maintenant terminés. Il y a donc lieu d’espérer que la nouvelle centrale, avec une installation moderne de turbines à eau, aura une influence favorable sur les frais d’exploitation. D’autres installations nouvelles importantes ne paraissent plus nécessaires dans un avenir prochain. Par suite de la mauvaise situation du marché, qui fut beaucoup plus défavorable que l’année précédente, le redoublement d’activité dans l’acquisition n’a pas permis d’utiliser complètement la capacité de production augmentée des deux installations et de faire rapporter, par une augmentation proportionnée du chiffre d’affaires, les capitaux engagés pour les nouveaux bâtiments. Le chiffre d’affaires de l’année commerciale est resté un peu en dessous de celui de l’an dernier; il n’y a que dans les turbines à eau, les turbines à vapeur et les machines à glace, que les résultats sont satisfaisants, mais là encore il a fallu, dans bien des cas, par suite de la concurrence intensive, accepter, pour obtenir les commandes, des prix excessivement réduits. 11 faut encore noter un gros succès technique dans la construction des turbines à vapeur : la fourniture absolument irréprochable de 2 turbines marines, d’une puissance totale de 17000 HP., pour le contre-torpilleur G 173 de la marine allemande. »
- Le bénéfice brut est de 3 277 o/j5 francs et le bénéfice net disponible, après déduction des frais généraux et des amortissements, est de 429 880 francs. De ce bénéfice, un dividende de 6 % sera versé aux actionnaires et 23 oo5 francs seront reportés à nouveau. Le matériel en magasin figure au bilan pour une somme de 9 278 385 francs, les débiteurs pour 5 161 575 francs et les créditeurs pour 10 140 474 fr. (dont 4,2 millions comme dettes de banque).
- Nous avons signalé en son temps l’augmentation du capital actions de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. Cette opération ayant été effectuée, la Société émet une nouvelle série de 12000 obligations 5 % de 5oo francs dont le produit est destiné à l’exécution de travaux de développement de son réseau. Ces obligations, semblables en tous points aux 13 5oo obligations déjà émises, rapportent 25 francs d’intérêt payables les ier janvier et ier juillet. Elles sont remboursables au pair par tirages semestriels en 44 années au plus tard, le premier tirage devant avoir lieu en décembre 1910. Le prix d’émission est de 490 francs : il fait ressortir, sans
- tenir compte de la prime, un revenu net annuel pour les obligations au porteur d’environ 4,70 % qui paraît aussi intéressant, vu sa sécurité, que celui des fonds d’Etats étrangers de second ordre si en honneur sur notre marché officiel ou non.
- Comme on continue à tenir en haleine spéculateurs, producteurs et consommateurs, par l’annonce d’une entente des producteurs de cuivre, nous croyons in-téressantde donner, d’après l’Information, le résumé d’une étude d’un périodique russe sur la production du cuivre en Russie. Depuis 1901, la production est passée de 8468 tonnes à 18296 tonnes : en dix ans, elle a plus que doublé. L’importation qui se chiffrait en 1901 par 11 236 tonnes est tombée en 1909 à 3 488 tonnes. La progression est surtout importante depuis 1907, et dans peu de temps, la Russie s’affranchira de toute importation devenant peu après un pays exportateur. La lutte des prix recommencera, surtout si l’on pense à l’appoint que les mines africaines vont apporter incessamment ; et comme les groupes financiers intéressés sont différents, le jeu des ententes sera particulièrement difficile à conduire. L’élément prix de revient qui dépend de l’outillage des mines et de la nature des minerais permettra seul d’arriver au but, si tant est que la situation mondiale du commerce du cuivre le nécessite. Il faudra compter en outre avec l’aluminium dont la métallurgie progresse chaque jour et dont l’emploi se généralise pour les lignes de transport d’énergie. Déjà on signale que de Suisse en Allemagne l’exportation de ce métal est en augmentation de plus de 70 % pour le premier semestre de 1910 sur celui correspondant de 1909. En France, de nouvelles usines entrent en activité avec des moyens de production de plus en plus puissants, et permettant d’abaisser le prix de vente à un taux qui rend le métal plus avantageux que lecuivre, à conditions techniques égales. Cette année, les différentes sociétés de transformation du cuivre ne semblent pas s’être ressenties de cette concurrence naissante pas plus que des fluctuations de leur métal préféré. La Compagnie des Métaux, qui s’inscrit aux environs de 734, envisagerait, d’après les on-dit, une légère augmentation de son dividende qui serait porté à 35 francs ; l’Electro-Métallurgie de Dives qui cote 449 a distribué 22 fr. 5o également, en augmentation sur l’exercice antérieur; etles Tréfileries et Laminoirs du Havre qui ont monté progressivement de 190 francs à 21a, semblent indiquer ainsi que les bénéfices de l’exercice clos le £o juin dernier sont sinon supérieurs tout au moins égaux à ceux de l’an dernier.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N« 37.
- Les transactions en Métropolitain et Nord-Sud, qui avaient subi depuis quelques mois une légère diminution, reprennent avec l’annonce de l’ouverture de la ligne nouvelle Opéra-Place du Danube pour l’un et de la ligne Porte de Versailles-Notre-Dame-de-
- Lorette pour l'autre ; les recettes escomptées ne semblent pas encore justifier ces cours et l’appréciation des dépenses correspondantes passe, comme toujours,inaperçue.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Cobrèze. — La municipalité de Brives est en pourparlers avec un ingénieur pour l’établissement d’un réseau de tramways électriques.
- Var. — Une société est sur le point d’être constituée à Hyères pour l’exploitation d’une ligne de tramways d’Hyères à la gare.
- Suisse.— Le département fédéral des chemins de fer donne la liste des lignes concédées depuis juin 1909. jusqu’à fin d’avril 1910 ; elles sont au nombre de dix, comprennent un total de io8km et exigeront un capital de construction de 29 millions de francs. Le plus important de ces projets est la ligne de l’Ofenberg (Zernez-Münster), d’une longueur de 53k,n. Viennent ensuite les lignes Trogen-Heiden-Walzenhausen (22km), Bex-Evolène-les Haudères (19), Waldenburg-Balstal ( 15-5), Bienne-Meinisberg (10), Thal-Rheineck-Heiden (8-5), Rechésy-Beurnevesin-Bonfol (6), le tramway lausannois Georgette-Port de Pully (3), et enfin deux funiculaires : Coire-Mettenberg (1) et les Avants-Col de Sonloup(o-5km). Toutes ces lignes seront à voie étroite et à exploitation électrique.
- 20 lignes sont actuellement en construction, dont les suivantes : Bonfol-Pfettershausen, Sierre-Yermala, Wil-Constance, Lugano-Cadro-Dino, Bevers-Schuls, Hanz-Disentis-Ebnat-Nesslau, Blonay-les-Pléiades, Zweisim-men-Lenk. Clarens-Chailly-Blonay, Alstætten-Gais, Neuchâtel-La Coudre, Lugano-Ponte-Tresa.
- Russie. — Une société aurait obtenu la concession pour l’établissement d’un chemin de fer électrique de Saint-Pétersbourg à Imatra. Le courant électrique serait fourni par les chutes d’eau d’Imalra, et la production de force motrice permettrait d’alimenter en plus diverses entreprises industrielles le long de la ligne et à Saint-Pétersbourg.
- Belgique. — La Société des Tramways Bruxellois a demandé l’autorisation d’établir une nouvelle ligne de
- tramways électriques de l’Avenue de la Reine, à Laeken , à Jette-Saint-Pierre.
- Turquie. — Le conseil municipal de Tripoli étudie le projet de construction d’une centrale électrique pour la fourniture de force motrice aux tramways et de courant pour l’éclairage public et privé, dont nous avons parlé dans notre numéro du 6 août.
- Italie. — Les projets des tramways électriques Vo-barno-Vestone et S. Giovanni-Valdarno ont été approuvés par le Conseil supérieur des Travaux publics.
- Allemagne. — Plusieurs lignes de chemins de fer électriques sont projetées entre Cologne et Solingen, Saarlouis et ses environs, Cleve et Emmerich, Wesel et Emmerich, Rees et Empel.
- La Diète provinciale de Bavière a voté une somme de 7 5oo 000 francs, pour les premiers travaux de l’électrification des chemins de fer bavarois. La force motrice nécessaire (92 000 chevaux) sera fournie par le lac Wal-chen. Le réseau total comprend 4 iiikm, et le coût de l’électrification est évalué à 40 millions de francs.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Le Conseil municipal de Coupy a émis un avis défavorable au projet de MM. Blondel, Harlé et Mahl relatif à l’établissement d’un barrage sur le Rhône, en vue de l’établissement d’une usine hydro-électrique, dont nous avons annoncé la mise à l’enquête dans notre numéro du 2 juillet.
- Charente. — M. Ii. Charrat, ingénieur à Angoulême, a constitué « l’Energie électrique charentaise » dans le but de distribuer l’énergie électrique dans onze communes des cantons de Jarnac, Segonzac, etc.
- Côtes-du-Nord. — Une société ayant pour titre « Société Electrique de Binic, Etables, Saint-Quay et extensions », vient d’être constituée à Etables, dans le but
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- de fournir l’éclairage électrique à Bînic, Etables, Saint- ' Quay et Portrieux.
- Gard. — Le Conseil municipal d'Alais a voté, dans sa dernière séance, le renouvellement de la concession d’éclairage électrique pour une période de 40 années.
- Loire. — Une Société a été constituée à Saint-Just-en-Chevalet, par MM. Wallas et Mouterde pour la création d’usines électriques et l'exploitation de concessions communales d’éclairage électrique. La Société possède, pour quarante ans, les concessions d’éclairage de Saint-Just-en-Chevalet, Riorges , Pouilly-les-Nonains, Renaison, Saint-André d’Apchon et Saint-Alban-les-Eaux.
- ' Dans sa prochaine séance, le Conseil municipal de Saint-Etienne aura à examiner le nouveau projet d’éclairage électrique présenté par la Société « le Centre électrique ».
- Loire-Inférieure. — Comme suite à notre information du i3 août, un groupe, comprenant la Société bruxel • loise de la Mutuelle des Tramways et la Société parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et Tramways électriques, s’est constitué pour créer, à Nantes, une importante usine d’électricité.
- Le projet comprend l’établissement au bord de la Loire, en un point convenablement choisi, sans doute vers Coueron ou Port-Lapny, d’une très importante usine pour la production de l’energie électrique. L’usine nantaise actuelle deviendrait une simple station de transformation et la nouvelle installation, construite avec tous les perfectionnements modernes et sur le type de la station centrale de 100 000 chevaux, établie à Saint-Denis par la Société parisienne, fournirait tout le courant nécessaire pour l’éclairage de Nantes et de sa banlieue, pour la fourniture de force motrice aux in_ dustries de la région nantaise et pour l’électrification des tramways.
- Lot-et-Garonne. — La municipalité de Thenon a approuvé le rapport concernant le traité de l’installation de l’électricité par l’Omnium de Bordeaux.
- La Société en commandite des forces motrices d’Escoute-Penne vient d’être constituée à Penne, dans le but de fournir l’éclairage électrique aux communes de Penne, Monflanquin et Villeréal.
- Marne. — A Avenay vient de se constituer un secteur électrique pour la création et l’exploitation d’un réseau de distribution d’énergie électrique.
- Seine-et-Marne. — Le maire de Provins a signé avec la Compagnie du Gaz le traité de concession de l’éclairage électrique.
- Allemagne. — La ville de Neumünster a racheté pour 1 600 000 marks l’usine d’électricité établie par la Société continentale Waterworks-Gesellschaft de Berlin.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Turquie. — D’après le Globe, la Compagnie Marconi serait en pourparlers avec le gouvernement turc pour l’établissement de plusieurs stations de télégraphie sans fil le long des côtes et à l’intérieur des terres, qui seraient réservées au service de la Marine et de l’Armée. De plus tous les navires de guerre de la Turquie seraient, dans un avenir prochain, équipés de postes radiotélégraphiques.
- DIVERS
- Savoie. — D’après le rapport annuel de la Chambre de commerce de Lyon, la production de l’aluminium a atteint, en 1909, de 5 000 à 6000 tonnes, avec un prix moyen supérieur à celui de 1908.
- L’industrie française de l’aluminium est localisée presque toute entière dans la région de la Savoie et la Haute-Savoie, où elle emploie i36 000 chevaux de force électrique dans neuf usines. Quatre appartiennent à la Société Electro-Métallurgique française : celles de Froges (Isère), de La Praz et de La Saussas (Savoie), chacune de i5 000 chevaux, et celle de Largentière (Hautes-Alpes), 24 000 ; trois à la Compagnie des Produits chimiques d’Alais : celles de Calypso, de Saint-Félix-de-Maurienne et de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), la première avec 20 000- chevaux, la seconde 4 000, la troisième 26 000 ; la huitième, celle de Pré-mond (Saint-Michel-de-Maurienne), 10 000 chevaux, à la Société d’Electro-Chimie ; la dernière, celle de Venlhon (près Albertville, Savoie), 6 000 chevaux, à la Société d’Electro-Métallurgie du Sud-Est.
- Deux autres usines qui n’emploient pas plus de 10000 chevaux chacune sont situées dans une autre région : celle d’Auzat (Ariège), de la Société des Produits Electro-Chimiques et Métallurgiques des Pyrénées, et celle de la Neste, de la Société d’Aluminium du Sud-Ouest.
- On évalue la production des Etats-Unis et du Canada à un chiffre à peine supérieur à celui de la France ; celle de l'Allemagne, de la Suisse et de T Autriche-Hongrie à 4 000 tonnes, celle de l’Angleterre à 2 000 et celle de l’Italie à 600.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XL(2« Série). — N“37.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est, Jeumont.
- Bulletin, février 1910. — L’éclairage par lampes à arc à courant alternatif.
- Allgemeine Etektricitats Gesellschaft. Berlin.
- Elektrische Walzenstrassenantriebe.
- A. E. G. Zeitung, septembre 1910.
- Fernleitung elektrischer Energie.
- Der Elektromotor in der Gasanstalt.
- Die Ausstellung der apparatefabrik der A. E. G.
- Wind-Elektrizitatswerke.
- Société Française Oerlikon, Paris.
- Communications sur les étals de service et le fonctionnement des automotrices des chemins de fer Fribourg-Morat-Anet et Schwanderi-Elm.
- /
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Au ministère des colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris.
- Concours pour l’éclairage de la côte du Cap-Vert et de la rade de Dakar. Cautionnement définitif, 4 000 fr.
- Concours pour l’établissement d’un câble sous-marin entre Libreville et Loango-Pointe-Noire (Afrique équatoriale française). Cautionnement provisoire, 5o 000 fr., définitif, 100 000 francs.
- BELGIQUE
- Le i3 septembre, à 4 heures, aux hospices civils, à Saint - Gilles-lez-Bruxelles, rue du Fort, a5. installation de l’éclairage électrique à l’hôpital ; cahier des charges : 1 franc ; plans : 3 francs. Soumissions recommandées le 10 septembre.
- Le 16 septembre, à 1 heure, à l’Hôtel de Ville, à Bruxelles, installation de ventilateurs électriques à la salle des fêtes rue Duquesnoy; caut. : 2Ôo francs; cahier des charges : 1 franc. Soumission ledit jour, avant n heures.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de divers objets nécessaires à l’établissement d’installations électriques du service de la voie des chemins de fer de l’Etat : icr lot, gaines en bois de sapin pour protection de conducteurs électriques ; caut. : 5o francs ; — 20 lot, poteaux eu sapin n° 8 ; caut. : 600 francs ; — 3° lot, brides d’attaches de tringles creuses; caut. : 100 francs.; — 4° lot, boîtes avec serrures pour protec-
- tion de commutateur, caisse à pile, boîtes protectrices pour sonneries ; caut. : 100 francs ; — 5* lot, isolateurs intermédiaires; çaut. : 100 francs; —6e lot, ferrures pour isolateurs ; caut. : 200 francs; — 7e lot, crampons galvanisés, soudure ordinaire ; caut. : 5o francs ; — 8° lot, fil de plomb de 4mnt‘de diamètre ; caut. : 5o francs.
- ITALIE
- Le 20 septembre, aux chemins de fer de l’Etat italien, i Rome, fourniture de 4 grues à pont roulant pour l’atelier de Rimini; — le 27 septembre, fourniture de 4 presses hydrauliques et de deux machines à essayer les ressorts pour les ateliers de Turin et de Rimini et d’un chariot transbordeur pour l’atelier de Pietrarsa (adjudications internationales).
- Le 21 septembre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture d’un transformateur et d’un moteur électrique pour l’atelier de Savonne (adjudication internationale) .
- ESPAGNE
- Le 20 octobre, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, construction, avec garantie de l’Etat, du chemin de fer secondaire de Torre del Mar à Periana par Velez Ma-laga; caut. : 60 297-45 pesetas.
- ALLEMAGNE
- Le 17 septembre, à la députation des finances, à Hambourg, fourniture et montage de 10 grues électriques pour les hangars du port.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Munster, établissement d’installations électriques 400 oop marks.
- Prochainement, au service du gaz, des eaux et de l’électricité de la ville, à Altona, fourniture d’électro moteur à courant continu.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 16 septembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture et installation de moteurs à courant alternatif avec accessoires pour les ateliers de Floridsdorf.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Le 10 octobre, au ministère des travaux publics, à Buenos-Aires, fourniture de machines-outils aux ateliers du service des travaux hydrauliques, 3o5 775 francs.
- P4BIB. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 17 SEPTEMBRE 1910.
- La
- Lumière Électrique
- P r écédem me n t
- L'Eclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- êr
- gmm.
- %.
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — J. Rézelman. La détermination de la réactance, synchrone et asynchrone, p. 355.
- Extraits des publications périodiques. •— Théories et Généralités. Forces électriques et magnétiques dues à une charge électrique en mouvement, K. Tamaki, p. 363. — Sur l’application du principe de relativité aux problèmes d’électromagnétisme, T. Mizuno, p. 363. — Etude, construction et essais de machines. Nouveau dispositif de refroidissement pour moteurs hermétiquement clos, P. Amsler,p. 364. — Arcs et lampes électriques et photométrie. Une sous-station d’éclairage par arcs en série, à Milan, M. Stoppoloni, p. 364. — Influence de la forme de la courbe de tension et de la fréquence sur l’intensité lumineuse et sur la consommation effective des lampes à arc flamme à courant alternatif, Paul Hogner, p. 365. — Usines génératrices. Utilisation de la vapeur d’échappement pour la fabrication de la glace, p. 366. — Divers. Expériences sur des tubes spéciaux en mica, p. 367. — Sur les courants telluriques, B. Brunhes, p. 367. — Nécrologie. Louis Olivier, p. 368. — Variétés. Chronique des tramways électriques. Conditions à remplir dans les plans d’extension de villes pour obtenir un réseau rationnel de lignes de tramways, J.-H. Neiszen,p,368. — La cuisine à l’électricité, E. Dieudonné, p.376. — Opinion de M. Shaw sur les transports européens, p. 38o. — Encouragement apporté par les administrations d’Etat à l’initiative privée en matière de chemins de fer en France et en Allemagne, p. 38o. —Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 38i. — Renseignements commerciaux, p. 383. — Adjudications, p. 384.
- ÉD1T0RIAh
- M. Rezelman aborde, en établissant la détermination de la réactance synchrone et asynchrone, l’analyse des courants dits « de circulation » qui prennent naissance dans toute installation à courant alternatif.
- La nécessité d’étudier les deux régimes, synchrone et asynchrone, vient de la double origine des courants qu’il s’agit d’étudier : on sait en effet que certains d’entre eux sont de fréquence normale : c’est alors la réactance synchrone qui intervient — tandis que d’autres sont de fréquence supérieure : et il faut alors faire intervenir l’impédance asynchrone.
- On trouvera ici le problème posé et résolu à un point de vue très général. Après une rapide étude de l’action mutuelle d’un stator et d’un rotor, tous deux polyphasés, M. Rézel-man ramène le cas où le stator est monophasé, au cas précédent, moyennant l’addition fictive d’une bobine de self en série avec le stalor. Si c’est au contraire le rotor qui est monophasé, la machine ainsi constituée équivaut à deux autres machines aisées à déterminer.
- L’application des formules établies, à un moteur triphasé industriel termine la première partie de cet important travail, que ses
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- LA LUM1È11E ÉLECTRIQUE
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- dimensions nous ont empêché de publier intégralement dans ce numéro.
- L’entrée du Japon dans le mouvement scientifique universel n’est déjà plus une nouveauté. Cependant les publications nées de cette évolution si puissante ne sont guère connues encore du public scientifique européen. Nous signalons donc avec plaisir quelques travaux publiés dans les Memoirs of the College of Science and Engineering, de l’Université impériale de Kyoto. Le caractère en est très sérieux, mais un peu lourd ; l’influence allemande y est très visible. Mais il est permis d’espérer que l’influence de la science française se fera sentir à.son tour et que nous aurons ultérieurement à analyser de claires et sobres interprétations d’expé-riencés.
- Le dispositif de refroidissement « à circulation d’air intérieure », préconisé par M. P. Amsler, permet, paraît-il, d’améliorer dans des proportions remarquables le rendement des moteurs hermétiquement clos. L’emploi de ces moteurs est, comme on sait, très général dans les industries où il y a à craindre l’introduction de poussière dans les organes, et d’une manière générale dans les ateliers.
- La sous-staticn d'éclairage par arcs en série, à Milan, décrite par M. Stoppoloni, présente un intérêt spécial, non par la nouveauté des dispositifs, mais par le soin qui a présidé à leur agencement.
- Un travail expérimental de M. P. Hôgner montre que les meilleurs résultats sont obtenus, dans Y alimentation des arcs à courant alternatif, par l’emploi d’alternateurs dont la courbe de tension monte très rapidement. Ceci est surtout vrai dans le cas de faibles fréquences.
- L’installation pour l’utilisation de la vapeur d!échappement en vue de la fabrication de la glace, que l’on trouvera décrite ensuite, est un exemple très intéressant désolation industrielle donnée à un problème dont l’importance pratique est, en certain cas, évidente.
- Le cycle des opérations décrites correspond sans doute à un cas un peu exceptionnel, mais l’installation valait la peine d’être connue.
- Nous commençons, dans nos Variétés, à donner des extraits très larges des rapports relatifs à la traction électrique tout récemment présentés au Congrès de Bruxelles : cette série de rapports constituera notre seconde Chronique des tramways électriques, puisque la question y est traitée au point de vue général auquel nous nous plaçons précisément dans nos Chroniques.
- On trouvera enfin, sous la signature, que nos lecteurs connaissent bien, de M. E. Dieu-donné, une causerie qui examine, avec de sérieux documents, la question de la cuisine par Vélectricité, qui revient presque périodiquement dans les publications techniques, mais qui semble cependant progresser d’une manière sérieuse vers sa solution.
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- 17 Septembre 1910.
- revue d’Elegtriciïé
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- LA DÉTERMINATION DE LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE
- INTRODUCTION
- Dans chaque installation électrique à courant alternatif il y a, outre les courants principaux de fréquence normale, des courants supplémentaires de meme fréquence et autres. Les courants supplémentaires de fréquence normale se produisent entre machines synchrones :
- i° Par une sur ou sous-excitation de l’une par rapport à l’autre ;
- 2*’ Par une différence dans l’irrégularité de leur vitesse.
- Les courants de circulation de fréquence supérieure résultent des harmoniques des courbes de force électrqmotrice ou de perturbations dans le réseau, produites par variation de charge, court-circuit, etc. Pour les courants de fréquence normale, la réactance synchrone totale antagoniste et transversale vient en considération et, pour les courants de fréquence supérieure, c’est l’impédance totale asynchrone.
- GÉNÉRALITÉS
- Il est vrai que le rotor d’un alternateur synchrone porte un enroulement monophasé, toutefois, suivant la présence de niasses formant des circuits secondaires, son action par rapport au stator est de nature soi t mono soit polyphasée ou mixte, c’est-à-dire tenant un milieu entre les deux.
- Etablissons les diagrammes approximatifs d’une telle machine à pôles continus, fonctionnant comme moteur à induction, c’est-à-dire asynchrone et désignons par :
- E0 = tension par phase appliquée au stator.
- R* = Réactance du circuit magnétique principal.
- R» — Réactance du circuit magnétique de dispersion du stator.
- R„ = Rs —Rs.
- Rr = Réactance du circuit magnétique de dispersion du rotor rapportée sur le stator. Rca = R« 1"“ Rr.
- I,„ — courant de magnétisation.
- I0 = courant à vide.
- Icc = courant de court-circuit, h = courant du stator.
- It. = courant du rotor.
- A) Stator polyphasé, rotor polyphasé. Au synchronisme le courant à vide :
- L — Lu —-
- E0 _ E0
- R» -tr K Ro
- et à l’arrêt le courant de court-circuit :
- , E„ ____ E„
- “ ~ R, + R,. ~ Roc'
- Nous savons que pour une vitesse intermédiaire, le courant primaire Is, avec son décalage ®, se détermine par le diagramme du
- Fig. i.
- cercle I,.„(lig. i) (nous supposons que la résistance des enroulements soit négligeable).
- En entraînant le rotor dans le sens de rota-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2® Série.) — N® 38.
- tion du champ primaire à une vitesse supérieure au synchi’onisme, le stator fonctionne comme génératrice suivant le prolongement du cercle et en le faisant tourner en sens contraire, la machine constitue une bobine dé self, dont la réactance est constante, indépendante de la vitesse et égale à R0 et Rcc.
- L’impédance totale a donc pour limites les valeurs R„ et Rt.c.
- i° En plaçant une résistance ohmique r, en série avec le stator, le courant à vide devient :
- *01 - /_____ ____j
- , v/Roa + /V2
- et le courant de court-circuit :
- E„
- cj / y
- V Rcc2 + 7-,*
- toutefois le courant primaire I5l suit encore le cercle primitif Icc.
- 2° En introduisant une résistance ohmique rT (rapportée sur l’enroulement du stator) dans le circuit du rotor, le courant à vide ne change pas :
- I -I
- a02 — lo — -ry l\0
- et le courant de court-circuit prend, comme ci-dessus, la valeur :
- *CC 2
- 1CCj
- y/Rcc2 -f- r/
- le courant primaire Is., suit encore le même cercle.
- 3° En plaçant une bobine de self de réactance R's en série avec le stator, le courant à vide devient :
- E0
- Ro + R
- et le courant de court-circuit :
- lcc3 V»
- E„
- + RV
- Le courant primaire É3 avec son décalage <p3 se détermine ici de la même manière, mais par le cercle Icc3 (fig. 1).
- Le diagramme se présente comme si la self supplémentaire se trouvait dans l’enroulement même du stator.
- 4° En introduisant une self dans le circuit du rotor, le courant à vide conserve la valeur :
- I — I — E°
- — *0 — |5“
- A*o
- et le courant de court-circuit prend, comme ci-dessus, la valeur :
- 1 — k° .— j
- *** Rcc + R'r
- quand R'r rapporté sur l’enroulement du stator est égal à R's.
- Le courant à vide est donc un peu plus élevé, sinon le diagramme est identique au précédent avec bobine de self intercalée dans le stator.
- B) Stator monophasé, rotor polyphasé.
- Il résulte de ce qui précède, qu’il suffît de démontrer que le moteur monophasé avec l’otor polyphasé fonctionne en réalité comme un moteur polyphasé avec bobine de self en série avec le stator, pour se convaincre que le diagramme de cette machine est encore un cercle.
- Dans ce but, nous remplaçons l’enroulement monophasé du stator par deux enroulements polyphasés égaux, couplés en série, mais l’un en sens opposé de l’autre.
- L’intensité du courant étant à chaque moment la même dans les'deux enroulements, il y a production de deux forces magnétomo-trices rotatives égales, mais tournant en sens inverse. Les deux champs rotatifs qui en résultent, agiront sur le rotor comme un champ alternatif et leur action combinée y sera la même, du moment que le champ résultant atteint la même valeur maximum. Pour obtenir cette égalité, vérifions comment le bobinage de pareille machine peut être réalisé.
- a) Supposons un stator avec r rainures par
- pôle, dont nous bobinons en monophasé - r
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- 17 Septembre 1910.
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- KEVUE D'ÉLEiCTKlCITÉ
- rainures avèc S„ fils; en y faisant passer un courant de valeur efficace I„ la valeur maximum delaforcemagnétomotrice produite sera
- — — • / • S„. Ig. y/2,
- 2
- Remplaçons cet enroulement monophasé par deux enroulements biphasés, dont chacune des /• rainures par pôle contient S'„ fils par enroulement (2 S'„ fils par rainure).
- b) En couplant en série les phases des enroulements occupant les mêmes rainures, les premières seront à coupler dans le même sens, les autres en sens opposé.
- La valeur maximum de la force magnéto-motrice produite sera :
- .R. y/2 = r. S'„. L.y/a.
- Pour obtenir même action, il faut donc que
- S'„ = - S„; en effet, les forces magné to-mo-2
- trices des phases opposées s’annulent directement et les deux phases restantes constituent tout simplement un enroulement monophasé identique à a.
- Vérifions les forces électromotrices produites, le flux résultant ayant la valeur maximum "*F dans les trois cas :
- à) E0 = K.-/\S(l.r.M\ 10-“,
- 2
- c) E'o r.pii. = K'. -. r. S'„ . c. —. 1 o~8
- •i. 1
- 4
- Les volts-ampères absorbés seront :
- à) E0.R = K.-.r.S,,,.e.'F. ur*. R 2
- <) 2 E'o. R = 2. Iv'. r. S'„. c o-8. R.
- 4
- Pour que les volts-ampères soient les mêmes il faut que :
- K.-./-.S„ .r .M". io-“.R 2—. io~8.R, 2 ‘ 4
- et comme lv' = K, ou obtient :
- •1
- s;
- 7
- n
- 'X
- + lOOOtours
- -1000
- Fig. a, — Moteur 195 chevaux, 3ooo volts, 5o périodes, 75o tours pôlos ouverts.
- Tension entre bagues du rotor (en alimentant le stator en monophasé sur deux phases en série sous ü5o volts) : aa \olts
- c) En couplant en série les phases décalées, la valeur maximum de la force magnéto-motrice produite sera :
- \J-i.- r.S'n. R.\A.
- 2
- Pour obtenir même action, il faut ici, que
- donc :
- S
- S^ comme ci-dessus.
- V*
- lien résulte que la réactance par phase du circuit magnétique principal des deux enrou lements en série sera la moitié de celle de l’enroulement monophasé.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T, XI (2* Séria). — N» 38. .
- Pour avoir même réactance, il faut placer par enroulemént y/2. S'„=SK fils par rainure et appliquer par phase une tension E'„. y/2 = E„= celle de l’enroulement monophasé.
- Ainsi la réactance par phase de chacun des deux enroulements est donc la moitié de celle de l’enroulement monophasé. Il ressort des raisonnements b) et c) que l’on peut remplacer un enroulement monophasé par deux enroulements biphasés couplés en série, la réactance par phases des deux enroulements en série étant la même que celle dp l’enroulement monophasé.
- Déterminons maintenant comment fonctionne cette machine avec l’enroulement spécial équivalent.
- Supposons le rotor ouvert et entraîné à la vitesse du synchronisme -)- Y ; il tourne alors dans le sens de l’un et en sens opposé de l’autre champ.
- Le champ, qui tourne à la même vitesse -j- Y, n’y produit aucune induction, mais celui tournant à la vitesse — Y y produit une force électromotrice, correspondant à la vitesse relative 2 Y, donc de fréquence double de la normale (fig. 2).
- En fermant le cirfcuit du rotor, celui-ci constitue avec l’enroulement I du stator un moteur polyphasé, dont le rotor tourne au synchronisme, et avec l’enroulement II un moteur polyphasé, dont le champ primaire tourne en sens inverse du rotor.
- A l’arrêt, I et II représentent tous deux un moteur polyphasé en court-circuit (rotor calé).
- Il en résulte que I fonctionne comme un moteur polyphasé entre les limites de Y et o, tandis que II n’est qu’une simple bobine de self à réactance constante.
- Les enroulements I et II étant couplés en série, nous pouvons dire que le moteur, monophasé se comporte comme un moteur polyphasé ayant une bobine de self en série avec le stator.
- En désignant par
- R
- et — les difTé-2 2
- rentes réactances correspondant à chacun des enroulements, on a :
- i° Pour le courant de magnétisation
- E0 E0
- © * ~
- la tension sur chacun des deux enroulements E0
- en sérié sera — ;
- a
- 20 Pour le courant à vide :
- I» =
- E0
- K0
- 'À ‘A %
- R, V
- a * a
- la tension sur I sera : I„. — et sur II :
- 2
- 3° Pour le courant de court-circuit
- 2
- la tension sera de nouveau la même sur
- E
- chaque enroulement, c’est-à-dire —.
- Le rotor constitue un secondaire commun des enroulements I et II ; I y induit un courant Iri décalé par rapport au courant primaire et variant en grandeur suivant le diagramme du cercle; II y induit un courant Ir„ proportionnel et opposé au courant primaire.
- Le courant résultant dans le rotor est
- Ir = y/l,.,2 -(- I,.„2, étant donné que 1,., et Im sont de fréquence différente.
- Ceci explique, immédiatement, pourquoi le glissement d’un moteur monophasé asynchrone 11’est pas, comme dans un moteur polyphasé, déterminé par les pertes totales dans le rotor ; ce ne sont que les pertes correspondant à I,.,2 qui y viennent en considération.
- C) Stator polyphasé, rotor monophasé.
- En remplaçant, comme dans le paragraphe précédent, l’enroulement monophasé (du
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- 47' Septembre 1910.
- REVUE D'ELECTRICITE
- i
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- rotor) par deux enroulements polyphasés, nous trouverons, par un raisonnement assez simple, que le diagramme de base de cette machine est toujours un cercle.
- Vérifions ce qui sé passe à différentes vitesses.
- a) A vide à la vitesse V.
- . Le rotor tourne synchrone avec le champ primaire, il n’y a donc production d’aucune force électromotrice dans ses enroulements, le stator absorbe le courant à vide :
- b) En charge à la vitesse. V1 comprise entre
- Le rotor glisse par rapport au champ primaire, il y a donc production de force électro-motrice et de courants dans ses enroulements d’une fréquence correspondante, Nj.
- Les courants dans l’enroulement I produisent un champ tournant par rapport au rotor et dans le môme sens que celui-ci, de manière à tourner à une vitesse
- V
- N—N, N
- 4-v
- N,
- N
- — V— constante
- c’est-à-dire la môme que celle du champ primaire, par rapport au stator.
- Les courants dans l’enroulement II produisent un champ tournant par rapport au rotor, mais en sens inverse à celui-ci; ce champ tourne donc à la vitesse
- V
- N—N, N
- VTÎV
- par rapport au stator.
- Etant donné que la vitesse du champ II par rapport au stator diminue deux fois plus vite que le rotor glisse, le champ sera fixe dans l’espace quand le rotor tourne à la demi-
- vitesse —. Au-dessous de cette vitesse, le a
- champ U tournera dans le sens négatif par rapport au stator. Quand la vitesse du rotor
- varie de à V —, la fréquence des forces élec-
- tromotrices induites par le champ II dans l’enroulement du stator variera de V à o, et V
- pour les vitesses de — à o, la fréquence des
- forces électromotrices augmentera de nouveau de o à V.
- Ces forces électromotrices produisent des courants dans l’enroulement du stator, qui se forment sur le réseau.
- La valeur combinée de la résistance ohmique et réactance des machines génératrices et réceptrices mises en parallèle aux bornes est en général négligeable par rapport à celle du moteur; nous pouvons donc considérer que l’enroulement du stator constitue, pour l’enroulement II du rotor, un secondaire court-circuité (*).
- Nous en concluons que la machine avec stator polyphasé et rotor monophasé fonctionne comme deux moteurs polyphasés dont les rotors, calés sur le môme arbre, sont couplés en cascade et d’une manière telle, que le champ de 1 tourne en sens inverse de celui de II (fig. 3).
- %
- O
- O
- i
- Fig. 3.
- Le tableau I représente les fréquences des
- P) Ceci dépend 4el’importance du moteur vis-à-vis 4u . réseau.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N» 38.
- courants produits dans le stator et le rotor à differentes vitesses.
- Tahleau I
- Glissement du rotor R par rapport au champ primaire du stator S Fréquence du courant produit daus les enroulements I et II du rotor Fréquence du courant produit par Tonroule-mentlïdurotop, dans l’enroulement S (S') du stator Glissement électrique do l’on-roulement S (S1) du stator par rapport au champ de. l'enroulement II du rotor
- % %
- 10 5 40 800 j
- 20 IO 3o ioo ( .33 1
- 3o 1,5 20
- 33,3 16,65 16,65 100 )
- 40' 20 IO 50 | 2
- 50 25 0 0 r
- 6f) 3o 10 33,3
- 7° 35 20 57 (
- 80 4» 'io 75 h
- 9“ 45 40 89 \
- IOO 5o !)0 IOO / /
- La dernière colonne montre que l’enroulement II du rotor se comporte pour un glissement :
- i° Entre o et 33,3 %, comme bobine de
- self.
- a0 Entre 33,3 % et. :jo %, comme générateur asynchrone.
- 3° Entre 5o et ioo %, comme moteur asynchrone.
- L’enroulement I du rotor constitue, pour tous les glissements de o à ioo %, le secondaire d’un moteur asynchrone, dont l’enroulement S du stator es t le primaire ; il en résulte que l’ensemble fonctionne :
- O,
- i° Entre Y et - Y, comme un moteur poly-
- phasé avec une bobine de self f intercalée dans le rotor-,
- a0 Entre ^ Y et - Y, comme un générateur 3 2
- asynchrone II ayant une bobine de self S en série avec le stator ;
- 3? Entre - V et V = o, comme un moteur
- asynchrone II, ayant également une bobine de self S en série avec le stator.
- En effet, nous savons qu’un moteur asynchrone, avec enroulements à faible résistance ohmique, représente déjà,pour un glissement bien inférieur à 33 %, une bobine de self à réactance sensiblement constante, de même valeur que celle du moteur à l'arrêt.
- Il s’ensuit directement que, pour chacune des trois régions de vitesses i°), 2°) et 3°) envisagées, le diagramme de fonctionnement est un demi-cercle (fig. 4)-
- 3 Amp
- Fig-- 4.
- Les courants absorbés par le stator aux différentes vitesses caractéristiques sont :
- i) A la vitesse V
- Io = I,
- Eo
- R»*
- 2) A la vitesse -V :
- T' — 1 cc —
- E„
- E„
- r.5_l + + *î I’5 ïw
- 2 2
- 3) A la vitesse -V : ‘ 2
- I'o =
- Eo
- E„
- 3; ”2.+ 3. +h,
- 2 2 2 2 2
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- 17 Septembre 1910.
- REVUE ID’ÉLECTRICITÉ
- 4) A la vitesse zéro : t _ E0
- Icc—------------5----5“
- R« + Rr + + T'
- la réactance de la première machine (stator avec enroulement I du rotor comme secondaire) restant entière, tandis que celle de la seconde (enroulement II du rotor avec stator comme secondaire) est moitié. Le courant atteint deuxfois une valeur maximum I'cc et Icc. Les tensions se répartissent :
- Tableau II
- SUR LA PREMIÈRE MACHINE SUR LA SECONDE MACHINE
- 1) Iq.Rq = E0 Zéro
- /R R \ R 1
- ») i’„(R.+Rr)=r«.R«=5-Eo
- 3) r0(R, -f- Rr) = I'0.Rm I'o(— +— — —)
- \ 2 2 2 /
- 2 /R R \ R t
- 4) Icc(Rs+Rr) = I„.Rcc=-.E0
- L’enroulement du stator constitue à la fois le circuit primaire de la première machine et le circuit secondaire delà seconde, il y a donc production de courants de fréquences différentes et un ampèremètre calorique indiquera la valeur effective du courant résultant égale à la racine carrée de la somme des carrés des courants individuels.
- Il n’en est pas de même pour un wattmètre placé dans le stator ; celui-ci n’indique guère plus que la puissance correspondant au courant watté fondamental, étant donné que la tension provenant des courants secondaires est très faible.
- Il en résulte qu’il est nécessaire de séparer les deux courants pour trouver, d’après l’essai, le cos ® réel du courant fondamental.
- A cet effet, il suffit de savoir que le courant secondaire produit dans le stator est approximativement la moitié du courant primaire ; le courant fondamental est donc :
- i
- ----= o,q X le courant mesuré à
- \0’+-o,5>
- l’essai.
- E„
- 1,5. Ree’
- 361
- Le diagramme du cercle des courants fon damentaux est donc fixé en prenant les 0,9 des courants limites, c’est-à-dire offiXlcc et 0,9 XL-
- Inversement, le diagramme des courants résultant dans le stator peut être construit facilement en partant des cercles fondamentaux; on obtient ainsi le diagramme en forme d’œuf (fig. 5).
- Fig. 5.
- On s’explique facilement que l’ampèremètre doit osciller dans les environs du synchronisme de la demie et de la pleine vitesse, le courant secondaire dans le stator étant alors de très faible fréquence, correspondant au glissement.
- Il est encore à remarquer qu’une résistance ohmique dans le rotor modifie complètement la forme du diagramme; l’explication ressort du raisonnementpage356,§A, 1 et 2.
- L’analyse que nous venons de faire nous donne en outre tous les éléments permettant d’établir le diagramme exact des vecteurs; il suffit de considérer les différentes régions de vitesse pour obtenir un diagramme continu et complet. Nous nous bornerons à l’explication ci-dessus pour ne pas prolonger davantage.
- 2
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N° 38.
- L’étude ci-dessus servira à expliquer certains phénomènes que nous rencontrerons dans la suite.
- Réactance du moteur triphasé asynchrone de iy5 HP à 8pôles 3 ooo volts 5o volts yoo tours.
- La réactance de ce moteur a déjà été déterminée dans l’étude précédente sur « la réactance des moteurs asynchrones ». i° Stator en triphasé, rotor en triphasé.
- La réactance de dispersion par phase de l’enroulement triphasé du stator est :
- R,. = Xsn + xsk + x,s = 2,7a + 0,98 + 3,1 = 6,8Q, et du rotor, rapporté sur le stator,
- R,. — i,5 + 0,73 + x,6 = 3,83 0,
- d’où :
- En quadruplant l’entrefer de notre moteur, c’est-à-dire en l’augmentant de i,5 à 6““, nous trouvons :
- * _ 3a»7 + _____
- 2.27,7v^6(5-f-.3) 2.16,'!) -(- (5 -f- 3)
- = o,525 + 0,488 = 1,013,
- donc :
- et
- Rs = i95.
- 1,013.0,6
- 5a,8!
- I» =
- 16,4 ampères.
- La réactance de dispersion d’une phase du stator devient :
- Rj, -f- R,. = io,63 O.
- Rs — 2,98 -f- o,25o + 3,i = 6,33Q,
- Les champs supérieurs produisent une réactance, dont la valeur moyenne est 0,004. R„.
- La réactance fondamentale par phase correspondant à l’entrefer : Rs = igS Û, on mesure à vide I„ = 5,22 ampères pour une tension de 1 5oo volts .entre phases, d’où :
- R„ = ^2 = 167 Q; il y a donc une diminuai
- tion de (195 -j- 6,81)— 167 = 34,8 ü, correspondant à la réluctance du fer du stator et du rotor.
- Pour la réactance du stator seul, il faut prendre en idéalité Rs + 0,002 Ra, seulement cette correction est négligeable pour le courant à vide.
- L’entrefer a une influence relativement faible sur la réactance de dispersion R, + R,., mais la réactance R„ en dépend directement.
- Le rapport
- R„
- Rj -j- R,. 0,004. Ro 1
- ÜZ
- 13
- '4,8 (fig- 6).
- En général, les alternateurs ont des entrefers beaucoup plus grands et par conséquent des rapports plus faibles.
- et du rotor rapportée sur le stator,
- Rr ;= 1,67 -j- 0,18 -j- 1,6 = 3,45 Q,
- d’où :
- R* -f" Rr — 9,780.
- Le courant à vide pour la tension de 1 5oo volts entre phases aura la valeur :
- I0 = 16,4
- 52^8_________r 34,8
- ' . 1 fv ryry rnam*mmm*****—mmMM
- 52,8 + 6,33 ' ’ ‘195 + 6,8 '
- — 14,7 + 0,9 = i5,6 ampères,
- d’où :
- Ro
- 86
- i5,6
- 2. — 55,5 £2.
- Il en résulte qu’en quadruplant l’entrefer,
- . 1 1 *5,6 ^ .
- le courant à vide augmente de -— = 3 et le
- 5,22
- 1 • -4. 1 86,7 «
- courant de court-circuit de ——-, = 1,10.
- 76,6
- Le rapport
- R„
- Rs + R,. + 0,004 R0 au lieu de i4j8 (fig. 6).
- devient 5,55
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 363
- - Nous avons déjà fait remarquer dans l’étude précédente, que la réactance de dispersion du stator, avec rotor enlevé, est
- Fig. 6.
- 10,7 donc par hasard la même qu’avec le rotor placé en court-circuit et en entrefer de
- i ,5“m; nous pouvons en conclure que pour ce moteur le courant de court-circuit augmente d’abord avec l’entrefer, atteint un maximum et diminue ensuite pour se rapprocher de la valeur primitive avec rotor enlevé.
- Nous calculons pour un entrefer de ?.o millimètres :
- Ri = 3,2i -f- 0,07 -f- 3,i — 6,38 0,
- Rr =r 1,785 -f- 0,055 -f- 1,6 = 3,44 U, Rs-{-Rr = 9,82 Q.
- Nos formules permettent donc bien de constater un minimum de la réactance (X„ augmente plus vite que \k diminue) mais dans ces limites on ne peut plus compter sur une grande exactitude, l’application admissible
- dépendant du rapport - et comme, pour des
- machines établies logiquement, l’entrefer augmente avec l’arc polaire, les formules seront applicables d’une façon presque générale.
- (/I suivre.)
- J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service aux A. C. E. C.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Forces électriques et magnétiques dues à une charge électrique en mouvement. —K. Ta-maki. — Memoirs of the College of Science and Engineering (Université impériale de Kyoto), vol. II, n° 6, 1910.
- L’auteur propose une nouvelle méthode pour traiter ce problème, dont la solution classiciue a été donnée par Heaviside (*). Cette méthode conduit simplement au résultat en appliquant les équations
- (') On le traite généralement aujourd’hui par la méthode vectorielle ou par celle du potentiel retardé (Cf.Bucherer, Elektronen théorie).
- de Maxwell-Hertz à deux systèmes en mouvement, relatif, puis en explicitant les relations entre les coordonnées des deux systèmes d’après des formules données par Einstein (2).
- Sur l’application du principe de relativité aux problèmes d’èlectromagnètisme. — T. Mi-zuno. — Memoirs of the College of Science and Engineering (Université impériale de Kyoto), vol. II, n° 6, 1910.
- L’auteur utilise, comme dans le travail précédent, les équations d’Einstein, pour résoudre différents problèmes d’électromagnétisme : champ engendré
- (2) Drude Ann., vol. xvii, p. 891 (1905).
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- |LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N» 38.
- par un pôle magnétique en mouvement, par un doublet électrique en mouvement, par une sphère mobile uniformément magnétisée.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Nouveau dispositif de refroidissement pour moteurs hermétiquement clos. — P. Amsler. — Elektrotechnische Zeitschrift, 18 août 1910.
- Les moteurs hermétiquement clos sont d’un emploi de plus en plus répandu dans l’industrie moderne; or la plupart des constructeurs livrent comme moteurs blindés des moteurs de leurs types normaux dont ils recouvrent simplement les ouvertures de ventilation à l’aide de couvercles; mais, par suite de la diminution notable de la surface de refroidissement qu’entraîne ce procédé, le moteur ainsi blindé ne peut plus fournir dans des conditions d’échauffe-ment normales que 35 à 40 % de la puissance qu’il pourrait fournir en type ouvert.
- Un tel moteur est donc trop lourd et trop coûteux pour la puissance dont il est capable ; en d’autres termes la matière y est très mal utilisée.
- On a bien essayé d’augmenter la surface de refroidissement en munissant la carcasse d’ailettes; mais ce procédé a encore l’inconvénient d’augmenter le prix de revient de la carcasse. Une autre solution consiste dans l’emploi de moteurs dits à « circulation d’air » qui peuvent fournir la même puissance que les moteurs ouverts du même type ; mais, si la canalisation d’air est longue et étroite, il devient nécessaire d’adjoindre au ventilateur fixé à l’induit un ventilateur spécial placé dans la canalisation même ; en outre la canalisation elle-même est coûteuse, d’une exécution difficile, et même souvent impossible à installer dans des bâtiments déjà existants.
- Pour remédier à ces inconvénients l’auteur propose un type de moteur qu’il appelle « à circulation d'air intérieure », c’est-à-dire que le moteur est complètement blindé et ne communique par aucun côté avec l’air extérieur, mais que l’air intérieur y est constamment maintenu en mouvement par un ventilateur fixé sur l’induit qui l’aspire et l’envoie à travers le moteur, d’où il se rend ensuite à un refroi-clisseur qu’il traverse et qui abaisse sa température ; l’air ainsi refroidi est alors aspiré de nouveau et ainsi de suite.
- Le refroidisseur èst disposé dans le socle même
- de la machine qui peut dans ce but soit être sinlple-ment muni d’ailettes, soit recevoir des éléments spéciaux à circulation d’eau.
- Un moteur de levage série à courant continu de 35 chx sous 44o volts à 800 tours par minute put, muni de ce dispositif, fournir en service permanent sans échaulïement anormal la même puissance qu’en modèle ouvert, c’est-à-dire une puissance légèrement supérieure à la puissance qu’il pouvait donner en modèle blindé ventilé, alors que, complètement blindé, mais sans refroidisseur, il ne put fournir cette puissance de 35 chx que 3o minutes; sans refroidisseur et en service permanent il ne put fournir que i3,6 chx, c’est-à-dire environ 40% de sa puissance normale.
- L’auteur estime que ce moteur est appelé à rendre de grands services en particulier dans les pays chauds et certaines industries (par exemple les aciéries) où jusqu’ici à cause du prix trop élevé des moteurs blindés onavait recours aux moteurs ouverts malgré leurs inconvénients.
- J.-L.M
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- Une sous-station d’éclairage par arcs en série, à Milan. — M. Stoppoloni. — Electrical World, 28 avril 1910.
- La municipalité de Milan a terminé, à la fin de l’année 1909, une sous-station spécialement destinée à l’éclairage public par lampe à arc, sous-station qpi mérite de retenir l’attention par le soin qu’on a apporté à en faire un modèle à tous les points de vue.
- Elle est actuellement alimentée, à la tension de 8 5oo volts, au moyen d’un câble souterrain, par l’usine centrale à vapeur de la municipalité, établie aux environs de Milan, et pourvue de deux turbines à vapeur d’une puissance totale de 12 4<>o kilowatts.
- La sous-station comprend 10 unités constituées chacune par un moteur synchrone et deux dynamos Brush.
- Les deux dynamos sont chacune établies pour alimenter 160 lampes à arc, réparties en 4 circuits de 4o lampes en série ; chacun de ces circuits est à la tension de 2 000 volts et supporte un courant de 9, 6 ampères.
- Le grand avantage du système d’éclairage par arcs
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 365
- en série est, en premier lieu, de ne pas nécessiter de résistances de régulation, les lampes tendant à s'équilibrer naturellement ; en deuxième lieu, et ceci est d’un, grand intérêt, on réalise ainsi une notable économie de cuivre pour l’ensemble du réseau, spécialement lorsque les lampes sont réparties h de grandes distances ; c’est ici le cas : il y a des lampes à 3 km. de la sous-station dans une direction, et à 2, 5km. dans une direction presque opposée.
- Dans l’éclairage par lampes à arc en série, le rôle de la dynamo est de maintenir constant le courant, les lampes étant shuntées par un dispositif qui commande le mouvement des charbons et maintient constant le voltage aux bornes de la lampe.
- Les machines employées ici pour l’éclairage par arcs en série sont auto-régulatrices. Elles comportent un rhéostat et un régulateur. Le régulateur joue deux rôles : il accroît ou décroît la résistance qui shunte le circuit inducteur, et déplace les balais d’une quantité appropriée à la charge.
- Les moteurs synchrones qui actionnent chaque groupe de deux machines sont démarrés comme moteurs asynchrones à demi-voltage, au moyen d’un compensateur.
- Les machines génératrices et les moteurs synchrones sont isolés de la terre par un socle en bois de ^5 cm d’épaisseur.
- La salle des machines contient, en outre des unités génératrices, deux dynamos à courant continu de i5o kw.-n5 volts, actionnées par un moteur d’induction de au5 chevaux, 160 volts-V^ cycles, pour l’excitation des moteurs synchrones et des dynamos.
- Enfin, on a conservé dans la sous-station deux anciennes unités génératrices, fonctionnant encore bien après 14 ans de service, composées chacune d’un moteur d’induction accouplé à deux dynamos à arc Thomson.
- La sous-station possède deux tableaux : l’un est destiné aux feeders d’alimentation de la sous-station et aux moteurs synchrones ; ce tableau ne porte sur sa face avant que des appareils de mesure, des interrupteurs d'excitation, des moteurs et les poignées des interrupteurs à huile. Tous les interrupteurs à huile, tout le câblage à haute tension, les compensateurs, sont placés à environ om,6o derrière le tableau,sur une charpente en tubes d’acier; le tout est disposé de façon à rendre chaque partie facilement accessible.
- L’autre tableau est destiné aux lignes parlant des machines génératrices; les interrupteurs sont du
- types à plot, et sont isolé^ du tableau par [des tubes de porcelaine.
- Tout le câblage réunissant les tableaux aux machines, à l’exception des câbles à haule tension allant aux moteurs, aux feeders et aux parafoudres, est monté dans des tubes minces d’acier isolés intérieurement.
- L’éclairage de la sous-station est assuré par des lampes à filament métallique alimentées par du courant alternatif à basse tension obtenu au moyen d’un petit transformateur. Au cas d’une interruption de courant, ces lampes reçoivent le courant d’une batterie d’accumulateurs.
- II. B.
- Influence de la forme de la courbe de tension et de la fréquence sur F intensité lumineuse et sur la consommation effective des lampes à arc flamme a courant alternatif. — Paul Hôgner. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 juillet 1910.
- L’auteur donne les résultats d’essais qu’il a effectués sur des lampes à arc flamme Excello de 10 ampères montées par deux en série sur 110 volts, d’abord avec un rhéostat, puis avec une bobine de self.
- Ces lampes furent alimentées successivement par trois alternateurs dont les courbes de tension (e) et d’intensité (/) sont représentées respectivement par
- Machine 1.
- les figures 1, 2 et 3 (dans chaque figure les courbes de gauche se rapportent à la marche avec résistance
- Fig. 2. — Machine 2
- non inductive, les courbes de droite k la marche arec
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- bobine de self). La fréquence fut d’autre part portée de a5 à 5o, puis à ioo périodes.
- L’intensité lumineuse et la consommation relevées furent nettement plus favorables avec la machine 2
- Fig'. 3. — Machine 3.
- qu’avec la machine i et plus favorables encore avec la machine 3 qu’avec la machine 2 ; d’où l’auteur conclut que l’alternateur le mieux approprié à l’alimentation des lampes à arc flamme sera celui dont la courbe de tension montera le plus rapidement, c’est-à-dire dont la branche montante se rapprochera le plus de la verticale ; l’auteur explique ce résultat par ce fait que la résistance de l’arc est surmontée plus rapidement au début de chaque demi-période, ce qui rend l’arc plus conducteur et élève sa température.
- D’autre part les résultats obtenus avec chaque machine furent d’autant plus favorables que la fréquence était plus élevée, ce que l’auteur explique par ce fait que la température de l’arc au moment de l’inversion du courant diminue avec la fréquence de sorte que l’arc peut même s’éteindre; mais alors que la machine 1 donnait à 25 périodes un fonctionnement tout à fait instable, la machine 3 donnait encore à cette fréquence des résultats acceptables.
- Les résultats obtenus avec une bobine de self furent meilleurs que ceux obtenus avec une résistance non inductive, ce que l’auteur avait d’ailleurs établi à l’aide d’essais antérieurs.
- En résumé, conclut l’auteur, d’une façon générale et surtout pour les faibles fréquences, un alternateur à courbe de tension rapidement croissante donnera de meilleurs résultats que les autres pour l’alimentation des lampes à arc flamme à courant alternatif.
- J.-L. M.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Utilisation de la vapeur d’échappement pour la fabrication de la glace. — Electrical World, 7 avril 1910.
- La « Roldrege Lighting Company » a créé, au
- printemps de l’anhée 1909, une usine à glace d’uné production journalière de 10 tonnes, contiguë à son usine électrique et utilisant la vapeur d’échappement de cette dernière pour fournir à la fois la chaleur nécessaire au fonctionnement des appareils producteurs de glace et l’eau distillée à congeler.
- L’usine électrique se compose de deux alternateurs de 75 kw. et d’un alternateur de 5o kw. Deux des machines qui les conduisent sont à simple expansion, la troisième est une machine compound.
- La machine à glace, du type à absorption d’ammoniaque, est installée dans la chaufferie.
- Le personnel affecté à l’ensemble de l’usine électrique et de l’usine à glace comprend : trois mécaniciens et chauffeurs; deux ouvriers pour la glace; un ouvrier pour les lignes; un surveillant; un directeur.
- La seule augmentation de personnel résultant de la création de l’usine à glace a été d’un homme par équipe, soit deux hommes au total.
- En outre de l’augmentation de personnel, il faut ajouter aux dépenses d’exploitation le coût de l’énergie électrique consommée par les pompes nécessaires à la fabrication de la glace. (Cette consommation varie de i3 à 21 kilowatt-heures par tonne de glace.)
- Toute la glace fabriquée est vendue en gros à des prix variant entre 18 fr. i5 et 19 fr. 45 par tonne.
- Dans les usines à glace indépendantes, qui sont généralement du type à compression, on ne considère pas comme économique d’établir un frigorifique destiné à emmagasiner la glace pendant l’hiver pour la vendre en été.
- A l’Usine d’IIoldrege, où les conditions sont toutes différentes, on a adjoint un frigorifique pour les raisons suivantes :
- La vapeur d’échappement de l’usine électrique est constamment disponible; en l’utilisant l’hiver pour faire un approvisionnement de glace en vue de la saison chaude, on augmente considérablement le revenu de l’usine, et on diminue le prix de revient âë la tonne de glace; de plus, avec le système à absorption, une augmentation de la capacité de production journalière serait plus coûteuse qu’avec le système à compression; enfin, la vapeur d’échappement disponible pour être transformée en eau distillée ne serait pas suffisante pour réaliser une grande augmentation de cette production journalière.
- Les dépenses d'établissement de l’usine à glace d’IIoldrege, pour une production de 10 tonnes par jour, ont été d’environ q3 000 francs, Il faut femar»
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- 17 Septembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRIÇITÉ
- 367
- quer qu'elle a été établie avec* les plus grands soins dans toutes ses parties.
- Les dépenses d’établissement du frigorifique, dont la capacité est de i 000 tonnes, sont d’environ 78 000 francs, ce qui porte le prix total de l’installation à 171 000 francs. Grâce au frigorifique, la production journalière pendant la saison chaude — dont la durée est de 100 jours — est portée à 28,5 tonnes. On tient compte, dans celte évaluation, du fait que la réfrigération diminue de i,5 tonnes la capacité réelle de production journalière.
- Les diverses phases de la fabrication de la glace peuvent se résumer comme suit :
- La vapeur d’échappement traverse un serpentin contenu dans une chaudière remplie d’une solution ammoniacale. La chaleur cédée par cette vapeur produit le dégagement de gaz; ammoniac qui est dirigé dans un sécheur au sortir duquel il passe dans un condenseur à serpentin. Un courant d’eau froide circule autour de ce serpentin et l’abaissement de température qui en résulte a pour conséquence la liquéfaction du gaz ammoniac. Ainsi liquéfié, il arrive sous pression dans un serpentin, entouré de saumure, où on le laisse se détendre; des pompes font circuler la saumure refroidie par cette détente autour des bacs remplis d’eau distillée qui se congèle.
- Après sa détente, le gaz ammoniac est dirigé dans l’appareil absorbeur où il se dissout clans l’eau qu’on met en contact avec lui; cette solution est refoulée par une pompe dans la chaudière réchauffée par la vapeur d'échappement, et le cycle des opérations déjà décrites recommence.
- H. B.
- DIVERS
- Expériences sur des tubes spéciaux en mica. — R. Fischer. — The Electrician, 6 mai 1910.
- Le mica est un très bon isolant, à condition qu’il soit pur, mais il a l’inconvénient de coûter très cher, surtout lorsqu’on l’emploie en feuilles de dimensions notables.
- On a essayé cle remplacer le mica par la mica-nite, qui n’.est autre chose que des fragments de mica agglomérés à la gomme laque. Le produit obtenu coûte moins cher que le mica, mais il est notablement inférieur comme isolant.
- Les établissementsMeirowski, d’Ehrenfeld (Prusse Rhénane), ont essayé de réaliser un produit qui
- possède les avantages du mica et*de la micanite. Ils ont obtenu des tubes en superposant des feuilles de mica de petites dimensions, en agglomérant ces feuilles au moyen d'un ingrédient fusible et en éliminant ensuite la presque totalité de l’élément étranger par une forte compression à haute tempéra-
- ture.
- M. R. Fischer a expérimenté ce nouveau produit ; il a constaté que les tubes obtenus peuvent résister à des tensions de 7 5oo volts pas millimètre d’épaisseur. Il a même poussé la tension jusqu'à if> et 18 000 volts, sans avoir de pe% Ovation, pour une température de *200° centigrades. \ *
- ;c supérieurs aux micanite et d’un
- Les nouveaux tubes seraien tubes de papier et aux tubes prix moindre que le micajâ\
- C. B.
- ’ r
- Sur les courants telluriques. — B. Brunhes. — Académie des Sciences,séance du ier août 1910.
- Les expériences de B. Brunhes sur les courants telluriques, interrompues par la mort de leur auteur, ont été continuées par MM. David et Lamotte, Elles ont pour obj'et-d’étudier les courants telluriques entre des points situés à différentes profondeurs dans le sol.
- Elles ont montré l’existence, entre 5om et i£>om de profondeur, d’un point qui est au même potentiel que le surface du sol, et, entre ce point et la surface, d’un autre point correspondant à un minimum de potentiel.
- * *
- Qu’il nous soit permis de rappeler en quelques mots, à l’occasion de cette communication posthume, la carrière et les travaux clu grand savant que fut Bernaud Brunhes.
- Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, Bernard Brunhes travailla d’abord à la Sorbonne, puis se consacra au professorat. Il fut enfin nommé directeur de l’Observatoire du Puy-de-Dôme, officiellement affilié aux observatoires des autres nations, en particulier pour l’étude des phénomènes atmosphériques de nature électrique ou magnétique.
- Nombreux sont les cours qu’il a professés, à Lille, ii Dijon, à Clermont, les mémoires qu’il laisse et les articles de revue qu’il a écrits, non pas toujours uniquement pour exposer des questions théoriques, mais aussi quelquefois dans un but de vulgarisation très savante et très saine. Et, dans eût ordre d’idées,
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- 368
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2e Série). — N» 38.
- il a beaucoup contribué à élucider et répandre les pures doctrines scientifiques.
- Comme physicien, d’abord, puis comme météorologiste, Bernard Brunhes, a mis sa marque partout où son esprit si vif s’est attaché. La haute optique, la thermo-dynamique, les rayons X, le magnétisme terrestre, les courants telluriques et tant d’autres sujets l’ont occupé toujours fructueusement.
- Bernard Brunhes écrivit quelquefois dans notre Revue (‘) et collaborait assidûment au Journal de Physique.
- NÉCROLOGIE
- , Louis Olivier.
- Bien que Louis Olivier n’ait pas été un électricien, il a rendu de si grands services par la publication si remarquable qu’il a fondée, que toutes les branches de la science en ont profité. Il n’était pas de ceux qui peuvent disparaître sans laisser de souvenirs ni de regrets, et on nous permettra de rappeler en quelques mots sa vie et son œuvre.
- Né à Elbeuf le 29 juin i854, Louis Olivier étudia chez Milne-Edwards, au Muséum, puis aux laboratoires de Vulpian, Paul Bert et Pasteur.
- Ses premières recherches, consacrées à la physiologie végétale, obtinrent le prix Bordin de l’Académie des sciences en 1881.
- Après avoir collaboré avec Ch. Richet, il fut appelé au Havre pour y diriger le laboratoire municipal et faire un cours de bactériologie aux médecins de cette ville. (*)
- (*) V. Eclairage Électrique, t. IV, XXII, XXIII, etc.
- Fils d’un grand industriel, Louis Olivier s’était aussi intéressé aux questions de filature et de tissage^ et il est l’inventeur d’un dévidoir mathématique pour titrer exactement les fils, qui fut couronné par la Société d’Encouragement à l’industrie nationale.
- Mais c’est surtout comme directeur de la Revue générale des Sciences,qu’il fonda en 1890, que Louis Olivier est connu. Esprit encyclopédique, il savait choisir les plus intéressants parmi les nombreux articles qu’on lui adressait, et sur les questions à l’ordre du jour il suscitait des plus compétents les études les plus documentées. Il y faisait une large part aux questions industrielles, et il a lutté non sans succès pour l’introduction des méthodes scien-' tifiques dans la pratique industrielle.
- A sa revue, Louis Olivier avait adjoint, en 1897, des croisières scientifiques, guidées par des savants compétents, qui contribuèrent beaucoup à répandre le goût des voyages parmi nos compatriotes et l’influence française dans les milieux éclairés de l’étranger.
- Avec sa robuste santé, sa volonté tenace et sa haute intelligence, Louis Olivier était une force. Il avait beaucoup fait, en créant la Revue générale, des Sciences, pour le progrès de ces publications scientifiques, dont l’organisation est si loin encore du degré de perfection qu’elle doit nécessairement atteindre, sous peine de compromettre le progrès même de la science, et qu’il faudra bien quelque jour leur donner.
- Disparu en jdeine activité, Louis Olivier laisse une grande œuvre à perpétuer. On nous assure que cette œuvre sera continuée. Nous transmettons à tous les amis de la science cette consolante nouvelle, comme un dernier salut à la mémoire du fondateur de la Revue générale des Sciences.
- VARIÉTÉS
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- Conditions à remplir dans les plans d’extension des villes, pour obtenir un réseau l'ation-nel de lignes de tramways. — D’après le Rapport de M. J.-H. Neiszen, directeur des Tramways municipaux d’Amsterdam, au Congrès International de Bruxelles, 6-11 septembre 1910.
- L’on a déjà depuis longtemps, mis en évidence
- l’intime corrélation existant entre les exploitations de tramways et Y hygiène de l’habitation. Il est d’abord curieux de remarquer que les publications relatives à ce sujet sont bien plus nombreuses dans les pays germaniques que dans les pays latins. .
- Il convient de rappeler d’abord les considérations émises par M. Fuster, dans YAnnuiare gé-
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- néral des Tramways de France (septembre 1901):
- « La machine agricole, la coopérative, le tramway sur routes, transforment les mœurs et l’économie rurales plus profondément que toutes les lois. Dans les agglomérations urbaines et surtout dans les centres industriels, le rôle du tramway mécanique est celui d’un antidote. La vie agitée de la ville, les gros salaires, les multiples occasions d’agir et de gagner de l’argent attirent le rural, en font un ouvrier, l’astreignent à s’entasser, lui et les siens, dans les ruches sans air de nos faubourgs, à proximité du lieu de son travail. Il y apeut-être des omnibus ou des tramways à chevaux ; mais, indispensables pour assurer les transports dans l’intérieur des villes sur de courtes distances, ils ne peuvent transporter au loin sans frais excessifs, sans complications et sans grande perte de temps, le citadin qui veut fuir les faubourgs. Qu’on installe des tramways mécaniques, et tout cela changera peu à peu. La véritable raison des tramways est d’être péri-ur-bains. Les chemins de fer créent les villes ; ils ont une action centripète indéniable. A cela le tramway moderne oppose son action centrifuge, et corrige ce qu’avait de dangereux l’agglomération urbaine. »
- « Parla rapidité des trajets, le bas prix des transports, la matinalité des départs, l’habitation de ceux qui travaillent peut être installée maintenant en dehors des quartiers étouffés, où les retenait la pénurie de temps et d’argent, et nous citerions des centres où la célérité des voyages permet à l’ouvrier de retourner au logis chercher le repos que lui fournissait autrefois un commerçant plus ou moins scrupuleux (*).
- « On peut rapprocher de cette observation si juste, les paroles récemment prononcées par M. Balfour, chef du parti gouvernemental à la Chambre des Communes d’Angleterre, lors de l’inauguration de tramways électriques dans la banlieue de Londres :
- « Tout ce que le Parlement peut tenter est, à mon avis, insignifiant, quand on le compare à ce que peuvent faire les grandes entreprises comme celle-ci, pour résoudre les questions pressantes, qui provoquent l’anxiété des hommes d’Etat...
- p) Extrait d’un toast porté par M. G. Aigoin, prési dent de l’Union des Tramways de France, à la fin du banquet offert par cette association, pour clore le Congrès international des tramways, en septembre 1900.
- «
- Il n’y aurait pas de congestion dans le centre de nos grandes agglomérations populaires, si nous pouvions être tous transportés sans dépenses, et avec une vitesse sans limites, de la banlieue dans le centre de la ville. On me dit que le réseau de la Compagnie transportera i5o millions de voyageurs par an. Songez à ce que cela représente de confort, de bonheur, de civilisation pour les grandes masses entassées dans la métropole ! Voilà pourquoi j’ai cru devoir prendre part à cette réunion, voilà les raisons qui m’ont fait penser que nous 11’étions pas réunis ici uniquement par des intérêts d’ordre local ou commercial : nous nous occupons d’intérêts qui dépassent de beaucoup ceux des actionnaires. »
- Plusieurs raisons nous ont convaincu que le moment est favorablepour traiter la question faisant l’objet de ce rapport :
- i° Partout le problème de l’habitation hygiénique et confortable et, conséquemment, les projets cl’extension des villes sont à l’ordre du jour et font l’objet d’études sérieuses :
- 20 II est hors de doute que, dans l’intérêt d’une hygiène bien comprise, les villes doivent s’étendre dans le sens horizontal; cette extension cependant 11’est justifiable que si la distance de la périphérie au centre est annulée par des moyens de communication rapides et peu coûteux, c’est-à-dire par des tramways à traction mécanique, soit aujourd’hui, dans la plupart des cas, par des tramways à traction électrique (').
- Et voici où se justifie l’intervention énergique d’hommes compétents en matière de tramways : la situation n’est plus la même qu’il y a une dizaine d’années; le trafic actuel doit se faire par traction mécanique réalisant une vitesse donnée, et cette vitesse est un facteur dont il faut tenir compte dans la largeur à donner aux rues (2).
- (>) Dans ce rapport, il ne sera pas toujours possible de déterminer nettement s’il s’agit de chemins de fer d’intérêt local ou de tramways ; cette délimitation 11e semble pas d’ailleurs nécessaire.
- (2) Pour prévenir tout malentendu, nous ferons remarquer qu’aucune raison ne réclame la limitation de la vitesse des tramways dans les anciens quartiers des villes. Comme l’a fort bien montré M. l’ell, directeur des tramways du comté de Londres, lors de l’assemblée annuelle de l’Association des Tramways municipaux de la Grande-Bretagne, en septembre 1909, contrairement à une opinion courante, les tramways électriques à grande vitesse facilitent la circulation dans les rues encombrées.
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- 3° Enfin, dans plusieurs grandes villes et dans leurs environs surgira une difficulté : l’amélioration de la situation créée par l’existence de chemins de fer et de stations construites il y a un demi-siècle aux confins de la partie bâtie et se trouvant aujourd’hui en plein centre d’agglomérations formées depuis lors. Certes, des millions devront être dépensés pour parer à un état de choses qui ne cessera de deA'enir de plus en plus défectueux.
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- Principes généraux.
- Les derniers congrès internationaux des habi-tations^ à bon marché se sont tenus à Liège en 1905 et à Londres en 1907; un nouveau congrès a eu lieu en mai dernier à Vienne.
- Dans le rapport de l’éminent ingénieur Stub-ben, au Congrès de Londres, en 1907, on lit entre autres :
- « Dans beaucoup de villes du continen t et de l’Angleterre, existent d’anciens quartiers dans lesquels l’air, la lumière et la circulation laissent à désirer et dont les maisons comprennent beaucoup d’appartements insalubres. Partout, l’on se trouve dans l’obligation d’améliorer ces anciens quartiers par la mise en état des bâtiments ou leur démolition, par l’ouverture de rues et par la création de places publiques. »
- En Angleterre et en Italie l’on procède de cette manière, et ce, sur une grande échelle et à grands frais.
- Le secrétaire du Comité des Congrès, Henry B. Aldridge, s’est exprimé ainsi: « Le problème de l’habitation est l’essence de toutes les questions de la vie sociale. »
- Un des buts principaux à envisager dans l’éta-blissementdes plans et des règlements de bâtisse est de prévenir une mauvaise situation des habitations sur le territoire encore non bâti.
- En Allemagne plus qu’ailleurs, l’Etat et les communes se sont voués à cette tâche importante, et la solution de la question de l’habitation est considérée comme une affaire publique.
- A la France revient l’honneur d’avoir montré la voie dans le domaine des alignements et des améliorations intérieures des villes ; l’Angleterre est en avance sur toutes les autres nations par sa magnifique activité pour l’assainissement îles maisons défectueuses ; la Belgique, par sa loi sur les expropriations par ^ones, a donné' aux
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- communes le moyen le plus efficace d’intervenir directement dans le développement des villes et sur le marché de& habitations ; la Hollande a fait dans le même domaine des choses excellentes (1).
- Mais ce qui est d’origine allemande et austro-allemande, c’est l’idée d’englober tous les alentours non bâtis d’une ville dans un plan d’ensemble officiel de bâtisse et de fixer à l’avance, pour chaque partie, d’une façon générale, les différents modes de construction, conformément aux besoins présumables.
- A cet égard, les plans et règlements allemands de bâtisse doivent être considérés comme un des plus beaux témoignages de la participation des pouvoirs publics dans la question de l’habitation.
- Il faut remarquer que, tout récemment, l’Angleterre a voté une loi sur les habitations et que le « National Housing and Town planning Coun-cil », après avoir consulté les plans d’extension allemands et français, se donne beaucoup de peine pour diriger clans la bonne voie les projets d’extension.
- On peut déjà obtenir beaucoup par une loi analogue à celle existant en Hollande. Cette loi décrète notamment que, dans les communes de plus de 10 000 habitants et dans celles dont le nombre d’habitants s’est accru de plus de 1/0 pendant les cinq dernières années, le Conseil municipal est tenu— sauf dispense spéciale à accorder parle Conseil permanent des Etats provinciaux — de dresser un plan d’extension ; ce plan d’extension, qui est assujetti à une révision au moins une fois tous les dix ans, désigne les terrains où il est défendu de bâtir à cause de leur destination future, tels : rues, canaux, places publiques, etc.
- Un plan d’extension doit tenir compte des besoins en terrains à bâtir pendant les vingt à vingt-cinq années prochaines.
- Déjà en 1874, le « Verband deutscher Arclii-tekten une! Ingénieur Verein » formulait ce principe fondamental pour l’extension des villes : « Projeter des plans d’extension des villes consiste essentiellement à déterminer les bases
- (') Il est â remarquer que si la Franco, la Belgique et l'Italie ont le droit de se prévaloir de leur sj'stème financier, l'Angleterre peut, de son côté, en remontrer aux autres pays pour ce qui est des règlements sur la bâtisse.
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- principales de tous les moyens dé communication et de trafic : rues, trartnvays, canaux, qui sont à traiter systématiquement, donc sur une surface considérable. »
- Si l’on admet que l’accroissement annuel de la population de la plupart des grandes villes est de a à 5 % , cette population sera doublée dans une période moyenne de vingt-cinq années ; l’on devra supputer un avenir de vingt années au moins et il n’estdès lors nullement exagéré de prévoir, dans le plan, à cûté de l’agglomération bâtie, une étendue de terraip ayant i,5 à a fois cette surface. Il faut aussi tenir compte des mesures probables que les autorités compétentes prendront à la périphérie ou à proximité de la ville, concernant la démolition des fortifications, la construction de canaux, bassins, chemins de fer, gares, champs d’irrigation, etc.
- Il convient de rappeler ici que, dans les grandes villes, il est indispensable de voir les lignes de chemins de fer amener les voyageurs au cœur même de l’agglomération. La note intitulée ce La jonction directe à Bruxelles des pat-ties nord et sud du réseau des chemins de fer belges », publiée dans les Annales des Travaux publics de Belgique, fascicule d’août 1909, démontre cette nécessité déjà prouvée à Londres, à Magdebourg, à Strasbourg, à Berlin, à Dresde et à Paris où la loi du 3o mars 1898 qui autorisa la construction du réseau métropolitain stipule notamment : « La construction du réseau métropolitain devra laisser réalisable, au point de vue technique, les pénétrations des grandes lignes et leur raccordement dans Paris. »
- Or, pour les exploitants de tramways dans les grandes villes, cette solution du raccordement est souhaitable; elle leur enlèverait bien les voyageurs qu’ils auraient à transporter de et vers les gares situées à la limite de l’agglomération ou à une certaine distance de celle-ci. Mais, cette longue distance entre ces gares extra-mu-ros et la ville imposerait aux tramways une tâche si lourde que, dans nombre de circonstances, ils 11e pourraient s’en acquitter à la satisfaction générale. En admettant même que les Tramways bruxellois parviennent à organiser cette année un service si intensif qu’ils arrivent à transporter plus de 4 400 voyageurs par heure et par ligne, comme ils l’ont fait il y a quelques années à la sortie des représentations du cirque Barnum, il ressorf néaqtqoins des çopsidérations précitées
- que, dans la majorité des cas, la capacité de transport des tramways n’est pas suffisante comparée aux besoins des transports urbains aux heures d’arrivée et de départ des trains de chemins de fer, même dans les périodes d’aftluence moyenne, surtout si l’on songe que, les gares étant éloignées du centre de la ville, presque tous les voyageurs voudront utiliser le tram-way (').
- M. bran/ Steindrucker, dans une revue périodique « Der Stadtebau », fascicule de juin 1908, met en lumière que, par l’agrandissement continuel de la métropole, l’artère de circulation (rue principale) perd, visiblement sa signification originale de rue de communication entre les habitations de quartiers divers, ainsi que ce fut le cas avec la chaussée, lors de l’introduction du chemin de fer. Si l’on voulait maintenir cette, signification malgré l’augmentation des distances, il faudrait supposer la possibilité d’élargir les artères intérieures dans des proportions correspondantes à l’augmentation du trafic et à l'augmentation de vitesse de beaucoup de véhicules circulant dans les rues ; la différence entre les vitesses est, en effet, une cause d’arrêts et de rencontres qui exigerait aussi plus de largeur des voies de communication. Or, l’élargissement de ces artères intérieures étant ordinairement impossible, il se produit un ralentissement du trafic. Ces circonstances et les pertes de temps intolérables pour les habitants des faubourgs peuvent rendre nécessaire la construction de lignes métropolitaines coûteuses soit en viaduc, soit en tunnel.
- (') Il est intéressant de rappeler ici comme exemple spécial que les Tramways municipaux de Vienne ont transporté, le jour des Morts, en 1908,entre 4 et6 heures de l’après-midi, plus de 3o 000 voyageurs par heure sur une voie principale en vingt et une directions différentes.
- Il résulte de certains renseignements qui nous ont été communiqués que les Tramways bruxellois se trouveraient cette année dans la possibilité de transporter, de la ville vers les différentes entrées de l'Exposition et vice versa, environ 17 000 personnes il l’heure dans chaque sens, ce transport se faisant par cinq artères différentes. Il est également intéressant de constater que dans la seule gare de l’Exposition de celte ville, entrent et sortent les jours de grande affluence, 86 trains de tramways il l’heure. Les trains qui conduisent à cette gare offrent ainsi à l’heure, sans surcharge aucune, 7 700 places.
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- Etablis dans des conditions favorables, les tramways comportent une capacité de transport supérieure à celle des chemins de fer.
- Le trafic annuel de la plupart de ces entreprises n’atteint pas 3 millions de voyageurs par kilomètre de voie; or, leurs frais d’établissement sont très élevés : dans les conditions les plus favorables, on estime, en Allemagne, le kilomètre de voie en viaduc, à 3,6 millions de francs et à 7,2 millions pour le kilomètre en tunnel.
- Dans la Eisenbahn Technik der Gegenwart (vol. IV, chap. D, 1909), l’ingénieur Blum, abondant dans le même sens que nous, fait ressortir qu’il est regrettable de devoiç constater que la plupart des chemins de fer urbains, dans leur développement actuel, n’ont pas donné les résultats directs, économiques qu’on en avait attendus lors de leur création. Très peu donnent un bénéfice aux actionnaires et la haute finance regarde ces moyens de communication d’un œil peu sympathique. Il devient nécessaire de limiter, après les avoir étudiées très judicieusement, ces constructions aux lignes d’un trafic particuliérement intense et de ne pas les étendre trop loin dans les faubourgs; généralement d’ailleurs elles seront prolongées par des lignes de chemins de fer vicinaux.
- Ces lignes vicinales de transport suburbain et interurbain à grande vitesse peuvent être installées très efficacement et pourtant à bas prix, si les plans généraux de bâtisse ont été arrêtés en même temps que ceux des lignes.
- Les constructions grandioses de chemins de fer urbains qui pourraient rendre inutiles les tramways et les chemins de fer secondaires sur un territoire que ceux-ci pourraient desservir de façon très satisfaisante, ne sont donc à leur place que dans les agglomérations mêmes, sur des distances restreintes et là où une autre solution semble devoir être écartée.
- En somme, la nécessité d’agir énergiquement est évidente, étant donnée l’évolution constante dont il faut tenir compte; ne citons qu’un exemple édifiant dans les trois dernières décades : la population de Berlin a triplé, mais le nombre moyen de voyages par habitant est devenu huit fois plus fort et le trafic est vingt-quatre fois plus considérable.
- Dans ces conditions, on comprend facilement que la Ville de Berlin ait dernièrement mis au concours un plan d’extension de la ville, plan
- prévoyant une population double de la population actuelle et qu’elle ait affecté une somme de 200 000 marks à des prix aux meilleurs projets.
- Quand, dans un projet, l’on aura' déterminé l’emplacement des travaux d’art nécessaires (canaux, bassins, ponts, chemins de fer, gares), ou qui le deviendront dans un avenir pas trop éloigné, il conviendra d’établir les calculs concernant la densité de la population probable et le nombre d’habitations.
- II est à remarquer que chaque pays a sa manière de voir en ce qui concerne le temps que l’on peut sacrifier journellement pour se rendre à ses occupations et en revenir. En Amérique, les voyages de 1 h. 1/2 en chemin de fer sont courants; en Angleterre, la moyenne de ces distances est moindre ; dans les autres pays, elle est inférieure encore; mais, à cet égard, les habitudes se transforment aisément et il est certain que, vivant dans le calme, en dehors du bruit des agglomérations, l’homme a besoin de moins d’heures de repos et qu’il regagne ainsi le temps nécessaire aux voyages quotidiens.
- A New-York, la plus grande distance entre la périphérie et l’hôtel de ville varie entre 26 et 32km; à Chicago, elle est de 16 à 28kta ('). Il va sans dire que cette propension à la création de colonies modèles et de cités-jardins, qui a déjà donné de si heureux résultats en Amérique, mérite l’approbation générale et doit retenir notre attention.
- Si nous admettons maintenant comme démontré l’intérêt qu’ont les exploitants de tramways à l’extension des villes dans le sens horizontal, il nous faut examiner si ce serait poursuivre une utopie que penser à construire des maisons isolées ou semi-isolées en dehors de la zone de terrains de spéculation entourant les villes (2).
- () D’après les données du Bureau de statistique du Royaume de Bavière, la limite des voyages journaliers que l'ouvrier consent à faire pour se rendre à son travail est de 3o à 4okm exigeant une perte de temps de une à deux heures par jour. La moyenne est cependant beaucoup moindre : plus des 4/5 des voyages des ouvriers ne dépassent pas un rayon de 12 kilomètres.
- (2) Guslav Schimpff, dans sa monographie remarquable « Hamburg und sein Ortsverkehr », parue en igoî, a fait ressortir par un exemple qu'il est possible
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- Pour nous faire une idée à cet égard, citons le calcul de M. Moller, cité par Clemens Heisz dans la brochure : « Wohnungs reform und Local-verkehr ». Il y est dit que les frais d’établisse-iment des tramways ne sont pas importants, comparés à la valeur des terrains, et qu’on est en droit d’escompter un bénéfice d’exploitation. Les tramways ont généralement une zone d’influence d’un kilomètre de part et d’autre de la ligne; donc un kilomètre de tramway ouvre à la bâtisse deux kilomètres carrés de terrains auxquels il faut ajouter à l’extrémité de la ligne un demi-cercle d’un kilomètre de rayon. Le kilomètre de voie coûtant ioo ooo à 180 ooo francs, le mètre carré de terrain devenu terrain à bâtir n’est dès lors grevé que de 5 à 18 centimes pour 1’établissement de communications par tramway.
- L’exploitation suburbaine couvre, en général, ses frais, par une recette de 4 8oo francs par kilomètre. Il existe souvent pour les ouvriers des villes des abonnements hebdomadaires de o fr. 6o à i fr. 20 ; il suffit donc, de vendre 8o à 160 abonnements par semaine. Une surface de deux kilomètres carrés, en supposant une division en parcelles de i/6 d’hectare, fournit la place nécessaire à i 200 habitations isolées ; en estimant que la famille compte 4,2 personnes en moyenne, l’on obtient ainsi un total de 5o ooo personnes. On peut donc considérer les dépenses d’exploitation comme couvertes par les abonnements à prix réduits, car le prix du terrain ne permettant la division en parcelles de 1 /6 d’hec-
- de créer à la périphérie même de la ville un nouveau quartier pour les ouvriers.
- D'après ses calculs, un ouvrier travaillant dans les bassins du port, au lieu de demeurer à proximité où il paie un loyer de 44o francs par an, pourrait se fixer dans un nouveau quartier, situé à environ 7km du port ; par suite du prix moins élevé du terrain, son logement ne lui coûterait là que 3ia francs par an, mais il faudrait qu’il pût se rendre à son travail et en revenir par un tramway à tarif réduit, les frais de transport ne devant pas dépasser 60 francs par an. Or, à Amsterdam, existent des tarifs réduits ne donnant pas de perles et permettant, moyennant 6 centimes, des trajets sur une ligne entière (il existe même de telles lignes comportant une longueur allant jusqu’à gkm) avant j h. 1/2 du matin, de même pour le retour avant 8 heures du soir, mais en limitant la distance des voyages au prix ordinaire (maximum de 5.7k“) pour 12 centimes. Un ouvrier paie dès lors pour deux voyages par jour en 3oo journées de travail : 3oo X 0.12 = 36 francs.
- tare qu’à une assez grande distance de la ville, il faut plutôt compter sur une plus grande densité de population que celle que nous avons admise en principe et qui serait déjà suffisante.
- En Angleterre, le coût moyen des habitations à plusieurs étages est de 9 deniers par pied cube, soit environ o fr. 90 par o,o28m:1, tandis qu’on peut bâtir des maisons isolées à o fr. 45 pour la même unité. La différence entre ces deux prix suffit donc amplement à couvrir les frais de construction et d’exploitation d’un tramway suburbain.
- Rappelons encore que la Commission de Berlin, qui étudia les éléments du trafic à Londres, a émis l’avis, par la voie de son rapporteur, M. Ivemman, que pour le prix d’un logement modeste en ville, l’habitant de Londres peut habiter une maison isolée; ladite Commission crut devoir attribuer en partie cet avantage à l’existence de moyens de transport dont l’établissement a été largement conçu.
- Si l’on admet, comme le proposait le D1 Oppenheimer dans différents articles du Tag, que le ministère de l’Agriculture mette, au prix actuel, à la disposition des spéculateurs, un terrain de 6 ooo hectares dans le but de créer une cité-jardin, et que le ministère des Chemins de fer se charge d’établir les lignes à grande vitesse nécessaires : on pourrait ériger sur ce terrain une ville de 32 ooo familles, soit à peu près 160 ooo habitants. Si l’on évalue i/3 la surface nécessaire aux rues, bâtiments publics, places publiques, squares, etc., il resterait, pour la construction privée, 4 ooo hectares. Chacune des
- 32 ooo familles aurait ainsi à sa disposition 1/8 d’hectare et, en tenant compte de tout le terrain acquis, elle aurait à fournir annuellement 9 fr. 60 pour le service du capital représenté par i/5 d’hectare (l’hectare étant calculé à raison de 1 200 francs). Si toutes les familles consentaient à prendre à leur charge, outre cette somme minime, une autre de 24 francs, soit au total'
- 33 fr. 60, la création d’un fonds de garantie de i5 millions de francs pour la création d’un transport à grande vitesse par chemin de fer serait immédiatement réalisée.
- Il y a lieu de faire observer ici que, dans ces derniers temps, la question du transport à bas prix des voyageurs a pris un autre aspect par suite de l’introduction des voitures à trolley
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- sans rails (système Mercédès-Stoll et autres) (‘j/; ce système n’exige que peu de frais d’exploitation et mérite, le cas échéant, une étude spéciale. Les exploitants de tramways auraient tort de l’écarter en principe ; du reste, les sociétés exploitant des voitures à traction mécanique, autres que celles des tramways, sont déjà entrées dans notre Union (1 2).
- Il est intéressant de constater que la Belgique, grâce à un bon système de communications à traction mécanique, est un pays où presque chaque famille habite une maison entière, bien que, en Belgique, comme en France et en Angleterre d’ailleurs, le lotissement des terrains à bâtir autour des villes et le choix du genre de con-structiqn soient plus abandonnés à l’initiative privée qu'en Allemagne où, sans exclure l’intérêt privé, on l’y subordonne davantage aux besoins publics.
- Revenant à la question de la densité de la bâtisse et de la population, nous nous bornerons à mentionner qu’en Angleterre on espère ne pas dépasser un maximum de i3o habitants par hectare. Dans l’essai d’élaboration d’un plan rationnel pour le développement du « Gross Berlin », publié par une Association d’architectes de Berlin (1907), l’on compte pour les faubourgs sur une densité de population de 100 habitants par hectare.
- Les auteurs allemands émettent l’opinion que, dans les plans modernes d’extension des villes, il faut réserver i/3 de la, surface totale pour les rues, places et squares, de sorte qu’il reste a/3 pour les terrains à bâtir, en y comprenant les parcs, cimetières, abattoirs, voies ferrées, bassins, canaux, terrains d’exercices militaires, etc.
- Parmi les règlements allemands sur la bâtisse, il y en a qui influent d’une manière spéciale sur sa densité ; ce sont ceux qu’on nomme « règlements de bâtisse, par échelons » ou « règlements de bâtisse échelonnée ». Ils sont fondés sur cette opinion qu’il ne faut pas bâtir de la même façon à toute distance du cèntre de la ville : au lieu des cinq étages au-dessus du sol qui peuvent exister dans les vieilles parties de la ville, on peut interdire, pour les nouveaux quartiers, plus de quatre,
- (1) Voir Lumière Electrique, 3o juillet 1910, p. iij3.
- (2) Voir les rapports sur les autobus à l’occasion du 'Congx’ès de Munich en 1908.
- trois ou deux étages, selon qu’il s'agit d’artères de grande voirie, de rues secondaires ou de quartiers de maisons de campagne.
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- Elaboration et étude des projets.
- Des règles absolues et générales ne peuvent être fixées pour déterminer le trafic entre la banlieue, les faubourgs et l’intérieur de la ville ; nous mentionnerons toutefois qu’à l’occasion de l’élaboration d’un rapport par une Commission gouverùementale chargée d’examiner les modifications à apporter aux voies de transport par terre et par eau, aux environs de la ville d’Utrecht (116000 habitants), l’ingénieur Dewars fit une étude intéressante du trafic de piétons entre l’intérieur de la ville et les quartiers extérieurs : représentant par T le trafic total et par II le nombre d’habitants du quartier extérieur participant à la fois au flux et au reflux journaliers et au trafic ordinaire, il arrive aux formules : T — 5/3 II pour le trafic entre le centre et un quartier extérieur ; T = 8/3 H dans les conditions de l’avenir, le quartier extérieur étant devenu faubourg et ayant acquis une vitalité propre.
- Etant données ces estimations, et connaissant toutes les circonstances spéciales, c’est aux exploitants des tramways à évaluer quelle est la partie de T qu’ils doivent chercher à s’attirer.
- Dans le centre des villes, on peut admettre comme une bonne moyenne, une distance de o’im,4 entre les lignes de tramways ; d’autre part, d’après Môller, dans le territoire d’extension des villes, les tramways comportent une zone d’influence d’un kilomètre de chaque côté de la ligne. On peut se ralliera cette opinion dans le cas où une augmentation postérieure de la densité de la bâtisse n’est pas à prévoir.
- Le professeur Mahain, dans sa très intéressante étude présentée au Congrès de Londres, constate que le réseau urbain de tramways dans les plus grandes villes de la Belgique, représente une moyenne de ikm pour 5 700 habitants (’).
- (*) Comme nous l’avons vu, la Belgique est un pays de petites maisons individuelles, dispersées un peu partout. On y connaît bien les casernes et les maisons à étages, mais ce sont des exceptions. Car sur iookD1 carrés la Belgique présente i5km de chemins de fer, 25km même si l’on comprend les chemins de fer secondaires, ce qui correspond à ikm de ligne ferrée par g3i habitants.
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- Dans d’autres pays, on trouve parfois, dans le cahier des charges des entreprises de tramways, un article stipulant que l’autorité accordant la concession a le droit d’exiger une extension périodique du réseau, de manière à avoir au moins jkm de voie par io ooo habitants dans le district desservi. En réalité, dans une douzaine de villes européennes, d’une population de 5oo ooo à 800000 habitants, cette proportionnalité varie de okm,9 à 2km ce qui semble rationnel.
- Il existe donc quelques données pour évaluer le nombre de kilomètres à construire.
- L’exemple grandiose de la ville de Vienne, qui annexe à son agglomération de vastes terrains entourés de forêts et de pâturages (environ 4 4oo hectares), travail estimé à 5o millions de couronnes, ne peut évidemment être suivi par la plupart des villes, par suite des charges trop onéreuses à supporter.
- Dans les pays montagneux, l’étude du terrL toire fera peut-être choisir une direction autre que celle qui eût été la plus favorable en terrain plat ; mais encore cette solution sera-t-elle assez rare, si l’on tient compte qu’il est encore possible d’établir clés tramways électriques à adhésion sur des rampes de i3o,n“' par mètre. Il pourra arriver qu’il y ait avantage à tracer une rue dans la direction la plus avan tageuse, mais à forte rampe, cette forte rampe entraînant l’exclusion du trafic du charroi ordinaire, pour lequel on ne peut convenablement dépasser 25mm par mètre; il n’est pas alors nécessaire de projeter une rue large, attendu qu’elle ne servira qu’aux voitures de tramways et aux piétons. (En Angleterre, on est d’avis que la question des rampes, dans les artères principales du trafic, n’est plus une (question très importante, parce qu’on a reconnu la nécessité d’en bannir,à certaines heures de la journée, tous les véhicules marchant à une faible vitesse.)
- La mode actuelle est aux pavages de luxe dits insonores ; mais ces pavages en bois ou en asphalte ne sont pas à recommander pour les voies de tramways. Lors de la XIII0 Assemblée an-
- M. C. de Burleta constaté, dans une étude très remarquable parue dans la Revue économique internationale de février 1907 : « Dans aucun pays du monde, dit-il, le réseau des chemins de fer secondaires n’a pris un développement comparable il celui que nous constatons en Belgique. »
- «
- tenue à Hambourg en 1909, l’on fut unanime à déclarer qu’il faut pour les voies de tramway un pavage en pierres dures et bien retaillées, même lorsque la partie restante de la chaussée carrossable est établie en asphalte ou en bois, Des rues pavées de cette façon présenteraient d’ailleurs cel. avantage que le charroi ordinaire abandonnerait, à la grande satisfaction des exploitants, la voie du tramway, devenue moins commode pour lui ; mais de ce fait, la largeur totale donnée à de telles artères devrait être plus grande.
- Dans son livre devenu classique, Der Stadte-bau, 1907, l’éminent ingénieur-architecte Stub-ben détermine la largeur des rues parcourues par des tramways à voie normale (pour les rues comportant des tramways à écartement réduit, il 11’y a guère de différence, car la largeur même des voitures reste sensiblement la même). Il admet pour une largeur calculée d’une bordure de trottoir à l’autre :
- à"0 lorsqu’il s’agit d’une ligne à voie simple et que la circulation d’autres véhicules est tolérée. Ces véhicules ne peuvent alors stationner le long du trottoir que du côté opposé à la voie ; le passage d’une troisième voiture deviendrait impossible, là ou une voiture de tramway passe auprès d’une autre voiture arrêtée. Distance entre bordure et rail : om,îio.
- 5m dans le cas d’une ligne à double voie sans bande spéciale de rue pour le charroi général. Les voitures, charrettes, etc., ne peuvent stationner que dans les intervalles du passage du tramway, situation peu recommandable. Une telle solution ne pourrait être acceptée que sur une longueur de rue restreinte.
- 7m,5o pour une ligne à double voie avec une bande libre d’un côté ou une ligne à voie simple avec bande libre de deux côtés ; solution nuisible pour le tramway ou pour le charroi général dans l’un et l’autre cas.
- iom pour une ligne à double voie, avec une bande libre de chaque côté.
- i5m pour une ligne à double voie, avec bande de largeur double au milieu de la chaussée et une bande simple des deux côtés, permettant le stationnement le long des deux trottoirs.
- Si l’on tient compte des considérations générales formulées dans ce rapport, il semble que
- les chiffres précités peuvent être admis._
- Parmi les publications françaises traitant la question, il nous faut citer le rapport présenté
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- nuelle de l’Association allemande de Tramways au Ier Congrès international de la Route (Paris 1908), par M. Limasset de Laon, qui arrive à peu près aux mêmes chiffres que M. Stubbenî M. Limasset rappelle également, dans son rapport, la largeur réservée en France à la circulation générale, conformément au règlement du 16 juillet 1907 et au cahier des charges-type.
- Le meilleur emplacement d’une voie de tramway dans une rue est, en général, le milieu de la voie carrossable ; cette disposition rend cependant l’accès de la voiture plus difficile. En Angleterre notamment, on ne trouve guère la voie du tramway placée le long des trottoirs que lorsque les circonstances l’exigent absolument et le Board of Trade semble opposé à cette disposition.
- Lorsque la largeur de la rue est suffisante, il est préférable de réserver le milieu de la rue à la circulation des véhicules roulant à une certaine vitesse et.d’abandonner une bande de 2m,t>o de largeur le long des trottoirs pour les autres véhicules roulant moins vite et pour ceux qui ont à stationner; les voies de tramways seraient alors à installer de part et d’autre de la partie médiane.
- Pour les tramways interurbains roulant à des vitesses de 40 à 5okm à l’heure, il est à recommander d’installer les voies au centre de la route sur une bande clôturée ne laissant que de rares intervalles pour le passage transversal. C’est ainsi que, dans la banlieue d’Amsterdam, le tramway électrique d’Amsterdam à Sterdam, à Haarlem et à la plage balnéaire, occupe la partie médiane d’une route de 24m de largeur; de chaque côté de cette bande médiane existe une voie carrossable de 5m de largeur et un trottoir de 3m.
- A notre avis, on ne pourrait trop recommander l’établissement d’aubettes-abris pour voyageurs aux principaux points d’arrêt, et même en certains points, où le trafic général de la rue est particulièrement intense, des îlots de sécurité ou refuges surélevés. Il convient de tenir compte de ces moyens de sécurité dans la détermination de la largeur à donner à la rue. Ces abris et re-fuges seront d’ailleurs établis dès que la chose sera possible, aux points où la rue présente un élargissement local. Semblable élargissement dans les rues à alignement légèrement concave pèut d’ailleurs amener une disposition donnant au quartier un certain pittoresque.
- La cuisine à l’électricité.
- La concurrence industrielle oblige les entreprises à rechercher toujours de nouveaux débouchés. Cette proposition est l’énoncé d’un truisme.
- Vous êtes industriel, entrepreneur, capitaliste, vous avez engagé vos capitaux dans une entreprise urbaine de distribution d’énergie électrique. Annuellement, lors des assemblées générales d’actionnaires, on fait passer sous vos yeux des graphiques qui représentent symboliquement le résultat des opérations de l’exercice écoulé. Ces exhibitions s’accompagnent d’explications regrettablement sommaires souvent: dans un carré quadrillé on vous montre les hérissements d’une ligne capricieuse, avec des sommets vertigineux qui se rompent presque à pic sur des vallées profondes. Cette courbe tracée entre les deux perpendiculaires initiales du diagramme, limite une surface représentative de l’énergie distribuée dans le réseau d’utilisation. Ne parlons que de celle-là.
- A l’origine, le rendement des stations centrales affectées uniquement à la fourniture de l’éclairage était assez médiocre. Une amélioration notable y a été apportée par l’application du courant aux besoins divers de la force motrice.
- Néanmoins, les fluctuations des diagrammes sont encore trop serpentines. Il importe de niveler, d'uniformiser le plus possible le débit. Chacun, indique la conclusion imposée par les faits : recherche de nouveaux clients et principalement de ceux dont l’appoint de consommation se produira aux heures les moins gênantes du temps quotidien d’exploitation. On a pu constater, en effet, au cours de ces deux deiv nières années que, en dépit de l’accroissement du nombre des abonnés à la lumière électrique, la production d’énergie des usines reste stationnaire. Cette constatation s’explique par l’extension d’emploi des lampes à incandescence à filament métallique restreignant la consommation du courant par unité d’intensité lumineuse. Et à ce propos, nous entretenons l’espérance que, vu la diffusion de plus en plus considérable de ce nouveau type de lampe, la lumière électrique cessera petit à petit d’être un éclairage de luxe.
- D’autre part, l’industrie du gaz qui pendant si
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- longtemps a exercé un empire despotique, se sentant profondément menacée dans ses profits, déploie les plus grands efforts, non simplement dans la défense de ce qu’elle avait accoutumé de regarder comme son empire naturel, mais surtout en vue de l’élargir. 11 n’est guère possible de contester qu’elle a ressaisi une partie des avantages que les empiétements rapides de sa rivale, l’électricité, lui avaient ravis. Remarquez la ténacité qu’elle apporte à la recherche des petits foyers lumineux à très faible consommation, les encouragements quelle prodigue aux inventeurs d’appareils de chauffage, la farouche obstination qu’elle met à se maintenir dans les cuisines.
- Et cependant, c’est de ce fief que les électriciens doivent tendre à l’expulser.
- La cuisine à l’électricité est-elle économiquement possible aux termes où la technique en est actuellement arrivée ?
- Deux facteurs interviennent dans l’étude de ce problème industriel : d’une part, il y a lieu d’examiner la dépense en énergie consommée, et, d’autre part, les appareils ou ustensiles utilisateurs. De ceux-ci nous dirons un mot plus loin.
- Si vous interrogez une maîtresse de maison ordonnée sur le chapitre des dépenses du combustible dans la cuisine, elle vous répondra fort simplement : je sais ce que je paie par an pour le charbon et pour le gaz et, si vous voulez que je cuisine à l’électricité, ditcs-inoi ce que cela me coûtera annuellement. Le problème se réduit donc à une question de chiffres. Le service commercial de la plupart des entreprises de distribution d’énergie électrique n’a pas poussé loin ses investigations sur ce sujet. Les chiffres, les données d’expériences, c’est l’information que nous réclamons sans trêve.
- Dans les conditions les plus favorables, déclare M. von K. Wilkens (‘), un kilowatt-heure produit 8G5 calories ; un mètre de gaz en brûlant en fournit 5 ooo et de charbon 7 000. Si l’on suppose comme prix du kilowatt-heure o fr. 20, celui du mètre cube de gaz o t’r. 16, et celui de la tonne de charbon de cuisine 87 fr. 5o, la production de 1 000 calories calculée à ces divers taux revient à :
- Pour le charbon.......... 0,000371 francs
- Pour le gaz.............. o,o3a1o —
- Pour l'électricité....... 0,2.312I — (*)
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 7 juillet 1910.
- Il s’ensuit que la chaleur produite par la combustion du gaz revient à un prix 6 fois plus élevé que celle due à la combustion du charbon et que la chaleur réalisée par les procédés électriques coûte 7 fois plus cher que la même quantité de calories obtenues par le gaz.
- L’enseignement brutal à tirer de ces nombres livre l’explication des renoncements de la part du consommateur à l’emploi de l’électricité pour la préparation des aliments. Pourtant, il demeure qu’un tel jugement de proscription 11’est pas prononcé contre le gaz qui, néanmoins, entraîne une dépense 6 fois plus élevée que le charbon. Non seulement l’usage du gaz satisfait la grande masse, mais encore, sous le rapport économique, il se montre supérieur au feu de charbon. Ne sommes-nous pas arrivés à un moment de l’histoire des applications électriques, où les avantages dominants retirés de l’emploi du gaz à la cuisson des aliments se retrouveraient, avec un caractère plus prééminent encore, dans l’utilisation de l’énergie électrique aux mêmes opérations ?
- Si l’on recherche les causes qui rendent les foyers au charbon si désavantageux, on trouve en première ligne celle du faible rendement. Une grande partie de la chaleur est perdue avec les gaz de combustion qui s’échappent par la cheminée, une.autre partie est absorbée par réchauffement du foyer et de l’air du local; enfin on gaspille le temps et de la chaleur par de fréquents allumages ; une grande proportion de la chaleur obtenue est peu adéquate au but proposé et le charbon se consume, pour une large mesure, inutilement.
- En comparaison, l’appareil à gaz est propre, toujours prêt au service immédiat, s’adapte mieux aux besoins et ainsi est moins sujet à une mauvaise utilisation de la chaleur produite. l’ourlant certaines déperditions persistent quand même, que l’électricité est positivement capable d’éviter, parce que la chaleur due au passage du courant est susceptible d’être appliquée dans la région la plus proche du corps à échauffer à l’exclusion de l’air ambiant.
- Après une série nombreuse d’essais comparatifs, M. E.-13. Bittcr, ingénieur, est arrivé à ce résultat que, en se plaçant au point de vue des nécessités culinaires, il y a en moyenne annuelle équivalence entre la consommation de
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- 4 ioo'‘f de charbon, 8oom3 de gaz et 6oo kilowatts-heure en admettant que les ustensiles de cuisine soient chauffes directement par le courant.
- Adoptant comme prix unitaires des quantités susmentionnées: 40 fr. fin la tonne de charbon; ofr. 16 le mètre cube de gaz et o fr. 20 le kilowatt-heure, il estime qu’un ménage de quatre personnes aura à dépenser par an •pour la cuisson des aliments :
- Dans le cas de consommation de charbon. i6f» fr. aa
- — — du gaz....... ifofr. 00
- — — de l’électricité. laofr.oo
- Il y à bien réellement une économie de consommation de 8 % sur le gaz, mais il importe de ne pas oublier que la cuisine électrique réclame un changement radical dés ustensiles, que leur acquisition, actuellèment, est encore très dispendieuse et que, de plus, les inst ruments dès maintenant mis à la disposition des ménagères appellent de notables, perfectionnements.
- Le prix du kilowatt-heure ci-dessus est celui des usines centrales de Berlin. La cuisine électrique n’a de chance de s’implanter et de se développer que si ce prix baisse sérieusement et si on peut, par un système de location au tarif le plus modéré possible, doter les cuisines des agencements électriques indispensables. M. J. B. Gravath (*) a relevé exactement les dépenses de préparation des aliments pendant un mois, à l’exclusion du chauffage de l’eau, dans sa maison de Chicago. Il est arrivé à la conclusion que si le prix de l’électricité dépasse ofr. 10 le kilowattheure son usage est plus onéreux que le gaz au prix de o fr. 19 le mètre cube. Les diagrammes tracés par un instrument enregistreur fournissent ce renseignement précieux qui devrait attirer l’attention des usines centrales, que la cuisine électrique est capable de procurer un bon facteur de diversité.
- M. E.-II. Callahan a aussi publié un dossier
- d’expériences s’étendant sur une période de
- plusd’unan (2), concluantà une consommation de
- 264 watts-heure par personne et par repas. A la
- tenue de la convention de la Canadian Electrical
- Association de 1907, l’opinion fut exprimée que
- la consommation par personne et par repas pou-\ ’ 1
- (•) Electrical World, vol., xlix, p. 43a.
- l^)Electricaj World, vol. xlix, p. 710 et vol. 1., p. 655.
- vait avec sécurité être fixée à 3oo watts-heure.
- M. W. E. Cooperf1) énonce l’avis que l’électricité fournie au prix de o fr. 10 Iq kilowatt-heure peut être prise coin me. l’équivalent du gaz à o fr. i3 le mètre cube.
- Nous extrayons de Y Electrical World la note, intéressante suivante : dans une famille de Chicago, dont la cuisine recèle une collection complète d’appareils de cuisson électrique, une série d’expériences ont été faites en vue de déterminer la consommation mensuelle de l’énergie électrique. Toutes les préparations des aliments ne furent pas exécutées par voie électrique, mais on recourut à une combinaison de deux méthodes : électricité et fourneau à charbon. Ces essais furent institués par un employé d’une station centrale qui désirait se rendre compte de la consommation d’énergie mensuelle probable dans l’éventualité où la cuisine électrique était introduite comme auxiliaire des autres méthodes, comme cela se présenterait dans la grande majorité des cas.
- Dans une de ces expériences, on imita les conditions telles qu’elles s’offriraient dans un ménage qui posséderait un fourneau à charbon pour les grosses opérations. Toute la préparation légère ordinaire qui ne nécessitait pas un poêle était exécutée par l’électricité. La famille se composait de quatre à cinq personnes. Résultats des expériences :
- Nombre total de k.-w.-h. pour 3o jours. 77,y.
- Nombre de personnes-repas......... ‘{98
- Nombre de k.-w.-h. par repas et par
- personne........................ 0,194
- Débit maximum..................... 19 amp.
- Des essais antérieurs avaient montré que de io5 à 120kilowatts-heure étaient ordinairement consommés par mois pour tout faire électriquement, l’eau chaude étant obtenue par d’autres procédés. Cette épreuve indique que certainement il y avait eu une perte de chaleur pa'r convection au poêle et que vraisemblablement sa construction était fondée sur son mauvais principe. La consommation des fers à repasser, des réchauds et du percolateur à café s’enregistrait au taux de 20 kilowatts-heure par mois. Ce -chiffre offre un intérêt considérable puisqu’il indi-
- (*) Institution of Electrical Engineers, Londres, novembre 1908.
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- que ce qui peut s’accomplir clans bon nombre de maisons sans circuit spécial pour la cuisine.
- Le problème de la cuisine électrique se réduit a une question de tarif. Il semble résultor des chiffres d’expérience que nous avons relatés que la responsabilité du développement de cet usage incombe à l’ingénieur de l’usine centrale qui doit conquérir ce nouveau domaine, comme il s’est emparé de celui de la distribution de la force motrice.
- Diverses modalités de perception de l’énergie consommée ont etc déjà proposées. Quelle que soit la conception à laquelle on s’arrête, l’accord paraît s’établir sur un point : le prix de l’unité dé l’énergie de cuisine ne doit pas excéder o fr. io ou ofr. 12. Une semblable taxe encouragerait aussi le développement du chauffage électrique comme auxiliaire des autres systèmes. Bien qu’il ne faille pas s’attendre à ce que le poêle au charbon soit évincé par l’ustensile électrique, celui-ci est apte à s’emparer d’une position importante, égale ou supérieure à celle du fourneau à gaz en ce moment-, si le prix du kilowatt-heure ne surpasse pas o fr. 10. Le facteur de . charge des stations fournissant seulement le courant pour l’éclairage en serait hautement amélioré. La charge ainsi réalisable est justement précieuse pour ce genre de stations en leur procurant la faculté d’obvier à la diminution de la production désavantageusement influencée par l’avènement des lampes à filament métallique.
- On sait qu’en raison des variations de charges des usines suivant les heures de la journée et les saisons, une grosse fraction du matériel n’est en fonctionnement que pendant quelques heures annuellement. En dépit des longues phases de repos par lesquelles il passe, le capital qu’il représente est frappé d’intérêts et d'amortissement à payer. C’est la prélibation du capital qui se répercute sur le prix de revient du produit fabriqué. Il semble légitime d’affranchir de ces dernière charges toute consommation, de produit supplémentaire qui sc fait aux périodes des longs repos et qui hausse l’utilisation spécifique du matériel. Mais comme les dépenses fixes constituent la partie principale des frais généraux d’une usine, le courant alimentant les cuisines pourrait être fourni à beaucoup meilleur marché, attendu que sa distribution aurait lieu en dehors des heures des demandes considéra-
- bles à l’usine. De ce cùté, une réduction do tarif apparaît comme possible.
- La méthode réservant un tarif spécial pour le courant des cuisines exigerait un circuit et un compteur indépendants. Nous estimons que cette solution serait do nature à effrayer le client. Il y a aussi à craindre des tentatives de fraudes de la part de consommateurs à la conscience peu scrupuleuse.
- M. von K. YVilkens (*) s’est demandé si, pour agrandir le champ des applications électriques, une plus large base du calcul du prix du courant ne permettrait pas de le livrer quel qu'en fût le mode d’emploi. Il entrevoi t la possibilité de réalisation par l’adoption d’un tarif lié étroitement aux variations des frais généraux eux-mêmes. Les usines centrales ont à juger des dépenses d'intérêt et d’amortissement du capital de premier établissement, quel que soit le temps plus ou moins long d’utilisation du courant ou quelle que soit la charge de l’usine ; le courant doit être à la disposition du client à toute heure du jour et de la nuit. C’est le débours le plus élevé. Le règlement du reste est proportionnel au débit du courant et comprend comme facteur principal les dépenses de combustible, de graissage et les salaires du personnel.
- La quotité des frais fixes est, par conséquent, corrélative à l’importance de l’usine, autrement dit à sa plus forte charge; tandis que les pures dépenses d’exploitation se proportionnent à la quantité de courant débitée. Si nous avons bien saisi l'idée de l’auteur, il applique au premier poste de dépense une certaine somme représentant un chiffre moyen donné par l’expérience pour chaque kilowatt-heure déplus haute consommation chez le client et pour les frais d’exploitation un nombre fixe de centimes par kilo-waLt-heure. Avec ces données, il donne un tableau d’établissement du coût total du courant par an suivant la durée d’utilisation en heures. Cette méthode n’échappe pas à l’objection de la nécessité d’un second compteur.
- En résumé, il est démontré que la cuisine à l’électricité est économiquement réalisable à condition quoie prix du courant soit approprié à cet emploi. Comme la question de l’économie de la cuisine électrique est une affaire de tarif, les usines centrales auront à rechercher lg_mode de
- (*) Loc. cil.
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- perception le plus convenable en tenant compte tant de leurs intérêts que de ceux de leurs clients.
- Aussi bien, la discussion reste ouverte. Elle n’a été que préparée par ce commencement de conversation. Nous éprouverions un contentement joyeux si les ingénieurs des usines centrales voulaient gracieusement s’imposer la peine de s’emparer du sujet et d’y verser une abondante lumière.
- Em. Dieudonné.
- Opinion de M. Shaw sur les transports européens. — Electric Railway Journal, 3o juillet 191°.
- James F. Shaw est président de l’American Street and Interurban Railway Association.Après un voyage d’affaires à Londres et à Paris, il rapporte à ses compatriotes américains ses impressions d’Europe. Il a visité, sous Fégide de M. Albert H. Stenley, directeur général de la Compagnie, les installations des chemins de fer souterrains à deep level de Londres. Le champ de ses observations a été fort circonscrit ; toutefois, il croit que le public des villes américaines retirç plus d’avantages de ses débours de voyage sur les tramways des compagnies américaines que les voyageurs de l’autre côté de l’Atlantique. Les voitures et le service sont d’une qualité plus élevée, la longueur du parcours est plus grande pour la même somme dépensée par le voyageur. Les voies de tramways dans les rues de Londres sont établies d’ailleurs d’une façon remarquable, .proclame-t-il, et sont, suivant son opinion, supérieures à tout ce qui s’est fait en Amérique.
- Le problème qui se pose à Londres comme à Paris ne consiste pas simplement à mettre en circulation assez de voitures pour transporter le public qui a besoin de voyager, mais d’assurer un service qui attirerait les voyageurs et les détournerait de l’usage des voitures, auto-taxis et des omnibus à traction mécanique. M. Shaw ajoute qu’aucune voie souterraine de l’étranger n’approche de l’intensité du trafic ou de l’étendue du service du New-York Subway.
- E. D.
- Encouragement apporté par les administrations d’Etat à l’initiative privée en matière de cÈemins de fer en France et en Allemagne. — Elektrôtechnische Zeitschrift, 1.4 avril 1910.
- Après avoir passé en revue d’une façon très dé-
- taillée les avantagés consentis par l’Etat et les départements français aux concessionnaires des réseaux de chemins de fer privés, sous forme d’avances et de garanties, l’auteur reproche aux administrations autonomes des Etals allemands leur attitude peu encourageante à l’égard des concessionnaires ou demandeurs en concession de réseaux privés en Allemagne.
- C’est là évidemment la raison pour laquelle les capitaux français se portent beaucoup plus volontiers que les capitaux allemands vers les entreprises de chemins de fer. Cependant tout chemin de fer procure des avantages considérables à la population desservie et imprime une vigoureuse impulsion au développement du commerce des régions qu’il traverse, de sorte que l’Etat en profite indirectement; mais les Etats allemands semblent, par suite d’une conception étrange, préférer imposer aux exploitants des charges très lourdes pour eux et qui l'apportent à l’administration une somme à vrai dire peu importante pour elle, mais précieuse pour l’exploitant.
- Celui-ci voit ainsi disparaître au profit de l’Etat une grande partie des bénéfices de l’entreprise dont, contrairement à ce qui se passe en France, il est seul à supporter tous les risques. En France, en effet, l’administration départementale use de tous les moyens que lui concèdent les lois pour encourager l’initiative privée et rendre l’exploitation prospère et rémunératrice ; elle a d’ailleurs une grande confiance dans l’exploitation privée, tandis qu’en Allemagne les administrations d’Etat semblent désireuses de prendre elles-mêmes l’exploitation en mains. Il est pourtant certain que les résultats d’exploitation par l’Etat n’ont en général été favorables ni à ses finances ni à la population. En général, lorsqu’en Allemagne un réseau privé passe entre les mains de l’Etat il s’ensuit d’abord une augmentation des tarifs, et souvent ensuite une augmentation d’impôts.
- Il faut reconnaître toutefois que l’administration impériale semble porter plus d’intérêt à l’initiative privée que les administrations autonomes des Etats confédérés. Malheureusement,il n’est pas en son pouvoir de faire en sorte que l’administration de chaque Etat laisse à l’exploitant ce qui lui revient, à savoir le bénéfice de son entreprise et la prime pour le garantir des risques qu’il court.
- Si un demandeur en concession s’avisait de proposer en Allemagne un contrat établi sur les mêmes bases que les contrats normaux en France, c’est à peine si l’on prendrait sa demande au sérieux.
- J.-L. M.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Tous les journaux financiers et techniques ayant parlé de la fusion de la Banque pour Entreprises Electriques à Zurich et de la Société d’électricité Lahmeyer et Cie, nous donnons ci-dessous un aperçu de la situation de la Banque, telle qu’elle résulte du dernier bilan, au 3o juin, dont les résultats ont été soumis à l’assemblée générale ordinaire des actionnaires du 31 août dernier. Le capital actions est de 4o millions ; le capital obligations tant en titres 4 % qu’en titres 4 1/2 % , s’élève à 43 093 000 francs. Les réserves ordinaire, spéciale et pour prime de remboursement des obligations sont de 5992 940 fr. ; les créditeurs divers figurent pour 4 74» 944 francs. A l’actif, en contre-partie, 71578887 francs représentent des titres ou parts de sociétés de construction et d’exploitation : 10704040 francs des avances en compte courant et 2 865 824 francs constituent des versements sur des participations syndicales. L’avoir en banque s’élève à 11 o36 764 francs et les valeurs diverses atteignent 3 022 759 francs.
- Le compte rendu du conseil d'administration donne sur chacun de ces postes de l’actif les renseignements les plus complets : énumération détaillée des valeurs du portefeuille, nombre d’actions possédées, leur valeur nominale, leur revenu sur la base du dernier dividende. Un tableau annexe permet de suivre le développement des sociétés électriques auxquelles la banque est intéressée, en fixant pour l’exercice soit l’augmentation du nombre des kilowatts-heures produits pour les sociétés d’exploita-tation, soit la prôgression du nombre des voyageurs pour les sociétés de transport. On remarque ainsi que les intérêts de la Banque pour Entreprises Electriques sont disséminés partout : Gênes, Séville, Barcelone, Strasbourg, Rheinfeldcn, Berlin, Saint-Pétersbourg, Lucerne, Naples, Milan; les tramways de Gênes, le métropolitain de Berlin, le chemin de fer de Solin-gen sont parmi les entreprises de transpoi’t dont les actions sont en portefeuille. Au titre des sociétés financières, notons 3 600 actions de l’Union ottomane nouvellement créée pour les entreprises électriques en Orient, 1 000 actions de la Société centrale pour l’industrie électrique, et 1 020 actions de la Compa-
- gnie Centrale d’Energie Electrique, ces deux dernières ayant leur siège à Paris. Nous verrons plus loin la nouvelle de l’augmentation du .capital de la Société Centrale.
- Tout en ne donnant que le montant total des avances en compte courant, le rapport énumère cependant toutes les entreprises qui en ont bénéficié au cours de l’exercice. Enfin, au paragraphe des participations syndicales, le conseil fait connaître celles qui ont été liquidées pendant l’année, comme celles qui ont été admises par lui. Le produit de tous ces placements évalués à 85 148 752 francs est inscrit au crédit du compte profits et pertes pour 6327 545 fr. ; soit un revenu brut de 7,44% . Les valeurs diverses qui sont inventoriées au rapport, comme les précédentes, ont rapporté de leur côté 253 178 francs, soit un revenu de 8,3%, taux légèrement supérieur au précédent.
- En résumé, les résultats de l'année, déduction faite des frais généraux et intérêts des obligations, se traduisent par un bénéfice net de 41974^0 francs qui ont été répartis de la manière suivante :
- Actionnaires : premier dividende de 4 % . i 600 000,00 Au conseil et à la direction.......... 194 808,7!)
- Le solde augmenté du report de l’exercice précédent, soit 2 586 533 fr., a reçu l’affectation suivante :
- Alix actionnaires : 2e dividende de 6 % .. a 400 000,00 Reporté nouveau............................ 186 533,00
- Chaque action de 1 000 francs reçoit donc un dividende total de 100 francs ou 10% . Etant donnée la dissémination dés intérêts de la Banque, on peut juger par ce résultat de l’essor pris par l'industrie électrique dans tous les pays, soit qu’il s'agisse de distribution de lumière et de force, soit qu’il s’agisse de transport; elle n’a jamais manqué d’occupation, dit le rapport ; toutefois celui-ci ajoute que les lourdes charges imposées par les Etats aux entreprises fondées en vue de l’exploitation des forces hydrauliques, lèse ces entreprises autant du reste que les industries des contrées avoisinantes. Les paragraphes que le conseil a consacrés dans son rapport aux maisons de construction et à l’avenir de la traction électrique ont une importance particulière au regard
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- delà fusion projetée et réalisée maintenant: « Ainsi « que nous l’avons fait ressortir à plusieurs reprises k dans nos rapports précédents, nos participations ’« aux sociétés de constructions se sont maintenues « dans une étroite limite ; la marche plus ou moins a bonne des affaires de cette branche n’a donc pas « d’importance directe pour nous. Toutefois, nous « nous plaisons à constater que le mouvement des « affaires de ces sociétés peut être considéré actuel-« lement comme satisfaisant, quoique la concurrence u soit des plus vives et bien que les prix aient subi « de ce fait une forte dépression. En raison des « grandes commandes que doivent recevoir les mai-« sons de construction dans un temps assez proche, « par suite de l’introduction de la ti'action électrique, l’avenir de celte importante branche ne doit pas être considéré comme défavorable. »
- Et alors, en se reportant au tableau des valeurs de placement, on ne trouve au titre entreprises de construction que 400 actions de la Société Brown-Boveri et C10 d’une valeur de 5oo 000 francs, sans rapport, en elïet, avec l’importance des autres participations et dont le dividende de cette année a été de 8 % au lieu de 11 % pour l’exercice précédent. Il n’y a pas là de contradiction avec les sentiments exprimés par le rapport. Cependant l’avenir réservé à la traction électrique a dicté la nouvelle conduite de la Banque pour Entreprises Electriques.
- Tous les Etats, sauf l'Allemagne, semblent « accorder une attention plus que platonique à cette importante transformation » ; mais il est nécessaire de s’organiser pour pouvoir traiter d’une manière rationnelle toutes "les affaires de ce genre ; et dans ce que l’on pourrait appeler un manifeste économique, la Banque pour Entreprises Electriques et la Société d’Electricité Lahmeyer et Ci0 de Francfort-sur-le-Mein exposent les raisons d’une fusion qui donne le démenti le plus formel au passage du rapport cité plus haut.
- La déclaration des conseils d’administration des deux affaires reconnaît qu’actuellcment, en Allemagne, un courant d’opinion entraîne les communes à exploiter elles-mêmes leurs installations électriques ; que les concessions pour les centrales et les tramways de grandes villes sont toutes en cours, et que les Sociétés d’entreprises électriques doivent se tourner vers les aménagements des forces hydrauliques, les constructions de centrales régionales et es entreprises en pays étranger. Gomme la période
- d’installation et de mise en train est toujours longue dans les deux premiers cas, les sociétés drenlrepriscs ne peuvent y consacrer de capitaux que si leur situation financière, et le revenu des affaires constituées antérieurement, leur permettent d’attendre pendant plusieurs années le développement normal de ces nouvelles installations. Mêmes nécessités pour les affaires à créer en jjays étrangers dont l’industrie naissante exige des capitaux importés et une organisation technique que la fusion avec une société de construction peut seule assurer.
- La difficulté pour fusionner en particulier avec la Société Lahmeyer venait de l’existence dans l’actif de celle-ci de iG millions d’actions de la. Société Eeltcn et Guillaume Lahmeyer. Elle paraît avoir été tournée de la façon suivante : la Société Générale d’Electricité de Berlin acquerrait ces 16 millions d’actions ainsi qu’une somme égale appartenant à un gros actionnaire de Cologne ;en échange, elle offrirait de scs actions anciennes et en créerait de nouvelles.
- Pour l’instant,60 %.des actions de la Société Lahmeyer ont été échangés contre les actions de la Banque pour Entreprises Electriques, conformément aux décisions de l’Assemblée générale du 3i août dernier: les actionnaircs.de Lahmeyer ont reçu trois titres de la Banque pour quatre des leurs. Le capital de la Banque.a été porté dans ce buta Go millions de francs. Cet appui financier donnera à la Société Lahmeyer l’assurance d’une situation à opposer à celle des groupes Berginann*, ou Brown-Boveri, ou Siemens-Schuckert.
- Berlin annonce d’ailleurs la constitution définitive de la Société d’Enlreprises Electriques Bergmann, fondée par les Usines Berginann, M. Rosenthal et M. Bartmann, au capital de 12 millions dé marks.
- Brown-Boveri, avec le secours de la Société d’Es-compte delà Basse-Autriche, constitue la Société des Usines Autrichiennes Brown-Boveri, au capital de 4 millions 1/2 de couronnes, en Viic dé la reprise de la fabrique de la Société réunie d’Electricité, .autorisée par le gouvernement autrichien.
- La liliale de la Société Brown-Boveri, de Mannheim, n’a pas obtenu en 1909-igio de meilleurs résultats que la Société mère elle-même ; malgré l’augmentation du chiffre d’alîaires, ses bénéfices nets sont tombés de 5a5 000 marks à 3.4 u. 000, exigeant une réduction du dividende de G % à 4 % .
- D. F.
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- 17 Septembre 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Haute-Savoie. — Le Conseil général a volé l’établissement d’un réseau de tramways départementaux à Annecy, Seyssel par Frangy et Annecy Saint-Julien. Les frais seront couverts par des emprunts successifs.
- Belfort. — M. J. Japy a proposé au Conseil général l’établissement d'une ligne de tramways électriques reliant le territoire de Belfort et le département du Doubs. Cette ligne qui irait de Delle it Beaucourt, passerait par Badevel, Fèche-l’Eglise et Montbouton.
- Haute-Vienne. — Le département de la Haute-Vienne est autorisé, à emprunter une somme de 227 200 francs, applicable aux frais d’établissement des tramways des Landes à Saint-Yrieix et de la Chabroulie à Saint-Mathieu, déclarés d’utilité publique par décret du 3o mars 1910.
- Russie. — Une société anglaise étudie le projet d’établissement d’un chemin de fer électrique entre Sébastopol et Alushta.
- Suède. —La Swenska Allmanna Eleclriciliits Aklie-bolag de Wesleras et la Société Siemens-Schuckert de Berlin, ont été chargées, parla direction des chemins de. fer de l’Etat suédois, d’établir une importante station centrale électrique à T’orju pour la fourniture de la force motrice à une section des chemins de fer suédois.
- Autriche-Hongrie. — La municipaliié de Smichow a décidé de faire procéder à la construction d’un tramway électrique entre Neu-Smichoiv et Malvazinka-Friedhof: le devis s’élève à un million de francs.
- Espagne. — Un tramway électrique de six kilomètres de long va être construit entre Barcelone et Rabas-sada.
- La Société Anonyme des Tramways de Barcelone demande des soumissionnaires pour la construction de deux nouvelles lignes de tramways électriques.
- Chili. — M. Owen Leonard Mc Dermoll a été autorisé à établir un chemin de fer électrique de Anlofagasta à Mejillones. Le délai d’exécution est du 28 mai 1912.
- Allemagne. — Plusieurs lignes de tramways électriques sont projetées entre Wiesloch, Speier et Rhcirigonheim et entre Dortsfeld et Kirchlinde.
- Une compagnie, au capital de i5 millions de francs, a été fondée avec l’appui de l'AIigemeiue Electrieitiits-Gesellschaft et de Siemens-Schuckert, pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer électrique à grande vitesse entre Cologne et Dusseldorf.
- Italie. — La Société Anonyme des Chemins de fer vicinaux a été fondée à Rome au capital de 1 600000 lires, dans le but de construire un chemin de fer, d’une longueur de i34 kilomètres, de Rome il Anticoli et à Fro-sinone avec embranchements à Frascali et Guareino.
- ÉCLAIRAGE
- Bougues-du-Riione. — La Société des Forces motrices du Fier vient d’être définitivement constituée par les soins de M. A. Grammont de Pont-de-Chéruy, de la Compagnie du Gaz de Lyon, et de la Compagnie Continentale Edison. Elle a obtenu la concession de l’éclairage électrique d’Aix-les-Bains.
- Haute-Garonne. — Le Conseil municipal de Ville-franche a définitivement adopté le traité d’éclairage électrique et autorisé le maire à signer le contrat.
- Haute-Savoie. — La municipalité de La Roche a voté une somme de 10 000 francs pour l’installation de la lumière électrique dans la ville et dans les établissements communaux.
- Indre. — Le Conseil municipal de Châteauroux a reçu une demande de concession d’éclairage électrique émanant de la Société «le Centre Electrique ». Cette Société, qui vient d’obtenir la concession d’éclairage de Bourges, est déjà concessionnaire des villes d’Argenton, de Saint-Ainand et de Vierzon.
- Loire. — Le Conseil municipal de Saint-Etienne a voté une somme de 6 000 francs pour l’installation de turbines destinées à produire l’éclairage électrique du théâtre.
- Manche. — Le préfet a décidé la mise à l'enquête de la concession de l’éclairage électrique de Granville demandée par la Compagnie Normande des services départementaux et municipaux.
- Nièvre. — Comme suite à notre information du 16 juillet, la Société d'éclairage de Decize vient d’être constituée légalement ; le Conseil d’administration va
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- faire activer les travaux de manière que Decize et Saint-Léger-des-Vignes soient éclairés à l’électricité au mois de novembre prochain.
- Seine-Inférieure. — La municipalité d’Eu a reçu l’approbation de la préfecture concernant la concession de l’éclairage électrique. La Compagnie du gaz sera probablement agréée comme concessionnaire.
- Vaucluse. — Le Conseil d’arrondissement a adopté un vœu relatif à l’établissement de l’éclairage électrique à Pontet.
- Siam. — Le Bulletin Commercial de Bruxelles annonce que l’Administration siamoise de la liste civile vient de passer un contrat avec une maison de Bangkok pour l’installation complète de l’électricité dans le nouveau palaiç royal de Petchaburi, actuellement en construction.
- La contrat comprend, indépendamment de la pose des lils et des appareils, la fourniture des lampes, candélabres, lustres, ventilateurs, etc.
- L’ensemble de l’entreprise est estimé à environ 5oo ooo francs,
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Anonyme Westinghouse, Le Havre.
- Régulateur automatique de glissement à résistance liquide pour le réglage de la marche des moteurs d’induction avec volants.
- Excitatrice amortisseur d’à-coups W. B. pour moteurs de laminoirs à courant continu.
- Liste de références des principales installations de chemins de fer monophasés matériel Westinghouse.
- Thomson-Houston, Paris.
- Bulletin mensuel, août 1910. — Compagnie égyptienne Thomson-Houston.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Vivet et (Electricité). — Durée : 10 ans. —
- Capital : 64 700 francs. —r- Siège social : 77, rue Aubagne, Marseille.
- Société Sariadajs. — Objet: production, achat, transport, vente de l’énergie électrique. — Siège social : 43, rue Nicolo, Paris.
- Société </’Eclairage électrique de la ville de Capvern. — Objet: exploitation d’un secteur électrique. —‘ Siège social: Capvern (Hautes-Pyrénées).
- La Séquanaise Electrique. — Objet: applications électriques. — Siège social : 3, rue d’Athènes, Paris.
- Compagnie Electrique de Bourgogne. — Durée : 5o ans.
- — Capital : 760 000 francs. — Siège social : Tart-le-Bas (Côte-d’Or).
- Société Anonyme de ta lampe M. S. — Capital : 200000 fr.
- — Siège social : 9, boulevard Rochechouart, Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- A la mairie de Dieppe (Seine-Inférieure) concours pour l’installation de l’éclairage électrique du groupe scolaire des rues de Blainville, Jehan-Véron et Jules-Ferry, et dans l’école Fénelon, rue Notre-Dame. Devis : 9 600 francs.
- BELGIQUE
- Le 21 septembre, à 1 heure, à la Bourse dc Bruxelles, entreprise en un seul lot, des travaux de montage et de démontage nécessaires pour l’éclairage électrique de la gare d'Ath; caut.: 5oo francs (cahiers des charges spécial, n° 866).
- EGYPTE
- Jusqu’au 4 octobre, à midi, M. l’administrateur de la municipalité d'Alexandrie recevra les offres pour la fourniture de machines et pompes pour les abattoirs de Mex ; caut. : 25 livres égyptiennes.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir* série) de bien vouloir nous le faire connaître. *
- Pour éviter tout retard dans îa rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M, le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux, de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-deuxième année.
- SAMEDI 34 SEPTEMBRE 1910,
- Tome XI (3« série). — N* 39.
- La
- Lumière Électrique
- , Précédemment
- I/Êclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ ' ît
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — Paul Jégou. Enregistreurs d’orages, p. 387. — J. Rézelman. La détermination de la réactance synchrone et asynchrone (suite et fin), p. 38g. ' .
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Surintensités et surtensions dues à la manœuvre des interrupteurs de tableaux, A. Leauté, p. 3g5. — Loi générale du rendement relative à un générateur ou à un récepteur avec branche dérivée. Cas des dynamos, E. Haudié, p. 3g5. — Nouvelle mesure de la cohésion diélectrique de l’argon, E. Bouty, p. 3g5. — Cohésion diélectrique du néon et de ses mélanges. Analyse quantitative fondée sur la mesure de la cohésion diélectrique, E. Bouty, p. 3g5. — Sur l’action mutuelle de deux cathodes dans le champ magnétique, Gouy, p. 396. —Sur la formation des dépôts cathodiques, L. Houlle-vigue, p. 3g6. — Méthodes et appareils de mesures. Sur l’emploi du disque stroboscopique, K. Laudien, p. 3g6.
- — Mesure de très hauts potentiels au moyen d’électromètres sous pression, E. Guye et A. Tscherniavski, p. 3gô.
- — Sur l’analyse magnéto-chimique des terres rares, G. Urbain, p. 396. — L’emploi des ampèremètres à fil chaud dans les antennes des postes de T. S. F., S. Stone, p. 3g6. — Arcs et lampes électriques. L’éclairage indirect par lampes à filaments de tungstène à grande intensité lumineuse, B. Monasch, p. 397. — Sur quelques propriétés de l’arc au mesure dans le vide, A. Perot, p. 397. — L’eau stérilisée par les rayons ultraviolets contient-elle de l’eau oxygénée? Pouvoir stérilisant de l’eau oxygénée, J. Courmont, Th. Nogier et Rochaix. p. 3g8.
- — Sur quelques propriétés électriques et spectroscopiques de [l’arc entre métaux, Ch. Fabry et H. Buisson, p. 3g8. — Transmission et distribution. Résultats d’essais effectués sur des coupe-circuits à bouchons type Edison, H. Perls, p. 3g8. — Traction. Les nouvelles automotrices du chemin de fer Heddernheim-Hombourg, p. 3g8. — Usines génératrices. Usine génératrice de réserve. L’Usine de la « Syracusa Lighting Company v, G. Kennedy, p. 3g8. — Électrochimie et Electrométallurgie. Congrès de la Société électrochimique à Pittsbourg, p. 401. — Brevets. Dispositif Sundh pour la mise en marche d’un moteur, p. 4o3. — Système de commande pour appareils à vapeur de mercure, p. 404. — Variétés. Au sujet de la formation des ingénieurs dans les industries mécaniques, J. Ritter von Merkl, p. 4°5- — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Nouveaux isolateurs pour hautes tensions, Dr Autmann, p. 407. — Nouvelle lampe à arc pour courant continu, p.’4io. — Chronique financière, p. 412• — Renseignements commerciaux, p. 414-- — Adjudications, p. 4*6.
- É DIT OUI A l
- Un enregistreur d’orages, c’est, en somme, un appareil récepteur d’ondes hertziennes. C’est sur ce principe que, depuis une quinzaine d’années, différents inventeurs : Po-poff, Boggio Lera, et plus récemment, M. Turpain, ont cherché à combiner des dispositifs enregistreurs, auxquels on demande d’indiquer non seulement le nombre
- des décharges, mais encore la distance approximative de la perturbation atmosphérique.
- M. P. Jégou s’est engagé dans la même voie ; il a cherché à adapter à cette lin le détecteur électrolytique des radiotélégraphistes qui est, en somme, leur appareil récepteur cle prédilection. Une telle tentative était as-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sûrement logique, l’expérience l’a couronnée de succès : M. P. Jégou a pu, tout récemment, enregistrer des orages, en associant un détecteur électrolytique et un galvanomètre ordinaire.
- En poursuivant la détermination de la réactance synchrone et asynchrone sur un moteur industriel, notre distingué collaborateur M. J. Rézelman trouve de nombreuses occasions de confirmer expérimentalement la valeur de ses théories.
- La dernière série d’essais, poussée jusqu’à une vitesse de rotation de 85o tours dans un^sens et dans l’autre, fournit un ensemble de renseignements très complets qui sont synthétisés dans le diagramme de fonctionnement de la page
- L’auteur se propose de publier de même les caractéristiques des alternateurs avec réactances variables.
- Nous signalons rapidement une série de communications récentes à l’Académie des sciences, presque toutes d’ordre théorique.
- M. K. Laudien, qui a étudié de très près la mise au point des disques stroboscopiques, formule des règles pratiques concernant l’emploi de ces disques dans deux procédés de mesure pratiques : mesure de l’angle de décalage produit par une self insérée dans le circuit d’une lampe à arc; étude de la courbe du courant d’alimentation d’une telle lampe.
- Parmi d’autres observations relatives aux mesures industrielles ou de laboratoire, signalons l’opinion autorisée de M. Stone sur la nature des renseignements que peut fournir un ampèremètre à fil chaud dans un poste de T. S. F.
- On appelle éclairage indirect celui dans
- lequel les rayons du foyer lumineux ont subi une première réflèxion avant d'agir sur l’œil.
- Gomment se comportent, en éclairage indirect, les lampes au tungstène ou les lampes à.arc, qui sont nos foyers de lumière les plus économiques? D’expériences faites par M. B. Monasch, il résulte que l’avantage serait plutôt en faveur des lampes au tungstène.
- Les nouvelles automotrices de chemin de fer Heddernheim-Hombourg sont destinées à fonctionner avec un courant continu à moyenne et haute tension ; nous décrivons, d’après la presse technique allemande, les dispositifs de prise de courant, de sécurité et de commande.
- Dans Vusine génératrice de réserve de la Syrcicusa Lighting Company, il s’agissait de résoudre un problème fort intéressant au point de vue pratique : tenir les groupes générateurs prêts à parer instantanément à une défection importante (85 %) de l’alimentation générale du réseau.
- On verra comment les ingénieurs américains l’ont résolu, par la mise en circuit permanente des turbo-alternateurs, et par la mise en train presque instantanée des turbines.
- Le dix-septième Congrès général de la Société électrochimique d'Amérique a donné lieu à des discussions techniques très sérieuses. M. G. Randall a étudié particulièrement le régime électrique des conducteurs qui servent à l’alimentation des fours.
- On trouvera enfin, dans nos Variétés, des observations d’ordre général de M. Ritter von Merkl, sur la formation .des jeunes ingénieurs, et dans nos Notes industrielles, des documents expérimentaux sur les isolateurs de haute tension et sur une nouvelle lampe à arc à courant continu.
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- ENREGISTREURS D’ORAGES
- Le problème de l’enregistrement graphique des décharges atmosphériques d’un orage, même éloigné du lieu d’observation, présente évidemment une grande analogie avec le problème de la télégraphie sans fil, puisqu’il s’agit de déceler des oscillations de même nature.
- Rien donc de plus naturel que de constater une similitude presque complète entre le dispositif enregistreur de Popoff (1895) et le premier récepteur de télégraphie sans fil de Marconi. Les deux dispositifs utilisent le tube à limaille de Branly ou cohéreur, seul détecteur d’ondes connu à l’époque. Ce cohéreur est associé à une antenne et à un relais, lequel commande le stylet inscripteur d’un enregistreur à mouvement d’horlogerie.
- - En 1898, sur le même principe, M. Boggio Lera s’efforce de réaliser un enregistreur qui non seulement indique le nombre de décharges, mais encore renseigne sur la distance de l’orage. Ce renseignement complémentaire est évidemment intéi’essant-et doit être exigé de tout, bon enregistreur.
- Plus tard, en 1902, M. Turpain réalisait des dispositifs très ingénieux destinés à fournir également ces deux indications au moyen d’associations convenables de cohéreurs d’inégales sensibilités ; en même temps, connaissant le fonctionnement irrégulier et même capricieux du tube à limaille, il chercha à l’utiliser dans des conditions plus favorables.
- Cependant, pour réaliser un appai’eil régulier, il fallait renoncer à l’usage du tube à limaille et s’orienter dans une voie nouvelle, c’est ce qu’entreprit M. Turpaiit et l’an dernier au Congrès de l’Association pour l’avancement des sciences (Lille), il communiquait les résultats qu’il venait d’obtenir avec un
- dispositif bolométrique analogue à celui que M. Tissot a utilisé dans ses mesures en télégraphie sans fil.
- Les décharges atmosphériques sont alors enregistrées photographiquement au moyen d’un rayon lumineux réfléchi par le miroir d’un galvanomètre. Les déviations du galvanomètre résultent d’un déséquilibrage d’un pont de Wheatstone par suite de réchauffement d’un fil de platine très fin, intercalé à la base de l’antenne. On sait alors que les déviations du rayon lumineux sont proportionnelles au carré de l’énergie recueillie par l’antenne.
- Le développement de la bande photographique renseigne donc directement sur le nombre et l’énergie des décharges atmosphériques et, par le fait même, sur la proximité de l’orage enregistré.
- Depuis lors, nous nous sommes demandé si le détecteur électvolytique universellement adopté en radiotélégraphie, à cause de sa sensibilité et de sa régularité de fonctionnement, ne pourrait pas être utilisé pour réaliser un enregistreur d’orages très sensible, qui serait plus simple (pont de Wheatstone) et moins délicat (fils de platine très fins soigneusement soustraits aux actions ambiantes) que le dispositif bolométrique.
- Or l’association d’un galvanomètre Deprez-d’Arsonval de sensibilité coui'ante, avec un détecteur électrolytique, constitue, on le sait, un dispositif réellement sensible aux ondes hei’tziennes, puisque M. Tissot a proposé d’utiliser cette sensibilité pour un dispositif d’appel en utilisant la déviation pour im-pi’essionner une cellule de sélénium. Déplus, les déviations sont cori-élatives de l’énei’gie captée par l’antenne.
- 11 nous a semblé qu’un tel dispositif possédait toutes les qualités requises pour réali-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2*. Série.) — N° 39.
- ser un excellent enregistreur d’orages simple, robuste et régulier, en l’associant à un enregistreur photographique analogue à celui qui est utilisé avec le dispositif bolométrique.
- Dans le courant des mois derniers, nous
- bornes duquel on branchait une antenne et la terre.
- L’action des oscillations sur le détecteur était reportée par une ligne bifilaire sur un galvanomètre placé dans une chambre noire
- s
- Fig. i. — Schéma des connexions de l’enregistreur d’orages. — A, accumulateurs ; P, potentiomètre; D, détecteur électrolytique; F, parafoudre ; G, galvanomètre ; E, enregistreur photographique Richard; S, source lumineuse linéaire; T, téléphones.
- avons pu réaliser expérimentalement cet enregistreur et l’étudier dans les conditions de la pratique (*). Le montage adopté correspondait au schéma, figure i.
- Dans une cabine se trouvait l’appareil
- voisine de la cabine. Un faisceau lumineux linéaire était concentré sur le miroir du galvanomètre et sur le trajet des rayons réfléchis on plaçait un enregistreur de la maison Richard ; celui-ci avait été spécialement étu-
- Fig. 2. — Enregistrement de la décharge.
- sensible, c’est-à-dire l'accumulateur, le poten- • tiomètre et le détecteur électrolytique aux
- \_______ . - —
- (<) Ce dispositif a fait le sujet d’une communication au Congrès de l’Association pour l’avancement dès sciences (Toulouse, août 1910).
- dié pour permettre au tambour, sur lequel est tendue la feuille photographique, de se dérouler avec trois vitesses très différentes : 3 h. i/4, 13 heures et io4 heures, ce qui permettait d’enregistrer aisément avec plus ou
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- 24 Septembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 38»
- moins de détail l’état orageux de la région.
- Le graphique ci-joint fixera sur la façon dont chaque décharge se trouve enregistrée avec ce dispositif.
- Il importe de faire remarquer qu’en plaçant des récepteurs téléphoniques en série avec le détecteur et le galvanomètre, on peut, sans nuire aucunement à l’enregistrement photographique, suivre à tout moment acoustiquement l’orage qui s’enregistre gra-phiquement. Les récepteurs téléphoniques rendent à chaque décharge atmosphérique un crépitement caractéristique et ainsi, sans attendre le développement de la feuille photographique, on peut être parfaitement fixé sur l’intérêt que présente à chaque instant l’état orageux de la région.
- Remarquons aussi que la sensibilité générale du dispositif peut être facilement graduée soit en agissant sur le réglage du potentiomètre, soit en shuntant convenable-
- ment le galvanomètre. Ce réglage peut présenter un intérêt lorsque l’enregistreur est installé dans une région sillonnée par des ondes hertziennes provenant de postes radio-télégraphiques, relativement peu éloignés de l’observatoire ; il est alors facile, bien entendu aux dépens de la sensibilité générale, de mettre l’enregistreur à l’abri de l’enregistrement des oscillations émises par ces postes.
- Quelques dispositifs de sécurité avaient été prévus :
- Un parafoudre est placé à la base de l’antenne et est destiné à mettre autant que possible les appareils à l’abri des actions trop puissantes.
- D’ailleurs un commutateur spécial permettait de mettre directement l’antenne à la terre, sans y toucher, quand l’orage éclatait dans le voisinage du poste et devenait réellement dangereux. Paul Jégou.
- LA DÉTERMINATION DE LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE
- [Suite et fin) (1)
- 2e Stator en monophasé deux phases en série, rotor en triphasé.
- La réactance de dispersion de deux phases en série du stator est :
- Rs = 2.6,8 = i3,6Q,
- et du rotor :
- Rr= 2.3,83 = 7,660,
- d’où :
- Rs -f- Rr = 21,260.
- La réactance fondamentale par phase, correspondant à l’entrefer : Rs = 3qo Q, on (*)
- mesure en magnétisation Im = .5,22 ampères pour une tension de 1 740 volts, d’où :
- Rm — ~^° = 334 O ; il y a donc une diminu-
- 5,22
- tion de (390 + i3,6) — 334 =7.69,6 Q, correspondant à la réluctance du fer du stator et du rotor.
- Le courant à vide mesuré, le rotor tournant synchrone a été :
- I„ = io,35 ampères pour une tension de 1 ^4° volts aux bornes, d’où :
- R0 = 168 Û.
- Quand le rotor tourne au synchronisme, le champ alternatif du stator est remplacé par un champ tournant fixe par rapport au rotor.
- En appliquant donc à vide i 740 volts entre phases, la tension par phase sera
- (*) Voir Lumière Electrique, 17 septembre 1910.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2® Série). — N® 39.
- 1 = i o i o volts au lieu de ----- = 870 volts
- 1,78 a
- en magnétisation; néanmoins les llux ont la môme valeur dans les deux cas, les facteurs d’enroulement étant 0,96 et o,83 et
- o,83 1,73
- 0 >96 2
- Nous trouvons à vide par calcul :
- __ E0 _ 1 740
- 0 R,„ R, R,.
- T + T + T
- au lieu Vie 10,35 ampères mesurés, courant watté compris.
- Le courant de rotor, produit par le champ inverse (II) et donc de fréquence double, a,ura la valeur :
- . 55a a i
- bu = io,35 X —5- X —: X —: = 29,2 arnperes ;
- a-tio V3 V a
- on mesure 3q amp., courant watté compris. Ici le rapport
- 167 + 6,8 -f- 3,83
- _ 1 74° ____
- 177,63
- 9,8 ampères,
- R,
- R*- —(~R.,.—(— 0,004 R„
- 168,
- 22,6
- (%• 7)-
- En portant de nouveau l’entrefer de 1,5 à 6 rai", on trouve :
- Ils ~ io5 6C2 et I* = —= 16,4 ampères.
- io5,6
- La réactance de dispersion devient :
- R., — i2,55Ü et R,. = 6,38 0,
- d’où : R* + R/- = 18,9.30.
- Le courant de magnétisation pour la tension de 1 740 volts sera :
- =i6,4X
- io5,6
- io5,6+J25,5
- 69,6
- 390+13,6
- t5,6amp
- d’où :
- Avec pareil entrefer, l’augmentation de la réactance due à R„ est plus importante que la diminution correspondant à la réluctance du fer.
- 3 Amp
- Le courant à vide aura la valeur :
- __________1 740_______
- 0 55,5 + 6,27 + 3,145
- 1 740 64,9
- = 26,8 ampères
- et
- En quadruplant l’entrefer le courant à vide
- augmente donc de = 2,58 et le courant
- io,35
- en court-circuit de : — = 1,17; le rapport
- 77 '
- I>
- —--------——------— devient 3,4 au lieu de
- R» + R„ + 0,004 R»
- 7,5 (fig. 7).
- 3° Stator en triphasé, rotor en monophasé deux phases en série.
- Des mesures ont été faites avec différentes positions du rotor, et en le tournant lente-
- 74o 15,6
- £3.
- (4) Les figures 6 et 7 représentent des constructions entièrement analogues. En réalité il y a eu intervertion * entre elles à la mise en pages.
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-
- 24 Septembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 391
- ment, les deux phases II-III en série étant i avec rotor ouvert, une induction mutuelle mises en court-circuit. I de 39 % dans les phases voisines (fig. 8).
- Tableau d'essai
- STATOR ROTOR
- Cl-n ei-m GlI-IlI Co-I eo-11 Co-Ill th éir c 0r eo-i ei-n
- 2ÏlO 2/18,2 2-49,4 142,5 144,2 143,5 0,92 11,55 5o % 83 20,5 3i
- Lectures avec une ten- l ^ 25o,6 2 50,2 144 i44 145 min. 12,2 10,G » max. 80,5 » »
- sion de 260 volts entre max.
- les phases I—II. » 252 250,2 145,8 1^3,8 144,8 11,G ^,9 » -3,4 min. )) »
- )) 25 I 25 I 144,9 i45 145,1 8,85 8,9 » 77 tournant lentement
- Ces mesures donnent lieu à quelques observations intéressantes.
- 1) En changeant la position du rotor, la réactance par phase du stator varie entre celle du circuit principal R„ et celle du circuit de dispersion lïoc.
- 2) Quoique le courant dans les phases II et III du stator atteigne la valeur maximum Icc, pendant que la troisième phase I est par -courue par le courant de magnétisation Im, les tensions par phase conservent la même valeur et par conséquent le décalage de 1200.
- 3) L’expérience montre que les forces électromotrices induites dans les phases du rotor sont indépendantes de la position de celui-ci par rapport au stator.
- Or, le courant de magnétisation I,„ se divise en parties égales sur les deux phases II et III, d’où figure 9 et figure 10; en superposant on obtient la figure 11.
- Nous constatons que le flux principal induit dans les phases II et III des forces électromotrices en phase avec celle de la phase I, mais de valeur moitié; ces forces électromotrices sont donc décalées de 90" par rapport à la tension en_m appliquée aux bornes (fig. 12). Il en résulte que le courant de court-circuit, correspondant à la réactance de dispersion des phases II et III en série, est décalée de 90° par rapport à I.„.
- b) Rotor. Dans la position 20, où les deux
- Fifr. S.
- La répartition des tensions sur les différentes phases s’explique comme suit :
- a) Stator. Nous avons trouvé précédemment qu’il y a en monophasé, sur une phase
- phases court-circuitées du rotor sont en regard de deux phases du stator, la phase ouverte du rotor se trouve en face de la troisième phase du stator, qui alors est par-
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- 392
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2» Série). — N° 39.
- courue par le courant de magnétisation; la force électromotrice y induite sei’a donc :
- eo-i = i44.-^r = 20,8 volts.
- 276
- Les forces électromotrices induites dans les phases II et III auront la valeur moitié :
- 40 ,
- eo-11 = eo-m = 72.—— — IO>4 volts 276
- et seront en phase avec la force électromo-
- Fig. il.
- trice de la phase I. Les tensions combinées auront donc la valeur :
- ei-ii = ei-ïii = ao,8 -j~ Io,4 — 81,2 volts.
- c) Courants. Nous avons trouvé préeédem-
- I
- v
- \72
- Ji 125 j t2S " ^ m Fig. 12.
- ment que la réactance fondamentale en monophasé sur une phase, correspondant à l’entrefer est : Rs = Rio C2. On mesure Im = 0,92 ampère pour une tension de
- 104 volts (fig. B), d’où :
- 104
- °i9:
- 113 Q, il y
- a donc uile diminution de
- (i3o + 6,6) — 113 = 23,4 O, due à la réluctance du fer.
- La réactance de dispersion de deux phases en série :
- Ri —|— Rr —j- 0,004 R;« — 22,6 £2 ;
- d’
- ou :
- 260
- 22,6
- = 11,1 ampères;
- ou mesure ii,55 dans la position 2) envisagée.
- o,46 ampères est négligeable par
- rapport au courant de court-circuit Icc, ces deux courants étant décalés de 90°. )
- Nous trouvons pour le courant du rotor :
- b
- 11,55.
- 2.276
- 2.40
- 80 ampères.
- Vérifions encore la valeur effective des courants en tournant lentement le rotor. L’intensité du courant dans chaque phase du stator varie entre 0,92 et 12,2 ampères; en supposant que la variation est symétrique et sinusoïdale, la valeur moyenne sera :
- °>9a ~l~ — 6,56 ampères
- 2
- et la valeur effective :
- \J 6)5624-^’a~°~9-^ =V6>562+5>6/^=8)65amP-
- Fig. i3.
- Le courant effectif dans le rotor est 77 ampères suivant essai ; cette valeur est même
- 73,4 + 83
- inférieure a la moyenne --------------=78,2 am-
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-
- 24 Septembre 1910. REVUE D’ÉLECTRICITE
- 393
- pères. Il en résulte que la variation n’est pas sinusoïdale et que les valeurs maximum ne se présentent que momentanément (fig. i3).
- Nous arrivons maintenant au diagramme de fonctionnement à différentes vitesses ; nous utiliserons les développements déjà donnés et déterminerons, comme contrôle, les réactances en nous basant sur les valeurs moyennes trouvées à l’essai en triphasé :
- 867 n5
- R0 = -—— 167 Q, RCc —-----— 11,5 Q.
- 5,2 10
- 1) A la vitesse Y :
- T T E» >44 ,
- Io = Im — w — T = 0,86 ampères.
- ; Ro 167
- 2) A la vitesse -V :
- I'
- CC ---
- E0
- i,5.Rcc
- i44
- i,5.i i,5
- 8,3 ampères
- et
- i,ti A'ce 9,2 ampères;
- ou mesure 8,85 ampères.
- 3) A la vitesse - Y :
- 2
- I'o =
- E.
- 144
- 5= + 2; + r, l^ + iS. + 0,8,
- i44
- 93,1
- = i,55 ampères
- et
- (1,11 à i,5) I'o = 1,72 à 2,32 ampères ;
- on mesure 2,05 ampères.
- 4) A la vitesse V = o :
- \cc = Vcc = 8,3 ampères, comme 2).
- Avec ces valeurs, nous pouvons tracer les cercles des courants fondamentaux et construire ensuite le diagramme en forme d’œuf des courants résultants dans l’enroulement du stator (fig. 14 et i5).
- Essais. Des mesures complètes ont été effectuées sur le moteur de 17a HP sous 25o volts entre phases, 5o ~ , en variant pro-
- î »
- Fig- i4.
- gressivement la vitesse du rotor de — 85o à + 85o tours (fig. 16); la tension par phase
- 2 5o
- conservait la valeur de ---- = r45 volts à
- vÆ
- Fig. i5.
- toutes vitesses. Les courants ont étéjnesurés simultanément dans deux phases, ainsi que
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-
- 394 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XL(2« Série)wf 39^-
- les watts par phase et les watts totaux; les lectures ont donné des chiffres entièrement
- Générateur
- Moteur
- !- 710
- Fig. i6.
- concordants. Les tensions du rotor ont été mesurées entre phases et aux bornes de la phase ouverte; leur variation en fonction de
- la vitesse est intéressante à suivre. Elles diminuent linéairement avec l’augmentation de la vitesse comme si le rotor était complètement ouvert, sauf entre les vitesses de a5o et 5oo tours, où les tensions remontent et atteignent, à 3j5 tours, une valeur maximum exactement la même qu’à l’arrêt. En effet, on trouve en vérifiant, qu’au synchronisme de la demi-vitesse, deux champs se manifestent dans le rotor, ayant chacun la valeur principale "*F ; ils tournent par rapport y
- au rotor à la vitesse — , l’un en sens opposé 2
- de l’autre.
- Pour ce qui concerne le stator, l’un des deux champs reste fixe et l’autre tourne à la vitesse Y dans l’espace; c’est ce dernier qui produit la force électromotrice aux bornes. La figure 17 représente le diagramme de fonctionnement d’après l’essai; le fait, que le centre du petit cercle ainsi que le point correspondant à la vitesse de 5oo tours se trouvent décalés à droite de l’axe des ordoir-nées, provient de la résistance ohmique des enroulements qui n’est donc pas négligeable.
- Le rotor de ce moteur étant continu et ùni-forme, la réluctance du circuit magnétique principal est indépendante de la position du
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- 24. Septembre 1.910.
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 395
- champ par rapport au rotor; les réactances antagonistes et transversales ont clone même valeur.
- Dans le chapitre suivant, nous établirons
- de la même manière les caractéristiques des alternateurs avec réactances variables.
- J. Riszelman,
- Ingénieur, Chef de service des A. C. IC. 0.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Surintensités et surtensions dues à la manœuvre des interrupteurs de tableaux. — A. Lèauté. — Académie des sciences, séance du 2 mai 1910.
- L’auteur a montré précédemment que de violentes explosions fusibles peuvent être provoquées par des courants électriques d’une durée extrêmement petite. Gomment ces courants prennent-ils naissance dans, les canalisations souterraines industrielles ? La fermeture, sur un feeder, de l’interrupteur de départ (placé à l'usine génératrice) peut déjà provoquer des surtensions. Le deuxième interrupteur (interrupteur de tableau) met en jeu, par sa fermeture, sur un transformateur sans capacité, des surtensions et des surintensités cpii ont très sensiblement la même période que si la ligne était ouverte à son extrémité. L’auteur a établi ce théorème par le calcul.
- Loi générale du rendement relative à un générateur ou à un récepteur avec branche dérivée. Cas des dynamos. — E. Haudié. — Académie des sciences, séance du ir avril 1910.
- Siemens a donné une loi du rendement dans le cas d’un circuit unique : d’après cette loi, le rendement n’est bon qu’aux faibles intensités, c’est-à-dire avec de faibles puissances : en somme cette loi impose un travail lent.
- D’autre part, les dynamos industrielles, qui comportent une branche dérivée, échappent à cette loi, et, en effet, elles donnent des rendements élevés. Les calculs de l’auteur expliquent ce fait, et montrent que dans le cas réel (cas d’un circuit dérivé) le rendement est nul quand l’intensité (débitée ou absorbée) est la plus faible possible.
- Si l’on appelle E la force électromotrice, R la résistance du circuit extérieur, /•’ celle de la branche dérivée et r la résistance intérieure de la branche génératrice, et que l’on pose :
- on trouve que c’est pour l’intensité :
- I=- ÿE
- \jpq [pq — r'1)
- que le rendement est maximum, et atteint la valeur:
- ____s/pq — \fp<i —,,n
- Ce n'est donc plus du tout la loi de Siemens.
- Nouvelle mesure de la cohésion diélectrique de l’argon. — E. Bouty. — Académie des sciences, séance du 20 juin 1910.
- On appelle cohésion diélectrique le coefficient qui mesure l'influence exercée par la pression sur la variation de la tension explosive (ou plus exactement • du champ correspondant, dit champ critique).
- Les dernières expériences de l’auteur donnent pour ce coefficient la valeur 38 dans le cas de l’argon. La cohésion de l’argon est donc sensiblement double de celle de l’hélium (18,3) gaz qui précède immédiatement l’argon dans la classification de Mcndeléeff.
- Cohésion diélectrique du néon et de ses mélanges. Analyse quantitative fondée sur la mesui'e delà cohésion diélectrique.— E. Bouty. —. Académie des sciences, séance du 3o mai 1910.
- Lorsque le néon est mélangé avec un autre gaz (gaz carbonique, air, hydrogène, etc.), sa cohésion diélectrique est modifiée dans une mesure qüiindique avec exactitude la proportion du mélange. ,
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- 'LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XI (2* Série). — N» 39.
- Sur T action mutuelle de deux cathodes dans le champ magnétique. — Gouy. — Académie des sciences, séance du 20 juin 1910.
- Aux vides élevés, lorsque des charges négatives sont reliées (ou près de l’être) par des lignes de force magnétiques, elles produisent une action, de nature inconnue, qui se manifeste par l’abaissement extrême de la tension explosive, et par la production de lumière entre les deux cathodes.
- Sur la lormation des dépôts cathodiques. — L. Houllevigue. — Académie des sciences, séance du 20 juin 1910.
- L’auteur montre, par des expériences de plus en plus précises, que le dépôt cathodique ne peut se faire que sur les parois chargées positivement.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Sur l’emploi du disque stroboscopique. — K. Laudien. — Elektrotechnische Zeitschrift, 18 août 1910.
- On connaît l’emploi du disque stroboscopique pour démontrer les variations de la lumière des arcs à courant alternatif, ainsi que pour la mesure du glissement des moteurs asynchrones.
- L’auteur signale deux nouvelles applications de ce disque. La première est relative à la mesure de l’angle de décalage produit par une bobine de self intercalée dans le circuit d’une lampe à arc. Il suffit pour cela de faire tourner le disque en synchronisme avec le courant et de projeter sur lui la lumière de deux lampes à arc montées respectivement en série l’une avec une résistance non inductive, la seconde avec une bobine de self; il se forme alors sur le disque deux croix lumineuses fixes décalées l’une par rapport à l’autre du même angle que les courbes de courant des deux circuits.
- On peut rendre le phénomène plus clair en brûlant dans les deux lampes des charbons de couleurs différentes.
- Néanmoins, il faut tenir compte de ce que le décalage du courant par rapport à la tension n’est pas le seul, même dans le circuit de la lampe montée avec résistance non inductive, l’arc lui-même produisant un certain décalage; cette remarque est d’autant plus importante que pour les angles une très légère erreur dans l’évaluation du cosinus entraîne une grande erreur dans la détermination de l’angle.
- La seconde application consiste dans la faculté
- que donne l’examen de la croix formée sur le disque de se rendre compte de la forme de la courbe du courant. Ainsi à une croix étroite, très claire et à bords très nets correspond une courbe à ascension et descente rapides, avec maximum en pointe très accusé. A des croix moins nettes tracées sur le disque correspondent au contraire des courbes plus arrondies et dont le maximum est moins accusé; la croix est sensiblement plus large et moins claire et ses bords sont moins nets; enfin la comparaison des figures ainsi obtenues permet de se rendre compte du décalage que présentent les courbes de courant correspondantes l’une par rapporta l’autre.
- J.-L. M.
- Mesure des très hauts potentiels au moyen 'd’èlectromètres sous pression. — E. Guye et A. Tscherniavski. — Académie des sciences, séance du 11 avril 1910.
- En introduisant l’électromètre dans une boîte contenant un gaz comprimé, les auteurs ont pu mesurer des potentiels de l’ordre de 40000 volts, sans production d’effluves, d’aigrettes, ni de vent électrique. La constante de l’appareil est à peu près indépendante de la pression du gaz, l’amortissement facilement réglable.
- Sur l’analyse magnéto-chimique des terres rai'es. — G. Urbain.—Académie des sciences, séance du 11 avril 1910.
- Pour trier les terres rares, on mesure leur poids atomique ; mais ce n’est pas suffisant, l’exactitude du millième étant déjà difficile à atteindre. On peut pousser le triage d’une manière un peu plus complète en mesurant les coefficients d’aimantation, à la balance magnétique de P. Curie et Cheneveau : on peut déterminer ainsi, en quelques minutes, la composition d’un mélange à deux ou trois centièmes près. En combinant les deux méthodes, on obtient des résultats très intéressants dans certains cas.
- L’emploi des ampèremètres à iîl chaud dans les antennes des postes de T. S. F. — S. Stone. — Communication à la Society of Wireless Telegraph Engineer (Boston, 4 juin >910) ; reproduite par Electrical Review and Western Electrician, 20 août 1910.
- On sait que ces ampèremètres sont très employés en T. S. F. Comment doit-on interpréter leurs indications ?
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- 24 Septembre 1910.
- revue D’Electricité
- 397
- En se basant sur l’existence connue de deux longueurs d’onde distinctes dans l’antenne, l’auteiir répond à cette question : ces ampèremètres ne renseignent pas sur l’amplitude maxima des trains i d’ondes, qui serait pourtant la donnée importante à connaître. On ne peut donc s’en servir que pour faciliter le réglage de l’antenne pour un maximum de courant. »
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES ET PHOTOMÉTRIE
- U éclairage indirect par lampes à filament de tungstène à grande intensité lumineuse. — B. Monasch. — Elektrotechnisclie Zeitschrift 11 et 18 août 1910.
- Après avoir rappelé les avantages de l’éclairage indirect au point de vue de l’action sur l’œil, et en particulier de l’absence presque complète de rayons ultraviolets, l’auteur passe en revue les différentes sources d’éclairage indirect utilisées jusqu’à cejour.
- La lampe à arc à charbons simples mais intervertis a donné des résultats satisfaisants, en courant continu, mais sensiblement moins économiques en cou-
- sot B
- m n êtres.
- Fig. 1. — Eclairage indirect par lampe Wolfram. Distance du plafond : om,45.
- rant alternatif : quant aux charbons imprégnés de sels métalliques, les essais qui furent tentés avec eux pour l’éclairage indirect ne donnèrent pas les bons résultats que l’on attendait au point de vue économique ; en outre les gaz dégagés par la com-
- bustion des sels métalliques vicient l’air dans un notable proportion.
- L’arc en vase clos et la lampe à vapeur de mercure doivent être rejetés, le premier parce que trop peu économique, la seconde à cause de la couleur de sa lumière qui en limite l’emploi.
- Enfin les lampes à filament de tungstène, de fabrication courante actuellement, même pour des intensités lumineuses d'un ordre de grandeur comparable à celui des lampes à arc, donnent des résultats très satisfaisants et plus économiques en courant alternatif que les lampes à arc. L’auteur expose ensuite assez longuement les résultats d’essais comparatifs effectués par lui dans une salle de 3m,2Î> de hauteur et de 38“1,it> de superficie, éclairée indirectement et successivement par plusieurs lampes à filament de tungstène de différentes intensités lumineuses puis par une lampe à arc à courant alternatif de 1 f»
- fl
- V
- 3 s
- o 0,s 1,0 f,s z.o z,s 3.0 3,$ métros.
- Fig. 2. — Eclairage indirect par lampe à arc à courant alternatif. Distance du plafond : om,57.
- ampères. Les résultats représentés par les courbes des figures 1 (lampes à filament de tungstène) et 2 (lampe à arc) mettent en évidence l’avantage des premières. Les lampes à filame'nt de tungstène se prêtent également fort bien à l’éclairage semi-indirect.
- Enfin, au point de vue de la consommation en watts par lux par mètre carré, la lampe à filament de tungstène, un peu inférieure à la lampe à arc à courant continu et à charbons intervertis, est comparable à la lampe à arc à courant continu à charbons normaux et nettement supérieure à la lampe à arc à courant alternatif. ,
- J.-L.M.
- Sur quelques propriétés de l’arc au mercure dans le vide. — A. Perot. — Académie des sciences,
- séance du 20 juin 1910. — ----
- Les expériences résumées dans cette communi-
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-
-
- 398
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2*.Série).— N» 39.
- cqtion montrent l’existence bien nette d’une chute de potentiel à l’anode, chute qui paraît en connexion intime avec une surpression également constatée à l’anode, — et, le long de l’arc lui-même, d’une variation de potentiel de 1,37 volt par centimètre. A la cathode, ni surpression stable, ni chute de potentiel appréciable.
- L’eau stérilisée par les rayons ultra-violets contient-elle de l’eau oxygénée? Pouvoir stérilisant de l’eau oxygénée. — J. Gourmont, Th. Nogier et Hochaix. — Académie des sciences, séance du 3o mai 1910.
- Les expériences permettent de répondre négativement à la première question. En outre il résulte des calculs d’auteurs que les rayons ultra-violets stérilisent en qdelques secondes une masse d’eau que l’eau oxygénée met plusieurs heures pour stériliser.
- Ils en concluent que l’action microbicide de l’ultraviolet est directe, n’étant due ni à l’ozone ni à l’eau .oxygénée (').
- Sur quelques propriétés électriques et spectroscopiques de l’arc entre métaux. — Ch. Pa-
- bry et H. Buisson. — Académie des sciences, séance du 20 juin 1910.
- L’arc entre électrodes métalliques émet en outre des raies d'arc (produites par la région centrale), les raies d’étincelles, localisées aux racines de l’arc. En étudiant la région anodique d’un tel arc, dans l’air, les auteurs ont constaté que cette région possède une émission spéciale, qui donne lieu soit à des raies d’étincelles, soit à des bandes du spectre de l’azote, le passage du premier régime au second étant parfaitement net et brusque.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Résultats d’essais effectués sur des coupe-circuits à bouchons type Edison. — H. Péris. — Elektrotechnische, Zeitschrift, 18 et a5 août 1910.
- L’auteur publie le compte-rendu d’essais qui furent effectués en présence de nombreuses personnalités, membres de la plupart des sociétés techniques ou industrielles allemandes, en vue de déter-
- (') Rappelons que, dans une communication du 24 janvier 19K), M. M. Lombard émettait une opinion analogue, tout en admettant qu’il y avait effectivement formation d’eau oxygénée.
- miner si un certain nombre de types de coupe-circuits à bouchons construits par les sociétés allemandes répondaient d’une façon satisfaisante aux prescriptions du « Verband deutscher Elektrotechniker » relatives à leur aptitude à la surcharge et à leur sécurité de fonctionnement.
- De nombreux coupe-circuits à bouchons en deux parties (tête du bouchon avec indicateur de rupture sévissant sur la cartouche fusible proprement dite) se comportèrent fort bien, fonctionnant d’une façon irréprochable en court-circuit et supportant pendant 4 heures un courant égal à i,3 fois environ le courant normal, et pendant 4o à 5o minutes en moyenne un courant égal à 1,75 fois le courant normal. Par contre d’autres coupe-circuits ne répondant pas aux prescriptions du V. D. E. au point de vue de la surcharge ne purent supporter l’essai en court-eircuit, la fusion des éléments ayant entraîné la mise hors d’usage complète^des appareils.
- J.-L. M.
- TRACTION
- Les nouvelles automotrices du chemin de fer Heddernheim-Hombourg. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 18 août 1910.
- h’Elektrotechnische Zeitschrift publie la description de nouvelles voitures automotrices destinées à la ligne Heddernheim-Hombourg, récemment construites en Allemagne. La tension d’alimentation est de 5 jo volts sur la section Francfort-sur-le-Mein-Heddernheim et sur le territoire de la ville de Hom-bourg, et d’environ 1 000 volts sur le reste du parcours; le courant est continu.
- Les vitesses réalisées atteignent 3o kilomètres à l'heure à l’intérieur des villes de Francfort-sur-le-Mein et de Hombourg, et 40 kilomètres à l’heure en rase campagne. Le courant est recueilli par deux archets, placés sur le toit de la voiture ainsi que les appareils de protection (parafoudre, bobine de self) et que deux disjoncteurs dits de sûreté montés en série; étant donné que le disjoncteur normal déclanche à une intensité inférieure de i5 % à celle pour laquelle sont réglés les deux disjoncteurs placés sur le toit, il s’ensuit que ceux-ci ne fonctionnent en effet que comme disjoncteurs de sûreté, ce quia permis d’éviter l’emploi de fusibles, (iliaque automotrice comporte deux moteurs série de <85 chx, tétrapolaires avec pôles auxiliaires, dont le champ peut être réduit de 5o % pour augmenter la vitesse.
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- 24* Septembre 4910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 399
- Le contrôleur comporte 6 positions de marche en série (4 avec résistances, i sans résistance, une dernière également sans résistance, mais avec champ réduit de 5o % ) et 5 de marche en parallèle (a avec résistances, i sans résistance, les a dernières également sans résistance, niais avec réduction respective du champ de a5 et de 5o % ) ainsi que 5 positions de freinage ; la simple manœuvre des manettes permet également de marcher avec l’un quelconque des a moteurs seulement au cas où l’autre est avarié. En dehors du freinage électrique il existe deux autres systèmes de freins, l’un à main, l’autre automatique à air comprimé avec dispositif de réglage système « Chaumont » et commandant en outre un relais qui coupe automatiquement le courant des moteurs en cas de freinage, ce qui assuré une action énergique du frein et évite la détérioration des moteurs dans le cas d’une manœuvre brusque. Un commutateur spécial automatique à relais assure le groupement convenable des appareils d’éclairage et ide chauffage lorsque la tension passe de 55o à i ooo volts ou inversement.
- J.-L. M.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Usine génératrice de réserve: L’Usine de la « Syracuse Lighting Company ». — G. Kennedy. — Electrical World du 21 avril 1910. .
- La « Syracuse Lighting Cornpany » dessert un territoire comprenant la ville de Syracuse, et les agglomérations de East Syracuse, Fayetleville, Li-verpool, Camillus, Easlwood, Minoa et Solvay, et embrassant une population totale d’environ
- i jo 000 habitants.
- La station centrale de la Compagnie est située exactement au bord du canal Oswego, dont l’eau est utilisée pour la condensation.
- Après une période de rapide accroissement,, la Compagnie dispose actuellement d’une usine génératrice à vapeur .et d’une sous-station suffisantes pour alimenter des appareils représentant une puissance totale de 20000 kw., et branchés sur 10 040 compteurs.
- L’énergie est généralement fournie sous la forme de courants alternatifs à la fréquence de 60 périodes, monophasés pour l’éclairage, et triphasés pour les moteurs. On a cependant conservé le courant continu
- ii 5oo volts pour le quartier des affaires et pour les
- environs immédiats de l’usine. ^Exceptionnellement, l’agglomération de Camillus est alimentée en courants alternatifs à25périodes,àlafois pour l’éclairage et pour les moteurs.
- Tout le réseau, à l’exception de Camillus, reçoit l’énergie de la station centrale de Syracuse, qui comprend des unités génératrices à vapeur d’une puissance totale do 5 700 kw. et les appareils de la sous-station d’une puissance totale de 3 600 kw.
- En outre de l’énergie produite par son usine à vapeur, la compagnie achète de l’énergie à la « Niagara, Lockport and Ontario Power Company ». Elle provient des chutes du Niagara, est transmise par : 2 lignes triphasées, à 60 000 volts (fréquence ; périodes), d’une longueur de i5o milles, et reçue dans le poste de la « Syracuse Lighting Company », ‘établi dans l’agglomération de Solvay, à environ ; 4,5 milles de l’usine à vapeur.
- Le voltage est abaissé à u 000 volts, dans ce poste, (d’où partent 3 lignes de transport en câble d’alumi?. inium, une de ces lignes desservant le village de i Solvay, les deux autres, l’usine à vapeur.
- Dans cette dernière des groupes transformateurs de fréquence et moteurs-générateurs transforment l’énergie reçue soit en courants triphasés à 60 périodes. 2 3oo volts, soit en courant continu à 55o volts; une fraction de l’énergie est enfin envoyée sans transformation, à 11 000 volts, dans la région de Syracuse, pour l’éclairage public.
- La chaufferie comprend 22 chaudières Heine à tubes d’eau, dont 14 sont disposées pour brûler du charbon, et 8 pour brûler de l’huile, au moyen de brûleurs Calorex.
- Le charbon et l’huile arrivent par voie ferrée. Le, charbon est amené soit dans les silos, soit dans les chaudières, ou moyen d’un convoyeur et d’une grue roulante; l’huile se rend,-par simple gravité, des wagons-citernes dans un réservoir enfoui dans des : réservoirs installés à la partie supérieure de la chaufferie.
- La salle des machine est divisée en 2 parties, comprenant : l’une les unités génératrices à vapeur, l’autre les machines et appareils constituant la sous-station.
- L’usine à vapeur consiste en : 2 turbo-alternateurs Curtis de 1 5oo kw. (triphasés, 2 3oo volts), munis de condenseurs à surface Wheeler et de pompes à air , Edwards ; 3 alternateurs triphasés de 600 kw’.-2 3oo volts, accouplés chacun directement à 2 machines compound verticales Mc Intosh et Seymour ;
- I une dynamo à courant continu de 85o kw.-55o volts,.
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- accouplée directement à une machine compound horizontale Mc Intosh et Seymour. Les machines à piston sont munies de condenseurs à mélange Blake.
- Le matériel de sous-station comprend : 2 transformateurs de fréquence triphasés 25 cycles-6o cycles, i x ooo volts-2 3oo volts ; 2 groupes moteurs-générateurs de 5oo kw. composés chacun d’un moteur synchrone triphasé i x ooo volls-25 cycles accouplé à une dynamo à courant continu sous 55o volts ; 32 transformateurs à coux’ant constant, établis pour 5o lampes et donnant au secondaire 4 ampères sous 4 5oo volts ; enfin 32 redresseurs à mercure immergés dans l’huile.
- Le tableau et les appareils qui en dépendent sont installés sux; une galerie occupant la longueur de l’usine et un de ses côtés.
- Chaque panneau du tableau de l’éclaii'age public contrôle 2 transformateurs, 2 redresseurs et 2 circuits de 5o lampes ; immédiatement derrière ces panneaux sont placées les cuves à huile des redresseurs à mercure, ainsi que les interrupteurs des primaires des transformateurs.
- Les transformateurs à courant constant sont disposés au niveau du sol, en 2 rangées parallèles au tableau correspondant.
- Le poste de Solvay, destiné à recevoir l’énei'gie provenant des chutes du Niagara, comprend 4 transformateurs abaisseurs de 1 ooo kw . 60 ooo -
- 1 i ooo volts, monophasés, à bain d’huile et à circulation d’eau et une simple installation de barres omnibus, de câbles et d’interrupteurs. Un des transformateurs sert de réserve : une combinaison d’intei’-rupteurs permet de le mettre rapidement en service à la place d’un des 3 autres.
- La coupe ci-contre donne une idée générale de la disposition des appareils.
- Le poste est divisé suivant sa longueur, par un mur, en 2 compartiments, l’un réservé aux appareils à 60 ooo volts, l’autre à ceux à 11 ooo volts.
- Les transformateurs, enfermés chacun dansUne cellule, dont le mur extérieur est percé: d’une lai’ge porte, peuvent être enlevés sur chariot et amenés sur une voie pai’allèle au poste.
- Les interrupteurs à couteaux à 60 ooo volts sont disposés à l’extérieur du bâtiment.
- Le compartiment basse tension est divisé en 2étages; l’étage supérieur comprend lesparafoudres, les interrupteurs de départ de ligne à 1 r ooo volts, à commande par moteur et enfermés dans des cellules ; l’étage inférieur comprend les barres omnibus, les
- interrupteurs à couteaux, les transformateurs accessoires et les pompes de circulation.
- La « Syracuse Lighting Company. » achète à la sous-station de Solvay 5 ooo chevaux ; les unités génératrices de l’usine à vapeur sont destinées à fournir seulement les pointes au-dessus de 5 ooo chèvaux et ne sont, par suite, utilisées que quelques heures par jour. Pendant le reste de la journée, l’usine à vapeur
- Fig. x. — Coupe et élévation de la sous-station, c, tubes en cuivre.
- est maintenue prête â fournir les pointes imprévues au-dessus de 5 ooo chevaux et aussi à fournir la charge totale dans le cas où la fourniture de l’énergie achetée cesserait pour une cause quelconque, de façon à alimenter d’une façon ininterrompue les clients de la compagnie.
- Pour réaliser ce desideratum, on a recours à des dispositions vraiment simples et ingénieuses ; les 2 turbo-alternateurs Curtis de 1 5oo kw. sont connectés aux barres omnibus ; quand ils n’ont pas à fournir de charge, ils tournent comme moteurs synchrones et servent comme capacité pour améliorer le facteur de puissance. Si l’énergie achetée vient à faire défaut, on leur fait aussitôt fournir la puissance nécessaire.
- Pour atteindre ce résultat, il faut pouvoir fournir abondamment de la vapeur aux turbines dans un très court’délai ; c’est un problème très important au point de vue économique que celui de maintenir l’usine à vapeur d’une façon permanente, en état de satisfaire à cette condition, d’autant plus qu’on ne lui demande sa production totale de vapeur qu’à de rares intei’valles et qu’en général 85 % de l’énergie totale est empruntée au transport de foi'ce.
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- Les dépenses de charbon et de personnel nécessaires afin d’entretenir sous les chaudières des feux suffisants pour fournir de la vapeur à très bref délai, seraient considérables ; pour les éviter, on a installé huit chaudières avec brûleurs utilisant l’huile comme combustible.
- Ces chaudières sont maintenues chaudes et à une pression voisine de la pression normale de service, au moyen du système Holly consistant à injecter de la vapeur vive dans les chaudières, au-dessous du niveau de l’éau.
- . Dans les conditions normales, on met en service le nombre de chaudières, chauffées au charbon, qui est juste suffisant pour supporter les pointes au-dessus de 5 ooo chevaux ; les chaudières utilisant l’huile comme combustible sont chaudes et prêtes à produire la vapeur supplémentaire suffisante pour marcher à pleine charge.
- _ Des brûleurs à gaz auxiliaires brûlant continuellement sous ces chaudières permettent de les mettre en service aussitôt que c’est nécessaire.
- . Ce système de secours a donné les résultats les plus satisfaisants, et l’économie qu’il réalise sur une chaufferie destinée au même service et composée seulement de chaudières chauffées au charbon, a été pleinement démontrée.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Congrès de la. Société Electrochimique à Pittsbourg. — Metallurgical and cliemical Engineering, juin igio.
- Le dix-septième congrès général (neuvième congrès annuel) de la Société Electrochimique d’Amérique a été tenu à Pittsbourg du 4 au 7 mai dernier avec un grand succès. Il a réuni près de cinq cents congressistes que les industriels de Pittsbourg ont royalement reçus.
- Nous résumerons ici les communications les plus intéressantes. '
- LES CONDUCTEUnS POUR COURANTS ALTERNATIFS DE GRANDE INTENSITÉ
- Cette communication est due à M. C. Randall, des Laboratoires électriques Westinghouse.
- Elle, est relative à des conducteurs alimentant des fours. L’auteur insiste en effet avec raison sur la
- nature de l’appareil que doit desServir la ligne.
- Lorsqu’on a besoin de courants de 10 000 à
- 50 000 ampères, on pense immédiatement à les conduire au moyen de gros conducteurs à forte section.
- 51 l’on n’envisage en effet que la résistance ohmique de la ligne, le problème est tout à fait simple, mais si l’on emploie le courant alternatif, cette considération ne suffit pas. Le courant alternatif ne profite pas entièrement de toute la conductibilité d’un conducteur ordinaire ; il ne se distribue pas uniformément dans la section, mais favorise la portion voisine de la surface au détriment du centre. On pourrait enlever une partie de la portion centrale, sans affecter sensiblement la conductibilité totale.
- Skin effect.
- Cette distribution du courant alternatif à la surface du conducteur, que l’on appelle skin effect, est d’autant plus prononcée que la fréquence est plus élevée. Avec de petits conducteurs de iî à 25“m de diamètre, le skin effect est négligeable, mais avec un conducteur de 5cm, il atteint déjà, à la fréquence de 25 périodes, une telle valeur, que la résistance effective est de a5 • % plus grande que pour le courant continu correspondant. A la fréquence 60, le conducteur de i2mm accuse 11% d’augmentation, et celui de 5cm plus de 80 % , c’est-à-dire que sa résistance effective est presque doublée. De plus ce résultat est indépendant de la densité du courant employée.
- Ces considérations conduiraient à première vue à conclure que, pour la fréquence de 60 périodes, il faudrait environ doubler la section, et, pour la fréquence 25, l’augmenter de 25 % , et qu’on se trouverait ainsi dans les mêmes conditions qu’avec le courant continu de môme intensité. Cette conclusion toutefois est inexacte, car si l’on augmente de 82 % la section du conducteur de 5,;m, la résistance effective au courant de fréquence 60 est encore de 25 % environ plus grande que la résistance ohmique du conducteur de 5cm envisagé tout d’abord. Heureusement l’on dispose d’autres moyens d’améliorer la conductance de tels conducteurs, ainsi qu’on le verra plus loin.
- Profil de la section et forme du circuit.
- Pour la transmission du courant alternatif, il ne suffit pas d’envisager la surface totale delà section du conducteur. La forme de cette section (à surface égale) a également son importance, la plus mauvaise forme étant la forme ronde, et la meilleure celle
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- d’une lame très fine. Si l’on enroule cette feuille ou lame, de façon à former un tube à parois minces, ce tube est de moins grande résistance que le tube plein de même diamètre extérieur. De là l’idée de constituer un conducteur par une série de tubes, concentriques, tous de même résistance. La distribution serait ainsi uniforme dans le conducteur complet et le skin effect éliminé. Un tel dispositif est pratique-, ment irréalisable et l’on doit se contenter d’approximations.
- Outre la considération du profil, il est d’ailleurs nécessaire de tenir compte de la forme et des dime'n-sions du circuit.
- Pour fixer les idées, considérons une installation de fours travaillant à 100 volts, 25 périodes, les conditions de l’installation et du régime adopté étant telles que le facteur de puissance soit de 90 % à pleine charge. Si le voltage extérieur est 100, et le voltage effectif 90, le voltage de réactance est 43. Ces /,3 volts qui donnent la mesure de la self-induction du circuit n’ont que peu d’importance dans ces conditions.
- Mais supposons qu’il devienne nécessaire d’opérer à la fréquence 60. Le voltage de réactance est proportionnel à ht fréquence et au courant, si bien que pour 60 périodes et le même courant, sa valeur devient :
- X 43 = io3 volts, c’est-à-dire plus que le vol-2 5
- tage extérieur. Par suite, ce four, même avec les électrodes en court-circuit, ne pourrait à 60 périodes absorber tout le courant fourni, tandis qu’à 25 périodes il pourrait absorber un peu moins de 100 : 43 = 2,5 fois le courant de pleine charge. Si l’on désirait accroître la puissance électrique du four, en accroissant le courant par une modification appropriée des électrodes, on pourrait obtenir un accroissement de puissance d'environ i3o % . Car avec les 100 volts envisagés une augmentation de courant accroîtrait la valeur du voltage de réactance et diminuerait par suite le voltage effectif.
- Le maximum de puissance, à ail périodes, a lieu quand la base et la hauteur du triangle sont égales, c’est-à-dire égales chacune à 71 volts. Le débit est alors i65 % du débit primitif. Le produit du débit i65 % et du voltage 71 % est 118%, proportionnel à la puissance, et est environ 3o % supérieur aux 90 % (100 % X 90 % ), puissance primitive du four.
- Limites imposées à la puissance d'un four par la fréquence et le voltage.
- Dans le cas considéré, à 60 périodes, le courant
- normal de charge est beaucoup trop intense pour donner la puissance maximum. En général la puissance maxima qu’on peut transmettre dans un circuit est inversement proportionnelle aux fréquences et correspond à un facteur de puissance de 71 % . L’installation envisagée, tout à fait satisfaisante à 25 périodes, ne l’est plus à 60. Une modification des conducteurs, réduisant la self-induction devient nécessaire.
- Si, au lieu de 100 volts, on en avait employé 60, la puissance maxima à 25 périodes serait 36 % de la précédente (20 périodes-ioo volts). À 60 périodes, la puissance maximum serait 42 % X 36 % soit environ i5 %. De même un accroissement dü voltage extérieur augmenterait la puissance maximum du four.
- S’il y a une perte appréciable dans le circuit de transmission, le facteur de puissance de 71 % pour tout le système ne correspondra pas au maximum d’énergie disponible dans le four, quoique la condition d’énergie maximum soit remplie dans tout le circuit, y compris les plombs, les électrodes, etc.
- Le facteur de puissance correspondant à la puissance maximum du four dépend de la résistance ohmique R et de la réactance wL du circuit, et a une valeur comprise entre 0,71 et l’unité. C’est 0,71 si R = o (condition envisagée dans l’installation que nous avons discutée et c’est la valeur 1 pour L = o, condition qu’on peut seulement approcher dans la pratique).
- Le poids des lignes pour ces courants de gros ampérages est considérable, et la résistance mécanique de leurs supports doit être soigneusement assurée.
- Ces supports doivent en outre être isolants, quoique le voltage employé ne dépasse pas en général 100 volts. La nécessité de laminer et d’entrelacer les conducteurs complique le problème de la résistance mécanique des lignes. Les contacts et connexions doivent aussi être sérieusement étudiés.
- Pour les installations de moyenne importance, de 2000 à 5o'io ampères, une méthode souvent employée pour les conducteurs, est de constituer le câble par des torons disposés alternativement de signes différents. A l’extrémité seulement les torons de meme signe sont reliés par des jonctions terminales appropriées.
- L’emploi de matériaux différents donne, au point de vue du skin effect, de légères différences, pratiquement négligeables.
- On a vu, dans ce qui précède que les conditions de consommation maximum d’énergie dans un circuit correspondent à un facteur de puissance d’environ
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- 70 % et, quoique ceci soit vrai, il ne faut pas en conclure qu’un facteur de puissance de 70 % soit désirable. Ce serait faux, en général, car plus le facteur de puissance est élevé, plus l’opération est satisfaisante. Mais il est intéressant de noter que si un four ou installation similaire doit être forcé à sa consommation d’énergie maximum, et ce pour un voltage donné, ce maximum n’a pas lieu pour le plus fort facteur de puissance.
- Les conditions de ce maximum sont en effet :
- 1) La puissance maximum d'un circuit contenant une réactance a lieu quand le voltage ohmique total (R I) égale 71 % du voltage fourni.
- 2) La puissance maximum a lieu dans un four (charge avec résistance sans induction) quand le facteur de puissance du circuit a une valeur donnée
- °>7
- R
- yù'-L2—|— R-
- par où R et L sont respectivement la résistance et la self-induction de la ligne.
- 3) La puissance, dans un circuit donné de fréquence donnée, est proportionnelle au carré du voltage fourni.
- 4) L’énergie maximum qu’on peut fournir" à un circuit d voltage constant et fréquences variables varie d’une façon inversement proportionnelle aux fréquences, le maximum pour chaque fréquence correspondant toujours a un facteur de puissance de 71 % .
- En outre, pour nous résumer, rappelons les points suivants :
- La dimension et la forme des conducteurs, ainsi que la fréquence, déterminant la valeur du skin eff'ect.
- La forme et la dimension du circuit, ainsi que la fréquence, déterminent la self-induction.
- Skin effect et self-induction se réduisent en laminant les éléments de conducteur, en choisissant ces éléments de dimension et de forme appropriée, et en les entrelaçant.
- La réduction de la self-induction du circuit est la chose la plus importante et la plus difficile.
- Dans la discussion qui suivit, M. G. A. Ilanset donna des chiffres sur l’influence des plombs sur la résistance et réactance totale d'un four de 10 000 ampères et aussi une table mettant en évidence la puissance maxima du four à voltage constant correspondant à un facteur de puissance de 71 % .
- Le Dr M. G. Lloyd indique l’usage de a tubes con-
- centriques comme conducteurs de courant alternatif, le tube intérieur étant refroidi par un courant d’eau.
- Il n’y a pas de champ magnétique extérieur avec, ce dispositif.
- M. L.
- BREVETS
- Dispositif Sundh pour la mise en marche d’un motèUl'. — Electrical World, ai avril 1910.
- M. Auguste Sundh a breveté une nouvelle méthode permettant, au moyen d’un moteur pilote contrôlé automatiquement, de mettre en marche et d’arrêter un moteur ainsi que d’inverser, son sens de rotation.
- Le point le plus intéressant de ce dispositif réside dans la commande du moteur pilote: ce dernier est du type bipolaire monophasé à collecteur, et a des enroulements inducteurs en opposition. Ceux-ci sont connectés à un des balais du moteur. L’autre balai est connecté directement à la ligne.
- La figure montre qu’on réalise ainsi une connexion en étoile dont une des branches est constituée par l’enroulement de l’armature, les deux autres par les enroulements inducteurs.
- Entre la ligne et chacun de ces enroulements sont intercalées, en série, deux bobines d’impédance avec noyaux mobiles.
- Fig. 1.
- Tant que l’impédance est la meme dans les deux branches de l’étoile qui contiennent les enroulements inducteurs, il n’y a aucun couple moteur résultant; aussitôt que l’impédaiice d’une des branches diffère de celle de l’autre, l’enroulement inducteur intercalé dans la branche de l’impédance la plus faible devient prépondérant et le moteur pilote démarre.
- Les noyaux 1, 1 de la figure sont reliés mécaniquement à la poignée do manœuvre 2, et les noyaux 3, 3 sont reliés à un mécanisme commandé par le moteur pilote lui-même.
- Quand la poignée 2 occupe une certaine position, l’égalité d’impédance des deux branches est détruite, et le moteur pilote démarre dans un sens déterminé par l’inducteur correspondant à l’impédance la plus
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- faible ; le mouvement de ce moteur pilote produit le démarrage du moteur principal et en même temps, par son action sur les noyaux 3,3, rétablit l’égalité d’impédance des deux branches, Contrebalançant ainsi le déplacement des noyaux commandés par la poignée de manœuvre.
- H. B.
- Système de commande pour appareils à va-, peur de mercure. — Société anonyme Westinghouse. — N° 4n 712, publié le 24 juin 1910.
- La mise en marche automatique des appareils électriques à vapeur de mercure s’effectue d’ordinaire en faisant basculer l’ampoule au moyen d’un électro-aimant, de manière à amener les deux électrodes ^n contact et à faire jaillir un arc à l’intérieur de l’ampoule.
- Une disposition assez usitée consiste à placer près de l’électrode négative une électrode auxiliaire constituée par une substance conductrice vaporisa-ble, et qui vient en contact avec la première quand on fait basculer l’ampoule ; les connexions sont établies de façon à permettre à celte électrode auxiliaire de jouer momentanément le rôle d’électrode positive ; on obtient ainsi une décharge locale entre les deux électrodes au moment où on les sépare en ramenant l’ampoule dans sa position première.
- Dans le dispositif actuel, l’électro-aimant qui permet de faire basculer automatiquement l’ampoule comporte un enroulement antagoniste qui sert à réduire ou à neutraliser l’effet des enroulements actifs ; cet enroulement agit seulement quand l’ampoule est renversée et la ramène immédiatement à sa position première.
- Supposons par exemple qu’il s’agisse d’un redresseur. •
- Ce redresseur est alimenté en courant alternatif au moyen d’une source quelconque par l’intermédiaire des deux conducteurs 2 et 3, d’une bobine de self 4, de rhéostats de réglage 5 et 6, et d’un transformateur 7.
- Les rhéostats 5 et 6 permettent de faire varier les connexions du transformateur de façon à pouvoir régler à volonté le voltage du courant alternatif qu’on fait passer dans le redresseur.
- L’appareil redresseur 1 comprend une ampoule cruciforme 8 supportée par un châssis 9 pivoté sur un arbre fixe 10, un électro-aimant 11, un contrepoids 34 et des ressorts à boudin 12. L’électro-aimant 11 est constitué par un. noyau fixe i3 et un noyau mobile 14 et des enroulements i5, 16 et 17.
- Le noyau mobile 14 est relié au moyen d’une bielle 19-aune manivelle 18 fixée au châssis 9.
- Le courant alternatif est amené à l’ampoule par deux bornes 20 et 21 qui sont reliées au transformateur 7 par les conducteurs 22 et 23 et le rhéostat 6 ; le courant redressé part de la borne 24 et est amené par le conducteur 25 dans le circuit d’utilisation; l’ampoule porte en outre une borne auxiliaire 26 reliée électriquement par le mercure à la borne 24, lorsque l’ampoule bascule sous l’action de l’électro-aimant 11.
- • Les enroulements i5 et 18 de l’électro-aimant peuvent être réunis, soit en parallèle, soit en série, et sont alimentés au moyen des conducteurs 2 et 3 par l’intermédiaire de l’interrupteur à relais 27.
- jmmmmm.
- Fig. 1.
- Les extrémités de l’enroulement antagoniste 16 sont reliées respectivement à la borne auxiliaire 26 et à la borne 24 d’où part le courant redressé ; on voit donc que cet enroulement est mis en court-circuit lorsque l’ampoule est renversée.
- L’interrupteur à relais 27 comporte un noyau fixe 28, un noyau mobile 29, un enroulement 3o et un ressort 3i. L’enroulement 3o est monté en série sur le circuit à courant continu alimenté par le redresseur; ce circuit est relié au milieu de l’enroulement du transformateur 7. Lorsqu’on excite l’enroule-
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- ment 3o, l’interrupteur à relais 27 s’ouvre et fait cesser l’excitation des enroulements i5 et 17.
- Le dispositif agit de la manière suivante:
- Le redresseur fonctionnant normalement, le courant fourni parcourt l’enroulement 3o, l’interrupteur à relais 27 est ouvert et les enroulements 15 et 17 sont par suite inactifs ; il en est de même de l’enroulement 16, puisque l’ampoule occupe sa position normale. S’il vient à se produire une interruption dans le courant d’alimentation, ou si le redresseur cesse de fonctionner pour une raison quelconque, le courant continu qui traverse l’enroulement 3o cesse également.
- Le ressort 3i a pour effet de fermer l’interrupteur à relais 27 et le courant alternatif passe du conducteur 3 aux enroulements i5 et 17 à travers le conducteur 32 pour revenir aux conducteurs 2 par le conducteur 33.
- Sous l’effet de l’attraction produite par les enroulements i5et 17, l’ampoule 8 bascule et l’enroulement 16 est mis en court-circuit ainsi qu’on l’a vu
- plus haut ; cet enroulement agit alo4rs comme un enroulement secondaire de transformateur dans lequel les enroulements 15 et 17 constitueraient l’enroulement primaire. Par suite l’aimantation produite par les enroulements 15 et 17 se trouve partiellement neutralisée par l’enroulement 16 et le contrepoids 34 ramène immédiatement l’ampoule à sa position normale, ce qui fait jaillir l’arc qui rétablit le fonctionnement de l’appareil.
- Si cette mise en marche ne se fait pas du premier coup, les enroulements i5 et 17 conservent leur excitation de façon à répéter la même opération jusqu’à obtenir le résultat visé.
- Lesconnexions des enroulements i5, 16 et 17 sont établies de façon telle que le courant redresseur ait toujours tendance à passer par la borne 24 ; mais si, pour une raison quelconque, le courant passait par la borne auxiliaire 26, ce courant anormal aurait pour effet de provoquer l’excitation de l’enroulement 16 et par conséquent de faire basculer l’ampoule encore une fois.
- VARIÉTÉS
- Au sujet de la formation des ingénieurs dans les industries mécaniques. — J. Ritter von Merkl, ingénieur en chef. — Zeitschrift des ôsterr. Ingenieur-und Architekten-Vereines, n° 20, 1910.
- Dans une conférence qu’il a faite le i3 décembre 1909 à Vienne, l’ingénieur von Merkl commence par énumérer les industries qui sollicitent particulièrement l’activité des ingénieurs en Autriche : construction des machines en général, fabrication de machines-outils, de locomotives, de wagons, de chaudières, chantiers de constructions navales, etc. Jetant un coup d’œil sur les caractéristiques actuelles de ces industries mécaniques, il déplore qu’une sorte de respect humain, comportant le dédain du travail manuel, ait pour conséquence la formation d’un excédent de bureaucrates. Nombre d’ouvriers, parmi les meilleurs, au lieu de pousser leurs fils vers des écoles professionnelles qui en feraient des chefs d’atelier, s’imposent les plus grands sacrifices pour leur faire suivre les cours des hautes écoles — tout cela pour aboutir à encombrer les bureaux. Quels en sont les résultats? C’est d’apprendre d’abord aux
- fils à mépriser la profession de leurs pères ; c’est aussi de léser l’industrie nationale. D’une part, on constate un recul constant de la capacité et de l’utilisation du personnel ouvrier et, d’autre part, on se trouve, faute d’un choix suffisant, désarmé vis-à-vis d’exigences croissantes, même injustifiées.
- Après ces considérations générales, le conférencier se demande quels conseils il convient de donner à l’ingénieur qui entre dans la carrière.
- D'abord quelle spécialité doit-il choisir à l’Ecole supérieure? Celle de la construction des machines, en tout cas, lui est indispensable.
- On sait que les élèves ingénieurs sont astreints à fréquenter, pendant ou après leurs études, des ateliers bien organisés, dont ils ont le choix. Cette pratique des ateliers, même si elle comporte plusieurs stages de sept à huit semaines, ne conduit pas au but cherché. Un ingénieur qui se destine à la carrière industrielle devrait pratiquer pendant une année, sans interruption, dans un seul et même atelier.
- Mais, dira-t-on, c’est une année supplémentaire
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- d’études qui va entraver les débuts du candidat? Ne convient-il pas alors de réduire la durée d’étude et le programme de l'Ecole supérieure? L’auteur se maintient sur le terrain des principes et pose simplement la question sans la trancher.
- Une entreprise, pour prospérer, doitproduire bon, à bon marché et dans les délais voulus ; les moyens d’obtenir ce résultat consistent dans la création de modèles avantageux, dans une organisation rationnelle des ateliers et une bonne utilisation du travail. Il faut donc qu’un jeune ingénieur se familiarise avec ces diverses branches du service. A ses débuts dans la pratique, il peut ou bien confirmer les connaissances acquises en s’employant dans un atelier bien ,dirigé, ou bien entrer directement dans le bureau de construction.
- A l’heure actuelle, les bureaux techniques sont les ateliers intellectuels de la production technique. C’est là qu’on affirme le succès d’une entreprise en la mettant à même de soutenir la concurrence, grâce,
- , d’une part, à la conception de projets et de modèles bien appropriés et, d’autre part, à l’étude de procédés et dispositifs de fabrication qui améliorent les conditions de l’exploitation. Mais il arrive qu’en raison du développement de l’entreprise, le bureau de construction se subdivise par spécialité. Si l’entreprise y trouve son compte, il n’en est pas de même de l’ingénieur; aussi ne doit-il pas s’éterniser dans un bureau de ce genre qui ne le préparerait pas à Un rôle de direction. Il doit changer souvent.
- Voici d’ailleurs comment fonctionne le bureau de construction. Son chef répartit les travaux et études entre les groupes d’ingénieurs, chaque groupe ayant à sa tête un ingénieur expérimenté, qu’assistent de jeunes ingénieurs.
- Ce groupe, pour l’étude dont il est chargé, établit un avant-projet, puis un avant-devis ; la commande reçue, il adresse les plans de détail a l’usage des ateliers et s’occupe des matières nécessaires pour la
- construction. Quand la commande comporte un montage sur place; le bureau technique en étudie les dispositifs et organes.
- C’est souvent un jeune ingénieur qui est délégué à la direction de ce montage et c’est pour lui une excellente occasion de s’habituer à l’initiative et à la responsabilité que comporte une mission indépendante.
- Quand on a produit bon, à bon marché et en temps voulu, il faut tirer de la vente des produits le gain maximum. Il faut donc un service commercial bien organisé; bien souvent, les relations personnelles du chef d’établissement avec la clientèle sont plus profitables que les plus belles lettres d’afïaires.
- Est-il 'nécessaire d’énumérer toutes les branches du service commercial auxquelles un ingénieur qui aspire à devenir chef d’établissement doit être initié : service des achats de matériaux, section adratttiétCktLve •— qui comprend, ne l’oublions pas, la prévoyance sociale pour les travailleurs — tenue des registres de commande, d’entrée et de sortie, expéditions, statistiques, chiffres d’afïaires, frais d’exploitation, -renseignements sur le nombre et les salaires des ouvriers classés par catégories, sur la production moyenne en kilogrammes par tête et par jour, etc.
- En somme, la carrière industrielle de l’ingénieur n’a pas des débuts séduisants. Et, une fois en position, il doit se perfectionner sans trêve, s’adapter à des conditions sans cesse renouvelées. Qu’il ne perde jamais de vue, en tout cas, qu’il est de son intérêt comme de l’intérêt de l’industrie même, d’apprendre à connaître et de" savoir apprécier son personnel.
- L’un des devoirs les plus importants du directeur d’une entreprise industrielle est de faire contribuer à la prospérité de son entreprise, dans le cadre de l’organisation générale, chacun de ses collaborateurs dans la mesure de son individualité propre.
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- revue d’électricité
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouveaux isolateurs pour hautes tensions.
- INTRODUCTION
- Les rapides progrès de l’électrolechnique pendant ces dix dernières années ont rendu nécessaire l’emploi de tensions toujours plus élevées.
- Alafin du siècle précédent, on se contentait de courants de 3 à 6ooo volts, tandis qu’aujour-d’hui on emploie couramment en Europe du 3oooo volts, du 45 000 volts, voire même du 70 000 volts. Dans 1’ Amérique du Nord il existe même des lignes à 110 000 volts en exploitation.
- Dans certains cas spéciaux, ces tensions sont fortement dépassées et l’on atteint même avec les transformateurs pour essais des tensions de 5oo 000 volts.
- Cet emploi de la hautè tension a forcément amené la création d’isolateurs d’une qualité supérieure, et cette question,secondaire il y a quelques années, est devenue une des questions primordiales de l’électrotechnique moderne.
- Le seul corps qui jusqu’à présent ait entièrement répondu aux exigences des courants à haute tension est la porcelaine. Les nombreux essais qui se continuent encore pour la remplacer par une matière meilleur marché, telle que la faïence, le verre, etc.., n’ont pas donné de bons résultats. Nous ferons du reste en terminant une rapide comparaison entre ces divers corps et la porcelaine.
- Dans la première partie de notre travail, nous nous occuperons uniquement de la fabrication de la porcelaine, de 1%construction et des essais des isolateurs en porcelaine.
- Préparation de la porcelaine pour isolateurs.
- Pour les isolateurs on ne peut employer que la porcelaine dite porcelaine à grand feu (Hart-feuerporzellan) composée de feldspath, kaolin et de quartz et que l’on cuit à une température qui n’est pas inférieure à 1 45ou C.
- L’importance qu’il y a à cuire la porcelaine à de
- si hautes températures est des plus grandes au point de vue de ses propriétés électriques. Fin effet, c’est seulement à 1 400° que la masse interne de la porcelaine se modifie par suite de la séparation de la partie argileuse en deux parties, dont l’une devient un silicate vitrifié et l’autre un silicate cristallisé. Les cristaux forment par superposition un tissu compact, interrompu en certains endroits par des bulles d’air, comme le montre la figure 1 (').
- Par ce traitement seul, la porcelaine acquiert les propriétés physiques et chimiques que doit avoir un isolateur.
- Hg\ 1. — Plaque mince obtenue au moyen d’un morceau de porcelaine de la manufacture Pk. Roscnilial et G‘e de Selb (Bavière).
- Une bonne porcelaine pour l’électricité doit présenter les propriétés suivantes :
- i° Elle doit être ferme, d’une pâte absolument homogène et compacte, empêchant ainsi toute absorption d’eau. (*)
- (*) Comparer avec l’article du Dp Züi.lner. Elektvo-technische Zeitschrift, n° 53, 1908.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T.XI (2‘Sérief. i-M«39.
- 2° Elle doit pouvoir résister aux variations de température.
- 3° Elle doit présenter une grande résistance électrique.
- 4° Elle doit offrir une grande résistance mécanique.
- Comme signe extérieur, une bonne porcelaine doit avoir une cassure en coquille grasse et brillante et une surface parfaitement blanche.
- A côté de la composition de la porcelaine, sa préparation a une grande importance. On doit laisser reposer la pâte aussi longtemps que possible, la bien pétrir et la faire sécher régulièrement.
- Pour les isolateurs pour hautes tensions, les pièces tournées (pièces de poterie) entrent seules
- stater la diversité des isolateurs que l’on rencontre et la faible proportion de ceux qui sont construits d’une façon vraiment rationnelle.
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- * *
- Ayant de construire un isolateur, il faut se rendre compte des fuites et décharges électriques auquelles il devra parer.
- On peut grouper ces dernières en trois catégories suivant la façon dont le court-circuit se produit entre la ligne et le support de l’isolateur :
- i° L’étincelle de percement (claquage de l’iso-.lateur);
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- Epaisseur de ia porcelaino,
- Fig. 2. — Essais au percement de tubes en porcelaine.
- en considération. Celles-ci sont chauffées à une température d’environ 8oo degrés, puis émaillées, et ensuite soumises au recuit.
- Lorsque la porcelaine fabriquée de cette façon présente toutes les propriétés qu’on peut en attendre au point de vue isolant, il ne reste plus qu'à la façonner de manière à en sortir un isolateur qui répondra le mieux possible au but que l’on s’est projîosé. Il est en effet curieux de con-
- i° L’effluve qui épouse le contour de l’isolateur ;
- 3° La décharge à travers l’air (Arc).
- Percement. — Lê percement est causé le plus souvent par de petites bulles d’air contenues dans la pâte de l’isolateur. On peut l’empêcher en renforçant l’épaisseur de la porcelaine. Toutefois il est à remarquer que la résistance au percement n'est pas proportionnelle à l’épais-
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- seur de la porcelaine; sa courbe croit d’abord très rapidement, puis devient peu à peu horizontale. La figure a montre les valeurs moyennes d’essais au percement, qui ont etc effectués sur des tubes en porcelaine ('). Pour cet essai le pôle intérieur et le pôle extérieur étaient formés par deux bandes de tain (amalgame d’étain) d’environ 5°m de largeur, et la décharge par l’air était impossible parce que l’extrémité du tube le plus voisin des pôles était plongée dans un bac d’huile. (Pour des essais au percement sur des pièces plus petites, il faut les plonger entièrement dans un bac d’huile, sans quoi on n’arriverait pas à les percer.)
- Il est aussi inutile d’augmenter par trop l’épaisseur de la porcelaine, d’abord vu l’aplatissement de la courbe, deuxièmement à cause de la difficulté de fabrication des porcelaines très épaisses.
- On peut normalement arriver à obtenir des porcelaines remplissant parfaitement leur but comme isolateurs jusqu’à une épaisseur de a5mm. Si la tension exige une épaisseur de porcelaine encore plus grande, on divise l’isolateur en plusieurs parties, que l’on superpose les unes aux autres. Cette subdivision est aussi motivée par le fait que la porcelaine n’a pas une capacité isolante uniforme dans toute son épaisseur et qu’à la partie intérieure elle doit absorber une tension beaucoup plus intense que dans ses couches extérieures.
- Les scellements entre les diverses parties peuvent être faits, soitj à l’émail et recuits, soit au moyen de ciment, etc. Dans ce dernier cas, le scellement se fait lorsque chaque pièce a été complètement terminée.
- Le premier procédé a sur le second un grand avantage provenant de ce que la masse cl’émail reliant les deux parties forme une masse parfaitement isolante et de même composition que la porcelaine, tandis que le ciment, si sec soit-il, est toujours un corps plus ou moins conducteur. La condition principale pour le scellement à l’émail est que l’espace compris entre les deux parties soit complètement rempli d’émail. On arrive facilement à ce résultat avec les isolateurs de pe- (*)
- (*) Ces essais ainsi que les suivants ont été faits dans le laboratoire pour courants à hautes tensions de la manufacture de porcelaine Pli. ltosenthal et Cie, à Selb, en Bavière.
- tite et moyenne grandeur. Pour lés très gros isolateurs, le scellement au ciment est toujours plus commode pour la fabrication.
- Nous ne nous étendrons pas trop sur les avantages et les inconvénients de ces subdivisions.
- D’après notre expérience et les nombreux essais que nous avons faits nous sommes d’un avis tout à fait opposé à la théorie suivant laquelle l’augmentation du nombre des subdivisions entraîne de ce fait une augmentation de la résistance au percement.
- On croit» communément que l’on n’est pas encore arrivé à fabriquer une bonne porcelaine, et c’est la principale raison qu’on donne pour expliquer les subdivisions (subdivisions qui seniient utiles lorsqu’on a une mauvaise qualité de porcelaine). Cette théorie nous vient de l’Amérique du Nord,où le type des isolateurs en plusieurs pièces est généralement adopté.
- D’autre part, il est bien connu que dans ce pays la qualité de la porcelaine se rapproche beaucoup de la faïence et est très inférieure à la porcelaine européenne.
- Non seulement l’augmentation des subdivisions dans un isolateur n’augmentera pas la sécurité, mais c’est absolument le contraire qui se produit.En effet, aux scellements au ciment, qui, comme nous l’avons dit plus haut, sont toujours plus ou moins conducteurs, viennent s’ajouter les défauts des differentes parties de la porcelaine.
- Des expériences au percement toutà fait caractéristiques que nous avons faites sur des isolateurs composés de plusieurs parties confirment notre assertion :
- Dans un isolateur pour lignes aériennes composé de deux parties, le courant traversa la cloche extérieure à la gorge, mais perça la cloche intérieure en un point situé à i8o° du premier.
- Un autre exemple prouve encore que cette sécurité théorique se transforme parfois dans la pratique en insécurité :
- Un isolateur composé de trois parties cimentées entre elles, dont chacune avait été au préalable essayée à une tension de 60000 volts, fut soumis, les scellements au ciment une fois faits, à un nouvel essai et fut percé à 160 000 volts. La figure 3 montre cet isolateur juste avant le percement. On voit clairement comment se dirige la décharge du bord de la cloche supérieure vers le manchon inférieur et, de plus, les effluves
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- très mobiles qui changent de direction pour pénétrer dans le scellement au ciment. A cette tension très élevée l’air est ionisé et la différence de potentiel entre le bord delà cloche supérieure et le manchon inférieur est très petite, de sorte que le manchon, plus rapproché de la ferrure au lieu d’avoir à supporter une tension de 60 ooo volts comme à l’essai, supporte peut-être une tension de i5o ooo volts ou davantage, et par suite est percé.
- Il est à remarquer qu’à la partie où la dé-
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- Fig. 3.
- charge rencontre le manchon inférieur, la porcelaine est encore assez forte pour résister ; mais la décharge pénètre dans le ciment et cherche le point le plus faible pour percer la porcelaine. Ce ne sera ni la partie la plus à l’extérieur, ni la partie la plus centrale qui seront percées, mais c’est au point situé le plus à l’intérieur, c’est-à-dire'dans le voisinage du sommet du manchon, que le percement a lieu.
- Un second point important à envisager pour les isolateurs de lignes aériennes, c’est l’augmentation de la capacité électrique par suite de la superposition des épaisseurs de porcelaine et de ciment. Et c’est précisément cette capacité dans la ligne qui est la cause des surtensions et que l’on cherche à éviter. \
- Il résulte de ce qui précède qu’il faut diminuer ahtant que possible le nombre des subdivisions dans un isolateur.
- Les petits isolateurs et ceux de moyenne gran-
- deur doivent se faire en une seule pièce. Et aussi longtemps que l’on ne rencontre pas de difficultés de fabrication on ne devrait pas avoir de subdivisions. Lorsqu’on est obligé de recourir à ce moyen, les scellements doivent être faits à l’émail et ce n’est que pour les tous gros isolateurs, qui ne devraient pas être composés de plus de deux parties, que l’on emploiera le scellement au ciment.
- L’exemple suivant démontre pleinement notre assertion :
- Fig. 4, — Isolateur Uoscnthal n° 704 b. essayé à 100 ooo volts, iomm de pluie.
- La manufacture de porcelaines Ph. Rosenthal et O est arrivée à fabriquer des isolateurs en deux pièces scellées au ciment pour une tension de régime de 66 ooo volts.
- Ces isolateurs destinés à la Société Ilydro-électrica Espanola por el Sallo de Jucar, qui jusqu’à présent utilise la tension la plus élevée que l’on ait employée en Europe, ont donné les meilleurs résultats depuis qu’ils sont en service. La figure 4 représente un de ces isolateurs sous une tension de 100000 volts et une pluie de iomi". Leur diamètre est de 355mm. Leur hauteur de 36ou"” et ils pèsent iiks,8oo.
- Nouvelle lampe à ai'cpour courant continu.
- Les Parisiens peuvent voir depuis plusieurs soirs s’allumer vue Auber trois lampes à arc du
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- nouveau type Silica-Westinghouse, dont la lumière est sensiblement plus agréable que celle que donne généralement la vapeur de mercure. C’est bien cependant une lampe de ce genre, mais elle est construite d’une manière toute particulière.
- L’organe principal, générateur de lumière, est un brûleur, sorte de tube de quartz qui n’a que quelques centimètres de longueur.
- Des deux côtés du brûleur se trouvent deux pochettes de quartz contenant les électrodes de mercure. Ces pochettes sont munies d’ailettes en tôle de cuivre disposées en éventail et réglant l’intensité du courant par le refroidissement du tube.
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- L’arrivée du courant se fait au moyen de üls souples sous perles situés entre les ailettes de chaque électrode. L’intensité de la lampe ne se règle pas en modifiant la tension de régime ou la résistance ; elle dépend seulement de la température du mercure dans les électrodes. C’est pourquoi il existe deux types de brûleurs, pour intérieur et pour extérieur, qui ne diffèrent que par la forme des ailettes des radiateurs. Les ailettes des brûleurs pour extérieur sont réunies par paires; celles des brûleurs pour intérieur sont séparées les unes des autres. Le dépla-
- cement de l’air seul a une influence sur le degré de refroidissementdes électrodes et non sa température. Les grands froids ne font monter que très peu l’intensité du courant (de o,î ii o,3 ampère).
- L’allumage du brûleur se fait automatiquement à l’instant même où l’on donne le courant, au moyen d’un dispositif électromagnétique se trouvant dans le corps de la lampe.
- C’est là tout le « mécanisme » de la lampe Si-lica, mécanisme qui n’est assujetti à aucune usure, car il n’a à fonctionner qu’au moment de l’allumage.
- La construction ainsi que les connexions intérieures des lampes sont expliquées par les figures ci-jointes.
- Le brûleur est tenu par deux supports au moyen de son axe a-x se trouvant en biais au-dessus du tube. Cet axe est rejoint à l’armature /• de l’éleetro-aimant en dérivation q par la tige u;
- en mettant la lampe sous ocurant, l’aimant provoque un mouvement de bascule de l’axe qui relève l’électrode positive tandis que l’électrode négative s’abaisse et que le mercure coule d’un pôle à l’autre, établissant une communication électrique, c’est-à-dire fermant le circuit principal. Ce courant magnétise la bobine de self l qui attire son armature o et par cela coupe le courant en p de l’aimant basculeur q.
- Le brûleur revientalorsàsa position primitive, le filet de mercure se rompt et produit un arc à la rupture. C’est un fait analogue à l’allumage d’une lampe à arc dans laquelle les charbons se touchent d’abord, pour être séparés ensuite en produisant l’arc.
- De suite après l’allumage, le brûleur n’absorbe qu’environ 3o volts et ne donne que peu de lumière. Ce n’est que lorsque les électrodes sont suffisamment chauffées qu’il atteint la tension normale et donne son maximum d’intensité lumineuse. L’échauffement des électrodes et l’aug-
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- mentâtion de lumière vont d’autant plus vite que l’intensité de démarrage est plus élevée. Les résistances en fer AA ont pour but de la limiter à une valeur convenable. L’intensité élevée du début fait rougir le fil de fer et en quadruple la résistance en fonctionnement normal de la lampe.
- L’autre partie de la résistance est faite de fils de rhéotan m et peut être réglée pour les différentes tensions de régime.
- La bobine de self indiquée plus haut sert, comme il a déjà été dit, d’abord pour couper la dérivation après l’allumage du brûleur moins sensible aux variations subites de tension telles qu’elles se produisent, par exemple, au démarrage de gros moteurs. La self-induction de la bobine amortit les variations soudaines de la tension aux bornes du brûleur.
- A rallumage, la lampe donne une lumière bleue verdâtre, mais au bout de quelques minutes, la proportion des radiations jaunes augmente d’une façon remarquable; cela semble dû à ce qu’il y a incandescence du tube de quartz qui constitue le brûleur.
- Les résultats de consommation annoncés sont
- o,a5 watt par bougie. La durée, garantie pour i ooo heures, paraît être supérieure au double de ce chiffre. Enfin le fonctionnement est stable dans la durée, c’est-à-dire qu’il n‘y a pas de chute brusque du rendement, la consommation spécifique se maintient fort bien.
- Telles sont les principales caractéristiques de de cette nouvelle lampe, dont l’introduction a suscité une assez grande curiosité.
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- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La hausse du cuivre, qui s’était dessinée il y a un mois, n’a pas été de longue durée et, soit étal de la situation politique et industrielle en Amérique, soit maintien des stocks de métal toujours au même niveau, le Standard qui avait dépassé de nouveau le cours de £ 56 est revenu au cours de £ 54, 189. La dernière circulaire Merton signalait peu d’affaires en Standard, mais une grande activité sur le marché des marques affinées, de grosses commandes ayant été passées par les fabricants du Continent; l’activité continuerait dans toutes les industries consommatrices de cuivre et le développement des applications de l’électricité serait des plus remarquables; l’Allemagne se distinguerait notamment à ce point de vue, et tant d’activité explique la diminution des stocks continentaux, qui ne se représente guère sur les stocks américains. Ce ne serait qu’en octobre que se feraient sentir réellement les mesures prises par les producteurs. Mais on parle déjà de l’influence de la campagne politique qui s’ouvre et du mouvement de hausse qui suivrait le triomphe des républicains. La simple loi de l’offre et de la demande
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- ramènera vite toutes choses au point. Comme pour donner raison, d’ailleurs, aux remarques précédentes, les cours des valeurs d’électricité sont en hausse à Paris, à Bruxelles et à Berlin. Ici les fusions annoncées avaient provoqué un élan inaccoutumé qui s’est, depuis, un peu calmé. Complétant notre information d’il y a huit jours, disons que les actionnaires de l’Allgemeine Elektrizititts Gesellschaft, comme ceux de Felten Guilleaume Lahmeyer Werke, sont convoqués pour ratifier les conventions suivantes : augmentation du capital de l’Allgemeine qui serait porté de ioo millions de marks à i3o : io millions étant affectés à l’acquisition des usines de construction de dynamos de Felten Guilleaume; io millions seraient offerts aux anciens actionnaires à 210 % ; approbation par les actionnaires de Felten Guilleaume Lahmeyer de la transformation des usines de dynamos en une Société anonyme indépendante au capital de io millions de marks et 3 millions de réserve ; cession de ce capital à l’Allgemeine. Le nom de Lahmeyer disparaîtrait alors de la raison sociale.
- A Bruxelles un mouvement de reprise s’est dessiné sur les valeurs de traction qui avaient été délaissées pendant ces derniers temps. Le Métropolitain cote 5g3 fr. 5o; la Parisienne Electrique se maintient aux environs de 286,5o et les Rails Electriques à 154,73. Les Tramways de Turin, peut-être en prévision de l’exposition de 1911, bénéficient d’une avance de 20 points et les Tramways de Bologne s’avancent à 534. Le bénéfice du dernier exercice de ces derniers est de 469 o3g francs au lieu de 421 962 en 1908-1909, et tout en dotant le fonds de renouvellement du matériel d’une somme de 76 000 francs, le dividende proposé est de 25 francs par action de capital et i2,5o par action de jouissance contre respectivement 22 fr. 5o et 10 francs l’an dernier.
- Le Trust franco-belge de Tramways et d’Electri-cité, convoqué en assemblée générale extraordinaire le 10 courant, n’a pu tenir qu’une réunion officieuse, le nombre des actions déposées étant insuffisant. Au cours de cette réunion, le Conseil a rappelé l’état du portefeuille au 3o juin qui se compose principalement d’actions et d’obligations de la Société des Tramways d’Athènes et du Pirée, d’actions de capital des Tramways de Tiflis, de Murcie, de Tien-tsin, de Reval, etc. Le compte de profits et pertes se solde par une perte de 169 246 francs : au passif, les créditeurs divers figurent pour 1 225 377 fr. 60 contre 5o5 922 de débiteurs divers à l’actif. Le portefeuille qui est inscrit pour 3 705 664 francs accuse un déficit par rapport au prix d’émission ou d’acqui-
- sition de 2 3oi 738 francs. Un délégué des obligataires a proposé, au nom d’un établissement financier, d’avancer au trust, pour deux ans, la somme nécessaire au remboursement des créanciers privilégiés actuels, soit environ 1 200 000 francs dont 700 000 seraient versés immédiatement et 5oo 000 à la fin de l’année. Le prêt serait garanti par les valeurs actuellement gagées dans divers établissements : mais le prêteur se réserverait le choix des administrateurs et le nouveau conseil proposerait aux obligataires de surseoir pendant trois ans au paiement de leurs coupons. Une autre proposition émanant de M. Bouvier prévoit la constitution par scs soins d’une société au capital de' 3 200 000 francs divisé en 32 000 actions décapitai de 100 francs et 5o 000 actions de dividende. En échange du portefeuille et de 3oo 000 fr. environ de créances, il serait attribué au trust : i 200 000 francs en espèces; iG 800 actions de capital entièrement libérées et 5 000 actions de dividende. Le surplus des actions de dividende serait remis aux souscripteurs de i5 200 actions de capital restantes. Deux actions privilégiées ou six actions de dividende du trust pourraient être échangées pour une action de dividende de la nouvelle Société, L’assemblée du iec octobre devra prendre une détermination définitive et voter la liquidation si elle n’accepte aucune des deux combinaisons proposées. Un groupe français d’obligataires a publié une circulaire annonçant qu’il fait défense à la société de mettre à exécution l’opération financière proposée par M. Bouvier.
- A Paris, le groupe Traction a bénéficié d’une hausse comme à Bruxelles. Le Métropolitain se retrouve à 590 francs, mais le Nord-Sud s’inscrit à 345 sur la nouvelle de sa prochaine ouverture à l’exploitation ; les Omnibus sont à 359, Thomson-Houston revoit le cours de 8o3 francs ; la Compagnie Parisienne de Tramways s’avance à 2o5 francs et les Tramways de Paris à 538,5o. Les valeurs des secteurs ou des sociétés de distribution sont au calme, sauf la Compagnie Parisienne de l’air comprimé qui gagne une dizaine de points à 787 francs. On confirme, en effet, les bons résultats de l’exercice clos le 3o juin dernier et on prévoit la distribution d’un dividende de 40 francs contre 34,90 l’année précédente, malgré l’affectation aux comptes de réserve et amortissement d’une somme d’au moins 2 millions.
- Il est à nouveau question d’une modification de notre monnaie de billon qui donne plus d’actualité encore au rapport présenté par la Chambre de commerce de Lyon sur l’industrie de l’aluminium. La production de 1909 en France a dû atteindre de 5 à
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- 6 oôo tonnes ; aux Etats-Unis et au Canada elle a été à peine supérieure à ce chiffre ; en Allemagne, Suisse et Autriche-Hongrie, elle a atteint a ooo tonnes et (3oo en Italie. Presque toute l’industrie française de ce métal est concentrée en Haute-Savoie et Savoie. Quatre usines : Froges, La Praz, La Saussas, de 15 ooo chevaux chacune, et Largentièr.e,de 24 000 chevaux,: appartiennent à la Société électro-métallurgique française. Trois usines : celle de Calypso, de 20000 chevaux, de Saint-Félix-de-Maurienne, de 4 ooo chevaux et de Saint-Jean-de-Maurienne de 26 ooo chevaux appartiennent à la Compagnie des produits chimiques d’Alais. Une huitième usine, celle de Prémond à Saint-Michel-de-Maurienne, de 10 ooo chevaux, est la propriété de la Société d’iilec-trochimie et la neuvième ou dernière de cette région, celle de Venthon près Albertville, appartient à la Société d’électro-métallurgie du Sud-Est. L’usine d’Auzat, dans l’Ariège,de 10ooo chevaux, équipée par la Société des Produits électro-chimiques et métallurgiques des Pyrénées et celle de la Neste,de même puissance appartenant à la Société d’aluminium du Sud-Ouest, complètent le nombre des organisations créées en France en vue d’une production importante. Les prix sont actuellement un peu plus élevés et seraient à la veille d’une hausse importante, du fait de l’application rappelée plus haut et de l’entente toujours en pourparlers entre les divers producteurs.
- La Société des Forces motrices du Refrain a
- tenu son assemblée générale annuelle le 3 septembre; l’usine ayant été mise en marche le 19 juillet 1909 et les lignes primaires alimentées sous 5a ooo volts, le 22 août suivant, il s’agissait du premier exercice
- d’exploitation. Pour cette période les recettes se sont élevées à 5i3 522 fr., les frais généraux à 109534 fr. Après divers prélèvements pour amortissements, le bénéfice disponible de 107 399 fr. 48 a reçu l’affectation suivante : 5 % à la réserve légale, soit 7 870 francs ; 4,25 % aux actionnaires, soit 118 950 francs ; report à nouveau 30579 francs. Les actions anciennes reçoivent 21 fr. 25 et les nouvelles 12 fr. 70. Au 3o juin, le réseau comportait 6 998 lampes installées, représentant 69237 bougies et 4 234 chevaux de force motrice.
- Les comptes de la Société Distribution d’Energie Electrique du Rhône ne font pas ressortir des résultats aussi favorables, ils accusent une perte de 83 728 fr.avec une dette de 645 746 francs.Un nouveau conseil étudie une combinaison financière susceptible de procurer de nouveaux capitaux à l’affaire grevée par les apports figurant à l’actif pour un million.
- La Compagnie Electrique Edison de Saint-Etienne rembourse une partie de son capital : d’un million de francs, il sera ramené à 700000 francs divisé en 2 ooo actions d’une valeur nominale de 35o francs chacune.
- Un avis de Zurich annonce qu’un groupe financier franco-suisse a ouvert à la Société électro-métallurgique Paul Girod, à Neuchâtel (Suisse), un crédit de 8 millions de francs pour l’amortissement de la dette flottante et l’achèvement de ses installations. La Société marseillaise est à la tête de ce groupé : l’intérêt des financiers français est motivé par l’existence à Ugine de la Société des Forges et Aciéries Electriques Paul Girod dont les quatre millions d’actions se trouvent dans le portefeuille de la Société suisse.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Algérie. — On projette une ligne de chemin de fer qui relierait Constantine à Djidjelli.
- Haute-Saone. — Line ligne de tramways est projetée entre Lure et Belfort : la longueur serait de 36 kilomètres.
- Jura, — Le Conseil général a émis un avis favorable
- relatif à la construction d’un tramway électrique de Moréz à Longchaumois.
- Italie. — La Société Anonyme des Tramways Electriques de la Vallée de Gressoney vient d’être fondée au capital de i 5oo ooo lire dans le but d’établir et d’exploiter le tramway électrique de Pont-Saint-Marlin à Gressoney-la-Trinité, dont nous avons annoncé le projet dans notre numéro du 19 mars 1910.
- La Société des Tramways de Livourne vient d’acheter
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- 24 Septembre 1910
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- de compte à demi avec la Société d’électricité de Livourne les Tramways à vapeur de Pise à Marina. Il entre dans les vues du conseil de les équiper électriquement et de prolonger la ligne de Marina jusqu’à Livourne.
- Allemagne. — Une enquête d’utilité publique a été ouverte en vue de l’établissement d’une ligne de tramways entre Thionville et Fontoy avec embranchement vers Algrange et Fameck.
- Russie. — Le gouvernement russe vient d’autoriser l’étude du tracé d’une ligne ferrée devant relier la station de Baguerovo, des chemins de fer du Sud, à Abinskaia, du chemin de fer de Vladicaucase.
- République Argentine. — La Compagnie Nord-Est Argentin va soumettre à l’approbation du ministère des Travaux publics les plans délinitifs de la ligne destinée à relier Conception de l’Uruguay à Concordia et à Fédération.
- Brésil. — La Direction générale des voies et communications étudie actuellement le projet de construction d’une section de la voie ferrée S.-Pedro-S. Borja, dans l’Etat de Rio-Grande do Sul (Brésil). Le coût de ces travaux est estimé à 4 o4° 422 milreis.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — La Circulaire Brun annonce que l’Union Electrique qui a déjà un important réseau de distribution dans l’Ain et le Jura, et qui a repris les projets de la Société des Forces motrices de l’Ain, se propose d’étendre son réseau sur les départements de l’Ain, du Rhône et de Saône-et-Loire.
- Un important réseau de distribution va être créé dans cette région, grâce à une ligne qui ira de Cize-Bolozon à Villefranche et à Mâcon avec dérivation sur Bourg et Treffort.
- Cette Société distribuera, dans les diverses agglomérations traversées, la force motrice et la lumière. Dans ce but, outre la force motrice dès maintenant disponible à ses usines du Sault, la Société installera à Cize-Bolozon deux usines hydrauliques de a ooo chevaux environ. Le courant produit sera un courant alternatif triphasé à la tension de 35 ooo volts.
- De Cize partira une ligne à haute tension sur pylônes métalliques. Cette ligne à neuf fils traversera les communes de Cize, Romanèche, Hautecour, Bohas, Re-vonnas.
- Vers Revounas sera installé un poste de coupure. De ce poste partiront: i» une ligne allant sur Treffort; i° une ligne sur Bourg-Revounas ; 3° la ligne principale de Revonnas à Fareins, 35 ooo volts, six fils sur pylônes
- métalliques. A Fareins sera établi un dguxième poste de coupure d’où partiront: i° une ligne de 35 ooo volts, qui ira à Anse par Beauregard et Villefranche ; 2° une ligne, 35 ooo volts, de Fareins à Mâcon.
- Italie. — La ville de Gênes, désirant municipalise les Services d'éclairage a actionné la Société l’Union des gaz de Paris en dépossessiou de sa concession. Le tribunal de première instance de Gênes vient de débouter la ville de ses prétentions et a décidé que la société ale droit absolu d’assurer, les services d’éclairage jusqu’au 3 mars iç)i5 au moins.
- La ville de Gênes a interjeté appel de ce jugement.
- Autriche-Hongrie. — La municipalité de Vienne, Neustadt vient d’obtenir l’autorisatîôu de contracter un emprunt de 566 ooo couronnes en vue de l’établissement d’une station génératrice d’électricité.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Turquie. — Comme suite à notre information du io septembre, la compagnie Marconi a reçu du gouvernement turc la commande d’équipements de postes ra-diotélégraphiques sur ii vaisseaux; de plus elle est chargée de l’établissement d'une station terrestre de télégraphie sans fil à San-Stefano.
- Italie. — Le gouvernement italien vient d’inscrire au budget de la marine un crédit de 433 ooo lires en vue de l’établissement de 6 nouvelles stations radiotélégraplii-ques dans la colonie de Bénadir.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie pour la fabrication dés compteurs et matérie d’usines à gaz. — Le 29 septembre, 27, rue Claude-Vellefaux, à Paris.
- Société française des Téléphones. système Beriiner. — Le 24 octobre, 29, boulevard des Italiens, à Paris.
- Compagnie Électrique Anversoise. — Le 6 octobre, 67, rempart Sainte-Catherine, à Anvers.
- Compagnie Française pour la construction de chemins de fer à l'étranger. — Le 10 octobre, 21, rue de Londres, à Paris.
- Société d’Électricité de Pêrigueux. — Le 6_ octobre, 24, boulevard des Capucines, à Paris,
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- 416 ' LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XI (2* Série). — N»39.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 4 octobre 1910, au ministère des Colonies, 27, rue Oudinot, h Paris, adjudication delà fourniture de 2 352kS de fil de cuivre de haute conductibilité de 2ram de diamètre et destine' au service du tramway de Porto-Novo à Sakété (Dahomey). Caut. prov. : ia5 francs; caut. défin. : 25o francs.
- Le 5 octobre 1910, à 2 heures, au service de la marine à Lorient, fourniture d’isolants pour l’électricité. 7o35fr. Caut. : 35o francs.
- Cahier des charges à Lorient, ainsi qu’à Paris, au ministère de la Marine.
- 4
- ESPAGNE
- Le 26 octobre, à la direction générale des travaux publics (ministère de fomento), à Madrid, construction
- d’un chemin de fer stratégique de Balaguer à Puigcerda viâ Pons,
- ALLEMAGNE
- Le 3 octobre, à la députation du service d’éclairage et d’eau, à Brême, fourniture de transformateurs pour le service électrique de la ville.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 27 septembre, à l’administration de la ville, à Magyar ovar (Hongrie), concession de l’éclairage électrique de |la ville.
- NORVÈGE
- Le 3o septembre, aux chemins de fer de l’Etat norvégien, à Christiania, fourniture de 2 grues roulantes électriques d’une portée de 35 tonnes pour l’atelier de Drammen.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir* série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter-Xowt retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- P»RI8. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- La Gérant : J.-b. Noubt,
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- La Lumière Électrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME XI <2* Série)
- 3e Trimestre 1910
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- Tables du Tome XI (2e Série)
- Lcv Table des matières trimestrielle de la Lumière Électrique est éditée maintenant en fascicule séparé, en raison du développement qui lui a été donné. La Lumière Electrique se propose, en effet, de signaler, aussi complètement que possible, tous les articles intéressants, publiés dans la presse étrangère, de sorte que la table des matières de cette Revue constituera, en quelque sorte,, la table des matières générale des publications électrotechniques françaises et étrangères.
- Ag point de vue de la disposition matérielle, la table par noms d’auteurs correspond aux recherches rapides, et la table méthodique des matières aux recherches complètes. Dans cette dernière, on a conservé, pour les travaux étrangers, la référence directe aux publications originales.
- Les articles dont les titres sont suivis d’un résumé très sommaire sont ceux dont la Lumière Électrique a publié des extraits importants. Ceux dont le titre seul est indiqué ont été simplement signalés, en quelques lignes, dans le texte de la Revue.
- Enfin, l’ordre alphabétique a été adopté cl'une manière aussi générale que possible, en raison de sa commodité. Par suite, dans la table méthodique, les matières sont rangées selon l’ordre suivant :
- Applications mécaniques. Bibliographie.
- Divers.
- Eclairage électrique.
- Electrochimie et électrométallurgie. Eléments primcdres et Accumulateurs. Législation et Contentieux.
- Machines.
- Mesures.
- Télégraphie et Téléphonie. Télégraphie et téléphonie sans fil. Théories et généralités.
- Traction.
- Transmission et Distribution. Usines génératrices.
- Renseignements économiques et commerciaux.
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS MECANIQUES
- APPLICATIONS DIVERSES
- Les projections électriques militaires. — A- Bochet. — Communication à la Société Internationale des Electriciens, 4 niai igto........ 53_
- Dispositifs électro-mécaniques d’asservissement, systèmes Breguet, Sautter-IIarlé, Viry.
- Dispositifs pour annoncer réchauffement des paliers et des arbres. — Ilélios, i5 mai 1910....................................... 55
- MACHINES-OUTILS
- Le rendement économique de la commande
- électrique des laminoirs. — W. Schômberg. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6janvier 1910.... 34o
- La commande électrique des laminoirs au Congrès international de Dusseldorf. — Engineering, ier juillet 1910....................... 341
- Commande des raboteuses par moteur électrique. — Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure,
- 2g janvier 1910........................................... 341
- Commande électrique centrale dans l’industrie textile. — G. Zaretti. — L ’Industria, 20 mars 1910.............................................. 83
- BIBLIOGRAPHIE
- Alternating Current Motors. — A.-S. Mc. Al-lister (3e édition). — 1 volume in-8° raisin de 822 pages avec i38 ligures. — Mc, Graw Hill Book C°, éditeurs, New-York.............................. 86
- Dv J. Frichs Physikalische Technik, tome II, 20 partie (7e édition), par le Dr Otto Lehmann.— 1 volume in-8°jésus de 1309 pages avec 2328 figures et 14 planches en couleur. — Friedr. Yieweguno Sohn, éditeurs, Brunswick,— Prix : broché,40 marks ; relié, 43 marks. 221
- Les inventions industrielles et d’utilité générale a réaliser. Recueil de 864 questions à résoudre pour répondre aux besoins actuels de l’industrie, suivi d’un précis des lois réglant les droits de la propriété industrielle. — Hugo Michel, ingénieur émérite
- du Patent-Amtde Berlin; 3e édition française, complétée, traduite de l’allemand par Louis Duvinage, ingénieur civil.—1 volume in-8° de 88 pages.— II. Dunod etE.Pi-nat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 3 francs. . .. 282
- Notions fondamentales sur la télégraphie, par A. Turpain. — 1 volume in-8° raisin de 180 pages avec 12a figures. — Editeurs : Gratier et Rey, Grenoble ; Gautiiier-Yillars, Paris.— Prix: broché, 5 francs. 346
- Téléphonie. Du téléphone Bell aux multiples automatiques, par A. Turpain. — 1 volume in-8° de 186 pages, avec 12! figures. — Editeurs : Gratier et
- Rey, Grenoble ; Gautiiier-Yillars, Paris. -— Prix : broché, 5 francs............................. 347
- Liste des volumes reçus..................86, 347
- DIVERS
- Développement de l’èlectrotechnique en Allemagne et aux États-Unis. — W. Fellenberg.
- — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 et 28 octobre, 16 et 23 décembre 1909........................ 218
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- Comparaison entre les deux pays au point de vue des stations centrales, chemins de fer, etc.
- ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- L’enseignement de l’électricité en Argentine et au Pérou. — J. Reyval............... 297
- D’après un opuscule de M. Guarini (Educa-don technica industrial, Lima, 1910). Documents statistiques.
- L’organisation des ingènieurs-èlectriciens pour la recherche des situations industrielles.— R. Chassèriaud.................... 87
- Le rôle des associations amicales et l’extension de leurs moyens d’action.
- Au sujet de la formation des ingénieurs dans les industries mécaniques. - J. Bitter
- von Merkl, ingénieur en chef. — Zeitschrift des ôsterr. Tngenieur-und Architekten-Vereines, 20 mai 1910...................................... 4o5
- QUESTIONS DIVERSES
- L’utilisation de l’eau pour la production de force et pour l’arrosage. — I. Pollak — Zeitschrift des ôsterr. Ingénieur und Architekten-Vereines, a5 mars
- 1910..............'......................... 3oa
- Comparaison économique.
- Sur les courants telluriques. — B. Brunhes.
- — Académie des Sciences,séance du ior août 1910. 367
- La cuisine al’électricité.—E.Dieudonné 376 Données économiques, d’après K. Wilkens (Elektrolechnische Zeitschrift, 7 juillet 1910),
- Bitter, Cravath, Callahan (Electrical World), Cooper.
- NÉCROLOGIE
- Bernard Brunhes.......................... 367
- Louis Olivier............................ 368
- Liste de brevets...................58, 119, 342
- Listes des volumes reçus. — Voir Bibliographie.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LAMPES A ARC
- Influence de la forme de la courbe de tension et de la fréquence sur l’intensité lumineuse et sur la consommation effective des lampes à arc flamme à courant alternatif. — P. Hôgner. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 juillet 1910. 365
- Sur quelques propriétés de l’are au mercure dans le vide. — A. Perot. — Académie des Sciences, séance du 20 juin 1910......................... 397
- Sur quelques propriétés électriques et spectroscopiques de l’arc entre métaux. — Ch. Fa-bry et H. Buisson. — Académie des Sciencesséance du 20 juin 1910................................ 3g8
- Nouvelle lampe à arc pour courant continu....................................... 410
- Lampe Silica Westinghouse.
- Une sous-station d’éclairage par arcs en série, à Milan. — M. Stoppoloni. — Electrical World, 28 avril 1910......................... 364
- LAMPES A INCANDESCENCE
- Procédé simplifié pour le triage des lampes a incandescence. - K. Keil. — Elektrotechnische
- Zeitschrift, 28 avril 1910...................... 335
- Méthode graphique simple donnant l’intensité lumineuse et la consommation en fonction du voltage.
- L’éclairage indirect par lampes à filament de tungstène à grande intensité lumineuse. — B. Monasch. — Elektrolechnische Zeitschrift, 11 et 18 août 1910.................................... 397
- Différents modes d’éclairage des phares. —
- J. Bénard. — Bulletin de la Société des Ingénieurs
- Civils, mars 1910............................. 210
- L’électricité est relativement peu employée.
- Forme de la lampe 5 incandescence idéale.
- Une installation d’éclairage avec moteur à benzol. — M. Arbeiter. — Elektrotechnik und Ma-schinenhau, 13 janvier 1910...................... 5i
- RAYONS ULTRAVIOLETS
- Stérilisation des liquides par les radiations de très courte longueur d’onde. Résultats
- obtenus. — Billon-Daguerre. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910...... 52
- De la recherche des substances fluorescentes dans le contrôle de la stérilisation des eaux. — F. Diènert. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910.................. 5a
- Action des rayons ultraviolets sur certains hydi'ates de carbone. — H. Bierry, V. Henri et A. Rauc. — Académie des Sciences, séance du 25 juillet 1910................................... 211
- L’eau stérilisée par les rayons ultraviolets
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- contient-elle de l’eau oxygénée? Pouvoir stérilisant de l’eau oxygénée. — J. Courmont,
- Th- Nogier et Rochaix. — Académie des Sciences, séance du 3o mai 1910......................... 3g8
- BUEVETS
- Appareil électrique à vapeurs, particulièi'e-
- ment applicable comme lampe. — E. Podszus. — N° 409 968, publié le 7 mai 1910.... 117
- Procédé Aladar Pacz pour ta préparation de composés organojpêtalliques (fabrication de ûlaments pour lampes a incandescence). — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — N° 410 862, publié le :i4 mai 1910............................. 281
- Système de commande pour appareils a vapeur de mercure. — Société anonyme Westinghouse. — N° 411 712, publié le 24 juin 1910. 4°4
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Congrès de la Société Electrochimique à Pittsbourg. — Metallurgical and, Chemical Engineering, juin 1910.... ..................:. 401
- Les conducteurs pour courants alternatifs de géande intensité (communication de M. C. Ran-dall) : skin efïect: profil de la section et forme du circuit; limites imposées à la puissance d’un four parla fréquence et le voltage.
- L’analyse électrochimique rapide; comparaison de différentes méthodes. — S. Palmer et C. Palmer. — Communication kl’American Electroche-mical Society, reproduite par VElectrician... 22 avril 1910........................................ 117
- Formation d’oxyde d’azote au moyen de l’arc lumineux court, avec une anode refroidie. — W. Holwech. — Zeitschrift fur Elektroçhe-mie, juin 1910............................. 211
- Dépôts d’aluminium, en solutions aqueuses, la cathode étant animée d’un mouvement de l'Otation. —• A. Tucker et G. Thomssen. — Communication à Y American Electrochemical Society, reproduite par Y Electrician, i3 mai 1910........ 148
- Nouveau principe de métallisation. — U. Schoop. — Académie des Sciences, séance du a5 avril 1910................................ 245
- F O U II S ÉLECTRIQUES
- Action caloriûque des électrodes sur- le tour et perte minimum aux électrodes. —C.Hering. — Metallurgical and Chemical Engineering, avril 1910....................................... 83
- L’installation électrique pour l’affinage du cuivre de la Société métallurgique de Livourne. — Eletlricista, i5 février 1910.... ii5
- Composition des anodes et des bains.
- Installation d’un four électrique à l’usine « Chicago Sud » de la United States Steel Cor-poi'ation. — Metallurgical and Chemical Engineering, avril 1910.....-........................... 55
- BREVETS
- Procédé électro-sidérurgique de fabrication, en une seule opération, du fer industriellement pur, en pai'tant directement du minerai.
- - Société La Néo-Métallurgie. — N° 409 844, pu-Llié le 2 mai 1910......................... 282
- Traitement préalable du fer avant!’ étamage ou la galvanisation. — H. Howard. — Me-tallnrgical and Chemical Engineering, avril 1910. 83
- Brevet américain n° 949 570 du i5 février 1910.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Remise à neuf des plaques d’accumulateur suliatêes. — O. Hamilton. — Electrical World, 14 avril 1910..................... 148
- Résultats obtenus avec une voiture de tramways à batterie d’accumulateurs Edison. — Voir Traction .
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- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Décret du 25 avril 1910 portant addition au décret du 9 octobre 1907. — Modification au règlement des appareils à vapeur.... 284
- Cii'culaire du ministre des travaux publics en date du 3 mai 1910. — Modification de l’article premier du modèle d’arrêté préfecto ral portant autorisation d’installer une distri-
- bution d'énergie électrique par permission de voii'ie................................... 284
- Circulaire du ministre des Travaux publics en date du 20 mai 1910. — Envoi du cahier des charges type pour la concession par l’Etat d’une distribution d'énergie électrique aux sei'vices publics ....................... 285
- MACHINES
- BOBINAGES
- Enroulement des stators, des machines à grande vitesse à coui'ants alternatifs. — G.-F. Guilbert............................. 33o
- Etude, d’après S. Büchi (Elektrotechnik und Màschineiibau, 14 novembre iqog) des nouveaux modes d’enroulement et d’isolation qu’impose la , commande par turbines.
- Détermination de l’induction mutuelle entre
- les raccordements extérieurs. — J. Kezel-man..............................16, 43
- Application des formules précédemment établies. Calcul de la compensation dans différents cas. Résultats d’essais.
- La réactance des moteurs asynchrones. —
- J. Rezelman............................... 201
- Suite des études parues antérieurement. Etude de la machine complète.
- La détermination de la réactance synchrone
- et asynchrone. — J. Rezelman...........355, 38g
- Etude des courants de circulation et application pratique.
- MACHINES A COURANT ALTERNATIF.
- Sur le calcul de la dispersion dans les moteurs asynchrones. — G.-F. Guilbert....... 2gi
- D’après une étude de M. Rloss (Elektrotechnik und Maschinenbau, 16 janvier igio). Formule linéaire simple confirmée expérimentalement.
- Dispositif de mise en court-circuit et de relevage des balais des moteurs à bagues. — F. Niethammer.— Elektrotechnik und Maschinenbau, 26 septembre igog.......................... 112
- Sur le fonctionnement du moteur monophasé. — G. Benischke. — Elektrische Kraftbetriebe und Buhnen, 4février igio................... 26
- Convertisseurs en cascade. — S. Hallo. — Elektrotechnische Zeitschrift, g et 16 juin igio.... 114
- MACHINES A COURANT CONTINU
- Chronique des machines électriques. — L. Berger.................................... 264
- I. Essai de durée, en court-circuit, des machines à courant continu..................... 264
- D’après R. Doczekal (Elektrotechnik und Maschinenbau, 27 février et 6 mars igio). En modifiant le calage des balais, on réalise des conditions voisines de celles de la marche normale.
- II. Origine des courants à travers les paliers
- de dynamos et moyen de les éviter........... 268
- D’après L. Adler (Elektrotechnik und Maschinenbau, 20 février igio).
- Sur le moteur électrique à vitesse variable
- du système B. V. D. — P. Bary............... 227
- Les pôles d’excitation et de commutation empiètent les uns sur les autres, ce qui favorise une bonne commutation et permet de songer à l’emploi de ce moteur en traction, pour assurer la récupération de l’énergie.
- Quelques remarques sur la marche en parallèle des machines a courant continu. —F. Pun-
- ga et A. Nicolaï.................... ....... 323
- i° Machines shunt;
- . 20 Machines compound et hypercompound. Influence du fil de compensation. Application pratique.
- Nouveau dispositif de refroidissement pour moteurs hermétiquement clos. — P. Amsler. — Elektrotechnische Zeitschrift, 18 août igio. 364
- TRANSFORMATEURS
- Le décalage dans les circuits alternatifs entourantun circuit de tôles de fer.— G.-F.Guil-
- bert........................................ 237
- Représentation graphique simple, d’après C. Breitfeld (Elektrotechnik und Maschinenbau,
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- UltEVKTS
- 6 février 19 10), des variations périodiques de la force électromotrice, de l’intensité et de l’induction; intérêt didactique.
- Forme la plus avantageuse a donner aux noyaux des transformateurs. — K. Schmidt. —
- Elektrotechnische Zeitschrift, 5 mai 1910.... 272
- Section rectangulaire.
- Appareil à induction poui' transformer industriellement en chaleur l’énergie électrique même à potentiel élevé, avec application spéciale à réchauffement des liquides. — A. Pon-zini. — Atti délia Associasione elettrotecnica italiana,
- mars, avril 1910............................. 47
- Vues théoriques sur l’utilisation de réchauffement produit par les courants de Foucault. Résultats expérimentaux.
- Générateurs et transformateurs avec faible
- courant de court-circuit. — J. Reyval........ 176
- Etude, d’après F. Niethammer (Elektrischc Kraftbetriebe and Bahnen, 14 décembre 1909), des dispositifs Alioth, Maefarlane et Burge, Miles Walker, Westinghouse. Emploi éventuel des alternateurs asynchrones.
- TUIUiO-MACHINES Voir Usines Génératrices.
- Dispositil pour l’emploi de deux moteurs monophasés branchés sur un circuit triphasé.
- — Aktiengesellséhaft Brown, Boveri. — N”'410 242, publié le 14 mai 1910...................... 187
- Dispositif de réglage de la tension dans les dynamos à courant continu. — Fried. Krupp Aktiengesellschaft. —N° 410 3a4, publié le 18 mai 1910..................................... 187
- Dispositif pour la commande des machines à collecteur à courant alternatif, à excitation shunt ou séparée. — Société Siemens-Schuckert-werke.— N° 41x44g publié le 16 juin 1910. 219
- Dispositif pour le couplage automatique en parallèle de génératrices à courants alternatifs. —- Aktiengesellschaft Brown, Boveri. —• N° 411 716, publié le 24 juin 1910....... 307
- Transformateur à haute chute de potentiel avec un ou plusieurs trajets auxiliaires pour les lignes de force. — Kramer. — N° 411 5oo, publié le 17 juin 1910................... 3io
- Dispositif Sundh pour la mise en marche d’uil moteur. — Electrical World, 21 avril 1910. 4o3
- MESURES
- ÉLECTRICITÉ
- Considérations pratiques sur l’emploi des
- compteurs à moteurs. — P. May. — Elektro-technische Zeitschrift, 14 avril 1910.................. 299
- L’emploi des ampèremètres à fil chaud dans les antennes des postes de T. S. F. — S. Stone. — Communication à la Society of Wireless Telegèaph Engineer (Boston, 4 juin 1910) ; reproduite par Electrical Rerieiv and Western Electrician, 20 août 1910............................................ 3g6
- Mesure des très hauts potentiels, au moyen d’électromètres sous pression.— E. Guye et A. Tscherniavski. — Académie des Sciences, séance du 11 avril 1910................................ 396
- Mesures de réactance et d’induction mutuelle dans les circuits à courant alternatif. — G. Grassi. — Comptes rendus de l’Académie des Sciences Physiques et Mathématiques de Naples, fasc. 3,
- 4, 1909, et Elettricista, i5 février 1910........ 80
- Méthode non pas d’une grande sensibilité,
- mais qui ne nécessite que des mesures de.résistances et l’emploi d’un appareil de zéro.
- Quelques mesures sur un condensateur à celluloïd. — G. Vallauri. — Communication à la section de Naples, 27 janvier 1910. — Atti délia Asso-ciazione elettrotecnica italiana, mars-avril 1910... 22
- Mesures avec des forces électromotrices continues, alternatives, à haute tension. Au point de vue industriel, il n’y a rien à attendre de ce diélectrique.
- L’application des millivoltmètres au contrôle continu des gaz au point de vue physique.
- — L. Fabre...........................90, ni, 102
- Pyromètres thermo-électriques. Galvanomètre Callendar. Calorimètre Junkers.
- MAGNÉTISME
- Sur un nouveau modèle de balance pour la détermination des champs magnétiques. — P. Sève. — Société Française de Physique, séance du 17 juin 1910
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- Nouveau procédé pour la mesure des champs magnétiques. — W. Peukert. — Elektro-technische Zeitschrift, 23 juin 1910...... 182
- Reposant sur la torsion des lignes équipolen-tielles d’une lame dans un champ magnétique (phénomène de Hall).
- Mesure des susceptibilités magnétiques
- des corps solides. —- P. Pascal. — Académie des Sciences, séance du 25 avril 1910............. 272
- Sur l’analyse magnéto-chimique des terres l'ai’es. — G. Urbain. — Académie des Sciences, séance du 11 avril 1910............................ 896
- Sur l’emploi du disque stroboscopique. — K. Laudien.— Eleklrolechtiische Zeitschrift, 18 août 1910.......................................... 396
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Sur le calcul des enroulements d’un transformateur téléphonique. — H. Pleijel........ 259
- Calcul des self-inductions et nombres de spires les plus^favorables. — Solution graphique.
- Sur la propagation d’une discontinuité sur une ligne télégraphique munie d’un transmetteur. — H. Larose. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910............................. 149
- Systèmes d’installations télégraphiques avec batterie universelle et batterie centrale.
- — W. Blanchon.. ........................107, i33
- Batterie universelle : mesures de sécurité ; tableau de distribution ; panneaux de rhéostats; tableau de mutation des prises de courant.... 107
- Batterie centrale : tableau commutateur; retransmetteur ; translateur ; récepteur Morse modifié; sonnerie polarisée et appel magnétique, systèmes Mutel...................... i33
- Sur une solution du problème de la vision à distance. — H.-G. Saint-René. — Académie des Sciences, séance du 21 février 1910........ 57
- BREVETS
- Système de groupement pour stations téléphoniques automatiques. — Siemens et Halske Aktiengesellschaft. — N° 409 999, publié le 7 ‘mai 1910....................................... 149
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur la diffraction des ondes hertziennes
- {suite et fin).— H. Poincaré.............. 7
- Etude mathématique des différentes longueurs d’onde à considérer et de leur rôle dans la diffraction.
- Chronique de télégraphie et téléphonie sans
- fil. — P. Brenot............................iG3, 195
- Etat actuel de la radio-électricité.
- I. Radiotélégraphie.................... i63
- Procédés de transmission................. i63
- Procédés de réception.................... 172
- II. Radiotéléphonie..................... ig5
- III. Télémécanique....................... 19g
- Recherches et expériences de radiotéléphonie. — Q. Majorana. — Mémoires et notes présentés à la Reale Accademia dei Lincei, Rome.. 246, 275
- Généralités........................... 246
- Différents modes de production des étincelles : machine électrostatique ; interrupteur à
- mercure, courant (alternatif de basse fréquence ;
- éclateur-tournant........................ 247
- Réglage des étincelles ; modulations d’étincelles soufflées....................25o, 275
- Microphones hydrauliques ; microphone à mélange : microphone électrocapillaire..... 276
- Essais et résultats................... 280
- Puissance rayonnée par une antenne. —
- Barreca.—Nuovo Cimento, 1909.................... 342
- Résultats expérimentaux complétant une étude antérieure (Lumière Electrique, tome X).
- Enregistreurs d’orages. — P. Jégou......... 387
- Emploi d’un détecteur électrolytique et d’un galvanomètre ordinaire.
- BREVETS
- Mode d’application des ondes hertziennes à la mesure des distances. — M. Legras et R. Pilliet. — N° 409 932, publié le 6 mai 1910... 84
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- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Remax'quessur la théorie de Vétablissement
- des courants alternatifs (les états stationnaires et non stationnaires). — W. Wagner. — Elektrotechnischc Zeitschrift, 3ojuin 1910..... 180
- Considérations sur les périodes d’établissement de courant auxquelles ne s’appliquent pas les diagrammes classiques.
- Loi générale du rendement relative à un générateur ou à un récepteur avec branche dérivée. Cas des dynamos. — E. Haudié. —
- Académie des Sciences, séance du 11 avril 1910 .. 3g5.
- Surintensités et surtensions dues à la manœuvre des interrupteurs de tableaux. —
- A. Léauté. — Académie des Sciences, séance du 2 mai 1910........................................ 3g5
- De l'effet du shuntage des bobines d’induction. — G. Howe. — The Electrician, 22 avril
- 1910......................................... 21
- Augmentation de résistance, diminution d’inductance.
- Sur l’absorption électrique excercèe par quelques alcools. — P. Beaulard. — Académie des Sciences, séance du 4 juillet 1910...... 180
- DÉCHARGE
- Sur l’existence de deux potentiels explo-sits. —P. Villardet H. Abraham. — Académie des Sciences, séance du a3 mai 1910............. 22
- Sur les potentiels explosifs. — P. Villardet H. Abraham. — Académie des Sciences, séance du a5 juillet 1910................................ 210
- Sur la durée de l’émission de raies spectrales par les vapeurs lumineuses dans l’étincelle électrique. — A. Hemsalech. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910....... 142
- Décomposition de la vapeur d’eau par l’aigrette. — M. Kernbaum. — Académie des Sciences, séance du a5 juillet 1910................... 211
- IONS ET ELECTRONS
- Chronique [des théories électriques: Ions et
- Electrons. — M. Joly.....................35, 73
- Rappel du mécanisme de l’électrolyse. Conductibilité des gaz : caractères généraux ; mobilité des ions ; charge d’un ion } les suspensions gazexises ; décharge disruptive ; rayons cathodiques, rayons canaux j rayonnement des corps radioactifs. L’atome.
- Réactions chimiques et ionisation. — G. Re-
- boul. — Académie des Science s, séance du a5 juillet 1910..................................... 210
- Sur la formation des dépôts cathodiques. — L. Houllevigue. — Académie des Sciences, séance du 20 juin 1910............................. 3g6
- Nouvelle mesure de la cohésion diélectrique de l’argon. — E. Bouty. — Académie des Sciences, séance du 20 juin 1910................ 3g5
- Cohésion diélectrique du néon et de ses mélanges. Analyse quantitative fondée sur la mesure delà cohésion diélectrique.— E. Bouty.
- — Académie des Sciences, séance du 3o mai 1910. 3g5
- MAGNÉTISME
- Sur l’application du piùncipe de relativité aux problèmes d’èlectromagnètisme. — T. Mi-zuno. — Memoirs ofthe College of Science and Engineering (Université impériale de Kyoto), vol, II, n° 6, 1910.......; . . ....................... 363
- Forces électriques et magnétiques dues à une charge électrique en mouvement. —K. Ta-maki. — Memoirs of the College of Science and Engineering (Université impériale de Kyoto), vol. II, n° 6 igio.................................... 363
- Sur l’action mutuelle de deux cathodes dans le champ magnétique. — Gouy. — Académie des Sciences, séance du 20 juin igio........ 3g6
- Sur la rotation de l’arc a mercure dans un champ magnétique. Observation du phénomène de Doppler. — A. Dufour. — Académie des Sciences, séance du 4 juillet 1910...... 180
- MATÉRIAUX ÉLECTROTECHNIQUES
- Réaimantation spontanée du fer. — H. Olli-
- vier. — Académie des Sciences, séance du 25 avril 1910.................................. 242
- Alliages du fer électrolytique avec l’arsenic et le bismuth. — P. Burgess et J. Aston. — The Electrician, 11 mars 1910................ 142
- Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-argent. — W. Broniewaki. — Académie des Sciences, séance du 27 juin 1910. 142
- Sur la résistance électrique des métaux alcalins. — L. Hackspill.—Académie des Sciences, séance du 25 juillet 1910................ 210
- Quelques mesures sur un condensateur à celluloïd. — G. Vallauri. — Voir Mesures.
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- Sur rapparition de certaines anomalies diélectriques par changement d’état du milieu isolant. — L. Malclès. — Académie des Sciences, séance du 4 juillet 1910.............. 334
- Expériences sur des tubes spéciaux en mica. — R. Fischer. — The Electrician, 6 mai 1910................................................ 367
- TRACTION
- Chronique des tramways électriques. Conditions à remplir dans les plans d’extension des villes, pour obtenir un réseau ratiànnel de lignes de tramways. — D’après le Rapport de M. J.-H. Neiszen, directeur des Tramways municipaux d'Amsterdam, au Congrès International de Bruxelles, 6-11
- septembre 1910............................... 368
- Principes généraux. Elaboration et étude des projets.
- Opinion de M. Shaw sur les transports européens. — Electric Railway Journal, 3o juillet 19x0........................................ . 38o
- Ehcouragement apporté par les administrations d’Etat à l’initiative pi'ivèe en matière de chemins de fer en France et en Allemagne.
- — Elektrotechniscke Zeitschrift, 14 avril 1910.... 38o
- Affichage du travail d’employés négligents.
- — Electric Railway Journal, 26 février 1910. ix5
- Electrification du chemin de fer du La-pland. — Engineering, nmars et iEr juillet 1910. 146
- Lignes de traction électriques sans rails. — A. Heller. — Zeitschrift des Vereines deutscher Inge-
- nieure, 3o avril 1910............... ........ i43
- Systèmes Schiemann, Stoll.
- Voiture spèciale pour le nettoyage des
- rails. — Electric Railway Journal, 7 mai 1910.... 186
- Renforcement des voies de tramways électriques. — Electric Railway Journal. — 2 juillet 1910........................................... 3o4
- Voie ferrée électrique à courant continu
- (1 300 volts). — Electric. Railway Journal, 1909 et Zeitschrift des ôsterr. Ingénieur- and Architekten- Vereines, Ier juillet 1910................ 244
- Ligne de Stockton-Lodi : alimentation mixte à 55o et 1 200 volts.
- Tramways électriques urbains et suburbains en Amérique. — E. Eichel. — Elektrische
- Kraftbetriehe und Bahnen, 4 février 1910.. 52
- Réseau de l’Ohio.
- Locomotive pour train de marchandises, a courant alternatif, du chemin de fer New-York-Newhaven et Hartford. — K. Meyer. — Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 3o avril 1910..................................... i45
- Locomotive électrique à turbine Reid-Ramsay. — Engineering, 8 juillet 1910............... x86
- Locomotive électrique lourde des chemins de fer des Alpes Bernoises. — Electric Railway Journal, 18 juin 1910............................... 274
- Les nouvelles automoti'ices du chemin de fer Heddernheim-Hombourg. — Elektrotech-nische Zeitschrift, 18 août 1910.................... 3g8
- Voitures motrices des chemins de fer prussiens.— Electric Railway Journal, 18 juin 1910.. 3o.3
- Note sur l’équipement des voitures et des ateliers de la Société de tramways de Berlin. — Electric Railway Journal, 4 juin 19x0........ 273
- Résultats obtenus avec une voiture de tramways à batterie d’accumulateurs Edison. — Electrical World, 21 juillet 1910................... 338
- Voiture motrice benzo-èlectrique de la Southern Railway G° de l’Amérique du Sud. — Elektrische Kraftbetriehe und Bahnen, 4juillet 1910. 3o5
- L’omnibus pètroléo - électrique, système Daimler. — The Electrician, 1e1'juillet 1910..., 82
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Remarques sur les montages destinés a obtenif d’une distribution de courant alternatif a potentiel constant un courant d’intensité constante et vice-versa. — J. Bethenod... x3x
- Si utx transformateur est alimenté à tension constante et si le circuit primaire est en résonance, l’intensité secondaire est constante. Cas particulier : montage Boueherot. Généralisation.
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-
- Le « facteur de diversité » dans les distributions d’énergie électrique. — B. Gear. —
- Electrical World, 14 avril 1910.. ............ 336
- Barêmes donnant la valeur de ce facteur pour différents genres d’installations. Règles économiques qui en dérivent pour les frais de premier établissement.
- APPAREILLACE
- Construction de nouveaux tableaux de distribution à haute tension. —w. Vogel. — Elek-trisclie Kraftbetriebe and Bahnen, 24 décembre 1909 et
- 4 janvier 1910................................ 26
- Système à barres collectrices doubles.
- Interrupteurs dans l’huile avec connexions à la partie inférieure. — F. Dehler. — Elektro-tf.chnische Zeitschrift, 7 avril 1910.............. 302
- Résultats d’essais effectués sur des coupe-circuits abouchons type Edison. — H. Péris. — Elektrotechnische Zeitschrift, 18 et 25 août 1910.. 3g8
- Nouveaux isolateurs pour hautes tensions
- (« suivre). — Altmann. ....................... 407
- PROTECTION DES RESEAUX
- Sur l’emploi des soupapes électriques pour protéger les circuits inductifs au moment de
- l’interruption du courant. — A. Tian.......... i3
- Examen des phénomènes postérieurs à la rup-
- ture du courant. Vérification expérimentale des conclusions de l’auteur.
- S Les soupapes électriques et les condensateurs constituent-ils des moyens de protection efficaces contre les surtensions?—F. Schrottke. — Elektrotechnische Zeitschrift, 5 et 12 mai 1910. 3oo Conclusion négative ; relevés oscillogra-phiques.
- Sur la mise à la terre des installations triphasées. — Max Vogelsang. — Elektrotechnische
- Zeitschrift, 16 juin 1910................... i83
- Mise A la terre d’un des pôles extérieurs du réseau.
- Les perturbations téléphonie/ues dans les réseaux triphasés avec câbles taraudés et le point étoilé du générateur à la terre. — V. Hoistein-Ràthlou.— Elektrotechnische Zeitschrift,
- 23 juin 1910.. ............................. i83
- Même problème étudié pratiquement à Copenhague.
- BREVETS
- Perfectionnements aux combinateurs ou contrôleurs pour moteurs électriques. — So-
- ciété Anonyme Westinghouse. — N° 411 283, publié le i3 juin 1910........................ 309
- Dispositif permettant l’utilisation des deux alternances d’un courant alternatif pour la mise en fonction de bobines d’induction. — G. Gaiffe. —N° 410 4o5, publié le 20 mai 1910... 57
- USINES GENERATRICES
- Méthode graphique pour l’évaluation des
- frais d’exploitation. — H. Gisi............211, 3u
- Y. Zeitschrift des Vereines deutscher lngenieure, 27 novembre 1909..................... 211
- Tableaux et diagrammes applicables aux installations mécaniques. Exemple : moteurs Diesel et génératrices électriques.
- II. Appendice.................... 311
- Cas des installations hydro-électriques. Amortissement; personnel et administration.
- La dépréciation du matériel des installations. — O’Meara. — The Electriciun, 8 avril 1910........................................ 33g
- Avantages des souffleries à air oxygéné. — W. Richards.—Metullurgical and Chemical Engineering, mars 1910............................. 189
- Utilisation de la vapeur d’échappement pour
- la fabrication de la glace. — Electrical World, 7 avril 1910............................... 366
- TURBO-MACHINES
- Notes sur la condensation : pompes rotatives
- pour les condenseurs.— M. Leblanc........67, 99
- Exposé des considérations qui portaient à augmenter la vitesse de régime des pompes à air; leur entrainement par des turbines à vapeur. Résultats d’essais des nouvelles pompes.
- Accouplement sur le même arbre de toutes les pompes d’un même condenseur.
- Les turbo-machines multicellulaires et leurs récentes applications. — A. Rateau. — Bulletin
- des Ingénieurs Civils, avril 1910........ 242
- Etude des turbines mixtes. Réglage de l’admission pour la commande des alternateurs.
- Méthode de calcul des turbines à vapeur.
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- — 12
- — Dinglers Polytechnisches Journal, 16 avril 1910. 338
- Accord très satisfaisant des mesures avec les formules de M. Rateau.
- Turbines à vapeur pour sei-vice intermittent a vapeur humide et a vapeur sèche. — Zeitschrift des ôsterr. Ingénieur— und Architekten-Vereines, i«T avril 1910.................................... 339
- La turbine à utilisation de la vapeur d’échappement. — Engineering, Ier juillet 1910........... 147
- L’installation des turbines à l’usine d’électricité Andelsbuch dans la forêt de Bregenz.
- — Schweizerische Bauzeitung, 1910, n° 5 et Zeitschrift
- des ôsterr. Ingénieur- und Architekten-Vereines, 1e1’ avril i910............................................. 274
- USINES
- L’usine électrique de la chute de la Steyr.
- — K. Benger. — Elektrotechnik und Maschinenbau,
- i3 mars 1910................................ 147
- Installation mixte pour la fourniture de lumière électrique et la fabrication de la glace.
- — B. La y ton. — Electrical World, 5 mai 1910... 246
- La station centrale de Danville. — Electrical World, 26 mai 1910...................... ... 275
- Usine hydro-électrique de Grand-Falls• —
- Times Engineering Supplément., 6 avril 1910. 33g
- Usine génératrice de réserve: L’Usine de la « Syracuse Lighting Company ». — G. Kennedy. — Electrical World, 21 avril 1910..... 3gg
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Chronique financière :3o, 61, 92, 125, 155, 222,
- 253, 286, 348. 38i, 412
- Renseignements commerciaux: 32,63, 94, 127 157, 190,224, 255, 287, 3i8,35o, 383, 414
- Nouvelles Sociétés : 63, g5, i5g, 256, 320, 384
- Adjudications .* 32, 64, 96, 128, 169, 191, 224, a56
- 288, 320, 352, 384, 4i6
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-
-
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Abraham (H.) — Voir Villard (P.).
- Adler (L.). —Voir Berger (L.). .... 268
- Altmann. — Nouveaux isolateurs pour haute
- tension (à suivre)..................407
- Amsler (P.). — Nouveau dispositif de refroidissement pour moteurs hermétiquement clos..............................364
- Arbeiter (M.). — Une installation d’éclairage
- avec moteur à benzol-, .... - 5i
- Aston (J.). —Voir Burgess (F.).
- B
- Barreca. — Puissance rayonnée par une antenne..........................................342
- Bary (P.). — Sur le moteur électrique à vitesse variable du système B. V. D. . 227
- Beaulard (P ). — Sur l’absorption électrique
- exercée par quelques alcools. . . 180
- Bénard (P.). — Dilïérents modes d’éclairage
- des phares.............................210
- Benischkk (G.). — Sur le fonctionnement du
- moteur monophasé........................26
- Berger (L.). — Chronique des machines électriques. — 1. Essai de durée en court-circuit des machines à courant continu. 264 II. Origine des courants àtravers les paliers des dynamos et moyen de les
- éviter............................... 268
- Bethenod (.1.).—Remarques sur les montages destinés à obtenir d'une distribution de courant alternatif à potentiel constant un courant d’intensité cons-
- tante et vice-versa..................i3i
- Bierry (H.), Henri (V.) et Ranc (A.). — Actions
- des rayons ultraviolets sur certains
- hydrates de carbone.................211
- Billon-Daguerre. — Stérilisation des liquides par les radiations de très courte longueur d’onde. Résultats obtenus. . i>2
- Blanchon (W.). — Systèmes d’installations télégraphiques avec batterie universelle
- et batterie centrale.............107, i33
- Bochet (A.). — Les projections électriques
- 1 militaires.............................53
- Bouty (E.). — Cohésion diélectrique du néon et de ses mélanges. Analyse quantitative fondée sur la mesure de la cohé-
- sion diélectrique.......................3g5
- Nouvelle mesure de la cohésion diélectrique de l’argon................3g5
- BrEitfeld (G.).—Voir Guilbert(C. F.) . . 237
- Brenot (P.). — Chronique de télégraphie et téléphonie sans fil. L’état actuel de la radio-électricité. ..... i63, ig5
- Broniewski (W.). — Sur les propriétés électriques des alliages aluminium-argent 142 Brunhes (B.). — Sur les courants telluriques. 367 Buchi (S.). —Voir Guilbert (G. F.). . . . 33o
- Buisson (IL). — Voir Fabry (Ch.).
- Burgess (F.) et Aston (J.). — Alliages du fer électrolytiqùe avec l’arsenic et le bismuth..............................................142
- C
- ChassÉriaud (R.). — L’organisation des ingé-nieurs-électriciens pour la recherche des situations industrielles. ... 87
- Couiimont (J.), Nogier (Th.) et Rochaix. —•
- L’eau .stérilisée par les rayons ultraviolets contient-elle de l’eau oxygénée ? Pouvoir stérilisant de l’eau oxygénée. 398
- D
- Dehleii (F.). — Interrupteurs dans l’huile avec
- connexions à la partie inférieure. . . 3o2
- Diénert (F.). — De la recherche des substances fluorescentes dans le contrôle de la stérilisation des eaux. . . . -.—. 52
- Dieudonné (E.). — La cuisine à l’électricité. 376
- p.2x13 - vue 429/432
-
-
-
- H
- Doczekal (R.). — Voir Berger (L.). . . . 264
- Dufour (A.). — Sur la rotation de l’arc à mercure dans un champ magnétique. Observation du phénomène de Doppler. . . 180
- E
- Eichel (E.). —Tramways électriques urbains et suburbains en Amérique. . 52
- F
- Fabre (L.). — L’application des millivoltmè-tres au contrôle continu des gaz au point de vue physique. . . 90, 121, i52
- Fabry (Ch.) et*BuissoN (H.). — Sur quelque^ propriétés électriques et spectroscopiques de l’arc entre métaux. . . . 3p8
- Fellenberg (W.). — Développement de l’élec-trotechnique en Allemagne et aux Etats-
- Unis. .......................... . 218
- Fischer (R.). — Expérience sur des tubes spéciaux en mica. . .................367
- G
- Gaiffe (G.). — Dispositif permettant l’utilisation des deux alternances d’un courant alternatif pour la mise en fonction de bobines d’induction ...... 67
- Gear (B.). — Le « facteur de diversité » dans
- les distributions d’énergie électrique. 336 Gisi (H.). — Méthode graphique pour l’évaluation des frais d’exploitation. . 211, 3ii
- Gouy. — Sur l’action mutuelle de deux cathodes dans le champ magnétique. . . 3q6
- Grassi (G.); — Mesures de réactance et d’induction mutuelle dans les circuits à
- courant alternatif...................80
- Guarini. — Voir Reyval (J.)..................297
- Guilbert (G.-F.). — Le décalage dans les circuits alternatifs entourant un circuit
- de tôles de fer......................237
- Sur le calcul de la dispersion dans
- les moteurs asynchrones..............291
- Enroulements des stators des machines à grande vitesse à courants alternatifs...........................33o
- \
- Guye (E.) et Tsciierniavski (A.). — Mesure des très hauts potentiels au moyen d’électromètres sous pression. . . 396
- IIackspill (L.). — Sur la résistance électrique
- des métaux alcalins................210
- Hallo (S.). —Convertisseurs en cascade. . n4 Hamilton (A.). — Remise à neuf des plaques
- d’accumulateurs sulfatées . . . - 148
- IIaudié (E.). Loi générale du rendement relative à un générateur ou à un récepteur avec branche dérivée. Cas des dyna-
- mos. ...................................395
- Heller (A.). — Lignes de traction électriques
- sans rails.............................. i43
- Hemsalech (A.). — Sur la durée de l’émission de raies spectrales par les vapeurs lumineuses dans l’étincelle électrique. . i42 Henri (V.). — Voir Bierry(IL).
- Hëring (C.). — Action calorifique des électrodes sur le four et perte minimum aux
- électrodes.................. 83
- Hogner (P.). — Influence de la forme • de la courbe de tension et de la fréquence sur l’intensité lumineuse et sur la consommation effective des lampes à arc flamme à courant alternatif. . . . 365
- Holstein-Rathlou (V.). — Les perturbations téléphoniques dans les réseaux triphasés avec câbles taraudés et le point neutre de générateur à la terre. . . i83
- Holwecii (W.). — Formation d’oxyde d’àzote au moyen de l’arc lumineux court, avec
- une anode refroidie ..................211
- IIoullevigue (L.). — Sur la formation des
- dépôts cathodiques..............• . 396
- Howard (H.). — Traitement préalable du fer
- avant l’étamage ou la galvanisation. . 83
- Howe (G.). — De l’effet du shuntage des
- bobines d'induction. ...... .21
- J
- Jégou (P.). — Enregistreurs d’orages . . . 387
- Joly (M.). — Chronique des théories électriques. Ions et électrons. . . . 35,. 78
- K
- Keil (K.). —Procédé simplifié pour le triage
- des lampes à incandescence. . . . 335
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-
-
-
- — i5
- Kennedy (G.). —Usine génératrice de réserve. L’Usine de la .a Syracuse Lighting
- Company »..............................399
- Kernbaum (M.). — Décomposition de la vapeur d’eau par l’aigrette...................211
- Kloss(M.). — Voir Güilbert (C.-F.). . . . agi
- Kit amer. — Transformateur à haute chute de potentiel avec un ou plusieurs trajets auxiliaires pour les lignes de force. 310
- L
- Larose (H.). — Sur la propagation d’une discontinuité sur une ligne télégraphique
- munie d’un transmetteur................149
- Laudien (K.). — Sur l’emploi du disque stro-
- boscopique.............................396
- Layton (E.). — Installation mixte pour la fourniture de la lumière électrique et la
- fabrication de la glace................245
- Léauté (A.). — Surintensités et surtensions dues à la manœuvre des interrupteurs.
- de tableaux............................3g5
- Leblanc (M.). — Notes sur la condensation :
- pompes rotatives pour les condenseurs ..........................67, 99
- Legras (M.) et Pilliet (R.). — Mode d’application des ondes hertziennes à la mesure des distances..............................84
- M
- Majorana (Q.). — Recherches et expériences
- de radiotéléphonie.............246, 275
- Malclès (L.). — Sur l’apparition de certaines anomalies diélectriques par changement d’état du milieu isolant. . . . 334 May (P.). — Considérations pratiques sur
- l’emploi des compteurs à moteurs. . 299
- Meara (O’). — La dépréciation du matériel
- des installations. . . . . . .' . 33g Mehkl (R. von). — Au sujet de la formation des ingénieurs dans les industries mécaniques ....................................4o5
- Meyer (K.). — Locomotive pour train de marchandises, à courant alternatif, du chemin de flr New-York, Newhaven et
- Hartford..............................J 45
- Mizuno (T.). — Sur l’application du principe de relativité aux problèmes d’électromagnétisme...............................363
- Monasch (B.). — L’éclairage indirect" par lampes à filaments de tungstène à grande intensité lumineuse. . . . 397
- N
- Neiszen (J.-IL). — Chronique des tramways électriques. Conditions à remplir dans les plans d’extension des villes, pour obtenir un réseau rationnel de lignes
- de tramways. ..........................368
- Nicolaï (A.). — Voir Punga (F.)
- Niethammee (F.). — Dispositif de mise en court-circuit et de releVage des balais
- des moteurs à bagues...................112
- Voir Reyval (J.)................... 176
- Nogier (Th:). — Voir Courmont (J.).
- O
- Oi.livier (H.). — Réaimantation spontanée du
- fer.................................. 242
- P
- Palmer (S.) et Palmer (C.). — L’analyse électrochimique rapide ; comparaison de
- différentes méthodes...................117
- Pascal (P.). — Mesure des susceptibilités magnétiques des corps solides. . . . 272
- Perls (H.). — Résultats d’essais effectués sur des coupe-circuits à bouchons type
- Edison............................3g8
- Perot (A.). — Sur quelques propriétés de
- l’arc à mercure dans le vide. . . . 397
- Peukert (W.). — Nouveau procédé pour la
- mesure des champs magnétiques. . 182
- Pilliet (R.). — Voir Legras (M.).
- Pleijel (H.). —Sur le calcul des enroulements
- d’un transformateur téléphonique . . 239
- Pouszus. — Appareil électrique particulièrement applicable comme lampe. . . 117
- Poincaré (H.). — Sur la diffraction des ondes
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