La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- Lumière Électrique
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- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE^L’ÉLECTRICITE
- *'àr.
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- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M. LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, 1NGÉN. EN CHEFDES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L INSTITUT Pr A L ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSEES ELECTROTECHNIQUE MONTEFIORE i/ECOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES Du DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE DE LILLE, MEMBRE CORR* DE L’INSTITUT
- RÉDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et de l’École Supérieure d’Électricité,
- TOME XII (a- Série)
- 4® TRIMESTRE 19IO
- ADMINISTRATION et REDACTION
- l42, RUE DE RENNES, l42
- PARIS VIe
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- Trrata-dèaxlèm* année. SAMEDI 1» OCTOBRE 1910. Tome XII («» série). - N* 40.
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- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éçlairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — G. Arnou. Chronique d’électrométallurgie : l’état actuel de l’électrosidérurgie, p. 7. — J. Reyval. L’électricité à l’exposition de Bruxelles, p. 17.
- Extraits des publications périodiques. —Arcs et lampes électriques. Stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets, V. Henri, A. Helbronner et M. de Recklinghausen, p. ai. — Transmission et distribution. Comparaison détaillée des isolateurs à haute tension américains et européens, S. Watts. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Nouveaux isolateurs pour hautes tensions, Dr Altmann, p. a5. — Chronique financière, p. 28. — Renseignements commerciaux, p. 29. — Adjudications, p. 32.
- ÉD1T0RIAl
- C’est une bonne fortune pour notre Revue que de s’être assuré la collaboration de M. G. Arnou. Notre nouveau collaborateur, qui nous donne aujourd’hui sa première Chronique d’Electrométallurgie, est assurément l’un des spécialistes français les plus au courant de la pratique industrielle en cette matière, et les plus à même, par ses fonctions, de voir bien et directement les questions qu’il traite.
- Nous rappellerons à ce propos que l’organisation de nos diverses Chroniques, qui n’a pas encore un an d’existence, nous a déjà permis de publier des études suivies et des travaux de « mise au point » signés des noms les plus estimés en chaque spécialité.
- L’acueil très chaleureux que leur ont fait nos lecteurs ne peut que nous confirmer dans cette voie (‘).
- Dans cette première Chronique, M. G. Arnou examine l'état actuel de Vélectrosidérurgie. De l’examen auquel il se livre, l’auteur croit pouvoir conclure que l’avenir du (*)
- (*) Les chroniques publiées depuis janvier 1910 sont signées des noms suivants :
- G. Arnou (Electrométallurgie, 1 chronique);
- Capitaine P. Brenot (Télégraphie et Téléphonie sans fil, 1 chronique) ;
- Devaux-Charbonnel (Télégraphie et Téléphonie 2 chroniques) ;
- C.-F. Guilbert (Machines électriques,~2 chroniques) ;
- M. Joly (Théories électriques, 1 chronique).
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- four électrique est dans la production des aciers spéciaux, et éventuellement dans celle du fer par réduction directe du minerai.
- Le proçédé au creuset est en effet coûteux, lè four Martjp, d’une économie variable selon les régions: le four électrique sera leur remplaçant ou leur auxiliaire.
- Quant aux caractéristiques électriques dé ces fours, l’auteur les résume à peu près de la façon suivante :
- i° Pour les fours à induction, faible fréquence du courant, et voltage élevé;
- 2° Pour les fours à arc, au contraire, bas
- voltage, et par suite intensités de courant
- très fortes.
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- On n’a guère consacré jusqu’à présent, dans la presse technique, que des descriptions très sommaires aux installations électriques de l'Exposition de Bruxelles. En réalité, l’électricité occupe à cette exposition unç place importante, et qui mérite mieux qu’une mention rapide.
- C’est pourquoi, en dehors de M. J. Reyval qui décrit dans le numéro actuel deux des stands français, la Lumière Electrique a chargé deux de ses collaborateurs de résumer pour ses lecteurs les points les plus importants à mettre en évidence au point de
- vue technique. Ces articles complémentaires paraîtront prochainement.
- Une grande partie de ce numéro se trouve consacrée à l’étude 4es isolateurs à haute tension : d’une part, en effet; M- S. Watts se livre à une comparaison détaillée des types adoptés pour ces isolateurs en Amérique et en Europe, d’autre part, dans nos Notes industrielles, le Dr Altmann étudie d’une manière spéciale les isolateurs en porcelaine.
- Le premier de ces articles est illustré d’une manière intéressante par la juxtaposition des formes qui se sont succédé dans l’ordre chronologique. Quantaux conclusions qu’il y a lieu de tirer de cet examen du passé, c’est, d’après M. S. Watts, qu’on est arrivé, aussi bien en Amérique qu’en Europe, à utte sorte cf’état limite. Ses recherches personnelles l’ont pqprtçint qmené à concevoir un nouveau perfectionnement dont il donne la description.
- Dans la construction des isolateurs on cherche tantôt à éviter absolument l’humidité sur certaines surfaces, tantôt à s’accommoder de cette humidité, pourvu qu’elle affecte une surface de porcelaine de dimensions suffisantes.
- L’auteur a cherché à établir un comprof mis entre ces deux solutions.
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- CHRONIQUE D’ÉLEÇTROMÉTALLURGIE
- L’ÉTAT ACTUEL DE L’ÉLECTROSIDÉRURGIE
- En 1896, un éminent .électrométallurgiste écrivait: « Nous voyons que, malgré les nombreux procédés proposés jusqu’à ce jour, l’emploi de l’électricité pour la fabrication de la fonte pu du fer malléable n’a que bien peu d’avenir. » L’expériençe a démenti rapidement ces prévisions pessimistes : il y a deux mois le Stahl und Eisen indiquait, dans une statistique reproduite à la fin de cet article, qu’il y avait actuellement par le monde 120 fours électriques destinés à la métallurgie du fer. Aux appareils d’étude ont succédé dans une progression régulière des fours de 5 000, 10000 et i5ôookg de capacité et c’est par milliers de tonnes que l’électrosiclé-rurgie a déjà fourni des produits commerciaux de toutes nuances. Il est intéressant de dégager quels sont parmi les nombreux systèmes imaginés ceux qui ont reçu la consécration de l’expérience, de mettre en évidence leurs caractéristiques électriques,leur utilisation actuelle et l’avenir qui leur paraît réservé.
- L’application de l’électricité à la préparation des métaux a donné naissance à deux branches de l’industrie : l’électrochimie qui utilise son pouvoir de cjissoeiation chimique et l’électro-métallurgie qui fait uniquement appel à ses propriétés thermiques. La production du fer par électrolyse n’a jamais donné de résultats pratiques : seule la transformation calorifique de l’électricité a été jusqu’ici utilisée industriellement dans ce but. Cette transformation s’opérant de deux façons différentes : par effet Joule et par arc, il devait naturellement naître deux sortes de fours électriques ; fours à résistance, fours à arc. Les premiers se divisent en deux classes suivant que le courant qui doit par son passage chauffe? le bain est le courant même engendré par la machine
- ou un courant secondaire créé dans le métal par induction.
- FOURS A RÉSISTANCE
- Le principe du chauffage direct du bain par effet Joule n’a donné lieu qu’à un nombre restreint de recherches. Cet effet étant proportionnel au carré de l’intensité et en raison inverse de la section, le four doit se composer de canaux très étroits parcourus par un courant d’un ampérage très élevé ; c’est ce que Gin a cherché à réaliser dans son premier four à canal résistant. Il s’aperçut vite que
- Fig. 1 a. — Four Gin à canal résistant (coupe horizontale),
- les réactions métallurgiques se poursuivaient niai dans, des espaces aussi limités et il eu,t l’idée de composer son four de deux parties :
- Fig*. 16. — Four Gin à canal résistant (coupc verticale.)
- des cuvettes où s’effectuerait l’affinage et clés canaux de chauffage refiant entré elles ces egyetfes ; la différence de température devait
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- assurer le mouvement du bain. Sans s’arrêter même aux objections d’ordre métallurgique, ces solutions ont l’infériorité d’exiger de grandes intensités : par suite des dépenses de cuivre élevées pour les conducteurs et surtout un mauvais rendement en raison de la grande self-induction. On conçoit donc
- Fig. 2GE. — Four Gin à canaux et cuvettes (coupe en long.)
- aisément qu’il soit très difficile de chauffer économiquement une grande masse métallique par résistance sans faire appel à l’induction. Ziani de Ferranti avait pris dès i885
- Fig. 2b. — Four Gin à canaux et cuvettes (coupe on travers.
- un brevet dans ce sens ; mais la première réalisation industrielle fut due à Kjellin ; elle fut exécutée à Gysingen en Suède de la façon suivante.
- Une branche verticale d’un noyau quadratique de tôles douces est entouré d’une bobine qui reçoilj un courant alternatif à haute tension; cette jbobine est placée au centre d’un canal angulaire où se trouve le bain métallique qui fÔTme ainsi un circuit conducteur fermé; il se développe par induction dans ce dernier un courant alternatif à faible tension et grande intensité.
- MM. Rochling-Rodenhauser modifièrent
- ce four en disposant autour de la bobine primaire, entre celle-ci et le bain, une bobine secondaire de façon à utiliser tout le champ magnétique. Leur four est par ailleurs symétrique et deux bobines sont ainsi disposées autour de chaque branche verticale du noyau quadratique : le bain entoure ces deux transformateurs formant deux boucles qui se réunissent au centre en un large bassin. Le courant engendré dans les bobines secondaires est conduit à des plots métalliques en fer doux situés aux extrémités de ce bassin et le courant va de l’un à l’autre à travers le bain central. Pour éviter la fusion des plots, ils sont recouverts de magnésie ou dolomie, matières conductrices à haute température seulement ; ce n’est donc qu’au bout d’un certain temps que la partie médiane chauffe par résistance : au dire des inventeurs, la fraction de puissance utilisée par cette voie serait alors de i/3, les deux autres tiers étaient engendrés dans les deux boucles par induction directe dans le métal seul. MM. Rôch-ling-Rodenhauser ont également construit des fours pour courants triphasés comprenant un bassin et trois boucles entourant trois transformateurs.
- Parmi les fours à induction, il faut encore citer le four Frick, en service aux usines Krupp ; il ne diffère du four Kjellin que par la position des bobines primaires : au lieu d’une bobine placée au centre du canal, le four Frick en comporte deux placées au-dessus et au-dessous de ce dernier.
- FOURS A ARC
- Le principe du chauffage par l’arc a donné naissance à un nombre plus grand de systèmes qu’on peut diviser en deux catégories : les fours à un arc, les fours à arcs en série.
- Les premiers se divisent eux-mêmes en deux classes, suivant que le bain forme ou non l’une des électrodes : les fours Girod et Cha-plet d’une part, le four Stassano d'autre part.
- Le four Stassano se compose essentiellement d’une cuve cylindrique contenant le
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- métal et recouverte d’une voûte en dôme; au centre de la cuve, à faible distance du métal, un arc jaillit entre deux ou plusieurs
- par des plots métalliques noyés dans le garnissage réfractaire et refroidis par un courant d’eau ; c’est à eux que se fixent en des-
- charbons ; le bain est chauffé surtout par réverbération de l’arc sur les parois et la voûte ; celles-ci doivent donc être très épaisses et particulièrement étanches. Pour assurer un
- Fig. 36. — Four Frick, coupe transversale.
- bon brassage, Stassano a donné à son four un mouvement de rotation autour d’un axe oblique à 70 sur la verticale.
- Dans les fours Girod et Ghaplet, simples cuves recouvertes d’une voûte à faible flèche, l’arc jaillit de l’électrode au bain et le courant sort du four par une prise de courant. Dans le type Girod, celle-ci est constituée
- sous du bain les conducteurs en cuivre.
- Fig. .i,. — Four Stassano.
- Dans le type Ghaplet, une échancrure de la cuve laisse passage à un chenal métallique
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- entouré d’ungamissagej à une faible distance de l’enveloppe; ce canal, refroidi par l’air, est coudé et se redresse jusqu’au-dessus du niveau du bain où l’on fixe sur lui les conducteurs d’amenée du courant.
- Au point de vue électrique, ces fours se rattachent au creuset de Siemens et aux fours à ferrosilicium et à carbure qui comportent une cuve en charbon. Pour la préparation d’alliage à faible teneur en carbone, aciers ou autres, la difficulté, à laquelle Gii’od et
- dont la présence, d’ailleurs, n’est plus nécessaire dès que le four est assez chaud pour que la magnésie serve de conducteur.
- Relier a constitué un four en « pisé armé». Sur une plaque de métal relié à l’un des pôles, il fixe un faisceau de tiges de fer à intervalles réguliers et comprime entre elles un pisé de magnésie. La sole est ainsi partiellement conductrice à froid, grâce au fer et l’est à chaud dans toute sa section.
- Les fours à deux arcs en série compren-
- Chaplet ont trouvé les solutions précitées, résidait dans la fabrication d’une sole conductrice et non carburante ; d’autres essais, dans cette voie, ont été tentés récemment, à Fir-miny et par Relier, en se basant sur la propriété qu’ont la magnésie et la dolomie d’être conductrices ai haute température.
- Les aciéries He- Firminy ont construit un petit four en pisé de magnésie et de charbon ; à la mise en marche, le charbon sert de conducteur et le métal en absorbe une certaine quantité. Cet inconvénient disparaît peu à peu par l’élimination de cet élément
- nent des fours type Héroult et des fours type Relier.
- Le four Héroult comporte une cuve supportant une voûte et contenant le bain et deux électrodes verticales. Le courant jaillit de l’une au bain par un premier arc, suit le métal et en sort par un second arc vers l’autre électrode ; on a prétendu qu’ainsi le passage du courant était superficiel et que les couches profondes étaient insuffisamment chauffées. C’est pour éviter cet inconvénient que Relier a disposé entre les deux électrodes une masse de matière réfractaire ; il divise
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- ainsi la cuve unique du four Héroult en deux chambres communiquant entre elles par un conduit inferieur. Il a même créé deux types : dans l’un d’eux chaque chambre possède un trou de coulée et peut travailler indépendamment; dans l’autre, il n’existe qu’un trou de coulée placé sur le canal et par où s'écoule le métal produit dans les deux capacités.
- CARACTÉRISTIQUES ÉLECTRIQUES
- Tels sont les types que l’expérience -des
- Fig. 6. — Four Kellcr.
- dernières années semble avoir consacrés. Au point de vue électrique, ils diffèrent, bien entendu, essentiellement, suivant qu’ils fonctionnent par induction ou par arc. Les fours à induction sont, en somme, des transformateurs dont le secondaire se compose d’une seule spire à large section; il en résulte une forte self-induction, d’autant plus forte que le tonnage du four est plus élevé et les dimensions du canal plus considérables. Pour
- en diminuer la portée, on êst conduit à employer des alternateurs de très faible fréquence. De plus, dans le four Kjellin, la présence d'ùn grand espace vide entre la bobine primaire et le bain, siège du circuit secondaire, contribue à diminuer beaucoup le cos p. Les fours Rôchling, au contraire, remédient à cet inconvénient. Nous empruntons à une' publication de M. Rodenhauser quelques données relatives à ces remarques.
- Tableau I
- CAPACITÉ
- du Fotm en kilogrammes
- I 5oo 3 ooo
- 8 ooo
- TYPE Dtt FOUll
- Kjellin Rôchling
- courant COSç» courant COS?
- i5 ~ triphasé 5o ~ 0,75
- 10 ~ 5 - 0,65 monophasé 5 ~ 0,80
- Au contraire des fours à induction, les fours à arc exigent en général des générateurs à bas voltage. Les fours à 2 arcs en série utilisent 5o volts par chaque arc (arc de 4o,nm de hauteur environ), soit 100 volts à la machine, les fours à 1 arc marchent pour la plupart à 5o volts. Stassano toutefois qui, en raison de son principe de chauffage par réverbérateur, a intérêt à obtenir un arc de grande longueur, se sert d’un courant à no volts environ. Si l’on considère les puissances assez fortes nécessaires en électrosidérurgie : soit 35o à 4°° kw. pour un four de 3 tonnes, 600 pour un four de 5 tonnes, etc., on en conclut que l’on a affaire à des ampérages très élevés et qu’il faut des conducteurs de cuivre de très forte section pour amener le courant de la machine aux bornes du four. Afin d’éviter une trop grande self-induction, 011 emploie, non pas un seul conducteur mais une série de lames de moindres dimensions qu’on « sandwiche », c’est-à-dire qu’on dispose côte à côte, de façon que les
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- polarités alternent. La construction des fours électriques exige une série de précautions de cet oi’dre, sur lesquelles nous croyons bon d’insister car leur oubli a pour conséquence une grande dépense en pure perte de l’énergie produite. Si l’on suit par exemple le chemin du courant, on voit qu’il est entouré d’un nombre de pièces métalliques formant circuit autour de lui : l’enveloppe du four, l’armature de la voûte, les boîtes de refroidissement qui entourent les électrodes à leur entrée dans le four et les protègent contre les flammes, etc..., Dans les sections de ces pièces, perpendiculaires à la direction du courant, jl tend à se produire des courants de Foucault qui absorberaient une cei’taine pai’tie de la puissance dont on dispose. Il y a deux moyens de rendre leur influence négligeable, soit choisir pour lesdites pièces une substance peu magnétique: cuivre par exemple, soit les constituer de plusieurs parties de fer ou de fonte dont les plans de l’ac-cordement soient pai’allèles au cix’cuit: enti’e ces plans on intercale des feuilles de cuivre ou d’amiante qui s’opposent au passage des courants en question. Disons enfin que dans les fours à arc on maintient le voltage constant en manœuvrant les électi’odes; ce mouvement est obtenu, suivant le cas, ou à la main ou automatiquement.
- Gomme infériorité des fours à arcs il convient de signaler encore la perte qui se produit dans les électi’odes par effet Joule et par conductibilité ; elle peut atteindi’e quelques centièmes de l’énei'gie totale mais cette dépense et le coût même des électi’odes semblent largement compensés par plusieui’s défauts des fours à induction : le l’ayonne-ment beaucoup plus considérable en raison de la plus gi’ande surface extéi’ieui’e, l’usui’e très forte des garnissages en raison des divers mouvements, que prend le bain sous l’effet du champ auquel il est soumis, la variation de la résistance du bain avec la température, par suite celle dix courant secondaire et du rendement. Il est très difficile d’exprimer par des nombres ces avantages et
- ces défauts dont quelques-uns ont été d’ailleurs jusqu’ici insuffisamment étudiés. On ne saurait donc, pour des raisons d'ordre purement électrotechnique, se prononcer entre les deux types de fours. Nous verrons l’importance au point de vue xnétallui’gique des échanges entre la scorie et le bain et pourquoi il. est nécessaire que la première soit très liquide. Or des considérations précédentes il résulte que dans les fours à résistance le métal seul est chauffé directement : c’est, évidemment là une infériorité à laquelle il est difficile de remédier.
- Notons enfin que les deux types de four se prêtent à l’emploi du courant triphasé ou monophasé. Itochling emploie indifféremment les deux. Héroult a construit un four avec ti’ois électrodes et le montage en triangle. On peut pi’océder de même avec les fours à un ai’c en remplaçant une .électrode par l’amenée de courant métallique ou bien utiliser le montage en étoile avec trois électrodes en charbon et le point neutre relié à la sole. La statistique montre cependant que la plupai’t des fours actuellement en service ou en construction utilisent du courant altei’-natif monophasé. La l’aison en est dans le désir qu’ont tous les métallurgistes de se mettre, au point de vue électrique, dans les conditions les plus simples d’installation et surtout de l’églage. Ils s’attachent moins à amélioi’er le rendement qu’à obtenir des appareils simples, d’un entretien peu coûteux et offrant le maximum de sécurité et de ré-gulai’ité, afin de pouvoir porter tout leur effort sur les considérations métallurgiques. Nous allons étudier maintenant quelles ont été à ce point de vue les méthodes mises nu point dui’ant ces dernières années et la place que le four électi’ique a déjà prise dans la sidérurgie.
- ROLE DU l''OUIt ELECTRIQUE EN METALLURGIE
- Dès la création des fours électriques on tenta de réaliser le rêve de la métallurgie du fer : la réduction directe du minerai et la fa-
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- brication économique en une seule opération de l’acier ou du fer. Dans les procédés employés jusqu’ici, le charbon sert à la fois à réduire l’oxyde et à donner par sa combustion la chaleur nécessaire à cette réaction ainsi qu’è la fusion du produit. Ces phénomènes exigent une haute température, il faut donc un excès de charbon qui s’allie au fer et le produit final est en général de la fonte: si l’on veut absolument du fer peu carburé il faut se contenter d’une réduction incomplète; une partie de l’oxyde passe dans la scorie ; le rendement de l’opération est détestable. Le four électrique ne se servant du charbon que pour la réduction, on pouvait espérer doser cet élément et produire à coup sûr un acier de teneur en carbone déterminée. Ce but fut poursuivi par plusieurs électrométallurgistes qui ne parvinrent pas jusqu’ici à fabriquer de façon économique des produits réguliers. -—L’application de l'électricité à la métallurgie n’a donc pas modifié l’ancienne méthode à deuxstades: i° fabrication de la fonte; 20 affinage de cette fonte.
- La fabrication de la fonte fut réalisée il y a plusieurs années par Héroult et Relier. A la suite d’essais, des installations industrielles furent faites par Héroult au Canada et en Californie maison connaît peu les résultats obtenus (>). Récemment,au contraire, une usine suédoise a mis en service un four intéressant et dont la marche a pu être suivie de près pendant plusieurs mois. Le four Groenwall Domnarfvetcomprend : i° un creuset de fusion recouvert d’une voûte percée d’ouvertures, une centrale pour la descente des charges, les autres pour le passage des électrodes ; 20 une cuve de réduction d’environ 5"1 de haut au sommet de laquelle on charge et qui se raccorde au creuset suivant l’ouverture centrale. Le lit de fusion, en descendant, entoure les électrodes, mais la voûte est cons- (*)
- (*) Toutefois, d’après le compte rendu de M. Haanel, Héroult a obtenu au Canada dans des expériences de quelques journées, la tonue de fonte à raison de 2 00olû-lowatts-heure environ.
- truite de. façon qu’il reste un espace libre entre elle et la charge au passage des électrodes. Dans cet espace on insuffle des gaz froids pris au gueulard. Cette opération a plusieurs effets bienfaisants: elle refroidit les matériaux réfractaires de la voûte, ainsi que la charge autour des électrodes, l’expérience a montré que dans ces conditions le courant, au lieu de monter, passe dans le bain et maintient la fonte à l’état liquide. De plus ces gaz qui empruntent une partie de la chaleur dégagée élèvent la température de la cuve de réduction et facilitent la réduction de l’oxyde de fer par l’oxyde de carbone, à peu près nulle sans cela au four électrique. De la marche du four de Domnarfvet pendant une période ininterrompue de 1900 heures, on a pu tirer les renseignements suivants. Par tonne de fonte blanche la consommation de charbon est en moyenne çle 25okB ; celle de courant de 3 180 kilowatt-heures ; celle d’électrodes de i3kg,8. Si l’on admet qu’au haut-fourneau on consomme 1 oookg de coke dans les mêmes circonstances en assimilant le charbon de réduction au coke, il résulte que 7aoks de ce dernier sont compensés par i3kg,8 d’électrodes et 3 180 kilowattheures. Dans un pays où le coke vaut 35 francs, il faut que le kilowattheure vaille oc,Ô7 pour qu’il y ait équivalence. Encore faut-il tenir compte de l’entretien coûteux du four électrique, de la perte sur les déchets d’électrodes inutilisés e t de la moindre quantité de gaz'disponible. Par contre on peut espérer que dans des fours électriques plus considérables, l’influence du rayonnement étant moins grande, la dépense de force tombe au-dessous de 3 000 kilowattheures par tonne : la consommation théorique est en effet de 1 ^io. Quoi qu’il en soit, la fabrication de la fonte au four électrique ne peut être envisagée actuellement que pour les pays où le charbon est cher et la force électrique très bon marché. L’électrosidérurgie se confine donc actuellement, en ce qui concerne nos régions, dans l’affinage de la fonte et la refusion de riblons.
- On sait que l’affinage delà fonte s’opère ac-
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- tuellement : i° au convertisseur, Thomas-Bessemer : elle y est chargée à l’état liquide et traversée par un courant d’air; la combustion des impuretés (silicium, phosphores) assure la fluidité de l’acier ; 2° au four Martin où on la mélange avec du minerai ou des riblons, la chaleur nécessaire étant fournie par la combustion de gaz au contact de la charge ; 3° dans des creusets remplis d’un mélange de fonte et de fer entre lesquels le carbone se répartit et que l’on chauffe extérieurement. C’est évidemment à ces deux derniers que le four électrique peut être comparé.
- Si l’on n’envisage qu’une simple fusion, le four fonctionne comme un creuset ordinaire ; mais il faut n’exiger des produits finis qu’une pureté analogue à celle des matières premières. Lorsqu’on veut, au contraire, éliminer tout ou partie des impuretés contenues dans la charge, la méthode est un peu plus longue, car il faut former successivement des scories qui se chargent des éléments nuisibles et que l’on enlève. Une première riche en chaux et en oxyde de fer retient le phosphore à l’état de phosphate de chaux ; on le remplace par une seconde riche en chaux, mais exempte d’oxydes de fer et manganèse et qui a pour but de désoxy-
- Tableau II
- SiO2 CaO Fe Mn A120-5 MgO
- ir0 scorie.. 18 2 4,5 a5,i5 8,6 /I>7 7’-r>
- 2b 22 ûû»5 <>,9i °,29 5,2 5,6
- G Mn p S
- Métal initial....'' o,35 0,60 o,jo6 0,06
- ire éprouvette 0,04 0,08 o,oo5 o,o35
- 2° N 0,25 0,20 0,009 0,012
- der et de désulfurer ; le soufre passe en effet tout entier â l’état de sulfure dè calcium in-
- soluble dans le bain (tandis que les sulfures de fer et manganèse se répartissent entre lui et la scorie). On obtient ainsi, ën partant de matières premières assez impures, des aciers ne contenant que des quantités infinitésimales de soufre et de phosphore et parfaitement désoxydés. A titre de renseignements, nous donnons, dans le tableau II, les compositions moyennes du bain et de la scorie aux différents moments.
- Il semble que les diverses opérations que nous avons décrites puissent se reproduire dans n’importe quel appareil de chauffage et on se demande à première vue quel rôle y joue l’électricité. Elle est indispensable pour deux raisons : i° les températures exigées; 2° l’absence de gaz oxydés ou sulfureux. Une scorie à 20 X SiO2 et 5o % GaO ne pourrait pas facilement être maintenue à l’état fluide dans un autre four métallurgique; de plus, au four Martin, par exemple,
- 11 serait impossible de maintenir au contact du bain une scorie exempte d’oxyde de fer et manganèse telle qu’elle est nécessaire pour la désulfuration et la désoxydation intégrales. La bonne influence de l’électricité ne se fait, il est vrai, sentir que pendant la seconde partie de l’opération; la déphosphoration et la fusion peuvent s’opérer dans un autre appareil et c’est pourquoi, dans les pays où le charbon fournit la force à meilleur compte que l’électricité, on les effectue au four Martin ou dans une cornue Thomas ne réservant au four électrique que la mise au point éventuellement désirée.
- Grâce à leur pureté, à leur homogénéité, les aciers électriques présentent des qualités mécaniques tout à fait remarquables ; leur emploi ne peut être limité que par leur prix de revient.
- L’installation d’un four à arc de 3 tonnes, sans compter le courant ni les conducteurs, peut coûter 6000 à 8000 francs s’il est fixe,
- 12 000 à 15 000 francs s’il est oscillant ; un four de 1 o tonnes coûte environ 3o 000 francs ; mais il faut du courant à 5o volts ; les fours à induction utilisent ün courant à haut voltage
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- Ie1, Octobre 1910.
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- (4oo volts) mais coûtent plus cher : un four Rôchling triphasé, d’une tonne et demie coûte D2ooo francs ; de 5 tonnes, i2.5ooo francs.
- La consommation d’énergie varie avec l’importance du four : pour un four de 3 tonnes,elle est de i ooo kilowatt-heures environ par tonne (fusion et affinage). Il faut compter par tonne 12 francs d’électrodes et 6 fr.5o pour l’entretien du four : bref,les frais de transformation, y compris main-d’œuvre et dépenses diverses, atteignent 35 à 4o francs par tonne dans les pays de chutes d’eau où le courant peut être évalué à 6o francs le cheval-an . En admettant o fr. o5 pour le kilowattheure, cesfrais monteraient à 75 francs environ en considérant toujours un four de 3 tonnes (recevant 4oo kw.) marchant en affinage complet.
- Si l’on fond dans un autre appareil, il suffit pour affiner le liquide de 25o à 3oo kilowattheures par tonne, avec du courant à o fr. o5 ; on peut alors avec une dépense de 20 à 25 francs environ épurer complètement une tonne d’acier qualité Martin ou Thomas et en faire un produit de qualité égale à celle des aciers obtenus au creuset en partant de matières spécialement pures et chères.
- AVENIR DU I'OUR ÉLECTRIQUE
- A l’aide de ces chiffres, il nous est possible de nous faire une idée de l’avenir réservé au four électrique.
- Les frais de transformation au creuset varient entre 100 francs et 200 francs, suivant l’importance de l’installation : de plus, le creuset exige des matières premières choisies. Il est donc partout plus onéreux que le four électrique et semble destiné à disparaître.
- L’emploi du four Martin, dans les régions de chutes d’eau où le charbon est cher, revient au même prix que le four électrique ; toutefois, en raison des difficultés d’approvisionnement et d’écoulement, il est probable qu’on se contentera d’y fabriquer des produits fins. Partout ailleurs le four électrique sera non pas le concurrent, mais l’allié des
- procédés actuels. Il sera l’auxiliaire oblige toire des grandes forges qui trouvent, dans leur gaz de hauts-fourneaux, une somme abondante d’énergie à bon marché.
- Accolé au four Martin ou à la cornue Thomas, il améliorera, à peu de frais, d’une façon considérable, une partie de leur production, Dans bien des cas, en effet, le consommateur se résoudra à une faible élévation de prix pour obtenir une grande augmentation de malléabilité, de résistance en travers, de résistance au choc. Il est, en particulier, une série de nuances d’aciers doux qu’on ne fabrique actuellement qu’avec des difficultés et qui comportent des déchets importants : les tôles d’emboutissage, les tôles chaudière marine que certains cahiers des charges exigent encore en fer de Suède, les tôles de dynamos avec ou sans silicium, les aciers de cémentation extra-doux, sans scories interposées. C’est là un vaste champ pour l’élec-trosidérurgie : il semble aussi que les aciers de moulage doivent lui être en grande partie réservés, des essais ayant prouvé que les aciers moulés électriques présentaient des qualités mécaniques analogues à celles des aciers forgés.
- Le four électrique recherchera évidemment le voisinage des chutes d’eau ou des hauts-fourneaux; il trouvera néanmoins sa place aussi partout où l’on dispose d’une énergie variable avec les heures de la journée ou les mois de l’année. Dans les régions montagneuses, le débit varie souvent en peu de temps d’une façon considérable ; la durée des coulées varie dans le même sens et il n’en résulte pas d’autres difficultés. On peut donc s’attendre à voir des fonderies, des petits ateliers de fabrication s’accoler à des centrales pour absorber leurs puissances inutilisées.
- En résumé, sans parler du problème de la réduction directe du minerai de fer, dont la solution serait si intéressante pour certaines régions montagneuses riches en minerais, le four électrique est destiné à produire tous les aciers spéciaux réservés actuellement du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série).'— N° 40.
- creuset et de plus tous ceux dont la fabrication exigeait au four Martin des précautions spéciales, tous ceux, également, qui peuvent supporter une légère augmentation de prix pour une grande amélioration de qualité. Il ne peut exister seul que pour remplacer le
- appendice
- Statistique des fours électriques.
- Les fours électriques installés ou en installation dans le monde entier pour la fabrication de l’acier sont actuellement au nombre de 120 et se répartissent, suivant leur type,
- Tableau III
- SYSTÈMES fours ACTIFS FOURS INACTIFS FOURS EN CONSTRUCTION TOTAUX
- Fours à arc ’. 5i 7 25 83
- Fours à induction 21 /, IO 35
- Fours mixtes (à arc et à résistance) 2 )) » 2
- ' Totaux 74 I I 35 120
- creuset ou dans les régions où l’électricité i de la façon qu’indique le tableau III, peut être comptée à très bon marché. Par- [ Le -tableau IV montre, d’antre part, le
- Tableau IY
- SYSTÈMES FOURS ACTIFS FOURS INACTIFS FOURS EN CONSTRUCTION TOTAUX
- Chaplet , 4 » I . 5
- A. G. Elektrometall 2 » 2 4
- Firminy I » )) I
- Frick I )) )> I
- Systèmes de la / Kjellin 10 2 2 *4 )
- a Gesellschaft iür ! Kjellin-Colby 2 » » 2 [ 3l
- Elektrostahlanlagen » ( Rochling-Rodenhauser 6 I 8 i5 )
- Girod i4 » 4 18
- Héroult >9 )) i5 34
- Hickmann I » )) I
- Hiorth )) I )) I
- Iveller 4 » 2 6
- Châtillon-Commentry I )) » X
- Nathusius 2 » )) 2
- Schneider : I » » I
- Scott Anderson . I )) ») I
- Stassano 5 7 I i3
- Totaux 74 I I 35 120
- tout ailleurs, il ne sera que le complément mode de répartition entre les différents sys-des appareils dé fusion actuels. - tèmes. G. Arnou.
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- lor Octobre 1910.
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- L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION DE BRUXELLES
- 4r~
- riBlBFiJOTH
- Nous nous proposons de mettre sous les yeux des lecteurs de. cette Revue autre chose qu’une simple énumération des exposants. D’autres articles viendront bientôt compléter les documents que nous publions ci-dessous, qui concernent seulement les stands de deux maisons importantes.
- * 4
- SOCIÉTÉ ALSACIENNE DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES
- Le matériel exposé par la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques est placé dans la section « Electricité » et dans la section « Transports ».
- Les appareils et machines exposés dans la section d’électricité sont :
- Groupe turbo-générateur. — Ce groupe fait partie d’un ensemble d’appareils dont la combinaison a pour but de bénéficier des avantages des générateurs à grande vitesse dans la production du courant continu ou dans la production simultanée du courant alternatif et du courant continu (*).
- Le groupe turbo-alternateur, composé d’une turbine à vapeur du type Zoelly, à un seul corps, tournant à 3 ooo tours et d’un alternateur du type asynchrone de 55o KVA, qui fournit du courant hexaphasé, 5o périodes, sous 5 ooo volts ; puis un transformateur réducteur abaisse à 180 volts la tension de ce courant ; enfin, une commuta-trice hexaphasée de 3oo kw., à io pôles,.tournant à 6oo tours, peut débiter, sous forme de courant continu à 25o volts, tout ou partie du courant hexaphasé produit par le groupe turboalternateur.
- Le survolteur à courants triphasés se compose, en réalité, de deux survolteurs accouplés électriquement et mécaniquement, de manière à annuler le couple de rotation agissant sur l’arbre et à obtenir une tension résultante en phase avec la tension d’alimentation.
- (*) Brevet français, n° 36a 912.
- Le stand contient encore un moteur de traction à courant continu et un à courant monophasé.
- Le moteur à courant continu, destiné au chemin de fer électrique de Villefranche-de-Con-flent à Bourg-Madame, est alimenté sous 3g5 volts : il fournit en puissance normale 63 chevaux à 565 tours et 75 chevaux au démarrage ; quatre moteurs sont placés sous chacune des voitures automotrices. 1
- Quant au moteur monophasé, il est du type utilisé pour l’équipement des voitures automotrices du Sud de la France, auxquelles l’énergie est distribuée sous forme de courant monophasé, 6000 volts, a5 périodes. Les moteurs fournissent, en puissance normale, 5o chevaux à 5oo tours. Les automotrices sont doubles et chaque ensemble comporte 4 moteurs.
- Deux moteurs de filature, l’un à courant continu, l’autre à courant monophasé sont étudiés spécialement en vue de la commande des métiers continus à filer.
- Le moteur monophasé à collecteur est caractérisé par une grande simplicité d’organes ; un interrupteur commandé directement par le levier de réglage de vitesse isole le moteur de la ligne. Ce. moteur permet un réglage de vitesse très étendu de 65o jusqu’à 1 200 tours par minute, réglage qui peut être facilement rendu automatique et commandé par le mouvement même du métier à filer par l’adjonction d’un organe très simple d’asservissement.
- Le moteur à courant continu est du type shunt à deux pôles ; le réglage de vitesse dans le champ employé est sans influence sensible sur le rendement. Le mode de construction de ce moteur, comme celui du précédent, protège parfaitement toutes les parties du moteur et des accessoires, tout en les laissant au moins aussi facilement accessibles que dans les moteurs ordinaires.
- Enfin deux moteurs spéciaux sont présentés :
- Le premier est un moteur triphasé à collecteur à vitesse variable, breveté depuiiTTgoa et dont la théorie a été développée parM. E. Roth dans une remarquable série d’articles parus,
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- dans cette Revue, l’année dernière. Ce moteur résout le problème du réglage étendu de vitesse (au-dessus et au-dessous du synchronisme) des moteurs triphasés avec rendement sensiblement constant.
- Le moteur exposé estde i5 chevaux, 220 volts, 5oo à i 200 tours, 5o périodes.
- Le second est un moteur, type Meyer, à démarrage automatique, muni d’un double enroulement induit : enroulement en cuivre et enroulement en fer.
- On profite dans ce moteur, pour obtenir l’automaticité du démarrage, de la variation rapide de la résistance du fer suivant la fréquence du courant qui le parcourt ; un coupleur à force centrifuge connecte l’enroulement en cuivre une fois le démarrage obtenu.
- ♦ ♦
- , La Société Alsacienne a, en outre, exposé dans la section des transports deux locomotives du type Pacific.
- L’une d’elles, destinée à la Compagnie Paris-Orléans, doit faire le service rapide des trains lourds sur la ligne Paris-Bordeaux et est du type le plus puissant des machines actuellement en service en Europe. Son poids est de 83 tonnes.
- L’autre est, au contraire, destinée à la Compagnie du Midi pour le service des trains rapides à voyageurs.
- LÉS ATELIEllS DE CONSTRUCTIONS ÉLECTRIQUES DU NORD ET DE L'EST
- Les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est exposent à Bruxelles, dans le hall des machines, un turbo-alternateur triphasé compound et dans un stand de la section française une série de moteurs, dynamos et appareils.
- Le turbo-alternateur.
- Le turbo-ailternateur fournit le courant à un groupe d’expèsants. Il est entraîn.é par une turbine Dujardin, système Oliron, et peut produire sous io ooo .volts, i 5oo kw. 5o périodes (i 5oo tou^s) avec un facteur de puissance de o,8.
- Le compoundage, système Latour, que nous rappelons en deux mots, a été conçu pour atteindre le but suivant :
- L’excitatrice, montée en bout d’arbre, est une dynamo série exactement compensée. Elle travaille dans la partie droite de sa caractéristique; sa tension est donc théoriquement indéterminée. Au moyen d’une source étrangère de courant, on indique à l’excitatrice la tension qu’elle doit produire et on a voulu que la machine prît d’elle-même cette tension en n’empruntant qu’une énergie très faible à la source étrangère,
- A cet effet, l’excitatrice est munie de bagues alimentées par un transformateur de tension T« (fig, i) dont le primaire est Connecté aux bornes de l’alternateur, et un transformateur d’intensité T/, à entrefer, parcouru au primaire par le courant de travail de l’alternateur.
- L’alternateur tournant à vide prendra de lui-même un régime stable pour lequel son courant d’excitation, qui est aussi celui de l’excitatrice, développera aux bagues de cette dernière une tension précisément égale à celle fournie par le transformateur T<. On cherche à construire l’excitatrice,de telle sorte que le courant qu’elle empruntera alors au transformateur est soit très faible, sensiblement nul. Ce courant T, d’ailleurs toujours limité parla self de T*.
- En charge, le transformateur T,- intervient évidemment et impose à l’excitatrice une variation de tension rachetant la perte de charge de l’alternateur.
- Eitfin, en shuntant plus ou moins les électros de l’excitatrice, on peut régler facilement la tension de régime de l’alternateur.
- Les transformateurs Tj et T/ sont, bien entendu, de dimensions fort réduites.
- Citons çncore un moteur Latour, série i3o volts, 5o périodes, d’une puissance de 22 chevayx, avec de multiples courts-circuits au collecteur pour améliorer la commutation entre de larges limites de vitesse (55o à 1 100 tours).
- Un moteur de traction Latour, pourvoie d’un mètre, peut développer 60 chevaux, à 65o tours, sous 400 volts, 25 périodes, avec un facteur de puissance de 0,9. Tous les balais placés à la partie supérieure du collecteur sont facilement' accessibles. Le poids de la machine est de 1 200 kilogrammes.
- Une série de petits moteurs. (3,5 et 7 chevaux) du système Latour série-shunt sont destinés à la commande des ascenseurs sur réseaux monophasés. Ces machines démarrent en inoteür Latour série
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- i*'Octobre 1910.
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- avec un couple atteignant 3,5 fois le couple normal. Aux environs du synchronisme, un régulateur centrifuge ou électromagnétique met en service l’excitation shunt, maintenant ainsi la vitesse constante. Si le moteur est entraîné au delà de sa vitesse de régime, il freine en restituant de l’énergie au réseau.
- Grâce à une disposition judicieuse des enroulements, le facteur de puissance est à toute charge presque rigoureusement égal à i (•).
- Le couple de décrochage est beaucoup plus élevé que pour le moteur d’induction monopha-
- services que le moteur monophasé asynchrone.
- Groupe moteur-pompe. — La pompe, du système Rateau-A.C.E.N.E., peut élever à l’heure 6om3 à 5om de hauteur. Elle est entraînée par un moteur triphasé à collecteur série à réglage de vitesse par décalage des balais. Le stator et le rotor sont connectés directement en série. Ce n’est cependant pas là le cas le plus général. Souvent, on réunit les deux enroulements par l’intermédiaire d’un transformateur, permettant de multiplier les phases au rotor et,, au besoin, d’abaisser la tension. L’introduction d’un entre-
- Excitatrice
- Alternateur
- Fig. i. — Schéma du compoundago : T„ transformateur de tension; T,, transformateur d’intensité.
- sé et le démarrage des petites unités se fait par simple fermeture de l’interrupteur.
- Ce moteur est destiné aux mêmes genres de (*)
- (*) Voir communication faite au congrès des électriciens allemands (Brunswickj 1910).
- fer dans ce transformateur limite la vitesse du moteur.
- En dehors des moteurs à collecteur, le stand contient une série de moteurs et'dynàmos de type courant de construction serrée et légère.
- Un moteur de traction pour voie de im
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- mérite une mention spéciale. Il est construit pour développer sous une tension de 66o volts une puissance unihoraire de 5o chevaux dans un climat où la température atteint 45° à l’ombre. Aussi a-t-on dû prendre des précautions toutes particulières pour réduire réchauffement.
- L’induit est en tûles spéciales, son enroulement fortement divisé; là pression des balais est réglée avec beaucoup de soin afin d’éviter tout frottement excessif; enfin, point capital,
- au chemin de fér métropolitain de Paris (fig. a et 3.)
- Toutes les manœuvres dans le circuit principal se font au moyen dé contacteurs électromagnétiques et d’un inverseur, commandés par le circuit de contrôle. Les contacteurs eux-mêmes sont reliés mécaniquement à des jeux de petits plols placés à leur partie inférieure et intercalés dans le circuit de contrôle, de telle façon que le courant de manœuvre actionne )es contacteurs les
- Fig. 2. — Circuit de commande,
- marche série
- Fig. 3. — Circuit de traction.
- \
- des pôles auxiliaires assurent la commutation même à ioo| % de surcharge. Les isolants sont particulièrerhent soignés et ont été essayés après les épreuves de charge et de surcharge à une tension de 3 £>oo volts efficaces alternatifs.
- Le fond du stand est occupé par un panneau sur lequel sont disposés les différents organes d’un équipement à unités multiples du système Thomson-Houston-Sprague du type employé
- marche parallèle-——
- Position 1. Correspondant à la marche on série avec rési. stances en circuit. —Position II. Correspondant an démarrage automatique en série. — Position III. Correspondant à la marche on parallèle avec résistances en circuit, — Position IV. Correspondant au démarrage série parallèle automatique.
- uns après les autres dans un ordre déterminé et d’une façon complètement automatique. Ce courant est d’ailleurs lancé par le contrôleur et passe par un régulateur d’intensité parcouru par le courant principal. Le régulateur protège les moteurs contre toute manœuvre intempestive et règle automatiquement le courant de démarrage sans que le wattman ait à suivre avec la manette l’accélération de là voiture. Le schéma des connexions est, représenté par les figures 2 et 3. Le tableau I indique les différents couplages obtenus.
- On peut, à volonté, rester sur une touche intermédiaire entre la première touche de démarrage en série et la dernière touche de marche en série ; il suffit pour cela, au moment où la viteses
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- ierOctobre 191Ô;
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- voulue est atteinte, de revenir à la position i.
- On peut, de la même façon, rester sur une touche intermédiaire entre la première touche de démarrage en parallèle et la dernière touche de marche parallèle en revenant à la position 3 au moment où la vitesse désirée est acquise.
- a et à 3 fils et courant alternatif monophasé, triphasé et tétraphasé.
- Notons spécialement le type de câble triphasé à iSooo volts employé pour une ligne double de a km, 3o, en service, sans avarie, depuis a ans, et le type de câble biphasé à ia 5oo volts servant
- Tableau I
- MARCHE POSITION CONTÀCTEUHS ENCLENCHÉS
- I «4 i3 G 7 i5
- 2 14 i3 6 7 15 9
- 1 3 i4 i3 6 7 iT) 9 2
- Série . 4 14 i3 6 7 1 :> 9 2 3 I I
- 1 5 14 13 6 7 i5 9 .4 IO
- 6 «4 13 6 7 i5 9 4 10 5
- Qlns i4 i3 7 i5 12
- 7 14 i3 I 8 7 i5 2
- Parallèle 8 14 i3 I .8 7 i5 2 3 I I
- 1 9 i4 i3 I 8 7 15 4 IO
- 10 14 i3 I 8 7 i5 4 IO 5 9
- Notons encore un gros disjoncteur triphasé pour ia ooo volts de construction particulièrement robuste et simple.
- Enfin, la Câblevie expose une série d’échantillons très variés représentant à peu près tous les systèmes de câbles actuellement employés pour lumière et transport d’énergie : câbles pour basse et haute tension, pour courant continu à
- à l’alimentation des sous-stations de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité.
- Les câbles pour suspension verticale dans les puits de mines et ceux pour traversées sous-fiuviales présentent des armatures intéressantes en fils d’acier ronds et méplats.
- J. ReyVal.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultra-violets. — V. Henri, A. Hel-bronner cl M, de Recklinghausen. — Académie des Sciences, séance du ii avril 1910.
- Des expériences systématiques ont montré que la stérilisation de grandes quantités d’eau par l’ultraviolet peut se faire avec une dépense maximum de 36 watt-heures par mètre cube.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Comparaison détaillée des isolateurs à haute tension américains et eui'opèens. — S. Watts.— Eleclrical World, 19 mai 1910.
- L’auteur passe d’abord en revue les isolateurs pour haute tension fabriqués depuis une dizaine d’années en Amérique, en suivant l’ordre chronologique. Pour faciliter leur comparaison il les représente à la même échelle dans la série des figures 1 à 6.
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- 22 • LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). — N° 40.
- A l’isolateur i, à triple cloche, a succédé l’isolateur a, caractérisé par l’allongement de la cloche inter, médiaire et L’introduction d’une quatrième cloche.
- Les isolateurs de ce dernier type donnèrent satisfaction au point de vue des facilités de fabrication et de leur emploi sur des lignes de transport de force, jusqu’à 60 ooo volts, pourvu que les conditions fussent favorables. Mais si elles devenaient défavorables ou si le voltage était augmenté de 6 ooo volts, les résultats n’étaient plus satisfaisants.
- L’isolateur 3 fut alors créé, avec l’idée que les deux grandes cloches inférieures permettraient d’obtenir de grandes surfaces à l’abri de l’eau pendant les intempéries. Mais les insectes et la poussière s’accumulaient entre ces deux cloches sans que le vent pût les en débarrasser ; d’autre part, au point de vue de la fabrication, la cloche supérieure et les surfaces des cloches inférieures, à longues génératrices rectilignes, causaient de grandes difficultés.
- types sont représentés par les figures 7 et 8, a fait son apparition lorsqu’on a reconnu que, pour les lignes projetées à 100 600 volts, l’isolateur à tige ne peut être employé.
- Dans le type représenté par la figure 7, le câble qui supporte l’isolateur passe dans un canal incurvé* pratiqué àu-dessous d’un second canal, qui le croise à angle droit et qui reçoit l’attache de la ligne de transport de force ou d’un isolateur inférieur. Il y a ainsi au sommet des isolateurs de ce type une ouverture où l’eau peut pénétrer et causer, en cas de gelée, la rupture de l’isolateur, à moins que ce canal incurvé ne soit perforé pour permettre l’écoulement de l’eau.
- L’auteur n’a pas les éléments suffisants pour sè prononcer sur les facilités de fabrication de ce type d’isolateur, mais il remarque qu’on ne peut jamais être certain de l’absence de fissures ou de défauts à l’intérieur des canaux ; on est donc exposé à devoir
- Fig. 1 à 6. — Modifications, dans l’ordre chronologique des isolateurs américains pour haute tension.
- La figure 4 représente un isolateur ayant presque les mêmes dimensions que celui de la figure 3 mais très supérieur au double point de vue de l’efficacité d’emploi et des facilités de fabrication.
- La figure 5 se rapporte à un isolateur du type de la figure 2, mais allongé. Il fut d’abord fabriqué et employé comme isolateur à triple cloche, puis scs dimensions furent augmentées pour lui donner une quatrième cloche, mais alors il fut reconnu trop lourd et trop coûteux à fabriquer.
- L’isolateur de la figure 6 est du type de celui de la figure 2 élargi au lieu d’être allongé. Il se montra tout à fait satisfaisant pour les voltages jusqu’à 75 ooo volts, mais le coût de fabrication et les dépenses d’installation d’isolateurs si lourds ne sont pas généralement justifiés par le supplément d’efficacité qu’ils procurent. Après avoir reconnu l’énorme accroissement^ de prix et le faible accroissement d’efficacité obtenu en augmentant les dimensions des isolateurs* on a une tendance à revenir à des dimensions modérées.
- L’isolateur suspendu, dont deux des meilleurs.
- rejeter aux essais un nombre considérable d’isolateurs.
- Quant au type représenté par la figure 8, l’auteur s’est assuré par des observations personnelles que, même dans le cas où le fil de ligne supporté par l’isolateur est considérablement surchargé soit de neige, soit de glace, son attache ne peut se détacher ni causer la rupture de la porcelaine qui travaille à
- Fig. 7 et 8. — Isolateurs suspendus, la compression; en fait, le fil de ligne se rompt bien avant que l’isolateur ne se brise. Au point de vue de la fabrication, ce type ne présente pas de difficultés spéciales.
- C’est cet isolateur qui a été choisi par l’ingénieur suédois Olav Ingeborg, pour la ligne qu’il a établie
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- 1er Octobre 1910,
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- en vue de ses recherches de laboratgire et qui transporte aoo chevaux à la tension de 5oo ooo volts.
- L’auteur passe ensuite en revue les isolateurs fabriqués en Europe, et représentés par les figures 9 à i5.
- Fig. 9, io, ji.— Isolateurs allemands.
- L’isolateur (') représenté par la figure 9, du type Delta, a cette particularité de ne comporter qu’une seule épaisseur de porcelaine entre le fil de ligne et la tige de support. Il est très employé en Europe pour les voltages modérés, tandis qü’en Amérique on n’a pas réussi complètement la fabrication de grands isolateurs d’une seule pièce.
- Un autre type, très employé en Europe, est celui dit à nervures (fig. 10). Il comporte sous la cloche supérieure et dans sa masse une série de hervures ou gorges dont l’efficacité, malgré leurs petites dimensions, est remarquable. Ce type agrandi, pour s’adapter aux voltage* élevés, est représenté par la figure 11. Il peut alors être employé pour les voltages jusqu’à 66 000 volts.
- Un isolateurtrès particulierest celui du type Kuhl-mann dont le coût de production et d’installation est malheureusement élevé.
- Fig. 12, i3, 14. — Isolateurs suspendus.
- Les isolateurs suspendus sont analogues à ceux fabriqués en Amérique; quelques-uns des plus recommandables sont ceux des figures 12, i3 et 14. Le type de la figure 12 a un trou supérieur en ligne droite où l’eau ne peut s’amasser. Le type de la figure 13 utilise autant que possible les dispositions du type Delta.
- (’) Rappelons que la Lumière Electrique a publié (28 mai 1910) un important travail d’ensemble de M. Kuhl-mann où il était également question des isolateurs européens, étudiés ici par M. Watts.
- Les essais faits par W. Weickqr dans des conditions identiques, sur des isolateurs des types de la figure 7 et de la figure i3 ayant les mêmes diamètres, ont donné les résultats suivants :
- Type de la figure 7, 1 seul isolateur 40 000 volts;
- Type de la figure 13,1 seul isolateur, 69000 volts;
- Type delà figure 7, 2 isolateurs, 75 000 volts;
- Type de la figure i3, 2 isolateurs, 106000 volts;
- Type de la figure 7, 3 isolateurs, 104 000 volts ;
- Type delà figure i3,3 isolateurs, 146000 volts;
- Type de la figure 7, 4 isolateurs, i3o 000 volts ;
- Type de la figure i3, 4 isolateurs, 180000 volts.
- L’isolateur européen qui ressemble le plus à celui de la figure 8 est celui de la figure 14. Il comporte, à la place de la cloche supérieure en porcelaine, une « ombrelle » en tôle émaillée.
- Weicker a trouvé que cet isolateur possède dans les mêmes conditions d’essai que ci-dessus les valeurs d’isolation suivantes :
- Avec un seul isolateur, 68 000 volts ;
- Avec deux isolateurs, 126000 volts ;
- Avec trois isolateurs, 164 000 volts.
- Pour comparer exactement l’efficacité des isolateurs, il faudrait les essayer en même temps, au même lieu et avec les mêmes appareils.
- Friese, dans une étude des isolateurs pour haute tension, évalue leur efficacité d’après la formule :
- A X R — valeur d’isolation, où
- . isolation sous la pluie
- A — -------------------——•
- isolation à sec
- g isolation sous la pluie poids de l’isolateur
- Comme exemple, il compare, dans les mêmes conditions d’essai, un isolateur Delta et un isolateur américain ayant pratiquement la même valeur pour A. Tableau I
- SOUS LA PLUIE A SEC POIDS A B VALEUR d’isolation SURFACE UE LA CLOCHE SUPÉRIEURE HAUTEUR
- Isolateur volts volts gf- cm* cm.
- Delta 49 000 93 000 2 125 o, 53 23 12 24O >9i5
- Isolateur
- Américain.. 49 000 92 000 2 9IO o,53 iG, 8 9 325 23, 0
- Ces chiffres prouvent la grande efficacité du type Delta. Néanmoins les ingénieurs européens ont suivi l’exemple des Américains en augmentant plutôt les dimensions que le poids. —
- En Amérique et en Europe on a reconnu que les
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- U
- LA LUM LÈ RE É L E G T RI QU E T. XII (2« Série). — N? 40.
- dimensions seules ne suffisent pas à assurer l’efficacité d’un isolateur. Le volume de la. porcelaine et la surface, pour un même poids, sont dans des rapports définis avec cette efficacité.
- L’auteur a tracé une courbe indiquant les voltages auxquels se produit le perçage de la porcelaine en fonction de son épaisseur, pour des porcelaines allemandes et américaines. On ne peut faire une comparaison exacte, les conditions d’expérience n’étant pas les mêmes, mais on remarque que ces deux courbes se sont trouvées sensiblement parallèles : l’influence de l’épaisseur sur la valeur d’isolation est donc la même pour les' porcelaines européennes et américaines. Le perçage de la porcelaine se produit, d’après ces courbes, aux environs des voltages suivants :
- Tableau II
- ÉPAISSEUR EN MILLIMETRES PORCELAINE ALLEMANDE PORCELAINE AMÉRICAINE
- 'XQ 26 OOO V. 42 OOO V.
- 40 43 OOO 63 000
- 6() 62 OOO 83 ooo
- L’auteur fait remarquer que les isolateurs allemands ne sont généralement pas soumis à des essais aussi sévères que les isolateurs américains.
- Par exemple pour un voltage de service de 5oooo volts, on pousse l’essai à i10 ooo volts en Amérique au lieu de 80000 volts en Allemagne.
- Il faut sans doute attribuer à ce fait l’idée généralement reçue que l’isolateur allemand est plus léger pour un voltage déterminé que l’isolateur américain. En réalité, quand on compare le poids, non plus au voltage de service, mais au voltage d’essai, on trouve, pour les isolateurs des deux pays, sensiblement les mêmes chiffres.
- Il semble donc que les ingénieurs européens et américains ont atteint le même point.
- L’auteur range tous les isolateurs en deux classes :
- Classe A. Ceux construits d’après l'idée qu’ils doivent posséder une surface suffisamment sèche par tous les tempsIçour réaliser l’isolation nécessaire ;
- Classe B. — Ceux construits d’après ce principe que des surfaces de porcelaine, même humides, possèdent une' certaine valeur d’isolation et que si les dimensions sont assez grandes l’isolation recherchée est obtenue.
- Il est presque impossible,pour les premiers,- d’em-
- pêcher la pluie,^tombant sur les surfaces qui y sont exposées, d’éclabousser les parties que la cloche supérieure doit protéger. Cette petite quantité d’eau volatilisée par le courant de fuite forme de la vapeur qui reste sous la cloche supérieure, diminuant ainsi l’isolation.
- Les isolateurs B exigent de telles dimensions que le poids en devient presque prohibitif.
- Les principes de construction de ces deux classes peuvent être combinés pour réaliser un isolateur efficace d’un poids raisonnable, et l’auteur croit que la solution du problème, pour les isolateurs destinés aux voltages de 60000 à 100 000 volts, est fournie par les considérations ci-après :
- Un tube de porcelaine a surface unie, de 3o0m de longueur et 7°“ 5 de diamètre, exposé à uhe douche de 5mm par minute, possède une valeur | ’ d’isolation de 3o 000 volts environ ; si ce
- Itube est ondulé sur toute sa longueur cette valeur, dans les mêmes conditions d’essai, est portée à environ 5o 000 volts. Si ce tube a des ondulations comportant chacune une gorge creusée à sa partie inférieure, la surface est non seulement augmentée, mais elle est partiellement protégée, ce qui augmente l’isolation. Ces petites gorges ne permettent Fig‘ l5‘ pas une accumulation de vapeur et sont assez superficielles pour permettre au vent de la faire disparaître.
- Un tube, ondulé de cette façon, de 3ocm de-longueur et 7°m,5 de diamètre, a supporté, sous la douche de 5mm par minute, un voltage de 100 000 volts.
- 11 est plus léger que l’isolateur ordinaire destiné aux tensions de 60 000 volts ; il est plus facilement maniable pendant la construction et une fois en place il est pratiquement à l’abri des coups des malfaiteurs. Dans le cas d’un coup de foudre, il peut résister au choc, tandis qu’un isolateur ordinaire à larges cloches est sûrement détruit. Enfin les difficultés de fabrication de ce type ne sont pas excessives: les. fabricants américains, avec un peu d’expérience, pourraient obtenir le même résultat que les Européens.
- En résumé, le principal obstacle au progrès dans la construction des isolateurs réside dans le manque absolu d’uniformité des conditions . d’essai ; et il serait à désirer qu’on adoptât, pour effectuer ces essais, des appareils standard d’un prix qui ne fût pas trop élevé.
- IL B.
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- 1er' Octobre 1910.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouveaux isolateurs pour hautes tensions.
- (Suite.) (1)
- . Effluves. — L’effluve épousant le contour de l’isolateur est la seconde forme de décharge que nous examinerons.
- Théoriquement une surface de porcelaine absolument sèche devrait opposer au courant la même résistance que l’air; mais en pratique cette résistance est beaucoup plus faible.
- Cette résistance dépend du degré d’humidité de la surface de la porcelaine, qui lui-même dépend de celui de l’air.
- Par une forte pluie cette résistance se réduit à zéro, de telle sorte que pour les isolateurs pour lignés aériennes qui nous intéressent plus particulièrement, le pôle qui est sur la ligne se trouve ramené de la gorge de l’isolateur vers le bord de la cloche supérieure.
- Si nous faisons abstraction de la pluie, on voit a priori que l’on augmentera la résistance en allongeant le chemin que doit parcourir l’effluve sur la surface de l’isolateur.
- A cet effet, afin d’obtenir un chemin sinueux et par conséquent plus long, on prévoit généralement une série de cloches ou de nervures superposées.
- Il faut cependant éviter de faire ces cloches trop longues ou de les placer trop près les unes des autres, car elles ne rempliraient plus leur but et l’effluve, au lieu "de suivre le chemin le plus long par la porcelaine, prendra le chemin le plus court à travers l’air.
- C’est pourquoi, pour les isolateurs pour lignes aériennes, les nervures simples,au-dessous de la cloche supérieure, prévues de manière que la résistance de la surface de la porcelaine soit un peu plus grande que celle de l’air, sont de beaucoup préférables aux longues cloches intermédiaires.
- On peut du reste remarquer que, ces derniers temps, une tendance à supprimer toutes nervures et à avoir une surface de porcelaine aussi lisse (*)
- que possible paraît vouloir s’implanter dans les milieux électrotechniques.
- Une des raisons principales est que les poussières et toutes sortes de dépôts peuvent, se loger dans les sinuosités formées par les cloches et que l’humidité y reste plus facilement, l’air n’y circulant pas bien.
- Fig. 5. — Isolateur Rosentlial à « nervures » B 650, pour tension de régime de 12000 volts (Echelle i/3.)
- Cette tendance est au fond raisonnable, mais il ne faut pas négliger l’avantage qui résulte des fortes nervures placées surtout dans le voisinage des pôles.
- Décharges à travers l'air ou arc. — La décharge se produit à travers l’air, quand la porcelaine est suffisamment épaisse et que sa surface est assez grande pour opposer une résistance plus forte à l’étincelle que lé chemin direct à travers l’air.
- Cette décharge à travers l’air sec se produit à de si hautes tensions, qu’elle ne joue aucun rôle dans la pratique. On la provoque uniquement dans les essais, dans un but de comparaison.
- Il en est tout autrement lorsque l’air-est humide.
- Ce dernier cas est d’une très grande impor-
- (*) Voir Lumière Electrique, 24 septembre 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2e Série). —R° 40.
- tance pour les isolateurs pour lignes aériennes et sert de base pour se rendre compte si un type d’isolateur est utilisable.
- Il faut encore considérer que les surtensions se produisent en général pendant des orages ou de fortes pluies, de sorte que le danger d’une décharge à travers l’air humide est, de ce fait, augmenté. Avant que la décharge proprement dite ait lieu, il se produit, des pertes de courant qui se manifestent par une effluve bleuâtre ; les gouttes de pluie tombant des arêtes de l’isolateur causent aussi une déperdition sur la ligne.
- Si la tension augmente, on voit de premières décharges ayant la forme d’étincelles comparables à de minces fils et qui traversent l’air en crépitant. En augmentant encore la tension, il se produit un court-circuit, entre les deux pôles, sous la forme d’un arc. Si la décharge est assez forte, l’arc se maintient ; si elle diminue, il est repoussé, disparaît pour se reformer peu après.
- La figure 3 (’) mpntre les trois espèces de pertes de courant au même moment. La figure 6 re-
- Ce qui détermine la tension à laquelle se produit la décharge par l’air, c’est la distance entre les^deux pôles. Nous avons déjà démontré plus haut que, par la pluie, un des pôles s’écarte de
- la gorge de l’isolateur et se rapproche du bord de la cloche supérieure. L’autre pôle est constitué parle support de l’isolateur. Pour l’atteindre, la décharge doit passer par-dessous le bord inférieur du manchon de l’isolateur. En pratique, l’étincelle l’atteint déjà un peu plus haut, sur le manchon, parce que la partie inférieure de celui-ci est, en général, humide.
- Si donc j’on veut élever la tension à laquelle se produira la décharge, on doit construire l’isolateur de telle manière que la distance entre le bord de la cloche supérieure et le bord du manchon soit la plus grande possible. On doit aussi prévoir le diamètre de la cloche supérieure aussi grand que possible, afin de protéger le manchon contre la pluie. Par contre, l’on doit éviter d’interposer, sur le parcours de la décharge, des parties saillantes en porcelaine, telles que des cloches intermédiaires trop longues.
- Le parcours de l’étincelle qui serait ainsi subdivisé par des cloches intermédiaires a une influence toute différente sur la décharge par un temps sec ou par la pluie.
- Du fait que ces parties intermédiaires deviennent humides par la pluie, elles offrent à l’étincelle des points d’appui et l’espace d’air à traverser par l’étincelle ne sera pas seulement plus court, mais il se formera des décharges intermédiaires.
- La quantité d’eau tombant en pluie est, en général, exagérée. En effet, le service météorologique suisse n’a jamais observé, pendant ces 8o dernières années, de pluies supérieures à 5mm par minute. Il est donc inutile, pour les essais, d’utiliser une pluie artificielle beaucoup plus forte.
- Par exemple, un essai sous une pluie artificielle de plus de iomm par minute est tout à fait exagéré, car les isolateurs étant complètement inondés, on ne peut se placer dans des conditions d’essai plus défavorables.
- * *
- Le constructeur d’isolateurs devra toujours tenir compte des trois modes de décharges que nous avons indiqué plus haut pour choisir les conditions les plus défavorables pour l’établissement des types d’isolateurs.
- Il faut envisager que, dans la pratique, on a sou-
- (*) Voir Lumière Electrique, du 24 septembre 1910.
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- Octobre 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ ....
- vent simultanément deux, voire même les trois espèces de décharges. La figure 3 nous montre (*) clairement la décharge par l’air, puis une effluve qui épouse le contour de l’isolateur, et enfin le percement de la partie la plus intérieure, causé par la décharge totale.
- En général, on doit adopter un type d’isolateur qui résiste le mieux au percement, car il est facile d’éviter le court-circuit dans les autres cas de décharges, sans avoir à modifier la construction.
- De l’effluve et de Tare par l’air, ce dernier est de beaucoup la décharge la plus inoffensive, parce que, dans le premier cas, il se produit, en général, un fort échauffement qui peut faire éclater. la porcelaine.
- Il s’ensuit que le coefficient de sécurité contre le percement, doit être au moins égal à 3, c’est-à-dire que l’on devra prévoir, aux points où les différences de potentiel seront les plus grandes, une épaisseur de porcelaine pouvant résister à une tension trois fois plus forte que la tension du réseau. Ceci n’a d’importance que pouf de très hautes tensions. Dans les réseaux à basses et moyennes tensions, la sécurité contre le percement est beaucoup plus grande. Par exemple, l’isolateur à « nervures » B63a de la manufacture de porcelaines Rosenthal, établi pour une tension de distribution de 6 ooo volts, n’est percé qu’à 90 000 volts, tandis que l’isolateur B 656 du même type (fig. 5), de la même fabrique, établi pour des tensions de distribution de 10 à i5ooo volts, est percé à i5o 000 volts.
- Ce qui démontre que, dans le cas du type B 63a, l’isolateur résiste à une tension io-i5 fois plus forte. Dans le cas de la décharge par l’air, on se contente, pour les gros types d’isolateurs pour lignes aériennes d’un coefficient de sécurité égal à a, sinon on devrait établir des isolateurs trop volumineux et, par conséquent, trop chers.
- La construction d’un isolateur doit être envisagée au point de vue mécanique aussi bien qu’au point de vue électrique.
- 11 faut tenir compte de ce que la porcelaine résiste facilement aux efforts de compression même très grands. Par contre, il faut étudier spécialement sa résistance à la traction et à la flexion,
- (*) Voir Lumière Electrique du 24 septembre 1910.
- point particulièrement important pour les isolateurs de lignes aériennes. En général, les efforts de traction de la ligne s’équilibrent les uns les autres en ligne droite.
- L’isolateur doit cependant pouvoir résister soit à la résultante de la traction des fils dans les angles, soit à la traction totale delà ligne sur un de ses côtés, ce qui se produit lors d’une rupture des fils ou à l’extrémité d’une ligne.
- Cette question a pris une très grande importance ces derniers temps parce que l’on tend à augmenter de plus en plus la, distance entre les poteaux aussi bien que la section des conducteurs. Des sections de i5omm ne paraissent plus anormales aujourd’hui, pas plus qu’une distance de 250“ entre les poteaux, distance qui a donné d’excellents résultats. Dans ce cas, on a des tractions de plusieurs milliers de kilogrammes lorsque l’on fait entrer en considéi’ation la neige, la glace et le vent. Les gros isolateurs en porcelaine supportent facilement ces charges et l’on voit souvent les supports (ferrures) se courber avant que les isolateurs ne cassent.
- A l’inverse des isolateurs américains qui ont une très petite tête, les isolateurs sont fabriqués en Europe avec une tête très forte et la ferrure se prolonge jusqu’à la hauteur de la gorge, ce qui fait qu’ils résistent facilement aux charges dont nous avons parlé plus haut. 11 est important que le câble de la ligne soit bien fixé dans la gorge et forme avec celle-ci un contact aussi long que possible, parce que la porcelaine se cisaille facilement au point d’attache de la ligne.
- En général, les isolateurs en une seule pièce résistent plus facilement que ceux en plusieurs pièces, car le scellement entre celles-ci nuit à la solidité de l’isolateur.
- Un autre point, très important, est la fixation de l’isolateur sur son support. Aujourd’hui, au lieu de sceller les isolateurs comme autrefois sur leurs supports, on les pose simplement' à force sur les ferrures entourées préalablement de chanvre imbibé d’huile de lin. On obtient, de cette façon, une fixation plus élastique et l’on évite l'éclatement des isolateurs qui était à craindre lorsque le scellement était mal fait.
- La matière employée pour les scellements doit avoir, autant que possible, le même coefficient de dilatation que la porcelaine et ne doit contenir ni plomb, ni soufre, ni glycérine.
- U est très difficile de protéger un isolateur
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- contre les dangers extérieurs, tels que coups de fusils et jets de pierres. Les cloches et les manchons ne doivent évidemment pas être trop faibles afin d’éviter les risques de transports, par chemin de fer, par exemple. En ce qui concerne la couleur des isolateurs (gris,vert ou brun) couleur qu’on utilise pour les rendre moins visibles, elle nous semble superflue.
- (A suivre.) Dr Altmann.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Le marché des valeurs d’électricité ne se ressent pas comme il le pourrait de la situation plus favorable de catte industrie; c’est encore la période des vacances, mais c’est aussi que l’expérience acquise sur certaines valeurs de sociétés d’exploitation ou de sociétés de construction a rendu fort prudents les capitalistes. Ainsi les secteurs de Paris, qui avaient bénéficié d’importantes plus values, avaient vu leurs cours hausser très rapidement a des taux inconnus jusqu’alors. Malgré les résultats de l’enquête que vient de mener la commission du Conseil municipal et qui prouve un développement des services des secteurs de beaucoup plus rapide que celui supposé, Edison est en baisse, le Secteur de la Place Clichy, et Eclairage et Force subsistent à leur taux acquis, le Secteur Rive Gauche se maintient vers 345 ; seule la Compagnie parisienne de l’Air comprimé s’avance à ^85 avec des tendances à la hausse favorisées par les rumeurs dont nous nous sommes faits l’écho dernièrement. Edison avait profité de la séduisante perspective,devenue réalité, d’un très gros dividende qui n’était pas inférieur à 10 % , même pour les acheteurs les moins favorisés. Depuis, on s’est mieux rendu compte que c’était une partie de l’actif qui avait été réparti et le cours de 1 100 est le dernier pratiqué. La Parisienne de Distribution, émise à 25o rappelons-le , se tient aux environs de 409, suivant un optimisme un peu exagéré. L’Electricité de Paris, dont les résultats sopt, paraît-il, des plus intéressants, en raison de ses nombreuses fournitures à l’Union des Secteurs et au îllétropolitain toujours grandissant, est soutenue à 54.1 francs.
- Pour des raisons analogues à celles ci-dessus, on avait abandonné les valeurs de traction, mais la modification des prix de parcours et la bonne ordonnance des lignes peuvent ramener la prospérité dans ce groupe, et la faveur suivra. Le décret qui a modifié dernièrement les tarifs sur les lignes des tramways-sud a donné lieu précisément à d’énergiques protes-
- tations de la part du public et de certains de ses élus au . Conseil municipal. Il n’est point agréable de se voir réclamer du jour au lendemain 5o % de plus pour un trajet identique à celui de la veille, mais quel est le plus lésé de celui qui effectuait auparavant 1 5oo mètres pour dix centimes tandis que son voisin pour le même prix parcourait 5t,n, ou de celui qui aujourd’hui dépense dix centimes pour un trajet de quelques centaines de mètres, tandis que son voisin paie 5o % de plus pour parcourir une distance quatre et cinq fois plus longue ? L’anomalie était trop flagrante après la révision des tarifs de toutes les lignes urbaines et suburbaines-nord et ne pouvait subsister sans nuire aux intérêts du public, aussi bien qu’au développement de l’affaire. Aussi, toutes les réclamations annoncées nous paraissent-elles superflues. On ne pourra d’ailleurs se rendre compte de l'efficacité de cës mesures que le jour où la nouvelle ligne Auteuil-Opéra du Métropolitain et les services du Nord-Sud fonctionneront. Jusqu’à présent le Métropolitain n’a pas retrouvé le nombre de ses voyageurs et le taux de ses recettes de l’exercice précédent; il subit quelques réalisations en tombant de 590 à 587. Quant au Nord-Sud, son avenir apparaît comme des plus brillants, puisque, sans aucun trafic, il cote déjà 34‘5.
- Une valeur qui semble passer inaperçue jusqu’à présent mais qui mérite autant d’attention que celles des secteurs parisiens, c’est celle du Triphasé. Sans doute elle est excellement classée et ne sortira des portefeuilles qu’à bon escient. Les bénéfices réalisés, après amortissements, pendant l’exercice clos au 3o avril 1910, se sont élevés à 589473 francs; ceux de l’exercice précédent n’avaient été que de 252 631 fr. Les amortissements industriels ont reçu g38 4g4 fr. au lieu de 55o 726 francs, tandis que les primes, les frais de constitution et de premier établissement ont été amortis de 166 3o6 francs. Le dividende proposé est de 20 francs comme précédemment,soit 4 % , mais du fait de l’augmentation du capital il absorbera cette année 56o ooo-francs, au lieu de 240 000. Le Triphasé possède en portefeuille un grand nombre d’actions de la Compagnie Parisienne de distribution, son compte valeurs en portefeuille a augmenté de'63i 312 francs, montant des versements effectués sur ces titres au cours de l’exercice. Le Conseil aurait pu, malgré l’augmentation du capital, répartir un dividende supérieur, mais il préfère appliquer ses disponibilités au développement le plus rapide du réseau et à l’exécution de ses engageménts financiers,plutôt que île s’exposer par sa prodigalité à des difficultés de
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- Octobre 4910., REVUE D'ÉLECTRICITÉ _ 29
- trésorerie qu’une nouvelle période d’inondations pourrait aggraver.
- Le mouvement provoqué en Allemagne par la fusion de Felten et Guilleaume-Lahmeyer et des usines Lahmeyer avec l'Allgemeine et la Banque d’Entre-prises Electriques est à peine calmé qu’une nouvelle concentration d’intérêts et de capitaux s’annonce en Suisse : Alioth et Brown-Boveri s’uniraient, financièrement parlant, pour lutter avec plus de chances contre la concurrence allemande sur tous les marchés européens. Nous aurons l’occasion de reparler de cette nouvelle fusion.
- L’Allgemeine Elektrizitats Gesellschaft réalise, pour le dernier exercice clos le 3o juin, un bénéfice net de 18426226 marks contre 16384571 pour l’exercice précédent, soit un taux net de 18,4 % , le capital étant de 100 millions de marks. Aussi le conseil proposera-t-il à l’assemblée prochaine de porter le dividende de 13 à 14 % , tout en versant un million aux réserves statutaires et en réservant un million pour l’impôt sur les talons. Le chiffre d’affaires des deux premiers mois du nouvel exercice atteint a47 millions de marks au lieu de ai4 millions pendant la période correspondante de l’année dernière ; il ne peut que s'accroître, en raison des dispositions du marché et de l’union réalisée avec un concurrent dangereux qui pouvait le supplanter dans beaucoup de stations centrales importantes, du fait de ses relations étroites avec la maison Escher Wyss de Zurich. Il est fort regrettable que nous ne puissions en France opposer aucune organisation économique et
- financière à ces formidables coalitions. Celles-ci n’hésitent pas d’ailleurs à s’implanter sur les meilleurs points de notre territoire que leur cèdent avec bénéfices, il est vrai, mais avec la plus grande courtoisie les premiers occupants.
- On dit, mais on dit tant de choses, que Siemens songerait à s’unir aux usines Bergmann qui depuis un an prennent un essor industriel et financier comparable à celui des plus grandes maisons allemandes. Siemens-Schuckert vient d’ailleurs de constituer à Madrid sous la détermination : Siemens-Schuckert Industria Electrica, une société anonyme au capital de 4 millions et demi de pesetas.
- La Rheinisch-Westfalisches Elektrizitatswerke à Essen a fait, durant l'exercice 1909-1910, une recette totale de 6 963 906 marks, laissant un bénéfice disponible de 3 742 714 marks. Le dividende est maintenu à 8 % sur le capital de 3o millions; les amortissements reçoivent 1071730 marks et la réserve i33 459. Le conseil proposera à l’assemblée de porter le capital à 38 millions de marks pour faire face au développement des installations.
- A Hambourg, la société exploitante Hamburgische Elektrizitatswerke A. G. maintient également son dividende à 8 % , malgré que le capital à rémunérer soit de 22 millions. La part bénéficiaire de l’Etat de Hambourg s’élève de 3o8 447 marks à 390475. En un an, le bénéfice net a augmenté de 20 % ressortant à 2469184 marks au lieu de 2006993 l’exercice précédent.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loir-et-Cher. — Le Conseil général s’est mis d’accord avec M. Lefebvre pour la construction à bref délai des lignes de tramways électriques concédées sur la rive gauche de la Loire.
- Bouches-du-Rhone. — La Commission d'études des tramways électriques de Marseille a décidé, dans sa dernière réunion, de demander au Conseil général :
- i° L’installation d’un tramway électrique sur la route départementale de Saint-Antoine à la gare de Pas-des-Lanciers du réseau départemental, par la Gavotte-les-Cadenaux et Pennes-Mirabeau; a° Substitution de la traction électrique à la traction à
- vapeur sur la partie du réseau départemental de Pas-des Lanciers à Martigues;
- 3° Installation d’un tramway électrique de la gare de Martigues à Port-de-Bouc.
- Hautes-Pyrénées. — Par décret du 16 septembi’e 19*0 est déclaré d’utilité publique l’établissement dans le département des Hautes-Pyrénées, de lignes de tramway entre Lourdes et Bagnères-de-Bigorre et Gripp (plateau d’Artigue).
- Haute-Loire. — Par décret du 12 septembre 1910 est déclaré d'utilité publique l’établissement dans le département de la Haute-Loire d’une ligne de tramway entre Brioude et Lavoûte-Chilhac. —
- Espagne. — Le Conseil général de Navarre a décidé
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- 3é
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- de porter à quatre-vingt dix-neuf an» la durée de la concession de la ligne électrique dé Pampelune-Aviz-San-gUesa, accordée à la Société « El Irati » pour soixante ans. L’entreprise concessionnaire s’est engagée à rembourser à la province la subvention qu’elle en a reçue plus une somme de 750000 pesetas. Ce remboursement commencera en 1916 et finira en iga5.
- De son côté,-la province renonce à la moitié de l’excédent du 6 % de rendement en faveur du çâpital employé.
- Là ligné sera d’ici peu de temps ouverte à la circulation.
- ÉCLAIRAGE
- Aisne. — Une centrale électrique va être installée à Bazancourt, par une Société formée avec des capitaux anglais, pour la fourniture de l’électricité dans la Vallée de la Suippe.
- Allier. — M. Maréchal a formulé une demande de concession pour l’éclairage électrique de Gannat.
- Ardèche. — Le Conseil municipal de Jaujac a approuvé le cahier des charges déposé par M. Soubliac pour l’éclairage électrique de la commune. Les travaux d’établissement vont commencer prochainement.
- Gironde. — La Compagnie du gaz de Sainte-Foy-la-Grandc a traité avec la Compagnie de l’Energie électrique pour la fourniture de l’électricité à ses abonnés.
- Haute-Vienne. — La Compagnie du gaz de Bellac a déposé au Conseil münfcipal une demande de concession pour l’éclairage électrique de la ville.
- Indre. — Dans sa dernière séance, Je Conseil municipal de Vatan, appelé à se prononcer définitivement sur un mode d’éclairage, s’est décidé pour l’électricité. L’installation devra être terminée au mois de novembre prochain.
- Lot-et-Garonne. — L’électricité va être installée très prochainement à Saint-Barthélemy.
- Rhône. — Le Conseil municipal de l’Arbresle a émis un avis favorable à la demande de concession d’éclairage électrique et de force motrice présentée par M. Genty,
- La Société d’Eriergie industrielle a été agréée par le Conseil municipal de Saint-Bel comme concessionnaire de l’éclairage électrique de la commune.
- La municipalité^ de- Gênas a accordé à la Société de Force et de Lumière la concession de l’éclairageélectrique.
- Le Conseil municipal de Meyzieu est en pourparlers avec là Société Force et Lumière pour la concession de l’éclairage électrique et de la force motrice.
- Seine-Inférieure. •— M.-Archambault de Vençay a
- obtenu du Conseil municipal de Saint-Georges-de-Vièvre là concession d’éclairage électrique de la commune.
- Saoné-et-Loïrè, — Le Conseil municipal de Mont-chanin-les-Mines à approuvé la demande de concession d’éclairage électrique présentée par la Compagnie électrique de Grosbe.
- La municipalité de Chagny a donné son approbation au projet d’éclairage électrique pour les particuliers, présenté M. Vernizy.
- Pats-Bas. — La ville de Brée (Limbourg) a chargé les Ateliers de Constructions électriques de Charleroi de l’installation de sa centrale et'de son réseau d'éclairage électrique.
- Turquie. — Comme suite à notre précédente information du 3 septembre, le contrat de concession d’éclairaçe électrique de Constantinople accordé à la firme Ganz, de Budapest, a été signé pour être soumis à la ratification du Conseil des ministres.
- La maison Ganz a fait alliance avec deux groupes fraü-çais, la maison Giros et Loucheur et la Société Havraise d’énergie électrique, représentée à Constantinople par MM. Toucquiau et Jules Warnant.
- Le projet ainsi amendé comporte le rachat des actions de la Compagnie bâloise du gaz de Stamboul.
- DIVERS
- Arrêté fixant les conditions d’approbation des
- types de compteurs d’ënèrgie électrique (*).
- Les compteurs servant à mesurer les quantités d’énergie électrique livrées au public par les concessionnaires ou permissionnaires de distributions publiques d’énergie électrique soumises aux clauses et conditions des cahiers des charges types, en date des 17 mai et 20 août 1908, devront satisfaire, par application de l’article 16 desdits cahiers des charges, aux conditions ci-après énumérées :
- Définition du type.
- article premier
- Le type de compteur est défini par ses dessins de construction.
- Sont considérés comme de même type les compteurs de calibres différents, construits sur les mêmes dessins et dont les différences ne portent que sur les bobinages qui restent, d’ailleurs, semblablement placés.
- Le type peut comporter l’emploi d’appareils accessoires, tels que transformateurs, etc. ; ces aecessoires forment partie intégrante du compteur. -
- Chaque type de compteur porte un nom ; si le même nom s’applique à plusieurs calibres du même type, chaque type porte, en outre, un numéro de série caractéristique. Le nom et le numéro de série figurent sur les plaques des appareils mis en service.
- (') Journal, officiel du' 18 août 1910. — Le présent arrêté annule celui du 2 juin 1909.
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-
- 1er bctobre 1910.
- REVUE D’ÉLÈCTRIQITË
- 31
- Constitution du dossier de demande d’approbation.
- Art. 2.
- Le dossier de demande d’approbation contient les pièces suivantes :
- i° Les dessins d’exécution à des échelles suffisantes pour en permettre la lecture facile ;
- 2° Une notice descriptive exposant le principe du compteur, décrivant son mécanisme et son fonctionnement, donnant le détail des causes d'erreur et indiquant la manière dont elles sont corrigées dans la mesure du possible, particulièrement en ce qui concerne la variation de température due au fonctionnement.
- Cette note doit, en outre :
- à) indiquer le détail des bobinages que peut recevoir le type et les calibres correspondants ;
- b) Donner la durée de résolution du mobile le plus rapide qui soit nettement visible sur le mécanisme ou sur la minuterie, et la valeur de l’énergie correspondant à un tour exact de ce mobile pour chaque calibre ;
- c) Un certificat d’essai délivré par le laboratoire central d’électricité de Paris ou par les laboratoires agréés par le ministre, après avis du Comité d’électricité donnant les résultats des essais faits sur un compteur du type et portant sur les points énumérés à l’article 3 ci-après.
- Le dossier est fourni en trois exemplaires, un eu original, pour lequel les dessins sont un calque sur toile, les autres exemplaires pouvant être de simples copies. Les dessins originaux portent une estampille de l’établissement qui a fait l’essai pour certifier la conformité de ces dessins à l’appareil soumis aux essais.
- Les appareils accessoires sont toujours essayés avec le compteur proprement dit correspondant; toutefois, si ce dernier a été approuvé antérieurement, les essais qui n’intéressent pas l’appareil accessoire n’ont pas à être recommencés ; mais la note descriptive mentionne le type de ce compteur et la date de son approbation. Une expédition en copie du compteur proprement dit est simplement ajoutée au dossier, mais elle doit porter le certificat de conformité de l’appareil essayé. Le dessin de l’appareil accessoire est produit en original.
- Les pièces sont du format 21 sur 3i centimètres; les plans sont ramenés à ce même format par pliage d’abord en paravent, puis en travers. Le titre est inscrit sur la face apparente du plan replié.
- Détail des essais.
- Art. 3.
- Les essais portent au moins sur les points suivants ;
- i° Essais aux trois régimes : de pleine charge nominale ; de demi-charge; du vingtième de charge.
- Ces essais sont faits sur l’appareil fermé et mis sous tension depuis une heure au moins, et, dans tous les cas, jusqu’à ce que le régime de la température dû au-fil de dérivation soit atteint.
- Les autres conditions sont les suivantes :
- a) Température arbitraire entre les limites 10 degrés et a5 degrés C;
- b) Tension arbitraire entre 0,9 et 1,10 fois la tension nominale ;
- c) Facteurs de puissance arbitraires entre 1,0 et o, 5 pour l’essai en plein débit; et à demi-charge, un essai pour chacune des valeurs, x,o eto,5 approximativement.
- Sur les compteurs de 5 hectowatls et au-dessous, un essai au régime de 20 watts est substitué à l’essai au vingtième de charge.
- L’essai au vingtième de charge ou à 20 watts est répété, sur les compteurs wattheuremètres à courant continu, en plaçant l’instrument dans deux orientations opposées à 1800 et telles que l’axe du champ dû au fil principal soit dans le plan du méridien magnétique;
- 2° Essais au régime de demi-charge avec des écarts en plus et en moins d’un vingtième sur la valeur nominale de la fréquence ;
- 3° Essais en surcharge d’un cinquième de la puissance maximum normale;
- 4° Epreuve de marche à vide.
- Sur les compteurs poux-vùs d’un mécanisme à rouleaux, : épreuve portant sur le fonctionnement simultané de tous ces rouleaux, au x-égime du dixième de charge;
- 5° Essai donnant le régime minimum qui assure un démarrage certain ;
- 6° Valeur des consommations intex-nes dans chaque circuit;
- 7° Essai de court-circuit d’une intensité égale à dix fois le courant maximum normal, limité dans sa durée d’application par le jeu d’un fusible fondant sous un courant double du maximum normal ; essai répété cinq fois ;
- 8° Les compteurs moteurs à collecteur qui ne sont pas 1 munis d’un fil à plomb ou d’un organe de nivellement équivalent sont essayés à demi-charge, en donnant à l’appareil une inclinaison de 5° par rapport à la verticale. Le résultat de l’essai est consigné au certificat comparativement à celui de l’essai correspondant à la verticalité de l’axe.
- Résultats à, obtenir.
- Art. 4.
- Les résultats à obtenir et les tolérances sont fixés
- comme il suit :
- i° Essai à pleine charge nominale :
- erreur relative............................ ±3 %
- 2° Essai à demi-charge : erreur relative. ± 3 %
- 3° Essai au vingtième de charge : erreur
- relative................................. ±5 %
- 4° Dans le cas où le compteur comporte uu appareil accessoire, celte dernière limite
- seule est portée à................. ±7 %
- 5° Essai au régime de 20 watts : erreur absolue.................................. ±2. watts.
- 6° Compteurs à courants alternatifs essayés en demi-charge aux fréquences de 0,95 et i,o5 fois la normale ;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N» 40.
- l’erreur relative ne doit pas différer d’une unité en plus ou en .moins de celle obtenue à la fréquence normale ;
- 7° Essai en surcharge d’un cinquième : le compteur ne doit subir aucune détérioration par l’application de cette surcharge pendant une demi-heure;
- 8° Essai de démarrage : les limites supérieures de démarrage franc sont :
- aj Pour compteur de 5 hectowatts et au-dessous : a % de pleine charge;
- b) Pour compteurs supérieurs à 5 hectowatts : i % de pleine charge ;
- 9° Consommations internes : les limites supérieures sont :
- a) Dans le fil de dérivation : sur un courant alternatif :
- i,5 watt par ioo volts.
- Et sur courant continu :
- 4,o watts pour ioo volts de tension nominale;
- b) Dans les fils principaux :
- Pour les compteurs ampèreheuremètres de tous calibres et pour les compteurs wattheuremètres de 5 hectowatts et au-dessous : i,5 volt à pleine charge;
- Pour compteurs wattheuremètres supérieurs à 5 hectowatts : i volt à pleine charge ;
- io° Essais de courts-circuits. —Après l’application des courts-circuits la valeur de l’erreur relative à demi-clharge ne doit pas avoir varié de plus d’une unité.
- Nota important. — L’inobservation de l'une quelconque des conditions ci-dessus indiquées entraîne le rejet de la demande d’approbation sans autre examen.
- Instruction de la demande.
- Art. 5.
- Le dossier est déposé soit au ministère des Travaux publics (secrétariat du Comité d’électricité), soit entre les mains de l’ingénieur en chef du contrôle des distributions électriques du département. Après avoir vérifié que le dossier présenté satisfait aux conditions prescrites par l’article 2 ci-dessus, le secrétariat ou l’ingénieur en chef en donne reçu et le transmet pour examen au Comité d’électricité. L’examen du Comité porte, en outre des conditions stipulées à l’article précédent, sur tous les points qu’il juge utile, et notamment sur les suivants :
- Nature de l'isolation ;
- Etanchéité de la fermeture ;
- Facilité d’entretien;
- Possibilité de vérifier rapidement l’étalonnage sans ouvrir l’appireil;
- Nature de$ rouages enregistreurs, etc.
- Forme de l’approbation.
- Art. 6.
- L’approbation est donnée, s’il y a lieu, après avis du Qomité d’électricité par un arrêté ministériel qui est inséré au Journal Officiel.
- Remplacement de l’arrêté du 2 juin 1909.
- Art. 7.
- Le présent arrêté annule et remplace l’arrêté du a juin 1909.
- Observation. — Dans le texte ci-dessus, les différences de fond avec le texte du 2 juin 1909 portent sur les articles suivants :
- « Art 2, § 20. — Art. 3, § i°; modification de la seconde phrase. — Art. 3, § i° c) : addition du dernier alinéa. — Art. 3, § 4° : addition d’un alinéa. — Art. 3, § 8°; nouveau. — Art. 3, § i° b) : réunipn, en un seul, des deux premiers alinéas avec suppression de la limite de o,5 volt. »
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i5 octobre, à la Direction des Forges, 2, avenue de Saxe, à Paris, fourniture de 700 oookt? de laiton en fil (i5 lots).
- ITALIE
- Le 5 octobre, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture d’une machine à fileter double et d’une machine à fileter et à tailler les tubes pour les ateliers de Florence (adjudication internationale).
- ESPAGNE
- Le 19 novembre, à 12 heures, à la direction générale des Travaux publics (ministère de Fomento), à Madrid, adjudication de la concession d’un tramway électrique de C’as Catala à la station de Palma (Baléares); caut. : 8 5oo pesetas.
- TURQUIE
- Jusqu’au i3 octobre, la municipalité de Jérusalem recevra les soumissions pour l’entreprise des travaux des tramways et des téléphones de la ville ; caut. •: 8 % du montant de l’entreprise.
- ALLEMAGNE
- Le 5 octobre, au service de l’électricité de la ville, à Breslau, fourniture d’un transformateur de courant alternatif en courant continu de 1 000 kilowatts.
- Prochainement, à l’administration communale, à Hol-zen-lez-Horde, établissement d’une usine d’énergie.
- Prochainement, à l’administration communale, à Schweidnitz, travaux d’extension aux installations électriques, 5ooooo marks.
- Prochainement, à l’administration delà ville, à Duder-stadt, fourniture de machines nouvelles pour le service électrique.
- tàBIS. — IMPaiRIXIS LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet,
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- Trente-deuxième année. SAMEDI 8 OCTOBRE 1910. Tome Xll (8° sérié). — N* 41.
- La
- .umière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. —- André Léauté. De l’explosion des fusibles pour haute tension, p. 35. — Bouton et Battes. Chronique des tramways électriques : Résultats obtenus par l’emploi de compteurs sur les voitures de tramways, p. 41- '
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Théorèmes sur les équations générales du mouvement d’un corpuscule dans un champ magnétique et un champ électrique superposés, S. Stormeh, p. 48. — Méthodes et appareils de mesures. Comparaison de différents procédés de mesure de la constante diélectrique, P. Floquet, p. 48. — Transmission et distribution Appareils de distribution pour courant triphasé à haute tension de l’Usine Centrale de Chorzow, F. Heinicke, p. 48. — Traction. Tramway à traction monophasée à haute tension de Blankenese-Ohlsdorf, G. Dietl, p. 5o. —Applications mécaniques. Marteau de forge mû électriquement, W. Chubb, p. 52. — Télégraphie et Téléphonie sans fil. Une action à distance sur le cohéreur, produite par les contacts métalliques, B. Szilard, p. 52. — Divers. L’électricité à l’exposition de Bruxelles, A. Heyland, p. 52. — Brevets. Perfectionnements apportés aux dispositions destinées à charger et à décharger les accumulateurs électriques, M. Taylor, p. 5a. — Variétés. Chronique des tramways électriques: conditions à remplir dans les plans d’extension des villes pour obtenir un réseau rationnel des lignes de tramways, Watt-mann, p. 54. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Résistances tubulaires Ruhstrat émaillées au feu, Hecke, p. 58. — Tourelles de transformateurs, p. 5g.— Ventilateurs de muraille électriques à fermeture automatique, p. 61. — Chronique financière, p. 61. — Renseignements commerciaux, p. 63. — Adjudications, p. 64.
- É DIT OUI A L
- La destruction des fusibles, dans les dis-tributio,ns électriques à haute tension, n’est pas un phénomène à allure uniforme et constante dans tous les cas. Tantôt réchauffement du fil est progressif et le mène à la fusion proprement dite ; tantôt il est très brusque et provoque une véritable explosion : alors le phénomène est beaucoup plus tumultueux que dans le premier cas : il se produit des projections à l’extérieur, parfois des accidents.
- Les théories que l’on a établies de réchauf-
- fement d’un fil parcouru par un courant alternatif sont approximativement suffisantes dans le premier cas; elles ne le sont plus dans le second; M. A. Léauté a donc repris le problème par le calcul et par l’expérience, en s’attachant surtout à élucider le cas de Y explosion des fusibles pour haute tension.
- Les résultats obtenus sont très remarquables : ils montrent que, dans ces explosions, aussi bien que, dans les percussions qu’étudie la mécanique ordinaire, T’énergie mise en œuvre n’intervient p'as seule et que
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- 34 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2‘Série),-^ N-41.
- --------- — — - ...— - -_____________________!_______________;___________i\,m
- le temps pendant lequel elle agit joue un rôle très important.
- Deux rapporteurs ont examiné devant le tout récent Congrès de Bruxelles la question de F emploi des compteurs sur les voitures de tramways.
- La juxtaposition de ces deux opinions, également autorisées bien que parfois divergentes, constitue une nouvelle Chronique des tramways électriques ; tandis que la suite de la précédente chronique se trouve dans nos Variétés, et est due à M. Wattmann : on sq rappelle qu’il s’agissait des conditions à observer dans les plans d’extension des villes pour obtenir un ^réseau rationnel de lignes de tramways. Il s’agit ici de questions très générales, et l’on emportera surtout de la lecture successive des deux rapports de MM. Neiszen et Wattmann l’impression de l’avance remarquable prisé sur nous par les pays germaniques dans la pratique de ces questions municipales.
- Des problèmes plus techniques sont agités par MM. Bouton et Battes, surtout celui-ci : quel type de compteur faut-il adopter? Il y en a trois en présence : type wattmètre, type ampèreheuremètre, type horaire. La discussion se livre surtout autour du second type.
- . Les appareils de distribution de la. centrale de Chorzow sont agencés selon les derniers
- perfectionnements: on retrouvera réunis là, les barres collectrices doubles, les interrupteurs à chariotement et les dispositifs de sé^-curité qui ont déjà été présentés en détail et isolément à mainte reprise aux lecteurs de cette Revue.
- Aujourd’hui, c'est leur agencement dans une usine très moderne que décrit M. Hei-nicke.
- Le tramway de Blankenese-Ohlsdorf, de là compagnie des tramways de l’État Prussien, a été équipé pour courant monophasé 6 ooo volts.
- Dans les 42 nouvelles voitures motrices qui viennent d’être demandées à l’industrie allemande, on a adopté le sectionnement en demi-voitures, avec des dispositions intéressantes en vue d’optenir un allègement important.
- La description donnée par M. Dietl fait connaître la distribution intérieure des circuits (circuit principal, circuit de chauffage, etc.), ainsi que le mode de prise de courant.
- La sensibilité du cohéreiir de Branly peut, d’après une récente communication de M. Szilard, être accrue dans de grandes proportions par une modification du dispositif ordinaire.
- L’auteur a pu mettre ainsi en évidence des actions à distance fort subtiles.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 35
- 8 Octobre 1910.
- DE L’EXPLOSION DES FUSIBLES POUR HAUTE TENSION
- Les explosions auxquelles donnent lieu les fusibles pour haute tension ont parfois une violence telle qu’elles constituent presque un danger pour le personnel des centrales électriques. Il n’est pas rare que des fragments du tube en porcelaine, dont est entouré le fil lin, soient projetés à plusieurs mètres de distance et viennent atteindre les agents occupés à manœuvrer les appareils voisins ; de tels accidents, en dehors des blessures qu’ils peuvent produire, perturbent l’exploitation, et il est intéressant, à ce point de vue, d’examiner les causes qui les font naître. Ce problème, malgré son importance pratique, n’a fait jusqu’ici l’objet que de très rares recherches ; aussi nous sommes-nous proposé, dans le présent travail, d’essayer de le résoudre ; cette étude a été conduite au double point de vue théorique et expérimental, l’expérience étant appelée à vérifier les résultats que fournissait la théorie.
- I
- ETAT DE LA QUESTION
- La détermination de réchauffement d’un fil traversé par un courant alternatif a été tout d’abord faite par Granz ('), qui, en présence des difficultés considérables qu’il rencontrait, a admis, pour simplifier lès calculs, que la résistance ohmique du fil était indépendante de la température ; vingt ans après, dans une thèse à l’Université de Gottingen, AI. Ebeling (2) reprenait la question, en supprimant cette hypothèse. Mais la méthode de AI. Ebeling, si ingénieuse qu’elle soit, et la façon dont il a utilisé l’oscillographe de l)uddell,ne sont pas à l’abri de toute critique ,
- de plus, il paraît difficile d’adopter sans réserve la formule de Dulong et Petit pour régir les échanges de chaleur entre le fusible et Pair ambiant. Ces différentes objections ont été soulevées par M. Gorbino (l), qui, tout récemment, dans un important travail, a tenté de déterminer théoriquement réchauffement du fusible, sans préciser comment la chaleur passait du conducteur au milieu gazeux qui l’entoure. Il n’est vraiment admissible d’aborder ainsi le problème que si l’on suppose les variations 0 de température assez faibles pour qu’il soit permis, dans tous les développements, de négliger les termes de l’ordre de 62 ; quoi qu’il en soit, moyennant cette restriction, M. Corbino a obtenu plusieurs énoncés intéressants et qui jettent une vive lumière sur les phénomènes d’échauf-fement d’un fil traversé par un courant alternatif non amorti.
- Mais lorsque le courant affecte la forme d’une sinusoïde amortie, le problème se complique singulièrement ; or, c’est là le seul cas qui nous intéresse, au point de vue de ce que nous avons appelé l’explosion des fusibles ; il est facile de s'en rendre compte : ces fusibles fonctionnent, en effet, de deux manières entièrement différentes, selon qu’il s’agit d’un phénomène continu ou d’un à-coup violent ; dans le premier cas, sous l’action d’une surcharge faible, mais persistante, le fil s’échauffe progressivement et arrive à fondre ; les théories de Granz, Ebeling et Corbino sont alors applicables ; dans le second cas, l’intensité, au lieu de croître lentement au-dessus de sa valeur normale, la dépasse tout d’un coup ; la température du fil, par un mécanisme que nous examinerons
- (') Cranz, Z, S. f. Math. u. Phys. XXXIV, p. 92, 1889. (2) H. Ebeling. Inaug. Diss., Gôttingen, 1908.
- (') Corbino, Phys. Zts., I. XI, n° g, 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). —,N° 41.
- plus loin, fait un véritable saut, et son accroissement peut être assez grand et surtout assez rapide pour provoquer la rupture de la gaine en porcelaine qui entoure le fusible. La méthode de M. Corbino n’est pas ici applicable, puisqu’il ne saurait plus être question d’oscillations très petites de la température autour d’une valeur moyenne ; mais il est permis, du moins, au degré d’exactitude que comporte la question, d’appliquer la théorie de Granz, c’est-à-dire de supposer la résistance ohmique constante et d’adopter la loi de Newton sur les échanges de chaleur. Ce n’est là, sans doute, qu’une première approximation ; cependant, il ne faut pas perdre de vue que^ l’exposant qui figure dans la loi de Dulong et Petit est voisin de l’unité et que, par conséquent, on s’écarte peu de la vérité en le supposant égal à un ; d’autre part, la résistance du fil fin croît très lentement avec la température et il est possible, comme nous le verrons, par un artifice simple de calcul, de tenir compte approximativement de cette variation.
- En résumé, un fusible peut arriver à la fusion de deux manières : par échauffement lent ou par à-coup brusque, c’est-à-dire par un phénomème continu ou par un fait analogue à ce que l’on appelle en mécanique une percussion. Nous avons gardé le nom de « fusion » pour le premier mode et nous adoptons le mot d’« explosion » pour le second. L’un et l’autre expriment bien ce qui se produit.
- Dans le cas de la «fusion», les théories connues donnent une approximation suffisante et il paraît inutile de chercher à aller plus loin, mais dans le cas de l’« explosion », il est nécessaire de reprendre la question: c’est ce\que nous allons faire.
- II
- ETUDE THÉORIQUE DE l’ÉCIIAUFFEMENT d’un
- FIL TRAVERSÉ PAR UN COURANT ALTERNATIF
- AMORTI.
- Supposons qu’un fil cylindrique de dia-
- mètre d soit parcouru par un courant / = ;0.e—^.sinwi,
- et désignons par R la résistance ohmique du fil, par G sa capacité thermique, par M sa masse et par K le facteur de proportionnalité de la loi de Newton. L’équation qui donne, en fonction du temps, l’excès 6 de la température du fil sur la température du milieu ambiant, supposée fixe, est :
- MC.^ 4- Ke = Rf„2.e-2«.sin2ü)£. (i)
- La solution générale de cette équàtion peut être mise sous la forme :
- 0
- Rf„
- LKt0 \ _ / K \
- MG —e “«‘J
- 2y^4w2-)-p: étant convenu que K
- e~2St. sin(2U)£+cp)— e
- V4w2+P2
- MC
- -2§, sincp:
- /• -V COSO-- —----..
- V4w2+p2
- (3)
- Avant de chercher le maximum de 0 en fonction de t, examinons quel est l’ordre de
- grandeur du rapportqui intervient dans
- l’expression (a). La plus grande valeur de ce rapport s’obtient quand le diamètre d est aussi petit que possible ; or, le diamètre des fusibles haute tension ne descend pas en pratique au-dessous de ocm,oo6; on aura donc
- K
- Line limite supérieure de —— en faisant d
- égal à ocm,oo6. Supposons, de plus, que le fil fusible ait une longueur de io™ et soit en laiton, de telle sorte que :-
- M = 0^,0024
- et(')
- gr. calories
- G o.oooooS----------------,.
- gramme-degre
- (’) L’uniié de température employée est le degré centigrade. >
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- g Octobre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 37
- On a :
- MC = 2,23a X
- IO-'7
- grandes calories degré
- l’équation (i) se simplifie et prend la forme 0= —5^ | — - (e~nt—e MC ' )—^. e-nt sin 2W« |, (2"*)
- Si l’on désigne par i l’intensité de courant continu capable de faire fondre le fil, on sait que
- (if — a2 X d3,
- a étant égal à 2 53o, d et (i) étant évalués en centimètres et en ampères; d’autre part, si l’on désigne par (0) la température de fusion du fil en degrés, on peut écrire
- R.(j)a = Kx (0) X 4 17«>
- R étant évalué en ohms. On tire de là, en rem plaçant R par son expression : 2.10""6 —
- et (6) par sa valeur 1 064 :
- «2 R d% , grandes calories
- K = --------— = 2,204 X io-7 —
- 4 17° • (8)
- degré
- K
- et l’on voit que le rapport est égal à
- 2,2°4, c’est-à-dire est très voisin de l’unité. 2,232
- Le décrément S, qui intervient dans la solution générale,est, si l’on prend pour unité de temps la seconde, de l’ordre des milles, ainsi que je l’établirai plus loin (*) ; on est donc en
- droit de négliger le rapport devant 0 et
- d’écrire simplement :
- P = — 20. (3Ws)
- Mais, de plus, (32 (*) est négligeable devant la quantité 4w2, du moins dans la très grande majorité des cas, en sorte que la phase ç peut être considérée comme sensiblement nulle.
- Dans ces conditions, la solution générale de
- (*) Ceci sera démontré dans un prochain article. (2) Idem.
- sous laquelle nous la discuterons (').
- Etudions d’abord l’influence cle la fréquence, et supposons pour cela i0 et ô, c’est-à-dire l’amplitude et l’amortissement, constants; la variable 0 est proportionnelle à une quantité :
- x = — [e MU* — e~2i<]--. sin 2 u>t,
- 0 (d
- et, si l’on imagine construite la courbe représentée par cette équation lorsque îet t sont les deux variables, elle est entièrement comprise entre les deux courbes :
- ti = l [e-®3' — e-s*],
- 0
- x2 = i [e~^t— <H*«] + - e-^‘.
- C ü)
- Gomme la courbe xt ne dépend pas de la fréquence et que la différence x2—xttend vers zéro quand w croît indéfiniment, on voit que, du moins pour des décharges très rapides, l’augmentation de la fréquence rapproche la courbe variable x2 de la courbe fixe xt, réduit ainsi les sinuosités de la courbe x comprise entre les deux, diminue par conséquent l’excès 0 et provoque dès lors une diminution de la température.
- (’) Tout ceci suppose que R est constant, alors qu’on doit lui donner la forme R = Ra (i -f- «0). Pour tenir compte approximativement de cette variation, on pren-
- dra comme variable
- (i + - «0
- et on introduira
- dans l’équation (i) la constante nécessaire pour que 0 représente la différence entre la température du fil et une température moyenne voisine de 5oo°. Dans ces conditions, si R0 est la résistance correspondant à cette température moyenne, on pourra répéter sur u tous les raisonnements faits dans le texte sur 0, à condition de négliger 1 a0 devant i -j- a0; or, cette simplification est 3
- légitime, parce que le maximum
- de - «0 est inférieur au
- O
- vingtième de i -f- Æ@.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2« Série). — H- 41.
- Mais on voit aussi que cette diminution est très faible puisque l’écart des deux courbes -2 et tj peut être aussi petit qu’on le veut pour une fréquence suffisamment grande. Ce résultat est fondamental, car il montre que le maximum de la température atteinte par le fil tend vers une limite A, lorsque l’on fait croître indéfiniment la fréquence, en laissant fixes l’amplitude et l'amortissement. Cette limite A est elle-même égale au maximum de la quantité
- Rÿ e~2it-— e Mc
- ~Te S ;
- elle *est donc proportionnelle au carré de l’amplitude et l’on en conclut que le maximum de température atteint par le fil croît indéfiniment lorsqu’on fait'eroître simultanément l’amplitude et la fréquence au delà de toute limite.
- Prenons, à titre d’exemple, le cas d’une décharge de condensateur et faisons, dans l’égalité (2 bis) :
- yArL —Rara’
- R * /T W
- iV “ V TL' 4L»’
- Q, T, L et R désignant la charge initiale, la capacité du condensateur, la self-induction et la résistance ohmique du circuit. Supposons que L soit la seule variable: 0 est alors proportionnel à la quantité :
- y—~
- L IL, Rv/f
- « mit___e i/_|___1___
- L----
- R2r
- 4
- * \/L-
- _5
- -_.e L sin2w£
- R2r
- T
- dont le maximum est à coup sur plus grand que :
- L-
- RT
- / LIC
- \MCR
- \
- *\
- LK
- JlUlt
- -f—V
- VMGR/
- LK
- ' MClt K
- 8 MC
- .R2r
- En effet
- LK MCK
- 1- HL LK \ mcr
- MC R/
- 1 J£L / LK \ mcr
- \MCR/
- IC R
- est le maximum de la quantité e MC — e L qui
- jc2 K
- figure dans la parenthèse de y, et — R2 T
- est égal à la variation de cette même quan-
- tité dans un intervalle égal à — et ayant pour
- 2(i)
- origine la valeur de t qui rend y maximum. Or, il est facile de voir que x croît constamment et au delà de toute limite quand L dé-
- „ , MG p . R2F O . , '
- croit de --- R a -----v ' ; ceci resuite de ce
- lv 4
- que x est formé de deux facteurs :
- LK
- MCR 1
- LK _LK_
- L / LK \l mcr / LK \ mcr K IW^VMCRy ~\MCR/ “8 MC ’
- "T-
- qui croissent tous deux lorsque L varie de
- ^£^Rà5_J:(2). Il découle de là que la courbey
- qui passe par l’origine et est asymptote à l’axe des x. positifs présente un sommet de plus en plus élevé, à mesure que L se rap-
- R2F
- iroche de la valeur ——, et que,
- r»5ir» mnûA.
- quent, le maximum de la température atteinte par le fusible croît au delà de toute limite quand on fait décroître et tendre vers R2 P
- la valeur critique —— la self-induction du
- 4
- circuit de décharge.
- Ainsi, la théorie montre que, dans certaines conditions, pour un même condensateur et pour une même charge initiale, la température atteinte par le fil peut varier considérablement et croître même au delà de toute limite suivant la grandeur de la self-induction du circuit. Et cependant, pour tous
- MC Rr
- (*) En pratique, on a toujours .
- R2E L
- (2) Quand L tend vers
- L —
- R2I
- — devient infini,
- tandis que l’autre facteur tend vers une limite différente de zéro.
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- les cas, la quantité d’énergie employée est la même, et il n’y a de variable que le temps durant lequel elle agit; il résulte de là, et nous ne saurions trop appeler l’attention sur cette conséquence capitale, que lorsqu’il s’agit de décharges rapides, il n’est plus suffisant, pour prévoir les effets produits, de connaître la quantité d’énergie mise en jeu et qu’il faut faire intervenir un autre élément, qui est la durée d’action de cette énergie. Et ceci légitime bien la différence que nous avons établie, au début de cet article, entre la fusion du fil et l’explosion : la fusion, phénomène lent où les méthodes ordinaires s’appliquent, l'explosion, où il est nécessaire d’introduire le temps. On voit l’analogie qui existe entre cette explosion et une percussion; cette analogie sera l’objet d’un autre travail. Au point de vue de l’explosion des fusibles, le seul résultat qui nous intéresse est qu’une quantité petite d’énergie peut produire des effets destructifs considérables; il importe de vérifierexpèrimentalement l’exactitude de ce résultat.
- III
- VÉRIFICATION EXPÉRIMENTALE
- La difficulté principale de cette vérification provient de ce qu’il est malaisé de mesurer la température maximum atteinte par le fil; cette température se maintient si peu de temps qu’il faudrait, pour l’évaluer, un pyro-mètre ultra-sensible joint à un oscillographe ; encore ce procédé serait-il, malgré toutes les précautions qu’on pourrait prendre, très sujet à caution. Pour éviter l’emploi de ce dispositif compliqué et peu sûr, nous avons imaginé, en nous servant d’un dispositif employé antérieurement par M. Violle, une méthode très simple qui permet, non de mesurer, mais d’apprécier la force de l’explosion en observant en quelque sorte la quantité de mouvement communiquée aux molécules du fil.
- Ce procédé consiste à tendre le fusible
- sur une plaque de verre, de façon qu’il appuie légèrement contre cette plaque; dans ces conditions, si l’on fait exploser le fil en y faisant passer une décharge brusque, les particules métalliques, qui sont portées à une très haute température et projetées de part et d’autre, corrodent le verre et y tracent comme une coupe de l’explosion. Une fine raie centrale marque la place qu’occupait le fil; à droite et à gauche de cette ligne et perpendiculairement à elle, se trouvent de nombreuses stries, extrêmement déliées et régulièrement espacées. On obtient ainsi sur la plaque une image très nette de la violence de l’explosion : plus la trace est large et plus l’explosion a été forte (fig. i).
- Ce procédé, bien que n’étant pas susceptible d’une précision mathématique, permet cependant de vérifier l’exactitude des conclusions théoriques que nous avons obtenues plus haut; il suffit en effet, de faire passer dans le fil des décharges de même énergie et de fréquences différentes pour constater une explosion d’autant plus forte que la fréquence est plus grande. L’expérience est facile à réaliser : on obtient des décharges de même énergie en reliant les deux extrémités du fusible à un condensateur de capacité fixe, chargé à un potentiel déterminé, et d’autre part, si le circuit comprend une self-induction réglable, on peut donner à la fréquence telle valeur que l’on voudra. Dans ces conditions, nous avons pu observer qu’une variation extrêmement faible de la self-induction influait de façon appréciable sur la largeur de la trace déposée. Le condensateur employé avait une capacité de 0,02 à o,o3 microfarad et était formé de plaques de verre rectangulaires, recouvertes de feuilles d’étain et paraffinées ; le courant était amené à ces feuilles par des conducteurs en cuivre, soigneusement isolés et dont l’extrémité était soudée au milieu de l’étain. Le circuit de décharge comprenait, en outre du fil fusible, une petite self-induction L et un éclateur E, réglé de façon que l’étin,-celle se produise pour une différence de pq-
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- tentiel de 20 000 à 25 000 volts ; le fusible avait o,oo6cm de diamètre. L’air devait être très sec, et, précaution indispensable à prendre, l’intervalle entre deux expériences devait être de cinq minutes aü moins. Dans ces conditions nous avons constaté que, si la self-induction L passait de o à 2 micro-hen-rys, il en résultait une diminution appréciable de la largeur de la trace déposée sur le verre (fig. 2); de plus, cette trace était presque complètement supprimée, lorsque la self-induction L atteignait 100 micro-henrys.
- Il est ainsi établi, aussi bien par la théorie
- l’opinion, d’après laquelle un courant ne saurait produire de dégâts appréciables, s’il ne dure qu’une fraction de seconde, paraît tout à fait erronée. Alors que personne ne conteste aujourd’hui le danger des surtensions, même de peu de durée, la tendance générale est de négliger l’effet des surintensités, dont la fréquence et l’amortissement sont très grands. Les considérations théoriques et expérimentales qui viennent d’être exposées montrent que cette manière d’envisager les choses n’est pas légitime, et nous ne sommes pas éloignés de croire qu’un grand
- Fig. 1.
- que par l’expérience, que, dans les questions d’accidents, l’élément principal à considérer n’est pa§ toujours la quantité d’énergie ; dans les phénomènes lents, c’est elle seule qui intervient, mais dans les phénomènes brusques, elle ne joue plus qu’un rôle tout à fait secondaire. De gros interrupteurs, des câbles de forte section peuvent être détériorés par des courants d’énergie infime, et
- Fig. a.
- nombre d accidents de lignes électriques sont dus aux courants cle haute fréquence très fortement amortis qui accompagnent inévitablement tout changement de régime.
- Ces courants de haute fréquence, n’ayant pas la même intensité en tous les points d’un fee-der, y produisent des détériorations locales de deux appareils placés en série, un seul par exemple aura subi des dégâts. De tels
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- faits, qui se présentent continuellement dans la pratique des exploitations industrielles, paraissent inexplicables si l’on n’en fait pas remonter la cause à des surintensités de courte période très rapidement amorties.
- Il nous reste à examiner de plus, près comment de tels courants peuvent prendre naissance, et à montrer en particulier que la per-
- turbation à laquelle donne lieu la fermeture des interrupteurs est formée de l’addition du courant nonnal de régime, d’un courant continu amorti, et d’une surintensité, dont la fréquence et l’amortissement sont considérables : ce sera l’objet d’un prochain article.
- André Léauté,
- Ancien Ingénieur au Corps des Mines Docteur ès sciences.
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- RÉSULTATS OBTENUS PAR L’EMPLOI DE COMPTEURS SUR LES VOITURES DE TRAMWAYS
- Cette question a été traitée au Congrès de Bruxelles par M. Bouton et par M. Battes. Nous donnons ci-dessous des extraits abrégés de leurs rapports :
- Rapport de M. Bouton, Directeur de la Compagnie des Tramways de l’Est Parisien.
- Examinons les réponses faites au questionnaire adressé en vue du présent Congrès.
- Nous relevons tout d’abord que 37 exploitations ont aujourd’hui définitivement adopté le mode de contrôle des wattmen au moyen de compteurs ; que 12 autres exploitations procèdent à des essais; que, par contre, 3 exploitations ont cru devoir renoncer à l’emploi des compteurs. Il nous suffira de rappeler que 10 exploitations seulement en 1906 et 26 en 1908 faisaientusage de ces appareils, pour faire ressortir que l’usage des compteurs de voitures se développe suivant une progression constante.
- La question qui se pose aujourd’hui n’est plus de savoir s’il est avantageux ou non de contrôler le travail des wattmen au moyen de compteurs ; les avantages à retirer de ce mode de contrôle ont été suffisamment mis en lumière au cours des congrès précédents, les réponses au questionnaire sont assez éloquentes pour qu’il soit inutile de discuter à nouveau un principe qui semble désormais acquis.
- Une question plus délicate est de faire un choix entre les différents modes d’application de ce principe, choix entre les appareils et choix dans la manière d’utiliser les données fournies par lesdits appareils, les deux points de vue de la question, très différents d’apparence, étant, en réalité, assez étroitement liés entre eux.
- Il existe aujourd’hui non plus deux, mais trois types de compteurs de voitures, lesquels ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, mais des avantages et des inconvénients différents de nature, en sorte que telle exploitation pourra s’accommoder mieux que telle autre de ceux inhérents à tel type de compteur.
- Ces trois types de compteurs sont : les compteurs wattmètres, les compteurs ampèreheure-mètres et les compteurs horaires. Nous allons analyser les avantages et les inconvénients propices à chacun d’eux.
- Les compteurs wattmètres offrent comme principal avantage de fournir des données absolues, c’est-à-dire de faire connaître les quantités d’énergie consommées et, par déduction, les économies réalisées ; par conséquent, de permettre, si les indications fournies sont exactes, de procéder au classement rationnel des wattmen eu égard à l’emploi qu’ils font de l’énergie mise à leur disposition. Ceux qui existent actuellement sur le marché présentent, pa contre, le très
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- grave inconvénient d’être d’une constitution délicate, trop fragiles pour résister convenablement aux trépidations de la route ; comme conséquence, ils se dérèglent rapidement, la justesse de leurs indications est illusoire si l’on ne procède à des étalonnages fréquents ; dès lors ceux qui sont appelés à s’en servir ne peuvent avoir qu’une confiance relative dans leurs indications. Certaines exploitations qui ont rejeté ce type de compteurs assurent qu’elles ont rencontré une grande difficulté à initier leur personnel à leur usage, la notion de consommation étant, d’après ces exploitations, d’une conception moins facile pour les agents que la notion de temps ; nous croyons d’ailleurs qu’il y a lieu de faire des réserves, expresses quant à la généralisation que l’on pourrait être tenté de donner à la valeur de cet argument, car l’expérience nous semble avoir démontré que la plupart des personnels sont aptes à se servir des compteurs de courant. Le prix d’achat et les frais d’entretien de ce type de compteurs sont sensiblement plus élevés que ceux des compteurs horaires. Enfin, l’utilisation rationnelle de l’avantage résultant de la possibilité de classer les wattmen conduit à une méthode de contrôle qui entraîne avec elle des frais d’administration relativement élevés.
- Le compteur ampèreheuremètre, au principe duquel il fut fait allusion pour la première fois au congrès de Milan, se compose d’un petit moteur magnéto-électrique, établi sans aucun frein, c’est-à-dire dans des conditions de rendement parfait, branché aux bornes d’un shunt que traverse le courant à mesurer ; il est traversé par un courant de voltage et d’intensité très faibles, ce qui permet de le suspendre d’une façon absolument élastique, puisqu’il n’est relié au circuit à contrôler que par des câbles très petits, partant très sensibles ; la différence de potentiel sous laquelle il fonctionne étant presque nulle, les étincelles au collecteur qui généralement font périr les compteurs wattmètres placés sur les voitures n’existent pas; enfin l’appareil, pouvant être branché sur le câble de retour aux rails, est ^entièrement soustrait aux effets du voltage de la,'ligne.
- Par ce qui précède, on voit qug ce compteur ne fournit pas, comme le compteur wattmètre, des données absolues, puisqu’il ne tient pas compte des variations de voltage; mais si l’on admet que, pour une ligne donnée, les fluctuations de
- voltage sont d’un jour à l’autre et pour un même service sensiblement égales à elles-mêmes, que, de plus, les wattmen d’une même ligne passent successivement par tous les services de cette ligne pendant le temps qui sépare deux relevés de comptes, on reconnaît que les indications fournies par les compteurs, pour chacun dés différents wattmen de la ligne, se trouvent avoir été influencées de la même -manière par le facteur voltage qui, dès lors, peut être éliminé. En fait, lés indications fournies sont très sensiblement proportionnelles aux consommations d’énergie et rien ne s’oppose à ce qu’elles soient utilisées pour le classement des wattmen.
- L’expérience a aujourd’hui démontré que les compteurs ampèreheuremètres sont d’un fonctionnement très régulier. Leur prix d’achat est inférieur à celui des compteurs wattmètres, mais sensiblement supérieur à celui des compteurs horaires. Il en ést.de même des dépenses d’entretien. Enfin la nature des indications fournies étant du même ordre que celles données par les compteurs wattmètres, ils entraînent, au point de vue de leur utilisation, les mêmes avantages et les mêmes inconvénients.
- Les compteurs horaires, au contraire des précédents, présentent l’inconvénient (*) « de ne pas mesurer ce que l’on cherche surtout à obtenir, c’est-à-dire la consommation proprement dite de la voiture », ou bien encore l’économie du courant, mais une tieroe grandeur qui n’a aucune relation directe avec la consommation d’énergie » : le temps pendant lequel l’énergie est employée. Or, « le reproche le plus important que l’on adresse aux compteurs horaires, c’est que la mesure du temps pendant lequel la voiture est mise sous courant n’est pas nécessairement proportionnelle à la consommation d’énergie; en d’autres termes, que le fait qu’une voiture a été mise sous courant pendant une durée minimum n’implique pas nécessairement une économie de courant ».
- * *
- En présence de ces déclarations contradictoires, faites par différentes exploitations, il n’aurait pas été sans intérêt d’avoir des renseignements détaillés sur les opérations faites par
- (<) Rapportée M. Wattmann au Congrès de Vienne.
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- chaque exploitation. Une seule exploitation (Bordeaux) précise ses affirmations par des chiffres qui font ressortir une absence complète de proportionnalité entre les indications fournies par les deux familles de compteurs.
- Les essais, auxquels nous avons personnellement procédé, nous ont donné des résultats qui ne sont pas moins probants.
- La conclusion de ces essais fut pour nous que, avec le compteur horaire, on mesure l’habileté des wattmen au moyen d’une unité, la minute de mise sous courant de la voiture, dont la valeur, rapportée à la quantité d’énergie dépensée, est susceptible de varier du simple au double selon la ihanière de conduire ;qu’en conséquence, les indications du compteur horaire ne suffisent pas à elles seules pour définir l’habileté des wattmen ; que ces indications ne peuvent être d’une réelle utilité qu’à la condition, ou d’y adjoindre un contrôle très serré qui oblige les agents à conduire de manière uniforme, suivant les prescriptions qui leur sont données, ce qui est parfois difficilement réalisable, notamment sur les lignes de banlieue, ou bien à la condition, fort rarement remplie, si l’on s’en rapporte aux réponses faites à la 14e question, de posséder un personnel assez consciencieux pour suivre les instructions qu’il a reçues sans nécessiter un contrôle particulier.
- Certains partisans des compteurs horaires prennent pour argument que les wattmen, qui s’écartent de ces instructions, se signalent d’eux-mêmes, les temps qui les concernent étant inférieurs au temps moyen préconisé pour chaque voyage; cela peut être exact si l’agent use sans discernement de la facilité qui lui est donnée de fausser les indications qui le concernent, mais il n’en est pas moins vrai qu’il dispose d’un correctif, qui, s’il en juge avec intelligence, lui permettra de faire apparaître des résultats moyens.
- 11 paraît d’ailleurs être admis, parla généralité des exploitations, que les compteurs horaires ne permettent ni le classement des wattmen, ni l’application du système des primes d’économie.
- Les compteurs horaires offrent, par contre, des avantages indiscutables qui, jusqu’ici, leur ont valu sur les compteurs wattmètres la préférence de la majorité des exploitations : ils sont de construction à la fois simple et robuste; ils ne se dérèglent pour ainsi dire jamais ; ils sont .d’un
- prix d’achat très réduit et ne donnent lieu qu’à des dépenses d’entretien insignifiantes. Certaines exploitations font ressortir que les indications qu’ils donnent sont plus facilement comprises par leurs personnels respectifs que celles fournies par les compteurs de courant, la notion de temps étant, paraît-il, plus à la portée de l’intelligence des agents qui composent ces personnels que ne l’est la notion de consommation ; qu’enfin les lectures plus faciles peuvent être faites après chaque voyage.
- Par contre, il est reproché aux compteurs horaires d’inciter, plus que tous autres, les wattmen à exagérer la rapidité des démarrages.
- Le compteur ampèreheuremètre, au point de vue qui nous occupe, se différencie du compteur wattmètre en ce sens que le wattman, en démarrant précipitamment, produit, du fait même de l’intensité excessive qu’il dépense et de la résistance de la ligne, une diminution de voltage qui n’est pas enregistrée par le compteur ampèreheuremètre ; celui-ci prend, dans ce cas, une légère avance qui, si faible soit-elle, tend à contrebalancer l’économie réalisée par le démarrage précipité ; pratiquement, les wattmen n’ont pas d’avantage appréciable à démarrer trop rapidement lorsqu’ils sont contrôlés par des compteurs ampèreheuremètres.
- Plusieurs exploitations, qui possèdent des compteurs horaires, ont déjà signalé au Congrès de Munich et signalent aujourd’hui encore la répercussion fâcheuse des démarrages trop rapides sur l’entretien de leurs moteurs et, particulièrement, des induits, des collecteurs et des porte-balais.
- Si les types de compteurs aujourd’hui répandus sont au nombre de trois, les méthodes en usage, pour utiliser les indications qu’ils fournissent, sont au nombre de deux : l’une est liée à , l’emploi des compteurs wattmètres ou ampèreheuremètres, l’autre à l’emploi des compteurs horaires. Nous ne nous étendrons pas sur les considérations qui sont communes à ces deux méthodes, pas plus que sur les détails particuliers à leurs mises en application respectives, ce sujet ayant été traité très complètement à l’occasion des Congrès de Milan et de Munich et les réponses faites au questionnaire ne nous signalant pas de changement appréciable dans la manière d’opérer des exploitations ; nous rappellerons seulement que si la première de ces méthodes
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- est plus complète puisqu’elle comporte une véritable comptabilité dans laquelle chaque watt-man et chaque voiture possèdent un compte de consommation d’énergie, elle est aussi plus complexe et partant plus coûteuse que la seconde qui consiste seulement dans le classement au dossier de chaque agent des feuilles journalières de cet agent, feuilles sur lesquelles figurent simplement, d’une part, les indications fournies par les compteurs et,, en opposition, les temps moyens de mise sous courant accordés pour le service qui a été effectué; que la première aboutit au classement des wattmen, tandis que la seconde a seulement en vue de faire connaître les agents qui se conduisent d’une manière répréhensible.
- Il résulte des réponses au questionnaires :
- Que le prix d’achat et d’installation varie :
- Pour les compteurs wattmètres, entre g3 et 225 francs, le prix moyen semblant pouvoir être ramené à i35 francs, ce qui, en admettant l’amortissement de cette somme sur 3oo ooo km.-v., se traduit par une dépense de /|6 francs par ioo ooo km.-v.
- Pour les compteurs, ampèreheuremètres, entre 107 et 142 francs, le prix moyen semblant pouvoir être ramené à 120 francs, se traduisant, comme il est dit ci-dessus, par une dépense de 40 francs par 100 ooo km.-v. ;
- Pour les compteurs horaires, entre 43 et i3o francs, le prix moyen semblant pouvoir être ramené à 5o francs, se traduisant par une dépense de 16 fr. 75. par 100 ooo km.-v.
- Que les dépenses d’exploitation par 1 oooookm.-v. varient :
- Pour les compteurs wattmètres entre i5 et 3i francs, la dépense moyenne semblant pouvoir être fixée à 20 francs; ,
- Pour les compteurs ampèreheuremètres entre i5 et 32 francs, la dépense moyenne semblant pouvoir être fixée à 20 francs ;
- Pour les compteurs horaires entre o et 10 fr. 75, la dépense moyenne semblant pouvoir être fixée à 5 francs,^
- Qu’enfin hss dépenses d’administration par 100 ooo km.-y. varient :
- Pour la méthode afférente aux dompteurs wattmètres ou ampèreheuremètres entre3i et3i2 fr.; la dépense moyenne semblant pouvoir être fixée à 65 francs ;
- Pour la méthode afférente aux compteurs ho-
- raires entre 17 et-66 francs,la dépense moyenne semblant pouvoir être fixée à 35 francs.
- Si l’on réunit maintenant les trois catégories de chàrges moyenne par 100000 km.-v. aux*-quelles conduit chaque catégorie de compteurs, il ressort que ces charges moyennes totales sont :
- Pour les compteurs wattmètres de : 46-{-20 + 65, soit i3i francs ;
- Pour les compteurs ampèreheuremètres de : 40 -f- 20-j- 65, soit 125 francs ;
- Pour les compteurs horaires de 16,75 —5 -f— 35, soit 56 francs.
- En résumé, les compteurs horaires offrent l’avantage de ne donner lieu, par 100 ooo km.-v., qu’à des dépenses inférieures de 75 francs à celles qu’entraînent les compteurs wattmètres et de 69 francs à celles qu’entraînent les compteurs ampèreheuremètres.
- Mais, pour se rendre compte de l’attrait que cet avantage doit avoir pour l’exploitant, il est nécessaire de le rapprocher des dépenses qui donnent matière au contrôle à exercer au moyen des compteurs, c’est-à-dire de la valeur de l’énergie que doit mesurer chaque compteur, valeur qui. varie, suivant que le prix Unitaire de cette énergie est bas ou élevé, que le poids des voitures à alimenter est faible ou fort, que le réseau à desservir est plat ou accidenté, etc., etc., entre les limites extrêmes de 3 ooo francs et 10 ooo francs par 100 ooo km.-v. Dès que l’on fait ce rapprochement, il apparaît que dans le cas limite inférieur l’avantage du compteur horaire, au point de vue dépenses, par rapport aux compteurs wattmètres et ampèreheuremètres, se chiffrent respectivement par 2,5 % et 2,3 % de la valeur de l’énergie à contrôler, tandis que dans le cas limite supérieur, ce même avantage ne se traduit plus que respectivement par 0,75 % et 0,69 % de la valeur de l’énergie à contrôler.
- L’avantage qu’offre le compteur horaire de conduire à des dépenses moindres que les autres compteurs ne peut donc avoir sur le choix de l’exploitant qu’une influence aussi variable qu’il y a de cas d’espèces différents dans les conditions particulières à chaque exploitation.
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- Il nous reste à examiner une dernière question, cel le des moyens d’action dont les exploi-
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- tâtions qui emploient des compteurs font usage pour obtenir des wattmen l’emploi judicieux de l’énergie qui est mise à leur disposition.
- De l’analyse des réponses au questionnaire, il résulte que 17 exploitations stimulent le zèle des wattmen en.les intéressant aux économies d’énergie, au moyen de primes ou de gratifications combinées avec des mesures répressives envers les mauvais agents ; que, par contre, 18 exploitations agissent sur leurs personnels respectifs soit seulement au moyen de mesures répressives, avertissements, réprimandes, remises à l’instruction, renvois, soitau moyen de ces mêmes mesures combinées avec les félicitations aux meilleurs agents, ou l’affichage périodique des résultats obtenus; parmi ces 18 exploitations, quelques-unes se déclarent résolument opposées au principe des primes.
- Nous ferons incidemment remarquer que si un esprit d’opposition s’est manifesté en Allemagne, notamment parmi le personnel des chemins dé fer, et par extension danscertains centres industriels allemands, il ne s’est pas, tout au moins jusqu’ici, généralisé; que, d’ailleurs, l’esprit socialiste n’est pas orienté de façon identique dans tous les pays ; qu’en particulier, aussi bien en Belgique qu’en France, le principe des primes individuelles continue à être bien vu du monde ouvrieret tout spécialemeut du personnel des chemins de fer et des tramways ; nombreuses sont donc les exploitations qui , soit qu’elles fassent déjà usage de compteurs, soit qu’elles aient l’intention de les utiliser dans l’avenir, se trouvent, au point de vue du personnel, dans des conditions favorables à l’application du système des primes; nous nous sommes étendu sur cette partie du sujet, parce que nous estimons qu’il importe de ne pas laisser peser, sur les décisions de ces exploitations, une considération d’ordre particulier qui, en fait, leur est totalement étrangère.
- *
- * *
- Nous terminerons en signalant à l’attention du Congrès :
- Qu’une exploitation (Amsterdam) combine les résultats obtenus au moyen des compteurs ho‘-raires avec la vérification des heures de passage en certains points de chaque ligne par des horloges de contrôle et déclare obtenir ainsi des résultats très satisfaisants;
- Qu’une autre exploitation (Bruxelles) fait usage de rhéostats de démarrage dits « automatiques», lesquels présentent cette particularité que leur résistance ohmique diminue de valeur dès qu’ils sont traversés par le courant, en sorte que l’accélération de la voiture se produit progressivement et automatiquement sans choc au passage d’un cran de résistance au suivant :
- Qu’une troisième exploitation (Hanovre) suggère l’idée d’appareils destinés à enregistrer les démarrages trop rapides.
- Rapport de M. Battes, Directeur des Tramways municipaux de Francfort-sur-Mein.
- Le rapport de M. Bouton qui présente l’ensemble de la question ayant été reproduit ci-dessus d’une manière assez large, il semble intéressant de retenir surtout de celui de M. Battes les points où sont exposées des idées opposées à celles du rapporteur français. Voici comment il s’est exprimé :
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- Comme les résultats obtenus jusqu’en 1908 ont été étudiés et exactement appréciés, nous croyons, en conséquence, pouvoir nous abstenir d’examiner dans le présent rapport les réponses émanant d’un certain nombre d’exploitations.
- Le chemin de fer suspendu de Barme-Elber-feld-Vohwinkel n’apporte pas de renseignements nouveaux. Il se plaint encore toujours de ce que, avec les compteurs horaires, les wattmen sont trop enclins à démarrer rapidement; il ajoute toutefois qu’un contrôle rigoureux permet d’obvier à cet inconvénient.
- Les Tramways municipaux de Munich ont équipé à titre d’essai, et seulement par intermittence, 20 de leurs 824 voitures motrices au moyen de compteurs kilowattmètres et de compteurs horaires.
- Les Tramways municipaux de Postdam n’ont pas poursuivi leurs essais (eompteurs , watt-mètres) parce que le contrôle ne pouvait leur procurer des résultats financiers.
- Il en est de même de la Société des Tramways et Omnibus de Lyon qui a établi, à titre d’essai, des compteurs horaires sur 10 voitures seulement ; elle paie le courant à bas prix et, par con-
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- séquent, l’emploi de compteur» offre, pour elle, peu d’intérê*!
- Les nouveaux essais de contrôle du courant effectués en 1909 et 1910 marquent une préférence particulière pour le système compteur horaire. Les résultats de ces essais ont, pour la plupart, été assez brillants pour justifier une mention spéciale.
- Nous croyons devoir attirer l’attention sur le fait que les Tramways municipaux de Vienne ont, depuis le ier janvier 1910, équipé de compteurs horaires la totàlité des voitures motrices servant au trafic général, à l’exception des voitures dites d’excursion. Cette décision fut prise à la suite d’essais comparatifs entre des compteurs horaires et des compteurs wattmètres. Les appareils sont en usage depuis trop peu de temps pour que Ton ait pu enregistrer des résultats pratiques ; toutefois, l’extension du système à la totalité des voitures motrices témoigne en faveur de ces résultats. L’installation des compteurs horaires coûte 65 couronnes par voiture, tandis que l’établissement de compteurs wattmètres revenait à 170 couronnes.
- Il résulte de tous ces renseignements que, depuis 1908, toute une série de réseaux ont obtenu d’excellents résultats, ou bien ont notablement amélioré leurs résultats antérieurs en contrôlant le courant au moyen de compteurs horaires; par contre, le contrôle par compteurs wattmètres s’est peu développé.
- Des divers systèmes de contrôle en usage, c’est le contrôle par compteurs ampèreheuremètres qui s’est le moins développé.
- La Compagnie française de Tramways électriques et Omnibus de Bordeaux a fait choix du compteur anipèreheuremètre, à la suite d’essais comparatifs entre des compteurs ampèreheuremètres, des compteurs wattmètres et des compteurs horaires; la totalité de ses voitures est pourvue de compteurs ampèreheuremètres depuis le i5 juin 1909. Elle est très satisfaite de ce type de compteur. Le prix de revient, montage compris, ^t de 107 francs : les frais d’entretien sont de i5 fràpcs et les dépenses d’administration comportant 60 francs p;fr 100 000 km.-v. Le contrôle du courant a amené une économie de 10 %, ce qui correspond annuellemet à un chiffre de 40.000 francs
- La Société des Tramways de Marseille, qui possède 400 voitures motrices, en a muni i5 de
- compteurs horaires et 10 autres de compteurs ampèreheuremètres, mais elle n’a pas encore décidé lequel des deux systèmes elle adoptera. Elle trouve une plus grande exactitude dans le contrôle de l’énergie dépensée, comparée aux indications des compteurs horaires et ,conclut en préférant, sous le rapport de l’exactitude et de la construction, les comptenrs ampèreheuremètres aux compteurs wattmètres.
- *
- ♦ *
- Le questionnaire qui fut envoyé aux membres de l’association demandait également aux compagnies si, abstraction faite des résultats généralement bons procurés par le contrôle du courant, on pouvait espérer de nouvelles économies: la plupart des sociétés ont répondu négativement. A ce propos, il a été fait obsèrver avec raison que, par suite de l’augmentation croissante du trafic, il devait se produire un accroissement de la consommation du courant qui, comparé avec la dépense d’énergie des années antérieures, devait finir par réduire le pourcentage de l’économie de courant réalisée. Quelques compagnies telles que Bordeaux, Cologne, Kônigsberg, Est Parisien, Offenbach et Wiesba-den espèrent au contraire, en perfectionnant leur système de contrôle, pouvoir dépasser encore le taux d’économie atteint actuellement.
- Personnellement, nous estimons d’ailleurs qu’il y a danger à rechercher une trop grande économie de courant, car les wattmen sont ainsi trop incités à démarrer contrairement aux prescriptions rationnelles qu’ils ont reçues.
- En ce qui concerne la question posée dans notre questionnaire demandant si l’emploi de compteurs de voitures avait conduit à une plus grande régularité du service, quelques compa-r. gnies seulement ont pu répondre d’une manière affirmative.
- Une autre question de notre questionnaire demandait si l’emploi de compteurs de courant avait exercé une influence défavorable sur l’entretien des moteurs;, cette enquête était motivée par ce fait que, en certains endroits, l’assertion s’était produite dans la presse que les économies
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- réalisées sur la dépense d’énergie étaient absorbées par les réparations aux moteurs, occasionnées par la nouvelle façon de rouler. II est intéressant de constater, d’après les réponses fournies, qu’une seule compagnie, compagnie d’ailleurs possédant un réseau d’ordre secondaire, a déclaré être obligée de mettre les collecteurs sur tour à des intervalles plus rapprochés. En général, on n’a pas constaté d’influence défavorable sur l’entretien des moteurs. Par contre, la Grande Compagnie des Tramways de* Berlin, ainsi que les Compagnies des Tramways de Cologne, Kô-nigsberg et Est Parision ont constaté un ménagement effectif des moteurs, à la suite de l’introduction du contrôle.
- * *
- Le questionnaire comportait encore une question ainsi libellée : « Avez-vous constaté que depuis l’introduction de compteurs de voitures, le nombre des accidents ait diminué? »
- Il était assez difficile de répondre à cette question : le nombre des accidents dépend en effet d’une série de circonstances : la qualité du personnel et son éducation professionnelle, la nature de la population dans les différentes villes, les circonstances locales de la voie, la vitesse commerciale, les dispositifs de protection nuisibles et utiles, le bon fonctionnement des freins, l’entretien soigneux du matériel roulant, la circulation générale des rues et l’intensité du trafic. Il est donc malaisé de dire si une diminution des accidents est due à cette mesure. Un certain nombre d’exploitations relatent cependant qu’une diminution du nombre des accidents se constate depuis l’introduction du contrôle du courant, mais elles évitent d’indiquer dans quelle proportion la diminution des accidents peut être attribuée au contrôle. Une seule administration, celle de Cologne, signale que l’emploi des compteurs de voitures a indubitablement conduit à une diminution importante du nombre d’accidents.
- Une seule exploitation estime qu’à la suite de l’utilisation de compteurs horaires, les accidents survenant aux voyageurs au moment où ils montent en voiture, seraient devenus plus fréquents; nous avouons ne pas comprendre cette opinion, qui n’est d’ailleurs basée sur aucun fait.
- En ce qui concerne les améliorations qu’il serait désirable de voir apporter aux systèmes de
- compteurs actuellement en usage, nous citerons un desidèratum exprimé par plusieurs administrations : c’est que les compteurs de courant devraient enregistrer la consommation de courant ou la durée de courant, séparément, pour la marche en série et la marche en parallèle des moteurs. Certaines exploitations estiment également qu’il serait utile d’employer des appareils automatiques empêchant les wattmen de démarrer trop rapidement.
- Aussi justifiés que soient ces desiderata dans certaines conditions particulières, ils ne doivent cependant pas retarder l’introduction et l’exercice du contrôle du courant, si l’on ne veut pas que « le mieux devienne l’ennemi du bien ».
- Dans cet ordre d’idées, les Tramways de Ha-gen rapportent qu’ils ont mis en service un dispositif d’encliquetage pour controllers; il sera intéressant plus tard d’apprendre comment cet appareil s’est comporté.
- Les Tramways Bruxellois emploient, avec le meilleur succès, un système de résistances de démarrage dit « automatique ». La littérature technique comporte plusieurs descriptions d’appareils de ce genre.
- *
- * *
- Une question spéciale qui fut introduite dans le questionnaire^ la demande de mon honorable collègue M. Bouton, semble avoir perdu sa raison d’être à la suite des résultats pratiques décrits ci-dessus. Déjà, avant l'introduction du contrôle du courant, toutes les exploitations avaient eu à compter avec les démarrages trop rapides des wattmen et devaient surveiller ceux-ci à cet égard. Les voyageurs exercent d’ailleurs d’eux-mêmes un excellent contrôle sous ce rapport et ils ne toléreraient pas les désagréments continuels occasionnés par les démarrages trop rapides. Avant l’adoption du contrôle du courant, les wattmen étaient incités à diminuer la durée des trajets dans le but d’augmenter la durée des repos aux terminus. Au reste, c’est là un reproche qui s’applique, dans la même mesure, aux compteurs wattmètres et aux compteurs am-pèreheuremètres ; dans ces compteurs, en effet, en cas de démarrage rapide, les résistances sont mises plus rapidement hors circuit ; par suite, les pertes dans les résistances peuvent être diminuées et il en résulte une augmentation de l’effet utile de la période d’accélération. Les
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- compteurs wattmètres et ampèreheuremètres bien étalonnés doivent donc amener les wattmen peu'consciencieux à démarrera une vitesse exagérée, tout comme dans le cas des compteurs horaires.
- Si l’on considère encore qu’en cas de démarrage rapide, le compteur à moteur, par suite de l’inertie de> l’induit, enregistre des données ne correspondant pas aux valeurs absolues, parce qu’il ne peut pas suivre immédiatement l’augmentation brusqué d’intensité ou de travail électrique, on arrive à cette conclusion que le reproche, fait spécialement aux compteurs horaires, n’est pas justifié. D’ailleurs les wattmen qui démarrent trop rapidement se font bientôt remarquer par leurs chiffres de consommation -dé beaucoup inférieurs à la valeur moyenne.
- A notre avis, cet inconvénient est relativement facile à éviter, notamment en donnant des instructions aux wattmen pour qu’ils se maintiennent, autant que faire se peut, aux environs de la moyenne et en ne les incitant pas, par une
- application inopportune du contrôle, à chercher à obtenir des chiffres favorables seulement en apparence.
- Il peut être admis qu’en général une instruction appropriée suffira pour que le personnel des wattmen fasse preuve de conscience. Seuls quelques wattmen à qui tout contrôle est gênant pourraient être disposés à commettre intentionnellement des fautes de démarrage, dans le seul but d’abaisser le système aux yeux du public et dans l’espoir de voir supprimer ce sys-stème de contrôle.
- Nous sommes arrivés ainsi au terme de notre second rapport, qui montre clairement que les résultats nouvellement acquis depuis 1908 n’ont appiorté aucun élément nouveau venant modifier les conclusions de notre rapport, qui. fut présenté au Congrès de Munich.
- Bouton et Battes.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Théorèmes sur les équations générales du mouvement d’un corpuscule dans un champ magnétique et un champ électrique superposés. —C. Stërmer . — Académie des Sciences, séance du 12 septembre 1910.
- En cherchant la trajectoire du corpuscule dans les deux châftnps-’superposés on retrouve le principe de moindre action lorsque le champ magnétique est nul. Si'c’est le champ électrique qui est nul, ori a à considérer une intégrale qui représente, au point de vue physique, le flux de force à travers un tube de force déterminée^
- \ ............ ..................
- MÉTHODEé ET APPAREILS DE MESURES
- Comparaison de différents procédés dë mesure de la constante dièleètrique. — P. Floquet. — Académie des Sciences, séance du 12 septembre 1910.
- Généralement on obtient des résultats discordants
- lorsqu’on mesure la constante diélectrique par des procédés différents. L’auteur a pensé que cela pouvait venir de ce que les diélectriques employés dans ces mesures ne sont pas le diélectrique parfait que supposent les formules.il a donc opéré sur la paraffine dure extraite de l’ozokérite, qui peut être regardée, d’après M. Malclcs, comme un diélectrique parfait : les mesures furent dès lors concordantes et donnèrent toutes, à très peu près, la valeur K = 2,3.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Appareils de disti'ibution pour courant triphasé à haute tension de l’Usine Centrale de Chorzow. — F. Heinicke — Elektroteclinische Zeitschrift, 23 juin 1910.
- Les Usines d’Electricité de la Haute-Silésie, situées l’une à Zaborze, l’autre à i2km de la première, à Chorzow, distribuent du courant triphasé,6000 volts,
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- 5o périodes. Lorsqu’en 1897, centrale de Chorzow fut livrée à l’exploitation, elle comprenait seulement
- 2 alternateurs de 280 KVA. Elle reçut de très rapides accroissements : en 1898, 2 machines de 800 kw.; en 1900, 1 machine de 800 kw. ; en 1902 et 190!», 2 unités à vapeur de 8000 kw. chacune; en 1906, 2 turbo-générateurs de 1 000 kw. ; en 1907, 2 autres de
- 3 000 kw., et, en 1909,, t turbo-générateur de 6 000 kw.
- On fut ainsi conduit à remplacer les anciens appa-
- porte au premier étage. Tous les interrupteurs à huile' et autres appareils qui peuvent être une cause d’incendie sont placés dans des cellules séparées.
- La coupe du poste, représentée par la figure 1, indique les dispositions générales adoptées.
- Le rez-de-chaussée contient les boites terminales des câbles venant des générateurs ainsique des câbles de départ, les transformateurs de courant et de voltage pour les instruments de mesure et les relais, et les dispositifs de sécurité contre- les surtensions
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- Fig. 1.— En haut : nn, chambre des barres collectrices; m (au milieu, à droite) seconde chambre des connexions . A droite P, phasemètre; H, S, voltmètre à haute tension des barres collectrices. En bas: l, r, I. première chambre des connexions ; s, départ des cébles.
- reils de distribution par de nouveaux, établis avec les derniers perfectionnements.
- Les interrupteurs à air et les fusibles furent remplacés par des interrupteurs à huile automatiques.
- On a cherché à éviter le plus possible le danger d’incendie : seul, le tableau proprement dit est placé dans la salle des machines ; tous les autres appareils sont installés dans un poste indépendant, divisé en 3 étages, et ne communiquant avec la salle des machines que par une porte au rez-de-chaussée et une
- pour les câbles de départ : ces appareils, au nombre de deux seulement, ont été installés à titre d’essai. Ce sont, l’un un parafoudre à rouleaux du système Wurtz, l’autre une soupape du système Gilcs.
- Les connexions qui, du rez-de-chaussée, vont au premier étage, passent à l’intérieur de traversées en porcelaine, fixées sur des plaques de marbre par l’intermédiaire de plaques d’amiante ; les plaques de marbre sont elles-mêmes soigneusement reliées au plancher par du ciment.
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- Le premier étage est réservé aux interrupteurs à huile, disposés en trois rangées, l’une pour les interrupteurs des générateurs, les deux autres pour ceux des câbles de départ. Ces derniers présentent cette particularité d’être montés, ainsi que les appareils de mesure et transformateurs de courant relatifs aux câbles correspondants, sur un châssis roulant, dont la partie postérieure porte les contacts avec les connexions venant des barres-omnibus ou avec les circuits accessoires.
- La partie antérieure de ce châssis, en tôle, porte la poignée de manœuvre de l’interrupteur et les appareils de mesure. Chaque châssis est disposé de façon qu’il soit impossible de le retirer avant l’ouverture de l’interrupteur à huile : la rupture des contacts placés à la partie postérieure se produit donc toujours sur des connexions qui ne sont pas sous tension.
- On peut ainsi , en toutes circonstances, vérifier ou réparer, sans danger, les appareils portés par le châssis, qu’il suffit pour cela de faire rouler en arrière. On peut, de plus, au moyen d’un châssis de réserve, remplacer instantanément un châssis quelconque avec tous les appareils qu’il contient.
- Au deuxième étage, sont installées les barres-omnibus, qui ont été doublées pour rendre possibles les réparations sans interruption de service et sans danger, et pour permettre des combinaisons variées à l’exploitation (*). Elles sont protégées contre les surtensions par un dispositif du système Siemens-Schuckert se composant d’une triple résistance à bain d’huile, de trois parafoudres à cornes montés en triangle entre les phases, et de trois parafoudres à relais montés en étoile entre les phases et la terre.
- Le tableau de distribution proprement dit, situé sur une galerie dans la salle des machines, comprend douze panneaux, portant, en outre des appareils de mesure nécessaires, les volants de manœuvre des interrupteurs à huile des génératrices. A l’une des extrémités du tableau, est placé un régulateur du système Tirrill agissant, sur l’excitation des machines les plus importantes pour régler la tension au départ de l’usine.
- ^ ' H. B.
- (*) Voir pour les barres collectrices doubles, les articles de M„ Vogel (Lumière Electrique, 4 juin et 2 juillet 1910.
- TRACTION
- Tramway à traction monophasée, à haute tension, de Blankenese-Ohlsdorf. — G. Dietl. — Electrical World, 12 mai 1910.
- En janvier 1908, la Compagnie des tramways de l’Etat Prussien a mis en service sur la ligne de Blankenese-Ohlsdorf, utilisant le courant monophasé à 6 000 volts, 25 périodes, 60 voitures motrices (dont 54 étaient équipées par l’Allgemeine-Elektricitâts-Gesellschaft et 6 par les Ateliers Siemens-Schuc-kert). Le trafic s’accrut si rapidement que l’été de la même année, 25 voitures de plus furent commandées à l’Allgemeine-Elektricitâts-Gesèllschaft. En 1909, une nouvelle commande de 25 voitures fut faite, 17 à l’A. E. G. et 8 aux Ateliers Siemens-Schuckert.
- Les 54 premières voitures de l’A. E. G. sont équipées avec 3 moteurs monophasés Winter-Eich-berg pouvant développer n5 chevaux pendant une heure. Le poids total des voitures est de 71 tonnes.
- La présente description s’applique aux 4* nouvelles voitures motrices équipées par l’A. E. G. avec 2 moteurs monophasés de 200 chevaux pendant une heure. L’équipement électrique et la partie mécanique ont été simplifiés, ce qui a permis de réduire le poids total de la voiture à 61,5 tonnes, celui de l’équipement électrique à i3 tonnes. La voiture se compose de 2 demi-voitures accouplées ; chacune d’elles repose, à une extrémité, sur un truck à deux essieux, et à l’autre extrémité, sur un simple essieu. La longueur d’une demi-voiture est de i4m, sa largeur de 2m,6o ; la longueur totale entre tampons est de 2gm,65. Les voitures sont du type à compartiments avec portes de côté. Chaque demi-voiture a deux compartiments de seconde classe, quatre de. première classe, un pour les bagages, et un pour le wattman. Les compartiments de même classe de chaque demi-voiture communiquent entre eux. Les com'partiments des bagages, et ceux du wattman possèdent des sièges pliants, de façon à pouvoir au besoin recevoir des voyageurs.
- Les appareils de contrôle sont groupés d’une façon compacte sur la paroi gauche des compartiments du wattman, et peuvent être mis. sous clef lorsque ces compartiments sont employés pour recevoir des passagers .
- Les trucks ont un empattement de 2m,5o, le diamètre des roues est de 1 mètre.
- Les moteurs sont placés tous deux sur un truck, l’autre truck portant le moteur compresseur.
- L’équipement électrique est établi pour courant
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- monophasé à la fréquence de périodes et à la tension moyenne de 6000 volts sur la ligne, et est aussi prévu pour fonctionner à la tension de 3oo volts dans les dépôts de voitures. Les moteurs peuvent développer 100 chevaux à 5oo tours par minute pendant une heure, et 100 chevaux d’une façon continue ; leur poids, y compris les engrenages, est de 3 3ook«; le rapport d’engrenages est 1 : 3,o5.
- L’enroulement du stator a 6 pôles.
- L’enroulement de travail est en série avec un enroulement interpolaire, et chacun des pôles consiste en 3 bobines. Tous les a pôles, il y a une bobine de commutation. Pour les faibles vitesses, les bobines
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- «
- La figure 1 représente le diagramme des connexions.
- Le courant à haute tension, pris sur le fil de trolley par des archets, traverse une bobine de self, un interrupteur automatique à huile et un transformateur principal, puis arrive à la terre. Un parafoudre et un fusible haute tension complètent ces appareils.
- Chaque voiture a, pour les deux moteurs, un transformateur principal à bain d’huile avec une bobine haute tension et deux bobines basse tension ; une de ces dernières a six bornes et fournit l’énergie à différentes tensions jusqu’à 780 volts aux moteurs ; l’autre fournit l’énergie à 3oo volts pour la com-
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- TTTTn
- Motor
- — À, disjoncteur à huile; G, S, intei'i’upteur principal ; l, bobine de self ; M, transformateur principal ; G, contacteurs; H, chauffage; Mc, contrôleur principal; P, moteur de la pompe; G, relais de commande; E, fusible.
- de commutation sont en série avec les bobines de travail.
- Pour les vitesses élevées les bobines de commutation reçoivent l’énergie à une certaine tension du transformateur d’excitation.
- Les caractéristiques électriques du moteur permettent de lui donner un large entrefer de 3mm, et néanmoins le facteur de puissance reste voisin de l’unité. Le rotor a un enroulement normal d’induit à courant continu ; du côté du pignon, il porte un ventilateur centrifuge qui insuffle de l’air à l’intérieur du collecteur et dans des trous traversant le fer du rotor. Le moteur a huit porte-balais dont six sont court-circuités sur eux-mêmes et deux sont utilisés comme balais d’excitation.
- mande des contacteurs, de l’inverseur, des circuits d’éclairage, de chauffage et de compresseur d’air.
- Il y a cinq régimes de marche correspondant à l’alimentation des moteurs sous différentes tensions du transformateur principal et du transformateur d’excitation ; les différentes connexions sont réalisées au moyen de contacteurs actionnés électriquement à l’aide du contrôleur principal.
- Huit des 42 nouvelles voitures ont des prises de courant à haute tension du type pantographe avec un archet à la partie supérieure. Toutes les autres ont des archets du type ordinaire pour haute tension, et dans ce cas il y a un archet affecté à chaque sens. de marche. Ces deux types de, collecteurs sont relevés et maintenus dans leur position au moyen de
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- l’air comprimé. Les petits mouvements des archets durant la marche sont absorbés par des ressorts.
- Chaque voiture motrice a deux prises de courant à haute tension, et, de plus, deux trolleys ordinaires pour les sections à basse tension qui existent dans les dépôts de voitures.
- Pendant les heures de faible trafic, un train se compose simplement d’une voiture motrice ; aux heures de trafic intense, les trains sont formés de deux ou plusieurs voitures, toutes motrices.
- H. B.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Marteau de foi'ge mû électriquement. — "W. Chubb. — American Macliinist, 3ojuillet 1910.
- Le « Brett Patent Lifter C° » a combiné un type de marteau de ce genre, dans lequel on peut, par débrayage, laisser retomber le mouton, ou, en réglant convenablement les frottements des organes, l’immobiliser en un point quelconque de sa course verticale. Le poids du mouton peut aller jusqu’à trois tonnes, sans que la manœuvre de cette commande électrique dépasse la force d’un homme.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Une action a distance sur le cohèreur, produite par les contacts métalliques. —B. Szi-lard. — Académie des Sciences, séance du 20 juin 191°.
- Les cohéreurs, imaginés par Branly, et qui ont joué un rôle décisif dans la création de la télégraphie sans fil, sont aujourd’hui abandonnés pour les détecteurs de tout genre, infiniment plus sensibles.
- Cependant l’auteur signale que le cohèreur à limaille d’argent ou de nickel peut voir sa sensibilité aux faibles étincelles considérablement augmentée si l’on modifie le dispositif classique de la façon suivante: une des extrémités du cohèreur étant munie d’une petite antenne, l’autre est reliée non pas à la terre, mais à l’un des pôles du courant alternatif, dont l’autre pôle est à la terre.
- En outre ce dispositif a permis de montrer qu'il se produit une action à distance lorsqu’on met en contact deux métaux, ou même deux échantillons d’un même métal.
- DIVERS
- L’électricité à l’exposition de Bruxelles. — A. Heyland. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 avril I91°*
- L’auteur donne d’abord des renseignements généraux, avec quelques chiffres à l’appui, sur le développement des sections industrielles de chacune des nations exposantes, en insistant particulièrement sur la section allemande. Il passe ensuite à la description de la halle principale de la section des machines dont l’ensemble des groupes électrogènes constitue une centrale qui doit alimenter la partie de l’exposition située sur le territoire de la commune d’Ixelles. Enfin, pour terminer, il passe en revue la partie mécanique et électrotechnique de la section allemande. J.-L.'M.
- • BREVETS
- Perfectionnemts apportés aux dispositions destinées à charger et à décharger les accumulateurs électriques. — M. Taylor. N“ 411 i5a, publié le 9 juin 1910.
- L’auteur de cette invention s’est proposé de réduire le coût des survolteurs nécessaires au chargement et au déchargement des batteries employées pour l’éclairage ou la traction. Ces survolteurs doivent être généralement reliés aux rails de connexion d’une sous-station alimentée soit par le courant continu de la station principale, soit par des courants alternatifs.
- Dans le dispositif de M. Taylor, l’enroulement d’armature est divisé en deux parties qui peuvent être combinées sur un noyau commun ou qui peuvent être placées dans des champs séparés. Ces enroulements d’armature sont groupés (à l’aide d’un commutateur spécial qui sera décrit plus loin) en parallèle pour les décharges et en série pour les charges.
- Dans quelques cas, le survolteuT principal est renforcé par un survolteur auxiliaire destiné à donner la force électromotricc finale pour compléter la charge ; dans les deux cas, les survolteurs sont combinés avec des commutateurs automatiques destinés à les mettre en court-circuit et, en même temps, de décharger leurs champs à travers des résistances non inductives dans le cas où un court-circuit se produirait sur les feeders de sortie de la sous-station.
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- Le champ du survolteur est disposé de manière à pouvoir être renversé de la manière usuelle ; cette disposition n’est donc pas indiquée sur la figure.
- Les dimensions du survolteur, ainsi que les frais de fonctionnement sont également diminués grâce à la disposition suivante : le nombre des éléments de la batterie est augmenté au-dessus du nombre nécessaire pour « flotter » sur les rails conducteurs, étant entièrement chargés, sans qu’il y ait ün survolteur dans le circuit ; le voltage du survolteur est ainsi considérablement réduit. Afin de permettre à la batterie de flotter sur la ligne, sans l’emploi du grand survolteur, on se sert d’un petit survolteur auxiliaire (appelé bucking booster) protégé par un commutateur automatique à court-circuit.
- £
- Fig. i.
- rails K et L peuvent être mis en court-circuit par le commutateur automatique U. Les champs des sur-voltcurs F et G sont reliés aux commutateurs R et S, reliés eux-mêmes aux résistances non inductives i et /, et actionnés par le commutateur universel de court-circuit U. Les enroulements d’armature F et G communiquent avec un commutateur de série parallèle T, actionné à la main.
- La figure i montre également le petit survolteur a avec son commutateur de court-circuit c employé dans les cas où la force électromotrice du survolteur est insuffisante pour faire pénétrer la charge finale dans la batterie. Le survolteur auxiliaire epeut, au moyen d’un commutateur de transmission, être utilisé dans la position que montre le petit survolteur a et dans le même but ; mais, lorsque la batte -rie « flotte » sur la ligne, le survolteur (bucking booster) auxiliaire e serait remis par son commutateur de transmission dans la position montrée par la figure i. Ce petit survolteur a est actionné par un moteur/"alimenté de la manière ordinaire.. En circuit avec le survolteur auxiliaire (bucking booster)
- Fig. 2.
- La figure i montre la batterie disposée pour un système d’éclairage à trois fils. En ne regardant que la moitié supérieure seulement, on voit comment la disposition peut, s’appliquer à un système de traction ; dans ce dernier cas, cependant, l’alimentation aux enroulements de champ du survolteur serait donnée par une machine excitatrice spéciale, d’une manière bien connue.
- A et B représentent les deux moitiés de la batterie accouplées entre un système de trois fils composé de rails conducteurs C, D et E. Le survolteur principal H F G, dont II est la partie motrice et F et G les enroulements, est relié entre les rails conducteurs K et L qui sont en circuit, entre la batterie A et le rail conducteur neutre de la sous-station. Les
- e se trouve la bobine de self-induction I destinée à empêcher l’accroissement subit du courant à travers ledit survolteur et la batterie. Il se produirait, sans cela, un court-circuit extérieur jusqu’à ce que le commutateur principal de court-circuit U ait eu le temps d’agir.
- La figure 2 montre en détail les dispositions du commutateur principal T, des armatures des survol-tcurs, ainsi que celles du petit commutateur R R qui règle les champs du survolteur. Ces dispositions peuvent être employées pour la traction ou pour l’éclairage et les appareils seraient montés sur le ta-bleaude distribution principal. Les petits commutateurs R et S de la figure 1 seraient combinés. mécaniquement avec le commutateur de court-circuit U.
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- VARIÉTÉS
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- Conditions a remplir dans les plans d’extension des villes pour obtenir un réseau rationnel de lignes de tramways. —D’après le rapport de M. Wattmann, directeur des tramways municipaux de Cologne, au Congrès international de Bruxelles, 6-11 septembre 1910 (*).
- Partout où existe une plate-forme spéciale pour le tramway, on admet aujourd’hui une vitesse de marche maximum de 3okm à l’heure. Nous estimons toutefois que cette vitesse peut, sans aucun inconvénient, être portée à 35 et 4okm lorsqu’on aura adopté les dispositifs de protections décritsplus loin, auxpoints où les véhicules ordinaires peuvent franchir les voies du tramway et en espaçant convenablement les haltes. On arrivera ainsi à obtenir des vitesses commerciales approchant de celles en usage sur les lignes métropolitaines. Les tramways au niveau des rues bénéficient toutefois, par rapport à ces dernières, des avantages résultant de l’accessibilité plus facile de leurs points d’arrêt. Comme les dépenses de premier établissement énormes qu’ils occasionnent ne permettent pas de construire des métropolitains dans nos grandes villes de moyenne importance, il semble tout indiqué de créer dans ces villes, autant que possible, des lignes de tramways établies sur plates-formes indépendantes, permettant les plus grandes vitesses, sans que leur prix de revient soit prohibitif.
- Une des questions les plus importantes dans le cas d’un tramway de ce genre sera toujours celle des dépenses supplémentaii'es qu’entraînera la séparation de la voie de ce tramway.
- Il est évident que la séparation de la voie du reste de la route pourra être accompagnée d’une réduction de la largeur de la chaussée carrossable,^puis^ue celle-ci cessera d’être encom-
- (>) Nous avons extrait surtout de ce rapport les pas-usages qui développent d’autres points que ceux qu’a traités M. Neiszen (Lumière Electrique, 17 septembre 1910).
- brée par les voitures circulant sur cette voie. Il serait toutefois exagéré de vouloir rétrécir cette route de toute la largeur de la voie ainsi isolée, mais on peut admettre, sans inconvénient, un rétrécissement de la chaussée de 1 à 3m pour une voie double. Il suffit donc, pour conserver à une artère toute sa capacité, après déplacement de la voie du tramway, de l’élargir de am,5o en moyenne.
- L’élargissement du profil de la route, en vue de la construction du tramway sur une plateforme spéciale, n’entraîne généralement pas d’augmentation des dépenses de construction bien notables. Cette plate-forme spéciale pourra facilement être couverte au moyen d’un pavage en petits pavés ou même comme cela a été fait à Berlin, dans la Bismarkstrasse et dans la Har-tenbergerstrasse, d’un gazonnement.
- Dans les deux cas, la couverture de la plateforme du tramway ne revient pas plus cher que le revêtement des aSo™ de route qu’elle remplace et qui comporte des pavés de bonne qualité ou une couverture en asphalte. Sauf à l’emplacement des passages à niveau, la voie pourra être constituée par des rails Vignole posés sur traverses; elle coûtera donc moins cher tant de premier établissement que d’entretien, qu’une voie en rails à ornière. On réalisera également de sérieuses économies sur les dépenses d’entretien de la chaussée, puisqu’on l’aura rétrécie.
- Donc, en résumé, les dépenses de premier établissement de la ligne sur une plate-forme spéciale seront augmentées à peu près du prix d’acquisition de 3m2 de terrain par mètre courant de chaussée, mais, par contre, l’isolement de la voie ainsi réalisé permettra de faire des économies sur les frais d’entretien de la chaussée et de cette voie.
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- Si l’on compare entre eux les divers types de voies ferrées, l’on pourra constater qu’en pratique, dès que la vitesse de marche augmente, les haltes et les stations sont plus espacées les unes des autres. Nos rapides, qui font environ
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- iookm à l’heure en pleine marche, et dont la vitesse commerciale atteint 60 à 7okm en moyenne, ne s’arrêtent guère que tous les 3o à 6okm. Les trains de voyageurs marchant à 70km et donnant une vitesse commerciale de 3o à 35km à l’heure, s’arrêtent au contraire tous les 3 à 8km. Sur les lignes secondaires, les gares sont souvent encore plus rapprochées et l’espacement diminue de plus en plus à mesure qu’on se rapproche du type tramway pour lequel les haltes sont, en moyenne, distantes de i5om à 35om. La distance entre deux points d’arrêt successifs est donc indubitablement fonction de la vitesse de la marche. Nous essaierons d’étudier de plus près les relations existant entre ces deux facteurs, no-tamment'dans le cas des tramways.
- A cette fin, nous rechercherons tout d’abord les relations existant entre la vitesse de marche et la vitesse commerciale des voitures de tramways.
- Les pertes totales de temps aux stations se composent de trois facteurs :
- i° La durée effective du stationnement, c'est-à-dire le temps pendant lequel la voiture est effectivement arrêtée ;
- a0 La perte de temps due au freinage, c’est-à-dire la différence entre, d’une part, le temps que la voiture met à parcourir le chemin entre le point où les freins sont appliqués sur les roues et la halte, et, d’autre part, le temps qu’elle mettait à parcourir la même distance à la vitesse normale ;
- 3° La perte de temps pendant la période de démarrage, c’est-à-dire la différence entre, d’une part, le temps que la voiture met à parcourir la distance entre la halte et le point où elle a de nouveau acquis sa vitesse de régime, et, d’autre part, le temps qu’elle mettrait à parcourir le même chemin à cette dernière vitesse.
- Le premier de ces facteurs est évidemment très variable : il dépend, en premier lieu, du nombre de voyageurs à laisser monter ou descendre, puis aussi de la construction des voitures, de la commodité des entrées, de l’habileté du public, etc. Des observations faites aux tramways de Cologne permettent d’évaluer la durée normale de ces arrêts dans cette ville à un minimum de 5 secondes lorsqu’il n’y a qu’une personne à faire monter ou descendre ; pour deux personnes, on peut compter en moyenne q secondes, pour trois personnes, 12 secondes, et
- pour chaque personne supplémentaire, 2 ou 3 secondes en sus. L’intensité de la circulation étant moyenne, on peut donc admettre un arrêt effectif de 10 secondes au moins à chaque halte.
- Les pertes de temps pendant la période de ralentissement après freinage ont été déterminées par une série d’essais effectués avec et sans remorques, sur une ligne de tramway électrique. Pour une vitesse comprise entre 12 et i5kin à l’heure, cette perte de temps ne varie que peu avec la vitesse. Aux vitesses élevées, l’efficacité du freinage est beaucoup plus grande qu’aux petites et on peut évaluer cette perte de temps à 7 ou 8 secondes en moyenne, quelle que soit la vitesse de marche de la voiture.
- *
- + *
- Nous avons également procédé à des essais pour déterminer les pertes de temps pendant la période de démarrage.
- L’accélération était de 3o à 4ocm par seconde (moteurs D 54, système Siemens-Schuckert).
- Distance entre les points d’arrêt.
- Fig. 1. — Diugramme des vitess.es commerciales en fonction de la distance entre les points d’arrêt. — Arrêt effectif à chaque halte ; 10 secondes. Perte de temps due au freinage et au démarrage : 19 secondes à une vitesse de 35km ; 17 secondes à une vitesse de 3okœ; i5 secondes à une vitesse de 25km ; i3 secondes à une vitesse de2okl": 10 secondes à une vitesse de i5kln.; 9 secondes à une vitesse de
- 10 kilomètres.
- En prenant ces chiffres pour base, nous avons obtenu, pour différentes vitesses de marche et espacements de haltes, les vitesses commerciales que nous avons portées sur le diagramme de la figure i.
- 11 est intéressant d’étudier, au moyen de ces courbes, l’influence de l’espacement des haltes sur la vitesse commerciale réalisée par les voitures. Comme on le voit, pour une vitesse de
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- marche de i2km. à l’heure, la courbe ne s’élève que lentement, à mesure que la distance entre les stations augmente, indiquant par là que la vitesse commerciale ne croît aussi que lentement ; par contre l’inclinaison de la courbe correspondant à a5-3ok“ varie beaucoup plus rapidement, surtout au début ; le rapprochement des stations est donc surtout nuisible lorsque leur éloignement est déjà faible par lui-même.
- On peut rendre ces courbes encore beaucoup plus intéressantes en prenant en considération non seulement les temps nécessaires pour parcourir effectivement une distance donnée, mais encore le temps dépensé pour rejoindre une de ces stations, temps qui dépend naturellement de la distance entre deux stations voisines. Au point* de vue purement théorique, l’espacement le plus favorable des stations serait toujours celui pour lequel les habitants mettraient, en moyenne, le moins de temps pour parvenir à destination, y compris le temps nécessaire pour rejoindre la station.
- La distance à parcourir en moyenne, pour parvenir à cette station, est facteur de l’espacement des stations sur la ligne. Pour l’habitant demeurant dans une rue autre que celle dans laquelle passe le tramway, on peut admettre que, pour rejoindre cette rue, il parcourt une distance indépendante de l’espacement des haltes, et dont nous n’avons pas à nous occuper dans l’évaluation ci-dessous. En négligeant ce parcours, les habitants qui ont à fournir le trajet le plus long, pour se rendre à un point d’arrêt, sont ceux qui demeurent précisément à mi-chemin des deux haltes voisines; pour ceux-là le trajet représente la moitié de la distance entre deux haltes successives. D’un autre côté, le minimum de chemin sera parcouru par les gens demeurant à la hauteur de ces haltes. En moyenne, on pourra donc compter, pour le trajet à fournir pour se rendre à la halte, une distance égale au quart de celle qui sépare deux haltes. En admettant, pour les piétons, une vitesse de marche de 5km à l'heure, on peut déterminer le temps nécessaire aux voyageurs pour franchir une distance donnée, pour différentes vitesses de marche et différents espacements des haltes.
- L’espacement des haltes a une influence d’autant plus marquée sur la durée du trajet que la vitesse de marche est plus grande.
- Pour un trajet de i 5oom et une vitesse de mar-
- che de t5km, la durée du trajet est minimum pour un espacement des haltes de 4oora environ. Dans le cas d’un espacement plus grand entre les points d’arrêt, le temps plus long nécessaire .pour se rendre à la halte l’emporte donc sur le gain résultant de l’accroissement de la vitesse commerciale. On peut même, sans aucun inconvénient, réduire encore la distance entre les haltes, jusqu’à 25om environ. Les pertes de temps en route, résultant de ce fait, sont très faibles et sont largement compensées par le raccourcisse-sement du trajet à parcourir à pied pour rejoindre la halte. Si le trajet parcouru en moyenne par chaque voyageur est plus grand, l’influence du parcours pour rejoindre la halte diminue, alors qu’au contraire, celle de l’espacement des haltes sur la durée totale du trajet augmente, et les courbes correspondantes présentent leur maximum dans le voisinage de l’espacement des haltes égal à 5oom e.t au-dessus. Pour les vitesses de 12 à i5km, les haltes sont généralement distantes de 3oo à 35om.
- Dès que la vitesse atteint 25kID à l’heure, il devient malaisé de placer les haltes à moins de 4oom les unes des autres, malgré les avantages que présenterait pour le public un plus grand rapprochement de ces haltes. Pour des vitesses encore plus grandes, il faut naturellement augmenter davantage encore la distance entre les points d’arrêt.
- Bien que les considérations ci-dessus n’aient qu’une valeur limitée en pratique et qu’il faille faire intervenir en réalité encore un autre facteur important, mais impossible à évaluer numériquement : la commodité du public, elles fournissent néanmoins des indications précieuses, qu’on ne doit pas négliger lorsqu'on procède à la détermination des emplacements des haltes.
- Dispositions de sécurité.
- Tout danger de collision est radicalement écarté, lorsque, le tramway étant établi sur une plate-forme spéciale, le croisement de cette plateforme spéciale est désaxé par rapport à la direction du débouché des rues-transversales. Lorsqu’un tel désaxage n’est pas possible, ou lorsque le tramway n’a pas de plate-forme spéciale, on peut également diminuer les risques de collisions en modifiant l’alignement des constructions, de façon à dégager la vue sur la voie, aux débouchés des rues latérales
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- Pour lé débouché des rues secondaires, une bonne solution est la suivante :
- A peu de distance de son débouché dans la rue principale, la rue secondaire se bifurque en deux sections faisant avec cette rue principale des angles obtus. La brusque déviation de la rue oblige toutes les voitures à ralentir avant de déboucher dans la rue principale et étend, en outre, le champ visuel sur les voies installées dans cette dernière.
- Reste à donner quelques renseignements sur quelques particularités d’aménagement des points d’arrêt.
- En tant que situation, les haltes sont le plus souvent placées au croisement de deux rues.
- Si les voies sont posées au milieu de la chaussée, on se heurte aux inconvénients déjà signalés résultant de ce que les voyageurs sont obligés de traverser la chaussée pour monter dans les voitures ou en descendre.
- Dans ce cas spécial, il est presque toujours impossible, faute de place, de corriger quelque peu ces inconvénients, en installant par exemple un petit refuge le long de la voie.
- Par contre, partout où l’on est encore complètement indépendant de certaines circonstances locales, l’on devrait toujours tenir compte de l’existence des lignes de tramways et éviter de créer à ces dernières les difficultés auxquelles elles se heurtent à chaque instant dans les quartiers entièrement bâtis de nos villes modernes.
- Il ne faudrait notamment pas perdre de vue que, en raison du nombre toujours croissant des automobiles circulant sur les chaussées, la traversée de celles-ci et le stationnement près des haltes des tramways deviendront de plus en plus dangereux et, aujourd’hui déjà, il n’est pas rare de voir des personnes renversées par des automobiles, en voulant monter dans une voiture de tramway ou en en descendant.
- Partout où les tramways suivent des voies suburbaines très passantes, sur lesquelles circulent dès maintenant et circuleront plus tard de nombreuses automobiles, on devrait donc toujours prévoir des refuges pour les voyageurs montant dans le tramway ou en descendant. La chaussée devra donc, ou bien être suffisamment large pour permettre de construire un refuge, au be-
- soin d’une largeur de im seulement, ou bien il faudra prévoir un élargissement suffisant aux points considérés. -
- Lorsque les voies sont posées sur une plateforme spéciale adjacente à la chaussée, il est toujours bon de donner à cette plate-forme une largeur suffisante pour permettre de ménager le long de cette voie, et en dehors du gabarit normal, un trottoir étroit pouvant offrir aux passants un refuge contre les automobiles. Dans ce but, on établira les bordures en pierre limitant cette plate-forme spéciale, à une distance d’au moins de l’axe de la voie; il restera ainsi,
- le long de la voie, un trottoir-refuge de 65 à 70e"1 de large, suffisant pour donner asile à la clientèle du tramway.
- Nos suggestions seront très probablement considérées comme inutiles et exagérées, notamment par les administrations municipales, qui paraissent généralement peu désireuses d’accorder aux administrations de tramways une collaboration quelconque dans l’élaboration des plans d’extension des villes, collaboration que , personnellement, nous considérons cependant comme absolument indispensable.
- Certes, c’est une tâche bien ingrate que de vouloir essayer de restreindre l’arbitraire et l’indépendance d’une administration et que d’essayer de lui démontrer la nécessité de consulter des tiers, pour mener à bien des travaux qui étaient, jusque-là, de son domaine exclusif.
- Quoi qu’il en soit, qu’il nous soit permis d’exprimer l’espoir de voir bientôt toutes les administrations intéressées reconnaître que les questions relatives aux plans d’extension des agglomérations et à l’aménagement de nouveaux quartiers ne peuvent rationnellement être résolues, au grand profit de la communauté, que par un travail en commun de la municipalité et du tramway. La part d’action qui, dans l’élaboration de ces plans, revient au tramway, ne peut pas être considérée comme devant servir les propres intérêts de l’entreprise; bien au contraire, cette collaboration, tout à fait désintéressée, sera tout à l’avantage de la population et de la prospérité des villes. -
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Résistances tubulaires Ruhstrat émaillées au 'féu\*)'.—Hècke. — Ilélios, 1910, n»»'3a et 33.
- : II .n’existe presque aucun service où l’on ne rencontre une ou plusieurs résistances à curseur qui peuvent être ou très grandes ou très petites; il est Vfai. que, parfois* on' leur donné des noms tels que jamais le public n’y soupçonnerait une résistance. On esY presque porté à croire que depuis longtemps toutes les formes et possibilités de fabrication sont déjà connues, et cependant, l’année dernière, (2), on a demandé un brevet pour une nouvelle forme et un nouveau genre de résistance.
- Avant qu’il fût possible de lancer ce nouveau genre de résistance, on dut passer d’une amélioration à l’autre. Le résultat de ces recherches, c’est-à-dire les résistances tubulaires émaillées au feu, ont en outre l’avantage de créer des possibilités d’application toutes nouvelles.
- Les .anciennes résistances à curseur pouvaient être divisées en trois-groupes principaux, suivant le matériel employé pour le support de la résistance :
- 1. Résistances sur ardoise.
- 2. Résistances sur porcelaine.
- 3. Résistances sur différentes autres matières, par exemple sur tube en fer laqué ou sur tube en fer doublé d’amiante ou de mica.
- Avec le premier groupe surtout, qui est le plus employé pratiquement, on éprouva l’inconvénient résultant du poids trop élevé. La mauvaise évacuation de la chaleur et le coefficient de dilatation très variable du support de la résistance par . rapport à celui du fil résistant se sont manifestés défavorablement principalement en cas de forte charge.
- . Il était naturel de penser à employer un tube métallique comme support pour la résistance; en réalité, on a fait ^le^.tels essais à plusieurs reprises. On fabrique même de telles résistances depuis des années
- (') Fabriquées par l’Elektricitats-Gesellschafl Gebr. Ruhstrat à Gôttingen.
- (2) Les premières résistances de ce genre ont été mises sur le marché par cette maison au commencement de février 1909.
- et elles ont trouvé dans la pratique des applications diverses, sans pouvoir toutefois supplanter la résistance sur ardoise ni la remplacer.
- Il y a, en effet, un inconvénient capital, savoir qu’une télle résistance ne peut être chargée que faiblement, et qu’elle est loin d’atteindre les limites de charge des résistances sur ardoise.
- Dans la résistance tubulaire Ruhstrat, émaillée au feu, on a choisi comme support' de résistance un tube métallique sans soudure (fer, cuivre, etc.), que l’on a recouvert d’une Couche d’émail de porcelaine réfractaire, en guise d’isolant, qui est chauffée à une température d’environ 8oo° G. et on a créé ainsi un isolement qui résiste au rouge sombre. Mais une telle température n’est jamais atteinte, étant donnée la faible épaisseur de la couche d’émail sur le tube métallique qui conduit très bien la chaleur et la dissipe rapidement.
- On a rencontré des difficultés pour trouver un émail convenant à cet usage, et dans les premiers temps des incidents imprévus se répétaient constamment.
- On a essayé, pour des raisons d’aspect extérieur, d’employer des émaux noirs ou bleu noirâtre, qui ont été reconnus irréprochables au point de vue de la résistance aux influences mécaniques. A l’état froid, l’isolement était également bon (résistance à la rupture d’environ 1 000 volts jîar rapport au corps métallique). Toutefois, sous un échauffement normal, cette résistance descendait déjà jusqu’à 400 volts, chose que l’on ne pouvait tout d’abord comprendre. Ce n’est qu’en faisant des recherches analytiques que l’on put expliquer ce fait. Il devait être attribué à l’existence d’oxydes métalliques (oxyde de cobalt, etc.), qui servent à colorer l’émail. Sous l’effet de la chaleur, l’émail devenait conducteur.
- Des essais effectués avec d’autres émaux ont démontré que l’émail blanc se comportait le mieux. La tension qu’il peut supporter, par rapport au corps métallique à' l’état froid, est d’environ 2 000 à 2 5oo volts, et sous la charge maxima, c’est-à-dire pour un échauffement de 200 à a5o° C., d’encore 1 5oo volts. Cette résistance est encore doublée du fait que
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- la tension aux deux extrémités est obligée de traverser l’émail deux fois, pour pouvoir prendre le chemin du corps métallique.
- Un tel isolement est incontestablement suffisant pour la plupart des applications industrielles.
- Comme matériel de résistance pour les rhéostats tubulaires émaillés au feu, système Ruhstrat, on emploie principalement la manganine. Celle-ci a la propriété de se recouvrir facilement d’un oxyde qui isole assez bien. Cet oxyde, quoique son épaisseur soit microscopique, et ne change presque pas le diamètre du fil, possède une résistance à la rupture d’environ io à 20 volts, ce qui suffit amplement pour l’isolement des spires les unes par rapport aux autres, car la tension la plus élevée entre deux spires consécutives dépasse rarement 1 volt.
- Le fil de manganine, ou autre fil de résistance, s’enroule par spires serrées l’une contre l’autre sur le corps métallique préalablement préparé et possède par suite un rayonnement calorifique direct très favorable par le support de la résistance : le tube métallique. On conçoit facilement qu’il soit possible de porter une telle résistance au rouge vif, sans que l’on constate de changement notoire de son aspect extérieur.
- Tourelles de transformateurs.
- Le débit de l’énergie électrique dans de petites localités éloignées exige souvent l’installation de transformateurs de faibles puissances, pour lesquels la construction de maisonnettes serait beaucoup trop coûteuse par rapport à l’énergie consommée. Dans les cas où les transformateurs sur poteaux ne sont plus applicables, on emploiera avec avantage des tourelles de transformateurs. Ces tourelles ont, sur les stations en maçonnerie, différents avantages qui leur ont valu la préférence à celles-ci dans maintes installations, et qui, certainement, contribueront beaucoup à leur propagation.
- Une tourelle, telle que celle que construisent les Ateliers Oerlikôn, n’est pas autre chose qu’un poteau en treillis possédant à sa partie inférieure une cabine renfermant le transformateur et les appareils. Ce pylône offre pour la pose des conduites un point d’appui solide et simple.
- La construction de la cabine et la disposition du transformateur et des appareils dans son intérieur ressortent clairement des figures 1 et 2.La cabine est dimensionnée de manière à offrir un espace suffisant pour la disposition des conduites et pour permettre i
- un aperçu commode des appareils. Elle est ordinairement pourvue de deux portes de service, l’une pour
- Fig. 1. —Cabine du transformateur. Côté haute tension, le côté haute tension, l’autre pour le côté basse ten
- Fig. a. — Cabine du transformateur. Côté busse tension.
- sion ; elle peut cependant aussi être rendue accessible des quatre côtés. —
- L’entrée des conduites primaires s’effectue par un
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- tuyau en tôle galvanisée de 3oo à6oom”de diamètre.
- A chaque bout de ce tuyau est disposée une pièce de fonte en forme d'étoile, sur laquelle est fixée un tendeur pour 3 ou 6 conduites en fils de cuivre nu. Le tuyau est disposé de telle sorte que la pluie ne . |
- àur la surface extérieure du tuyau de tôle dont il a été question plus haut.
- Par des ouvertures ménagées dans le fondement de la tourelle, l’air frais entre librement à l’intérieur de la cabine et, grâce au tirage produit par le tuyau,
- / Fig. 3. — Elévation et sections d’une tourelle de transformateurs.
- puisse y pénétrer et parvenir ainsi dans la cabine. JLes conduites secondaires, 14 fils au maximum, sont menées à l’extérieur par des passe-fils en porcelaine protégés contre la pluie par un avant-toit spécial. Ces conduites sont disposées également sans isolation
- pourvoit à une ventilation énergique du transformateur. Les figures i et i montrent ces ouvertures de ventilation disposées à la partie supérieure du fondement, directement sous la base du pylône. Une disposition un peu plus coûteuse, mais bien plus
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- favorable par le fait qu’elle exclut toute pénétration d’eau dans la cabine, est représentée par la figure 3. D’un côté du fondement, on a prévu une ouverture fermée par une tôle perforée qui permet à l’air frais de pénétrer dans la cabine directement sous le transformateur. L’eau qui se forme inévitablement par condensation, aux températures basses, sur les parois du tuyau, s’échappe par une ouverture pratiquée à la partie inférieure de ce dernier.
- Les tourelles de transformateurs possèdent sur les stations en maçonnerie l’avantage de pouvoir être complètement montées dans les ateliers, sans le transformateur, et livrées ainsi à l’expédition. Sur les lieux de destination, il n’y a plus qu’à les monter sur le fondement et, une fois les connexions des conduites primaires et secondaires, ainsi que celles du transformateur, effectuées, elles sont prêtes à être mises en service. Leur montage est donc des plus simples. Un autre avantage de ces postes de transformation sur les stations en maçonnerie consiste en leur prix relativement minime et dans la possibilité de pouvoir éventuellement les déplacer avec facilité. La forme agréable des tourelles de transformateurs et leur peu d’encombrement permettent de les installer à proximité d’autres édifices, sans porter préjudice à l’aspect de ces derniers, d’autant plus qu’elles peuvent être peintes avec une couleur harmonisant avec le voisinage.
- Les tourelles de transformateurs peuvent aussi être exécutées complètement fermées. Dans ce cas, le treillis de fer est recouvert de feuilles d’éternite qui y sont fixées au moyen de pièces de zinc ou de cuivre. Le revêtement de la cabine est dans ce cas également exécuté en cuivre.
- Ventilateurs de muraille électriques à fermeture automatique.
- Les ventilateurs de muraille représentés ici (fig- i) sont munis d’une hélice à ailettes de construction spéciale, s’ouvrant automatiquement sous l’influence de la force centrifuge lorsqu’on fait démarrer le moteur, et se refermant lorsqu’on l’arrête.
- Le cadre est en fonte, tandis que les ailettes sont en tôle de fer vernie.
- Ces ventilateurs sont établis par les Ateliers Oerli-kon pour courant continu jusqu’à 24o volts pour courant monophasé jusqu’à 240 volts de tension et 4o à 5o périodes par seconde.
- En voici les caractéristiques principales:
- Diamètre de l’hélice: 45omin ; tours par minute : 1 400 (4 pôles) ou 940 (6 pôles) ; débit d’air par mi-
- nute : de 76 à 5om3 ; dépense d’énergie : de 120 à 80 watts.
- Fig'. 1. — Ventilateur en marche.
- Ni les ventilateurs à courant continu, ni ceux à courant monophasé n’exigent de démarreurs spéciaux; ils peuvent donc être braTichés directement sur tout réseau de lumière au moyen d’une simple fiche de contact.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- La fusion que nous avions annoncée dans r.otre dernier numéro est chose faite à présent. La Société Brown Roveri et Gi0 de Baden absorbe la Société d’électricité Alioth, à Arlesheim, près Bâle et la Isaria Zahlerwerke A.-G. à Munich. Les actionnaires de la Société Alioth-reçoivent une action nouvelle Brown-Boveri d’une valeur nominale de 1 a5o francs, jouissance du ier avril 1910, contre quatre de leurs titres Alioth, d’une valeur nominale de 5oo francs. L’actionnaire de la société Isaria reçoit un titre de Brown pour une action de 1000 marks. Le capital de cette dernière société étant de 1 600 000 marks, et celui d’Aliolh de 6 millions de francs, dont moitié en actions ordinaires et moitié en actions privilégiées, Brown-Boveri porte son capital de 20 à 28 millions de francs : 6 200000 francs d’actions nouvelles serviront aux échanges ci-dessus et le solde, pris ferme par un groupe financier, augmentera les moyens financiers-de la société. Il n’est pas besoin d’insister sur les conséquences pra-
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- tiques de cette fusion, au point de vue commercial, tant eu Allemagne qu’en France ; pour l’Allemagne, c’est un groupement très puissant par sa situation financière, par sa clientèle et par ses nombreuses références qui pourra faire échec au nouveau groupe de l’Allgemeine-Lahmeyer ; en France, Brown-Boveri occupe déjà une des premières places pour tout ce qui est matériel de turbines à vapeur, d’alternateurs et dynamos s’y accouplant et son usine du Bourget est en voie d’extension.
- Alioth, parla Société d’Applications industrielles, possède des intérêts dans de très nombreuses affaires d’exploitation qui lui réservent en revanche les commandes du matériel dont elles ont besoin.
- Les associés continueront probablement de répondre chacun aux demandes de leur clientèle particulière, mais ils se feront bénéficier réciproquement des avantages que leur procuré leur situation privilégiée, l’un de constructeur de turbines à vapeur, l’autre de transformateurs et de moteurs asynchrones.
- Nos constructeurs français se contenteront évidemment d’enregistrer cet événement commercial sans qu’une tentative de rapprochement fût seulement faite entre eux; ils succombent ainsi les uns et les autres sous les exigences d'une clientèle, qui n’hésite pas à en faire tout d’abord son banquier et après seulement son chef de matériel.
- La Compagnie Centrale d’Energie Electrique, ce consortium de sociétés françaises et allemandes qui s’est fondé récemment au capital de 5 millions porté à i5 millions par l’émission au pair de 20 000 actions nouvelles de 5oo francs, se dispose à créer 20 000 obligations de 5oo francs 5 % remboursables en 34 ans à partir de igi5 ou par anticipation à partir de 1912. Son acquisition de la station centrale de Rouen est le début de l’application d’un grand programme de distribution d’énergie à Rouen et dans toute la région avoisinante jusqu’à et y compris Elbeuf. La Compagnie Centrale de chenpins de fer et de tramways qui a souscrit une partje du capital de la Centrale d’Energie Electrique s’est réservé pour son compte le monopole de la distribution dahs la région d’Elbeuf où elle recevra le courant produit à la nouvelle usine de Quévilly. Celle-ci est/prévue pour une puissance immédiate dé 12 000 kw. qui ne tardera pas à être insuffisante. Comme il ne s’agit pas d’une expérience, puisqu’à Rouen tramways d’un côté et Société normande de l’autre étaient prospères, nul doute que les obligations 5 % ne soient en faveur auprès du public.
- Voici aussi que le conseil d’administration dés Usines de l’Arve,autorisé par l’assemblée du 3o juin dernier, émet 5 000 000 d’obligations 4 1 /2 % destinés en partie au remboursement de l’ancienne dette de la Société, en partie au renforcement de ses moyens de production. Cet emprunt est garanti par une hypothèque de premier rang prise sur les chutes et les usines, .hypothèque gérée par une société civile d’obligataires. Les titres sont émis à 5oo francs et rapportent 4 1/2% nets de tous impôts présents et futurs, avec coupons semestriels au i01, février et au ier août. Cette dernière formule « nets de tous impôts présents et futurs » est celle en usage pour les emprunts étrangers ; très avantageuse au capitaliste en apparence pour le cas particulier, car ceS impôts retomberont à la charge de la société sous forme de frais généraux réduisant les bénéfices, dont la quotité a toujours son contre-coup sur le cours des obligations ; on en corrige l’effet par l’émission au pair.
- Dans son assemblée générale extraordinaire du 20 septembre, la société l’Est Electrique a porté son capital de 1 400 000 francs à 2 millions par la création de 2 400 actions de numéraire, de 2jo francs chacune, émises au pair et libérées d’un quart. Ces actions privilégiées au même titre que celles existantes jouiront des mêmes droits. Le capital de la société est donc formé actuellement de : i° 400 actions ordinaires attribuées au fondateur; ,2° 7600 actions privilégiées, dont 6000 émises contre espèces et 1 Goo entièrement libérées ont été attribuées à la Société Ardennaise d’énergie électrique en représentation d’apports en nature.
- Le Trust Franco-Belge de Tramways et d’Elec-tricité, qui n’avait pu tenir valablement ses assemblées ordinaire et extraordinaire aux jours précédemment fixés, s’est réuni définitivement le 1e1'octobre, comme nous l’avons annoncé, pour examiner les comptes de l’exercice 1909-1910, les approuver au besoin et voter sur les propositions d’arrangement faites par un actionnaire ou sur l’opportunité de la liquidation. Le bilan fait ressortir une perte de 169246 francs pour le dernier exercice provenant de l'insuffisance des revenus du.portefeuille composé de valeurs de sociétés qui traversent pour la plupart des moments difficiles. Le rapport à l’assemblée ordinaire fait mention des Tramways de Sofia et de la Société Générale de Tramways de Transports et d’Electricité de Smyrne, comme ayant déclaré des dividendes; toutes les autres : Reval, Tiflis, Murcie, Athènes, les tramways suburbains en Russie, sont en
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- période d’organisation ou de transformation. Aussi la valeur du portefeuille-titres, qui forme le seul actif du trust, a-t-elle subi une importante diminution de 38 % , tel qu’il résulte de son évaluation au cours de la bourse au 3o juin et par rapport au prix d’acquisition des valeurs qui le composent. Le conseil a fait à l’assemblée extraordinaire une première proposition de liquidation, puis il a confirmé l’offre de M. Bouvier de constituer par ses soins une société au capital de 3 200 ooo francs divisé en 32 ooo actions de capital de i oo francs et 5o ooo actions de dividende avec la répartition suivante : 5 % à la réserve; 5 % au capital versé ; io % du solde à l’administration; et du surplus, 25 % aux actions de capital et ^5 % aux actions de dividende. Le Trust recevrait i 200000 francs en espèces, 16 8oo actions de capital de ioo francs entièrement libéréës et 5 ooo actions de dividende en échange dè son portefeuille-titres et de 3oo ooo francs environ de créances actives. Après de vives discussions, cette proposition a été acceptée et la liquidation ajournée pour permettre de terminer les négociations, les obligataires devant lui donner leur adhésion.
- Les résultats du dernier exercice de la Compagnie pour la fabrication des compteurs sont des plus intéressants, puisque le bénéfice net est de 5 g56 507 fr. contre 5 86gn5 pour l’exercice précédent et que le dividende seraau moins le même que l’an dernier.
- La Société des Forces motrices du Haut-Rhin est définitivement constituée au capital de 20 millions de marks divisé en deux séries de 10 millions de marks, dont la première a été entièrement libérée et dont la seconde est libérée seulement du quart. Mulhouse et les communes environnantes ont sou-
- scrit 8 millions de ces dernières actions et un groupe financier a pris ferme le surplus qu’il mettra en souscription publique. Le barrage sera établi à Istein-sur-le-Rhin et permettra de distribuer l’énergie en Alsace et dans le Grand-Duché de Bade.
- Il nous plaît de trouver dans la circulaire Renauld une protestation très fondée contre l’engouement de certains de nos parlementaires pour les expositions universelles et la préférence marquée en France, à la suite de ces manifestations, pour tout ce qui est étranger et particulièrement allemand. L’Allemagne, malheureusement, bénéficie, au point de vue de la construction mécanique et électrique, de prix plus .avantageux que nous, et les droits « protecteurs » ne suffisent pas à racheter l’écart ni la prime d’exportation.
- Cette plainte, qui s’exhale avec véhémence, ne trouvera guère d’écho auprès d’industriels et de commerçants qui ont bien plus le souci de se procurer leurs marchandises et leur matériel au meilleur prix, que de soutenir l’industrie et le commerce français ; ij y a trop de causes à cette situation pour en accuser l’une plus que l’autre et pour croire qu’une surélévation nouvelle des droits la modifierait en quoi que ce soit. Suivons plutôt l’exemple des Allemands qui concentrent tous leurs efforts et qui parviennent par l’union de leurs banques et de leurs industries à démolir toutes les barrières douanières et à' tourner tous les obstacles, fût-ce même l’obligation inscrite dans certains de nos cahiers des charges de n’employer que du matériel construit en France.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Belgique. — Le Moniteur des Intérêts matériels de Bruxelles annonce que la Société nationale des chemins de fer vicinaux va faire incessamment une nouvelle et importante commande de matériel roulant : voitures mixtes et de 2e classe, voitures ouvertes, fourgons, etc., pour une valeur d’environ un million de francs.
- Allemagne. — Le bureau central des chemins de fer à Berlin négocie avec les usines habituelles la fourniture
- de5io locomotives de différents types pour les chemin de fer de l’Etat prussien et de 10 locomotives pour les chemins de l’empire; le délai de livraison s’étend jusqu’au 3o septembre 1911.
- Mexique. — Un contrat vient d’être conclu entre le ministère des Communications et Travaux publics et la Compagnie des tramways de Mexico pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer à traction électrique entre Ixtapalapa et Puebla. Cette ligne, qui
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- 64
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N* 44. ;
- aura une longneur d’environ i6okm, devra être construite dans le délai de dix ans,
- TÉLÉPHONIE
- Loire-Inférieure. — La Chambre de commerce de Nantes est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 215 35o francs, en vue de l’établissement de circuits téléphoniques Nantes-Paris (36 et 4J)-
- Algérie. —; La Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de .7 172 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique d’Oued-Zénati à Raz-el-Akba.
- La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général une somme de 6 600 fr. en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Oran-Fleurus.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est.
- Jeumont.
- Bulletin mensuel, mars 1910. —Eclairage électrique de la commune de Mont-sur-Marchienne.
- Avril 1910. — Nos moteurs de traction.
- Mai 1910. — Nos ponts roulants.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, octobre 1910. — Fernleitung elek-trischer Energie.
- Regulatoren und Regulierungen der Dampfturbinen-Metallgefüge.
- Die Elektrizitats-Aulagen in Santiago de Chile.
- Amvendungsgebiet der verschiedenen Zithlertypen Gekapseltes Ins lallations-Material.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société Franco-Beige pour la Construction de machines et de matériel de chemins de fer. — Le i5 octobre, 5, rue de la Boétie, à Paris.
- Société Industrielle d'Énergie électrique. — Le 26 octobre, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie Générale dé Raiiways et d’Electricité. — Le 10 octobre, 91, rue de l’Enseignement, à Bruxelles.
- Ma/bon Bréguet. — Le 28 octobre, 19, rue Blanche, à Paris./
- Compagnie Parisienne d’Energie Electrique. — Le 10 octobre, 167, rue Montmartre, à Paris.
- Société Electrique des Pyrénées. — Le 27 octobre, 8, rue Pillet-Will, à Paris.
- Etablissements Arbel. — Le 3 novembre, 28, rue du Rocher, à Paris.
- Compagnie Parisienne de l’Air comprimé. —Le 26 octobre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnies Réunies Gaz et Electricité de Lisbonne. — Le 3i octobre, 27, rue da Boa Vista, à Lisbonne.
- Société d'applications industrielles. — Le 26 octobre, 8, rue-Pillet-Will, à Paris.
- Société Ariégeoise d’Electricité. — Le 20 octobre, à Pa-miers.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Jusqu’au Ier février 1911, M. le préfet du Calvados, à Caen, recevra les propositions en vue de la concession du tramway (à vapeur ou électrique) à voie d’un mètre de Poligny à Mézidon.
- . TURQUIE
- Le ministère ottoman des Travaux publics ouvre un concours pour l’établissement à Karchi, Kara-Bouroun ou à Alatchaï, d’un poste.de télégraphie sans lil destiné à communiquer avec la stalion de D’erné à Benghazi.
- Les offres relatives à cette adjudication seront reçues, jusqu’au 19 octobre (vieux style), au ministère précité, à Constantinople.
- ALLEMAGNE
- Jusqu’au 23 novembre, à 9 heures, à la Deutsch-Chi-nesische Eisenbahn-Gesellchaft, 3i, Unter den Linden, k Berlin ( W. 8.), fourniture de 19 locomotives pour le tronçon nord de la ligne de l’empire chinois Tientsin-Pukow.
- Le 14 octobre, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Erfurt, fourniture de 3 moteurs électriques.
- F»BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noukt.
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- SAMEDI 15 OCTOBRE 1910.
- Trente-deuxième «huée.
- Tome XII (3® série). — N* 42.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment A
- I/Ëclairage Électrique |
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ
- \
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. — L. Berger. Chronique des machines électriques : Théorie et calcul du moteur à répulsion, p. 67.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Le réglage automatique de la tension aux bornes des alternateurs, M. Seidner, p. 78. — Usines génératrices. Les bénéfices des stations centrales rurales, R. Meier, p. 81. — Influence de la création d’une usine d’électricité sur les usines à gaz de la même localité, G. Dettmar, p. 83. — La mise en valeur des forces hydrauliques du lac de Walclieu, Kœhn, p. 84-— Applications mécaniques. Machine d’extraction électrique à la « Mauveschacht » système Brown-Boveri, C. Leber, p. 84. — Brevets. — Perfectionnements apportés aux accumulateurs électriques, p. 85. — Radiotélautographe, A. de Mailly et L. Chantelot, p. 86. — Correspondance. Exposition de Bruxelles, p. 86. — Chronique industrielle et financière. —Â’otes industrielles. Nouveaux isolateurs à hautes tensions, p. 87. — Chronique financière, p. 92. — Renseignements commerciaux, p. 94. — Adjudications, p. 96.
- ÉDITOIUA l
- Nous n’avons pas à présenter de nouveau à nos lecteurs M. L. Berger qui s’est chargé de tenir notre Chronique des machines électriques au courant des travaux importants parus sur ce sujet, surtout de ceux dont l’ordre est réellement pratique. En contact journalier avec les problèmes de la construction des machines, notre collaborateur est fort bien placé pour discerner ce qui est ou non applicable.
- La théorie et calcul du moteur à répulsion, sur laquelle il insiste longuement aujourd’hui, ne se cantonne pas dans le domaine de la théorie pure. M. F. Rush, à qui elle est due, a eu pour but d’établir des formules direc-
- tement utilisables en pratique pour déterminer les dimensions des moteurs.
- L’artifice employé consiste à remplacer le bobinage réel par un bobinage sinusoïdal équivalent et il en résulte un calcul simple qui permet de déterminer toutes les grandeurs qui entrent dans la construction du diagramme, en tenant compte ou non des fuites et des pertes ohmiques. L’auteur étudie l’influence des spires mises en court-circuit par les balais pendant le démarrage, détermine le couple, etc... et termine en donnant un exemple de calcul numérique d’un moteur.
- Le réglage automatique de la tension aux
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- 66
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2e Série). — N° 42.
- bornes des alternateurs est l’un des problèmes qui ont suscité le plus de travaux.
- A ce point de vue, l’étude de M. M. Seidner est fort intéressante, car elle résume la plu-part des efforts qui ont été tentés dans le but d’opérer le réglage de la tension.
- L’auteur se place surtout au point de vue économique et divise les différentes méthodes employées en six groupes. Tantôt on redresse le courant alternatif, soit par collecteur, soit électrolytiquement ; tantôt on a recours à des excitatrices ou commuta-trices spéciales ou bien encore on utilise la réaction d’induit elle-même.
- L’auteur examinera prochainement deux autres méthodes dans lesquelles le courant alternatif agit sur le champ des excitatrices soit par l’intermédiaire d’un régulateur, soit même directement.
- Sous la rubrique Usines Génératrices, nous publions deux articles, l’un et l’autre importants au point de vue économique.
- Le premier, de M. R. Meier, est relatif aux bénéfices des stations centrales ruràles en Allemagne. Ces bénéfices sont loin d’at-
- teindre ceux que réalisent les centrales des villes industrielles.
- L’auteur examine les causes de cette situation : la principale est le faible coefficient d’utilisation de ces usines; puis il indique ce qu’il serait possible de faire pour améliorer l’état de choses actuel.
- D’aute part, M. G. Dettmar étudie Vin-fluence de la création d'une usine d’électricité sur les usines à gaz de la même localité. En se basant sur des statistiques allemandes, il démontre que cette influence se fait assez peu sentir, surtout dans les villes importantes, au point de vue de la consommation totale de gaz ; toutefois, la partie de cette consommation réservée à la force motrice, diminue sensiblement.
- Enfin, M. G. Leber décrit une machine d'extraction électrique, employée à la Mau-vèschacht, dont il mentionne les principales caractéristiques mécaniques et électriques. La liaison entre, le groupe turbo-dynamo et le moteur d’extraction est réalisée au moyen du système Ward-Leonard.
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- 15 Octobre 1910.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE DES MACHINES ÉLECTRIQUES
- THÉORIE ET CALCUL DU MOTEUR A RÉPULSION
- Les moteurs à collecteur deviennent de plus en plus d’actualité et les méthodes sont déjà nombreuses qui permettent de construire le diagramme de fonctionnement de ces moteurs. Mais la plupart de ces méthodes sont restées sur un terrain absolument théorique q ui ne permet pas sans effort de passer au calcul pratique de ces machines, quelquefois un peu déconcertantes. Cet écueil a été évité par M. F. Rusch dans sa « théorie et calcul du moteur à répulsion (’) », qui permet de suivre pleinement le fonctionnement du moteur monophasé à répulsion et de calculer à chaque instant les grandeurs qui entrent dans là construction du diagramme. Pour permettre ce calcul, M. Rusch emploie un artifice qui consiste à remplacer tout bobinage par un bobinage sinusoïdal équivalent et cette méthode donne au calcul, comme on va le voir, une grande simplicité.
- Le moteur à répulsion, composé d’un stator de moteur asynchrone et d’un rotor de machine à courant continu avec collecteur, se construit soit avec deux lignes de balais court-circuitées (fig. i), soit avec quatre lignes de balais court-circuitées deux à deux (fig. 2). Cette dernière disposition présente l’avantage d’un réglage plus précis par décalage des balais (puisque l’angle G de l’axe du rotor avec l’axe du stator varie moitié moins vite que l’angle de décalage des balais), et d’un champ secondaire plus sinusoïdal.
- Deux champs magnétiques existent dans ce moteur, l’un <Fj dii au stator, dont l’axe dans l’espace est donné par le bobinage fixe du stator, l’autre d>2 du au courant J? du rotor et
- C) Elektrotechnik und Maschinenbau, des 6, -i3 et 20 mars 1910.
- qui a son axe dans l’axe des lignes de balais et fait par suite un angle {3 avec le flux du stator; la réaction de ces deux flux l’un sur l’autre provoque la rotation du rotor.
- Fig. 1.
- Pour permettre l’étude des phénomènes, il est nécessaire de donner aux ampère-conducteurs et aux flux, dont la répartition est trapézoïdale ou triangulaire, une répartition sinusoïdale équivalente (en supposant, bien entendu, une faible saturation).
- En cherchant la racine carrée des carrés moyens pour des ampère-conducteurs répartis en trapèze et couvrant une fraction y du pas polaire x, on trouve que la valeur efficace de ces ampère-conducteurs est
- 9 #
- r — y fois les ampère-conducteurs maxi-
- ma. Or, ceux-ci sont égaux, pour un mo-
- N . ,
- teur quelconque, à AWn = — J ; il s ensuit
- .4 p
- que l’ordonnée maximum AVV d’une sinusoïde de même valeur efficace que le trapèze sera telle que :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). — N» 42.
- d’où :
- ce qui pourra permettre d’écrire l’équation donnant la valeur des ampère-conducteurs supposés répartis sinusoi'dalement en fonction de l’arc x sous le pôle (fig. 3)
- N /, w
- aw — — J \/ i-----------y cos - x,
- 4p V 3 t
- Fig. 3.
- , où t est le pas polaire (’).
- Cette courbe est l’intégrale des ampère-conducteurs par centimètre, de sorte que ceux-ci seront:
- aw d[aw) cm dx
- w
- 4 N . k -y — sm-.-r X J-3 hp x
- On voit, sous cette dernière forme, que le bobinage réel est remplacé par un bobinage idéal dont le nombre de conducteurs par centimètre varie sinusoi'dalement et est égal à :
- W
- cm
- N .
- — sin 4 P
- T
- X
- On en tire immédiatement, pour l’inducteur, l'ordonnée maximum des ampère-conducteurs :
- tiAi t / 4 Ni t -Ni
- AW,=y.-5-r-J, =
- P)
- et l’équation des conducteurs par centimètre :
- W,
- cm.
- r A
- («)
- (<) Dans les calculs, certaines notations allemandes sont conservées, pour faciliter la référence au travail original de M. Rush.
- Pour le rotor le rapport y, de l’arc couvert de conducteurs actifs au pas polaire,
- est égal à —- (fig. i); de plus le nombre de
- 1 oO
- conducteurs actifs est égal à — —.
- 4P 180
- Si N2 est le nombre total de conducteurs du rotor, on aura alors pour l’ordonnée maximum de la sinusoïde des ampère-conducteurs du rotor :
- aw'=^-Îs(t
- N.
- SoJ 4p‘
- .fjLh. i
- /2180 4P 2’
- et pour l’équation des conducteurs par centimètre carré :
- W2 * /. « N2 . * ...
- ---— - ------sin-ar. (6)
- cm t ' 180 4 p x ' '
- Mais AWf et AW2, homologues aux champs magnétiques, étant répartis sinusoïdalement dans l’espace, peuvent être représentés par des vecteurs qui seront décalés l’un par rap-
- Fig. 4-
- port à l’autre de l’angle de décalage des deux champs dans l’espace, soit g (fig. 4). Cette représentation montre immédiatement qu’une composante de AW? :
- AW.,= AW2 cos p,
- sera directement opposée aux AWj de l’inducteur; leur différence, AWt — AWf, créera le
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- 15 Octobre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 69
- flux *J>( dans l’axe du stator. L’autre composante de AW2 :
- AW, = AW, sin P
- normale à AW?, engendrera le flux <ï>7 perpendiculaire au flux dans l’espace. Ces deux flux pourront être considérés toujours séparément, bien qu’existant seulement par leur résultante rt>2. On aura donc :
- Awy = A 7^3 ^ cos fi..1. (,)
- (ordonnée de la sinusoïde des contre-ampère-conduc-• teurs axiaux) ;
- wK = i
- cm i ~
- i8o 4 p
- cos |3
- (8)
- (ordonnée de la sinusoïde des conducteurs de réaction axiale par cm.);
- AW- = f'~k vsinM, (9)
- (ordonnée de la sinusoïde des contre-ampère-conducteurs transversaux de réaction) ;
- w*
- cm
- t: a N2
- -fi--x- — -sin P
- X IOO .\p
- (io)
- (ordonnée de la sinusoïde des conducteurs de réaction transversale par'centimètre) ;
- ! Ces forces électromotrices seront toutes de la fréquence du réseau; celles dues à la pulsation seront perpendiculaires au flux générateur dans le temps et celles dues à la rotation seront en phase dans le temps avec le flux générateur, les flux <ï\ et d>3 ayant, dans le temps, un décalage qui dépendra du régime de marche, mais étant, bien entendu, toujours perpendiculaires dans l’espace, par définition.
- Or un champ sinusoïdal d’équation
- <f>j
- = *f
- ,J(\
- B0 cos ( — x \. dx — <I>0 sin - x,
- qui agit par pulsation sur un enroulement sinusoïdal dont le nombre de conducteurs est, pour une longueur dx, égal à :
- — dx = - W0 sin ( — . dx,
- cm t \v J
- donnera, dans ces conducteurs, une force électromotrice égale à :
- dW = —^ c W„ sin x'j d.rj j^ï>0sin ^ \
- où c est la fréquence.
- On aura par suite la force électromotrice
- X
- par pôle en intégrant de o à - soit :
- équations dans lesquelles cos p peut être remplacé par sin * et sin p par cos - puis-
- que p — 90° — -.
- On peut maintenant calculer les forces électro-motrices induites dans le rotor qui seront :
- i° Engendrées par <ï>, :
- . Dans les conducteurs axiaux W^, par pulsation: E„.
- Dans les conducteurs transversaux Ws, par rotation : E,..
- ?.° Engendrées par :
- Dans les conducteurs transversaux W9, par pulsation: Ea.
- Dans les conducteurs axiaux W«-, par rotation: Erî.
- E' — 4,4-4 c - W0(t>0 io”2 (en exprimant <1> en millions)
- et si l’on a 2p pôles et 2a circuits en parallèle:
- E total = 4,44 c ^ ^ W0j d>o-1»-2, (11)
- VV0 et «b0 sont, dans cette formule, les ordonnées maxima des sinusoïdes représen-
- () Cette formule est simplement la formule générale connue, donnant la tension efficace engendrée par un (lux
- $ sinusoïdal, de fréquence -, dans un nombre donné de
- spires et qui s’écrit :
- E = N‘I\io-2.
- V2 *
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série), — N» 42.
- tant les conducteurs par centimètre et le flux. On en déduira immédiatement, en faisant W0 = Wff ou W9, les forces électromotrices de pulsation dues à <!>, dans WV et à <1>S dans W, soit :
- Ep — 4,44 c j p* Lï' ^ _fL Nj. 3 180 4 ci . àr sm -i |<1>7 IO-2, (I2)
- E,.= 4,44 c | G' f 3180 itii aT cos - ] ‘I»7 10-2, (13)
- dans lesquelles on posera, pour les utiliser t/ï —fwï (,) -
- En intégrant de o à- on aura la force élec-2
- tro-motnce totale ; en posant - ? R0 = d»0 et
- *
- ^ = c,., fréquence du rotor ; en tenant
- compte de plus des ip fils et de ici circuits en parallèle:
- E',. 4,44 c,. -£ W04»0 io—2 volts efficaces.
- 4 a
- En portant dans cette formule W^. et W4on trouve :
- De même, par rotation, un champ sinusoïdal d’équation B* = B0 cos qui agit '
- sur un nombre élémentaire de conducteurs
- E,. = 4,44 cr.ftvz.cos - <ï>< io~2, (14) 180 4 a 2 v
- OC ÎV (X
- Er? — 4,44 c,. ,fw2. —. —^ sin - <]>„ 1 o-2 ( 15)
- 180 4 a 2 '
- w ix =
- cm
- W0 cos
- donne une force électromotrice efficace (puisque le champ est également sinusoïdal dans le temps) :
- JE',. = — X p W0 cos ^ x'j dxJ .
- ^ /-TC \ 2»T7t
- X B#cos /-X j x ---- X io-8 (2).
- (>) Ce fadeur /»'a"a, d’après Arnold, une valeur
- siny-/il'2 = --
- n Y -2
- On en tire donc pour le facteur fi précédemment déterminé.
- 17 -* •>
- TT
- au lieu de
- Ces deux valeurs sont d’ailleurs très voisines et l’on peut prendre indifféremment l’une ou ^.l’autre. Remarquons de suite que lorsque y o^ laformule d’Arnold
- donne f, = -, valeur qui sera employée pour les spires en
- 7t
- court circuit sous les balais.
- (2) Cette formule est l’application de la formule connue donnant la tension efficace engendrée dans un nombre de
- où fw0 = - foi comme plus haut.
- 4
- Des équations (12), (r3), (14), (i5), qui permettent de calculer les forces électromotrices induites dans le rotor, on tire les relations:
- _ c,. a cr a „
- Er = — colg-.E,, et Er„= —tg-.E c 2 c i
- qui permettront de simplifier les formules tirées du diagramme.
- Si l’on considère que le flux d>( créera dans le stator une force électromotrice Ej perpendiculaire à (I>e dans le temps, on n’aura qu’à
- N
- mettre fw, à la place de fw2 et —1- à la place
- N
- de —, dans la formule générale des forces
- 4«2
- électromotrices de pulsation, pour trouver :
- N
- E, = 4,44.c./m<.-—-<\>t io-s. (16)
- 4 ci 1
- conducteurs donnés, coupant avec une vitesse donnée un champ d’induction donné, formule qui s’écrit:
- I E
- (
- -h Ne B to-a.
- V2
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- 15 Octobre 1910. RE|VUE D’ÉLECTRICITÉ
- Diagramme en négligeant les fuites et les pertes ohmiques.
- On peut alors construire le diagramme des forces électromotrices, flux et courants dans le temps (fig. 5) pour le cas où l’on n’a ni pertes ohmiques ni fuites.
- Le flux <1\ calculé avec la formule (16), où Et est la force électromotrice aux bornes, donne E„, par pulsation dans le rotor, perpendiculaire à <I»,, et E„ par rotation, en phase avec dont la résultante est E2 que l’on peut alors calculer :
- E2 = y/Ëp2 + Er* = E„ y/i + (±y cotg2 î. (, 7)
- <!>,, encore inconnu, créera dansle rotor E, par pulsation et Er, par rotation, dont la résul-
- Fig. 5.
- tante E'2 devra être égale et de signe contraire à E0 pour que la force électromotrice totale dans le rotor soit nulle. On aura donc :
- E'2 = s/E,2 + E,./ =
- ce qui permettra de trouver*»!», en fonction ded>„ en remplaçant E,et Ep parleurs valeurs en fontion des flux, soit :
- .8)
- Connaissant d>( on aura donc pour un a et une vitesse c,. quelconque, et de <!>, on tirera E,et Erî en grandeur par les formules, et en direction en les inscrivant dans le demi-cercle décrit sur E2 comme diamètre.
- E,., qui est en phase avec <!>, dans le temps donnera alors la direction de d>, et par suite celle de J2 qui est aussi en phase avec <ï>, dans le temps.
- Or, de l’équation (9) on tire AW, qui permet, étant donné l’entrefer et les sections de fer, de trouver <I», en fonction de J2. On aura donc, sur cette caractéristique, J2 en grandeur
- W.
- lorsqu’on connaîtra »!>„. Mais une fraction —
- W,
- seulement de cette intensité intervient pour la formation de (I>( (fig. 4); on portera par
- W,
- suite sur E,., une longueur J'2 — J2 —- qui
- VV |
- donnera la composante de courant du rotor qui tend à créer d>,.
- Or, la résultante qui crée <I>e peut être calculée avec la formule (3) qui donne :
- J
- AW,
- IV
- kp
- formule dans laquelle AW, est connu puisque c’est le nombre d’ampère-conducteurs capables de créer le flux sinusoïdal d>( qui est connu.
- Connaissant et J'2 on trouvera l’autre composante en terminant le parallélogramme, et J1 sera en grandeur et en phase le courant primaire.
- Le diagramme est alors terminé et toutes les grandeurs en sont connues. On en tire encore :
- E,
- — E
- vq
- c a E,.- cr- a
- -cotg- et tgY=E-=-cotg-,
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- 72'
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2e Série.)— N» 42.
- d’où
- On aura donc :
- tgS = cotg(<p2 — y) =
- X -T-. (I9) sina
- E2 — s/e/ -f- Er2 — y/(E7 -j- J2.r2)2 -)- (Er? -j- J2/-2)2 == y/(Eq -f- Ja^ï)2 ^Ef/ tg1 —. ---------------[— J2 /-2^ z=i E'2.
- La formule (18) donne donc <I>S en fonction de <I>t et la formule (19) l’angle dans le temps entre d>, et (I>, (qui sont, comme on lra vu, perpendiculaires dans l’espace).
- On conclut de suite de ces formules que :
- C X
- i° Au démarrage, — étant nul. d> = <1>( tg -
- c 2
- et 3 = o.
- 20 Au synchronisme, — = 1 ; d’où <!>,, = *I\et
- tg S = 00 ; d’où § = 90°.
- Donc, au démarrage, puisque 0=0, «h, est en opposition avec d>(; <!>„ et avec lui J2,
- croissent comme tg -, c’est-à-dire que le couple, proportionnel à J2 <I>?, croît énormément avec tg- et devient infini pour a= 180".
- 2
- Au synchronisme, d>a et <I\ étant égaux et décalés de 0 — 90° dans le temps, comme ils le sont déjà de 90° dans l’espace, 011 aura dans le moteur un champ tournant parfait.
- Diagramme en tenant compte des fuites et des pertes ohmiques.
- Le flux «h, n’engendre plus la force électromotrice aux bornes du stator ; celle-ci K résultera de la composition de Ej engendré par d>, et perpendiculaire sur lui, de J1 force électromotrice de fuite perpendiculaire à Jj, et de J. perte ohmique parallèle à Jt (fig. 6). Dans le rotor, d’, engendrera comme précédemment E„ et E,., dont la résultante sera E2. Mais cette résultante sera équilibrée non seulement par là résultante de Erï et Ej, comme précédemment, mais, en outre, parla force électromotrice de fuite perpendiculaire à J2, c’est-à-dire à E,.q, et par la perte ohmique J,/’2, parallèle à J2.
- Si l’on part de <T\ il sera donc possible de calculer Ep, Er et par suite E2.
- Fig. C.
- On peut, d’autre part, construire la carac-
- Fig. 7.
- téristique donnant E? en fonction de J2, mais en même temps on peut construire
- E'2 = ^(E17 -(- J2.r2)2 -j- (Er? -(- J2/’2)2
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- 15 Octobre 1910. REVUE D’ÉLECTRICITÉ -- 73
- en fonction de J2 (fig. 7). Sur cette caractéristique, on cherchera le point E2calculé avec «b; et on en déduira de suite Ea, J2, E,.a, J2 x2, J2 r2 par le calcul. En traçant la corde Ea-j-J2 .r2 dans le demi-cercle déciût sur E2 on aura E,.a et Ea en direction. Sur E,.a on portera
- wf
- J'2 = —- J2 (fig. 8), puis on calculera sur J(i la W {
- caractéristique de <I>, en fonction de J^, et on
- Fig. 8.
- terminera le parallélogramme des courants dont J,* est la résultante et J'2 une composante. On en déduira J j en grandeur et en direction et par suite J., xt et Jt avec lesquels on trouvera K aux bornes. L’angle entre K et Jt donnera le décalage y aux bornes.
- Du diagramme on tire :
- d’où
- 1'. tj —(— J j .t'2 Ér? "H 'Lf 2*
- Cr Cf.
- tgy — 7c0tg?
- Lr7 + C
- tg- +
- tgc
- E q —|— J 2 X g Cr 7
- + J2
- c a — tg-cr 7
- K <y | * «J 2 •Z'z E
- ou, en posant #a = —?,
- "2
- cr 7 . r/-2 . c,. cf. -t'i 1
- ----:----h-----------COtg — X -----
- ^ c sina | xq c 7 x,r \
- et
- a>a = <i>«tg-
- Ges deux équations montrent de suite:
- 10 Que tg S sera 00 c’est-à-dire que S sera égal à 90° lorsque le dénominateur de tgS sera nul
- ce qui arrivera, en négligeant /2 cotg -, pour
- c’est-à-dire pour une vitesse hypersynchrone.
- 20 Que <ba sera égal à ‘I>, lorsque le numérateur et le dénominateur sous le radical seront
- égaux, ce qui arrivera en posant—' = o, pour
- Xq
- £2
- éVn
- -^2
- tsz- — 1
- c’est-à-dire pour une vitesse hyposynchrone.
- On ne pourra donc pas avoir en même temps <b2 = et S — 90°, et par suite il n’existera jamais de champ tournant parfait dans le moteur.
- En outre, au démarrage où — = o, on a:
- tg -
- 7 .cc .y —|— x
- en négligeant—. Si la machine est peu sa-
- Xq
- turée, xq ne variera pas beaucoup avec J2; <bs redevient nul pour a = 1800 au lieu d’être infini comme dans le cas de l’absence de dispersion. Jusqu’à a = 120°, par contre, les deux courbes se confondent presque.
- Si l’on néglige toujours r2 devant^ -j-
- E
- on a pendant le démarrage J2 —-------— et
- le couple de démarrage sera J2 <ba = Da.
- Influence des spires en court-circuit par les balais pendant le démarrage.
- Le même artifice de décomposition des spires, considérées comme spires agissant axialement et agissant transversalement, permettra de trouver l’influence dans le dia-
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- 74
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N« 42.
- gramme des spires en court-circuit sous les balais.
- Dans les WK spires mises en court-circuit par les balais fixes placés dans l’axe du stator, le champ transversal d>9 seul créera une tension qui fera passer dans ces spires, de résistance composée totale /'K, un courant:
- et, étant induits par'<I>4, lui seront perpendiculaires et se composeront avec les ampère-tours de l’induit pour créer le flux «b,.
- Si l’on construit le diagramme au démarrage (fig. 9), on trouvera donc J2 en cherchant les ampères-tours AWR, qui composés avec AWk dont la valeur est
- • ___£ko___4,44 io-2
- K° ~ — rK
- Les WK spires en court-circuit par les balais mobiles peuvent se décomposer en un nombre WK cos a soumis au flux transversal d>2 qui créera dans ces spires un courant
- 4,44 c\VK cosa.<t>7. io—2
- AWk = - Wjj (îKq -f- iK, cos a) \Za ic
- 2 c WK2 - ( i + cos2 a) <ï>„ i o~® rc ‘
- ~ l'K
- donneront les AW, nécessaires pour créer d>5.
- J2/’2 sera en phase avec J2, J2,r2 sera perpendiculaire à J2, E4, perpendiculaire à (c’est-à-dire à AW,) et ces trois tensions équilibreront Ep engendré par d>(.
- •et un nombre de spires WK sin «soumises au flux d>e qui créera un courant :
- 4,44 WKsina.<ï>«. io-:2
- Les ampère-tours dusàiK , étant induits par <I>(, lui seront perpendiculaires mais, comme
- Fig- 9-
- ils seront proportionnelsTTsin2 «, on peut les négliger, sin'2 x étant très petit.
- Les ampère-tours dus à 4» et iKl seront
- 4 • /— 4 . /—
- égaux à : — WK ?k„ V 2 et — WK cos « y 2
- TC TC
- On en tire de suite la conclusion que les ampère-tours de court-circuit A WK diminu ent <p2 et par suite » de l’angle £ pour lequel
- tg«=
- AWk
- :aw9
- et par suite améliorent le décalage au démarrage.
- Court-circuit du moteur.
- La simple application des formules générales montre que le courant de court-circuit est proportionnel à la tension aux bornes (a étant nul et cr aussi).
- Puissance transmise sur Varbre du rotor.
- Cette puissance est égale au produit du courant J2 par la tension E^ induite par le flux d>t projetée sur J2 et diminuée de /-2J2, ou ce qui revient au môme (fig. 6) :
- L = 2a J2[Er7 -J- E,. cosS]. (22)
- Il faut remarquer que le terme en E, cos § est négatif pendant la marche hypersyn-chrone et d’ailleurs en général assez petit pour qu’on puisse le négliger.
- » Couple.
- L’effort sur un centimètre de périphérie
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- 7tt
- de l’induit est égal au produit du nombre de conducteurs existant sur cette longueur par le courant passant dans les conducteurs et par l’induction au point considéré.
- En portant dans cette formule la valeur de
- -^-en fonction de.r, soit - W0 cos (- et la cm ’ t u \t /
- valeur de Bx = B0 cos , et en intégrant
- de o à t et multipliant par 2p, on trouve pour l’effort total exercé par un champ sinusoïdal de 2p pôles sur un enroulement sinusoïdal :
- oùW0est le nombre maximum de conducteurs par centimètre et B0 l’induction maximum.
- -Or,
- De plus, B0 = B cos ut et i est décalé de de 8, soit
- i — — J cos (ut + 5) et B
- - B„
- on trouve alors pour l’effort total en kilogrammes, en fonction du temps :
- IO—ü 7C
- —— fw Ns - B„,J [— cosw ï.cos (ut +8)1 9,81 2 ' '
- dont la valeur moyenne pour une période est :
- Am0y = fwN2- B,« J - cos 8.
- 9,81 2 2
- Cet effort est appliqué à une distance de l’axe de rotation égale à —; on aura donc
- pour le couple, produit de Am par et en
- tenant compte de la formule Jea t= —rr :
- >/»
- d — - I°-— /ïvNgBmJea sj-i lt — cos8 4 9,81 2
- où li est la largeur de fer.
- Le moment total sera obtenu en ajoutant le moment dû à <Pq sur Wg, soit :
- dq — iAÜ fw2-^~ sin - N. D'» Ucm 10-1 B„ J2, (23) au moment dû à «b, sur W„ soit :
- dt=——fw%—— cos — N2D"+c'"' io—7B<J2cos8. (24) 2 180 2 ' '
- Calcul d'un moteur.
- La puissance étant presque entièrement due au terme 2a J2 Er2 de l’équation (22), on aura en chevaux :
- 13C 1 1 27C « • *N2 , , ,
- Fo = -tt: artJg—;cr/»Vg—— sin--aqltx 10—8. 125)
- 73(1 J2 I°° 2 4a
- Si l’on introduit dans cette formule
- TC TC D
- Bmax = B. - et si l’on remplace t par ----- et
- 2 1 1 2p
- np
- c,. par -g—, on trouve pour a = i5o° environ :
- PS == [Bm;ir X Acm X ïo-°] D,„2. llm. n, NJ,
- (26)
- dans laquelle Acm = —représente les ampère-conducteurs par centimètre sur le rotor et où D„t et lim sont exprimés en mètres.
- Cette équation de la puissance se présente ainsi sous la même forme que pour une dynamo quelconque et lorsque la pratique aura montré les valeurs acceptables pour Bma* et Acm les dimensions du moteur en résulteront immédiatement. -
- De la remarque que, à pleine puissance, on cherchera à être au synchronisme, c’est-à-dire que l’on aura sensiblement 4>s = on tire que AW, sera presque égal à AWr Or, 0,8 «b,
- on a AWtt
- T U
- où 8 est l’entrefer en
- centimètres ; on pourra donc écrire avec une approximation suffisante :
- __AW,,__0,8+8
- 2“ AŸ7” yvçtif
- En remplaçant Wa par sa valeun tirée de l’équation (10) et en remplaçant J2 par sa
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- 76
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). — N« 42f
- valeur dans l’équation (a5), on trouve pour la puissance une nouvelle formule plus particulière au moteur à répulsion, soit, en chevaux :
- PS
- 12 tg- x Pj
- Uf/rt licm
- X C,
- où c est la fréquence et <I>, exprimé en millions. Cette formule montre immédiatement que, pour un flux total donné, il faudra diminuer les dimensions D et l{ et augmenter l’entrefer lorsque la puissance augmentera. Lorsqu’on sera arrêté dans cette diminution de D et /,• par réchauffement, on n’aura plus que la ressource d’augmenter 2p <h, pour augmenter la puissance.
- Or, si l’on s’impose la tension du court-circuit sous les balais au démarrage, à 9 volts environ, valeur qu’il serait dangereux de dépasser, comme la valeur de cette tension est :
- Ek = 4,44c,Wk<I*< io~2 volts,
- on en tire, suivant la fréquence, une valeur maximum de *ï»t, pour W* = a, égale à 2 millions pour 5o périodes, 4 millions pour 25 périodes, etc.
- <I>(max étant donc donné dans la formule (27) et D et l-i ayant été réduits au minimum, on voit qu’il n'est possible d’augmenter la puissance d’un moteur à répulsion qu’en augmentant le nombre de pôles 2y», c'est-à-dire en diminuant sa vitesse, sous peine de rendre déplorable le démarrage.
- L’auteur donne l’application numérique de ces formules à un moteur de 110 chevaux à 75o tours, 8 pôles et 5o périodes. Sans entrer dans le détail de ces calculs, nous en donnerons les constantes principales.
- Avec Branx = 4 5oo et Acm = 280, on tire D = 8oomm et U = i88m[11 delléquation (26). En ^ 2
- prenant <I> — 2 X io° et y — c’est-à-dire
- == 0,825, l’équation (16) donne, pour N
- 220volts,—1 — 60, ce qui, avec 4 circuits en 4 a
- parallèle, c’est-à-dire a— 2, donne Nj = 480 conducteurs. Avec 120 encoches, on aura 80 bobines, avec 6 câbles par encoché. Les encoches mesureront i6mra X 35,n,n,avec une fente de 6in"* dans l’entrefer. Il en résulte une induction moyenne de i3 6oo dans les dents du stator. L’épaisseur de fer au-dessus des encoches étant 7o'nm, l’induction dans le noyau sera de 8900. Les câbles de 4,nm Xi i4ram nous donneront une densité de 2a,52, cos ® étant égal à 0,88 et le rendement de 0,9 (intensité par circuit 116 ampères).
- On peut poser avec une approximation suffisante AW, = o,gS AWj, ce qui, avec les équations (3) et (7), donne :
- J2 = 0,95 —
- fw\N,
- h,
- A^sin -N2
- a 180
- et avec fw^ — 0,825 et a = i5o°.
- î\ 1
- h = i,32 — J,.
- i^2 )
- Pour diminuer le collecteur eh longueur, on le prendra de grand diamètre, de manière à avoir N2 très grand, l’épaisseur des lames étant donnée par la demi-largeur d’un balai, Avec D* = 600 pour le collecteur et pour un balai de 8mm donnant une lame de 4m"\ on a 456 lames, soit
- N2 = qi2 et Ja=i,Ü2-—X n6 = 8i amp.
- 912
- On peut prendre 102 encoches de 11 X 36 avec fente de 4™m contenant 6 conducteurs de 2,5 X i5 donnant une densité de courant de 2% 2 et une induction moyenne de i36oo dans les dents. Trois balais de 35 X 8 par ligne donneront 9^,7 de densité sous les balais. Un entrefer de oc,,1,24 donne bien 110 chevaux avec la formule (27). La figure (10) donne la caractéristique de E! en fonction de J^. On a d’autre part, pour a = 160°, en se reportant aux formules (i3) et (16)
- „ a N2 a
- fu>\
- IOU LUI 'J, U.1U
- 0,124, (a)
- h
- Et
- fw,
- Ny
- 4«i
- 6,16
- 49,5
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- REVUE |D'ÉLECTRICITÉ
- et en se reportant à (3) et (7) :
- 4 ' a N2 a
- a itr *"/^2 o Z— COS “ «2 T
- AWq _ . 180 4/? 2 J2
- ÂW" ~ 4 N, “ 4T,’
- -/«v—J, tc' 4/>
- d’où, si l’on veut créer le même flux avec J2
- et avec J , il faudra faire J2 = 4 <!•*• (6)
- (a) et (b) permettent de transformer la caractéristique E, = f(J ) (fig. 10) en E7 — / (J2) (fig. n). En outre, avec les encoches considérées, on a Xj = 3,02 et X2 = 6,07 (coefficients d’Arnold), d’où :
- n — 'ir.c. n. N,, l-i. X 10—8 (11 conducteurs par
- encoche, Ns conducteurs en série, largeur idéale), ce qui donne :
- :f, r= 2 —. 5o.6.120.18,8.3,‘>2. io~8 = 0,15 ohms,
- :Vo — 2TC. 5o. 6.110.18,8. G,ÎS7 X io~8 = o,250 ohms.
- De plus
- fl — o“,oa43, r2 = o“,o34, /’b«iau = ow,oa4. On peut alors construire
- E'2 — y/(E? -f- J2o;2)3 -|- (EŸ tg - . -j- J2/'2)2
- en fonction de J2 et la porter sur la figure 11. Ces deux caractéristiques permettent de construire un diagramme quelconque, comme on l’a vu précédemment.
- Commutation en charge.
- Connaissant S, c’est-à-dire la direction de «h, et <I>( (fig. 12), on trouve comme force électromotrice de court-circuit sous les balais fixes :
- e, = 4,44 cWk ‘fi, 10-2 volts
- Fig. 12.
- induits par <I>2 par pulsation, c’est-à-dire perpendiculaires à <!>„ et
- er = 4,44 c,. Wu 'I\ 10—2 volts créés par <I>t par rotation, c’est-à-dire en phase avec <Iv Leur résultante est :
- eK = \/(epCosô)2 -f- (e,. — e^sinS)2 = 1,40 volts
- dans le cas numérique considéré ci-dessus.
- En résumé, les formules établies rendent le calcul d’un moteur à répulsion aussi simple que celui d’une dynamo à courant alternatif ordinaire, tout en permettant de déduire exactement le fonctionnement du moteur à un régime quelconque de charge et de vitesse.
- L. Berger-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2‘^0)fWr«’ 42.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUE^
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le réglage automatique de la tension aux boi'nes des alternateurs. — M. Seidner. —Elek-trotechnische Zeitschrift, 25 novembre et 9 et a3 décembre 1909.
- Le problème à résoudre est indiqué par le diagramme de la ligure 1 ; OA représente les AT (ampères-tours) à vide, par rapport auxquels la tension induite Ofe est décalée de 90°; le vecteur OC, représentant les AT de l’induit, sera décalé de ç (9 étant le décalage de l’intensité par rapport à là tension) par rapport à OB ; les AT résultants qu’il faudra appliquer aux bornes de l’inducteur seront donc représentés par le vecteur CA, somme géométrique de OA et de OC (').
- Fig. 1.
- A part la production des ampères-tours nécessaires (2), il faut en outre tenir compte de plusieurs autres facteurs, quel que soit le dispositif de réglage adopté : sécurité (3), rapidité, économie, sensibilité aux variations de la vitesse, marche en parallèle, etc.
- Les méthodes habituelles de régulation de la tension par la saturation du champ ne peuvent pas satisfaire, comme l’auteur l’a déjà montré (4), aux
- (*) Il est à remarquer que l’auteur, ainsi que la plupart des auteurs allemands, compte les décalages en sens inverse du sens trigonométrique normal adopté en France, ce qui explique l’aspect du diagramme de la figure 1.
- (2) Sur l’emploi d’un transformateur sgrie et shunt, voir : R. Moser : Die Vereinigs. jiirch'Stromung Trans-formatoren. Elektrotechnik und Mascliinenbau, 1908, p. 827.
- (3) Sur le rôle du transformateur de courant, voir : R. Seïuner : Zür Théorie der Stromtransformatoren, Elektrotechnik und Maschinenhau, 1909, p. 5g5.
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 1908. p. 460.
- exigences actuelles techniques et économiques. On ne peut pas, en effet, réaliser économiquement par ce procédé une chute de tension inférieure à 16 % et encore avec beaucoup de sacrifices ; un alternateur de 35 % de chute perd 25 % de sa puissance et 2 % de son rendement, si l’on réduit la chute de tension à 16 % .
- La concurrence, la spécification de toutes les parties constitutives dans les projets d’installations, et enfin le développement, de la turbine ont obligé à recourir à d’autres modes de régulation, que l’auteur passe en revue surtout au point de vue économique, en laissant de côté la précision du réglage.
- L’auteur divise les méthodes adoptées en six groupes.
- Croupe /. — Deux transformateurs, Tun de tension, l’autre d’intensité fournissent les ampères-tours nécessaires; le courant alternatif de ces transformateurs est ensuite redressé par un collecteur à coquilles. Nous n’insisterons pas sur ces procédés, les plus anciens, presque tous abandonnés à.l’heure actuelle.
- Fig. 2.
- Tels sont les procédés de Ganz (fig. 2) et de la General Electric Company (fig. 3) (*).
- (') Dans les ligures suivantes :
- G désigne l’induit de l’alternateur ;
- L, eg, A désignent l’induit de l’excitatrice ou de la source à courant continu;
- S;), St désignent les transformateurs de tension et d’intensité ;
- K, G désignent l’induit et le collecteur du convertisseur ;*
- N„ (avec les indices),leur excitation;
- r, R, des résistances.
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- 79
- Heyland a rendu la commutation parfaite en décomposant l’enroulement d’excitation de l’alternateur en quatre parties (fig, 4: enroulements i, a, 3 et 4 ; alternateur bipolaire triphasé), en utilisant les con-
- Fig. 3.
- nections équipotentielles (lignes de la figure) et en prenant des balais suffisamment larges. Mais les pulsations existent dans chacun des quatre circuits et l’utilisation du cuivre n’est pas bonne.
- Fig. 4-
- Alexanderson évite les complications du dispositif de Heyland (fig. 5). Pour une position déterminée des trois balais,on peut obtenir la marche sans étincelles.
- *
- H
- fl B HJ
- r S >
- Fig. 5.
- La rapidité et la sécurité du réglage dans ce groupe sont assez bonnes; mais le collecteur est très gênant (pour les alternateurs multipolaires), surtout dans le dispositif Heyland. En tout cas, ces méthodes laissent subsister une chute de tension relativement grande.
- Groupe IL —> Ce groupe est caractérisé par
- ê
- l’emploi d’une commutatrice ou d’une excitatrice spéciale permettant d’obtenir un courant d’excitation continu et pon plus ondulé comme dans le groupe précédent. Ces procédés donnant une meilleure solution du problème que les précédents et ayant reçu de plus nombreuses applications, nous insisterons un peu plus longuement sur eux.
- Hutin et Leblanc bobinent directement les trans formateurs de tension et d’intensité sur l’induit d’une excitatrice spéciale qui fournit du courant continu recueilli par un collecteur K (fig. 6) ; des bagues conduisent le courant alternatif aux enroulements primaires; de petites bobines n parcourues par un courant continu produisent un flux destiné à compenser la réaction d’induit de l’excitatrice.
- n
- Fig. 0
- Boucherot emploie également une excitatrice spéciale excitée elle-même par une dérivation prise aux bornes de l’alternateur et dans laquelle est intercalé le transformateur de compoundage st (fig. 7). Les diverses sections de l’induit de l’excitatrice étant d’autre part bobinées suivant une loi sinusoïdale, celle-ci produit, pour un angle déterminé des balais entre eux, un courant continu qui a exactement, ainsi que le montre le calcul, la valeur nécessaire pour maintenir constante la tension aux bornes de l’alternateur.
- Fig. 7.
- Ces deux dernières méthodes constituent des solutions parfaites au point de vue théorique. Toutes deux exigent l’emploi d’excitatrices spéciales.
- Rice emploie une excitatrice, reliée par des bagues au transformateur de compoundage (fig. 8). Avide, l’excitatrice fournit seule le courant d’excitation et en outre envoie au secondaire du transformateur un courant magnétisant qui diminue la tension aux bornes de l’alternateur. En charge, au contraire, ce courant change de sens et c’est la tension du transformateur qui vient s’ajouter a la tension propre de l’excitatrice.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2» Série). — N° 42.
- Danielson bobine sur l'excitatrice même un enroulement spécial E relié à celui de l'alternateur G, mais tel que la tension de E soit en opposition avec celle de G. De la sorte c'est le flux de réaction de E (pro-
- * Fig, 8.
- i
- portionnelà celui deG^ mais dirigé en sens contraire) qui augmente, le flux propre de l'excitatrice et par conséquent la tension aux bornes de celle-ci (fig. 9).
- W\AMiwJ
- wwwvw-
- Fig. 9*
- Ces deux dispositifs très ingénieux présentent l'inconvénient d'exiger des excitatrices tournant en syn-chronismeaveclaUernateur, c’est-à-dire possédant le même nombre de pôles que celui-ci (ce qui est irréalisable dans le cas d’un alternateur à grand nombre de pôles) ou commandées par un train d'engrenages très encombrant et qui occasionne en outre une diminution de rendement.
- U Union Elektrizitâts Geselhchaft évite cet inconvénient en intercalant entre l’alternateur et l'excitatrice un transformateur de fréquence, mais cét appareil augmente la complication et le prix de. revient et diminue la stabilité et la sécurité du fonctionnement. Le dispositif de la figure 10 présente le
- grave inconvénient de ne tenir aucun compte du décalage; celui de la figure n est plus rationnel.
- Roth emploie deux commutatrices Ci et C2(fig. 12); ce dispositif est trop coûteux.
- ^ Fig. 12.
- Steinmetz emploie une. excitatrice compound, dont l'enroulement inducteur auxiliaire est alimenté par une commutatrice branchée sur un transformateur d'intensité.
- Leblanc a également recours à une excitatrice compound E (fig. i3), dont l’enroulement auxiliaire nc est alimenté par une commutatrice C, qui reçoit directement la tension de l'alternateur, et par une petite génératrice auxiliaire A ; A et G sont en opposition ; lorsque l'alternateur tourne à vide les tensions
- Fig. i3.
- de A et de C s’équilibrent et aucun courant ne passe dans nt!\ lorsque la tension aux bornes de l'alternateur et par suite de C diminue du fait de la charge, cét équilibre est rompu et il circule dans nc un courant d’autant plus intense que la chute de tension est plus grande.
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-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 81
- 15 Octobre 1910.
- La plupart des dispositifs de ce groupe sont trop chers et trop compliqués pour la fabrication en série. L’auteur estime cependant que ceux de Rice et de Danielson sont pratiques. La commutation est bonne; leur rapidité est suffisante. Ils ne freinent pas les variations de tension, mais ils ne les augmentent pas comme ceux du premier groupe. Mais ils augmentent aussi la chute produite par la variation de vitesse.
- Groupe III. — C’est la transformation électrolytique ou thermique, par exemple par soupape élec-
- Fig. 14.
- trolytique à aluminium (Dobrovolsky). On redresse ainsi directement sans collecteur un courant alternatif proportionnel au courant débité (fig. 14).
- Mais les applications de ce système sont limitées par la valeur du courant assez faible que peuvent supporter les soupapes.
- Groupe IV. — On utilise la réaction d’induit elle-même pour la régulation (fig. i5 et 16).
- Fig. i5.
- Walker (fig. 15) utilise la composante transvei'-sale de la réaction (réaction due au courant watté) ; il sature déjà à vide le pôle principal Mf, tandis que le pôle auxiliaire M2 ne porte pas d’enroulement; en charge les AT transversaux ne diminuent pas sensiblement le flux de Mj, mais produisent à travers M, un flux de meme sens que le flux à vide et qui augmente par conséquent le flux utile. Ce dispositif n’agit pas du tout pour une charge déwattée (') ; il ne peut être réglé que tout à fait empiriquement
- (•) Il faut remarquer qu’en pratique il y a toujours un fort déphasage du courant par rapport à la force électromotrice interne, la seule intéressante. Ce système semble donc agir selon un principe opposé à celui de tous les autres. N. D. L. R.
- sur- un réseau donné et ne peut être appliqué pour cosip < o,85.
- Heyland (fig. 16). La composante démagnétisante de la réaction donne dans l’alternateur un flux de dispersion qui croît avec I et <p. Ce flux se fermant dans l’excitatrice par un circuit métallique formé de l’inducteur, de l’induit et de l’arbre, donne un champ uniforme de direction convenable dans cette excitatrice E, qui élève sa tension. Avide, ce champ ne se forme pas ; les pôles à grand entrefer reçoivent un plus grand nombre de spires.
- Fig. 16.
- La réluctance totale du flux de fuite étant trop grande et mal déterminée — la force magnétomo-trice étant d’ailleurs faible — le résulat final de cette méthode semble à l’auteur bien douteux.
- Ces deux méthodes sont sans restriction les plus intéressantes et les plus ingénieuses. Mais il semble qu’elles ne peuvent réagir que pour de grandes variations de tension et encore assez lentement.
- J.-L. M.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Les bénéfices des stations centrales rurales. — H. Meier. — Elektrotechnische Zeitschrift, 16 juin 1910.
- L’auteur examine les résultats financiers de l’exploitation des stations centrales rurales en Allemagne; cette question est tout à fait d’actualité, car on entend parler de tous côtés de la création prochaine de telles centrales.
- Les documents utilisés pour cette étude sont la statistique des usines d’électricité en Allemagne, au ier avril 1909, et les dernières années de la statistique de l’Union des usines d’électricité.
- L’auteur n’examine que le cas des usines fournissant l’énergie électrique sous forme de courant monophasé ou polyphasé, aux tensions de 2 000 volts et au-dessus, à des points d’utilisation nombreux et éloignés les uns des autres. Dans le cadre de son étude, il fait aussi rentrer les centrales d’Essen, de Strasbourg et quelques autres qui alimentent des réseaux ruraux éloignés. L’essor des centrales ru-
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- raies coïncide avec l’essor économique de l’année 1890, et les plus grandes de ces centrales datent de la fin du xixe siècle. Ce développement s’arrêta ensuite ; puis survint une nouvelle période de prospérité et, de nouveau, un grand nombre de centrales furent créées. La statistique du ier avril 1909 en cite et ce nombre est probablement inférieur à la réalité. De nombreux projets de telles centrales sont encore établis pour 1909-1911.
- Comme on le verra, les résultats financiers de l’exploitation de ces usines n’encouragent pas beau-* coup à en créer de nouvelles.
- Dans les régions minières qui réclament de l’éner gie, jour et nuit, en quantité considérable, il est facile de vendre des millions de kilowatt-heures.
- Deux entreprises d’électricité, celles de la Ruhr et de la Haute-Silésie, en sont un brillant exemple : elles se sont développées avec une rapidité et dans des proportions extraordinaires. Les bénéfices de la première ont été, en 1907.de ii,65 % et en 1908 de> 11,81 %. Pour la Société d’Electricité de la Haute-Silésie, les bénéfices pour les mêmes années, ont été de 10,61 % et 11,73 % . Pendant 3 ans, la
- Société de la Ruhr a distribué un dividende de 8 % , celle de la Haute-Silésie un dividende de 9,5 % .
- Ces excellents résultats sont dus à trois causes, qui ne se rencontrent généralement pas dans les entreprises analogues : en premier lieu, grande quantité d’énergie utile fournie ; en second lieu, facteur d’utilisation élevé (environ 33 i /3 % ) ; enfin, bas prix du charbon.
- Pour qu’une centrale donne des résultats financiers satisfaisants, il est nécessaire que les frais d’établissement du réseau soient en proportion convenable avec le capital total d’installation.
- Or, pour quelques centrales rurales, ces frais atteignent 60 % du capital et, pour plusieurs, 5o à /|0 % ; c’est pour le plus petit nombre qu’ils s’abaissent au-dessous de 40 % .
- De plus, le facteur d’utilisation s’abaisse quelquefois au-dessous de 10 % et se maintient généralement entre 15 et 23 % .
- Il peut en être de même dans les centrales urbaines, mais elles vendent l’énergie surtout pour l’éclairage et, par suite, leur prix moyen de vente du kilowatt-heure est avantageux^ Tes réseaux urbains se prêtent, en outre, facilement à l’alimentation de nouveaux clients ; enfin, le peu d’espace occupée par les moteurs électriques, leur propreté, l’absence de fumée en regard des moteurs à vapeur sont, pour la clientèle urbaine, des avantages spé-
- ciaux qui permettent de lui vendre l’énergie à des prix avantageux.
- En parcourant les statistiques, on constate que les prix de vente les plus bas sont ceux des grandes centrales rurales (10 centimes le kilowatt-heure, quelquefois 8,25 et même 7,5 centimes). Il n’est donc pas étonnant que les résultats financiers, dans le cas de ces usines, soient peu brillants.
- Si l'on excepte celles de la Ruhr et de la Haute-Silésie, leurs bénéfices sont toujours au-dessous de 10 % ; pour plusieurs ils varient entre 7 et 8 % , et s’abaissent quelquefois au-dessous de ’4 % . Il est vrai que la plupart de ces usines sont encore dans la période de début, et l’on peut prévoir que leur situation s’améliorera au bout de quelques années.
- Les centrales établies dans des contrées oùla population agricole domine donnent des résultats encore moins favorables que les centrales des régions industrielles : les frais d’établissement du réseau qu’elles desservent sont relativement plus élevés ; les agriculteurs sont jusqu’à présent peu familiarisés avec l’emploi de l’électricité comme force motrice et ils consomment peu de courant pour l’éclairage.
- Quelques chiffres, empruntés aux statistiques, montrent l’infériorité, au point de vue financier, des centrales de régions agricoles en comparaison de celles de régions industrielles.
- La valeur moyenne des frais d’installation par k. w. h fourni est, en francs :
- 0,84 pour les centrales de régions industrielles ;
- 2,o5 pour les centrales de régions à la fois industrielles et agricoles ;
- 4,95 pour les, centrales de régions agricoles.
- Les frais d’installation par kw. de puissance installée ont respectivement les valeurs moyennes ci-après, en francs, pour ces 3 catégories de centrales: 1 298, 1 675, 2 553.
- Enfin les valeurs moyennes de la durée d’utilisation annuelle sont respectivement 2 445 heures, 1 770 heures, 1 127 heures.
- L’auteur, pour améliorer cet état de choses, conseille la création de centrales importantes englobant une région étendue, ce qui est possible à l’heure actuelle où les tensions de 20 000 volts et au-dessus, qu’on peut utiliser sans difficultés techniques, permettent d’atteindre facilement un rayon d’action de 75 kilomètres.
- L’auteur conseille aussi d’acheter le courant à une puissante entreprise industrielle, toutes les fois qu’il sera possible de lui payer le kilowatt-heure entre 6,25 et 12,5 centimes, à moins de pouvoir uti-
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- User une force hydraulique peu coûteuse et ne néces sitant pas d’usine à vapeur de secours.
- Il est enfin à désirer, dans bien des cas, que des collectivités publiques (provinces, cercles, etc...) se réunissent pour participer à la création des centrales et’en supporter les risques.
- Ces centrales, en effet, doivent être considérées comme une source de revenus, non pas directe, mais indirecte, car elles augmentent la richesse générale. C’est ce gain seul que doivent envisager les collectivités qui leur fournissent les capitaux nécessaires.
- Vauteur conclut que les résultats financiers de certaines centrales rurales sont satisfaisants, mais qu’ils laissent en général à désirer dans les régions surtout agricoles. Il y a des moyens d’améliorer ces résultats principalementpour les centrales qui seront créées dans l’avenir.
- H. B.
- Influence de la création d’une usine d’électricité sur les usines à gaz de la même localité. — G. Dettmar. — Elektrotechnische Zeitschrift, 9 iuin i9IG-
- L’auteur étudie, d’après des statistiques relatives à 19 villes allemandes de moins de 3o 000 habitants, l’influence que peut avoir sur les résultats d’exploitation d’une usine à gaz la' création d’une usine d’électricité dans la même localité. Il laisse de côté les villes d’un plus grand nombre d’habitants qui ont déjà généralement des usines d’électricité ; la question ne présente donc pas d’intérêt pour les usines à gaz de ces villes, tandis qu’elle en présente pour celles qui, dans les villes moins importantes, ne sont pas encore concurrencées par l’électricité.
- Les principaux résultats de ces statistiques sont résumés ci-après : dans i5 des villes envisagées, la production annuelle de gaz n’a pas été influencée; dans 3 autres elle a légèrement diminué pendant peu de temps; pour la dernière, les données à ce'point de vue font défaut.
- Il en est de même de la consommation de gaz pour l’éclairage. Dans un cas seul, elle subit une diminution d’environ i5 % . Le nombre des becs chez les particuliers pour la plupart des villes n’a pas changé.
- Par contre, la puissance des moteurs à gaz a été diminuée et encore plus la consommation de gaz de ces moteurs. Quelques villes font exception à ce point de vue, parce que leurs usines d’électricité sont actionnées par des moteurs à gaz.
- Quant au prix du mètre cube de gaz, il n’a pas été , en général, modifié, sauf dans quelques villes où de légères modifications laissent néanmoins le prix moyen invariable.
- Les recettes n’ont en général subi que de faibles modifications.
- On peut donc conclure que, dans les villes au-dessous de 3o 000 habitants, l’exploitation d’une usine à gaz n’est pas fâcheusement influencée par la création d’une usine électrique : l’emploi du gaz pour les moteurs, il est vrai, diminue, mais cette diminution est compensée par le développement de l’éclairage, du chauffage, de la cuisine au gaz, qui se poursuit malgré la concurrence de l’électricité.
- Puisque les usines d’électricité, de leur côté, fournissent abondamment du courant pour l’éclairage et alimentent des moteurs d’une puissance totale supérieure à celle des moteurs perdus par l’industrie du gaz, il faut conclure que la création d’une usine d’électricité a pour conséquence un développement considérable des besoins d’éclairage et de force.
- Le gaz perd quelques clients, mais le besoin de lumière chez ceux qui. lui restent est augmenté dans des proportions telles que le gaz ne subit pas de préjudice.
- Il n’en est pas de même pour le_ pétrole : une statistique de sa consommation depuis 1866 montre qu’elle s’est uniformément accrue jusqu’en 1893 ; à partir de cette date, elle diminue légèrement, et, à partir de 1898, reste stationnaire (i3kg,8 par habitant) .
- Si l’on considère spécialement l’influence de l’électricité sur le gaz au point de vue de l’emploi de la force motrice, on constate que l’électricité favorise beaucoup la vulgarisation des moteurs de faible puissance dans les petits métiers ;. à dater de la création d’une .usine électrique, le nombre des moteurs à gaz diminue notablement, tandis que leur puissance moyenne augmente.
- Une statistique relative à 218 usines à gaz le montre clairement: de 1903 à 1908, le nombre total des moteurs alimentés tombe de 18 5^0 à 16 144, leur puissance totale de 94 no à 92 755 chevaux, tandis que leur puissance moyenne croît de 5,1 à 6,1 chevaux.
- Un relevé de la puissance des moteurs électriques dans plusieurs grandes villes donne pour leur puissance moyenne des chiffres variant entre 3 et 3,9 chevaux. —
- De 1903 à 1908, la puissance totale des moteurs électriques a augmehté de 168 %. Enfin, de 1895 à
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- 1909, on constate que, dans les usines électriques, le pourcentage de la puissance consommée par les clients de force motrice par rapport à la puissance totale s’élève de 14 % à 5i % .
- Les chiffres ci-dessus montrent clairement le rôle très important joué par le moteur électrique dans la petite industrie.
- L’apparition des moteurs à gaz a grande vitesse, même s’ils présentent tous les avantages que leur attribuent ceux qui sont intéressés à leur vulgarisation, ne pourra changer cet état de choses : les statistiques montrent que les moteurs de la petite industrie ne travaillent annuellement que pendant i5o à.4oo heures par an. Si l’on évalue à 3oo heures la durée annuelle moyenne de fonctionnement des petits moteurs à gaz, on trouve qy’ils sont moins économiques que les moteurs électriques, sans parler des nombreux avantages que présentent ces derniers, spécialement pour la petite industrie.
- H. B.
- La mise en valeur des forces hydrauliques du lac de Walchen. — Kœhn. — Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure, a, 9 et 16 juillet 1910.
- Un concours international a été ouvert en août 1908 par le gouvernement bavarois, pour l’exploitation hydro-électrique du lac de Walchen. Six projets viennent d’être primés. M. Kœhn les décrit et présente particulièrement celui dont il est l’auteur.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Machined9extraction électrique à la « Mau-veschacht » système Brown-Boveri. — C. Ce-t>er. — Elehtrotechnische Zeitschrift, 9 juin 1910.
- Le moteur d extraction dont la description est donnée ci-apres se compose d’une carcasse en acier coulé, de 6,n,^4o de diamètre extérieur, dans laquelle sont boulonnes 16 pôles principaux et 16 pôles auxiliaires. L’armature, divisée en deux parties pour permettre son transport, aVfm,5oo de diamètre extérieur et le collecteur am,3oq ; elle est en fonte et affecte la forme d une étoile âT8 branches réunies par une couronne qui porte des rainures en queue d’aronde destinées à la fixation des tôles. Celles-ci sont disposées en paquets, entre lesquels sont ménagés des canaux de ventilation.
- L’enroulement induit est composé de spires faites sur gabarit, maintenues dans Ica dentures par des
- coins; un frettage en bronze complète cette fixation.
- Le moteur est établi pour développer une puissance de 565 chevaux en régime normal, à la vitesse de 24 tours par minute, et une puisance momentanée de 1 365 chevaux, à la fin de la période d’accélération.
- L’excitation est faite à la tension de no volts; l’induit reçoit le courant produit par une turbo-dy-namo sous une tension variant entre ± 490 volts.
- L’excitation de la turbo-dynamo peut être coupée soit à la main, soit par l’appareil indicateur de profondeur, soit par une bobine de courant maximum, une bobine de tension minima ou une bobine de tension maxima.
- La bobine de courant maximum, parcourue par le courant d’alimentation du moteur, r/entre en fonction que pour des surcharges tout à fait exceptionnelles.
- La bobine de tension minima agit lorsque l’excitation cesse, et la bobine de tension maxima, lorsque la tension de l’excitation dépasse de 15 % sa valeur normale.
- Un commutateur permet d’intercaler dans le circuit d’excitation de la turbo-dynamo deux résistances permettant de réduire la vitesse de iolu par seconde à 5m par seconde ou à une valeur très faible dans le cas où l’on veut visiter le puits.
- Le groupe turbo-générateur se compose d’une turbine à vapeur Brown-Boveri-Parsons, accouplée à la dynamo qui alimente le moteur décrit ci-dessus et à un alternateur triphasé destiné aux services généraux de la mine.
- La turbine est établie pour une pression de 9k8,5 par centimètre carré et une température de la vapeur de 2-j5° C à la vanne d’admission; une condensation centrale maintient un vide de 90 % .
- La turbine est munie d’une vanne automatique dont le fonctionnement a pour effet d’augmenter momentanément sa puissance, lorsque se produisent les pointes spéciales au service du moteur d’extraction. Cette vanne agit lorsque la turbine travaille au voisinage de sa puissance maxima, et aussi lorsque la pression aux chaudières tombe au-dessous de sa valeur normale; son fonctionnement a pour résultat l’introduction de vapeur vive dans le deuxième étage d’expansion.
- La dynamo est établie pour une puissance de 475 'kw.^correspondant au régime normal, et une puissance de 1 ü5o kw. correspondant à la période d’accélération; elle donne la tension de 5oo volts à
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- la vitesse de i 5ootours. Elle est munie de l’enroulement Déri qui consiste à faire passer le courant débité par la dynamo non seulement dans l’enroulement des pôles auxiliaires, pour produire le champ de commutation, mais aussi dans un enroulement de compensation, logé dans des dentures pratiquées dans les pôles inducteurs, et qui a pour but de s’opposer à la distorsion du champ résultant de la réaction d’induit.
- La liaison électrique entre la dynamo et le moteur d’extraction est réalisée d’après le système Leonard : elle a pour but de produire, au moyen d’un petit groupe moteur générateur, un compoundage parfait de la dynamo. On obtient ainsi une dépendance absolue entre la tension de la dynamo et la position du rhéostat de régulation, ou, autrement dit, entre la vitesse du moteur d’extraction et la position du levier de manœuvre, quelle que soit la charge du moteur. Ce résultat est très important lorsqu’il s’agit d’une machine d’extraction : pour toutes les charges, à une position déterminée du levier de manœuvre, correspond toujours une seule et même vitesse.
- Les dispositions adoptées pour obtenir ce résultat sont les suivantes :
- L’enroulement d’excitation de la dynamo principale est parcouru par un courant de tension variable engendré par la dynamo auxiliaire du petit groupe moteur générateur.
- Le rhéostat de manœuvre est intercalé dans le circuit d’excitation de cette dernière dynamo, alimenté par l’excitatrice du groupe turbo-générateur; en outre de ce circuit d’excitation, la dynamo auxiliaire comporte un deuxième enroulement d’excitation, parcouru par un courant proportionnel à celui qu’absorbe le moteur d’extraction.
- Un rhéostat accouplé au rhéostat de manœuvre est intercalé dans ce deuxième enroulement, et sa résistance peut être diminuée ou supprimée complètement pour les petites vitesses.
- H. B.
- BREVETS
- Perfectionnements apportés aux accumulateurs électriques. — Société : J. Stone et Company Iiimited et H. Darker. — N° 41' 156, publié le 9 juin 1910.
- Dans beaucoup d’accumulateurs électriques, les plaques reposent sur une paire de pièces de bois (tasseaux ou lattes) de section plus ou moins trian-
- gulaire. Or, il arrive fréquemment que des dépôts s’accumulent sur l’extrémité supérieure de ces tasseaux à un point tel qu’ils forment, entre les plaques positive et négative adjacentes, de véritables courts-circuits. Dans le dispositif actuel, les plaques positives reposent bien sur les tasseaux dont il vient d’être parlé, mais les plaques négatives sont pourvues d’évidements, de façon à échapper les tasseaux portant les plaques positives ; d’autre part, entre ces tasseaux en est intercalé un troisième, sur lequel viennent porter des oreilles venus sur les plaques négatives, et qui est constitué par un support ou lame en bois, ou en une autre matière convenable (mauvaise conductrice), pourvue, si on le désire, de rainures destinées à recevoir les oreilles.
- Fig. 1. — d, tasseaux portant les plaques positives; g, évidement des plaques négatives.
- La figure 1 est une coupe verticale d'un accumulateur, faite perpendiculairement au plan des plaques.
- Ainsi par exemple, si c désigne les plaques positives reposant sur les tasseaux d, les plaques négatives/sont raccourcies ou sont découpées en g, de façon à ménager des espaces libres entre elles et les tasseaux d, en ces points. Entre les tasseaux d, les plaques négatives f sont supportées par une lame ou tasseau h, et les plaques f sont munies de pieds ou oreilles j, les tasseaux h ayant ainsi une hauteur moindre que les tasseaux d.
- Il arrive fréquemment que les plaques de ce genre se brisent au droit des oreilles o et, pour renié-
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- dïer à cet inconvénient, on peut donner au coin opposé de la plaque une plus grande épaisseur, ainsi que cela est indiqué en «*, de sorte que, si la plaque vient à casser à l’endroit de la surépaisseur ou bande n, à laquelle l’oreille o est reliée, il suffit de retourner verticalement la plaque et de fixer par soudage l’ancienne oreille ou une nouvelle sur le coin renforcé ou bande »*.
- Radiotélautographe.— A. deMailly etL. Chan-telot. — N° 410 966, publié le 3 juin 1910.
- Les télautographes sont bien connus, ainsi d’ailleurs que les appareils servant à opérer la transmission sans fil par ondes hertziennes, et il sfagit ici uniquement d’un appareil spécial destiné à permettre laconjmande des télautographes parles ondes hertziennes. Cet appareil a été combiné de façon à être robuste et facilement transportable ; il ressemble entièrement aux postes de télégraphie Morse communément employés.
- L)avantage considérable d’un appareil de ce genre, lorsqu’on sera arrivé à l’établir dans des conditions vraiment 'pratiques, ce sera de rendre la télégraphie sans fil secrète. Il est en effet très délicat actuellement de chercher à réaliser la syntonisation de deux postes de télégraphie sans fil ; mais avec un bon appareil du genre dont il est question ici, cette syntonisation deviendrait absolument inutile, puisque la suite des signaux transmis serait tout à fait inco-héi’ente, et que seule la réunion de ces signaux sur le papier enroulé autour du tambour récepteur constituerait des signes intelligibles. De plus, avec l’emploi de cet appareil, on pourra correspondre, même si l’espace est sillonné par des ondes qui ne sont pas destinées à l’appareil récepteur. En effet, au poste récepteur, il s’imprimera sur le papier des signaux parasites, mais qui, dans la plus grande partie des cas, ne rendront pas l’écrilüre normale illisible.
- Pour réaliser cette invention, il faudrait combiner un appareil télautographique quelconque avec des circuits permettant de le mettre en marche par les ondes, en réalisant l’absolu synchronisme dans la rotation des deux tambours de transmission et de réception. Avec les télautographes en circuit fermé, tels qu’ils sont connus, ce synchronisme est réalisé
- par un réglage facile des deux postes qui sont en communication par fils ; mais lorsqu'il s’agit de postes qui ne communiquent pas entre eux, ce synchronisme doit être réalisé par un appareil automatique Uniquement actionné par les ondes.
- Le dispositif de synchronisation proposé ici par les auteurs est constitué par deux tambours calés sur l’axe du tambour porte-papier et dont l’un forme came et comporte un cran d’arrêt dans lequel peut pénétrer un crochet solidaire de l'armature d’un électro-aimant relié aux appareils de réception; l’autre’ tambour forme commutateur et est relié aux appareils de transmission, de telle manière qu’à chaque tour du tambour porte-papier chacun dés deux appareils se trouve automatiquement enclenché par le crochet d’arrêt, à moins que celui-ci ne soit dans le même temps actionné par son électro-aimant sous l’influence des ondes émises parle commutateur du poste conjugué, auquel cas lés deux mouvements de rotation se trouveront être synchrones.
- CORRESPONDANCE
- Exposition de Bruxelles.
- M.R.vanCauwenberghe,ingéiiieurchef de service aux Ateliers de constructions électriques du Nord et de l’Est, nous écrit pour préciser les conditions d’application du moteur monophasé, série-shunt Latour dont il est question dans l’article récent de M. J. Reyvaï (4).
- Ce moteur doit remplacer le moteur asynchrone dans la plupart des services où le faible couple de démarrage de celui-ci en déconseille ou même en interdit l’emploi. Le moteur série-shunt Latour peut, notamment, rendre de grands services dans la commande des ascenseurs, appareils de levage, etc.
- D’autre part, il est question, à la fin du même article, d’un câble triphasé à 10000 volts (p. 21); exposé par la même société. C’est sur une ligne double de 3okm (et non de 2km 3o) que ce câble est actuellement employé.
- (') Ier octobre 1910, p. 18 et 19.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouveaux isolateurs pour haute s tensions.
- (Suite et fin) (ff.
- Les conditions climatériques jouent aussi un grand rôle dans le choix d’un isolateur. Il est reconnu que, dans le voisinage de la mer, les sels contenus dans l’air se déposent de préférence dans les parties creuses, à l’intérieur de l’isolateur et facilitent la décharge. Ce même danger existe dans les régions tropicales, où il est à craindre l’amoncellement des poussières et des insectes dans ces mêmes parties. Dans ces deux cas, il est préférable de ne pas adopter un type d’isolateur ayant des circonvolutions profondes. Il faut, au contraire, adopter une construction qui laisse facilement circuler l’air. Il va de soi qu’il n’est pas nécessaire de supprimer complètement les cloches intermédiaires ou les nervures, mais il suffit de les bien proportionner.
- D’autre part, un point capital, et qu’il ne faut pas oublier, ce sont les grandes différences de température qu’ont à subir les isolateurs. Mais la porcelaine est, en général, une matière qui les supporte facilement.
- Comparons maintenant, d’après ce quia été dit plus haut, les avantages des différentes matières qui peuvent servir à la fabrication des isolateurs, c’est-à-dire le verre, la faïence et la porcelaine.
- Nous devons tout d’abord admettre que la faïence est tout simplement une porcelaine qui n’a pas tété cuite à une température aussi élevée, d’où moindre résistance au percement et plus grande porosité. Cette remarque concerne aussi les porcelaines qui se rapprochent davantage de la faïence que la porcelaine européenne.
- Les isolateurs en verre, qui ont fait leur apparition depuis quelques années sur le marché et dont
- (') Voir Lumière Electrique des 24 septembre et i*>' octobre 1910.
- on s’occupe beaucoup en ce moment, ont comme avantage d’être beaucoup plus vite et plus facilement fabriqués. Mais par le fait d’être une matière coulée, le verre contientbeaucoup de bulles d’air, ce qui diminue sa résistance au percement. En outre, le verre est soumis, comme toutes les ma-
- Fig. 7. — Ancien type d’isolateur à cloches, tières coulées, à des tensions mécaniqu es internes qui produisent facilement des fissures et, par suite, provoquent l’éclatement de l’isolateur.
- Par le fait de sa fragilité, le verre résiste aussi beaucoup moins bien aux différences de température. L’expérience suivante le démontre : nous avons refroidi d’abord 2 isolateurs semblables et d’égale épaisseur, l’un en verre, l’autre en porcelaine, à -|- 40, puis ils furent plongés dans un bac d’eau à 70°; température à laquelle l’isola-
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- teur en verre avait complètement éclaté, tandis que l’isolateur en porcelaine résista même à une température de ioo° sans la moindre fissure.
- Fig-, 8. — 1\yp3 d’isolateur de la période de transition.
- Un autre désavantage de l’isolateur en verre (il n’est, il est vrai, constaté qu’après un long-usage), c’est que sa surface devient rugueuse,
- En Amérique, où, par suite de la mauvaise qualité de la porcelaine on employait beaucoup d’isolateurs en verre, on les abandonne peu à peu à la suite de ces constatations, et leur nombre diminue tous les jours.
- *
- *
- Jetons maintenant un rapide coup d’œil sur le développement et l’état actuel de la fabrication des isolateurs pour épurants à haute tension.
- Les vieilles cloches usitées pour les lignes télégraphiques servirent de premier modèle (fig. 7) pour les isolateurs pour courants à haute tension. On reconnut bientôt leur insuffisance et au lieu de cloches cylindriques, ^encastrées les unes dans les autres, on commença à établir des types à cloches coniques. La figure 8 nous montre un de ces isolateurs de la période de transition, qui, grâce à sa bonne construction au point de vue mécanique, a été utilisé jusqu’à maintenant, quoique, malgré son poids et ses dimensions, il résiste peu, an point de vue électrique. Aujourd’hui, avec un isolateur moitié moins lourd, on obtient la même sécurité.
- On alla encore plus loin et l’on superposa les diverses cloches en forme de parapluie (fig. 9).
- Enfin, dans ces tout derniers temps, on substitua au développement en largeur le développement en hauteur, et l’on obtint le type d’isolateur repré -
- Fig. 9. — type d’isolateur de la période de transition.
- qu’il s’y forme des sortes de gerçures, qui favorisent naturellement le percement.
- Enfin, il faut encore ajouter que la vapeur d’eau a une tendance à se déposer plus facilement sur le verre que sur la porcelaine.
- sentépar la figure 10. Utilisé aussi bien en Amérique qu’en Europe, il se compose d’une cloche supérieure plate, d’une cloche intermédiaire de large diamètre et d’un manchon conique.
- Quoique bien supérieur au type ancien, il
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- laisse encore beaucoup à désirer; son principal inconvénient réside dans la cloche intermédiaire
- Fig. io. — Type d isolateur encore utiiiaé actuellement pour les lignes à hautes tensions.
- qui sert de point d’appui à l’étincelle et qui forme une profonde cavité; cet isolateur est encore rela-
- Fig. ii. —Isolateur Roscnthal à « nervures ». tivement trop lourd par rapport à sa résistance électrique.
- Le type de la figure 5 (*), dont les caractères (') Voir Lumière Electrique, ier octobre, p.
- «
- généraux sont une cloche supérieure presque plate et un long manchon conique, écarte ces inconvénients. Un certain nombre de petites nervures placées sous la cloche supérieure, c’est-
- Fig. 12. —Tjpe d’isolateur à cloches superposées.
- à-dire à un endroit qui reste sec malgré la pluie, augmente le chemin à parcourir par l’effluve. Sur cet isolateur, l’arc est forcé de traverser tout
- Fig. i3. — Type d’isolulcur Rosontluil.
- l’espace d’air sans trouver de point d’_appui. Les figures ii et n nous montrent les deux sortes d’isolateurs à nervures et à cloches superposces
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- au moment de la décharge. On avait aussi remplacé les cloches placées autour du manchon par un certain nombre de nervures perpendiculaires
- pour les remplacer par des isolateurs de suspem-sion.
- Ceux-ci nous sont venus d’Amérique, où on a
- Coupe 13-F - Coupe G-H
- I
- Fig. 146. — Plon explicatif.
- à la surface inférieure de la cloche supérieure (fig. i3). Celles-ci ont l’avantage, lorsqu’elles sont placées assez près duborddela cloche supérieure, de repousser lés gouttes d’eau qüi entombent. Ces deux typés d’isolateurs sont fabriqués par la maison Rosenthal et sont employés dans de nombreuses installationsen Allemagne et à l’étranger.
- Comme, dans certaines installations modernes, on arrive à utiliser des tensions extraordinaire-
- Coupe A-B
- utilisé en premier lieu les hautes tensions ; ils se composent d’éléments suspendus les uns au-
- 1.
- v Fig. i5a. — Isolateur de suspension.
- ment élevées, on a été forcé d’abandonner par- dessous des autres. L’isolateur supérieur est fois l’ancien système des isolateurs sur support fixé à la traverse du poteau et à l’inférieur est
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- fixé le fil conducteur. Pour ioo ooo volts, on superpose quatre ou cinq de ces éléments. L’avantage de ce système au point de vue fabrication est évident : une seùle espèce d’isolateurs est nécessaire et on augmente ou on diminue le nombre des éléments suivant les besoins. Ce système devient avantageux surtout pour des tensions supérieures à 75 000 volts, c’est-à-dire à partir de 3 éléments. On connaît aussi l’isolateur Hewlett lancé par la General Electric Company. Comme on peut le voir parles figures 14, ces isolateurs peuvent être employés soit verticalement comme isolateurs de suspension, soit horizontalement comme isolateurs tendeurs.
- Les figures i5 nous montrent un de ces types, modifiés par la fabrique de porcelaine Rosenthal, dans lequel les deux canaux intérieurs ne sont pas symétriques; l’un est percé en ligne droite dans le sens horizontal, tandis que l’autre forme un demi-cercle verticalement. Par ce moyen on empêche l’eau de pluie de pénétrer et de rester dans le canal supérieur. Le grand avantage des isolateurs Hewlet est le suivant : la conduite ne tombe pas à terre lorsque l’isolateur se brise, car les 2 armatures métalliques restent accrochées l’une à l’autre comme dans une chaîne.
- Il y a une autre espèce d’isolateurs suspendus : ce sont des isolateurs à cloches, quelconques, dont la tète, entourée d’une calotte de fer, contient en outre à l’intérieur une cheville du même métal, scellée dans la porcelaine au moyen de ciment. Ce genre d’isolateurs est très répandu en Amérique.
- Dans la figure 16, nous voyons toute une série de ces isolateurs superposés, sous une tension de 200 000 volts et une pluie de 5 millimètres.
- Pour terminer, examinons rapidement la manière d’essayer les isolateurs. En règle générale, tout isolateur à haute tension sortant d’une fabrique devrait être essayé au percement; c’est du reste ce qui se fait aujourd’hui dans toutes les grandes manufactures de porcelaine. L’essai doit se faire dans les conditions suivantes : la tête de l’isolateur renversé étant plongée dans l’eau, on verse en même temps de l’eau à l’intérieur et on y fait aboutir un fil qui est réuni à l’un des pôles, tandis que le bac d’eau est relié à l’autre. La ten7 sion d’essais, qui est naturellement inférieure à la tension de percement, sera 2 à 5 fois plus élevée
- que celle qu’aura à supporter l’iscflateur une fois installé et sera maintenue pendant 5 à 1 !> minutes.
- A côté de cet essai au. percement, il faut aussi faire des essais de décharges extérieures. Dans ce but, l’isolateur à essayer sera placé sur un support en communication avec la table d’essais et sa tête sera reliée à un filet métallique qui se trouve au-dessus de la table d’essais. La figure 17 montre un schéma de la salle d’essais de la fabrique de porcelaine Rosenthal. Les deux trans-
- Fig. 16.
- formateurs, chacun de 100000 volts, sont en série pour donner une tension de 200000 volts. Pour d’autres essais on peut les utiliser séparément; ces essais de décharges sont faits, soit à sec, soit sous une pluie artificielle de 5 à iomui par minute, pluie tombant d’une douche placée à 45° par rapport à l’isolateur. Ces essais sont nécessaires pour chaque nouveau type d’isolateur. Une fois qu’un type a été établi, il n’est plus nécessaire de recommencer ces essais pour chaque isolateur. Par contre, il faut toujours faire
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- l’essai an percement, qui ne dépend pas de la forme de l’isolateur, mais de la qualité de la matière employée et de sa fabrication.
- Les essais mécaniques se font au moyen d’un appareil spécial consistant en un câble fixé autour de la tête de l’isolateur, et réuni, par
- idées personnelles, parfois originales, sur la construction et les essais des isolateurs à hautes tensions, mais maintenant que nous pouvons nous baser sur de nombreuses expériences pratiques, il nous paraîtrait intéressant que les techniciens unifient les méthodes de fabrication et d’essais
- Légende
- M __ Moteur
- X) — Dynamo
- Transformateur
- E ____ Terre
- Bassin.
- Robinet
- Fig. 17. — Schéma d’une salle d’essais pour isolateurs à hautes tensions.
- l’intermédiaire d’un dynamomètre, à un appareil tracteur, dans le cas où il s’agit de très fortes charges.
- *
- * *
- Jusqu’à ce jour, chaque ingénieur avait ses
- d’isolateurs pour hautes tensions, non seulement dans l’intérêt de la qualité de la porcelaine, mais encore de l’électrotechnique en général.
- Dr E. Altmann,
- Ingénieur.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- L’assemblée générale extraordinaire du 4 octobre de la Compagnies Générale des Omnibus a définitivement confirmé les résolutions qui avaient été adoptées par l’assemblée extraordinaire dn 23 mars dernier, résolutions que certains actionnaires à l’assemblée de juillet, réunie pour vérifier la déclaration de versement du nouveau capital, avaient attaquées comme .contraires aux règles du pacte social et prises au détriment des droits des anciens actionnaires. En conséquence, le capital a été fixé à
- 80000000 de francs, divisé en 160000 actions de capital. L’assemblée avait pris l’allure d’un tribunal où l’accusé et le défenseur n’auraient fait qu’un et où le public eût été transformé en juge. Le Conseil d’administration, qui aurait pu se borner à dire cjue les réclamants étaient mal venus à se plaindre puisqu’ils avaient acquiescé à toutes les résolutions prises en signant leur bulletin de souscription, a cependant tenu à apporter à ces actionnaires une consultation juridique du plus haut intérêt qui justifie la validité de l’assemblée qui décida l’augmen-
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- tation du capital et qui réduit à néant l’augmentation de ceux qui prétendent que les anciens actionnaires ont été dépouillés au profit des nouveaux actionnaires. La thèse contraire a été brillamment soutenue par un actionnaire, avocat d’ailleurs, mais qui n’est pas parvenu à convaincre l’assemblée. Les titres cotent : la jouissance, 336, le capital, 335.
- Comme nous l’avons annoncé, les bénéfices nets de la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d'usines à gaz s’élèvent, pour le dernier exercice, à 5q56 5o8 francs, en augmentation de 87 392 francs sur ceux de l’exercice précédent. Après affectation à l'amortissement de 307 obligations d’une somme de i53 5oo francs et aux intérêts des diverses obligations de 4 % de 364 920 francs, il subsiste un solde de 5 438 086 dont la répartition proposée par le Conseil et votée par l’assemblée du 29 septembre dernier est la suivante :
- Aux actions : intérêt de 5 % ......... 408 ooo »
- Amortissement dans les diverses usines................................... 987 648 i5
- 10 % au conseil sur le solde.......... 4°5 o43 88
- Reste....................... 3 645 3g4 82
- En y ajoutant le report du dernier exercice 228 g5o 09 fr. on obtient
- un total à répartir de.......... 3 874 345 01
- Dividende de 77 fr. 5o par action.... 2 480 000 »
- Caisse de prévoyance.................. 100 000 »
- Amortissement du fonds de commerce................................. 45o 000 »
- Amortissement des constructions.. . 5oo 000 »
- Amortissement du matériel............. 100 000 »
- Report à nouveau............... 254 345 01
- Le président du Conseil, pour répondre à des critiques formulées hors de l’assemblée, a fait remarquer que si] les bénéfices n’avaient pas augmenté proportionnellement au chiffre d’affaires, ils étaient cependant en progression. Les nécessités commerciales qui ont poussé la Compagnie à créer des types de compteurs d’eau et d’électricité à bon marché pour vulgariser leur emploi et qui l’ont entraîné à augmenter de plus de 3oo 000 francs le compte des compteurs vendus par annuités, ont eu pour corrol-laire de moindres profits ; d’autre part, la concurrence dans cette branche du matériel à gaz ou électrique a nécessité la réduction des prix de vente. Néanmoins, si l’on considère que pour un capital initial de 8 160 000 francs, les profits nets sont de 5 o38 086 francs, permettant la distribution d’un dividende de 36 % sur la base du pair des actions, représentant 61 fr. 7 % du capital actions, on peut se déclarer satisfait; ce n’est probablement pas l’avis de ceux qui, escomptant une moins grande pru-
- dence du Conseil, avaient poussé la valeur à 2 5oo fr. et l’ont laissée redescendre à 2 370 francs, capitalisant les intérêts à 3 fr. 79 bruts. Cette prudence du Conseil lui est commandée par ses ventes par annuités qui exigent une large trésorerie, par certaines de ses entreprises, notamment l’installation dans une compagnie minière anglaise de fours à coke avec usine de récupération des sous-produits, payable par annuités et par le souci de maintenir toutes ses usines à la hauteur des progrès modernes et des besoins croissants de la clientèle. Cependant, malgré la parcimonie dont le Conseil a fait preuve, malgré 20 millions de réserves, la nécessité de construire une usine à Dordrecht pour éviter des frais de douane et de transport, celle d’acheter à Vienne de nouveaux terrains et d’y construire de nouveaux ateliers, l’obligation enfin d’agrandir l’usine du boulevard de Vaugirard, forcerale Conseil à faire appel à de nouveaux capitaux. Les anciens actionnaire» ont déjà répondu affirmativement par avance à cette demande, faisant confiance à leurs dirigeants dont ils ont approuvé toutes les propositions à l’assemblée dont nous rendons compte.
- Nous disions dernièrement l’augmentation de capital de la Compagnie Centrale d’Energie Electrique. En même temps que son assemblée du ier septembre portait ce capital à i5 millions, elle autorisait l’émission de 20 000 obligations de 5oo francs du type 5 % , amortissables au pair à partir du ier avril 1912. Le Comptoir d’Escompte, la Société Générale, laBanquedePârisct des Pays-Bas, la Banque de l'Union Parisienne, la Banque Française pour le Commerce et l’Industrie prêtent leurs concours pour le placement de ces obligations. Tous ces capitaux seront consacrés à la construction d’une importante centrale et à l’établissement du réseau qui entre autres alimentera la Compagnie des tramways de Rouen, la Compagnie Centrale des chemins de fer et tramways, la Compagnie Nouvelle du gaz de Deville et la Compagnie Elbeuvienne du gaz : des traités passés avec ces gros consommateurs assurent déjà une vente intéressante de courant.
- Ce type d’obligations 5oo francs 5 % est aussi celui qui a été choisi par l’Energie Industrielle dont l’assemblée, extraordinaire du 3 septembre dernier a décidé la création jusqu’à concurrence* de 4 000. ; ces obligations seront remboursables au pair dans un délai maximum de 40 années, à partirdu ier avril 1912.
- Il faut noter cet état d’esprit des financiers qui, à l’heure actuelle, présentent au public des titres industriels d’un revenu plus élevé émis au voisinage
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- du pair et d’un amortissement rapide : ils peuvent ainsi détourner à leur profit la faveur dont jouissent les titres d’Etats, de provinces, de compagnies de chemins de fer étrangers qui ne cessent d’inonder notre marché.
- On connaît les accords qui viennent de se conclure entre la Société Grenobloise de Force et de Lumière et les Forces motrices du Rhône. La première qui tendait à augmenter ses ventes de force motrice à Lyon et qui le pourra aisément maintenant, se dispose à créer une nouvelle usine génératrice à Bozel, actionnée par les eaux du torrent de la Rozière* Déjà l’usine et la canalisation sont en bonne voie de construction et d’installation. On espère d’ici un an utiliser le courant de la nouvelle usine, à l’aide d’une nobvelle ligne qui sera construite jusqu’à Moutiers, où elle se raccordera à la ligne existante.
- La construction du réseau d’éclairage électrique de Constantinople et son exploitation ont été définitivement concédées à la maison Ganz de Budapest, dont les projets retenus par la commission technique ont été approuvés par le Conseil des ministres. L’élimination des groupes français qui avaient pris part aux concours est donc définitive, puisque la condition faite à la maison Ganz de désintéresser le groupe de la Société Havraise d’énergie électrique ne, comporte absolument que le versement d’une indemnité pécuniaire. Il reste aux constructeurs français la faculté de créer sur place des maisons de vente de leur matériel, dont l’usage se répandra d’autant plus, que la clientèle pourra en disposer plus rapidement.
- La Société suisse pour l’industrie de l'alumi-
- nium à Neuhausen se dispose à porter son capital de 26 millions de francs, libéré seulement de moitié, à 3i 200 000 francs. Les actions nouvelles qui participeront aux bénéfices, à partir du i<r janvier 1911, seront émises au prix de 2 i5o francs et libérées de 75 % . La prime d’émission serait appliquée à une libération de 25 % des actions anciennes, qui se trouveraient ainsi libérées de 75 % . La société vient précisément de mettre en route son usine de Ghippis, dans le Valais, pour la fabrication de l’acide nitrique et des produits azotés. Les prix pratiqués laisseraient une marge de bénéfices intéressants.
- La plupart des entreprises hydro-électriques sont limitées dans l’extension de leurs installations par les variations du régime des cours d’eau ou rivières qui alimentçnt leurs usines. Nous avons vu notamment à quelles dépenses supplémentaires avait été entraînée l’Energie Electrique du Littoral en raison de l’irrégularitpdest eaux de la Durance. Une Société pour la régularisation de la Durance s’est constituée, ayant pour objet; l’établissement du barrage de Serre-Ponçon destiné à régulariser la Durance et à alimenter un réseau de canaux' d’irrigation. La rentabilité de l’affaire est assurée par une redevance de 1 franc par poncelet que paieraient les bénéficiaires de la régularisation, spit la Société des Forces Motrices de la Haute-Durance, l’Energie Electrique du Littoral, la Société Electro-métallurgique française, etc. Cet exemple sera certainement suivi dans les autres régions de la France intéressées à tous points de vue au développement des réseaux de distribution d’énergie électrique à bon marché.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Nord. — Le Conseil municipal de Dunkerque a adopté, dans sa dernière séance, la substitution de la traction électrique à la traction animale sur la ligne du tramway de Saint-Pol-sur-Mer et son raccordement avec le réseau de Dunkerque.
- Vaucluse. — La Chambre de commerce d’Avignon a émis le vœu que : i° l’étude d’une ligne entre Avignon et
- Châteaurenard soit entreprise au plus tôt par la Compagnie des Tramways électriques; a° que la ligne projetée entre Avignon et Villeneuve soit exécutée le plus promptement possible.
- Corrèze. — Le Conseil général a renvoyé l’étude du projet de substitution de la traction électrique à la traction à vapeur, çour les tramways de pénétration à Tulle et à Brive.
- — Par décret du 29 septembre 1910,
- Indre-et-Loire.
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- e st substituée la traction électrique à la traction à vapeur sur une section du tramway de Tours à Vouvray.
- Belgique. — Une enquête est ouverte au sujet d’une demande de la Société des Tramways bruxellois relative à l’établissement d’une ligne à traction électrique aérienne de la place Sainte-Croix, à Ixelles, à la Chaussée d’Alsembert, à Foresl.
- Espagne. — Une compagnie française étudierait un projet de chemin de fer, de grande importance pour la province de Jaen et pour une grande partie de l’Andalousie.
- Il s’agit de la ligue de Pedro Abad à Martos, qui doit avoir sa coutinuation par la ligne Alcandete Grenade.
- Les études déjà faites paraissent avoir décidé l’entreprise à adopter la traction électrique et la ligne traversera du Nord au Sud la province de Jaen.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — MM. Louis Laurent et Cie, propriétaires de l’usine hydro-électrique de Bruno, font procéder à l’installation de l’éclairage électrique dans les communes d’Etrez et de Cras-sur-Reyssouze.
- Le Conseil municipal de Marboz a donné un avis favorable au projet d’éclairage électrique de la commune établi par la Société Laurent et Cie.
- Algérie. — Dans sa séance du icr septembre, le Conseil municipal deTizi-Ouzou aaccordé la concession de l’éclairage électrique à MM. Demathieux et Cie.
- Ardennes. — MM. Lemoine et Jacob, électriciens à Charleville, ont été chargés de l’établissement d’un projet d’éclairage électrique pour la commune de Mont-médy.
- Doubs. — Le Conseil municipal de Besançon a voté une somme de 24 000 francs pour divers travaux d’éclairage élëctrique.
- Haute-Marne. — L’électricité va être installée très prochainement dans les communes de Fresnes-sur-Apance et Villars-Saint-Marcelin.
- Haute-Vienne. — Une enquête est ouverte à la mairie de Chaillac au sujet de la demande de concession d’éclairage électrique et de force motrice formulée par la Société d’éclairage et de transport de force par l’électricité de Rochechouart et Chabanais.
- Loire. — L’Energie du Centre vient de s’entendre avec la municipalité de Neulize pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Lot-et-Garonne. — On va procéder très prochaine, ment à l’installation de l’éclairage électrique à Laplume. Le concessionnaire est M. Boutet, ingénieur électricien, à Toulouse.
- Nord. —Les Ateliers de Constructions Electriques dp Nord et de l’Est à Jeumont vont céder leurs branches d’éclairage (électricité et gaz) à une nouvelle société dans laquelle ilsresteraient intéressés.
- Rhône. — La Compagnie du Gaz de Lyon fait procéder actuellement à Sathonay-Camp à l'installation d’un poste d’électricité de 10000 volts à haute tension venant directement de Moutiers (Savoie). Il fournira la force et la lumière à Sathonay-Camp, aux Marronniers, au Yernay et à Caluire.
- Sàône-et-Loire. — La municipalité de Tournus a adopté le projet d'éclairage électrique présenté par la Compagnie du gaz.
- Seine-et-Oise. — Le Conseil municipal de Montfermeil a nommé une commission pour l’étude d’un projet d’éclairage électrique de la commune.
- Le Conseil municipal de Sartrouville a renvoyé à la Commission des finances le projet de distribution d’énergie électrique présenté par la Compagnie Ouest-Lumière.
- Seine-Inférieure. — A la suite du concours ouvert au mois d’août en vue de l'installation de l’éclairage électrique de Dieppe, la commission municipale a retenu le projet présenté par MM. A. Bergerot et Cie, de Paris.
- Le préfet a ordonné l’ouverture d’une enquête concernant la demande de concession d’éclairage électrique d’Aumale, faite par M. Rude-Lecointre.
- Somme. — Une société est en formation pour l’exploitation des chutes de Sailly-Loretfe et de Cappj. Les 4oo chevaux fournis seraient utilisés à l’éclairage électrique de 3o communes de la vallée de la Somme.
- Vaucluse. — Une commission a été nommée par le Conseil municipal du Pontet pour l’étude d’un projet d’éclairage électrique.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société anonyme Eclairage et Force motrice par l'électricité. — Durée: 40 ans. — Siège social : 3i, rue Saint-Jacques, Douai.
- Secteur électrique de la ville d'Asnières. — Durée,-4o ans. — Capital : 1 Sooooo francs. — Siège social: 1, cité Tré-vise, Paris.
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- Compagnie du chemin de fer électrique de Maurignac au Pontrdu-Roi. — Durée: 5o ans. — Capital: i5o ooo fr. — Siège social : 14> rue Taitbout, Paris.
- Secteur électrique d'Avenay et extensions. — Durée : 4o ans. — Capital: ioo ooo fr. — Siège social : Avenay (Marne).
- Société C. Sundt et Cla {appareillage électrique). —Capital: 5o ioo fr. — Siège social: 4, rue Deloye, Nice.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine E/ektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A.E. G. vertikale Pumpenmotoren.
- Molordynamos für Benzin, Benzol, Spiritusund Pctro-leumbetrieb sowie ihre Aùfstellung und Betriebsführung.
- Selbstlatiger Spannungsregler System Tirrill.
- Die Ladung von Elektromobilen mit dem Quecksil-berdampf-Gleichricliter.
- Société Française Oeriikon, Paris.
- Nouveaux engrenages Oeriikon à vis sans fin.
- Commande électrique directe avec dispositif automatique pour le réglage de l’effort sur le fil pour métiers à filer à anneaux.
- Supports transportables pour perceuses à main électriques.
- Ventilateurs électriques pour branchement sur réseaux de lumière.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 22 octobre 1910, à la mairie de Mirande (Gers), concours en vue de la construction et de l’installation des machines élévatoires (générateurs, moteurs, pompes et accessoires) destinées à assurer l’alimentation en eau potable de la ville de Mirande.
- BELGIQUE
- Le 17 octobre, à 11 h., à la maison communale, à
- Ixelles-les-Bruxelles, installation des sonneries électriques dans les bâtiments communaux. Soumissions recommandées le 17 octobre.
- Le 20 octobre, à 11 h., à la direction générale des ponts et chaussées, 38, rue de Louvain, à Bruxelles, installation d’un réseau de téléphonie intérieuie et d’appel par sonneries dans le nouveau bâtiment des bureaux du gouvernement provincial du Brabant : caut. : i/ioe de la soumission (cahier des charges n" 78; prix: o fr. 20); prix du plan: 3 fr. ; s’adresser, i5, rue des Augustins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 16 octobre.
- ALLEMAGNE
- Le 28 octobre, au Bauamt II du Kaiser-Wilhelm-Ka-nal, à Burg-in-Dithmarschen, travaux et fournitures pour l’installation de l’énergie électrique : pompes, transformateurs, moteurs à courant alternatif, etc.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Burg-lez-Magdebourg, établissement d’installations électriques, 100.000 marks. .
- ROUMANIE
- Le 24 octobre (n. st. ), à la direction des chemins de fer roumains, à Bucarest, installation d’un pont roulant électrique de 10 tonnes pour l’atelier de chaudronnerie des locomotives à Bucarest.
- Le 20 octobre/2 novembre, à la mairie de Foschani, travaux pour l’éclairage de la ville à l'électricité; caut. provisoire: 35 3oo francs.
- Jusqu’au 3 décembre (nouveau style), à la direction des chemins de fer roumains, à Bucarest, offres pour la construction d’un tronçon de 35 kilomètres de la voie de Medjidia-Tulcea jusqu’à la station d’Ester, 1616 ooo fr. ; caut. provisoire: 65 ooo francs.
- AUSTRALIE
- Le22novembre 1910, à M.le deputy postmaster general, à Melbourne,fourniture de 3 840 appareils téléphoniques.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nquet.
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- Trente-deuxième année.
- SAMEDI 22 OCTOBRE 1910. Tome XII (2« série). — N* 4R,
- La
- Lumière Électrique
- /S
- Précédemment
- , ' (!**
- L'Eclairage Electrique %
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 65. — Commandant Ferrie. La télégraphie sans fil à bord des dirigeables et les résultats obtenus aux grandes manœuvres, p. 99.— G. Belluzzo. Chronique des usines centrales : Les centrales thermoélectriques et la consommation de charbon par kilowatt-heure, p. 104.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Le réglage automatique de la tension aux bornes des alternateurs, M. Seidner, p. 112. — Le régulateur Tirrill. C. Walds-chmiut, p. 116. — La récupération par le freinage du moteur à répulsion en montage normal est-elle possibles?, F. Rusch. p. 116.— Transmission et distribution. Prescriptions allemandes et viennoises pour la sécurité des conducteurs aériens nus, K. Kohler, p. 117. — Eléments primaires et accumulateurs. Procédé pour former rapidement des plaques d’accumulateurs, F. Fischer, p. 120. — Bibliographie, p. 120. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Avertisseur électro mécanique, p. 122. — Les matériaux isolants, p. ia3. — Chronique financière, p. 124. — Renseignements commerciaux, p. 126. — Adjudications, p. 128.
- ÉD1T0RIA L
- L’étude de notre très distingué collaborateur, M. le commandant Ferrie, sur la télégraphie sans fil, à bord des dirigeables, n’est pas en réalité un travail inédit, puisqu’elle est extraite d’une conférence déjà reproduite dans certaines publications aéronautiques. Mais elle nous a paru constituer le préambule le plus naturel à la description du récent poste d’expériences du Clément-Bayard, qu’il semblait opportun de faire connaître à nos lecteurs.
- Les expériences faites à l’aide de ce poste, au cours des dernières manœuvres, ont été, en effet, des plus encourageantes, et ouvrent des perspectives un peu inattendues : étant
- donné la faible puissance qui- s’est montrée, dans certains cas, nécessaire pour une bonne transmission, ne peut-on prévoir le jour où nous aurons à parler d’un poste radiotélégra-phique pour aéroplanes ?
- Deux grands travaux d’ensemble constitueront notre seconde Chronique des stations centrales.
- Le premier de ces travaux, dû à M. G. Belluzo, s’attache à la question du rendement, des centrales électriques contenant des machines thermiques. —
- L’auteur y considère bien entendu le rendement global de l’installation, en fait l’ana-
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- lyse, et cherche comment on pourra améliorer chacun des éléments que cette analyse fait apparaître. Il est ainsi amené à considérer avant toute chose le cycle thermodynamique décrit par la vapeur. Parmi les solutions qu’on a proposées pour l’améliorer, beaucoup deviennent en pratique illusoires. Mais on peut fonder un légitime espoir sur les perfectionnements futurs des turbines, et M. Belluzo indique quelle sera, selon lui, la turbine idéale qui reste à réaliser.
- M. Belluzo fait valoir ses idées dans un style entraînant, parfois pittoresque, dont nous avons conservé l’allure dans notre traduction.
- La seconde et dernière partie de l’important travail de M. Seidner contient, entre autres procédés de réglage automatique de la tension aux bornes des alternateurs, celui de Thury, et les diverses variantes du système Tirrill. Ces variantes portent sur la correction, par des dispositifs appropriés, des effets d’inertie électrique ou mécanique subis par les diverses pièces.
- Dans son ensemble d’ailleurs, le régulateur Tirrill a été l’objet de perfectionnements récents qu’il nous a paru intéressant de rassembler dans un article spécial.
- Enfin l’auteur termine en décrivant la solu-
- tion de Parsons, déjà connue de nos lecteurs, et enfin celle qu’il a personnellement imaginée, en utilisant la variation des résistances en fonction de la température.
- Comme complément à l’étude de M. Rusch sur les moteur à répulsion, récemment analysée par M. L. Berger, nous reproduisons les traits essentiels du calcul dont le distingué ingénieur allemand conclut que la récupération par freinage est impossible pour ce moteur.
- Des expériences faites par l’auteur confirment cette théorie.
- Les industriels français connaissent bien, et pour cause, les prescriptions de sécurité relatives aux conducteurs nus. Mais ils ont quelque intérêt à connaître la façon dont les prescriptions anologues ont été établies dans des pays voisins du nôtre. En Allemagne, on ne tient aucun compte du vent, pour des raisons assez spécieuses. L’Union des Electriciens de Vienne en tient compte au contraire, et fixe des limites de tension mécanique plus sévères.
- M. Fischer signale enfin un procédé intéressant, surtout au point de vue de la rapidité, pour former les plaques d’accumulateurs.
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- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL A BORD DES DIRIGEABLES
- ET LES RÉSULTATS OBTENUS AUX GRANDES MANŒUVRES
- Les moyens de communication directe entre un dirigeable et son port d’attache qui ont été expérimentés sont les suivants :
- Signaux optiques ;
- Pigeons voyageurs ;
- Télégraphie sans fil;
- Nous ne nous occuperons ici que du dernier de ces moyens bien que les deux premiers présentent aussi un sérieux intérêt et aient déjà donné de bons résultats.
- Toute station radiotélégraphique se compose de trois parties distinctes :
- i° Les appareils de transmission qui servent à la production des ondes ;
- 2° Les appareils de réception qui permettent de percevoir les ondes provenant des postes correspondants ;
- 3° L’antenne et sa prise de terre, que Ton relie tantôt aux appareils de transmission, tantôt aux appareils de réception, suivant que l’on veut transmettre ou recevoir un télégramme, l’antenne jouant le rôle de radiateur d’ondes dans un cas et de collecteur d’ondes dans l’autre cas.
- On a constaté que la portée que peuvent atteindre les signaux émis par une station est fonction, toutes choses égales d’ailleurs, de l’énergie mise en jeu pour la production des ondes, et des dimensions de l’antenne (hauteur, nombre et espacement des fils, etc.).
- Le rôle de la prise de terre est assez complexe; toutefois on a démontré qu’elle sert surtout à compléter l’antenne : tout se passe coirime.si'la prise de terre n’existait pas et si Ton ajoutait à l’antenne un prolongement égal et symétrique d’elle-même par rapport à la surface du sol.
- Il est d’ailleurs possible d’obtenir des résultats suffisamment bons dans certains cas, en remplaçant la prise de terre de l’antenne par sa liaison à des fils isolés, tendus au-
- dessus du sol et équivalents à l’antenne au point de vue électrique, qu’on appelle d’ordinaire le « contrepoids ». On fait usage d’un contrepoids quand on ne peut pas effectuer de bonnes prises de terre, dans les terrains rocheux par exemple.
- Les figures i et 2 représentent le montage d’ensemble d’une station radiotélégraphique dans les deux cas.
- Dans la figure 1, A est l’antenne que Ton suppose, pour simplifier le dessin, formée d’un seul fil, T la prise de terre, E l’ensemble des appareils d’émission, R l’ensemble des appareils de réception.
- Dans la figure 2, la prise de terre est remplacée par le contrepoids G. Pour transmettre, on relie, dans les deux cas, les points a et b aux points #2et ô,; pour recevoir, on les relie aux points ax et .
- On démontre théoriquement, et on a vérifié pratiquement que, pendant l’émission des signaux, la tension électrique des oscillations hertziennes n’est pas constante tout le long de l’antenne seule (fig. 1) ou tout le long de l’antenne et du contrepoids (fig. 2). Cette tension est maximum aux extrémités x (fig. ijouæety (fig. 2). Il se produit en ces points des effluves ou aigrettes qui sont d’autant plus grandes que l’énergie mise en jeu pour la production des oscillations est plus considérable. Comme, d’autre part, pour une antenne donnée, la portée que peuvent atteindre les signaux transmis est d’autant plus grande que l’énergie est elle-même plus grande, il en résulte que les effluves ou aigrettes seront d’autant plus importantes que les stations avec lesquelles il faut correspondre seront plus éloignées.
- Remarquons cependant que ces aigrettes ne dépendent pas seulement de l’énergie dépensée pour produire des ondes dans une
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- antenne déterminée, mais qu’elles varient d’intensité avec le procédé employé pour produire ces ondes.
- Les procédés dont on peut faire usage sont au nombre de trois :
- aux extrémités x, ou ,r et (fîg. i et 2) est d’autant plus faible que le nombre d’étincelles est plus grand. Les aigrettes et effluves qui sont dues à cette tension électrique suivront la même loi.
- x
- A
- >a
- b
- F;g:f
- Emploi des étincelles rares;
- Emploi des étincelles musicales;
- Emploi des ondes entretenues.
- Dans les deux premiers procédés on emmagasine l’énergie électrique dans des conden-
- L’emploi d’étincelles musicales, c’est-à-dire d’étincelles dont le nombre est tel que le bruit produit par elles est un son musical, permet donc de diminuer beaucoup les effluves ou aigrettes.
- x
- A
- a
- b
- F,g:2
- sateurs dont on produit périodiquement la décharge par des étincelles. Quand le nombre de celles-ci est faible, l’énergie dépensée dans chacune des étincelles est évidemment plus grande que si le nombre des étincelles est considérable, i’énergie totale étant constante. Il en résulte que la tension électrique qui existe dans l’antenne et en particulier
- Cette diminution est encore bien plus grande quand on fait usage d’ondes entretenues, mais nous n’insisterons pas sur ce procédé qui n’est pas encore susceptible d’applications vraiment pratiques.
- *
- * *
- Pour installer une station radiotélégra-
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- phique à bord d’un dirigeable, il faut évidemment employer un montage avec contrepoids, analogue à celui de la figure 2. D’autre part, comme il a été démontré que les aigrettes ou effluves qui se produisent aux extrémités de l’antenne et du contrepoids enflamment l’hydrogène, il importe de réduire au mini-
- Anlenne
- Quant au contrepoids on peut le créer de plusieurs manières différentes :
- i° Au moyen de la masse métallique de la nacelle et des agrès.
- Il est toutefois nécessaire que l’aérostat proprement dit soit suffisamment éloigné des extrémités métalliques des suspentes en
- mum ces aigrettes, c’est-à-dire défaire usage d’étincelles musicales. De plus, il faut supprimer ou masquer toutes les étincelles pouvant se produire à l’air libre, notamment dans les appareils générateurs d’ondes et qui seraient, par suite, susceptibles d’enflammer l’hydrogène qui s’échapperait du ballon. Enfin, il sera prudent dans tous les cas d’éviter absolument de faire une transmission quand les soupapes seront ouvertes ou quand il existera une déchirure accidentelle à l’enveloppe.
- Les dispositions que l’on peut adopter pour l’antenne et le contrepoids sont variables avec le type de dirigeable. Dans tous les cas, on constitue généralement l’antenne par un fil unique de 100 à 200“ de longueur qu’on laisse pendre au-dessous de la nacelle après l’avoir un peu lesté pour éviter qu’il ne soit trop rabattu pendant la marche de l’aérostat.
- acier, etc., pour que les effluves qui se produisent en ces points ne risquent point d’enflammer l’hydrogène qui s’échapperait de l’enveloppe : une distance de 2m est suffisante. Il est bon, en outre, de garnir les pointes métalliques de boules également métalliques pour diminuer les aigrettes. Il faut aussi que l’énergie employée ne soit pas trop considé-rable pour que les mécaniciens et pilotes ne ressentent pas les secousses pendant les transmissions.
- Dans le type Colonel-Renard, par exemple, on pourrait employer ce procédé, comme cela est indiqué schématiquement à la figure 3. Les parties métalliques sont portées en traits pleins, les appareils de transmission E et de réception R sont indiqués en dehors de la nacelle pour rendre la figure plus lisible.
- De même, dans le type Gross, on pourrait opérer d’une manière analogue, le contre-
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- poids étant constitué par la poutre armée à laquelle est suspendue la nacelle, et par celle-ci (fig. 4, mêmes conventions que pour la fig. 3).
- a0 Si les dimensions linéaires des masses
- métalliques sont insuffisantes pour constituer convenablement le contrepoids, on pourrait ajouter des conducteurs isolés suspendus au ballon, destinés à allonger le contrepoids.
- Dans le type Parseval, par exemple, le contrepoids pourrait être constitué comme il est indiqué schématiquement à la figui'e 5, les fils métalliques supplémentaires F formant le contrepoids étant parfaitement isolés et suffisamment éloignés de la masse de l’aérostat.
- 3° Dans les aérostats comportant une carcasse métallique comme les Zeppelin ou une plateforme métallique comme le République, il serait très imprudent d’incorporer cette carcasse ou cette plateforme dans le circuit oscillant. Il est préférable de créer un contrepoids spécial au moyen de fils métalliques complètement isolés de la masse métallique dq ballon, et suffisamment éloignés de celle-ci pour qu’il n’y ait à craindre aucun contact accidentel entre le contrepoids et celle-ci pendant la transmission, car ce, contact amè-
- nerait la production d’étincelles. De plus, comme la masse métallique sera néanmoins, par induction, le siège d’oscillations électriques, il pourrait se produire encore aux pointes des effluves dangereuses. Il est bon
- Antenne
- de sectionner autant que possible les câbles métalliques par des parties isolantes, caries effluves seront d’autant plus faibles que les dimensions linéaires des parties métalliques soumises à l’induction sont plus réduites.
- La figure 6 représente schématiquement une installation de ce genre qui pourrait être réalisée à bord du type République.
- On a aussi songé à constituer le contrepoids par un fil métallique soutenu par un cerf-volant, quel que soit le type de dirigeable (fig. 7), mais le cerf-volant peut gêner la marche de l’aérostat.
- Dans les aérostats à très longues nacelles, on a pensé à placer l’antenne et son contrepoids dans des positions symétriques (fig. 8) A et C, tout en étant entièrement isolés de la masse métallique de la nacelle.
- Mais ce procédé pi'ésente l’inconvénient de ne pas donner la même portée dans toutes les directions : les ondes rayonnées par A interfèrent avec celles rayonnées par G, de telle sorte qu’il y a une portée maximum dans un
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- des plans de symétrie et une portée minimum dans le plan perpendiculaire.
- On peut encore imaginer d'autres disposi-
- Cerf volant
- tions, mais nous en avons décrit un assez grand nombre pour qu’il soit possible de se faire une idée nette des difficultés du pro-
- blème dans le choix de l’antenne et du contrepoids.
- En ce qui concerne les étincelles produites aux appareils eux-mêmes, aux balais des
- machines, etc., il est facile [de prendre des dispositions pour éviter qu’elles ne constituent un danger. Il suffit de les entourer de treillis métalliques analogues à ceux des lampes de mineur.
- La puissance nécessaire à la production des ondes est généralement empruntée à un alternateur à fréquence musicale que l’on peut embrayer sur un des arbres de transmission ; il n’absorbe, en général, que 2 à 4 chevaux.
- Quant aux appareils de réception, ils ne présentent aucune particularité à noter. Cependant le bruit produit par le moteur gêne la réception au moyen des téléphones, et on emploie parfois la réception écrite, aii moyen de cohéreurs ; les appareils ! sont alors plus compliqués et plus délicats; il vaut mieux en général conserver la réception téléphonique, sauf à faire correspondre le dirigeable avec une station de terre assez puissante pour que les sons perçus dans le téléphone soient suffisamment forts pour être lisibles, malgré le bruit du moteur.
- La réception à bord présente d’ailleurs un intérêt secondaire, car le personnel du dirigeable reçoit avant son départ toutes les instructions nécessaires et il n’est guère à prévoir qu’on aura à lui en envoyer d’autres en cours de route. Les réceptions à effectuer à bord se bornent donc en général à quelques signaux conventionnels du service télégraphique : accusés de réception, demandes de répétition, etc...
- En terminant, nous dirons quelques mots des portées que l’on peut atteindre au moyen de stations radiotélégraphiques installées à bord de dirigeables.
- Il faut distinguer deux espèces de portées :
- La portée à laquelle des télégrammes transmis par le. dirigeable peuvent être reçus à terre ;
- La portée à laquelle le dirigeable peut recevoir des signaux venant de terre.
- La première est la plus intéressante ; elle est fonction de l’énergie dépensée à produire-
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- les ondes et des dimensions de l’antenne et de son contrepoids. Elle dépend donc de l’installation qui aura pu être réalisée abord, mais elle varie également avec l’organisation de la station qui reçoit les signaux à terre. Quand celle-ci a une antenne de grandes dimensions, la portée est évidemment plus considérable que si elle ne dispose que d’une petite antenne, comme les stations militaires de campagne, par exemple.
- Quant à la portée de réception, elle peut être très grande et atteindre plusieurs centaines de kilomètres quand la station de terre qui transmet est très puissante.
- Le pcûds total d’une installation de télégraphie sans fil à bord d’un dirigeable varie de 100 à 4ook&, suivant les dispositions et les procédés employés, et aussi suivant la portée que l’on veut atteindre (*).
- Commandant Ferrie.
- *
- ¥ ¥
- Les conditions générales du problème étant ainsi posées, il convient de faire connaître en quelques mots les réalisations déjà accomplies.
- On sait qu’aux grandes manœuvres dernières, des essais de communication radioté-légrapliique ont été faits avec le dirigeable militaire Bayard-Clément. Le commandant Ferrié y dirigeait en personne la manœuvre
- (') Extrait d’une Conférence faite à l’Ecole de Télégraphie.
- du poste aérien. Or, bien qu’on ne puisse encore donner à ce sujet que peu de renseignements, on va voir que ce sont des renseignements qui valent la peine d’être médités.
- N’oublions pas d’abord qu’il s’agissait là d’un poste d’essai, où tout était réduit : encombrement, poids et puissance.
- La batterie génératrice : dix accumulateurs (genre accumulateurs d’allumage), donnait 20 volts, avec un débit maximum de 5 ampères environ. Pour la production d’étincelles musicales (fréquence i5o), un « vibrateur », spécialement étudié par MM. Bethenod et Ferrié : sorte de gros diapason à vibrations entretenues, sur lequel nous aurons sans doute l’occasion de revenir. Les étincelles éclataient, bien entendu, dans un grillage métallique. Le poids total du poste : 6o kilogrammes.
- Quels étaient, naguère encore, les chiffres admis pour définir la relation entre la puissance d’un poste et sa portée ?
- On pensait qu’il fallait au moins produire i ou 2 kilowatts à bord du dirigeable pour envoyer les ondes à quelques oo kilomètres.
- Or, voici le résultat qu’on a pu observer : le poste du Bayard-Clément s’est fait entendre très nettement kune centaine de kilomètres avec une dépense de puissance inférieure à 5o watts, et même probablement très voisine de 35 watts.
- Un tel chiffre se passe de tout commentaire.
- J. R.
- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES
- LES CENTRALES THERMOÉLECTRIQUES ET LA CONSOMMATION DE CHARBON
- PAR KILOWATT-HEURE (')
- Les statistiques démontrent que l’industrie n’a jamais consommé tant de charbon que depuis
- (') Atti delta Associazione elettrolecnica italiana, mars-avril 1910.
- la généralisation de l’emploi de la houille blanche.
- Aussi, da part prépondérante que tendent à prendre les chevaux thermiques par rapport aux chevaux hydrauliques, spécialement dans les ins
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- tallations hydroélectriques, donne une importance capitale à l’étude des centrales thermiques à vapeur, le but final de l’exploitant étant d’avoir le kw. noir à un prix de revient moindre compatible avec les conditions de la technique. Et puisque, dans ce prix, la plus grande partie (a/3 environ) provient de dépenses d’exploitation, et que dans ces dépenses le prix du combustible entre pour les 9/10, c’est l’étude des centrales thermiques au point de vue de la consommation unitaire de combustible qu’il convient de faire.
- Le problème est une question de rendement ; il faut avoir le rapport maximum vjT entre les kilowatt-heures disponibles au tableau de distribution et les kilowatt-heures correspondant théoriquement aux calories disponibles dans le poids de charbon brûlé dans une heure.
- Ce rapport a aujourd’hui encore des valeurs assez faibles.
- Dans les meilleures centrales thermiques à vapeur qui fonctionnent de façon continue et à charge variant entre des limites très rapprochées, la consommation effective minimum de combustible de bonne qualité est de 1 k8, t par kilowatt-heure utile au tableau, soitenviron 8a5o calories. Et puisquè 1 kilowatt-heure équivaut à 860 calories, on a un rendement thermique total donné
- par ^°- = n % environ; ce chiffre descend à 1 8 a5o
- 9,5 % pour les meilleures centrales qui fonctionnent seulement 12 heures et avec une charge très variable, à 9 % s’il y a des services d’eau spéciaux pour l’alimentation et la condensation, à 7 % et au-dessous si la centrale fonctionne moins de G heures.
- Voyons comment ce rendement se répartit entre les appareils et les machines de la centrale.
- Désignons par :
- ï]c, le rendement de la chaudière;
- yp, le rendement thermique du moteur ;
- y;,, le rapport entre les calories théoriquement transformées en travail dans le moteur, étant données les conditions extrêmes de la vapeur, et les calories effectivement transformées ;
- ï)c, le rendement du]générateur électrique;
- K, un coefficient.
- L’on devra avoir :
- Dans les meilleures conditions, avec de la va-
- peur à 3oo1' environ et un vide de 95 % dans le condenseur, on peut admettre, à charge constante et voisine du maximum :
- rlc — 0,75, -rit On a alors
- Pour
- o,3°, vp = o,G5, vje=o,94.
- y]t = 0,137 K.
- ’Ot = o, 11, y]t == 0,095, 'fa = 0,09, fin = 0,07,
- K = 0,81, K = 0,70, K = o,66, K = 0,52.
- Les valeurs de K dans les centrales les mieux conduites et qui fonctionnent pendant 24 heures dépendent, non seulement des rendements moindres que l’on a dans les périodes où la centrale fonctionne aux charges réduites, mais encore du travail des pompes d’alimentation et des machh nés et appareils annexés aux condenseurs, des pertes dans les tubes et des pertes dues au passage de charge d’un moteur à l’autre.
- Dans les centrales, toujours très bien menées, qui fonctionnent 12 heures ou moins de 12 heures, la valeur de K subit spécialement l’influence des pertes dues aux calories à emmagasiner pendant la période de mise en marche, étant admis que, à la fin du fonctionnement, les conditions du générateur, en ce qui concerne le charbon qui se trouve sur la grille et l’eau qui se trouve dans la chaudière, sont celles que l’on a quand il est en charge ; or, cette influence augmente rapidement lorsque diminuent les heures de fonctionnement.
- Nous avons admis que la marche de la centrale était excellente et qu’on disposait d’un bon personnel ; le cas n’est pas très fréquent, étant données les tendances actuelles des exploitants à se préoccuper beaucoup plus de l’esthétique de leurs installations que, par exemple, de l’habileté des chauffeurs, de laquelle dépend le rendement de la chaudière ; et de l’habileté du personnel supérieur, de laquelle dépend le rendement total.
- Il eût peut-être été plus logique d’englober dans la valeur de K le rendement de la chaudière; on aurait alors en désignant par K, le nouveau coefficient : % = 0,18 K,. Ce coefficient K pourrait s’appeler le coefficient de fonctionnement : une sorte de cos cp des centrales thermiques, dont la valeur offre cette particularité qu’elle dépend
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- non seulement des circonstances mais aussi des personnes.
- Dans la préoccupation d’élever la valeur de K, la question des chauffeurs peut être en grande partie tournée et elle l’est en fait dans beaucoup de centrales modernes, avec les chaudières à alimentation de charbon continue et automatique, mais il reste toujours pour les centrales à fonctionnement intermittent celle des pertes du démarrage.
- PRINCIPES D’INSTALLATION
- Il n’est pas logique d’appliquer au projet et à la construction des centrales thermiques à fonctionnement intermittent les mêmes principes que pour les centrales à fonctionnement continu. Et pourtant, aujourd’hui, toutes les centrales thermo-électriques, quelle que soit la durée de leur fonctionnement journalier, sont calquées sur le même modèle : les chaudières, placées dans un local contigu à celui des moteurs et séparé de ce dernier par un corridor presque toujours sombre, où sont les canalisations principales de vapeur et leurs commandes, sont réunies par groupes, en batteries qui ont en commun la conduite principale de fumée dans laquelle se trouve presque toujours l’économiseUr. Les moteurs et les générateurs électriques accouplés sont alignés, leurs axes parallèles et en général perpendiculaires au plus grand côté du local qui les abrite, et au bout duquel, en haut, presque sur un trône où l’on accède par d’élégants gradins nouveau style, sont les quatre tables de marbre sur lesquelles sont montés les instruments électriques qui forment ce qu’on appelle le tableau. Les modestes machines de condensation fonctionnent en sous-sol ; l’espace abonde toujours au-dessus et au-dessous. Si de l’examen des locaux nous passons à celui des machines et des chaudières, nous y trouvons aussi les mêmes types répétés tant dans la centrale à fonctionnement continu que dans la centrale à fonctionnement très intermittent ; c’est la mode et la question de dépenses qui en ont dicté le choix. Sans parler des canalisations de vapeur dont la disposition et les dimensions, dans un très grand nombre de cas, ont été déterminées toujours de la même manière, il n’est pas rare de voir le diamètre du tube de vapeur sensiblement supérieur à ce-
- lui de la prise du moteur auquel il se relie.
- Pour les centrales à fonctionnement intermittent, on devrait, au contraire, être hanté par la préocupation de rendre minimum le nombre de calories qui, au moment de l’arrêt, se trouvent emmagasinées dans la centrale, et par suite dans le charbon qui est sur la grille, dans l’eau qui est dans la chaudière, dans la masse métallique et les murs qui les contiennent, dans les canalisations de vapeur. Les centrales à fonctionnement intermittent, même de 12 heures, devraient présenter un peu les caractères des installations de bord, en ce qui concerne l’économie de poids effectif en fonction des divers appareils dont se compose l’installation génératrice et la ligne des canalisations de vapeur, tout en conservant sans changement les caractères de bon rendement des installations fixes.
- On devrait donc avoir des chaudières ayant une masse d’eau minimum et une évaporation rapide, une surface de grille minimum des chaudières dont la maçonnerie savamment armée et rationnellement allégée par des chambres d’air sera réduite au minimum nécessaire ; des canalisations de vapeur calculées pour des vitesses de passage qui soient supérieures aux classiques 5om actuels. Si l’élévation de la vitesse à ioo ou 120 mètres, dans les périodes de charge maximum, peut nécessiter l’augmentation de la pression dans la chaudière d’un kilogramme peut-être, on doit rélléchir que la variation du prix de revient de la chaudière est bien peu de chose, sinon rien, et qu’elle est, de toute façon, inférieure à l’économie réalisée sur la canalisation et sur le fonctionnement.
- On doit encore faire la reflexion que, tout spécialement si la canalisation alimente une turbine, on obtient toujours la charge maximum avec une pression voisine de ioke par centimètre carré.
- Il est facile de voir alors qu’avec la marge des 4*® qui restent dans la chaudière, on est en bonne posture pour donner facilement à la vapeur dans les canalisations la vitesse de iaS™ et pour avoir encore une saute de pression de 3k® à la soupape d’étranglement commandée par le régulateur. Par ces raisonnements, on peut réduire au moins de moitié la perte due à la mise en marche et par suite économiser 5 % dans les centrales qui fonctionnent 12 heures, io % dans celles qui fonctionnent 6 ou moins de 6 heures.
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- PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT
- Voilà pour l’installation. Quant au fonctionnement, il est vrai que, dans les centrales thermiques en général, il est conduit d’après des principes scientifiques et par suite économiques ou non ; il est vrai par contre que souvent le directeur nè s’occupe que des deux éléments extrêmes : kilowatt et charbon, mais non pas de suivre la voie par laquelle le charbon se transforme en kilowatt.
- Laissons de côté les mauvais traitements qu’on fait subir au pauvre charbon presque toujours amoncelé et abandonné dans une cour où la pluie le lave, où le soleil le sèche et où il perd quelques pourcent de son pouvoir calorifique. Du reste les hommes ont toujours eu peu de respect pour les matières premières de toutes les industries et beaucoup de soins, beaucoup d’affection pour les produits finis; l’industrie des kilowatts ne pouvait échapper à la règlegénérale.
- Faisons du moins en sorte que la combustion du charbon soit complète et à température maximum. Il existe aujourd’hui des appareils enregistreurs très simples, avec lesquels on -peut exercer un contrôle continu sur la marche de la combustion des chaudières, et qui permettent par suite de régler avec exactitude la quantité d’air nécessaire à la combustion. Or elles sont très rares, les centrales thermiques qui sont munies d’un de ces appareils ; les kilowattmètres enregistreurs sont tout aussi utiles que la bascule à charbon, attendu que le directeur de la centrale peut se figurer que la combustion est très bonne parce que, en la mesurant parfois, il a trouvé une valeur faible pour la température des produits de la combustion à la base de la cheminée et qu’il ne s’est pas préoccupé de voir si ce résultat ne dépendait pas éventuellement d’un excès d’air envoyé à travers la grille.
- Les thermomètres eux-mêmes brillent par leur absence, alors qu’il serait si utile de pouvoir faire enregistrer de façon continue la température de la fumée et de la vapeur surchauffée ; le thermomètre au moteur indique la température qu’a la vapeur, non pas les calories qui se perdent entre la chaudière et le moteur, ce qu’il est pourtant utile de connaître, spécialement dans beaucoup d’installations où l’on peut de ce fait avoir des surprises.
- C’est ainsi que sont très rares les centrales
- où l’on enregistre de façon continue les températures de l’eau de condensation avant et après le condenseur, où l’on ait soin de régler l’eau de façon à ne donner que le strict nécessaire : là où l’eau manque et où il faut l’aller chercher à beaucoup de mètres au-dessous du niveau du sol, on peut, en ne perdant pas de vue que l’excès d’eau n’augmente pas le vide de manière appréciable, être conduit à réaliser une petite économie. Or tant que la transformation du charbon en kilowatts aura des rendements si faibles, il faut se préoccuper de recueillir même des miettes.
- Et parmi celles-ci il y a les petites économies que l’on peut faire dans l’installation de l’alimentation : nous trouvons aujourd’hui dans beaucoup de centrales des pompes d’alimentation à piston mues à la vapeur et des fonctionnements à admission totale et à échappement libre. Elles consomment aux environs de 3oke de vapeur par cheval et, par rapport à la production des chaudières, de 3 à 4 % . Si la centrale sert de réserve à une autre installation, un groupe moteur élec-trique-pompe centrifuge est certainement plus économique. Actuellement, comme réserve, la mode vient des groupes turbine àvapeur-pompe ; on a, avec eux, l’avantage de consommer moins de vapeur et de pouvoir mélanger et employer la vapeur d'échappement à réchauffer de ao° environ l’eau d’alimentation ; c’est un petit profit qui mérite de n’être pas négligé.
- CHOIX DES MACHINES
- En ce qui concerne le type des appareils et dés machines qui donnent la vie à la centrale, le choix n’est pas très grand. Les exploitants doivent se contenter de ce que les constructeurs apportent sur le marché; or ceux-ci, conservateurs par excellence, et très attachés au magasin des modèles, sauf quelques rares exceptions, sont loin de donner ce que la technique suggère de plus parfait.
- Ajoutons que souvent les constructeurs de chaudières ne sont pas constructeurs de moteurs et vice versa, on peut alors s’expliquer le peu d’intimité qui règne entre le local des chaudières et celui des moteurs, qui fonctionnent aujourd’hui comme deux organismes indépendants : la fabrique de vapeur et la fabrique de kilowatts, et il suffit pour s’en convaincre de
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- superposer le diagramme à gradins d'alimentation d’eau des chaudières au diagramme constant ou presque d’emploi de vapeur.
- Aussi la chaudière doit toujours avoir une capacité suffisante pour faire office de volant entre l’alimentation et l’utilisation, tandis qiie pour avoir un bon rendement, il serait nécessaire que les deux diagrammes coïncident.
- Peut-être les chaudières qui fonctionnent aujourd’hui comme des appareils soumis à la capacité et au caprice de celui qui les gouverne auraient-elles besoin d’élever leurs fonctions, de se hausser à la dignité de machines et de devenir des machines génératrices de vapeur où l’alimentation de l’eau, du charbon, de l’air soient automatique, et en rapport avec la demande de vapeur. Les constructeurs anglais, maîtres en fait de chaudières, ont déjà fait quelques pas dans ce sens, mais la voie des réformes est parcourue avec trop de lenteur, peut-être bien parce qu’en Angleterre le charbon est fort peu coûteux. Aussi aujourd’hui, en fait dé chaudières, faut-il’se contenter de bannir des centrales thermoélectriques les types cylindriques à foyers intérieurs à grandes masses d’eau, celles à tubes d’eau à caissons collecteurs extrêmes du type allemand, en raison des inconvénients mécaniques qu’elles peuvent présenter, et choisir entre les deux ou trois types à tubes d’eau et vraiment à circulation, en ne perdant pas de vue la règle du poids d’eau minimum, particulièrement si la centrale est à fonctionnement intermittent.
- Les divers types de surchaufïeur employés aujourd’hui répondent tous plus ou moins à leur but; de toute façon, il y a lieu de préférer ceux qui ont leurs divers tubes dans des plans verticaux, parallèles à la direction des flammes.
- Pour l’alimentation d’eau, il y a lieu de préférer les pompes centrifuges à commande électrique ou actionnées par de petites turbines à vapeur ; pour l’alimentation de charbon, des grilles mobiles automatiques.
- L’économiseur, que l’Angleterre nous a donné, s’il réalise une économie de combustible parce que nécessairement les produits de la combustion laissent la chaudière à une température élevée, ne représente peut-être pas la meilleure solution du problème économique d’une chaudière, problème qui, comme nous le verrons plus loin, est intimement lié au rendement thermique total d’une installation à vapeur.
- L’utilisation des calories que les produits de la combustion peuvent céder en abaissantleur température d’environ 3oq° à i5o° devrait être faite en réchauffant l’air qui alimente la combustion avec un avantage au moins égal et peut-être avèc quelque économie de poids et de frais dans l’appareil économiseur. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point.
- Quant aux moteurs à vapeur : des turbines. Loin de nous la vieillesse encombrante, grondeuse et compliquée de la machine à piston qui veut beaucoup d’huile pour son usage interne, qui réclame souvent les caresses du chiffon, qui, le jour où elle se sent mal, doit prendre au moins six mois de repos ! et faisons bonne mine à la jeunesse exubérante des turbines, qui ont les qualités et les défauts des jeunes, leurs élans et leurs caprices, qui se contentent de peu de place, qui ont horreur de l’huile pour l’usage interne, qui font souvent cndêver les exploitants, mais pourdes maladies vite guéries, y compris la plus grave, la perte dés aubes ou des dents, comme disent quelques-uns.
- Les types qui sont à préférer sont ceux qui, toutes conditions égales d’ailleurs, ont un nombre moindre d’aubes, une attache de celles-ci qui représente quelque chose de vraiment mécanique, et, pour des puissances supérieures à i ooo chevaux, une vitesse au plus égale à i 5oo tours par minute.
- Quant à l’installation de condensation, puisque désormais la technique des condenseurs est arrivée au maximum de perfectionnement et que g5 % est le vide minimum qu’on obtient aujourd’hui et qu’on exige des condenseurs pour turbines, nous dirons qu’il est préférable que chaque machine ait son condenseur propre, que l’on tend aujourd’hui à généraliser l’emploi des pompes à air rotatives qui absorbent un plus grand travail que les pompes à piston, qu’il est bon d’employer pour leur commande comme pour celle de la pompe centrifuge (ou à circulation ou qui extrait le mélange de vapeur condensée et d’eau condensante) un moteur électrique directement accouplé, et enfin que, pour les condenseurs à mélange, le type semibarométrique est celui qui répond le mieux aux exigences économiques d’installation et de fonctionnement.
- 4
- LE HENDEiUENT
- Voici le moment de se poser une question : ce
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- rendement des ii % qu’on a dans les installations thermiques à vapeur et qui correspond, avec un bon combustible, à la consommation de ik(r,i par kilowatt-heure, représente-t-il la. muraille de Chine dans la transformation du charbon noir en kilowatts ? ou plutôt est-il, comme cetle consommation, une limite que les techniciens se sont fixée pour le moment, mais qu’on peut dépasser?
- Est-il possible d’augmenter ce rendement de o,n et, s’il en est ainsi, de quelle manière et dans quelle mesure ?
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que les techniciens se préoccupent d’élever le rendement des installations à vapeur, mais depuis que le moteur à gaz est entré en scène pour nous montrer qu’à la charge maximum son rendement est environ le double de celui d’une installation à vapeur, la pratique a prouvé que, dans la réalité, la consommation de combustible des moteurs à explosion est, en fonctionnement, sensiblement supérieure à la consommation garantie ou résultant de vérifications effectuées dans des conditions toujours spéciales,et qu’en face des faibles rendements des charges réduites, et des incertitudes de fonction-nement, dans les centrales thermoéiectriques de quelque importance, la vapeur est encore à préférer.
- Un moteur a pris aujourd’hui une forme presque définitive et un développement remarquable, c’est le moteur Diesel, le moteur à K = 0,9g. Il a un rendement total supérieur à celui des moteurs à gaz, une plus grande délicatesse ; le temps n’a pas encore prononcé son verdict sur ce moteur, mais le nom des maisons qui l’étudient et le perfectionnent peut inquiéter les partisans des turbines à vapeur.
- La recherche des moteurs qui peuvent conduire à un meilleur rendement des installations à vapeur reprend par suite une grande importance technique et économique.
- En examinant les divers rendements qui composent le rendement total, nous voyons qu’on ne peut rien gagner sur le rendement du générateur électrique, qui a une valeur élevée, par rapport à toutes les autres machines motrices et génératrices dontpoürtantl’histoireestplus longue. La valeur de K, grâce à une étude minutieuse de l’installation et,spécialement, du fonctionnement de la centrale, pourra augmenter et arriver en marche normale à la valeur maximum de o,85.
- 11 nous reste à examiner le rendement thermi- 1
- que : celui de la chaudière, celui de la machine motrice.
- Or,poureequiregarde le rendementthermique, au point de vue théorique il est clair qu’il ne peut y avoir d’innovation; la thermodynamique technique a dit désormais son premier et dernier mot depuis longtemps ; le rendement théorique est maximum dans un cycle de Carnot et il est d’autant plus grand dans ce cycle que l’écart est plus grand entre les températures extrêmes du cycle même.
- Dans les centrales à vapeur, il se développe aujourd’hui un cycle qui 11’est pas précisément celui de Carnot, mais toutefois son rendement augmente également quelque peu, avec l’écart des températures extrêmes. La température minimum est désormais réduite à des valeurs si basses qu’un gain ultérieur, outre qu’il serait difficile à réaliser, n’apporterait pas d’avantages sensibles; la température maximum, après avoir sauté à 3oo°, tend à monter au-dessus de 35o° et l’expérience à venir pourra même la porter à 5oo"’ mais pour une partie seulement du cycle. En effet un cycle parcouru avec vapeur surchauffée se compose de trois parties à rendement croissant ; en se reportant au diagramme delà figure 1 où 12345 est le cycle parcouru par la vapeur aux conditions de température et de pression représentées parle point 4, l’aire 127 est l’aire àrende ment minimum, l’aire à 3 458, l’aire à rendement maximum. Sile point 4 correspond à 3oo° et à i4k* de pression et le point 1 à la pression okB,o5 et
- *
- Fig, x. — Diagramme avec surchauffe
- à 32°, le rendement est (en partant d’eau à 15°) de 3o, 5 % ; si la température maximum est de 35o°,
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- de 31, a % ; et si elle est de 55o°, de 34 % . Avec de la vapeur saturée sèche à la même pression, le rendement thermique serait de 29,5 % .
- Par suite, théoriquement, le gain que l’on a en augmentant la température de surchauffe est très petit tandis qu’il est très élevé si l’on considère seulement le cycle 3458. En effet son rendement estde4a % avec delà vapeur à 3oo°, de 44 %, avec de la vapeur à 35o°, de 5i % avec de la vapeur à 5oo°.
- Quelqu’un a eu l’idée d’isoler le cycle à rendement élevé, c’est-à-dire de prendre de la vapeur aux conditions 4, en la faisantdétendre jusqu’à 5, de la réduire en ce point à la condition 8 dans un petit condenseur, et de 8, de la reporter à 3 par compression. Un simple surchauff'eur la porterait ensuite à la condition 4.
- Analysée théoriquement, l’idée est excellente, mais dans la pratique, la chose est bien differente ; pour avoir 2 000 chx, la machine devrait être d’au moins 6 000 ; les dimensions du compresseur, si c’est un turbo-compresseur, devraient comporter une centaine de roues ; etil suffit que le rendement de celui-ci et celui de la turbine soient inférieurs à 0,8 pour que le rendement total effectif tombe à des valeurs plus petites que la valeur actuelle.
- L’autré voie que l’on peut explorer est celle d’une élévation du rendement des cycles 127 et 2387 obtenue en augmentant la température maximum et, par suite, la pression de la vapeur. Mais alors pour avoir des augmentations sensibles dans le rendement, il est nécessaire d’augmenter beaucoup la pression et, par suite, d’aller au-devant de difficultés de construction que pour l’instant nul constructeur ne s’est senti la force de surmonter. Il ne manque pas toutefois de tentatives aussi dans ce sens et on a déjà construit des moteurs pour vapeur à 100 atmosphères et à 55o° de température. Mais ces
- constructions sont restées des essais isolés et
- »
- considérées par les constructeurs comme des recherches de laboratoire. D’autre part, on ne doit pas croire que le rendement théorique croisse extraordinairement : si l’on prend de la vapeur à la condition critique à aoo atmosphères et à 36o6 et si on la surchauffe à pression constante à 55o°,le rendement thermique d’un cycle parcouru avèc de la vapeur, dans ces conditions, devient : 335
- —— =41,5 % ; donc,par rapport à la valeur 34 % ,
- qu’on aurait avec de la vapeur à égale température, mais à la pression de i4fcg, on a un gain dé 2 a % .
- Par contre, une autre proposition est simple et de réalisation pratique. C’est celle qui conduit à supprimer dans le cycle la partie à- faible rendement. Si la vapeur qu’on répand dans la turbine quand elle est à la température de la vapeur saturée dans la chaudière, on l’utilise en quantité nécessaire pour réchauffer l’eau d’alimentation de la chaudière, ou si on la fait agir selon la ligne 9-10 parallèle à 2-1, le rendement du cycle augmente évidemment, attendu que, tandis qu’on enlève au travail utile les calories 9-10-5, on prend au condenseur les 10-5*9-11, pour les envoyer avec les 9-10-5 dans la chaudière. Le rendement thermique du cycle parcouru dans ces conditions devient alors
- 180
- 5ai
- = 34,5 %
- soit de i3 % supérieur au rendement actuel. En effet, les calories utiles diminuent seulement de 34 et celles données par la chaudière sont 7*5 — 194 = 521.
- Dans un cycle parcouru avec de la vapeur saturée sèche, le gain est encore plus grand. En effet, on aurait :
- 193,5 —- 34
- 4,71
- 160
- 471
- 0,34 au lieu de 0,295.
- Avec un cycle parcouru avec échappement à l’air, le rendement qui est de :
- it8 . 107
- — = 16,8 devient-—~o,2o5.
- 70a 521
- Et avec de la vapeur à 200 atmosphères et 55o'1, de 60 % au lieu de 4i,5 % qu’on a dans un cycle normal parcouru avec les mêmes conditions extrêmes.
- Donc la possibilité d’augmenter le rendement thermique dans une mesure sensible existe et elle est même réalisable dans la pratique de façon très simple. A côté des machines de condensation doit se trouver la pompe d’alimentation des chaudières annexées au moteur, laquelle pompe prend l’eau du condenseur à surface et l’envoie au travers des réchauffeurs échelonnés sur le flanc et en dessous de la tur-» bine.
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- Ces réchauffeurs, à mélange ou à surface, son chacun mis par des tubes en communication avec la zone de la turbine où la vapeur a une température égale, ou de peu de degrés supérieure à celle que l’eau doit atteindre dans le réchauffeur même. Si les réchauffeurs sont à mélange, la pression de l’eau doit varier de l’un à l’autre, suivant la variation de pression de la vapeur qui traverse la turbine. S’ils sont à surface, la pression de l’eau est constante etdépasse peu la pression dans la chaudière. L’eau de condensation formée par la vapeur passe d’un réchauffeur au précédent pour s’unir dans la pompe à l’eau prise par le condenseur, laquelle parcourt en série les réchauffeurs et sort du dernier à la température de la chaudière à laquelle, comme on l’a dit, elle est envoyée.
- Le système peutfonctionner automatiquement, attendu qu’une fois tarés les orifices de communication entre les divers réchauffeurs à surface ou ceux d’écoulement de vapeur, s’ils sont à mélange, il est évident que, étant donnée la libre communication de chaque réchauffeur avec la turbine, le poids de vapeur qui se condense est toujours proportionnel à la quantité d’ea.u qui traverse le réchauffeur, selon la charge de la machine. Si la charge diminue, l’eau d’alimentation diminue, les calories transmises diminuent ainsi que le passage de vapeur à travers les réchauffeurs, en raison des diminutions des sautes de pression de l’un à l’autre.
- Voyons si une augmentation du rendement de la turbine à vapeur est possible. Aujourd’hui, dans les meilleures conditions, avec les meilleurs types et pour des unités très puissantes, ce rendement arrive à 68 % : produit du rendement organique très élevé (98 % ) et du rendement comparable au rendement hydraulique des turbines hydrauliques ; mais, comme on l’a déjà dit, la turbine à vapeur est encore dans son adolescence ; le type de la turbine à vapeur de l’âge mûr, celui auquel tous les constructeurs arriveront avec le temps, n’est aucun des types actuels. Ce sera un type qui aura tous les avantages des types actuels et qui pourrait bien être formé ainsi: à haute pression, un disque avec deux couronnes d’aubes fonctionnant en série, une sorte de turbine limite, utilisant une très faible détente entre les roues et les distributeurs; à moyenne pression, plusieurs roues à action, chaque roue utilisant une saute dépréssion ; à basse pression,
- tuniquement à action sur tambour avec vitesse de vapeur très réduite.
- Avec ce type, on pourra avoir facilement un rendement total de 75 .% et perdre dans le condenseur seulement 25 % des calories disponibles, même pour des unités de 5oo-6oo chevaux.
- A moins que, pour augmenter le rendement thermique du cycle, on ne fasse répandre la vapeur dans la turbine, de façon à céder de la chaleur à l’eau d’alimentation : on réaliserait ainsi dans la turbine des avantages qui peuvent en augmenter encore le rendement, et dans une sensible mesure.
- En effet, par ce système, et par rapport au cycle normal actuel, la vapeur admise à la haute pression augmente d’environ i5 % et celle qui traverse la basse pression et va au condenseur diminue d’autant; par suite, dans la haute pression et dans les roues de la basse, pour deux raisons opposées, on peut mieux régler les dimensions des aubes, de façon à répondre aux conditions de rendement maximum ; non seulement, mais encore, puisque les pertes que l’on a dans les turbines se résolvent en calories qui vont au condenseur et qui sont soustraites à l’aire utile du. diagramme des résistances internes, et aussi puisque ces calories peuvent être tempérées, parce qu’on peut les prendre à des températures croissantes et les retourner dans la chaudière, c’est comme si, effectivement, le rendement de la turbine augmentait. Il faut, en outre, ne pas perdre de vue que le titre de la vapeur à la basse pression peut toujours être maintenu voisin de l’unité. Par suite, le rendement de la turbine peut arriver à 80 % au moins.
- Dans les chaudières, on perd actuellement 25 % et dans ce chiffre sont comprises, outre les calories portées par les produits de la combustion à la cheminée, celles qui sont dues à la dispersion de la chaleur à travers la maçonnerie de la chaudière, les conduits de fumée et à d’autres causes plus ou moins connues, parmi lesquelles l’une des moins négligeables est le travail de circulation de l’eau, d’autant plus grand que plus basse est la température à laquelle l’eau est envoyée dans la chaudière.
- Si les produits de la combustion arrivent à la base de la cheminée à 170°, puisque par kilogramme de charbon il en faut, pour une alimentation normale et régulière, de i3 à i5 d’air, il y
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- a environ 55o calories absolument perdues pour îde charbon, soit 8 % .
- On peut donc réaliser le gain sur les 17 % qui restent pour aller à 25 % .
- Des expériences exécutées dans la marine anglaise . ont démontré qu’on peut avoir un gain sensible sur le rendement en alimentant les chaudières avec de l’eau à la température de la vapeur produite; par suite, la disposition décrite pour augmenter le rendement thermique du cycle parcouru par la vapeur augmente indirectement le rendement de la chaudière qui, à puissance égale, aurait encore une surface inférieure de 20 % à celle qu’exige un cycle normal. Qui sait si, en réchauffant l’air d’alimentation, aux dépens des calories des produits de la combustion, on ne pourrait pas, contrairement aux résultats d’expériences déjà anciennes et défavorables, réaliser un profit sensible par une étude.de laforme des foyers, de leur structure?
- Puisque le rendement de la chaudière est toujours allé en augmentant, i bien que lentement, parallèment à celui des. moteurs, il ne paraît pas exagéré d’espérer, dans un avenir plus ou moins prochain, un rendement de 85 % .
- Alors la condition technique économique future des centrales thermo-électriques peut être donnée par les chiffres suivants :
- Constante K .= o,85.
- Rendement générateur électrique. 0,94
- — thermique......... de 0,345 à 0,6
- — ' moteur............. 0,80
- — chaudière............ o,85
- auxquels correspondent les deux rendements totaux de 0,18 et de o,3a5 et les rendements de consommation parkilowatt-heure respectivement de 675 et 375gr de charbon.
- En maintenant les pressions et les températures de travail aux valeurs actuelles, la consommation de charbon par kilowatt-heure peut être réduite graduellement de 1 200 à 675^; en augmentant les températures et les pressions, de i 100 à la limite de 375 grammes.
- Comme on le voit, les installations thermiques à vapeur ont encore du chemin à parcourir sur la route du progrès, route où les difficultés techiques ne manquent pas, où à côté des difficultés techniques, on trouvera celles qui sont dues à la force des choses.
- Le temps dira si les améliorations sont réalisables ; si les installations à vapeur, aujourd’hui formées de parties indépendantes et sans harmonie, se transformeront; si enfin la chaudière, le moteur, le condenseur réunis pour former un ensemble intime, pourront arriver à redonner au kilowatt noir le pas sur le kilowatt blanc.
- Le charbon est abondant et le sera longtemps encore, en dépit des millions de tonnes que l’on consomme annuellement ; mais qui sait si les techniciens de l’avenir, à la î-echerche d’énergies nouvelles, ne nous feront pas, à nous, leurs ancêtres, un grief d’avoir gaspillé, pour en utiliser 11 % seulement, le trésor que la nature avait emmagasiné, pour toutes les générations, sous la forme des immenses dépôts de charbon accumulés au sein la terre?
- G. Bflluzzo.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le réglage automatique de la tension aux bornes des alternateui's (suite et fin) ('). — M. Seidner. — Elektrotechniscke Zeitschrift, a5 novembre et 9 et a3 décembre 1909.
- Groupe V. — Ce groupe ne comporte pas d’excitatrices spéciales, mais des excitatrices ordinaires (*)
- (*) Voir Lumière Electrique, i5 octobre 1910; p. 78.
- dont le rhéostat de champ est muni d’un dispositif de réglage commandé par l’alternateur lui-même.
- Le plus simple de ces régulateurs est celui de Blathy (fig. 17). Lorsque la tension aux bornes de l’alternateur et par suite l’action du solénoïde Sp sur le noyau K diminuent, la poussée de l’eau en W fait monter ce dernier ainsi que la cuve à mercure M qui met en court-circuit une ou plusieurs sections du rhéostat r. Ce régulateur agit trop lentement à cause du poids des masses en mouvement.
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- Fig’. 17.— Système Blathy.
- Dick a légèrement modifié le régulateur précédent (fig. 18) ; un piston plonge plus ou moins dans une cuve à mercure sous l’action d’un contrepoids qui agit sur lui par l’intermédiaire d'un secteur
- denté et d’une crémaillère ; cette action est contrariée par celle d’un solénoïde monté en dérivation aux bornes d’une phase de l’alternateur; lorsque la tension baisse, le piston fait monter le mercure dans la cuve constituée par une série d’anneaux de tôles empilés, isolés les uns des autres par des feuilles de micanite, et dont chacun est relié à une section du rhéostat ; le mercure, en montant, met en court-circuit un certain nombre de ces sections. Ce régulateur agit donc comme le précédent. Tous deux sont
- asiatiques, c’est-à-dire que, lorsque la tension est normale, ils restent en équilibre dans n’importe quelle position.
- Le régulateur Thury est l'un des plus compliqués, mais aussi des mieux étudiés (fig. 19). La pièce D oscille sans cesse autour de son axe vertical sous l’action d’un petit moteur, et comporte deux rochets I et P maintenus normalement par deux petits le-
- Fig. 19. — Système Tliury.
- viers coudés K et K'j lorsque la tension monte ou baisse, le levier E monte ou descend sous l’action du solénoïde ou des ressorts A et R, et la pièce C fixée à E soulève l’un des petits leviers Iv ou K', ce qui libère l’un des rochets I ou P qui, sous l’action d’un petit ressort, tombe dans l’urie des dents de la roue H ; celle-ci se trouve ainsi entraînée par la pièce D et fait tourner dans un sens ou dans l’autre le commutateur du rhéostat, vce qui augmente ou diminue la résistance de celui-ci ; deux amortisseurs àhuile A et N et un ressort à lame O amortissent les oscillations du levier E. D’après l’auteur ce régulateur peut remplacer le réglage à la main du voltage d’un secteur d’éclairage, mais ne convient pas au réglage de la tension d’un alternateur.
- Quant aux voltmètres à contacts, l’auteur en condamne l’emploi à cause de l’usure trop rapide des contacts et de l’impossibilité dé faire supporter à ceux-ci un courant correspondant à une puissance supérieure à 100 watts. Thietne (fig. ao) emploie deux relais/»! et/»3 à circuit magnétique fermé, de façon à augmenter l’effort d’attraction qui s’exerce sur les armatures et à obtenir ainsi un bon contact, ce qui permet d’y. faire passer un courant relativement assez intense ; le relais/», agit en cas de tension trop élevée ; le relais m2 en cas de tension trop faible
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- chacun d’eux commande un relais secondaire ou un servo-moteur (Mt ouM2) qui agit sur le rhéostat dans le sens nécessaire pour ramener la tension à sa valeur
- Fig. 20. — Système Thieme.
- normale ; chaque relais est monté en série avec une résistance wq ou iu2 ; lorsque la tension dépasse sa valeur normale, /«, ferme le circuit de qui augmente la résistance du rhéostat ; M4 ferme en même temps l’interrupteur St qui met en court-circuit, de sorte que l’armature est rappelée par le ressort f\ et que le mouvement s’arrête; le déclenchement est ainsi mieux assuré et plus rapide; si la tension est encore trop élevée, nty agit de nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce qiie la tension soit revenue à sa valeur normale. Le relais à rainima ?n2 commande de la même manière Mÿ qui diminue au contraire la résistance du rhéostat et ferme en outre rinterrupteur S2, lequel met en court-circuit, de sorte que m2 rappelle l’armature a2.
- Les interrupteurs S., et S2 assurent donc un déclenchement rapide dans les det^x cas et évitent ainsi une action exagérée du régulateur.
- Le régulateur Tirrill (ûg. 2i)met directement en court-circuit le rhéostat d’excitation de l’excitatrice sous l’action du poids du noyau I\2 lorsque la tension aux bornes de l’alternateur G et par suite l’effort
- Fig. ai. — Système Tirrill.
- d’attraction du solénoïde Sp sur ce même noyau diminuent. La tension aux bornes de l’excitatrice va donc monter et accroître la tension aux bornes de l’alternateur; Sp va de nouveau attirer K2 et rompre le contact tq c2; la tension aux bornes de l’alternateur va de nouveau tomber ; les mêmes phénomènes vont alors se reproduire et ainsi de suite, de sorte que le levier Ha sera animé d’un mouvement de va-et-vient extrêmement rapide : le courant d’excitation sera donc pulsatoire et sa valeur moyenne sera d’autant plus grande que les périodes de court-circuit seront plus longues par rapport aux périodes de rupture du contact ci c’est-à-dire que l’écart entre la tension initiale aux bornes de l’alternateur et la tension normale sera plus grand. Mais ces pulsations se reproduiront aux bornes de l’alternateur et en outre, par suite de l’inertie mécanique des pièces en mouvement et de l’inertie magnétique des divers circuits, une action exagérée du régulateur serait à craindre avec ce dispositif ; pour remédier à cet inconvénient on a rendu le contact cq mobile comme le contact en le rendant solidaire d’un
- Fig. 22. — Système Tirrill (variante),
- relais à courant continu Smonté en dérivation aux bornes de l’excitatrice et qui rompt le court-circuit dès que la tension de celle-ci augmente (fig. aa). Ce dispositif restreint la course du contact c2, ainsi que les limites entré lesquelles oscille la tension de l’alternateur et rend l’action du régulateur plus rapide (400 à 1000 pulsations par minute) (*).
- Schwaiger a légèrement modifié la disposition du régulateur Tirrill ; il corrige les déplacements de la position d’équilibre du levier HJ? déplacements dus aux variations de la tension aux bornes de l'excita-
- (!) Le régulateur Tirrill a d’ailleurs subi dans sa forme pratique actuelle d’autres modifications que l’on trouvera dans l’article suivant, spécialement consacré à ce régulateur.
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- trice avec la charge, par l’emploi de deux électros et Sgv agissant en sens contraire ; un ressort f
- Fig. a3. — Système Schwaiger.
- assure un contact permanent avec le levier H2, de sorte que seul le contact cici peut se fermer et s’ouvrir sous l’action de S/? et de S(fig. 23).
- Ces deux derniers régulateurs donnent, d’après l’auteur, d’assez bons résultats ; mais les contacts Ci et c2 sont très délicats et ne peuvent guère être intercalés que dans le circuit d’une excitatrice à débit assez faible, c’est-à-dire destinée par exemple à un alternateur à grande vitesse angulaire (turbo-alter-nateurs).
- Groupe VI. — Le courant alternatif agit directement sur le champ de l’excitatrice sans aucune transformation en continu et sans l’intermédiaire d’aucun relais ni d’aucune pièce mécanique.
- Crompton (fig. 24), reprenant une idée due d’abord à Testa, envoie directement le courant alternatif produit par les transformateurs Sp et Si dans l’enrou-
- Fig. 24. — Système Crompton.
- lement inducteur auxiliaire Ne de l’excitatrice ; les pôles de celle-ci étant saturés, les ampères-tours alternatifs n’augmenteront pas sensiblement le flux dû au courant continu lorsqu’ils seront de même sens, mais le diminueront assez fortement lorsqu’ils seront de sens contraire ; le transformateur d’intensité Si étant bobiné de manière que la tension aux bornes de Ne diminue lorsque le débit et le déphasage du cou-
- rant dans l’alternateur augmentent, lé flux soustractif sera d’autant moins grand que ces deux quantités augmenteront, ce qui produira une augmentation d’autant plus grande du flux utile. Le défaut de cette méthode est de donner naissance, dans les autres enroulements (inducteurs et induit) de l’excitatrice, à des courants alternatifs très nuisibles.
- Parsons intercale entre les pièces polaires de l’excitatrice des bobines de self dont le noyau, non excité à vide, offre un chemin à un flux de fuite assez considérable ; mais le noyau se saturant d’autant plus que la charge augmente, sa perméabilité au flux de fuite diminue, ce qui refoule le flux inducteur dans l’induit et augmente ainsi le flux utile. Mais le courant alternatif n’exerce aucune influence directe sur les enroulements de l’excitatrice.
- Enfin l’auteur décrit pour terminer un régulateur qui lui est dû. Le régulateur Seidner est un régulateur thermique basé sur l’augmentation de la résistance d’un rhéostat en fer lorsque la différence de
- n N
- Fig. 25. — Système Seidner.
- potentiel appliqué à ses bornes augmente ; l’auteur intercale dans le circuit inducteur de l’excitatrice deux rhéostats en fer re (fig. 25) traversés également par le courant alternatif des transformateurs S p et St, mais il a recours à des connexions équipotentiel-les réparties de telle sorte que le contact alternatif ne pénètre pas dans l’enroulement inducteur n de l’excitatrice, ni le courant continu dans les transformateurs ; lorsque la tension aux bornes de l’alternateur croît ou décroît, la résistance des deux rhéostats rc croît ou décroît également, ce qui diminue ou augmente le courant d’excitation en n.
- En résumé, conclut l’auteur, la plupart des méthodes exposées ne conviennent pas au réglage de la tension aux bornes des alternateurs. Un petit nombre d’entre elles cependant y convient ou est susceptible de perfectionnements dans ce but.
- J.-L. M.
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- Le régulateur Tirrill. — C. Waldschmldt. —
- Bulletin de la Société belge d’Electriciens, avril 1909.
- Nous avons donné précédemment une description sommaire du régulateur Tirill et exposé le principe • de son fonctionnement d’après M. Seidner. Il nous paraît néanmoins intéressant de donner la description et le schéma complets (fig. 1) de cet appareil tel qu'il est réalisé sous sa forme actuelle.
- L’on remarqué les électros K,\et S2 dont le rôle a
- Fig. t.
- été indiqué précédemment; mais l’éleclro à courant alternatif S2comporte deux enroulements reliés, l’un. S2 au transformateur de tension, l’autre S'2 à un transformateur d’intensité ; S'2 ne sert toutefois que lorsqu’on veut hypercompounder l’alternateur. En outre, le contact C4 C2 n’agit pas sur le rhéostat directement, mais par l’intermédiaire du relais différentiel e qui porte deux enroulements m et n égaux, mais bobinés en sens contraire ; le courant circule constamment dans m, de sorte que l’armature de e se trouve attirée et maintient ouvert le contact c,6‘2 tant que C,C2 est lui-même ouvert; quand ce dernier se ferme, les ampères-tours de n annulent ceux de m et le ressort /Terme le contact CiCa qui met le rhéostat en court-circuit; grdçc à cet artifice, les pulsations dues à la vibration des leviers H, et Il2 ne se reproduisent pas dans le circuit de l’excitatrice. Un condensateur /• diminue les étincelles en cv2 ; l’expérience a prouvé
- que, grâce à la faiblesse des étincelles en CiC2, un second condensateur, monté en dérivation aux bornes de ces contacts, n’était pasnécessaire. Enfin deux inverseurs non figurés sur le schéma permettent d’inverser toutes les a/| heures le sens du courant dans les contacts (^02 et CjCj, afin d’éviter une usure inégale de ceux-ci.
- J.-L. M.
- La récupération par le freinage du moteur à répulsion en montage normal est-elle possible? — F. Rusch. — Elektrotechnischc Zeitschrift, 4 août 1910.
- L’auteur démontre que la récupération est impossible avec le moteur à répulsion. Il suppose en effet que Ton cherche à entraîner un tel moteur en sens contraire de son sens de rotation normal. Soit alors E sin iat la tension aux bornes du stator, c’est-à-dire la tension du réseau (fig. 1). Les tensions respec-
- Fig. 1.
- tives aux bornes du stator et du: rotor sont données par les deux équations différentielles :
- Sé,„ = ,>,+'M + 4M
- dt
- dt
- ü?(L24) d + ~dT +
- dt
- où r,, /*2, Lj et L2 représentent les résistances ohmiques elles coefficients de self-induction respectifs du primaire et du secondaire; M12 et M21, les coefficients d'induction respectifs du primaire par rapport au secondaire et du secondaire par rapport au primaire. En différenciant les équations (x) et (a) et en éliminant /, entre les quatre équations du système ainsi formé, on arrive finalement à l’équation :
- -f- wL2 COS U>t) :
- ai1
- 1 + ^'1
- (3)-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 117
- dans laquelle les coefficients ay b et k ont les valeurs suivantes :
- x cr sin ap
- a
- - (r, + E)
- sin2p
- b
- 7 Va
- k *
- k .— L(L2— Mf2]VI2] — L,L2 sin2p.
- Dans ces expressions, p désigne l’angle supplémentaire de celui que font entre eux les axes respectifs des champs magnétiques primaire et secon-np
- daire ; cr
- 6o
- , p étant le nombre de paires de pôles
- du stator et n le nombre de tours par minute du rotor.
- La solution de l’équation (3) se compose de deux parties : la solution particulière,
- Si l’on a cr c*n' a devient négatif, et les pulsations propres du courant i s’amortissent.
- Dans le cas contraire, elles croissent sans limite et deviennent rapidement plus importantes que les pulsations de fréquence normale; étant donné que le courant L croit de meme très rapidement, il en résulte un couple de freinage très énergique qui se manifeste par des chocs répétés d’une grande violence, ce qui rend évidemment le moteur complètement impropre à la récupération.
- L’auteur a pu vérifier expérimentalement ces résultats sur un moteur de ioo chevaux : lorsqu’il voulait l’arrêter brusquement en ramenant les balais mobiles au delà de la position neutre, de manière à rendre négatif l'angle a—180 — 2 fi (c’est-à-dire l’angle entre balais fixes et balais mobiles correspondants), le moteur, qui continuait à tourner par inertie dans sa direction primitive, éprouvait d'énormes à-coups de freinage très visibles.
- J.-L. M.
- où
- ii — c cos iùt -f- d sin dit
- E atùr2 (i>L2 (b -— to2) k (mo)2'-j- [b — o»*)1
- E <2g>2L2 — /*2 {b — o)2) k (æü))2 -}- [b — o)2)2 ’
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Prescriptions allemandes et viennoises pour la sécurité des conducteurs aériens nus. — K. Kohler. — Elektrotechnik und Maschinenbauy 27 mars 1910.
- et la solution de l’équation sans second membre qui est de la forme :
- a .
- Ceâ . sin axNt,
- Cette dernière expression montre que, en dehors du courant de pulsation to, il se superpose à celui-ci dans le stator un courant dont la fréquence :
- N
- \/ l\b—a2
- si
- 4 w
- . 7’t 7 2 . 9/3
- 4e,'l;s"hî
- scrsin*P-(fL+r
- Lti li2
- 4x sin2 6
- est faible par rapport à celle du réseau et dont Tarn-
- a
- -e
- plitude Ce2 croît sans limite avec le temps, si a est positif, c’est-à-dire si l’on a:
- cr > c'r
- Li 4- 7j L| ^L2
- x. sin2 p *
- Les prescriptions allemandes permettent deux conditions différentes pour l’essai de fatigue maximum du fil :
- i° Donner au fil une tension de par millimètre carré par une température de — 5° et avec une charge additionnelle de neige de ok*,oi5 par mètre courant et par millimètre carré de section ;
- 20 Donner au fil une tension de 1 2ks par millimètre carré par une température de — 20° sans surcharge de neige.
- On 11e tient aucun compte du vent, supposant que, par — 5°, s’il y a du vent, la neige tombera, et que par — 20°, il ne fail en général pas de vent. Du reste les fils en cuivre dur employés, cassant à 4okff, il reste une sécurité suffisante.
- Mais il faut remarquer que les fatigues ne restent pas forcément les mêmes lorsque, la première condition étant remplie, on soumet le fil à la seconde ou réciproquement. Il y a cependant une longueur de portée pour laquelle il est indifférent de soumettre le fil à l'une ou l’autre des conditions, le passage de l’une à l’autre ne changeant pas la fatigue; pour les autres portées le passage d’une condition à l’autre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N® 43.
- 118
- diminue ou augmente la fatigue initiale de iakg par millimètre carré.
- Or, on peut facilement étudier ces variations en supposant que la courbe du fil est une parabole. On a alors, en effet :
- Si maintenant on enlève d’abord la neige, p varie et devient p — 0,009; l’équation (A) donne alors :
- 0,04218 —- =12 — 0,00208 a2,
- (3)
- a + -f-a*
- 2 /| O2
- la température T, étant 268°. Portant alors cette valeur de <ja, p et ï\ dans (B), on trouve :
- où l est la longueur en mètres, a la portée en mètres, p la charge en kilogrammes par mètre de longueur et millimètre carré de section, c la fatigue en kilogrammes par millimètre carré de section. On a d’autre part :
- l = -|-/p<x + Cte, (2)
- où a est le coefficient de dilatation thermique, T la température absolue et où p = g est l’inverse du module d’élasticité.
- Si l’on suppose d’abord T constant, la combinaison de (2) et (1) donne, en posant ^ '= 1 ;
- a%pf
- -- G A
- A)
- CA est une constante déterminée en remplaçant dans cette équation <7 par sa valeur pour la charge initiale pt considérée; il s’ensuit que Ca est une fonction de a.
- Si l’on tient compte de la température on trouvera en combinant (2) et (1) de même que ci-dessus ;
- où Cb est une constante déterminée en remplaçant dans (B) a et pt par leur valeur pour la température initiale T, considérée.
- Remarquons de suite que : p, — okB,oo9 pour le cuivre seul, T — 253 pour — 20°, E = 12 5oo, d’où P = 0,00008, et a — o,ooooiG.
- Supposons d’abord la première condition remplie c’est-à-dire :
- a == i2kB pour p = ok,oo9 -j- ok,oi5 = ok,024 et T = 2^3 — 5 — 268°. On a alors :
- CA =
- or X 0,024"
- 24 X 0,00008 X >22
- 12 — 0,00208 a%.
- Cb = <Ja — 0,04218 = —0,04218
- Diminuons maintenant la température de i5°, l’équation (B) donnera [a étant tiré de (3)] :
- Ct^
- — <V>42 i 8 — = <sa — 0,04 218 — -+- 3 (4)
- <V Un
- qui permet de tracer en fonction de a une courbe de ab, c’est-à-dire une courbe de la fatigue que crée la seconde condition lorsque la jjremière est remplie, en fonction de la portée.
- On voit (fig. 1) que de o à 4lUl le passage de la condition i° à la condition 20 augmente la fatigue; à 41 la fatigue reste 12*5 comme pour i°;
- ^0
- m ta 30 ta so so v> ta to 100 no no ito no iso Portée CL-en mètres
- Fig. 1.
- au-dessus de 4im la fatigue diminue en passant de la condition i° à la condition 20.
- Supposons maintenant que la condition 20 est
- ^ + „,oo_,km6 j68
- au2 0,000080
- - -f 53,G.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 119
- remplie la première, c’est-à-dire que u— i2kBpour p = ok,.oo9 et T — 2^3 — 20 = 253. L’équation (B) donne alors :
- Les prescriptions viennoises sont plus sévères et demandent une fatigue seulement égale au y de la
- CB
- o,oo92 X
- 0,0000iO -)-------— 2 5 3
- 24 X 0,0008 X 122 ' o,oooobo
- = 62,6 — 0,000293 «2.
- Si maintenant on élève la température pour la ramener à — 5°, l’équation (B) devient, en tenant compte de Ce trouvé ci-dessus :
- 0* — 0,04218 —- = 9 — 0,000293 a2. (5)
- <V
- Pour chaque valeur c*, l’équation (A) donne maintenant, puisque p = 0^009 :
- _ a2
- CA — g* — 0,04218 —.
- <û,2
- Portons p à ok*,o24, l’équation (A) donnera [a* étant tiré de l’équation (5)] :
- ca — <>/! — = a,, — 0,04218 — (6)
- G a G b
- qui permet de tracer en fonction de la portée a la courbe des fatigues <sa du fil, créées, lorsque la seconde condition est remplie, par le passage à la première. Cette courbe portée (fig. 1) montre que de o à 41m le passage de la condition i° à la condition i° diminue la fatigue; à 4im cette fatigue 11’est pas changée (résultat déjà trouvé), et au-dessus de 4im la fatigue augmente beaucoup en passant à la condition i° lorsque la condition 20 est réalisée.
- En résumé, puisqu’on a le choix de remplir l’une ou l’autre condition, il faut choisir la condition i° : (T = —5°; p = ov,iv>J\),pour les portées supérieures «4im et la condition 20 : (T = —20° \p — ok,oo9), pour les portées inférieures à l\i mètres.
- Toujours en supposant que le lil prend la forme d’une parabole, on a pour la flèche :
- „ 1 P 2
- f=- — ai.
- ' 8 <r
- La figure 2 donne les flèches : f pour le fil soumis à la condition i°; f pour le fil soumis à la condition i° et porté à la condition 20 ;
- /‘a pour le fil soumis à la condition 20 ; f\ 1 pour le fil soumis à la condition 20 et porté à la condition i°.
- 0 10 20 30 *0 SO 00 10 80 90 100 110 120 130 1*0 ISS
- Portée cl en mètres
- Fig- 2-
- rupture pour une température de — 25° et un vent horizontal de i5oks par mètre carré. La charge équivalente totale due à cette pression est :
- Pw = — 0,001 Id X
- 15oke.,
- et la charge par mètre courant et millimètre carré de section :
- P w =
- 0,1128
- vV
- Comme cette charge est perpendiculaire au poids, lequel donne une charge pg = ok,oo9, on trouve pour charge totale exigée par les conditions viennoises :
- P =
- On voit que pour 25mm2 la charge est oke,oi5 comme avec les prescriptions allemandes ; au-dessous de 25mm2 la charge imposée par les conditions viennoises est supérieure et au-dessus de 25mm2 inférieure, à la charge de neige imposée par les conditions allemandes.
- 0,000081 -f-
- 1282
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- LA LUMIERE' ELECTRIQUE T. XII (2°Série). — N° 43.
- Si, abstraction faite de la surcharge, on compare
- la condition i2k&à
- , . 4o
- an0 avec la condition-— 5
- 8k«
- à — 25°, en ramenant chacune d’elles à une température moyenne de 22°,5 à l’aide de la formule (B), on trouve que les prescriptions de la Société des électriciens allemands autorisent une tension fois plus
- élevée que celle permise par l’Union des électriciens de Vienne. B. G.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- JP l'ocèdèpour former rapidement des plaques d’accumulateurs. — F. Fischer. — Zeitschrift fur Elektrochemie. i5 mai 1910.
- Ce procédé -comporte trois opérations. .La première consiste à oxyder les plaques de façon à former une couche spongieuse d’oxyde inférieur de plomb.
- La seconde consiste à réduire cet oxyde en plomb, afin d’avoir des plaques négatives; la troisième, à transformer le plomb en peroxyde de plomb, afin d’avoir des plaques positives.
- Pour produire la couche d’oxyde de plomb, on emploie comme électrolyte une solution à 10 % de phosphate de sodium PO* Na2II. On monte les plaques entre des cathodes de meme surface apparente, en assurant un écartement de iolum au moyen de tubes de verre ; on règle l'in tensité du courant, de façon que ia tension aux bornes reste au-dessous de 2,6 volts. Les plaques sont bientôt recouvertes d’une couche d’oxyde couleur jaune d’ocre.
- Pour réduire l’oxyde, on charge à 1 ampère par décimètre carré de surface dans de l’acide sulfurique de poids spécifique 1,18 ; après un abondant dégagement d’hydrogène, on lave à l’eau pendant douze heures environ.
- Enfin, les plaques dont on veut faire des positives sont chargées comme anodes à 1 ampère par décimètre carré dans l’acide s.ulfurique de poids spécifique 1,09, jusqu’à complet dégagement d’oxy,gène.
- L’oxydation et la réduction exigent chacune de vingt-quatre à trente-six heures; la peroyxdation, à peu près le double. Il faut, en tout, de quatre à cinq jours pour l'ensemble des opérations.
- La rapidité de la formation de plaques d’accumulateurs par ce procédé provient de ce qu’au début de la réaction, il se produit, à la surface de la plaque,' du phosphate de plomb, qui se transforme ensuite en protoxyde, avec diminution de volume ; cet oxyde, très poreux, permet une attaque profonde de la plaque. De même, cet oxyde se laisse plus facilement transformer en Pb qu’en PbO2 et le plomb, étant spongieux, se laisse facilement peroxyder,grâce aune transformation passagère en sulfate de plomb.
- Cette explication conduit à penser que si l’on produisait une couche d’oxyde de plomb encore plus poreuse, on obtiendrait encore de meilleurs résultats; peut-être aurait-on avantage dès lors à employer des acides, tels que l'acide phosphomolybdique, qui donnent au début de la réaction un sel de plomb plus volumineux.
- C. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Eléments de calcul vectoriel, par C. Burali Forli et H. Marcolongo, traduit par S. Lattès. — 1 volume in-8 raisin de 229 pages avec 20 figures. — A. Hermann et fiis, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 8 francs.
- MM. Burali-Forti et Marcolongo sont des mathématiciens assez notoires pour qu’on n’ait pas besoin de les présenter au public français.
- Lavpremière partie de leur ouvrage est consacrée uniquement à l’exposé d’un système de calcul vectoriel, basé sur des définitions abstraites, qu’ils
- nomment système minimum. Le but de ce genre de calcul est de se modeler d’un manière absolue sur les conceptions géométriques pures, plus exactement encore que ne peut le faire la célèbre théorie des qualernions de Ilamilton. La lecture en est très intéressante, car elle porte la marque de cet esprit « logisticicn » qui est à la mode aujourd’hui chez plusieurs maîtres mathématiciens. La logistique, dont beaucoup de résultats ont été contestés, notamment par notre éminent collaborateur M. II. Poincaré, cherche à réduire le raisonnement à des procédé
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- purement formels, exprimés dans un langage tout spécial : grâce à ce caractère particulier et au talent de ceux qui la manient, la logistique a inspiré quel* ques-uns des livres de mathématiques les plus suggestifs qui soient. Disons d'ailleurs tout de suite que le langage employé dans l’ouvrage dont il s'agit ici est le langage courant, ou a peu près, des mathématiciens.
- Dans la deuxième partie on trouve l’application de ces procédés de calcul aux problèmes d’élcctrotech-nique qui nous intéressent plus spécialement. Les démonstrations y sont d’une élégance simple et attrayante.
- Il faut remercier M. S. Latlès d’avoir traduit et la librairie Hermann d’avoir édité avec tant de soin cet ouvrage dont la portée est grande et que nous sommes heureux de signaler à l’attention du public savant.
- R. C.
- Cours municipal d'électricité industrielle, tome II (ae édition), par L. Barbillion et P. Bergeon. — i volume in-8 raisin de 477 pages avec 5o6 figures.
- L. Geissler, éditeur, Paris. — Prix : broché, 12 francs.
- En rédigeant les leçons sur les courants alternatifs qu’il a eu l’occasion de professer à Grenoble,
- M. Barbillion leur a conservé ce caractère pratique qui les rend précieuses pour les techniciens qui, étant aux prises avec la réalité, redoutent de s’égarer dans le méandre des théories. L’auteur envisage donc uniquement un but industriel ; ce qui le préoccupe dans l’étude des alternateurs, c’est, avant tout, de faire connaître avec exactitude quelles sont les formes d’exécution actuellement pratiquées, quelles données il faut fournir à un constructeur pour qu’il exécute convenablement un projet, comment ce constructeur s’y prendra pour satisfaire à la commande, comment, sur un type établi, des modifications partielles influenceront les caractéristiques, etc.
- Gela n’empêche nullement d’ailleurs qu’on trouve exposées avec une clarté irréprochable bien des notions abstraites, utiles à l’ingénieur : par exemple, les lois fondamentales des courants alternatifs sont fort bien développées, de même que l’étude graphique des conditions de fonctionnement des moteurs synchrones est poussée très loin, au cours de trois chapitres entiers.
- D’une manière générale, on peut dire que l’auteur a su établir un heureux équilibre entre la théorie et la pratique, mais que cet équilibre est
- A
- envisagé au point de vue du praticien. Il nous paraît qu’il a rempli son but d’une manière excellente. M. G.
- L’électricité à la campagne, par R. Ghamply. — i volume in-8 raisin de 292 pages avec 289 figures. — H. Defforges, éditeur, Paris, — Prix : broché, 6 francs.
- Dans un livré précédent, la Force motrice et VEau à la campagne, M. R. Champly avait indiqué comment on peut établir un moteur en utilisant les forces naturelles de l’eau ou de l’atmo sphère. Ce moteur, une fois établi, peut servir a produire l’électricité qui éclairera la maison de campagne et actionnera, au besoin, les machines agricoles. L’auteur a cherché à exposer ce deuxième problème d’une manière pratique, et cela nous fait d'abord un nouveau livre d’électrotcchnique vulgarisée.
- L’auteur a su y réunir d’ailleurs de nombreux renseignements pratiques, et, si toutes les parties de son ouvrage ne sont pas développées d’une manière également approfondie, on y peut puiser plus d’une indication utile.
- L. A.
- Die elektrochemischen JPatentschriften der Vereinigten Staàten von Amerika, par le D1’ P. Ferchland.-— i volume in-8 raisin de 204 pages avec 352 figures. — Wilhelm Knapp, éditeur, Halle-â. Saule. — Prix: broché, 12 marks.
- Sait-on que le nombre total des brevets relatifs à l’électrochimie, qui atteint 600 pour l’Allemagne et 1200 pour l'Angleterre, dépasse 2000 pour les Etats-Unis ? On conçoit que, dans ces conditions, M. P. Ferchland ait été obligé de diviser son ouvrage en trois tomes, dont nous présentons le premier à nos lecteurs. Il est consacré aux fours électriques et aux décharges dans les gaz (électrochimie sèche). Les deux suivants concernent respectivement l’électrochimie « humide » des métalloïdes, et celle des métaux ou éleclrométallurgie.
- L’auteur a établi son livre avec toute la compétence désirable. Chaque brevet porte son numéro, sa date, le nom de ses auteurs ; tantôt il comporte une brève description et un schéma (c’est le cas ordinaire), tantôt l’auteur renvoie simplement le lecteur à un autre brevet du même caractère qui a joué un rôle historique plus important.
- Les cinq divisions du toine actuel correspondent à la classification suivante : fours proprement dits, carbures, synthèses, réduction, ozone,
- E. M.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2» Série).— N» 43.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Avertisseur électro-mécanique.
- Une application fort ingénieuse du principe du pont de Wheatstone vient d’être faite à un appareil avertisseur optique et acoustique au-
- conçu permet de l’employer pour des protections plus importantes, telles que celles des trains et il mérite, par cela même, qu’on en indique le fonctionnement.
- Schématiquement, l’avertisseur comprend qua-
- Extèri cur.
- 0 3 0
- Fig. i. — Extérieur : Bornes de départ du réseau de protection (3 ooo ohms); rt — 3 ooo ohms; r2 = r3 = ooo ohms. G, galvanomètre; L, interrupteur de lumière; s, interrupteur de sonnerie; S, sonnette; R, relais; P, et P2, piles; 1, interrupteur à clef.
- quel a été donné le nom mythologique et si- | tre résistances formant les bras du pont et ayant gnificatif de « Cerbère ». ! respectivement une valeur de 3 ooo, 3 ooo, 5oo et
- Jusqu’à présent, l’appareil le Cerbère n’est | 5oo ohms, utilisé que pour prévenir des tentatives de vol ! L’une des deux premières est répartie entre ou de cambriolage, mais la façon dont il a été I tous les contacts protégeant les endroits désirés,
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- 22 Octobre 191Q. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- sans que, toutefois, la valeur de la résistance adjointe à chacun d’eux soit inférieure à 5oo ohms, afin d’avoir une sensibilité assez grande.
- , L’installation étant en ordre, le courant circule dans tout le réseau, mais ne traverse pas le galvanomètre placé dans l’une des diagonales, le pont étant en équilibre.
- Ce galvanomètre est constitué par un milliam-pèremètre à maxima et minima et dont la sensibilité est telle qu’un courant de —-—d’ampère,
- 12 ooo
- sous 4 volts, suffît pour assurer le contact entre l’aiguille et les plots fixes. Un relais mettant en circuit une sonnerie et fermant un interrupteur de lumière est actionné parle galvanomètre.
- Le fonctionnement de l’appareil se çonçoit alors facilement :
- Si l’on ouvre une porte ou déplace un objet, le ressort du contact agit et ouvre le circuit ; l’équilibre du pont est détruit, le galvanomètre dévie et le déclenchement du relais donne l’alarme.
- Si l’on tente d’immobiliser l’appareil en sectionnant les fils, le résultat est le même, ainsi que si l’on tente de dériver le courant passant par un contact en reliant par un conducteur les deux fils y aboutissant.
- De plus, la constitution des contacts est telle que si l’on maintient le ressort fixé dans la feuillure d’une porte avant de l’ouvrir, l’alarme sera tout de même donnée.
- On voit donc qu’il est impossible de paralyser la protection de cet avertisseur, et cependant quatre éléments de piles d’une capacité de 4o AH suffisent pour l’alimenter pendant i 5i5 jours.
- En effet, la résistance totale du circuit étant de i 75o ohms et la tension de 4 volts environ, le 4
- courant est de : ——- ~ oaniP-, 0022.
- 1700
- Pour un fonctionnement quotidien de 12 heures, la consommation est de : 0,0022. 12 = 0,0264 AH et la capacité des batteries étant de 4° Ail, leur
- durée sera de—-—— = i5i5 jours.
- 0,0204
- L’ensemble des piles et de l’avertisseur est enfermé dans un coffret de dimensions très réduites (3o X 20e"1) et l’installation en est très simple, car il est inutile de dissimuler les conducteurs.
- Les matériaux isolants.
- Parmi les divers matériaux isolants employés en électricité, le presspahn joue un rôle particulièrement important. Il est aujourd’hui classé parmi les meilleurs isolants. Ses principaux avantages sont les suivants : prix de revient modique, pouvoir spécifique isolant élevé, grande solidité mécanique. Il ne se clive pas dans l’huile chaude comme le mica, dont le prix est beaucoup plus élevé ; il supporte au contraire parfaitement des températures de 80 à ioo° G.
- 11 nous a paru intéressant de dire quelques mots de la fabrication de la société Weidmann à Rapperswil (Suisse), qui a contribué dans une large mesure à répandre l’emploi du presspahn, dans l’industrie électrique. Les procédés de fabrication de cette société ont pour but d’obtenir un matériel résistant parfaitement à l’action de l’humidité atmosphérique ; étant donné, d’autre part, que la valeur de l’isolement du presspahn dépend surtout de l’état de la surface externe, elle a porté tous ses soins de ce côté. Au cours d’essais effectués par le « Physika-lische Reichsanstalt » de Charlottenburg, une feuille de presspahn de om,,',25 d’épaisseur ne fut percée qu’à une tension de 3 000 volts. L’épaisseur du presspahn varie de olr,m, 10 à ifimal ; on.l'utilise couramment, soit sous forme de feuilles de (70X9o)“m2, soit sous forme de rouleaux. Les applications qu’il reçoit sous cette dernière forme deviennent de plus en plus nombreuses ; en effet, on peut découper les rouleaux de façon à former des feuilles ayant exactement les dimensions désirées, ce qui évite le gâchage. Le presspahn en rouleaux étroits (fig. 1) est de plus^en
- Fig. *•
- plus employé, surtout pour l’isolement des encoches d’induits, des barres collectrices en cuivre, des câbles électriques, etc... La lai’geur des rouleaux varie de i5 à 5oomni, leur épaisseur de onim,_io à imm, leur longueur de 5o à 200™. La société Weidmann
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-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 124
- T. XII (2« Série). — N°43.
- fabrique du. presspahn laqué, du prcsspahn recouvert de mica et du presspahn huilé ou paraffiné.
- On rencontre souvent dans l’industrie, sous le nom de presspahn, du simple carton lustré à bon marché. Mais il y a entre le carton lustré et le presspahn une différence fondamentale; le carton lustré n’a que l'avantage du bon marché, le presspahn seul possède des qualités isolantes qui lui permettent de répondre aux exigences actuelles de l’industrie électrique ;’le presspahn de bonne qualité est encore, aujourd’hui très recherché; seuls des ntatériaux irré.prochablès et d’un prix assez élevé sont employés dans sa fabri- , cation. ;
- Mais l’économie réalisée par l’emploi du carton lustré n’est qu’apparente, car celui-ci revient encore à un prix trop élevé, eu égard à sa qualité inférieure et aux inconvénients qui résultent de son emploi.
- La nécessité d’un laquage parfait explique d’ailleurs la cherté relative du presspahn, Tout ' récemment la société Weidrnann a entrepris la fabrication de tubes en presspahn, doublés ou non d’amiante ou de mica, ainsi que de cylindres pour l’isolement des bobines de transformateurs, d’anneaux, de disques et d’isolateurs de toutes formes en presspahn.
- Mentionnons également quelques autres spécialités de cette maison, dont la fabrication comprend
- Fig. a.
- un grand nombre de matières isolantes établies en vue de satisfaire à tous les besoins de l’industrie électrique. La comité supporte des températures de
- Fig. 3.
- plus de ioo1 G et convient particulièrement bien, grâce à son aptitude au moulage pour la haute tension (fig. a). L’amiante vulcanisée et Yamianite se laissent travailler facilement et se prêtent fort bien à la fabrication des couvercles et des boîtes de protection d’une seule pièce (fig. 3); la pyrostate, la
- vitrite et la pierrite supportent les plus hautes températures, ce qui lès désigne spécialement pour la construction des fours électriques; Y amiante cémen-
- Fig. 4.
- tée est réservée à la fabrication des cloisons isolantes pour coupe-circuits à haute tension et parafoudres
- (%• 4).
- J.-L. M.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Le Rio TintO n’a pas gagné moins de vingt points à la séance de bourse du i5 octobre: il est passé du cours de 1734 à celui de 1706. Comme motifs à ce mouvement, 011 donne la recrudescence d’activité qui se manifeste à Wall Street et les avis favorables sur la consommation du métal; et on invoque à l’appui de ces raisons les statistiques de septembre qui marquent pour la première fois depuis longtemps une importante réduction des stocks. En Angleterre et en France, ceux-ci ont diminué depuis le 3i août de 3 545 tonnes et depuis le i5 septembre de 1 704 tonnes; on note, en effet, un bon courant d’achat de la part des consommateurs qui 11c se pressent cependant pas de reconstituer leur stocks. L’Amérique, d’autre part, en dépit des apparences attendra, dit-on, les élections avant de dessiner un mouvement de reprise très important. En pratique, les cours du métal ont remonté d’une livre avec tendance à la hausse qui pourrait bien persister. La limitation de la production n'est plus une parole
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- 22 Octobre 1910, ' REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 12$
- vaine, en effet;,dans son rapport provisoire le conseil de là Compagnie Rio Tinto déclare qu’apFès une très soigneuse étude, il est arrivé à cette conclusion que le remède au persistant abaissement des cours du cuivre doit être cherché dans une diminution des stocks mondiaux et que les actionnaires trouvent leur avantage à ce que la compagnie réduise sa production de cuivre fin. Avant làün de l’exercice, elle aura été restreinte de plus de a ôoo- tonnes comparativement à l’exercice antérieur; et comme elle est la plus forte productrice de l'Europe, ce parti rencontrerait une approbation pratique en Amérique..La conclusion du rapport est que la consommation de cuivre est bonne partout; que même dans la première moitié de l’année les stocks n’ont pas augmenté considérablement, mais qu’étant assez forts pour exercer une dépression sur les .cours, les bénéfices du Rio Tinto et son dividende pour l’exercice courant devront descendre en conséquence. Le dividende distribué pour le dernier semestre a été arrêté à a sh. 6 par titre pour les actions de préférence 5 % , et l’acompte de dividende des actions ordinaires à s&5 shillings par titre. 11 faut remarquer que depuis igo3 c’est le plus faible qui ait été distribué, l’acompte de 1902 ayant été de 22 sh. 6. 11 ressort donc de l’ensemble de ces faits une impression plutôt pessimiste qui est en contradiction avec la hausse signalée au début.
- On annonce qu’à l’assemblée du 28 courant, les actionnaires de la Maison Bréguet auront à approuver la distribution d’un dividende de 3o francs par action contre 25 francs l’an dernier. Les bénéfices de l’exercice 1909-1910 se sont maintenus à leur précédent chiffre ; les produits de sources diverses ayant compensé, la légère diminution des bénéfices bruts d’exploitation atteignent 1170028 fr. 21 contre 1 i56 726 fr. 47 l’an dernier; mais les charges diverses ayant diminué, les bénéfices disponibles se soldent par 546 865 francs au lieu de 468414 fr. Le dividende de 3o francs aux 8 000 actions de 5oo francs absorbera seulement 240 000 francs, et le surplus sera vraisemblablement attribué aux amortissements.
- Les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et l’Est; àJeumont, céderaient à une nouvelle société dans laquelle ils resteraient intéressés ses usines à gaz et sa station centrale d’électricité ainsi que tout le réseau installé dans le département du Nord. Cette combinaison permettrait aux Ateliers de consacrer tout leur capital .à la seule branche construction qui se trouve actuellement favorisée
- par les importantes commandes de la Compagnie Parisienne de Distribution,, des Chemins de fer du Midi, etc...
- On annonce à Râle la formation d’une nouvelle société au capital d’un million pour s’occuper d’affaires électrotechniques et qui prend le titre d’Allgemeine Gesellschaft für elektrische Aulagen, soit Société générale pour affaires électriques.
- Nous avons noté la fusion de Brown Boveri, de Badén, etd’Aliolh; la filiale de Brown àManheim absorberait la Société d’Eleotricité de Sarrebrück ; cette dernière ne distribue pas dé dividende depuis neuf ans et son dernier bilan accuse un déficit de 448 924 marks ; son capital est formé de 15o 000 marks d’actions privilégiées et de 3ooooo marks d’actions ordinaires. L’absorption, malgré les sacrifices à consentir, ne saurait être dommageable aux actionnaires de la Société de Sarrebrück qui auront au moins l’espoir d’un dividende én passant dans les mains de Brown Boveri. Cette tactique de rachat de sociétés d’exploitation paraît pour le moment résulter d’un mot d’ordre ou plutôt d’un plan d’action de cette firme. La Oesterreichische Brown Boveri-Werke a racheté depuis le 1or juillet toutes les installations à Vienne de la Vereinigte Elektrizilals A.-G. Le dernier exercice de celte société s’est clôturé, avec un bénéfice de 544 19! couronnes, un peu inférieur à l’exercice précédent. Mais le dividende a été néanmoins maintenu à 6. % sur le capital de 5 millions de couronnes. Les réserves reçoivent i5oooo couronnes et le report à nouveau est de 5i 795 couronnes. La politique de fusion entre constructeurs a son complément dans cette politique d’absorption de réseaux de distribution qui sont un important débouché pour le matériel en même temps qu’une assurance de revenus pour le capital engagé.
- Un fait peu courant vient de se produire qui concerne la Société française de tramways électriques et de chemins de fer. L’un de ses actionnaires l’a assignée en dissolution de Société pour perte des trois quarts du capital social. Quelqu’un au cours de l’assemblée extraordinaire a rappelé que la Société, concessionnaire des chemins de fer de la Manche, avait échappé à la déchéance grâce à l’activité de son directeur, et que les trois quarts du capital n’étaient pas perdus. Après discussion l’assemblée a voté la continuation des opérations sociales même en cas de perte des trois quarts du capital et décidé de soutenir ces décisions devant le tribunal de commerce,
- Dans un numéro précédent, nous avons relaté la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). -H* 43 . ’
- fusion de la Société Felten et Guilleaume-Lahmeyer avec l’A. E. G. de Berlin. Le rapport lu à l’Assemblée générale du i5 octobre fixe la répartition des nouveaux titres créés par l’A. E. G. Pour accomplir cette fusion, 3oooo actions de i ooo marks, qui participeront à la répartition du dividende pour la moitié de l’exercice en cours et seront au 3o juin *911 assimilées aux anciennes actions, sont attribuées de la manière suivante :
- Théodore de Guilleaumeet Max de Guilleaume re-* çoivent 8777 titres, valeur nominale, en représentation de 16 millions de marks d’actions de la Société des usines Felten et Guilleaume-Lahmeyer situées à Mülheim sur le Rhin;
- ï 1 223 actions sont remises à la Société des usines Felten et» Guilleaume-Lahmeyer à Mülheim, valeur nominale, contre l’apport de 10 millions de marks d’actions d’une nouvelle société à créer sous la forme A- E. G-Werke Aktiengesellschaft ou tout autre i)om, à Francfort-sur-le-Mein, société qui entrera en possession de tout l’actif de la Société Fel-ten et Guilleaume-Lahmeyer à Francfort comprenant les ateliers de construction de machines et toutes leurs dépendances.
- 10 000 actions émises au cours de 200 % sont remises à la Berliner Handels. Gesellschaft et à la direction de la Disconto-Gesellschaft avec obligation de les offrir aux anciens actionnaires qui auront droit à une action nouvelle pour le nombre d’actions anciennes représentant 10 000 marks en valeur nominale. Le produit de ces 10 000 actions nouvelles est destiné à renforcer la trésorerie.
- Le bilan de l’A. E. G. se présente cette année avec un solde créditeur du compte profits et pertes de 18 425 225 68 marks. La répartition proposée est
- la suivante :
- Dividende 14 %................... 140 000 000
- Au Conseil d’administration...... 5oo 000
- Réserves........................ 1 000 000
- Réserve pour l’impôt du talon.. : 1 000 000
- Gratifications au personnel..... 760 000
- Caisse de secours des employés et
- ouvriers ..................... 750 000
- Report à nouveau................ 4^5 225 78
- Le capital étant de 100 millions de marks,c’est un bénéfice net de 18 % : les bénéfices bruts s’élèvent à 21 478 490 marks ; la différence de ce chiffre avec le précédent est absorbée jusqu’à concurrence de 2 037 492 marks par les impôts d’Etats, ou communaux et de 537 770 marks par les amortissements des différents ateliers. A l’actif du bilan, les comptes débiteurs s’élèvent à 115 696 5o6 marks, le portefeuille à 36 348 8a3 marks composé de rentes d’Etats, d’actions et d’obligations d'usines ou de chemins de fer électriques allemands. Tous les comptes d’outillage, agencement et modèles figurent pour un franc, soit à la fabrique de lampes, soit à celle des machines, des appareils de mesure, des turbines et des câbles.
- Au passif, les comptes de réserves et d’amortissement figurent pour 49 999 999 marks, les créditeurs divers pour 27 823 613 marks. La situation industrielle et fmancièrè de l’affaire est donc des plus belles et la fusion projetée ne peut qu’accentuer la prépondérance qu’elle a prise en Europe et dans le monde entier pour tout ce qui concerne l’organisation des réseaux de distribution des tramways et chemins de fer électriques.
- Pour finir donnons les chiffres comparatifs de machines et transformateurs livrés pendant les deux derniers exercices : 47 35o pour 1909 et 72 460 pour 1910 dont la puissance en chevaux était respectivement de 1 239 63g et de 1 476 623, sans compter les turbines à vapeur livrées au nombre de 174 en 1910 pour une puissance de 363 188 chevaux.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Iîautes-Pykénées. —Par décret du 3 octobre 1910, le département des Hautes-Pyrénées est autorisé à emprunter une somme de 1 920 000 francs (établissement de tramways).
- Pays-Bas. — La « Eerste Groeninger Tramweg Maats-chappy » doit prochainement substituer la traction électrique à la traction animale sur la ligne de tramways qu’elle exploite entre Zuidbrœk et Ter Appel. Ces travaux exigeront une dépense de> 1 3oo 000 florins environ.
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- 22 Octobre 1910.
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- Allemagne. — Un chemin de fer électrique est projeté entre Reutlingen et Pfullingen.
- Un tramway électrique va être construit à Koslin pour le service de l'Exposition, par la maison Siemens-Schuckert ; le coût est de 200 ooo marks.
- Russie. — La Société Anonyme des Tramways de Kieflf vient de commander aux Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, à Jeumont, 20 équipements de voitures motrices à 4 moteurs d’une puissance de 40 chevaux chacun.
- Belgique. — La Société Nationale des chemins de fer vicinaux, de Bruxelles, a chargé les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi de l’équipement de 20 voitures à 2 moteurs de 4° chevaux l’un.
- Italie. —La municipalité de Rome a accepté les offres des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, de Jeumont, pour la fourniture de 35 équipements électriques à 2 moteurs de 5o chevaux chacun pour les tramways et du matériel pour les sous-stations du réseau de traction comprenant : 3 groupes moteurs-générateurs de 660 chevaux, 8 200 volts, 2 transforma-' teurs statiques triphasés de 35 k. v-a., 2 groupes dévol-teurs, un transformateur de 22 k.v-a. et un tableau de distribution de haute tension.
- La Compagnie Italienne Edison a obtenu la concession d’un tramway de 42 kilomètres de long ayant le parcours suivant : Milan, Pacello, Bisnate, Spino, Pan-dino, Ombriano et Crema.
- Autriche-Hongrie. —D’après le Journal des Chemins de fer Austro-Hongrois, la Société austro-hongroise Siemens-Schuckert, de concert avec la maison Buss et C°, la Société autrichienne Brown Boweri et C° et la Société Générale d’Electrification Union, ont soumissionné pour l’électriiication de la ligne de chemin de fer Tries te-Opcina.
- Les travaux préliminaires pour l’électrification de la ligne Selzsthal-Steinach-Irdning avancent si rapidement qu’on croit que des propositions pourront être faites très prochainement.
- La ville de Podgorze vient de décider l’extension du réseau municipal de tramways électriques. Le devis est de 200 000 couronnes.
- Bohème. — Le ministre des Chemins de fer a communiqué aux fabriques de locomotives et de wagons que les chemins de fer de l’Etat commanderont proba-
- blement pour l’exercice igt.i: 134 locomotives et 119 ten-ders pour 17 millions 1/2 de couronnes ; 441 wagons de passagers, i3o fourgons et gao wagons de marchandises pour environ i5 millions de couronnes.
- DIVERS
- Espagne. — Du rapport de M. de Valicourt, consul de France, nous extrayons les renseignements qui suivent :
- En igdg, Valence a reçu du dehors i33 3g8ks de matériel électrique représentant une valeur de 5o3 147 piécettes. Les fournisseurs sont : la France, 1 3g4ks , l’Allemagne, 97 8o2kB ; les Etats-Unis, 22 207% ; l’Angleterre, 4 077ks ; la Belgique, 656ks ; divers 7 157 kilogrammes.
- Les importations augmentent considérablement : elles ont presque triplé par rapport à 1908. Le groupe dynamos est le plus intéressant : à lui seul il comprend 104 tonnes valant plus de 3oo 000 francs. 78 tonnes reviennent à l’Allemagne et 21 aux Etats-Unis. La France apparaît avec 264 kilogrammes.
- Les lampes à arc, pièces et charbons pour les mêmes, sont vendues par l’Allemagne (2 6o3kS évalués à 660 666 francs).
- La France ne livre pas pour 1 5oo francs de matériel électrique à Valence. Il est vrai que Barcelone, Madrid et Pampelune fabriquent les poires électriques et autres accessoires. Quant aux lustres, suspensions, plafonniers etc., ils sont exécutés à Valence même où l’on ne demande que des échantillons à Berlin pour les copier sur place.
- Les moteurs électriques sortent presque tous des établissements Siemens-Schuckert, de Berlin. Cette maison entretient des agents allemands dans la plupart des villes d’Espagne, sans compter les voyageurs qui sont tous allemands, à la différence de leurs concurrents du même pays : son organisation est formidable, l’on calcule qu’elle réalise go % des affaires eu Espagne.
- A Barcelone, l’on construit des moteurs électriques et des dynamos, mais l’étranger ne souffre pas encore trop de cette concurrence.
- Les maisons allemandes expédient à destination e donnent généralement 120 jours pour le petit matériel qui est presque toujours envoyé par chemin de fer afin d’éviter les transbordements et retards de livraison.
- Nos exportateurs ne réussissent guère à cause de leurs prix élevés, de leur mode d’expédition et des conditions de paiement qui sont insuffisantes en regard des précédentes.
- L’électricité fonctionnant comme éclairage ou énergie dans toute la région, il y a de grosses affaires à réaliser notamment avec les moteurs employés à l’arrosage des terres.
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- LA LUMIERE- ÉLECTRIQUE T. XII (2» Série). — N» 43.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- . Maison Roussette et Tournaire. — Le a5 octobre, 52, rue de Dunkerque, à Paris. S
- Est-Lumière. — Le 12 novembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Eaux et d’Eleotricitê de /’indo-Cfiine. — Le
- 9 novembre, 58 rue de de Londres, à Paris.
- Compagnie Havraise suburbaine d'Eclairage et de Force motrice par T Electricité. — Le i5 novembre, 34, rue du Chillou, au Havre.
- Société d'Electricité de Saint-Germain-en-Laye, — Le
- 10 novembre, 3g, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Société Franco-Beige pour la construction dé machines et de matériel de chemins de fer. — Le 29 octobre, 5, rue de la Boëtie'à Paris.
- Société des Forces motrices de la Vis. — Le 29 octobre, 70, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie d'Electricité de Lourenço-Marquez. — Le 2 novembre, 36, rue Tronchet, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRA.NCE
- Le 3i octobre 1910, au port de Boulogne-sur-Mer, Pas de-Calàis. Marché de gré à gré après concours :
- i° Fourniture et installation de vingt grues roulantes électriques à grand portique destinées au bassin Loubet ;
- 20 Fourniture et installation de la canalisation électrique appelée à les desservir.
- Demandes d’admission à M. Voisin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 3, boulevard' de Châtillon, à Boulogne-sur-Mer, avant le 3i octobre.
- AUDE
- Le 27 novembre, à la mairie de Ginestas (Aude). Instal-tion de moteurs électriques pour le service d’alimentation d’eau potable.
- 1 ALLEMAGNE '
- Prochainement, au bureau central des chemins de fer do l’Etat, à Berlin, fourniture de 23o voitures à voyageurs, 276 fourgons & bagages et 7 600 wagons à marchandises pour les chemins de fer de l’empire en Alsace-Lorraine.
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Char-lottenbiirg, application’ de l’allumage à distance aux installations d’éclairage des rues, ij5 000 marks.
- ESPAGNE
- Jusqu’au 20 novembre, la Compagnie du chemin de fer de Palma-Soller, à Soller (île Majorque), recevra les offres pour la fourniture de trois locomôtives-tenders.
- La municipalité de Badajoz ouvre un concours pour l’installation, dans cette ville, d’un réseau téléphonique.
- Les propositions relatives à cette adjudication seront reçues jusqu'au 25 octobre 1910 au « Gobierno civil la Provincia de Badajoz» ou au « Registro de la Direccion general de Telegrafos » à Madrid. Cautionnement: 1 545 pesetas.
- ANGLETERRE
- Le 7 novembre, à la municipalité, à Eastbourne fourniture et montage d’une machine à; vapeur compound, avec deux chaudières tubulaires, pompes conduites et accessoires. ,
- TURRQUIE
- Jusqu’au ier novembre, la direction des postes, télégraphes et téléphones, à Constantinople, recevra les offres pour la construction d’une station de télégraphie sans fil devant relier la capitale, près de Smyrne, à la station de Derné dans le Banghazi (Afrique).
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de Vannée 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que^de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux «. bureaux de la Lumière Electrique ».
- Pt BIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouai.
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- Trente-deuxième année.
- SAMEDI 29 .OCTOBRE 1910.
- Tome XII (2e série). — N» 44.
- La
- Lumière Èlectriq
- Précédemm|ent
- I/Ëclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — Ch. Thonet. Chronique des usines centrales : Stations centrales à gaz pauvre, à moteurs Diesel et à combustibles autres que le charbon, p. i3i.
- Extraits des publications périodiques. •— Méthodes et appareils de mesures. Recherches expérimentales sur les compteurs Ferraris, H. Bruckmann, p. 143. —Arcs et lampes électriques. Le laboratoire de la « National Electric Lamp Association », P. Hyde, p. 143. — Transmission et distribution. Moyens de diminuer l’étincelle à la rupture du courant d!un électro-aimant, S. Riefler et C. Pauhjs, p. 144- — Traction. La nouvelle locomotive électrique pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien, W. Heyden, p. i45. — Les chemins de fer triphasés, K. von Kando, p. 145, — Usines génératrices. Considérations sur les résultats d’exploitation des usines d’électricité dans les grandes villes d’Allemagne, R. Kitschelt, p. 146. — Applications mécaniques. Distribution d’énergie électrique aux établissements miniers du district de Wisconsin, p. 148. — Tir à la cible avec dispositif à commande électrique pour amener les cibles, O. Maretsch, p. i5i. — Bibliographie, p. i5a. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Nouvelles machines à vapeur économiques (suite et fin), A. Berthier, p. i53. — ^Chronique financière, p. i56. — Renseignements commerciaux, p. 1S9. — Adjudications, p. 160.
- ÉDIT OUIAL
- Après l’article de M. G. Belluzzo sur les centrales thenno-électriques , nous reproduisons, dans notre chronique des usines centrales, quelques passages essentiels du remarquable rapport présenté par M. Ch. Thonet au récent Congrès international de Bruxelles.
- M. Ch. Thonet, qui est, par ses fonctions, en contact permanent avec les réalités industrielles, étudie successivement l’emploi dans les centrales des moteurs à gaz pauvre, des moteurs Diesel et des moteurs à pétrole Hornsby.
- Des renseignementsfournis par une grande
- quantité de centrales, il résùlte que le moteur à gaz pauvre, plus économique qu’aucune machine à vapeur aux puissances inférieures à doo chevaux, rivalise même avec le Diesel, dès que le prix de l’huile lourde atteint un certain chiffre. Mais dans les régions où l’huile est à bon compte, le Diesel devient nettement préférable en raison de ses nombreux avantages techniques. De là, sans doute, son grand développement en Angleterre.
- Les recherches expérimentales ~sur les compteurs Ferraris exécutées par M. Briick-
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- mann au laboratoire de l’école de Delft montrent l’influence de la fréquence et de l’épaisseur du disque sur les indications de ces appareils.
- Nous signalons ensuite la création récente d’un laboratoire américain, destiné à l’étude scientifique des problèmes d’éclairage.
- Parmi les moyens de diminuer l'étincelle à la rupture du courant d’un électro-aimant, MM. Riefler et Paulus ont comparé entre eux ceux qui consistent à employer soit un condensateur, soit une résistance purement ohmique. Et cette étude les a conduits à proposer une troisième solution, dans laquelle on aurait recours à de petits accumulateurs de très faible capacité.
- Une discussion fort intéressante s’est élevée dans la presse technique allemande entre MM. Heyden et von Kando, à propos des mérites de la locomotive triphasée. Mais le désaccord est bien profond, puisque les deux auteurs interprètent parfois le même fait l’un comme un avantage, l’autre comme un défaut.
- On pourra regarder les considérations
- qu’expose M. Kitschelt sur les résultats d'exploitation des usines d'électricité dans les grandes villes dAllemagne, comme un complément à notre Chronique des usines centrales.
- L’auteur croit pouvoir conclure des chiffres qu’il a rassemblés que l’exploitant doit chercher à réaliser une vente aussi permanente que possible, même en sacrifiant sur le prix. C’est là une recommandation qui sera bien accueillie par tout le monde, puisque, si elle est avantageuse pour le vendeur, elle ne saurait, non plus, être envisagée d’un mauvais œil par le consommateur.
- La distribution d'énergie électrique aux établissements miniers du district de Wisconsin est typique à plusieurs égards. Elle constitue une solution du problème du transport de l’énergie, dans le cas où le charbon lui-même coûterait trop cher à transporter. On a alors intérêt à créer une usine électrique près de la mine elle-même.
- Signalons enfin l’ingénie.ux dispositif de commande électrique pour tir à la cible, installé au tir du cercle des officiers dé Char-lottenbourg.
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- 29 Octobre 1910.
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- CHRONIQUE DES USINES CENTRALES
- STATIONS CENTRALES A GAZ PAUVRE, A MOTEURS DIESEL ET A COMBUSTIBLES AUTRES QUE LE CHARBON (»)
- MOTEURS A GAZ PAUVRE
- Il résulte des renseignements reçus que les moteurs à gaz pauvre ne sont généralement employés dans les centrales de tramways ou d’éclairage que dans les pays où le prix du charbon dépasse en moyenne 3o francs la tonne.
- Cependant, en Allemagne, existent plusieurs centrales à gaz pauvre, marchant avec des charbons anthraciteux dont le prix varie de i4 à marks la tonne.
- Gazogènes.
- Les gazogènes sont en général fournis par le constructeur du moteur à gaz, à l’exception cependant de quelques sociétés qui, ayant adopté le système Fichet et Heurtey, de Paris, ont commandé leurs moteurs à des constructeurs spécialistes, en tenant compte du prix et des garanties données parle fournisseur.
- Les gazogènes fonctionnent sous pression ou sous aspiration. Les plus récents sont à sole grillée avec feu à allure lente et sous aspiration.
- Ce service d’aspiration est effectué par un ventilateur actionné par un moteur électrique
- Ce ventilateur permet en même temps d’épurer le gaz en fixant les poussières, grâce à une injection d’eau centrale ; il est placé entre le re-froidisseur et le laveur à coke.
- La plupart des installations bien étudiées et complètes comportent les appareils suivants :
- i° Gazogène avec saturateur ou chaudière annulaire intérieure.
- Réchauffeur d’air saturé, constitué par deux tuyaux de fonte, concentriques.
- 3 ° Refroidisseur et condenseur dépoussiérés : colonne en tôle à large section, composée de plateaux horizontaux sur lesquels tombe de l’eau en cascades. Le gaz en montant doit traverser plusieurs rideaux d’eau.
- (f) D’après le Rapport de M. Ch. Thonet, ingénieur, directeur-général de la Société anonyme d’entreprise générale de travaux, Liège, au Congrès international de Bruxelles, 6-i i septembre 1910.
- 4° Ventilateur-épurateur à injection centrale d’eau; les poussières, le soufre et les goudrons contenus dans le gaz disparaissent presque entièrement.
- Ce ventilateur sert également à comprimer le • gaz dans le restant de la conduite jusqu’aux soin papes d’admission des moteurs ;
- 5° Laveurs à coke ou scrubbers ; colonne où le gaz pénètre par la partie inférieure et traverse une colonne de charbon de coke, arrosée constamment par un courant d’eau inverse venant du sommet. Le gaz est ainsi lavé et débarrassé des dernières poussières et du soufre.
- 6° Epurateurs chimiques : vastes caissons en tôle contenant deux ou trois claies horizontales sur lesquelles se trouve un mélange d’oxyde de fer et de fibre de bois. Ce mélange a pour but de fixer le soufre qui resterait contenu encore dans le gaz. Après cette opération, le gaz ne doit plus noircir un papier au sous-acétate de plomb.
- 70 Gazomètres : cloches ordinairement employées dans les usines à gaz et permettant d’accumuler celui-ci et d’avoir un mélange de gaz homogène et épuré dirigé vers le moteur.
- Quoique cette nomenclature paraisse compliquée et étendue, il faut remarquer que tous ces appareils, à part le gazogène, sont simples et marchent automatiquement. En somme, il n’y a que des colonnes et des caissons. Mais à notre avis, ils sont indispensables pour obtenir un gaz pur, sans soufre et d’une composition presque constante.
- Nous devons attirer l’attention sur l’économie réalisée depuis quelques années par la suppression des chaudières spéciales, genre Field ou autres, qui servaient à produire la vapeur nécessaire à l’injection de l’air chaud et de la vapeur sous la sole du gazogène.
- Ces chaudières, qui étaient une complication, nécessitaient une surveillance spéciale, un entretien et une consommation notable de combustible, sont aujourd’hui remplacées par des chaudières annulaires placées dans le gazogène à la partie supérieure et chauffées par radiation de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2® Série). — N° 44
- la chaleur perdue. On les appelle saturateurs. Ils sont construits en tôle d’acier et leurs éléments sont assemblés à la soudure autogène. Ils sont remplis d’eau à un niveau constant, et les plans d’eau doivent être hors de l’atteinte des gaz pour éviter les corrosions de la tôle aux plans d’eau.
- Ce saturateur constitue donc une chaudière sans pression, à surface de chauffe, dans laquelle l’air circule méthodiquement et se sature de vapeur en léchant l’eau chaude. Cet air est ensuite envoyé dans le cendrier du gazogène.
- Un thermomètre à cadran, donnant la température de l’air saturé, permet de doser la proportion de vapeur d’eau entraînée et partant de la régler. Ce réglage s’opère en augmentant ou en diminuant la quantité d’eau amenée au saturateur, l’excès s’écoulant automatiquement par le trop-plein, et en aidant ce réglage par une allure appropriée aux feux.
- Certains constructeurs ont placé une chaudière annulaire avec tubes Field, dans le gazogène. Cette disposition a donné lieu à de grands inconvénients, surtout lorsque l’eau est chargée
- Oiprmion du vtnfiUleur. •
- gazogène marchant avec un moteur de a5o che
- vaux doivent être les suivantes :
- Diamètre extérieur....... .............. am,8o
- Diamètre intérieur...................... um,io
- Hauteur depuis le fond de la cuve....... 2m,36
- La figure i donne un plan de la dernière installation que nous avons faite, en 1908, pour les Tramways de Beyrouth (Syrie), avec gazogène système Fichet et Ileurtey, de Paris.
- Lors de l’examen des projets de divers constructeurs, nous avons constaté avec un certain étonnement qu’une firme proposait un gazogène d’un diamètre de im senlement, alors que celui proposé par la maison Fichet et Ileurtey était de a™,80.
- Le premier aurait marché à allure très vive par aspiration directe ; le deuxième marche au contraire à allure lente avec un gazomètre.
- Le revêtement en briques réfractaires doit être aussi très soigné et, dans les conditions indiquées ci-dessus, il dure en moyenne cinq ou sept ans. C’est ce que nous avons obtenu notamment
- Kig. 1.
- de sels incrustants. Ceux-ci se déposent à la suite de l’ébullition de l’eau et forment des incrustations qui remplissent rapidement les tubes et empêchent le fonctionnement de la chaudière Field.
- Le gazogène doit être calculé très largement, de manière à marcher à allure lente, sans qu’il soit nécessaire de compliquer le système en disposant autour du foyer des tubes à circulation ^l’eau pour le refroidissement de la garniture de la cuve. Enfin, il faut un système facile et rapide de décrassage.
- Les dimensions adoptées par nous pour un
- aux Tramways d’Orléans, de Tunis et de Barcelone.
- Par contre, dans certaines centrales, le revêtement du gazogène ne dure que trois à quatre mois.
- Moteurs à gaz
- Ils sont généralement du type Otto, à quatre temps et simple effet, ou bien ils en dérivent.
- , En Allemagne, l’accouplement du moteur et de la dynamo est généralement rigide,même pour des moteurs allant jusqu’à 400 chevaux. Cependant, à notre avis, il est plus prudeint d’avoir un joint
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- élastique, en cas de rupture ou d’emballement de la dynamo.
- La vitesse varie de 140 à 180 tours et ne doit pas dépasser ce chiffre.
- Les inconvénients rencontrés dans la marche des moteurs à gaz ne sont pas importants lorsqu’il s’agit de moteurs à quatre temps et à simple effet. Ils sont dus à la qualité du gaz, au nettoyage du gazogène et des soupapes d’échappement (celles-ci pouvant arriver à se coller sur leur siège par suite du refroidissement, des impuretés), ainsi qu’à l’entartrage des culasses et des soupapes par l’eau de refroidissement. Dans lesinstallations complètes, bien étudiées et soignées, ces inconvénients sont peu importants.
- Par contre, avec les moteurs à double effet, on a constaté des inconvénients graves, avaries et réparations fréquentes des boites à bourrages, des tiges de pistons. Avec des gazogènes trop petits, chaudières spéciales et l’aspiration directe, le gaz mal lavé et mal épuré contient des hydrocarbures et du soufre et, au bout d’un certain temps, il se forme dans le fond du cylindre et sur le piston des dépôts solides de noir de fumée et d’hydrocarbures pouvant même provoquer des explosions. Le soufre contenu dans le gaz attaque toute la partie métallique en bronze, cuivre, etc., et la corrode rapidement.
- L’insuccès de certaines installations au gaz pauvre ne provient que des économies que les sociétés et l’entrepreneur ont voulu réaliser dans le premier établissement, en cherchant à réduire les dimensions du gazogène et des laveurs, en supprimant les appareils complémentaires, épurateurs chimiques,etc., ainsique le gazomètre.
- Pour lutter avec les machines à vapeur, on a trop fréquemment sacrifié les dimensions dés gazogènes et des installations complémentaires, pour obtenir un prix total réduit de premier établissement.
- Malheureusement les résultats ultérieurs d’exploitation ne correspondaient pas aux desiderata d’un fonctionnement irréprochable et économique, parce que la production du gaz pauvre est une opération chimique et automatique, nécessitant certaines conditions bien déterminées pour obtenir toujours le même résultat favorable.
- Matières.
- Charbons. — En général on consomme de l’anthracite anglais, du charbon anthraciteux
- belge, ou du coke concassé provenant d’usines à gaz.
- Cependant l’usine de Fnrth emploie du lignite, et celle de Morlanwelz (Belgique) brûle de la sciure de bois provenant de sa menuiserie.
- Le charbon anthraciteux est en grains d’un volume variant de quelques millimètres à la grosseur d’une noisette ; on adopte le type 3/8 à 5/8 de pouce et celui 5/i5mm; io/i5mm, etc.
- Le pouvoir calorifique moyen est de 7 5oo calories pour l’anthracite, 6 5oo pour le coke et 5 000 pour le lignite et briquettes spéciales.
- Les cendres varient de 4 % à 6 % pour l’anthracite, et vont jusqu’à 10 % pour le coke.
- Huiles. —On emploie généralement une huile spéciale « cylindrine », pour moteurs à gaz, d’une couleur jaune brunâtre, claire et peu visqueuse.
- Cependant, certaines sociétés emploient l’oléo-naphte russes, verdâtre, mais plutôt fluide.
- Il faut surtout que l’huile pour moteurs à gaz présente un degré de décomposition par la chaleur très élevé; on prescrit généralement 25°.
- Gaz. — Le gaz produit est un gaz mixte appelé communément « pauvre » par opposition au gaz « riche » d’éclairage, à cause de sa faible teneur en hydrogène.
- Voici quelques compositions moyennes de ce gaz :
- Tableau I.
- AVEC l’anthracite AVEC COKE D’USINES A GAZ
- Oxyde de carbone (GO) 20 % 26 %
- Hydrogène(H) 20 % 18 %
- Azote (Az) 5o % 47 %
- Acide carbonique
- (CO2) 10 % 7 %
- Hydrocarbure (CH*) — 2 %
- Soufre (S) traces traces
- Pouvoir calorifique I 200 1 3oo à 1 5oo
- calories calories
- Consommation et rendements des moteurs à gaz.
- Ce renseignement est le plus important, car c’est celui qui montre la supériorité, dans certains cas, du moteur à gaz pauvre sur la machine ! à vapeur.
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- Nous avons eu soin de spécifier dans le questionnaire adressé aux sociétés qu’il s’agissait de consommation en marche ordinaire de service et, pour faire ressortir ce chiffre, nous avons demandé la consommation aux essais de garanties. 11 existe en effet toujours une différence très sensible, surtout pour les machines à vapeur, entre les garanties aux essais, données par les constructeurs, et les consommations réelles en marche ordinaire industrielle.
- Les réponses faites montrent les variations importantes dans les consommations de charbon par kilowatt-heure produit suivant les systèmes d’installation et la qualité' du combustible ; •mais, néanmoins, elles restent tou jours de beaucoup Inférieures à celles des machines à vapeur même d’une puissance très supérieure.
- Consommation de charbon. — En général, on constate que toutes les installations faites suivant les principes indiqués précédemment, donnent une consommation moyenne variant de 64ogr par kilowatt-heure, soit 470»r par cheval (Tramways de Beyrouth-Syrie) à 8oogl par kilowatt-heure; en d’autres termes, le coût varie de a,3 centimes (à Tunis) à 3 centimes.
- On peut donc dire que, pratiquement, avec une bonne installation, la consommation en marche ordinaire industrielle par kilowatt-heure produit est de ^oo61’, soit 545gr par cheval-heure.
- Cependant, nous devons signaler qu’à Murcie, avec gazogène à aspiration directe, sans gazomètre, ni épuration chimique, mais avec moteurs à double effet, la consommation moyenne a été de 95ogr par kilowatt-heure, ce qui correspond à un coût de 6 centimes par kilowatt-heure, avec de l’an thracite à 69,30 pesetas la tonne.
- A Catane, avec gazogène à aspiration directe et moteur à double effet, la consommation est de 9iogr et le coût de 4 centimes.
- Consommation d'huile. — La consommation d’huile varie de 3gr à 5«r,5 par kilowatt-heure. Elle est donc beaucoup plus forte que dans les machines à vapeur, mais cette consommation est justifiée.
- Généralement, on réutilise les huiles ayant servi, en les filtrant et en les employant pour le graissage des boîtes des essieux des voitures.
- Eau. — La consommation d’eau est beaucoup moins importante quepour les machines à vapeur, car celles-ci doivent, en outre, en consommer
- pour la condensation, de sorte que l’on estime qu’il faut en moyenne, pour les moteurs à gaz, 40 à 5o litres d’eau par cheval-heure, c’est-à-dire quatre à cinq fois moins d’eau que pour les machines à vapeur.
- Au surplus, on peut récupérer une grande partie de l’eau, même celle du lavage des gaz, par filtrage et épuration de l’eau sale au travers d’un barrage composé de coke, morceaux de fer et sable, puis parles tours réfrigérantes Balcke ou un appareil pulvérisateur à refroidissement.
- Aux Tramways de Beyrouth, la consommation d’eau de refroidissement est de 400 litres par heure-machine, c’est-à-dire environ i,5 litre par cheval-heure. 11 y a en outre l’eau de lavage des gaz, etc.,qui nécessite une faible consommation.
- Entretien et réparations.
- Les dépenses d’entretien et la nature et l’importance des réparations varient suivant le genre d’installation.
- Dans les bonnes installations, faites comme il est recommandé, nous constatons que la dépense d’entretien et de réparations est en moyenne de 1 centime par kilowatt-heure pour le moteur à gaz et de o,5 centime pour le gazogène et les autres appareils.
- Dans d’au très installations défectueuses, le coût d’entretien, pour les moteurs et les gazogènes, est monté à 11 centimes par kilowatt-heure.
- Les principales réparations sont le remplacement des coussinets et des soupapes ; remplacement des maçonneries des gazogènes et des tôles des épurateurs (ces deux dernières après plusieurs années de service).
- Les conséquences des avaries et des réparations n’ont jamais été graves et n’ont jamais occasionné aucun arrêt de l’usine, sauf à Murcie, où il y a eu une suspension de service pendant six jours à la suite d’un accident survenu aux deux moteurs.
- Aujourd’hui, la construction des moteurs à gaz pauvre, pour stations centrales de tramways et d’éclairage, est très perfectionnée; il en est de même de celle des moteurs marchant au gaz pauvre des hauts fourneaux. Aussi, les centrales à gaz ne réclament-elles plus qu’un entretien régulier quoique très soigné.
- Les réparations très importantes restent rares, à moins que la construction n’ait été défectueuse. Quant aux gazogènes, il faut les prévoir à
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- grandes dimensions, à allure lente. S’il en est ainsi, les inconvénients.signalés avec les installations au gaz pauvre ne dépassent pas de beaucoup ceux donnés par l’emploi des machines à vapeur.
- Quoi qu’il en soit, par expérience personnelle, on peut admettre aisément un amortissement de vingt à vingt-cinq ans pour les moteurs à gaz, gazogène, etc.
- Dynamos et batteries d’accumulateurs.
- La plupart des sociétés emploient des dynamos shunt à courant continu, et un survolteur de batterie d’accumulateurs. Quelques sociétés emploient le survolteur-dévolteur'Pirani, et en sont très satisfaites.
- Toutes les stations centrales ont installé une batterie d’accumulateurs, laquelle est d’ailleurs indispensable pour les moteurs à gaz dont le rendement n’est économique qu’à pleine charge. Presque toutes les sociétés emploient une batterie du système Tudor.
- La batterie est intercalée directement entre les pôles des dynamos. Elle fonctionne généralement comme batterie tampon et au commencement du service et à l’arrêt comme batterie de capacité.
- Certaines sociétés la font travailler comme capacité pour l’éclairage pendant la nuit après l’arrêt du service du tramway. Les principales réparatiôns à la batterie consistent dans le remplacement des plaques ; au bout de plusieurs années celui des bacs.
- On prévoit généralement une dépense annuelle de 6 % à 8 % du coût de la batterie.
- D’une manière générale, il est recommandable de ne pas faire travailler la batterie comme batterie de capacité ; éviter de la charger et décharger trop rapidement, mais la charger à fond chaque semaine et employer de l’eau distillée pure ; enfin nettoyer avec soin ou pomper les dépôts inférieurs dans les bacs.
- Dans ces conditions, une batterie d’accumulateurs peut durer aisément dix ans.
- Coût des installations.
- Le prix coûtant des installations à gaz pauvre doit varier sensiblement suivant que l’on veut faire une installation économique ou que l’on veut qu’elle soit complète et perfectionnée de manière
- à obtenir uh prix de production trèsrréduit et encore économique au point de vue financier.
- Ce que nous avons dit précédemment prouve que le prix de revient économique de production du gaz n’est obtenu que dans les stations centrales de tramways ou d’éclairage bien installées et par conséquent plus coûteuses.
- Malheureusement nous n’avons pas reçu beaucoup de renseignements à ce sujet.
- Les sociétés auraient dû établir, comme nous l’avions demandé, quel aurait été le prix d’une installation à vapeur sans les terrains et bâti-inents, et faire la comparaison avec les moteurs à gaz, puisqu’elles ont dû faire une étude des deux systèmes.
- Il résulte des renseignements obtenus que le prix du kilowatt installé, avec terrains, bâtiments, fondations, etc., varie de 5oo francs à % ooo francs.
- Les prix indiqués dépassent sensiblement ceux d’une installation à vapeur.
- Nous pouvons cependant signaler qu’à Barcelone,le dernier moteur à gaz deSoo chevaux coûte 65 ooo francs, pris en Allemagne, et qu’à Beyrouth,les trois moteurs de a5o chevaux coûtent ira ooo francs, pris aussi en Allemagne. Ces chiffres montrent que les prix des moteurs à gaz pauvre sont beaucoup réduits.
- En général, on peut dire que les installations complètes à gaz pauvre coûtent, de io à a5 % plus cher que celles à vapeur.
- Par contre, l’économie réalisée annuellement par l’installation à gaz pauvre, est très sensible et compense largement l’augmentation du prix du premier établissement et les inconvénients dus à l’entretien des moteurs à. gaz.
- Les Tramways de Barcelone-San-Andrès, notamment, signalent qu’avec des machines à A'apeur perfectionnées de puissances variées de 165, 3oo et 5oo chevaux, la consommation moyenne aurait été au minimum de ike,5 par kilowatt-heure, tandis qu’avec le gaz pauvre, ella n’a été depuis neuf ans que de 8i5 grammes seulement, ce qui correspond donc à une économie de 685 grammes de charbon par kilowatt-heure. L’emploi de machines à vapeur aurait en conséquence, pour leur production annuelle, occasionné une consommation supplémentaire de i 270 tonnes à 38 pesetas, soit 48 260 pesetas-ou 43 880 francs par an.
- Cette économie compense largement le sup-
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- plément de dépense de premier établissement, d’autant plus qù’en Espagne le prix de l’anthracite ne varie pas de a francs en plus à la tonne, comparé à celui du bon charbon anglais pour chaudières,
- Ensuite, il faut noter, dit la société, qu’au-jourd’hui une installation à gaz pauvre en Espagne ne reviendrait pas à plus de 6oo francs par cheval installé et la consommation en marche industrielle ne serait plus que de 70oBr par kilowatt-heure.
- Aux Tramways de Beyrouth, avec du charbon à 35 francs la tonne et des moteurs de a5o chevaux, la consommation est, en marche industrielle, de 700*'' par kilowatt-heure produit, soit, pour i million de kilowatt-heures par an, une consommation de 700 tonnes de charbon, ou 24 5oo francs. Avec des machines perfectionnées et des chauffeurs indigènes, on serait arrivé au minimum à 1 ke,4 par kilowatt-heure, c'est-à-dire au double de la dépense réelle. Delà, une économie certaine et minimum de 24 5oo francs, soit 25 000 francs par an, déclare la société, ce qui, en capitalisant à 5 % , représente une dépense de 5o 000 francs. Or, toute l’installation à gaz pauvre, avec batterie d’accumulateurs, n’a coûté que 614 000 francs. En admettant que l’installation à vapeur ait coûté 25 % de moins, soit 5oo 000 francs en chiffres ronds, il y a encore un bénéfice considérable obtenu par l’emploi du gaz pauvre, bénéfice qui ira en augmentant par la plus grande production dé courant dans l’avenir.
- A pprèciations.
- Nous aurions désiré que les sociétés des divers pays répondissent plus longuement à la question que nous avions posée, à savoir : leur appréciation sur les résultats obtenus avec les installations à gaz pauvre, et les raisons qui ont justifié cette installation et celles qu’elles indi queraient pour adopter, dans l’avenir, des machines à vapeur.
- Nous nous limiterons à signaler quelques réponses typiques, justifiant entièrement les considérations précédentes et les recommandations qüe nous avons faites.
- Plusieurs sociétés déclarent que dans les loca. lités où le prix du charbon est élevé, c’est-à-dire 3o à 40 francs la tonne et où l’eau est rare, il n’y
- a pas à hésiter à employer des moteurs de moins de 5oo à 600 chevaux.
- D’autres sociétés ajoutent qu’avec une installation de gazogènes bien conditionnée, l’entretien est de l’ordre de celui des machines à vapeur et par conséquent estiment que les moteurs à gaz pauvre s’imposent là où le charbon est relativement cher (3o francs la tonne) et que l’économie réalisée est considérable.
- Par contre, quelques sociétés, notamment en Allemagne et celle des Tramways de Catane, sont d’avis que les installations à gaz pauvre sont très économiques, mais que les inconvénients et avaries survenues aux moteurs (notamment à ceux à double effet) ne leur donnent pas toutes les garanties, et elles préféreraient le moteur Diesel.
- La société de Catane dit même textuellement que partout où vient en première ligne la sécurité du service — ce qui est cependant la situation ordinaire des tramways — il est certainement préférable d’adopter les machines à vapeur (se rappeler que l'installation est défectueuse à aspiration directe avec gazogène à allure vive et moteurs à double effet).
- Ces conclusions et appréciations variées sont bien en rapport avec la nature des installations que nous avons signalées précédemment et confirment entièrement et suffisammentnos diverses considérations. C’est pourquoi l’opinion de la Société des Tramways de Catane est inadmissible. Elle est d’ailleurs unique.
- Question complémentaire relative aux odeurs des
- gaz d’échappement, aux bruits et aux trépidations du sol.
- Certaine société ayant eu des inconvénients en employant les moteurs à gaz, à cause des odeurs des gaz, du bruit des moteurs et des trépidations ou des secousses du sol, a fait demander des renseignements complémentaires à ce sujet.
- Les réponses reçues au questionnaire complémentaire rédigé à cet effet permettent de dire qu’en général l’emploi des moteurs à gaz pauvre n’a pas occasionné de sérieux inconvénients sous le rapport des odeurs, bruit et trépidations.
- Les odeurs sont peu sensibles et disparaissent par un aérage et une ventilation rationnelle. Les
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- bruits des moteurs et des échappements sont, en général, atténués fortement par un amortisseur formé d’un grand caisson de détente.
- Dans le cas d’usine installée près des habitations, l’on place généralement des plateaux dans la conduite d’échappement des gaz et parfois plusieurs centaines de tubes sont en outre disposés radialemerit à l’intérieur du grand caisson ou chambre en béton.
- En ce qui concerne les trépidations du sol, elles sont peu sensibles si le sol est bon, les fondations massives, profondes et bien faites ; dans le cas contraire, avec un sous-sol mauvais, ces trépidations et vibrations peuvent occasionner des inconvénients sérieux à la marche des moteurs, en provoquant des mouvements dans les fondations, et en rendant incommodes les habitations voisines.
- Le cas des stations centrales municipales de Lichtenberg et de Schwerin est un de ces cas spéciaux, où il a fallu employer divers moyens pour atténuer les trépidations qui ont causé des mouvements dans les fondations, lesquels se propageaient jusqu’à 200 mètres.
- Le sous-sol de Lichtenberg était composé de sable et de gravier avec cailloux ; celui de Schwerin de sable avec nappe aquifère souterraine, par conséquent très mauvais terrain et sous-sol sans homogénéité.
- Les principaux moyens employés furent la liaison des fondations des moteurs avec celle du bâtiment. Avec les nouvelles machines on lit, à Lichtenberg, des fondations avec massif en béton armé et pilotis, mais les trépidations continuèrent à se faire sentir et l’on constata même des affaissements et des crevasses dans les fondations.
- A l’usine municipale de Schwerin, comportant des moteurs à quatre temps, on égalisa autant que possible les forces des masses accélératrices en mouvement au moyen de contrepoids (en fonte avec coulée de plomb) naturellement au détriment des efforts verticaux. Il en résulta une réduction d’environ 5o % des effets lointains des trépidations.
- On espérait qu’avec les moteurs Diesel, les vibrations verticales et horizontales auraient été moins sensibles ; mais il fut démontré que ces trépidations existent aussi avec un sous-sol aussi mauvais. Aussi la ville se trouva-t-elle dans la nécessité de transporter ailleurs son usine.
- Au reste, pour les moteurs Diesel, nous signalerons, dans la seconde partie de notre rapport, la nécessité de faire des fondations très robustes, mais surtout très profondes, afin d'atténuer les vibrations qui sont sensibles avec ces moteurs.
- MOTKUnS DIlîSEL
- Lors du Congrès international des Tramways, tenu à Munich en 1908, la question des moteurs Diesel avait été posée, mais, une seule société seulement ayant répondu, le rapporteur n’en parla pas.
- C’est donc pour la première fois que la question de l’emploi des moteurs Diesel à combustible liquide, pétrole brut ou naphte brut, est examinée par l’Union internationale de Tramways.
- Nous avons reçu la réponse de huit réseaux de tramways, dont quatre appartiennent à notre groupe de sociétés.
- Rappelons le principe du fonctionnement de ce moteur, dont l’emploi a commencé dans ces dernières années et tend à se répandre rapidement dans divers pays, en luttant parfois avantageusement avec les machines à vapeur, turbines et moteurs à gaz pauvre.
- Le moteur Diesel n’est pas un moteur à explosion, mais plutôt un moteur à combustion lente, car son diagramme indicateur ressemble à celui d’une machine à vapeur à admission variable. Son cycle est à \ temps. On construit également des moteurs à 2 temps, mais ces moteurs sont surtout destinés à la propulsion des navires.
- Le fonctionnement des moteurs à l\ temps est le.suivant :
- Premier temps : descente du piston ; aspiration de l’air pur ambiant jiar la soupape d'admission ;
- Deuxième temps : le pistou remonte ; compression de l’air aspiré jusqu’à 35 atmosphères environ ; la température de cet air comprimé monte à Goo° environ.
- Troisième temps : injection d’huile par l’ajutage central dans l’air chauffé et combustion au fur et à mesure de son introduction pendant une partie de la course du piston qui continue sous la détente des gaz.
- Quatrième temps : le piston remonte et les gaz brûlés sont expulsés par la soupape d’échappement.
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- Le liquide combustible provenant d’un réservoir quelconque est refoulé par une pompe et pulvérisé par de l’air comprimé qui pénètre en même temps que lui, dès que l’aiguillage fermant l’ajutage central est soulevé par le mécanisme de distribution. Cet air servant à l’injection est naturellement comprimé à une pression supérieure à celle qui se produit dans le cylindre moteur (5o à 6o atmosphères). Cette pression est obtenue au moyen d’un compresseur étagé actionné par la machine.
- Le cycle de fonctionnement du moteur présente certaines particularités :
- a) Il ne peut y avoir d’allumages prématurés pendaqt la compression, comme dans tous les moteurs à combustion interne, puisque le cylindre n’est rempli que d’air pur;
- b) Le combustible est injecté et brûlé dans l’air comprimé progressivement, ce qui facilite le passage d’un temps à un autre et a pour résultat de rendre le diagramme d’indicateur de ces moteurs très ressemblant à celui des machines à vapeur. En outre, on évite les chocs violents observés généralement dans les moteurs à combustion interne par suite des variations brusques de la pression ;
- c) Facilité de brûler des huiles lourdes très bon marché avec combustion parfaite, à cause de la combustion lente et progressive du combustible, dans une atmosphère à haute pression et à température très élevée ;
- d) Enfin, mise en marche instantanée, ce qui est imDortant dans le cas où le moteur Diesel sert de reserve.
- La plupart des sociétés ayant répondu au questionnaire emploient le moteur Diesel vertical d’une puissance de 3oo à 4oo chevaux à trois ou quatre cylindres et ayant une vitesse de 160 tours.
- Notre Société Générale de Tramways et d’Ap-plications d’Electricité (en Russie) a installé, dans quatre de ses réseaux, quatre moteurs Diesel, dont un de fyS chevaux, à trois cylindres de 1-25 chevaux chacun. L’un de ces moteurs fonctionne depuis trois ans et les trois autres depuis plus de deux ans.
- s Voici les accessoires principauxde ces moteurs;
- La pompe à air est double, l’une servant de réserve. Chacune des parties constitue une pompe complète, étagée, ayant les cylindres a hau te et basse pression dans ic prolongement les
- uns des autres, avèc piston compresseur unique. L’air d’insufflation est comprimé entre 45 et 6o atmosphères, suivant les constructeurs.
- L’eau de refroidissement du moteur est fournie par une pompe centrifuge qui la refoule dans un réservoir situé plus haut que le moteur, afin que cette eau puisse couler continuellement, ce qui est indispensable, vu la haute température des gaz dans le cylindre.
- Certains constructeurs ont prévu une variation de vitesse du moteur par un dispositif placé sur le régulateur et attaquant ce dernier par un contre-poids à manivelle au moyen d’une vis à main. D’autres constructeurs règlent la vitesse par l’immixtion du pétrole.
- L’huile employée en Russie est généralement du pétrole brut ou mazout de Bakou (naplite provenant de la distillation des pétroles); dans les autres pays, ce pétrole brut provient de la Roumanie et d’Amérique. Son poids spécifique est généralement de o,88o à 20° C et son pouvoir calorifique de 10000 à n ooo calories. Le point d’inflammation varie de 72 à82°. Le prix de l’huile est compris entre 6 francs et 12 fr. 5o les iookB rendus à l’usine. La température de l’eau, à la sortie des enveloppes des divers cylindres du moteur, varie entre 45 et 70°. La température des gaz à la sortie des cylindres est encore très élevée; elle est de 200 à 275° à Sébastopol et de 35o à 4oo° à Salonique. Le rendement mécanique du moteur Diesel est en moyenne de 80 % .
- Consommation.
- La consommation en combustible du moteur Diesel est très faible. Elle est en général en marche de service ordinaire de 225 à 24o«r d’huile par cheval, soit de 3oo à 3:5oBr par kilowatt-heure, Aux essais de garantie, en pleine marche, les consommations sont un peu moindres.
- Le coût du kilowatt-heure,pour le combustible seulement, varie de 2 à 4 centimes, car le coût du pétrole brut est assez élevé depuis quelques années. Avant la constitution des syndicats, le prix du pétrole brut était moitié moindre en Sussie; il variait de 20 à 25 kopecks le pond, c’est-à-dire de 3 fr. u5 à 4 francs les 100 kilogrammes.
- En comptant pratiquement sur une consommation par kilowatt-heure d’un tiers de kilogramme d’huile, on voit donc aisément que le
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- coût du combustible seul,pour les moteurs Diesel, pouvait alors n’être que de x à 2 centimes au maximum par kilowatt-heure.
- Rappelons ici que, comme nous l’avons vu précédemment, le coût du combustible, pour les moteurs à gaz pauvre bien installés, était de 2 centimes par kilowatt-heure pour un charbon à 35 francs 'la tonne, avec une consommation de 7008'' par kilowatt-heure.
- Huile de graissage. — En ce qui concerne la lubrification’ de ces moteurs, la consommation d’huile varie de 4 à 7Br par kilowatt-heure. Elle est donc un peu plus élevée que celle des moteurs à gaz.
- Eau de refroidissement. —• La consommation d’eau est d’environ 10 à 12 litres par cheval-heure à pleine charge, avec de l’eau à io°. C’est donc à peu près quatre ou cinq lois moins d’eau que les moteurs à gaz, qui eux-mêmes consomment quatre ou cinq fois moins d’eau que les machines à vapeur.
- On peut même encore réduire la consommation d’eau par des appareils spéciaux: ventilateurs, etc.
- 11 est à noter que l’eau de réfrigération des moteurs Diesel circule en vase clos et n’a aucune communication avec les parties graissées des moteurs ; l’eau d’échappement est donc aussi propre que celle d’admission et comme elle a une température moyenne de 55° à 6o°, il n’y a pas de dépôts à craindre dans les conduites et chemises des cylindres. En outre, elle peut servir à d’autres usages industriels.
- Entre Lien.
- Aucune société, sauf la nôtre, n’a donné de renseignements précis sur les frais d’entretien et de réparations des moteurs Diesel.
- En général, ils sont très peu élevés comme entretien normal, mais ils peuvent donner lieu à des avaries très graves. A Sébastopol, les frais d’entretien et de réparations du moteur de 3oo chevaux, ont coûté pendant toute l’année 1909, après donc une année de service, 3 080 fr., soit par cheval-heure : o fr. 24, ou par kilowattheure : o fr. 33.
- A Krementchoug, le dernier moteur Diesel, monté depuis deux ans, n’a jusqu’ici donné lieu à aucune avarie ; aussi l’entretien normal n’a coûté que o fr. i3 par kilowatt-heure.
- On peut donc admettre au maximum un tiers
- de centime par kilowatt-heure, ce qui est une dépense très faible pour un moteur de ce genre.
- Les principales avaries qui surviennent au moteur Diesel sont les suivantes :
- i° Avaries à la pompe à air ; celle-ci nécessite une surveillance spéciale, à cause de ses nombreuses soupapes ;
- 20 Usures anormales de diverses pièces du mouvement et des coussinets ;
- 3° Ruptures de ressorts de soupapes.
- A Yaroslaw, après un an de marche du moteur, l’on a constaté une fente dans le coude de l’arbre ; et, après trois ans de marche, un défaut de montage de l’arbre de couche occasionna un accident qui amena le bris d’un cylindre et de la plaque de fondation et courba une bielle et l’arbre de couche. Nous considérons ces avaries comme exceptionnelles, puisqu’elles sont dues à un montage défectueux par le constructeur.
- Coût du moteur.
- Le prix du moteur Diesel d’une certaine puissance est très élevé,mais, actuellement,les brevets Diesel étant tombés dans le domaine public, la concurrence a fait réduire les exigences des constructeurs et l’achat d’un moteur Diesel devient économique au point de vue du prix total du kilowatt-heure produit.
- Cependant, en Russie, ces moteurs sont toujours chers, à cause des droits d’entrée.
- A Yaroslaw (Russie), par exemple, un moteur Diesel de 3oo chevaux de la Maschinenl'abrik d’Augsbourg coûtait, tout monté, il y a quelques années, i3o 000 francs.
- A Saint-Gall, en Suisse, le même moteur Diesel de la Société Sulzer a coûté 78 700francs.
- En Italie, l’on offre des moteurs Diesel installés au prix de 200 fr. le cheval.
- Considérations.
- La plupart des sociétés déclarent que leur choix du moteur Diesel a été nécessité par des raisons impérieuses de rendement économique.
- Yoici les principaux avantages :
- Réduction du prix de revient du kilowattheure de 5o % , surtout dans les centrales où les machines à vapeur avaient une consommation très élevée. — —
- Mise en marche immédiate et consommation presque égale, avec des charges réduites, indépendamment de l’habileté du personnel.
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- Fonctionnement automatique et sûreté de marche, mais avec une surveillance scrupuleuse organisée systématiquement. Il faut surtout un chef ouvrier instruit et compétent.
- Enfin, suppression de l’emploi de batteries d’accumulateurs.
- Les moteurs Diesel présentent de plus l’avantage d’une absence complète d’odeurs fortes dues aux huiles de combustion, puisque celles-ci sont brûlées entièrement. Il n’y a que de légères odeurs provenant des petites fuites de gaz et du graissage.
- Nous ajouterons à ces considérations que le moteur Diesel permet l’utilisation de la chaleur des guz perdus et de l’eau sortie, pour divers usages industriels. Les gaz perdus ayant une température de 20o°à 4oo°, peuvent, par exemple, servir à la fabrication d’eau distillée, au chauffage de certains produits ou de l’eau de sortie. Cette eau de sortie qui présente une température variant de 5o° à 70° peut être utilisée pour le chauffage des immeubles voisins, lavoirs, bains? buanderies, teintureries, etc.
- Une recommandation importante que nous faisons est celle relative aux fondations de ces moteurs. Ces fondations doivent être très profondes, solides, car les moteurs Diesel, étant jusqu’à présent verticaux, forment pilon et les vibrations dans le sol sont parfois sensibles.
- Le grand reproche que l’on fait aux moteurs Diesel est leur coût très élevé par suite des droits de brevet des constructeurs et des droits de douane exorbitants, notamment pour l’entrée en Rpssie.
- Cependant, comme nous le disions plus haut, la concurrence entre les principaux constructeurs de l’Europe a donné lieu à une diminution sensible des prix, permettant plus aisément l’emploi économique de ce moteur dans les pays où l’huile n’est pas très chère et pour des puissances peu élevées.
- MOTEUR A PÉTROLE HORNSRY
- Pour compléter notre étude, nous devons aussi signaler les moteurs à pétrole Ï-Iornsby très répandus pour des puissances allant jusqu’à 100 chevaux et construits aujourd’hui jusqu’à une puissance de 400 à 5oo chevaux.
- Actuellement, la maison Hornsby de Gratham (Angleterre) construit ces moteurs jusqu’à une puissancè de 3oo chevaux. Nous croyons utile
- de donner quelques renseignements sur ce moteur à pétrole très simple.
- C’est un moteur à combustion à quatre temps et avec compression de i3 atmosphères. La partie de la chambre à combustion non refroidie est d’abord chauffée paà un chalumeau extérieur et est ensuite maintenue chaude automatiquement par la chaleur de la combustion.
- L’injection du combustible est réglée et se fait à peu près à la fin de la course de la compression; l’allumage s’effectue au moyen de là chaleur produite par la compression de l’air, aidée de la chaleur de la partie non refroidie de la chambre à combustion, et donne une pression initiale d’environ 24 atmosphères.
- L’huile est injectée mécàniquement par une pompe mise en marche au moyen d’une came ; la vitesse du moteur est réglée par un régulateur qui manœuvre un « by-pass » adapté sur la valve d’injection réglant la quantité d’huile pour chaque cycle suivant la charge du moteur.
- Par suite de la basse pression, ces moteurs n’exigent pas de construction massive et les pistons et autres pièces s’usent moins rapidement. Grâce à l’injection mécanique d’huile, il n’y a pas à craindée d’embarras de marche, et, vu la simplicité du mécanisme, le moteur peut être conduit par un mécanicien ordinaire.
- La seule manœuvre qui retarde la mise en marche instan tanée du moteur est celle nécessitée par réchauffement du vaporisateur pendant plusieurs minutes au moyen d’un chalumeau extérieur.
- Voici quelques résultats de marche d’un moteur Ilornsby de 85 chevaux :
- Tableau II.
- NATURE DE L I1UILE 1 | POIDS SPECIFIQUE TEMPÉRATURE d’inflammation 1 Farenheit PUISSANCE EFFECTIVE MESURÉE AU FREIN CONSOMMATION d'huile PAR CHEVAL-HEURE MESURÉE AU FREIN
- degrés chevaux grammes
- Huile de naphte brut
- russe 9° 4 a 10 78,5 243,6
- Huile raffinée russe. . . 824 95 85,i *39,9
- )) )) IOO 85,i 235 ,0
- Huile raff. américaine. 800 9J 80,9 2.38,i
- » » IOO 85 238,5
- Huile pour moteur
- Diesel CO 0° 182 78,5 258,5
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- Ces consommations se rapprochent de celles du moteur Diesel, car nous avons vu que ces moteurs consomment en moyenne 3io à 33o>r par kilowatt-heure, soit z3o à 25<>er par cheval-heurc effectif.
- MOTEURS A COMBUSTIBLES AUTRES QUE LE CHARBON, LE OAZ OU L’HUILE.
- N’ayant reçu aucune réponse à cette question, nous n’examinerons pas quels seraient les moteurs à combustibles autres que le charbon, gaz ou huile, qui pourraient être utilisés pratiquement dans les stations centrales.
- CONCLUSIONS
- Installations à gaz pauvre. — 11 résulte des réponses des diverses sociétés que les installations des stations centrales au gaz pauvre, faites dans les conditions techniques nécessaires au point de vue des gazogènes, épurateurs et gazomètres, comportant de plus des moteurs à quatre temps, ont donné satisfaction, sous le rapport de l’économie importante réalisée et de leur fonctionnement régulier. Il faut donc éviter de faire des installations, soi-disant économiques, en réduisant les dimensions des gazogènes, en supprimant certains appareils complémentaires et en marchant à aspiration directe pour économiser le gazomètre; il faut surtout proscrire, jusqu’à nouvel ordre, les moteurs à deux temps à double effet, dont la construction donne lieu à des avaries graves, notamment aux boîtes à bourrages, culasses, etc.
- Les inconvénients signalés et les avaries survenues sont dus à ces causes seules. C’est ce qui a jeté le trouble pendant longtemps dans l’esprit de l’exploitant et a fait, en général, rejeter l’emploi des moteurs à gaz pauvre, qui était dans beaucoup de cas la solution économique tout indiquée.
- Les questions d’odeurs, de bruits et d’eau sont en général moins importantes qu’au début. On ventile facilement et on expulse les gaz assez haut dans l’atmosphère. Les vibrations sont amorties par des fondations très compactes et l’emploi de feutre tricliopiècc. Enfin, les eaux sales sont épurées au moyen de filtres et de fer pour éliminer le soufre.
- En ce qui concerne l’amortissement de ces installations, nous avons vu qu’après quatorze
- ans de service, elles étaient encore en très bon état; par conséquent nous pouvons admettre avec certitude un amortissement en vingt ou vingt-cinq ans, ce qui est très acceptable pour des sociétés ayant quarante ou cinquante ans de concession.
- Dans une conférence que nous avons faite le 6 mai 1901 à l’Association des Ingénieurs de Liège, nous avons comparé le prix de revient du cheval-heurc effectif obtenu avec diverses machines de 3oo à 400 chevaux. Nous croyons utile de reproduire ci-après ce tableau, caries chiffres indiqués sont encore vrais, bien que, pour les moteurs à gaz, la consommation soit diminuée de 20 % comme il résulte des renseignements donnés par diverses sociétés et notamment celle des Tramways de Beyrouth
- Tableau III.
- W ta z P • £ « t- W g s
- NATURE DE L’INSTALLATION O H S a ? S < J i S W aj ^ H ® ë tn 2 * P es w g ? = s w » H 93 -2 U
- DE 55 p > Ui O 0 g £* Cû W > £ QMba
- l’usine génératrice y y y 6 w 93 •e, & PRIX DU C A s o s g
- kg. IV. IV.
- I Machines à vapeur à
- condensation sans accumulateurs . . . •2,5oo 3*2 0,080
- 2 Machines à vapeur
- sans condensation et avec accumulateurs I 32 0,048
- 3 Machines à vapeur
- ' avec condensation et accumulateurs. I ,200 32 o,o38
- 4 Moteurs à gaz pauvre, sans accumulateurs Aucun résultat pratique. Prix de revient élevé.
- ’> Moteurs à gaz
- pauvre, avec accumulateurs 36 0,023
- 6 Moteurs à gaz
- pauvre, avec accu-
- mulateurs (Orléans) 0 ,660 3 2 0,019
- I Moteurs it gaz
- pauvre aüo che-
- vaux, avec accu-
- mulateurs (B e y-routh) 0,470 35 0,016
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- Le dernier chiffre de i ,6 centime par cheval-heure effectif, pour la consommation de charbon, soit 2,7 centimes par kilowatt-heure, ne peut être atteint par aucune machine à vapeur de même puissance (il s’agit ici de machines ne dépassant pas 5oo chevaux) dans les localités où le charbon ordinaire coûte 3o francs en moyenne.
- Si nous comparons ces chiffres avec ceux donnés par le moteur Diesel, nous voyons que ces derniers chiffres sont plus favorables, mais que, dans certains cas, le moteur à gaz pauvre rivalise avec lui, notamment dans les pays où le prix de l’huile lourde (pétrole brut) est élevé (Espagne notamment).
- Moteur Diesel. — La consommation du moteur Diesel est pratiquement, en marche industrielle, de 325gr par kilowatt-heure.
- Si l’huile coûte ,7 francs les iookg, le prix du kilowatt-heure en combustible est de 2,27 centimes comme celui du moteur à gaz pauvre avec charbon à 35 francs la tonne.
- Quant au coût de l’installation, nous avons vu que le prix du kilowatt installé avec moteur à gaz pauvre varie de 800 francs à 2 000 francs y compris les bâtiments de l’usine, gazogènes, etc. et batteries d’accumulateurs. Nous savons que le moteur Diesel, avec son réservoir et sa tuyauterie, coûte en Russie-de 3oo à 400 francs par kilowatt installé, et en Suisse de 200 à 2G0 francs sans les bâtiments.
- On peut dire que le prix du kilowatt installé est la moitié de celui du moteur,à gaz pauvre.
- Si le prix de l’huile dépasse 14 francs les iookg, et le charbon 3o francs, il y a avantage à adopter le moteur à gaz pauvre, puisque le prix du kilowatt-heure sera de 4,6 centimes pour l’huile seule contre 2,6 centimes avec le gaz pauvre. La différence de 2 centimes compensera largement le coût plus grand de l’installation à gaz pauvre.
- Au sujet de ces comparaisons, toujours très difficiles à faire consciencieusement et en tenant compte de tous les éléments, nous croyons très intéressant de signaler la publication faite en 1906, à Louvain, par M. Sengier, ingénieur civil, sur le moteur Diesel dans les centrales électriques. M. Sengier compare notamment, d’une manière très documentée, les prix d’installation et de revient du moteur à gaz pauvre, du moteur Diesel et de la machine à vapeur.
- M. Sengier a fait la comparaison de trois types de moteurs de 35, 80 et 160 chevaux.
- Le moteur à gaz est un moteur Crossley, à gaz Dawson.
- La machine à vapeur est à grande vitesse com-pound à condensation.
- Le moteur Diesel est du type ordinaire Carels de Gand.
- Les combustibles sont : pétrole à 56 francs la tonne anglaise de 1 oi6kg ; anthracite anglais à 3o francs la tonne anglaise de 1 oi6kg; charbon ordinaire à i5 fr. 60 la tonne anglaise de 1 016 kilogrammes.
- Les consommations pratiques ont été évaluées comme moyennes de .consommation à pleine charge et à demi-charge.
- Pétrole : 23ogr à 2oogr par cheval-heure;
- Anthracite : 68ogr à 565gr par cheval-heure effectif;
- Charbon : x 8oogr à 1 58ogr (pour les fortes puissances) par cheval-heure effectif avec une évaporation de 7kg,9 de vapeur par kilogramme de charbon.
- Le choix du système du moteur est donc une question d’espèce dans chaque pays. Il faut tenir compte du prix du charbon, de l’huile et du coût du moteur.
- D’une manière générale, lorsque l’huile est à bon compte comme en Russie, c’est-à-dire que le prix est d’environ 5o à 60 francs les x oooks et que le coût du moteur Diesel ne dépasse pas 200 à 25o francs le cheval installé, il y a intérêt à adopter ce moteur dont les avantages sont très nombreux.
- Pour les petites puissances, le moteur Diesel sera toujours préférable dans tous les pays, à moins que le prix de l’huile ne soit exagéré comme en Espagne.
- En Angleterre, ce moteur est tellement répandu, depuis quelques années, que l’on évalue à plusieurs milliers de chevaux les installations déjà effectuées.
- Les moteurs à gaz pauvre ne seront employés que dans les pays où le charbon coûte plus de 3o francs la tonne et où l’huile est d’un prix élevé et l’eau rare.
- Ch. Thonet.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- cent de la charge. La figure 3 se rapporte à un comp-
- Recherches expérimentales sur les compteurs Ferraris. — H. Brüekmann. — Elehtrotech-nische Zeitschrift, a5 août 1910.
- L’auteur publie les résultats de mesures effectuées au laboratoire de l’Ecole technique supérieure de Delft sur plusieurs compteurs à courant alternatif Ferraris.
- Ces recherches portèrent principalement sur l’influence de la fréquence et de l’épaisseur du disque W
- sur la constante — (W étant la puissance et to la 0)
- vitesse angulaire du disque) de l’appareil. L’influence de la fréquence dépend essentiellement du montage du circuit de tension; ce circuit peut être monté en série ou en parallèle avec une résistance; négligeable
- Ü
- !\
- -Ü
- y 0
- Fig. 1. — OA, champ de la bobine d’intensité; OF, champ parasite.
- dans le premier cas, la fréquence provoque au contraire, dans le deuxième, des variations très appréciables de la constante. D’autre part, plus le disque est épais, plus grande est l’importance des courants tourbillonnaires qui s’y forment et qui créent un flux parasite, lequel tend à introduire une cause d’erreur par suite du décalage qu'il provoque entre le champ réel de la bobine d’intensité et le champ résultant dans le disque (fig. 1). C’est ce que montrent bien les
- ji'içr.a.— Courbes d'erreurs pour différentes charges B.— 220 volts. Epaisseur du disque: imm,65.
- courbes des figures 2 et 3 qui donnent les variations en pour cent de la constante en fonction des pour
- fr - «
- S-- s c * .5. r
- — ». 1 L - 1 V
- Eig. 3. —Memes courbes. — 220 volts. Epaisseur du disque on,,,\5.
- leur dont le disque mesurait iinm,65 d’épaisseur, la figure 3 à un compteur dont le disque ne mesurait
- que omm,5.
- J.-L. M.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Le laboratoire de la « National Electric Lamp Association ».— P. Hyde. — Science, 24 décembre 190g.
- L’auteur annonce la création et explique le but du laboratoire de recherches scientifiques créé par la « National Electric Lamp Association ». La plupart des laboratoires américains se sont surtout occupés jusqu’à présent de recherches chimiques ; quelques-uns se sont cependant adonnés aux recherches physiques, mais surtout dans un but industriel. Le laboratoire dont parle l’auteur doit au contraire être consacré principalement aux recherches scientifiques ; les questions qu’il aura à étudier seront de trois sortes : la production de ,1’énergie lumineuse, l’iitilisation de cette énergie et enfin l’action des l’ayons lumineux.
- La première catégorie, qui comprend l’étude des rayons lumineux et des propriétés rayonnantes de la matière est du domaine des physiciens.
- La deuxième catégorie, qui relève également des physiciens, comprend l’étucle de l’absorption des rayons lumineux, de leur réflexion et de leur diffusion, ainsi que celle des diverses couleurs et les mesures photomélriques.
- Enfin, la troisième catégorie renferme toutes les questions relatives à l’effet des diverses radiations lumineuses sur l’œil, sur la peau et sur les organismes microscopiques. Elle est plus particulièrement du domaine des physiologistes. Chacune de
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- T. XII (2e Série). — N° 44.
- ces catégories sera confiée à des spécialistes d'une compétence éprouvée. Le laboratoire possède tous les appareils et instruments nécessaires à la bonne exécution des travaux, ainsi qu'une bibliothèque garnie des ouvrages susceptibles de fournir toùtes les indications nécessaires pour guider les expérimentateurs dans leurs recherches.
- J.-L. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Moyens de diminuer Fétincelle à la rupture du coui'ant dfun électro-aimant. — S. Riefler et G. Paulus. —ElektrotechnischeZeitschrift, 25août 1910.
- La question delà diminution de l’étincelle d’extracourant produite lors de l’ouverture du circuit d’un électro-aimant se pose surtout pour les interrupteurs des horloges électriques de précision dont les contacts très fragiles doivent fonctionner une fois par seconde.
- Plusieurs moyens se présentent qui consistent à monter on dérivation aux bornes soit de l’électro-aimant, soit de l’interrupteur lui-même, un condensateur ou une résistance ohmique non inductive. Les auteurs essayèrent successivement tous ces procédés et relevèrent avec chacun d’eux des courbes à l'oscillographe afin de mettre en évidence leur mode d’action. Nous reproduisons quelques-unes de ces courbes; le trait plein représente la courbe d’intensité relevée avec l'équipage mobile monté en i; l’autre équipage mobile (enregistreur de tension) était monté en e et reproduisait la courbe de tension représentée en traits ponctués ; le courant était fourni par une batterie de 114 volts (fig. 1, a, 3). Le condensateur per-
- _________________________ ,£r______________________
- Fig. 1.
- met à l'interrupteur de fonctionner presque sans étincelles, mais il provoque une surtension assez
- Fig. 2.
- forte qui peut être dangereuse pour la bonne conservation de bobine de l'électro-aimant ; la résis-
- tance ohmique non inductive ne présente pas ce dernier inconvénient et donne également de bon résultats au point de vue de la diminution de l’étincelle, mais,
- Fig. 3.
- montée en dérivation aux bornes de l’électro-aimant, elle augmente la consommation à circuit fermé, tandis que, montée en dérivationaux bornes del'inter-rupteur, elle laisse passer un certain courant, même lorsque celui-ci est ouvert, ce qui augmente également la consommation totale. Pour obvier à ce dernier inconvénient les auteurs proposent de remplacer la résistance morte par de petits accumulateurs à très faible capacité qui se comportent comme des condensateurs (fig. 4) ; en effet ils se chargent
- 50 Ofurb
- Fig. 4. — L, charge; E, décharge.
- au moment de la rupture et leur force contre-électromotrice augmentant diminue rapidement l’intensité qui les traverse, de sorte que la consom-
- Fig. 5. — —— courant en i, ---------------courant en i2,
- -------------courant en i3.
- mation, a circuit principal ouvert, est beaucoup plus faible qu’avec une résistance morte; lorsque l’interrupteur est refermé, ils sont mis en court-circuit et
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- se déchargent instantanément ; c’est ce qu’indiquent d’ailleurs les courbes correspondantes (fig. 5) qui montrent que leur fonctionnement au point devue de la diminution de l’étincelle est aussi satisfaisant que celui d’un condensateur; ils présentent d’autre part sur ce dernier appareil l’avantage de ne pas provoquer de surtension.
- J.-L. M.
- TRACTION
- La nouvelle locomotive électrique pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien. — W. Heyden. — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 14 juillet 1910,
- L’auteur décrit d’abord la nouvelle locomotive électrique-de 2000 chevaux destinée aux trains de marchandises de l’Etat italien et construite par la Société Italienne Westinghouse sur les plans de M. von Kando (').
- L’auteur, reprenant ensuite les arguments invoqués par M. von Kando en faveur de la traction triphasée, se propose de démontrer que les avantages résultant de l’emploi de ce mode de traction ne peuvent prévaloir sur ceux de la traction monophasée.
- M. von Kando estime que sa locomotive, dont le poids total entièrement utilisé pour l’adhérence (les cinq essieux étant rendus moteurs à l’aide de bielles d’accouplement) est de 60,2 tonnes, est capable d’une puissance spécifique de :
- 60,2
- = 33 chevaux par tonne,
- alors quepour une locomotive monophasée ce chiffre tombe à 18 chevaux par tonne, environ.
- Mais, d’après l’auteur, le poids adhérent de Go,2 tonnes est insuffisant pour permettre d’utiliser les 2 000 chevaux de la locomotive. En effet, à l’allure de 45km à l’heure qui correspond à la vitesse normale de la locomotive, le coefficient d’adhérence n’est que de o,i25 environ, ce qui, pour une puissance de 2 000 chevaux, nécessite un poids adhérent de
- _ 2000X0,95X^,6X75 .
- P —--------——-------------—=91 tonnes en chiffres
- 0,125 X 45 X 1 000
- ronds. Il sera donc nécessaire, pour atteindre ce poids, de surcharger la locomotive à l’aide de ballast et la puissance par tonne tombera de ce fait à :
- 22 chevaux par tonne.
- 91
- La locomotive ne sera donc pas plus avantageuse à ce point de vue qu’une locomotive dont le poids net serait de 91 tonnes; et,bien qu’elle reste encore sous ce rapport légèrement supérieure à la locomotive monophasée, cet avantage ainsi réduit 11e saurait l’emporter sur les autres avantages de la traction monophasée.
- Quant à l’avantage de la récupération, il n’est pas spécial à la traction triphasée; tous les moteurs de traction peuvent en effet être disposés pour permettre la récupération, quelle que soit la nature du courant qui les alimente. D’ailleurs, les difficultés techniques auxquelles on se heurte lorsqu’on veut utiliser la récupération et les conditions essentiellement défavorables dans lesquelles on se trouve placé à ce point de vue sur les voies ferrées (par suite notamment des variations d’allure incessantes et de l’impossibilité de répartir également l’effort de freinage entre tous les essieux moteurs du train) en rendent les avantages très aléatoires et en ont jusqu’ici limité l’emploi.
- Par contre, la traction monophasée présente à d’autres points de vue beaucoup plus importants des avantages incontestables sur la traction triphasée : indépendance absolue de la vitesse du moteur par rapport à la fréquence du courant, simplicité de toute l’installation et en particulier de la lignp aérienne, possibilité d’employer des tensions plus élevées (seule la traction monophasée a permis de porter la tension de distribution directe aux locomotives à i5ooo volts).
- L’auteur conclut donc nettement, malgré le léger avantage de la locomotive triphasée au point de vue de la puissance utile par tonne, en faveur de la traction monophasée.
- J.-L. M.
- Les chemins de fer triphasés. —K. von Kando. — Elektrotechnische Zeitschrift, 14 juillet 1910.
- L’auteur répond aux critiques formulées précédemment par M. Heyden contre la locomotive triphasée construite d’après ses plans et destinée aux trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien.
- La valeur de 0,125 donnée par M. Heyden pour le coefficient d’adhérence à l’allure de /, 5knl à l’heure est, d’après l’auteur, trop faible.
- A l’appui de cette affirmation, M. von Kando cite, en effet, le cas du chemin de fer du Saint-Gothard, dont les locomotives a vapeur du type G 4/5, d’un
- (t) Voir Lumière Electrique, 21 août 1909, p. 239.
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- poids total do 115,tonnes, dont 62,4 sont utilisées pour d'adhérence, remorquent, à l'allure moyenne de 45km à l’heure des trains de 200 tonnes sur la rampe de Biasca à Airolo, ce qui correspond à un effort de traction à la jante des roues motrices de 10 720*® et, par conséquent, à une puissance de 28,7 chevaux par tonne de poids adhérent, chiffre sensiblement supérieur au maximum de 22 chevaux par tonne indiqué par M. Hcyden; encore faut-il tenir compte de ce que ce résultat se rapporte à une locomotive à vapeur dont le couple moteur varie de 20 à 25 % par rapport à sa valeur moyenne au cours de chaque tour de roue et qui, par conséquent, utilise moins bien son poids adhérent qu’une locomotive électrique.
- D’aillèurs, la première locomotive électrique mise en service pour le remorquage des trains lourds, celle du chemin de fer Baltimore-Ohio, était capable d’exercer un effort de 3o oook£ à son crochet d’attelage, pour un poids adhérent de 96 tonnes, ce qui 'correspond à un coefficient d’adhérence de o,3i.
- Si cependant le poids net de la locomotive triphasée était insuffisant pour l’adhérence, il ne serait nullement indifférent, comme le prétend M. Ileyden, que le poids nécessaire fût complété d’une manière ou d’une autre; en d’autres termes, il n’est pas indifférent que le poids complémentaire soit celui de masses de fonte qui coûte de ofr.odào fr. 10 le kilogramme, ou de parties de l’équipement électrique (moteurs et appareillage) qui coûtent de 1 fr. 85 à 2 fr. 5o le kilogramme.
- Quanta la récupération, ce que M. Ileyden dit à ce sujet est parfaitement juste, mais ne peut s’appliquer qu’aux locomotives monophasées à moteur série; au contraire, la constance delà vitesse des moteurs triphasés élimine ces inconvénients en imposant au train lui-même une vitesse constante, ce qui assure une récupération satisfaisante et exempte des à-coups .dangereux que signale M. Ileyden.
- L’auteur s’étonne d’ailleurs que des techniciens commettent encore cette erreur déposer comme un axiome que le moteur triphasé est impropre à la traction des trains, à cause de la constance de sa vitesse ; l’expérience a cependant montré que cette constance de la vitesse des locomotives triphasées est, au contraire, un avantage précieux en matière d’exploitation de chemins de fer. Sur la ligne de la V^lteline, non seulement les locomotives triphasées suivent toujours l’horaire, mais elles permettent de rattraper totalement ou en partie les retards dus ! aux locomotives à vapeur; en effet, la vitesse des *
- locomotives triphasées ne subit pas, comme celle des locomotives à vapeur électriques à moteur série l’influence des surcharges ou des circonstances défavorables (vent, neige, etc.), ce qui est particulièrement précieux sur les lignes à voie unique où le retard d’un seul train amène de graves perturbations dans le service par le retard qu’il cause aux trains qu’il croise.
- En outre, sur une ligne où, pour des raisons de service, la vitesse sera limitée, la locomotive triphasée pourra maintenir constamment le maximum, ce qui est impossible aux locomotives à vapeur ou à moteur série. Ces avantages de la locomotive triphasée la rendent particulièrement bien appropriée aux lignes à profil accidenté.
- J.-L.M.
- USINÉS GÉNÉRATRICES
- Considérations sur les résultats d’exploitation des usines d’électricité dans les grandes villes d’Allemagne* — R. Kitschelt. — Elektro- technische Zeitschrift, 12 mai 1910.
- I. — Influence du système de courant sur les résultats dsexploitation*
- Les considérations ci-après sont basées sur la dernière statistique de « l’Union des Usines d’Elec-rricité » pour l’année 1908 et sont relatives aux 37 usines des principales villes de l’Allemagne dont la population atteint ou dépasse 100 000 habitants.
- L’auteur les répartit comme suit :
- Groupe A: 5 usines dont l’exploitation est faite uniquement par courant continu (3 et 5 fils).
- Groupe B: 9 usines distribuant uniquement du courant continu, mais avec production partielle ou exclusive de courant primaire alternatif, monophasé ou polyphasé.
- Groupe C: 9 usines produisant partiellement ou exclusivement du courant alternatif et distribuant du courant alternatif aussi bien que du courant continu obtenu par transformation.
- Groupe D : 14 usines produisant et distribuant uniquement du courant alternatif, monophasé ou polyphasé.
- Cette classification ne tient compte que du courant distribué pour la lumière et la force, et non de celui fourni aux tramways exploités, comme on le sait, presque uniquement au moyen du courant continu.
- Le premier tableau comparatif reproduit par l’auteur indique, pour ces diverses usines, la puissance des appareils du réseau desservi, la puissance
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- maxima de l'usine,, les dépenses de premier établissement totales et rapportées au kilowatt de puissance installée.
- Les valeurs mo}rennes de ces dernières, déduites du tableau, sont les suivantes:
- Tableau I
- Groupe A 170 francs
- — B 1469 —
- — G 1 260 —
- — D 1 3a4 —
- • Le second tableau comparatif contient diverses données d’exploitation, notamment le rapport en pour cent de la puissance installée à la puissance des appareils du réseau ; les valeurs moyennes de ce rapport sont les suivantes :
- Tableau II
- Groupe A 40,4 %
- — B 4 9; 7 %
- — G GO,6 %
- — D 42,9 %
- Les usines produisant uniquement du courant continu présentent donc ici un avantage ; mais cet avantage disparaît dès que le courant continu résulte, même partiellement, d’une transformation, à cause des pertes qu’elle entraîne et qui nécessitent une puissance primaire installée plus considérable.
- Des chiffres intéressants de ce tableau sont ceux concernant la durée annuelle d’utilisation de la puissance totale installée, et l’énergie fournie en pour cent de la puissance totale installée multipliée par 8 760 heures, grandeur qui peut être désignée par « utilisation de la puissance des machines ».
- Les valeurs moyennes de ces quantités sont les suivantes :
- Tableau III
- DURÉE ANNUELLE d’utilisation en heures UTILISATION DES MACHINES en %
- Groupe A io35,1 iG, i
- — B i 183,7 18, %
- — G i/t3i,3 *9^
- — D :... i67Gi 19,8
- L’emploi du courant alternatif se manifeste donc ici comme plus avantageux.
- Les pertes d’énergie en pour cent de l’énergie produite par les machines ont les valeurs rno}rennes ci-après :
- Tableau IV
- >
- Groupe A l7;8a
- — B 2Ü,0G
- — G *9,74
- — D !8,98
- Du troisième tableau comparatif se déduisent les valeurs moyennes ci-après des dépenses d’exploitation en centimes par kilowatt-heure.
- Tableau V
- Combustible Graissage Appointements et salaires Entretien Divers Total
- Groupe A 6^46 o,38 V-*7 Vi11 2,75 iG,4a
- — B 4,40 0,19 3,01 1,41 8j>°7 I 2,OC)
- — G 4,0a 0,1G W <V96 ,,3o q/A'A
- — D 4,80 <V9 V> 7 °.94 i,üG 9,67
- Au point de vue des dépenses d’exploitation les usines utilisant entièrement ou presque entièrement le courant continu (groupes À et B) donnent donc des résultats moins avantageux que celles des groupes G et D. '
- II. —- Influence du mode d’utilisation de Vénergie produite sur les résultats de Vexploitation.
- Pour étudier cette influence, l’auteur classe les usines considérées entrois groupes, d’après la proportion de l’énergie utilisée pour l’éclairage à l’énergie utilisée pour la force motrice.
- Le groupe I comprend 10 usines où l’énergie distribuée pour l’éclairage dépasse 5o % de l’énergie totale; dans le groupe II (12 usines), celte proportion varie entre 3o et 5o % ; dans le groupe III (iG usines), elle est inférieure à 3o % .
- Les statistiques fournissent les valeurs moyennes ci-après pour le prix de vente et de revient du
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- Ï48
- kilowatt-heure et pour les bénéfices, en pour cent du coût total de l’installation :
- Tableau VI
- PRIX DK VENTE en cci pour la force VIO VEN DU KW.-H. itimes dans L'ensemble PRIX DE REVIENT DU KW.’JI. en centimes B É N K - F I G E S en %
- Groupe I... 2!,5q 37,59 15,76 io,98
- — II... 18,90 25,00 !0,27 l3,2I
- — III... *7j77 22,69 9,'i' 12,54
- On peut conclure de ce tableau que le moyen le plus efficace d’augmenter les bénéfices d’une entreprise d’électricité consiste à développer autant qu’on le peut la distribution de forcé motrice pendant la journée entière, ou du moins, pendant la plus longue partie possible de la journée. Il faut donc vendre l’énergie à la clientèle de force motrice à un prix très sensiblement inférieur, règle encore insuffisamment appliquée par beaucoup d'entreprises, d’électricité qui demandent à cette clientèle un prix trop élevé.
- Comme les dépenses de combustible pendant le jour augmentent seules proportionnellement à la fourniture de courant, tandis que les autres dépenses, salaires, entretien, etc... n’augmentent que légèrement, il serait encore avantageux de consentir un prix de vente dépassant de 5o à ioo % les dépenses de combustible seules.
- L’auteur préconise le double tarif, très usité actuellement, comme le meilleur moyen de faire prospérer les usines d’électricité. Il conseille enfin de fournir l’énergie aux fabriques importantes du ier mars au 3i octobre, ces fabriques produisant elles-mêmes, pendant le reste de l’année, l’énergie qui leur est nécessaire. Moyennant cette limitation à la fraction de l’année la plus avantageuse, on pourrait abaisser le prix du kilowatt-heure pour cette catégorie de consommateurs, sensiblement au-dessous de 12,5 centimes, ce qui aurait comme conséquence pour eux une certaine économie et simplifierait en même temps leur exploitation pendant toute la belle sai-
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Distribution d’énergie électrique aux établissements miniers du district de Wisconsin.— Electrical World, 16 juin 1910.
- Le prix du transport du charbon nécessaire à
- l’alimentation d’une usine est quelquefois assez considérable pour doubler le prix du combustible, sinon davantage. Aussi s’est-on proposé parfois d’installer des stations génératrices d’électricité aux mines de charbon mêmes, ou bien en d’autres points où le charbon puisse être reçu à bon marché, et de transmettre l’énergie électrique par câbles aux points de consommation.
- Une des premières installations de ce genre a été réalisée par la Interstate Light and Power Company. Elle comprend une usine génératrice située à la jonction de quatre voies ferrées et d’une rivière navigable, à 5km environ du Mississipi. Elle transmet l’énergie à un certain nombre de mines de zinc disséminées sur une étendue de près de 52oknl2, dans une contrée montagneuse et inaccessible.
- Il est inutile de faire ressortir les avantages d’une semblable organisation, dont la souplesse garantit les propriétaires de mines contre les pannes, contre les retards d’arrivée de combustible, etc., tout en leur permettant d’augmenter immédiatement, en cas de besoin, leur production.
- Une usine génératrice à vapeur de 3 000 kw. a été installée à Galena, au nord-ouest de l’Etat d’Illinois ; elle fournit l’énergie à 33 000 volts, 60 périodes, à plus de /|3km, à trois sous-stations dans le Wisconsin. Des lignes secondaires à 2 3«oet 4 000 volts alimentent les mines; des transformateurs locaux ramènent la tension à 220 volts pour les moteurs des machines d’extraction,pompes et compresseurs d’air.LaCoinpagnie distribue de l’énergie pour la force motrice et l’éclairage aux localités de Galena, de Hazel Green, de Cuba City, de Benton et de Platteville. La carte ci-jointe (lîg 1) indique celte distribution ; la ligne à 33 000 volts y est représentée en trait plein et les lignes secondaires à 2 3oo et 4 000 volts, en pointillé ; les établissements miniers de la région sont indiqués par des petits cercles, les cercles en noir plein représentant ceux qui sont actionnés électriquement.
- Station génératrice. — Elle est située à environ 800”* de Galena sur la rivière Fever, cours d’eau navigable, d’une importance commerciale considérable.
- Les machines génératrices comprennent deux moteurs Corliss, l’un de 1 25o kw.,l’autre de 1 5oo kw., qui actionnent des alternateurs triphasés.à 2 3oo volts, Go périodes, de la General Electric. Pour l’excitation, des moteurs Ridgway entraînent des générateurs à courant continu, 125 volts, de la General Electric (5o kw, 3oo tours par minute).
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- La commande électrique de la station se fait par circuits auxiliaires, d’un tableau vertical monté à une extrémité de la salle des moteurs. Ce tableau
- Fig. i.
- comprend les panneaux des générateurs avec ampèremètres, volmètres et wattmètres enregistreurs; les panneaux d’excitation avec ampèremètres et voltmètres, un panneau de régulation, avec régulateur automatique de champ système Tirrill. Il existe enfin des panneaux de commande des barres collectrices et des lignes à 2 3oo et 33 ooo volts.
- A noter également un synchronoscope et un fréquencemètre, montés sur un panneau mobile, et dont on se sert pour effectuer le couplage.
- On a prévu le cas, très probable d’ailleurs, d’un agrandissement, et réservé l’emplacement pour l’addition d’appareils supplémentaires.
- Les transformateurs de la station principale sont montés dans des compartiments spéciaux, de 2Û,,55 de largeur, 4tn,20 de hauteur et 3m de profondeur. Pour porter le voltage des'généraleurs au potentiel de transmission de 33 ooo, on a installé trois transformateurs de 5oo kw., à self-refroidissement, isolés dans l’huile, chacun d’eux étant monté dans nue branche de l’étoile à 33 ooo volts, avec 19 100 volts, à ses extrémités. Un quatrième transformateur est tenu en réserve.
- Au niveau del’élage de lachainbredes moteurs ,dans le pavillon de distribution, sont montés des interrupteurs à huile de 33 ooo volts, commandés par solé-noïdes, ainsi que les transformateurs à haute tension. Dans la galerie supérieure, vis-à-vis des sorties de
- lignes, se trouvent les bobines de*self et aussi les parafoudres à cornes et électrolytiques à éléments d’aluminium, pour la protection des lignes.
- L’appareillage d’interruption à 2 3oo volts destiné aux barres de la station et aux générateurs qui alimentent la ville de Galena, est constitué par des interrupteurs à huile à solénoïdcs, installés au rez-de-chaussée. C’est là qu’on a prévu deux transformateurs courant continu (:>o lampes, 6,6 ampères) pour fournir l’énergie aux lampes à arc des rues de Galena.
- L’énergie pour l’éclairage de la station et pour les moteurs auxiliaires qui sont tous à courant alternatif est fournie par un groupe de transformateurs 2 300-220 volts, installés au niveau du rez-de-chaussée.
- Lignes et sous-stations. — La ligne de transmission comprend près de /(2km dé ligne aérienne triphasée à 33 ooo volts et circuit unique. Partant des sous-slations de transformation, il y a environ 33km de lignes secondaires à 2 3oo ou 4 ooo volts ; 9 à iokmde ces circuits, approximativement, utilisent les memes poteaux que les primaires à 33 ooo volts. On emploie, tant pour les secondaires que pour les primaires, du câble toronné en aluminium, n° 1, équivalent, comme conductibilité, au cuivre n°3. Pour les lignes à 33 ooo volts on emploie des poteaux d’environ iom, portant, des bras en croix cle 0^,60 et de iin,5o, lesquels soutiennent les conducteurs sur des isolateurs Locke, 40 ooo volts, à une distance triangulaire de im,3o. Des fers d’angle de om,90 de longueur portent le fil de terre, en câble d’acier toronné de 6mm,à om,65 au-dessus du conducteur supérieur. Sous le même boulon en J, qui supporte ce câble, on a fixé A chaque poteau un fil de terre n° 4 en fer galvanise, se prolongeant vers le bas du poteau, auquel il est cramponné tous les mètres, et se terminant à une bobine enfoncée sous le pied du poteau. Les poteaux de la transmission principale portent un circuit téléphonique reliant les 'diverses stations. Ces poteaux sont espacés en moyenne de 4r> mètres.
- Les sous-slations de Ilazel-Green cl de Cuba-Cily sont pratiquement identiques ; celle de Platteville est un peu plus grande. A Hazcl-Green et à Cuba-Cily, la ligne à 33 ooo volts traverse la sous-station et des interrupteurs à huile permettent de couper les circuits d’arrivée ou de départ. Les quatre transformateurs de 200 kw., 33 000-2^00 volts, sont installés dans des compartiments séparés.
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- Opérations électriques dans les mines. — Dans le district de Wisconsin, chaque broyeur a, en moyenne, une capacité suffisante pour qu’on y traite ioo tonnes de roc en huit heures et chaque moulin a nécessairement exigé son installation à vapeur propre, habituellement de 200 à a5ot chevaux.
- Or, l’entrée en ligne de l’électricité a supplanté la vapeur et ces installations ont été remplacées par des moteurs de prix trois fois moindre. Il est intéressant de noter que, pour obtenir les avantages d’un service électrique, des moteurs, Corliss relativement neufs, ont été remplacés et qu’un certain nombre de nouvelles mines ne prévoient pas autre chose que des moteurs électriques.
- Tous les moteurs de mines sur les lignes de l’Interstafce Company sont à courant alternatif, 220 volts, Go périodes ; ils reçoivent leur énergie des secondaires 2 3oo volts par l'intermédiaire d’un groupe de transformateurs de 5o ou 7 5 kw. installés dans les conditions habituelles.
- Voici quel est, dans le district du Wisconsin, l'équipement moteur d’une miné à service électrique :
- L’extraction se fait par des seaux qui contiennent de 36o à 68okp de matière et qui l’élèvent de 42 à 72“ environ, à des vitesses de 180 à 36om par minute; c’est la pratique courante dans cette région. On emploie des moteurs de 37 à 5a chevaux. Ce travail d’extraction a lieu pendant environ seize heures par jour.
- Pour le broyeur lui-même, le service par groupe, un vestige du travail à la vapeur, est la règle générale. Le moteur principal pour ce service est habituellement d’une capacité de 70 à 100 chevaux et il actionne, par l’arbre du broyeur: quatre ou cinq élévateurs ou transporteurs; une pompe centrifuge pour fournir l’eau du laveur ; trois ou quatre cribles à sept compartiments, un broyeur à mâchoires, trois broyeurs à rouleaux, deux cribles tournants et parfois une ou deux vannes. Travail de 16 heures par jour.
- Les pompes fonctionnent 24 heures par jour et déversent 2m3,3 à 9ma par minute; elles exigent habituellement un moteur de 35 à 5o chevaux.
- Pour les compresseurs d’air (16 heures par jour) il faut un moteur de 75 a 100 chevaux pour fournir l’air comprimé nécessaire aux cinq ou six perforatrices employées à préparer les fourneaux de mine; actionnées électriquement, elles consomment de i,5 à 5 chevaux au lieu de i5 à 20 chevaux avec l’air comprimé.
- Une opération importante consiste à débarrasser le rainerai du fer qu’il contient. Dans plusieurs mines, on a recours à la méthode du grillage; les pyrites de fer sont converties en oxyde de fer qu’on enlève à l’aide d’aimants. Après avoir passé tout d’abord sous des broyeurs à rouleaux, le minerai en grains va dans le brûleur, large cylindre d’argile de im,5o de diamètre et de 4m?8o environ de long, légèrement incliné pour faciliter l’écoulement du minerai. Ce cylindre est animé d’un mouvement de rotation autour de son axe, par un moteur de 10 chevaux, tandis que son intérieur est porté à l’incandescence par le passage de gaz chauds provenant d’un foyer situé à l’extrémité la plus basse. En passant par cette température élevée, toutes les pyrites sont réduites en oxyde de fer, dont des aimants opèrent le triage.
- On emploie, dans la région minière dont il s’agit, deux méthodes pour exécuter cette opération; elles ne diffèrent que par la disposition des aimants.
- L’une emploie un électro-aimant tournant à pièce polaire centrale et annulaire qui pivote au-dessus du minerai, lequel passe sur un convoyeur. La matière magnétique est attirée et s’attache dans la cavité entre les pôles; on l’cri sépare à l’aide d’un racloir en laiton et elle tombe de côté. Une autre méthode utilise un certain nombre de pièces polaires en fer doux disposées sur la périphérie d’une roue qui tourne au-dessus d’une rampe oscillante sur laquelle descend le minerai. En un point situé directement au-dessus de la coulée, se trouve un large électro-aimant qui transmet son magnétisme aux pièces polaires de fer doux ; celles-ci enlèvent la matière magnétique et la portent sur un côté où, l’effet magnétique cessant, les charges tombent dans des paniers. Les électro-aimants enployés pour ces procédés de séparation exigent de 3 à 7 ampères (courant continu à 110 volts). On prévoit de petits groupes moteurs générateurs pour emprunter l’énergie nécessaire au courant alternatif à 60 périodes du système de transmission. On ne fait pas commerce de l’oxyde de fer ainsi recueilli.
- Une autre méthode pour séparer électriquement les pyrites du minerai, méthode qui évite le grillage, consiste à employer des charges statiques à un potentiel d’environ 35 000 volts. Du courant alternatif à 60 périodes est porté par des transformateurs spéciaux à une tension de 25 000 volts, puis il traverse un commutateur porté par un arbre synchrone qui le redresse.
- Il est employé pour charger des plaques d’attraction montées en face des coulées de minerai préala-
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- blement séché. L’attraction des charges statiques sur les pyrites de fer dévie cette matière de la ligne de chute du minerai ; elle tombe sur une arête tranchante qui en fait la séparation et qui l’emmène dans un compartiment séparé. On répète le procédé un certain nombre de fois avant que la séparation soit complète.
- On se rendra un compte approximatif de la valeur commerciale de cette opération de séparation des pyrites quand on saura que le minerai qui vaut 7$ francs la tonne quand sa teneur est de 3o % a une valeur de 2*20 francs quand cette teneur est portée à 60 % .
- . L’énergie est vendue aux mines à raison de 8 centimes pour toute consommation inférieure à 100 kilowatts-heure par mois et le tarif baisse graduellement jusqu'à 'i centimes pour tout ce qui excède 80000 kilowatts-heure. La taxe moyenne pour une installation minière consommant de 5o 000 à Go 000 kilowatts-heure par mois, sera d’environ 27 centimes par kilowatt-heure.
- Or, il a été reconnu de toute impossibilité, dans la région, de développer de pareilles quantités d’énergie, dans une installation isolée, pour moins de 4 à 4,5 centimes par kilowatt-heure.
- En ce qui concerne l’éclairage, la taxe par ki-lovatt-heure est de i5 centimes pour les premiers 20 kilowatts-heure par mois, 12 centimes pour les 3o kilowatts-heure suivants, 10 centimes pour les 40 kilowatts-heure suivants et 8 centimes pour toute consommation excédant 100 kilowatts-heure.
- G. B.
- Tir à la cible avec dispositii à commande électrique pour amener les cibles. — O. Ma-retsch. —Elektroiechnische Zeitschrift, n août 1910.
- L'auteur décrit un dispositif assez ingénieux installé au tir du cercle des officiers de Charlottenburg et dont le but est d’amener rapidement la cible au tireur pour lui permettlre de se rendre compte de l’effet de son tir.
- La cible est, dans ce but, fixée à un cable sans fin mis en mouvement par un moteur électrique de 1 \ i cheval et guidé par une série de poulies. Ce dispositif est représenté schématiquement par les ligures
- 1 et 2 ; le.moteur est ici un moteur triphasé. Sur le câble sont fixés les deux appendices g et gi qui entraînent chacun l’un des cavaliers k et dont la course est limitée d'autre part par les œillets l et ; lorsque la cible arrive à fond de course, c’est-à-dire soit devant le but du tir, soit à portée de la main du tireur, le cavalier correspondant fait tourner d’un
- Fig. 1.
- quart de tour le levier i qui commande l'inverseur B et le moteur s’arrête ; lorsqu'on aura tourné égale-.
- Fig. 2.
- ment d'un quart de tour le commutateur à main c, il repartira, mais en sens inverse, ainsi que le schéma de la figure 1 permet de s’en rendre compte.
- Etant donné que l'installation comporte deux tirs, l’un à 20 mètres et l’autre à 3o mètres, deux cables sans fin sont nécessaires, mais ils sont mis en mouvement par le même moteur à l’aide d’un embrayage à double cône qui permet d'attaquer l’une ou l’autre des poulies motrices.
- J.-L. M.
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- *. Electrotechnique appliquée: machines èlec-) triques (Théorie, essais et construction). Cours professé à l’Inslitut électrotechnique de Nancy par A. Mauduit, ancien élève del’EcolePolytechnique. Préface de A. Blondel, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, professeur à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées, i vol. in-8° de g3g pages, avec 566 ligures. -— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 26 francs.
- Nous ne pensons pouvoir mieux faire connaître le caractère de cet ouvrage qu’en extrayant les lignes suivantes de la préface écrite par M. A. Blondel, membre du Comité de Direction de cette Revue :
- « La présente édition constitue presque un ouvrage nouveau, par suite des modifications importantes qui ont été apportées et des matières nouvelles qui ont été introduites. C’est ainsi que, pour l’exposé des machines à courant continu, la théorie des enroulements a été simplifiée fort utilement, et l’étude pratique de la commutation complétée par l’étude des pôles auxiliaires, des enroulements compensateurs, des enroulements parallèles, multiples et série-parallèles. La méthode de calcul a été elle-même complétée et l’exécution mécanique beaucoup plus développée. L’étude des machines à courant alternatif a été précédée par un rappel très utile des notions générales. L’étude de la construction des alternateurs a été aussi plus jioussée. La' construction des transformateurs a été complètement remaniée pour tenir compte des modifications provenant de l’emploi des nouvelles tôles.
- « L’étude des moteurs synchrones et asynchrones a été développée davantage et l’étude des moteurs monophasés à collecteurs fait l’objet d’un chapitre entièrement nouveau qui coordonne d’une manière très heureuse les idées les plus modernes sur ces machines. La régulation de la tension des machines génératrices a été introduite sous forme d’un chapitre nouveau, également très intéressant.
- « Les exemples de calcul de machines ont été en grande partie remaniés ou remplacés par des exemples nouveaux.
- « En définitive, la nouvelle édition ne fait pas plus dQuble emploi avec la première que l’ouvrage lui-même ne fait double emploi avec ceux qui ont été publiés jusqu’ici en France. J’y vois pour ma part
- un véritable manuel pratique de l’élève ingénieur-électricien, dans lequel celui-ci, longtemps après sasoi'tie de l’école, retrouvera les éléments nécessaires pour guider sa tâche de chaque jour, en même temps que de nombreux sujets de réflexions et d’études. Il rendra plus de services encore aux ingénieurs plus anciens, à qui ont manqué les cours d’électrotcchnique, créés après leur sortie des écoles, et qui y puiseront les éléments d’information nécessaires pour se mettre rapidement au courant des plus récents progrès et au niveau des nouvelles générations d’électriciens, sans risquer de se perdre au milieu de nombreux mémoires originaux, de valeurs fort inégales. Grâce à l’admirable probité que l’auteur met à citer exactement les origines des théories qu’il utilise, au lieu de cherchera les démarquer plus ou moins, il donne à ses lecteurs une érudition solide et dont ils doivent lui savoir gré.
- ci Un des grands agréments de ce cours provient de la façon si claire, en même temps que si nourrie, dont il est rédigé; l’exécution matérielle est du reste à la hauteur du texte. Ce livre fait certainement honneur à l’Institut de Nancy et, plus généralement, à notre école française d’électriciens, dont on retrouve ici les idées et les travaux bien mis en évidence. »
- A. Blondel.
- Installations électriques de force et lumière (Schémas de connexions), par A. Gurchod. — i volume in-8° raisin de 82 pages, avec 3a planches. — 11. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 4 fr. 5o.
- L’ouvrage de M. Gurchod répond au même but à peu près que les formulaires. C’est un formulaire du monteur électricien.
- Une série de schémas de connexions largement et clairement établis résolvent les différents problèmes de montage, qui se présentent dans la pratique : montage des machines, des appareils de mesures, etc.
- L’idée qui a présidé à la confection de ce répertoire est assurément ingénieuse. L’absence de toute prose inutile n’est pas pour nous déplaire, et, au total, nous estimons que M. Gurchod a réalisé une œuvre utile et pratique.
- M. G.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouvelles machines à vapeur économiques
- (suite et fin) (l).
- Machines a vapeur Lanz (système Lentz).
- L’une des plus importantes transformations qui aient été réalisées ces dernières années dans la construction des machines demi-fixes est l’application à ce genre de moteurs de la distribution par soupapes, qui permet une meilleure utilisation de la vapeur surchauffée.
- Cette application semble avoir été réalisée pour la première fois par les importantes usines H. Lanz, de Mannheim qui exploitent le système Lentz.
- La plupart des systèmes à tiroirs (tiroirs plats, tiroirs cylindriques,pistons-valves, tiroirs rotatifs...) ne donnent avec la vapeur surchauffée que des résultats médiocres, parce qu’ils reposent sur le principe des frottements à grandes surfaces qui entraînent évidemment toutes les conséquences d’un travail exagéré de frottement, telles que usure, dépense inutile de force, etc. La soupape, par contre, qui n’exécute qu’un simple mouvement d’élévation, sans frottement, doit être a priori insensible à la surchauffe.
- Si les essais entrepris en vue d’appliquer la soupape aux machines demi-fixesavaient d’abord échoué, cela provient de ce que la valeur des distributions employées était inférieure à celle des distributions à tiroir à cause de la complication et de la lourdeur de leurs organes de commande extérieure et surtout, parce qu’elles n’ont pu résister aux grandes vitesses en usage aujourd’hui, notamment dans l’industrie électrique. Aussi, l’apparition d’une distribution par soupapes d’une très grande simplicité (système Lentz) a-t-elle été favorablement accueillie par l’industrie.
- La simplicité de la distribution Lentz provient de l’absence totale de tout levier et articulation : elle repose sur la commande immédiate de tous - les mouvements ; à cet effet, une came fixée sur un arbre de commande soulève et abaisse alternative-
- (') Voir Lumière Electrique des 7 et 14 mai et 16 juin 1910.
- ment et directement, sans articulation intermédiaire, au moyen de galets de pression aménagés dans leurs tiges creuses, deux soupapes logées face à face dans le bâti du cylindre. Les soupapes ou plutôt les galets de pression sont tenus collés sur la came par les ressorts de manière que l’ouverture et la fermeture des soupapes s’effectuent doucement et que les chocs sur leurs sièges soient impossibles.
- L’arbre de distribution est également actionné directement par un excentrique, sans qu’ici encore des organes intermédiaires soient interposés. Lentz a donc effectivement réalisé une des plus simples des distributions par came oscillante, parce qu’il commande directement, comme il a été dit précédemment, d’une part la came oscillante ou came de distribution qui se trouve calée sur l’arbre de distribution, et d’autre part les soupapes elles-mêmes. Sur la figure 1, a est le cylindre à haute pression avec
- Fig. 1. — Distribution par soupapes, système Lentz.
- joint hermétique en b;c est le levier moteur qui reçoiljson mouvement de l’excentrique du régulateur ; d est la came, ff les axes polis des deux soupapes avec rainures formant joint étanche, g-g-les roulettes à pression, h h les ressorts.
- 11 est intéressant de comparer un moteur Lentz à un moteur ordinaire à distribution à piston, de même puissance. La figure 1 donne les caractéristiques des deux machines à ce point de vue.
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- A gauche, est figurée une soupape HP et à droite une soupape BP. Entre elles se trouvent les distributions ordinaires également pour haute et basse pression. Ces divers organes sont reproduits à la même échelle, de même que les courses des parties mobiles. On voit que les soupapes Lentz, dans
- Tiroir à êoase Pression, passage libre ftSan*
- Tiroïrà haute Pression, passage libre 68 cm?
- JêepapeÀ hautefhessu» passage itère 68cm.2
- 1 I ! 1 1 |!
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- Soupape à- basse Pression passage libre ff6cm 2
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- Fig. 2. — Comparaison schématique des soupapes et tiroirs à pistons d’une machine demi-fixe ou locoinobile de même puissance.
- leurs plus grands déplacements, ne se soulèvent que de io à iamm, tandis que les pistons ou tiroirs, beaucoup plus lourds, ont une course de i5o à i8omm. On conçoit donc par conséquent que ces mécanismes doivent se mouvoir d’un mouvement presque continu, alors que les soupapes demeurent^ pendant une fraction relativement longue de temps,immobiles sur leurs sièges. De là usure moindre et dépense plus faible d’énergie.
- De plus, l’effort nécessaire est très réduit parce que les soupapes sont presque déchargées et que les tiges des soupapes sont creuses. Ces dernières n’ont pas de presse-étoupes mais elles sont rectifiées soigneusement et d’une façon étanche à la vapeur ; dans leurs fourreaux, des rainures étroites ménagées sur les tiges forment joint hydraulique. Les tiges travaillent par conséquent presque sans frottement et ne peuvent coincer.
- Par suite de la disposition de toutes les pièces de distribution dans les lumières bien fermées, remplies d’huile, le graissage est non seulement très sur, mais encore très économique.
- Ajoutons que dans le cas des locomobilés, grâce à la grande simplicité du système Lentz, la distribution peut être installée à la partie supérieure du cylindre, ce qui permet d’utiliser d’une manière très
- avantageuse l’espace compris entre le cylindre et la chaudière.
- La figure i donne une coupe du mécanisme. Les soupapes d’arrivée et d’échappement delà vapeur se trouvent de chaque côté du cylindre; on en voit la coupe, faite dans un plan parallèle au cylindre HP. Elles sont placées sous le cylindre et sont réunies à ce dernier par un canal. Les soupapes à double siège — en fonte — sont extrêmement légères. De gauche à droite, on rencontre la soupape d’arrivée et la soupape d’échappement HP.
- Les soupapes reposent, comme on l’a dit, directement sur leur sièges en fonte ; elles sont commandées par un arbre long qui est vissé sur elles. Cet arbre porte à son extrémité antérieure une roulette sur laquelle les cames de l’axe de distribution agissent. L’ouverture des soupapes s’effectue grâce à deux arbres à cames qui sont disposés l’un à côté de l’autre, au milieu du cylindre, perpendiculairement à l’axe de la machine et qui sont couchés dans une Cavité cylindrique traversant de part en part. Les deux soupapes d’arrivée du cylindre à haute pression sont commandées par un arbre très court relié à l’excentrique du régulateur Lentz par un levier coudé et une tige, tandis que les soupapes d’échappement du même cylindre, de même que celles d’arrivée et d’échappement du cylindre à basse pression, sont commandées par un arbre de distribution commun qui est mû par l’excentrique de la pompe à air placée sur le côté basse pression. Les deux arbres de distribution sont introduits depuis l’extérieur dans la cavité ménagée à cet effet.
- L’arbre de distribution reçoit de l’excentrique un mouvement oscillant. Contre les cames viennent s’appuyer les roulettes des tiges des soupapes, ces dernières étant pressées contre les cames au moyen de ressorts.
- Le profil de la came et la roulette demeurent ainsi en contact permanent, ce qui permet d’obtenir un fonctionnement régulier et doux même. aux grandes vitesses.
- L’ensemble du mécanisme, enfermé à l’intérieur du corps du cylindre, est ainsi à l’abri de la poussière et des accidents aussi bien que des interventions maladroites.
- Signalons comme particulièrement intéressant le régulateur plat à effet d’inertie Lentz, le bourrage métallique, la chaudière et le surchauffeur.
- Le régulateur Lentz opère le mouvement de réglage de l’admission delà haute pression. A cet effet un régulateur plat (fig. 3) avec anneau à effet d’irçer-
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- tie, placé à côté de l’excentrique, décale celui-ci avec son toc, sans ou avec intermédiaire, et déplace ainsi son excentricité et l’angle de calage, partant l’admission et la puissance de la machine. Le réglage de la machine s’effectue sur toutes les variations de
- Fig. 3. — Régulateur plat à effet d’inertie.
- charge d’une manière exacte et instantanée. Les machines Lentz conviennent donc particûlièrement aux industries nécessitant une grande précision dans le réglage de la vitesse (groupes électrogènes, par exemple).
- Le bourrage métallique Lentz pour les tiges de
- Fig. 4. — Joint hermétique Lentz.
- piston repose sur le système du labyrinthe (fig. /,). Ce système donne une étanchéité absolue aux tiges de piston par le seul moyen d’un certain nombre de bagues en fonte à frottement doux, placées l’une derrière l’autre et séparées par des chambres d’expansion de même métal. Les bagues reposent librement dans la boîte et peuvent se déplacer dans tous les sens, de sorte que la tige de piston est libre et fonctionne sans aucun frottement. Du fait même, qu'on n’enfonce et ne comprime plus aucun bourrage de garniture, tous les renouvellements et serrages des bourrages disparaissent de l’entretien et de la surveillance.
- La disposition de l’arbre de couche, brevetée,
- supprime les effets de dilatations nuisibles de la chaudière et garantit que les deux parties principales de la demi-fixe,chaudière et machine, conservent toute leur liberté de dilatation et d’indépendance réciproques voulues sans répercussion sur la stabilité.
- Tout le support, formant avec les paliers un ensemble en fonte très solide, ne repose plus directement sur la chaudière chaude, mais est supporté par deux plaques robustes en acier, rivées à la chaudière. Les paliers ainsi que l’arbre sont soustraits de cette façon à l’influence de la chaleur de la chaudière et restent entièrement froids. Le graissage des maîtres-paliers, qui sont très larges, s’effectue par deux chaînes sans fin, entraînées au-dessus de l’arbre en élevant l’huile automatiquement et abondamment, du.réservoir des paliers, sur les surfaces
- r .
- Fig. 5. — Vaporisateur tubulaire retiré.
- à graisser. De là elle revient par un circuit constant à travers les coussinets dans son réservoir, pour être à nouveau employée au graissage.
- Les chaudières à vaporisateur amovible ont un foyer rond, et pour les grosses machines elles sont construites avec des tôles ondulées (fig. 5).
- Le vaporisateur tubulaire se laisse rapidement et facilement retirer, grâce à la disposition appropriée du surchauffeur en dessous du faisceau de tubes, sans que ce dernier doive être tout d’abord démonté, retiré et remonté plus tard avec beaucoup de peine. Le système tubulaire retiré est accessible de tous côtés et facile à nettoyer, parce que les tubes sont séparés entre eux par de larges et convenables espaces. La plus grande partie de ces tubes se laissent aussi retirer séparément, nettoyer et remonter, ce qui est surtout très important lorsque les incrustations sont très adhérentes.
- Le surchauffeur utilisé avec le retour des gaz se compose d’une quantité de tubes à parois très minces, dans lesquels la vapeur est portée à un très haut degré de surchauffe. Ils sont disposés de manière à laisser l’intérieur de la boîte à fumée complètement libre, ce qui permet de retirer facilement les
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- tubes de la 'chaudière et ceux du surchauffeur lui-même.
- Leréchauffeur estintercalé dans la conduite d’échappement et utilise la chaleur d’échappement pour l’élévation de la température de l’eau d’alimentation, sans que cette eau se mélange avec la vapeur d’échappement. 1.1 ne s'introduit donc aucun dépôt de grais-
- tous les perfectionneitaents qui ont donné des résultats avantageux avec les machines fixes de puissance élevée : surchauffe de la vapeur, distribution par soupapes, condensation par surface, emploi de réchauffeurs, économiseurs. Grâce à ces perfectionnements, la consommation de vapeur a pu être abaissée à moins de 4oo*r et celle de charbon à moins
- Tabelau I
- . DATES ESSAIS CONSOMMATION PAR CHEVAL-HEURE
- CHARBON VAPEUR
- 2.3 octobre 1907.. . Bad. Dampfkessel-Uberwachungs-Verein o,55 4,95
- 17 octobre 1907... Pfâlz. Dampfkessel-Revisions-Verein o,5i8 4,767
- 8-9 avril 1908.... Prof. E. Josse, Ecole technique de Charlottenburg. 0,524 4,60
- io-i3 juin 1908. . . Prof. Dr Schrôter, Ecole technique de Munich o,5o 4,41
- 17-19 avril iqoq. . Bad. Dampfkessel-Uberwachungs-Verein 0,455 4,20
- ^4 juillet 1909.... Prof. Grassmann, Ecole technique de Garlsruhe.. . . o,4io 3,35
- sage des cylindres avec l’eau d'alimentation dans , la chaudière. Par le réchauffage efficace de l'eau d’alimentation, on obtient une économie de combustibles et on ménage la chaudière.
- En terminant, nous donnons les résultats de quelques essais relatifs à la machine à vapeur Lentz construite par les usines Lenz. (Tableau I.)
- Précisons les données en ce qui concerne le premier de ces essais (le moins favorable).
- La machine donnait 188 g5 chevaux à pleine charge : 129,4g chevaux à 26,7 % delà charge.
- Température de la vapeur saturée: 191,30° C.
- Température de la vapeur surchauffée : 3o8,3o° G.
- Rendement de la chaudière avec surchauffeur : 81,86 % .
- Rendement delà machine à vapeur à pleine charge : 96,40 % .
- Rendement de la machine à charge normale : 93,3o % .
- Diamètre du cylindre haute pression : 25o,io millimètres.
- Diamètre du cylindre basse pression : 469,85 mil" limètres.
- Course : 460 millimètres.
- Nombre de tours normal : 180.
- \
- Ainsi, en résumé, la tendance actuelle semble être d’appliquer aux moyennes et aux faibles puissances, aux machines çlemi-fixes et même aux locomobiles,
- de 5ooBtpar cheval-heure. Ajoutons que la machine à vapeur présente au point de vue de larégularité, du fonctionnement et de la souplesse, des garanties qu’aucun autre moteur n’a pu offrir à un même degré jusqu'à ce jour. Même mal conduite et mal entretenue, la machine à vapeur tourne, ce qui est parfois le principal. On s’explique donc parfaitement qu’elle continue à occuper dans l’industrie un rôle important malgré les progrès merveilleux du moteur à explosion ou à combustion.
- A. Bebthieb.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- A l’instant même où l’entente entre les producteurs américains semble se traduire par des faits et influencer le marché du métal et des valeurs de cuivre, il est intéressant de voir ce que devient cette industrie en Russie, le plus gros producteur de cuivre en Europe, après la Compagnie de Rio-Tinto.D’après VInformation, la production atteindrait en Russie, en 1910,22 719 tonnes, en augmentation de 4 422 tonnes sur celle de 1909, soit près de 20 % . Le syndicat Medj cpii contrôle une grande partie de la production a fourni ces dernières années des chiffres présentant un certain fléchissement; on ne peut encore prévoir ce qu’ils seront pour 1911 ; mais ils se trouveront grossis au ier janvier prochain de la Compagnie Kyshtein qui produira vraisemblablement 4 900 tonnes cette
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- année. Mais un des membres actuels du syndicat, la Compagnie Bogoslow, cessera d’en faire partie. Le rôle de ce syndicat n’est pas seulement commercial, car il a permis de réaliser des progrès techniques et chercherait à créer un type de cuivre Standard. Tous ces efforts ont réduit considérablement les importations de cuivre depuis quelques années. En 1904, la quantité importée était de 20 672 tonnes pour une demande de 3o[5oo tonnes; en 1909, l’importation se réduisait à 3 488 tonnes pour une demande de 20 556 tonnes ; ainsi en cinq ans l’importation par rapport àla demande a baissé des deux tiers de celle-ci à un sixième environ. D’autre part, les tentatives de production par la voie électrolytique ont obtenu un plein succès. La Compagnie Rosenkrary constituée en 1906 et qui a une capacité de production de 6 5oo tonnes a pu traiter, en 1909, 4 5oo tonnes au lieu de 819 tonnes en 1907 ; elle espère pouvoir utiliser complètement ses usines dans un délai très rapproché. La Compagnie Kyshtein se propose de traiter un tiers de sa production par l’électrolyse et la Compagnie Poklensky-Kosel fait traiter à Hambourg une partie de sa production. L’accord entre le syndicat du cuivre et ses adhérents a été renouvelé jusqu’au ier janvier 1914, mais la Compagnie Bogoslow a refusé d’y participer. Au point de vue général, si les conditions de transport s’améliorent dans les régions intéressées par l’organisation de communications plus faciles, la Russie deviendra exportatrice tout en satisfaisant à la demande croissante indigène.
- Mais cet avenir est trop éloigné pour influencer en quoi que ce soit l’optimisme de ceux qui ne considèrent que les résultats du moment : la production diminue, la demande de cuivre affiné est importante et régulière; de grosses commandes pour du cuivre manufacturé de toute sorte ont été distribuées et les besoins des sulfatiers sont également considérables, faisant prévoir que les stocks se trouvant dans les entrepôts d’Angleterre seront'très fortement mis à contribution dans les quelques mois prochains. Sur ces bonnes tendances, le Rio-Tinto en cours de semaine a atteint 1 800 francs pour revenir en clôture à 1 774, gagnant 22 points en une semaine tandis que le Boleo passait de 797 à 817, le Cape Copper de 170 à 172 et que la Tharsis se maintenait à son cours de 147-
- La grève a naturellement mal influencé toutes les valeurs d’électricité, et cependant ni les secteurs, ni les tramways n’ont eu à en souffrir grandement. Tout au plus, y a-t-il eu quelques arrêts de vingt-
- quatre heures ou quelques incidents d’exploitation. Le Triphasé, sans justification d’ailleurs, a perdu près de 40 points en i5 jours; l’Air Comprimé, très en hausse à la suite de la publication de ses bons résultats, n’a pas résisté au courant, non plus que le secteur Edison dont les services n’ont pas cessé d’être assurés. La Thomson-IIouston a subi le contrecoup de l’arrêt de l’exploitation sur certaines lignes et de 797 est descendu à 794. Le Métropolitain ne s’écarte plus beaucoup des cours de 585, tandis que le Nord-Sud, toujours optimiste, monte même quand on annonce la remise à quelques semaines de l’ouverture de l’exploitation. Ce que le public en voit quant à présent lui permet de dire avec assurance que tout n’est pas prêt et de penser que la situation du réseau en tant que. voies, installation des quais, gares, canalisations, doit être équivalente à la situation des accès sur la voie publique tous ou presque tous en cours d’achèvement. Il faudra probablement encore une dizaine de jours avant que les trains puissent librement circuler sur une partie du réseau.
- On dit que l’Omnium Lyonnais serait à la veille d’obtenir la construction du Métropolitain de Buenos-Aires. Le Comité parlementaire argentin des travaux publics a publié un rapport favorable pour l’établissement d’un chemin de fer souterrain dans la ville. La concession est demandée au nom de l’Omnium Lyonnais, de MM. L. Hirscht and C° de Londres et de MM. Chalmann and C°. Ce chemin de fer comprendra quatre lignes, toutes à double voie sauf une. On Voit là de nouvelles perspectives d’avenir pour l’Omnium Lyonnais dont le Nord-Sud constitue l’œuvre la plus importante comme entreprise de chemin de fer souterrain.
- En même temps que se confirme le chiffre de 3o francs pour le dividende de la Maison Bréguet, on annonce que celui de la Compagnie Générale Electrique de Nancy sera porté de 60 à 70 francs. Les actions de cette dernière société se négocient à Nancy aux environs de 1 470 francs : celles de Bréguet ont dépassé le pair de quelques points.
- Les nouvellistes prétendent que l’emprunt municipal de 265 millions de la Ville de Paris a été couvert près de quarante fois ! Après avoir fait la part des spéculateurs qui espèrent encaisser la valeur de la prime qui est de 6 à 7 francs, que deviendront les capitaux des souscripteurs évincés? De toutes parts se montent ou s’agrandissent des affaires d’électricité qui seraient fort heureuses de bénéficier de ces excédents.
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- Ainsi les Usines de l’Arve émettent une série d’obligations hypothécaires de 5oo francs au taux de 4 i/ï %, nets de tous impôts présents et futurs : l’émission se fait au pair. L’hypothèque porte sur les biens dè la Société représentés par les chutes d’eau de l’Arve équipées pour une puissance de 16000 chevaux, par l’usine de Chedde qui produit les chlorates et l’aluminium et d’organisation toute récente. Les résultats des deux dernières années avaient été influencés par la crise de l’aluminium et par les difficultés rencontrées dans la mise en route de l’usine de la Société Electrométallurgique des Pyrénées ; mais l’état actuel du marché a permis une reprise intéressante des affaires qui s’affirme par des résultats piensuels toujours meilleurs.
- L’assemblée de 29 septembre de l’Est Electrique a ratifié l’élévation du capital à 2 millions de francs. Le Conseil des Ardennes Electriques a d’autre part décidé l’émission d’une partie de l’emprunt de 600 000 francs autorisé par les statuts. La construction de la sous-station de Bogny-sur-Meuse serait commencée incessamment.
- A Saint-Etienne, la Société anonyme des Forces Motrices du Lignon de la Loire est en formation. Son centre d’exploitation est à Sail-sous-Couzan dans la Loire. Son objet est la création, l’achat et l’exploitation des chutes hydrauliques à constituer ou existantes actuellement sur la rivière le Lignon dans la partie de son cours situé dans le département de la Loire et sur tous les fleuves, rivières ou cours d’eau en France; l’installation de toutes usines génératrices d’électricité mues par la force hydraulique ou autre moyen, leur aménagement pour la production et la distribution de la lumière et de la force motrice et toutes applications industrielles. Le capital social est fixé à 800 000 francs divisé en 1 600 actions de 5oo francs chacune, dont 1 260 à souscrire en espèces et 34o'entièrement libérées à attribuer aux fondateurs. Après prélèvement de la réserve légale du premier dividende de 5 % à servir aux actions et des réserves spéciales de prévoyance et d’amortissement, il est attribué 15 % aux parts de fondateurs et 20 % au conseil et à la direction.
- Le Conseil d’Administration de la Société du Gaz d’Aix-les-Bains a été entièrement renouvelé par l’assemblée extraordinaire des actionnaires du 6 septembre dernier. Les nouveaux administrateurs ap-
- partiennent aux conseils de la Société des Forces Motrices du Ilaut-Grésivaudan et de la Société des Forces du Fier, On peut donc prévoir que chacune de ces deux sociétés va s’organiser pour amener à Aix une partie de l’énergie produite dans leurs usines et améliorer les conditions de vente de cette énergie.
- La Compagnie Générale auxiliaire d’Entreprises Electriques, dont le siège social est à Bruxelles, a rendu compte à l’assemblée du 12 octobre des résultats de son premier exercice. Il est entré, au cours de cet exercice, dans le portefeuille de la société 46 295 actions de 2Ôo roubles de la Société de Saint-Pétersbourg pour installations électriques ; elles représentent d’ailleurs pour l’instant tout l’actif du bilan où elles figurent pour 3o 064612 fr. 92. La société russe ayant distribué 16,5o roubles pour son exercice 1909, l’Auxiliaire d’Entreprises électriques a pu répartir 25 francs à ses actions de capital et 2 fr. 5o à ses actions ordinaires. La réserve légale a reçu 62811 francs; 370000 francs ont été affectés à une réserve spéciale et 4 077 francs ont été reportés à nouveau. Les recettes de la Société de Saint-Pétersbourg pour installations électriques sont en progression constante; elles ont augmenté de 700000fr. d’un exercice à l’autre, les dépenses progressant seulement de 90000 francs. Aussi le coefficient d’exploitation qui était de 53 % s’est-il abaissé à 47 % .
- La puissance actuelle de l’usine représente 8820 kw. qui vont être portés à 12 320 par l’installation d’un turbo-alternateur de 3 5oo kw. Le réseau comporte 261 875“ de canalisations pour les particuliers et 79093111 pour l’éclairage public. En outre, le courant est fourni à des installations d’éclairage public établies par la ville comportant i4 895mde câbles. Les transformateurs, au nombre de 2 037, représentent une puissance installée de i5 272kw, soit une puissance moyenne de 7,5 kw. par appareil. On remarquera le rapport du chiffre de la puissance totale de l’usine à la puissance totale des transformateurs, rapport qui est égal à 0,57 ; nous ne pouvons malheureusement donner le chiffre pour le rapport entre la puissance totale des appareils installés dans la clientèle et celle dés transformateurs : on sait seulement que la charge maxima n’a pas dépassé, en 1909, 6 756 kilowatts.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- /
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. a décidé la construction de 229 voitures à voyageurs ; la commande sera passée probablement lin novembre ou commencement de décembre.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Etat vient de commander 54 voitures à voyageurs et 100 tenders.
- Seine. — Le Conseil municipal d'Argenteuil a voté un vœu demandait l’électrification à bref délai de la ligne Paris-Saint-Lazare-Argenteuil.
- Hautes-Pyrénées. — Il est question d’établir un tramway électrique à Cap-Vern entre la gare et la ville.
- Tarn.— Est à l’étude le projet qui consiste à unir Mazametà Toulouse par une ligne électrique de 92km qui n’empruntera la voie |publique que sur 5 ou 6km seulement, de sorte que l’on pourrait y faire circuler les trains en grande vitesse, maximum 6ok0\ qui permettront d’aller d’un point extrême à l’autre en 2 h. 3/4; le tracé à peu près arrêté passe par.Ayrin, Augmôntel, Valdurenque, Lagarrigue, Castressais-Soual, Puylau-rens,pour arriver à Toulouse par Verfeil. Sur cette artère principale serait branchée à Soual une voie secondaire qui desservirait Vedaille, Massaguel, Dourgnes, Sorèze et Revel.
- Seine-et-Marne. — Le Conseil municipal de Samois étudiera, dans sa prochaine séance, le projet d’établissement d’un tramway électrique.
- Italie. — Un comité vient de se constituer pour faciliter la construction d’une voie ferrée électrique, voie étroite, entre Intra (Lac Majeur) etPremeno. Cette ligne permettrait de visiter la montagne au voisinage du Lac Majeur.
- ÉCLAIRAGE
- Aisne, — Une commission a été nommée par le Conseil municipal de Château-Thierry pour étudier le projet d’éclairage électrique présenté psr la Société Vau-thier et C!e.
- Alpes-Maritimes.—Comme suite aux démarchés faites par M. Besi, président de la Chambre de commerce de Nice, les quais du port seront sous peu éclairés à l’électricité.
- Charente-Inférieure. — Le Conseil municipal de La Rochelle vient de voter une somme de 10 000 francs pour procéder à de nouvelles installations électriques.
- Haute-Garonne.— La municipalité d’Aspel a décidé de ne pas renouveler le contrat du concessionnaire actuel de l’éclairage électrique et de provoquer une adjudication.
- Haute-Vienne. — La municipalité de Chalus a approuvé le traité de concession d’éclairage électrique de la ville de Chalus proposé par M. Bourinet, électricien à Piégut.
- Jura. — Le Conseil municipal de Salins a voté le projet d’éclairage électrique de l’hospice.
- Marne. — Lé Conseil municipal d’Alland’huy a décidé d’installer l’éclairage électrique ; les travaux vont être poussés activement et l’établissement de la station centrale sera effectué par M. Chausson.
- Rhône. — La Société des Forces électrique du Lignon a demandé la concession de l’éclairage électrique de Saint-Romain-le-Puy.
- Seine-Inférieure.— Une enquête est ouverte à la mairie d’Appreville sur le projet d’établissement d’un secteur électrique, présenté par M. Archambault.
- La municipalité de Saint-Romain-de-Colbosc a adopté le nouveau cahier des charges en vue de la concession d’éclairage électrique accordée à l’Energie Electrique.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société hydro-électrique de Choranche-en-Vorcons et de Bourg-de-Péage. — Durée : 60 ans. — Capital : 1 100 000 francs. — Siège social: Bourg-de-Péage (Drôme).
- Société anonyme des forces motrices du Lignon et de ia Loire. — Durée : 5o ans. — Capital : 800 000 francs. — Siège social: 25, rue de la République, Saint-Etienne. (Loire).
- Société électrique industrielle du Centre. — Durée 5o ans. — Capital : 3ooooo francs. — Siège social : 54, rue Nationale, Tours.
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- Société d'applications éiectrolytiques. — Siège social : 55, rue Saint-Lazare, Paris.
- Société hydro-électrique de Lyon. — Durée : 99 ans. — Capital : 4 °oo 000 francs. — Siège social : 38, rue Saint-Georges, Paris.
- Société des Forces motrices de la Haute-Isère. — Durée : 99 ans. — Capital : 206 000 francs. — Siège social : 1, rue du Château, Chambéry.
- Société drômoise de force et lumière. — Durée 5o ans. — Capital : 200 000 francs. — Siège Social : rue 'Ville-neuve, Chabeuil (Drôme).
- Société Berge et Cie (machines dynamos et moteurs électriques). — Durée : 9 ans. — Capital : 40 000 francs. — Siège souciai : 25, avenue de la République, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Omnium Lyonnais de Chemin de fer et Tramways. — Le 12 novembre, palais de Commerce, à Lyon.
- Société Franco-Beige pour la Construction de Machines et de matériel de Chemins de fer. — Le i5 novembre, 5, rue de la Boétie, Paris.
- Société française des Chemins de fer en Toscane. — Le 10 novembre, 52, rue de Châteaudun, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 9 novembre, à n h., à la Bourse de Bruxelles, fourniture du matériel destiné à la construction et à l’entretien des lignes télégraphiques et téléphoniques (cahier des charges spécial n° 1166): i6r lot, 3g oooks fil de fer galvanisé ; caut. : 970 fr. ; — 2e lot, 80 oooks id. ; caut. : 2 o5o fr. ; — 3e lot, 1 200™ câble de bureau et s 000™ id. téléphonique, caut.: 260 fr. ; — 4e lot, 1 iooks fil de cuivre doux recuit; caut.: 210 fr. ; — 5° lot, 420000'" fil cordé et 55ooom fil recouvert de coton; caut.: 10 200 fr. ; — 6e lot, 5ûo 000“ fil compound ; caut.: 5 56o fr. ; — 7“ lot, 10 ooom fil souple ; caut. : 190 fr. ; — 8" lot, 1 5oo fers plats pour croisements, iooooks tiges droites avec écrous et 6 5oo tiges creuses d’isolateurs
- d’introduction; caut : 62o fr. ; — g" lot, 3 oooks tirefonds galvanisé; caut.: 240 fr. ; — 10e lot, i5 225 ferrures boulonnées ; caut. : 2 23o fr. ; — n° lot, 5 5oo échelons pour poteaux en bois et 3o 000 ferrures U ; caut : 2 83o fr. ; 12e lot, 20000 ferrures n° 6 ; caut: 3920 fr.; — 12e lot, 20 000 ferrures n° 6 ; caut. : 3 920 fr. ; — i3“ lot, 3 900 id. n° 1 ; caut: 1 280 fr. ; — 14e lot, 27 100 boulons en fer ; caut : 1 45o fr. ; — i5* lot, 40 000 cloches d’acier galvanisées ; caut: 1280 fr. ; — 16e lot, 56oke clous-estampilles en fer galvanisé ; caut: 80 fr. ; — 17e lot,.20 000 anneaux en tôle étamée ; caut. : 140 fr. ; — 18e lot,
- 4oo 000 coins en acier coulé et 900 000 rondelles en laiton ; caut: 1 33o fr. ; — 19e lot, 400 000 isolateurs télescopiques en porcelaine ; caut : 5oo fr. ; —20e et 21e lots, composés chacun de 37 000 isolateurs pour téléphone ; caut.: 85o francs par lot; — 22e lot, 35000 id. ; caut : 940 fr. ; — 23e lot, 35 000 grands isolateurs pour télégraphe ; caut. : 1 950 fr. ; — 24e lot, 3g 000 petits id. et io3oo isolateurs d’introduction; caut: 2 180 fr. ; — 25° lot. 2g3 000 manchons aplatis et 77 000 tubulures circulaires d’égalisation pour joints Arld ; caut: 980 fr.
- Le 10 novembre, à 11 h., à la direction générale des ponts et chaussées, 38, rue de Louvain, à Bruxelles, installation de l’éclairage électrique dans le bâtiment des bureaux du service spécial de la Meuse, 2, rue For-geur, à Liège ; caut : 5io fr. (cahier des charges n° 79) ; prix du plan: 3 fr. 80 ; s’adresser, 15, rue des Augustins, à Bruxelles. Soumissions recommandées le 6 novembre.
- Le 6 décembre, à 10 h., à l’hôtel communal, à Schaer-beek-lez-Bruxelles, distribution de l’énergie électrique et fourniture de l’énergie électrique à haute tension. Soumissions le 3 décembre avant midi.
- AUTlUCHE-lIONGRIE
- Le 17 novembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, ligne du Nord, à Vienne, fourniture d’installations mécaniques, chaudières et machines à vapeur, machines-' outils, etc., pour l’atelier de Szczakowa.
- ROUMANIE
- La municipalité de la ville de Tirgoviste reçoit Jes offres pour les travaux d’éclairage de la ville par l’électricité, 333 972 fr. 47: caut : 6 %.
- râtus. — umuiwui levé, ans caubettb,17.
- Le Gérant : J.-B. Noübt.
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- Tttnto'dtuxlème année.
- SAMEDI 5 NOVEMBRE 1910.
- Tome XII (8« série). — N' 45..
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- Précédem rrî e-n-t
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de ta Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDI TOM AL, p. iôi. Maurice Leblanc fils. La lampe en quartz, à vapeur de mercure, p. i63. -— E. Allain-Launay. Force motrice d’atelier, p. 169.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur les durées relatives
- spectrales émises parla vapeur du magnésium dans l’étincelle électrique, A. Hemsalech, p. 173. — Sur la ré. tion de l’oxyde de fer par le carbone solide, G. Charpv et S. Bonnerot, p. 173.' — Arcs et lampes électriq
- des raies rédtac-ues.
- Nouvelles recherches sur la stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets, V. Henri, A. ITiîLLBRONNER,et M. de Recklinghiausen,.p. 173. — Électrochimie et Electrométallurgie. L’électrométallurgie de Kacier et de la fonte brute, V. Enghlhardt, p. 173. — Les grands fours électriques d'ans l'a métallurgie du fer jet dè l’acier, R. Catani, p. 174. —Brevets. Liste de brevets, p. 179..— Législation et contentieux, ©toits du;propriétaire d'e faire- des fouillés sur son propre terrain. — Prétendu obstacle dérivant de l’article 642, p. i8>i.. — Jugement du tribunal civil de Narbone sur une question de compétenoe (!tj mai 1910), p. i8r. — Arrêt du Conseil d’Etat du 29 juillet 1910 : l’éclairage électrique et les installations gratuites, p. 182. — Arrêt de la Cour de Chambéry du iar juin igi'O : compétence du juge de paix en matière d’appréciation de dommage causé à des arbres par une société d’électricitêj p. 182. — Chronique industrielle et financière. — A'otes industrielles. Stérilisation industrielle de l’eau par les rayons ultraviolets, p. i83. — Chronique financière, p. 189. — Renseignements commerciaux, p. 191. -—Adjudications, p. 192.
- ÉDITORIAL
- i
- M. Maurice Leblanc fils, dont nos lecteurs connaissent la compétence en ce genre de questions, nous décrit aujourd’hui la lampe en quartz, à vapeur de mercure.
- L’avantage principal des lampes à vapeur de mercure réside dans leur faible consommation, et cet avantage se prononce encore plus si l’on augmente au delà d’un certain régime critique la pression de la vapeur de mercure dans l’arc. Ceci n’est possible qu’au prix d’un dégagement de chaleur considérable, si grand même qu’il est nécessaire de renoncer complètement au verre et de le remplacer par une matière moins fusible : le quartz.
- L’auteur indique les difficultés que le constructeur a rencontrées dans la réalisation matérielle de cette lampe et comment elles ont été vaincues. Toutes ces difficultés proviennent de la très haute température mise enjeu: transport du mercure, échauffement excessif du brûleur., etc. et la moindre d’entre elles n’a pas été le problème de l’amenée du courant aux électrodes, à travers l’enveloppe, au moyen d’un joint à la fois dilatable et hermétique. _
- M. M. Leblanc fils termine son étude en donnant les caractéristiques électriques et photométriques de la nouvelle lampe.
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- Entourée de son globe de verre, la lampe en quartz convient à l’éclairage; dépourvue de ce globe, elle devient une soui’ce extrêmement riche de rayons ultraviolets.
- M. E. Allain-Launay a fait œuvre vraiment utile en cherchant à guider les industriels qui n’ont pas de connaissances spéciales dans le choix de la force motrice d'atelier qu’il est rationnel de faire, suivant les circonstances, pour une installation nouvelle.
- Nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs la primeur de ces quelques pages extraites d’un remarquable ouvrage qui sera bientôt publié.
- L’auteur étudie en particulier le coefficient d’utilisation annuelle d’une machine; il détermine ce coefficient d’après des statistiques allemandes et françaises, suivant que dans l’atelier, on emploie la commande par groupes ou la commande centrale.
- Les résultats sont des plus importants au point de vue économique et ils doivent entrer en ligne de compte lorsque l’on veut comparer entre eux les prix de revient de différents agents moteurs.
- Nous signalons ensuite quelques communications à l’Académie des. sciences, d’ordre théorique ou pratique.
- L’une d’elles est relative à la technique àe Y ultraviolet. Il s’agit de recherches récentes de MM. Y. Henri, A. Hellbronner et M. de Recklinghausen qui ont abouti à la construction d’un nouvel appareil de stérili-
- sation de l’eau. Nos lecteurs en trouveront d’ailleurs une description plus détaillée sous la rubrique : Notes industrielles. On s’est principalement préoccupé, dans cet appareil, de réaliser un brassage énergique de l’eau et d’éviter, d’une façon absolue, que de l’eau impure pénètre dans l'appareil, lorsque la lampe en quartz est éteinte. Quelques-unes des expériences des auteurs sont résumées sous forme de tableau et montrent l’efficacité réelle de l’appareil.
- M. Y. Engelhart examine, au point de vue économique, le problème de Vélectrométallurgie de l’acier et de la fonte brute.
- D’après lui, pour l’acier, l’intérêt du traitement électrométallurgique n’est pas douteux, mais, pour la fonte, ce même traitement n’est justifiable que dans les pays où le coût de l'énergie électrique est particulièrement faible.
- M. R. Gatani, d’autre part, est convaincu que l’introduction de grands fours électriques dans la métallurgie abaissera sensiblement le prix de revient de l’acier et de la fonte électriques.
- Il étudie le rendement, le facteur de puissance, la self-induction des fours ; il compare le four triphasé au four monophasé ; il recherche la puissance maxima qu’il est possible de leur donner, et, comme conclusion, il voit, dans le four électrique de l’avenir, un heureux rival des fours métallurgiques ordinaires.
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- LA LAMPE EN QUARTZ, A VAPEUR DE MERCURE
- L’apparition des lampes à vapeur de mercure, en quartz, marque un des plus grands progrès réalisés pendant ces dernières années dans la technique de l’éclairage au point de vue économique.
- Dans ces lampes, la partie lumineuse est constituée par un arc au mercure qui jaillit entre deux électrodes en mercure dans un tube ou brûleur en quartz transparent dans
- 0J9
- o,a
- 0,7 « o,e § 0.5
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- «X.
- £ 0'3
- rendement lumineux qui atteint 0,2$ à o,3o watt par bougie. Ce rendement n’a été atteint jusqu’ici que par les arcs flammes, mais l’on sait au prix de quels inconvénients : difficulté de réglage, usure rapide des charbons, remplacement coûteux, nettoyage fréquent des globes, etc. Une fois la lampe, quartz mise en place, on est tranquille pour longtemps, le brûleur est garanti pour i ooo heures, mais
- Pression de la vapeur de mercure
- l‘ig. i.
- lequel on a fait le vide. L’allumage se fait comme dans les lampes Cooper-liewitt par basculement ; un filet de mercure coule d’une électrode vei’s l’autre et établit entre elles un court-circuit; on laisse revenir le brûleur à sa position de marche ; le filet de mercure se rompt et un arc jaillit qui s’allonge peu à peu d’une électrode à l’autre. Dans les lampes d’éclairage, ce basculement est obtenu automatiquement à l’aide d’un électro-aimant, de sorte qué l’allumage est aussi simple que celui d’une lampe à incandescence ou d’une lampe à arc à charbons : il suffit pour le réaliser de fermer le commutateur delà lampe.
- L’avantage de ces lampes est leur haut
- sa durée moyenne est beaucoup plus élevée; d’autre part il n’est jamais nécessaire de nettoyer le globe. Tous ces avantages réunis : haut rendement lumineux, remplacement peu fréquent, entretien nul, font que la lampe quartz, malgré son prix d’achat élevé du à la grosse valeur de la matière première, constitue néanmoins lé mode d’éclairage électrique le plus économique.
- La courbe de la figure i fait comprendre la raison pour laquelle on a remplacé le verre par une matière aussi chère que le quartz fondu.
- Cette courbe représente comment varie la dépense d’un arc à vapeur de mercure (nombre de watts nécessaires pour produire une
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- LA LUMIÈRE; ÉLECTRIQUE T. XII (2* Série); — N?45.
- bougie) en fonction delà pression de la vapeur de mercure dans; Fane., Pour élever cette pression, il suffît par exemple de gêner le refroidissement de la lampe ; la température s’élève, et en même temps la pression.
- On voit, que' cotte' dépense, après avoir passé parun minimum A pour dés pressions de l’ordre dtr millimètre; croît ensuite1, passe par - un maximum' pour décroître’ et atteindre pour une pression d’environ- une atmosphère^'-.des* valeurs1 plus faibles que celle i. du minimum1 A. Le régime des lampes Coo-, per-Uewitt correspond à ce minimum A; c’est ce qu’on pouvait faire de mieux avec un arc au mercure dans une enveloppe de verre; en effet pour, atteindre des valeurs inférieures à ce minimum, il faut des pressions de vapeur telles, qu’à la température correspondante le verre fond. Le quartz, qui ne fond que vers i8oo°, résiste parfaitement à ces températures et c’est ce qui l’a fait choisir, malgré son prix,extrêmement élevé.
- Cette haute température a en outre l’avantage d’améliorer beaucoup la couleur de l’arc au mercure si caractéristique des lampes Cooper-Hewitt;, la couleur devient plus jaune, analogue à celle de certains arcs flammes.
- Le spectre de l’arc au mercure est très riche en rayons ultraviolets ; dans la lampe Cooper-Hewitt, ces rayons sont arrêtés par Uenveloppe en verre ; le quartz au (contraire les laisse passer. Pour cette raison, la lampe quartz1 constitue la; source de. rayons ultraviolets de beaucoup; là plus riches elle est aussi la; plus commode à utiliser ; de là son emploi dans' la stérilisation- par les; rayons ultraviolets et les industries chimiques qui utilisent l’action de ces radiations>.
- Si on utilise la lampe pour l'illumination, on entoure Le brûleur d’un globe de verre qui arrête complètement tous les rayons ultraviolets, de sorte que l’emploi de la lampe quartz, ainsi protégée, ne constitue en aucune façon un danger pour les yeux.
- La substitution; du; quartz au verre a introduit dans la fabrication des difficultés assez
- sérieuses. La plus grave s’est rencontrée au . moment dtassurer le passage du courant électrique à travers l’enveloppe du brûleur, par un joint qui permette en même temps de . maintenir le vide à l’intérieur.
- Dans le; cas du verre’ (lainpés Cooper-He-witt, lampes à incandescence, ampoules de FtOnlgen) on se1 contente dé; sceller un fil de platine dans lé verre ; le coefficient de dilatation du platine est très voisin-dé celui de certains Verres et, en prenant quelques précautions; on arrive à réaliser un scellement qui né casse pas quand là lampe Se refroidît ou s’échauffe, suivant qü’on passe-d’une période d’allumage à une période d-’extinction ou réciproquement. Avec le quartz il n’en est plusde même, la dilatation du quartz est. en effet presque nulle, o,4 micron par degré et par mètre, c’est-à-dire 20 fois plus petite que celle du platine, 8 microns ; là conséquence est que tous les scellements de platine dans le quartz cassent après un temps plus ou moins court.
- Cette difficulté a été résolue par l’emploi de l’invar. L’invar est un acier au nickel dû à M. G.-E. Guillaume et qui jouit de la propriété d’avoir une dilatation très faible, 0,8 micron par degré et par mètre, c’est-à-dire trèsvoisine de celui du quartz. Malheureusement l’invar est un métal forgé qui perd ses propriétés quand on le porte au rouge ; il ne faut donc point songer à/ le; sceller- dans: le ! quartz; on se contente de;roder un cone d’in-| var. dans umtube conique en quartz, de-manière ; à> réaliser une fermeture analogue à celle; d’un ! flacon bouché à l’émeri,; et; comme: un tel rodage; fuiraittoujours àl’àir, onlerecouvre de mercure qui assure un joint hermétique; ' enfin, pour éviter de renverser le mercure, on le recouvre d’un; ciment solide (fig>. 2).
- I Une autre difficulté vient de ce que, dans les arcs au mercure, la chute de potentie là la surface de l’ànode étant plus grande qu’à la. surface de la cathode, 1?anode est toujours. plus chaude que la cathode, et par suite il y a peu à peu transport de tout le mercure de l’anode vers la cathode.
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- Le procédé au premier abord le plus simple pour éviter l’accumulation de mercure dans l’électrode froide consisterait à placer
- -Fig. 2.
- celle-ci à un niveau plus élevé que l’électrode chaude ; quand le Mercure s’y accumulerait, il déborderait et .retomberait dans
- vatiqn de la pression ‘interne qui cause l’extinction.
- Il a donc fallu trouver un procédé compensateur qui maintienne constants les niveaux des deux électrodes malgré leur différence de température ; le dispositif employé consiste à réunir l’électrode négative au tube illuminant par un tube conique dont le sommet serait du côté du tube illuminant (fig. 3).
- Si le mercure vient à s’accumuler dans l’électrode négative, le niveau s’élève dans le cône ; l’arc part d’une surface de plus en plus petite qui s’échauffe davantage de sorte que l’évaporation y devenant plus active s’oppose à l’accumulation du mercure.
- Si le niveau vient à baisser dans le cône, le phénomène inverse se produit, et en pratiqué, avec un dimensionnement convenable du cône, ce dispositif fonctionne parfaitement.
- Les brûleurs quartz sont de petites dimensions : a 8oram de longueut pour le modèle de i ro volts, a5’©mm pônr le modèle de 220 volts ; le nombre de watts qui ÿ sont dépensés par le passage du courant est élevé : 320 watts dans le modèle de 110 volts, 56o dans le mo-
- Fig. 3.
- l’électrode inférieure ; malheureusement dans la lampe quartz ces mouvements de mercure liquide ont pour résultat d’éteindre le brûleur. La raison en est que le mercure relativement froid de l’électrode, en passant dans le tube illuminant très chaud, s’y vaporise en partie ; il en résulte une brusque élé-
- dèle de 220 volts; il est nécessaire d’assurer le refroidissement du brûleur si on ne veut pas que la pression y atteigne des valeurs trop élevées.
- On assure ce refroidissement soit en en-tourant les électrodes d’ailettes métallique^ qui dissipent la chaleur comme dans un ra-
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- diateur (fig. 4)» soit en munissant le brûleur d’une chambre dans laquelle la vapeur de mercure vient se condenser pour retomber dans le brûleur sous forme liquide (fig. 5). Le régime des brûleurs varie légèrement avec la température extérieure ; quand il fait froid, le refroidissement est plus intense et l’intensité du courant qui passe dans le brû-
- La figure 6 représente la caractéristique d’un brûleur pour rio volts: la courbe de-r vient assez rapidement parallèle à l’axe des volts précisément dans la région de marche normale ; la lampe pour 11 o volts fonctionne en effet avec 75 ou 80 volts aux bornes du brûleur, la différence étant absorbée dans une résistance montée en série. L’examen
- Fig. 4-
- leur, pour une même différence de potentiel aux bornes, est plus grande ; ces variations de régime sont surtout sensibles dans les brûleurs où le refroidissement est assuré
- de la caractéristique montre la nécessité de faire le réglage de la résistance série à l’aide d’un voltmètre mis én' dérivation aux bornes du brûleur; un réglage fait en plaçant un
- Fig.
- par des ailettes ; dans le cas de la chambre de condensation, la température de cette chambre est toujours assez élevée pour que la quantité de chaleur qu’elle dissipe soit peu influencée par les variations relativement faibles de la température extérieure.
- En dimensionnant convenablement les ailettes ou la chambre de condensation, on règle le courant de la lampe à la valeur choisie ; ce régime dépend d’ailleurs aussi un peu de la surface de radiation de la partie lumineuse.
- 5.
- ampèremètre dans le circuit ne comporterait aucune précision.
- Le nombre de volts absorbés par le brûleur ne dépend que de la pression de la vapeur et est indépendant de l’intensité du courant; il ne dépend, par conséquent, que de la température et finalement, toutes choses égales d’ailleurs, que du nombre de watts dépensés dans le brûleur. On peut le prouver par l’expérience suivante : supposons que le brûleur dont la caractéristique est représentée sur la figure 1 soit en marche sur.
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- un réseau de no volts et soit réglé pour | comme la résistance série a la yaleur qui sera
- /me non ia!
- Z,6 2,8 3 3,2 3,4 3,6 3-8 4
- Ampères Fit;. 6.
- 5o volts aux bornes, il consomme alors 3a,42 et son régime correspond au point A de la caractéristique. La résistance série absorbe 6o volts ; elle vaut, par conséquent,
- —i7,2 ohms.
- 3,4a
- Diminuons brusquement la résistance série depuis 17,2 ohms jusqu’à i5 ohms; on constate que la tension aux bornes du brûleur ne varie pas; la résistance série doit toujours absorber 60 volts et le courant s’élève à 60 volts
- i5 ohms == ^ amPeres- Le régime du brûleur
- est caractérisé par le point B, mais il est hors d’équilibre ; en effet, le nombre de watts consommés a considérablement augmenté, la température s’élève et, api’ès quelques minutes, il est de nouveau en régime au point C après avoir passé par tous les états caractérisés par les 'points de la courbe BG. Une des conséquences de ce phénomène est que, au moment de l’allumage à froid, la pression interne est très faible et, par suite, le nombre de volts pris par le brûleur est peu élevé;
- nécessaire lorsque le brûleur aura pris son
- Yerlts
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- l'es LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). ^ »°<45- :
- régime, le(courantdîallumage est fort élevé. La figure 7 représente comment varient en fonction du temps l’intensité et la tension
- élevées, on atteint une valeur que nous appellerons « point critique » au-dessus de laquelle on ne peut rallumer le brûleur sans
- sono 4-ovo smo zooo 1000 1000 2000 3000 4-000
- :ss 60 6S 70 75 ‘80 85 30 85 80 75 70 65 60 SS
- Fig. 8. — Lampe quartz (3%5; 22ov), avec réflecteur porcelaine et globe clair. Mesures faites à 90° par rapport à l’axe du tube (Pr Wedding). — I == 3a,64; E = 220v,3. — L = 363o Hefner ; 0,22 watt : hefner.
- aux bornes d’un brûleur pour i io volts, dont la résistance série est réglée pour le régime de 80 volts, 4 ampères.
- Lorsque la lampe en régime s’éteint par suite d’une trop grande variation de tension duiréseau, si elle est à basculement automatique, elle se rallume immédiatement et reprend rapidement son régime. La nécessité pour le brûleur de pouvoir se rallumer dans ces conditions est une des raisons qui viennent limiter la pression à laquelle on le fait normalement fonctionner alors que ’examen de la courbe de rendement montre qu’il y aurait intérêt à donner à cette pression 4a valeur la plus haute possible.
- Si on fait fonctionner un brûleur quartz à des tensions aux’bornes de plus en plus
- le laisser refroidir : au moment du basculement le court-circuit mercuriel se jpraduii, le brûleur retombe, l’arc jaillit et s’allonge mais il s’éteint avant de rejoindre une électrode à l’autre; la raison de ce fait est la suivante : à mesure que le brûleur fonctionne ,à des tensions plus (élevées le tube illuminant devient plus chaud ; or, au moment du basculement, le mercure froid de l’électro devient dans le tube illuminant et il s’y produit une vaporisation intense qui élève la pression à une valeur telle que barc pour s’établfr exige un voltage supérieur à celui du réseau. Cette explication est confirmée par le fait que le « point critique » d’un brûleur type i io volts, -qui serait par exemple à gS volts lorqu’il fonctionne sur un réseau de no volts,
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- s’élève au-dessus de 120 volts quand il fonc- | l’axe du tube; dans ce dernièr cas pour les tionne sur un réseau de 220 volts. ' faibles inclinaisons une partie de la lumière
- ï sooa "v'; 4-000^^3000 2000 " wao . - rd'oo ^ 2000 3000 *000 ’,ïWF sooo '
- Fig. 9. — Lampe quartz (3a,5 ; 220v) avec réflecteur porcelaine et globe clair. Mesures faites dans le plan de l’axe du tube (Pr Wedding). — 1 — 3a,72; E = 2i9v,6. — L = 2 964 Hefner; 0,276 watt : hefner.
- Les figures 8 et 9 montrent la répartition de la lumière émise par un brûleur du type 220 volts dans un plan perpendiculaire à l’axe du tube et dans un plan vertical passant par
- est absorbée
- par
- le bas des électrodes.
- Maurice Leblanc Fils.
- Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Agrégé de l’Université.
- FORCE MOTRICE D’ATELIER (1)
- Au moment de choisir la force motrice à installer dans son atelier, l’industriel qui n’a pas de « connaissances spéciales » et qui
- (fi M. Àllain-Launay etlamaison d’édition Ch.Béranger, ont bien voulu nous autoriser à détacher les passages qu’on va lire de l’ouvrage qui paraîtra prochainement sous ce titre (N. D. L.jjR.).
- n’ose pas, pour sa petite installation, consulter un homme de l’art, écoute les propositions plus ou moins intéressées du représentant qui passe 'et se laisse entraîner à commander une machine quelconque ; il charge de sa mise en place le mécanicien qui vient d’ouvrir boutique de « force motrice», quitte à s’apercevoir au bout de peu de mois que le
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- matériel fourni ne répond pas à ses desiderata. Les réparations sont nombreuses, la consommation de charbon et d’huile importante ; tout compte fait, il voit qu’il eut été beaucoup plus simple d’avoir recours à la solution adoptée par son voisin plus avisé. Malheureusement, les capitaux sont engagés, la dépense est d’autant plus élevée que toutes les prévisions ont été largement dépassées et il est maintenant trop tard.
- Nous avons voulu donner à l’industriel qui n’a pas de «connaissances spéciales» quelques indications très simples qui éclaireroftt son choix et lui éviteront d’être à la merci du premier conseilleur venu, cherchant à le convaincre de l’excellence de sa solution.
- *
- ¥ *
- Il faut déterminer tout d’abord les cas où il y a lieu d’installer une station privée à vapeur, pétrole ou gaz pauvre, et ceux où, au contraire, il convient de chercher à obtenir de l’usine à gaz ou du secteur un contrat avantageux de fourniture. La solution est d’autant moins simple qu’elle ne saurail être générale et que si, dans certaines conditions, il y a intérêt à installer un petit moteur à gaz riche ou un moteur électrique, dans d’autres, au contraire, la station privée s’impose.
- Pour éclairer notre choix, nous définirons ce qu’il faut entendre par le nombre d’heures d’utilisation annuelles et montrerons combien ce chiffre, mal connu et variable suivant les industries, peut avoir d’influence sur le choix de l’agent moteur.
- Coefficient d’utilisation annuelle
- Pour fixer notre choix sur la machine motrice qui doit entraîner notre atelier, il est nécessaire de savoir comment nous l’utiliserons, pendant combien d’heures par an nous, lui demanderons de fournir soit la pleine charge, soit la demi ou même le quart de charge.
- Il est bien évident qu’il est impossible de mettre un enregistreur automatique de diagrammes permettant de connaître à chaque instant la puissance demandée par l’atelier et comme, d’autre part, la consommation de charbon n’est pas rigoureusement proportionnelle au travail produit, il sera très difficile de savoir exactement combien de chevaux-heures annuels aura engendré une machine à vapeur ou un moteur à gaz pauvre.
- Tout au plus aurons-nous fait, au moment de la réception de notre matériel, des essais très sérieux à pleine charge et aurons-nous vérifié que la consommation est bien celle qui a été garantie.
- Nous déduirons du chiffre acquis au cours de ces essais, soit 5oo grammes par cheval-heure effectif, pourun moteur à gaz pauvre de 5o chevaux, par exemple, que la consommation annuelle de charbon doit être de 3oo jours X io heures X 5oo grammes X 5o chevaux — tonnes.
- Gomme nous l’ecevôns au bout de l’année une facture du marchand de charbon se montant à 70 tonnes, nous en conclurons volontiers que notre moteur a constamment marché à pleine charge et nous nous empresserons de féliciter l’habile constructeur qui a scrupuleusement observé ses garanties.
- Ne concluons pas trop vite et rappelons-nous que notre moteur consomme à peu de chose près la même quantité de combustible à demi-charge qu’à pleine charge. S’il n’a alors marché qu’à demi-charge, qui nous le dira ? car sa consommation annuelle en fin d’année sera encore de 70 tonnes !
- La même observation peut être faite pour les machines à vapeur et les moteurs à gaz de ville. Aussi, peut-on dire que, avant l’emploi du moteur électrique, on n’avait que des données très incertaines sur la quantité annuelle de chevaux-heures nécessaire à la marche d’un atelier. A l’aide du compteur dit watt-heure-mètre, le moteur électrique nous permet de calculer le nombre exact de chevaux-heures qui ont été nécessaires de l’autre côté de la poulie. Il va donc nous don-
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- ner des indications précises et nous dire combien de chevaux-heures par an doit fournir à l’atelier le moteur de 25 chevaux que nous venons d’installer.
- Nous diviserons le nombre de chevaux-heures ainsi obtenus par la puissance du moteur et nôus obtiendrons un coefficient précieux à connaître et dont on fait malheureusement trop peu souvent usage. Ce coefficient, dit « coefficient d’utilisation annuelle », exprimera, soit le nombre d’heures d’utilisation annuelle de la puissance installée, soit le nombre de chevaux-heures annuels fournis à l’atelier par chacun des chevaux nominaux du moteur.
- Si nous avons pris soin de supprimer dans notre atelier toute transmission inutile de façon à ne pas y perdre une énergie pré-? cieuse et qui peut être considérable, et si nous avons muni chaque machine-outil d’un moteur et d’un compteur, nous saurons très exactement quelle énergie annuelle a été nécessaire pour la marche de chacune de nos machinesm utils.
- Essayons de déterminer ce coefficient f qui est obtenu en divisant la consommation totale annuelle exprimée en kilowatts-heures, par le nombre de chevaux nominaux du moteur.
- Nous devrions régulièrement prendre comme diviseur le nombre de kilowatts demandés parle moteur en pleine charge. Mais il est aisé de voir que ces deux puissances sont exprimées par le même chiffre.
- Soit, en effet, U, le nombre de chevaux utiles sur la poulie ou de chevaux nominaux du moteur, exprimé en chevaux.
- Soit P, le nombre de chevaux fournis au moteur par le réseau, également exprimé en chevaux.
- Le rapport de ces deux nombres donne le rendement du moteur. Il est, en moyenne, voisin de 0,7a.
- Nous avons donc :
- Pour exprimer ces deux puissances en kilowatts il suffit de multiplier ces deux chiffres par 0,736. Oh voit donc que le chiffre, exprimant P en kilowatts n’est autre que U.
- Donc U exprimé en chevaux, ou P exprimé en kilowatts sont égaux, et l’un ou l’autre peut être piûs indifféremment comme diviseur du rapport exprimant /'.
- Les stations centrales et les industriels de France communiquent difficilement les résultats qu’ils obtiennent et nous avons dû avoir recours, pour obtenir des chiffres moyens, précis et officiels, à la statistique des stations centrales allemandes.
- Le total des kilowatts-heures vendus est de 25760100 kilowatts-heures pour 17000 moteurs d’une puissance totale de 09000 chevaux, soit 3 chevaux 1/2 en moyenne.
- Le coefficient d'utilisation annuelle est de 4«5 heures, c’est-à-dire que chaque cheval installé donnera lieu à une consommation annuelle de 4oo kilowatts-heures, ou encore que pendant les 3 000 heures annuelles de marche de l’atelier la charge moyenne ne sera que de :
- 400 heures
- ----—;----= i3 % de la puissance.
- J 000 heures
- Voici un résultat au moins inattendu et qu’ont perdu de vue la plupart des auteurs qui ont comparé entre eux les différents prix de revient des agents moteurs et qui ont toujours basé leur calcul sur 3 000 heures d’utilisation annuelle à pleine charge.
- On doit, il est vrai, remarquer qu’il s’agit ici d'une moyenne et que la puissance des moteurs est assez faible, 3,46 chevaux. C’est donc un résultat qui intéresse tout spéciale-mentles petits ateliers n’ayantpasbesoind’une force considérable. Mais il convient aussi de noter qu’on a beaucoup utilisé en Allemagne la division des moteurs dans les ateliers et que très souvent un moteur n’actionne qu’une ou au plus deux machines-outils. ---------
- Si l’on veut donc refuser à ce chiffre une
- o,75 P = U
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- valeur réelle pour des forces supérieures à io ou i5 chevaux ou pour un moteur unique entraînant tout un atelier, il convient cependant de l’admettre comme certain et tout à fait exact pour définir l’utilisation moyenne de la machine-outil ou du groupe restreint de machines-outils actionnées par un seul moteur.
- Etudions maintenant ce coefficient en France, d’après les données que nous avons pu recueillir et qui n’ont rien d’officiel.
- Nous voyons que, pour une puissance de
- 2 chevaux, les kilowatts-heures annuels consommés par un cheval de puissance installée ne dépassent pas 36o.
- Le cofficient d’utilisation annuelle est donc de 36o heures, c’est-à-dire encore inférieur au chiffre trouvé par les statistiques allemandes.
- On peut donc affirmer que si l’on considère un moteur électrique de 2 à 4 chevaux de puissance, actionnant sans transmission importante un petit atelier ou un groupe de machines-outils dans un atelier important, si sa puissance a été calculée pour pouvoir assurer dans des conditions normales le ser-AÛce simultané de ces machines, il ne consommera pas plus de 400 kilowatts-heures par cheval de puissance installée .
- Ce moteur, si l’atelier est ouvert pendant
- 3 000 heures, fonctionnera en moyenne à :
- 4 no
- -----— 13 % de sa charge.
- 3 000
- Pour éviter toute erreur, nous admettrons 5oo heures, soit 20 % en plus de l’utilisation indiquée parles statitisques que nous venons de citer. Ce chiffre est obtenu dans un petit nombre d’industries.
- *
- ¥ *
- Il est d’ailleurs bien évident que si un seul moteur d’une puissance assez considérable entraîne tout un atelier à l’aide d’une transmission importante, le chiffre ci-dessus ne doit être adopté qu’après un contrôle sérieux.
- Il peut, en effet, se trouver faussé pour deux raisons :
- Au moment de choisir la puissance du moteur, on a supposé que les 20 ou 26 machines-outils composant tout l’atelier ne marcheraient jamais simultanément à pleine puissance et, si le total de leurs puissances unitaires était de 100 chevaux, on a admis qu’il suffirait de la moitié pour entraîner normalement tout l’atelier. De ce fait, l’utilisation moyenne annuelle, qui eût été de Soo heures pour le moteur de 100 chevaux, sera de 1000 heures pour le moteur choisi de puissance moitié moindre.
- En outre, la transmission elle-même demande, pour tourner, une puissance considérable qui peut atteindre et dépasser 20 % de la puissance du moteur (*). Il sera donc nécessaire de prévoir une puissance plus grande du moteur, en.l’espèce 60 chevaux au lieu des 5o indiqués ci-dessus, mais il est bien évident que ces 10 chevaux supplémentaires donneront lieu à une utilisation moyenne annuelle de 3 000 heures correspondant aux heures ouvrables de l’atelier.
- Cherchons dans ce cas l’utilisation moyenne de l’atelier.
- 100 chevaux de machines-oulils à Soo kilowatts-heures par an et par cheval........................... So 000 kw.-h.
- 10 chevaux nécessaires à l’entraînement de la transmission pendant
- 3 000 heures..................... 3o 000 —
- 80 000 kw.-h.
- (*) Expérience de C.-D. Gray,de 1® Cornill University.
- Le rendement entre l’énergie fournie à une transmission et l’énergie rendue par cette transmission est de r
- yo % dans 5o filatures.
- 45 — 17 ateliers.
- 60 — 3i9 ateliers français.
- 65 — les ateliers pour le travail du bois ou
- des métaux.
- 55 — les ateliers de grosses machines-outils.
- 56 — 8 grandes usines américaines.
- 56 — 3 usines.
- De Traz (Congrès international des électriciens, Marseille, 1908, tome II, p. 15g).
- Les pertes dans les transmissions d’ateliers atteignent souvent 5o % de la puissance fournie à la transmission et sont rarement inférieures à 20 % .
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- Ceci correspond, pour le moteur de 6o chevaux, à une utilisation annuelle moyenne de i 3oo heures. La transmission à elle seule a consommé plus de 4° % de la consommation annuelle totale de l’atelier.
- En résumé, nous prendrons comme coefficient d’utilisation annuelle moyenne, de 5oo à 6oo heures, si nous avons muni d’un moteur chaque machine-outil ou chaque groupe de
- 3 ou 4 machines-outils et i 3oo a i 4oo heures si nous avons pris un seul moteur entraînant à l’aide d’une transmission importante tout l’atelier. Ce qui revient à dire que le moteur marche constamment dans le premier cas au i/6 de sa charge et dans le second aux a/5 de sa charge.
- E. Allain-Launay.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les durées relatives des raies spectrales émises par la vapeur du magnésium dans l’étincelle électrique. —A. Hemsalech.—Académie des Sciences, séance du 17 octobre 1910.
- Le spectre du magnésium contient, en outre des « raies d’étincelles » proprement dites, trois groupes de « raies d’arc » constitués par deux séries de triplets et la série dite « nébuleuse ». Les recherches de l’auteur ont montré que les raies de cette dernière série sont particulièrement sensibles aux variations de la capacité du circuit.
- En outre les raies dues à la présence d’impuretés ont des durées anormales. Il y a sans doute là matière à indications utiles pour l’analyse des corps.
- Sur la réduction de l’oxyde de fer par le carbone solide. — G. Charpy et S. Bonnerot. — Académie des Sciences, séance du 10 octobre 1910.
- On a souvent admis que la réduction de l’oxyde de fer par le carbone solide avait lieu, dès 45o°, par réaction directe des deux solides l’un sur l’autre. D’après les auteurs, ces résultats sont vraisemblablement erronés, l’erreur étant due à ce que l’on ne tient pas compte du rôle joué par les gaz comme agents de transport entre les deux solides.
- En réalité, si on opère dans un vide de l’ordre du millième de millimètre de mercure, la réaction s’arrête quelle que soit la température jusqu’à 9Üo°. Donc, jusqu’à cette température au moins, la prétendue réaction entre les solides n’existe pas.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Nouvelles recherches sur la stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets — V. Henri, A. HelJbronner et M. de Recklinghausen. — Académie des Sciences, séance du *7 octobre 1910.
- Le nouvel appareil des auteurs se compose de trois parties (’) :
- i° Un récipient d’où s’écoule l’eau clarifiée qui va être soumise à la stérilisation.
- 20 L’appareil stérilisateur proprement dit, où l’eau suit un chemin compliqué grâce à cinq chicanes disposées autour d’une lampe centrale. L’eau en sort stérilisée;
- 3° Entre les deux parties précédentes se trouve une soupape de sûreté: lorsque la lampe de l’appareil stérilisateur vient à s’éteindre, cette soupape s’ouvre et l’eau, au lieu de continuer à passer dans l’appareil, est ainsi directement évacuée dans un égout.
- Avec ce dispositif, on a pu, pendant six semaines, réaliser la stérilisation continue d’une eau clarifiée avec un débit moyen de a5m3 à l’heure, avec une dépense de 660 watts-heure, soit 26 watts par mètre cube d’eau.
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- L’électrométallurgie de l’acier et de la fonte
- (’) Voir aussi les Notes industrielles, p. i5i.
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- T. XII (2* Série). —«<* 45.
- brute. — V. Engelhardt. — Elehtrotechnische Zeitschrift, 7 avril 1910.
- L’auteur examine, au point de vue économique, la question de la production de l’acier et de la fonte brute par l’électrométàllurgie. L’on peut, dès à présent, envisager le remplacement de tous les anciens procédés (hauts-fourneaux, convertisseurs, creusets, etc.) par des fours électriques. Mais quel sera le rendement économique de ces derniers ? La consommation d’énergie sera essentiellement variable selon la nature et le nombre des opérations pour lesquelles on aura recours à l’emploi de l’électricité; les limites extrêmes sont en moyenne de 5o à 3 000 kilowatts-heures par tonne de métal obtenue. Mais, d’autre part, les procédés électrométallurgiques permettent d’obtenir, pour des frais légèrement plus élevés, un métal d’une qualité sensiblement supérieure, c’est à-dire susceptible d’une plus grande résistance à section égale et d’une plus longue durée. En outre, les fours électriques n’exigent pas l’emploi de matières premières aussi pures que les autres procédés; d’où une économie sur la matière première qui peut compenser, dans une certaine mesure, l’augmentation des frais de traitement. Néanmoins, en ce qui concerne la fonte brute,, le procédé électrométallurgique ne sera économique que dans les régions où le combustible est cher et où, par contre,les chutes d’eau abondent. En effet, la production d’une tonne de fonte brute par la méthode des hauts-fourneaux exige l’emploi de 100 % de coke qui en Allemagne reviendrait à environ 18 fr. 75. Par le procédé électrométallurgique, il suffira de 3o % de coke, ce qui correspondra à une dépense d’environ 5 fr. 65, mais la dépense d’énergie électrique sera de a 000 kilowatt-heures ; pour que le prix fût le même, il faudrait donc que cette énergie revînt à i3 fr. 10, c’est-à-dire à o cm. 65 le kilowatt-heure, ce qui est impossible dans la plupart des pays européens. Le traitement électrométallurgique des minerais destinés à la fabrication de la fonte ne sera donc applicable que dans les pays tels que la Suède, la Norvège, le nord de l’Italie, la Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Brésil et le Mexique, qui répondent aux conditions énoncées précédemment.
- En ce qui concerne la fabrication de l’acier, la question se pose tout différemment; le four électrique permet d’améliorer la qualité d’un acier obtenu soit par puddlagc, soit par les procédés Martin-Siemens, Besscmer ou Thomas, et même de lui donner la qualité de l’acier au creuset. Cet affinage
- exigera une dépense d’énergie de roo à 3oo kilowattheures par touTie ; le prix de revient en sera par suite de i5 à 87 fr. 5o par tonne. Il faut, d’autre part, tenir compte de ce que cet affinage dispensera, dans la plupart des cas, de toute opération chimique ultérieure pour éliminer le soufre, le phosphore ou les autres impuretés. Cette application du four électrique présente donc le plus grand intérêt et mérite d’être prise en considération. Mais les exigences de la fabrication de l’acier et surtout le nombre et la variété de ses applications, dont chacune exige une qualité différente, ne permettent pas à une telle transformation de s’accomplir du jour au lendemain. Néanmoins, c’est au désir d’obtenir une meilleure qualité que tous les perfectionnements apportés jusqu’ici dans la fabrication de l’acier (Bessemer, Martin, Siemens, etc.) durent leur introduction dans la métallurgie ; ce n’est d’ailleurs qu’après un certain nombre d’expériences qu’on en obtint le rendement économique actuel. Il n’est donc pas douteux que, en vertu du même désir, le four électrique recevra bientôt des applications de plus en plus nombreuses dans la métallurgie de l’acier. Quant à lla forme à adopter, four à arc ou four d’induction, ce seront dans chaque cas les considérations locales et la nature de la fabrication qui résoudront la question, car tous deux ont des avantages et des inconvénients. En résumé, l’electrométaLlurgie de la fonte brute n’est pas encore complètement sortie de la période des essais et les applications que l’on en peut faire à l’heure actuelle sont, pour les raisons indiquées plus haut, trèslimitées ; par contre, dans la fabrication de l’acier, le four électrique est susceptible de rendre de tels services, au point de vue économique et surtout au point de vue de l’amélioration de la qualité, qu’il ne tardera pas à occuper dans cette industrie une place fort importante.
- J.-L. M.
- Les grands fours électriques dans la métallurgie du fer et de l’acier. — R. Catani. — Rapport présenté au XVe Gongrès général de l’Association électrochimique américaine (Chutes du Niagara, 6, 7 et 8 mai 1909). — Elettricista, ior décembre 1909.
- Le développement de l’industrie moderne du fer et de l’acier a nécessité, dans ces dernières années, la construction de grands fourneaux afin d’assurer une large production, un prix de revient plus faible du produit et des conditions de production plus économiques. Or, tandis que les hauts-fourneaux peuvent
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- atteindre une production journalière de 8oo tonnes et les fours à réverbère avoir une capacité de 6o tonnes, les plus grands fours électriques pour la production de l’acier ont une capacité effective de
- 10 tonnes environ.
- Fondre électriquement des minerais de fer et produire électriquement' des aciers est un problème électrique plus qu’un problème métallurgique.
- En fait, beaucoup d’expériences ont démontré non seulement qu’il est possible de produire dans des fours électriques toutes les variétés de fonte obtenues dans les meilleurs hauts-fourneaux, mais encore tout fait entrevoir la possibilité de fondre dans les fours électriques beaucoup de minerais de fer qui sont réfractaires au haut-fourneau, et qui formeraient par suite de nouvelles variétés de fonte.
- 11 suffit de rappeler les expériences électrothermiques faites à Sault-Sainte-Marie avec la pyrrlxo-tite et la production de la fonte nickelifère; la réduction électrothermique des minerais de ferro-titanium opérée par A.-J. Rossi, de New-York, par Gustave Gin, par la commission canadienne à Sault-Sainte-Marie, et surtout les intéressantes expériences sur l’ilménite faites par A.-B. Greene et F.-S. Mac-Grégor dans le laboratoire électrochimique de l’Institut technologique de Massachussetts.
- Pour l’acier il a été enfin démontré qu’il y a plusieurs procédés électrothermiques pour produire les meilleures qualités d’aciers fins.
- Jusqu’à présent on a reproché à l’électrométallurgie de produire le fer et l’acier à un prix trop élevé. Les grands fours électriques atténueront cette difficulté économique, qui à l’heure actuelle est la plus grande.
- C’est en partant de ces considérations générales que M. R. Catani discute en détail quelques points concernant les propriétés électriques des grands fours électriques à électrodes alimentées par courant alternatif.
- I. — Importance d'un bon rendement. — Convient-il, au point de vue économique, d’employer l’électricité ou le charbon dans un procédé métallurgique ? Cela ne dépend pas seulement des prix du charbon et de l’énergie électrique, qui varient d’un pays à l’autre, mais encore d’autres considérations et surtout du rendement du four électrique, qui a en tous lieux la même valeur.
- Par exemple, si nous pouvions atteindre le chiffre, donné par le Dr Iléroult, de 120 tonnes de fonte par jour avec une installation de xo 000 chevaux, la réduc-
- tion électrothermique des minerais* de fer serait pos sible même quand le prix du revient du cheval-an serait plutôt élevé.
- Dans un rapport qu’il a lu à l’Association électrotechnique italienne, au Congrès tenu à Rome en octobre 1908, M. R. Catani a fait observer que la fonte obtenue au haut-fourneau et la fonte obtenue électriquement ont le même prix de revient quand
- r 1 4 ‘
- 0,1 ia -4- -
- n
- Dans cette formule, x est le prix de revient du cheval-an en francs, y le prix d’une tonne de coke en francs et n le nombre de kilogrammes de fonte produits par cheval-jour.
- Cette formule suppose que les gaz produits par le four électrique et par le haut-fourneau sont entièrement utilisés dans des moteurs à gaz et qu’une année est composé de 8 000 heures.
- Les figures 1 et 2 comparent le four électrique et le haut-fourneau au point de vue de l’économie-
- Dans la figure 1, chaque point des lignes correspond à une relation entre x et y, pour laquelle les prix de revient des deux procédés sont égaux; pour tous les points situés au-dessus de chaque ligne la
- n » 8 Ry
- Fig. 1. — Prix du cheval-an.
- réduction électrique est plus économique que le traitement au haut-fourneau.
- Cette figure montre également l’existence d’un champ d’application économique du four électrique compris entre les lignes n = 12 et/i = 4.
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- Dans la figure 2, la comparaison est limitée aux valeurs correspondant aux pays plutôt pauvres en charbon et suffisamment riches en énergie (force hydraulique, gaz de hauts-fourneaux, etc.)
- Pour une valeur donnée de x ou y, ainsi que le montre le diagramme, la variation de n est hyperbolique. Cela prouve l’importance du rendement d’un haut-fourneau, dans les études concernant l’économie des fours électriques pour la fonte électrique.
- II. — Utilisation des gaz des fours électriques. — Si l’on utilise seulement les gaz du haut-fourneau, la formule précédente devrait être modifiée comme suit :
- o, ïfiS -j- -
- n
- de laquelle, pour n = 12, on lire approximativement x = 2 y. En d’autres termes, la fonte électrique coûte autant que celle de haut-fourneau quand le prix du cheval-an est égal à deux fois le prix d’une tonne de coke et la réduction électrothermique des minerais de fer est plus économique que celle obtenue au haut-fourneau pourvu que le cheval-an coûte moins que deux tonnes de coke.
- Dans la figure 1, on a dessiné en lignes pointillées
- Fig. 2.
- les variations de n par rapport à x et à y dans le cas où l’on n’utilise pas le gaz du four électrique.
- Le diagramme montre que l'intérêt de l’utilisation des gaz des fours électriques augmente avec le rendement du four. Tandis qu’avec une production de da fonte par cheval-jour l’utilisation des gaz est presque inutile, pour i2ks, l’utilisation semble nécessaire.
- III. — Facteur de puissance. — Le facteur de puissance diffère avec les types de fours électriques; dans le Rapport de la Commission canadienne de 1904, on a trouvé un minimum, cos cp = 0,375, pour 64,5 volts, 6 i85 ampères, 37 périodes. Dans le rapport dès expériences exécutées à Sault-Saint-Marie on a trouvé un maximum, cos <p =: 0,94) pour 3g,a volts,-5 040 ampères, 3o périodes.
- Il importe que le facteur de puissance soit le plus élevé possible et on peut l’augmenter en abaissant simultanément la fréquence et le coefficient de self-induction.
- Toutefois, si un four électrique a un cos <p satisfaisant pour une puissance donnée, celui-ci n’est pas constant pour toutes les charges du four.
- On sait en effet que sin cp = u>
- 10 étant la
- pulsation, L le coefficient de self-induction, I le courant en ampères et E le voltage du four.
- Pour un four donné, to, L et E sont constants ; sin f et par suite <p augmente avec I, tandis que cos © diminue. Pour avoir un facteur de puissance constant, quel que soit I, il faut faire en sorte que, pour
- toute valeur de E, le rapport — soit constant.
- Ci
- La formule sert à calculera) L pour une valeur quel-
- conque de
- I
- Ë’
- quand on connaît la valeur de f cor-
- respondante. Ainsi, par exemple, si nous examinons les expériences faites à Sault-Sainte-Marie, nous trouvons pour la première expérience
- cosep = 0,92a; sin<p = 0,387; E — 38,8; I = 5447. La formule donne :
- 0,387 = a) L
- 5 447 _ K 5 447 39 8 ~ 39,8
- d’où
- K=ü)=rL
- 2,82
- Pour une autre valeur quelconque du rapport
- I
- Ë’
- on a :
- 2,82
- 10“
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- C?est avec cette formule qu’on a calculé la dernière colonne du tableau I :
- Tableau I
- E I Cos <p
- Volts Ampères mesuré calculé
- 39,8 5 447 - 0,922 0,922
- 4o,o 5 337 0,923 0,926
- 4o, 1 5 377 0,928 0,925
- 39,? 5 040 0,94° 0,932
- 38,7 5 096 °>937 0,928
- La fréquence était constamment de 3o périodes. La différence entre 5 447 et 5 040, maximum et minimum de I, est seulement de 7 % ; le facteur de puissance augmente de 0,92a à 0,940, soit d’environ 2 % . Pour une augmentation de courant plus notable, la diminution du facteur de puissance est très considérable, comme le montre la ligure 3, qui représente les expériences exécutées dans un four monophasé avec un seul arc, 42 volts, 25 périodes.
- Le voltage restant constant, le courant fut porté de 7500 à 14 000 ampères ; le facteur de puissance tomba de 0,912 à 0,75.
- Dans ce four, d’un type complètement nouveau, les conducteurs de courant étaient disposés de façon à enfermer une aire très petite. En procédant comme ci-dessus
- cosip = 0,912; ip = 24°i3'; simp = 0,410
- 0,410 = u L
- 75oo
- 42
- wL =
- 2,3
- et, se souvenant que E = constante = 4^ volts, la
- 55 I
- relation entre © et I est : sin <p =--, qui a servi à
- T 10 8
- calculer la dernière colonne du tableau suivant : Tableau II
- E I Co mesuré S Ç calculé
- 42 7 5oo 8 800 12 5oo 14 000 0,012 0,832 0,760 o,650 O, QI 2 0,875 0,725 0,647
- Dans le diagramme,on a dessinéles courbes correspondant aux valeurs de cos tp obtenues à l’aide d’un kilowattmètre et par la formule, ainsi que la courbe d’é. nergie. La puissance a augmenté avec le courant jusqu’à I=i2 5oo; entre i2 5oo et 14000 ampères le courant a augmenté de 12%. Mais la diminution du facteur de puissance a été telle que l’énergie a diminué de 400 à 38o kw. avec une chute de 5%. Le four était construit pour 10 000 amp. ; l’électrode supérieure était composée de quatre charbons amorphes de 25o/25o groupés ensemble.
- La figure 3 montre que la courbe de cos <p obtenue
- Fig. 3.
- par le calcul n’est pas très différente de la courbe résultant des vraies valeurs obtenues, même quand l’augmentation du courant est grande. En conséquence,si Ton construit un four à l’aide de la formule
- sin © = 10L — , • E
- on pourra représenter les courbes de
- cos tp et de l’énergie pour toute
- I
- valeur du rap-
- IV. — Self-induction. — On déduit des deux cas qui viennent d’être discutés
- t t 2,82 T T V3
- wL - 2?mL = —— et wL = 2X«L — —
- io3 io3
- d’où, en se souvenant que la fréquence était respectivement de 3o et 25 périodes :
- L
- *4,97
- et
- L :
- i4,65
- 10e
- On remarque la petite différence entre ces deux valeurs, bien que les fours fussent en tout différents l’un de l’autre. Tous les deux étaient des petits fours. Pour un four plus puissant, on devrait abaisser L d’autant plus que la puissance du four serait plus grande.
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- Considérons, en effe't, à nouveau la relation :
- sin 9 = 2imL 1 E
- elle peut s’écrire comme suit :
- I E
- ntnL pr < i d’où I <C-----------r-
- E 2 ic n L
- Or le potentiel E ne peut atteindre des valeurs très élevées, qui pourraient entraver le fonctionnement du four ; d’autre part, si l’on veut augmenter la puissance du four, on doit augmenter I ; il s’ensuit que l’on doit diminuer le coefficient L.
- Un exemple constituera une meilleure explication. La figure 3 montre que, dans le four expérimenté, la plus graifde énergie a été obtenue quand cos 9 a été d'environ0,75, soit pour sin 9 = 0,66 :
- 0,66
- 2,3 I
- TT2 Ë ’
- I — ^ x E = 287 E
- 2,3
- W = El costp = 0,75 X 287 X E2.
- Si la puissance est exprimée en kw. et le voltage en volts, nous avons :
- W = 0,215 E2.
- Pour un potentiel maximum, en pratique, de xoo volts, on a
- Wmax = 2 15o kw = 3 720 chevaux.
- Un four électrique plus puissant devrait être étudié d’une autre façon en abaissant la fréquence ou le coefficient de self-induction, ou bien tous les deux.
- Il est certain qu’il est plus intéressant, comme problème, d’abaisser L que de diminuer la fréquence parce que, le plus souvent, on doit construire un four électrique pour utiliser un certain courant; d’ailleurs, dans le cas d’installations nouvelles il n’est pas convenable, pour les machines électriques, d’abaisser excessivement la fréquence.
- V. — Le four monophasé et. le four triphasé. — On dit souvent que dans un four triphasé le cos 9 elle rendement ont une valeur très élevée parce que la self-induction est très petite.
- Cependant,ainsi qu’il a été démontré ci-dessus, il est possible d’avoir une valeur élevée de cos 9, même dans un four monophasé. En outre, dans un four triphasé, cos 9 décroît très rapidement quand le cou-
- rant diminue. Il est probable que pour un quart de charge — ainsi qu’il arrive avec les moteurs polyphasés— cos 9 est très bas, surtout si la charge n’est pas uniforme sur les phases.
- On a même encore dit récemment qu’il est plus facile de construire des grands fours électriques en employant le courant triphasé, plutôt que le courant monophasé. Cette opinion est peut-être due au fait que le plus grand four électrique, d’une puissance de plusieurs milliers de chevaux, construit enNorwège, pour produire du carbure de calcium et du ferro-silicium, est un four triphasé.
- Dans les mêmes conditions de tension, de courant, de section transversale des électrodes et de facteur de puissance, un four monophasé est plus puissant qu’un four triphasé. En effet, représentons comme plus haut par E, I, cos cp, le voltage, le courant et le facteur de puissance du circuit ; par d, la densité de courant en ampères par unité de section transversale des électrodes ; par S une section transversale donnée des électrodes. On a \ Les
- puissances W des différents types de fours électriques sont respectivement : i° Monophasé.
- a) Avec un seul arc, Wi=d S E cos 9; h) Avec deux arcs en série
- g
- Wj — id — E cos 9 — d S E cos 9.
- 20 Triphasé.
- W3 = s/'5 d — E cos 9 = 0,577 t^E S cos 9. De ces formules on tire
- W2 =• Wi ;
- W, = 0,577 Wi; W^i,73W,.
- Un four triphasé, par rapport à un monophasé de même puissance, présente quelques particularités spéciales, dont certaines constituent des avantages, d’autres des inconvénients.
- Les jjrernièrcs peuvent se résumer comme suit r neutralité du creuset; facilité plus grande de rendre le four rotatif ; coût moindre des machines électriques (alternateurs, lignes, transformateurs, etc.).
- On peut considérer comme des inconvénients la plus grande section transversale des électrodes placées dans le four; le plus grand nombre des porte-électrodes ou bien leurs plus grandes dimensions ; leur
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- position défavorable, attendu qu’ils sont exposés aux radiations du four ; la'nécessité de fonctionner à pleine charge ou avec surcharge pour avoir un bon rendement; la possibilité de court-circuit à travers les parois du four, ce qui empêche le passage du courant à travers le bain (il faut se rappeler que le voltage entre les élèctrodes est de y/3 F i ,73ü E, tandis qu’entre les électrodes et le bain il'est de E); enfin les plus grandes dimensions du four.
- 11 est certain que plusieurs de ces inconvénients peuvent être supprimés ; quelques-uns peuvent être éliminés, mais par l’introduction des autres ; par exemple l’inconvénient du court-circuit à travers les parois du four peut être éliminé en augmentant les dimensions linéaires du four, c’est-à-dire par l’introduction du dernier inconvénient ci-dessus.
- VI. — Puissances maxima des fours électriques. — Admettons un voltage maximum pratique de 100 volts, une fréquence de a5 périodes et un facteur de puissance égal à 0,75; nous avons
- sin «p
- 0,66
- rc axw r r x T T 0,66 = —— L1 = — Li;
- d’où : LI = o, 42.
- Si l’on veut faire un four de 1 o 000 kw. = 1 r»1 watts, on doit avoir
- 1 o7 — IE cos<p=: 0,75 X ioo X ;
- Le coefficient de self-induction devrait être environ le - de celui correspondant aux deux types de
- fours étudiés au paragraphe III.
- En cherchant les moyens de réduire L, il faut se rappeler qu’il dépend de la perméabilité dii champ ; par suite, il convient d’éviter, dans la construction des fours électriques, des matériaux de haute perméabilité, au moins en ce qui correspond à l’aire embrassée par les conducteurs du courant.
- De ces considérations découle pour M. Gatani la possibilité de construire des fours électriques très puissants, beaucoup plus que les fours existants, correspondant aux plus grandes puissances électriques actuellement obtenues par les
- turbines hydrauliques ou à vapeur, par les alternateurs, transformateurs, etc. Si l’on construit des fours électriques aussi puissants, conclut-il, oes fours pourront produire des fers et des aciers à un prix comparable à celui des fours métallurgiques ordinaires.
- G. 'B.
- LISTE DE BREVETS (‘)
- ARCS ET LAMPES ELECTRIQUES
- 410 088, du 21 avril 1910. — Société dite Allge-meine Eleictricitats-Gesellschaft. — Lampe électrique à arc renfermé.
- 4i5 i83, du 25 avril 1910. — Société dite Gesell-schaft fur Elektrischks Liçht G. m. b. II. — Procédé de fabrication de lampes électriques à incandescence.
- 12 451/374 543, du 14 février 1910. — Société the Westinghouse Métal Filament Lamp C° Limited. — Procédé de fabrication de filaments de tungstène ou de molybdène pour lampes électriques à incandescence.
- 415 273, du 19 mars 1910. — Graf. — Filament pour lampes électriques à incandescence et son procédé de fabrication.
- 12 544/4io 5o2, du 2 mai 1910. — Société Bisson, Berges et G0. — Lampe à arc.
- 415 875, du n mai 1910. — Kitsée. — Filaments métalliques pour lampes électriques.
- 416 n3, du 19 mai 1910. — Stodd. — Perfectionnements aux lampes électriques à incandescence.
- 416 149, du 20 mai 1910. — Clark. — Perfectionnements aux lampes à arc.
- 416 i5o, du 20 mai 1910.— Clark. — Perfectionnements aux régulateurs pour lampes à arc.
- transmission et distribution
- 12 333/4io 242, du 18 mars 1910. — Société Aic-tiengesellschaft Brown Boveri et Cie. — Dispositif pour l’emploi de deux moteurs monophasés branchés sur un circuit triphasé.
- 4i3 808, du 18 mars 1910. —-Bloch et Bernard. — Moyens de montage sur place des isolateurs électriques sur leurs supports.
- 4i3 913, du 22 mars 1910. —Parsons. — Perfec-
- (') Communiquée par l’Office International de brevets
- d’invention Dupont et Elluin, 42. boulevard Bonne-Nouvelle, Paris, (II. Elluin, ingénieur conseil E. P.-E.S. E.)
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XII (2e Série). —N° 45.
- tionnements dans les raccords électriques détachables à engagement élastique.
- 4i3 9^9, du 23 mars 1910. — Cuneo d’Ornano. — Interrupteur thermique à temps.
- 413 882, du 21 mars 1910. — Hackenberger. — Bouton de porte avec interrupteur de courant électrique.
- 414 176, du 26 mars 1910. — Wyss et Feller. — Système combiné de pièce de sûreté non interchangeable et de dispositif indicateur de court-circuit pour conducteurs électriques.
- 414 198, du 29 mars 1910. — Kelly. —• Dispositif contrôleur de circuits électriques.
- 414 2.37, du 3o mars 1910. — Roycourt. — Dispositif pour la décantation du mercure applicable aux interrupteurs électriques.
- 414 359, du 3i mars 1910. — Busson et Porte. — Conjoncteur-disjoncteur automatique à contacteur différentiel.
- 414 370, du icravril 1910. — Schroder.— Commutateur électrique à temps pouréclairage d’escaliers.
- 414 371, du ier avril 1910. — Schroder. —Commutateur à temps.
- 414 402, du 2 avril 1910. — Holton. — Coupe-circuit et parafoudre combinés.
- .414 469, du 4 avril 1910. — Société Pestourie et Quentin. — Dispositif de connexion électrique à friction irréversible.
- 414 494, du 5 avril 1910. — Ilyine Berline. — Prise dejcourant amovible de branchement à coupe-circuit.
- 414 545, du 7 avril 1910. — Société d’électricité Nilmelior. — Interrupteur de courant.
- 414 658, du 8 avril 1910. — Rabillon. — Distributeur de courants à mouvement d’horlogerie.
- 414 676, du 9 avril 1910. — Warmbold. — Dispositif pour la mise hors circuit des parties de conducteurs électriques aériens qui pendent à la suite d’une rupture.
- 414 744, du 12 avril 1910.— Firme J. Ettlinger et Wormser. — Système de protection pour câbles électriques placés directement dans la terre.
- 414 756, du 12 avril 1910. — Société Cance et fils et Cie. — Système de protection des conducteurs électriques souples ou non avec prise de courant sur le parcours du conducteur protégé, soit pour la lumière, soit pour autres applications.
- 414 763, du 12 avril 1910. —Druseidt. — Conjoncteur-disjoncteur pour conducteurs électriques de tous genres.
- 414 781, du i3 avril 1910. — Ducellier. — Prise de courant électrique.
- 12 432/384 026, du 5 avril 1910. —Société Vedo-velli Priestley et Ci0. — Ligne électrique à haute tension. <
- 414 947, du 20 avril 1910. — Société par actions Sprecher et Schuh A. G. Fabrice Elektr. Appa-rate in Aarau. — Isolateur pour usages électriques.
- 415 002, du 21 mars 1910. — Reineking. — Signa-leur de courts-circuits.
- 4i5 h4, du 22 avril 1910. — Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Mode de construction d’un rhéostat sans self-induction.
- 12 477/409 34i, du 16 avril 1910. — Bourck. — Dispositif permettant de fermer un circuit électrique automatiquement à une température variable à volonté.
- 4i5 204, du 10 janvier 1910. — Lyndon. — Perfectionnements apportés aux systèmes de production, distribution et réglage de courants électriques.
- 415 295, du 9 avril 1910. — Raison Sociale Labo-ratorio Electrotecnico Ingénieur LuigiMagini. — Interrupteur de circuits à jet d’huile pour courants continus et courants alternatifs monophasés et polyphasés.
- 4i5 3i5, du 27 avril 1910.— Giglio. — Perfectionnements dans les appareils rectificateurs pour courants électriques.
- 4i5 3i8, du 27 avril 1910. — Société Anonyme et Chauffage de Cauterets et Mignonac. — Limiteur disjoncteur automatique.
- 4i5 326, du 27 avril 1910. — Ilyine Berline. — Télérupteur automatique enclencheur, déclencheur à ancre.
- 415 362, du 28 avril 1910. —Weekes. —Perfectionnements apportés aux commutateurs à éléments fusibles.
- 4i5 398, du 29 avril 1910. — Ilyine Berline. — Interrupteur uni ou multipolaire à axe central interrompu.
- 4 15 494, du 3 mai 1910. — Torchio. — Procédé et appareils pour la fabrication d’enveloppes isolantes pour conducteurs électriques.
- 415 623, du 4 mai 1910. —Roncaldier. —Perfectionnements apportés aux dispositifs pour la suspension des conducteurs électriques aériens.
- 4i5 644, du 6 mai 1910. —Maiityn. — Boîte de jonction ou de raccordement pour fils et câbles électriques.
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- 415 679, du 6 mai 1910. — Elieson. — Perfectionnements aux interrupteurs électriques.
- /ii5 898, du 12 mai 19x0. — Leake et Sumner. — Appareil pour transmettre des - signaux électriques
- 415 781, du 10 mai 1910. —IIathy. —Fusible avec dispositif indicateur.
- 415 844, du 9 avril 1910. — Péciiin.— Contacts rotatifs.
- 4i5 gi3, du 9 mai 1910. — Société Alsacienne de Constructions mécaniques a Belfort. — Procédés pour faire varier ou établir rapidement un courant continu dans un circuit présentant de la self-induction.
- 415 961, du i3 mai 1910. — IIamiIton.— Perfectionnements dans les isolateurs de section pour conducteurs électriques.
- 416 o58, du i3 avril 1910. —IIirsch. —Commutateur étanche commandé par traction et avec dispositif de suspension à oscillation libre.
- 416 096, du 18 mai 1910. — Courtois. — Commutateur interrupteur électrique automatique dit minuterie.
- 416 142, du 20 mai 1910. — Pease. — Dispositif protecteur flexible perfectionné pour câbles électriques et usages analogues.
- 416 189,du aimaii9io.—'Novak. —Interrupteur de courant et indicateur de rupture pour fils aériens.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Droits du propriétaire de faire des fouilles sur son propre terrain. — Prétendu obstacle dérivant de l’article 643 (*)
- Nous avons déjà plusieurs fois indiqué à nos adhérents que l’article 55a du Gode civil, en proclamant que le propriétaire a un droit qui n’est point limité à la surface, mais s’enfonce au contraire dans le sous-sol, peut faire des fouilles dans son propre terrain, dût-il par ce moyen couper la veine alimentaire d’une source qui flue en aval, dans le fonds d’autrui.
- Sur ce point, il n’y a aucune difficulté. Mais on sait, d’autre part, qu’un propriétaire ne doit pas dériver au préjudice des riverains d’aval une source qui, dès sa sortie du fonds d’émergence, constitue une rivière dont les eaux ont un caractère d’eaux publiques et courantes.
- Une question très intéressante se pose donc : Si un propriétaire fait des fouilles sur son propre terrain, et, par ce moyen, assèche une source qui est frappée de la servitude légale de l’article 643, doit-il être répréhensible, comme s’il avait détourné l’écoulement normal de la source ?
- Le jugement du tribunal civil de Saint-Marcellin avait admis l’affirmative. En effet, il avait homologué le travail des experts qui, dans les fouilles faites par la commune de Sillans, avaient distingué deux sortes de veines souterraines captées au pré-
- U) D’après le Bulletin de la Chambre Syndicale de Forces Hydrauliques, etc., septembre 1910.
- judice du sieur N. Certaines fouilles ne devaient pas être considérées, d’après eux, comme ayant pu avoir une action sur la source du ruisseau dit de Pré-Pellerin. Le jugement, en conséquence, déclara évidemment que le sieur N n’était pas recevable à se pdaindre sur ce point.
- Mais, pour d’autres fouilles, les experts avaient déclaré qu’elles intéressaient la source du ruisseau, et estimé à 2 3oo francs le préjudice subi.
- La Cour d’appel a réformé, en déclarant, conformément d’ailleurs à la jurisprudence delà Cour de Cassation, que l’article 643 est un article essentiellement restrictif du droit de propriété, et, par conséquent,'ne doitpasêtre, d’une façon arbitraire, étendu en dehors de son texte par une décision des juges.
- En conséquence, il n’a point voulu qu’une condamnation restreignit la liberté de la commune de faire des fouilles, et c’est pourquoi l’arrêt qu’il a rendu le 27 avril 1910 a une très grande portée doctrinale.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Coin' d’Appel de Lyon.
- Jugement du tribunal civil de Narbonne, sur une question de compétence ( Jugement du 17 mai 1910).
- Un particulier sc plaint que l’installation sur la voie publique de fils de transport de force électrique gêne sa projjriété (droit d’accès ou de vue), bien que, en aucun point, sa propriété ne soit touchée par les fils.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série), — N° 4S.
- Quel sera le tribunal compétent pour statuer sur sa demande ?
- Le tribunal civil de Narbonne a statué de la façon suivante :
- Doit être portée devant la juridiction administrative, la demande de dommages-intérêts formée par un particulier qui se prétend lésé par l’installation, sur la voie publique, de fils- de transport de force électrique, lorsque la concession a été faite par l'autorité administrative, à la fois pour l’éclairage public et pour l'éclairage privé.
- • Il en serait différemment si les conducteurs électriques étaient placés, en vertu d’une simple autorisation de voirie, pour desservir les particuliers ou même des villes voisines, ou bien si les entreprises étaient faites contre les façades ou sur les toitures des immeubles, puisque, dans ce cas, il y aurait une violation du droit de propriété qui déterminerait la compétence des tribunaux judiciaires. (*)
- Arrêt du Conseil d’Êtat du 29 juillet 1910: l’éclairage électrique et les installations gratuites.
- La ville de Grenoble, sans imposer aux particuliers des installations gratuites dans les maisons, appartements ou escaliers, a l’habitude de les faire chaque fois que la demande lui en est adressée, par ceux qui désirent avoir la lumière électrique.
- Pour accomplir ce travail à sa place, — étant donné qu’une municipalité ne dispose pas de fonds d’avance, — elle a contracté avec la Société « Grenoble-Electricité » pour pouvoir se faire substituer par cette dernière.
- Quelques électriciens évincés ont cru qu’un pareil contrat était fait en violation de la liberté du commerce et de l’industrie et ont attaqué, comme contraire à la loi de mars 1791, la délibération du Conseil municipal approuvant le traité signé par le maire et la décision par laquelle le préfet avait refusé de tenir compte de leur opposition.
- Dans un arrêt très bien motivé, le Conseil d’Etat fixe deux questions : l’une de procédure, et l’autre de fond.
- Celle de procédure est simple : d’une part une demande en annulation d’une délibération du Conseil municipal ne peut lias cire déférée directement au Conseil d’Etat; mais elle doit être
- (*) D’après le Moniteur Judiciaire de Lyon, 22 juin 1910.
- présentée au préfet qui statue. D’autre part, le préfet ne peut statuer valablement qu’en Conseil de préfecture. Si la décision du préfet est nulle pour vice de forme, comme n’étant pas prise en Conseil de préfecture, le Conseil d’Etat peut se substituer au préfet, et rejeter la demandé en nullité de délibération.
- La question de fond est la suivante : quand la liberté du particulier est absolument réservée, c’est-à-dire quand il peut : ou réclamer une installation gratuite à la ville,- ou ne pas la réclamer, à son choix, il n’y a pas violation de la liberté du commerce et de l’industrie dans le fait, par une ville, de faire un contrat d’entreprise avec une société pour que celle-ci, moyennant un paiement fait par des redevances annuelles, se charge d’accomplir à sa place les travaux qui lui seraient demandés (*).
- Arrêt de la cour de Chambéry du 1er juin 1910 : compétence du juge de paix en matière d’appréciation de dommage causé à des ai'bres par une société d’électricité.
- Une société, pour établir ses conducteurs électriques, a fait un élagage que le propriétaire des arbres élagués juge préjudiciable, et dont il veut obtenir une réparation pécuniaire.
- Le juge des référés est saisi par le propriétaire, et sa compétence est discutée par la société qui, après avoir protesté, accepte finalement l’expert nommé; puis, sur cette expertise, et pour la faire homologuer, le propriétaire mène la société devant le tribunal civil.
- Ce dernier sera-t-il compétent?
- Non, dit la cour de Chambéry, parce que la nomination de l’expert par le président du tribunal, tous droits et moyens réservés, ne change pas la compétence du juge de paix qui est fatale en pareille matière, le juge de paix étant, aux termes de la loi de igo5, seul compétent pour estimer la réparation des dommages faits aux récoltes et, par ces mots, on entend tout dommage causé, non pas au sol, mais aux plantations qui le recouvrent (2).
- (1) D’après une communication du comité du contentieux de la Chambre syndicale des forces hydrauliques, etc., octobre 1910.
- (2) D’après une communication du comité du conten-lieux de la Chambre syndicale des forces hydrauliques, etc., octobre 1910.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Stérilisation industrielle de l’eau par lés rayons ultraviolets (*).
- On peut distinguer deux problèmes en matière de stérilisation industrielle de l’eau :
- a) Le premier consiste à obtenir de l’eau absolument stérile, e’est-à-dire entièrement libérée de toute vie microbienne.
- b) Le second, à fournir une eau propre à la distribution publique et ne véhiculant pas de maladies infectieuses qui, d’aprèé les théories modernes des hygiénistes, sont susceptibles d’être répandues par certains microbes dont l’eau est le milieu d’élection. Parmi ceux-ci, les plus dangereux sont les microbes de la fièvre typhoïde et du choléra.
- Le premier problème posé en a) — stérilisation complète de l’eau — se présente principalement dans les utilisations en médecine, chirurgie, gynécologie, etc, Les solutions qui avaient été apportées jusqu’à présent peuvent se diviser en deux catégories :
- i° Les moyens physiques, qui se ramènent tous à chauffer l’eau fortement pendant quelque temps, d’une manière quelconque, même sous pression surélevée ;
- i° Les moyens chimiques: adjonction à l’eau de produits chimiques tels que l’acide phénique et, depuis quelques années aussi, de l’ozone.
- Le second problème (b), celui de la production d’une eau potable incapable de répandre des maladies, a été résolu principalement par des filtrations plus ou moins fréquentes de l’eau à travers du sable plus ou moins fin. Ces filtres, retenant la plupart des microbes, fournissent une eau qui assure une sécurité relative aux habitants des villes où ce mode d’assainissement est employé.
- Un autre procédé a été aussi beaucoup employé dernièrement ; il consiste à ajouter à l’eau
- (*) Nous, avons tenu nos lecteurs au courant des travaux concernant la technique de l’ultraviolet, et en particulier de ceux dont il est fait mention au cours de cet article.
- Voir Lumière Electrique (a0 série), tomes IX, X et XI.
- un produit chimique, par exemple un précipitant tel que la chlorine ou un autre oxydant ; on a fortement préconisé, à cet effet, l’emploi de Y ozone.
- La filtration a été employée sur une grande échelle dans tous les pays. Son grand désavantage, provient de l’incertitude du système, ainsi que des frais excessivement élevés de premier établissement des filtres qui couvrent des surfaces immenses, la filtration devant s’effectuer à très petite vitesse pour être raisonnablement efficace.
- Le système basé sur l’emploi d’un produit chimique pour stériliser ou, plus exactement, pour désinfecter l’eau, n’a pas eu beaucoup de succès. Ceci est dû, en grande partie, à l’aversion du public pour l’addition d’un produit chimique à l’eau destinée à son alimentation.
- La stérilisation par l’ozone a été essayée sur une grande échelle dans divers endroits sans cependant avoir pu trouver grande faveur auprès du consommateur, pour plusieurs raisons : l’ozone donne à l’eau un goût désagréable qui ne disparaît que longtemps après ; en outre, ce gaz est difficile à préparer sans produire en même temps de l’acide nitreux dont la présence dans l’eau rend celle-ci absolument impropre à l’alimentation.
- L’installation et la marche des appareils ozo-nateurs sont d’un prix extrêmement élevé ; enfin, ils exigent une surveillance intelligente et par conséquent coûteuse.
- Il semble que, en matière de stérilisation des eaux,tous ces procédés trouvent un concurrent redoutable dans l’application des rayons ultraviolets. Il estprouvé, à l’heure actuelle, que la stérilisation de l’eau par les rayons ultraviolets est non seulement plus sûre, mais aussi beaucoup plus simple et plus économique que tous les procédés décrits ci-dessus.
- Pendant longtemps, les rayons ultraviolets n’ont été connus que du physicien dans son laboratoire ; on les produisait de plusieurs manières
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2« Série). — N<* 45.
- pour des recherches pratiques et autres : par la lampe à sulfure de carbone ou par des arcs métalliques.
- Pour la première fois, les rayons ultraviolets ont été produits industriellement dans de s appareils que le professeurFinsen développait pour le traitement, par la lumière ultraviolette, de mala dies de toutes sortes : cancer, ulcères, etc. Pour ces lampes, système Finsen, on se servait, ou de l’arc entre des pointes métalliques ou de la décharge de
- Sortie c/e l E-atJ
- Fig. i.
- condensateurs à travers une série de ces pointes. Ces sources de rayons ultraviolets étaient assez difficiles à manipuler et n’ont trouvé d’application que pour les usages indiqués par Finsen lui-même.
- La création des lampes à vapeur de mercure en quartz a permis, pour la première fois, la production industrielle des rayons ultraviolets.
- La lampe en quartz est une lampe où l’arc jaillit entre des électrodes métalliques, mais ici le métal est du mercure. Nous devons surtout l’étude de cet arc à mercure, à l’ingénieur américain, M. Cooper Hewitt, étude qui a abouti à la construction des long tubes « Cooper llewitt » bien connus pour l’éclairage et jpour la photographie.
- Schattner et Kuech ont enfermé ces arcs à mercure dans des tubes en silice fondue, ce qui était un avantage au point de vue de la produc- I tion dves rayons ultraviolets, mais un désavantage au point de vue de l’éclairage, précisément à
- cause de ces rayons qui sont assez nuisibles pour la vue. La raison pour laquelle les lampes cc Cooper llewitt», du type bien connu, n’émettent pas de rayons ultraviolets est due au fait que le verre avec lequel ces lampes sont faites absorbe complètement les rayons ultraviolets produits à l’intérieur du tube.
- Les lampes en quartz ont trouvé leur applica-
- Fig. 2.
- tion d’abord exclusivement comme lampes d’éclairage enfermées bien entendu dans des globes en verre, pour protéger le public contre la masse énorme des rayons ultraviolets traversant le quartz fondu.
- Depuis quelque temps, des lampes de ce genre sont fabriquées par la Quarzlampen Gesellschaft en Allemagne et par la Westinghouse Cooper Hewitt Company, à Paris. Cette dernière compagnie a étudié, en collaboration avec MM. de Rec-ldinghausen, Henri et Ilelbronner, l’application des rayons ultraviolets produits par cette lampe Cooper Hewitt, en quartz, connue désormais sous le nom de lampe Silica Westinghouse, à d’autres usages que l’éclairage; cette étude a d’ailleurs été reprise, peu de temps après, dans plusieurs autres laboratoires.
- Les études se sont portées d’abord sur la stérilisation du lait et de l’eau. On a constaté que les microbes dangereux contenus dans l’eau sont tués avec une rapidité remarquable par l’action
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- des rayons ultraviolets. Ceci a servi de base à-la Westinghouse Cooper Hewitt C° pour la construction d'appareils stérilisateurs d’eau pour différents usage s. Le stérilisateur type® a (fig. 1 et a) est le premier qui ait été construit industriellement. Dans cet appareil, l’eau est soumise pendant environ cinq secondes, sous une agitation assez violente, à l’influence d’une lampe à mercure en quartz se trouvant au-dessus de la surface de l’eau. Ce peu de temps suffit pour détruire toute vie microbienne qui pourrait exister dans l’eau. L’agitation est .causée par le passage de l’eau à travers des chicanes coniques qui sont aménagées à l'intérieur de l’appareil. Cette agitation a pour but, non seulement de soumettre avec certitude chaque molécule d’eau àTinfluenee des rayons, mais aussi de retourner plusieurs fois chaque particule de poussière qui pourrait se trouver dans l’eau et qui pourrait abriter les microbes contre l’action des rayons ultraviolets comme le ferait un écran.
- L’appareil est en 1er émaillé blanc pour permettre le maximum de réflexion des rayons et par suite un maximum d’action sur les microbes contenus dans l’eau. Ce stérilisateur donne donc, d’une façon extrêmement simple, de l’eau complètement stérilisée jusqu’à la quantité de 600 litres à l’heure, quantité tout à fait suffisante pour les usages .médicaux'indiqués plus haut.
- La lampe de l’appareil est le type normal de lampe d’éclairage, marchant avec 3,5 ampères sous no volts.
- Les quelques secondes de séjour de l’eau dans l’appareil ne lui permettent pas de prendre le goût de l’ozone qui se produit en petite quantité dans l’air entourant la lampe; de plus, elle ne viarie aucunement quant à ses qualités chimiques : elle n’est privée d’aucun des gaz ou des sels qu'elle contient en dissolution. L’eau sort donc de l’appareil avec les qualités qu’elle avait en entrant'; la seule différence est que toute vie organisée est anéantie au sein du liquide.
- D’autres appareils, débitant environ la même quantité d’eau,ont été construits depuis (Nogier), bàsés sur un autre système d’action des rayons sur l’eau. Ces appareils utilisent une lampe qui se trouve dans l’eau même. 11 n’est pas, sans doute, de meilleure utilisation des rayons émis par la lampe, mais le fonctionnement normal de cette dernière est fortement modifié par suite de son .refroidissement par l’eau.
- La faible production de rayons ultraviolets ri’est pas compensée par la meilleure utilisation des rayons produits. Le désavantage principal de*ce système est qu’il se forme sur le tube lumineux'un dépôt calcaire comme sur un tube de chaudière et l’écran ainsi formé couvre bientôt complètement le tube lumineux et empêche les rayons ultraviolets de pénétrer dans l’eau et par conséquent de la stériliser.
- Pour en revenir au deuxième problème de la stérilisation de l’eau en grandes quantités [b), il a été abordé par de nombreux essais (Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 11 avril 1910. Stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets. Note de MM. Yiclor Henri, André Helbronner et Max de ReèKlinghausen,présentée par M. Dastre). Les essais ont eu pour point de départ des recherches antérieures effectuées au laboratoire de la Sorbonne (Cernovodeanu et Victor Henri, Comptes Rendus, 3 janvier 1910), d’après lesquels on pouvait s’attendre à obtenir une stérilisation suffisante del’eau pour une canalisation publique avec une dépense de 36 watt-heures par mètre cube. Ces essais ont été faits par pollution artificielle de l’eau employée qui entrait dans l’appareil. Le dispositif employé était analogue à celui décrit pour l’appareil B 2 ci-dessus, c’est-à-dire que la lampe se trouvait au-dessus du liquide, maintenue à une très petite distance de la surface àl’aide de flotteurs sur lesquels la lampe était placée.
- Ils ont montré, d’une façon évidente, l’importance d’un fort brassage de l’eau et lorsqu’on a construit de nouveaux appareils, on a non seulement cherché à réaliser ce fort brassage, mais aussi à augmenter le rendement bactéricide de la lampe en employant plus de rayons qu’on n’en peut employer dans une lampe n’agissant qu’à la surface de i’eaü. Puisqu’il est d’une importance capitale que la lampe fonctionne d’une façon normale, c'est-à-dire qu’elle fonctionne absolument comme une lampe d’éclairage, on à cherché' dans cette nouvelle construction, comme d’ailleurs dans la première,avec les lampes flottantes, à faire fonctionner les lampes dans les mêmes conditions de température que dans les appareils d’éclairage. La raison de cette précaution est la suivante: les lampes en quartz dëmandént, pour avoir un bon rendement, de marcher à une température fort élevée (environ 8oo°). Si on refroidit artificiéllementla lampe, soit entièrement,
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- soit en partie, avec de l’eau courante, cette température n’est pas atteinte et par conséquent, le rendement lumineux de la lampe est fortement réduit. Pour se rendre compte si une lampe fonctionne dans les mêmes conditions de dégage-
- entre à force dans le bac en fonte au moyen de 4 écrous à oreilles qui assurent une étanchéité parfaite. La boîte à lampe elle-même forme-cloison entre l’arrivée et la sortie de l’eau. Elle est munie de trois fenêtres en cristal de roche taillé,
- mmzmztm
- Fig. 3.
- ment de chaleur que dans les appareils d’éclairage, il suffît d’employer un voltmètre et un ampèremètre. Dans les grands appareils décrits plus loin, on emploie des lampes de 3 amp., 220 volts. Ces lampes donnent leur meilleur ren-, dement quand il existe une tension d’environ 15o volts aux bornes, après avoir atteint le régime normal, c’est-à-dire après environ dix minutes de marche. L’appareil, décrit plus loin, est construit de telle façon que les lampes atteignent à peu près ce régime et brûlent donc avec un maximum de rendement lumineux.
- Tous les efforts ont tèndu dès le début à créer une grande unité de stérilisateur (fig. 3 et 4) que, pour une installation importante, il suffirait de multiplier. Cette unité stérilise plus de 6oo mètres cubes par 24 heures au moyen d’une lampe Silica Westinghouse (220 volts 3 ampères). L’unité proprement dite se compose du stérilisateur Westinghouse type C 3 avec sa soupape automatique déviatrice. Le stérilisateur même est composé d’un bac en fonte muni de plusieurs chicanes pour la conduite de l’eau. Dans cet appareil, la boîte à lampe, munie de deux grandes joues semi-circulaires, reposant sur un joint en caoutchouc,
- à travers lesquelles la lampe rayonne dans le bac stérilisateur. L’eau arrive d’abord contre la première fenêtre en quartz et, au moyen d’une chicane, est renvoyée vers la périphérie du bac; puis elle revient pour toucher la deuxième fenêtre en quartz et pour être soumise une deuxième fois aux rayons de la lampe à travers cette fenêtre. Elle est reconduite vers la périphérie et ramenée vers la troisième fenêtre contre laquelle elle subit pour la troisième fois , l’action des rayons. Par ce mouvement forcé de l’eau, on obtient un fort brassage qui-est nécessaire, ainsi qu’il a été dit plus haut. Dans plusieurs parties de l’appareil, on a aménagé des orifices par lesquels on peut inspecter la marche.
- Une soupape déviatrice est aménagée dans le circuit de l’eau avant l’entrée dans l’appareil. Cette soupape est munie d’un aimant qui est traversé par le courant alimentant la lampe du stérilisateur. Si la lampe vient à s’éteindre pour une raison quelconque, cet aimant lâche son noyau et un levier fait ouvrir un clapet formant le fond de la soupape. L’eau qui entre par la soupape automatique sort donc immédiatement par cette ouverture, dans l’égout. Elle ne passe pas
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- par le stérilisateur. On est donc certain, de cette manière, que seule de l’eau stérilisée entre dans les conduites de distribution. On peut, naturellement, munir la soupape automatique d’un
- Ce tableau montre d’une manière irréfutable que l’eau qui a traversé l’appareil ne contient* dans la moitié des cas, que zéro germe par centimètre cube, et dans l’autre moitié, au maximum
- appareil qui avertisse le surveillant de l’arrêt de fonctionnement de son stérilisateur..
- Un appareil de ce type, quoique un peu moins perfectionné, a été essayé cet été, en service continu, lors du concours public de stérilisation d’eau en grandes quantités, à Marseille. Les résultats obtenus avec cet appareil sont indiqués dans le tableau I.
- On remarquera que la quantité d’eau à la disposition de l’appareil a presque toujours été supérieure à 6oo mètres cubes par vingt-quatre heures. A de rares instants seulement les expérimentateurs ont eu beaucoup plus d’eau à leur disposition. Dans ces derniers cas, la stérilisation a toujours été aussi parfaite qu’aux débits indiqués dans le tableau.
- io germes. On a toujours constaté l’absence de bacterium coli sur 200 centimètres cubes. Suivant ces essais, l’eau qui a passé par le stérilisateur Westinghouse entre dans la catégorie de l’eau parfaitement pure, d’après la définition de Miquel, tandis que l’eau avec laquelle l’appareil est alimenté ne peut guère être appelée potable puisqu’elle est très riche en coli.
- La différence en moisissures, avant et après, est apparemment due au fait que l’appareil se trouve à l’air libre et que le robinet de prise à l’entrée de l’appareil est plus abrité contre le vent elles poussières qui amènent ces moisissures, que la vasque de prise située à la sortie de l’appareil.
- L’eau qui alimentait cet appareil pendant les>
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- LA LUMIÈRE ÉLECTR IQUE T. XII (2* Série). — M* 45.
- essais était de l’eau clarifiée par une installation j ment opaque à travers un mètre d’épaisseur, de dëgrossisseurs etpréfïltres du système Puech [ Les conclusions que nous pouvons tirer de ces
- - Tableau I.
- AVANT APRÈS
- ESSAIS Mètres cubes Watt-heures
- d’eau
- Numéros par 24 heures par mètre cube Coli par litre Germes par cm3 Moisissures par cm3 Coli par 200 cm3 Germes par cm3 Moisissures par cm3
- i58 0
- 174 2
- 1 plus de 600 moins de 26 148 2 8
- ! 0
- 0
- 4 plus de 600 moins de 26 TOO a 200 220 260 0 2 2
- ♦ 22 0
- 7 plus de 600 moins de 26 l8 2 ? 4 0 0 2 IO
- 36 ‘ 0
- 10 a plus de 600 moins de 26 5 00 36 2 0 0 3
- 40
- 22 0
- 20 0
- > l8 0 3
- 12 a 56o 28 80 24 0 0
- l6 o,5
- Q
- 0 ï,5
- 48 O
- 52 O
- 12 bis plus de 600 moins de a6 5o 44 2 0 0 0 6
- 0
- - 0
- 24 0
- i3 plus de 600 moins de 26 5o 3o 16 0 2 6 , 1
- « 0
- 3o , 10
- 38 6
- 14 plus de 600 moins de 26 200 20 0
- » 4 2
- r 1
- 43 0
- 60 b
- 18 plus de 600 moins de 26 5oo à 1 000 0 0
- 0
- 0 1
- et Ç-hàbal qui produisaient une eau parfaitement claire avec de l’eau brute delà Durance; cette dernière était dans la plupart des cas absolu-
- essais sont les suivantes: on peut obtenir une eau-parfaite pour distribution publique avec une dépense de moins de 26 watt-heures par mètre
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- 5 novembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- i*à&
- Gube,,dàns un seul appareil' débitant plus de 6oo> mètrescubes par 24 heures. Considérant l’extrême’ simplicité de eet appareil et les frais minimes: de courant, ces essais de stérilisation de l’eau semblent donc être destinés à une généralisation industrielle complète.
- M. von Recklinghausen.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- La circulaire Renauld du 22 octobre annonce que l’assemblée ordinaire prochaine des Constructions Élèctri'ques de Nancy sera appelée à se prononcer sur la répartition d'un dividende de 5% aux actionnaires. Les résultats du premier exercice qui se traduisent par un bénéfice net de 19,53 % autoriseraient en effet cette mesure que d’aucuns seraient tentés de croire un peu imprudente pour un premier exercice ; mais les bénéfices s'élèvent à 97 671 fr. 20 et rece-vraientles affectations suivantes :
- Amortissements................. 57 971 70
- Réserve statutaire.............. 1 994, g5
- Actionnaires 5,%,.............. 25 ooo-
- Tantièmes......._______________ 5 000
- Réserve extraordinaire......... 7 5oo
- Report à nouveau.............. 204 55
- Ainsi plus de 68 %. des bénéfices seraient affectés aux amortissements et réserves et la trésorerie n’aurait qu’à décaisser 3o 000 francs au moment du paiement du coupon. Les actionnaires se rangeront à l’avis de leur conseil qui a su donner déjà un relief intéressant à la marque des Constructions Electriques;, même, il a dû envisager des agrandissements pour faire face aux commandes et la création corrélative de ressources nouvelles qui seraient obtenues par une augmentation de capital. Celui-ci serait porté à un million par la création de 1000 actions nouvelles de 5oo francs, émises au pair, jouissant des mêmes avantages que les précédentes et réservées par préférence aux anciens actionnaires.. L’action ancienne se traite en vente aux environs du cours de 5i5 francs. Les perspectives de placement ne feront donc pas défaut cette fin d’année aux capitalistes en quête de valeurs industrielles, celles-ci venant s’ajouter aux obligations hypothécaires 4,1/2 % de l’Est Electrique, aux 1 200 obligations 4 1/2 %
- des Ardennes Electriques, aux obligations hypothécaires des Usines dé l’Arve et à celles dé la Compagnie Centrale d’Ënergie Electrique.
- On annonce encore dans la même rubrique l'augmentation du capital de la Société pour, l’industrie de l’aluminium à Neuhausen et: une, émission d’obligations de l’Electro-Métallurgie du Sud-Est. Le conseil de la première proposerait de porter le capital de 26 millions à 3 i 200 000 francs par l'émission de 5 200'actions-nouvelles de 1 000-francs chacune:, offertes aux anciens actionnaires au prix de a rSo fr., jouissance du 1 janvier 1911, qui seraient libérées de 75 %. L’Electro-Métallurgie du Sud-Est émettrait de son côté 800 obligations non hypothécaires au fur et à mesure des besoins de la société.
- Puisque nous- en sommes’ à la question- des émissions^ notons que l’assemblée extraordinaire' de là Société Brown Boveri et Clc à'Bâle’a voté l’augmentation du capital de 20 à 28 millions; de francs et la fùsionavecla Société d’Electricité Alioth, à Arlesheim et'la I'saria Zahlerwerke. Nos constructeurs français éprouveront bientôt, les effets économiques de cette fusion qui aura tout au moins pour conséquence de substituer la turbine Parsons à celle de Sulzer dans les ensembles où Alioth avait recours aux bons offices de ces derniers.
- Une nouvelle société dite hydro-électrique de Ghoranche-en-Vorcons et de Bourgade-Péage est en formation avec siège social à; Bburg-de-Péage, pour l’exploitation de toutes concessions d’énergie au moyen d’une chute d’eau sur la rivière La Bourne, la création et l’exploitation déboutés industries connues, la participation dans toutes opérations se rattachant à ces objets. Le capital de 1 100000 francs se diviserait en 2 200 actions de 5oo francs dont 60 attribuées au fondateur et 2 i'-4o à souscrire en espèces. Mais ces 60 actions libérées ne constituent pas le seul: avantage du: fondateur qui reçoit en outre 75 ooo francs en; espèces comme représentation de ses apports’: droits de riveraineté sur la Bourne, concession de Bourg-de-Péage, concessions en oours d’obtention de diverses communes dont Saint-Marcellin, dé*-marches, études, plans et devis relatifs à ces concessions.. Le mode de répartition des bénéfices, s’il est exactement rapporté, ne manque pas de surprendre : dans l’ordre on affecte 5 % à la réserve légale, i5% au conseil d’administration, 80 % aux actionnaires. D’une façon générale, le conseil, malgré les responsabilités qu’il assume, ne vient qu’àprès le 5 % aux actionnaires, ce qui diminue d’autant sa part à moins qu’il ne soit stipulé dans les statuts quels tantièmes
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XII (2* Série). — N» 45.
- sont prélevés non sur un solde de bénéfices, mais sur le montant intégral de ceux-ci.
- Le Sud-Lumière a clos le 3o juin dernicrson troisième exercice social qui se traduit par un bénéfice net de 38 463 fr. 97 qui a été réparti comme suit:
- A la réserve légale : 5%.... 1 923 20
- Aux actions de priorité : 3 % ... 36 000
- Report*à nouveau............. 54o 77
- Le compte des profits et pertes se compose, aux profits, des Jbénéfices sur vente de courant et de divers accessoires, d’un versement de 20 000 francs fait par la Compagnie Est-Lumière, pour garantie d’intérêts, mais surtout jusqu’à concurrence de 53 770 francs d’avances faites par divers clients situés sur le parcours des lignes, à haute tension à titre de Yedevance pour contribuer aux dépenses d’établissement du réseau primaire. Cette somme a été portée, du reste, avec juste raison, au fond général d’amortissement.
- Formule très heureuse, dit le rapport du conseil, que cette participation de la clientèle au développement du réseau ; nous avons vu l’Etat l’employer abondamment pour la construction des réseaux téléphoniques de province et les départements ou les particuliers, dans certains cas, qui ont fait les avances, n’ont pas eu à se le ''reprocher. Ici, « des clients très avisés, importants fermiers des plateaux de Villacoublay et de Saclay, n’ont pas hésité à engager personnellement de fortes dépenses pour s’assurer les bienfaits de l’électricité » ; ils ont en plus versé 100 000 francs au Sud-Lumière pour l’établissement d’une ligne primaire desservant leur région. Ces 100 000 francs ne font point double emploi avec les redevances dont nous parlions plus haut.
- Le rapport ne nous fixe pas sur les conditions intervenues entre les parties à l’occasion de ces conventions; elles seraient fort intéressantes à connaître, car on se les explique dans un secteur très étendu qui a peu de ressources et ne peut consentir l’alimentation d’une clientèle éloignée sans importants sacrifices, que la vente du courant rémunérera à peine au début de l’installation ; on se les explique moins au Sud-Lumière qui a un capital de 2 400 000 francs et se dispose à émettre en plusieurs tranches 2 400 000 francs d’obligations. Son champ d’action s’étend de Villeneuve-Saint-Georges, Bourg-la-Reine, Sceaux, Fontenay-aux-Roses jusqu’à Versailles. Des contrats de fourniture à la Société Yersaillai.se de Tramways Electriques, à la Société départementale d’usines à gaz
- qui doit assurer l’éclairage électrique d’Antony, Châtenay, Massy, Verrières, la distribution dans Athis-Mons, Juvisy, Jouy en Josas, Vélisy, etc., ont conduit le Sud-Lumière à nouer des ententes avec l’Est-Lumière et la Compagnie Générale de Distribution d’Energie Electrique qui lui livreront tout le courant dont elle a besoin. Ce rôle d’acheteur de courant lui permettra de consacrer tous ses capitaux et toute son activité à l’équipement de son réseau. Actuellement, les frais de premier établissement s’élèvent à 1092 123 fr. 29, les apports figurant en outre à l’actif pour 1 262 44o fr. 70. Les valeurs disponibles représentent 288 ii5 francs en regard de 199 178 francs d’exigibilités non immédiates. Le quatrième exercice social en cours ne peut manquer de donner une indication intéressante sur l’avenir futur de cette affaire qui appellera une comparaison avec l’Est-Lumière, l’Ouest-Lumière, et le Nord-Lumière.
- L'Eclairage Electrique de Cannes n’a réalisé cette année que les quatre cinquièmes de son bénéfice de l’exercice précédent. Il s'élève à 77 433 fr. 48 contre 92 436 fr. 48 en 1909. Le dividende de 9 fr. 25 par action sera cependant maintenu, absorbant 55 5oo francs ; 18 871 fr. 83 sont affectés aux réserves et amortissements et 3 061 fr. 83 sont reportés à nouveau.C’est le conseil d’administration dont l’allocation avait été l’an dernier de 1 200 francs qui se sacrifie cette année.aux actionnaires. L’affaire apparaît malgré cela, en très bonne situation ; les débiteurs divers figurent à 23 4^8 francs au lieu de 7 935 francs et le poste caisse et comptes de banque, s’élevant à 208 435 fr. 45, est supérieur de i5 100 francs au chiffre de l’an dernier. Dès maintenant, en regard d’un capital de 1 100000 francs, les réserves totales sont de 182 000 francs, et atteindront 200 000 francs après affectation des réserves votées le 14 dernier. Le fléchissement des bénéfices n’est que momentané et la société prend ses dispositions pour les ramener aux chiffres antérieurs.
- Dick, Kerr et C° à Londres ont fait un bénéfice de 570 5oô francs en 1909-1910. Après affectation de 310 100 francs aux intérêts des obligations et aux amortissements, il reste un solde de 260 400 francs qui, ajouté au report de 1 678 525 francs de l’exercice précédent,a permis de distribuer6 % aux actions privilégiées et 5 % aux actions ordinaires, la répartition laissant un solde de 1 o56 4&o francs qui a été. reporté. Les résultats ci-dessus viennent à l’appui de cette observation du rapport que la concurrence « acharnée » qui a sévi dans l’industrie
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- 5 Novembre 1910. REVUE- D’ÉLECTRICITE
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- électrique au cours de l’exercice 1908-1909 n’a pas été moindre en 1909-1910. Le très important report -à nouveau garantit cependant leur dividende pour quelque temps aux actionnaires de Dick, Kerr, et C?.
- L’Allemagne a pris une position prépondérante en Angleterre dans cette industrie et nul doute que l’amertume de la remarque précédente ne soit provoquée par cette constatation. * ' D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Autriche-Hongrie. — Le Conseil municipal de Rei-chenberg a demandé au Landtag l’autorisation de contracter un emprunt de 17 4°° 000 couronnes en vue de , l’établissement de stations électriques et de lignes de tramways.
- République Argentine. — Le Conseil de la province de Salta a accordé à M. Barvil une. concession pour l’établissement d’un tramway électrique.
- Le maire de Sanla-Fé a signé un contrat avec la maison Winby et C° pour l’électrification des tramways et l’établissement d’une station centrale.
- ÉCLAIRAGE
- Vosges. — La Société Vosgienne d'Electricité est le titre d’une société en formation, avec le concours de la Société d’Applications Industrielles de Paris, pour reprendre le secteur électrique de Saulxures-sur-Mose-lotte.
- Turquie. — Le sultan a ratifié le contrat conclu avec la Société d’Electricité Ganz et Cio de Budapest, au sujet de la création d’une installation d’électricité pour le quartier européen de Constantinople.
- 20 millions de couronnes seront nécessaires pour cette entreprise. Il sera créé à cet effet un syndicat sous la direction de la Banque de Crédit Hongroise, auquel participeront un groupe français et un groupe belge, entre autres la Banque de Bruxelles qui s’occupera du placement des obligations à émettre.
- La participation des groupes étrangers a permis l’acquisition de l’usine à gaz de Stamboul jjar le syndicat.
- TÉLÉPHONIE
- Bouches-du-Rhône. — La Chambre de commerce d’Arles est autorisée à avancer à l’Etat une somme de
- 17 i38 francs en vue de l'établissement d’un circuit téléphonique. Arles-Nîmes.
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 3o 200 francs en vue de l’installation d’un circuit téléphonique Alger-Ménerville et d’un deuxième circuit Alger-El-Biar.
- La Chambre de commerce de Bône est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 10 200 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique de Mondovi à Penthièvre.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de /'Est.
- Jeumont
- Bulletin, juin 1910. — Ponts roulants.
- Juillet 1910. — Nos installations électriques dans les carrières de Petit granit d’Anthisnes.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société d’Electricité de Paris. — Le 12 novembre, çS, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- Compagnie Parisienne d'Energie Electrique. — Le 7 novembre, 161, rue Montmartre, à Paris.
- Compagnie Orientale des Radiogrammes et d’applications électriques.— Le 16 novembre, 17, rue de Téhéran,.à Paris.
- Société Hydro-électrique du Pas-de-Loup. — Le 16 novembre, 15, rue Laffitte, à Paris.
- Société d’Exploitations électriques, gazières et hydrauliques. — Le 26 novembre, 27, rue Mogador, à Paris.
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- la ilumjère électrique
- T. XII (2? Série), — N? 45.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- JLe 29 novembre', à l’hôtel des Postes, à, Alger, fourni- ! ture des fils de cuivre, consoles et isolateurs nécessaires i pour les besoins du service algérien des postes et télégraphes.
- BELGIQUE
- Le 9 novembre, à midi, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de divers objets nécessaires à l’établissement d’installations électriques du service de la voie des chemins de fer de l’Etat (avis spécial n° 33g) :
- x,r lot, gainés em bois dé sapin pour protection de conducteurs électriques; caut. : 5o fi-.. ; — 2e lot, poteaux eo sapin n° 8; caüt. : 6oo fr. ; — 3e lot, brides d'attaches dè tringles1 creuses, caut.: ioo fr,.; — 4®'l°t, boîtes avec serrure, pour protection de commutateur, caisse à pile, boîtes' protectrices pour sonnerie»; caut.: xoo fr. ; — 5® lot, isolateurs- intermédiaires; caut.: ioo fr. ; — 6e lot, ferrures pour isolateurs-; caut, : 200 fr.; — 70 lot, crampons galvanisés, soudure ordinaire; caut. : 5o fr. ; — 8e lbt, fil' de plomb de 4 millimètres de diamètre; caut : 5o fr. Soumissions recommandées le 5 novembre.
- ALLEMAGNE
- Le r5 novembre, à la- Kôniglische TèlegrapHen-werkstatte, à 'Stuttgart, fourniture de- plbmb, fil' de cuivre, feuilles de laiton, appareils téléphoniques, et»,
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 20 novembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Cracovie, installation de l’éclairage électrique dans les stations de Rzeszow et de Rzeszow-Staroniwa et leurs dépendances.
- ANGLETERRE
- Prochainement, au City Council, à Belfast, établissement de nouveaux tramways, no ooo livres sterling.
- RUSSIE
- La municipalité de Tiflis mettra prochainement au concours les travaux d’installation dans cette ville d’une usine électrique. Plans, devis et cahier ; des charges (texte en langue russe), relatifs à cette adjudication à l’Office national du Commerce extérieur 3, rue Feydeau, Paris.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7; 8, 9 et ro de Vannée 1894 dé notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir“ série) dè bien vouloir nous le'faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- P* BIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE,17.
- Le' Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trentff-d&uxldme année.
- SAMEDI 12 NOVEMBRE 1910.
- Tome XII (2« série). — N' 49.
- La
- Lumière Électrique
- Préeéclemmjent
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 193. — J. Rezelman. La réactance synchrone et asynchrone, p. 190. — G. Salzjiann. Compensatrices des réseaux à trois fils, p. 199.
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. Nouveaux dispositifs pour' la marche en parallèle des dynamos, W. Wolf, p. 207. — Traction. Suspension caténaire pour tramways, Hensig, p an.— Usines génératrices. Petites usines électriques économiques, H. Miller, p. 211. — Usine hydro-électrique sur la rivière Niobrara, K. Palmer, p. 212. — Eléments primaires et accumulateurs. Sur les piles à antimoine et à séléniures d’antimoine, H. Pelabon, p. 214. — Brevets. Liste de brevets, p. 214. —-Bibliographie, p. 218. — Chronique industrielle et financière. — chronique financière, p. 221. — Renseignements commerciaux, p. 223. — Adjudications, p. 224.
- ÉDITORIA L
- C’est le cas du rotor à cage d’écureuil qu’analyse aujourd’hui M. J. Rezelman, après celui du rotor bobiné.
- En poursuivant son étude de la réactance synchrone et asynchrone, l’auteur examine ici le cas d’un moteur triphasé de 5o chevaux sur lequel il a exécuté des essais complets, rotor enlevé ou rotor en place. Il a ainsi pu observer l’indépendance remarquable de certains éléments vis-à-vis de la position du stator par rapport au stator : c’est le cas de la réactance; en ce qui concerne les forces électromotrices induites dans les bobines extérieures, elles se trouvent indépendantes même de la présence du rotor. Ces résul-
- tats intéressants sont étayés, comme d’habitude, sur une documentation expérimentale, qui leur donne un grand prix aux yeux du praticien.
- En accueillant l’étude très détaillée qu'un jeune ingénieur, M. Salzmann, a consacrée à l’emploi des compensatrices clans les réseaux à trois fils, nous avons, avant tout, voulu poser ainsi, une fois de plus, aux techniciens, ce problème encore insuffisamment résolu, et quelque peu délaissé actuellement.
- C’est à juste titre, en effet, que l’auteur tient cette question pour une des plus obscu-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2® Série).—N- 46.
- res qui soient. Nous verrions avec plaisir une discussion technique s’engager à cette occasion, et des bases classiques s’établir dans'ce chapitre très intéressant de la technique des distributions.
- M. Wolf a eu l’heureuse idée de réunir, dans un même exposé, les dispositions brevetées par quelques grandes maisons de construction pour la marche en parallèle des machines électriques.
- Les principaux points visés sont : répartition égale des courants, contance des tensions, synchronisme.
- La suspension caténaire, que décrit M. Hen-sig, a été récemment appliquée en Allemagne.
- Le problème qui se pose, pour les fortes sections de conducteurs en honneur actuellement, est, évidemment, de renforcer en conséquence le dispositif de suspension.
- La solution préconisée ici est assez coûteuse à établir, mais d’une bonne durée.
- L’établissement de l'usine de la Niobrara
- J a correspondu à la solution d’un problème pratique : utilisation de ressources locales assez faibles ; c’est à ce titre que la description donnée par M. Palmer présente un intérêt général.
- Quant à l’étude de M. Miller, qu’on lii’a ensuite, elle concerae plus spécialement les conditions d’établissement des petites centrales.
- D’après l’auteur, l’emploi de machines à vapeur loeomobiles ou demi-fixes, est particulièrement recommandable. Encore faut-il qu’on ne dédaigne pas systématiquement certains perfectionnements qui réduisent dans une mesure très appréciable la consommation.
- L’imperfection relative dé la technique actuelle des éléments primaires donne un grand intérêt aux recherches de laboratoire. Celles de M. Pelabon, qui concernent les piles à antimoine et à séléniures d'antimoine, ont fourni des chiffres intéressants sur le rôle de la lumière dans leur fonctionnement.
- 1910.
- Ce numéro contient en Supplément les Tables de la Lumière Electrique, 3e trimestre
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- 12 Novembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE
- Dans l’étude précédente (l), nous avons analysé la réactance du moteur asynchrone avec rotor bobiné ; déterminons maintenant celle d’un moteur avec rotor à cage cl’écureuil.
- Moteur triphasé de 5o chevaux, à i pôles, 5o périodes, 3ooo tours, 38o volts entre phases. Stàtor :
- <I> int. = a65mm
- l — iSo — 2 X 7,5mm Rainures = 24 (20 X 40)
- s» = 9 P = 1
- Rotor :
- T - 417“"' h = 17omm
- ts = 34,7mm
- <] = 4 (üg. 1)
- Entrefer simple o = i,5mm
- Rainures = 41 (7,5 X a31 lr— 2o,3,r,ul
- S„ = i P = l (ÿ = 6,85 fig.i)
- Le stator a un bobinage par pôle;
- Phase I : ls — 670'-““; lsa = lab = 36omm ; TU = TU = 15omm ; lsc = 31 omm ; TU = 38omm.
- Phase II : ls = 85o"'n“ ; lsa — lsb — 54omm ; TU = TU — 15omm ; Isc = 31 om” ; TU = 38o““.
- 7 2
- sera donc -i— — 3,6 X celle induite dans les ao
- :?o spires auxiliaires.
- zo
- Fig. i. — Croquis des encoches du stator et du rotor.
- Tableau I.
- Cü-l <?0 2 C(J-3 ei-u «1-111 «11-111 Caux. J c
- Lectures avec un cou- f 1 20,2 4 ,5 3 ,9 2 5,2 24,7 45 5o
- rant de 46 ampères n 4 ,8 23,1 5 ,4 28 28.9 2,75 » ». -Sans rotor.
- dans phase.. in 4 ,26 5 ,42 24,5 — a 9 3o — )) »
- Lectures avec un cou- 1 18,8 2 .62 2 ,22 21,6 ai , 1 _ 45 5o Avec rotor la posi-
- rant de 4 5 ampères 11 2 ,6 21 ,4 3 ,3 24 ,3 — 24,9 2,7 » » tion est sans
- dans phase.. ni % ,2 3 ,2 22,6 — 24,9 26,1 » » influence.
- Des essais complets ont été faits :
- A) Avec plateaux paliers, sans rotor;
- B) Avec plateaux paliers, avec rotor.
- 1) En monophasé par phase;
- 2) En monophasé avec deux phases en série;
- 3) En triphasé. ---
- Les essais ont donné les résultats indiqués
- dans les tableaux I, II et III.
- Phase III : ls = y55mm; lsa = lsb = 645mm; TU = TU = 15omm ; lsc = 31 om“> ; TU = 38onim.
- Des spires auxiliaires, au nombre de 20, ont été placées au milieu et suivant le ls de la phase II (fig. 2); la force électromotrice induile dans les bobines extérieures de cette phase
- (•) Lumière Electrique i-j et 24 septembre 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2* Série). — N4 46.
- Nous constatons que les forces électromotrices induites dans les spires auxiliaires, et par conséquent dans les bobines extérieures, sont les mêmes avec ou sans rotor. Comme le montre la figure i, les bagues de la cage d’écureuil sont en effet trop éloignées des bobines du stator pour y exercer une influence
- il n’y a donc formation d’aucun champ supérieur commun, ce qui résulte de la propriété de la cage d’écureuil de créer dans l’entrefer une répartition de force magnétomotrice corx’espondante à celle du stator. Il en résulte que les réactances x,„ et x„h par phase doivent être les mêmes en mo-
- Tableau IL
- eu 2 e - 11 Cmii Cll.IlI £qux. J c
- Lectures avec un cou- III 24 26,9 51 23 28 3.42 45 5o
- rant de 45 ampères dans II-III - 27,2 28,8 28 28,2 56 1 3,64 » » Sans rotor.
- deux phases en sérié. . I-III 23,8 ~ 27 ,8 23 51,4 /8,3 — )) »
- Lectures avec un cou- ( I II 20,9 23 _ 44,3 20 24,2 3 4 45 5o Avec rotor, la posi-
- rant de 45 ampères dans II-III — 25 24 24,2 *4,7 49 3,62 )) » tion est sans
- deux phases en série. . I-III 20 24 9^8 44,4 24 ,8 — » » influence.
- démagnétisante et le coefficient d’induction A conserve donc sa valeur. De plus, l’essai en triphasé (tableau III) montre que, pour un même courant dans la phase II, les forces électromotrices induites dans les spires auxiliaires sont sensiblement les mêmes avec rotor tournant ou fixe.
- nophasé sur une phase ou sur deux phases en série; les réactances totales par phase ne peuvent différer que par l’augmentation de x„' due à l’induction mutuelle entre les bobines extérieures.
- Les essais en monophasé sur une phase d’un moteur semblable (tableau I, avec rotor)
- Tableau III.
- e» t É?0-2 Co-3 Ci-u Cl-lll Cil III ^nUX. J. J «I ni c
- Lecture en mesurant le courant de 45 ampères dans phase 11 26,8 27 J9 46,7 49 48,3 3,56 5o ,2 45 46,8 5o Sans rotor.
- Lecture en mesurant le courant de 45 ampères dans phase II 22,8 23,6 25,8 40.8 42,7 42,8 3,44 5o ,5 45 47 5o 1 Avec rotor, la position est sans influence.
- Lecture en mesurant le courant de 45 ampère* dans phase II l8l 181 l8l 817 3i7 3i7 3,68 3,78 ^ 1 2. 1 _ 1 45 45,8 5o 1 Avec rotor tournant à 2925 tours cos cp = 0,92
- L’induction mutuelle entre les bobines permettent donc de déterminer directement extérieures des phases différentes est environ l’induction mutuelle entre les bobines exté-
- La réactance est indépendante de la position que le rotor occupe par rapport au stator;
- rieures, en mesurant la force électromotrice induite dans les phases ouvertes. Remarquons aussi que la réactance sans rotor est plus élevée qu'avec rotor ; elle est, en monophasé
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 197
- sur une phase, de 8 %, et en monophasé sur deux phases en série, de i5 % ; la différence entre 8 et i5 % résulte encore de l’induction mutuelle entre les bobines extérieures.
- A) Sans rotor.
- Sur une phase :
- Q —i2, q = l\.
- Sur deux phases en série :
- Q = 12, q = 8;
- X„ ~ 1,89 et X*=rr6,85;
- d’où :
- Xtn + Xsk = 0,60 Q.
- Le coefficient de l’induction mutuelle entre
- Fig. 2.
- Le calcul donne :
- \i— 1,89 et X* = 5,78;
- d’où :
- xsn + ®sk — 0,275 Q.
- On trouve pour le coefficient d’induction A des bobines extérieures :
- Ai = 0,274 An = 0,272 Am — 0,241.
- les bobines extérieures des phases I, Il et II, III est : 1,29, tandis que celui de I, III est : 1,21.
- B) Avec rotor.
- Sur une phase :
- Stator : Q = 12,
- Rotor : Q = 20,5
- q = 4,
- q = 0,85
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2* Série). — N*46.
- Le calcul donne :
- == 1 >87, el
- X/t =: 0,835,
- d’où :
- XH2 — a >46
- S'A? — i, ï 8 ;
- les deux demi-bagues représentent en réalité un bobinage par pôle.
- En prenant l9 égal à l’arc correspondant au milieu des rainures :
- 1$ — Isa — Isb —
- TC . 236
- 370mm
- “h* — 0,167
- et
- TL« = TL* = i56mm,
- 1 ~ .
- Nous connaissons la réactance des bobines extérieures du stator (déterminée en A) et Tableau IV.
- C]], 111 J watts V
- 5,16 i5 55 I io 82,3 28,5 45 » » » »> )) 226 264 320 400 354 286 0 I 2 5o xoo 75 25 ^ a) Sans rotor, avec plateaux.
- i5,6 53,9 106 ,2 79 >8 26 ,6 » » » )) » 260 3oo 346 320 276 1 r12’7 j 100 ( Sans rotor, i sans plateaux. 24,2 ! 1
- 16.5 4711 91 >3 69.5 26,2 » » » )> » 5oo 596 740 668 5'|2 . 1 12,)) 5° / x * 100,2 ( c> Avec rotor, r ( avec plateaux. /J i 2 5 ] 1
- trouvons ainsi pour les bagues du rotor : x$n — o, 068 Q.
- En observant la figure 3, on constate que
- on trouve :
- "ksa —l'sb — 0,46.2 (log —^ |~ A)
- '= 0,63 -)- 0,92 . À
- Vatts absorbés 1000 _
- 0 5*0 too
- Fréquence
- Fig. 4, — F11 monophasé, phases II et III en série. — Courant constant (le 4^ ampères. — et. Sans rotor, avec plateaux;/!. Sans rotor ni plateaux ; c. Avec rotor, avec plateaux.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- et '
- i2,5.5o.i82
- xsa -f- Xsb = 2 . -------T— 37 (0,63 -f 0,92. A
- 1.2.ios
- = 0,0/173 -)- 0,69 . A = 0,068 ;
- tl’où :
- A = 0,30 et R = 1,44. Sur deux phases en série :
- . Stator : Q — 12, q =8, 9 Q II vOI U
- Rotor : Q = 20,5, g = i3,7, 9 Q 2 ~ 3
- Xsn + xsk — ’>.0,167 = °j334 Q.
- Nous trouvons de la même manière pour la réactance des bagues du rotor = 0,1 i5Q,
- c’est-à-dire ° ’1 * ** = 1,7 fois celle en mono-o ,000
- phasé sur une phase.
- Ce moteur a encore servi à d’autres expériences; les watts absorbés ont été mesurés en monophasé sur deux phases en série (II, III) à courant constant égal à 45 ampères, la fréquence variant de o à 100 périodes :
- a) Sans rotor, avec plateaux;
- b) Sans rotor, sans plateaux ;
- c) Avec rotor, avec plateaux (tableau IV).
- Les pertes ont été tracées en fonction de la fréquence (fîg. 4).
- En comparant b et c, on constate que les pertes dans le rotor, à la fréquence de 50 périodes, sont : 09b — 3oo = 29b watts et, à la fréquence de 12,5 périodes, seulement : Soo — 260 = 24° watts. Cette diminution avec la fréquence explique pourquoi le glissement d’un moteur asynchrone (surtout avec enroulement à barres à forte section dans le rotor) est inférieur à celui que l’on calcule d’après les watts mesurés en court-circuit.
- Dans le rotor d’un moteur triphasé, la fréquence du courant correspondant au glissement est si faible que les pertes supplémentaires correspondantes sont négligeables.
- Pour la même raison, la perméance du rotor peut varier avec la vitesse, du moment qu’il contient des masses magnétiques soumises à l’induction.
- En court-circuit, avec rotor fixe, la fréquence élevée empêche l’aimantation, tandis que, en vitesse, elle peut être assez réduite pour permettre la formation libre des lignes de force.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, Chef de service des A. C. E.
- COMPENSATRICES DES RÉSEAUX A TROIS FILS
- La question des compensatrices est une question des plus arides. On a le droit d’être étonné de la grande diversité des opinions et des contradictions déconcertantes que l’on recueille quand on se met en quête de quelque chose de précis à ce sujet.
- Surtout en ce qui concerne les croisements des excitations, les avis diffèrent jusqu’à n’y rien comprendre. Nous avons donc pensé utile de reprendre la question par une
- autre méthode, en remontant, pour ainsi dire, jusqu’au «déluge».
- 1. — Soit, tout d’abord, une résistance R parcourue par un courant I fourni par une source quelconque. La différence de potentiel à ses bornes, U0, sera donnée par
- U0 = RI.
- Supposons qu’on mette en parallèle, avec
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tome XII (2e Série) N» 46.
- cette résistance, un générateur d’électricité, connecté comme l’indique la figure i. Le courant fourni de l’extérieur à ce système est encore I. Soient J et i les courants dans la résistance R et dans la dérivation dont la résistance ohmique totale est r. Nous appellerons, en outre, e la force électromotrice du générateur en dérivation.
- R
- wwvvwwvwwv
- Fig. i.
- Une application élémentaire des lois de Kirchhoff nous donne immédiatement :
- RJ — ri — e = o.
- Si ladifférence de potentiel actuelle auxbornes de R est U, on aura :
- U == RJ,
- et l’on tirera de l’avant-dernière égalité :
- D’ailleurs,
- 3=1 — i- (a)
- Une simple inspection de l’égalité (i) montre que le courant i, dans la branche dérivée, pourra avoir deux sens : celui de la figure, si U > e, ou bien le sens contraire, dans le cas de U < e ; en prenant le sens de la figure comme positif, on peut dire que i est tantôt positif, tantôt négatif.
- Dès lors J est plus petit ou plus grand
- que I (formule 2). Et puisque U0 et U sont proportionnels aux valeurs respectives de I et de J, l’on aura :
- U^U0.
- Mais alors, la différence de potentiel entre les barres A et B étant U et le courant fourni toujours I, constant, on peut se demander à quelle résistance apparente correspond le système des deux dérivations tel qu’il est décrit.
- Soit R' cette résistance particulière. On a :
- *=?=4
- D’autre part. R' peut être envisagé comme une résistance résultante de R et d’une certaine résistance apparente p en dérivation. On a alors, comme on sait :
- R' =
- Rp
- R -j- p’
- Egalons les deux expressions de R' :
- r£ = r _e_.
- I R -)- p
- Donc,
- R
- I — J'
- (3)
- Cette formule est très intéressante.
- Il y a deux cas à distinguer :
- a) U>e. Nous avons vu que i^>o; J est plus petit que I, et p, donné par (3), est positif.
- b) U<e. Dans ce cas, j«<o, I — J<; o et p est négatif.
- Nous arrivons donc à cette conclusion qu’wn générateur d'électricité en dérivation, connecté en opposition avec les pôles des barres, joue le rôle d'une résistance susceptible d'un signe que l’on peut, en conséquence, traiter comme une grandeur algébrique.
- 2. — Soit, maintenant, un réseau à courant à 3 fils, où nous voulons mettre une compensatrice (fig. 2).
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- 201
- On sait que les pertes sur les fils extrêmes atteignent, au maximum, et en des points uniques entre les centres d’alimentation, 2 à 3 %. La perte moyenne sur ces fils est donc de beaucoup moindre, et nous pouvons la négliger : nos fils seront équipo-tentiels.
- U,
- C 3» vz
- R, <• 3>.
- Rt
- Z U
- Fig. a.
- Soit I le courant fourni par la centrale; Ri, la résistance résultante de tous les appareils branchés sur le pont i et R2, celle des appareils alimentés par le pont 2. Supposons Rj^>R2, c’est-à-dire qu’il y ait une demande de courant moindre sur le pont 1. Si 2U est la tension entre fils extrêmes, on a :
- 2 U = I(R, -f R2) = IR, + IR2,
- 2U = U, +U2,
- en posant :
- U, == IR, et U2 = IRj.
- On voit donc que
- U, > U2,
- les différences de potentiel aux ponts étant proportionnelles aux résistances de ceux-ci.
- Proposons-nous alors d’égaliser les tensions aux ponts en modifiant les résistances Rt et R, par l’adjonction de dérivations. Il faudra satisfaire à deux conditions, dont la deuxième est d’ordre économique et exprime les conditions économiques optima.
- i° Si l’on appelle R't et R'2 les résistances modifiées, on doit avoir
- R', = R'a
- pour l’égalité voulue des tensions ;
- 20 Le courant I fourni auparavant au réseau par la centrale doit rester le même.
- Appelons p, et p2 les dérivations aux deux ponts respectifs. On aura :
- R'i
- Ri Pi
- Ri + Pi5
- R'o =
- R2 p2
- R2 -f* P2 "
- et les deux conditions ci-dessus s’exprimeront par :
- » U îü 2U
- Ri + R2 “ ~ R't 4- R'2 — ^R\
- jU
- irv
- On voit ainsi que' Rj -f- R2 — 2R'l5 et, en remplaçant R^ par sa valeur,
- R, -f- R, =
- 2 R, pi Ri + pi* ‘
- On en tire, finalement :
- Pi = Ri
- Ri + R2 Ri - R.
- On aurait de même :
- (4)
- p2 = R
- Rs + Ri
- 2r2-r/
- Mais, d’après notre hypothèse, Rj^>R2, p2 est donc négatif; mettons le signe en évidence :
- p2
- = —r2
- R, + R2 R, - R*'
- (5Ï
- Donc, pour égaliser les tensions aux ponts, il faut faire des dérivations dont les valeurs sont données par (4) et (5) en fonction de l’état des ponts. D’après cela, pt pourrait être une résistance ordinaire, tandis que p2 doit être, comme nous l’avons vu, un générateur d’électricité dont la force électromotrice est supérieure à la tension sur ce pont. Mais, en réalité, comme à chaque instant, le pont 1 peut passer à l’état du pont 2, tandis que celui-ci prend le rôle du premier, il
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N« 46.
- faut, bien entendu, que la dérivation pi soit constituée, elle aussi, par un générateur électrique, mais dont la force électromotrice est plus petite que U, quitte à augmenter si l’état des ponts change.
- D’ailleurs, comme ces générateurs peuvent être des dynamos — et nous n’envisagerons que ce cas seulement — la première sera motrice, tandis que la deuxième sera génératrice : nous en profiterons justement pour faire entraîner la deuxième par la première, en les mettant sur le même arbre. Ces dynamos seront d’ailleurs semblables, à cause de la réciprocité de leurs rôles.
- 3. — Supposons, à présent, que, le déréglage des ponts subsistant toujours (R! > R2), nous ayons aj usté des générateurs d’électricité en dérivation sur les ponts, de façon que leurs résistances apparentes soient juste égales à Pi et p2, respectivement données par (4) et (5). La tension commune sera U. Appelons ei et e2 les forces électromotrices des générateurs et / leur résistance ohmique commune, connexions comprises. Désignons encore par J( et J2 les courants dans les appareils d’utilisation de chaque pont, et par ïj eti2 les deux courants dans les branches dérivées.
- Considérons alors le pont i.
- Il est entièrement comparable au système étudié tout au début de cet article (résistance avec générateur en parallèle). Il suffit d’affecter d’un indice i les lettres représentatives des quantités qui entrent en jeu pour avoir aussitôt, ici l’expression de ces mêmes quantités.
- Or, p, donné par la formule (4) est positif:
- Pi = Ri
- Ri + R,
- Ri — R2
- D’après ce que nous venons de dire, nous pouvons encore l’exprimer au moyen de la formule (3) :
- P. = Ri t—-y = Ri I — Ji
- En égalant les seconds membres, on a : Ri + R2 J,
- ii — Ji
- Ri — Ra
- Ri + R2
- De (1) on tire
- et — U — rJt
- Ri -R2
- (7)
- Ri + R2
- Considérons maintenant le pont 2.
- La formule (5) donne p2 négatif. On aura ici un système analogue au précédent, mais avec U<e2, donc i2<o; la formule (3) donne :
- h — — R2
- h
- Egalons (5) et (3) :
- Ri + R.
- R2
- donc
- R, — R2
- Ri -R:
- 12
- 12 — J2
- Ri R2
- et, en portant dans l’équation (1), Ri — R2
- é?2 -- U —(- Z'J2
- Ri + R2'
- (8).
- (9)
- 4- — Les formules (6) et (7), (8) et (9) définissent les deux générateurs dé la compensatrice, les tensions développées et les courants les traversant respectivement; mais ceci, en fonction des résistances de l’ensemble des appareils d’utilisation sur les deux ponts.
- Or, dans un projet, on ne connaît rien.de semblable, et on n’a guère d’intérêt à le savoir; ce que l’on possède, en fait de renseignements, dans un pareil cas, c’est la tension sur les ponts et les courants demandés par chaque appareil d’utilisation, sous la tension du pont.
- Soit donc j le courant demandé par un récepteur quelconque sous U volts. On a, R étant sa résistance et c sa conductance,
- IJ = R/ = ’Z J c
- i = Uc.
- Mais, quand on met plusieurs récepteurs en parallèle, les conductances s’ajoutent ; l’ensemble des récepteurs demandera sous une tension U constante,G et R( étant la conductance et la résistance totales.
- __ _U
- _ R/
- (6)
- j == y = uc
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- 203
- Or, dans nos ponts, nous avons justement appelé Jj et J2 les courants dans les résistances totales des appareils d’utilisation, sous la tension U. Nous avons
- on a donc
- J2 — J, I
- a
- V
- RtJj — U — RaJî,
- R, J2 Ri — R2 J2 — <lt
- R2 «L Ri —J— R2 h H- «L
- Portons ces valeurs en (6)> (7)> (8)’ (9) et nous aurons finalement :
- ci = U-
- = J.
- ri,
- J2
- J.
- J2 “l- «L J2 — Ji J2 -(- Ji
- Ji
- h + if
- e2 = U + /• J,
- h
- J2 rf- Ji
- Dans ces formules, on connaît tout en fonction des ampères demandés à chaque instant par le réseau, ou, ce qui revient au même, en fonction des appareils d’utilisation branchés sur chaque pont.
- Une discussion simple montre qu’à l’équilibre des deux ponts (Jj = J2), on a
- ii = i2 = o et e, = e2 = U.
- On voit aussi que si le pont 1 vient à être chargé plus que le pont 2 (Jj > J2), ix et i2 changent de sens: ils étaient dirigés tous deux, dans la première hypothèse, vers le fil neutre ; ils parcourront les générateurs, dans la deuxième hypothèse, vers les fils extrêmes.
- Mais dans l’un et l’autre cas, leur somme, parcourant le fil neutre dans l’un ou l’autre sens, sera, en valeur absolue
- il 4~ h — (h 4“ J2) j8 | j* — IL — J1 ]>
- c’est-à-dire égale au courant de déréglage. On pouvait d’ailleurs s’y attendre.
- Une remarque est à faire sur les valeurs relatives de ix et de i.2. Une combinaison des égalités
- U = R, J, = R0J2, aU = (Ri + Rs) I donne aisément
- J, il J 2 il
- a J2’ L 4~ L a J,
- et comme J2 > J1} d’après notre hypothèse, on voit que ii et i.z ne sont pas les deux moitiés du courant de déréglage ; cela n’aurait lieu que pour J2=Jd ; or, cela voudrait dire que les ponts sont en équilibre et qu’il n’y a point de courant de déréglage.
- Si, par exemple, dans une distribution, on a dans un pont 475 et dans l’autre 5a5 ampères, on aura
- J, = 475, J2 = 5a5
- et
- ii = 23°,75, z2=26*,a5.
- Le courant de déréglage étant de 5o ampères, ce résultat est bien loin du partage en deux que l’on a l’habitude d’affirmer. Gela serait encore plus prononcé avec un courant de déréglage plus grand.
- 5. — Pour que la compensatrice intervienne efficacement dans l’équilibrage des ponts, il . faut, avons-nous vu, que la force électromotrice développée à chaque instant par les générateurs soit donnée par
- ei = U — riu = U -f ri3.
- Gomment arriver à Y automaticité du réglage voulu des tensions des deux ponts ?
- 1 Telle est la question qui se pose maintenant.
- Or, il est facile de voir que nous pouvons arriver à obtenir ces valeurs de e{ et de e2, à chaque instant, telles qu’il les faut pour égaliser les tensions.
- En effet, ex (ou e2) est la somme de deux termes, dont un constant, U, et l’autre proportionnel au courant dans l’induit de la dynamo delà compensatrice (puisque, comme nous l’avons dit, c’est dans cette hypothèse de dynamos que nous nous plaçons). La force électromotrice d’une dynamo en marche est donnée par la formule bien connue :
- e=Nnt{>, à i.o~8 près,
- •h 4“
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). — N» 46.
- où N est le nombre de tours par seconde, n, le nombre de conducteurs périphériques, et tj/ le flux inducteur. Si le circuit magnétique de la dynamo n’est pas saturé, c’est-à-dire si le point de fonctionnement se trouve avant le coude de la caractéristique, les flux sont proportionnels aux courants inducteurs. Posons <{/ ±<p, d> étant constant et 9 une
- quantité variable ; nous aurons
- e = N /i <I> zh N re <p.
- Si nous nous arrangeons de façon que Nn<I> = U
- et que ç soit produit par i, on aura, ce qu’on veut justement obtenir :
- ei = U — Kj’j, e2 — U -)- Ki2 (*).
- Pour avoir «h constant et le même sur les deux ponts, nous prendrons les deux inducteurs des deux dynamos en série sur les fils extrêmes. Les machines étant nécessairement semblables, chaque inducteur aura à ses bornes une différence de potentiel U (2). Gomme d’autre part les deux induits seront calés sur le même arbre, la vitesse sei’a nécessairement! la même.
- Pour bien étudier la suite, considérons le pont i. Le terme K?!, est soustractif. Nous ferons donc un compoundage avec le courant de l’induit 1 de façon qu’il y ait démagnétisation. Pour le pont 2, <p2 est additif; nous ferons un compoundage magnétisant avec le courantiv
- Mais supposons que nous partions de Y équilibre et que le pont 2 vienne à être chargé un peu plus que le pont A. Avant cette éventualité nous avons deux machines dans l’état suivant : elles sont branchées sur deux ponts à tensions égales avec la même exci; tation séparée. A vitesse égale, elles développent la même force électromotrice U.
- (’) On voit que numériquement/' = K.
- (2) On aurait aussi $ constant en mettant les deux inducteurs en parallèle sur les fils extrêmes.
- Le courant qui les traversera, juste nécessaire pour fournir les pertes par frottement, hystérésis, etc., ira toujours du -f vers le —, c’est-à-dire sera dans le même sens: les enroulements compound sont alors tous les deux démagnétisants et comme ils sont semblables, nous serons bien dans l’équilibre
- Augmentons alors la charge du pont 2, en laissant, pour simplifier, celle du pont 1 invariable.
- Sur le pont 1, la tension monte. La dynamo développant encore dans les premiers instants la même force électromotrice qu’aupa-ravant, le courant dans l’induit 1 augmente, le compoundage agit en réduisant la force électromotrice de la dynamo, ce qui augmente le courant du compoundage et ainsi de suite, mais pas indéfiniment. En effet, dans les premiers instants, sur le pont 2, la tension ayant commencé à baisser mais la dynamo développant encore sa force électro-motrice <?*>- U, le courant dans l’induit change de sens (fig. 3) ; le coumpoundage qui est
- -cmrrmun>> K —s
- -cmvnTrrnvv*-
- ' ZV
- Fig. 3.
- devenu positif intervient, augmente la force électromotrice, ce qui augmente le courant du compoundage et ainsi de suite, mais pas indéfiniment non plus. On voit en effet que ' les deux machines enverront leur courant
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- 205
- dans le fil neutre, et de là au pont 2 qui en demande plus; comme, d’autre part, la machine 1 enlèvera du courant au pont 1, l’on arrivera, à un certain instant, à ce que, R2 étant < Rj mais J2 > Jlt l’on ait
- J,R, = J2R2.
- Alors la tension sera la même sur les deux ponts. A ce moment précis, les phénomènes décrits s’arrêteront, car, si les choses continuaient sur les deux pqnts de se passer comme dans la période variable, c’est-à-dire si les courants augmentaient dans les enroulements compound, l’on serait vite arrivé à la dépression de la tension sur le pont 1 tandis qu’elle monterait sur le 2 et les phénomènes de compensation analysés tout à l’heure recommenceraient, mais dans le sens inverse.
- Nous arriverons donc bien à un état d’équilibre stable.
- Si l’on veut reprendre le même raisonnement pour le cas où le pont 1 serait le plus chargé, on arrivera à la même conclusion : le système est absolument autostabilisateur.
- On remarquera que nous avons tout le temps raisonné sur les flux d> et®; mais la vitesse N entre aussi dans la formule de la force électromotrice, déjà citée.
- e = N/i (<!• ± <p).
- Or, il est facile de voir que cette vitesse reste invariable. En effet, lorsque, par suite d’un compoundage démagnétisant d’un côté, le flux diminue, il y a tendance à une augmentation de vitesse, mais au même instant il y a compoundage positif de l’autre côté, ce qui diminue la vitesse ; l’arbre étant le même, la vitesse ne change pas (1).
- (') En effet, si les arbres étaient différents :
- ei — Ni/i$ — rijf, e2 = Nan$ -f- ri2.
- On en tire
- Nl = ^-(e* + ,','l)’
- Il est encore à remarquer que le' montage des deux machines est d’une grande simplicité. Si l’on désigne, par exemple, par E l’entrée et par S la sortie du courant dans les inducteurs pour qu'ils soient, magnétisants, on voit (fig. 3) que le montage est absolument symétrique par rapport au fil neutre.
- Les flèches indiquent clairement les sens des courants et le jeu des compoundages (toujours dans notre hypothèse de Uj plus grand que U2).
- La question se trouve donc complètement résolue sans le moindre croisement d’excitation. Or, on sait jusqu’à quelle complication de croisements l’on est arrivé : croisement des excitations « fondamentales », croisement des compoundages positifs et des compoundages négatifs. Encore, la compensation n’est qu’approximative, à des « pourcents » près.
- 6. — Mais une question d’un tout autre ordre se pose. Profitant du fait qu’une des machines est motrice tandis que l’autre est génératrice, nous avons dit que nous ferions entraîner la deuxième par la première. Mais le système est-il autodynamique? Le moteur est-il assez puissant pour faire marcher la génératrice ?
- Il est facile de voir que non: le sytème tel que nous l’avons vu ne suffira pas à lui tout seul à assurer la compensation absolue du réseau que nous voulons toujours obtenir.
- En effet, continuons à envisager notre hypothèse du pont 1 moins chargé que le pont 2 ; nous avons trouvé :
- e, = U — rii (pour le moteur), e2 = U -f- ri2 (pour la génératrice).
- N2 = ik (62 “ ’'k)’
- N2 — Ni = ^ [(e2 — ei) — r(ù + «»)].
- Or, l’arbre étant le même, quel que soit N on a :
- e2 — e 1 — r(i, j2), _ _
- donc,
- N2 — Ni = o, N2 = Ni ; la vitesse sera la même qu’à l’équilibre.
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- Les puissances instantanées sont on a
- • (^4 — ®i*i) = U (12 — i\) -J- r (42 — 42)-
- Or, nous avons vu que i2 est plus grand que
- : le deuxième membre de cette égalité est donc positif ; il en résulte que la puissance du moteur est inférieure à celle de la génératrice (*).
- Prenons un exemple numérique. Soit une distribution de 2X i io volts avec un courant de déréglage prévu de 5o ampères ; soit ^1=23“, et i2 — 26a,]25, comme nous l’avons trouvé plus haut; prenons de plus pour la résistance r des dynamos /*=o,i.
- Nous trouverons
- e1ii — 2kw,56, e24 = 2kw,96, e24 — Ci4 = okw,4.
- Inutile de dire qu’on ne peut point négliger o,4 kw. devant la puissance du moteur qui est de 2,56 kilowatts.
- Nous disons de suite que nous ne voyons aucun moyen « élégant » de fournir le supplément de puissance au moteur. M. Janet, dans son cours déjà cité, dit qu’il est difficile de trouver ce supplément, étant donné l’éloignement possible de la compensatrice de l’usine. Nous croyons que le moyen simple serait de mettre sur l’arbre commun un petit moteur connecté aux fils extrêmes avec une excitation bien constante sur les mêmes fils. Dans ces conditions, c’est ce moteur qui fournira l’appoint de puissance à la compensatrice. Inutile d’insister sur ce fait que le petit moteur en question ne prendra d’énergie au réseau qu’au moment où le déréglage commencera à vouloir retarder le groupe sur la vitesse que ce dernier devra avoir d’après sa constitution. Il est
- . (*) M. Janet l’a, d’ailleurs, constaté depuis longtemps dans le Cours d’Electricité qu’il a professé à Grenoble.
- clair d’ailleurs que cette vitesse devra être calculée la même pour les trois machines d’après les excitations qu’on leur donnera et les tensions aux divers collecteurs.
- Ainsi, l’étude détaillée nous a amené à la constitution du groupe compensateur de la façon suivante. Sur le même arbre, deux dynamos semblables faisant les fonctions propres de l’égalisation des tensions sur les deux ponts et un petit moteur, tout cela calculé d’après nos données et monté d’après le schéma de la figure 4*
- Fig. 4.
- Il est clair qu’une discussion économique s’impose inévitablement pour voir jusqu’à quel point l’adjonction du petit .moteur sur l’arbre de la compensatrice peut être permise devant les avantages d’une compensation absolue des tensions par la méthode que nous avons montrée.
- Mais avant que cette discussion économique soit faite, nous avons cru utile de soumettre aux lecteurs cette étude.
- G. Sàlzmann,
- Licencié ès sciences,
- * Ingénieur Electricien (E.S.E)
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- 12 Novembre 1910.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Nouveaux dispositifs pour la marche en parallèle des dynamos. — W. Wolf. — Elektro-technik und Maschinenbau, 20 mars 1910.
- ' L’auteur passe en revue les dispositions brevetées par les meilleures maisons pour la marche en parallèle des dynamos.
- Lorsqu’il s’agit d’alternateurs, attaqués par moteurs à gaz ou machines à vapeur, un premier but étant d’éviter les oscillations, Siemens Schuckert emploie des accouplements élastiques dont l’élasticité est réglable de manière à donner à l’équipage mobile une période d’oscillation convenable pour éviter la résonnance.
- Pour éviter qu’un court-circuit brusque sur le réseau ne soit absorbé en entier par celle des dynamos qui a le moins de self ou le moindre écart de réglage du régulateur de vitesse, l’Allgemeine Elek-trizitàts-Gesellschaft de Berlin munit cette dynamo(en général turbo-génératrice) d’un enroulement contre-cornpound mis en parallèle avec une bobine de self. Au moment d’un court-circuit brusque, la bobine de self oblige le courant à passer par l’enroulement contre-compound, ce qui décharge le turbo-généra-teur en attendant que le disjoncteur général saute.
- Lorsque les dynamos à courant continu couplées en parallèle ont un enroulement compensateur ou compound tel que leur force électromotrice ne diminue pas avec la charge, la marche en parallèle est instable. On emploie alors un fil d’équilibre qui réunit les enroulements compound et empêche l’inversion du courant dans ces enroulements.
- Si ce fil d’équilibre est sans résistance, il se pourrait que le courant dans chaque enroulement série ne soit pas le même que dans l’induit correspondant. Gel. inconvénient est évité en mettant sur le fil d’équilibre une résistance égale environ au double de la résistance d’un enroulement compensateur (Felten et Guillaume Lahmeyerwerke).
- Les alternateurs couplés ou non en parallèle, ont une chute de tension assez élevée. L’Allgemeine Elek-trizitàts-Gesellchaft y supplée en munissant les alter-
- nateurs d’une excitation constante et d’une batterie de condensateurs en série avec chaque alternateur, et dans laquelle une augmentation de la tension est provoquée par le même courant déwatté qui provoque une chute de tension dans l’alternateur. Celte augmentation de la tension peut d’ailleurs être supérieure à la chute de tension de l’alternateur, de manière à l’hypercompounder. Mais ce compoundage est aussi néfaste en court-circuit qu’utile pendant la marche, et il est désirable de mettre les appareils de compoundage hors circuit au moment d’un fort à-coup de courant. L’Allgemeine Elektrizitiits-Gesell-schaft provoque même un contre-coropoundage en alimentant les appareils de compoundage par deux transformateurs série dont l’un, provoquant le compoundage, est mis hors circuit en cas d’à-coup de courant et l’autre, branché au même moment, provoque le contre-compoundage.
- Pour répartir automatiquement la charge entre les différentes machines en par.allèle, on emploie différents procédés dont un est indiqué (fig. 1) pour le cas de deux alternateurs couplés qui doivent fournir une tension croissante avec la charge. Pour obtenir ce résultat, l’organe de réglage est en équilibre sous l’action des deux bobines f et h dont les ampères-tours sont opposés et proportionnels respectivement à la tension et au courant, de sorte que, lorsque les ampères augmentent dans le circuit, il est nécessaire que la tension augmente pour que l’équilibre dû à l’ensemble des deux bobines soit rétabli. Mais, pour obtenir une égale répartition des charges entre les machines, les bobines h et h1 dont l’influence est proportionnelle aux courants du réseau sontpermutéesr le régulateur de l’alternateur g étant sous l’influence du courant de g1 et vice-versa. Dans la figure t les noyaux det d
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2« Série). — N» 46.
- actionnent les leviers h et k', lesquels provoquent en a et b, a' et V un contact périodique dont la durée dépend de la position du levier k ; il en résulte, grâce aux relais r et /', un court-circuitage périodique de durée variable des résistances w et w' placées dans le circuit d’excitation de l’excitatrice, ce qui correspond à une excitation moyenne plus ou moins grande suivant les besoins. (Cet ensemble constitue le régulateur Tirrill.) Une intercalation convenable de résistances ou de self ou de condensateurs dans les circuits des transformateurs de courant t et V permet d’obtenir l’égale répartition entre les alternateurs soit des courants wattés soit des courants déwattés.
- Les figures 2 et 3 représentent la disposition adoptée'par Siemens Schuckert pour l’égalisation des courants débités par deux ou plusieurs dynamos en parallèle.
- Dans le cas de deux machines (fig. 2), le courant de chaque machine traverse une résistance divisée par la prise de courant et x2 en deux portions <’i w 1 et W2 telles que, lorsque le courant total est convenablement réparti entre les deux machines, les points :v, et .r2 sont au même potentiel. Il ne passe alors aucun courant dans les bobipes z z2 et les enroulements s, s2, pris en dérivation aux bornes des machines, suffisent à tenir en équilibre les noyaux portant les contacts de mise en route des petits moteurs qui commandent les rhéostats de champ.
- Si les courants des deux machines varient dans des proportions différentes, une différence de potentiel apparaît, entre les points et x2, un courant
- prend naissance entre ces points, et le passage de ce courant dans z± et z2 met en route les moteurs d’attaque des rhéostats de champ dans des sens différents correspondant à la diminution de la tension de la machine trop chargée et à l’augmentation de la tension de la machine trop peu chargée.
- i . -----ï _____t
- Fig. 3.
- Dans le cas de plus de deux machines (fig. 3) le courant de chacune d’elles passe dans deux résistances en paralèle partagées par les points xK et yx, x2 ety2, x3 et y3 en deux portions telles que xt x2 .r3 soient au
- H B
- Fig. 4.
- même potentiel que yl y2 y3, ces trois points étant maintenus eux-mêmes au même potentiel par un court-circuit franc, lorsque les courants sont convenablement répartis dans les machines.
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- Dès lors, si un déséquilibrage se produit dans les courants des trois machines, les points ni ;i2 n3 ne restent plus au même potentiel, tandis que les points yx y2y3 sont maintenus au même potentiel, par leur court-circuit. Des courants prennent alors naissance entre xx yïy x2 y2, xB yz et, passant dans les bobines Z\ z3> provoquent le l'églagc des tensions dans le sens de l’égalisation des courants.
- La figure 4 représente une disposition pour l'égalisation delà charge déwattée entre deux générateurs triphasés, dans laquelle le régulateur employé règle par un relais i\ r2 le temps du court-circuitage en Ci c2 de la résistance qi q2 intercalée dans l’excitation de l’excitatrice.
- Fig. 6.
- Sur ces relais i\ et r2 agissent deux bobines, dont l’une Si s2 est prise en dérivation aux bornes des générateurs et dont le courant est sensiblement en phase avec la tension aux bornes, grâce à la présence
- l’une de l’autre, aux bornes des secondaires des transformateurs série f\ et f2> qui sont eux-mêmes couplés en série, de sorte que le voltage à leurs bornes est nul, et par suite le courant dans s, et z2 nul, lorsque les courants sont en phase dans les deux transformateurs. Sur le diagramme (fig. 5) on voit que les ampères-tours s des bobines sx s2 sont en phase avec
- e3 étant pris entre les bornes e, et e3. Les ampères-tours js sont, grâce au couplage, employé, la résultante des courants ?\ et Ux de la phase correspondante à la tension e2 dans chaque alternateur ; si i\ et in sont décalés mais égaux (fig. 5), z est perpendiculaire à e.,, c’est-à-dire en phase avec s; il se retranche de s pour un alternateur et s’ajoute à s pour l’autre, provoquant ainsi le fonctionnement des deux régulateurs automatiques. On voit (fig. 6) que si ix et i\X sont en outre inégaux z n’est plus en phase avec s, mais oblique, et se compose avec s (suivant fig. 7), ce qui montre le peu d’influence sur la résultante, de la composante h due aux inégalités de courant, en regard de la composante v due au déphasage.
- On passerait, dans ce système, du schéma de deux alternateurs au schéma de plusieurs de la même façon que dans le sj-stème (fig. 2 et 3) en créant le courant des bobines zt z2 non plus par le décalage du courant entre les deux machines mais par le décalage entre le courant de chaque machine et celui du réseau.
- Tous ces systèmes ont pour but une répartition égale des courants. Si l’on voulait en même temps maintenir les tensions constantes, surtout avec des usines éloignées couplées en parallèle, il y aurait une grande complication de connexions. Siemens Schuc-kert évite cet ennui en mettant des bobines s2 sous l’influence de la tension aux bornes, décalée à volonté à l’aide d’un transformateur spécial à noyau dépla-çable. Dans ces conditions, on donne, à la main, la position voulue de ce transformateur correspondante au cos <p général du réseau au moment considéré; et
- /
- a &)
- é)à
- r\ x
- Fig. 8.
- si l’on considère que la journée se divise en deux périodes très distinctes, l’une dans le jour, où l’on n’a
- Fig. 7.
- d’une forte résistance ohmique p{ et pü. Les autres bobines zt et sont couplées, en sens contraire
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- que de la force, l'autre la nuit où Ton n'a presque que de la lumière, il suffira de déplacer deux fois ce transformateur au moment des changements de régime.
- Au point de vue de l'obtention du synchronisme nécessaire au couplage, la maison Voigt et Haeffner construit un appareil qui agit automatiquement pour accélérer la machine en retard.
- Il est basé sur le principe connu qui consiste à coupler 3 lampes a b c de telle manière qu’au synchronisme a et c soient allumées et b éteinte (fig. 8 et 9).
- Fig- 9-
- Lorsque le synchronisme n’est pas atteint, les lampes abc s’allument à tour de rôle dans l’ordre a b c si l’une des machines va trop vite, dans l’ordre a c b, si c'est l’autre, de sorte que l’on peut représenter les courants dans ces lampes par des courbes décalées qui sont, dans le temps, rencontrées dans le sens x dans un cas et dans le sens y dans l’autre cas. Mais dans l’appareil les lampes sont remplacées par les solénoïdes, l’un f toujours branché, les autres d et e agissant sur le même noyau lorsque le contact en q et r est établi.
- (a) m (r; fct; w /aJ féJ /cj
- Le solénoïde f coupe en r q lorsque son courant est élevé et rétablit les contacts r q lorsque son courant est faible.
- Supposons le cas de la succession de courants
- dans l’ordre abc. Dans la position /», le courant dans f étant devenu faible, les contacts r q s’établissent. Aussitôt le courant dans d est élevé et celui dans e très faible, de sorte que leur noyau commun est attiré par det, comme à ce moment l’entrefer est devenu faible du côté J, le noyau reste attiré de ce côté jusqu’à la position 5 bien que le courant diminue en d et augmente en e. De 5 en 6 le courant en f étant élevé coupe r q de sorte que le noyau commun kde n’a pas le temps d’être attiré par e. Lorsque r q est à nouveau rétabli en 6, d est encore prédominant et le phénomène recommence. Or, lorsque le noyau est attiré par d il établit chaque fois un contact qui envoie un courant pris à une source i9 à un régulateur m ralentissant la machine qui va trop vite à ce moment.
- Inversement, si l’ordre des courants est inverse c’est du côté e que le noyau est toujours attiré, entre 7 et 8, et met par le contact h un courant sur le régulateur n qui agit en sens contraire du premier.
- î:c
- sm
- TT*
- I
- m
- m-
- V
- m
- Fig. il.
- La figure 11 indique une disposition analogue mais préférable parce que le nombre des contacts y est moindre. Les bobines d e attirent périodiquement leur noyau.
- Or, pendant ce temps la bobine f envoie périodiquement par h un courant, pris sur la source i, soit sur le régulateur m par g si c’est d qui attire à ce moment, soit sur n par h si c’est e qüi attire. Mais comme ce courant est mis en même temps sur q dans le cas du contact gy on comprend que le contact g subsiste même lorsque d diminue et e augmente, de sorte que chaque fois que /‘met le courant en A,si c’est d qui est maximum à ce moment, le cou-
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- rant sera mis seulement sur m jusqu’à ce que f coupe. Inversement grâce à la bobine r, le courant subsiste seulement sur n si c’est e qui est maximum au moment où/'met le contact k.
- B G.
- TRACTION
- Suspension caténaire pour tramways. — Hensig. — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 28 juillet 1910.
- L’auteur décrit un dispositif de suspension caténaire appliqué depuis peu sur la ligne Berlin-Ghar-lottenburg. L’ancienne suspension par simples isolateurs fixés à des poteaux espacés les uns des autres de 4om était suffisante pour des fils dont la section ne dépassait pas 53mm2; mais aujourd’hui que l’on a reconnu la nécessité, pour obtenir une meilleure répartition de la .tension et une meilleure utilisation du cuivre, d’augmenter cette section et que l’on emploie dans ce but des fils dont la section atteint
- Fig. 1.
- 8omm2, il est devenu nécessaire de renforcer la suspension de ceux-ci; la suspension en travers (fig. 1) à l’aide de fils auxiliaires attachés soit aux poteaux eux-mêmes, soit à des rosaces fixées elles-mêmes aux maisons riveraines, ou aux poteaux, permet de réduire de moitié la distance entre les points de suspension ; mais elle ne peut être appliquée lorsque les fils sont suspendus à des consoles ou que les poteaux sont trop bas. Dans ce cas, l’on doit donc recourir à la suspension caténaire. Le fil de ligne (dont la section a la forme d’un 8) est suspendu à l’aide de serre-fils à des fils d’acier verticaux (fig. rattachés eux-mêmes par d’autres serre-fils à un câble porteur principal également en acier, fixé aux consoles par des boucles isolantes ; on règle la longueur des divers fils verticaux de telle sorte que la distance des différents points de suspension aux rails soit la même ; le fil est ainsi tendu presque en ligne droite et n’a qu’une flèche très faible, de sorte que son mouvement oscillatoire lors du passage de la perche n’a
- qu’une amplitude extrêmement peu accentuée, ce qui assure non seulement une plus longue durée du fil et des isolateurs, mais encore un meilleur contact.
- En outre, la distance entre les fils verticaux de suspension n’étant que de /, à 5ln, si le fil vient à brûler ou à se rompre en un point quelconque? il ne peut faire court-circuit ni avec les rails ni avec la terre.
- L’auteur estime qu’il y aurait intérêt à employer cette suspension dans tous les cas où des considérations d’esthétique n’entrent pas en jeu. Le supplément des frais de premier établissement est largement compensé par la plus longue durée du fil et la meilleure utilisation du cuivre.
- J.-L. M.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Petites usines électriques économiques. — H. Miller. — Electrical World-, 2 juin 1910.
- L’auteur fait ressortir l’économie considérable réalisée dans un grand nombre de petites usines électriques établies en Europe, comparativement avec des usines de même puissance établies en Amérique : cette économie est due à l’emploi de machines à vapeur du type locomobile ou demi-fixe^1),
- (() Les illustrations de cet article représentent notamment des machines Wolf, décrites ici même. V, Lumière Electrique, 14 mai 19x0, p. 219.
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- présentant tous les perfectionnements les plus récents de nature à diminuer la consommation de vapeur et de charbon 5 de plus, ces machines sont installées dans la même salle que la dynamo, tandis qu’en Amérique on en est souvent resté au type d’usine comportant une chaufferie et une salle de machines, et on néglige fréquemment les perfectionnements qui réduisent la consommation.
- L’auteur décrit le type de machine perfectionnée auquel il fait allusion et dont voici les caractéristiques :
- On réalise la surchauffe, au moyen de 2 surchauffeurs, dont l’un est réservé au cylindre haute pression, et l’autre au cylindre basse pression ; le cylindre haute pression est placé dans la cheminée et lé cylindre basse pression dans le dôme de vapeur. Il n’y a pas de tuyauterie de vapeur exposée à l’air. Une pompe d’alimentation est actionnée par un excentrique calé sur l’arbre. Les parois du foyer intérieur sont ondulées et une enveloppe d’air entoure entièrement la chaudière.
- La pression est de i2kff par centimètre carré, et la vapeur surchauffée a 33o° C. à l’admission dans le cylindre haute pression, puis elle se détend à 1 io° G. envi-on. Elle est de nouveau surchauffée à i8o°G. à l’admission dans le cylindre basse pression, et finalement se détend à 3a° G., température du conden_ seur.
- En Amérique, on emploie encore fréquemment des pressions de 5 à 6ks par centimètre carré, sans surchauffe ; il y a de longues tuyauteries de vapeur exposées à l’air; l’alimentation est souvent faite par des pompes à vapeur qui entraînent un gaspillage de vapeur. Des quantités de chaleur considérables sont perdues dans la cheminée, tandis qu’avec les perfectionnements ci-dessus décrits, cette chaleur est utilisée en grande partie pour la surchauffe et le réchauffage du cylindre haute pression (la température des gaz sortant de la cheminée est, dans ce cas, de 190° environ, tandis qu’elle est ordinairement de 270° G. à 3i5° G.).
- L’auteur compare deux petites usines de 100 chevaux, l’une du type couramment adopté en Amérique, l’autre présentant les perfectionnements usités en Europe.
- En supposant au charbon un pouvoir calorifique de 8 000 calories par kilogramme, la consommation de charbon de la première est de 2k,a65 par cheval-heure, celle de la seconde de ok,/(98 par cheval-heure. Les consommations de vapeur sont respectivement de i5k&,8 à la pression de 5kB,6 par centi-
- mètre carré et de 4kK,53 à la presion de i2kg par centimètre carré avec surchauffe.
- Les pertes de chaleur, par heure, se décomposent comme suit : la chaleur perdue dans la cheminée est, dans le premier cas, de 351 400 calories, et dans le second de 37 730 calories. Les pertes dues à la pompe d’alimentation s’élèvent respectivement à 188 25o calories et 627 calories; celles dues à la condensation dans les cylindres à 351 400 et à 32 63o calories ; la chaleur perdue dans l’échappement libre s’élève à 753 000 calories, celle perdue dans le condensateur à 129000 calories; le rayonnement de la chaudière dissipe respectivement 3o 120 et 10 o/|0 calories; enfin, dans le premier cas, 25 100 calories sont perdues par rayonnnement de la tuyauterie et des cylindres et, dans le second, ces pertes sont nulles.
- II. B.
- Usine hydro-électrique sur la rivière Nio-brara. — K. Palmer. — Electriçal World, 2 juin 1910.,
- L’auteur décrit l’installation hydro-électrique située à environ 8km de Valentine, sur la rivière Nio-brara. Cette installation se caractérise par le fait que ses promoteurs ont su tirer un bon parti des conditions locales qui, très satisfaisantes au point de vue technique, ne semblaient pas favorables au point de vue commercial : la région ne présentait pas, en effet, en apparence, de débouché important pour l’énergie produite.
- Le bassin de la rivière Niobrara a une superficie d’environ 23 oook'-“2; elle traverse, dans son cours moyen, des plateaux bordés de collines mouvantes de sable fin, dont la configuration change continuellement sous l’action du vent. Ges collines, qui constituent une partie importante du bassin, agissent comme réservoirs de' régulation pour la pluie et la neige, en donnant au débit de la rivière une constance remarquable très favorable à son utilisation pour la production d’énergie.
- L’usine est établie au-dessus du confluent de la rivière Minnechaduza et de la rivière Niobrara. L’emplacement exact du barrage a été déterminé après une série d’observations très complètes sur le débit et le régime de la rivière, et une étude approfondie des matériaux trouvés sur place et des terrains rencontrés.
- La hauteur du barrage au-dessus du lit rocheux 1 de la rivière devant être de i3m, il semblait naturel j d’adopter le type usuel de barrage évidé, construit en béton armé. Mais, en l’espèce, une telle con-
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- struction eût été d’un prix prohibitif : la pierre trouvée dans la région, pas plus que le sable, ne convenaient pour la confection du béton armé.
- On se décida à , construire un barrage à profil triangulaire constitué par des parois en béton ordinaire, dont l’intervalle fut rempli au moyen du sable trouvé en abondance sur place et qui, par sa sa finesse, convenait très bien pour cet emploi.
- L’usine proprement dite, faisant partie intégrante du barrage, reçut la disposition d’ensemble indiquée par la coupe transversale de la figure i et par la coupe longitudinale de la figure a.
- Elle comprend 4 alternateurs triphasés, 6 6oo volts, 25 périodes, pouvant fournir chacun en mo-
- au-dessus de l’usine, contient les* compartiments des barres distributrices à haute et à basse tension, les transformateurs, les parafoudres, les interrupteurs à huile.
- Les transformateurs monophasés sont au nombre de deux ; leur puissance est de % ooo kw. ; ils élèvent la tension de 6 6oo volts à 44 ooo volts.
- Les parafoudres sont du type électrolytique.
- Le mode d’utilisation de l’énergie fournie par l’usine a été décidé d’après les considérations suivantes :
- La ville de Valcntine est située à 48okln de Omaha, et à 200t,n de Spencer. Entre ces villes existent plusieurs villes de moindre importance dépourvues de
- Fig. i.
- nophasé une puissance de i ooo K. V. A. (la plus grande partie de l’énergie est destinée à un chemin de fer à traction électrique par courant monophasé).
- Les alternateurs sont accouplés directement à des turbines doubles à axe horizontal , fonctionnant sous une hauteur de chute totale de n®, avec conduites d’aspiration, aboutissant horizontalement dans le canal de fuite, en décrivant un arc de cercle d’un grand rayon pour diminuer les remous.
- L’excitation des alternateurs est réalisée au moyen de 2 excitatrices de i5o kw. sous ia5 volts, suffisantes chacune pour les 4 unités ; l’une est actionnée par une turbine spéciale, l’autre par un moteur synchrone triphasé. Les arbres des 2 excitatrices sont dans le prolongement l’un de l’autre et] munis de manchons d’accouplement permettant d’actionner, au besoin, l’une quelconque des excitatrices par le moteur synchrone.
- Le tableau de distribution est installé sur une galerie dominant la salle des génératrices.
- Une tour à trois étages, construite en dehors et
- Fig. a.
- chemin de fer. Toute la région est prospère au point de vue agricole : la valeur annuelle moyenne des récoltes est de plus de 11 millions de francs ; celle du bétail dépasse ce chiffre.
- Il est donc évident qu’un chemin de fer desservant ce territoire sera de la plus grande utilité et que son exploitation donnera d’excellents résultats financiers. On a, pour cette, raison, décidé la création d’un chemin de fer, assurant un important débouché à l’énergie électrique provenant de l’usine de Valenline, et bénéficiant à son tour du bas prix de cette énergie. Il y aura, par jour, dans chaque sens, deux trains de voyageurs et deux trains de marchandises ; la traction se fera par locomotives à moteurs monophasés, remorquant 4 à 6 voitures dans le cas des trains de voyageurs, et de 20 à 3o voitures dans le cas des trains de marchandises.
- II. B.
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- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur les piles à antimoine et à sêléniures d’antimoine. — H. Pelabon. — Académie des Sciences, séance du 19 octobre 1910.
- Si dans une solution chlorhydrique de trichlorure d’antimoine on plonge deux baguettes, l’une formée d’antimoine pur, l’autre d’un alliage d’antimoine et de sélénium, on obtient un élément de pile, dans lequel| le pôle négatif est constitué par l’antimoine pur.
- Les piles ainsi formées présentent des propriétés curieuses ; en voici quelques-unes.
- Si l’on a soin de laisser la pile dans l’obscurité, on constate que sa force électromotrice en circuit ouvert pi'end au bout de quelques jours une valeur invariable, pourvu que la température elle-même ne varie pas.
- Soit E0 cette force électromotrice.
- En éclairant brusquement l’électrode positive, on fait croître immédiatement la force électromotrice qui prend une valeur Ëi, puis, l’éclairement étant maintenu, la force électromotrice diminue et au bout d’un certain temps, 20 minutes environ, elle a repris la valeur primitive E0. Après trois heures d’éclairement la pile, a encore la même force électromotrice E0.
- Dès que l’on cesse d’éclairer l’électrode positive de la pile la force électromotrice diminue, prend une valeur E2, puis elle croît lentement et il faut plus d’une heure pour qu’elle ait repris la valeur initiale E0 qu’elle conserve alors si l’obscurité persiste.
- Soit par exemple une pile dont l’électrode positive était formée d’un mélange de 4 atomes d’antimoine pour un atone de sélénium. Voici les résultats des mesures faites.
- Dans l’obscurité, la force électromotrice est : E0 = o,o559 volt.
- On éclaire la pile : la force électromotrice monte brusquement à une certaine valeur inconnue. Au bout de 5o secondes d’éclairement, elle est de 0,0789 volt; au bout de 5 minutes, de 0,0722 volt, puis elle redevient égale à E0. Cessons alors d’éclairer : la force électromotrice baisse; sa valeur, mesurée au bout de 2 minutes d’obscurité, est de o,o359 volt, puis elle remonte.
- En éclairant l’électrode de la pile on a donc fait croître immédiatement la force électromotrice de la valeur E0 = o,o559 volt à une valeur E4 certainement supérieure 40,0789 volt; en la plongeant à nouveau dans l’obscurité on amène de suite la force électromotrice de la valeur E0 = 0,0559 volt à une
- valeur.Eg, sûrement inférieure à 0,0359 volt. Dans les deux cas, la variation est presque de moitié.
- Quand la pile est en circuit, sa force électromotrice peut varier dans de plus larges limites sous l’action de la lumière.
- Au bout d’un certain temps, si la température conserve une valeur constante et si la pile est dans l’obscurité, la force électromotrice prend alors une valeur invariable ec inférieure à celle qu’elle aurai* en circuit ouvert.
- Quant on éclaire l’électrode positive, la force électromotrice croît, atteint une valeùr el et, si l’on maintient l’éclairement, diminue d’abord rapidement, puis plus lentement, pour se fixer à une nouvelle valeur e'0, supérieure a e0. Si alors on supprime l’éclairement, la force électromotrice diminue immédiatement, atteint une valeur e2 inférieure à e0, puis croît pour reprendre finalement la valeur eb.
- Ainsi par exemple, avec une électrode positive formée d’un mélange de 99 atomes d’antimoine pour 1 atome de sélénium, on avait :
- E0 = 0,0424 Volt e0 — 0,0135 volt e, = 0,0780 volt e'0 = 0,0245 volt e2 = 0,0024 volt
- Les mêmes phénomènes s’observent quelle que soit la composition de l’électrode positive. Les mélanges très pauvres en sélénium paraissent produire les piles les plus sensibles.
- Ces phénomènes ne se produisent pas si, au sélénium, on substitue le soufre ou le tellure.
- La nature du métal influe énormément sur l'allure du phénomène. Presque tous les métaux forment des piles à séléniures sensibles à la lumière.
- Les rayons ultraviolets n’agissent pas ; les rayons bleus agissent faiblement. Les rayons jaunes et les rayons rouges sont les plus actifs.
- Il faut rapprocher ces observations de celles que l’auteur a faites au sujet de l’action de la chaleur. Les piles étudiées sont très sensibles en effet aux variations de température.
- LISTE DE BREVETS (*)
- APPAREILS DE MESURE
- 4i3 740, du 21 février 1910. — Stromberg et Wil-lis. — Compteur électrique.
- (*) Communiquée par l’Office International de brevets d’invention Dupont et Elluin, 42, Bd Bonne-Nouvelle, Paris. (H. Elluin, ingénieur électricien (E.P.-E.S.E.)
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- 4i3 835, du 18 mars 1910. — Carpentier. — Appareil pour la mesure du rapport de deux courants.
- 4i5 446, du 2 mai 1910. — Compagnie pour la fabrication DES COMPTEURS ET MATERIEL D’USINES A gaz. — Compteur-moteur d’électricité à mercure. •
- MACHINES
- 4i3 881, du 21 mars 1910.—Firme Robert Bosch.
- — Système de carcasse pour magnétos d’allumage.
- 413 894, du 4 juin 1909. — Société Harlé et Cie.
- — Groupe électrogène.
- 414 i65, du 26 mars 1910. — Société Siemens Schuckertwerke G. m. b. H. — Dispositif pour la régulation de la tension et du nombre de tcAirs dans les machines électriques à courant continu.
- 4i4 ^08, du 12 mars 1910. — Parsons. — Perfectionnements aux machines dynamo-électriques pour transmissions à vitesse variable.
- 12 368/399 19°j du mars 1910. —Firme Robert Bosch. — Armature pour magnétos d’allumage.
- 4*4 325, du 24 mars 1910. — Société dite Felten etLahmeyerwerke A. G.— Dispositif permettant de supprimer le développement de force électromotrice dans l’arbre des machines électriques et de courants dans leurs paliers.
- 414 35o, du 3i .mars 1910. —• Société dite Felten et Guilleaume Laiimeyerwerke A. G. — Machine électrique à courant constant.
- 414 362, du i6r avril 1910. — Buonamici. — Machine dynamo sans collecteur pour courant continu et courant alternatif.
- 414 607, du 17 février 1910. — De Coster. — Dynamo-magnéto à régulateur de résistance automatique pour l’éclairage de bicyclettes, motocyclettes, automobiles, canots, dirigeables, etc., et pour l’allumage des moteurs.
- 414 609, du 22 février 1910. — Cunningham. — Armature de magnéto à haute tension.
- 4i4 610, du 22 février 1910. — Olmsted. — Dispositif de commande pour moteurs électriques.
- 414 990, du 24 mars 1910. — Société Ernst Eise-mann et C° G. m. b. H. — Magnéto d’allumage avec arbre d’induit supporté en trois points.
- 415 202, du 26 avril 1910. — Société dite Allge-meine Elektricitats Gesellschaft.— Dispositif pour protéger contre toute surcharge de courant les moteurs électriques à mise en marche et à changement de marche rapides.
- 4i5 406, du 3o avril 1910. — Société dite Allge-
- meine Elektricitats Gesellschaft. — Procédé pour la conduite d’alterno-moteurs à collecteur avec un enroulement de travail sur le stator et le rotor.
- 4i5 4i<>, du 3o avril 1910. — Maison Breguet. — Génératrice régulatrice pour turbo-dynamos à basse pression.
- 415 436, du 2 mai 1910. — Société dite Allgemeine Elektricitats Gesellschaft. — Dispositif de mise en marche pour alterno-moteurs à collecteur.
- 4i5 576, du 7 avril 1910. — Parsons. — Commutateur de machine dynamo-électrique.
- 4i5 649, du 6 mai 1910. —Société Siemens Schuckertwerke G. m. b. H. — Transformateur de fréquence à courant polyphasé avec enroulemeut de pôles principal et auxiliaire dans le stator.
- 415 726, du 9 mai 1910.— Ilyine Berline. —Commutateur pour rhéostat de démarrage de moteurs asynchrones mono, bi et triphasés à déclenchement automatique.
- 12 526/411 394, du 26 avril 1910. — Fouiirié. — Commande des moteurs d’induction polyphasés par du courant alternatif monophasé transformé.
- 416 000, du 14 mai 1910. — Firme Robert Bosch. — Dispositif de commande pour magnétos d’allumage.
- 416 007, du 14 mai 1910. — Société alsacienne de constructions mécaniques a Belfort. — Système de connexions pour moteurs à courant continu à vitesse variable.
- 4i6 123, du 19 mai 1910. — Société anonyme Westinghouse. — Système inducteur pour convertisseur rotatif.
- 416 174, du 21 mai 1910. — Société dite Felten et Guilleaume Lahmeyerwerke A. G. — Machine à courant alternatif à commutateur et à alimentation double.
- 416 200, du 20 mai 1910. — Société alsacienne de . constructions mécaniques a Belfort. — Perfectionnements aux transformateurs réglables.
- arcs et lampes électriques
- 4i3 736, du 18 février 1910. —Capitaine. — Perfectionnements aux lampes électriques à incandescence à filaments métalliques.
- 413 819, du 18 mars 1910. — Salzeii. -— Procédé de fabrication de supports pour filaments métalliques de lampes électriques à incandescence. .
- 414 192, du 29 mars 1910. — Barrollier. — Machine pour opérer le raccordement entre le pied
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- T. XII (2e Série). —N» 46.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- porte-filaments et l’ampoule des lampes électriques à incandescence.
- 414 ^48, du 3o mars 1910. —Carangelo. — Lampe à foyers multiples à interrupteur automatique.
- 4*4 ^57, du 3o mars 1910. — Société tue Westinghouse Métal Filament Lamp Company Limited. — Procédé et appareil pour la fabrication des filaments de lampes à incandescence.
- 414 3oo, du 14 mars 1910. — Société dite Wolfram Lampen A. G. — Support élastique pour filaments de lampes électriques à incandescence.
- 414 465, du 4 avril 1910. — Société Bisson, Ber-gÈs et Cic. — Souffleur magnétique pour lampes à arc.
- 414 489, du 5 avril 1910. — Moog. — Douille à pince pour ampoules électriques.
- 4i4 055, du 4 avril 1910. — Claude. —Lampe à vapeur de mercure à verre quartzeux de construction souple et à rallumage automatique.
- 414 707, du 11 avril 1910. — Société dite Gebruder Siemens et Cie. — Electrodes avec matières éclairantes additionnelles pour lampes à arc.
- 414 7^5, du 11 avril 1910. — Eldred.—Appareils électriques à ampoule de verre et leur mode de fabrication.
- 4i4 827, du 14 avril 1910. — Société des établissements Sage, Bine et Cie. — Réflecteur lenticulaire à diffuseur pour lampes électriques.
- 414 85g, du 16 avril 1910. — Weinert. — Charbon de lampe électrique à arc.
- 414 865, du 16 avril 1910. — Gallay. — Allumoir électrique fonctionnant sur lignes d'éclairage ou de force motrice.
- 414 983, du 18 mars 1910. — Konecke. — Lampe à arc à courant triphasé.
- 415 ou, du 4 avril 1910.— Société dite W. G. IIeraeus G. m. b. H. — Dispositif de basculement à alimentation en dérivation pour les lampes à vapeurs de riiercure.
- 415 012, du 4 avril 1910. — Société W. C. Heraeus G. m. b. H. — Dispositif pour l’allumage par basculement des lampes à vapeurs de mercure à courant alternatif.
- 4i5 077, du 21 avril 1910. — Kolleii. — Parachute pour charges de toutes natures, notamment pour lampes à arc.
- traction
- V
- 414 o83, du ier mars 1910. — Société A. Giros et Loucheur. — Dispositifs destinés à éviter les effets de dilatation dans les lignes de prise de cou-
- rant à haute et basse tension pour véhicules élecr-triques.
- 414 089, du 4 mars 1910. —Patterson. — Système contrôleur de voitures électriques pour chemins de fer.
- 4 *4 473, du 5 avril 1910. — Kremer. — Galet pour le conducteur aérien ou souterrain des chemins de fer électriques ou autres dispositifs de transport.
- 4»4 706, du 11 avril 1910. — Bohm. — Système de locomotive commandée sans mécanicien.
- 12 439/409 655, du 4 avril 1910. — Samaia.— Dispositif d’aclionnement par le wattman des trappes de caniveaux pour tramways électriques.
- 415 «38, 4*5 040, 4i5 o4i, du 20 avril 1910. — Société J. Stone et C° Limited. — Perfectionnements apportés aux appareils électriques pour l’éclairage, le chauffage, la réfrigération et la ventilation des voitures de chemins de fer et autres véhicules.
- 4 r5 o3g, du 20 avril 1910. — Société J. Stone et G0 Limited. — Perfectionnements apportés aux commutateurs inverseurs pour les installations d’éclairage électrique des voitures de chemins de fer ou autres véhicules et d’autres installations analogues.
- 415 378, du 29 avril 1910. — Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Dispositif pour retendre le conducteur de ligne des chemins de fer électriques.
- , 415 723, du 9 mai 1910. — Chardon de Thebmeau. — Locomotive électrique.
- 12 54o/358 781, Société Siemens et Halske A. G. — Ferme-circuit pour voies ferrées.
- 415 861, du 3o avril 1910. — Breteau et Quincey. — Roulette de trolley pour tramways, transbordeurs, ponts roulants, grues, tracteurs électriques et prises de courant à roulement.
- 416 288, du 24 mai 1910. —Asmus. —Dispositif électrique d’arrêt et de signal pour trains de chemins de fer.
- USINES GÉNÉRATRICES
- 413 816, du 18 mars 1910. — Ciiilds. — Installation pour la production de l’électricité à l’aide d’une source motrice d’énergie variable.
- 12 406/892 577,. du 2 avril 1910. —Société Siemens Schuckert Werke G. m. b. H. — Courants de grand'" force.
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- ' APPLICATIONS MÉCANIQUES
- 414 341, du 16 juin 1909.— Société dite Compagnie GÉNÉRALE DE PHONOGRAPHES, CINEMATOGRAPHES et appareils de précision. — Perfectionnements dans les électro-aimants.
- 415 54i, du 18 février 1910. — Schneider. — Interrupteur horaire.
- ELECTROCHIMIE ET ELECTROMÉTALLURGIE
- 414 296, du i2 mars 1910. — Petersson. — Procédé et dispositif pour le chargement des fours à résistances électriques.
- 414 726, du 11 avril 1910. — Sénbr et Giniès. — Procédé et dispositifs pour le traitement des gaz au four électrique, particulièrement pour la fabrication synthétique des produits azotés.
- 12 423/409 244, du 11 mars 1910. — Popp. — Four électrique à résistance à grande concentration d’énergie et à marche continue.
- 414 925, du 19 avril 1910.— Société dite Norsk
- HYDRO-ELEKTRISK KVAELSTO FAKTIESELSKAB. -------
- Procédé pour l’augmentation du facteur de travail (cos ®) et de la stabilité des fours électriques.
- 415 116, du 22 avril 1910. — Reid. — Four élec trique à arc et à induction.
- 12 511/37!» 58g, du 26 avril 1910. — Lafond. — Tonneau électrolytique.
- 4i5 507, du 29 avril 1910. — Louis. — Four électrique à électrodes fixes.
- 415 548, du 17 mars 1910. — Société dite Stora
- KOPPARBERGS BERGSLAGS AICT1EBOLAG. ----- Four
- électrique et procédé pour son chargement.
- 416 079, du 18 mai 1910. — Hiorth. — Perfectionnements aux fours électriques de fusion à induction.
- 416 260, du 23 mai 1910. — Société dite Gebruder Siemens et C°. — Revêtement protecteur pour charbons d’électrodes et autres.
- ÉLÉMENT PRIMAIRE ET ACCUMULATEURS
- 413 937, du 3i décembre 1909. — Huizer. — Electrode de dissolution à surface active réduite, pour éléments galvaniques.
- 414 019, du 25 mars 1910. —Hoellinger. —Accumulateur à vase poreux.
- 4i4 2.3i, du 14 juin 1909. — De Karavodine. — Système d’accumulateur électrique léger.
- 414 528, du 6 avril 1910. — Daujat. — Plaque
- d’accumulateur en |>lomb avec armature en aluminium.
- 414 713, du 11 avril 1910. — Société dite.NYA
- ACKUMULATOR AKTIEBOLAGET JuNGNER. ------ Procédé
- de préparation d’une masse de fer active pour l’électrode négative d’accumulateurs alcalins.
- 415 021, du 9 avril 1910. — Féry. — Pile électrique économique pour sonneries électriques et télégraphie.
- 4i5 414, du 3o avril 1910. — Société dite Nya
- ACKUMULATOR AKTIEBOLAGET JüNGNER. ------ Masse
- active pour l’électrode positive d’accumulateurs alcalins.
- 12 54i/4i5 021, du 3o avril 1910. — Féry. — Pile électrique économique pour sonneries électriques et télégraphie.
- 415 758, du 9 mai 1910.— Newlands et Parkinson. — Préparation perfectionnée destinée à produire un électrolyte pour batterie primaire.
- 12 565/389 772, du i3 avril 1910. — Garde et Adams. — Perfectionnement dans la fabrication et la disposition des électrodes de piles secondaires (accumulateurs).
- 416 210, du 20 avril 1910. —Smith. — Dispositif de connexion pour piles électriques.
- 12 598/415 758, du 10 mai 1910. — Newlands et Parkinson. — Préparation perfectionnée destinée à produire un électrolyte pour batterie primaire.
- télégraphie et téléphonie sans fil
- 12 325/4oi 295, du 17 mars 1910. — Juillac. — Màt télescopique pour télégraphie sans fil, signaux et usages analogues.
- 414 457, du 4 avril 1910.— Ferrari et Pizzuti. — Appareil raccourcisseur des Ondes avec déchargeur multiple.
- 4*5 717, du 7 mai 1910. — Fessenden. — Perfectionnements dans la transmission des signaux par ondes électromagnétiques.
- 415 607, du 22 avril 1910. — Société dite General Electric C°. — Alternateur à haute fréquence.
- 4i5 736, du 9 mai 1910. — Fessenden. — Perfectionnements dans les signaux par télégraphie sans
- fil.
- 4i5 788, du 10 mai 1910. — Fessenden. — Perfectionnements dans les signaux par télégraphie sans fil.
- 4i5 849, du 22 juillet 1909. — Ferrié. — Eclateur tournant pour toutes applications des courants de haute fréquence.
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- i2 6oi/4ï5 dù'11 mai 1910.— Société dite General Electric C°. — Alternateur à haute fréquence.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- /i13 79a, du 17 mars 1910. — Petersen et Sem. — Système destiné à la téléphonie à longue distance.
- /i 13 85o, du 19 mars 1910. — Société dite Deutsche Telephonaverke G. m. b. H. — Manipulateur pour l’émission d’impulsions de courant avec limitation automatique de l’effet.
- 414 197, du 3o décembre 1909. — Martin. — Système téléphonique.
- 414 286,. du 5 mars 1910. — Kiss. — Télégraphe rapide permettant la transmission de lettres et signes quelconques.
- 414 355,du3i mars 1910. — Egner etIIolmstrom. — Dispositif de refroidissement pour microphones à courants de grande intensité.
- 414 4o5, du 2 avril 1910. — Pedersen. —Transmetteur de signaux électriques.
- 414 964, du 5 février 1910. — Martin. — Système téléphonique.
- 415 013, du 5 avril 1910.— Ruhmer. — Procédé et dispositifs pour téléphonie multiple.
- 4i5 3o3, du 23 avril 1910. — Société Siemens et Halske Aictiengesellschaft. — Dispositif pour empêcher la rupture ou l’arrachement des cordons de connexion des fiches pour installations téléphoniques.
- 415 3o4, du 23 avril 1910. — Société des Télégra-
- phes Multiplex (Système E. Mercadier). — Procédé permettant d’amplifier les vibrations des diapasons actionnés mécaniquementou électriquement et d’établir un dispositif interrupteur périodique à régime isochrome pour haute tension. '
- 4iî> 455, du 2 mai 1910. — Lee. — Téléphone automatique.
- 4i~> 53G, du 13 janvier 1910. —Société American Automatic Téléphoné C°. — Système téléphonique automatique.
- 416 o83, du 10 mai 1910. — Betulander. — Dispositif de couplage pour téléphones.
- 416 14 *, du 20 mai 1910. — Droop. — Perfection-r nemcnts apportés aux relais téléphoniques.
- 4iG i7i, du 3i juillet 1909. —Bourdil. —Microphone.
- DIVERS
- 12 428/395 261, du ier avril 1910. —Durand. — Dispositif nouveau pour la production et le réglage des courants utilisés en électrothérapie.
- 416 093, du 18 mai 1910. — Varet. — Dispositif de connexion permettant d’assurer la protection des ampoules utilisées en radiologie, contre la pulvérisation de l’antieathode résultant du passage fortuit de l’onde en sens inverse, par suile.d’erreurs de connexions.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse dès ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Das electrische Bogenlicht (L’arc électrique, bases physico-techniques de la production de lumière par décharges électriques), par Ewald Rascll. — 1 volume in-8° carré de 176 pages, avec Ü2 ligures. — F, Wieweg et fils, éditeurs, Brunswick. — Prix: broché, 6 marks ; relié, 7 marks.
- Dans cet ouvrage, l’auteur ne consacre que quelques pages aux propriétés photomélriques mais s’occupe surtout du mécanisme du phénomène de conductibilité gazeuse qui intervient dans les diverses variétés d’arcs électriques.
- Après avoir rappelé succinctement les bases de la
- théorie électronique de la conductibilité dés gaz, M. Rasch discute en détail les diverses conditions de fonctionnement de l’arc.
- Signalons en passant un curieux rapprochement fait par l’auteur entre le courant minimum de l’arc électrique et le courant de saturation de l’effluve.
- Les importants travaux de Mm0 Ayrton ont été fréquemment mis à contribution dans cette discussion, mais il est bien regrettable que l’auteur ne semble pas être au courant de certains travaux faits à l’étranger sur .le même sujet et que, chose à peine
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- croyable, le nom de Blondel ne soit pas prononcé une seule fois dans cet ouvrage.
- Il nous semble pourtant difficile d'étudier,àrheurc actuelle, l’arc électrique sanstenir compte des travaux de ce physicien et on ne peut que regretter, par exemple, de ne pas trouver la notion de caractéristique instantanée dans l’ouvrage de M. Rasch.
- Quoi qu’il en soit, ce livre contient beaucoup de renseignements utiles et sera consulté avec fruit par tous ceux qu’intéresse la question de l’arc électrique.
- R. J.
- Leitfaden zum Elektrôtechnischen kum (Guide pour la pratique électrotechnique), par G. Brion. — i volume in-8° raisin de 4<>4 pages, avec 38o figures. —- B.-G. Teubner, éditeur, Leipzig. — Prix: broché, io marks ; relié, n marks.
- Le titré de guide convient bien à cet ouvroge. Ce n’est point en effet à proprement parler un cours de mesures électriques, mais un ouvrage dans lequel se trouvent rassemblés les divers modes opératoires auxquels un ingénieur électricien peut avoir recours aussi bien pour les mesures de laboratoire que pour les essais de machines.
- Pour chaque grandeur à mesurer, l’auteur indique les divers procédés auxquels on peut avoir recours, chacun d’eux étant accompagné d’un schéma très clair et d’explications courtes, mais précises. Peu de théorie : l’auteur croit simplement devoir rappeler de temps à auLre quelques-unes des définitions utilisées en éleetrolcchnique (valeur efficace, facteur de forme, etc...).
- Il ne croit pas non plus devoir discuter les conditions de sensibilité des diverses méthodes, laissant à chacun le soin de choisir celle qui convient, au cas particulier dans lequel il se trouve. Au début de l’ouvrage, M. Brion a pris soin de mentionner certains dispositifs et appareils dont on peut avoir besoin dans les laboratoires (régulateurs de tension, redresseurs de courants, rhéostats de charge, isolateurs même). 11 y a là certains renseignements qui peuvent être fortutilcsà des électriciens etleur présence dans cet ouvrage n en constitue pas un des moindres mérites. Une remarque pourtant: le lecteur français fera bien de se prémunir contre certaines appréciations relatives aux appareils, appréciations qui, parfaitement exactes pour la construction d’outre-Rhin, cessent d’être vraies dans notre pays.
- R. J.
- Thermodynamique et chimie (2e édition), par P. Duhem. — 1 volume in-8° raisin de 679 pages,
- avec 173 figures. —A. Hermann et fils, éditeurs, Paris.— Prix: broché, 16 francs.
- La première édition de cet ouvrage a été publiée il y a huit ans. Depuis, la chimie a fait d’importantes acquisitions qui justifiaient une révision et des additions. M. P. Duhem a donc tenu compte, dans ce nouveau volume, des travaux même les plus récents: c’est ainsi qu’on y trouvera par exemple les principaux résultats énoncés par M. Pierre Jolibois sur le phosphore p3jromorphique, par M. M. Coste sur l’allotropie du sélénium, par MM. Bruni et Meneghini sur les cristaux mixtes de nitrate et de nitrite de sodium, par MM. Briner et Wroczynski sur la décomposition du bioxyde d'azote, et enfin par M. Schreinemakers et M,lede Baatsurles équilibres quadrivàriants.
- Ces travaux ont pris place naturellement dans la partie consacrée à la chimie proprement dite. Or le double titre mis par M. P. Duhem en tête de son ouvrage indique qu’on y trouve encore bien autre chose que de la chimie pure, ou du moins que les lois de la chimie y sont étudiées à un point de vue beaucoup plus général que dans un traïté ordinaire.
- L’auteur a en effet consacré plusieurs chapitres de début à l’exposé de la thermodynamique, et c’est k ce titre surtout que son ouvrage nous intéresse, car si la chimie ne concerne qu’assez indirectement réicetricion, la thermodynamique s’impose au contraire de plus en plus à lui, et l’on peut dire qu’il est forcé de la coudoyer k chaque instant dans ses stations centrales. Nous nous étendrons donc de préférence sur les chapitres consacrés à cette science, si fondamentale, et si généralement mal comprise et insuffisamment enseignée. Nous le ferons d’autant plus volontiers que l’exposé de M. P. Duhem est de tout point remarquable. L’auteur a su éviter, avec un soin égal, d’une part l’imprécision, d’autre part la complication.
- Rien de plus consciencieux et de mieux venu que l’enchaînement des propositions fondamentales. Les définitions y sont fouillées avec un scrupule qui fait le plus grand honneur à l’auteur. L’analyse de ia notion de réversibilité, sur laquelle on ferait ânonnerlant de gens qui se croient pourvus d'une culture scientifique élevée, est à juste titre amplement développée, et mise en pleine lumière.
- Il est rare de trouver dans un traité de thermodynamique des lignes aussi lumineuses que celles qui servent de conclusion à cette analyse: <1 Ainsi, dit l’auteur, la modification réversible est une suite
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- continue d’états d’équilibre ; elle est essentiellement irréalisable; mais nous pouvons porter successivement notre attention sur ces états d’équiiibre soit dans l’ordre qui va de l’état x à l’état 2, soit dans l’ordre inverse; cette opération, tout intellec tuelle,se désigne par ces mots: faire subir au système la modification réversible considérée, soit dans le sens 1-1, soit dans le sens inverse, » Citons auss1 l’exposé bref et simple du principe de la dégradation de l’énergie, celui, très développé au contraire, de la loi des phases. Nulle part la confusion ne peut s’introduire dans l’esprit du lecteur.
- Cette précision, l’auteur a su l’obtenir par les moyens les plus simples. Les formules sont très sobrement employées, et c’est leur contenu intime que nous apprenons à bien connaître.
- On a déjà parlé de l’utilité pour l'électricien de se créer « une manière de voir électromagnétique ». On peut dire aussi qu’il y a une « manière de voir thermodynamique » qui ne peut s’acquérir que par un certain entraînement. C’est cette disposition d’esprit particulière que M. P. Duhem veut inculquer à ses lecteurs, en leur proposant de l’appliquer à la chimie. Et cela lui permet alors d’éclairer, au point de vue thermodynamique, les phénomènes d’équilibre ou de faux-équilibre chimique, les cristaux mixtes, les états critiques, les gaz parfaits, la dynamique des explosions, etc., auxquels est consacrée la partie chimique de son livre.
- M. G.
- Les Roches et leurs éléments minéralogiques, par Et. Jannettaz. •— i volume in-8° carré de 704 pages, avec 332 figures et a5 planches hors texte. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix; broché, 8 francs.
- Si nous nous bornions à analyser ce qui, dans cet ouvrage, est rigoureusement relatif à l’électricité, on devine que nous n’aurions que quelques mots à dire ;. les propriétés magnétiques et électriques des roches constituent en effet un champ d’investigation très spécial, et, en somme, assez réduit, au point de vue du géologue. M. Ed. Jannettaz étant géologue, avait donc le droit de se borner, comme il l’a fait, à peu près à mentionner le loi de Plucher (parallélisme de la direction d’induction maxima à celle du clivage le plus facile), ainsi que les travaux de Curie sur leà phénomènes de piézo-électricité (production
- i d’électricité par compression ou décompression des cristaux).
- Mais il serait dommage de nous borner là, et l’agencement d’ensemble de ce beau livre, richement illustré de planches en couleur, luxueusement édité par la librairie Hermann, vaut bien d’être signalé.
- L’auteur développe d’abord avec une grande clarté les principes relatifs à l’observation microscopique des minéraux. Il expose même à ce propos tout ce qu’il est nécessaire de connaître en optique géométrique. Puis vient l’étude des minéraux, et enfin la description des roches.
- Cet ouvrage met en œuvre une documentation immense, qui en fait un véritable monument.
- E. O.
- La télégraphie sans ûl, la télémécanique et la téléphonie sans ûl à la portée de tout le monde (5e édition), par B. Monter. — i volume in-8° couronne de 198 pages, avec 25 figures. —H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix: broché, 2 fr. 5o.
- Mettre une science aussi abstraite que la télégraphie sans fil « à la portée de tout le monde » est une tâche fort délicate. Il est difficile d’être à la fois exact et complet. On se rend fort bien compte de cette vérité en lisant l’ouvrage de M. E. Monier; il nous semble devoir donner à ses lecteurs une image assez déformée de ce qu’est actuellement la technique radioté-légraphique ; les cohéreurs par exemple, tiennent dans l’exposé de l’auteur une place qui est bien loin de correspondre à leur rôle actuel, tandis que quatre pages à peine sont consacrées aux détecteurs à peu près universellement employés aujourd’hui, etc.
- Même la « petite vulgarisation » demande plus de soin et de précision scientifique.
- L.A.
- Zeitschrift für Elektrochemie. — Tables générales des matières.
- On nous avise que vont paraître prochainement les tables des matières générales des tomes I à X .de la Zeitschrift für Elektrochemie (‘).
- Le prix de la première partie (table des auteurs), déjà parue, est de 1 i,5o marks.
- La deuxième partie (table des matières) paraîtra au commencement de l’année prochaine. (*)
- (*) Chez Wilhelm Knapp, Halle a.-S.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Les résultats de l’exercice 1909-igio communiqués à l’assemblée générale des actionnaires des Ateliers de Construction Oerlikon (Maschinenfabrik Oerlikon), le 28 octobre dernier, présentent un bénéfice net de 877 227 fr. a3 qui a été réparti de la façon suivante :
- Aux fonds de réserve.............. 5o ooo
- Aux actionnaires : 4 % de dividende 3ao ooo Report à nouveau.............. ... 7 227 23
- L’examen de ces seuls chiffres ne ferait apparaître qu’un taux de 4» 71 % pour le bénéfice net du capital qui est de 8 millions de francs; une analyse du compte de profits et pertes prouve qu’il en est tout autrement. Aux profits, les produits de l’exploitation, ajoutés aux recettes diverses, s’élèvent à 2^3 98 469 fr. I7, et donnent, avec le report de 44^ 692 fr. 4 1 de l'exercice précédent, un total de 2 64'5 1.62'fr. 28. Si nous en déduisons: 440000 francs affectés aux comptes dividende, et réserve de l'exercice 1908-1909, puis les frais généraux proprement dits qui comportent: 252539^.75 d’intérêts aux obligations et 776 543 fr.93 de dépenses diverses et frais commerciaux, il reste un solde de 1 176 078 fr. 60 qui constitue à bien parler le bénéfice net de l’exercice, dont l’affectation s’établirait comme suit d’après les errements adoptés
- généralement en France:
- Au fonds de réserve............ 5o ooo
- Aux amortissements............. 798 851 37
- 4% aux actions................. 320 ooo
- Report à nouveau. ............. 7 227 23
- Ensemble.. .... 1 176 078 60
- Le revenu brut de la totalité du capital engagé, 12 millions, étant de 18, 82 % , son revenu net ressort à 11,84% ; le rendement du seul capital actions étant alors net de 14,70 % . Néanmoins, ces résultats sont en légère diminution sur ceux de l’exercice précédent, compensés partiellement par une réduction des frais généraux. A cet égard, le conseil fait remarquer dans son rapport que la situation défavorable des affaires dont il se plaignait déjà l’année précédente avait persisté au cours de l’exercice 1909-1910, tandis que la recherche de nouveaux débouchés sur
- des marchés ouverts à des prix plus rémunérateurs devenait de plus en plus difficile.
- Le conseil s’est donc borné, au cours de l’année, à ne modifier que d’une manière très restreinte et dans la limite des nécessités les plus urgentes les installations des ateliers, s’astreignant seulement à remplacer, en vue de conditions de fabrication plus avantageuses, les anciennes machines-outils par les types les plus modernes. Quant à l’activité de la Société, elle s’est étendue dans le domaine de la construction à toutes les branches nouvelles qui sont du ressort de l’électricité et dans celui de la fabrication aux types de machines de plus grandes dimensions compatibles avec une exécution de premier ordre. C’est ainsi que les ateliers ont construit des alternateurs de 10000 chevaux, des moteurs de 3 ooo, des transformateurs de 5 ooo kilowatts et des tracteurs capables de remorquer 120 tonnes. En outre, des locomotives de 2 ooo chevaux ont été livrées à la Société du chemin de fer des Alpes Bernoises, peu après la clôture de l’exercice.
- Le rapport consacre un paragraphe spécial aux essais très intéressants de traction par courant monophasé poursuivis par la Maschinenfabrik Oerlikon sur le parcours Seebach-Wettingen. Toutes les revues techniques ont donné de ces essais des comptes rendus complets. L’installation fut malheureusement démontée au cours de l’automne 1909, parce que l’administration des chemins de fer suisses ne se décida pas à poursuivre l’exploitation. Elle se contenta de reconnaître le plein succès des recherches et de participer aux dépenses par une subvention de 110 ooo francs. Sa direction générale déclara en outre, dans un rapport au conseil, qu’au cours de l’exercice ce système de traction avait fait ses preuves, que les Ateliers Oerlikon méritaient une grande reconnaissance pour ce travail, que les essais poursuivis avaient un caractère de principe et avaient apporté beaucoup d’éclaircissements au problème de la traction électrique et qu’il fallait attribuer pour une grosse part aux travaux des Ateliers Oerlikon la perspective de plus en plus prochaine d’entrevoir le courant alternatif monophasé à haute tension et à faible fréquence comme la forme d’énergie à appliquer à la traction électrique sur les chemins de fer.
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- Les chemins de fer suisses ont acheté d’autre part aux Ateliers Oerlikon leur projet de l’Etzelwerk pour /|Oo ooo francs, dont 200 000 ont été versés de suite et le reste payable à l’époque de l’octroi définitif de la concession aux chemins de fer suisses. Par contre, le projet de la Waggital fut cédé aux usines d’électricité du canton de Zurich contre une compensation ^proportionnée. Enfin les affaires d’exportation restèrent très en dessous de celles de l’exercice précédent tant en raison des mauvais prix que des frais montant toujours d’année en année.
- En résumé, le bilan s’établit comme suit :
- A l’actif : Immobilisé.............. 6 o5g oo3 00
- Réalisable,............. 4 199 278 08
- Disponible............... 6 887 917 42
- Participations....... 536 260 00
- Total........ 17 682 448 5o
- Au passif : Capital actions....... 8 000 000
- Capital obligations.... 4 000 000
- Réserves diverses...... 38o 000
- Créditeurs divers...... 4 9^5 221 27
- Profits et pertes...... 377 227 23
- Total........ 17 682 448 5o
- A
- Dans les comptes d’immobilisation, le mobilier de la fabrique de machines et de la fonderie, l’outillage de celle-ci, les modèles, les brevets, les concessions sont entièrement amortis; enfin, la trésorerie paraît des plus aisées, ce qui ne peut être de meilleure conclusion.
- La Compagnie parisienne de l’air comprimé a obtenu, au cours de l’exercice 1909-191 o,des résultats de beaucoup supérieurs à ceux du précédent, malgré l’arrêt et les dépenses supplémentaires causées par les inondations de janvier-février. Les recettes brutes d’électricité et d’air comprimé réunies sont en augmentation de 365 958 fr. 54, et les dépenses d’ensemble sont en diminution de 684 728 fr. 49. L’augmentation des recettes est la conséquence du développement de la consommation d’électricité qui a procuré en outre k la Compagnie un bénéfice supplémentaire de58i 5oo fr. provenantdesa participation dans l’Union des secteurs. Le Conseil, en présence de ces résultats, a consacré aux amortissements une somme de 2 217 961 fr. 19 pour dépréciation de l’actif de premier établissement et en vue d’amortir complètement les dépenses de ce chapitre avant l’expiration de la concession d’air comprimé. Le solde du compte profils et pertes, qui s’élevait à 2 558 981 francs contre 2 533 487 francs, dotation
- faite des amortissements, a, été réparti de la façon
- suivante :
- Réserve légale............. 127 949 o5
- 6 % aux actions............ 1 5oo 000 00
- Amortissement du capital. .. 255 898 10
- Supplément aux actions. ... 181 4*5 54
- Au conseil d’administration. 74 482 56
- Formant un total de........ 2 139 746 25
- laissant un solde a répartir de... . 4*9 235 45
- qui a reçu les affectations suivantes:
- Aux actions................ 247 349 °9
- Aux parts bénéficiaires.... ;. 171 886 66
- Le conseil a proposé d’ajouter en outre au montant des sommes revenant aux actionnaires la réserve pour dividende aux actions, qui avait été constituée en 1907 et qui est sans objet : soit 71 235 fr- 37. Dans ces conditions, chaque action reçoit définitivement 40 francs et chaque part 26 fr. 8572.
- Les sommes portées en réserves et amortissements s’élèvent elles-mêmes k 2 601 808 francs ; l’an dernier elles étaient de 1 883 022 francs. Au cours de l’exercice, la Compagnie avait racheté 5 700 parts pour le prix total de 4 233 864 fr. 10 et versé le deuxième quart des 24 341 actions nouvelles qu’elle possède de la Compagnie Parisienne de Distribution.
- Les applications de l'air comprimé se répandant chaque jour, plus de 7 kilomètres de canalisations ont été placées,distribuant l’air k 4 385 abonnés dont 702 l’utilisent pour des moteurs et 4 °$7 pour des ascenseurs. Il y a lieu dfy ajouter les 1 293 abonnés d’horloges qui sont au nombre de 5 781 sous forme de pendules ou de simples mouvements. La Compagnie se propose, paraît-il, de faciliter l’emploi de l’air comprimé au nettoyage des appartements, k la ventilation, au ravalement, k l’éclairage et au chauffage par un mélange d'air et de gaz, en installant k ses frais dans les immeubles contigus k ses canalisations des colonnes montantes. Ces immobilisations nouvelles nécessitées par ces installations constitueront ainsi un emploi rémunérateur des réserves de la compagnie dont le seul compte d’amortissement s’élève k 89 820 318 fr. 64 en regard de 47 709 946 fr. 85 figurant k l’actif au compte de dépenses de premier établissement.
- Le rapport de la British Thomson Houston C° pour l’exercice clos au 3i mars 1910 n’cxprinie pas les mêmes sentiments de dépression que nous constations au cours de notre analyse du rapport de la Maschinenfabrik Oerlikon. La situation générale des
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- a flaires s’est grandement améliorée au cours de l’exercice, y est-il dit, qui se clôture par une perte d’environ 20 ooo francs. Si un dividende ne peut encore être distribué pour l’année écoulée, il y a maintenant nombre d’indications que la période de dépression la plus mauvaise est passée. Les usines de Rugby ont été notablement agrandies. Ainsi la capacité de production de la fabrique de lampes a été doublée, entraînant une dépense de 475 000 francs. Aussi les
- ateliers, en considération de l’extension rapide des turbines à vapeur, ont reçu des agrandissements nécessitant 750000 francs de nouvelles immobilisations. Les bénéfices nets se sont élevés à 273 3oo francs et ont été alïectés en partie aux comptes suivants :
- Droits de brevets.... a!> 200 francs
- Usines de Rugby.... 128 000 francs Report à nouveau.... 62 5oo francs
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris, — Les chemins de fer de l’Etat viennent de commander aux constructeurs français 15o locomotives
- En voici la répartition :
- Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 22 ;
- Société des Anciens Etablissements Cail, 20; Société de Construction des Batignolles, 5; Le Creusot, 55; Société Franco-Belge, 55; Co pagnie Fives-Lille, 43.
- En outre, une commande de 200 tenders a été donnée aux Sociétés Dyle et Bacalan, Magnard, Baume-Marpent et aux Ateliers du Nord de la France.
- Aube. — Une enquête d’utilité publique est ouverte à la mairie d’Arcis-sur-Àube concernant le projet d’un chemin de fer électrique d’Arcis à Pougy.
- Meurthe-et-Moselle. — La Itevue Industrielle de l'Est annonce que des essais de halage électrique ont été effectués, il y a quelques mois, par la Compagnie Générale Electrique de Nancy en présence d’un certain nombre de hautes personnalités du corps des ponts et chaussées, des Chambres de Commerce et de l’Industrie, Ces essais ont donné les résultats les plus positifs et la Chambre de commerce de Nancy a décidé en principe d’équiper quelques kilomètres de canal, afin d'examiner les résultats économiques qu’on peut attendre d’une telle , exploitation.
- La Compagnie Générale Electrique vient de traiter pour une application de son système au tunnel de Mau-vages, avec la maison Fougerolle de Paris, qui va commencer les travaux de réfection du tunnel, qui dureront, d’après les prévisions, environ 7 années. L’équipement de halage s’étendra sur une longueur de plus de 6 kilomètres, partie sous tunnel et partie en dehors.
- Les appareils devront permettre de remorquer, soit des chalands à personnel, à la vitesse de 8 kilomètres à l’heure, soit des trains de bateaux chargés à la vitesse de 2 kilomètres. Cette installation qui est actuellement
- en voie de réalisation et qui fonctionnera dès le début de l’année prochaine, est d’un grand intérêt pour la navigation. Elle donnera au système de halage de la Compagnie Générale Electrique la sanction de la pratique industrielle .
- L’adoption du système de la Compagnie Générale Electrique permettrait de doubler et même de tripler le trafic actuel.
- Danemark. — Le Gouvernement danois vient de demander au Parlement un crédit de 4 75o 000 couronnes en vue de l âchât de matériel' roulant nécessaire aux chemins de fer de l’Etal.
- ÉCLAIRAGE
- Allier. — Le Conseil d’arrondissement de Gannat a adopté le projet de barrages à effectuer sur l’un des cours d’eau de la région, en vue de fournir l’électricité nécessaire à l’éclairage et à la force motrice des communes de l’arrondissement.
- Calvados. — La municipalité de Lisieux a approuvé le cahier des charges concernant l’installation de l’éclairage électrique, présenté par M. Maret ; les travaux vont commencer prochainement.
- Une enquête est ouverte à la mairie de Livarot concernant le projet de distribution d’énergie électrique, déposé par M. Maret.
- La concession de l’éclairage électrique de Cabourg, Dives, Iloulgate, a été accordée à M. de Marcheux. Le courant à haute tension sera fourni par l’usine électrique de Caen.
- Corrèze. — Le CouseiLmunieipal d’Allasao a accepté les nouvelles offres de M. Chaux, concessionnaire de l’éclairage électrique.
- Doubs. — Le Conseil municipal de Lure a adopté l’électricité pour l’éclairage de la ville et a accepté les
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- conditions de contrat proposées par la Société des Houillères de Ronchamp.
- Meurthe-et-Moselle. —Le Conseil municipal de Toul a approuvé le projet d’extension du réseau d’éclairage électrique de la ville par la Société centrale de Toul.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Anonyme Westinghouse, le Havre.
- Société des Mines deLens—. Station centrale électrique de Yendin-le-Vieil.
- Allgemeine Elektricitats Gesellschaft, Berlin.
- A. E. G. Zeitung, novembre 1910.
- Einführung, Anwendung und Erfolg der Elektrizitat in Hüttenwerken.
- Das Elektrizitâtswerk der Compania Barcelonesa de Electricidad,. Barcelona.
- Elektrizitat in Brauereien.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société électrique de Bresles. — Durée : 20 années. — Capital : 60000 francs. — Siège social : Bresles (Oise).
- Société d’éclairage et de force de Vougeot. — Durée : 35 années. — Capital : 100 000 francs. — Siège social : Vougeot (Côte d’Or).
- Société Française de /’ énergie électrique du Camé résis. — Durée : 40 années. — Capital: 200 000 francs. —Siège social : 12, rue des Rôtisseurs, Cambrai.
- Société électrique de Chart'eves. — Durée : 3o ans. — Capital : 40 000 francs. — Siège social : Chartèves (Aisne).
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie de Fives-Lilie. — Le 17 novembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Suburbaine de Gaz et d'Electricité. — Le i5 novembre, u, rue de la Tour-des-Dames, à Paris.
- Compagnie d’Electricité de /’Ouest-Parisien. — Le 2 5 novembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Industrielle des Téléphones. — Le 26 novembre, s*5, rue du 4-Septembre, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- ♦
- FRANCE
- Le 3o novembre, à 11 heures, à la direction générale des postes et des télégraphes, rue de Grenelle, io3, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de gutla-percha et de coton, en 5 lots. Demandes d’admission le 20 novembre au plus tard.
- BELGIQUE
- Le a3 novembre, à 1 heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture à Namur d’objets d’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat, cahier des charges spécial n° 864 :
- ier lot, objets en caoutchouc : 1 040 joints, 800 bouchons et 4 800 couvre-joints pour couvercles de récipients d’accumulateurs ; — 2e lot, objets en ébonite : 2 400 plaques de fond et 800 plaques de parois G. M. pour accumulateurs, 800 bagues G pour flotteur, 8ooflot-teurs A avec rondelle en liège ; — 3e et 4e lots, objets en ébonite : a lots de 6 ooo plaquesde paroi G. M. pour accumulateurs ; — 5e lot, id. 24 000 cavaliers F pour id. ; —6e lot. 480 récipients en teck avec chemise en plomb pour id., 800 broches en teck pour couvercle de récipients d’accumulateurs ; — 7e lot, 36o chemises en plomb pour récipients d’accumulateurs ; — 8° lot, 2 000 connexions flexibles pour accumulateurs ; — 90 lot, 800 ta. cts carton isolant de 80 centimètres de larg. ; — io° lot, 960 m. cts câbles et 280 m. cts fils ; — 1 ie lot, 900 globes et 80 lentilles grandes en cristal pour lampes, 160 tulipes en verre opalin ; — 12e lot, 1 200 boulons en fer, 40 couvercles protégeant l’extrémité de la vis de réglage de la tension delà courroie, 20 écrous en bronze manchons de la vis id. ; — i3e lot, 800 crochets type n° 4 à serrage progressif pour fermeture de • récipients ; — 14e lot, 7 910 vis à métaux en fer, gi5 vis à métaux en laiton, 240 vis à bois en fer, 400 vis à bois en laiton, 80 boulons en fer n° 2, 3ao pivots en fer, 65 pivots en laiton, 40 goupilles en fer n°5,65 rondelles en laiton, 5o rondelles Grover en acier.
- Le 21 décembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien de l’embranchement de Laeken (avenue Houba) à Wemmel de la ligne vicinale de Bruxelles à Humbeek. Soumissions recommandées le 20 décembre.
- ANGLETERRE
- Le 21 novembre, à la corporation municipale, ;'i Wakefield,,fourniture et montage de 2 pompes centrifuges pour les travaux de canalisation de la ville.
- mus. — 1MPRIUIRIK LEVÉ, RUE CASSETTE,17.
- Le Gérant : J.-B. Noukt.
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- SAMEDI 10 NOVEMBRE 1910.
- Tome £ll (2« <ri«). - N* 47.
- Tronte-deuxiimo année.
- La
- . î
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Ëclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. '2a5. — A. Léauté. Surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau, [à suivre) p. 227. — C. Béniot. Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle pour distributions alternatives simples et triphasées, (à suivre) p. 232.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. La mesure des courants alternatifs par la méthode de compensation, A. Larsen, p. 23g. — Méthode pour mesurer le glissement de deux alternateurs couplés en parallèle, H. Gorges et P. Weidig, p. 240. — Arcs et lampes électriques. Eclairage d’un gymnase et d’une vaste piste couverte, R. Cravath, p. 241. — Applications mécaniques. Irrigations par pompage électrique dans le Kansas, C. Riïybold, p. 242. — Usines génératrices. La Station génératrice de Glenwood de la Central Colorado Power Company, p, 242. — Divers. Electrolyse de conduites d'huile, H. Miller, p. 245. — Brevets. — Dispositif pour protéger contre toute surcharge de courant les moteurs électriques à mise en marche et à changement de marche rapides, p. 245. — Affinage électrique de l’acier, R. Walker, p. 246. — Procédé pour fabriquer les plaques négatives Planté pour accumulateurs, p. 246. — Bibliographie, p. 247. — Législationet contentieux. Arrêté du 21 mars 1910, déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique pour l’application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie, p. 248. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 252. — Renseignements commerciaux, p. 254. — Adjudications, p. 255.
- ÉDITORIA l
- Les travaux que nous publions le plus volontiers sont désormais, et seront de plus en plus, ceux qui ont une signification pratique et une portée industrielle, ceux qui sont conçus par des ingénieurs, pour des ingénieurs. L’électrotechnique est, en eiïet, clans son ensemble, arrivée à un stade de développement assez avancé pour que l’on soit à peu près en droit d’exiger , à propos de toute théorie nouvelle, le contrôle expérimental. Exception doit être faite, cependant, pour la radiotélégraphie, par exemple, qui offre encore un vaste champ à l’investiga-
- tion purement théorique, ainsi que pour certaines questions très spéciales.
- Mais en ce qui concerne la technique des machines ou des distributions, une théorie n’a plus le droit d’être bâtie sur des conceptions purement mathématiques, sans base physique : ajoutons, d’ailleurs, que la valeur pratique d’une théorie ne se reconnaît pas exclusivement, comme le croient certaines gens, à l’absence d’« intégrales», — de même qu’il n’est pas malaisé de citer, inversement, des écrits théoriques fameux qui sont rédigés en langage vulgaire. La remar-
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- T. XII (2* Série). — N« 47.
- quable étude de M. A. Léauté sur les surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau se recommande précisément à l’attention des techniciens comme un exemple de développement mathématique basé sur des conditions physiques judicieuses et aboutissant à des résultats d’une portée expérimentale très nette.
- Il y a généralement, aujourd’hui, sur les grands feeders, deux interrupteurs principaux : l’interrupteur de « départ » et l’interrupteur de tableau. Que se passe-t-il dans le feeder, quand on les ferme ? Pour le premier, M. K.-W. Wagner a donné la réponse, dans le cas d’un circuit ouvert. Pour le deuxième, M. A. Léauté montre qu’il se produit des surintensités dont il recherche la loi d’une manière très heureuse puisqu’il aboutit, comme on le verra, à reproduire, d’une manière frappante, l’allure générale d’un diagramme oscillographique relevé expérimentalement. D’autre part, le cas étudié n’est plus celui du circuit ouvert, mais du circuit fermé à son extrémité sur le primaire d’un transformateur.
- M, le professeur R. Arno, que nos lecteurs connaissent bien, poursuit en ce moment de curieuses recherches sur les compteurs d'énergie dans les distributions à courant alternatif recherches dont l’intérêt est à là ibis technique et économique.
- La question principale que s’est posée M. Arno consiste, en effet, à tenir compte, dans une certaine mesure, de la fourniture de courant déwatté : on aura alors à considérer ce que M. Arno appelle la charge com-
- plexe. Pour la mesurer, il décale, dans le compteur, le flux produit par le circuit volts par rapport à la tension qui agit aux bornes de ce circuit.
- C’est également un appareil « complexe » qu’emploie M. A. Larsen pour la mesure des courants alternatifs par la méthode de compensation. Le dispositif s’applique également à la mesure de la tension, de la fréquence, etc.
- Pour mesurer le glissement de deux alternateurs couplés en parallèle, MM. Gorges et Weidig ont imaginé d’employer deux miroirs qui ne transmettent un certain rayon lumineux que dans le cas de synchronisme.
- Le problème qui se posait, dans Y éclairage d'un gymnase, décrit par M. R. Cravath, consistait à obtenir une lumière suffisante sur le sol, tout en plaçant les lampes très haut, et en les rendant invisibles directement.
- On verra comment l’adoption de réflecteurs argentés de forme spéciale ?i permis de le résoudre,
- On trouvera ensuite, d’après M. Reybold, d’intéressantes indications sur la réalisation de Y irrigation par pompage électrique dans le Kansas, puis la description de la station génératrice de Glenwood.
- Cette station est toute récente et tire, de ses seules ressources hydrauliques, une puissance de 5 ooo kilowatts.
- Enfin, quelques détails pratiques sur Y électrolys e des conduites d'huile sont extraits d’un récent travail de M. H. Miller.
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- SURINTENSITÉS DUES A LA FERMETURE DES INTERRUPTEURS DE TABLEAU11
- ÉNONCÉ DU PROBLÈME. EQUATIONS.
- Les grands feeders sont, actuellement, presque toujours munis de deux interrupteurs, dont l’un, dit de départ, est placé à l’usine génératrice, tandis que l’autre est établi sur le tableau de distribution, plus ou moins loin du premier.
- Lorsqu’on veut mettre alors en charge la ligne correspondante, on ferme d’abord l’interrupteur de départ; cette manœuvre peut donner naissance à des surintensités et à des surtensions que M.K.-W. Wagner (*) a étudiées très complètement. Je me propose d’examiner ici les phénomènes non moins intéressants que produit la fermeture des interrupteurs de tableau. Cette étude, fort difficile au point de vue analytique, diffère de celle à laquelle M. K.-W. Wagner s’est livré, en ce que la ligne, sur laquelle on ferme l’interrupteur, est reliée à son extrémité au primaire d’un transformateur ; les calculs de M. K.-W. Wagner ne s’appliquent, au contraire, qu’au cas beaucoup plus simple d’une ligne ouverte.
- A JL M B
- >r
- A’ I -------M* 1_______B'
- Fig. i.
- Soit A B'B A' (fig. i) une ligne monophasée à double fil, et soient M et M' deux points situés l’un sur AB, l’autre sur A'B' et tels que l’intensité I en M soit à chaque instant
- égale et de signe contraire à l’intensité en M'. Appelons x la distance AM et V la différence de potentiel entre M et M', et convenons de considérer comme positive l’intensité en un point de AB, lorsqu’elle aura la direction AB. Dans ces conditions, M. Poincaré (*) a montré que, même dans le cas d’oscillations très rapides, on avait entre V et I les relations suivantes :
- (H _ dx ~~ dV_ dx
- pI-X.
- dl
- dt'
- (a)
- dans lesquelles p, y et X sont des coefficients constants. Pour écrire les conditions aux limites, deux cas sont alors à distinguer, suivant que le transformateur auquel aboutit la ligne présente ou non de la capacité.
- TRANSFORMATEUR A CAPACITE NEGLIGEABLE
- Si l’enroulement primaire du transformateur est formé d’une seule couche de fil, j’ai montré dans un travail précédent (2) que la capacité de ce transformateur est négligeable ; en appelant L le coefficient de self-induction, R la résistance -ohmique du primaire et en supposant tout d’abord le transformateur sans fer, on a comme première condition aux limites
- L.^l-f RI_V:=o, pour x = l, (3)
- l désignant la longueur de la ligne. A cette condition il faut joindre la suivante :
- V = li sin(w< + £)> pour x ^ °> (4)
- (q Cf. A. Léauté. De l’explosion des fusibles pour haute tension. La Lumière Electrique, 8 octobre 1910.
- (2) K.-W. Wagner, Elektremagnetische Ausgleiclis-vorgiinge in Freileitungen u. Kabeln, Leipzig, 1908.
- (!) H. Poincaré, Conférences à l'Ecole professionnelle supérieure des Postes et des Télégraphes,,Lumière-Electrique.
- (2) Comptes Rendus de l’Académie des Sciences,g juin
- I 1908.
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- qui exprime que les alternateurs maintiennent sur les barres générales une différence de potentiel sinusoïdale.
- Pour résoudre le système (i), (2), (3), (4), on remarquera que les quatre équations qui le forment sont linéaires et que la solution générale s’obtient, dès lors, en ajoutant à une solution particulière la solution générale des équations sans seconds membres. La solution particulière la plus facile à former est celle qui correspond à l’état de régime ; le calcul peut être fait en suivant la méthode géométrique de' M. Blondel ou encore en faisant usage de la spirale de Breisig ('). Dans le cas des canalisations souterraines, qui n’ont jamais une très grande longueur, l’intensité est à chaque instant sensiblement constante tout, le long de la ligne et il est permis de prendre comme valeur de la solution particulière :
- 1 - - - ~ ----sin— 0), (5)
- /(R-J-p^-I^L+X^w2
- V,F.r,infn,,^U.JPSin|l'i:+S-6>+X“C05^±j=<-»'Ul L v(ff+p^)2+(L+Ww2 J
- en posant
- tgO —
- L -f X/,r
- R+y/
- (O.
- Il reste à trouver les deux fonctions I et Y les plus générales, satisfaisant aux équations sans second membre et aux conditions aux limites suivantes :
- V == L — + RI pour x = l, (3)
- V = o pour :v = o. (4Am)
- Nous donnerons à ces fonctions la forme de développements trigonométriques, et pour cela nous formerons la relation à laquelle doit
- (’) Breisig, E. T. Z., 189g, p. 383 ; 1900, p. 97.
- Cf. Aussi Rœssler, Fernleitung von Wechselstrôme, Berlin, igoS.
- satisfaire un paramètre a, de façon que le système de valeurs :
- 1 = Ke—** cos [\>.t -j- cp). cosg —, J
- />; * (7)
- V = y/-. Ke~st sin (\).t -}- y -}- <ji). sina -j, j
- soit solution des équations (1), (2), (3) et (4M‘), étant supposé que l’on ait :
- _£l
- 4X2’
- tgtjl:
- t A !'q2 V rp!/!
- Il suffit de substituer dans l’équation (46“) les valeurs de I et V données par les formules (7), où l’on a fait x égal à l, pour trouver que a doit être racine de l’équation
- yX/c2.g2.(g -f- litgi)2 -\-^lkc{o ~{-htgz) -j- a2 = o, (8)
- dans laquelle
- k = i—±— l y(XR — Lp)
- et
- Cette équation admet une infinité de racines complexes, de telle sorte que la solution générale cherchée affecte la forme d’un développement dont chaque terme représente un courant sinusoïdal ayant un double amortissement, — dans l’espace et dans le temps.
- Il n’est pas nécessaire de faire figurer dans la solution générale toutes les racines de l’équation (8); il suffit d’en prendre assez pour satisfaire aux conditions initiales. En particulier , on considérera seulement les racines g, telles que le module du produit yX /i;2a2 est assez grand pour qu’il soit permis de négliger l’unité devant lui; ces racines peuvent être confondues avec celles de l’équation
- [X/cg (g -j— h tgs) -f- P^] (ff -f- h tga) = o, [%his)
- et on est même en droit de prendre seulement parmi les solutions de cette équation celles qui annulent le terme g + h tg o, si on peut satisfaire ainsi aux conditions initiales et si, de plus, ces racines ont un module assez grand pour que l’unité soit négligeable devant le produit yX4;2mod g2.
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- Les solutions de l’équation
- o + h tg« = o (O)
- sont toutes réelles, et, si l’on met à part la solution nulle qui doit évidemment être exclue, elles sont toutes supérieures en valeur absolue à ; leur carré est donc supérieur à a,4. D’autre part, lé produit y X k* qui croît avec le voltage et avec le diamètre du fil, est inversement proportionnel ait carré de la longueur du feeder. Pour nous placer dans un castrés défavorable, nous supposerons un voltage de 3 ooo volts, un diamètre de 5millimètres et une longueur de 20 kilomètres; ce sont là des conditions qui, dans leur ensemble, peuvent être considérées comme extrêmes et qui ne sont guère atteintes simultanément en pratique, mais qui nous fourniront une des valeurs les plus faibles du produit y Xk2. Au moyen des formules
- 8 los' (^-—1 ) -]
- farad.
- = [
- 2 loge + i j io-° henry,
- dans lesquelles h désigne la distance d’axe en axe des conducteurs d'aller et de retour, on trouve aisément que l’on a, dans le cas choisi :
- yX/c2 > 05,
- et par suite,
- yX/c2.a2 > i5G.
- Dans la presque totalité des cas, le produit '(Xk- a2 sera très supérieur à cette valeur, et l’on peut donc considérer l’unité comme négligeable devant lui.
- D’autre part, si l’on fait t nul dans les formules (7), ces dernières deviennent :
- I
- V
- = IC cos 9. COS G —,
- = V/^Ksin('T' + ^-SinC ^
- f( 9
- et l’on sait que dans des développements tels que :
- (Jo) \ Y, K»cos?(,.coscf„‘|,
- I " 1
- 1 \/r-K" sin(?« + 'W-sin5»y)
- J H - t
- où a„ est la nième des racines positives rangées par ordre de grandeur croissante de l’équation
- CF -b // tgS — O, (9)
- il est possible de choisir les coefficients K„ cos <p„ et K„ sin 1|») de telle sorte que (./o) (à une constante près) et (iv0) représentent, quand x varie de o à Z, deux fonctions arbitrairement données. On pourra donc satisfaire aux conditions initiales et, par conséquent, on est bien en droit de substituer à l’équation (8) l’équation (9), qui est beaucoup plus simple.
- Ici, une dernière remarque est encore nécessaire. Le coefficient h est, dans tous les cas ordinaires de la pratique, inférieur à
- — ; en effet, on a, en général ;
- 10
- X < 5.10—1J farad.
- I < 2. to° cm.
- L > o,i henry;
- si l’on en déduit la valeur maximum de h, on vérifiera qu’on a bien:
- Par suite, on peut assigner une limite maximum aux différentes racines de l’équation (9), car ces dernières sont respectivement inférieures aux solutions de l’équation
- a -]--tg <7 =0;
- 10
- ceci l’evient à dire que la première racine de l’équation (9) diffère de ~ d’une quantité
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2« Série). — N°47.
- inférieure à 4°, la deuxième d’une quantité inférieure à i°,etc...; comme ces différences sont très faibles, on peut énoncer le théorème suivant:
- Théorème. Lorsqu' on ferme une ligne industrielle souterraine au moyen d'un interrupteur de tableau sur un transformateur sans capacité, les surtensions et surintensités qui se produisent ont très sensiblement la même période que si la, ligne était ouverte à son extrémité.
- Au point de vue analytique, ce théorème
- donne la clef des difficultés et il permet de
- déterminer la forme et la grandeur des
- surintensités dues à la manœuvre des inter-*
- rupteurs de tableau. En effet, la solution générale des équations (i), (a), (3) et (4) peut être mise sous la forme
- I =
- E sin (w t Ç — 8)
- \ R + ?/)* + (L + X/)2w2 E sin (Ç —6)e-»«
- s/(R + pif + (L + W»'
- +./• e~u, ([°)
- V = E
- E |~sin(o)<+§)-
- psin'(<j>£+Ç-“8)+Àü)cos(ün+ij—18)q
- y/(R+pf’)2+(L+X^ü)2 J
- + (”)
- en posant :
- j — ^ K„.C0S(|A„* + cp„.). COS ff„. y,
- (l2)
- V K„ sin (p.„ / + + ty). sine,, -,
- et le théorème précédent permet précisément de déterminer ce que représente le développement j.
- Observons au préalable que le rapport peut être considéré comme indépendant de n ; en effet,
- et comme l’on a dans presque tous les cas
- y < 5. xo—13 farad., /< a. io“ cm., p<io—Bohm.,
- . O . %
- X > 4 > io—a henry, a > -,
- „ _ 5
- le rapportqui est inférieur à -----, est
- y 4 a i ooo .
- négligeable devant l’unité.
- D’autre part, puisque l’intensité peut être considérée comme indépendante de x à
- l’instant initial, on a ©„ = -, sauf pour n~o. * 2
- Le développement j prend donc la forme j- - ~ | y K„siny ——y K,tsin^<j„ ~ tj|
- U=l J
- ce qui montre qu’il est formé par la superposition de deux ondes identiques
- 2 K. sin
- se déplaçant avec des vitesses
- Pour construire la courbe
- v/yx
- u = y K„ sii
- on se reportera aux égalités (io) et(xi) et on remarquera que, si l’on désigne par V0le potentiel à l’instant initial le long de la ligne, on a, pour x compris entre o et l :
- E sinÇ — x
- et par suite
- p sin (Ç — 0) —‘Xo> cos (£ — 8)
- v/(R -h p^2) + (L + X/)2u>2
- + • y K» cos*. sin y,
- u—\f\ —-T-i V0—EsinÇ+.r V * C0S<1> j /(R
- (5—0)+X«ocos(€—6)
- l+p^)+(L-i-^^)sw2 D’autre part, par hypothèse,
- iv»
- iv.
- : E sinÇ pour o x < V, 0 pour V gâ # é ^
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- en désignant par V la distance de l’interrupteur de tableau aux barres générales; On connaît donc» dans le domaine o ^ x de
- de oc et égale à —# mais la forme de la %
- courbe pendant chaque période est différente
- Fig. a.
- plus, le théorème énoncé plus haut montre
- que <j„ est sensiblement égal à (2/1-1) - et
- que, par suite, u, qui est impair, prend des valeurs égales et de signes contraires, lorsqu’on change x en x + 2Z; il peut donc être représenté par le graphique (fîg. 2).
- En résumé, l’intensité I en un point de la ligne est la somme de deux termes, dont le
- oc . 0
- Fig. 4.
- premier lt est indépendant de x et affecte la forme que représente la figure 3, tandis que le second I2 vai'ie suivant le point où l’on se place et est égal à y.e-41 la fonction / étant oscillatoire et les graphiques (fîg. 4 et 5) la représentant pour x = 0 et x —l'. Pour.r= /, j= o. La période j qui d’ailleurs est toujours
- très petite par x’apport à -- est indépendante
- Fig. 3.
- suivant les points de la ligne; le maximum de j est atteint au voisinage immédiat du tableau et a pour valeur.
- ï j Rrinf-r a)+x»coB(e—9) )
- X cos«j> | /(R+p^+(L+XÎ)2w2 j
- Nous interpréterons ces résultats plus
- Fig. S.
- loin ; avant d’aborder la discussion générale, il est utile de revenir sur une simplification que nous avons faite au début, et qui consiste à supposer que le transformateur est sans fer.
- {A suivre.)
- Andiuî Lkautf,
- Ancien Ingénieur au Corps des Mines; pocteur ès sciences.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE Tome XII (2* Série). — N* 47.
- 1 ........................ ' — , \ m
- NOUVEAUX PRINCIPES ET APPAREILS DE MESURE INDUSTRIELLE
- POUR DISTRIBUTIONS ALTERNATIVES SIMPLES ET TRIPHASÉES (')
- Les recherchés de M. le professeur Arno (2) sur les méthodes de mesure industrielles ontfaitl’ob-jet de deux communications à l’Association électrotechnique italienne : la première, au Congrès de Brescia, le 29 septembre 1909 (3), la seconde, à la section de Milan, le 3 décembre suivant.
- Il nous est impossible de reproduire intégralement oette importante étude, malgré l’intérêt qu’en présentent tous les détails ; nous allons du moins en donner une large analyse. Le texte original est accompagné de trente-neuf tableaux, destinés à permettre la comparaison des résultats obtenus et l’appréciation des erreurs ; nous devrons nous borner à n’en reproduire que quelques-uns, à titre d’exemple.
- Les communications de M. le professeur Arno n’ont pas été sans provoquer quelques réflexions intéressantes de la part de ses auditeurs : on en trouvera également le résumé à la lin de cet article.
- Les ingénieurs qui ont pris part à cette discussion se sont plu à rendre hommage à la remarquable étude de leur collègue.
- * *
- Les compteurs électriques ordinaires actuellement en usage dans les installations à courant alternatif, qu’ils soient électrodynamiques ou à induction, ont pour objet d’intégrer la puissance réelle P, — VI cos q>. Dans cette formule, V et I désignent respectivement les valeurs efficaces de la différence de potentiel et de l’intensité de courant et 9 désigne l’angle de décalage entre V et I. Par le fait, on néglige la dépense résultant de VI sin 9, ce qui revient à supposer que le courant en quadrature I sin cp, à la tension V, est fourni gratuitement au consommateur par la Société d’exploitation.
- (h R. Arno. — Atti delV Associazione elettrotecnica italiana, mars-avril 1910.
- (2) Systèmes et appareils brevetés dans les Etats principaux d’Europe et d’Amérique.
- (3) Voir Lumière Electrique, 19 février 1910, p. 238.
- Il est bien vrai que le courant I sin 9 ne produit pas de travail ; mais il est également certain qu’il est nécessaire au consommateur et demandé par lui, quand il installe dans son établissement des appareil inductifs, et que l’intensité de ce courant peut varier notablement.
- Si, d’autre part, l’appareil de mesure intégrait la puissance apparente Pa =r VI, somme vectorielle de la puissance réelle VI cos 9 et de la puissance magnétisante VI sin cp, l’erreur serait encore plus manifeste ; on tiendrait le même compte de chacune d’elles, au point de vue du prix, ce qui serait absolument inexact. En effet, si la société doit, aussi bien pour la puissance réelle que pour la puissance magnétisante, subdiviser en parts égales les dépenses d’amortissement et d’intérêt de l’installation ainsi que les frais correspondant aux pertes dans l’installation même, dépenses et frais qui dépendent du nombre total de voltampères fournis, elle ne doit, au contraire, évidemment pas tenir compte, pour VI sin cp, de la dépense de production dans la station centrale, dépense qui dépend exclusivement du nombre de watts qui y sont produits.
- Les techniciens se sont préoccupés de cette importante question et des solutions diverses ont été proposées.
- Une méthode consiste à effectuer séparément la mesure de la puissance réelle et de la puissance magnétisante avec deux appareils dont les indications sont taxées à un tarif différent. Ce n’est ni commode ni pratique.
- On a aussi construit des compteurs dans lesquels on a introduit une erreur de phase déterminée, afin de donner automatiquement au kilowatt une valeur d’autant plus grande que le facteur de puissance est plus faible. Mais on retombe alors dans l’inconvénient de la méthode précédente. En effet, pour déterminer la loi de cette augmentation de tarif, il faut bien évaluer séparément, comme dans le cas précédent, le prix de l’énergie wattée et celui de l’énergie dé-wattée : il ne pourra y avoir coïncidence, tout le
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- long de l’échelle, de la loi théorique ainsi déterminée avec celle qui est réalisée en fait par l’introduction d’une erreur de phase constante. C’est ce qui résulte d’ailleurs clairement de ce qui suit: on constate des erreurs pratiquement inadmissibles dans la région moyenne, tandis qu’aux points extrêmes de l’échelle leur valeur est mille.
- La mesure industrielle de la puissance fournie au consommateur, dans une installation à courant alternatif comportant des appareils inductifs, devra donc, pour représenter réellement la dépense effectuée parla société, se faire de façon que les indications de l’appareil soient proportionnelles à P,. = VI cos <p, plus une fraction
- convenable ^ de la différence entre la puissance
- apparente Pa=VI et la puissance réelle P,., c’est-à-dire proportionnelle à
- C„,=VIcosip-
- VI—Vfcostf VI i+(/* — i)cos9 / ^ -------- = V 1 ——————— , | )
- quantité qui, dans l’étude qui suit, recevra la dénomination de charge complexe de l’installation dont il s’agit.
- *
- ¥ *
- Le professeur Arno se propose de démontrer comment on peut résoudre ce problème avec une exactitude suffisante, au moins dans les cas
- Tableau I
- COMPTEUR SERVANT A LA MESURE
- A MESURER
- Ordinaire Arno
- ? cos 9 — b'
- 3 a b a
- KVIcosy errour% K|YIcos9 erreur %
- 0 I IOO ioo(‘) O 100 (2) 0
- 5 «,9f+ 99,1 99+ — 0,1 100,4 + 0,7
- IO o,985 99 98,0 — 0,5 IOO + «
- i5 0,966 91,1 99+ — H 9*,9 + 1,2
- ao o,94o 9Ô 94 — 2,1 91 + *
- a5 0,906 93,7 90,6 — 3,3 94,4 + 0,7
- 3o 0,866 91,1 86,6 — 4,9 91 — 0,1
- 35 0,819 *1,9 *1,9 — 6,8 86,9 — L1
- (*) K = = I.
- [2) K^VIcosê0 = roo ; d’où K, = 1,004.
- les plus importants de la pratique, quelle que soit la valeur que l’on veuille attribue) à n, dans certaines limites déterminées.
- Pour fixer les idées, il prend ptrnr n une valeur comprise entre celles que l’on peut avoir à considérer dans la plupart des cas, la valeur 3. Les indications de l’appareil de mesure devront donc
- a . ,, . „ ,ri 1 + 2 cos 9
- etre proportionnelles a C, = VI -----------
- On voit, en se reportant au tableau 1, quelles erreurs on aurait en se servant des compteurs ordinaires,en usage aujourd’hui dansl’industrie, dans l’hypothèse où l’on voudrait mesurer avec eux,par la formule précéden te,la charge complexe. de l’installation, pour différentes valeurs du décalage 9 (’).
- Pour mesurer la charge complexe, M. Arno a recours à un dispositif spécial : il provoque un retard de phase du flux magnétique produit par le circuit voltmétrique du compteur, sur la différence de potentiel V aux bornes de ce circuit.
- 11 fait une distinction absolue entre les deux cas importants de la pratique : installations d’éclairage et installations de force; d’ou résultent respectivement, pour chacun de ces cas, des valeurs notablement différentes des décalages.
- Dans le premier cas, pour n = 3, les valeurs des décalages choisis sont respectivement <J> — 5° s’il s’agit de compteurs électrodynamiques et <]/ — gr>° avec des compteurs d’induction. Dans ces conditions, l’appareil est pratiquement exact, comme intégrateur de la charge complexe, et cela pour des valeurs du facteur de puissance de l’installation comprises entre i et environ o,8 ; c’est ce qui advient précisément dans le cas d’installations dont la destination éventuelle est
- (*) L'erreur, négative, va toujours croissant et atteint a5 % pour ç = 6o°. Nous nous'limitons à 35° dans le tableau I, nous plaçant ainsi dans le i°r cas que considère M. Arno (installations d’cclairagej. En regard des valeurs obtenues pour C et des erreurs faites, si l’on s’en rapporte aux indications d’un compteur ordinaire (colonnes a et 6), nous mentionnons en a et b’ les mêmes indications obtenues, également dans le i«r cas, avec le dispositif Arno (9 = 5°).
- Il convient peut-être d’ailleurs défaire remarquer qu’au-dessus de 35° les indications a et b n’offrent plus grand intérêt. En effet, dans ce cas, on est en présence du second type d’installations que considère M. Arno, et, de même qu’il étalonne son compteur pour ç = 25° ou 9 = 3o°, on étalonnerait aussi un compteur ordinaire pour une valeur de 9 du même ordre de grandeur. Par suite, à 6o°, l’erreur sur C mesurée avec^un compteur ordinaire n’atteindrait pas % .
- N. D. T,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2e Sériejt N" UT.
- l’éclairage, mais dans lesquelles sont aussi insérés, comme on le rencontre fréquemment, quelques appareils inductifs, tels que bobines, transformateurs réducteurs de tension, ventilateurs, moteurs de faible puissance, etc.
- Considérons maintenant le cas d’une installation à courant alternatif destinée exclusivement à l’alimentation de moteurs d’induction, à répulsion et à collecteur. Dans ce cas, le facteur de puissance de l’installation est toujours inférieur à l’unité et sa valeur maximum ne peut jamais dépasser celle qu’il prendrait avec un moteur unique de construction normale, de grande puissance et de grande vitesse et à pleine charge; il en résulte que le compteur pourra être taré de façon à être exact, non plus pour cos <p = i, mais pour des valeurs décos f de l’ordre de grandeur de 0,9 environ.
- Les cas que considère M. Arno sont ceux de cosy = 0,906 (y= 26°) et de cos<p = 0,866 (» = 3o°).
- Il trouve que la question de la mesure industrielle de C est pratiquement résolue quand on attribue à 4* et <}/ respectivement les valeurs i3° et i<>3°, en supposant le compteur taré de façon que ses indications soient exactes pour <p = 25°, et les valeurs i4°et 1040, dans l’hypothèse où le compteur serait exact pour cp — 3o°. Dans le premier cas (jy = 25°) les limites d’exactitude pratique suffisante sont respectivement : 0,946 (cp—ig0) et 0,045 (cp = 07°); dans le second cas (cp = 3o°) : 0,921 (cp = 23°) et o,5oo (cp = 6o°).
- Ce dernier cas correspond à une installation destinée exclusivement à l’alimentation de moteurs f1); quant au premier considéré, on peut admettre qu’il se rencontre dans une installation dont la destination éventuelle est l’alimentation de moteurs et dans laquelle se trouvent toutefois insérés quelques appareils non inductifs ; il en serait ainsi, par exemple, pour une usine alimentée par dés moteurs électriques, et dont l’éclairage serait assuré par des lampes à incandescence.
- Il est utile de se rappeler que, dans le cas des
- (*) Dans la pratique industrielle, on peut admettre que la valeur maximum du facteur de puissance d’un moteur unique soit égale à 0,92, eu supposant, pour fixer les idées, qu’il soit du type à champ Ferraris, de construction normale, de grande puissance, de grande vitesse, et à pleine charge. Cette donnée pratique est confirmée par les essais de moteurs d’induction et, aussi, par le professeur Ferraris, qui l’a déduite d’une série de recherches.
- compteurs d’induction, la question d’obtèiiir un décalage tj/supérieur à 90° peut recevoir une solution pratique et simple, car les valeurs dë <j/ ne doivent pas être, pour la mesure de la charge complexe, très supérieures a 90°.
- *
- ¥ ¥
- Considérons maintenant le cas de systèmes triphasés, destinés exclusivement à l’alimentation de moteurs à champ Ferraris, et supposons qu’üntel systèmesoit symétriquement chargé (’).
- Pour fixer les idées, supposons en outre que les inducteurs des moteurs soient montés en étoile. On pourrait envisager d’une façon analogue le cas où les inducteurs seraient montés en triangle.
- Soit d’abord le cas d’un compteur électrodynamique. On se rappelle que, pour la mesuré de la charge complexe, il faut, pour n = 3, que le flux voltmétrique. soit décalé de i3° à i4'> en arrière de la différence de potentiel aux bornes du circuit voltmétrique. D’autre part, dans un système triphasé, on dispose toujours d’une différence de potentiel composée V', en avancé de phase de 3o° par rapport à la différence de potentiel Y aux bornes de la phase dont il s’agit : par suite, en plaçant le circuit ampèremétrique S® de l’appareil en série avec le conducteur correspondant du système triphasé, et en disposant l’enroulement voltmétrique S„ de façon qu’entre les extrémités on ait la différence de potentiel composée V' dont il a été parlé, le déphasage (h entre le courant dans S„ et la différence de potentiel Y' devra être évidemment égal à
- 13° -f- 3o° =: 43° ou à 14° -j- 3o° = 44°-
- Examinons maintenant le cas plus important d’un compteur d’induction.
- Pour la mesure de C, il faut que le flux voltmétrique soit en retard de io3° ou ioj0 sur la différence de potentiel aux bornes du circuit voltmétrique. D’aillehrs, dans Un système triphasé, oh dispose toujours d’une différence de potentiel
- (1) Dans une installation bien faite, en elfet, les dissymétries sont maintenues dans des limites suffisamment petites, pour qu’onpuisse les négliger dans la mesure industrielle courante. En loutcas, si l’on ne voulait pas négliger ces petites dissymétries, on pourrait toujours avoir recours à l’artifice qui consiste à permuter les connexions avec le compteur des différents conducteurs du système triphasé, à des époques convenablement déterminées.
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- composée V", en retard dé 3o° sur la différence de potentiel V entre les extrémités de la phase du montage que l’on considère. Il s’ensuit que si l’on insère la spirale ampèremétriquc S<t de l’appareil en série dansle conducteur correspondant du système triphasé et si l’on monte la spirale voltmétrique S„ de façon qu’il existe ehtre ses bornes la différence de potentiel en question V", le déphasage t|/ entre le courant dans S„ et la différence de potentiel V" devra évidemment être égal à io3° — 3o° — 73° ou 10/,0 — 3o° = 7/,0.
- Ces derniers résultats sont particulièrement importants, car ils se rapportent aux compteurs d’induction fort employés dans la pratique industrielle pour les mesures en triphasé ; voici d’ail-léürs les raisons de cette importance : le déphasage <]/ (73° à 74°), que nous avons vu convenir pour la solution de la question, est suffisamment inférieur à 90° et par suite facile à obtenir en ayant recours à une simple bobine de tension à circuit magnétique ouvert (ce qui simplifie notablement la construction du compteur) ; d’autre part, il est encore suffisamment voisin de 90° pour que la perte d’énergie dans le circuit volts soit relativement petite etabsolumentnégligeable dans la pratique (ce qui est convenable pour le bon rendement de l’appareil, et en particulier fort appréciable lorsqu’il fonctionne à vide ou à faible charge).
- Il est inutile de dire que, par ce procédé de mesure, la charge complexe totale dans le système triphasé considéré s’obtiendra en multipliant par y/3 le résultat de la mesure effectuée avec un appareil unique construit et monté comme il a été indiqué.
- Examinons finalement le cas important de systèmes à Courant alternatif simple ou de systèmes triphasés symétriquement chargés avec des appareils inductifs, pour lesquels il s’agit de faire la mesure à forfait.
- 11 est alors évident que le prix du forfait pourra être établi par la Société d’exploitation en prenant pour base une charge complexe maximum donnée, dont la vérification sera effectuée au moyen d’un appareil analogue à un wattmètre enregistreur, convenablement connecté suivant qu’il s'agit de systèmes à courant alternatif simple ou de systèmes triphasés, et construit et taré dë tèllé éôrte que lè décalage entre lé flhx voltmé-
- trique et la tension aux bornes de la bobine qui lui donne naissance ait la valeur convenable qui dépend du cas considéré;
- Il est facile de voir que si, outre l’appareil enregistreur susdit, on emploie aussi Itrt ^Vdtt-mètre enregistreur ordinaire, on pëut dédüiré aisément dès diagrammes correspondant aüx deux appareils, non seulement les valeurs dé la puissance réelle
- P,. — VI cos cp (2)
- et de la charge complexe
- G = VI
- I 2C0S!f>
- T" >
- (•*)
- représentées respectivement par les ordonnées de ces deux diagrammes, mais encore les valeurs de la puissance apparente VI et, ce qui est plus important, du facteur de puissance cos ®.
- De la seconde éqiiation, on tire
- 3 C — VI
- COSCCi ~ ---7----
- ‘ 2 VI
- et, en substituant dans la première, 011 a :
- P _*Ç-yi
- 1 r — >
- d’où
- VI = 3C — 2 P,..
- O11 en déduit :
- P,. — (3 G — aPr) coscp, et finalement :
- i\
- Au moyen des deux appareils enregistreurs, on peut donc, à un instant quelconque, déterminer, facilement et rapidement, la charge complexe, la puissance réelle, la puissance apparente et le facteur de puissance.
- 11 est encore intéressant de remarquer que, quelle que soit la valeur attribuée à «, même approchée et provisoire, par suite différente de la valeur réelle de n correspondant à l’installation considérée, les déterminations de VI et de cos <p, respectivement tirées des formules (1) et (2), sont toujours absolument exactes et données par les relations
- VI = «G,,.— («— i)P,.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N° 47.
- et
- P,-
- COSO n= —-----------—r.
- nL„— [n—
- A propos des valeurs de n, M. Arno fait observer que, tandis que «a pratiquement des valeurs qui ne diffèrent pas beaucoup de 3, il peut théoriquement varier de co à i. A mesure que n est plus grand, le problème se résout avec plus d’exactitude, entre des limites plus étendues du facteur de puissance, tandis que les décalages de phase et <J/ sont plus petits : de sorte que, pour le cas limite n — œ, l’appareil se réduirait à un intégrateur de la puissance réelle VI cos 9, c’est-à-dire à un compteur. Evidemment alors la mesure çst absolument exacte pour toutes les valeurs de cos <p comprises entre i et o, tandis que les décalages de phase ty et i]/ sont respectivement égaux à o° et 90®; mais dans ce cas, l’appareil ne mesure que la partie de la charge complexe qui correspond à la puissance réelle.
- Au contraire, à mesure que n devient plus petit, le problème se résout d’une façon plus approchée, entre des limites moins étendues du facteur de puissance, tandis que les décalages de phase ^ et <J/ sont plus grands; et pour le cas limite n = 1, l’appareil se transformerait en un intégrateur par rapportai! temps de la puissance apparente VI.
- On peut, dans le même ordre d’idées, effectuer la mesure de la puissance apparente VI,
- avec une approximation pratique suffisante.
- Supposons que l’on tare l’appareil de façon que ses indications soient exactes pour cos 9 = 1 (9=0); il faut alors prendre pour décalage entre le flux voltmétrique et la différence de potentiel aux bornes de la bobine voltmétrique respectivement les valeurs <1/ = i3° s’il s’agit de compteurs électrodynamiques et <}/ = io3°, dans le cas de compteurs d’induction.
- Les chiffres relevés expérimentalement par l’auteur montrent que l’appareil est pratiquement exact pour des valeurs du facteur de puissance comprises entre les limites 1 et o,85 environ; c’est précisément ce qu’il faut quand il s’agit d’installations à courant alternatif dont la destination essentielle est l’éclairage.
- Supposons, au contraire, qu’on règle l’appareil de façon que ses indications soient exactes pour cos <p = 0,866 (9 = 3o°) ; il faut alors prendre pour
- <|* et <J/ respectivement les valeurs 4^° et i3a°. Les mesures effectuées montrent que, dans ce cas, les indications de l’appareil sont suffisamment exactes lorsque le facteur de puissance oscillé entre 0,9 et o,5 environ ; c’est bien ce qui convient lorsqu’il s’agit d’installations à courant alternatif dont la destination essentielle est l’alimentation de moteurs.
- S’il s’agit de systèmes triphasés symétriquement chargés, on peut observer, comme précédemment, que les valeurs de ^ et <j/ peuvent être prises respectivement égales à 42° —3o°=i2° (compteurs électrodynamiques) et à i3a° — 3o° — io2° (compteurs d’induction).
- Par ce procédé de mesure on aura donc la puissance apparente totale dans le système triphasé considéré en multipliant par y/3 la mesure faite avec un appareil unique construit et monté comme il a été indiqué.
- En se servant de cet appareil enregistreur accouplé à un wattmètre enregistreur ordinaire, on pourra alors déterminer, à un instant donné, non seulement la puissance apparente et la puissance réelle, mais aussi le facteur de puissance
- VI cos 9 P,.
- nnc rr, - ----L------
- 11 est évident que, en outre, connaissant à l’instant en question, avec une grande approximation la valeur du facteur de puissance de l’installation, on peut déterminer, à l’aide des tableaux correspondants, l’erreur commise dans la mesure de VI et en déduire la valeur pratiquement exacte de la puissance apparente.
- Il est curieux et intéressant de constater que les valeurs de ^ et de t}/ correspondant à la mesure de la puissance apparente dans un système à courant alternatif simple (cos 9 variant entre 1 et o,85 environ) diff èrent peu des valeurs choisies pour ces mêmes angles lorsqu’il s’agit de mesurer la puissance apparente dans un système triphasé symétriquement chargé (cos 9 variant entre 0,9 et o,5 environ).
- En outre, ces deux groupes de valeurs de t}/ et sont l’un et l’autre à peu près égaux aux valeurs de et tj/ employées pour la mesure de la charge complexe C dans un système à courant alternatif simple fcos 9 variant entre 0,9 et o,5 environ).
- Dès lors, l’appareil construit dans le but de mesurer C dans une installation à courant alter-
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- HEV UE D’ÉLECT H1C1TÉ
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- natif simple et destinée à l’alimentation de moteurs, pourrait également servir, avec une approximation suffisante, à la mesure de YI, aussi bien dans une installation à courant alLernalii' simple destinée à l’éclairage que dans une installation triphasée symétriquement chargée et alimentant des moteurs.
- * »
- Il est de la plus haute importance de considérer les limites entre lesquelles peut effectivement varier n dans les divers cas des installations ordinaires à courant alternatif et de voir s’il est possible de faire usage d’appareils pour lesquels le décalage entre le flux et la différence de potentiel aux bornes de la bobine voltmétrique soit le même pour toutes les valeurs de n comprises entre ces limites.
- Or, dans la pratique industrielle, n est toujours plus grand que 2 et plus petit que 4 ; on peut dire que n varie entre les limites a,5 (moyenne des plus petites valeurs qu’il peut prendre) et 3,5 (moyenne des plus grandes valeurs qu’il peut atteindre).
- Il s’agit donc de démontrer qu’on peut rendre pratiquement exact l’appareil destiné à la mesure de la charge complexe, en choisissant convenablement la valeur du décalage pour des valeurs de n pouvant varier entré a,5 et 3,5. On pourra dire alors que, si l’on considère une installation réalisée dans de bonnes conditions, il est parfaitement inutile de discuter la valeur à attribuer à n puisqu’il est toujours compris entre les limites a,5 et 3,5, lesquelles sont précisément celles que l’on considère dans ce qui suit.
- Le professeur Arno signale les travaux de l’ingénieur Conti dont les recherches spéciales et très
- minutieuses ont eu pour résultat de donner à —
- n
- la valeur approximative o,3o,ce qui correspond à n =3,3 environ.
- Pour traiter la question et effectuer la démonstration dont il s’agit, il a considéré les valeurs de n égales à 3, à 2,5 et à 3,5.
- Il traite d’abord le cas où les valeurs du décalage sont ijt = 5°3o’ (appareil électrodynamique) et <y = 95°3o' (appareil à induction), la constante du compteur étant déterminée de façon qu’il soit exact pour cos <p = i (tp = o). Les tableaux d’expériences montrent que l’appareil est pratiquement exact pour des valeurs de cos » comprises
- entre i et o,8 environ; c’est précisément ce qu’il faut pour les installations dont la destination essentielle est l’éclairage. Nous résumons dans le tableau II les erreurs commises pour chacune Tableau II
- - i) coscp
- n Valeurindiquéeparlecompteur:A=KYIcos(c(i—(j;)(*) = 5°3o' ; «J»' = 95°3o'. . 100 (A — C„)
- c„
- S
- 9 n — 3 n = a,5 n = 3,5
- O I 0 O O
- ri o,996 + 0,8 4-0.7 + 0,8
- if) 0,98 a +1,2 4- u1 + i,3
- i5 0,966 4- 4- h1 + i,5
- 20 °>9,i() + + 0,8 + i,6
- 25 0,906 + L 1 -j-°,3 + i,5
- 3o 0,866 + 0,3 — °»7 4- b1
- 35 0,819 — 0,6 — L9 -h0,3
- 40 0,766 — L9 )) — 0,6 ,
- () Dans chacun étalonné pour ç = Donc, d’où : des cas étudiés, le compteur est 0. K cos 5°3o' = 1 ; K = 1.0046.
- des valeurs de n considérées. Une seconde série d’expériences, résumées également par des tableaux, ont été effectuées avec les valeurs tb = 15° et = io5°, la constante du compteur étant déterminée de façon qu’il soit exact pour cos ® = o,866 (cp = 3o°). Ils montrent que l’appareil est. alors pratiquement exact pour des valeurs de cos cp comprises entre 0,92 et o,5 environ; c’est précisément ce qui importe dans des installations dont la destination essentielle est l’alimentation de moteurs.
- Il est intéressant de remarquer que, pour n inférieur à 3 (n = 2,5), les plus grandes erreurs sont négatives, tandis qu’au contraire pour n supérieur à 3 (n = 3,5) les plus grandes erreurs sont positives. Or, le cas de n inférieur à sa valeur moyenne, pour une installation établie dans de bonnes conditions, correspond évidemment à un rendement relativement faible; et il est juste alors que, s’il existe de petites erreurs dans la mesure de la charge complexe, elles se produisent à l’avantage du client.
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- Au contraire, le cas de n supérieur à sa valeur moyenne correspond à une installation de rendement relativement élevé et il est juste que dans ce cas la mesure de la charge complexe soit faite à l’avantage de la Société.
- L’auteur insiste sur l’importance qu’il y aurait à attribuer à n une valeur moyenne définitive : une commission internationale pourrait se livrer à une série complète d’études sur un certain nombre d’installations établies dans de bonnes conditions, et elle pourrait juger de la valeur d’une installation par le rapport du prix de l’ampère déwatté au prix de l’ampère en phase avec la tension de cette iqstallation. Prenant pour base cette valeur moyenne de n, définitivement fixée, on construirait alors et on réglerait les appareils destinés à la mesure de la charge complexe, doqt les indications seraient pratiquement exactes pour cette valeur de n, quoique inférieures aux indications vraies pour des valeurs de n plus petites et un peu supérieures pour des valeurs de n plus grandes. Nous venons de voir que c’est précisément ce qui convient pour tenir compte, aussi bien de l’intérêt de la Société que de celui du client.
- On pourrait alors parler d’unité de charge complexe à laquelle, dans l’avenir, un Congrès international pourrait également attribuer un nom, comme on l’a fait pour les unités pratiques existantes.
- * *
- Considérons maintenant le cas d'un compteur électrodynamique ou d’induction, construit de façon que les valeurs de t}' et (lé soient intermédiaires entre pelles qui conviennent à la mesure de la charge cpmplexe respectivement dans des installations destinées à l’éclairage = 5° 3o'; •i' — 9a0 3o') et à l’alimentation de moteurs (t}/= i5°; t]/ = io5°).
- Supposons et <J/ respectivement égaux à io°et, ioo° et le facteur de puissance variant entre 1 et o,5 (cas d’installations mixtes). Les expériences effectuées montrent qu’alors les erreurs ne sont plus admissibles pour les mesures industrielles courantes; les plus grandes erreurs se produisent en effet lorsque cos (p varie de o, 9 à 0,86 environ ; ce qui correspond au cas où les moteurs de l’installation fonctionnent à pleine charge ou presque. De plus, les erreurs sont positives au lieu d’être négatives et par conséquent au détriment du client; elles devraient plutôt l’avantager^
- puisqu’il s’agit d’une installation dans les meilleures conditions de fonctionnement.
- Une autre remarque fait encore ressortir Tipi-portance de la nouvelle méthode. La charge complexe définie ci-dessus se mesure d’une façon pratiquement exacte quelle que soit la valeur de n dans les conditions d’installation et de foncr tionnement qui ont été exposées.
- Si l’on voulait prendre pour mesurer la charge complexe, au lieu de cette expression rationnellement établie, l’expression suivante :
- il serait impossible d’attribuer à x une vafieqr unique, telle que cette seconde formule pujssp servir à mesurer la charge complexe dans les mêmes conditions.
- Il est en effet facile de vérifier quP5 pour les valeurs trouvées précédemment, c’est-à-dire
- — 5° 3o' et <J/= 9a0 3o', l'appareil électrodynqr inique ou à induction est exact pour la mesure de C' (quelle que soit la valeur du facteur de puissance de l’installation) pour x =10 environ ; etque, pour 4''— I&° °u 'K — IO50, l’appareil est exact pour x = 4 environ.
- Or, en pratique, l’appareil mesure la charge complexe avec exactitude seulement lorsque cos <p varie entre 1 et 0,8 environ, dans le premier cas, et dans le second, lorsque les limites de cos? sont égales à 0,9 et o,5 environ. Il en résulte que dans les conditions ordinaires, la valeur de x devrait être différente, suivant qu’il s’agit d’nue installation d’éclairage ou de force, et à peu près égaleà iodansle premier cas et à4 dans le second. Le professeur Arno se résume en disant qp’il serait absolument impossible de parler d’un coefficient propre à définir l’installation sans avoir recours à l’application de sa formule rationnelle.
- 11 ajoute que, sans recourir aux principes et aux artifices qui servent de base à ses méthodes de mesure, on ne pourrait pas réaliser un appareil pratiquement exact pour la mesure de la charge complexe ; au contraire, les idées qu’il expose conduisent à une solution pratique du problème, non seulement pour une certaine valeur du coefficient -, mais encore pour toutes n
- les valeurs qu’il peut prendre en pratique.
- (A suivre.) C. Béniot.
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- KEVUE D’É'LKCTHICJTE
- --------:----------?---
- è
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- METHODES ET APPAREILS DE MESURES
- La mesure des courants alternatifs par la méthode de compensation. — A. Larson. — Elektrotechnische Zeitsçhrift, i3 octobre 1910,
- L’auteur expose une méthode pour la mesure des courants alternatifs de faible tension,, et de faible intensité, dans laquelle il emploie un appareil qu’il nomme par suite de sa disposition le « compensateur complexe».
- Le principe de la méthode, et par suite de l'appareil, consiste en effet à opposer à la tension que ron veut mesurer la somme géométrique de deux
- TC
- tensions déphasées l’une par rapport à l’autre de
- primaire par I, la différence de potentiel instantanée aux bornes de la résistance K, Mt sera ;
- ri =z r I sin iùt.
- D’autre part, la différence de potentiel instantanée entre M2 et K2 sera, en désignant par /«le coefficient d’induction mutuelle des deux bobines du transformateur:
- di ; m -r — m (o 1 cos <0/.
- dt
- Si nous réglons les valeurs de m et de R, c’est-à-dire des deux tensions composantes Kj et M2 Iv2, de telle façon que la somme de ces deux tensions fasse équilibre à la différence de potentiel P2 à mesurer — ce que Ton reconnaîtra lorsqu’on n’entendra plus aucun bruit au téléphone — nous aurons la relation suivante :
- E = P, P2 = K.M, -f M2La
- = I (/* sin iùi -|- //?.ü> cos co/)
- A
- S
- ou, si nous posons :
- 3 = ^ +
- m o)
- et
- tg <P = —
- Fig. 1.
- La figure 1 représente le schéma de l’appareil ; le courant principal traverse d’abord la résistance ohmique non inductive AB, puis le primaire BC d’un transformateur ; un contact K* peut glisser le long de la résistance AB constituée par un simple fil ; un second contact Kâ permet de faire varier le nombre des spires utiles du secondaire du transformateur; les portions de circuit KiM,, et M2 Iv2 sont montées en série ; enfin deux fils P4 et P2 sont reliés respectivement, d’une part à et Ka, d’autre part aux points entre lesquels se trouve la différence de potentiel à mesurer. On voit, d’après ce schéma que cette méthode rappelle les méthodes ordinaires d’opposition.
- L’appareil de zéro est ici constitué par un téléphone. Si l’on désigne la valeur maxima du courant
- E — Iz sin (ü>/ -f- cp),
- égalité qui montre que la tension à mesurer E est déphasée de l’angle cp en avant du courant I.
- Or, les valeurs efficace et maxima du courant I sont constantes, puisque la résistance totale AB (somme des résistances AKi, K^M*, et MtB) ne change pas, que le nombre des spires du primaire est également invariable, et qu’enfin celui-ci fonctionne toujours à vide, lorsque la compensation est établie, aucun courant ne circulant à ce moment dans le circuit secondaire.
- On peut donc, si l’on désire simplement comparer plusieurs tensions entre elles, évaluer simplement le rapport :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- . T. XII (2® Séçie)i — N° 47.
- Les valeurs des tensions à comparer seront alors données par les relations :
- et ~ Zi sin (tôt -f- <p,) e2 =: s2 sin (tôt -)- «p2) e3 = z3 sin (tôt + <p3)
- dont les valeurs maxirna seront repectivcment :
- Ci max Ci max = ^2 ou : 1 Ejniax — 3il \ Ejicax = üjb
- C3 max , E;imax == ->3!
- D’où :
- E,,
- ou enliii, en divisant tous les termes par \/ 2 :
- Eiell'. _ Ejefl'. _ E.,eir.
- '3i ^3
- Le déphasage de E, par rapport à E2 est o, — o2, celui de E, par rapport à Ë,,, a, — -s3, etc.
- La figure 2 montre l’application de cette méthode à la mesure du rendement d’un transformateur de téléphone. G est un alternateur, F un fréquencemètre à lames, H un transformateur auxiliaire à deux secondaires, dont l’un alimente le primaire
- du transformateur en essai T, et l’autre le circuit de compensation ; en reliant sucessivement P, et P2, aux bornes 1 et 2 du shunt R(, puis aux bornes 2
- et 3 du primaire de. T, on mesure respectivement l’intensité puis la tension primaire ; l’intensité et la tension secondaires se mesurent de même à l’aide des bornes 4 et 5, et 5 et 6.
- La méthode peut également s’appliquer à la mesure de la fréquence (fig. 3). Lorsqu’on n’entend plus aucun bruit au téléphone, on a l’équilibre entre les tensions aux bornes du condensateur et du secondaire du transformateur, c’est-à-dire que :
- D’où :
- Dtzw = ——. (m
- et
- / — —- —:----------—-
- 2 7t mC
- J.-L.M.
- Méthode pour mesurer le glissement de deux alternateurs couplés en parallèle. — H. Gorges et P. Weidig. — Elektrotechnische Zeitschrift, 7 avril 1910.
- Les auteurs exposent une méthode optique pour mesurer le glissement de deux machines quelconques (en particulier de deux alternateurs) tournant à des vitesses différentes.
- Le principe de la méthode est indiqué par la figure 1.
- On monte aux extrémités respectives des arbres des deux machines deux miroirs B et C ; les rayons d’une source lumineuse A sont réfléchis d’abord dans le miroir B qui les renvoie au miroir C, lequel les rejette dans l’axe de la lunette fixe (fig. 1). Mais ce
- n’est que pour une position déterminée de la source A et des deux miroirs que les rayons lumineux peuvent suivre ce trajet, c’est-à-dire qu’ils peuvent être visibles à l’œil d’un observateur appliqué à l’oculaire de la lunette D.
- Si les miroirs B et G tournent synchroniquement dans le sens indiqué par les flèches correspondantes et si dans ce mouvement les positions respectives de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- A, de B et de C viennent à concorder, les rayons lumineux seront visibles dans la lunette D; si les positions respectives des deux miroirs se modifient, par exemple par suite de l’avance de l’une des deux machines sur l’autre, il faudra déplacer soit la source A, soit la lunette D pour recueillir de nouveau les rayons lumineux.
- Dans la réalisation pratique de l’expérience on intercale entre B et C une lentille convexe H qui concentre les rayons lumineux envoyés par le miroir B et les renvoie au miroir C (fig. a) ; la source lumi-
- A
- Fig. 2.
- f\ et fi étant les distances focales respectives des deux lentilles H et K.
- M
- Fig. 3.
- Dans le cas le plus simple m = i, a — l, c — h ; il vient alors :
- /• =/*
- (a c) (b — îc)
- •),a -|- b
- J.-L. M.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- neuse A peut se déplacer le long d’une règle graduée. Supposons dans ces conditions que le. miroir B
- tourne d’un petii angle — et que le miroir C tourne
- •* â.,
- dans le même temps d’un angle — ; pour que l’image
- de la source lumineuse A reste visible dans la lunette D, il faudra réaliser les deux conditions:
- ia + g) (b — c) (m i) " + c
- Ht
- d__ (q + c) [b—c] (m —J—|i) a -)- c
- y,
- ni représentant le rapport — , c’est-à-dire le rapport
- «2
- des vitesses des deux machines que l’on pourra facilement tirer des équations précédentes.
- Si l’on désire rendre l’expérience visible à plusieurs personnes, il faudra renvoyer les rayons lumineux non plus dans la lunette D, mais sur un écran M (fig. 3), ce qui nécessitera l'interposition entre B et C de deux lentilles H et K. Le calcul conduit alors aux relations suivantes:
- ,. ________1 {a + <-') [t> ~ < — A) _
- ' l[a-\-c)ma 4^— c—4
- ma (h 4- l) (i — c — h) ma (h 4 ÏÏ / (« 4 c) 4 ma ( ^— c — A'i’
- Êclairàge d’un gymnase et d’une vaste piste couverte. —H. Cravath. — Electrical World, a3 juin 1910.
- L’Université de Northwestern a adopté des dispositifs spéciaux, décrits ci-après, pour réaliser l’éclairage aussi parfait que possible, d’un gymnase et d’une grande piste couverte, mesurant environ mètres de longueur sur 39 mètres de largeur. Le problème qui se posait consistait à éclairer suffisamment le soi de la piste, tout en plaçant les lampes très haut, au voisinage du plafond, et en disposant celles-ci de façon que, d’aucun point de la salle, on ne pût les voir directement. Il fallait, en outre, éclairer suffisamment le plafond et les murs pour éviter toute zone obscure et en même temps dissimuler les points brillants qu’auraient pu produire les lampes ou les réflecteurs employés.
- Pour l’éclairage du sol ou l’éclairage direct, on s’est arrêté à l’emploi de lampes a incandescence au tungstène de 100 watts, suspendues, la pointe en bas, par un court support flexible, et entourées d’un réflecteur argenté et ondulé, limitant les rayons émis par la lampe à un angle de 3o à \o degrés avec la verticale passant par son axe.
- Pour l’éclairage du plafond, ou éclairage indirect, on a adopté des réflecteurs argentés de forme parabolique, renvoyant chacun, de haut en bas, les rayons d’une lampe au tungstène de aü watts.
- Chaque lampe de 100 watts, pour l’éclairage
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2» Série). — N° *7.
- direct est associée avec 2 lampes d’éclairage indirect, et chaque groupe de 3 lampes, munies de leurs réflecteurs, est enfermé dans une boîte en tôle, ouverte à sa partie supérieure et à sa partie inférieure, fixée rigidement aux pannes de la charpente en fer, et protégeant les lampes contre les balles qui pourraient les atteindre.
- On a placé 12 de ces boîtes sous chacune des i3 pannes de la charpente, ce qui correspond à i56 unités de i5o watts, soit au total à 23 400 watts. Les calculs préliminaires avaient conduit à fournir 0,9 watt par pied carré (9,67 watts par mètre carré), soit au total 22 600 watts pour obtenir un éclairement sur le sol de 3 candle-feet (0,25 bougie à 1 mètre).
- L’éclairage ainsi réalisé donne d’excellents résultats.
- H. B.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Irrigations par pompage électrique dans le Kansas. — C. Reybold. — Electrical World, 9 juin 191°.
- Une station centrale, de 375 kw. de puissance, a été établie en 1909 dans le Kansas, pour alimenter les pompes électriques d’irrigation des propriétés de la United States Sugar and Land Company.
- L’étendue à irriguer est de 2 000 hectares environ ; une ligne de 24 kilomètres de longueur alimente les 14 stations de pompage, qui absorbent chacune 20 à 3o chevaux, en fournissant l’eau nécessaire pour l’irrigation de i3o hectares.
- La station centrale comprend deux alternateurs triphasés, l’un'de 3oo kw., à la fréquence de 60 périodes et à la tension de 6600 volts, l’autre de 7$ kw., à la tension de 4^0 volts, entraînés par des moteur à gaz pauvre. t
- Le personnel se compose d’un surveillant et de 2 équipes de 3 hommes.
- Chaque station de pompage comprend 3 transformateurs de 10 kw. Des chevilles de réglage permettent d’un modifier le rapport de transformation. En appliquant aux bornes primaires des tensions de b 600, 6 3oo, 6 000 ou 5 700 volts, on obtient une tension secondaire de 4î>o volts. Le voltage aux bornes des moteurs peut ajnsi être partout le même, indépendamment de la distance à la station centrale et du voltage de la ligne.
- Chaque pompe est actionnée par un moteur de 3o chevaux, 440 volts, tournant à 1 200 tours par piinute, au moyen d’une courroie ; cette disposition est adoptée en raison des différentes hauteurs sous lesquelles les pompes doivent fonctionner.
- Chaque pompe est placée dans un puits, à 0,60 m. au-dessus du niveau de l’eau ; le moteur est au niveau du sol et la courroie est inclinée à 45°.
- Les pompes ont 20 centimètres de diamètre au refoulement et peuvent débiter chacune b 800 à 10 000 litres par minute, la vitesse pouvant varier de 400 à 5oo tours par minute.
- On a irrigué en 1909 une étendue de 1700 hectares. La puissance de la station centrale permet d’installer encore 4 stations de pompage et d’irriguer ainsi unè surface totale de 2 000 hectares,
- Le prix total de l’installation est de 647 000 francs, soit, en moyenne, 3io francs environ par hectare irrigué, alors que le système d’irrigation par réservoir et fossés de distribution coûte souvent jusqu’à 7&o francs par hectare.
- La station centrale a travaillé 12 heures par jour en 1909.
- Les dépenses se sont élevées à environ 41, f* centimes par kilowatt-heure et 43 francs par hectare^ mètre d’eau pompée.
- H. B.
- USINES GÉNÉRATRICES
- La Station Génératrice de Glenwood delà Central Colorado Power Company. — Electrical World, a3 juin 1910.
- L’usine décrite ci-après est celle de Shoshone, près" Glenwood, qui a été mise en service le 17 juillet 1909 ; c’est la première des usines hydro-électriques que la Central Colorado Power Company se propose d’établir pour fournir l’énergie aux usines et aux grandes villes du Colorado.
- L’usine de Glenwood utilise la chute de la Grande Rivière à environ 16 kilomètres au-dessus de la ville de Glenwood ; elle est située sur la rive opposée à celle que longent les voies du Denver et Rio Grande Railroad.
- Le bassin de la Grande Rivière, au-dessus de l’usine, a une superficie de 1 j 640 kilomètres carrés. L’usine doit utiliser le débit régulier de la Grande Rivière, en fournissant une puissance minima de 5 000 kw. environ.
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- L’usine de Boulder, appartenant à la même Compagnie, a upe capacité de réserve très grande qui lui permet de fournir les surcharges importantes et de parer aux cas imprévus. Elle est à moins de 48 kilomètres de Denver, la ville la plus importante desservie pâr le réseau.
- Qn a également prévu à quelque distance de Glen-wood une autre usine destinée à fournir l’énergie au moment des surcharges. Le projet d’ensemble
- niveau de l’eau à a, 75 m. au-dessus de la crête du barrage permanent.
- Le tunnel est établi pour un débit de 35 mètres cubes par seconde; sa longueur est de 3 800 mètres ; sa largeur dans le haut est de 5 mètres ; sa profondeur au centre de 3,35 m. Le fond est légèrement incurvé. Sur 90 % environ de sa longueur, il est creusé dans le granit compact ; Je reste de la longueur a été creusé dans des terrains qui nécessitè-
- Fig. 1 et 2. ,— Elévation et plan de l’usine de Glenwood. — F, transformateurs; P, fosie de transformateur; T (fig. i) baps à huile; R, R, rhéostats; w, \v, interrupteurs à luiile; B, tableau do distribution; L, lignes; T, T (fig, a), tuyauterie.
- comporte enfin quelques réservoirs de régulation sur le cours supérieur delà Grande Rivière.
- Les travaux hydrauliques de l’usine de Glenvood comprennent ; un barrage, un tunnel entre le barrage et l’usine génératrice, une conduite forcée entre l’extrémité du tunnel et l’usine.
- Celle-ci travaille sous une chute de 5a mètres de hautegr.
- Le barrage crée un bassin u’enlrée qui a une capacité lui permettant de débiter 35 mètres cubes par seconde pendant 1,5 heures.
- La partie mobile du barrage permet d’élever le
- rent un boisage et la construction d’une voûte en béton.
- Le bassin de tête n’a pas été conçu comme un réservoir destiné à fournir de l’eau en quantité suffisante pour les surcharges soudaines, mais simplement pour faciliter l’accès de l’eau. La réserve d eau fournie par le tunnel dans toute sa longueur est considérée comme suffisante pour les surcharges soudaines que peuvent supporter les turbines.
- Un des couloirs d’accès qui ont servi à la construction du tunnel sert à évacuer le sable qui s’amasse dans un bassin de décantation, dont la section,
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- double de celle du tunnel, diminue la vitesse d’écoulement.
- L’usine a été construite à litre provisoire, car on doit dans l’avenir continuer le tunnel et établir plus bas une usine travaillant sous une hauteur de chute plus grande.
- Elle a /(3 mètres de longueur, 10,70 m. de largeur.
- Un atelier de réparation de 10,70 X 12 mètres carrés lui est adjoint.
- Les figures 1 et 2 montrent les dispositions générales de l’usine en plan et en élévation. Elle comprend 2 turbines de 9000 chevaux, accouplées directement chacune à un alternateur de 5ooo K. V. A., 60 périodes, 4000 volts, 18 pôles, 400 tours par minute. Chaque alternateur peut fournir 5 000 kw., le facteur de puissance étant égal à l’unité avec une élévation de température de 35° C en 24 heures et 7 5oo kw. aVec une élévation de température de 55° C en 2 heures.
- Le rendement garanti à pleine charge est de 96 % .
- Chaque alternateur est pourvu d’une excitatrice de 120 kw. calée sur son arbre ; chacune de ces excitatrices est suffisante pour les deux alternateurs.
- Les connexions électriques sont très simples.
- Chaque alternateur est connecté aux barrés distributrices avec interposition d’un interrupteur à huile pour 1 200 ampères. Les interrupteurs et les compartiments des barres distributrices sont disposés le long d’un des côtés de l’usine.
- Des barres distributrices, le courant passe aux tx*ansformateurs en traversant un interrupteur à huile établi pour le courant total.
- Il n’y a pas d’interrupteurs dans l’usine sur le côté à 100000 volts des transformateurs; tous les interrupteurs sont sur le côté basse tension. Tous les interrupteurs à 100 000 volts du réseau sont placés dans les sous-stations. Le tableau est placé sur le côté de l’usine opposé à celui qui contient les interrupteurs à huile et le câblage à 4 000 volts. De ce tableau ne partent que des circuits à 120 volts.'
- Les transformateurs de courant pour instruments de mesure sont placés sous les interrupteurs à huile, et les transformateurs de voltage pour instruments de mesure sont placés contre le mur au-dessus de ces interrupteurs.
- Des interrupteurs de sectionnement sont établis avant et après l’interrupteur à huile placé entre les bayres omnibus et les transformateurs.
- Les transformateurs de 33o kw. chacun, au nombre de trois, sont à bain d’huile avec refroidissement par circulation d’eau. Ils élèvent la tension de 4 000 à
- 100000 volts. Ils sont connectés en triangle du côté haute tension. Les dispositions sont prises pour permettre l’installation d’un quatrième transformateur servant de réserve.
- Le rendement garanti pour les transformateurs est de 98,5 % à pleine charge. Leur régulation de voltage garantie est de 1,2 % de la pleine charge à la marche à vide, avec un facteur de puissance égal à l'unité.
- Une marche continue de 24 heures à pleine
- — Sortie de ligne à
- 00 000 volts.
- charge élève la température de 35° C. Une surcharge de 5o % pendant 2 heures élève la température de 55° C. Le poids de chaque transformateur, avec son huile, est de 23 5oo kilogrammes. La hauteur jusqu’à l’extrémité des bornes haute tension est de 4,60 m.
- Les barres distributrices à 100000 volts, placées au-dessus des transformateurs, sont disposées pour satisfaire aux conditions qu’impose la mise hors service d’un quelconque des transformateurs. Elles sont constituées par des tubes de laiton supporté au moyen d’isolateurs à disques, du type suspendu semblables à ceux employés pour la ligne à haute tension. Les mêmes tubes sont employés pour les connexions de transformateurs.
- Un détail intéressant des connexions à haute tension, utilisé dans l’usine et dans quelques-unes des sous-stations, est le dispositif d’isolement pour les entrées de ligne à haute tension par la toiture, substitué aux dispositifs ordinairement employés jus-
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- qu’à présent et. consistant à faire entrer les lignes par des ouvertures pratiquées dans les murs.
- La figure 3 est une coupe de ce dispositif : sa longueur totale est de 2,^5 ni.; elle a été portée en certains cas à 3,35 mètres.
- Le conducteur à haute tension est une tige maintenue au centre d’un long tube de fibre d’environ 20 centimètres de diamètre extérieur, rempli d’une épaisse composition isolante pour haute tension. La partie supérieure du tube est protégée par sept disques isolants d’environ 4° centimètres de diamètre extérieur, sous lesquels est placée une cloche en poterie dont le diamètre en haut est de 3o centimètres et le diamètre intérieur à la base de 5o centimètres.
- Le voltage des alternateurs est réglé par un régulateur Tirrill qui peut agir sur une ou sur deux excitatrices.
- II. B.
- DIVERS
- Electrolyse de conduites d'huile. — H. Miller. — Electrical World, 23 juin 1910.
- L’auteur décrit le type de joint isolant qu’il a employé avec succès pour arrêter les effets destructeurs produits sur d’importantes conduites d’huile par des courants vagabonds provenant d’une ligne de chemin de fer électrique qui passait dans leur voisinage.
- Ce joint, dont, la coupe est représentée par la figure 1, était constitué ainsi:
- Les boulons de serrage des brides étaient isolés par de la fibre rouge ; les joints proprement dits étaient garnis de 2 rondelles d’une composition noire
- connue en Amérique sous le nom de Strong's oil-proof packing.
- Le type de joint isolant habituellement employé pour les conduites d’eau ou de gaz et composé de caoutchouc ne pouvait être employé, cette matière étant attaquée par l’huile.
- 11. B.
- BREVETS
- Dispositif pour pi'otèger contre toute sui'-charge de courant les moteurs électriques à mise en marche et à changement de marche rapides.—AllgemeineElektrizitatsGesf Jlschaft. — Demandé le 26 avril 1910, n° 4*5 202.
- Voici un problème qui se pose dans de nombreuses applications électriques comme, par exemple, dans les rouleaux compresseurs réversibles actionnés électriquement et à couplage Léonard : il est souvent désirable d’obtenir, en dehors du nombre de tours depuis zéro jusqu’au nombre fondamental de tours pour lequel le moteur est établi, encore un excédent de tours par rapport audit nombre fondamental. Le couple de rotation exigé et la capacité de surcharge peuvent, dans ce cas, être plus faibles. Cette nécessité se fait sentir au cours de l’opération du rouleau compresseur, pendant les dernières phases, et on y satisfait de préférence en affaiblissant le champ du moteur réversible ou à changement de marche.
- Or, comme l’angle de déviation du levier principal de distribution se trouve déjà limité par la portée du bras du conducteur de la machine, on a recours, de préférence, pour l’affaiblissement du champ du moteur réversible, à un levier de distribution séparé dont la portée doit néanmoins être rendue dépendante, par verrouillage mécanique, du levier principal de distribution ; ceci afin d’éviter que l’affaiblissement du champ se produise aVant que le levier principal de distribution ait atteint toute sa portée (c’est-à-dire avant que la période d’accélération soit passée).
- L’exploitation d’installations de ce genre avec moteurs à démarrage et changement de marche rapides a démontré que, malgré le verrouillage mécanique des deux leviers de distribution, la manœuvre rapide des deux leviers immédiatement l’un après l’autre entraîne fréquemment une mise- en marche avec champ affaibli et une accélération de masses
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- importantes, d’où un fort échaufïement des moteurs, par suite du courant d’induit plus puissant qui est nécessaire, avec un champ affaibli, pour Un couple de rotation déterminé.
- Pour éviter cet inconvénient, l’invention dont il s’agit ajoute au verrouillage mécanique des deux leviers de distribution ou de manœuvre entre eux un verrouillage du levier auxiliaire de distribution. Celui-ci dépendra du nombre de tours ou de la tension du moteur à commander. Par ce moyen, on peut obtenir que l’affaiblissement du champ du moteur et, par suite, l’augmentation du nombre de tours, ne puissent se produire qu’après l’achèvement de la période de misé en marché et l'obtention d’un nombre déterminé de tours du moteur.
- Pour ce verrouillage, on peut, par exemple, comme le montre la figure i, employer un régulateur à force centrifuge r, actionné par le moteur M, que l’on suppose ici être un moteur réversible ou à changement de marche et qui ne libère le levier auxiliaire de manœuvre h, servant à l’affaiblissement du champ, que lorsqu’un certain nombre de tours est atteint, par ce fait qu’un levier d’encliquetage ou d’arrêt k s’engageant dans une rainure s de ce levier h est retiré par le régulateur à force centrifuge.
- Le verrouillage peut également être effectué électriquement au moyen d’un électro-aimant excité par la tension d’induit du moteur, et dont l’armature repose sur le levier d’encliquetage A, Il n’est attiré que lors de l’obtention d’une certaine contre-tension à l’induit du moteur en libérant ainsi le levier auxiliaire de manœuvre h. Le nombre de tours d’un moteur d’excitation à peu près constante (cas usuel avec le couplage Léonard) étant proportionnel à la tension d’induit, il s’ensuit que le verrouillage est rendu dépendant du nombre de tours.
- Affinage électrique de l'acier. — R. Wal-ker. — brevet américain n° 967 590 du 16 août 1910. — Meîallurgical and Chemical Engineering, septembre
- 1910.
- La partie essentielle dece brevet consisteeril’usàge
- combiné du convertisseur Bessemer, dii mélangeur et du four électrique. Les gueuses de fonte sont traitées dans un Bessemer à revêtement acide ou
- dans un four à sole. On leur enlève ainsi leur sili-
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- cium et on les décarbure partiellement, en laissant dans le métal de o, o4 % à o,3% de carbone pour éviter toute oxydation et maintenir la masse fluide* On verse ensuite le métal dans un mélangeur à revêtement basique convenablement chauffé. En entrant dans le mélangeur, le métal traverse ün canal de coulée, pourvu d’un dispositif pour la surface, et le laitier flottant est ainsi séparé. Le métal entre donc dans le mélangeur aussi purifié de scories que possible (sinon la scorie acide attaquerait le révêtement basique du mélangeur). Dans le mélangeur, on maintient un laitier basique pour aider à la déphosphoration du métal et neutraliser le laitier acide qui pourrait subsister de la première opération.
- On extrait de temps en temps du mélangeur des charges de fonte qu’on introduit dans des fours électriques à revêtement basique. Le métal y est traité par des additions d’oxyde de fer et de pierre à chaux. Il est ainsi désulfüré ét dëphosphorise.
- Ce procédé ne permet pas seulement d’améliorer les produits du convertisseur Bessemer et d'obtenir des aciers électriques de la qualité d’aciers Martin ou d’aciers au creuset ; il permet aussi d’employer dans le convertisseur des aciers contenant plus dé phosphore qu’il n’est possible de le faire habituellement dans le Bessemer.
- L’emploi du mélangeur entre les convertisseurs et le four électrique permet d’alimenter les fours d’une façon uni forme, dans les meilleures conditions.
- M. L.
- Procédé pour fabriquer les plaques négatives Planté pour accumulateurs. — Akkumu-latoren Fabrik A. G.— Brevet allemand n° 208799, du 10 juin 1908.
- Le but est de donner aux plaques négatives une capacité suffisante et stable ; le moyen est d’imprégner de charbon la couche de matière active.
- On procède de la maniéré suivante :
- Les plaques sont séchées, puis trempées dans un liquide tel que l’essence de térébenthine, la benzine, une solution de résine dans l’éther, l’alcool, etc., c’est-à-dire dans un liquide facilement combustible.
- Ce liquide entre en faible quantité dans la plaque ; quand on le brûle, il dégage une faible quantité de chàlëur, qui est absorbée facilement.
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- La plus grande partie du carbone qui entre dans la composition du liquide brûle; le reste se dépose à l’ih-térieur de la plaque sous for me de matière très divisée..
- Lés plaques fabriquées par ce procédé sont, parait-il, susceptibles d’un grand nombre de charges et de décharges sans baisse notable de capacité.
- On a essayé, pour obtenir le même résultat, une solution de sucre ; mais on se heurte à une double difficulté : ou bien la température est insuffisante et le sucre se transforme en caramel, qui obstrue les pores de la plaque, ou bien la température s’élève et risque de faire fondre le plomb. G. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- L’usine hydro-électrique de Tuilière etladis-tribution de l’énergie électrique dans le sud-ouest de la France, par M. Albert Claveille, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. —i volume grand in-8° de 160 pages avec figures dans le texte et 17 grandes planches hors texte. — A. Dumas, éditeur, 6, rue de la Chaussée d’Anlin, Paris. — Prix: 10 francs.
- Ce volume extrait des Annales des Ponts et Chaussées (fasc. 111, 1910) est une monographie extrêmement documentée, et qui sera très utilement consultée par tous ceux qui ont à s’occuper d’installations Similaires, de l’usine hydro-électrique construite àTuilière, sur la Dordogne, près Bergerac, par la Société « l’Energie Electrique du Sud-Ouest ».
- On Sait que cette remarquable station centrale a été décrite ici même en quelques pages. Mais il s’agit maintenant d’une étude absolument complète, à laquelle nous renvoyonsvolontiers ceux de nos lecteurs qui désirent connaître tous les détails de l’installation.
- Rappelons en ici les grandes lignes.
- La chute qui actionne cette usine est obtenue par un barrage de io5 mètres de longueur, déterminant Une chute utile de 12 mètres à l’étiage. Ce barrage est formé par des piles en maçonnerie constituant des pertuis fermés par des vannes équilibrées de 10 mètres de largeur etd’unelevée totale de 17,76 ni. pouvant, au besoin, laisser écouler des crues de 5 000 mètres cubes par seconde.
- Le barrage est normal à l’axe de là Dordogne. L’usine hydraulique s’appuie sur la culée rive droite et est implantée dans le lit de la rivière, convenablement élargi en ce point ; il n’y a donc pas, à proprement parler, dé canaiix d’afnenée et de fuite, ou plutôt ces canaux sont très courts et sont séparés du lit de la rivière, le premier par une grille dite « avancée » et le second, par un guideau en maçonnerie.
- En ce qui concerne les installations mécaniques cl électriques, l’usine comprend:
- a) Neuf groupes générateurs hydrauliques, constitués chacun par une turbine hydraulique double,
- à axe vertical, développant une puissance de 2 700 chevaux sous la chute moyenne, et actionnant un alternateur triphasé monté sur le même arbre, produisant du courant triphasé à 5 5oo volts ;
- h) Deux groupes générateurs thermiques, compré-nant chacun une turbine à vapeurdu système Curtis,à arbre vertical, avec alternateur triphasé pouvant produire une puissance maximum de 5 000 chevaux,en courant triphasé à 5 aoovolts. La chaufferie nécessaire à l’alimentation de ces 2 groupes comprend 16 chaudières multilubulaires timbrées à i3 kilogrammes;
- c) Une série de transformateurs élevant à i3 5oo volts et à 5o 000 volts la tension du courant produit à 5 5oo volts.
- Avec une hauteur d’eau de 1 m. 3o au-dessus de l’étiage, l’usine hydraulique peut développer une puissance d’environ 21 000 chevaux effectifs.
- Le réseau de distribution de l’énergie électrique, dont nous avons également donné précédemment une description sommaire, s’étend sur les départements de la Dordogne, de la Gironde, du Lot-et-Garonne et de la Charente ; les villes principalement intéressées sont: Bergerac, Périgueux, Bordeaux et Angoulême.
- Le transport de l’énergie sur les artères principales est effectue à la tension de 00000 volts, que des stations transformatrices, situées à l’arrivée, réduisent à i3 5oo volts, pour l’alimentation des lignes secondaires. Le développement des lignes à haute tension (i3 000 ou 00 000 volts) atteint actuellement 660 kilomètres et, en dehors des grandes agglomérations urbaines, le réseau de distribution s’étend à 98 communes dont la population atteint: environ 120 000 âmes.
- Le coût total des travaux et installations de toute nature a été de 12 millions environ, soit 7 millions pour le barrage, avec les bâtiments de l’usine, et 5 mil. lions pour les installations mécaniques et électriques.
- On voit quel peut être l’intérêt des données pratiques accumulées dans l’ouvrage que nous présentons ici. J. R.
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- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- Arrêté déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique pour l’application delà loi du 15 juin 1906 sur les distributions d’énergie. — Du ai mars igio. — Inséré au Journal Officiel du 26 mars 1910 (').
- Le ministre des Travaux Publics, des Postes et des Télégraphes,
- Yu la loi du i5 juin 1906 sur les distribution d’énergie et notamment les articles 2, 4 et 19 de ladite loi;
- Vu les avis du comité d’électricité et du comité de l'exploitation technique des chemins de fer et du Conseil général des ponts et chaussées,
- Arrête :
- CHAPITRE Ier
- DISPOSITIONS TECHNIQUES GÉNÉRALES APPLICABLES AUX OUVRAGES DES DISTRIBUTIONS
- d’énergie électrique
- Section I. — Classement des distributions et prescriptions générales relatives à la sécurité.
- Classement dès distributions en deux catégories.
- Article premier. — Les distributions d’énergie électrique doivent comporter les dispositifs de sécurité en rapport avec la plus grande tension de régime existant entre les conducteurs et la terre (2).
- Suivant cette tension, les distributions d’énergie électrique sont divisées en deux catégories.
- Ire CATÉGORIE
- A. — Courant continu. — Distributions dans lesquelles la plus grande tension de régime entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 600 volts.
- B. — Courant alternatif. — Distributions dans lesquelles la plus grande tension efficace entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas i5o volts.
- 2* CATÉGORIE
- Distributions comportant des tensions respectivement supérieures aux tensions ci-dessus.
- Prescriptions générales relatives à la sécurité.
- Art. 2. — Les dispositions techniques adoptées
- S Etant donné l’importance de cet arrêté, il sera ié in extenso dans La Lumière Electrique et édité séparément en tirage à part.
- (a) Dans les distributions triphasées, cette tension est évaluée par rapport au point neutre supposé à la terre.
- pour les ouvrages de distribution, ainsi que les conditions de leur exécution, doivent assurer, d’une façon générale, le maintien de l’écoulement des eaux, de l’accès des maisons et des propriétés, des communications télégraphiques et téléphoniques, de la liberté et la sûreté de la circulation sur les voies publiques empruntées, la protection des paysages, ainsi que la sécurité des services publics, celle du personnel de la distribution et celle des habitants des communes traversées.
- Section II. — Canalisations aériennes.
- Supports.
- Art. 3. — § ier. — Les supports en bois doivent être prémunis contre les actions de l’humidité et du sol.
- § 2. —Dans le cas où les supports sont munis d’un fil de terre, ce fil est pourvu sur une hauteur minimumde 3m, à partir du sol, d’un dispositif le plaçant hors d’atteinte.
- § 3. — Tous les supports sont numérotés.
- § 4. — Dans les distributions de 2e catégorie, les pylônes et poteaux métalliques sont pourvus d’une bonne communication avec le sol.
- § S. — Dans la traversée des voies publiques, les supports doivent être aussi rapprochés que possible.
- Isolateurs.
- Art. 4. — Les isolateurs employés pour les distributions de la 2e catégorie doivent être essayés dans les conditions ci-après :
- Lorsque la tension à laquelle est soumise l’isolateur en service normal est inférieure à 10000 volts, la tension d’essai est le triple de la tension en service.
- Lorsque la tension de service normal est supérieure à 10000 volts, la tension d’essai est égale à 3o 000 volts, plus deux fois l’excès de la tension de service sur 10 000 volts.
- Conducteurs.
- Art. 5. — § 1.— Les conducteurs doivent être placés hors de la portée du public.
- § 2. — Le point le plus bas des conducteurs et fils de toute nature doit être :
- a.) Pour les distributions de la première catégorie, à 6 mètres au moins, le long et à la traversée des voies publiques ;
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- b) Pour les distributions de la 2® catégorie, à 6 mètres au moins, le long des voies publiques, et à 8 mètres au moins, dans les traversées de ces voies.
- Néanmoins, des canalisations aériennes pourront être établies à moins de G mètres de hauteur à la traversée des ouvrages construits au-dessus des voies publiques, à la condition de comporter dans toute la partie à moins de 6 mètres de hauteur un dispositif de protection spécial en vue de sauvegarder la sécurité.
- § 3. — Le diamètre de l’Ame métallique des conducteurs d’énergie ne peut être inférieur à 3 millimètres. Toutefois, ce diamètre peut être abaissé à a millimètres pour les branchements particuliers ou de canalisation d’éclairage public de la première catégorie qui ne croisent pas des lignes télégraphiques ou téléphoniques placées au-dessous.
- § 4. — Dans la traversée d’une voie publique, l’angle de la direction des conducteurs et de l’axe de la voie est égal au moins à 3o degrés.
- § 5. — Dans la traversée et dans les parties contiguës, il ne doit y avoir sur les conducteurs ni épissures, ni soudures ; les conducteurs sont arrêtés sur les isolateurs des supports de la traversée et sur les isolateurs des supports des portées contiguës.
- §6.—Dans les distributions de 2e catégorie, les dispositions suivantes doivent être appliquées :
- a) Les poteaux et pylônes sont munis, à une hauteur d’au moins 2 mètres au-dessus du sol, d’un dispositifs pécial, pour empêcher, autant que possible, le public d’atteindre les conducteurs ;
- b) Les mesures nécessaires sont prises pour que dans les traversées et sur les appuis d’angle, les conducteurs d’énergie électrique, au cas où ils viendraient à abandonner l’isolateur, soient encore retenus et ne risquent pas de traîner sur' le sol ou de créer des contacts dangereux ;
- c) Chaque support porte l’inscription Danger de mort en gros caractères, suivie des mots Défense absolue de toucher aux fils même tombés à terre.
- § — Dans la traversée des agglomérations, les
- conducteurs sont placés à 1 mètre au moins des façades et en tout cas hors de la portée des habitants.
- Si les conducteurs longent un toit en pente ou s’ils passent au-dessus, ils doivent en être distants de
- 1 m. 5o au moins, s’ils sont de la ire catégorie, et de
- 2 mètres au moins s’ils sont de la 2e catégorie.
- Si le toit est en terrasse, les conducteurs doivent en être distants de 3 mètres au moins, qu’ils appartiennent à la ire- ou à la 2e catégorie.
- Résistance mécanique des ouvrages.
- Art. G. — § ier. — Pour les conducteurs, fds, sup-
- ports, ferrures, etc... la résistance mécanique des ouvrages est calculée en tenant compte à la fois des charges permanentes que les organes ont à supporter et de la plus défavorable en l’espèce des deux combinaisons de charges accidentelles, résultant des^ circonstances ci-après:
- a) Température moyenne de la région, avec vent horizontal de 120 kilogrammes de pression par mètre carré de surface plane ou 72 kilogrammes par mètre carré de section longitudinale des pièces à section circulaire ;
- b) Température minimum de la région, avec vent horizontal de 3o kilogrammes par mètre carré de surface plane ou 18 kilogrammes par mètre carré de section longitudinale des pièces à section circulaire.
- Les calculs justificatifs font ressortir le coefficient de sécurité de tous les éléments, c’est-à-dire le rapport entre l’effort correspondant à la charge de rupture et l’effort le plus grand auquel chaque élément peut être soumis.
- §2.—Dans les distributions de la 2e catégorie, le coefficient de sécurité des ouvrages, dans les parties de la distribution, établies longitudinalement sur le soi des voies publiques, doit être au moins égal à 3.
- Dans les parties des mêmes distributions, établies dans les agglomérations ou traversant les voies publiques, la valeur du coefficient de sécurité est portée au moins à 5.
- Distributions de 2e catégorie desservant plusieurs agglomérations.
- Art. 7. — Dans les distributions de 2e catégorie desservant un certain nombre d’agglomérations distantes les unes des autres, l’entrepreneur de la distribution est tenu d’établir entre chaque agglomération importante desservie et l’usine de production de l’énergie ou le poste le plus voisin, un moyen de communication directe.
- L’entrepreneur de la distribution est dispensé de la prescripliou énoncée ci-dessus, s’il a établi à l’entrée de chaque agglomération importante un appareil permettant de couper le courant toutes les fois qu'il est nécessaire.
- SectionIII. — Canalisations souterraines.
- Conditions générales d‘établissement des conducteurs souterrains.
- Ai’t. 8. — § ier.— Protection mécanique.
- Les conducteurs d’énergie électrique souterrains doivent être protégés mécaniquement contre les avaries que pourraient leur occasionner le tassement
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- jle$ terres, le contact des. corps durs ou le choc des outils en cas de fouille.
- § 2. — Conducteurs électriques placés dans une conduite métallique.
- Dans tous les cas où les conducteurs d’énergie électrique sont placés dans une enveloppe ou conduite métallique, ils sont isolés avec le môme soin que s’ils étaient placés directement dans le sol.
- ij 3. — Précautions contre l’introduction des eaux.
- Les conduites, contenant des câbles, sont établies de manière à éviter, autant que possible, l’introduction des eaux. Des précautions sont prises pour assurer la prompte évacuation des eaux au cas où elles viendraient à s’y introduire accidentellement.
- Voisinage des conduites de gaz,
- Art. '9. — Lorsque dans le voisinage de conducteurs d’énergie électrique, placés dans une conduite, il existe des canalisations de gaz, les mesures nécessaires doivent être prises pour assurer la ventilation régulière de la conduite renfermant les câbles électriques et éviter l’accumulation des gaz»
- Regards.
- Art. 10. — Les regards, affectés aux canalisations électriques, ne doivent pas renfermer de tuyaux d’eau, de gaz ou d’air comprimé.
- Dans le cas de canalisations ou conducteurs nus, les regards sont disposés de manière à pouvoir être ventilés.
- Les conducteurs d’énergie électrique sont convenablement isolés par rapport aux plaques de fermeture des regards.
- Section IV. — Sous-stations, postes de transformateurs et installations diverses.
- Prescriptions générales pour l’installation des moteurs et appareils divers.
- Art. ii — § ier. — Toutes les pièces saillantes, mobiles et autres parties dangereuses des machines et notamment les bielles, roues, volants, les courroies et câbles, les engrenages, les cylindres et cônes de friction ou tous autres organes de transmission quj seraient reconnus dangereux, sont munis de dispositifs protecteurs, tels que gaines et chéneaux de bois ou de fer, tambours pour les courroies et les bielles, ou de couvre-engrenages, garde-mains, grillages.
- Sauf le cas d’arrêt du moteur, le maniement des cburroies est toujours fait par le moyen de systèmes tels que monte-courroie, porte-courroie, évitant l’emploi direct de la majq.
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- On doit prendre, autant que possible, des dispositions telles qu’aucim. ouvrier ne soit .habituellement occupé à un travail quelconque, dans le.plan de rotation ou aux abords immédiats d’un volant, ou de. tout autre engin pesant et tournant à grande vitesse.
- § 2. — La mise en train et l’arrêt des machines sont toujours précédés d’un signal convenu.
- § 3. — Des dispositifs de sûreté sont installés dans la me sure du possible pour le nettoyage et le graissage des transmissions et mécanismes en marche.
- § 4. — Les monte-charges, ascenseurs, élévateurs sont guidés et disposés de manière que la voie de la cage du monte-charge et des contrepoids soit fermée ; que la fermeture du puits à l’entrée des divers étages ou galeries s’effectue automatiquement, que rien ne puisse tomber du monte-charge dans le puits.
- Pour les monte-charges destinés à transporter le personnel, la charge est calculée au tiers delà charge admise pour le transport des marchandises, et les monte-charges sont pourvus de freins, chapeaux, parachutes ou autres appareils préservateurs.
- Les appareils de levage portent l’indication du maximum de poids qu’ils peuvent soulever.
- § 5. — Les puits, trappes et ouvertures sont pourvus de solides barrières ou garde-corps <
- § 6. — Dans les locaux où le sol et les parois sont très conducteurs, soit par construction, soit par suite de dépôts salins ou par suite de l’humidité, on ne doit jamais établir, à la portée de la main, des conducteurs ou des appareils placés à découvert.
- Prescriptions relatives aux moteurs, transformateurs et appareils de la 2e catégorie.
- Art. 12. —§ ier.— Les locaux non gardés dans lesquels sont installés des, transformateurs de 2e catégorie, doivent être fermés à clef.
- Des éci'itcaux très apparents sont apposés partout où il est nécessaire pour prévenir le public du danger d’y pénétrer. ’
- § 2. — Si une machine ou un appareil électrique de la ae catégorie se trouve dans un local, ayant en même temps une autre destination, la partie du local affectée à cette machine ou à cet appareil, est rendue inaccessible par un garde-corps, ou un dispositif équivalent, à toute personne autre que celle qui en a la charge. Une mention indiquant le danger doit être affichée en évidence.
- § 3. — Les bâtis et pièces conductrices, non parcourus par le courant, qui appartiennent à des moteurs et transformateurs (le }a a® catégorie,
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- sont reliés électriquement à la terre, ou isolés électriquement du sol. Dans ce dernier cas, les machines sont entourées par un plancher de service non glissant, isolé du sol et assez développé pour qu’il ne soit pas possible de toucher à la fois à la machine et à un corps conducteur quelconque relié au sol.
- La mise a la terre ou l'isolement électrique est constamment maintenu en bon état.
- § /|. — Les passages ménagés pour l’accès aux machines et appareils de la deuxième catégorie placés à découvert ne peuvent avoir moins de a mètres de hauteur ; leur largeur, mesurée entre les machines, conducteurs ou appareils eux-mêmes, aussi bien qu’entre ceux-ci et les parties métalliques delà construction, ne doit pas être inférieure à un mètre.
- Installation des canalisations à Vintérieur des sous-stations et postes de transformateurs.
- Art. i3. — § ier. —A l’intérieur des sous-stations et postes de transformateurs, les canalisations nues delà deuxième catégorie doivent être établies, hors de la portée de la main, sur des isolateurs convenablement espacés et être écartés des masses métalliques, telles que piliers ou colonnes, gouttières, tuyaux de descente, etc.
- Les canalisations nues de la première catégorie, qui sont à portée de la main, doivent être signalées à l’attention par une marque bien apparente.
- Les enveloppes des autres canalisations doivent être convenablement isolantes.
- § %. — Des dispositions doivent être prises pour éviter réchauffement anormal des conducteurs, à l’aide de coupe-circuits, fusibles ou autres dispositifs équivalents.
- § 3. —Toute installation, reliée à un réseau comportant des lignes aériennes de plus de 5oo mètres, doit être suffisamment protégée contre les décharges atmosphériques.
- Tableaux de distribution.
- Art. 14. — A. Distributions de la ire catégorie.
- Sur les tableaux de distribution de courant appartenant à la, irs catégorie, les conducteurs doivent présenter les isolements et les écartements propres à éviter tout danger.
- B. Distributions delà 2 e catégorie.
- § Ier. — Sur les tableaux de distribution portant sur leur face avant (où se trouvent les poignées de manœuvre et les instruments de lecture) des appareils et pièces métalliques de la 2° catégorie, le plancher de service doit être isolé électriquement
- et établi dans les conditions indiquées à l’article 12.
- § 2. — Quant les pièces métalliques ou appareils delà 2e catégorie sont établis à découvert sur la face arrière du tableau, un passage entièrement libre de 1 mètre de largeur et de 2 mètres de hauteur au moins est réservé derrière lesdits appareils et pièces métalliques ; l’accès de ce passage est défendu par une porte fermant à clef, laquelle ne peut être ouverte que par ordre du chef de service ou par ses préposés à ce désignés ; l’entrée en sera interdite à toute autre personne.
- § 3. — Tous les conducteurs et appareils de la 2e catégorie doivent, notamment sur les tableaux de distribution, être nettement différenciés des autres par une marque très apparente (une couche de peinture, par exemple).
- Locaux des accumulateurs ; éclairage de secours.
- Art. i5. —Dans les locaux où se trouvent des batteries d’accumulateurs, toutes les précautions Sont prises pour éviter l’accumulation de gaz détonants ; la ventilation de ces locaux doit assurer l’évacuation continue des gaz dégagés.
- Les lampes à incandescence employées dans ces locaux sont à double enveloppe.
- Art. 16. — Les salles des sous-stations doivent posséder un éclairage de secours en état de fonctionner en cas d’arrêt du courant.
- Mise à la terre des colonnes, etc.
- Art. 17. — Les colonnes, les supports et, en général, toutes les pièces métalliques des sous-stations et postes de transformateurs qui risqueraient d’être soumis à une tension de la 2“ catégorie, doivent être convenablement reliés à la terre.
- Section V. — Branchements particuliers.
- Art. 18. —Les branchements particuliers doivent être munis de dispositifs d’interruption auxquels l’entrepreneur de la distribution doit avoir accès en tout temps.
- Art. 19. — Les conducteurs aériens, formant branchements particuliers, doivent être protégés dans toutes ies parties où ils sontàla portée des personnes.
- Art. 20. — Les conducteurs souterrains d’énergie électrique, formant branchements particuliers, doivent être recouverts d’un isolant, protégé mécaniquement d’une façon suffisante, soit par l’armature du câble conducteur, soit par des conduites en matière résistante et durable.
- (A suivre.)
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Il semblait qu'à la suite du rapport semestriel du conseil de la Rio-Tinto, confirmant les bruits d’une réduction de la production du cuivre, et constatation faite d’une diminution des stocks, le cours du métal serait l’objet d’une hausse rapide de plusieurs livres; il n’en a rien été et les cours oscillent de à 59 livres pour le Standard sous une tendance marquée à la hausse. On attribue cette situation à l’incertitude qui régnait aux Etats-Unis quant aux résultats des élections. Cependant, les rapports publiés dernièrement sur le commerce général des Etats-Unis sont satisfaisants; de tous autres côtés, on confirme la diminution des stocks et la reprise des affaires. En Angleterre et en France, les approvisionnements ont baissé de 5 539 tonnes depuis le 3o septembre, de 3 720 tonnes depuis le i5 octobre. Et si l’on compare la situation d’ensemble en octobre 1908 et en octobre 1910, d’après les circulaires Merton, on constate ce qui suit ; pour les douze mois finissant le 31 octobre 1908, les approvisionnements s’élevaient à 476 557 tonnes et les délivraisons à 437753 tonnes, tandis que pour la même période de temps en 1910, les approvisionnements sont seulement de 440970 tonnes et les .délivraisons de 451 836 tonnes : donc diminution de .36000 tonnes dans les approvisionnements en 1910 et augmentation de 14000 tonnes dans les délivraisons, causant un écart total de 00000 tonnes qui devront avoir pour corollaire l’élévation du cours du métal. Or, le Standard oscille actuellement, comme nous le disions plus haut, aux environs de £ 58, tandis qu’on le traitait en octobre 1908 à des cours voisins de £61. Le Slatist, journal anglais, rappelle qu’il ne faut pas oublier le vaste stock invisible qui viendrait en évidence, comme le fait s’est produit il y a 22 à 2 ! ans, si on cotait des prix très élevés sur le. cuivre ; à son avis, si on tient compte de l’hésitation et de l’incertitude qui ont prévalu dans de nombreuses branches industrielles, le cuivre a été exceptionnellement bien tenu pendant les 8 premiers mois de 1910. Il ajoute que la situation actuelle comporte cependant un élément d’incertitude qui est de savoir dans quelle mesure l’agitation politique et l’hésitation qui existent, con-
- cernant la perspective d’avenir des affaires commerciales et industrielles; réduiront la consommation du cuivre aux Etats-Unis. Les conclusions sont les suivantes : la production mondiale pour les 8 premiers mois de cette année bat tous les records précédents ; la consommation mondiale est à peu près égale en volume et suffit grâce aux bas prix pour absorber cette production; les mines américaines ont restreint leur production depuis le iel‘ août; la consommation américaine j>ourra être partiellement réduite durant le prochain semestre; néanmoins, il est vraisemblable que,pendant une certaine période, le stock mondial se réduira régulièrement, car la consommation étrangère est splendide, particulièrement en Allemagne. Nous devrons donc à bref délai voir remonter les cours du métal, à moins que la politique de certains groupes de producteurs ne se modifie devant une amélioration même légère du marché.
- Les actionnaires de la Maison Bréguet réunis en assemblée générale ordinaire, le 28 octobre dernier, ont approuvé la distribution d’un dividende de 3o francs, supérieur de 5 francs à celui de l’exercice précédent. Suivant une phrase du rapport, ce taux de dividende ne doit pas être considéré comme accidentel, car le conseil entrevoit une ère assez prospère. Les bénéfices nets de 1909-1910 s’élèvent à 546 865 fr. 04 représentant un taux de 13,67 % du capital. La répartition proposée et adoptée affecte au dividende 240000 francs; àla réserve etauxamortis-sements 1944^9 fr. 17; aux tantièmes statutaires 61 593 fr. 20; au personnel 3o 000 francs et au report à nouveau 20 332 fr. 42. L’examen du bilan fait ressortir à l’actif un important chiffre de travaux; en cours, soit 2 5g8 919^. 3o,un actif disponible de 1288 426 fr. 53, des marchandises en magasin pour 1026902 fr. 91 et des immobilisations pour 3 428 821 fr. 91; au passif le compte obligations figure pour 720000 francs, la réserve statutaire pour .34 1 078 lr. 02 et les créditeurs divers pour 1 720 3i3 fr. 49, sans compter les avances sur travaux en cours qui ne sont pas moindres de 1056970francs. Le rapprochement du montant réel du disponible et du total des créditeurs divers ne laisse pas que de montrer une situation de trésorerie un peu serrée, cependant améliorée par rapport à
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- l’exercice précédent, et malgré le remboursement des obligations anciennes : elle est évidemment la conséquence de l’activité extraordinaire des ateliers de Paris et de Douai dont les installations actuelles, insuffisantes pour satisfaire aux commandes reçues et prévues, ont dû être, augmentées au cours de l’exercice. Les travaux pour la marine de guerre paraissent surtout absorber la plus grande partie des facultés de production de la maison Bréguet; les ateliers de Paris ont concentré toute leur activité dans l’exécution des commandes relatives aux cuirassés en construction : équipement électrique des 24 tourelles du Diderot, du Condorcet, du Vergniaud, fourniture de toute l’installation électrique de ce dernier bâtiment, groupes électrogènes de deux cuirassés, projecteurs, turbines de 18000 chevaux des contre-torpilleurs Cimeterre et Dague, etc. [Les ordres en perspective émanant de sociétés de construction de matériel de guerre ou naval sont également relatifs à des fournitures d’équipement de tourelles et de turbines pour contre-torpilleur. C’est un total de travaux de plus de 4 millions identiques aux précédents, à exécuter dans un délai de deux ans. Les ateliers de Douai, un peu moins pourvus de travail que pour l’exercice précédent, ont reçu, depuis la clôture de l’exercice, de très importantes commandes. Cette situation justifie donc les mesures proposées par le conseil et adoptées par l’assemblée.
- Gaz et Electricité du Nord de la France, telle est la raison sociale de la nouvelle société constituée par les Ateliers Electriques du Nord et de l’Est, la Parisienne Electrique et la Compagnie générale de Rail-ways et d’Electricité. Le capital est fixé à 25 millions de francs sur lequel Jeumont reçoit 8 millions et demi pour apport de centrales électriques et de sociétés de gaz. En représentation de leurs apports respectifs, les trois sociétés se partagent 10 000 parts de fondateur. Les Ateliers du Nord et de l’Est se consacreront, désormais, uniquement à la construction du matériel électrique.
- On écrit de Constantinople que le Conseil d’Etat vient d’achever l’examen du dossier relatif à la concession de la distribution d’énergie électrique et qu’avis favorable a été donné relativement à la convention intervenue entre le ministre des Travaux publics et le consortium représenté par la Société Ganz et Gie. D’autre part, la concession des téléphones qui avait été adjugée à un consortium composé de la Western Electric de Chicago, de la National ^Téléphoné Cy, de la British Insulated Helsby Cables et de la Compagnie Française Thom-
- son-Houston, est toujours en suspeits. Il est nécessaire, paraît-il,'de soumettre à l’approbation du Parlement la convention intervenue entre les conces-naires et le ministre des Finances. Pour peu que cette approbation n’intervienne que dans un an, les habitants de Constantinople ne jouiront guère avant fin 1913 des bienfaits du téléphone.
- Il vient de surgir à Madrid un conflit des plus curieux qui éclaire de façon inattendue le problème de la concurrence ou du monopole en matière de distribution d’énergie. A Madrid, plusieurs compagnies d’exploitation se disputent la clientèle ; la lutte pour étendre les abonnements ou simplement les conserver revêt un caractère d’acharnement dont le public risque d’être la victime. Certaines compagnies, sans souci des contrats passés avec les locataires de certaines maisons, font avec les propriétaires de celles-ci des conventions privilégiées qui leur donnent le droit] de fourniture exclusive dans l’immeuble en question. D’où cette situation d’un abonné à une compagnie qui se voit privé de son mode d’éclairage, parce qu’il plaît au propriétaire de conclure d’autres conventions avec la compagnie concurrente. Le public,dit-on, commence à s’émouvoir de celte situation qui pourra donner lieu à d’innombrables procès ; mais cette façon d’envisager la concurrence ne fait pas regretter le monopole qui vous garantit contre de semblables éventualités.
- Puisque nous avons fait allusion plusieurs fois, dans ces notes, aux conséquences possibles de l’élévation de nos droits de douanes, nous tenons à signaler les résultats d’une étude, avant la lettre peut-on dire, qui vient de paraître et qui met à néant les exagérations qui avaient été commises des deux côtés de nos frontières par les adversaires du nouveau tarif projeté. D’après l’auteur de cette étude, M. Jarnar, le tarif français ne revêtirait pas vis-à-vis de la Belgique le caractère agressif qu’on s’était plu à lui donner pour obtenir du Parlement belge une loi de représailles qui eût été bien plus funeste aux exportateurs français. Ainsi, l’aggi’avation des droits à l’entrée en France se chiffre par 2 55o 854 francs sur un ensemble de 226 produits que la Belgique expédie en France, soit, en tablant sur le montant du commerce spécial belge français en 1908,une majoration de 0,07 % . Par contre, le projet de loi présenté à la Chambre belge aurait frappé les produits français à l’entrée en Belgique d’une majoration de 11 447 492 francs, soit, en prenant pour base les importations françaises de 1908, une surchargé de 2,07 :% . Par rapport au commerce général de la
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- Belgique, la surélévation proposée de ses droits de douane devant produire 17 millions environ, la France en aurait supporté à elle seule 67 % .
- Les esprits sé sont assagis ; des concessions ont été accordées, notamment sur la question de la taxe des étrangers que nos parlementaires ont laissée de
- côté et les résolution;* extrêmes se sont ainsi trouvées éloignées, sinon rejetées. Notre commerce et notre industrie ne peuvent que s’en féliciter; nous verrons si les événements justifient les calculs de M. Jamar.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Italie. '— Le ministère des Travaux publics a donné son approbation aux projets d’établissement de chemins de fer électriques entre Argegno et Lanzo d’Intelvi, et entre Gallarate^Cassano et Magnago.
- , Des tramways électriques sont projetés entre Chi-vasso et Biella et entre Spezia et Cadunare.
- Le ministère des Travaux publics a publié le décret concernant l’exécution de la ligne Rome-Anticoli-Fra-sinone. Cette voie, à écartement réduit, aura i34 kilomètres de longueur; elle sera dotée de la traction électrique.
- Haïti. — Un chemin de fer électrique va être construit entre Port-au-Prince et Petion-Ville.
- Russie. — La concession des tramways électriques et de l’éclairage de Simféropol a été obtenue parM.Bernar.
- Le lieutenant Bolotoff a été autorisé à construire un' chemin de fer électrique entre Moscou, Padolsk et Obi-ralolf.
- Belgique. — La Compagnie des Tramways Bruxellois va construire une nouvelle ligne de tramways de l’avenue Tervueren à la Chaussée de Roodebeek.
- Le collège échevinal de la ville de Gand vient d’accorder à la Société des Tramways Electriques de Gand l’autorisation d’établir une nouvelle ligne reliant la gare de Gand-Sud à la gare Saint-Pierre.
- Une autre demande de la Société relative à la concession d’une ligne alliant du Marché-aux-Grains à la gare Saint-Pierre sera prochainement examinée.
- Ces nouvelles lignes faciliteront les communications aveq l’Exposition internationale de 1913.
- Brésil. — Le ministre des Travaux publics du Brésil a autorisé le Conseil d’administration de la voie ferrée
- de Victoria à Minas à déposer en Banque la somme de 35 millions de francs destinée à la construction du chemin de fer de Figueira à Itabira de Malto Dentro.
- Autriche-Hongrie. — D’après l’Electrotechnicky Obxor, MM. J. Holeysovsky et E. Sedivy ont obtenu du ministère des Chemins de fer autrichiens la concession pour l’établissement d'un chemin de fer électrique de pénétration de Vysoçau près Prague à Ouzic. Cette ligne serait raccordée à Vysocan aux tramways électriques dé la ville de Prague et passerait par Kobylisy, Bohnice, Klecany et Vodolku.
- En vue de l’électrification du chemin de fer d’Arl-berg, la direction de constructions des chemins de fer à Vienne a demandé, à la préfecture de Bludeuc, l’autorisation d’exploiter le lac de Spuller, situé à une hauteur de 1 800 mètres. L’eau serait amenée, par un canal, à Alfensbach, près banôfen, où serait établie une station de production d’énergie électrique.
- Le Conseil municipal de Salzburg a demandé au Landtag l’autorisation de contracter un emprunt de 7 millions de francs dont 1 3oo 000 francs seraient consacrés à la construction de tramways électriques,
- Allemagne. — La direction des chemins de fer de l’Etat a décidé d'adopter la traclion électrique pour les lignes Dessau-Bilterfeld et Lauban-Kônigszelt.
- La municipalité de Berlin a accepté le projet présenté parl’A. E. G. d’une ligne souterraine Rixdorf-Gesund-brunnen devant traverser la ville du Nord au Sud ; le devis est de 84 raillions de marks,
- Est pris en considération le projet d’un chemin de fer électrique, de 45 kilomètres de long, entre Wesel et Emmerich-Huthum,
- Un projet est à l’étude d’un tramway électrique entre : Sosnowice et Misslowitz.
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- La South German Light Railway C° a obtenu la concession d’une ligne électrique entre Mannheim et YVeinheim.
- ÉCLAIRAGE
- Ariège. —1 L’usine d’Orlu de la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique a été mise en marche le 20 octobre dernier. Son réseau d’éclairage et de force motrice s’étend sur les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Tarn et du Tarn-et-Garonne.
- Autriche-Hongrie. — La Banque industrielle de la Pologne autrichienne projette l’établissement d’une station centrale à Siersze en Pologne (Autriche) près des mines de charbons de la Société polonaise des mines « Arthur ». Cette station est destinée à fournir le courant électrique à la capitale de la Pologne, Krakov. La Société autrichienne Brown-Boveri etC° est intéressée dans l’affaire.
- La ville de Plzenec, près Pilsen (Bohême), a l’intention d’établir une station centrale destinée à fournir le courant électrique nécessaire à l’éclairage de la ville et la force motrice aux établissements industriels et agricoles.
- La municipalité de Kralupy-sur-Vltava ( Moldau, Bohême) a ouvert un concours pour l’établissement d’une station centrale en vue de l’installation de l’éclairage électrique dans la ville.
- Egypte. — La Compagnie égyptienne Thomson-Houston a obtenu la concession de l’éclairage de la ville d’As-siout; cette entreprise peutêtre évaluée à 5oo 000 francs.
- Cette Compagnie est une filiale de la Société française Thomson-Houston. De même que son capital est en majeure partie français, le matériel qu'elle importe en Egypte provient de France.
- La Compagnie Thomson-Houston avait déjà obtenu l’année dernière la concession plus importante encore de l’éclairage de Zagazig.
- Pays-Bas. — Il est question d’établir à Deventer (Overyssel) une station centrale d’électricité. Celte Usine, pour la construction de laquelle le Conseil municipal a alloué une subvention, desservirait également Zwolle.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE §ANS FIL
- Basses-Pyrénées — La Chambre de commerce de Bayonne est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 333 2j3 francs, en vue de l’établissement des circuits télé, phoniques Bayonne-Bordeaux 20 ; Bayonne-Dax 20 ; Pau-Toulouse et de l’extension du réseau téléphonique dé-partementaL
- Nouvelle-Calédonie. —La Compagnie Générale Radio-télégraphique (Carpentier, Gaiffe, Rochëfort) a obtenu du gouvernement français l'ordre d’établissement de stations de télégraphie sans fil à la Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hébrides. Deux puissantes stations seront érigées, l’une à Nouméa (N.-C.) et l’autre à Point-Y’ila (N. H,); plusieurs petites stations seront en outre établies aux îlesLoyalty. Les premières pourront communiquer avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et les secondes avec Nouméa,
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société des Etablissements Cazes. — Le 23 novembre, avenue Dubonnet, à Courbevoie.
- Société électrique de la lampe Hydra. — Le 28 novembre, 40, rue Condorcet, à Paris. •
- Schneider et Cio. — Le 25 novembre, 42, rue d’Anjou, : à Paris.
- Omnium Lyonnais de chemins de fer et tramways. —• Le ? 28 novembre, Palais du Commerce, à Lyon.
- L'Eclairage Electrique. — Le 25 novembre, 364, rue Le-| courbe, à Paris.
- Société Générale de Téléphonie sans fil. — Le 8 décembre, 3, rue Mogador, à Paris.
- Société de Force et Lumière électrique. — Le 29 novembre, 9, rue de Rocroy, à Paris.
- La Canalisation Électrique. — Le 23 novembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie Electrique de la Loire. — Le 29 novembre, à Saint-Etienne.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- A la Chambre de commerce de Mùrseille, concours en vue de la fourniture de 10 grues roulantes électriques destinées à desservir les quais du bassin de la Pinède, au port de Marseille, pour le compte de la Chambre de commerce de cette ville. La fourniture comprendra
- Cinq grues à demi-portique de quinze cents kilogrammes (1 5oo kilogrammes) de puissance;
- Cinq grues à pylône de quatre mille kilogrammes (4 000 kilogrammes) de puissance.
- Le concours portera à la fois sur l’étude et sur la construction des appareils.
- Les constructeurs désireux de prendre part à ce concours devront en faire la demande avant le 28 novembre à M. Batard-Razelière, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Hôtel des Services publics, quai de la Joliette, à Marseille.
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- Le as novembre, à 3 heures,au ministère des Colonies, boulevard des Invalides, 67, à Paris, fourniture : i» de wagons couverts; — 20 de courroies de transmission'et de cuir pour courroies destinées au chemin de fer de Kayes au Niger, caut. provisoires : 1 000 francs et 125 francs.
- BELGIQUE
- Le 7 décembre, à 11 heures, à là Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien des lignes vicinales de Louvain, Soumissions recommandées le 6 décembre.
- Le 28 novembre, à 11 heures, à la maison communale, à Erquelinnes (Hainaut), fourniture et installation de l’éclairage par l’électricité, 29960 francs ;caut : 1 5oo fr. Soumissions recommandées le 26 novembre.
- Le 3o novembre, à i3 heures, à la Bourse de Bruxelles fourniture de voitures mixtes de ire et 2e classe à bogies nécessaires aux chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 848) : série 1, 2 lots composés chacun de 3 voitures à couloir latéral munies de l'appareillage au chauffage à vapeur et de la conduite générale de l’éclairage au gaz; — série 1', 2 lots composés chacun de 12 voitures idem.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture, en 20 lots, d’objets pour l’éclairage électrique des locaux nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- ITALIE
- Le 23 novembre, aux chemins de fer de l’Etat italien,
- à Rome, fourniture d’une meule en émeri pour lamines actionnée par un moteur électrique pour les ateliers de Rimini et de trois alésoirs à moteur électrique pour les ateliers d’Alexandrie, Savone et Ancône. Le 3o novembre, fourniture de deux compresseurs à air, de 12 marteaux à couper, de 8 marteaux à river et de 8 supports pour les ateliers de Rimini et Florence (adjudications internationales).
- ESPAGNE
- Le il janvier, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de Fomento) à Madrid, adjudi-dication de la concession d’un tramway électrique de Catarroja à Silla (Valence); caut. : 6 140,20 pesetas.
- GRANDE-BRETAGNE
- Le 10 janvier, à M. le deputy postinaster general, à ; Melbourne, fourniture de 2 35o condensateurs et autre i matériel téléphonique.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Jusqu’au 3i décembre, la direction générale des chemins de fer de l’Etat argentin, à Buenos-Aires, ouvre un concours pour la fourniture d’appareils d’accouplement automatique de wagons. Le système approuvé par la commission nommée à cet effet sera obligatoire sur toute l’étendue de la république.
- ROUMANIE
- Le i8/3i décembre, à la mairie de Botoshani,, éclairage de la ville à l’électricité; caut. : 65 25o francs.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnes qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique [i1"’ série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans in rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PâBtS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE,17.
- Lt Gérant : J.-B. Noust.
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- SAMEDI 26 NOVEMBRE 1910.
- Trente-deuxième année.
- Tome XII (2« série). — N* 48.
- La
- JL
- Lumière Electrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- %
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 2$y. — A. Léauté. Surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau {fin), p. a5g. — C. Béniot. Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle pour distributions alternatives simples et triphasées [à suivre), p. aG4;
- Extraits des publications périodiques. — Etude, construction et essais de machines. L’évolution des moteurs asynchrones, J. Fiscuf.n-Hinner, p. 270. -— Transmission et distribution. Considérations pratiques sur la théorie des surtensions, G. Gilfs et M. Wohlleben, p. 272. — Applications mécaniques. Machine à essayer les bandages pneumatiques, A. Palme, p. 274. — L’extraction du fer des minerais et des gangues, W. Brown, p. 275. — Traction. Les locomotives monophasées des chemins de fer de l’Etat Badois, p. 276. — Législation et Contentieux. Arrêté du 21 mars 1910 déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique pour l’application de la loi du i5 juin 1906 sur les distributions d’énergie {suite), p. 278. — Variétés. L'incendie de la bibliothèque de l’Université de Toulouse, p. 282. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 283. — Renseignements commerciaux, p. 285. — Adjudications, p. 288.
- ÉDITOHIA l
- M. A. Léauté achève aujourd’hui d’exposer ses vues théoriques sur les surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau. Quelle en est la valeur expérimentale et pratique? La comparaison des deux dernières figures de l’article donne la réponse à cette question. L’une est le résultat du calcul, l’autre le résultat d’un relevé oscillographi-que fait par M. David, en igo5. La concordance d’allure des deux courbes est, comme on le verra, frappante.
- On se rappelle quel est le problème posé par l’auteur au début de son étude. Sur un grand feeder, il y a en général deux interrupteurs : interrupteur de départ, à l’usine
- génératrice; interrupteur de tableau sur le tableau de distribution. Qu’arrive-t-il lorsqu’on ferme le second sur une ligne x’eliée à son extrémité au primaire d’un transformateur?
- M. A. Léauté a résolu le cas où la capacité du transformateur est négligeable. Aujourd’hui, il examine le transformateur à noyau de fer, puis le cas d’une capacité appréciable.
- Enfin, l’auteur analyse l’influence exercée par la self-induction de l’induit des génératrices, et aborde la discussion générale.
- La conclusion est en somme celle-ci : l’intensité est formée de deux termes’, dont
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- l’un joue en quelque sorte un rôle parasite ; suivant que c’est l’un ou l’autre tle ces deux termes qui l’emporte, on a affaire à un cas normal ou à un cas anormal.
- M. Arno s’est proposé d’effectuer la mesure de ce qu’il nomme la charge complexe d'une installation, c’est-à-dire d’une quantité qui tienne compte de la puissance magnétisante consommée.
- Cette quantité se compose de l’énergie wat-
- tée, plus une certaine fraction - de la diffé-
- n
- rence' entre cette énergie et l’énergie dé-wattée.
- Pour effectuer cette mesure, l’auteur introduit dans la bobine de tension d’un compteur un certain décalage entre la tension aux bornes et le flux produit. Ce décalage est variable, suivant le genre d’installations et suivant aussi le mode de distributions considérées.
- En employant le même artifice, il peut d’ailleurs mesurer aussi la puissance apparente mise en jeu dans une installation.
- Dans la première partie de son étude M. Arno posait le problème, étudiait quelles valeurs il est convenable de donner à n (la valeur 3), et s’occupait de la mesure de la charge complexe et de la puissance apparente dans le cas d’installations d’éclairage, puis de force motrice en courant alternatif simple et en courant triphasé.
- Aujourd'hui, il s’agit uniquement de la mesure de la charge complexe dans les systèmes triphasés ; l’auteur étudie les différents montages qu’il est possible de réaliser dans le cas où la charge est dissymétrique
- ou également répartie sur les phases.
- M. Fischer-Ilinnen a largement contribué par ses propres travaux à Vévolution des mouleurs asynchrones : il est donc bien qualifié pour en retracer les phases principales. Cet exposé lui donne l’occasion de décrire les derniers perfectionnements qu’il a lui-même
- apportés à la construction de ces moteurs. A la suite de l’introduction, par notre éminent collaborateur, M. Maurice Leblanc, des résistances insérées dans le circuit du rotor, on sait que certains constructeurs imaginè-l’ent de faire participer le rhéostat au mouvement de rotation de l’induit. C’est une disposition de ce genre que M. Fischer Hinnen a récemment mise au point, et qui lui a permis de donner au moteur et à son équipement une forme très ramassée.
- Dans le cas du moteur à induit en court-circuit, un dispositif analogue, mais plus simple, a été appliqué avec succès.
- On se rappelle que M. Schrottke, dans un article récent que nous avons reproduit, se déclarait peu partisan des condensateurs et des soupapes électriques pour la protection des réseaux contre les surtensions. C’était une opinion dans le débat, en voici une autre.
- MM. Giles et Wohlleben expriment des idées à peu près inverses : le parafoudre à cornes est insuffisant, les prises de terre humides, trop dispendieuses en énergie. Mieux vaut recourir aux bobines de self, aux condensateurs et aux soupapes électriques. Les auteurs basent leur opinion sur des calculs et, ce qui vaut mieux encoi’e, sur des expériences.
- Les locomotives des chemins de fer hadois sont intéressantes à décrire, puisqu’elles utilisent le courant monophasé.
- Ensuite, une curieuse application de l’électricité à l’essai des bandages pneumatiques. Le dispositif est rustique et simple.
- L’intéressant et actif Institut des ingénieurs électriciens de l’Afrique Australe vient de publier la description d’un appareil pour V extraction du fer des minerais et des gangues. L’inventeur, M. Brown, a conçu cet appareil à un point de vue très pratique.
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- SURINTENSITÉS DUES A LA FERMETURE DES INTERRUPTEURS DE TABLEAU
- (Suite et fin) (1)
- TRANSFORMATEUR A NOYAU MAGNÉTIQUE
- Si le transformateur est à noyau de fer, son enroulement primaire étant toujours sans capacité, il faut tenir compte des phénomènes de saturation du noyau et ne plus considérer comme constant le coefficient de self-induction L.
- Or, nous venons de voir que l’intensité I est formée des deux termes I, et L ; dans la plupart des cas, le premier est de beaucoup le plus important et l’on peut admettre que les variations de L sont à peu près les mêmes que si Ij existait seul. En régime normal, le
- sentant la forme générale de la courbe ci-contre ( fi g. 6). Pour simplifier les calculs, nous remplaçons dans une première approximation les paliers que présente cette courbe, et qui, d’ailleurs, ne sont pas absolument rectilignes, par des raccordements curvilignes, c’est-à-dire que nous remplaçons la courbe de la figure 6, par une courbe de forme générale telle que celle de la ligure 7, où
- dL .
- est une fonction continue quel que soit t.
- Ceci posé, cherchons comment il faut modifier le terme I,, pour que L subisse autour d’une valeur moyenne, que nous prendrons
- Fig. 6.
- noyau n’étant pas saturé, c’est seulement lorsque I, approche de son maximum que l’induction prend des valeurs assez grandes pour que L ne puisse plus être considéré comme une constante; comme Ij est une fonction périodique amortie de fréquence o>, on en conclut que L est lui-même une fonction périodique amortie, de fréquence - , pré-
- (')Voir Lumière Electrique, 19 novembre 1910.
- comme plus haut égale à \l.
- (JL>
- amorties, de fréquence - . Posons :
- R
- des variations
- j E sin(t*)£ Ç — 0)
- 1 _ v/(ll+ pt)2 + (b + XI)* u>2
- -|- -f- be~Sl cos ^l -{- j e~11 > (l/d
- «, b, <p et 0 étant des constantes à détermi-
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- ner. Les équations (i), (a) et (4) sont satisfaites par le système de valeurs
- 1 = 1.,
- /=Ejjsin(ü>H-Ç)— x
- psin(w^+Ç—0)-J-Xu>cos(coM-Ç—6)
- -(à* J
- V(R + P/)* + (L + X/)*
- -J- b\x |jxsin ^ ^ —j— <p^ —j— 2 cos ^ t -j- J e~(P+S)e ;
- de plus, la condition initiale
- I — o pour t = o,
- est vérifiée si l’on prend, comme nous le supposerons :
- a -j- b coscp =
- E sin (§ — 6)
- /(R + P/)* + {L + U)'.«fi
- Reste l’équation aux limites (3), et l’on voit aisément que, pour que son premier membre soit nul, il faut et il suffit que l’on ait :
- L=11
- aR+à|jR—XZo)cos^— £fcp^—X/asin^Xf^J.é ap/+^j;p l-t-X /S)cos^+<pj +X èxsin t+y j J. e
- Cette équation définit une fonction L, qui répond aux conditions spécifiées plus haut : c’est une fonction continue ainsi que sa dérivée, et qui a, autour de la valeur X —, des
- P
- oscillations amorties de fréquence—.
- Comme les paramètres a, 6, ® et S ne sont assujettis qu’à satisfaire à la relation (i 5), il
- est possible de disposer du rapport ^ et des
- constantes <p et o, de façon que la courbe qui représente L en fonction de t coïncide très sensiblement avec la courbe, qui a été dessinée plus haut, figure 7.
- La saturation du noyau de fer dans le transformateur se traduit donc principalement par l’introduction dans Ij du terme supplémentaire
- b
- - ^ —|— <p j. e~(H-*)*
- et l’on voit que ce terme prend d’autant plus d’importance que, toutes choses égales d’ailleurs, b est plus grand, c’est-à-dire que Ij est plus dissymétrique.
- TRANSFORMATEUR A CAPACITÉ APPRÉCIABLE
- Si l’enroulement primaire du transformateur a de la capacité, le calcul précédent n’est plus admissible; mais on peut alors généralement assimiler cet enroulement à une portion de circuit ayant une capacité, une self-induction et une résistance linéiques. Gomme plus haut, la solution générale est formée alors de la solution particulière ou de régime et de la solution des équations sans second membre ; ces dernières sont, pour le câble
- £L — _ dV — _ èî
- dx ^ dt ’ ôx ^ ’àt ’
- V = o, pour x =. o,
- I = I', V = V', pour x — l, et, pour le transformateur
- _>/dV' d\> _ ,,<)I
- dx ^ dt. ’ dx ^ dt ’
- I' = 1, V' = V, pour x — l,
- V' = o au milieu de l’enroulement du transformateur, c’est-à-dire pour x — l".
- Si l’on pose
- on peut mettre approximativement, ainsi qu’il a été montré plus haut, I, I', Y et Y' sous la forme :
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- revue d’électricité
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- Les deux conditions aux limites
- V = o, pour x = o, V' = o, pour x = l"
- facteur e 2x chaque terme du développement représentant l’intensité.
- Si l’on pose alors
- conduisent à écrire
- T (•*') + <!» (— *) = <>,
- ,'(/" + x) -f- 7 [i" — -r) — °>
- c’est-à-dire que l’onde ® se réfléchit en changeant de signe à l’origine de la ligne, et que l’onde fait de même à l’extrémité. Sans entrer dans le détail du calcul, il résulte de la seconde de ces conditions aux limites que l’extrémité de la ligne ne constitue plus un minimum de surintensités. Il en résulte que plus le transformateur aura de capacité, plus les surintensités tendront à être égales en tous les points du feeder, et il ne sera possible de déceler une différence appréciable dans la grandeur de celles qui se produisent en tête et à l’extrémité de la canalisation que si le primaire du transformateur est formé d’un tout petit nombre de couches de fil superposées.
- INFLUENCE DE L’iNDUIT DES GKNKRVTRICES
- La capacité du transformateur placé à l’extrémité du feeder n’est d’ailleurs pas seule capable de produire cette égalisation des surintensités tout le long de la ligne ; la self-induction de l’induit des génératrices provoque un effet semblable. Pour tenir compte de ce nouvel élément, il faut substituer à la condition aux limites V = o, à laquelle devait satisfaire, pour.» = o,la solution des équations sans seconds membres, la condition
- A^+Pl-Vzr o, dt 1 ’
- dans laquelle A et P désignent la self et la résistance ohmique de l’induit de l’alternateur. Pour simplifier, nous supposerons négligeables toutes les résistances ohmiques, p, R, P, quitte à multiplier ensuite par le
- 1 = ^ K„ cos (g„ t + tp„) cos y +
- \/”-K" sin ^'lt + sin y + )>
- ; _
- |X/i l — ___*
- S/ïh
- les deux conditions aux limites deviennent p.„L costbi -f- y/^.sin<Jj„ = o,
- A cos (<7„ -f <1>„) -f sin (<*» + ty») = °»
- c’est-à-dire
- = ~Lx< = °- (,6)
- XI
- “I-------
- Lorsque XI est assez petit par rapport à L et A, toutes les racines de la seconde de ces équations, à part celle qui est nulle et qui correspond à un terme exponentiel, sont supérieures à l’unité, et l’on peut approximativement remplacer la seconde équation (16) par l’équation plus simple
- A — L AL
- GtgG = O,
- . . A—L
- qui, lorsque —-
- elle-même vers
- . XI tend vers
- zéro, tend
- tg(j = o; (17)
- en même temps, tend vers une valeur in-3 t:
- dépendante de n, -----,en sorte que l’intensité
- prend la forme
- n=l
- +<?«
- Il découle de là que la surintensité est nulle
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- pour x = o et maximum pour x~l\ ce résultat, inverse de celui que nous avons obtenu en supposant A = o, n’est vrai qu’à la limite et suppose Xl infiniment petit, mais il est cependant à noter que les racines de la seconde équation (16) se rapprochent extrêmement vite de celles de l’équation (17) et que, par conséquent, il faut s’attendre bien souvent à ne pas trouver en tête de ligne des surintensités plus fortes qu’à l’extrémité.
- DISCUSSION GÉNÉRALE ET CONCLUSIONS,
- CAS NORMAUX ET ANORMAUX
- Les*calculs qui précèdent permettent de se faire une idée exacte de la forme et de la grandeur des surintensités que provoque la fermeture des interrupteurs de tableau ; ils permettent en particulier de fixer définitivement quels rôles jouent respectivement dans ces phénomènes le câble, le transformateur et les génératrices.
- Nous avons vu que l’intensité est formée de deux termes, It et I2, et l’on peut aisément vérifier que, dans la grande majorité des cas, I, est beaucoup plus important que I2 ; nous dirons que ces cas sont les cas normaux. L’intensité I affecte alors une forme à peu près semblable à celle que nous avons représentée (fig. 3).
- Le principal caractère du terme I,, c’est qu’il est dissymétrique. Cette dissymétrie présente son maximum aussitôt après la fermeture de l’interrupteur ;. mais, bien qu’elle diminue rapidement ensuite, elle ne dis-paraîtjamais complètement ; elle est d’ailleurs plus ou moins forte suivant le moment où a eu lieu la fermeture de l’interrupteur, c’est-à-dire suivant que la force électromotrice alternative des génératrices était à ce moment plus ou moins près de son maximum. Il faut remarquer que cette dissymétrie n’est pas due, comme on a pu le croire, à la rémanence du transformateur et qu’elle subsisterait avec ùn noyau de fer parfaitement doux.
- Une remarque qu’il importe de faire est relative à la façon dont cette dissymétrie s’at-
- ténue. Comme, la perméabilité magnétique n’est pas constante, mais varie suivant l’état de saturation plus ou moins grande du noyau (‘), l’allure générale de I, est celle de la courbe dessinée ci-contre (fig. 8) ; si, par suite de la dissymétrie, ce sont, par exemple, les maxima de l’intensité dont la valeur ab-Ii
- Fig. 8.-
- solue dépasse la valeur des minima, ces derniers gardent pendant tout le temps qui précède l’établissement du régime une grandeur presque fixe, tandis que les maxima baissent avec rapidité. Cette particularité est due à la présence du terme complémentaire, que nous avons montré devoir être ajouté à L pour tenir compte des phénomènes de saturation magnétique.
- Enfin, le terme I2 manifestera, dans les cas normaux, son existence par des dentelures sur la courbe Ij (*)..
- On sait que M. David a, en 190a, dans un remarquable travail expérimental, obtenu des oscillogrammes, montrant les perturbations auxquelles donne lieu, en particulier, la fermeture des interrupteurs. Je dois à l’obligeance de M. David une de ces photogra-
- (') Cf. fig. 7.
- (-) Les dentelures seront plus ou moins régulières
- . tül v’Xv . . .... ,
- suivant que -------! sera plus ou moins voisin d un nombre
- 7t
- entier.
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- phies, que je reproduis ici (fig. 9) et qui confirme pleinement les conclusions de mes calculs.
- Restent enfin les cas que j'appellerai « anormaux », c’est-à-dire ceux où I2 devient plus grand que 1, ; leur considération nous l’amène à celle des explosions de fusibles, qui a été le point de départ de ces études successives ; dans ces phénomènes, en effet, c’est précisément I, qui joue le rôle principal; or le terme I,, on le comprend, ne peut pas produire à lui seul une explosion du
- dut que, sur une canalisation à* 10 000 volts efficaces, I2 peut devenir égal à 100 y/a, soit i4o ampères et que sur une canalisation à a5 000 volts efficaces, il peut atteindre a5o y/2» soit 35o ampères. De telles surintensités, se superposant au courant I,, sont susceptibles de provoquer une explosion violente du fusible.
- Ainsi se trouve vérifiée la proposition que nous avions énoncée précédemment (') : les explosions de fusibles sont dues à des courants oscillatoires amortis, dont la période
- Fig, (j. —_ Relevés oscillographiques. — En pointillé, courbe de la tension. En trait plein, courbe de l’intensité.
- fusible, car il est au plus égal au double de l’intensité de régime et encore cette limite supérieure n’est-elle pas pratiquement atteinte. Il en résulte que, puisque le terme 1, n’a pas une amplitude suffisante, la cause de l’explosion, c’est le terme I2. Ce dernier peut atteindre sensiblement la valeur
- \/;
- 1 1
- X cosô
- . E. sinÇ;
- or, cosij; est très voisin de l’unité et, dans certains cas, il peut en être de même de
- sin
- 5 (*) î quant à y/
- L, il est, pour les câbles X
- haute tension, de l’ordre de io~2. On en con-
- 7Î
- (') Il faut pour cela que £ soit voisin de-; on voit donc
- que I2 n’est jamais maximum en même temps que I,, puisque, dans ce dernier, c’est sin (£ — 9) qui est en facteur.
- est extrêmement courte. Ces explosions seront d’ailleurs d'autant plus fréquentes et d’autant plus violentes que le produit E y//sera
- plus grand et que, pour une surintensité donnée, la puissance normale transmise par le câble sera plus faible. Je ne saurais trop insister, en terminant, sur ce fait que les courants oscillatoires dont il vient d’être question ne sont pas des harmoniques amortis du courant de régime; ils ne sont même des harmoniques amortis d’aucun autre courant; car les périodes des termes qui les composent n’ont généralement pas de commune mesure.
- Nous aurons atteint notre but, si nous avons réussi à montrer qu’en outre des surtensions qui percent les diélectriques et
- (') Cf. A.Léaijté. De l’explosion des fusibles pour haute tension, f.a Lumière Electrique, 8 octobre 1910.
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- des surcharges progressives qui échauffent les conducteurs, il existe encore d’autres dangers qui guettent l’exploitant d’une ligne électrique, et qui, tout en lui étant moins
- Tome XII (2° Série). —
- familiers que les, premiers, sont quelquefois tout aussi graves. André Leàuté,
- Ancien Ingénieur au Corps des Mines, Docteur ès sciences.
- NOUVEAUX PRINCIPES ET APPAREILS DE MESURE INDUSTRIELLE
- POUR DISTRIBUTIONS ALTERNATIVES SIMPLES ET TRIPHASÉES [Suite) (')
- Nous allons étudier le cas de systèmes triphasés dissymétriquement chargés et destinés à l’alimentation de moteurs. Pour fixer les idées, supposons que les inducteurs des moteurs soient montés en étoile; on pourrait considérer, d’une façon analogue, le cas où ils seraient au contraire montés en triangle. Dans tout ce qui suit, on supposera toujours en outre que, bien que la charge dans le système triphasé ne soit pas équilibrée, l’étoile des tensions ne subit pas d’altération; on pourra donc, par suite, toujours considérer comme symétrique le diagramme des différences de potentiel égales et décalées de 120° l’une par rapport à l’autre.
- Cette hypothèse est d’ailleurs admise en fait par toutes les maisons de construction de compteurs pour leurs divers systèmes spéciaux de montage, suivant la méthode des deux compteurs. Dès lors, les formules qui seront établies sont exactes, ainsi qui toutes les considérations qui seront faites pour les vérifications des nouvelles méthodes de mesure.
- Soient p' et p" (fig. 1) les valeurs efficaces des deux différences de potentiel aux bornes des deux phases OA et OB du montage OABC, dans le système triphasé chargé dissymétriquement ; V' etV" les valeurs efficaces des deux tensions composées entre les conducteurs c et a, d’une part, cet h,d’autre part,du système triphasé lui-même;
- (fi R. Arno. Atli dell’ Associazione elettrotecnica italiana, mars-avril 1910.
- Voir Lumière Electrique, 19 novembre 1910,
- Nous tenons à signaler à nos lecteurs une erreur typographique qui s’est introduite dans le tableau I, p. -233 du précédent numéro.
- Te compteur Arno mesure non pas KiVI cos <? (colonne a') mais K(VI cos (<p — t}i), c’est-à-dire, dans le cas spécial du tableau, K,VI cos — 5°).
- 1' et 1” les valeurs efficaces des deux intensité de courants, respectivement dans les deux conducteurs a et b ; et ç” les décalages correspondants entre p' et I', p" et 1",
- Lorsqu’on mesure la puissance réelle par la méthode ordinaire des deux wattmètres, leurs circuits ampères sont montés respectivement en a et b, et leurs circuits volts respectivement entre c et a, c et b. La puissance réelle de l’installation est donnée par la relation :
- P,. = V'I' cos (cp' + 3o) + V'T'cos (cp" — 3o).
- Lorsque la charge est uniformément répartie sur les phases, en appelant V l’une quelconque des différences de potentiel composées et I l’une quelconque des intensités des courants, cette expression se réduit à
- Pr —- 2VI cos3o coscp = VI y/d coscp = dpi coscp.
- D’autre part, la relation qui sert à la détermination de la charge complexe est la suivante :
- C = V'P cos (cp' -j- do)
- V'I' cos do—V'P cos(<p' -J- do) n
- 4-V'I'cos (<p*— 3o)4-
- V’T'cosdo — V'T'cos (cp"— do)
- n
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- ^ 1;(I/ C°S 3° + (n — 1 ) COS (<p' + 3o)
- ou 1 = V'I ----------------------------
- n
- I y»jm cos 3o -f {n — i) cosfr" — 3o) n
- Dans le cas où la charge est symétriquement répartie, si I on désigne par v la différence de potentiel entre les extrémités d’une phase quelconque du montage, cette expression se réduit à
- C = 3.I 1+(',-l|C0S<?.
- n
- Appelons (J»( et tyn les décalages entre le flux et là différence de potentiel aux bornes de la bobine volt.métrique, respectivement dans chacun des deux appareils I et II, destinés à la mesure de la charge complexe; la lecture faite à l’aide des deux mêmes appareils (en supposant les circuits ampères des appareils I et II insérés respectivement dans les conducteurs a et b) sera proportionnelle à
- V'I' cosfr' + 3o — tyi) + V'I' cos fr" — 3o — t^n)
- et, dans le cas d’une charge symétriquement répartie, à
- VI [cos fr -j- 3o — <J*i) -f- cos fr — 3o — (pu)].
- 11 s’agit de déterminer les valeurs des décalages (pi et (pu pour les deux appareils I et II, dans le cas général où il n’y a pas équilibre entre les charges des differentes phases, pour des valeurs déco comprises entre 3o° et 6o°. C’est précisément le cas qui se présente dans les installations dont la destination essentielle est l’alimentation de moteurs.
- Il suffit pour cela de remarquer que les appareils I et II fonctionnent comme s’ils étaient montés chacun dans un système ordinaire à courant alternatif simple: l’appareil I pour des valeurs de cp comprises entre 3o° 3o° —_ 6o° et 6o° -f- 3o° = 90°, et l’appareil II pour des valeurs de cp comprises entre 3o° — 3o° = o et 6o° — 3o° = 3o°.
- Le problème revient donc à déterminer, d’une part, les valeurs de <p et de tp' qui rendent exacte la mesure de la charge complexe C dans une distribution alternative simple,cp étant compris entre 6o° et 90°. Ce cas se présenterait difficilement en pratique, mais en le considérant, nous pourrons déterminer les valeurs des décalages
- (p et cp' pour le compteur I dans le cas qui nous occupe.
- Les expériences de l’auteur aboutissent à cette conclusion que l’appareil étant supposé réglé, de façon à être exact pour cp = 6o°, (p et tp' doivent avoir respectivement les valeurs de a3° (appareil électrodynamique) et de n3u (appareil à induction).
- D’autre part, les valeurs de (p et tp' qui conviennent à la mesure de C dans une distribution alternative simple, et pour cp compris entre o° et 3o° environ, ont été précédemment obtenues (installations dont la destination essentielle est l’éclairage). Ces valeurs sont (p = 5° et (p' = 95° et conviennent au compteur IL
- Considérons donc deux compteurs, dans lesquels les décalages entre le flux et la différence de potentiel aux bornes du circuit volts soient respectivement de a3° et 5“ (appareils électrodynamiques) et de n3° et g5° (appareils à induction). Montons le premier (appareil I), de façon que son circuit ampères soit dans le conducteur a et sa bobine voltmétrique entre les conducteurs c et a; d’une façon analogue, le second appareil II, aura son circuit ampères dans le conducteur b et son circuit volts entre les conducteurs c et b. Dans ces conditions, les tableaux qui résument les expériences montrent que la somme des deux lectures faites avec les deux appareils est proportionnelle à la charge complexe totale du système triphasé non équilibré que l’on considère; et cela quelles que soient les valeurs des décalages entre les intensités des courants dans les trois phases du montage et les différences de potentiel aux bornes des trois phases correspondantes.
- L’auteur examine d’abord le'cas d’une répartition uniforme de la charge sur les phases. L’erreur maximum se produit alors pourcp = 6<v* et a pour valeur i,3 %. Considérant ensuite séparément les appareils I et II et comparant les erreurs entre elles, il constate qu’elles sont de signes contraires et se compensent presque, leur différence ayant un maximum de l’ordre que nous venons d’indiquer, mais chacune d’elles pouvant atteindre 8 % . Mais il fait observer que si la dissymétrie affecte les intensités de courant dans les phases du système, il faut alors déterminer les constantes non plus pour que les erreurs se compensent les unes par les autres, mais de façon que chaque appareil soit exact pour la mesure
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- qu’il effectue. La discussion de cette considération montre que l’erreur maximum peut atteindre 2 %, <p étant respectivement égal à 6o° pour le compteur I et à 3o° pour le compteur II.
- Pour tenir compte de toutes les valeurs possibles que peut prendre n en pratiqne, 6 et <|»' doivent être majorés légèrementetl’auteurlixe leurs valeurs respectives et définitives à 2/,0 et n4° pour le compteur I et à 5° 3o' et 95° 3o' pour le compteur II (tableau A, cas a).
- Dans ces conditions, pour les différentes valeurs de n : 3, 2,5 et 3,5, les erreurs maxima sont respectivement -f- i,5, — 3,6 et -j- 2,9 % .
- Il est intéressant encore de remarquer ici que pour n < 3 les erreurs les plus grandes sont négatives, tandis que pour n > 3, elles sont positives. On peut donc, dans le cas de la mesure de la charge complexe dans des installations triphasées, faire les mêmes réflexions que dans le cas des installations à courant alternatif simple.
- En résumé, la mesure de la charge complexe peut être effectuée en ayant recours à deux appareils : pour le premier, les décalages et t|< sont respectivement égaux à 240 et à 114°; pour le second à 5° 3o' et 95° 3o'. Ce dernier (appareil II) peut être employé seul dans un système à courant alternatif simple, et ses indications sont pratiquement exactes pour des valeurs de cos f comprises entre 1 et 0,8 environ (installations pour éclairage).
- *
- * *
- M. Arno a vérifié encore qu’il est possible d’effectuer la mesure de C dans des conditions satisfaisantes d’exactitude, en ayant recours à une certaine compensation entre les deux appareils employés. On peut atteindre pour t]; et i|/ respectivement les valeurs 3o° et 1200 pour le compteur I et réduire ces mêmes valeurs à o° et 90° pour le compteur II. Dans ces conditions, les plus grandes erreurs correspondent au cas de tp = 5o° pour le compteur I et de cp = 3o° pour le compteur II. Elles sont respectivement -}- i3,8 pour 4o°,5 et— n pour 95°,5 ; soit une erreur totale de 2,1 % (tableau A, cas p).
- Cette dernière combinaison est très importante ; elle permet, en effet, de mesurer C dans un système triphasé dissymétriquement chargé, en employant deux appareils dont l’un seulement est d’un type spécial (^ — 3o°, 'if'— 1200)
- tandis que l’autre est un compteur ordinaire.
- L’appareil H peut alors servir à la mesure de la puissance réelle, en même temps qu’à la mesure de la charge complexe. On résout ainsi pratiquement la question de déterminer à la fois, dans un système triphasé dissymétriquement chargé, la puissance réelle et la charge complexe au moyen de trois appareils : deux
- appareils I avec des décalages respectivement de = o, 90°, et de ^ = 3o°, <j/ = 1200, et un seul appareil II avec les décalages <J;=ro, t}/= 90°.
- Pour ce dernier cas, lorsqu’on peut disposer du centre O du montage ou qu’on peut le produire artificiellement par des dispositifs convenables, on peut imaginer un autre montage (fig. 2). Les deux appareils I et II, destinés à mesurer la charge complexe, sont alors simplement constitués comme deux appareils ordinaires pour la mesure de la puissance réelle. Pour effectuer la mesure de la charge complexe, il suffît de monter l'appareil II de la manière ordinaire et d’appliquer aux .bornes du circuit volts de l’appareil I non plus la tension Yc — VA, mais la différence de potentiel OA, qui est en retard de 3o° sur la première [tableau A, cas y).
- On doit alors, dans le calcul des ampères-tours du circuit volts S'v du compteur I, afin de ne pas modifier la constante de ce compteur, tenir compte de ce que la différence de potentiel aux bornes de S', est égale à celle qui existerait avec le mode d’insertion ordinaire, divisée
- par y^3 ; ceci revient adiré quele nombre des ampères-tours de S'v devra être égal à celui qu’on aurait avec un montage ordinaire, multiplié par y/3. Ainsi on peut déterminer, avec deux appareils seulement, la mesure soit de la charge complexe, soit de la puissance réelle, et le résultat ne
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- dépend que du rapport des spires des circuits voltmétriques des deux compteurs, de leur tarage et de leur montage dans le système triphasé considéré.
- Il est encore possible d’obtenir un résultat analogue, sans disposer du centre du montage, ou sans le produire artificiellement.
- Remarquons que la différence de potentiel V0 — V* est en phase avec la résultante des deux tensions Vc —VA et V„— VA ; on peut alors remplacer l’unique bobine voltmétrique S'v du compteur I par deux bobines volmétriques s\, s'y, (fig. 3), aux bornes desquelles existent respectivement les différences de potentiel Vc — VA et V* —VA {tableau A, cas S).
- Fig. 3.
- Dans le calcul des ampères-tours des deux bobines S'v, S'v, on doit tenir compte de ce que la différence de potentiel résultante dont il a été
- parlé est égale à a (V0 —VA) cos 3o = (Vc — VA) \/'i. Les deux différences de potentiel composantes Vu — VA et VB —- VA, sont par suite respectivement égales à celles qu’on devrait avoir, multipliées
- par y/3 : ce qui revient à dire que le nombre des ampères-tours de chacune des Vv devra être égal à celui qu’on aurait pour S'v avec un montage
- ordinaire, divisé par y/3.
- ¥ ¥
- On peut encore examiner d’autres montages, séparément applicables au cas de compteurs électrodynamiques et de compteurs d’induction.
- Ils ont pour but de placer les deux appareils destinés à la mesure de la charge complexe, en systèmes triphasés dissymétriquement chargés, dans les conditions les plus simples au point de vue de la construction et les plus favorables au point de vue du fonctionnement.
- Il est clair que, s’il s’agit de compteurs électrodynamiques, ceux-ci fonctionneront dans les meilleures conditions si le décalage est un peu supérieur à o.
- On pourra toujours obtenir,pratiquement, avec exactitude, ce décalage; tandis que la condition <{* = o, exigée pour le cas de la mesure de la puissance réelle, ne peut jamais être prati quement satisfaite qu’avec une certaine approximation.
- En outre, commet^ est suffisamment grand, on obtient un meilleur rendement pour le fonctionnement de l’appareil, la perte d’énergie dans le circuit volts étant inférieure à celle qu’on aurait pour une valeur detp nulle ou très petite.
- S’il s’agit, au contraire, de compteurs d’induction, ceux-cijfonctionneront dans les meilleures conditions quand le décalage sera légèrement inférieur à 90°. On pourra toujours l’obtenir avec exactitude, le circuit volts étant placé dans des conditions de fonctionnement normales , tandis que la condition <j/= .90°, qu’on exige pour le cas du wattmètre ordinaire à induction, ne peut être satisfaite qu’en ayant recours à des dispositions spéciales, qui compliquent quelque peu la construction de l’appareil. En outre, du fait que est voisin de 90”, on a une perte d’énergie, dans laspirale voltmétrique, très petite, pratiquement négligeable et, par suite, un bon rendement de l’appareil.
- Il est clair qu’on pourra obtenir ces résultats pratiques importants en modifiant convenablement les valeurs angulaires des décalages ^ et <j/ des deux compteurs,en les augmentant ou diminuant d’angles convenables, au moyen des différences de potentiel spéciales obtenues dans le système triphasé considéré. -
- Donc, pour le cas de compteurs électrodynamiques, on pourra monter l'appareil I de la manière ordinaire, et l’appareil II de façon qu’entre les extrémités du circcuit S"v on ait, non plus la tension composée Vc — V, correspondante, mais la tension composée VA — V„, qui est en avance de phase de 6o° par rapport à la première.
- Par suite, dans ce montage, les décalages tjj dans les deux appareils seront respectivement de 3o° et de 6o°. S'v est alors monté de C à A ((Ji =3o°Jet S"v de A à 13 (1]/ = 6o°) (tableau A, cas e.)
- Finalement, on pourra encore monter l’appareil I de la manière ordinaire et l’appareil H de façon qu’entre les extrémités du circuit volts
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- S"T ont ait la différence de potentiel Y0 — V, laquelle est en avance déphasé de 3o° sur Vc — Y,,. Et ce faisant, on aura à utiliser deux appareils analogues, pour chacun desquels le décalage de phase <{< est égala 3o°. Dans ce cas, S'v est monté entre C et A (ty — 3o°) et S''v entre O et B (i|i = 3o°) [tableau A, cas £).
- Si l’on voulait éviter l’obligation d’avoir à sa disposition ou de produire artificiellement le centre du montage, comme il le faut pour ce dispositif, il suffirait de remarquer que la différence de potentiel V0 — V“ est en phase avec la résultante des deux différences de potentiel composées, Yc — V* et V, — V,, ; on pourra alors remplacer l’unique bobine voltmétrique S"v du compteur IDpar deux bobines voltmétriques s'\, s'\ insérées respectivement de A à B et C à B, de façon à utiliser respectivement les différences de potentiel V0 — V. et V* — V„ [tableau A cas •/]).
- S’il s’agit, au contraire, d’appareils à induction, on pourra insérer le circuit volts de l’appareil I entre B et A : on utilise alors non plus la tension composée Yc— VA, mais bien la différence de potentiel composée V„ —VA, qui est en retard de phase de 6o° par rapport à la première ; on montera le circuit volts de l’appareil II entre C et A, non plus en utilisant la différence de potentiel composée V„ — V„, mais la différence Ve — VA, qui est en retard de phase de 6o° par rapport à la première. En ayant recours à ce mode d’insertion, on devra employer deux appareils avec décalages de phase respectivement égaux à Co°, pour l’appareil I et à 3o°, pour l’appareil II [tableau A, cas 0).
- Mais, tout en appliquant au circuit volts de l’appareil 1 la différence de potentiel composée VD — VA) on pourra encore monter le circuit volts S", entre C et O, de façon à utiliser la différence de potentiel V0 — V0, en retard de phase de 3o° par rapport à V0— V . Et ainsi, en ayant recours à ce mode d’insertion, on aura à employer deux appareils analogues, pour chacun desquels le décalage de phase ty' est égal à 6o° [tableau A, cas t).
- Il est facile de voir qu’on peut obtenir même résultat sans disposer du centre du montage.
- Remarquons, en effet, que la différence de potentiel Y0 — V ''st en phase avec la résultante des deux différence s de potentiel composées, Vc — V* et V0 — V„ , de sorte qu’on pourra remplacer le circuit volts unique, S'V, du compteur II,
- par les deux bobines voltmétriques s"v, s"v (fig. 4), qui sont précisément insérées de façon à utiliser les deux différences de potentiel V0 — VA et Vc — V„ [tableau A, cas y.).
- Finalement on pourra encore modifier différemment les valeurs des décalages <|> et des
- Fig- 4,
- deux compteurs, en les augmentant ou diminuant d’un angle compris entre 3o° et o°, par exemple de i5° ; on aura recours dans ce but à une autre combinaison spéciale consistant à utiliser, pour produire le flux voltmétrique de l’appareil considéré, deux circuits volts. Aux bornes de l’un d’eux sera appliquée la différence de potentiel correspondant à une phase et aux bornes de l’autre la différence de potentiel composée adjacente et décalée de3o°par rapport à la première. Si l’on constitue les deux bobines, de façon que les deux flux soient égaux, la résultante sera précisément décalée de i5°, en avant ou en arrière.
- Revenons maintenant à la mesure de la charge complexe dans des systèmes triphasés symétriquement chargés et proposons-nous d’étudier les divers cas dans lesquels on peut effectuer cette mesure à l’aide de deux appareils, montés suivant la méthode classique des deux wattmètres. On a déjà démontré que, dans ce cas particulier, la mesure de la charge complexe peut être effectuée à l’aide d’un seul appareil, dont le circuit volts est monté soit entre C et A, soit entre C et B et le circuit ampères, respectivement dans chaque cas, sur les conducteurs a ou b issus de A ou de B. Le décalage est — 45°, dans le premier cas, et <V = ^5°, dans le second [tableau 7, cas X).
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- La charge complexe totale dans le système triphasé est
- C = KVI y/3 cos[<p -f 3o — («|» + 3o)]
- KVI ^3 COS (<p — l}/).
- Il est facile de voir qu’on arrive à la même formule en utilisant, au lieu d’un appareil unique, deux appareils insérés suivant la méthode ordinaire des deux wattmètres et que, pour ces deux appareils, les décalages ^ pourront être égaux à i5°. On a, en effet, dans ce cas :
- KVI [cos (<p -f- 3o — <[*) + cos (? — 3o — <V)]
- = KVI. y/'3. cos (<p — ty).
- Mais il y a plus : les décalages correspondant aux deux appareils peuvent, au lieu d’être tous les deux égaux à i5°, être différents et respectivement égaux à t]< -f a et <1> — a, a étant un angle quelconque, positif ou négatif [tableau A, cas [/.).
- Supposons d’abord a positif et appelons K' une constante; on a
- K'VI [cos (© 3o —1|* — a) -j- cos(cp — 3o — <[; -f- a)]
- = K'VI.ücos(<p — i[j) cos (3o — a).
- Il suffira de faire
- .r cos3o
- Iv' = K--------------
- cos (3o — a)
- pour avoir l’expression précédente.
- Supposons a négatif et appelons K" une nouvelle constante; on a
- K"VI [cos (tp -(- 3o —-f- a.) -[— cos (<p — 3o — ^ — a) = K"VI. i cos (cp — t|/) cos (3o -f- a)
- et il suffira de faire
- cos (3o -[- a)
- pour retrouver encore la même expression,
- La condition est donc que la somme des deux décalages pour les deux appareils soit égale à ity = 3o°.
- Il convient toutefois de remarquer que l’angle a ne doit pas être égal à 120°, ou à — Go”, ni même voisin de cette valeur. En pareils cas, les angles de décalage entre les courants des circuits volts et ampères, dans les deux appareils, différeraient entre eux de i8o° ou environ.
- On a, en effet, pour a = no0
- (cp — 3o -f- 15 -f- 120) — (<p -[- 3o — 15 — 120) = 18o
- et pour a. — — Go°
- (cp -j- 3o — 15 —[— 6o) — (cp — 3o — 15 — Go) = 18o.
- Par suite, les cosinus de ces angles sont égaux ou presque, et de signes contraires et, par conséquent, il en est de même des indications des deux appareils. En sorte que, dans ces cas, l’indication d’ensemble des deux appareils est toujours égale ou presque égale à o; il n’est plus possible, ou du moins il n’est plus pratique de faire des mesures avec ces appareils dans ces conditions.
- Parmi les diverses combinaisons, on doit certainement retrouver le cas déjà examiné (cas~k), où la charge complexe se mesure au moyen d’un appareil unique. Ce cas est en effet celui qui correspond à a = 3o°, parce qu’on a alors
- (cp —[— 3o — 15 — 3o) — (cp — 3o — 15 -j- 3o) = o.
- Les cosinus des angles sont égaux etil en est de même des indications des deux appareils. J/indi-cation d’ensemble étant égale au double de celle de l’un d’eux, on peut faire la mesure avec un seul appareil.
- On doit encore retrouver les combinaisons qui permettent de mesurer la charge complexe dans un système triphasé dissymétriquement chargé. Ce sont celles qui correspondent à un décalage a' pour l’appareil I et iji — a' pour l’appareil II, a' étant voisin de 90 ou un peu supérieur (jusqu’à même atteindre la valeur de 15°). fin sorte que les valeurs des deux décalages de phase, pour les appareils I et II, seront respectivement de a'i0 à 3o° et de 6° à o°.
- Tous les résultats obtenus pour les divers cas de la mesure de la charge complexe dans la pratique industrielle, aussi bien pour le cas d’appareils électrodynamiques que pour le cas d’appareils d’induction, seront résumés dans un tableau synoptique A que nous rapprocherons d’un autre tableau relatif à la mesure de la puissance apparente.
- On pourrait encore examiner les cas d’installations triphasées, pour charges symétriques et dissymétriques dont la destination essentielle est l’éclairage, le facteur de puissance variant entre les limites 1 et 0,8.
- Ces cas se présentent assez rarement dans la pratique. La question se résout d’ailleurs d’après les mêmes principes.
- [La fin prochainement.)
- C. Béniot.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’évolution des moteurs asynchrones. — J. Fischer-Hinnen. — Elektroteclmische Zeitschrift, 14 juillet 1910.
- Lorsque, il y a une vingtaine d’années, parurent les premier^ moteurs polyphasés, on considéra leur simplicité, due en particulier à l’absence de balais et de collecteur, comme un grand avantage ; mais on s’aperçut bientôt que ces moteurs ne développaient au démarrage qu’un très faible couple, malgré la valeur très élevée de l’intensité qu’ils absorbaient à ce moment.
- Ce fut alors que M. Leblanc et peu après Dobro-wolsky proposèrent de diminuer l’intensité et d’augmenter le couple au démarrage par l’insertion de résistances dans le circuit du rotor, ce qui eut pour conséquence l’adjonction à celui-ci de bagues et de balais métalliques ; mais on s’aperçut que les bagues et les balais s’usaient avec une rapidité surprenante et on dut remplacer les balais métalliques par des balais en charbon ; mais ces balais augmentèrent la résistance de contact et, pour obvier à la diminution de rendement qui s’ensuivit, on imagina des dispositifs permettant de mettre directement l’induit en court-circuit et de relever les balais lorsque le moteur atteignait sa vitesse normale. Ces dispositifs présentaient cependant l’inconvénient de compliquer le moteur ; en outre, une erreur ou une omission dans l’ordre des manœuvres successives à faire pour le démarrage pouvait provoquer des avaries graves.
- Certains constructeurs imaginèrent alors de faire tourner le rhéostat avec l’induit ; mais ils se heurtèrent à deux obstacles: i° difficulté de fractionner le rhéostat en plusieurs sections sans multiplier le nombre des contacts ; 20 difficulté de placer le rhéostat et les contacts de telle sorte qu’ils puissent résister à l’action de la force centrifuge. Ces considérations obligèrent les constructeurs à renoncer la plupart du temps à sectionner le rhéostat ; le démarrage de -ces moteurs s’opérait donc en deux temps seulement, ce qui était très insuffisant.
- Pour remédier, dans une certaine mesure, à ces in-
- convénients, l’auteur proposa, il y a environ 7 ans, de monter le rhéostat, non jdIus en étoile, mais en triangle (fig. 1), ce qui permit de réduire de i/3 le
- r3
- Fig-. 1.
- nombre des contacts. Une autre solution due à Kah-lenberg consistait à mettre en court-circuit les résistances des Irois jîhases non plus simultanément, mais l’une après l’autre (fig. 2) ; on reliait successivement
- au point neutre 1 les points 2, 3, 4, 5, 6 et 7 dans l’ordre ; cette disposition permettait encore de réduire le nombre des contacts tout en conservant un démarrage suffisamment progressif.
- Enfin, l’auteur signale un nouveau dispositif qui lui est dû et qui a été appliqué récemment aux moteurs des Ateliers Oerlikon.
- Le rhéostat R tourne naturellement avec l’induit et .comporte un ventilateur (fig. 3), car le moteur est complètement blindé et appartient au type dit « à circulation d’air ». Les différentes sections du rhéostat sont fixées aux branches d’une étoile S; chacune de ces branches porte également une lige Iv dont l’autre extrémité peut pénétrer dans le manchon
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- M qui ferme le circuit ; le manchon M coulisse parallèlement à l’arbre sous l’action d’une fourchette commandée elle-même par le volant H, à l’aide d’un
- ment recevoir un coupe-circuit et un ampèremètre) et fait en outre déclencher, dès qu’il a parcouru un demi-tour, l’interrupteur P du circuit primaire qui
- i
- Fig. 3. — Dispositif de démarrage Fischer-Hinnen (moteurs asynchrones à bagues.)
- engrenage et d’une vis tangente ; les tiges K étant de longueurs différentes ne pénètrent dans le manchon
- M que les unes après les autres, ce qui assure une
- se ferme sous l’action d’un ressort à boudin. Le moteur renferme donc, sous une forme extrêmement ramassée, tous les appareils nécessaires à sa manœuvre.
- Quant au moteur à induit en court-circuit, il a reçu également de nombreux perfectionnements et est susceptible d’en recevoir encore. L’auteur rappelle pour mémoire les moteurs à rouleau tendeur, à embrayage à force centrifuge, le moteur à deux enroulements de sens contraire mis ensuite en court-circuit, de Gorges (fig. 4), ainsi que le moteur Boucherot à inducteur en deux parties dont l’une pouvait être décalée, au moment du démarrage, par rapport à
- __qL___\
- O ! o
- Fig. 5. — Dispositif de démarrage Fischer-Hinnen (moteurs à induit en conrt-circuit.) mise en court-circuit graduelle du rhéostat ; le volant l’autre, de sorte que l’induit était parcouru par deux H est fixé directement à la carcasse (qui peut égale- courants de sens contraire qui se fermaient par une
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- bague de grande résistance située en son milieu ; on replaçait ensuite peu à peu l’inducteur dans sa position normale, de façon que les deux pôles de môme nom fussent de nouveau côte à côte; il ne circulait plus, dès lors, d’une extrémité à l’autre de l’induit qu’un seul courant qui se fermait par les couronnes extérieures de faible résistance ; ce dispositif n’a pas obtenu le succès que méritaient ses avantages très réels, en particulier l’absence de bagues et de balais, par suite de son prix trop élevé.
- Enfin, l’auteur décrit un dispositif de démarrage pour moteurs à induit en court-circuit qui présente quelque analogie avec celui de la figure 3 pour moteurs à bagues, quoique naturellement plus simple ; les conducteurs C de l’induit sont mobiles et peuvent coulisser à l'ir)téricur de tubes A en métal beaucoup moins conducteur (fig. 5) ; le mouvement des conducteurs G est commandé par la couronne E qui peut coulisser le long de l’arbre ; dans ces conditions il est facile de comprendre que la résistance offerte au courant de court-circuit diminue à mesure que les conducteurs G pénètrent plus avant dans les tubes A.
- Les Ateliers Oerlikon ont procédé à l’aide d’un moteur de ce type à des essais qui ont prouvé qu’il était tout à fait comparable, au point de vue du fonctionnement, à un moteur à bagues, quoique d’une simplicité beaucoup plus grande ; encore faut-il tenir compte de ce que, pour ce moteur d’essai, les tubes A étaient en acier; avec un alliage d’une conductibilité moindre il n’est pas douteux que les résultats obtenus ne soient encore meilleurs.
- J.-L. M.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Considérations pratiques sur la théorie des surtensions. — G. Giles et M. Wohlleben. _______
- Eleklrolechnische Zeitschrift, 22 et 29 septembre 1910
- Les auteurs répondent aux critiques formulées précédemment par M. Schrottke (*) contrel’emploi des condensateurs et des soupapes électriques pour la protection des réseaux contre les surtensions.
- En ce qui concerne la question des charges statiques, ils estiment que M. Schrottke les considère à tort comme peu importantes ; la preuve en est dans ce fait que de nombreux électriciens ont ressenti de fortes commotions en travaillant sur des lignes dans lesquelles cependant ne circulait aucun courant.
- Les parafoudres à cornes n’assurent pas, à cause de leur distance explosive, une protection suffisante contre ces charges.
- Les plaques de mise à la terre multiples noyées dans l’eau,préconisées par M. Schrottke,ont le grave inconvénient de causer une perte permanente à la terre de quelques dizaines d’ampères, ce qui représente par an une quantité notable d’énergie perdue.
- Les auteurs pensent donc qu’il conviendra de s’adresser de préférence aux bobines de self qui ne laissent passer qu’un courant déwatté très faible (0,1 ampère environ) en courant alternatif, mais offrent un chemin de résistance pratiquement nulle au courant continu provenant de l’écoulement des charges statiques et entrent en fonctionnement dès que celles-ci se manifestent.
- Quant aux orages atmosphériques, les perturbations qu’ils causent se manifestent par des phénomènes de haute fréquence ; la meilleure preuve en est dans ce fait que les dégradations causées aux machines et aux transformateurs par ces phénomènes se manifestent presque toujours dans les premières spires de l’enroulement ; il est donc logique d’en conclure que les ondes perturbatrices se propagent le long de la ligne sous forme de vagues dont les maxima et les minima sont très rapprochés; ceci explique que deux spires voisines de l’enroulement peuvent se trouver soumises à une différence de potentiel qui, bien que faible par rapport à celle du réseau, est encore considérable pour leur isolement de colon qui ne peut résister; or ce mode de propagation des ondes est un des caractères de la haute fréquence. Quel que soit le type d’appareil de protection employé, celui-ci devra réaliser la condition
- CR2 > 4L,
- pour qu’il y ait amortissement périodique de la surtension ; si la résistance totale de l’appareil, y compris celle du rhéostat monté en série, est trop faible, il faudra l’augmenter.
- Deux types d’appareils sont couramment employés pour la protection des réseaux contre les orages atmosphériques, ce sont :
- i° Les appareils à fonctionnement intermittent, tels que les parafoudres à cornes et à rouleaux;
- a0 Les appareils à fonctionnement continu, tels que les condensateurs.
- Or, d’après ce qui a été dit plus haut sur le mode de propagation des courants à haute fréquence par ondes se répartissant le long de la ligne à intervalles très rapprochés, la différence de potentiel
- (*) Lumière Electrique, 3 septembre 1910, p. 3oo.
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- pourra être relativement considérable entre deux points très voisins, même si sa valeur absolue n’est que de quelques centaines de volts; dans ces conditions, le parafoudre à cornes qui possède une certaine distance explosive réglée pour un voltage supérieur, ne fonctionnera pas ; deux spires voisines d’un enroulement pourront être portées à des potentiels dont la différence, bien que faible en valeur absolue, sera trop grande pour leur simple isolement de coton ; il s’ensuivra des dégradations que le parafoudre à cornes n’aura en aucune façon pu éviter. Le condensateur au contraire, dont le fonctionnement est continu, assurera toujours une protection efficace, quelque relativement faible que soit la tension correspondant à la surfréquence.
- D’autre part, c’est une erreur de croire que la capacité du condensateur doit être multiple de celle de la ligne ; cette capacité ne doit au contraire pas excéder la valeur de celle delà fraction de ligne qui correspond à une demi-longueur de l’onde a haute fréquence; étant donné que cette fréquence varie de ioo ooo à i oooooo de périodes par seconde, la longueur de la fraction de ligne correspondante sera de i5o à i 5oo mètres et sa capacité de o,oi5 à 0,0010 microfarad ; c’est ainsi que les auteurs ont constaté qu’un condensateur d’une capacité de o,o35 microfarad suffisait à protéger une ligne à 32 000 volts de 5o kilomètres de longueur, dont fa capacité par fil était d’environ o,5 microfarad. Or, une telle capacité ne peut exercer en marche normale aucune influence perturbatrice sur le fonctionnement de la ligne. D’ailleurs, les reproches que M. Schrottke formule contre les condensateurs visent surtout leur emploi dans les lignes souterraines ; or, les auteurs eux-mêmes ne préconisent l’emploi des condensateurs que pour la protection des lignes aériennes.
- En ce qui concerne les surtensions d'origine intérieure au réseau, les auteurs émettent à leur sujet une opinion complètement opposée à celle de M. Schrottke, qui prétend que seules les surtensions dont la durée dépasse une demi-période du courant normal sont dangereuses. MM. Giles et Wohlleben estiment au contraire que les surtensions persistantes ne présentent aucun danger, grâce à la rapidité de l’amortissement de leurs ondes.
- Aucune installation, au contraire, ne pourra résister à une surtension dont la durée ne dépassera pas une demi-période du courant normal, mais qui pourra atteindre 35o 000 volts, ainsi que l’a établi Stein-metz.
- En ce qui concerne la formule
- r
- qui donne,d’après les auteurs, la valeur du coefficient de réduction de la surtension dû à un parafoudre de résistance totale r protégeant une machine de self-induction L et de capacité c, cette formule a été établie expérimentalement par Ivan Dôry, puis par Devaux-Charbonnel à l’aide du calcul (J).
- Les auteurs croient donc pouvoir l’appliquer avec certitude au cas d’une centrale triphasée de 5 000 kw. à 5 000 volts, renfermant 5 alternateurs d’une puissance unitaire de 1000 kw. à 5o périodes; ils supposent que la force électromotrice de self-induction to LI de chaque alternateur est égale à 10 % de la tension aux bornes ; on aura alors par phase :
- 0,1 E = u)LI =
- ir.
- T
- LI.
- D’où, étant donné que le débit de chaque machine est de n5 ampères, L = 0,082 henry.
- Si, d’autre part, la capacité de chaque alternateur est de 0,1 microfarad, soit o,o33 microfarad par phase, il viendra
- \Æ
- 58o ohms.
- Si le dispositif de protection estalors constitué par un appareil susceptible d’amortir la surtension en une demi-période, et dont la résistance ohmique est de 25o ohms (cas d’une soupape), le coefficient de réduction de la surtension correspondant à cet appareil sera
- r
- 2Ù0
- 25o -)- 1 58o
- o, 136.
- Cet appareil créera sur le réseau une dérivation qui absorbera aux machines
- 5 000 2 900
- —--------=------- — 11 6 ampères
- v/3 X a5o a5°
- soit 25o X (a 1,6)2 = 33 5oo joules ou watts-seconde. L’énergie totale absorbée par l’appareil sera donc,
- (') Voir Lumière Electrique. Devaux-Charbonnel, Etude sur les lignes téléphoniques, 1909, t. VI et Vil.
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- étant donné que celui-ci ne fonctionne que pendant une demi-période, soit i/ioode seconde.
- Energie de la surtension qui doit être absorbée.
- LU
- = 3 700 joules.
- Energie empruntée aux génératrices et absorbée
- 33 5oo . <
- en pure perte.. ........ —-- = 335 joules.
- Total........ 4 o35 joules.
- Si nous remplaçons l’appareil ci-dessus par un appareilà fonctionnement lent (2 secondes,par exemple) et d’pne résistance de 1 5oo ohms (cas d’un para-foudre à cornes), le coefficient de réduction de celui-ci sera :
- 1 5oo
- 1 5oo.-(- i 58o et il absorbera aux génératrices,
- = o,485
- 5 000
- \/3 X
- = 1,9 ampères ou5 5oo joules.
- i 5oo
- L’énergie totale absorbée par cet appareil sera donc :
- M. Schrottke, elles proviennent d’une appréciation inexacte de son rôle et de son fonctionnement. Les auteurs rappellent que, contrairement au condensateur, la soupape doit être exclusivement réservée à la protection des lignes souterraines ; donc M. Schrottke l'a détournée de son but en l’essayant avec une ligne aérienne artificielle à vide et à une tension de 10 000 volts, une soupape construite pour ne s’amorcer normalement qu’à 18000 volts ; il n’est donc pas étonnant que, au cours de cet essai, toutes les colonnes de l’appareil n’aient pas fonctionné simultanément. D’ailleurs, les auteurs estiment que, d’une manière générale, les essais de M. Schrottke ont été faits dans des conditions s’écartant sensiblement des conditions dans lesquelles se trouvent placés, en marche normale, les appareils de protection d’un réseau quelconque ; les résultats de ces essais ne sont donc, d’après eux, nullement concluants.
- M. K.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Machine à essayer les bandages pneumatiques. — A. Palme. — Elektrotechnik und, Maschi-ncnbcui, 9 octobre 1910.
- Energie absorbée utilement .................. 3 700 joules
- Energie absorbée inutilement ................ 5 5oo X 2 == 11 000 joules
- Total............ 14 700 joules.
- soit plus de 3,6 fois l’énergie totale absorbée par le premier appareil ; d’autre part, pour la même quantité d’énergie utile, cet appareil absorbe en pure perte aux généx-atrices une quantité égale à 3a fois celle qu’absorbe le premier.
- Les principales qualités que devra posséder un bon limiteur de tension seront donc les suivantes : faible résistance, intercalation progressive de cette résistance, insensibilité aux surtensions permanentes et peu dangereuses, grande sensibilité au contraire aux surtensions de durée inférieure à une demi-période, mais dépassant le double de la tension normale. Or, le parafoudre à cornes, qui fonctionne lentement et doit être monté en série avec une grande résistance, ne remplit aucune de ces conditions, alors que la soupape les remplit toutes.
- Quant aux critiques que formule à son sujet
- L’auteur signale un dispositif assez original qui lui est dû, et qui permet de déterminer à l’atelier même l’usure d’un bandage d’automobile quelconque plein ou pneumatique, à l’aide d’un moteur électrique et d’une génératrice qui joue le rôle de dynamo frein. Le bandage à essayer est monté sur la jante d’une roue d’automobile ordinaire qui se fixe à l’une des extrémités d’un arbre E (fig. 2) ; cet arbre est supporté à l’aide d’un petit palier F par un fléau J qui peut pivoter lui-même librement autour de l’axe d’un palier indépendant K (fig. 1). Le moteur M entraîne la roue en essai à l’aide d’une chaîne et de deux pignons. Le chemin de roulement est constitué par un volant à six bras P (fig. 1) à la périphérie duquel sont fixés, à l’aide d’une gorge en queue d’aronde, des blocs de granit, de pierres calcaires, d’asphalte, ou de bois, de façon à réaliser les mêmes conditions de roulement que sur une route quelconque. Ce volant entraîne la dynamo frein Nn (fig. 2 et 3). Le socle commun au volant et à la dynamo N n peut tourner, grâce au levier Z et aux rouleaux W, autour du pivot X, ce qui permet de donnera la roue P une inclinaison quelconque par rapport au bandage et de soumettre par
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- suite ce dernier à des efforts analogues à ceux qui se
- dans des glissières latérales à l’aide de la vis Dd
- Dispositif pour l’essai des bandages pneumaticpies.
- produisent dans les courbes. En outre, la console M,
- U ; l
- Fig. 3. — Gliemin de roulement et dynamo frein (élévution et vue en plan).
- qui supporte le moteurN et le palier K, peut coulisser
- (fig. i), ce qui permet de faire varier la distance verticale des axes des deux arbres E et Q selon le diamètre du bandage à essayer. La pression du bandage sur le volant P se règle à l’aide d’un poids Gg et d’une tige filetée M/?î commandée par le Allant KA ; un dynamomètre il permet de mesurer cette pression (fig. 2). Le circuit d’utilisation du courant fourni par la dynamo-frein N« peut être quelconque; l’auteur préconise l’emploi de lampes à incandescence qui permettent un réglage facile de cette puissance et, par conséquent, de l’effort que doit transmettre le bandage à essayer.
- M. Iv.
- L’extraction du fer des minerais et des gangues. — W.-C. Brown. — Transactions of the South African Institute of Electrical Engineers, mai 1910.
- L’appareil imaginé par M. Brown est le suivant: un noyau de fer fondu A, de 26°™ de long et 75°*'“ de diamètre, présente un trou central de 5cm de diamètre (fig. 1). B est un pôle circulaire dont la face a 5o,mde diamètre; le dessus est complètement plan, tandis que la partie inférieure est taillée en biseau depuis l’extrémité qui a environ 6Q11U d’épaisseur jusqu’à la tête du noyau, où elle a i2min,5 d’épaisseur. Cette plaque est fixée au noyau par des vis à tête noyée. La figure 1 représente une disposition légèrement différente, décrite plus loin, et qui est un perfectionnement de celle-ci.
- La bobine d’excitation consiste en 5 120 tours de fil de imm,2et elle est enroulée sur une bobine de fer
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- doux avec joues en cuivre. Le tout est rendu étanche par un couvercle de zinc soudé à la bobine de fer. Une extrémité de la bobine est fermée, l’autre s’engage dans une bague çollectçïqe. Entre la bague collectrice et le noyau il y a un' isolateur de fibre auquel est fixée là.Jjague collectrice.
- L’isolateut^st à. gorge et peut servir comme poulie pour entraîner l’aimant. Sur l’extrémité supérieure du noyau est vissé un tampon en cuivre E. Il sert comme support et l’ensemble tourne autour de l’axe C qui est fixé dans un pied en fonte H. Le courant d’excitation de cet aimant est de 2,5 ampères, à ioo volts, en courant continu.
- L’aimant tourne à 6 tours par minute et il est commandé par l’intermédiaire d’un engrenage par un moteur de 1/2 cheval. Une corde de coton passe sur la poulie F et sur une poulie creuse de l’engrenage avec un tendeur convenable.
- Pour opérer, on place l’aimant au-dessous d’un .classeur, la plaque polaire étant inclinée de 35 degrés, La gangue tombe sur le centre de la plaque. Les particules de fer sont toutes accrochées au bord de la plaque et on les gratte avec une bande de toile.
- Il n’y a pas de fer d’une dimension appréciable qui passe l’aimant; on ne perd que les particules très fines et cela parce que le fer fin n’arrive pas à entrer en contact avec la plaque et qu’il est entraîné par la gangue lourde.
- Le fer (dont la plus grande partie ressemble à des têtes de clous) est nettoyé par un bon courant d’eau et il n’arrive pas de sable au grattoir; il coule en un filet régulier à la vitesse de 8ks par heure dans une caisse de fer où il se rassemble et où il est enlevé de temps en temps.
- Fig. 1.
- L’aimant est placé sous un des quatre classeurs qui reçoivent la gangue de i5o pilons, la matière légère allant aux ateliers de cyanure, tandis que les corps plus lourds sont séparés et envoyés au moulin
- tubulaire.
- Dans cette position il n’y a qu’un quart seulement de la gangue qui passe sur lui. Ce modèle n’a été construit que pour démontrer que le fer pouvait être enlevé et on peut réaliser un agencement permettant de travailler avec un plus grand rendement.
- Une caisse polaire extérieure (fig. i),avec des trous de ventilation, sert à supporter les pôles positif et négatif, tout près l’un de l’autre ; elle est séparée par un anneau de métal non magnétique de iamm de largeur en dessus et de 8cm de largeur en dessous. Gela a pour but de concentrer le magnétisme au point où il sera le plus employé. Une table magnétique tournante de dimension convenable est placée dans le lavoir principal. C’est là qu’elle peut agir avec beaucoup plus d’avantage, attendu que la gangue passera deux fois sur la partie la plus aimantée, en sorte que très peu de fer sera entraîné.
- La vitesse du filet pourrait être réduite en amenant la gangue à se répandre dans un laveur en forme de cloche. Le filet serait alors plus mince et le fer plus facilement extrait.
- Dans ce cas, il serait préférable, pour faire tourner l’aimant, d’employer une crémaillère et une roue d’engrenage fixée près du bord extérieur de l’aimant comme le montre la figure, en R, le pivot central servant à maintenir le séparateur dans une position régulière.
- C. B.
- TRACTION
- Les locomotives monophasées des chemins de fer de l’Etat Badois. — Die Locomotive, septembre 1910.
- Par suite de l'électrification de certaines des lignes de son réseau, l'administration des chemins de fer de l’Etat Badois a mis en service un certain nombre de locomotives monophasées.
- Ces locomotives, du type représenté par la figure 1, comportent deux moteurs à collecteur d’une puissance normale en service permanent de 3qo chevaux chacun; en service intermittent chaque moteur peut développer 525 chevaux pendant une heure et 800 chevaux pendant quelques instants ; la puissance totale do la locomotive peut donc varier de 800 à 1 600 chevaux. Suivant le mode de montage adopté actuellement pour les puissantes locomotives à courants alternatifs,les deux moteurs sont fixés directe-
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- ment au châssis et commandent les trois essieux | L’énergie électrique es't fournie par la centrale
- ^--mo —~-63oA
- 3000
- Fig. i. — Locomotive électrique monophasée des chemins de fer de l’Etat Badois.
- accouplés par l’intermédiaire de bielles (fîg. 2I.
- La vitesse maxima que peuvent fournir ces locomotives est de 70 kilomètres à l’heure; à 45 kilo-
- Fig. 2. — Moteur et bielle motrice.
- mètres à l’heure chaque moteur développe une puissance de 5oo chevaux.
- Le poids de la locomotive en ordre de marche est de 62 tonnes, dont 42 tonnes sont utilisées pour l’adhérence.
- d’Angst sous forme de courant triphasé à 6 800 volts et i5 périodes, transformé par la sous-station de Bâle en monophasé à toooo volts et à la même fréquence.
- M. K.
- ERRATUM
- Mesure du glissement des alternateurs en parallèle. |j
- Dans notre dernier numéro (19 novembre 1910), page 241, colonne de gauche, on lit deux fois la même formule
- d _ (« +g) ib— c)
- 1) a-\-c
- La première est exacte.
- La seconde doit être modifiée ainsi :
- m a (b — c)
- C ' i - ......
- [in -]— 1 ) ci —[— c
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- LEGISLATÏON ET CONTENTIEUX
- Arrêté déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique pour l'application de la loi du 1S juin 1906 sur les distributions d'énergie (suite et fin) (1). — Du 21 mars 1910. — Inséré au Journal Officiel du 26 mars 1910.
- CHAPITRE II
- DISPOSITIONS SPÉCIALES APPLICABLES AUX OUVRAGES DE DISTRIBUTION DANS LA TRAVERSEE DES COURS D’EAU, DES CANAUX DE NAVIGATION ET DES LIGNES DE CHEMINS DE FER, AINSI QU’AUX OUVRAGES SERVANT À LA TRACTION PAU L’ÉLECTRICITÉ
- Prescriptions générales.
- Art. ai. — Les prescriptions du chapitre ier sont applicables aux parties des distributions d’énergie électrique traversant les fleuves, les rivières navigables ou flottables, les canaux de navigation ou les chemins de fer, ainsi qu’aux ouvrages servant à la traction par l’électricité sous réserve des dispositions spéciales énoncées au présent chapitre.
- Section I. — Traversée des cours d'eau et des canaux de navigation par des canalisations aériennes.
- Hauteur des conducteurs.
- Art. 22. — § Ier. — A la traversée des cours d’eau navigables et des canaux de navigation, la hauteur minimum des conducteurs au-dessus du plan d’eau est fixée dans chaque cas, suivant la nature des bateaux fréquentant ces rivières et le mode de navigation .
- Celte hauteur ne peut être inférieure à 8 mètres au-dessus des plus hautes eaux navigables. Toutefois, dans les bras.où la navigation est impraticable, elle peut être réduite à 8 mètres au-dessus des plus hautes eaux.
- § 2. — La meme hauteur minimum de 8 mètres est applicable à la traversée des autres rivières du domaine public, mais elle peut être réduite à la traversée des cours d’eau classés comme flottables, lorsque le flottage n’est pas-effectivement pratiqué,
- (*) Voir Lumière Electrique, 19 novembre 1910.
- Etant donné l’importance de cet arreté,il sera publié in extenso dans La Lumière Electrique et édité séparément en tirage à part.
- sous réserve que celte hauteur ne sera pas inférieure à 3 mètres au-dessus des plus hautes eaux.
- Coefficient de sécurité de Vinstallation dans la
- traversée des cours d'eau et des canaux de
- navigation.
- Art. 23. — Le coefficient de sécurité de l’installation, dans la traversée des cours d’eau navigables et des canaux de navigation, est au moins égal à 5 et, pour la traversée des autres rivières du domaine public, au moins égal à 3.
- Le même coefficient 3 est applicable aux installations faites sur les dépendances des cours d’eau et des canaux qui ne sont pas ouvertes à la circulation publique et en particulier sur les emplacements réservés au halage.
- Section II. — Traversée des lignes de chemins
- de fer.
- Dispositions gêné/'aies.
- Art. 24. — § ier. — Pour traverser un chemin de fer, toute canalisation électrique doit, de préférence, emprunter un ouvrage d’art (passage supérieur ou passage inférieur) et, autant que possible, ne pas franchir cet ouvrage en diagonale.
- A défaut de pouvoir, en raison de circonstances locales, emprunter un ouvrage d’art, la canalisation doit, autant que possible, effectuer la traversée en un point de moindre largeur de l’emprise du chemin de fer.
- § 2. — La ligne dont fait partie la canalisation traversant le chemin de fer doit pouvoir être coupée du reste de la distribution et isolée de tout générateur possible de courant.
- § 3. — Des dispositions spéciales devront être prises, quand il y aura lieu, pour la protection des ouvrages traversés, notamment lorsqu’ils comporteront des parties métalliques.
- Canalisations aériennes.
- Art. 25. —§ lg1 * — Toute canalisation aérienne qui n’emprunte pas un ouvrage d’art doit franchir les voies ferrées d’une seule portée et suivant une direction aussi voisine que possible de la normale à ces voies et, en tout cas, sous un angle d’au moins 6o°, h moins qu’elle ne soit établie le long d’une voie
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- publique traversant la voie ferrée sous un angle moindre. Son point le plus bas doit être situé à 7 mètres au moins de hauteur au-dessus du rail le plus haut; elle doit être établie à 2 mètres au moins de distance dans le sens vertical du conducteur électrique préexistant le plus voisin.
- §2. — Les supports de la traversée doivent être distants chacun d'au moins 3 mètres du bord extérieur du rail le plus voisin et placés, autant que possible, en dehors des lignes de conducteurs électriques existant le long des voies.
- § 3. — Les supports de la traversée sont encastrés dans un massif de maçonnerie et constitués de façon assez solide pour pouvoir, en cas de rupture de tous les fils les sollicitant d’un côté, résister à la traction qu'exerceraient sur eux les fils subsistant de l’autre côté, à moins que l’entrepreneur n'ait fait agréer une disposition équivalente au point de vue de la sécurité.
- §4. — En outre des prescriptions indiquées au chapitre ier, notamment en ce qui concerne les traversées, chaque conducteur est relié, sur chacun de ses supports, à deux isolateurs.
- § 5. —A chacun des supports est fixé un cadre que traverse tout le faisceau des conducteurs, afin qu’aucun d’eux ne puisse tomber sur la voie ferrée, en cas de rupture d'un ou plusieurs isolateurs.
- § 6. — Les supports métalliques sont pourvus d’une bonne communication avec le sol.
- § 7. — Le coefficient de sécurité de l’installation constituant la traversée, calculé conformément aux indications de l'article 6 ci-dessus, est au moins égal à 5 pour les maçonneries de fondations et à 10 pour lés organes constituant la superstructure. Toutefois, le coefficient '5 est aussi applicable aux parties en bois entrant dans la superstructure.
- Canalisations souterraines.
- Art. 26. — § ier. — Les canalisations souterraines doivent être en câbles armés des meilleurs modèles connus, comportant une chemise de plomb sans soudure et une armure métallique.
- Les câbles sont noyés dans le sol, non pas seulement à la traversée des voies ferrées, mais encore de part et d’autre et jusqu’à 3 mètres au moins au delà des lignes électriques existant le long* des voies.
- § a. —Les câbles sont placés dans des conduites d’au moins 6 centimètres de diamètre extérieur, prolongées de part et d’autre des deux rails extérieurs des voies, de telle façon que l’on puisse, sans opérer l(
- aucune fouille sous les voies et le l^allast, poser et retirer lesdits câbles.
- Sur le reste de leur parcours, dans l’emprise du chemin de fer, les câbles peuvent être placés à nu dans le sol, mais à une profondeur de 70 centimètres au moins, en contrebas de la plalo-forme des terrassements.
- §3. — Les câbles armés, employés dans la traversée, ne peuvent être mis en place qu’après que les essais à l’usine démontrent que leur isolant résiste à la rupture à faction d’un courant alternatif, sous une différence de potentiel au moins double de la tension prévue en service.
- Section III. —Prescriptions relatives à l’établissement des ouvrages servant à, la traction par
- l’électricité au moyen du courant continu (!).
- Tension des distributions pour traction.
- Art. *27. — Les dispositions de l'article 3, § 4, de l’article 5, § 2 b% 4 et 6, de l'article uj et des deux premiers alinéas du paragraphe 3 de l’article 3i, ne visent pas les conducteurs de prise de courant, ni leurs supports, ni les autres lignes placées sur ces supports ou en dehors de la voie publique ou inaccessibles au public, si la tension entre ces conducteurs et la terre ne dépasse pas 1 000 volts.
- Voie.
- Art. '28. — Quand les rails de roulement sont employés comme conducteurs, toutes les mesures nécessaires sont prises pour protéger, contre l’action nuisible des courants dérivés, les masses métalliques telles que les voies ferrées du chemin de fer, les eon-duitesd’eau et de gaz, les lignes télégraphiques ou téléphoniques, toutes autres lignes électriques, etc.
- A cct effet, seront notamment appliquées les prescriptions suivantes:
- § icr, — La conductance de la voie est assurée dans les meilleures conditions possibles, notamment en ce qui concerne les joints dont la résistance ne doit pas dépasser pour chacun d’eux celle de 10 mètres de rail normal.
- L’exploitant est tenu de vérifier périodiquement cette conductance et de consigner les résultats obtenus sur un registre qui doit être présenté à toute réquisition du service du contrôle.
- (*) Les projets de traction par l’électricité au moyen du courant alternatif doivent être soumis au ministre des Travaux publics toutes les fois que les canalisations empruntent la voie publique.
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- § 2. — La perle de charge dans les voies, mesurée sur une longueur de voie de i kilomètre, prise arbitrairement sur une section quelconque du réseau, ne doit pas dépasser en moyenne i volt pendant la durée effective de lai marche normale des voitures.
- § 3. — Les artères, reliées à la voie, sont isolées. l\. —Aux points où la voie de roulement comporte des aiguillages ou des coupures, la conductance est assurée par des dispositions spéciales.
- § 5. — Lorsque la voie passe sur un ouvrage métallique, elle est, autant que possible, isolée électriquement dans la traversée de l’ouvrage.
- § 6. — Aussi longtemps qu’il n’existe pas de masses métalliques dans le voisinage des voies, une perte de charge supérieure aux limites, fixées au paragraphe 2 peut être admise, à la condition qu’il n’en résulte aucun inconvénient et en particulier aucun trouble dans les communications télégraphiques ou téléphoniques ni dans les lignes de signaux de chemins de fer.
- § 7. — L’entrepreneur de la distribution est tenu de faire les installations nécessaires pour permettre aü service du contrôle de vérifier l’application des prescriptions du présent article ; il doit notamment disposer, s’il y a nécessité, des fils pilotes entre les points désignés de la distribution.
- Protection des lignes aériennes voisines.
- Art. 29. — A tous les points où les lignes assurant le service de traction croisent d’autres lignes de distribution ou des lignes télégraphiques ou téléphoniques, des dispositifs doivent être établis en vue de protéger mécaniquement ces lignes contre les contacts avec les conducteurs aériens servant à la traction.
- Des dispositions sont prises pour qu’en aucun cas l’appareil de prise de courant ne puisse atteindre les lignes voisines.
- Fils transversaux servant à la suspension des conducteurs de prise de courant.
- Art. 3o. — Les fils transversaux, servant à la suspension des conducteurs de prise de courant, sont isolés, avec soin, de ces conducteurs et de la terre.
- Partout où il est nécessaire, ces fils sont munis de dispositifs d’arrêt destinés à retenir les fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux qui viendraient à tomber et à glisser jusqu’au conducteur de prise de courant.
- CHAPITRE III
- PROTECTION DES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES, TÉLÉPHONIQUES OU DE SIGNAUX.
- Voisinage des lignes télégraphiques, télépho-
- niques ou de signaux et des canalisations aériennes (*).
- Art. 3i. — § ior. —En aucun cas,la distance entre les conducteurs d’énergie électrique et les fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux ne doit être inférieure à 1 mètre.
- § 2. — Lorsque des conducteurs d’énergie électrique parcourus par des courants de la deuxième catégorie suivent parallèlement une ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, la distance minimum à établir entre ces lignes doit être augmentée de manière qu’en aucun cas il ne puisse y avoir de contact accidentel.
- Cette distance ne peut être inférieure à 2 mètres, excepté si les conducteurs sont fixés sur toute leur longueur, auquel cas la distance peut être réduite à 1 mètre comme pour toutes autres lignes.
- § 3. — Aux points de croisement, les conducteurs d’énergie sont autant que possible placés au-dessus des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux.
- Si les conducteurs d’énergie sont au-dessus des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, il est fait application des dispositions de l’article 3, § 5 et de l’article 5, § 5 et § G Z».
- Si les conducteurs d’énergie sont au-dessous des fils télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, et s’ils sont parcourus par des courants de deuxième catégorie, un dispositif de garde efficace, pourvu d’une bonne communication avec le sol, est solidement établi entre les deux sortes de conducteurs.
- Une disposition analogue peut, en cas dé nécessité, être imposée pour les conducteurs de première catégorie.
- Dans les deux cas qui précèdent, les lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux sont dûment consolidées.
- Lorsque les dispositions prévues au présent paragraphe ne peuvent être appliquées, les lignes préexistantes doivent être modifiées.
- § 4- —Au voisinage des ouvrages de distribution, il pourra être établi, s’il est jugé nécessaire, des coupe-circuits spéciaux sur les fils télégraphiques, téléphoniques intéressés ou de signaux.
- Voisinage des lignes télégraphiques, téléphoniques
- (t) Il est rappelé que les frais des modifications jugées nécessaires des lignes télégraphiques ou téléphoniques préexistantes à celles de la distribution incombent à l’entrepreneur de cette distribution.
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- ou de signaux et des canalisations souterraines.
- Art. 32. — § iCr. — Lorsque des conducteurs souterrains d’énergie électrique suivent une direction commune avec une ligne télégraphique, téléphonique souterraine ou de signaux et que les deux canalisations sont établies en tranchée, une distance minimum de i mètre doit exister entre ces conducteurs et la ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, à moins qu’ils ne soient séparés par une cloison.
- § 2. — Lorsque des conducteurs souterrains croisent une ligne télégraphique, téléphonique ou de signaux, ils doivent être placés à une distance minimum de 5o centimètres des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux, à moins qu’ils ne présentent, en ces points, au point de vue de la sécurité publique, de l’induction et des dérivations, des garanties équivalentes à celles des câbles concentriques ou cordés à enveloppe de plomb et armés.
- Lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux affectées à Vexploitation des distributions de deuxième catégorie.
- Art. 33. — Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux, qui sont montées, en tout ou en partie de leur longueur, sur les mêmes supports qu’une ligne électrique de la deuxième catégorie sont assimilées, pour les conditions de leur établissement, aux lignes électriques de cette même catégorie. En conséquence, elles sont soumises aux prescriptions applicables à ces lignes.
- Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux sont toujours placées au-dessous des conducteurs d’énergie électrique.
- En outre, leurs postes de communication, leurs appareils de manœuvre ou d’appel sont disposés de telle manière qu’il ne soit possible de les utiliser ou de les manœuvrer qu’en se trouvant dans les meilleures conditions d’isolement par rapport à la terre; à moins que leurs appareils ne soient disposés de manière à assurer l’isolement de l’opérateur par rapport à la ligne.
- CHAPITRE IV
- ENTRETIEN DES OUVRAGES. ---- EXPLOITATION DES
- DISTRIBUTIONS.
- Précautions à prendre dans les travaux d’entretien des lignes.
- Lignes de la première catégorie.
- Art. 34. — Aucun travail ne peut être entrepris
- sur des conducteurs de la première catégorie en charge ou sur des conducteurs placés sur les mêmes supports que des conducteurs de deuxième catégorie, sans que des précautions suffisantes assurent la sécurité de l’opérateur.
- Lignes de la deuxième catégorie.
- § i6r. — Il est formellement interdit de faire exécuter sur les lignes de la deuxième catégorie aucun travail sans qu’elles aient été, au préalable, isolées de tout générateur possible de.courant.
- § 2. — La communication ne peut être rétablie que lorsqu’il y a certitude que les ouvriers ne travaillent plus sur la ligne.
- A cet effet, l’ordre de rétablissement du courant ne peut être donné que par le chef de service ou son délégué, et seulement après qu’il se sera assuré que le travail est terminé et que tout le personnel de l’équipe est réuni en un point de ralliement fixé à l’avance.
- Pendant toute la durée du travail, toutes dispositions utiles doivent être prises pour que le courant ne puisse être rétabli, sans ordre exprès du chef de service ou de son délégué.
- § 3. — Les mesures indiquées aux deux paragraphes précédents peuvent être remplacées par l’emploi de dispositifs spéciaux permettant, soit au chef d’équipe, en cas de travail par équipe, de protéger lui-même l’équipe, soit aux ouvriers isolés de se protéger eux-mêmes par des appareils de coupure pendant toute la durée du travail.
- § 4. — Dans les cas exceptionnels où il est nécessaire qu’un travail soit entrepris sur des lignes en charge de la deuxième catégorie, il ne doit y être procédé que sur l’ordre exprès du chef de service et avec toutes les précautions de sécurité qu’il indiquera.
- Elagage des plantations.
- Art. 35. — § ier. —Sur les voies publiques, empruntées par une distribution d’énergie électrique, l’élagage des arbres, plantés en bordure de ces voies publiques, soit sur le sol de ces voies, soit sur les propriétés particulières, doit être effectué aussi souvent que la sécurité de la distribution Tei
- S’il en est requis par le serviœd«''CtJntrôie, l’entrepreneur de la distribjjiien"est tenu de procéder à cet élagage eij.se'êonformant aux instructions du service de'voirie.
- § 2. — Il est interdit de faire exécuter les élagages ou des travaux analogues pouvant mettre dirëctè-ment ou indirectement le personnel en contact avec
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (28 Série). — N° 48.
- des conducteurs électriques ou pièces métalliques de la ae catégorie, sans avoir pris des précautions suffisantes pour assurer la sécurité du public et du personnel par des mesures efficaces d’isolement.
- Affichage, des prescriptions relatives à la sécurité
- dans les distributions de deuxième catégorie.
- Art. 36. — Les chefs d’industrie, directeurs ou gérants, sont tenus d’afficher dans un endroit appa rent des salles contenant des installations de la deuxième catégorie :
- i° Un ordre de service indiquant qu’il est dangereux et formellement interdit de toucher aux pièces métalliques ou conducteurs soumis à une tension de la deuxième catégorie, même avec des gants en caoutch®uc, ou de se livrer à des travaux sur ces pièces ou conducteurs, même avec des outils à manche isolant;
- 2° Des extraits du présent arrêté et une instruction sur les premiers soins à donner aux victimes • des accidents électriques rédigée conformément aux termes qui seront fixés par un arrêté ministériel.
- CHAPITRE Y
- DISPOSITIONS DIVERSES
- Interdiction d'employer la terre.
- Art. 3<]. — Il est interdit d’employer la terre comme partie du circuit de la distribution.
- Voisinage des magasins à poudre et poudreries.
- Art. 38. — Aucun conducteur d’énergie électrique ne peut être établi à moins de 20 mètres d’une poudrerie ou d’un magasin à poudre, à munitions ou à explosifs, si ce conducteur est aérien, de 10 mètres si ce conducteur est souterrain.
- Cette distance se compte à partir de l’aplomb extérieur de la clôture qui entoure la poudrerie ou du mur d’enceinte spécial qui entoure le magasin. S’il n’existe pas de mur, on devra considérer comme limite :
- i° d’un magasin enterré, le pied du talus du massif de terre recouvrant les locaux ;
- 20 d’un magasin souterrain, le polygone convexe circonscrit à la projection horizontale sur le sol des locaux et des gaines ou couloirs qui mettent ces locaux en communication avec l’extérieur.
- Conditions d'application du présent règlement.
- Art. 3q. — § Ier. — Des dérogations aux prescriptions du présent arrêté peuvent être accordées par le ministre des Travaux publics, après avis du comité d’électricité.
- § 2. — Le présent règlement ne fait pas obstacle à ce que le service du contrôle, lorsque la sécurité l’exige, impose des conditions spéciales pour l’établissement des distributions, sauf recours des intéressés au ministre des Travaux publics.
- | 3. — Le présent arrêté annule et remplace l’arrêté du 21 mars 1908.
- VARIÉTÉS
- L’incendie de la bibliothèque de l’Université de Toulouse.
- Nous insérons bien volontiers la note suivante qui doit trouver un écho dans tous les milieux scientifiques. Un incendie a anéanti la section de la Bibliothèque de l’Université de Toulouse ^France), consacrée à la Médecine et aux Sciences. Au nom de la solidarité unissant ceux qui travaillent à la recherche
- et à l’expansion de la vérité scientifique, X Université d,e Toulouse adresse un appel à tous les savants, à tous les éditeurs, à tous les libraires du monde, et leur demande de vouloir bien contribuer à la reconstitution de ses richesses bibliographiques, en lui offrant, ceux-ci les livres ou recueils dont ils pourraient disposer, ceux-là leurs publications scientifiques ou médicales.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
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- Malgré le court délai écoulé depuis la transformation du capital du Central Electrique du Nord, son assemblée ordinaire devait présenter cette année pour scs actionnaires un intérêt tout particulier, en raison des déclarations faites à l’assemblée extraordinaire du 8 avril et des appuis financiers et techniques qui lui assuraient une nouvelle existence. Et de fait le rapport du conseil précise bien, suivant son expression, comment il a déjà jalonné la route qu’il doit suivre.
- Le capital réduit à a millions avait été porté de suite à 4 millions par l’intervention du nouveau groupe français : nous le voyons donc figurer au passif par ioo ooo actions de 4o francs, auxquelles il faut ajouter 3 272 000 fr. d’obligations 4 1/2; sa contrepartie à l’actif est représentée par 791 718 fr. 94 en banque, 35o 000 fr. de prime de remboursement des obligations et 5 781 607 fr. de titres en portefeuille. Réalisant complètement sa participation dans l’affaire « Union des tramways » (on se rappelle les discussions provoquées par cette décision), le conseil conserva les intérêts qu’il possédait dans l’Electrique Lille Roubaix-Tourcoing, l’Energie Electrique du Nord de la France et la Compagnie des tramways de Roubaix-Tourcoing, mais s’assura immédiatement d’importantes participations dans toutes les affaires de la Société d’Entreprises industrielles : la Compagnie Electrique de la Loire, l’Energie Electrique du Centre, la Compagnie des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, la Société de Force motrice et d’éclairage de la ville de Grenoble, l’Energie Electrique du Littoral, la Société des Lignes Electriques, l’Omnium d’installations Electriques.
- Nos lecteurs connaissent par leurs bilans particuliers presque chacune de ces sociétés : trois cependant sont des plus récentes ; les deux dernières énumérées qui ont pour objet la construction des lignes de transport louées à bail et les installations intérieures données également en location. La troisième, la Compagnie des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, n’a pas encore d’exis-
- tence industrielle, car les 35o kilomètres de chemins de fer électriques à traction monophasée dont elle a la concession sont en construction. La formule financière adoptée est des plus intéressantes, dit le rapport ; et, en effet, les quatre cinquièmes de la dépense sont payés en argent par le département et l’Etat, le dernier cinquième seul étant fourni par la compagnie, laquelle d’ailleurs reçoit l’intérêt à 4 % et l'amortissement des sommes engagées ainsi par elle dans la construction. L’usine hydraulique, payée de la même façon, est mise à la diposition de la Compagnie des tramways avec faculté par elle de distribuer l’énergie électrique aux particuliers en dehors de celle qu’elle fournit aux tramways. Formule heureuse, en effet, puisque le concessionnaire apparaît pour la plus grande part comme un entrepreneur de travaux au compte du département qui l’autorise en outre et d’une façon privilégiée à vendre ses excédents d’énergie dans des conditions particulièrement avantageuses.
- Quelques-unes de ces affaires distribuent déjà un dividende; les autres sont en voie d’y parvenir: l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing a maintenant des résultats bénéficiaires, ses recettes mensuelles approchant de 13o 000 francs ; l’Energie Electrique du Nord de la France a presque doublé ses recettes par rapport à la même période de 1909 et installe dès maintenant un nouvel alternateur de 6 000 kilowatts.
- Pour l’exercice 1909-1910, le compte de profits et pertes du Central Electrique se solde en bénéfices par 22 547 francs qui ont été reportés, la réduction du capital ayant permis d’amortir 2933 199 francs de dettes résultant des insuffisances des exercices précédents. Le nouvel avenir du Central Electrique intimement lié à celui d’une série d’entreprises réellement bénéficiaires participera, maintenant, on a tout lieu de le croire, à leurs heureux résultats.
- Grenoble-Electricité n’a réalisé, au cours du dernier exercice, que i38 63i francs de bénéfices bruts contre 197 730 francs pour l’exercice précédent, les bénéfices nets étant eux-mêmes réduits de 75 767 francs à 49 028 francs. Les actions de priorité reçoivent pourtant leur dividende de 4 %-et la réserve spéciale pour amortissement des obligations
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- T. XII (2e Série). — N° 48.
- est dotée de 22 499 fr, 65. Le solde de 14 280 fr. 5a a été joint à la somme de 100000 francs mise en réserve l’an dernier et le total de 114 285 fr. 52 a été réparti de la façon suivante :
- Amortissement du compte de premier
- établissement.................. 6 091 5^
- Amortissement du compte fonds de
- commerce....................... 25 000 00
- Amortissement du compte matériel et
- outillage...................... 13193 00
- Amortissement du compte portefeuille.......................... 2000000
- Réserve pour amortissement et
- créances douteuses............. 5o 00000
- L’exercice en cours semble plus favorable et permet d’en,visager de meilleurs résultats.
- Le bilan présenté le 27 octobre dernier aux actionnaires de la Société Electrique des Pyrénées, réunis en assemblée ordinaire, est un bilan de réorganisation. Le capital initial de 800 000 francs ,fut réduit à 240 000 francs, puis élevé à un million par les assemblées extraordinaires des 26 avril et 21 mai 1910. Ces mesures énergiques eurent, pour corollaires l’amortissement des frais généraux de premier établissement qui figuraient encore à l’actif pour 400000 francs, l’amortissement de certains titres en portefeuille, du compte matériel et installations, et la création de réserves pour la prime de remboursement des obligations, le rachat des parts de fondateur et les frais d’augmentation du capital; d’autre part, le passif exigible, qui était de 1 677 408 fr. 58 avant ces modifications du capital, ne figure plus au bilan rectifié que pour 59 486 fr. 78. Le compte de profits et pertes afférent à l’exercice clos le 3o avril se solde par 48 5i4fr. 48 de bénéfices bruts, différence entre 4^7 74^ fr. 7Î> de recettes diverses et 389 231 fr. 24 de dépenses d’exploitation et frais généraux. Sur cette somme, le conseil a prélevé 29 6o3 fr 15 pour divers amortissements et a reporté le surplus à nouveau.
- Celte situation marque le début d’une ère nouvelle pour la Société, mais elle subit une guerre de tarifs qui n’a pas empêché une augmentation des recettes; mais il y a des limites à ces sacrifices. En dehors de Pau, douze communes de ses environs sont alimentées par le réseau de la Société Electrique des Pyrénées, qui peuvent lui procurer des compensations aux sacrifices consentis dans la ville.
- ÏNous pouvons espérer que là comme partout où la lutte est engagée entre Compagnie du Gaz et Compagnie de distribution d’Energie, de sages ententes
- viennent mettre fin à une concurrence qui s’exerce au plus grand détriment des actionnaires.
- La circulaire de la Banque Renauld attire de nouveau l’attention de ses lecteurs sur l’émission, par tranches mensuelles, de la portion qui lui a été réservée de l’emprunt de 5 millions des Forces Motrices et Usines de l’Arve : obligations 4 1/2 % de 5oo francs avec garantie hypothécaire. Même rappel pour les obligations 5oo francs hypothécaires rapportant 4 1/2 % nets de tous impôts présents et futurs, émises par l’Est Electrique.
- Sans prendre un parti, quel qu’il soit, dans ces questions de choix de valeurs qui dépassent absolument notre cadre, nous pouvons toutefois exprimer encore une fois l’opinion que ces affaires françaises sont de nature à retenir l’attention tout autant que les multiples valeurs sud-américaines qui encombrent notre marché en banque. Le correctif du préambule de la circulaire affirmant qu’il y a de l’argent à gagner dans la distribution de l’électricité, lampe par lampe, dans les villages « pourvu que l’exploitation soit faite avec économie » n’a guère plus besoin d’être rappelé aux dirigeants de ces affaires ; ils se laissent plus difficilement persuader de la nécessité de n’étendre leur rayon d’action que sous certaines conditions de recettes minima dont leur ambition de s’agrandir ou d’éviter des concurrences leur masque la nécessité absolue.
- Il est confirmé par la même circulaire que M. Vélin qui avait fondé, en 1905, à Saulxures-sur-Mose-lotte, le secteur compris entre Gérardmer, Saulxures, Rupt-sur-Moselle, la Forge et Remiremont, apporte à la Société Vosgienne d’Electricité la station centrale avec toutes ses dépendances. La Société d’vVp-plications Industrielles qui contribue à constituer la nouvelle société, reçoit 3 000 parts de fondateurs. Le capital est fixé à 5oo 000 francs, divisé en 5 000 actions de 100 francs, l’apport de la station étant représenté par 2 000 actions de 100 francs et 395 000 fr. d’espèces. Une émission d'obligations, autorisée jusqu’à concurrence de 5oo 000 francs, permettra de solder les apports. Comme répartition de bénéfices, on note 5 % à la réserve légale, 5 % aux actionnaires, i5 % sur le surplus au Conseil, 75 % du solde aux actionnaires, 23 % aux parts de fondateurs. L’affaire est en plein fonctionnement.
- Comme société en formation, les dernières publications signalent la Société d’Applications générales électrochimiques et mécaniques, avec siège social à Paris, ayant pour objet ; l’exploitation d’une usine hydro-électrique pour la préparation des gaz
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- hydrogène et oxygène par l’électrolyse de l’eau. Le capital est de 6oo ooo francs, divisé en 6 ooo actions de cent francs. Les apporteurs reçoivent 6o ooo fr. en espèces et 6oo actions de ioo francs entièrement libérées. Il est créé, en outre, 3 ooo parts de fondateur. Le partage des bénéfices comporte : 5 % à la réserve légale, 5 % aux actions, io % au Conseil, 5 % au directeur. Le solde est réparti comme suit : 40 % aux parts de fondateurs et 6o % aux actionnaires. Tout dans la constitution du capital, comme dans la répartition des bénéfices, appa-
- raît réserver par trop d’avantages aux fondateurs.
- Dividendes : l’assemblée des actionnaires des Usines de Rioupéroux a fixé le dividende à ssî> fr. par action. La Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon distribue un acompte de 7 fr. 5o à valoir sur le dividende de l’exercice en cours. L’absorption de la Compagnie Fourvières Ouest-Lyonnais est maintenant chose assurée, la sanction du Parlement, qui n’est pas douteuse, pouvant maintenant intervenir à bref délai après l'avis favorable du Conseil d’Etat. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loir-et-Cher. — Par décret du 3i octobre 1910 est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans les départements de Loir-et-Cher, d’Eure-et-Loir, d’Indre-et-Loire et du Loiret, d’un réseau de tramways.
- Aisne. — Par décret du 8 novembre 1910 est autorisé le département de l’Aisne à emprunter 1 920 ooo francs (chemins de fer d’intérêt local et tramways).
- Aube. — Par décret du 5 novembre 1910 est autorisé le département de l’Aube à emprunter 182750 francs (chemin de fer d’intérêt local).
- Seine-et-Marne. — Le Conseil général de Seine-et-Marne a approuvé la demande de la Société concessionnaire des tramways de Sevran à Claye, concernant la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur.
- Vaucluse. — Le Conseil général d’Avignon vient de nommer une commission chargée de s’entendre avec la délégation des Bouches-du-Rhône concernant la question des tramways électriques d’Avignon à Chàteaure-nard.
- Algérie. — Le Conseil général d’Alger a invité l’administration à se mettre en relation avec la Société T. M. S. pour étudier le projet de convention concernant le prolongement du tramways électrique d’Alger à Châ-teauneuf jusqu’à Bouzarea.
- La municipalité d’Oran a reçu trois propositions concernant la construction du tramway électrique Oran et Ancor; l’une de M. Begey, l’autre de la Compagnie des tramways d’Oran et la troisième du Syndicat d’entreprises électriques de Lyon. Une commission spéciale va étudier l’économie de ces trois projets.
- Loire. — La Compagnie des Chemins de fer à voie
- étroite de Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier et extensions a reçu tous pouvoirs de son Conseil d’administration pour opérer, dans le plus bref délai, la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur tout son réseau.
- Les travaux sont sur le point d’être terminés sur la ligne de Saint-Genest-Lerpt à Roche-la-Molière. Ils seront achevés avant l’hiver prochain jusqu’à Saint-Cha-mond, pour se continuer, ensuite, jusqu’à Rive-de-Gier. Entre temps, la ligne du Pertuiset sera transformée en ligne électrique. La traction électrique pour la ligne de la Fouillouse reste en suspens jusqu’à ce que le Conseil général ait pris une décision en ce qui concerne le prolongement jusqu’à Saint-Just ou Andrézieux.
- Italie. — La direction générale des chemins de fer italiens vient d’être autorisée à acquérir le matériel suivant : 200 locomotives de divers groupes, 25o voitures à voyageurs et 4 608 wagons à marchandises, dont la fourniture sera réservée aux ateliers de construction nationaux .
- La Societa Imprese Elettriche Piacentine a obtenu la concession d’un tramway électrique de Piazza-San-Sa-vino (Piacenza) à Molino degli Orti.
- Suisse. — Une concession a été accordée à la Société de Développement de Saint-Moritz pour la construction et l’exploitation d’un funiculaire électrique de Saint-Moritz à l’Alpe-Giop. La ligne coûtera environ 420 ooo fr.
- La Societa delle Tramvie Elettriche Locarnesi a été autorisée à établir un chemin de fer électrique de Gor-dola à Bellinzona, d’une longueur de 12 kilomètres. Le devis est de 992 ooo francs.
- Russie. —Le minislèie des voies de communications a soumis à la Douma une demande de crédit de 33 millions de roubles pour le relèvement du matériel des
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- chemins de fer de l’Etat. On s’attend par suite à d'importantes commandes à l’industrie russe.
- Allemagne. — Les chemins de fer de l’Etat saxon viennent de commander pour environ ^ millions de marks de voitures à voyageurs, moitié à la firme Busch, à Ëautzen, et moitié à la Sachsische Waggonfabrik, à Werdau.
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — L’usine hydro-électrique de Bruno, située sur la Reyssouze au territoire des communes de Jayat et Foisstat, va fournir sous peu de temps l’énergie électrique à la commune de Gras-sur-Reyssouze pour l’éclairage et la force motrice.
- Gras-suj’-Reyssouze sera la neuvième commune de la région alimentée d’énergie électrique par l’usine Bruno.
- Côte-d’Or. — Sur l’initiative de M. Barthélemy, instituteur à Foncegrive, des études concluantes viennent d’être faites pour l’éclairage électrique de Selongey et de Foncegrive. C’est au moulin de Foncegrive que serait établie l’usine productrice.
- Deux-Sèvres. — Un projet d’éclairage électrique de Coulonges est à l’étude. M. Béros, concessionnaire à Matha (Charente-Inférieure), se propose de prendre à sa charge cette entreprise moyennant certaines conditions que la commission municipale devra examiner ultérieurement.
- Eure. — Le Conseil municipal de Magny-en-Vexin a commencé dernièrement la discussion de la proposition de la commission spéciale instituée pour étudier le projet de création d’une station centrale.
- Isère. — La Société immobilière des forces motrices de Yercors, qui possède l’importante usine électrique du Bournillon, de 4 ooo chevaux, sur la commune de Châtelus, dont la puissance rayonne sur Valence, Romans, Vienne et de nombreuses autres villes et localités, et qui, de plus, vient de s’adjoindre l’usine électrique Froment, d’Auberives-en-Royans, éclairant Saint-Just-de-Ghaix, Auberives, Chatte, Saint-Romans, etc., va encore éclairer et fournir la force à de nouvelles agglomérations et industries importantes.
- Pour l’augmentation de la force hydro-électrique dont la Société aura besoin, un nouveau et long canal d’amenée va être creusé. Il partira de la rivière la Bourne, au hameau de lu Balme-de-Rencucel^ et sera percé presque en entier dans le rocher vif, avec un outillage spécial. Ce canal aboutira il une grande hau-lcui\en dessus de l’usine, supérieure de beaucoup à celle du premier canal, et la chute ainsi obtenue produira une force qui doublera les 4 ooo chevaux actuels et placera l'usine au premier rang de celles de la région.
- Une enquête vient d’ètre ordonnée à ce sujet par le préfet de l’Isère.
- De plus, vont commencer, sous peu, à Choranche, des travaux de captage de force, également sur la Bourne, et de construction d’une usine nouvelle à Chabert, dont la force éclairera aussi de nombreuses agglomérations et alimentera de grandes usines.
- Loire-Inférieure. — Le Conseil municipal de Paim-bœuf, sur la proposition du maire, vient d’approuver les propositions concernant l’éclairage électrique, présentées par la Compagnie départementale d’énergie électrique dont le siège est à Paris.
- Le Conseil municipal de Magny a pris connaissance d’une propositon de la Société du gaz concernant l’installation d’une station centrale d’électricité pour l’éclairage de Magny et des communes environnantes, avec fourniture de l’électricité tantàla ville qu'aux particuliers. Une commission a été chargée d’étudier cette question.
- Lot. — M. Bougon a proposé à la commune de Touzac la fourniture de l’éclairage électrique. La municipalité a décidé de discuter sous peu cette demande de concession.
- Maine-et-Loire. — M. Paul Blavier, administrateur des mines d’or de Saint-Pierre-Montlimart, fait construire actuellement à Montrevault une usine électrique destinée à distribuer la force et la lumière électriques à Saint-Pierre-Monllimart et à Montrevault.
- Pyrénées-Orientales. — Sur la proposition du maire, le Conseil municipal de Prats-de-Mollo décrète l’achat de la source de la propriété Puigt et Deltruill. Cette source suffira largement, pouvant produire une force d’au moins 45 chevaux, aux besoins de l’éclairage de la ville et de la Clapère.
- Le Conseil municipal de Mont-Louis vient de rejeter comme trop onéreuses les propositions présentées par la Compagnie du Midi au sujet de l’éclairage de la commune.
- Seine-Inférieure, — Dernièrement le Conseil municipal de Vieux-Rouen-sur-Bresle s’est réuni en session extraordinaire pour apporter quelques^flmdifieïrtnînsTê-forme au cahier des charges établi pour la concession de la distribution d énergie électrique. Ces modifications ont été'adoplées à l’unanimité et acceptées par M. Le-coiulc, concessionnaire.
- La transformation et l'installation de l’usine du concessionnaire sont d'ailleurs presque achevées et l’on espère que le service d’éclairage pourra fonctionner très prochainement.
- Autriche-Hongrie. -— La municipalité de Znojmo
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- (Moravie) projette l’établissement d’une station électrique pour l’éclairage et transport de force par courant triphasé.
- DIVERS
- Récompenses décernées aux exposants français de l’I3xposition de Bruxelles.
- Classe 23. — Production et utilisation mécaniques de l’électiucité.
- Hors concours.
- Latour(Marius),à Paris.—Société Alsacienne de Cons~ tructions Mécaniques, à Belfort, Mulhouse et Grafen-staden.— Société Gramme, à Paris.— Vedovelli, Priestley et C!c, à Paris.
- Diplômes de grand prix.
- Atelie'rs de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, à Paris. — Compagnie Générale Electrique, à Nancy.— Hillairet, ITuguet, à Paris. — Là Canalisation Electrique, à Saint Maurice (Seine). —Société française des Câbles Electriques, système Bertlioud-Borel et C‘®, à Lyon.
- Diplômes d'honneur.
- Bénard (Joseph) (maison Barbier, Bénard et Turenne), à Paris. — Debauge et Cle, à Paris. — Neu (Lucien), à Paris. —-Société des Ateliers électriques de Sainl-Ouen, àSaint-Ouen.
- Diplômes de médaille d’or.
- Grièges (Henri de), à Paris. — Guillaume (Jacques), à Paris. — Roche-Grandjean, à Paris. —Société française d’entreprises électriques à Paris.
- Classe 24. — Electro-Chimie.
- Hors concours.
- Société pour le travail électrique des métaux, à Paris. —Vedovelli, Priestley et C‘°, à Paris. — Société d’électro-métallurgie de Dives, à Paris.
- Diplômes de grand prix.
- Compagnie française de charbons pour l’électricité à Nanterre~.~— Delafüir- (Alfred),'"à PariS7~—^~Lcclanclié et C‘°, à Paris. — Société anonyme le « Carbone », à Levallois-Perret. — Société des établissements ICeller, Leleux et Céa, à Paris. — Société des procédés Gin pour la métallurgie électrique, à Paris. — Société la « Néo-Métallurgie » et Société chimique du Gillre, à Saint-Geoire (Savoie), et à Paris.
- Diplômes d’honneur.
- Compagnie de l’Ozone (procédés Otto), à Paris. .— Société des Accumulateurs Heintz, à Paris.
- Classe 25. — Eclairage électrique.
- Hors concours.
- Cance iilsetC*0, à Paris. — Compagnie française des perles électriques, à Paris. — Roux (Gaston), à Paris. — Société Gramme, â Paris.
- Diplômes de grand prix.
- Appareillage électrique Grivolas, à Paris. — Bardon (L.), à Clichy (Seine). — Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force, à Paris. — Guinier (Edouard), à Paris. — Turenne (Paul) (maison Barbier, Bénard et Turenne), à Paris.
- Diplômes d’honneur.
- Blanc (Charles), à Paris. — Société Lacarrière, à Paris. — Véry (Hector), à Paris.
- Classe 26. — Télégraphie et Téléphonie.
- Hors concours.
- Compagnie française des câbles télégraphiques, à Paris. — Compagnie Radiotélégraphique, à Paris. — Gaifle (G.), à Paris. ’— Mildé (Ch.) fils et Cie, à Paris. — Schmidt, Bruneton et Morin, à Paris.
- Diplômes de grand prix .
- Carpentier (J.),àParis. —Société de matériel téléphonique Aboilard et Cie, à Paris. — Société Industrielle des Téléphones, à Paris .
- Diplômes d’honneur.
- Association des ouvriers en instruments de précision, à Paris. — Belin (Edouard), à Paris. — Charbouneaux et Cie, à Reims. — Verrerie de Folembray, à Folem-bray (Aisne).
- Diplômes de médaille d'or.
- Ancel (Louis), à Paris. — Darras (ateliers Deschiens), à Paris. — Ducretet (F.) et Roger(E.), à Paris. — Fontaine Souverain, à Dijon.
- Classe 27. — Applications diverses de l’électricité. Hors concours.
- Dumont (G.), à Paris. — Gaiffe (G.), à Paris.
- Diplômes de grand prix.
- Carpentier (J.), à Paris.— Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz, à Paris. — Ducretet-^FL)—et—RtTgBr'TE?). à Paris. — Dunod (H.) et Pinat (E.), à Paris. — Radiguet et Massiot (G. Massiot, successeur), à Paris. — Richard (J.) â Paris. — Société d’Electricité Mors, à Paris.
- Diplômes d’honneur.
- Société Magnéla (Brillié frères), à Paris. — Société d’élcclricité-Nilinelior, à Paris.
- Diplômes de médaille d'or.
- Compagnie F'. A. C., à Paris. — Société anonyme Apicéa, h Paris. — Société française des Câbles Electriques, système Berthoud, Borel et C,e, à Lyon.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2e.Série). — N° 48.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société Toulousaine d'Electricité. — Le 3 décembre, io, quai Saint-Pierre, à Toulouse.
- Société d'Electricité Mors. —Le 6 décembre, 7, rue Du-ranti, à Paris.
- Société Impériale ottomane d’Eciairage par le Gaz et T Electricité. — Le 17 décembre, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société des Forces motrices de la Vallée de ta Sienne. —-Le 17 décembre, 47, rue Le Peletier, à Paris.
- L'Eclairage Electrique. — Le 3 décembre, 364, rue Le-courbe, ^ Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 14 décembre, à n heures, à la Bourse de Bruxelles. fourniture et pose de câbles téléphoniques et d’accessoires dans l’agglomération liégeoise, 453 8a3 fr. 75 ; caut. : 01 5oo francs (cahier des charges spécial, n° 1 170); prix
- des plans : 3o francs. Soumissions recommandées le 10 décembre.
- ESPAGNE
- Le 17 décembre, à 12 heures, à la junte des travaux du port de Coruna, fourniture d’une commutatrice à câble souterrain avec accessoires pour le travail des grues électriques du mole de Santa-Luc.ia; caut. : 5oo pesetas.
- ALLEMAGNE
- Le 2 janvier, à l’administration communale, à Steglitz, fourniture et montage de moteurs électriques avec accessoires.
- TURQUIE
- Le i5/28 février, à 2 heures, au ministère du Commerce et des- Travaux publics, à Constantinople, adjudication de la concession : 1» du chemin de fer à voie de 1 m. o5 de Ibelli à Avlona avec embranchement sur Janina; — 2° du chemin de fer à voie normale de Kara-féria à Ibelli et Serlldié, Bèche-Pounar et Bey-Deirmen (frontière hellénique).
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l’année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (1vs série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- 4»
- »*BÏ8. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CAB8ETTF,17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- SAMEDI 3 DECEMBRE 1910.
- Tome XII (2” série). - N" 49,
- Trente*deuxi£me année.
- La
- Lumière Électrique
- P<r é eé d em m ent
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- jf
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289.—J. Rezelman. La réactance synchrone cl asynchrone (à' suivre), p. 291..— G.BÉniot. Nouveaux principes et appareils cle mesure industrielle pour distributions alternatives simples et triphasées (fin), p. 296.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Méthode pour l'uuiiicalion des théories des diverses machines et appareils électriques, H. Zipi*, p. 3oa. Sur l’action d’un champ magnétique sur la décharge électrique, E. Bloch, p. 3ou. — Recherches sur les gaz occlus coutenus dans les alliages de cuivre, G. Guillemin et B, Dëlaciianal, p. 3o3. — Etude, construction et essais de machines. Sur la dispersion des moteurs à champ tournant, W. Rogowski, K. Sim on s et B.-E. Hei.lmuxd, p. 3o3. — Usines génératrices. Sur les moteurs désaxés, A. Petot, p. 3o3. —L’évaluation des prix de revient du courant électrique, W. Wundeh, p. 3o4. — Variétés. L’état actuel de l’industrie électrique en Allemagne, G. Dettmau., p. 3o(i. — Chronique industrielle et financière — Xotes industrielles. L’éclairage par lampes à arc à courant continu, p. 3og — Chronique financière, p. 317. — Renseignements commerciaux, p. 3ig. — Adjudications, p. 3ao.
- ÉDIT OUIAL
- Dans son travail actuel sur la réactance synchrone et asynchrone, M. J. Rezelman revient à l’étude expérimentale du turboalternateur de 4 000 K V A qui avait déjà été faite (mais le rotor étant enlevé) dans l’article précédent, sur l’induction mutuelle entre phases.
- L’auteur étudie maintenant la réactance du stator, le rotor tournant d’abord au synchronisme, puis étant immobilisé, et il recherche comment elle varie avec les positions de ce dernier.
- La machine considérée ici est à rotor lisse. Le cas des pôles saillants sera examiné dans une étude ultérieure.
- Parallèlement à la détenmination de la charge complexe d’une installation, les recherches de M. Arno conduisent aussi à la mesure de la paissance apparente mise en jeu dans une distribution à courant alternatif simple ou triphasé.
- Les deux premières parties de cette longue étude, où abondent les données pratiques, étaient plus spécialement consacrées à l’élude de la charge complexe. Quant aux différents montages préconisés pour la mesure de la puissance apparente, ils sont aujourd’hui examinés en détail, en triphasé,-que la charge soit ou non également répartie sur les phases.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T, XII (2* Série). — N°49.
- De plus, l’étude intégrale de M. Arno est résumée sous forme de deux tableaux synoptiques.
- Enfin, la discussion qui a suivi l’intéressante communication de M. Arno souligne mieux que tout autre commentaire l’intérêt qu’elle comporte.
- Nous avons cru devoir faire une place à une polémique qui s’est poursuivie dans une publication allemande, en raison de son caractère strictement technique.
- Les ingénieurs, qu’intéresse l’étude approfondie de la dispersion des moteurs à champ tournanty pourront donc prendre connaissance des objections élevées par MM. Ro-gowski et Simons, contre la théorie de M. Hellmund, qui a été publiée ici même.
- M. W- Wunder expose les deux méthodes utilisées jusqu’ici pour déterminer les prix de revient du courant électrique.
- Toutes les deux font bien une distinction entre les frais directs et les frais indirects, les dépenses variables et les dépenses fixes; mais le procédé employé pour établir cette distinction n’est pas le même. Pour l’une, il est plus ou moins conventionnel : il résulte de l’examen des livres de comptes ; pour l’autre, au contraire, il est empirique, mais,
- d’après l’auteur, il donne lieu à plus d’exactitude.
- Nos lecteurs trouveront ensuite, en Variétés, un exposé des progrès accomplis au coui’s de ces vingt dernières années et de Y état actuel de Vindustrie électrique en Allemagne. M. Dettmar y passe en revue les diverses branches de l’industrie électrique : construction de machines, appareillage, procédés d’éclairage.
- Il examine la répercussion du développement incessant de l’éclairage et de la force motrice sur le nombre et la puissance des stations centrales.
- Il termine en indiquant les progrès réalisés dans le domaine de la télégraphie et de la téléphonie.
- De telles études sont fréquemment publiées en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis. Il est permis de regretter qu’en France on ne trouve pas aussi facilement la documentation nécessaire pour en établir les bases.
- Enfin, dans nos Notes industrielles, on trouvera la description d’un type de lampe à arc à courant continu avec un certain nombre de données photométriques d’un intérêt général.
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- 3 Décembre 1910.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- S»i
- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE
- Turbo-âlternaleur triphasé de 4 ooo KVA à 4 pôles — 6 6oo volts entre phases — 5opériodes -— i 5oo tours.
- La réactance du stator de cet alternateur, le rotor étant enlevé, a déjà été déterminée dans une étude précédente sur Y Induction mutuelle entre phases (').
- Dimensions.
- Stator :
- = i 0:v,mm,
- l — i o5o — 26 X 7, V"m, rainures = 6o (22 X 73) ouvertes, S;t =5, p a
- Hotor :
- divisions= 48 rainures
- h--
- ts
- 7
- : 81amm,
- : ;):“)()1,11,1 : 54,a(lig. 1) : 5
- o = 2ollim, t;r = 65"lm
- 32 (27 X 148) à 3<> barres (fig. 1).
- Le rotor a 48 divisions, mais il n’y a que 3a rainures étampées et bobinées; l’enroule-rnent d’excitation constitue donc un bobinage
- monophasé où q
- L Q - 1 Q-
- De plus, les cales en laiton, non isolées, qui maintiennent l’enroulement d’excitation dans les rainures, forment, avec le fer du rotor qui est constitué de tôles non isolées, d’une épaisseur de 1 millimètre, et les couronnes en bronze du bobinage extérieur, une cage d’écureuil. Cette cage d’écureuil n’est pas répartie d'une façon uniforme sur la périphérie, l’épanouissement — x n’ayant pas de
- 12
- rainures (fig. 2 et 3).
- Il s’ensuit que, le rotor tournant synchroniquement avec le champ du stator, la réluctance variera suivant la position transversale ou
- antagoniste ; les coefficients /.•, en donnent la différence (fig. 2).
- Dans la position transversale on a :
- a 4, a
- : + -
- <>r>
- 2.3a,2+y 20(22-1-13) 2.62+^20(22+1 3
- = 1,092
- (*) Lumière Electrique, 22 janvier 1910, 9. 99.
- Stator
- H otor
- U.*/ w .
- 1.
- et dans la position antagoniste :
- l* 54,2
- hi
- "H V § • >'1.1 >2,2 -j-4/20:22
- :=: 1,020 :
- il y a donc une différence de ± 7 %. —
- La réactance fondamentale par phase en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2» Série). — H° 49.
- triphasé, correspondant à l’entrefer, est pour une fréquence c — a 5 :
- Iî,
- 0,9. a5.5oa o,63 7.81 ,2. 9!»
- 2. 1 o"
- X
- A'! . 2
- donc pour la position transversale :
- i\st = — 4,83 ü
- 1,092
- et antagoniste :
- R ta
- Pour la réactance de dispersion du stator,
- Hotor
- 5,28
- ,02
- 5,i8 12.
- les perméances X„ el;Xs peuvent être calculées comme pour un moteur asynchrone (fig. 1) :
- A,u — ------1—-+
- 2 r.
- f'i
- 2Ù \
- r -1-----------11--hl,2t>---h*—r—------I
- ir.s /•., a/’j+z'., /-1+27-., r, t:.ô+47-,/
- 2 .1.7 2.7 . 1 2.20
- =i,2:>( -~~l-----hp-------—1----------—H,26—1-----------——
- \66 22 5.22+30 22+2 .10 22 71.20+4.2'J
- = 1 ,20. I ,64 = 2,o5 et
- su 1
- 12,0.20.OO"
- 2.0.10°
- . 95.2,05 := O, I 02 12.
- Pour les raccordements extérieurs nous avons trouvé précédemment (A=o) :
- sa “h *2.s'c — 0,28 Q
- par phase, pour c — 20.
- La perméance A,, dépend de la position du rotor; dans la position antagoniste., elle est, comme pour les moteurs asynchrones :
- /(«= l,2»
- - >’u]
- 6.§.tr
- ! ,20
- (52 — 22) “ 6.20.65
- d’où :
- xsha =1 0,010.7 ^
- et dans la position transversale :
- l'kt
- - J S
- L
- - 5 2,2
- [ ,20 —- —: 1,20 — ’ 4.8 ’
- 4-20
- - o,5;
- t-Jtgrpnne en (rrornê
- 'S.-Cale en laiton
- Ftotoi
- d’où;
- Xgia = 0,0871 12.
- La réactance de dispersion du stator par phase, le rotor tournant au synchronisme, est donc, dans la position antagoniste :
- Rs„ “ 0,1 52 -(- 0,28 -j- 0,0107 = 0,4427 12 et dans la position transversale :
- Rst = 0,152 -|- <>,28 ~|- 0,0871 = <>,4691 12, d’où les réactances totales :
- R.îre -f- Rsa — 5,1 8 -f~ O/l 4 — 5,62 12
- et
- Rai -f- Rsf — 4,83 -f- 0,47 — 5,3o 12.
- Déterminons maintenant la réactance du stator avec rotor fixe, l’enroulement d’excitation étant court-circuité :
- i<l En monophasé sur une phase;
- 0 En monophasé, deux phases en série.
- = 0,145,
- 2
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- 3 Décembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Deux cas sont à considérer :
- A) position antagoniste,
- B) position transversale.
- Dans la position antagoniste où les parties lisses (sans rainures) se trouvent dans l’axe des bobines du stator (fig. 5 et 7), l’enroulement d’excitation est soumis à Vinduction et
- f)
- constitue un enroulement monophasé q = ‘- Q.
- 3
- La réactance peut être calculée comme pour un moteur triphasé ordinaire avec rotor bobiné.
- Fig. 4.
- On trouve pour 2, (’) ;
- Réactance dans la position antagoniste en monophasé sur une phase (fig. 5).
- Stator :
- nous avons déjà trouvé (page .>.99) :
- Xn = V>r>
- et même page :
- X/,1 =0,1/1“).
- Rotor :
- q = i Q = S. D’après la figure 4 :
- Les cales en laiton formant cage d’écureuil (assez résistante) seront également parcourues par du courant ; on peut en tenir compte en supposant que l’enroulement d’excitation remplit les rainures jusqu’au milieu des cales (fig. 4)-
- Il n’en est pas de même dans la position transversale; ici l’enroulement monophasé d’excitation n’est soumis à aucune induction; il n’y a production de courant que dans une partie des cales formant cage d’écureuil et le champ principal peut se fermer librement à travers l’épanouissement (fig. fi et 8).
- La réactance correspondante (champs supérieurs compris) est :
- R®t= —---------TT-1''
- k\
- - 1 >J r> 1 Z—~ +
- j . /|
- 8. y. y 1 ’ 1 ' i Tt. 20 -|- /t . 1 '>
- ™ 1,9.5,2,‘>.8 = 2,85
- et
- - (82,2- t3f
- a*2 = 1 a() 5/. a == 1 >2) • °,o;>76 = <V>7U-
- Il en résulte :
- 12,5.25.5o2 /2,o5 2,85 o,i/|5 o,nyj.\
- >'sn +-r
- 2. IO"
- : 0,298 O.
- _.ç)r,(_7_ + =_ + .
- i-)
- i*) I/épanouissement a en réalité un développement plus grand que t: les chiffres indiqués pqur a, se rapportent aux valeurs réelles de Q = 12.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. XII (2e Série). N»49.
- Les bobines extérieures du rotor représentent un bobinage par pôle :
- 4 = 75o““,-
- lsn = lsb = 47om“, = utb = 6oo"'m,
- /Je ~ 28omm M.sc = i sdo1"”1
- Nous pouvons considérer que A = o, par compensation (fig; 3) ; donc :
- ta,5.i*5.5os / i . 2,70
- X* — —-------- °»46 ( -. 47 lo8’
- a.io8 \2 (JO
- == 0,022 £2.
- 28 lo
- ° I ao /
- Nous avons déjà trouvé que la réactatice des bobines extérieures du stator est 0,28 Q; il en résulte que la réactance totale (sans champs supérieurs) est
- 0,398 -f- 0,022 -j- 0,380 = 0,60 £2.
- On mesure 0,82 £2; il y a donc une dilîé-
- Stator :
- <1 — 3 Q = 5 ;
- X„i = a,o5 et Xa* = o,i45.
- Rotor : dans la position transversale, l’enroulement monophasé d’excitàtioil du rotor est décalé de 90° par rapport à l’enroulement monophasé du stator et n’est donc soumis à aucune induction ; il n’y a qu’une partie de la cage d’écureüil du rotor qui a un effet éoim pensàteur; d’après là figure 6, les Cales en laiton représentant un enroulement monophasé ci --2.
- ..aSf-il.
- ' VL 20
- = 0,95 (fig. 2) X/.2=0,07a.
- Si a toi-R <J= J (2 = S
- Rotor en nionop/iactéo<[= S (J=<y Fig. 5. — Position antagoniste.
- Stator.^ | >
- f) f'ftfp? <{ écif/Vtlll: (f- Z
- Fig*, (i. — Position transversale.
- rence de 0,22 Q, due aux champs supérieurs. 1 Nous savons que :
- Rire -f- Ri« — lti) r=;; 5,6a £2 |
- et nous trouvons donc que la réactance cor- ) respondant aux champs supérieurs est : !
- 0,33
- IL
- «Ni
- 0,0^9 Ko,
- au lieu de (0,00 à o,o58) R0 pour les moteurs asynchrones avec rotor bobiné.
- En effet, nous avons considéré le rotor comme n’ayant qu’un enroulement mono-
- phasé q = Q ; il est certain que la cage
- O
- d’écureuil compense en partie les champs supérieurs, ce qui explique la diminution de eètte réactance.
- Réactance dans la position transversale en monophasé sur une phase (lig. (b.
- Il en résulte :
- 1 ... , °>95 , ‘M'i5 0,07 a
- •Ls„ + *sk — °h7 y~ir- + — H-------------1--~
- — o,353 £2. D’après le tableau
- a.t — 0,22 pour
- d’où
- Q 3’
- 4.a5.5os 81,2
- l>a< = ------n—.«).'».•---.0,23 =; I,()3/| £2.
- 2.10” 1,02.2 1.1 1 if 1
- La réactance, des bobines extérieures du stator est 0,28 ü ; la réactance totale est donc :
- o,353 -f- t,o34 -j- 0,28 = 1,667 O.
- On mesure 1,76 O ; la concordance avec l’essai est donc suffisante;
- Les essais montrent dotic que la réactance
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 200
- en monophasé sur une phase, à la fréquence c =s 25, a les valeurs :
- a) avec rotor enlevé : o,85 Ü;
- b) avec rotor dans la position antagoniste : 0,82 Q;
- c) avec rotor dans la position transversale : 1,76 Ü;
- Réactance par phase dans la position antagoniste, en monophasé, deux phases en série,
- (fig- 7)-Stator :
- q — - Q = 10; X„i = 2,o5 et X41 = 0,1 45.
- Rotor :
- q = - Q = 8 ; X„2 = et X^ — 0,072.
- '> f
- Il en résulte :
- “f" Xsk — 2.0,37
- a,o5 2,85 o,i/|5 0,072
- 10
- 10
- )/i33 £2.
- du rotor, dans la position anta*goniste, serait donc, d’après les essais, assez important pour réduire à moitié l’induction mutuelle entre, phases du stator.
- Réactance par phase dans la position transversale, en monophasé, deux phases en série
- («g- fi)-
- Stator :
- ?
- — 2,0 > et X/.,
- o,i45.
- Rotor : d’après la figure 8, il y a par pôle 4 cales en laiton de la cage d’écureuil, qui sont soumises à l’inducliou;
- X„3 = 0,95 et X/,2
- 0,072,
- comme en monophasé sur une phase.
- Nous trouvons ainsi pour :
- I _ o , 0,95 . 0,95 3 0,145
- Xsn •’Vgi— 2 °? '7
- 10 10 ' 2 ’ 5 IO
- 0,072 0072 3\
- + -2-1- + ~ ~-r = «N744 ü.
- TM IM f --- - -
- StQtor,:q„X ()=H> <3
- Fig. 7. — Position antagoniste.
- La réactance des bobines extérieures du rotor est 0,022 Q ; d’où :
- 0,4334^0,022 = 0,4550.
- On mesure une réactance totale par phase de 0,79b O ; il reste donc :
- 0,79(1 - 0,455 =r 0,341 £2.
- La réactance, des bobines extérieures du stator,en monophasé sur une phase, est 0,28 ü;
- , o,34i
- il y a donc une augmentation de.----— = 1,22
- J 0,28
- produite par induction mutuelle, au lieu de
- i,45 avec rotor enlevé; L’effet compensateur
- Jtotor il Ctif/o (li’rmvmtiq *
- Fig. S. — Position transversale.
- D’après le lablea.ii
- eut = 0,0 j
- q
- pour-^
- d’où : Ra,
- 4.25.5o2 81,2
- 2 ----T- 9 * —----• o,o5 = 0,47 42.
- 2.10° 1,02.2 1
- On mesure une réactance totale par phase de t,64 O; ü reste donc :
- 1,04 — 0,74\ — 0,47 -- 0,42.042
- pour les bobines extérieures dû stator.
- La réactance en monophasé sur une phase
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tome XII (2e Série),
- 296
- — N» 49'.
- esto,i>.8 Q ; il y a par conséquent une augmenta-
- tion
- de
- o,4-<6
- 0,28
- produite par induction
- mutuelle, donc sensiblement la même qu’avec rotor enlevé.
- Les réactances par phases, mesurées en monophasé, deux phases en série, à la fréquence c = 2a, sont donc :
- a) avec rotor enlevé : 1,12 Q;
- b) avec rotor dans la position antagoniste : 0,796 Q;
- c) avec rotor dans la position transversale :
- 1,64 ü.
- En tournant lentement le rotor, les réac-atnces par phase varieront donc :
- 1) en monophasé sur une phase, entre 0,82 et 1,76; valeur moyenne, 1,29 Q;
- 2) en monophasé sur deux phases en série, entre 0,796 et 1,64; valeur moyenne, i,22Ü;
- On mesure comme valeur moyenne :
- 1) c — 5o — I — /|6 — coso o,'-!, d’où :
- /, s
- /l()
- 1 .o;> L.
- O
- et
- 2) (‘ — r,o --- I : 'LS — COSO “ O,'‘17,.
- d’où :
- Il en résulte que la variation de la réactance entre les valeurs minimum et maximum est sensiblement sinusoïdale sur deux phases en série, mais sur une phase la valeur maximum ne se présente que momentanément.
- En triphasé on mesure :
- 3) e = 5o — I — 47 — coscs — o,3, d’où :
- Nous pouvons en tirer la conclusion que la réactance par phase, en tournant lentement le rotor, a comme valeur, en monophasé sur une phase :
- 10 + 7 (R« - 10) - 7 R« + 7 IL
- h ’t h
- et en monophasé, deux phases en série, ainsi qu’en triphasé :
- R» + - (R* — IL) = 1 IL + - IL.
- 2 2 2
- (d suivre.)
- iS
- — 1 a , LJ.
- J. Riîzi:i.man,
- Intfôuionr, Cliol' do sorvico dos A. C. K. C.
- NOUVEAUX PRINCIPES ET APPAREILS DE MESURE INDUSTRIELLE
- POUR DISTRIBUTIONS ALTERNATIVES SIMPLES ET TRIPHASÉES {Suite ctfin.){').
- Considérons finalement le cas de la mesure de la puissance appareille dans des systèmes triphasés, dissymétriquement chargés, pour des valeurs du facteur de puissance comprises entre 3o* et 60"; c’est, précisément ce qui arrive quand
- (Ù H. Akno. Atli dell .Issucinziime elellrntecnicn ilaliana, mars-avril ujio.
- Voir Lumière Electrique, ty et a(j novembre lyio.
- il s’agit d’installations dont la destination essentielle est l’alimentation de moteurs.
- Tandis que la puissance réelle totale de l’installation est donnée, dans le cas de systèmes symétriquement chargés, par la formule P,. — 3 v I cos o
- la puissance apparente, dans ce même cas, a pour expression
- P,
- = 3 v 1.
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- 3iDécembre 1910.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 297
- Or, si nous désignons par et t|>„ les valeurs des décalages entre le flux voltmétrique et la différence de potentiel aux bornes du circuit volts, pour les deux appareils I et II, destinés à la mesure de la puissance apparente, la lecture faite avec ces deux mêmes appareils sera, dans un système symétriquement chargé, proportionnelle à
- VI [cos (<p —}— 3o — ) —|— cos (<p — 3o — tj;,,)].
- Si nous voulons déterminer et t}),, d’après les considérations qui précèdent, nous devrons chercher d’abord quelles sont les valeurs de et de t|»' qui rendent l’appareil exact pour la mesure de la puissance apparente, dans un système à courant alternatif simple, lorsque cette mesure est effectuée pour des valeurs de cp comprises entre 6o° et 90°. Ces valeurs 1}/ et <]/ (si l’on suppose l’étalonnage effectué pour <pr=6o°) sont respectivement égales à 72" (appareils électrodynamiques) et à 162° (appareils à induction).
- D’ailleurs, on sait déjà que, pour des valeurs de tp comprises entre o° et 3o° environ, on a = i3° et <p' = io3°.
- Soient donc deux compteurs, dans lesquels les décalages entre le flux et la différence de potentiel aux bornes de la bobine de tension sont respectivement de 720 et i3° (appareils électrodynamiques) et de if)2° et io3° (appareils à induction); insérons le premier comme compteur I, le second comme compteur II.
- On trouve alors que la somme des deux lectures estproportionnelle àlapuissance apparente totale, quelles que soient les valeurs des décalages entre les intensités des courants dans les trois phases du montage et les différences de potentiel respectives aux bornes de ces trois phases (tableau B, cas a').
- Le calcul des erreurs relatives et leur comparaison montrent que, pour chacun des compteurs, la plus grande erreur positive est égale à la plus grande erreur négative et qu’elles correspondent la première à un décalage d’environ 4o° à 45°, la seconde à un décalage tp = (k>° (± 2,3 %),
- On peut donc effectuer la mesure de la puissance apparente en ayant recours à deux appareils, les décalages étant, pour l’un, respectivement égaux à 720 et 162°, et pour l’autre à i3° et xo3°. Ce dernier (appareil II) est tel, qu’employé seul dans un système à courant alternatif simple, ses indications soient exactes pour des valeurs
- de cos <p comprises entre 1 et 0,8 environ; c’est ce qui convient pour la mesure de la puissance apparente dans une installation d’éclairage.
- On peut encore mesurer la puissance apparente en ayant recours à une certaine compensation entre les différentes mesures effectuées avec deux appareils destinés à la meme mesure. Il suffit d’augmenter ou de diminuer un peu les valeurs de <]/ et pour le comjîteur I, et de faire subir aux valeurs de et <j<', pour le compteur II, une diminution ou une augmentation correspondante; on maintient ainsi constantes et respectivement égales à 85° et à 265° les sommes des valeurs des décalages pour les deux appareils.
- O11 peut encore attribuer à ^ et <[/ des valeurs respectivement comprises entre 70° à 75° ou 1600 à i6j° pour le compteur I et entre io° à i5° ou ioo° à io5° pour le compteur II (tableau B, cas |3').
- Si l’on prend, par exemple, les valeurs 75° et i65° (compteur 1), io° et ioo° (compteur II) pour etty', l’erreur pour cent totale est de -)- 2,5. Avec 70° et 1600, ou i5° et ïo5° pour i}1 et ']/ l’erreur est aussi 2,5 % .
- Fig. 5.
- Pour la mesure de la puissance apparente, il existe quelques modes de montage spéciaux, applicables soit aux compteurs électrodynamiques, soit aux compteurs d’induction.
- C’est ainsi qu’on peut monter l’appareil II de la manière ordinaire, et pour l’appareil I monter S'v de B en A au lieu de C en A, V„ — VA étant en retard de 6o° par rapport à V„ — VA ; la mesure s’effectue alors à l’aide de deux appareils analogues, dans chacun desquels ^ est égal à i2° ou i3° (appareils électrodynamiques) et <[/ à io2° ou io3° (appareils d’induction) (Lableau B,
- S’il s’agit uniquement d’appareils d’induction, on peut monter la bobine voltmétrique S'v de
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- T. XII (2* Série). — N* 49.
- l’appareil I en BC, (VB — V0 étant en retard de i2o° par rapporta V„ — VA), et S"v en CA (Vc — VA étant en retard de 6o° par rapport à VB — V,,). Et grâce à ce mode d’insertion, lès décalages*)/ des deux appareils seront égaux tous deux à 4a° ou 43° (tableau B, cas S').
- On peut encore, toujours dans le cas d’appareils d’induction, adopter le dispositif de la figure 5 ; il en résulte, pour les deux appareils, des décalages égaux à 720 ou 73°, c’est-à-dire inférieurs à 90°, mais assez peu, ainsi qu’il convient dans la pratique, pour que non seulement les appareils de mesure soient d’une construction simple, mais encore qu’ils se trouvent dans les meilleures conditions de fonctionnement [tableau B, cas e').
- Ce même résultat peut s’obtenir sans qu’il soit nécessaire d’avoir à sa disposition le centre du montage ou de le produire artificiellement. En effet, remarquons que la différence de potentiel V„ — V0 est en phase avec la résultante des deux différences de potentiel composées V„ — VA et VD — V„ ; qu’il en est de même pour V0 — V0 par rapport à Vc — VA et V0 — Y, ; de sorte qu’on
- Fig. 6.
- pourra remplacer respectivement le circuit volts unique S'v de l’appareil I par les deux bobines voltmétriques s'y, s'y (fig. 6) ;de même pour l’appareil II, S''v sera remplacé par s\, s'\ [tableau B, cas £').
- Ou pourrait répéter tout ce qui a été dit pour la mesure de la charge complexe au sujet de la possibilité de modifier les valeurs angulaires des décalages et *}/ en les augmentant d’un angle compris entre 3o° et o°, par exemple de i5°.
- *
- ♦ *
- Voyons maintenant comment effectuer la mesure de la puissance apparente dans des systèmes triphasés symétriquement chargés, non pas avec un seul appareil, mais avec deux, suivant la méthode des deux wattmètres.
- Nous avons déjà vu que la mesure de la puissance apparente peut se faire à l’aide d’un appareil unique électrodynamique dont le décalage <^=42°— 3o°= i2° ou à induction dont le décalage t|/ = I 32°- QO° = 42°.
- S’il s’agit d’appareils d’induction, on peut résoudre aussi la question avec d’autres valeurs de<|/ (i32° —• 3o° = 1020 et i32° — 6o° = 720).
- Si l’appareil est électrodynamique, on monte le circuit ampères SA dans la phase b et le circuit volts Sv entre B et G (*}» = 120) [tableau B, cas v)') ; s’il est à induction, en montant SA dans la phase at on peut insérer Sv soit entre A et B (tj/ = 1020), soit entre B et C («J»' = 420) soit entre B et O (<!»' = 720) (tableau B, cas 6', 1', W).
- Ce dernier dispositif se transforme en celui de la figure 7, quand on considère la différence de potenti el V„ — Vo comme la résultante de Y, — VA et de VB — Vc, en ayant recours à deux bobines voltmétriques sv, s, convenablement cal-
- Fig. 7.
- culées et permettant d’obtenir dans les deux circuits voltmétriques correspondants des décalages 4,/ tous deux égaux à 720. Cette dernière combinaison évite la nécessité d’avoir à sa disposition le centre du montage ou de le produira par un artifice quelconque (tableau B, cas X')..
- Des considérations analogues à celles qui ont été précédemment exposées à propos de la mesure de la charge complexe montreraient que si l’on considère des appareils électrodyna-
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- Tableau A. — Mesure de la charge complexe.
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- SYSTÈME DE ISTRTBtJTI COS Cp TYPE DE OMPTEUR pÉCALAGES 3 S a £ S S •» h
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- appareil à induction
- Tableau B. — Mesure de la puissance apparente.
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- 2 cire, volt 2 cire, volt fig. 6
- C) e = appareil éleetrodynamique;
- i — appareil à induction.
- iniques, les décalages i}' peuvent, au lieu d’avoir la valeur commune de 4^°, être égaux à -(- a pour le compteur I età^— a pour le compteur II, a étant un angle quelconque positif ou négatif;
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- il faut toutefois que la somme des deux décalages soit égale à a tji = 84° (tableau B, cas g,' et v').
- On retrouverait comme cas particuliers celui de la mesure effectuée au moyen d’un appareil unique (a=3o”) et les combinaisons qui satisfont non seulement à la mesure de la puissance apparente dans un système triphasé symétriquement chargé, mais encore en général à la même mesure dans un système triphasé dissymétriquement chargé. Les valeurs correspondantes de a sont comprises entre 28° et 33°, et celles de $ pour les appareils I et II varieront respectivement entre
- 4-2° +
- j 28° f 33° ~
- 70»
- 75°
- (cas intermédiaire 4 = 70°)
- et
- 42° —
- 28°
- 33”
- 14°
- (cas intermédiaire 4 — i3°).
- D’autre part, les limites de 4»' seront respectivement i6o° et i65° (cas intermédiaire 4' — 162°) et io4° et 99° (cas intermédiaire 4f — io3°).
- Observons que la même valeur de a -_n 3o°, résout la question de la mesure de la puissance apparente, avec un appareil unique, dans un système triphasé symétriquement chargé et aussi le même problème, avec deux appareils, dans le cas général d’un système triphasé dissymétriquement chargé.
- Par suite, lorsque les combinaisons des deux appareils 1 et II sont telles que les valeurs de 4* et 4/ soient égales (cas S', e', ’Ç) ces appareils devront être montés de la même manière dans le système triphasé dont il s’agit.
- En outre, connaissant les modes de montage et les décalages 4 et 4*' pour les deux appareils I et II, on peut en déduire immédiatement les aqtres montages qui correspondent au cas particulier de la mesure de la puissance apparente dans des systèmes triphasés symétriquement chargés lorsqu’on veut effectuer la même mesure avec un appareil unique. En effet, il est facile de vérifier que l’on déduit du dispositif y' les montages y)' et 0' et qu’avec â', e', Ç' (fig. 6), on obtient vite t', vJ et V (fig. 7).
- Le tableau synoptique B donne le résumé de tous les résultats obtenus pour les différents cas delà mesure de la puissance apparente dans la pratique industrielle, qu’il s’agisse d’appareils
- électrodynamiques ou d’appareils d’induction.
- Pour compléter ce tableau, on pourrait examiner les cas d’installations triphasées symétriquement et dissymétriquement chargées, dont la destination essentielle est l’éclairage. Cet examen est facile; il suffit de faire à ces cas l’application des principes exposés pour les cas notablement plus importants d’installations triphasées dont la destination essentielle est l’alimentation de moteurs.
- Nous avons tenu à rapprocher du tableau B le tableau A qui résume les différents montages préconisés par M. Arno pour la mesure de la charge complexe, afin que le lecteur puisse embrasser d’un même coup d’œil toutes les combinaisons possibles dans chacun de ces cas.
- Les appareils, construits et montés comme nous venons de le voir, qu’ils soient destinés à mesurer la charge complexe ou la puissance apparente, pourront être employés dans la pratique industrielle comme appareils indicateurs, intégrateurs et enregistreurs. En outre, on pourra leur adapter l’un quelconque des dispositifs en usage pour en faire des indicateurs à maxima ou des limiteurs.
- *
- ¥ * *•
- Résumé de la discussion.
- L’ingénieur Campos, dont le professeur Arno avait rappelé les recherches sur le même sujet et cité les conclusions, a. déclaré que la question venait d’être traitée à fond, sous un aspect nouveau et rationnel, et il a ajouté :
- « Il est certain que la charge complexe, telle que l’a définie M. Arno, représente ce que coûte réellement l’énergie produite et ce que, par conséquent, on doit chercher à faire enregistrer par le compteur. Pour se rapprocher le plus possible de cette expression qu’il n’est ni possible ni utile d’enregistrer avec une exactitude mathématique par un compteur, M. Arno a recours à un décalage, c’est-à-dire à une erreur voulue du compteur — ce qui est justement le système que j’avais en vue —; il en limite naturellement l’application à des valeurs convenables de cos œ et il distingue deux cas : éclairage et force.
- « A ce propos, il peut être intéressant de voir à quoi équivaut ce décalage, c’est-à-dire quelle est la quantité réellement mesurée au lieu de la charge complexe.
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- « Considérons le cas le plus simple, celui d’un compteur monophasé et nous trouvons que celui-ci, au lieu de
- W = VI cos <p.
- mesure :
- Wi = VIco9 (f— ij/) = VI (cosçsin <J> -f-sin ojcos^),
- étant le décalage auquel on a recours. Ceci peut s’écrire :
- \V — a VI cos <p -(- (i VI sin <p
- « On taxe donc la puissance wattée et la puissance déwattée, en leur appliquant des coelfi-cienls distincts et appropriés.
- « On arrive ainsi à une tarification qui ne serait pas rationnelle par elle-même mais qui, appliquée entre des limites déterminées et avec des coefficients convenables, détermine la charge complexe avec une très bonne approximation.
- « On peut remarquer que c’est-à-dire la
- a
- tangente de l’angle de décalage exprime le rapport entre le prix de la charge déwattée et celui de la charge wattée. Il va sans dire que ceci n’est vrai que dans les limites entre lesquelles l’expression Wt peut se substituer à l’expression exacte et rationnelle de la charge complexe. »
- L’ingénieur Cauro insiste sur l’importance pratique de l’étude de M. Arno : il n’existait en effet jusqu’ici aucun moyen de détermination de la taxe à acquitter par les clients aux sociétés productrices d’énergie pour les rémunérer de la fraction des frais d’installation due au facteur de puissance.
- « Beaucoup de sociétés, dit-il, y remédient en posant comme règle quel’énergie consommée doit ressortir de la lecture de l’ampérage maximum et de la tension moyenne normale des installations, avec un facteur de puissance qui n’est en général ni inférieur à o,8, ni supérieur à 0,85. Ceci offre l’inconvénient de voir très souvent mesurer par des ampèremètres enregistreurs, sans se préoccuper le moins du monde de la valeur de la tension, les consommations qu’on devrait déterminer au moyen de wattmètres, puisque c’est sur des kilowatts que porte le contrat de vente de l’énergie.
- et Mais si l’on installait des wattmètres, il faudrait encore corriger leurs lectures en tenant compte du rapport entre le facteur de puissance admis au contra* <d le facteur de puissance réel,
- lequel varie d’un moment à l’autre avec la charge des moteurs.
- « Donc un instrument qui substitue son indication à tous ces décomptes, affectés de coefficients aussi incertains qu’arbitraires, constitue un moyen remarquable de supprimer les discussions entre producteurs et consommateurs. »
- L’ingénieur Conti rappelle que certains industriels insèrent dans leurs contrats une clause stipulant, pour le fonctionnement à pleine charge, un facteur de puissance déterminé et il déclare qu’un appareil tenant compte d’une façon continue de cet élément de dépense devrait recevoir des fournisseurs et des clients le meilleur accueil.
- Il a contrôlé pour un certain nombre d’installations existantes quel est le pourcentage des dépenses de production et de distribution d’énergie qui varie avec le facteur de puissance.
- Dans une usine hydraulique, le prix des concessions, du canal, de la conduite, de la centrale, des turbines ne varie pas, quel que soit le décalage sous lequel l’énergie est utilisée; par contre, les dépenses concernant les alternateurs, le cuivre des conducteurs, les transformateurs et les distributions successives varient presque proportionnellement à ce décalage. Par conséquent les frais d’exploitation comprennent des dépenses qui dépendent du facteur de puissance. Un raisonnement analogue peut être faitpour les installations à vapeur.
- M. Conti admet que le coefficient n varie dans des limites restreintes, entre 2,5 et 3,5. Il remarque que la plupart des contrats actuels de force motrice, au moins les plus importants, présentent les caractéristiques du forfait, en ce sens qu’ils comportent l’obligation de paiement d’un minimum: dans les contrats de vente, on fait un devoir au client de ne pas donner lieu à un cos cp inférieur à une valeur déterminée lorsque son installation fonctionne à pleine charge.
- La tendance de l’industrie, dans son constant développement,sera de supprimer ou de réduire, en vendant au kilowatt-heure, les entraves que l’horaire impose encore au consommateur, tandis que la théorie des grands nombres donnera à l’exploitant des coefficients moyens d’utilisation qui luipermettront de faire des calculs précis. C’est alors que la formule rationnelle Arno aura son
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- application; elle laissera aux consommateurs toute liberté pour choisir leurs machines, à moins que la même théorie des grands nombres n’amène à sc contenter encore d’une moyenne pour le décalage de l’installation, pour l’horaire d’utilisation, pour la distance du centré de production, qui .sont les éléments les plus importants du prix de l’énergie.
- D’après l’ingénieur Motta. c’est à juste titre que M. Arno s’est préoccupé du caractère empirique excessif des formes actuelles de contrat pour la vente de l’énergie électrique et qu’il a cherché à in troduire de l’uniformité par l’adoption d’une sorte de faux-mètre comparable à celui qu’emplqient les fondeurs de modèles et qui leur permet de tenir compte automatiquement de la contraction de la pièce fondue. Peut-être les propositions de l’auteur sont-elles trop révolutionnaires et lui faudra-t-il « la foi de l’apôtre pour pouvoir faire passer ses conceptions du champ des recherches théoriques dans le domaine des applications pratiques».
- Le professeur Arno a présenté alors de nouvelles observations en réponse aux précédentes : son procédé n’équivaut pas à l’introduction d’un faux-mètre ; dans le domaine des courants alternatifs c’est le walt qu’il faut considérer comme faux, en tant qu’unité de mesure, en ce sens qu’il
- faut multiplier le watt par des tarifs différents quand on veut avoir une mesure correspondant exactement à la somme à payer par le consommateur. C’est de là que résulte la nécessité d’employer des appareils auxiliaires du compteur; c’est de là que découlent les formes compliquées et iniques des contrats en usage.
- L’ingénieur Motta réplique d’ailleurs que son observation ne constitue pas un reproche, mais un éloge. A vrai dire, le watt n’est pas et ne peut pas être une unité de mesure trompeuse; mais comme il faut tenir compte d’autres éléments que du watt, c’est à juste titre que M. Arno a pensé à introduire une nouvelle unité artificielle, qui, bien qu’inexacte par elle-même, donne des résultats plus exacts que le watt. C’est là ce qui justifie la comparaison avec le fondeur qui obtient, en employant un mètre faux, des résultats exacts et qu’il ne pourrait obtenir, en se servant d’un véritable mètre, qu’au prix de grandes complications.
- On jugera par le bref résumé qui précède de l’intérêt qu’a suscité la communication de M. R. Arno; nous pensons qu’elle méritaittout particulièrement d’être signalée à l’attention des électrotechniciens français, en raison des pro* blêmes pratiques et économiques qu’elle soulève, et dont elle fournit une solution des plus originales.
- C. Béniot.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Méthode pour l’unification des théories des divei'ses machines et appareils électriques. — H. Zipp. — Elefctrotechnil; und Maschinenbau, 19 et a6 juin et 3 juillet 1910.
- L’auteur expose une théorie dans laquelle les diverses transformations électromagnétiques de l’énergie dans les génératrices et dans les moteurs à courànt continu et à courants alternatifs ainsi que dans les transformateurs sont représentées de la même manière. Dans ce but, les relations entre les
- quantités d’énergie qui prennent part aux transformations et celles qui font l’objet de ces transformations sont représentées par des équations analogues entre elles, dont l’auteur donne les solutions géométriques. M. K.
- Sur l’action d’un champ magnétique sur la dèchai'ge électrique. — E. Bloch. — Académie des Sciences, séance du 7 novembre 1910.
- L’auteur, reprenant le dispositif de M. Gouy (’),
- (‘) Voir Comptes Rendus, 26 juin et Lumière Electrique, 24 septémbrê tgiô.
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- mais avec un très petit tube à décharge (gaz raréfié), a pu établir qu’il existe un champ magnétique optimum, déjà rencontré par Righi (*) qui facilite la décharge au maximum. La grandeur de ce champ croît avec le vide et avec la tension sous laquelle se produit la décharge.
- De même, en soudant les deux cathodes employées dans le dispositif, de manière à n’en avoir plus qu’une seule dirigée suivant l’axe de l’anode, qui est de forme cylindrique, on obtient, avec ce champ plus rigoureusement cylindrique, les mêmes résultats expérimentaux.
- Le curieux phénomène signalé par M. Gouy paraît donc en accord, dans son ensemble, avec les théories modernes de la décharge disruptive.
- Recherches sur les gaz occlus contenus dans les alliages de cuivre. — G. Guillemin et
- B. Delachanal. — Académie des Sciences, séance du i4 novembre 1910.
- LesHaitons spéciaux (3) forgeables retiennent, à l’état occlus, un volume important de gaz (de 1 vol. à 3o vol.) composés surtout de H, CO2, CO (presque exclusivement H dans les pièces saines, ce qui n’altère pas sensiblement les propriétés mécaniques de la pièce).
- Lorsqu’il n’y avait pas de soufflure dans un métal étudié, le phénomène du rochage ne se présentait plus.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sur la dispersion des moteurs à champ tournant. — Lettres à la rédaction de V Elektrotech-nische Zeitschrift de W. Rogowski et K. Simons, et de R.-E. Hellmund. — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 7 avril 1910.
- Nous avons reproduit en son temps un intéressant article de M. Ilellmund (3) sur ce sujet.
- Depuis, MM. Rogowski et Simons, ont fait à M. Hellmund les objections suivantes, qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire également :
- (') Accademia dette Scienze di Bologna, 29 mai 1910.
- (2) Voir aussi Comptes Rendus, 14 décembre 1908.
- (3) Elektrotechnisclie Zeitschrift, 9 septembre 1909 et Lumière Electrique, 2 octobre 1909.
- 1) Son champ différentiel n’est que le champ de court-circuit où les flux de fuite se détruisent dans le rotor (/ = o), et sont égaux à la somme des fuites primaires et secondaires dans le stator. La détermination de la dispersion d’après ce champ différentiel est possible, mais très pénible dans le cas où le nombre d’encoches est différent dans le stator et le rotor.
- 2) C’estpourquoi Hellmund, laissant le champ différentiel de côté, envisage le stator et le rotor parcourus par des courants de mêmes ampères-tours ; il emploie ainsi le « champ résiduel » de Rogowski et Simons, — seul moyen d’étudier le flux de dispersion.
- 3) N’insistant pas sur la nécessité de la séparation du flux en flux bi-lié et uni-lié, il introduit la distinction du champ différentiel et du champ de zig-zag — ce qui serait intéressant à voir réaliser, par exemple, dans le cas de : 2 encoches primaires, 5 encoches secondaires par pôle et par phase.
- A ce propos, les auteurs signalent une erreur dans leur article (Elektrotechnisclie Zeitschrift, 1909, p. 219); elle consistait dans l’hypothèse que la première et deuxième positions principales correspondent au minimum et maximum de flux de fuite bi-lié. M. Hellmund trouve cette erreur de faible importance, sauf dans le cas d’encoches égales.
- M. Hellmund répond que:i°les coefficients qu’il a donnés sont rigoureusement exacts quel que soit le nombre d’encoches ; 20 ces coefficients ne coïncident pas avec les coefficients de Rogowski et Simons car le champ qu’il a étudié est le champ différentiel d’Adams, contenant en plus du champ de ces auteurs le flux de zig-zag (qui diffère du champ différentiel parce qu’il varie avec la position des dents et non des encoches et qu’il n’est attaché qu’à un seul enroulement) ; 3° la méthode d’équivalence du stator et rotor est introduite et justifiée déjà par Ileubach et d’ailleurs Rogowski et Simons l’emploient et la justifient également.
- S. P.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Sur les moteurs désaxés. — A. Petot. —Académie des Sciences, séance du 7 novembre 1910.
- On désaxe parfois les moteurs à explosion pour atténuer la grande disproportion qui existe entre les
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- réactions latérales du piston pendant les courses de compression et de détente (1).
- L’auteur établit que ce désaxage ne présente en réalité qu’un intérêt très restreint, sauf peut-être pour les moteurs fixes à marche lente.
- L’évaluation des prix de revient du coui'ant électrique. •— W. Wunder. — Elektrolechnische Zeitschrift, 23 juin 1910.
- L’incertitude que l’on constatait, il y a peu de temps encore, dans le calcul des prix de revient du courant électrique, se manifeste surtout dans les grandes différences des tarifs actuels. L’auteur a pour but d’exposer les méthodes jusqu’à présent usitées pour l’évaluation de ces prix de revient, et d’examiner quelle utilisation on peut en faire pour l’établissement des tarifs.
- Ces méthodes peuvent se diviser en 2 groupes :
- La méthode des frais d’exploitation directs et indirects (désignée plus loin sous le nom de méthode A), et la méthode de Wright (désignée plus loin sous le nom de méthode B).
- Les 2 méthodes ont en commun la distinction entre les dépenses proportionnelles au nombre de kilowattheures fourni (frais directs ou variables) et les dépenses qui augmentent avec la grandeur de la charge maxima (frais indirects ou fixes).
- La différence est la suivante :
- La méthode A déduit de l'examen des livres de compte les déjicnses d’administration, d’intérêts, et autres qui se rangent dans la catégorie des frais indirects et d’autre part les frais directs (matières, salaires, entretien, etc.).
- Dans la méthode Wright, au contraire, la distinction entre les frais directs et les frais indirects est faite par un procédé empirique décrit plus loin.
- La méthode A fournit ainsi, pour telle usine d’électricité, les nombres ci-dessous :
- Frais d’exploitation indirects (administration, intérêts, etc.)...... 2925oofrancs
- Frais d’exploitation directs (combustible, salaires, entretien, etc.). 32.6 25o francs
- Nombre de kw.-h. vendus........... 2900000
- Charge maxima de la centrale .... 2 600 kw.
- Rendement de la distribution pour
- cette charge................... 75 %
- () Voir Lacoin, Oinnia, n” 34, août 1906. — Favron, La Technique automobile, n° 18, juin 1907.
- Donc à 1 kw. de charge chez lé client correspondent
- 292 5oo 2 600 x 0,76
- i5o francs de frais indirects,
- et à 1 kilowatt-heure vendu correspondent:
- Î26 25o 2 900 000
- 0,1125 francs de frais directs.
- La méthode A fournit donc ci-après les prix de revient du kilowatt-heure consommé pendant les heures de pointe, pour un nombre d’heures d’utilisation de :
- . \ * -J WWU o/> K
- 200 heures bureaux .--------1- 11,20 = 8b,25ccnt.
- ' 200
- , 15 000
- 800
- (magasins).
- 1 600 — (habitations).
- 800 15 000 1 600 15 000
- 11,25 = 3o —
- 11,20=20,62 —
- I 1,25= l6,25
- 3ooo — (fabriques).—
- ' 3 000
- Consommation en dehors des heures de
- « pointe »....................... n,25cent.
- Une grande partie des Sociétés de distribution d’électricité calculent encore les prix de revient d’après la méthodeA. Exacte, celle-ci fournit une base logique pour les tarifs ; mais la distinction a priori des frais directs et des frais indirects expose à des erreurs qui, dans l’application des tarifs, peuvent causer des surprises désastreuses.
- La méthode de Wright (méthode B) sépare au contraire empiriquement les frais directs ou variables des frais indirects ou fixes. Elle a été utilisée sur une vaste échelle par la Société des Usines d’Electricité de la Haute-Silésie qui en a fait la base d’une réforme de ses tarifs. Cette Société applique ainsi la méthode : elle porte, pour chaque mois de l’année, en ordonnées les frais réels d’exploitation ; en abscisses, le nombre de kw.-heures vendus. Une droite passant entre les 12 points ainsi obtenus coupe l’axe des ordonnées en un point qui représente les frais fixes.
- Les frais variables, rapportés au kilowatt-heure, sont représentés par l’inclinaison de la droite sur l’axe des abscisses.
- Le succès extraordinaire obtenu par le nouveau tarif basé sur cette méthode, dont l’exactitude était mise en doute par les spécialistes, est une preuve frappante de sa valeur pratique.
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- L’application de cette méthode à la même usine que celle prise plus haut comme exemple fournit les chiffres suivants :
- Frais fixes.............. 473750 francs
- Frais variables.......... 140000 —
- A 1 kw. de charge chez le client correspondent donc d’après cette méthode :
- 473 75o
- 2 600 x <>,75
- = 242,60 francs de frais fixes,
- i45 000 2 900 000
- = 5 centimes de frais variables.
- Donc, pour du courant consommé pendant les heures de te pointe », la méthode B fournit les prix de revient ci-après, pour un nombre d’heures d’utilisation de :
- 200 heures(bureaux)...
- 24 25(»
- 5 = 126,25 cent.
- 800 . 24 260 ' (maprasins) , # x 800 (-5 = 35,3i
- . 24 25o
- I 600 — (habitations). —— .-] [- 5 = 20,15
- 24250
- 3 000 - (hbcH|DM).. -, (- 5 = 13,o8
- Consommation en dehors des heures de
- pointe.......................... 5 cent.
- Les prix de revient du kw.-heure calculés en centimes d’après les 2 méthodes, se résument ainsi :
- Tableau
- BUREAUX MAGASINS HABITATIONS FABRIQUES CONSOMMATION EN DEHORS DES HEURES DE POINTE
- Méthode A.. .. Méthode B.... 86,25 126,25 3o 35,3i 20,62 20,15 i6,*a5 13,o8 i i,a5 5
- La méthode B a évidemment plus de chances d’exactitude que la méthode A.
- Une usine, qui établit ses tarifs en se basant sur la méthode A, vendra donc le courant à un prix trop bas aux bureaux, et à un prix trop élevé aux gros
- clients. Elle verra lui échapper la catégorie de clients qui permet à des usines comme celle de la Haute-Silésie de s’accroître et de faire de beaux bénéfices.
- Il serait sans doute possible de vendre le courant en se réservant un bénéfice déterminé, d’après les prix de revient calculés comme on vient de le voir, en doublant, par exemple, ces derniers. Il faudrait, dans ce cas, établir, chez chaque client, un compteur de puissance maxima, avec interrupteur à horloge, enregistrant aussi bien la charge maxima pendant les heures de pointe que la consommation totale de courant, et on compterait pour chaque kilowatt de cette puissance maxima 2 X 242,5= 485 francs par an et en outre, pour chaque kilowatt-heure consommé 2X5=io centimes. Ce serait possible,mais d’une complication qui rendrait ce tarif inapplicable dans beaucoup de cas : la masse des consommateurs réclame avec raison des tarifs aussi simples que possible, auxquels elle a été accoutumée par les compagnies de gaz.
- On peut satisfaire à ce desideratum et conserver en même temps des tarifs rationnels, si l’on ne se borne pas à faire la distinction, généralement usitée actuellement, entre la force et la lumière, mais si l’on distingue encore plusieurs catégories de consommateurs : magasins de vente, habitations, hôtels, etc.
- Mais il faudra toujours apporter une attention spéciale au calcul des prix de revient comme base de la limite inférieure des prix de vente, lorsqu’on voudra s’assurer la clientèle des gros industriels. On est contraint alors à faire ce calcul d’une façon très serrée, et à établir des prix de vente peu élevés, par le bas prix auquel les installations privées arrivent à produire le courant, et par les bénéfices considérables qui sont en jeu. On pourra, aux fabriques importantes, vendre le courant comme il a été dit plus haut, au moyen d’un compteur indicateur de puissance maxima, combiné avec un interrupteur à horloge, sans faire de distinction entre la force et la lumière.
- Pour les petits clients de force (artisans, etc.), un tarif établi exactement d’après les prix de revient n’aurait pas de succès. De plus la diversité de cette clientèle ne permet pas de lui appliquer un prix de catégorie. Comme sa consommation est limitée généralement aux heures de la journée, c’est le double tarif qui se recommande pour ce cas.
- H. B.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série).;— N° .48. „
- VARIÉTÉS
- L’état actuel de l’industrie électrique en Allemagne. — G. Dettmar. — Elektrotéchnische Zeitschrift, 6 et 13 octobre .1910.
- L’auteur passe rapidement en revue les progrès accomplis en Allemagne au cours des 20 dernières années dans la construction des machines et des divers appareils électriques, ainsi que le développement rapide et incessant de leur emploi qui en est résulté.
- L’industrie électrique occupe à l’heure actuelle en Allemagne près de i5o 000 employés et ouvriers.
- La valeur de sa production est de près de 1 25o millions de francs, dont le quart environ, soit 3i2 5oo 000 francs, est réservé à l’exportation. La rapidité de cet accroissement de production est due aux progrès considérables et incessants accomplis dans le domaine technique. Afin de mettre ces progrès en évidence, l’auteur montre les améliorations réalisées de 1892 à 1910 dans la construction électrique.
- Fig. 1.
- Il prend l’exemple d’un moteur à courant continu de ao chevaux à 1 000 tours par minute, dont le poids est tombé de 910 kilogrammes environ en 1892 à 34-p kilogrammes en 1910; la courbe de la figure 1 montre d’ailleurs la loi qu’a suivie cette diminution progressive de poids. L’amélioration des procédés de fabrication et la meilleure utilisation de la matière
- première ont eu l’influence la plus favorable au point de vue des résultats financiers des entreprises électriques. Au cours des années 1907 et 1908, les actions de ces entreprises ont rapporté en Allemagne un dividende moyen de 8 % .
- D’autre part, les progrès réalisés dans laconstruc-* tion électrique ont eu leur répercussion sur la construction mécanique, en particulier sur celle des machines à vapeur et des moteurs à gaz. La puissance des machines à piston a été augmentée dans de notables proportions. Quant aux turbines, c’est au développement des turbo-alternateurs à grande vitesse qu’elles doivent leur essor ; c’est également l’emploi de plus en plus répandu de l’énergie électrique qui a donné naissance au moteur à gaz de grande puissance.
- L’accouplement des pompes et des ventilateurs aux moteurs électriques a également déterminé de grands progrès dans la construction de ces appareils.
- L’utilisation des chutes d’eau et des gaz de hauts-fourneaux a, elle aussi, fait un pas considérable, grâce au développement de l’emploi de l’énergie électrique. La création de stations centrales desservant toute une région j>ermet d’économiser le transport de charbon dans toute l’étendue de cette région.
- Il y a vingt ans, une génératrice de i5o chevaux était considérée comme une très grosse machine ; aujourd’hui les puissances des plus grosses unités construites dans chaque type de machines sont les suivantes :
- Génératrices : 12 000 kw, (A. E. G.).
- Moteurs: i5ooo chevaux (Felten et Guilleaume-Lahmeyer).
- Transformateurs : 12 5oo kw. (Siemens-Schuc-kert).
- La plus haute tension atteinte directement à l’aide d’un alternateur est de 12000 volts. D’autre part la tension de 77 000 volts a été atteinte dans l’installation de la centrale de Guadalajera par la Société Siemens-Schuckert, qui exécute d’ailleurs actuellement une autre installation à no000 volts à Port-Arthur, au Canada; les installations de 40 000 à 5o ooô volts ne sont pas rares, et celles de 20 000 à 40 000 volts sont normales à l’heure actuelle.
- La fabrication des isolateurs et des câbles a naturellement dû progresser en conséquence ; et l’on fa-
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- 3 Dècêiübre 1910.
- REVÜE D’ÉLECTRICITÉ
- 307
- brique maintenant des isolateurs capables de résister, aux essais, à une tension de 200 000 volts et des câbles susceptibles de supporter en service normal 60 oùo volts.
- Il n’est pas, d’autre part, jusqu’aux accumulateurs qui n’aient subi des perfectionnements tels que l’emploi des batteries-tampons est devenu général et que la traction par accumulateurs a pu aborder le domaine des grandes lignes.
- L’introduction de la turbine à vapeur à grande vitesse imposa aux constructeurs électriciens de nombreuses exigences qui ne tardèrent pas à être satisfaites par la création des turbo-dynamos, étudiées spécialement aussi bien au point de vue électrique qu’au point de vue mécanique ; en particulier la nécessité d’obtenir une commutation satisfaisante dans les turbo-dynamos à courant continu à grande vitesse donna l’idée de recourir aux pôles auxiliaires de commutation, dont l’emploi s’est depuis largement répandu.
- Quant aux transformateurs, l’alliage du fer à d'autres métaux dans la composition des tôles leur a également fait faire de grands progrès au point de vue de l’augmentation du rendement et de la puissance massique.
- Les transformateurs à 200 000 volts sont devenus d’un usage courant ; l’A. E. G. a construit un transformateur à 5oo 000 volts, et la Société Siemens-Schuckert doit établir un de ces appareils dont la tension atteindra 1 million de volts.
- Au point de vue de la transformation des courants alternatifs en courant continu, l’auteur signale les transformateurs à vapeur de mercure qui sont appelés, d’après lui, à un avenir assez étendu.
- Après avoir ainsi passé en revue les progrès de la construction des machines et des appareils électriques en Allemagne, l’auteur aborde l’examen du développement des différents modes d’utilisation de l’énergie électrique en commençant par le plus ancien, c’est-à-dire par l’éclairage.
- Un grand progrès a été réalisé, dans cet ordre d’idées, par la création des lampes à incandescence à filament métallique ; la première en date est la lampe Tantalequi fit son apparition en 1904, suivie en 1906 par la lampe Osram, puis par les lampes à filament de tungstène ; ces lampes sont établies actuellement pour tous les voltages et toutes les intensités lumineuses, depuis la lampe portative à accumulateur de o,5 bougie Heffner, qui consomme o,ï 5 ampère sous 3,5 volts, jusqu’aux modèles de 1 000 bougies sous 110 et 220 vo.lfP. La lampe à arc n’est pas non
- plus restée eh arrière ; les charbons minéralisés permettent d’obtenir une lumière très blanche et une consommation de 0,2 à o,ü5 watt, en courant continu, et de o,3 à o,5 watt en courant alternatif, par bougie Heffner. La lampe à vapeur de mercure a déjà reçu un certain nombre d’applications, qui s’accroîtront encore lorsque les efforts poursuivis pour modifier la couleur de Sa lumière auront abouti à un résultat pratique.
- Au point de vue de la force motrice, l’emploi du moteur électrique se répand de plus en plus; on peut estimer, à l’heure actuelle, à 6 5oo 000 chevaux la puissance totale des moteurs électriques installés en Allemagne dont 1 35o 000 chevaux alimentés par les secteurs ou les diverses stations centrales. L’avantage du moteur électrique est incontestable, surtout pour les faibles puissances, à cause de sa grande simplicité et de son prix de revient peu élevé. L’auteur a déjà montré (fig. 1) les progrès accomplis depuis 18 ans au point de vue de la diminution de poids et par suite du prix des moteurs à courant continu ; d’autre part, les pôles auxiliaires ont permis d’améliorer la commutation, ce qui a rendu plus faciles l’inversion du sens de marche et de réglage de la vitesse.
- Les moteurs électriques ont également fait leurs preuves en ce qui concerne les plus grandes puissances, par exemple pour la commande des machines d’extraction et des trains de laminoirs ; le système ligner a donné à ce point de vue d’excellents résultats; la puissance de certaines installations atteint i5 000 chevaux.
- Le moteur à courant alternatif simple, resté longtemps stationnaire, a fait un grand pas par suite de l’apparition du moteur de traction à collecteur ; ce type de moteur est susceptible de nombreuses applications dans le domaine industriel, en particulier pour la commande dès appareils de levage.
- La construction des moteurs triphasés a été l’objet des mêmes améliorations que celle des moteurs à courant continu au point de vue de la diminution de poids, c’est-à-dire de la meilleure utilisation des matériaux. Le moteur triphasé à collecteur, inventé par Gorges en 1891, a subi depuis cette époqüë de nombreux et importants perfectionnements: le plus gros moteur de ce type actuellement en construction pourra développer une puissance de 65o chevaux sous 5 000 volts et 5o périodes; sa vitesse pourra varier de 180 à 280 tours par minute.
- Le développement de l’éclairage et de la force motrice électriques en Allemagne ont eu pour consé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2° Série). — N° 49.,
- q'uéncé la création d'un grand nombre de stations centrales. Le nombre de ces stations est à l’heure actuelle d’environ 235o ; elles fournissent environ i 35oooo kw.
- Ces stations centrales alimentent i5 millions de lampes à incandescence et 3oo ooo lampes à arc; la puissance totale des moteurs auxquels elles fournissent le courant a déjà été indiquée et celle des appareils de chauffage et de cuisine branchés sur leur réseau est de 5o ooo k\v. environ. Le capital d’établissement de ces centrales représente une somme approximative de i,5625 milliard de francs; les recettes annuelles atteignent environ 281 millions de francs. Le rapport brut moyen de ces entreprises est de 8 à 10 % dans les villes renfermant moins de 20 ooo habitants, et de 9 à 12,5 % dans les autres. Dans quelques grandes villes, il atteint 19 % .
- Dans le domaine des transports,l’électricité occupe aussi une place considérable. La plupart des tramways urbains emploient la traction électrique. En outre, un grand nombre de lignes interurbaines à traction électrique fonctionnent déjà ou sont en construction ou en projet. La longueur totale actuelle des lignes équipées électriquement en Allemagne est d’environ 4 120 kilomètres représentant un capital d’établissement de r,37f» milliard de francs; les recettes annuelles atteignent 266200 ooo francs environ et les dépenses correspondantes 170 ooo ooo de francs. Ces lignes rapportent en moyenne 4.34 % et transportent annuellement 2,1 milliards de voyageurs environ. Grâce aux progrès techniques accomplis ,1a traction électrique est, dès à présent, en mesure d’aborder le domaine des grandes lignes. A ce point de vue la traction monophasée adoptée par les chemins de fer prussiens, bavarois et wurtemburgeois semblé avoir l’avantage. On construit actuellement des moteurs de locomotives de 1700 chevaux. La puissance totale des équipements de traction monophasés construits par les établissements Siemens-Schuckert et l’A. E. G. seulement, ou en cours de construction dans leurs ateliers, atteint 170000 chevaux.
- Le développement de la haute tension a permis d’utiliser des chutes d’eau restées jusqu’alors inutiles. De grandes installations sont actuellement en cours d’exécution dans ce but. L’électrochimie
- en particulier doit son développement à l’utilisation des chutes d’eau ; les usines électrochimiques d’Allemagne utiliseront bientôt une puissance totale de plus de 3oo ooo chevaux. L’électrométallurgie de l’acier nécessiterait, d’après M. Engelhardt ('), l’emploi de 110 fours électriques, dont la production serait d’environ 35o tonnes, pour une consommation d’énergie de 5oooo kw. environ.
- Les applications domestiques de l’électricité se développent également de plus en plus. La cuisine électrique peut, d’après l’auteur, concurrencer la cuisine au gaz, pour un prix du kilowatt-heure de 22,5 centimes. La puissance des appareils de cuisine exécutés annuellement dans les ateliers de la seule Société « Prometheus » de Francfort-sur-le-Mein représente 20 ooo à 25 ooo kw. Dans le même ordre d’idées, l’auteur mentionne quelques autres appareils domestiques, tels que les fers à friser et à repasser, dont l’emploi s’est rapidementrépandu, ainsi que la stérilisation de l’eau potable par l’ozone obtenu électriquement.
- Dans le domaine des courants à basse tension la téléphonie et la télégraphie ont également fait d’énormes et rapides progrès. A la fin de l’année 1908 on comptait 41 3g4 bureaux de télégraphe ayant échangé entre eux au cours de cette année 54 098 541 télégrammes. D’autre part le nombre des conversations téléphoniques s’éleva pendant cette même année à 1 519 870 970, le nombre des abonnés étant de 56o 016 et celui des postes de 849784. Le nombre des appareils télégraphiques était de 5i 422 et celui des appareils téléphoniques de 855 224. La longueur des lignes télégraphiques et téléphoniques atteignait 325 143kilomètres. Les recettes globales du télégraphe et du téléphone dans toute l’étendue de l’empire allemand, à l’exception de la Bavière et du Wurtemberg, se montèrent à 181 260 ooo francs environ en 1908.
- L’auteur termine en indiquant le développement incessant de l’emploi de l’électricité dans les applications secondaires, tels que les avertisseurs d’incendie et les signaux de chemins de fer, et enfin dans la thérapeutique médicale. J.-L. M.
- (') Voir Lumière Electrique, 5 novembre igio.
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- 3 Décembre 1910.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’éclairage par lampes à arc à courant continu.
- PRINCIPE DU RÉGULATEUR
- La lampe à arc que nous allons décrire ici est .celle des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est.
- Elle est du type différentiel à point lumineux fixe.
- Le principe différentiel adopté pour le régulateur rend les foyers réguliers, sûrs, sensibles, et aptes à la mise en série.
- Dans ce genre de foyers, l’action régulatrice dépend à la fois des variations du courant qui traverse l'arc et de celles du voltage aux bornes de la lampe.
- Lorsque le régime est établi,l’action de l’électro série contrebalance celle de l’électro shunt. Cet équilibre peut s’exprimer par l’équation suivante (fig. i) :
- L’action de l’électro shunt A i ou k - = Kl, action de l’électro-série.
- Dans cette équation :
- K et A sont des coefficients qui dépendent de la perméabilité des circuits magnétiques et du nombre de spires des enroulements ;
- i est le courant dérivé des bobines shunt;
- /•, la résistance de ces bobines ;
- e,la différence de potentiel aux bornes de l’arc;
- I, le courant à travers l’arc.
- Au fur et à mesure de la combustion des charbons, l’écart augmente; le courant I diminue tandis que e augmente, de sorte que l’égalité se transforme rapidement en l’inégalité suivante :
- A-> Kl,. r
- Q
- Le terme A- devenant prépondérant, l’attraction correspondante fait basculer l’équipage mobile et déclancher le mécanisme de défilage jusqu’à ramener l’égalité de régime :
- A - = Kl
- f* ]y
- - — — i• — Constante = Résistance de l’arc.
- I A
- ce qui fait que ces régulateurs sont aussi appelés <c à résistance constante ».
- DESCRIPTION
- La figure i montre bien la disposition adoptée pour réaliser ce régulateur.
- Les deux électro-aimants B, et B2 sont situés au-dessus du plateau L. L’un d’eux B,, enroulé de fil fin, est branché en dérivation aux bornes de l’arc; l’autre B2, enroulé de gros fil, est traversé par le courant de l’arc. Ces enroulements ont été calculés de telle sorte que les ampères-tours soient égaux pour la marche de régime désiré; d’autre part, comme l’action régulatrice du foyer est basée surlesvariations del’attraction des électros, on utilise, pour les deux circuits magnétiques, des valeurs de l’induction telles qu’elles varient sensiblement pour de faibles variations du courant dans les enroulements.
- Entre ces deux électros se trouve le cadre mobile C. Celui-ci renferme le train d’engrenages amortisseurs de vitesse, sert d’attache aux deux armatures Ai et A2, et contient, en outre, les galets de guide de la chaînette soutenant d’une part le porte-charbon supérieur S, d’autre part la traverse de support du charbon inférieur I. Le point de suspension de ce cadre a été choisi de telle sorte qu’il y ait équilibre entre les poids de ces deux porte-charbons.
- Les épanouissements polaires P, et P2 agissent sur les armatures A, et A2, mobiles dans les champs magnétiques créés par les électros.
- Comme on peut le voir, les pièces polaires sont situées au-dessus des armatures, de sorte qu’en marche l’attraction magnétique vers le haut contrebalance l’effet de la pesanteur, ce qui réduit les frottements sur les pivots de suspension à un strict minimum.
- Cette disposition a pour but de faciliter le mouvement de l’appareil de réglage qui est ainsi rendu indépendant de son poids.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série), M* 49.
- Ces deuxprécautions, l’une relative aux valeurs de l'induction, l’autre à la suspension magnétique, donnent aux foyers une grande sensibilité. C’est ainsi d’ailleurs qu’on peut obtenir, à la
- réglées de façon à fournir des diagrammes aussi réguliers.
- FONCTIONNEMENT
- Le fonctionnement de la lampe est très simple.
- Fig. i, — Schéma des connexions d’une lampi différentielle h courant continu.
- Fig. 2. — Vue du régulateur.
- mise au point de ces lampes, des diagrammes de variations de l’ampèrage et de la tension aux bornées du foyer, dans lesquels le voltage n’a pas varié de plus de i/3 de volt, et l’ampèrage de plus de i/4 d’ampère (voir fig. 5).
- Toutes les lampes peuvent d’ailleurs être
- Si, à l’allumage, les charbons sont au contact, le courant traverse l’électro série B2, et attire son armature A2 ; cette attraction fait basculer le cadre C vers la droite, écarte les crayons et produit l’allumage. Si, au contraire, les charbons sont écartés, le courant ne traverse pas l’électro
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- 3 Décembre 1910.
- R'E VUE D’ÉLECTRICITÉ
- 311
- série,tandis que l’électro shunt fortement excité attire At, et dégage le moulinet M de son arrêt R, ce qui permet au mécanisme d’effectuer le mouvement de défilage ; sous l’action du poids moteur E, les charbons viennent au contact et l’arc jaillit ; à partir de ce moment le courant passe dans l’électro série qui ramène le cadre mobile vers la droite, arrête le défilage et provoque l’écart.
- Dès ce moment, l’équation d’équilibre
- ki = Kl
- entre les deux actions antagonistes est réalisée.
- Au bout d’un certain temps, cet équilibre se trouve rompu puisque, par suite de l’usure des crayons, l’arc augmente ainsi que sa résistance électrique ; dès lors, le courant principal diminue, tandis que celui des bobines dérivées croit.
- Ceci nous reporte à l’inégalité :
- Ari> Kl.
- L’attraction de Pi l’emporte donc sur celle de P2.
- Le cadre est alors attiré vers la gauche, le moulinet se dégage, ce qui permet aux crayons de se rapprocher.
- Le réglage de mise au point de ce régulateur s’obtient en faisant varier la réluctance des circuits magnétiques.
- * *
- Voici maintenant les points principaux qu’ont cherché à réaliser les constructeurs de cette lampe.
- Au point de vue constructif d’abord, ils ont voulu réaliser un appareil robuste, et d’entretien facile.
- En effet, la sensibilité du réglage dont dépend surtout la fixité du point lumineux est la qualité primordiale de tout régulateur, mais cette qualité est loin d’être la seule nécessaire à acquérir pour la pratique industrielle. Aussi s’est-on attaché à supprimer toute cause de frottements, de coincements, à utiliser des engrenages, des chaînettes et des guides très robustes ; les supports de pinces présentent des nervures qui les rendent rigides et indéformables sous l’action de la chaleur. Les pinces elles-mêmes sont automatiques à ressort.
- MONTAGE
- Ces lampes, construites pour des ampérages
- de 6 à ampères peuvent march'er, suivant leur réglage, sous des tensions à déterminer depuis 35 jusqu’à 45 volts.
- Dans les conceptions courantes on n’envisage généralement que la mise en circuit de deux lampes sur i io volts.
- 11 o volts = 2 X 45 -j- 20 absorbés dans la résistance additionnelle et dans la ligne.
- Cependant, grâce à la sensibilité du régulateur, ces lampes peuvent parfaitement être employées en triplex sur i io volts, sans dispositif spécial d’allumage ni résistance additionnelle.
- Ici se pose un problème : faut-il employer des duplex ou des triplex?
- Il ne peut être répondu d’une façon absolue à cette question, dont la solution dépend essentiellement des conditions d’utilisation des foyers lumineux.
- On peut cependant faire valoir en faveur de l’emploi des lampes triplex les raisons suivantes : l’utilisation de l’énergie est meilleure, par suite de la suppression de la résistance additionnelle absorbant une partie de l’énergie ; la lumière se trouve mieux répartie puisqu’elle provient de trois foyers lumineux au lieu de deux, pour la même dépense.
- Néanmoins les lampes triplex ont, sous 35 à 37 volts, un arc plus petit, moins lumineux et plus sensible aux variations de tension de la ligne et aux imperfections des crayons. Cette dernière circonstance impose l’emploi de crayons de qualité supérieure.
- D’après ces indications, on peut conclure que les lampes triplex conviennent plutôt pour des éclairages d’intérieur et privés que pour des éclairages publics et industriels.
- La consommation spécifique des lampes triplex étant plus élevée que celle des duplex, le flux lumineux total émis se trouve être sensiblement le même dans les deux cas.
- POUVOIR LUMINEUX
- La répartition des rayons lumineux des foyers à courant continu n’est pas sans intérêt; l’arc proprement dit donne relativement peu de lumière, et celle-ci est plutôt émise par les extrémités incandescentes des charbons, et spécialement par le cratère du charbon positif.
- La figure 3 indique en A la façon dont la lumière se répartit dans les diverses directions, Le cratère se trouve à une température qui n’est
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- Zooééoo Soô 800 1ooo 12oo 1Uno 1600 iBooëoujUo
- 1,25»,. 2,55*,. if
- 12,10 > n-
- A, courbe de la répartition de l’intensité lumineuse d’un foyer de 10 amp. ; B, courbe de l’éclairement en lux produit par un foyer de 10 amp., suspendu à 7 mètres
- au-dessus du plan d’observation; C, hauteurs de suspension courantes.
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- HE VUE D'ÉLECTRICITÉ
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- pas éloignée de 4 ooo° C.; aussi émet-il de nombreuses radiations lumineuses ; en outre, sa forme concave convient bien pour réfléchir et diriger les rayons lumineux vers les objets à éclairer.
- La même figure indique en B quel est l’éclairement produit par un foyer de io ampères sus-
- sente l'éclairement produit par un foyer d’une bougie sur une surface normale aux rayons située à un métré de ce foyer lumineux.
- Les valeurs suivantes permettent de mesurer et d’apprécier assez exactement les diverses intensités d’éclairement :
- 26oo
- 22oo
- 2ooo
- 18oo
- Fig-,
- pendu sans globe, à 7 mètres au-dessus du plan d’observation. Pour les éclairages publics on choisit généralement pour plan d’observation un plan horizontal situé à i,5m. au-dessus du sol.
- On sait que un lux, l’unité d’éclairement, repré-
- Dc 0,1 ào,i(ilux: constitue un éclairement correspondant à un beau clair de lune.
- De o,'.»5 à 6 lux : éclairement des rues et places publiques, suivant leur importance.
- De 8 à 11 lux : éclairement nécessaire pour lire facilement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. XII (2e Série). — N« 49.
- De i5 à 36 lux : éclairement des usinés suivant la délicatesse du travail.
- 5o lux : éclairement correspondant à lalumière diffuse du jour.
- Les valeurs consignées dans le tableau I ont
- permis de tracer la courbe de l’éclairement
- ... . 1 cos3 a
- eclairement en lux = ——-----
- Ces valeurs permettent de trouver quel est l’éclairement moyen produit sur une surface donnée.
- Le tableau III donne ces valeurs pour les lampes à arc ordinaires de 4a à 45 volts, à courant continu, supposées suspendues à 7 mètres au-dessus du plan d’éclairement.
- Leséclairements indiqués dans ce tableau cor-
- Tableau I
- ANCLE 4 INTENSITE LUMINEUSE en bougies HAUTEUR aii-dessus du plan d’observation : 5 mètres HAUTEUR au-dessus du plan d’observation : 7 mètres HAUTEUR au-dessus du plan d’observation : 10 mètres
- Distance à partir du pied de la lampe Eclairoment horizontal Distance à partir du pied do la lampe Eclairement horizontal Distance à partir du pied de la lampe Eclairement horizontal
- o° 0 O O O O O
- IO° 100 o,83 3,55 I ,23 2,07 1,35 I
- 20° 3oo 1,8x5 9,8 2,55 5,06 3,65 2,48
- 3o° 700 .2,88 . 18 4 9,8 5,75 4,56
- ' 40° 1 43o 4,20 25,8 5,85 13,2 8,40 o,45
- 5o° I 7OO 6 18 8,35 9,8 ' 11,10 4,56
- 6o° 1 570 8,66 7>8 12,10 4 17,3° »,96
- 70° I 200 x3,75 !,9'^ 19,20 I 27,50 0,48
- 75° I 000 x8,7 °>7 26,75 o,35 38,20 0,172
- 8o° 750 28 0,146 39,2 0,074 56 o,o36
- Il est intéressant, lors de l’élaboration d’un projet d’éclairage, de savoir, d’une façon assez exacte, le nombre de bougies hémisphériques inférieures que donnentles foyers à courant continu, sans globe.
- Tableau II
- LAMPES LAMPES
- CO W PC SOUS 4» à 45 volts sous 35 à 37 volts
- & Consommation Consommation
- < T en watts I on watts
- par bougio par bougie
- 4 325 0,56
- 6 r»:*o o,5i — —
- 8 700 o.485 5oo o,58
- IO 1 000 0,45 65o o,565
- I 2 I 225 0,44 800 o,55
- 14 i 5oo 0,42 95o 0,54
- l6 I 800 0,4 0 1100 o,53
- 18 2 ioo o,385 — —
- 20 2 425 0/I7 — .
- 22 \ 2 7OO o,365 — —
- Le tableau II indique ces valeurs qui sont d’ailleurs reportées sur la courbe de la figure 4;
- respondent à des arcs à feu nu ; généralement l’arc est protégé par un globe plus ou moins opaque. Ces globes absorbentune partie delà lumière émise cependant, dans de nombreux cas, notamment lorsque l’éclairage doit avoir un cachet
- Tableau III
- ECLAIREMENT MOYEN EN produit par des foyers LUX de : RAYONS DE SURFACE CORRESPONDANTS
- 8 À. 10 A. 12 A. 14 A. 20 A. mètres mètres carrés
- 3,55 5,35 6,6 8,1 1 3,2 5 78,6
- 6 i5 8,9 10,8 I 3,2 ,25 IO 3i4
- 4,1 5,85 8,25 9 14,3 i5 710
- 2,6 3,65 7>2 5,55 9,1 20 1 260
- 1,87 2,67 3,3 4 ,o5 6,5 25 1 960
- 1,34 !,9 2,35 2,06 4,7 3o 2 83o
- 0,8 i, i5 i,4 1,7 2,8 4» r» 000
- 0,5 2 0,55 °,9 1,12 ï,8 r>o <1 00
- décoratif, artistique, ainsi que dans les ateliers où les foyers sont assez rapprochés des ouvriers, ils sont absolument indispensables pour cacher à l’œil les pointes des crayons trop incandescentes.
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- Ces globes, surtout s’ils sont épais* fortement Opaques, diffusent la lumière en modifiant ainsi la courbe phôtométrique; dans ce cas c’est le globe lubmême qui devient lumineux. Dans les cours, les gares, les chantiers, il est souvent à conseiller d’employer des globes en verre clair, ou du moins fort peu opalisés. Il est utile de vérifier parfois le coefficient d’absorption des globes, qui varie entre io et 5o % .
- série, tout accident survenant à l’üné d’elles, notamment le manque de crayons', occasionne pour le moins l’extinction de toute la série et, si la tension du courant de service est assez élevée, la combustion des bobines dérivées du foyer à bout de crayons est à craindre. En effet, toute la différence de potentiel se porte aux bornes de ce foyer* et le courant voulant se créer un passage aü travers des bobines shunt, celles*
- 16 4^ /joAA,-fjouAk. 3 'jUtjefed Ow, -Oe-’tfe- M 0 *
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- 0 1* «Ica 'fceu'Mî 4 n’ s 6 ? S <s 10’ 44’ Ai 1î’
- Fig. 5.
- Voici quelques chiffres à titre de renseigne-
- ment :
- Verre clair............. 2 à 8 %
- » opalescent...... io à an %
- » laiteux........... an à aü %
- » mat dépoli...... i5 à 20 %
- » opale............ 2.5 à 40 %
- » opale dépoli.... 3r> à 5o %
- Enfin, ces lampes se prêtent également bien à l’emploi de Véclairage indirect>
- DE a IVATEU H S AU TOM ATI Q U ES
- On sait, que, lorsque les lampes sont mises en
- ci seraient rapidement détériorées si elles devaient supporter cette tension pendant un certain temps.
- Pour éviter ces inconvénients, il est à conseiller, quand on utilisé des tensions supérieures à 200 ou à 220 volts, d’employer des dispositifs de sécurité.
- Le dérivateur automatique, muni d’une résistance équivalente de substitution, répond à ce but. Il met la lampe à bout de crayons hors circuit, la remplace par line résistance équivalente et, lorsque les crayons sont remplacés, il fait automatiquement la manœuvre inverse, la lampe se retrouvant en service.
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- Le principe de ce dérivateur est le suivant (fig. 7) :
- Lorsque le voltage croît d’une façon anormale aux bornes d’un foyer (environ i5 % ) un électro shunt attire un levier de contact. Ce levier met le foyer hors circuit en envoyant le courant dans une résistance dé compensation. Un enroulement série additionnel maintient le contact quand le voltage est revenu à sa valeur normale.
- Pour bien comprendre le fonctionnement de ce dérivateur, supposons que l’on ait omis de remettre des crayons dans une lampe série. Après un certain temps d’allumage les bouts restant dans la lampe considérée seront presque entièrement consumés et comme, dans ce cas, les orayon's ne peuvent plus se rapprocher, l’arc
- Fig. 5. — Appareillage industriel pour éclairage par réflexion.
- va toujours aller en augmentant, de même que le voltage appliqué aux bornes du loyer qui atteindra par exemple de 48 à 5o volts. A ce moment, l’attraction exercée par l’électro shunt E est suffisante pour mettre les charbons C C' en contact. Dès lois, le courant passe par R', mais.
- comme cette résistance est calculée pour remplacer un arc normal, la différence de potentiel à ses bornes baisse aussitôt que le contact est établi en CC'. C’est pourquoi on a prévu un enroulement additionnel en série avec la résistance de substitution afin de maintenir bien efficace le contact des charbons.
- Fig. — Ensemble du dérivateur et de la résistance de substitution.
- Si l’on vient à rapprocher les crayons, ceux-ci en se rapprochant créent un court-circuit instantané qui annule toute attraction magnétique , le levier L tombe et coupe ainsi tout circuit dérivé. Le circuit magnétique est disposé de telle sorte qu’il souffle les étincelles qui pour-
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- raient se produire en C C', lors de l’ouverture du circuit de la résistance.
- La mise au point exacte de chaque dérivateur est obtenue par une vis de butée V.
- Ce dispositif est indispensable quand on veut rendre les foyers d’une série indépendants l’un de l’autre.
- Quant au matériel nécessaire à l’installation, si l’on veut uniquement préserver les bobines du foyér fautif, on peut n’employer qu’un interrupteur automatique à minima qui coupe le courant sitôt que la lampe arrive about de crayons et que, par conséquent, le courant se réduit à celui qui passe dans les bobines dérivées du foyer.
- Le fonctionnement de cet automatique avertit l’électricien que quelque chose d’anormal se passe sur la ligne ou aux foyers; en outre il protège les bobines contre toute détérioration.
- Un autre dispositif indicateur d’alluinage permet à l’électricien de constater, de la centrale, la marche ou l’extinction des foyers. Un petit enroulement en série avec les foyers montre par laposition d’un index ou d’un voyant, si les foyers sont en fonctionnement ou à l’arrêt.
- Parfois encore on munit les lignes de parafou-dres; cette précaution est à conseiller dans les installations où de nombreuses lampes sont mises en série sur une longue ligne aérienne.
- J. R.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- La Société d’Applications Industrielles a présenté à ses actionnaires des résultats d’exercice qui lui ont permis de leur proposer la répartition d’un dividende de 4 % en augmentation de 1 % sur celui de l’exercice précédent. En effet, après affectation d’une somme de 30 892 fr. 20, à des amortissements divers, le solde disponible, du compte profits et pertes présente un total de. 236 899 fr. 72, supérieur de n66o5 francs au solde de 1908-1909. Ce résultat témoigne tout au moins d’une amélioration des revenus du portefeuille qui représente les six dixièmes de l’actif des Applications Industrielles. Sa valeur, au 3o juin, établie d’après,les cours moyens de la Bourse pour les titres cotés, d’après la valeurli’inven-taire au 3o juin précédent pour les titres'*non cotés, n’est pas moindre de 6988 323 fr. 46.
- Nous rappellerons, aidés du rapport du conseil d’administration, les principales valeurs qui entrent dans la composition de ce portefeuille.
- Ce sont d’abord, au Nord et à l’Est de la France : l’Energie Electrique du nord de la France et l’Est Electrique. Bien que la première société soit déjà vieille de quelques années, elle est encore en période d’installation et de développement ; en cours d’exercice, elle a porté son capital de 4600000 francs à 7000000 francs et émis n 000 obligations de 5oofr. ; ces opérations financières lui ont permis de rembourser les avances qui lui avaient été consenties et d’accroître la puissance de son usine en installant un nouveau groupe Sulzer-Alioth de 6 000 kilowatts nécessité par l’extension de sa clientèle. L’Est Electrique est plus récent, mais nous savons par ailleurs qu’il a procédé aussi à une augmentation de capital et passé avec les Ardennes Electriques un contrat de fourniture d’énergie qui l’a obligé à commander un groupe turbo-alternateur Sulzer-Alioth de 2 5oo kilowatts.
- Au centre de la France, la Société des Forces motrices d’Auvergne, l’Energie Electrique du Centre et maintenant la Compagnie des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne représentent les intérêts de la Société d’Applications Industrielles. Les Forces motrices d’Auvergne ont donné cette année 5 % aux actions de priorité, mais l’Energie du Centre, dont les réseaux s’étendent dans la région comprise entre Montluçon, Roanne et Saint-Etienne, achève seulement ses installations. La ligne Dauphiné-Centre, qui aboutità Saint-Etienne, a été mise en service le 27 avril dernier etfonctionne maintenant sous 6 000 volts ; le tronçon qui la prolonge jusqu’à Roanne vient d’être mis en service. Quant aux chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, ils sont en cours de construction.
- Dans le Sud, la Société d’Applications Industrielles est intéressée dans la Société des Forces motrices de la Vis dont la situation s’améliore, dans la Société des Forces motrices de la Haute-Durance qui a échangé cette année avec perte ses actions contre un certain nombre de celles de l’Energie Electrique du Littoral, et dans le Sud Electrique qui étend journellement son champ d’action et participe de la marche prospère de la Société Avignonnaise d’Eleclricité et de la Société Nimoisc d’Eclairage et de Force motrice qui ont distribué cette année l’une 5 % et l’autre 6 % de dividende.
- Dans le sud et l’ouest, la Société d’Applications Industrielles a réparti ses intérêts entre la Société Méridionale de Transport de Force dont le dernier dividende est de 7 % et dont l’augmentation récente du capital porté de 3 600 000 francs à 3000000 francs
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- a permis aùx Applications Industrielles d’exercer son droit de préférence d’ancien actionnaire ; la Compagnie d’Eclairage de Bordeaux qui se débat encore au milieu des difficultés qui ont entravé sa marche jusqu’à ce jour; la Société Electrique des Pyrénées dont nous avons examiné la situation dans notre note précédente, et la Société d’Electricité de Caen qui suit une marche -prospère et prépare la mise en route d’un nouveau groupe Sulzer-Alioth de i 200 chevaux.
- Pour mémoire, nous rappellerons, en dehors du portefeuille, les participations syndicales et commandites pour la somme de 257050 francs dont une part représente le versement de la société au syndicat constitué pour réaliser le projet Rhône-Paris.
- En résuçaé, le bilan au 3o juin 191.0 se présente en la forme suivante :
- actif :
- Portefeuille, participations, con-
- cessions .................... 7 251 469 45
- Disponible..................... 34* 270 11
- Réalisable......................... 100 141 00
- Comptes d’ordre.................... 843 264 80
- Débiteurs par garantie............. 25ô 000 00
- Total......... 10 786 148 36
- passif :
- Capital actions..............: . S 000 000
- Capital obligations 4,a5 %..... 3 000 000
- Réserves et amortissements,... 681 38o 18
- Créditeurs divers.................. 769 373 66
- Comptes d’ordre.................... 843 264 80
- Créanciers par garantie............ 25o 000 00
- Profits et pertes.................. 262 129 72
- Total....... 10 786 148 36
- A noter que le conseil pense pouvoir faire disparaître en grande partie, durant l’exercice en cours, les comptes d’ordre et créanciers par garantie qui figurent à l’actif et au passif, à la suite delà réorganisation de la société il y a deux ans.
- La question des transports en commun a fait de nouveau l’objet de discussions publiques, en raison de l’autorisation des relèvements de tarifs accordée à la Compagnie des Tramways-Sud par le ministre des Travaux" publics; il est, en effet, fort désagréable au public d’augmenter journellement ses dépenses de transport de 5o % , mais que préfère-t-il d’une suppression complète des services par la disparition de la Compagnie ou d’un maintien de ses commodités par un sacrifice pécuniaire nécessité d’ailleurs par les exigences toujours croissantes du personnel?
- La mise en route du Nord-Sud a suscité la curiosité intéressée de tous ceux qui en attendaient des services, et aussi des financiers ou capitalistes qui
- suivent de près la valeur. Les résultats de la première semaine ne sont pas de même ordre que ceux du Métropolitain et déjà on doute de la vitalité de l’entreprise. Il y a cependant lieu do lui faire crédit tant que leterminus sera comme actuellement à Notre-Dame-de-Lorette. La ligne répond à des besoins ; mais le courant définitif de circulation ne s’établira que du jour où toutes les lignes du Métropolitain situées sur la rive droite de la Seine seront en correspondance avec elle. En tous cas, les agencements de stations, le mode d’exploitation, la régularité du service procèdent d’une organisation très adaptée aux nécessités do l’affaire et permettent d’augurer aussi bien que du concurrent.
- La Société Pyrénéenne d’Energie Electrique a été mise en route le 20 octobre dernier et le réseau a été régulièrement desservi de suite ; ce dernier s’étend comme on le sait sur les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. La Société Toulousaine d’Electricité notamment a arrêté depuis lors ses machines pour n’être alimentée que par l’usine d’tlrlu.
- Les actionnaires de la Compagnie des Tramways Electriques de Saint-Etienne étaient convoqués pour le 26 novembre, à l’effet d’autoriser leur conseil à traiter avec ses obligataires et ses créanciers en compte courant, sur la base d’un échange de leurs créances contre des actions nouvelles créées en augmentation du capital social. Si ce traité est réalisé, le capital serait réduit, p>uis augmenté par l’émission d’actions contre espèces.
- La Société Dijonnaise d’Électricité a réalisé, en 1909-1910, un bénéfice brut de 402 820 fr. 76 et un bénéfice net de 172957 fr. 85, contre 180708 l'r. 45 pour l’exercice précédent. Les abonnés de force motrice et de lumière n’ont pas cependant cessé de progresser et la vente du courant aux Tramways Electriques a été de 49 680 francs. Avec le report de l’exercice précédent, le bénéfice net s’est, élevé à 198 853 fr. 89 qui a reçu l’affectation suivante :
- Réserve légale.................. 3 g38 65
- Amortissements divers.....'..... 48 826 88
- Dividende aux actions et aux parts. .. 98 000 00.
- Tantièmes............. ......... 12 028 84
- Réport à nouveau................ 36 o5g 52
- Les immobilisations atteignent au 3o juin 1910 3 059098 fr. 21, sans compter les installations en location qui figurent au bilan pour 322 378 fr. 09. Au passif d’ailleurs, les amortissements de réserves s’élèvent à 939487 fr. 3o, supérieurs de 139 487 fr.
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- 3 Décembre 1910.
- au capital social. Le bilan résumé sc présente comme suit :
- ACTIF :
- Immobilisations................. 3 io3 756 i5
- Installations en location........... 32a 378.09
- Réalisable........................... 186 720 28
- Disponible............................ 89 776 4°
- Total............. 3 702 63o 92
- passif :
- Capital actions..................... 800 000
- obligations............. 1 645 000
- Amortissements et réserves...... 939 487 3o
- Créditeurs divers................... 119 289 73
- Profits et pertes................... 198 853 89
- Total............... 3 702 63o 92
- D. V.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La commande des 229 voitures de la compagnie des chemins de fer P.-L.-M. que nous indiquions dans notre numéro du 29 octobre dernier a été répartie ainsi qu’il suit :
- 35 voitures de 3® classe, à la Société Franco-Belge, à Raismes ;
- 35 voitures de 3e classe, à la Compagnie Générale de Construction, à Saint-Denis ;
- 3o voitures de 3e classe, à la Société Lorraine Dietrieh, à Lunéville;
- 3o voitures de 3e classe et fourgon, à MM. Carel et C,c, au Mans ;
- 40 voitures de 20 classe, à MM. Carde et Cie, à Bordeaux ;
- 10 voitures de 2e classe, à la Société des Etablissements de la Buire, à Lyon.
- 3o voitures de ire classe, à la Société Dyle et Baca-lan, à Bordeaux ;
- 19 voitures de 1™ classe, à MM. Desouches, David et C‘®, à Pantin.
- Eure-èt-Loir. — Par décret du 17 novembre 1910 est autorisé le département d'Eure-et-Loir à emprunter une somme de 564 °°° francs (tramway d’Oucques à Châ-teaudun). *
- Indre-et-Loire. — Par décret du 17 novembre 1910 est autorisé le département d’Indre-et-Loire à emprunter une somme de 4°8 200 francs (tramway de Blois à Amboise).
- Loiret. — Par décret du 17 novembre 19ao est autorisé le département du Loiret à emprunter une somme de 424 5oo francs (tramway de Blois à Cléry).
- Loir-et-Cher. — Par décret du 17 novembre 1910 est autorisé le département de Loir-et-Cher à emprunter une somme de 3 789 44° francs (réseau de tramways électriques).
- Côte-d’Or. — Par décret du 17 novembre 1910 est déclaré d’utilité publique dans le département de la Côte-d’Or l’établissement de lignes de tramways suivantes :
- i° De St-Seine l’Abbaye à Aignay-le-Duc ;
- 20 De Dijon à Beaune par l’Arrière-Côte, limitée aux deux sections de Dijon (boulevard de Sévigné) à Dijon (porte de Beaune), et de Gevray à Beaune, avec embranchement de Meuilley à Nuits ;
- 3°DeBordes-Pillot à Saulieu par Sombernon et Pouilly.
- Seine-et—Oise. — Le département de Seine-et-Oise est autorisé à emprunter une somme de 20 700 francs applicable aux frais d’établissement du tramway de Maule à Meulan, déclaré d’utilité publique par décret du 3o novembre 1910.
- Italie. — Un comité vient de se former en vue de la construction d’un chemin de fer électrique devant relier Peschiera et Riva, en longeant le lac de Garde. Le devis serait de 12 millions de lires environ.
- ÉCLAIRAGE
- Grèce. — L’Office national du Commerce extérieur vient d’être informé que la municipalité de Larisse (Thes-salie) a accordé la concession de l’éclairage électrique et de la distribution de l’eau à une société qui rechercherait actuellement un entrepreneur pour l’exécution des travaux et des installations.
- Les devis se chiffrent par 700000 francs environ. Le paiement s’effectuerait par des annuités de 80 000 francs qui seraient versées par la ville de Larisse, sous la garantie de la Banque d’Athènes. La Société serait, en outre, disposée à intéresser l’entrepreneur par une participation dans sa concession.
- D’autre part, cette entreprise pourrait permettre, dans des conditions favorables, l’étude d’autres travaux à exécuter dans la région, et notamment : dés installations d’usines hydro électriques, des travaux d’irrigation et d’assainissement, etc.
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- T. XH (2' Série).—»» 49 i
- M. Gabriel Jullien, conseiller du Commercé extérieur de la France àVôlo, se tient à la disposition des intéressés français, pour tous renseignements.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Algérie. — La Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 11 ooo francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Kroubs-Aïn-Abid.
- La Chambre de commerce d’Alger est anlorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 9000 francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Tizi-Ouzou-Mira-beau. .
- La Chambre de commerce de Bône est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie -une somme de 19500 francs, en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Guelma-Duvi-vier-Medjez-Sfa.
- La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une sommede 18 ooo francs, en vue de l'établissementd’un circuit téléphonique Sidi-bel-Abbès-Lamtar-Tassin.
- Mexique. — Il est question d’apporter d’importantes modifications à l’aménagement des stations de télégraphie sans lil au Mexique. Suivant le journal le Mexique, les appareils actuellement en service seraient remplacés par d’autres appareils plus perfectionnés.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société Française d’Exploitations électriques. — Constituée le 28 septembre 1910. — Capital : 34o ooo francs.— Siège social : 54, rue de rHôlcl-de-VilIe, à Lyon.
- Compagnie Lorraine d'Electricité. — Constituée le 2b novembre 1910. — Capital : 10 millions, — Siège social : 27, rue du Tapis-Vert, à Nancv.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Usines du Pied-Selle, Fumay (Ardennes),
- Album-tarif 1911, chauffage électrique.
- General Electric de France, Paris.
- « Pulvivor » (nettoyage par le vide).
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 21 décembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture de poteaux métalliques tubulaires, supports de lignes aériennes de contact pour la traction électrique. Soumis sions recommandées le 20 décembre.
- Le 24 décembre, à 10 h. 1/2, à l’hôtel de ville, à Thcux adjudication pour l’éclairage public, force et lumière privées par l’électricité. Soumissions recommandées, le 22 décembre.
- Le 28 décembre, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien des lignes vicinales de Bruges. Soumissions recommandées le 27 décembre.
- Prochainement, à la Société du canal et des installations maritimes de Bruxelles, rue du Canal, 5q, à Bruxelles, fourniture et installation de trois grues électriques de quai à portique complet pour une voie ferrée et des voies de roulement de ces grues au bassin de Ba-telage, caut. ; i01'lot, 8000 francs ; 20 lot, 2 ooo francs
- ESPAGNE
- Le 18 janvier, à 12 heures, à la direction générale des travaux publics (ministère de Fomento) à Madrid, adjudication de la concession avec garantie de l’Etat du chemin de fer secondaire d’Alicante à Alcoy. Caut. : 72 376 pesetas.
- •
- ITALIE
- Le 14 décembre, aux chemins de fer de l’Etat italien, k Borne, fourniture de 4 moteurs électriques pour Milan-Centre, Milan-Simplon, Nevi-sur-Bavo et Pise.
- Le 21 décembre, fourniture de 9 tours pour les ateliers de Rimini et Vérone (adjudications internationales).
- f4BIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUS CASSETTE,17.
- Le Gérant : J.-B.-Nouki.
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- Tome XII (8« série). - N* 50.
- Trente-deuxième année. SAMEDI 10 DECEMBRE 1910.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Êclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL,p. 32i. — J. Rezelman. La réactance synchrone et asynchrone (suite), p. 323. — A. Busse Chronique des tramways électriques : L’usure ondulatoire des rails, p. 329.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Méthode graphique et rapide de mesure du glissement des moteurs d’induction, A. Andkault, p. 336. — Etude, construction et essais de machines. Le transformateur en cascade, S. Hallo, p. 336. — Variétés. La télégraphie sans fil à bord des aéroplanes, p. 34i. —Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Bouche de chaleur électrique, H.-Y. Fournier, p. 342. — L’appareillage électrique à l’Exposition de Bruxelles, p. 343. — Chronique financière, p. 349. — Renseignements commerciaux, p. 35o. — Adjudications, p. 351.
- EDI T OUIAL
- M. J. Rezelman, dans la série d’études qu’il a entreprises sur la réactance synchrone et asynchrone, s’est préoccupé de fournir aux constructeurs une documentation abondante et pratique, en soumettant au contrôle d’expériences particulières des formules susceptibles d’une application générale.
- Ces études ont porté successivement sur les rotors bobinés, puis sur les rotors en cage d’écureuil. L’auteur s’occupe actuellement des machines à pôles lisses et, en particulier, aujourd’hui, il détermine expérimentalement la valeur de la réactance pour n’importe quel régime de vitesse,
- Gomme nous l’avons déjà dit, un prochain travail abordera le cas des pôles saillants.
- Les recherches faites depuis deux ans sur le phénomène de Yusure ondulatoire des rails n'ont, dit M. A. Busse, dans son l’apport au Congrès de Bruxelles (de septembre 1910) mis en évidence que très peu de faits nouveaux. L’un de ceux-ci est cependant fort important : on est aujourd’hui convaincu que l’usure ondulatoire doit être attribuée avant tout à la nature du métal, à sa structure interne.
- Dans une note annexée au rapport de M. Busse, et que nous n’avons pu reproduire, M. Pétersen estime, en effet, que le laminage du rail lui fait subir une transformation analogue à celle qu’éprouve un fil étiré : dans les deux cas, la texture de la pièce devient
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- T. XII (2* Série). — N« 50.
- plutôt fibreuse, de cristalline qu’elle était.
- D’autre part, l’influence néfaste des mouvements de lacet a été également mise en évidence.
- En utilisant les propriétés du papier chimique Bain, M. A. Andrault a réalisé une méthode de mesure du glissement des moteurs (Vinduction qui est des plus simples et ne nécessite l’emploi d’aucun appareil accessoire.
- L’étude de M. S. Hallo sur les transformateurs en cascade, que nous reproduisons d’une haanière assez complète, fixe avec une netteté remarquable l'état actuel de la question.
- Ces machines sont définitivement entrées dans la pratique industrielle, de sorte qu’on peut établir des moyennes valables sur les résultats d’exploitation. Gompai’é avec la commutatrice ordinaire et avec le groupe moteur-générateur, le transformateur en cascade, type Arnold, présente des propriétés intermédiaires entre celles de ces deux genres d’appareils.
- Suivant qu’on examine, comme le fait M. S. Hallo, le problème du démarrage côté alternatif, du démarrage côté continu, de la marche en parallèle, de la commutation, de la réversibilité, de l’encombrement, etc..., les conclusions partielles diffèrent un peu. Mais, dans l’ensemble, le transformateur en cascade, avec son faible prix de revient, et ses grandes qualités techniques, présente, selon M. S. Hallo, un intérêt qui justifie son vaste développement industriel.
- D’ailleurs, l'auteur termine son étude en citant quelques exemples d’installations réa-
- lisées. Il indique, comme valeur de là puissance totale des commutatrices Arnold actuellement en service, le chiffre de plus de ioo ooo chevaux.
- L’utilisation de la T. S. F. à bord des navires aériens a dès le début excité un intérêt très vif et très général. On y admire la combinaison des deux conquêtes les plus nouvelles et les plus prestigieuses de la science. D’autre part, la contribution de la France à l’accomplissement de ces deux conquêtes a été et est encore prépondérante. Pour ne parler que du passé, aux découvertes de M. Branly répondent celles du colonel Renard.
- Jusqu’à présent, cependant, on s’était borné à employer la T. S. F. à bord des ballons dirigeables. Mais voici que des officiers et des ingénieurs français commencent à réaliser avec succès — mais non sans péril, comme l’a montré un accident récent — Vapplication de la télégraphie sans fil aux aéroplanes.
- L’exposition de Bruxelles a permis de constater les perfectionnements apportés au cours de ces dernières années à l’appareillage électrique et en particulier à Vappareillage à haute tension. Dans la section allemande, les appareils exposés par la Société Paul Meyer présentent un intérêt tout particulier. Nous en donnons une description rapide. Signalons entre autres un interrupteur automatique dans l’huile avec commande à distance au moyen de boutons placés sur une colonne ou un pupitre de manœuvre d’encombrement réduit, et un réducteur pour batterie d’accumulateurs avec commande automatique où à la main, et à distance également.
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- 323
- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE (Suite)
- L’alternateur (2) a servi en outre pour faire dés expériences comme moteur asynchrone, alimenté par un courant de 2 5 périodes à tension constante ; la vitesse synchrone est donc yoo tours :
- A) enroulement d’excitation du rotor ouvert.
- constante à 5o volts aux différentes vitesses de o à i 200 tours ; il a été mesuré : le courant absorbé par le stator ; les watts absorbés par le stator ; la tension sur une des phases ouvertes du stator.
- De plus on a relevé, dans le cas A, la tension
- «r ô,
- Costf —
- Cos f
- (ours
- tours
- '1500
- Fig. 9A. — Enroulement d’exeitation ouvert. Fig- 96-— Enroulement d’excitation court-circuité.
- En monophasé, sur une phase, 5o volts, 25 périodes.
- B) enroulement d’excitation du rotor court-circuité.
- 1) En monophasé sur une phase (fig. 9 A et B).
- La tension d’alimentation a été maintenue
- (‘) Lumière Electrique, 3 décembre 1910.
- (2) Il s’agit de l’alternateur de 4 000 KVA, à 4 pôles, 6 600 volts entre phases, 5o périodes, 1 5oo tours, auquel la première partie de cette étude était déjà consacrée.
- aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert et, dans le cas B, le courant dans le circuit d’excitation court-circuité.
- Observations.
- Les différences entre les courbes A et B résultent de la disposition différente du rotor :
- A) cage d’écureuil résistante incomplète ;
- B) cage d’écureuil résistante incomplète
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2? Série). N° 50'.
- plus enroulement monophasé d’excitation.
- Dans le cas A, le rotor est donc plus résistant, ce qui se traduit par un glissement plus grand pour même courant I,; — le facteur de puissance (cos <p) atteint toutefois des valeurs plus élevées en A, l’enroulement du rotor étant de nature plus polyphasée.
- On constate dans les deux cas une diminution du courant absorbé à demi-vitesse synchrone, comme nous l’avons constaté avec le moteur à stator polyphasé et rotor monophasé. Dans le cas A, la cage d’écureuil
- atteint la valeur de — = 2,380; la tension
- 2 i
- entre les bagues d’excitation en A (ainsi que le courant dans le cas B) passe alors par un minimum cr= 17 volts, correspondant au champ tournant inverse.
- Pour la tension normale de 3 800 volts par phase, er atteint la valeur élevée de ± 1 3oo volts :
- 2) En monophasé deux phases en série (fig. 10 A et B).
- Fig. 10A. — Enroulement d’excitation ouvert.
- En monophasé, deux phases
- incomplète agit donc déjà en partie comme un enroulement monophasé.
- Il est à remarquer que le courant Is absorbé par le stator atteint pour A et B des valeurs plus élevées à la vitesse au-dessus du synchronisme ; la réactance tombe alors à
- — 0,91 Q au lieu de i,o5 Q en tournant lentement.
- La tension aux bagues du rotor est également inférieure, ce qui doit être attribué à la compensation d’un champ supérieur.
- La réactance maximum au synchronisme
- Fig. 10B. — Enroulement d’excitation cour-circuitté. en série, 100 volts, 25 périodes.
- La tension d’alimentation a été maintenue constante à ioo volts aux bornes des deux phases en série.
- T tension sur deux phases en série
- Le rapport ----------:---------------------
- tension sur une phase
- a été déterminé également pour des vitesses variant de o à i 200 tours. Ici nous pouvons faire les mêmes remarques que dans le cas 1); le courant absorbé au-dessus du synchronisme atteint un maximum de 48 ampères; la tension par phase est alors = 58 volts et la
- 1,73
- 58
- réactance —• = 1,21 Q; elle s’écarte donc 48
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- 325
- peu de la valeur de i,a3 ü, obtenue en tournant lentement.
- La réactance maximum au synchronisme
- atteint la valeur de ——= 3,22 Q; à ce mo-15,5
- ment la tension entre les bagues d’excitation (ainsi que le courant i,.) passe par un minimum, e,. — 23 volts coiTespondant au champ tournant inverse. Pour la tension normale au stator de 6 6oo volts entre phases er atteint la valeur élevée de dz i 5oo volts.
- 3) En triphasé (fîg. 11 A et B).
- * 67
- tance correspondante est donc —= 1,2a ü,
- 55
- c’est-à-dire sensiblement la même qu’en tournant lentement le rotor.
- La réactance maximum au synchronisme
- atteint la valeur de ——- = 5,5 ü; nous
- 10,0
- avions calculé (p. 292) qu’elle devrait varier entre 5,6a et 5,3 Q.
- En triphasé, la tension entre les bagues d’excitation est zéro au synchronisme.
- Pour la vérification des mesures des cou-
- e entre ph.
- Rapport
- e purph.
- tours
- - tSoo
- + 1500
- Fig. ii À. — En triphasé, uo volts, 25 périodes. —- Enroulement d’excitation ouvert.
- La tensidn d’alimentation a été maintenue constante à ioo volts entre phases : le rap-tension entre phases
- port ------:-------i----- y a ete représente
- tension par phase
- pour montrer sa variabilité entre les vitesses de — 1 200 à —(- 1 200 tours. La tension entre les bagues du rotor dans le cas A est intéressante à observer: elle conserve une valeur constante au-dessus de -{- i 200 et en dessous de — 1 200 tours; en outre, le courant absorbé y atteint une’ valeur maximum de ± 55 ampères, mais ceci pour une tension de 67 volts (— 100 : 1,49) par phase. La réac-
- rants à vide au synchronisme, la courbe de magnétisation E0 et les courbes des courants en court-circuit Icc ont été relevées à 750 tours 25 périodes (fig. 12).
- On trouve pour un courant d’excitation de 10 ampères : E0 = 34o volts entre phases et :
- 1) en monophasé sur phase I : Icc = 85 ampères ;
- 2) en monophasé sur phase I et II en série : Icc = 51 ampères;
- 3) en triphasé dans phasel : I„ = 35,5 ampères.
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- 326 LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XII (2* Série). — H° 50.
- La condition d’équivalence entre courant à vide et courant de court-circuit est donc entièrement remplie (').
- Il nous reste encore à déterminer par le calcul le courant à vide, c’est-à-dire la réactance au synchronisme en monophasé sur une phase et sur deux phases en série.
- En triphasé le courant à vide et courant de magnétisation ont la même valeur ; ici io,5 ampères pour 58 volts par phase. La réactance
- e entrephast s
- e parphase
- * 1500
- 1000
- Les réactances correspondantes par phase sont donc :
- = a,3o £2 au lieu de a,38 £2,
- 85 . .
- = 3,33 O — 3,mÜ,
- 5i
- ^||=5,5aü — 5,5o£2,
- valeurs trouvées par l’essai à vide (comme moteur asynchrone au synchronisme).
- Fig. ti B. — En triphasé,' no volts, a5 périodes. — Enroulement d’excitation court-circuité.
- Nous voyons que, dans le cas de la non saturation, le courant à vide et le courant de court-circuit ont la même valeur, s’ils correspondent à la même tension.
- Pour l’essai en court-circuit, l’enroulement d’excitation fermé pour l’essai à vide, il y a donc lieu de se rapporter aux lectures faites avec enroulement d’excitation fermé, afin d’être dans les mêmes conditions d’amortissement du champ tournant inverse.,Les courbes montrent néanmoins que la différence est faible ; ceci résulte de la fréquence élevée des courants induits dans le rotor par le champ inverse; cette fréquence est double de celle d’àiimentation, la résistance ohmique du rotor a donc peu d’effet.
- au synchronisme doit varier d’après nos calculs entre :
- —f— Usa == o,i8 -j- 0,44 5,6a £2
- et
- ltsz -f- Rsi == 4,83 —j- 0,47 —1 5,3o £2,
- en moyenne R„ = 5,5 Q.
- Le courant de magnétisation en monophasé sur une phase doit donc être 4,5><io,5 = 15,75 ampères pour 58 volts par phase et en monophasé sur deux phases en série 10,5 ampères, comme en triphasé (2).
- (') Voir élude : « Les Alternateurs mono et polyphasés ». Gauthier-Villars, 1905.
- (2) Voir étude : « La réactance des moteurs asynchrones». Lumière Electrique, i3 août 1910.
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- On mesure à vide a4,4 ampères et 18 ampères pour la même tension ; les courants à
- Zo Excitation
- 12. — Courbes de magnétisation et de court-circuit à 75o tours, 25 périodes.
- vide sont respectivement :
- MA
- 15,76
- — i,55 et
- _^L =1,72 fois les courants cle magné tisa-io,5
- tion.
- Pour le calcul des courants à vide en mo-
- trouvé que la réactance en monophasé à vide a la valeur -f- —^ Q.
- En monophasé sur une phase :
- 5,5
- 2 + i,5
- t ,83 Q
- et sur deux phases en série :
- R0 5,5
- —1 = -2- = 2,7512. 2 2
- Le champ inverse tourne à la même vitesse que le rotor, mais en sens opposé ; sa vitesse relative est donc double. Les essais en triphasé ont montré que dans ces conditions la réactance est la même que celle avec rotor tournant lentement (c’est-à-dire la moyenne entre la transversale et l’antagoniste), donc :
- I
- Rce____ 1,0 5
- 2 2
- o,525 £2
- et
- 2
- Reo _ i,a3 2 2
- 0,6x5 Ü.
- Fig. i3. — Rotor du turbo-alternateur triphasé de 4 000 KYA, à 4 pôles. 6600 volts entre phases, 5o périodes, 1 5oo tours
- (non bobiné).
- nophasé, nous pouvons nous rapporter aux Les réactances totales deviennent ainsi développements précédents ('). Nous y avons d’après le calcul : (*)
- (*) Lumière Electrique, 17 et 24 septembre 1910
- i,83 -f- 0,525 = 2,355 0
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- V.
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- et enlevé a été trouvée égale à 1,12 Qetavec rotor
- tournant lentement à 1,15 O; pour cette ma-2) 2j7r, _|_ o,6i5 = 3,365 £î, chine à 4 pôles, la réactance avec et sans
- Fig. 14. — Le môme, bobiné.
- d’où les courants à vide :
- 58
- 2,355
- — 2/, ,6 au lieu de 2/i amp. mesurés
- 2
- 58
- 3",365
- 17,25 au lieu de 18 amp. mesurés.
- rotor est donc sensiblement la même. Il n’en est pas de même pour la machine à 2 pôles ; la réactance de l’enroulement du stator avec' rotor,peut y être inférieure à celle sans rotor : de 10 % en monophasé sur une phase et de 20 % sur deux phases en série.
- Fig. i5. — Le même, fini.
- Nous voyons que la détermination de la réactance de l’alternateur avec rotor lisse, dont le fer est composé de tôles de 1 millimètre, ne présente pas de difficultés.
- La réactance en triphasé par phase avec rotor
- Le rotor de notre alternateur a encore servi à l’expérience suivante :
- L’impédance de l’enroulement d’excitation a été mesurée à 5o périodes :
- 1) sans stator, donc rotor seul,
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- 2) rotor placé (enroulement du stator ouvert).
- Tableau I
- TENSION ! i COURANT 1 WATTS FREQUENCE 0- V) 0 0 W ü K < Û 'W S RÉACTANCE RÉSISTANCE OHMIQUE
- i) 261 6 696 5o 0,445 43,5 39 0,4
- 2) 294 6 1084 5o 0,61 49 38,7 0,4
- Pour cette machine, la réactance de l’enroulement d’excitation du rotor avec et sans stator a donc la môme valeur ; ceci provient des cales en laiton formant, avec les couronnes en bronze, une cage d’écureuil.
- Nous ti'aiterons, dans la prochaine étude, la machine avec pôles saillants.
- J. Rézelman.
- Ingénieur, Chef de service des A. G. E. C.
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- L’USURE ONDULATOIRE DES RAILS («)
- L’usure ondulatoire des rails qui, d’année en année, se développe dans des proportions toujours croissantes, n’a pas seulement pour conséquence une usure excessivement forte des roues et des rails; elle occasionne encore fréquemment aux compagnies de tramways de graves ennuis dus aux phénomènes d’ordre secondaire qui l’accompagnent.
- Naguère, l’usure ondulatoire des rails était inconnue des profanes ; or, ce sont précisément ces phénomènes secondaires qui l’ont imposée à l’attention du public; et actuellement, il n’est pas rare que les commissions de surveillance et les municipalités exigent la suppression immédiate des ondes, parce que les riverains, surtout ceux qui habitent des rues étroites, se plaignent du bruit désagréable causé par le passage des voitures sur les rails atteints de ce genre d’usure.
- En outre, là où existe l’usure ondulatoire, la ligne est fortement attaquée; les rails se déchaussent facilement, prennent rapidement du jeu, et les vibrations ne tardent pas à provoquer la destruction de l’assiette de la voie et du revêtement; il en résulte des frais d’entretien très
- (<) Rapport présenté au Congrès International de Bruxelles, 6-n septembre 1910.
- élevés, surtout dans le cas de pavages en asphalte et en bois.
- La commission internationale nommée pour rechercher les causes de l’usure ondulatoire s’est exprimée ainsi dans son rapport de Munich (1908):
- « L’usure ondulatoire ne doit jamais être attribuée à une cause unique, mais elle est bien l’eflct de la coopération de plusieurs facteurs, dont les uns provoquent directement le phénomène, tandis que les autres ne font que le favoriser.
- « Certaines conditions de construction ou manières de conduire le matériel roulant peuvent avoir pour conséquence de produire l’usure ondulatoire sur la table de roulement, s’il existe certaines conditions dans la qualité du rail ou des bandages, ou aussi dans la fondation des voies.
- « Les facteurs principaux qui provoquent l’usure ondulatoire sont :
- 1. Nature du métal des rails. Les observations les plus récentes indiquent que ce serait là la cause principale de l’usure ondulatoire.
- 2. Emploi de bandages trop durs.
- 3. Freinage énergique en pleine marche.
- /,. Démarrages trop rapides. —
- 5. Grandes vitesses.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 6. Mouvements de lacet, lesquels peuvent être produits par :
- a) La rigidité du système des roues calées sur un même essieu;
- b) Une inégalité des diamètres des roues d’un même essieu ;
- c) Une différence de niveau des deux rails d’une même voie;
- d) Une répartition asymétrique de la charge ;
- é) Une différence d’élasticité dans les différents ressorts d’une même voiture ;
- f) Un trop grand jeu dans les boîtes à graisse;
- g) Un manque d’uniformité entre l’écartement des roues et celui des rails ;
- h) Des irrégularités dans le niveau de la voie ;
- i) Des effets de torsion et de détorsion dus surtoufcà l’attaque latérale du moteur électrique;
- k) Un défaut de parallélisme entre les deux essieux d’une même voiture (voitures à deux essieux et voitures à boggies) ;
- l) Une construction défectueuse des châssis;
- m) Des empattements trop réduits.
- 7. Courbes de grand rayon.
- 8. Nature de l’infrastructure. »
- Au questionnaire qui a été adressé cette année aux membres de l’Union en vue du présent rapport, il a été répondu par 78 compagnies de tramways.
- Soixante-douze compagnies ont constaté de l’usure ondulatoire plus ou moins prononcée sur la table de roulement des rails; 88 compagnies l’ont observée sur le fil de trolley et 8 autres l’ont remarquée sur les bandages des roues.
- Les Tramways municipaux d’Amsterdam ont constaté l’usure ondulatoire partout où les men-tonnets des roues sont pressés contre la tête du rail. Le phénomène ne se remarque pas cepenr
- dant dans les courbes de petit rayon où l’usure de la totalité de la table de roulement en elle-même est très grande et où la vitesse est réduite. La longueur des ondes augmente avec la vitesse des voitures. Les ondes se déplacent dans le sens de la marche des voitures.
- On peut expliquer comme suit ce qui se passe dans les courbes de grand rayon et dans les alignements par suite de l’influence de la voiture, c’est-à-dire aux endroits où l’usure ondulatoire apparaît peu à peu : le mentonnet de la roue est pressé contre la tête du rail, et ce, du fait de la position oblique de la roue, non pas en a verticalement en-dessous de o, mais en b (fig. 1).
- La composante transversale de la force vive, laquelle, surtout dans le cas d’une grande vitesse et d’un petit empattement, peut être très importante, presse fortement au point b le mentonnet de la roue contre la tête du rail. Il en résulte donc un frottement important. La roue tourne ainsi autour du point b avec un rayon ob plus grand que oa ; dès lors, elle se soulève, dans la mesure permise par le poids de l’essieu et de la suspension sur les boîtes à graisse, puis retombe dès que ces facteurs ont vaincu le frottement. Le choc qui en résulte est beaucoup plus important par suite de la distension des ressorts que si les différents points entrant en ligne de compte agissaient seuls.
- Le même fait se reproduira immédiatement après et le soulèvement de la roue se répétera jusqu’au moment où la pression latérale sera devenue moindre, et que, en conséquence, le frottement au point b aura diminué. Le chenjin parcouru par le point o montrera l’allure des ondes sur le rail.
- On a cherché, dans une courbe de 800 mètres de rayon établie nouvellement et dont les rails avaient dû être remplacéspar suited’unetropforte usure ondulatoire, à déterminer photographiquement, à la vitesse de kilomètres à l’heure, la ligne des mouvements du point o. Jusqu’ici, cependant, on n’est pas encore parvenu à faire cette détermination. Chaque longueur d’onde est, en effet, parcourue en un centième de seconde environ et cette succession très rapide de mouvements est naturellement très difficile à percevoir.
- On acherché cependant à déterminer si le centre de la roue suivait la ligne des mouvements en question.
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- Une forte aiguille indicatrice fut fixée solidement sur les boites à graisse au moyen d’une monture bien rigide. Cette aiguille indicatrice, montée à ressort dans la monture susdite, ne pouvait se déplacer qu’en avant et en arrière, suivant l’axe de l’essieu et suivant son propre axe longitudinal ; elle ne pouvait par elle-même faire naître aucune oscillation verticale. On fit rouler une voiture ainsi équipée, à la grande vitesse normale de marche, dans la courbe susdite dont les rails ne présentaient aucune trace d’usure ondulatoire. Le mouvement de l’aiguille indicatrice, c’est-à-dire du centre de la roue, fut enregistré à plusieurs reprises sur une tôle recouverte de craie, maintenue au moyen de chevalets en bois, sur lesquels cette tôle pouvait être déplacée. La ligne enregistrée par l’aiguille indicatrice était ondulatoire et très distincte.
- Faisons remarquer que l’usure ondulatoire a été observée fréquemment et d’une façon intense sur les chemins de fer exploités par la vapeur.
- D’après la Compagnie des Tramways de Bordeaux, la cause principale de l’usure ondulatoire est le glissement de la roue sur le rail. Ce glissement se constate en ligne droite et en courbe; en courbe, il est occasionné par la différence qui existe entre les chemins à parcourir sur les deux rails par les roues solidaires d’un même essieu; en ligne droite, il est dû à la différence des diamètres de roulement des deux roues solidaires d’un même essieu, ces diamètres variant suivant les différentes positions que les roues occupent transversalement par rapport aux rails pendant les mouvements de lacet du véhicule ou lorsque le véhicule roule sur une voie déversée. Ces circonstances ont été traitées par M. Ba«queyrisse, ingénieur des Tramways de Bordeaux (’). Les conclusions de ce travail ont été confirmées par les constatations faites depuis cette époque. Les Tramways de Bordeaux ont, en particulier, déterminé expérimentalement l’existence des variations des diamètres de roulement sur un véhicule en marche, au moyen d’un appareil étudié à cet effet. Les indications fournies par cet appareil ont permis de vérifier que les variations des diamètres de roulement concordent avec les mouvements de lacet et que ces mouvements de lacet, et les variations qu’ils
- (4) Dans une étude publiée dans le numéro d’avril 1908 de Y Industrie des Tramways et des Chemins de fer.
- occasionnent, concordent eux-mêmes avec les parties des rails présentant l’usure ondulatoire. Sans que la preuve en résulte des constatations précédentes, il est légitime d’admettre que c’est la roue située du côté des ondulations qui glisse. Ainsi l’usure ondulatoire n’existe que sur les parties du rail sur lesquelles les roues glissent; elle est donc causée par ce glissement et en supprimant celui-ci on empêchera la production d’usure ondulatoire.
- Peu après la Compagnie générale des Omnibus de Paris, la Compagnie des Tramways électriques de Bordeaux a mis à l’essai sur deux voitures un dispositif permettant d’éviter le glissement des roues sur les rails. Il consiste à rendre les deux roues d’un même essieu indépendantes l’une de l’autre; l’une des roues reste calée sur l’essieu, l’autre est calée sur un manchon à plateau, lequel est fou sur l’essieu. Dans le cas d’un essieu non moteur, le plateau sert simplement de butée et contrcbutée à un manchon calé sur l’essieu afin de maintenir fixe l’écartement des deux roues.
- Dans le cas d’un essieu moteur, un différentiel, analogue aux différentiels employés en automobile, est logé dans l’intérieur de la grande roue d’engrenage ordinairement calée sur l’essieu et qui devient folle sur cet essieu. Ce dispositif est jusqu’ici en service sur deux voitures et les Tramways de Bordeaux ont l’intention de l’étendre à toutes les voitures destinées à une même ligne.
- Si, d’une part, on ne peut admettre qu’il n’existe de défauts dans la nature du métal du rail que précisément aux endroits où se produit une usure ondulatoire occasionnée par le mouvement des véhicules, il a été toutefois établi d’une façon indiscutable que la surface de roulement des rails est souvent défectueuse sur toute sa longueur et que l’emploi d’un métal exempt de défauts empêche la production de l’usure ondulatoire ou bien l’atténue et en retarde l’apparition.
- En ce qui concerne les mouvements de lacet, la Compagnie des Tramways de Bordeaux estime qu’en les diminuant, on diminuera aussi l’usure ondulatoire ; il y aurait lieu, par suite, de réduire le plus possible le jeu latéral entre roues et rails et de réduire ou même de supprimer la conicité des roues, cette conicité ne présentant d’ailleurs qu’un intérêt relativement faible dans les cour-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2e Série). — N° 50.
- bes de faible rayon qui sont le cas général sur les voies de tramways.
- Il y a lieu de prévoir des roues de largeur appropriée à celle du rail, une largeur trop étroite favorisant l’exagération delaconicité et par suite des mouvements de lacet qui en sont la conséquence. En plus de cet inconvénient, la conicité, surtout lorsqu’elle est exagérée, accentue les variations de diamètre de roulement et par suite la production d’usure ondulatoire. Enfin, des voitures à faible porte-à-faux et à boggies semblent a priori permettre beaucoup moins facilement les mouvements de lacet que les voitures à grand porte-à-faux. D’après les Tramways de Bordeaux, le soubassement élastique paraît atténuer la production d’usure ondulatoire; en cela, ils sont d’un avis opposé à celui d’autres compagnies d’après lesquelles des rails posés sur béton ou fortement attachés à faible intervalle avec le béton armé, ne montrent jusqu’à présent jias plus d’usure ondulatoire que des voies établies sur gravier ou sur pierrailles.
- Dans les hypothèses qu’il a formulées au sujet de l’usure ondulatoire et qui furent indiquées au Congrès de Munich ('), M. le professeur C.-A. Carus-Wilson indique, parmi les causes favorisant ce phénomème, le recouvrement de la table du rail par de la poussière sili— cieuse ou du gravier. La même constatation a été faite à Bordeaux, où l’usure ondulatoire est 23lus accentuée dans les voies poussiéreuses (macadamisées).
- L’usure ondulatoire apparut sur les lignes des Tramways Bruxellois quelques années après l’adoption de la traction électrique ; de l’avis de la compagnie, l’apparition du phénomème semble coïncider avec l’abandon des procédés Bes-mer pour le procédé Thomas dans la plupart des aciéries. Quant aux autres manifestations de l’usure ondulatoire, ce sont les mêmes qui ont été mentionnées dans les rapports antérieurs.
- Les Tramways municipaux de Dresde ont, sur certaines lignes, constaté l’usure après trois jours de service seulement. Sur d’autres tronçons, l’usure s’est déclarée après quelques années.
- Les Tramways d’Ekaterinoslaw n’ont pas encore observé d’usure ondulatoire caractéristique sur leurs lignes ; cela est dû à ce que leurs
- rails sont en acier extra-dur.
- \
- A ce propos, nous ferons remarquer qu’à Berlin on a constaté une usure ondulatoire prononcée sur des rails très durs en acier au manganèse établis dans des lignes à fort trafic.
- Les Tramways municipaux d’IIelsingborg ont observé que, sur les sections droites, les ondulations commencent aux joints et diminuent progressivement des deux côtés. Dans les courbes, au contraire, les ondulations apparaissent partout uniformément sur le rail extérieur. La Société cite,comme cause possible de l’usure ondulatoire, la force gyroscopique créée par la grande vitesse de rotation de l’induit du moteur. La chose peut s’expliquer comme suit: le palier du moteur étant solidaire de l’essieu, l’effort vertical dû à l’action gyroscopique de l’induit est transmis à l’essieu. D’un autre côté, par suite des irrégularités delà voie et aussi par suite des différences d’un rail à l’autre et des défectuosités existant sur chaque rail lui-même, il se fait que, pendant la marche, les quatre points de contact des roues avec les rails ne sont jamais dans un même plan. Les roues, et partant les essieux ainsi que les moteurs, tendent tous à suivre ces irrégularités, mais ils en sont empêchés par d’autres forces et notamment parla force gyroscopique de l’induit, toutes ces forces ayant pour effet de maintenir l’essieu dans sa position initiale. La conséquence naturelle de toutes ces actions est une modification notablement renforcée et de direction constamment variable de la pression des roues sur les rails, qui contribue à la production des ondulations. Ce qui précède explique la formation des ondes dans les courbes de grand rayon parcourues en vitesse, l’aggravation de l’usure aux joints au passage desquels la position de l’essieu est brusquement modifiée, ainsi que la production des ondulations sur les cercles de roulement des roues. Inversement, dans les courbes de petit rayon parcourues à faible vitesse, l’action gyroscopique n’aura pas d’influence nuisible sur les rails. On pourrait peut-être rapporter également à l’action gyroscopique de l’induit les résultats défavorables des châssis à boggies sur essieu unique.
- La Société des Tramways du Caire a constaté que les rails les plus durs (d’une résistance de 70 à 7a kilogrammes par centimètre carré) sont ceux qui présentent les ondes les moins longues ; par contre, les rails les plus tendres (60 à 65 kilogrammes) présentent des ondes plus longues.
- (() À. Busse. Rapport au Congrès de Munich (1908)..
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- La Société des Tramways de Copenhague déclare que l’usure ondulatoire se remarque le plus souvent dans le macadam, moins dans l’asphalte et le pavage dit anglais, moins encore dans le pavage ordinaire. La largeur des ondes semble être la plus grande aux endroits où la vitesse est la plus forte. Cette société a soumis à un essai à l’acide une section longitudinale faite par la tête du rail; elle n’a pas découvert de traces de modification dans la structure du rail. Elle a aussi fait des essais à la bille sur la table de roulement d’un rail dont l’usure ondulatoire était très accusée. Ces essais ont porte sur les crêtes et sur les creux; on a trouvé partout le même degré de dureté et on a constaté que le degré de dureté s’était élevé de 200, dureté initiale des rails neufs, jusqu’à 285. Ce degré de dureté élevé, qui d’ailleurs pouvait s’observer aussi sur des rails exempts d’usure, doit sans aucun doute être attribué à un laminage à froid et à une compression de la surface de roulement du rail. Par suite du laminage, il se forme simultanément un élargissement et un allongement des couches supérieures de la tête du rail. Cet allongement se laisse parfaitement reconnaître lorsqu’on découpe de son âme la tête du rail. Celle-ci se courbe d’elle-même par suite des efforts de compression qui s’exercent dans les couches comprimées de la tête.
- Dès que les ondes apparaissent, on les élimine par limage, afin d’éviter que les vibrations occasionnées par le passage des voitures amènent le déchaussement des rails. Cette opération est très importante, surtout dans les rues asphaltées ; il semble qu’elle ait encore pour effet d’enrayer notablement le développement de l’usure ondulatoire. Grâce û ce limage des ondulations, la Société des Tramways de Copenhague est parvenue à vaincre les plus grands inconvénients dus à l’usure ondulatoire ; les dépenses des dernières années (salaires et coût des limes) ne montèrent seulement qu’à 6 000 couronnes par kilomètre-voiture et par an.
- La Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon a employé des rails de provenances et de profils divers. Les profils commerciaux de 36, 38 et 45 kilogrammes présentent en grand nombre des traces d’usure ondulatoire; par contre, les rails provenant de l’usine qui a créé le profil de 5i kilogrammes sur les indications de ladite compagnie, ne présentent que très rarement le
- phénomène de l’usure ondulatoire. De l’avis-de cette compagnie, l’usure doit être attribuée à la qualité du métal et à certains procédés de fabrication.
- Les Tramways municipaux de Munich citent parmi les causes de l’usure ondulatoire quelques-unes des conclusions indiquées au Congrès de Munich ('). Par suite de l’accouplement rigide des deux roues des essieux moteurs, le mouvement de propulsion des roues n’est jamais uniforme, ce qui provoque le sautillement des roues ; il en résulte un véritable martelage des rails ayant pour effet de créer des ondulations. Si, comme cette société, on n’attribue qu’une cause primaire à l’usure ondulatoire, on peut admettre que l’action des nombreuses causes secondaires disparaît lors de la suppression de la première ; ceci revient à dire, en d’autres termes, que l’accouplement rigide des roues devrait être abandonné. Il convient cependant d’ajouter que des difficultés techniques insurmontables s’opposent à la réalisation de cette idée.
- Les Tramways de Nuremberg-Furth ont observé que les ondes se produisent seulement aux endroits parcourus à grande vitesse. Le plus souvent, elles prennent naissance immédiatement près des joints.
- Les Tramways municipaux de Vienne ont relevé sur leur réseau des faits qui sont certainement en corrélation avec l’usure ondulatoire; ils déclarent toutefois qu'ils ne sauraient établir avec certitude une distinction entre ceux qui sont cause directe de l’usure et ceux qui en sont plutôt une conséquence. La forme du profil des rails a une influence particulière sur le développement des ondes sur la "table de roulement. Cette circonstance pourrait, semble-t-il, être la cause première. A cet égard, les Tramways de Vienne se basent sur les observation faites, dans leur réseau, sur la manière de se comporter de 3 types de rails différents, en service sur de grandes longueurs. Elle emploie :
- a) Le rail à rainure pour la prise latérale de courant dans les lignes à caniveau ;
- b) Le rail Ilartwich, sorte de rail Vignole, à âme de grande hauteur avec contre-rail rapporté ;
- e) Le rail à gorge ordinaire.
- (') A. Busse, loc. cil., nos 6 et 7 du rapport.
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- Chose remarquable, le rail a) ne présente pas d’usure ondulatoire; le rail b) en montre rarement; et le rail c) en est très fréquemment atteint. Les deux rails cités en premier lieu sont à peu près de la même qualité ; leur supériorité provient certainement d’un meilleur façonnement de la table de roulement lors du laminage, ce qui serait facilité par le profil Yignole. Le mode de soubassement a également une certaine influence. Cela résulte de la manière de se comporter des rails à caniveau par rapport aux rails Hartwich, en ce qui concerne le laminage. Ces deux espèces de rails peuvent être considérés comme d’égale valeur. Les rails Ilartwich reposent simplement sur gravier, tandis que les autres sont fixés sur bâtis en fonte posés à intervalles égaux. En ce qui concerne l’usure ondulatoire, le rail à rainure s’est montré supérieur au rail Hartwich et cela probablement à cause de la nature du soubassement.
- Une cause importante de l’usure ondulatoire semble être celle-ci : dans les démarrages et lors des freinages, les roues ne tournent pas uniformément, mais sont soumises à un glissement partiel en même temps qu’à des vibrations. Ce glissement et ces oscillations simultanées des corps en contact (roues et rails) suffît déjà en lui-même pour donner naissance à des ondulations ou à des phénomènes du même genre; c’est ce qui a été observé, par exemple, sur les rails de glissement des refroidisseurs des laminoirs et sur les conducteurs aériens d’amenée du courant (').
- Il y a lieu de remarquer que, dans ces deux cas, il n’existe pas de circonstances complexes et que l'usure ondulatoire se produit aussi bien quand les corps sont soumis à des glissements et oscillations de même nature (rail sur rail et sur le re-froidisseur: acier sur acier), que lorsque ces corps sont de nature différente (archet sur conducteur de courant: aluminium sur cuivre dur).
- Nous ajouterons que la plupart des compagnies qui ne sont pas citées dans ce rapport considèrent égalementcommecause principale del’usure ondulatoire: la nature du métal des rails, le procédé même de laminage de ceux-ci et les mouvements de glissement des voitures.
- L’importance des mouvements de glissement, par rapport au déplacement du métal et à la pro-~ \-----------
- (•) Voir à ce propos le rapport du Congrès do Milan 190G.
- duction de l’usure ondulatoire qui en est la conséquence est certaine. Dès que la table de roulement n’est pas parfaitement plane, le métal, même le plus dur, ne résiste pas à l’attaque résultant du glissement des roues.
- En voici un exemple: à un arrêt du Chemin de fer surélevé et souterrain de Berlin — dans un tronçon sur lequel les trains doivent être freinés — on plaça à titre d’essai des rails en acier au nickel offrant une résistance de 70 kilogrammes, des rails en acier Bessemer à 80 kilogrammes et des rails en acier au manganèse à 120 kilogrammes. Alors qu’actuellement les rails Bessemer ne manifestent qu’une usure ondulatoire insignifiante, les rails au manganèse et au nickel ont déjà montré des ondulations prononcées, peu de temps après leur mise en service. La chose est d’autant plus remarquable qu’il s’agit de rails Yignole qui sont généralement plus résistants à l’usure.
- USURE ONDULATOIRE DU FIL DE TROLLEY
- Elle apparaît principalement aux endroits :
- a) où par suite d’une grande accélération de vitesse, le frottement entre l’appareil de prise de courant et le fil d’amenée du courant est soumis à des variations continuelles;
- b) où le fil de trolley, tendu sur une faible longueur, reçoitunassujettissementparticulieretoù, en conséquence, il possède une grande rigidité (points de suspension, sous les ponts, tunnels, etc.) ;
- c) où la roulette ne se meut pas uniformément sur le fil à cause du graissage défectueux de l’axe de la roulette (ce graissage doit être fait soigneusement, étant donné la grande vitesse de rotation du galet);
- d) où l’existence d’ondes apu être constatée sur le fil de trolley déjà avant la mise en service ;
- e) où il existe des inégalités dans la table de roulement des rails, des ondulations sur ceux-ci, ou bien où les rails ont pris du jeu ; par suite, les voitures et l’appareil de prise de courant sont soumis à des vibrations.
- Les Tramways municipaux de Glasgow en voient la preuve dans ce fait que l’usure ondulatoire du fil n’a plus été remarquée depuis qu’ils font disparaître l’usure ondulatoire du rail par l’emploi régulier d’une meule à l’émeri.
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- USURE ONDULATOIRE DES BANDAGES
- Cette usure n’a été constatée que par quelques compagnies de Tramways.
- Les Tramways de Bàle l’ont observée notamment sur les remorques ; ils attribuent ce phénomène à la dureté variable du métal des bandages, à la formation de plats sur le cercle de roulement par suite de freinages énergiques et à des inégalités dans la table de roulement des rails.
- Les Tramways municipaux de Dresde ont remarqué que les ondulations correspondent assez bien avec la division des dents des engrenages.
- Aux Tramways municipaux de Francfort, les cercles de roulement des bandages montrent fréquemment des ondulations prononcées, dont la cause réside sans doute dans la nature du métal.
- Les Tramways municipaux d'IIelsingborg ont constaté à plusieurs reprises des Ondulations sur les bandages (*).
- Les Tramways de Nuremberg-Furth ont observé également l’usure ondulatoire sur les bandages, mais rarement. La profondeur des ondes était inférieure ào,i millimètre.
- CONCLUSION
- Il résulte des réponses relatives à la production de l’usure ondulatoire des rails que les observations et les recherches récentes n’ont rien ajouté de nouveau, ou très peu, aux conclusions formulées par le Congrès de Munich de
- Nous avons toutefois à noter une chose importante: c’est que les investigations étendues ont pu fournir la preuve que le métal des rails porte effectivement en lui-même, déjà avant sa mise en œuvre, le germe qui, dès que les rails se-
- A. Busse, loc. cit.
- ront mis en service, fera naître VUsure ondulatoire. Signalons aussi qu’il a été abondamment démontré que les mouvements de lacet et le glissement des roues dû à ces mouvements de lacet et à d’autres causes encore favorisent sans aucun doute la production des ondes; la preuve qui fut apportée de l’influence de ces mouvements incitera les exploitants à attacher plus d’attention que jusqu’à présent à la suppression ou à l’atténuation de ces phénomènes; plusieurs compagnies sont d’ailleurs déjà entrées dans cette voie.
- Faisons remarquer également cette autre constatation importante. Les rails posés en béton sur traverses en bois, les rails à rainure fixés sur chaises métalliques dans les voies à caniveau où les rails sont fortement assujettis au soubassement, sont moins exposés à l’usure ondulatoire que les rails de grande longueur obtenus soit par soudage soit par l’emploi du joint Melaun. Il est à supposer que les tensions engendrées dans ces rails ont pour conséquence le soulèvement de ceux-ci, ce qui favoriserait la production des ondulations. Il serait très intéressant d’installer à l’avenir les voies sur traverses en bois bien imprégnées et fortement assujetties dans le soubassement, sur traverses métalliques, sur plaques d’assises en béton armé et sur longrines en béton armé pour pouvoir déterminer si ces procédés fournissent une diminution de l’usure ondulatoire. Les rails devraient être solidement attachés aux appuis de façon à atténuer autant que possible les vibrations auxquelles ils sont soumis (*).
- D’après A. Busse.
- Ingénieur en Chef des Tramways de Berlin.
- (•) L’Association allemande de Tramways et Chemins de fer d'intérêt local a récemment nommé une commission spéciale chargée, encollaboration avec l’ingénieur métallurgiste D1' J. Puppe, de se livrer à des investigations détaillées sur la nature du métal des rails et sur les autres causes de la production de l’usure ondulatoire. L’Union internationale de Tramways et de Chemins de fer d’intérêt local s’est intéressée h ces recherches par l’octroi d’un subside important.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Méthode graphique et rapide de mesui'e du glissement des moteurs d’induction. — A. An-drault. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910.
- L’auteur utilise les propriétés du papier télégraphique Bain, déjà mises à profit, il y a plusieurs années, par M. Janet, pour déterminer la fréquence des courants alternatifs.
- Le papier chimique découpé en forme de disque est appliqué sur un disque en cuivre de même diamètre, entraîné par le moteur avec une vitesse « fois plus petite que la sienne propre. Le disque de cuivre communique électriquement avec l’une des bornes du moteur par l’intermédiaire d’une résistance de protection appropriée, lampe à incandescence par exemple. Sur le disque en papier, appuie légèrement une pointe mousse en fer communiquant avec une autre des bornes du moteur.
- Quand le disque tourne, cette pointe trace, comme on le sait, des traits bleus, chaque trait correspondant à une période. En déplaçant lentement la pointe le long d’un rayon du disqué, on peut faire en sorte que les traits bleus s’échelonnent le long d’une spirale.
- Soit t le nombre de traits bleus pour un tour du disque. Ce nombre l peut être déterminé très exactement, car il suffit de compter, sur la spirale, le nombre de traits correspondant à 6, 8 ou 10 tours, et à diviser par le nombre des tours.
- Connaissant £,on en déduit le coefficient de glissement g par la formule :
- formule très facile à établir et dans laquelle ^désigne le nombre de paires de pôles.
- Pratiquement, l’appareil a été disposé comme un vulgaire compteur de tours, et s’emploie de même, en appuyant une pointe de caoutchouc contre le bout de l’arbre du moteur.
- Cet appareil se suffit à lui-même. Il est inutile de connaître la fréquence du courant. On n’a pas besoin non plus de compteur de temps.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Le transformateur en cascade. — S. Hallo. — Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, 14 février 1910.
- Plus de 200 commutatrices en cascade, suivant le principe du professeur Arnold et comportant une puissance de 100000 kw., sont actuellement en service. Il est donc possible de se faire maintenant une idée exacte sur un appareil dont la description a déjà été donnée ici même (4).
- Pertes de Vinduit à courant continu du transformateur en cascade. — Si f désigne le rapport entre les pertes dans le même induit travaillant comme transformateur en cascade et comme génératrice de courant continu, pour une môme perte par eiïet Joule, le courant dans l’appareil, et par suite sa puissance, pourra croître dans le rapport
- V:
- - qui se calcule comme pour les commutatrices.
- y/-
- i change avec les quantités —, et
- Pg
- étant le nombre de paires de pôles du côté alternatif, pg celui de paires de pôles du côté continu, m3 le nombre de phases du rotor et enfin t{> le décalage entre courant et tension dans le rotor.
- Comme les pertes se répartissent à peu près également dans toutes les sections, contrairement à ce qui se passe dans les commutatrices, le calcul peut
- prendre
- comme base, sans autre considération.
- Cependant, l’induit continu d’une connnutatrice en cascade ayant à fournir l’excitation nécessaire du côté alternatif, le courant déwatté total dans l’induit continu sera plus grand avec ces machines qu’avec les commutatrices ordinaires.
- Alors que celles-ci sont à 3, 4 011 6 phases, les transformateurs en cascade sont à 12 phases avec
- Pg
- P*+Pe
- 0,9
- à 0,6.
- (*) Eclairage Electrique,7 octobre igo5et 29 septembre -1906. Voir aussi Lumière Electrique, 23 juillet 1910.
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- Le tableau I donne^/l pour des transformateurs
- en cascade et des commutatrices exécutées : <pt est le décalage entre courant et tension sur le réseau; à le décalage intérieur du transformateur en cascade, le courant magnétisant étant de 20 % du courant total.
- On voit que les pertes dans les appareils Arnold, sont un peu plus élevées que dans les commutatrices et si Ton considère que celles-ci ont toujours des harmoniques importants, on peut dire que : un trans-
- Pu
- formateur en cascade avec
- o, 6 a les
- P et "4" P g
- memes pertes quüne commutatrice, si tous deux doivent fournir au réseau un courant magnétisant de 3o % . Comme la fréquence est seulement la moitié de celle de la commutatrice, les pertes totales sont plus petites que dans la commutatrice. Les différences de rendement entre les deux appareils
- Pour la traction, on emploie un hypercompoun-dage tel que le facteur de puissance égal ci l'imité soit obtenu aux trois quarts de charge ; on a alors un décalage en arrière à vide et en avant en charge.
- En traçant les courbes de courant déwatté, de tension et de rendement d’un tel appareil hypercom-poundé de 5oo kw., on voit que sa grande capacité de surcharge et son bon rendement à toutes charges le rendent favorable à la traction.
- Son excellente régularité de tension le rend favorable pour la lumière et la traction simultanées.
- Comme l’induit continu est relié à un enroulement étoilé, la commutatrice Arnold peut s’employer telle quelle pour réseaux à trois fils, avec variation de tension de o,5 % sur chaque pont, pour un déséquilibrage de 20 % .
- Comparaison des différents transformateurs de courant alternatif en continu, —L’appareil Arnold
- Tableau I
- Valeur du rapport ^- pour des commutatrices ordinaires et en cascade.
- COMMUTATRICE appareil ex cascade COMMUTATRICE APPAREIL EN.CASCADE 7«2 = 12
- 9. cos 91 Proportion de courant déwatté en% 4- COS 4» Proportion do courant déwatté on % î??2 = m-2 ~ 4 «Je = C P.r —r— = 0,5 Pa+Pff P,r * — no
- Va + Pg
- O 1 O 11 0,981 20 i,33 1,62 *>9'* ï,57 i,73
- 5 °>996 8,75 16 0,961 28,8 1,32 1,60 1 ï9° i,55 i,7°
- 10 0,985 17,6 20 0,940 36,4 1 ?a9 1,56 1,84 i,53 1,66
- i5 0,966 26,8 25 o,906 46,6 1,24 1 >49 -.73 i,5o 1,60
- 20 0,940 86,4 3o 0,866 57,8 1517 1,41 I,6l 1,46 1,54
- sont ainsi beaucoup plus petites que celles existant entre un moteur asynchrone à grande vitesse et
- un transformateur. Avec —— — o,5 et <pt =: o,
- Pa+Po
- le transformateur en cascade serait naturellement moins favorable.
- Uemploi du transformateur en cascade. — La commutatrice Arnold à enroulement shunt normal a une chute de tension de 5 % environ et est employée sur les réseaux qui n’ont pas de fortes variations de charge.
- Si l’on veut une forte chute de tension, on peut employer un enroulement compound inversé ou une forme appropriée pour les épanouissements des pôles de commutation et décaler un peu les balais dans le sens du mouvement. On peut ainsi atteindre 20 % de chute de tension en charge.
- a des propriétés intermédiaires entre celles de la commutatrice et celles du moteur-générateur. Ces trois genres de machines ont leurs avantages et leurs inconvénients, comme on va le voir.
- Démarrage du côté alternatif. — Le moteur asynchrone adopté comme moteur du groupe est évidemment le meilleur ; la commutatrice en cascade ne présente elle-même aucune difficulté; le moteur synchrone et la commutatrice ordinaire sont très désavantageux, le démarrage de celle-ci demandant un courant élevé, nécessitant un abaissement de tension et donnant malgré tout des étincelles aux balais du côté continu. En outre, les commutatrices peuvent ne pas prendre toujours la même polarité, ce qui nécessite un inverseur sur l’excitation.
- Les grandes unités doivent être synchronisées par un petit moteur spécial, ce qui n’est pas toujours
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- facile étant donné les oscillations de fréquence du réseau. Avec l’appareil Arnold, la synchronisation
- Démarrage du côté continu. — Sous ce rapport, tous les systèmes se valent, mais au point de vue
- Tableau II
- TRANSFORMATION DK MOTEUR SYNCHRONE GÉNÉRATEUR MOTEUR ASYNCHRONE GÉNÉRATEUR COMMUTATRICES TRANSFORMATEUR EN CASCADE OBSERVATIONS
- Au-dessous de 25 périodes. Alternatif en continu. Pour réglage de tension au-dessus de io %. Pour réglage de tension de io % au maximum. Non. 1 Si la tension conti-f nue est basse par [ rapport ù la puis-f sance, le moteur générateur est pré-i férable à la com-1 mutatrice. 1 / !
- 1 Continu en alterna-/ tif. Pour facteur de puissance beaucoup au-dessous de i. Non. Pour facteur de puissance voisin de i. Non.
- Alternatif en continu et réciproquement. * Pour réglage de la tension continue au-dessus de io % et facteur de puissance au-dessous de i. Non. Pour réglage de la tension continue de io % au maximum et facteur de puissance voisin de i. Non. I J
- en <u TS O •Fl ' Alternatif en continu, puissances au-dessous de iooo kw. Pour réglage de tension au-dessus de io %. Pour réglage de tension de io % au maximum. Non. 1 Pour haute tension continue le transformateur en cascade est à recommander. Pour basse tension continue, la com-mutatrice.
- Alternatif en continu pour i ooo kw. et au-dessus. Pour réglage de tensoin au-dessus de 3o %. Pour réglage de tension de io % au maximum. Pour réglage de tension de io à 3o % ou encore au-dessous dé io %.
- Continu en alternatif, puissance au-dessous de i ooo kw. Pour facteur de puissance beaucoup au-dessous de i. Non. Pour facteur de puissance voisin de i. Non.
- U O < 'T 'OS I Continu en alterna-( tif, puissance au-) dessus de i ooo kw. Pour facteur de puissance au-dessous de o,85. Non. Pourfacteurde puissance voisin de i. " i Pour facteur de puis- \ sance au-dessus de / o,8. [
- m « <v Q 1 Alternatif en continu et réciproquement, puissance au-dessous de loookw. Pour réglage de la tension continue au-dessus de io% ètpour facteur de puissance beaucoup au-dessous de i. Non. Pour réglage de la tension continue de io % au maximum et pour facteur de puissance voisin de i. Non. Pour très basse tension continue, le moteur générateur.
- i Alternatif en continu et réciproquement, puissance de i ooo kw. et au-des-, sus. Pour réglage de la tension continue au-dessus de 3o % et facteur de puissance au-dessous de o,85. Non. Pour réglage de la tension continue de io % ou maximum et facteur de puissance voisin ae i. Pour réglage de la tension continue de 3o % au max, et facteur de puissance au-dessus de o,8. / 1
- tn £J en en 0> rd i 3 ctf 4J « < en Alternatif en con- * tinu. Pour réglage de tension au-dessus de 3o %. Non. Pour réglage de tension au-dessous de 3o %. Si la tension continue est très basse par rapport à la puissance, le mo-l teur générateur est à préférer au trans-1 formateur en cas-I cade. i
- Continu en alternatif. Pour facteur de puissance au-dessous de o,85‘. Non. Non. Pour un facteur de puissance au-dessus de o,8.
- <a 'TJ , ° *C 1 •4) 1 5h I O 1 ] 1 I Alternatif en conti-I nu et réciproque-| ment. I Pour réglage de tension au-dessus de 3o % et facteur de puissance au-dessous de o,85. Non. Non. Pour un réglage de 1 tension au-dessous I de 3o % et facteur de puissance au-dessus de o,8. !
- est plus facile, car le groupe élant déjà couplé asyn-chroniquement sur le réseau, suit ses fluctuations de fréquence.
- du couplage en parallèle, on peut faire les remarques suivantes.
- Avec un moteur synchrone-générateur, le sÿn-
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- chronisme est obtenu par variation de l'excitation continue^ la tension alternative égalée à celle du réseau par variation de l'excitation du moteur; le couplage est alors parfait sans courant de circulation.
- Avec une commutatrice ordinaire ou type Arnold, la vitesse est réglée de la même manière, mais la tension ne peut être réglée qu'en modifiant la tension du côté continu. Si, pour d’autres raisons, on a une machine auxiliaire pour régler cette tension, le couplage devient aussi parfait que précédemment avec le moteur synchrone. Mais ce n’est souvent pas le cas et l’on a tout d’abord un fort courant déwatté qui tend à rendre la tension de la commutatrice égale à celle du réseau et, en même temp3, une influence sur la tension continue qui provoque, du côté continu, une marche oscillante tantôt motrice, tantôt génératrice. On a dans ce cas une oscillation de courant qui ne dépend pas seulement des dilïé-rences de tension au couplage, mais encore de la résistance de la machine. Ace point de vue, le transformateur en cascade se comporte mieux que la commutatrice.
- Avec un moteur asynchrone-générateur, on amène le moteur également à peu près au synchronisme et on le couple. Cette mise en circuit brusque, sans qu’aucun champ tournant existe dans le moteur, provoque la production d’un courant déwatté assez fort et fatigue les isolants. Si la vitesse diffère de 3 % , l’appel brusque de courant est au moins égal au courant normal de pleine charge ; si les 3 % sont en plus, le résultat est encore pire, puisque la génératrice travaille brusquement en moteur.
- Marche en parallèle. — Si l'on n’a pas d’appareils spéciaux sur le réseau, la chute de tension de la commutatrice travaillant en génératrice shunt est assez faible et la marche en parallèle bonne. Il est cependant très difficile de caler les balais de manière à obtenir une bonne répartition de la charge entre les diverses machines, en particulier si l’on a èn même temps en parallèle des moteurs générateurs. Dans bien des cas, cet inconvénient a fait rejeter l’emploi des commutatrices.
- Le transformateur en cascade se comporte bien à ce point de vue.
- Le moteur asynchrone-générateur a la chute de tension maxima, à cause de l’influence amplificatrice du glissement.
- Influence d'une variation de fréquence ou de tension alternative sur la tension continue. — La
- tension continue de la commutatrice est influencée par toute variation de tension alternative, mais pas par les variations de fréquence. Dans le moteur générateur, la tension continue est influencée par la variation de fréquence seule. Enfin, dans le transformateur Arnold, elle est influencée par les deux, mais en moins grande proportion.
- Influence des harmoniques et réaction sur le réseau. —Avec les machines synchrones qui peuvent travailler en génératrices sur le réseau, si les courbes de tension sont très différentes, on peut avoir des courants élevés dus aux harmoniques. La cornmu-tatrice, à cause de sa faible réactance, est très mauvaise à ce point de vue. L'appareil Arnold est meilleur. Le moteur asynchrone est bon.
- Mouvements pendulaires. — Le moteur asynchrone ne peut en avoir, mais les autres systèmes, pour de faibles fréquences, peuvent également très bien marcher. Aux fréquences élevées, la commutatrice est la plus mauvaise de toutes ces machines.
- Commutation. — Au point de vue de la réaction d’induit, la commutatrice est la meilleure, vient ensuite le transformateur en cascade, puis le moteur générateur. Mais en réalité, pour des fréquences assez grandes et une haute tension, le moteur générateur est très supérieur à la commutatrice, car celle-ci a trop peu de lames par pôle dans ce cas, et, de plus, le moindre mouvement pendulaire provoque des étincelles. Sauf en ce qui concerne l’influence de ces mouvements pendulaires, des pôles de commutation ont remédié à ces inconvénients, mais ces pôles sont bien plus faciles à placer sur les appareils Arnold, qui ont un plus grand espace entre pôles que les commutatrices. La commutatrice à basse fréquence commute parfaitement.
- Facteur de puissance. — Le moteur synchrone est le meilleur et peut très simplement à toutes charges envoyer du courant déwatté sur le reseau. La commutatrice et le transformateur Arnold peuvent avoir cos cp = i à toutes charges, à 1 aide de machines auxiliaires, sans quoi cos varie avec la charge. Cependant, dans ce cas, le cos 9 du transformateur varie moins que celui de la commutatrice. Le moteur asynchrone ne peut jamais atteindre cos 9=1.
- Rendement. — La commutatrice a le meilleur rendement, à cause des courants dus aux harmoniques supérieurs qui donnent des pertes proportionnellement plus grandes à vide qu’en charge* L’appareil Arnold a un rendement meilleur que celui de la
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- commutatrice à faible charge, mais inférieur de i à a % à pleine charge. Le moteur générateur a un rendement bien inférieur, soit de 2,5 à 5 % au-dessous de celui du transformateur en cascade. A i/4 de charge, pour une unité de a:>o kw\, des essais, à Manchester, ont montré une différence de 11 % en faveur de l’appareil Arnold.
- Division de la tension continue. — Tous les transformateurs, sauf le moteur-générateur, l’obtiennent sans difficulté.
- Réversibilité. — Comme le moteur asynchrone ne peut être générateur qu’avec des machines synchrones sur son réseau, on peut dire qu’il n’est pas réversible. Le moteur synchrone l’est au mieux. Le transformateur Arnold donne de bons résultats comme générateur de courant alternatif, si on ne lui demande que des courants wattés, quoique la tension ne soit
- Bagues de prise de courant. — Le moteur asynchrone a seulement des bagues pour le démarrage ou le troisième fil de la génératrice. Le moteur synchrone en* a seulement pour une faible puissance d’excitation.L’appareilArnolden aqui servent àla fois au démarrage et au fil neutre du côté continu dans lps distributions à 3 fils. Toutes ces bagues ont une faible importance. La commutatrice, au contraire, en a pour la puissance totale et les balais demandent du soin et de l’entretien, ce qui est un gros inconvénient.
- Encombrement. — Le moteur-générateur nécessite l’espace maximum. Avec son transformateur, la commutatrice prend plus de place que le transformateur en cascade, mais moins sans transformateur.
- Prix d’installation. — Le moteur asynchrone-gé-nérateur est le plus cher, puis le moteur synchrone-
- Fig. i.— Transformateur en cascade de 5oo kilowatts, a3o volts (continu), 5oo tours par minute.
- réglable qu’au moyen d’une machine auxiliaire. La commutatrice a une tendance au décrochage, dès qu’on lui demande des courants déwattéset nécessite une excitatrice particulière pour éviter ces décrochages ; mais commutatrice, transformateur, machine auxiliaire et excitatrice spéciale, coûtent cher et sont compliqués. L’appareil Arnold demande aussi une machine auxiliaire si la tension alternative doit être réglée. Sa vitesse augmente aussi, si l’on prend au stator des courants déwattés, mais pas de manière à nécessiter une excitatrice spéciale. Cet appareil donne d’excellents résultats avec cos <p=o,8 à 0,^85, ou dans le cas d’un transport d’énergie à un autre groupe qui retransformera les courants alternatifs en continu.
- générateur, puis le transformateur en cascade et enfin la commutatrice ; mais celle-ci devient plus coûteuse que le précédent, lorsqu’elle nécessite une machine auxiliaire pour le réglage de la tension continue.
- Avec ces indications, on peut, suivant le mode d’emploi, faire un choix résumé au tableau IL Si on doit envoyer sur le réseau alternatif du courant déwatté, il faut lire partout : moteur-synchrone au lieu de moteur-asynchrone et les commutatriccs ordinaires ou en cascade doivent être munies de machines auxiliaires.
- Quelques exemples de transformateurs en cascade exécutés. —- Les plus grands sont de i 5oo kw.
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- à Manchester ; ils transforment des courants triphasés à 6 5oo volts,5o périodes, en courant continu de 415 à 455 volts; ils ont 6 bagues et un démarreur hexaphasé. Depuis, tous les démarreurs ont été exécutés en triphasé. La plupart des appareils sont à deux paliers seulement, ce qui permet très simplement les connexions entre les deuxrQtors. La figure i montre une machine de 5oo kw. pour 23o volts continus, à Manchester. La disposition des anneaux équipotentiels, entre les deux rotors, est extrêmement
- simple. Des ailettes de ventilation entre les deux rotors renforcent la ventilation naturelle de la machine. Le grand succès de ces machines en Angleterre a conduit les maisons européennes à les utiliser aussi. Nous mentionnons en particulier les machines de 5oo kw., 4^8 tours, des ateliers Siemens Schuc-kert, qui servent au réseau de tramways de la ville d’Erlurt; elles transforment du triphasé 3 ooo volts et 5o périodes en courant continu (î ioo-i ooo ampères) sous 45o à 5oo volts. J. R
- VARIÉTÉS
- La télégraphie sans fil à bord des aéroplanes.
- A propos du récent article de M. le commandant Ferrié sur la télégraphie sans fil à bord des dirigeables (*), nous faisions la remarque suivante :
- Etant donné l’encombrement réduit et la faible . puissance nécessaire pour les postes de télégraphie sans fil de dirigeables, ne peut-on prévoir le jour où nous aurons à parler d'un poste radio-télégraphique pour aéroplanes?
- L’événement n’a pas tardé à justifier cette espérance puisque l’on parle dès maintenant d’essais de ce genre exécutés par le génie militaire.
- Nous aurons sans doute l’occasion de traiter la question d'une manière complète, mais nous sommes dès maintenant en mesure de donner sur ces expériences des renseignements plus détaillés que ceux qu’a recueillis la presse quotidienne.
- L’antenne est un petit fil d’environ 2 millimètres de diamètre dont l’aviateur déroule à son gré une longueur plus ou moins grande, suivant la hauteur du vol, la portée à atteindre, ou la longueur d’onde à réaliser.
- Les appareils transmetteurs sont entièrement dissimulés à l’intérieur du fuselage et mis en circuit ou non parla manœuvre d’un levier commandé par le pied de l’opérateur. Le poids de l’appareil transmetteur proprement dit n’atteint pas 12 kilogrammes; néanmoins la puissance mise en jeu est aussi forte que sur un poste de dirigeable.
- Le manipulateur est visible au-dessus du fuselage de l’appareil, ainsi que le poste récepteur monté sur une petite tablette.
- L’antenne passe, à sa sortie du fuselage, dans un tube isolant où une cisaille vient la couper automatiquement, quand, par suite d’une descente brusque, voulue ou non, de l’appareil, elle serait amenée à traîner sur le sol, risquant de provoquer des secousses dangereuses. La rupture peut également être produite par l’opérateur lui-même en cas d’atterrissage rapide, ne laissant pas le temps de remonter l’antenne.
- Il est bien évident que l’on pourrait faire de la télégraphie sans fil en aéroplane avec des appareils analogues à ceux des dirigeables, mais en consentant à des augmentations de poids consi-rables ou à des diminutions de portée qui enlèveraient tout intérêt autre qu’un intérêt de réclame aux essais ainsi tentés. C’est ainsi qu’en Amérique (après d’ailleurs que le génie militaire français avait déjà commencé ses études) on a exécuté des essais à... 4 ou 5 kilomètres de distance.
- L’intérêt des nouvelles expériences dont nous parlons ici réside au contraire dans le poids infime des appareils qui néanmoins mettent en jeu une puissance relativement considérable et dans les procédés de montage nouveaux employés.
- Ces expériences sont effectuées par le capitaine Brenot, le distingué spécialiste que nos lecteurs connaissent bien, à qui est dû l’agencement dont nous venons de parler. M. Béthenod a collaboré avec le génie militaire pour l’établissement de l’appareil transmetteur. _ ___
- J. R.
- (*) Lumière Electrique, 22 octobre 1910.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Bouche de chaleur électrique.
- Nous donnons ce nom à un petit calorifère électrique destiné à débiter de l’air chaud. C’est le cas de la plupart des appareils de chauffage, mais nous verrons quelle est la disposition spéciale à la bouche de chaleur.
- On trouve dans le commerce des résistances se présentant sous forme de toiles. Les usines de Pied-àelle, en particulier, livrent des toiles résistantes formées d’amiante et de rhéostatine qui offrent îles résistances élémentaires toutes préparées; des œillets permettent de les fixer directement sur des boulons, l’amiante faisant isolement.
- Ces toiles permettent d’utiliser leur surface complète et de chauffer l’air par passage à travers les mailles du tissu. Disposant l’une au-dessus de l’autre, dans une sorte de cheminée, plusieurs de ces toiles, nous produirons, par la force ascensionnelle de l’air chauffé, un débit absolument analogue à celui d’une bouche de chaleur, lorsque les résistances élémentaires seront traversées par le courant électrique.
- La réalisation de ce principe est simple et peu coûteuse.
- Dans une sorte de gouttière en tôle nous fixons par des tiges et des boulons les toiles élémentaires. La disposition des œillets facilite cet agencement.
- Des chicanes forcent l’air à passer au travers des toiles; la gouttière de tôle est fermée par une plaque glissant dans des agrafes. A la partie inférieure etàla partie supérieure, des tôles perforées laissent passer l’air. Le schéma (fig. i) indique cette disposition, sur laquelle nous n’insistons pas étant donnée sa simplicité.
- Un appareil composé de 3 toiles de ioo“m de hauteur, de résistance égale à 12,7 ohms (fil de omm,5o de diamètre), consomme, sous 210 volts, environ 5,5 ampères ; il peut se placer avec les prises de courant ordinaires. Suivant l’importance du local, il faudra plus ou moins de bouches de chaleur. Mais celles-ci opèrent un
- véritable brassage de l’air de la pièce qui rend plus rapide qu’avec les appareils ordinaires l’élévation de température correspondant à l’énergie consommée.
- A
- Lè'_______
- -----7 Résistances
- Trise de courant
- Trajet de
- J air
- Fig. 1. — Schéma do la bouche do chaleur.
- Nous 11’insistons pas sur les avantages de ce brassage, ni sur le fait que tout l’air passant dans l’appareil est bien mis réellement en contact avec la partie chauffante.
- Les applications aux étuves, fours, tables chauffantes, etc., sont tout indiquées. Enfin le peu d’encombrement de l’appareil permet de le
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- dissimuler facilement dans des motifs d’orne inentation, encoignures, consoles, etc.
- II.-V. Fournier.
- L’appareillage électrique à l’Exposition de Bruxelles.
- Le service électrique du hall des machines allemandes de l’Exposition de Bruxelles comportait, tant pour l’éclairage que pour la force motrice, un système de distribution très complexe, dont l'exécution a été confiée aux établissements Dr. Paul Meyer Aktiengesellschaft, de Berlin.
- Le tableau de distribution principal destiné
- Fig. i. — Colonne de commande.
- au service du hall des machines se compose de trois parties. Les panneaux du milieu portent les appareils des génératrices, les panneaux latéraux comportent les appareils de distribution ; ces panneaux latéraux sont au nombre de 6, disposés par groupes de 3 de chaque côté du tableau. Comme ces panneaux, malgré leurs dimen-
- sions, ne pouvaient contenir tous les appareils nécessaires à la distribution du courant, on a établi ,'des tableaux secondaires pour la subdivision des circuits.
- Certains appareils du tableau principal étaient d’ailleurs simplement exposés et ne participaient pas au service normal de la distribution du courant dans l’Exposition.
- Le panneau extérieur de gauche comporte un réducteur de batterie d’accumulateurs disposé tant pour la commande automatique du curseur de décharge que pour la commande à la main et à distance des deux curseurs. Le panneau suivant contient, en outre des appareils
- Fig. 2. — Pupitre de commande.
- dont nous parlerons plus loin, le dispositif de commande de ce réducteur.
- Les deux derniers panneaux de droite sont affectés à la haute tension et comportent des interrupteurs à huile disposés pour la commande <à distance par boutons.
- Tous les appareils sont fixés derrière le ta-
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- bleau ; la partie avant de celui-ci ne comporte que les;poignées ou volants de manœuvre. Quant àüx appareils de commande, ils ne se trouvent pas sur le tableau même, mais sur un pupitre (fig. aj installé devant le tableau et sur une colonne de commande (fig. i).
- Tous les interrupteurs sont à rupture brusque;
- ils sont tous du même type; les plus forts peuvent supporter une intensité de 4 ooo ampères. Pour les intensités faibles et moyennes, c’est-à-dire jusqu’à 7Î>o ampères, ce sont des interrup teurs ordinaires, à balais fixes recourbés (fig. 3); les couteaux sont mobiles et leur mouvement est commandé par une tige reliée à la poignée de manœuvre. Dans les interrupteurs pour fortes intensités, les couteaux sont constitués par l’assemblage de nombreuses lames parallèles formant ressort ; la rupture des contacts principaux n’est donc pas brusque. Mais on a eu soin de munir ces interrupteurs de petits couteaux du même genre que ceux des appareils ordinaires, formant pare-étincelles, et par lesquels passe le courant, lorsque les contacts principaux sont interrompus.
- Les plus petites machines sont protégées par des appareils automatiques contre les inversions de sens du courant, de telle sorte qu’en cas de réglage défectueux elles ne puissent recevoir du courant des barres de distribution et fonctionner comme moteurs. Ces appareils automatiques sont basés sur le même principe que les inter-
- rupteurs à leviers; ils sont maintenus fermés par des électro-aimants tant que lé sens du courant est normal ; mais, dès que le courant acquiert une certaine intensité en sens inverse du sens normal, ils déclanchent et les couteaux se séparent des contacts. Ces appareils comportent une bobine de tension et une bobine d’intensité ;
- leurs relais sont polarisés et fonctionnent par conséquent comme des relais à minima. Ces appareils ne remplissent donc pas l’office de disjoncteurs à maxima ; comme dispositif de protection contre les surcharges, on a prévu des coupe-circuits aussi bien pour les petites machines que pour les grandes, auxquelles le système précédent n’a pas été appliqué.
- Les interrupteurs automatiques, de même que les interrup-tcursà leviers, sont disposés derrière le tableau, mais leurs poignées de manœuvre se trouvent en avant de celui-ci. fl était nécessaire pour cela que les tiges de manœuvre ne fussent pas sur le chemin des leviers quand ceux-ci doivent déclancher automatiquement. Pour cela on a disposé les tiges de telle manière qu’elles reviennent à leur position de repos, lorsqu’on lâche la poignée, et viennent buter contre des taquets formant ressort. Pour l’interruption à la main,on presse surles ressorts etl’on fait ainsidé-passer à la poignée sa position de repos. Comme d’autre part la position de la poignée ne correspond pas à celle du levier automatique, un signal lumineux commandé par un contact auxiliaire indique que l’appareil a fonctionné.
- Pour les intensités ne dépassant pas 8oo ampères, les coupe-circuits sont du type ordinaire, à fusibles en argent. Pour les très hautes intensités, qui atteignent 3 ooo à 4 ooo ampères, on a employé des coupe-circuits à cornes du type Paul Meyer (fig. 4). Ceux-ci présentent l’avantage considérable de ne s’échauffer que très peu et de ne provoquer qu’une perte d’énergie très faible, tant que le fusible n’a pas atteint son point de fusion ; d’autre part ils sont munis d’un dispositif de soufflage magnétique à action énergique. Us comprennent un élément principal formé de
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- âmes courtes à point de fusion relativement bas et un élément secondaire constitué par des fils longs et minces dont le point de fusion est assez élevé. Les lames fondent d’abord, les fils ensuite après un court espace de temps. Ce modèle de coupe-circuit, mis en service depuis de nombreuses années, a toujours donné pleine satisfaction.
- En outre de ces dispositifs, l’installation com-
- Fig- 4- — Coupe-circuit ù cornes (5 ooo ampères), porte les autres appareils de manœuvre indispensables tels que les commutateurs des appareils de mesure et les rhéostats de démarrage et d’excitation, tous fixés derrière le tableau et
- mesurer la tension du réseau es*t fixé à une applique pivotante, ce qui permet à l’électricien chargé de la surveillance du tableau de le voir en quelque point qu’il se trouve. Ce voltmètre et les ampèremètres des génératrices sont des appareils de précision du système Deprez-d’Arsonval, «à aimant fixe et à cadre mobile.
- Pour chaque circuit, le tableau de distribution principal comporte un interrupteur, un coupe-circuit et un ampèremètre. Les tableaux secondaires ne sont point pourvus d’ampèremètres.
- Contrairement à ceux des génératrices, les ampèremètres du tableau sont des appareils à lecture verticale (fig. 5).
- indépendamment de cette installation la firme Dr. Paul Meyer A.-G. expose encore un grand nombre d’appareils séparés présentant pour la plupart des particularités intéressantes. Nous citerons entre autres un réducteur double pour batterie d’accumulateurs, à contacts, pouvant supporter i ooo ampères en service normal.
- Cet appareil est muni d’un contact auxiliaire, dans le circuit duquel est intercalé une résistance, de telle sorte qu’il n'y ait ni rupture du courant, ni mise en court-circuit d’un élément, lorsque le curseur passe d’un plot au précédent
- Fig. 5. — Ampèremètre de tableau à lecture verticale.
- Fig, g. ___Réducteur double pour a ooo ampères ; vue du dispositif
- destiné à éviter la formation d’étincelles.
- manœuvrés de l’avant au moyen de poignées, de manettes ou de volants à main.
- Les appareils de mesure destinés aux génératrices sont enfermés dans des boîtes rondes encastrées dans le tableau, ce qui est d’un aspect très élégant.
- Par contre, le voltmètre principal qui sert à
- ou au suivant; ce contact auxiliaire est disposé de manière à ne laisser passer aucun courant dans l’une quelconque de ses positions normales de repos (fig. 6). Le réducteur exposé est commandé automatiquement par deux relais, dont l’un attire son armature avec une vitesse d’autant plus grande, que la tension dé-
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- passe davantage la tension normale, tandis que l’autre, au contraire, maintient son armature tant que la tension est normale et la laisse échapper dès qu’une chute de tension se produit.
- Entre ces relais et le servo-moteur qui entraîne le réducteur, se trouve intercalé un autre relais intermédiaire qui ferme le circuit du servo-moteur, de manière à le faire tourner, selon le cas, dans un sens ou dans l’autre ; le circuit de ce relais est interrompu, dès que le réducteur atteint le plot suivant ; si la tension est devenue normale, l’appareil reste au repos ; sinon, le relais intermédiaire, revenu à sa position de repos, fonctionne à nouveau, et le réducteur se déplace encore d’un plot. Le relais intermédiaire peut également être commandé à distance, à l’aide de boutons de manœuvre. Dans ce cas, il est nécessaire de placer, sur le tableau, un appareil répétiteur qui indique la position du curseur du réducteur, à l’aide d’un chiffre correspondant au plot sur lequel il se trouve ; ce chiffre est visible der-, rière une petite ouverture percée à cet effet; de chaque côté de cette ouverture se trouvent deux autres voyants. Lorsqu’on appuie sur l’un des boutons décommandé et que le réducteur se met
- Fig. 7. — Volant de commande automatique à distance d’un réducteur.
- en marche, une lettre apparaît derrière l’un ou l’autre de ces voyants, suivant le sens de la rotation et indique ainsi que l’appareil fonctionne dans le sens désiré ; on peut alors abandonner le bouton et le mouvement s’achève automatiquement. Ce dispositif peut être remplacé par un autre qui permet de déplacer à volonté le réducteur d’un nombre de plots quelconque; ce dernier dispositif se compose d’un petit vo-
- lant de commande muni d’un index que l’on place sur le chiffre correspondant au plot désiré (fig. 7) ; le réducteur se. met alors en marche jusqu’à ce qu’il ait atteint ce plot ; on peut d’ailleurs suivre le mouvement, grâce à un dispositif répétiteur, analogue au précédent, et qui indique, à chaque instant, le chiffre du plot sur lequel se trouve le curseur; le mouvement ne s’arrête que lorsqu’il y a concordance entre les deux chiffres.
- Les interrupteurs dans l’huile, exposés par la Société Paul Meyer, méritent également une description rapide. Les contacts en laiton sont animés d’un mouvement vertical. Les interrupteurs proprement dits sont surmontés de relais de disjonction fixés directement aux isolateurs supportant les connexions des câbles de départ; par suite de la disposition horizontale de l’arbre de manœuvre, lequel doit être parallèle au plan du tableau, on peut placer les connexions d’arrivée immédiatement du côté du tableau et les connexions de départ avec les relais du côté du passage réservé derrière celui-ci, ce qui permet, lorsque l’interrupteur est ouvert, de régler les relais commodément et èn toute sécurité. Les relais à maxima sont à action différée ; on règle l’intensité de déclanchement par la tension du ressort et le temps qui doit
- Fig. 8. —Ampèremètre directement branché . sur la haute tension.
- s’écouler avant ce déclanchement, en ouvrant plus ou moins les orifices d’échappement d’un amortisseur à air.
- Les interrupteurs peuvent également comporter des relais spéciaux, à action immédiate ou différée, pour provoquer le déclanchement en cas d’inversion du courant. On peut également prévoir un dispositif pour l’enclanchement et le déclanchement à distance par courant à
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- basse tension, au moyen de boutons. Dans ce cas, les relais à haute tension agissent sur l’interrupteur par l’intermédiaire de la bobine de déclanchement.
- Signalons encore, sur le tableau principal, un ampèremètre dont l’enroulement est directement parcouru par le courant à haute tension et dont la boîte doit, par suite, être supportée par un isolateur. Cet appareil est profondément encastré dans le tableau et placé derrière une double glace sans tain (fig. 8;.
- La Société Paul Meyer expose encore une colonne dite « colonne de commande », qui comporte, sous une forme très ramassée, toutes les commandes des appareils de manœuvre et tous lès appareils de mesure nécessaires au couplage et au réglage d’un alternateur. Cette colonne est représentée par la figure i. Le petit tableau placé au milieu de la colonne renferme les deux boutons de commande à distance servant respectivement à l’enclanchement et au déclanchement de l’interrupteur dans l’huile, ainsi que les lampes de contrôle qui indiquent la position de cet appareil; un petit commutateur rotatif, placé au centre du tableau, permet d’éteindre celle des deux lampes qui brûle ; lorsqu’on ma-liœuvre alors l’interrupteur dans l’huile, l’autre lampe s’allume et reste allumée jusqu’à ce qu’on ait placé le petit commutateur dans l’autre position ; les indications fournies par la position de ce commutateur peuvent donc suppléer à celles des lampes, ce qui permet d’économiser le courant consommé par celles-ci. Le grand volant horizontal, placé sur le petit tableau, sert à la commande directe mécanique au moyen d’une chaîne de l’interrupteur dans l’huile ; les deux volants verticaux, placés de part et d’autre de la colonne, commandent respectivement le rhéostat de champ de l’excitatrice et le rhéostat intercalé dans le circuit principal de celle-ci. Quant au petit volant horizontal, placé à la partie inférieure du tableau, il permet, lorsqu’on veut supprimer l’excitation de l’alternateur, de fermer les bobines inductrices de celui-ci sur une résistance qui amortit la surtension due à la rupture du circuit d’excitation et évite ainsi le claquage de ces bobines.
- Enfin, à la partie supérieure de la colonne, se trouvent cinq appareils de mesure, un voltmètre, un ampèremètre et un wattmètre à courants alternatifs, l'ampèremètre d’excitation, et enfin, un
- voltmètre thermique double, sérvant à la fois de voltmètre pilote et de voltmètre de couplage, monté en parallèle avec les lampes de mise en phase qui le surmontent.
- La figure i représente une disposition analogue, mais dans laquelle les appareils sont montés sur un pupitre. Nous retrouvons sur ce pupitre les boutons de commande et les lampes indicatrices de l’interrupteur dans l’huile avec le petit commutateur dit « économiseur » qui permet d’éteindre l’une ou l’autre de ces lampes. A la partie inférieure du pupitre se trouvent les volants de commande des deux rhéostats d’excitation et le petit commutateur d’excitation du dispositif précédent; le volant de commande directe de l’interrupteur à l’huile est ici supprimé. Ce pupitre comporte huit appareils de mesure ; d’abord, à la partie inférieure, lë voltmètre et l’ampèremètre d’excitation au-dessus desquels se trouve un wattmètre électrodynamique entouré du voltmètre et de l’ampèremètre principaux de l’alternateur, du type électromagnétique et à lecture verticale; enfin
- Fig. 9. — Boite de manœuvre renfermant un interrupteur tripolairo à huile aveu coupe-circuit, ampèremètre et son transformateur (3 ooo volts, Co ampères).
- la colonnette, qui surmonte le pupitre, supporte deux voltmètres électromagnétiques servant respectivement de voltmètre pilote et de voltmètre de couplage, ainsi qu’un fréquencemètre à deux
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- rangées de lames dont l’une indique la fréquence du réseau et l’autre la fréquence de l’alternateur à coupler ; une fiche sert à relier, au moment du couplage, ces deux derniers appareils à celui des alternateurs que l’on veut coupler; il faut donc disposer sur le pupitre autant de prises de courant pour cette fiche qu’il y a de machines à coupler (5 sur le pupitre exposé), plus deux trous destinés à recevoir la fiche lorsque celle-ci est inutilisée. Les lampes de mise en phase sont montées à la partie supérieure de la colonnette.
- Un autre appareil de forme très simple et très ramassée est la « boîte de manœuvre » (fig. 9), qui comporte un interrupteur dans l’huile dont les contacts mobiles sont fixés au couvercle à
- Fig. 10, — Boite de manœuvre pour 55o volts avec ampèremètre et coupe-circuit à bouchons.
- charnière de la boîte, ce qui permet de les visiter très facilement; d’autre part, cette boîte renferme également un coupe-circuit dont les fusibles sont maintenus par les couteaux mobiles mêmes de l’interrupteur, ce qui rend leur remplacement très facile et sans danger, puisqu’on ne peut y procéder que lorsque le couvercle est ouvert, c’est-à-dire lorsque le courant est coupé ; d’ailleurs, un verrou mécanique rend l’ouverture du couvercle impossible tant que l’interrupteur est fermé. Ces boîtes de manœuvre sont construites pour les tensions moyennes de 1 000 à 3 000 volts ; elles sont surmontées d’une colonnette portant un ampèremètre monté directement dans le circuit pour les boîtes à 1 000 volts, et par l’intermédiaire d’un transformateur bai-
- gnant dans l’huile même de l’interrupteur, pour les boîtes à 3 000 volts.
- La figure 10 représente un autre type de boîte de manœuvre, avec ampèremètre et coupe-circuit abouchons pour basse tension (55o volts).
- La Société Paul Meyer expose encore plusieurs appareils enregistreurs de précision pour courant continu et pour courants alternatifs, ainsi que des appareils de mesure portatifs, et en particulier, parmi ceux-ci, un pont de Wheatstone pour la vérification des parafoudres, dont le téléphone a été remplacé par un galvanomètre, d’une plus grande sensibilité ; cet appareil, qui ne pèse que 2 kilogrammes, permet de faire des lectures directes en ohms sans aucun calcul.
- Nous mentionnerons également, pour terminer ce rapide exposé, les interrupteurs à tubes de mercure qui constituent une des spécialités de la Société Paul Meyer. Ceux-ci sont de trois types.
- La première catégorie comprend les limiteurs du courant destinés à être placés par les administrations des secteurs d’éclairage chez les abonnés à forfait. Lorsque l’abonné dépasse la consommation prévue sur sa police, l’appareil entre en fonctionnement et provoque une série d’ouvertures et de fermetures successives du circuit qui rendent la lumière inutilisable jusqu’à ce que la consommation soit redevenue normale. Avec le mercure, on évite le collage permanent des contacts qui se produit parfois à la suite d’une fusion avec les appareils similaires à contacts solides et supprime leur action.
- La deuxième catégorie comprend les interrupteurs à tubes de mercure pour commande à distance à l’aide d’une simple batterie d’accumulateurs ou de piles sèches ; ces appareils peuvent être disposés pour fonctionner comme interrupteurs automatiques à maxima ou à minima.
- Enfin, la troisième catégorie d’interrupteurs à mercure renferme les interrupteurs et commutateurs « Oscillor » pour enseignes et motifs lumineux à un ou deux allumages.
- M. K.
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- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Rien de plus curieux ni de plus inquiétant peut-être que les multiples annonces d’émissions de valeurs étrangères dont sont remplis sans discontinuer tous nos journaux financiers ou non. Curieux, en effet, car on ne cesse de parler dans les rapports généraux du budget, dans les commissions de législation fiscale, de l’exode des capitaux français ; et cependant notre ministre des Finances ne peut rien ignorer des alléchantes circulaires répandues à profusion dans tous les milieux. Inquiétant, d’autre part, car les conditions de ces émissions sont telles qu’elles séduisent toute l’épargne. Prenons celle que lancent trois de nos établissements les plus importants : les 173 000 obligations de la Brazil Raihvay Company, placées par les soins de la Banque de Paris et des Pays-Bas, la Société Générale et la Société Centrale des Banques de Province : le taux est de 4 1/2, le prix d’émission 4<3o> la prime de remboursement de 4o francs; les intérêts sont payables en or et l’amortissement se fera en 60 ans, à partir de 1913. Puis il est bien spécifié que les coupons et le remboursement du capital de ces obligations sont affranchis de tous impôts présents ou futurs de l’Etat du Maine et des Etats-Unis d’Amérique et de tous impôts français tels qu’ils résultent de l’application des lois en vigueur au ier décembre 1910. Quand nous aurons ajouté que par sécurité les obligations sont garanties par un nantissement sur l’intérêt que la Brazil Raihvay possède dans deux compagnies de chemins de fer au Brésil, nous aurons énuméré tous les avantages apparents de cette excellente affaire et expliqué pourquoi le public français se dispute ces valeurs qui lui paraissent de beaucoup préférables à nos actions ou obligations de chemins de fer. Si cependant les risques de cette affaire apparaissent à quelques-uns comme encore trop grands parce que trop éloignés, voici les obligations de la Compagnie des chemins de. fer stratégiques et secondaires d’Alicante, émises à 45o francs, au taux de 4 % or, remboursables à 5oo francs, garanties par l’Etat espagnol ; la Compagnie prend d’ailleurs à sa charge tous impôts actuels français et étrangers. Ce n’est pas tout; la Banque Alsacienne offre actuellement en souscription 3o 000 obligations 5 % première hypothèque de £ 20 ou 5o3 francs de la Rosario and Western Raihvay, émises à 475 francs, dont l’amortissement se feraàxo5 % à partir de 1915 : les lignes
- de chemins de fer à construire sillonneront la province de Santa-Fé en Argentine qui nous donne tout au moins en retour des preuves de sympathie. 11 serait à tout le moins stupide de paralyser ces efforts de nos banquiers dans ce commerce d’exportation de notre argent, puisqu'il est le seul où nous aimions à nous risquer sans arrière-pensées : niais aussi mettons quelque logique dans nos lois fiscales et ne les combinons pas pour changer ce mouvement économique en une fuite désordonnée dont les recettes budgétaires sont des premières à ressentir le contre-coup.
- Une autre émission, mais qui fait moins de bruit parce qu’elle est limitée au marché de Bruxelles, est celle de la Société Anonyme des Tramways Napolitains, Société belge dont le capital a été porté par étapes successives de 3 millions à 18 750 000 francs. La souscription nouvelle comporte 11 000 actions de capital dites de la série G et x 1 000 obligations 4 % Les actions d’une valeur nominale de 5oo francs rapportent 5 % et sont remboursables à 600 francs : elles sont créées jouissance 1911; les obligations d’une valeur nominale de 5oo francs rapportent 20 francs nets d’intérêt. Mais, particularité singulière, le prix de souscription pour les deux titres réunis non divisibles est fixé à 985 francs, les anciens actionnaires ayant un droit de préférence d’une action et une obligation nouvelles contre trois titres anciens. Les sommes à provenir de cette émission seront consacrées à des extensions du réseau concédé à la Compagnie jusqu’en 1930.
- A propos de toutes ces valeurs étrangères, il est intéressant de fixer leurs résultats quand ils viennent à notre connaissance et qu’ils justifient ou non les prévisions de leurs promoteurs. Ainsi la Compagnie des Tramways de Buenos-Aires, dans un compte rendu de l’exercice 1909-1910, fait ressortir un bénéfice de 5 669 399 fr. 92 qui 'a permis de distribuer 6 fr. 20 par action de capital, 1 fr. 70 par action de dividende, 7 fr. 5o par vingtièmes de part de fondateur, alors que l’an dernier ces chiffres étaient respectivement de 5 fr. 5o, 1 franc et zéro. Toutes les concessions de Buenos-Aires ont été unifiées au nom de l’Anglo-Argentine Tramway Company pour une durée de 80 ans; et les concessions obtenues de lignes souterraines combinées avec les lignes aériennes existantes assureront le développement de l’ensemble du réseau et un nouvel abaissement du coefficient d’exploitation qui oscille actuellement autour de 58,5 % .
- On ne peut en dire de même, quant à présent, de l’affaire Alla Italia, hautement patronnée par une
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- banque étrangère : nous avions toujours fait quelques restrictions sur les résultats de cette entreprise qui l’autorisaient, soi-disant, à distribuer des dividendes. Aujourd’hui, on.demande aux actionnaires de porter le capital de i5 millions de lires à 25 millions pour éteindre la dette flottante et poursuivre un plan d’extension dans le Piémont. N’eût-il par mieux valu mettre en réserve les premiers bénéfices, solder des créanciers, réduire ses charges d’intérêts et consacrer tous ces nouveaux capitaux à des travaux rémunérateurs. Nous avons en France quelques exemples de la situation de l’Alta Italia et l’on pouvait prévoir pour elle les mêmes difficultés.
- Les valeurs d’aluminium viennent de subir le contre-coup de la nouvelle de la rupture des négociations engagées entre les producteurs. L’entente devait être internationale ; mais il paraît que les Américains ne veulent pas entrer dans le syndicat et leur abstention fait tout échouer. Sur ces nouvelles, l’Aluminium de Neuhausen descend de 2 880 à 2^5o et remet à plus tard l’émission de ses nouvelles actions ; Froges qui faisait, le x5 novembre, 1730, action libérée, est tombée à 1575, tandis que l’action non libérée a reculé de i65o à i5'25; Pechiney est descendu aussi de i3oo à 1236. Les gens bien informés prétendent que le public a exagéré les conséquences de cette rupture momentanée des négociations et que tôt ou tard l’entente se fera entre les producteurs avec ou sans les Américains et que néanmoins les avantages pour les sociétés productives en seront très importants.
- Nous avons omis, dans notre énumération précédente des valeurs en cours d’émission, les obligations de la Compagnie Générale d’Eleclricité du Sud-Espagne et les actions de la Compagnie du
- chemin de fer électrique de Marignac à Pont-de-Roi. Ces deux sociétés sont françaises : la première, dont le siège est à Paris, a été constituée pour 99 ans : elle a pour objet l’achat des chutes du Rios Trevally et Esqueira concédées à deux Espagnols, MM. Pinedo et Padilla, et l’aménagement de ces chutes en vue de leur utilisation. Qu’il suffise de signaler que sur un capital de 6 millions de francs, divisé en 24 000 actions de 25o francs, 2000 actions libérées ont été attribuées aux apporteurs qui ont reçu en outre un million en espèces, 24 000 parts de fondateur et 5oo 000 francs d’obligations 5 % faisant partie de l’emprunt autorisé par les statuts : cet emprunt est actuellement en cours et se présente sous la forme d’obligations 5oo francs, au nombre de 6 000, remboursables en quarante ans. On se demande ce que les apporteurs auraient pu demander en plus de ces multiples avantages !
- En même temps, on voit la Parisienne Electrique participer à la création en France de la Société du Gaz et Electricité du Nord de la France, racheter toutes les actions de la Société Nantaise d’Electricité, la majeure partie des actions des Tramways de Nantes et souscrire une part importante du nouveau capital des Tramways de Paris et du département de la Seine.
- Le chemin de fer électrique de Marignac à Pont-de-Roi est une affaire française, constituée au capital de 45oooo francs, ayant pour objet l’exploitation des chemins de fer reliant ces deux communes dans la Haute-Garonne. Les travaux s’élèvent à 1 800 000 fr. mais le département prend à sa charge ceux d’infra-stuture et de superstructure, soit 1 35o 000 francs : la formule est des plus simples.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Indre-et-Loire. — Par décret du 21 novembre 1910 est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département d’Indre-et-Loire, d’une ligne de tramways entre Tours et Azay-sur-Cher.
- Espagne. — La Compagnie des chemins de fer du Nord de l’Espagne projette l’établissement d’une double
- voie entre Miranda et Burgos sur une longueur de go1 kilomètres. Entre Beasin et Saint-Sébastien la double voie sera terminée pour l’été prochain. De plus, en vue de raccourcir la durée du trajet de Madrid à la frontière qui est actuellement de 14 heures par‘le Sud-Express, conjointement avec les travaux ci-dessus, on a renforcé les ponts et réfectionné les voies. L’économie de parcours obtenue par ces moyens serait d’environ deux heures.
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- 10 Décembre 1910.
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- Italie. —7 La Société concessionnaire des chemins de fer de là Méditerranée vient de voir approuver par le conseil supérieur des travaux publics le projet de la ligne Umbertide-Terni, qui aura 107 kilomètres de longueur, plus les embranchements comportant 5 kilomètres.
- Turquie. — Le ministre des Travaux publics de Constantinople met au concours l’établissement d’une usine centrale et d’un tramway électrique à Andrinople. Le concours sera classé le i5 mars 1911.
- République Argentine. — L’Allgemeine Elektricitats Geselischaft, de Berlin, vient d'obtenir la concession-d’un réseau de tramways électriques à Asuncion.
- Autriche-Hongrie. — Le budget des dépenses du ministère des chemins de fer comprend une somme d’environ 116 millions de couronnes, dont 67 millions pour la construction et l’entretien des voies et 49 millions pour l’achat de matériel roulant, savoir : i5o locomotives, 444 voitures à voyageurs, 180 voitures de service et 1 486 wagons à marchandises.
- Le gouvernement autrichien a décidé l’établissement d’une voie ferrée qui reliera Chotebor à Tramosnice et dont le coût est évalué à 2 800000 couronnes.
- Un chemin de fer électrique est en construction sur les montagnes de Tatry, il partira de Tatranska Lomnicé traversera SmokovceetVesterov et se terminera à Strbsky Pies à Slovaquie.
- ÉCLAIRAGE
- Autriche-Hongrie. — D’après Y Eleclrotechnicky Obzor, la direction des chemins de fer de la Pologne autrichienne à Krakov a ouvert un concours pour l’établissement de l’éclairgge électrique de la station de Rses-zow.
- La Compagnie Meunière, propriétaire d’un moulin à Cvrcov (Moravie), a l’intention d’établir l’année prochaine une grande station centrale destinée à fournir le courant électrique aux huit communes environnantes.
- A Nouvelle Jicin (Bohême) va être établie une station électrique. La force motrice sera fournie par deux machines à vapeur surchauffée de 25o IIP chacune.
- La Société Siemens-Schuckert, de Vienne, a projeté l’établissement d’une station centrale à As (Bohême), destinée à l’éclairage électrique de plusieurs communes et à la fourniture de force motrice pour les besoins industriels et agricoles.
- CONVOCATIONS D’ASSÉMBLÉES
- Compagnie générale d’Eclairage de Bordeaux. — Le 20 décembre, 10, rue de Mogador, à Paris.
- Société d'Electricité de Périgueux. — Le i5 décembre, 24, boulevard des Capucines, à Paris.
- Société régionale de distribution électrique du Centre. — Le 19 décembre, 5, rue du Havre, à Paris.
- Société Bitterroise de force et de lumière. — Le 17 décembre, 20 bis, rue Lafavetle, à Paris.
- Compagnie générale d'Electricité. — Le 17 décembre, 6, rue Chauchat, à Paris.
- Compagnie française de ta Télégraphie sans fit et d’Applications électriques. — Le 22 décembre, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Sud-Electrique. — Le 22 décembre, 8, rue Pil-let-Will, à Paris.
- Compagnie Française de charbons pour l'électricité. — Le 22 décembre, 80 rue Taitbout, à Paris.
- Compagnie Française d’Entreprises et d’Exploitations électriques. — Le i5 décembre, 3g, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Compagnie des tramways de Lorient. — Compagnie des tramways de Tours. —Le 23 décembre, i5, rue d’Argen-teuil, à Paris.
- Société Française des Forces hydrauliques du Rhône. — Le i5 décembre, 3g, boulevard Malesherbes, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 28 décembre 1910, àl’Hôtel des Invalides, à Paris, fournitures pour l’Etablissement Central du matériel de la télégraphie militaire :
- Ier lot : 2 5oo kilogrammes de fil d’acier émaillé de 5/io de millimètre.
- 2e lot : 800 appareils microtéléphoniques de campagne, modèle de l’infanterie (sans microphone).
- Les pièces nécessaires pour être admis à concourir devront être fournies avant le 19 décembre.
- Renseignements, 5i bis, boulevard de Latour-Maubourg, à Paris.
- Prochainement, au Ministère de la Marine, 2, rue Royale à Paris.
- Marché de gré à gré pour la fourniture des sonneries électriques et tableaux à disparition. Importance minimum, 14 000 francs. Caut. : 5oo.
- Projet de marché et dossier au ministère (bureau 72)
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- BELGIQUE
- Le 14 décembre, à i heure, àla Bourse de Bruxelles, fourniture de wagons et fourgons à marchandises pour les chemins de fer. de l’Etat :
- Série I, six lots composés chacun de i3 à i5 wagons fermés de i5 tonnes, à a portes de grande capacité, munis du frein à main et de paires de roues montées sur essieux à fusées de 2o5 X no; — sérieII. trois lots composés chacun de 12 à i5 id., munis du frein à vis et de paires de roues id.; — série III. trois lots composés chacun de 12 à 15 wagons fermés de i5 tonnes, à 4 portes, munis du frein à main et de paires de roues id.; — série IY, un lot de 18 à aa id., munis du frein à vis et de paires de roues id.; — série V, deux lots composés chacun de i3 à i5 wagons plats de i5 tonnes de 9 m. 10 de long,' à hanssettes rabattantes, munis du frein à main et de paires de roués id. ; — série 'VI, trois lots composés chacun de 10 à 12 id. de 20 tonnes, de 12 mètres de long,.à haussettes rabattantes, munis de paires de roues montées sur essieux à fusées de 110 X 80; — série VII, trois lots composés chacun de 10 à i3 fourgons pour trains de marchandises avec compartiments pour petits colis, type Flamme, munis du frein à vis et de paires de roues montées sur essieux à fusées de a3o X i3o; — série I*, six lots composés chacun de 52 à 60 wagons fermés de i5 tonnes à 2 portes de grande capacité, munis' du frein à main et de paires de roues montées sur essieux à fusées de 2o5 X no;—série II1, trois lots composés chacun de 48 à 60 id., munis du frein à vis et de paires de roues id. ; — série III4, trois lots composés chacun de 48 à 60 wagons fermés de i5 tonnes à 4 portes, munis du frein à main et de paires de roues id.; — série IV4, un lot de 72 à 88 id., munis du frein à vis et de paires de roues id.; — série V4, un lot de 5o à 60 wagons plats de i5 tonnes de 9 m. 10 de long, à haussettes rabattantes, munis du frein à. main et de paires de roue id.
- Le 14 décembre, à 1 heure, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de wagons et de fourgons pour les chemins de fer de l’Etat belge.
- Ier et 2° lots composés chacun de 3 wagons ABC sur bogies munis de soufflets, de l'appareillage au gaz, de la conduite du chauffage à la vapeur, du double frein Westinghouse à action rapide et modérable; —3° et 4° lots, composés chacun de 4 fourgons à bogies avec chauffage à la vapeur, éclairage au gaz et double frein id.;—5e et 6° .lots, composés chacun de 3 fourgons à bogies avec id., id.
- Le 14 décembre, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de fils de cuivre isolés au caoutchouc néces-
- saire au service des télégraphes (cahier des. charges spécial n° 1173). 1
- Le 21 décembre, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de divers appareils destinés au service des télégraphes (cahier des charges spécial n° 1 180)'; i«r lot, commutateurs, fiches, fourches, prises de courant et sonneries; caut. ; 2 700 francs. — 20 lot, boutons d’appel, commutateurs, électrograduateurs, manipulateurs, milliampèremètres, parleurs, récepteurs, résonnateurs et sonneries; caut. : 1 5oo francs; — 3"lot, annonciateurs et commutateurs, caut. : 785, francs; — 4e lot, tubes avec fil fusible, caut. : 56o francs.
- Le 4 janvier (au lieu du 14 décembre), à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et pose de câbles téléphoniques et d’accessoires dans l’agglomération liégeoise (cahier des charges spécial n" 1170). — Des errata et des nouveaux plans seront déposés au bureau de renseignements à partir du 12 décembre 1910.
- Le Ie1'février, à n heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, 14, rue de la Science, construction du chemin de fer vicinal de Fosse à Châtelet et des bâtiments du dépôt de Fosse, 436 946 fr. 90; caut. : 44 000 francs; cahier des charges, 1 franc. Soumissions recommandées le 3o janvier.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 23 décembre, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Villach, fourniture de machines-outils et installations mécaniques.
- ITALIE
- Le 14 décembre, aux chemins de fer de l’Etal italien, à Rome, fourniture de 2 moteurs à huile lourde pour les ateliers de Porto Empedocle et de Castelvetra.
- Le 21 décembre, fourniture de deux raboteuses, une fraiseuse, une limeuse et un tour pour les ateliers de Messine.
- Le 28 décembre, fourniture de deux appareils complets pour souder les métaüx à livrer à Rimini et Turin, d’une machine combinée pour aléser et fraiser à livrer à Vérone et de trois fraiseuses à livrer à Rimini (adjudications internationales).
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente>dêuxltmo année.
- SAMEDI 17 DECEMBRE 1910.
- Tome XII (2« série). - N- 51.
- La
- Lumière Electrique
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- Précédemment h-T#
- L'Éclairage Électrique \
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. — Maxime et Robert Weil. Sur l’établissement des canalisations aériennes suivant l’arrêté ministériel du ai mars 1910, p. 355. — Capitaine Brenot. Chronique de télégraphie sans fil. Détermination de l’heure, p. 368. —Paul Jégou. Réception du signal horaire hertzien de la Tour Eiffel, p. 371.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Sur les modifications que subissent dans un champ magnétique les raies spectrales émises par la vapeur lumineuse de l’étincelle électrique, A. Hemsalecii, p. 373. — Transmission et distribution. Mise à la terre du secondaire des transformateurs, p. 374. — Eléments primaires et accumulateurs. La batterie d’accumulateurs Edison, type 1910, E. Holland, p. 374. — Télégraphie et téléphonie sans fil. Comparaisons téléphoniques et radiotélégraphiques de chronomètres par la méthode des coïncidences entre Paris et Brest, Claude, Ferrie et Driancourt, p. 375. — Bibliographie p. 375. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. |Les poteaux en béton armé pour les lignes électriques, p. 376. — Chronique financière, p. 379. Renseignements commerciaux, p.38i.
- ÉDIT OKIAl
- Un arrêté ministériel, en date du 21 mars de cette année, établit des prescriptions nouvelles au sujet de Y établissement des lignes aériennes. En particulier, ce nouvel arrêté fait passer au premier plan les conditions de résistance sous surcharge variable.
- On sait que l’ingénieur possède, pour la solution des problèmes qui concernent l’établissement des lignes, une série de méthodes graphiques élaborées par MM. Barbarat, Herzog et Stark, Loppé, et surtout l’abaque fondamental de M. A. Blondel ; dans le cas particulier où la surcharge est variable, M. Blondel a montré qu’on n’a pas besoin de recourir un autre graphique que cet unique abaque,
- et qu’il suffit d’étendre suffisamment loin le champ de variation des p.ortées.
- MM. Maxime et Robert Weil exposent aujourd’hui comment on peut résoudre le même problème sans recourir à l’artifice de l’extension de l’abaque dans le sens des portées. Ils y sont parvenus d’une manière intéressante en mettant en évidence une valeur particulière de la température.
- M. le capitaine Brenot aborde aujourd’hui sa seconde chronique de télégraphie sans fil : il y est question, en premier lieu, de la détermination de Vheures bien des renseignements inexacts ou hâtifs, publiés
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- par la presse quotidienne, y sont remis au point, et remplacés par une description claire et précise.
- La détermination des longitudes sera prochainement examinée.
- En connexion avec l’étude précédente, nous publions une note où M. P. Jégou décrit le procédé de réception qu’il a tout récemment communiqué à l’Académie des •Sciences.
- Ce procédé n’utilise plus d’accumulateurs, mais de simples piles Leclanché ou des piles «èches.
- Continuant ses recherches sur les durées relatives des raies spectrales émises par la vapeur lumineuse de l'étincelle électrique, M. A. Hemsalech fait éclater celle-ci dans un champ magnétique. En examinant par deux méthodes indépendantes les spectres d’une série de métaux, l’auteur a pu établir l’existence de plusieurs effets dont l’existence pourrait peut-être permettre d’interpréter certains phénomènes solaires.
- Un grand réseau américain a adopté, pour la mise à la terre du secondaire de ses transformateurs, un certain nombre de règles qu’on trouvera énoncées et schématisées.
- On enregistre a l’actif de Y accumulateur
- Edison type 1910, de retentissantes « performances ». Ce terme sportif convient assez bien ici, les appréciations venues des Etats-Unis sur les produits nationaux manquant parfois de réserve et de modération.
- Nous disons ensuite un mot seulement, pour la signaler, d’une communication faite à l’Académie des sciences sur la détermination des longitudes par la T. S. F; Un très prochain article de M. le capitaine Brenot traitera la question d’une manière plus développée.
- La question des supports des lignes aériennes est, et sera de plus en plus à l’ordre du jour.
- Pour les grandes transmissions de force déjà éxistantes, pour celles encore plus importantes qui se préparent, on s’est posé où l’on se posera la question suivante : Faut-il employer des poteaux en bois, des pylônes en acier ou recourir au béton armé?
- Celui-ci permet de réaliser des poteaux robustes, assez légers et d’un aspect agréable, tels que ceux dont nos Notes industrielles contiennent la description.
- Les constructeurs se sont préoccupés de réduire le prix de la main-d’œuvre en simplifiant la construction. De plus, les résultats d’essais annoncés méritent d’être pris en considération.
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- SUR L’ÉTABLISSEMENT DES CANALISATIONS AÉRIENNES SUIVANT L’ARRÊTÉ MINISTÉRIEL DU 21 MARS 1910.
- I. — Exposé du problème.
- LA. FLÈCHE MAXIMUM
- L’arrêté ministériel du 21 mars 1910 contient un certain nombre de prescriptions techniques relatives à l’établissement des canalisations aériennes ; nous nous occuperons, dans cette étude, de celles qui se rapportent à la hauteur des conducteurs au-dessus du sol et à la résistance mécanique de ces conducteurs.
- Pour se conformer à ces prescriptions, l’ingénieur chargé de l’étude d’une canalisation aérienne doit résoudre successivement une série de problèmes que nous énoncerons ci-après dans l’ordre où ils se présentent; nous indiquerons des méthodes de calcul permettant de déterminer les conditions d’établissement de la ligne pour qu’en toutes circonstances elle réponde à l’arrêté en question.
- Au sujet de la hauteur des conducteurs, cet arrêté dit (art. 5, § 2) (') :
- « Le point le plus bas des conducteurs et fils de a toute nature doit être :
- « a) Pour les distributions de la première caté-« gorie à 6 mètres, au moins, le long et à la traver-« sée des voies publiques;
- « b) Pour les distributions de la deuxième catégo-« rie, à 6 mètres, au moins, le long des voies publi-« ques, et à 8 mètres au moins, dans la traversée de « ces voies.
- « Néanmoins, les canalisations aériennes pour-« ront être établies à moins de 6 mètres de hauteur « à la traversée des ouvrages construits au-dessus « des voies publiques, à la condition de comporter « dans toute la partie à moins de 6 mètres de hau-« teur un dispositif de protection spécial en vue de « sauvegarder la sécurité. »
- Il résulte de ces prescriptions que la hauteur des points d’appui au-dessus du sol doit être au moins égale à la somme de la distance indiquée pour le point le plus bas du conducteur, et de la flèche de ce dernier.
- Or, c’est un fait bien connu que la flèche (et avec elle la traction unitaire ou tension mécanique par unité de section du conducteur) ne reste pas à la valeur initiale reçue lors du montage, mais varie dans une grande mesure ; ce qui nous intéresse premièrement, c’est de connaître la flèche maximum qui détermine la hauteur des poteaux.
- Il y a, notamment, deux facteurs qui interviennent dans cette détermination : i° La température ;
- 2° La charge accidentelle ou surcharge. L’importance de ces deux facteurs, dans le calcul des canalisations aériennes, ressort des prescriptions suivantes de l’arrêté ministériel (art. 6, § i).(f) :
- . « Pour les conducteurs, fils, supports, ferrures, a etc., la résistance mécanique des ouvrages est « calculée en tenant compte à la fois des charges « permanentes que les organes ont à supporter et « de la plus défavorable en l’espèce des deux com-« binaisons de charges accidentelles, résultant des « circonstances ci-après;
- « a) Température moyenne de la région avec « vent horizontal 120 kilogrammes de pression par « mètre carré de surface plane ou 72 kilogrammes « par mètre carré de section longitudinale des pièce ces à section circulaire ;
- « b) Température minimum de la région avec vent « horizontal. 3o kilogrammes par mètre carré de « surface plane ou de 18 kilogrammes par mètre « carré de section longitudinale des pièces à section cc circulaire.
- « Les calculs justificatifs font ressortir le coefli-
- (*) Cf. Lumière Electrique, 19 novembre 1910, p. 248.
- (1)Cf. Lumière Electrique, 19 novembre 1910, p. 249.
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- « cient de sécurité de tous les éléments, c’est-à-dire « le rapport entre l’effort correspondant à la charge « de rupture et l’effort le plus grand auquel chaque « élément peut être soumis. »
- La flèche maximum que nous avons à déterminer peut se produire soit à une température élevée, soit par suite de l’allongement élastique du conducteur, sous une grande surcharge. Toutefois, comme nous l’avons vu, l’arrêté ministériel n’envisage que des surcharges horizontales par lèvent, mais non des surcharges verticales causées par le verglas ou la neige. La surcharge par le vent augmente également la longueur du conducteur et, par suite, la flèche ; mais la composante de cette augmentation, résultant du vent horizontal, est elle-même horizontale et n’influe donc pas défavorablement sur la distance du conducteur au sol. Autrement dit, le vent déplace latéi’alement. le conducteur, de sorte qu’on n’a pas à en tenir compte quant à la hauteur minimum prescrite pour le point le plus bas des conducteurs.
- Nous en concluons que la flèche maximum se présentera toujours à la température la plus élevée et sans surcharge. L’arrêté ministériel n'indique pas cette température maximum ; on peut, en France, l’admettre comme égale à 6o° G.
- En établissant le projet d’une ligne aérienne, on part généralement du principe de maintenir la flèche aussi faible que possible afin de réduire au minimum la hauteur des poteaux. Pour cela, on choisit une traction unitaire élevée, en s’appliquant à la prévoir telle que, dans le cas le plus défavorable, le coefficient de sécurité demandé pour la ligne soit juste atteint. On utilise ainsi la résistance totale de la matière dans les limites admissibles, et les frais de premier établissement sont réduits au minimum.
- Le cas de la tension mécanique maximum est donc le point de départ du calcul.
- Ainsi qu’il ressort de l’article 6, § ier, cité plus haut, de l’arrêté ministériel, on ne sait pas, a priori, dans quelles conditions de température èt de surcharge se présente ce
- cas important où la tension est maximum, à la température moyenne de la région, avec surcharge de 72 kilogrammes par mètre carré, ou à la température minimum avec surcharge de 18 kilogrammes par mètre carré; cela est exprimé dans la circulaire ministérielle accompagnant l’arrêté en question (’) où il est dit (art. 6) :
- « Il conviendra de faire le calcul dans les deux « hypothèses et de retenir le résultat trouvé dans le « cas le plus défavorable. »
- Il serait désirable de pouvoir déterminer immédiatement dans laquelle des deux hypothèses envisagées se produira la tension maximum, c’est-à-dire quel est le cas le plus défavorable ; on n’aurait pas alors à faire ce double calcul. Nous indiquerons plus loin comment on peut y arriver.
- Les conditions dans lesquelles se présente la tension maximum une fois trouvées, un nouveau problème se pose : Quelle tension et quelle flèche faut-il donner au conducteur, lors du montage, pour que, étant donné la température à ce moment, la ligne réponde, dans la suite, aux desiderata indiqués PPour le savoir, il faut déterminer l’état du conducteur à toutes les températures et sans autre charge que son propre poids. Il s’agit donc essentiellement de voir comment se comporte un conducteur qui passe d’une surcharge accidentelle à la charge de son seul poids.
- Ce qui rend le calcul complexe, c’est, d’une part, la multiplicité des variables en jeu — portée, flèche, tension, température, sur-charge — et, d’autre part, le fait que l’expression analytique de l’état du conducteur se présente, comme nous allons le voir, sous la forme d’une équation du troisième degré par rapport à la flèche et à la tension, et cela conduit à des tâtonnements souvent longs et laborieux.
- C’est àM, A. Blondel que i*evient surtout le mérite d’avoir facilité la tâche à l’ingénieur.
- (’) Nous publierons prochainement le texte intégral de cette circulaire. (N. D. L. R.)
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- Dans une communication au Congrès de la Houille Blanche (Grenoble, 1902), M. A. Blondel a indiqué une méthode de calcul permettant de [déterminer rapidement, par un seul abaque, les modifications qui se produisent dans l’état du conducteur, tout d’abord celles qui résultent uniquement, des variations de la température, mais sous une surcharge constante; toutefois, il a montré que cette méthode est également applicable dans le cas d’une surcharge variable.
- La méthode en question, très simple et très élégante, nous a paru cependant comporter quelques perfectionnements. L’ « abaque universel » qu’elle emploie se compose de courbes qui ne représentent pas des fonctions effectives entre les grandeurs variables cherchées, mais qui sont des lignes auxiliaires au moyen desquelles ces fonctions doivent d’abord être construites. Ces abaques permettent donc bien de déterminer chaque point des fonctions ; mais pour se rendre compte de l’allure de ces fonctions, il faut, au préalable, les tracer point par point (').
- 11 y a encore lieu de dire que les interpolations nécessaires avec cette méthode rendent le calcul un peu long, fatigant, et même imprécis, d’autant plus que les valeurs intermédiaires ne se suivent pas en fonction linéaire, de sorte que l’interpolation est nécessairement approximative.
- Quand il s’agit d’appliquer cette méthode à des surcharges variables, M. A. Blondel 0 recours à l’artifice suivant : il substitue à la portée réelle une autre portée fictive, dont le rapport à la première est le même que celui de la charge ‘totale (poids propre + sur-chai’ge) au poids propre seul. Mais il en résulte alors que les abaques, pour répondre à tous les besoins, doivent être très étendus. E11 supposant, par exemple, une surcharge de o, oiSkg. par centimètre carré de section et par centimètre courant, il se trouve que
- (<) O11 verra, d’ailleurs, que M. A. Blondel donne lui-même, actuellement, de nouveaux abaques, d’une construction beaucoup plus aisée que les abaques primitifs. (N. D. L. 1t.)
- les abaques pour conducteurs en cuivre doivent contenir encore les portées 2,67 fois plus grandes, et même pour l’aluminium celles 6,4a fois plus grandes, que les portées qui se présentent en réalité ; or, la surcharge envisagée est inférieure à celle qui, pour des conducteurs de faible section, résulte de l’arrêté ministériel.
- Il se trouve donc fréquemment que l’abaque n’est pas assez étendu, la portée choisie étant supérieure à celles prévues lors de la construction de l’épure; le problème devient alors d’autant plus délicat qu’il est difficile de s’en tirer par extrapolation.
- Nous nous proposons d’établir un,procédé plus simple pour le cas où la surcharge passe d’une certaine valeur à la valeur zéro, ce cas étant, comme on l’a vu, de grande importance pour le calcul des canalisations aériennes.
- Nous ferons ci-après tous nos calculs au moyen de formules générales, valables pour une surcharge quelconque, horizontale ou verticale, se présentant à n’importe quelle température. De même, pour nous placer dans le cas le plus général, nous comprendrons par « flèche » la plus grande distance du cônducteur à la ligne droite reliant les deux points d’appuis ; cette définition étant également valable lorsque le conducteur est déplacé latéralement par le vent, de sorte que son plan n’est plus vertical.
- Toutefois, pour rendre notre exposé plus simple et plus précis, nous introduirons les données prescrites par l’arrêté ministériel, et ajouterons des exemples numériques.
- II. — Les équatioxs fondamentales.
- Pour résoudre ies problèmes énoncés, nous avons besoin d’une expression analytique donnant l’état du conducteur, c’est-à-dire sa tension et sa flèche, en fonction, simultanément, de la température et de la surcharge.
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- Soit :
- x, la portée, c’est-à-dire la distance de deux poteaux, en centimètres;
- p, la traction unitaire ou tension mécanique du conducteur, en kilogrammes par centimètre carré, sous une chargé quelconque', p0, la tension en kilogrammes par 'centimètre carré dans un cas particulier de la charge lequel, dans nos recherches, est supposé être en même temps l’état initial;
- f la flèche en centimètres correspondant à la tension p ;
- /o, la flèche en centimètres correspondant à la tension /?0 ;
- s, la section transversale du conducteur en centimètres carrés;
- d, son diamètre en centimètres; l, la longueur du conducteur entre deux poteaux, en centimètres, correspondant à p ;
- l0, la longueur du conducteur entre deux poteaux, en centimètres, correspondant à /?0;
- o, le poids propre du conducteur par centimètre carré de section et par centimètre courant, en kilogrammes par centimètre cube;
- S, la surcharge par centimètre carré de section transversale et par centimètre courant du conducteur,en kilogrammes par centimètre cube ;
- Z = la surcharge totale, du conducteur par centimètre courant, en kilogrammes par centimètre.
- v, la pression horizontale du vent par centimètre carré de section longitudinale du conducteur, en kilogrammes par centimètre carré, correspondant àp;
- e0, la pression horizontale du vent par centimètre carré de section longitudinale du conducteur, en kilogrammes par centimètre cari’é, correspondant à p0]
- p = o —Ç (géométriquement), la résultante du poids propre du conducteur et de la surcharge, en kilogrammes par centimètre cube, correspondant à la tension p ;
- ' p0 = 5 + ç0 (géométriquement), la x-ésul-tante du poids propre du conducteur et de la surcharge, en kilogrammes par centimètre cube, correspondant à pQ;
- t, la température, en degrés centigrades cori’espondant à p;
- t0, la. [température, en degrés centigrades, correspondant à p{);
- 0, le coefficient de dilatation linéaire, par degré centigrade ;
- a — le coefficient d’allongementélastique
- en centimètres carrés par kilogramme, E étant le coefficient d’élasticité de la matière, en kilogrammes par centimètre carré.
- Nous citerons d’abord les relations suivantes bien connues :
- qui résulte de l’égalité des moments statiques des forces intérieures et. extérieures agissant sur le conducteur (voir fig. i), et qui
- Fig-, i.
- représente une relation toujours valable entre valeurs correspondantes de la flèche et de la portée, indépendamment de la température et sous n’importe quelle charge;
- 8
- ' = *+5*’ {b]
- qui est la longueur, en fonction 'de la flèche, de l’arc parabolique remplaçant, avec une approximation suffisante, la chaînette qu’est, en réalité, un conducteur absolument flexible et tendu entre deux points d’appui.
- Toutes nos propositions se rappoi’teront à l’unité de section; nous considérerons donc, dans la suite, sauf indication contraire, un conducteur ayant une section de i centimètre carré.
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- Lorsque le conducteur passe d’un état initial, auquel correspondent les valeurs l0, p0, t0, à un autre état défini par l, p, t, ces valeurs corrélatives sont reliées d’une façon générale par l’expression suivante :
- i — k = [t — *#) 0 4 + [p — Po) a lo,
- qui résulte de la définition des coefficients. Dans cette équation, les variations de la température et de la traction unitaire ne sont assujetties à aucune condition. Remplaçons l et l0 d’après l’équation (b) par les valeurs correspondantes en fonction de /' et f0, en admettant que, dans la variation de la flèche de /g à f, il soit tenu compte de l'influence de la surcharge qui ait passé en'même temps de Po à p.
- En posant
- k
- x
- i,ce qui, pratiquement, est
- admissible, on a :
- 8
- Lr2
- [p — A) = (*.— 4>)ft — (Po— P)*- (0
- Des équations (i) et (a) on tire :
- i /P“
- 24 Xp*
- Pi j A’2 = [t — *o) G — (p0 —p) P 0/
- Ces équations permettent de résoudre les problèmes qui nous occupent. Elles peuvent aussi s’écrire :
- — I “**(p*—1l<—
- 3
- 64
- apx1
- o .(i'j
- %t\ a
- p2#2
- On vérifie donc qu’elles sont du troisième degré par rapport à f et p. Toutefois, nous ne les utiliserons pas sous cette forme qui est peu commode.
- III. —La tension maximum.
- Pas plus que pour la température maximum,
- l’arrêté ministériel n’indique de chiffres précis pour les températures moyenne et minimum. Nous admettrons pour la France -j- i5° C. comme température moyenne, et — 20° C. comme température minimum.
- Nous avons alors à examiner la question suivante : quand la tension maximum se produit-elle à + i5° et sous la surcharge horizontale de 72 kilogrammes par mètre carré quand se produit-elle à — 20° et sous la surcharge horizontale de 18 kilogrammes par mètre carré ?
- Supposons un conducteur tendu entre deux points d’appui, de telle sorte qu’il soit soumis à une traction unitaire p0 = pmax, sous une charge p0 = pmaï = poids propre 4- surcharge par vent de 72 kilogrammes par mètre carré et à la température tx) = -f i5° C. Si la charge tombe à la valeur p — poids propre -f- surcharge par vent de 18 kilogrammes par mètre carré, la température étant constante, la tension diminue également; si, par contre, la température vient à abaisser à/ = — 20°, la tension augmentera de nouveau.
- Examinons dans quelles conditions la tension à la température t et sous la charge p revient exactement à la valeur p0 qu’elle avait déjà lors de la charge p0 et à la température t0.
- Avec p = p0 — P max,
- l’équation (2) devient : ’
- — psmaxj
- (t—4)0,
- ou
- xp — Pmàx v/ 24 0 J°~1 J>)
- * p max — p
- Dans cette équation, la valeur de la racine est constante pour’’une matière et une section données; pmax est également déterminé par le choix du coefficient de sécurité. La racine positive fournit donc pour lapôrtée une valeur nettement définie que nous avons désignée par xP et la portée doit avoir cette
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- valeur xP pour qu’il y ait égalité de tension dans les deux cas envisagés de la charge et de la température. Pour toutes les autres portées, cette égalité ne se produira pas.
- La considération des cas extrêmes x — oo etx — o nous permettra de déterminer les propriétés respectives des portées x xp.
- Avec x — oo, on tire de (2) :
- p2 _ p2max
- F~ p\ '
- Comme
- ou
- ,--<1, on a pCpo-
- Pmax
- D’autre’part, avec x = o, on tire de (2) :
- [l — A,) 0 — (p0 — p) a = o
- qui donne :
- P = P 0 —
- a
- Comme t <C /0, la fraction, dans cette équation, a donc une valeur négative. Comme, par leur nature même,p et p0 sont des grandeurs positives, il s’ensuit : p ^> p0. La valeur p0 à laquelle nous avions soumis le conducteur à /0 et sous p0, a donc dû être atteinte à nouveau déjà à une température intermédiaire entre t0 et t.
- On déduit de ce qui précède que la tension maximum se produit à -f- 15° et avec un vent de 72 kilogrammes par mètre carré pour toutes les portées supérieures à xp, défini par l’équation (3), et qu'elle se produit, au contraire, à— 20° et avec un vent de 18 kilogrammes par mètre carré pour toutes les portées inférieures a xp.
- Il y a lieu de faire remarquer que l’action du vent dépend de la surface d’attaque, c’est-à-dire du diamètre du conducteur, alors que l’action du poids propre dépend de la section, c’est-à-dire du carré du diamètre. En passant d’une section à l’autre, le rapport de la surface d’attaque au poids change de valeur; il en résulte que, pour chaque section,
- l’action d’une même pression unitaire du Arent sera différente.
- t
- On a toujours (fig. 2) :
- p = y/s2 + Ç2 = y/S2 + (^)2-
- En remplaçant, dans l’équation (3), pmax et p par leurs valeurs respectives, on a :
- En nous basant sur les prescriptions de l’arrêté ministériel, c’est-à-dire avec :
- t.0—t= + i5 + 20 = + 35»
- et
- c0 = 0,0072, v = 0,0018,
- nous avons :
- Xp — 4 1 60 pmax^'Ü.
- (3)
- Nous nous servirons de cette formule pour les conducteurs câblés.
- Lorsque le conducteur est composé d’un simple fil, on a :
- d2
- S = TC —.
- 4
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- Donc :
- xp = 4 160 dpmaK\/ü 4
- = 3 270 c?pmax \/Ô. (3")
- Au moyen clés formules (3') et (3”) nous avons établi pour xp le tableau I qui se rap-
- quelques valeurs de xp pour câbles et fils en cuivre et en aluminium.
- IV. —Variations de la surcharge.
- Nous allons maintenant rechercher quelle relation existe entre les états successifs du
- Tableau I.
- MATIÈRE ô kg/c m3 par 1 à x 6 apport i°G A c~ a cm2/kg Xp i (pmax en kg/cm3, Conducteurs câblés. ;n cm s en cm2, il en Fils. cm)
- I. Cuivre ’ 8)9 • IO-3 >>7 . to—3 >/* ,3 . 10e S ,'Vp zzr 17,18 -^pnuvx xp — >3,49 d pmax
- II. Bronze (Résist. 7000 kg
- par cm2, fil téléphonique). 8,64. 10“3 1,66 . IO“S ,3 . 10e —— Pmax = i3,3o d gmax
- III. Aluminium . . . 2,7:). (10—3 2,3 . IO~5 ,715 • I(,G —- I9)9^^Pmax = 14,68 $ pmax
- IV. Acier 7)95- 10—3 C1 . IO”5 ï/2 ,2 . IO(i = i3,8o -,/>max dl = io,84 d pmax
- V. F er (Résist. 4000 kg/cm2,
- fil télégraphique). . . 7»79- IO—3 I ,23 . io~s ,9 . IOS —•14 i^O pmax = 11 >'17 d Pmax
- porte aux matières les plus usuelles et indique, pour ces dernières, les constantes 3, « et 0.
- conducteur avec et sans surcharge, afin de pouvoir conclure de l’un à l’autre.
- Soit un conducteur monté avec des por-
- Tableau II. — Conducteurs câblés.
- Xp EN MÈTRES
- mm-
- 113,8
- I 10,0
- Nous donnons dans les tableaux II et III I tées x, de telle sorte que, sous une charge
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- p0 et à la température £0, sa traction unitaire soit po =/>max.
- Par suite de cette charge, la flèche aura une valeur élevée ; on désire savoir à quelle température supérieure tf cette même valeur
- Tableau III
- ou dans notre cas spécial :
- = 4 + o'(I — (T0) /w
- (4')
- Il résulte de cette équation que, pour une — Fils.
- CCp EN MÈTRES
- Pmax S “ IO 35 5o mm3
- d — 3.6 r ,0 6,7 8,0 min
- kg/mm2 —— -
- Cu Al Gu Al Gu Al Cu Al
- 4, >9,6 22,G 27,° 31,4 36,3 42,0 4^,2 5o,2
- G . 29,1 33,9 4o,5 47>° 54,4 63,o 64,8 75,3
- 8 38,8 45,2 54,0 82,7 72,5 84,0 86,4 ioo,4
- IO 48,5 67,5 9°,7 107)9
- I 2 58,2 81,0 , 108,9 129,G
- G 67,9 94,5 l 12^,0 151,1
- iG 11,1 io7>9 i45,o 17 a>7
- 18 87,3 121,3 i63,2 194,3
- 20 91,° i34,9 181,4 2o5,8
- de la flèche est de nouveau atteinte, le ducteur n’étant plus chargé que de son pr poids.
- Avec /'— /y, on déduit de (i) :
- O = [tf — t0) 0 — (p„ —p) «•
- Mais,
- con-
- opre
- P 0
- P :
- 8/Ô ’
- 8/
- x-.
- Donc :
- P_.
- P»
- . P Po'
- ou
- P = - P0.
- Po
- Avec cette valeur de p, on a :
- ° = llf — lo) 0 — Po ^ I — a,
- \
- dont on tire :
- matière et une section données et pour chaque tension maximum p0 = /?max, la température tf en question, à laquelle f= f0, aura une valeur bien déterminée qui est indépendante de la portée. La loi suivante est donc établie :
- Lorsqu unconducleurpasse d’un état initial, où la flèche est l’0, la température t0, la charge p0 et la tension p0, successivement à d’autres états oh le conducteur n'est plus chargé que de son propre poids, la température étant variable, cette même flèche f0 sera atteinte à nou veau à une température plus élevée, et cette température sera la même, quelle que soit la portée.
- Pour exprimer qu’à la température tf la flèche f=fo, nous avons trouvé plus haut la relation suivante :
- /Jconst — —p o L
- Po
- qui, dans nolrecas spécial, peut s’écrire :
- 7?const — — Po
- (5')
- Gomme o, p0 et pmax, sont toujours indé-
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- pendants de x, il s’ensuit que, pour une matière et une section données, la tension à la température fusera constante, quelle que soit la portée.
- Nous savons qu’en appliquant les prescriptions de l’arrêté ministériel, suivant que x ^ xp, p0 = ptmx se présente soit à — 20° soit à -(- 15° et sous les surcharges correspondantes.
- Pour les portées x <0 xp, p0 représentera donc dans l’équation (4) le poids propre du conducteur, augmenté de la surcharge résultant du vent de 18 kilogrammes par mètre carré; pour x xp, au contraire, p0 sera le poids propre plus la surcharge par un vent de 72 kilogrammes par mètre carré. L’équation (4) fournira donc deux valeurs de xp, l’une valable pour les portées entre o et tf, et l’autre pour les portées plus grandes que xp.
- De même, on aura deux valeurs de pco„s[, correspondant à celles de Lf.
- Ces valeurs correspondantes de /;co„st et tf sont très importantes pour le calcul de la tension et de la flèche en général. En effet, la flèche à la température tf, par suite du poids propre, étant égale à celle qui se produit, à la température Z0, sous l’influence de la surcharge,ces deux grandeurs, pco„st et//,donnent la relation cherchée entre les états successifs du conducteur, avec et sans charge additionnelle.
- V. — Exemple.
- Pour bien mettre en évidence l’intérêt des valeurs tf et pconsl, nous examinerons, à titre d’exemple, un câble en cuivre de 35 millimètres carrés de section, la tension maximum admise étant pmax = 10 kg/mm2.
- Le diamètre de ce câble est 7,5 millimètres; on a donc, suivant le tableau II :
- xp — 80,40 m.
- 1° Xp.
- On a :
- Po
- =V/(».
- 0089)2 +
- 0,75.0,00 0.35
- —y
- : 0,0097.
- Il résulte de (4') ,
- „ , 1 / o,oo8q\
- t = — 20 -|---------— ( 1---------- ) 1000 = —16®
- 1,7 . 1,3.10 \ 0,0097/
- et de (5') :
- 0,0089
- Pconst =-------- 1 000 = 018 kg/cm2.
- 0,0097
- 2° X > XfJ.
- On a :
- prr=\A,,008^S+ ("""ofo""7") =0’0I7&
- Il résulte de (4') :
- C = +i5-
- 1,7 . i,3 . io\ 0,0178/
- r"”8» VOOQ—+
- et de (5') :
- Pconst —
- 0,0089
- 0,0178
- 1 000 — 5oo kg/cm2.
- Les figures 3 à 6 reproduisent graphiquement les résultats obtenus ; elles se rapportent au conducteur envisagé ci-dessus, c’est-à-dire à un conducteur câblé en cuivre, de 35 millimètres carrés de section, et se basent, pour la matière, sur les constantes indiquées plus haut (tableau I).
- Les courbes des figures 3 et 4 sont calculées en supposant que, dans le cas le plus défavorable (suivant l’arrêté ministériel en vigueur), la tension mécanique atteigne juste la limite maximum de 10 kilogrammes par millimètre carré. Elles permettent de relever directement, pour toutes les portées jusqu’à 200 mètres, la tension et la flèche du conducteur envisagé, telles qu’elles se présentent aux températures situées entre — 20° et _j- 4o°(‘), et sans surcharge; on peut donc s’en servir utilement pour le montage. Il y a lieu de faire observer que les fonctions tracées (x,p) et (x/) 11e représentent pas des
- (i) On aurait pu étendre ces courbes jusqu’à la température de -)- 6o° G ; toutefois, comme il s’agit ici du
- données pour le montage, il suffit de se limiter a-(-4o0C,. attendu que le tirage de la ligne ne se fera jamais aux températures extrêmes.
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- variations effectives d’un état du conducteur à l’autre; elles ne sont qu’un moyen commode pour déterminer les grandeurs en question.
- La figure 3 fait ressortir clairement la signification de la portée xp. Pour toutes les portés supérieures à xp, la tension maximum se trouve, comme nous l’avons vu, à -j- i5° et sous une surcharge horizontale de 72 kilogrammes par mètre carré; c’est-à-dire que, pour toutes les portées x>xp, la droite p = /?max = 1 o kilogrammes par millimètre carré, correspond à l’état du conducteur à —15°, et sous la surcharge indiquée. Si la surcharge disparaît, la température restant constante à -f- 15°, la tension diminue jusqu’à une valeur qui, pour chaque abscisse ,*,est à peu près moyenne entre les ordonnées des courbes correspondant à + io° et à + 20°. Si, ensuite, la température se modifie également, la tension p prend les valeurs déterminées
- §
- ?
- B
- &
- c.
- s £
- S
- 5?
- S
- s
- Ct
- - o> oq e- 4»
- (*) cq K
- m/uijod j5y ua d suoisuaj
- ro
- fco
- £
- O
- — Tensions d’un conducteur câblé, en cuivre, de 35 millimètres carrés de section, à température variable, pour toutes les portées jusqu’à 200 mètres ; la tension maximum, dans le cas le plus défavorable de la température et de la surcharge, étant, pour toutes les portées, de 10 kilogrammes par millimètre carré.
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- par les points d’intersection de l’ordonnée en question avec les courbes relatives aux différentes températures. A ces variations, se rapportant à une même portée x, correspondent les fonctions (t,p) et (/,/) qui ont une importance particulière. Il ressort encore de la figure 3 que la tension à — ao°, sans surcharge, n’atteint jamais la valeur pmax.
- Le même commentaire s’applique aux portées inférieures à xp, sauf que là pmSlX — i o kilogrammes par millimètre carré se présente à— 20® et sous une surcharge horizontale de 18 kilogrammes par millimètre carré.
- En xp, les courbes d’égale température se rencontrent; c’est-à-dire qu’il est indifférent, pour le calcul de la fonction, de choisir, comme état initial, -j- i5° avec surcharge de 72 kilogrammes par mètre carré, ou — 20° avec surcharge de 18 kilogrammes par mètre carré.
- Les valeurs pcon&i et tr sont également exprimées dans les figures 3 et 4- Dans la première, pour x < Xp, la droite p -- p'const = 9^8 kilogrammes par millimètre carré se présente comme isotherme à la température t'f = — 16° ; on démontre facilement qu’elle est l’asymptote des courbes relatives aux autres températures.
- De même, pour les portées x >• xp, la droite p = p\onst = 5 kilogrammes par millimètre carré est l’asymptote des autres courbes de
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- tension ; elle correspond à la température -f- 37°, 5.
- Dans la figure 4 on a représenté en traits interrompus les courbes des flèches relatives aux températures t'f—— 160 et 37°,5.
- Ces courbes indiquent en même temps les flèches à 20“ et sous 18 kilogrammes par mètre carré, d'une part, et à -f- 15° et sous 72 kilogrammes par mètre carré, d’autre part.
- 10
- t-
- S.®
- £ K
- £ V
- \
- \ — —- —
- \
- \
- V
- 1
- v Sa \
- Tâo 'îôà \S \
- s#
- yr'
- — —
- —
- -20 -10 to *10 *20 *30 *1*0° Températures t
- Portéesx < sep
- Fig. 5.
- -20 *10 tO +10 *20 *30 tW Températures t
- Portées oc> jc. n
- Variations de la tension en fonction de la température pour quelques portées.
- Les courbes ont été calculées au moyen •de l’équation (a) :
- celle à tf \ cette dernière, qui est très facilement déterminée au moyen de l’équation [a), donne donc une bonne approximation pour de très grandes portées n’ayant pas été prévues dans la figure 4-
- Dans la figure 5 on a tracé, pour quelques portées.r, les importantes fonctions (t,p) dont il a été question plus haut, en les relevant point par point sur les courbes de la figure 1 et en les reportant dans un système de coordonnées rectangulaires.
- Ces fonctions ont un point commun, parce que, comme nous le savons, elles présentent toutes la valeur/?const à une seule et même température tf. Autrement dit, les points d’intersection communs N' etN"ontlescoordonnées/?constet tf.
- Enfin, dans la figure 6, on a tracé, d’üne façon analogue à la figure 5, en coordonnées rectangulaires, les fonctions (t,f) pour quelques portées oc, en les prenant point par point sur les courbes de la figure 4- Les flèches à — 20° sous 18 kilogrammes par mètre carré, d’une part, et à-)- i5° sous 72 kilogrammes par mètre carré,.d’autre part, sont indiquées comme points singuliers. La figure montre que ces dernières flèches sont égales aux valeurs déterminées par l’intersection des différentes courbesavecles ordonnées t =t'f, d’une part et t = t"f, d’autre part.
- fic.nst)
- 8 Pconst
- f =
- >Vo
- <jui, considérée comme fonction repré-
- sente une parabole.
- La figure 4 montre que, même pour de grandes portées, les flèches aux diverses températures t ne diffèrent pas sensiblement de
- VI. — Modification de la méthode de M. A. Blondel.
- Nous pouvons maintenant appliquer à la méthode M. A. Blondel les résultats obtenus.
- Lorsque l’abaque universel n’est plus assez étendu, la portée fictive étant trop grande, la température tf nous fournit le moyen de remédier à cet inconvénient.
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- Déterminons, au moyen de l’équation (a), la flèche correspondant à />max et p0, où p0 est la résultante du poids propre et d’une surcharge horizontale de 18 ou 72 kilogrammes par mètre carré, suivant que la portée x0xp ; reportons la valeur de cette flèche sur l’ordonnée de l’abaque universel correspondant à la portée envisagée et appelons tf le point ainsi trouvé. La tension et la flèche, à toute autre température et sous la charge du poids propre seul, se détermineront alors de la manière habituelle, par addition de la différence de température t — tf. L’exactitude de cette méthode est évidente, après ce que nous avons exposé précédemment.
- Dès lors, il est inutile de calculer les abaques de M. A. Blondel pour des portées plus grandes qu’elles ne se présentent en réalité.
- Nous nous réservons de développer ultérieurement une méthode permettant de tracer un diagramme très simple, qui donne immédiatement le point (/?COnst, i/), quelles que soient les conditions imposées au tirage de la ligne (’),
- Ce diagramme sera utile, parce que les deux gi’andeurs en question varient dans une grande mesure, en fonction de la section des conducteurs.
- H 6
- «40
- '<fc
- 6
- C 5 <0
- *0
- -c: * «
- En se servant de ce diagramme, le calcul, suivant notre méthode, ne sera guère plus long qu’en utilisant les portées fictives. A la place de cette dernière, nous devons déter-miner la flèche à la température 4 et sous la charge p0. Cette valeur est souvent intéressante par ailleurs et il faut alors la calculer de toute façon.
- $
- I
- !
- 1.
- ’ir'
- -20 -» î.O *10 *20 *30 *to Températures t Portées oc <ocp
- Portées oc >æ »
- Fig. 0.•
- -Variations de la flèche en fonction de la température pour quelques portées.
- (') Voir à ce sujet l’ouvrage que vient de publier l’un des auteurs de la présente étude, M. R. Weil, sous le titre : Beanspruchung und Durchhang von Freileitungen. Unterlagen fiirProjektierung und Montage. Julius Springer, éditeur (Berlin, 1910) et qui traite d’une façon plus détaillée des mêmes questions, envisagées au point de vue des prescriptions du V. D. E. L’édition française de cet ouvrage, qui est en préparation, tiendra compte plus particulièrement des règlements administratifs en vigueur en France. Voir aussi l’article de M. R. Weil (Elektro-technisclie Zeitschrift, 17 novembre 1910).
- Ajoutons qu’il est possible — et nous nous réservons également de le faire ultérieurement —- de développer, sur la base des résultats obtenus, une méthode graphique, établie rationnellement et donnant des solutions immédiates, sans construction intermédiaire ni interpolation.
- Maxime et Robert Weil.
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- T. XII (2e Série). — N° 51.
- CHRONIQUE DE TELEGRAPHIE SANS FIL >
- DÉTERMINATION DE L’HEURE
- La télégraphie sans fil a reçu, cette année, en France, deux nouvelles applications très intéressantes : la détermination de l’heure, la mesure des différences de longitude.
- Toutes deux sont définitivement entrées dans la pratique et ont déjà donné des résultats supérieurs à ceux que les plus optimiste^ espéraient.
- C’est au' poste de la Tour Eiffel qu’ont été réalisées les diverses installations nécessaires. Les études d’ensemble; comme les réglages de détail, ont été l’œuvre commune de l’Observatoire de Paris, du Bureau des Longitudes et du Service Radiotélégraphique de l’Etablissement Central de la Télégraphie militaire.
- Envoi cle signaux horaires.
- L’importance pratique de la détermination précise de la position d’un navire en mer, « solution du problème du point », est de toute évidence.
- Dans la navigation par l’estime (-), on utilise le compas de route, instrument de direction, et le loch, instrument de vitesse.
- La détermination, à un moment donné, de la position du navire, se fait en quelque sorte par coordonnées polaires.
- On voit de suite que les erreurs s’accumulent d’une mesure à l’autre. Les déterminations des coordonnées « direction, vitesse » sont, d’ailleurs, très imprécises. La méthode est mauvaise.
- Dans la navigation astronomique, le point se déduit de l'observation des astres et de la connaissance de l’heure.
- (1) La précédente chronique a paru dans la Lumière Electrique des6 et i3 août 1910. Elle exposait l’état actuel de la radioélectricité (T. S. F., téléphonie sans fil, télémécanique).
- (2) Lieutenant de vaisseau Perret, Cours de navigation.*
- La précision de la méthode sera fonction des erreurs propres au sextant ou instruments analogues, d’une part, et au chronomètre, d’autre part.
- Mais, en tous cas, « les erreurs de la veille n’auront plus d’influence sur celles du lendemain » (f).
- Il est plus que suffisant pratiquement de connaître l’heure à une demi-seconde près.
- Une telle approximation n’est pas facile, néanmoins, à obtenir, surtout dans les voyages* de quelque durée.
- Les instruments les plus précis ont encore des irrégularités de marche dues à des causes complexes et variables qui peuvent conduire parfois en quelques jours à plusieurs secondes d’écart.
- On emploie alors simultanément plusieurs chronomètres, soigneusement et continuellement étudiés et comparés entre eux.
- Dans les explorations coloniales, où le problème du point a également une importance primordiale pour l’établissement des cartes, le transport de tels appareils est une source d’ennuis... et d’erreurs assez graves. Les mouvements brusques des porteurs, se retournant par exemple par curiosité, malgré la defense qui leur en est faite, peuvent déterminer des échappements de plusieurs secondes.
- On voit que la détermination précise de l’heure en un poste isolé, à bord ou à terre, est un problème dont la solution est à la fois coûteuse, compliquée, et néanmoins malheureusement peu sûre.
- La télégraphie sans fil permet de remédier à ces trois inconvénients. Si les deux premiers ont peu de gravité pour les gros bâtiments, ils sont à considérer pour les unités
- (’) Perret, loc. cil.
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- de moyenne ou faible importance, et en particulier pour la grande majorité des navires de commerce.
- L’organisation qui a été réalisée à la station de la Tour Eiffel permet l’envoi quotidien de signaux caractéristiques à des heures déterminées, exactes à moins d’une demi-seconde.
- Les signaux émis devant être perçus par les navigateurs au moyen d’un téléphone associé à un récepteur de télégraphie sans fil, absolument comme les signaux habituels, il était nécessaire de les diviser en deux parties : signaux d’avertissement destinés à appeler l’attention, suivis du signal horaire.
- De plus, il était à craindre que certains bâtiments ne reçoivent aussi, volontairement ou non, des signaux télégraphiques au moment de l’émission de signaux horaires, et ne puissent par conséquent percevoir correctement ces derniers.
- Aussi a-t-on pris le parti d’envoyer deux séries de signaux par vingt-quatre heures, chaque série comportant l’envoi de trois heures différentes, mais très rapprochées.
- Les heures choisies ont été, pendant le jour,
- 11 heures, 11 h. 2 minutes, 11 h. 4 minutes ; pendant la nuit, 12 heures, 12 h. 2 minutes,
- 12 b. 4 minutes.
- Les signaux d’avertissement sont différents pour chacune des émissions, afin de permettre aux obsei’vateurs de reconnaître aisément les heures envoyées, le signal horaire proprement dit restant toujours le même.
- Pour la première émission, les signaux d’avertissement, commencés une minute avant minuit, comprennent de longs traits qui cessent deux ou trois secondes avant minuit. Le signal horaire, lancé à minuit précise, est constitué par un seul point assez bref.
- Pour la deuxième émission, les signaux d’avertissement, commencés à minuit i minute, consistent en une série de signaux comprenant : un long trait, deux points, un long trait, deux points... etc. Ils cessent 2 ou 3 secondes avant minuit 2 minutes. Le j
- signal horaire de minuit 2 minutes consiste encore en un seul point.
- Pour la troisième émission correspondant à minuit 4 minutes, les opérations effectuées sont semblables. Les signaux d’avertissement consistent en une série de signaux comprenant un long trait, quatre points.
- A 11 heures du matin, les envois de signaux sont faits de façon identique.
- L’heure envoyée est celle du méridien de Paris.
- En même temps que la Tour Eiffel, le grand poste allemand de Norddeich (embouchure de l’Elbe) a commencé également des envois de signaux horaires. L’heure envoyée est celle... du méridien de Greenwich (*).
- Les signaux lancés par la station radiotélé-graphique de la Tour Eiffel sont émis de l’Observatoire, par un astronome secondé d’un « sans-fîliste » de la station.
- Deux lignes souterraines, non représentées sur la figure 1, relient directement la station souterraine de la Tour Eiffel à la salle des pendules de l’Observatoire.
- L’une de ces lignes est affectée normale-mert à la liaison téléphonique, l’autre aux signaux horaires. Un commutateur double C (fig. 2) permet toutefois, en cas de rupture d’une ligne, d’utiliser l’autre, soit pour le téléphone, soit pour l’envoi de l’heure.
- La pendule envoyeur de signaux (fig. 1) peut, à l’heure choisie, fermer le circuit d’une petite pile qui envoie son courant dans un relais disposé dans la station du Champ-de-Mars (fig. 1 et 2).
- Ce relais ferme un second circuit qui actionne un interrupteur, ou manipulateur, déclanchant les appareils de transmission.
- Si la pendule, au moyen d’un contact glissant quelconque, ne ferme le circuit que pendant un temps assez court, les appareils de
- (') L’intervention des susceptibilités nationales dans les questions d’intérêt scientifique général nous vaut déjà, entre autres bienfaits, la survivance des systèmes de mesure surannés en face du système métrique, etc... C’est donc avec un plaisir relatif que^nous-enregistrons cette nouvelle divergence. (N. D.L. R.)
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- transmission, actionnés de façon brève, ne lanceront dans l’espace qu’un point.
- Il y a évidemment un temps mort qui sépare le moment où le courant est fermé de celui où le signal est lancé dans l’espace, ou môme perçu par les observateurs.
- Ce temps mort dépend du nombre de relais, de l’organisation de ces appareils, du
- cepteur de télégraphie sans fil relié à une petite antenne installée sur les bâtiments de l’Observatoire. Au moment où il voit la pendule battre minuit, par exemple, il entend le signal que lance la Tour Eiffel et qu’il reçoit dans son appareil à réception auditive. 11 peut donc par tâtonnements faire déplacer le contact commandé par la pendule jusqu’à ce
- -Ligne souterraine double
- Tour Eiffel
- Relais
- î-
- -Téléphone
- MM,Ml
- Civeui t d'émis si on
- ZD
- Fig. i.___Séhiéma des connexions des appareils utilisés pour l’envoi de l’heure (Observatoire et Tour Eiffel.)
- procédé et des réglages de transmission employés, du procédé de réception, de toutes les inerties mécaniques et électriques à vaincre. Onpeut négliger le temps qui correspond à la propagation de l’onde.
- 11 est facile de corriger en grande partie l’erreur qui pourrait résulter de ce temps mort. Pour cela, l’astronome dispose d’un ré-
- qu’il y ait coïncidence suffisante entre le son perçu et le battement correspondant à l’heure envoyée. Le réglage, fait une fois pour toutes, est stable.
- L’erreur totale dans l’application de la méthode est inférieure à une demi-seconde.
- Les signaux d’avertissement pourraient être très facilement envoyés au moyen d’un
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- mouvement d’horlogerie. Cela n’a pas semblé utile : un opérateur est en effet toujours de -service près des appareils ; d’autre part, la manipulation des signaux d’avertissement ne nécessite aucune précision et ne présente pas de difficulté.
- Dans toute station disposant d’un poste de télégraphie sans fil, il n’est évidemment besoin d’aucun appareil spécial pour la réception de l’heure.
- Un navire, qui ne veut pas faire les frais d’une installation complète, peut organiser,
- Fig. 2. — Appareils de liaison entre l’Observatoire et le poste de T. S. F. de la Tour Eiffel (G, commutateur double.)
- (Station souterraine du Champ-de-Mars.)
- Elle est faite de l’Observatoire au moyen d’un petit manipulateur monté en dérivation sur la pendule envoyeur de signaux (fîg. i).
- Un quart d’heure avant chaque émission quotidienne, on vérifie à la Tour Eiffel et à l’Observatoire le fonctionnement et le réglage de tous les appareils employés.
- pour quelques centaines de francs, un petit poste récepteur suffisant pour l’application envisagée. La complication et la dépense résultantes sont insignifiantes en présence des services que l’on peut attendre d’une telle installation.
- Capitaine Brenot.
- APPENDICE
- RÉCEPTION |DU SIGNAL HORAIRE HERTZIEN DE LA TOUR EIFFEL
- Comme complément à la description qu’on vient de lire, nous publions la note ci-dessous dont la substance a fait l’objet d’une communication présentée par M. Lippmann à l’Institut, le 5 décembre dernier.
- 1
- Il importe de savoir avec quelle facilité ces 1 En principe, tout bon récepteur de télésignaux hertziens peuvent être captés. I graphie sans fil est évidemment susceptible
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- de recevoir parfaitement ces signaux dès lors, comme on le sait, qu’il est relié à une antenne de hauteur convenable, d’autant plus élevée que le poste d’observation est plus éloigné de Paris. Pour fixer les idées sur le développement que doit présenter l’antenne . pour percevoir les signaux de la Tour, il nous suffira de dire qu’une antenne de 18 à 20 mètres est suffisante à une distance de 25o à 3oo kilomètres de Paris.
- Mais la réception de l’heure est une question évidemment- intéressante à bien des Piles
- Antenne
- Terre
- Z Eléments Leclanché
- Fig. i. — Schéma des connexions du récepteur horaire.
- points de vue, car elle peut rendre des services aux horlogers à la campagne, aux îles etc... et. surtout à bord de tous navires voyageant au long cours.
- Il était naturel de se demander alors si, pour cette application nouvelle des ondes hertziennes, il n’y avait pas lieu de créer un récepteur spécial satisfaisant à certaines conditions que ne réalise pas le récepteur courant de télégraphie sans fil.
- Tout d’abord,un récepteur horaire doit être autonome, c’est-à-dire qu’il doit pouvoir se suffire à lui-même,puisqu’il est destiné à fonctionner tout seul. C’est là un cas tout différent de celui de la télégraphie sans fil, car, dans ce cas, chaque poste comprend une réception et une émission. Cette émission, il est facile de s’en rendre compte, vient au secours de la réception : le récepteur de télégraphie sans fil exige, en effet,pour fonctionner, quelques accumulateurs (au moins
- un accumulateur double) qu’il faut surveiller et tenir toujours en état de charge. Cette charge ne peut pratiquement être effectuée que par une dynamo actionnée par un moteur, et elle est facilement réalisée en télégraphie sans fil avec l’énergie nécessaire pour l’émission; mais on avouera que c’est là un inconvénient sérieux pour un récepteur qui peut être installé sur un voilier ou suides bateaux non munis de l’éclairage électrique. L’inconvénient est presque aussi sérieux pour les installations à la campagne et à domicile, dans la majorité des cas.
- De plus, pour répondre aux multiples applications que nous avons exposées, il est nécessaire de se préoccuper de créer un récepteur simple et dont le prix modéré soit en rapport avec ces diverses utilisations.
- L’appareil que nous avons réalisé se présente sous l’aspect de la photographie ci-jointe (fig. 2) ; il diffère notablement comme dispositif du récepteur ordinaire.
- Tout d’abord il n’utilise plus d’accumulateurs comme source d’énergie auxiliaire, nécessaire pour faire fonctionner le détecteur « électrolytique »,mais simplement deux éléments Leclanché ou éléments secs Delafon (P) (fig. 1 et 2.)
- Ceux-ci, grâce aux détecteurs électrolytiques tout à fait spéciaux (E), caractérisés par la constitution de la cathode en un serpentin de plomb, peuvent débiter directement sur le détecteur sans crainte d’électrolyse.
- Automatiquement, il se trouve que la tension critique de ces détecteurs, avec un électrolyte d’eau acidulée avec de l’acide sulfurique, est légèrement supérieure à celle que réalise l’association en série des deux éléments Leclanché.
- La possibilité de pouvoir appliquer directement les deux éléments Leclanché sur le détecteur est une simplification. En effet, avec des accumulateurs, le récepteur ordinaire exige une résistance dite « potentiomé-trique » destinée à permettre de régler la tension appliquée au voisinage de la tension critique ou d’électrolyse. On évite en même
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- temps une fatigue des éléments qui ne débitent ainsi qu’un courant infime à travers le détecteur, courant incapable de «polariser» les éléments qui conservent toujours la môme tension à leurs bornes. Ceux-ci peuvent alors fonctionner des années, d’autant plus que le récepteur horaire ne fonctionne utilement qu’aux instants de la perception des signaux, ce qui ne dure que peu de temps.
- L’appareil est encore caractérisé par l’usage d’une bobine tranformatrice (f, F) qui a deux fonctions : elle l’achète, comme des expé-
- fabrication courante (i5o w) beaucoup moins coûteux que .les récepteurs spéciaux de haute résistance (7 000 <*>) généralement utilisés à cause de la réelle sensibilité qu’ils procurent à la réception.
- Enfin, le résonateur de syntonie ou d’accord (R) est branché en série avec le détecteur et les éléments Leclanclié, entre la pointe positive du détecteur et le pôle positif correspondant des éléments. De cette façon, on supprime le condensateur employé, dans le montage classique, pour éviter la dérivation
- Fig. 2. — Vue d ensemble du récepteur horaire.
- riences très nettes nous l’ont prouvé, la légère diminution de sensibilité due à ce que la tension appliquée sur le détecteur n’est pas égale mais légèrement inférieure à la tension critique du détecteur. Cette bobine a son primaire, en fil fin et long, connecté en série entre le détecteur et la pile et c’est aux bornes du secondaire, en fil gros et court, que l’on branche les récepteurs téléphoniques.
- De plus, les éléments de cette bobine, soigneusement déterminés, permettent d’employer des récepteurs téléphoniques (T) de
- du courant amené au détecteur, aux bornes duquel est branché le résonateur. C’est encore là une simplification qui ne nuit aucunement au fonctionnement, bien au contraire.
- Toutes ces considérations font ressortir comment ce récepteur est tout indiqué par les qualités qu’il possède pour être utilisé avantageusement pour l’application en vue de laquelle il a été créé.
- Paul Jégou,
- Ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Eleclricité
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Sur les modifications que subissent dans un champ magnétique les raies spectrales émises par la vapeur lumineuse de l’étincelle
- électrique. — A. Hemaalech. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910.
- Quand on fait éclater l’étincelle dans un champ magnétique, on constate trois effets différents:
- i° Effet général, indépendant de l’orientation de
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- la décharge par rapport aux lignes de force du champ magnétique; il a pour résultat de diminuer la durée et l’intensité lumineuse des raies émises par la vapeur métallique;
- a0 Effet longitudinal qui augmente au contraire la durée et l’éclat, mais qui ne se manifeste que lorsque l’étincelle éclate parallèlement au champ;
- 3° Effet transversal qui augmente la durée de certaines raies, quand l’étincelle éclate perpendiculairement au champ. On ne l’obtient qu’avec des décharges très lentes.
- L’auteur a employé deux méthodes d’observation: celle du courant d’air et celle de Lockyer.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Mise à la terre du secondaire des transformateurs. — Electricul World, 3o juin 1910. t
- Les règles ci-après ont été adojatées par la Central Colorado Power Company pour la mise à la terre du secondaire de tous les transformateurs de son réseau dont la tension est inférieure à 5oo volts.
- Le point qui doit être choisi pour réaliser cette mise à la terre est indiqué par les figure 1 à 5.
- Dans le cas de la figure 1, les voltages par rapport à la terre sont de a3o volts pour 2 des fils, et de 396 volts pour le troisième.
- 1U6 v.
- 230/116 V.
- Dans le cas delà figure 2, le voltage par rapport à la terre de l’un des fils d’éclairage est 113 volts ; pour le circuit de force motrice, ce voltage est respectivement, de ii5 volts, 245 volts, /| 13 volts, pour chacun des fils.
- Dans le cas de la figure 3, les voltages par rapport à la terre, sont 23o, 396 et a3o volts, sur le circuit à 460 volts ; o, 23o et u3o volts sur le circuit à 23o volts.
- Dans le cas de la figure 4, avec connexion en a, les voltages par rapport à la terre sur le circuit d’éclairage sont respectivement o, iiSet ii5 volts; avec connexion eni,ces voltages sont 1 if>,23o et 199volts. On doit connecter de préférence le point a à la terre.
- Examinons enfin le cas delà figure 5.
- Si a est mis à la terre, les voltages par rapport à celle-ci sont ii5,o,n5 volts sur le circuit d’éclairage monophasé ; ces voltages sont o, ii5et 23o volts si c’est b qui est mis au sol. Pour le circuit de moteurs à 4G0 volts, les voltages sont 345, n5 et 4*3 volts ; pour le circuit de moteurs à 23o volts, ils sont ii 5, 199, et 3«4-volts, si le point» est mis à la terre ; si c’est le point b, les voltages sont les mêmes que dans les cas des figures 1 et 3.
- Lorsque les enroulements secondaires des transformateurs sont connectés en étoile et que le voltage du circuit secondaire est inférieur à 5oo volts entre fils, le point neutre de l’étoile doit être mis à la terre.
- Les terres ne doivent jamais être les mêmes que celles des parafoudres primaires.
- Les terres des secondaires doivent être prises sur un système de tuyaüx d’eau ou sur des plaques de terre très soigneusement établies.
- II. B.
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- La batterie d’accumulateurs Edison, type 1910. — E. Holland. — The Electrician, 21 et 28 octobre 1910.
- L’auteur donne, au cours de son étude, les résultats très détaillés d’essais institués sur l’accumulateur Edison. De nombreuses courbes de charge et de décharge émaillent son texte ; il traite en détail la méthode d’essai, d’évaluation et de conservation de la charge ; l’endurance de l’élément, les expériences en court-circuit et diverses particularités constituent la spéciale idiosyncrasie de la batterie.
- Nous n’extraierons de ce travail que le dernier alinéa.
- II y a deux ans, prononcc-t-il, la première batterie type A (éléments A6) régulièrement fabriquée fut installée sur une voiture de démonstration appartenant à une compagnie d’automobiles. Après quelques mois de ce service, durant lequel des courses d’essais rigoureux et longs furent exécutés, cette
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- voiture fut vendue à un marchand de salaisons de New-York, chez lequel elle est encore en service. La capacité de ce véhicule était d’une tonne. Au mois de juillet dernier, trois éléments pris au hasard furent retirés de la batterie pour les soumettre à des essais, après un parcours de 27 200 kilomètres. Les résultats de cet' essai ont montré que ces vieux éléments, formés dans des conditions commerciales de service, offrent actuellement une meilleure capacité à la surcharge, produisent davantage sous charge normale et ont un meilleur rendement que la moyenne des éléments formés dans les laboratoires et que le rendement en watt-heures, sous charge normale, est k présent supérieur de au rendement calculé.
- A la lumière d’une telle performance qui peut, dit l’auteur, assigner la limite de vie de la nouvelle batterie Edison?
- E. D.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Comparaisons téléphoniques et radiotélé-graphiques de chronomètres par la méthode des coïncidences entre Paris et Brest. — Claude, Ferrié et Drlencourt. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910.
- L’inondation du poste radiotélégraphique militaire de la Tour Eiffel a retardé jusqu’au 24 juillet l’exécution de ces expériences (voir aussi Comptes Rendus 7 février 1910).
- Elles ont été très satisfaisantes. La comparaison a distance de compteurs de temps par signaux radioté-légraphiques s’est montrée d’une très haute précision. Elle n’exige qu’un seul poste émetteur, tant qu’on n’opère pas sur des distances très considérables : on peut donc l’employer pour la détermination simultanée des différences de longitude d’un nombre indéfini de points compris dans les limites de portée du poste émetteur.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés d la Rédaction.
- Méthodes et appareils de mesures électriques et magnétiques (lie et 3e parties) (Encyclopédie électrotechnique), par A. Iliovici. — 2 volumes in-8° raisin de i5o pages. — L. Geisler, éditeur, Paris. — Prix : chaque volume, 2 fr. 5o.
- L’intéressante Encyclopédie électrotechnique, qui est en train de se constituer sous l’active impulsion de M. F. Loppé, a consacré trois de scs fascicules aux méthodes et appareils de mesure électriques et magnétiques. Les deux premiers viennent de paraître. M. Iliovici, leur auteur, y expose les généralités, la galvanométrie et la mesure des résistances (ier fascicule), puis la mesure des intensités, des tensions, des capacités et des coefficients d’induction (2e fascicule).
- En sa qualité de préparateur à l’Ecole supérieure d’Electricité, M. Iliovici connaît bien les choses dont il parle — qualité qui n’est pas si commune aux auteurs par le temps qui court; — et, en outre, il a ainsi la bonne fortune de pouvoir mettre
- à profit le beau cours professé par M. Chaumat, à cette école, sur le même sujet.
- Le point de vue industriel et le point de vue théorique sont tous deux examinés et ont reçu tout le développement désirable. C’est ainsi que M. Iliovici énumère avec soin les conditions que doit remplir un bon appareil de mesure industriel (lecture rapide, robustesse, pivotage parfait, intervalles convenables entre graduations,constance des indications,'etc.),de même qu’à propos de chaque mesure, il choisit et met en évidence les méthodes les plus employées.
- D’autre part, nous avons été heureux de trouver, rassemblées dans cet ouvrage, les notions essentielles sur les systèmes oscillants, considérés en eux-mêmes. Ces notions, qui jouent un rôle dans presque toutes les parties de la physique, sont, en effet, souvent enseignées au hasard de l’occasion, et morcelées selon les besoins de telle ou telle leçon particulière. L’étude d’ensemble qu’en donne M. Iliovici n’en sera que plus appréciée.
- J. R.
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- T. XII (2« Série). —N» 51.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les poteaux en béton armé pour les lignes électriques.
- On peut reprocher aux poteaux en bois employés jusqu’à présent pour la conduite du courant électrique à haute et basse tensions, pour la télégraphie, etc., ce fait qu’ils sont fortement exposés à la destruction par la pourriture, d’où il résulte la néces-
- Fig. i. — Dispositif employé pour mesurer les ilèehes.
- sité de les remplacer après huit ou dix ans d’usage même lorsqu’ils sont imprégnés. C’est seulement avec des conditions du sol et du climat très favorables qu’un poteau en bois peut atteindre une durée plus longue de quelques années ; si elles sont défavorables, le remplacement s’impose parfois au bout de deux ou trois ans.
- Les poteaux en acier exigent un grand capital d’établissement et des frais d’entretien et desurveillance très élevés, pour les préserver, par le renouvelle-
- ment de la peinture, de la destruction par la rouille.
- On a donc songé à employer le béton armé, qui possède toute la robustesse désirable. Malheureusement les frais de fabrication en sont très élevés. Les poteaux fabriqués debout sur leur emplacement sont plus coûteux que ceux d’acier en treillis. Les poteaux tubulaires ronds en béton armé ne peuvent être fabriqués qu’au moyen d’une installation de machinerie compliquée et très coûteuse. Dans les
- Fig. a. — Formes et positions des cassures (poteaux I et II).
- deux cas, il en résulte des prix de revient et de vente relativement trop élevés.
- Enfin, il y avait à surmonter d’autres défauts d’ordre technique, tels que l’impossibilité de monter le long du poteau sans recourir à des moyens auxiliaires, ce qui rend le travail de montage très difficile et coûteux, abstraction faite de la difficulté de garantir le cocfïicientde sécurité exigé.
- On s’est attaché à supprimer tous ces inconvénients dans le poteau Gallia.
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- La fabrication se fait simplement dans des moules en bois ou en fer, sans machinerie ni outillage coûteux ; la fabrication peut être faite à l’usine on sur un chantier d’occasion à proximité de la ligne à installer. La simplicité du procédé de fabrication permet alors d’abaisser considérablement le prix de revient et de vente.
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- Fig-. 3. — Poteau Gallia en béton armé.
- D’autre part ,un tel poteau n’a besoin d’aucun entretien. L’amortissement est. donc extrêmement minime ; en outre, l’emploi d’un tel poteau évite les interruptions dans le service et les autres inconvénients résultant du remplacement des poteaux en bois.
- Il est également possible d’escalader ce poteau avec facilité, sans aucun moyen auxiliaire, d’où il résulte une diminution considérable de frais pour les travaux de montage. Pour empêcher de monter
- autrement que pour les besoins du service, il suffit de ne pratiquer les ouvertures qu’à partir de deux mètres au-dessus du sol.
- Le poids est faible, l’érection simple, l’aspect agréable; ce dernier point mérite d’êlre noté, si l’on se rapporte au texte de la circulaire ministérielle du ai mars 1910:
- «Je ne doute pas que les ingénieurs auront le plus grand souci de veiller à ce que l’établissement des ouvrages d’une distribution ne compromette pas le caractère artistique ou pittoresque des monuments, des paysages et des rues des villes, etc... »
- Le poteau se fabrique, dans la plupart des cas, en section rectangulaire, et se pose sur champ, le côté longitudinal se trouvant dans la direction de l’effort maximum. Le poteau est armé dans le sens longitudinal et dans le sens transversal; il possède dans sa partie centrale, c’est-à-dire dans sa zone neutre, des ouvertures ayant pour but :
- a) D’économiser de la matière et de diminuer le poids et le prix du poteau, sans l’affaiblir au point de vue des efforts ;
- b) D’offrir à la pression du vent une surface plus faible, ce qui augmente la sécurité du poteau;
- c) De permettre de monter le long du poteau, sans aucun moyen auxiliaire.
- Le laboratoire d’essais de l’École Polytechnique de Dresde a procédé,le 11 et le 27 septembre 1908, à des essais sur 3 de ces poteaux (*), du type 8 m./i8o kilogrammes, jusqu’à la rupture.
- On lira, dans le procès-verbal ci-dessous, d’une part la disposition et la marche de ces essais, d’autre part la façon dont se sont comportés les poteaux.
- Chacun de ces derniers avait été calculé pour une traction horizontale appliquée au sommet de 180 kilogrammes avec un coefficient de sécurité /, ; la charge à la rupture devait donc atteindre 720 kilogrammes.
- On nous communique les résultats suivants de ces essais :
- (*) Qui sont les mêmes que les poteaux «Saxonia » em ployés en Allemagne.
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- Le type I subit l’application de la charge à 6 mètres du sol.
- Le poteau a d’abord été soumis alternativement à des charges et décharges croissante.? jusqu’à deux fois et demi la charge normale. Les flèches résultantes ont été mesurées respectivement en 6 points différents du poteau, au moyen d’appareils trèssimples; un septième appareil avait été placé au niveau du sol pour mesurer le déplacement latéral en cet endroit. Le poteau fut ensuite chargé à nouveau jusqu’à la rupture. La première fissure se manifesta sous une charge 3,2 fois supérieure à la charge normale, puis la rupture se produisit en un point distant de i mètre et demi du sommet, sous une charge de 784 kilogrammes, c’est-à-dire pour un coefficient de sécurité 4,4.
- Le type II subit l’application de la charge à 6 m. 40 du sol.
- La même opération que précédemmenta été répétée jusqu’à la charge normale et les mêmes observations que pour le poteau I ont été faites. Puis le poteau a été chargé à nouveau jusqu’à la rupture; les premières fissures se sont montrées sous une charge quadruple de la charge normale. La rupture s’est produite au ni\reau du sol sous une charge de 7^4 kilogrammes, c’est-à-dire pour un coefficient de sécurité 4,2.
- Le type III subit l’application de la charge à 6 mètres du sol.
- Le poteau a été soumis, jusqu'à la rupture, à des charges successives, en mesurant les flèches. La première fissure s’est produite pour une charge 3,4
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- c’est-à-dire pour un coefficient de sécurité 4,4-
- Encore faut-il noter que les poteaux qui avaient fait l’objet de ces essais dataient de 8 à io semaines; ils étaient donc loin d’avoir atteint leur résistance maximum.
- Le fait que d’abord l’un des poteaux s’est brisé à sa partie supérieure par suite des efforts de glissement longitudinal, alors que les deux autres poteaux se sont brisés par suite des efforts de flexion, et ensuite que les premières fissures qui se sont produites étaient réparties d’une façon uniforme sur toute la longueur des poteaux, indique que ces poteaux étaient construits avec un coefficient de sécurité sensiblement uniforme sur toute leur longueur, c’est-à-dire que leurs dimensions étaient exactes en chaque point. Les premières fissures se sont produites en moyenne sous une charge trois fois et demie supérieure à la charge normale, c’est-à-dire extrêmement tard.
- D’autre part, les flèches obtenues sont insignifiantes et toujours bien inférieures à celles de pylônes en fer de même résistance.
- L’ancrage des poteaux en béton armé au moyen de deux poutres horizontales noyées dans le sol, à deux niveaux différents, a toujours donné de bons résultats, carie déplacement latéral est infime, même sous la charge maxima.
- Quant au procédé opératoire suivi, le voici, d’après le texte du procès-verbal qui nous est communiqué :
- « La Maison d’Enlreprises en ciment armé de Rudolff Wolle, à Leipzig, a chargé, à la date du 12 septembre 1908, le laboratoire de l’École Polytechnique supérieure de Dresde, d’effectuer les essais de deux poteaux en ciment armé système « Gallia », essais qui devaient être effectués à la flexion au moyen d’une charge horizontale appliquée à l’extrémité supérieure des poteaux placés verticalement.
- « Ces essais eurent lieu le 17 septembre 1908 sur les chantiers mêmes de la Maison ci-dessus, a Leip-zig-Schonfeld. Les poteaux, dont la forme et les dimensions sont indiquées sur les dessins ci-contre, étaient encastrés de 1,60 et • de 2 mètres dans le sol et, comme l’indique la figure 1, étaient maintenus au niveau du sol au moyen de dalles en béton armé, pour résister au déplacement latéral.
- «Les essais ont été effectués de la façon suivante (voir fig. 1):
- «U11 câble de i3 millimètres de diamètre était fixé par une extrémité à la partie supérieure des poteaux, puis passait autour d’une poulie et portait a
- l’autre extrémité un plateau sur lequel on plaçait les poids figurant la charge.
- « La flèche du poteau a été mesurée au moyen d’un appareil de précision, indiqué dans la figure 1, fixé sur un échafaudage spécial et s’appuyant aux poteaux dont il était distant de 1 mètre. On avait en outre installé à 10 centimètres au-dessus du niveau du sol un autre appareil supplémentaire servant à mesurer les déplacements latéraux.
- Poteau «Gallia » II.— Le poteau a d'abord été chargé graduellement jusqu’à 184 kg. 1, puis entièrement soulagé. Les flèches obtenues respectivement sont réunies dans le tableau I.
- Tableau I
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- « Les endroits de s cassures et des fissures des poteaux aussi bien que la forme de ces cassures sont visibles sur la figure 2. »
- Dans la figure 1, les mesures sont exprimées en centimètres.
- Les chiffres précédés du signe * sont relatifs aux déformations permanentes.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Il y a deux mois, tous les journaux financiers notèrent avec complaisance la réalisation d une entente
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- entre les producteurs de cuivre, entente dans laquelle était entré le Rio-Tinto, comme donnait à le supposer le compte rendu semestriel de ses opérations commerciales et financières. Les cours du métal devaient s’orienter vers la hausse et toutes les valeurs de cuivre en ressentir le contre-coup. Des circulaires spéciales émanées de banques spéciales annoncèrent des plus-values importantes sur tous les titres Rio, Tharsis, Cape Copper, etc. Rien de tout cela ne semble se réaliser. Fin octobre, le Rio coupon attaché était compensé à 1795 francs. Puis, pendant quelques jours, il poursuivit son mouvement de hausse, ne s’arrêtant qu’au cours de 1820. Mais les marchés américains réagirent et la baisse fut aussi rapide que la hausse, les cours ne s’arrêtant plus qu’à 1750. Si bien que, malgré tous les pronostics, le cours de compensation de la dernière liquidation a été de 1757, en moins-value de 7 francs sur celui de la précédente. Cependant, la statistique des stocks au 3o,novembre fait ressortir une diminution de 2 171 tonnes pour le mois. Mais la statistique des producteurs américains indique que, dans le district de Butte, la production en novembre a été supérieure de 700 000 livres environ à celle d’octobre : ce qui tendrait à prouver que les mines américaines n’ont pas observé longtemps les soi-disant engagements pris d’une réduction proportionnelle à leur tonnage antérieur. Ceux qui connaissent le bluff américain ne s’en étonneront pas outre mesure.
- La situation commerciale et industrielle est à l’heure présente tout à fait exceptionnelle : en dépit des mauvaises récoltes dont les cultivateurs se plaignent un peu partout et qui auront pour conséquence un renchérissement général des matières de première nécessité, une grande activité règne dans la plupart des usines. En France, le mouvement de reprise est très accentué, surtout depuis un mois. Cette situation est paradoxale, car ni la grève des chemins de fer, ni les inondations ne sont clc nature à inspirer confiance et à faciliter les entreprises! Les besoins des collectivités ou même des simples particuliers sont donc plus impérieux que leur défiance elle-même. Les compagnies de chemins de fer répartissent des ordres nombreux de locomotives et de wagons ; de nouvelles sociétés de distribution de l’énergie électrique se constituent; le fléau même des inondations entraîne à des dépenses de réfection ; enfin la marine de guerre procède à des constructions nouvelles tant en matériel naval qu’en matériel fixe et outillage des ports.
- Si l’on compare les chiffres du bilan de la Banque-
- de France susceptibles de fournir quelques indications sur cette activité économique, on voit que, d’une année sur l’autre, l’encaisse a diminué de 38.3 millions; le portefeuille est en augmentation de 200 millions, les avances sur titresde *60 millions, tandis que les billets en circulation ont augmenté de 100 millions et que les comptes courants des particuliers ont eux-mêmes diminué de 9 millions. La proportion de l’encaisse de la Banque à ses engagements, qui était de 73,58 % au 2 décembre 1909, n’est plus que de 67,99 % aq ier décembre 1910. Du ier janvieb au 3i octobre, les importations se sont élevées a 5 332 5i 1000 francs et les exportations à /, 897 908 000 francs, chiffres supérieurs de 272 millions environ à ceux correspondants de 1909. Par voie de conséquence, les recettes douanières montent de 43g millions à 466 millions, la recette par jour kilomètre de nos cinq grandes compagnies de chemins de fer passe de 122 francs à 124 francs et tous les revenus de l’Etat, impôts indirects, impôts sur les valeurs mobilières, suivent la même progression. La conclusion de ces dernières constatations s’impose comme toujours : il y aurait lieu de tout faire pour favoriser notre commerce et notre industrie plutôt que de leur chercher des entraves et de les effrayer par la perspective de charges nouvelles et d’une refonte complète du système des impôts.
- Pour justifier ce que nous disions plus haut et comme complément à notre dernière chronique, il est maintenant certain que la Parisienne Electrique va créer deux nouvelles stations centrales très importantes, l’une à Lille sur la commune de Lomme, l’autre à Valenciennes. Les terrains pour la première sont achetés sur les rives de la Deule. Trois stations se disputeront désormais la clientèledc cette région : celle de la Société Lilloise d’Eclairage électrique,située au marais de Lomme; celle de FEnei’gie Electrique du Nord, située à Croix-Wasquehal ; celle à venir du groupe Empain.
- A Valenciennes, les Chemins de fer économiques du Nord seraient sur le point de transformer leur traction à vapeur en traction électrique : le développement de leur réseau autour de Valenciennes est de 63 kilomètres, desservant une région des plus denses et des plus industrielles. On conçoit dès lors qu’en dehors des usines déjà existantes, notamment de la Compagnie d’Eclairage et de Chauffage par le gaz, il y ait encore place pour une nouvelle centrale. La Parisienne Electrique est du reste intéressée dès maintenant aux Chemins de fer économiques.
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- entre dans la voie des réalisations. Filiale de la Compagnie Générale d’Electricité, elle aura son autonomie. Après accord avec la ville, la station actuelle lui servira de noyau ; elle pourra étendre son action sur toute la région lorraine. Son capital est fixé à io millions avec faculté d’émettre ao millions d’obligations. Les apports comprennent la station de Nancy, ses conventions diverses avec la ville, notamment pour l’incinération des ordures ménagères et les traités ou ententes avec plusieurs communes suburbaines. Ces apports évalués à n millions seront vérifiés par le commissaire et soumis à l’approbation de la deuxième assemblée constitutive.
- Il n’est pas inutile de signaler en même temps l’émission par la Compagnie du Gaz de Nancy de 4 ooo obligations de 6oo francs chacune, du taux de 4 % , remboursables au pair en trente-neuf ans, à dater du icr janvier 1911 ; le produit de celte émission est destiné à rembourser G22 obligations restant en circulation d’une émission précédente et à procurer à la Compagnie des disponibilités pour ses nouvelles installations. Partout où le gaz se trouve en concurrence avec l’électricité, chacun des deux modes d’éclairage voit chaque année grossir sa clientèle.
- Nous noterons enfin, à la rubrique des sociétés nouvelles,le Secteur Electrique de la ville d’Asnières, ladite Société ayant son siège 1, cité Trévise, à Paris et ayant pour objet l’exploitation de la concession pour la distribution de l’électricité dans la ville d’Asnières, ayant été ou pouvant être accordée à la Société Française d’Entreprises Electriques, par la municipalité de cette ville. Le capital est fixé à 1 5oo 000 francs divisé en 16 000 actions de 100 francs à souscrire entièrement.
- Il se confirme que l’entente qui n’a pu se faire
- entre tous les fabricants d’alufninium s’est conclue entre les fabricants français pour une très longue durée. Le marché français absorbant 4 000 tonnes environ et les usines françaises pouvant produire au minimum 16000 tonnes par an, celles-ci ont confié leurs ventes pour l’exportation à la Metalgesellschaft de Francfort. La situation privilégiée de ce vendeur sur le marché des métaux assure aux adhérents de l’entente un débouché certain de leurs produits et leur permet d’escompter tôt ou tard la reprise des pourparlers sur des bases plus avantageuses pour eux.
- La Société d’Electricité Schuckert et Gi0,à Nüremberg, élève son dividende de 6 à 7 % sur un capital de 5o millions de marks pour l’exercice 1909-1910. Le bénéfice brutde cet exercice s’élève à 9 683 910 fr. y compris le report de 1 515 829 francs de l’exercice précédent. Déduction faite des frais d’administration, intérêts, impôts et d’une somme de 2 984 261 francs consacrée aux amortissements,le bénéfice net ressort à 6 5io 148 francs, en augmentation de 840 207 francs sur celui de l’exercice antérieur.
- Siemens et Halske,à Berlin, déclare, de son côté,un bénéfice net de 14 38o 322 francs, en augmentation seulement de 94 c.6o francs sur le bénéfice de l’exercice précédent. Le Conseil proposera de maintenir le dividende au chiffre de 12 % sur le capital de 78750000 francs; les réserves recevraient 1876000 francs et 876000 francs seraient distribués à titre de gratifications au personnel.
- Les résultats de ces deux firmes ont, paraît-il, déçu les boursiers à Berlin qui ont délaissé momentanément ces valeurs pour se précipiter sur d’autres titres de la cote, plus spéculatifs peut-être, moins sûrs, incontestablement.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Meurthe-et-Moselle. — La Revue Industrielle de l'Est annonce la mise en exploitation du Tramway suburbain de Nancy à Pont-Saint-Vincent. La ligne part du Marché-Couvert, se dirige par la rue des Quatre-Eglises et la rue du Monlet vers Vandœuvre. Le parcours de Nancy à Pont-Saint-Vincent est de 11,5 kilomètres en-
- viron ; le trajet s’effectue en une heure dix minutes. Les voitures sont mues par quatre moteurs électriques et le courant continu utilisé est à 55o volts.
- Suisse. — Les chemins de fer fédéraux suisses projettent la construction d’une nouvelle usine hydraulique qui leur donnerait à elle seule 60000 chevaux, c’est-à-dire plus qu’il n’en faut pour compléter la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur. C’est le
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- projet de l’Etzel; il a pour but de faire un lac de 9 kilomètres de longueur sur 2 de largeur en fermant par un grand barrage la Haute-Vallée de l’Est d’Hinsvedein, dans le défilé de Schlagen. On obtiendrait ainsi une hauteur de chute de 44o mètres dans le lac de Zurich.
- République argentine. — La Compania Electrica de Norte a demandé la concession d’un tramway électrique à établir dans la ville de Santiago del Estero.
- Hollande. — On va établir prochainement des tramways électriques à Nijmegen et à Beek.
- Suède. — La ligne du chemin de fer Gôteborg à Alingsas va être sous peu électrifiée.
- Espagne. — M. R..-C. Rodriguez a sollicité la concession d’un tramway électrique de La Calzada à Puerto
- el Musel.
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- La Compania del Tranvia Urbano del Bilbao a demandé l’autorisation d’établir et d’exploiter un tramway électrique de Plajuela de Santiago à Plajuela de San Nicolas.
- La Sôeiedad Anonima Tranvias de Valladolid a de- 1 mandé la concession d’une nouvelle ligne de tramway électrique à établir à Valladolid.
- Italie. — Le Conseil supérieur des Travaux publics a donné son assentiment au projet de construction d’un tramway dans la ville de Messine. Le gouvernement donne un subside de 2 000 francs par kilomètre.
- Belgique. — L’Information annonce que le 3o novembre a eu lieu une adjudication de locomotives. Cette commande comportait seize locomotives type 36, douze idem type 10, douze idem type i5 et vingt idem type 23. Les seize premières vont aux Ateliers métallurgiques, à Bruxelles, à 124 5oo francs ; les douze du type io, à la Société J. Cockerill, à Seraing, à 126 000 francs ; les douze du type i5, à la Société Franco-Belge, à La Croyère, à 68 900 francs et les vingt du type 23, aux Usines du Hainaut, à Couillet, à 61 5oo francs. Tous ces prix,par machine, ce qui, pour les 60 machines, fait une commande de 5 56o 800 francs. On se rappelera qu’en vue de la précédente adjudication dé locomotives, qui eut lieu le 3 août 1910, un certain nombre de firmes se mirent d’accord pour la fixation des prix de soumission et la répartition des lots. 11 n’en a plus été de même aujourd'hui, et toutes les firmes ont repris leur liberté d’action, d’où une vive concurrence. C’est ainsi que les différences de prix entre le premier et le second soumissionnaire varient à peine de 5o à 200 francs pour des locomotives dont le prix est tantôt de plus de 60 000 francs et tantôt de plus de 120 000 francs. La fourniture de 3o voitures mixtes, irc et 2e classes, a été également adjugée le 3o novembre. A 52 900 francs par voiture, c’est une commande de 1 58y 000 francs que
- se partagent les Ateliers Nicaisse et Delcuve, la Société de Dyle et Bacalaù, lps Ateliers Métallurgiques, la Société Franco-Belge, les Ateliers Germain, les Usines Raghero, la Société La Brugeoise et les Usines deBraine-le-Comte. ;
- ÉCLAIRAGE
- Ain. — Il est question d’installer l’électricité dans la commune de Saint-Martin-du-Mônt. Cette installation serait faite par la Compagnie du Sàut-du-Mortier.
- Le Conseil municipal de Villeneuve est décidé d’entrer en pourparlers avec la Société l’Union Electrique de Saint-Claude, afin d’obtenir l’installation de l’électricité, soit comme éclairage, soit comme force motrice.
- Côte-d’Or. — Le Conseil municipal de Vosne-Roma-née, dans sa dernière séance, a décidé d’accorder la concession de l’éclairage électrique à la Société d’Eclai-rageiet de Force du Vougeot.
- Gard. — Sur la proposition du maire de Calvisson, l’installation de l’électricité à la mairie a été adoptée par le Conseil municipal.
- Hautes-Pyrénées. — Une usine électrique serait prochainement établie à Cauterets par une Compagnie parisienne.
- La municipalité de Tarbes vient de voter la transformation complète de l’éclairage au gaz en éclairage électrique.
- Haute-Vienne. — Une enquête va être ouverte à la mairie de Chalus, sur la demande de M. Bourinel, ingénieur à Piégut (Dordogne), tendant à obtenir la concession de l’éclairage électrique et de la distribution de force motrice dans celte commune.
- Loire. — La municipalité de Panissière a accepté la proposition de la Société Lumière et Energie, concernant l’installation de la lumière électrique et la distribution de la force motrice dans la commune.
- Loire-Inférieure. — Le Conseil municipal du Pouli-guen a décidé d’entrer en pourparlers avec M. Contres-lin au sujet de l’éclairage électrique dans la commune.
- Lot. — L’installation de l’éclairage électrique de Bretenoux a été décidée par le Conseil municipal.
- Maine-et-Loire. —Le Conseil municipal de Trélazé a donné un avis favorable à la demande de concession déposée par M. Velée, architecte, au nom d’une Société d’Electricité.
- Meurthe-et-Moselle. — Le Conseil municipal de Mé-
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- zières, dans une de ses dernières séances, a décidé de faire installer l’éclairage électrique sur différentes artères de la ville.
- La station d’électricité de Nancy vient de commander à la Société Alsacienne de Constructions mécaniques un nouveau groupe turbo-alternateur de 6 ooo kilowatts qui portera à 25 ooo chevaux environ la puissance de l’usiue du Tapis-Vert. Cette usine qui doit servir de noyau à la Compagnie Lorraine d’Electricilé, deviendra ainsi une station déjà très ^importante et outillée dès le premier jour pour faire face à la première partie du programme envisagé.
- Nord. — La Société Gaz et Electricité du Nord de la France vient de décider la construction d’une usine électrique à Canteleu, à proximité de l’avenue de Bretagne. Cette usine serait autorisée à fournir l’énergie aux industriels lillois et l’éclairage aux communes environnantes.
- Le Conseil municipal de Roubaix a voté la somme nécessaire à l’acquisition de matériel électrique.
- Le Conseil municipal de Bondues,statuant sur les conclusions du rapportde l’ingénieur des ponts et chaussées, concernant l’installation de l’électricité, a décidé de faire procéder dans le plus bref' délai à l’enquête de commodo et incommoda.
- Saône-et-Loire. — On assure que l’installation d’une usine électrique au Saut-de-la-Canche est décidée. Les promoteurs de l’alfaire ont obtenu de l’administration toutes les autorisations qu’ils sollicitaient. Cette usine très importante pourrait livrer le courant à prix très réduit et favoriserait la création de nouvelles industries dans cette région.
- Seine-et-Marne. — La municipalité de Meaux a reçu de la Compagnie Générale d’Electricilé une demande de concession pour l’éclairage électrique et la force motrice. D’après le projet, la station centrale aurait une puissance de 400 ooo kilowatts. La durée de la concession serait de trente ans, avec faculté pour la ville de racheter l’usine à toute époque. La canalisation serait d’environ i5 kilomètres.
- La municipalité de Vaux-le-Penil a décidé linstalla-lion de l’électricité et a nommé une commission chargée d'étudier la question et d’entrer en pourparlers avec la Compagnie d’Electricité de Melun.
- Seine-Inférieure. — M. Durand, directeur de la Société électromotrice, va élever une usine sur l’emplacement des anciens moulins Packham pour l’éclairage lectrique de la ville d’Eu. Ce n’est donc plus l’usine
- des tramways du Tréport qui,comme cela avait été prévu tout d’abord, éclairera la ville d’Eu.
- Tarn. — Il est question de remanier le mode d’exploitation de l’éclairage électrique à Dourgne et de concéder cet éclairage à un adjudicataire.
- Tunisie. — La municipalité de Biz.erle étudie actuellement un projet d’éclairage à l’électricité qui vient de lui être soumis.
- Roumanie. — Les concessions d’éclairage électrique de Focsani et de Campolung ont été accordées à la liliale Siemens Schuckert, de Bucarest. Pour Focsani, le devis est de 5i8 ooo francs et le délai d’établissement est avril 1912; pour Campolung, le devis est de 190 ooo francs et le délai est du mois d’août 1912.
- Russie. — Une commission, présidée par M. A.-P. Nikolsk, membre du Conseil de l'Empire, a été chargée de l’étude d’un projet d’établissement de deux centrales électriques, en utilisant les chutes d’eau du Terek et du lac Goktscha, pour la fourniture de l’énergie électrique à toute la région du Caucase.
- Alsace. — La Société d’Electricité de Strasbourg a obtenu les concessions d’éclairage électrique de Herlis-heim et Olfendorf; elle est déjà concessionnaire de l’éclairage de Gambsheim, Killslett et Drusenheim.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- France. — On procède actuellement, à Toulon, à des expériences de téléphonie sans fil avec le système Jeance-Colin sur les cuirassés Justice et Vérité.
- Les communications ont été obtenues à une distance de 72 milles marins, et ont donné des résultats très satisfaisants. Les appareils d'émission et de réception ont été construits par la Compagnie Générale Radiotélégra-phique.
- Suisse. — Le gouvernement suisse a décidé l'acquisition de matériel de téléphonie sans fil, système Egner et Holmstrôm, dont nous avons donné la description dans nos numéros des 20 et 27 novembre 1909.
- Répurlique Argentine. — Le gouvernement argentin a autorisé, en vue de l’extension du réseau téléphonique, un crédit de 5o ooo piastres pour couvrir les frais nécessités par les études et la construction, dans la province de San Juan, de deux lignes télégraphiques destinées à relier le district de Caluigasta à celui d’Iglesia, en passant par Castano (coût des travaux : 104 716 piastres environ).
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- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie d’éclairage et de force par /'électricité. — Durée : 5o ans. — Capital : 25oooo francs. — Siège social : Figeac (Lot).
- Société Vosgienne d'Electricité. — Durée : 7!) ans. — Capital : Sooooo francs. — Siège social: 8, rue Pillet-Will, Paris.
- Société de Moutures métalliques pour les fils électriques. — Durée : 99 ans. — Capital : 200 000 francs. — Siège social : 48, boulevard Haussmann, Paris.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Société Ariegeoise d'Electricité. — Le 3o décembre, 3i, boulevard Carnot, à Toulouse.
- Compagnie Electrique de Menton. — Le 20 décembre, g, rue Pillet-Will, à Paris.
- L’Union Electrique. — Le 28 décembre, à Saint-Claude (Jura).
- Compagnie Orientale de Radiogrammes et d’Applications Electriques. — Le 23 décembre, 17, rue de Téhéran, à Paris.
- Omnium d’installations Electriques. — Le 20 décembre, 12, rue Logelbach, à Paris.
- Société d'Electricité de Saigon. — Le 21 décembre, 20, rue Mogador, à Paris.
- Société Française Oerlikon.—Le 20 décembre, 9, rue Pii— let-Will, à Paris.
- Société Farcot frères et Cxe. — Le 23 décembre, 17, avenue de la Gare, à Saint-Ouen.
- Société d’Electricité Gaz et Eau de Tonneins. — Le 29 décembre, 364, rue Lecourbe, à Paris.
- Compagnie Française d’Energie Electrique. — Le 22 décembre, 47, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui possèdent les numéros 6, 7, 8, 9 et 10 de l'année 1894 de notre Revue, et la table des 10 premiers volumes de La Lumière Electrique (ir* série) de bien vouloir nous le faire connaître.
- Pour éviter tout retard dans in rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s'adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- rtats. — ismrvniK levé, rue cassette, 17.
- Lt Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trsntë'djbnxlème année. SAMEDI 24 DECEMBRE 1910. Tome XII (2« série).— N* 52.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRES
- EDITORIAL, p. 385. — Capitaine Brenot. Chronique de télégraphie sans fil. Détermination des différences de longitude, p. 387. — A. Reisset. Le chemin de fer électrique Nord-Sud, p. 3g3.
- Extraits des publications périodiques. — Arcs et lampes électriques. Luminescence dans l’arc au mercure dans le vide, A. Perot, p. 4o3. — Etude, construction et essais de machines. Sur le compoundage des alternateurs, A. Blondel, p. 4°4- — Transmission et distribution. La conservation des poteaux en bois par l’emploi des fluorures, R. Nowotny, p. 408. — Traction. Le Winnipeg Electric Railway, p. 409. — Usines génératrices. Séparation électrolytique de l’huile contenue dans l’eau de condensation, E. Goodwin et R. Elus, p. 410.
- — Bibliographie, p. 411- —Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitation.
- Nouveaux tramways du South Wales, p. 412. — Chronique financière, p. 412- — Renseignements commerciaux, p-4«4-
- ÊDITOHIAL
- La deuxième Chronique de télégraphie sans fil de M. le capitaine P. Brenot se continue aujourd’hui par l’examen de la méthode ra-diotélégraphique de détermination des longitudes.
- On sait combien les résultats obtenus par l’application de cette méthode ont été concluants : la position d’un point du globe, situé dans le rayon d’action d’un poste radio-télégraphique pris comme base, peut être déterminée avec une approximation très élevée.
- Après avoir très clairement exposé la méthode, le capitaine P. Brenot fait ressortir ses grandes conséquences au point de vue géographique; il nous montre l’Afrique
- couverte, dans un très prochain avenir, d’un réseau de postes de T. S. F. qui seront les bases d’une vaste triangulation.
- Ainsi, l’auteur est-il fondé à conclure que, dès aujourd’hui, les applications de la T. S. F. débordent le domàine purement industriel et viennent influer sur la vie générale de l’humanité.
- Le chemin de fer électrique Nord-Sud semblait, jusqu’ici, garder vis-à-vis du public technique des allures mystérieuses et vraiment souterraines... La partie constructive n’a été décrite à souhait que tout récemment. Quant aux installations électriques,
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- elles n’étaient, à peu de chose près, que mystère et ténèbres.
- Nous sommes donc particulièrement heureux de pouvoir aujourd’hui mettre sous les yeux de nos lecteurs un faisceau de documents « puisés à la meilleure source », selon l’expression consacrée.
- On remarquera surtout l’essai heureux fait par cette exploitation de la distribution sur deux ponts, qui permet de réduire de moitié le voltage pour lequel les appareils doivent être prévus. Signalons aussi l’appareil de prise de courant sur le fil aérien, dont le fonctionnement a donné toute satisfaction*. Et félicitons enfin les consti’ucteurs du Nord-Sud d’avoir accordé de larges satisfactions au « confort » des voyageurs, par l’agréable suspension des trains, l’aboçdance de l’éclairage et surtout de la ventilation.
- Dans un tout récent travail, M. A. Perot a exposé des données expérimentales intéressantes sur la luminescence de l’arc au mercure dans le vide. Les conclusions, interprétées par la théorie de Lorentz, ont conduit à des chiffres qui sont bien d’accord avec l’expérience.
- Une étude remarquable de M. Seidner, que nous avons récemment reproduite, passait en revue un grand nombre de procédés de réglage de la tension des alternateurs. Nous ajoutons aujourd’hui à cet exposé, comme un complément qui s’impose, la description de la solution donnée à ce problème par M. A. Blondel.
- Cette solution est loin d’être restée dans le domaine de la théorie; elle est, au contraire, appliquée industriellement et il est suggestif de comparer sa simplicité avec les
- complications avixquelles ont abouti certains inventeurs.
- D’autre part, M. A. Blondel a donné récemment une représentation graphique du mode d’action de son dispositif de compoiun-dage. Nous l’avons reproduite en l’abrégeant le moins possible.
- Pour augmenter laconservation des poteaux en bois on a déjà proposé de nombreux moyens tels que l’imprégnation par le suL fate de cuivre ou le chlorure de zinc. M. R. Nowotny préconise l’emploi des fluorures et principalement du fluorure de zinc.
- L’auteur étudie l’influence de la durée d’immersion, du degré de concentration de la solution et de la température de celle-ci sur l’efficacité dii traitement et il en conclut que cette méthode, sans procurer peut-être aux poteaux une immunité aussi grande que le sublimé, est cependant moins coûteuse et très active.
- Nous décrivons ensuite brièvement les caractéristiques principales des lignes du Winnipeg Electric Rcdlway, tant au point de vue technique qu’en ce qui concerne les dispositions prises relativement à leur mode d’exploitation.
- La séparation de Vhuile contenue dans Veau de condensation peut s’effectuer, au moins partiellement, par électrolyse.
- D’après MM. M. Goodwin et R. Eîlis, la déémulsification est complète si l’on emploie des électrodes en fer ; les auteurs décrivent leurs expériences et donnent une théorie du phénomène.
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- 24 Décembre 1910. REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FTL(n
- DÉTERMINATION DES DIFFÉRENCES DE LONGITUDE
- . La détermination des différences de longitude au moyen de signaux radiotélégra-phiques se fait par la méthode dite des «coïncidences téléphoniques ».
- Imaginons que les deux stations dont on veut déterminer la différence de longitude soient munies chacune d’un pendule battant la seconde, et que la station de la Tour Eiffel possèdeau contraire un pendule dont la durée
- à l’émission d’un point sec, en langage Morse (fig. i et a).
- Le pendule étant mis en mouvement et entretenu électriquement, il y aura émission dans l’espace d’une série de points régulièrement espacés de i seconde -f- i centième de seconde.
- Chaque station dispose d’un petit récepteur de télégraphie sans fil, lui permettant de
- H I I I lit
- Manipulateur a relais
- Circuit d'émission
- d’oscillation soit un peu supérieure à une seconde, d’un centième par exemple. Ce dernier pendule sera placé de façon telle qu’à chaque battement il actionne, au moyen d’un relais, le manipulateur de la station, et cela pendant un temps très court, correspondant
- P) Voir Lumière Electrique, 17 décembre 1910.
- percevoir téléphoniquement les points transmis par le pendule de la Tour Eiffel, c'est-à-dire, en somme, d’entendre les battements de ce pendule. En outre, on a disposé près du pendule local un petit contact microphonique influencé par les battements de ce dernier et qui se trouve, d’autre part, mis en circuit avec une pile et le primaire d’une petite bo-
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- LA LUMIÈRË ÉLECTRIQUE T. XII (2* Série). — N» 52.
- bine microphonique, dont le secondaire est intercalé dans le circuit du téléphone du récepteur radiotélégraphique.
- Le téléphone du récepteur permettra donc d’entendre simultanément les battements du pendule de la Tour Eiffel et ceux du pendule
- local. Ces battements ne coïncident pas normalement, puisque le pendule local, qui bat exactement la seconde, est plus rapide que le pendule de Paris battant la seconde + i centième. Peu à peu, le pendule le plus rapide rattrape le plus lent : il se produit une coïncidence. Les battements s’écartent, pour se rejoindre de nouveau quand le pendule le plus rapide a regagné un battement. Il est facile de compter le nombre de points émis par la Tour Eiffel, à partir d’une origine déterminée, au moment d’une coïncidence, puis de la coïncidence suivante... et ainsi de suite. Ces coïncidences ne sont pas difficiles à observer, si on a rendu les deux sons assez semblables comme intensité et comme timbre.
- Chaque observateur notera les heures marquées par son pendule au moment des coïncidences.
- Admettons qu’à la première station l’observateur constate, par exemple, une coïncidence à io h. 7 m. 3 secondes, quand le pendule de la Tour vient de battre 182 fois et que, à la deuxième station, la coïncidence ait lieu à 12 h. 17 m. 43 secondes, pour le 195e battement.
- Entre deux coïncidences, il s’est écoulé un intervalle de temps égal à 19$ — 182= i3 battements d’une seconde 1 centième, soit i3,i3 secondes.
- Donc, l’heure marquée par la deuxième station, au moment du 182* battement, c’est-à-dire au moment où le pendule de la première station marquait 10 h. 7 m. 3 secondes, était :
- 12 h. 17 m. 43 s — i3s. i3 = 12 h. 17 m. 29 s. 87.
- On calculerait de même l’heure de la première station au moment du 195e battement, c’est-à-dire quand il était 12 h. 17 m. 43 secondes à la seconde station :
- 10 h. 7 m. 3 s. -j- i3 s. i3 =; 10 h. 7 m. 16 s. i3.
- La méthode exposée permet donc de connaître avec une grande approximation l’heure qu’il est simultanément en deux stations éloignées l’une de l’autre, sans relation directe entre elles.
- De la différence des heures des deux stations au même moment, on déduit la différence de longitude.
- Les mesures sont répétées un grand nombre de fois pour le contrôle.
- L’origine à partir de laquelle on doit compter les battements du pendule de la Tour se détermine de la façon suivante : on met le pendule de la Tour en mouvement à une heure approximative fixée pour le commencement des opérations.
- Au bout d’un certain temps, on ouvre brusquement un interrupteur intercalé dans le cirçuit du relais, et on le laisse ouvert
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- 24 Décèmbre 1910.
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- pendant un battement. Ce battement ne produit aucun signal.
- C ompteur de secondes
- Les observateurs attentifs perçoivent cette interruption et comptent 1,2... à partir du battement suivant.
- On produit un nouveau vide au battement 60. Les observateurs qui auraient été
- Résistance
- j_JWW_____
- L/WWVWVWVW\J
- ^WWV\_
- _ Bobine d'induction_
- Appareil
- Manipulateurs à relais d'émission
- Relais
- t—VWWNAA-,
- IWWWWWI
- Bobine
- d'induction
- c,
- ^O’
- JUQOi'
- C,
- IL
- Dispositif d'entretien du Pendule
- R
- ]<r^
- jp’ Bobine
- Fig. 3.
- ^7
- S
- >1111
- troublés dans leur réception à la première origine, comptent 61, 62, 63 à partir du second silence.
- Au i2o® + 10.= i3o° battement, on ouvre le circuit une troisième fois. Les observateurs comptent i3i, i32..., etc. On augmente ainsi chaque fois les intervales de dix battements. Il est donc facile de rétablir l’origine exacte des battements du pendule de la Tour Eiffel.
- L’idée d’appliquer la télégraphie sans fil à des comparaisons d’instruments éloignés les uns des autres est ancienne. En 1904 et en 1905 (‘), M. Albrecht, de l’Institut géodésique de Postdam, avait montré expérimentalement que la télégraphie sans fil pouvait remplacer simplement la télégraphie ordinaire pour l’envoi des signaux.
- C’est à MM. Claude, Ferrié et Driencourt, que revient l’honneur de l’application à la télégraphie sans fil de la méthode des coïncidences téléphoniques, plus précise que le procédé chronographique de M. Albrecht. Lors des expériences de comparaison faites, en 1906, entre Paris et B l’est, par la méthode des coïncidences, au moyen de l’astrolabe à
- (*) Claude, Ferrie et Driencourt. Comptes Rendus, 7 février 1910.
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- T. XII (2‘Série). —N« 52.
- prisme, avec l’aide de la ligne téléphonique, on constata ('), que le procédé était susceptible d’une grande précision (o,oo3 seconde), et ne comportait pas d’équation personnelle.
- Les expériences très importantes que nous relaterons plus loin, comportant l’emploi de
- Fig. 4. — Pendule de lu station de la Tour Eiffel.
- signaux hertziens et d’un intermédiaire, le pendule, ont permis d’aboutir aux mêmes conclusions.
- Qès le début, il fut reconnu nécessaire de donner aux oscillations du pendule une am-
- plitude assez grande et constante. Ce résultat fut obtenu d’une manière permanente par l’adjonction d’un dispositif d’entretien magnétique dû à M. Lippmann, membre de l’Institut (fig. 3 et 4)-
- Le pendule P, à suspension à ressort, porte fixées tranversalement sur sa tige (*) deux barrettes en argent «, b. Deux contacts circulantes, en fil d’argent, G1? C2, pincés dans des glissières auxquelles des vis micrométriques, fixées aux supports m, n, permettent de donner de légers déplacements dans le sens horizontal, ferment, avec les barrettes, deux circuits électriques, toutes les fois que le pendule passe par la verticale. Les vis micrométriques sont réglées de manière que le temps de fermeture des relais soit suffisant.
- Le circuit C2 commande par relais les appareils de transmission ; le circuit C, le dispositif d’entretien dont le mécanisme se comprend par seule inspection de la figure.
- Les premières expériences effectuées entre l’Observatoire du Bureau des Longitudes, à Montsouris, l’Observatoire de Paris et la Tour Eiffel, servirent à mettre les appareils au point, à habituer les divers expérimentateurs à leur maniement, et à préciser les règles à suivre pour éviter les erreurs de comparaison. Elles furent effectuées pendant l’hiver 1909-1910 et démontrèrent :
- i° Que l’erreur sur une coïncidence ne dépassait pas un battement des pendules ;
- 20 Qu’il n’y avait pas de variation appréciable dans le retard de l’étincelle sur le passage du pendule par la verticale ;
- 3° Que la méthode ne comportait pas d’équation personnelle ;
- 4° Que les moyennes de 8 comparaisons faites simultanément par deux observateurs s’accordaient à moins d’un quatre cent quarantième de seconde.
- Les comparaisons radiotélégraphiques étaient précédées et suivies de comparaisons directes par téléphones et l’on avait disposé
- (’) M. Guyou. Comptes Rendus, 18 juin 1906,
- (J) Claude, Fermé et Driencourt, loc. cit.
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- UE V UE D’KLECT K1CITÊ
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- les récepteurs de télégraphie sans fil de manière à se trouver dans les conditions de réception de signaux venant d’un poste très éloigné (antennes très basses, accouplements très faibles). Le pendule avait sur le chronomètre une avance d’un battement en 88 secondes.
- L’erreur moyenne d’une comparaison isolée ressortit à + 0,006 seconde.
- La deuxième série d’expériences eut lieu dans le courant de juillet 1910 entre l’Observatoire du Parc de Montsouris, le poste de
- i° Comparaisons téléphoniques. Ces comparaisons furent trouvées exactes à moins de o,oo3 seconde. Toutes les conclusions des expériences de 1906 furent vérifiées à nouveau.
- 20 Comparaisons radiolélégraphiques. La méthode donne des différences indifféremment positives ou négatives : elle ne comporte pas d’équation personnelle.
- La valeur des écarts constatés, dans les bonnes séries de mesures, ne dépasse pas 0,009 seconde. .
- lfig. 5. — Appareils de manipulation commandés pur le pendule.
- télégraphie sans fil du Parc-au-L)uc,à Brest, et la station de la Tour Eiffel.
- Une liaison téléphonique directe pouvait être réalisée entre ces divers postes, et les comparaisons téléphoniques furent faites chaque fois dans les deux sens.
- A plusieurs reprises, il fut très difficile d’obtenir les comparaisons téléphoniques, la ligne devenant très mauvaise. Les comparaisons radiotélégraphiques étaient excellentes.
- MM. Perret et Tissot, lieutenants de vaisseau, furent chargés des observations à Brest, MM. Claude et Driencourt à Montsouris.
- Les résultats ont été les suivants (Driencourt) :
- On ne trouve pas de différences sensibles entre les comparaisons radiotélégraphiques et téléphoniques : l’écart paraît en tout cas inférieur à 0,01 seconde.
- Au degré de précision indiqué, le temps de transmission par téléphone dans le double trajet Paris-Brest, Brest-Paris, peut être supposé nul, et il en est de même du temps de transmission par ondes hertziennes.
- Pour rendre le réglage du pendule moins délicat, on le remplacera par un pendule à une demi-seconde, n’envoyant qu’un trai: d’ondes par oscillation complète, c’est-à-dire seulement aux passages par la verticaje dans le même sens (dispositif Claude).
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- Il résulte des expériences effectuées jusqu’à ce jour que la télégraphie sans fil permet, en utilisant une seule station trarismet-trice de puissance aussi grande que l’on veut, de mesurer avec beaucoup de précision les différences de longitude de toutes les stations situées dans la zone d’action du poste transmetteur.
- Il faut et. il suffît que ces stations disposent d’un appareil récepteur de télégraphie sans fil, organisé pour percevoir les signaux du poste çentral et d’une pendule donnant l’heure du lieu, conditions très faciles à réaliser.
- L’intérêt de la nouvelle application de la télégraphie sans fil est de toute évidence. Aux colonies, en particulier, elle rendra des services considérables.
- Les grands ports, les villes importantes de l’intérieur sont peu à peu munies en tous pays de postes radiotélégraphiques reliés au réseau européen.
- Partant de ces « centraux » secondaires, il sera facile de mesurer avec précision les différences de longitude de points éloignés, d’accès difficile, atteints même seulement par les explorateurs et les colonnes d’opération.
- Les postes portatifs de télégraphie sans fil trouveront là un nouveau débouché.
- La carte de l’Afrique va recevoir bientôt une première application de la nouvelle méthode que nous venons d’exposer.
- En collaboration avec des officiers de l’armée coloniale, l’Etablissement de la Télégraphie militaire poursuit actuellement l’or-
- ganisation d’un grand réseau radiotélégra-phique africain.
- De ce réseau, deux postes fonctionnent déjà, à Rufisque et à Port-Etienne.
- Les signaux de Rufisque ont pu être reçus à la Tour Eiffel, bien que l’énergie employée ne soit que de 5 kilowatts et que la distance atteigne 4700 kilomètres, en grande partie sur terre.
- Les postes de Dakar, Konakry, Monrovia sont en construction.
- Les projets de Tombouctou, Tabou, Koto-nou, Grand-Bassam sont presque achevés.
- La Société française radioélectrique établit d’autre part deux grandes stations à Loango et Brazzaville.
- L’on étudie la réunion du Tchad au Congo, au Sénégal, à l’Algérie.
- 1 Ce réseau considérable sera vraisemblablement achevé vers 1912, et permettra l’établissement d’une vaste triangulation se refermant sur Pax*is et sur les postes établis par la marine et l’Administration des Télégraphes à Bizerte, Oran, Alger.
- Les mesures de longitude Paris-Bizerte, Paris-Dakar, vont être commencées incessamment.
- Si l’on se reporte, d’autre part, aux grands services que les stations de télégraphie sans fil peuvent rendre pour l’organisation d’un important réseau météorologique, on est en droit de conclure que les applications de la T. S. F. à la science et à la protection de la vie humaine sont déjà aussi importantes que celles qu’elle a reçues et reçoit dans le domaine industriel et dans le domaine militaire.
- Capitaine Brenot.
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- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE NORD-SUD
- La majeure partie des promeneurs qui, il y a quelques mois seulement, parcouraient les rues voisines du Palais-Bourbon, ne se doutait certainement pas que, à quelques mètres sous le sol, une usine en pleine activité était enfouie.
- C’était le chantier du « Chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris » qui était occupé à installer, sous le lit de la Seine, deux tubes longs de 54o mètres environ, — les deux tubes Berlier — qui maintenant étendent leur carcasse d’acier de la Chambre des Députés à la Concorde.
- Grâce à ces tubes, les 3oo trains qui quittent quotidiennement, avec une parfaite assurance, la porte de Versailles peuvent s’acheminer vers la Butte.
- Munie de la concession du 28 décembre 1901, rétrocédée à elle par MM. Berlier et Janicot, la Société « Chemin de fer souterrain Nord-Sud de Paris » a entrepris la construction de deux lignes.
- 1" La ligne Porte-de-Versailles, Place Jules-Joffrin (longueur 10 800 mètres);
- i° La ligne de la gare Saint-Lazare à l’avenue de Clichy où elle se bifurque pour suivre deux directions, dont l’une aboutit à la Porte de Clichy et l’autre à la Porte de Saint-Ouen (longueur 2 65o mètres).
- De ces deux lignes, il n’y a que la première qui soit ouverte aux voyageurs et encore est-ce jusqu’à la station de Notre-Dame-de-Lorette seulement ; son souterrain part de l’extrémité de la rue de Vaugi-rard, suit les boulevards Montparnasse, Raspail, Saint-Germain, arrive à la Chambre des Députés, où il plonge sous la Seine pour réapparaître sur la rive droite à la place de la Concorde, du côté des Tuileries et se dirige vers Montmartre par les rues Saint-
- Florentin, Richepanse, Dupliot, Tronchet, du Havre, Saint-Lazare, Chateaudun, Notre-Dame-de-Lorette ; à partir de ce point, la ligne est en construction. Le profil en long de la ligne est, généralement, très voisin de la surface du sol, sauf à Montmartre où le souterrain passe à un certain moment à 56 mètres du sol et où les stations de la place des Abbesses et de la rue Lamarck sont respectivement à une profondeur de 22,60 et 16 mètres, ce qui nécessitera la construction d’ascenseurs. De nombreuses difficultés se présentaient lors du creusement des galeries, difficultés causées par les rencontres avec les lignes existantes du Métropolitain (rues de Rennes et de Rivoli, boulevards de la Madeleine et Haussmann), ainsi que par la nécessité d’éviter les égouts collecteurs (boulevard Saint-Germain, rue de l’Université) et particulièrement, rue Saint-Lazare, celui de Clichy.
- D’autres obstacles surgirent par suite de l’étroitesse de certaines rues (notamment de la rue de Vaugirard) la largeur intérieure des souterrains aux stations étant, comme pour le Méti’opolitain, de i3,5o m., on a dû recourir à des artifices spéciaux aux stations du boulevard Pasteur (fig. 1), de la rue Fal-guière (fig. 2) et de la rue des Volontaires, c’est-à-dire construire les voûtes et les piédroits en béton armé et le radier en béton ordinaire et consolider le tout par une nervure d’acier noyée dans le béton. En particulier, à la station Pasteur, on n’a pu faire en béton que les piédroits, à cause de la profondeur plus grande et, à la station de la rue des Volontaires, la largeur n’étant que de 14 urètres, on a dû se borner à o,25 m. pour l'épaisseur des piédroits et mettre les nervures en saillie à l’intérieur. ~
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Sérié). — N* 52.
- Mais les véritables « clous » de la ligne du Nord-Sud actuellement ouverte au public sont la traversée de la Seine et la station de la gare Saint-Lazare.
- contribuent à l’étanchéité. On était parti, dans la construction de ces tubes, de la rive gauche et on avançait horizontalement avec l’aide de boucliers et de l’air comprimé, à rai-
- Fig. i. — Demi-coupe de la station en béton armé Fig. ü. — Demi-coupe de la station en béton armé
- du boulevard Pasteur.
- Chacune des deux voies emprunte pour traverser la Seine un tube séparé (fig. 3 et 4), constitué par des anneaux en fonte, composés
- de la rue Falguière
- son de i,5o m. environ par jour. Quatorze mois après la mise en marche du bouclier, le premier tube rencontrait la galerie qui s’avan-
- CH-des DEPUTES ©
- Distance entre Stations 67iTssô
- CONCORDS
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- Seine Fl,
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- Fig. 3. — Coupe longitudinale de la traversée de la Seine.
- chacun de douze segments (fig. 4)- Les segments sont boulonnés l’un à l’autre, de même qhe les anneaux,avec interposition de lamelles de bois, lesquelles, gonflées par l’humidité,
- Fig. 4. — Coupe transversale.
- çait de la Concorde (i4 novembre 1908).
- La difficulté de cette construction s’accentuait encore par la présence d’une courbe d’un rayon de 120 mètres dans le voisinage
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 395
- 24 Décembre 1910.
- dé la rive gauche et de l’inégalité des segments d’anneau qui en résultait.
- La station de Saint-Lazare, située cour du Havre, est constituée par une salle sensiblement circulaire qui est traversée par les deux lignes Porte de Versailles-Place Jof-frin et Saint*-Lazare-Saint-Ouen avec leurs raccordements ; une galerie conduit à la gare Saint-Lazare (Ouest-Etat) et une autre permet aux piétons de gagner la cour de Rome et la station du Métropolitain sans se hasarder à traverser la rue, trop encombrée à cet endroit. La salle a un plafond métallique supporté par 8 colonnes, dont le métal est recouvert en céramique et qui sont jointes par des voûtes, qu’on retrouve encore en bordure de la salle.
- Relativement à la concession du Métropolitain, celle du Nord-Sud offre pour la Ville de Paris les avantages suivants :
- La ville ne participe nullement aux frais de construction et d’exploitation, par conséquent n’a pas dé risques; dans la concession du Métropolitain elle construisait l’infrastructure: c’est dans cette différence qu’il faut voir la raison pour laquelle les lignes du Métropolitain ont été classées comme « tramways », celles du Nord-Sud l’étant comme « chemins de fer d’intérêt local ».
- Par le fait de la concession à la Compagnie du Nord-Sud, la Ville voit déjà prêtes des lignes qui n’auraient clù être commencées qu’après la fin des 8 lignes primitives du Métropolitain. (La ligne n° 8 n’est pas encore terminée.)
- Loin de subventionner la Compagnie du Nord-Sud, la Ville en fut subventionnée pour l’achèvement du percement du boulevard Raspail. En plus, elle perçoit i centime par billet de voyageur jusqu’à concurrence de 65 ooo ooo de voyageurs par année ; au-dessus de ce chiffre, elle aura a centimes par ticketde i5oudeao centimes,et 2,5 centimes par ticket de a5 centimes.
- La concession du Nord-Sud, aussi bien que celle du Métropolitain, expire le 3o juin ig5o.
- Au point de vue de l’aspect, la ligne du
- Nord-Sud a peu de différences avec les lignes métropolitaines : mêmes gabarits et voies, mêmes rails, mêmes largeurs de couloirs et de quais (excepté celui de la station Saint-Lazare qui est de 5 mètres) ; un certain luxe de céramique et d’éclairage et surtout peut-être l’éclat du neuf donnent aux stations du Nord-Sud un air plus coquet.
- Nombreuses sont les stations de correspondance des deux lignes et la compagnie du Nord-Sud, ayant des tickets du même prix que ceux du Métropolitain, a admis sur les lignes les voyageurs munis des tickets de celui-ci ; la chose est maintenant réciproque, mais la compagnie métropolitaine a longtemps hésité avant d’accepter cet échange.
- Actuellement on peut passer du quai de l’une des compagnies à celui de l’autre, sans encombre; on aurait même pu dire, sans le remarquer, n’étaient les inscriptions des noms des gares du Nord-Sud, qui de leurs gigantesques lettres s’imposent à l’attention du plus distrait des rêveurs (').
- LES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- ALIMENTATION
- L’alimentation du Nord-Sud se fait sur deux ponts de 6oo volts chacun, la voie de roulement jouant le rôle de fil neutre. Le fil aérien, à -(- 6oo volts, est un fil de cuivre étiré dur, de i5o millimètres carrés de section. La section n’est pas en forme de 8, mais circulaire avec deux encoches (fig. 5). Le fil est supporté tous les 18 mètres en moyenne. Cette portée est augmentée dans les stations pour diminuer le nombre des appuis, dont l’aspect est peu élégant ; elle est diminuée en courbe à cause des désaxe-
- (*) Pour la partie constructive de cette description-; nous avons emprunté de nombreux détails et les, ligures à l’article très complet publié par M. A. Dumas dans le Génie Civil du io décembre. Ceux de nos lecteurs qu’intéresse spécialement cette partie de la description pourront se référer utilement à cette étude.
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- ments maxima que l’on ne veut pas dépasser. Quant au support du fil, il est réalisé à l’aide d’un matériel qu’on peut appeler un matériel de tramway amplifié.
- Ce matériel comporte : les tendeurs Brooklyn, l’isolateur, la boule isolante, etc.
- Le troisième rail joue le rôle de conducteur à — 6oo volts ; il est en acier extra-doux et pèse 29 kilogrammes par mètre courant; il est supporté tous les 3,5o m., en moyenne, par un isolateur en grès, au sujet duquel il convient de dire quelques mots.
- Le grès de cet isolateur est un grès fabriqué dans la région de la Côte-d’Or où il est employé couramment à la manutention des acides (’). Ce grès possède des qualités électriques importantes ; les essais ont montré” qu’il résiste à l’absorption de l’eau, même sous pression, de sorte que l’on n’éprouve actuellement aucune difficulté du fait de l’humidité du souterrain.
- Ajoutons que le troisième rail porte des traces d’usure inégale bien visible, qui n’est peut-être pas de l’usure ondulatoire. L’on n’est pas encore gêné, bien entendu, par l’usure ondulatoire sur la voie de roulement, mais on sait que les rails du Métropolitain en présentent de nombreuses traces.
- ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE DES TRAINS
- Tout train comporte deux motrices, l’une en tête, l’autre en queue, avec une, deux ou trois remorques. La figure ti représente la coupe de l’une de ces motrices.
- L’une des motrices, celle de tête en principe, est alimentée par le pont positif, l’autre par le pont négatif. On a donc, en théorie, l’équilibrage de deux ponts, ce qui supprime les dangers d’électrolyse.
- D’autre part, les équipements des voi- (*)
- (*) Il sert à.fabriquer les pompes, les siphons, etc., destinés aux acides.
- tures n’ont besoin d’être prévus que pour 600 volts ; c’est donc du matériel à 600 volts, qui est alimenté sous 1 200.
- APPAREILS DE PRISE DE COURANT
- Sur le troisième rail, le courant est recueilli par un frotteur du type métro ; sur le conducteur aérien, par un archet spécial étudié par la maison Vedovelli. C’est en principe un archet monté sur parallélogramme
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- Fig. 6. — Coupe d’une voiture motrice.
- articulé, sorte de double pantographe, supportant un cadre qui porte à son tour les quatre frotteurs qui recueillent le courant. Ces quatre frotteurs sont indépendants les uns des autres, de sorte qu’ils assurent, chacun pour son compte, le contact avec le fil. Ils sont en métal doux au frottement, et anti-arc. Leur composition est à base d’aluminium.
- On a ainsi résolu le problème qui consistait à récolter 800 ampères sur un fil de
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- Sous-station Tivoli. — Plan de la salle des machines.
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- trolley. La solution est très satisfaisante, comme on peut le constater par l’absence d’arc sur le fil aérien tandis qu’on observe de véritables feux d’artifice sur le troisième
- melle en acier. Il y a pourtant évidemment même intensité en haut et en bas.
- La manœuvre de cet archet est pneumatique: pour le lever on tourne un robinet placé
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- Fig. 8. — Sous-station Tivoli. —- Coupe transversale A.-B.
- rail, où cependant le contact a lieu sur une surface de 8o millimètres de largeur que frotte une pièce en fonte pourvue d’une se-
- dàns la cabine du conducteur, ce quifaitdépla-cer un piston, lequel comprime à son tour un ressort qui applique l’archet contre le fil aérien.
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- EQUIPEMENT DES TRAINS
- Le système employé est celui dit à unités multiples Sprague Thomson, comme au Mé-
- sance totale est de 8 X iïS = i ooo chevaux par train.
- C’est ce nombre de quatre moteurs par voiture motrice qui caractérise la traction
- ^4
- Fig*. 9. — Sous-station Tivoli. — Coupe longitudinale G-D.
- tropolitain, mais il y a quatre moteurs d’une sur le Nord-Sud. Sur chaque motrice, les
- puissance individuelle de ia5 chevaux sur chaque voiture motrice ; et comme il y a une motrice à chaque extrémité du train, la puis-
- quatre moteurs sont groupés en deux couples de deux moteurs, les deux moteurs de chaque couple étant constamment montés
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- SCHÉMA DES CONNEXIONS D’UN TRAIN
- NORD-SUD
- MUNI D’ÉQUIPEMENTS SPRAGUE-THOMSON
- Schéma du circuit de traction.
- Les moteurs i et 2 se trouvent sous la loge.
- Relais d’accélération, RA. Fusibles, F.
- Boîtes de jonction, B. Terre* T.
- Note 1. — Dans le circuit des contacteurs, la partie en pointillé indique le passage du courant, le commutateur et l’inverseur étant supprimés.
- Schéma du circuit de contrôle.
- ' ( Relais de tension, R*. Fusibles, F, F.
- Bobines de l’inverseur, b, b. Rhéostats, Rh.
- Bobines de soufflage, S, S. Terre, T.
- —......Fil 1, circuit de commande. —--------------Fil 4 ) commande de l’inverseur et des
- -------------- Fil 2, cir.çuit du conducteur 6 ----'----------Fil 5 j contacteurs 12, i3, 7, 14.
- , . et de maintien.
- --------------Fil 3, circuit-d’enclanchement ---- --- ------ Fil 6, circuit de sécurité.
- 'lies contacteurs 1 et 8.
- • ! •
- I
- Contacts auxiliaires de contacteurs.
- Bobines de contacteurs.
- (Ont été déportées par rapport aux contacts auxiliaires.)
- Résistances du circuit de commande.
- Equipement des motrices.
- MOTRICES
- DE TÈTE DE QUEUE
- Interrupteurs de sectionnement du circuit de traction. L I'.
- Interrupteurs principaux I2 I'.
- accouplés avec (position archet) (position frotteur
- Interrupteurs de sécurité. I. l'a
- Interrupteurs doubles pour lumière et contrôle : I* I'*
- Contrôle et son fusible. h i\
- Lumière et son fusible. À j\
- Fiches servant à mettre l’éclairage du train sur le fil de lumière par l’intermédiaire d’une perche. F i
- Commutateurs. Cl, C2, C3 C'i,C'2,C'3
- Commutateur d’isolement C4
- du régulateur du compresseur. Rég.
- Relais d’accélération. Ra R«
- Note 2. — Le deuxième enroulement des relais d’accélération est monté en série sur le circuit de traction et son action s’ajoute à celle de l'enroulement fil lin, pour l’attraction.
- C’est cet enroulement qui, de concert avec le dasli-pot, règle la chute du plongeur.
- Relais de sécurité. Rs
- Boites de jonction. Bj B’,
- Note 3. — Sur les moteurs et sur les remorques, les (ichcs 4 et 5 des boîtes 13(,B’r (traction côté loge) sont reliées à 5 et 4 de ces bottes (traction arrière). Sur les coupleurs mobiles traction, les. fiches 4 et 5 d’un coupleur sont reliées à 5 et 4 de 1 autre. . . .. . ..
- S,S Rh
- "-F, F
- Bobines de soufflage. Rhéostats.
- Fusibles.
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- Schéma des connexions d’un Train NORD-SUD
- muni d'équipements Sprague-Thomson
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- en parallèle, et les deux couples étant à leur tour contrôlés comme deux moteurs simples par la méthode série parallèle.
- Comme conséquence du système de distribution adopté, chaque voiture motrice comporte un panneau spécial d’inverseurs qui permet de mettre l’équipement soit sur le pont fil, soit sur le pont rail.
- Ceci est réalisé à l’aide d’un système d’enclenchement électrique impératif, de telle sorte que l’une des motrices étant mise sur un pont, l’autre ne peut être mise que sur l’autre. La planche hors texte représente le détail des connexions électriques d’un train.
- Au point de vue mécanique, l’agencement des trains comporte une suspension double sur traverses danseuses : le châssis de caisse repose, en effet, sur une traverse qui est suspendue elle-même, élastiquement, à la traverse du boggie ; il y a donc interposition d’un organe élastique supplémentaire entre chaque voiture et son boggie.
- SOUS-STATIONS
- Les sous-stations sont au nombre de deux : elles portent, d’après leur emplacement, les noms de Necker et de Tivoli.
- La partie la plus remarquable de leur équipement est composée par les commutatriçes ; celles-ci, devant alimenter un réseau à deux ponts, sont doubles. Chaque groupe comprend ainsi deux commutatrices, rigidement accouplées (montées sur un même arbre). L’alimentation est assurée du côté alternatif par un même transformateur, mais, du côté continu, chacune des machines donne 6oo volts : + 6oo volts sur l’un des collecteurs, — 6oo volts sur l’autre.
- Il y a ainsi dans chaque sous-station quatre groupes de i i>oo kilowatts chacun.
- Les figures 7, 8 et 9 représentent les détails de la sous-station Tivoli.
- INSTALLATIONS ANNEXES
- Comme installations annexes, il faut citer
- surtout l’éclairage, assuré déjà dans tout le souterrain par des lampes métalliques, dont une dizaine de marques sont actuellement à l’essai. On n’a pas encore osé employer des lampes métalliques dans les voitures, mais il est assez probable qu’on finira par les adopter, là aussi.
- Quant à la disposition générale des circuits d’éclairage, on n’y relève aucune différence essentielle avec celle adoptée au Métropolitain. Rappelons qu’on a prévu deux circuits généraux, l’un dit d’éclairage normal, l’autre de secours, celui-ci un peu plus soigné au point de vue des canalisations qui sont en câbles armés ou en tubes.
- L’éclairage est alimenté, dans chaque sous-station, par des groupes moteurs asyn-chrones-générateurs, à raison de deux groupes pat- sous-station. Un groupe d’éclairage fonctionne en parallèle avec une batterie d’accumulateurs et un survolteur.
- SIGNAUX
- L’introduction du signal dit permissif dans la signalisation du Nord-Sud est un fruit de l’expérience fournie par l’exploitation du Métropolitain.
- Au Métropolitain, la règle générale est que tout train doit être protégé par deux si gnaux rouges. Dès lors, lorsqu’un train se trouve, pour une raison quelconque, arrêté dans le souterrain, les signaux rouges d’entrée et de sortie de chaque station se trouvent allumés, ce qui a pour effet d’immobiliser tous les trains suivants également dans le souterrain.
- On conçoit l’inconvénient d’un pareil état de choses. Pour y remédier, l’on a observé qu’il suffisait de faire entrer l’un des trains en station pour que tous les autres y pussent entrer aussi ; c’est ce que l’on a réalisé en ajoutant un signal permissif vert) à l’entrée des stations. Dans ces conditions, on a prévu pour chaque signal trois feux au lieu de deux :
- A l’entrée : feux blanc, vert, rouge.
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- A la sortie : feux blanc, rouge, double rouge.
- Quand un train quitte une station, il met automatiquement le signal de sortie au double rouge. Dès lors, si un train se présente derrière celui-ci, il trouve le signal d’entrée au vert, ce qui lui indique qu’il peut entrer, mais qu’il y a un train dans l’interstation suivante ; une fois entré dans la station, si le train précédent n’a pas encore dégagé le souterrain, l’autre est arrêté en station par le double rouge. Lorsque le train précédent arrive à la station suivante, il efface l’un des deux feux rouges. Le train arrière se trouve encore arrêté, mais il sait que celui qui le précède est arrivé en station. Enfin, quand ce dernier repart, il livre à l’autre l’accès du souterrain en mettant au blanc lé signal de sortie.
- Ainsi, malgré l’introduction du signal vert, on a, par l’artifice du feu double rouge, maintenu le piûncipe de la séparation de deux trains par deux feux rouges. Ceux-ci se trouvent, en quelque sorte, condensés sur le signal de sortie en cas d’arrêt dans le souterrain. x
- Et ainsi, il faut également deux actions du conducteur du premier train pour rendre la voie libre au second.
- Les signaux sont du type Hall, actionnés par des piles, mais selon un principe un peu nouveau. Au Métropolitain, on a employé deux sortes de systèmes de commande : sur les lignes qui ont été établies les premières, les signaux sont actionnés par une pédale mécanique que le passage de la roue met en jeu. Dans ses lignes les plus récentes, le Métropolitain utilise, pour l’actionnement des signaux, le courant de traction, au moyen d’un contact produit par les sabots extérieurs de la motrice (’).
- Dans le Nord-Sud, on n’utilise ni pédale
- (fi On sait que chaque motrice du Métropolitain est pourvue de quatre paires de sabots pour recueillir le xcourant; les quatre sabots non en charge, situés du côté extérieur de la voie, sont ceux que nous appelons ici sabots extérieurs.
- mécanique, ni pédale électrique. La mise en œuvre du block se fait par circuit de voie isolée. En effet, dans chaque station, l’un des rails de la voie est sectionné par trois joints isolés qui déterminent deux coupons de
- V
- Fig. io. — Schéma simplifié d’un signal : V, voie courante GC, coupons de rail ; JJ, joints isolés ; R, relais; P, pile.
- rails comme l’indique la figure io. Gomme on le voit aisément, le passage de la roue sur le joint isolé met en court-circuit le relais dont l’armature tombe, ce qui actionne le signal par l’intermédiaire d’un dispositif très compliqué que nous ne représentons pas.
- DISPOSITION DE LA. GARE TERMINUS
- A la porte de Versailles se trouve une station terminus assez complexe ; d’une part, en effet, tous les trains y doivent rebrousser chemin pour rentrer en service et, d’autre part, c’est cette station terminus qui assure les rapports de la ligne avec le dépôt. La station comporte quatre voies, puis trois dans le fond. La commande de toutes les aiguilles et de tous les signaux se fait électriquement par moteurs Taylor actionnés par une douzaine de leviers concentrés sur une table de manœuvre. Pour se repérer, l’aiguilleur a sous les yeux, sur cette table d’enclenchement même, une reproduction à échelle réduite de la station tout entière ; il connaît ainsi, à chaque instant, par l’observation de signaux lumineux qui s’allument sur ce schéma réduit, la position de ses aiguilles, l’état de ses signaux et l’em-
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- placement des trains. Si un train se trouve, par exemple, sur une certaine portion de voie, un rectangle rouge vient le représenter Sur la partie correspondante du schéma. De même, la position des aiguilles est indiquée sur le schéma par celle d’un volet.
- En ce qui concerne les installations téléphoniques, aucune innovation spéciale n’est à signaler par rapport à ce qui est déjà réalisé sur le Métropolitain.
- *
- ♦ *
- L’exploitation de la ligne Nord-Sud, toute récente d’ailleurs, a donné, jusqu’à présent, de fort bons résultats. La distribution sur deux ponts a permis d’obtenir, au point de vue technique, la régularité que l’on en attendait, ainsi qu’il résulte des vérifications d’équilibrage des ponts que la Compagnie a fait exécuter dans ses sous-stations. On compte pouvoir mettre en service, vers le début de l’année 1911, la ligne B (gare Saint-Lazare-Saint-Ouen). A. Reisset.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- Luminescence dans l’arc au mercure dans le vide. — A. Perot. — Société Française de Physique, séance du 2 décembre 1910.
- M. Perot indique d’abord les différents aspects que peuvent présenter les anneaux d’interférence de la raie verte du mercure quand la lumière est fournie par un arc !à mercure, dans le vide, dont la pression de vapeur croît.
- Il rappelle que la raie verte est formée d’une composante principale et d’un grand nombre de satellites, parmi lesquels s’en trouve un particulièrement intense. Pour des arcs à très basse pression, la composante principale se présente toujours sous la forme d’un simple anneau brillant ; si la pression croît, et si la lumière traverse une région non lumineuse, un renversement apparaît avec une largeur et un déplacement vers le rouge d’autant plus grands que la pression est plus élevée en même temps l’éclat du satellite augmente, mais il ne montre jamais de trace de renversement. Si la pression est de 4 centimètres, le bord rouge seulement de la composante principale subsiste. On peut obtenir ces apparences en examinant la lumière fournie par un arc en forme de h dans différentes directions. Le fait important pour ce qui va suiyre est la stabilité du satellite dont la longueur d’onde a toujours été trouvée invariable.
- Les arcs qui ont servi pour l’étude de la luminescence avaient en général la forme de ballons d’une dizaine de centimètres de diamètre. Voici les observations faites :
- i° Pour de très faibles pressions, la décharge remplit tout le ballon sous la forme d’une luminosité blanche ; si l’on fait rentrer de l’air petit à petit, on voit se former une colonne rose, qui, la pression continuant à croître, devient un cordon lumineux, analogue à la colonne positive des tubes à gaz ;
- 20 II se produit un ti’ansport de mercure de l’anode à la cathode ;
- 3° Si, la pression étant très basse, on introduit de la vapeur d’eau, le ballon devient complètement obscur, rien d’ailleurs ne paraissant changé dans le reste de l’arc;
- 4» L’étude de la longueur d’onde du satellite principal, faite avec la lumière émise dans le sens du courant et en sens inverse, montre que les centres lumineux se déplacent dans le sens du courant avec une vitesse qui varie de 3o à 35o mètres à la seconde, suivant la pression ;
- 5° L’étude de la répartition du potentiel dans l’arc montre une chute de potentiel à l’anode, d’environ une dizaine de volts, la chute de potentiel dans l’arc étant environ 1,3 volt par 100 ;
- 6° Si l’on mesure la pression sur l’anode à l’aide d’un tube soudé en bas du tube qui contient celle-ci et aboutissant à la chambre de condensation, on constate l’existence d’une surpression qui varie ins-
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- tantanément avec le courant et croît avec celui-ci ; elle dépend du diamètre du tube;
- 7° Si on admet que les supports des charges positives sont des atomes de mercurosum, on peut relier la chute anodique à la surpression ;on trouve, par le calcul, des surpressions extrêmement voisines de celles qui ont été mesurées, la vitesse des porteurs électriques étant voisine de 2,4 kilomètres par seconde.
- Les faits énoncés plus haut conduisent aux hypothèses suivantes :
- i° L’émission des raies spectrales par les porteurs électriques est extrêmement faible, sinon nulle ;
- 20 Cette émission est due à des atomes mercuriels mis en vibration par le choc des porteurs électriques ;
- 3° Les centres lumineux rencontrent dans leur mouvement des molécules inertes qu’ils mettent en mouvement sans les rendre lumineuses ;
- 4° L’énergie de vibration des centres lumineux n’est pas altérée par les chocs; une différence de phase seule se produit.
- En y joignant la théorie de H.-A. Lorentz sur l’amortissement du mouvement lumineux, M. Perot et M. J. Bosler ont calculé la vitesse spectroscopique qu’on devait trouver dans les expériences précédentes et constaté qu’on obtient bien les vitesses mesurées.
- ÉTUDE, CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Sur le eompoundage des alternateurs. — A. Blondel. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, janvier 1910.
- Comme complément au remarquable article de M. Seidner, que nous avons récemment reproduit sur le réglage de la tension des alternateurs (*), il convient de rappeler la méthode de eompoundage trop peu connue encore, imaginée depuis 1896 et exposée plus complètement en 1900 et 1904, par M. Blondel.
- Voici la description qui en a été donnée au début de cette année à la Société des Electriciens, par M. Blondel, à la suite d’une autre communication de MM. Dalémont et Ilerdt sur le même sujet, et dont nous avons rendu compte (s).
- Le problème à résoudre était de régler- l’excita-
- (') Voir Lumière Electrique. i5 et 22 octobre 1910. (2) Voir Lumière Electrique, 22 janvier 1910.
- tion de l’alternateur en créant, en charge, sur les inducteurs, des ampère-tours additionnels proportionnels au courant déwatté (I sin ipj.
- Ce résultat se trouvait réalisé originellement par 1 'excitatrice à réaction de M. Blondel, dont voici le principe tel que l’auteur l’exposait au Congrès de Genève en 1896 :
- La méthode consiste dans l’emploi d’une excitatrice du genre Rechniewski à faible entrefer, dont les inducteurs, construits à la manière ordinaire, sont excités en dérivation juste assez pour produire l’excitation de l’alternateur fonctionnant à vide ; l’induit, qui tourne synchroniquement avec l’alternateur par une commande mécanique, porte deux enroulements : un enroulement à courant continu qui excite l’alternateur, et un enroulement compensateur, semblable à celui de l’alternateur et parcouru par les mêmes courants ; on règle le nombre des spires et les points d’entrée de ce bobinage de façon que le champ de réaction produit par un courant déwatté ait la même direction que celui des inducteurs et le renforce, exactement dans la même proportion que la réaction d’induit correspondante de l’alternateur
- t'ig. 1. — Principe de l’excitation pur réaction du
- courant déwatté traversant l’excitatrice (1896).
- tend à affaiblir le champ inducteur de celui-ci; en outre, on maintient le calage des balais invariable par un des artifices connus. Dans ces conditions, si les circuits magnétiques de l’alternateur et de l’excitatrice travaillent au-dessous du coude, il est facile de voir que l’on compense encore automatiquement toutes les réactions d’induit wattées ou déwattées.
- La figure 1 représente schématiquement ce dispositif pour une machine triphasée à inducteur tournant (’). A est l’alternateur, B les bornes de sortie des courants induits, Bj les bornes d’entrée du circuit
- (^) Trois ans après cette communication au Congrès de Genève, le même dispositif a été réalisé sous cette première forme simple par M. Danielson. (Eleciro-tecknisclie Zeitschrift, t. XX, 1899, p. 38.)
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- supplémentaire de l’induit de l’excitatrice E, B2 les bornes de sortie, G le collecteur de l’enroulement principal de l’excitatrice, b les bornes du circuit inducteur de l’alternateur A, J les inducteurs de l’excitatrice excités en dérivation.
- Il va sans dire que le passage direct du courant de l’alternateur dans l’induit de l’excitatrice n’est pratique que pour des courants à basse tension et que, lorsque l’alternateur est à haute tension, on doit préalablement transformer le courant par un transformateur série, comme le faisait déjà en 189G
- www
- ig. 2. — Schéma de la méthode complète de l’excitatrice à réaction avec excitation indépendante partielle :À, alternateur; Tj, T2, transformateur série ;E, induit de l'excitatrice
- alimentée en triangle par les bagues B:;e, inducteur alimenté par l’excitatrice indépendante K et par une dérivation ; 6, bagues alimentant le rotor inducteur de l’alternateur; R, rhéostat d’excitation shunt; R', rhéostat d’excitation indépendant (1904).
- M. Maurice Leblanc dans son système de corapoun-dage (*).
- C’est ainsi qu’on obtient le dispositif de la figure 2 qui est la forme d’application actuelle du système : Ta est le circuit primaire du transformateur triphasé en série sur le circuit principal et T2 le secondaire. En choisissant convenablement le nombre de spires secondaires T2 du transformateur, on réunira en un seul les deux circuits de l’excitatrice comme on le fait pour les convertisseurs.
- On met en outre, en bout d’arbre, une petite dynamo dont le but, nouveau et important, est d’assurer une partie de l'excitation de l’excitatrice E et de rendre ainsi stable l'équilibre magnétique du système à toute charge. C’est une très petite machine travaillant toujours au même régime. Au contraire l'excitatrice E et le transformateur ne travaillent pas
- (*) M. Rice, qui a déjà réalisé antérieurement une disposition du même genre, employait deux transformateurs, dont un en dérivation ; c’est un principe différent.
- à la saturation constante et complète du fer (1).
- «
- *
- * *
- M, Blondel décrit un certain nombre d’installations qui ont été réalisées depuis 1908, en se fondant sur le système de compoundage dont il est l’auteur, paV la maison Sautter-Harlé.
- N
- Fig. 3. —Diagramme des vecteurs dans la théorie des deux réactions. OG représente le courant déwatté.
- Telles sont les installations de la Comp agnie électrique de la Loire (usine de Pont-de-Lignon), de la Société minière d’Ekaterinovka (2) sur laquelle l’auteur insiste particulièrement : il donne entre autres des relevés oscillographiques de la tension à vide et en charge, ainsi que le diagramme des variations de vitesse de l'alternateur.
- M. Blondel cite encore les installations de la Compagnie des Mines d’Aniche et de la station centrale de la Compagnie d’Apcherone à Bakou. Des installations analogues sont projetées par l’A. E. G.
- Il complète enfin ces indications par quelques chiffres relevés au cours d'essais effectués à Ekateri-novka et aux mines d’Aniche.
- * *
- Dans un intéressant appendice, M. Blondel a exposé une représentation graphique de la solution qu’on vient de décrire.
- Reproduisons d’abord le diagramme théorique du problème (fig. 3).
- Représentons par une droite OM0 (fig. 4) passant par l’origine la caractéristique d’excitation sensiblement rectiligne de l’excitatrice, en portant comme ordonnées les forces électromotrices résultantes, c’est-
- (^j L’alternateur peut être saturé au même degré que s’il est excité à la manière ordinaire, car il travaille à flux constant, sauf en cas d’hypercompoundage.
- (a) Cf. Eclairage Electrique, 18 novembre 1905.
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- à-dire en tenant compte, des pertes de tension dans l’induit débitant sur l’inducteur de l’alternateur en circuit fermé ; la caractéristique en circuit ouvert serait une droite un peu différente OP. Les abscisses représentent les ampères-tours d’excitation rapportés à l’inducteur de l’excitatrice.
- Soient e0 la force électromotrice nécessaire pour l’excitation de l’alternateur tournant à vide; e2 la force électromotrice nécessaire pour l’excitation à pleine charge en supposant le courant de l’alternateur déwatté dans la proportion maximum oùilpeut l’être (’); e,, la force électromotrice correspondant au milieu de ces deux régimes extrêmes. Nous appellerons E, E,,E2, les forces électromotrices correspondantes intérieures produites dans l’alternateur par l’excitation.
- ____Aa...
- Fig. 4. — Epure de l’excitation de l’excitatrice à réaction.
- Il est avantageux, pour réduire au minimum les courants d’échange du transformateur, de réaliser pour la marche avide la force électromotrice e,, de la faire s’abaisser spontanément à la valeur e0par la réaction de l’induit débitant sur le transformateur à vide, et de l’élever à la valeur e2, à pleine charge, par la réaction du courant débité par le transformateur sur l’excitatrice.
- Soient A0, A,, A2, les ampères-tours nécessaires respectivement pour les forces électromotrices e0, eu e2, et soient a les ampères-tours produits par l’excitation indépendante. L’excitation shunt nécessaire pour obtenir la force électromotrice moyenne e, désirée xlevra produire les ampères-tours A, — a, représentés par le segment Dml. Traçons par D une
- O On suppose entièrement déwatté le courant fourni xpar l’alternateur pour prendre le cas le plus défavorable.
- droite DM, représentant l’excitation shunt; soient / la résistance d’une spire, N le nombre de spires de l’enroulement, R la résistance du rhéostat d’excitation ajouté en série; le coefficient angulaire de DM} aura pour expression
- tg« =
- R + Nr N
- '• +
- R
- N'
- On se donne tga d’après l’inclinaison OM. La relation
- OD -f- Dmt — A, ou
- , N
- a ~r ~—:—zrr — A,
- R -f Nr
- donne, d’autre part
- R -j- Nr =
- Ne,
- A, — a
- P)
- Les deux relations (1) et (3) déterminent R et r.
- Les forces électromotrices produites par les deux enroulements excitateurs de l’inducteur auront pour lieu géométrique la droite DM,; par conséquent, pour réaliser la force électromotrice avec l’excitation nécessaire A0 (que nous connaissons par la caractéristique ON sur laquelle se trouve le point M0), il faudra que l’excitatrice débite à circuit ouvert un courant i0 capable de produire une réaction d’induit
- égale à la distance horizontale M0 N0 qui sépare le point M0 de la droite d’excitation DM, ; d’où l’équation de condition :
- '^ = »m7n; = (a,-a
- Une fois i0 déterminé par celle-ci, le calcul s’achève en calculantpar les formules connues l’impédance du transformateur Z qui correspond à e0 et ,0
- Z= Ifî.
- 10
- On peut alors calculer les constantes du transformateur permettant de produire à pleine charge la force électromotrice intérieure <?2; d’où l’on déduit sa puissance e2 *0 en kilovolts-ampères.
- On peut faire varier l’inclinaison de la droite DM, à volonté en modifiant la résistance de l’enroulement dérivé, soit par le choix du fil, soit par la modifica-
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- tion du rhéostat d'excitation (*). En effet, on a, sur la figure, la relation
- Cg ““ €n R *4— N/’
- tg « =---------1----71 = • -vL .
- A2 — A0 — Kmi0y% ^
- %
- On substituant dans (3), on en tire la valeur de R et dé a à réaliser, en fonction du courant iQ choisi.
- La variation de la résistance du shunt équivaut à faire pivoter la droite DM, autour du point M* jusqu’à ce qu'elle vienne passer par le point N0, extrémité du segment N0 M0 qui représente l’excitation d’induit à vide ; le point D obtenu détermine les ampères-tours excitateurs fixes a. On peut donc, en modifiant à la fois a et R, obtenir que la force électromotrice à vide (après avoir coupé la connexion avec le transformateur) soit bien égale à la valeur ei choisie.
- Les segments horizontaux tels que M0 N0? compris entre la courbe d’excitation ON et la droite OQ, représentent les contre-ampères-tours de l’excitatrice débitant dans le secondaire du transformateur (à primaire non excité), pour tous les voltages e possibles de l’excitatrice. En particulier, à la tension de pleine charge e2, l’excitatrice débiterait ainsi un courant
- déwatté proportionnel à M2 Q2 au lieu d’un courant
- proportionnel à M0 N0. Comme l’excitation du primaire du transformateur a pour effet d’inverser ce courant déwatté et de le remplacer par un courant proportionnel à M2 N2) on voit que le segment Q0 N2 représente le courant déwatté que le transformateur débiterait dans l’excitatrice à pleine charge, si celle-ci ne produisait pas de force contre-électromotrice : le
- courant inversé proportionnel à M2 N2 peut ainsi être considéré comme la différence entre les courants proportionnels aux segments N2 Q2 — M2Q2. Si donc on trace par le point Na une droite parallèle à OQ, et qu’on détermine le point N où elle rencontre la droite OMt et les projections n et q des
- points N et Q, le segment NQ étant égal à N2 Q2, le point N caractérise une force électromotrice en de l’excitatrice, telle qu’il n’y aurait aucun courant échangé entre elle et le transformateur.
- (i) L’enroulement shunt peut être remplacé par un enroulement série et alors le réglage se fait par un rhéostat shuntant cet enroulement.
- Cela posé, supposons qu’on veuille relever le voltage de l’alternateur en augmentant l’excitation constante a de la valeur OD jusqu’à la valeur OD'. La droite DN2 sera remplacée par une droite parallèle D'N'2, le segment horizontal N'2Q'2 sera égal au segment constant N2 Q2, mais le segment M'a N'a aura diminué et le segment M'0 N'0 aura augmenté; la distance horizontale des points M'0 M'a sera restée
- constante et égale à M0 M2, par suite de la similitude des triangles. Cela veut dire que le courant envoyé de l’excitatrice dans le transformateur sera devenu plus important aux faibles charges, et que le courant envoyé du transformateur à l’excitatrice aux fortes charges sera devenu plus faible; que la force électromotrice moyenne e\ sera augmentée, mais que l’accroissement d’ampères-tours, depuis la faible charge jusqu’à la forte charge et, par suite, la différence entre les forces-électromotrices extrêmes e'0 et c'a, n’auront pas varié. En même temps, les courants échangés avec le transformateur auront pris une valeur maximaplus grande et celle-ci atteindra le double de la valeur primitive lorsque la droite DM* sera amenée jusqu’à D" N par la réalisation d’une excitation fixe égale à OD".
- Au contraire, supposons qu’on conserve l’excitation fixe invariable, OD = «, et qu’on agisse sur l’excitation dérivée en faisant varier la résistance du rhéostat d’excitation intercalé dans celle-ci; le point D restera fixe, mais la droite DN-2 pourra s’incliner plus ou moins autour du point D. Si on l’incline d’avantage vers la droite en diminuant la résistance du shunt, le point M* s’élèvera sur la droite OM, et, par conséquent, les voltages seront accrus comme dans le cas précédent; mais en même temps augmentera la distance horizontale des points M0 M2, et, par conséquent, aussi l’amplitude de la variation de la force électromotrice réalisée par le compoun-dage. L’alternateur pourra être ainsi hypercom-poundé. Si, au lieu de garder l’excitation fixe constante, on la diminue de manière que la droite DM(, tout en s’inclinant, pivote autour du point N&, comme nous l’avons fait pour le réglage préalable, on conservera la même force électromotricc à vide, mais 011 fera accroître encore l’effet compoundant.
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- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- La conservation des poteaux en bois par l'emploi des fluorures. — R. Nowotny. — Elek-trotechnik und Maschinenbau, ia juin 1910.
- L’auteur signale un nouveau procédé pour la conservation des poteaux en bois et leur protection contre la moisissure. Ce procédé consiste à imprégner le bois par immersion dans une solution étendue de fluorure de zinc acide (ZnF2, 2 HP1): cette solution est, d’après des essais effectués par M. Malenkovic d’une part, et par M. le Dr Netzsch d’autre part, environ cinq fois plus active que le sulfate de cuivre ou le chlorure de zinc. Ces essais de laboratoire furent d’ailleurs confirmés par des essais pratiques entrepris en 1905 et qui donnèrent les résultats, suivants. Trois ans après la pose, aucun des poteaux imprégnés de fluorure de zinc ne présentait de trace de moisissure; au bout de quatre ans, 76 % de ces poteaux étaient encore indemnes. D’autres poteaux avaient été imprégnés de sulfate de cuivre; or,5o % de ceux-ci, au bout de trois ans,
- jours
- Fig. 1. —Quantité de solution de fluorure de zinc absorbée par différentes espèces de bois.
- et 65 % au bout de quatre ans, étaient attaqués par la pourriture ou déjà hors d’usage.
- D’autre part, si l’on n’atteint pas tout à fait avec ce procédé l’action antiseptique du sublimé, il présente l’avantage d’être sensiblement moins onéreux. Il sera donc employé très avantageusement dans le cas où il ne sera pas nécessaire d’avoir recours à un antiseptique aussi énergique que le sublimé, par exemple pour la protection de la partie supérieure des poteaux dont la base est encastrée dans un socle de fer ou de béton.
- La solution mère employée contient 20 % de fluo-
- rure de zinc acide (ZnF2,2 H F); son degré de concen-tration est de 25° Baumé. On peut, sans difficulté, la conserver et la transporter dans des tonneaux en bois. Lorsqu’on veut en faire usage, on l’étend en ajoutant de l’eau jusqu’à ce qu’elle n’accuse plus qu'un degré de concentration convenable ; la solution la plus employée est la solution à 5°. 5 Baumé.
- Des essais furent effectués sur des échantillons de bois de sapin rouge et de pin. Les résultats de ces essais sont indiqués par les courbes de la figure i. On a porté en abscisses les durées d’immersion en jours et en ordonnées les quantités dè solution absorbées par mètre cube de bois, d’une part, en kilogrammes et, d’autre part, en pour cent du poids de bois sec. Les courbes se rapportent les unes à des échantillons de sapin rouge (F), les autres à des échantillons de pin (K).
- Le chiffre placé au-dessus de chaque courbe indique le degré de concentration de la solution correspondante. On remarque d’abord que ces courbes ont une allure asymptotique assez prononcée, d’où il résulte que, dans la pratique, une durée d’immersion supérieure à sept jours correspondra à une perte de temps, la quantité de solution absorbée à partir de ce moment étant relativement très faible. On remarque également que le sapin rouge n’absorbe
- 0 1 s e t ta -tz
- jours
- Fig. a, — Poids de sel de zinc absorbé par mètre cube.
- qu’une quantité de solution égale à 0,4 fois environ la quantité absorbée dans le môme temps et dans les mêmes conditions par le pin.
- D’autre part, la quantité de solution absorbée est moindre avec une solution très concentrée qu’avec une solution de degré relativement faible, ainsi que l’indiquent les courbes de la figure 1 (courbes à 5°, 5 B et à 3°, 4 B).
- Mais si l’on considère, par contre, les poids nets de sel de zinc absorbés par mètre cube de bois, on voit que ces poids sont d’autant plus grands que l’on a opéré avec une solution plus concentrée (fig. 2) ; en outre, le sapin rouge, plongé dans une
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- solution à io° B, absorbe à peu près le même poids de sel de zinc que le pin dans une solution à 5°,5 B ; d’ailleurs, la solution à io° B n’a aucune action nuisible sur le bois ; il sera donc toujours préférable de faire usage d’une solution concentrée. Quant à l’influence de la température au moment de l’opération, elle est pratiquement négligeable, tant que celle-ci ne dépasse pas 4o° à 5o°; mais si l’on opère à des températures comprises entre 70° et ioo°, on voit que le bois absorbe, en quelques heures, lamême quantitéde solution que, en quelques jours, à la température ordinaire (fig. 3).
- h00
- fco M
- 200 250 200 150 100 âO
- £> 1 Z 3 •* £
- heures
- Fig. 3. —Quantité de solution absorbée par mètre cube à différentes températures.
- Mais, dans la pratique, il n’est pas toujours très aisé d’atteindre des températures aussi élevées ; on a essayé de réchauffer le récipient contenant la solution à l’aide d’un serpentin de plomb parcouru par de la vapeur d’eau, mais ce procédé a été reconnu trop coûteux, et il est préférable d’avoir recours à une immersion de plusieurs jours à la température ordinaire. Enfin, le degré d’humidité du bois employé a également une influence assez sensible sur la quantité de solution absorbée. Il sera donc recommandable de laisser sécher le bois pendant un temps suffisant, à l’abri de la pluie, avant de l’imprégner.
- Pour terminer, l’auteur mentionne des expériences récemment entreprises avec un autre produit dénommé « Bellit » à base de fluorure de sodium et qui aurait donné, au cours d’essais de laboratoire, des résultats comparables à ceux obtenus avec le sublimé. Mais il estime qu’avant de se prononcer définitivement sur la valeur de ce produit, il convient d’attendre des résultats pratiques.
- M. K.
- TRACTION
- Le Winnipeg Electric Railway. — Electric Railway Journal, 9 juillet 1 910.
- Le chemin de fer électrique de Winnipeg est une des premières lignes exploitées électriquement au Canada. A l’origine, en 1888, c’était une courte ligne à traction animale avec deux voitures; sa prospérité n’a fait que s’accroître depuis lors jusqu’à prendre actuellement les proportions d’un système étendu, comportant environ 170 kilomètres de lignes, presque toutes à double voie, une station hydroélectrique de 3o 000 chevaux dont une ligne de transmission transporte l’énergie à 104 kilomètres de distance, fournissant l’éclairage et la force motrice électriques à la ville et à diverses localités suburbaines.
- En 1900, ce raihvay a transporté 3 000 000 de voyageurs; l’année dernière, le total des voyageurs transportés s’est élevé au chiffre de 26 383 000.
- La caractéristique générale de cette ligne, c’est qu’elle se trouve totalement en palier, excepté aux endroits de croisement des voies ferrées à vapeur. C’est ce qui a favorisé la construction d’un excellent système de voies. D’autre part, le terrain d’assise des voies, composé de terres d’alluvions, offre une consistance meuble, et, comme il est d’une planitude irréductible, il ne présente aucune pente favorable à l’écoulement des eaux. Pour toutes ces raisons, la structurede la voie a été particulièrement soignée. Le rail adopté est du type Vignole de 18 centimètres de hauteur et du poids de 40 kilogrammes au mètre courant. Les files de rail sont posées sur des traverses en bois noyées dans une couche de béton. Sous la couche de béton s’étend un lit de pierres cassées occupant toute la forme de la voie et-servant de drainage, avec des décharges, vers le système d’égouts de la ville. Le bétonnage couvre les traverses d’une épaisseur de 0,10 mètre.
- Les fils de trolley sont suspendus à des fils de tension transversaux. La compagnie se propose de substituer à ce mode d’installation, dans les rues les plus larges de la ville, l’implantation de poteaux en acier dans l’entrevoie. Toutes les bandes de rails sont réunies par des fils flexibles de cuivre soudés électriquement à l’âme du rail.
- Régulièrement, les lignes sont parcourues par 106 voitures en service journalier, à l’exception des heures d’affluence, le matin et le soir, pendant lesquelles 15o voitures circulent. Ce sont de grandes
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- voitures à double boggie. Eu été, il y a addition de voitures de remorque, ce qui porte à 200 environ le chiffre des wagons en service. L’organisation du personnel comporte 600 motormen et conducteurs et 18 inspecteurs.
- Presque toute la recette s’opère par tickets, une très petite proportion par change de monnaie contre des tickets; ainsi, l’année dernière, les ventes de tickets sur place ont rapporté la somme de 3 315 000 francs sur une recette brute totale de i3 118 055 francs. Les tickets sont recueillis directement dans une boîte que tend aux voyageurs le conducteur ; il n’est pas permis à celui-ci d’insérer lui -même le ticket dans le récipient et il ne peut accepter de monnaie qu’à titre de change. Lorsqu’il prend son service le matin, il lui est remis une boîte dont il signe le reçu et il la garde jusqu’à la fin de son service. Il la transmet alors à un receveur et la signature du conducteur possesseur de la boîte est vérifiée par le caissier, de telle façon que, à la fin de la journée, toutes les recettes, provenant de toutes les boites, sont enregistrées.
- Dans cet article, sont fournis des détails fort intéressants sur la construction des voitures et sur l’organisation des ateliers et des dépôts.
- Nous avons mentionné la puissance totale de l'usine liydro-électrique. Pour être complet, nous ajouterons qu’elle est soutenue, à Winnipeg même, par une station à vapeur contenant des chaudières de 7 200 chevaux dont la vapeur alimente les moteurs des alternateurs d’éclairage et des dynamos branchées sur le réseau du railwajr.
- Le courant alternatif à 60 oorr volts, de la station hydro-électrique est transformé en courant continu à 55o volts pour la traction dans quatre sous-stations dont la principale abrite actuellement trois groupes de 800 kw.; deux autres possèdent chacune un groupe de 1 000 kw. et la quatrième un groupe de 800 kilowatts.
- La ligne de transmission a fourni du courant pendant plus de quatre ans ; une seule interruption, d’une durée de vingt-cinq minutes, est l’unique incident fâcheux qui se soit produit. Cette continuité de fonctionnement est un témoignage éloquent en faveur des établissements électriques et des lignes de transmission à longue distance.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Séparation électrolytique de l’huile contenue dansl'eau de condensation. — M. Goodwin
- et R.Ellis. — Communication au congrès de Pittsbourg. — Metallurgical and Chemical Engineering, juin 1910.
- Les recherches dont il s’agit ont pour point de départ un brevet anglais pris par Davis et Perretl en 1902 (1). Dans ce procédé on purifiait l’eau de condensation en la faisant circuler dans un récipient muni d’électrodes de fer.
- Les auteurs, après avoir indiqué plusieurs autres méthodes de purification et fait des hypothèses sur les phénomènes qui peuvent les expliquer, indiquent le résultat de leurs expériences.
- Les émulsions étaient préparées au moyen d’eau distillée et de pure huile de cylindre. Les particules d’huile en émulsion variaient de 0,0006 centimètre à 0,00006 centimètre et étaient chargées négativement, ainsi qu’il résulte de leur migration à l’anode sous l'influence d’une chute de potentiel.
- L’addition de solution diluée de carbonate de sodium ne produit pas la déémulsification.
- On obtient une déémulsification partielle (5o à 60 % ) par l’action d’un courant électrique et d’électrodes de platine.
- On obtient la déémulsification complète au moyen d’électrodes de fer.
- La partie essentielle du procédé est la séparation de l’huile par le carbonate de fer basique précipité à l’anode et entrant en contact avec les particules d’huile qui se dirigent vers cette même anode.
- Une agitation mécanique facilite la séparation.
- L’étude microscopique et microphotographique du phénomène montre l’huile retenue dans les mailles du précipité.
- L’hydrate de fer colloïdal, colloïde positif, effectue, s’il est présent en concentration suffisante, une déémulsification complète.
- Le carbonate de sodium coagule l’hydrate ferrique colloïdal à une concentration inférieure à la concentration nécessaire pour déémulsifier l’huile, et, par suite, si de l’hydrate ferrique colloïdal se forme au cours de l’électrolyse, il est coagulé par le carbonate présent avant d’avoir pu jouer le rôle de déémul-sificateur. Par suite, cet hydrate ferrique colloïdal ne joue aucun rôle essentiel dans le procédé. Il semble bien que le principal agent de déémulsification soit le carbonate ferreux basique formé pendant l’élec-
- (1) Brevet anglais n° 10 874.
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- trolyse. Le mouvement de l'huile vers l’anode favorise, dans une certaine mesure, l’association des deux substances. L’oxydation subséquente des sels ferreux en sels ferriques n’est pas essentielle, quoique l’hydrate ferrique précipité se soit montré un bon filtre.
- On a essayé un certain nombre de précipités comme filtres séparateurs d’huile.
- L’hydrate ferrique et l'ocre rouge sont parmi les meilleurs.
- L’étude pliotomicrographique de la coagulation produite dans les émulsions d’huile par des précipi-
- tés, émulsifiants on non, a montré que, en général, les substances (comme le sulfate ferreux basique, la chaux, l’alumine) qui agissent comme émulsifiants, peuvent aussi servir à déémulsifier le mélange. Les particules chargées positivement précipitent sur les globules d’huile chargés négativement ; c’est un phénomène analogue à celui de la précipitation de la vapeur d’eau sur les électrons négatifs.
- Avec des corps non émulsifiants, comme le sulfate de baryum et le chlorure de plomb, la précipitation n’a pas lieu sur les globules, mais en est entièrement distincte . M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones. — Recueil de documents français et étrangers publié par les soins d’une commission nommée par M. le ministre des Travaux Publics, des Postes et Télégraphes. — A. Dumas, éditeur, Paris. — Prix de l’abonnement. Paris : G francs. Départements et Colonies : 6 fr. 5o. Etranger: y francs.
- C’est le premier numéro d’une revue trimestrielle instituée par M. Millerand et s’adressant principalement au personnel des Postes, Télégraphes, Téléphones, que nous présentons ici.
- Très soigneusement édité, avec de nombreuses figures, il contient dans ses i3o pages, des articles inédits, un compte-rendu détaillé sur la deuxième conférence internationale, notamment sur deux des questions qui y furent discutées, de multiples extraits des périodiques étrangers et français concernant toutes les trois branches qui font l’objet des Annales. Mais on y trouve en plus, et surtout, les exposés des conférences faites à l’Ecole Supérieure des Postes, Télégraphes, Téléphones. Ce dernier point qui donne aux Annales le caractère d’une extension de la chaire de l’Ecole, contribuera puissamment, sans doute, à leur autorité et leur succès.
- A signaler particulièrement la conférence de M. Lippmann sur l’éleciro-capillarité qui est d’un intérêt général.
- En dernières pages, le lecteur se repose agréablement en parcourant les petites informations variées et trouve l’occasion de se renseigner sur les brevets récents.
- A en juger d’après le premier numéro, il y a, par
- l’apparition de ce périodique, encore une lacune de comblée. Th, S.
- The Polytechnic Engineer. — 1 volume
- in-8“ raisin de 144 pages. — PolvteciInic Institute, Brooklyn.
- Parmi quelques articles se rapportant à l'électricité (feeders négatifs pour traction avec retour par le rail de roulement; impédance des moteurs monophasés ; emploi des fonctions hyperboliques dans le calcul des lignes de transmission), nous signalerons un intéressant article de S-A-Iv. Barrelt, sur la commutation, où l’auteur cherche à envisager le cas, qui est celui qui se présente du reste dans la pratique, où plusieurs spires se trouvent à la fois mises en court-circuit.
- A côté de ces articles techniques signalons la reproduction d’une conférence deM. E. Stern intitulée « le jeune ingénieur civil », et dans laquelle l’auteur donne des conseils aux jeunes ingénieurs sur la marche à suivre pour assurer leur formation à la fois pratique et morale et assurer leur carrière à la sortie de l’école technique où ils ont conquis leurs diplômes. L’auteur recommande, comme un bon apprentissage pour le métier d’ingénieur civil, le passage dans une entreprise chargée de l’établissement d’une ligne de chemin de fer dans un pays jusqu’alors privé de toutes communications.
- A la suite de cet article, se trouvent reproduites certaines remarques qui furent faites au cours de sa discussion devant la « Polytechnic civil Engineering Society ». R. J.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Nouveaux tramways du South-Wales. — The Engineer, 11 octobre 1900.
- Les recettes totales brutes des tramways se sont élevées à 29 63g 200 francs ; elles n’avaient atteint que 274391^5 francs l’année précédente. Les dépenses d’exploitation atteignant 19 589673 francs se montrent en augmentation de 2 700 6g5 francs. L’addition de 12 nouvelles lignes, pendant l’année, en porte le total à 165 200 kilomètres de longueur: l’accroissement des dépenses s’explique par une plus grande libéralité des sommes affectées à l’entretien général et par une allocation de 623 000 francs attribuée à la dépréciation de l’usine centrale, installation et machines. C’est une comptabilité prévoyante.
- La production totale d’énergie électrique se chiffre par 56 462 781 kilowatt-heures répartis en 42 529 719 kilowatt-heures obtenus par courant alternatif et i3 923 062 kilowatt-heures par courant continu, soit une augmentation de 19,63 % sur la production de l’année dernière.
- En septembre 1909, deux nouveaux groupes turboalternateurs furent mis en service et un nouvel ordre a été passé au constructeur pour la fourniture d’un troisième groupe de même puissance.
- Un dividende net de 4,53 % est afférent au capital engagé. Recettes par trains-mille : 1 4^5 francs ; dépenses d’exploitation par train-mille : 1 i'r. i5 ; nombre de voyageurs transportés : 201 i5i 021.
- E. D.
- CHRONIQUE FINANCIERE
- Certains journaux financiers ayant porté un jugement très rapide sur les résultats à venir du chemin de fer Nord-Sud, il n’était pas sans intérêt de connaître l’impression du conseil de l’Omnium Lyonnais sur cette affaire à laquelle il a apporté son concours technique et financier. A l’assemblée générale du 28 novembre dernier, il a été officiellement déclaré que « l’affluence des voyageurs, le fonctionnement satisfaisant de la correspondance avec le Métropolitain,
- l’importance des recettes effectuées sur cette première section de la ligne répondent aux prévisions et consacrent le succès de cette entreprise ».
- En fait, les statistiques des recettes des premières décades restent sensiblement constantes et à un taux kilométrique inférieur à celui du Métropolitain. L’état d’avancement des travaux sur la section Notre-Dame de Lorette-Place Pigalle et sur la ligne de la gare Saint-Lazare à la Porte de Saint-Ouenpermet d’en escompter la mise en service au hours du premier trimestre de 1911. C’est alors seulement qu’on pourra formuler un jugement plus sûr, la ligne principale ayant ses deux terminus: porte de Versailles-porte de Saint-Ouen.
- La Compagnie poursuit d’autre part l’obtention de la concession définitive du prolongement de la ligne depuis la place Jules-Joffrin jusqu’à la porte de la Chapelle et d’un embranchement de la gare Montparnasse à la porte deVanves. L’intérêt financier de l’Omnium dans le Nord-Sud figure, pour une part qui reste inconnue, dans la somme de 2 064 478 fr. 5o du chapitre actions, chapitre qui comprend en outre les actions de là Compagnie des chemins de fer à voie étroite de Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier et extensions des tramways d’Avignon et des chemins de fer sur route d’Algérie.
- Au chapitre participations financières, qui sont inscrites à l’actif du bilan pour 978 5oo francs, le rapport explique que sa diminution de 566 33g francs sur le chiffre de l’exercice précédent provient de la réalisation de l’intérêt que l’Omnium avait pris dans le syndicat de garantie relatif à l’augmentation du capital du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud.
- Comme résultats généraux, l’exercice 1909-1910 de l’Omnium présente unbénélice brut de 2 176300 fr. o3, accusant une diminution de 5i3 2o5 fr. 92 sur le chiffre de l’exercice antérieur, résultant d’une moindre estimation des bénéfices réalisés par l’Omnium comme directeur des travaux. On sait, en effet, que cette fonction de directeur des travaux et de l’exploitation est la contre-partie de l’intérêt que l’Omnium prend dans certaines affaires. Ainsi un contrat le liait à la Société des chemins de fer sur route d’Algérie qui lui assurait une rémunération de i5 %
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- sur les produits nets d’exploitation au delà de 4oo ooo francs pendant dix ans ; ce contrat expirait en 1914 ; mais les résultats de la compétence et des efforts de l’Omnium pour améliorer le fonctionnement des services de cette Société dépassant de beaucoup les prévisions les plus optimistes de la Société, celle-ci, pour soulager le compte de profits et pertes des exercices à venir, a demandé à l’Omnium Lyonnais et obtenu de lui de répartir sur une plus grande période les participations probables auxquelles lui donnait droit son contrat antérieur, en relevant le chiffre de base à partir duquel s’appliquerait désormais son prélèvement de i5 % ; et, dans un avenant, il a été stipulé ce qui suit: l’Omnium proroge son concours, jusqu’au 3i décembre 1919; le chiffre de base à partir duquel s’appliquera sa rémunération de i5 % est relevé à 700 000 francs à partir du ier janvier 1910 ; à 800000 francs à partir du ier janvier 1914, à 1 000 000 à partir du ier janvier 1916. Toutefois un minimum de perception de 51000 francs est stipulé à partir du ior janvier 1911. Ainsi s’explique une partie de la diminution des produits bruts de l’exercice écoulé ; mais la combinaison qui assure à l’Omnium une participation intéressante pendant cinq années de plus est avantageuse pour ses actionnaires. Les Chemins de fer sur route d’Algérie qui exploitent 240 kilomètres de ligne et qui ont obtenu la concession de i44 nouveaux kilomètres dont le département prend à sa charge la construction et les fournitures, ont distribué, pour 1909,
- 10 francs aux actions de priorité et 6 francs aux actions ordinaires, ce dernier intérêt est en augmentation de 20 % sur celui réparti pour 1908.
- Si du chiffre des produits bruts de l’exercice on déduit les frais généraux (parts bénéficiaires de la direction comprise), qui s’élèvent à 4&4 266 fr. 29 et l’attribution de 75o 000 francs au fonds de prévoyance,
- 11 reste comme produits nets 1909-1910 une somme de 972 232 fr. 74 en diminution seulement de 34 844 fr. 04 sur le montant des bénéfices de 1908-1909. La réserve légale absorbe 48 611 fr. 69; et en ajoutant le report du précédent exercice, soit 72934 fr. 62, au solde créditeur,il reste 996 556 fr. 67
- qui ont été répartis comme suit :
- Aux 100 000 actions : 6 % soit...... 600 000 fr.
- Au Conseil d’administration i5 %
- sur 323 622 fr. o5 soit.......... 48 543,3o
- Aux actions : 2 % de dividende, soit. 200 000,00
- Aux parts de fondateur.............. 66 666,67
- Report à nouveau.................... 81 346,70
- La situation d’ensemble de l’Omnium peut res-
- sortir de la comparaison que fait le rapport entre le chiffre des réserves qui s’élevaient à 5oo 000 francs en 1903, qui est à 5 25o 000 francs en 1910 et les répartitions qui ont progressé malgré cela de 4 à 8 % . Le capital actions étant de 10000000 francs, et les réserves au chiffre ci-dessus, il faut constater en outre que l’Omnium dispose de 5 194 4 31 fr. 08 de disponibilités en caisse et en banque, sans compter 4 188 779 fr, o5 inscrits au chapitre débiteurs divers qui ne présentent aucun aléa. La Société pourra, de la sorte, suivant les déclarations mêmes de son conseil, s’intéresser plus largement que par le passé dans les grandes affaires dont elle poursuit l’étude et la réalisation et ajouter ainsi une nouvelle source de revenus à celle que lui procure l’utilisation de ses services techniques.
- La deuxième assemblée constitutive de la Compagnie Lorraine d’Electricité a eu lieu le 10 décembre. Le rapport des commissaires désignés par l’assemblée précédente concluait à l’approbation des apports détaillés de la manière suivante :
- Terrains à Nancy (5 521 mètres), fr. 280 000 Constructions (4 000 mètres couverts)................................ 1 000 000
- Matériel et machines................. 2 000 000
- Canalisations........................ 2 800 000
- Installations chez les particuliers... 3oo 000 Fonds de l’entreprise,concession,etc. 5 010 000 Soit un total d’apports de : francs.. 11 390 000
- L’assemblée a ratifié ces apports.
- La Société électrique du Toulois, dont nous avons eu déjà l’occasion de parler, a signé un contrat de fourniture de courant avec la nouvelle Compagnie Lorraine d’électricité et envisage dès lors le développement de son réseau sur toute la région du Toulois. Le conseil aura besoin pour cela de ressources nouvelles, mais ne voulant faire appel au public que sur l’assurance de résultats acquis ou plus que probables, il assurera lui-même, en attendant, la trésorerie de la Société. MM. Simon, entrepreneur de travaux publics, et Joubert, directeur actuel de la station de Nancy que vient de racheter la Compagnie Lorraine, font d’ailleurs partie désormais du Conseil, ce qui explique l’orientation donnée à l’affaire.
- L’électrification des chemins de fer en Allemagne a donné lieu à des essais rappelés plusieurs fois ici; ils ont été si concluants, que l’équipement d’un certain nombre de lignes est définitivement décidé. Avant la fin de l’année, les travaux d’électrification
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- seront achevés sur la ligne Billerfeld-Dessau, premier tronçon de la ligne Magdebourg-Leipzig-Halle, et l’annce prochaine on entreprendra les travaux sur la ligne de Dittersbach-Lauban, en Silésie, lignes traversant des contrées montagneuses. L’administration des chemins de fer se propose, à l’aide de ces deux lignes, d’étudier le nouveau mode de traction quant aux nécessités d’ordre militaire. Jlisqu’à présent }a traction électrique serait supérieure à la traction à vapeur, au point de vue économique tant qu’il s’agit de lignes à trafic très dense; dans les autres cas, l’avantage paraît rester à la vapeur.
- Les cours du Cuivre ont plutôt fléchi cette semaine Les statistiques des producteurs américains pour novembre sont cependant plutôt favorables. La diminution des stocks mondiaux depuis le i*r janvier s’élève à 27 851 tonnes. Mais, pour compenser cette réduction, il apparaît que les usines d’affinage reçoivent de plus fortes quantités de métal de l’extérieur. L’extension de ses usages est visible, bien que la situation industrielle en Amérique ne s’améliore pas et que la situation politique en Angleterre paralyse momentanément le commerce.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer de l’Est vient de commander 400 wagons couverts à la Société Lorraine des Anciens Etablissements de Dietrich.
- Portugal. — La Companhia Carris de Ferro de Porto a demandé la concession d’un tramway électrique à établir entre Estrada da Circunvallaçao et Venda Nova (Oporto).
- Espagne. — La Compagnie des chemins de fer Madridr Saragosse-Alicante a passé commande à la Société Espagnole de Constructions mécaniques de 2 000 wagons de marchandises livrables en 21 mois.
- Allemagne. — La Société Bergmann Elektrizitâts-Un-ternehmungen, de Berlin, a conclu avec la ville de Mayen (Eilfel) un contrat pour la construction d’un chemin de fer électrique qui desservira la région minière du district. La dépense totale comporte un million de marks, dont 855 000 marks pour l’installation de la ligne et i45 000 marks pour le rachat de l’usine électrique de la ville.
- Russie. — La municipalité de Samara a ouvert un concours pour l’établissement d’un réseau de tramways électriques et pour l’extension de l’éclairage électrique de la ville.
- Les cahiers des charges sont à la disposition des intéressés à l’Hôtel de Ville, contre le versement de 10 roubles.
- Le délai, pour la déposition des projets à la municipalité, est du 1e1'janvier 1911.
- Les prix du concours sont les suivants : ier, 4 000 roubles ; 2e, 2 000 roubles; 3e, 1 000 roubles ; 4°> et 5e, 5oo roubles à chacun.
- ÉCLAIRAGE
- Nord. — L’Energie électrique du Nord de la France va procéder à l’installation, dans son usine centrale de Wasquehal, d’un groupe à vapeur de 8 000 chevaux. Elle a projeté 5o kilomètres environ de lignes électriques de distribution aériennes pour l’alimentation de ses nouveaux abonnés.
- Italie. — La préfecture de Lazio a accordé à la Societa Laziale di Elettricita l’autorisation de fournir l’éclairage électrique aux districts de Palombara, Mon-tecelio, Monterodondo et Mentana.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris. — La Chambre de commerce de Paris est autorisée à avanoer à l’Etat, au fur et à mesure des besoins, une somme de 3ooooo francs en vue de concourir aux dépenses de construction de circuits téléphoniques.
- Eure. — La chambre de commerce d’Evreux est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 12 070 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Ponl-Audemer-Hon fleur.
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- Pari's.: .—• La Compagnie Générale Radiotélégraphique de Paris vient d’obtenir de la Marine française une commande de 6 stations radiotélégraphiques complètes pour cuirassés et de 12 stations radiotélégraphiques complètes pour contre-torpilleurs.
- A. l’heure actuelle, celte Compagnie a fourni à la marine française 5i stations radiotélégraphiques pour cuirassés, 79 pour contre-torpilleurs, 9 pour stations côtières et 14 pour bâtiments de seconde ligne.
- DIVERS
- Japon.— Le rapport de M. F. Pila, attaché commercial en Extrême-Orient, nous donne les renseignements suivants sur les entreprises d’électricité au Japon.
- En ces derniers temps, les entreprises d’électricité tant pour l’éclairage que pour la force motrice ont pris une importance considérable. Les grandes villes se pourvoient les unes après les autres d’un réseau de tramways ; et entre villes proches, en plusieurs endroits déjà, les tramways courent parallèlement aux trains. Cette multiplication des affaires de tramways entre pour une parj appréciable dans l’accroissement de la demande de machinerie électrique. La fabrication indigène, malgré ses progrès, ne peut encore y suffire. Elle est surtout trop coûteuse en comparaison de la production étrangère. Celle-ci a donc encore une place assez grande.
- En 1909, l’importation des voitures et wagons électriques, entiers ou en pièces détachées, a plus que doublé; elle a passé de ï 200 000 francs à 2 900 000 francs. La provenance de ce matériel est principalement américaine, puis anglaise.
- Les services publics et privés d’éclairage s’étendent de ville en ville. En janvier 1909, ils représentaient 45 000 kilowatts. Mais c’est surtout comme source de force motrice, que la production de l’électricité s’est développée en ces dernières années et tend à s’accroître de plus en plus. En 1904, elle n’était à ce litre que de 38 000 kilowatts ; à la fin de l’année 1909, elle atteignait i85 5oo kilowatts. Cette augmentation est due surtout à l’emploi de l’électricité dans les moyens de transport. Les entreprises de tramways électriques, en particulier, se sont multipliées considérablement.
- Il est à croire que ce succès de l’électricité au Japon n’en est qu’à ses débuts, si l’on envisage le nombre des entreprises ou des projets qui ont surgi depuis trois ans pour l’ulilisation des forces d’eau sur toute l’étendue du territoire, et principalement aux environs des grandes villes. Les Japonais ont eux aussi supputé leurs ressources en houille noire, et se sont mis à évaluer tout le parti qu’ils pourraient tirer de la houille blanche et de la houille verte, dont leur sol est abondamment pourvu. Le gouvernement a décidé, de procéder sans retard à une vaste enquête à ce sujet, pour apprécier aussi complè-
- tement que possible les disponibilités naturelles du pays. Des organes administratifs spéciaux vont être créés à cet effet. Le territoire a été divisé en circonscriptions pour la poursuite méthodique des recherches. La Diète a voté dans sa dernière session les crédits nécessaires.
- Le gouvernement a, d’autre part, l’intention de mettre un terme à la temporisation trop intéressée des personnalités ou sociétés, qui ayant obtenu depuis plus ou moins longtemps des concessions de forces hydrauliques les détienuent sane. autre but que la spéculation, attendant le moment où ils pourront céder leurs droits avec profit. Le fait est que parmi les entreprises hydro-électriques qui surgirent si nombreuses après la. guerre, très peu ont commencé leurs opérations. Les principales n’existent encore que sur le papier, et n’ont pas encore la disposition des fonds considérables qui leur sont nécessaires. Une dizaine d’entre elles ont leurs centres dans les environs de Tokyo et visent à l’alimentation des transports des industries de la capitale. L’une d’elles a comme mandataire un de nos compatriotes qui s’occupe actuellement de l’organiser pratiquement. Deux autres de ces compagnies, peut-être les plus importantes, avaient réussi à intéresser à leurs projets des hommes d’affaires anglais, qui devaient procurer la plus grande partie des capitaux nécessaires. Mais, aux dernières informations, les pourparlers, quoique assez avancés, ne semblaient pas devoir aboutir. L’une de ces compagnies a même déjà décidé de ne faire appel qu’aux capitaux indigènes. Il se peut que toutes deux fusionnent.
- Voilà où en sont les entreprises électriques dans ce pays. Elles intéressent encore surtout l’avenir. Et c’est pourquoi elles méritent de fixer l’attention des industriels de tous pays; car il y a encore pour les fournitures requises beaucoup de places à prendre.
- Déjà l’importation des machines électriques et du matériel exigé par les services qui les emploient, atteint un chiffre assez respectable. En 1909, ce chiffre pour les dynamos, moteurs électriques et autres appareils de même nature, a été de plus de 7 700 000 francs. Les Etats-Unis avaient été jusqu’alors le principal fournisseur de ces machines; mais, en 1909, leurs ventes ont diminué au profit de celles de l’Angleterre et surtout de l’Allemagne.
- Parmi les accessoires qui entrent dans la composition du matériel des entreprises électriques, il y a avant tout les câbles sous-marins et souterrains, et les fils isolés. L’importance a été, en 1909, pour les premiers, de 925 000 francs, et pour les seconds de plus de 3 900 000 francs. En ce qui concerne la première catégorie de ces fournitures, la Grande-Bretagne, puis l’Allemagne sont les principales importatrices. La France elle-même a fait, en 1907, une vente de 275 000 francs environ.
- Quant à la seconde catégorie, fils isolés, surtout ceux comportant l’usage de la gutta-perclia, la Grande-Bre-
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- tagne en première ligne, puis l’Allemagne et les Etats-Unis sont les pays où ont lieu surtout les achats faits à l’étranger. La France, depuis quelques années, envoie de son côté régulièrement quelques fournitures, mais celles-ci ont à peine dépassé 280 000 francs en 1908.
- Il existe une industrie japonaise pour la fabrication soit de machines, soit d’accessoires électriques. L’importation est obligée de compter maintenant dans une certaine mesure avec cette industrie, qui est, il est vrai, handicapée par son manque de spécialisation et le coût élevé de ses produits.
- Les « Shibaura Engineering Works », de Tokyo, sont le principal établissement japonais qui fabrique des machines électriques. Mais ses moyens ont été jugés insuf. lisants. On projette donc la formation d’une grande « Electric Works Company », au capital de 2 millions de yen, compagnie dont les éléments seraient les « Shibaura Works », la « Tokyo Electric Cy », et la compagnie américaine « Général Electric C° ». La société américaine, dont la part serait d’un quart dans la constitution du capital, ferait cession à la nouvelle compagnie de tous ses brevets,actuels et futurs. Ce projet, qui est en cours déjà depuis trois ans, semble sur le point d’aboutir.
- Les Japonais, riches en cuivre, fabriquent au,ssi une assez grande quantité de fils qui sont nécessaires à leurs entreprises électriques. Leurs deux principaux établissements consacrés à cette fabrication sont la « Fu-rukawa Mining Cy » et la « Yokohama Electric Wire Cy », qui sont en train d’accroître leur production. La seconde de ces deux maisons, en présence de la demande croissante, va entreprendre notamment très prochainement la confection des câbles téléphoniques souterrains. Un ingénieur anglais doit, paraît-il, être engagé à cet effet; les machines ad hoc seraient déjà commandées. On commencerait les travaux à la fin de cette année.
- L industrie japonaise s’applique aussi avec succès à la production des supports isolants pour fils électriques. L’industrie japonaise va transformer et développer sa fabrication des lampes et globes électriques. Jusqu’à présent, elle avait employé dans cette fabrication les filaments de charbon. Pour répondre au désir de la clientèle, l’« Osaka Electric Light Cy » aurait décidé de fournir désormais, des lampes à filaments métalliques. Mais d’une part) l’industrie japonaise ne peut se servir de ce procédé de fabrication, sans acquérir l'usage des brevets, et d'autre part, les nouvelles dispositions douanières
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- font, paraît-il, qu’i! est impossible aux globes et lampes à filaments métalliques, importés de l’étranger, de soutenir la concurrence de ceux qui sont fabriqués au Japon avec des filaments de charbon. Des industriels américains auraient dès lors l’intention de former un syndicat avec des fabricants de globes et lampes de Tokyo, auxquels ils fourniraient le matériel nécessaire en vue de la vente d'ampoules à filaments métalliques. Par ailleurs, l’« Osaka Electric Light Cy » se serait arrangée avec des fabricants allemands de semblables articles, pour importer ceux-ci en parties détachées, afin de les monter sur place. En attendant, l’importation des globes et des lampes électriques, entiers ou én parties, n’est bon an mal an que de 200 000 à 400 000 francs.
- Ces quelques détails concernant le matériel électrique sont donnés beaucoup moins en raison des affaires, si peu considérables, que nous faisons présentement dans cet ordre, qu’en prévision de celles que nous devrions tenter de faire, pour profiter nous aussi de l’importance de plus en plus grande des entreprises électriques dans ce pays.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Compagnie Electro-Mécanique, Le Bourget.
- Turbines à vapeur système Brown, Boveri-Parsons, —- Relevé des groupes électrogènes livrés ou en commande au 3i mai 1910.
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Compagnie des Tramways électriques de Pêrigueux.— Constituée le 19 décembre 1910. — Durée : 60 ans. — Capital : 55o 000 francs. — Siège social : rue de Bordeaux, Pêrigueux.
- Société des Forces motrices réunies du Lignon de la Loire.
- — Constituée le 19 décembre 1910. — Durée : 5o ans.
- — Capital : 1 200 000 francs. — Siège social : place de l’Hôtel de Ville, Boën-sur-Lignon (Loire).
- kiw. — ïmwvebik levé, rue cassette, 17.
- L» Gérant : J.-H. Nomvr.
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- Trente-dèuxltme année.
- SAMEDI 31 DECEMBRE 1910. Tome XII (3« Mrle). — N” 53.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 417. — A. Blondel. Calcul rapide des conducteurs aériens au moyen d’un abaque unique, p. 419.— Capitaine P. Brenot. Chronique de télégraphie sans fil. Nouveaux instruments de mesure, p. 427. —J. S. Stone. Périodicités et. coefficients d’amortissement de deux circuits oscillants accouplés, p. 435.
- Extraits des publications périodiques. — Transmission et distribution. Les cellules d’aluminium comme protection contre les surtensions, p. 441. — Appareils pour circuits à haute tension, p. 442* — Usines génératrices. Dosage de la vapeur dans les gazogènes par aspiration, A. Biîzaguet, p. 443. — Électrochimie et Electrométallurgie. Progrès des fours à induction, T. Rowlands, p. 443. — Chronique industrielle et financière. — Documents d’exploitation. Traction électrique dans les mines, C. Brown, p. 444. — Chronique financière, p. 444. —Renseignements commerciaux, p.446.
- ÉD1T OKIAL
- L’importance de la série de travaux sur les 1 lignes aériennes que publie actuellement notre Revue n’a pas besoin d’être soulignée. Elle comprend déjà, en outre de documents administratifs promulgués cette année, les méthodes pratiques de calcul exposées par MM. Maxime et Robert Weil. D’autre part, nous y ajouterons très prochainement les nouveaux abaques établis par M. A. Blondel, ainsi que des documents pratiques d’un usage immédiat (*).
- (*) Tous ces documents, et sans doute quelques autres, seront réunis en un seul volume, offert en prime gratuite, sur demande,à nos nouveaux abonnés pour l’année 1911.
- La publication de ceux de ces travaux qui sont encore inédits, sera forcément un peu échelonnée, et nous
- Le calcul des lignes aériennes étant d’ailleurs basé sur l’abaque universel proposé par M. A. Blondel au congrès de la Houille blanche (Grenoble 1902), l'occasion nous a paru propice pour reproduire cet abaque,ainsi que les parties essentielles de la communication dont il a fait l’objet principal.
- Nous avons déjà dit quelques mots des appareils de mesure à deux aiguilles dont l’usage vient d’être récemment introduit par
- sommes obligés de demander à cet égard quelque crédit à nos lecteurs, en raison du nombre des manuscrits qui sont actuellement aux mains de la Rédaction, et des exigences impérieuses de l’actualité.
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- M. le Commandant Ferrié dans la technique radiotélégraphique.
- Dans la chronique cle télégraphie sans fil que nous publions aujourd’hui,^!, le Capitaine Brenot donne de ces appareils une description plus étendue.
- La mesure des fréquences et des résistances n’est qu’une partie de leurs applications; c’est ainsi qu’ils peuvent également être employés comme volt-ampèremètres, circonstance que M. Béthenod a mise à profit pour en faire des indicateurs de vitesse dans les moteurs de traction.
- Il est difficile d’obtenir des expressions exactes des coefficients d'amortissement et des périodicités de deux oscillateurs accouplésî, car il est nécessaire de résoudre préalablement une équation du quatrième degré.
- On a déjà indiqué, pour faire aboutir le calcul, des hypothèses simplificatrices, mais, d’après M. J.-S. Stone, elles ont l’inconvénient de ne pas toujours correspondre à la réalité. Il en propose une autre qni s’accorderait très bien avec les différents cas possibles, quelles que soient les conditions d’amortissement et d’accouplement.
- L’auteur pose à nouveau les équations du problème, d’abord dans le cas où les deux circuits n’ont aucune influence l’un sur l’autre, puis lorsqu’ils sont accouplés. L’artifice de calcul employé ramène le second problème àu premier, c’est-à-dire équivaut à remplacer l'équation du quatrième degré par deux autres, du second, dont la résolution est facile.
- M. J.-S. Stone donne également l’expression de la self et de la résistance apparentes des deux circuits et trace en fonction de l’accouplement les courbes de variations de ces: grandeurs, ainsi que oelles des périodicités; libres et propres, et des coefficients d’amortissement des deux circuits.
- On connaît l’emploi des cellules d'aluminium comme protection contre les surtensions ; il est nécessaire de les « réformer » de temps à autre et c’est ce qu’il est possible de faire aisément, en disposant convenablement les parafoodres à cornes, dans l’appareil que nous décrivons.
- Nous faisons ensuite une revue rapide de quelques appareils américains, récemment brevetés et destinés aux circuits à haute tension.
- Nous signalons en quelques mots une étude de M. A. Bëzaguet où il détermine le dosage de la vapeur dans les gazogènes par aspiration.
- D’une étude récente de M. T. Rowlands, consacrée surtout aux fours Kjellin-Colby et Rôchling-Rodenhauser nous extrayons quelques chiffres qui donnent une idée des progrès effectués dans le domaine des fours à induction.
- Enfin,sous la rubrique Documents d’Exploitation, nous donnons d’après M. G. /Brown quelques renseignements sur \la traction électrique dans\les mines de l’Afrique dnSusd.
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- CALCUL RAPIDE DES CONDUCTEURS AÉRIENS AU MOYEN D’UN ARAQUE UNIQUE <n
- • RAPPEL DES FORMULES ET DU CALCUL DES LIGNES AÉRIENNES
- Comme on le sait, le calcul des conducteurs aériens a pour but de déterminer les efforts mécaniques auxquels sont soumis les conducteurs eux-mêmes et leurs supports dans les conditions les moins favorables de la pratique. A cet effet, on calcule la tension au point le plus bas de la chaînette formée par le conducteur, et la tension au point d’attache, qui en diffère peu, et on en déduit les efforts par unité de section du métal et de la matière du support. On fait ce calcul dans diverses hypothèses de température et de pression du vent, prévues par les règlements, et en tenant compte de la flèche initiale au moment de la pose, et par conséquent de la tension de pose. La flèche est elle-même limitée indirectement par la hauteur minima des conducteurs prescrite par les règlements et par la température maxima de la région d’emploi. Pour choisir les meilleures conditions, on est conduit à des tâtonnements, au cours desquels le problème peut être retourné de façons differentes. Mais, dans tous les cas, on n’emploie guère que deux équations, bien connues, dont l’une relie la flèche f\ la portée, la tension T au point has et la force répartie uniformément le long du fil, et l’autre relie les variations de cette force, de la tension et de la température, en fonction de la portée. Pour plus de clarté, nous allons les rappeler brièvement et sans démonstration (*).
- (•) Cette conférence a été présentée par M. Guilbert, à Chamonix,le i3 septembre 1902, au nom de M. A.Blondel.
- (2) Voir par exemple à ce sujet l’excellent Aide-mémoire de M. Picou sur les canalisations aériennes, et les Traités de construction des lignes de Boussac- et Massin, ou de Weiller et Vivarez.
- Appelons :
- x, la portée libre entre supports consécutifs (distance horizontale entre les supports) ;
- le coefficient d’élasticité du métal des conducteurs ;
- T, la tension, en kilogrammes par millimètre carré du métal, au point le plus bas de la chaînette, et -c la tension totale au même point ;
- a, le coefficient de dilatation ;
- f\ la flèche ; 0, la température ; it, la pression uniformémentrépartie (poids propre, poids du verglas, pression du vent) rapportée également à la section, c'est-à-dire exprimée en kilogrammes par mètre de longueur et par millimètre carré ;
- p, la même pression, mais totale, en kilogrammes par mètre.
- Si les conditions de pression, tension, température, flèche, viennent à changer, nous emploierons les mêmes lettres, avec un accent, pour distinguer les nouvelles valeurs des précédentes.
- L’équation de la flèche s’écrit :
- et l’équation des changements de conditions :
- Nous négligeons, comme on le fait d’ordinaire, pour simplifier, la différence entre la tension T et la tension au point d’attache, qui est accrue du poids (ou delà force jouant le même rôle) de la demi-portée attenante.
- Toute la complication des calculs résulte de ce que la seconde équation est résolue par rapporta 0, variable indépendante, et est
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- au contraire du troisième degré par rapport à T qu’on désire calculer.
- Pour tourner la difficulté, M. Loppé, dans un ouvrage plein de renseignements utiles, et bien digne à tous égards d’être connu et recommandé, a recours à une méthode de tâtonnement ou d’approximations successives, qui est bien suffisamment exacte, mais qui est assez pénible encore. Aussi, comme d’autres auteurs qui l’ont précédé, aboutit-il à l’emploi de tables toutes calculées, représentées commodément par des courbes.
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- MÉTHODES GRAPHIQUES ANTÉRIEURES
- Cela m’amène à rappeler les solutions graphiques antérieurement proposées. La plus ancienne a été l’objet d’un beau mémoire de M. Barbarat, dans les Annales de Télégraphie (1890), et est utilisée par MM. Lazare Weiller et Yivarez dans leur Traité classique des lignes électriques. Elle présente le gros inconvénient de s’appliquer seulement aux efforts pi’oduits par le poids propre des conducteurs. Les coordonnées sont les coefficients de travail du métal (en fonction de la charge de rupture) et les variations de températures. Quelques années après, MM. Herzog et Stark ont publié une autre table plus simple avec les poi’tées et les variations de températures comme coordonnées, qui se rapproche davantage de la solution que j’indiquerai, mais qui ne se prête qu’à l’étude dans des conditions données de tempéi-ature initiale, et ne prévoit pas non plus le calcul des effets du vent et du verglas. Enfin, M. Loppé a donné une solution plus complète, comprenant un grand noixibre de planches, comme celle de M. Barbai’at, mais avec des coordonnées plus directement utiles, à savoir les variations de flèche en fonction des flèches initiales, pour diverses tensions initiales, chaque épure s’appliquant à une cei’-taine augmentation fixe de tempéi’ature. Cette solution permet de tenir compte des efforts auti'es que le poids propre.
- Il m’a paru que le défaut commun de ces solutions, toutes fort ingénieuses, était leur complexité relative, qui effi’aie les débutants, et leur manque de généralité. J’ai cherché à simplifier au contraire la question en la ramenant à une épure unique, permettant par de simples artifices de tenir compte des efforts éti’angers, et de mettre bien en évidence les compai’aisons des influences des divers facteurs.
- ARA.QUE UNIVERSEL PROPOSÉ
- Je remarque simplement que la seconde équation contient au second membre une différence de deux valeurs d’une fonction, que j’appelle 3/, et j’écris.
- A «*;r* T ' V — * — _E’ .
- et je pi’ends cette fonction comme varia-ble, ou, ce qui revient au même, la valeur 0 cori'espondante. En construisant les courbes de 0, on aui’a ensuite les variations de température en faisant simplement la différence des ordonnées. Peu importe donc l’origine des coordonnées de 0, qui sera ai’bi-ti’aire. Je la choisis simplement de façon à bien disposer les courbes dans l’épure.
- Celle-ci s’établit en prenant comme abscisses les portées (condition essentielle qui a échappé à d’auti’es ingénieurs), et en ordonnées d’une part les valeui’s de 6 et non pas 0 — 0' et, d’autre part, en marquant sur l’épure les valexxrs cori’espondantes de f. On obtient ainsi deux familles de coui’bes indépendantes, l’apportées seulement à des abscisses communes. Dans la première famille les courbes se difféi’encient par les valeurs fixes attribuées à la tension T par millimètre cai-ré. Pour toutes, on suppose la foi’ce ré-pai’tie w constante et égale à celle due au poids propre du conducteur, c’est-à-dii’e que ^ est le poids spécifique dans ce cas. On verra tout à l’heui’e que cela ne gêne pas pour calculer les efforts dus aux forces supplémentaires du vent ou du verglas.
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- On peut tracer un abaque de ce genre pour chaque nature de métal, caractérisée par ses coefficients d’élasticité E et de dilatation a, et son poids spécifique %. Je me suis borné, pour le moment, à dresser un abaque applicable au métal le plus usuel en pareil cas, le bronze silicieux ou phosphoreux, en lui attribuant les constantes suivantes :
- % == o,oô8p E == i3.ioc a =* o,000018.
- Le réséâu des courbes T, paraboliques d’aspect, est celui des fonctions 0, pour des coefficients de travail T variant de kilogramme en kilogramme de 1 à 20 kilogrammes par millimètre carré. Bien que, en général, il ne faille pas dépasser un pareil chiffre, on a ajouté à titre de document les courbes correspondant à 22,5 et 25 kilogrammes.
- Les ordonnées indiquent les températures rapportées à un zéro arbitraire et dénué de toute signification. La graduation ne doit servir qu’à mesurer des différences d’un point à un autre.
- Le second réseau de lignes tombantes f,. désignées chacune par un chiffre de flèche, est déduit du premier en déterminant sur les courbes de celui-ci les points correspondants à une même flèche et les réunissant ensuite par une courbe continue.
- Les flèches varient d’abord de 5 en 5 centimètres, puis de 10 en 10 et enfin de 25 en 25, pour les portées croissantes, de façon à permettre de lire l’abaque toujours à peu près avec une même précision.
- Les portées représentées par les abscisses, à raison de 1 /2 millimètre par mètre (précision très, suffisante), se prolongent jusqu’à 3oo mètres, non pas qu’on ait en vue des portées aussi considérables, car en général on ne dépasse guère 60 mètres, mais parce que cette extension permet de calculer les efforts dus au vent, par l’artifice indiqué plus loin avec détails.
- L’épure ainsi établie rentre dans la catégorie des abaques les plus simples.
- Il nous reste maintenant à expliquer la façon d’employer l’épure pour le calcul : nous indiquerons, successivement deux cas, celui
- où les conducteurs ne travaillent' que sous leur poids propre, et celui où ils sofit soumis à des efforts supplémentaires par l’action du vent et du verglas.
- APPLICATION DE x’aBAQUE
- i° Conducteurs soumis seulement à Faction de leur poids propre. Dans ce cas, rien de plus simple : on cherche sur Taxe desabscis-sés la lortgeur correspondant àïa portée choisie et on suit la verticale à partir de ce point. Les points de rencontre avec les courbes d’effort définissent ces efforts ; et leurs positions rapportées au réseau des courbes de flèche indiquent, à simple vue, les flèches correspondantes à ces divers efforts du métal, ou inversement. On peut donc, en suivant la verticale de la portée fhiée, voir la relation entre la flèche et le travail du métal.
- Les comparaisons des flèches et des efforts pour diverses portées s’en déduisent aussi facilement. Il suffit de suivre, par exemple, une courbe de flèche constante, de prendre ses intersections avec les courbes d’effort, et de lire les abscisses correspondantes, pour connaître les portées compatibles avec chaque coefficient de travail du métal sous la flèche constante donnée. Réciproquement, en suivant une courbe d’efforts, on verra quelles'flèches sont compatibles avec chaque portée.
- Les figures 2, 3, 4 donnent des exemples numériques de ces applications immédiates : on opère en plaçant sur l’abaque un papier calque sur lequel on suit les lignes âu crayon ou à la plume. Nous reproduirons les lectures à part.
- La figure 2 montre que, avec une portée de 5o mètres, des coefficients de travail différents correspondent aux flèches suivantes :
- T. 8 kg/mm2. Flèche o,35 m.
- » g » » o,315 » environ.
- » 10 » » 0,28 »
- » I I » » 0,25 »
- Etc. Etc.
- De même, la figure 3 montre que, avec un
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- même travail du métal de io kilogrammes par millimètre carré, on devra prendre des flèches) et des portées se correspondant comme il suit :
- Flèches : o,o5 — o,io — o,i5 —0,20 — o,25 —o,3o— o,35— o,4o.
- Portées : 21:,5 —3a— 36 — 4a>5— 4?^ — 52 — 56 —<6o environ.
- Inversement, la figure 4 montre qu’une flèche constante de ©,5o produit des tensions du métal correspondant aux portées comme il suit :
- Tensions : 9 — 10 — 11 — 12 — i3 — 14
- — i5.
- Portées : 60 — 63,5 — 66,5 — 69,5 — 72,5
- — 75 — 78 environ.
- Ces résultats sont indépendants du diamètre du conducteur et ont une valeur absolue.
- place le régime de a en b, le fait travailler à 9,1 kilogrammes seulement, en lui donnant une. flèche de o,3o5 environ. De même, um refroidissement de 20° au-dessous de a, mesuré sur les ordonnées, amène le point a en c, et on voit qu’alors le travail est accru jusqu’à i4,i5 kilogrammes environ, et la flèche réduite àun peu moins de 0,20.
- 3° Influence des surcharges. — L’effet des surcharges peut se traduire très simplement dans les formules données plus haut par une modification du poids spécifique tc, car nous avons dit plus généralement querc représente l’effort uniformément réparti par unité de longueur (le mètre) et rapporté à l'unité de section (le millimètre carré). On calculera donc préalablement, comme on l’indiquera
- Fig. 4.
- Mais ceux delà figure 2 peuvent aussi s’appliquer à un seul et même conducteur, quand on fait varier sa température sans changer sa longueur donnée.
- 20 Effet du poids propre et de la température. — La portée restant constante, les divers points de la verticale correspondante, qui représentent des coefficients de travail et des flèches différents, indiquent aussi, par leurs distances verticales, les variations de température qui produisent ces changements de régime sur un même conducteur. Par exemple, la figure 2 montre qu’un conducteur de 5o mètres de portée, avec flèche de 0,25, à une certaine température inconnue, travaille à 11 kilogrammes (point a) et qu’un changement de température de io° en plus, qui dé-
- plus loin, la valeur de - résultant de l’action d’un certain vent et d’un certain verglas, composée avec celle du poids propre, et il suffira d’introduire la nouvelle valeur %' dans les équations, pour que celles-ci donnent la solution cherchée.
- Mais on ne peut songer à construire un nouvel abaque pour chaque valeur de ic. J’ai donc recours à l’artifice suivant, qui conserve le même abaque et en déplace seulement la région d’application.
- Je remarque que les équations 1 et 2, dont les seconds membres centiennent tc, subissent des changements équivalents, quand on multiplie par un certain facteur m soit n tout seul, soit f et x à la fois, tout en laissant r. constant. Au lieu de modifier % et par suite l’abaque, nous pourrons donc conserver le
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- même abaque en modifiant f et x, c’est-à-dire en remplaçant la travée par une autre semblable, dont le rapport de similitude est le facteur par lequel on aurait dû multiplier le poids spécifique pour tenir compte de la surcharge.
- EXEMPLE NUMÉRIQUE
- Un exemple numérique éclaircit aisément cette méthode. Supposons, par exemple, que nous ayons à faire une travée de 5o mètres travaillant à io kilogrammes sous son poids seul, à une température connue, et qu’on nous demande comment ce coeiïicient et la flèche seront modifiés à la même température
- le tiers de celle lue sur l’abaque i,8o, c'est-à-dire par conséquent o,6o.
- Plus généralement, on peut tenir compte en même temps d’une variation de température en abaissant l'ordonnée du point représentatif d’une quantité correspondante.
- Par exemple, supposons que, à l’action de la surcharge de 200 % ci-dessus, s’ajoute l’effet d’un refroidissement de 20°. On comptera, sur l’ordonnée de i5o mètres, une hauteur de 20° au-dessous du point b, et le nouveau pointe ainsi obtenu définira le nouvel équilibre. Il indique un travail du métal T = 17 kilo-
- grammes par millimètre carré et une flèche f~- 1,47. La flèche réelle est le tiers de ce chiffre, soit 0,49. Ainsi se trouve déterminé
- par une surcharge dont l’action calculée équivaut à une augmentation de 200 % du poids spécifique.
- L’épure nous indique d’abord (fig. 5) que la flèche initiale est environ 0,27a. Puisque la température reste constante, le nouveau point d’équilibre b sera sur la même horizontale que le point initial a. D’autre part, tripler le poids spécifique, comme nous devions le faire, équivaut, d’après ce qui précède, à tripler la portée et la flèche. Le point b est donc le point de l’horizontale ab qui correspond à l’abscisse i5o. Il est ainsi déterminé. L’effort correspondant, lu sur l’abaque directement, est 13,85 kilogrammes par millimètre carré environ, etla flèche sera
- instantanément le changement dû à la surcharge combinée avec un refroidissement.
- Marche rationnelle cl'un calcul. — Il est aisé de voir, d’après ces applications, comment on doit diriger en général les tâtonnements du calcul des conducteurs satisfaisant aux prescriptions administratives.
- Celles-ci imposent une hauteur minima. Le type du support fixe la hauteur des points d’attache. On peut donc considérer en général comme une donnée initiale la flèche maxima, correspondant à la température maxima, sans surcharge. (Il est aisé de voir que l’action du vent, qui accroît la flèche, incline le plan du conducteur, de telle sorte
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- que la nouvelle flèche est l’hypoténuse d’un triangle formé par un déplacement horizontal et une flèche verticale, qui ne dépasse jamais celle qu’on aurait sous l’influence du poids propre sans vent.)
- Une seconde donnée est le refroidissement maximum, accompagné d’une certaine surcharge de verglas. Une troisième donnée est la surcharge maxima produite par le vent à la température moyenne. Pour les petits fils, c’est en général cette dernière condition qui produit les conditions de travail maxi mum du métal. Il est rationnel de se fixer un maximum de ce travail, qui, pour les bronzes usuels et le cuivre écroui, sera, par exemple, le tiers de la résistance limite (45 kilogrammes), soit i5 kilogrammes.
- Dès lors, la question à résoudre par l’abaque se réduit en général à celle-ci : Connaissant la flèche maxima à la température maxima, en déduire le coefficient de travail à la température moyenne sous la surcharge maxima due au vent, et vérifier que le coefficient T obtenu ne dépasse pas la limite qu’on s’impose. Tâtonner sur la portée jusqu’à ce qu’on se rapproche le plus possible de cette limite. Ensuite, vérifier qu’elle n’est pas non plus dépassée sous le froid le plus intense prévu. (On verra plus loin qu’il peut en être autrement pour les gros fils et les câbles.)
- On peut réaliser dans l’emploi de l’abaque pour la détermination de T etf une précision de 5 % environ, bien suffisante en général. Rien n’empêche du reste, une fois les tâtonnements effectués rapidement avec son secours, de vérifier ces chiffres par un calcul algébrique, d’après les formules i et a, en s’aidant au besoin des méthodes pratiques de MM. Barbarat, Loppé ou Boussac et Massin.
- Enfin l’abaque permet, une fois les conditions d’installation fixées, d’en déduire aisément la tension de pose à n’importe quelle température et la flèche de pose correspondante à réaliser.
- CALCUL DES COEFFICIENTS DE SURCUAHGE
- Il ne reste plus, pour compléter l’exposé de cette méthode, qu’à indiquer la manière de calculer l’effet de la surcharge, c’est-à-dire le coefficient n représentant le poids spécifique fictif à substituer au poids spécifique
- ordinaire k du métal, ou plutôt le rapport —.
- TC
- Dans le cas du vent, supposé horizontal et exerçant une pression P par mètre carré de surface plane, on sait que cette pression est réduite aux 0,57 de sa valeur, par suite de la composition des forces obliques et de la déviation des filets sur une surface cylindrique, et devient ainsi par mètre de fil et millimètre de diamètre de la section droite :
- 0,001 X 0,57 x Pd.
- Elle se compose avec le poids propre par unité de longueurp suivant la règle de l’hypoténuse. De sorte que le poids apparent ou force résultante, uniformément répartie, est
- p' = \/p2 + (0,001 x 0,57 x Pd)2,
- et, par suite, le poids spécifique apparent ic' se trouve accru et devient
- tc' = + ^5 (0,001 X 0,57 X Pd)2.
- D’où le rapport — par lequel il faut multiplier
- la portée et la flèche dans le calcul par l’abaque. Le tableau suivant et la figure 6, qui le traduit en courbes, indiquent quelques valeurs de ce rapport ainsi calculé pour des fils cylindriques de diamètre de 2 à 9 millimètres (on ne descend pas au-dessous et on ne va guère au-dessus pour des fils simples) et pour des efforts de vent P de ia5, roo, 160 et 200 kilogrammes par mètre carré de surface plane. On dresserait aisément des tableaux analogues pour des fils câblés, ou bien on peut les calculer dans chaque application.
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- W g d 'U !§ •e- SECTION EFFORT PAH METRE DU AU VENT P, DE COEFFICIENT ~ CORRESPONDANT
- DU FIL (*) 125 150 (P = 180 :P<iX 200 0.57). 280“ 125 150 180 200 280“ a b
- ”/m 2 mjm’i 3,,1416 0,1425 T), V'J'TO 0,2052' 0*2280 0,8192 5,188 6,182 4,988 7,398 8.,ao6 ii,447 2,344 3,i3i
- 2,5 4,9087 o, 1 781 0,2137 0,2565 o,285o 0,3990 4,193 3,949 6,592 9D77 2,226 2,662
- 3 ' 7,0686 0*2137 0,2665 0*3078 0,3420 io.,4 768 3,538 4,194 4,988 5,5ai 7; 668 2,159 2,363
- 3,5 9,6211 0,2494 0,2093 0,3591 0,3990 o,5586 3,076 3,631 4,307 4,761 6,592 2,118 2,172
- 4 *2,566 0,2860 0,3420 0,4*04 o*456o o,6384 2,7-35 3,214 3,8oo 4,194 5,789 2,091 1 2,084
- /•,.5, ,i5-,9o4 0,3206 0,3847 0,46-17 o,5i3o 0,7182 - 2,47,4. 2,893 3,408 3,7.55 5,i66 2,072 >,9'33
- 5 . 19,635 0,3562 0,4275 o,5 i3o o,5643 0,5700 0,7980 2,269 2,640 3,098 3,4o8 4,670 2,069 i,85g
- 5,5 23,758 0,3919 0,4702 0,6270 0,8778 2,104 2,436 2,847 3,126 4,265 2,049 i,8o3 >,759
- 6 28-, 274 O; 427 5 o,513o 0,6156 '0,6.840 0,95.76 i,97° i,858 2,269 2,640 ! 2,893 3,93o 2,041. î
- 6,5 33:,.i83 o,463:i 0,5567 .0,6669 0,,741-0 1,037 a, 1 58 2,467 ' 2,698 3,648 2,o35 1,722
- 7 38,465 0,4987 0,5985 0,7182. 0,7980 1,117 1,765 1,686 2,01 I 2,32 1 2,533 3,4o8 2,o3o 1,693
- 7»5 44,179 0,5344 6,6412 0,7695 o,855o 1 > *97 !,9I2 2,195 2,391 3,201 2,026 1,670
- 8 60,266 0,6700 0,6840 0,8208 0,91120 1,277 1,61*8 1,825 2,088 2,269 3,02.1 2,023 1,65o
- 8,5 56,745. o„6o56 0,7267 0,8721 wr.969°. .1,357 i,56o 1,75* 1,994 2,162 2,843 2,020 1,633
- 9 63,617 0,6412 0,7690 0,9234 1,0260 1,436 1,510 1,686 1,912 2,068 , 2,724 2,018 1,620
- _____!..
- T"!
- 4----!
- diamètres de«fds
- Dans le cas du verglas, le poids de celnii-ci s’ajoute k p dans la formule précédente, en même temps que sa’ présence modifie le diaï-mètre d soumis à l’action du vent.
- De même que pour le vent, les surcharges dues au verglas sont passablement arbitraires. Pour compléter à' ce point de vue le tableau et l’épure de la figure 6, j’ai fait deux hypothèses assez usuelles : un verglas doublant le poids et triplant le diamètre du conducteur, combiné avec un vent de io kilogrammes par mètre carré de surface plane (0,57 X 10 kilogrammes par mètre carré de section droite) ; ce vent étant celui qui suffît à briser la glace, dit-on; et, en second lieu, un verglas doublant le diamètre; et multipliant le poids par 1, 5, combiné avec un veut un peu plus fort, de 3o kilogrammes par mètre carré de surface plane.
- La comparaison de ces coui’bes a et b avec les précédentes montre que, pour les petits fils, les surcharges du vent jouent un rôle prépondérant, tandis que, pour les gros fils et les câbles, l’action du verglas devient du même ordre. L’action combinée du froid et du verglas deviendra alors la plus importante pour le calcul des efforts maxima.
- En outre, pour les fils usuels, plus gros
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- que 3 millimètres, et pour les efforts nor* maux du vent, inférieurs à i5o kilogrammes par mètre carré de surface plane, le rap-
- t
- TC
- port - est inférieur à 5 en général. Gomme
- TC
- les portées moyennes sont de 5o mètres, je n’ai donc pas cru devoir étendre les portées fictives sur l'abaque au delà de a5o mètres, pour la pratique ordinaire.
- En ce qui concerne le choix des valeurs de surcharge, il faut ajouter, comme Ta signalé déjà avec raison M. Brylinski et comme le savent tous ceux qui ont fait des calculs de ce genre, que la portée des gros câbles est limitée bien plus par la résistance des supports (quand ils sont en bois) que par celle du métal, quand on évalue l’action du vent. Il est du reste rationnel de donner toujours une sécurité plus grande aux fils qu’aux poteaux, car toute rupture d’un fil d’une travée, laissant agir sur le poteau la tension
- d’une travée entière, donne lieu à des efforts bien plus considérables qu’en temps normal, et qui rendent souvent impossible de faire cette hypothèse extrême au point de vue de la résistance des supports (*).
- A. Blondel.
- (>) Rappelons que nous avons publié une généralisation de l’abaque de M. A. Blondel (Lumière Electrique, 19 février 1910).
- L’auteur de cette étude, M. H. Magron, a montré comment le même abaque peut être utilisé pour dilfér rents métaux.
- Dans un second article (Lumière Electrique, 26 février 1910), M. H. Magron s’est encore posé le problème suivant :
- Lorsqu’une canalisation est calculée et que les types de supports ont été déterminés pour une portée normale et pour un angle maximum donné de déviation de la ligne :
- i° Jusqu’à quelle portée peuvent servir les pylônes en diminuant l’angle de déviation ?
- 20 Jusqu’à quel angle, en diminuant les portées?
- N. D. L. R.
- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL(1)
- NOUVEAUX INSTRUMENTS DE MESURE
- Le commandant Ferrie a récemment introduit l’usage en télégraphie sans fil d’un nouveau type d’appareils de mesure susceptible d’applications très diverses et très intéressantes (*).
- Leur principe est le suivant :
- Considérons deux aiguilles A et B, mobiles autour de pivots O et O' (fig. 1), et dont les déplacemen ts angulaires sont commandés par des phénomènes quelconques (électriques, mécaniques).
- Admettons que ces phénomènes soient
- (() Voir Lumière Electrique, îq et 24 décembre 1910. (a) Nous avons déjà parlé de ces appareils (Lumière Electrique, 3o avril 1910). Mais, comme on le verra, ce que nous avons publié n'enlève rien à l’intérêt de l’exposé du capitaine P. Brenot.
- fonctions des deux variables x, y, de telle
- Fig. 1.
- sorte que les angles ci et b soient donnés par des équations telles que :
- a—fi (x,y) b =f2 (x,y)
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- L’élimination de y entre ces deux équations nous donnera une relation entre x,.a et b :
- x = cp (a,b).
- Si l’on donne à x une série de valeurs xi, x.,.., on obtient une série d’équations:
- •*i — ? (a,b) x2 — cp a,b ).
- qui définissent une fanlille de courbes en coordonnées bipolaires, dont O et O' sont les pôles.
- Supposons que ces courbes aient été tracées, par un procédé empirique quelconque, sur le cadran devant lequel se déplacent les deux aiguilles. Le point de croisement des deux aiguilles se trouvera à chaque instant, suivant les valeurs de x et y, sur une courbe telle que xn, qui donnera par simple lecture la valeur de la variable x au moment considéré ; y pourrait être déterminé de la même manière au moyen d’une deuxième famille de courbes.
- MESURE DE LA FREQUENCE
- Considérons deux ampèremètres à couranl alternatif, disposés de telle façon qu’on puisse utiliser pour la mesure le point de croisement de leurs aiguilles.
- Fig. 2. — Schéma de principe du fréquencemètre.
- Le premier est intercalé dans un circuit résistant R1 sans self-induction, l’autre dans un circuit inductif (R2, L2), et les deux circuits, montés en dérivation, sont alimentés par la
- source dont on veut mesurer la fréquence, sous une différence de potentiel e.
- Nous avons les deux équations :
- e — R,/, = i2 y/R22 + w2L22
- d’où:
- Nous nous retrouvons dans le cas général examiné plus haut, si l’on a eu soin d’éta-
- A A
- Fig. 3. —Montage du fréquencemètre ; A,, Ao, milliampère-mètres thermiques dont les bornes i, 2, 3 sont reliées aux bornes correspondantes de la boîte additionnelle située au-dessous. (La borne 2 est commune aux fils dilatables.)
- blirla self-induction pour que le coefficient L2 reste sensiblement constant.
- On peut faire en sorte que la résistance R0 soit négligeable devant la self L2, et la fonction? prend la forme très simple (fig. 2) :
- ta = K i,
- H
- où
- R
- L‘
- K
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- La figure 3 indique le montage de l’appareil.
- Un réseau de courbes de fréquence peut donc être tracé sur le cadran unique des deux ampèremètres, et la forme simple de l’équation qui donne la pulsation w conduit à un faisceau de courbes en éventail d’une lecture facile.
- L’étude de détail des divers appareils à deux aiguilles, dont le principe et un grand nombre d’applications ont été indiqués par le Commandant Ferrié, a été faite, dans les ateliers Carpentier, par M. L. Joly, qui a pu réaliser des instruments robustes, simples et d’un emploi commode.
- Comme ampèremètre à courant alternatif (*), l’on emploie, dans les fréquencemètres tels que celui de la figure 4, des milliampèremètres thei1-miques. La self L est constituée par deux bobines parallèles, à noyau droit, formant système astatique : elle est sensiblement constante.
- L’étalonnage peut donc se faire en courant continu, en remplaçant le terme w L par la résistance équivalente.
- Dans les fréquencemètres du type 5oo /* • à i ooo périodes (fig. 5), par exemple, p • les selfs n’ont, bien entendu, pas de fer, et l’étalonnage en courant continu, qui donne une grande exactitude et est le plus facile, est le seul employé.
- L’instrument peut également servir de voltmètre.
- Si l’on réunit en effet (2), par des courbes de couleur différente, pour bien les distinguer, les points des courbes de fréquences qui correspondent à un même voltage, on obtient un réseau de courbes de tension, qui forme avec le premier un quadrillage très lisible (fig. 4)-
- Les remarques faites pour les fréquencemètres à moyenne fréquence s’appliquent a fortiori pour les hautes fréquences.
- On peut ainsi réaliser facilement un onde-mètre qui s’intercale directement dans l’antenne comme un ampèremètre quelconque, et donne aussitôt, par simple lecture, la longueur d’onde cherchée, sans nécessiter aucune mesure, aucun réglage.
- C’est là un progrès très intéressant pour
- (*) L. Joly. Bulletin de la Société internationale des électriciens, février 1910.
- (2) L. Joly, loc. cit.
- Fig. 4. — Fréquencemètre (38 in 5 périodes).
- la T. S. F., où l’ondemètre devient un instrument de contrôle pratique, indépendant de toute erreur d’un personnel peu expérimenté.
- On pourrait objecter que l’instrument ne peut donner les deux ondes d’accouplement avec les montages employés habituellement. On tourne très facilement la difficulté en employant un procédé indiqué par M. Be-thenod.
- Supposons que le montage employé soit le montage dit « en dérivation » (fig. 6).
- Soit la longueur d’onde du système
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- constitué par l’antenne, le circuit S et la liai-
- Fig. 5. — Fréquencemètre (45o ù 1200 ériodes).
- son au sol. Le circuit oscillant primaire
- Fig-. G. — Montage on dérivation.
- ME G N, préalablement accordé sur l’antenne, aura même longueur d’onde X0.
- Plaçons en O un petit éclateur, coupons les communications en M et N avec le circuit primaire, et mesurons par excitation directe en O l’onde unique X0 de A S T.
- Rétablissons les connexions M et N avec le circuit primaire, court-circuitons l’éclateur E et le condensateur G. Mesurons, toujours en excitation directe par l’éclateur O, la longueur d’onde X du nouveau système.
- X2
- Soit p2 l’expression i — —. M. Bethënod a
- ^0
- démontré qüe les* udëxondes d’accouple-
- Fig. 7. — Ondemètre (260 à 1100 mètres).
- ment cherchées X’ et X" sont données par les. formules :
- X' = X0 \/ 1 + p X" = x0 y/T~rP
- Le procédé peut encore s’appliquer avec les montages par induction.
- La figure 7 donne une vue de l’onde-mètre Ferrié de a5o mètres à 1 100 mètres.
- Il a les dimensions et l’apparence d’un ampèremètre ordinaire.
- Un petit commutateur visible à la partie
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- KEVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 431
- supérieure de l’appareil permet de mettre la self-induction hors circuit.
- L’appareil se comporte alors comme un ampèremètre thermique ordinaire, monté en shunt sur l’antenne et pouvant être utilisé pour contrôler la grandeur de l’énergie mise en jeu.
- L’ondemètre est muni d’un fusible. Un petit commutateur, constitué par une fiche à deux trous, permet d’étendre l’échelle de l’instrument qui donne alors toutes les ondes comprises entre i ooo et 4 ooo mètres.
- Pour éviter les erreurs de parallaxe dans les lectures, les aiguilles ne se présentent pas sous la forme de couteaux comme dans les autres appareils. Ce sont des fils fins, tendus, très rapprochés, que supportent des aiguilles d’aluminium disposées en dessous du cadran.
- MESURE DES RESISTANCES
- Si l’on mesure le voltage aux bornes d’une résistance, et la valeur du courant qui traverse cette résistance (fig. 8 et 9), on a la
- relation R =
- E
- T’
- qui nous ramène dans le cas
- général étudié.
- E et I seront donnés par les déviations de deux aiguilles, dont le point de croisement sera utilisé pour la mesure de R.
- Vis- 8-
- Il y aura lieu évidemment de prendre des dispositions pour rendre négligeable soit la résistance de l’ampèremètre (fig. 8), soit le courant consommé par le voltmètre (fig. 9).
- Deux types d’ohmmètre ont été réalisés.
- Le premier a une très grande échelle, de 0,1 ohm à 10 mégohms. Il permet d’estimer
- les résistances comprises entre 0,0a ohm et 5o mégohms.
- La source de courant employée est, de préférence, une magnéto à courant continu pouvant donner 3oo volts. On peut également se servir d’une pile ou d’une batterie
- d'accumulateurs de force électromotrice proportionnée à la grandeur de la résistance à mesurer.
- Il est bien évident que, par son principe
- Fig-, 10. — Ohuunùti’c (0,1 ohm à 10 mégohms).
- même, l’appareil peut servir également 4 mesurer soit les volts, soit les ampères.
- Dans la pratique, 011 peut mesurer les tensions comprises entre quelques centièmes
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2e Série), — K° 53.
- de volt et 5oo volts, les courants compris entre quelques microampères et o,4 ampère.
- La figure io représente l’ensemble de Pohmmètre et la figure 11 le schéma des connexions avec les petits commutateurs nécessaires. Les deux montages des figures 8 et 9 sont employés successivement, le voltmètre passant aux bornes même de la résistance dès que cette dernière est inférieure à ioo ohms, par le jeu du commutateur à deux directions, ceci pour permetti’e d’éviter des erreurs dues à la présence des instruments de mesure.
- L’appareil est robuste. Une suspension élastique* isole, d’ailleurs, le galvanomètre dans la boîte de transports.
- Le second ohmmètre, spécialement étudié
- 10 +
- Fig. ii. — Schéma du monlage de l’ohmmètre.
- pour les besoins militaires, a une étendue plus restreinte, de io ohms à 2 5oo ohms.
- La figure 12 représente une vue d’ensemble de l’appareil, et la figure i3 en montre les détails de construction.
- La manœuvre est remarquablement simple et l’appareil est très peu volumineux.
- La source d’énergie est constituée, soit par un seul élément de pile, soit par une batterie de 10 éléments.
- L’ohmmètre permet, en outre, de vérifier la source employée et de mesurer sa résistance intérieure.
- If comporte un voltmètre de 2 à 20 volts et un milliampèremètre de o à 4o milliampères.
- Le petit panneau de distribution (fig. i3) montre la simplicité des diverses manœuvres à faire le cas échéant : aucune erreur n’est possible.
- Depuis que cet appareil a été réalisé, MM. FerriéetJoly ont appris que, en Angleterre, M. Grove avait antérieurement indiqué la possibilité d’utiliser le point de croisement des aiguilles d’un ampèremètre et d’un voltmètre pour la mesure des résistances et des puissances en courant continu. Il en fit une application à la recherche des pei'tes à la terre dans les installations. Toutefois, il ne réalisa aucun ohmmètre à quadrillage et ne signala pas les nombreuses applica-
- Fig*. 12. —Vue de Tohnimètre militaire (10 à 2 5oo ohms).
- tions du principe général exposé plus haut, en particulier pour la mesure des fréquences, longueurs d’onde, etc.
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- 3 INTENSITE
- — 1 ELEMENT-— —10 ELEMENTS— •
- VOLTAGE Résistance intr* Résistance VOLTAGE Résistance intf* Résistance
- 0 a 4* Multiplierper */**• 0 à 500 0 à 20 Multiptlerjpar */z ^00 a 2j>00
- ëO)'B éO# é
- r\\
- Fig. i3. — Détails de construction de l’ohnimètre militaire
- 2 5oo ohms.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XII (2e Série). — W 53.
- VOLTAMPÈREMÈTRE COMBINÉ
- Ces appareils permettent de lire à la fois la tension, le courant et la puissance utilisés par une voiture électrique, et reçoivent des applications de plus en plus nombreuses dans les entreprises de traction.
- Par la réunion de l’ampèremètre et du voltmètre dans le même bâti, avec croisement des deux aiguilles, on réalise déjà un appareil peu encombrant dont l’intérêt est considérablement augmenté par ce fait que le point de croisement des aiguilles donne par lecture directe la puissance consommée.
- Dans beaucoup de cas, suivant une idée de M. Bethenod, le cadran est muni d’un second réseau de courbes, croisant les courbes de puissance, et correspondant aux vitesses. On sait, en effet, que généralement, dans les moteurs de traction, la vitesse est une fonction assez simple de la tension et du courant.
- Les appareils sont munis d’une suspension élastique par ressorts,qui leur permet de fonctionner parfaitement sur les voitures, en dépit des chocs et trépidations. Leur position normale est à 42°i le cadran était ainsi bien visible du wattman.
- En dehors des appareils que nous venons de décrire et qui ont déjà reçu de nombreuses applications pratiques en télégraphie sans fil comme dans les autres branches de l’élec-
- tricité, nous rappellerons que les instruments à deux aiguilles sont susceptibles d’être utilisés pour la mesure des self-inductions, capacités, amortissements..., etc. (*).
- Fig. 14. — Voltampèremèlre combiné.
- Leurs applications sortent facilémen du domaine de l’électricité, et leur principe est fécond pour l’étude des phénomènes mécaniques fonctions de deux variables.
- Le commandant Ferrié a, en particulier, déjà proposé des dispositifs permettant de mesurer rapidement la vitesse du vent à diverses hauteurs et les distances.
- Capitaine P. Brenot.
- (') Coin1 Ferrié. Bulletin de la Société française de Physique, 2e fascicule, 1910.
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- PÉRIODICITÉS ET COEFFICIENTS D’AMORTISSEMENT DE DEUX CIRCUITS OSCILLANTS ACCOUPLÉS.
- La théorie de l'accouplement de deux circuits oscillants, d’une grande importance en télégraphie sans fil, a déjà été abordée par de nombreux auteurs tels que Bjerknes (*), Oberbeek (2), Salitzin (3), Womalip et Kolacak (4), Wien (5 6) et Drude (°).
- Les formules qui expriment les coefficients d'amortissement et les périodicités de deux circuits oscillants accouplés dépendent de la solution d’une équation algébrique du quatrième degré; pour cette raison, on a été conduit à adopter, par simplification, des expressions approchées pour ces quantités.
- Malheureusement, les hypothèses faites pour obtenir ces résultats approximatifs sont incompatibles, dans la plupart des cas si ce n’est toujours, avec les conditions d’application pratique des oscillateurs. Les expressions simplifiées dont nous venons de parler conviennent soit au cas où l’amortissement est faible ou nul, soit à celui où l’accouplement est très lâche, soit enfin lorsque ces conditions se trouvent toutes les deux remplies.
- Dans ce qui va suivre, nous allons établir des formules qui, tout en se prêtant aux besoins du calcul, s’appliquent à tous les cas de la pratique. Il est d’ailleurs possible de les vérifier rapidement, dans un cas particulier donné, afin de déterminer leur degré d’approximation.
- Incidemment, nous trouverons les expressions de la résistance et de la self apparentes des circuits, expressions qu’on peut faire correspondre à celles de la résistance et de la self primaires d’un transformateur, lorsqu’on tient compte du courant secondaire.
- *
- ¥ ¥
- Désignons la résistance, la self-induction et
- (1) Wied. Ann., 55, p. 121, 1892.
- (2) Wied. Ann., 55, p. 623, 1895.
- (3) Petersb. Ber., mai et juin 1895.
- (t) Wied. Ann., p. j3i, 1896. -
- (») Wied. Ann., 61, p. i5i, 1897; Ann. der Physik., 8, p. 686, 1902.
- (6) Ann. der Physik., i3, p. 5i2, 1904.
- la capacité par Ri, Li, C,, pour le premier circuit oscillant et par R2, L2, C2, pour le second.
- Lorsque les deux circuits n’ont pas d’influence l’un sur l’autre, les oscillations de la charge, dans chacun d’eux, sont régies par l’équation bien connue (M :
- où
- d? Q , dQ
- *-+*“ w+pQ- =
- R
- et p2
- CL'
- On sait comment s’intégre une telle équation. On substitue à Q une solution particulière e?1 et l’on obtient l’équation caractéristique :
- p2 -f- 2ap -f- p2 — o. (2)
- Si l’on pose :
- M = \/p2 — a.2,
- on en tire :
- , p = «±i/w.
- Bornons-nous au cas, le seul intéressant à considérer ici, où les circuits sont oscillants, c’est-à-dire où les racines de l’équation caractéristique sont imaginaires (w réel).
- Les solutions générales sont alors :
- Q, = e~“'*(Ai coso>,£ -f B, sinu>,£) ) ..
- Q2 = e~Kit (Aa cos w2é -f- B, sin o>s l) j'
- A,, Bi, Aa, B2 étant des constantes déterminées par les conditions initiales d’établissement des oscillations propres.
- (q Dans ce qui suit, nous supprimerons les indices dans les équations, toutes les fois qu’elles s’appliquent aux deux circuits et où, par suite, il faudrait les écrire deux fois en affectant successivement des indices 1 et 2 les différentes lettres qui y figurent (N. D. L. R.).
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- Dans ces formules,
- les a représentent les coefficients d’amortissement ;
- les a) représentent les pulsations des oscillations propres (amorties) ;
- les p représentent les pulsations des oscillations libres.
- Les oscillations propres sontcelles qui prennent naissance dans le circuit quand son équilibre est détruit et que celui-ci se rétablit en l’absence de toute force extérieure.
- Les oscillations libres sont celles qui se produiraient dans le circuit oscillant, une fois l’équilibre détruit, si ce circuit était dépourvu de résistance ou de toute cause d’amortissement.
- 4 *
- Considérons maintenant le cas de deux circuits oscillants qui réagissent l’un sur l’autre, et appelons M le coefficient d’induction mutuelle. Posons de plus :
- M M
- ^ - L? 1X2 ~ L?
- et rappelons qu’on appelle coefficient d’accouplement
- /---- M
- *' = V V-i V‘ï = y—
- V Li L2
- Les oscillations de la charge sont respectivement régies, dans les deux circuits, parles équations :
- d1 Qi dP
- + 1
- dQj
- dt
- + Pi2Qi +
- d* Q2
- dt2
- dQz
- dt
- + P'P Q2 + F'2
- dP Q2 dp d2 Q, dp
- (4)
- En éliminant Q, entre ces deux équations, on obtient une équation différentielle linéaire du quatrième ordre en Q2, et l’on conclut de sa parfaite symétrie, par rapport aux constantes des deux circuits, qu’on aurait aussi trouvé la même équation en Qi si l’on avait fait l’élimination de Q2.
- Sans entrer dans le détail de l’élimination ('),
- (*) On trouvera une méthode de calcul dans l’ouvrage àe J. Boulanger et G. Ferrié : La télégraphie sans filet les ondes électriques. Cependant les auteurs négligent la résistance ohmique, ce qui n’est pas le cas ici.
- N. D. L. R.,
- disons qu’on intégrera cette équation en substituant à Q une solution particulière ert ; d’où l’équation caractéristique :
- (1 — x2) tA + 2 (a, -j- a2) r3 -j- (pP -f pP + /, «t a2) r + %[*tPp + <*3pp)r + pPpP = o, (5)
- dont les coefficients sont les mêmes que ceux de l’équation différentielle.
- La solution complète de cette équation est trop compliquée pour être pratique. Toutefois, au moyen d’un artifice simple, on en peut trouver une solution approchée, d’un usage commode et d’une grande approximation, même lorsque l’accouplement est très serré ou les oscillations fortement amortie^.
- Remarquons que si x = o, c’est-à-dire si l’induction mutuelle disparaît, l’équation (5) n’est autre que le produit des deux équations du système (2) et elle possède les mêmes solutions.
- Il est possible de mettre l’équation (5) sous forme telle que le coefficient de r’* soit égal à l’unité, c’est-à-dire sous la même forme que le produit des deux équations du système (2). Pour cela, il suffira de faire correspondre à a4, a2,pi,p2 les quantités at,a2, q\, q2, déterminées par les équations suivantes où, pour simplifier l’écriture, on a posé i — x2 — k :
- k [at ciij rr= a, -)- a2 k {qp -f- q2 -(- 4 o-i et 2) — pP -f- pP -j- 4 «i «2 k{al qP + a2qP) = a^pp -(- aspP kqpq2=pppP
- Moyennant cette transformation, l’équation (5) devient :
- (r2 + %aP' + qp) ('i2 4- '‘ap' + q P) = o. (5')
- On déterminera ainsi les coefficients d’amortissement et les pulsations propres des deux circuits oscillants, qui réagissent l’un sur l’auitre, en considérant deux nouveaux circuits isolés l’un de l’autre au point de vue inductif.
- Il reste maintenant à calculer aly a2, qif q2.
- Remarquons que la seconde équation du système (6) se réduit à :
- kiqp + ?22) = pP + pP, (7)
- si l’on a :
- *la2 «1«2
- pP + pP ~ qP + qP' 1 J
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- Or, celte condition (8) est très approximative- | même quand l'amortissement est élevé et le
- a,= o,So
- 0,6
- Fig. a. — Les lettres L'i et h'2 doivent être interverties.
- ment réalisée dans tous les cas de la pratique, I couplage serré. D’ailleurs, si l’on en doute
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- il est facile de chercher à la vérifier et de déterminer par là le degré d’exactitude de l’hypothèse.
- En modifiant ainsi la seconde équation du système (6), celui-ci donnera :
- 913 d -f- m
- a 2 d — m
- V2 %
- n. _ cqi% — e m
- e — cq^
- m
- (9)
- dans lesquelles :
- d.
- ai H-
- k
- P* -f P*
- k
- __ pi1 -J- z^Pt*
- k
- (io)
- f
- Pi2 P*
- k
- m ~ [d2 — h ff Ceci posé, les solutions de l’équation (7) sont :
- - a, ±>j
- - a2 dzjuz où
- «D2 = q* — a2,
- et la solution générale des équations différentielles (4) :
- Q, — Aj e~aii sin^ii-f-ôi) -f- Bte—sin (w2£-)-ô2) )
- \ (11)
- Q2 = A2e—1a'(sin(w14-[-cp1) -f- B,e—sin(w2£-)-<p2) )
- où Aj, A2, B1} B2, Oj, ô2, tpj et cp2 sont des constan-
- tes déterminées par les conditions aux limites.
- Considérons le système (9) où l’on suppose Remplacées les lettres c, d, e, f, m par leur valeur (10). Ce système permet de déterminer les
- valeurs apparentes de la résistance et de la self-induction des deux circuits en présence.
- Pour cela remplaçons
- 9* Par jjt
- et
- a par
- R'
- 2 L'
- Nous aurons alors en posant :
- CjL,
- V
- L'i
- L', — L„
- 1 k
- ik
- 1 + >T~[(I_x) +4*2 n
- R', =
- R'2 = aL'2fl2
- ’il
- Ci, C2, L'i, L'2) R'j, R'2 sont les capacités, selfs et résistances de deux circuits qui, éloignés l’un de l’autre, possèdent les mêmes coefficients d’amortissement, les mêmes pulsations libres et propres que les circuits considérés lorsqu’ils sont accouplés. En d’autres termes, R'i, R'2 et L'i, L'2 sont les résistances et les selfs apparentes des deux circuits en présence.
- Lorsqu’on désire avoir un degré d’approximation plus grand que celui donné par les formules (9), il -est facile d’obtenir plus d’exacti-tu.de de la façon suivante :
- On tire d’abord «1 et a2 des équations (9) et on les reporte dans le système suivant, déduit directement des équations (6).
- 9i
- 9%*
- g + »
- 2
- g — n
- 2
- cqd
- 11
- e — cq22
- n
- dans lesquelles
- « = [g
- 4 f)2
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- et
- g — cl -f- 4
- « i<*2
- —r— —— Cl i CI 2
- élevé* Les figures 3 et 4 représentent les mêmes variations dans le cas où l'amortissement est moins grand.
- p,= i.oos
- Fig. 3. — L’échelle de al et a2 se trouve à droite de la figure.
- Les ligures i et a montrent l'effet produit i Remarquons que les pulsations libres qs. et par la variation du degré d’accouplement sur la | q% diffèrent notablement des pulsations propres
- i._o o à'
- Fig.
- résistance et la self apparentes, sur les coefficients d'amortissement, les pulsations libres et propres, dans un cas où l’amortissement est
- 4-
- tot et ü>2 (fig. i). Il en est de même dans le cas de la figure 3, sauf cependant lorsque le degré d’accouplement est faible»
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- Il n’est donc pas exact de supposer que ces deux grandeurs sont à peu près égales, quand bien même le coefficient d’amortissement serait faible, du moment que l’accouplement est assez grand.
- On voit aussi (fig. i et 3) que seule la plus grande pulsation propre, co,, augmente avec le coefficient d’accouplement; elle passe par un maximum et diminue ensuite très rapidement jusqu’à zéro, tandis que la pulsation libre ÿt augmente constamment jusqu’à l’accouplement parfait (k = o) où elle devient infinie.
- Si deux circuits parfaitement accouplés ne possèdent qu’une fréquence propre d’oscillation, c’est que le circuit dont la pulsation libre est la plps grande devient apériodique lorsqu’il est associé avec l’autre. D’ailleurs, en observant les variations de at et de qu on voit pourquoi ce fait se produit : le coefficient d’amortissement a, augmente plus rapidement que la pulsation libre ql: pour les hautes valeurs du degré d’accouplement.
- Une soigneuse inspection de ces courbes révèle nombre de détails intéressants et, en particulier, la tendance des résistances apparentes R'i, R'2 à prendre une valeur commune lorsque l’accouplement augmente ; de même aussi le fait que la self apparente L'i du circuit où la pulsation libre est la plus grande diminue jusqu’à zéro.
- Les figures i et 2 se rapportent au cas où
- Pt = 1, P2=°, 9, a, =o,3, a2 = o,5
- et dans les figures 3 et 4 ces mêmes quantités ont respectivement les valeurs :
- Dans ces conditions,
- P8
- 1 x'
- («1 4- «2) {g i2 — p2)
- 2 p*x ’
- («1 + «2) (P2 — ?22)
- 2 p2X ’
- L, (1 Xj,
- L2 ( i -(- x),
- («1 -Jig2)(?i2 — P2){' —*•) '
- p^x ’ ..
- (a, -f «2) (p2 — ÿ22) (1 + x)
- 9 1
- plx
- C’est là un cas intéressant au point de vue théorique et important pour la vérification du calcul. Cependant, les conditions ordinaires de fonctionnement de, deux circuits oscillants accouplés ne répondent jamais à l’unisson de leurs pulsations libres (lorsqu’ils sont éloignés l’un de l’autre)pt et p2, mais au contraire, àl’unis-son entre les pulsations propres e>i et w2, l’accouplement étant faible. Souvent aussi le réglage employé ne correspond ni à l’un ni à l’autre de ceux-ci, mais il est opéré en réalisant dans l’un des deux circuits une intensité ou une différence de potentiel maximum, l’accouplement étant presque parfait.
- <1? = at =
- Cl 2 -
- L'i =
- L'a = R'i =
- R'a =
- i,oo5, 0,995, 0,08, 0,25 (1).
- ¥ ¥
- Considérons enfin le cas où, lorsque les deux circuits oscillants ne réagissent en aucune façon l’un sur l’autre, leurs pulsations libres sont les mêmes, c’est-à-dire où :
- (t) M. Stone donne également quatre autres figures, non reproduites ici et qui, deux par deux, se rapportent à des cas qui ne diffèrent de ceux-ci que par l’interversion des valeurs de «1 et a2. (N. D..L. R.)
- Les calculs qui précèdent se rapportent au cas
- Fig. 5.
- de deux circuits disposés comme l'indique la figure 5. Ils peuvent néanmoins s’appliquer aux
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- montages que représentent les figures 6 et 7. Il suffit de modifier les constantes.
- Fig. 0.
- Dans le cas de la figure 6, on a :
- L L
- P-i
- a, = --
- -j- L
- iR.
- N
- L.2 -f L
- R.»
- Lt -f- L ' Lo + L
- • et dans celui de la figure 7 :
- L + Mt L -J- Ma
- l-’-i
- a, =
- Li + L + Mi
- R,
- Li + L _i_ M;
- |J*2
- a.2 =
- U + L + M,
- R»
- ^2 “h R “I- m2
- Dans ces deux cas, la résistance de la bobine, commune aux deux circuits, peut être négligée. C’est toujours ce qui se passe en pratique, car il existe une perte d’énergie considérable dans
- Fig. 7.
- chacun des deux circuits tandis que, dans la bobine d’accouplement, la seule dépense d’énergie provient de la résistance de cette bobine que l’on choisit intentionnellement très faible (').
- J.-S. Stone.
- (*) D’après une récente conférence de l’auteur.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Lescellules d’aluminium comme protection contre les surtensions. — Elektroteclinische Zeitschrift, 3 novembre 1910.
- Sous l’action d’un courant alternatif, il se forme dans la cellule, à la surface de l’aluminium, une couche d’oxyde ne laissant passer qu’un faible courant. Si la tension augmente, le courant augmente, et la couche d’oxyde se renforce; elle se redissout de nouveau si la tension baisse (').
- Soit une cellule ayant 3ao volts comme tension critique : entre 110 et 3io volts, soit pour une variation de /|0 % de la tension, la résistance varie de i 5oo à üoo ohms, soit dans le rapport de 3 à 1.
- (*) Voir Elektroteclinische Zeitschrift, 1907, p. 657 et 1 155; 1909, p. 235.
- Dans les distributions triphasées, on monte ces cellules sur chaque phase et, pour les protéger contre le passage continu du courant et Réchauffement correspondant, on met, entre la phase et un pôle delà cellule,un parafoudre à éclateur. Les trois autres pôles des cellules sont reliés entre eux et isolés, le point neutre de la source étant également isolé.
- Pour éviter que la couche d’exyde disparaisse complètement, si la cellule n’est pas traversée par le courant pendant longtemps, on doit chaque jour a former » la cellule.
- On peut utiliser pour cela le parafoudre à cornes lui-même (*). Pour les réseaux triphasés, il y en a naturellement trois, un sur chaque phase, montés
- (*) Ce procédé est employé notamment par l’A. E. G.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sur un même axe; on peut, par une rotation, amener les cornes dans trois positions :
- 1) Formation : les cornes sont presque en contact, dte sorte que la tension normale suffit à percer l’éclateur ;
- 2) Service : les cornes sont à l’écartement normal ;
- 3) Séparation : on continue à faire pivoter l’une des cornes dans le sens de l’écartement, de manière à les séparer entièrement.
- Quant aux cellules, elles sont construites en forme de cuvettes, portant sur les bords quatre trous par lesquels on engage quatre boulons isolants et isolés entre eux par des anneaux. Dans l'intervalle entre les cuvettes, on met l’électrolyte et l’on place l’ensemble dans un cylindre en tôle rempli d’huile pour mieux isoler les cellules et empêcher réchauffement lorsqu’elles travaillent.
- Le nombre des cellules en série est réglé de manière que chaque cellule travaille au-dessous de la tension critique, 3oo volts environ.
- S. P.
- Appareils pour circuits à haute tension.— Electrical World, 9 juin 1910.
- La figure 1 représente un nouveau dispositif de déclanchement pour interrupteurs à huile sur circuits à haute tension, dû à M. N. Kelman.
- La ligne, à son arrivée, se prolonge par un solé-noïde enroulé autour d’un isolateur spécial, à l’intérieur duquel est placé un noyau de fer doux directement relié au mécanisme de déclanchement de l’interrupteur.
- L’isolateur (fig. 2) est constitué par des cloches
- en tissu imprégné de vernis isolant et composées de couches superposées ; ces cloches sont réunies par des masses compactes de vernis coulées entre elles. Il est facile de mouler ces cloches sur des formes et de donner par suite à l’isolateur toutes les dispositions que l’on neut imaginer.
- Fig. 2.
- Isolateurs destinés à résister à des efforts mécaniques considérables. — Les isolateurs représentés par la figure 3, et établis par M. D. Mershon, sont disposés de façon à ne travailler qu’à la tension ou à
- Fig. 3.
- la compression,, et, dans certains cas, à la compression seule. Ils ne comportent pas d‘e gorges pr©,-fondes où puissent se loger facilement les insectes
- Fig.
- ni s’accumuler l’humidité. Ils résistent bien aux effets
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
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- destructeurs des arcs et réalisent une utilisation économique de la porcelaine.
- Isolateur spècial. — L’effort électrostatique qui s’exerce sur la porcelaine d’un isolateur dans le voisinage ^ immédiat du conducteur est considérablement réduit si on augmente la distance entre ce conducteur et la tige de l’isolateur. C’est ce qui est réalisé dans l’isolateur Stoddard récemment breveté, représenté par la figure t\ : cet isolateur est placé horizontalement ; autour de sa tête est fixé un disque de porcelaine auquel est attaché le conducteur à haute tension. La figure représente un isolateur de ce type auquel est ajouté un dispositif spécial destiné à éviter sa destruction par un arc jaillissant entre le conducteur et le support.
- H. B.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Dosage de la vapeur dans les gazogènes par aspiration. — A. Bèzaguet. — Bulletin technologique des Arts et Métiers, novembre 1910.
- Le dosage de la vapeur.qui traverse le foyer d’un gazogène est très important puisqu’il détermine la teneur en hydrogène du gaz produit. Cette teneur doit être comprise entre i5 et 20 % .
- Si l’on appelle K le rapport du poids de vapeur au poids d’air, on voit aisément que ce rapport est constant. Par exemple, pour le gaz Dowson obtenu avec de l’anthracite anglais, il est égal à 0,14a.
- Ayant ainsi fixé K par le calcul, on peut le contrôler sur un générateur en marche en enfermant un certain volume du mélange air-vapeur dans un récipient muni d’un manomètre, la vapeur étant ensuite condensée par un courant extérieur d'eau froide ; on évalue alors K, à l’aide des lois de Mariotte et de Gay-Lussac, en fonction de la chute de pression produite par la condensation.
- Un appareil basé sur ce principe et décrit par l’auteur permet, en outre, d’obtenir d’utiles indications sur l’état du vaporisateur (entartrage des tubes, fuites, etc.).
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Progrès des fours à induction. — T. Row-lands. — Communication au Congrès de Pittsbourg. — Metallurgical and Chemical Engineering, juin 1910.
- L’auteur communique deux notes, l’une sur le
- four à induction simple, l’autre sur le four à induction combinée.
- i° Four à induction simple.
- Le four étudié est du type Kjellin Golby et sert seulement à la fusion.
- Le bain forme un canal annulaire dans un creuset réfractaire, et ce creuset permet le passage du noyau central d’un transformateur, et de l’enroulement correspondant.
- Ce four est le concurrent du four à creusets et fond des aciers de même qualité.
- Les prix de revient comparés sont les suivants, par tonne, en Amérique :
- Fours à creusets de plombagine, chauffés au gaz : 52 à 57 francs par tonne pour le combustible et l’entretien des creusets seulement.
- Petit four à induction simple, capable de fondre 45o kilogrammes par coulée et 4 tonnes en vingt-quatre heures.Prix de revient, en prenant les chiffres maxima pour la consommation électrique et l’entretien du revêtement :
- 75o kilowatt-heure par tonne ào,oa6fr.par kilowattheure, soit............. 19,40 francs environ.
- Revêtement par tonne.... 5,20 — —
- Total.......... 24,60 — —
- La main-d’œuvre est la même pour la fosse de coulée, mais plus faible, dans le four électrique, pour toutes les autres opérations, et il est facile à un homme et un garçon d’assurer le service d’un four de 1 tonne par coulée.
- L’économie totale ressortit ainsi à un chiffre compris entre 36 et 67 francs par tonne coulée.
- 20 Four à induction combinée.
- Ce four est du type Rochling-Rodenhauser. L’auteur entre dans de grands détails sur sa marche et suit les différentes phases au moyen de l’analyse de prises d’essai.
- Il conclut :
- i° Que ce four est très satisfaisant au point de vue de la régularité des produits ;
- 20 Que le prix de revient par tonne, pour l’affinage seulement, en ne tenant compte que des matériaux, de l’énergie et de la main-d’œuvre est, dans l’exemple envisagé, de 21 francs, en employant des matériaux froids pour une partie de la charge.
- Ce prix pourrait, suivant l’auteur, être réduit à i4,3o francs par tonne.
- M. L.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N° 53.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE^
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- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
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- Traction électrique dans les mines. — C. Brown. — Transactions of the south african Insti-tute of Electrical Engineers, juillet 1910.
- Comme exemple des conditions d’exploitation existant dans les mines de l’Afrique du Sud, l’auteur donne les détails suivants d’une exploitatibn particulière: 1 35o mètres de double voie et 1 200 mètres de simple voie à l’écartement de 0,750 m. Poids des rails : 60 kg. par mètre de double voie. Quatre locomotives en service quotidien : une de 20 tonnes, deux de 7 et une de 3 tonnes et demie. Nombre de tonnes de minerais transportées par mois: 103260; nombre de tonnes de charbon transportées par mois : 3 660 ; frais de traction par tonne-mille, ofr. 166; prix d’entretien par tonne-mille o fr. 066. Dans les dépenses de traction sont inclus les salaires des conducteurs, des ouvriers indigènes et des surveillants de Tusine centrale motrice, les frais de production de la force, huile, etc. L’entretien comprend les réparations des locomotives, des trucks, de l’équipement électrique aérien, des voies. Prix du courant, ofr. 076, le kw.-h. Les dépenses de traction par tonne-mille, o fr. 166. sont élevées, en raison du profil en long des voies en rampe (2,5 %); si les voies étaient en palier, les frais descendraient à o fr. 074 par tonne-mille.
- Trois convertisseurs rotatifs de 85 chevaux sont installés : deux fonctionnent en parallèle, le troisième sert de réserve. On ne fait usage d’aucun transformateur, et les groupes sont reliés directement aux barres collectrices d’un tableau de distribution ordinaire; celles-ci distribuent aussi le courant àplusicurs autres circuits. Cet arrangement n’a causé aucun ennui. Un petit moteur d’induction est employé au démarrage des commutatrices.
- La locomotive de 20 tonnes, qui est la plus moderne, consiste en deux unités de 10 tonnes accouplées et marchant en tandem. Chaque unité est munie d’un équipemcntde deux moteurs série de 45 chevaux, sous 5oo volts. Les roues ont des bandages en acier de 0,825 m. de diamètre. Les locomotives sont électriquement couplées par des conducteurs flexibles à
- fiches multiples. L’effort total sur la barre de traction est de 3 170 kilogrammes.
- E. D.
- CHRONIQUE FINANCIÈRE
- Complétant notre information précédente, nous ajouterons que la deuxième assemblée constitutive de la Compagnie Lorraine d’Electricité a ratifié la composition du conseil ainsi constitué : MM. Ch. Renauld, banquier à Nancy, président; Azaria, Bizet, Joubert, Relié et Parouty, administrateurs. Un comité technique composé de MM. Bizet, Joubert et Relié a été constitué. M. Joubert, actuellement directeur de la station centrale de Nancy, a assumé les fonctions d’administrateur délégué. Avec ces éléments, comme le dit la circulaire Renauld, il n’y a que des raisons pour que la Compagnie Lorraine d’Elec-tricité devienne à son tour tant dans sa fructueuse exploitation actuelle que dans son développement extérieur, une émule de sa créatrice, la Compagnie Générale d'Electricité.
- La lecture du bilan de cette dernière société, présenté à l’assemblée des actionnaires du 17 décembre, renseigne à cet égard de la façon la plus complète : 4 568 097 francs de bénéfices disponibles, 2090 abonnés de plus, i5i 4o3 nouvelles lampes de 3o watts reliées aux réseaux, 785 moteurs placés au cours de l’exercice correspondant aune puissance de 3 037 che. vaux ; des recettes en augmentation de 854 821 fr. 70, passant de 4 321 483 fr. 3o à 5 176 3o4 francs. Voilà un ensemble de résultats qui justifie les espérances exprimées plus haut, et aussi ce souhait du conseil de la Compagnie Générale formulé au cours de son rapport: à savoir que les actionnaires lui fassent confiance dans l’avenir en approuvant le programme d’action qu’il venait d’exposer et dont la constitution de la Lorraine d’Electricité formait une partie.
- Cette constitution est elle-même consécutive à une demande en concession de distribution d’énergie électrique visant les vallées de la Meuse et de la Meurthe. La cession de la station de Nancy a été faite à la nou-
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- velle liliale, moyennant un faible bénéfice, pour la somme de n millions de francs, dont 9250000 en actions entièrement libérées et 1 750000 en espèces; le surplus des ressources nécessaires pour la constitution du nouveau réseau devant être fourni par des obligations qui seront émises au fur et à mesure des besoins. Inutile de dire qu’étant donnés les patronages de l’affaire, toutes ces ressources sont amplement assurées. En réalisant en effet ses filiales de Nantes, et de Rouen-, la Compagnie Générale d’Elec-tricitë s’est procuré d’importantes disponibilités dont le premier emploi est indiqué dans ses entreprises nouvelles.
- Quand toutes les opérations de trésorerie qui découlent de ces modifications apportées à sa situation seront effectuées, son fonds de roulement sc trouvera porté à plus de 20 millions, déduction faite de la partie de l’actif réalisable constituée par les titres en portefeuille et les comptes courants débiteurs des filiales. Le Conseil ne pouvait songer à donner à ces disponibilités qu’un emploi industriel analogue à celui de son capital social ; l’augmentation des stations existantes, la prise de participations dans des entreprises existantes, la création d’entreprises de distribution d’énergie avec ou sans le concours de groupes amis, c’est à quoi il s’est résolu. Marseille est pourvu d’un groupe de 6 000 kilowatts, Nancy d’un groupe de 5 000; 400 000 francs sont employés à acheter des actions de la Société des Accumulateurs Tudor ; 5ooooo francs seront souscrits dans la nouvelle affaire de Nantes ; enfin la demande et l’octroi de la concession de la distribution d’énergie électrique dans la ville de Brest constituent avec la création de la Compagnie Lorraine la troisième étape de ce programme.
- A chacune des assemblées précédentes, des actionnaires avaient demandé au conseil d’augmenter le dividende, la même motion n’avait pas lieu d’être présentée cette année puisque le dividende proposé était de 35 francs au lieu de 3o. Et cependant, ceux qui ont acheté le titre aux cours actuels et qui le capitalisent au taux très réduit de 3 % auraient pu exprimer le même vœu sans être taxés d’imprudents. La distribution d’un dividende de 35 francs par actions absorbe en effet 1 260 000 francs, soit un peu moins de 58 % des bénéfices nouveaux et 3i % des bénéfices globaux. Mais, comme les années précédentes, le conseil n’a pas voulu faire état de bénéfices exceptionnels provenant de la réalisation de certaines filiales et les distribuer ; fidèle à la politique d’amortissements pratiquée jusqu’à ce jour, il a
- porté à la réserve générale 274 000 francs et à la réserve supplémentaire 1 5oo 000 francs. Il en résulte qu’au bilan d’entrée de l’exercice en cours, les amortissements et réserves diverses, y compris le solde à nouveau, s’élèveront à 14 500257 fr. 23, dont 10792 026 fr. 90 sous forme de réserves diverses et de reportànouveau et 3 707 730 fr. 33 il l’actif sous forme d’amortissements.
- L’allure des usines de fabrication comme celle des stations centrales a été satisfaisante. Marseille, qui n’avait encore donné que des résultats moyens, a vu augmenter scs recettes de 25 % et ses bénéfices nets de 275 000 francs; cette situation lui a permis d’envisager une augmentation de son capital social tant pour consolider sa dette flottante et rembourser la Compagnie Générale que pour accroître ses installations. La Société de l’Accumulateur Tudor a maintenu son dividende de 7 % . D’autre part, les cessions de Nantes et de Rouen constituent des opérations des plus fructueuses; 1 518 000 francs, dont profite l’exercice écoulé, ont été réalisés sur la première ; 9 millions le seront sur la deuxième dont bénéficiera l’exercice en cours. Nantes a été cédé à un groupe à la tête duquel se trouve la Société Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et Tramways, qui a obtenu la concession des tramways de Nantes en même temps que la concession de la distribution d’énergie dans la région avoisinante. Rouen est devenue la propriété de la Compagnie Centrale d’Energie Electrique qui l’a payée 12 5oo 000 francs. Cette seconde affaire ne s’est pas conclue au profit des acheteurs aussi facilement que la première ; car ici la Compagnie Centrale, par le fait de sa demande en concession dans Rouen et dans les villes et communes avoisinantes, s’était posée en futur concurrent de la Société Normande d’Electricité. Devant cette attitude offensive, la Compagnie Générale avait déposé, de son côté, une demande de concession identique et la lutte se serait entamée et poursuivie comme à Marseille si des amis communs 11’étaient intervenus; ce que regretteront peut-être les futurs consommateurs, mais nullement les actionnaires de la Compagnie Générale. L’abandon de l’affaire de Rouen constituait un sacrifice d’autant plus grand que la Société Normande fut le berceau de la Compagnie Générale, mais la cession était plus avantageuse que la poursuite d’une lutte sans profits, et le Conseil a pu mettre en balance l’intérêt de la Société et des questions d’amour-propre ou de sentiments.
- Il y a deux ans, quand nous étudiions le bilan de
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XII (2* Séria). —«* 53.
- la Compagnie Générale d'Electricité, l’action se négociait aux environs de 800 francs. Aujourd’hui, elle s’achète aux alentours de 1 180 francs, chère si on ne considère que son revenu actuel, au prix de sa valeur si on considère la situation financière de l’affaire, mais en concordance avec nos conclusions implicites d’alors.
- La jeune Société Constructions Electriques de Nancy qui clôturait, au 3o juin dernier, son second exercice, a pu déclarer, à l’assemblée du 1 a (novembre dernier, un bénéfice net de 97 671 fr. ao, qui fait ressortir à 19,5 % le revenu net du capital figurant au bilan pour 5oo 000 francs. Après la déduction de 7971 fr. 70 des frais occasionnés par l’Exposition de Nancy, et l’amortissement des dépenses générales d’installations à concurrence de 5o 000 francs, l’assemblée a approuvé la répartition suivante :
- Réserve légale, 5 %............... 1 994,95
- Aux actions, 5 %................. 25 000,00
- Au Conseil, 25 %................'. . 3 175,00
- A la disposition du Conseil, i5 % . 1 825,00
- Aux actions, 60 %................. 7 5oo,oo
- Mais, par mesure de prudence, et en raison de l’exiguité de ses ressources, le conseil a demandé et l’assemblée a approuvé le report de cette dernière somme à une réserve extraordinaire. C’est qu’en effet le développement rapide de l’affaire a obligé ses dirigeants à des immobilisations qui ont affecté la trésorerie. Les approvisionnements divers et les travaux en cours comptés au prix de revient figurent au
- bilan pour 3f>9 43i.fr. 75 ; mais l’actif immédiatement disponible s’élève .seulement à 97 353 fr. 86, tandis que les exigibilités ne sont pas inférieures à 387 35g fr. 88. C’est le résultat des nécessités de s’augmenter dès le début pour répondre aux commandes de la clientèle, et de construire par grandes séries pour obtenir de bons prix de revient. Cette situation appelait une mesuré financière que le conseil a soumis à l’approbation de l’assemblée générale extraordinaire qui a suivi. L’émission de 1 000 actions nouvelles de 5oo francs au pair, avec un droit de priorité pour les actionnaires actuels, a été décidée à l’exclusion d’une émission d’obligations, à laquelle le conseil se réserve de faire appel si les. nécessités s’en font sentir. La Société Constructions Electriques pourra ainsi dfe libérer vis-à-vis de la Banque Renauld qui lui a fait confiance et compléter, suivant ses besoins, son outillage et ses approvisionnements.
- Ci-dessous le bilan résumé :
- ACTIF
- Immobilisations............
- Dépense d’Exposition.......
- Approvisionnements...........
- Caisse et débiteurs divers....
- PASSIF
- Capital.................
- Créditeurs divers.......
- Profits et perles.......
- 985 o3i,o8
- D. F.
- 520 273,77
- 7 97*.7° 35g 43i,75 97 353,86
- g85 o3i,o8
- 5oo 000,00 387 359,88 97 671,20
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Bouches-du-Rhône. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans la ville de Marseille, desicinq lignes de tramways suivantes :
- i° De la rue Briffant à l’hôpital de la Conception;
- 20 D’Arenc à la Belle-de-Mai, par le boulevard extérieur et le boulevard de Plombières;
- 3° De Saint-Barthélemy ou de Malpassé au Merlan;
- 4° De la Rose ou des Quatre-Chemins de Saint-Julien aux Olives ;
- 5° Du boulevard Guigou jusqu’aux minoteries des chutes Lavie, en prolongement de la ligne urbaine n° 9.
- Allemagne. — L’AlIgemeine Elektricilats Gesell-schaft a obtenu du gouvernement saxon la concession
- de l'électrification du chemin de fer de Mittweida à Lembach.
- Hongrie. — La Compagnie des Tramways de Budapest a été autorisée, par le ministère des Travaux Publics, au prélèvement d’une somme de 981 a5o francs pour l’achat de 20 nouvelles voitures électriques.
- ÉCLAIRAGE
- Orne. — M. Peloux a adressé à la municipalité d’Alençon une demande de concession pour éclairer la ville à l’électricité. Dans le cas où la compagnie du gaz ne pourrait fournir la lumière électrique aux conditions proposées par M. Peloux, celui-ci serait nommé concessionnaire.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Nord. — 41 iest question d’installer l'électricité à Annappes. C’est l’Energie électrique du Nord qui entreprendrait les travaux et fournirait la lumière.
- DIVERS
- Exposition internationale des Industries et du Travail de Turin (Italie) (avril-octobre 1911).
- SECTION FRANÇAISE
- Groupe V. — Electricité.
- MM.
- Meyer (Ferdinand), ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie continentale Edison, 38, rue Saint-Georges, président.
- Roux (Gaston), directeur du Bureau de contrôle des installations électriques, 12, rue Hippolyte-Lebas, vice-président.
- Beauvois-Devaux (André), trésorier du Syndicat professionnel des usines d'électricité, 78, avenue Henri-Martin, trésorier.
- Léauté (André), ingénieur des mines, secrétaire général de la Société Industrielle des Téléphones, 26, rue du 4-Septembre, secrétaire.
- classe 28
- Génération mécanique et distribution de l’énergie électrique.
- Machines à produire l’électricité : Dynamos à courant continui.e.t à courant alternatif monophasé et polyphasé.
- Transformation du courant: Transformateurs statiques. — Groupes moteurs générateurs. — Convertisseurs rotatifs.— Permutateurs. — Redresseurs.
- Distribution de l’énergie électrique : Systèmes et appareils de réglage, de sûreté et de protection. — Tableaux complets de distribution. — Batteries d’accumulateurs.
- Lignes électriques : Conduites aériennes, câbles, jonctions, isolateurs, matériel isolant, paratonnerres, etc.
- MM.
- Eschwège (Paul), ingénieur civil des mines, directeur de la Société d’Eclairage et deForce par l’Electricité,26, rue Laffitte, président.
- Régnault, agent général de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, 4, mie de Vienne, vice-président.
- Grosselin (Joseph), ingénieur civil des mines, agent général de la Société Française des Câbles Electriques, 26, rue Godot-de-Mauroi, vice-président.
- France (Etienne de), ingénieur civil des Mines, secrétaire général de la Société l’Eclairage électrique,364, me Lecourbe, secrétaire.
- classe 29
- Utilisation mécanique de l’énergie électrique.
- Moteurs électriques : Moteurs à courant continu et à courant alternatif.
- Applications aux transports : Systèmes de traction électrique. — Moteurs électriques pour chemins de fer, tramways, automobiles. — Locomotives et automoteurs électriques. — Systèmes de commande et de réglage d’automoteurs et de trains électriques.
- Différentes applications électromécaniques : Ascenseurs. — Cabestans, grues, treuils, ponts roulants. — Machines-outils. — Ventilateurs, etc.
- MM.
- Legouèz (Raynal), ingénieur en chef des ponts et chaussées, administrateur des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, directeur de la Société Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et Tramways électriques, 75,boulevard Haussman, président.
- Auvert, ingénieur principal à la Compagnie des chemins de fer P. L. M., 20, boulevard Diderot, vice président.
- Imbs (Edouard), ingénieur des ponts et chaussées, ingénieur en chef de la Compagnie de Distribution d’Elec-tricité, 11, avenue Trudaine, vice-président.
- Nelson Uhry, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, ingénieur de la Société Anonyme Westinghouse, 4^, rue de l’Arcade, secrétaire.
- classe 3o
- Eclairage électrique.
- Lampes à courant continu ou alternatif : Lamjies à arc. — Régulateurs. — Charbons. — Lampes à incandescence. — Autres systèmes de lampes.
- Installations d’éclairage: Eclairage des rues. — Eclairage d’édifices publics, de maisons d’habitation, de locaux divers. — Tableaux et détails d’installations. .
- Phares et projecteurs : Applications à la navigation, au service de l’armée, aux travaux publics.
- Appareils d’éclairage : Lustres, candélabres, supports, etc.
- MM.
- Zeitter (Charles), ingénieur des arts et manufactures, directeur de l’Appareillage électrique Grivolas, 16, rue Montgolfier, président.
- Meyer (Marcel), ingénieur des arts et manufactures, directeur de la Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force, 23, rue Lamartine, vice-président.
- Guinier (Edouard), ingénieur-constructeur, 36, rue de Trévise, vice-président.
- Turenne (Paul), ingénieur de la maison Barbier, Bénard et Turenne, 82, rue Curial, secrétaire.
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- LA .LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XII (2* Série). — N- 53.
- CLASSE 3l
- Télégraphie et téléphonie.
- Appareils télégraphiques : Appareils expéditeurs et récepteurs. —Appareils à écriture. — Appareils mul-tiplès.— Electrographes. —Accessoires d’installations télégraphiques. — Déchargeurs. — Relais, rappels, etc. — Transmutateurs et tableaux de commutation.
- Télégraphie sans fil : Appareils et accessoires.
- Appareils téléphoniques : Appareils divers de transmission et de réception. — Accessoires d’installations téléphoniques. — Tableaux de commutation. — Générateurs de courant, etc.
- Téléphonie sans fil : Appareils et accessoires.
- Lignes télégraphiques et téléphoniques : Conducteurs, câbles aériens, sous-marins et souterrains. —Matériel de ces lignes?
- MM.
- Brylinski (Edouard), ingénieur des Télégraphes, directeur de la Société Le Triphasé, 5, avenue Teysson-nière, à Asnières, président.
- ' Focque (A.), ingénieur des Mines, directeur de la Société Française des Câbles Télégraphiques,38, avenue de l’Opéra, vice-président.
- Courtois (Gabriel), ingénieur des Arts et Manufactures^ directeur des ateliers de la Société Industrielle des Téléphones, 2, rue des Entrepreneurs, vice-président.
- Minvielle (Edmond), gérant de la Société Charles Mildé et Cie, 6o, rue Desrenaudes, secrétaire.
- CLASSE 32
- Electrochimie.
- Piles primaires. — Accumulateurs. •
- Fours électriques : Application à la métallurgie, à la fabrication de carbures et de produits analogues et dérivés, et à la fabrication de l’acide nitrique. — Production de l'ozone, etc.
- Procédés et appareils d’électrolyse : Fabrication de produits chimiques divers. — Production et affinage de métaux. — Galvanoplastie, galvanostégie. — Applications diverses.
- MM.
- De la Ville Le Roux (Pierre), directeur de la Société pour le Travail électrique des métaux, directeur de la Société pour la Transmission de la force par l’électricité administrateur de la Société d’Eclairage et de Force par l’électricité, 26, rue^Laffitte, président.
- Gindre (Eugène), ancien élève de l’Ecole polytechnique,
- directeur de la Société Le Carbone, 12, rue de Lorraine, à Levallois-Perret, vice-président.
- Egnel (Axel), administrateur délégué de la Société d’Electricité Mors, 7, rue Durant!, secrétaire.
- classe 33
- Instruments et appareils de mesure de l’énergie électrique.
- Appareils et instruments de mesure à l’usage des sciences.
- Appareils et instruments indicateurs pour mesures industrielles.
- Appareils et instruments à enregistrer et intégrer.
- Compteurs et appareils analogues.
- Photométrie. — Appareils photométriques.
- MM.
- Janet (Paul), professeur à l’Université de Paris, directeur du Laboratoire central et de l'Ecole supérieure d’électricité, 12, rue de Staël, président.
- Richard (Jules), ingénieur-constructeur d'appareils de précision, 25, rue Mélingue, vice-président.
- Joly (Eugène), ancien élève de l’Ecole polytechnique, ingénieur de la maison Carpentier, 20, rue Delambre, vice-président.
- Bureau (Henri), chef des travaux au Laboratoire central d’électricité, 12, rue de Staël, secrétaire.
- Classe 34.
- Appareils de recherches scientifiques et expérimentales.
- Appareils d’enseignement.
- Applications de l’électricité à la thérapeutique, à l’hygiène et à la physiologie.
- Appareils à signaux. — Applications aux chemins de fer, à la marine et aux mines. — Thermostats. — Pyro-mètres. — Horloges électriques. — Avertisseurs.
- Appareils de chauffage électrique à l’usage de l’industrie et du ménage. — Soudure électrique.
- MM.
- Gaiffe (Georges), constructeur d’appareils de précision, 9,. rue Méchain, président.
- Mascart (Léon), directeur de la Société des établissements Henry-Lepaute, 55, rue de Lille, vice-président.
- Ducretet (Fernand), constructeur d’appareils, 75, rue Claude-Bernard, vice-président.
- Cance (Albert), ingénieur des Arts et Manufactures, 5, rue Saint-Vincent-de-Paul, secrétaire.
- AâtS, — IIOTWiU LEVÉ, RDS CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- La Lumière Électrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME XII (2e Série)
- 4e Trimestre 1910
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- Tables du Tome XII (2e Série)
- La Table des matières trimestrielle de la Lumière Électrique est éditée maintenant 'en fascicule séparé, en raison du développement qui lui a été donné. La Lumière Electrique se propose, en effet, de signaler, aussi complètement que possible, tous les articles intéressants, publiés dans la presse étrangère, de sorte que la table des matières de' cette Revue constituera, en quelque sorte, la table des matières générale des publications électrotechniques françaises et étrangères.
- Au point de vue de la disposition matérielle, la table par noms d’auteurs correspond aux recherches rapides, et la table méthodique des matières aux recherches complètes. Dans cette dernière, on a conservé, pour les travaux étrangers, la référence directe aux publications originales.
- Les articles dont les titres sont suivis d’un résumé très sommaire sont ceux dont la Lumière Électrique a publié des extraits importants. Ceux dont le titre seul est indiqué ont été simplement signalés, en quelques lignes, dans le texte de la Revue.
- Enfin, l’ordre alphabétique a été adopté d’une manière aussi générale que possible, en raison de sa commodité. Par suite, dans la table méthodique, les matières sont rangées selon l’ordre suivant :
- Applications mécaniques. Bibliographie.
- Divers.
- Eclairage électrique.
- Electrochimie et électrométallurgie. Eléments primaires et Accumulateurs. Législation et Contentieux.
- Machines.
- Mesures.
- Télégraphie et Téléphonie. Télégraphie et téléphonie sans fil. Théories et généralités.
- Traction.
- Transmission et Distribution. Usines génératrices.
- Renseignements économiques et commerciaux.
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- TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- APPLICATIONS DIVERSES
- Avertisseur électro-mécanique......... 122
- MINES
- Principe du pont de Wlieatstone.
- Ventilateurs de muraille électriques à fermeture automatique........................... 61
- Tir à la cible avec dispositiï à commande électrique pour amener les cibles. — O. Ma-retsch. — Elektrotechnische Zeitschrift, 11 août 1910......................................... i5i
- Machine d’extinction électrique à \la «Mau-veschacht » système Brown-Boveri. — C. Le-ber. —Elektrotechnische Zeitschrift, 9 juin 1910.. 84
- Caractéristiques mécaniques et électriques. (Liaison Ward-Leonard).
- Traction électrique dans les mines. —
- C. Brown.................................... 444
- Machine a essayer les bandages pneumatiques. — A. Palme. — Elektrotechnik und Maschi-nenbau, 9 octobre 1910.................,....... 274
- Le chemin de roulement est circulaire et calé sur l'arbre d’une dynamo-frein.
- Irrigations par pompage électrique dans le Kansas. — C. Reybold. — Electrical World, 9 juin 1910........................................... 242
- Voir Traction.
- Distribution d’énergie électrique aux établissements miniers du district de Wisconsin. — Electrical World, 16 juin 1910.......... 148
- Station génératrice ; lignes et sous-stations ; opérations électriques dans les mines, et notamment triage électromagnétique.
- MACHINES-OUTILS
- Marteau de forge mû électriquement. —
- W. Chubb. — American Machinist, Sojuillet 1910. 5a
- L’extraction du fer des minerais et des gangues. — C. Brown. — Transactions of the South African Instilute of Electrical Engineers, mai 1910. 275
- Triage électromagnétique.
- BIBLIOGRAPHIE
- Eléments de calcul vectoriel, par C. Burali Forti et R. Marcolongo, traduit par S. Lattès. — 1 volume in-8° raisin de 229 pages, avec 20 figures. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 8 francs......................,............. 120
- Cours municipal d’électricité industrielle,
- tome II (20 édition), par L. Barbillion et P. Bergeon.
- — 1 volume in-8° raisin de 477 pages, avec 5o6 figures. L. Géissler, éditeur,Paris.— Prix : broché, 12 fr. 121
- L’électricité à la campagne, par R. Champly.
- — 1 volume in-8° raisin de 292 pages, avec 289 figures.— H. Defforges, éditeur,Paris,—Prix: broché, 6 fr. 121
- Die elektrochemischen JPatentschriften der Vereinigten Staaten von Amerika, par le D1' P. Ferchland. — 1 volume in-8° raisin de 204 pages, avec 352 figures. — Wilhelm Knapp, éditeur, Halle-à. Saale. — Prix: broché, 12 marks............ 121
- Electrotechnique appliquée: machines électriques (Théorie, essais et construction). Cours professé à l’Institut électrotechnique de Nancy par A. Mauduit, ancien élève del’EcolePolytechnique. Préface de A. Blondel, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, professeur à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées, 1 vol, in-8° de g3g pages, avec 566 figures. —
- p.2x3 - vue 452/465
-
-
-
- 4
- H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 25 francs........................-,............ i52
- Installations électriques de force et lumière (Schémas de connexions), par A. Gurchod. —
- i volume in-8° raisin de 82 pages, avec 32 planches. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché» 4 fr. 5o....................................... 1 5a
- Das elektrische Bogenlicht (L’arc électrique bases physico-techniques de la production de lumière par décharges électriques), par Ewald Rasch. — 1 volume in-8° carré de 176 pages, avec 52 ligures. —
- P. Wieweg et fils, éditeurs, Brunswick. — Prix: broché, 6 marks ; relié, 7 marks.............. 218
- Leitfaden zum Elektrotechnischen Prakti-kum (Guide pour la pratique électrotechnique), par G. Brion. — 1 volume in-8° raisin de 404 pages, avec 38o figures. — B.-G. Teubnek, éditeur, Leipzig. — Prix: broché, 10 marks ; relié, 11 marks. 219
- Thermodynamique et chimie (2« édition), par P. Duhem. — 1 volume in-8° raisin de 579 pages, j avec 173 figures-, — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris.— Prix: broché, 16 francs.................. 219
- Les Roches et leurs éléments minéralogiques, par Ed. Jannettaz. — 1 volume in-8° carré de 704 pages, avec 332 figures et 25 planches hors texte. — A. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix: broché,
- 8 francs................................. 220
- La télégraphie sans fil, la télémécanique et
- la téléphonie sans fil à la portée de tout le monde (5° édition), par E. Monter. — 1 volume in-8° couronne de 198 pages, avec 25 figures. —H. Dunod
- et E, Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: broché, 2 fr. 5o................................... 220
- Zeitschrift fur Elektrochemie. — Tables générales des matières....................... 220
- L’usine hydro-électrique de Tuilière etladis-tribution de l’énergie électrique dans le sud-ouest de la France, par Albert Claveille, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. —1 volume grand in-8° de 160 pages, avec figures dans le texte et 17 grandes planches hors texte. — À. Dumas, éditeur, 6, rue de la Chaussée d’Antin, Paris. — Prix: 10 francs...................•............. 247
- Méthodes et appareils démesures électriques et magnétiques (lre et 2° parties) (Encyclopédie électrotechnique), par A. Iliovici. — 2 volumes in-8° raisin de i5o pages. — L, Geisler, éditeur, Paris. — Prix : chaque volume, 2 fr. 5o... 375
- Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones. — Recueil de documents français et étrangers publié par les soins d’une commission nommée par M. le ministre des Travaux Publics, des Postes et Télégraphes. — A. Dumas, éditeur, Paris. — Prix de l’abonnement. Paris : 6 francs. Départements et Colonies : 6 fr. 5o. Etranger: 7 francs....... 411
- The Polytechnic Engineer. — 1 volume
- in-8° raisin de 144 pages. — Polytechnic Institute, Brooklyn.................................. 411
- DIVERS
- EXPOSITIONS
- L’électricité à l’Exposition de Bruxelles. —
- J. Réyvdl..................;.............: 17, 86
- Stand de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques: groupe turbo-générateur ; survol-teur à courants triphasés ; moteurs spéciaux. 17 Stand des Ateliers de Constructions électriques du Nord et de l’Est : turbo alternateur (compoun-dage, système Latour) ; équipements Thomson-Sprague ; machines diverses........18, 86
- L’électricité à l’exposition de Bruxelles. —
- A. Heyland. — Elektrotechnische Zeitschrift, 21 avril 1910............................................. 02
- t , ,
- INDUSTRIE EN GENERAL
- L’état actuel de l’industrie électrique en
- Allemagne. — G. Dettmar. — Elektrotechnische Zeitschrift, 6 et i3 octobre 1910.............. 3oG
- QUESTIONS DIVERSES
- Electrolyse de conduites d’huile. — H. Miller. — Electrical World, 23juin 1910..,... 245
- Bouche de chaleur électrique.— H.-V. Fournier...................................... 342
- Toiles métalliques résistantes que traverse un courant électrique et à travers lesquelles passe l'air à réchauffer.
- L’incendie de la bibliothèque de l’Université de Toulouse........................ 282
- Listes de brevets
- 179, 214
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-
-
-
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LAMPES A AUC
- L’éclairage par lampes a arc à courant continu................................... 309
- Lampes des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est : caractéristiques électriques et photométriques.
- La lampe en quartz, à vapeur de mercure.
- — Maurice Leblanc.......................... i63
- Difficultés rencontrées au cours de la construction de ces lampes. Dispositifs employés. Caractéristiques électriques et photométriques.
- Luminescence dans l’arc au mercure dans le vide. — A. Perot. — Société Française de Physique, séance du 2 décembre 1910........... 4o3
- H AA ON S U LT 11 AV 101. ETS
- Stérilisation de grandes quantités d’eau par
- les rayons ultraviolets. — V. Henri, A. Hel-bronner et M. de Recklinghausen. — Académie des Sciences, séance du n avril 1910.... 2I
- Nouvelles recherches sur la stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets.— V. Henri, A. Hellbronner et M. de Recklingbausen. — Académie des Sciences, séance du 17 octobre 1910.......................... 173
- Stérilisation industrielle de l’eau par les rayons ultraviolets. — M. de Recklinghausen.......................................... i83
- Différents modes de stérilisation de l'eau. Emploi de la lampe en quartz. Conditions de fonctionnement de l’appareil : brassage énergique de l’eau ; soupape qui se ferme quand s’éteint la lampe. Tableau d’essais.
- QUESTIONS DIVERSES
- Le laboratoire de la « National Electric Lamp Association ». — P. Hyde. — Science, 24 décembre 1909................................ i43
- Éclairage d’un gymnase et d’une vaste piste couverte. —R. Cravath.— Electrical World, a3 juin 1910., ........................... 241
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Chronique d’èlectromètallurgie : L’état actuel de l’èlectrosidèrurgie. — G. Arnou.... 7
- Fours à résistance (Gin, Roehling-Rodenhau-ser, Frick). Fours à arc (Girod et Chaplet, St.as-sano). Caractéristiques de fonctionnement des fours. Rôle et avenir des fours électriques. Statistique.
- L’èlectrométallurgie de l’acier et de la fonte brute. —V. Engelhardt. — FAektrotcchnische Zeitschrift, 7 avril 1910.................... . 174
- L’intérêt économique de ce traitement est hors de doute pour le premier, discutable pour la seconde.
- Les grands fours électriques dans la métallurgie du fer et de l’acier. — R. Gatani. — Rapport présenté au XV<= Congrès général de l’Association électrochimique américaine (Chutes du Niagara, 6, 7 et 8 mai 1909). — Elettricisla, ie'' décembre 1909.. . . 174
- Rendement ; utilisation des gaz dos fours ; facteur de puissance ; self-induction ; comparaison des fours mono- et triphasés ; puissance maxima.
- Progrès des fours à induction —T. Row-Iands. — Communication au Congrès de Pittsbourg. — Metallurgical and Chemical Engineering, juin
- igro...................... . . .'............. 443
- Fours à induction simple et à induction combinée.
- BREVETS
- Sur la réduction de l’oxyde de 1er par le carbone solide. — G. Charpy et S. Bonnerot. —
- Académie des Sciences, séance du 10 octobre 1910. 173
- Affinage èlectiûque de l’acier. — R. Wal-ker. — Brevet américain n° 967 ügo du 16 août 1910. — Metallurgical and Chemical Engineering, septembre 1910............................................. 2.46
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- 6 —
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- Sur les piles à antimoine et a sélêniures d’antimoine. — H. Pelabon. — Académie des Sciences, séance du 19 octobre 1910.... 214
- Rôle de la lumière dans leur fonctionnement.
- La batterie d’accumulateurs Edison, type 1910. — E. Holland. — The Electrician, 21 et 28 octobre 1910............................... 374
- Résultats d’essais
- Procédépour former rapidement des plaques d’accumulateurs. — F. Fischer. — Zeitschrift für Elektrochemie, i5 mai 1910............... 120
- BREVETS
- Perfectionnements apportés aux disposi-
- tions destinées à charger et à décharger les accumulateurs électriques. — M. Taylor. — N° 411 i52, publié le 9 juin 1910... 5a
- Perfectionnements apportés aux accumulateurs électriques. — Société : J. Stone et Com-
- pany Limited et H. Darker. — N° 411 i56, publié le 9 juin 1910.. ...................... 85
- Procédé pour fabriquer les plaques négatives Planté pour accumulateurs. — Akkumu-latoren Fabrik A. G.— Brevet allemand n° 208799, du 10 juin 1908........................... 246
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Droits du propriétaire de faire des fouilles sur son propre terrain. — Prétendu obstacle dérivant de l’article 6<£3............. 181
- Jugement du tribunal civil de Narbonne, sur une question de compétence ( Jugement du 17 mai 1910)........................... 181
- Arrêt du Conseil d’Etat du 29 juillet 1910: l’éclairage électrique et les installations gratuites............................ 182
- Arrêt de la cour de Chambéry du 1er juin 1910: compétence du juge de paix en matière d’appréciation de dommage causé à des arbres par une société d’électricité.. 182
- Arrêté déterminant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique, pour l’application de la loi dulS juin 1906 sur les distributions d’énergie. — Du ai mai-s 1910. — Inséré an Journal Officiel du 26 mars 1910.248, 27g
- MACHINES
- La réactance synchi'one et asynchrone. — J. Rezelman...........................ig5, 291, 323
- Essais effectués sur un moteur de 5o chevaux,rotor enlevé ou en place (rotor à cage d’écureuil).................................. ig5
- Etude d’un turbo-alterhateur de 4 000 K. V. A. à rotor lisse, tournant au synchronisme, puis immobilisé................................ 291
- Détermination de la réactance pour tout régime de vitesse............................... 3a3
- Nouveaux dispositifs pour la marche en parallèle des dynamos. — W. Wolf. — Elektro-technik\und Maschinenbau, 20 mars 1910.......... 207
- Revue rapide des dispositifs A. E. G., Siemens-Schuckert,Voigt etHaefîner.(Répartition égale des courants, constance des tensions, synchronisme).
- L'électricité à l’Exposition de Bruxelles
- (machines)...............................17, 86
- Voir Divers.
- COMPOUNDAGE DES ALTERNATEURS
- Le réglage automatique de la tension aux bornes des alternateurs.— M. Seidner. — Elek— trotechnische Zeitschrift, 2S novembre et 9 et 23 décembre 1909...........................•-•.78, 112
- Diagramme du problème.
- 1. Emploi de transformateurs, (Ganz, Général Electric, Heyland, Alexanderson).
- 2) Commutatric.es spéciales (Hutin et Leblanc, Boucherôl, Rice, Danielson, Union Elektrizitats Gesellschaft, Roth, Steinmetz, Leblanc).
- 3) Transformation électrolytique (Dobrovolsky),
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-
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- — 7
- 4) Utilisation de la réaction d’induit (Walker, Heyland).
- 5) Excitatrices ordinaires et régulateurs (Bla-thy, Dick, Thury, Thieme, Tirrill, Sehwaiger).
- 6) Action directe du courant alternatif sur le champ de l’excitatrice (Crompton, Parsons, Seid-ner).
- Le régulateur Tirrill. — C. Waldsohmidt. —
- Bulletin de la Société belge d‘Électriciens, avril
- 1909.............................................. n6
- Sur le compoundage des alternateurs. —
- A. Blondel. —Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, janvier 1910....................... 404
- Description de l’excitatrice à réaction.
- Installations réalisées industriellement.
- Représentation graphique.
- MOTEURS A COURANT ALTERNATIF
- Chronique des machines électriques : Théorie et calcul du moteur à impulsion. — L. Berger ............................................ 67
- Remplacement du bobinage réel par un bobinage sinusoïdal équivalent.
- Détermination des grandeurs du diagramme, 10 en négligeant fuites et pertes ohmiques ; a° en en tenant compte.
- Influence des spires en court-circuit pendant le démarrage ; court-circuit ; puissance recueillie ; couple. Calcul d’un moteur..
- La récupération par le fi'einage du moteur à répulsion en montage normal est-elle pos-
- sibleŸ F, Rusch. — Elektrotecfinische Zeitschrift
- 4 août 1910.....................•.............. 116
- Conclusion négative (théorie, essais).
- L’évolution des moteurs asynchrones. — J.
- Fischer-Hinnen. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- 14 juillet 1910................................ 270
- Revue chronologique des différents dispositifs de démarrage employés. Dispositif de l’auteur (moteurs à bagues et à induit en court-circuit.)
- Sur la dispersion des moteurs à champ tournant. — Lettres à la rédaction de VElektrotechnische Zeitschrift de W. Hogowski et K. Simons, et de H.-B. Hellmund. — Elektrotechnische Zeitschrift,
- 7 avril 1910................................... 3o3
- Objections à l’article de ,M. Hellmund sur ce sujet [Lumière Electrique, t. VIII) et réponse de celui-ci.
- transformateurs
- Le transformateur en cascade. — S. Hallo. —
- Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, 14 février
- 1910........................................... 336
- Pertes produites dans l’induit à courant continu de cette machine ; son emploi; sa comparaison avec la commutatrice et le moteur-générateur à différents points de vue.
- BREVETS
- Dispositif pour protègei* contre toute -surcharge de courant les moteurs électriques à mise en marche et a changement de marche rapides.—Allgemeine Elektrizitats-Gesellschaft.
- — N° 4t5 202, publié le 21 septembre 1910...... 245
- MESURES
- Insti'uments de mesure à deux aiguilles. — P. Brenot...................................... 427
- Voir CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL.
- Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle pour distributions alternatives simples ettriphasêes. — C. Bèniot.. a3a, 264, 296
- D’après un article de M. R. Arno (Atti dell'As-sociacioné elettrotecnica italiana, mars-avril 1910.)
- Définition et mesure de la charge complexe, quantité qui tient compte de la fourniture de courant déwatté.
- Mesure de la charge complexe et de la puissance apparente (éclairage et force motrice) en courant alternatif simple.........'. 232
- Mesure delà charge complexe dans un système triphasé quelconque............... 264
- Mesure de la puissance apparente dans un système triphasé quelconque.
- Tableaux résumant l’étude. Discussion. . . 296
- La mesure des courants alternatifs par la méthode de compensation. — A. Darsen. — Elektrotechnische Zeitschrift, i3 octobre 1910. 239
- On oppose à la tension à mesurer la somme géométrique de deux tensions décalées de
- Recherches expèiûmentales sur les compteurs Ferraris. —H. Brückmann.—Elektrotechnische Zeitschrift, 25 août 1910... .........
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-
-
-
- Influenèe de la fréquence et de l’épaisseur du ,>diçqpe sut; la copstante du compteur.
- Comparaison de différents prodèdés de mesure de la constante diélectrique. — P. Floquet.
- — Académie des Sciences, séance du 12 septembre 1910......................................... 48
- Méthode pour mesui'er le glissement de deux alternateurs couplés en parallèle. —
- H. Gôrges et P.-Weidigf. *— Elektrotechnische Zeit»
- schrift, j avril 1910........................240, 277
- Méthode optique.
- Méthode gi'aphique et rapide de mesure du glissement des moteurs d’induction. — A. An-drault. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910...................................... 336
- Papier chimique Bain, sans appareil accessoire.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- APPLICATIONS GÉOGRAPHIQUES
- Chronique de télégraphie sans fil. — P. Bre-
- not................................ 368, 387
- I, Détermination de l’heure......... 368
- Description des dispositifs employés à l’Observatoire de Paris et à la Tour Eiffel.
- II. Détermination des différences de longi-
- tudë................................... 387
- . Appareils de la Tour Eiffel. Résultats des expériences effectuées entre Paris et Brest.
- Comparaisons téléphoniques et radiotèlè-graphiques de chronomètres par la méthode des coïncidences entre Paris et Brest. — Claude, Ferriè et Driencourt. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910.... 376
- Réception du signal horaire [hertzien de la
- Tour Eiffel. — P. Jégou................ 371
- Emploi du détecteur électrolytique et d’éléments Leclanché.
- APPLICATIONS À LA LOCOMOTION AÉRIENNE
- La télégraphie sans fil à bord des dirigeables. — G. Ferriè. Extrait d’une conférence faite à l’Ecole
- de Télégraphie.......................... 99
- Contrepoids de l’antenne et ses différents modes de réalisation suivant les types de ballons. Etincelles musicales.
- Résultats obtenus aux grandes manœuvres.
- — J. R................................ io3
- Données relatives au poste de T.S. F.du Bayard Clément.
- La télégraphie sans fil à bord des aéroplanes. — J. R............................ 341
- Quelques données sur les premières expériences du capitaine Brenol.
- QUESTIONS DEVERSES
- Chronique de Télégraphie sans fil : nouveaux instruments de mesure. — P. Brer not....................................... 427
- Appareils à deux aiguilles Ferrié-Carpentier : fréquencemètres ; ohmmètres (ohmmètre militaire) ;volt-ampèremètres combinés.
- Périodicités et coefficients d’amortissement
- de deux circuits oscillants accouplés. — J. s. Stone....................................•. 435
- Détermination de ces quantités ainsi que des résistances et des selfs apparentes.
- Une action à distance sur le cohêreur, produite par les contacts métalliques. — B. Szi-
- lard. — Académie des Sciences, séance du 20 juin 1910....................................... 52
- li REVETS
- Radiotèlautographe. — A. deMailly et L. Chan-telot. — N° 410 966, publié le 3 juin 1910. 86
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- DÉCHARGE
- Survies durées relatives des raies spectrales émises par la vapeur du magnésium dans T étincelle électrique. — A. Hemsalech — Académie des Sciences, séance du ^octobre 1910. 173
- Sur les modifications que subissent, dans un champ magnétique, les raies spectrales émises par la vapeur lumineuse de l’étincelle électrique. — A. Hemsalech. — Académie des Sciences, séance du 21 novembre 1910. 373
- Sur l’action d’un champ magnétique sur la
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-
-
-
- décharge électrique. —> B. Bloch. — Académie des
- Sciences, séance du 7 novembre 1910....... 302
- MATÉRIAUX ÉLECTROTEC.HNIQUES
- Recherches sur les gaz occlus contenus dans les alliages de cuivre. — G. Guillemin et
- B. Delachanal. — Académie des Sciences, séance du 14 novembre 1910.......................... 3o3
- théories
- Théorèmes sur les équations générales du mouvement d’un corpuscule dans un champ magnétique et un champ électrique superposés. —C. Si ôrmer . — Académie des Sciences, séance du 12 septembre 1910. .................... 48
- Méthode pour l’unification dea. théories des
- diverses machines et appareils électriques. — H. Zipp. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 19 et 26 juin et 3 juillet 1910..................'. 3oa
- De l’explosion des fusibles pour haute tension. — A. Léauté........ ...... ............. 35
- Voir Transmission et distribution.
- Surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau. — A. Léauté. 227, 25g
- Voir Transmission et distribution.
- Périodicités et coefficients d’amortissement
- de deux circuits oscillants accouplés. — J.-S.
- Stone....................................... 48
- Voir Télégraphie et téléphonie sans fil.
- TRACTION
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- Résultats obtenus par l’emploi de compteurs sur les voitures de tramways. — Bouton et Battes. — Rapports présentés au Congrès international de Bruxelles, 6-i 1 septembre 1910.................. 41
- Trois types de compteurs : wattmètre. ampère-heure-mètre, compteur horaire.
- Avantages et inconvénients de chacun d’eux.
- Conditions à remplir dans les plans d’extension des villes pour obtenir un réseau rationnel de lignes de tramways. — M. Watt-man. — Rapport présenté au Congrès international de
- Bruxelles, 6-11 septembre 1910.................. 54
- Complétant le rapport de M. Neiszen sur la même question (Lumière Electrique, 2S série, t. XI.)
- Disposition des voies et élargissement des rues. Vitesse commerciale en fonction de la distance entre les points d’arrêt pour différentes vitesses de marche. Dispositions de sécurité. Aménagement des points d’arrêt.
- L’usure ondulatoire des rails. — A. Busse. — Rapport présenté au Congrès international
- de Bruxelles, 6-11 septembre 1910............... 32g
- Usure des rails, du fil de trolley, des bandages. Influence de différents facteurs et surtout de la nature du métal.
- TRACTION CONTINUE
- Le chemin de fer électrique Nord-Sud. —
- A. Reisset...................................... 393
- Description générale. Installations électriques alimentation, équipement des trains (schéma des connexions), prises de courant, sous-stations (plans delà sous-station Tivoli), installations annexes, signaux.
- Le Winnipeg Electric Railway. — Electric Railway Journal, 9 juillet 1910....'............ 409
- Données techniques et économiques.
- TRACTION MONOPHASÉE
- Tramway a traction monophasée, à haute tension, de Blankenese-Ohlsdoi'f. — G. Dietl. — Electricol World, 12 mai 1910........... 5o
- Sectionnement des voitures en demi-voitures. Mode de prise de courant. Schéma des con nexions.
- Les locomotives monophasées des chemins de fer de l’Etat Badois. — Die Locomotive, septembre 1910..................................... 276
- Suspension caténaire pour tramways. — Hensig. — Elektrotechnisehe Zeitschrift, 28 juillet
- 1910........................................... 211
- Fil en 8. Type de serre-fil.
- TRACTION TRIPHASÉE
- La nouvelle locomotive électrique pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien. — W. Heyden. — Elektrotechnisehe Zeitschrift, 14 juillet 1910.................... *45
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-
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- IO —
- Construite sur les plans de M. von Kando. Discussion des avantages.
- Les chemins de fertriphaaès. —K. von Kando.
- — Elektrotechnische Zeitschrift, 14 juillet 1910.... 14S
- Réponse à l’article précédent.
- Discussion technique relative aux mérites respectifs de la traction triphasée et monophasée.
- DOCUMENTS D’EXPLOITATION
- Nouveaux tramways du South-Wales. —
- The Engineer, 21 octobre J910.............. 412
- Traction électrique dans les mines. — C. Brown. — Transactions of the South African Insti-tute of Electrical Engineers, juillet 1910. 444
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Compensatrices des réseaux à trois /ils. — G. Salzmann................................. 199
- Contribution à l’étude théorique du problème de l’équirépartition de la charge., ‘
- Moyens de diminuer T étincelle à la rupture du courant d’un électro-aimant. — S. Riefler et C. Paulus. — Elektrotechnische Zeitschrift, 2,5 août
- 1910......................................... i44
- 1 Moyens connus : avantages et inconvénients.
- Dispositif nouveau: remplacer la résistance morte par une batterie de petits accumulateurs.
- APPAHEILLAGE
- Appareils de distribution pour courant ti'i-phasè à haute tension de l’Usine Centrale de Chorzow. — F. Heinicke — Elektrotechnische Zeitschrift, a3 juin 1910...................... 48
- L’appareillage électrique à l’Exposition de
- Bruxelles................................... 343
- Description du tableau de distribution de Paul Meyer À. G.
- Appareils pour circuits à haute tension. —
- Electrical World, 9 juin 1910............... 442
- Interrupteurs, isolateurs.
- Tourelles de transformateurs................ 59
- Résistances tubulaires Ruhstrat émaillées au feu. — Hecke. — Hélios, n°s 3a et 33, 1910. 58
- CALCUL DES LIGNES
- Prescriptions allemandes et viennoises pour la sécurité des conducteurs aériens nus. — K. Kohler. — Elektrotechnik und Maschinenbau,
- 27 mars 1910................................ 117
- Conditions imposées par la législation pour le calcul des canalisations dans les deux pays. Comparaisons.
- Calcul rapide des conducteurs aériens au moyen d’un abaque unique.— A. Blondel. 419
- Rappel des formules et du calcul des lignes aé riennes; méthodes graphiques antérieures. Abaque universel; application ; exemple numérique; calcul des coefficients de surcharge.
- Sur l’établissement des canalisations aériennes suivant l’arrêté ministériel du 21
- mars 1910. — M. et R. Weii............... 355
- Exposé du problème, la flèche maximum ; les équations fondamentales ; la tension maximum ; variations de la surcharge ; exemple ; modification de la méthode de M. A. Blondel. La mise en évidence d’une valeur particulière de la température permet d’éviter l’extension du champ des portées.
- ÉQUIPEMENT DES LIGNES
- Les poteaux en béton armé pour les lignes
- électriques................................. 376
- Poteaux Gallia. Résultats d’essais.
- La conservation des poteaux en bois par l’emploi des fluorures. — R. Nowotny. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 12 juin 1910....... 408
- Immersion dans le fluorure de zinc acide.
- Comparaison détaillée des isolateurs a haute tension américains et eui'opèens. — S. Watts.— Electrical World, 19 mai 1910... 21
- Revue des isolateurs américains fabriqués depuis 10 ans. Comparaison des essais usuels en Amérique et en Europe. Classification des isolateurs. Dispositif de l’auteur.
- Nouveaux isolateurs pour hautes tensions.
- (Suite et fin). — Altmann...............a5, 87
- Etude détaillée des isolateurs en porcelaine Rosenthal. .
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- II —
- Les matériaux isolants. . *.,......... ia3
- Presspahn.
- PROTECTION DES RESEAUX
- Considérations pratiques sur la théorie des surtensions. — G. Giles et M, Wohlleben. —
- ElektroteChnische Zeitschrift, 22 et 29 septembre 1910........................................... 272
- Réponse aux critiques de M. Schrottke (Lumière Electrique, tome ,XI). Opinion contraire. (Calculs et expériences.)
- Les cellules d’aluminium comme protection contre les surtensions. — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 3 novembre 1910......................... 4”
- Dispositif permettant de former facilement les éléments.
- De l’explosion dés fusibles pdur haute tension. — A. Lèauté.............................. 35
- La fusion se produit soit par échau(ïement lent, soit par explosion, à-coup brusque analogue à une perçusssion mécanique.
- Etude théorique de réchauffement d’un fil traversé par un courant alternatif amorti. Vérification expérimentale.
- Surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableau. — A. Lèauté...227, 259
- Enoncé du problème ; équations dans le cas où le transformateur d’extrémité de ligne a de la capacité ou non ; influence de l’induit des génératrices. Discussion ; conclusions : cas normaux et anormaux.
- Mise à la terre du secondaire des transformateurs.— Electrical World,3o juin 1910. .. .. 374
- Règles de la Central Colorado Power C°. (Tensions inférieures à 5oo volts).
- USINES GÉNÉRATRICES
- Force motrice d’atelier. — E. Allain-Lau-
- nay................;.................... l69
- Détermination du coefficient d’utilisation annuelle d’une machine,d’après des statistiques allemandes et françaises, suivant qu’on emploie la commande par groupe ou centrale.
- L’évaluation des prix de revient du courant électrique. —• W. Wunder. — Elektrotechnisclie
- Zeitschrift, 23 juin 1910....................... 3o4
- Evaluation des frais d’exploitation directs et indirects : i° par les livres de comptes; 20 par un procédé empirique (méthode Wright).
- Considérations sur les résultats d’exploitation des usines d’électricité dans les grandes
- villes d’Allemagne. — JR. Kitsebelt. — Elektro-technische Zeitschrift, 12 mai 1910.. 146
- Basées sur la statistique de l’Union des Usines d’Electricité.
- Influence du système de courant et du mode d’utilisation de l’énergie.
- Les bénéfices des stations centrales rurales. — H. Meier. — Elektrotechnisclie Zeitschrift,
- 16 juin 1910............................... ..... 81
- Etude économique relative au-x usines allemandes.
- Jniluence de la création d’une usine d’élec-
- tricité sur les usines à gaz de la même localité. — G. Dettmar. — Elektrotechnisclie Zeitschrift, 9 juin 1910. ............................... 83
- Elle est de peu d’importance (développement des besoins).
- CHRONIQUES DES USINES CENTRALES
- Les centrales thermo-électriques et la consommation de charbon par kilowatt-heui-e. — G. Belluzzo. — Atti delVAssociazione elettrotecnica italiana, mars-avril 1910.................... 104
- Considérations sur le rendement global. Principes d’installation et de fonctionnement. Choix des machines. Rendement.
- Stations centrales à gaz pauvre, a moteurs Diesel et à combustibles autres que le charbon. — C. Tilonet — Rapport présenté au Congrès international de Bruxelles, 6-11 septembre 1910... i3i
- Moteurs à gaz pauvre : Gazogènes et installations annexes. Moteurs. Consommation et rendement. Entretien et réparations. Coût des installations, etc.
- Moteurs Diesel : Consommation. Entretien. Coût du moteur.
- Moteur à pétrole Hornsby.
- Conclusions Tableau comparatif du prix de revient du kilowatt-heurç.
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- CENTRALES HYDRO-ÉLECTRIQUES
- La mise en valeur des forces hydrauliques du lac de Walchen. — Kœhn. — Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 2, 9, et 16 juillet 1910................................... 84
- Usine hydro-électrique sur la rivière Nio-brara. — K. Palmer. — Electrical World, 2 juin 1910................................. 212
- La Station Génératrice de Glenwood de la
- Central Colorado Power......Company........—.Electrical World, 23 juin 1910 242
- CENTRALES A VAPEUR
- Nouvelles machines à vapeur économiques. (Suite et fin). — A. Berthier.. 153
- Machines à vapeur Lan/.
- Petites usines électriques économique?. ’—
- H. Miller. — Electrical World, 2 juin 1910...'211
- Emploi des demi-fixes (Wolf). Comparaison d’une petite usine américaine et européenne.
- Sur les moteurs désaxés. — A. Petot. — Académie des Sciences, séance du 7 novembre 1910.,. 3o3
- Séparation électrolytique de l’huile'contenue dans! eau de condensation. — M. Goodwin et H.SUis. — Communication au congrès de Pittsbourg. — Metallurgical and Chemical Engineering, juin
- 1910............ ......................... 4'°
- Electrodes en fér. Expériences et théorie.
- Dosage de la vapeur dans les gazogènes par aspiration. — A. Bèzaguet. — Bulletin technologique des Arts et Métiers, novembre igio.. 443
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Chronique financière : 28, 61, 92, 124, i56, 189, 221, 2Ü-2, 283, 317, 349, 379,412, 444 Renseignements commerciaux: 29, 63, 94, 126, 169, 191/223, 254, 285. 3ig, 35o, 381,414, 446
- Nouvelles Sociétés : g5, i5g, 224, 320, 384, 4'G Adjudications : 32, 64, 96, 128, 160, 192, 224, 2.55,
- 288, 020, 3 )1
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- TABLE DES AUTEURS
- A
- Allain-Launay(E.). —Force motrice d’atelier. 169 Altmann. — Nouveaux isolateurs pour hautes
- tensions. (Suite et fin). . . . 26, 87
- Andrault (A.). — Méthode graphique et rapide de mesure du glissement des moteurs d’induction...................... 336
- Arno (R.).—Voir Béniot (C.). . 232,264, 296
- Arnou (G.).— Chronique d’électrométallurgie :
- L’état actuel de l’électrosidérurgie. . 7
- B
- Battes. — Voir Bouton.
- Belluzzo (G.). — Chronique des usines centrales : Les centrales thermo-électriques et la consommation de charbon
- par kilowatt-heure..................104
- Béniot (C.).— Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle pour distributions alternatives simples et triphasées.............................232,264, 296
- Berger (L.). — Chronique des machines électriques : Théorie et calcul du moteur à
- répulsion...............................67
- Berthier (A.). — Nouvelles machines à vapeur
- économiques. (Suite et fin.). . . . 153
- Bézaguet (A.) — Dosage de la vapeur dans
- les gazogènes par aspiration. . . 443
- Bloch (E.). —Sur l’action d’un champ magnétique sur la décharge électrique. . . 3o2
- Blondel (A). — Sur le compoundage des alternateurs .......................................404
- Calcul rapide des conducteurs aériens au moyen d’un abaque unique. 419 Bonnerot (S.). — Voir Charpy (G.)
- Bougault (P. ). —Droits du propriétaire de faire des fouilles sur son propre terrain. —
- Prétendu obstacle dérivant de l’article 643......................... . . 181
- Bouton et Battes. — Chronique des tramways électriques : Résultats obtenus par l’emploi de compteurs sur les voitures de tramways.............................l\i
- Brenot (Cno P.). — Chronique de télégraphie sans fd.
- I. Détermination de l’heure. . . 368
- IL Détermination des différences de
- longitude. . 387
- III. Nouveaux instruments de mesure. ..............................427
- Brown (G.). — L’extraction du fer des minerais et des gangues...........................276
- Traction électrique dans les mines. 444 Bruckaiann (H.). — Recherches expérimentales sur les compteurs Ferraris. . . i43
- Busse (A.).— Chronique des tramways électriques : L’usure ondulatoire des rails. 329
- C
- Catani (R.). — Les grands fours électriques
- dans la métallurgie du fer et de l’acier. 174 Chantelot (L.). —Voir Mailly (A. de).
- Charpy (G.), et Bonnerot (S.). — Sur la réduction de l’oxyde de fer par le carbone solide. . . *.................173
- Churb (W). — Marteau de forge mû électriquement. ..................................... 52
- Claude, Ferrie etDniENCouiiT. — Comparaisons téléphoniques et radiotélégraphi-ques de chronomètres par la méthode des coïncidences, entre Paris et Brest. 3y5 Cravatii (R.). — Eclairage d’un gymnase et
- d’une vaste piste couverte. .... 241
- D
- Darker (H.). —VoirSTONE (J.)
- Delachanal (B.). —Voir Guillemin (G.). _____
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-
- Dettmar (G.). Influence de la création d’une usitte d’électricité sur les usines
- à gàz! de la même localité.............83
- L’état actuel de l’industrie électrique en Allemagne. . . . . . 3o6
- Diktl (G.). —Tramway à traction monophasée, à haute tension de Blankenese-Ohls-
- dorf. . . ..........................5o
- DribNcourt. — Voir Claude.
- E
- Ellis (R.). — Voir Goodwin (M.).
- Engelhardt (V.). — L’électrométallurgie de
- l’acjer et de la fonte brute. . . . . 174
- F
- Ferrie (Cl G.). — La télégraphie sans fil à
- à bord des dirigeables..............99
- Voir Claude.
- Fischer (F.). —Procédé pour former rapidement des plaques d’accumulateurs. . 120
- Fischer-Hinnen (J.). — L’évolution des mo-
- teurs asynchrones..................a 70
- Floquet (P.). — Comparaison de différents procédés de mesure de la constante
- diélectrique.......................48
- Fournier (H.-V.). — Bouche de chaleur électrique. .............................34a
- G
- Giles (G.) et Wohlleben (M). — Considérations pratiques sur la théorie des surtensions. . . ............37a
- Goodwin (M.) et Ellis (R.). — Séparation électrolytique de l’huile contenue dans
- l’eau de condensation.............4 m
- Gorges (;II.) et.WEiDiG (P.). — Méthode pour mesurer le glissement de deux alternateurs couplés en parallèle. . . 340, 377
- Gvillemin (G.) et Delachanal (B.).—-Recher-x ches sur les gaz occlus contenus dans les alliages de cuivre.......................3o3
- H
- Hallo (S.). — Le transformateur en cascade. 336 Hecke. — Résistances tubulaires Ruhstrat
- émaillées au feu. ... ... 58
- Heinicke (F.). — Appareils de distribution pour courant triphasé à haute tension de l’Usine Centrale de Chorzow. . . 48
- Helbronner(A.).—Voir Henri (V.).
- Hellmund (E.). — Voir Rogowski (W.).
- Hemsalech (A.). Sur les durées relatives des raies spectrales émises parla vapeur du magnésium dans l’étincelle électrique. 173 Sur les modifications que subissent dans un champ magnétique les raies spectrales émises par la vapeur lumineuse de l’étincelle électrique. . . 373
- Henri (V.). Helbronner (A.) et Recklinghau-sen(M. de). — Stérilisation de grandes quantités d’eau par les rayons ultraviolets.....................................31
- Nouvelles recherches sur la stérilisation de grandes quantités d’eau par les
- rayons ultraviolets.................173
- Hensig. — Suspension caténaire pour tramways .................................,311
- Heyden (W.). — La nouvelle locomotive électrique pour trains de marchandises des chemins de fer de l’Etat italien. . . 145
- Heyland (A.). — L’électricité à l’Exposition
- de Bruxelles. . . . . . . . . 5a
- Holland (F.). — La batterie d’accumulateurs
- Edison, type 1910.................. . 374
- Hyde (P.). — Le laboratoire de la « National
- Electric Lamp Association ». . . . i43
- J
- Jégou (P.). — Réception du signal horaire
- hertzien de la Tour Eiffel. ... . . 371
- K
- Kando (K. von). — Les chemins de fer triphasés. . . . . . .- . . . l45
- Kitschëlt (R.). —- Considérations:sur les résultats d’exploitation des usiiies d’élec- j. tricité dans les grandes villes d’Alle-- magne. . . .....................146
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-
-
-
- Kcéhn. — La mise en valeur des forces hydrauliques du lac de Walchen ... 84
- Kohler (K.). — Prescriptions allemandes et viennoises pour la sécurité des conducteurs aériens nus . ..........117
- X,
- Laiisen (A.). — La mesure des courants alter-
- natifs par la méthode de compensation. ...............................239
- Léauté (A.). — De l’explosion des fusibles
- pour haute tension..................35
- Surintensités dues à la fermeture des interrupteurs de tableaux. . . 227, 25g
- Leber (C.). — Machine d’extraction électrique à la a Mauveschacht »,système Brown-
- Boveri..................................84
- Leblanc fils (M.). — La lampe en quartz, à
- vapeur de mercure. ....... i63
- M
- Mailly (A. de) et Chantelot (L.). — Radio-
- télautographe...........................86
- Maretsch (O.). — Tir à la cible avec dispositif à commande électrique pour amener
- les cibles.............................i5i
- Meier (R.). — Les bénéfices des stations centrales rurales. . 81
- Miller (H.). —Petites usines électriques économiques.............................. . . . 211
- Electrolyse de conduites d’huile. . 245
- N
- Nowotny (R.). — La conservation des poteaux
- en bois par l’emploi des fluorures. . 408
- P
- Palme (A.).— Machine à essayer les bandages
- pneumatiques. ...................... 274
- Palmer (K.). — Usine hydro-électrique sur la
- rivière Niobrara...................212
- Paulus (G.). — Voir Riéfler (S.).
- Pelabon (H.). — Sur les piles à antimoine et
- à séléniures d’antimoine............214
- Perot (A). — Luminescence dans l’arc au
- mercure dans le vide. . .* . . . 4o3 Petot (A.). — Sur les moteurs désaxés. . 3o3
- R
- RecklinghAusen (M. de). — Voir Henri (V.)» Stérilisation industrielle de l'eau par
- les rayons ultraviolets................i83
- Reisset (A.). — Le chemin de fer électrique
- Nord-Sud...............................3q3
- Reybold (C.). — Irrigations par pompage électrique dans le Kansas..........................242
- Reyval(J.). — L’électricité à l’Exposition de
- Bruxelles.......................17, 86
- Rezelman (J.). — La réactance synchrone et
- asynchrone................195, 291, 323
- Rieeler (S.) et Paulus (G.). — Moyens de diminuer l’étincelle à la rupture du courant d’un électro-aimant...................144
- ROGOWSKI (W.), SlMONS (K.) etHELLMUND (E.).
- — Sur la dispersion des moteurs à
- champ tournant......................3o3
- Rowlands (T.). — Progrès des fours à induction..................................• . 443
- Rush (F.). — Voir Berger (L:).
- La récupération par le freinage du moteur à répulsion en montage normal est-elle possible?..................116
- S
- Salzmann (G.). — Compensatrices des réseaux
- à trois fils.........................199
- Seidner (M.). — Le réglage automatique de la tension aux bornes des alternateurs,
- 78, 112
- Simons (K.). — Voir Rogowski (W.).
- Stone (J.-S.). — Périodicités et coefficients d’amortissement de deux circuits oscil-
- lants accouplés.....................435
- Stone (J.) etDARKER (H.). — Perfectionnements apportés aux accumulateurs électriques...............................85
- Stôrmer (G.). — Théorèmes sur les équations
- générales du mouvement d’un corpuscule dans un champ magnétique et un champ électrique superposés. , . -,— 48
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-
-
-
- Szilahd (B:).— Une action à distance sur le .
- . cohéreur, produite par les contacts métalliques..........................5a
- T
- Taylor (M.). — Perfectionnements apportés aux dispositions destinées à'charger et à décharger les accumulateurs électriques ... . ..................... 5a.
- Thonet (G.). — Chronique des usines cen-. traies : Stations centrales à gaz pauvre, à. moteurs Diesel et à combustibles autres que le charbon. . . ... i3i
- *
- w
- Waldschmidt (C.). — Le régulateur Tirrill. . 116
- Walker (R.). — Affinage électrique de l’acier, a46
- Wattmann (M.). — Chronique des tramways
- électriques : - .Conditions- à r remplir : dans, les plans d’extension des villes
- pour obtenir un réseau rationnel de lignes de tramways: . . . . 54
- Watt$ (S.)..— Comparaison détaillée ;des,isolateurs à haute tension américains et
- européens.................... ai
- Weidig (P.). — Voir Gorges (II.).
- Weil (M. et R.). — Sur l’établissement des canalisations aériennes suivant l’arrêté
- du 21 mars 1910............... 355
- Wolf (W.). — Nouveaux dispositifs pour la
- marche en parallèle des dynamos. . 207
- Wohlleben (M.). — Voir Giles (G.).
- : Wunder (W.). — L’évaluation des prix de revient du courant électrique. . . . 3«4
- 0. ... Z
- Zipp (H.). — Méthode pour l’unification des théories des diverses machines et appareils électriques . , 302
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