La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ELECTRICITÉ
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
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- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GERARD M.LEBLANC
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, INGÉN. EN CHEF DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT ANCIEN PROFESSEUR A
- MEMBRE DE L’iNSTITUT 1>1 A L ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSEES ELECTROTECHNIQUE MONTEFIORE i/ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES
- G. LIPPMANN D. MONNIER H. POINCARÉ A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES Dr DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES MEMBRE DE L’iNSTITUT, DES ARTS ET MANUFACTURES ET DE L’ACADEMIE FRANÇAISE DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- RÉDACTEUR EN CHEF :
- R. CHASSERIAUD, Ingénieur, ancien élève de l’École Polytechnique et de l’École Supérieure d’Électricité.
- TOME XIII (a« Série)
- Ier TRIMESTRE I 9 I I
- ADMINISTRATION et RÉDACTION
- 1^2, RUE DE RENNES,.l42
- PARIS VI0
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 7 JANVIER 1911.
- Tome XIII (8« série). — N» 1.
- La
- «
- Lumière Électrique
- P'r éeédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- La reproduction des articles de La Lumière Electrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 5. — H. Poincaré. Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fil, p. 7. — A. Blondel. Calcul rapide des conducteurs aériens au moyen d’un abaque unique, p. i3. — Maurice Leblanc fils. La lumière froide de Moore, p. 16.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Courants et facteur de puissance d’un circuit triphasé non équilibré, Mc. Master, p. 20. — Arcs et lampes électriques. L’éclairage au néon, G. Claude, p. 22. — Traction. Les tunnels dans les rues de Chicago, J. 0’Meara,p. a3. —Divers. Discours de M. J. Peck. à la section de Manchester de l’institution des ingénieurs électriciens, p. 23. — Électrochimie et Electrométallurgie. Réduction électrolytique de l’acide nitrique, E. Patten et M. Caughey. p. 25. — Bibliographie, p. 25. — Variétés. Les prix de l’Académie des Sciences, p. 27. — La production du cuivre dans l’Amérique du Nord, L. Odendall.p. 27. — L’industrie électrique en Autriche en 1909, H. Honigmann, p. 28. — Chronique industrielle et financière. — Chronique financière, p. 28. — Renseignements commerciaux, p. 3o. — Adjudications, p. 3a.
- ÉDIT OKIAL
- La Lumière Electrique a déjà reçu de ses lecteurs les plus agréables étrennes, puisqu’elle a vu, au cours de l’année qui vient de s’écouler, augmenter leur nombre d’une manière significative et presque inattendue, car il est rare qu’un effort soit si vite et si pleinement récompensé. Elle ne veut pas être en reste, et se propose de répondre à la sympathie croissante dont on veut bien l’entourer par la mise au point exacte des perfectionnements que l’année 1910 a vu introduire, et par la mise au jour d’autres perfectionnements, dont il vaut sans doute mieux conserver la surprise au lecteur.
- C’est ainsi que nos Chroniques, consacrées à chaque branche spéciale de l’EIec-trotechnique, consacrées désormais par l’accueil qu’elles ont reçu, seront, plus que jamais, l’objet de tous nos soins. C’est ainsi encore que notre table des matières, publiée séparément, depuis janvier 1910, accompagne désormais le dernier numéro du trimestre auquel elle se rapporte.
- Enfin nous n’avons pas pensé pouvoir offrir, à notre tour, de meilleures étrennes à nos lecteurs qu’en leur présentant, dans le premier numéro de la nouvelle année, trois travaux inédits signés de MM. H. Poin-
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- 6 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N# 1.
- cai’é, A. Blondel et Maurice Leblanc fils.
- L’étude que fait M. H. Poincaré sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fil est d’un caractère théorique très élevé et d’une grande importance par le nombre des problèmes qui y sont traités et qui y reçoivent autant de solutions magistrales.
- La détermination a priori de la longueur .d’onde et de l’amortissement d’un excitateur de forme donnée peut se faire d’une manière complète par la méthode de Fredholm. M. Poincaré indique diverses généralisations de cette méthode et en fait l’application à l’étude de la distribution de l’électricité sur un conducteur.
- Nous avons annoncé, tout récemment, la publication d’un nouvel abaque de M. A. Blondel pour le calcul rapide des lignes aériennes.
- Comme on le verra, cet abaque consiste en une transformation simple de celui que l’on connaissait déjà, et qui a été présenté au Congrès de la Bouille blanche, à Grenoble, en 1902.
- Le nouveau tracé est d’une exécution plus facile; nous l’avons reproduit en trois morceaux pour plus de commodité.
- On a beaucoup parlé dans ces temps derniers de la lumière froide Me Moore. L’exposé que développe aujourd’hui M. Maurice Leblanc fils est une discussion conçue au point de vue scientifique des qualités de ce nouveau mode d’éclairage.
- La plus saillante paraît être la parfaite uniformité de la diffusion de la lumière, d’où suppression des écrans, réflecteurs, etc. D’autre part la dépense d’énergie est encore assez élevée
- M. G. Claude a poursuivi, lui aussi, toute une série d’études sur la lumière froide et il a été conduit à introduire dans les tubes, non plus de l’azote ou de l’anhydride carbonique, biais du néon, ce-gaz qui existe en
- | quantités infinitésimales dans l’atmosphère. | L'éclairage au néon, dont il a été donné récemment d’apprécier l’effet décoratif, ne réclame par bougie que 0,8 watt ; d’ailleurs les expériences décisives font encore défaut et l’auteur espère réduire encore beaucoup cette consommation.
- M. M. Master expose une méthode simple, analytique et graphique, pour déterminer les courants et le facteur de puissance des circuits triphasés non équilibrés. Il suffit, en .particulier, pour le second, de faire des lectures de waltmètre, et la construction d’un diagramme de vecteurs est inutile.
- On lira avec intérêt comment les tunnels sous les rues de Chicago permettent de réduire la circulation des véhicules lourds dans les rues. Cet important réseau métropolitain souterrain est, en effet, entièrement affecté au transport des marchandises.
- D’autre part, le discours de M. Peck à la section de Manchester de l’Institution des ingénieurs anglais, donne une idée d’ensemble de la traction et de l’état de la construction des machines électriques en Angleterre et en Amérique.
- Sous la rubrique Variétés, nous signalons d’abord les prix les plus intéressants décernés, par l’Académie des Sciences, en matière d’électricité.
- L’industrie électrique autrichienne a subi, en 1909, une légère ci*ise. M. Ilonigmann indique les causes qui l’ont déterminée, ainsi que les moyens qui, d’après lui, seraient les plus propres à en prévenir le retour.
- Enfin, nous donnons, d’après M. L. Oden-dall, lui-même se référant aux dernières statistiques publiées, l’état de la production du cuivre dans l’Amérique du Nord, en la comparant à la production européenne.
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- 7 Janvier 1911. REVUE D'ÉLECTRICITÉ '-7
- SUR DIVERSES QUESTIONS RELATIVES A LÀ TÉLÉGRAPHIÉ SANS FIL
- DÉTERMINATION A PRIORI DE LA LONGUEUR D’ONDE ET DE L’AMORTISSEMENT D’UN EXCITATEUR DE FORME DONNÉE
- C’est un problème très compliqué qui comporte cependant une solution théorique complète par la méthode de Fredholm. Je me propose d’indiquer ici le principe de la méthode sans en donner la démonstration.
- N § i. — Commençons par un exemple simple. Supposons qu’on ait n quantités
- données : yt, yt, .................. y«,
- et n inconnues : xv x2, .....;.......vn,
- les inconnues x étant déterminées par des équations de la forme suivante :
- X( —• X 2 .'I/t- j JJi,
- X désignant un paramètre et les a des coefficients constants. Autrement dit, les inconnues x sont déterminées en fonction des quantités données y par un système d’équations linéaires.
- Proposons-nous de développer les x suivant les puissances croissantes de X. On obtient pour xt une première approximation en posant : xt — y{, une seconde approximation en remplaçant dans le second membre xK par :
- Xi = \'La.ikyk + yi%
- et ainsi de suite, mais la convergence du développement ainsi obtenu serait très lente.
- Un autre procédé vient à l’esprit pour obtenir le développement; il consiste à résoudre les équations linéaires par la méthode des déterminants et on obtient :
- et le développement est alors convergent.
- § 2. — Supposons maintenant une fonction donnée tji (x) et une fonction inconnue <p {x) définie par une équation intégrale :
- ? {*) = >' f K {x, y) ? (y) dy-f ÿ (x), jïP'
- Vî.
- où K (x, y) est une fonction connue de x etJ», appelée noyau, jouant le rôle du coefficient'-constant a du paragraphe précédent.
- La fonction <p (x), de même que la fonction ô (.r), est supposée définie entre deux limites a et b et l’intégrale est prise entre ces deux limites.
- Nous sommes ainsi amenés à introduire l’intégrale : J K (x, y) © (y) cly qui est une sorte de transformation linéaire de la fonc-
- Fig. 1.
- tion © et le résultat de cette transformation est une fonction de x que j’appelle : S<p (x}.
- § 3. — Au lieu d’une intégrale simple, on pourrait prendre aussi une intégrale multiple.
- Soit, par exemple (fîg. 1), une surface sur laquelle je suppose une matière attirante de densité superficielle [i.. Le potentiel en un point quelconque M de la surface sera :
- Nj
- A ‘
- v _ J y-'d g'
- N, et A sont des polynômes entiers en X l Le point M joue le rôle de^la variable x
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- •8 ^ LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série)/ — N» 1.
- le point M' celui de la variable y ; la fonction - dépendant à la fois de la position des
- points M et M'joue le rôle du noyau K (x, y) ; enfin la fonction y! correspond à la fonction o (y).
- Le potentiel Y au point M s’obtient donc en opérant sur la fonction [i. une transformation que je désignerai par S[j..
- §4- — Etant donnée une fonction 9, j’ai défini la transformation qui permet d’obtenir la fonction Ss. Cette substitution linéaire peut être réitérée et je puis effectuer sur la fonction S9 la même opération. J’obtiendrai ainsi la fonction S (S®) que je désignerai par SV Quelle, est la forme de cette fonction :
- s2®?
- On a :
- Sct — f K(*>y)?(y)rfy»
- S29 = f f K{x,z)K(z,y)<f(y)dzdy.
- Tout se passe donc comme si on faisait subir à la fonction 9 une simple transformation avec le noyau :
- K, (•*’, y) — f K (x, z) K [z, y) dz.
- On a en effet :
- S2<p= f K,{s,y)<f{y)dy.
- On peut continuer de la même façon, et on a pour le noyau d’ordre n :
- K n(x,y) — J K„_i (.x, z) li (z, y) dz,
- S" 9= f Kn {x,y) 9 (y) rfy.
- Dans l’exemple du potentiel que nous avons pris plus haut, le potentiel dû à l’attrac-tiondela matière, dedensitésuperficielle;jL, est SpL. Si je suppose répartie sur la surface une deuxième couche attirante dont la densité soit S[jl, le potentiel dû à cette deuxième couche^ sera : S2[jl, etc.
- § 5. — Ceci posé, revenons à notre équation intégrale :
- <P V) — XS9V) -f
- Par la méthode par approximations successives, on obtient pour le développement de 9 suivant les puissances de X :
- 9 = «Jj +XSt> -f- X2S2i}/ + ... = 2(X).
- Sous cette forme, la série ne serait guère utilisable parce qu’elle est très lentement convergente.
- Alors Fredholm a eu l’idée de remplacer le développement précédent par le quotient de deux séries convergentes.
- Posons :
- ba = J' K« (x, x) dx ; bn est une constante.
- XH l) ê
- Formons l’expression 2 J—- et* posons :
- „ V‘bn
- A = e n .
- Cette dernière expression peut se développer suivant les puissances de X, et la série obtenue converge toujours avec rapidité pour toutes les valeurs de X.
- Il arrive que le produit des deux séries S (X) et A donne une séi'ie qui est aussi très convergente; nous prendrons alors pour développement de la fonction 9 :
- SA
- * = T-
- Le numérateur, et le dénominateur convergeront très rapidement.
- § 6. — La méthode de Fredholm est susceptible de diverses généralisations.
- Au lieu d’intégrales simples je puis considérer des intégrales doubles. Soit l’équation intégrale :
- 9(M) = X J' K(M,M') <p(M')fl?a' -j- (jj(M),
- le noyau Iv (M,M ) étant fonction des coordonnées des points M et M'. J’aurai :
- 9 = S(X) =r= —j— XStjj -j- X2S2<{> -j- ...
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- et
- A = e~sl^, bn = f K„(M,M)do, et enfin :
- SA
- 9~~Â'
- Remarque. — J’ai supposé que la fonction & était donnée ainsi que X; la fonction inconnue est © {x). Quelquefois le problème se pose sous une autre forme.
- Dans l’exemple simple que nous avons considéré tout au début et où nous avions :
- Xi = XSa,/,^ -f y(,
- nous avions :
- N,
- = A'
- Supposons que toutes les quantités y soient nulles. La condition pour que le système d’équations précédentes (système linéaire et homogène) admette une solution est que A soit nul.
- De même, revenons à notre équation intégrale et supposons que <|/ soit nul. En général, nous n’aurons d’autre solution que <p = o; pour que nous en ayons une autre, il faut que X ait une valeur convenable donnée par l’équation : A = o.
- C’est cette condition : A — o qui nous donnera plus loin pour un excitateur de forme donnée la A^ale.ur de la longueur d’onde et de l’amortissement.
- § h. — Une autre généralisation est possible. Nous pouvons avoir deux équations intégrales simultanées définissant deux fonctions inconnues qq (x) et ®2 (x) :
- yi(x)=\J'K(x,y)<fi(y)dy-\-XJ Lfayfolyldy+Mx),
- co.1(x)=\J M{x,y)ial{y)dtj-\-\ f N(x,y)a.2{y)dy-\-ty2(x),
- tjq et i!q étant deux fonctions données, ainsi que K, L, M, N.
- Ce cas se ramène au précédent(Fredholm) de la manière suivante :
- Posons :
- s?1=y + f L<?î{y)d?j>
- f M?i {y)dn + f ^ <?-> (?/)<% •
- S<p, et S<p2 s’obtiennent en effectuant sur ipt et <p2 de véritables substitutions linéaires. On peut définir aussi S2 ©1 et S2 ©2 et ces quantités seraient exprimées en fonction de y, et ©2 par des formules de même forme que les précédentes, les noyaux réitérés K2, L2, M2, N2 se définissant comme dans le cas précédent.
- Les équations intégrales peuvent s’écrire alors :
- = XS (cp, , cp2) +
- Le calcul se continuera de la même manière. Nous formerons :
- Z>„ = j K„ (x, x) dx -f- J N„ (x, x) dx
- en prenant les noyaux de la diagonale principale.
- On peut aussi prendre des intégrales doubles au lieu d’intégrales simples. Par exemple, considérons une surface et le plan tangent en un point M de cette surface dans lequel nous prendrons deux axes de coordonnées
- Fig-, a.
- rectangulaires (fig. a). Soit ©un vecteur situé dans le plan tangent enM et ayant pour projections, sur les deux axes choisis, f, et©2. Alors S ©j et S ®2 seront les projections d’un nouveau vecteur dépendant linéairement du premier.
- § 8. — Il n’y a pas de difficulté si le noyau reste constamment fini, car toutes les quan-
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- tités bn restent finies. Mais il y a des cas où il n’en sera pas de même. Prenons d'abord le cas d’une intégrale simple. Si je suppose que K (x, y) devienne infini pour x ==y, tout dépendra de l’ordre d’infinitude de K.
- Si, pour .z-= ?/, K devient infini d’ordre plus
- petit que -, on démontre aisément que K2 reste fini ainsi que tous les noyaux suivants.
- Si K devient infini, d’ordre supérieur à -
- 2 . .
- mais inférieur à K2 sei’a aussi infini mais
- K3 sera fini ainsi que tous les noyaux suivants.
- D’une manière générale, si K devient infini'd’ordre plus petit que i, les premiers noyaux seront infinis, mais à partir d’un certain rang tous les noyaux seront finis. On supprimera alors, dans la série, les premiers termes infinis et la méthode s’appliquera tout aussi bien.
- Quand il s’agit d’une intégrale double, si le noyau K (M,M') devient infini pourM =M', la méthode pourra s’appliquer si l’ordre d’infinitude est inférieur à 2.
- § g. — Application : distribution de l'électricité sur un conducteur. — Considérons un corps conducteur placé dans un champ extérieur produit par des masses données. Soit \j. la densité superficielle de l’électricité au point M.
- Le potentiel au point M produit par l’électricité superficielle est :
- et la composante suivant un axe de l’attraction est :
- r y.'d<7‘
- J eos?—,
- q> étant l’angle de MM' avec la direction de l’axe choisi.
- C’est une intégrale analogue à celle que nous avons considérée plus haut, où le noyau
- COSip
- est :s—5—. ri
- Envisageons un point très voisin de la
- surface du conducteur et considérons-y la composante normale de l’attraction; on doit distinguer deux cas selon que le point est à l’extérieur ou à l’intérieur de la surface du conducteur (fig. 3).
- Fig. 3.
- On sait, d’après la théorie de l’électricité, qu’il existe une différence finie entre les deux valeurs de l’attraction de part et d’autre de la surface. *
- Que représente
- /
- COS <p
- Quand M'
- vient en M, r devient nul; le noyau est infini. Pour définir l’intégrale on entoure le point M d’une petite aire fermée et on fait tendre vers o le petitcercle de garde (fig. 1).
- L’intégrale
- Si*
- d<s'
- >
- est la limite vers laquelle tend l’intégrale.
- L’attraction au point Mt sera : S|a + 2 ^jA.
- M, Sp. -- 2 TC[A.
- Notre inconnue est 17.. Soit h le champ dû aux masses extérieures. On sait que le champ électrique à l’intérieur du conducteur (en M2) est nul, de sorte que l’équation définissant [a est :
- S [A — 2 7;[A -)- h — o.
- L’équation définissant [a est donc une équation intégrale :
- qu’on peut résoudre par la méthode de Fred-holm, mais pour que l’intégration soit possible il ne faut pas que le noyau soit infini d’ordre supérieur ou égal à 2 quand M' tend vers M.
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- Or, quand M' tend vers M, r tend vers o, cos <f tend vers o, mais r est infiniment petit du i«r ordre, cos ç infiniment petit du
- ier ordre ; le quotient—est donc infiniment petit du ier ordre. Gomme il s’agit d’une intégrale double, la méthode est applicable.
- Fig. 4.
- Pour avoir les termes du développement, il faut calculer S — . S*—, etc.
- 2lî'
- d_
- dx
- dy
- dy dz'
- où :
- F, G, Il sont les composantes du potentiel vecteur ;
- f\ g, h sont les composantes du déplacement électrique;
- a, (2, y sont les composantes du champ magnétique ;
- u, e, w sont les composantes du courant de conduction ;
- p est la densité électrique.
- Le potentiel vecteur n’est pas complètement déterminé. On achèvera de le déterminer en posant :
- d F dit dx dt
- On en déduit :
- Alors :
- — + xs A _j_ xas2
- o.<r n rr '
- + ...
- Il reste à calculer bn et d. Pour avoir ba je suppose d’abord — dz = i sur l’élément su-
- perficiel du point M et égal à zéro par ailleurs. Nous calculerons dans cette hypothèse S,/—^ et il suffira d’intégrer sur toute
- V2 rJ &
- la surface pour avoir bn.
- C’est là une solution satisfaisante pour le théoricien, mais si on voulait l’appliquer en pratique, les calculs seraient très longs.
- § i o. — On peut appliquer une méthode tout à fait analogue au problème qui nous occupe.
- Ecrivons les équations du champ électromagnétique en prenant pour unité de vitesse la vitesse de la lumière :
- _ dU dG dy dz'
- t dF d<b
- ' dt dx'
- v „
- " dx ~ P’
- dP d<
- d2F
- 4,î“'- dp
- Pour interpréter ces équations, définissons le potentiel retardé. Etant donnée une fonction <f [x, y, z., t), si on pose :
- • p(?) = J V’> z>, t ~ r) ~ dy' dz',
- P (®) sera appelé le potentiel retardé de la fonction cp, r étant la distance du point (,r, y, z) au point (x', y:, z').
- Les équations précédentes expriment que ^ est le potentiel retardé de p, et que F est le potentiel retardé de u :
- ù = P(P),
- F=P(«).
- J’admettrai, par l’artifice bien connu, que © ne dépend de t que par le facteur ei<àt, <o
- ayant pour partie réelle : tjt, T étantla période
- du mouvement vibratoire, la partie imaginaire de o) définissant l’amortissement.
- Le potentiel retardé est alors :
- I
- 'y(x\y’,z')-
- dx' dy' dz
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- On voit donc que le potentiel retardé revient à un potentiel ordinaire, où la fonction
- e~i'“r . i
- de forces serait ----- au lieu de
- r r
- Dans le cas qui nous occupe, nous pouvons supposer que les courants de conduction et l'électricité libre se trouvent concentrés à la surface des conducteurs. On n’a plus alors que des surfaces attirantes, et en chaque point de ces surfaces, on a une quantité scalaire p, représentant la densité superficielle de l’électricité et un vecteur U, Y, AY tangent à la surface du conducteur qui représente la densité- superficielle du courant de conduction.
- Le potentiel V du à une surface attirante est continu lorsqu’on traverse cette surface, mais la composante normale de l’attraction est discontinue, la discontinuité étant égale Quant à la composante tangentielle de l’attraction, elle est continue.
- Si donc on prend pour axe des x la nor-
- male à la surface du conducteur, et
- du a z
- dV ..
- sont continus, —- est discontinu. dx
- Cela est vrai pour le potentiel newtonien, mais en est-il de même pour le potentiel retardé? Oui, caria différence de deux inté-
- g—1 j
- grales reste continue puisque —------ reste
- fini quand r tend vers o.
- Quelles conséquences en déduit-on ?
- A l’intérieur des conducteurs le champ est nul. Prenons la normale au conducteur pour axe des x.
- dF ,. . «JF (/P’
- — est discontinu, — et — sont continus,
- dx dy d z
- Donc : «, composante normale du champ, est continu et, par suite, nul à l’extérieur.
- _ d F dll
- dz dx ’
- d G dF
- ^ dx dy ’
- Le potentiel F G II est engendré par U, Y, AV.
- Donc en passant de l’intérieur à l’extérieur (3 passe de o à :
- p = — /,uW.
- De même :
- Y = 4tcV.
- »
- Donc, à la surface du conducteur, le champ magnétique est proportionnel au courant et lui est perpendiculaire.
- On a aussi :
- d F d<b
- tyT''~~~Tt~~d~v'
- ~ est continu, C-z discontinu, la disconti-
- dt dx
- nuité étant 4^p..
- Donc, f~— p,; g et h sont continus.
- Donc, les lignes de force électriques aboutissent normalement à la surface des conducteurs.
- (A suivre.) H. Poincahé.
- CALCUL RAPIDE DES CONDUCTEURS AÉRIENS AU MOYEN D’UN ARAQUE UNIQUE
- Sans modifier le principe de l’abaque fondamental contenu dans ma communication de 1902 au Congrès de la Mouille Blanche (') et reproduit par la Lumière Electrique dans son
- dernier numéro ('), j’ai trouvé intérêt à en réaliser l’exécution sous une forme nouvelle un peu différente.
- Lorsqu’on porte en abscisses non plus les
- (]) Grenoble, Annecy,Chamonix,7-13 septembre 1902.
- P) 3i décembre 1910.
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- portées a;, mais le carré des portées ar, les courbes des flèches, tracées sur les abaques, deviennent des droites, en vertu de l’équation :
- px3 K.l'2
- Tt
- Par suite, en adoptant cette modification, on obtient un tracé plus sûr et une utilisation plus commode des graphiques.
- Quant aux courbes de températures elles conservent l’allure parabolique et sont tracées par points.
- Les trois figures i, a et 3, qui représentent l’abaque universel ainsi transformée) s’appliquentà des conducteurs câblés avec les constantes indiquées dans l’angle supérieur. Les câbles sont supposés en cuivre dur, c’est-à-dire en bronze siliceux. Les coefficients d’élasticité et d’allongementont étémo-difiéspar suite du câblage. Gomme on le voit immédiatement en regardant les échelles des portées, on a divisé, pour la commodité de l’exécution et de la lecture, l’abaque universel en trois morceaux limités respectivement à 5o, aoo et4oo mètres.
- Les échelles ont été
- - (') Le dessin de ces ligures a été exécuté avec beaucoup de soin par mon assistant, M. Queu-nié, ingénieur électricien.
- Fig. i. — Portées jusqu’à 5o mètres.
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- 14 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2«Série). — NM.
- AÙ | 41$ F 11 rUlTTTITJx ’ * » i2 RT
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- 65 80 JL s5 1a 45 20 25 So 35 AS 85 gâ 85 110 4/5 JM 450 155 •t| fcj « = â = i 1 1 § 1 1 1 | = i = i § - 1 EE ? 1 9K4 loXj üï§ f5J[q is& £
- Fig. 2. — Portées de 5o i» 200 mètres.
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- KEVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- choisies différentes pour les trois abaques, afin d’obtenir par leur emploi des conditions de précision à peu près uniformes (').
- A. Blondel
- NOTATIONS
- t, pression uniform é -ment répartie;
- a, coefficient de dilatation ;
- E, coefficient d’élasticité ;
- f, flèche ;
- x, portée ;
- G, température.
- P) Nous pouvons fournir aux personnes qui en feront la demande l’abaque universel primitif de M. A. Blondel ainsi que les trois nouvelles planches. Ces planches sont obtenues par tirage direct et en vraie grandeur. (Abaque du Congrès de la Houille Blanche (1902), hauteur : 80 centimètres. Nouvel abaque en 3 planches, hauteur commune : 53 centimètres). (N. D. L. R.)
- Fig. 3. — Portées de 200 à 400 mètres.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — N° I.
- 1S
- LA LUMIÈRE FROIDE DE MOORE.
- La lumière de Moore est produite en excitant, par un courant alternatif, la luminescence d’un long tube de Geissler suspendu au plafond de la pièce que l’on veut éclairer.
- Le courant est fourni par un transformateur à haute tension que l’on enferme dans une boîte grillagée (fig. i), pour prévenir tout accident. Les deux extrémités du tube pénètrent également à l’intérieur de la boite.
- Fig. i. — Boite de départ des tubes Moore, contenant le transformateur et la soupape.
- Le courant est amené à travers le verre, par des fils de platine jusqu’aux électrodes, qui sont de gros cylindres de graphite d’une vingtaine de centimètres de longueur. Le tube est cylindrique, de 44 millimètres de diamètre et d’environ i,5 ài millimètres d’épaisseur ; il est transporté par morceaux de 2,60 mètres de long, que l’on soude bout à bout sur place.
- L’ensemble est suspendu au plafond, assez librement pour permettre la dilatation du verre ; le montage terminé, on fait le vide dans l’appareil avec une pompe rotative à huile; cette opération est assez longue et demande une vingtaine d’heures.
- RÉGIME ÉLECTRIQUE
- La tension nécessaire croit avec la longueur du tube, mais moins vite que celle-ci, à cause des chutes de tension aux électrodes qui varient peu ; les tensions nécessaires aux bornes du tube sont environ :
- 3 5oo volts pour 6 mètres de tube ;
- 17 000 volts pour 63 mètres de tube.
- Ces tensions ne dépendent que de la pression intérieure et de la longueur dù tube; elles sont indépendantes de l’intensité du courant à travers le tube; cette intensité est normalement 0,2 à o,3 ampère.
- Il est nécessaire de mettre une? bobine de réactance dans le circuit primaire, sinon la lumière est instable. D’autre part, l’intensité lumineuse diminue avec la tension,et la puissance primaires ; on choisit donc la réactance la plus faible qui assure à la lumière du tube une fixité suffisante. Gomme conséquence, le tube Moore possède un déplorable facteur de puissance primaire : 0,7 à 0,6. Le tableau I donne la valeur des caractéristiques de l’appareil pour trois longueurs différentes de tube.
- Tableau I.
- 1 h III
- Longueur du tube 37m,5 64m 244m
- Fréquence 5o
- Volts primaires 220,3 23o
- Ampères primaires 24 42
- Watts primaires 3286 35oo 5760
- Facteur de puissance primaire. 0,647 0,62 0,61
- Volts secondaires 12791
- Ampères secondaires 0,274
- Watts secondaires 2876
- Facteur de puissance secondaire. 0,877
- L’étude des courbes des tensions et des courants à l’oscillographe montre que, tandis que les courbes de la tension et du courant
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- Dixièmes d’ampère pour une chute de 1 voit par 30 centimètres de tube.
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- KEVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- primaires (fig. a) gardent à peu près la forme sinusoïdale et sont décalées l’une par rapport
- Fig. a. —Courbes de la tension (Ej) et de l'intensité (J,) primaires.
- à l’autre, au contraire la tension et le courant secondaires sont en phase (fig. 3) ; le tube se
- Fig. 3. — Courbes de la tension (F3) et de l’intensité (J2) secondaires.
- comporte comme une résistance non induc-
- l’on constate que les watts secondaires ne sont pas égaux au produit des volts par les ampères secondaires; le facteur de puissance o,8 correspond à un déphasage fictif de 44°-L’explication de ce fait est que les courbes de tension et de courant secondaires ne sont plus du tout sinusoïdales : à chaque alternance, la courbe de tension traverse brus- , quement la ligne o, passant de sa valeur maximum à sa valeur minimum, tandis quefè^ le courant conserve quelque temps une va-y£ leur nulle, à cause de l’inertie de la masse gazeuse; le rapport de la longueur de courant nul à la longueur d’onde* décroit d’ailleurs quand l’inductance primaire augmente; en un mot, une très grande self- induction supprime la durée du changement de sens
- 14
- 13
- 12
- u
- 10
- 3
- 7
- 6
- S
- 4
- 3
- 2
- 2,2 2J 2,0 /fi i,8 !,7 !,G i,S tfi !,3
- 1,2 1,1 /fi 0,9 0,8 0,7 0,6 0,6 0j4-
- «J.
- #
- Pressions en dixièmes de millimètre de mercure.
- Fig. 4. — Variations de la conductivité et de la consommation en'fonction de la pression.
- live; il n’a d’ailleurs non plus ni capacité, ni force contre-électromotrice. Cependant, si on se reporte à la première colonne du tableau I,
- du courant secondaire: par suite elle augmente la lixitéde la lumière mais affaiblit un peu son intensité.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — H° i.
- PRESSION INTÉRIEURE
- La pression dans les tubes Moore est de
- l'ordre de — de millimètre de mercure : io
- l’expérience montre que, pour cette pression, le rendement du tube est maximum.
- La courbe de la figure 4 montre comment varient, en fonction de la pression intérieure, la conductivité du tube et le rendement.
- La conductivité augmente avec la pression, pour passer par un maximum au point A; on a porté en ordonnées l’intensité qui traverse le tube pour une différence de potentiel de i volt pour 3o centimètres de tube ; la valeur maximum est d’environ o,oo ampère.
- La pression normale correspond au point B ; pour cette valeur, la dépense spécifique passe par un minimum C.
- Malheureusement, le vide des tubes de Geissler augmente de lui-même quand ces
- Fig-, 5. — Soupape Moore. — T, transformateur ; U, bobine de réactance; S, solcnoïde; A,noyau en fils de fer; L, trou permettant au gaz aspiré en R d'arriver au charbon K ; U, sable maintenu par des bouchons et destiné à éviter la production de décharges sur ce trajet.
- tubes fonctionnent, pour une cause encore mal connue ; par suite, si on abandonne un tubev Moore à lui-même, la pression intérieure diminue peu à peu ; sa conductivité
- commence par augmenter, atteint le point A, puis diminue rapidement et le tube ne tarde pas à s’éteindre ; ces phénomènes se produisent d’ailleurs après un temps assez court.
- Il y avait donc nécessité, pour permettre au tube d’avoir une marche régulière, de le munir d’un dispositif maintenant automatiquement la pression à sa valeur la plus favorable. Cet appareil est une soupape dont la partie essentielle est un prisme de charbon de bois poreux K (fig. 5) noyé dans du mercure Q. Dans celui-ci plonge, d’autre part, un tube de verre, solidaire à sa partie supérieure d’un noyau de fer doux. Ce noyau est au centre d’un solénoïde S, monté en série avec le primaire du transformateur T.
- Supposons que la pression baisse à l’intérieur du tube, la conductibilité augmente et l’intensité du courant croît dans le solé-
- j»
- noïde. Le noyau de fer doux est soulevé, entraînant avec lui le tube de verre; le niveau du mercure baisse et découvre la pointe supérieure du cône de charbon. Le gaz, de même nature que celui contenu dans le
- ÜÉ
- Fig1. 6. — Dispositif de production d’anbydriquc carbonique, pour l'alimentation du tube Moore.
- Aussitôt que la pression a repris sa valeur tube, peut alors traverser le charbon pour y pénétrer.
- primitive, le noyau de fer doux retombe et le mercure recouvre le charbon, supprimant l’entrée du gaz.
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- On emploie comme gaz soit le gaz carbonique, soit l’azote. L’azote donne un meilleur rendement mais sa couleur est jaune orangé tandis1 que le gaz carbonique donne une belle lumière blanche.
- Le gaz carbonique est produit par l’action d’acide chlorhydrique sur du carbonate de calcium et desséché par passage sur du chlorure de calcium (fig. 6); l’azote est produit par le passage d’air sur un bâton de phosphore. Les frais de remplacement de ces produits sont très minimes.
- RENDEMENT LUMINEUX
- La détermination de l’intensité lumineuse d’un tube Moore est difficile, parce que nos photomètres sont construits pour comparer entre elles des sources ponctuelles. On a commencé par déterminer l’intensité de tranches du tube de un, deux, trois centimètres de largeur et constaté que les intensités mesurées étaient très sensiblement pro-
- Fig. 7. — Proportionnalité des intensités lumineuses aux surfaces pour des bandes de i centimètre de largeur et de différentes longueurs (A) et des tranches d’une hauteur de 1 centimètre et do différentes largeurs (B).
- portionnelles aux largeurs des fentes, ce qui a permis de caractériser l’éclat d’un tube Moore par l’intensité lumineuse d’une tranche de 1 centimètre de largeur normale à l’axe
- et ramenée à la distancé de cet axe. Dans les conditions normales de fonctionnement, une tranche de i centimètre a une intensité de o,ai4 bougie internationale, ce qui fait 51,4 bougies par mètre courant; la puissance absorbée correspondante était 87,6 watts soit 1,69 watt par bougie. Si l’on ne tient pas compte des pertes dans le fer et le cuivre du transformateur, de la bobine d’inductance, ni du mouvement de la soupape, le rendement du tube lui-même s’élève à 1,49 watt par bougie.
- Ces chiffres sont les résultats des essais effectués par M. W. Wedding, au laboratoire de l’Ecole technique supérieure de Char-lottenburg, sur un tube de 37 mètres de longueur, mais ce rendement, seulement obtenu probablement dans des conditions très favo-bles, diminue en outre assez vite avec la longueur du tube. Si l’on juge de la valeur de l’éclairage Moore d’après ces chiffres, il paraît évident que ces tubes ne peuvent rivaliser avec les autres procédés modernes : lampes à vapeur de mercure, lampes à arc flamme, lampes à filament métallique. L’avantage du tube Moore est l’extrême diffusion de la lumière qu’il produit, ce qui permet de réaliser un éclairage parfaitement uniforme sans avoir recours à des artifices tels que globes dépolis, écrans, réflecteurs, lumière indirecte qui diminuent considérablement le rendement des autres sources.
- Si on cherche le procédé qui permette d’obtenir à dépense égale le plus fort éclairement moyen surle plancher d’une salle, on trouve que l’avantage reste incontestablement au tube Moore qui présente naturellement aussi les plus faibles écarts entre les points d’éclairement maximum et minimum.
- Dans l’éclairage de luxe ou de réclame, où la dépense d’énergie électrique est de peu d’importance, la lumière Moore peut trouver aussi d’importantes applications.
- Maurice Lehlanc fils.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Sérié). — N» 1.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Courants et facteur de puissance d’un circuit triphasé non équilibré. — M. Master. — Electvical World, 3o juin 1910.
- L'auteur expose une méthode simple pour déterminer : i° les courants dans les trois branches d'un circuit triphasé non équilibré quand les trois courants de ligne sont connus; 20 le facteur de puissance d’un circuit triphasé non équilibré, d’après des lectures de Avattmètres monophasés, sans la construction d’un diagramme de vecteurs. Les tensions sont supposées sinusoïdales et égales sur chaque phase.
- Relations entre les courants. — Supposons les facteurs de puissance dans les trois branches égaux mais inconnus.
- Fig. 1.
- Représentons les courants de ligne et ceux des trois branches par les notations de^la figure 1.
- Traçons (fig. a) le triangle BAG, qui a ses côtés proportionnels à la:, Iy et I-; sur BA comme côté, construisons le triangle équilatéral BDA, auquel nous circonscrivons le cercle BOAD.
- Traçons la droite DG. Elle coupe le cercle en O, OA, OB, OG sont proportionnels à Iv~, Ixy.
- Traçons maintenant BK parallèle à OA.
- Le triangle BOK est équilatéral et OK = Iy3;
- KD = OA = \zx
- GD = DK + KO + OG = lzx + lyz + lxy = S.
- S représente le courant monophasé équivalent qui, avec le même voltage et le même facteur de puissance, fournit la même énergie cpie le circuit triphasé.
- La ligure 3 permet l’application rapide de cette construction à un cas déterminé.
- L’arc tracé en trait fort appartient au cercle de la ligure 2^ Un des systèmes de lignes circulaires a pour centre A, l’autre B, le troisième D. Les droites
- convergent vers le point D. Les lignes inutiles ne figurent pas, non plus que les points D et B. v
- Les courants de ligne dans l’ordre de grandeur
- Fig. 2.
- croissante sont représentés par la.-, ly et I-; les courants, dans les branches du circuit, aussi bien que
- Fig. 3.
- les courants de ligne, sont exprimés en pour cent, J-étant pris égal à 100 % .
- Les courants lyz, l~x et S sont trouvés directe-
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- ment J \xtJ s’obtient en retranchant de S la somme
- lyz + hcc
- Supposons
- la- — 53 amp., Iv — 82 amp., I- = 100 amp. Suivons les lignes ponctuées, nous trouvons ;
- S = i3a amp., l~x = 42 amp., Ir-= 7^amp.
- Ixy ~ i3a amp. — (42 -j- 72) = 18 ampères.
- Dans la figure 4, des triangles équilatéraux sont construits sur deux côtés du triangle ABC, et le point O e.st le même que celui de la figure 2. Cette
- , E
- Fig. 4.
- construction s’emploie lorsque, pour le calcul d’un cas particulier, on ne fait pas usage de i’abaque de la figure 3.
- Solution analytique. — Soit T le double de la surface du triangle ABC (fig. 1).
- OD = DG cos a, DG = —^ I-,
- v/;i
- cos a =
- DJ -f JF S
- y/3
- S
- T
- r
- OD =
- |v/3T + P.
- .......- ..... - J
- s
- 2 S — OD -j- 2 quantités similaires contenant respectivement lx et ly,
- 2 S2 2^3 T + + 1/ + L2)
- s = \A(I"2 + Iy2 + lz*] +
- \xy — s — OD = S
- S
- Posons :
- s-i— = s
- o
- On a
- Ixy
- s'~ i-
- I ,‘2
- De même : Iy. = S'---
- et
- I 2
- i —
- Izx g
- Si les charges sur les trois branches du circuit n’ont pas les mêmes facteurs de puissance, ces méthodes ne donneront pas les valeurs exactes des courants.
- Dans la figure (\y le triangle pointillé représente les forces électromotrices du circuit, et chaque vecteur de ce triangle fait le même angle avec le vecteur du courant correspondant, soit un angle 0
- qui est donné par la formule : cos 0=—=—--------
- volts X ampères
- où la valeur en ampères du courant est S.
- Gos ô est le facteur de puissance du circuit quand les facteurs de puissance de ses trois branches sont égaux.
- Fig. 5.
- S’ils ne sont pas égaux, la figure 4 représente les charges des branches du circuit correspondant aux mêmes courants de ligne avec mêmes décalages par rapport aux forces électromotrices que les charges réelles; par suite, facteur de puissance est le même. Par conséquent cos 0, calculé comme ci-dessus, est le facteur de puissance équivalent du circuit, que les facteurs de puissance dans les trois branches soient égaux ou non.
- Facteur de puissance. — Le facteur de puissance d’un circuit non équilibré peut être calculé d’après quatre lectures de wattmètres monophasés, obtenus au moyen de deux wattmètres montés comme d’ordinaire. La figure 5 représente les connexions habituelles.
- Soient Wj et W2 les lectures. Les bobines de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2° Série). — N°l.
- potentiel sont changées de phase : soient W'i et W'3 les nouvelles lectures. D’après ce qui a été dit plus haut, on peut considérer la charge comme constituée par trois charges monophasées ayant même facteur de puissance, qu’il en soit réellement ainsi ou non.
- , Soient Wa, W*, Wc ces trois charges et cos 0 leur facteur de puissance.
- On a les relations :
- w, = w„ + w6 w, = w, + w6 W', = w, + w. ' w, = wt + we
- d’où :
- /— a(W'
- y/3 tg 6 = — -i--
- cos (6o" -f- 0
- cos 0
- COS (6o° 0)
- cos 0
- cos 0 0 0 — 0)
- cos 0
- cos (60 4- 0)
- cos 0
- W',) + w 1 "
- W4 + W2
- On peut alors tracer la courbe qui représente
- cos 0 en fonction de y/Ü tg 0 ; on voit que cette courbe donnera le facteur de puissance quand W,, Wj,W'i \V'a sont connus.
- Le signe de tg 0 dépend du Avattrnètre choisi pour la lecture W4 et du sens du décalage. Si le même wattmètre est toujours choisi pour la lecture W(, un même signe correspondra toujours au même sens de décalage.
- Il est enfin aisé de voir que si la charge est équilibrée, les lectures des wattmètres sont interchangeables et réciproquement.
- Si on trouve que la charge est équilibrée, le facteur de puissance peut être calculé au moyen des lectures YVj et W2 seules.
- II. B.
- ARCS ET LAMPES ÉLECTRIQUES
- L’éclairage au néon. — G. Claude. — Académie des Sciences, séance du 12 décembre 1910,et Société Française de Physique, séance du 16 décembre 1910.
- - M. Georges Claude a présenté, dans cette communication, le résultat de ses études sur l’éclairage au néon, s
- L’éclat remarquable du spectre de ce gaz, la pro-
- priété découverte par Collu, de l’illumination d’un tube renfermant du néon et un globule de mercure et simplement agité dans l’obscurité, enfin la faiblesse extraordinaire de la cohésion diélectrique de ce gaz ('), sont venues successivement encourager M. G. Claude dans ses recherches.
- Ses premières tentatives ont eu pour but l’amélioration, à l’aide du néon, de la lumière des tubes à mercure. Elles n’ont pas donné de résultats appréciables. Mais il en a été autrement de la production directe de la lumière par le néon pur. Cependant, de grandes difficultés ont été rencontrées du fait que le néon se laisse masquer avec une grande facilité par la présence de très petites quantités de gaz étrangers, soit ceux qui sont introduits avec le néon (2), soit ceux que le passage du courant libère des électrodes ou des parois du tube. M. Claude est arrivé à surmonter cet inconvénient en munissant le tube chargé de néon d’un récipient à charbon plongé dans l’air liquide, qui absorbe les gaz étrangers à mesure de leur libération par la courant et qui finit, après une laborieuse formation, par laisser le néon à l’état de pureté.
- M. Claude a installé, sous le péristyle du Grand Palais des Champs-Elysées, à l’occasion du Salon de l’Automobile et avec le concours de la Société Moore, quatre tubes de chacun 36mètres de long qui ont été formés par ce procédé et dont on a pu apprécier le joli effet décoratif. La lumière de ces tubes est naturellement très riche en rayons rouges, et la façade du Grand Palais apparaissait comme embrasée d’une lueur rouge, très intense. Néanmoins, quand l’œil est dépourvu des termes de comparaison fournis par d’autres sources, il s’accoutume, avec une curieuse facilité, à cette lumière, et n’en conserve qu’une impression très chaude de jaune doré ; cette lumière pourra donc avoir de nombreux emplois industriels que justifieront son extrême commodité d’emploi et son économie.
- A défaut d’expériences sérieuses non encore effectuées sur cette installation du Grand Palais, M. G, Claude donne les conditions de fonctionnement d’un tube de (> mètres de long et de /(5 hiillimètres de diamètre. .
- (*) E. Bouty. La cohésion diélectrique du néon, Lumière Electrique, t. IX, p. 212 et t. XI, p. 3q5.
- (2) Ces gaz étrangers font l’objet d’une séparation spéciale dans les usines de la Société de l’Air Liquide de Boulogne-sur-Seine où sont appliqués les procédés Claude. L’hélium y est séparé par distillation fractionnée, les autres par l’intervention du charbon.
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- La différence de potentiel aux bornes de ce tube est seulement de i ooo volts, grâce à la faible rigidité diélectrique du néon : comme pour toutes les décharges de la nature de l’arc, cette différence de potentiel décroît légèrement quand le courant augmente, elle passe de i ioo volts à 980 quand le courant passe de o, 1 à 1 ampère.
- Sous cette différence de potentiel de 1 000 volts et le courant étant de 0,94 ampère, la puissance consommée est de 85o watts, révélant un facteur de puissance de 0,9, analogue à celui trouvé par Wed-ding pour les tubes Moore, à azote.
- Les mesures photométriques ont été faites par le procédé de Wedding, en considérant une tranche de quelques centimètres de longueur du tube et à l’aide d’une lampe Carcel dont la lueur rougeâtre s’accommodait assez bien à la circonstance. On a trouvé 220 bougies par mètre, soit 1 3oo bougies en tout, correspondant à 0,64 watt par bougie, et à 0,8 watt par bougie si l’on tient compte du circuit primaire et de la self régulatrice.
- Ce rendement se trouvait fort amélioré avec des tubes plus longs, car une partie notable de l’énergie est perdue aux électrodes, et cette perte n’augmenterait pas avec la longueur. Des électrodes auxiliaires permettent de mesurer cette perte aux électrodes, qui n’est pas inférieure, pour le tube ci-dessus, à 800 watts sur les 85o absorbés. L’auteur estime qu’on peut conclure de ces résultats et des perfectionnements encore à réaliser dans la pression du néon, la densité du courant, le diamètre des tubes que le rendement global actuel atteint o,G watt par bougie pour des tubes de 3o mètres à 40 mètres, et qu’il s’abaissera probablement au voisinage de o,5 watt.
- TRACTION
- Les tunnels sous les rues de Chicago. — J. O’Merra. — The Electrician, 28 octobre 1910.
- Tout le monde sait que Chicago est une ville d’une importance considérable. Elle est dotée d’un service très étendu et très complet de communications téléphoniques; elle est également un centre sans pareil de fabrication de l’outillage et des instruments usités dans les installations de systèmes téléphoniques. A peu de distance de cette ville sont établis des bureaux centraux équipés par les appareils de la Western Electric C°. Elle est le siège des bureaux et des ateliers de l’Electric Automatic C° qui fabriquent le
- système « Strowger » de communications téléphoniques automatiques. Mais Chicago présente en outre un grand intérêt pour l’ingénieur : dans les limites de son territoire existent en effet de nombreuses autres installations.
- Parmi elles, il faut notamment ranger l’établissement des tunnels sous les rues qui ont précisément été construits pour le service téléphonique automatique. Ce réseau souterrain se développe sur une longueur d’environ 9G kilomètres à une profondeur moyenne; de 12 mètres au-dessous du niveau des rues. La section du tunnel est de 1,80 m. de largeur sur 2,25 m. de hauteur dans l’axe de la voûte. Les travaux de construction ont duré sept ans, ils ont coûté la somme de 2^5 000 000 de francs.
- Nous ne parlons de ces tunnels qu’en raison de l’usage qui en a été fait pour la traction électrique en connexité avec les systèmes téléphoniques automatiques.
- Le réseau des tunnels est sillonné de voies parcourues par 6G tracteurs tous actionnés électriquement, les uns d’une puissance de 25 chevaux, certains autres de 5o chevaux. Ils sont alimentés en courant par un fil de trolley à la tension de 25o volts.
- Cent vingt wagons sont en circulation et 1 000 trains,se déplaçantàla vitesse de i2,5àiG kilomètres à l’heure, transportent environ 12000 tonnes de marchandises par jour.
- Dans ces diverses catégories de marchandises transportées se trouve inclus le charbon qui est directement fourni aux soutes et sur le carreau des chaudières des fabriques et usines. Ce système est relié par des ascenseurs aux dépôts et aux magasins des chemins de fer et de nombreuses maisons de commerce.
- Par ce procédé de transport, la rue a été déblayée de l’encombrement dû au trafic lourd et lent qui s’effectue ainsi sans ennui pour la circulation superficielle. Le système a également été employé pour le transport des courriers des Etats-Unis aux divers bureaux de poste. Il paraît pourtant que les prix demandés dans le renouvellement du contrat de transport sont plus élevés que ce que l’administration des }>oste.s consentirait à adopter. E. D.
- DIVERS
- Discours de M. J. Peck à la section de Manchester de l’institution des ingénieurs électriciens. — The Electrician, 4 novembre 1910.
- Devant les membres de l'institution des ingénieurs
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- électriciens (section de Manchester), M. Peck a exposé la relation d’un voyage qu’il vient de faire en Amérique. Il s’est surtout attaché à faire ressortir les différences qui existent entre les industries similaires des Etats-Unis et de l’Angleterre.
- Nous en extrayons ce qui est relatif à la traction électrique et aux turbo-générateurs.
- Le service de la traction des usines de fabrication présente un aspect très différent de ce qu’il était il y a peu d'années, car si l’on voit encore le type usuel des moteurs de tramways, il se trouve aussi de puissants moteurs pour les énormes locomotives électriques actuellement en service, sur de nombreuses lignes de chemins de fer à traction à vapeur, pour remorquer leurs trains aux stations terminus et dans les tunnels.
- Ces moteurs ressemblent plus aux génératrices du type à faible vitesse qu’aux moteurs de tramways et il faut quelque effort d’imagination pour se représenter qu’une machine à i4 pôles, avec une armature de 1,80 m. de diamètre, est réellement un moteur de chemin de fer; d’autre part, la vue de manivelles, d’arbres à villebrequin et de bielles d’accouplement sur une locomotive électrique est nouvelle pour quiconque n’est pas familiarisé avec ce genre de construction. Le plan général de ces locomotives est de disposer les moteurs au-dessus des essieux, de sorte que le centre de gravité est considérablement plus élevé que dans les anciens types de locomotives électriques.
- Ordinairement, une partie du moteur est en saillie sur le carreau de la machine, yers l’axe de l’ensemble, de façon qu’ilyait delà place pourcirculer toutautour, dans la guérite du Avattman. Le combinateur, qui est toujours du type à unités multiples, est aussi placé dans la guérite sur la ligne axiale de la locomotive avec un passage libre de chaque côté. Les abords des appareils sont rendus très aisément accessibles.
- C’est une caractéristique de la structure générale. Dans quelques cas, les moteurs attaquent les essieux par engrenages, mais le plus souvent par manivelles et vilebrequins. Les rôues sont accouplées par bielles.
- Les plus grandes machines en service sont celles du New-York Central Railway etduNew-York New-llavcn et Ilatford Railway. Les premières sont actionnées par du courant continu. Les secondes, bien cpie primitivement étudiées pour courant monophasé, le sont aussi. La ligne de New-Haven est sur le point d’être prolongée de 104 kilomètres, ce qui est probablement le premier pas vers la complète électrification de la ligne entre New-York et Boston, soit une
- distance de 400 kilomètres. L’électrification de la ligne de Pennsylvanie dans sa pénétration à New-York est en cours d’achèvement. Là aussi, c’est le courant continu qui sera employé.
- Pour les tramways et les lignes de chemins de fer d'importance secondaire, on emploie les moteurs à pôles auxiliaires de commutation. Ce système offre l’avantage d’éliminer les étincelles entre balais, d’où résulte une usure négligeable du collecteur et des balais.
- La tendance dans la plupart des grandes villes américaines semble être d’augmenter les dimensions des voilures de tramways et d’accroître leur puissance motrice. Les compagnies de traction trouvent profit à se débarrasser de leurs vieilles voitures et des moteurs surannés et de les remplacer par des véhicules et des moteurs plus modernes.
- Sur des lignes nombreuses ont été adoptées les voitures du système dit : pay as you enter, les voyageurs accédant dans la voiture par l’arrière et la quittant par l’avant. »
- Sur quelques-unes des longues lignes, des trains désignés sous le nom de express trams circulent; ils ne s’arrêtent que tout à fait en dehors des territoires des localités suburbaines. Le trajet de Pittsburg à East-Pittsburg, sur une distance de près de 21 kilomètres, est fait en un peu plus de 3o minutes; le prix de la course est de o fr. 5o.
- En ce qui concerne les turbo-générateurs, plus de progrès ont été accomplis en Grande-Bretagne qu’en Amérique : tandis qu’un grand nombre de petites machines sont construites au delà de l’Atlantique, les grosses unités sont peu nombreuses et, en général, elles marchent à une vitesse inférieure à celles de l’Angleterre. Une des grandes compagnies de construction préconise,pour le travail à courant continu, un turbo-alternateur à grande vitesse avec une commutatric.e à 60 périodes.
- L’enroulement du courant alternatif de la commu-tatrice peut être relié directement à la génératrice, de sorte qu’elle démarre et s’arrête avec celle-ci, et aucun appareil de synchronisme ou transformateur n’est nécessaire. On prétend que la partie électrique de cet ensemble est approximativement aussi efficace qu’une génératrice à courant continu ; d’autre part la très haute vitesse du groupe turbine — 3 600 tours par minute — entraîne l’emploi d’une turbine économique, de sorte que le coût de l’ensemble, aussi bien que la consommation de vapeur, est moindre que pour un groupe turbo-générateur à courant continu. E. D.
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- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Réduction èlectrolytique de l’acide nitrique. — E. Patten et M. Caughey. — Communication au Congrès de Pittsburg. — Metallurgical and Chemical Engineering, juin 1910.
- L’hydroxylamine peut, ainsi qu’on le sait, être réduite en ammoniaque (à la cathode de cuivre), en présence de sulfate de cuivre, d’acide sulfurique et d’acide chlorhydrique. De l’azote est mis en liberté à l’anode et à la cathode.
- Cette production d’azote a été étudiée quantitativement par les auteurs. A l’anode, elle a lieu à une allure sensiblement constante, laissant de l’ammoniaque dissous ; à la cathode, la production d’azote est d’abord très rapide, si rapide qu’il y a probablement d’abord production d’hydrogène, consécutivement oxydée par l’hydroxylamine, cette réaction produisant de l’azote libre. Mais dans la suite de l’élec-trolyse, la production d’azote décroît à la cathode.
- Les mêmes phénomènes se produisant dans l’élec-trolyse des nitrates, les auteurs les expliquent par les mêmes considérations.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Notions générales sur la télégraphie sans fl1 et la téléphonie sans fil, par R. de Valbreuze
- (4°édition).—i volume in~8° raisin de/|8opages avec 3i5 figures. —La Lumière Electrique,éditeur,Paris.—Prix : broché, 12 francs.
- Clair et bien ordonné, précis quand il le faut et suffisamment détaillé, ce livre est destiné aux personnes qui, privées de toute connaissance en électrotechnique, s’intéressent néanmoins à la radiotélégraphie.
- Prenant le lecteur dans son ignorance même, M. de Valbreuze parcourt avec lui le cycle des connaissances nécessaires pour aboutir à une compréhension rationnelle de l’invention. Il lui donne dans Y introduction des notions très nettes sur le potentiel, le courant électrique, le champ magnétique, l’induction électromagnétique, les générateurs et les transformateurs de courant; il lui explique, dans la première partie, la nature des phénomènes vibratoires, expose les lois de la radiation, les notions de résonance, d’accouplement de deux circuits et donne les grandes lignes des découvertes hertziennes pour décrire, en troisième partie, comme un développement naturel, toute la série des découvertes et des expériences relatives à la télégraphie sans fd proprement dite, depuis les problèmes et les appareils les plus primitifs jusqu’aux tout derniers, depuis les cohéreurs jusqu’à la syntonie et la direction des ondes dont la discussion est d’une
- clarté remarquable. Cette troisième partie se termine par la description d’une dizaine de postes radiotélé-graphiques.
- Enfin, une quatrième partie a été ajoutée et consacrée à la radiotéléphonie, dont l’auteur décrit huit systèmés, (depuis les travaux de Fessenden jusqu’à ceux de MM. Colin et Jeance). Dans un appendice, enfin, on trouvera le règlement de service des postes radiotélégraphiques et la nomenclature des postes côtiers français.
- L’auteur, qui n’est pas un vulgarisateur ordinaire, s’étant personnellement livré à des travaux fort intéressants dans (le domaine de la télégraphie sans fil, n’évite pas de parler des appareils-ancêtres et des procédés-tentatives ; il fait preuve ainsi — chose bien rare par ces temps d’aide-mérnoires — d’une largeur de vues qui est indispensable quand on entreprend la lourde tâche de l’enseignement et qui est précisément la marque d’une culture approfondie.
- Nous sommes assurés de l’accueil qui sera fait à ce livre : le succès des éditions antérieures (qui n’étaient cependant, en comparaison de la édition présente, que de petits opuscules), nous en est le meilleur garant. M. G.
- Les compteurs électriques à courants continus et à courants alternatifs, par L. Barbillion. 1 volume in-16 de 226 pages avec 126 figures. — Gau-thier-Villars, éditeur, Paris. — Prix: broché, 3 fr. 28.
- L’ouvrage ci-dessus, qui appartient à la collection
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — NM.
- bien connue des Actualités scientifiques, se compose, en quelque sorte, des leçons professées par M. Barbillion à l’Institut Electrotechnique de Grenoble et rédigées par le distingué professeur avec la collaboration de M. G. Ferroux. chargé de conférences au même Institut. Il comporte trois chapitres comprenant chacun un grand nombre de subdivisions.
- Le premier chapitre, intitulé Compteurs à courant continu, se rapporte non seulement aux compteurs électrochimiques ou autres, exclusivement réservés à ce genre de courant, mais encore aux compteurs moteurs genre Thomson ou aux compteurs pendulaires genre Aron qui peuvent fonctionner sur n’importe quel genre de courant. Le deuxième chapitre, Compteurs à courants alternatifs, est consacré aux compteurs dits à champs tournants. Enfin, dans le troisième et dernier chapitre, Compteurs spéciaux, l’on trouvera la description des types les plus connus de compteurs à dépassement, à double tarif, à prépayement, etc. A notre avis, il eût été préférable que le premier chapitre, étant donné son titre, comprît uniquement les compteurs spéciaux au courant continu, et qu’il fût suiv d’un chapitre distinct dans lequel auraient été étudiés les appareils tels que les compteurs Thomson ou Aron utilisables sur tous réseaux. Mais ce n’est là qu'une très légère critique qui n’enlève rien au mérite de l’ouvrage, remarquable par la simplicité de l’exposition. Dans l’intéressante étude des compteurs à champ tournant notamment, l’auteur emploie exclusivement la méthode graphique de calcul et des diagrammes très clairs permettent au lecteur de comprendre sans effort le principe de chaque appareil.
- Souhaitons qu’une nouvelle édition, complétée par un chapitre sur les résultats d’essais obtenus au laboratoire de l’Institut Electrotechnique de Grenoble, et par un index bibliographique, vienne prochainement témoigner du succès obtenu par le présent opuscule.
- J. B.
- Impianti ed Esercizi di illuminazione elet-tl'ica, par E.Piazzoli.— i volume in-16 de g55 pages, avec 468 figures. — Ulrico IIoepli, éditeur, Milan. — Prix: cartonné, 10 lires.
- La sixième édition de ce manuel se distingue des précédentes, surtout en ce qu’elle s’étend à toute la technique des installations électriques modernes et ne se limite pas au seul éclairage. Elle est conçue
- dans le même esprit que les précédentes. C’est donc loin d’être un simple formulaire.
- L’auteur explique, succinctement bien entendu, mais clairement,les questions de technique pratique: on y trouvera, par exemple, les méthodes de détermination de rendement, les recherches des défauts des machines en fonctionnement, les diagrammes usuels et en particulier on verra avec plaisir clairement exposé le diagramme d’Heyland pour les moteurs asynchrones.
- La partie réservée aux transports d’énergie, calculs de lignes, tableaux, est intéressante par ses schémas et ses calculs de réseaux faits pour servir de modèles.
- Au début du livre, on trouvçra les principaux renseignements numériques relatifs aux unités, aux conducteurs, aux isolants ; à la fin ceux concernant l’établissement et l’utilisation des machines, l’exploitation industrielle. Ce qui fait l’intérêt principal de l’ouvrage et le rend véritablement facile à consulter, ce sont les exemples numériques, et les schéjnas des montages pour mises en circuit, démarrages, couplages et aussi ses quelques plans d’installations.
- L’éclairage est traité avec un soin spécial.
- Ce manuel est véritablement intéressant, car il peut utilement servir de guide à ceux qui sans être spécialistes expérimentés désirent établir un projet de production ou d’utilisation d’énergie électrique comme éclairage ou force motrice.
- J. D.
- De Serie-Commutator-Motoren, par K. H. Haga. — Un volume, iu-8° Jraisin de 80 pages avec i5 figures. — J. Waltman, éditeur, Delft.
- La petite brochure de M. Haga, malheureusement écrite en hollandais, ce qui limite évidemment le nombre de ses lecteurs français, contient un résumé très simple et très clair de la théorie des moteurs monophasés à collecteur à caractéristique série. Certains chapitres, celui consacré à l’étude générale de la commutation en courants. alternatifs par exemple, contiennent d’ailleurs des études originales, pleines d’intérêt. L’auteur étudie notamment de façon très complète l’influence du nombre de lames sur les pertes au démarrage, celle des connexions résistantes, etc., en se reportant en outre aux travaux des spécialistes les plus connus, tels que MM. Latour, Punga, Richter, etc.
- Enfin, M. Haga termine son opuscule par un chapitre exposant ses idées personnelles sur des sujets variés ainsi que ses opinions sur divers travaux.
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- En terminant, nous rappellerons que le nom de M.-Haga n’est pas inconnu aux lecteurs de la Lumière Electrique qui ont pu lire, il y a un an environ ('), son intéressante élude sur une méthode de séparation des réactions directe et transversale d’un alternateur. J. B.
- Le problème de l’éclairage à l’usine et à l’atelier, par J. Kscard, i vol. in-8° raisin de 56 pages avec 18 figures. — H. Dunod et ]£. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, a fr. 5o.
- Courte brochure d’une cinquantaine de pages dans
- (*) La Lumière Electrique, t. VII, (a"»0 série), n° 37, il septembre 1909, p. 329.
- laquelle l’auteur passe brièvement en revue les principaux modes d’éclairage, signale leurs avantages et leurs inconvénients,etjndique les exigences spéciales aux différentes catégories d’installations.
- Les dimensions restreintes de cette brochure ne permettaient, sans doute, qu’une ébauche des questions indiquées, de sorte qu’elle ne peut contenir absolument tous les renseignements nécessaires à ceux qui s’occupent des problèmes d’éclairage, mais on y trouve bon nombre de données intéressantes.
- R. J.
- VARIÉTÉS
- Les prix de l’Académie des Sciences (').
- L’Académie des sciences vient de décerner à M. Barbillion, le distingué professeur à la Faculté des Sciences de Grenoble et directeur de l’Institut Electrotechnique annexé à cette Faculté, le prix annuel de physique Hébert. Le rapporteur indique queM. Barbillion a mérité cette distinction non seu-lementparsa thèse remarquable sur la Dispersion électrique et son étude sur le retour par la terre des courants industriels, mais aussi et particulièrement, par ses travaux de vulgarisation (*) et ses fascicules monographiques (3).
- Ensuite, l’Académie récompense les travaux de M. H. Magunna sur Vaugmentation de la capacité de transmission des lignes télégraphiques avec les installations existantes^ en lui attribuant le prix Kastner-Boursault.
- (') Comptes-rendus de i Académie des Sciences, séance du 19 décembre 1910.
- (2) Cours municipal d’électricité industrielle ;
- Traité pratique de traction électrique (en commun
- avec M. Griflisch);
- Manipulations et Etudes électrotechniques.
- (3) Production et emploi des courants alternatifs industriels:
- f.es machines électriques alternatives à collecteur; t.a réputation des groupes électrogènes;
- Les compteurs électriques à courants continus et à courants alternatifs, etc.
- Nous donnons précisément aujourd’hui une analyse bibliographique de ce dernier fascicule (p. a5).
- M. Magunna a notamment superposé aux transmissions ordinaires une variante du système multiplex de M. Mercadier. Le triage des signaux reçus est obtenu par le fait que chacun des courants de diapasons différents, envoyés par les claviers Hughes, agit sur un seul des relais récepteurs ; le même fil de transmission est utilisé pour l’envoi simultané de signaux dans les deux sens.
- Ainsi M. Magunna a réussi, après une série de perfectionnements apportés à l’appareillage, à superposer à un quadruple ordinaire Baudot six appareils Hughes à courants ondulatoires et à augmenter par là le rendement de la ligne de 174 %
- Les perfectionnements mentionnés ont porté sur la régularisation complète de l’électro-diapason pour courants alternatifs, le démarrage et l’amortissement rapide du monotéléphone et sa transformation en relais Baudot, l’obtention d’une 'indépendance complète des divers appareils en jeu et une modification du système Van Ilysselberghe permettant l’adjonction du transmetteur à courant continu et, parlant, l’emploi simultané de ce courant et des courants ondulatoires. Tir. S.
- La production du cuivre dans l’Amérique du Nord. —L. Odendall. — Elektrotechnische Zeitschrift,Si mars, 7et 14 avril 1910.
- L’Amérique du Nord occupe de loin, comme on le sait, le premier rang dans la production mondiale du cuivre. En 1907 et en 1908 les productions res-
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- r. XIII (2» Série).— N° l.
- pectives des diverses parties du monde s’établissaient comme suit:
- Tableau
- PRODUCTION DES MINES
- 190V 1908
- Europe 102 000 t. 112 100 t.
- Afrique 6 900 6 200
- Asie (Japon) 43 700 43 700
- Australie 41 900 40 100
- Amérique du Sud et Amé-
- rique centrale 40 5 00 56 800
- Amérique du Nord (Mexi-
- que compris) 484 000 5oo 700
- * Production mondiale.. 725 000 t. 760 3oo t.
- Ce tableau montre qu’en 1908 la production de l’Amérique du Nord atteignit près des a/3 de la production universelle. En outre, la production de l’Amérique du Nord provient presque totalement des Etats-Unis qui fournirent à eux seuls en 1908 près de 432000 tonnes;le Canada et le Mexique ne contribuèrent à cette production que pour 3o 5oo et 38 200 tonnes respectivement. Ces chiffres montrent la place prépondérante qu’occupent les mines de cuivre des Etats-Unis. Après un bref historique, l’auteur expose en détail la situation économique et linancière de ces usines dans les diverses régions ; il examine en particulier la question des salaires des mineurs dans les différents Etats.
- Le raffinage électrolytique du Cuivre fait également l’objetd’une étude spéciale ; cette industrie s’est développée dans de beaucoup plus grandes proportions à l’Est du Mississipi qu’à l’Ouest de ce fleuve ; cela provient de ce que les salaires sont sensiblement plus bas dans la première de ces régions que dans la seconde et surtout de ce que l’énergiè électrique y est obtenue d’une façon très économique grâce aux nombreuses chutes d’eau disponibles.
- L’auteur recherche enfin quel est l’avenir réservé à l’industrie du cuivre dans l’Amérique du Nord. Les productions annuelles respectives des quatre principaux groupes sont les suivantes :
- Cole-Ryan Amalgamated. 2 600 000 000 francs
- Guggenheims ........... 1 3oo 000 000 —
- Phelps-Dodge et G0..... 936000000 —
- Calumet et Hccla....... 676 000 000 —
- 5 5i2 000 000 francs
- soit plus de 70% de la production totale de l’Amérique du Nord. Un trust de ‘ cuivre aurait évidemment pour effet une hausse immédiate de prix. Mais l’auteur estime que la réalisation de ce trust se heurterait actuellement à de grandes difficultés et, en particulier, à l’opposition du président Taft.
- J.-L. M,
- L’industrie électrique en Autriche en1909. — E. Honigmann. — Elektrotechnik und Maschinen-bau, 22 et 29 mai et 5 juin 1910.
- D’après l’auteur, l’année 1909 ne fut pas une année favorable au point de vue de la marche des affaires pour l’industrie électrique autrichienne ; celle-ci eut en effet à souffrir de la crise économique générale et de circonstances politiques défavorables. Ce fut surtout grâce à l’exécution d’ordres passés en 1908 que ] des résultats financiers satisfaisants purent être atteints.
- La concurrence allemande, qui ne trouve pas en Allemagne même de débouchés suffisants pour écouler sa production, fut particulièrement active, et, quoique le chiffre des importations ait été inférieur à ceux des années précédentes, son influence sur le niveau des prix se fit sentir.
- A l’aide de tableaux statistiques et de graphiques, l’auteur représente d’une façon détaillée ce que furent l’importation et l’exportation autrichiennes en matière de machines et d’appareils électriques en 1909, ainsi que l’échange entre l’Autriche et la Hongrie au cours de cette même année. Il examine ensuite en détail les conditions de production et en déduit les causes qui entravent le développement de l’industrie électrique autrichienne et l’empêchent d’occuper le rang que devrait lui assurer sa valeur au point de vue technique.
- L’extension de la traction électrique et surtout l’électrification des grandes lignes doivent lui donner un nouvel essor ; l’auteur énumère les projets qui sont actuellement à l’étude dans ce but. Enfin il signale quelques points défectueux de la législation autrichienne et indique les remèdes qui, d’après lui, seraient susceptibles d’améliorer la situation générale de l’industrie électrique en Autriche.
- Ces considérations s’adressant surtout aux Autrichiens, nous nous bornons à les signaler.
- M. lv,
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Au moment où prend fin l’année 1910 qui a vu une reprise des affaires très marquée au cours du second semestre, il est intéressant de noter ce que pensent de la situation du marché du cuivre certains organes très autorisés.
- Lg Journal Mining, après avoir constaté la faiblesse des cours actuels, qui sont en baisse d’une livre, croit à une reprise prochaine et facile, car il prévoit des achats importants après les fêtes du jour de l’an.
- Le Standard trouve que, malgré l’inactivité attribuable aux fêtes de Noël, les prix ont été comparativement soutenus, et qu’en ce qui concerne l’avenir immédiat du métal, les avis sont assez partagés, parce que Ton ne sait pas exactement quelle est l'importance de la consommation actuelle auxElats-Unis.
- Le Financial Times est d’avis que les prix du cuivre ont été assez bien tenus tous ces temps derniers, eu égard à l’effet des statistiques peu convaincantes des producteurs américains et au pessimisme qui règne dans les industries américaines du fer et de l’acier. L’activité a diminué aux Etats-Unis et rien ne fait encore entrevoir le prochain retour d’une période plus favorable. La production du cuivre aurait été réduite aux Etats-Unis depuis le 1cr juillet d’au moins 60 millions fie livres, ce qui ne correspond pas encore au chiffre de i5 % dont on avait parlé. Et comme pour rassurer les spéculateurs, on annonce que, en même temps que les représentants de l’Amalgamated, des groupes Morgan et Guggenheim se seraient réunis récemment à New-York pour discuter très sérieusement des conditions du trust qui ne semble toujours exister qu’en rêve.
- La circulaire de MM. James Levis and Son paraît moins pessimiste, car tout en constatant que 1910 constitue un record pour la production mondiale, elle souligne une réduction très nette des stocks mondiaux, qui convainc les plus sceptiques du changement survenu dans la proportion entre l’offre et la demande.
- Le Daily Telegragh donne une confirmation de ces nouvelles en disant que les experts évaluent les
- exportations de cuivre en décembre à millions de livres et les délivraisons aux consommateurs locaux à 60 millions de livres. Ils estiment les stocks américainsau ior janvier 1911 à i3i milions de livres contre au ier janvier 1910, et le stock mondial à 291 millions de livres contre 3^0 millions fin décembre 1909, soit une diminution d’environ 21 % pour l’exercice.
- Merton ne s'écarte pas de ces opinions et, en signalant des ordres d’achats satisfaisants des consommateurs d’Angleterre et du continent, il confirme que l'attitude des producteurs américains n'a pas changé et qu’ils maintiennent leurs prix sans faire de concessions.
- En dernière heure, on peut le dire, car c’était a la fin de l’année, jVEngineer de Londres télégraphiait que les principaux consommateurs paraissaient suffisamment approvisionnés en cuivre jusqu'à la fin de janvier, ce qui donnait plus de vraisemblance à cette autre nouvelle de New-York, que la production du cuivre était supérieure à la consommation et qu’ainsi la Nevada Consolidated accusait en novembre 100 tonnes de plus qu?en octobre.
- Dans uneétude récente (a3 novembre 1910), Y Information examinait la situation du marché du cuivre ; et après avoir examiné ce que fut la production du métal pendant ces vingt dernières années dans tous les pays du monde, puis la consommation, mais basée seulement sur les délivraisons faites à Londres et aux Etats-Unis, et enfin ce qu’est devenu le prix moyen du Standard au cours d’une périodede quarante ans, l’auteur de l’article conclut que, sauf l’apparition d’un facteur anormal, le cours de f>3 livres coté en juillet dernier serait le plus bas du cycle de huit ans auquel paraît correspondre la fluctuation des cours : en concordance d’ailleurs avec la loi des crises qui, dans le cas particulier, semble obéir à une alternance régulière de huit années.
- Nous verrons si les événements donneront raison aux conclusions d’autre part très optimistes de cette étude où rabaissement des cours du métal est surtout attribué à la diminution de la consommation américaine résultant de l'augmentation de stocks qui reviendront rapidement à un étiage normal, grâce à l’accord des producteurs.
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- L A LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Sérié). — N° 1.
- Le Conseil municipal vient, en fin de session, de voter le prolongement de la ligne Nord-Sud de la place Jules-Jofïrin jusqu’à la porte de la Chapelle. Les courants de circulation, qui se sont déjà établis à la suite de l’ouverture à l’exploitation de la première portion du Nord-Sud, devraient rendre plus circonspects, comme nous l’avons'dit, ceux qui doutent des résultats de cette entreprise.
- Les Tramways Sud subissent, paraît-il, un ralentissement très sensible de leur trafic. La diminution des recettes qui était de 36i 34* francs du ier janvier au 3i octobre est passée à 461 34a francsjau cours du seul mois de novembre. On se rassure en se disant que l’événement est passager ; que l’amélioration des services relèvera les recettes. Ainsi 0V1 réserve l’avenir. Mais ce que nous venons de dire plus haut le compromet plutôt, et également la perspective 'de la mise en exploitation de la branche Montparnasse Porte de Vanves.
- Les Omnibus de leur côté, qui sont en pourparlers avec la Ville pour la vente d’un terrain recouvrant actuellement une partie des Arènes de Lutèce, n’ont pas encore retrouvé leurs recettes correspondantes de 1909. On sait combien celles-ci étaient insuffisantes pour assurer le service des intérêts et de l’amortissement des obligations ; cette situation déficitaire est donc de nature à inquiéter ceux qui suivent la valeur. Un élément d’optimisme est procuré par la remarque de la diminution progressive de la moins-value ; de 148 000 francs pour la 48e semaine, elle est tombée à 3a ooojjfrancs pour la 5i°. De nouvelles lignes ont été créées ; d’autres seront bientôt mises en service ; l’exploitation s’améliore sur les anciennes lignes ; et le public aussi se fait au nouveau mode de locomotion et à sa taxation qu’il finit par
- accepter parce qu’il se rend compte de sa logique et même de son économie.
- 4 Dans notre dernière étude, nous avons donné le compte rendu de l’exercice 1909-1910 de la Compagnie Constructions Electriques et des projets qu’elle a élaborés. Les succès de la Compagnie Générale Électrique ne sont peut-être pas étrangers à cette politique d’agrandissements. Le solde du compte profits et pertes de l’exercice 1909-1910 pour cette dernière société s’élève à francs 8ao 778,08, soit à ao,5 % du montant du capital social. Le dividende fixé à 70 francs n’a absorbé que a8o ooofrancs, ou un tiers des bénéfices sociaux. L’examen du bilan fait ressortir d’autre part une situation brillante. Au passif, les réserves et amortissements figurent pour
- 3 967 900 fr. 18, soit à 3a 000 francs près le montant du capital ; les obligations ne représentent que 760 000 francs, et les créditeurs divers sont inscrits pour 1 3ia 581 fr. 64. A l’actif, les valeurs disponibles ne sont pas inférieures à 1 898 a5a fr. 38 ; les valeurs réalisables (cautionnements, titres en portefeuille, matières premières et travaux en cours) s’élevant d’autre part à 3 534 299 fr. 1 o. Au regard du capital et des réserves, les terrains figurentpour 666 598 fr. 96, et les bâtiments et l’outillage pour
- 4 76a 179,46. Ce dernier chiffre représente le débit de ces deux comptes depuis la constitution de l’affaire, mais les amortissements signalés plus haut le ramènent à a 018 070 francs.
- La Compagnie Générale Electrique de Nancy, bien placée dans un centre d’affaires de plus en plus actif, possédant un outillage bien adapté à son genre de construction, apparaît ainsi comme l’une des plus prospères, sinon la plus prospère de nos sociétés de construction de matériel électrique. D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Congo. — Deux grandes stations de télégraphie sans fil sont en construction au Congo français, l’une à Brazzaville, siège du gouvernement général, et l’autre à Pointe-Noire (près Loango), sur la côte, à la tète de ligne du futur chemin de fer. Ces deux stations sont entièrement établies par la Société Française Radio-Electrique, sous la surveillance du Service Radiolélégraphique de l’Afrique Equatoriale dontle chef est M. l’administrateur Pincemin.
- Le système employé est nouveau et donne une émis-
- sion musicale extrêmement pure qui a la propriété de ne pas être influencée par les décharges électriqués naturelles, si intenses dans les régions tropicales.
- Le système de la Société Française Radio-Électrique, en fonctionnement au poste de la Tour Eiffel, est aussi adopté pour les stations de Montrovia et Ivonakry également en construction et qui sont les points d’aboutissement du réseau transsaharien, déjà commencé.
- Rappelons que le poste-vibraleur musical du dirigeable Bayard-Clé ment des grandes manœuvres de Picardie était du système « Radio-Électrique ».
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- DIVERS
- Circulaire du ministre des Travaux publics précisant les conditions d’application de l’arrêté du 21 mars 1910, relatif aux distributions d’énergie (*).
- Dispositions générales. — Le nouvel arrêté et la présente circulaire abrogent et remplacent l’arrêté du ai mars 1908 et la circulaire du 11 juillet 1908 (2).
- L’arrêté s’applique à tous les ouvrages de distributions empruntant en un point quelconque de leur parcours le domaine public, ainsi qu’aux ouvrages de distributions établies exclusivement sur des terrains privés et s'approchant à moins de 10 mètres de distance horizontale d’une ligne télégraphique ou téléphonique préexistante ; mais il ne s’applique ni aux usines de production d’énergie, ni aux ouvrages d'utilisation situés dans les usines ou autres immeubles. Ces usines ou ouvrages d’utilisation sont soumis aux dispositions du décret du 11 juillet 1907, édicté en exécution de la loi du 12 juin 1893-11 juillet igo3 sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels.
- L’arrêté ne contient aucune prescription relative à la protection des sites que mentionne l’article 19 de la loi du i5 juin 1906. Les ingénieurs auront le plus grand souci de veiller à ce que l’établissement des ouvrages d’une distribution ne compromette pas le caractère artistique ou pittoresque des monuments, des paysages et des rues des villes ; il peut néanmoins être utile, toutes les fois que la situation le comportera de consulter les fonc. tionnaires ou les commissions chargés, dans chaque circonscription administrative, de veiller à la conservation des monuments et des sites.
- Comme le disait la circulaire du 21 juillet 1908, portant envoi de 1 ’arrêté antérieur du 21 mars 1908, il sera bon que les ingénieurs se mettent eu rapport avec l’architecte départemental lorsque les projets seront de nature à modifier l’aspect des rues ou des promenades des villes. Si les travaux projetés intéressent un immeuble classé parmi les monuments historiques, en vertu de la loi du 20 mars 1887, ils pourront faire appel à l’architecte ordinaire des monuments histo-
- (’) Inséré au Journal Officiel du 26 mars 1910. Le texte de l’arrêté que commente cette circulaire a été publié dans la Lumière Electrique des 19 et 26 novembre 1910.
- (2) Il est rappelé que l’arrêté du 21 mars 1908 abrogeait et remplaçait toutes les instructions techniques antérieurement en vigueur, notamment l’arrêté préfectoral du i5 septembre 1893, les instructions techniques annuelles émanant de l’administration des postes et des télégraphes et les dispositions techniques de l’instruction du icr février 1907 relative à la [traversée des chemins de fer.
- riques; s’ils intéressent un paysage pittoresque, il y aura lieu, pour vous, de saisir la commission instituée dans le département par la loi du 21 avril 1906 sur la conservation des sites et des monuments naturels-
- Dispositions spéciales. —L’arrêté technique est divisé en cinq chapitres correspondant gux diverses questions que soulèvent l’établissement et l’exploitation des ouvrages de distribution.
- Le chapitre I contient les dispositions générales applicables à tous les ouvrages de distribution et donne lieu aux observations suivantes :
- Article premier. — Les distributions sont classées en deux catégories, suivant la plus grande tension de régime existant entre les deux conducteurs et la terre. Les dispositions adoptées sont les mêmes que celles du décret du il juillet 1907 relatif à la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels qui mettent en œuvre des courants électriques.
- Il ne faut pas toutefois conclure de cette classification que seuls les ouvrages de la deuxième catégorie peuvent présenter les dangers; les limites indiquées pour la tension maximum de la première catégorie correspondent aux installations usuelles, qui ne donnent lieu à des accidents que très exceptionnellement, mais il a été con. staté que, dans certaines circonstances spéciales, des courants dont la tension est très inférieure à la limite adoptée ont occasionné des électrocutions. 11 y aura à tenir compte de ce fait dans l’étude des installations de première catégorie.
- Art. 3. —L’état de conservation des supports en bois portant des lignes de la deuxième catégorie devra être l’objet de vérifications fréquentes surtout au voisinage des traversées de voies publiques, de voies ferrées, ainsi que des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux.
- Art. 4- — Les essais des isolateurs ne peuvent être pratiquement faits sur une ligne établie ; conformément à la pratique courante de l’industrie, les isolateurs seront essayés à l’usine avant livraison ; le service du contrôle pourra exiger la production du procès-verbal des essais.
- Art. 5. — Le point le plus bas des conducteurs de la première catégorie a été abaissé à G mètres à la traversée des voies publiques, mais à la condition que le minimum de 6 mètres soit observé strictement, même pendant les plus grandes chaleurs de l’été, de façon qu’il n’en résulte jamais de gêne pour la circulation (§ 2).
- Il n’est fait d’exception que dans le cas où, à la traversée des ouvrages construits au-dessus des voies publiques, une hauteur moindre peut être admise, pourvu que la sécurité soit assurée par un dispositif spécial de protection, mais sans que la hauteur libre de 4 m 3o, ù réserver au-dessus de la chaussée, puisse être diminuée.
- Dans les parties en courbe des voies publiques les poteaux ou pylônes devront être plus rapprochés que dans les alignements droits pour diminuer l empiète-ment en projection horizontale des conducteurs sur la
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XIII (2* Série).—'N® 1.
- voie publique ; il importe d'éviter des contacts possibles avec des chargements élevés.
- L’arrêté du i5 septembre i8g3 fixait à 6o° l’angle minimum pour la traversée des routes par les conducteurs d’énergie. Ce minimum a été abaissé à 3o° (§ 4) afin de réduire le plus possible l’angle de la brisure dans la direction. Cette brisure constitue, en effet, malgré la consolidation des supports, un point faible dans les canalisations. La disposition adoptée améliorera les conditions de la sécurité.
- Si des conducteurs d’énergie sont établis le long d’une voie publique qui en croise une autre sous un angle inférieur à 3o°, il n’y aura pas lieu de modifier leur alignement à, la traversée (§ 4)'
- Les épissures et soudures interdites dans la traversée des voies publiques et dans les parties contiguës peuvent être autorisées à titre provisoire comme moyens de réparation (§5).
- Les supports de distribution de la deuxième catégorie devront porter l’inscription « Danger de mort » substituée à l’inscription « Dangereux ». Le danger de mort est réel et doit être explicitement signalé (§ 6 c).
- Lorsque les conducteurs d’énergie longent un toit où passent au-dessus, la distance à laquelle ils doivent être de ce toit a été portée à 2 mètres, s’ils sont de la deuxième catégorie. Cette distance est portée à 3 mètres lorsque les toits sont enterrasse, quelle que soit la catégorie à laquelle appartiennent ces conducteurs (§ 7).
- Lorsque des conducteurs de la première catégorie seront portés par les mêmes supports que les conducteurs de la deuxième catégorie, il y aura lieu d’en vérifier avec le plus- grand soin les conditions d’établissement et d’entretien en particulier au voisinage des traversées de voies publiques et de voies ferrées, ainsi que des lignes télégraphiques et téléphoniques ou de signaux. (A suivre.)
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine Etektricitats Geseiischaft. Berlin.
- . AEG-Zeitung, janvier .1911.
- Die AEG und die Entwicklung der eleklrischen Bahnen.
- Ein neue Flugmaschinenmotor der NAG.
- Die elektrische Bühnenbeleuchtung im Kôniglichen Opernhaus in Berlin. 1
- Eine elektrischen Wasserwerks und Kanalisationsan-lagç.
- Prazisions-Wattmeter fiir Gleich und Wechselstrom.
- CONVOCATIONS D’ASSEMBLÉES
- Compagnie Electrique de Menton. — Le 21 janvier, 9, rue Pillet-Will, à Paris.
- Société Lumière et Énergie. — Le 19 janvier, 11 rue Duroc, à Paris.
- Société d'Eiectricité d’Yssingeaux. —Le 28 janvier, 29, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des Tramways du département de l’Orne. — Le 28 janvier, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie Française d’Energie Electrique. —Le 10 janvier, 47, rue Saint-André-des-Arts, à Paris.
- Compagnie du tramway électrique de Besançon au plateau de Beauregard-Brégille. — Le 9 janvier, 3, rue Blanche, à Paris. *
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 23 janvier, à la préfecture de Toulouse (Haute-Garonne). Chemin de fer électrique de Marignac (Midi, au Pont du Roy), frontière espagnole. Longueur totale : 14 kilomètres; devis : 265 283 francs.
- Le 29 janvier, à la mairie de Ginestas (Aude). Installation de moteurs électriques pour le service d’alimentation d’eau potable. Devis : 5 25o fr. 08. Càut. : 200 fr. Renseignements à la mairie.
- TURQUIE
- Le i5 mars 1911, au ministère du Commerce et des Travaux publics, à Constantinople, adjudication des travaux d’installation d’une ligne de tramways électriques à Andrinople et de l’éclairage électrique dans cette ville ainsi qu’à Sandjak. Un représentant local est nécessaire.
- LUS, — IJIWWRBIK LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-P. Nouet.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 14 JANVIER 1911.
- Tome XIII (2e série). — N" 2.
- »^>%>wv<»vw«wwAaaeaa^i. „u.»
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — H. Poincaré. Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fil (suite), p. 35. — J. Rezelman. La réactance synchrone et asynchrone, p. 41.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Les enregistreurs Paul Meyer, D. Bercovitz, p. 5o. — Transmission et distribution. Pose d’un câble à haute tension dans le lac de Worth, M. von Winkler, p. 5i. — Traction. Economie de puissance possible dans l’exploitation des chemins de fer électriques (essais sur le Manhattan Railway, New-York), II. Saint-Clair- Putnam, p. 5a. — Bibliographie, p. 53.— Variétés. Les unités électriques, p. 54. - Chronique industrielle et financière. Aotes industrielles. Appareil combiné pour la mesure des accélérations et des rampes, p. 5?. — Etudes Economiques, p. 59. — Renseignements commerciaux, p.6o. — Adjudications, p. 64.
- ÉDIT OUI A L
- L’étude de diverses questions relatives à la Télégraphie sans fil amène aujourd’hui M. II. Poincaré à résoudre dans deux cas différents le problème de la détermination a priori de la longueur d’onde et de l’amortissement d’un excitateur. Cet excitateur étant d’une forme donnée, l’auteur le considère soit isolément, soit en présence d’un appareil récepteur.
- Pour rendre applicable en pratique la solution théorique qu’il donne de ce problème, M. H. Poincaré s’est attaché à diminuer les difficultés de calcul en introduisant, à propos de l’équation de Fredholm, la notion des fonctions dites « fondamentales ». Il montre comment on peut parvenir ainsi à
- résoudre par approximation les cas voisins d’un cas particulier dont la solution est déjà obtenue.
- C’est donc un fragment d’une importance considérable de cette savante étude que nous publions aujourd’hui.
- On lira ensuite les résultats des essais que M. J. Rezelman a exécutés pour analyser la réactance synchrone et asynchrone d’un alternateur dont le rotor est à pôles saillants.
- On se rappelle qu’il y a un mois environ le même auteur avait publié les chiffres qui concernaient le cas des pôles lisses^Aujour-d’hui comme alors, la synthèse des résultats
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Séria). •*- N® 2.
- bruts de l’expérience est établie dans des for? mules simples dont la valeur pratique se trouve ainsi consacrée. Un prochain travail examinera le o^s d’unq machine à pôles saillants massifs.
- M. D. Bercovitz expose comment, dans les appareils de mesure, enregistreurs Paul Meyer, on s’est efforcé d’alléger la partie mobile du poids de l’encre en constituant la plume par un tube capillaire dont l’une des extrémités plonge dans l’encrier. Il étudie la constitution de ces appareils et donne leurs spécifications au point de vue consommation.
- M. Winkler décrit les opérations nécessitées par la pose d'un câble à haute tension dans le lao de Wôrth. L’immersion a pu sq faire en vingt minutes sur une longueur de 700 mètres et à une profondeur de 3o mètres.
- Le dispositif quq décrit M. ff. SaintrGlaU?* Putnam est une sorte de compteur horaire qui permet d’effectuer un contrôle sérieux sur la manière dont les wattmen utilisent le courant. Le classement de ceux-ci, par ordre de mérite, en est la conséquence, mais il en est une autre plus importante au point de vue des directeurs d’entreprises de traction, c’est l’économie de puissance possible dans l'exploitation dès chemins de fer,
- Pvappelons que les rapports de MM. Bouton et Battes, présentés à l’Exposition Internationale de Bruxelles et reproduits récemment
- ici-même (') envisageaient plus largement la même question.
- On a tqnt parlé déjà de§ unités électriques, elles qnt subi au cours des trente années qqi viennent de s’écouler tant de modifications, la valeur des étalons a été si souvent modifiée, mais toujours de si peu, que beaucoup d’électriciens se désintéressent complètement de cette question, la considérant d’ailleurs comme définitivement close.
- Et cependant on n’est pas encore absolument d’accord.
- Tout récemment, des expériences collectives internationales ont été entreprises à Washington et nous en publions aujourd’hui un premier résultat quasi officiel mais lion encore définitif.
- L’heure est donc propice pour retracer jjrléYOïnqnt J’irislprique la question, afin d’en montrer toutes les difficultés—difficultés théoriques pt difficultés provenant de susceptibilités nationales — et aussi de mieux faire comprendre lé pourquoi de ces nouvelles expériences.
- Nous donnons enfin, dans nos Notes Industrielles, la description d’un appareil combiné pour la mesure des accélérations et des rampes dû à M. P. Trotter. Cet appareil n’est pas électrique, il est vrai, mais il peut trouver emploi sur les voitures de tramways ou de chemins de fer.
- (*) Bouton et Battes. Résultats obtenus par l’eipp)ç)j de compteurs sur les voitures de tranjways. Lumière Electrique, (2° série), t. XII, p. 41.
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- H Janvier 1911, REVUE D’ÉLECTRIÇITE
- 3£
- SUR DIVERSES QUESTIONS RELATIVES A LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- DÉTERMINATION A PRIORI DE LA LONGUEUR D’ONDE ET DE L'AMORTISSEMENT
- d’un excitateur de forme donnée (suite).
- § ii. — Arrivons au problème qqi nous occupe. Ce problème peut se présenter sous deux formes.
- \° Etant donné Vin excitateur de forme donnée je suppose connu le champ çju’il produit et je considère un appareil récepteur constitué par jin conducteur.
- Dans cet appareil récepteur vont se produire des courants superficiels U, V, W et une densité superficielle électrique, ja.
- Je distinguerai le champ extérieur dû à l’excitateur, et le champ intérieur du aux courants superficiels du récepteur. Ce dernier est inconnu.
- Mais, en écrivant que le champ magnétique total à l’intérieur du récepteur a ses composantes tangentielles nulles, nous aurons des équations intégrales déterminant le vecteur
- (U, V, W).
- 20 Nous avons supposé que nous avions en présence un excitateur et un récepteur. Si l’on a seulement un excitateur, nous n’avons plus alors qu’un champ qui est le champ intérieur dû à l’excitateur; le champ extérieur disparaît. Les équations intégrales n’ont pas de secqnd membre, et pour qu’eljes admettent une solution, il faut que A soit nul.
- Cette condition: A = o définira w, c’est-à-dii'ela longueur d’onde et l’amortissement de l’excitateur.
- § i2. — Nous allons développer ce qui précède.
- (I) Vpir Lumière Eleçtrique, 7 janvier ign.
- Soit J le vecteur ayant pour composantes U, V, W, qui représente la densité superficielle du courant de conduction. C’est un vecteur tangent à la surface du conducteur.
- Introduisons alors le vecteur S (J). Pour cela, je calcule au point M le champ magnétique a, 3, y que je projette sur le plan tangent en M. J’obtiens ainsi un vecteur que je fais tourner de 90° dans le plan tangent. Ce dernier vecteur est S (J).
- Si je prends un système d’axes de coordonnées rectangulaires ayant pour origine le point M et tel que Mæ soit la normale en M à la surface du conducteur, les projections du vecteur S (J) sur les deux axes My et Ms seront : y et — 3.
- Considérons un petit élément cW et supposons que ce petit élément soit la seule partie active du conducteur. Autrement dit, le seul courant qui existe est : J' de' au point M'. Quel va être le vecteur S (J ) ?
- On a :
- _ dF d\\
- 1 ~ dz d^*
- d G d F
- ^ dx ' dt/ *
- F est le potentiel retardé dû au vecteur J' et, par conséquent, a pour expression :
- J'de' cos ------,
- d’où :
- dF
- -j- = i' de' cos (y,x) D cos (z, r), en posant :
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2« Série). — H° 2.
- Donc :
- J'D ds1 [cos cos {z,r) — cos(J',z)cos (a?,/1)].
- On calculerait de même y et on a ainsi les projections de S (J) qui sont : y et — |3.
- Si maintenant, au lieu d’un seul élément actif, on a une sui’face entière active, on n’a qu’à intégrer ; alors S (J) va se présenter sous la forme d’une intégrale définie.
- Il n’y a pas de difficulté si le point M ne fait pas partie de la partie active de la surface. Dans le cas contraire, on a vu que (3 et y sont discontinus : le saut brusque de la composante tangentielle du champ magnétique étant égal au produit par 4^ de la densité superficielle du courant, quand on passe de l’intérieur à l’extérieur de la surface.
- Quant à S (J), c’est la limite de l’intégrale obtenue en décrivant autour du point M un petit cercle de garde et en faisant tendre vers 0 le rayon de ce petit cercle.
- En résumé, si sur la normale en M je considère les deux points M, et M, infiniment
- l’excitateur et nous cherchons les courants à la surface du récepteur.
- S (J) peut être décomposée en deux parties : l’une correspondant aux courants de l’excitateur, l’autre à ceux du récepteur :
- S(J) = SR(J) + SB(J).
- Le courant étant connu sur l’excitateur, SE(J) est une fonction connue; il n’en est pas de même de SH(J).
- J’écris qu’en un point M2, très voisin de la surface du récepteur et à l’intérieur de celui-ci, le champ magnétique est nul :
- Sk(J) + Sb(J) — 27cJ = o.
- SE(J) est une fonction connue que nous appellerons 2tcT. Quant à SR(J), nous l’appellerons désormais S (J), aucune ambiguïté n’étant plus possible. On a donc :
- S (J) -f- 27cT — 'j.t.3 = o,
- ou :
- J =XS(J) +T,
- Fig-, 5.
- voisins de M,de part et d’autre de celui-ci, la moyenne arithmétique des projections sur le plan tangent du champ en M4 et du champ en M2 sera appelée le champ au point M et, en opérant sur ce vecteur une rotation de 90°, j’obtiendrai le vecteur S (J).
- Au point M, la composante tangentielle du champ magnétique est représentée par le vecteur S (J) auquel on a fait subir une rotation de 90°; au point M., elle est : S (J) -J- 2tcJ et au point M2 : S (J)— 2-J.
- ^Considérons d’abord le problème de la réception. Soit E l’excitateur, R, le récejTleur.
- Les courants sont connus à la surface de
- avec
- X = —.
- 2 TC
- On arrive ainsi à une équation de Fred-holm.
- Ayant défini le vecteur S(J), on définira de môme S2(J), etc.
- La solution de l’équation de Fredholm est :
- J = T -f XS (T) + X2 S2 (T) + ...
- Cette série n’étant pas suffisamment convergente, on multipliera et divisera par la série :
- „ \nbn b. — e n .
- Pour former cette série, il faut former les quantités bn.
- Soit, au point M, un élément superficiel d<s que nous supposerons d’abord être la seule partie active de la surface du conducteur. Soient j\ et j2 les composantes du vecteur J
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- 14 Janvier 1911.
- revue D’Electricité
- 37
- suivant deux axes situés dans le plan tangent au point M.
- Soient j\, j\ les composantes du vecteur Sn(J) au point M. On a :
- j\ = + P"./W<T,
- /'2 'YuJ \dz -|— Onf2 d CT.
- Alors :
- bn = J" («« H- §«) cr,
- l’intégrale étant étendue à toute la surface du récepteur.
- Pour que la méthode soit applicable, il faut que, à partir d’un certain rang, bn soit fini. 11 suffit pour cela que le noyau devienne infini d’ordre plus petit que i. Or, nous allons voir que le noyau devient infini du premier ordre.
- En effet, — devient infini du premier ordre quand r tend vers zéro. Donc, sa dérivée D est infinie du second ordre. Le vecteur J' étant dans le plan tangent et l’axe des :r. étant normal à la surface, cos (J',.x) et cos (sc, /) sont infiniment petits du premier ordre. Donc le noyau est infini du premier ordre.
- Ce que nous venons de dire s’applique à la réception.
- Dans le problème de l’excitation, je n’ai plus qu’un seul conducteur : l’excitateur.
- La fonction T disparaît donc et l’équation intégrale est une équation linéaire sans second membre.
- Pour que cette équation admette une solution, il faut qu’on ait A = o.
- Or A est une fonction entière de X = — et
- 21C
- aussi de w. L’équation : A = o définit donc la période et l’amortissement de l’excitateur donné.
- § i3. — Telle est la solution théorique complète du problème, mais, s’il fallait appliquer cette solution en pratique, les calculs seraient extrêmement ardus. Il faut trouver des artifices pour réduire ces calculs. Je
- vais maintenant indiquer dans quelle voie on peut chercher pour rendre la méthode plus pratique.
- Supposons le problème résolu dans un cas particulier et proposons-nous de le résoudre dans un cas peu différent.
- Le problème est donc supposé résolu dans le cas du noyau K (x, y)\ c’est-à-dire qu’on sait former K„ (.*, y) et calculer bu.
- Prenons un noyau peu différent :
- K(*>y) + eK'(ar,y).
- Le noyau réitéré sera ici :
- K„ + eK'n + e*K'„ + ...
- et b„ aura ici la valeur :
- bn -f- ëb'n -f- S2b"n -|- ...
- Si nous pouvons calculer facilement :
- K'n, K"„, ... b'n, b"„, ...,
- le problème sera résolu.
- Introduisons ici une notion nouvelle : celle des fonctions fondamentales.
- Je prends une équation de Fredholm :
- t[x) = \S[<t(x)] + Hv).
- La solution est :
- »w = *w+fÿ^pï^dtJ,
- ï = XK(*.y)+**K,
- N
- — est une fonction de X qui peut se décomposer en fractions simples :
- N _ N (.:r,y,h)
- A (X —X,-) A'(X,)’
- X; étant une des 'racines de l’équation :
- A = o.
- On démontre aisément que l’on a :
- N(X,)=X,A '(X,)&(tfh,(y).
- Par conséquent, à chaque racine de l’équation A —o, correspondra une paire de fonc-
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- J j Al LUMIÈRE ELECTRIQUE
- T. XIII (2* SéHe)i « N* 8.
- tioiis : £;(#), ï)i(2/) appelées fbhdaméntales (de ir° et dé a® sortes).
- Dans ces conditions, la fonction fondamentale de première sorte & est définie par :
- Ç, = XtS(Ç,).
- G’ést une solution de I’écjüation sans sefcond membre avec la valeur particulière X — X,. De même, la fonction % ést définie par :
- V = >wS'(ïj,).
- S' étant tout à fait analogue à S mais formé avec le noyau inverse : K (y, x).
- Supposons que hoüs connaissions ces deux catégories de fonctions fondamentales. Nous avons :
- Kn(x,y) = ZK*Uc)'<ll{y)
- et :
- tk = sxr*.
- Nous avons d’autre part :
- f %e{x)rii[x) dx = i,
- Ç %i{x)rlk (x) dx = o.
- Ces relations rappellent par leur forme celles que l’on rencontre dans la théorie de la série de Fourier et dans la théorie des fonctions sphériques.
- De même que ces dernières relations permettent de développer une fonction quelconque en série de Fourier, de même, ici, nous allons pouvoir mettre une fonction quelconque de x sous la fofme :
- 2 a* £,•(.*),
- une fonction quelconque de y sous la forme: sPêfo((y)»
- et enfin une fonction quelconque de x et y sous la forme :
- [x^j Qft (v/).
- On aura en effet :
- f{x,y) — (y),
- en faisant :
- <*/* = fj *!.(*•) & {y) /(*>*/) dxdy.
- Cela posé, je dià qüë lés relations (t) suffisent pour caractériser les fonctions fon-damèntales de seconde sorte v;,, quand on connaît celles de la première sorte, c’est-à-dire lesi;,. En effet, quel que soit le noyau K on pourra le mettre sous la forme :
- K(x,?y) — Z aik (x) r,„ [y). (*)
- Les E, étant,par hypothèse,les fonctions fondamentales de la première sortes on aura :
- Çi{x) = X,-S(Ët) = XÉ f K (x,y) Ç((y) dy,
- ou en remplaçant K par Sa valeur (2) et tenant compte de (1) :
- £. = X, Zk aki (x) ,
- ou en identifiant :
- <**( t=i o, (i ^ K) ;
- tZjt — 7vj- j
- K — Z KlÇi(x) -Oi(y) ; d’où, tenant toujours compte dè (1)
- f K (y^) rn (y) dy — xr1 *1 ,• [x],
- ce qui exprime que les rl( sont bien lès diverses fonctions fondamentales de la seconde sorte.
- Ces résultats s’étendent, mutütis mutan-(lis, au cas où l’on a affaire à des intégrales doubles, ou bien à celui où on aiirait affairé non à une seule équation intégrale, mais à un système de deux équations intégrales à deux fonctions itlconnues, telle qùë l’équation envisagée plus haut :
- J=XS(J) + T,
- où les deux fonctions inconnues sont les deux composantes du vecteur J.
- On peut remarquer aussi qu’il n’ÿ mirait rien de changé d’essentiel si l’équation A(X) = o admettait des racines multiples.
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- 14 Janvier 1911.
- REVUE D’ÉLfîGTRiGlTÈ
- Faiéôhâien l’application au problème qui nous occupe.
- Nous avohs :
- K»=/’K(^zi) K(zltz2) K(zâjza)..t
- Kf„ = f frkk ... K dzi dz2... dzn._1
- -f f KK'K ... K dZi dz2... + ...
- -(- J'KK.K ;.. K' dz{ dz2... ou
- K',j =a 5 J"' Kj, [x^z] K' (z,t) K,, (t,y) dz dt,
- avec p -f- q — « — * •
- Supposons clone qüë rtotiS sachions trouver lès fonctions fondamentales Ç et -q pour le noyau K (æ, y). Noüs pourrons dëvëloppër K' en série procédant Suivant lëS | ët lès yj, il’oü :
- K'[x,y) = SalfcÇt(Æjï3t (y).
- On aura :
- k'n {.v,y) — tj xtp &(#) vj;(ij àj* %j(z) -qk (i)
- >< 'M~" (Z) (î/) dz c*.
- Intégrons d’abord par rapport à z
- f-nti*) %AZ) dz = o sd s
- et = i si i = j.
- On peut de même effectuer l’intégratioU par l’apport à t et il vient :
- K',, = SXr^rUir 5; (•*') ij* (y)-
- Mais
- b'n — J” K'n{.v,x) dx.
- Il vient donc :
- b'n = nct(i\Tn+l.
- On trouverait de même :
- K"„ = Z Ç,(.*) rlk {y) ajk XTP à'" XT, b"» — Za.ija.ji\-p\jq\-r.
- avec
- p + q^r — * — *.
- Si donc on a résolu le problème de l’excitation dans un cas particulier, par exemple celui d’un cylindre, d’une sphère ou cl’un ellipsoïde, on pourra passer au cas d’un excitateur peu différent en appliquant les principes précédents ; on formera alors ia nouvelle équation A = o qu’on résoudra facilement puisqu’on connaît une valeur j approchée de la racine.
- Supposons maintenant un excitateur formé de deux conducteurs séparés, reliés par un fil dont on néglige la capacité, et supposons
- i'ig. G.
- qu’on sache résoudre le problème de l’exCi-tation pour chacun de ces deux conducteurs ; il s’agit d’étendre là solution au cas de l’ensemble des deux conducteurs.
- Soit K (M, M') le noyau total. Noüs allons former le noyau approché de la façon suivante : nous supposons que K (M, M') est nul si lés points M et M' sont sur deui conducteurs différents et que -K (M, M') a la même valeur que dans le cas d’un conducteur isolé si M et M' sont sur un même conducteur.
- Si on sait résoudre ce problème approché* on poui’ra trouver par la méthode précédente la solution complète, car K (M, M') est évidemment notablement plus grand quand M et M' sont sur le même conducteur que lorsque ces points sont sur des conducteurs différents.
- Dans ce cas, nous trouverons que b'n — o et s est de l’ordre de l’induction mutuelle des deux conducteurs.
- Gomme autre exemple, supposons un con
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- 40
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — R° 2
- ducteur cylindrique ayant une section très petite par rapport à sa longueur. Nous pren-di’ons, comme première approximation, un cylindre indéfini et nous pourrons particulariser la solution du problème en supposant que la perturbation est périodique le long de ce cylindre indéfini qu’on pourra partager en sections d’égale longueur. Le noyau approché est alors dû à l’action sur le point M d’un point M' quelconque du conducteur indéfini, situé ou non sur la même section que le point M. Dans le cas exact du conducteur limité, le noyau K (M, M') aura la môme valeur que précédemment si M et M' Sont sur la section de cylindre considérée, et sera nul si M et M' sont sur des sections différentes du cylindre illimité.
- Ces deux cas sont évidemment peu différents l’un de l’autre car, dans le cas du cylindre illimité, K (M, M') est évidemment notablement plus grand quand M et M' sont sur la même section que lorsque M et M' sont sur des sections différentes.
- On peut encore -considérer un conducteur filiforme mais courbe et prendre comme solution approchée le même conducteur rectifié (et devenu ainsi cylindrique comme celui qu’on vient de traiter). Comparons les deux noyaux K (M, M') relatif au fil courbe et K' (M, M') relatif au fil droit. Si les deux points M et M' appartiennent à deux sections très voisines du fil, les deux noyaux différeront très peu l’un de l’autre puisqu’une petite longueur d’une courbe peut être assimilée à une droite. Si les deux points M et M' appartiennent à deux sections éloignées, les deux noyaux seront l’un et l’autre relativement très petits, puisque la distance des deux
- points sera très grande par rapport à la section du fil.
- Nous étudierons donc d’abord le problème de l’excitation dans le cas du cylindre indéfini; delà nous passerons facilement au cas du conducteur cylindrique limité et ensuite à un faisceau de cylindres; nous nous rapprocherons ainsi des formes d’antennes utilisées en pratique.
- § 14- — Remarque. — Quelle est la signification des ç et Y) dans le problème qui nous occupe ?
- Considérons un conducteur quelconque. Soit f, g, h, le champ électrique, . a, [3, y le champ magnétique.
- Ces deux champs satisfont aux équations générales du champ électromagnétique et sont proportionnels à ê'"1.
- Je suppose que tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du conducteur : u = v = w = p = o.
- Je ne suppose pas ici que le champ soit nul à l’intérieur du conducteur, mais il éprouvera une discontinuité en traversant la surface.
- Pour les fonctions fondamentales de la première sorte, g, h, a sont continus; f, (3, y sont discontinus, la discontinuité les multipliant par un facteur constant e.
- Pour les fonctions de la deuxième sorte c’est le conti-aire : f (3, y sont continus et g, h, a sont discontinus et multipliés par s.
- On le voit immédiatement pour les fonctions de la première sorte qui satisfont à l’équation :
- J-=}*S(J).
- Pour démontrer la propriété énoncée au sujet des fonctions de la seconde sorte, je renverrai à l’appendice, à la fin de ce travail.
- (A suivre.) H. Poincaré.
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- 14 Janvier 1911.
- REVUE D'ÉLECTIUCITÉ
- 41
- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE (1)
- Dans l’étude précédente, nous avons établi tous les calculs de la réactance d’un alternateur avec rotor à pôles continus, i 5oo tours, 5o périodes, 4 pôles.
- A présent nous continuons sur un alternateur avec rotor à pôles saillants de môme
- élevée de 500 périodes, ayant donc 4o pôles.
- La première machine a un arc polaire de grand développement : 812 millimètres,tandis que la seconde a son arc très réduit : 43 millimètres seulement.
- Comme nous le verrons plus loin, la dis-
- Fig- !•
- vitesse (1 5oo tours), mais à la fréquence
- (') Voir sur ce sujet les articles de M. J. Rezeljian déjà parus dans la Lumière Electrique (a0 série) :
- La détermination de la réactance synchrone et asynchrone, t. XI, p. 355 et 38g.
- La réactance synchrone et asynchrone, t. XII, p. 195, 291 et 323.
- Voir aussi les études antérieures de l’auteur (t. VI, VII, IX et X) qui servent d’introduction à la question.
- persion d’une machine avec si faible arc polaire atteint une valeur telle qu’il est indispensable, pour sou établissement,d’en faire les calculs complets et ceci surtout pour une machine à haute tension.
- Alternateur monophasé de K.V.A. «4° pôles, 3 600 volts, aoo périodes, 1 5oo tours par minute (fig. 1).
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- 42
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2® Série). — ^ 2.
- Dimensions : Stator :
- <l>lut = 55o“", t= 43““,
- l = 3oo — 5 X 7,5““", h = 280““,
- Rainures : 120 (7 X'4o), ts — i4,3“” (fig.2),
- dont 80 rainures bobinées à i5 fils effectifs ;
- S„=i5, p — 20, Rotor :
- = 546"“»,
- Rainures : 4<> (a3 X 7°)i S„ = 100, p = 20,
- q = 2, Q = 3.
- 8 = 2™m,
- tr - 42,8““" (lïg. «),
- q= 1, Q = 1.
- Le stator est en tôles d’alliage de--- et pos-
- . 100
- Stator
- Rotor
- Fig. a. — Position antagoniste.
- sède 120 rainures dont 3 par pôle et par phase; bobinage par pôle : g —2, Q—3, d’où :
- 3>-
- Le rotor, en tôles ordinaires de 1 millimètre, a 4° rainures, donc 4<> pôles saillants; les épanouissements sont formés de manière à produire dans l’entrefer un champ de répartition sensiblement sinusoïdale (fig. 2).
- L’enroulement d’excitation se compose de 20 bobines et constitue donc un bobinage par pôles conséquents ; il y a en plus, dans chaque rainure, une barre de cuivre dont les extrémités sont réunies par des cercles en laiton formant ainsi une cage d’écureuil (fig. 4).
- 1 ) Réactance avec rotor enlevé.
- On mesure à la fréquence de 5o périodes :
- Tableau I
- TENSION E COURANT I WATTS coscp 13 R watts
- I IO I 1,25 3o5 0,246 •i 5 ’i •i2.1
- La réactance est donc :
- L /------—— 110 / ----»
- 7- V 1 — OOS2 ep = -- \ 1 — 0,246 =r 9,5 Q.
- 1 ‘11,20
- Fig. 3.
- Le calcul donne (fig. 2) :
- r/34 2 3 2 I r 2\ . .
- A,,—1,2 j I---1---1-------1------1-1,5.—l—o,i) 1 j,— 1=3,7 3
- \2I 7 10 + 7 2 + 1/1 2 1 ) *
- d’où :
- 12.5. :30.600“
- ••• ______________ ________________________________________________ 2
- 20.2.10*
- .28.3,73 = 5,85 0.
- Pour le calcul de la perméance X* nous devons employer la formule exacte, le nombre de rainures par pôle, Q = 3, étant très faible :
- ^=,S9408:(:+)+,l0glT5'j+",8?l08(ir)|
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-
- HJâiMet *94l. KÉVÜK D^LËCfHieilTE
- 43
- =wji»s(^++i°e( î4r, )+o,8.a.iof,(î2±!)|
- 5=0*92,2*05 = i*885, d’où :
- A',»; = 2,95 Q.
- \<C = o,.'|6.2 ^log -f-
- = -o,ya (log :-i,8 A)
- — o,534 -j- 0,92 A.
- Kig. 4.
- Pour a3 nous avons :
- ls = 19<)m,ny
- 4a = hb — *Ôm“, = -IU = 7°“
- 4C = i7o““>j atsc = I()Omm;
- donc :
- ha = hb = 0,f\6. I (log % ’ ^
- - = 0,46 (log 5,45 -j- A)
- = o,338 +0,46 A;
- En supposant A = o,3, nous trouvons :
- i2,5.5o.6oo2( , . ,
- + ‘^sb H-•t'sc = ao a t--g-.ia.(o,338-(-[o,4b.o,3)
- + 17(0*534+ 0,92.0,.3/
- = 0,83 Ü, ce qui donne :
- ;v,u + x,k + xss == 5,85 + 2,95 -j- o,83 = 9,63Q, au lieu de 9,5 Ü mesurés.
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- 44
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série), r- N° 2,
- Il en résulte que, pour cette machine | spéciale à fréquence très élevée, la réactance j de dispersion à travers les rainures .r„„est en- I
- vironles— de la réactance totale, celle cor-io
- respondant à l’entrefer xsk est environ — et
- io
- celle desbobinese.\térieures^is,seulement—.
- :>.) Réactance avec rotor placé.
- Le rotor étant fixe, il y a de nouveau les deux positions antagoniste et transversale à considérer. Des mesures ont été laites à la fréquence de 5o périodes avec l’enroulement d’excitation ouvert et fermé. La résistance plunique des électros est 4*5 ü.
- A.— Position antagoniste (lig. 2).
- , Les essais ont donné les résultats que renferme le tableau IL
- Tablgau U
- 1: N R 0 U L ! •: M K N T d'excitation
- TKNSION COURANT WATTS cos 9 l^^stator Crolor ourert ^rotor fermé
- I 10 io,o3 148 (i/io5 AO'j 80 O
- 1 l(> 3(35 o,334 i<)8 O i,o(j5
- La réactance avec enroulement d’excitation ouvert, est donc :
- 110 . / -----2
- ------ V1 “ °)/i<>f> =1012,
- I 0,0.1
- et avec l’enroulement fermé :
- I l O A / 9
- ----- y, _ 0,534 =10,4 Q.
- y,<p
- Pour la réactance sans rotor, nous avons trouvé 9,5 O; il en résulte que la réactance de notre machine, sans rotor, est inférieure à celle avec le rotor dans la position antagoniste\ mais la différence n’est pas grande. Les perméances et Xs, du stator conservent à peu près leur valeur, c’est-à-dire
- (A = o, par compensation), d’où :
- 'rSi,i — 6,45 Q.
- On mesure une tension de 80 volts aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert du rotor ; cette force électromotrice est produite presque entièrement par le flux correspondant aux perles ohmiques dans la cage d’écureuil. Nous obtenons, en rapportant la mesure au nombre total de spires de l’enroulement du stator :
- I'2 = 80
- 600
- 2000
- = 24 volts.
- Les pertes dans les barres de laçage d’écureuil, pour un courant de I( = 10,o3 ampères au stator, étant 448 — 243 — 2o5 watts, le courant du rotor (rapporté) sera :
- I'o
- 2/|
- 8,5 amp.
- D’après la figure 2,1a perméance X,„ du rotor est :
- X
- ni
- !>J 1 * 1
- ——b -f- o, 12
- 14 14
- o,535;
- on obtient les coefficients o,65 et 0,12 en admettant une répartition uniforme du courant dans la section en forme de j[ des barres de la cage d’écureuil. Il s’ensuit que :
- ! 2,5.50.600*
- 4,! ----------5— 2 8. o, o 3 :>
- ao.1.ioB
- = o, 1125.28.0,535 = 1,69 Q.
- Dans cette position antagoniste, la partie extérieure de la cage d’écureuil constitue en réalité un enroulement monophasé bobiné par pôle (fig. 2 et 4)-
- lsî = i6omm,
- lsai = tsh2= 4o,,,,", = ‘Hféi = 90“““,
- lsc„ = I20mni, a lsc2 = 56“*"’.
- Nous trouvons (A = o par compensation) :
- . - /, 2.i6o\
- — t'shi -- •>,/,(». I (^log = 0,252,
- /. 2.i6o‘
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- 14 Janvier 1911.
- REVUE D’ELECTRIC ITÉ
- et
- _ i2,5.5o.6oo2
- 5«2 “7“ & s if 2 *T” Sc2 - v
- 20.a.IOs
- X (4.o,a5a + 12.0,697)
- = 0,53 ü.
- La réactance rapportée du rotor est donc : :v% — 1,69 -(- o,53 = 2,22 0
- En admettant :
- >4', --- 0,9a lüg
- 'ii. ia,3 , /f.a .
- = 0,8a,
- nous trouvons pour /. la valeur de :>.,5, c'est-à-dire :
- Aa.
- 0,9a
- *)
- et la tension correspondante :
- Nous avons maintenant tous les éléments pour établir le-diagramme (fig. 5); en effet :
- la réactance du circuit principal étant :
- le courant de magnétisation est :
- Nous pouvons donc déterminer la direction du courant I1 du stator et tracer le vecteur I, . >\ — a4 volts. En complétant la construction, on trouve
- d’où la réactance du stator :
- 7,75 0.
- Fig. 5.
- Remarquons qu’il n’est pas nécessaire de tracer le diagramme, la distance 131) = 2»,2 volts étant égale à :
- ItX'o — IO,<>3 .ï,22.
- L’enroulement d’excitation étant fermé, nous y mesurons un courant de 1,090 ampère pour 9,90 ampères au stator. Les ampères-tours sont respectivement : _
- 2 OOO. I ,OÇ)r> — 2 190,
- Nous avions déjà :
- •l'sn t -f- a-Vii — 6,4:> 0; il reste donc pour x,IA :
- •r,*, = 7>7r‘ — V.*» = i,3 O,
- d’où :
- >*. =
- 1 a ♦»£
- = 0,82.
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- LA LUMIÈRE ÈLECTR1QU E
- T. XIII (2® Série), ^ »? %,
- et
- 600.9,950 = r> 970.
- En admettant que les ampères-tours totaux du rotor soient égaux à ceux du stator, les ampères-tours de l'enroulement d’excita^ tion sont :
- '>19°
- 5 970
- : 0,367 X ampères-lours totaux.
- La perméance Xui devient maintenant :
- / 1 5 5 n 5 53’
- \,t= > ,*5 ( 1,5 -f- 0,75 + o,»5 ‘S- -f 0,025 —
- \ 14 <4 26 22.
- 53'
- )
- — "> 7
- et
- \
- r= 0,1 125.28.0,7 = 2,21 Q.
- Nous pouvons admettre que la réactance des bobines extérieures du rotor conservera la valeur
- •t- s»a - 0,!>3 Q ;
- il restera ainsi pour :vfkl ;
- xsll - 10,4 6,45 — 2,21 — o,53
- ~ i, 21 ü,
- donc sensiblement la môme que précédemment.
- B. — Position transversale (fig. 6).
- Dans cette position, l’enroulement d’excitation n’est soumis à aucune induction; les essais ont donné les résultats du tableau III :
- ÏABLliAXJ III
- Les épanouissements polaires étant la* mellés, le champ principal peut s’y former librement.
- Nous avons donc, comme pour le turbo alternateur précédent, une réactance :
- n 1 vw 1
- R*z =----Ji.
- p* 9“
- /c,.r
- Le facteur a, dépend de l’arc polaire et du nombre de rainures par pôle et phase; en
- Stator
- Fig. 6, — Position transversale.
- 1
- négligeant les lignes de force qui entrent dans les faces latérales des épanouissements on trouve les résultats renfermés dans les tableaux IV et V.
- TENSION COURANT WATTS CO S cp I^Rstfttor watts I^.Hstator
- I IO k 7>7^ 158 0,186 I '20 ï/îi
- La réactance est donc ;
- I 10 A / :---2
- —- y 1—0.186 = i4&.
- 7>75
- Les perméances X„ et ak ne changent pas; donc :
- xs„ • i,s — 6,65 O.
- Tableau IV
- Valeurs de a« pour : ^
- ABC ? , 2 3
- POLAIRE a ? 2 3 4 1
- q = 1 Q = 3 a< = o,o334 o,5oo 0,66 0,75 1
- 2 6 0,166 0,33.4 o,5o o,5g o,84
- 3 9 0,136 o,3o4 °j47 0,55 0,80
- 4 5 I ‘2 15 0,12$ 0,120 0,292 0,286 0,46 0,45 o,54 o,54 °'79 0,78 sensible- ment
- 6 18 0,118 0,286 o,45 o,53 0,78; constant
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 47
- Tappeap V
- Valeurs de a., pour : ~
- Ane POLAIRE oc 3 1 !i 3 5 3 -1 I
- q = l Q=3 a<=o 0,167 0,335 0,420 0,666
- 4 6 0,042 0,084 o,a5o o,335 o,585
- 6 9 o,oa5 0,100 0,264 0,324 0,568
- 8 I 2 o,o3i 0,100 o,23o 0,312 jsonsible-
- 10 15 0,027 0,096 0,226 0,3 i 0 0,56 ) mont
- I 2 18 0,029 0,091 0,224 o,310 o,558/constant
- d’où : .
- a 1,7. y, — 1 — 6,65 = 7,35 et
- a* = 0,340,
- donc très peu different de la valeur 0,335 Q du tableau II.
- En tournant lentement le rotor, la réactance variera donc entre :
- 10 Q dans la position antagoniste et
- Fig. 7. — En monophasé, no volts, 5o périodes.
- ______ - enroulement d’excitation ouvert.
- ----------enroulement d’excitation fermé en court-circuit.
- D’après ces tableaux, oc, est sensiblement constant à partir de Q — 9. Les lignes de foi*ce entrant latéralement dans les épanouissements ne sont en effet pas négligeables, et il en résulte que l’arc polaire a a en réalité un.e étendue plus grande.
- Par contre, la forme des épanouissements est telle que l’entrefer n’est pas uniforme : au milieu,de 2 millimètres et aux extrémités, de 3 millimètres. Pour nos calculs nous prenons l’entrefer de 2 millimètres et trouvons ainsi :
- R a, =
- !\. 5o . 600" »o. 1 o8
- .28
- 43
- . —-.«O —
- 14 Q dans la position transversale ; Tableau VI
- TENSION courant WATTS cos y ^rolor ouvert 6-otor fermé
- I K) 9>,r> 3 10 o,3o5 48 O
- I 10 9>>3 277 0,272 O 0,675
- Le tableau VI indique les résultats des mesures»
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- 48
- LA liUMIÈllIi ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série); — N°2.
- On a donc comme valeur moyenne avec enroulement d’excitation ouvert :
- R„,, = —— I — n,'Jxn2 = 11,5 O
- et fermé :
- y, i f>
- R,, :
- —- V1 — 0,27a2 — 11,6 ü.
- 9) * ^
- réactance y atteint la valeur maximum de
- — = 14,85 Q.
- 7 >4
- La tension entre les bagues d’excitation en A (ainsi que le courant dans le cas B) passe alors par un minimum er— a4 volts, correspondant au champ inverse; pour la tension normale de 36oo volts, <?,. atteindrait la valeur élevée de ± 800 volts.
- Scc 0
- Fig. 8. — Courbes cio magnétisation (150) ol de
- La moyenne des réactances antagoniste et transversale est
- «,= "*+ 'Laa
- L’alternateur a servi aux mêmes expériences que le turbo alternateur précédent, c’est-à-dire comme moteur asynchrone, alimenté par un courant de 50 périodes, a tension constante, 110 volts :
- A) enroulement d’excitation du rotor ouvert (fig. 7) (courbes en trait plein);
- B) enroulement d’excitation du rotor court-ci rçuité (hg. 7) (courbes pointillées).
- On a fait varier la vitesse de « à .'»:*.> tours; la vitesse de svnchronismc est 1Ù0 tours cl la
- court-circuit (Icc) ù i 5oo tours, floo périodes.
- Comme vérification, nous avons tracé également les courbes de magnétisation E„ et de court-circuit Ico, déterminées à la vitesse normale de 1 aoo tours, 5oo périodes (fig. 8).
- On trouve pour un courant d’excitation de 10 ampères :
- et
- K0 = a 56o volts
- I,.,. = 1 yampères.
- La réactance correspondante est
- a :">8o
- 7.7
- = 14,6 il,
- ce qui concorde donc avec la réactance svn-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 19
- chrone mesurée comme moteur asynchrone à vide.
- II nous reste encore à déterminer par le calcul la réactance synchrone, qui est, pour un alternateur monophasé, égale à
- Rp . Roc
- % a
- Nous savons, d’après essais, que :
- et
- d’où
- ”° + 52aI4,7Û
- n« = 11,60,
- -=5,80;
- a
- il reste donc :
- = 8,9 Q,
- c’est-à-dire :
- R« = 17,8 0.
- La réactance correspondant à l’entrefer est :
- R*
- 5 fwia. c . u’2
- p . IO* k\0 ‘
- Pour un enroulement ; q — 2, Q = 3, on a /«’, s 0,86, d’où :
- 5 . o,862 . 5<> . 600“ 4,3 . 28 R* =-------------;----• ------- an
- 20 . 10“ 1 . 0,2
- = 20,1 a,.
- Pour notre épanouissement polaire « = ^t,
- le facteur a; est bien 0,637 Pour l’enroulement d’excitation, mais pour l’enroulement monophasé du stator a une valeur inférieure. Nous savons que :
- R« ~ R* ^l- R»!
- où :
- R,« — Æs„ 1 :vSsi “H •***, 7,66 fl;
- donc ;
- d’où
- R0 = 20,1 . a; -|- 7,66 = 17,8 fl;
- 20,1 . a, = 1 o, 1 \
- et
- <xf — 0,00:1,
- ce qui est sensiblement la valeur théorique.
- Il est intéressant de vérifier ce que devient en court-circuit le rapport:
- ampères-tours d’excitation du rotor ampères-tours d’excitation du stator
- pour un alternateur monophasé avec pièces polaires lamellées et une dispersion si élevée au stator; nous trouvons :
- R =
- 20 . 100 . 10 /,o . i5 . 17,7
- = 1,88,
- au lieu de 0,9 à 1 habituellement.
- Le courant de court-circuit est donc moitié de celui que l’on obtient normalement à la fréquence de 5o périodes avec pièces polaires massives ou épanouissements feuilletés pourvus d’amortisseurs.
- Le coeilicient.de dispersion à la jante de l’inducteur a la valeur élevée de <7=1,7 pour l’excitation de la tension normale à vide; il est donc indispensable, pour l’établissement d’une machine semblable, de faire tous les calculs de la dispersion :
- i° du rotor, pour la courbe de magnétisation ;
- 20 du stator, pour la courbe de court-circuit.
- Les ateliers de Charleroi ont en fabrication un second alternateur de 5oo périodes, d’une puissance de 3oo KYA, à 810 tours, donc 74 pôles,
- L’impédance de l’enroulement d’excitation du rotor a encore été mesurée à ao périodes (tableau VU) :
- i° sans stator, donc rotor seul;
- ;>.° rotor placé (enroulement du stator ouvert’).
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- 50
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — 2,
- Tableau VII
- TENSION COURANT WATTS cos<p IMPÉ- DANCE RÉAC- TANCE RÉSISTANCE OIIMIQUE
- 1) I IO i,4i 66 0,4^5 78 71 4,5
- ?) IIO i,4o 9Q o,585 78,6 64 4,5
- La diminution de la réactance du rotor par son placement dans le stator a déjà été constatée pour le turbo-alternateur de 4 ooo KYA de Èétude précédente.
- C)eci s’explique par la diuiinution de la réluctance du circuit principal, d’où résulte une augmentation du courant secondaire dans les barres de la cage d’écureuil et qui se traduit donc par une augmentation des
- watts absorbés. Pour notre cas, les portes dans les barres du rotor ont monté de ! 66 —, 9 == 67 à po 9 p== 81 ; le courant dans les barres aurait donc augmenté de
- Nous avons trouvé précédemment avec le rotor dans la position antagoniste (Tableau II, p. 44) une tension de :
- ^rotor ouvert 60 VOltS
- et un courant de :
- Ùotor fermé = I,OÇ)5 ampère.
- Ces valeurs concordent donc sensiblement avec les dernières mesures. .
- Nous traiterons dans la prochaine étude la machine avec pôles saillants massifs.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, chef de service des A.C.E.C.
- EXTRAITS des publications périodiques
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Les enregistreurs Paul Meyer. — D. Ber-eovitz. — Communication à V Elektrotechnischer Verein (Berlin). — Eleklrctechnische Zeitschrift, 3 novembre '910 (’)•
- Ces appareils, donnant un enregistrement continu, diffèrent des instruments analogues par la construction de la plume enregistreuse. L’encrier est ici immobile. La plume est constituée par un tube capillaire dont l’un de? bouts trempe dans l’encrier, et l’autre, supporté par une fente de l’aiguille de l’instrument, s’appuie légèrement sur le papier. Ce tube est convenablement équilibré par des poids, il s’appuie sur une pierre précieuse, ce qui réduit au minimum le frottement.
- La vitesse d’enregistrement peut être de o,5; i ; 2,5 et io millimètres par minute,ce qui donne, pour
- (q Voir Elektrotechnische Zeitschrift, io février 1910, p. i5i, et 3 novembre 1910, p. 1127.
- 100 mètres de papier, la durée do 140; 70; 35; i/| et 7 jours.
- L’auteur donne quelques exemples d’enregistrement en insistant sur l’utilité de pouvoir changer la vitesse.
- Fig. 1.
- L’instrument de mesure est, pour le courant continu, un cadre mobile dans le champ d’un aimant
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-
-
-
- 14 Janvier 4911. REV UK p’RLEÇTHIÇITE
- M
- puissant (genre Pepfez d’Arapnval), le système antagoniste formé par deux ressorts en spirale,
- seryant en même temps pour amener le courant, De moment de torsion ponr 90° (') est de » 7,5 grammes centimètres pour le voltmètre à échelle réduite et m,2grammes centimètres ponr le milliyolmètre,Pour conserver l’aimantation de l’aimant, il faut que le rapport de la longnenr lm de l’aimant à sa section q„} soit an mpins eent fois Je rapport de la longueur de l’entrefer lp è sa spctton active q,, (?) ; dans le cas actuel, le facteur de désaimantation :
- k = — : — = 280 9m <h‘
- Ppur les coupants alternatifs, pn utilise la répulsion de deux pièces en fer doux dans un solénoïde, l’une des pièces étant fixe et l'autre mob}lp autour d un a*e.
- Pour les AvattmètpeSjOn a recours à l’action éleptrQr dynamique en faisant agir sur le cadre mis en dérir vation nn solénpïde parcouru par le courant prinr cipal, Dans les distributions triphasées avec les phases équilibrées on prend un wattmètre, en créant au besoin nn point neutre artificiel > si les phases ne sont pas équilibrées, on emploie le procédé schématisé sur la figure 1 : deux wattmètres accouplés mécaniquement et n’exerçant pas d’influence mutuelle sont montés suivant }e procédé Aron, D’auteur donnera dans la suite de pins amples détails sur les watt-mètres à épurant triphasé.
- Quant aux consommations, elles sont, pour la mesure maxima :
- Q,o» ampère. O, | 2.5 volt.
- 0,08 ampère.
- 0,4 volt.
- 5 watts.
- Dans la discussion (3), M. de Voss a dit que l’avantage d’alléger la partie mobile du poids de [l’encre n’est pas, d’après lui, bien important ; que la consommation o, 1 a5 volt est bien élevée] que l’amor-
- Voltmètt’os à échelle réduite.
- Ampèremètres......
- Voltmètres avec è~ ehello à partir de zéro. ............
- IGircuitampère(5am,
- pères roax.)....
- Circuit volts (110 v.)
- (t) Voir HpirçRme, ElektfOteclinische Zeitschrift, 1907, p. 800.
- (2) Voir Heinrigh et Bercovitz, « Die Technischen Messinstrumculo », Handhuch der Elektroteohnik, l. II. S, Hirtz.el, éditeur, Deipzig,
- (?) Elektrotechnische Zeitschrift, 1910, p, 1127.
- tissement est, d'après les courbes, satisfaisant, Qp obtient cet amortissement, comme l’a expliqué M. Bercoyitz, par les courants de Foucault pour le epupant continu, et par l’air pour le courant alternatif.
- s, P.
- transmission et DISTRIBUTION
- Pose d’un câble à haute tension dans le lac de Wôrth, — M, von Winjtler. rr Elektrotechnik utid Maschinenbqu, 14 août J910.
- D’auteur décrit les opérations nécessitées par la pose d’un câble sous-marin, destiné à relier la coin* mune de Portsehach à celle de Yelden à travers Je lac de Worth. Da profondeur maxima de ce lac était d’environ 3o mètres, sa largeur entre Pritscbit? et Mariawortb, points entre lesquels le câble fut immergé, de 7no mètres environ, Dp fond du lac est ensablé dans le voisinage des rives e| vers Je milieu du parcours du câble et recouvert en outre aux endroits les plus profonds d’une couche de vase épaisse de plusieurs mètres. Da rive septentrionale était en pente douce, tandis que du côté de la rive méridionale on rencontrait à environ joo mètres d" bord une profondeur de a5 mètres.
- De câble, construit parles établissements Siemens et Halske de Vienne, était triphasé à trois couduc-leurs, d’une section totale de 3 X i§ millimètres carrés,prévu pour supporter normalement UPC tension de 5 5oo volts. Des conducteurs cylindriques en cuiyre massif étaient isolés les uns des autres et par rap-port à l’armature intérieure en plomb à l’aide d’un isolementen papier spécial, Ce câble était recouvert de deux armatures en plomb concentriques, séparées l’une de l’autre par une couche de matière isolante et protégées contre les actions chimiques par plusieurs rubans imprégnés et par plusieurs couches de bois isolant. D’armature proprement dite reposait sur un ruban de jute imprégné et entouré découches d’asphalte et se composait de fll plat profilé et galvanisé ; cette armature était enfin recouverte d’une enveloppe de jute imprégné d’asphalte.
- De diamètre extérieur du câble était de 48 millimètres et son poids net par mètre de 7,1 kilogrammes. On enroula à l’usine 820 mètres de ce câble sur un tambour spécial ; le poids brut de l’onsemblo était de 7 iookilogrammes. De tambour fut placé,sur un chaland plat ; il était supporté par deux tréteaux, fixés à de robustes poutres de bois, à l’aide d’un axe
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- horizontal grâce auquel il pouvait tourner librement sur lui-même.
- Un frein à ruban, agissant sur la jante de la poulie du tambour, permettait de fréiner celui-ci ; enfin un rouleau de guidage de dimensions convenables fut placé à l’arrière du chaland.
- Entre temps une tranchée avait été préparée sur chaque rive pour recevoir le câble, et en outre le fond du lac avait été dragué sur une certaine longueur principalement du côté de la rive septentrionale.
- Le point de départ choisi pour l'immersion du câble fut Mariawôrth ; on déroula de la rive jusqu’au poste de transformation de Mariawôrth environ r,o mètres de câble dont l’extrémité fut fixée à des traverses de bois disposées dans la tranchée,perpendiculairement à l’axe de celle-ci. Le chaland fut alors attelé a un remorqueur à vapeur. On dut d’abord faire tourner le tambour à la main jusqu’à ce que l’angle du câble avec la surface du lac eût atteint une valeur convenable ; cet angle fut choisi de manière à donner au câble immergé une longueur suffisante pour lui permettre de pénétrer dans la vase.
- En outre, on fit décrire pour la même raison au câble deux boucles en forme de S.
- Par suite de l’augmentation de profondeur du lac, à mesure que le chaland s’éloignait de la rive, le poids du câble devint bientôt suffisant pour entraîner le tambour et même on dut freiner celui-ci à plusieurs reprises. Lorsque le câble fut parvenu à la rive septentrionale, le chemin suivi par celui-ci fut surélevé (aux abords des deux rives et la rive méridionale fut pourvue d’une digue.
- Le câble immergé lut prolongé du côté nord par un câble terrestre jusqu’à la ligne Klagenfurt-Pôrl-schah et relié du côté sud au poste de transformation de Mariawôrth.
- Quoique l’opération présentât un certain nombre de difficultés et dût être accomplie à l’aide de moyens assez primitifs, la pose du câble eut lieu sans aucun incident. L’immersion proprement dite du câble [ne demanda pas plus de vingt minutes. M. K.
- TRACTION
- Economie de puissance possible dans l’exploitation des chemins de fer électriques (essais sur le Manhattan Railway, New-York). — H. Saint-Clair Putnam. — Electric Railway Journal, 9 juillet 1910.
- Les dépenses de consommation d’énergie sont gé-
- néralement faites d'une façon arbitraire. Les ingénieurs du service de traction ont bientôt reconnu qu’il y aurait de sérieuses économies à réaliser si les wattmen étaient incités ou, pour mieux dire, exercés à conduire leurs trains d’une manière plus conforme au diagramme des vitesses déterminées dans les calculs préliminaires.
- L’auteur décrit le dispositif expérimental adopté dans les essais institués sur la division du chemin élevé de Manhattan, de l’Interborough Rapid Transit Company de New-York.
- Un mouvement d’horlogerie, analogue à celui qui sert à enregistrer les entrées et les sorties des employés, tel est le mécanisme appliqué. Sa roue d’échappement est munie d’un frein dont l’action est commandée par un-électro-aimant qui agit seulement pendant la période précédant l’arrêt du train ou, en d’autres termes, quand les moteurs marchent à circuit ouvert. Chaque motorman possède individuellement une clef, insérée dans son logement au moment où il prend charge du train et au moment où il le quitte.
- En tournant celte clef, son numéro ou les initiales de son nom sont enregistrés et en même temps l’heure, par le mécanisme d’horlogerie; la différence de temps accusée entre les deux enregistrements représente le temps total de la période retardatrice pendant la course. La feuille d’ehregistrément est remise à l’inspecteur qui vérifie le temps révolu et le motorman est classé- suivant la valeur en pour cent du rapport du temps de marche en circuit ouvert au temps total de la course. Une tolérance est accordée aux variations d’horaire,
- Quant aux circuits électriques commandant le mouvement d’horlogerie, contrôleur et mécanisme de frein sont enclanchés pour que l’horloge du « Coasting » ne se déclanche qu’après les deux mouvements d’établissement du courant et de rupture. L’horloge est arrêtée dès que les freins à air fonctionnent.
- Sur les lignes métropolitaines, le mouvement des trains entre deux gares successives présente la physionomie suivante : le wattmàn lance son convoi jusqu’à ce qu’il ait atteint une vitesse maximum donnée ; celle-ci obtenue, il interrompt le courant; le mouvement de déplacement se poursuit en vertu de la vitesse acquise, jusqu’à l’instant où il juge nécessaire d’appliquer les freins pour arriver à l’arrêt à la gare suivante.
- Dans ces conditions, tout en conservant la vitesse moyenne de marche déterminée, il apparaît que la
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- dépense d’énergie sera d’autant moindre que la durée de la période de marche en vertu de la vitesse acquise sera plus longue, avant l’intervention des freins. Il est évident que les wattmen parviendront à faire des économies de courant d’autant plus considérables que les courbes des variations effectives de la vitesse des trains se rapprocheront davantage du graphique prédéterminé.
- L’appareil de Saint-Clair Putnam enregistre les variations de la vitesse de marche et de la durée de la marche à circuit ouvert et il permet de tracer des
- diagrammes où s'apprécie l’infkience de l’acçé-lération au démarrage et du ralentissement quand les freins sont serrés par rapport à la durée de la période de marche à circuit ouvert.
- Un accroissement de ia à 37,0 % de la durée de marche sous l’influence delà vjlcsse acquise et sans freinage est possible en service, en opérant de façon à réaliser le plus promptement possible la vitesse maximum ; cette majoration correspond à une économie moyenne de a4 % de la puissance motrice nécessaire. E. D.
- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- La technique pratique des courants alternatifs, tome Jur, par G. Sartori. Troisième édition française, traduite de l'italien, revue et complétée par J. A. Montpellier. — 1 volume in-8° raisin|de64a pages avec34t figures. — II. Duxod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, i5 francs.
- U est évidemment facile de prédire à une troisième édition d’un livre le même succès qu’à ses devancières, surtout quand celles-ci se sont succédées avec rapidité, comme c’est le cas, pour l’intéressant travail de MM. Sartori et Montpellier.
- Il est plus intéressant de dire que ce traité doit surtout son succès aux idées nouvelles qui ont présidé à sa rédaction. A l’époque où M. Sartori écrivit sa première édition italienne, il paraissait difficile d’admettre que les phénomènes des courants alternatifs puissent être présentés physiquement d’une façon satisfaisante sans l’aide du calcul, même sans l’emploi de l’algèbre élémentaire. Le succès ohenu par M. Sartori à l’Ecole industrielle de Trieste nous montra que la tâche n’était pas impossible, et les éditions françaises sont un sûr garant que le public technique français a goûté la façon de faire du savant ingénieur italien.
- La troisième édition que nous donne aujourd’hui M. Montpellier présente de sérieux perfectionnements sur les deux précédentes. Elle est, en particulier, au courant de travaux récents dont beaucoup n’ont vu le jour qu’en 1910 ; c’est là une supériorité que l’on ne rencontre pas en général dans les traductions qui sont souvent très en retard sur les progrès
- de la technique. Les auteurs s’intéressent souvent assez peu aux traductions étrangères et ne font pas profiter leurs lecteurs des publications plus récentes que l’édition en langue originale.
- On sera donc heureux de voir figurer dans le travail présenté la théorie et la description du régulateur R.outin, les procédés de compoundage récents,les auto-transformateurs polyphasés des Ateliers Oerlikon, les perfectionnements nouveaux apportés aux appareils de mesure, etc.
- Le chapitre relatif aux transmissions et aux systèmes de distribution a été également très augmenté et mis au courant des travaux de M. Giles sur les surtensions et l’emploi des condensateurs comme moyens efficaces de protection des lignes.
- En somme, le truité de M. Sartori est, au fond, une édition sérieusement augmentée et la plus grande partie de cette extension est surtout due au traducteur.
- Le succès de cette nouvelle contribution à renseignement technique élémentaire sera donc très mérité.
- G.-F. Guilbeut.
- Annuaire 1911 du Bureàu des Longitudes. — 1 volume in-16 de ç5o pages avec ligures. — Gauthier-Villaks, éditeur, Paris — Prix : broché, i fr. 5o.
- Ce Recueil, dont nous présentons chaque année un nouvel exemplaire à nos lecteurs, contient cette fois, outre les constantes et les documents_ astronomiques annuels,des tableaux géographiques'(hau-
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- teilfs, sUpefiicles, longueurs de fleüvës, profond deurs des mefs, etc.), des Statistiques de populations ët de leurs fluctuations, des tables de ttionrtaiès étrangères, des données sür les unités de mesure, des renseignements météorologiques;
- Oh y trouve,entre autres,une description très intéressante dés observations faites lors du passage récent de ia comète dé Halley, une noté dë M; H. Poincàré sür la XVI8 conférence de l’Àsso-ciatlôüGéodêsique Internationale, ainsi qu’un exposé, par M. Blgourdan, des conditions de visibilité par*; ticulièrement favorables aux Parisiens, qui accompagneront la prochaine éclipse totale de soleil du 17 avril 1912. Th. S.
- Agenda de l’Êlectro. — 1 volume in-16 de 3ao pages. — L’Electro, Revue internationale d’électricité, éditeur, Bruxelles. — Prix : cartonné, 3 fr. 5o.
- Cet agenda est un petit résumé des notions qui peuvent être utiles à celui qui s’occupe des questions relatives à l’électricité.
- On y trotlve des données concernant les appareils générateurs (électriques et autres) et les appareils récepteurs (moteurs à vapeur et à gaz/, moteurs électriques, lampes, etc.), ainsi que des notions sur les installations électriques, quelques règlements, une liste des exploitations électriques belges.
- Ceci est complété aü début par quelques chilïres utiles et quelques principes mathématiques très brièvement exposés. Th. S.
- Pratique dé Vinstallation électrique dans l’habitation, par Richard Berger. — t volume in-8° carré de 35a pages, avec 446 ligures» — Hi Dunodbt E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix: cartoftné, 5 francs.
- L’auteur lui-même présente son ouvrage comme extrait, pour la plus grande partie, des catalogues industriels compulsés avec soin et passés au crible de l’expérience personnelle.
- Construire un livre sur un tel principe c’est faire œuvre légitime et très utile (les Allemands ont bâti ainsi quelques livres excellents) mais à condition d’être très complet.
- La documentation réunie ici par l’auteur n’a pas été, apparemment, assez vaste pour éviter toute lacune : certaines de ces lacunes sont d’une véritable importance ; nous en donnerons une idée en disant que trois petites pages avec autant dç figures ont paru suffisantes pour passer en revue les régulateurs de lampes à arc. Dans tel autre chapitre au contraire Une place très grande et presque exclusive est faite au matériel d’une seule maison.
- U ne me semble donc pas qu’on püisSe retirer autre chose que des indications de ces cinq chapitres, successivement consacrés au calcul des circuits, aux canalisations, à l’appareillage, aux lampes à arc, à la force motrice et au chauffage.
- Néanmoins, certain sujets, celui des canalisations par exemple, ou celui de l’appareillage, ont été traités avec assez de détails pour pouvoir fournir des renseignements vraiment utiles. L, A.
- VARIÉTÉS
- Les unités électriques.
- La question des unités électriques fondamentales semble loin d’être d’actualité, et cependant d’importants travaux ont été récemment entrepris sur ce sujet. Ils ont abouti à l’exécution d’expériences internationales effectuées à Washington et dont nous donnons aujourd’hui un premier résultat.
- Toutefois, pour én bien comprendre la portée, il nous semble utile de résumer brièvement l’historique de la question.
- La première entente internationale au sujet des unîtes électriques eut lieu au Congrès International âfhleciricitê {Paris, 1881). Ce Congrès venait con-
- sacrer les travaux de la British Association dont on peut dire qu’elle a fondé le système C. G. S., et, dans ses lignes essentielles, le système pratique d’unités électriques dont nous nous servons. Le résultat de ce Congrès fut le suivant :
- i° Ohm = io° unités électromagnétiques C. G. S. a.0 Volt = in8 unités électromagnétiqes C. G. S. Ces unités se rapprochaient des étalons Siemens et Daniel alors fort répandus.
- 3° Ampère = courant engendré dans i ohm par i volt.
- L’ohm devait être représenté par une colonne de mercure de i millimètre eaçré de section, d’une lon-' gueiir it déterminer.
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- *4 Janvier 4914. HËVÜE D’ÉLËGT RIC1ÎÉ S8
- Dans sd secoride session, la Conférence Internationale de Paris (1882 et 1884) adopta la longueur de 106 Centimètres, définition de Y ohm légal j cette défiriitidn h'était d’allletirs qtie provisoire, car les résultats obtenus n’étaient pas suffisamment concordants. C’est alors que, l’ohm légal étant matérialisé, dit définit, souê l’irtfluence de Lord Kelvin, l’ampèrè comme égal à io—1 unité électromagnétique C. G. S.; d’où l’on déduit le volt légal. En meme temps, naît l’idée de choisir l’électrolyse de l’argent comme base de la mesure de l’ampère.
- Jusqu’ici, il n’a guère été question d’une façon précise d’étalons de force électromotrice
- Le Congrès de la British Association, tenu à Edimbourg en 1892, servit de préparation au Congrès de Chicago (1893). C’est dans ce dernier Congrès que prend naissance le système international d’unités électriques.
- La discussion des travaux entrepris sur l’ohm conduit à adopter le chiffre de 106,3 centimètres comme longueur de la colonne mercurielle et même, pour éviter des difficultés provenant de la section de celle-ci, on préfère définir la masse de mercure que doit contenir le tube à o° (14,4^21 grammes).
- L’ampère a la valeur’io-1 unité électromagnétique C. G. S. et est suffisamment bien représenté, pour les besoins de la pratique, par un courant qui, traversant une solution d’azotate d’argent dans l’eau, dans certaines conditions, dépose 0,001118 gramme d’argent par seconde.
- Le volt international, déduit de ces deux unités, est suffisamment bien représenté pour les besoins de
- la pratique par —- de la force électromotrice de
- l’élément Latimer-Clark, à i5°, préparé dans certaines conditions.
- A la suite de ce Congrès, les travaux se ralentirent, du moins en France, et l’on finit par considérer la question des unités électriques comme définitivement close, surtout à la suite du décret de 1896, reproduisant les décisions de Chicago. Pourtant, à l’étranger, les recherches continuaient et des divergences très sérieuses se manifestaient non seulement entre leurs résultats mais aussi entre les législations des différents pays qui furent, pour la plupart, élaborées à cette époque (1894 à 1900). D’abord, un grand nombre de pays n’avaient pas encore d’étalon de l’ohm international et peu de comparaisons avaient été effectuées entre les unités de résistance employées. Ensuite, la définition de l’ampère n’était pas uniforme : la France le définissait comme égal à
- io“* C. G. S. et conseillait de Ie*représenter, pour les besoins de la pratique, par le courant déposant 1,118 milligramme d’argent par seconde ; l’Allemagne au contraire le définissait par le dépôt d’argent. Enfin, pour le volt, la France conseillait de prendre la valeur i,434 comme force électromotrice du Clark, à i5°; les travaux allemands montraient d’autre part que ce chiffre est incompatible avec lé nombre 1,118 pour le dépôt d'argent.
- Ces discordances furent l’origine de la proposition de révision des unités électriques portée au Congrès de Saint-Louis (1904). Cette proposition eut pour conséquence la réunion d’une Conférence officieuse tenue à Berlin (190!»), bientôt suivie de la Conférence internationale officielle de Londres (1908).
- La Conférence Internationale de Londres confirme les décisions relatives à l’ohm international. Toutefois, elle définit la longueur de la colonne mercurielle comme égale à 106,3oo centimètres. L’ohm
- doit en effet être défini avec une précision de-1--
- 100 OOO
- puisque les comparaisons de résistances étalons se font avec ce degré d’approximation.
- L’ampère international est le courant invariable qui, passant dans une solution d’azotate d’argent dans l’eau, dans certaines conditions, dépose o,()oi 11800 gramme d’argent par seconde.
- D’autre part, la Conférence de Berlin (190!») s’était occupée pour la première fois d’un nouvel élément de pile étalon, l’élément Weston, et la Conférence de Londres recommande son usage, donne ses spécifications et lui attribue la valeur provisoire de 1,0184 volt, à 20°, laissant à un Comité Scientifique International le soin de lui attribuer une valeur définitive.
- Ainsi, depuis 1908, il faut distinguer l’ohm absolu et l’ampère absolu de l'ohm international et de l'ampère international. Ces deux derniers sont concrétisés, au même titre que le mètre et le kilogramme et on en déduit la valeur du voltv
- On conçoit dès lors l’importance de Iâ détermination des conditions dans lesquelles doit s'effectuer normalement le dépôt d’argent, l’importance aussi de la comparaison des étalons de résistance entre les différents pays. C’est, en effet, de l’étude de ces deux problèmes que dépend la précision de la détermination de la force électromotrice du Weston. Toutefois, un troisième facteur entre aussi en ligne de compte : nous voulons parler de la construction des piles elles-mêmes.
- L’étude de ces différents points a été faite par de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2® Série). *? N° 2.
- nombreux expérimentateurs (') et tout récemment, en France, au Laboratoire Central d’Electricité, par MM. F. Laporte et P. de la Gorce pour le premier, parM. Jouaust'pour les deux derniers.
- Peu de temps après la publication de ces recherches, M. F. Laporte a été désigné officiellement par le gouvernement français pour participer aux expériences collectives entreprises au Bureau of Standards,'a Washington, sur le voltamètre à argent et l’élément au cadmium. La discussion de ces expériences n’est pas encore terminée, mais le Comité Scientifique International a cru pouvoir indiquer, dès maintenant, une valeur pour la force électromotrice du Weston, valeur qui, dans la suite, ne sera
- (!) BlBRIOGRAl>HIE.
- Nous rappelons ci-dessous quelques-uns des travaux les plus importants :
- P. Janet. L’histoire et l’état actuel de la question des unités électriques fondamentales. Journal de Physique. août 1909.
- Voir aussi Compte rendu de la séance de la Commission permanente des unités électriques, du i5 déc. 1909.
- Bulletin de la Société internationale des Electriciens :
- F. Laporte et P. de la Gorce. Recherches effectuées au Laboratoire Central d’Electricité sur l’équivalent électrochimique de l’argent, mars 1910.
- R. Jouaust. Recherches faites au Laboratoire Central d’Electricité sur l’étalon de résistance et l'étalon de force électromotrice, mars 1910.
- R. Benoît. Note sur la construction d'étalons de l’ohm international, août-sept.-oct, 1908 et en général tout ce numéro.
- National Physical Laboratory collected researches :
- F. E. Smith. On the construction of some mercury standards of résistance, vol. I,p. 149.
- W. E. Ayrton et T. Mather. A new weigher and a détermination of the electromotive force of the normal Weston cadmium eell. vol. IV, p. i.
- F. E. Smith. The normal Weston cadmium eell. vol. IV, p. 85.
- F. E. Smith, T. Mather et T. M. Lowry. The silver voltameter, vol. IV, p. lai.
- Bulletin of the Bureau of Standards :
- Wolef et Waters, F. III, n° 4, 1907, p. 628.
- Worff, l. V, n° 11, 1908.
- Jæger et von Steinwehr. Untersuchungen iiber das Silbervoltameter. Zeitschrift fur Instrumentenkunde, t. XXVIII, 1908, p. 327.
- certainement pas modifiée d’une quantité supérieure au dix-millième.
- Nous reproduisons, ci-dessous, la note que nous communique à cet égard le Laboratoire Central d’Electricité.
- COMMUNICATION DU LABORATOIRE CENTRAL d’ÉLECTRI-
- cité au sujet des unités électriques
- D’après la décision de la Conférence Internationale de Londres (1908) la valeur, en volt international, de la force électromotrice de l’élément Weston normal (contenant un excès de cristaux de sulfate de cadmium) doit être déduite de l’ohm international défini par un dépôt d’argent dans un voltamètre à azotate d’argent.
- La valeur provisoire à 20 degrés centigrades avait été fixée en 1908 à 1,0184.
- Le Comité Scientifique International,' nommé à Londres, décida que des expériences seraient faites au printemps 1910 au Bureau of Standards à Washington par des représentants de la Physika-lische technische Reichsanstall d’Allemagne, du National Physical Laboratory d’Angleterre, du Bureau of Standards des Etats-Unis et du Laboratoire Central d’Electricité. Le but assigné à ces recherches était de fixer la valeur qu’il convenait de prendre pour la force électromolricc du Weston, en précisant les conditions expérimentales dans lesquelles devait être effectué le dépôt d’argent.
- A la suite de ces mesures, le Comité International des unités électriques a décidé de recommander pour la valeur de la force électromotrice de l’étalon Weston normal, à 20 degrés centigrades :
- 1,0183 voit. international.
- Le Laboratoire Central d’Electricité, à partir du ier janvier 1911, se conformera à cette recommandation, ce qui entraîne aussi, pour les mesures de résistance, l’adoption de l’ohm international tel qu’il a été provisoirement réalisé dans les expériences de Washington.
- Cette manière de faire n’est pas contradictoire avec le décret du 20 avril 1896 sur les unités électriques en France, car cela revient à admettre que l’élément Latimer Clark a la force électromotrice 1,434, à la température de i3,8 degrés centigrades, le décret n’ayant pas fixé la température à laquelle la force électromotrice de l’élément doit être mesurée.
- L. B.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Appareil combiné pour la mesure des accélérations et des rampes.
- La construction d’un appareil destiné à mesurer l’accélération d’un véhicule en mouvement (voiture de tramway, voiture automobile, train ou bateau à vapeur) a été l’objet de recherches nombreuses. On a essayé diverses combinaisons de pendules et d’excentriques, mais on n’est le plus souvent arrivé qu’à des dispositifs compliqués, coûteux et fragiles.
- M. P. Trotter a conçu un modèle d’accéléroinètre (’), basé sur l’emploi d’un niveau à bulle d’air et il l’a réalisé sous une forme simple et condensée qui paraît très portative et très pratique.
- Principe et description. — Le principe sur lequel repose l’instrument est le suivant : soit (fig. i) un pendule B, pivotant autour de A et portant à son extrémité supérieure une aiguille C mobile sur une
- oj-4-Uj, échelle graduée. Si l'appareil est placé C sur un véhicule au repos, il se fixera
- suivant la verticale, comme le montre la figure ; mais si le véhicule se met à avancer de la gauche vers la droite, le pendule ira vers la gauche, en arrière, c’est-à-dire qu’il aura une élongation à gauche. Il n’en sera ainsi qu’autant que le véhicule gagnera en vitesse, c’est-à-dire accélérera. Il est évident que plus grande sera l’accélération, plus l’élongation sera considérable; il est donc possible de placer une échelle d’accélération sous l’aiguille G.
- Si l’on met les freins au véhicule en mouvement, le résultat sera le même, sauf que l’élongation du pendule se produira vers la droite au lieu d’être vers la gauche.
- L’échelle permet donc de mesurer l’accélération ou le retard suivant le cas, pendant la marche en palier et la pente d’une rampe quand on est au repos ou qu’on marche à une vitesse constante.
- C
- 4A'
- Fig. j.
- (’) Construit par Everett, Edgcumbe et Cie. Londres.
- Il suffit d’une simple réflexion pour voir que la bulle d’un niveau se comporte exactement de la même manière que l’aiguille C et qu’elle offre en outre l’avantage d’une plus grande simplicité et d’une parfaite apériodicité.
- L’accélérotnètreTrotter consiste enuntubede verre soigneusement travaillé complètement rempli d’un liquide spécial, sauf le volume d’une petite bulle d’air qui est dans un rapport déterminé avec le diamètre du tube. La bulle agit comme un index; il suffit de disposer l’instrument de façon qu’il soit au zéro quand la voiture est au repos et qu’il donne ses indications dans la direction suivant laquelle on désire mesurer l’accélération. Il indiquera alors l’accélération exacte dans cette direction et ne tiendra pas compte de celle-ci dans une autre.
- Pieds par seconde, j>ar seconde '
- 7 6 S 3 Z / V / , - ,
- inri-LTizi t~r i t. ; i:;.l i i rf-rt-rti-t
- "b ‘ -Accélération
- Fig. a.
- L’instrument est gradué ordinairement en pieds par seconde par seconde (fig. a) pour les accélérations et retards et en rampes de tant pour cent ou de un sur tant. On peut parfois, comme le. font les ingénieurs de chemins de fer, exprimer l’accélération en milles à l’heure par seconde, ou bien encore par le nombre de secondes employées ou le nombre de milles à l’heure parcourus pour obtenir une vitesse de 3o milles à l’heure. L’instrument peut également être gradué en mètres par seconde par seconde ou en kilomètres à l’heure par seconde (M.
- (^Rappelons à ce propos : i ° qu’un pied par seconde par seconde correspond à 0,682 mille à l’heure par seconde, à 1,097 kilomètre à l’heure par seconde, à o,3o5 mètre par seconde par seconde, àun temps de 3o secondes pour obtenir 3o milles à l’heure, à 0,031g, à 69,7 livres par tonne; à une rampe de i/3a,2 ou de 3,i %, à un angle de i°47'; 20 que, si l’on prend pour unité le pied par seconde par seconde; 1 mille à l’heure par seconde =: 1,466; 1 kilomètre à l’heure par seconde — 0,912 ; 1 mètre par seconde par seconde = 3,28 ; 1 seconde pour 3o milles par heure ~ 33,3 ; g ou accélération de la pe-
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- LA LÜMlÈRË ËLËCTKiQÜË T. XIII (2e Série): 8»
- L’instrument est construit de telle sorte qu’il peut être placé sur le rébôrd d'ùriê férié rte d’urie Voiture de tramway, d’une voiture de chemin de fer ou d’une voiture automobile ; un autre modèle porte une console qui permet de le fixer à une paroi.
- Emploi. — On peut, avec cet instrument, effectuer les mesures suivantes :
- i° Accélération de démarrage d'an véhicule.— On plâfce l’abcélérômètre sur un êüppdft horizontal, la flèche dahë là direction de là marche, en s’assurant que, lorsque le véhicule ëst en palier, lé centre de la bdlte éstèn face du zéro de Éédhëîlë.
- Les accélérations pendant la rtiàrchè eh palier peuvent aidés êrtë lues directement Sur rëchéîlé.
- Dans lë cas d’uhë voittire aiitbthbbilë, il peut arriver'parfois, notamment si les ressdrts sont faibles, que le couple produit par lé moteur tëhdë à abaisser l’avdht de la voiture et à élever barrière, d’où un troublé du niveau de l’accëléroinètrë.
- La présence de cfette perturbation petit être immédiatement constatée et on i’élimine sicéla est nécessaire, eh rétablissant le hivéau quand la Voiture marche à bonne vitesse sur une route plate. Une correction de ce genre n’est pas nécessaire pour un tramway ou un chemin de fer.
- Dans le cas où l’accélération ou le retard à mesurer dépasserait les limites de l’échelle, on peut percer dans le trajet en paliër par exemple la bulle à 4 pieds par seconde par seconde; on ajoutera cette quantité à la mesure lue, et on aura ainsi augmenté d’autant la portée utilisable de l'instrument.
- Accélération négative due à Vapplication des freins. — On procède comme il vient d’ôtre dit. Quand on met subitement les freins à une voiture de tramway ou de train, oh parcourt une certaine distance avant d’obtenir l*arrêt; c’est ce qu’on appelle ordinairement la distance d’enrayage. On peut déterminer cette distance pour chaque vitesse et dans diverses conditions de marche.
- La distance d’enrayage ën pieds est égale au quotient du carré de la vitesse exprimée en milles k l’heure, parle retard, exprimé en pieds par seconde par secondé, ce quotient étàht lui-ndêiiie multiplié paè ï ,o&.
- Par exemple, si le retard dû aux freins est de a pieds par seconde par seconde, une voiture passera k l’arrêt en 54 pieds si l’on met les freins qtiand on
- sàtttëur = 3d,a; iô livres par loiiiiè := 6,14 *, ürie peu lé de 1/10 ™ 3,32; une pente dé 1 % 6*322; tin atlgle dë
- io° — 5,68.
- marche à une vitesse de 10 milles k l’heure. L’accélé-romëtrè permet de détefrrriihëf àvéc certitude et tout de suite le rendement du freinage net il donne une indication continue de la force retardatrice à partir du moment où les freins sont mis jusqu’à celui où la voiture esta l’arrêt. On peut donc facilement calculer la distance d’enrayage d’après les lectures.
- 3° Retard dit au frottement de la route ou du raily à là résistance dé Vuii\ aux- transmissions > etc. — On a vu que le pendule revient à la position de repos dès que lë véhicule marche à vitesse cohs-tantë ; il n’y aurait donc pas de force agissant sur le pivot A, sauf celle qui est due au poids du pendule B. Si l’on peut négliger le frottement, l’effet de la pesanteur est d’imprimer à tous les corps la même vitesse et cela est également vrai, soit qu’ils tombent directement d’une hauteur donnée* soit qu’ils descendent la même pente ; il s’ensuit que la poussée produite parla pesanteur sur toutes les parties d’un corps sera la même. Par conséquent, si l’accéléro-rnètre était fixé sur un véhicule capable de descendre une rampe sans résistance de frottement, le pivot A et le pendule B seraient soumis tous deux à la même force; ils n’auraient donc aucune tendance à changer leurs positions relatives, de sorte que l’aiguille G resterait au zéro dë l’échelle quelle que soit l’inclinaison et quelque grande que soit l’accélération résultante. Si, d’autre part, le véhicule (comme ce sera toujours le cas dans la pratique) est retardé dans une certaine mesure par le frottement, l’accéléromè-irc indiquera parfaitement ce retard, que ce soit en côte ou en palier, par la perle de puissance. En fait, l’instrument fait ressortir l’accélération retardatrice qu’il s’agit de mesurer et laisse de côté celle qui est due k la pesanteur.
- Par conséquent, tandis qu’il est impossible de mesurer l’accélération réelle d’un véhicule quand il monte ou descend une pente inconnue, l’accéléro-rnètre permet de lire directement le retard dû au frottement k une vitesse donnée, indépendamment de toutes les forces de la pesanteur qui peuvent agir sur lui.
- Le retard en livres est égal au produit de la lecture de l’instrument, en pieds par seconde par seconde, parle poids du véhicule en tonnes multiplié par 70 (*).
- (q Un corps qui tombe, sous l’influence de la pesanteur, reçoit une accélération de pieds par seconde par seconde, ou, en cl’aüli’ès teéffaes; il éprtiuvë ünè poussée de 2,240 livres par tonne de sa masse. Ou a vu préeédein-inëüttJu’Uue décélération dë ( pied par seconde par se*
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- 44 Janvier 1911.
- REVUE D'ÉLBCT KICITÉ
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- Par cc moyen, il est non seulement possible de comparer le rendement des vbitures automobiles de différents modèles, mais on peut enedrè avoir un moyen de contrôle constant de l’état de fontionne-ment d’une voiture et découvrir une défectuosité avant qu’elle ne soitdèvenuè sérieuse*
- On peut, dans le cas d’une voiture automobile, effectuer la mesure soit en débrayant, soit en cou-paiit l’allumàge; Dans le dernier cas, toutes les pertes de frottement; y compris le frottement du moteur, entrent en ligne de compte, tandis que dans le premier bas on n’a que celles qui interviennent entre la route et rcihbraÿage.
- 4° Effort de traction ou « poussée des barres d'attelage » à une vitesse donnée. — Le retard de frottement, à la vitesse demandée; est mesuré en côte comine on vient de le décrire. Soit F, ce retard, en livres ; si l’accélération en marché dans les conditions eiigëes et à la môme vitesse est de A pieds par seconde par seconde et le poids du train de W tonnes l’effort est
- [(A x 7o) + *1 W.
- 5° Puissance au frein dans les conditions de marche à une vitesse donnée. — Le retard de frottement de la voiture avec l’embrayage est d’abord mesuré comme il a été dit ci-dessus.
- Si F est sa valeur en livres, et W le poids de la voiture entonnes, on a pour la puissance au frein :
- F X W X milles à l’heure
- On peut, de Celle manière, déterminer la puissance aù freiti du moteur à diverses vitesses quand il eât réellement eii marche sur la roule.
- Dans léCas* d’iiiie voiture de tramway électrique, le résultat de cet essai est très voisiii de la puissance au frein, quoique, en fait, les perles de frottement dans le moteur lui-môine soient comprises dans la mesure ; mais elles sont d’ordinaire trop faibles pour avoir une importance réelle, en sorte que la puissance en chevaux ainsi mesurée peut cire considérée comme la puissance au frein fournie par le moteur.
- Si l’on fait la mesure dans le cas d’une voilure automobile en coupant l’allumage, on peut déterminer le rendement mécanique du moteur lui-méme attendu cpie, dans ce cas, toutes les pertes de frottement dans
- coudé ëcjüivaiU à une poussée de Gt),7 livres par tonne de la masse soumise à l’accélération.
- le moteur sont comprises dans la mesure du retard.
- 6° Rampe. — Au repos, ou bien en marche à une vitesse constante à la montée ou à la descente, on peut lire la penté sur l’échelle de pentes de l’instru. ment sans qu’aucune correction soit nécessaire.
- G. IL*
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Tous les ans, à l’assemblée générale de la Société Industrielle des Téléphones, un actionnaire, le meme bien probablement, pose la question du bateau le François-Arago. El tous les ans, le conseil lui répond que cette question ne cesse de le préoccuper ;et que malgré la lourde charge que lui impose l’entretien en état d’armement de ce navire porte-câbles, il y a lieu de la supporter dans l’intérêt de la Société comme dans l’intérêt national. Chaque année, d'ailleurs* l’assemblée vote pour le navire un amortissement de ioo ooo francs, si bien que le François-Arago ne figurera plus au bilan de l’année prochaine que pour 700000 francs. Dans sept ans, aü maximum, avec ce taux d’amortissement, on n’en parlera que pour mémoire. L’actionnaire voudrait tout au moins que le conseil « désolidarise » le bateau et l’usine de Calais, mais celle-ci n’existe que pour celui-là ; vendre l’un, c’est supprimer à l’autre un de ses instruments de travail. Donner à l’autre un usage différent de son objet actuel, c’est amputer l’actif de la société et renoncer à des bénéfices éven-uels qu’un avenir très prochain permet d’entrevoir. Au cours de l’exercice écoulé, le François-Ara go a fait une sortie pour effectuer une réparation en eaux très profondes sur l'ancien câble transatlantique de la Compagnie française des câbles télégraphiques: ce travail a été exécuté avec succès. L’usine de Calais, d’autre part, a fabriqué quelques câbles sous-marins dont les prix de vente n’ont laissé aucun bénéfice, le Conseil ayant du accepter les conditions faites par la concurrence étrangère. Mais on parle dans les sphères gouvernementales et parlementaires de nouveaux câbles à installer, l’un de Marseille à Philippeville, l’autre entre Brest et l’Irlande, mais surtout, le ministère des Colonies vient d’accorder à la Société des Téléphones la commande du câble de Libreville à Lrango; le moulant de ce travail est d’environ deux millions de francs; et cette fabrication, en occupant l’usine de Calais, compensera en partie les sacrifices consentis pour maintenir cette industrie.
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- T. XIII (2» Série). — N» 2.
- En résumé, au cours de l’exercice écoulé, cet élément d’actif n’a pas apporté à la Société son contingent de bénéfices bruts normaux ; cet état de choses, la hausse du caoutchouc, l’âpreté de la concurrence, les inondations, ont contribué à réduire pour l’exercice écoulé les bénéfices nets de la société. Les bénéfices industriels se sont élevés à 2 Soi 2/(5 fr. 14 contre
- 2 793 9717 francs pour l’exercice précédent. En y ajoutant les revenus des participations industrielles : 24 874 fr. 44, les bénéfices sur brevets : 38 327 fr. 44 et les intérêts des comptes courants, escomptes et divers : io5 1 iG francs, on obtient un total de profits de 2 716 198 fr. 82, un peu supérieur aux 10 % du capital actions et obligations qui figure au passif du bilan pour 26 584 000 francs. Tous frais généraux déduits, le solde créditeur du compte profits et pertes subsiste à 1 691 298 fr. 65 qui a reçu les attributions suivantes : 700000 francs aux amortissements industriels dont 100000 francs pour le navire, 600000 fr. pour les bâtiments et le matériel, les dépenses d’amélioration d’outillage ayant été passées par frais généraux; 47 283 fr. 16 à la réserve légale; 900000 francs à titre de dividende aux actionnaires, soit i5 francs ou 5 % par titre. L’excédent de 44 o65 fr. 49 a été reporté. A l’actif, en dehors des 11 772 148 fr. 73 représentant la valeur de toutes les usines de la Société, les postes caisse, divers débiteurs et marchandises qui donnent une idée de la marche et du développement des affaires de la Société figurent avec les chiffres suivants : caisse, comptes courants, disponibilités avec 3 867 219 francs, en augmentation de ii3ooo francs environ par rapport à l'exercice précédent; débiteurs divers avec 4 465 074 fr. 48, le chiffre correspondant de 1908-1909 étant de
- 3 606 401 fr. 28; les marchandises en magasin et en cours de fabrication avec 11 673 991 fr. 58, en diminution de 188 001 francs sur celles de l’exercice précédent; mais si l’on examine les détails de ce dernier compte, on constate que la diminution porte surtout
- sur le chiffre des matières premières en magasin et qu’au contraire produits fabriqués et produits en cours de fabrication sont en augmentation. La situation de ce poste correspond bien à celle des créditeurs divers au passif qui sont eux-mêmes en progression comme à celle des débiteurs divers à l’actif, que nous avons vu figurer plus haut également en très sérieuse progression.
- La marche générale des affaires de la société est satisfaisante. Le bilan ne reflète pas la situation active et passive telle qu’on pouvait le souhaiter : les amortissements et réserves sont en effet incorporés aux chiffres de l’actif en diminution de ceux-ci, tandis qu’il serait intéressant d’en connaître le montant réel depuis la constitution de l’affaire. Une autre remarque s’impose, c’est la grande diversité des fabrications de la société et sa tendance actuelle à transformer le caoutchouc en pneumatiques, chaussures et vêtements imperméables, tout autant qu’en isolant des fils et câbles. « Nous avons « commencé par imperméabiliser les tissus qu’on « nous confiait, a dit l’administrateur délégué, nous « avions l’expérience du caoutchouc que nous sa-« vions travailler et je crois que c’était tout à fait «notre affaire. Nous avons fait construire de nou-« veaux bâtiments et d’ici peu de temps, nous fabri-« querons la maroquinerie, les manteaux d’officiers, « de chauffeurs, etc.»
- Nous voici bien loin des appareils téléphoniques, des tableaux de distribution et des interrupteurs de toute nature. Pourquoi, d’autre part, ne pas suivre l’exemple des sociétés qui transforment le cuivre, le plomb, le zinc, toutes ces matières en un mot dont les cours sont susceptibles d’importantes variations et ne pas constituer une provision régulatrice des cours qui éviterait les surprises d’inventaires en fin d’exercice ?
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- V
- Paris. — Le Conseil municipal de Paris, dans sa séance du 3i décembre 1910, a donné 'son approbation au programme des travaux présenté par la Société du
- Gaz de Paris, dont le total s’élève il 9 604 5oo francs. L’acquisition de locomotives, wagons à charbon et wagons-citernes figure dans ce total pour une somme de 1 790 000 francs;
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- 14 Janvier 1911.
- REVUE D’ÉLEGTIUCLTÉ
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- La Compagnie des Chemins de fer du Nord a passé commande de :
- ia locomotives à la Société des Usines Métallurgiques du Hainaut ;
- la locomotives et 3o tenders à la Société Energie de Marcinelle ;
- 12 locomotives à la Société Cockerill de Seraing.
- La Compagnie des Chemins de fer d’Orléans vient de commander ;
- 3?5 wagons à la Compagnie Française à Ivry ;
- 3yS. wagons à MM. Desouches, David et Cio, à Pantin;
- a5o wagons à la Société Dyle et Ëacalan, à Bordeaux ;
- j5 voitures de 3e classe à la Société des Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron ;
- yB voitures de 3° classe à MM. Desouches, David et Cie.
- La Compagnie des Chemins de fer de l’Est va commander très prochainement 91 wagons à voyageurs.
- Drome. — On projette la construction relative à une ligne de tramways qui relierait Romans à Roybon.
- Haute-Vienne. — Le Conseil général a émis le vœu que des études soient entreprises en vue de la construction d’une ligne de tramways de Blond à Rançon.
- Ille-et-vilaine. — Le Conseil général a mis à l’étude l’établissement d’une ligne de tramways d’Antrain à Di-nan, par Combourg.
- Loir-et-Cher. — Le préfet a autorisé l’ouverture à l’exploitation des lignes ci-après des tramways électriques de Blois.
- i° De la ligne n° 3, des haras à l’octroi de Saint-Ger-vais ;
- 20 Des lignes n°4, de la gare Saint-Lazare à l’octroi de Saint-Gervais, et n° 5, de la gare Saint-Lazare à la gare d’Orléans et au pont du chemin de fer (route d’Herbault).
- Isère. — Divers projets, comprenant les ligues suivantes de tramways, sont mis à l’étude :
- i° Prolongement jusqu'à Froges de la ligne Lancey-Brignoud ; '
- 20 Construction d’une ligue de Beaurepaire à Vienne.
- Loire-Ineérieure.—Les ingénieurs du département ont terminé 1 examen de l’avant-projet relatif à la construction d’une ligne de chemin de fer d’intérêt local de Beau-préau à Clisson.
- Maine-et-Loire, — Des pourparlers sont engagés entre le département et la Compagnie des Tramways de Saumur, en vue de prolonger le réseau vers Allonnes et vers Gennes.
- Nord. —Un avant-projet a été présenté en vue de la substitution delà traction électrique à la traction ani-
- male, sur la ligne de Saint-Pol-sur-I^er à Dunkerque.
- Vienne. — Des études seront entreprises, relatives aux avant-projets suivants :
- i° Ligne de tramways de Lezay à Couhé-Coureau ;
- 20 Ligne de tramways de Menigoulte à Lavausseau.
- Suisse. — La Compagnie des Tramways électriques Zurich-Ocrlikon-Seebach a obtenu une concession pour l’extension de ses lignes d’Oerlikon à AfFoltern, près Zurich et de Schwamendingen à Dübondorf. La longueur totale est de 16 kilomètres et le devis est de 990 000 fr.
- Italie. -— Le Conseil supérieur des Travaux publics a approuvé le projet de construction de deux lignes de tramways électriques dans la ville de Pise, présenté par la Sociela Anonima Elettricita Toscaua.
- La Sociela Elettriea Comense di Volta a obtenu l’autorisation et un subside du gouvernement pour l’établissement d’un tramway d’une longueur de 11 kilomètres, devant relier Como à Erbra Incino.
- La Societa Generale Italiana Edison di Elettricita a demandé une concession pour la construction d’un tramway entre Monza et Saronno. La ligne aura une longueur de 22 kilomètres et le devis d'établissement sera de 1 i5o 900 francs.
- Le gouvernement italien a accordé une concession pour l’établissement d'un chemin de fer électrique, de 20 kilomètres de long, entre Salerno et Amalfi. Le devis est évalué à 5 millions de francs.
- Autriche-Hongrie.— D’après VElectroicchnicky Obzor, la Société Siemens-Schuckert a obtenu la concession de chemins de fer électriques à établir dans la ville de Ivar-lovy-Vary (Karlsbad).
- L’électrification du chemin de fer de Trieste à Op-cina va être prochainement adjugée à une des Sociétés participant au concours. Parmi les concurrentes se trouvent la Société Electrique Adriatique de Sisak avec un projet de station hydraulique sur le Gacka.
- ÉCLAIRAGE
- Turquie. — Les travaux de la concession d’éclairage électrique de Constantinople vont être entrepris dans le courant de ce mois. La première mission d’ingénieurs chargés des études d’exécution est à Constantinople; elle est composée d’ingénieurs français de la Société Générale d’entreprises (A. Giros et Loucheur) de Paris et d’ingénieurs hongrois de la Société Ganz et Cie, de Budapest.
- L’usine centrale thermique, d'une puissance de i3 000 kilowatts, sera installée au bord dé-la Corne d’Or. La distribution primaire se fera par courants triphasés, 10000 volts,5o périodes. La distribution secon-
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- daire par* courants triphasés, système à 4 fil*» no-190 volts. Les réseaux seront en grande partie souterrains. Ils desserviront le quartier européen: Péra-Galata, le quartier turc : Stamboul, et toute la côte européenne du Bosphpre jusqu’à Thérapia et Buyuk-Déré sur une longueur de 20 kilomètres.
- L’éclairage de la ville européenne et de la ville turque sera assuré au moyen de 600 lampes à arc de 12 ampères, à effet, fournies et entretenues gratuitement par le concessionnaire. La ville aura la faculté de demander le remplacement dans certaines voies de deux lampes à arc pour cinq lampes g incandescence métalliques de i5o bougies,
- La concession est d’une durée de cinquante années. Les tarifs maxima sont les suivants:
- i° Pour l’éclairage privé et les usages domestiques :
- a) Le kilowatt-heure ppur les 400 prppiières heures d’utilisatiqn de lu puissance installée sera payé 122 paras (enyirpn o fr. 70) ;
- b) Le concessionnaire installera gratuitement (laI?s les locaux d’un loyer annuel de moins de 3 000 piastres (660 francs) des lampes à forfait dites « populaires » de 16 bougies ; la consommation de ces lampes sera payée 10 paras par jour (o fr. o5) ;
- 20 pour les usages industriels :
- Le kilowatt-heure pour les 600 premières heures d’utilisation, 54 paras (o fr. 3o); de 600 à 1 200 heures, 27 paras (o fr. i5); au-dessus de 1 200 heures, i3,5 paras (p fr. 075).
- 3° Pour l’éclairage public, les mêmes prix que pour les usages industriels.
- Les installations électriques seront exécutées conformément aux conditions d’un règlenient technique calqué sur le règlement français et le contrôle çles travaux sera effectué par l’ingénieur en chef de Constantinople, M. Auric, ancien directeur des travaux de Lyon, ingénieur en chef du corps des Ponts et chaussées français. Le cahier des charges prévoit deux ans pour l’exécution des travaux, mais il est probable que la distribution de l’électricité pourra commencer à être assurée au commencement de l’année 1912,
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIÉ SANS FIL
- Corrèze. — La Chambre de commerce de Tulle est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 5o4fk> francs en vue de Pétablissement d’un circuit téléphonique Tulle-Glermont-Ferrand.
- Haute-Marne. — La Chambre de commerce de Saint-Dizier est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 47 528 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Saint-Dizier-Bar-le-Duc,Chaumont-Montigny, Chàumonf-Joinville et Saint-Dizier-Joinville.
- Russie. —r Le ministère des postes et télégraphes de
- Russie étudie le projet d’établissement de stations radio-télégraphiques à Tchukott pour communiquer avec PèteopavlQVsk,et Nlcolaiewsk, à Arkangel pour communiquer avec- Solonietz, à Reval pour communiquer avec la flotte de la Baltique et à Taganrog pour communiquer avec les vaisseaux de cette région.
- Suisse. — L’administration des postes et télégraphes prévoit, pour l’année 1911, une dépense de 4 166.000 fr. pour la construction de nouvelles lignes téléphoniques, et 1 129 000 francs pour l'achat de matériel téléphonique.
- RÉpupLiquE Argentine, --- L’administration des postes et télégraphes de la République Argentine va installer un bureau dp félégrqpbie sans üj, afin de faciliter les communications avec le Chili.
- DIVERS
- Décret du 5 janvier 1911 concernant l’entrée et la sortie des 111s d’aeier pour la fabrication des câbles sous-marins.
- Les opérations d’entrée et de sortie des fils d’acier introduits sous le régime de l'admission temporaire en vue de la fabrication des câbles sous-marins devront s’effectuer parle bureau de Calais. Toutefois, le ministre des finances aura la faculté de désigner d’autres bureaux lorsque la nécessité en sera reconnue.
- Il devra être justifié, dans les formes réglementaires, du transport des fils d’acier à 1’usiqe.
- Les réexportations auront lieu à l’identique dans un délai de six mois ag plus.
- Indépendamment des mesures ordinaires de vérifjca-liop, c|es éphanlillpns seront prélevés pour assurer l’identification des fjls composant les câbles présentés à la ppmpensation avec les fjls importés,
- A cet effet, les déclarations à l’entrée et à la sprtie indiqueront la nature et le diamètre des fils, la qualité du métal (trempant ou non), ainsi que la résistance par millimètre carré de section.
- Ces énonciations seront contrôlées par le service des laboratoires.
- A l’appui des déclarations de réexportation, le soumissionnaire devra produire des extraits de ses livres de fabrication certifiés conformes par l’autorité compétente et spécifiant la longueur des câbles à exporter.
- Circulaire du ministre des Travaux publics précisant les conditions d’application de l’arrpté du 21 mars 1910, relatif aux distributions» d’énergie (Suite) (’).
- Art. 6. — L’article 6 définit les conditions dans les-
- (*) Lumière Electrique, 7 janvier 1911, p. 3i.
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- IA Janvier 1914.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- quelles doivent êfpa pa|pplpe? le? dimensions de tous les ouvrages dès distributions. Il y a lieu de tenir . compte dpps ce calcul nqq seulement dp? charge? permanentes que les opganps ont à suppqrter, mais aussi des charges accidentelles qui peqvept se produire sous l’action dp vent. Ces charges accidentelles peuvent d’ailleurs varier suivant l'a température. Par les temps froids, la flèche des conducteurs diminue, ce qui est défavorable à la so. lidité, mais par contre, en général, dans ces circonstances, la violence du vent n’atteint pas le maximum constaté avec des tempépafures moyennes, fl cqnvjepdra de faire le calcul dans les deux hypothèses ef ç}p retenir Je résultat trouvé dans le cas le plus défavpraj>le.
- Les bases de calcul adoptées sont très sensiblement les mêmes que celles qui ont été précédemment indiquées dans ^instruction du iV!' février 1907, relative aux traversées de chemins de fer. Toutefois, l’hypothèse d'une couche de verglas de 4 millimètres d’épaisseur recouvrant les conducteurs a été écartée comme ne se produisant que très accidentellement en pratique à raison de la chaleur développée par le passage même du courant.
- Art. 7.— Dans les distributions de deuxième catégorie les accidents présentent un caractère particulier de gravité et peuvent nécessiter la epupure du courant dans le plus bref délai possible. A cet effet, l’article 7 prévoit que chaque agglomération Jntpqrtante doit être reliée par un moyen de communication directe à l’usine génératrice ou au poste voisin munis d’appareils de coupure. L’entrepreneur peut, pour réaliser cette liaison, faire usage d’une ligne téléphonique, ou avoir recours à d’autres moyens, par exemple, munir le personnel de surveillance de moyens de transport rapide (automobiles, bicyclettes, etc.). Il appartiendra au service du contrôle d’apprécier les propositions faites à cet effet par l’entre-preueur.
- Dans le cas où la distribution est munie d’appareils de coupure à l'entrée de chaque agglomération, l’installation pourra être considérée comme répondant à la prescription de l’article 7, à la condition toutefois que l’entrepreneur ait pris toutes les mesures nécessaires pour que ces appareils puissent être manœuvré? efficacement quand il en sera besoin.
- Art. 8. — L’armure métallique d’un cêble souterrain peut suffire comme protection mécanique de celui-ci.
- Le chapitre II détermine les conditions spéciales auxquelles doivent satisfaire les ouyrages de distribution à la traversée des cours d’eau (section I) et des lignes de chemins de fer (section II) et les ouvrages servant à la traction par l’électricité (section III).
- La seotion I s’applique apx traversées des cours d’eau, la rédaction de l’arrêté du 21 mars 1908 a été.maintenue; cependant le nouvel arrêté prévoit dans certains cas une réduction de la hauteur des conducteurs au-dessus des plus hautes eaux jusqu’à 3 mètres, quand la circulation sous ces conducteurs apparaît comme devant être absolument exceptionnelle.
- La sectipn JI est relative aux frayerséps.de ohenpns de fer; les prescriptions dq l’arrêté du*2i mars >908 put été maintenues presque intégralement, Voici les différences que PPmporJe déjà l’arfèlé du 3i mars 19P8 avec les règles antérieurement adoptées, nqtampient l’jus-truption du i,r février 1907.
- Art. 24. rtr Le paragraphe premier de l'article 24 ne classe plus les passages à niveau parmi les ppints qui doivent être chpisis de préférence ppur la traversée des chentins de fer. La traversée aux passages à niveau crée en effet un risque pour la circulation publique. 11 peut être avantageux toutefois, au lieu d’étabjir une traversée en pleine voie, de la placer à proximité d’uq passage à niveau pour qu’elle puisse être surveillée par le garde-barrière. Mais ce n’est pas là ppe obligation ; il appartient aux services de contrôle d’adopter la solution la plus fioufqrme aux intérêts en présence.
- La paragraphe 2 correspond & l’article 8 de l’ancienne instruction dq 1®* février 1997 ; mais il a reçu que rédaction un peu différente afin de bien préciser que les appareils de coupure ne doivent pas nécessairement être établis dans le voisinage immédiat de la traversée; ij suffit que l'installation soit faite de manière qu’il spit possible de couper facilement le courant dans la traversée.
- Aar. 25 et 26, — Conformément à l’avis déjà donné précédemment par le comité d’électricité, il n’a pas parti nécessaire de fixer upe limite pour la densité paPx‘UluIU du courant dans les canalisations aériennes et souterraines. Les nécessités industrielles obligent, pn effet, les entrepreneurs à adopter des densités de courants bien inférieures à celjes qui pourraient çompromeflre la sécurité.
- Art. 25. —- Une addition a été faite au paragraphe 1 pour autoriser Ja traversée d’une ljgue de chemin de fer sous un angle inférieur à 60?, quand la canalisation aérienne, constituant cette traversée, est établie le long d’une voie publique qui traverse elle-mêrpe la voje ferrée. Celle addition se justifie par les mêmes considérations que celles qui opt été données plus hàut à propps de l’article 5, § 4. et de la réduction de 6o° à 3o“ de l’angle minimum pour la traversée des routes par les conducteurs d’énergie.
- Une question importante s’est posée à propos du paragraphe 4 4e l’article ^5 le comité d’éjectricité s?(88t en effet demandé s’il ne devait pas préciser l’interprétation de ce paragraphe et spéciffer ep particnjipr qup les conducteurs devaient être doublés au droit des paires d’isolateurs, exigés pour chaque conducteur. Après discussion approfondie, le cpmjté a estimé préférable de proposer le maintien du statu quo, tout en exprimant le vœu que l’indpstrie recherche, tout particulièrement pour la traversée des pheipins dp fer, un type d’isolateurs et une disposition sauvegardant mieux la sécurité que le type et les dispositions actuels.
- Il a d’ailleurs chargé une sous-commission d’étudier d’une façon générale, en vue de la prochaine révision,
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- 64
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 2.
- cette question des traversées de chemins de fer par des conducteurs d’énergie électrique. Parmi les questions à examiner, il y a celle du coefficient de sécurité qui est prévu égal à io par l’article 25, § 7. Certains indus-riels trouvent ce coefficient trop élevé. Il paraît résulter de l’instruction que celle appréciation est justifiée par l’interprétalion que certains services de contrôle donnent dans la pratique aux paragraphes 3 et 7 de cet article a5.
- Le paragraphe 3 spécifie que les supports de la traversée sont encastrés dans un massif de maçonnerie et constitués de façon assez solide pour pouvoir, en cas de rupture de tous les fils, les sollicitant d’un côté, résister à la traction qu’exerceraient sur eux les fils subsistant de l’autre côté, à moins que l’entrepreneur n’ait fait agréer une disposition équivalente au point de vue de la sécurité.
- Le paragraphe 7 fixe à 10 pour les organes constituant la superstructure la valeur du coefficient de sécurité, caîculé conformément aux indications de l’article 6 de l’arrêté.
- Or, certains services decontrôle réunissent les conditions des deux paragraphes ci-dessus, c’est-à-dire qu’ils exigent le coefficient 10, en appliquant les conditions de l’article 6 et en supposant, en outre, que les conducteurs sont complètement rompus d’un côté. Cette interprétation est inexacte et conduit à des résultats excessifs. En vertu du paragraphe 3, la ligne doit résister, c’est-à-. dire se maintenir stable sans renversement ni rupture des supports des conducteurs, dans l'hypothèse de la rupture des conducteurs placés d’un même côté. C’est là une condition particulière indépendante des conditions fixées par le paragraphe 7. Pour que la stabilité dont il s’agit soit réalisée d’une façon satisfaisante, il suffit que le coefficient de sécurité y relatif soit notablement supérieur à l’unité, mais il serait tout à fait excessif d’exiger qu’il fût égal à 10.
- On peut espérer qu’avec cette rectification d’interprétation les objections faites contre le coefficient 10 disparaîtront. Quoi qu’il en soit, le comité étudiera la question et les compagnies de chemins de fer ser on consultées. Il ne faut pas, en effet, perdre de vue combien la solidité de l’installation de la traversée importe à la sécurité de l’exploitation des chemins de fer. L’administration a cherché à réaliser par la suppression des anciens filets une mesure favorable à l’industrie et en même temps un progrès en raison des graves incon-» vénienls que présentaient les filets. Mais cette amélioration ne saurait être obtenue aux dépens de la sécurité. Tout au contraire, on s’est proposé, par les nouvelles dispositions, d’augmeuter la sécurité de l’exploitation des chemins de fer tout en supprimant une disposition très onéreuse pour l’industrie, quoique inefficace.
- (A suivre.)
- NOUVELLES SOCIÉTÉS
- Société d'Energie Electrique de la Basse-Loire. — Constituée le 27 décembre 1910. — Durée : 99 ans. — Capital : 1 200000 francs.— Siège social : 14, rue Saint-Lazare, Paris.
- Société anonyme française des forces hydrauliques. — Constituée le 2 janvier 1911. — Capital : 1 200 000 francs.
- — Siège social : 12, rue Fontaine, Paris.
- Société d’Eclairage et de Force du Cambrêsis Catésien. — Constituée le 2 janvier 1911. —Capital : 35oooo francs.
- — Siège social : Le Cateau (Nord).
- Société d’E/ectricité du Littoral normand. — Constituée le 9 janvier 1911. — Capital : 260 000 francs. — Siège social : 5, rue de l’Isly,. à Paris.
- Société d'Eclairage et d’Energie de Fécamp. — Constituée le 9 janvier 1911. — Capital : 760000 francs. — Siège social: 11, place de l’Hôtel de Ville, Fécamp (Seine-Inférieure) .
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le3i janvier 1911, au ministère des Colonies, 27, rue Oudinot, à Paris, fourniture de deux locomotives-tender de 27 tonnes 1/2 à vide et des pièces de rechange nécessaires au service du chemin de fer de Nouméa à Bourail (Nouvelle-Calédonie). Caut. prov. : 4000 francs; caut. définitif: 4 000 francs.
- Cahier des charges relatif à cette adjudication au ministère précité.
- ESPAGNE •
- La Compagnie du chemin de fer de Palma à Soller Ouvre un concours pour la fourniture de 3 locomotives.
- Les offres relatives à celte adjudication pourront être adressées jusqu’au 7 février 1911, à M. le Président de la Compagnie précitée, à Palma (Iles Baléares) auprès duquel on peut se procurer le cahier des charges.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- Le 28 décembre 1910. Etablissement central du matériel de la télégraphie militaire, à Paris : 800 appareils microtéléphoniques de campagne, modèle de l’infanterie (sans microphone).
- Burgunder,avenue Félix-Faure, Paris, adj. à 44 fr. 5o pièce.
- Paris. — imprimerie levé, rue cassette, 17.
- Le gérant : J.-B. Nouet.
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- Tr«nt«-trolsième anné*.
- SAMEDI 81 JANVIER 1911. Tome XIII (S« série). - N* 3.
- La
- *
- Lumière Electrique
- P<r écéldemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 33. — H. Poincaré. Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans 111 (sitité)t p. 67. — G.-F. Guildert. Sur les méthodes de Kapp et d’Hutchinson, p. 7a.
- Extraits des publications périodiques. — Traction. Essais d’un nouveau sabot de frein à Philadelphie, p. 75. — Usines génératrices. Sur la prédétermination des dimensions et du rendement des batteries tampons, K. Zickler, p 76. — Applications mécaniques. La locomotive de halage électrique de l’écluse de Brême, O. î’ucn, p. 81. — Divers. La production du cuivre dans l’Amérique du Nord, L. Odendall, p. 83. — Bibliographie, p. 84. — Chronique industrielle et financière. — JVotes industrielles. L’éclairage par lampes à arc à courant alternatif, p. 86. — Etudes Economiques, p. 92. — Renseignements commerciaux, p. 94.
- ÉD1T0RIA L
- L’étude, par M. H. Poincaré, de diverses questions relatives à la télégraphie sans fil se poursuit avec un caractère mathématique d’ordre très élevé dans notre numéro d’aujourd’hui.
- L’auteur y recherche la détermination à priori de la longueur d’onde et de l’amortissement d’un excitateur de forme donnée, en considérant d’abord le cas du conducteur cylindrique indéfini, puis celui de la sphère. Dans un appendice qui sera prochainement publié, M. H. Poincaré complétera divers calculs.
- M. G.-F Guilbert présente, sur les méthodes différentielles de Kapp et d’Hutchinson pour l’essai des machines électriques, d’intéressantes réflexions qui font ressortir la signi-
- fication de récents travaux de M. Drysdale et de M. Clinton et les complètent.
- On sait que le point faible des méthodes différentielles, comme celle de Kapp, conr siste dans l’évaluation hasardeuse qu’on fait implicitement des pertes des deux machines, motrice et génératrice. La compensation n’est en réalité que très grossièrement réalisée.
- Pour introduire quelque souplesse dans ce mode d’essai, M. F. Loppé avait déjà proposé d’adopter une loi conventionnelle de variation des pertes. Ce que M. Drysdale propose au contraire, c’est d’admettre que les pertes restent jjratiquement les mêmes dans les deux machines pour toutes les charges. Les résultats obtenus ainsi sur deux dynamos de faible puissance ont été satisfaisants.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N° 3.
- D’autre part, M. Clinton a modifié le montage d’Hutchinson ; cette modification, qui conduit à essayer la génératrice à tension et excitation constantes, repose sur une analyse fort intéressante du phénomène et se présente comme très pratique et très sûre.
- L’usage, en traction électrique, de sabots de frein en fer avec mortaises remplies de ciment aurait, d’après les documents publiés en Amérique, donné des résultats excellents : suppression du grincement, augmentation de la durée d’utilisation, etc.
- M. Zickler donne une méthode de détermination rapide des dimensions rationnelles à donner à une batterie-tampon, afin qu’elle soit capable de réduire dans les proportions voulues la variation dans la tension provenant d’un à-coup de courant.
- L’auteur établit, en même temps que le diagramme du courant de la batterie, un abaque qui permet le calcul pour différentes durées et différents sens de la fluctuation. En dernier lieu, il cite le dispositif employé par la Compagnie Siemens-Schuckert pour réduire au minimum les effets de l’à-coup.
- L’approfondissement du lit de la Weser, dans la traversée delà ville de Brême, a nécessité l’établissement, en amont de cette
- ville, d’un barrage et d’un système d’écluses comportant deux canaux parallèles et d’inégale longueur.
- A cause de la longueur de la grande écluse, et pour effectuer un service rapide, on a eu recours au halage électrique, mais il n’était pas possible d’employer une locomotive ordinaire.
- On a dû recourir à un appareil tracteur en forme de portique, dont M. O. Tuch donne la description, indique les caractéristiques mécaniques et électriques, et grâce auquel on peut assurer un éclusage rapide dans chacun des deux canaux.
- L’étude de M. L. Odendall sur la production du cuivre dans VAmérique du Nord contient, outre les quelques chiffres que nous avons déjà publiés tout récemment, des données remarquablement précises sur l’activité économique des différentes compagnies, l’importance de leur personnel, etc... Nous avons tenu, en les reproduisant aujourd’hui, à compléter en quelques mots le tableau d’ensemble ébauché dans notre dernier extrait.
- Nos Notes industrielles contiennent enfin la déscription d’une lampe à arc à courant alternatif accompagnée de données photométriques, mises sous la forme de courbes et de tableaux intéressants au point de vue des applications pratiques de l’éclairage électrique.
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- J
- SUR DIVERSES QUESTIONS RELATIVES A LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- (Suite) (*).
- DÉTERMINATION A PRIORI DE LA LONGUEUR ü’oNDE ET DE L’AMORTISSEMENT D’UN EXCITATEUR DE FORME DONNÉE (Suite).
- § io. — Nous avons donné dans de précédentes conférences (2), les équations générales du champ électromagnétique dans un système de coordonnées curvilignes orthogonales.
- Soient x', ÿ, z les nouvelles coordonnées, x, y, z, les coordonnées rectilignes.
- Je suppose que l’on ait :
- ds2 = a2dx'2 + b2dy'% + cW\
- ‘ Par exemple, dans le cas des coordonnées semi-polaires, nous aurons :
- ix — x\ i a — i,
- y — y' cos z', l b — i,
- z — y' sinz'. ( c — y'.
- Dans le cas des coordonnées polaires, nous aurons :
- Ix = x' cosy', la— i,
- y — x' sin y1 cos z', l b — x', z = x' siny' sinz'. ( c — x'siny'.
- Soient :
- F G II F' G' H'
- f g h f g' h'
- a p y a' p' y'
- les projections du potentiel vecteur, du champ électrique et du champ magnétique dans les deux systèmes de coordonnées. Nous avons :
- F ’dx' + G'dy' + H 'dz< = Fdx + G dy + H dz,
- t a /rfH' d G'\
- bc \ dy' dz' ) ’
- d/" a /c?y' rfp'\
- ,1C dt bc \dy' dz' )’
- (*) Voir Lumière Electrique, 7 et 14 janvier 19H.
- (2) Lumière Electrique (2e série), t. IV, 1908, n° 48 et suivants.
- (en supposant qu’il n’y ait pas de courant de conduction),
- 4 * f' = —
- d F' dt
- e?iy
- diï
- et enfin :
- y
- d_ dx
- — o
- (en supposant qu’il n’y ait pas d’électricité libre),
- 2
- _d_ dx'
- Telles sont les équations dont nous allons nous servir;
- Ici, la surface du conducteur sera :
- x' = Cte.
- Quand nous franchirons la surface, y et p' seront multipliés pare, de même que leurs dérivées prises le long de la surface du conducteur.
- df
- -yr et par suite / seront aussi multipliés pare.
- § 16.— Cas du conducteur cylindrique indéfini. — Adoptons les coordonnées semi-polaires,
- a — 1, b = 1, c — y'.
- Il n’y a maintenant aucun inconvénient à supprimer les accents ; c’est ce que nous ferons dans ce qui va suivre.
- On a :
- a 1 b 1 c
- bc y’ ac y’ ab
- Je puis supposer le courant dirigé suivant les génératrices du cylindre.
- Alors : G' = H' = o.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII(2*Série). — N» 3.
- D’autre part, tout étant de révolution autour de 0.r,
- d
- dz^°-
- Les équations deviennent dans ce cas-ci :
- C’est une équation de Bessel ; parmi les solutions de cette équation que l’on sait obtenir, nous en retiendrons deux : l’une J0 restant finie pour y — o, l’autre I0 qui, à l’infini, se compoi’te très sensiblement comme la fonction :
- a = o,
- P = °j
- Y — —y
- £F
- dy
- Toutes les fonctions étant proportionnelles à etW, on a :
- . „ i dv
- k%Uùf = — — =
- y dy
- h
- d*F
- dù
- 4,<r = -3*
- d*F i dF dy2 y dy ’
- e—l'ÿV'iü1—
- Quelle est celle de ces deux solutions qu’il convient d’adopter?
- Si on considère le champ à l’extérieur du cylindre, F se présente sous la forme d’un
- potentiel retardé de la forme : — ; c’est donc
- la solution l0 qu’il convient d’adopter.
- Donc à l’extérieur du cylindre, au facteur près eiul +
- E = lo(y).
- A l’intérieur, il faut prendre :
- On satisfait à l’équation obtenue en égalant les deux valeurs de g, en posant :
- = -
- dF
- dx ’
- C’est ici que nous devons inti’oduire l’hypothèse de la périodicité de F, F devant reprendre la même valeur dans les diverses sections du cylindre indéfini. F est propor-
- tionnel à eimx.
- - d'2 F lÜ) dx dx2
- m* F
- (à cause de la forme de la fonction F). Mais :
- t\%f =. — fo)F —
- dty d~v’
- w2F— /«2F.
- Remplaçons dans l’équation précédemment obtenue ; il vient :
- s d*F , i dF
- v -T-r- + - -J---r w — m ) r = O.
- dy* y dy
- Telle est l’équation à laquelle satisfait F.
- F = J0(y),
- car, pour y — o, la fonction doit se comporter régulièrement.
- Comment trouver les fonctions fondamentales de la première et de la deuxième sortes ?
- On sait que les fonctions fondamentales de la première sorte sont caractérisées par ce fait que la composante normale du champ magnétique et la composante tangentielle du champ électrique sont continues, tandis que la composante tangentielle du champ magnétique et la composante normale du champ électrique sont multipliées par un facteur . 1 “I- 2 Z X
- constant qui est : --------- comme on peut le
- I - 2 1t A 1
- voir facilement.
- En effet, J est défini par :
- J = XS(J);
- S (J) est égal à la moyenne des champs
- extérieur et intérieur, J à la densité Stuperfi-
- R — 3,.
- . cielle ——:——.
- i~
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- REVUE D’ELECTRICITE
- 69
- Donc :
- d’où
- ËiZHËi — > Ëli-Ëi-
- 4- ~~ 2 ’
- i -j- 2itX
- I -- 2TcX
- Or la composante tangentielle du champ magnétique y est proportionnelle à
- La composante tangentielle du champ électrique /'est proportionnelle à F.
- Donc F doit être continu et par conséquent: à l’extérieur du conducteur :
- F = (yo, rayon du cylindre) ;
- à l’intérieur du conducteur:
- J (.y)
- F =
- %«)'
- — devant être multiplié par le facteur
- i 4- a % X
- -------—-, on a :
- i — a r. X
- I'(//n) i ~f ‘j-rX J ' (i/o)
- . I i//o> ~" i — a ~X J (?/0)‘
- Si nous voulons avoir la jiériode propre de l’excitateur, il faudra que = o , c’est-à-dire :
- I — 2”X =: o
- et par suite :
- I (»/„) = o
- ou:
- J'(//oï = o.
- Les solutions de cette équation entière par rapport à w donneront la longueur d’onde et l’amortissement.
- Pour les fonctions fondamentales de la d¥ , .
- deuxième sorte, -7— doit être continu et F dy
- multiplié par ütt facteur cbttstant Donc, à l’extérieur du cylindre
- t — 2 ïc X l -}- a it X
- à l’intérieur
- F
- m
- F
- avec la condition:
- . J \y)
- i 'iy S
- ï (y/o) __ I — a7cX J (//o)
- I'(Z/o) 1 + aitX J'(,y0)’
- C’est la même équation définissant X.
- § 17. — Cas de la sphère. — Prenons des coordonnées polaires :
- a 1
- />c .r'Lsin y’
- a = 1,
- b ~ .1:,
- c — .T siny,
- b 1 c
- — = —•, —7 ~ sin >/.
- ac sin y a b v
- Nous avons donc les équations :
- — 1 /dW_
- .ra sin?/ \ dy dz )’
- sinyy \dz dxJ’
- . [dG d¥\
- 4t/(j)/i = sin y
- d$ d a dx dy
- Nous allons chercher une solution particulière de ces équations. Nous supposerons :
- GsH = Oj
- c’est-à-dire que le potentiel vecteur est dirigé suivant le rayon vecteur issu du centre de la sphère. Il ne peut en être ainsi, en général, si le potentiel est engendré par des courants
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N®3.
- superficiels; mais F, G, H et <]> ne sont pas des quantités définies expérimentalement; les équations du champ ne suffisent pas à les déterminer entièrement, car ces équations ne changent pas si on change F, G, II et en :
- F + fÎ2 + dx’
- G + *.
- dy
- H +
- d'f
- dz*
- dt’
- et pour achever de déterminer F, G, H, <!/, nous avons ajouté l’équation :
- dF -dty _ dx ' dt ’
- qui définit le potentiel de Lorentz.
- j’abandonne donc ici cette équation. A vrai dire, elle ne cesse pas d’être satisfaite à l'intérieur et à l’extérieur du conducteur, mais elle cesserait de l’être sur la couche superficielle.
- Puisque nous supposons G = II = o, nous avons :.
- a = o,
- i dF_ siny dz’
- T
- . dF
- sin y -7-, J dy*
- liTtmf=
- 1 / dF . d2F.
- ^j\-C0SlJdij-Smyd^ R (F)
- •» t
- 1 d2F sin// dz2,
- en posant :
- D(F) =
- cos y
- dF dy
- , . d*F 1
- 4- sin y -r— 4—----
- dy1 sin y
- rf»F\
- Ih2)'
- !\-iug
- !\i:iiùh
- d2F . d tp
- dx dy dy\
- d2 F , dty
- dx dz dz
- On est ainsi amené à poser :
- = —
- dF dx ’
- Par conséquent :
- . dty d2 F
- dx dx2 ’
- d2 F
- 4* iu)f— w!!F +
- En égalant les valeurs de 4 nous ob'
- tenons l’équation :
- F + *i+m=0.
- ,1,2 •
- dx2 x
- Pour satisfaire à celte équation, nous prendrons :
- F = J(.-tj.P(«/,z).
- L’équation devient :
- 0)2 J P + J"P + — o.
- x2
- On y satisfera en posant :
- D(P) =3 AP.
- Il vient alors :
- ki
- “,J + J +!T = 0-
- Quelle valeur convient-il d’attribuer à Æ?
- L’équation :
- D(P) = AP
- est une équation connue, définissant les fonctions sphériques à la condition de poser :
- k — — n [n 4* 1 ) •
- Si on attribuait à k une valeur différente, il serait impossible de satisfaire à cette équation par une fonction uniforme et finie de y et z.
- P est alors la fonction sphérique d’ordre n et l’équation qui définit J présente un rapport manifeste avec l’équation de Bessel. Nous distinguerons 2 intégrales : l’une J (x) qui reste finie pour x — o et l’autre I (x) qui se comportera sensiblement comme e~iuX pour x très grand. Quelle est celle de ces solutions qui convient?-
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 7 ï
- A l’intérieur de la sphère je prèndrai J (x), car la fonction doit rester finie pour x = o.
- A l’extérieur de la sphère, il faut prendre I (x) car le champ est produit par un potentiel retardé de la forme :
- Me-'»’’
- r
- Il reste à déterminer :
- i° Les fonctions fondamentales de la première et de la deuxième sortes ;
- a° La période propre de la sphère.
- Pour les fonctions de la première sorte ,le champ magnétique tangentiel ((3, y) est discontinu et multiplié par le facteur constant :
- I -|- 2TtX I -21tX‘
- Le champ électrique tangentiel (g, h) est continu.
- Donc : -
- Les fonctions I (x) et J (x) sont définies par une équation du second ordre. On voit de suite, par des considérations d’homogénéité, que I et J vont être fonctions de wx car, en
- posant dans l’équation différentielle x — — ,
- Cl)
- o) disparaîtrait.
- Ce sont des fonctions entières de u.r,développables en séries analogues aux séries de Bessel, convergeant avec une très grande rapidité.
- L’équation dépend de k et par conséquent de l’entier n.
- Soient I„ et J„ les déterminations particulières des fonctions I et J correspondant à un entier n déterminé. A chacun de ces systèmes correspondra un système d’oscillations particulier et l’amortissement sera donné par l’équation :
- rf2F <PF
- et
- dxdy
- dxdz
- .dF
- sont continus ; ils le seront si -7- est continu.
- ax
- Donc :
- I fo)
- F = ——- à l’extérieur de la sphère,
- „ J (tf) ,... . .
- h = ——- a 1 intérieur.
- J' (x0),
- Pour x = x0, F est discontinu et multiplié
- i 4- 2 wX par —!------:
- I --2 1îX
- I(*o) _ i a tcX J (x0)
- I'(;r0) i — 2itX J'(.£„)’
- Pour avoir la période propre de l’excitateur sphérique, je fais X = —.
- 2TC
- D’où :
- I'(a?0) = o.
- Telle est l’équation qui définit la longueur d’onde et l’amortissement.
- Gomme x0 est donné, cette fonction définira w.
- On peut se demander si nous avons épuisé de la sorte toutes les solutions possibles, c’est-à-dire si toute vibration possible de la sphère peut être obtenue en combinant les vibrations simples.
- Il y a une autre catégorie de vibrations qui donnent d’ailleurs les mêmes longueurs d’onde.
- En effet, entre les équations du champ écrites plus haut, éliminons les potentiels; nous obtenons :
- Ces équations présentent une symétrie évidente. On passe d’un système à l’autre en permutant : _ . _ _
- a' (3' Y
- /jir/1' tiKg' 4 x/é.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — M 3
- Si on possède une solution du problème, on peut en déduire immédiatement une autre par cette permutation. Nous avons trouvé tout à l’heure un système de solutions caractérisé par a' = o. En faisant la permutation, nous obtiendrons une autre solution caractérisée par f — o.
- Remarque. — Il est à peine besoin de faire remarquer que, dans la nouvelle solution, les
- quantités jouant le rôle de F, G, H, «p, n’ont plus aucune signification physique (*).
- (4 suivre.) H. Poincaré.
- f1) Le complément de cette étude se trouve dans la Lumière Electrique, 18 et a5 juin et a juillet 1910 : H.Poincahé. « Sur la diffraction des ondes hertziennes ». Voir aussi pour le développement des calculs de ce dernier problème : Rendiconti del circolo matematico di Palermo, tome XXIX (1910, ior semestre).
- SUR LES MÉTHODES DIFFÉRENTIELLES DE KAPP ET D’HUTGHINSON
- Le principal défaut de la méthode de Kapp est que les deux dynamos se trouvent, au point de vue des pertes, dans des conditions très différentes.
- La génératrice travaille à une induction moyenne dans l’entrefer sensiblement plus élevée que le moteur; la différence des tensions réellement induites est en effet égale à la somme des chutes ohmiques dans les deux machines.
- Par contre, le moteur est traversé par un courant plus intense que la génératrice et a par suite des pertes par effet Joule plus importantes.
- Un semblant de compensation a bien lieu par conséquent, mais il dépend uniquement des conditions d’établissement des machines, c’est-à-dire, au fond, de celles des pertes auxquelles on donne la prédominance suivant le mode de service : pertes dans le fer ou pertes dans le cuivre.
- On connaît la méthode indiquée par M. F. Loppé (*) pour tenir compte de l’inégalité des pertes de même genre dans les deux dynamos et consistant à combiner la méthode de Kapp, ou une méthode différentielle quelconque, avec celle des pertes s éparées, de façon à obtenir par différence les pertes non évaluables par là méthode indirecte. On partage ensuite
- (*) F. Loppé. Les essais industriels des machines électriques et des groupes électrogènes.
- ces pertes supplémentaires suivant une loi que son auteur modifia, du reste, et qui consista tout d’abord en une répartition proportionnelle aux puissances fournies par les deux machines, puis en une répartition proportionnelle aux puissances à vide pour les tensions réellement induites en charge.
- La modification que le professeur Drysdale (*) propose pour la méthode de Kapp est, en quelque sorte, la contre-partie de celle de M. Loppé.
- Elle suppose en effet, en somme, que les perles restent pratiquement les mêmes dans les deux machines pour toutes les charges.
- M. Drysdale fait tout d’abord une mesure à vide, c’est-à-dire avec l’excitation génératrice réglée de façon à ce que la dynamo correspondante ne débite aucun courant. La puissance consommée ainsi est alors attribuée par moitié à chacune des deux dynamos.
- Dans les essais, avec différents régimes, qui suivent, l’augmentation de puissance fournie par le réseau, à partir de celle consommée pour l’essai à vide, est répartie proportionnellement aux carrés des courants circulant dans les induits des deux dynamos.
- En opérant de celle façon, on obtiendra évidemment des résultats d’autant plus voisins de la réalité que les pertes dans le fer
- (*) The Electrician, 3 juin 1910, p. 322,
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- induit auront moins d’importance par rapport aux pertes par effet Joule. La distorsion du champ et les pertes supplémentaires qui en résultent dans le fer induit et celles par courants de Foucault dans les pièces polaires contribuent aussi à rendre la méthode plus exacte, bien que ces pertes ne soient pas seulement fonction du carré du courant induit.
- Les essais faits par M. Drysdale sur deux dynamos de faible puissance par cette méthode et par une méthode directe, avec emploi de frein ou de dynamomètre, ont donné en effet des résultats très sensiblement identiques si l’on tient compte de la précision des mesures dans ces sortes d’essais, meme lorsqu’on y procède avec des instruments de laboratoire.
- liaire (ou de la batterie) en série avec la génératrice.
- Si, au contraire, l’induit de la génératrice est disposé aux bornes du moteur, cette génératrice fonctionnera bien à potentiel constant, mais la vitesse de l’ensemble, ce qui est également une des conditions de fonctionnement normal de la machine, augmentera avec la charge, ainsi que la tension aux bornes du moteur.
- Pour remédier à ce dernier inconvénient, M. Clinton pr-opose d’essayer la machine génératrice pour une vitesse et une excitation constantes. Il faut alors (fig. 3) ou employer deux survolteurs, un dans chaque circuit moteur ou génératrice, ou une batterie d’accumulateurs et disposer la connexion
- i -V,::
- Fig. i.
- La modification que M. W. C. Clinton (’) apporte à la méthode de Hutchinson repose sur les considérations suivantes :
- Deux montages sont possibles avec cette dernière méthode, en adoptant des excitations séparées et égales, suivant que la tension du réseau, supposée constante,est appliquée directement aux bornes de la génératrice (fig. i) ou du moteur (fig. a).
- Si l’induit du moteur est monté aux bornes du réseau, on réalise évidemment les conditions de fonctionnement normales d’un moteur shunt. Dans ce cas, la tension aux bornes de la génératrice et la vitesse de l’ensemble diminuent lorsque la charge augmente sur le moteur par suite de l’augmentation delà tension'de la génératrice auxi-
- (') The Electrician, i5 avril 1910, p. 11.
- Illllllllh
- Fig. a.
- en un point convenable de la batterie.
- Si l’on désigne par Em et les forces électromotrices réellement induites, par I™ et I„ les courants dans le moteur et la dynamo, par R la résistance des induits, par um et ug les tensions aux bornes des deux parties de la batterie ou des survolteurs et, enfin, par U la tension aux bornes du réseau, on a :
- U = E„ ? Ig “J— Ug,
- U = E,rt -j- /*I„t um.
- Pour que la vitesse reste constante, il faut évidemment que E„ surpasse U de la même quantité que U dépasse Em. On doit donc avoir :
- Ug 7’I g Um J \m J (i)
- d’où : _
- um iig : /’ (I m 1 ) : - /’/,
- i étant le courant fourni par le réseau.
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- Pratiquement ri est très petit par rapport à um et ug surtout pour les charges voisines de la charge normale. M. Clinton ajoute que i peut même s’annuler et changer de signe.
- Pratiquement i sera donc sensiblement constant et,en réalité, iralégèrement en croissant avec la charge.
- On aura de plus :
- E„ = E„, = U,
- Théoriquement, il n’est pas impossible que i s’annule et même change de sens, si utt est rendu supérieur à um ; avec i nul, en effet, on réalise le montage de Potier. Toutefois,il ne faut pas oublier que l’essence même de la méthode d’Hutchinson est de séparer pratiquement les pertes à vide et celles par effet Joule, comme de réaliser les mêmes conditions d'induction dans les deux induits.
- Dans ces conditions, en effet, les forces électromotrices induites réellement, Eff et Em, étant égales entre elles, on a, en égalant les deux valeurs de U :
- c’est-à-dire que la force électromotrice à vide de la génératrice sera bien >égale à la différence de potentiel du réseau, tandis que le courant d'excitation du moteur devra correspondre à une tension à vide un peu plus différente de U. Autrement dit, la séparation des deux genres de pertes nécessite des excitations un peu différentes sur les deux machines, et de façon que la différence des forces électromotrices à vide soit sensiblement égale à Rf, c’est-à-dire à la chute ohmique pour le courant du moteur sans la charge de la génératrice.
- On prendra donc, pour les pertes dans chaque machine, la moitié delà puissance fournie par le réseau ou Ut et on y ajoutera la puissance fournie par l’un ou l’autre des survolteurs.
- Le rendement de la génératrice sera par conséquent :
- (U
- tlp) Ia -|-------+ U„ I„
- (U.
- U (U — Ug) \g
- aUIa + Ut
- et celui du moteur :
- Ug 7'Ij I l },l Um)
- ou :
- Ug liffl / Ig —/ I,,,.
- Cette relation et la relation (i) donnent alors :
- Ug = / i ,
- um /'L/O
- ce qui montre que les puissances fournies par les deux survolteurs ug l„ et «mI,„ ne correspondent qu’aux pertes par effet Joule et par suite que les pertes Ut fournies par le réseau ne se rapportent qu’aux pertes dans le fer, aux pertes par frottement et aux pertes supplémentaires dues à la charge.
- 2UI,„ — Ui T,"i ~ a(U + um)lm
- On tiendra compte ensuite des pertes dans l’excitation, ou on ajoutera la valeur du courant d’excitation à celle de i dans l’une et l’autre fonnule.
- La méthode de Clinton donne d’excellents résultats et est d’un maniement très simple, principalement si l’on emploie une batterie d’accumulateurs. On peut seulement lui objecter qu’elle ne permet de trouver les valeurs du rendement à diverses charges que pour une excitation constante de la génératrice.
- On peut facilement transformer la méthode d’Hutchinson pour obtenir la courbe du ren-
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- dement à la fois pour une tension constante aux bornes de la génératrice et une vitesse constante de cette machine et rendre ainsi cette méthode aussi commode pour les génératrices qu’elle l’est pour les moteurs shunt à potentiel constant; il suffit de renoncer à la condition des excitations constantes pour l’une des machines seulement.
- Désignons encore par E„, la force électro motrice induite réelle du moteur, par Im le courant qui traverse son induit et par /• sa résistance et, soit U,„ la tension aux bornes du moteur; nous aurons :
- = I-f- rim.
- Si la tension aux bornes du réseau est constante, il faudra faire fournir par un survol-teur en série avec l’induit du moteur une tension uB, d’où en prenant en outre Em = U, U + ua = U,„ = U + r\m, et par suite :
- Mm —— ri m
- La tension aux bornes de la génératrice U est reliée à la tension induite E„ et au courant I„ par la relation
- U = Eff — ,-V
- u„ restant constante, il faudra donc ici faire varier le courant d’excitation de la génératrice avec la charge comme dans la méthode de Kapp.
- Le survolteur ne donnant que les pertes par effet Joule du moteur, le réseau devra fournir, entre autres pertes, celles par effet Joule de la génératrice.
- Ayant noté les pertes à vide fournies par le réseau et calculé les pertes par effet Joule dans la génératrice, soit par connaissance de la résistance et du courant, soit, mieux encore, parcomparaison avec celles données par le survolteur du moteur en tenant compte de la différence des courants, on aura, par soustraction, les pertes supplémentaires. Ces dernières seront ensuite réparties entre les deux machines, par exemple proportionnellement aux carrés des courants comme dans la modification de la méthode de Kapp proposée par M. Drysdale, soit proportionnelle-mentaux puissances, comme danslaméthode de Loppé.
- G.-F. Guiluert.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PERIODIQUES
- TRACTION !’ Ces sabots sont désignés sous la dénomination
- Essais» d’un nouveau sabot de frein à Philadelphie. — Electric Railway Journal, 17 septembre jgio.
- La Philadelphia Rapid Transit C° a obtenu des résultats remarquables, résultant de l’emploi d’un nouveau modèle de sabot de frein : accroissement de la durée du sabot, diminution des objets réformés, minimum d’usure des roues, coefficient de frottement élevé au freinage. Les premiers modèles ont été mis en service au mois de mai 1910 et, depuis cette époque, environ 1.000 sabots ont été posés sur des voitures à simple et à double truek employant des freins à main ou à air comprimé.
- insert type, c’est-à-dire que le patin formé par du fer de bonne qualité est pourvu d’un pas contenant six mortaises cylindriques de 38 millimètres de profondeur remplies de ciment. On a remarqué, tout d’abord, que cette modification éliminait le grincement commun à tous les sabots de freins ordinaires. L’humidité n'affecte pas la composition de la pâte du ciment. Le profil du sabot a aussi subi une modification suggérée par les premiers essais. Les anciens sabots étaient jetés au rebut lorsque leur poids était descendu à 2,9b kg. tandis que les nouveaux, pesant 9 kilogrammes au moment de la mise en œuvre, n’étaient rebutés que sous un poids de 1,80 kg.
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- T. XIII (2* Série). — N» 3.
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- Aucun sabot n’a été enlevé des voitures munies de freins à main ; la compagnie estime qu’ils dureront au moins un an. Les n5 sabots retirés des voitures à frein à air comprimé avaient fourni un parcours moyen de i6 278 kilomètres.
- Le restant, constituant une proportion de 70 % de la totalité, est encore en service, de sorte que leur durée moyenne devrait être estimée comme supérieure, de plusieurs milliers de kilomètres, au nombre mentionné ci-dcssus.
- Il existe des variétés de sabots de frein jouissant d’une longue existence, mais ils présentent tous l’inconvénient de déterminer une excessive abrasion des fontes des roues. C’est le cas, par exemple, des sabots> fondus en coquille ou de fonte grise douce.
- Voici les chiffres relevés par la Compagnie au cours des essais : l’insert type en service pendant soixante-sept jours, ce qui représente un parcours de 18 5i2 kilomètres, avait subi une usure de 2,3 millimètres; de même, après un service de soixante-neuf jours, soit un parcours de i3 882 kilomètres, on constatait une usure de 3 millimètres. Le sabot en fonte, employé pendant sept jours, représentatifs d’un parcours de 1 5o4 kilomètres, avait une usure de 3 millimètres et, après cinq jours de service, pour un parcours de 1 184 kilomètres, l’usure était de 2,3 millimètres. >
- Le 18 septembre 1910, avant de donner de l’extension à l’établissement de l’insert type, la Compagnie le soumit à des expériences relatives à la détermination du coefficient de frottement comparativement aux sabots de frein en fonte Ordinaire. Les essais eurent lieu sur une pente de 3 % de 207 mètres de longueur.
- Les freins à air étaient appliqués au moment où les voitures circulaient à la vitesse du sommet de la rampe. Les résultats montrèrent qu’avec une .pression de 22,65 kg., les sabots de l’insert type arrêtaient la voiture sur une longueur de 61,20 111., ou 17,70 m. de moins qu’avec l’emploi des sabots en fonte. Avec une pression de 33,95 kg., l’insert type arrêtait la voiture après 47,40 m., ou 6,60 m. de moins qu’avec les freins à sabots en fonte.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Surla prèdètermination des dimensions et du rendement des batteries-tampons. —K. Zick-ler.—Elektrotechnik und Muschincnbau, 10 juillet 1910.
- Ordinairement, quand on établit un projet de bat-
- terie-tampon, on se base sur des règles empiriques et sur des catalogues de constructeurs d’accumulateurs. Il en résulte des dimensions exagérées pour ces derniers. Les considérations qui suivent n’ont, d’autre objet que de permettre d’éviter ces procédés en les remplaçant par le calcul.
- Le problème à résoudre est le suivant:
- Une batterie-tampon, formée d’éléments de type déterminé, est mise en parallèle avec une génératrice M (fig. 1); un à-coup de courant,alteigriant (AA,,) % du courant normal A,„0 de la dynamo, venant à se produire
- Fig. 1.
- dans le réseau pendant un temps donné, il s’agit de - savoir quelles doivent être les dimensions à donner aux éléments de la batterie-tampon pour que la tension normale E/c„ du réseau puisse ne subir qu’une variation donnée (AE/,-) % , ou que la puissance P de la génératrice ne subisse qu’une variation (AP) % .
- Le type des accumulateurs employés dans la batterie est connu ; par conséquent, est également connue la force électromotrice qui réside en eux au moment du repos. Soit e0 cette force électromotrice par élément.
- Si la tension normale du réseau est E/f0, on a immédiatement le nombre d’éléments à mettre en batterie. Il est
- Soient maintenant :
- E/c, la tension dans le réseau à un moment quelconque ;
- A„, le courant dans le réseau;
- A,„, la valeur instantanée du courant de la dynamo;
- A„l0, le courant normal de la machine.
- ±Aa, le courant fourni par la batterie; ce dernier étant pris avec le signe + quand le courant du réseau subit une diminution (décharge de la batterie) et avec le signe — quand il s’agit d’une augmentation momentanée du courant dans le réseau, augmentation qui charge la batterie.
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- 77
- (Aéf„) % est connu; il peut être exprimé par
- (AéJ„) %
- ioo.3 >1
- urn 0
- W
- où 3 est la fluctuation (ou l’à-coup) que subit le courant. (AEa) % est également connu, puisqu’il est imposé; il s’exprime ainsi :
- (A Ea) % =
- ioo (Ea- — Ea„) Ea0
- De là l’écart de puissance :
- 13)
- (AP) % =
- ioo (Ea 3m_____Ea03m0)
- E/ro • 3m
- (4)
- Le problème sera résolu quand on connaîtra le courant 3a, nécessaire pour combattre les à-coup donnés, et le courant ia que doit donner chacune des plaques positives de la batterie pour équilibrer les effets de la variation Ae de tension par élément. Ces deux valeurs connues, on n’aura qu’à diviser l’une par l’autre pour avoir
- fi =
- 3a
- c’est-à-dire le nombre de plaques positives par élément, et connaître ainsi les dimensions de celui-ci.
- Dans le cas où n ne sera pas un nombre entier on prendrait le nombre entier immédiatement supérieur. Les développements que l’on trouvera ci-après ne servent qu’à la détermination de ces deux grandeurs 3a et ia.
- Quand la batterie joue son rôle de tampon, on a à chaque instant, entre le courant de la batterie et les courants 5m et 3lt> la relation :
- 3m ±:3a = 3„. (5)
- L’à-coup du courant dans le réseau s’exprime par la différence
- (3a — 3m o) = =tJ. (6)
- Or, la batterie devra se décharger dans le réseau quand il faudra suppléer au courant de la machine pour annuler l’à-coup 3, c’est-à-dire quand ôm0 sera inférieur à t!n et J>o; mais le courant de la batterie sera à ce moment également positif, par conséquent 3 et 3a auront toujours le même signe. Des équations (5) et (6) on tire par addition :
- 3m 3,m — i (3 3aj.
- D’autre part, la variation AE* dans la tension du réseau qu’on doit combattre s’exprime par
- -t AE* — Ea-— Ea0, (8)
- où le signe -)- correspond à une augmentation de tension (EaO> Eao), donc à un envoi de courant dans la batterie, et le signe —- (quand Ea <C Eao) à une décharge de celle-ci dans le réseau. La différence AEa sera donc toujours de signe contraire à la différence (3m — 3m0)-
- Pour trouver une relation entre les tensions et les courants qui nous intéressent ici, on n’a qu’à faire appel à la caractéristique de la génératrice qu’on aura combinée avec celle de la batterie.
- Dans la figure 2, la caractéristique de la dynamo est la courbe A ; celle de la batterie est B' pour la charge et B" pour la décharge.
- Les intensités des courants étant portées en abscisses et les variations de la tension en ordonnées, le courant du réseau On est donné pour la charge, par la différence entre l’abscisse d’un point P consi-
- Fig. 2.
- déré sur la courbe A et l’abscisse du point correspondant sur la courbe B' ; par la somme de ces abscisses, pour la décharge. Le point d’intersection des courbes A et B' correspond au cas 3m = 3a, courant nul dans le réseau. Pour chaque point de la caractéristique A on a :
- —AE a=Ea E0= _j_ (3m 3,„0)tga,„=3a, tga„, (g)
- 3a ayant le signe -f- ou — suivant la règle citée; tg am et tgaa sont les résistances caractéristiques de la dynamo et de la batterie.
- De l’équation (9) on tire
- 3m — 3(J __ tgaa d~3a ~ tgaj
- H
- (7)
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- LA L UlMlÈKË ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — N° 3.
- expression qüi, combinée avec l’expression (7),donne
- » f Va ____ tg ^a i \
- -------- — —-----. (il)
- Va 1 g «/«
- Le triangle ËM PE* fournit la relation AE* zAe
- En effet, (a) donne
- lg<*„
- Va
- Va
- V =
- ( A Vn ) % ,V„
- et les équations (3) et (i)
- , „ , ioo z Ae ioo. Ae
- (AE*)% = —----------=
- Ejâ a
- e0
- (tga„ joue le rôle qui est rempli dans la loi d’Ohrn par la résistance ; à ce point de vue elle mérite donc bien le litre de résistance).
- Des équations (i i) et (îa) on tire
- d’où :
- Ae
- (AE*) % .e„ ioo
- expression qui donne la valeur de Va. Pour l'avoir en
- 4
- fonction des conditions imposées, (AE*) % et (AJ„) % , on n’a qu’à tirer V de l’équation (-2) et Ae des équations (3)_et (1)
- Quant à tga», il est donné par la caractéristique. Va est maintenant connu ; pour connaître ia, il faut s’adresser à la figure 3.
- La partie gauche de celle-ci contient les diagrammes donnant le courant ia par plaque positive, en fonction des accroissements de tension Ae par élément.
- Ces diagrammes,qui sont des droites,se rapportent à la charge des batteries quand elles sont au-dessus de l’axe des abscisses; au-dessous de celui-ci, elles se rapportent à la décharge,
- Chacune des droites correspond à une durée de l’à-coup du courant représentée eh secondes par le nombre inscrit à son extrémité ; à côté, entré parenthèses, se trouvent trois genres de signes distinctifs : le signe (f) correspond à un courant constant pendant cette durée, le trait montant de gauche à droite à un courant croissant depuis la valeur o jusqu’à la valeur ia, enfin le trait descendant de gauche à droite indique un courant décroissant depuis jüSqu’à o.
- La multiplicité de ces caractéristiques indique clairement l’influence que possède dans le cas des batteries-tampons la durée de l’à-coup sur la variation de latension.
- Dans la partie droite de la figure 3 sont obtenues par projection les courbes des tensions en fonction du temps. Elles sont groupées en faisceaux de trois, chacun des faisceaux correspondant à une valeur donnée du courant /„ et chacune des courbes du faisceau à un des trois cas cités qui peuvent se présenter (courant constant, courant croissant ou décroissant).
- On remarque, de plus, que si l’on prolonge les trois courbes du faisceau jusqu’à l’axe des ordonnées correspondant à une durée de o seconde, elles y concourent ; Ceci signifie qu’uilc variation inslau-
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- n
- tanée (durant o seconde) dans l’intensité du courant du réseau, qu’elle soit ascendante ou descendante, amène la môme variation dans la tension.
- Exemple numérique. — Un exemple numérique suffira pour rendre plus clairs les calculs précédents et expliquer en même temps la détermination de ia d’après le diagramme de la figure 3.
- Soit à calculer le nombre de plaques, de type et de dimensions déterminés, à mettre dans les accumulateurs d’une batterie-tampon associée à une dynamo de courant normal 3m0 = 5o amp., avec E/,- = ia5 volts et possédant la caractéristique A de la figure :i.
- La tension de chaque accumulateur du type imposé est de 2, 08 volts.
- Le nombre d’éléments sera ainsi
- La condition à remplir est que la variation (AEfc) % ne soit que de 4 % pour une chute de courant dans le réseau (Aï,,) % = ioo % s'effectuant progressivement en l’espace de deux minutes.
- (Le courant de charge croît donc pendant deux minutes.)
- On a :
- Ae
- 4.2,08 ioo
- o,o832 volts.
- Pour celte chute de tension (ordonnée du point P), le diagramme de la figure 3 et notamment la droite correspondant à 120 secondes (courant croissant) donne un courant ia ~ 2,5 ampères par plaque positive (abscisse du point P).
- ia est déjà connu ainsi et il ne reste plus qu’à déterminer
- L’équation (2) donne pour (A é>„) % — ioo %.
- Cf = Jmo = 5o amp., et, d’autre part, on a :
- AE .= s. Ae — 6o.o,o83a =• 5 volts.
- Si la caractéristique de la dynamo est la courbe A de la figure 4, c’est le point P qui correspond sur cette courbe aux 5 volts trouvés. Le point P a pour tga,„ la valeur 0,18.
- Substituées dans la formule (i3) ccs différentes expressions donnent
- Ju = 5o--------- = 22,3,
- 0,18
- Le problème est résolu ; en effet X 2 2,3
- n=-—r- = 8,92,
- la 2,,>
- c’est-à-dire qu’il faudra mettre dans chaque élément de la batieric-tampon 9 plaques positives et, par conséquent, 10 plaques négatives.
- La variation qu’a subi la puissance de la dynamo est de 53, fi % .
- S’il 11’y avait pas de batterie-tampon, à une variation de (A ôn) % ==100 % dans le courant du réseau Correspondraient :
- (AEà) % =6,8 % et (AP) % =100 % environ.
- Construction du diagramme du courant Cia de la batterie, connaissant le diagramme du courant du réseau.
- Le diagramme du courant dans le réseau est représenté par la ligne brisée 0123456^8 de la partie inférieure de la figure 4.
- Le point o correspond au régime normal ; la batterie étant passive, le courant du réseau est :
- 0— Cf,m = 5o ampères et E/£o = ia5 volts.
- A partir du point o le courant tombe pendant 3o secondes jusqu’à la valeur nulle (point 1) et, par conséquent, Cia augmente.Quandét„atteintlavaleur o, Cf a est égal envalcui1 absolue au courant de la dyna-
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- T. XIII (2« Série). — N» 3.
- mo ; par conséquent la caractéristique 3o (courant croissant) touche la caractéristique A de la dynamo et la valeur du courant Ja sera donnée eh bas par Tintersection de la ligne de rappel issue de a avec l'horizontale menée par le point i et correspondant aux 3o secondes. La variation du courant Ôa pendant les premières 3o secondes est donc représentée par le segment ab.
- Or, le point a d’intersection des deux caractéristiques a pour ordonnée AE/C = 4,4 volts, lesquels avec les volts de la tension normale donnent à ce moment une tension de 129,4 volts qu'on rapporte sur la même horizontale passant par la division 3o, mais à gauche de Taxe des temps.
- Le courant ün se mettant à croître pendant 3o secondes 'jusqu’à une valeur de 29 ampères (point 2, en bas), on trouvera la valeur correspondante du courant ëa en menant dans le diagramme supérieur à partir du point a une droite parallèle à la caractéristique 3o (courant décroissant) jusqu’au point b, distant de la caractéristique A de 29 ampères, puis, en projetant en bas ce point b jusqu’à l'intersection avec l’horizontale des 60 secondes. Quant au point b du diagramme des E/c, on le trouve de la façon dont on a trouvé le point a du même diagramme.
- En poursuivant les constructions et en appliquant aux points restants les mêmes procédés qu’on a employé pour les points a et é, on arrive en bas aux deux lignes brisées oabcdefghi et en haut également à la ligne briséeo abedefg h i.
- Si, maintenant, on veut réduire au minimum les fluctuations du courant du réseau sans pour cela arriver à des dimensions trop considérables pour les éléments de la batterie-tampon on ajoute à celle-ci une dynamo-tampon Z.
- La figure 5 indique la disposition adoptée par la Siemens-Sçhuckert- Werke avec dynamo système Pirani. La dynamo Z est excitée par l’excitatrice E à enroulement compound, dont le circuit en dérivation J est branché aux bornes de la batterie B et reçoit d’elle le courant qui, pour la tension Efc , est
- Le circuit en série de l’excitatrice (circuit II) peut être parcouru par le courant total du réseau, ou bien par une partie de celui-ci égale à
- s sv
- 3H --- „ I ,----
- sv -j— sv 11 *
- ce qui est représenté sur la figure 5.
- Le rôle de la dynamo Z est de donner une tension supplémentaire Gz} qui s’ajoute à la tension du réseau dans le cas où JH &mo (à-coup négatif) ou s’en retranche quand $n > éf„l0 (à-coup positif).
- Les nombres de spires Ni etN2 de ces deux circuits doivent satisfaire à la condition :
- N, ^ = N2
- S\>1
- SV
- + • 3m§ >
- tf’ll
- pour que leurs actions puissent se détruire mutuellement lors de l’absence d’à-coup de courant dans le réseau (ÏS =. o); ez sera ainsi égal à o. Deux cas son encore à considérer :
- 1) J est négatif (charge de la batterie).
- L’action de rexoitalion en dérivation l’emporte et ajoute à la tension E'*, du réseau la tension supplémentaire ez.
- Relativement à la tension E* qui régnait dans le réseau alors qu’il n’y avait pas de dynamo supplémentaire, on a maintenant pour la même batterie et le même à-coup du courant
- E'*
- Efc — e-,
- et puisque
- AEfc — E — Efr0 :
- AE fit — K7* — Efc0 — AE& — e_.
- 2) Ô est positif (décharge de la batterie). L’excitation en série prédomine et fait diminuer la tension E* de la quantité ez.
- Par rapport à E* ,on aura cette fois-ci :
- E'fc Efc —Gz et
- AE'* = E*0-E'fc,
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- 81
- expression, qui, avec la relation
- AEfc ~ Efc0 — Efc)
- donnera
- AEAEfc — e~.
- Cette dernière équation est la même pour les deux cas. Elle se passe de commentaires : l’action mode' ratrice de la dynamo supplémentaire s’y lit clairement.
- Le calcul de la batterie se fera non plus d’après Téquation (i3) mais d’après la suivante ;
- J#« = V
- R:
- Cf
- e,
- tga'm
- tg a'm étant la résistance caractéristique de la génératrice correspondant à la tension E'fc z=r (EA — ez). La tension ez étant fonction del’à-coup 5, ce sera la courbe correspondant à l’équation ez — f (± «?), qui servira de caractéristique à la dynamo-tampon; on peut s’en servir pour déterminer les dimensions de lu dynamo-tampon de type donné.
- L’équation de la caractéristique se simplifie et devient notamment ez = ± Kô quand les dynamos ne sont pas voisines du point de saturation.
- Il peut arriver qu’on ait besoin d’avoir ez différent suivant qu’il s’agit de ^positif ou négatif. Les deux parties de la caractéristique correspondant à ces deux 5 devront alors être inégalement inclinées.
- La Société Siemens-Schuckert a résolu la question en introduisant dans la disposition (fig. 5) un accumulateur aluminium-fer et en le mettant en parallèle avec le circuit d’excitation KW. de la dynamo-tampon; on l’a pourvu en plus d’une résistance réglable R. Cet élément joue le rôle de régulateur; en effet, le courant est envoyé dans celui-ci toujours du fer à l’aluminium et, par suite, le courant d’excitation de la dynamo-tampon sera augmenté ou diminué suivant que son sens concorde avec celui du courant dans l’accumulateur ou lui est contraire.
- Il nous reste encore à dire quelques mots sur la détermination du diagramme de et de E'* dans le cas de l’emploi de la dynamo supplémentaire.
- Soit (fig. 4) C'OG" la caractéristique rectiligne dont il vient d’être question. Des lignes de rappel, issues des sommets de la ligne brisée du courant H donné, déterminent entre la droite. C'OC'' et l’axe des abscisses (partie supérieure du diagramme) des segments a*2, s3... ceg segments se retranchent des horizontales passant par les points «, b, c, d, e, f9 g, h, i du diagramme E* (partie inférieure gauche)
- et donnent ainsi la ligne brisée de E'* ; a' b! d d* d f g1 K V.
- En la comparant à la ligne brisée de E& on constate que la ligne EV-est beaucoup moins saccadée.
- On portera les voltages correspondants aux points a\ bfyd9 dde la ligne E'^sur l’axe des ordonnées (en haut); par les points ainsi obtenus,on mènera des horizontales sur lesquelles on mesurera à partir de leur intersection avec la caractéristique A et vers la gauche les valeurs correspondantes du courant ôn du réseau; on aura ainsi les points supérieurs V, d, d1, d, fy g1, h!y z7, dont la distance à l’axe des ordonnées donnera les courants J'a . Il ne restera plus qu’à projeter ces derniers points en bas, jusqu’à la rencontre avec les horizontales correspondant aux différents moments du processus.
- Le point P de la figure 4 correspond à une variation (AE* ) % = 4 % dans la tension du réseau et (AP) % = (53,6) % dans la puissance de la génératrice.
- A même courant normal du réseau et à même à-coup dans celui-ci comme durée et sens, l’emploi de la dynamo-tampon remplace sur la caractéristique le point P par le point P'. La variation de tension n’est ainsi que de i,3 % et celle de la puissance du générateur de 16 % .
- Si l’installation comprend plusieurs génératrices, elles doivent toutes présenter des caractéristiques à résistances caractéristiques égales pour une même tension. On prendra comme courant moyen du réseau la somme des courants normaux de toutes les génératrices mises en même temps en parallèle et on calculera en conséquence les dimensions de la batterie.
- Th. S.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- La locomotive de halage électrique de Vè~ cluse de Brême. — O. Tuch. — Zeitschrift des Ve-reines deutscher Ingenieure, 22 octobre 1910.
- L’auteur décrit une locomotive de halage électrique présentant des particularités intéressantes et destinée au remorquage des convois de chalands dans l’écluse de Brême.
- On a dû recourir à une locomotive en forme de portique, par suite de la nécessité d’opérer le remorquage des convois engagés dans l’un ou l’autre des deux canaux (l’un de 35o mètres de long, l’autre de 70 mètres seulement) que comporte l’écluse.
- Ces deux canaux sont parallèles et séparés l’un de
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- l’autre par un mur épais et sur lequel circule la loco* motive. L’emploi de deux voies réunies par Un aiguillage a dû être écarté, par suite de la construction
- sons que l’A. E. G. présenta le projet d’une locomotive à voie très large (4,445 m.) prenant ainsi appui sur les bords extrêmes du mur dont la solidité est
- du mur trop peu solide en son milieu pour supporter 1 suffisante pour en supporter le poids; d’autre part la le poids de la locomotive ; la même raison a fait I nécessité de laisser au milieu du mur un espace libre
- a. — Appareil tracteur. Coupe transversale.
- écarter la solution d’une locomotive munie d’une flèche pivotante et roulant sur Une voie à écartement normal située aü milieu du mur. C’est pour Ces rai-
- sufflsant pour la circulation conduisit à l’adoption de la forme en portique.
- L’ouverture du portique n’est pas celle que repré-
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- sente 1 n figura ij c'est une vue latérale, en coupe. Cette ouverture est orientée perpendiculairement (fig. a). On voit qu'entre les montants de la locomotive se trouve un espace suffisant pour la circulation; au milieu de cet espace se trouvent les poteaux visibles à gauche (fig. i), qui soutiennent les trois fils de contact ; ceux-ci sont tendus à leurs extré-
- lorsque le disjoncteur a déclanché, le conducteur est obligé de ramener le contrôleur au zéro avant de repartir. Le poste des transformateurs renferme en outre un disjoncteur de sécurité dans l’huile. La locomotive est munie de deux postes de manœuvre, comportant chacun un contrôleur pour la commande du moteur de traction et un second contrôleur ser-
- Fig. 3. i— Schéma des connexions de la locomotive.
- a, rotors ; b9 stators ; c, résistances ; cl, freins électromagnétiques ; e, disjoncteur liai)te tension ; interrupteurs ; fusibles ;
- h, bobines d’induction; i, parufoudres ; /c, dispositif de sécurité.
- mités par des isolateurs auxquels ils sont fixés et reposent simplement, sur tout le reste de leur parcours, sur des fourches isolées permettant le passage sous les fils des trois roulettes de prise de courant que comporte la locomotive ; en outre, chaque poteau supporte deux lampes à filament métallique de 5o bougies chacune.
- Le courant est fourni par la station centrale de la ville de Brême sous la forme de courant triphasé à 7 ooo volts et transformé à a3o volts ; le moteur de traction, d’une puissance de 3o chevaux sous ai5 volts et du type hermétiquement clos, entraîne les roues par l'intermediaire d’engrenages réducteurs et d’arbres de transmission (fig. a). Chacun des treuils, servant à la manœuvre de la corde de halagc correspondante, est commandé par un moteur spécial. Un disjoncteur à maxima coupe le coui'ant dès que l'effort de traction, dont la valeur normale est de i5oo kilogrammes, dépasse la valeur de a ooo kilogrammes que les constructeurs se sont fixés comme maximum;
- vant à la manœuvre du treuil correspondant (fig. 3).
- J.-L. JVL
- DIVERS
- ia production du cuivre dans F Amérique du Nord.— U. OdendaH. —Elektrotechnische Zeitschrift, 3i mars, 7 et 14 avril 1910.
- Nous avons publié sous ce litre dans notre numéro du 7 janvier un extrait de cette intéressante élude. Voici maintenant quelques renseignements, puisés à la même source, sur les conditions qui régissent le travail dans les mines et usines des grandes Compagnies.
- On peut s’en faire une idée en notant, par exemple, que la Compagnie Cole-Ryan-Anialgamated, du district minier de Montana, emploie à elle_seule plus de i3 000 ouvriers dontlessalaires annuels atteignent le chiffre de 75 millions de francs.
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- Dans ce même district ainsi que dans celui de l’Arizona les ouvriers sont payés à la tâche et non pas aux pièces, ainsi que cela se passe au Michigan. En 1902, les 83,7 % du nombre total des mineurs ont reçu environ 18 francs par journée de huit heures, limite de la durée de travail légal dans le Montana.
- La Butte Miners Union, puissante filiale de la Western Fédération of Minet s, a réussi à améliorer sensiblement les conditions du labeur ouvrier. C’est ainsi qu’elle avait obtenu en 1907, par une entente avec l’Amalgamated valable pendant cinq ans, un relèvement des salaires applicable pendant les
- périodes de hausse éventuelle du prix du cuivre. La Compagnie a distribué ainsi jusqu’au commencement de l’année 1908 des salaires allant de 17,50 à 22 fr. 5o (*).
- Th. S.
- (') Signalons à ce propos dans les chiffres donnés pour les productions annuelles (au bas de la page 28 du numéro du 7 janvier) une double erreur typographique que nous nous empressons de rectifier : il s’agit de kilogrammes et non pas de francs et, d’autre part, il faut supprimer un zéro il la droite de tous les chiffres donnés; il faut donc lire : 260000000 kilogrammes, etc.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction,
- , Les enroulements industriels des machines à courant continu et a courants alternatifs, par E. Marée (préface de M. P. Janet). — 1 volume in-8° raisin de 240 pages avec 212 figures. — Gauthier-Yillars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 9 francs.
- Le traité de M. Marée est intéressant à plus d’un titre. L’un des principaux est qu’il est excessivement condensé. Réunir dans 236 pages, même en se limitantauxcas purement industriels, les principaux enroulements des dynamos à courant continu èt à courants alternatifs, aussi bien génératrices que moteurs, est un travail de réduction qui n’est pas à la portée de tous les auteurs.
- M. Marée y est arrivé avec, assez de succès en employant une forme d’exposition très simple et en usant beaucoup des schémas réduits chers au professeur Arnold. On peut toutefois regretter l’omission de certains enroulements qui, pour ne plus être d’une pratique courante, n’en ont pas moins eu beaucoup de succès dans un passé d’ailleurs peu éloigné, et sont encore utiles à connaître.
- La théorie des enroulements à courant continu est exposée d’une façon simple et claire.
- La partie pratique, confection et isolations de sections, importance des isolants, etc. y est très sérieusement traitée et donne à l’ouvrage de M. Marée une grande valeur technique qu’apprécieront les lecteurs.
- Le^livre est illustré de nombreuses photographies d’une très grande utilité pour un traité de ce genre.
- Le travail de M. Marée sera, en somme, lu avec beaucoup d’intérêt par tous ceux qui, soit étudiant,
- soit ingénieur non spécialisé, s’intéressent à la question capitale des enroulements des dynamos.
- G.-F. Guiebert.
- La radioactivité et la constitution de la matière, par A. Battelli, A. Occhialini, S. Chella, traduit de l’italien par Mme Th. Battelli. — 1 volume in-8° raisin de 36o pages, avec 144 figures. — Gautiiier-Yilears, éditeur, Paris. — Prix : broché, 8 francs.
- En une suite très méthodique, les auteurs exposent les phénomènes de radioactivité connus à ce jour, les théories plus ou moins vérifiées, plus ou moins audacieuses auxquelles les faits ont donné naissance.
- L’exposé, qui débute par des principes et par l’interprétation ionique de la dissociation électrique comporte successivement la description des substances radioactives, de la nature des différents rayons et émanations, des principes chimiques qui les régissent et arrive ensuite aux diverses hypothèses sur la structure de l’atome, la constitution et l’évolution de la matière.
- Le dernier chapitre est consacré à l’explication que donne la théorie électrique dê la matière des divers phénomènes physiques.
- 11 est particulièrement à noter que le chapitre m contient les principaux appareils et procédés employés pour les mesures et les recherches de radioactivité. Ce côté technique, qui fait souvent défaut dans les ouvrages qui paraissent sur la question, sera apprécié par les lecteurs. Tout en étant
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- très complet, le livre n’est pas aride ; les auteurs préviennent d’ailleurs qu’ils en ont retranché tout ce qui ne pouvait avoir intérêt que pour un spécialiste.
- Th. S.
- L’électricité et ses applications, par L. Graetz, traduction française de G. Tardy. — i volume in-8° jésus de 640 pages avec 627 figures. —Masson et Cle éditeurs,Paris. — Prix : cartonné, 12 francs.
- Le livre de M. Graetz est depuis longtemps connu et apprécié en Allemagne, ainsi qu’en témoignent d’ailleurs les t5 éditions successives qui y ont paru. C’est avec plaisir que nous saluons cette traduction en langue française de la i5e édition.
- L’ouvrage de M. Graetz appartient indiscutablement aux livres classiques d’initiation aux « merveilles de [l’électricité » et, comme tel, sa place est tout indiquée dans la bibliothèque du jeune homme aussi bien que dans celle de l’adulte qui désire, en ses moments de loisir, se livrer k une lecture utile en même temps qu’agréable.
- Ce qui distingue nettement ce livre des neuf dixièmes des ouvrages de vulgarisation, c’est qu’il est réellement un solide livre d’instruction qui se suffit à lui-même et qui va au fond dés choses. Sans doute, ainsi que l’indique dans sa préface M. H. Léauté, suit-il à une certaine distance les hypothèses les plus délicates : l’auteur n’y peut parler que brièvement des différentes radiations modernes et, bannissant complètement le calcul mathématique, ne peut-il se permettre dans le chapitre de la télégraphie sans fil, par exemple, qu’un exposé de procédés et d’instruments. Mais ce qui frappe précisément, c’est la grande masse des notions qu’il réussit à exposer à fond en se bornant k des moyens très simples, et sans jamais rendre la lecture difficile.
- Tout d’abord, au lieu de faire briller tout de suite auxyeuxdeson lecteur les applications « amusantes », les résultats illustres : rayonsX, lampes électriques, téléphone, T. S. F., etc., il lui impose la longue et sérieuse initiation qui prend place au début des cours d’électrotechnique destinés aux ingénieurs : ce n’est qu’après avoir fait connaissance avec les lois de Coulomb, d’Ohm, de Joule, de Lenz, etc., et même la théorie de Maxwell, que le lecteur est admis à l’étude des machines, des transports de force, de la traction électrique, de l’électrochimie, et des applications qui parlent plus directement aux yeux et k l’imagination.
- Mais si dans l’exposé des notions abstraites l’auteur a montré une sobriété et une sûreté didactique merveilleuse, il fait preuve, lorsqu’il s’agit de dé- |
- crire des appareils complexes, d’une virtuosité étonnante pour tout faire comprendre simplement. C’est ainsi qu’il arrive comme en se jouant k parler, par exemple, des moteurs k répulsion.
- Le livre est superbement édité et cartonné avec goût. Les points principaux du texte auxquels l’attention doit se porter sont imprimés soit en caractères gras, soit en italiques et peuvent ainsi servir de points de repère pour la révision. Enfin la traduction est faite avec une aisance et une sûreté très remarquables et très rares.
- L’ouvrage est en somme aussi captivant par son exécution matérielle ou son aspect extérieur que par son contenu. L’un et l’autre sont de premier ordre. Th. S.
- Manuel pratique d’électricité industrielle à l’usage des contre-maîtres, monteurs, ouvriers électriciens et mécaniciens s’occupant d’électricité (Deuxième édition), par d. Gruet. — 1 volume in-8° couronne de 422 pages avec 280 figures. — Ch. Béranger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 5 francs.
- Ce volume est divisé en deux parties.
- Dans la première, après avoir posé quelques principes fondamentaux et donné divers calculs simples qui en dérivent, l’auteur décrit, en plusieurs chapitres, les appareils servant k la jjroduction de l’énergie électrique.
- Dans la seconde partie, il est question des différentes applications du courant électrique, telles que les moteurs et les canalisations, l’éclairage et la traction, la télégraphie et la téléphonie avec et sans fil.
- Désirant rendre son livre utile k «toutes les personnes qui n’ont pas reçu une éducation mathématique complète et qui désirent pourtant apprendre l’électricité, non pas seulement pour le plaisir d’apprendre, mais surtout pour s'en servir », M. Gruet le complète par une grande quantité d’exemples et le pourvoit d’illustrations abondantes.
- Qu’il nous soit même permis de remarquer que le nombre de ces dernières est parfois un peu trop élevé. Celte remarque trouve lieu surtout quand il s’agit de la représentation de machines anciennes et surannées.
- Nous louons d’ailleurs l’auteur de son style succinct et clair, ainsi que d’avoir suivi une direction bien nette en veillant k ce que son livre soit k chaque instant « entre le livre savant et le livre inutile », (bien qu’en toute rigueur une telle distinction ne soit pas absolument fondée, car bien des livres « inutiles » sont des livres réellement savants...)
- Th. S.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2° Série), — N°3.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’Éclairage par lampes à arc à courant alternatif.
- PRINCIPE DU RÉGULATEUR
- Dans la lampe construite par les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, on a adopté le principe du réglage différentiel, pour les mêmes raisons que celles invoquées lors de l’étude du foyer à courant continu ('); grâce à ce dispositif, la résistance de l’arc est constante : le voltage aux bornes de la lampe et l’ampérage doivent toujours rester dans un même rapport fixé d’avance, une lois pour toutes, à la mise au point de la lampe.
- On a réalisé ce régulateur, très sensible, grâce à un petit moteur d’induction.
- Cette solution du réglage des lampes à arc par un petit moteur actionnant un treuil est déjà recherchée depuis longtemps. Le petit treuil actionné par le moteur écarte les crayons après l’allumage et les rapproche progressivement pour compenser l’usure.
- Pour les lampes à courant continu, la fragilité d’un petit collecteur offre de sérieux inconvénients, au point de vue industriel. Pourles lam-
- Fig. i. —i Foyer différentiel à motour pour courant alternatif.
- pesa courant alternatif ces inconvénients n’existent pas. En effet, on peut facilement réaliser de petits moteurs d’induction basés les uns sur (*)
- la production de champs tournants, par déphasage d’une partie du flux inducteur, les autres sur la réaction de courants de Foucault, créés dans l'induit mobile, sur ceux produits dans des pièces fixes avoisinantes.
- On a adopté le second mode de production du couple moteur, en raison de sa réalisation constructive plus simple, de la grande facilité de réglage et de mise au point.
- Le schéma ci-contre (fig. i) montre comment sont disposées les pièces, fixes et mobiles, qui sont le siège des courants induits : le flux alternatif, créé dans les pièces polaires A et A' par les enroulements B, B' produit des courants de Foucault dans le disque mobile. Ces courants induits opposent une certaine résistance au passage du flux au travers du disque. Il s’ensuit qu’une notable proportion du flux se dévie vers la masse M en fer feuilleté. Ce flux de fuite engendre lui aussi sur son passage des courants de Foucault dans la pièce fixe F. La réaction des courants induits dans le disque sur ceux produits dans la pièce fixe détermine le mouvement de rotation.
- Il est facile de voir, d’après ce qui précède, qu’il suffit, dès lors, pour modifier le couple moteur, d’éloignerou de rapprocher la masse M des pièces polaires, en réduisant ou en augmentant ainsi le flux de fuite. Si on éloigne suffisamment la masse M du champ magnétique principal, le mouvement de rotation s’arrête rapidement en raison du couple résistant dû à la production de courant dans le disque.
- DESCRIPTION DU I’OYER
- Sous le plateau A, supportant le système régulateur, sont fixés deux guides B et C entretoisés à leur extrémité inférieure par une traverse D eten-tre lesquelles glissent les deux porte-crayons Ë, Ë, respectivement fixés aux extrémités d’une chaîne passant sur la poulie G convenablement montée sur le bâti IL On voit (fig. a) les crayons
- (*) Yoir Lumière Electrique (2e série), l. XII, p. 3ot).
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- RËVUË D'ELECTRICITE
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- fixés dans les porte-crayons par des pinces automatiques à ressort.
- Ces porte-pincgs sont pourvus de nervures qui leur donnent une grande rigidité et les rendent indéformables sous l’action de la chaleur.
- Fig. a. — Foyer, type M.
- L’arbre G' de la poulie G est entraîné par le petit moteur d’induction.
- Les enroulements M1 et M2 constituent les enroulements inducteurs.
- FONCTIONNEMENT
- Pour réaliser avec ce moteur un foyer différentiel, on utilise deux champs inducteurs : l’un produit par un électro en série avec 1 arc, l’autre parun électro en dérivation sur celui-ci.
- Ces champs inducteurs sont disposés de telle sorte qu'ils produisent des rotations de sens inverse, les crayons s’écartant sous l’action de
- l’électro série, et se rapprochant sous celle de l’éleotro shunt.
- Les doux charbons, supposés en contact à l’allumage, laissent passer dans l’électro série un courant assez intense alors quo celui qui traverse l’électro en dérivation est presque nul. Il s’ensuit que le disque se met à tourner en provoquant la formation de l’arc ; dès lors, un certain courant traverse l’électro shunt, engendrant un oouple moteur en sens inverse du premier. Ce couple ralentit la marche du disque jusqu’à ce que l’équilibre s’établisse entre l’action des deux champs. L’usure des charbons augmente la différence de potentiel aux bornes du foyer et diminue, d’autre part, le courant au travers de l’arc ; il s’ensuit que l’action de l’électro shunt devient prépondérante et fait tourner le disque moteur de façon à rapprocher les crayons.
- La mise au point définitive se fait grâce aux masses M.
- La construction de cette lampe est simple, robuste et présente toute sécurité.
- Le mécanisme de réglage est d’une grande sensibilité, son action est souple et douce n'occasionnant pas de pompages ni de bruits qui rendent généralement les lampes à arc à courant alternatif si désagréables lorsqu'elles sont placées à l’intérieur de locaux habités.
- Les causes de frottement, do coincement et de déformation ont été soigneusement éliminées. On a, notamment, employé des tiges nickelées, de façon à permettre un nettoyage plus efficace et plus facile.
- MONTAGE
- On construit en série ces'lampes pour des ampérages de 8 à 20 ampères. La tension aux bornes de chaque lampe est de 28 à32 volts, de sorte que, sur une tension de 110 volts, on peut aisément insérer trois lampes en série avec une résistance additionnelle :
- 3 X 3o -f- 20 = 110.
- La résistance additionnelle à ajouter aux arcs est généralement une résistance non inductive semblable à celles employées pour les circuits d’arcs à courant continu.
- On peut aussi prévoir des résistances inductives lorsque, par exemple, il n’y a q'ue deux hampes à installer sur un circuit de 110 volts. Cette
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- tension se partage en 6o volts aux arcs et 5o dans la ligne et la résistance additionnelle; si Ton prend des résistances ohmiques, la perte sera de ^6oo watts pour des foyers de 12 ampères tandis qu’en employant une résistance inductive la perte se réduit à environ 60 watts,soit 1/10 de la précédente ; toutefois cette disposition entraîne un décalage assez important qui n’est pas toujours admis.
- Dans la plupart des cas il est 'plus avantageux et- plus simple d’utiliser les petits transformai-teursqui sont spécialement étudiés pour les circuits d’arcs. Ces transformateurs ont des rapports de transformation assez différents suivant les cas, par exemple: 220/45,220/60, 220/80, 220/110, iio/45, 110/60, 110/80, etc.,
- Ces transformateurs permettent l’établissement dè, foyers absolument indépendants, ce qui présente dans certaines installations de sérieux avantages.
- Lorsque Ton veut rendre indépendantes les lampes d’une série et éviter à coup sûr toute détérioration des bobines à fil fin des foyers, par excès de courant, on emploie des bobines de self en dérivation aux bornes des foyers. .
- Il s’agit de mettre aux bornes des foyers une bobine qui présente en temps normal une résistance apparenté telle que le courant dérivé , par elle (courant, magnétisant, déwatté) soit négligeable, mais qui, en cas d’accident, laissepasser le courant nécessaire à l’alimentation clés autres foyers de.la:série, tout en n’amenant pas aux bornes du foyer considéré, une tension dangereuse pour les bobines à fil fin. L’emploi de bobines semblables est toujours à recommander quand il y a plus de trois foyers en série.
- Ces bobines de réactance ou de self-induction sont constituées par un enroulement de fil assez gros autour d’un noyau en fer feuilleté. La résistance ohmique de l’enroulement étant négligeable, surtout en temps normal, la résistance apparente de la bobine \/ r2 -j- wa L2 se réduit au terme u L ; or L, coefficient de self-induction, est variable avec Tintensitédu courant. En effet, L croît ou décroît avec le coefficient de perméabilité de la masse de fer de la bobine. Ce coefficient atteint de grandes valeurs quand le courant magnétisant, déwatté, est faible, mais diminue très rapidement quand le courant augmente, saturant ainsi le noyau de fer feuilleté. Ses : valeurs varient de 3 000 en temps normal à 5<io en service comme bobine de sûreté.
- Ainsi donc, en temps normal, le faible courant magnétisant qui traverse la bobine suffit pour créer une résistance apparente assez élevée (3o ohms), de telle sorte que le courant principal passe par l’arc lumineux ; mais si par suite d’un accident à la lampe (lampe à bout de crayons) le circuit principal est interrompu, le courant passe par la dérivation, sature le noyau, diminue la perméabilité et réduit ainsi le coefficient de self de la bobine. La résistance alors s’abaisse à 4 ou 5 ohms, ce qui permet au courant de passer par la bobine sans créer aux bornes du foyer une tension dangereuse pour les bobines shunt.
- On comprend l’avantage que présente ce dispositif qui ne comporte aucun mécanisme.
- Lorsque Ton emploie ces bobines de sûreté, il convient, si Ton veut que les autres lampes de la série continuent à brûler convenablement dans le cas d’extinction de Tune ou de plusieurs lampes, d’utiliser comme résistance additionnelle des résistances non inductives.
- Le courant total est égal au courant normal de la lampe plus 4 à 5 % ; ainsi dans le cas d’un foyer de 10 ampères, le courant total est d’environ 10,4 ampères.
- Quant à la valeur du facteur de puissance elle est :
- 0,98 sans bobines.
- 0,95 avec bobines.
- 0,80 avec une bobine sur trois en service.
- POUVOIR LUMINEUX
- Supposons d’abord qu’il s’agit d’un arc à courant continu.
- Sitôt que les charbons s’écartent, l’arc lumineux jaillit et les deux pointes des électrodesde-viennent incandescentes ; on sait que, quelques instants après la formation de l’arc, on remarque que le crayon relié au pôle positif est considérablement plus brillant que l’autre et que, de plus, ' son extrémité est creusée en cuvette appelée cratère. C’est dans cette cuvette que le charbon est transformé en vapeur.
- . L’intervalle entre les deux pointes incandescentes constitue Tare propremen t dit ; il consiste en une atmosphère de vapeur de charbon qui permette passage du courant d’un pôle à l’autre. Sa couleur est violacée et, de plus, il est traversé par une quantité de particules incandescentes infiniment petites. L’extrémité négative devient
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- plus pointue et est entourée de petits globules de vapeur condensée. On partage généralement
- Aspect des pointes des croyons.
- Fig. 3. — Courant Fig. 4. — Courant
- continu. alternatif,
- la lumière émise par ces trois parties d’après les proportions suivantes :
- 80 à 85 % pour l’extrémité positive.
- A peine 5 % pour l’arc.
- 10 à i5 % pour l’extrémité négative.
- En y regardant de plus près, on trouve encore une plage incandescente jaunâtre, appelée auréole, qui entoure l’arc et les extrémités des crayons.
- Le charbon positif s’use deux fois plus vite que le négatif.
- Une autre observation intéressante qui explique la possibilité de faire jaillir des arcs alternatifs, c’est que, après avoir interrompu le courant, on peut rallumer l’arc, sans que les deux crayons reviennent au contact, tant que la ligne violette reste bien marquée, c’est-à-dire tant que l’atmosphère qui existe entre les deux charbons est encore suffisamment chargée de vapeur de carbone.
- L’extrémité du crayon positif, qui a été portée ' à une température d’environ 4 ooo°, reste incandescente un temps appréciable après l’arrêt du courant, alors que l’arc est éteint et que l’extrémité du crayon négatif est redevenue noire.
- Fig. 5. — Aspect de l’arc produit entre deux électrodes de charbon par du courant continu.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Dans le cas du courant alternatif, le sens du courant change de 80 à 100 fois par seconde, et
- Fig. 6. — Aspect de l’arc produit entre deux électrodes de charbon par du courant alternatif.
- REPARTITION du pouvoir lumineux
- On peut observer aisément sur la photographie ci-jointe (fig. 6) la forme des extrémités des crayons ; la courbe de répartition des pouvoirs lumineux (fig. 7) montre bien que chaque extrémité incandescente donne la même quantité de lumière distribuée de la même façon.
- Il est évident que la répartition de la lumière dépend essentiellement de la forme du réflecteur. Certains de ceux-ci, renvoyant plutêt la lumière vers le bas, conviendront davantage pour des éclairages de réclame ou d’intérieur; tandis que d’autres renvoyant les rayons horizontalement contribueront à rendre l’éclairement plus uniforme dans le cas d’éclairages extérieurs : rues, places publiques, etc.
- Supposons, pour fixer les idées, que nous ayons affaire à un foyer de i5 ampères, ce qui correspond à une consommation de:
- même davantage suivant la périodicité. 11 s’ensuit
- “ ------lu
- i5 X 3o X 0,98 = 440 watts ;
- la courbe « (fig. 7) nous indique la répartition de la lumière sans réflecteur. Prenons comme? répartition réelle avec réflecteur les valeurs indiquées sur la courbe b.
- Dans le premier cas,l’intensité moyenne sphérique J0 =- 535, l’intensité moyenne hémisphéri-, que inférieure I0 = 535.
- Dans le second cas, l’intensité moyenne hémisphérique inférieure I0 = 800.
- Le tableau I nous renseigne sur les diverses valeurs de l’intensité lumincusesuivant toutes les-directions, ainsi que sur les valeurs de l’éclairement horizontal sur une surface d’observation; située à i,5 m. au-dessus du sol.
- La répartition indiquée parla courbe cse rap-’ porte à un arc à feu nu. Celle-ci peut être:modi-i fiée ainsi que nous l’avons dit plus haut par.
- 2.55* 'U
- t$,So rj. 26, fS m
- Fig. 7. — Courbes de répartition de l’intensité lumineuse d’un foyer de i5 ampères : a, sans réflecteur ; b, avec réflecteur;-c, courbe de l'éclairement en lux produit par cé foyer, suspendu è 7 mètres au*-dcssus du plan d’observation.
- qu’au lieu d’avoir un cratère positif et un crayon négatif pointu (fig. 3), les deux charbons ; sont alternativement et successivement positifs et négatifs et que nous obtenons la formation de deux petits cratères lumineux (fig. 4).
- l’emploi de réflecteurs plus ou moins paraboli-i ques. Le globe à son tour, par sa forme et la; nature du verre employé, diffuse dans une certaine mesure la lumière émise par lè foyer. Ces globes absorbent généralement 20 % de la lu-
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- mière ; leur principale raison d’être est de cacher le point d’émission de lumière, dont l’éclat trop intense fatigue l’œil et . éblouit, diminuant ainsi
- portée à une haute température, tandis que, dans le cas du courant alternatif, les deux extrémités étant alternativement chauffées, les déper-
- Tableau I
- HAUTEUR AU-DESSUS DU PLAN D’OBSERVATION
- INTENSITÉ 5 mètres 7 mètres 10 mètres
- bougies Distance à partir du pied de la lampe Eclairement horizontal on lux Distance à partir du pied do la lampo Eclairement horizontal en lux Distance à partir du pied do la lampe Eclairement horizontal en lux
- o° IOO O 4 O 2 0 1
- I()° 175 o,83 6,2 I ,23 3,6 1,75
- ‘20° 3 00 i.8i5 9,8 2,55 5,06 3,65 2,4 s
- 3o° 900 2,88 4 1 1 2 5,75 5,85
- /|()° 1 3oo 4,2.0 2.3 5,85 I 2 cc 0 5,85
- 5o° 1 3oo 6 23 8,35 I 2 11,10 5,85
- 6o° I 200 8,66 5,95 12,10 3,o5 17,3° i,5
- no° 9°° 13,7b 1,44 I9>uo 0,75 27,50 o,36
- 70° 725 i8>7 o,5 26,75 0,25 38,20 0, 1 2 5
- 8o° 9°° 55o 28 0,1 39,2 o,o5 56 0,026
- dans de grandes proportions la sensibilité visuelle de la rétine.
- CONSOMMATION SPÉCIFIQUE
- La consommation spécifique des foyers à courant alternatif est un peu plus élevée que celle des foyers à courant continu. Cette particularité
- Fig. 8. — Courbes des pouvoirs lumineux (a) et des consommations spécifiques (6), en fonction de l’intensité.
- était à prévoir ; en effet, dans le cas du courant continu, l’extrémité positive est continuellement
- ditions de chaleur sont plus importantes. Or, dans la comparaison qui nous occupe, la température est la seule chose qui nous intéresse puisque toutes les autres conditions sont identiques, et c’est uniquement de celle-ci que dépendent l’intensité et le nombre des vibrations lumineuses émises par les points incandescents.
- La consommation spécifique par bougie moyenne hémisphérique inférieure varie de o,5 à o,G watt (fig. 8).
- LES CRAYONS
- Il faut enfin 'que les crayons soient fortement comprimés et parfaitement homogènes; ils doivent rendre un son métallique, présenter une cassure nette montrant une matière fine bien pure.
- En effet, si le charbon est mal comprimé, peu homogène, l’oxygène de l’air attaque plus aisément les pointes qui sc taillent mal. Une notable partie des rayons lumineux est interceptée par ces extrémités mal taillées : en outre, comme il est facile de le comprendre, la durée de combustion en est sensiblement diminuée.
- Si les crayons contiennent trop de cendres, outre qu’ils salissent les lampes et les globes, ils nuisent au bon fonctionnement du foyer par formation et chute de scories ou de croûtes.
- J. R.
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- LA LUMIERE
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La crise des transports qui sévit depuis deux mois menace de se transformer en un désastre industriel. Des marchandises se perdent, d’autres se détériorent, des usines de transformation se ferment; les dommages de toute nature causés par les retards de livraison ou les non-livraisons s’accumulent sans que l’on puisse entrevoir le moment où la crise se dénouera. Son intensité est d’autant plus grande qu’elle coïncide avec l’arrêt de la navigation et le début d’une ère de prospérité économique que tous s’accordent à reconnaître. Interrogez, en effet, tous les industriels : tous, avec la réserve qui sied à notre caractère individualiste et méfiant de son voisin, répondront qu’ils ne peuvent suffire à la demande. L’industrie électrique en particulier profite de ce réveil des affaires : mais elle n’en bénéficie pas. La logique voudrait que les prix s’élèvent puisque l’offre est inférieure à la demande ; c’est le contraire qui s’affirme à l’entière satisfaction de la clientèle, au grand détriment des sociétés de construction. Puis les cours du cuivre sont toujours orientés vers la baisse. La dernière circulaire Merton est bien d’avis que les besoins de l’Europe se sont considérablement accrus (c’est la confirmation de notre remarque précédente), mais les livraisons aux consommateurs des Etats-Unis ont été fort restreintes et les i3ooo tonnes exportées en plus en Europe au cours de 1910 par rapport à 1909 sont en partie compensées par les 10600 tonnes livrées en moins aux États-Unis pendant la même période. On pense aussi que les affrètements énormes faits pour l’ancien continent ne correspondent pas à la demande normale et qu’ils viendront grossir en partie les stocks existants. Si la publication des chiffres des producteurs américains fait ressortir en décembre une nouvelle diminution de 3732 tonnes, il n’en est pas moins vrai que le Standard a subi la dernière semaine une baisse de £ 1,7,6 sur les cours de la semaine précédente ; et c’est une nouvelle raison invoquée par l’acquéreur du matériel électrique pour obtenir de meilleures conditions de prix de concurrents affolés. Dans quelle mesure et dans quel sens la crise des transports influera-t-elle sur l’avenir de l’industrie électrique et sur le relèvement des cours ? On ne peut en déterminer l’étendue, mais on peut en fixer le sens qui sera favorable, car les conclusions qui s’imposent sont une transformation des méthodes de traction et des moyens de manutention. Cette crise est surtout faite de l’inertie de la main-d’œuvre : en diminuant son importance, on
- ELECTRIQUE T. XIII (2* Série). - N 3;
- réduira les chances de coalition tout en améliorant les conditions matérielles. Déjà sur l’Ouest, on parle de pousser activement les travaux des lignes électriques de la banlieue ; le chemin de fer de Ceinture tient son étude toute prête. Le chemin de fer du Nord voudra de son côté profiter des nombreux centres de distribution d’énergie électrique répandus dans la région qu’il dessert pour équiper ses gares, ses voies de garages, ses halles à marchandises, en appareils électriques : cabestans, treuils, ponts roulants, petites locomotives de service, sans préjudice d’une modification radicale de l’éclairage. Pour tout cela, il faut beaucoup d’argent et les conditions économiques actuelles des transports, comme l’augmentation des charges par le relèvement des salaires et la loi des retraites, ne permet guère de compter sur les bénéfices de l’exploitation.
- Les moins prévenus ont déjà parlé d’un relèvement des prix de transport ; mais l’obstacle sera trop dur à franchir. Faudra-t-il donc que toutes les compagnies sans exception fassent de nouveau appel à la garantie d’intérêts ? que loin de rembourser une partie des avances de l’Etat, elles sollicitent son concours dans des limites inconnues jusqu’à ce jour ? C’est évidemment fatal ; c’est la conséquence que ne voient point les gens à courte vue qui se contentent facilement de crier à la cherté de la vie et à la nécessité de donner à tous le minimum de la pièce de cinq francs ! mais c'est l’aboutissement des conventions ; et le public paiera avec docilité au percepteur ce qu’il se refuserait avec indignation de payer aux Compagnies en plus-values de transport. Encore aurait-il dans ce deuxième cas la faculté de changer de classe, d’adopter un tarif moins élevé pour des conditions de transport un peu différentes; dans le premier, il n’aura d’autre alternative que celle de s’acquitter. Certains, bien intentionnés, ont préconisé la prolongation de la durée des concessions : pour faire face à tant de charges, les Compagnies créeraient des séries d’obligations spéciales après avoir obtenu une prolongation de leurs concessions, et ne chargeraient pas leur tableau d’amortissement dans des proportions incompatibles avec leurs bénéfices actuels. L’idée est heureuse : elle mérite plus que d’être émise, mais quel espoir de la réaliser avec la mentalité qui règne dans les milieux parlementaires ?
- L’exemple des chemins de fer du Sud de l’Autriche devrait pourtant instruire les plus ignorants : surchargés par les conditions mêmes de leurs conventions, obligés de relever les salaires des
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- employés et de faire face malgré tout aux dépenses d’amélioration, ils bouclent tous les ans leur budget en déficit, ne distribuent rien à leurs actionnaires depuis dix ans, et sont obligés de modifier l’amortissement de leurs obligations : une augmentation de leurs tarifs de transport que le gouvernement a bien dû concéder pour éviter la faillite n’a encore remédié que bien légèrement à celte situation peu enviable. S’il est vrai qu’en 1914, la garantie de l’Etat ne sera plus acquise à l’Orléans et au Midi de par les conventions, de quoi sera donc menacée l’épargne française ?
- L’Allemagne, nous l’avons signalé plusieurs fois, nous montre la voie dans cette transformation des conditions d’exploitation : ainsi le projet de budget des chemins de fer de l’Etat de Prusse pour 1911 fixe une somme de 33 ^5o 000 francs pour l’électrification d’un certain nombre de lignes. En Italie, le mouvement est donné depuis plusieurs années. Au Mexique, la Compagnie des tramways de Mexico vient d’obtenir une concession relative à la construction de deux grandes lignes électriques, l’une allant de Mexico à Puebla, l’autre de Mexico à Toluca. La première de ces lignes desservant de très importantes localités aura 170 kilomètres de longueur ; la seconde passera par Santa-Fé et aura 58 kilomètres de longueur. Mais pendant les cinq premières années, la Compagnie n’est autorisée à mettre en service que des trains de voyageurs ; trois heures suffiront pour aller de Mexico à Puebla et moins de deux heures de Mexico à Toluca. Les chutes de Necaxa qui appartiennent à la Mexican Light and Power Cy, dans laquelle la Mexico Tramways a des intérêts, fourniront la force motrice nécessaire. On voit que les autorités mexicaines ne craignent pas de confier aux mêmes administrateurs l’exploitation de voies ferrées importantes et de tramways urbains. Il pourra en résulter pour les deux services les meilleurs effets. Chez nous, quand il s’est agi de construire un réseau ferré souterrain qui eût si bien remédié aux encombrements de la capitale en facilitant le transit des marchandises et des voyageurs de gare en gare, on s’est empressé de le confier à d’autres mains et on s’est ingénié à l’empêcher de servir au service de nos grandes compagnies. Qui se plaindrait aujourd’hui d’avoir plus de place dans les voitures du Métropolitain et tout au moins plus d’air ? Qui regretterait de passer de la gare du Nord à la gare de Paris-Lyon sans changer de compartiment ? Quel commerçant se plaindrait de remettre au
- Métropolitain ses marchandises, au lieu de les mener aux gares destinataires.
- Dans nos conceptions, nous ne savons jamais nous dégager des idées étroites qu’inspire une jalousie stupide ou un défaut de vues sur l’avenir, parce que nous ne travaillons que pour nous, jamais pour les générations futures.
- La nouvelle suivante venant de Berlin confirmé mieux que toute autre ce que nous disions de la prospérité de l’industrie électrique. La Société Siemens Schuckert augmentera prochainement son capital en raison de l’extension nécessaire de ses installations, et des besoins de son fonds de roulement qui n’est plus en conformité avec l’importance des commandes reçues et à recevoir. L’augmentation du capital porterait sur une trentaine de milions qui serait fournis, par moitié, par ses commanditaires, la Société Siemens et Halske et la Société d’Electricité à Nuremberg.
- Si nous nous en rapportons d’autre part aux indications de la Bourse, qu’il ne faut pas cependant toujours suivre aveuglément, nous constatons cjue la Compagnie Générale d’Electricité a dépassé le cours de 1 400, que la Thomson-Houston est à 824 venant de 810, que les Ateliers de Jeumont s’inscrivent en hausse à 480, que la maison Bréguet se maintient avec fermeté aux environs de 53o, et que les nouvelles actions de la Compagnie de l’Electricité et du Gaz du Nord n’ont pu être introduites à terme au jour fixé par la Chambre syndicale des agents de change qui a refusé de les coter, en raison du trop grand nombre de demandes. Introduites le 12 au lieu du 11, elles se sont traitées au comptant de 3io-3i8, soit avec une prime de ?5 francs,
- Les Forces Motrices du Rhône marquent une certaine fermeté à 713 francs. On parle d’une augmentation de dividende: les recettes sont en effet supérieures de 200000 francs environ à celles de 1909 et pour une même période de onze mois. Il serait cependant prématuré de le croire, car le conseil convoque les actionnaires en assemblée générale extraordinaire pour le 9 février en vue d’une modification des statuts et surtout d’une augmentation de capital. L’avis de convocation est accompagné d’une circulaire qui invoque la nécessité d’augmenter les moyens de production en dehors de l’usine hydroélectrique actuelle et de son usine à vapeur de secours dont la puissance va dépasser 10000 chevaux. L’usine à vapeur est en effet trop dispendieuse pour pouvoir être utilisée avec profit à un service continu. Il faut maintenant avoir recours à des chutes extérieures
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N» 3.
- que les progrès de la technique permettent d’aménager et d’utiliser dans des conditions avantageuses.
- Depuis la rupture avec la Compagnie du Gaz, un traité a été passé par les Forces Motrices du Rhône avec la Société Grenobloise de Force et Lumière en vue de l’aménagement a frais communs des chutes que possède cette dernière ou de celles que les deux sociétés achèteraient ensemble. Le capital serait porté de à 3o millions par l’émission de io ooo actions nouvelles au taux nominal de 5oo francs, émises avec prime à 625 francs et pour lesquelles un droit de préférence sera réservé aux
- actionnaires. En consultant d’autre part le compte rendu de l’assemblée de la Société Grenobloise, on voit que le manque de moyens de production l’em-péchant de rechercher l’accroissement de sa clientèle, elle a conclu des ententes avec la Société hydroélectrique de la Bridoire et la Société Française des Forces hydrauliques du Rhône pour l’aménagement de nouvelles chutes. L’accord avec les Forces Motrices du Rhône lui assure dans Lyon une clientèle qui lui évitera de développer inutilement son réseau qui faisait souvent double emploi avec celui de sa nouvelle associée.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des Chemins de fer du Nord a passé commande de 5oo wagons plats aux établissements Germain, de Montceau-sur-Sambre.
- La Compagnie des Chemins de fer du Midi vient de commander 5o wagons aux Ateliers de Construction centrale, à Haine-Saint-Pierre.
- Haute-Vienne, — La Société Giros et Loucheur a obtenu la concession d’un réseau de tramways électriques à établir dans le département de la Haute-Vienne. La longueur totale sera d’environ 345 kilomètres et le devis du projet se mdnte à 18 5ooooo francs.
- La station centrale sera installée à Eymoutiers; elle aura une puissance de 2 400 chevaux qui sera portée plus tard à 4 000 chevaux ce qui permettra de fournir la lumière et la force aux communes de la région ne possédant pas l’électricité.
- Les lignes de Limoges à Saint-Mathieu et Roche-chouart et de Limoges à Saint-Junien, soit 110 kilomètres environ, seront probablement livrées à l’exploitation au mois d’avril prochain.
- Pas-de-Calais. — La municipalité de Lié vin a émis nn avis favorable à l’avant-projet concernant la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur le tramway de Lens à Liévin.
- Yar. — M. Oresle Brida a présenté au Conseil municipal de La Turbie un projet de tramways électriques à établir de la frontière monégasque à la place Detras, de La Turbie 5 Roquebrune et Menton et de La Turbie à Nice par la Corniche, le Cold’Eze etles Quatre-Chemins.
- Suisse. — Une concession de quatre-vingts années a
- été accordée à MM. Aubert, Valliore et Simon pour l’établissement d’un chemin de fer électrique de Nyon à la frontière française, par Arzier et Saint-Cergues.
- Allemagne. — Le budget de l’administration des chemins de fer de l’Etat de Prusse prévoit, pour l’année 1911, une dépense de : 27 millions de marks pour l’électrification d’un certain nombre de lignes, 80 millions pour l’achat de 5yo locomotives, de 860 voitures à voyageurs et de 8 080 wagons à marchandises.
- ÉCLAIRAGE
- Allier. — Le Conseil municipal de Gannat a ratifié les conclusions de la commission chargée d’étudier la question de l’électricité. En conséquence le maire est autorisé à traiter avec les concessionnaires éventuels.
- Creuse. — On annonce que le Conseil municipal de Dun-le-Palleteau va examiner prochainement le projet d’éclairage électrique.
- Dordogne. — Le Conseil municipal de Sarlat a reçu une proposition de M. Boras, directeur de l’usine électrique d’Aubas pour l’éclairage électrique de Sarlat. Il a également reçu de M. Chaux, une proposition dans le même, sens, mais dans des conditions beaucoup plus favorables aux intérêts de la ville.
- IIaute-Saone. — L’éclairage électrique va être prochainement installé à Raddon. L’usine sera aménagée dans l’ancien moulin de M. Clovis Bolfy sur Breuchotte.
- Hautes-Pïrènées. — A la dernière séance du Conseil municipal d’Arreau, le maire a rappelé que depuis longtemps déjà le Conseil municipal s’était préoccupé de l’installation d’une usine électrique devant fournir l’éclairage public et privé à Arreau. Le 10 août dernier
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- le conseil étant saisi du projet d’aménagement du moulin Peyrouton-Verdier par M. Leduc, ingénieur électricien à Toulouse. Le maire a donné connaissance au Conseil de l’économie de ce projet. Il'comporte l’installation d’une usine hydro-électrique pour la production de l’énergie nécessaire à l’éclairage public et privé. La dépense totale s’élèverait à la somme de 70 000 francs. Le maire a proposé au Conseil : i° d’agréer M. Leduc en qualité d’ingénieur-conseil ; 3° de mettre [à l’adjudication les travaux faisant l’objet de l’entreprise proposée. Le Conseil à l’unanimité a adopté ces propositions et a également voté un emprunt de 70 000 francs pour la réalisation du projet.
- Haute-Vienne. — La municipalité d’Ambazac vient de nommer une commission de trois membres chargée de s’entendre avec l’ingénieur, auteur de la proposition d’installation de la lumière électrique.
- Loire. — Dans sa séance du 3o décembre dernier, le Conseil municipal de Saint-Etienne a voté la concession de la distribution d’éclairage et de force motrice. La concession, d’une durée de quarante années, a été accordée à la Compagnie Electrique de la Loire.
- Cette Société, fondée en 1892, exploite une distribution d’énergie électrique dans la ville de Saint-Etienne èt dans une trentaine de communes environnantes. Elle alimente notamment 12000 métiers à tisser. Le courant électrique lui est fourni par la Société l’Energie Electrique du Centre principalement au moyen de la grande ligne Dauphiné-Centre à 60 000 volts, qui transporte 1’énerg.ie depuis les Alpes jusque dans le bassin de la Loire et le Roannais.
- j force motrice pour le tramway des Trois-Epis. Le cou-I rant sera fourni par les usines de Rheinfelden. L’usine | de Turcklieim sera conservée comme réserve en cas de besoin.
- Suède. — La Société des chutes d’eau Elfkarleby a proposé au gouvernement la construction d’une station génératrice de 45 000 chevaux aux chutes d’Elfkarleby pour l’éclairage de Stockholm et de plusieurs autres villes. Elle serait livrée à l’exploitation dans le courant de l’année 1915 et son installation coûterait 9 660 000 fr.
- Suisse. — On projette une installation électrique importante à la partie supérieure du Val Bayond (Tessin), tout un groupe de lacs alpins serait capté pour l’obten-1 lion de plusieurs milliers de chevaux-vapeurs.
- Le Conseil communal de Wülflingen a .décidé l’extension de son réseau de distribution correspondant à une dépense de 22 000 francs.
- Italie. — L’exposition prochaine de Turin, alimentée par du courant alternatif de 6 3oo volts, comprendra pour son éclairage i3o lampes à arc Conta à 10 ampères de la Regina-Elektrizitâts-Gesellschaft (anciennement Regina Bogen-Lampen-Fabrik) à Cologne-Sulz, toutes en série dans un seul circuit. Jusqu’à ce jour on n’avait ! guère mis en série plus de 20-3o lampes. Par suite de ! l'économie de cuivre, 1 800 au lieu de 28 877 kilogrammes ! (dans le cas de 3a circuits séparés de quatre lampes). Le coût de l'installation (conducteurs et tableaux de distribution) sera seulement de 7 38o francs au lieu de 1 44 280 francs. Chacune de ces lampes peut être contrôlée sans que les autres soient interrompues.
- Meurthe-et-Moselle. — Le Conseil municipal de Remireinont a décidé de reprendre les pourparlers concernant l’éclairage électrique avec la Compagnie du gaz et avec la Société d’Electricité de Saulxures.
- Puy-de-Dome. — La Compagnie des Forces motrices d’Auvergne,concessionnaire de l’éclairage au gaz, a proposé à ia commune d’Ambert d’installer l’électricité dans la ville. Une commission a été nommée pour étudier cette proposition et rédiger le cahier des charges.
- Rhône. — La municipalité de Bron a chargé le maire dé faire des démarches auprès de la Société des Forces motrices du Rhône pour obtenir à bref délai la distribution de l’énergie électrique à Bron.
- Seine-et-Oise. — Le maire des Mureaux a donné au Conseil municipal lecture du projet d’éclairage électrique présenté par M. Graux. Ce traité a été adopté par la municipalité.
- Alsace-Lorraine. — La centrale électrique de Turc-kheim vient d’être achetée par la Société Oberrheinische ICraftwerke, qui a déjà conclu avec 3a communes de la Haute-Alsace des contrats pour la fourniture de l’énergie électrique i La nouvelle société fournira également la
- DIVERS
- Décret du 29 décembre 1910, concernant la Commission des distributions d’énergie électrique.
- Sont nommés membres de la Commission des distributions d’énergie électrique pour les années 1911-1912.
- MM.
- Président. — Jullien, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Doërr, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Chabèrt, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Résal, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Luneau, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Marion, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Bouvaist, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Ribière, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- De Volontat, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Walckenaër,[ ingénieur en chef des mines.
- Liénard, ingénieur en chef des mines.
- Zacon, inspecteur départemental du travail.
- Berthelot (André), administrateur délégué de ïa Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris.
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-
- 96
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 3.
- Cordier, dirtecteur général de la Société Energie Electrique du Littoral méditerranéen.
- Brylinski, sous-directeur de la Société Le Triphasé.
- Raclet, administrateur délégué de la Société lyonnaise des Forces motrices du Rhône.
- Secrétaire. — M. Monmerqué, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Secrétaires-adjoints rapporteurs. — MM. Blondel, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Ourson, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Oppenheim, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Le Gavrian, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Huet (R.), ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Girousse, ingénieur des télégraphes.
- ,
- ¥ *
- Décret du 9 janvier 1911 concernant, le Comité permanent d’électricité.
- Sont nommés membres du comité permanent d’électricité, pour les années 1911-1912 :
- MM.
- Berthelot (André), administrateur délégué de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris.
- Boutan, directeur de la Compagnie du gaz de Lyon.
- Brachet, directeur du service électrique des Champs-Elysées.
- Brylinski, sous-directeur de la Société Le Triphasé.
- Cordier, directeur général de la Société Energie Electrique du Littoral méditerranéen.
- Equer, administrateur délégué de la Compagnie générale parisienne des tramways.
- Guillain, président du conseil d’administration de la Compagnie française pour l’exploitation des brevets Thomson-Houston. (Vice-Préside/it)
- Harlé, de la maison Sauter-Harlé et Cie.
- Hillairet, ingénieur constructeur.
- Labour, directeur de la Société l’Eclairage Electrique.
- Meyer (Ferdinand), directeur de la Compagnie continentale Edison.
- Pavie, administrateur délégué de la Compagnie générale française de tramways.
- Picou, ingénieur des Arts et manufactures.
- Sartiaux (Albert), ingénieur en chef de l’exploitation de la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Sée (Raymond), président de la commission d’exploitation du Syndicat des usines d’électricité.
- Maringer, conseiller d’Etat, directeur de l'Administration départementale et communale du ministère de l’Intérieur.
- Michaux, membre du comité consultatif de la vicina-lité au ministère de l’Intérieur.
- Lauriol, ingénieur en chef des services généraux d’éclairage de la ville de Paris.
- Bélugou, ingénieur en chef à la direction des services télégraphiques de Paris.
- Maureau, ingénieur en chef des télégraphes.
- Devaux-Charbonnel, ingénieur des télégraphes.
- Le colonel Bertrand, directeur du matériel du génie à Paris.
- Le chef de bataillon Ferrié, attaché à l’établissement central du matériel de télégraphie militaire.
- Le chef d'escadron Cordier, de la section technique de l’artillerie.
- Dabat, directeur de l’hydraulique et des améliorations agricoles au ministère de l’Agriculture.
- Tavernier (René), ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur général de l’hydraulique agricole au ministère de l’Agriculture.
- Troté, ingénieur ordinaire faisant fonctions d’ingénieur en chef des ponts et chaussées, chef du service technique hydraulique au ministère de l’Agriculture.
- De Préaudeau, inspecteur généx’al des ponts et chaussées. (Président)
- Monmerqué, ingénieur des ponts et chaussées. (Secrétaire)
- Weiss, ingénieur en chef des mines.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Anonyme Electrique de Touraine. — Constituée le 2 janvier 1911. — Durée : 41 années. — Capital : i5oooo francs. — Siège social: 2, rue du .Bourg-Saint -Jean, à Blois (Indre-et-Loire).
- Secteur Electrique du Père-Lachaise (Roulland frères et Lecomte), — Capital : 49000 francs. — Siège social : 35, rue de Bagnolet, Paris.
- Compagnie générale. Italienne d’Electricité. — Capital : 1 5oo 000 francs. — Siège social : Milan (Italie).
- La Radio-Electricité. — Durée : 3o ans. — Capital : ia5 000 francs. — Siège social : 4i rue du 4-Septembre, Paris.
- Société Electrique de Berlaimont. — Durée : 3o ans. — Capital: 5oooo francs. — Siège social: Berlaimont (Nord).
- FAILLITES
- Société des Etablissements Cazes, avenue Dubonnet, Courbevoie. — Syndic: Planque, 6, rue de Savoie, Paris.
- De Brandon, ingénieur-constructeur, 11, rue Yauque-lin, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société des Constructions Electriques. — Le 25 janvier, 11, rue Saint-Florentin, à Paris.
- Société Lorraine des Anciens Etablissements de Diétrich et Cie de Lunéville. —Le 28 janvier, 19 rüe Blanche, à Paris.
- Société des Secteurs Biayais réunis. — Le 26 janvier, 17, rue Caudillac, à Bordeaux.
- Paris. — imprimerie levé, rue cassette, 17.
- Le gérant : J.-b. Nouet.
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- Trente-troisldme année. SAMEDI 28 JANVIER 1911. Tome XIII (2« série). — N* . »
- La
- Lumière Électrique
- P-r éeé!demment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 97. — H. Poincaré. Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fil (saiit et fin\, p. 99. — L. Fabre. L’enseignement de l’électricité à l’Institut Polytechnique Rensselaer (New-York), p.104.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Propriétés magnétiques du fer et de ses alliages dans les champs intenses, A. Hadkield et B. Hopkinson, p. 112. — Applications mécaniques. Le calcul des électro-aimants à courant alternatif, J. Liska, p. 112. — Bibliographie, p. 117. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’électricité à l’Exposition de Bruxelles, H. PéciiEirx,. p, ng, __ Stand de la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines à Gaz, p. 120. — Etudes [Economiques, p. 123. —Renseignements commerciaux, p. 125.—Adjudications, p. 128.
- ÉDIT OUIAL
- M. H. Poincaré achève aujourd’hui son examen de diverses questions relatives à la télégraphie sans fil par un appendice qui contient les développements mathématiques nécessaires pour justifier certains calculs. Notre éminent collaborateur trouve ainsi l’occasion de démontrer un théorème analogue à celui de Green, et vérifie les propriétés des fonctions dites « fondamentales » qu’il s’est trouvé amené à considérer.
- Si la lecture du magistral travail qui s’achève ainsi demande une culture mathéma-thique élevée, tous les spécialistes apprécieront l’importançe de la contribution qu’il apporte à la théorie, encore en formation, de la radioélectricité.
- L’enseignement de l'électricité à l’Institut Polytechnique Rensselaer ne comprenait, à son origine, aucune section consacrée à l’électricité industrielle. On n’y trouvera rien à redire si nous ajoutons que cette origine remonte à près d’un siècle... Mais cette grande ancienneté rend d’autant plus intéressante à suivre son évolution. Depuis quelque» années l’une de ses quatre sections est consacrée à l’Electricité; M. L. Fabre s’attache à nous en faire connaître les traits caractéristiques : c’est un document de plus versé au débat de l’enseignement technique et il ne saurait y en avoir trop. _
- Un de nos collaborateurs, spécialiste de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N»4.
- l’étude du magnétisme, a résumé en quelques lignes les résultats les plus saillants qu’ont obtenus récemment MM. Hadfield et Hopkinson, en observant les propriétés magnétiques du fer et de ses alliages dans les champs intenses.
- Ces savants ont étudié particulièrement l’influence du silicium, de l’aluminium, du manganèse.
- Nous reproduisons très largement une étude de M. J. Liska sur le calcul des électro-aimants à courants alternatifs.
- Après avoir rappelé l’expression générale de 'la force portante et ses valeurs particulières dans le cas du courant alternatif simple, du courant continu ou du courant triphasé, l’auteur étudie plus spécialement le cas d’un électro-aimant triphasé.
- Il établit les expressions de la force portante, de l’intensité et du décalage, en tenant compte des fuites et de la résistance ohmique des bobines.
- M. Liska aborde alors le problème de la déterrpination des dimensions d’un électroaimant triphasé, détermine réchauffement,
- le nombre des courses qu’il sera possible de faire effectuer à l’armature par unité de temps et il termine en appliquant cette théorie à un exemple numérique.
- Nous avons publié, en leur temps, des descriptions partielles de quelques stands de Y Exposition de Bruxelles. Mais nous ne pensons pas que cette grande manifestation industi'ielle doive seulement donner lieu à de simples notes enregistrant l’actualité au fur et à mesure qu’elle s’impose. Elle comporte des enseignements qui doivent être mûris.
- C’est dans cet ordre d’idées que nous avons réservé, pour une étude ultérieure approfondie, l’étude de la technique des machines ; tandis qu’on trouvera, actuellement, sous la signature de M. H. Pécheux,une revue rapide et nécessairement très incomplète de tout ce qui ne concerne pas exclusivement les machines.
- Nous y avons joint une série de renseignements particuliers sur le stand de la Compagnie des Compteurs. s
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- 28 Janvier 1911. REVUE D'ÉLËCTRICITE
- SUR DIVERSES QUESTIONS RELATIVES A LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- (Suite et fin) (*).
- APPENDICE
- Je voudrais justifier en quelques mots ce que j’ai dit au sujet des fonctions fondamentales de première et de deuxième sorte dans le problème des ondes hertziennes ; il nous suffira de vérifier qu’en définissant ces fonctions comme je l’ai fait page 38, on retrouve bien des relations fondamentales analogues à :
- J \it\idx — i,
- / v; Y]/, dx = O.
- Je vais commencer par démontrer un théorème analogue à celui de Green.
- Considérons un premier champ G.j où fx,gx, hx représentent le champ électrique, et aq, (î^y, le champ magnétique et un second champ G, où les mêmes quantités sont représentées par /o, g2, /z2, «2, p2, y2- Ces deux champs sont supposés réguliers à l’intérieur d’une surface fermée S.
- Soit do un élément de la surface S et Z, m, n ses cosinus directeurs; considérons la différence des deux intégrales
- L’intégration par parties nous donnera alors :
- J> =fziL^ih*~
- l’intégration étant étendue à tous les éléments dr du volume limité par S. Cela peut s’écrire :
- si les deux champs sont supposés, comme plus haut, proportionnels à e*“(. Il vient donc :
- Jl~ j d~ ^/|TCS/i/'2 -f- — — a2^.
- On trouve de même :
- L —J' d~ -f- — 1 a2a^.
- l m «I r l m n
- ai Pi Yi do — / a2 P2 Y2
- A é’2 h\ J fl gi Ai
- do.
- Le déterminant sous le premier signe J
- représente la surface du parallélogramme construit sur les projections des vecteurs al5 Pi, Yi et f2, g2, h2 sur le plan tangent à la surface S. Si donc les deux champs et C2 étaient identiques, les deux intégrales J, et J2 deviendraient identiques entre elles et identiques à l’intégrale de Poynting.
- (') Voir Lumière Electrique, 7, 14 et 21 janvier 1911.
- D’où :
- J, = J?.
- Ce résultat subsiste-t-il quand les chariips Cj et C2 sont supposés réguliers non plus à l’intérieur, mais à l'extérieur de S. Cela n’est pas évident, puisque nos fonctions ne tendent pas vers zéro quand on s’éloigne indéfiniment. Pour démontrer le théorème, il faut alors faire une digression sur la possibilité de développer les trois composantes d’un champ en séries dépendant des fonctions sphériques. Soient !*, y;, Ç les trois composantes d’un vecteur quelconque, soit P„ un
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N® 4.
- polynôme sphérique quelconque, c’est-à-dire un polynôme homogène de degré n satisfaisant à A P„ = o.
- Posons :
- § = Sæ'P„.R-)-SS îj=SyP(,R-j-2S Ç = 2sP„R + 2S
- #P» , £T (zdVn _ ydP,A j dx V dy dz )\
- d P» , v rp / xd P « zd ,
- W+ \di—~)r
- d P » | v (yd P» -Kd P«\\
- dz V dx dy J]
- R, S et T étant fonctions seulement de
- r = s/*l+y- + 22.
- S
- Nous trouverons :
- d±
- dy
- Saf§ = SP.#-*R + 2»SPB, )
- I« = Ip.[(. + »B + rH. + îS],| W
- ^(|-s)=ÏP-'*(,î + ,,T'
- Mi
- R' et S' sont les dérivées de R et S par rapport à r.
- Uneïonction quelconque peut toujours être réprésentée par une série de la forme :
- ZP„U,„
- où U» est une fonction de /' ; donc, quel que soit le vecteur Ç, yj, Ç, on pourra toujours développer
- v c v d% v !d^ drï\
- sous la forme (2) et (4). Pour en déduire que Ç, y), Ç peuvent être mis sous la forme (1), il suffit d’observer que
- y ,r e Zdl
- y -i,K\
- a# \atj dz
- signifie que le vecteur Ç, y), Ç est tangent à la sphère de centre O ;
- signifie que circulation de ce vecteur à la surface de la sphère est nulle, c’est-à-dire que
- % dx -j- rtdy -1- Ç <£0
- est une différentielle exacte dV, tant que le point jc, y, 2 reste sur la surface de la sphère ; enfin
- Ï3ï = °
- signifie que la convergence du vecteur est nulle, d’où l’on déduit que, à la surface de la sphère, la fonction V ne peut avoir ni maximum, ni minimum ; elle est donc constante, c’est-à-dire que le vecteur est nul.
- Cela posé, les divers termes de(i) correspondent aux diverses solutions particulières envisagées page 69 et suivantes.
- En effet si l’on a :
- f — x P„R -f- S
- d P„
- dx ’
- avec
- ?z Sr
- (n —j— 3) Pt —(— /’R' -|-= o,
- il vient, à un facteur constant près :
- a=
- d P, d P,\ dy d dz y
- ce qui montre que la composante radiale du champ magnétique est nulle. On retombe sur une des solutions particulières de la page 69. Si l’on a, au contraire,
- a = a-PJt + S
- dP_„
- dx ’
- ne peuvent être nuis sans que Ç, rn Ç le soient également. En effet,
- avec
- [n + 3) R + /-R' + ~ = o,
- 2,x% — o
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- il vient à un facteur constant près :
- / S'\ / dPn dP„\
- ce qui montre que la composante radiale du champ électrique est nulle ; on retombe alors sur l’une des solutions particulières de la page 72.
- Ainsi, un champ quelconque peut toujours être développé en série procédant suivant les solutions particulières des pages 69 et 72, et que nous appellerons des solutions simples.
- Cela posé, revenons à notre objet ; l’équation
- J j — J 2
- est-elle encore vraie pour des champs réguliers à l’extérieur de la surface S, quand cette surface est une sphère ?
- Supposons d’abord que les champs Cj et G, correspondent à des solutions simples.
- Supposons que le champ Ct corresponde à une solution de la première espèce (solution de la page 69) ; on aura :
- aj T,
- dP„ dP„\ dy V dz )’
- 4lC«‘w/i =
- dy
- dz
- nx T'j r
- P» -J- [/’T'i -j- [>i -j- 1) TJ
- dP„
- dx ’
- / dgi dhi
- 1 iia \ dz dy
- 1 f «T\ r,(fl+i) T,' rrl, “|
- 7 7"_ 1 1 J’
- d’où ;
- ,(. + ,»T’, ^ (5)
- Si le champ C2 correspond à une solution de même espèce, on aura des formules analogues en remplaçant T, par T, et n par m.
- •Si le champ C, ou le champ C2 correspondent à une solution de l’autre espèce, on pourra encore se servir des mêmes formules, mais en permutant a, (3, y avec 4 ~ f 4 Kg,
- »
- 4 ic h. Cela posé, il est aisé de voir que l’intégrale J, —J2 peut se mettre sous la forme
- ûl
- I
- S du,
- fl étant une fonction de /• seulement, tandis que au contraire est une fonction homogène, de degré zéro, de x, y, z, et ne change pas, par conséquent, quand on s’éloigne de l’origine en suivant un rayon vecteur ; quant à
- c’est l’angle solide sous lequel on voit de l’origine l’élément du de la surface de la sphère ; l’intégration, bien entendu, est étendue à tous les éléments de cette surface.
- Si les deux solutions correspondant aux champ C| et C2 sont de même espèce, on aura
- £
- = r‘‘
- d P„ dy
- — y
- £)(
- dy y dz
- p étant un entier négatif, choisi de telle sorte que S soit homogène de degré zéro, soit
- p = — m — n.
- Si les deux solutions C] et C.2 sont d’espèce différente, on aura
- :v y z
- dPn dP„ dPn
- dx dy dz
- dP m dPm dP m
- dx dy dz
- Le théorème est vrai pour un espace qui ne s’étend pas à l’infini et, en particulier, pour l’espace compris entre deux sphères concentriques ; on aura donc
- (J J - J2)s - (Ji Lis' = °>
- si S et S' sont ces deux sphères concentriques ; en d’autres termes,
- J j — J2 — ûl j Sdiù
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- est indépendante de r. Gela ne peut arriver que si
- Sdoi = o,
- auquel cas on a Jl — J2, et le théorème est démontré, ou si ét = Gonst. Mais qu’est-ce que 01? C’est une combinaison homogène et du second degré des deux fonctions Tl et T2 et de leurs dérivées, dont les coefficients sont des fonctions rationelles de /•. Qu’est-ce que Tj ? G’est une des intégrales de l’équation (5) et, celle qui nous convient, c’est celle qui, pour r très grand, est sensiblement proportionnelle à ,
- Gela posé, considérons un champ G(, jouissant des propriétés suivantes :
- i° A l'extérieur comme à l’intérieur de S, le champ est régulier ;
- 2° Quand on traverse la surface S, la composante tangentielle du champ électrique, comme la composante normale du champ magnétique, est continue ;
- 3° Quand on passe de l’extérieur à l’intérieur, en traversant la surface S, la composante normale du champ électrique, comme la composante tangentielle du champ magnétique, est multipliée par un facteur constant £j.
- Un pareil champ satisfait à la condition :
- e —iur j-k,
- où h est un exposant constant qu’il est inutile de déterminer. Il en sera de même pour T2 ; il en résulte que, pour/-très grand, ét est sensiblement proportionnel à
- g —2
- où l est un exposant constant, di ne peut donc être une constante sans être nul et on a encore
- J, —J2 = o, C. Q. F.D.
- Si le théorème est démontré quand les deux champs G, et C2 sont deux solutions simples, il le sera toujours, puisque nous avons vu qu’un champ quelconque est décom-posable en solutions simples.
- Supposons enfin que S soit une surface quelconque, et soit S' une sphère enveloppant complètement S. Le théorème est vrai pour l’espace compris entre S et S' puisque cet espace ne s’étend pas à l’infini. On a donc
- (J, — j2!s — (L — •LV = °-
- Mais nous venons de voir qu’il est vrai pour la sphère; on a donc
- (J, — J2)s' = o ;
- d’où :
- \
- (J, J2)s = o,
- ce qui exprime que le théorème est général.
- c’est donc une de nos fonctions fondamentales de la première sorte.
- Envisageons ensuite un champ C2, jouissant des propriétés inverses.
- i° Le champ est régulier tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de S;
- 2° Quand on traverse S, la composante tangentielle du champ magnétique, comme la composante normale du champ électrique, est continue ;
- 3° Quand on passe de l’extérieur à l’intérieur, en traversant S, la composante ncfr-male du champ magnétique, de même que la composante tangentielle du champ électrique, est multipliée par un facteur constant e2.
- Nous allons appliquer notre théorème tant au volume intérieur à S qu’à l’espace extérieur; nous formerons nos intégrales et J2 et nous distinguerons par exemple l’intégrale J,® relative au côté extérieur de S et l’intégrale J/ relative au côté intérieur. Noua aurons :
- -I l m n a/ p,*?,* fé g2e h2c
- *-/ l m n a/ p,' r/ fé gï hé
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- «j6 représentant par exemple la première composante du champ magnétique du côté externe et a/ la même composante du côté interne. On observera que les composantes tangentielles des deux champs interviennent seules dans le déterminant
- l m n
- a P Y f g h
- qui figure sous le signe
- /
- donc comme si l’on avait :
- Tout se passe
- d’où
- «d' = £i ai%..., fi1 — £?. fie> ;
- Jd — Sj £2 Jjc.
- Dans l’intégrale J2, au contraire, figurent seulement la composante tangentielle du champ magnétique C2 et celle du champ électrique Cj; tout se passera donc comme si l’on avait :
- ai — «2%....,
- ft‘ = fie,..;
- d’où :
- Jd = J/.
- Mais, en vertu du théorème démontré plus haut,
- choisis de la même façon dans le plan tangent au point M'. On a alors :
- X, = frf a' (<?C [M, M') X' + C (M, M') Y'],
- Y, = J de' X' + St (M,M')¥'].
- (da est l’élément de la surface S dont le centre est en M').
- Ce sont les quatre fonctions 3C, j?, Jlt, 91 qUi définissent le noyau [vide supra, p. 9) et il s’agit de les former. Considérons maintenant l’un des champs C,, c’est-à-dire l’une des fonctions fondamentales de la première sorte ; soient i;,2 et — £d les projections de la force magnétique correspondante sur les deux axes choisis dans le plan tangent au point M. Le vecteur S (J) n’étant autre chose que la composante tangentielle du champ magnétique que l’on a fait tourner de 90°, ses projections sur les mêmes axes seront
- et S,2; on aura d’ailleurs,pour le champ Cj,
- J = S (J),
- étant une constante liée à celle que nous avons appelée e4 par une relation très simple.
- Considérons maintenant le champ C2 (c’est-à-dire nos fonctions fondamentales de la deuxième sorte) et soient %.* et y;*2 les projections de la force électrique correspondante sur les mêmes axes. L’équation
- T i — 1 i j, — ,
- V = J2C.
- On aura donc
- J |c — J./ = Ji‘ = J2‘ = o,
- sauf dans les cas où l’on aurait £t e2 = 1.
- Revenons alors à notre équation de Fred-holm et répétonsleraisonnementdelapage 36. En chaque point M de la surface S et dans le plan tangent, nous choisissons deux axes rectangulaires; nous désignons par X et Y les projections du vecteur J sur ces deux axes, par Xj et celles du vecteur S (J), par X' et Y' celles dù vecteur J' sur les axes
- J
- e
- O
- peut alors s’écrire :
- ’W + &2iQfc2) de — o. (1)
- Elle est vraie toutes les fois que l’on n’a pas
- £1 £, = I.
- Si l’on a £t £2 = 1, nous supposerons que les indices ont été choisis de telle sorte que i = k. Cela suppose qu’il n’y a qu’un seul champ C2 qui corresponde à cette valeur de e2, c’est-à-dire que ).,• est une racine simple
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- de A (X) = o. Il serait aisé de voir ce qu’il y aurait à faire si l’on avait des racines multiples, mais cela m’entraînerait trop loin.
- Nous pouvons alors, en multipliant i*,- ou *ji par un facteur constant convenable, nous arranger de telle façon que
- ffc'ikl + ÇiW)d'= ». '(*)
- L’analogie des formules (i) et (2) avec les formules de la page 38 est évidente. Cherchons donc à mettre les fonctions JC, i?, 311,21 sous la forme suivante :
- , JC (M, M') = 2ai4 EJ (M) yj*1 (M'),
- = (M) V (M'),
- Jlt — 2a,-A Ç,2 (M) yj*1 (M'),
- 91 = 2a,-4 Ç,2 (M) y,*2 (M'),
- d’où l’on tire, en tenant compte de (1) et (2*)
- [JCyji1 (M) + £ y];1 (M) Ç**(M')
- -f Jllr, *(M) Ç*i(M') + 91^ (M)£t2(M')]rf<jrfa'.
- Mais les fonctions Ç satisfaisant à l’équa-'tion
- J = X(S(J),
- on a :
- Ç*-‘ (M) =X* j[JC Ç**(M') + £&(M')] de’
- Ç,,2 (M) =X*y*[Jîl^t(M') 91 ^2(M')] des’
- d’où :
- «U- = kk~l J(£*' Yl>‘ + £*2ïl>2)
- c’est-à-dire :
- ail = X,-1, a//,. ==: o, (i ^ Æ).
- On aura donc :
- JC (M, M') = 2 Xr» Ç,‘(M) V(M'), etc d’où :
- [JC Y] '(Mj-f-JIlYJ 2(M)] flfe
- = 2X4-' f{& r,i* +ç*2 ’Oi2) rf<x = XrV(M')
- et de même :
- J [j? •/li'(M) +-3t rli*(M)]* = XrV(M'),
- ce qui prouve que les fonctions y] sont bien les fonctions fondamentales de la seconde sorte (*).
- H. Poincaré.
- (*) Conférences faites à l’Ecole Supérieure des Postes
- et des Télégraphes, rédigées par M. Giles.
- L’ENSEIGNEMENT DE L’ELECTRICITE A L’INSTITUT POLYTECHNIQUE RENSSELAER (NEW-YORK)
- LE NOUVEL INSTITUT DE MÉCANIQUE ET D’ÉLECTRICITÉ RUSSELL SAGE
- Nous avons vu (') que, en dehors des grandes universités américaines possédant des
- . p) L. Fabre, L’enseignement de l’électricité à l’ins-litut Polytechnique de Worcester (Massachusetts), Lumière Electrique, tome VII (2e série), p. io5.
- sections techniques où la science de l’ingénieur se trouve développée dans tous ses détails, il existe de très importants établissements supérieurs d’enseignement technique, remarquablement outillés et qui sont fréquentés par un très grand nombre d’étudiants répartis comme l’indique le tableau I.
- L’Institut Polytechnique Rensselaer, éta-
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- bli à Troy (N.-Y), compte pour l’un des plus anciens. Il fut en effet fondé en 1824, en vue de l’enseignement des mathématiques, de la physique, de la chimie, de la géologie et de l’histoire naturelle et de leurs applications techniques, industrielles ou agricoles. Durant les onze premières années, cette Ecole s’occupa surtout d’histoire naturelle et délivra des diplômes de bachelier ès arts. En i835, elle confère le titre d’ingénieur civil; en 1849, e^e Prend le titre d’institut Polytechnique et, avec quelques changements de programme, son enseignement
- pratique se trouve, en 1907, développé dans quatre divisions : Génie Civil, Mécanique, Electricité et Histoire Naturelle.
- En plein centre industriel, à proximité des usines, manufactures,hauts fourneaux, minoteries et ateliers les plus importants de New-York, l’Institut occupe huit bâtiments, spécialement outillés pour les besoins de la pratique moderne et de ses nombreux progrès.
- Nous trouvons l’Institut Carnegie qui contient les salles de dessin, d’examen et de cours, l’Institut de chimie Walker avec ses nombreux laboratoires, salles spéciales d’es-
- sais, etc., l’Institut Williams Proudfit, pour les essais de insistance des matériaux techniques ; un bâtiment particulier avec fonderie, forge, atelier mécanique, machines-outils, menuiserie etmodèlerie; l’Hôtel Ranken, siège de l’Association chrétienne des jeunes gens de l’Institut, le dortoir, le gymnase, la maison des anciens élèves.
- Enfin, pour l’enseignement pratique de la mécanique et de l’électricité, l’Institut Rens-selaera inauguré en juin 1909 le très imposant Institut Russell Sage, dû aux libéralités de Mme Russell Sage qui, en souvenir de son
- mari, ancien administrateur de l’Institut, a fait don de 5 millions de francs, en vue de la construction, de l’installation et de l’organisation des splendides laboratoires qui le constituent.
- L’inauguration officielle eut lieu sous la présidence de MM. Palmer Ricketts, président de l’Institut Rensselaer; Robert de Fo-rest, représentant Mme Sage ; Jesse M. Smith, président de la Société américaine des ingénieurs mécaniciens, et L.-B. Stillwell, président de l’Institut américain des ingénieurs électriciens.
- Tableau I. —Statistique de quelques Instituts Techniques Américains.
- Institut Polytechnique de Rensselaer (Troy,N.-V) Ecole Technologique Clarkson (Potsdam) Institut Polytechnique de Brooklyn (N -V.)
- Etudiants diplômés. . ..... 68 . » 71
- 4e année .’ 59 I I 37
- 3e année ; 66 i3 44
- 2« année.. 91 25 55
- iTe année 295 47 36
- Etudiants spéciaux.. ..... . i 3o 1 19 Cours du soi 34i
- Total 609 97
- A-déd. : Elèves comptés 2 fois.
- 64
- ; Total........ 5ig
- Etudiants suivant les cours de perfectionnement sous les auspices de l’Association des Instituteurs de Brooklyn et de l’Institut Polytechnique de Brooklyn.................. 302
- Total.
- 821
- Institut Polytechnique . Woreester (Mass.) Institut Polytechnique Rose (Indiana) Institut Polytechnique Virginia (Blacksburg)
- 18 2 2 2
- 80 48 62
- io5 45 85
- i3i 55 169
- i53 64 13q
- » )) 5
- 488 214 482
- 83 113 i35 245 46
- Academie Scientifique...............
- Classes du soir.....................
- Cours d’été........................
- A déduire .'Elèves comptés 2 fois.
- 622
- 269
- 79«
- 222
- 4«
- Total............... 1 869
- 2 » i s
- 3 ô s
- 3 a
- 186 208
- 187 211 276 5o8
- 1 604
- 189
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- L’Institut Russell Sage (fig. i) construit en briques d’IIavvard, avec chaînages en pierre, mesure 75 mètres de long sur 24 de large, excepté la partie centrale qui, sur une largeur de i5 mètres en façade, possède une profondeur de 3o mètres. L’aile Ouest contient le département de Mécanique Appliquée, l’aile Est celui d’Electrotechnique, tandis que la partie centrale sert à la lois aux deux sections et comporte une salle de cours pour 4oo personnes, une bibliothèque, un musée, une grande salle de dessin, les vestiaires, la-
- levage, de chauffage et de ventilation, aux tachymètres, anémomètres et autres appareils, aux manomètres, indicateurs, thermomètres, aux essais d’huiles, de gaz et de combustibles, aux étalons, pyromètres, thermo-couples, voltmètres, baromètres, hygromètres, hydromètres, etc. Deux autres salles sont destinées aux recherches.
- L’aile Est comporte quatre étages. Le sous-sol contient la station génératrice, salle de dynamos, batterie d’accumulateurs et salle des transformateurs ; un laboratoire électro-
- Fig. 1. — Vue de l'Institut Russell Sage (côté Sud-Ouest.)
- vabos et la salle spéciale où est logée une monumentale machine de 270 tonnes pour l’essai des matériaux de construction.
- Nous ne nous occuperons point ici de l’aile Ouest de cet important institut, affectée spécialement à la mécanique et comportant dans ses cinq étages de nombreux laboratoires parmi lesquels les principaux sont ceux con-cernantles moteurs à vapeur, moteurs hydrauliques, moteurs à combustion interne, machines frigorifiques ; d’autres laboratoires, moins vastes, sont relatifs aux appareils de
- chimique, une chambre noire pour tirage des bleus et autres manipulations photographiques et enfin l’atelier.
- Le laboratoire d’essais électrotechniques (fig. 2) reçoit à la fois en courant continu et en courant alternatif provenant des canalisations de la « Troy Electric Light Company » un total de i5o kilowatts.
- Le courant alternatif biphasé est amené à 2400 volts, 4o périodes et transformé à 220 volts au moyen de six transformateurs souterrains, logés dans une salle voisine de la
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- KEVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- 28 Janvier 1811.
- station génératrice et contrôlés à partir clu tableau principal de distribution, au moyen d’interrupteurs de commande avec relais, le voltage étant maintenu constant au moyen de régulateurs d’induction. Le courant continu est amené sous 55o volts.
- La station génératrice possède deux génératrices de a5 kilowatts, i io volts,à accouplement direct, dont l’une est conduite par une machine à vapeur marine compound et l’autre par une turbine à vapeur Curtiss; deux moteurs synchrones de 25 kilowatts entraînant
- Cette station possède uq. tableau principal (fig. 5) qui contrôle toutes les canalisations de l’Institut Sage et des autrçs bâtiments de l’Institut Rensselaer.
- Cet équipement est complété par une grue mobile électrique de deux tonnes.
- La salle des accumulateurs comprend 66 éléments de 120 ampères-heures chacun et quatre éléments de 4 000 ampères-heures chacun. Ces éléments ont des plaques négatives au chlorure ; les positives sont du type Manchester. Cette batterie est spécialement des-
- des machines à courant continu (no volts) ; deux moteurs-générateurs de 25 kilowatts, courant triphasé, l’un à 60 et l’autre à a5 périodes ; une excitatrice entraînée par un moteur d’induction de 10 kilowatts, avec régulateur Tirrill ; un groupe électrogène de 25 kilowatts consistant en un moteur d’induction réuni à deux génératrices à bas voltage destinées aux essais électrolytiques et aux étalonnages (3 000 ampères sous 8 volts ou 1 5oo ampères sous 16 volts); enfin un redresseur à mercure de 3o ampères.
- tinée aux essais photométriques et à l’étalonnage des instruments.
- Trois salles sont destinées aux essais électrochimiques. Leur équipement comporte un four Héroult de 5o kilowatts ; un four à induction de 10 kilowatts, du type Colby Kjellin, pour expériences d’affinage d’acier et pour la fabrication d’alliages à point de fusion élevé ; un four d’expérience Arsem pour recherches dans le vide et un four Acheson avec électrodes i*efroidies à l’eau pour la fabrication du graphite, du carbure de titane, etc.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série).— M« 4
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- L’installation génératrice est à même de produire, en cas de nécessité, l’énergie électrique sous une forme quelconque pour faire la démonstration des divers procédés techniques employés pour la réduction électrochimique des métaux (cuivre, aluminium, plomb, etc.)
- Les étudiants ont à leur disposition des électrodes de toute nature en charbon et graphite ainsi que les matériaux réfractaires, briques en argile, silice, magnésie, alumine et matériaux chromés pour la construction
- à iio volts, une autre de 5 kilowatts, de la Western Electric, deux de 6 kilowatts Allis Chalmers, un moteur généi’ateur Cro-cker Wheeler pour essais électrolytiques, un alternateur à courant triphasé de 7,5 kilowatts, de la General Electric, un autre de même marque et même puissance, courant biphasé avec excitatrice, enfin deux commutatrices Westinghouse de io kilowatts sous 55o volts. Il y a aussi de nombreux petits moteurs : deux moteurs de traction de 25 chevaux sous 55o volts, montés
- Fig. 3. — Salie des générateurs et moteurs.
- des fours. Ils peuvent ainsi fabriquer divers produits électrochimiques tels que les ferro-alliages et le carbure de calcium.
- Le laboratoire des machines (fig. 3) est affecté aux essais des générateurs et des moteurs. Les machines à essayer peuvent être rapidement mises en place et nivelées ; une grue à main de deux tonnes sert à cet office. Quant au matériel électrique, il est des j>lus variés et, en dehors du petit appareillage de mesures nécessaire aux essais, il comporte une dynamo Edison de 3 kilowatts,
- sur un truck de service interurbain avec roues de friction, volants, freins hydraulique, dynamomètres de traction, freins à air comprimé et freins mécaniques et l’appareillage nécessaire pour effectuer des essais complets; deux moteurs d’induction Westinghouse, type K, de io chevaux, un General Electric, type L, de 7,5 chevaux, un monophasé, même mai*que, de 3 chevaux, un à vitesse variable Lincoln de 7,5 chevaux, un à vitesse variable par couplage des pôles de rElectrodynamic^Gompany, un moteur à en-
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- roulement compound Westinghouse de 7,0 chevaux sous 110 volts, un autre moteur série de 5 chevaux de la General Electric.
- L’atelier destiné aux réparations et constructions d’appareils comprend une série de machines-outils, toutes conduites par des moteurs: un tour IIendey,une machine à fraiser Potter et Johnson, une perceuse Dwight, une raboteuse, une forge à gaz et une grue mobile d’une tonne.
- Le tirage des bleus, plans et dessins se fait à la lumière électrique dans une salle appropriée.
- Dans l’aile Est, au premier étage, nous
- dans les circuits et les câbles) et une vaste salle pour la vérification, l’étalonnage et l’essai des instruments, appareils et matériaux en service dans le service électrotechnique, deux autres salles pour les travaux de recherches.
- Ces laboratoires possèdent des galvanomètres balistiques et apériodiques, des ponts, des piles étalons, des condensateurs, des bobines de résistance et d’induction, des ampèremètres, des voltmètres, des watt-mètres, etc., de sorte qu’on peut entreprendre en même temps de nombreuses manipulations.
- Fig. 4. — Laboratoire de mesures électrotechniqucs.
- trouvons deux salles de cours, deux salles d’examen et les bureaux du service électrotechnique.
- C’est au second étage que sont disposés le laboratoire de mesures électriques (fig. 4), un petit laboratoire pour l’étude des courants alternatifs et à haute tension, une salle pour l’étude des formes ondulatoires et autres phénomènes du courant alternatif (phase, décharge, résonance, conditions initiales
- Citons encore différents types de ponts de Wheatstone, des galvanomètres, des condensateurs, une série complète de résistances étalons de la Reichs ans tait, une balance magnétique Du Bois, des boîtes de conductibilité, des appareils d’essai des câbles, des potentiomètres et des étalons de self-induction.
- Le laboratoire à haute tensiori~contient deux transformateurs statiques de la Ge-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (26 Série). — N» 4.
- neral Electric, de 5 kilowatts, 2200 volts, un autre transformateur à intensité constante de la General Electric avec rhéostat de lampes, deux transformateurs statiques Westinghouse de 1 kilowatt, 2 200 volts et deux autres, du même type, de 10 kilowatts 10 000 volts. Le laboratoire a en plus des bobines d’induction et tous les appareils nécessaires pour les expériences de télégraphie sans fil et de rayons X.
- Au troisième étage, se trouve le grand laboratoire de physique générale (chaleur et son)
- l'ig. 5. — Tableau de distribution ; hcroupes généruteu
- avec une salle spéciale pour l’étude de la lumière. Cette salle communique avec deux autres destinées aux essais photométriques (fig. 6), et au dessin électrotechnique. Il est ainsi possible de mesurer des sources puissantes de lumière au moyen d’un banc photométrique de 42,5om. de longueur. Nous trouvons à cet étage une salle spéciale pour les reçherches physiques.
- Le laboratoire de physique comporte un cathétomètre, une machine à diviser, une horloge astronomique, un chronographe, des
- baromètres-étalons, cinq balances Becker et deux Sartorius, des appareils spéciaux pour les mesures du coefficient d’élasticité, de torsion, d’extension, un calorimètre Barus, un pyromètre Le Chatelier, un spectros-cope Hilger, un de Zeiss, desréseaux plans et concaves Rowland, des polariscopes Schmidt etHaensch, un microscope Zeiss, un refrac-tomètre Abbe, un appareil à interférences Michelson.
- Les salles de photométrie sont pourvues de photomètres de la Reichsanstalt et ont
- rs; nioteurs-yénéraluurs et convertisseurs Je fréquence.
- tous les accessoires utiles pour l’étalonnage et la mesure de l’intensité' moyenne horizontale ou sphérique des lampes à arc, à" incandescence, etc.
- A chaque étage de l’Institut, se trouve une salle de dépôt d’appareils et chacune est reliée avec un monte-charge électrique facilitant ainsi le transport rapide des appareils demandés ou rendus.
- La division électrotechnique, dans ses quatre années de cours,'donne à tout étudiant diplômé une préparation professionnelle et
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- pratique dans toutes les branches spéciales de la science de l’ingénieur. Le programme comporte, en première année, l’étude des mathématiques, de la chimie, du français, de la construction et de l’outillage des chaufferies ; en deuxième année, il aborde l’étude théorique et pratique de la physique, de l’électricité, etc. ; en troisième année les mesures électriques, les dynamos à courant continu, les alternateurs, les transformateurs, la thermodynamique et ses applications aux
- L’Institut Rensselaer confère le diplôme d’ingénieur électricien à tous les étudiants diplômés dans cette division.
- Les frais scolaires pour chaque semestre sont de 5oo francs ; un dépôt de 7S francs doit être fait pour couvrir les frais de bris dans les laboratoires et le diplôme est conféré, moyennant 4° francs payés par l’étudiant avant la présentation de sa thèse de fin d’études.
- Tels sont l’organisation et l'outillage mo-
- chaudières et machines à vapeur, la métallurgie du fer et de l’acier ; en quatrième année, les cours sont très spécialisés : en dehors de la résistance des matériaux, de l’hydraulique, des essais au laboratoire mécanique, du droit industriel, etc, les cours et les travaux pratiques portent sur les tramways électriques, l’éclairage, la téléphonie, la télégraphie, la transmission et la distribution de l’énergie, les stations centrales, l’électrochimie, la théorie électromagnétique et la télégraphie sans fil.
- derne et perfectionné dont dispose l’Institut Rensselaer et les très importants laboratoires qui constituent l’Institut Russell Sage. Il est facile de se rendre compte ainsi comment s’initie l’étudiant à cette vie industrielle qu’il commence déjà dans les Instituts techniques américains, et qu’il poursuit ensuite en connaissance de cause, dans les grands établissements industriels vers lesquels il dirige enfin son activité et ses aptitudes techniques. _ ___
- Léonce Fabre.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Propriétés magnétiques du fer et de ses alliages dans les champs intenses. — A. Had-fieldet B. Hopkinson.— Communies!ion à l’Institution of Electrical Engineers. — The Electrician, g décembre *910.
- Les auteurs ont étudié l’intentisé d’aimantation du fer pur et d’un certain nombre de ses alliages dans des champs compris entre 5 ooo et a5ooogauss. Le tnode opératoire était assez analogue à celui employé jadis par Ewing et Low et connu sous le nom de méthode de l’isthme.
- Les résultats auxquels ils arrivent sont les suivants :
- Le fer pur a une intensité d’aimantation à saturation de i 6iÿ5 (*).
- Pour les aciers contenant du carbone, cette grandeur est diminuée d’un pourcentage égal à 6 fois la teneur en carbone. Si, dans ces conditions, on admet que le fer recuitse comporte comme le mélange de ses constituants (fer pur et carbure de fer), l’intensité d’aimantation à saturation de ce mélange étant une fonction linéaire des pourcentages de scs constituants, on trouve, en remarquant que la proportion de carbure de fer est 15,5 fois la proportion de carbone, que l’intensité d’aimantation à saturation du carbure de fer est environ les deux tiers de celle du fer pur.
- Le silicium se comporte comme un diluant inerte ; cependant, en présence du carbone, il semble diminuer l’action de ce dernier. Ainsi, un acier contenant 2,28 % de silicium et 0,67 % de carbone est 3,6 % moins magnétique que l’acier pur, tandis que si le carbone et le silicium eussent produit leur plein effet, la diminution de l’aimantation eût été de 6,3 *.
- L’aluminium agit comme le silicium, mais son action est encore plus marquée.
- L’action du manganèse est très complexe. Elle dépend de la teneur en carbone et des traitements thermiques.
- Pour des aciers non magnétiques au manganèse, ---
- (’) Weiss a trouvé récemment 1706 pour l’intensité à saturation du fer pur à 19° (N. D. T.).
- les auteurs ont trouvé une perméabilité qui ne différait de l’unité que de quelques centièmes, alors que d’après Ewing et Low cette perméabilité serait constante et égale à 1,4.
- R. J.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Le calcul des électro-aimants à courant alternatif. — J. Liska. — Eletrotechnische Zeitschrift, 29 septembre et 6 octobre 1910.
- L’auteur part de la formule :
- donnant l’énergie développée dans un circuit magnétique, et dans laquelle B désigne l’induction, p, la perméabilité à un. endroit déterminé et x l’espace total sur lequel s’étend le champ magnétique.
- Fig. 1. — Electro-aimant.
- En supposant un circuit magnétique ouvert, dont les parties métalliques sont séparées par un entrefer S (fig. 1) et en évaluant séparément l’énergie engendrée dans le fer W/ et l’énergie engendrée dans l’air W», il obtient l’énergie totale :
- W = W„ + Wr
- 3 étant la longueur de l’entrefer et // celle du fer.
- Or dt — dS.dl, s étant la section et l la longueur du circuit magnétique. D’où :
- W
- =— r r
- 8tcJ0 Jo
- WdS.dl +
- _l r fh
- 8i:p, J « Jo
- B*dS.dl.
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- Appelons Q la force portante de l’électro-aimant; il vient, tous calculs faits :
- d W dl
- —— BSS dynes
- oTU
- = 4,07. B2S. io~
- 8it 9,81 kg.;
- ,B2S.io—5kg.
- ceci dans le cas d’une induction constante. Si le courant, et par suite l’induction, varient sinusoïda-lement en fonction du temps, la force portante instantanée, à l’instant t, sera :
- Q, = -^-.2 B2 sin*(n)i.S,
- 8tc
- B étant l’induction efficace.
- On peut encore écrire :
- Q< — -Î-.B2S (1 — cosawZ),
- c’est-à-dire que la force portante oscille avec une fréquence double de la fréquence du courant autour de la valeur moyenne
- Q — -^-B2S dynes = 4»°7 B2S 10—8 kg.
- 8 it
- Dans le cas du courant triphasé, les inductions instantanées sont respectivement :
- y/2 B sinü)£,
- y/a B sin ^ü)ê---—
- 4u
- /î B sin (lût-----*
- La force portante sera donc :
- sin2w£+sin2^w£—^+sin2^u)ê—
- Q=^2B‘-
- S,
- c’est-à-dire, l’expression entre crochets étant égale 3
- a —,
- Q = —. 3B2S dynes = 18,3 B2.S. 10-8 kg.
- 8iï
- Les valeurs maxima correspondantes sont respectivement :
- Q = a,o35.B2max.S. io-8 kg., dans le cas du courant alternatif simple ;
- Q — 4,07 .B2.S. 10—8 kg., dans le cas du courant continu; et,
- Q = 6,1 .B2.S. 10-8 kg., dans le cas du courant triphasé.
- Ces trois valeurs sont donc entre elles respective-mçnt comme les nombres 1, 2 et 3; en outre, la valeur de la force portante d’un électro-aimant triphasé est constante dans le temps, et le serait dans
- l’espace, c’est-à-dire qu’elle serait indépendante de la position de l’armature, si la force électromotrice E induite dans les bobines était constante ; en effet :
- Bmax —
- E.
- \ln:fnS
- (>)
- f étant la fréquence et h le nombre de spires par phase. Si E était constante et égale à la tension aux bornes P, c’est-à-dire si les bobines n’avaient pas de chute de tension propre; l’induction, et par suite la force portante, seraient les mêmes pour toutes les positions de l’armature.
- On peut représenter schématiquement chaque bobine par un circuit de résistance ohmique /•, et dont la réactance se compose de deux parties : la réactance du circuit magnétique principal xs et la réactance du circuit de fuite x (fig. 2). Soit s l’im-
- r x
- Fig. 2. — Schéma d’un électro-aimant il courant alternatif.
- pédance composée de r et de x, et Z l’impédance totale du circuit. Les positions respectives du courant et de la tension seront données par le diagramme de la figure 3. Lorsque l’entrefer est sensiblement
- Fig. 3. — Diagramme du courant et des tensions.
- nul, on a en négligeant d’autre part la chute de tension, c’est-à-dire en supposant E = P :
- n _ P-108 .
- rnzfn S
- d’où : Q0 = k P2.
- Si l’entrefer n’est pas négligeable, on doit écrire, d’après la relation (1), E étant différent de P :
- v/
- Qi = ÆE2.
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- Or le courant I est donné par les relations E = I xs, )
- D’où
- P _ P î
- Z \//'2 + (# + •»*)* \
- (2)
- X — pour différentes valeurs de l’entrefer S.
- Reprenons l’expression : Q — 6, i B2max S i o—8 kg, et appliquons-la au calcul d’un électro-aimant triphasé. Reprenons également les relations i, 2 et 3.
- et :
- D’où
- Qi _ /fA*
- Qo V/J'
- exprime donc le rapport de la
- diminution de la force portante en fonction de l’entrefer S. Pour obtenir la valeur directe de ce rapport évaluons xs en fonction de 3 ; nous avons :
- ^La quantité \
- -o,/|i:rt2S „ , Iv
- Xs = 27---------------. 10—8 ohms = —. (3)
- 0 5
- D’autre part Z est la résultante géométrique de xs, de x et de r.
- Le courant I s’évaluera alors de même en fonction
- P
- de S à l’aide de la relation : I r=: —.
- Enfin, le cosinus de l’angle de déphasage <p entre I et P sera
- Li
- Mais
- et par suite toutes ces valeurs doivent:
- subir une correction, car il y a lieu de tenir compte de l’épanouissement du flux dans l’entrefer. Si l’on admet que le flux se répartit dans l’entrefer dans toute l’étendue de la section intérieure de la bobine, et que l’on désigne par x' la réactance du circuit de fuite entre le fer et la bobine, la section effective Se sera approximativement égale à
- S'
- x$
- Xs + x'’
- S' étant la section intérieure totale de la bobine. En remplaçant Se par S on obtient une plus grande valeur de Xi, de plus petites valeurs de I et de Q et une plus grande valeur de cos <p. Pour calculer la force portante réelle, il faut en outre multiplier le rapport S
- (W
- par
- La figure 4 donne les calculs de Z
- •(
- et
- G-----
- Fig*. 4. — Courbes indiquées dans le texte, pour f = tyi périodes ; n = a3o; S = 21 centimètres carrés ;?* = o,85 ohm; x = 0,825 ohm ; x' := o,5 ohm.
- . Si nous résolvons ce système de manière à en tirer la valeur du produit «2S, nous obtenons, tous calculs faits, l’équation du second degré :
- a(«2S)2 -J- b(n2S) -|- c = o, (4)
- dans laquelle les coefficients a, b et c ont les valeurs suivantes :
- a — 61,^ f2 Q io~8, b — 15,7 x/’oQ — 19,1 P2, c = Qz232. ni8.
- Les courbes des figures 5 et G représentent les
- Fig. 5. — Variations de la force portante en fonction <le lu section. — i“ trait plein : aimant de la figure 8 (P = n5,5 volts) ; a" trait interrompu : r= a: = o (échelle dix fois plus petite.)
- variations de Q respectivement en fonction de l’une des variables S ou n seulement, l’autre étant supposée constante.
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- En résolvant l’équation (i), on obtient :
- n S = -jzr
- \f ait/’B,
- 'omax
- d’où : n =
- (n2 S) _ («2S)\/ârc/‘B omax c
- “ pTT^ e
- (^S)
- '
- Ayant résolu l’équation (4), on obtiendra donc, grâce à ces dernières relations, les valeurs respectives de n et de S.
- — Variations de la force portante en fonction du nombre de spires (mêmes conditions que pour la figure 5).
- L évaluation de x pourra se faire d’après la méthode indiquée par le professeur Bragstad pour les transformateurs, qui donne la formule :
- f, les valeurs ci-dessus doivent être augmentées ou diminuées dans les rapports suivants :
- Pi f
- Si l’on veut obtenir la même force portante, le rapport— doit rester le même. La résistance par phase doit donc devenir :
- 7-1 = (
- r.
- py ^
- D’autre part, le courant devient :
- «t Pi /
- Les pertes dans le cuivre sont alors :
- et le poids de cuivre :
- s et étant les sections de cuivre correspondantes, si on suppose que la longueur de la spire mojmnne est restée la même.
- x = %nf.'L{nxi!>*). io-8,
- où <f>x est le flux de force par unité de courant, lequel est lié au nombre de spires nx.
- 11 vient, tous calculs faits :
- X — 27C f
- 0,4 %n2 Uk
- XC +
- ou ls est la longueur de la bobine, k un facteur numérique, X l’espace d’air entre la bobine et le noyau, C la longueur de la circonférence moyenne mesurée à
- la distance - , X4 l’épaisseur de la bobine et G, la lon-
- gueur de la circonférence mesurée à la distance
- X,
- 4
- du bord intérieur de la bobine.
- La détermination des composantes wattée et déwattée du courant à vide peut se faire comme pour les transformateurs.
- Si l’on veut bobiner un noyau déterminé de manière à obtenir la même induction pour une tension P, et une fréquence /\ que pour la tension P et la fréquence
- L’énergie utile par volt-ampère, c’est-à-dire le rap-
- Fjg, tjt — Epanouissement en forme de coin d un aimant.
- OS
- p0rt ne dépend que de la fréquence ;en effet, dans .'évaluation de ce rapport,toutes les autres quantités
- QS 2,43
- s’éliminent et il vient, tous calculs faits:— = -j—
- Si l’on veut être plus rigoureux et tenir compte
- QS 2,43
- de l’impédance z, il faut ecnre : — =
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2» Série). — N» 4.
- La forme en coin (fig. 7) n’offre, pour un électroaimant à courant alternatif, aucun avantage ; en effet
- S.
- la surface portante devient S' = —------et l’induction
- sin a,
- B'.rrr B sin a, si on suppose que le flux total est le même dans les deux cas. La force portante normale à la surface S' sera donc
- Q" = Q sin a,
- et la composante dans le sens du mouvement Q' = Q"sina = Qsin2a.
- D'autre part, l’entrefer devenant 0' = S sin a et la surface S' =
- , le courant devient I' = I sin2 a.
- L’expression
- Q'S
- Pl7
- Q S sin2 a OS ,
- —-—r-= ttt ne change P 1 sin2 « PI 8
- On peut alors en déduire D, c’est-à-dire le nombre maximum dë courses H admissible par unité de temps.
- EXEMPLE NUMÉRIQUE
- Pour terminer, l’auteur indique les résultats obtenus en appliquant ces diverses formules à un électro-aimant triphasé, du type représenté par la figure 8, et dont les constantes et dimensions principales étaient les suivantes : tension normale aux bornes : 200 volts, réduite aux essais à 110 volts, soit, par phase, les bobines étant montées en étoile :
- V = = 63,7 volts,
- . ^
- f— 42 périodes; S = 5 cm. ; n — 23o; distance entre la boîte de protection en fonte et les
- Fig. 8. — Dimensions d’un électro-aimant triphasé élevant de 5 centimètres une charge de 3o kilogrammes
- (P = n5,5 volts; f = 4.2 périodes).
- Au point de vue de la surélévation de température, si l’on désigne par Dla durée totale d’une période de travail); a la durée de la course de l’armature ; V les pertes correspondant à cette course ; p les pertes que l’enroulement peut supporter en permanence, sans que la température dépasse la valeur limite admise, on doit avoir la relation : D v — a V.
- Le nombre des courses par unité de temps est
- p peut être déterminé au moyen d’un essai effectué avec du courant continu, en montant les trois bobines en série et en prenant la température par la mesure des variations de la résistance; a et V peuvent être de même trouvés expérimentalement.
- bobines, 10 millimètres; épaissseur des parois de cette boîte, 5 millimètres; s — 1,77 millimètre carré (diamètre du fil, i,5 millimètre); longueur de la spire moyenne, l — 32,3 centimètres; distance entre le noyau et la bobine dans le sens de la largeur, V = o,5 centimètre; distance entre le noyau et la bobine dans le sens transversal, V = 1,25 centimètre (voir fig. 8).
- La surface totale de l’espace libre entre la bobine et le noyau était donc c — 18 cm2. D’autre part, G = 29,14 cm.
- Le facteur k pouvait être pris égal à l’unité. Le calcul donna donc les résultats suivants :
- In (i-|-o,oo4f) 32,3X23o (14-0,004X7)
- s 5 700 1,77 5 700
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- Une mesure effectuée avec du courant continu donna /’ = 0,725 ohm. o,4rc«2
- x — nzf
- kL
- 42.o,4'7C23o f 2 'I
- -----------I i8-|-j.®9,14 io~8 = o,82.5ohm,
- , 0,47: i.'So'
- x* = 21T 42----—-----X 18 X io~8 = 0,4 ohm,
- 1.8
- B
- P. io8
- 0 mai
- 63,7 X io8
- 4,44/nS 4,44 X 4aX a3o X 21
- Qo == 6,1. Bo2max S. IO 8,
- — 1100,
- = 6,1X7100 X 21 x 1 o 8 = 64,7 kg. „o,4x«aS
- Xi — iKf-------X 10-8
- __ 7,85 X 42 X a3o X 21 X m-8___________3,67
- kg, Amp.
- Fig. 9. — Force portante, courant et cos <p de l’électro-ai-mnnt (fig. 8) (P =63,7 volts). —Trait plein, courbe calculée ; trait interrompu, valeurs relevées expérimentalement.
- . se
- Mais: xgk = xg — ;
- U
- Or : S„ =
- Xi -f- x'
- = 4 o x
- Xj
- xg -{- o,4‘
- et
- / \ ^
- La figure 4 donne les valeurs .rw, Z, ( — J
- /xtky s ' J '
- I -g J X g-, et la figure 9 celles de :
- P /
- de I = —, et deeoscp = —, calculées et relevées aux
- Li h
- essais, en fonction de l’entrefer S.
- Ici, t>est égal à 59,5 watts pour une surélévation de température de 68°,7 C. ; d’où, pour une surélévation de 6o° C., seulement 59, 5 X
- 60
- 68,7
- 52 watts.
- Pour une charge utile de 3o kilogrammes, le ppids de l’armature étant, d’autre part, de 1 o kilogranunes, a =o,3 seconde environ.
- Le courant maximum relevé aux essais étant de 3o ampères, l’intensité maxima à 200 volts était de 200
- 3o X-----= 54,5 ampères,
- d’où : et D :
- 110
- t> = 3/’I2 = 2 666 watts, a Y o,3 X 2 666 V 52
- i5,4 seconde.
- Par conséquent : H = —-— = 3,9 courses par mi-
- I J j
- nute, en supposant que le courant soit coupé immédiatement à la fin de la course de l’armature.
- Mais si l’on relève par la méthode des résistances la surélévation de température du cuivre, lorsque l’armature reste maintenue, celle-ci est de 38° C. La surélévation de température pendant le mouvement ne doitdoncpas, dans ce cas, dépasser 60 — 38 = 22° G.,
- 22
- ce qui conduit à : V = 52 — = 19 watts.
- D’où :H = 3,9 i,43.
- En pratique, H pourra donc varier selon les cas entre 1,43 et 3,9 courses par minute. J. L.-M.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Cours de mécanique rationnelle et èxpéri-mentale, par H. Bouasse, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse. — 1 volume in-8° raisin de 692'pages, avec 429 figures. — Ch. Delxgrave, éditeur, Paris.— Prix : broché, 20 francs.
- M. Bouasse, en écrivant ce volume, n’apas cherché uniquement à faire œuvre didactique ; il lui a donné
- l’allure d’un véritable manifeste,—on dirait même d’un véritable pamphlet, n’étaient ses 700 pages.
- Si les opinions qu’émet M. H. Bouasse sur l’enseignement officiel de la mécanique en France sont entièrement dépourvues d’indulgence, elles sont bien loin cependant de tomber dans le vide, et plus d’une oreille attentive les recueillera.
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- L’enseignement de la mécanique traverse évidemment une crise ; on ne peut nier au moins l’existence d’un malaise; de grands esprits l’ont affirmé et souvent justifié. Le reproche général qu’on fait aujourd’hui à notre enseignement supérieur, c’est celui d’être beaucoup trop théorique : ce reproche,c’est surtout aux cours de mécanique rationnelle qu’on le fait, et, il faut bien le dire, un peu de tous les côtés.
- Souvent, pour le professeur, un problème de mécanique n’est qu’un prétexte à écrire et à discuter des équations. Ces équations une fois écrites, il tourne résolurent le dos à la réalité et algébrise à perte de vue. Le problème de mécanique n’est souvent qu’un prétexte it algèbre :
- « Généralement, dit M. H. Bouasse dans sa préface, un gyroscope se promène sur un hyperboloïde, qui glisse sur un tore, lequel est astreint à rouler et à pirouetter sur un hélicoïde... » ; et les jeunes gens qui résolvent ce problème en sept heures, comme qui plaisante, seraient pourtant fort embarrassés si on les mettait en présence d’une machine d’Atwood.
- Dans cet énoncé caricatural, il est difficile de ne pas reconnaître quelques traits de ressemblance véritable. Qui se douterait, à entendre certains cours, que la mécanique est essentiellement une science expérimentale ? Et combien d’élèves sortent de ces cours en ayant réellement acquis ce sens indispensable à l’ingénieur : le sens de la mécanique ?
- Nous avons entendu dire par un homme éminent qui est un maître en mécanique rationnelle : « A partir du moment où l’élève aborde les équations de Lagrange, il est perdu. » Il ne nous semble pas que ceci constitue une condamnation des équations de Lagrange, mais bien de l’esprit suivant lequel on les enseigne presque toujours. Or, M. Bouasse écrit ceci :
- « L’enseignement supérieur en mécanique ne consiste pas à s’atteler aux équations de Lagrange et à les traîner, en suant, tout le long d’un volume... »
- Et voici également ce qu’a écrit un homme qualifié entre tous pour émettre une opinion sur ce problème d’enseignement : « Les Anglais enseignent la mécanique comme une science expérimentale ; sur le continent, on l’expose toujours plus ou moins comme une science déductive et a priori. Ce sont les Anglais qui ont raison, cela va sans dire » (’). (*)
- (*) H. Poincaré. La Science et l'Hypothèse, p. no.
- Et ailleurs le même auteur ajoute, prévoyant de quels dangers cet état d’esprit de certains professeurs vient compliquer l’autre crise que subit actuellement la mécanique, menacée dans ses principes mêmes par une mécanique nouvelle qui a de hardis défenseurs :
- D’où viennent ces erreurs ?
- M. Bouasse, l’explique en quelques phrases sévères :
- « Une des formes du gâchis où la France est enlisée est l’incapacité de faire le métier pourquoi on est payé, et la prétention d’en remontrer au voisin sur le métier qu’on ignore... »
- « Si l’on n’y prend garde, d’ici vingt ans il n’existera plus d’enseignement supérieur français...»
- Et maintenant, compulsons les parties techniques du traité de M. Bouasse :
- Sitôt que les préliminaires géométriques indispensables sont établis, voici les galets de roulement, le différentiel d’automobile, le train Renard, les embrayages.
- Cette simple énumération est éloquente si on la compare avec ce qu’on. trouve dans tant d’autres traités. L’auteur a eu la volonté d’être pratique et de prêcher par l’exemple, ce qui est la bonne manière.
- Cependant, au point de vue de l’efficacité qu’il peut avoir, le livre de M. Bouasse présente ce défaut : c'est un gros livre. Nous souhaitons, et c’est par là > qu’il convient de terminer, que M. Bouasse trouve le loisir de reproduire, dans le cadre d’un ouvrage de format moyen, les grandes lignes du très beau monument qu’il vient d’élever à la mécanique rationnelle et expérimentale. Si ce vœu se réalise, l’on peut, croyons-nous, prédire qu’un succès unanime le consacrera : tout le mondeaujourd’hui ignore la mécanique et tout le monde a besoin de la savoir ; mais c’est le temps qui manque pour la rapprendre à tous ceux qui sont censés l’avoir apprise dans leurs années d’étude. Un gros traité peut les éloigner; mais qu’on leur donne un précis, un livre court et plein d’idées : le succès qui l’attend n’est point douteux. M. G.
- « Supposons que, d’ici quelques années, ces théories subissent de nouvelles épreuves et qu’elles en triomphent ; notre enseignement secondaire courra alors un grand danger : quelques professeurs voudront, sans doute, faire une place aux nouvelles théories. Les nouveautés sont si attrayantes, et il est si dur de ne pas sembler assez avancé ! Au moins, on voudra ouvrir aux enfants des aperçus et, avant de leur enseigner la mécanique ordinaire, on les avertira qu’elle a fait son temps et qu'elle était bonne tout au plus pour cette vieille ganache de Laplace. Et alors ils neprendront pas l’habitude de la mécanique ordinaire.
- Est-il bon de les avertir qu’elle n’est qu’approchée ? Oui, mais plus tard, quand ils s’en seront pénétrés jusqu’aux moelles, quand ils auront pris le pli de ne penser que par elle, quand ils ne risqueront plus de la désapprendre, alors on pourra, sans inconvénient, leur en montrer les limites.
- C’est avec la mécanique ordinaire qu’ils doivent vivre ; c’est la seule qu’ils auront jamais à appliquer. » (H. Poincaré, Science et Méthode, p. 271.)
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- JL’électricité à l’Expositioa de Bruxelles (1910).
- L’étude d’ensemble qui suit, sans être complète, donnera néanmoins une idée précise des différentes applications de l’électricité que l’on pouvait rencontrer à l'Exposition. Nous retiendrons principalement les suivantes : appareils de mesure, éclairage, traction, usines centrales (centres de distribution de l’énergie à l’exposition), télégraphie sans fil, électrométallurgie (1).
- I. — Appareils de mesure.
- En dehors des appareils de mesure connus déjà, il y avait lieu de citer : des compteurs Fer-raris, à champ tournant, sur le tableau de distribution de la Station Belge dont nous parlerons dans la suite et au groupe Brown-Boveri, de Baden; un galvanomètre à cadre mobile du type Ducretet et Roger ; un radioactivimètre de Fabre (mesure delà radioactivité des eaux minérales) ; un poste microphonique haut-parleur de Gaillard et Ducretet ; un wattmètre triphasé JVleylan-d’Arsonval au groupe des Ateliers de Jeumont (Station Française).
- L’Exposition anglaise de « The Cambridge Scientilic Instrument » présentait des appareils intéressants.
- Un oscillographe de Duddell, dont la plus courte période de vibration ne dépasse pas------
- IOOOO
- de seconde (haute fréquence, circuits téléphoniques) ; cet appareil est tout à fait précis pour la fréquence 3oo. Les vibrateurs, avec miroirs attachés, sont fixés côte à côte dans une pièce de laiton à bain d’huile, entre les faces polaires d’un électro-aimant excité sous aoo volts : une lentille de 5o centimètres de distance focale est
- (') La question des machines fera l’objet d’un article spécial, très documenté, qui paraîtra prochainement.
- Pour le développement de certains points particuliers, nous renverrons le lecteur à d’autres articles déjà parus ou qui paraîtront dans celte Revue. (N. D. L. R.)
- fixée dans le bain d’huile, devant les miroirs ; on a incliné légèrement la lentille pour annuler le trouble produit par les réflexions sur sa propre surface.
- La distance normale des miroirs des vibrateurs à la plaque photographique est de 5o centimètres, on obtient une déviation de 4 centimètres, de part et d’autre du o de l’échelle mise à la place de la plaque photographique, par un courant de o,o5 ampère dans les vibrateurs.
- Dans le galvanomètre à corde d'Einthoven (de Leyde), la bobine mobile est réduite à une simple corde C tendue dans l’étroit espace laissé entre les faces polaii’es NS d’un électro puissant (fig\ i).
- Fig-, i.
- Cette corde est en quartz argenté ou en métal. L’instrument est très sensible, apériodique, à courte période, sans self ni capacité ; il sert à enregistrer des courants alternatifs, ou périodiques de très petite amplitude. Pour cela, un microscope MM est logé dans un trou des faces polaires ; quand un courant passe en C, le miroir se déplace dans le sens a et on observe le déplacement.
- Avec une fibre de quartz de q,oo3 anm., et une résistance de 8,72 w, on a une période de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 0,004 seconde et une déviation de 6,1 millimètres par micro-ampère.
- Le thermo-galvanomètre. de Duddell sert à mesurer les courants alternatifs de haute fréquence ; le courant à mesurer passe dans une résistance qui s’échauffe, au-dessus de laquelle se trouve un petit thermocouple qui ferme le circuit d’une bobine disposée entre les laces polaires d’un électro et constituée par un tour de fil seulement, suspendu à une libre de quartz. Cet appareil, sans self ni capacité, convient à n’importe quelle fréquence (plusieurs milliers par seconde), et mesure des courants de ïo microampères.
- Avec une résistance de 1 000 ohms, on obtient uq,e déviation de 10 mm., avec 22 microampères, ou 22 millivolts. ,
- Il existe un ampèremètre thermique du même modèle.
- Le potentiomètre thermoélectrique, construit spécialement pour les thermocouples, donne avec précision les différences de potentiel de 3o millivolts au plus, à 1 microvolt près.
- On y obtient une chute de 1 volt par E>o ohms de résistance du circuit.
- On remarquait encore des pyromètres : à résistance de platine (type Callendar) ; à radiation de Féry (type connu); à spirale de Féry, thermo-électriques (Pt, Pt-Rh;Pt,Pt-lr; Cu, Constantan); des bobines de résistance en manganin, enfermées dans l’huile, à coefficient de température négligeable, à enroulement non-inductif.
- [A suivre.)
- H. Pécheux,
- Docteur ès sciences,
- Professeur à Ecole d’Arts et Métiers d’Aix.
- Stand de la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines à Gaz
- La Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matéirel d’Usines à Gaz avait exposé un grand choix d’appareils de mesures et de compteurs d’électricité dont on trouvera ci-dessous une description succincte.
- I. — Appareils de mesure.
- Parmi les appareils qui étaient exposés, les ups sont d’usage courant sur les tableaux de distribution des stations centrales (ampèremètres, voltmètres, wattmètres), soit’ à courant con-
- tinu, soit à courant alternatif. D’autres sont destinés à des mesures plus précises, à la vérification des appareils installés, aux mesures de laboratoire, etc. : boîtes de vérification à courant continu (A) ; boîtes de vérification à courant alternatif (B) ; appareils enregistreurs (fig. 3).
- Une troisième catégorie comprenait des appareils destinés à des mesures spéciales; tels sont l’ohmmètre à magnéto, l’appareil pour la mesure des joints de rails, l’ondographe Hospitalier, le pyromètre Féry : ces trois premiers appareils étant placés dans la vitrine, le quatrième étant en C sur la tablette placée en avant du tableau et à gauche. Nous citerons encore le fréquencemètre à lecture directe (D).
- Appareils de tableaux.
- Ces appareils sont du système Meylan-d’Ar-sonval.
- Les voltmètres et ampèremètres à courant continu contiennent un cadre amortisseur excentrique, très léger, en cuivre bobiné avec du fil isolé et dont un des côtés seulement se déplace dans le champ d’un puissant aimant à un seul entrefer très étroit (2 millimètres environ).
- Les ampèremètres sont à shunt intérieur ou extérieur. Ces derniers ont leurs shunts interchangeables. Tous les shunts ont une différence de potentiel maximum suffisamment élevée (0,1 o volt) pour rendre pratiquement négligeables
- 1
- Fig. i. — Voltmètre thermique.
- les forces thermo-électriques et les résistances de contact.
- Les voltmètres et ampèremètres pour courant alternatif sont pourvus d’un amortisseur simplement constitué par un volet métallique fixé sur
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- l’axe de la bobine fixe, à l’opposé de l’aiguille et se déplaçant avec un faible jeu à l’intérieur d’une boîte fermée ; l’attraction du noyau par la bobine est contrebalancée par un poids.
- Dans le voltmètre thermique pour courants alternatifs, on mesure la différence de flèche que prend un fil spécial, très résistant, fixé en deux points. Ce fil est entouré par une boudinette parcourue par le courant et se trouve ainsi dans une atmosphère chaude, ce qui diminue ra dépense en ampères. Les mouvements du fil sont transmis à l’axe de l’aiguille 1 (fig. a) par le brin m s’enroulant sur la poulie P3, le fil étant toujours
- i
- Fig. a. — Ampèremètre thermique.
- maintenu par l’action du ressort r agissant sur une deuxième poulie P au moyen d’un fil de transmission S. L’invariabilité du zéro est assurée par le fait que le coefficient de dilatatioji du bâti qui porte tout l’appareil est sensiblement le môme que celui du fil. Ce système thermique assure,avec une consommation réduite (io à 15 centièmes d’ampères), une grande robustesse.
- Dansles ampèremètres (fig.3),on emploie % fils f„ fufxt A» reliés én parallèle, le courant entrant par le milieu des fils au moyen d’une lame flexible C ; chacun des fils forme un système à flèche dont les mouvements inverses se transmettent à un levier L relié par un brin m à une poulie comme dans les voltmètres. Le ressort antagoniste est disposé de la même manière et on a employé les mêmes procédés pour obtenir l’invariabilité du zéro et pour le rattraper.
- Le fil est un alliage relativement peu résistant ayant un coefficient de température négligeable.
- Le fréquencemètre (D) est une balance électromagnétique composée de deux bobines attirant deux noyaux de fer solidaires d’une même aiguille et mises en série l’une avec une résistance ohmiqueetl’autre avec une self-induction.
- Aux faibles fréquences, le courant du circuit
- inductif, important, a une action prépondérante sur l’équipage mobile, mais plus la fréquence est grande, plus faible est le courant du circuit avec self et plus grand celui du circuit sans self. Il s’établit donc une balance pour chaque fréquence dans la position des noyaux et par suite de l’aiguille. j
- Les wattmètres à shunt et d’induction exposés étaient munis du nouveau dispositif de remontage automatique constitué par un petit moteur branché sous la tension et ayant comme couple antagoniste lé couple du ressort de l’horloge. La dépense de ces moteurs est, dans le cas du courant continu, 1,4 watt par ioo volts et, dans le cas du courant alternatif, r watt par ioo volts.
- IL — Compteurs d’électricité.
- Les compteurs qui étaient exposés sont ou bien applicables également .au courant continu et au courant alternatif (compteurs B) (H) ; ou bien destinés exclusivement soit au courant continu (compteurs O'K) (I), soit au courant alternatif (compteurs A C T III) (J).
- Les compteurs B (II) sontdes compteurs moteurs watt-heure-mètres; des inducteurs fixes, parcourus par le courant de consommation, réagissent sur un induit en forme de disque, portant des bobines plates parcourues par un courant proportionnel à la tension, d’où un couple moteur proportionnel aux watts dépensés dans l’installation.
- Les compteurs O' K (I) sont des compteurs moteurs ampère-heure-mètres: le courant de consommation passe dans une résistance aux bornes de laquelle est branché un induit mobile, placé dans le champ d’un aimant permanent, ne portant aucun dispositif de freinage et effectuant ainsi dans un temps donné un nombre de révolutions proportionnel aux ampères-heures consommés dans le même temps.
- Les compteurs à double tarif (K, L) portent un double système de totalisateurs et une horloge fait, aux heures choisies pour le changement de tarif, transmettre l’enregistrement des révolutions du disque de l’un des systèmes totalisateurs au deuxième.
- Dans les compteurs à dépassement (M) jon adjoint au système amortisseur par courants’de Foucault (couple amortisseur proportionnel à la vitesse) un deuxième système amortisseur régla-
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- Fig. 3/— Yue du stand de la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines à Gaz.
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- ble (couple amortisseur indépendantde la vitesse de rotation du système mobile) dû au travail d’hystérésis produit par la rotation d’un cylindre de niçkel entre les pôles d’un aimant permanent.
- Dans les compteurs à prépaiement, système Berland1 (N), la fermeture du circuit de consommation ne peut être effectuée que s’il reste une certaine somme au crédit du consommateur.
- Les compteurs pour tramways (P) sont des compteurs O'K munis d’un système de suspension breveté qui permet au compteur de fonctionner régulièrement, sans étincelles aux balais même quand le compteur est soumis aux fortes trépidations qui' se produisent sur les motrices de tramways, i
- Le compteur O'K étalon,de construction particulièrement soignée,offre une grande sensibilité. Un système de plots et de fiches permet de suivre progressivement tous les voltages de no à 7Ôo volts. Lrappareil porte trois bornes : les deux bornes voisines sont utilisées pour l'étalonnage des compteurs non compoundés ; les deux bornes extrêmes, pour les compteurs compoundés. L’horlogerie indique le nombre de révolutions de l’induit. Un poussoir permet de court-circuiter l’induit en fin de lecture ; un second poussoir sert à le caler pendant le trans-port de l’appareil. r
- Le compteur A C T étalon a été étudié de façon à permettre de réaliser tous les étalonnages de compteurs à courant alternatif. Il est constitué par deuxélectro-wattmètres comportant chacun deux enroulements d’intensité séparés. Chaque enroulement de tension et d’intensité aboutit à deux bornes distinctes: l’appareil a donc dix bornes.
- Comme il s’agit d’un compteur d’induction, on ne peut l’utiliser que pour une fréquence déterminée ou pour des fréquences très voisines de celle-ci. L’appareil possède un premier poussoir permettant le calage de l’équipage mobile pendant le transport et un second poussoir dont la manœuvre coupe les circuits de tension pour permettre, lors des essais, l’arrêt de l’enregistrement du compteur-étalon après un nombre exact de révolutions du compteur à essayer.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- On sait que la modification de notre tarif douanier a soulevé 'une très grande émotion dans le monde commercial belge. Des mesùres de représailles ont
- été demandées par les représentants du commerce et de l’industrie ; mises à l’élude par le ministère compétent, elles sont sur le point d’être soumises au Parlement ; quant à présent elles nous sont encore inconnues, mais tout porte à croire qu’elles frapperont d’abord nos vins et nos soieries. Les matières nécessaires à l’industrie échapperont peut-être à la surélévation des droits, et peut-être aussi certains objets fabriqués dans lesquels peuvent rentrer le matériel électrique. Il n’en faudrait pas moins regretter soit le mouvement de mauvaise humeur de nos voisins, soit la surélévation de nos droits de douane. Dans une note précédente, nous avions fait remarquer qu’en définitive la Belgique n’avait pas-trop à se plaindre de nos nouveaux tarifs, puisqu’en basant les calculs sur son chiffre d’importations actuelles, un économiste autorisé démontrait que la surcharge qui en résultait pour elle ne dépassait guère 5 % . Son changement d’attitude à notre égard nous serait plus funeste.
- D’un travail fait par le ministère du Commerce français, il résulte que le montant des exportations de France en Belgique est maintenant de 4oo millions,après avoiratteint 55omillionsen 1907 :lespro-duits fabriqués figuraient dans ces chiffres pour 100 à i5o millions. Notre exportation en matériel électrique peut ne pas être importante : néanmoins le courant qui se dessine peut encore la réduire, au profit, bien entendu, de l’Allemagne qui est sur ce point la maîtresse incontestée du marché belge. Ainsi se fermera encore un débouché pour notre industrie et déjà descendu du premier au second rang parmi les pays approvisionnant le marché belge, nous descendrons encore jusqu’à ne plus compter. A noter en passant que nous sommes moins bien outillés que la Belgique elle-même pour faire face à nos besoins de matériel de chemins de fer.
- Notre Compagnie du Nord vient de commander 3o locomotives aux ateliers de construction belges pour les raisons toujours les mêmes : prix meilleurs et délais moins longs. Le Chemin de fer de Ceinture en aurait commandé 16. Une preuve, d’autre part, que l’Allemagne subit le contre-coup de nos reculs, c’est l’augmentation considérable de ses exportations, en 1910 : 8a3 millions de marks ! La crise industrielle et commerciale a pris fin dans ce pays, et les métallurgistes ont pu dire dernièrement que les débouchés pour tous les articles donnaient satisfaction tandis qu’ils maintenaient les prix avec plutôt une tendance à la hausse^
- La dernière circulaire Merton dit, d’autre part,
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- que les producteurs américains ont dû placer, la semaine dernière, de fortes quantités de cuivre électrolytique en Allemagne et en France: enfin, la Suisse qui est, en aluminium, le fournisseur presque exclusif de l’Allemagne, a exporté 2 621 tonnes de ce métal pendant les neufs premiers mois de 1910 au lieu de 1 460 tonnes durant la même période de 1909.
- En rappelant les différentes émissions en cours, nous prouverons aussi que l’industrie élèctrique ne reste pas inactive en France, pour le moment. La Compagnie Lorraine d’EIectricité place sa première série d’obligations 5oo francs 4 % , nets de tous impôts. Les Forces motrices de Yercors, dont les installations sont dans la région de Grenoble, émet à 490 francs des obligations hypothécaires de 5oo fr. '5 %, impôts à déduire. Ces titres sont gagés par une inscription hypothécaire de premier rang sur tous les biens de la société, notamment deux chutes d’eau, représentant ensemble 7 000 chevaux, les usines et le réseau de distribution. Le montant de l’emprunt est de 4 millions.
- Notre dernière étude signalait l’augmentation de capital des Forces motrices du Rhône. Un peu plus au centre, la Compagnie Electrique de la Grosne, •dont l’objet primitif était la distribution de l’énergie, à Saint-Gengoux-le-National et les localités voisines, prend une grande extension dans le département de Saône-et-Loire, et se propose d’émettre aussi des obligations. Son capital est, actuellement, de 800 000 francs divisé en 8 000 actions de cent francs chacune.
- A Fécamp, nous assistons à la transformation en société anonyme sous la dénomination : Société d’Eclairage et d’Energie de Fécamp de la vieille affaire veuve Legros et fils. La durée de la nouvelle société est fixée à quarante-cinq années. Le capital, fixé à 750 000 francs, est divisé en 1 5oo actions de 5oo francs chacune, dont 600 entièrementlibérées sont attribuées à Mme veuve Legros et à M. Legros fils, en représentation de leurs apports : ceux-ci reçoivent, en outre, 3oo 000 francs en espèces ; 200 parts de fondateur sont attribuées à Mme Legros.
- Du reste, il se dessine à la Bourse un mouvement de reprise des valeurs du groupe électricité. Les valeurs de traction viennent en tête avec le Métropolitain qui a atteint le cours de 633 francs; les Rail-ways et Electricité qui cotent 172 francs ; les Tramways de Paris et du département de la Seine qui -sont stables à 294. Les secteurs maintiennent leurs
- positions; la Thomson est en avance à 824 francs. Ces cours, à notre avis, escomptent par trop l’avenir, car s’il y a plus-value de recettes pour toutes ces sociétés, leur véritable intérêt financier serait d’en profiter pour consolider leurs réserves et chercher à stabiliser leurs dividendes. L’exemple de ce qui survient aux Tramways-Sud est de nature à conseiller, jusqu’à nouvel ordre, une attitude de prudence qui^ ne prendrait fin que dans deux ans, à l’achèvement presque complet pour les uns des réseaux des compagnies de transport, pour les autres des installations de la Compagnie Parisienne de Distribution d’EIectricité.
- La Société Telefunken qui se disputait le marché allemand avec la Société Marconi dans cette nouvelle branche de la télégraphie sans fil, fonde avec la Société Générale d’EIectricité de Berlin et la Société Siemens et Halske une grande Société d’Exploitation de la télégraphie sans fil pour ce pays. Mais comme la Telefunken ne possédait plus de brevets intéressants à exploiter, elle a obtenu de la Société belge de télégraphie sans fil, qui détenait le brevet allemand Marconi, la cession de ses contrats Marconi à long terme avec le Nord-Deustcher Lloyd et la Hamburg-Amerika. Cette entente met fin en Allemagne à la lutte existante entre la Telefunken et la Société Marconi et permet à la première de poursuivre son objet social très compromis par une récente décision de justice concernant l’exploitation de ses brevets en cours.
- L’Energie Electrique du Centre solde son dernier exercice par un bénéfice,de 37 275 fr. 33 .Avec le report à nouveau de l’exercice précédent, le solde disponible était de i33 069 fr. 43 sur lesquels 115 000 francs ont été prélevés pour être affectés à une réserve spéciale destinée à contrebalancer en partie le compte d’attente : dépenses consécutives à l’accident de la turbine Curtis. Le solde 18 609 fr. 43 a été reporté.
- L’Union Electrique a réalisé en 1909-1910 un bénéfice net de 272 422 fr. 5o en augmentation de 43 000 francs environ sur celui de 1908-1909. Un dividende de 5 % a été voté qui absorbe i5o 000 fr., la différence étant affectée aux réserves et amortissements. Les installations nouvelles sont achevées et sont à même de suffire à la demande de la clientèle que l’Union s’est assurée en prolongeant son réseau de distribution soit dans le département du Jura soit dans celui de l’Ain.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
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- ÉCLAIRAGE
- Autriche-Hongrie. — YŸaprè&V Electrotechnicky Obzor la municipalité de Brezno (Bohême) a ouvert un concours pour l’établissement d’une usine génératrice à courant triphasé.
- La municipalité de Litomerice a traité avec la Société Bergmann à Podmokli (Bohème), pour la fourniture d’une certaine quantité d’énergie électrique; l’autre partie sera fournie par l’usine génératrice de Trmice. La société de cette dernière exploitation sera convertie par les soins des établissements Bergmann en une société anonyme au capital de 3 millions de couronnes.
- L’administration de la station électrique et de l’usine à gaz de de Trieste a voté une sommé de 750 000 couronnes pour l’agrandissement du secteur électrique.
- La municipalité de la ville de Ceska Lipa (Bohême) a demandé un devis à la Société Bergmann, pour le transport de l’énergie électrique de la station de Podmokli à ville de Ceska Lipa. La Société Bergmann a fait pour l’éclairage le prix de o,5o couronne et pour la force celui de 0,25 couronne par kilowatt et une remise de 5 % pour la consommation minima de 800 heures pour l'éclairage et de 5 % pour la consommation de 4 ooo^heures pour la force.
- L’ingénieur Sekyrka étudie le projet d’établissement d’une usine électrique près Zvikor (Pisek). L’installation: de l’usine sera probablement confiée aux deux Sociétés : Fischer-Rheinau à Curych (Suisse) et Siemens-Schuckert à Vienne.
- Russie. — D’après Elektrotechnicky Obzor, dans la Russie d’Europe comprenant 762 villes, 642 sont éclairées de la façon suivante : 57 à la lumière électrique, 23 au gaz et le reste au pétrole. Dans 42 villes existent des tramways électriques.
- Dans la Pologne russe comprenant 121 villes, 4 seulement sont éclairées a l’électricité, 8 au gaz et le reste au pétrole. Les tramways électriques existent dans 7 villes.
- Dans le Caucase,sur 65 villes, 7 sont éclairées à l’électricité, 3 au gaz et une partie au pétrole. Les tramways électriques existent dans 5 villes.
- Dans la Sibérie, sur 5o villes, 32 sont éclairées, 5 à l'électricité, 1 au gaz et le reste au pétrole.
- Dans la Russie d’Asie, sur 46 villes, 33 sont éclairées, 1 à l'électricité et le reste au pétrole.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- France. — Nous extrayons du rapport du budget des Postes et Télégraphes les lignes suivantes concernant nos stations de télégraphie sans fil.
- L’administration française des Postes et Télégraphes s’est proposé d’assurer le service de la correspondance publique radiotélégraphique entre les côtes de France et les navires, concurremment avec les stations de la mariné; mais celles-ci n’étant pas constamment ouvertes, les stations de l’administration devaient être installées de façon à être capables d’assurer le service sur toute l’étendue des côtes. Le programme qui a été établi dans ce but est en grande partie réalisé.
- Les côtes de France qui ont un développement total de 2 700 kilomètres environ, se divisent en deux parties :
- i° Côtes de la mer du Nord, delà Manche et de l’Océan Atlantique, dont la longueur est de 2 075 kilomètres;
- 20 625 kilomètres de côtes sur la Méditerranée.
- Côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l’Océan. — La faible largeur de la Manche, qui est au plus de 260 kilomètres, et la présence des postes radiotélégra-phiques sur les côtes Sud de l’Angleterre démontraient l’inutilité des stations à longue portée sur la côte française, stations d’ailleurs difficiles à établir de façon il ne pas troubler les postes voisins, en particulier ceux de Scheveningen(Hollande), Nieuport (Belgique), Norlh-Foreland, Niton, Boit Heed, Lizard, Crookhaven (Angleterre). Ces raisons conduisirent à prévoir deux postes seulement sur la Manche: Boulogne-sur-Mer et le Havre.
- i° Boulogne-sur-Mer. — Le poste de Boulogne-sur-Mer commande la mer du Nord. De là partent chaque jour des services réguliers entre la France et l’Angleterre, il est situé à l’entrée dû Pas-de-Calais où il y a souvent des brumes assez épaisses.
- Les stations côtières qui l’entourent sont nombreuses. De plus tous les navires qui traversent le Pas-de-Calais passent très près de Boulogne puisque la largeur du chenal est à cet endroit d’une cinquantaine de kilomètres seulement,. Il y avait donc à craindre de nombreuses interférences entre les divers postes. Aussi l’administration française a-t-elle équipé la station de Boulogne-sur-Mer avec le système dirigeable Bellini-Tosi qui permet, en recevant, d’éteindre un poste gênant et de déterminer approximativement la direction d’une émission et, en émettant, de ne rien envoyer dans une direction déterminée. La possibilité de déterminer la direction des émissions permet de donner aux navires leurs azimuts par rapport à Boulogne, ce qui est précieux en temps de
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- LA LUMIÈRE
- "Mil, 1 1,1 ..—-
- brouillard. Le poste de Boulogne-sur-Mer a une Ion-., gueur d’onde de 3oo mètres et une portée d’exploitation de 3oo kilomètres; l’installation a été terminée le iS janvier 1910 ;
- 20 Le projet d’un poste au flavre est motivé par la grande importance du port du Havre qui est le deuxième port de France, avec, à l’entrée et ùja sortie, un tonnage annuel de 6 3oo 000 tonneaux. C’est, plus, la tète des grandes lignes transatlantiques entre la France et l’Amérique du Nord;
- 3° Entre la Manche et l’Océan Atlantique, q l’extrémité de la Bretagne, appoint le plus avancé dans 1^ mer, face à l’océan, se trouve l’ile d'Ouessant, où est installée xine station ouverte depuis «904 au service de la correspondance publique. Ce point est évidemment très biep placé pour y établir un poste commercial de portée maxima, chargé de suivre les transatlantiques dans leur marche d’aller et de retour. Aussi a-t-on installé à Ouessant une station de 700 kilomètres de portée ;
- 4° Sur l’Océan Atlantique, entre l’île d’Ouessant et la frontière espagnole, un poste à portée de 3oo kilomètres est projeté à Bordeaux.
- Côtes de la Méditerranée.— Il était d’abord nécessaire d’établir une station près de Marseille qui est le plus grand port du commerce français, avec un tonnage de i3 200 000 tonneaux. Mais la nature de la côte, profondément encaissée, aux environs immédiats de Marseille, y rendait difficile l’installation de la station projetée. La Camargue, au contraire, immense plaine formée par les alluvions du Rhône, offrait un excellent ernplace ment, bien dégagé, sans aucun obstacle, dans un rayon de 5o kilomètres et avec une très bonne terre. Aussi, une station fut-elle construite aux Saintes-Maries-de-la-Mer; elle est reliée télégraphiquement avec Marseille.
- Cette station a une portée de 700 kilomètres. La présence d’obstacles gêne beaucoup les communications des Saintes-Maries-de-la-Mer, avec les stations situées dans la direction de l’Est, au point que les transmissions sont plus difficilement entendues dans la région de Nice jusqu’au Maroc. Il était donc nécessaire d’établir dans cette région une station qui est actuellement en construction, à Cros de Cagnes près de Nice. Elle aura une portée d’exploitation de 3oo kilomètres.
- Station de Fort-de-l'Eau (Algérie). — Une station de 700 kilomètres de portée, identique à celle des Saintes-Maries-de-la-Mer, est installée à Fort-de-l’Eau près d’Alger. Cette station assure le même service que celle des Saintes-Maries-de-la-Mer et peut, le cas échéant, communiquer avec elle. L’extension des Saintes-Marie-de-la-Mer et de Fort-de-l’Eau en vue de rendre cette communication facile et sûre par tous les temps a ét prévue dès le début.
- Ces deux postes sont munis des détecteurs Meunier dont les qualités de sensibilité supérieure s’affirment chaque jour davantage.
- Stations de la marine. — Dans ce réseau est intercalé
- ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — Na 4.
- un réseau de stations construites et exploitées par la marjjqe française et qui assurent,, concurremment avec celles de l’administration des Postes, un service de correspondance publique, mais le service des stations de la marine n'est pas permanent.
- Résultats obtenus. — Les stations des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Fort-de-l’Eau communiquent ensemble régulièrement toutes les quatre heures, la distance étant d’environ 780 kilomètres. Depuis le i5 octobre 1909, les communications ont pu être constamment établies sans échec, par tous les temps et dans toutes les circonstances. La portée obtenue par ces postes dépasse souvent 2 000 kilomètres. Elle a dépassé 4 100 kilomètres dans le cas d’une transmission des Saintes-Maries-de-la-Mer, qui fut entendue, dans la mer Rouge, à la hauteur de La Mecque, par le paquebot Ophir.
- La distance franchie était supérieure à celle qui sépare Clifden (Grande-Bretagne) de Glace-Bay (Canada).
- Taxes radiotélégraphiques. — Les stations de l’administration sont ouvertes en permanence au service de la correspondance publique générale. Indépendamment des taxes dont sont passibles les télégrammes ordinaires, les radiotélégrammes sont soumis à l’application des taxes dites « taxes côtières » et de celles dites» taxes de bord ». Ces taxes ont été fixées par le décret du 4 janvier 1910, de la façon suivante :
- Taxe côtière, 4® centimes par mot (f).
- Taxe de bord, 40 centimes par mot (2).
- Ces taxes, qui sont très réduites en comparaison de celles qui avaient été fixées aux débuts de l’exploitation de ce service, sont encore assez élevées.
- La commission, persuadée que le Trésor peut trouver dans une augmentation du trafic une compensation à la modicité de la taxe unitaire, estime que l’administration des Postes doit s’attacher à obtenir une réduction des taxes actuelles qui, sans être prohibitives, constituent néanmoins encore un obstacle au développement du service radiotélégraphique.
- Recettes de l’exploitation. -— Indépendamment des services inestimables qu’elle est appelée à rendre chaque jour en cas de sinistres en -mer, la télégraphie sans fil doit devenir une source de recettes commerciales.
- Sans doute, il n'est guère possible de tenir compte du produit des recettes communiqué par j l’administration (tableau I), pour en tirer une conclusion, car il convient de remarquer que le service de la télégraphie sans fil se (*)
- (*) Cette taxe est réduite à i5 centimes par mot pour les radiotélégrammes échangés entre les stations côtières de la Méditerranée et les navires effectuant un service maintenu régulier entre la France, d’une part, la Corse, l’Algérie et la Tunisie, d’autre part.
- (4) Par décret du 14 janvier 1911 la taxe de bord des stations radiotélégraphiques établies à bord des navires de la marine de guerre françaises et ouvertes au service de la correspondance privée est fixée à 5 centimes par mot sans minimum de perception.
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- 28 Janvier 1911.
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- trouve actuellement en pleine période de création de l’outillage.
- Tableau I
- NOM* DES STATIONS NOMBRE de radio-télégrammes privés acheminés. NOMBRE de mots. RECETTES (Taxe côtière).
- Ouessant 428 4 761 fr. c. 3 670 75
- PorqueroUes 23 5q8 448 5o
- Snintes-Manes-de-Ia-. Mer............... JC9 1 7GG 1 324 5o
- Fort-de-l’Euu 104 1 194 895 5o
- Total 724 8 319 G 239 25
- Cependant les chiffres Tournis accusent une progression très sensible,surtout depuis le mois de mai dernier, date d’apprpbation des actes de la conférence dè Berlin.
- La commission estime que l’administration doit apporter tous ses soins dans le développement des relations radio-télégraphiques, afin de compenser, dans la plus large mesure possible, les sacrifices considérables qui sont consentis pour les dépenses de ce service.
- A ce point de vue, et étant donnés les résultats déjà obtenus, il parait possible d’étendre le service des communications radiotélégrahiques de pays à pays.
- L’administration des Postes et Télégraphes saura certainement réaliser cette importante mesure, et aucune considération ne s’opposera à ce que la France possède bientôt sur l'Océan des stations suffisamment puissantes pour pouvoir communiquer avec les pays d’outremer et avec ses colonies de la côte occidentale d’Afriqne.
- DIVERS
- Circulaire du ministre des Travaux publics précisant les conditions d’application de l’arrêté du 21 mars 1910, relatif aux distributions d’énergie {Fin) (4).
- Art. 26. — Il y a lieu de signaler la suppression de la prescription relative à l’isolement des câbles souterrains. L’expérience a démontré, eu effet, que cette prescription offrait plus d'inconvénients que d’avantages et que la seule prescription, pour assurer une vérification efficace de la bonne qualité des câbles armés, consistait dans l’essai à la rupture de l’isolant à l’usine; cette dernière :prescripliona été conservée (art. 26, § 3).
- Avant de quitter la section II, relative aux traversées de chemins de fer, et pour répondre aux préoccupations de certains services de contrôle, il parait utile de préciser qü’une canalisation souterraine empruntant la voie publique pour traverser un chemin de fer sous un passage inférieur, sans avoir aucun contact avec les
- (') Lumière Electrique, 7 et 14 janvier 1911, p.3i et 62.
- ouvrages de la ligne de chemins de fer, peut être établie sans intervention du service du contrôle du chemin de fer et sans arrêté spécial d’autorisation pour la Iraversée. En adoptant celte prescription, on ne fait d’ailleurs que revenir aux dispositions prévues dans l’article premier de l’instruction du i01' février 1907, relative à la traversée des lignes de chemins de fer par des conducteurs d’énergie. L’expérience démontre que les instructions de ces affaires sont toujours longues et causent des retards préjudiciables à l’industrie ; il importe donc de les simplifier. Dans le cas envisagé, il n’y aura pas d'inconvénient à supprimer l’instruction et l’autorisation, la canalisation souterraine n’ayant aucun contact avec les ouvrages du chemin de fer. Si la voie empruntée sous le passage inférieur est une voie publique, il y aura d’ailleurs lieu à l’instruction et à l’autorisation réglementaires pour cet emprunt.
- Les prescriptions de la section III, relatives à l’établissement des ouvrages servant à la traction par l’électricité, demeurent sensiblement les mêmes que dans l’arrêté du 21 mars 1908. Il a été toutefois spécifié que ces prescriptions (art. 27 à 3o) s’appliquent en fait exclusivement à la traction par courant continu. En ce qui concerne la traction par courant alternatif, tous les projets devront être soumis au ministre, toutes les fois que les canalisations électriques emprunteront la voie publique.
- En raison des conditions de leur installation et de leur exploitation, les ouvrages de distribution des entreprises de traction continuent à bénéficier des tolérances admises pour l’établissement de distributions de première catégorie tant que la tension entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 1 000 volts. Mais, si l'établissement des ouvrages servant à la traction par l’électricité est ainsi facilité, autant que le permet le souci de la sécurité, des précautions ont au contraire été prescrites par l’arrêté en vue de parer aux dangers que peuvent présenter les courants vagabonds poür les masses métalliques établies au voioiirage des rails employés comme conducteurs de courant.
- 11 importe que le service du. contrôle assure strictement l’exécution de toutes les mesures jugées nécessaires dans chaque cas pour protéger contre l’action nuisible des courants dérivés les masses métalliques voisines de la ligne de distribution, et notamment les lignes télégraphiques ou téléphoniques et les lignes de signaux.
- A cet égard il y a lieu de signaler la nécessité pour le service du contrôle d’exiger de la part des entreprises qui utilisent les rails comme conducteurs de courant la vérification périodique de la conductance de la voie qui peut être faite tout d’abord par grandes longueurs, puis par sections plus petites, si le résultat n’est pas satisfaisant, jusqu’à ce que l’on ait trouvé les points oùT’éclis-sage électrique est défectueux.- L’expérience démontre que cette opération faite régulièrement permet d’assurer par un bon entretien une conductance satisfaisante de la
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- voie et de rendre pratiquement négligeables, dans la plupart des cas, les effets d’électrolyse.
- Le chapitre III traite de la protection des lignes télégraphiques, téléphoniques et de signaux, et n’appellè aucune observation. Toutefois les croisements dé ces lignes avec des lignes de distribution d’énergie doivent être l’objet d’une attention particulière ; l’indication d’une distance minimum de i mètre entre ces lignes, qu’il y ait ou non croisement, n’exclut nullement l’adoption d’un plus grand écartement s’il est pratiquement et raisonnablement réalisable.
- Il y a même pluS : il convient de chercher à supprimer ces croisements, toutes les fois qu’il est possible de le faire moyennant une modification des lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux n’entraînant qu’une dépense raisonnable à la charge des entrepreneurs de distributions. Quand les lignes télégraphiques, téléphoniques ou de signaux ne peuvent être placées au-dessous des conducteurs d’énergie, il convient de les consolider, s'il y a lieu, pour éviter leur rupture, indépendamment du dispositif de garde solidement établi entre les deux sortes de conducteurs.
- Le chapitre IV renferme les prescriptions relatives à l’entretien des ouvrages et à l’exploitation des distributions.
- Art. 35. — Les conditions d’application de l’article 35, relatif à l’élagage des plantations, ont été précisées par la circulaire du i*r septembre 1909 à laquelle il y a lieu de se référer.
- Art. 36. — On doit appeler l’attention sur l’article 36 qui prescrit, au troisième alinéa, d’afficher des extraits de l’arrêté dans un endroit apparent des salles contenant des installations de la deuxième catégorie. Des difficultés se sont produites au sujet du choix des articles à afficher; après examen ce choix paraît comporter les articles 11, ia, i3, 14 B, 15, 16, 17, 34 et 35.
- Le chapitre V contient diverses dispositions nécessaires pour l’application de l’arrêté. Les dispositions de T’arrêté sont obligatoires pour toutes lés distributions et il ne peut y être dérogé que par décision ministérielle ; mais elles ne sont pas limitatives. Lorsque: les circon- stances locales l’exigent, le service du contrôle peut imposer, pour l’établissement des distributions, toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité.
- Dans cet ordre d’idées, on appelle particulièrement l’attention sur les conditions d’implantation et d’établissement des lignes, notamment en pays de montagne.au point de vue1 des mesures à prendre contre les dangers •;qute: peuvent présenter éventuellement les , éboulements, lès toréeütsy les avalanches, etc.
- L’arrêté ne contient également aucune disposition spéciale concernant les distributions à très haute tension. L’établissement de ces distributions nécessite toutefois une étude particulièrement attentive des projets d’exécution en raison des dangers qu’elles présentent.
- En conséquence, avant de statuer, il sera nécessaire
- de communiquer, avec les propositions, les projets de toutes les distributions dont la tension de régime dépasse 3o 000 volts. Après examen, les projets seront renvoyés avec les instructions. Il sèra nécessaire également de saisir le ministère toutes les fois que les conditions d’établissement d’une distribution de tension inférieure ou égale à 3o 000 volts soulèveront des questions délicates sur lesquelles on craindra de statuer sous sa propre responsabilité.
- Danemark. — Une exposition internationale de moteurs aura lieu à Copenhague pendant les mois de juillet etaoût1910.
- Cette exposition est placée sous la haute protection du roi de Danemarck. Le ministre de l’Agriculture du Royaume en est le président et le préfet de Copenhague vice-président. ,
- Pour tous renseignements s’adresser : Den internationale Fiskerimatorudstilling. Kobenhavn 191a, à Copen-*-hague.
- ADJUDICATIONS
- France
- Le 7 février,au sous-secrétariat des postes et télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris,fourniture de 6269940 isolateurs en porcelaine ou en verre (21 lots).
- Les demandes d’admission à l’adjudication devront être parvenues (direction de l’exploitation téléphonique) avant le 29 janvier.
- Le 9 février, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture d’isolateurs pour le service des postes et télégraphes de l’Indochine.
- Caut. prov. : 25o francs, définit. : 200 francs.
- Cahier des charges au ministère des Colonies, à Paris.
- Le 9 mars, à la mairie de Saint-Etienne (Loire), fourniture de matériel téléphonique pour la Manufacture nationale d’armes de Saint-Etienne.
- ier lot. — 860 magnétos d’appel. -
- 2° lot. — 860 sonneries -trembleuses. —
- 3e lot. — 4 o85 cordons.
- Rens. à la Manufacture d’armes de Saint-Etienne.
- Le 7 février à la Préfecture de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), fourniture de 20 wagons à marchandises pour le chemin de fer d’intérêt local du département des Côtes-du-Nord (ier réseau). Caut. prov. : 1200 francs, défin. : 2 5oo francs. Renseignements dans les bureaux de l’Ingénieur en chef, à la Préfecture.
- Le 18 février à la mairie de Brest (Finistère), installation d’un groupe élévatoire par turbine hydraulique et pompe centrifuge à l’usine de Stangalar.
- Renseignements à la mairie.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-troisième année. SAMEDI 4 FÉVRIER 1911. Tome XIII (2« série). — N* 5^
- La
- Lumière Électrique
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- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
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- La reproduction des articles de La Lumière Electrique- est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 129. — L. Berger. Chronique clés machines électriques : Représentation graphique de la puissance, p. i3i. — M. Joly. Chronique des théories électriques-: Conductibilité développée par les corps incandescents (effet Edison), p. i36.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Les efforts exercés sur un conducteur par le courant qui le traverse, C. Hering, p. i45. — Transmission et distribution. Dispositifs de protection ’ pour les appareils électriques, F. Heather, p. 145. — Traction. Essais de voitures à essieux avec coussinets anti-friction, B. Stitzer, p. 149. Voitures de remorque en aluminium, p. i5z. •— Bibliographie, p. 162. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’électricité 4 l’Exposition de Bruxelles, II. Pécheux, p. 184. — Renseignements commerciaux, p. i58. —Adjudications, p. iag.
- ÉDITORIA L
- La nouvelle Chronique des machines électriques que commence aujourd’hui M. L. Berger est destinée, comme ses devancières, à passer en revue et à commenter les principaux travaux récents publiés, dans le monde entier, sur l’étude et la construction des machines. Rédigées par un ingénieur en contact journalier avec la pratique industrielle, ces chroniques s’attachent surtout à la présentation des travaux utiles aux praticiens.
- A ce titre, la méthode récemment proposée par M. F. Punga, pour la représentation graphique de la puissance, ne pouvait manquer d’étre mise sous les yeux de nos lecteurs.
- On verra comment, à l’aide d’un artifice très ingénieux, M. F. Punga est arrivé à perfectionner le mode de représentation géométrique des phénomènes du courant alternatif, de manière à lever les principales difficultés qui surgissent lorsqu’on a affaire, non plus à des fonctions sinusoïdales simples, mais à des produits de ces fonctions. Les idées de M. F. Punga trouveront, on le voit, leur application immédiate dans l’étude des puissances engendrées dans un circuit alternatif (produit d’une tension alternative par une intensité alternative).
- Vient ensuite une autre chroniquejCetia des théories électriques. Notre distingué collabo-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). —N» 5.
- rateur, M. Joly, y fixe, de temps en temps, les résultats essentiels des recherches les plus délicates des laboratoires.
- Il s’agit, aujourd’hui, de présenter l’état actuel de nos connaissances sur le phénomène connu sous le nom d'effet Edison. On sait que l’on désigne ainsi la conductibilité développée par le filament des lampes à incandescence et plus généralement par les corps incandescents.
- L’auteur rappelle d’abord les principales expériences faites à ce sujet, et notamment, celles de Richardson, de Wehnelt et de J.-J. Thomson.
- Puis il expose, très sobrement, la théorie que Richardson en a déduite , théorie qui n’est sans doute pas à l’abri de toute critique, mais qui constitue une approximation très sérieuse de la réalité.
- Nous signalerons, enfin, la bibliographie que l’auteur a dressée des principaux mémoires relatifs à la question.
- Il y a bien longtemps que l’on s’est occupé de fixer les lois qui régissent l’effort exercé entre conducteurs parcourus par des courants électriques. M. G. Heringa cru pouvoir aller plus loin et s’est appliqué à considérer des efforts qui seraient exercés sur le conducteur lui-même par son courant propre.
- D’après M. Ilering, ces efforts exercés sur un conducteur par le courant qui le traverse se traduiraient par une sorte de « striction » ou de « pincement » dont l’effet pratique serait loin d’être négligeable.
- Nous avons puisé dans le très intéressant Bulletin de l’Institut des électriciens du Sud-Afrique, de bonnes indications pratiques sur la valeur respective des dispositifs de protection pour les appareils électriques.
- M. F. Heather s’y occupe d’abord des disjoncteurs pour courant continu, puis de la protection des circuits alternatifs (fusibles, relais, etc.).
- On a terminé, il y a moins d’un an, en Amérique, une série d’essais sur Vemploi des coussinets anti-friction dans la traction électrique.
- Nous citons, d’après M. B. Stitzer, les principaux résultats de ces essais, qu’on nous présente comme très encourageants.
- L'aluminium a été récemment appliqué à la construction des véhicules de traction électrique.
- Une douzaine de voitures ont été ainsi mises en service à Zurich.
- Un grand nombre de nos lecteurs nous ont demandé des exemplaires des abaques de M. A. Blondel pour le calcul rapide des lignes aériennes.
- Le nouvel abaque (en trois parties) est prêt actuellement, mais l’abàque primitif (Congrès de la Houille Blanche, 1902) ne pourra être à leur disposition que dans quelques jours.
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- 4 Février 4911.
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- CHRONIQUE DES MACHINES ÉLECTRIQUES
- REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DE LA PUISSANCE
- L’art de l’ingénieur-constructeur électricien doit s’exercer dans' des domaines extrêmement variés et passer des théories purement abstraites, qui permettent de comprendre et de symboliser les phénomènes, à des questions uniquement physiques lorsqu’il s’agit de rendement, d’échauffement, d’essais et enfin entrer dans le domaine de la mécanique ordinaire quand il doit construire et garantir une bonne marche industrielle des machines étudiées. La littérature technique se développe donc simultanément dans ces branches et l’étude de cette littérature se classe naturellement de la même manière.
- C’est particulièrement lorsqu’il s’est agi de comprendre les phénomènes des courants alternatifs que se sont développées les représentations graphiques, ingénieuses et claires, dont la possibilité a d’ailleurs été due à cette bienveillance de la nature qui a établi là comme dans tant d’autres phénomènes, le règne de la sinusoïde.
- Les valeurs d’une fonction sinusoïdale peuvent, en effet, être considérées comme les projections successives,sur un axe, d’un vecteur tournant ; dès lors, la somme des valeurs de plusieurs fonctions sinusoïdales devenant la somme des projections des vecteurs tournants correspondants, sera obtenue par la projection de la résultante de ces vecteurs; d’où la représentation graphique par vecteurs, si claire, où tous les problèmes se ramènent à des compositions identiques aux compositions des forces en mécanique.
- On voit de suite que cette composition est limitée aux vecteurs de même fréquence et qu’une représentation nouvelle doit être cherchée lorsqu’il s’agit de produits de sinusoïdes qui donnent comme résultat une onde de fréquence double. C’est ce qui arrivera dans
- la représentation d’une puissance P — El, ou d’un couple, ou d’une réaction d’induit.
- Steinmetz(‘), essayant d’utiliser sa méthode symbolique des imaginaires, arrive pour une tension
- e'+je",
- une intensité
- ï +./«*,
- et en posant
- j2 — -j- i (au lieu de — i),
- à une expression de la puissance :
- P = [e'i' + e"i") + j (é'i1 — e'i"),
- qui peut alors être représentée par un vecteur dont la composante horizontale
- e'i' + e”i\
- est justement la puissance moyenne wattée ou utile
- EI cos y,
- et la composante verticale eV_____________________e'i"
- est la puissance moyenne déwattée ou magnétisante
- El sin <p.
- Différents vecteurs de ce genre pourront parfaitement être composés entre eux et leur résultante donnera la puissance utile moyenne totale et la puissance magnétisante moyenne totale.
- Mais on voit de suite que, dans cette repré-, sentation, la projection de ces vecteurs sur l’axe du temps zéro n’a plus aucun rapport
- (<) Théorie et calcul des phénomènes du courant aller' natif, Dunod, éditeur.
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- avec la valeur instantanée cle la puissance et qu’on n’a pas affaire à proprement parler à un vecteur tournant.
- Or une méthode nouvelle proposée par M. Franklin Punga (’) résout le problème d’une manière plus complète en arrivant à représenter la puissance par des vecteurs que l’on peut composer et dont les projections pendant leur rotation sont en relation simple avec la valeur instantanée de cette puissance et renseignent complètement sur la forme de la puissance dans le temps.
- Pour cela, définissons sous le nom de vecteur carré un vecteur OA tel que, tournant à la vitesse des vecteurs E et 1 du diagramme, on ne considère que les valeurs
- ÜÀ* 2 * 4 * * * cos8 (0 — Ofi
- des carrés des projections de ce vecteur et non les valeurs
- OA cos (0 — 0j)
- des projections du vecteur ordinaire.
- Cherchons les propriétés d’un tel vecteur dont le symbole sera :
- | OA = OA cos2 (0 — 0,), [')
- T
- e,
- par exemple, en construisant de suite un vecteur égal à la valeur numérique de OA'2, et appelant OA ce vecteur-là.
- On trouve alors que : la somme cl’un nombre quelconque de vecteurs carrés peut être remplacée par la somme de deux, vecteurs carrés.
- t OAi +i OA2-j- . . . + | OA„ = | OX +joY. (a) 0, 02 0„ 9, 0V.
- En supposant en effet le problème résolu, on trouve d’abord que OX et OY doivent satisfaire aux deux conditions suivantes :
- La résultante ou somme géométrique de
- (q F. Punga. Eiuc neue Darslellung von Leislung und Energie im Vektordiagramra, Elektïolec.hnik und Mas-chinenbau, i5 et 22 mai 1910.
- OAj, OA2.... OAH obtenue en doublant leurs angles 04... 0M doit être égale à la somme géométrique de OX et OY dans le même diagramme de fréquence double.
- La somme algébrique de OAt... OA„ est égale à la somme algébrique de OX et OY (‘).
- OA, + OA2+ ... + OA„ = OX + OY. (3)
- Réciproquemènt, on trouve que les vecteurs OX et OY déterminés à l’aide de ces deux conditions répondent bien à la question. On se fixera a priori leur angle qui sera choisi égal à qo° dans le diagramme ordinaire, ce qui fera i8o°dans le diagramme de fréquence double. Ceci introduit en effet une grande simplification puisque, dans le diagramme de fréquence double, OX et OY seront dans le prolongement l’un de l’autre, ce qui revient à dire que leur somme géométrique devient simplement égale à leur différence algébrique.
- Dès lors on pourra énoncer que :
- La somme d’un nombre quelconque de vec-
- (') Écrivons en ellet l’équation 2 en remplaçant chaque terme par sa valeur analytique (1) et développons les produits de sinus on trouve :
- cos26 (OAi cos281 -f- ... -|- OA;i cos28;i
- — OX coss0x— O Y cos2 8j.)
- -j- s in2 8 (OAjsin2Oi —|— ... —(— OA„sin28„,
- — OX sin2 6a; — O Y sin20y)
- 4- cos 8 sin 6 (OA, sin a8( -J- ... -g OA,, sin 2 6„
- — OX sina 0X — OY sin 2 dy) = o,
- et comme cette équation doit être résolue quel que soit l’a’ngle 0 à l’origine des temps, il faut que chaque parenthèse soit nulle ce qui fournit trois équations.
- Il suffit de retrancher les deux premières équations
- en cos2 et sin2 et d’exprimer le résultat en fonction des cosiuus de fréquence double pour trouver :
- OA< cos 2 6j P OA„ cos 26,,
- = OX cos2 8a -|- O Y cos2 0y,
- ce qui, rapproché de
- O Ai sin2 81 + O A,, sin 28,,
- —- OX sinaOa- -f- OY sin ‘J-0y, montre l’égalité des sommes géométriques.
- Ajoutant les deux premières équations en cos2 et sin2, on obtient l’équation (3) du texte.
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- REVUE D’ELECTRICITE
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- teurs carrés OA,.. .OA„ peut être remplacée par la somme de deux vecteurs carrés OX et OY faisant entre eux un angle de 90° et tels que la somme algébrique OX + O Y soit égale à la somme algébrique de tous les vecteurs OA, -}-... -j~ OA„, et la différence algébrique OX— OY soit égale à la somme géométrique OA, -f- ... -)- OA„ dans le diagramme de fréquence double, l’angle de OX dans le diagramme siqiple étant- la moitié de l’angle de la résultante OA, + ... -f- OA„ dans le diagramme de fréquence double. Une telle somme sera indiquée par le symbole :
- | O xjo.Y
- 0*
- La figure r illustre ce théorème. Dans ce diagramme on a cherché la somme des vecteurs carrés OA,, OA2, OA3. En doublant les
- Hg. 1. — Diagrammme de composition des vecteurs carrés.
- angles 0,, 02, 0;î de ces vecteurs on a trouvé 0«,, Orto, 0«;, dont la résultante est OR. On a tracé OX bissectrice de l’angle ROM et élevé la perpendiculaire OY sur OX. Puis on a fait
- OX + OY --- OA, -f OA, -f OA3,
- et
- OX — O Y = OR,
- et l’on a
- OX (;os20.f-f - OYcos*0.v— O A, cos=0, -f OA2cos202
- -f- OA3cos20.„
- ou comme cos 0,- — — sin 0.,-,
- (r*)
- Soit une tension E cos (0—0,) et un courant I cos (0—(R) et considérons l’expression de la puissance mise en jeu
- P r= El cos (0 — 0,) cos (0 — 02).
- On peut démontrer analytiquement que celte expression peut se mettre sous la forme
- P — a cos2(ô — 0a) + b sin*(0 — 0*). (6)
- Une méthode de calcul identique à la précédente montre, en effet, qu’il suffit que
- a -f- b — El cos (0, — 02) (7)
- et que :
- /0, 4- 0,\
- a cos a0l( -f- b cos a0/, — Kl cos 2I---J,
- /0. 02\
- a sin 2.0a -j- b sin 2O/, = El sin al--— J,
- c’est-à-dire que la somme géométrique de a et de b dans le diagramme à fréquence double
- « + b = El, (8)
- 0, -j- 0o
- et qu’elle est située dans la direction ——'
- dans le diagramme ordinaire.
- Or le dernier membre de (6) 11’est pas autre chose que la somme de deux vecteurs
- a et | b. En les choisissant à 90°
- es vecteurs OX et OY de la théorie
- précédente, cette somme aura | pour
- symbole.
- carres
- comme
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2‘ Série). — N» 5.
- On peut donc écrire d’une manière générale :
- P = El cos (0 — 9i) cos (0 — 02
- (9)
- a et i étant déterminés par les équations (7) et (8) et à 90° l’un de l’autre.
- Chaque puissance étant ainsi la somme de deux vecteurs carrés à 90°, une somme de puissances sera obtenue par la somme des vecteurs carrés formant chacune d’elles et, comme conséquence du théorème établi, cette somme totale pourra toujours se ramener â la somme de deux vecteurs carrés résultants et à 90°, c’est-à-dire que :
- 2 El cos (0 — 0j) cos (0 — 62) = ajè.
- 10
- On a donc bien ainsi le moyen de représenter une somme de puissances quelconques par deux vecteurs tournant à la vitesse des vecteurs E et I et dont le carré de la projection sur Vaxe de temps nul donne, dans chaque position des vecteurs, la valeur instantanée de la puissance.
- Mettons cette expression de la puissance ^ ajè = a cos2 (9 — 9,) -}-b sin2 (0 — 04)
- l
- sous la forme
- = (a — b) cos2 (9 — 9,) -f- b.
- Si a^> b, on voit que la puissance sera maximum lorsque
- cos2 (9 — 9j) = 1,
- c’est-à-dire lorsque 9 = 9j ; on a alors
- Prnax - U.
- Au contraire la puissance sera minimum lorsque
- cos2 (9 — 9j) = o,
- c’est-à-dire lorsque 9 = 9, -j- -, et dans ce cas
- b.
- Ces deux valeurs se suivent donc à un in-
- tervalle de -. De plus on en déduit :
- 2
- „ _ P», + Pmin _ U -f b
- WOy “ 2 _ 2 ’
- qt comme variation de puissance pendant la demi-période :
- P variable — U — b.
- D’où les conclusions suivantes :
- Si la résultante d'une somme de puissances donne deux vecteurs carrés égaux (a= b),c’est que la variation de puissance [a — b) est
- Fig. 2. — Somme de trois puissances à 1200 sur résistance ohmique : at, a2, à3.
- vecteurs carrés de la i a = -+ a2 + aS)
- puissance résultante j b = a. a— b — o, résultante de a,, a2, a3 dans le diagramme de fréquence double.
- nulle et par suite que la puissance est constante dans le temps (cas des courants polyphasés, (fig. 2).
- Si cette résultante donne le vecteur b = o, c'est que la puissance oscille de a à zéro deux fois par période et que sa valeur . a ,
- moyenne est - (cas du courant monophasé sur
- résistance non inductive) (fig. 3).
- Si la résultante donne deux vecteurs égaux
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 135
- et de signe contraire (b — — a) c’est que la puissance oscille de -{- a à — a c'est-à-dire que sa valeur moyenne est nulle (cas du cou-
- «
- Les puissances correspondantes auront les mêmes directions et une valeur proportionnelle aux carrés des forces électromotrices,
- 0#
- Fig. 3. — Paissance sur une résistance ohmique. —E, force électromotrice ; I, intensité ; a, vecteur carré de puissance ; b = o.
- rant monophasé sur self-induction) (fig. 4).
- Considérons enfin les forces électromotrices entre fils d’un système triphasé dont les trois phases sont à 6o° et cherchons encore la puissance résultante dépensée dans des résistances montées entre ces fils.
- E
- Fjjr. 4._ Puissance sur self-induction.—E, force électromo-
- trice ; I, intensité (à 90“).
- , l El vecteurs carres 1 a = —
- de puissance. ) ,
- 1 l b = — a.
- Les forces électromotrices appliquées aux résistances supposées égales seront Ej E3, E3 E2, et E2 Et = Et E3 y/3 (fig. 5).
- Fig. 5.
- soit :
- «I correspondant à E{ E3,
- «2 = ax correspondant à E3 E2, et «3 = 3at correspondant à E2 Ed (fig. 6).
- Fig. 6.
- Le diagramme de fréquence double sera a j, à2, a z dont la résultante géométrique sera
- OR =
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- Les vecteurs carrés de la puissance résultante seront
- O a — /(,5 atf
- tracé suivant la bissectrice de a2 OR et O b =o,5 al}
- ce qui donne en- effet :
- Od —|— O b = CLy CL2 “1“ Cl g 5
- Où — O b = OR = 4 ai,
- suivant la loi trouvée plus haut. La variation delà puissance sera donc de 4 a\\ elle aura 4,3 «j comme maximum, o,5 at comme minimum, et 2,5 comme moyenne.
- Ces quelques exemples suffiront pour bien
- comprendre cette représentation qui, nous le répétons, permet, pendant la rotation du diagramme, de connaître pour chaque position la valeur instantanée de la puissance.
- C’est ce qui constitue l’originalité et l’intérêt de la méthode.
- On pourrait se servir de la même méthode pour représenter, dans le diagramme, la réaction d’induit,puisque celle-ci se présente aussi sous la forme
- I sin (0 — cp) cos ô,
- tout à fait analogue à celle de la puissance trouvée plus haut.
- L. Berger.
- CHRONIQUE DES THÉORIES ÉLECTRIQUES
- CONDUCTIBILITÉ DÉVELOPPÉE PAR LES CORPS INCANDESCENTS (EFFET EDISON
- A l’Exposition de Philadelphie, en 1884, Edison faisait connaître le phénomène suivant : dans une lampe électrique à incandescence (fig. i), on plaçait à égale distance des deux branches du filament une lame de platine constituant une électrode isolée ; si l’on disposait, pendant le fonctionnement de la lampe, un galvanomètre entre l’un des pôles et l’électrode isolée, on constatait le passage d’un courant ; ce courant changeait de sens lorsqu’on reliait le galvanomètre à l’un ou l’autre des deux pôles; il était plus intense lorsque le pôle choisi était le pôle positif de la lampe ; il augmentait avec la température du filament de carbone.
- Il existait donc une décharge continuelle à l’intérieur de la lampe, décharge due, supposait-on, à des particules d’air ou de char-bqn s’échappant du filament avec une charge électrique et se déplaçant suivant des lignes ch’oites.
- Tel était 1’ « effet Edison ».
- On a reconnu rapidement que l’on ne se trouvait pas en présence d’un phénomène spécial au filament de carbone et qu’un très grand nombre de corps incandescents peuvent donner lieu à une expérience analogue. Des recherches systématiques ont été faites, en particulier par Richardson, pour établir la théorie physique de la conductibilité que développent autour d’eux les corps incandescents. Nous les exposons dans ce qui suit.
- LES EXPÉRIENCES
- Les résultats expérimentaux restant toujours analogues quand on passe cl’un corps à l’autre, nous prenons pour exemple type celui du platine et, pour préciser les idées, nous donnons la figure de l’appareil très simple qui a servi à Richardson pour étudier ce cas particulier.
- Un filament de platine F (fig. 2) est placé sui-
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- vaut l’axe d’une ampoule de verre où l’on peut faire le vide ; il est entouré à une certaine distance par un cylindre d’aluminium E, constituant une électrode isolée du filament. La température du filament chaud se déduit soit de la mesure de la résistance, lorsque la variation aux hautes températures en est bien connue, soit des indications fournies par une pince thermo-électrique très fine, platine-platine iridié, en contact avec le filament.
- Fig*, i. *— F, filament de carbone; L, lame de platine formant électrode isolée.
- Le filament peut être chauffé par un courant réglable jusque vers i 6oo degrés. Une force électromotrice, constituée par une batterie d’accumulateurs indépendante et pouvant' donner jusqu’à^ 4°o volts est disposée dans un circuit reliant l’électrode E au filament F. Un galvanomètre permet de mesurer le courant qui passe.
- Supposons la force électromotrice auxiliaire maintenue à une valeur constante. Aux basses températures, le courant qui passe est très faible; il est d’abord plus intense quand le filament est relié au pôle positif de la batterie que lorsqu'il est relié au pôle négatif ; puis la différence s’atténue et vers 900° le courant passe également dans les deux sens. Au-dessus de ce point, les deux courants croissent avec la
- température, mais le courant obtenu en reliant le filament au pôle négatif de la batterie devient plus intense que l’autre ; cette différence augmente très rapidement ; elle est énorme à 1 aoo° et l’ampoule constitue alors un véritable conducteur polarisé (‘).
- Si nous rapportons la conductibilité communiquée au vide à des particules électrisées émises par le corps incandescent, à des « ions », pour employer notre langage moderne, il faut donc supposer qu’aux températures inférieures à 900° le platine chaud
- au. vide.
- Fig. 2.— F,'filament de platine; E, électrode isolée (cylindre d'aluminium).
- émet en majorité des ions positifs; ils sont les seuls que l’on constate pratiquement aux basses températures. A 900°, les ions positifs et les ions négatifs émis sont en nombre égal; puis l’émission' négative domine de plus en plus, jusqu’à constituer pratiquement la totalité de l’émission vers 1 5oo degrés.
- La relation qui existe, à une température donnée, entre le courant et la force électro-
- (') Cette propriété bien, connue de constituer un conducteur polarisé permet de redresser un courant alternatif. De Forest l’a utilisée dans son récepteur pour ondes électromagnétiques, l’audion. On peut ainsi recevoir les signaux de radiotélégraphie au sou avec un téléphone. Nous ne croyons pas que d’autres applications industrielles pratiques aient été faites du même principe.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N? 5.
- motrice auxiliaire fournie par la batterie d’accumulateurs éclaire particulièrement le phénomène.
- La courbe de la figure 3, empruntée au
- 180
- Volts
- Fig. 3. — Courbe de conductibilité du gaz raréfié.
- mémoire de Richardson, montre clairement que la conductibilité du gaz raréfié n’obéit pas à la loi d’Ohm. Le courant tend vers une valeur maximum quand on augmente la force électromotrice ; dans l'exemple représenté, cette valeur est atteinte pour 180 volts. Nous signalons, en passant, qu’il ne se passe ici rien d’analogue à la décharge dans un tube à vide (*) ; la tension appliquée est trop faible pour produire l’ionisation du gaz par les chocs entre les ions et les molécules neutres, et la conductibilité n’est causée que par l’état d’incandescence du filament.
- Dans l’hypothèse d’une conductibilité due à des ions, l’existence de ce courant de saturation nécessite que le nombre de ces ions qui vont, pendant une seconde, du filament à l’électrode ne puisse pas dépasser une valeur donnée.
- D’autre part, il est évident que la tension pour laquelle commence la saturation dépend de la facilité plus ou moins grande avec laquelle se déplacent les ions dans le gaz raréfié, c’est-à-dire de la pression qui règne
- (') M. Joly. Ions et électrons. Lumière Electrique, 9 et 16 juillet 1910.
- à l’intérieur de l’ampoule ; le voltage qui est suffisant pour obtenir le courant de saturation, à une pression donnée l’est a fortiori pour une pression plus faible; dans le cas d’un
- • zoo
- Platii e
- 1000 noo noo 1300 itoo isoo teoo Température en degrés centigrades
- Fig. 4. — Augmentation du courant de saturation avec la température.
- filament de platine et pour une pression de 0,008 millimètre de mercure, il suffisait de 81 volts pour atteindre la valeur maximum
- Charbon
- u S0
- IZSO 1300 13S0 14-00 I4S0 ISOO
- Température en degrés centigrades
- Fig. 5. — Augmentation du courant de saturation avec la température.
- du courant; mais, cette valeur maximum reste la même à des pressions différentes pour le même filament et à la même température.
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- La figure 4 représente, toujours pour le platine, l’augmentation du courant de saturation avec la température. La figure 5 donne les résultats analogues pour un filament de carbone.
- L’émission est beaucoup plus intense pour le charbon que pour le platine ; elle atteignait, dans les expériences de Richardson sur le carbone, la valeur de deux ampères par centimètre carré de surface du filament. Voici d’ailleurs quelques nombres :
- Tableau I
- Filament de carbone (Richardson).
- TEMPÉRATURE en degrés centigrades COURANT DE SATURATION en ampères PRESSION en millimètres de mercure FORCE ÉLECTRO- MOTRICE AUXILIAIRE
- I 160 9 X io-' o,oo3 87 volts
- x 227 346 X io—8 0,007 87 -
- 1290 2 700 X io~~8 0,007 87 -
- 1359 22 000 X io~8 0,007 87 —
- L’émission du platine a été étudiée dans d’autres gaz que l’air, en particulier dans l’argon, l’hélium, l’oxygène.
- L’émission négative est sensiblement la même dans ces gaz que dans l’air.
- L’hydrogène donne lieu à un phénomène plus complexe, qu’un certain nombre d’expérimentateurs ont cherché à élucider. L’émission négative est fort augmentée par ce gaz. A quoi rattacher cette action? Le platine paraît altéré par la présence de l’hydrogène. V a-t-il une action chimique et formation d’un composé stable ou dissolution de l’hydrogène dans le platine, altération de la surface qui émet, modification de la couche double d’électricité que la théorie nous conduira à supposer à la surface du filament, modification causée par une charge positive de l’hydrogène? Toutes ces hypothèses ont successivement été discutées et admises par les expérimentateurs; elles contiennent sans doute chacune quelque part de vérité.
- Quoi qu’il en soit de cette question com-
- plexe, nous retrouvons encore une augmentation considérable de l’émission du platine quand il est recouvert superficiellement d’un oxyde, de chauxpar exemple ; c’est à Wehnelt que l’on doit cette observation. L’effet de la présence d’un oxyde à la surface du métal est si considérable que l’on pouvait se demander si l’oxyde n’était pas toujours la cause de la conductibilité observée, l’émission, dans le cas d’un filament métallique nu, étant imputable à quelque trace d’impureté encore présente. *
- En fait, il ne semble pas que cela soit. Deininger a pu montrer que les différents métaux se distinguent très nettement par leurs émissions lorsqu’ils sont nus. Le calcium est plus actif que le platine, le nickel au contraire l’est fort peu. Par contre, ils donnent tous lieu à la même émission s’ils sont recouverts d’une mince couche de chaux.
- Le tableau numérique ci-joint montre combien la présence de la chaux augmente l’émission. Les nombres donnés se rapportent à la densité du courant de saturation exprimée en io-! ampère.
- Tableau II
- TEMPÉRATURE du filament en degrés centigrades PLATINE CHARBON TANTALE NICKEL
- Sa ns chaux
- I /|()0° 35 2-5oo 85 très petit
- Avec chaux
- I I(>()° 21 000 20 OOO 25 000 2 I OOO
- On voit que, à iioo0, l’émission des métaux revêtus de chaux est bien plus considérable que l’émission des mêmes métaux à i4oo° et qu’elle est caractéristique de la chaux et non du métal recouvert. On conçoit, d’après ce qui précède, que les moindres traces d’impuretés aient une influence considérable sur les x'ésultats de l’expéiûence, si bien que les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2® Série). — N® 5
- nombres obtenus pour un même métal par différents observateurs s’écartent toujours quelque peu les uns des autres.
- Les différents oxydes se comportent de façon très inégale : nous donnons plus loin des résultats expérimentaux qui l’indiquent clairement.
- NATURE DES PARTICULES ÉMISES
- Quelle est la nature physique des particules qui transportent1 l’électricité, des ions émis par le filament incandescent?
- J.-J. Thomson, le premier, en employant les méthodes de déviation par le champ magnétique^ montré que le rapport de la charge à la masse était le même pour les particules qui constituent l’émission négative que pour les rayons cathodiques. Ce sont donc des « électrons » qu’émet le filament et qui sont les véhicules de l’électricité dans le vide. Lorsque, dans une ampoule de Crookes, les rayons cathodiques partent d’une cathode froide, leur départ est provoqué par le choc des ions positifs contre la cathode et pour que les ions positifs eux-mêmes puissent être produits par le choc des électrons avec les molécules du gaz, la chute de potentiel doit être considérable au voisinage de la cathode. Il en résulte que les rayons cathodiques ainsi produits ont une vitesse élevée qui peut s’approcher de celle de la lumière. Une cathode incandescente permet au contraire d’obtenir des rayons cathodiques de faible vitesse puisque la chute de potentiel à la cathode peut rester relativement faible. Plusieurs expérimentateurs ont utilisé celte propriété pour étudier la relation qui existe entre la masse d’un électron et sa vitesse.
- L’émission positive est constituée par des particules bien plus grosses, de l’ordre de grandeur des atomes ou des molécules. Il semble assez difficile de préciser, dans l’état actuel de nos connaissances, leur origine et leur nature exactes.
- Nous sommes maintenant suffisamment
- armés au point de vue [expérimental pour établir et discuter une théorie électronique, d’ailleurs fort simple en principe, qui nous explique les faits qui précèdent.
- LA THÉORIE
- Nous sommes habitués à imaginer dans les métaux un véritable gaz corpusculaire, constitué par des particules portant une charge électrique et auxquelles nous attribuons le transport de l’électricité dans le phénomène de la conductibilité électrique des métaux. Il existe, peut-être, des charges des deux signes, mais l’hypothèse de la seule présence d’électrons négatifs suffit généralement. Ces électrons en agitation continuelle possèdent la même énergie cinétique moyenne que les molécules d’un gaz parfait à la même température. Cette énergie cinétique croît donc proportionnellement à la température absolue du conducteur.
- Dans les conditions ordinaires de température, les électrons sont retenus dans le métal où ils évoluent ; leur énergie potentielle y est plus faible qu’à l’extérieur et l’expulsion d’un électron nécessite un certain travail. Si ce travail est de nature électrique, on doit admettre l’existence à la surface d’une différence de potentiel entre le métal et le milieu ambiant ; elle suffit dans les conditions normales pour arrêter les électrons qui frappent la surface. Si la température du métal s’élève, l’énergie cinétique moyenne des électrons augmente ; un nombre de plus en plus grand parmi eux va pouvoir,'grâce à la vitesse, forcer cette barrière. On conçoit donc qu’un métal chauffé à l’incandescence laisse évaporer des électrons.
- Nous pouvons nous représenter l’existence d’un phénomène analogue même chez les corps non conducteurs à la température ordinaire, comme les oxydes alcalino-terreux.
- L’agitation moléculaire devient, à l’incandescence, assez active pour que des électrons soient arrachés à l’édifice atomique auquel ils appartenaient et existent, au moins tem-
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- porairement, à l’état de liberté dans l’oxyde. Cela n’entraîne pas, comme on pourrait le croire à première vue, l’existence d’une conductibilité électrique sensible, analogue à celle des métaux, puisque le transport de l’électricité dépend encore de la facilité plus ou moins grande avec laquelle peuvent se déplacer les électrons.
- Cette évaporation d’électrons hors du corps incandescent ne sera pas indéfinie si le corps est électriquement isolé. A mesure que les charges négatives le quittent, il prend de son côté une charge positive croissante, il s’établira tout autour de lui un champ électrique qui tend à ramener les électrons dans leur milieu primitif et qui limite leur évaporation. 11 s’établit donc rapidement un état d’équilibre dans lequel autant d’électrons sont ramenés par le champ extérieur vers le solide incandescent qu’il s’en échappe par suite de l’agitation thermique.
- Analysons le phénomène de plus près : lorsqu’un certain nombre d’électrons ont quitté le corps incandescent, il lui a été soustrait ainsi une certaine quantité de force vive; autrement dit, sa température doit avoir baissé. Dès que l’équilibre est atteint, les électrons ramenés par le champ électrique instituent au corps chauffé autant d’énergie qu’il en avait perdu ; ils reviennent sur lui avec la môme énergie cinétique qu’ils possédaient au départ, comme une pierre revient au sol avec la môme vitesse changée de signe qu’elle possédait en le quittant.
- Revenons à l’appareil que représente la figure i et relions par un fil conducteur l’électrode E au filament. Le retour des électrons au corps chaud se fera par ce fil conducteur en même temps qu’à travers le vide. Un courant passera dans le fil et le corps incandescent jouera le rôle d’une véritable pile disposée dans le circuit ; pratiquement il s’agit de courants extrêmement faibles. L’énergie provient évidemment de la température élevée du corps solide et le passage du courant doit s’accompagner d’un abaissement de cette température.
- Introduisons dans le circuit précédent une force électromotrice de sens tel qu’elle entraîne vers l’électrode E les charges négatives émises. A mesure que nous augmenterons cette force électromotrice,un nombre d’électrons de plus en plus petit pourra revenir au corps solide, jusqu’au moment où tous les électrons émis seront recueillis ; à ce moment-là, le courant aura atteint sa valeur maximum ; il est aisé de s’en rendre compte.
- Nous devons en effet nous représenter que, à l’intérieur du métal, l'action du champ électrique créé par le passage du courant est absolument négligeable devant l’agitation thermique et que les vitesses des électrons sont réparties suivant la même loi qu'en l’absence de tout courant. Parmi les électrons que l’agitation thermique projette sur la surface, en nombre constant par unité de temps, une fraction seulement possède une vitesse suffisante pour sortir en dehors du solide ; à une température donnée, cette fraction est déterminée et indépendante de la force électromotrice que nous avons disposée dans le circuit E F ; c’est sa valeur qui fixe le courant de saturation.
- Ces considérations, traduites en relations mathématiques, peuvent nous conduire à des conclusions vérifiables par l’expérience.
- Nous assimilerons les corpuscules électrisés que nous supposons dans le solide aux molécules d’un gaz et nous appliquerons à leur ensemble l’analyse ordinaire de la théorie cinétique (‘).
- () Nous rappelons que la théorie cinétique des gaz attribue aux molécules d’un gaz des vitesses extrêmement variables mais groupées autour d’une valeur moyenne qui est fixée par la température du gaz. Cherchant line fonction qui représente la loi suivant laquelle ces vitesses sont distribuées autour de^la vitesse moyenne de composante (a, p, q), Maxwell a proposé la fonction indiquée dans le texte. La fonctionj| Ae_se retrouve souvent dans le calcul des probabilités. Par exemple elle exprime la répartition autour du centre de la cible des balles d’un tireur d’une adresse moyenne (« étant l’écart).
- Nous admettons par exemple que
- nUtViW = Ae-B[(«-«)*+(du dv dw représente le nombre des molécules dont les vitesses
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- Soit u, v, w les composantes suivant trois axes de la vitesse d’un corpuscule. Soit N le nombre de corpuscules par unité de volume, m la masse de l’un d’entre eux, R la constante des gaz parfaits pour un seul corpuscule et T la température absolue. Le nombre des corpuscules qui, par unité de volume, possèdent une vitesse comprise entre u et u -|- du, v et v + dv, w et w + dw est donné parla relation :
- 3
- ( m \i - — («*+»*+»*) . . , , ,
- nlWo = N —e ÎRT X au dv dw.
- Le nombre d’entre ceux-ci qui frappe par seconde l’unité de surface normale à la direction des uest :
- N
- m
- azRT
- u e
- X du dv dw,
- et le nombre total de coi’puscules frappant par seconde la même surface est évidemment :
- Si le travail effectué par l’ion est $>, la
- <I>
- différence de potentiel à vaincre est —,
- e étant la charge de l’ion. En traversant la surface, l’ion perdra de sa vitesse et n’aura plus à la sortie qu’une vitesse u' aisément calculable et dont l’expression est :
- Il est donc clair que seuls les corpuscules
- 4 Trayant une vitesse supérieure ày/ — <ï> pourront sortir du corps solide et que le nombre de corpuscules émis sera donné par l’intégrale suivante où les limites pour u
- V — 3» et oo.
- Y m
- sont
- =jtjrr”(=s*)
- v—*
- * m
- 3
- 2 -;r^(K!+«5+!»2) , , , •
- ue 2RT' dudvdw
- r r r*
- t/O %/ — oo %J —
- m \a
- ^rt) ue
- —-w°-)
- dudvdw.
- sont comprises entre u et u -f- du, v et v -f- dv, w et i,. dw. Si le gaz ne subit pas de mouvement de
- translation : a — jl = y = o. Et en exprimant les constantes en fonction'des quantités (N, R, T, m) on trouve la fonction sous la forme que nous indiquons dans le texte.
- Nous rappelons que la constante R, la température absolue T et l’énergie cinétique moyenne d’une molécule sont reliées par l’égalité
- - mu2 — - RT.
- 2 2
- La constante R, ainsi introduite, est un sous-multiple de celle qui figure généralement dans l’équation des gaz parfaits
- pv RT.
- La constante R a des valeurs différentes suivant la masse de gaz considérée ; ell« est la même pour tout volume de gaz comprenant le même nombre de molécules, par exemple pour tout volume moléculaire. Comme le nombre de molécules contenues dans un volume moléculaire est donné, nous pren'ons, dans ce qui suit, la constante R pour une molécule.
- L’intégration donne :
- n = N
- V
- / RT
- 2 mit
- 4'
- RT
- Le courant de saturation correspondant est évidemment, pour une surface d’émission S :
- 4
- neS = NeS
- 4»
- "ÎÎT
- Si nous groupons les constantes, enadmet-tant que N et $ ne varient guère dans l’intervalle de température èonsidéré,nous pouvons écrire :
- _ B
- is = A v/rr e~ \
- Cette fonction que nous fournit la théorie convient parfaitement pour représenter les expériences faites sur les métaux et le charbon.
- La valeur de la constante A permet de déterminer le nombre N des corpuscules libres existant dans l’unité de volume du solide. .
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- Dans le cas du platine, d’après les expériences de Richardson, à i 54a° absolus,ce nombre est: i,3Xio!1,en accord satisfaisant avec ce que d’autres méthodes laissent prévoir.
- La valeur de la constante B peut fournir la valeur de la différence de potentiel existant à la surface. Elle a été trouvée par Richardson de 4 r1 volts environ pour le platine, dans les mêmes conditions (i 54;>° absolus).
- Pour le charbon, à i5i5° absolus, N est de l’ordre de io29 et, pour le sodium, à 4oo° C., N vaut io26.
- Il est certain qu’il ne faut attacher à ces résultats qu’une valeur relative, car A et B doivent changer avec la température et le nombre N correspondant à la température ordinaire différer du nombre calculé à température élevée.
- Wehnelt trouva que la formule de Richardson s'appliquait de façon très satisfaisante au cas de la chaux et Jeutzsch (1908) a systématiquement étudié son application à un grand nombre d’oxydes incandescents pour lesquels la loi est également valable.
- Il a dressé le tableau que nous reproduisons ci-dessous.
- Tableau III
- OXYDES NOMBRE d’électrons par centimètre cube 11 <l> (en erg's) DIFFÉRENCE DE POTENTIEL entre l’oxyde et le vide dans l’état stationnaire £
- BaO 20000 000 X 1015 5,6o 3,58
- SrO 2 I OOO OOO )> 6,04 3,87
- CaO 18 000 000 » 5,48 3,48
- Mg.O 0,14 » 5,32 3,4o
- BeO o,o43 » 3,22 2,06
- Y203 780 » 4,89 3,i 3
- La203. . .. 29 » 5,10 3,26
- A1203. ... 0,27 » 5,02 3,2 1
- ThO* .... i,5 » 4,79 3,o6
- CeO2 .... 82 » 5,oo 3,20
- ZnO 0,013 » 4,72 3,02
- Fe203.... lf>0 » 6,3i 4,o4
- Ni20 I 200 » 6,89 4,4i
- GoO 2 200 )> 6,69 4,28
- CdO O O O 4,07 2,Go
- GuO 0,00015 » 3,o3 L94
- (I> et - diminuent quand on descend dans
- la série de Volta ; seuls les métaux magnétiques font exception.
- Cherchant à analyser de plus près le phénomène, Richardson (*) a soumis à une vérification expérimentale les hypothèses cinétiques qui sont à la base de sa théorie.
- Un condensateur plan constitué par deux disques horizontaux,distants de 2 millimètres, est placé dans le vide. Dans le disque inférieur est pratiquée une ouverture où vient se loger une petite lame de platine chauffée électriquement; la lame de platine est exactement dans le plan du disque ; elle est, en son milieu, reliée au sol.
- Le disque qui lui fait face est relié à un électromètre dont on imagine facilement le montage; la vitesse de déplacement de son spot à un moment donné sert à mesurer le courant qui charge le disque supérieur. Lorsque la lame de platine est à l’incandescence et émet des électrons, la différence de potentiel primitivement nulle entre les deux disques augmente et en même temps s’oppose de plus en plus à l’émission, jusqu’au moment où elle l’annule. Lorsque la différence de potentiel est V, un électron ne peut parvenir au disque supérieur que s’il possède une énergie cinétique suffisante pour vaincre :
- i° La chute de potentiel à la surface du solide ;
- 20 La différence de potentiel V, ce qui correspond à un travail Vf.
- En admettant la loi de répartition de Maxwell, le nombre des électrons qui parviennent au disque supérieur est, d’après ce qui précède :
- Nous considérons maintenant la constante R comme une inconnue; c’est elle que nous
- (!) Richardson et Brown. Phil. Mag., 16, 353376,1908.
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- voulons déterminer; elle mesure en somme l’énergie cinétique que possède, dans le métal, un électron à la température T et nous voulons comparer cette énergie cinétique à celle d’une molécule de gaz à la même température.
- n est proportionnel au courant de charge i. Désignons par i0 la valeur du courant de charge initial (V == o) ;on voit facilement que :
- Dans cette dernière relation, l’expérience nous fournit Y, i, i0, T et nous connaissons s ou» l’im de ses multiples, par exemple la charge nécessaire pour décomposer un centimètre cube d’hydrogène; en nous servant de cette dernière donnée, nous obtenons la valeur de la constante R relative à un centimètre cube de gaz parfait. Les nombres ainsi trouvés oscillent entre 3,5 X i»3 et 4,-oS X iQ3 tandis que la constante des gaz parfaits est 3,7 X io3. L’accord est aussi bon que permettait de l’espérer la précision des expériences et il légitime l’assimilation faite de l’agitation des électrons à l’intérieur du métal avec celle des molécules d’un gaz.
- Richardson a pu établir que l’on retrouvait encore des valeurs très satisfaisantes pour la constante R en étudiant la répartition des vitesses des électrons parallèles à la surface d’émission. La précédente méthode ne vérifiait en éffet l’accord que pour les composantes (zt) des vitesses normales à la surface d’émission.
- Brown a effectué des recherches analogues sur l’émission positive du platine, en opérant à une température comprise entre 1 067° et 1 293° absolus, température à laquelle l’émission négative est encore négligeable; il déduit de ses expériences R = 3,6X io3, vérifiant ainsi que l’énergie cinétique des corpuscules positifs émis est la même que celle des électrons ou des molécules gazeuses, comme le veut d’ailleurs la loi de l’équiré-partition de l'énergie.
- Malheureusement, la théorie que nous venons d’exposer ne s’accorde pas, au moins sans retouche, avec tous les faits expérimentaux.
- Wehnelt et Jeutzsch ont cherché à mesurer la perte d’énergie que subit un corps incandescent, en l’espèce un fil de platine recouvert de chaux, lorsqu’il émet des électrons. Un calcul,basé sur la théorie de Richardson, fournit l’expression de cette perte en fonction de la température, de la différence de potentiel à la surface et des constantes de la théorie cinétique. Lés expérimentateurs précédents ont en réalité mesuré l’accroissement du courant de chauffe nécessaire pour maintenir constante la température du filament quand on établit soudain une force électromotrice dans le circuit EF. Cette augmentation a été trouvée nettement supérieure (de £> à 10 fois) à l’augmentation prévue par la théorie de Richardson, que Wehnelt et Jeutzsch déclarent insuffisante.
- Il reste cependant hors de doute que la théorie de Richardson ne doit pas être rejetée et qu’elle est une approximation déjà très précieuse; elle saisit certainement le phénomène essentiel qui constitue l’effet Edison (‘).
- M. Joly,
- Agrégé des Sciences Physique s
- (') Bibliographie.
- O.-W. Richardson. Pkilosophical Transactions, igo3. A 201; Proccedings of lhe Cambridge Philosophical Society, janvier 1906.
- Richardson et Brown. Philosophical Mag,, 1908.
- Richardson. Phil. Mag., 1908.
- Brown. Phil. Mag., 1909.
- Frank Horton. Proc. Roy. Society, avril 1907.
- Martyn. Phil. Mag., 1907.
- Wilson. Proc. Roy. Society, 80, 1908; Proc. Roy. Society, 82, J 909.
- Deiningeu. Annalen der Physik, 25, 1908.
- Jeutzch. Verh. der. deutsch, phys. Gesell., 10, 1908.
- Wehnelt. Ann. der Phys., 14, 1904.
- Wehnelt et Jeutzsch. Verh. der deutsch. phys, Gesell., 10, 1908; Annalen der Phys., 28, 1909.
- Henri Abraham et Paul Langevin. Ions, Électrons, corpuscules. Traduction du mémoire de Richardson (igo3) par E. Salles. Second fascicule, p. 581.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Les efforts exercés sur un conducteur par le coûtant qui le traverse. — C. Hering. — Journal of the Franklin lnstitute, janvier 1911.
- L’auteur aborde dans ce travail une question des plus intéressantes, mais sur laquelle il est bien difficile d’avoir encore des données précises.
- Il montre dans une série d’expériences sur divers •circuits et sur l’arc voltaïque que,dans un conducteur parfaitement soustrait à toute influence extérieure, un •courant électrique développe une force mécanique axiale d’extension. Celle-ci serait due à l'action magnétique du courant qui est indépendante de la longueur du conducteur, de la direction du courant et, probablement, proportionnelle directement au carré de l’intensité et inversement à la section.
- La tendance à l’allongement donne parfois lieu au phénomène du « pincement » et de la diminution de section du conducteur.
- Partant de diverses constatations, M. Hering •considère que l’on fait ordinairement trop peu de •cas de la nature du conducteur, dans l’explication des effets du courant. Ainsi, l’attraction et la répulsion de deux ou plusieurs conducteurs ne s’exerceraient pas entre les courants qui les parcourent, mais bien entre les substances qui en sont le siège ; ce sont ces dernières encore qui auraient dû entrer en cause lorsqu’il s’agirait d’expliquer la naissance du courant •induit dans un circuit coupant les lignes de force.
- M. Hering souhaite que ces nouveaux points de vue ne tardent pas à exercer une influence sur l’enseignement actuel.
- L’intérêt de ces idées n’est pas seulement théorique; la technique des courants forts, et notamment dés fours électriques, devrait en retirer, si elles sont confirmées, des indications très pratiques.
- Th. S.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Dispositifs de protection pour les appareils électriques. — F. Heather. — Transactions of the South AfricanInstituté of ElectricalEnginecrs, mai içjto.
- Une bonne protection des appareils électriques est
- une question d’un intérêt primordial pour le fonctionnement et la conservation d’une installation.
- Tant qu’il ne s’est agi que d’entreprises d’une étendue limitée et de courant continu à faible voltage, le problème n’a pas présenté beaucoup de difficultés. Les fusibles ont été peu à peu remplacés par des coupe-circuits automatiques et ceux-ci ont rendu d’excellents services.
- L’entrée en ligne des systèmes de transmission par courants alternatifs à haute tension, à de grandes distances et le développement des entreprises ont modifié la situation.
- II faut maintenant que les dispositifs de protection soient agencés en vue d’une action sûre et prompte et de façon à couper une section d’un système, sans interrompre la distribution dans les autres parties de l’ensemble. Il est également nécessaire que des surcharges temporaires, contacts à la terre, surtensions, puissent être supportés sans interruption du service. Il faut donc pouvoir régler l’élément temps de façon que l’interrupteur ne soit déclenché qu’au bout d’un nombre de secondes déterminé, indépendamment de la surcharge, ou mieux en raison inverse de l’intensité de celle-ci.
- Les disjoncteurs pour courant continu destinés à couper le courant de retour sont basés sur le même principe que les disjoncteurs ordinaires (électros à plongeur avec, généralement, soufflage magnétique), sauf que le champ dont on se sert pour actionner le plongeur est produit par une bobine shunt, ajoutée à une bobine série.
- Un type bien connu est, par exemple, celui de Coivan-Andrews.
- Le circuit magnétique est semblable à celui dont on se sert dans la dynamo Manchester. La bobine shunt est enroulée sur un noyau et la bobine série sur l’autre ; la place de l’induit est prise par un tube en laiton qui contientun plongeur mobile,en fer, dans le même plan que les bobines. Les bobines sont enroulées de telle sorte que leurs forces magnéto-motrices sont en série ; par conséquent, dans les conditions normales, l’ensemble du flux magnétique passe k travers les noyaux sur lesquels les bobines sont enroulées,c’est-à-dire à travers le circuit magnétique fermé, plutôt que de passer par l’entrefer entre
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- le plongeur et le déclic. Aussitôt que le courant se renverse, la bobine série est opposée à la bobine shunt; un flux magnétique traverse le noyau central et le plongeur se lève.
- Des coupe-circuits de ce type ont été construits pour des courants jusqu’à 8ooo ampères et pour des tensions jusqu’à 700 volts et ont donné satisfaction. *
- * *
- Le problème de la protection des systèmes à courant alternatif est différent, surtout en raison du fait que presque toutes les distributions.alternatives sont établies pour des voltages qui interdisent ou du moins déconseillent la connexion directe des dispositifs de déclenchement avec le réseau principal. Ce n’est d’ailleurs pas un désavantage, car il en résulte la possibilité d’agir sur tout appareil de déclenchement avec un courant d’environ 5 ampères, à une tension de 100 volts, par l’emploi de transformateurs de courant et de potentiel, ce qui amène une diminution de prix et une simplification du tableau de distribution.
- Si on laisse de côté les perturbations atmosphériques, les jirincipaux cas à considérer sont ceux de surcharge, d’insuffisance d’alimentation et de renversement de courant.
- SURCHARGE
- La protection relative à la surcharge est généralement nécessaire dans le cas de générateurs et de moteurs et peut être réalisée de la même manière sur les systèmes à courant continu et à courant alternatif.
- Il faut avoir un système de protection ca2Dable d’un réglage précis en ce qui concerne l'importance de la surcharge et sa durée : on a choisi pour cela des fusibles ou des relais.
- Fusibles.
- Les fusibles, somme toute, ne jirésentent pas une solution satisfaisante du problème de la protection vis-à-vis de la surcharge.
- Les modèles de fusibles ont fait d’énormes progrès depuis l’époque où un fusible était un simple bout de fil, fixé à chaque extrémité sous une vis de pression Un fusible, pour un circuit de 5oo volts, était alors considéré comme offrant peu de sécurité. On a maintenant des fusibles qui fonctionnent sur des circuits de 60 000 volts et qui donnent satisfaction.
- Ils soulèvent toutefois quelques objections qui les rendent moins recommandables que d’autres systèmes ddïit l’action repose sur des principes purement mécaniques et magnétiques. De petits défauts locaux, des variations de section transversale et de composition
- chimique, des facilités de refroidissement, la vétusté du fil, la sécurité des contacts et la température du fusible avant que se produise la surcharge, tout cela a de l’influence,dans une certaine mesure, sur l’instant où le fusible sautera et contribue à le rendre bien peu sûr. Un vieux fusible étalonné à 100 ampères peut sauter plus tôt qu’un neuf de 5o ampères sur le même circuit. Les fusibles ne peuvent être calibrés que par destruction et l’instant où un fusible saute n’est pas une indication pour un autre du même type qui, lui, ne sautera peut-être pas dans les mêmes conditions.
- On a apporté une attention considérable à l’étude et à la construction des fusibles pour les systèmes alternatifs à haute tension.
- Un point important à considérer est l’extinction de l’arc résultant de la rupture du circuit. Dans le fusible à huile Ferranti, on y parvient en utilisant l’action d’un ressort et en le tendant entre deux contacts qui sont immergés dans de l’huile contenue dans un récipient de porcelaine. Quand le fusible saute, les contacts sont enfoncés sous l’huile par l’action du ressort et l’arc est éteint. Des fusibles de ce type ont donné des résultats satisfaisants jusqu’à 11 000 volts.
- Un autre système consiste à enfermer le fusible dans un tube de verre ou de porcelaine recouvert d’une matière incombustible, telle que l’amiante ou le plâtre ou bien encore à placer le fusible dans un tube, sans le boucher, comptant uniquement sur la poussée des gaz chauds produits par la fusion du fusible pour souffler l’arc. C’est le type à expulsion.
- Un pas de plus dans cette voie conduit à monter le fusible sur un tube entre deux capsules d’acier contenant de l’acide carbonique comprimé. Quand le fusible saute, les couvercles de ces capsules fondent et le tube est immédiatement rempli d’acide carbonique qui éteint l’arc.
- Le principe Ferranti, cité plus haut, est appliqué aux fusibles dans l’air ; on peut les employer sur des circuits jusqu’à 60 000 volts.
- Les fusibles sont capables de supporter de faibles surcharges pendant un temps court sans sauter, mais l’échaulïement qui résulte de cette surcharge produit une détérioration du métal dont le fusible est formé. Ainsi, l’on a vu un fusible résister à une surcharge de 10 % pendant une courte période, mais s’allonger de façon sensible ; ceci a pour conséquence de modifier l’instant où il sautera.
- On emploie beaucoup en Amérique des fusibles serrés, sur une longueur d’au moins 70 % , entre
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- deux pièces de gaïac. Plusieurs centaines de ces fusibles ont fonctionné sur des circuits de % ooo à 3 ooo volts. On les constitue généralement d’aluminium ; c’est le métal le plus satisfaisant pour cet objet ; mais il n’agit pas bien sous la forme d’un fil, tandis que, en ruban, il est pratique.
- Notons aussi que si l’élément temps est incertain pour des fusibles, ils ont l’avantage du bon marché, comparativement à d’autres types de coupe-circuits.
- Enfin, l’usage des fusibles en parallèle avec des transformateurs de courant est une méthode'de protection excellente pour les consommateurs ; une preuve en a été donnée par le cas d’un consommateur dont la demande d’énergie a augmenté en quelques années de i ooo à 3 ooo kw.
- Il a été possible d’employer un seul transformateur de courant, rien qu'en faisant varier les dimensions des fusibles. Le consommateur, dans le principe, prenait aoo kw. et il a pris éventuellement 3 ooo kw. fournis par un transformateur de courant d’une capacité de 3 ooo kw. En modifiant les fusibles, ce transformateur de courant pouvait être employé en toute circonstance. Il est vrai qu’il s’est rencontré un fusible qui saute seulement à 7 ampères, quand il était indiqué pour sauter à 5 ampères, mais il fallait surtout imputer cet écart à la construction mécanique et si les fabricanls avaient apporté plusde soinà la confection des fusibles, ces difficultés auraient été évitées.
- Relais.
- Les méthodes de protection qui sont basées sur des principes purement magnétiques et mécaniques possèdent des avantages sur les fusibles, en ce sens que les éléments surcharge et temps peuvent être réglés avec exactitude et qu’ils peuvent être périodiquement contrôlés.
- On dispose un-plongeur, contrôlé par unsolénoïde, de façon qu’il frappe le déclic par lequel l’interrupteur est tenu en place. Les limites de surcharge et de temps dépendent de l’action d’un relais ou, dans quelques cas, d’un fusible connecté en parallèle avec la bobine de déclenchement. Dans ce dernier cas, cette bobine ne supporte pas le courant à pleine charge du transformateur de courant qui la commande, mais, étant de plus haute résistance, elle est court-circuitée par le fusible. Ce type d’appareil est très usité dans les cas où l’on ne peut utiliser de courant auxiliaire et où un réglage précis n’cst pas de grande importance, mais il est sujet aux objections que soulève l’emploi des fusibles.
- Un dispositif bien préférable, quand on dispose
- d’un courant auxiliaire de déclenchement, alternatif ou continu, est l’emploi de relais. L’emploi d’un courant auxiliaire offre ce grand avantage que la force employée à actionner l’interrupteur principal est invariable, quelle que puisse être la charge sur le relais. Dans une usine triphasée, il est convenable d’employer deux ou trois relais monophasés, plutôt que de combiner l’action sur un celai triphasé.
- L’un des types de relais à courant alternatif les plus vieux et les plus simples est le relais à courant maximum Ferranti, dont l’action est basée sur le principe du moteur d’induction. Un disque en cuivre ou en aluminium tourne entre les pôles d’un aimant à noyau convenablement laminé et cet aimant est excité par le secondaire d’un transformateur de courant. Le flux alternatif entre les pôles, coupant le disque, y induit des courants parasites qui réagissent sur le flux et tendent à produire la rotation du disque. Un poids est suspendu sur la gorge d’une poulie calée sur l’axe du disque et quand le couple produit par le moteur est suffisant, ce poids s’enroule graduellement, entraînant avec lui un levier articulé qui produit la fermeture du circuit auxiliaire. Les données du moteur sont choisies de façon que la vitesse soit directement proportionnelle à la surcharge, le disque étant retardé, comme dans le cas du watt-heure-mètre à induction ordinaire, par un aimant permanent.
- La surcharge précise à laquelle le relais fonctionnera peut être réglée par la variation de poids, et le temps qui s’écoule avant que le circuit auxiliaire se ferme dépend de la course du bras articulé.
- On a modifié de diverses manières ce. relais. On a substitué un ressort au poids. Il est difficile de considérer cette substitution comme un perfectionnement, attendu que l’élasticité d’un ressort peut varier considérablement avec l’âge et l’usage continuel, tandis que l’accélération de la pesanteur est constante.
- Les enroulements des bobines de déclenchement montées sur les circuits auxiliaires ne sont généralement pas destinés à supporter continuellement le courantnécessaire pour actionnerle coupe-circuit ; aussi, il est d’usage d’introduire dans le circuit auxiliaire un second interrupteur solidaire de l’interrupteur principal ; on prévoit ainsi une seconde rupture dans le circuit de contrôle et on prévient l’avarie de labobine si, pour une raison quelconque, les contacts du relais ne s’ouvraient pas quand la surcharge cesse.
- Un autre type de relais, qui a été très largement
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- employé, est basé,en ce qui concerne l’élément temps, sur l’expulsion d’air hors de soufflets, la vitesse d'expulsion et par conséquent l’élément temps du relais dépendant du réglage d’une soupape d’écoulement sur les soufflets. Le relais lui-même consiste en une paire de soIénoFdes à noyaux de fer mobiles,dont les extrémitées supérieures portent des prolongement qui sont en contact avec les soufflets. Le réglage de la surcharge est fait par la variation de la position normale des plongeurs et par suite par la variation de l’entrefer dans le circuit magnétique. Un point faible de ce type de relais, c’est que lorsque le plongeur monte, la réluctance magnétique du circuit décroît et que par conséquent le nombre d’ampères-tours exigé pour produire le flux nécessaire pour maintenir le plongeur dans sa position levée décroît. Supposons maintenant qu’une surcharge soit suffisante pour élever le plongeur, et que, juste avant que le circuit de déclenchement soit fermé, le courant reprenne sa valeur normale; le plongeur ne peut plus retomber, mais il est resté flottant dans le solénoïde. Qu’une autre surcharge vienne à se produire, il est probable que l’attraction ne sera pas suffisante pour soulever l’armature et, conséquemment, l’interrupteur ne sera pas ouvert.
- Une autre objection contre les relais à soufflets est que les soufflets eux-mêmes sont sujets à des détériorations plus ou moins rapides suivant leur situation. Aussi,le type de relais «à moteur d’induction est-il dans l’ensemble préférable.
- PliOTECTION DES MACHINES
- Passons maintenant à la question de la protection des générateurs fonctionnant en parallèle il est d’usage de se dispenser entièrement de relais de surcharge et de compter uniquement sur la protection par inversion de courant ou bien, dans quelques cas, de n’avoir aucune protection, quelle qu’elle soit, mais simplement un dispositif indicateur pour chaque machine qui prévient le préposé au tableau de distribution dans le cas où un dérangement survient à une machine.
- Un générateur moderne supporte une forte surcharge pendant un temps suffisant pour permettre à ce préposé de prendre les mesures nécessaires pour remédier au dérangement sur le système oo,en cas de nécessité,pour mettre en marche et synchroniser une autre machine.
- Protéger des générateurs contre la surcharge est plutôt une source de danger qu’autre chose ; en
- effet, s’il survient une forte surcharge, ou si un dérangement se produit qui retire une machine du circuit, la charge sera tout entière portée, sur les autres machines et elles déclencheront probablement aussi, amenant une suppression totalede courant.
- Inversion de courant.
- On admet généralement que le meilleur système à adopter est simplement une protection contre l’inversion de courant sur les générateurs et contre la surcharge sur les feeders, avec quelques dispositifs spéciaux dans le cas des feeders doubles et des canalisations en boucle.
- Ces dispositifs sont destinés à ne couper que la section dérangée quand on peut maintenir la distribution sur les autres sections. Avec l’unique protection contre l’inversion de courant sur les générateurs, les barres de tableau sont sans protection, mais les dérangements y sont relativement si rares que ce n’est pas là une objection réellement sérieuse. La protection contre l’inversion de courant coupera un générateur en cas d’accident sur ce générateur, sur son moteur d’entraînement ou sur son excitatrice, mais elle le laissera libre de supporter telle surcharge ordinaire qu’il peut être appelé à prendre, pourvu que son facteur de puissance ne tombe pas trop bas.
- Les relais à inversion de courant sont, en général, semblables aux relais de surcharge, sauf que leur action dépend de la résultante de deux champs, shuntet série. Sur des circuits inductifs, ilest d’usage de disposer les bobines de façon que, au facteur de puissance normal, elles soient en opposition. Si la phase du courant est inversée, l’action de la bobine série s’ajoute à celle de la bobine shunt et le relais agit aussitôt. En pratique, toutefois, le relais est généralement installé pour opérer à faible facteur de puissance, c’est-à-dire avant qu’une annulation réelle de la phase du courant ait lieu. Une certaine marge dans l’inversion de courant est généralement tolérée, afin d’éviter le déclenchement d’une machine si elle venait à être en parallèle quand elle n’est pas tout à fait en phase.
- Manque d’alimentation.
- En outre de la protection des moteurs contre la surcharge, il est nécessaire de s’arranger pour que le moteur soit retiré du circuit en cas de faute d’alimentation, car il n’existe plus de résistances extérieures dans le circuit du rotor quand le moteur tourne en vitesse. Ce point est d’une plus grande
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- importance quand l’énergie est fournie par une source extérieure, que dans le cas d'une installation privée, attendu que,dans le premier cas, il est essentiel que l’alimentation soit reprise aussi vite que possible, sans se préoccuper du temps dont un client isolé a besoin pour retirer du circuit tous ses moteurs.
- Le système adopté pour couper des moteurs, dans le cas d'une panne de distribution, est de connecter un solénoïde aux bornes des câbles principaux. Le solénoïde est excité tant que le voltage n’est pas nul et, par suite, maintient son armature en position.
- Dès que le voltage tombe, l’armature est libérée. Parfois, cette bobine shunt est montée sur le coupe-circuit principal et elle agit sur la môme armature que la bobine de surcharge. A l’occasion, toutefois plus spécialement dans le cas de petits moteurs, la bobine shunt est fixée sur le rhéostat de démarrage et agit sur la manette, que rappelle au zéro l’action d’un ressort. Quand toute résistance est coupée, le bras de la manette est en contact avec les pièces polaires delà bobine shunt et constitue son armature.
- » *
- Les systèmes des grandes compagnies de dislri-tion sont en général disposés de façon que chaque consommateur reçoive le courant 'par deux feeders, de façon qu’en cas de rupture de l’un d’eux le courant puisse être maintenu sur l’autre. Une protection contre la surcharge ne répond pas, dans ce cas, complètement à toutes les exigences, attendu que s’il survient un grave dérangement sur un feeder, quoique l’interrupteur situé du côté générateur puisse déclencher, il est plus que probable que le dérangement atteindra l’autre feeder et que, par conséquent, les deux feeders déclencheront aux deux extrémités.
- Diverses méthodes ont été imaginées pour remédier à cette difficulté; la plus simple est d’équiper l’extrémité sous-station des feeders avec des relais à inversion de courant et l’extrémité générateurs avec des relais de surcharge. Les relais à inversion de courant seront réglés de façon qu’ils ne puissent pas agir pour les faibles perturbations qui se produisent couramment dans tout système important. Cette méthode ne peut être appliquée qu’aux feeders allant des stations génératrices aux sous-stations, ou bien à des câbles reliant les sous-stations aux consommateurs et non pas à des feeders qui relient entre elles deux stations génératrices ou leux sous-stations.
- Dans le système Cowan-Andrews, une bobine inductive est connectée entre les feeders doubles, à l’extrémité sous-station, et le point central de cette bobine de self est relié aux barres du tableau de la sous-station. La bobine inductive est enroulée uniquement dans un sens et, par conséquent, dans les conditions normales, le courant se partageant également entre les deux feeders, les deux moitiés de l’enroulement se neutralisent mutuellement. Si un feeder vient à se rompre, dès que le dérangement se transmet au feeder restant, la bobine inductive entre en action et ramène le courant à la valeur demandée.
- Ce dispositif est généralement employé en combinaison avec un relais polarisé, actionnant un coupe-circuit monté sur le feeder où s’est produite la perturbation. Celui-ci ouvert, les deux moitiés de la bobine sont en parallèle. Les feeders doubles sont munis de relais de surcharge à l’extrémité génératrice.
- (A suivre.) C. B.
- TRACTION
- Essais de voitures à essieux avec coussinets anti-friction. — B. Stitzer. — Electric Raihvay Journal, 27 août 1910.
- Toutes les considérations relatives à l’économie possible à réaliser par l’emploi de coussinets anti-friction dans les équipements des voitures sont généralement basées sur des calculs plutôt que sur des essais d’ordre pratique, Parmi les objections faites à l’adoption de tels dispositifs, il convient d’en retenir trois principales.
- La première consiste à dire que l’économie doit être petite, parce que la quantité d’énergie transformée en chaleur par frottement dans les paliers n’est qu’une très faible proportion de l’énergie totale requise pour le fonctionnement.
- Secondement, le wattman ne tirera guère avantage des facilités que fournit un tel système, à moins qu’il ne reçoive des instructions spéciales et même, très vraisemblablement, il n’en tiendra point compte :
- En troisième lieu, bien que le régime d’accélération puisse être augmenté, l’économie qui en résulte sera compensée par la diminution de l’action retardatrice.
- Devant ces assertions, la Philadelphia Rapid Transit C° s’est livrée à une série d’essais s’étendant sur une période de presque une année, ayant commencé en juin 1909 et s’étant terminée en mai 1910. Les résultats obtenus furent des pins favorables et bouleversèrent beaucoup d’idées préconçues sur
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- l’effet des paliers anti-friction dans le fonctionnement des voitures.
- Les essais furent institués avec une voiture à double truck du type normal à quatre moteurs, accomplissant un service régulier, avec arrêt à toutes les rues, tout comme les voitures transportant les voyageurs. Les
- teur de vitesse, wattmètre qui furent, au préalable, étalonnés avec les plus grandes précautions.
- Le voltage régnant sur la ligne était enregistré à chaque arrêt, à chaque démarrage et pendant la marche. La durée des arrêts était fournie par une montre et vérifiée d’après le diagramme d’enre-
- •....----------:-V
- Côté du collecteur. - Côté du pignon
- Fig. i. — Détails des paliers à roulements à billes de l’induit.
- courses avaient lieu pendant de beaux jours, afin de réaliser autant que possible l’uniformité de l’état des voies pour tous les essais.
- Afin d’éliminer l’équation personnelle du wattman, le même électricien conduisit la voiture durant toute la période expérimentale et aucune instruction spé-
- gistrement de la vitesse. Des thermomètres étaient placés sur chaque moteur et on faisait la lecture de l’échelle au début et à la fin de la course. La température de l’air était enregistrée au commencement, au milieu et à la fin de chaque course. Au moment où tous les résultats recueillis furent rapprochés, aucun
- diamètre : 50 mm. longueur : 43 mm. Coppe horizontale (vue d’en-dessus)
- Fig. a. — Détails des coussinets à rouleaux.
- Vue en bout.
- ciale, aucun renseignement ne lui furent donnés relativement à la conduite de la voiture ou de son équipement.
- Y.a voiture était munie d’appareils enregistreurs de toutes sortes : ampèremètre, voltmètre, indica-
- des différents coussinets installés ne présentait d’usure appréciable.
- L’axe des induits était monté sur billes et les fusées de l’essieu sur rouleaux, comme l’indiquent les figures i et 2, qui sont respectivement des coupes
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- longitudinales et des vues en bout de chacun de ces dispositifs. La figure 3 représente les rouleaux embrassant les fuséès d’essieux.
- Nous n’extrayons des tableaux dressés que la moyenne des résultats obtenus avec la voiture à équipement double de moteurs, dont le poids est de 21,34 tonnes quand elle est munie de coussinets simples ordinaires; de 20,97 tonnes avec les coussinets à billes et de 21,58 tonnes avec les paliers à rouleaux.
- La consommation de puissance en watt-heures par tonne mille pour chacun de ces cas est respective-mentde i5i,o; i4G,5 et 119,1. Ona donc une économie de 3 % par l’emploi du dispositif à billes au lieu du dispositif ordinaire et une économie de 21,1 % en plaçant en outre des rouleaux sur les fusées. Ces valeurs ne se rapportent pas à une simple course mais sont la moyenne de trois à six voyages, aller et retour, sur chaque route. Cela constitue un temps réel de fonctionnement, pour chaque type de paliers, d’environ 6 heures, délai assez long pour assurer l’élévation de température du moteur dans chaque cas.
- En outre, le tableau des accroissements de température des moteurs nous montre un fait digne de remarque: c’est une diminution de réchauffement de 16,4 % , par l’application des billes aux coussinets d’induit, bien que dans ce cas l’économie de puissance absorbée soit seulement de 3 % .
- La diminution totale de réchauffement avec les deux dispositifs, billes et rouleaux, est de 24,2 % .
- Les pertes totales dans un moteur de rail-way (à l’exclusion des organes de réduction de vitesse) s’élèvent à environ 10 % de sa puissance, dont un tiers environ est attribuable aux frottements dans les paliers. Toute cette déperdition d’énergie réapparaît directement sous forme de chaleur dans les moteurs. Par conséquent, toute réduction de frottement dans les paliers diminuera l’élévation de température du moteur, beaucoup plus qu’elle n’abaissera la consommation de puissance.
- S’il est vrai, d’une part, que la vitesse de l’induit est plus considérable que celle de l’essieu, d’autre part, le poids que supportent les paliers de celui-ci est environ huit fois celui qui est appliqué aux paliers de l’induit.
- D’où, l’économie de puissance provenant de la réduction des frottements sur l’essieu doit être plus
- forte que. celle qui dérive de Ja diminution de frottement sur l’axe de l’induit. Toutefois, la diminution de la température des moteurs ne sera pas proportionnellement aussi accentuée, car cette énergie se retrouve dans les moteurs sous forme de chaleur en proportion du rendement. C’est ce que montrent les chiffres précédents.
- Le temps de freinage à l’approche des arrêts, avec les coussinets anti-friction sur l’induit, accusait une diminution de 2,9 % comparé à celui où il est fait usage de coussinets ordinaires, quoique théoriquement il fallut s’attendre à une augmentation.
- Avec l’addition de rouleaux anti-friction sur les fusées, il y a un grand accroissement du temps de freinage, se montant à une moyenne de 31,2 %. Ce fait montre que la diminution de frottement sur les fusées forçait pratiquement le wattman à accroître
- Fig. 3. — Vue des coussinets à rouleaux.
- le temps de freinage à l’approche des arrêts, afin de garder son horaire.
- Les effets accélérateurs et retardateurs n’étaient que légèrement affectés par l’addition du dispositif anti-friction aux coussinets ordinaires, mais lorsque l’anti-ffiction était aussi appliquée aux fusées, l’accélération était accrue dans la proportion de 14,2 %, avec subséquemment une réduction de 4,3 % de l’action retardatrice.
- Dans le même article, d’où nous avons extrait ces documents, sont résumés quelques essais institués sur la même voiture, actionnée seulement par deux moteurs, pour observer surtout les variations de température des moteurs et l’action du freinage.
- E. D.
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- Voitures de remorque en aluminium. — Schweizerische Bauzeitung', vol. LYI, 1910.
- La fabrique de wagons de Neuhausen a récemment fourni douze voitures d’attelage à l’exploitation des tramways municipaux de Zurich. Il n’entre dans la construction des caisses que de l’aluminium pour toutes les parties métalliques des véhicules. Aux avantages de ce métal s’ajoute encore une autre circonstance heureuse :Ies feuillesde tôle d’aluminium, dégrossies par un jet de sable, prennent sans autre
- traitement une coloration fixe qui évite toutes les autres préparations, longues et coûteuses, usitées dans la fabrication des tôles de fer. Pour la réparation des petites avaries qui sont très fréquentes dans le trafic des tramways urbains, il convient de tenir compte de cette qualité. C’est, en somme, l’expérience qui jugera de la façon dont.se comportera l’aluminium dans les cas d’accidents graves,tels que-les tamponnements.
- E. D.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Introduction à rétablissement des lignes aériennes de transport d’énergie électrique, par O. Cahen. — 1 volume in-8° raisin de 3o8 pages. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris — Prix:
- 1 broché, 9 francs.
- Grouper dans un ouvrage unique les connaissances indispensables à l’ingénieur chargé de l’étude du transport de l’énergie sur lignes aériennes, tel a été le but de M. Cahen, spécialiste en la matière.
- Son ouvrage est donc surtout une reproduction des textes de lois et décrets relatifs à la question de l’installation des lignes électriques aériennes, textes que le lecteur sera heureux de voir réunis. Cette partie comprend à elle seule plus des deux tiers du livre.
- La partie « élude » comprend l’exposé de l’état actuel de la législation concernant la distribution de l’énergie, la classification, la législation des voies du domaine public qu’empruntent ou traversent toutes les distributions électriques, une étude du piquetage et la recherche des autorisations particulières et administratives ainsi que la forme à donner à la demande.
- En résumé, il s’agit donc ici d’un traité intéressant les ingénieurs chargés de l’étude et de l’exécution des lignes. Ils y trouveront réunis tous les documents indispensables à leurs travaux.
- C.-F. Guilüert.
- Cours d’Electricité et de Magnétisme, par E. Pièrard (tomes I et II). — 2 volumes in-8° raisin respectivement de 358 pages avec 238 figures et de 5g6 pages avec 483 figures. — Editeurs : Ramlot, Bruxelles, Dtisod et Pinat, Paris. — Prix, brochés : tome I, lolfrancs; tome II, 11 francs.
- Le premier volume de cet ouvrage est un cours de
- physique pure, dans lequel l’auteur rappelle les notions d’électricité et de magnétisme nécessaires à l’étude de l’éleclrotechnique.
- Le deuxième volume au contraire est entièrement consacré aux applications de l’électricité (piles, accumulateurs, machines à courant continu et alternatif,, éclairage, traction, télégraphie et téléphonie);
- L’auteur a cherché à mettre son ouvrage à la portée du plus grand nombre possible de lecteurs, et en fait,, pour le lire, il suffit de connaître les mathématiques élémentaires et les éléments du calcul intégral. Du reste, dans sa préface, l’auteur déclare s’être inspiré du Traité élémentaire d’Electricité de Joubcrt et des Leçons d’Electricité de M. Eric Gérard et en bien des points, en effet, le lecteur reconnaîtra l’influence de ces ouvrages. Nous ne pouvons du reste que féliciter l’auteur d’avoir su puiser à si bonnes sources et nous pensons que le livre de M. Piérard est destiné à rendre de grands services à tous ceux qui ont besoin d’étudier l’électrotech— nique.
- R. J.
- Le petit constructeur électricien, par H. de Graffigny. — 1 volume in-12 de 200 pages, avec i32 figures. — H. Desforces, éditeur, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o.
- Dépourvu de toute prétention à une haute valeur technique, ce petit ouvrage offre une collection de « recettes » utiles à ceux qui se proposent de construire eux-mêmes des appareils électriques : piles, accumulateurs,dynamos et moteurs, bobines d’induction, rhéostats, voltamètres,lampes àarc,tableaux de
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- distribution, postes télégraphiques et téléphoniques.
- Soit dans un but d’étude, soit dans un but utilitaire, beaucoup de gens sont désireux de se constituer un petit outillage électrique : tout le inonde peut avoir besoin d’établir une sonnerie, un signal quelconque, ou simplement chercher à répéter une expérience classique d’électrotechnique. C’est à ce public que M. de Graffigny a destiné son petit livre, tout terre-à-terre, mais bien adapte ainsi à son objet.
- S. F.
- Handbuch der Telephonie, par le D1 Victor Wietlisbach (Deuxième édition). — i volume in-8° de 468 pages, avec 446 ligures. —A. Hartleben, éditeur, Vienne et Leipsig. — Prix : 12 marks.
- Il y a bien peu de livres dans la littérature électrotechnique qui traitent d’une manière complète et à tous les points de vue la question du téléphone.
- Ce vide, qui existe paraît-il également de l’autre côté des Vosges, y est rempli par ce livre rédigé d’après les manuscrits du Dr Wietlisbach.
- La sûreté de la méthode qui semble avoir régi la conception de l’ouvrage, ainsi que la clarté et la précision de son style, lui permettent de passer en revue toute la grande multiplicité des systèmes et appareils, sans encombrer l’esprit ni le fatiguer.
- Les grandes divisions de l’exposé se succèdent dans l’ordre suivant : théorie sommaire du son, théorie de sa transmission à distance et du téléphone ; le transmetteur, le récepteur et le transformateur ; l’appareillage, la ligne aérienne, le câble; installations et stations modernes de téléphonie.
- Cette disposition est celle qui existait dans les manuscrits du Dr Wietlisbach ; elle a été conservée après sa mort par le rédacteur du livre, le professeur Robert Weber, et par M. Zacharias qui a complété la deuxième édition actuelle.
- Le téléphone a fait l’objet d’importants développements.
- Et comme d’habitude dans les ouvrages allemands, voici d’abondants documents pratiques; les auteurs ne se contentent pas de donner des schémas ; ils montrent aussi des photographies d’installations exécutées, des vues de multiples avec leurs connexions, etc.
- Enfin ils terminent par deux mots sur la téléphonie sans fil, qui, en effet, ne mérite pas encore davantage aux yeux des praticiens. M. G.
- Travaux du Laboratoire Central d’EIectri-citè, Tome I (1884-1905).— 1 volume in-8° jésus, de
- 544 P®ges, avec 2i3 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i5 francs.
- Les comptes rendus et rapports formant ce premier volume résument les conditions, les circonstances et les résultats quionfaccompagné les travaux-des vingt premières années d’existence active du Laboratoire central (1884-1905).
- L’expérimentation des lampes à arc et à incandescence, à laquelle un grand nombre de recherches ont été consacrées, a porté sur la comparaison des étalons lumineux Carcel, Hefner et autres, l’étude de l’arc à courant continu et de l’arc à courant alternatif, la répartition lumineuse des lampes à arc, l’évaluation de la température des lampes à incandescence, la comparaison de ces lampes pour 110 et 220 volts, l’étude photométrique de la lampe Bremer, les observations renseignant sur les risques d’incendie qu’entraîne l’emploi des lampes à incandescence, les résultats obtenus et les moyens employés dans l’éclairage des divers locaux et de l’exposition de 1889, etc.
- En dehors des travaux concernant l’éclairage, nombreuses ont été les autres études entreprises au Laboratoire.
- Ainsi, on a expérimenté les courants alternatifs (recherches oscillographiques, mesures des courants intenses, du coefficient de self-induction, redressement du courant), les dynamos (commutation, résistance au contact des balais), les câbles, lés fusibles, l’accumulateur Edison.
- Parmi ces études, on relira avec un intérêt spécial celles que M. P. Janet, directeur du Laboratoire, a lui-même consacrées aux applications téléphoniques de l’arc électrique (emploi de l’arc comme récepteur ; arc chantant de Duddell), ainsi que le rapport magistral, du môme auteur, sur les compteurs à l’Exposition de 1900 ; — les beaux travaux de photométrie de M. F. Laporte, dont on connaît la légitime autorité en cette matière; — les intéressantes recherches de M. Iliovici sur les mesures, et sur la commutation des dynamos ; — enfin les remarquables relevés oscillographiques de M. Ch. David.
- Nous arrêtons là cette rapide analyse qui n’a pour but que de faire entrevoir tout l’intérêt historique que peut offrir ce recueil en plus de sa haute valeur scientifique.
- Il serait d’ailleurs vain de vouloir évoquer en quelques lignes ces vingt années d’activité du Laboratoire central; il constitue aujourd’hui une véritable institution, chère à tous les électriciens jpar les sei1-vices qu’il a rendus et ceux qu’il rendra encore.
- Th. S.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIERE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’électricité à l’Exposition de Bruxelles (1910) («)
- IL — Eclairage électrique.
- Rien de nouveau à signaler dans les types de lampes à incandescence ou à arc, sauf l’exposition de lampes à filaments métalliques, de pouvoir éclairant considérable, allant de ioo à i ooo bougies (lampes Osram), de ioo à 200 bougies (lampes Z), et le nouveau type de lampe Nernst, à culot, fonctionnant à partir de 200 vblts, et mis en place comme une lampe à incandescence (0,2 ampère sous 220 ou 260 volts). La lampe à incandescence à filament métallique tend à remplacer la lampe à arc : un groupe de 4 lampes métalliques de 125 bougies, sous i3o volts, fournit évidemment la même lumière qu’un arc de 5oo bougies sous 32,5 volts ; mais les lampes du groupe demeurent indépendantes, tandis que l’arc de 32,5 volts est réuni en tension avec 3 autres arcs, et l’extinction de l’un quelconque des arcs de la série entraîne l’extinction des 3 autres. D’autre part, avec les lampes métalliques, la courbe de distribution de la lumière sc rapproche beaucoup de celle que fournissent les arcs à flamme qui sont presque universellement employés aujourd’hui.
- L’entretien des lampes métalliques est rendu plus commode par l’emploi de lampes disposées par une dans un globe de verre : il faut alors rapprocher les points de suspension des lampes pour obtenir une meilleure répartition de l’éclairement.
- Nous avons constaté la généralisation de l’emploi des lampes Osram ^ à la place des lampes à
- (!) La rapide revue que fait ici M. H. Péclieux du matériel de différentes maisons est nécessairement fort incomplète. Mais la rédaction de la Revue accueille volontiers, en principe, les communications directes que lui font individuellement les exposants, lorsqu’il s’agit de dispositifs neufs et intéressants.
- (N. D. L. R.)
- arc, dans l’éclairage du Jardin de Bruxelles devant le palais principal et la grande terrasse : des lampes Osram de 200 bougies, à globe sphérique, formaient un cordon lumineux tout autour du jardin, et selon l’allée principale.
- Deux seuls types de lampes à arc étaient utilisés à l’Exposition (éclairage des halls et des allées) : la lampe de l’A. E. G. de Berlin, et celle des Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi). Les halls allemands étaient éclairés avec les lampes à arc de l’A. E. G.
- Enfin, les pelouses et le château d’eau du jardin de Bruxelles étaient éclairés par des lampes Osram de 25 et 32 bougies, posées sur câbles souples Paz et Silva.
- III. — Traction électrique.
- Chemins de fer et tramways (*).
- Au point de vue de la traction électrique, l’Exposition de Bruxelles a présenté, parmi les types de voitures méritant d’être signalés : 10 dans le hall général des chemins de fer, une voiture motrice de la Société Française de Constructions Mécaniqu es (Anciens Etablissements Cail) ; 20 dans le hall des chemins de fer de la section allemande une voiture motrice de A. E. G. de Berlin et une voiture motrice à accumulateurs.
- a) Voiture motrice de la Société Française de Constructions Mécaniques (Anciens Etablissements Cail). Cette voiture est destinée à la Com pagnie du chemin de fer Métropolitain de Paris.
- La voiture motrice présente une longueur totale de i3,35om. Elle possède 2 moteurs, d’une
- (') Nous saisissons la première occasion où il est question de nouveau ici du matériel de traction ù l’Expo silion de Bruxelles pour signaler que le moteur de traction exposé dans le stand de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, ainsique d’ailleurs les moteurs monophasés à collecteur à vitesse variable (pour lila-Itires) de la même maison, sont du système Tu. Lmi-îu.vxn .(Voir Lumière Electrique, tome XII, p. 17).
- N. D. L. R.
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- puissance de 35o chevaux ; le diamètre primitif des roues dentées est égal à 65o millimètres et celui des pignons à 220 millimètres; la réduction de vitesse, des moteurs aux roues motrices, est donc
- 22 I
- égale à — (rapport voisin de -).
- L’équipement électrique de la voiture est à unités multiples du système Sprague-Thomson.
- Le circuit de traction comprend: 4 frotteurs, i tableau de distribution, 15 contacteurs, 6 groupes de résistances, i inverseur, a moteurs, i fusible.
- Le circuit de commande comprend: i fusible général, i manipulateur, i interrupteur de sectionnement, i rhéostat, i régulateur d’intensité.
- Il existe i parafoudre sur les circuits de traction et de commande.
- Le courant utilisé est le courant continu, sous 55o volts ; la prise de courant se fait par frotteur sur troisième rail.
- Le frein est à air comprimé, du système Westinghouse, à 8 sabots ; le compresseur d’air électrique est à mise en marche automatique.
- b) Voiture motrice de VAllgemeine-Eleklrici-tats-Gesellschaft. — Cette voiture est en service sur les a lignes allemandes: « Breslauer Aktien-Gesellschaft für Eisenbahn » et « Anstalt-Bres-lau ».
- La motrice marche sous courants monophasés, à la fréquence de 25 périodes.
- Le fil de travail (pour le câble de distribution) est à la tension de 6 ooo volts ; au dépôt, la tension est de 3oo volts..
- La voiture comprend a moteurs du système Winter-Eichberg, de 200 chevaux chacun; elle est pourvue de a archets doubles pour haute tension, commandés par l’air comprimé; il existe 2 trolleys pour basse tension. L’éclairage et le chauffage sont électriques.
- La commande des moteurs est électromagnétique à unités multiples ; le frein est à air comprimé, du type automatique Knorr.
- La voiture remorquée est à x3o sièges.
- Le poids total de l’équipement électrique est de 14 tonnes; le poids en service de la voiture double est de 62,4 tonnes.
- Nota. — Ces 2 types de voitures (français et allemand) se rapprochent beaucoup des types connus, en usage actuellement en France (Métropolitain et chemins de fer d’Orléans) et en Alle-
- magne. Le type suivant est plus original, et sa construction particulièrement soignée.
- c) Voiture motrice à accumulateurs. — Cette voiture est en service sur les chemins de fer de l’Etat prussien et sur ceux du Grand-Duché de Hesse.
- Chaque voiture est à 4 compartiments : en avant, celui des accumulateurs; à la suite, le poste du machiniste ; les deux derniers compartiments sont réservés aux voyageurs.
- Chacun des deux compartiments d’avant présente 2,7 mètres de longueur sur 2,5 mètres de largeur; le compartiment des accumulateurs renferme 84 éléments disposés dans 6 bacs en bois à revêtement intérieur en plomb. Ces éléments ont
- une capacité de 368 ampères-heures fournissant, à la décharge, une tension totale de 210 volts environ. La voiture peut effectuer un trajet de 100 kilomètres avant d’avoir épuisé la charge de la batterie. La charge des éléments est effectuée soit en série, soit sur 2 groupes montés en parallèle (selon le voltage des stations de charge). Ces accumulateurs sont fabriqués par la société Accumulatoren-Fabrik-A.G.
- Il existe 2 moteurs, du type cuirassé (à l’abri des poussières et de l’eau) ; l’enroulement est en série, avec pôles de compensation ; chacun des moteurs développe 85 chevaux.
- La culasse magnétique repose, d’un côté, sur les coussinets de l’essieu, de l’autre, sur le châssis, par l’intermédiaire de ressorts.
- Lapaire d’engrenages de chaque moteur fournit
- le rapport de vitesse —— ; la voiture peut ainsi
- prendre la vitesse de 60 kilomètres à l’heure, en palier; on atteint encore 36 kilomètres sur une rampe de 2 à 3 % .
- Le compresseur d’air est commandé par un moteur spécial.
- Cette voiture comprend un dispositif spécial pour mettre les voyageurs à l’abri de tout danger au cas où le wattmann ne serait pas suffisamment attentif ou s’il lui arrive un accident en cours de route; s’il lâche, par exemple, la manette du contrôleur, le courant se trouve alors interrompu et le frein à air comprimé se met en marche automatiquement, arrêtant la voiture en quelques secondes.
- Les caisses des voitures reposent sur le truek, par l’intermédiaire de garnitures en feutre. A cause du poids considérable de la batterie, on
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- a disposé, aux extrémités du wagon double, a essieux pouvant être freinés ; les a essieux du milieu sont moteurs. Il existe a wagons : l’un de 3e classe, réservé aux dames; l’autre de 4e classe avec sièges à bascules, muni de portes doubles et pouvant être, au besoin, utilisé comme wagon à bagàges. Le wagon de 3eclasse contient4ôplaces ; celui de 4e classe en a 54; en tout : ioo places.
- On accède aux compartiments par une double porte située près du poste du wattman. Chaque wagon a un frein à vis et un frein à air comprimé, système Knorr ; ce frein peut être actionné, à volonté, par le wattman, à l’aide d’une soupape, et par les voyageurs, à l’aide d’une poignée de signal d’alarme.
- ' La ventilation des wagons est faite par un aspirateur à airGrove; les compartiments d’accumulateurs sont ventilés par une cheminée d’appel.
- Le chauffage est réalisé à l’aide de briquettes électriques. L’éclairage des wagons est assuré par io lampes, à filament métallique, de 3a bougies; a lampes spéciales, une dans chacun des postes du wattman (avant et arrière), éclairent lesappa-, reils.
- Chacune des a cabines du wattman comprend : i soupape pour le frein à air, i contrôleur, i frein à main et i levier commandant les signaux acoustiques et optiques ; puis une lance d’incendie. Les câbles sont isolés par un tube de caoutchouc enveloppé d’une tresse d’amiante et posés sur un plancher spéqial en pitchpin, logé dans la caisse de la voiture. L’accouplement des moteurs sc fait à l’aide de prises de courant à fiches.
- Sur la toiture de la cabine^du wattman, se trouvent: une cloche d’alarme pour le compartiment de 4e classe, et une sirène pour celui de 3e classe.
- Cette voiture est construite par la Société : Waggonfabrik Gebrüder Gastell G. m. b. IL (Mayence-Mombach) ; et l’équipement électrique (sauf les batteries) par la Société Felten et Guilleaume Lahmeyerwerlte A. G. (Miilheim am Rhein et Frankfurt am Mein).
- 57 voitures de ce modèle fonctionnent depuis 1909 ; 41 autres sont en construction pour l’Etat prussien.
- Nota. — Ces voitures à accumulateurs peuvent rendre, de grands services sur les lignes auxiliaires ne pouvant supporter que des trains
- légers : elles permettent, en effet, de mettre en relation rapide les petites îocalités desservies par ces lignes, avec les lignes de trains rapides.
- Il serait souhaitable que la France adoptât ce moyen de locomotion sur toutes les petites lignes de montagnes (Dauphiné, Alpes, Pyrénées, Vosges, Ardennes) aboutissant aux grandes lignes : les communications des grands centres avec les localités en montagne y gagneraient en rapidité et fréquence, pour le plus grand bien du commerce général, surtout celui des approvisionnements.
- Grues et ponts roulants.
- Nous signalerons surtout, dans ce genre d’application, les modèles de la Zobel, Neubert Maschinenfabrik und Eisengiesserei, de Schmal-kalden, dans le grand hall allemand des machines.
- Grues pivotantes. — Une grue électrique d’une puissance de 3000 kilogrammes et d’une portée de 4 mètres, se déplaçant sur rails, a servi au transport des diverses pièces et organes des machines de l’Exposition.
- Nota. —La même compagnie fabrique toute une série de grues pivotantes : les unes, à demi-portique, de 3 000 kilogrammes (portée n mètres) sont destinées à la manutention sur les quais des bassins ou des chemins de fer; elles sont fixes ou mobiles. Il existe encore d’autres types d’une puissance de 12 5oo kilogrammes, portée 4 mètres et de i5 000 kilogrammes, portée 8 mètres.
- Ponts roulants. — Dans le grand hall des machines (section allemande) où fonctionnaient les machines électriques fournissant le courant aux lampes et aux moteurs de la section, figurait un pont-roulant de 3o 000 kilogrammes, qui a servi au transport des grosses pièces et à leur mise en place, lors de l’installation de cette exposition. Ce pont était muni d’un équipement Bergmann spécial.
- Ce pont fonctionnait à vide, pendant les heures d’ouverture de la section allemande, et son fonctionnement était assuré par 2 moteurs électriques produisant le roulement du pont sur 2 rails, distants de a3 mètres, suspendus à plus de 10 mètres de hauteur ; 2 autres moteurs, sur le pont, assuraient la manœuvre des poulies mobiles, Ce pont était pourvu d’un mécanisme auxi-
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- liaire de levage d’une puissance de 7 tonnes 1/2.
- La Compagnie Zobelet Neubert fabrique aussi des ponts roulants de 75 000 kilogrammes, à 3 moteurs, 18 mètres entre rails ; des ponts roulants pour transport de locomotives, d’une puissance de 80 tonnes, avec 2 treuils de 40 tonnes chacun, 23, 4 mètres entre rails ; des ponts-rou-lants pour le transport des poches de coulée (fonte, acier), à bascule automatique, de 60 tonnes, 18 mètres entre rails.
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- Grues électro-magnétiques.
- Le type le plus intéressant d’électro-aimant, véritablement pratique, appliqué à la traction, est celui des grues électromagnétiques de la Société anonyme Lauchhammer (section allemande), de Lauchhammer (Saxe).
- L’électro-aimant de cette grue est en forme de tore, à enroulement en fil d’aluminium, à spires bien isolées ; le noyau magnétique présente une surface portante considérable, bien épanouie sur la face inférieure de la bobine unique. Un tel dispositif est très intéressant, en ce sens qu’il réalise la surface portante maxima pour un électro.
- La Société construit 3 types d’électros, de 900, 1 35o et 1 5oo millimètres de diamètre, pesant respectivement 9^0, 2 000 et 2 100 kilogrammes.
- Chaque électro est porté par une chaîne très solide, à 3 chaînons réunis à une maille suspendue au crochet qui termine la poulie mobile de la grue. Le câble de communication électrique s’enroule sur un tambour ; il est pourvu d’un commutateur soigné.
- Ces électros consomment, le premier, 3 kilowatts et les deux autres 6,6 kilowatts. Ils fonctionnent sous un voltage de iioàâoo volts. Un
- tel électro porte un peu moins que son poids, mais 16 à 18 fois plus qu’un homme, et amène très vite la charge au point voulu.
- La forme en tore de l’électro permet l’enlèvement de corps de forme quelconque tandis que l’électro-droit ne se prête qu’à la manutention des pièces de surface plane. Les aciéries et fonderies de l’Amérique du Nord ont adopté ce type de grue ; il en existe 2 000 actuellement en usage et les frais de transbordement sont réduits au quart environ de ce qu’ils étaient autrefois. Quelques usines allemandes emploient aussi la grue électromagnétique ; en particulier, les aciéries de Riesa a. d. Elbe, qui utilisent le type en question.
- Comme exemples de pièces manipulées avec la grue Lauchhammer, nous citerens des riblons de 400 à 800 kilogrammes (fours Martin) des tronçons de rails de 8003900 kilogrammes, des déchets de tôle de 3oo kilogrammes.
- On peut effectuer à l’heure 70 levées de morceaux de 5o kilogrammes, à a5 centimètres de hauteur d’attraction. On compte facilement sur le déchargement de 67$ tonnes en treize heures vingt minutes. Un homme seul peut décharger 40 à 5o tonnes à l’heure, avec une grue semblable.
- On peut également retirer la fonte des moules, la température des gueuses étant encore de 2000 ; l’acier des lingotières est attiré aisément par morceaux de 4<>o kilogrammes à 10 centimètres de distance.
- On peut utiliser cette grue pour le cassage des gueuses, des rails, de tous les fers à refondre : une boule de 3 tonnes est soulevée à 6 mètres, au-dessus des pièces à briser : en coupant le courant, la boule retombe.
- [A suivre.) IL Pécheux,
- Docteur ès sciences,
- Professeur à l’Ecole d’Arts et Métiers d’Aix.
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- LA
- LUMIÈRE
- ELECTRIQUE
- T. XIII (2» Série). — N° 5.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des Chemins de fer de l’Etat a commandé 22 locomotives à la Société française de Construction mécanique, à Denain, 21 au Creusot et 70 à la Compagnie anglaise Nord-Bristish Locomotive.
- Là Compagnie des Chemins de fer de l’Est a ainsi réparti sa commande de 140 voitures, au lieu des gi projetées d’abord :
- 55 voitures à la Société Lorraine des Etablissements da Dietrich.
- Le reste de la commande a été partagé entre :
- La Société de la Buire, à Lyon ;
- Les Chantiers Dyle et Bacalan, à Bordeaux ;
- La Compagnie Française de Construction, à Saint-Denis.
- La Gazette de Francfort annonce que la Compagnie de l’Est aurait, d’autre part, commandé 20 locomotives à la SHehsische Maschinenfabrik Hartmann, d’une valeur de 2 millions de marks.
- Alpes-Maritimes. — La Compagnie des Chemins de fer du Sud a été autorisée, par décret du 16 janvier, à dépenser une somme de 5 700 000 francs pour l’acquisition de 200 wagons à marchandises, destinés aux lignes de Meyrargues à Grasse et à Nice, de Nice à Pugel-Théniers et de Digne â Saint-André.
- Seine. — Les Conseils municipaux de Fontenay-aux-Roses, Arcueil-Cachan et de Sceaux ont voté un vœu relatif à l'électrification de la ligne des tramways Paris-Sceaux et Paris-Limours.
- Seine-ët-Oise. — En conformité avec le vote du Conseil d’arrondissement de Versailles, le service des ponts et chaussées va procéder prochainement à l’établissement d’une ligne de tramways électriques de Maisons -Laffitte à Enghien.
- Yonne. — Le Conseil général a examiné, en sa dernière séance, les cinq demandes en concession de son réseau de chemins de fer, présentées par les maisons Giros et Louclieur, Coignet et Grosselin, Mercier, Marsaud et Mounot, et Pasquet.
- Ce réseau, d’une longueur totale de. 238 kilomètres, comprendra les lignes suivantes :
- i° de Sermizelles à Domecy, 19 kilomètres : 20 d’A-vallon à Vézelay, 17 kilomètres; 3° d’Avallon à la Bascule, 20 kilomètres ; un prolongement éventuel dans le département de la Nièvre jusqu’à Lqrmes, 11 kilomètres; 4° de Cabanes à Saint-Léger-Vauban, 19 kilomè-
- tres; 5° du Gué-Lavé à Chatel-Censoir, i3 kilomètres; 6° d’Auxerre à Treigny, par Courson, 54 kilomètres ; 70 de Toucy à Gy-l’Evcque, 37 kilomètres ; 8° d’Auxerre à Tonnerre par Chablis, 48 kilomètres.
- Par suite de modifications à apporter au cahier des charges, la concession n’a pas encore été accordée.
- Italie. — La Gazetta d’Italia publie un décret autori. sant la municipalité de Brescia à construire et à exploiter une ligne de tramways électriques de la Porta Milano à Borgo San Giovanni.
- ÉCLAIRAGE
- Basses-Pyrénées. —La concession de l’éclairage électrique de Bayonne arrivant à expiration au mois de décembre 1911,1e Conseil municipal va examiner prochainement les offres qui lui ont été soumises par la Compagnie du Gaz, la Société hydro-électrique franco-espagnole et la Société hydro-électrique des Basses-Pyrénées.
- Cher. — M. Leclerc-Montmoyen a adressé au Consei municipal de Saint-Florent une demande de concession d’éclairage électrique.
- Le Centre Electrique a obtenu définitivement les concessions d’éclairage électrique des trois territoires de Vierzon : Vierzon-Bourgneuf, Vierzon-Ville et Vierzon-Village.
- Eure. — La Compagnie générale française des Exploitations industrielles établit un secteur électrique dans l’Eure. Le réseau aura une longueur de 36 kilomètres et alimentera 23 communes parmi lesquelles Autheuil, Chainbray, Menilles, Rouvray, Saint-Aquilin, La Croix Saint-Leufroy.
- L’usine électrique sera établie aux chutes de Cocherel, sur l’Eure, et fournira du courant à 5 000 volts qui sera transformé à iio-ii5 volts pour l’éclairage et à 120-200 volts pour la force motrice.
- Isère. — La municipalité de Crolle a accordé la concession d’éclairage électrique à la Société des Forces Motrices du Haùt-Grésivaudan.
- Manche. — Le Conseil municipal d’Equerdreville a chargé la Compagnie Gaz et Eaux d’étudier un projet d’éclairage électrique de la commune.
- Pas-iie-Calais. — La municipalité de Carvin a adopté
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- 4 Février 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- les modifications apportées au projet d’éclairage électrique par suite de la disjonction de la nouvelle convention avec la Compagnie du Gaz.
- Savoie. — Le maire de Saint-Michel a été chargé par le Conseii municipal d’entrer en pourparlers avec la direction de l’usine de Saussaz pour la nouvelle concession de l’éclairage électrique.
- DIVERS
- Indes néerlandaises. — Le gouvernement indo-néerlandais, vient d’envoyer à Padang, port principal de la côte occidentale de Sumatra, une commission formée de trois spécialistes ayant pour but d’étudier les mesures qu’il conviendrait de prendre pour faciliter le développement du charbonnage d'Ombilin, situé près de ladite ville. Cette mine, qui appartient à l’Etat et est exploitée par lui, aproduit, au cours de 1909, plusde4oo 000 tonnes de combustible qui sert presque uniquement aux lignes de navigation et de chemins de fer de la colonie.
- Le principal désir de l’Administration est de suppléer à l’insuffisance de la main-d’œuvre par l’établissement de puissantes grues électriques capables d’embarquer rapidement de grandes quantités de charbons sur les navires qui font escale à Padang.
- Des offres pour la fourniture de semblables machines ont été faites précédemment par l’industrie allemande, mais sans résultat, parce que les types présentés ne convenaient pas au but que se proposait le gouvernement colonial.
- Dès que les travaux de ladite commission seront achevés, un de ses membres se rendra en Europe, afin de se 1 mettre directement en contact avec les industriels qui se montreraient disposés à exécuter ce nouvel outillage.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Les Exploitations Electriques. — Constituée le a3 janvier 1911. •— Capital : 10 millions. Siège social, 19, rue Louis-le-Grand, Paris.
- Société auxiliaire des tramways et chemins de fer. — Constituée le 8 décembre 1910. — Capital : 3 millions. — Siège social : Bruxelles.
- Société du Bureau technique de l'Electricité. — Durée : 5o ans. — Capital : i3oooo francs. — Siège social : 15, rue de la Pépinière, Paris.
- Compagnie Parisienne du Secteur « Opéra ». — Durée : 3o ans. — Capital : 45o 000 francs. — Siège social : 167, rue Montmartre, Paris.
- Société Générale d'Électricité Paris-Province. — Constituée le 3o janvier 1911. — Durée : 3o ans. — Capital : a5o 000 francs. — Siège , social : 1, rue d’Hauteville, Paris,
- Société Electrique de Brulon. — Constituée le 3o janvier 1911. — Durée : 20 ans. — Capital : 34 000 francs. — Siège social : Brulon (Sarthe).
- CONVOCATIONS
- Compagnie du Tramway du Mont-Blanc. — Le 7 février, 78, rue d’Anjou, à Paris.
- Société du Tramway de Montargis. — Le 12 février, à Montargis (Loiret).
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine E/ektricitats Gesellschaft, Berlin.
- Die Senkbrçjjrskontroller der A. E. G.
- London Electric Firm, Croydon.
- One Working Part.
- Vedovelli, Priestley et C‘e, Paris.
- Catalogue général de traction électrique.
- Bichard Heller, Paris.
- Interrupteurs à rupture brusque, nouveaux modèles pour montage derrièreJtos tableaux, de distribution.
- Interrupteurs à levier coudé à rupture- .instantanée type C. ' "
- Machines à bobiner.
- Prises de courant et suspensions pour lampes à arc.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 12 février, à la mairie de Mosset (Pyrénées-Orientales), construction d’un barrage en maçonnerie sur la rivière de la Castellane et d’une usine pour l’installation génératrice d’électricité, 11 5oo francs. Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 8 février, à n heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture de po-teauxmétalliques tubulaires, supports de lignes aériennes de contact pour la traction électrique. Soumissions recommandées le 7 février.
- Le 11 février, à n heures, à l’hôtel de ville, à Gand, fourniture des compteurs électriques nécessaires pendant trois ans au réseau de Gand; caut. : 5oo francs. Soumissions recommandées le 9 février.
- Le i5 février, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture de 4 022 lampes à incandescence à filament métallique, nécessaires aux services des postes et télégraphes en 1911 ; caut. : 1 000 francs (cahier des charges spécial n° 1 io3).
- Le 22 février, à 11 heures, à la Société nationale des
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- chemine de fer vicinaux, à Bruxelles, entreprise de l’exploitation du chemin ' de fer vicinal de Saint-Trond à Hcrck-la-Ville. Soumissions recommandées le 18 février.
- /
- Le 22 février, à n heures, à la Société du canal et des installations maritimes de Bruxelles, rue du Canal, 5o, à Bruxelles, fourniture et placement de 3 grues électriques de quai destinées au bassin du batelage, à Bruxelles : i"r lot, 3 grues de 2000 kg. X i3 m. 5o; — 2e lot, 2 voies de roulement. — Cah'ier des charges et plan : 3 francs. Soumissions recommandées le 18 février.
- Prochainement, à la maison communale, à Weuduyne-sur-Mer, fourniture et établissement des pompes, moteurs et accessoires nécessaires à la distribution d’eau sous pression.
- ROUMANIE
- Le 1er/14 mars, à la mairie de Tecuci, éclairage de la ville à l’électricité. Devis : 3g5 000 francs non compris le remplacement d'un moteur de 60 chevaux par un de 80 chevaux, plus les machines nécessaires à cette adjonction de puissance, le remplacement des poteaux en bois par des poteaux combinés de tubes d’acier système Mannesman; Caut. provisoire : 5 %.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 8 février, aux chemins de fer de l’Etal autrichien, à Linz, fourniture d’installations mécaniques, machines-outils, etc., pour les ateliers.
- Le 10 février, à l’administration des postes, à Vienne, fourniture de 120000 mètres courants fil en caoutchouc, 400000 mètres courants fil télégraphique, 1 oSoooo mètres courants câbles en fil de fer et 700 000 mètres courants id. en plomb caoutchouté; — le 11 février, fourniture de 8000 lampes électriques.
- BRÉSIL
- Le 23 février, au ministère des Voies de communication et des Travaux publics, à Rio-de-Janeiro, concession d’un réseau téléphonique entre Rio-de-Janeiro et la capitale de l'Etat de Saint-Paul.
- AUSTRALIE
- Le 14 mars 1911, clans les bureaux du Postmasler-
- General, 5i, Spring Street, à Melbourne, adjudication de. la concession de l’installation de .la télégraphie sans fil à; Thursday Island et dans l’île de Paputa. j
- On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication nux « Commonweatth Offices », 72, Victoria Street, Westminster-Londres, S. W.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS BELGIQUE
- i3 janvier. — A l’hôtel de ville, à Bruxelles, fourniture au service de l’électricité de câbles isolés au caoutchouc et d’accessoires pour le réseau de distribution à basse tension :
- Deustche Kabelwerk, à Rummelsburg - Berlin/ 89661 fr. 5o ; Kabelfabrik und Drahtindustrie, à Vienne, 94 070 francs ; Kabelwerk Rheydt, àBruxelles, io6a25fr. Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin, 108 3io fr.; Société Industrielle des téléphones, à Paris, 113 437fr. 5o; Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont, 122070 francs; Siemens-Schuckcrt, à Bruxelles, 127780 francs; la Canalisation Electrique, à Saint-Maurice (Seine), 160 i36 francs.
- 16 janvier. — Aux bureaux de l’exposition, à Char-leroi, établissement des canalisations électriques en câbles armés pour l’exposition.
- Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 37 612 fr. 5o avec matériel exposé et 44 270 francs, matériel non exposé ; Kabelwerk Rheydt, à Bruxelles, 66 647 fr. 48, matériel non exposé.
- 19 janvier. — A l’hôtel communal, à Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture de câbles armés et d’accessoires pour réseau à basse tension :
- Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin, 28 790 fr. ; Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 29 867 fr. 5o; Land und Seekabelwerk, à Cologne, 31 oo5 francs ; Deutsche Kabelwerk, à Rummelsburg-Berlin, 31069 fr. 5o ; Cassirer et C°, à Charlottenburg-Berlin, 3i 167 fr. 5o ; Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, à Paris, 32 726 francs; Heddernheimer Kupferwerk und Süddeutsche Ivabelwerke, à Mannheim, 33277 fr. 5o ; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 34 244 francs ; Kabelfabrik und Drahtindustrie, à Vienne, 35 83o francs; Kabelwerk Rheydt, àBruxelles, 36 o56 francs; Société Industrielle des téléphones, à Paris, 37 285 francs ; British Insulated and Helsby Câbles C°, à Prescot (Grande-Bretagne), 39 680 francs.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le gérant : J.-B. Noukt.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 11 FEVRIER 1911.
- Tome XIII (8« série). - N“. 6.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 161. — A. Iliovici. Sur la théorie des compteurs d’induction à disque, p. i63.— G. Béniot. L'électricité au Brésil, d’après les rapports officiels, p. 171.
- Extraits des publications périodiques. — Méthodes et appareils de mesures. Progrès des pyromèlres thermo-électriques, S. Whipple, p. 173. — Transmission et distribution. Dispositifs de protection pour les appareils électriques, F. Heather, p. 175. — Bibliographie, p. 177. — Législation et contentieux. Chronique de législation industrielle : Etat actuel de la législation des chutes d’eau en France, P. Boucault, p. 178. — Arrêts et jugements concernant l'électricité, p. i83. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. L’électricité à l’Exposition de Bruxelles (igio), H. Pécheux, p. 184. — Etudes Economiques, p. 187. — Renseignements commerciaux, p. 188. —Adjudications, p. 192.
- ÉDIT OUIAL
- L’étude approfondie de la théorie des \ compteurs d'induclion à disque pose un problème que M. Iliovici aborde aujourd’hui par le calcul : il s’agit de déterminer quelles modifications la présence d’un organe ayant la forme d’un disque impose à la théorie de l’action du champ magnétique, considéré au point de vue de ses composantes utiles. Il s’agit, d’autre part, de rechercher dans quels cas et dans quelle mesure la réaction magnétique du disque, qui est en cuivre ou en aluminium, peut cesser d’être négligeable.
- En effet, la théorie ordinaire des appareils à disque s’établit en partant de l’étude des champs radiaux (perpendiculaires à l’axe de rotation), qui sont ceux qu’on a l’habitude de
- considérer dans les moteurs, tandis qu’il est bien évident ici que les composantes utiles du champ sont perpendiculaires au plan du disque, et, par suite, parallèles à l’axe de rotation.
- En outre, on néglige la réaction magnétique du disque.
- Ces deux causes d’erreur, M. Iliovici les signale et les chiffre par d’ingénieux calculs auxquels des expériences en cours ont déjà apporté des confirmations, au moins qualitatives.
- Les rapports officiels sont des sortes d’ouvrages qu’on lit généralement peu : ils sont pesants, trop complets, souvent trop bien
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 6.
- faits, et surtout trop volumineux. Et pourtant leur intérêt est souvent très réel. Il y a, par exemple pour nous, une multitude d’enseignements à tirer du rapport officiel publié, il y a quelques mois à peine, par le minstère des Travaux publics du Brésil.
- Le développement formidable des contrées sud-américaines,au pointde vue industriel, est aujourd’hui un lieu commun. Nous n’y insistons donc pas, mais du moins avons-nous tenu à présenter à nos lecteurs un exposé rapide de ce qui a été réalisé dans le domaine électi’otechnique.
- M. C. Béniot passe ainsi en x’evue les principales applications industrielles de Y électricité au Brésil,depuis les transports de force jusqu’aux postes l'adiotélégi’aphiques.
- D’après M. S. Whipple, les récents progrès des pyromètres thermoéleclriques ont porté sur plusieui’s points intéressants, et notamment sur l’augnxentation de pureté des métaux employés.
- Quant aux thermomètres à résistance, on les a pei’fectionnés de manière à instituer un type relativement robuste, dont l’auteur donne la description.
- On trouvei’a ensuite, d’après M. Heather, la description d’un système de pi’oteclion difféi’entielle, qui a donné lieu à des discussions foi't intéressantes.
- Ce système a été combiné dans le but de régler d’une manière avantageuse 1’ « élément temps », dans le déclanchement du dispositif de sécurité.
- Dans sa première Chronique de Législation industrielle, M. Paul Bougault aborde aujoui’d’hxii,avecsa gi-ande compétence,l’examen de Y état actuel de la législation des chutes d’eau en France.
- L’auteur ti’aite d’abord la questioix des sources et pose les règles juridiques fondamentales qui les concei’nent; puis il s’occupe des rivières classées.
- On désigne ainsi les rivières navigables : celles-ci, au contraii’e dès sources, sont essentiellement propriété publique. Il est doxxc particulièi’ement impox’taixt de les définir par un critérium exact.
- Ce point une fois éclairci, il s'agit de déterminer les formalités nécessaires pour avoir une chute d’eau sur une rivière classée. Et ceci soulève des discussioix ti*ès délicates, que M. Bougault résume avec sa clarté coutumière.
- Il termine en donnant réponse à la question : comment paie-t-on à l’Etat le droit de pratiquer une dérivation?
- Il y a enfin une troisième catégorie, celle des rivièi’es non navigables. Ce sei’a l’objet de la dernièi’c partie de l’article que nous publiei’ons très prochainement.
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- 11 Février 1911.
- REVUE D’ÉLEGTRICITE
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- SUR LA THÉORIE DES COMPTEURS D’INDUCTION A DISQUE
- I. — Introduction.
- Un compteur d’induction moderne se compose essentiellement d’un disque, en cuivre ou en aluminium, qui tourne autour d’un axe perpendiculaire à son plan, dans Tcntrcfcr d’un ou de plusieurs électro-aimants. Sur ces électro-aimants sont enroulés des fils parcourus par le courant principal du circuit dont on veut mesurer l’énergie consommée, et d’autres, parcourus par des courants fonctions de la différence de potentiel aux bornes du même circuit. Ces courants créent dans l’entrefer, dans lequel se trouve le disque, des champs alternatifs dont les composantes utiles sont parallèles à l’axe de rotation (perpendiculaires au plan du disque).
- Dans un petit nombre d’appareils, le mobile est un cylindre creux. Dans ce cas — comme dans le cas des moteurs asynchrones et de la plupart des machines —les composantes utiles des champs sont radiales (perpendiculaires à l’axe de rotation).
- On fait habituellement la théorie de ces derniers appareils et on applique les résultats obtenus aux appareils à disques.
- De plus, on ne tient pas compte de la réaction de l’équipage mobile, laquelle, tout en étant faible, a pourtant une influence sensible dans certains compteurs, comme nous le verrons plus loin.
- Nous nous proposons de faire, dans cet article, la théorie des compteurs à disques — qui, à notre connaissance, n’a pas encore été faite d’une façon précise — en tenant compte de la réaction magnétique du disque.
- Nous serons amenés, dans notre étude, à la considération de champs — constants, alternatifs et tournants — dont les lignes de force sont parallèles à l’axe de rotation et que nous appellerons champs parallèles, pour les distinguer des champs radiaux ('), dont les lignes de forces sont perpendiculaires à Taxe.
- (4) P. Janet, Leçons cl ’ Electre l e clin ique générale, a0 édition, tonie III, p. 78 et suivantes.
- Nous commencerons par l’étude de ces champs.
- II. — Champs maonetiques parallèles.
- Ces champs interviennent surtout dans les dynamos à disque et dans les compteurs à disque.
- Champs parallèles constants a distribution radiale sinusoïdale.
- Nous considérerons d'abord le champ parallèle ayant la distribution suivante, dans la partie utile :
- La distribution est la même dans tous les plans perpendiculaires à l’axe de rotation, et dans chacun de ces plans on a :
- h — f{&),
- h étant le champ en un point et a, l’angle que fait le rayon qui passe par ce point, avec un rayon fixe pris comme origine.
- En particulier si
- h = îfC cos (a— a0), ( i )
- on aura un champ constant parallèle à distribution radiale sinusoïdale)àon\ le maximum UC aura lieu suivant le rayon faisant avec le rayon origine un angle a0.
- Si on convient de marquer par un point (.) les lignes’ de forces perpendiculaires au plan de la feuille et dirigées d’arrière en avant, et par une croix (X) celles qui sont dirigées d’avant en arrière, on aura pour le champ (i) la représentation de la figure i (<).
- On comptera les angles positivement dans le sens des aiguilles d’une montre; et la direction positive du champ, d’arrière en avant.
- La portion utile du champ A'AB' sera appelée pôle nord et AlBWpôle sud. Le champ considéré est bipolaire.
- Le champ plus général
- h — K cos [pç/L — a0) ('-*)
- (*) La partie uLilc du champ est supposée comprise entre les deux circonférences, a et b.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série).
- N" 6.
- aura p maxima et p minima ; ce sera donc un champ à p paires de pôles. La figure 2 représente un champ tétrapolaire : h =3C cos (2 a —a0h
- Champ parallèle tournant, à distribution radiale sinusoïdale.
- Supposons maintenant que l’angle a0, au lieu d’être constant, soit une fonction linéaire du temps, par exemple a0 = iùt — <]/ ; on obtiendra le champ :
- h = <lt cos (pa — u>t -f~ 4<). (3)
- Ce champ a, à chaque instant, la même distribution que le précédent, mais ses pôles tournent
- d’un mouvement uniforme, de vitesse —, dans le ' P
- minima gardent leurs positions, mais que leurs valeurs varient avec le temps, d’après une loi sinusoïdale ; on aura, dans ce cas, un champ parallèle alternatif:
- h — tli. cos (0)t—ty). cos (pa—a0). (7)
- Décomposition d’un champ alternatif en deux champs tournants.
- En tenant compte de la relation connue : cos (u>t—<b). cos (pa — a0)= - cos (pa—toi—a0-f-iji) -j— cos (pa -f-o>t — ag —(]<),
- , /• • d
- 1 ' • •••,
- Fig'. 1. — Champ parallèle à distribution radiale sinusoïdale, bipolaire.
- sens des angles positifs. La formule (3) représente donc un champ parallèle tournant.
- Si on avait a0 = — u>t -j- '}>, on aurait un champ
- h — UC cos (pa -f- toi — iji) (6)
- tournant dans le sens contraire du précédent.
- Champ parallèle alternatif à distribution radiale sinusoïdale.
- Supposons maintenant que les maxima et les
- Fig*. 2. — Champ parallèle à distribution radiale sinusoïdale, tétrapolaire.
- l’expression du champ (7) peut s’écrire
- h = Ai -j- A2, (8)
- avec
- ae
- A, — --cos (pa-— 1ùt —a0 et
- ae
- ht — — cos (pa-\-Mt—<x0— q»j.
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- il Février 1911.
- REVUE D'ELECTRICITE
- 165
- Or A, est un champ tournant dans le sens des angles positifs, avec une vitesse angulaire - , et /t2 un
- P
- champ tournant avec la même vitesse dans le sens contraire.
- Lesdeux champs tournants ont la même amplitude, égale à la moitié de l'amplitude du champ alternatif.
- REPRESENTATION GÉOMÉTRIQUE Champ constant.
- Les champs constants,que nous considérons, sont des fonctions sinusoïdales de l’angle a, de période
- —. Par analogie avec les fonctions sinusoïdales du
- temps, nous allons les représenter par des vecteurs. Par exemple le champ
- h = iK cos pcc (9)
- sera représenté par un vecteur OSC ayant pour longueur
- Le champ
- K — tfC'cos [p<x.— a0) (10) *
- sera représenté par un vecteur OSC\ de longueur SC ^ et faisant un angle a0 avec le précédent. On dira que le champ h' est décalé en arriére, d’un angle a0, par rapport à h. Comme dans le cas de fonctions du temps, a0 s’appelle la différence de phase entre les deux champs.
- Remarque. — Si les champs (9) et (10) étaient bipolaires, on aurait :
- h = SC cos a et k, = SCl cos (a—a0)
- et leur maxima feraient respectivement avec le rayon origine les angles a = o et a — a0. Si donc nous
- prenons comme rayon origine la direction OSC de la figure 3, la direction du premier pôle -f- de SC sera
- celle de OSC. D’où :
- Un champ bipolaire peut être représenté par un vecteur ayant la direction du maximum de son pôle nord et, comme longueur, la valeur de ce maximum.
- Champ tournant.
- A un instant donné t le champ tournant est un champ fixe du genre étudié.
- Nous conviendrons de le représenter par le vecteur correspondant à ce qu’il est, à l’instant donné
- par (*>£ = -, complété par une flèche qui indi-
- quera le sens de la rotation, et à côté de laquelle on inscrit, si cela est nécessaire, la vitesse de rota-
- Ca>
- lion —,
- P
- Pour les champs de même nombre de pôles, de même pulsation et tournant dans le même sens, on
- X
- pourra faire, sur les vecteurs qui les représentent, les opérations qu’on fait sur les vecteurs représentant les champs constants.
- Par exemple, le champ
- h — SC cos [p a — (*> t)
- sera représenté par et le champ
- h1 = SC cos (p a — o) t -J- 4*) par OSC (fîg. /j).
- Remarque. — Pour les champs bipolaires le vecteur représentatif donne la position et la valeur du
- maxima positif à 1 instant t — —. r 2 0)
- Champ alternatif\
- Un champ alternatif sera représenté par les jvec-teurs représentatifs des deux champs tournants, dans lesquels on peut le décomposer (v. page"i6/*).
- Champ résultant de deux champs alternatifs.
- Soit les deux champs alternatifs
- hi =. SCi cos pa cos o)t (11)
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- 166
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — N°6.
- et
- h2 = 3Cicos(pai — «o)« cos (<*>£— 'W* (I2)
- ]je premier sera représenté par les deux vecteurs:
- 0Ct - 3Ct . . . . X2,
- — | et — A, et le deuxieme par les vecteurs —i 2 2 L 2
- cfC<>
- cl —2 ! (%•5)-
- Fig. 5. —• Composition do deux champs alternatifs.
- Les champs qui tournent dans le sens | donnent un champ tournant d’amplitude
- ^ =ZZ 2 ~hc(C2 cos (a°—(i3)
- et ceux qui tournent dans le sens { donnent un champ tournant d’amplitude
- 2C" = ^ ^2C,2 -f- ve-22 + ,2cfCi ge2 cos (a0 -f- ip), (i/t) d’où :
- Deux champs alternatifs de meme pulsation (<*>) et de même nombre de pôles (/>) donnent, en général\ deux champs tournants en sens contraire et d'amplitudes inégales[ou> ce qui revient au même^ un champ alternatif et un champ tournant) (*).
- (*) Réalisation d’un champ parallèle constant} à distribution radiale sinusoïdale.
- Considérons un circuit magnétique compose de deux pièces en fer doux (en tôles, formant des cylindres con-
- 111. — Action d’un champ parallèle a répartition
- RADIALE SINUSOÏDALE SUR UN DISQUE METALLIQUE PLACÉ DANS L’ENTREFER ET TOURNANT AUTOUR DE l’axe DE SYMÉTRIE.
- Si le disque se déplace par rapport au champ, il prendra naissance une nappe de courant, dont
- centriques) entre lesquelles on a laissé un entrefer d’épaisseur uniforme e (fig. 6), ayant la forme d’uné couronne cylindrique, et proposons-nous de créer, dans cet
- Fig. 0.
- entrefer, un champ constant à distribution radiale sinusoïdale.
- Pour cela, nous allons répartir le long de l’un des bords de l’entrefer une nappe de courant radial, et nous allons chercher la loi de répartition de ce courant.
- Celte nappe de courant va créer dans l’entrefer un champ, et, si on suppose négligeable la réluctance du fer par rapport à celle de l’entrefer, les surfaces limites entre le fer et l’entrefer seront des surfaces équipoten-liellos et les lignes de forces du champ seront perpendiculaires à ces surfaces, donc parallèles à l’axe.
- On néglige les lignes de forces qui ne traversent qu’une partie du fer ou l’air seul : ceci revient A négliger les fuites magnétiques.
- Par hypothèse, si nous considérons un secteur d’angle da. (ab a b'), le courant qui traverse une section quelconque de ce secteur est le meme; nous l’appellerons ; ida, ï étant le courant par unité d’angle. Nous adopterons comme sens positif ]c sens du centre vers la périphérie.
- Considérons l’intersection du circuit magnétique avec une surface cylindrique EF (11g. 6) ; supposons enlevée la partie intérieure et soit en EF (iïg. 7) la vue intérieure d’une partie de la portion extérieure du circuit magnétique restant.
- Si nous supposons qu’une masse magnétique -f- suit un
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- 14 Février 1911.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 167
- la répartition et la valeur en chaque point dépendra du mouvement relatif du disque par rapport au champ. Entre ce courant et le champ s’exercera un couple, lequel, d’après la loi de Lcnz,
- chemin BADCB, le travail des forces électromagné-
- E
- Fig. 7.
- tiques, pour ce chemin, pourra s’écrire sous deux formes différentes : d’un côté on a :
- io
- id a,
- (iS)
- d’après la loi de Maxwell, i étant exprimé en ampères par radian; d’autre part, si h est la valeur du champ en A' et h-\-dli en B', on aura
- % — lie — (h + dh) c, (16)
- en adoptant comme sens positif du champ le sens BA. De {15) et {16) on déduit :
- 477 ,
- •—1 edh —— ida,
- 10
- d’où :
- . 10e dh
- d*
- Si le champ est sinusoïdal, on a
- h — 3C cos (pu. — a0)
- et on en déduit :
- ou encore
- oe 4 *
- <lCp sin fpa. —a0)
- i = I cos
- i17)
- Donc :
- Pour créer, dans un entrefer de la forme considérée, un champ parallèle constant a distribution radiale sinusoïdale, il suffit de disposer dans la partie utile une nappe de courant radial et à distribution sinusoïdale.
- Le champ obtenu est décalé de - en cirant par rapport
- à la nappe de courant.
- s’opposera au mouvement relatif ; donc,si le chanp est fixe, le disque tendra à s’arrêter — le champ produit un freinage — si, au contraire, le champ tourne, il tendra à entraîner le disque.
- Le courant dans le disque ne dépendant que de la vitesse relative, sa réaction magnétique et le couple qui s’exerce entre lui et le champ dépendront de cette vitesse. Ces quantités seront donc les mêmes, que le champ soit fixe ou tournant, pourvu que la vitesse relative soit la même.
- Force électromotrice induite dans un rayon.
- Soit h — X cos p a, un champ parallèle constant, et 1=. ab (fig. 8) la partie utile d’un rayon,
- Fig. 8.
- qui tourne, avec Une vitesse angulaire utii-
- ü - ,
- forme —, autour de l’axe de symétrie auquel il
- est perpendiculaire. La force électromotrice induite dans ce rayon est :
- e
- rfS étant la surface balayée par ab pendant un temps dt.
- La vitesse angulaire étant uniforme et égale , £2 dS SQ ^ ,
- a —, 011 a : — =----, b étant la surface utile du
- p dt % Tzp
- disque.
- Donc
- e ~ S ° / a %p ’
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- 16B
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N° 6
- ou
- « ;Q3e
- e —-----------•. cos pa
- 27c ‘
- (,8)
- (s étant la surface utile couverte par une paire de pèles) en adoptant, comme sens positif pour e, le sens du centre vers la périphérie, et £2 étant positif si le disque tourne dans le sens des angles positifs.
- La formule (18) montre que la force électromotrice dans un rayon dépend de la position de celui-ci par rapport à une direction fixe OA. La répartition de la force électromotrice dans les rayons du disque est donc fixe dans l’espace (*j et' sinusoïdale, à p maxima et p minima. La force électromotrice étant une fonction sinusoïdale de a, on pourra, comme pour le champ h, la représenter par un vecteur (en phase ou en opposition avec le champ, suivant le signe de ü ).
- Répartition du courant dans le disque.
- Supposons le disque formé d’un certain nombre de spires, chacune d’elles étant composée de deux secteurs aba’b' et cdc’d' (fîg. 8) découpés dans la partie utile du disque et assez étroits pour pouvoir être considérés comme des rayons. Ces secteurs sont supposés réunis entre eux par deux bandes de formes quelconques, situées en dehors de l’entrefer et dont on suppose négligeables les résistances et les réactions magnétiques. La distance angulaire entre les deux sec-
- teurs est égale à la largeur d’un pôle, -. — Les
- spires sont supposées avoir leurs éléments actifs (rayons) homologues très rapprochés les uns des autres, de façonà couvrir complètement la partie utile du disque;.mais ces éléments sont isolés de façon que le courant ne puisse pas passer d’une spire à l’autre (2). Ce courant est donc forcément radial dans la partie utile.
- D’autre part,la force électromotrice dans chacune des spires est ie. Ces spires étant identiques et disposées symétriquement, le courant
- (1) Elle tourne par rapport au disque avec une vitesse
- û
- angulaire -jj, dans le sens contraire de la rotation de celui-ci.
- (2) Dans chaque épaisseur du disque, il y a deux éléments radiaux superposés (fig. 8).
- aura, dans la partie utile, la même répartition que les forces électromotrices ; donc :
- Le courant dans la partie utile du disque forme une nappe radiale, répartie dé une façon sinusoïdale dans l’espace fixe, et ayant p maxima et p minima. Ce courant pourra être représenté par un vecteur fixe.
- La réaction magnétique de ce courant sera, d’après ce qu’on a vu page 166 (note) un champ parallèle h', constant, à distribution radiale sinusoï-
- TC
- dale, à 2 p pôles, décalé de - en avant par rapport à la nappe de courant.
- Ce champ h! se combine avec ,1e champ h pour donner le champ résultant :
- hr = &£r cos (pa — 6), (19)
- 3tr et 0 étant deux quantités dont nous déterminerons les valeurs dans la suite.
- Nous pouvons maintenant supposer le disque soumis «à l’action du champ résultant et dépourvu de réaction magnétique, parce que h,. englobe cette réaction.
- La force électromotrice effective dans un rayon est, d’après la formule (18),
- SQMr
- e =
- 2 TC
- cos (p a — G)
- et dans une spire
- sQ
- ie=--------------ÛCr cos (pa. — G).
- 7T
- (19)
- (20)
- Si R est la résistance qu’opposerait à un cou-
- rant constant une spire, dont chaque côté aurait pour épaisseur l’épaisseur totale du disque, pour largeur la largeur d’un pôle et dont on négligerait la résistance des connexions latérales
- o
- (fig. 9), la résistance de nos spires élémentaires serait :
- 2tcR
- ^ pda. ’
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- 11 Février 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 169
- et le courant dans cette spire élémentaire :
- i= — — — . cos (pa— 0). da. (22)
- p 27C2 R
- Lorsque la spire tourne d’un angle da, chacun de ses rayons balaie une surface utile
- ds — — da. art
- et le flux à travers la spire varie de d<b — %.hr ds = — hr da.
- Or, on a :
- 2 de. da =n 1>,
- [adeétantle eouplequi agit sur laspire) ; d’où l’on tire, en remplaçant d'ï>, puis h,. et i par leurs valeurs, l’expression du couple qui agit sur un seul élément :
- de
- p-s^il
- « ,‘i
- /irt3R
- SCr~cos2 [pa—0) da.
- Le couple total, qui agit sur le disque, s’obtient en intégrant cette expression de o à 2 rt (*),
- ce qui donne :
- //v-£Rie,2
- 2rt2R
- (23)
- Nous allons l’exprimer en fopetion du champ donné h.
- Remarquons pour cela que le courant i est en phase ou en opposition avec le champ résultant h.,.. Si, pour fixer les idées, 011 suppose que le disque tourne dans le sens de la flèche/’(fig. 8), le courant sera en phase avec h,, (fig. 10), mais ce
- courant crée un champ SC', en avance de - sur lui
- 2
- et qu’on peut représenter par OSC. OSC,. est la résultante de O SC, qui représente le champ h et
- de OSC, et l’angle 0 est celui de la formule (19).
- Or SC étant donné par le courant i, dont le maximum par unité d'angle est
- r sp il SC,.
- ~ rt2R
- d’après (22), la formule (17) donne
- 4rt I SC =± -—, p.e
- enlaissantlen unités électromagnétiquesC.G.S.,
- l\S t
- et par suite, en posant — — L :
- rte
- t
- SC
- SC,
- L
- Q
- R'
- Le couple qui agit sur le disque est donc indé-
- pendant du temps. Il est positif s’il tend à faire tourner le disque dans le sens positif.
- (') On lient compte qu’il y a deux éléments dans chaque épaisseur.
- L estle coefficient de self-induction d’unespire de la figure 9, dans les conditions données.
- On a donc, de la figure 10 :
- SCr — SC cosO = SC — ,
- \/R2 4- L»QS
- et l’expression du couple devient :
- _ pVQRae2
- 6' ~ 2r.2 (Ra-f- L2Q2)’ ^
- Action d'un champ tournant.
- D’après ce qu’on a vu page 166, le couple estle même si h est un champ tournant, à cela près £2 . .
- que — est la vitesse relative du disque par rapport au champ.
- Si — est la vitesse absolue du disque et — la vi-P - P
- tessc du champ, 011 aura : Q = 10 — to’ si le disque
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N°6.
- tourne dans le même sens que le champ, et Q =r o) -f- <*>' s’il tourne dans le sens contraire.
- Remarques sur Visolation des spires.
- Nous avons supposé que les spires élémentaires étaient isolées entre elles. Nous allons chercher quelles sont les conditions à remplir, pour pouvoir les faire se toucher, sans troubler la distribution radiale du courant.
- Remarquons que nous pouvons réunir toutes les bandes de connexion situées du meme côté, par exemple les bandes intérieures, parce que, leur résistance étant négligeable, tous leurs points sont au même potentiel. Pour pouvoir réunir aussi les bandes extérieures, il suffit qu’elles soient toutes au même potentiel.
- Fig. ii.
- Or on a pour la différence de potentiel entre les deux extrémités d’un rayon :
- 2
- ou, en tenant compte dci——' (22),
- P
- u = o.
- Les bandes extérieures sont donc au même potentiel que les bandes intérieures, et on peut les réunir sans troubler la distribution des courants. On obtient alors la figure 11, dans laquelle les traits représentent des coupures.
- Peut-011 se débarrasser de ces coupures et laisser le disque plein, sans troubler la distribution radiale du courant? Il faudrait, pour cela, que tous les points situés sur la même circonférence de centre O soient au même potentiel.
- Or la différence de potentiel entre deux points voisins sur le même rayon est Au = Ae — iAp, Ae étant la force électromolrice induite dans cette portion de rayon, et Ap la résistance de l'élément de disque correspondant.
- Or on a
- A s.Q
- . <ltr cos [peu. —6),
- As étant la portion de la surface d'une couronne circuit laire infiniment étroite, couverte par deux pôles.
- Donc :
- On voit que Au dépend de a, sauf pour :
- 2Sp
- As = — Ap.Aa. ('i5)
- îî K
- Dans ce cas, tous les points du disque sont au môme potentiel.
- On lire de là, à la limite:
- d? =
- TT R ds
- 2 Sp * da. *
- [2!y ,
- Pour que cette condition soit remplie, il faut que Yépaisseur du disque varie, dans la partie utile, suivant
- _/_<X___
- Fig. 12.
- une loi que nous allons établir. Si r est l'épaisseur du disque à la distance x du centre (fig. 12), on a pour la résistance de l’élément, de longueur dx :
- (2.V) dp =z a.
- dx
- xd(x.y
- (a étant la résistivité du métal).
- De (25') et(25") on tire, en remarquant que
- y=e
- ds =
- 2tiX dx
- P
- e étant l’épaisseur de la bande intérieure et 7* le rayon intérieur de la partie utile du disque.
- O11 peut aussi, pour obtenir une nappe de courant radial dans un disque plein, sans faire varier, l'épaisseur du disque, agir sur le champ, en faisant varier par exemple, l’épaisseur de l’entrefer.
- (.1 suivre.)
- Ae =
- 277
- A. luovici.
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- L’ÉLECTRICITÉ AU BRÉSIL D’APRÈS LES RAPPORTS OFFICIELS
- Le ministère des travaux publics du Brésil a publié récemment un vaste rapport qui est intéressant à plus d’un titre pour nous, habitants du vieux Monde, car il nous montre rénorme travail qui s’accomplit de l’autre côté de l’Océan.
- Ce rapport (') se compose de quatre gros volumes et constitue un document exceptionnellement important de l’administration du Brésil.
- Le premier volume est consacré à l’industrie, le second aux communications, surtout aux voies ferrées, le troisième aux ports, le quatrième est une annexe qui contient les rapports de divers chefs de services, les travaux des commissions et le rapport général de l’inspection des travaux publics. Cette annexe est elle-mcme accompagnée de quatre tomes distincts qui reproduisent, in extenso, plusieurs de ces comptes rendus ou rapports dont chacun comporte un développement considérable.
- Ce serait sortir de notre cadre que do vouloir résumer, même succinctement, les multiples subdivisions de cette œuvre; nous nous bornerons à y glaner quelques renseignements généraux intéressants, notre rôle naturel étant de développer davantage les passages relatifs à l’élcc-tricité.
- Mais nous ne voulons pas, cependant, passer entièrement sous silence une question brûlante de l’heure actuelle. Rappelons donc d’un mot que le problème de l'aménagement des ports de commerce a reçu là-bas des solutions d’une ampleur imposante, qui attire particulièrement en ce moment l’attention des pouvoirs publics français.
- * *
- L’examen du tableau par nationalité des immigrants débarqués dans les divers ports du Brésil, en 1908, nous indique 992 Français sur un Lotal
- (*) Iielatorio apresentado ao Présidente det Jiepu-b'tica dos Estados Unidos do Jirasil pclo Ministre» <le Estado da Industria, Viaçao e Obras publicas, Miguel Calmon du Pin e Almeida, en 1909.
- de 94 69b, soit à peu près une proportion de 1 % , tandis que les autres nations latines fournissent environ 74 %} les Allemands 3 %, les Autrichiens 5,5 % , etc.
- La statistique des brevets mentionne 5 Français pour des brevets de trois ans et 43 pour des brevets de quinze ans. Au nombre de ces ce.i-eessionnaires figurent, d’ailleurs, trois sociétés, dont le capital d’ensemble atteint n millions.
- Dans les documents concernant les communications et notamment les voies ferrées, on peut voir que le développement total des voies ferrées brésiliennes atteignait, au 3i décembre 1908, 28066,770 km., en augmentation de 401,848 km. sur le total correspondant de 1907. O11 remarque la part très petite de l’électricité dans les installations correspondantes.
- Il en est d’ailleurs à peu près de même dans les ports. C’est ainsi que le volume III ne spécifie, sauf omission, que les travaux d’électricité suivants pour 1908 :
- L'usine d’électricité du port de Manaos a été augmentée d’une chaudière, type locomobile, avec la canalisation correspondante,d’un moteur à vapeur accouplé à un générateur de 100 kilowatts, système lïarrisburg et d’un tableau de distribution.
- La Compagnie chargée des travaux du port de Sanlos a été autorisée à employer l’excédent d’énergie électrique résultant de la transformation de force hydraulique du fleuve Itatinga. Dans ce but, la construction d’une centrale électrique a été commencée.
- Enfin, ce même volume mentionne la concession de l’autorisation donnée à la firme Felten et Guillaume Lahmeyer d’établir un cable télégraphique sous-marin entre un port de la côte du Brésil et l’ile de TénérifFe, et l’approbation des plans pour la construction d’une usine électrique et appareils nécessaires aux travaux du port de Belem, dans l’Etat de Para.
- TELKOllAPIIES I3T TELEPHONES
- Le réseau télégraphique fédéral comportait,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 6.
- au 3i décembre 1908, un développement de lignes de 54 683,107 km. avec 579 stations y compris les 16 maritimes.
- Dans le service télégraphique intérieur, on a continué à apprécier les bons services du système d’appareils multiples Baudot, dont étaient déjà dotés 5 5oo kilomètres de ligne. Les stations de S. Luiz de Maranhao et de Belem devaient, à bref délai, recevoir des installations semblables.
- La station centrale de la capitale communiquait avec Bahia par une installation triple Baudot complète, qui permet toujours deux transmissions simultanées.
- Le trafic intérieur, en 1908, a été de 2 088 548 télégrammes avec 38 794 780 mots; le trafic extérieur, de 127943 télégrammes |avec 1618913 mots.
- Le réseau téléphonique est entre les mains de compagnies privées ; mais des études sont en cours en vue de l’unifier et de le développer.
- . Les essais qui avaient été faits entre les stations radiotélégraphiques, montées dans la forteresse de Santa-Cruz et la pointe de Castel-hanos, dans l’île Grande, d’abord avec le système allemand « Telefunken », puis avec le système américain de Forest, n’ont pas donné de résultats satisfaisants, en raison surtout des obstacles topographiques. Les appareils correspondants ont été retirés et ont servi par la suite à des expériences.
- Cet insuccès 11’a pas paru un motif suffisant pour abandonner la radiotélégraphie, et il a été décidé, pour commencer, de monter une station à grande portée dans l’ile Fernando de Noronha où la Direction générale des télégraphes doit procéder à des études, et une autre, de moindre portée, près de la barre de Rio de Janeiro, toutes deux destinées aux communications avec les navires (*). On s’est réservé de développer le service, suivant les enseignements de cette expérience.
- l'OtlCE HYDRAULIQUE ET ÉNERGIE ELECTRIQUE
- La Rio de Janeiro Tramway Light and Power Company & terminé les ouvrages qu’elle avait entrepris pour capter les eaux du Ribeirao das
- (') Ces deux stations existent actuellement. Elles ont été installées par la Compagnie Générale Radiotélégra-phique.
- Làges ; elle a constitué un lac artificiel d’une contenance de 221 945 5oo mètres cubes, à la cote de 404 mètres.
- Malgré la consommation qu’exige le fonctionnement de plusieurs turbines, susceptibles chacune d’une force de 9000 chevaux, les eaux ainsi captées fournissent un excédent important. La Compagnie a donc d’autant moins à craindre de manquer de force motrice pour la production d’énergie électrique, qu’elle pourrait utiliser les eaux du fleuve Pirahy pour augmenter sa réserve.
- Des six canalisations d’eau, de 0,913 m. pour les turbines, cinq sont en charge ; de même celle de o,3o m. qui commande les deux roues Pelton, destinées à actionner trois dynamos à courant continu pour l’excitation des alternateurs, au nombre de six, actuellement installés et capables de produire, en fonctionnement normal, 36 000 kilowatts.
- L’énergie électrique produite et non complètement utilisée, à la haute tension de 40 000 volts, qui peut être portée jusqu’à 80 000, est fournie à une centrale installée à Rio de Janeiro.
- A cette centrale est annexée une batterie d’accumulateurs, dans un bâtiment où se trouve également un dépôt d’huile minérale qui sert aux isolements nécessaires pour les divers appareils.
- Le nombre des moteurs générateurs, actuellement de trois, doit être porté à cinq, afin d’assurer la fourniture de courant continu aux tramways, et l’on a le projet d’installer également des moteurs à gaz de secours.
- Outre les dix-huit transformateurs qui, sous des tensions variées, servent aux circuits aériens et souterrains de distribution d’énergie électrique, il en existe d’autres destinés à alimenter, sous 25 3oo volts, des lignes à grandes portées.
- Chaque circuit aérien a sa tension réglée automatiquement.
- Lestableaux,avec les instruments de mesures, interrupteurs et autres appareils, sont installés à petite distance; l’ensemble présente, parait-il, celte extrême simplicité qui devient de plus en plus la caractéristique des distributions américaines.
- La Sao Paulo Tramway Light. and Power Company possède les installations suivantes :
- Une usine génératrice à Parnahyba, avec trois grandes turbines d’une force de i 000 chevaux et quatre de 2 000 chevaux, actionnées toutes
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- REVUE D’ELECTRICITÉ
- 173
- par les eaux du fleuve Tiété, pouvant fournir, au besoin, une puissance de 20 000 chevaux ;
- Une transmission pour une station de transformation, au moyen de 12 fils de 8,23 mm. de diamètre, formant quatre lignes distinctes.
- L’énergie électrique fournie journellement à l’industrie et appliquée à divers ateliers est de 10000 chevaux; la moyenne mensuelle de consommation pour l'éclairage public et privé est de 35o 000 kilowatts-heures.
- Le développement des lignes était, à la fin de 1908, de i/t3 kilomètres, auxquels viendront s’ajouter, à bref délai, r>o kilomètres nouveaux.
- En prévision d’une insuffisance des eaux du Tiété, la Compagnie a fait construire un grand réservoir d’une contenance de 1 millions de mètres cubes, pour recevoir les eaux du Guara-piranga et de ses affluents ; ce réservoir occupera une surface de 22 000 mètres carrés.
- Les concessions de Guinlc et Cic concernent l’établissement d’une ligne double de câbles sous-marins entre la pointe d’Armaçao, à Nic-theroy et Rio de Janeiro pour la transmission de l’énergie électrique reçue de Alberto Torres,
- ainsi que les installations* hydro-électriques ayant pour objet d’utiliser la force hydraulique du fleuve Itapanhau, dans l’Etat de Sao Paulo. Les projets étaient établis fin 1908, mais non encore exécutés.
- ECLAIllAOE
- La consommation d’énergie électrique, pendant l’année 1908, pour l’éclairage public, a été de 631 35o 887 kilowatts-heures, en augmentation d’environ 102 millions de kilowatts-heures sur l’année précédente.
- Le prix de l’énergie électrique pour la lumière est de 5oo reis ; les paiements sont effectués moitié or, moitié papier.
- L’Exposition nationale de 1908 a fait enfin un large emploi de l’électricité.
- Tels sont les chiffres les plus caractéristiques et les traits essentiels du document que nous nous sommes proposé de faire connaître en ces quelques lignes.
- C. Béniot.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Progrès des pyromètres thermo-électriques. — S. Whipple. — Engineering, 22 juillet 1910 et Metallurgical and Chemical Engineering, septembre 1910.
- L’auteur discute dans son travail (’) les progrès relatifs des thermomètres à gaz, à résistance, des pyromètres thermo-électriques et à radiation.
- Nous nous bornerons aux thermomètres à résistance et aux pyromètres thermo-électriques.
- Thermomètres à résistance. Il n’y a pas, d’après M. Whipple, de progrès sensibles de ce côté. Les plus récentes études (2) ont confirmé l’exactitude
- (1) Présenté à la Birmingham Metallurgical Society.
- (2) Hahkeii. Philos. Tr.ansact, Boy. Soc., vol. CCIII, p.343.— Waidnek et Bukcess. Bull. Bur. of Standards, vol. VI, n° 2.
- de la formule parabolique de Callendar jusqu’à 1 ooo°, surtout quand les résistances sont faites de métaux purs. Aveqdu platine pur, la formule est valable jusqu’à 1 ioo°. Avec des thermomètres de platine impur, il est préférable d’utiliser un point de fusion de plus (celui de l’argent par exemple) et d’introduire dans la formule un paramètre supplémentaire.
- Au point de vue pratique, l’auteur indique les nouveaux thermomètres d’Heraeus, de Hanau, construits d’après les indications du Dr Haagn. Ces pyromètres sont en quartz ; l’enroulement est fait sur une tige do quartz et entouré d’un mince tube de quartz fondu sur cet enroulement. L’ensemble peut être très petit (25 millimètres de longueur sur 3 millimètres de diamètre) et cependant assez robuste. Mais il ne faut pas dépasser 1 oqo°, sinon le quartz se dé vitrifie.
- Les deux méthodes d’enroulement des fîlsthermo-
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-
- m
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2® Série). — N® 6.
- métriques, pour éviter leur tension, ont été données par Waidner et Burgess (fig. i et 2).
- *0
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- TrcrVi?
- VÎg. I. Fig. a.
- Méthodes d’enroulement des bobines pyromélriqucs.
- P, fils de platine; M, supports ou séparation en mica D, disques en sléatitc ; T, tubes en porcelaine.
- Dans la première disposition, les fils sont montés sur un support en mica ; dans la deuxième, les fils, plus gros, se tiennent sans support.
- Pyromètres thermo-électriques. — Ici les progrès ont porté sur trois points :
- a) Augmentation du degré de pureté des métaux employés dans le couple de platine ;
- b) Fabrication de couples en métaux non précieux ;
- c) Méthodes de mesure.
- a) Les maisons Johnson,Matthey et G0,de Londres, ctïleraeus, de Hanau, ont maintenant un important stock de platine pur, de platine à 10 % de rhodium, et de platine à 10 % d'iridium. Il est donc maintenant possible d’obtenir un couple identique à un autre et pouvant prendre sa place dans le circuit du même galvanomètre.
- Les travaux de White (* *) ont montré : i° l’importance primordiale de la pureté des métaux employés; a° la volatilisation, à partir de 900°, de l’iridium employé et la diminution subséquente de la force électromotrice du couple. Il faut enfin soigneusement éviter les désastreux effets du fer.
- Le recuit a 1 aoo° d’un couple thermo-électrique donnant; des indications trop basses le ramène souvent à sa force électromotrice primitive.
- b) Au-dessous de 700°, le couple donnant les meilleurs résultats est certainement le couple cuivre-consïantan (Go % de cuivre et /|0 % de nickel).
- M. II. Pédieux a d’autre part insisté (*) pour l’emploi d’un couple cuivre-nickel jusqu’à 900° et montré futilité de partager l’intervalle de température en trois zones, la température étant représentée dans chacune de ces zones par une formule parabolique; les résultats mesurés et les résultats calculés diffèrent alors de moins de i°.
- c) Pour des mesures précises, les conditions exigibles du potentiomètre sont très rigoureuses, et doivent répondre aux données suivantes :
- i° Si possible, les températures jusqu’à 1 6oo°
- doivent être lues à — de degré près, au moyen d’un
- couple platine-platine rhodic, —de degré correspon-
- 1 2
- dant encore à — volt.
- io° p
- 2° Les enroulements du potentiomètre doivent êlre à l’abri des dérivations de courants extérieurs.
- 3° La manipulation doit êlre simple, permettant de suivre de rapides variations de température.
- Etalonnage. — M. White donne comme points de repères les points de solidification suivants :
- Etain, 231,92; cadmium, 3*21,01; zinc, 410»^7 5 antimoine, 63o,7 ; argent, 960,88 ; cuivre, 1 o83,o (2).
- Nickel, 1 45a, 2 ±2; cobalt, 1 489, 2 -4- 2 ; palladium.
- I 549,2 ± 2; platine, 1 755,0 r±= 5 (*).
- Température du centre de l’arc électrique 3 700°.
- JJ emploi du pyromètre thermoélectriquecomme thermomètre de précision.
- M. P. Wliite (4) a étudié l’élément thermo-électrique cuivre-constantan. Les données de celte étude ont été fournies par le Geophysical Labora-lory de la Carnegie Institution, à Washington. Les résultats obtenus ont été comparés à ceux d’un thermomètre à résistance.
- Les principaux résultats sont les suivants : *
- La force électromotrice d’un couple thermoélectrique, homogène ou non, est égale à
- II étant le coefficient thermo-électrique. On voit donc que les parties essentielles d’un élément sont celles le long desquelles dt est o, c’est-à-dire où
- (!) II. Péemcux. Le pyromètre thermo-électrique, Gàu-tiïijsr-Yjllars, éditeur, Paris.
- (2) Bull. Dur. of Standards, vol. VI, n° 2.
- (3) L. 1)ay kt B. Sosman. Ain. Jour of Science, vol. XXIX, février 1910.
- (*) Physical Review, août 1910.
- (*) Physical Review, décembre 1906.
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- la température varie ; ce sont elles qu’il faut surtout surveiller. En les changeant (par exemple, en faisant varier la profondeur d’immersion dans un four), on change l’élément thermo-électrique, s’il n’est pas homogène.
- On peut faire, en un jour ou deux, des éléments compensés, d’une précision d’environ 0,0001°, utilisables aux températures ordinaires et aux basses températures.
- On peut aussi obtenir cette précision dans le potentiomètre.
- M. L.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Dispositifs de protection pour les appareils électriques (Suite et fin) (*). — F. Heather. — Transactions ofthe South African Institute of ElectricalEngi-neers, mai 1910.
- Une autre méthode de protection des lignes a reçu de très nombreuses applications dans ces dernières années; elle est connue sous le nom de système de protection différentielle Merz-Price. Dans ce système, chaque ligne est munie d’un transformateur d’intensité à chaque extrémité et les secondaires de chaque couple de transformateurs sont connectés en opposition; en outre, dans ce circuit il y a un relais à chaque extrémité.
- Dans les conditions normales, le courant dans chaque transformateur est le meme et,comme les secondaires sont opposés l’un à l’autre, il ne passe pas de courant dans le circuit des relais. Si une ligne vient à se rompre, il passe un courant plus intense dans le transformateur à l’extrémité générateur qu’à l’autre extrémité et, par conséquent, il passe un courant dans le circuit secondaire, courant qui agit sur les relais et qui ouvre les interrupteurs aux deux extrémités du feeder avarié. Bien entendu, la canalisation secondaire des transformateurs d’intensité est distincte du feeder à protéger et de la même longueur que lui, et l’on doit employer un circuit auxiliaire pour la manœuvre des interrupteurs.
- Ce système a été appliqué avec grand succès à la protection des transformateurs aussi bien que des câbles. On peut s’en servir sur des feeders simples ou doubles, canalisations en boucle ou toute autre forme de réseau de distribution et il est remarquablement précis dans son action.
- A cet égard, on peut mentionner qu’un isolateur de 40 000 volts sur un transformateur de
- 3 000 K. Y. A. de la Victoria Fallu and Transvaal Power Company s’étant rompu, les interrupteurs des transformateurs ont fonctionné en moins d’une seconde. A part un léger à-coup au voltmètre et quelques décharges aux parafoudres il 11’y a pas eu d’autres perturbations observées sur le système.
- La méthode Merz-Price nécessite l’introduction de transformateurs d’intensité additionnels, ce qui est un point faible sur un système à haute tension, mais ce désavantage est plus que compensé par la sécurité de l’interruption qu’on obtient.
- Voici du reste quelques détails et renseignements donnés par M. Price lui-même sur son appareil.
- C’est un fait fondamental en électricité que si l’on a uncircuit(quipeut consister en un certain nombre de conducteurs rayonnant d’un point donné ou en un dispositif complique quelconque) et que l’on fasse passer des courants dans ce circuit à partir d’un point ou de quelques-uns de ces points, la somme totale des courants entrant et sortant doit être égale à zéro à un instant quelconque. Si l’on a un courant continu ordinaire, le courant entrant à une extrémité est égal au courant sortant par l’autre extrémité. Le fait est également exact pour un circuit de courant alternatif si l’on néglige le courant de capacité. Dans un système compliqué, tel qu’un feeder allant dans une mine et alimentant un certain nombre de circuits aboutissant à des moteurs éloignés, tous les courants qui arrivent doivent sortir quelque part.S’il n’y a pas de perte sur chaque circuit, on doit arriver au résultat zéro pour la somme totale. C’est sur ce fait théorique qu’est basée l’action du système différentiel.
- Dans la pratique, ou s’arrange pour que les divers courants provoquent des courants induits dans un circuit séparé à tous les points où ils entrent dans le circuit à protéger ou le quittent et alors, en ajoutant ces courants, on sait qu’on ne doit pas avoir de courant résultant, à moins qu’il n’y ait une perte dans ce circuit. Cela est fort simple quand on a affaire à un seul circuit. On place un transformateur d’intensité à chaque extrémité et l’on équilibre les effets que ces deux transformateurs produisent dans un circuit commun, mais il est clair que le principe peut être employé dans maint autre cas. Il peut exister un certain nombre de ramifications dans le circuit à protéger et, si l’on prend les effets induits produits parles courants dans toutes les branches et qu’on les ajoute ensemble, on obtiendra un courant nul dans ce circuit, dans les conditions normales. Si 011 ne l’a pas, il y a perle.
- Quand on a un circuit isolé avec un moteur à
- (!) Voir Lumière Electrique, i\ février 1911.
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- Pcxtrémité, les courants qui entrent dans ce cii'cuit et qui en sortent doivent, en s’ajoutant, donner zéro. Si c’est un circuit triphasé, on n’a qu’un point d’entrée et de sortie pour le courant : l’interrupteur qui alimente ce circuit de moteur particulier, et l’on a trois noyaux et trois courants qui passent. Par la combinaison des effets de ces courants dans ces trois noyaux, on sait qu’on doit avoir l’effet zéro au total, à moins qu’il n’y ait une perte. Le moyeu le plus simple de combiner les effets de ces trois courants est le suivant :
- Imaginons que le circuit consiste en un cable ordinaire recouvert de plomb et plaçons un noyau laminé autour de ce cable triphasé : les courants dans le» trois conducteurs produisent leurs effets magnétisants à tout instant sur le noyau ; par conséquent les trois effets magnétisants doivent se détruire dans les conditions normales. Si l’on met à la terre le point neutre du circuit d’alimentation et qu’il y ait une fuite à la terre quelque part, ce courant de fuite rejoint le point neutre du transformateur ou du générateur qui alimentent le circuit et si l’on coupe l’enveloppe du câble au delà du noyau de fer, alors le courant de perte ne peut pas revenir par cette voie et il passe en dehors du noyau de fer.
- Les effets magnétisants dans le noyau ne sont plus alors équilibrés et le magnétisme ainsi produit dans le noyau peut être employé à actionner l’interrupteur qui coupe le circuit. L’effet magnétisant dans le cas cité ne serait pas très important, attendu que chaque conducteur du câble n’est équivalent qu’à une portion d’un tour d’un enroulement. Dans la pratique, on emploie trois enroulements sur le noyau ou trois transformateurs d’intensité, un pour chaque âme du câble, dont chacune est connectée à son propre enroulement sur le noyau de fer lequel n’est pas alors placé autour du câble. Les trois effets peuvent, toutefois, être équilibrés par d’autres moyens: par exemple, les courants secondaires des trois transformateurs d’intensité peuvent être faits de façon à sc neutraliser l’un l’autre dans un circuit commun, sans noyau de fer ; ou bien, les forces électromotrices peuvent s’ajouter dans un circuit commun; ou bien les courants peuvent produire des effets mécaniques qui s’équilibrent sur un mécanisme commun.
- L’action de l’interrupteur est absolument instantanée si le dérangement est une perte, à la terre. Si la perturbation sc produit entre-deux des âmes du câble ou entre deux phases de l’enroulement du moteur, alors il n’y a pas nécessairement une perle
- à la terre, de sorte que les effets mentionnés ci-des-sus restent équilibrés.
- L'appareil protecteur permet cependant d’obtenir facilement la coupure dans ce cas, comme pour une perte à la terre. Prenons trois transformateurs de courant et réalisons l’équilibre des trois courants ; plaçons en outre de petits fusibles à temps limité dans deux des phases. Quand il se produit un dérangement qui n’est pas une perte à la terre — c’est-à-dire si le moteur a une charge trop grande ou si les coussinets ont grippé — bien que l’équilibre des courants ne soit pas renversé, les courants dans les circuits de protection s’élèvent cl les fusibles sautent dans les circuits du transformateur d’intensité.
- Gela détruit l’équilibre et déclanche le commutateur. Cette combinaison de s}rstèmc différentiel li-miteur de surcharge offre l’avantage de produire un déclenchement aussi instantané qu’il peut l’être pour une perte à la terre, en même temps qu’elle garde les caractéristiques de temps limité pour d’autres surcharges, spécialement dans les mines, où l'on a des câbles qui courent dans des endroits où ils sont facilement endommagés et où les pertes sont presque toujours à la terre.
- En ce qui concerne le choix des coupures —problème qui sc présente dans l’établissement d’une station centrale — l’avantage du système de protection différentiel est de permettre de négliger toute considération accessoire. Avec tous les autres types de coupure, on doit agencer son système de façon que les coupures satisfassent à certaines conditions.
- Admettons que nous partions de celte base qu’il est essentiel de maintenir le courant et de prévoir des feeders doubles. Si l’on adopte le système de protection contre la surcharge et le renversement de courant, on ne doit pas avoir trop de coupures en série et on doit éviter les interconnexions et les boucles ; au contraire, le système différentiel est absolument indépendant de toutes ces considérations et il permet l’emploi de ces systèmes de connexions en boucle.
- Ce point est souvent perdu de vue.
- Certaines personnes considèrent que le système différentiel comporte toujours l’emploi d’un câble pilote le long de la route des conducteurs d’énergie cl qu’il en résulte des frais. Ceux qui ont pu en faire l’expérience savent que cet argument est en réalité complètement: à retourner. En général, on ne peut pas trouver un système aussi avantageux que celui-là et l’économie qui résulte de l'adoption de cou-
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- ncxions en boucles est en général supérieure à la dépense de cables pilotes.
- On obtient une action absolument instantanée, tandis que, dans un système à surcharge quelconque, on ne peut avoir d’interruptions rationnelles qu’en réglant les éléments temps,et l’on voudrait bien ne pas employer cet arliiiee.
- Dans un système à haute tension, quand il y a dérangement, c’est presque toujours un mauvais court-circuit et on peut être certain que, dans ce cas, l’introduction de la surcharge combinée avec l’élé-rnent tenipsjn’est pas un avantage.
- On ne peut placer plus de trois interrupteurs de surcharge en série,si Ton veut différencier leur mode d’action.
- Avec le système différentiel, on peut être sûr que tous les interrupteurs déclenchent aussi vite qu’un interrupteur peut se mouvoir, Le relais lui-même agit dans un temps tellement court qu’il est presque inappréciable et alors le temps que prend cet interrupteur pour déclencher est uniquement nécessité par le mouvement du mécanisme de l’inlemipleur lequel est court mais ne peut pas être évité.
- LYxpérieuce a montré que le temps nécessaire au déclenchement, même pour un grand système, est si rapide qu’il n’est pas suffisant pour provoquer le décrochement des machines synchrones; or cela est impossible avec un système a surcharge.
- G.B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Tl est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Toute la chimie minérale par Vélectricité (u« édition, avec un complément), par J. Séverin. — î volume in-8° raisin de 809 pages, avec 60 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, a5 francs.
- Ecrit dans ce stylo enthousiaste qui n’est pas déplaisant sous la plume des inventeurs et des convaincus, ce livre se présente au public scientifique accompagné d’une appréciation élogieuse de M. Georges Lemoine, professeur de chimie à l’Ecole Polytechnique, membre de l’Institut. Nous la citons ci-des-sous :
- « M. Séverin examine dans cet ouvrage la situa-, lion nouvelle qui sera faite, un jour ou l’autre, à la chimie pratique, par le développement des ressources électriques et la diminution des combustibles naturels. Il se demande comment nos préparations classiques pourront être remplacées par d’autres, fondées exclusivement sur l’emploi de l’électricité, et comment ccs réactions de laboratoire pourront être utilisées par l'industrie. Cette transformation a déjà commence; pour la généraliser, il y a de curieux problèmes à résoudre.
- « C’est une revue complète de cette chimie nouvelle qu’a entreprise M. Séverin. Elle est faite avec une extrême conscience. Au lieu de recopier dans des publications de toutes sortes d’anciennes indications, qu’il connaît d’ailleurs fort bien, l’auteur a
- passé quinze ans de sa vie à faire dans son laboratoire personnel les principales expériences qu'il décrit : « On ne trouvera rien dans ce livre, dit-il, qui n’ait été vérifié. » Cet; énorme travail est un noble exemple donné aux amis des sciences expérimentales qui sont en dehors des carrières officielles et qui, avec des ressources quelquefois assez limitées, ont rendu et rendent encore tant de services.
- <x D’après la manière dont ce livre a été composé, ou ne sera pas étonné que, si certains détails y tiennent un peu trop déplacé, on y trouve souvent, en revanche, des méthodes nouvelles et des procédés techniques dont les chimistes pourront tirer parti.
- « M. Séverin étudie successivement tous les corps simples avec leurs principaux composés de la chimie minérale.
- « Pour chacun d’eux, il indique, à partir des produits naturels usuels, une préparation fondée sur l’électrolyse, lorsqu’il en existe une pratique.
- « Une partie importante de l’ouvrage est consacrée à l’analyse par l’électrolyse : on la lira utilement, même après les ouvrages classiques de M. Riban et de M. llôllard.
- « Plusieurs procédés nouveaux sont proposés pour les réactions de la chimie industrielle, notam-ment pour la métallurgie du zinc, la fabrication des cyanures, l’extraction de l’or, etc. IL rappelle en même temps les grandes applications déjà basées sur
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- Temploi de l'électricité, avec des explications intéressantes sur le dépôt successif des métaux par l'électricité.
- cc M. Séverin, après plusieurs autres auteurs, se demande quand viendra le moment où, avec la houille blanche, on utilisera ce qu'il appelle la houille bleue, c’est-à-dire l’énergie résultant du mouvement des marées, si importantes sur une grande partie des côtes de France : il donne, sur les moyens de réaliser cette idée, de très intéressantes indications.
- « En somme, ce livre, où l’on trouve beaucoup à apprendre, restera longtemps bon à consulter. »
- Le caractère de l'ouvrage étant ainsi défini, il nous reste à ajouter que la seconde édition, que nous présentons ici, contient un complément,consacré'notain-ment à la passionnante question de l’iililisation des marées. L’auLeur y rapporte les solutions qu'il a imaginées pour ce problème, et les encouragements qu’il a reçus de plusieurs personnalités industrielles compétentes.
- Ce qui nous plaît surtout dans cc livre, c’est rattachement que montre l’auteur pour l’investigation expérimentale, son grand labeur, et sa conviction que le mot « impossible » n’existe pas en électrochimie. E, M.
- Les Machines électriques alternatives à collecteur, parL. Barbillion. — i volume in 8° raisin de 148 pages, avec 96 ligures. —L. Geisi.kr,éditeur, Paris. — Prix : broché, a fr. 5o.
- Il n’y a pas dans la technique des machines élec-
- triques d’exposé plus délicat à développer que celui des machines alternatives à collecteur, dont s’occupe ici M. L. Barbillion. Le très distingué directeur de l’Institut électrotechnique de Grenoble y passe en revue les commutatrices, les moteurs à répulsion, les moteurs série compensés, et enfin les moteurs mixtes (dont le rotor comporte un enroulement rotorique fermé sur les balais et est relié d’autre part au réseau). Il le fait avec une rare clarté, grâce à laquelle l’étudiant se sent conduit par un guide sûr à travers le dédale des diagrammes.
- Rappelons que cet ouvrage a été cité dans le rapport que M. Bouty a présenté à l’Académie des Sciences, à l’occasion de l’attribution du prix Hébert (1).
- Les ouvrages de M. L. Barbillion, a dit M. Bouty, « constituent une exposition synthétique claire et précise, une mise au point exacte des questions diverses auxquelles l’auteur s’est attaché, et qu’il traite avec une compétence universellement reconnue ». Ces éloges s’appliquent avec une rigoureuse exactitude à l’ouvrage que nous présentons ici, et qui est venu prendre une place d’honneur dans la remarquable Encyclopédie Electrotechnique éditée par la maison Geisler, avec le concours technique de M. F. Loppé.
- M. G.
- (') On saitque ce prix a été décerné à M. L.Barbillion par l’Institut, dans sa séance du 19 décembre. Voir Lumière Electrique, 7 janvier 1911.
- LEGISLATION ET CONTENTIEUX
- CHRONIQUE DE LÉGISLATION INDUSTRIELLE
- Etat actuel de la législation des chutes dfeau en France.
- Si l’on veut avoir une vue d’ensemble sur la législation actuelle des chutes d’eau, il faut, se rappeler que l’on peut fairedes chutes, en utilisant des eaux qui, au point de vue juridique, sc manifestent en trois états différents : x A l’étal de sources.
- À l’état de rivières navigables, que l’on appelle souvent les rivières « classées dans le domaine public » ou par abréviation « rivières classées ».
- Et enfin, les rivières non navigables ni flottables : celles-ci comprennent à la fois les rivières les plus constantes, comme la Romanche ou le Drac, et les simples torrents, qui, pendant l’été, sont complètement à sec, et qu’un jurisconsulte plus humoriste que sérieux, appelait en riant les rivières « carrossables ».
- Ces trois catégories sont les seules que nous étudierons, car nous n’avons point l’intention de nous préoccuper de la situation, un peu exceptionnelle au point de vue juridique, des étangs
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- et (les lacs, qui se rapprocheraient plutôt de la ! source, sans se confondre avec elle et, bien entendu, nous n’avons pas à parler du domaine maritime; mais, comme on peut créer une chute d’eau dans les trois catégories que je viens d’énumérer, il est indispensable de connaître les grands principes qui régissent chacune d’elles.
- Je vais rapidement les exposer.
- 1. —Principes en matière de sources.
- Une règle fondamentale consacre la propriété absolue de la source au prolit du propriétaire du fonds sur lequel elle prend naissance, et que l’on appelle « le fonds ü*émergence y>\ ce droit comporte celui de supprimer la source, de l’aveu-irler, de la détourner de son cours normal, de re-jeter meme sur un autre versant ou dans un autre cours d’eau récoulcmcnt primitif. Si donc le propriétaire veut utiliser une source pour l’exploitation d’une chute, il est, en principe, le maître souverain de ses plans, alors meme qu’en les exécutant, il supprimerait, aux propriétaires d’aval, le bénéfice de récoulcmcnt de la source. Pour les personnes habituées au langage juridique, le principe est exprimé tout entier par ces mots : le propriétaire du fonds d’émergence a l’usus et l’abusus de la source qu’il détient.
- Cette règle, toutefois, comporte certaines dérogations. Nous ne parlons pas des exceptions qui frappent tous nos biens et sont communes aux sources et à toute autre propriété : si, par un contrat formel, le propriétaire a promis à ses voisins d’aval de leur maintenir l’écoulement de la source, ou si ces voisins ont prescrit par des travaux trcntenaircs, établis extérieurement et en empiètement sur la terre d’où jaillit la source, le droit de la recueillir dans leur propriété, il est évident que le droit initial de libre disposition au propriétaire est mis en échec ; c’est la règle universelle.
- Mais, à cAté de ces exceptions, normales et connues de tout le monde,le Code Civil en a créé deux autres : c’est d’abord l’exception de l’article G',i qui paralyse le propriétaire d’une source dans les dérivations qu’il voudrait entreprendre « quand la source est nécessaire aux besoins « d’une commune, section de commune ou hâte mcau ».
- Le propriétaire n’estpas dépossédé, mais'‘ildoit, dans scs entreprises, compter avec la nécessité de ménager, aux collectivilés indiquées parle Code,
- I l’eau dont elles peuvent revendiquer l’usage.
- La seconde exception est plus grave au point de vue industriel, parce qu’elle s’applique, précisément, aux sources abondantes, et à ce titre particulièrement tentantes. Si une source de celle nature forme, dit l’article GV* du Code Civil, dès sa sortie du fonds d’émergence, « un « cours d’eau offrant le caractère d’eaux publi-« ques et courantes, le propriétaire ne peut la « détourner de son cours naturel, au préjudice k des usagers inférieurs ».
- C’est une loi récente (8 avril 1898), qui a modifié l’article G'|8 et a donné le texte que l’on vient de lire ; déjà, avant cette date, la jurisprudence avait admis qu’un propriétaire perdait le droit de détourner une source très importante, s’il en avait abandonné récoulcmcnt pendant un certain temps, sans le retenir ni le détourner, de telle façon que les propriétaires d’aval, croyant être devenus riverains d’un véritable cours d’eau, y avaient pratiqué des prises et se servaient de l’eau comme de celle d’une rivière commune à tous.
- La loi de 1898, en refaisant l’article GW s’est inspirée de cette idée, seulement elle l’a exprimée d’une façon un peu moins imprécise, bien qu’elle soit encore sujette à une certaine difficulté d’application. »
- En etfet, quels sont les caractères auxquels on reconnaît qu’une eau, dès la sortie du fonds d’émergence, a bien le caractère d’une eau « publique et courante » ? C’est à établir, en fait, d’une façon rigoureuse, et la preuve esta la charge de ceux qui invoquent à leur profit la limitation du droit de propriétaire.
- En tout cas, trois conditions sont nécessaires pour qucl’article GVI s’applique :
- a) Il faut que la source constitue bien le cours d’eau et ne fasse pas que de l’alimenter. En effet, comme toute source est un affluent d’un fleuve, et que tout fleuve est un affluent de la mer, l’article GV», s’il était élargi, arriverait à paralyser toutes les sources entre les mains de leurs propriétaires ;
- b) 11 faut qu’elles soient assez considérables en volume pour que les riverains d’aval aient cru ou aient pu croire qu’ils étaient en réalité voisins d’un cours d’eau ;
- 6*) Enfin, il faut que le propriétaire de la -source ait abandonné de tout temps à la région d’aval, toute l’eau qui en provient.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 6
- La Cour de Lyon, dans une affaire récente, a refusé de faire à une source l’application de l’article 6/,3, en vertu de ce fait que, sur son propre terrain, par des écluses ou des réservoirs, le propriétaire avait retenu des eaux qui, séjournant sur lui-même, n’étaient jamais parvenues avec régularité à l’aval, et par conséquent avaient empêché que les riverains puissent avoir l’illusion d’un cours d’eau normal, continu, régulier, d’une véritable rivière.
- En résumé,l’articleG/,3 doit rester d’une application peu fréquente, et la jurisprudence interprète d’une façon très sensée la pensée du législateur de 1898, en ne faisant usage de ce texte que très rarement. On peut meme, en toute franchise, se demander s’il était utile de l’écrire, et les circonstances dans lesquelles il a été voté permettent à ce sujet bien des doutes : ht loi de 1898 est restée plus de vingt ans sur le chantier, les discussions auxquelles son enfantement a donné lieu se sont produites en 188a et i883; à ce moment, tous les esprits étaient plus ou moins hantés par la terreur qu’inspiraient les projets caressés par toutes les grandes agglomérations pour leur alimentation en eau potable, et notamment par la Ville de Paris, et l’on craignait que, en acquérant des sources, en les amenant en dehors de leur écoulement primitif, elles n’asséchassent des rivières entières, ail préjudice des riverains inférieurs, auxquels elles auraient dans la suite présenté le raisonnement suivant en guise d’indemnité: « Nous avons fait une acquisi-« tion en bonne et due forme, conformément au « droit commun ; nous n’avons plus à nous inquié-« ter de l’écoulement auquel la source donnait « lieu et, si cet écoulement est une rivière qui, « de cc chef, a disparu dans notre canalisation « souterraine, agréez nos regrets, nous n’avons « usé que de notre droit. »
- C’est dans la crainte d’une pareille dépossession scandaleuse et préjudiciable aux malheureux riverains, que la loi de 1898 a complété le Code Civil, par un article susceptible de leur servir de bouclier. Mais la jurisprudence administrative dut aller plus vite que la législation; bien avant la loi de 1898, qui, à cette date, a été promulguée à peu près telle qu’elle avait été , préparée en i883, le Conseil d’Etat décide que, si une source est la propriété d’une ville (même serait-elle située dans un domaine appartenant de vieille date à celle-ci), la dérivation ne saurait
- en être faite pour les besoins de la collectivité, sans que les usagers de l’écoulement qu’elle produit soient indemnisés delà perte des irrigations ou des forces motrices qu’ils auraient mises en usage antérieurement aux travaux d’adduction. De sorte que l’article 0/t3 placé dans le Code Civil, c’est-à-dire dans le Code qui régit avant tout les conflits de droits privés et non pas les conflits qui peuvent surgir avec l’Administration, provenant néanmoins de la crainte que celle-ci inspirait au législateur, et les difficultés administratives étant résolues par d’autres textes, il ne trouve pas l’emploi auquel il était destiné.
- II. —Principes qui régissent lesrivières classées.
- A l’opposé des sources, dans l’échelle juridique, se trouvent les rivières classées. Si la source est toujours susceptible de propriété privée, puisqu’elle se confond avec le fonds d’émergence, la rivière classée est, au contraire, réfractaire, rebelle à tout droit privé. C’est la chose de l’Etat, la propriété de la Nation, dont l’aliénation est impossible et sur laquelle il ne peut être concédé que des droits temporaires. Les chutes qui empruntent leurs eaux sont autorisées par des décrets (de ce type on peut citer surtout les chutes de la Durance, appartenant à l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen) ou concédées par des conventions qui imposent le retour à l’Etat, dans un temps plus ou moins long, de tout rétablissement créé par l’emprunteur.
- Quelques questions peuvent être posées, au point de vue pratique, par ceux qui désirent créer une chute. Nous allons les examiner successivement.
- Tout d’abord, quelles sont les rivières classées ou en d’autres termes, comment peut-on connaître facilement ce que fappellerai. VEtat-Civil d’une rivière P
- La nomenclature en a été faite dans une ordonnance qui porte la date du 10juillet i83(i et avait été commencée aussitôt après la loi de 18^9, sur la pêche fluviale, quia attribué aux riverains le droit de pêche des rivières non navigables, ni flottables. 11 f allai t bien, pour être logique avec lui-même, que le gouvernement, établit une énumération des rivières de son domaine, pour connaître l’étendue de ses droits, en comparaison des droits privés qu’il avait reconnus aux riverains des autres rivières. Cette ordonnance se
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- trouve dans toutes les préfectures et c’est là que l’on peut puiser les meilleurs renseignements.
- Le principe juridique veut que le classement d’une rivière dans le domaine public coïncide d’une façon rigoureuse avec l’état vrai de navigabilité ou de flottabilité et, si le gouvernement, par décret, faisait rentrer dans cette catégorie une rivière qui serait réellement hors de situation de rendre des services à la navigation et au ilottage, le décret de classement serait annulé par le Conseil d’Etat, comme entaché d’excès de pouvoir.
- Inversement, si pour des causes postérieures .au classement, telles que, par exemple, l'ensablement de son lit, ou la cessation complète de la navigation ou du flottage sur ses eaux, une rivière venait à perdre complètement le caractère qui a été la base de ce classement, l’Administration des Ponts et Chaussées devrait prendre l’initiative d’un changement de catégorie et faire inscrire la rivière au rang des cours d’eau non navigables.
- Cette initiative, tout en étant extrêmement juridique, a causé dernièrement d’assez graves inquiétudes au ministre des Finances, et la meilleure preuve se trouve dans ce qui s’est passé récemment.
- Jusqu’à ces dernières années, l’Etat ne craignait point de déclasser les rivières devenues non navigables; en cela, d’une part, il se conformait aux principes que je viens d’indiquer, et surtout il s’exonérait des frais de curage et de l’entretien des chemins de halagc. Seulement, aujourd’hui, des rivières même impraticables pour la batellerie oupour de modestes trains de bois, peuvent être une source de revenus importants pour le Trésor, par la concession de la force motrice, et c’est ce qui explique que le ministère des Finances se soit ému en voyant un jour le Conseil d’Etat émettre un avis en laveur du déclassement delà Ncste qui était devenue réfractaire à tout ilottage. D’un seul coup, ainsi que nous le verrons plus loin, les propriétaires riverains étaient nantis du droit de dérivation et la concession de la force motrice échappait a l’Etat.
- Si la mesure venait à se généraliser, il y avait une porte ouverte au déclassement de nombreuses rivières, presque à l’insu des bureaux de la rue de Rivoli.. en tout cas, le ministre des Fi-
- nances n’avait aucune arme pour se défendre;
- c’est pourquoi il prit l’initiative dfc faire inscrire dans la loi de Finances du 8 avril 1910 l'article ia8 qui statue ainsi :
- « Les cours d’eau, portions de cours d’eau et « canaux ne pourront être distraits du domaine «public qu’en vertu d’une loi. »
- Le principe n’est pas modifié en théorie, mais, en pratique, il faudra pour l’appliquer avoir recours à une sanction législative. Le ministre pourra, au Parlement, faire les objections que l’on devine, et il sait bien que la difficulté d’obtenir une loi sauvegarde, pour l’avenir, les intérêts du Trésor.
- Quelles sont les formalités à remplir pour avoir une chute d'eau sur une rivière classée
- Jusqu’à présent, il n’y a pas de loi qui les indique, et elles se trouvent énumérées dans la circulaire de 1851, suivie de plusieurs autres circulaires. Toutes pourraient se résumer en une phrase : l’adminis.tixition se trouvant dans son domaine, sur ses rivières, est en droit d’exiger que celui qui établit sa chute respecte toutes les conditions qu’elle lui impose et, notamment, celles qui ont pour but de ménager les intérêts de la navigation et du flottage. Celui qui sollicite l’autorisation peut bien faire certaines objections, mais, en définitive, il est généralement obligé de se soumettre et cela peut être très dur. Ainsi, par exemple, quand la Société des Forces Motrices du Rhône a demandé l’autorisation de faire son canal, en amont de Lyon, 011 lui a imposé de faire une écluse qui se trouve sur le flanc de l’usine, et dont les proportions grandioses, destinées à permettre à la batellerie d’emprunter le canal, de préférence au Rhône, occasionnèrent à la Société, des frais énormes, s’élevant à plus de trois millions.
- Ses ingénieurs, en subissant les exigences qui leur étaient prescrites, eurent bien la sensation qu’ils faisaient une œuvre en quelque sorte inutile. Ils 11e se sont consolés que le jour où un bateau chargé de pommes a emprunté le canal, fait qui sc reproduit deux ou trois fois par an, et qui démontre l’utilité, au moins relative, des décisions administratives.
- Quelques bons esprits ont, néanmoins, pensé que l’on pourrait., aujourd’hui, codifier rétablissement des chutes d’eau, et un projetdo loi sur les dérivations dcsjrivièrcs classées, étudié par le minisLrc des Travaux Publics, fut déposé der-
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- nièremént à la Chambre des Députés. Par un phénomène peu courant dans nos annales législatives, le' Gouvernement et la Commission de la Chambre avaient su se mettre d’accord sur un texte unique ; d’autre part, ce texte ne paraissait iras trop dur aux liydrauliciens de profession qui avaient été consultés, à titre officieux, par le ministère des Travaux Publics. 11 laissait subsister la faculté d’établir des usines par voie de simple autorisation, à la condition de ne point faire le commerce de l’énergie et de ne pas avoir, à l’étiage, une puissance brute de plus de 200 kilowatts. L’autorisation qui leur serait donnée pouvait avoir une durée égale à cinquante années. Cela rendait possible, sans cahier des charges et sans lien contractuel, l’établissement d’usines privées, pour la métallurgie ou le tissage, de petite puissance, et laissait subsister un état de chose auquel nous sommes habitués.
- Quant aux usines de plus grande puissance et à toutes les usines faisant le commerce de l’énergie, elles étaient soumises à la nécessité d’obtenir une concession. Le cahier des charges devait être établi suivant un modèle indiqué par un décret et devait fixer la durée de la concession, le règlement d’eau et les mesures intéressant la navigation ou le flottage, la protection contre les inondations, la libre circulation du poisson, sans oublier évidemment le montant du cautionnement et les tarifs maxima à percevoir pour la vente de l’énergie.
- Cette concession devait être donnée par un simple décret, toutes les fois que la dérivation 11e comportait pas une longueur de plus de 20 kilomètres ou que la puissance brute de l’usine, à l’étiage, ne dépassait pas iSooo kilowatts. O11 pouvait donc dire que le décret était le régime de droit commun et que la loi n’était nécessaire que pour les usines, très rares d’ailleurs, qui auraient une dérivation de plus de 20 kilomètres ou une puissance supérieure au chiffre de i5 000 kilowatts. La Chambre des Députés, dans sa séance du iG juillet 1909, avait adopté ce projet sans difficulté.
- Malheureusement,le Sénat a voulu faire œuvre personnelle : la Commission sénatoriale a bouleversé de fond en comble l’économie du texte accepté par la Chambre, en créant un autre projet qui rend une loi nécessaire pour toute dérivation d’une longueur supérieure.à 2 kilomètres. Nous 11e savons si la discussion publique ne fera
- pas revenir la Commission sur une décision aussi singulière, mais ce qui ne sera discuté par personne, c’est qu’il vaudrait mieux certainement conserver l’état actuel avec toutes ses incertitudes, qu’avoir un texte draconien qui nécessiterait, même pour les dérivations d’une portée ridiculement faible, l’intervention du pouvoir législatif, toujours longue, souvent dispendieuse.
- Ilnefautpoint se dissimuler que, à cette heure, la plupart des rivières non navigables ni flottables, offrent peu de chutes disponibles et que les besoins nouveaux ne pourront trouver une source d’approvisionnement que dans les rivières navigables. L’u tilisation raisonnée de nos richesses nationales aurait demandé un texte ayant un peu de souplesse. Il est dur de constater que le législateur a répondu avec une pareille incompétence à une question vitale, et si vraiment le bon sens ne doit pas reprendre scs droits, ce que l’on pourrait souhaiter de meilleur au projet de la Chambre des Députés, ce serait de rester éternellement enfoui dans un des cartons du Sénat.
- Comment paie-t-on à l’Etat le droit de pratiquer une dérivation P
- Je n’apprendrai rien à personne en disant que la dérivation n’est pas gratuite, mais il me serait difficile de dire ce qu’elle coûte, du moins avec une précision mathématique, pour la raison suivante : la redevance est fixée d’après la valeur locative du cheval, dans la région, et au dixième de cette valeur locative. Or tous ceux qui s’occupent des taxations des usines hydro-électriques savent avec quelles difficultés on détermine cette valeur.
- Généralement, la redevance est proposée par l’administration des Ponts et Chaussées et est fixée d’une façon définitive parcelle des finances. Il m’a été donné de voir,entre les propositions et les fixations, des divergences douloureuses pour l’industriel. Pour une chute dernièrement installée, j’ai vu un rapport remarquablement documenté, établi par un ingénieur des Ponts et Chaussées qui, après des considérations très exactes et étayées sur de nombreux chiffres, concluait que, si on demandait à l’industriel une redevance annuelle supérieure à i,35 ou à i,5o centimes à l’extrémité maximum,on taxerait trop haut le prix du cheval.
- L’administration des Finances rcçutle rapport, ne changea pas une ligne, pas un chiffre, pas une
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- lettre, aux considérations antérieures, à la conclusion, mais celle-ci fut simplement modifiée parla fixation du chiffre de i franc par cheval, ce qui fait que la conclusion se concilie plus facilement avec les besoins du Trésor qu’avec les considérations qui la précèdent dans le texte du rapport.
- Ce que je viens de vous dire sur les deux premières catégories, nous explique pourquoi c’est à la troisième que la plupart des hydrauliciens se sont adressés. Le petit nombre de sources susceptibles de donner un gros débit, les multiples formalités à accomplir pour ne jamais être bien chez soi dans l’exploitation d’une chute empruntée au cours d’une rivière classée, la redevance très dure dont elle est chargée, sont des obstacles destinés à effrayer l’industriel qui n’y aura recours que quand il ne pourra plus faire autrement.
- (A suivre.)
- P. Bougault.
- Avocat à la Cour d'Appel de Lyon.
- ARRÊTS ET JUGEMENTS CONCERNANT L'ÉLECTRICITÉ
- Nous rassemblons ci-dessous un certain nombre de décisions juridiques intervenues l’année dernière et intéressantes à des titres divers.
- Arrêt de la Cour de Cassation du 4 juin 1910 sur les pouvoirs d’un maire en matière d'occupation illégale de la voie publique.
- On a vu très fréquemment, — et tous les électriciens en ont plus ou moins souffert — des maires prendre des arrêtés d’enlèvement au sujet de canalisations établies sur la voie publique sans autorisation, ou, ce qui est la même chose, avec des autorisations incomplètes.
- Le tribunal de simple police est évidemment compétent, pourvu que la contravention commise ne soit pas prescrite.
- Si la prescription, par hypothèse, est acquise, quels sont les droits du maire ?
- C’est ce que l’arrêt dont il s’agit a très bien précisé dans une question d’alignement qui est applicable à toute occupation du domaine public communal.
- Un propriétaire, poursuivi ppur avoir établi un mur en violation de l’alignement, avait été acquitté : le maire prit un arrêté pour ordonner l’enlèvement du mm établi en empiètement, et poursuivit ensuite, en vertu de la non-exécution de son arrêté, devant le juge de simple police; c’était reproduire, sous une autre forme, la difficulté sur laquelle le juge de simple police avait déjà statué.
- La Cour de Cassation a rendu une décision de principe doublement intéressante : elle déclare que l’arrêté du maire était dépourvu de sanction pénale, et constate que, par les voies civiles, le maire aurait pu exiger l’enlèvement de l’empiètement, s’il y avait lieu ;').
- Arrêt du Conseil d’Etat du l°r juillet 1910. — Droit d’une commune d’accorder, sous la réserve d’ègalitè de conditions, des concessions autres que la concession initiale (2).
- Lorsqu’une ville a consenti à une Société d’Eclai-rage électrique une concession exclusive de tout monopole, en restant libre d’octroyer toutes autres concessions ou autres permissions, la Société concessionnaire n’est pas fondée à se plaindre de ce que la ville a usé de ce droit en faveur d’une autre Société, alors surtout qu’elle n’a conféré à cette dernière aucun avantage qui la mette dans une situation privilégiée.
- Vol d’électricité.
- Un jugement rendu le 11 octobre dernier, a condamné une personne déclarée coupable d’avoir frauduleusement soustrait une certaine quantité d’électricité servant à l’éclairage, au préjudice d’une Compagnie de distribution, à quinze jours d’emprisonnement avec sursis et ioo francs d’amende sur les réquisitions du Ministère public.
- Il nous a paru intéressant de mentionner ce jugement en raison de sa sévérité envers le fraudeur.
- j1} D’après une communication du Comité du Contentieux de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, etc., octobre 1910.
- (2) D’après une communication du Comité du Contentieux de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, etc., novembre 1910.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- L’électricité à l’Exposition de Bruxelles (1910) (Suite et fin) (').
- IV. — Stations élhctiiiquës.
- a) Centres de distribution de l'énergie à l’Exposition. — Le courant destiné à l’éclairage des divers stands de l’Exposition (sauf pour les sections allemande et française qui s’alimentaient clles-rinêmes avec leurs machines) étaitfourni par la station générale belge (hall des machines). Celte station comprenait 8 groupes (2) fournissant du courant continu par réseau à 3 fils, avec compensatrices. Il y avait en outre 3 groupes à courants alternatifs triphasés (2 groupes synchrones, i groupe asynchrone).
- Le tableau de distribution, au fond du hall, avait été installé par les Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi pour les 8 premiers groupes continus et par la Compagnie Internationale d’Electricité de Liège pour les 3 autres, alternatifs : a groupes de l’A.E.G. et i groupe Lalimeyer.
- Le groupe français du hall des machines, et la section française (groupes tv, v et Alimentation), étaient alimentés par la station française, comprenant 3 groupes électrogènes : i° groupe des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, à Jeumont; u° groupe Gramme; 3° groupe de la Compagnie Générale Electrique de Nancy.
- Le premier groupe marchait seul pendant 4 jours, alternant avec les a autres réunis.
- C’est cette station française qui, outre l’éclairage et la force dans la section française, assurait
- (') Voir Lumière Electrique, 28 janvier cl 4 février
- 1911 •
- (2) Ces 8 groupes à courant continu sont constitués par les sociétés suivantes : Van Goppenolle, do Berehcm-lez-Audenardc ; B. Lebrun, de Bruxelles ; Bollinckx, de Bruxelles; Thiriau, de La Croyôrc (Cliarleroi) ; Société de la Meuse; Brown-Boveri, de Baden; Zimmermann Ilanrcz. et Cie, de Monceau-sur-Sambre ; Van dcn Ker-cliove, de Gand , au total : 4 000 kilowatts.
- le courant au poste français de télégraphie sans fil de l’Exposition.
- Dans la section allemande, lit canalisation générale de tout le hall des machines, et de toute la section allemande, a été exécutée par l’A.E.G. de Berlin ; le tableau de distribution a été construit par le Dr Paul Meyer de Berlin (‘).
- b) Câbles électriques. — A signaler, parmi les diverses expositions de càblerie électrique :
- Un câble à 4 conducteurs de 100 millimètres carrés, servant au transport de l’énergie sous 12 3oo volts, et ayant fonctionné sous 5o 000 volts, aux essais. Ce câble est construit par la Société Industrielle des Téléphonés et utilisé par la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité; il est formé de 4 câbles élémentaires, bien isolés séparément, et réunis dans une gaine protectrice.
- V. — TklÜOKAIMIIE SANS HL.
- Le poste unique, français, de télégraphie sans fil avait été établi par la Compagnie Générale Radiotélégraphiquc. 11 se trouvait,derrière la galerie des machines, en face du hall des chemins de fer.
- Ce poste comprenait 2 cabines ; l’une, à gauche, renfermait le transformateur (du type Ro-chefort, vertical), un alternateur, des condensateurs, et un éclateur, puis un résonateur. Dans la cabine de droite, se trouvaient les appareils récepteurs. La puissance était fournie à l’alternateur par la station française (alternativement par le groupe Gramme, le groupe Compagnie Générale Electrique de Nancy, et le groupe de Jeumont). L’alternateur fournissait, à son tour, le courant au primaire du transformateur sous la tension de 220 volts (22 ampères, en moyenne). Ce transformateur était dédoublé et la tension aux bornes des 2 bobines secondaires était de 40 000 volts ; on pouvait coupler à volonté les
- (i) Voir Lumière Electrique, 10 décembre 1910, p. 343.
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- deux bobines en quantité (40 000 volts) ou en tension (80 000 volts) à l’aide d’un commutateur noyé dans l’huile de pétrole (fig. 2).
- On voit que le condensateur est réalisé par
- Cette antenne était constituée par un réseau de 8 fils tendus horizontalement entre 2 pylônes métalliques distants d’une vingtaine de mètres.
- Antenne
- Eclateur*
- Fig. 2. — Poste transmetlem.
- deux lames d’aluminium, séparées par une plaque de verre (fig. 3), et maintenues par 2 autres plaques de verre, du pétrole baignant le tout, et
- Fig. 3.
- isolant convenablement les métaux du verre.
- Ce condensateur est en dérivation sur le circuit secondaire du transformateur. L’une des armatures est reliée à l’éclateur, l’autre à un résonateur Oudin, dont l’extrémité est à la terre.
- L’éclateur est constitué par des tubes pleins en zinc, noyés dans l’huile.
- L’antenne est reliée à l’extrémité supérieure du résonateur Oudin, bien réglé.
- Le résonateur était réglé pour obtenir une longueur d’onde convenable, suivant la capacité du condensateur.
- L’antenne de réception (fig. 4) est reliée à un condensateur variable (du même type que précé-demment)à l’aide d’une bobine de self-réglable; le détecteur d’ondes est électrolytique du type Carpentier ; l’anode est réalisée par un tube de verre sur lequel s’enroule un fil de platine aboutissant à une goutte de mercure renfermée dans une cavité capillaire au bas du tube (fig. 5). Ce détecteur est en série avec une pile, et relié au récepteur.
- Cet appareillage de réception est d’une grande sensibilité.
- Ce poste, pendant la durée de l’Exposition, communiquait avec Paris (Tour Eiffel) et avec la province.
- Nous avons remarqué, dans la section française, le radiogoniomètre Bellini-Tosi, employé comme récepteur d’ondes (pour la télégraphie sans fil
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- par ondes dirigées) et un récepteur Morse à mouvement automatique pour la télégraphie sans fil.
- VI. — Euîctiio-miîtai.luiicie.
- La maison Alfred Lehert exposait des échan-
- toiles et papiers à polir (au carborundum), convenant parfaitement pour décaper les collecteurs de dynamos; des rubans de cetalliage, pour afféteries cardes de filatures ; des pierres en carborundum, pour le finissage des pièces de fon-
- Récepteur
- —
- Condensateur
- variable
- Fig. l\. — Poste récepteur.
- derie (fontes, aciers) ; des cylindres, des bagues en électrite.
- La Société la Néo-Métallurgie de Paris et la Société électro-chimique du Gilîre exposaient de beaux échantillons de métaux et alliages spéciaux obtenus au four électrique, tels que, par exemple : tungstène fondu affiné ; molybdène fondu et affiné ; titane azoturé, titane pur ; alliages de ferro-tungstène, ferro-molybdène, ferro-vanadium, ferro-silicium, ferro-chrome pour la fabrication des aciers spéciaux ; du mangano-siliciure d’aluminium; alliages nickel-bore, nickel-titane ; ferro-titane ; fcrro-siliciure de titane; nickel-molybdène; ferro-molybdène; man-gano-silicium; alliages de fer-chrome-molyb-dène ; for-nickcl-chrome-tungstènc, pour les aciers à coupe rapide ; du chrome fondu affiné (présentant l’aspect du plomb); du niekel-chroinc; de la fonte de chrome (aspect de l’étain); du cupro-chrome (couleur bleue):
- tillons superbes de carborundum (carbure de silicium), alliage très dur, cristallisé, i fois j/2
- plus dur que l’émeri, se moulant 3 fois mieux, e,t durant 3 fois plus ; puis des échantillons Cl électrite, carbure analogue, mais amorphe, s’agglomérant très bien.
- L’exposition de cette maison comprenait des
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- du tungstène fondu (gris); du nickel-tungslènc.
- Ces divers alliages sont employés dans la fabrication des aciers spéciaux, que l’on utilise aujourd'hui dans la métallurgie pour l’épuration des fontes et aciers, et la fabrication des outils durs.
- II. Péciieux,
- Docteur es sciences,
- Professeur ù l’Ecole cl’Àrts et Métiers d’Àix.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La question que nous traitions, il y a une quinzaine de jours, a préoccupé depuis au plus haut point l’opi. nion publique et l’opinion des financiers. Il semble que bon nombre d’esprits s’aperçoivent enfin du danger que font courir à l’épargne française, et par contre-coup a la fortune générale de la France, toutes les surenchères démagogiques des parlementaires. C'est à ce point qu’il vient de se fonder une association des porteurs d’actions et d’obligations des chemins de fer français ayant pour but de défendre leurs droits et de faire entendre aux pouvoirs publics leurs légitimes revendications. D’aucuns prétendent qu’au lieu d’une nouvelle ligue toute platonique, il vaudrait mieux des actes et que l’Etat ne sera pas de force à défendre des intérêts particuliers qui sont devenus des intérêts généraux à moins d’une action énergique, violente même. L’exemple des viticulteurs du Sud et de l’Est corrobore cette idée. Mais, en attendant les résultats de ce nouveau groupement, l’idée de la prolongation de la durée des concessions fait son chemin. Tout le monde en parle ; tout le monde y voit la solution que commandaient les projets d’augmentation des charges par les lois sur les retraites ouvrières et les dépenses de renouvellement et d’accroissement du matériel. Mais qui osera en formuler le projet officiel ? L’augmentation actuelle du trafic qui résulte aussi bien de la grève dernière que de la prospérité renaissante de l’industrie, conduit pour l’instant toutes les compagnies à commander du matériel. L’Est vient de répartir i/jo voitures entre de Dietrich, Dyle cl Bacalan, la Compagnie Générale de Construction, la Société Française de matériel des chemins de fer. L’Etat commande ni locomotives à la Société Française de Constructions Mécaniques et m au Creusot; mais comme correctif à cet acte de dépendance vis-à-vis de l’iudustric française, il s’empresse de passer un ordre de 70 locomotives du type Pacific à la Norih-British Locomotive Company ! Aucune critique n’a cependant été
- épargnée à ses dirigeants quant au maintien de ce type de machine impropre au service de nos voies ferrées et quant à l'obligation d’en confier la construction à des étrangers.
- Le mouvement de reprise que nous avions signalé en France s’accentue, mais ne lui est pas particulier. L’Allemagne est en pleine prospérité commerciale et industrielle : les valeurs électriques, en particulier, qui ont un marché très étendu, s’inscrivent avec d’importantes plus-values. La Deutsch Ueber-seische Eleklrizitals Gesellschaft a réuni ses actionnaires, le janvier dernier, en assemblée générale extraordinaire pour obtenir d’eux l’autorisation d’augmenter son capital. La proposition du Conseil de le porter de 90 à 100 millions de marks a été votée par l’assemblée; ces titres sont pris par un groupe de banquiers berlinois au cours de un % . Sur les 10 millions d’augmentation, 9 millions seront offerts aux actionnaires dans la proportion de 1 action nouvelle pour 10 anciennes ; le prix est fixé à i3o %, Le million restant est réservé pour la création d’un marché à la Bourse de Bruxelles, où les actions de la Société vont être introduites. Mais, comme celte création d’actions nouvelles ne procure pas à la Société toutes les ressources dont elle a besoin, on annonce, pour le printemps prochain, l’émission d’obligations 5 % pour i5 millions de marks; ces titres seront remboursables à io3 % . Le président du Conseil a déclaré à l’assemblée que les résultats de l’exercice écoulé étaient satisfaisants et que les actionnaires pouvaient compter sur un dividende égal à celui de l’an dernier, soit 10 % .
- Les Chemins de fer rhétiques viennent de décider l’installation de la traction électrique sur leurs lignes de l’Engadine. Les Ateliers Oerlikon, les Sic-mcns-Schurkcrtwerken deBerlin,Ia Société Aliolh et l’AUgcmeine Elektrizitats Gesellschaft se partagent l'installation des fils de trolley. Les voitures motrices sont également réparties entre elles et Brown, Bovcri et Cie, qui obtient la plus forte commande.
- Chez nous, la défaveur qui règne au groupe des valeurs de chemins de fer semble profiler au compartiment dos valeurs d’électricité.
- Le Métropolitain, dont des communiqués journaliers font valoir tous les avantages, continue son mouvement de reprise. Le bruit court que, malgré les inondations de l’an dernier, le dividende de l’exercice sera identique au précédent; puis, comme des lignes nouvelles s’ouvriront jusqu’en 1910,011 se base sur les recettes kilométriques actuelles pour en tirer les conclusions les plus favorables sans
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- souci des modifications que pourront apporter à ce chiffre de base les résultats de la réorganisation complète des omnibus et des tramways et l’on entrevoit déjà un dividende de 26 francs pour cette époque, avec toutes les conséquences que comporte cette plus-value.
- Le Nord-Sud lui-inême progresse à 323 : la confiance lui revient. Les mêmes calculs que ci-dessus prouvent que la recette kilométrique s’est élevée en trois mois de i 400 francs à 2 000 francs, encore inférieure de 400 francs à celle du Métropolitain ; mais la ligne, nous l’avons déjà dit, manque de l’un de ses débouchés les plus intéressants. Le plus curieux,c’est que certains journaux financiers ne s’en ^ aperçoivent que maintenant, et commencent à modifier leurs conclusions assez pessimistes du début. Ce sont les mêmes d’ailleurs qui se montrent moins réservés sur les autres valeurs de traction : Tramways, Omnibus, Est-Parisien, etc., alors que la période de transformation actuelle ne permet pas de tirer des conclusions bien établies. Ainsi la Compagnie Générale Française de Tramways qui avait toujours maintenu sa progression régulière est plutôt en recul pour l’exercice écoulé : les inondations en sont un
- peu la cause. Les Tramways Sud à Paris seront probablement forcés de supprimer leur dividende pour 1909-1910. Quant aux Tramways de la Rive Gauche, qui végètent depuis si longtemps aux alentours de 4a francs, ils sont dans l’obligation de réduire leur capital. Une assemblée extraordinaire sera convoquée pour voter cette amputation. Et voici ce que l’on en conclut : tous les postes de l’actif n’ayant pas de représentation réelle disparaissant du bilan, par suite de la réduction du capital, les actionnaires pourront toucher un dividende, le premier depuis l’existence de la Société ! On fait entrevoir d’ailleurs que les disponibilités de la Compagnie sont très belles ; car en ajoutant à 1 269 873 francs, disponibilités à fin de 1909, le report de cet exercice et les bénéfices de 1910 qui seraient de 370 000 francs, on obtient plus de 2 millions de francs qui permettraient une répartition. Tous ces propos n’auront de valeur qu’après l’examen de bilan assaini ; il parait, en effet, des plus singuliers qu’à une réduction de capital corresponde une situation financière autorisant la répartition d’un dividende.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — D’après le rapport du budget des chemins de fer de l’Ouest-Etat, ce réseau, en dehors des commandes de matériel roulant normalement prévues pour 1911 et s’élevant déjà à plus de i5 millions de francs, aura à demander des crédits supplémentaires pour un montant de 41 millions. Cette dépense,à effectuer en 1911 également, comprendrait pour 25 millions de machines et tenders, 6 millions de voitures de voyageurs et 11 millions de wagons de marchandises.
- Autriche-Hongrie. —Un chemin de fer électrique est projeté entre Ceské Budejovice et Pfalce.
- La traction électrique à Prague représente 82 247 kilomètres de longueur, avec 347 voitures électriques. Pendant l’année 1910, 49 5oo 000 personnes ont été transportées ; la recette a été de 6 846 000 couronnes et les parcours de igioont atteint 14820000 kilomètres.
- ÉCLAIRAGE
- Rhône. — La Société Grenobloise de Force et Lu-
- mière, qui a obtenu de la Société Lyonnaise des Forces Motrices du Rhône la fourniture d’énergie à certaines agglomérations des environs de Lyon, vient de mettre en marche son usine de la Bridoire, qui est alimentée par une chute de 120 mètres, fournie par le lac d’Aigue-belette. Le courant est envoyé à Lyon à la station centrale de Vaux-en-Velin où arrive également celui produit par les usines de Bellegarde, de la Plombière, d’Avi-gnonnet et de Livet.
- De plus, la Société Grenobloise procède actuellement à l’aménagement de l’usine de la Rosière près Bozel.
- Autriche-Hongrie.—D'après YElectrotechnicky Obzor, le capital engagé dans l’exploitation des secteurs électriques de Prague se monte à une somme de 33 millions de couronnes. La station centrale comprend 26 chaudières et 3 turbines à vapeur, donnant une force de 23 000 chevaux. Les trois sous-stations ont une puissance de 2 25o kilowatts à ICarlov, de 810 kilowatts à Malà-Straua et de g5o kilowatts à Liben. Les transformateurs sont au nombre de 36G ; la longueur des lignes aériennes et souterraines est de 460 kilomètres. Il y a
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- 85 ooo abonnés. La production annuelle de l’énergie électrique est de 22 o o 000 kilowatts-heures.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris. —D’après l’Information il se constituerait sous l'égidede laCompagnie Générale d’Electricité uneSociété au capital de 3 5oo 000 francs dont le titre serait probablement « Société Générale de Radio-Télégraphie » et qui aurait pour objet l’exploitation de la télégraphie sans fil. M. Doumer serait président du conseil d’administration de cette nouvelle Société dont le directeur serait M. Bordelongue.
- Paris. — M. Clémentel, rapporteur du budget du ministère de la Guerre, examine, ainsi qu’il suit, la situation des stations radiotélégraphiques militaires.
- Dès l’origine de la télégraphie sans fil, le département de la Guerre s’est préoccupé de l’usage qui pourrait en être fait pour les besoins militaires.
- Les études entreprises dès 1889 à l’établissement central du matériel delà télégraphie militaire par le commandant Ferrie, avaient pour but de rechercher des types d’appareils et de montages suffisamment simples pour être mis entre les mains du personnel militaire qui aurait à les utiliser, et assez robustes pour pouvoir être employés dans une place assiégée ou dans une armée en campagne. Ces essais aboutirent à la constitution d’un matériel comportant l’emploi, pour la transmission, des bobines d’induction alimentées par des accumulateurs ou par des petits groupes électrogènes à pétrole lampant.
- La réception était assurée à l’aide du cohéreur du commandant Ferrie et de l’appareil Morse.
- Un certain nombre de postes organisés d’après ces principes furent installés à Paris auprès dejla tour Eiffel, dans les grandes places de l’Est et sur les côtes de l’Océan, pour relier les îles au continent. En outre, quelques postes de campagne sur voitures automobiles furent constitués dans des conditions analogues.
- Mais le rendement de ces installations était assez restreint. D’une part, le mode de transmission adopté ne permettait de mettre en jeu que des énergies très réduites d’où résultait uue importante réduction de la portée ; d’autre part, la réception au cohéreur et au Morse, peu rapide et très facilement troublée par les moindres communications étrangères ou par l’électricité atmosphérique, n’assurait l’échange que d’un nombre restreint de mots par heure, et encore à la condition que les circonstances extérieures s’y prêlàssent. Les éludes ultérieures eurent pour but de remédier à ces inconvénients et donnèrent rapidement des résultats très appréciables.
- Aupointdevue de la transmission, l’utilisation du courant alternatif industriel, dans ceux des postes fixes où l’emploi d’une puissance assez considérable était justifié (Tour Eiffel, places de l'Est) eut pour effet d’augmenter très sensiblement la portée des postes.
- Parallèlement à cette étude, les recherches entreprises sur les appareils de réception amenèrent le remplacement du cohéreur, basé sur les variations de conductibilité de limailles métalliques sous l’action des ondes hertziennes, par le détecteur électrolytique, dont le principe repose sur les variations obtenues dans les conditions de la décomposition de liquides sous l’action des mêmes ondes, ces détecteurs pouvant être combinés avec l’emploi du téléphone. Ainsi, les signaux purent être reçus au son, et la nature des bruits perçus permit, jusqu’à un certain point, d’obtenir la séparation des signaux utiles et des parasites, lorsque les circonstances n’étaient pas trop défavorables.
- Il en résulta une augmentation très appréciable du nombre de mots dont l’échange à l’heure fut possible.
- Ces progrès dans la réception furent immédiatement appliqués aux postes mobiles.
- En ce qui concerne la transmission dans les mêmes postes, la limitation des poids ne permettait pas d’envisager l’emploi des alternateurs industriels. Des modèles spéciaux, donnant des courants de périodicité analogue à celle des courants industriels, mais d’une allure plus appropriée aux besoins spéciaux de. la radiotélégraphie, furent étudiés et donnèrent des résultats satisfaisants.
- EnfiD,l’emploi de la traction automobile apportait une amélioration importante aux postes de campagne.
- Un nouveau problème se posait bientôt, celui de l’emploi de la radiotélégraphie en ballons dirigeables, problème délicat, en raison de la grande limitation du poids et de l’importance des mesures à prendre pour éviter l’inflammation de l’hydrogène.
- L’expérience des récentes manœuvres d’armée a montré que, malgré ces difficultés, une solution satisfaisante était déjà trouvée. Il reste à l’étendre aux aéroplanes pour lesquels d’ailleurs l’absence de gaz inflammable vient simplifier le problème à certains point de vue.
- Les appareils radiotélégraphiques étudiés par le département de la Guerre et adoptés par ceux de la Marine et des Colonies donnent déjà de bons résultats mais ils sont encore susceptibles de nombreux perfectionnements qui ne sont pas perdus de vue. C’est ainsi qu’au point de vue de la transmission, les courants alternatifs industriels à basse fréquence ne laissent pas que de présenter certains inconvénients'pour la télégraphie sans fil et 11e se prêtent pas à la téléphonie sans fil.
- Des études sont en cours pour leur substituer des courants à fréquence musicale permettant de produire dans le téléphone récepteur une note parfaitement déterminée et facile à distinguer de celles provenant de postes étrangers ou de. parasites. L’emploi de courants à très grande fréquence, analogues à ceux qui circulent dans les lignes téléphoniques, parait également devoir rendre de grands services dans des cas particuliers. La recherche d’appareilspermctlanlde réaliser les courants indiqués ci-dessus, soit directement, à l’aide d’alternateurs basés sur des principes nouveaux, soit indirecte-
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- ment, par l'emploi de l’arc chantant se poursuit et paraît devoir aboutira bref délai à des résultats intéressants.
- En ce qui concerne la réception on peut encore envisager des perfectionnements de montage permettant d’augmenter les chances de différencier les communications que l’on désire recevoir de celles qui viennent s'y superposer accidentellement ou par malveillance. L'emploi des détecteurs à cristaux est envisagé également dans ce but, et l'essai comparatif d’appareils dus soit à divers inventeurs et constructeurs,soitaux travaux per. sonnels du commandant Ferrie et des officiers de l’établissement central de la télégraphie militaire qui collaborent à ses études,est actuellement en cours d'exécution.
- Les perfectionnements qui précèdent permettront certainement, en partie tout au moins, d’atténuer le grand inconvénient que présente la télégraphie sans fil pour les besoins militaires : à savoir la transmission indéterminée des signaux dans toutes les directions et réciproquement la réception des ondes émises, quelle que soit leur direction d'origine ; mais il y aurait grand intérêt, dans bien des cas, à employer des dispositifs permettant d'assurer une direction effective des ondes.
- Les recherches dans ce sens se poursuivent de concert avec l'administration des Posleset des Télégraphes, d’une part, elle service des Phares, d’autre part.
- Enfin, l’établissement central du matériel de la téléphonie militaire, en collaboration avec l’Observatoire de Paris, a organisé au poste radiolélégraphique militaire du Champ-de-Mars un service de transmission de l'heure aux navires en mer et installé des dispositifs spéciaux permettant d’employer la télégraphie sans fil à la détermination précise des longitudes.
- Le réseau radiotélégraphique militaire comprend des postes fixes et des postes mobiles. Les postes fixes sont :
- i° Le poste radiotélégraphique militaire du Champ-de-Mars utilisant comme support d’antenne la Tour Eiffel et mettant en jeu une énergie de 72 chevaux. Lu portée, qui atteint 3.000 kilomètres, le met au rang des plus puissantes stations étrangères. Outre son rôle militaire de poste central pour tous les postes établis en France ou dans l’Afrique du Nord par les départements de la Guerre et de la Marine, ainsi que par l’administration des Postes et des Télégraphes,il constitue une instal-lation.de tout premier ordre pour la poursuite des éludes relatives à la télégraphie et à la téléphonie sans fil.
- 20 Les postes des places de l’Est, mettant enjeu une énergie de 10 à i5 chevaux et permettant d’assurer la communication entre ces places, Paris et les armées d’opération.
- 3° Les postes côtiers permettant la communication des îles de l'Océan avec le continent.
- Les postes mobiles comprennent des postes de campagne, donl plusieurs sonlaulomobilcs, de portée variant de 5o à 400 kilomètres, suivant les types.
- Enfin les places de l’Est disjjosent également de postes de faible puissance, de mobilité moyenne,, destinés à
- parer aux cas de destruction ou de détérioration du poste fixe de la place.
- Depuis que les premières études sur la télégraphie sans fil ont permis d’établir un matériel susceptible de rendre des services au point de vue militaire, les dépenses déjà effectuées pour l’organisation de ce service ont été les suivantes :
- 1902.................................. 18 000
- iqo3.................................. 25 000
- 1904........................ .... 90 000
- 1905. ................................ 70 000
- 1906 ............................... i5o 000
- 1907 ..... ..................... 110 000
- 1908 ..................... 310 000
- 1909 ............................... 3oo 000
- 1910, , . ........................... 3oo 000
- Tolal...................... 1 373 000
- Quant aux sommes à prévoir dans l’avenir pour achever la constitution du matériel reconnu nécessaire, elles
- peuvent être évaluées ainsi :
- Développement du poste du Champ-de-Mars pour le tenir à la hauteur des perfectionnements delà science................... i5oooo
- Améliorations aux divers postes fixes; installations de nouveaux postes sur les côtes dans les régions montagneuses et en Algérie-
- Tunisie ................................... 400 000
- Eludes et expériences ; applications aux postes militaires de la téléphonie sans fil et
- des procédés de direction des ondes........ 3oo 000
- . Constitution de postes automobiles de campagne ; modifications aux postes, de modèles déjà anciens............................... 1 000 000
- Installations de postes radiolélégraphiques sur les ballons dirigeables et les aéroplanes. i5o 000 • Constitution des réserves, rechanges et approvisionnements relatifs à la radiotélégra-
- phie militaire............................. 5oo 000
- Total.......................... 2600000
- Il est indispensable, pour que la réalisation de ce programme ne nécessite pas une durée trop considérable, qu’une aunuité minimum de 3oo 000 fraucs soit inscrite au budget pour cet objet pendant les prochaines années, C’eslcclte somme de 3ooooo ft\ qui aété prévue pour les dépenses de télégraphie sans fil sur les 800 000 fr. inscrits au titre de la troisième section du budget de l’exercice 1911 pour les besoins de la télégraphie militaire. Ajoutons qu’il n’y a pas de dépense mieux employée et qu'un pays peut être fier, lorsqu’avec des crédits aussi faibles que ceux demandés pour la télégraphie sans fil, il fait non seulement œuvre utile pour sa défense mais aussi pour le développement de la science et l’amélioration des moyens de communication qui sont un instrument de concorde entre les peuples.
- Ces résultats sont dus au savant aussi éminent que modeste qui s’appelle Ferrie cl à la phalange de disciples dévoués qui l’culourcnl. Jamais les félicitations que le rapporteur leur adresse au nom do la commission pour l’œuvre accomplie et celle entreprise 11’auront été moins recherchées cl plus méritées.
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- DIVERS
- Exposition internationale de Turin 1911.
- CONCOURS INTERNATIONAL POUR APPAREILS ET SYSTÈMES
- DESTINÉS A LA PRÉVENTION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL.
- A) Concours au prix de io ooo lires, offert par le ministère de l’Agriculture, de Tlndustrie et du Commerce, pour une étude théorique et expérimentale sur la mise à la terre dans les installations électriques industrielles. Dans cette étude on devra particulièrement approfondir les points qui regardent : a) les phénomènes qui se produisent lorsqu’un point]quclconque d’un circuit électrique vient en contact avec le sol; b) l'influence que la nature et la composition du sol ont sur ces phénomènes ; c) l’influence de la forme des courants et de leur tension sur les mêmes phénomènes; d) Pefiicacité protectrice des mises à la terre soit permanentes, soit occasionnées par des phénomènes de surtension; e) les moyens de maintenir et de vérifier les mises à la terre. Cette étude devra être écrite en italien, en français, en anglais ou en allemand, et, dans chacune de ses parties, devra prendre en considération aussi bien les courants industriels du circuit que ceux qui seraient dus à des perturbations intérieures ou extérieures du circuit même. L’étude et les dispositifs qui seront proposés devront être accompagnés d’un ensemble suffisant de données expérimentales.
- Le concours sera clos lé 3o septembre 1911.
- B) Concours au prix de 4000 lires, offert par le ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, pour un appareil à placer à côté d’une poulie motrice pour effectuer le montage de sa courroie pendant la marche de la transmission. Cet appareil doit offrir l’avantage sur les types déjà favorablement connus de pouvoir être employé pour le service des courroies ayant une vitesse linéaire d’au moins 18 mètres par seconde et la largeur de 100 ài5o millimètres. Il doit être en outre d’un prix modéré, d’un effet sûr et d’une installation économique; il doit occuper aussi peu d’espace que possible et pouvoir être facilement manœuvré par un seul ouvrier même quand celui-ci 11e peut pas se placer au dessous. L’appareil jdoit être construit et présenté dans la forme et les dimensions qui permettent de l’employer pratiquement, de façon à pouvoir le soumettre à des expériences prolongées et pratiques.
- Le concours sera clos le 3o avril 1911.
- C) Concours au prix de 4 000 lires, offert parle ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, pour un appareil transportable pouvant servir à effectuer le montage des courroies sur des poulies ayant des diamètres différant peu entre eux et montées sur des arbres de diamètre quelque peu différent. L’appareil doit être maniable, d’une application facile et rapide, doit pouvoir être manœuvré sûrement et se prêter au montage des courroies ayant jusqu’à i5o mm. de largeur et une vitesse linéaire de 18 m, par seconde au moins. Il doit être con-
- struit et présenté dans la forme et les dimensions permettant de l’employer pratiquement, de façon à pouvoir le soumettre à des expériences prolongées et pratiques.
- Le concours sera clos le 3o avril 1911.
- D) Concours au prix de 2 000 lires, offert par le ministère de l'Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, pour un appareil apte à éliminer les dangers auxquels les ouvriers sont exposés dans le travail à froid des métaux en effectuant l’introduction des bandes et des plaques de plomb, d'étain, de cuivre et de laiton entre les cylindres des laminoirs. La protection devra être obtenue par un appareil simple et robuste, n’entravant pas le travail et n’empêchant pas de renvoyer les plaques pour un deuxième laminage entre les mêmes cylindres, en les passant au dessus du cylindre supérieur. L’appareil doit être présenté avec la machine qui s’y rapporte. On pourra cependant prendre également en considération les appareils appliques à des machines installées dans des usines italiennes. Mais dans ce cas le concurrent devra en faire la demande expresse au Comité en y joignant le dessin et la description de l'appareil qu’il a l’intention d’inscrire au concours.
- Le concours sera clos le 3o avril 1911.
- E) Concours au prix de 8 000 lires, offert par la Caisse Nationale d’Assurance contre les accidents du travail, pour un appareil apte à mettre hors circuit une ligne électrique à potentiel élevé dès que se produit la rupture d’un conducteur. Cet appareil doit pouvoir être installé dans les stations ou sous-stations électriques de la ligne, il ne doit apporter aucune modification, ni adjonction importante à l’installation des lignes externes et ne doit pas occasionner de dérangements dans l’exploitation.
- Le concours sera clos le 3o septembre 1911.
- RÈGLES FOUR LES CONCURRENTS
- Article premier. — Tous ceux qui voudront prendre part à un des dits concours devront en faire la demande par écrit avant le 28 février 1911 pour les concours.#, C, D, et avant le 3ojuin 1911 pour les concours A, E.
- Art. 2. — Tous ceux qui auront l’intention de prendre part à un des concours devront indiquer le genre des appareils qu’ils désirent envoyer, l’espace qu’ils occuperont et leur poids approximatif. La demande devra porter clairement écrite l’adresse suivante en langue italienne : « Al Comitato dei Concorsi a premio per la pre-venzione degli infortuni del lavoro presso la Commis-sionc Eseculiva per l’Esposizione Inlernazionale di Torino 1911 (via Po, N. 2, Torino). »
- Art. 3. — Les appareils et les mémoires descriptifs relatifs aux concours By C\ />, devront être déposés au siège du Comité avant le 3o avril 1911. Les mémoires et, le cas échéant, les appareils concernant les concours A, E, devront être déposés au siège du Comité avant le 3o septembre 1911.
- A chaque appareil doit être appliqué une étiquette
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- portant l’adresse mentionnée au dernier alinéa de l’article précédent.
- Art. 4- — Le Comité examinera les appareils présentés aux concours pour s’assurer s’ils répondent aux conditions fixées dans le présent avis. Les appareils qui ne présenteraient pas ces conditions ne seront pas admis au concours.
- Art. 5. — Le Comité pourra exécuter ou faire exécuter avec les appareils présentés au concours tous les essais que le Comité même ou le Jury jugeraient nécessaires.
- Art. 6. — Le Comité a le droit d’exposer, dans les galeries de l’Exposition Internationale de Turin 1911, les appareils présentés et, éventuellement, tout autre objet présenté aux concours.
- Art. 7. — Le Jury sera nommé, après la clôture de l’inscription, par le ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, sur la proposition du Comité des concours.
- Art. 8. — Le Jury se compose de neuf membres, dont trois appartenant à des nations étrangères.
- Art. 9. — Le Jury décidera du mérite des travaux et des appareils présentés au concours et sa décision sera sans appel.
- Art. 10. — Les systèmes et les appareils présentés au concours restent la propriété exclusive des inventeurs respectifs qui devront pourvoir en temps et lieu à la protection de leur propriété.
- Art. ii. — Le ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce se réserve non seulement le droit de publier les descriptions et les dessins s’y rapportant, mais aussi le droit d’en autoriser la publication.
- Art 12. —Tous les frais nécessaires pour le transport etla remise des appareils au siège du Comité, ainsi que ceux occasionnés par le] retrait des appareils, seront à la charge des concurrents.
- Art. i3. — Le Comité invitera en temps utile chacun des concurrents à retirer les appareils et les mémoires présentés; après le délai de six mois, à partir de la date de cette invitation, il sera dégagé de toute responsabilité en ce qui concerne la conservation et la surveillance des appareils et des mémoires présentés.
- Pour tous renseignements, les concurrents devront s’adresser exclusivement au Comitato dei Concorsi apre-mio per laprevenzione degli infortuni sul lavoro (fia Po. N. 2, Torino).
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Gaz et Electricité de Dînant, — Constituée le 4 janvier 1911. — Durée : 3o ans. — Capital : 600 000 francs. — Siège social : Dinant (Belgique).
- Société Anonyme des Forces motrices de fa Vienne. — Constituée le 6 février 1911. — Durée: 99 ans. — Capital : 3 millions. — Siège social : 32, rue Caumartin, Paris.
- Société Hydro-Electrique de Ghorange-en-Vercors et de Bourg- de-Pêage. — Constituée le 6 février 1911. — Durée : 60 ans. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : Bourg-de-Péage (Drôme.)
- CONVOCATIONS
- Compagnie des Tramways de Cambrai et de Saint-Quentin. — Le ier mars, 3, rue Moncey, à Paris.
- Compagnie Générale d'Eclairage de Castelnaudarÿ. :— Le 23 février, 43, rue Nicolo, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le a3 février, à la mairie d’Angoulême (Charente), fourniture de fils, câbles et d’appareillage électrique pour la poudrerie d’AngouIème. Rens. à la Poudrerie.
- Le 23 février, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture de wagons destinés au chemin de fer de Nouméa à Bourail (Nouvelle-Calédonie), caut. prov. 1 000 francs, déf. 2 000 francs.
- BELGIQUE
- Le 22 février, à 11 heures, à la Bourse de Bruxelles, fourniture, en un seul lot, de câbles nécessaires à l’administration des télégraphes (cahier des charges spécial n° 1 107) : a) câbles isolés au papier et sous plomb nu ; b) id. sous plomb et armé; c) câbles isolés au caoutchouc, id. ; caut. : 4 *3o francs.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, fourniture et montage d’un transbordeur mû par l’électricité, destiné à l’atelier central de Gendbrugge.
- ITALIE
- Le 20 février, aux chemins de fer de l’Etat italien, à Rome, fourniture d’un ventilateur avec moteur électrique pour les ateliers de Florence (adjudication internationale.
- ESPAGNE
- Le 16 mars, à la direction générale des travaux publics (ministère de Fomento) à Madrid, construction du chemin de fer de Madrid à Utiel ; caut. : 522 523 pesetas.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- 27 janvier. — A l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture de charbons pour lampes à arc.
- ier lot : Cie belge d’électricité, à Bruxelles, fr. 57*65, 64*85, 72-05, 8g-5o, 100-70, 111-90, 87-85, 109-80, 38-55, 90, 108-10, 93-2.5 et 102-40 dans l’ordre du cahier des charges ; Fabius-Henrion, à Nancy, 68-40, 76-95, 85-5o,
- 108- 70, 122-3o, 135-go, 108, i55, 46-20, 109,50, i3i*4o, 113-25 et 121-40, Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 97-60,
- 109- 80, iii,i5i-4o, 170-30, 189-75, 148-60, 181-75,64-75, i52-55, i83-o5, 157-70 et 174 30; A,-E.-G. Union électrique, à Anvers, 100, 112, i24-5o, t56-5o, 177, i95-5o, i55-25, 194, 67-10, 158, 190, 162-75 et 177-65.
- 2e lot : Siemens-Schuckert, 45o fr. et fr. 542-60 ; A.-E.-G. Union électrique, 568 et 683-5o.
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant J.-B. Noübt.
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- Trante-trolsiètne année. SAMEDI 18 FÉVRIER 1911. Tome XIII (8« aérle). - N*
- La
- Lumière Électrique
- Préc éd e m m e n t
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 193. — A. Inovici. Sur la théorie des compteurs d’induction à disque (suite et fin), p. 195.
- Extraits des publications périodiques. — Transmission et distribution. Surtensions, s.urlensités et destruction des isolants par l’ozone, G. Gxles, p. 202. — Usines génératrices. Essai d’une unité machine à vapeur-turbine de i5 000 kilowatts, G. Stott et S. Pigott, p. 207. — Variétés. La transmission des images: une solution, p. 209. — Bibliographie, p. 210. —Législation et contentieux. Chronique de législation industrielle : Etat actuel de la législation des chutes d’eau en France (suite et fin), P. Bougault, p. 211. —Nomenclature des cours d’eau visés par l’article 128 de la loi du 8 avril 1910, p. 2i5. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Système multiple de contacts électriques sous tapis pour avertisseurs et interrupteurs d’éclairage, F. Marmion, p. 218. — Les coupe-circuits à bouchons fusibles, p. 219. — Etudes Economiques, p. 220 — Renseignements commerciaux, p. 222.-Adjudications, p. 224.
- ÊD1T0RIA L
- La seconde et dernière partie de l’étude consacrée par M. Iliovici à la théorie des compteurs Æinduction à disque, en renferme les conclusions pratiques et quelques vérifications expérimentales.
- Parmi les conclusions pratiques, relevons les suivantes : il faut, d’une part, que la bobine à fil fin soit à peu près une bobine de réactance idéale, c’est-à-dire ayant une résistance ohmique relativement très faible ; d’autre part, que le disque remplisse la condition inverse : grande résistance et faible réactance: d’où l’auteur déduit que les disques en aluminium sont plus recommandables que les disques en cuivre et qu’il faut un grand entrefer.
- Quant aux vérifications expérimentales, amorcées seulement dans l’étude actuelle, elles ont abouti au tracé de courbes fort intéressantes ; une discussion expérimentale plus complète sera prochainement exposée par l’auteur.
- M. Giles a traité, avec beaucoup de détails, dans une récente communication à la Société Internationale des Electriciens, la question de la protection contre les surtensions et les surintensités. Nous donnons un compte rendu fort abrégé de cette étude, en nous attachant tout particulièrement aux données expérimentales citées par l’auteur.
- Les considérations théoriques et pratiques
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- sur lesquelles est fondé l’établissement des limiteurs de tension, présentent beaucoup d’intérêt et ont été exposées par l’auteur sous une forme très accessible.
- Quant aux surintensités, il faut noter que l’étude de leur mode d’action a conduit M. Giles à préconiser l’emploi d’alternateurs à self-induction plutôt forte.
- A propos de Vessai d'une unité machine à vapeur-turbine de iSooo kilowatts, MM. G. Stott et S. Pigott exposent les raisons qui ont déterminé à augmenter la puissance d’une importante usine de New-York, en adjoignant des turbines à vapeur à basse pi’ession aux machines à piston déjà existantes, de préférence aux autres solutions qui pouvaient être envisagées.
- Ils nous montrent en même temps une heureuse application des alternateurs asynchrones.
- Nous avons dû seulement indiquer les conditions générales qui ont été mises en évidence au cours des essais et qui résultent d’une énorme quantité de documents, reproduits dans la communication originale.
- Nous disons quelques mots d’une solution, qui paraît d’une ingénieuse simplicité, du problème de la transmission des images. Décomposant une image qùelconque en
- T. «Il (2* Série). — N® 7.
- éléments ponctuels, M. P. Mortier considère chaque groupe de points comme définissant une teinte, à laquelle il affecte, selon la densité des points, une désignation numérique déterminée. Ce nombre, est ensuite transmis télégraphiquement comme un mot quelconque et interprété, sans ambiguité possible, au poste récepteur.
- La remarquable étude de M. Bougault sur l'état actuel de la législation des chutes d'eau en France, se termine aujourd’hui par l’examen des rivières non navigables. Dans la première partie de cette Chronique de Législation Industrielle, nous rappelons que l’auteur avait examiné, successivement, les principes de droit qui interviennent dans le cas des sources et des rivières classées. T
- En résumant la législation existante, notre distingué collaborateur insiste plus d’une fois sur le danger d’y porter la main sans une grande prudence. On lira avec intérêt, non seulement les précisions techniques contenues dans cette étude, mais encore les appréciations personnelles que lui suggèrent l’expérience et la pratique du droit.
- Â la suite de l’article très documenté de M. Bougault, nous reproduisons la liste des cours d'eau, portions de cours d’eau et canaux, qui ne peuvent être distraits du domaine public qu’en vertu d’une loi.
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- • SUR LA THÉORIE DES COMPTEURS D’INDUCTION A DISQUE (Suite et fin) (1).
- IV. Couple obtenu pab l'action, sub un disque
- MOBILE, DE DEUX CHAMPS ALTEHNATIFS, DECALAS ENTItE EUX DE <Xg DANS l’eSPACE ET DE ^ DANS LE TEMPS.
- a) La réaction du disque est la même par rapport aux deux champs >alternatifs,
- Soient :
- h, .= cos pu, çosiùf, (26)
- et
- h2 =r cos (p a.— ap),cos (to t —4)> (27)
- les deux champs alternatifs.
- On a vu que l’ensemble de ces deux champs est équivalent à deux champs tournants en sens contraire, St' et St'\ ayant respectivement pour expressions :
- j ==“V/^ei2 + 0e22 + 2aeiaeacos(ao::F(î')- (28 et29)
- Sous l’action de ces deux champs, le disque se mettra «à tourner dans le sens du plus fort St' et, sous l’influence des couples provenant de ces champs, ou encore d’autres, il prendra une
- vitesse angulaire de régime—.
- Il a donc une vitesse relative î
- Q' Û” Mqzu'
- J 6 ~P~ P ’
- par rapport à St' (signe—); et par rapport à St!' ..(signe +).
- Ces deux champs donnent donc deux couples :
- pWQ'USt'2 2X2 (R2 + L2£2'2)
- (3o)
- et
- C"
- p2s2a''Rst"2
- 4- iJOT*)’
- (3C
- d’après la formule {«4). Le conple résultant sera
- donc :
- ^ _ p2«2R r ü'st12 a"st"2 1
- G ~ |_R2 + L2q'2 ~ R2 + L2 Q"2J'
- (*') Lumière Electrique, 11 février 1911.
- En remplaçant St' et St" par leurs valeurs (28 et 39), puis :
- çps(<x0 -1« 4) Par cosa0 cos 4 sina0 sint}*, et cos (a0-)-4) Par cosa0ços^ — sinajsin'j1
- et enfin O’ et Q" par leurs valeurs, on obtient, tous calculs faits (nous négligeons u>2 devant w2, ce qui nous limite au cas, seul intéressant pour nous, où la vitesse du disque est faible) :
- n _ p2s2 R yiuiStiStz sina0sin^
- ~ 4x2 L R* + L*w*
- — (R^-f I^J2)2 (x2+x2 + sge^cosaocos^) J, (32)
- Le couple C se compose donc d’une partie indépendante de la vitesse du disque (cette partie constitue le couple total si le disque ne tourne pas) et d’une autre qui lui est proportionnelle.
- Ce dernier couple est dé seps contraire au précédent (couple antagoniste) tant que R2 > L2 o>2, ce qui est le cas des compteurs, dans les conditions normales; mais il serait actif siR2<CL2w2 (').
- Dans le cas des compteurs on peut donner au couple C une forme plus simple.
- Dans ce cas, en effet, la réaction du disque, sans être négligeable, est faible et on peut négliger
- L* w4
- ~W
- devant l’unité; d’autre part, w'
- devant ai, et on peut négliger 3
- pi' I/ a>2
- est faible devant w.
- On a alors t
- R2 — L2<>)2 _ 1 / L2 o>2\
- (R24-L2w2)2 — R2 V "" * Râ /’
- et l’équation (32) devient :
- p2s2 r/ L2(i)2\ . .
- G = WR L(j ” ïïV 01*****§m *
- — w' (St,2 + St-i1 -f7 2 Sti sta cosafl cos 4») . (32')
- (') Cette circonstance se présente dans le cas des moteurs asynchrones.
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- 196
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2- Série). — N-> 7.
- b) La réaction du disque n'est pas la même par rapport aux deux champs.
- Soient encore les deux champs alternatifs (26) et (27).
- Chacun d’eux peut être décompose en deux champs tournants; de sorte qu’on obtient les ’èl
- champs^A^’amplitude —11 et OA2 d’amplitude — tournant dans le sens |, et OBt, d amplitude
- ai
- 2
- 2C»
- I et 0B2, d’amplitude—2, tournant dans le sens | (fig. i3).
- Chacun de ces champs tournants crée dans le disque une nappe de courant (') dont la réaction est, comme on l’a vu, un champ tournant, qui se combine avec le champ existant pour donner un champ résultant. On obtient ainsi quatre champs résultants Wi,r, W%,r, Wir, (2), qui se cora-
- (') Cf. p. 166 (note).
- (3) Voici les expressions des 4 champs :
- ÿti cosO’i avec tgô’i =
- Lt'n'
- TT’
- 9t'i,r = 3C2 cos6'2 avec tg6'2 =
- LiO"
- R-’
- LâiV
- tic\,r == - tiercos-8'i |, avec tgO"i = •
- (33)
- v 3C-1- ÿt, cos0"2 'f, avec tgO"-> =
- a 1 . rx ,
- Li et Lo étant des coefficients dç self-induction, ana-
- binent deux à deux, pour donner deux champs résultants 3t'r et 3C"r.
- Le courant dans le disque est la superposition de quatre nappes, chacune d’elles pouvant etre considérée comme produite par l’un des champs résultants partiels 3e',„., 3e'2„.., ^“sor» sans
- réaction magnétique du disque. Chacune de ces nappes est donc en phase avec le champ qui la produit,tourne avec lui etlui est proportionnelle, le facteur de proportionnalité étant le même. Les nappes qui tournent dans le même sens donnent une nappe résultante.
- Il en résulte que le courant total est formé de deux nappes, pouvant être considérées comme produites par les champs résultants 3e',. et #e",,. On a donc en définitive deux champs tournants agissant chacun sur les courants qu’il produit, et sans réaction magnétique du disque.
- Ces champs donnent naissance aux couples de sens contraire :
- Ü26>2Q'
- r „ . npi 2
- aR
- 3e',2,
- et
- rfl v2 D"
- C" — S-—- aeV,
- et le couple total sera :
- C
- pis2
- —- (o" 3e',.2 — ü''3e",.2 . 7ï 2 R
- logues à L déjà considéré, et relatifs aux champs /i, et h%.
- Les deux champs résultants, qui résultent de leur combinaison deux à deux, ont pour valeurs :
- 3e,. TT— \j 3Cs, ,.2 —j— 3 c'2.—f- 2 3C'i,,. 3C'2, rcos(ttQ—^—6'2),
- et
- 3e'r=\/3e"i,r'!+3e 2,r2-(-23e s, r 3e 2,,.cos(ao-|—^
- En tenant compte des relations (33) on a encore :
- 3e',.= V3el2cos28'1+3e22cos2O'2+23e13e2cos0'1cos0'2cos(ao-1],-|-ô'1 — 6'2)
- et
- 3C" ,,= - \/3ei2cos28"i-|-3e22cos30”2+23ei3e2cos8"1cos0''2cos(«o+i|/ —
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 197
- On calculera cette expression comme précédemment (*).
- La forme du couple donnée en note prend une forme beaucoup plus simple dans le cas des compteurs. En tenant compte de ce que nous avons dit page 19^ et en remarquant que :
- 1 1 / 1 Ll2(o,\ / 1 L22to2\
- v/(R2+L12w2)(lt2+L22o)2) r*\ a R2 A1 » R* /
- I r I (Lt2 + L22)w2~1 R2 1 2 R2
- (*) En remplaçant 3C',. et 3Cr par leurs valeurs, il s’introduit des expressions telles que *
- fi’ cos26'i — n"cos20'j.
- On les remplace par
- n'R2 O" R2
- R2 -f Li2n'2 R2+ Lt2n"2’
- ou enfin, en changeant Q' en to — ta' et £î" en <a -f- ta' et négligeant dans le résultat final ta'2 devant ta2, par
- f R2(R2_ Li2<a2)
- 2“ (R2 + Li2<o2)2 ’
- D’autre part, on a, après quelques transformations trigonométriques simples :
- n'cosô'i cos6'2 eos(a„— ^ —J— O'i — 0'2)
- — fi'cosfl'j cosô''2 cos (au —[— — 0"i —j— 0'2)
- = sina0[(A' 4~ A") simj» -f- (B' -|- B”) cosij/]
- -)- cos a0 («' sim}/ -(- //cosi}/),
- avec
- A' = n'(cos26'i cos20'2 —(— sin0'j cosO'i sinô'2 cos0'2), B' = n'(cos26'i sinO'i cos0'2 — sinô’j cos04 cos20'2),
- On explicite alors A' -j- A'' et B' -)- B”, en négligeant toujours, dans les résultats définitifs ta'2 devant ta2.
- Si nous posons enfin
- >g V =
- R(Lj — L,)« R2 + L,L2w2’
- on a, en définitive et tous calculs faits :
- ^ p2s2Vi | a» 3C] 0C2 sinao sin(i}/ -j- '10 _ 4*2 ( v/(R2 + Li2fc)2) (R2 + L22o)2)'
- _ n. r R3 -U^2 e 2 R2 - U**' a
- ||R2 + Lq2»2)2 j ‘ ^ (R-i + L22«y -
- 4- a0C2 cosa0 (Bj cosiji — A, simj/)J |
- on trouve :
- 4**R(L
- 1 (l,24~l22)o!2
- 2 R2
- ~j2w£it,|3C2sina0sin(^4-tl'1)
- — m'[ae,2 4-x22 4- 2ae, xt cos*0cos4-f )]. (3/,) (')
- V. — Application des hésultats piiécédexts
- AUX COMPTEUIIS ü’iNDU.CTION A DISQUES
- Dans les compteurs d’induction monophasés, un des champs, par exemple h,, est produit par des bobines bl parcourues par le courant du circuit d’utilisation I (2) et l’autre h2 par des bobines b-2, dont le courant i est fonction de la différence de potentiel U aux bornes de ce circuit. Ces champs sont toujours bipolaires, doncp= i.
- Les bobines b2 contiennent toujours du fer; les bobines bl peuvent être sans fer. Dans certains appareils, les circuits magnétiques des. bobines bi et b2 sont complètement séparés ; dans la plupart des compteurs ces bobines sont montées, d’une manière appropriée, sur le même électro-aimant.
- Dans tous les cas on a, en chaque point du disque, deux champs /t, ct/i2 produits respectivement par b, et b2, et dont les composantes utiles sont parallèles à l’axe de rotation. Le disque est donc soumis à deux champs alternatifs parallèles, et on peut lui appliquer les résultats du paragraphe IV.
- Nous allons considérer le cas général où la
- (') Il est intéressant de remarquer que, pour ta' faible devant <0 etune faible réaction du disque, on retrouverait la formule (34) en partant de l’hypothèse que le disque se comporte, au point de me de sa réaction magnétique, comme s'il ne tournait pas. Ceci est facile à expliquer. La nappe totale de courant, qui parcourt le disque, peut être considérée comme résultant de la superposition de deux nappes : l’une produite par la variation des champs, l’autre par la rotation du disque. L’intensité de la première est proportionnelle à la pulsation ta, l’autre à la vitesse angulaire u>’. Si ta' est faible devant «, le dernier courant sera faible devant le premier. La réaction du disque résulte de la superposition des réactions des deux nappes. La réaction globale étant supposée faible, la réaction do la seconde nappe sera de deuxième ordre de grandeur, donc négligeable et; le disque se comporte comme s'il ne tournait pas.
- (2) Ce champ est produit quelquefois par une dérivation de I. Dans notre article nous ne nous occupons pas de ce cas.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N« 7.
- réaction du disque n’est pas la môme par rapport aux deux champs.
- L’action, sur le disque, des champs créés par les bobines bi et b2 est un couple C donné par (3/|), auquel s’ajoute un couple antagoniste
- s2iù'X2
- produit par le champ d’un aimant permanent.
- En dehors de ces deux couples principaux il en existe d’autres, normalement très faibles, mais dont on doit tenir compte, aux faibles charges et, en général, lorsque C est trop faible.
- Les plus importants sont : le couple de frottement qui'est pratiquement constant et que nous mettrons sous la forme :
- Or, io' doit être proportionnel à la puissance consommée
- U A tUO '
- Pour arriver à ce résultat, on s’arrange pour avoir pratiquement .* X{ proportionnel à I, 0C2 à U, et
- sin -f- i|/) = cos<p, (36)
- et que d’autre part X2 et X2 soient faibles devant
- X. On s’arrange aussi pour que, au moins au-
- i i, . , , awX.f
- dessus cl une certaine charge, les termes------— et
- soient négligeables.
- Nous allons voir jusqu’à quel point on peut arriver à ces résultats.
- Cf
- a-2 (RF)
- 21Î2R ’
- et le couple compensateur, dont le rôle est de compenser les frottements. On l’obtient, en général, soit en créant une dissymétrie dans la distribution des lignes de force du champ X2, soit en donnant un décalage supplémentaire à une partie du flux créé par ce champ (*). Dans tous les cas le couplé est de la forme
- is2<s>a X22
- Le disque prendra une vitesse de régime pour C — G„ — Cf -j- Cc —o, ce qui donne :
- Fig. i/,,
- Le cas le plus simple est celui où les bobines à, sont parcourues par le courant I et les bobines é9, toutes en série, forment un circuit aux bornes duquel on a la différence de potentiel U.
- Lé circuit magnétique de ces bobines est presque fermé et le champ X2 est produit par ses fuites magnétiques.
- On a alors :
- (Li3 + L22)ü)2'
- 2 R2
- +
- 2 w Xy X2 sin (')/ -|- ip'j
- ne,2 4- x2 -f *k*
- a a) X22 FR
- X2 X2
- (35)(=)
- X, = AI,
- (A étant à peu près constant), et
- BU .
- X-2 = B i \
- Xw
- (*) Pour cela on place devant une fraction de l’un des pôles une plaque métallique; c’est la réaction de celte plaque qui produit le décalage, exactement comme la réaction du disque.
- (2y Dans les
- termes correctifs
- aaX2-
- ' k2
- et
- FR
- —-f, nous X*
- avons négligé Xp~\-X22 devant i X2 ; d’autre part nous
- 7T
- avons considéré au =r -, ce qui èst vrai dans la plupart
- des compteurs.
- étant le coefficient de self-induction de b2 et |3 le décalage de i sur U).
- D’autre part, on a, d’après la figure i4 :
- Or, la condition (36) donne ;
- ^ + k + ? “>
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 199
- qui devient :
- P +
- rl
- On peut obtenir — approximativement — ce résultat en agissant sur [3 ou sur t}/. Comme <)/ dépend de L2 — L,, il suffît de pouvoir faire varier l’un de ces coefficients. Par exemple, dans les compteurs « Cosinus » on fait varier L^.
- On peut mettre la relation (35) sous la forme suivante (') :
- 10' + ki
- U2 FR (0 0C2 ‘
- — h -j—
- X 1
- (]) Eu effet, d’une manière générale, on peut écrire : sin(ij;-|-f) — sin(»+’f—tp) z= sin(3-j-ij/')cos?—cos (p-f-f)sino
- = sin B cos o I i-------îfh?----1
- l_ *g(P -F 'SOJ
- =sinpcos<j>[i—(cotgp—tg-4»')tgcp].
- On a remplacé sin (p + $') par sin g, parce que, Comme on le verra, <ji' est très petit devant 3 ; on a de même négligé tg iji' devant tg p.
- En tenant compte des relations précédentes, ou a Ab
- 210 0Ci 0C2 sin (1]*-f-i|é) — 2 -J— sin2p-[i — (eotg p— Ig<10 tgs] P
- abt
- ['—(cotsP—'s^'Rs'-plP-
- On arrive à cette forme en remarquant que sin 3 ==
- Q OU
- sin2 3 =
- 1 + )Tcu2
- étant la résistance du fil des bobines /;•>. D’autre part, on peut écrire,
- 1 1
- r
- ).2(a2’
- xr- + xs + 2 x* a 3Ct ^ + xt2 -fx2^
- _ 1 f XC- + XJ']
- — 2fie2 L1 2 0e2 J
- _ 1 r A2r- b-u" |
- — 20e2 L1 ix,j ixn^\'
- Pour un compteur idéal, k doit être une constante, indépendante de U, de 1 et de cp, de la
- h TJ2 f? 13
- fréquence et de la température ; 11 ’
- et
- Pu "u P 0e2
- doivent être aussi négligeables (*).
- Nous allons voir comment 011 peut se rapprocher le plus possible de ces conditions..
- i° Influence de I.
- Pour rendre cette influencenégligeable, il faut que le champ 0e, soit très faible devant 0e. Ceci nous entraîne à un couple actif faible et une faible vitesse u', donc h petit.
- On ne peut donc pas rendre Xt trop peliL et, comme il a pour effet de diminuer h lorsque I augmente, les compteurs ont, en général, la tendance de retarder aux fortes charges ; c’est ce qu’on voit sur les courbes.
- 20 Influence de la fréquence.
- a) . Circuit non inductif. — Pour que la fréquence ait peu d’influence, il faut que les termes qui la contiennent soient très faibles dans le voisinage de la fréquence normale. Ceci entraîne un champ X.2 faible devant X, la résistance de læ-bobine « volts » faible devant sa réactance ; par contre, la résistance du disque doit être grande devant sa réactance.
- De plus k passe par un maximum, lorsque <0 varie, et ce maximum a lieu pour :
- /PRU2 , P2\ 1 _____(L,2 -J- L22)w2
- V>.0e2Z2 ^ W w2 2R2
- et il serait avantageux de s’arranger pour que <0 normal soit la valeur donnée par cette relation.
- La fréquence a aussi une influence sur le coiqale compensateur des frottements, et il convient de rendre ce couple le plus faible possible, donc de réduire le plus possible les frottements.
- b) Circuit inductif. — Les conclusions précédentes subsistent, et il faut en plus que cotg (J —tg'|' soit nul à la fréquence normale, et peu influencé par celle-ci. Pour cela, il suffit que chacun des termes soit presque nul. Or
- (!) Remarquons que la première parenthèse de k dépend des éléments extérieurs au disque (bobines bt et bî, aimant permanent) et la deuxième des éléments du disque. La troisième parenthèse, qui n’intervient qu’en circuit inductif, dépend de la bobine à lil fin et du disque.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2e Série). — N* 7.
- et
- QUELQUES VÉRIFICATIONS EXPERIMENTALES
- tgf =
- (L.
- L,)w
- R
- On en conclut que p doit être très petit devant Xcd et Li très voisin de L2.
- • 3" Influence de la température.
- La température fait varier R et p. Ces quantités entrent dans presque les mêmes termes que la fréquence et on voit qu’un appareil peu influencé par la fréquence sera aussi peu influencé par la température. Ceci est très important, parce qu’il est beaucoup plus facile d’étudier l’influence de la fréquence que celle de la température.
- 4° Influence de la résistance du disque (R).
- Cette influence mérite une attention particulière. Une augmentation de R a pour effet une di-(Li2 -f- L2>2
- minution des termes
- aR
- et tg tj/', et di-
- minue l’influence de la fréquence et de la température. Elle est donc avantageuse, à ce point de vue; mais, par contre, une augmentation de R augmente l’influence du terme provenant des frottements qu’il convient de laisser négligeable.
- Conclusions pratiques.
- Pour qu’un compteur du système étudié soit peu influencé par la fréquence et la température, il faut :
- i° Que la bobine à fil fin ait une résistance très faible devant sa réactance et que, par conséquent, son courant soit décalé par rapport à la différence de potentiel à ses bornes d’un angle
- très voisin de -.
- a.
- a0 Que la résistance du disque soit grande devant sa réactance. Pour cela, il convient d’avoir un grand entrefer ; et un disque en aluminium sera, à ce point de vue, plus avantageux qu’un disque en cuivre (’).
- 3° Les champs et SC2 doivent être faibles devant 3Ci,ce qui entraîne une faible vitesse w'.
- L’ensemble des conditions précédentes nous amène à une faible valeur pour k (et aussi pour le çouple actif) et on sera limité par l’importance que prendront les frottements.
- (* 1) Le disque en aluminium aura en plus l’avantage de la légèreté.
- Nous avons vérifié quelques-unes des conclusions qu’on peut tirer des formules (37) et (38). Pour cela remarquons qu’une augmentation de
- correspond à une avance de l’appareil.
- Nous avons vérifié d’abord l’influence d’une
- variation de R (courbes A et A'). Cette quantité
- , FR _ ....
- agit sur k et sur —-^2. En circuit non inductif,
- 1 VL*
- Fig. i5. — Courbes À. — Avance ou retord en pour cent, en fonction de la puissance (circuit non inductif). — Influence do la résistance du disque sur la marche d’un compteur. Courbe 1 : Disque en cuivre de 2 mm. d’épaisseur.
- » II : » » 1 mm. »
- » III : Disque en laiton de 2 mm. »
- » IV : » » 1 mm. »
- tant que ce dernier terme est faible, une augmentation de R fait avancer Vappareil, mais, dès que ce terme prédomine, il y a un retard. La forme delà courbe en fonction de P se ressent de
- la prédominance de j5^2> dans ce sens qu’elle
- devient hyperbolique (courbes A) (*).
- En circuit inductif le compteur a été réglé
- (>) Le couple actif était, avec le disque en cuivre de
- 1 millimètre, de 3 grammes-centimètres environ, il est
- donc très faible avec les disques en laiton, ce qui explique la prédominance des frottements.
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- 18 Février 1911. REVUE D'ÉLECTRICITÉ1
- pour être presque exact avec un disque en cuivre de i millimètre d’épaisseur. On a donc tg (3 £ tgiV avec une légère prédominance de tg p, ce qui donne un faible retard. Si R augmente (disques en laiton), tg diminue et le retard de Vappareil sur sa marche en circuit non inductif augmente lorsque cos <p diminue. Si R diminue, tg <J/ augmente et l’appareil avance (disque en cuivre de 2 millimètres). [Courbes A'.]
- Courtes
- IJt
- 10
- £ s h
- i
- o
- -5
- JO
- -15
- 1&20
- fc
- t.
- ' .30
- Fig. 16. — Courbes A'. — Avance ou relard en pov:r cent en fonction décos tp (circuit inductif), pour une puissance constante de 2a5 watts enA’iron. — Même compteur cpie pour les courbes A. Chaque courbe correspond à celle de même numéro des courbes A.
- N.-B. — Pour la courbe IV, l’échelle est deux fois plus petite que pour les autres.
- ni iv
- Nous avons fait quelques expériences sur un compteur BT, dont le principe est un peu plus compliqué. Dans cet appareil, une bague métallique agit sur le champ 3C2 et sert à produire le réglage de la marche en circuit inductif. La théorie de ce système peut être ramenée au cas précédent, en remplaçant la réaction combinée du disque et de la bague métallique sur le champ X2, par une réaction fictive du disque (*). On remplacera donc, dans les formules précédentes, ^ w
- R
- (o
- par -, R' étant à peu près égal à la résistance du disque et de la bague en parallèle.
- (’) Ceci est justifié, parce qu’on a vu que le disque se comporte, au point de vue de la réaction, comme s'il était fixe.
- Les courbes B se rapportent a ce compteur. On voit que, en circuit non inductif, l'augmentation de R donne une avance. En circuit inductif,
- Fig. 17. — Courbes IB. — Avance ou retard en pour cent civ fonction de la puissance. — Influence de la résistance du disque sur la marche d’un compteur.
- Circuit { Courbe I : Disque en cuivre de i mm.d'épaisseur, non inductif f » 11 : » laiton i mm. »
- Circuit ( p0int p Disque en cuivre de i mm.d'épaisseur, înductit { ir> 1 * .. 1
- / xi «11: » laiton i mm. »
- (cos <p = 0,19) {
- avec le disque en cuivre, il y a retard; avec le disque en laiton, avance par rapport au fonction-
- Fig*. 18. — Courbes C. — Avance ou retard en pour cent en fonction de la fréquence (circuit inductif : cos © = 0,3). Courbe I : même compteur que les courbes A et A\
- » II : » » B
- » 111 : compteur dont le disque est en aluminium.
- nement en circuit non inductif. Ceci s'explique facilement. Avec le disque cuivre tgp > tgi|/.
- Or
- tg</
- L 2 a)
- “rT
- L !0>
- ~w
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- Î02
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N-7.
- L'2w
- Si ’R augmente.R' varie peu; donc -5— diminue
- 'tv
- L, G)
- peu, tandis que tend vers zéro ; tg ùj peut
- donc croître, dépasser tg [î et changer le retard, en avance : c’est ce qui arrive pour le point II'.
- Nous avons enfin vérifié l’influence de la fréquence sur trois appareils différents (courbe C). Il est à remarquer que les courbes I et III, qui indiquent une faible influence de la fréquence, correspondent à des appareils à faibles couples actifs (environ 3 grammes-centimètres), l’un ayant
- des entrefers relativement grands, l’autre un disque,en aluntininm. --
- Le compteur auquel correspond la oourbe II a un couple environ trois fois plus grand que les précédents. Ceci concorde bien avec nos conclusions.
- Dans un article prochain, nous donnerons » des résultats expérimentaux sur un plus grand nombre d’appareils, avec une discussion serrée de ces résultats.
- A. Iliovici.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Surtensions, surintensitès et destruction des:isolants par l’ozone. — G. Giles.—Communication à la Société Internationale des Electriciens, Séance du 11 janvier 1911.
- Le but qu’on se propose dans la protection des réseaux est de trouver des appareils qui :
- i° Livrent librement,passage aux courants;parasi-taires ;
- 2® Ne laissent passer le courant du réseau qu’en quantité aussi petite que possible ;
- 3° N’amènent pas, par leur introduction brusque dans le circuit, de perturbations assez violentes pour engendrer de nouvelles surtensions.
- SURTENSIONS DÉVELOPPÉES PAR DES CAUSES EXTÉRIEURES
- Charges statiques.
- Les charges statiques sont créées dans la ligne soit par l’approche de corps électrisés (nuages, neige, grêle, etc.), soit par des différences dans le potentiel des couches atmosphériques; elles tendent à s’écouler à la terre sous forme de courant continu
- On reliera donc chaque conducteur à la terre par l'intermédiaire d’une bobine de self à noyau de fer, ayant une faible résistance ohmique.
- Les bobines de self doivent être préférées, pour «et usage, aux appareils à jet d’eau (qui ont le même d^bit en alternatif, et en. continu) et aux parafoudres à cornes (ces derniers ne commencent à fonctionner
- que quand la surtension a déjà acquis une valeur dangereuse ; et même, quand ils entreront en jeu, ils n’auront qu’un faible débit, car, pour éviter que ces appareils ne créent par leur fonctionnement des résonances et des surtensions dangereuses, on doit toujours les mettre en série avec de grandes résistances, variant, suivant les voltages d’emploi, de 2000 à 40 000 ohms).
- On ne peut savoir l’importance de ces phénomènes. De nombreux électriciens se sont fait secouer en touchant des lignes non sous tension et il n’est pas rare que l’on puisse tirer de ces mêmes lignes des étincelles de i5 à 20 millimètres de longueur correspondant à des voltages suffisants pour crever les isolations des appareils.
- Courants inductifs.
- Pour les courants inductifs, là logique doit nous faire chercher un appareil présentant une grande résistance à l’écoülemeiit des courants de la fréquence du. réseau et une très faible résistance pour le£ ondes ayant la fréquence des décharges atmosphériques.
- Or, on doit considérer que les décharges atmosphériques inductives sont à haute fréquence. Ën effet :
- i° Même sur les lignes à bas voltage (2 000 ou 3 000 volts), il est assez rare que les isolateurs soient claqués. Les décharges atmosphériques développées dans la ligne sont donc en général inférieures aux voltages de rupture correspondants (i5 ooo à 20000 volts).
- D’autre part, ces mêmes actions atmosphériques
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- * ^ i . * V lij.
- détruisent des transformateurs à ao ooo, 3o ooo et 40000 volts dont les enroulements sont capables de résister a des surtensions uniformément répârties, égalés à 2 ou 3 fois leur tension normale. C’est donc qu’il s’agit de phénomènes de haute fréquence se propageant le long de l’enroulement et tels, par exemple, qu’un maximum positif h et un maximum négatif g (fig. 1) né soient Séparés que par quelques mètres dé fil, et sè trouvent ainsi produits éh deux points superposés de l’enroulement et séparés, par suité, par un simple guipage au coton.
- Fig', 1.— F, ligne aérienne; a, point où prennent naissance les ondes produites par un éclair entre deux nuages N, N,; S, bobine de self ; M, enroulement de machine; g, h, maxima successifs négatif et positif. — La courbe en trait plein représente l’onde incidente et celle en pointillé, Fonde réfléchie.
- 20 Tous les exploitants ont constaté qu’il n’arrivait pour ainsi dire jamais qu’une isolation crevât à la masse. Les perforations se produisent de fil à fil et presque toujours à Ventrée de Venroulement. C’est que l’onde à haute fréquence sé propage au travers de l’enroulement avec des maximums positifs et négatifs qui vont en s’amortissant au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la borne d’entrée. La plus grande différence de potentiel se trouve entre le premier maximum positif et le premier maximum négatif, c’est-à-dire à l’entrée du bobinage.
- 3° L’auteur a constaté que, sur desbaltèries de condensateurs employés comme protection, les fusibles individuels des éléments fondent quelquefois par les décharges violentes, sans que les éléments eux-mêmes soient avariés. Les coupe-circuits fondent à 3,5 ampères en 2 secondes et à 4» ampères environ en un centième de seconde. D’autre part, l’éiémcntn’absorbe que 0,01 ampère sous 10 ooo volts, à la fréquence ao-•Supposons que la décharge ait une durée d’un centième de seconde, puisque le fusible a fondu, c’est que le débit est momentanément passé de 0,01 à 4o ampères, c’est-à-dire a augmenté dans le rapport de 1 à 4 ooo. Ceci n’est possible que si la fréquence de la décharge est égale à 4 ooo fois celle du réseau.
- 4° Les antennes de télégraphie sans fil sont influencées par les décharges atmosphériques. Or elles sont accordées pour des fréquences de plusieurs
- centaines de mille périodes. On a même eni'egistré dés déchargés au moyen du détecteur à limailles et du détecteur élèctroly tiqué ; on à donc là certitude absolue de la périodicité élevée de certains des phénomènes créés par leà orages.
- 5° Oh à constaté sur tous les résèàüx que, quand il se produisait un orage dans une région, seuls lès postes situés a proximité étaient influencés et recevaient les décharges. Cela tient à ce que ce sont dés phénomènes dé haute fréquence dont la propagation le long d’une ligne est ‘rapidement amortie.
- Notamment, sur la ligne de transport Bellegardc-Lyon (triphasée, 40 bôô volts, 160 kilométrés), on a constaté que quand un orage éclatait au-dessus de Virieu-le-Grand, à 35 kilomètres de Bèllegàrde, l’usine de Bellégardé ne recevait pas lés décharges.
- Ce fait précis nous montre, en outre, qu’il ne s’agit pas d’oscillations libres qui mettraient toute la ligne en vibration, car alors les deux extrémités seraient particulièrement influencées ; il s’agit au contraire d’oscillations forcées ayant la fréquence de la décharge .
- On a très souvent constaté sur les réseaux que les transformateurs clâquaiént par l’enroulement haute tension et presque jamais par l’enroulement basse tension. Ceci serait inexplicable si l’on avait affaire à des décharges répartissant leur action uniformément sur toute la longuèiir du bobinage (c’est-à-dire si les décharges ëtâï’éiit à basse fréquence), car l’isolation globale du secondaire est plus faible que celle du primaire.
- Mais si les ondes sont à haute fréquence, deux maxima positif et négatif successifs peuvent n’ètre séparés que par une très petite longueur de fd, qui ne dépend que de la fréquence, de la self-induction et de la capacité kilométrique du conducteur et, par suite, sera la même pour le,secondaire et pour le primaire si l’on suppose (ce qui est à peu près exact) que ces constantes sont les mêmes pour les deux enroulements.
- Supposons, par exemple, que la longueur séparant deux maxima successifs de potentiel, l’un positif, l’autre négatif, soit de 5o mètres; sur le circuit à haute tension, il pourra se faire que les deux points séparés par cette longueur de fil de 5o mètres soient dans la même galette de l’enroulement, c’est-à-dire relativement mal isolés l’un de l’autre. Sur fenroulcment à basse tension, au contraire, les deux points séparés par une distance de 5o mètres seront beaucoup plus éloignés, car la totalité de l’enroulement n’aura peut-être pas cette longueur. Les deux spires entre les-
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- quelles existe la différence de potentiel maximum seront donc beaucoup mieux isolées Tune de l’autre que dans le premier cas.
- Ceci posé, la solution est immédiate, le condensateur étant le seul appareil connu dont la résistance varie en raison inverse de la fréquence.
- Quelle sera la grandeur de la capacité à employer?
- Cette capacité, sans aucune relation avec la capacité totale de la ligne (car il ne s’agit pas d’oscillations libres), doit être de même ordre que celle de la portion de la ligne correspondant à une demi-onde de l’oscillation forcée, transmise par les décharges. Ces oscillations étant comprises entre ioo ooo et
- plus de i ooo ooo de périodes, les demi-longueurs.
- *
- Fig. 2.
- d’ondes correspondantes sont comprises entre i5o et i 5oo mètres et les capacités des lignes pour ces longueurs sont à peu près de o,oi5 à o,ooif> microfarad. On voit donc combien sont petites les capacités des batteries nécessaires pour obtenir un effet utile.
- L’emploi des condensateurs pour la protection des réseaux n’est d’ailleurs pas une nouveauté. M. René Thury a commencé à les employer il y a une dizaine d’années, et parmi ceux qu’il avait installés, certains sont encore en service. Si ceux-ci ne se sont pas répandus, à ce moment, c’est qu’il notait pa*s possible de les construire pour résister à des tensions de plus de 3 ooo à 4 ooo volts.
- Le modèle préconisé parMoscicki (fig. a),ayant per-
- mis d’atteindre pratiquement des tensions de 5o ooo volts, l’usage de ces appareils s’est répandu de plus en plus et, en cinq ans, environ 6 ooo batteries de protection ont été installées.
- SURTENSIONS d’oIUGINE INTERIEURE
- Les surtensions d’origine extérieure au réseau étant ainsi examinées, voici ce qui concerne les surtensions d’origine intérieure.
- î) Les surtensions qui sont dues aux constantes même du réseau, c’est-à-dire aux self-inductions et aux capacités qui sont en jeu dans les machines et dans les cables, à un moment donné, sont des phénomènes de résonance qui peuvent eux-mêmes être permanents ou accidentels.
- S’ils sont accidentels, on en évitera les effets par des limiteurs de tension; s’ils sont permanents, il n’y aura de meilleure solution que de changer les constantes des réseaux ou des machines.
- a) Les surtensions qui sont dues à des accidents d’exploitation sont également justiciables de limiteurs de tension ayant une grande capacité d’écoulement, même si ceux-ci n’ont pas une capacité calorifique élevée.
- 3) Les surtensions qui sont dues aux variations brusques de régime (rupture d’une forte charge ou court-circuit par un automatique, ou changement très rapide de la charge, comme il s’en produit quand des moteurs de quelques milliers de chevaux conduisent des trains de laminoirs), sont fréquentes et, pour examiner ce cas, il faut d’abord chercher comment et à quel endroits les surtensions peuvent se produire.
- Si l’interrupteur automatique I, I (fig. 3) coupe brusquement le circuit, l’énergie emmagasinée dans
- Fig. 3.
- le bobinage de l’alternateur A n’aura pas le temps de s’écouler par la ligne et il sç produira une surtension, car le seul chemin d’écoulement ouvert sera celui formé par la capacité de la machine elle-même. L’écoulement se produira donc suivant la direction des flèches.
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- La surtension maxima résultante aura la forme
- connue I0 y/t (U et G étant la self et la capacité
- de l’alternateur et I0 la valeur du courant de court-circuit).
- Supposons maintenant que l’on intercale en dérivation une résistance R.
- Pour calculer la valeur à donner à la résistance du limiteur, on remplace la capacité d’écoule- *
- ment de l'alternateur par la résistance Vît»1 acée
- en dérivation (fîg. 4), et le calcul montre qu’il suffira
- de connaître la valeur de 4 J h.
- V G
- .... x
- et de I0.
- Q, \
- I
- R
- c
- ->
- Fig, 4.
- En moyenne, dans les alternateurs, la valeur de
- y/-
- — est voisine de
- oo ooo
- , I étant le courant nor
- mal de la machine. Si, par exemplé, on prend
- 4 /"G~
- I = ioo ampères, on aura : y/ — ~ 5oo. Si on
- admet que la résistance équivalente du limiteur est de a5o ohms on aura, pour le coefficient, deux diminutions de la surtension, soit o,33, soit o,4, suivant les hypothèses faites.
- On voit, par cet exemple, que, si Ton met de grandes résistances, l'appareil est inefficace. D’autre part, si l'on met de faibles résistances, il peut créer, par son fonctionnement môme, des surtensions et des résonances qui le rendent dangereux.
- Prenons alors le cas d’un alternateur triphasé de
- i ooo kilowatts à io ooo volts. Cette machine aura
- •un débit normal de 58 ampères avec un voltage de
- 5 8oo volts entre chaque phase et la terre, c’est-à-
- dire que la résistance équivalente ou impédance du
- 5 800 , n
- = ioo ohms. Quand il se pro-
- réseau sera de
- 58
- duit un court-circuit sur le l'éseau, l’intensité est multipliée par 3 environ et l’impédance correspondante tombe à 33 ohms.
- On se trouve alors dans le cas de la figure 5, où une pompe centrifuge A débite sur une conduite munie d’un robinet r, ayant une section égale
- à . Si onfer me instantanément il se produit un coup de bélier et, pour l'éviter, on propose de placer
- en dérivation sur la conduite une soupape R ayant
- une section de------. Il est évident que cette sou-
- i ooo
- pape sera insuffisante pour éviter les coups de bélier provenant de l’arrêt brusque de la colonne d’eau au moment de la fermeture du robinet /.
- Pour arriver au résultat visé, il faudra que la section de la soupape R soit comparable à celle du robinet r.
- Il en est absolument de meme avec un circuitélec-trique où l’on aura remplacé la pompe centrifuge A par un alternateur, le robinet R par un court-circuit coupé par un automatique, et la soupape hydraulique R par une soupape électrique.
- Déplus, la simple réflexion nous fait comprendre que, si la soupape R a une grande section, sa fermeture brusque amènera de nouveaux coups de bélier et que, de plus, il pourra s’y produire des oscillations de la colonne liquide.
- On évite ces inconvénients en constituant la soupape comme il est indiqué sur la figure 6 au moyen d’un appareil formé d’une série de tuyaux capillaires dont chacun est fermé par un clapet indépendant c, La résistance de chacun des tuyaux sera telle que la colonne liquide qui y circule ne pourra prendre de mouvement oscillatoire. Dans ces conditions, il est bien évident que l’ensemble des co-
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- lonnes n’en aura pas. On pourra mettre en parallèle assez de colonnes pour avoir un débit aussi grand que celui que l’on obtenait avec la soupape unique à grande section.
- Chacun des tuyaux capillaires ayant une résistance de frottement assez grande pour éviter les oscillations de la colonne d’eau, sera remplacé par une résistance ohmique assez grande pour éviter les oscillations électriques. Chacun des clapets fermant les tuyaux sera remplacé par une distance explosive.
- L’appareil prend alors la disposition schématique indiquée dans la figure 7.
- En outre, pour avoir une marche du limiteur conforme à la théorie, il faut que, dans chaque colonne, le petit clapet se ferme au moment où la pression baisse en dessous de la ligne de réglage. De même, il faut que l’étincelle de chaque éclateur s’éteigne aussitôt que la tension baisse, même faiblement.
- 1.1 faut également que le limiteur entre en fonction pour une tension peu supérieure à la tension normale.
- 61 o Cto
- R
- o-tt-
- Ss o—fl— et o-fl-
- et o—ji-.
- Eig. 8.
- O11 a obtenu ces résultats en adoptant, pour chaque colonne de l'appareil, la disposition représentée par la figure 8.
- Praiiqucment, l’appareil complet est constitué
- comme il est représenté sur la photographie de la figW 9-
- Le limiteur est formé de 6, 8 ou 12 colonnes en parallèle ayant, suivant les cas, des résistances individuelles de 800 à 2 5oo ohms , ce qui fait que certaines soupapes ont des résistances de 70 ohms. Dans certains cas particuliers, cette faible résistance est encore trop forte et il faut disposer plusieurs appareils en parallèle.
- 9-
- Le premier éclateur, situé à la partie supérieure, de l’appareil, est réglage au moyen d’une vis Vp^s millimétrique de façon à adapter la distance explosive àu voltage de l’installation. Il est renfermé dans qn petit cylindre , en verre qui le met à l’abri des poussières. Le réglage peut se faire d’une façon précise. Les autres distances explosives sont fixes
- Fig. 10. — Seliénui du dispositif do protection individuelle des alternateurs et des lignes.
- et comme elles sont formées par des rondelles, elles ont un développement considérable atteignant
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- 190 millimétrés. Il résulte dé cetté disposition que les étincelles se produisent toujours entre des surfaces froides, ce qui amène l’extinction immédiate de l’étincelle, sans aucun soufflage. Les' condensateurs sont situés à l’intérieur de la colonne et ne sont pas visibles sur la photographie.
- Il est bien évident qu’il est nécessaire de protéger individuellement par un tel dispositif les alternateurs d’une centrale et lés câbles qui en partent (fig.- 10),
- I/ouVerlure des interrupteurs automatiques est, en effet, l’une dès sources principale^ des surtensions.
- SURIWTBïtStTÉa
- Quand on réunit en coürt-circuit les bornes d’un alternateur et que, après lui avoir donné sa pleine excitation, bn le fait tourner à sa vitesse, on constate que le débit est égal à deux fois et demi ou trois fois le courant normal.
- Fig. 11. — Batterie de condensateurs de l’Usine de La Dernier (Compagnie Vandoise des Forces Motrices du Lac de Joux et de l’Orbe).
- L’analysé du phénomène montré que, en définitive, tout se règle de façon que la différence des ampères-tours inducteurs èt induits crée un flux assez grand pour engendrer une force électromotrice capable de vaincre la self-induction de la machine. Cette forcé électromotrice de self-induction n’est guère en moyenne que 3 à 5 % d'u vôl'tage normal.
- Mais, quand bn produit brusquement un court-circuit sur un alternateur alimentant Un réseau de distribution, il se crée bien d'ans l’induit des ampères-tours tendant à démagnétiser l’indueteur, mais cette
- démagnétisation ne peut se produire que lentement. Au premier instant du court-circuit, la force électro-motrice normale dé l’alternateur doit donc être en-t Fièrement absorbée par la self-induction de l'induit, j Les relevés osciilographiques montrent qu’il faut . 20, 3o secondes et davantage pour que l’intensité . revienne à la valeur du régime (*).
- Si la self de l’induit n’est que 3 % du voltage, le débit de court-circuit atteint 3o fois le courant normal ; dans une centrale de plusieurs milliers de ; kilowatts, les efforts développés croissant comme le ; carré du courant, les connexions latérales des alter-; nateurs sont alors déformées, les barres omnibus,.
- ; arrachées de leurs supports et viennent se coller ‘ l’une contre l’autre, etc.
- i Aggravés par l’emploi des turbo-alternatéurs (dont
- | la self-induction est frès faible), ces phénomènes | peuvent être diminués si l’on augmenté artificielle-j ment lâ self-induction des alternateurs, de façon ài : diminuer en même temps la violence du court-circuit, en mettant en dehors de la machine des self-indue--tions Sans noyau de fer spécialement calculées pour chaque alternateur.
- DESTRUCTION DES ISOLANTS PAR l’oZONE
- Dès q.u’il s’agit de quelques milliers de volts seulement, l’ozone engendré par les effluves brûle les isolements au coton. On devra donc, dans les génératrices, noyer tous les fils dans un isolant compact,. de sorte que la section d’une bobine présente l’aspect de celle d’un câble.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Essai d’une unité machine à vapeur-turbine de 15 OOO kilowatts. — G. Stott et S. Fi-gott. — Proceedings of the American Institute of Elec-trical Engineersf septembre 1910.
- La Interborough Ilapid Transit Company, dont : l’usine alimente le chemin de fèr souterrain de New-) York, reconnut, en 1908,que, en raison de l’accroissement de trafic de ce chemin de fer, il serait nécessaire de disposer d’un supplément de puissance 1 pour l’hiver 1909-1910.
- j Son usine possédait 9 unités de 7 5oo kilowatts ; (machines à piston) et 3 unités de 1 a5o kilowatts i (turbines), ces dernières employées exclusivement pour l’éclairage et les signaux.
- (') Miles Walker. Communication à l’Association des Ingénieurs Electriciens Anglais, mars 1910.
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- Les unités de 7 5oo kilowatts étaient des machines Cprliss compound, type Manhattan; se composant de 2 cylindres haute pression horizontaux, de 1,06 m. et de deux cylindres basse pression verticaux, de 2,18 m. Chacune de ces machines actionnait un alternateur triphasé de 7 5oo kilowatts, 20 périodes,
- 11 000 volts, dont la partie tournante formait volant. La condensation était réalisée au moyen de condenseurs barométriques.
- - Ces unités génératrices fonctionnaient parfaitement depuis cinq ans ; leur marche économique correspondait à la puissance de 5 000 kilowatts, mais (abstraction faite de la question d’économie) elles fonctionnaient également bien en développant 8 000 kiltawatts d’une façon continue.
- Quand on se décida à augmenter la puissance de l’usine, on examina plusieurs solutions :
- . On pensa d’abord recourir à une ligne de transport de force alimentée par une usine hydro-électrique, pour se procurer l’appoint de puissance nécessaire. Mais on y renonça, à cause du prix élevé d’une double ligne de transport de force depuis l’usine hydro-électrique la plus voisine, et à cause de l’impossibilité d’assurer, par ce moyen, un service absolument continu (dont la durée maximum d’interruption ne doit pas dépasser dix minutes par an).
- Les moteurs à gaz, quoique présentant le rendement thermo-dynamique le plus élevé, sont d’un prix d’au moins 35 % supérieur à celui des machines ordinaires; quant aux frais d’exploitation qu'ils entraînent, ils sont quatre à dix fois supérieurs à ceux occasionnés par les turbines à vapeur.
- On renonça également à réaliser l’extension de l’usine au moyen de machines à piston du même type que les machines existantes, malgré le parfait fonctionnement de ces dernières, à cause de leur prix élevé et de leur faible marge de fonctionne-nernent économique; cette marge a, en effet, pour limites les puissances de 3 3oo et 6 3oo kilowatts.
- Il restait à choisir entre les turbines à haute pression et les turbines à basse pression. La question d’emplacement disponible n’entrait pas en jeu.
- Le prix d’une turbine à basse pression est un peu inférieur à celui d’une turbine à haute pression, à cause de la suppression des étages à haute pression et des appareils de régulation, mais le prix du condenseur est le même pour l’une et l’autre. Le prix des fondations et de la tuyauterie est aussi sensiblement le même pour ces deux types de turbines, d’une façon générale; mais, dans le cas particulier envisagé, l’installation d’une turbine à haute pression ;
- eût entraîné 25 % de dépenses de plus que celle d’une turbine à bassè pression, pour les fondations, les planchers, les appareils de tableau, la tuyauterie de vapeur, les conduites d’eau.
- c La. solution consistant à enlever les machines à piston et à les remplacer par des turbines fut aussi examinée : le meilleur type de turbiné à haute pression a un rendement thermique supérieur d’environ 10 % à celui de la meilleure machine à piston ; mais les dépenses plus faibles de conduite et d’entretien, combinées avec l’économie d’eau d’alimentation et de charbon, réduisent, dans le cas de la turbine, les dépenses d’exploitation jusqu’à 80 % des dépenses qu’entraîne une machine à piston. On admettait que si les machines à piston étaient enlevées, il serait possible de réaliser 20 % de leur prix d’achat.
- D’un autre côté, les calculs préliminaires, basés sur les garanties des constructeurs pour les turbines à haute et à basse pression, montrèrent que l’unité machine à piston-turbine aurait un rendement supérieur d’au moins 8 % à celui d’une turbine à haute pression.
- Toutes ces considérations ayant été pesées, on décida finalement de commander des turbines à basse pression, de 7 5oo kilowatts, réalisant ainsi des unités de i5 000 kilowatts, du rendement thermique le plus élevé.
- La turbine adoptée est verticale, à 3 étages ; elle possède 6 ajutages fixes et 6 ajutages qui peuvent être manœuvrés à la main, de façon à régler la pression à l’échappement de la machine ou la répartition de la charge entre la machine à piston et la turbine.
- Un régulateur de vitesse de sûreté actionne, en cas d’emballement, une valve à papillon placée sur le tuyau de prise de vapeur et coupe en même temps le vide sur le condenseur : c’est le seul régulateur dont soit munie la turbine. !
- Le pivot inférieur, qui supporte à la fois le rotor de la turbine et le rotor de l’alternateur, est du type ordinaire à huile. ^ t
- La pression d’huile est de 42 kilogrammes par centimètre carré et fournie par le double système usuel d’accumulateur et pompes. • . , - -
- Le condenseur a une surface de refroidissement d’environ 2 400 mètres carrés; la pompe centrifuge de circulation peut fournir un débit maximum de 113 mètres cubes à l’heure. ' ..
- L’alternateur, triphasé, £st enroulé en étoile; il donne la tension de 11 000 volts à -la fréquence de
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- a5 périodes par seconde et à la vitesse de <j5o tours par minute. Il est du type d’induction ou asynchrone ; le rotor est du type à cage d’écureuil, composé de barres connectées à chacune de leurs extrémités à des barres communes. ;
- Ce type d’alternateur a été choisi, dç préférence aux alternateurs ordinaires, comme répondant le mieux aux conditions du service qu’il devrait assurer : il faut remarquer, en effet, qu’avec 9 unités, capables chacune de fournir une puissance de i5 000 kilowatts pendant quelques instants et fonctionnant en parallèle avec une autre usine de la même puissance, il peut arriver que 270 000 kilowatts soient concentrés sur un court-circuit.
- Si, à ces unités, on ajoutait de nouvelles unités de 7.5oo kilowatts composées chacune d’une turbine actionnant un alternateur synchrone, comme ces dernières sont capables de donner pendant quelques instants une puissance égale à six fois leur puis' sance nominale, on voit le danger résultant, en cas de court-circuit, de la puissance formidable qui se trouverait en jeu, et contre laquelle tout interrupteur se trouverait impuissant. Si les unités nouvelles, au contraire, au lieu d’être des alternateurs synchrones, sont des alternateurs asynchrones, les conditions ne sont plus les mêmes : l’excitation des alternateurs asynchrones dépend, en effet, uniquement des appareils synchrones avec lesquels ils se trouvent branchés et, dans le cas d’un court-circuit, cette excitation cesse automatiquement par suite de la chute de potentiel des machines synchrones, et les alternateurs asynchrones cessent d’être générateurs.
- L’adoption de ce type d’alternateurs présente un autre avantage : l’absence de conducteurs d’excitation simplifie autant que possible l’installation et supprime toute manœuvre au tableau. Les câbles de l’alternateur sont connectés, par des interrup-
- teurs à couteaux qu’on n’ouvre jamais, aux câbles de l’alternateur mus par la machine à piston correspondante. L’homme de service au tableau n’a aucun contrôle sur l'alternateur asynchrone et ne s’aperçoit de son existence que par l’accroissement de puissance qu’il peut constater sur les instruments de mesure de l’alternateur synchrone correspondant à la même unité.
- La mise en marche de l’unité est la simplicité même : on excite l’alternateur actionné par la machine à piston, avant de mettre cette dernière en marche; une fois le démarrage effectué, on augmente la vitesse et on synchronise avec les autres unités comme à l’ordinaire. Au moment du démarrage, l'alternateur d’induction fonctionne comme un moteur, jusqu’à ce qu’il passe assez de vapeur dans la machine, et par suite dans la turbine, pour amener celle-ci à une vitesse supérieure à celle du synchronisme; à ce moment,l’alternateur-d'induction devient immédiatementgénérateur et participe à la puissance fournie par l’usine.
- L’auteur communique une très grande quantité de documents recueillis au cours des essais effectués sur deux des nouvelles unités, et il en résume comme suit les x'ésultats :
- i° Accroissement de 100 % de la puissance maxima de l’usine ;
- a0 Accroissement de 146 % de la puissance économique de l’usine ;
- 3° Economie moyenne de consommation de 13 % sur les meilleures turbines à haute pression ;
- 4° Economie moyenne de consommation de a5 % sur les machines à piston seules (entre les limites de 7 000 kilowatts et 15 000 kilowatts) ;
- 5° Rendement thermique moyen de ao,6 %, entre les limites de 6 5oo kilowatts et i5 5oo kilowatts.
- II. B.
- VARIÉTÉS
- La transmission des imag'es : une solution.
- Il nous paraît intéressant de signaler en quelques lignes le procédé qu’a proposé récemment M. Paul Mortier pour transmettre les images à distance avec les procédés ordinaires de la télégraphie ou de la téléphonie, avec ou sans fils.
- En deux mots, l’invention consiste à décomposer les images en éléments qu’on assimile à des mots.
- Soit un dessin en tapisserie ou en mosaïque cà éléments carrés, monochrome, par exemple du genre grisaille, c’est-à-dire formé exclusivement de blanc, de gris et de noir. L’image se trouve, par sa structure même, décomposée en une infinité d’éléments qui tous ont une valeur individuelle, qu’on peut chiffrer, et occupent une position facile__à repérer. Partant d’un cliché photographique, pax* exemple un poi'trait, M. Mortier fait appel au procédé des ré-
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- seaux tramés pour donner à l’image la physionomie et la facilité d’analyse d’uti véritable tiséu.
- Les phénomènes de diffraction obtenus par l’interposition d’un pareil roseau entre l'objectif et la plaqiié substituent, en effét, à la transparence variable dés clichés en deml-téinte un ènsemble de taches séparées uniformément noires, mais dont la forme et la dimension varient du pointillé léger au quadrillage empâté.
- M. Mortier, considérant un certain nombre de tons échelonnés, leur attribue une représentation par des chiffres, par exemple de i pour le blanc à 5 pour le noir. A ces chiffres, exprftnant l’intensité de chaque élément, il faudrait en adjoindre d’autres pour indiquer la position ; mais on serait conduit de la sorte à une quantité de nombres hnpraticable's.
- Mettant à profit la succession fréquente de plusieurs points du même ton, il a eu l’idée de faire la traduction, non par éléments isolés, mais par des groupements d’éléments simples de même valeur, qu’il appelle « séquences ». Le second chiffre de chaque couple marquera le nombre de points en séquence, et le premier indiquera leur intensité commune.
- Par exemple, le couple exprimé par le nombre 56 signifiera une succession de 6 points carrés ayant l’intensité 5,
- Pour qge la suite indéfinie de couples de chiffres détermine complètement le cliché lui-même , il n’y a plus qu'à préciser l’ordre suivi par l’analyse et à repérer les commencements de lignes par des signes particuliers intercalés dans le texte chiffré aux endroits voulus.
- Cette transformation, en quelque sorte arithmétique, rend facile la transmission de l’image d’un lieu à un autre. Elle se fera conformément aux usages et d’après les tarifs de la télégraphie privée.
- *
- * *
- Au poste d’arrivée, l’outillage comporte uniquement un composteur et un jeu de caractères amovibles dont la face, ou l’œil, par son étendue ou sa configuration, produit un pointillé plus ou moins foncé. En nombre égal à celui des tons fondamentaux et en groupements de chacun d’eux par séquences diverses, ces caractères sont assemblés dans les conditions habituelles de la typographie et fournissent la forme servant au tirage des épreuves. S’ils sont assez petits et que l’impression n’ait pas besoin d’une grande finesse, les tirages seront définitifs, sinon une réduction en sera faite, par les procédés zincographiques habituels.
- B. R.
- BIBLIOGRAPHIE
- 7Z est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés 4 ht Rédaction.
- L’Électricité considérée comme forme de l’énergie (Electrostatique, première partie), parle lieutenant-colonel E. Ariès. —. i volume in-8° raisin de 166 pages. — Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix: brpché, 5 franc?.
- Nous devons commencer par nous excuser près de l’auteur et des éditeurs dii retard apporté au compte rendu de cet ouvrage. Mais des livres comme celui du colonel Ariès sont de ceux dont la lecture doit être longuement méditée.
- Jusqu’ici, dans presque tous les ouvrages classiques, l’électrostatique est considérée comme une branche à part, que de faibles liens réunissent aux autres phénomènes électriques, il y a là une lacune que le colonel Ariès a cherché à combler. Une généralisation de l’idée dp courant de, .déplacement de Maxwell lui permet d’introduife la charge électrique comme une grandeur scalaire dont l’auteur démontre
- l’analogie avecla charge électrique,telle qu’elle a été conçue par Coulomb.
- L’introduction d’une nouvelle grandeur, la masse vectorielle, intervient dans l’étude des forces électriques dans les champs hétérogènes.
- L’emploi du théorème de Yaschy permet au colonel Ariès d’établir pour l’électrostatique un certain nombre de lois parallèles à celles établies en électro-magnétisme et en électrodynamique.
- C’est ainsi que nous le voyons successivement introduire dans le domaine électrostatique les lois de i Lap.lace et d’Ampère et les idées de solénoïdc et de feuillet électrique.
- La distinction accordée à l’auteur par l’Académie des Sciences a consacré la valeur de ses conceptions et constitue un jugement auquel nous nous rallions très voloutiers.
- R. J.
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- 18 Février 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Qènèratrices de courants et moteurs électriques, par C. Guttor». — i\plume in-8° raisin de 292 pages, avec ai3 figures. — H. Dukod et E. Pinat., éditeurs, Paris.—Prix: broché, 9 francs; cartonné, 10 fr. 5o.
- Un truité qui se rapporte à l’enseignement technique élémentaire ou supérieur est toujours accepté avec plaisir dans le monde des électriciens. Cela tient à ce que cette question intéresse tout le monde industriel et aussi à, la difficulté qu’elle présente.
- L’oeuvre de M. Gutton destinée, comme le dit son auteur, à. compléter les connaissances purement théoriques des candidats aux instituts électrotechniques et à les préparer à des études d’ordre purement, technique, répond donc à qn besoin, puisqu’elle établit la liaison entre le côté théorique et le côté application.
- Çmpressons-nous <U? dire que, d’une façon générale, l’ensemble répond bien, au but qqe poursuit l’auteur. Le programme tracé par celui-ci et la façon dont il est traité recevraient même tout à fait notre approbation, sj. quelques points n’étaient traités avec un esprit théorique. qui s’éloigne un peu trop des réalités pratiques et qui risque de laisser dans l’esprit de l’élève une idée un peu inexacte.
- M. Gutton expose qu’il a fait usage de la notion du pôle magnétique ou. plutôt de la région polaire, comme s’il s’agissait d’un barreau aimanté, pour l’étude des dynamos et en particulier pour l’étude du phénomène de réaction d’induit. Ce procédé, parfait en apparence, le conduit à déduire (dans le cas où
- ] la saturation est assez faible pour que les flux soient proportionnels aux forces magnéto-motrices qui les engendrent), que la direction du champ, résultant, ou des lignes de force dans l’entrefer, est la composante géométrique des intensités du champ inducteur et induit, composantes que l’auteur croit pouvoir supposer perpendiculaires, non seulement quand le décalage est nul, mais aussi pour le cas d’un décalage quelconque.
- L’élève risquera d’être dérouté par ce mode de présentation lorsqu’il lui sera montré, en électror technique appliquée, quç la présence, ou mieux, la forme du fer, négligée ici, fait en réalité que les inductions composantes sont dirigées radialeinent et s’ajoutent algébriquement et non géométriquement-L’ensemble d’un champ, homogène et «Tun cadre tournant autour d'un axe perpendiculaire à la direction do champ, ainei que la résultante du champ autour du, centre de figure du cadre (cas où la composition géométrique est seule permise), ne peuvent être donnés non plus comme des images des machines industrielles.
- En dehors de ces critiques, qui peuvent constituer des divergences d’opinion et que l’on nous pardonnera, le traité de M. Gutton contient nombre de notions très justes, qui facilitent beaucoup l’étude des dynamos et des moteurs dans la lecture des ouvrages sur l’électro-technique appliquée.
- J. R.
- LÉGISLATION ET CONTENTIÉUX
- CHRONIQUE DE.JÆGISLATION INDUSTRIELLE
- Etat actuel de la législation des chutes d’eau en France (Suite et fin) (<).
- III. -PRINCIPES DES RIVIERES NON NAVIGABLES.
- La troisième catégorie qui s’impose à notre examen doit être envisagée à un double point de vue : il faut distinguer les. droits des riverains et les pouvoirs de l’Administration, et c’est pour avoir confondu souvent ces deux idées si différentes, que l’on a écrit de véritables énormités.
- Le droit des riverains est certain, d’autant plus que le Code Civil le vise dans deux dispositions formelles; c’est aux riverains seuls, et non pas à l’Etat, qu’appartient l’usage de l’eau. 11 faut, ou
- (!) Voir Lumière Electrique, 11 février 1911.
- admettre ce principe, ou rayer de notre code les articles ainsi'conçus :
- Art. 644. — « Celui dont la propriété borde « l’eau courante aütre que celle qui est déclarée « dépendance du domaine public, peut s’en « servir à son passage pour l’irrigation de ses « propriétés. Celui dont l’eau traverse l’héritage « peut même en user dans l’intervalle qu’elle y « parcourt, mais à la charge de la rendre, à la « sortie de ses fonds, à son cours ordinaire. »
- Art. 645. — « S’il s’élève une contestation « eUtre lés propriétaires auxquels les eaux « peuvent être utiles, les tribunaux, en prononce çant,doivent concilier l’intérêt de l’agriculture « aveo le respect dû à la propriété et, dans tous « les cas, les règlements particuliers et locaux
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- « sur le cours et l’usage des eaux doivent être « observés. »
- Ce droit d’usage qui a été ainsi attribué au propriétaire de la rive par le Code Civil a été, il y a quelques années, assez sévèrement et injustement critiqué. Je ne puis entrer dans le détail des luttes auxquelles il a servi de prétexte, car elles ont été assez compliquées.
- La presse quotidienne, à un certain moment, s’en était même emparée dans de nombreux articles, dont les auteurs, n’ayant pas lu le Code Civil,avaient,par conséquent,toute facilité pour en parler comme ils le voulaient.
- C’est ainsi que l’on a pu imprimer que ce droit d’usage était un reste, égaré dans notre législation, de la propriété féodale et ecclésiastique ; or, c’est le contraire qui est exact, si l’on veut bien lire l’histoire de notre droit.
- Autrefois, les rivières non navigables étaient la propriété du seigneur haut justicier, propriété comparable à celle dont la source est aujourd’hui susceptible puisque, depuis l’origine de la rivière jusqu’à son embouchure, le seigneur avait seul le droit d’utiliser l’eau pour l’irrigation, la pêche et la force motrice, sans avoir de compte à rendre à personne.
- Lorsque vint lanuitdu 4 août 1789,10113 les privilèges féodaux furent complètement supprimés.
- Mais, comme tous les seigneurs, afin de se créer des rentes, avaient donné à bail leurs rivières, pour établir des moulins ou des irrigations, moyennant de grosses redevances, il en résulta que,en pratique, le locatairequi étaitdéjà en possession soit du moulin, soit du canal d’arrosage,continua à s’en servir, en supprimant simplement la redevance que le seigneur n’avait plus le droit ni le loisir de lui demander. Sans doute, à la même époque, il fut bien décidé, en principe, que tous les biens dont les nobles avaient été dépouillés, feraient retour à la nation, mais on citerait difficilement une seule application de ces décisions en ce qui concerne les rivières non navigables.
- On voit, évidemment, l’Etat s’emparer alors, comme bien national, de tel moulin ou de telle écluse, dontle seigneur jouissait parlui-même au 4 août et que l’émigration avait définitivement laissé sans maître, mais aucune mesure générale, pour défendre le cours d’eau lui-même contre le riverain, ne saurait être alléguée.; bien au contraire, grâce à cette haine de tout ce qui aurait
- pu ressembler, même de loin, à la propriété seigneuriale ou ecclésiastique, haine qui éclate à chaque page de l’histoire de la Révolution, les riverains ont joui, pendant un certain temps, du droit de faire des prises d’eau, même dans les cours d’eau navigables et il ne faut pas oublier que l’on peut lire dans la loi du 28 septembre-6 octobre 1791 (titre I, section I, art. 4) que « nul « ne peut se prétendre propriétaire exclusif des « eaux d’un fleuve ou d’une rivière navigable ou « flottable; en conséquence, tout propriétaire « riverain peut, en vertu du droit commun, y « faire des prises d’eau sans, néanmoins, en « détourner le cours ou l’embarrasser ».
- Il en fut ainsi jusqu’à l’arrêté du 19 ventôse an YI (article 9), où une pareille pratique fut interdite, mais nous ne croyons pas qu’un texte ait jamais visé les rivières non navigables.
- Et lorsque,en 1804,le législateurdu Code Civil se trouva en présence d’une situation de fait nettement caractérisée, il lui fallut prendre parti entre deux solutions extrêmes : ou dépouiller ceux qui, en pratique, jouissaient déjà de l’eau, ou refaire, au profit du gouvernement del’époque, l’œuvre de la féodalité. On comprend facilement que le Code Civil ait tranché la question, en laissant les riverains persévérer dans des usages auxquels ils s’étaient vite accoutumés et que l’article G44 ait régularisé, au point de vue du droit, une question de fait.
- Il faut donc bien retenir comme premier principe (et il est de toute importance) que le droit d’user de l’eau est l’apanage du propriétaire de la rive.
- Mais il tombe sous le sens que chaque riverain, pris en particulier, ne saurait avoir un droit absolu de propriété sur l’eau qui coule en face de son fonds. La propriété est un droit qui permet d’user jusqu’à l’abus et, s’il en était ainsi, chaque riverain aurait droit de prendre toute l’eau de la rivière, d’abreuver largement ses terres ou de fouetter les artifices de son moulin, en se souciant très peu du riverain d’aval.
- C’est pourquoi le Code Civil impose à chacun de ne prendre l’eau que pour ses besoins, et de rendre ensuite le surplus au cours normal de la rivière; il permet au riverain de créer sur son terrain des méandres et des détours, à la condition qu’à la limite de son fonds le ruisseau reprenne sa direction primitive.
- Dans quelle mesure, moi riverain, aurai-je le
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- droit d'abreuver mes terres et de consommer de l’eau en ne rendant que le surplus? Il est certain qu’une législation bien faite ne peut laisser juge le riverain lui-même de la quantité qu’il est susceptible de consommer et les tribunaux n’ont pas été établis pour autre chose que pour décider, dans les conflits des intérêts privés, ce qui doit revenir à chacun.
- C’est ce que l’on appelle faire un règlement d’eau, et l’article 645 attribua aux juges, sur ce point, un droit très large pour faire une répartition équitable, soit qu’ils donnent à l’un ou l’autre des plaideurs l’indication dé certains jours d’arrosage, soit que, par des dispositions adoptées par des experts et des hommes de.l’art, ils répartissent d’une façon permanente entre les deux fonds litigieux, une quantité d’eau déterminée.
- Quand la dérivation se fait sur une longue étendue et doit enlever leur eau à de nombreux riverains qui se trouvent entre le lieu de la dérivation et celui de la restitution à la rivière, il serait téméraire de ne pas s’entendre avec eux; ce serait de la folie de laisser à un tribunal le soin de fixer le volume d’eau que les riverains pourraient plus tard, après la mise en œuvre de la dérivation, revendiquer contre le dérivant, et des règlements d’eau successifs risqueraient de ne plus laisser une goutte d’eau dans le canal établi; aussi, l’acquisition préalable des droits de rive-raineté s’impose. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous voyons,avant l’établissement de toute chute, des précurseurs se rendre sur place et acquérir des riverains, quelquefois avec une diplomatie remarquable, le droit de disposer de l’eau dans l’avenir et se mettre, au moyen d’un contrat en|due forme, à l’abri de revendications intempestives.
- Ce n’est pas, malheureusement, le seul droit à acquérir; il faut se préoccuper du passage de la canalisation, du terrain de l’usine, de l’établissement du canal de fuite ; pour cela, il faut ou grever d’une servitude de passage un fonds privé, ou acheter en pleine propriété la bande de terrain qui sera nécessaire; rien ne force le détenteur du fonds à accepter les propositions qui lui sont faites, et c’est là l'origine des barreurs de chute, c’est-à-dire des propriétaires récalcitrants qui, pour aucune somme, ne veulent consentir à l’établissement de la conduite.
- Quand l’industrie du barreur s’exerce sur le parcours que le canal doit nécessairement emprunter, elle est particulièrement grave,
- parce que l’acquisition soit dè la propriété, soit du droit de passage, s’impose d’une façon absolue ; il faut donc subir ses exigences même les plus terribles et de belles chutes ont été longuement retardées,à cause d’un seul récalcitrant. Aujourd'hui, on tourne quelquefois la difficulté en préparant deux ou trois projets, soit sur une rive,, soit sur une autre, en modifiant les points de prise et les points de restitution, et il faut reconnaître que le barreur, ainsi prévenu qu’il peut tout perdre si le projet est abandonné, a souvent modéré son ardeur à la résistance.
- Si l’industrie du barreur s’exerce simplement sur le droit de riveraineté dont il ne veut point se défaire, la jurisprudence a apporté, d’une façon très heureuse, un tempérament à la difficulté; sans doute, U ne peut pas être question de laisser en aval du barrage un grand nombre de riverai— netés non acquises. Alors même qu’elles seraient insérées entre des parcelles achetées, leurs propriétaires, en réunissant leurs droits, surtout s’ils sont tous sur une même rive, pourraient revendiquer contre l’industriel une trop grande quantité d’eau. Mais s’il s’agit d’un terrain, ou même de quelques-uns, en petit nombre, situés à droite et à gauche de la rivière, la Cour de Grenoble a décidé, dans un arrêt du 7 août 1901,. suivi d’ailleurs aujourd’hui par toutes les Cours d’Appel, que le propriétaire du barrage ne sera pas tenu de le briser, pour laisser couler l'eau en face des rives qui lui ont échappé, mais il sera tenu seulement de laisser couler, à l’aval du barrage, la quantité d'eau que le riverain récalcitrant pourra revendiquer, et le volume à attribuer à chacune des parties litigantes sera évalué d’après la nature et l’importance des besoins auxquels les eaux doivent-être affectées, ainsi que la longueur et l’état des riverainetés respectives.
- Pour supprimer cet ennui du barreur, l’industrie hydraulique avait pensé,vers l’année 1900, à se tourner du côté de l’Etat, et à lui demander une loi lui permettant, par exemple, d’évincer le barreur, en lui donnant une juste et préalable indemnité, que fixerait, dans sa sagesse, le Tribunal Civil. En réalité, ce que l’on réclamait, c’était l’application à l’industrie d’un régime légal analogue dans son princijDe à celui qui a été établi par les lois de 1845 et 1847, et qui permet, moyennant indemnité, la création de servitudes utiles à l’agriculture.
- C’est alors que les industriels apprirent, à leurs
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- dépens, quelle imprudence il y a aujourd’hui à réclamer de l’État un secours quelconque, même quand on a les intentions les plus pures, et les plus désintéressées. La réponse ne sè fît point attendre et par plusieurs projets de loi dont rémunération serait trop longue, mais qui se succédèrent avec rapidité, vers 1901, quelques législateurs en chambre proposèrent lés solutions suivantes : on armerait l’industriel du pouvoir colossal d’exproprier le barreur èt celui-ci dè-vrait abandonner toute revendication (avec ou sans indemnité, selon qu’il userait 611 n’ùséràit pas de ses droits de rivèraineté) àu profit du concessionnaire qui aurait été assez heureux pour être choisi par l’Etat.
- Mais comme il n’est pas possible, dans notre Droit, qiie ce côncessiônnàire fasse une expropriation dans un but privé, il fallait bien que l’idée dë l’utilité publique intervînt dans la concession, et c’est pourquoi le concessionnaire, nanti de ce pouvoir terrible d’exproprier les autres, devait le payer bien cher. Tout d’abord, il n’aurait sur la dérivation établie par ses ressources pécuniaires, qu'une jouissance temporaire, au terme de laquelle toute son œuvre dèvait revenir à l’Etat, et je suis effrayé des durées que j’ai entendu murmurer comme possibles. Quelques-uns affirmaient déjà qu’un délai de vingt ans dépasserait de beaucoup la limite permise...
- Mais, en attendant que l’Etat reçoive de son concessionnaire un ouvrage tout fait, il pourrait exiger immédiatement des fournitures gratuites, soit en eau pour ses irrigations, soit en courant électrique pour ses services publics (traction, éclairage, etc.), sans oublier, bien entendu, la redevance pécuniaire.
- Telle a été, pendant un certain temps, la couleur plutôt sombre de l’horizon qui s’est présenté aux regards des hydrauliciens.
- Il faut reconnaître que s’il s’est éclairci et si les projets invraisemblables qui, à ce moment, ont été présentés, ont disparu, c’ést grâce à l’initiative généreuse prise par le Syndicat des Forces Hydrauliques et son dévoué président fondateur, M. Charles Pinat.
- C’est au Congrès de la Houille blanche, en 1902, qu’il s’est donné la Lâche de montrer à tous, mais notamment à une délégation de parlementaires, comment l’industrie hydro-électrique a'vait débuté, quels efforts, quels sacrifices de toute nature elle avait demandés, et à quels ré-
- sultats même à cette époque elle était déjà arrivée. Je l’ai écouté, admirant sa précision de mathématicien quand il exprimait à ses auditeurs, charmés par la clarté de son exposition, que les capitaux, pour venir à une industrie naissante, éxigent, avant tout, une œuvre pèrmànentè èt que la confiance ne doit pas être ébranlée par un trait de plume ou un texte dé loi, si brillante qu’apparaisse, sur le papier, la solution du problème.
- Après cette magnifique leçon de choses, complétée par la visite de Quelques admirables \isines, les textes de loi proposés semblèrent rentrer sous tèrre, et tout porte à croire qu’ils y resteront; toutefois, le défnier projet déposé àu parlement avait su Concilier divers principes d’une façon àssez hèüreuse (l). Il ÿ était dit que l’industriel décidé à éxplbitèr une chute devrait d’abord acquérir les terrains nécessaires à l’emplacement dé l’usine et les droits appartenant aux riverains, sur le tiers, aü moins, de la somme des longueurs des rives dans la section intéressée. Nanti de ces droits, il pourrait alôrs exiger du tribunal qu’une indemnité fût fixée pour les riverains qui seraient irréductibles. Mais la législature s’étant terminée sans qu’aucune décision ait été prise, tout projet est devenu caduc et la législation demeuré telle que je viens de vous l’exposer.
- Quant aux pouvoirs de l’Administration sur lés rivières non navigables, ils peuvent être résumés dans ce principe que les ingénieurs du service de l’hydraulique agricole, qui la représentent, n’ont pas à se préoccuper des conflits des riverains entre eux, mais doivent s’assurer, à chaque dérivation proposée, que l’entreprise ne compromet pas l’intérêt général de la région où elle doit s’exercer. Ils sont compétents pour faire, à ce sujet, les enquêtes prescrites et soumettre à la signature du préfet les arrêtés d’autorisation qui leur paraissent convenables. G’est en cela que se condensent les articles de la loi de 1898 depuis l’article to jusqu’à l’article 17 inclus.
- Il y a, dans ce que l’on vient de lire, le véritable résumé de toute notre législation.
- Elle a suffisamment fait ses preuves, pour qu’il soit considéré, comme souverainement téméraire
- (•) Ce projet a été l’objet d’un rapport de M, Albert Lebrun, député, déposé en avril 1908.
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- d’y porter la ihain sans une prùdehce suffisante.
- En tout cas, nous avons tenu à l’exposer d’uhe façon complète et il serait vraiment à désirer, au moins, qùe ceux qui parlent de modifications fassent la preuve qu’ils connaissent la législation actuelle.
- Paul Boùgault,
- Avocat à la Cour d’Appel (le iLjon.
- Nomenclature des cours d’eau visés par l’article 128 de la loi du 8 avril 1910 (*).
- Bassin de l’Aa :
- Aa, de Saint-Omer à Gravelines.
- Houlle, dè Houlle (pont du moulin Laforcade) à l’Aa. Bassin de l’Adour :
- Adour, ire section, de la digue du moulin d’Aire au bec du Gave; 2e section, du bec du Gave à l’embouchure dans l’océan.
- Aran, de Bardos à l’Adour.
- Ardanabia, de Portoberry à l’Adour.
- Bidassoa, de Bordarrüpia à la nier.
- Bidouze, de Came à l’Adour.
- Boucau (Vieux-), de Soustons à la mer.
- Douze, de Roquefort à la Midouze.
- Gave de Mauléôn, du pont d’Ossèrain au Gave d’Oloron. Gave d’Oloron, d’Oloron au Gave de Pau.
- Gave de Pau, du pont de Bétharram à Peyrehorade. Gaves-Réunis, de Peyrehorade à l’Adour.
- Liiioury, du moulin de Roby à la Midouze.
- Luy, de la digue du moulin d’Oro à l’Adour.
- Midouze, de Mont-de-Marsan à l’Adour.
- Nive, de Saint-Jean-Pied-de-Port à l’Adour.
- Nivelle, d’Ascain à la mer.
- Bassin de l’Aude :
- Aude, de Quillan à la mer.
- Bassin dè la Charente :
- Autise, de Courdault à la Sèvre Niortaise.
- Boutonne, de Saint-Jean-d’Angely à la Charente. Charente, ir0 section, de Montignac à Port-du-Lys; 2° section, de Port-du-Lys à Rochefort; 3e section, de Rochefort à l'océan.
- Lay, de Beaulieu à l 'océan.
- Mignon, de Mauzé à la Sèvre Niortaise.
- Seudre, de Saujon à la mer.
- Sèvre Niortaise, de Niort à la mer.
- Vendée, de Fontenay-le-Comte à la Sèvre Niortaise.
- Vie, de Pas-Opton à la mer.
- Bassin de l'Escaut :
- Escaut, ir0 section, de Cambrai à Etrun; 2e section, d’Etrun à Condé; 3e section, de Condé à la frontière belge.
- (*) Il s’agit des « rivières classées » étudiées par M. P. Bougaull dans la première partie de son article (Lumière Electrique, u février 1911, p. 180).
- La\ve, de Béthune à ,1a Lys.
- Lys, d’Aire à la frontière:belge.
- Scarre, irc section, supérieure, d’Arras à Courchelettes (confluent de la Sensée) ; 2e section, moyenne, de Courchelettes au Forl-de-Scarpe (origine du canal de la Deûle) et de Courchelettes à la Deùle (dérivation autour de Douai) ; 3° section, inférieure, de Fort-de-Scarpe à Mortagne (embouchure dans l’Escaut).
- Souciiez,
- Bassin de la Garontie :
- Ariége, de Cintegabelle à la Garonne.
- Baïsé, ire section, de Sàint-Jean-Poulge à la limite des départements du Gers et du Lot-et-Garonne; 2« section, de la limite précédente à Buzet; 3e section, de Buzctà l’embouchure dans la Garonne.
- Ciron, de Latrave à la GaConne.
- Dordogne, ire section, de Bort à la limite des départements de la Corrèze et du Lot; 2e section, traversée du département du Lot; 3° section, de la limite des départements du Lot et de la Dordogne au confluent de la Vezère; 4e section, du confluent de la Vezère à Libourne ; 5e section, de Libourne à l’embouchure dans la Garonne.
- Dronne, de Coutras à son embouchure dans l’Isle.
- Drot, d’Eymet à. la Garonne,
- Garonne, iro section, du Pont-du-Roi à Toulouse ; 2e section, de Toulouse à l’embouchure du Tarn; 3e section, de l’embouchure du Tarn à Agen; 4e section, d’Agen à Castets ; 5° section, de Caslets au Bec-d’Am-bès; 6° section, Gironde, du Bec-d’Ambès à l’océan.
- Gers, du pont de Layrac à la Garonne.
- Isle, de Périgueux à Libourne.
- Leyri: occidentale, du moulin de Rotgé au bassin d’Ar-cachon.
- Leyre orientale, du moulin de Sore à Moustey (confluent de la Leyre occidentale).
- Lot, i,e section, d'Entraygües â Bouquiès ; 2e section, de Bouquiès â la Garonne.
- Moron, du pont du Moron à la Dordogne.
- Neste, de Saint-Lary à la Garonne.
- Salat, de Taurignan-Castel.à Roquefort.
- Tarn, de Saul t-de-Sabo à la Garonne.
- Vezère, de Montignac à la Dordogne.
- Bassin de la Loire :
- Aciieneau, du lac de Grand-Lieu à la Loire.
- Allier, de Saint-Arçons à la Loire.
- Aron, de Cercy-la-Tour à Decize, embouchure dans la Loire.
- Arroux, du pont de Gueugnon à Digoin, embouchure dans la Loire.
- Autiiion, de Vivy à l’embouchure dans la Loire.
- Boulogne, du moulin de Besson au lac de Grand-Lieu.
- Brivet, de Pont-Château à l’embouchure dans la Loire.
- Cher,partie supérieure,dumoulind’Enchaumeà Noyers; partie canalisée, de Noyers à Tours ; partie inférieure, de Rochepinard à l’embouchure dans la Loire.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2» Série).— N° 7.
- Creuse, de Saint-Martin à l’embouchure dans la Vienne.
- Doue, de Lanaud à l’embouchure dans l’Ailier.
- Érdre, de Niort à Quiheix.
- Grand-Lieu (Lac de), de l’embouchure de la Boulogne à l’Acheneau.
- Haute-Perche, de Haute-Perche à Pornic.
- Layon, de Chaudefonds à la Loire.
- Loir, du moulin de la Pointe à la Sarthe.
- Loire, ir<J section, de Vorey à Roanne; 2e section, de Roanne à Briare ; 3e section, de Briare à la Vienne; 4° section, de la Vienne à la Maine; 5° section, de la Maine à Nantes; 6° section, de Nantes à l’océan.
- Loiret, de Sainl-Mesmin à la Loire.
- Maine, de Port-Meslet, confluent de la Sarthe avec la Mayenne, à la Loire.
- Maine (Petite-), du barrage de la Vieille-Ecluse à la Sèvre Nantaise.
- lyiAYENNE, de Brives à la Loire.
- Ocnon, de Pont-Saint-Marlin au lac de Grand-Lieu.
- Oudon', de Segré à la Mayenne.
- Sarthe, du Mans à la Mayenne.
- Sèviie Nantaise, de la Rochelle à la Loire.
- Tenu, de Bellevue à l’Acheneau.
- Tiiouèt, partie supérieure, du moulin Couché au confluent de la Dive; partie inférieure, du confluent de la Dive à la Loire.
- Vienne, ire section, de Chitré au confluent de la Creuse; 2° section, du confluent de la Creuse à la Loire.
- Bassin de la Moselle :
- Chatillon.
- Chiers, du pont de la Ferté à la Meuse.
- Fave, de la limite des communes de Lubine et de Colroy-la-Grande à la Meurthe.
- Goutte-de-la-Maix, de la scierie de la Maix à l’embouchure dans la Plaine.
- Meurtiie, ire section, du confluent de la Fave à Raon-l’Etape, î3 kilomètres; ae section de Raon-l’Etape à la Moselle, 104 kilomètres.
- Meuse.
- Moselle, iro section, d’Epinal è Frouard; 2e section, de Frouard à la frontière ; de Frouard à Pont-à-Mousson, 20 kilomètres, de Pont-à-Mousson à la frontière, 11 kilomètres.
- Plaine, de la limite du département des Vosges à la Meurthe.
- Rabodeau, delà scierie de l’Abbé à la Meurthe.
- Ravines, de Coicliot à l’embouchure dans le Rabodeau.
- Semoy, de la frontière belge à la Meuse.
- Taintroué, de Rougiville à la Meurthe.
- Val et Chatillon, de la scierie du Marquis à Cirey.
- Ve/.ouse, de Cirey à Lunéville.
- Bassin de la Rance :
- Rance, de l’écluse du Châtelier à la mer.
- Bassin du Rhône :
- \
- Ain, de Pont-du-Navoy au Rhône.
- Annecy (Lac d’), traversée du lac.
- Arc, de la Madeleine à l’embouchure dans l’Isère.
- Ardèche, du pont d’Arc au Rhône.
- Arly, du hameau dés Mollières à l’Isère. - "
- Arve, du confluent du Bonnant à la frontière suisse.
- Berre (Etang de), traversée de l’étang.
- Bez, de Mensac à l’embouchure dans la Drôme.
- Bienne, de Molinges à l’embouchure dans l’Ain.
- Bourget (Lac du) et canal de Savières, du Bourget à Chanaz, embouchure du canal dans le Rhône,,
- Bourne, de Pont-eu-Roy ans à l’Isère.
- Buecii (Grand-), de Saint-Julien-en-Beauchêne à la Durance.
- Buech (Petit-), du pont de la Roche au confluent avec le Grand-Buech.
- Cèze, de la limite des communes de Bagnols et Chuselan au Rhône.
- Ciialaroxne, du Creux de la Morelle (commune de Thoissey) à la Saône.
- Coney, de Selles è l’embouciiure dans la Saône.
- Douns, iro section, de Voujancourt à la limite des départements de Saône-et-Loire et du Jura, 32 kilomètres ; 2e section, de la limite précédente à la Saône, 37 kilomètres.
- Drac, du pont de Claix à l’embouchure dans l’Isère.
- Drôme, du confluent du Bez à l’embouchure dans le Rhône.
- Durance, de Saint-Clément à l’embouchure dans le Rhône.
- Fier, de la tète ouest du ier tunnel de la route départementale n° 6 (Haute-Savoie) au Rhône.
- Furans, du pont d’Andert au Rhône.
- Gardon, du bec de Comps au Rhône.
- Hérault, du port de Bessan à la mer.
- Isère, ire section, d’Aigueblanche à la limite des départements de l'Isère et de la Savoie; 2e section, traversée du département de l’Isère; 3e section, du confluent de la Bourne au Rhône.
- Lanterne, de Mersuay à la Saône.
- Léman (Lac), de Saint-Gingolph à Hermance.
- Leysse, de Haut-Varron au lac du Bourget.
- Lez, de Montpellier à la Croisée du Lez.
- Loue, de Cramans à l’embouchure dans le Doubs.
- Lyonne, de Saint-Jean-en-Royans à la Boürne.
- Mosson, de Port-au-Vin (commune de Villeneuve-lès-Maguelonne) au Lez.
- Orh, du Pas de Los lïgos à la Méditerranée.
- Point (Lac Saint-), traversée du lac.
- Reyssouze.
- Riione, ire section, de la frontière suisse à Lyon ; 2e section, de Lyon à Arles ; 3e section, d’Arles à la mer.
- Riione (Petit-), de Fourques à la mer.
- Saône, iro section, de Jonvelle à Gray, 99 kilomètres, et de Gray à Saint-Jean-de-Losne, 64 kilomètres; 2e section, de Saint-Jean-de-Losne à Verdun, 44 kilomètres, et de Verdun à Lyon (la Mulatière), 167 kilomètres.
- Seille, de Louhans à la Truchère (embouchure dans la Saône).
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- Séran, du confluent de l'Ârvicres au Rhône.
- Silans (Lac de), traversée du lac.
- Tiiau (étang de), des Onglous, embouchure du canal du Midi, à l’embranchement de la Peyrade (canal du Rhône à Cette).
- Tmou, du barrage Sainte-Claire au lac d’Annecy.
- Tmou (Petit-) ou Vassé, du petit pont des Boucheries au lac d’Annecy.
- Yar, du confluent de la Vésubie à la mer,
- Bassin de la Sombre :
- Sambre canalisée, de Landrecies à la frontière belge. Bassin de la Seine :
- Aisne, ire section, de Mouron à Celles; 2e section, de Celles à l’embouchure dans l’Oise.
- Andelle, de Pitres à la Seine.
- Aube, de Brienne-la-Vieille à Marcilly.
- Chée, d’Alliancelles à l’embouchure dans la Saulx.
- Cure, d’Arcy-sur-Cure à Cravant.
- Dives, du pont de Méry-Corbon à la mer.
- Eure, de Louviers aux Daraps (embouchure dans la Seine).
- Lézarde, d’Harfleur à la pointe du Hoc (baie de Seine).
- Marne canalisée, d’Epernay à la Seine.
- Morin (Grand-), de Tigeaux à la Marne.
- Oise, ire section, de Beautor à Janville, 75 kilomètres; a® section, de Janville à la Seine, 104 kilomètres.
- Ornain, de Bar-Ie-Duc à Etrepy (confluent avec laSauls).
- Orne, de Caen à la mer.
- Planche-Coulon.
- Risle, de Ponl-Audemer à la Seine.
- Saulx, d’Etrepy, confluent de l’Ornain, à son embouchure dans la Marne.
- Seine, iro section, de Méry à Marcilly; 2e section, de Marcilly à Monlereau; 3° section, de Montereau à la limite des départements de Seine-et-Marne et de Seinc-et-Oise; 4° section, de la limite précédente à Paris (fortifications amont); 5° section, traversée de Paris; 6e section, de Paris (fortifications aval) à la Briche; 7e section, de la Briche au confluent de l’Oise ; 8e section, du confluent de l’Oise à Rouen; ge section, de Rouen au Havre.
- Touques, de Breuil à Trouville.
- Yonne, i‘e section, d'Armes à Laroche; section, de Laroche à Montereau.
- Bassin de la Somme :
- Ancre, de son embouchure dans la Somme au barrage de la ire usine en amont.
- Avre, de Moreuil à Amiens, embouchure dans la Somme.
- Avre (Petite-!, du Pont-Mahieu (route nationale n“ 35), au canal du Don (bras dérivé de la Somme).
- Canche, de Montreuil-sur-Mer à la mer.
- Hallue, de son embouchure dans la Somme au barrage de la ire usine en amont.
- Somme, parties non empruntées par le canal entre les moulins de Bray et la mer.
- Bassin de la Vilaine :
- Aff, delà Gacilly à la Maclais, embouchure dans l’Oust.
- Arz, du a® pont d’Arz à l’embouchure dans l’Oust.
- Chère, de Fougeray à la Vilaine.
- Don, du pont de la Landelle (en aval de Guéméné) à la Vilaine.
- Meu, du moulin de Bury à la Vilaine.
- Oust, du barrage de la Potinais à la Vilaine.
- Vilaine, ire section, du pont de Cesson àMâlon;2u section, de Màlon à Redon; 3B section, de Redon à la mer.
- Bassin de la Vire-et- Tante :
- Douves, ire section, de Saint-Sauveur-le-Yicomte au pont de la Barquette; 2° section, du pont de la Barquette au Four-de-Taute.
- Tautk, ire section, du moulin du Mesnil au pont éclusé de Saint-IIilaire-Petit-Ville; 2e section, du pont de Saint-Hilaire au Four-de-Taute.
- Vire, ire section, de Pontfarcy au Porribet; 2e section, du Porribet au confluent de l’Aure.
- Bassins divers :
- Arguenon, de Plancoët à la mer.
- Aulne, de Chéteaulin à la mer (rade de Brest).
- Auray, d’Auray à Locmariaquer.
- Aven, de Pont-Aven à la mer.
- Blavet (Maritime), dupont d’Hennebont à Lorient.
- Couesnon, des moulins de l’Angle à l’embouchure dans la baie du Mont-Saint-Michel.
- Dourduff, du Moulin à Mer à Morlaix.
- Elorn, de Landerneau à la rade de Brest.
- Gouet, du pont du Légué-Saint-Brieuc à la mer.
- Goyen, de Pont-Croix à la mer.
- Guer, du port de Lannion à la mer.
- Jaudy, de la Roche-Derrien à la mer.
- L’Aherwraoii, du pont de Paluden à la mer,
- Laïta, entre le port de Quimperlé et la mer.
- Morlaix, de Morlaix à la mer.
- Odet, de Quimper à la mer.
- Pensez, du port de Pensez à la mer.
- Pont-l’Ahué, de Pont-l’Abbé à la mer.
- Scorff, de Pont-Scorff à Lorient.
- Sée, de Tirepied à l’embouchure dans la baie du Monl-Saint-Michel.
- Sélune, de Moulin-Ducey à l’embouchure dans la baie du Mont-Saint-Michel.
- Sienne, de Ponl-de-la-Roque à Regnéville.
- Trieux, du port de Pontrieux à la mer.
- Vannes, de Vannes à Poi't-Navalo.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Système multiple de contacts électriques sous tapis pour avertisseurs et interrupteui's d’éclairage. —F. Marmion (').
- On connaît l’emploi d’interrupteurs électriques placés sous les tapis, fonctionnant lorsque la pression du pied sur le tapis amène un ressort au contact d’un plot et ferme ainsi un circuit électrique tel que celui d’une sonnerie, par exemple. Mais on conçoit en meme temps que ce dispositif n’est guère pratique, puisqu’il exige, pour son fonctionnement, que le pied vienne se poser sur le tapis justement au-dessus de l’interrupteur électrique.
- M. Marmion a précisément voulu éviter cet écueil ; il a réalisé un dispositif d’interrupteur électrique qui fonctionne quel que soit l’endroit du tapis où vienne se poser le pied.
- Dès lors, ce dispositif sera susceptible d’indiquer d’une manière certaine la présence d’une personne sur les tapis d’escaliers ou d’appartements.
- Le principe de l’appareil est le suivant. Dans une plaque isolante A ayant sensiblement la forme et la grandeur du tapis sous lequel elle doit être dissimulée, sont insérés, par l’intermédiaire de rondelles en caoutchouc B, des plots G, en cuivre par exemple, dont on voit, sur la figure i, une coupe transversale. La plaque isolante peut être en carton,en presspahn, en carton d’amiante, etc. ; son épaisseur est représentée par a sur la figure i.
- La tête b du plot G émerge au-dessus du niveau supérieur de la plaque isolante et la base c du plot traverse la rondelle de caoutchouc, de façon à venir
- ,a 6^/F
- Fig. i.
- affleurer un peu au-dessus de la partie inférieure de celle-ci. Une feuille mince de papier ou autre isolant analogue D est collée sur toute la surface inférieure de la plaque isolante et des rondelles en caoutchouc. Elle est seulement percée d’ouvertures d pour permettre à la tige c du plot d’affleurer en dessous,
- sous l’influence d’une pression de haut en bas. L’ensemble est simplement posé sur une feuille de métal conducteur, ou grillage, etc., E, tandis qu’une deuxième feuille de métal F repose à son tour sur l’ensemble précédent.
- Un tapis ordinaire recouvrant le système, lorsqu’une pression proviendra d’un pied posé sur le tapis, un ou plusieurs plots G s’abaisseront et viendront au contact de la feuille de métal E; ces plots mettrontencommunication les deux feuilles de métal, c’est-à-dire fermeront le circuit électrique d’une pile qui mettra en action une sonnerie par exemple.
- Dès que la pression sur le tapis cessera, l’élasticité des rondelles de caoutchouc, jusque-là comprimées, soulèvera ces rondelles et en même temps les plots, supprimant ainsi le contact des plots avec la feuille de métal E et la sonnerie cessera de fonctionner.
- Il suffît de répartir les plots de telle manière que leur distance soit inférieure à la plus petite dimension d’une chaussure moyenne.
- D’autre part, on peut éviter (’) l’emploi de deux feuilles métalliques pleines en remplaçant l’une d’elles par de simples languettes disposées parallèlement sur la surface du tapis, ou par une feuille métallique dans laquelle les plots seront emboutis, soudes ou fixés par tout autre moyen. De même, les plots peuvent être creux ; ils n’ont pas besoin d’être sertis dans des rondelles de caoutchouc (fig. a).
- Fig. 2.
- Sur le sol repose une plaque métallique A servant de conducteur; sur cette plaque repose un carton isolant B, dans lequel sont ménagés des évidements où viennent se loger des rondelles de caoutchouc G perforées intérieurement ; sur ce carton sont dispo-séeSjdes languettes métalliques D sur lesquelles sont rapportées des saillies a, par soudure ou autrement.
- (') Brevet n° 404 379, demandé le 24 juin 1909.
- (') Addition n° 12 684, demandée le 28 mai 1910.
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- Ces saillies a, pénètrent à l’intérieur des rondelles de caoutchouc. Les différentes languettes sont placées parallèlement et réunies entre elles par un conducteur. Au-dessus, on dispose le tapis F.
- Sous l’influence de l’effort exercé sur F au-dessus d’une' languette, il se produit un écrasement du caoutchouc et la saillie a vient au contact de la feuille A, fermant ainsi lê circuit.
- Il suffit pour cela que la rondelle de caoutchouc soit d’assez grande surface par rapport à la languette.
- B. R.
- Les coupe-circuits à bouchons fusibles.
- La question des coupe-circuits avec bouchons fusibles calibrés a été jusqu’à ce jour assez négligée et par les constructeurs et par les exploitants.
- Le bouchon fusible a pourtant cet avantage sur le plomb fusible ordinaire qu’étant calibré à l’avance pour une certaine intensité, il est impossible de placer, dans le circuit à protéger, un fusible plus fort, d’où une protection vraiment efficace. Mais il faut que cette impossibilité du « truquage » soit réelle. A cet égard, nous signalerons les deux nouveaux types de fusibles à bouchons de la société d’électricité A. E. G.
- Ces bouchons fusibles se composent de deux parties bien distinctes : d’une coiffe en porcelaine démontable et munie d’une garniture métallique au pas de vis Edison et d’une cartouche renfermant les vis fusibles. Ces dispositions offrent encore l’avantage que, lors de la fusion d’une vis fusible, il ne faudra pas remplacer tout le bouchon, mais seulement la cartouche ; la coiffe démontable pourra resservir indéfiniment.
- L’ininterchangeabilité est assurée par une vis de contact logée au fond d’un évidement en matière isolante. Elle peut être obtenue soit en faisant varier seulement le diamètre de l’évidement (type D), soit en faisant varier à la fois le diamètre et la profondeur de cet évidement (type DU).
- Dans l’un des types, désigné par D, les cartouches possèdent à leur extrémité inférieure une cheville de contact de longueur uniforme, mais dont le diamètre varie de deux en deux millimètres,suivant l’intensité pour laquelle elle est calibrée. Comme ce diamètre correspond à celui de l’évidement de la vis de contact pour un certain ampérage, il est donc impossible déplacer une cartouche d’intensité supérieure à celle prévue pour la vis. Si l’on remplaçait intentionnellement la partie évidée de cette vis par une matière
- plus conductrice de l’électricité, la cheville n’entrant pas dans l’évidement de la vis, il serait impossible de visser la coiffe protectrice qui maintient la cartouche en place.
- Une autre question non moins importante dans l’application des coupe-circuits est également résolue par les cartouches de ces nouveaux systèmes : nous voulons parler du coup de feu cpii se produit
- Coiffe dévifsublo.
- Cartouches.
- Vis do contact.
- Fig1, i. — Aspect des différentes pièces des coupe-circuits il bouclions lusibles: à gauche,-typé D; à droite, type D1I.
- parfois lors de la fusion des plombs dans les bouchons ordinaires et qui est dangereuse dans les endroits où peuvent se trouver des gaz inflammables.
- Les cartouches dont il est question ici sont formées d’un fort noyau de porcelaine de forme cylindrique. Le fil fusible est un fil d’argent, mince, étiré en ligne droite au centre de la partie évidée du noyau et parfaitement brasé aux deux plaques de contact. La brasure électrique, effectuée par un procédé spécial, assure un excellent contact avec un minimum d'échuuffement par résistance de-contact. Le plus grand échauffementdu fil fusible alieu, par conséquent, en son milieu, ce qui assure, en cas de surcharge, la fusion du fil en ce point. Les dangers d’ex-
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- plosion sont supprimés, aucun gaz ne pouvant se produire au moment de la fusion, parce que l’emploi des matières généralement en usage pour la soudure des fils fusibles dans les cartouches est proscrit. Au centre de la tête de la cartouche se trouve un voyant au travers duquel on aperçoit le fil faisant office de témoin de fusion du fusible ; ce fil est parfaitement protégé de l’extérieur par une plaque transparente, de façon qu’aucune flamme, aucun gaz ne puissent
- Fig. 2. — Coupe de la cartouche d’un fusible, type DH.
- s’échapper au moment de la fusion. Afin de connaître facilement l’ampérage pour lequel les cartouches sont calibrées, la couleur du fond des voyants diffère d’après l’ampérage des cartouches et correspond à la couleur donnée extérieurement aux vis de contact pour ce même ampérage, ce qui est encore une sécurité lors du remplacement de la cartouche brûlée par une cartouche neuve.
- Le fil témoin est logé sur la plus grande partie de son parcours dans un canal rempli d’air et séparé de celui où est logé le fil fusible (fîg. 2). A la sortie de ce canal, le fil témoin se retourne pour passer sous les voyants et finit par aboutir dans le logement du fil fusible. Grâce à cette disposition, le fil témoin est indépendant du fil fusible et ne peut fondre par le passage du courant, en cas de contact accidentel avec ce dernier. La fusion ne peut se produire que pendant le dégagement de chaleur dû à la fusion du fil fusible, et avant tout, sous les voyants, parce que cette partie est en communication directe avec le logement du fusible et offre la plus petite surface de refroidissement.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- « Nous avons eu la curiosité, dit la dernière circule laire Renauld, de faire le total des recettes encais-« sées en 1910, par un certain nombre d’entreprises « électriques. Elles sont situées dans les régions les
- « plus diverses de la France et puisent leur énergie « les unes dans la houille noire, les autres dans la « houille blanche. Le total est de i3 169324 francs « contre 11 339008 francs en 1909, soit une plus-« value de 14 S • De moins value, nous n’en avons « pas encore constaté depuis l’origine. »
- En effet, si l’on prend les statistiques des recettes des entreprises les plus diverses de distribution d’énergie électrique, on constate, de mois en mois et d’année en année, une progression fort intéressante de ces recettes qui est la justification des efforts réalisés par ces entreprises pour répandre l’usage et le besoin du courant électrique. Mais ces statistiques 11e nous disent pas au prix de quels sacrifices se fait la diffusion et l’accoutumance de ce mode de transport do l’énergie. Sous peu, nous aurons l’occasion de donner un aperçu de ce qui a été fait en certaines régions de France pour établir de grands réseaux qui puisent leur énergie, comme le dit notre citation, dans la houille blanche, mais aussi et simultanément dans la houille noire ; nous assisterons à des luttes d’influence et nous verrons que la prise de possession de la clientèle, même avec le bénéfice de la loi de 1906, n’est pas exempte de difficultés.
- Nous avons sous les yeux le rapport du conseil d’administration, c la dernière assemblée générale, de l’Energie Electrique du Centre. Deux séries do diagrammes donnant, l'une la production mensuelle totale de kilowatt-heures des trois secteurs de l’Energie du Centre, l’autre les recettes mensuelles totales de ces mêmes secteurs, illustrent éloquemment la remarque du début que nous avons faite nôtre.
- Ainsi, la production des kilowatt-heures limitée en juillet 1907 à 600 000, atteignait 3 800 000 en juillet 1910, début de l’exercice en cours; tandis que les recettes correspondantes passaient de 53 700 francs à 196250 francs. D’une part, l’augmentation était de 53o % , et d’autre part de 440 % ; mais la recette qui, pour ce mois de juillet en particulier était de o fr. 0896 par kilowatt-heure produit en 1907, n’atteignait plus que o fr. o5i6 en 1910 sur la même base de comparaison.
- C’est d’ailleurs logique, car, juillet étant le mois des plus longs jours, la grande augmentation constatée intéresse la force motrice peu développée au début du réseau et dont le prix de vente est sensiblement inférieur à celui de la lumière. Les conclusions sont d’ailleurs les mêmes si, prenant le nombre total de kilowatt-heures, produits pendant l’année 1907-1908, les recettes totales de cet exercice, et pareillement les chiffres correspondants de
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- 1909-j 91 o, on recherche la recette par kilowattheure : elle était, en moyenne, de o fr. 093 en 1907-1908; elle a été de o fr. o5o en 1909-1910. Ces chiffres comprennent, d’ailleurs, toutes les recettes accessoires des réseaux : location d’appareils, redevances diverses, etc.
- Reportons-nous, maintenant, au compte de profits et pertes du dernier exercice. Pour deux raisons que le Conseil explique, l’organisation de l’exploitation du secteur de Roanne et l’accident survenu à une turbine à vapeur qui a nécessité des dépenses exceptionnelles, les bénéfices nets se chiffrent seulement par 3y 275 fr. 33; joints au report de l’exercice précédent, ils forment un total de i33 609 fr. 43 qui ont été affectés, à concurrence de 115 000 francs, à une réserve spéciale contre-balançant le compte d’attente figurant à l’actif sous le titre : dépenses consécutives à l’accident de la turbine Curtis ; et de 18 609 fr. 43 au report à nouveau.
- Les recettes d’exploitation proprement dites se sont élevées à 2 060 5p3 fr. 77, contre 1 786 918 fr. 46 de dépenses de même ordre : d’où un coefficient d’exploitation de 86 % . Mais il ne faut pas oublier que l’Energie Electrique du Centre achève à peine « son « programme de travaux importants, destinés à la « mettre à même de fournir à toute la clientèle des « régions industrielles qu’elle dessert, l’énergie « électrique qui lui sei’a demandée ». L’exercice écoulé a encore supporté 475 874 francs de travaux de premier établissement s’appliquant aux secteurs de Montluçon et de Roanne; et nous entrevoyons par là le montant des sacrifices financiers que la Société a dû faire pour étendre ses réseaux, tout en leur amenant le courant nécessaire. Plus de douze millions, exactement 12 398 418 francs, ont été immobilisés en terrains, barrages, usines hydrauliques, usines à vapeur, lignes primaires et secondaires pour les trois secteurs du Cher, du Roannais et de Saint-Etienne. Il n’est rien, d’ailleurs, que la Société n’ait tenté pour donner à son exploitation l’ampleur voulue, tout en recherchant l’économie des frais d’exploitation.
- D’accord avec la Société d’Eclairage et de Force motrice de Grenoble, avec la Société Hydro-Electrique de l’Eau d’Olle, fournisseurs de l’énergie hydraulique provenant des Alpes, et avec la Société des Lignes Electriques qui a fourni les fonds nécessaires, l’Energie du Centre a contribué à la construction d’une ligne de transport de force à 60000 volts, depuis Grenoblejusqu’à Saint-Chamond. Composée de six câbles en aluminium, capable de
- transporter 15 000 chevaux, elle constitue la première de ce genre établie en Fraçce.'Sa mise en service date bientôt d’un an et le secours qu’elle apporte actuellement est au moins de 75 000 kilowatts-heure par jour de courant hydraulique venant des Alpes. 11 en résulte une économie très sensible des frais d’exploitation qui aura sa répercussion sur les résultats de l’exercice en cours. D’ailleurs, le rapport du conseil ajoute que pour le secteur de Montluçon les recettes dépassent ses prévisions ; que pour le secteur de Roanne, au bout d’un an à peine d’exploitation, le chiffre des recettes atteint déjà les trois quarts du chiffre fixé, et que pour le secteur de Saint-Etienne où il y a encore un effort considérable à faire, le courant que l’Energie pourra mettre à la disposition de cette région sera aussi le plus facilement absorbé. En résumé, il ne faut considérer ces trois premières années que comme des années d’organisation, de mise en train et de mise au point. Débarrassé de la gêne des travaux neufs, le conseil consacrera désormais toute son activité à établir définitivement l’exploitation sur des bases économiques.
- Le bilan résumé de 1909-1910 se présente comme
- suit :
- ACTIF
- Immobilisé.................... 14 096 738 10
- Disponible.................... 617 853 16
- Réalisable................ 5 769 ia3 78 .
- Obligations à la souche....... 1 23o 000 00
- Compte d’attente Curtis....... 4°9 816 17
- Total................. 22 123 531 21
- PASSIF
- Capital actions.................... 6000000 00
- Obligations....................... 10000000 00
- Réserves et amortissements. . 306917 36
- Envers les tiers. . ......... 5 684 004 4'2
- Solde des profits et pertes.. i33 609 43
- Total............... 22 1 a3 531 21
- Nous avons dit ce qu’étaient les immobilisations ; le disponible comprend les fonds en caisse et à recouvrer ; le réalisable comporte les valeurs en portefeuille et les contrats pour 6451732 francs et les approvisionnements pour 25o 664 francs. Au passif, les comptes s’expliquent d’eux-mêmes, le passif envers les tiers se composant pour partie de coupons à payer, pour partie d’avances consenties par les banquiers de la Société.
- L’assemblée a approuvé les comptes à l’unanimité et voté l’affectation des bénéfices comme dit plus haut.
- La Société des Forces motrices du Rhône avait
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- LUMIÈRE ÉLECTRÏQ ÜË
- T. XIII (2e Sérié);
- conclu avec la Grenobloise de Force et Lumière, un accord de principe analogue à celui de l’Energie du Centre avec la Société d’Eclairage et de Force motrice ; mais elle lui abandonnait en plus l’exploitation de certaines agglomérations aux environs de la ville de Lyon. Dans ce but, la Grenobloise a équipé l’usine de la Bridoire, alimentée par une chute de îuo mètres fournie par le réservoir aménagé au lac d’Aiguebe-lette : l’usine vient d’être mise en route. Son courant est envoyé à Lyon à la station de Vaux-en-Velin où arrive également le courant produit par les usines de Bellegarde, de la Plombière près Moutiers, d’Avi-gnojjnet et de Livet.
- L’Aluminium du Sud-Ouest et sa filiale l’Électro-métallurgique du Sud-Est viennent d’être absorbées par un groupement composé des Sociétés- de Froges, de Péchiney, de l’Arve et des Pyrénées. Le nouveau groupe apporte a 85oooo francs et compte demander à un emprunt les ressources nécessaires pour la mise en valeur de la chute d’Arreau.
- On augure beaucoup de cette combinaison qui complète l’entente réalisée il y a peu de Jemps entre les fabricants français d’aluminium.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris, — Le préfet de la Seine vient d’approuver la mise en adjudication partielle des travaux de la ligne métropolitaine Trocadéro-Porte de Saint-Cloud pour le prix de 8700000 francs. La ligne sera prolongée de 3oo mètres par le boulevard Murat, de façon à être raccordée avec la ligne métropolitaine n° 8. Les travaux de cettê ligne vont commencer prochainement.
- Saône-et-Loire. — Le Conseil général a décidé de concéder une ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie d’un mètre de Marcigny à la Clayette d’une longueur approximative de 27 kilomètres.
- Le maximum des dépenses de premier établissement est évalué à 1782000 francs.
- Autriche-Hongrie. — Le gouvernement étudie en ce moment un projet qui consacre une centaine de millions de couronnes à la construction de 33 nouvelles lignes ferrées locales, notamment en Bohême, Basse-Autriche, Styrie, Tyrol, Gaîicie, Dalmatîe, Bukovine, etc.
- Russie. — Official Messenger signale qu’il est question de construire une ligne de tramways électriques de Moscou à Troitsko-Sergievsky. Le coût de l’entreprise est évalué à 8 700 000 roubles,
- Chili, — Le Diario Oficiàl publie un décret aecordant au ministère de l’Industrie et des Travaux publics un crédit de 10 000 000 pesos en vue de la construction de Voies ferrées et de l'achat de matériel roulant.
- ÉCLAIRAGE
- Seine, — Le Conseil général, dans sa séance du 14 décembre 1910, a voté une somme de 25 5i2 francs pour l'a fourniture et l’installation d’un groupe électrogène et d’une batterie d’accumulateurs, en vue de l’éclairage électrique de l’hospice départemental d’An-tony.
- Dans la même séance, U a approuvé la convention passée avec la Société anonyme électrique de Dun.sur-. Auron pour l’éclairage électrique de la colonie familiale de Du»-sur-Auron,
- Le préfet de la Seine a été autorisé à traiter avec la Compagnie l’Urbaine Electrique pour l'installation de l’éclairage électrique à l’asile de Mpisseiles.
- Rhône. — Le Conseil général du département du Rhône vient d'être appelé à donner son avis sur la demande de concession des forces motrices du Rhône à Génissiat (Ain) présentée par M. Harlé.
- Diverses critiques ont été formulées, portant notai»* ment sur les dangers que pourrait présenter la ruptsre de la digue de 40 mètres de hauteur qui retiendrait ce vaste lac artificiel de *3 .kilomètres et sur les modifications du régime du fleuve, qui pourraient se produire par suite de la formation d’énormes dépôts de vase et de sable, modifications qui pourraient nuire à la concession de Jonage.
- D’autre part, on a fait ressortir que le projet rendrait impossible d’autres concessions de force motrice sur le Rhône et, en supprimant toute concurrence possible, causerait un grave préjudice à la ville de Lyon, qui n’est pas comprise dans la distribution de force motrice.
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- 18 Février 1911.
- Finalement, l’affaire a été renvoyée à l’examen d’une commission spéciale, composée des membres de la commission actuelle des forces hydrauliques auxquels seront adjoints le président de la Chambre de commerce de Lyon et divers hauts fonctionnaires des Ponts et Chaussées.
- Belgique. —La Mutuelle des Electriciens de Charleroi, société coopérative, a été fondée à Charleroi le 22 décembre 1911, et sera dissoute le 3i décembre 1911.
- Cette société, dont le siège social est établi actuellement, 49, quai de Brabant, à Charleroi, a pour but de grouper les installateurs d’appareils d'électricité de la région de Charleroi, en vue d’entreprendre la distribution d’éclairage et de force motrice à l’exposition de Charleroi en 1911 et de faire toutes autres opérations commerciales similaires susceptibles de procurer des profits à la Société en même temps que de mieux faire connaître et apprécier l’industrie des coassociés.
- Le capital est illimité; son minimum est fixé à 10 000 fr. intégralement souscrit et libéré; il est représenté par des parts sociales de 100 francs. Les parts sont incessibles à des tiers, mais peuvent être cédées à des coassociés, avec l’autorisation du conseil d’administration.
- Allemagne. — La Société A. G. Lauchhammer, qui possède plusieurs exploitations minières et des usines métallurgiques en Allemagne, a décidé d’installer un transport d’énergie électrique sous la tension de 110 000 volts.
- Les différents sièges de cette Société, situés à Burg-hammer, Lauchhammer, Groditz et Riesa, possédaient chacune leur centrale électrique propre ; toutefois, comme des sondages ont démontré l’existence de gisements houillers importants sous le siège Lauchhammer, la Société a décidé, pour pouvoir exploiter ces gisements économiquement et en tirer parti aux différents sièges, de créer une centrale électrique pour transporter l’énergie aux divers sièges d’exploitation.
- Pendant que cette installation était à l’étude, il se poursuivait également un autre projet pour l’établissement d’une grande centrale à Grôba — centrale destinée à alimenter les arrondissements de Grossenhain, Meissen, Osehatz et Dobeln, situés dans le royaume de Saxe.— Les intéressés s’entendirent pour ne faire qu'un seul et même projet en réunissant les deux études.
- Les négociations qui eurent lieu à cet effet aboutirent à une convention entre la Société Lauchhammer et la Centrale intercommunale de Grôba, convention suivant laquelle la centrale électrique à installer par la Société Lauchhammer devra fournir l’énergie électrique aux quatre arrondissements précités, par l’intermédiaire de deux sous-stations à établir aux sièges de Groditz et Riesa.
- La station centrale comprendra au début trois turboalternateurs d’une puissance unitaire de 5 000 kilowatts
- et deux autres unités de même puissance seront installées, dans la suite. Le - transport de force se fera sous la tension de 110 000 volts, et l’installation de transformation se composera au début de quatre transformateurs à bain d’huile de 6 800 kilowatts chacun, prévue pour élever la tension de 5 5oo à 110 000 volts.
- Quand l’installation aura atteint son complet développement, lapuissancedes transformateurs sera de4ooookilowatts environ et toute cette énergie sera transportée, au moyen de deux lignes séparées, aux sous stations de GrOditz et Riesa, à des distances de 5o kilomètres environ, et servira également à alimenter le réseau de la Centrale de Grôba.
- La Société Siemens-Schuckert et la Société Bergmann ont été chargées de l’installation de distribution et de transformation.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Saône-et-Loire. — Par décret du 28 janvier, la Chambre de commerce de Miicon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 8 36o francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Saint-André-le-Désert-Salornay-sur-Guye et Pruzilly-Pontarnevaux.
- Algérie. — Par décret .du 3o janvier, la Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 66 700 fr. en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Frenda-Tiaret, Perrégaux-la-Ferme-Blanche-Fornaka, Aïn-Té-mouchent-Er-Rahel, Aïn-Témouchent-Àrlal, Saint-Denis-du-Sig-Oggaz,Perrégaux-Sahouria-Nouvion, Perrégaux-Dublineau, Hammam-Bou-Hadjar-Aïn el-Arba.
- Italie. — Parmi les projets présentés par le ministre des Postes au dernier Conseil des ministres, on remarque celui tendant à la création d’une ligne téléphonique de Milan à Berlin. La part de l’Italie dans les dépenses d’installation serait fixée à 2 000 000 de lire. La ligne suivrait la ligne du Gothard et traverserait la Suisse sans la desservir. Le gouvernement fédéral demanderait une indemnité pour autoriser la ligne à passer par territoire helvé tique.
- Danemark. — La Compagnie des téléphones de l’île de Seeland, ayant l’intention d’étendre son réseau, se proposerait, dès que le gouvernement danois aura approuvé certaines modifications de tarifs, d’adresser des commandes aux fabriques de câbles pour la fourniture du matériel nécessaire.
- République Argentine.— Le Boletin Oficial publie un décret autorisant la Direccion General de Correos y Telegrafos à établir treize lignes télégraphiques. Le coût total de l’entreprise est de 5oi 696 piastres. L’administration précitée a reçu pleins pouvoirs pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2» Série).
- N” 7.
- se procurer le matériel (câbles, appareils télégraphiques, isolateurs, fil de fer galvanisé), jusqu’à concurrencé de 196 600 piastres. Environ la moitié de cette somme sera consacrée à l’achat de câbles.
- Mexique.— Le Mexique annonce que le ministère des Communications a accordé une concession pour l’établissement d'une nouvelle ligne téléphonique, entre Mon-terrey et Caderèyta, Jimenez, Neuvo-Leon.
- DIVERS
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- Paris. — Le ministre du Commerce et dé l’Influstrie a décidé que les épreuves du concours d’admission à l’Ecole centrale des arts et manufactures commenceront le 7 juin 1911. La clôture du registre d’inscription aura lieu le 20 mai.
- Belgique. — Le Bureau de la Société belge d’Elec-triciens à été constitué comme suit pour l’ànnée ign : président : M. Lacomblé, ingénieur-électricien principal de la ville de Bruxelles ; vice-présidents : MM. Colard, ingénieur principal des télégraphes, et Delepaulle, ingénieur en chef de la compagnie continentale; secrétaires : MM. Francart, directeur technique des chemins de fer vicinaux de Bruxelles à la Petite-Espinette, et J. Piérart, contrôleur à la direction des télégraphes ; trésorier : M. A. Grosjean, ingénieur ; bibliothécaire : M. le commandant du génie P. Giron.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Ateliers électro-mécaniques de Suresnes. — Capital : 200000 francs. —Siège social : 2, rue Sentou, Suresnes (Seine).
- Société d’Electricité de l’Ouest de la Belgique. — Constituée le 19 janvier 1911. — Capital : 1 5oo 000 francs. — Siège social : Bruxelles.
- CONVOCATIONS
- Société des Tramways d’Amiens. — Le 2 mars, 19, rue Blanche, Paris.
- Société des Tramways de Rouen. — Le 2 mars, 19, rue Blanche, Paris.
- Société Centrale pour l'Industrie Electrique. — Le fi mars, 3, rue Moncey, Paris.
- Compagnie Parisienne d’Energie Electrique. — Le 21 février, 167, rue Montmartre, Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- W. Gerhardi, Lüdenscheid (Westphalie).
- Matériel perfectionné pour tréfileries, laminoirs et usines métallurgiques. ••
- Allgemeine Elektrizitats-Gesellschaft, Berlin.
- A.E. G. Zeitung, février igu.Die A. E. G. und die Entwielung der elektrischen Bahnen. -
- Kupfer und Elektrizilatsindustrie.
- Kurzschlüss. "
- Elektrische Gesteinsbohrmascliinen. ’
- Schaltapparate für 125 000 volts.
- Eine Elektrische Wasserwerks und Kanalisationsan-lage.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Concours, en deux lois, pour la fourniture et l’installation d’un moteur, d’une pompe et d’un générateur à l’usine élévatoire de Trilbardou (Seine-et-Marne) : ierlot: 55 000 francs; 2e lot : 16000 francs. Offres avant le 6 avril. Rens. à l’Hôtel de Ville, Paris.
- ALLEMAGNE
- Le 3 avril, aux chemins de fer dé l’Etat prussien, à Siegen, fourniture et montage d’une grue roulante de transbordement d’une force de 25 000 kilogrammes actionnée électriquement.
- Prochainement, à l’administration communale, à Zul-lic/iau (Brandebourg)/ extension des installations électriques, 400 000 marks.
- Chili
- Le a5 mars, à la ; direction générale des chemins de fer de l’Etat chilien, à Santiago, fourniture de 6 voitures à voyageurs/ 3 fourgons à bagages, 98 wagons divers à marchandises.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- Le 7 février. — A la préfecture des Côtes-du-Nord, fourniture de 20 wagons à marchandises, couverts, type K, à voie d’un mètre.
- Société des ateliers du Sornin, à Clayette (Saône-et-Loire), adj. à 66420. — Etablissements Decauville aîné, 67 200. — J. Weitz, 76 600. — Société de l’Horme et la Buire, 73 5oo.
- Pour éviter tout retard dans ta rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications ;techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureiux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant J -B. Nofat.
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- Trente-troisième année.
- La
- Lumière Électriq
- Préeédçrament
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICIl E
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 225. — G.-E. Petit. Procédé pour déterminer à l’aide de deux antennes la direction d’un poste radiotélégraphique qui fait des émissions continues, p. 227. — Chronique des machines électriques: L. Bergen. Les moteurs électriques à axe vertical, p. a3o. — Les efforts mécaniques supportés par les enroulements, p. 233, — Les pertes dans le fer; essais pratiques, p. 23G. — R. Jouaust. La représentation des pertes par hystérésis, p. 241.
- Extraits des publications périodiques. — Transmission et distribution. L’influence du facteur de diversité sur les sections des conducteurs, G Riciiter, p. 243. — Usines génératrices. Station centrale pour manufactures textiles, L. Clougii, p. 244. — Bibliographie, p. 246. — Législation et contentieux. Des droits du riverain qui a refusé de vendre son droit de riverainelé, p. 246. — Note relative à l’exercice du droit de propriété d’un riverain sur les eaux d’un torrent joignant son immeuble, p. 247. — Variétés. Derniers résultats obtenus au poste radiotélégraphique de la Tour Eiffel, p. 248. — Congrès international des applications électriques (Turin, ign), p. 249. — Chronique industrielle et financière. —A'oies industrielles. Les progrès des turbines à vapeur, p. a5o.— Etudes Economiques, p. 252. — Renseignements commerciaux, p. 254. — Adjudications,p. a56.
- ÉDIT OUIAL
- M. G.-E. Petit a imaginé un ingénieux procédé pour déterminer la direction d'un poste radiotélégraphique.
- D’après ce titre, 011 voit qu’il ne s’agit pas de diriger des ondes, mais bien de reconnaître la direction dans laquelle se trouve leur centre d’émission. L’auteur montre que cela est possible, si les émissions sont continues, en disposant au poste récepteur deux antennes.
- La « base » jalonnée par ces deux antennes faisant avec la direction du poste émetteur un certain angle (qu’il s’agit précisément de déterminer), les deux antennes recevront l’onde avec un certain « décalage » dans le
- temps, qui se traduit par une différence de phase entre leurs régimes vibratoires. On conçoit aisément qu’en mesurant cette différence de phase on puisse en déduire la valeur de l’angle cherché, lequel définit la direction du poste émetteur. Cette mesure de la différence de phase, M. Petit propose de la réaliser avec deux dispositifs auxquels il donne très logiquement le nom de « radio-phasemètres ».
- La chronique des machines électriques, publiée aujourd’hui par M. L. Berger, traite de questions diverses, et toutes relatives à l’électrotechnique pratique.
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- En premier lieu, l’auteur étudie, d’après M. Fischer-Hinnen, les modes de construction des paliers qui conviennent plus particulièrement aux moteurs à axe vertical. Le grand développement de ces moteurs, si souvent employés pour la commande des pompes centrifuges, a forcé les constructeurs à examiner de près les dispositifs propres à assurer le graissage. Les paliers à billes ont été recommandés, mais la tendance actuelle serait de revenir aux paliers à cannelures.
- Les grandes vitesses imposées aux machines par l’introduction des turbines, ont posé, entre autres problèmes, celui de la résistance des bobinages aux efforts mécaniques, dûs à leur réaction mutuelle. Des essais deM. R. Czepelc ont permis de vérifier un certain nombre de formules simples et suffisamment approchées pour être introduites dans le projet de construction.
- Le même auteur a exécuté une série d’essais du plus haut intérêt sur les pertes dans le fer. Il a étudié systématiquement la magnétisation statique, alternative et tournante. Le résultat de ces mesures comparatives a été l’établissement de coefficients pratiques.
- Nous avons rapproché de celte remarquable étude une analyse du travail, plus récent, que M. R. Richter a consacré à la représentation des pertes par hystérésis.
- On sait que l’on dispose, à cet effet, de la formule classique de Steinmetz, au sujet de laquelle les avis sont vi'aiment bien partagés. Certains techniciens estiment qu’elle exprime une loi très générale qui interviendrait non seulement dans l’hystérésis magnétique, mais dans beaucoup d’autres phénomènes analogues ; — tandis que certains autres la jugent radicalement fausse et insuffisante. M. R. Richter appartient à ce dernier parti ; pour lui, l’exposant i,6 n’est qu’un leurre, et il propose de recourir à une expression.
- En présentant cette étude, M. R. Jouaust en commente les vérifications expérimentales. Il y trouve la confirmation d’une re-
- marque énoncée par lui-même, au sujet de la forme de la loi, et il indique clairement combien, à son avis aussi, la formule de Steinmetz mérite peu de confiance.
- En appliquant la notion de « facteur de diversité » au cas des distributions à tension constante, M. C. Richter a mis en évidence quelques règles pratiques de prédétermination des sections des conducteurs.
- Nous décrivons ensuite, d’après M. L. Clough, une intéressante station centrale dont l’aménagement présente la particularité d’avoir été établi en vue de fournir la commande motrice à des manufactures textiles.
- Bien qu’il soient signalés en quelques lignes seulement, dans nos Variétés, les nouveaux résultats obtenus au poste radiotélé-graphique de la tour Eiffel, ont une importance de premier ordre qui n’échappera pas aux techniciens. Ils se résument en deux chiffres : une puissance de io kilowatts a suffi, pour transmettre les signaux de la Tour à Glace-Bay, c’est-à-dire à 6 ooo kilomètres. Depuis que le poste de Glace-Bay existe, il est entendu à la Tour Eiffel, mais la réponse ne pouvait parvenir. Le fait d’y avoir réussi avec une aussi faible puissance montre quelles perspectives s’ouvrent au développement de la télégraphie sans fil.
- Et en fait, la place qu’elle prend dans la vie ordinaire, s’accroît avec une rapidité singulière. On connaîtdéjà ses applications géographiques (détermination des longitudes, etc.) ; aéronautiques (postes de dirigeables et d’aéroplanes); son rôle militaire s’affirme également : des postes automobiles vont sans doute en Allemagne, être affectés aux divisions de cavalerie. Quant à son rôle de sécurité dans la navigation, consacré déjà par tant de sauvetages, il tend à devenir officiel; aux Etats-Unis par exemple, les jjostes de T. S. F. sont obligatoires sur les navires importants.
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- PROCÉDÉ POUR DÉTERMINER A L’AIDE DE DEUX ANTENNES LA DIRECTION D’UN POSTE R AD IOTÉ LÉGRA PII10 U E QUI FAIT DES ÉMISSIONS CONTINUES
- Deux antennes identiques, distantes d’une longueur cl, vibrent d’une manière identique, au point de vue des amplitudes maxima de courant et de tension, sous l’influence d’ondes hertziennes émises par des postes radiotélégraphiques, si cl est petit par rapport aux distances des deux antennes à ces sources d’émission. Mais, sur les deux antennes hi et L2, il y a une différence de phases
- d cos a
- x étant l’angle que fait OLj avec le vecteur OP dirigé vers la source des émissions de longueur d’onde X (fig. i).
- ___d___
- Fig- !•
- Les deux dispositifs décrits ci-après permettent de mesurer, en grandeur et en signe, la différence de phase © (et peuvent être appelés par conséquent rcidiophasemèlres).
- <p étant mesuré, l’angle a sera donné par la formule
- i & X
- cos a — - - —.
- % % d
- Remarquons immédiatement que les radio-phasemètres fourniront deux solutions symétriques par rapport au plan des deux antennes (tandis que les deux directions données par le radiogoniomètre Bellini-Tosi,
- utilisant 4 antennes, sont en sens inverse l’une de l’autre).
- La disposition des deux radiophasemètres de réception est représentée schématiquement par la figure a. On voit que les enroulements identiques et <7, d’une part, Bt et B2 d’autre part, sont embrochés sur les deux antennes Lt et L.,, lesquelles sont munies des dispositifs ordinaires d’accord tels que les capacités variables G, et C2 et les selfs variables S4 et S2.
- La self du circuit de réception est constituée par un enroulement A qui est influencé par les courants des deux antennes dans les enroulements a, et «2 d’une part, et d’autre part par les courants dans les enroulements b\ et b2 de deux circuits intermédiaires identiques, accordés sur les antennes et excités par celles-ci.
- PRINCIPES UES DEUX RADIOPHASEMÈTRES
- Chacune des deux antennes engendre dans l’enroulement A du circuit de réception un champ tournant circulaire obtenu d’après la remarque suivante : '
- Deux champs alternatifs de même période, d’amplitudes égales A et décalés dans le temps de l’angle [a, donnent, si on les compose dans l’espace sous l’angle % — g, un champ tournant circulaire de période T et d’amplitude A sin [a.
- Pour que les enroulements aq et bi engendrent un champ tournant circulaire, il suffit d’après la remarque précitée :
- i" De disposer ces enroulements suivant
- j
- deux cadres n, et bx faisant entre eux l’angle - — [A, \j. étant la différence de phase entre le courant d’antenne aq et le courant dans bi
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2« Série). — N* 8.
- induit par l’antenne dans le circuit intermé-
- diaire B\ yi Cet angle ;>. sera voisin de -,
- car le circuit intermédiaire devra être accordé sur l’antenne.
- l’accouplement des enroulements Bj et B'j.
- PREMIER TYPE DE RADIOPHASEMETRE
- Dans un premier type de radiophasemètre (fig. 3) on disposera les enroulements a2 et b2
- Antenne X.
- Il—
- Fig. 2.
- 2° De régler les valeurs relatives des couvrants qui circulent dans «, et b{ de manière que le champ central moyen de chacun
- d’eux, à travers l’enroulement A du circuit de réception, soit de même- amplitude. Pour cela, on pourra faire varier convenablement
- symétriquement de ai et de bx par rapport à un plan quelconque KK' passant par l’axe commun O des cadres.
- En même temps, tout aura été disposé sur la seconde antenne L2 comme sur la première : de telle sorte que le champ engendré par les enroulements a2 et b2 sera un champ tournant circulaire de même amplitude que le champ tournant engendré par «q et h{, mais avec un sens de rotation inverse.
- Ces deux champs tournants circulaires, de même amplitude et de sens inverse, se composent suivant un vecteur rectiligne alternatif de direction fixe dans l’espace : il est situé dans le plan de symétrie KK' si les deux antennes vibrent en phase ; si celles-ci vibrent avec une différence de phase la direction
- du vecteur alternatif fait l’angle - avec le plan de symétrie.
- La position de ce vecteur sera déterminée
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- 25 Février 4911.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- au moyen de l’enroulement A du circuit de réception, enroulement qui sera disposé sur un cadre mobile autour de l’axe commun O. On fera tourner ce cadre jusqu’à obtenir le maximum d’intensité des signaux, et sa posi-. . $
- tion fera alors l’angle ^ avec celle qui correspond à un décalage nul entre les deux antennes.
- <p
- Connaissant L la direction est donnée par la formule :
- i 9 X cns « = - - -. x 2 a
- Pour une longueur d’onde déterminée, les réglages des valeurs de C,, S,, y,, Cj et de l’accouplement Bj B\ auront une valeur déterminée une fois pour toutes, ainsi que
- TC
- l’angle g (voisin de -) de décalage des deux
- courants dans a{ et b{ ; les mômes réglages auront lieu parallèlement sur la seconde antenne (automatiquement, pour plus de commodité, par des organes communs de commande).
- Pour déterminer la longueur des émissions du poste dont on recherche la direction, on pourra employer de nombreux moyens : par exemple, un commutateur rapide, ne laissant agir que l’enroulement ax sur le circuit de réception, ramènera le problème au cas d’une réception ordinaire sur antenne unique et, d’après le réglage de G, l’opérateur connaîtra la longueur d’onde.
- Cette longueur d’onde étant connue, des tables ou des abaques indiqueront à l’opérateur les valeurs à donner à tous les paramètres variables : Cj, Sj, yj, [*, accouplement Bj B'j, etc. Pour plus de commodité, plusieurs de ces réglages seront faits deux par deux, à l’aide d’une commande commune et il sera encore possible d’établir dés liaisons entre ces commandes communes, par exemple entre la commande commune y, et y., et la commande de G.
- SECOND TYPE DE HADIOPHASEMÈTKE
- Au lieu de faire produire par les deux antennes deux champs tournants cii*culaires ayant des sens de rotation inverses, on engendrera deux champs tournants ayant même sens de votation.
- Les deux cadres a{ et ù, seront disposés comme précédemment ; les deux cadres a2 et bo feront encore entre eux l’angle tc — |j., mais ils formeront un ensemble superposable, celte fois, au système des cadres bx et non plus symétrique de celui-ci. Les deux champs engendrés seront donc de même sens et de même amplitude, si l’on fait les mêmes réglages que précédemment.
- Les deux champs s’annuleront si l’angle d’écart entre les deux systèmes superposables des deux cadres a{ bl eta.2 b2est % —<v : d’où un second moyen de déceler le décalage 9 des coux’ants des deux anteixnes. Dans ce second type de radiophasemètre, l'enroulement A du cil-cuit de réception sera fixe. L’opérateur fei-a varier l’angle des deux systèmes ax ôj et a» A>> de manièi-e à obtenir le silence (ou le maximum d’intensité) et l’angle d’écart sera % — 9 (ou 9).
- Dans les deux types de l’adiophasemèti-es, il est intéressant de remai-quer que l’intensité maximum de réception des signaux ne dépend pas, comme dans le système Bellini-Tosi, de l’écartement des antennes.
- Rem a «que. — Si, dans le premier de ces deux dispositifs de radiophasemètres, on considère maintenant A comme la self d’un circuit excitateur d’émission radiotélégraphique pi*odui-sant des ondes continues, il est facile de se rendre compte, à propos de l’émission, d’une sorte de réversibilité du mécanisme de la réception. Autrement dit, quand le champ
- excitateur engendré par A fait l’angle ^ avec
- le plan de symétrie K K.', les deux antennes sont excitées avec une différence de phase 90.
- Ce dispositif d’excitation permet de faii*e varier la forme de la courbe du diagramme
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIH (2* Série). — N‘8.
- d’émission de l’ensemble de deux antennes, courbe qui est définie en coordonnées polaires par la relation suivante entre l’intensité I et l’angle a :
- r?0 , nd “I
- I = A cos —)-— cos a .
- L2 ^ t _ I
- Un procédé plus simple et plus général pour exciter deux antennes (ou davantage)
- |--------------c1|-------------
- champs alternatifs égaux en amplitude produits l’un par l’enroulement A d’un circuit AGED oscillant continuellement (fig. 4), l’autre par l’enroulement B d’un circuit BD'G'accordé et accoupléavec le premier. Ge champ tournant circulaire excitera un nombre quelconque d’antennes en traversant les spires i, 2, 3, etc., intercalées entre ces antennes et la terre et disposées suivant des cadres mobiles autour d’un axe perpendiculaire au champ tournant.
- Fig. 4.
- avec des différences de phases variables à volonté est le suivant :
- Un champ excitateur tournant, circulaire, est produit en composant sous l’angle n — p,, suivant le principe exposé plus haut, les
- Fig. 5.
- En déplaçant à la main ces cadres respectivement des angles a, p, etc., on modifie de ces quantités les phases des courants sur les antennes 1, 2, 3, etc.
- G.-E. Petit.
- CHRONIQUE DES MACHINES ELECTRIQUES
- I. — Les moteurs Electriques a axe vertical
- Nous commencerons eette chronique, dans laquelle nous ne résumerons d’ailleurs que des essais ou des théories d’application pratique immédiate, par quelques idées et quelques croquis intéressant la construction des moteurs électriques à axe verlical.
- Gelte catégorie de moteurs a pris une
- (g La dernière chronique des machines électriques a paru dans la Lumière Electru/ue du 4 lévrier 1911.
- extension considérable dans ces dernières années, à cause de leur application à la commande des pompes centrifuges. Or, si les machines électriques courantes ont toutes fini par prendre, quel que soit le constructeur, un air de famille, si ce n’est une similitude complète qui prouve, en somme, qu’elles sont au point, il n’en est pas de môme des moteurs verticaux dont les nombreuses variétés témoignent que l’on cherche encore la disposition définitive, capable de donner toute sécurité.
- Tant que les vitesses ont. été faibles, les
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 231
- solutions adoptées pour les turbines ont d’abord suffi (fig. i, 2, 3, 4 et 5).
- Fig. 1. — Palier et pivot à Ion Lille avec grnissa.e sous pression.
- Ces figures, empruntées à un article de M. Fischer llinncn (*), montrent très clairement ces dispositions. Le poids delà parliemo-bile est porté par une ou plusieurs lentilles, suivant la vitesse de rotation, les lentilles intermédiaires prenant des vitesses intermédiaires entre les vitesses extrêmes des sur-
- Fig. 2. — Palier supérieur de turbine.
- faces en présence. L’huile est parfois envoyée sous pression entre les lentilles, ou bien simplement retenue pour former un bain dans lequel elles tournent.
- Mais ce dispositif a l’inconvénient de don-
- (') Elektrotcclinik une1 Maschincnhau, •avril 1910.
- ner des vitesses de frottement considérables dès que le poids est élevé et que l’on veut augmenter les surfaces des portées. Aussi 11e donnent-elles de bons résultats que pour
- — Palier de turbine il lentille, pour vitesses faibles.
- des vitesses plutôt faibles et en calculant la surface de portée pour une pression par
- • . . , . *1°, -i
- centimètre carre égalé a —kilogrammes, v étant la vitesse en mètres par seconde.
- Irig. 4. — Palicravcc lentille interposée pour grandes vitesses (moteur de 3o chevaux, i\ 1 3oo tours).
- Pour des vitesses plus grandes, on a été conduit à adopter des pivots à billes qui donnent en général de bons résultats. Grâce
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- 232
- LA -LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 8.
- à ceux-ci, on peut employer la disposition de la figure 6 où les billes tournent constamment dans l’huile, celle-ci étant retenue par
- Fig. 5. — Guide et pivot supérieur.
- un tube intérieur qui l’empêche de couler sur l’arbre, soit en marche, soit à l’arrêt, ou bien
- Fig. 6. — Guide cl pivot ù billes.
- la disposition de la figure 7 où le graissage est assuré automatiquement par un tube de
- Fig. 7. — Guide et pivot t\ billes ù graissage milomaticjue.
- Pitot dans lequel l’huile monte sous l’elïet de la vitesse de rotation qui lui est commu-
- niquée par la cuvette qui la contient, à une
- hauteur égale environ à h
- 0,9 p2
- mètres.
- -* X 9>8t
- Ces paliers à billes causent cependant quelquefois de sérieux déboires, sans que la raison en soit bien déterminée, usure anormale, billes brisées, etc. et beaucoup de constructeurs reviennent au palier à cannelures avec graissage automatique à l’aide
- Fig. 8.
- Nouveau moteur asynchrone vertical des Ateliers Oerlikon.
- d’une vis placée à la partie inferieure et tournant dans l’huile.
- Ce graissage par vis, employé déjà, il y a bien longtemps, sur des turbines Parsons, donne d’excellents résultats, et des cannelures bien construites et bien graissées ne subissent qu’une usure insignifiante.
- Les figures 8 et 9 empruntées au même article montrent cette construction très intéressante, dont on peut se demander si elle 11e sera pas le prototype auquel se rallieront tou*s les constructeurs.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 233
- 25 Févriér 19H.
- II. — Les efforts mécaniques supportés
- PAU LES ENROULEMENTS.
- Dans les machines à grande vitesse, qui prennent de plus en plus d’extension, une préoccupation nouvelle provient des elîorlsde
- Fig. 9. — Nouveau moleur à courant continu des Ateliers Oerlikon.
- réaction entre les têtes de bobines. Des phénomènes d’une violence inouïe se manifestent lors d’un court-circuit, par exemple ; nous avons vu personnellement une tête de bobine normalement rabattue contre le fer en être complètement écartée après le court-circuit; les fils de 4 millimètres, au nombre de 48, qui constituaient la bobine et étaient solidement attachés ensemble, se sont trouvés écartés les uns des autres et épanouis en éventail.
- A plusieurs reprises, dans ce journal, la question a été traitée, et des moyens donnés pour diminuer ces efforts; mais des essais présenteront plus d’intérêt encore.
- Ces essais, entrepris par M. Czepek (’). conduisent à des formules simples, vérifiées par l’expérience et capables d’application industrielle.
- 'V
- ......
- -.4%
- Ct,
- z y*
- &
- J—-aÇ.,..
- Fig. ïo.
- On 11e peut théoriquement étudier que les cas les plus simples. Soit d’abord (fig. 10) celui de l’attraction ou répulsion de deux, conducteurs parallèles, de longueur l, à une distance cl l’un de l’autre. Appliquons la loi* d’Ampère :
- , üi ds ds{ ( 3 . \
- df —--------5---I cos s---cosG cos0j I,
- où i et ij sont les courants élémentaires, /•leur distance, s l’angle des deux courants et 0, Gj les angles formés par les directions des éléments avec r; on a alors, dans le cas de la.* figure 1 :
- df =
- ii{ dx dxi
- æ-
- sin2G
- i -)— cos2 G
- Si l’on remarque que la somme des compo-
- u\
- l
- ‘!U
- 'ly,
- -i
- —»
- A;
- Fig- m
- santés de cette force, parallèles à x, est nulle, il reste la somme des composantes perpendiculaires qui devient, après intégration :
- F = 2,04 «2121 1
- V-
- +
- io~° grammes.
- (4
- (*) Elektroteclinik und Maschinenbau, 8 mai 1910.
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-
- 234
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. Xlff^Séri^^-Wf"
- Dans le cas de la figure 11, l’attraction ou répulsion de deux conducteurs, placés sur une môme ligne, est donnée d’après la môme loi par la formule :
- F =
- 2,55 n2!2 loge
- (à + df
- d[-ih-1- d)
- io~1
- grammes.
- (*)
- est parfaitement applicable et suffisamment exacte.
- ,1/
- On suppose, dans ces formules, que
- i, “ l'i — I
- est l’intensité en ampères, n ie nombre de fils réunis ensemble, .1 la longueur des fils et d leur distance.
- Il est clair que, si les deux bobines se recouvrent et sont de petite section par rapport au diamètre de la bobine, la formule (i) pourra s’appliquer. Le tableau I permet de comparer les résultats des essais et ceux du calcul par la formule (i). On voit que la non-concordance augmente avec l’écartement rf, ce qui est naturel à cause de l’influence plus sensible des côtés opposés des bobines qui diminue l’effet des côtés qui se font face. Pour la même raison, la non-concordance est plus grande pour une bobine de petit diamètre que pour celles de grand diamètre. La conclusion est néanmoins que la formule (i)
- Fig. 12.
- Dans le cas de deux bobines de dimensions différentes (fig. 12), dont les axes concordent,
- d en centimètres.
- Fig. i3.
- les forces de répulsion en grammes, pour 2 bobines circulaires de 32 spires et de 3o,9
- Tableau I
- FORCE DE RÉPULSION EN GRAMMES
- CHAQUE Formel) JiOBI JVE Nombre de spires DIMENSIONS en centimètres 100 ampères 80 ampères
- ÉLOIGNEMENT MOYEN EN CENTIMÈTRES ÉLOIGNEMENT MOYEN EN CENTIMÈTRES
- 2,5 3 4 5 6 8 10 12 2,5 3 4 5 6 8 10 12
- c EH.. 1808 1540 1 2 i 0 935 I 225 1040 775 6io — _
- 0.1,3 F(% 2006 i G63 1 233 978 T— i 283 ( o65 793 628 — — — —
- G E.... 4770 4 i3o 3 000 2 25o I 820 I 27O g3o — 3110 2660 1940 1 5oo 1 ig5 815 600 —
- OI>74 j F.... 4gü3 4 120 3ofio 2 420 2 000 1470 1148 | 3 i5o 2G40 i960 155o 1 280 938 734 —
- c 3-2 E.... — — 4800 3 765 3042 2 06o 1470 I 120 — — 3i3o 2 45o 1970 i3oo 920 700
- j F.... — — 4860 3 860 3 I<)0 2340 1840 1490 *ï— 3 i3o 2470 2040 15oo 1170 962
- c 32 23,5 j E... ; — 345o 2 5Go 2o3o 138o 985 710 — — 2 220 163o 13oo 870 600 43o
- F.... — 3 660 2 880 2 38o 1 730 1 34o I O7O — - — 2340 1 85o 1 523 1110 860 697
- c 32 E.... ' — I 020 645 448 345 .145 — 65 0 4o5 270 145 90
- y> ./ F.,.. 1 3io 1 000 815 572 428 — — — 837 643 520 361 27.4 —
- 16 .26,4x25,4 j E.... l 705 1440 1 080 820 '610 — .-e- «r— 1,100 g3o 678 5io 400 r— - — —
- F.... 20O8 1-715 1273 I 012 83o — — 1342 1 114 827 655 54o — —
- R l6 i3,35x36,7 j 1 E.... 1680 1420 1022 755 570 36o 2761 226 1 o85 89.0 620 465 370 25o l52 I 10
- F.... 2040 i üQoj-i-aâ4 993 8r8 600 470 382 1325 r 100! 8i5 645 531 390 3o5 248
- (') C, circulaires; c, carrées; R, rectangulaires. (3) E = essai.
- (3) F = formule.
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-
- 25 Février 1911.
- REVUE D’ELECTRICITE
- 235
- et ï5*5 centimètres de diamètre moyen, sont rndiquéfi& par la Egare i3. De même on peut lire sur la figure' i£ les forces de répulsion
- Fig. 14. »
- qu’exercent l’une sur l’autre deux bobines rectangulaires de i i spires de 21,8 X 35,5 centimètres et 15,5 X 32,9 centimètres.
- On voit que l’effort passe par un maximum pour un certain écartement. La formule empirique
- UiU2
- F = 9,53/1*1*
- d-
- 6,8 log ^
- reconstitue assez bien ces courbes. Dans cette formule, Uj et U2 représentent les péri-
- Tableau II
- phéries moyennes et D l’épqisseur commune des deux bobines. Si enfin on suppose deux bobines égales, mais décalées l’une par rapport à l’autre, comme elles se trouvent dans les alternateurs ou moteurs polyphasés, on trouve, pour l’effort, la formule empirique :
- F = C (1 — ?)*,
- où G représente l’effort lorsque les bobines se recouvrent exactement et par suite est donné par la formule (1), et où v est le décalage exprimé en fraction du diamètre moyen
- G' 5’ 5’etc')
- Dans tous les cas précédents, des essais ont montré également que les efforts d’attraction sont égaux aux efforts de répulsion.
- Lorsque les bobines contiennent du fer (cas des bobines d’un transformateur) il n’en est plus ainsi ; les efforts d’attraction sont très inférieurs aux efforts de répulsion et' tous les deux sont supérieurs aux efforts existants sans fer, comme le montrent les tableaux II et III.
- DIMENSIONS
- DES
- BOBINES
- CONDITIONS
- DES
- MESURES
- continu
- 2 bobines j Sans fer. circulaires :[
- diamètre J ^ ( Cou*ant \ moyen,
- 9,i5 cm.;
- section moyenne,
- 65,7 cm2.
- FORCE EN GRAMMES
- 100 amperes
- 80 ampères
- 60 ampères
- ELOIGNEMENT MOYEN EN CENTIMETRES
- 4 5 6 8 10 12 4 5 6 8 10 12 4 5 6 8 10 12
- 1024 645 448 245 i45 — 65o 4o5 270 145 90 — 367 230 162 81 5o —
- répulsion. 2265 2040 1872 1648 15oo 1390 1462 1292 I 200 1080 985 892 810 720 660 600 55o 5l3
- attraction. 1470 I 132 910 600 440 370 1 010 770 620 440 338 261 090 460 38o 286 238 192
- répulsion. 2 200 '990 O AA 00 1660 i 540 1 43o 1408 1 3o8 I 2.3o 1100 1000 g3o 800 738 680 610 558 518
- attraction. I 220 960 800 55o 420 33o 855 680 570 410 320 260 545 45o 376 280 220 170
- Tableau III
- RAPPORTS DES FORCES AVEC FER AUX FORCES SANS. FER 100 ampères 80 ampères Go ampères
- ÉLOIGNEMENT MOTEN EN CENTIMÈTRES
- 4 5 6 8 10 4 5 6 8 10 4 5 6 8 10
- Répulsion Attraction 2,21 1,43 3,i6 1,76 4,l8 .3,03 6.7 2,45 io,35 3,o3 2,25 1,55 3,19 1.9 4,45 2,3 7.45 3,o3 10,9 3,75 '2,21 I,6l 3,o 5 i,95 4,07 2,34 7.4 3,53 11,0 4 * 7
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- 236
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les figures 15 et lômontrentla raison de ce phénomène : les efforts entre bobines dépendant des lignes de force qui entourent chaque bobine, on voit que la présence du 1er
- augmente beaucoup plus le nombre de ces lignes dans le cas de la répulsion (fig. i5) que dans le cas de l’attraction (fig. ifi). Ce cas est celui des bobines de transformateurs lorsque la basse et la haute tensions sont alternées.
- Une application de ces formules au cas d’un turbo-générateur montrera, mieux que tous les raisonnements, l’intérêt de cette question. Une bobine de cette machine a un développement, périphérique de i5o centimètres et une saillie de 10 centimètres de part et d’autre du fer, ce qui pour le calcul correspond à étudier l’effet l’un sur l’autre de deux paquets de conducteurs de i5o centimètres de longueur placés à 20 centimètres de distance (en négligeant précisément l’influence des petits côtés de 20 centimètres). Ces paquets comprennent 60 fils; l’intensité normale est de 145 ampères et le courant de court-circuit peut être égal à 20 fois le courant normal.
- On aura l’effort qui tend à repousser du
- T. XIII (2® Série). — N° 8
- fer la tête de bobine en appliquant la formule (1) :
- F = 2,04,2o2. i452.6o2[, — y/1 -j- ~y gr-
- = — 4 670 kg.
- Pour la répulsion des têtes de bobines de deux phases différentes qui se font face sur
- une longueur périphérique de = 5o centimètres et sont à 8 centimètres de distance, on devra tenir compte de ce que les intensités sont décalées; par suite, on devra prendre l’intensité normale multipliée par
- On a donc :
- F=2,o4.^.202.i452.6o2|^i — \Ji+ (^) JIO_c
- g*1'
- — 2 470 kg.
- Ces chiffres sont assez éloquents pour justifier les précautions prises dans la construction des machines à grande vitesse, en même temps que l’intérêt des formules et essais ci-dessus.
- III. — Les pertes dans le fer.
- ESSAIS PRATIQUES.
- La question des pertes dans le fer des dynamos et des transformateurs a déjà donné lieu à bien des essais dans le but de déterminer les moyens de les calculer d’avance et, malgré cela, la plus grande indécision subsiste à ce sujet. Tous les ingénieurs praticiens savent qu’il est prudent, dans le cas des dynamos, de doubler et tripler les valeurs calculées avec les coefficients d’hystérésis déterminés par les fabricants de tôles ; cependant, dans les transformateurs, on peut au contraire appliquer ces coefficients. Quelle est la raison de cette anomalie? Pour l’instant, aucune explication plausible n’est donnée à ce sujet, mais des essais très intéressants faits par M. R. Cze-
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-
- ’ ’-H* -,
- 2S Février 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 237
- pek (‘) confirment pleinement ce lait que les champs tournants créent, à induction maximum égale, des pertes plus élevées que les champs alternatifs, et il est possible de tirer de ces essais des coefficients très intéressants pour l’ingénieur constructeur.
- Fig. 17. — Montage employé pour la détermination delà magnétisation alternative.
- Un rotor lisse bobiné en anneau, de 24 centimètres de diamètre extérieur, 16 centimètres de diamètre intérieur, 12 centimètres de
- kQ)
- E.
- 53
- Q.
- %
- -«*
- O
- largeur, formé de tôles de o, 5 millimètres et connecté à un collecteur servit aux essais suivants :
- i° Les connexions au collecteur étant ouvertes en un point, un courant alternatif envoyé dans l’enroulement crée un flux alternatif fermé sur lui-même dans l’anneau de tôles, comme dans un transformateur statique, et la valeur du flux est connue d’une manière très précise par le voltage aux extrémités, le nombre de spires et la fréquence (fig. 17);
- 20 Les connexions au collecteur étant rétablies, le rotor est mis en rotation dans un stator bipolaire, et le flux existant est alors
- P) Elekirotechnik und Maschinenbau, i-j et 24 avril 1910.
- 6000
- Périodes,
- Fig. 19.
- Périodes
- Fig. 18.
- mesuré par la tension continue créée entre des balais minces placés sur les deux lignes neutres (fig. 20).
- Fig. ao. — Montage employé pour la détermination de la magnétisation tournante. A droite, moteur auxiliaire, à gauclje, induit d’essai.
- 3° Une courbe de l’hystérésis a été déterminée, pendant une magnétisation lente, le
- Périodes.
- Fig. 21. Fig. 22.
- flux étant mesuré par une méthode balistique (fig. 23).
- ~6 ç> q <5~
- Fig. a3. — Montage employé pour la détermination de la magnétisation statique.
- Les pertes totales étant mesurées par un
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- 238
- T. XIII (2e Série). — N° 8.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- wattmètre dans le premier essai, par la puissance absorbée sur le moteur auxiliaire dans le deuxième essai, la séparation des pertes par hystérésis de celles par courants de Foucault a été obtenue de la manière suivante :
- Les pertes totales, en fonction de la fréquence, sont représentées par une courbe d’équation :
- A = V [yj + en watts, (i)
- où y) est le coefficient d’hystérésis, nie nombre de périodes variables, éJ l’induction maximum constante, i; le coefficient des pertes par courants de Foucault, V le volume.
- Divisant chaque ordonnée par n, on trouve l’équation
- - = V jji] <3 1>® -f- § «'d32 J,
- qui est l’équation d’une droite dont For-donnée à l’origine est la perte par hystérésis pour une période, et le coefficient angulaire la perte par courants de Foucault par période.
- Le premier essai, dont le schéma est donné parla figure 17, a donné les courbes (fig. 18), desquelles les lignes droites de la figure 19 sopt tirées comme nous venons de l’expliquer ; ces lignes permettent la séparation des pertes et les résultats sont donnés dans le tableau IV.
- Tableau IV. — Magnétisation alternative.
- INDUCTION (Jb FRÉQUENCE n PERTES EX WATTS
- HYSTÉRÉSIS COURANTS DE FOUCAULT TOTALES
- 5 3,65 o,3 3,9
- 10 7>3 0,9 8,2
- i5 I I 3,o 14,0
- 6 000 20 14,6 4,4 »9>°
- 25 i8,3 6)7 25,0
- 3o 21 >9 9)9 31,8
- 5 6,55 0,4 7>°
- 10 i3,1 i,4 14,5
- i5 19» 7 3,4 23,1
- 8 000 20 26,2 5,7 3i,9
- 2Ê> 32,8 9,4 42,2
- 3o 39,3 i5,o 54,3
- 5 9)6 0,4 10,0
- IO I(),2 3,2 22,4
- i5 28,8 6,2 35,o
- 10 000 '20 38,4 10,0 48,4
- 25 48,0 i5,6 63,6
- 3o 57,6 2I,9 79,5
- 5 1 ?> ,5 °>7 14, a
- IO 26,9 4,i 3i,o
- 15 40,4 8,i 48,5
- 12 000 20 53,8 I 5,2 69,0
- 25 67,3 21,3 88,6
- 3o 80,7 3i,3 I 12,0
- 5 19 ,o i>o 20,0
- 10 38,0 4,0 42,0
- 15 57,0 8,0 65,o
- 14 000 20 76,0 15,3 91)3
- a 5 95,0 24,0 H9,°
- 3o 114,0 35,5 *49,5
- 5 25,5 1 >' 26,6
- IO 5i,o 3,o 54,0
- 16 000 15 76,5 5,9 82,4
- 20 102,0 12,0 n4,o
- 2-5 !27,5 20,5 148,0
- 3o 153,0 34,3 187,3
- 5 28^7 0,8 29,5
- 10 57,4 2,6 60,0
- 17 OOO i5 86,3 7>° 93,3
- 20 i i5,o 11,5 126,5
- 25 143,8 21,2 i65,o
- 5 3i,8 o,3 32,0
- IO 63,5 2)9 66,4
- 18 OOO i5 y5,4 5,6 101,0
- 20 127,0 n,5 138,5
- 25 i58,8 20,2 l79,°
- Le second essai dont le schéma est donné (fig. 20) a donné les pertes (fig. 21) qui, par division par 1 donnent les courbes de la figure 22. Ces courbes ne sont plus des
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-
- 25 Février 1911.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 239'
- lignes droites, tout au moins aux fréquences élevées, ce qui prouve qu’avec la magnéti-
- Tableau V. — Magnétisation tournante.
- FRÉQUENCE PERTES EN WATTS
- <73 COURANTS
- n HYSTÉRÉSIS DE TOTALES
- FOÜCAUÉT
- 5 7>5 ! 0,5 8,0
- IO i4,9 1,2 16,1
- 6 000 i5 22,4 29,8 4,1 I*,2 26,5.
- 20 40,0
- a 5 37,3 i5,7 53,o
- 3o 44,7 ‘9>3 64,0
- 5 io,5 «>4 11 >9
- 10 21,0 3,2 24,2
- i5 3i,5 io,5 42,0
- 8 000 42,0
- 20 21,0 63,o
- 25 52,5 3o,o 82,5
- 3o 63,o 36,5 99,5
- 5 14,0 2,0 i-6,o
- 10 28,0 7,o 35,o
- 10 000 15 20 42,0 56,o *7,° 34,0 59,o 90,0
- 25 70,0 48,8 118,8
- 3o 84,0 57,i 141,1
- 5 18,8 3,2 22,0
- IO 37,5 10,4 47,4
- 12 000 i5 20 56,2 75,0 23,0 48,0 79.'2 I 23,0
- 2.5 93,8 68,3 162,1
- 3o 112,5 79.5 192,0
- 5 21,8 4,2 25,0
- IO 43,5 17,5 61,0
- 14 000 15 65,2 37,8 1 o3,o
- 20 87,0 71,5 158,5
- 25 108,8 I 10,2 219,o
- 3o i3o,4 126,5 257,0
- 5 25,5 6>7 32,2
- IO 5i,o 27,0 78,0
- 16 000 15 76,5 57,5 i34,<>
- 20 102,0 io7>° 209,0
- 25 12 7 j5 i65,5 293,0
- 3o i53,o i99-° 352,o
- 5 3°, 7 9>8 4o,5
- 10 6i,5 4o,5 I 02,0
- 18 000 15 20 92,2 I 23,0 88,8 158,o 181,0 281,0
- 25 153,7 246.3 400,0
- 3o i84,5 3 31,5 516,0
- 5 33,8 14,2 48,0
- 10 67,5 57,5 125,0
- 19 000 i5 20 ioi,3 i35,o I29>7 23 1,2 23 1,0 366,2
- 25 168,8 366,2 535,o
- 3o 202,5 463,5 666,0
- sation tournante la formule (i) n’est pas exacte et que la fréquence y entre avec d’autres exposants que ceux indiqués. La première portion étant cependant rectiligne, l’ordonnée à l’origine permet encore la séparation des pertes dont les résultats sont donnés dans le tableau V.
- Le schéma du troisième essai est donné par la figure a3. La figure 24 indique les cycles d’hystérésis obtenus dans cet essai, et le tableau VI les pertes en watts par cycle.
- De ces trois essais, on tire de suite les très intéressantes courbes de la figure z5 qui donnent la perte par hystérésis par cycle en fonction des inductions pour les trois genres de magnétisation. On voit immédiatement que jusqu’à <73 = 17000 les champs tournants donnent des pertes qui peuvent atteindre le double de celles dues à une magnétisation linéaire. Au delà de 17 000 le phénomène inverse se produit. Quant aux pertes par magnétisation statique, elles se confondent jusqu’à 10 000 avec celles de la magnétisation linéaire et restent ensuite constamment inférieures aux deux autres.
- Il faut remarquer que les pertes avec champ tournant vont en croissant, même jusqu’à Oi — 20 000, contrairement aux affirmations de plusieurs chercheurs, dont les essais, organisés d’une manière moins industrielle, si l’on peut ainsi parler, les avaient conduit à trouver que les pertes devenaient nulles pour les fortes inductions.
- Des tableaux précédents on tire aussi les valeurs des pertes par 112 pour les courants de Foucault et qui, portées en fonction de <73, donnent les courbes de la figure 26.
- Il est visible sur ce s courbes que : i° les pertes par magnétisation tournante sont considérablement plus grandes que celles dues à la magnétisation linéaire ; 20 elles croissent plus vite que le carré de l’induction pour la magnétisation tournante et beaucoup moins vite que le carré de l’induction pour la magnétisation linéaire. —
- fl est enfin possible de tirer des courbes (fig. 2o et 26) des coefficients dont la valeur est
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N« 8.
- Tabieau VI. — Magnétisation statique.
- ûi 7 45o 9 275 I I 225 i3 3oo 16 45o 17 400
- 1 Watts par cycle i, 18 i, 58 2, 347 3, 21 4,74 5,26
- Tableau Vil. — Coefficients de Steinmetz.
- ûi COEFFICIENT I ^HYSTÉRÉSIS Y| COEFFICIENT DES COURANTS DE FOUCAULT £
- Magnétisation alternative Magnétisation tournante Magnétisation alternative Magnétisation tournante
- 6 ooo 0,00267 0,00498 4,5 9i8
- 8, ooo 0,00274 0,00448 3,45 IO, l
- 16 ooo o,oo352 o,oo36 1,84 14,9
- pratiquement très importante étant donné •que les essais ci-dessus ont été faits dans des conditions tout à fait analogues à celles rencontrées sur les machines industrielles.
- 4000 8000 12000 16000
- Induction.
- ®'f,; . Perte» pal1 hystérésis, par cycle, en fonction de
- I induction. — Courbe supérieure, magnétisation tournante; a, magnétisation alternative ; s, magnétisation statique.
- Ecrivons la formule, devenue classique, des pertes par centimètre cube:
- watts par cm3 = ï)/idî,*« X io-’-f- § S2 n2 ûi2 X io-12.
- \
- où n est la fréquence, § l’épaisseur des tôles en centimètres, ûi l’induction, r, et £ les coef-
- ficients de Steinmetz.
- On trouve alors pour vj et Ç et pour des inductions de 6 ooo, 8 ooo et 16 ooo les chiffres du tableau VII.
- Induction.
- Fig. 26. — Pertes par courunts de Foucault, par cycle, en fonction de 1 induction.— Courbe supérieure, magnétisation tournante; courbe inférieure, magnétisation alternative.
- Ces chiffres, tout en montrant précisément que les exposants de ûi et n sont faux dans la formule de Steinmetz, permettent néanmoins de se servir de cette formule.
- On tire en effet de ce tableau que, pour
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- 241
- une magnétisation alternative, l’exposant i,6 va en croissant avec l’induction, tandis que pour la magnétisation tournante l’exposant, d’abord supérieur à i,6, diminue avec l’induction. Pour les courants de Foucault, l’exposant devient inférieur à 2 pour la ma-
- gnétisation alternative tandis* que cet exposant déjà supérieur à 2 augmente encore avec l’induction dans la magnétisation tournante.
- Ces résultats extrêmement pratiques et intéressants méritaient d’être signalés.
- L. Berger.
- APPENDICE
- R. Jouaust, chef de travaux au Laboratoire Central d’Electricité, nous a communiqué l’analyse d’un récent travail de M. Richter, qui se rapporte étroitement au sujet traité aujourd’hui par
- M.
- suivante M. L. Berger.
- LA REPRÉSENTATION DES PERTES PAR HYSTERESIS
- Ôn calcule généralement les pertes par hystérésis en fonction de l’induction dans le fer de l’appareil en utilisant la formule
- w = cd3'>6,
- w représentant les pertes par unité de temps et de volume. Si on désigne par n la fréquence du courant magnétisant, on admet d’après les
- c
- travaux de Steinmetz que - est une constante
- n
- caractéristique du métal.
- En réalité il n’en est rien. Si on mesure, pour une fréquence donnée, la valeur des pertes pour diverses inductions et si on en déduit la valeur de c par la méthode des moindres carrés, on trouve de grosses différences entre les valeurs mesurées et calculées. Le facteur c est donc une fonction complexe de l’induction.
- Enfin, il est àremarquer que la formule cû3'-° se prête mal au calcul à la règle. Elle exige l’emploi des logarithmes. L’auteur fait observer à ce propos qu’il est souvent plus simple de calculer ces pertes en les regardant comme proportionnelles à la puissance i,5 de l’induction, cartBbs — y/(®3j expression facilement calculable à la règle.
- M. R. Richter vient de proposer (') de remplacer latraditionnelle formule de Steinmetzpar une expression de la forme
- a ai + bai2,
- a et b étant deux constantes caractéristiques du
- métal. Il est bien certain, comme le fait remarquer l’auteur, que l’introduction de deux coefficients, au lieu d’un seul, doit forcément conduire à une meilleure représentation des résultats, mais il est intéressant de montrer par quelques exemples numériques à quels écarts on s’expose en employant l’une ou l’autre des formules.
- Généralement pour relier entre eux par une formule de forme donnée les résultats de diverses mesures, on a recours à la méthode des moindres carrés, grâce à laquelle on calcule les constantes de la formule et on a une idée de l’approximation obtenue par les différences entre les valeurs mesurées et celles calculées par la formule adoptée.
- L’auteur fait alors observer que, lorsqu’on applique rigoureusement la méthode des moindres carrés pour des différences absolues, dans un champ de mesure assez étendu, elle conduit à des résultats tels que l’erreur relative sera plus grande pour les faibles valeurs que pour les valeurs élevées. Or, dans le cas de mesures comme celles dont il s’agit,tous les résultats sont entachés sensiblement de la même erreur relative. Il faut donc appliquer la méthode des moindres carrés avec une légère variante qui rende minima non plus les écarts absolus, mais les écarts relatifs ; en d’autres termes il ne faut plus chercher le minimum de
- 2 (/W - y?,
- mais de
- L’auteur fournit denombreux résultats d’expé-
- (q Elektrotechnisclie Zeitschrift, 8 décembre 1910.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (28 Série). — N? E.
- rieitces auxquels il a appliqué la formule de Steinmetz et la formule à deux termes, leurs coéfficients ayant été calculés par la méthode des moindres carrés pour les écarts relatifs.
- Il les résume toutes dans le tableau suivant(').
- Tableau I.
- DESIGNATION
- DE
- l’éprouvette
- S.S.W. (*)
- 1 Mesures
- 2 au
- l, Vattmètre
- 1
- 2
- 3
- Mesures
- statiques.
- ERREUR MAX1MA %
- NEGATIVE
- SteiniUet/. Richter Steinmetz Richtei
- 18,4 1,9 8,3 4,8
- 17,5 1,1 1,6 3,4
- 2,8 2,6 3,. 2,8
- 17,6 5,5 9,1 6,5
- 14,5 S,1 1,* 3,o
- 2,8 °>7 2>7 1,0
- .3,2 3,8 8,5 4U
- [') Siemens Shuckertwerke.
- L’auteur termine en faisant remarquer que Gumlich et Rose ayant trouvé que les pertes par courants induits devraient être représentées par une expression de la forme
- a'CB + b'CB(i) 2,
- on est amené à représenter les pertes totales dans les tôles par
- w — [a -{- a') CB (b -{- b') CB2,
- au lieu de les représenter comme on le faisait jusqu’ici par la formule trop peu approchée
- w = «S1’6 + d(B2.
- (t) L’auleur fait remarquer incidemment que la formule à deux termes, calculée comme il le fait, diffère essentiellement de l’ensemble des deux premiers termes du développement en série de la fonction représentant les pertes par hystérésis en fonction de l’induction.
- Ainsi, il avait déterminé, pour 5 valeurs de l’induction (3 ooo, 6 5oo, io ooo, i3 5oo, 17 000), les pertes Hystëré-tiques. La méthode d’interpolation par la formule des différences conduisait il représenter ces pertes par la formule
- 11/ — o,35o. io_/'ir -f- 4>86. io—8;r2 — 4,^7. io~12.r3
- -f- 2,89. io—tex'‘ — o,588. io_20.rs. La formule à deux termes obtenue en négligeant toutes lés puissances de x supérieures à la seconde conduisait à des écarts de 70 % , pour les inductions élevées, entre les valeurs mesurées et calculées des pertes hystérétiques.
- » ¥
- Telles sont les grandes lignes de ce travail, sur lequel nous ferons en terminant les remarques suivantes.
- Les résultats, cités par Richter, montrent que la formule traditionnelle de Steinmetz s’écarte d’autant moins de la réalité que les pertes hys-térétiques sont plus élevées.
- Il y a là une confirmation d’un fàit que nous avions nous-même indiqué jadis (*) que la loi exponentielle s’appliquait avec une grande approximation pour tous les aciers tels que, pour l’induction 10 ooo, le coefficient, dit de Steinmetz, fût supérieur à 0,002.
- Pour les aciers ayant des pertes hystérétiques plus faibles, celles-ci pourraient encore être représentées en fonction de l’induction par une expression de la forme cBn, mais au lieu de la valeur 1,6, il fallait donner, en général, à n la valeur 1,9, valeur qui descendait à 1,75, lorsque l’acier avait vieilli. On voit donc bien que, à l’heure actuelle, quel que soit le mode de représentation adopté, deux constantes sont nécessaires pour caractériser les pertes par hystérésis dans un métal. Malheureusement, la loi de Steinmetzjouit encore d’une réputation justifiée, par ce fait que, au moment où elle fut établie, elle correspondait à la fois aux besoins de l’industrie et à l’état de la métallurgie.
- Mais il semble que le moment soit venu de renoncer à l’emploi, en électrotechnique, de cette formule empirique qui doit aller rejoindre l’hyperbole de Frôhlich et autres relations analogues. Une formule dans le genre de celle de Richter semble, au contraire, appelée à rendre des services. Nous exprimons donc le désir que les. constructeurs électriciens et les métallurgistes prennent l’habitude de caractériser les propriétés des aciers, au point de vue des pertes par hystérésis, par une formule parabolique et nous souhaitons à la proposition de Richter le même succès qu’obtint, il y a seize ans, celle de Steinmetz.
- R. Jouaust.
- (i) R. Jouaust. Bulletin de la Société des Électriciens
- mai 1906.
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- 25- Février 1911.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- L’influence du facteur de diversité sur les sections des conducteurs. — C. Richter. — Elektrotechnik und Maschinenbau, 14 août 1910.
- Si l’on désigne par piyp2)... les puissances maxi-ma consommées par les abonnés respectifs d’un seçteur ou d’une station centrale et par P la puissance la plus élevée que fournit la centrale, le rapport :
- « = Pi +P».+ ••• _ *P PP
- a été appelé par Wright facteur de diversité de la distribution.
- En supposant la tension du réseau constante, on peut remplacer les puissances par les intensités correspondantes, ce qui revient à écrire :
- ', = 'i±A±^ = “' (1)
- Sous cette forme, ce facteur a une grande importance pour la détermination des sections des conducteurs ; celles-ci ne doivent pas en effet être calculées pour l’intensité 2 i, mais pour l’intensité :
- Selon les conditions que l’on s’est imposées pour la surélévation de température des conducteurs, on prend, pour les valeurs des intensités i, soit celles des courants maxima, soit celles des courants normaux, soit celles des courants moyens par heure les plus élevés.
- Pour évaluer les intensités I correspondant respectivement aux divers conducteurs d’un réseau, il est nécessaire de connaître les valeurs des facteurs de
- diversité v correspondants ou de leurs inverses —
- que l’on peut désigner sous le nom de coefficients de réduction.
- Dans ce cas il faut prendre pour Zf la somme des intensités maxima chez les divers abonnés branchés sur le conducteur en question.
- Dans une installation existante, la détermination de
- v et de- n’offre aucune difficulté, caron peut évaluer
- facilement les diverses intensités qui figurent dans le second membre de l’équation(i)à l’aide d’appareils enregistreurs ou indicateurs de maxima dont on relève les indications au bout d’un certain temps de fonctionnement.
- Mais il est intéressant, lors du projet d’établissement d’un réseau, de prédéterminer les valeurs de v
- ou de -. L’auteur signale une méthode qui permet de
- faire cette prédétermination.
- Soit x le nombre des abonnés branchés sur le conducteur à détei*miner et F le coefficient de réduction connu se rapportant à un nombre n d’abonnés de la même catégorie ; on a, en admettant la loi delà proportionnalité :
- 1 1
- v varie de 1,2 à 1,5 pour les réseaux dont toute l’énergie est utilisée sous forme |de lumière, de 1 ,,5 à 2,5 pour ceux qui fournissent à la fois de la lumière et de la force motrice, et de 2,5 k 4 pour ceux dont la plus grande partie de l’énergie est consommée sous forme de force motrice.
- En pratique, il est plus simple, au lieu de résoudre algébriquement I’équation (3), de se servir de la courbe qui la représente (fig. 1). L’auteur donne un exemple numérique dans lequel il suppose v z— 2, soit F = o,5, et n == 6.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). —N® 8
- Le réseau est représenté schématiquement sur la figure 2. L’équation (3) donne
- 6 — o,5 i — o,5
- /=. —------------
- Pour le conducteur ab (x = 6), 03 a f — o, 5 = F » » bc [x—§) f— 0,6
- » » cd [x — 3) f— 0,8
- » » ce [lv = 2) f = 0,9
- Les chiffres indiqués entre parenthèses représentent les consommations maxima des divers abonnés. On peut donc calculer l'intensité I corres-
- Fig, 2.
- pondant à chaque conducteur ; par exemple, pour le conducteur if, l’équation (2) donnera :
- îbc = 0,6 (10 -f- 20 + i5 + 7 -f- 9) = 36,6 amp.
- Mais les résultats d« cette méthode, s’ils peuvent être considérés comme exacts pour les fecders principaux et pour les conducteurs extrêmes ne desservant qu’un abonné (dans ce cas particulier f — 1), ne sont qu’approximatifs pour les conducteurs intermédiaires ; il convient donc de les vérifier en traçant les courbes de consommation par comparaison avec celles correspondant à des abonnés de même nature.
- On peut toutefois déterminer les limites supérieure et inférieure de F.
- L’auteur suppose que les abonnés branchés sur un conducteur soient au nombre de 6, et que leurs consommations soient normalement représentées par L» 4-.- 4j en outre que les abonnés 1,2et3 ou 4 et5, ou 6 tout seul puissent consommer simultanément, mais que jamais un abonné de l’un de ces trois groupes ne puisse consommer en même temps qu’un abonné d’un autre groupe.
- On pourra alors poser :
- s L = 4 -|- 4 -j- *3
- 4 = 4 + 4
- I3 — lr,)
- d’où :
- ^min *—*
- l ~f~ 4 ~4~ h 4 -f- 4~
- L ~ L’
- et
- c’est-à-dire que les limites de f seront :
- 2*'
- L
- 2/’ T* >
- l«
- (4)
- si l’on suppose que 4 correspond à l’abonné dont la consommation est la plus élevée.
- En général, lorsque le nombre des abonnés augmente, fmj„ augmente et Fraftx diminue, de sorte que F se trouve compris entre des limites plus étroites.
- On peut en outre, pour le choix d’un facteur de diversité compris entre les limites ainsi déterminées, se baser sur la remarque suivante, à savoir que F augmente, c’est-à-dire que/'diminue, à mesure que l’on s’éloigne du branchement d’un abonné quelconque pour se rapprocher du feeder principal. Par suite, le coefficient de réduction d’un conducteur principal desservant un centre de distribution peut
- 1
- ne pas être supérieur au plus petit maximum - correspondant à un conducteur secondaire quelconque.
- Dansle cas d’un réseau à courant alternatif il faut naturellement, pour le calcul de F et de f, faire la somme géométrique des diverses intensités.
- M. K.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Station »centrale pour manufactures textiles. — L. ClougU. — Electrical World, 28 juillet 1910.
- La Compagnie des Manufactures d'Amoskeag, qui fabrique des tissus de laine et de coton, a décidé, à la suite d’importantes extensions de ses usines, et notamment après la construction de sa nouvelle usine « the Coolidge Mill », la création d’une grande centrale à vapeur, dont la mise en service a eu lieu récemment.
- La salle des turbines mesure environ 46 mètres sur 20 mètres, la chaufferie 164 mètres sur 14 mètres. Ces 2 bâtiments affectent la disposition d'un L. Le parc à charbon^qui peut contenir 16 000 tonnes,
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- mesure 15a mètres sur 36 mètres et se trouve à l’intérieur de cet L ; il est longé par une voie ferrée qui amène le charbon ; celui-ci est déchargé et distribué, sur toute la surface du parc, par un pont roulant.
- Les chaudières, au nombre de 64, d’une puissance de i5o chevaux chacune, sont verticales et rangées sur une seule ligne, les portes de foyer faisant face au parc à charbon. Elles sont divisées en 4 groupes de 16. Au centre, se trouve la cheminée de Go mètres de hauteur et 3,65 m. de diamètre intérieur. Les deux carneaux principaux, desservant chacun la moitié des chaudières, mesurent 4>^5 m. sur 1,20 m.
- Des conduites de ventilation, de 1,35X 0,90 m-., munies de registres manœuvrés à la main, passent sous les façades de chaque groupe de chaudières; chacune reçoit l'air d’un ventilateur actionné par une machine à vapeur dont la valve d’admission est actionnée automatiquement par un relais à pression de vapeur.
- Les foyers sont automatiques ; leur réglage dépend, par une transmission mécanique, du fonctionnement des machines à vapeur de ventilation.
- Chaque groupe de chaudières est muni d’un économiseur dont les racleurs sont actionnées par un moteur électrique.
- Le mur de façade de la .chaufferie porte une ouverture en face de chaque chaudière ; le pont roulant du parc à charbon amène le charbon en tas, assez près des chaudières pour qu’on puisse le jeter directement à la pelle dans la trémie des foyers.
- Les turbines, au nombre de deux, d’une puissance de 3 5oo kilowatts chacune, sont du type horizontal à cinq étages ; la pression d’admission est de 12,6 kilogrammes par centimètre carré. Les paliers sont refroidis au moyen d’eau circulantpar différence de densité dans des serpentins en cuivre.
- Une pompe à huile, directement- actionnée par l’arbre de la turbine, fournit une pi'ession de 5 kilogrammes par centimètre carré ; cette huile sous pression actionne le cylindre du régulateur et se rend, aux paliers après passage dans un détendeur qui réduit la pression à 1,5 kilogramme par centimètre carré environ. Une pompe à vapeur à action directe, montée sur la base de la turbine, fournit l’huile sous pression avant le démarrage.
- Les alternateurs engendrent'du courant triphasé, 60 périodes, 2 3oo volts, à la vitesse de 1 200 tours par minute ; la régulation garantie est de 2 % entre la demi-charge et la pleine charge, et la puissance de 4 375 kilowatts, avec un facteur de puissance de 0,80.
- La salle des turbines est prévue pour recevoir deux autres unités semblables.
- L’excitation est fournie par 3 unités de 35 kw, dont deux sont actionnées par moteur triphasé à 2 3oo volts et la troisième par une turbine Curtis horizontale, à un étage, sans condensation.
- Les interrupteurs pour tension de 2 3oo volts sont du type à huile, actionnés par solénoïde et logés dans des cellules en briques.
- Le coui'ant est amené à l’usine « Cooliclge Mill » par câbles aériens ; ces câbles se raccordent à l'intérieur de cette usine à 3 barres verticales, logées dans des compartiments en béton disposés le long d’un des murs d’une tour à l’épreuve du feu. L'usine « Coolidge Mill » possède 126 moteurs triphasés a 2 3oo volts, munis chacun d’un panneau avec disjoncteur et instruments de mesure. L’installation ne comporte pas de transformateurs, sauf quelques-uns, peu importants, pour l’éclairage. On a évité l’emploi des fusibles. La distribution est faite par câbles sous toile isolante essayés à 7 5oo volts et établis pour tension de service de 3 000 volts. Ces câbles sont tous contenus dans des tubes "en fer.
- L'éclairage est réalisé par des lampes à arc en vase clos, à courant continu, en séide, alimentées par des générateurs Brush actionnés par moteurs d’induction.
- On a diminué autant que possible le nombre des lignes d’arbres, et combiné l’installation pour faciliter la circulation autour des machines.
- Les moteurs importants sont placés dans des salles spéciales, ventilées mécaniquement. Les petits moteurs sont fixés au plafond ; on peut y atteindre par des galeries. Un service très complet a été organisé pour la surveillance et l’entretien de tous les moteurs.
- H. B.
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- 246 ' LA LUMIERE ÉLECTRIQUE KIBI^aîÉB^—ÈMk
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Los Servicos electricos de Lima y sus abre-dedores (Les services électriques de Lima et de ses environs), parEmilio Guarini, directeur de la Section d’électricité et professeur de mécanique et d’électricité à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de Lima. Brochure, format 24 X >7 cm., de 114 pages, avec 67 figures (Lima, Société des Ingénieurs du Pérou).
- La Société des ingénieurs du Pérou reproduit, dans son bulletin, la conférence qui a été faite par un de ses membres, le professeur Emilio Guarini, sur les services électriques de Lima et de ses environs.
- « LasEmpresas Electricas Associadas », dont l’au-teùr estingénieur-conseil, constituent un véritable syndicat au capital de 55 millions de francs, qui exploite la distribution d’énergie pour l’éclairage et la force motrice,le réseau des Tramways urbains etles lignes de tramways de Lima àCallao, et Lima à Chorrillos.
- La puissance des usines génératrices est de 20 000 chevaux hydrauliques, plus une installation de secours à vapeur.
- Le mémoire actuel forme un volume de plus de 100 pages, qui contient tous les renseignements désirables sur les entreprises électriques de Lima : force motrice, éclairage, transports, service téléphonique, etc.
- Les centrales hydroélectriques de Chosica et de Yanacoto, ainsi que la centrale mixte de la Polvora, les tramways de Lima-Callao et de Lima-Chorrillos, y sont l’objet d’une description complète.
- En résumé, ce petit ouvrage est un intéressant document, en même temps qu’un traité technique, illustré par de nombreuses photographies qui repré-
- sentent non seulement les installations, mais encore certaines applications pratiques depuis la locomotive jusqu’à la machine à coudre, en passant par la grue et la charrue, sans oublier un appareil destiné à sauver la vie des gens renversés par un tramway.
- C. B.
- Les grandes applications du ciment armé. Bassins et canaux industriels. — G. Caminati, directeur de l’Institut professionnel de Giaveno. — Fiax-desio fkères et Cie éditeurs, Turin.
- Sous ce titre, l’ingénieur Caminati publie le projet qu’il a établi sur un sujet proposé par le collège des ingénieurs de Milan.
- Le thème était le suivant : projet, avec devis correspondant, d’un canal de décharge à gradins faisant suite au bassin d’affleurement d’un canal industriel pour débiter 200 mètres cubes à la seconde, étant donné qu’on dispose, pour la construction dudit canal, d’une longueur horizontale de 3oo mètres et que la différence entre le niveau de l’eau sur le bassin d’affleurement et sur celui de décharge est de 3o mètres. Hauteur delà nappe, 1 mètre.
- Le projet de l’ingénieur Caminati comporte un devis et 10 planches de détail. Le devis se subdivise en deux chapitres : calcul hydraulique (section du canal d’amenée, bassin et canal de décharge, bassin d’affleurement) et calcul statique (bassins, piliers, fondations et murs de retenue).
- En résumé, c’est l’étude d’un cas concret, traitée dans les plus petits détails et dont la valeur est suffisamment démontrée par la récompense dont elle à été l’objet. C. B.'
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Des droits du riverain qui a l'efusè de vendre son droit de riverainetè (').
- La formule qui paraît la meilleure, pour la solution de cette question, est celle que la Cour d’Appel de Grenoble a employée dans le célèbre arrêt Bergès du 7 août 1901. Il faut que les experts chargés du
- (•) D’après une communication du Comité du Contentieux de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, etc., novembre 1910.
- règlement d’eau cherchent d’abord si l’industrie fait un usage abusif de son eau, c’est-à-dire s’il prive réellement le riverain d’aval d’une eau que celui-ci pourrait utiliser soit pour l’irrigation, soit pour la création de la force motrice.
- Si vraiment il y a usage abusif, le barrage ne devra pas être, pour cela, rompu par l’industriel. Mais il devra être modifié, en ce sens qu’il laissera de l’eau pour permettre ce que l’on appelle juridiquement la répartition des eaux.
- Quelle sera la base de cette répartition : la Cour
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- . V. •AÏ\Vÿ(Ç.f \- r: ,Ki- ... .
- 25 Février 1911. REVUE D’ËLECTRICITÉ 247
- de Grenoble dit qu’elle auralieu« suivant leur vo-« lums et leur plus ou moins grande utilité, la na-« ture et l’importance-des besoins auxquels elles « doivent être affectées, ainsi que suivant l’état et « la longueur des riverainetés respectives».
- Cette formule a été employée dans d’autre cas ana-lqgu.es (').
- Par exemple, on pourra lire ci-dessous un juge-ment dutribunal de Grenoble, du 3o décembre 1909, quihomologue un rapport d’expert particulièrement intéressant.
- Note relative à l’exercice du droit de propriété d’un riverain sur les eaux d’un torrent joignant son immeuble.
- La.deuxième Chambre du Tribunal civil de Grenoble a statué récemment sur un litige pendant depuis plusieurs années et dont l’origine avait pour cause les prétentions excessives d’un propriétaire riverain du Bréda, dans la partie où ce torrent a été dérivé en vue d’une installation hydro-électrique.
- La décision rendue, constituant une condamnation nouvelle de la pratique des barreurs de chute, nous a paru intéressante à relater ici, en la faisant précéder seulement d’un exposé susceptible de faciliter l’appréciation des considérants du jugement.
- Bans le courant de l’année 1905, MM. F. industriels, ont réalisé une chute sur le torrent du Bréda, pour un transport de force. Au préalable et à partir de igo3, des négociations avaient eu lieu avec les propriétaires riverains de ce torrent, dans la partie où le cours des eaux devait être modifié, pour la cession de leurs droits de riveraineté, d’appuyage et de barrage. Des traités amiables étaient intervenus, sauf avec un seul propriétaire, Mme Vve C. L’importance des droits acquis sur les deux rives étaient représentée par une longueur de riveraineté de 4 755 mètres et celle qu’il avait été impossible d’acquérir avait une longueur de 3g5 mètres. La proportion, comme on le voit, était grande, et le propriétaire en avait conclu, sans doute, la possibilité de paralyser le projet d’utilisation du Bréda dans cette partie.
- Les travaux n’en furent pas moins entrepris, non sans que Mme Vve C. 11e cessât de « réclamer ses droits », etc’est par cette formule qu’elle consigna ses revendications au procès-verbal de récolement des travaux,
- (1 ) C’est celle-là même qu’employait M. P. Bougault lorsque, tout récemment, il étudiait ici l’étal actuel de la législation des chutes d’eau en France. (Voir la seconde partie de l’arlicle : Principes des rivières non navigables, Lumière Electrique, 18 février 1911.)
- Le jugement que nous reproduisons ici vient donc illustrer l’article de notre distingué collaborateur. (N.D. L. R.)
- dressé par MM. les ingénieurs du service hydraulique, le i3 novembre 1906. .
- Estimant que l’Administration préfectorale pouvait quelque chose dans ses revendications, Mme Vve C. sollicita sqn intervention, non sans faire savoir à MM. F. que ,1e conflit .serait résolu par le versement d’une indemnité considérable, à laquelle ces derniers refusèrent de souscrire, comme non justifiée.
- .C’est alors que ,1a question fxit portée devant le Tribunal civil de Grenoble, Mme Vve C. demandant des dommages-intérêts et l’application de mesures propres à permettre le passage, par dessus le barrage de prise, de la moitié du volume du Bréda. Dans une audience du •28 mars 1908, l’arrêt ci-après intervint, sur conclusions conformes desparlies, pour la nomination d’experts avec mission d’établir :
- i° Quels sont l’état et l’étendue des riverainetés respectives des parties, la situation réelle du Bréda depuis la création de la prise d’eau et le volume de ses eaux au-dessous du barrage, soit qu’elles proviennent de ruisseaux affluents en aval ou de l’écoulement naturel du sol, soit qu’elles échappent au barrage ;
- a° L’état des lieux et l’escarpement des rives permettent-ils, ou non, à la dame G. d’user des eaux pour l’irrigation ou une industrie quelconque ;
- 3° Les.eaux que le barrage laisse dans le Bréda ou qui l’alimentent en aval, dans le cas où elles seraient utilisables par la .dame C., sont-elles, ou non, suffisantes pour ses divers besoins et pour l’exercice normal de ses droits de riveraineté. Les experts auront la mission, pour le cas oii la dérivation opérée par F. leur paraîtrait préjudiciable à la dame C. en lui enlevant tout ou partie des eaux auxquelles elle a droit, de rechercher et d’indiquer les moyens les plus propres à sauvegarder et à concilier les droits et les intérêts respectifs en réglant, entre les parties en cause, le mode de jouissance des eaux du Bréda, et en opérant entre elles une répartition équitable de ces eaux, « suivant leur volume et leur « plus ou moins grande utilité, la nature et l’importance « des besoins auxquels elles doivent être affectées, « ainsi que suivant l’état et la longueur des riveraine-« tés respectives ».
- Dans leur rapport du 8 mars, les experts, donnant le résultat de leurs constatations, ont conclu :
- « i° Que nulle part, tant à droite qu’à gauche, il n’y a trace d’irrigation sur ,1’immeuble Vve C. ; que l’étendue des riverainetés respectives était de : F., 4 755 mètres; Vve C., 395 mètres ; qu’en période de basses eaux, s’étendant de mi-octobre à mi-mars F. dérivent le Bréda tout entier ne laissant alors rien passer sur le barrage. Le 8 décembre 1908, notamment, jour où les experts ont fait leur dernière constatation, la totalité du Bréda était dérivée par F. et le lit du Bréda était à sec immédiatement au-dessous du barrage. Le jaugeage du volume dérivé a été de 8 5o litres à la seconde, mais il peut descendre à 800 litres. A l’aval du barrage, il ne
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- tarde pas à se former dans le lit du Bréda un. petit cours d’eau, provenant des sources voisines, des ruisseaux affluents et de l’écoulement naturel du sol, qui va en grossissant. Ce même jour, 8 décembre 1908, le volume, au droit de l'immeuble Vve G. a été trouvé de 180 litres à la seconde.
- « a0 Les immeubles Yve C. ne comportent aucune irrigation possible et opportune. La création d’une installation hydro-électrique ne présenterait aucune impossibilité matérielle et pourrait servir à une petite industrie appropriée aux circonstances locales.
- « 3° Le volume à répartir est présenté parle débit du cours d’eau, augmenté du débit qui prend naissance au-dessous, soit 85o 180 =: 1 o3o litres. Les parts d’eau
- à attribuer à chacune des parties ont pour elles une égale utilité et elles en ont un égal besoin ; ces deux facteurs, utilité et besoin, sont présentement sans influence sur la répartition. Reste l’étendue des riveraine-tés dont la proportion est la suivante :
- « F............................ 93 %
- « Veuve C...................... 7 %
- « Soit dans le cas envisagé, 72 litres.
- « Il existait donc dans le lit un volume supérieur au double de cette dernière part. Lorsque le débit atteint 1 5oo litres par seconde à la prise F., limite jusqu’à laquelle ils mettent la rivière à sec, le volume total à répartir, devant l’immeuble Vve C., s’élèverait à
- I Soo -j- 180 = 1 680 et la part de Vve C. à 120 litres.
- II reste donc encore dans le lit plus qu’il n’en faut pour fournir à cette dernière la part lui revenant. F. pour-
- raient dériver totalement la rivière jusqu’au débit de 2 5oo litres àla seconde au droit de leur prise d’eau, sans léser les droits de Vve G. Or il n’est pas douteux qu’il existe dans le lit du Bréda, au droit de l’immeuble dont il s’agit, non pas seulement 180 litres, mais un volume bien supérieur par l’effet des mêmes causes générales de crue. Les experts sont donc fondés à dire que F. usent de leurs droits de prise sur le Bréda, en qualité de riverains, dans la limite de ces droits. Les droits que possède Vve C. en la même qualité, sur l’eau du Bréda, ne sont point lésés par F. usant de leurs propres droits. En conséquence, il n’y a lieu à aucune réglementation ou mesure quelconque pour sauvegarder les droits de Yve C. ».
- C’est àla suite de ce rapport qu’intervint le jugement du 3o décembre 1909 réglant définitivement le litige et duquel les passages suivants sont à noter :
- « Attendu que la Vve C., n’ayant pas d'intérêt actuel, « n’a pas d’action pour faire ordonner la modification du « barrage établi sur le Bréda par F. conformément à « l’autorisatiou préfectorale du 17 décembre 1904, et « alors qu’il résulte du rapport d’experts que les dé-« fendeurs usent des eaux du Bréda d ms la limite de « leurs droits ;
- « Attendu qu’il y a lieu, par suite, d’homologuer le « rapport des experts et de déclarer que Vve C. n’est « pas fondée, la déboute de sa demande et la condamne « aux dépens ; dit toutefois que l’expertise pouvant être « utile aux deux parties, chacune d’elle supportera la « moitié des frais de cette expertise. »
- VARIÉTÉS
- Derniers résultats obtenus au poste radioté-lègraphique de la Tour Eiffel.
- Depuis plusieurs années on reçoit quotidiennement à la Tour Eiffel les signaux émis par la station géante de télégraphie sans fil intallée par M. Marconi à Glace Bay (Canada!.
- On attendait avec impatience l’achèvement de l’installation du nouveau poste de la Tour Eiffel pour chercheràréaliserjacommunicationdans l’autre sens.
- Depuis l’inauguration de celui-ci, on a effectué des essais en employant différents procédés de transmission.
- On a tout d’abord eu recours aux étincelles rares et, avec une énergie de 35 kilowatts seulement, les signaux ont été parfaitement perçus à Glace Bay. x On a mis ensuite en service, à l’occasion de cet essai, de nouveaux appareils à étincelles musicales et, grâce à leur excellent rendement, on a pu réaliser
- la transmission de signaux avec une dépense d’énergie bien inférieure encore: 10 kilowatts seulement.
- L’alternateur à émission musicale est un alternateur Belhenod.
- La longueur d’onde employée était de a aoo mètres.
- Ces chiffres,déjà fort remarquables par eux-mêmes,. ’ le sont encore plus si l’on considère que l’antenne de la station Marconi n’était'pas très bien accordée avec celle de la Tour Eiffel. Sa longueur d’onde propre est en effet d’environ 4 000 mètres.
- Il semble bien que cette dépense d’énergie — 10 kilowatts — tout à fait infime, si l’on songe à l’énorme distance qui sépare les deux postes — 6 000 kilomètres environ — constitue un record en télégraphie sans fil.
- C’est grâce à l’obligeance de M. Marconi qu’il a été possible de réaliser ces très remarquables expériences.
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- Congrès international des applications électriques ( Turin, 1911).
- On nous communique les premières publications du comité italien d’organisation du Congrès de Turin 1911 :
- L’inauguration du Congrès aura lieu entre le 9 et le 11 septembre 1911.
- Pourront faire partie du Congrès toutes les personnes qui, ayant envoyé leur adhésion, auront, en outre, versé leur cotisation (ar> francs) avant l’inauguration des travaux.
- Ces rapporteurs sont priés de développer les thèmes qui leur seront proposés, dans un sens pratique et conforme au caractère du Congrès et de résumer, aussi objectivement que possible, l’état des questions qu’ils auront à traiter, mais cela ne les empêchera nullement d’exprimer leurs idées et leurs opinions personnelles sur les arguments qui leur seront présentés. Les rapports sont destinés, en effet, à servir de base à une discussion des plus amples et des plus complètes. Ils devront parvenir au secrétariat du comité (à Milan,via San-Paolo, io'i, avant le 3o juin 1911.
- En outre des rapports officiels, le Congrès accueillera les communications et propositions de ses membres ou des associations électrotechniques, lorsque ces communications auront été soumises à l’approbation préalable du comité d’organisation.
- Ils pourront être indifféremment rédigés, en français, en italien, en anglais ou en allemand. Tous ceux qui seront écrits en d’autres idiomes devront être accompagnés, soit d’une traduction intégrale, soit d’un résumé étendu en langue française.
- Ces quatre idiomes sont admis dans les discussions verbales.
- Nous publions, en particulier, ci-dessous, la liste des questions sur lesquelles le comité désire recevoir des rapports préliminaires. Ceux de nos lecteurs qui auraient le désir de se charger de traiter l’une dé ces questions devraient en aviser, au plus tôt, le président du Comité électrotechnique français, 14, rue de Staël, Paris (XVe).
- 1. Caractéristiques électriques et mécaniques des générateurs électriques modernes et considérations spéciales sur ceux à très grande vitesse.
- a. Etat actuel de la technique de l’accumulateur électrique fixe ou servant à la traction,
- 3. Marche simultanée de plusieurs centrales qui alimentent un même groupe de réseaux.
- 4. De la tension à choisir et de la construction des tableaux etdes sous-stations dans les grandes installations
- électriques au point de vue de l’économie des frais d’installation et de la continuité du service.
- 5. Des réseaux souterrains à haute tension reliés mé-lalliquemenl aux lignes aériennes.
- 6. Etat actuel des études sur les surtensions et sur les systèmes de prévention et de px-otection qui s’y rapportent.
- 7. De la construction et de l’emploi des interrupteurs automatiques.
- 8. Le problème du refroidissement dans le transformateur de dimensions moyennes.
- 9. Convertisseurs, redresseurs et moteurs-générateurs.
- xo.Le problème de la transformation de la fréquence.
- 11. Le moteur triphasé à vitesse variable, considéré spécialement dans son application aux laminoirs et aux machines à papier.
- 12. De l’influence technique et économique des lampes à filament métallique et des lumpes h arc avec charbons métallisés sur l’industrie de l’éclairage.
- 13. La traction monophasée et la traction triphasée sxir lignes de grand trafic.
- 14. La traction monophasée et la traction à courant continu à haute tension sur les lignes interurbaines.
- 15. La ligne de prisé do courant dans les chemins de fer électriques.
- 16. Dé l’acier obtenu directement à partir du minerai par l’emploi des fours électriques.
- 17. De la stérilisation de l’eau par les procédés qui utilisent l’électiûcité.
- 18. Le compteur électrique eu égartl à la nature et aux difîéi’enls régimes de charge.
- 19. Du timbrage des compteurs électxùques.
- 20. Méthodes rationnelles pour la mesure commei--ciale de l’énergie électrique.
- •21. Le problème de l’augmentation du facteur de charge dans les centrales électriques.
- as. Les applications de l’élccliûeité aux bateaux submersibles.
- a3. Téléphonie ordinaire à grandes distances.
- 24. La téléphonie sans fils.
- 25 Les systèmes téléphoniques automatiques et semi-automatiques dans leurs rapports avec l’économie et le perfectionnement des communications dans les grandes villes.
- 26. Le problème du secret dans les communications radiotélégraphiques.
- 27. Etat actuel et développement futur du chauffage électrique.
- 28. Etude comparative de la fiscalité directe et indirecte sur l’énergie électrique dans les différents pays.
- 29. La législation sur la transmission électrique de l’énergie.
- 30. De la transmission de l’énergie électrique pour les travaux agricoles.
- 31. Divers systèmes de télégraphie multiple.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les progrès des turbines à vapeur.
- Chacun sait que, dans les turbines à action, la vapeur agit par sa force vive ou énergie cinétique et, dans les turbines à réaction, par sa détente de pres-
- Pour continuer à rappeler des choses bien connues, nous dirons que les grands avantages techniques des turbines peuvent se résumer en un mot : clics sont des machines rotatives. En détail, ils onj.
- Fitf. i. — Turbo-alternateur do io ooo chevaux delà Société Khéno-Wcstphulienne d’ISlectricité.
- sion. Tel est le principe. Au point de vue constructif il peut se traduire ainsi : dans la turbine à action, la vapeur agit en arrivant sur les aubes, à la sortie d’un ajutage, tandis que dans les turbine à réaction, c’est la vapeur qui s'échappe par un orifice de sortie qui réagit, en perdant sa pression, sur la roue motrice.
- été énumérés par Stodola dans son ouvrage classique j1) : poids] très réduit, faible encombrement, démontage facile, absence de graissage intérieur, réglage pour ainsi dire parfait, faculté d’employer de
- (*) Stodola. Les turbines à vapeur, traduction de Halui. — Dunod et Pinat, éditeurs.
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- la vapeur très surchauffée, mise en marche rapide, régularité très grande dans le tour, absence des ruptures résultant d'un échauffement inégal des pièces, etc.
- De même que les avantages des turbines, leurs inconvénients peuvent tous se résumer en un seul : leur vitesse de rotation très élevée. Celle-ci leur est imposéepar la vitesse même de la vapeur qui, dans une turbine à action, se précipite sur la couronne
- Ceux-ci deviennent, en effet, à de telles vitesses, très sensibles aux moindres perturbations : vibrations dans les paliers, défauts d’ajustage, etc. D'autre part l'étanchéité des joints est difficile à assurer. On sait quelles solutions paradoxales, mais d'un grand intérêt, on.a été amené à adopter : la plus frappante est le remplacement de l’arbre rigide, qui romprait aux grandes vitesses, par un arbre flexible dont la k vitesse critique » a été convenablement calculée.
- Compresseur, système Raleau-Armengaud, de <>o mètres cubes par minute, à la pression de 3,5 atmosphères et accouplé directement à une turbine à vapeur de 325 chevaux.
- Fig. 2. —
- d’aubes à la raison de 1200 mètres par seconde, pour une pression de atmosphères par exemple. La roue, il est vrai, ne doit suivre cette impulsion qu’avec une vitesse moitié moindre afin d’obtenir un rendement suffisant, mais cela donne encore une vitesse périphérique de 600 mètres par seconde — disons 400 en tenant compte des frottements — tous chiffres qui dépassent ou atteignent l’extrême limite admise pour la fatigue des matériaux.
- Les techniciens n’ont pas dit leur dernier mot dans cet ordre d’idées, et nous croyons savoir cjue des résultats théoriques et pratiques d’une grande importance ont été tout récemment acquis.
- On sait d’ailleurs que de Laval a réussi à réaliser des vitesses allant jusqu’à 3o 000 tours par minute dans des petites turbines à une seule roue; mais on se trouve alors limité à la conslruclion d’unités de petites puissances. Si l'on veut dépasser quelques
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- 3oo chevaux, il est nécessaire de s’adresser à des combinaisons caractéristiques, dont Parsons adonné les premiers exemples il y a vingt-cinq ans. Les travaux d’autres techniciens et notamment de
- employer. Aujourd’hui,il nous suffira démontrer quelques-uns des résultats auxquels ces moyens ont conduit. On les trouvera sous la forme concrète de photos graphies d’installations existantes de la maison Broxvn-
- Fig. 3. — Turbine dé 45o chevaux, accouplée directement à une souillante Brown, Boveri-Rateau de 400 mètres cubes par minute h la pression de aa centimètres de mercure. Société Métallurgique de Senclle-Maubeuge, à LongWy-BaS (Meurthe-et-Moselle) .
- MM. Ratéaü et Armengaud | ont brillamment concouru au même but»
- Dans la seconde partie de cette étude, nous entrerons dans le détail technique des moyens qu’on a dû
- Boveri. Des puissances de 10000 chevaux y sont, comme on le voit, réalisées, et ce chiffre énorme ne constitue plus de nos jours une limite extrême. [A suivre.) M. G.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Fusion du Gaz. Sous celte rubrique, les journaux financiers annoncent que cette société vient de vendre ii la Société d’Electricité et de Gaz du Nord seè deux usines de Bavay et de Jcumont pour la somme de 55o 000 francs qui sera consacrée à l’achat de nouvelles usines. Du reste, le même événement a fait l’objet de communiqués de la Société
- preneuse qui, se substituant aux Ateliers du Nord et de l’Est, prépare de suite une région où elle puisse répandre son action sans concurrence. Mais ce qui nous paraît le plus à retenir de ce fait, c'est l’heureuse tendance qu’a marqué le conseil d’administration de la Fusion du Gaz îi l’assemblée générale extraordinaire qu’il avait convoquée pour ratifier cette union. A ces deux questions d’un actionnaire : Que ferez-vous de ces fonds disponibles '.'Vous occuperez-vous
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- seulement de gaz ? le président n’a pas hésité à répondre que le conseil avait en vue depuis plusieurs mois l’achat de deux usines intéressantes, que la Société avait aussi des installations d’électricité très importantes, notamment Dinard, Plombières, Luxeuil, Commercy, et que des pourparlers étaient en cours dans d’autres villes, car le conseil avait toujours pensé que l’électricité et le gaz pouvaient se développer parallèlement sans se nuire, Vexpérience confirmant d’ailleurs sa manière de voir. Cet aveu, peu fréquent de la part de sociétés gazières, était à retenir. Qui ne se souvient des luttes soutenues par nombre de municipalités pour obtenir de leur concessionnaire d’éclairage l’installation de l’électricité ! Que de procès entrepris pour la résiliation ou l’interprétation de contrats léonins ! Que de difficultés à l’heure actuelle encore dans certaines villes très importantes que nous pourrions nommer pour l’établissement d’accords industriels et commerciaux qui ne nuiraient aux intérêts de personne ! Si certaines sociétés gazières, pour des raisons administratives, ou techniques, ou financières n’osent pas ou ne veulent pas s’exposer aux aléas d’une nouvelle industrie, que leur intérêt bien entendu les fasse s’accorder avec les téméraires assez audacieux pour croire qu’on fait quelques bénéfices à vendre du courant à o fr. 8o, voire à o fr. 70 le kilowatt-heure. D’ailleurs, la plupart des Compagnies ne sont plus rebelles à ces exploitations mixtes et l’on peut citer entre autres : Eau et Gaz, la Compagnie Centrale du gaz Lebon, la Compagnie Générale d’Eclairage et de Chauffage par le gaz, et les groupes divers Vautier et Cie, Lachomette et Cie qui comptent maintenant des usines à gaz et des stations d’électricité. La Société d’Electricité et de Gaz du Nord procède inversement, car Bavay et Jeumont après Maubeuge et Hautmont sont les adjonctions à la grande usine d’Electricité» de Jeu-mont, mais on ne peut dissimuler qu’au point de vue financier l’opération n’est pas de même ordre.
- Ce groupe des valeurs de la Société d’Electricité et de Gaz du Nord, des Ateliers du Nord et de l’Est, du Métropolitain, delà Société d’Electricité de Paris, de Raihvays et Electricité, et maintenant des Tramways do Paris et du département de ia Seine est l’objet de transactions très suivies en Bourse. De nombreuses indications sur les projets de cos différentes firmes, sur la situation de leur portefeuille, sur leurs recettes tiennent le public en haleine. Les Ateliers de Jeumont entre autres se disposent à installer deux fours électriques afin de ne
- plus dépendre que d’eux-mêmes* pour leurs aciers moulés ; on parle aussi de l’organisation d’une tréfllerle qui amènerait à la câblerie sa matière première avec plus de régularité. Ces frais seront couverts par les disponibilités qui leur proviennent de la vente de la station centrale. L’organisme de Jeumont sera donc sous peu de temps aussi complet que possible, au point de vue du matériel électrique.
- Signalons en passant que le Métropolitain a livré à la circulation un nouveau tronçon de la ligne 3, allant de la place Pereire à la porte de Champerret, tandis que le Nord-Sud fait prévoir pour la fin du mois l’ouverture de la ligne allant de Saint-Lazare à la porte de Saint-Ouen.
- Faisant suite à l’information qui donnait comme probable, il y a deux mois, le rachat de l’usine des Moulineaux par le chemin de fer de l’Ouest-Etat, un journal avait cru pouvoir écrire qu’une nouvelle société au capital de 10 millions de francs, pouvant être porté à 14 millions, était en voie de formation pour reprendre le portefeuille de la Compagnie Générale de Traction, contenant comme on sait des actions de diverses compagnies de tramways électriques de Paris et de province. La nouvelle était prématurée et l’on dit maintenant que la vente de l’usine d'Issy est chose faite, que l’Etat en a pris possession, qu’avec le prix du rachat, la Compagnie de Traction pourrait rembourser toutes ses obligations à revenu fixe, qu’un solde important resterait disponible pour les obligations à revenu variable, mais qu’il n’est pas question de transmettre le portefeuille à une société et qu’il s’agit plutôt d’une liquidation définitive.
- Tandis que l’effervescence règne en notre Bourse autour des valeurs d’électricité, que ce soit celles dont nous parlions plus haut ou celles que patronne un grand établissement de crédit, Berlin se montre moins empressé autour de ses titres de prédilection : Allgemeinc, Siemens-Schuckert, etc. Il paraît que les actionnaires de la Société Felten-Guilleaume, dont l’Allgemeine, on le sait, détient maintenant la majeure partie des actions, ont eu la surprise désagréable d’apprendre que le dividende pour 1910 pourrait être très peu satisfaisant. La Société a dû consacrer des sommes importantes à l’amortissement de sa participation syndicale à la Société anonyme électrique Força, à Milan.
- L’époque de février est celle de la publication des résultats de nos diverses banques. Ils sont cette année particulièrement brillants, ce qui pousserait à dire que l’industrie a eu déjà à se louer de l’exercice
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- 1910 : il y aurait du vrai dans cette appréciation, mais tout le monde sait que les plus gros bénéfices de iios établissement de crédit leur proviennent non de leur portefeuille titres, mais de leurs escomptes, de leurs avances sur titres et surtout de leurs commissions sur les émissions des fonds étrangers ou indigènes. L’année 1910 a été fertile en placements de papiers du Brésil, de l’Equateur, du Pérou, du Mexique, de l’Argentine, de l’Uruguay et d’ailleurs. La Banque Suisse et Française distribue 27 fr. 5o au lieu de 25 francs ; le Comptoir d’Escompte annonce la fixation du dividende à 35 francs contre 3a fr. 5o pour 1909 jet la Société Générale promet à ses actionnaires o fr. 70 de plus par titre. Seuls, la Banque de Paris et des Pays-Bas et le Crédit Industriel et Commercial font exception à la règle en maintenant leurs chiffres de l’an dernier. Pour faire suite à nos remarques précédentes, n’omettons pas d’enregistrer le bruit que le Crédit Lyonnais a acheté comptant 60 millions de florins d’actions de préférence de la Compagnie royale néerlandaise des pétroles; que ' l’Union Parisienne et la Banque Marseillaise vont offrir au public des obligations du chemin de fer Pirée-Athènes-Péloponèsc, l’Union s’attelant d’autre part à la réorganisation de la Banque d'Athènes.
- Comme suite à nos précédentes informations sur la traction électrique, notons la réalisation que vient d’en faire la Compagnie des chemins de fer du Sud de l’Espagne sur sa ligne Linares-Almena entre Ger-gal et Sanla-Fé. Les locomotives ont été prévues pour remorquer des trains de a5o tonnes à la vitesse de 3o kilomètres à l’heure sur une section de ligne à fortes rampes et à courbes de faible rayon.
- A la rubrique des nouvelles sociétés, nous devons signaler d’une part : la Société hydro électrique de Choranche-en-Vercors et deBourg-de Péage, en formation avec siège à Bourg-de-Péage, d’une durée de 60 ans, au capital de 5oo 000 francs en 1 000 actions de 5oo francs dont 60 d’apport et 940 à souscrire. Toutefois le fondateur reçoit en outre 65 000 francs
- en espèces pour prix et rémunération de ses apports, notamment la concession de Bourg-de-Péage, dont le cautionnement, 10000 francs, lui sera remboursé en sus dès le jour de la constitution de la société, et d’autre part : la Société anonyme des Forces Motrices de la Vienne en formation, d’une durée de 99 ans, au capital de 3 millions de francs divisé en 12000 actions de 25o francs dont' 10800 à souscrire, ayant pour objet l’exploitation de la force motrice des chutes d’eau de la Vienne à l’Isle-Jourdain ou ailleurs, et de toutes eaux en France, la transmission par l’électricité, la vente ou la location de celte force, etc.
- Enfin, aux dernières nouvelles,la Société Centrale Gaz et Électricité pour l’exploitation intercommunale de l’industrie émettrait 5 000 actions réservée^ au prix de 600 francs par moitié aux fondateurs, par moitié aux actionnaires pour prendre une participation d’un tiers dans une société française qui serait constituée avec des établissements importants de Paris pour la reprise de la concession du gaz de Saint-Etienne. Créée en iyo5 avec le concours du Crédit général Liégeois, de la Compagnie des Conduites d’eau, de la Compagnie générale pour l’éclairage et le chauffage par le gaz, son capital est de 13 millions, dont 6 5oo 000 en actions de 5oo francs, et 6 5oo 000 en obligations de 5oo francs. Tout ce capital est employé dans des usines à gaz belges au nombre de douze et une centrale électrique. Toutes les concessions ont une durée de trente à trente-cinq ans et comportent à une exception près le monopole de l’exploitation du gaz et un droit de préférence pour l’électricité. Il est permis de se demander si nos banques, trouvant assez d’argent pour s’intéresser au chemin de fer Pirée-Atliènes, ou à la Compagnie néerlandaise des pétroles, ne seraient pas certaines d’assurer à elles seules, sans le concours des étrangers, le capital de la nouvelle société du gaz de Saint-Etienne, en admettant toutefois qu’elles participent pour une part à sa formation.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Nord. — Le préfet du Nord a soumis à une enquête le projet d'établissement d’une ligue de tramways électriques de Monl-de-Péruwelz (frontière belge) à Vieux-Condé.
- Seine-et-Marne. — La Chambre de Commerce de Mèlun a donné un avis favorable à la prolongation jusqu’à Samois du tramway électrique du .Palais à la gare de Fontainebleau.
- Isère. — La Chambre des Députés a voté le projet de loi relatif à l'installation d’une usine hydro-électrique au Pont-du-Loup, destinée à fournir la traction électrique au chemin de fer de la Mure à Gap. Le devis est de 1 million de francs.
- Autriche-Hongrie. -— D’après VElectrolechnicky Obzor, le Conseil municipal de Tarnov (Pologne autrichienne) a présenté au gouvernement un projet de chemin de fer
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- 25 Février 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 255
- électrique à voie étroite de 2 kilomètres de longueur.
- Le docteur Samuel Nathan a obtenu du ministère des chemins de fer autrichiens la concession pour la construction d’un chemin de fer électrique à Przemysl.
- Italie. — Plusieurs lignes de tramways électriques sont projetées : de Coma àErba et Incino, de Monza à Saronno, de Salerno àAmalfi, de Calania à Acireale, de Lecco à Inlrobbio, et de Belluno à Agordo.
- Allemagne. — La Société Bergmann va construire un chemin de fer électrique de Mayen à Ettringeu; le devis est de 855 coo marks.
- Danemark. — La municipalité de Copenhague aurait l’intention d’effectuer un emprunt de 20 millions de couronnes pour le rachat des tramways de la ville.
- ÉCLAIRAGE
- Aube.—.Le conseil municipal de 'l'royes a voté la somme nécessaire à l’extension de l’éclairage électrique.
- Aveyron. — Le Conseil municipal de Firmy a chargé une commission d'étudier la question de l’éclairage électrique dans cette commune.
- Finistère. — La Chambre de commerce de Morlaix a formulé un vœu demandant l’installation de l’éclairage électrique à la gare de Roscoff.
- Haute-Savoie. — Le Conseil municipal de Bonneville étudie actuellement un projet d’éclairage électrique.
- Loire.— Le Conseil municipal de Terrenoire a autorisé la Société des mines de Jansen à faire les installations électriques conformément à sa demande.
- Lot. —: La Société la Vieille Montagne, concessionnaire de l’éclairage électrique de Figeac a commencé l’installation du matériel. L'éclairage sera donné sous peu.
- Seine et-Oise. — Le Conseil municipal de Sartrou-ville a approuvé le cahier des charges présenté par l’Ouest-Lumière relatif à l’éclairage électrique et établi d’un commun accord avec les communes de Maisons-Laflitte, Houilles etBezons.
- Seine-Inférieure. — La demande de concession de l’éclairage électrique de Bléville, formulée par la Société Havraise d’Energie électrique, a été soumise à une enquête par arrêté préfectoral du 3 janvier.
- Autriche-Hongrie . — D’après YElectrotechnicky
- Obzor, la concession d’une station centrale sur les rivières Otava etVltava près Zvikov (Bohême) a été demandée par la société Sieinens-Schuckert de Berlin et la Société Kalben et Cie de Prague.
- Le projet de la Société Siemens-Schuckert, établi par les ingénieurs suisses Mlvl. Fischer et Neumann, prévoit une force de 25ooo chevaux; celui de la société Kolben et Cic, établi par l’ingénieur tchèque M. Klier, estime qu’une force de 10 000 chevaux sera suffisante pour la consommation. Il est probable que dans ces
- conditions la-concession sera accordée à la Société Kolben et G‘°.
- TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIÉ SANS FIL
- Algérie. — Par décrets du 14 février 1911, lesCham-bres de Commerce d’Alger et de Mostaganem ont été autorisées à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 25 5oo francs en vue des circuits téléphoniques Rebeval-Dellys et Relizane-Ferry.
- République-Argentine. — La revue El Franco Américain) annonce qu’une école de télégraphie sans fil, destinée i\ l’instruction des officiers des armées de terre et de mer, va être annexée à la station radiographique de Babilonia.
- DIVERS
- Meurtiie-et-Moselle. —- Par arrêté du i5 février 1911. le laboratoire de mesures électriques annexé à l’Institut électrotechnique et de mécanique appliquée de la Faculté des Sciences de Nancy est agréé pour délivrer les certificats d’essai des compteurs servant à mesurer les quantités d’énergie électrique livrées au public par les concessionnaires ou permissionnaires de distributions publiques d’énergie électrique.
- Espagne. — D’après Y Office National du Commerce Extérieur, l’Espagne offrirait un excellent débouché aux machines et appareils pour l’électricité. Mais, pour arriver à traiter des affaires, il serait indispensable que les fabricants puissent consentir les mêmes conditions que la concurrence. Des dépôts et magasins de vente établis sur place seraient aussi de nature à favoriser les transactions. On conseillerait enfin, d’établir les prix : marchandise rendue franco à destination. Quant aux modes de paiement généralement admis, ils diffèrent, selon qu’il s’agit de gros ou de petit matériel. Pour le premier, il est d’usage d’exiger moitié du montant à la réception, et d’accorder 3o jours pour l’autre moitié. Le petit matériel est payé à 3o ou 90 jours et quelquefois au comptant avec 3 % d’escompte.
- Italie. — L’Académie Royale des Sciences de Turin a fondé un prix Vallauri, de 26 000 livres italiennes, qui sera décerné à l’auteur qui, du Ier janvier 1915 au 3i décembre 1918, aura publié l’ouvrage le plus considérable et le plus célèbre dans le domaine des sciences physiques.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société E.-C. Grammont et A. Grammont. — Durée : 99 ans. — Capital : 5 200 000 francs. — Siège social : 20, quai de Retz, à Lyon.
- Société de Constructions d'appareils électro-médicaux et d'applications médicales. — Durée : 3o ans. — Capital : 200 000 francs. — Siège social : 18, cité Trévise, à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Le Watt chauffage. — Constituée le i3 février 1911. — Durée 99 ans. — Capital : 1 000 000 de francs. — Siège social : 31, rue Daru, Paris.
- Société anonyme des forces motrices de ia Garonne. — Constituée le ao février ig11. — Durée : 5o ans. — Capital ; i 5oo ooo francs. —• Siège social : Mancioux ( Haute G aronne).
- CONVOCATIONS
- Société VersaiHaise de Tramways Electriques et de Distribution d’Energie. — Le n mars, io, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie Française, des Roulements à billes D. W. F. — Le 3 avril, 39, rue de la Boétie, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- s Le 9 mars, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture d’isolateurs scellés nécessaires au services des Postes et Télégraphes du Sénégal. Caut. prov. : i5o francs; déf. 3oo francs.
- Le i3 mars à l’Etablissement central du matériel do la Télégraphie Militaire, 51 bis, boulevard Latour-Maubourg, à Paris, fourniture de 200 postes microphoniques de forteresse, modèle 1909 (sans microphone). Pièces à fournir avant le 3 mars.
- BELGIQUE
- Jusqu’au i5 mars, à l’administration communale, à Jumet (Hainaut), soumissions pour la fourniture et le montage d’une machine à vapeur et d’une dynamo pour le service de l’électricité.
- Prochainement, à la Bourse de Bruxelles, réadjudication du 2e lot du cahier des charges n° 877 : fourniture à Namur de 22 200 mètres courants câbles, 26 56o mètres courants fils de cuivre, 80 kilogrammes cuivre recuit et étamé, 20 kilogrammes laiton étiré.
- GRANDE-BRETAGNE
- Prochainement, à l’agence du Auckland Ilarbour Board, Silk Street, Cripplegate, à Londres, fourniture de quatre cabestans électriques de la force d’une tonne et quatre grues électriques de cinq tonnes.
- TURQUIE
- Le 7-20 mars, à 7 h. 1/2 à la turque, à la direction des Postes, Télégraphes et Téléphones, à Constantinople, fourniture de fils de fer, de cuivre et de bronze de divers diamètres, plombs isolateurs de différentes formes, alun, fils fins et élastiques, câbles, rubans, forets, limes, cordes, fils de coton, poteaux de fer pour téléphones et autres objets nécessaires à la direction; caut. : 10 % .
- BÊSUITATS D’ADJUEUCATIONS
- V
- FRANCE
- 7 février. -— Au sous-secrétariat des Postes et Télé-
- graphes, Paris, fourniture de 6 269 940 isolateurs en porcelaine ou en verre.
- i01' à 10“ lots. — Chacun 299 997 isolateurs à double cloche (mod. 25/6). — MM. Lamy et Barillet, 9e lot, 44°. — Verreries de Folembray (Aisne), 1®® lot, 335,25; 2», 335i75 ; 3» 335,75 ; 4e, 335,25; 6°, 335,2,5; 7”, 335,70 ; 9°, 335,25; adj, du 5» lot à 333, 8e h 333, 10" à 3a6 le mille. — M. de Wavrin, i®® lot, 335,10; 3e, 334,80; 48 335,2o; 5®, 335,5o; 7® 335,10; 8® 335,20; 9® 335,5o; 10® 335,5o, adj. du 2" lot à 333, 6e à 3ag le mille. — MM. Charbonneaux et Cie, à Reims, 2e lot, 335,20 ; 3®, 335,5o; 5®, 335,4o; 6®, 335,40; 8®, 335,20; 10®, 335,5o, adj. du iorlot 5 333, 4® 5 333 ; 7® 333; 9® à 3331e mille. — Manufacture de Sainte-Foy-l'Argentière, (Rhône), 6® lot, 33o; 10® 328,95, adj, du 3® lot à 33o le mille.
- 11® lot. — 270 000 isolateurs à simple cloche (mod. 2.5/7). —Verreries de Folembray, 175,25. — MM. Charbonneaux et Cie, 175,40. — M. de Wavrin, adj. à 174,90 le mille.
- 12® à 21® lots. — Chacun 299,997 isolateurs à double cloche pour fil de petit diamètre (mod. 25/9). —Verreries de Folembray, i3® lot, 175,20514®, 176 ; i5®, 175,20; 17®, 176,20 ; 18®, 176 ; 19e, 175,20; 20e, 176 ; adj. du 12® lot à 174,80, 16® à 174,80, ai® à 174,80 le mille. — M. de Wavrin, 12® lot, 175,50; i3®, 176 ; 14®, 174,90 ! 16®, 175,00 ; 17®, i75,5o ; 19®, 175,50 ; 20“, 175,5o ; 2i«, i75,5o; adj. du i5« lot à 174,90, ; 18® à 174,90 le mille. — MM. Charbonneaux et Cie, 12® lot, .175,40; i4®, 175,20 ; i5“, 175,20 ; 16® 175,50 ; i8°, 175,20 ; 21®, 175,40, adj. du i3® lot à 174,30, 17® à 174,20, ig® cl 20® à 174,20 le mille. — Manufacture de Sainte-Foy-l’Argenlière, 20® lot, 179,50, adj. du i4®lot à 173,50 le mille.
- BELGIQUE
- 24 décembre. — A l’hôtel de ville, à Theux, adjudication pour l’éclairage public, force et lumière privées par l’électricité :
- Electricité de l’Est de la Belgique, à Bruxelles, 5 535 francs pour l’éclairage public, o,44 le kilowattheure pour les particuliers et 0,26 id, force motrice.
- 19 février. — A la Bourse de Bruxelles, fourniture de 4 022 lampes à incandescence à filament métallique nécessaires aux services des Postes et Télégraphes en 1911 :
- Pope, à Venlo (Pays-Bas), 3 674 fr. 75 (tous les postes ne sont pas renseignés dans le détail de cette soumission) ; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 7696 fr. 20; Electricité et Electro-mécanique, à Saint-Gilles, 7 g83,45 ; Refractor, à Bruxelles, 8278,76; Siemens-Schuckert, 8 325,25; C. Franck, 1,80, 1,80, 2,90, 2,90, i,85,
- i,85 2,90, 2,90, 2,70, 3,4o et 4 francs par lampe dans l’ordre du cahier des charges ; E. Rouvroy, à Gand 1,82, 1,82, 3,i5, 3,15, 3,i5, 1,95, 1,95, 3,i5, 3,i5, 2,75, 3,4o et 4 francs par lampe.
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 4 MARS 1911.
- Tome XIII (2« série). - N* 9.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. ai)7. — Devaux-Chahhonnel. Chronique de télégraphie et téléphonie: La deuxième Conférence internationale des télégraphistes, p. aSp. — C.-F. Guilmekt. Sur le cercle d’Ossanna et son application pratique, p. 2G7.
- Extraits des publications périodiques. — Transmission et distribution. Idées nouvelles sur les méthodes d’établissement des ligues de transport d’énergie, B. Way, p. 274. — Usines génératrices. Les stations centrales de la ville de Trente, É. Rudoliui, p. 276.— Bibliographie, p. 279. — Brevets. Dispositif pour le déinar-rnarrage et le réglage de vitesse de moteurs éleclricjues ou le réglage de la tension dans un réseau do distribution d’énergie électrique, p. 281. — Dispositif automatique de réglage du nombre de tours des moteurs à couraut triphasé, p. 281. — Dispositif de mise en marche pour allerno-moleurs à collecteur, p. 282. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Les progrès des turbines à vapeur (suite), p. 283. — Etudes Economiques, p. 284. — Renseignements commerciaux, p. 286. — Adjudications, p. 288.
- EDIT OUIAl
- On ne s’étonnera pas que M. Devaux-Charbon nel nous ofifre, dans sa nouvelle Chronique de télégraphie et téléphonie, tout autre chose qu’un simple compte rendu de la deuxième conférence internationale des télégraphistes qui s’est tenue, à Paris, au mois de septembre dernier.
- Le premier sujet traité — et de beaucoup le plus important — a été celui de la téléphonie automatique. Faut-il, ne faut-il pas rendre automatique le service qu’assurent, avec une bonne grâce parfois mal récompensée, nos «demoiselles des téléphones »? Il semble que le problème ne doive pas être posé d’une manière aussi simpliste ; il y a, en ellet, réseau et réseau, comme il y a fagots et fagots.
- Dans les réseaux à petit nombre d’abonnés, l’automatisme peut trouver sa place; dans les grands réseaux, il conduirait à des difficultés sans doute intolérables, même et surtout pour l’abonné.
- Et ceci est d’autant plus à retenir que l’importance des grands réseaux semble appelée aujourd’hui à croître dans des proportions considérables chez nous, formidables ailleurs : à New-York, par exemple , où l’on prévoit, dans quelques années, l’inscription du millionième abonné....
- Dans un prochain article, M. Devaux-Char-bonnel achèvera l’examen des travaux de la conférence.
- M. C.-F. Guilbert apporte aujourd’hui une
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- contribution des plus intéressantes à la théorie graphique des moteurs asynchrones. Il s’attache à simplifier la solution graphique dans le cas général, ordinairement désignée sous le nom de cercle d'Ossanna. On sait que ce diagramme célèbre n’est pas très commode ni très simple, de sorte qu’on a, à plusieurs reprises, cherché à le simplifier. Le procédé adopté dans ce but par M. Guilbert consiste à supprimer la grande diversité de coefficients de fuites qui encombi’ent et compliquent la théorie d’Ossanna, et à n’introduire que le seul coefficient de M. Blondel.
- Il aboutit ainsi à des simplifications importantes qui se manifesteront d’une manière plus précise encore dans la seconde partie de l’étude, qui sera prochainement publiée.
- Dans un article documenté avec précision, M. B. Way a décrit des procédés mettant en pratique quelques idées nouvelles sur les méthodes d'établissement des lignes de transport d’énergie électrique.
- Il s’agit des dispositifs employés à Saint-Louis pour les canalisations souterraines et aériennes.
- Dans le cas des canalisations souterraines, l’usage de moules en béton est, au point de vue technique, d’une simplicité séduisante. Il n’aurait, d’après l’auteur, que de très légers inconvénients qui seraient loin de com-
- penser son économie et sa bonne résistance.
- C’est également une installation étrangère que nous fait connaître M. E. Rudolph; du moins est-elle située plus près de nous : les stations centrales de la ville de Trente, pres-que toutes d’installation récente, présentent à nos yeux un grand intérêt documentaire : au fur et à mesure du développement de la consommation d’énergie électrique, de nouvelles centrales se sont créées, dans lesquelles on peut suivre le développement parallèle de la technique.
- La centrale de la Sarca, la plus moderne, est, en effet, conçue selcn les principes les plus récemment établis en ce qui concerne l’établissement des barres collectrices à haute tension, la protection des départs de lignes, etc.
- Dans cette étude, aussi bien que dans la précédente, nous voyons le béton jouer un rôle de plus en plus grand dans la construction des canalisations, des cellules d’isolement, etc.
- Dans la centrale de la Sarca, on peut dire que tout l'équipement de départ est cloisonné, canalisé, scellé, en béton ou dans du béton. La suspension des organes à des isolateurs en porcelaine, fixés eux-mêmes dans le béton, parait avoir donné des résultats parfaits au point de vue de l’isolement.
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- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- LA DEUXIÈME CONFÉRENCE
- INTERNATIONALE DES TÉLÉGRAPHISTES
- Au mois de septembre dernier, s’est réuni à Paris, sous la présidence de M. Millerand, ministre des Travaux Publics, des Postes et des Télégraphes, un Congrès des techniciens des administrations télégraphiques. Depuis longtemps les questions d’exploitation, c’est-à-dire les règles concernant l’échange des correspondances postales, télégraphiques ou téléphoniques et les tarifs à appliquer, ont fait l’objet de conférences internationales qui ont permis l’élaboration des règlements indispensables au fonctionnement commode et économique de ces importants services publics. Les conditions purement techniques dans lesquelles ces mômes services doivent être installés n’avaient jamais, jusqu’en ces dernières années, été étudiées à un point de vue international. Il y avait là une lacune regrettable. Nombre de communications télégraphiques et téléphoniques sont établies aujourd’hui entre pays différents.
- La construction des appareils, rétablissement des lignes deviennent des questions dont l’importance dépasse les frontières d’un Etat. Il n’est plus suffisant de régler les conditions administratives et financières des échanges ; il faut choisir quelques principes généraux, quelques règles techniques qui puissent être universellement adoptés pour l’exploitation en commun des communications internationales.
- C’est là une tache dont la difficulté apparaît immédiatement. Pour la mener à bonne lin, il faudrait être à la fois praticien, technicien et diplomate. Elle ne peut donc être assumée que par des gens connaissant parfaitement
- (') Les précédentes chroniques, ont paru dans la Lumière Electrique.tome IX, p. iSÿ et '291 ; tome X, p. io3.
- les nécessités des services et les ressources que la science met à leur disposition pour les satisfaire, ayant de plus la largeur de vue et l’esprit de conciliation qui permettent de s’élever au-dessus des mesquines questions d’amour-propre national, pour n’envisager, dans ces importants problèmes, que la solution réellement conforme à l’intérêt général.
- Devant la complexité de pareilles questions, il serait puéril de s’attendre à ce que des solutions fermes et définitives puissent immédiatement intervenir. Il est absolument inévitable que les premières conférences ne présentent qu’un caractère préparatoire. Elles ne peuvent être qu’un échange de vues sur les points principaux à étudier, qu’un classement des problèmes à résoudre, qu’une amorce des résolutions qui seront prises plus tard.
- La conférence qui vient de se tenir est la deuxième de l’espèce. Elle a réuni, non seulement des représentants de toutes les nations d’Europe, mais môme des délégués venus d’Amérique des sociétés les plus importantes de téléphonie. C’est dire l’ampleur qu’ont pu y prendre les débats.
- La liste des sujets soumis à la discussion avait été arrêtée par le Comité Directeur institué par la première conférence, tenue à Vienne, en septembre 1908.
- La voici :
- Service téléphonique manuel ou automatique.
- Standarisation des circuits et des appareils.
- Procédés de conservation des potaux.
- Coexistence des courants forts et des courants faibles.
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- La téléphonie à grande distance.
- Systèmes télégraphiques à grand rendement.
- Les procès-verbaux des séances viennent d’être publiés. Le moment semble donc venu d’examiner le travail qui a été fait et de voir les enseignements qu’on en peut déduire et le profit qu’on peut en tirer.
- Nous passerons succinctement en revue les sujets traités dans l’ordre où leur discussion était inscrite au programme, nous bornant aujourd’hui à la première de ces questions, de beaucoup la plus importante.
- I. — Service manuel ou automatique.
- Depuis quelques années, le téléphone a pris un développement considérable. Il est devenu un objet de première nécessité, au même titre que l’eau, le gaz, la lumière électrique ; non seulement il est un instrument indispensable pour les relations commerciales et industrielles, mais encore il s’introduit dans la vie familiale et lait partie du confort moderne.
- La France est toujours restée un peu en arrière de ce grand mouvement, tant à cause des habitudes du public que de l’élévation des tarifs. Mais cette situation ne peut tarder à se modifier et il faut songer aux moyens de mettre le téléphone à la portée de tous, dans des conditions pécuniaires modérées, il faut s’apprêter à donner satisfaction à une demande intense de postes d’abonnement. Les procédés employés jusqu'à présent permettent-ils de résoudre ces deux problèmes : augmentation considérable du nombre des abonnés, diminution des tarifs? On peut répondre, sans aucune hésitation : non.
- En effet, par un phénomène en contradiction avec les conditions ordinaires de l’évolution économique , plus le téléphone se développe, plus il doit être cher. Les dépenses afférentes à la construction des lignes et des appareils d’abonnés, au delà d’un certain développement, restent à peu près constantes
- pour chaque abonné ; mais les frais nécessaires pour mettre en communication les abonnés entre eux deviennent de plus en plus considérables. Au début, les abonnés sont reliés à un seul bureau central. Il faut, pour permettre la liaison de deux abonnés quelconques, que la ligne de l’un d’eux puisse être réunie à toutes les autres. Ceci ne s’obtient que par le multiplage des jacks et ce multiplage est d’autant plus coûteux qu’il y a plus d’abonnés. Par la suite, quand le nombre des postes augmente, un seul bureau central devient insuffisant. Il faut installer des bureaux secondaires et les relier entre eux par des lignes auxiliaires. Il y a là des frais très élevés de construction, il y a également des dépenses plus grandes d’exploitation, car il faut alors deux téléphonistes, au minimum, au lieu d’une pour établir une communication, puisque la plupart de ces communications passent par deux bureaux. Même s’il s’agit de très grandes villes, dont la population est en perpétuel accroissement et dont la superficie s’étend en conséquence, les frais de construction des lignes d’abonnés tendent à devenir plus élevés; car ces lignes deviennent plus longues, et il faut leur donner un diamètre plus fort.
- L’évolution du téléphone paraît donc soumise à des lois toutes spéciales qui tendent à entraver son essor.
- Pour voir dans quel sens doit s’orienter l’ingénieur pour résoudre le difficile problème en face duquel il se trouve placé, il est indispensable de passer en revue les moyens généralement employés pour établir les communications entre abonnés. Nous parlerons d’abord du service manuel, le seul usité en France, puis du service automatique.
- Prenons le cas le plus général, celui où deux bureaux doivent intervenir. Disons tout de suite que ce cas est tellement général, qu’on a trouvé avantageux à Paris, même si un seul bureau est intéressé, de séparer les places "A, où est reçu l’appel de l’abonné, des places "B, où se fait la liaison avec le correspondant. L’abonné demandeur appelle donc
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- le bureau auquel il est rattaché. Une téléphoniste A lui répond et prend la demande. Elle demande alors, au moyen d’une ligne de conversation, l’abonné demandé à une téléphoniste B du bureau correspondant; elle reçoit de cette dernière l’indication de la ligne auxiliaire qui va servir à établir la liaison. La téléphoniste A relie le demandeur à la ligne auxiliaire, la téléphoniste B y relie le demandé et la communication est établie.
- L’emploi à Paris de la batterie centrale a permis d’apporter une grande amélioration •dans le service. Gette batterie n’est pas intégrale, car elle n’est pas chargée d’alimenter les microphones des abonnés qui ont conservé leurs piles individuelles ; elle a été appliquée seulement aux signaux d’appel et d’occupation. Par son usage, le fait seul de décrocher le récepteur produit l’appel ; le fait de le raccrocher indique que la conversation est finie. Il en résulte de grandes commodités pour l’abonné et une grande facilité au bureau pour la surveillance des communications. En particulier, les lignes auxiliaires peuvent être immédiatement rendues libres, sans risquer soit d’interrompre intempestivement une communication, soit de les laisser inutilement inoccupées.
- Si les téléphonistes sont instruites, attentives à leur service, l’exploitation d’un réseau téléphonique dans ces conditions peut se faire d’une façon irréprochable. On ne peut lui trouver qu’un défaut, c’est son prix élevé de revient.
- Voyons maintenant comment fonctionne en général le système automatique.
- Ici il n’y a plus de téléphoniste : les liaisons nécessaires sont effectuées par des organes mécaniques. L’abonné est chargé de mettre en œuvre les différents appareils qui doivent lui donner son correspondant. Pour ne parler que du système Strowger qui seul, soit dans sa forme primitive, soit avec de légères modifications, a été mis régulièrement enservice, les organes principaux sont des sélecteurs. On appelle ainsi un appareil placé dans un bureau et qui comprend essentiellement des
- lames multiplées correspondant à des lignes auxiliaires, disposées sur une partie de cylindre vertical, sur l’axe duquel se trouve un arbre portant des frotteurs. Cet arbre peut avoir un mouvement de rotation dans le sens horizontal et un mouvement de translation dans le sens vertical.
- Chez l’abonné se trouve un disque portant des chiffres ou tout autre dispositif permettant de figurer le numéro demandé, et la suite des opérations est la suivante. Supposons qu’on veuille appeler le numéro 472y- Le demandeur manœuvre son disque, en mettant par exemple l’index dans le trou n° 4, faisant tourner jusqu’à un arrêt fixe etlaissant ensuite le disque revenir sur lui-même. Pendant cette opération, un courant sera envoyé 4 fois au sélecteur auquel est relié l’abonné demandeur, ceci aura pour effet d’élever l’arbre et les frotteurs à la hauteur de la quatrième rangée, où sont des lignes auxiliaires, dix en général, correspondant aux numéros compris entre 4 ooo et 4 999- Le sélecteur tournant alors horizontalement choisira la première ligne libre sur les io qui composent la rangée. (Le mécanisme de ce choix, le verrouillage de l’arbre dans la position choisie, etc. sont toutes opérations qui sont réalisées d’une manière très simple et très ingénieuse, mais qui ne saurait être décrite en détail ici.)
- L’abonné, après cette première opération, se trouve relié à une ligne auxiliaire qui lui permet d’atteindre un deuxième sélecteur où il pourra choisir, dans le sens de la hauteur, des lignes auxiliaires correspondant, la première aux numéros de 4 ooo à 4 099, la deuxième de 4 100 à 4 199, etc. Pour avoir l’abonné 4 727> if faudra donc toujours, au moyen du disque du poste d’abonné, faire mouvoir 7 fois le deuxième sélecteur, qui s’arrêtera toujours de la même façon sur une ligne auxiliaire libre allant au groupe des abonnés compris entre 4 700 et 4 799- Nous arrivons ainsi au dernier sélecteur qui a reçu le nom de connecteur et qui comprend 100 lignes d’abonnés répartis sur 10 rangées
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- horizontales, la première contient les numéros de 4 7°o à 4 7°9j la deuxième de 471° à 4719, etc. Pour avoir le 479-7, il faudra élever l’arbre du connecteur de deux rangées et le faire tourner de 7 crans dans le sens horizontal.
- En résumé, quand il y a moins de 10 000 abonnés dans un réseau, il faut disposer d’un premier sélecteur, d’un deuxième sélecteur et d’un connecteur. Si le nombre des abonnés est supérieur à 10 000, il faut un sélecteur de plus. Les difficultés mécaniques de construction de ces systèmes automatiques ont été très habilement vaincues et, à l’heure actuelle, un grand nombre de réseaux importants sont en service. Il y en a plus de 100 en Amérique. Nous citei’ons le réseau de Los-Angeles, en Californie, qui a 33 000 abonnés, celui de Columbus (Ohio) i3 000 abonnés, etc. En Europe, il n’existe jusqu’à présent que de petits réseaux, celui de Ilildesheim (Hanovre) pour 1 000 abonnés et celui de Munich desservant 3 000 abonnés. Certains) réseaux des Eta ts-Unis sont en service depuis plus de g ans.
- Le service automatique est donc capable, aussi bien que le service manuel, d’établir correctement la liaison des abonnés dans de grands réseaux. Au point de vue exploitation, l’automatique présente la particularité de n’exiger l’intervention d’aucun facteur humain.
- Est-ce là un avantage, est-ce un inconvénient? Les avis sont très partagés sur cette question. Il est bien évident que si le service manuel est fait par un personnel mal discipliné, négligent, il faut lui préférer l’automatique.
- Mais, dans ce dernier système, l’abonné est obligé de faire lui-même le travail de commutation. Il a l’avantage, pendant qu’il procède à cette opération, de 11e pas remarquer le temps qu’elle demande, et il lui semble qu’il est servi plus rapidement. Ceci est plutôt une illusion qu’une réalité, et il est à craindre que, après quelque temps de pratique, bien des abonnés ne se plaignent qu’on
- les oblige à faire eux-même une partie du travail qui doit être assuré par l’administration ou la société d’exploitation.
- Il serait fort intéressant d’autre part de considérer le côté économiquede la questiop. Malheureusement, en ce qui regarde les très grands réseaux, il n’a pas été apporté à la conférence de données bien précises à ce sujet. Il semble cependant résulter des renseignements fournis par M. Milon, ingénieur de l’administration française, que les frais d’installation des bureaux centraux sont à peu près les mêmes pour le service manuel et pour le service automatique. Pour les postes d’abonnés eux-mêmes, le prix est plus élevé. Quant aux frais d’exploitation, il paraît assez généralementadmis qu’ils se trouveront sensiblement, réduits dans le cas de l’automatique.
- D’une façon générale, le problème se présente sous des aspects très différents suivant l’importance des réseaux. Aussi allons-nous le diviser en trois paragraphes : grands, moyens et petits réseaux.
- Grands réseaux.
- La question de savoir si on doit, pour les très grands réseaux, préférer l’un ou l'autre des deux systèmes en présence a été traitée, d’un point de vue fort élevé, par M. Carly, ingénieur en chef de l’American Téléphoné G0. Le développement du réseau téléphonique de New-York se produit dans des conditions et des proportions que bien peu de personnes en Europe sont en état de soupçonner. Aussi, la compagnie exploitante est-elle obligée de faire des prévisions dont l’ampleur n’a jusqu’ici d’égale en aucune autre ville. Pour 1900, elle prévoyait 5 r 4<m postes et 43 bureaux centraux pour 3437 000 habitants ; Pour 1910, 376000 postes et 02 bureaux centraux pour 4800000 habitants. Pour 1930, elle prévoit 2 i4aooo postes et 109 bureaux centraux pour une population de 8 800 000 habitants.
- Devant de semblables chiffres, il était du
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- plus haut intérêt de recueillir l’opinion de l’ingénieur qui a la charge d’un pareil réseau ; d’ici longtemps encore, il est peu probable qu’on soit obligé, en Europe, de songer à faire face à de pareils besoins, mais il faut néan-moins/ s’attendre à un développement très marqué du téléphone ; il est sage, dès maintenant, de s’intéresser à la question et de s’efforcer de profiter de l’expérience acquise.
- M. Carty estime que, dans le cas d’un grand réseau, le qualificatif d’automatique est trompeur, car son exploitation nécessite le concours d’un nombreux personnel : des mécaniciens pour la surveillance constante des centraux, et des mécaniciens même tellement habiles qu’ils découvrent instantanément la défectuosité d’un mécanisme et la réparent de suite ; des téléphonistes pour les communications taxées, pour les communications à grande distance, pour répondre aux abonnés qui demandent un renseignement, etc.. Et en somme, quand on pénètre dans un bureau automatique, on y trouve des locaux confortablement aménagés, des lavabos, des salles de repos, enfin toutes les commodités désirables dans un système manuel.
- Il convient, d’autre part, de ne pas se laisser séduire trop vite par un genre de commutateur qui pourrait répondre aux besoins présents. Il faut envisager l’avenir et dans cet avenir tenir compte non seulement du service local, mais du service urbain et même du service international.De plus, en Amérique au moins, il faut songer au service des bureaux privés annexes, c’est-à-dire de commutateurs placés chez les abonnés, reliés au central par plusieurs lignes auxiliaires et desservant un nombre parfois très considérables de postes répartis chez l’abonné. Certains de ces bureaux comprenent jusqu'à i 5oo postes. Leur nombre est considérable : il y en a 12000 à l’heure actuelle, desservant ifi3 000 postes. Ils comprennent donc près de la moitié du total des abonnés. Malgré toutes les recherches faites jusqu'à ce jour, il n’a pas paru possible de supprimer les téléphonistes dans ces bureaux annexes. Une étude faite
- récemment a conduit M. Carty à estimer que le système manuel exigeait i3ooo téléphonistes et que l’introduction du système automatique, en tenant compte des bureaux annexes, des communications taxées, du service interurbain, et. des surveillantes, ne permettrait pas de réduire leur nombre à un chiffre inférieur à 10000. Et il convient encore de tenir compte des mécaniciens. Une étude faite pour l’Etat de Connecticut a montré qu’il fallait 892 opératrices dans le système manuel et 600 dans l’automatique. Tout ceci tend à montrer que le système automatique, qui présente tant d’aspects attrayants quand il s’agit d’un réseau restreint, devient moins avantageux dès que le réseau prend du développement.
- Enfin, au point de vue économique, M. Carty ajoute que des études ont été faites de la façon la plus sérieuse en tenant compte de tous les facteurs qui interviennent, entretien, amortissement, impôts, assurances, etc., et que l’avantage s’est trouvé du côté du système manuel. Si, de calculs faits par des partisans de l’automatique, on a pu tirer des conclusions différentes, cela pi’ovient de ce que, dans beaucoup de cas, on venait de remplacer un meuble manuel, démodé et usé, par un automatique tout neuf, du type le plus perfectionné.
- Les considérations et les arguments produits par M. Carty nous paraissent de la plus haute valeur. Dans le cas de très grands réseaux, le terme automatique est certainement trompeur. On ne peut évi ter la présence d’un grand nombre de téléphonistes et alors l’automatique devient plutôt un semi-automatique. Mais le commutateur manuel n’egt-il pas lui-même un semi-automatique ? Ne rentre-t-il pas, avec les dispositifs de la batterie centrale, de plein droit dans cette catégorie ?
- Voici, en conclusion, les propres paroles de M. Carty : Ayant dépouillé notre question de son-déguisement verbal, nous voyons que les deux systèmes ne sont pas aussi antagonistes que cela pourrait paraître à première
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- vue. Ils s’appuient tous les deux sur une base commune. Chacun reconnaît l’importance des opérations manuelles, guidées par l’intelligence humaine ; chacun reconnaît l’importance du mécanisme automatique ; chacun emploie les deux méthodes ; chacun est semi-automatique. La question devient un problème de la division du travail, consistant à répartir les opérations de telle façon que le travail guidé par l’intelligence humaine soit employé là où il est le plus ellicace et que le mécanisme automatique soit de même employé là où il est aussi le plus ellicace. Ainsi établie, la question est la suivante : Quel est. le meilleur type de commutateur semi-automatique a employer ?
- C’est bien ainsi, à notre avis, que la question doit être posée. Si on l’envisage à ce point de vue, on doit chercher, dans chacun des deux systèmes, ce qui doit être sacrifié et ce qui doit être conservé, de façon à constituer l’idéal recherché. Tout d’abord, dans l’automatique, le dispositif d’appel placé chez l’abonné prête à de graves critiques. La manœuvre, s’il s’agit de plus de ioooo abonnés, est pénible et fastidieuse ;que sera-t-elle pour un réseau de ioo ooo ou de un million? De plus, l’appareil en lui-même devient fort compliqué et par conséquent cher. La nécessité de le rendre néanmoins accessible oblige à le construire un peu légèrement, et à sacrifier la solidité au bon marché. Pour le manuel, le grand reproche qu’on peut lui adresser est l’entente nécessaire entre les téléphonistes A et B pour trouver la ligne auxiliaire convenable et relier deux abonnés. On peut aisément trouver une solution qui soit à l’abri de ces divers inconvénients. Conservons chez l’abonné le poste ordinaire et, au bureau, la téléphoniste A ; mais remplaçons la téléphoniste B par un sélecteur. Nous y trouverons nombre d’avantages. Tout d’abord, le sélecteur sera mis en œuvre par une téléphoniste, exercée à cette manœuvre et qui, jàar conséquent, commettra moins d’erreurs qu’un abonné et sera mieux placée que lui pour parer à une défaillance du mécanisme ;
- de plus, ces appareils seront beaucoup moins nombreux que ceux des abonnés, ils pourront être établis dans des conditions bien meilleures de solidité, tout en restant à des prix raisonnables. Enfin, il y aura suppression des téléphonistes B, par conséquent non seulement économie pécuniaire, mais aussi suppression des erreurs qu’elles peuvent commettre et'qui, d’après les statistiques, sont assez nombreuses. Ajoutons enfin que la manœuvre faite par la téléphoniste A, pour chercher l’abonné demandé, pourra être plus rapide que dans le service manuel; il y aura avantage pour le demandeur, et aussi pour l’exploitation, carie nombre des abonnés à desservir par une même téléphoniste A pourra être augmenté! L’expérience de ce système va être tentée à New-York et, si elle donne des résultats satisfaisants, ce sera une précieuse indication pour les ingénieurs chargés de l’entretien de grands réseaux téléphoniques.
- Réseaux moyens.
- Mais la question des très grandes villes n’est pas la seule qui mérite d’attirer l’attention des techniciens. Pour des réseaux de moindre importance, la comparaison entre l’automatique et le manuel se présente sous un aspect différent qu’il convient maintenant d’ab’order. Pour cela, nous allons quitter la vaste Amérique et ses cités, au vertigineux développement économique, pour revenir en Europe. Aussi bien nous nous étions posé deux questions : comment le téléphone peut-il se développer de manière à satisfaire à un accroissement considérable du nombre des abonnés ? Comment pourra-t-on diminuer son prix de manière à le mettre à la portée de tout le monde PNous avons trouvé la réponse à la première question, mais la deuxième n’a pas encore été effleurée.
- M. Steidle, assesseur supérieur des Postes, en Bavière, et qui était chargé dos fonctions de rapporteur général à la conférence, a présenté, à ce sujet, une étude des plus sérieuses et des plus complètes.
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- La contribution qui est demandée à un abonné correspond à un certain nombre d’éléments. Tout d’abord, il faut construire une ligne, puis donnera l’abonné un appareil et le relier à un dispositif d’appel au bureau central. Ceci correspond à une dépense qui, dans un réseau donné, peut être considérée comme constante, en admettant que la ligne est comptée pour chaque abonné pour une longueur moyenne, ce qui est équitable, car le service rendu entre abonnés est réciproque et celui qui est plus près du central ne retire pas moins d’avantages du téléphone que celui qui en est éloigné, au moins pour ce qui concerne l’agglomération principale. Il faut encore envisager la dépense du matériel nécessaire pour établir les communications entre les différents abonnés et |le| personnel qui doit intervenir dans ces opérations. Ces divers frais dépendent de l’intensité du trafic et doivent, approximativement, être proportionnels au nombre des conversations. II convient encore d’ajouter une somme pour frais généraux, frais d’assistance, etc., qui est aussi proportionnelle au trafic.
- Finalement, pour un réseau important, le tarif devra se composer d’une somme fixe, représentant les frais fixes, et d’une somme additionnelle proportionnelle au nombre des conversations. Dans le cas d’un réseau manuel de io ooo abonnés, pour une ligne de 2,5 kilomètres et pour dix conversations par jour, M. Steidle arrive aux chiffres suivants :
- Tableau I.
- Pour cent du tarif des conversations. Pour cent du tarif total.
- I Ligne 22 1 O
- 2 Appareils .... 28 1 %
- 3 Intercommuni-
- ration i3 7,’’>
- 4 Personnel. . . . 3o •7
- 5 Total. . . . 9> i(>,ï
- On voit, d’après ce tableau, que la dé-
- pense la plus élevée est celle du personnel,
- En examinant le cas du semi-automatique, M. Steidle arrive à conclure que la somme des titres 3 et 4( c’est-à-dire les dépenses en matériel et en personnel pour l’établissement des communications, tombent respectivement à 20 % au lieu de 43 et à 12 % au lieu de a4,5 pour le tarif des conversations et le tarif total. Pour l’automatique complet, on arrive à une économie encore plus grande, car les chiffres précédents tombent à i a et 7.
- D’ap rès M. Steidle, la solution automatique serait donc un moyen efficace de diminuer le prix de revient du téléphone. On peut, d’ailleurs, chercher à agir sur les autres facteurs, par exemple, sur la ligne et les appareils.
- Dans un certain nombre de pays, il y a des lignes communes, plusieurs abonnés étant montés sur la même ligne (party lines). Dans ce cas, les frais de construction de la ligne sont divisés par le nombre des abonnés, ainsi que les frais d’installation des moyens d’appel au bureau central.
- On peut aussi diminuer le prix des lignes d’une autre manière. On peut grouper dans une sous-centrale un certain nombre d’abonnés, de petits abonnés causant peu, et ne les relier au central c|ue par un petit nombre de lignes auxiliaires. Le service de la sous-centrale peut être manuel ou automatique. L’économie en frais de construction de ligne sera très sensible. Les liaisons des abonnés à la sous-centrale pourront être réalisées au moyen de câbles de très faible diamètre, et les liaisons des sous-centrales à la station principale seront d’usage commun.
- Les avantages économiques que peut présenter le système semi-automatique pour les réseaux de moyenne importance ont été exposés encore par M. Ambrosius, ingénieur à Leipzig, et M. Ilersen, ingénieur à Berlin.
- Le premier s’est particulièrement attaché à la suppression des téléphonistes B, par l’installation de sélecteurs et le second à l’installation des sous-centrales dans lesquelles on
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- peut placer un sélecteur d’appel, un présélecteur, permettant de choisir une ligne libre pour faire parvenir l’appel jusqu’au bureau principal. Ce système paraît préférable, quand il s’agit de petits abonnés, au distributeur d’appel qui permet, au lieu de donner l’appel toujours à la même téléphoniste A, de le renvoyer automatiquement, dans le bureau principal lui-même, sur le poste de celle des téléphonistes A qui est libre au moment où parvient cet appel.
- Pour mieux faire comprendre comment on peut, suivant ces principes, organiser un réseau de moyenne importance nous ne pouvons mieux faire que de donner la description .sommaire du réseau de Copenhague que nous empruntons à une brochure de M. Johannsen, directeur de la Compagnie des Téléphones de cette ville.
- Il y a dans la ville 3i ooo abonnés, dont les deux tiers environs ont de petits abonnés.
- Voici d’ailleurs leur tableau de répartition.
- Tableau II
- Nombre de conversations par an. Pour cent d’abonnés. Pour cent de conversations.
- Moins de 1 ooo 33 10
- I OOO il a OOO 33 ao
- 2 000 à 4000 18 % 0
- Plus de 4000 if> 5o
- Total.... IOO 100
- Il existe trois sous-centrales, comportant chacune 6 ooo petits abonnés, reliés au moyen de fils de o,5 millimètre pris dans des câbles à 700 paires.
- Les gros abonnés sont reliés directement au bureau principal qui est à multiplage complet.
- Leurs communications leur sont données par une seule téléphoniste. Dans les sous-centrales, il y a des téléphonistes A et B. x En résumé, les renseignements qui ont été 'apportés à la conférence permettent de prévoir de quelle manière on pourra réduire les
- frais d’exploitation de manière à abaisser les tarifs pour les petits abonnés. Ces petits abonnés, dans le cas de villes importantes, devront être groupés dans des sous-centrales auxquelles ils seront rattachés au moyen de lignes peu coûteuses. Là, un service manuel de téléphonistes leur donnera les communications avec les autres abonnés au moyen de dispositifs qui auront probablement avantage à être automatiques.
- Si la ville est moins importante et qu’un bureau central unique soit suffisant, on pourra encore constituer des sous-centrales, mais il y aura avantage à placer dans ces stations un dispositif automatique, un présélecteur d’appel qui fera parvenir au central les appels des petits1 abonnés au moyen d’un nombre restreint de lignes; les gros abonnés seront reliés directement au poste principal.
- Petits réseaux.
- Reste à examiner le cas des petits réseaux. Là on peut dire que la solution de la question dépend surtout des circonstances locales et il serait imprudent d’en préconiser une, à l’exclusion de toutes les autres. Remarquons tout d’abord que, étant donné le petit nombre des abonnés, la manœuvre d’un appareil d’abonné entièrement automatique n’aura aucun des inconvénients qu’on rencontre dans un grand réseau. Par conséquent, ce mode d’exploitation pourra être admis et il offrira l’avantage de fonctionner de tout temps, pendant toutes les heures de jour et de nuit, sans arrêt les jours fériés. Si le centre est relié à un ou deux centres voisins par des circuits interurbains dont le trafic est peu chargé, le commutateur automatique pourra permettre d’atteindre les villes voisines sans qu’il soit nécessaire de mettre au bureau de départ une téléphoniste. L’automatique pourra donc être une solution très commode, économique et simple.
- Si, au contraire, il y a dans le petit réseau un trafic interurbain important, si plusieurs abonnés^ peuvent fréquemment avoir besoin
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- aux mêmes heures des mêmes circuits, il semble bien difficile d’éviter la présence d’une téléphoniste et, dans ce cas, le service devra plutôt être manuel.
- C’est ainsi que l’installation d’un commutateur automatique à Munich pour 3 ooo abonnés a été reconnue avantageuse; de même à Gralz (Autriche), i 200 abonnés vont être reliés par ce même système.
- En résumé, c’est pour des bureaux d’importance moyenne et pour les petits bureaux qu’on doit surtout se rallier à l’opinion, exprimée par M. Steidle, que le service automatique présente une souplesse et une sûreté de fonctionnement, au point de vue mécanique et électrique, qui lui permet de répondre à tous les besoins, mais que son adoption dépend, dans chaque pays, de raisons économiques. Il semble bien que les ressources et les facilités nouvelles présentées par des dispositifs automatiques sont de nature à rendre beaucoup moins onéreuses la
- construction des lignes et f’installationMes' moyens d’intercommunication. Il y a donc là ün motif suffisant pour fonder de sérieuses espérances sur le développement intensif et à bon marché du téléphone, en proportionnant toujours son prix au service rendu.
- Pour les très grands réseaux, la solution ne laisse pas d’être complexe. Il ne s’agit plus seulement de se limiter à l’étude d’un problème de téléphonie. La question est beaucoup plus haute et plus vaste. C’est un véritable problème d’économie politique ; et ce n’est qu’après avoir observé et prévu le.s lois du développement de tout un pays, de ses besoins industriels et commerciaux, des modifications du groupement de la population, qu’on peut espérer arriver à la conception d’un système de téléphonie en harmonie avec l’état présent de ce pays et capable de se plier dans l’avenir aux nécessités que le progrès viendra révéler.
- (/I suivre.) Devaux-Charbonnel.
- SUR LE CERCLE D’OSSANNA ET SON APPLICATION PRATIQUE
- Il peut paraître un peu tardif de revenir encore une fois sur la question du diagramme du cercle, sur lequel il a été publié de nombreuses études depuis celle d’Ossanna ('), fortement anticipée d’ailleurs par une autre de M. Potier (a).
- Etant donné toutefois que beaucoup de traités d’électrotechnique générale ou appliquée, et des meilleurs, s’en tiennent toujours au diagramme simplifié de Blondel-Heyland avec ses divers perfectionnements f) ou à celui de Mac Allister (*), il nous a semblé qu’une étude supplémentaire ne serait
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, 1899.'
- (2) Cours autograpliié d’Electricilé industrielle de l'Ecole Nationale des Mines, 1891.
- . (3) Eclairage Electrique, tome XXIV, p. 17, 1900.
- (l) Elcctrical World, 190'i,
- peut-être pas sans intérêt à une époque où l’on recherche de plus en plus la précision, mais sans complication inutile.
- Notre but est de reprendre tout d’abord la question dans sa généralité, en adaptant toutefois la démonstration analytique du cercle de Potier-Ossanna au cas simple de la considération d’un seul coefficient de fuite, celui introduit dans la technique des moteurs asynchrones par M. Blondel (*) au lieu des coefficients multiples de la théorie de M. Ossanna (2).
- Nous montrerons ‘ensuite qu’on peut simplifier les résultats dans la plupart des cas et obtenir un cercle aussi facile à tracer que le cercle extérieur du diagramme Biondel-lley-
- (^Eclairage Electrique, lorac V, p. 97, 1893.
- (2) Starkstromtechnik, Wm.iielm Ehnst, éditeur, Berlin.
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- land et donnant néanmoins une exactitude plus grande en tenant compte rigoureusement de la perle ohmique dans l’enroulement inducteur.
- Comme dans la plupart des travaux sur le diagramme du cercle, nous laisserons de côté tout d’abord la question dos pertes dans le fer et tiendrons compte ensuite de celle-ci à la façon ordinaire, c’est-À-dire en admettant leur constance à toute charge.
- EQUATION DU CKItCLK DE POTIEH-OSSANNA
- 'Nous adoptons naturellement les notations, d’ailleurs classiques, de M. Blondel, notations que nos lecteurs connaissent bien, en renonçant cependant à la considération des quantités vectorielles.
- Nous représenterons donc (fig. i) le diagramme bien connu de ce savant, en y substituant, toutefois, les courants aux flux qui leur sont proportionnels, et nous désignerons par :
- U], la tension aux bornes par phase ;
- <y, et <72, les nombres de phases de l’inducteur el de l'induit;
- .Nf et Njj, les nombres totaux de conducteurs périphériques sur l’inducteur et sur l’induit;
- Ki et K2) les coefficients servant à déterminer les flux tournants;
- /•, et /'a, les résistances des enroulements inducteur et induit, par phase;
- X, etX2, les coefficients de self-induction par phase de l’inducteur et de l’induit;
- t»i et e.2, les coefficients d’IIopkinson pour l’inducteur et l’induit;
- g = 1-------:—, le coefficient de fuite ;
- t’i f’i
- Ei et E2, les forces électromotrices induites par phase de l’inducteur et de l’induit;
- It et I2, les intensités des courants inducteur et induit supposé ramené à l’inducteur, pour ce dernier;
- I,„, le courant magnétisant inducteur ;
- VI0, le courant magnétisant avide; tp, le décalage des courants primaires par rapport aux tensions primaires;
- 2 TC
- Q = — = 2 Ttf, la vitesse de pulsation des courants inducteurs;
- £2 — <*>, la vitesse de pulsation des courants induits ; ______ O X1 ûX2 ,
- m, = ------ et m-i —----, les facteurs de reactance
- r 1 >2
- Fig. 1.
- des enroulements inducteur et induit, à la fréquence des courants primaires;
- tg G = (£2 — t<>) —, le facteur de réactance de l'in—
- duit à la fréquence des courants induits.
- a et a -j- [3 = 0, les angles des flux résultants dans l’inducteur et dans l’induit avec le courant inducteur.
- La force électromotrice induite E( = OH, perpendiculaire au courant magnétisant I,„, composée avec la chute ohmique I, =HK, donne la différence de potentiel par phase U, = OK, supposée constante.
- Nous allons tout d’abord chercher la relation qui relie les 3 quantités U1? 1^et ?.
- Projetons le triangle OlIK successivement sur ses deux côté HK et OK; nous obtenons les deux relations :
- Ii -f E, sina =: U, cos<p, (1)
- /’i I| coscp -|- E, sin(a -j- cp) = U,, (2)
- d’où l’on déduit en éliminant E, :
- U|COs:p—/’iL sina
- Ut — /• i L cos<p sin(a -|- <p)’
- (3)
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- 2G9
- Cette relation peut s’écrire :
- (UjCosip — /•, I,)cos<p_ sinacoscp
- ' U, — /-, I,cos(? sin(a -f- ç)’
- • %
- _
- tga + tg?’
- et enfin
- d’où :
- (U, cos<y — I,) cosep____tga
- U, sin2cp tgcp’
- U, eoscp —/,I,
- tg a =--------------. 4
- U, sintp
- D’un autre côté, en partant de :
- tg« = lg(B-B) =
- S W i + tgStgfi’
- et en tenant compte de la relation bien connue de la théorie de M. Blondel :
- tgp — ® tgO,
- on peut encore écrire :
- (i •— c)tgO .
- «* = 7+Ttgïs’ (5)
- Nous obtenons donc une première relation entre Uj, I,, ® et 6, qui est :
- Ui coscp — /,!, _ (i — c) tg-0 6
- sin<p î -j- c tg26
- Nous aurons une seconde relation entre ces mêmes quantités en parlant de l’expression évidente :
- E, = üX, I,„ == 777, 7-, Im, (7)
- et en y remplaçant I,„ par sa valeur tirée de la relation des sinus dans le triangle OBD :
- Im _ COSQ I, cos fi’
- ce qui donne :
- E, = 777 , 7', I,
- cosO
- cosfi’
- ou encore, en multipliant les deux membres par sin « ou sin (0—j3) :
- E, sina = 777,/ ,!,
- cosô sin(6 — gos &
- (8)
- Cette relation devient, en tenant compte de
- tgp = <itg0:
- = (l — c) 777,7’, I,
- (9)
- E, sina = (1 — a) 777,/-, I, sinO cosO tgQ
- 1 1 -j- tg2ô'
- Cette valeur de E( sin a substituée dans la relation de projection du triangle OHK sur HK ou /, I, :
- E, sina = U, cos^ — /, I, (1)
- donne finalement :
- U, COS<p -------- 7', I, = (i — a) 777,7', I,
- tgO
- 1 -I—tg2e
- La relation cherchée entre U,, I, et y peut enfin s’obtenir en éliminant tg 0 entre les deux relations trouvées (6) et (10).
- En divisant ces relations membre à membre, on a tout d’abord :
- u, sin,Ci
- + tg20
- d’où l’on tire
- tgae =
- 777,7', I, — U, sin<p U, siny — c/77,7', I,’
- et accessoirement :
- (1 —o)/«,/, I,
- 1 -{- tg
- U, sin<p — c/77,7', I,
- .3)
- La seconde relation (10) entre U,, It,<p et 0 devient donc, après élévation au carré et substitution de tg2 0 et 1 + tg20,
- (U, COS <p------- /'11,
- (1 — c)’///,2/',2!,2
- (U,sin<p--- <7 777,7', li)2
- __.(I — c)2/?7,21,2 (777,7-, I, — U, sin<p)
- U,sillffl - C777,7', I, 5
- et se réduit finalement après simplification à :
- 7',2I,2 (1 -f- C777,2) — /', I,u, [acostp -f- (1 + c) 777, sin s] ' .. -f- L’i2 = 0. ( 1 /,)
- Cette relation entre les variables Ij et ® est bien l’équation d’un cercle en coordonnées polaires.
- Pour plus de commodité, prenons des
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- T. XIII (2e Série). -r N° 9
- coordonnées rectangulaires et adoptons pour axe des y la direction fixe OK et pour axe des x celle de la perpendiculaire. Les coordonnées du point R seront alors :
- x — J, sin ep, y — I, costp,
- et l’équation de la circonférence, lieu du point B, sera :
- ?'i2|i -f- ct/??,2) (x2 + y-) •—/»,/'! IJ i ( i +tr).('
- — 2?•, U,// -|- U,2 — <». (ir>)
- Les coordonnées du centre, r(l, ?/0, sont fournies par les relations :
- f'* — +<”»•*)*« — «ViU,(i -fs) —<», \
- A/ = 2/'.2(i +<r»Ls)^i— 2'|U, -- «, J
- et ont par suite pour valeur :
- s - .
- __ w,u,(i;+g) ; __ u,
- - ' ° 2?', (l -|- ffffl,2)’ ' ° /', /1 -f- CT//?,2)' '
- Ou peut donc écrire l’équation du cercle sous la forfrie : •
- /»,U,(i+q)l2 r Ui T-
- X *o(i CT/Mia)J I\[ï -f- ct/??!2) J
- de self-induction, puisque le courant dans l’induit est nul.
- De même (fig. a), on a :
- I0 = L'sincp,,. (ao)
- ' En remarquant que :
- sin 3„
- m i
- on en déduit :
- L
- V 1 + >»i2 U,/??,
- 0_ #-,(!+ B/,*)-
- Le courant, watté à vide ?,(, serait:
- ? Ht I ,> C OSîpc,
- ; U,
- /•, (i -(- m
- i\'
- En remplaçant l_q par
- rt Io('+w*ia)
- m.
- (2I)
- (aa) (a 3)
- dans
- l’équation du cercle de Potier-Ossanna, on obtient :
- (.+g)(.+/«,») -i»- r » + "*»2 tT a (i-(-u/n,2) ° | |_ Z», (i -j-d nii1) °J
- f(i + d)(i -f ???i2) T q2
- “L a(ITV^2)“l0J “0>
- a4l
- qui met en évidence, outre le centre, la valeur du diamètre du cercle :
- m, Ut(i — g)
- a/', (> + a/??,2)’
- expression particulièrement simple et qui, croyons-nous, est nouvelle.
- Il est assez commode d’introduire dans ces éléments la valeur du courant magnétisant à vide I0.
- Le courant à vide L, en laissant de coté, comme nous l’avons supposé, le courant watté correspondant aux pertes dans le fer, est évidemment, au synchronisme, c’est-à-dire en supposant également les frottements nuis :
- U,
- "i +
- /??,
- (19)
- l’appareil se comportant comme une bobine
- Dans la majorité des cas pratiques, la
- quantité
- m.
- dont la valeur rigoureuse est
- E U
- —— et la valeur approchée —h , est toujours / |I)H. 1 1 Iq
- supérieure à 3o. En effet, la chute ohmique
- en charge, dans l’inducteur, dépasse rarement
- : 10 % ; comme, d’autre part, Hy est lui-même
- voisin du tiers du courant , est égal à
- 'ri -
- ——- ou 3o. o,o33
- Avec une erreur “ïnaxima de 1 °/0„, on peut donc remplacer 1 -|- m* par m*.
- D’un autre côté, le coefficient de fuite ct varie en sens contraire de ; petit pour les gros moteurs où dépasse la valeur 100, il est, au contraire, assez grand, .0,1 environ, pour les petits moteurs, avec ml — 3o. Le produit ct???!2 est donc rarement inférieur à too, ce qui permet de. négliger aussi,
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- clans la plupart des cas, runité. devant
- En pratique, on peut donc, avec une approximation d'au moins i %, prendre l’équation approchée :
- I±!
- 2(7 / V >n<<3
- — ] 2(7
- : O. (2o)
- Le diamètre du cercle de Potier-Ossanna est alors le même que celui du cercle classique, mais le premier est légèrement excentré par rapport au second.
- Les coordonnées du centre sont ici :
- i
- #0 = -
- -j- a
- 2(7
- 2/o =
- Io
- nii a
- (a6J
- Si nous remarquons que l’on a approximativement :
- U,
- m ! = —r,
- 'il0
- on voit-que la valeur de y0 peut s’écrire aussi :
- .. T 2 ' I l0
- //O
- îU, ’
- c’est-à-dire que l’ordonnée du centre correspond aux pertes par effet Joule pour le cou-
- rant magnétisant à vide, ou le courant à vide lui-même,ampli fié et dans le rapport (*).
- (') L’ordre de grandeur de y0 est compris entre le tiers et le dixième du courant déwatté vide I0, suivant la puissance du moteur.
- La valeur de l’abscisse est la même qu’avec le cercle d’Heyland. Le cercle est donc des plus faciles à construire pratiquement.
- Revenons à l’équation générale; pour l’étude ultérieure des propriétés du cercle de Potier-Ossanna, nous porterons l’origine au point du lieu correspondant au synchronisme.
- Les coordonnées de ce point sont, comme le montre la figure >. :
- :i> — I0, y = -t (a7)
- La nouvelle équation du cercle s’obtient alors en remplaçant x et y par :
- .2- = a:’ 4- x, y — y' -f- Y,
- d’où :
- x+i„T+rv+ x_. !x-»! û
- 2(1 + 5;»/) I L_
- o)(l + >«,2 3)
- -L1
- 2(1 +
- I„ = o, (28)
- ou :
- i -j- (7 m
- 1 -(- <7 ml
- Le second point d’intersection R (fig. 3) du cercle avec le vecteur du courant à vide, dont la direction est :
- Y = —x, (:l>)
- m j
- jouit d’une propriété intéressante, signalée par MM. Lehmann ('), Orob (’) et Rethenod(’), celle d’être sur le diamètre horizontal du cercle, c’est-à-dire sur le diamètre perpendiculaire à la direction de la tension aux bornes.
- On a, en effet, pour déterminer l’ordonnée de ce point, l’équation aux Y :
- , ... «v» ... p—»), v
- [ —j— VI [ Il -VI1 -; * 0 '
- G VI \
- ai — G)m
- I -\-GVt
- * 1 ¥
- (I) Voir Eclairage Electrique, tome XXXVI, p. 281, 1908.
- (4) Voir Elektrotechnische Zeitschrift, 2 juin 1904 et Eclairage. Electrique, tome XL, p. 465, 1904.
- (3) Voir Eclairage Electrique, tome XL, p. 2Ï3, 1904.
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- d’où, pour la racine non nulle :
- Y =
- (I — ,
- I + G /«j» °’
- ce qui est bien l’ordonnée du centre avec la nouvelle origine.
- Il est facile d’établir également que la seconde extrémité D du vecteur du courant secondaire I'2 ramenée au primaire, et dont la première B décrit déjà la circonférence
- au synchronisme, pour lequel SG est perpendiculaire à OS et II,K à OH,, est :
- OC _ I„
- OIv Ui sin'.pi,
- ou en remplaçant I„ par sa valeur en fonction de U, :
- OC _ i O K /y«i
- Ha)
- de Potier, décrit aussi une circonférence passant naturellement par le point S correspondant au synchronisme et, en outre, par la seconde extrémité du diamètre horizontal du cercle précédent, celle non située sur le vecteur du courant à vide.
- Abaissons (fig. 4) du point D une perpendiculaire sur le courant I,,ou OB, jusqu’à l’axe horizontal OC. Le triangle des courants ODC est semblable à celui des tensions OHK.
- En outre,le point G est fixe, U, étant constant et le rapport de similitude ne dépendant que des constantes du moteur.
- Ce rapport, établi pour le fonctionnement
- En particulier, on a :
- ni | /, nii
- Le vecteur CD pivotantautour du point G, comme OB autour de O, étant donné que ces deux vecteurs sont perpendiculaires et, en outre, dans un rapport constant, le point D décrira une circonférence (fig. 3) d’un rayon ///, fois plus petit que celui de la circonférence de Potier-Ossanna. Cette circonférence passant par le point S est telle que le second point d’intersection P, de la droite GS soit à l’extrémité du diamètre vertical.
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- Comme les vecteurs homologues OR etCPt sont perpendiculaires, CS prolongé passera par le point P d’intersection du diamètre horizontal du cei’cle d’Ossanna autre que R. De plus, par similitude des deux lieux on a :
- OS _ CS SR~~ SP?
- et par similitude des deux triangles rectangles OSC et PSR :
- OS _ CS SR SP'
- Les points P et P, sont donc confondus, autrement dit, les deux cercles se coupent, outre le point S, au point P, à l’extrémité du
- diamètre horizontal du cercle de Potier-Ossanna et à l’une des extrémités du diamètre vertical du second cercle.
- On en conclura, en outre, que ces deux cercles se coupent à angle droit, c’est-à-dire sont orthogonaux.
- On peut montrer finalement que le vecteur I'o = RD passe par le point P, c’est-à-dire pivote autour de ce point fixe, en s’appuyant sur les deux circonférences trouvées.
- Il suflit de remarquer pour cela que, dans le quadrilatère DPBS, les deux côtés SD et SB des deux triangles semblables OSB et GSD sont perpendiculaires et que les angles en B et D ont respectivement pour mesure
- PRS = -—?„= y et„SPR — ®
- ‘X
- c’est-à-dire sont complémentaires. L’angle en P est, en effet, égal à t. et le quadrilatère est un triangle. Autrement dit, le vecteur DB passe par le point fixe P.
- Ces propriétés pouvaient d’ailleurs s’établir facilement en partant de l’équation des deux circonférences et eit se servant des propriétés connues des cercles orthogonaux.
- On peut remarquer, comme le fit Ossanna, que, en toute rigueur il n’est pas nécessaire de tracer la petite circonférence, lieu du doint D, pour obtenir le vecteur BD représentant I'2. Il suffit d’observer que les vecteurs BD et BS sont dans un rapport constant.
- On a, en effet, l’angle en D étant égal à <p„ :
- 2 sinav /»i
- Pratiquement, d’ailleurs, on peut toujours admettre, d’après ce que nous avons dit plus haut, que :
- I'2 = SB. ' (35)
- (A suivre.)
- C.-F. Guilheht.
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- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Idées nouvelles sur les méthodes d’établissement des lignes de transport d’énergie électrique. — B. Way. — Communication à la National Electric Light Association, reproduite par Engineering News et The Electrician,'i% octobre 1910.
- D’après l'auteur,les systèmes de distribution électrique employés à Saint-Louis et dans les environs présentent quelques idées nouvelles sur la construction et l’équipement des lignes souterraines et aériennes.
- Canalisations souterraines. — Environ Go kilomètres de conduites pour canalisations, construites entièrement en béton, sans qu!aucun tuyau ou aucun tube ait été employé, sont maintenant en exploitation à Saint-Louis. Pour établir ces conduites, on creuse par les méthodes habituelles une tranchée ayant la largeur et la profondeur voulues. La tranchée sert de moule pour le fond et les parois du massif de béton. Des supports en béton sont établis et mis de niveau dans le fond de la tranchée, à des intervalles de 4 m. 80. Des formes de bois profilées en U, ou moules à conduits, de 4 m. 80 de long, sont mises en place sur les supports de béton et s’y alignent automatiquement. A ce moment, on coule dans la tranchée du béton que l’on comprime ét que l’on arrose autour des bords supérieurs des moules. On laisse ce premier banc de béton se prendre, ce qui demande en général trois ou quatre heures ; au bout de ce temps,on enlève les moules en les soulevant verticalement au moyen de crochets en fer. Une fois les moules enlevés, la tranchée contient uniquement un banc de béton dans lequel sont ménagées des rainures longitudinales en U. On transforme ces rainures en conduits clos en les couvrant avec des dalles ou des plaques de béton primitivement préparées à l’épaisseur voulue. Les joints entre les plaques adjacentes et entre les plaques et le banc de béton contenant les rainures sont cimentés et l’opération ci-dessus décrite est répétée pour l’élément de conduite suivant. La canalisation est complétée par un dernier banc de béton destiné à la protéger contre les terrassements ultérieurs.
- Aux points où l’on veut établir de petits regards ou
- des boîtes de connexions dans la canalisation, entre les « trous d'hommes », on limite le béton autour des moules à conduits, de façon à laisser dans le massif des ouvertures rectangulaires. Ces regards en béton, qui 11’exigent ainsi aucune dépense supplémentaire, serviront à passer la main pour exécuter les connexions des câbles. On peut les obturer par un couvercle immédiatement au niveau supérieur du massif de béton, ou les prolonger par un cadre métallique jusqu’au niveau du pavage et y mettre une plaque de fermeture. Les fermetures enterrées, en raison de leur faible prix, permettent de rapprocher les boîtes de visite, ce qui facilite autant l’entretien des connexions que le système du tube d’Edison.
- On donne aux câbles dans les conduits en béton à peu près la même tension que dansles conduits d’autres types; ils ne présentent aucune détérioration, mais semblent plutôt avoir été passés au papier de verre. Les avantages de cette méthode d’établissement des canalisations sont : bas prix de premier établissement, conduits lisses et droits, sans aucun joint, fendillement ou saillie coupante ; grande résistance au feu et bonne protection contre l’action des câbles les uns sur les autres. La seule objection que l’on puisse faire à la construction en béton est la nécessité de laisser la tranchée ouverte plus longtemps dans une rue où l’on établit une canalisation à plusieurs conduits; cependant cette augmentation de durée n’est que d’une journée, si l’on compare aux méthodes les plus rapides de pose des systèmes à tuyaux.
- Protection des câbles. — Le mortier de ciment étant dur, bon marché et présentant d’excellentes qualités de résistance au feu, constitue un protecteur idéal pour câbles dans tous les points dangereux. La seule difficulté qui se présente dans son emploi comme protecteur résulte de son manque d’adhérence quand on l’applique pour la première fois. On surmonte cette difficulté en entourant primitivement le câble d’une corde enroulée en spirale au pas de 1 centimètres environ. Quant à l’épaisseur de la couche de mortier elle est d’un peu plus d’un centimètre; si le câble à protéger se trouve dans un endroit sec et chaud on. devra maintenir le ciment humide pendant les deux ou trois premiers
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- jours qui suivront son application sans quoi il deviendrait friable et crayeux.
- La protection contre le feu ainsi obtenue est très efficace puisque dans certains cas, bien que la chemise de plomb à l’intérieur du revêtement soit fondue, on trouve le ciment intact protégeant l’isolement.
- Lignes aériennes. — L’enfouissement des poteaux est fait à la cote ordinaire de profondeur sur environ un septième de leur longueur. Pour maintenir le terrain en même temps que pour assurer un remplissage parfaitement solide entre le poteau et la partie supérieure de l’excavation, on remplit les 5o derniers centimètres du trou avec du béton bien tassé, que l’on termine par une surface supérieure au niveau du sol, inclinée du poteau vers le sol en formant un plan d’écoulement des eaux.
- Les traverses sont en sapin massif et ne portent aucun trou de chevilles on de boulons de fixation. Les traverses bien séchées sont peintes par immersion avant usage; elles sont reliées au poteau par un boulon de soutien galvanisé pourvu sous la têle et sous l’écrou de deux plaquettes carrées de 5 centimètres de côté. Des tirants galvanisés sont fixés au poteau par une vis freinée et à la traverse par un crampon. (On a en effet remarqué que les traverses se brisent souvent aux points où les boulons de fixation les traversent.)
- Fig. i. — Extrémité de ligne.
- Les broches et les supports sont attachés aux traverses au moyen de brides qui sont disposées de façon à serrer la traverse également sur toutes ses faces tout en n’ayant que deux points de serrage. La forme de la bride et son application aux broches et aux tendeurs sont représentées dans le croquis ci-contre (fig. i). Les broches et les consoles à brides ont été employées utilement pour d’anciennes installations où l’on voulait remplacer les broches de bois, arrachées ou cassées, et les consoles dont les vis s’étaient rouillées ou arrachées. Los broches à brides ont été employées également aux points de
- sectionnement d’une ligne. Dans ce cas, on fait usage de broches ayant une-partie droite sur laquelle on monte des isolateurs creux. La tension des lignes est transmise par des tirants à liges réglables placés au-dessus et au-dessous des isolateurs. La figure i montre l’emploi de broches cl d’isolateurs du même type aune extrémité de ligne. S’il arrive qu'il soit nécessaire de remplacer les traverses dans un des cas ci-dessus mentionnés, l’opération sera relativement facile en supportant les broches et les isolateurs par des élingues et démontant les brides, tandis qu’une telle opération avec les méthodes ordinaires de construction entraînerait des travaux et des risques considérables.
- Pour faire en sorte que les parties de la ligne soient toutes aussi bien isolées des poteaux et des traverses, on a jugé utile de monter tous les fusibles, coupe-circuits et boîtes de mesures primaires à la cote de la ligne des isolateurs montés sur consoles au-dessus des traverses. Le prix des consoles et des isolateurs est négligeable en comparaison de l’augmentation du facteur de sécurité ; en outre le travail d’installation est moindré que pour monter ces appareils sur les traverses. On peut dire que, pour accroître la sécurité des agents des lignes ainsi que l’économie d’encombrement des poteaux et la bonne apparence de l’ensemble des lignes sur poteaux, l’emploi des traverses renversées ou « mâles » devrait être évité autant que possible.
- Les dérivations et branchements peuvent être pris sur les lignes principales au moyen de consoles utilisant les traverses déjà montées.
- L’attache des fils de ligne sur les isolateurs est un détail auquel, souvent, on ne prête pas une attention suffisante. Le fil devrait être attaché à l’isolateur d’une façon aussi souple que possible et l’isolant du câble ne devrait pas être dégradé par le dispositif de fixation. Quelques modifications apportées à la méthode ordinaire permettront de réaliser ces qualités. Aux points où la tension est particulièrement forte, l’isolant sera supprimé et les liens soudés . Un organe que l’on appelle « lien circulaire » se voit sur la broche de droite de la figure ci-jointe.
- L. P.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Les stations centrales de la ville de Trente
- __J3. Rudolph. — Elektroteclmiii und Maschinenbau,
- 26 juin et 3 juillet 1910.
- Depuis quelques années, la ville de Trente, par
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- T. XIII (2® Série). — N® 9
- suitedu développement sans cesse croissant de sa consommation d’énergie électrique, a du créer de nouvelles usines ; l’auteur décrit successivement ces diverses stations en commençant par la plus ancienne, la station hydraulique dite de la Fersina, alimentée par le ruisseau du même nom. La Fersina est un affluent de l’Adige ; son débit minimum est de 5oo litres et son débit moyen de i ioo litres par seconde ; le débit maximum ne dépasse pas normalement io mètres cubes par seconde, mais peut atteindre, en temps de crue, i5o mètres cubes par seconde.
- L’eau destinée à l’alimentation de l’usine passe d’abord dans une chambre de décantation d’une capacité de i5o mètres cubes, creusée dans le roc, dont elle sort par un canal, d’une longueur de y5a mètres, de 0,9 mètre carré de section et de 4,5 %o de pente, qui peut débiter 1 200 litres par seconde.
- Ce canal débouche dans un réservoir principal ; ce réservoir, creusé dans le roc comme le canal d’amenée, peut contenir une réserve de 1 000 mètres cubes ; un canal de trop-plein rejette l’eau en excès à la rivière. De ce réservoir partent deux conduites en fonte d’un diamètre de 65o millimètres et d’une longueur de 860 mètres ; la hauteur de chute est de 88 mètres. Ces deux conduites débouchent dans un tunnel de 60 mètres de long; de ce tunnel l’eau se rend par une conduite jumelée à la conduite de distribution dont le diamètre est de 900 millimètres. A l’une des extrémités de cette dernière se trouve la vanne d’évacuation et à l’autre extrémité un réservoir d’air de 3 5oo millimètres de hauteur et de 65o millimètres de diamètre, dont le rôle est de prçtéger la conduite contre les coups de bélier; étant donné que le mouvement de l’eau provoque une certaine dépression dans ce réservoir, il faut cômpenser celle-ci à l’aide d’un petit compresseur commandé par une turbine.
- La salle des machines renferme G turbines horizontales Partial-Girard, construites par les Ateliers de Constructions Mécaniques de Vevey, qui développent une puissance de 140 chevaux, à a65 tours par minute, pour une hauteur de chute de 80 mètres, et une septième turbine de la même puissance sortie des ateliers Rusch de Dornbirn. Le réglage de la vitesse des turbines s'opère à la fois automatiquement et à la main.
- La puissance hydraulique totale de l’usine est donc de 980 chevaux.
- xLa partie électrique, installée par la Société Siemens et Halske de Vienne, comprend les génératrices, la ligne de transport d’énergie, et enfin les bat-
- teries d’accumulateurs et la sous-station compensatrice. La distribution est à 5 fils.
- Les génératrices, du type à pôles intérieurs et à collecteur séparé, sont au nombre de 7, susceptibles chacune d’un débit de 160 ampères sous 55o volts à a65 tours par minute. Le tableau de distribution, en bois dur, comprend un interrupteur à levier à rupture brusque, un disjoncteur de protection contre les inversions de sens du courant, ainsi qu’un ampèremètre et un voltmètre électromagnétiques par machine ; un voltmètre différentiel sert au couplage en parallèle; les connexions entre les machines et le tableau sont assurées par des câbles armés sous plomb.
- Ligne Dro-Trento. Ligne Trente-Mostizzolo.
- Fig. 1. — Isolateurs ù 20 000 volts.
- L’éclairage de l’usine est assuré par des groupes de lampes montées par série de 5 en dérivation aux bornes d’une petite compensatrice à 4 induits.
- Les feeders d’alimentation se composaient au début de 4 câbles sous plomb d’une section unitaire de i85 millimètres carrés, munis de fils pilotes qui aboutissaient-à deux boîtes principales desquelles partaient les feeders secondaires qui desservaient 8 boîtes de distribution, réparties entre les différents centres de consommation. Ces canalisations ne comprenaient que les câbles extrêmes ; les câbles intermédiaires partaient tous de la sous-station compensatrice, reliée directement à l’une des 8 boîtes de distribution et rayonnaient de là vers les 7 au-
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- très centres de distribution ; ces câbles au nombre de 5 par dérivation étaient de simples câbles sôus plomb d’une section de 70 millimètres carrés. Les sections des câbles distributeurs étaient de 5o millimètres carrés pour les câbles extrêmes et de 25 millimètres carrés pour les câbles intermédiaires. La sous-station compensatrice renfermait d’abord une batterie d’accumulateurs Tudor comprenant 2 X 8° éléments principaux et 2 X 88 éléments de réglage montés en parallèle ; cette batterie pouvait fournir un débit de n5 ampères pendant trois heures. Dans cette sous-station se trouvaient en outre deux compensatrices comprenant chacune 4 induits montés sur le même arbre et 4 systèmes inducteurs bipolaires ; chacune de ces compensatrices était susceptible d’un débit de 4 X 80 ampères, sous une tension variable de 4 X. 110 à 4 X ia5 volts et à une vitesse de 1 200 tours par minute ; les 8 bobines inductrices étaient montées directement en série sur 5oo volts.
- Lorsque cette station centrale fut devenue insuffisante, on dut lui adjoindre une station auxiliaire. Cette dernière renferme une machine à vapeur com-pound à échappement libre, dont la puissance maxima, en service permanent, est de i5o chevaux effectifs à 220 tours par minute : cette machine commande une dynamo à courant continu à pôles intérieurs.
- D’autre part, le développement sans cesse croissant de la force motrice rendit nécessaires certaines modifications des lignes de distribution ; les moteurs furent branchés directement sur les fils extrêmes à 5oo volts, tandis qu’on constitua pour l’éclairage un réseau à 3 fils de 2 X 220 volts.
- Enfin on dut, dès 1902, envisager la construction d’une nouvelle usine hydraulique dontles travaux furent entrepris au cours de l’automne de 1 qo5 et qui fut mise en service en juin 1909. Cette usine, de beaucoup la plus importante, est alimentée par la rivière Sarca; de nombreuses mesures effectuées de 1 go3 à 1 go5 permirent de fixer à 9 mètres cubes le débit normal de cette rivière ; en outre, une autre rivière, la Rimone, peut fournir un débit un 1 mètre cube ; on pouvait donc se baser sur un débit total de 10 mètres cubes.
- Le canal d’amenée de l’eau fut prévu en conséquence pour un débit de 10 mètres cubes par seconde ; sa pente moyenne est de i,5°/00, sa largeur est de 3,8 m. sa profondeur de 2,2 111, et sa longueur d’environ 1 25o mètres ; ce canal aboutit à une vanne comportant trois ouvertures dont chacune mesure
- 2 mètres de hauteur et 1,8 m. de,largeur. De cette vanne part une galerie dont la pente est également de i,5°/,0, sa largeur maxima et sa hauteur étant respectivement de 3 mètres et de 2.62 m. et sa longueur de 5oo mètres. Cette galerie se continue par un canal à ciel ouvert de 523 mètres de long et dont la pente est toujours de i,5%0 ; ce canal, de section trapézoïdale, présente une profondeur de 2,62 m. et une largeur moyenne de 2,8 m. Ce canal aboutit à la chambre d’eau dont les dimensions ont été calculées en vue d’une puissance totale de 10 000 chevaux à fournir. Cette chambre comporte 7 compartiments dont chacun peut être isolé par la manœuvre d’une vanne précédée d’une grille.
- De la chambre d’eau partent les quatres conduites forcées en fer forgé ; trois d’entre elles, destinées chacune à l’uriedes turbines principales ont un diamètre de 1 25o millimètres; la quatrième, réservée aux groupes d’excitation, n’a qu’un diamètre de 5oo millimètres. Etant donné que la puissance normale de chacune des turbines principales est de i 5oo chevaux, il en résulte une consommation de 2,72 mètres cubes d’eau par seconde à la vitesse de 2,2.3 m. Chacune des quatre conduites forcées présente une longueur totale de 170 mètres.
- Les turbines des groupes d’excitation, au nombre de deux, sont du type Francis ; chacune d’elles peut développer une puissance de 2 5o chevaux, à 600 tours par minute et comporte un régulateur de vitesse automatique. Etant donnée la pureté de l’eau d’alimentation, 011 a pu faire usage de celle-ci au lieu d’huile pour les servo-moteurs des régulateurs.
- Les turbines des groupes électrogènes principaux sont des turbines Francis jumelées, munies chacune de deux tubulures d’admission; leur puissance unitaire varie de 1 5oo à 1 870 chevaux, à 5oo tours par minute ; le diamètre des .roues motrices est de 85o millimètres; ces turbines sont également munies de régulateurs de vitesse automatiques à eau. Sur l’arbre de chaque turbine est monté -un volant en acier de 2 5oo millimètres de diamètre, dont la vitesse périphérique,à 5oo tours,est de 65 mètres par seconde.
- Les alternateurs, ainsi que les autres parties de l’équipement électrique, sortent des ateliers Siemens-Schuckert de Vienne. Les excitatrices sont au nombre de deux ; chacune d’elles est accouplée, par l’intermédiaire d’un manchon élastique, à l’une des petites turbines et peut développer en service permanent une puissance de i3o kilowatts, correspondant à un débit de 1 100 ampères sous 1-20 à r3o volts à la vitesse de 600 tours par minute. En raison de
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- l'intensité relativement élevée de ce débit, les collecteurs durent être prévus très larges. Ces excitatrices doivent assurer en outre l’éclairage de l’usine.
- Les alternateurs sont également accouplés à leurs turbines respectives par l’intermédiaire de manchons élastiques. A 5oo tours par minute, chacun d’eux peut fournir normalement i 25o KVA et au maximum i 5oo KVA sous une tension de 5a5o volts et à 5o périodes par seconde. Pour cos <p = o,8, la puissance normale de chaque alternateur est donc de i ooo kilowatts et sa puissance maxima de i 200 kilowatts, ce qui correspond à un débit de iGGampères par phase. Les inducteurs sont constitués par des volants en acier fondu à la périphérie de chacun desquels sont fixés, au moyen d’encoches en queue i^’aronde, 12 pôles ; les pièces polaires sont feuilletées. Les spires inductrices sont formées de bandes de cuivre enroulées sur champ et isolées au papier. Le poids de l’inducteur complet, non compris celui de l’arbre, est de 8 5oo kilogrammes ; son moment d’inertie de i5 000 kilogrammes-mètres-carrés. Sa vitesse périphérique normale, à l’extrémité des pièces polaires, est de 54,5 mètres par seconde, mais elle peut être, sans danger pour l’inducteur, augmentée de 100 % .
- Chaque alternateur est relié directement au primaire d’un transformateur qui élève la tension à 20 000 volts ; il n’y a donc pas de barre.s collectrices à 5ooo volts. Les barres à 20 000 volts sont divisées en deux groupes, les unes pour l’éclairage et la force motrice, les autres pour la traction. Entre chaque alternateur et le transformateur correspondant se trouve intercalé un disjoncteur dans l’huile qui peut être manœuvré à la main; d’autre part,le secondaire à 20 000 volts de chacun des transformateurs est relié à deux autres disjoncteurs à huile, manœuvrables également à la main ou à l’aide d’un servomoteur, qui permettent de le relier soit aux barres d’éclairage et de force motrice, soit aux barres de traction.
- L’excitation des alternateurs est assurée par une seule des excitatrices à courant continu à 110-120 volts que nous avons signalées précédemment.
- Le courant à 20 000 volts qui sort de chacun des transformateurs passe d’abord dans un wattmètre pouvant fonctionner à charge inégale des trois phases.
- Un indicateur de terre avec condensateur permet de constater immédiatement tout défaut survenu sur ligne quelconque des lignes d’éclairage, de force motrice ou de traction. En outre, afin d’éviter les surtensions, un appareil de mise à la terre, à circu-
- lation d’èaü empruntée à Tune des conduites forcées, est intercalé dans chaque circuit. Le système de protection est d’ailleurs complété par des bobines de self intercalées dans les circuits des transformateurs et par des parafoudres à cornes montés en série avec des résistances à bain d’huile.
- Deux lignes aériennes, destinées l’une-à l’éclairage et à la force motrice, l’autre à la traction, transportent l’énergie électrique jusqu’à Trente; elles peuvent être alimentées soit par deux transformateurs distincts; soit par un transformateur commun. Ges transformateurs, triphasés, sont au nombre de trois et à refroidissement artificiel par l’huile. Leur puissance normale en service permanent est de t 260 KVA, soit i 000 kilowatts pour cos © = 0,8 et leur rap-
- . . . 5000 ,
- port de transformation ------, a 5o périodes ; mais
- 20 000
- ilspeuventsupporterpendantdeux heures 1 5ooKVA, soit 1 200 kilowatts pour cos cp =: 0,8. Le refroidissement de l’huile s’opère dans un récipient séparé, placé auprès de chacun des transformateurs; l’huile, dont la circulation est assurée par une pompe centrifuge à commande électrique, y est refroidie par un serpentin dans lequel circule de l’eau empruntée à la canalisation d’eau sous pression des turbines. Les barres collectrices à haute tension ainsi que toutes les canalisations, les interrupteurs et les transformateurs de mesure sont placés à l’intérieur de caniveaux ou de cellules en béton, aux parois desquels ils sont fixés par des isolateurs en porcelaine scellés dans le béton; cette disposition leur assure un isolement irréprochable.
- Les deux lignes aériennes ont une longueur de 2 ’) kilomètres et sont constituées par des câbles en cuivre dur de 5o millimètres carrés de section ; l’intensité est de 60 ampères environ par conducteur; la chute de tension totale est de 5 % pour une puissance transportée de 2 080 KVA.
- Le courant arrive donc sous une tension de^ 19 000 volts à la sous-station principale de Trente, où il est transformé en courant à fi 000 volts. Le courant à 5 000 volts sert d’une part à fournir l’appoint de puissance nécessaire à la centrale de la Fersina, d’autre part à alimenter directement une partie de la ville par l’intermédiaire de sept postes de transformation secondaires renfermant chacun un transformateur triphasé refroidi par l’air ; la puissance totale des 7 transformateurs est de 1 222 KVA ; ils réduisent la tension de !> 000 à 22S volts. Ces transformateurs alimentent un réseau secondaire qui leur est propre.
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- La disposition de la sous-station de transformation principale rappelle celle de la centrale de la Sarca. Le courant à 19 000 volts traverse d’abord des interrupteurs automatiques dans l'huile, précédés de bobines de protection contre les surtensions, et arrive aux deux groupes de barres collectrices destinés l’un à l’éclairage et à la force motrice, l’autre àla traction ; des parafoudres, analogues à ceux dont nous avons parlé plus haut, complètent le système de protection. Le courant passe ensuite dans des transformateurs à bain d’huile, analogues à ceux de la centrale de la Sarca, mais l’eau qui sert au refroidissement de l’huile est ici empruntée à un puits, à l’aide de pompes à commande électrique; chacun de ces transformateurs, au nombre de trois, peut supporter une puissance de 5oo KVA normalement et de 620 KVA au maximum pendant deux heures. Le courant à 5 000 volts est recueili par de nouvelles barres collectrices auprès desquelles se retrouvent encore des selfs de protection et des parafoudres.
- A sa sortie de la sous-station, le courant à 5 000 volts se rend au réseau en boucle qu’alimentent les postes de transformation secondaires et les groupes de transformation de l’usine de la Fersina. Chacun de ces groupes comprend un moteur -synchrone d’une puissance de 44o chevaux et une génératrice à courant continu de 300 kilowatts, sous une tension de 45o â 55o volts; le groupe tourne à la vitesse de 5oo tours par minute; l’excitatrice du moteur synchrone est montée en bout d’arbre ; la tension d'alimentation des moteurs est de 4 900 volts.
- Le démarrage se fait à l'aide*dé courant continu emprunté soit aux turbo-générateurs de l’usine, soit à deux groupes spéciaux composés chacun d’un moteur asynchrone triphasé de 45 chevaux, sous 220 volts et à 1 400 tours par minute, accouplé à une génératrice shunt de 29 kilowatts sous 5oo volts ; le courant triphasé à basse tension est fourni aux moteurs asynchrones par deux transformateurs de 5o KVA chacun.
- Des transformations furent également apportées a la sous-station de compensation. L’ancienne batterie a été remplacée par une nouvelle batterie Tudor de 264 éléments d'une capacité de 324 ampères-heures. On installe en outre un groupe de charge composé d’un moteur de 85 chevaux, à 1 000 tours par minute et d’une dynamo shunt de 57 kilowatts, dont le voltage peut varier de 20 à 280 volts, de telle sorte qu’elle permet de charger non seulement les éléments de réduction, mais aussi, si cela est nécessaire, tous les éléments de l’une des deux moitiés delà batterie.
- Enfin, de la sous-station principale de Trente part une ligne directe à 19 000 volts destinée à l’alimentation de la ligne d’intérêt local de Trente à Maîé (').
- Toutes les lignes à haute tension sont supportées par des poteaux en treillis auxquels elles sont fixées par l’intermédiaire d’isolateurs en porcelainedoubles (lig. 1). l/écartement des fils entre eux est de 900 millimètres.
- J.-L. M.
- (') Lumière Electrique, lome IX, p, 076.
- BIBLIOGRAPHIE
- Il est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Lfêlectrotechnique exposée a Raide des mathématiques élémentaires (tome II), par A. Paquet, C. Docquier et A. Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 584 pages avec 546 figures. — II. Dukod et E. Pinat,éditeurs, Paris. — Prix, broché : i5 francs; relié : 16 fr. 5o.
- L’élude des génératrices et réceptrices a courant continu, des procédés qui permettent de les calculer et de très nombreux détails relatifs à leur construction, telles sont les matières qui remplissent les deux premiers chapitres de cet ouvrage. Le reste, à l’exception d’une cinquantaine de pages consacrées
- aux machines électro-s-tatiques, aux piles hydro et thermo-électriques, est occupé par la théorie des phénomènes périodiques, l’élude du courant aller-natif (théorie, mesure des différentes grandeurs qui interviennent dans ce genre d’utilisation de l’énergie électrique, calcul, construction et méthodes d’essais des alternateurs). Ce livre contient de nombreux renseignements mais, comme son titre l’indique, il s’adresse à une catégorie spéciale de lecteurs. Il nous semble toutefois que cette catégorie n’est pas très lnen'‘définie : les électriciens munis seulement d’une instruction primaire suivront
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- difficilement certàinèé constructions relatives, par exemple, au courant alternatif, tandis que les lecteurs connaissant ce qu’on appelle généralement les mathématiques élémentaires trouveront peut-être que les auteurs ont trop insisté sur certains points et que leur désir de mettre leur ouvrage à la portée de trop de gens les a conduits à des comparaisons peu exactes, comme celle entrele travail d’un corps sur un plan incliné et celui fourni par un courant décalé, ou parfois plus discutables encore, comme certaine explication relative au fonctionnement des moteurs asynchrones.
- D’autre part, nous pensons que si, pour faire comprendre certaines notions d’électricité, les comparaisons hydrauliques ont du bon, en voulant rendre les analogies trop étroites, on risque de perdre le bénéfice de ces comparaisons et tel est, à notre avis, le résultat de l’,introduction des forces hydromotrices agissantes, appliquées, etc.
- Qu’on ne fasse pa§ du reste trop grief aux auteurs des quelques critiques que nous venons de formuler. La tâche qu’ils avaient embrassée présentait beaucoup de difficultés et on ne saurait leur reprocher de ne pas les avoir toutes surmontées.
- R. J.
- Recueil de problèmes avec solutions sur Vélectricité et ses applications pratiques, par H. Vleweger, professeur à l’Institut d’électrotech-nique de Mittweida (Saxe), traduit de l’allemand par G. Gapart,ingénieur civil des mines. 2° édition, revue et augmentée.— i volume in-8° de vm-396 pages, avec 174 ligures et 2 planches. — H. Dunou et E. Pinat, éditeurs, Paris. —Prix : broché, 9 fr. ; cartonné, 10 fr. 5o.
- Nous répéterons bien volontiers à propos de cette nouvelle édition tout le bien que nous avons déjà dit de cet ouvrage.
- S’inspirant d’un mot de M. Sartori : « Un livre sans exemples, c’est une maison sans porte », l’auteur s’est appliqué à faire un livre composé surtout d’exemples, afin de compléter les traités d’électricité qui en manquent souvent un peu. Il y a parfaitement réussi et la gradation des problèmes est tout à fait
- remarquable. D'autre part, en tête de chaque chapitre, est placé un résumé des lois et des formules essentielles qui interviendront dans les solutions.
- On trouvera dans cette seconde édition deux nouveaux chapitres: le premier concerne spécialement les applications des pôles auxiliaires dans les machines à courant continu ; le second étudie les alternateurs et les moteurs synchrones.
- Quelques problèmes nouveaux ont été disséminés çà et là dans le texte primitif. Un exercice pratique a été ajouté sur la théorie du survolteur à courant continu.
- Enfin, il n’y a que des éloges à adresser à la traduction de M. G. Capart.
- M. G.
- Coui's élémentaire d’èlecti'icitè industrielle, par P. Roberjot, professeur à l’Ecole pratique d’industrie de Reims. Préface de P. Janet, directeur du Laboratoire central et de l’Ecole supérieure d’électricité.
- — 1 volume in-16 de xii-352 pages, avec 368 figures.
- — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : cartonné, 4 fr. 5o.
- Cet ouvrage s’adresse aux élèves des écoles pratiques de commerce et d’industrie; l’auteur l’a rédigé conformément aux programmes du 28 août 1909.
- Un livre destiné à cet usage doit, dit M. P. Janet en présentant l’ouvrage au public, comprendre, sous une forme simple, l’essentiel et rien que l’essentiel.
- Ce but a été bien atteint par M. Roberjot, et nous apprécions surtout la clarté de sa rédaction. Le texte, accompagné d’un grand nombre de figures, concerne successivement l’énergie et ses diverses formes, les conducteurs, les générateurs et récepteurs électriques, les piles et accumulateurs, le magnétisme et l’électromagnétisme, les voltmètres et ampèremètres, les dynamos, les électromoteurs, l’éclairage électrique, les courants alternatifs, les alternateurs et transformateurs, les alternomoteurs et enfin la téléphonie et le chauffage électrique,
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- BREVETS
- Dispositif pour le démarrage et le réglage de vitesse de moteurs électriques ou le réglage de la tension dans un réseau de distribution d9énergie électrique. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — 41 x i8G, demandé
- le 3i décembre *909.
- Dans les moteurs & collecteurs, l’une des principales difficultés que l’on rencontre, dans le procédé de réglage de la vitesse par variation de tension, provient de ce que, si l'on ne veut pas couper le courant dans le moteur à chaque changement de tension, une des bornes du moteur se trouve, à chacun de ces changements, connectée au moins à deux points du secondaire du'transformateur ou de l’auLotransformateur. Si donc on ne prend pas de précautions spéciales, les spires du transformateur, comprises entre ces points, sont mises en court-circuit.
- On peut éviter ce court-circuil direct par une bobine de self unique qui vient s’insérer entre les points convenables du transformateur ou de l’auto-transformateur avant que le changement de tension soit fait, puis est mise hors circuit dès que le court-circuit n’est plus à craindre.
- Soit, par exemple (11 g. 1), un moteur série A alimenté par un transformateur B dont le secondaire est divisé en quatre sections (numérotées 1, a, 3, 4). On dispose ainsi de quatre tensions différentes
- pour alimenter le moteur, c’est-à-dire de quatre échelons de vitesse.
- Les points de division du transformateur sont connectés aux bornes d’une bobine de self unique C, de lelle façon que les extrémités de toutes les sections de numéro impair soient connectées à la même borne de C, tandis que les extrémités des sections de numéro pair sont connectées à l’autre borne.
- Enfin, un commutateur D, disposé pour ne jamais couper le courant, permet de connecter le moteur à l’une ou à l’autre des bornes de la bobine de self. 11 va de soi que sur les connexions qui vota du transformateur à la bobine de self, sont des interrupteurs quelconques K1, Ka, E3, E4, dont la manœuvre produit le réglage de vitesse.
- Fonctionnement, -— Au repos, le commutateur D est fermé, par exemple, sur F. Les interrupteurs E1, E*, E3, E4 sont tous ouverts.
- On ferme E1 : le moteur reçoit la tension correspondant à la première section (1) du transformateur, diminuée de la tension absorbée par la bobine G et le démarrage commence si la tension est suffisante. Ensuite ou ferme D sur G et le moteur reçoit toute la tension de la section 1 ; on est en première vitesse ;
- Pour passer à la deuxième vitesse cpii correspond à la somme des tensions des sections 1 et *>., on ferme; E2 ; A reçoit une tension intermédiaire entre celle de la section 1 et la somme de celles des sections 1 et % et la section 1 est mise en court-circuit sur G ; on coupc enfin E1 et on ferme D sur F: le moteur reçoit la somme des tensions 1 et 2 et arrive en deuxième vitesse. En continuant les manœuvres dans le même ordre, on prend successivement la troisième, puis la quatrième vitesse.
- En pratique, le mouvement du commutateur D se produira automatiquement, grâce à un enclenchement quelconque, par la simple manœuvre des interrupteurs E1, E2, E3, EL
- Dispositif automatique de réglage dunoinbre de tours des moteurs a courant triphasé. — Société Felten et Guilleaume-Lahmeyerwerke. — N° 412619, demandé le i5 février 1910.
- Il est nécessaire, pour la commande des trains de
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- laminoirs par exemple, que la vitesse de rotation des cylindres (notamment lors de l'introduction des pièces à usiner) ne dépasse pas une certaine limite, sinon ces pièces ne seraient pas saisies par les cylindres. Lorsqu'on utilise des moteurs triphasés, le nombre de tours varie considérablement avec le couple.
- Le laminage des pièces exigeant souvent un nombre de tours inférieur au nombre de tours normal du moteur, on est alors obligé d’intercaler des résistances dans le rotor, afin que le moteur tourne, pour le couple donné, à une vitesse angulaire inférieure à la normale. Mais le nombre de tours ainsi obtenu par réglage, pour un couple déterminé, ne subsiste que tant que ce couple ne varie pas, c’cst-à-dire tant que la charge du moteur reste la même. Or, à la fin de chaque passage dans les laminoirs, la charge diminue: d'où une sorte de cercle vicieux.
- Fig. i.
- Il est donc désirable de régler automatiquement le nombre de tours des moteurs triphasés, c’est-ii-dire en somme de pouvoir le maintenir constant.
- Soit A le moteur principal triphasé ; l'enroulement c du stator du moteur auxiliaire B est connecté avec le rotor du moteur de commande A.
- Le couple du moteur auxiliaire B varie, de façon connue, dans le même sens que le glissement du moteur A, et est, par suite, fonction du nombre de tours de ce moteur. Ce couple agit, par exemple par rinlermédiaire du disque/*, contrairement au contrepoids g* d’une résistance liquide A, de telle façon qu’une augmentation du couple du moteur auxiliaire ait pour conséquence une diminution de la résistance A, intercalée dans le rotor du moteur principal A.
- Une diminution de la charge a pour premier effet vune diminution du glissement du moteur A et, par suite, du couple du moteur auxiliaire B, de sorte que ce dernier permettra au contrepoids g de soulever les électrodes de la résistance liquide h; il se
- produit ainsi une augmentation de la résistance intercalée dans le circuit du rotor du moteur principal et qui s’oppose à l’augmentation de sa vitesse.
- Il est avantageux de rendre le nombre de tours du moteur auxiliaire B réglable, en intercalant dans le circuit de son rotor d une résistance de réglage r.
- Dispositif de mise en marche pour alterno-moteurs a collecteur. — AlJgemeine Elektrici-tats-Gesellschaft. — N° 4*5436,demandé le 2 mai 1910.
- Considérons des alterno-moteurs à collecteur qui possèdent, dans la marche, la caractéristique d’une dérivation, c’est-à-dire, par exemple, des moteurs dans lesquels l’enroulement excitateur est raccordé, dans la marche, à la tension du réseau ou à une tension proportionnelle.
- On pourra employer, pour la mise en marche, un seul dispositif de commutation qui règle simultanément une résistance de démarrage en série et une résistance en dérivation et'qui, avec une construction
- >0\
- p
- TT
- Fig. 1. Fig. 2.
- simple, empêche un emballement du moteur des la position de mise en marche.
- Dans la figure 1, e désigne l’enroulement de travail du stator; le rotor est mis en court-circuit dans l’axe de travail en passant par les balais a et est excité perpendiculairement à ceux-ci par les balais c qui sont raccordés, dans la marche, aux enroulements t* du stator. Le dispositif de commutation qui fait l’objet de l'invention peut se composer, par exemple, d’un organe de démarrage à deux bras m et o qui balaient les contacts de la résistance de démarrage en série w et de la résistance en dérivation n et cela de telle sorte que, «à la mise en marche, la résistance en série et, en même temps aussi, la résistance en dérivation, soient diminuées. Les deux bras de commutation m et o sont reliés à l’un des pôles p du réseau; ils n’ont donc pas besoin d’être isolés.
- Dans la forme d’exécution de la figure a, les deux résistances sont réunies en une seule qui est raccordée en un point central au pôle p, tandis que les liras de commutation m et o aboutissent au raccordement du circuit de travail et d’excitation et au second pôle. Dans les deux exemples d’exécution, il ne faut que trois raccordements au dispositif de mise en marche.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les progrès des turbines à vapeur (suite).
- Après avoir rappelé le principe du fonctionnement des turbines, nous allons passer en revue sommairement les modes de réalisation imaginés par de Laval, et les perfectionnements introduits par Parsons.
- Turbine de Laval.
- Cette turbine est le type meme de la turbine à action, c'est-à-dire que la vapeur à haute pression arrive entièrement détendue sur les aubes de la roue motrice. Cette détente s'effectue dans le trajet de la valve d’introduction à l’orifice du tube distributeur de vapeur. Les jets de vapeur pénètrent dans le récepteur en glissant le long des aubes et sortent sur la face opposée du disque avec une vitesse absolue que l'on cherche à rendre le plus faible possible, en choisissant convenablement le profil des aubes.
- En s’écoulant dans l’air sous pression par un orifice de petite section, la.vapeur prend des vitesses considérables, qui atteignent 735 mètres par seconde à la pression de 4 atmosphères à la chaudière, et 89*2 mètres à celle de 10 atmosphères. Ces vitesses sont encore augmentées quand le second milieu où s'écoule le fluide a une pression inférieure à une atmosphère. Par exemple, de la vapeur à 4 atmosphères, s'écoulant dans un condenseur où règne une pression absolue de 0,1 atmosphère, acquiert une vitesse de 1 070 mètres par seconde, et de 1 187 mètres par seconde si la pression de la vapeur est de 10 atmosphères. C'est ainsi que l’on a été conduit à ces énormes vitesses de rotation pour la roue motrice, qui varient de 7 5oo à 3oooo tours par minute, correspondant à des vitesses périphériques de 17T» à 400 mètres par seconde. L'effort tangenliel exercé sur la roue est extrêmement faible; il ne dépasse pas 7 kilogrammes sur une circonférence de 7 centimètres de rayon à 4<ÏO tours par seconde, lorsque la machine fournit 10 chevaux.
- Pour une turbine de 10 chevaux et une vitesse de 24 000 tours par minute, le disque n'a que 12 centimètres de diamètre ; pour 100 chevaux et i5 000tours, 3o centimètres; pour 200 chevaux et 9000 tours, 5o centimètres; pour 3oo chevaux et 7^00 tours, 70 centimètres. Si l’on augmente jusqu'à un mètre
- le diamètre du disque, on arrive à fournir une puissance de Gon chevaux avec G 000 tours.
- L'arbre d’une machine de 10 chevaux n?a d'ailleurs que 5 mm. dans l'endroit le plus faible, et 3o mm. pour une machine de 3oo chevaux.
- L'intervention de la force centrifuge a conduit en effet, comme nous l'avons dit, à adopter des arbres flexibles. Que l’on se représente, en effet, qu'un gramme, placé à la périphérie d’un disque de 1G centimètres de diamètre, tournant à 24 000 tours par minute, est sollicité par une force centrifuge de 5o kilogrammes. En employant des arbres flexibles en acier cl de diamètre très faible, dont les portées, très longues, reposent dans des coussinets en bronze, avec interposition de métal antifriction, on met en jeu les curieux phénomènes dus à l'existence de la vitesse critique.
- L'arbre flexible commence par fléchir très nettement en décrivant un arc, et finit par se redresser spontanément à partir d’une certaine vitesse. Les frottements qui ont eu lieu au début dans les coussinets, en opposant une résistance sensible à la rotation, disparaissent en même temps; les vibrations transmises à la masse sont insignifiantes.
- Turbine Parsons.
- Les études de Parsons ont porté sur rétablissement de turbines mixtes, dans lesquelles la vapeur agit par action et par réaction.
- Sa turbine comprend une succession de couronnes d’aubages directeurs portés par la partie fixe de la turbine, alternant avec des couronnes mobiles fixées à la périphérie de l’arbre. Scs aubages présentent une section rétrécie vers la sortie, aussi bien pour les aubes fixes que pour les aubes mobiles.
- Au sortir de la première couronne d’aubes fixes, la vapeur, détendue à une certaine pression et possédant une certaine vitesse, agit donc par action sur la première couronne mobile et subit de ce fait une perte de vitesse, mais la couronne mobile présentant aussi des sections d'écoulement se rétrécissant vers la sortie, la vapeur s'y détend également et acquiert une augmentation de vitesse. En quittant la rangée mobile, la vapeur exerce donc sur celle-ci un effort (par réaction) qui se combine avec le premier et
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- l’augmcnle. Cet effet de inaction existe naturellement aussi pour les turbines dites à action, dans les aubages ou ajutages détendeurs, mais ceux-ci étant fixes ne produisent aucun effort moteur.
- Fig. 4. — Disposition des aubes directrices et motrices dans la turbine système Brown, Bovcri-Parsons.
- Le phénomène se continue pour tous les aubages, la vapeur frappant la couronne mobile quelconque avec une vitesse résultant à la fois de la vitesse de sortie de la couronne mobile précédente et de l'augmentation de vitesse due à la détente dans la couronne directrice qui les sépare.
- Les dispositions adoptées ont pour but de diminuer le plus possible les pertes, qui dépendent de la vitesse du courant de vapeur. Pour réduire convenablement la vitesse de la vapeur, on multiplie dans la turbine Parsons le nombre des étages de pression, qui atteint jusqu’à 70.
- (A suivre,) M. G.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Le marché du cuivre ne s'améliore guère malgré toutes les tentatives des « haussiers » pour lui faire abandonner le cours de 55 £ autour duquel oscille le Standard. Les dernières statistiques américaines ont
- confirmé l’augmentation des stocks. Il paraît, d’ailleurs, qu’elles ne révèlent qu’une partie de la vérité. La situation industrielle, en Amérique, est toujours mauvaise, et la reprise, qu’on prétendait en bonne voie, se dessine à peine. D’où un malaise qui se traduit par les efforts désespérés des producteurs à écouler, quand meme, leur marchandise à un prix encore rémunérateur, et par l’inertie des consommateurs qui ne tiennent pas à se charger, même à ce bas prix. L’Europe absorbe de grandes quantités de métal car, dans toutes les branches, ses manufacturiers sont occupés ; mais ceci ne suffit pas à stimuler le marché.
- Un projet de loi a été déposé au Sénat américain, en vue d’une enquête sur le syndicat. Il s’agirait de déterminer si les relations entre l’Amalgamatcd, l’Anaconda et TUnited Metals Selling ne constituent pas une combinaison illégale et violant la loi contre les trusts. De pareilles initiatives, que nous ne connaissons que trop bien, 11c sont pas faites pour ramener producteurs et consommateurs. A noter, d’ailleurs, que l’entente entre les producteurs paraît de plus en plus illusoire.
- La Corocoro United Gopper Mines, dont les actions viennent d’être introduites au marché en banque à terme et au comptant, s’est reconstituée en sa forme actuelle et sur de nouvelles bases en 1909 pour donner aux mines du district cuprifère de Corocoro toute l’extension possible. Le nouveau capital est de 700 000 livres sterling. Vingt concessions anciennes, réparties en quatre groupes, ont été reprises par elles. Trois groupes sont en exploitation : les premiers efforts des nouveaux exploitants ont été de faciliter les transports, puis l’extraction. Câble aérien, voies ferrées, perforateur mécanique, telles sont les principales améliorations apportées qui réduisent le prix de revient et conduisent à une plus grande production. C’est le terme de ces organisations et la condamnation, pour l’heure, tout au moins, des conventions mondiales dont on attend encore l’effet. Un autre gisement, plus important encore, et qui ne tardera pas à entrer en exploitation, est celui du Katanga. La voie ferrée y est parvenue ; les installations sc poursuivent et les prix de revient, qu’on prévoit, laissent derrière eux ceux pratiqués jusqu’à ce jour, car ies minerais sont riches. En ce moment, d’ailleurs, les entreprises de transformation du cuivre bénéficient, chez nous, d’une situation privilégiée.
- L’Elcctrométallurgie de Dives augmenterait son dividende. Les Tréfileries du Havre ont brusque-
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- ment passé du cours de 228 à celui de a5o, se consolidant tous ces derniers jours autour de 249, qui se justifie par la brillante situation de l’affaire et par les perspectives de plus-value du dividende pour l’exercice en cours. Le chiffre des commandes en cours serait très considérable et le prix de revient des spécialités de la société, notamment celui du laiton, défierait toute concurrence. La Compagnie des Métaux ne monti*e pas moins de fermeté. Disons tout de suite qu’une baisse des cours du métal n’affecterait pas les résultats de ces entreprises, parce que leurs bilans, sous une forme ou sous une autre, prévoient des provisions régulières destinées à faire face aux fluctuations des cours dans des limites suffisantes
- Il semble que la question des transports en commun dans Paris ne pourra jamais recevoir de solution définitive. Voici plus de six mois que des négociations se poursuivent entre la Compagnie des Tramways de l’Est-Parisien et la Commission du Conseil général. La lutte, courtoise, se circonscri maintenant entre les représentants du public et ceux de la Compagnie, autour de deux questions : rétablissement du trolley dans Paris et le relèvement des tarifs de transport. 11 n’est pas besoin d’ajouter que la Compagnie s’en tient aces deux conditions,tandis que les conseillers généraux voudraient réduire le trolley le plus possible, l'arrêter au plus loin au pont de l’Archevêché, et ne pas relever l’ensemble des tarifs : mais seulement modifier certaines heures de départ des trains ouvriers, mesure qui aurait pour conséquence de procurer un gain de 8 ooo francs à la Compagnie, tandis qu’il lui faudrait économiser au moins i5o ooo- francs pour assurer une exploitation viable. Le président de la Commission fait, en effet, remarquer que l’Est-Parisien ne distribue qu’à ses actions privilégiées et qu’à se montrer trop exigeant, on l’empêchera d’assurer la rémunération des actions ordinaires et de gager l’emprunt que la Compagnie devra faire pour exécuter les travaux qui seraient la conséquence de ses nouveaux engagements.
- Et tandis qu’il est si difficile d’établir une entente à Paris entre les pouvoirs publics et les compagnies, nous voyons les Tramways Bruxellois distribuer respcctivements 3i fr. 43 et 41 francs à leurs actions et parts, affecter 779 000 francs aux amortissements, 383 000 francs à la dépréciation des voies et du matériel et 1 '>39 5o<> francs aux réserves.
- Les Tramways de Hambourg proposent pour 1910 un dividende de 10 % égal au précédent, les amortissements et réserves recevant cette année 4 ^53 847 francs au lieu de 3 5^4 421 francs l’an der-
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- nier. En présence de pareils résultats, on n’est pas surpris devoir des groupements belges : la Mutuelle de tramways, le groupe Thys d’Anvers, les Railways et Electricité et la Parisienne Electrique entreprendre la construction et l’exploitation des tramways de Bakou, avec la concession de 42 ans dans une ville très riche et très industrielle qui compte 200 000 habitants. La Société serait au capital de 12 millions.
- N os Tramways Sud se sont extrêmement ressentis des inondations de l’an dernier, puis de la concurrence du Nord-Sud. La diminution des recettes a été si sensible que le conseil d’administration a décidé de ne pas répartir de dividende aux actions ordinaires et de distribuer seulement 5 % aux actions de
- priorité. En Bourse, l’action ordinaire est tombée de if>7 à 140. Les recettes de la Compagnie continuent à diminuer, car bien que supérieures à celles de janvier 1910, elles marquent un recul sur celles de 19O9. On doit tenir compte aussi de ce fait que la ligne Opéra-Auleuil du Métropolitain n’est pas encore en exploitation, et que son parcours affectera certaines lignes des Tramways-Sud.
- L’attention se porte actuellement sur la Compagnie Parisienne de l’Air comprimé et sur le Secteur de la Rive Gauche. La première bénéficie de son double rôle de fournisseur d’air comprimé et d’énergie électrique; le deuxième, pour lequel 1910 ne sera pas aussi satisfaisant qu’on pouvait l’espérer, n’entrerait plus en liquidation en 1914, et continuerait d’exploiter, en banlieue, lumière et force et, à Paris, force seulement, puisque la Compagnie Parisienne de Distribution u’en a pas le monopole. C’est un projet assez vague, dit l’informateur, il semble; car à moins d’immobilisations nouvelles, toujours possibles, les canalisations actuelles ne permettent pas de séparer les clients de lumière des clients de force motrice.
- De Nancy, on annonce que la Compagnie Lorraine d’Eleclricitc vient de signer avec les mines de la ilouve un accord qui délimite la zone alimentée par la station centrale de cette société à la région située entre la Sarre et la frontière française dans la direction du Sud-Ouest. Les mines de la Ilouve fourniront, d’autre part, du courant à la Lorraine d’ElecIricilé, qui pourra ainsi consacrer de plus gros capitaux à la construction des lignes et à l’extension de'sa clientèle. Elle vient de s’adjoindre, comme administrateurs, MM. Grandidier et Vilgrain qui occupent des situations industrielles importantes dans la région cl lui seront utiles pour élendre sa sphère d’influence. D. F.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). N° 9.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paxus. — D’après l'Usine la Compagnie des chemins de fer du Nord commanderait prochainement 700 wagons et la compagnie P.L.M., 2 000 wagons.
- Manche. .— Les tramways à vapeur de Cherbourg vont être définitivement remplacés par des tramways électriques.
- Bouches-du-Riione. — Le Conseil général a été saisi d’un vœu du Syndicat d’initiative de Port-de-Bouc tendait! à comprendre cette commune dans la ligne nouvelle de tramways électriques entre Saint-Antoine et Martigues.
- Meurthe-et-Moselle.—La municipalité de Guebviller étudie un projet de tramways électriques pour relier la ville à la station de Soulzmadt.
- Une importante série de travaux est prévue pour 1911 sur le réseau de tramways électriques de Nancy. Le total de la dépense atteindra presque un demi-million, affecté à la création de lignes nouvelles, ainsi qu’au doublement ou au prolongement de plusieurs lignes en cours d’exploitation .
- Dkome. — Le Conseil général a accordé à M. Barti, ingénieur, la concession des tramways électriques de V aleuce-Sain t-Péray.
- Dordogne. — M. Prugneau aurait l’intention de reprendre le réseau des tramways électriques de Péri-gueux, dont il était déjà concessionnaire en igo3.
- Nord. — L'Information annonce qu’un groupe d’industriels français et belges, avec l’appui financier du Crédit général Liégeois et de la Banque Thalmann, a l’intention de créer à Jeumont une fabrique de locomotives au capital de 6 millions de francs.
- Russie. — La concession des tramways de Bacou a été obtenue, jiour quarante-deux ans, par un consortium composé du groupe anversois Edouard Tliys, de la Banque Empaiu, de la Parisienne Electrique, de la Compagnie Railways et Electricité et de la Compagnie Mutuelle de Tramways.
- Italie. — Une Société ayant pour titre « Société des Tramways Siciliens » vient d’être constituée à Milan au capital de 25 millions de lires dans le but de construire et d’exploiter un réseau de tramways à Messine.
- L’administration italienne des Travaux publics, a ou-
- vert un concours pour la concession des entreprises suivantes : construction d’un tramway électrique de San-llcmo à Montegaggio, extension de la ligne Salerno-Valle di Pompeï.
- ÉCLAIRAGE
- Aevyron. — Le Conseil municipal de Gaillae a accordé à M. de Belfortès la concession de l’éclairage électrique.
- Calvados. — Le Conseil municipal cléLivarot a accordé à M. Maret la concession de distribution d’énergie électrique .
- Haute-Garonne. — La municipalité de Buisson est en pourparlers avec la Société électrique du Salardais pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Isère. — Le préfet a approuvé l’avant-projet d’éclairage électrique de Florac.
- Loire. — Le Conseil municipal de Montbrison a accordé à la Compagnie du gaz la concession de l’éclairage électrique ; la durée de la concession est de 20 ans.
- La concession, d’une durée de 3o ans, de l’éclairage électrique de Peurs a été accordée à MM. Moreau et Cie.
- Le Conseil municipal de Firminy met en adjudication la concession de l’éclairage électrique public et privé, et la fourniture de la force motrice.
- Loire-Inférieure. — Une enquête est ouverte à la mairie de Couëron relative au projet de distribution d’énergie électrique, présenté par la Société Nantaise d’Eclairage et de Force par l’Electricité.
- Marne. — Un comité s’est fondé à Sainl-Ouen pour étudier un projet d’éclairage électrique.
- Seine. — Une enquête est ouverte à la mairie du Per-reux, relative au projet de distribution d’énergie électrique dans la commune.
- Seine-Inférieure. — La Compagnie des Tramways d’Elbeuf a augmenté son capital de 8a5 000 francs à i million de francs. Cette somme de 175000 francs sera consacrée à l’établissement d’une distribution d’énergie électrique dans Elbcuf et sa banlieue, et à la fourniture de la force motrice et de l’éclairage public et privé jusqu’à concurrence de ioo 000 kilowatts-heures par an.
- Cohta-Rica. — Le Congrès de Cosla-Rica a autorisé la municipalité du Canton central (province de lleridia),
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- à contracter un emprunt de ïooooo colons en vue de construire une usine pour l'éclairage et la force motrice électrique.
- àutrigiie-^Rongiue. — La Vereinigte Elektrizitats-gesellsohaft, de Vienne, projette rétablissement d’une station centrale électrique à Krakov (Pologne autrichienne).
- TÉLÉPHONIE
- Par décret du 16 février, la Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de 3 ooo francs, en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Alger-Kouba.
- Par décreUdu 16 février, la Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de 3o ooo francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement d’un circuit téléphonique Algcr-Sétif.
- qui appliquent ces tarifs d'octroi, ont été soulevées au sujet des fils de cuivre composant les canalisations aériennes électriques et destinés au transport de l’énergie électrique.
- Ces tils aériens reposent le plus souvent sans scellement ni soudure, fixés par d’autres fils de cuivre, sur des cloches isolatrices, en porcelaine on en verre, surmontant les poteaux. Ces cloches fout aussi corps avec les poteaux, lesquels sont enfoncés et maçonnés dans le sol. Il y a là un ensemble présentant la plus grande cohésion.
- Doit-on, dans ces conditions, faire rentrer à l’égard des tarifs d'octroi ces fils de cuivre daus la catégorie des matériaux destinés aux constructions immobilières ? La Chambre des requêtes de la Cour de cassation vient de se prononcer pour l'affirmative, conformément au rapport du conseiller Duboin et aux conclusions de l’avocat général Blondel. Elle a jugé que les fils de cuivre ainsi disposés forment avec les poteaux une construction indivisible et doivent être compris parmi les objets soumis aux droits d’octroi.
- Par décret du 16 février, la Chambre de commerce de Philippeville est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de i 535 francs, en vue de la construction d’un circuit téléphonique Jemmapes-Bayard.
- Par décret du 21 février, la Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 18 ooo francs en vue de rétablissement d'un circuit téléphonique Tizi-Ouzou-Camp • du-M aréchal-Bébeval.
- Par décret du 21 février, la chambre de commerce de Mostaganem est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale do 22800 francs en vue de rétablissement des circuits téléphoniques Mostagancm-Pélissier, Relizane-Saiul-Aimé, Moslaga-neni-Noisy-les-Bains.
- Par décret du 21 février, la Chambre de commerce de Bougie est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale de 14 642 francs, en vue de concourir aux dépenses d’établissement des circuits téléphoniques de Sétif-Aïn-Abessa et Bordj-bou-Arrcripj-Bordj-Med-jana.
- DIVERS
- Paris. — Les droits d'octroi sur les canalisations aériennes électriques.
- Un grand nombre de tarifs d’octroi comprennent parmi les objets soumis aux droits les matériaux destinés aux constructions immobilières, tels que fer, acier, zinc, plomb, cuivre et fonte.
- Des difficultés, dont la solution intéresse les villes
- Japon. — D’après l’enquête à laquelle s’est livrée la Commission spéciale instituée au ministère des Voies et Communications, le développement de l’industrie hydroélectrique au Japon a fait depuis quelques années des progrès importants. Le nombre des entreprises est passé de 82 en 1903 à 180 en 1910; ces entreprises se répartissent comme suit: llokkaido, 65 Centre, 146; Kyushu, 28.
- Le tableau suivant, extrait du rapport de la Commission citée plus haut, montre quel a été le développement de l’industrie hydro-électrique au Japon depuis 1903 :
- Tableau
- EXERCICES NOMBRE dos entreprises NOMBRE de IIP NOMRUE de stations centrales
- 1903 82 ' 24/, II9 1 ^7
- 1904 87 ' 246 O7O 143
- 1905 94 260 8i5 iT>4
- 1906 110 358 0/, 8 174
- 1907 i33 386 35i 198
- 1908 148 434 666 214
- 1909 162 442 175 a36
- 1910 180 606 8^9 253
- On annonce de Kyushu la création d’une nouvelle entreprise, la plus importante de cette branche. Elle aura un capital de 8 millions de yens. Une fois les premières installations achevées c'est-à dire au printemps de 1912, on pourra commencer la distribution de l’énergie électrique. La Société a obtenu la concession des chutes des ileuves Chikugo et Yamakuni (vallée de Yamakei). On compte sur un débit total de 140 ooo chevaux. Le courant pour l’éclairage sera vendu à raison de o,5o yen; le tarif actuel est de i,5o yen.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- T. XIII (2® Sérié). — N® S.
- Il existe actuellement à Kyusliu i5 sociétés de distribution d’énergie électrique ; elles ont ensemble un capital de 2 280 000 yens, et 4 seulement utilisent des chutes d’eau.
- Les négociations qui avaient eu lieu entre des industriels anglais et japonais en vue de la constitution d’une importante société hydro-électrique à Tokio ont échoué; une société purement japonaise a néanmoins été formée, mais elle est loin d’avoir l’importance prévue tout d’abord : elle est au capital de 1 200 000 yens.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Le Matériel Téléphonique. — Durée : 60 aus, — Capital : 1 000 000 francs. — Siège social : 46) avenue de Bre-v teuil, Paris.
- Société Française de poteaux en bois pour lignes télégraphiques, téléphoniques et de transports de force. —• Durée : 3o ans. — Capital: 3opooo francs. — Siège social: 28, rue Saint-Lazare, Paris.
- Société Electrique de Loir-et-Cher. — Durée : 5o ans. — Capital : 3 5oo 000 francs. —Siège social : 96, rue de la Victoire, Paris.
- Société du Secteur Electrique de Checy extensions. — Durée : 35 ans. — Capital: 65 000 ans. — Siège social : rue de la Charpenterie, Checy (Loiret).
- Société des Anciens établissements J.-A Genteur.— Capital : 400 000 francs. — Siège social : 122,avenue Philippe-Auguste, Paris.
- L’Electro-Carbone. — Constituée le 27 février 1911. — Durée : 5o ans. — Capital: 700000 franes. — Siège social : 3, rue Président-Carnot, Lyon.
- CONVOCATIONS
- Société Nouvelle de T Accumulateur Fulmen. —- Le 22 mars, 58, rue Saint-Lazare, Paris.
- Société Générale des Tramways de Royan. — Le i6marsj 27, rue de Courcelles, Paris.
- Société Française Radio- Electrique. — Le 10 mars, 128, rue de La Boétie, Paris.
- ADJUDICATIONS
- IRANCE
- Le 16 mars, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides à Paris, fourniture de ciïbles électriques nécessaires au service des Postes et Télégraphes de l’Indochine : caut. prov. 55o francs, défin. 1 100 francs.
- Belgique
- Le a3 mars, à uh., à l’hôtel communal, à Lcelles-les-Èruxelles, fourniture et installation d’une batterie d’ac-
- cumulateurs à la sous-station d’électricité du quartier de Ton Bosch ; caut. : 3 5oo francs. ’
- Le 4 avril, à 10 h. à l’école de pyrotechnie, à Anvers, 9, rempart de Hoboken, installation d’une distribution de force motrice par l’électricité et de l’éclairage électrique à ladite école.
- ITALIE
- Le 8 mars, aux chemius, de fer de l’Etal italien à Rome, fourniture d'une raboteuse, d’une scie à ruban, d'une polisseuse en émeri, d’uue ébarbeuse et d’une morlaiseuse pour les ateliers de Rivarolo (adjudication internationale).
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le 11 mars 1911, à la mairie de Dunaszerdahely (Hongrie), adjudication de la concession de l’éclairage électrique de celte localité.
- Le i5 mai, au ministère du Commerce, à Vienne, fourniture et montage de tableaux de distribution pour les stations centrales nouvelles téléphoniques à Vienne.
- GRANDE-BRETAGNE
- Le 6 ‘mars 1911 ,â l’Electricify Commiltee,3, Cork Hill, à Dublin.(Irlande), fourniture et installation, dans l’usine Pigcon-House, d’un groupe générateur complet,-d’une capacité d’environ 3 000 kilowatts.
- Cahier des charges « The City Eleclrical Engineer », Fleet Street,à Dublin.
- ROUMANIE
- Le 23 février, 8 mars, à la direction des chemins de 1er roumains, à Bucarest, fourniture de 7 200 lampes à incandescence avec montures à baïonnette et Edison.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 22 février. — A la Bourse de Bruxelles, fourniture,en un seul lot, de câbles nécessaires à l’administration des télégraphes (cahier des charges spécial n° 1107) : a) câbles isolés au papier et sous plomb nu ; —b) id. sous plomb armé ; — c) câbles isolés au caoutchouc, id. :
- Deutsche Kabelwcrk, â Rummelsburg-Berlin, 24 445 5o francs; Land und Scckabelwerk, à Cologne, 28 076 58 ; Ateliers de Constructions Electriques du Nord cl de l’Est, â Paris, 28 372 5o; Fellcnet Guilleaume, â Mulheim-sur-Rliin, 28 795 ; Cassirer et C‘", à Charloltenburg-Berlin, 29 945 ; Kabelwcrk Rlieydl, à Bruxelles, 3i 260; Brilish Insulaled and Ilelsby Cables C°, à Preseot (Grande-Bretagne), 32376; C, Gass, â Bruxelles, 33107 5o ; A.-E.-G. Union électrique, à Bruxelles, 33 33o ; Siemens et llalske, à Bruxelles, 39 158 5o.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 11 MARS 1911. Tome XIII (S* série). — N” 10.
- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICII E
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 289. — C.-F. Guilbert. Sur le cercle d’Ossanna et son application pratique, p. 291. — A. Busse. Chi*onique des tramways électriques : Perfectionnements apportés et résultais d’expérience acquis dans l’établissement des voies de tramways urbains, p. 3oi. — G. Arnou. Chronique d’électrométallurgie : La réduction directe du minerai de fer au four électrique, p. 3o/|.
- Extraits des publications périodiques. — Usines génératrices. Une solution du problème des centrales de secours : les usines hydro-électriques et les usines à vapeur de Janesville, p. 312. — Télégraphie et Téléphonie. Nouveau mode d’exploitation télégraphique : le système Multiplex Mercadier-Magunna, H. Magunna,
- p, 3t3. _Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Les progrès des turbines à
- vapeur (fin), p. 314.— Etudes Economiques, p. 317. — Renseignements commerciaux, p. 319.— Adjudications,p. 3ao.
- ÊD1T0RIA L
- La seconde et dernière partie de l’étude, consacrée par M. G.-F. Guilbert au cercle d'Ossanna et à son application pratique, expose les simplifications que la méthode de l’auteur permet d’introduire dans la représentation de la puissance, du couple, du glissement.
- De même que les notations prises comme point de départ étaient remarquablement simples, de même les calculs qui servent de commentaires aux diagrammes sont élémentaires et d’une lecture facile. Voici maintenant les conclusions pratiques auxquelles est conduit l’auteur : le cercle dont la construction est démontrée dans ce travail permet d’étudier avec un très haut degré de préci-
- sion les conditions de fonctionnement des moteurs asynchrones pour toutes les puissances usuelles..L’auteur démontre immédiatement la valeur pratique de sa méthode en en faisant l’application à un exemple concret.
- Les résultats obtenus confirment bien que les simplifications introduites dans les formules sont très légitimes en même temps que très commodes.
- C’est un exposé très général de la question des tramways urbains, dans son état actuel, que constitue le rapport présenté par M. A. Busse, au dernier Congrès international tenu à Bruxelles.
- ün trouvera surtout dans cette nouvelle
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 10-
- Chronique clés tramways électriques, en outre des vues d’ensemble qui résultent d’une vaste documentation, la description d’une quantité de détails d’exécution et de perfectionnements récents. En somme, il n’y a pas eu dans ces dernières années d’événement important qui soit venu renouveler de fond en comble la technique des exploitations urbaines de tramways. On s’est attaché à résoudre avec précision des problèmes particuliers : standardisation des rails, mise au point de la fabrication d’aciers spéciaux, etc.
- A tous ces points de vue, le rapport de M. Busse donne des indications très autorisées qu’il convenait de rassembler et de noter.
- La dernière question abordée dans l’étude d’aujourd’hui est celle de la fabrication de l’acier au four électrique. Or celle-ci du moins vient précisément de s’enrichir d’éléments nouveaux, que M. G. Arnou met,dans l’article suivant, sous les yeux de nos lecteurs.
- Dans sa première Chronique cl'électrométallurgie, M. G. Arnou s’exprimait ainsi : « Dès la créa tion des fours électriques on tenta de idéaliser le rêve de la métallurgie du fer : la réduction directe du minerai et la fabrication économique en une seule opération de l’acier ou du fer... Le four électrique ne se servant du charbon que pour la réduction, on pouvait espérer doser cet élément et produire à coup sûr un acier de teneur en carbone déterminée. » Mais il indiquait en même temps que jusqu’à présent les. tentatives faites dans ce sens étaient restées infructueuses.
- Or la seconde chronique publiée aujourd’hui nous apporte sur ce problème d’un immense intérêt industriel des données
- toutes fraîches et singulièrement suggestives. Le « rêve » parait bien près de devenir une réalité. Dans des essais récents, on a pu enfin produire non pas des quantités infinitésimales mais bel et bien i5 tonnes de métal par réduction directe.
- M. G. Arnou prend occasion de la relation de ces expériences pour traiter complètement la question, et donner des indications précises sur le prix de revient du produit obtenu.
- Si la simplicité doit être, d’une façon générale, recherchée dans toute installation électrique et mécanique, il existe néanmoins des cas où l’ingénieur ne doit pas reculer devant une certaine complexité commandée par les circonstances.
- On en voit un exemple dans la combinaison des usines à vapeur et hydro-électrique cle Janesville qui se prêtent un mutuel secours et dont l’une surtout présente une grande varié té d’unités génératrices qui peuvent être associées de multiples façons suivant les circonstances et les besoins du service.
- On trouvera ensuite les grandes lignes de l’intéressante communication faite récemment par M. Magunna au sujet du système télégraphique Multiplex Mercaclier-Magunna.
- Ces travaux, qui ont valu tout récemment à M. Magunna une haute récompense scientifique, ont reçu, au cours d’essais exécutés entre Paris et Lyon, une consécration pratique très remarquable : on est parvenu à augmenter de 174 % le rendement d’un fil télégraphique déterminé, en superposant, dans ce même fil, plusieurs transmissions à courants ondulatoires, aux transmissions ordinaires à courant continu.
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- 11 Mars 1911.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
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- SUR LE CERCLE D’OSSANNA ET SON APPLICATION PRATIQUE (Suite et fin) <n.
- REPRÉSENTATION DE LA PUISSANCE EOURNIE A l’induit ET DU COUPLE
- retranchant de l’ordonnée y du cercle celle de la droite :
- Nous allons maintenant chercher à retrouver la représentation de la puissance et du couple proposée par Ossanna et appliquée d’ailleurs au cas particulier du diagramme du cercle d’Heyland par Mac Allister. Nous montrerons ensuite quelle simplification pratique on peut y apporter.
- La puissance P' fournie à l’induit, s’il n’y a pas de pertes dans le fer, a pour expression :
- Y — m'ri (* + <*)* — Ui
- [guii — i
- et en multipliant le résultat par le facteur : U
- (39)
- I -f- G/lli1/’
- que l’on peut aussi écrire :
- U
- I -j- G/U,
- = <7i (U, — 2JV1), (4«)
- P' = ÿiUJ, cos<p — gViL2
- = îiU, ^I,cos<p — (36)
- Remplaçons-y r* I,2 par la valeur tirée de la relation (i4) établie plus haut entre les 3 quantités Uj, It et ft, c’est-à-dire par :
- en mettant en évidence l’ordonnée y0 du centre.
- Approximativement on pourra d’ailleurs écrire le facteur :
- ÿiU,
- 9.1 -2 _ '’ihUi [acostp + (i + a)mt sin?] — u,2
- ri î —-------------------------i i-------------------j
- I (J 7)11 2
- nous aurons, en ordonnant par rapport à Ij cos ip et I, sin <p :
- ^lU^Lcosp^i-
- /• 11, U1[2cosp+( i +a)/Wi sintp]—U i2
- V i+am
- i + Gin,
- ^ 777i/-i(l+u)sinp—U
- Remplaçons-y Ij cos <p4 par y et I, sin© par x, x et y étant par suite les coordonnées du point B, en prenant pour axes l’horizontale du point O et U, ; il vient :
- P'
- 2
- I -f-GUI
- 7U|7’i(i+c).r U T l
- 'La droite dont les ordonnées doivent être retranchées de celles du cercle passe évidemment par le point S correspondant au synchronisme et aussi par le point correspondant à un glissement égal à l’infini, car, dans ces deux cas, la puissance P' communiquée à l’induit est nulle.
- Le tracé de cette droite revient donc à la détermination du point B«, (fig. 5) du cercle correspondant à un glissement infiniment grand. On peut y arriver soit en cherchant le second point d’intersection de la droite et du cercle comme l’a fait Ossanna, soit directement en remarquant que l’on a alors tg 0 —oo , ce qui exige que l’on ait (12) :
- U, sin© — Gniii\ h = o,
- La puissance P' peut donc s’obtenir en
- d’où
- (*) Voir Lumière Electrique, 4 mars 1911.
- 9
- G/Hil'i h
- Ui
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- 292
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIH (2« Série). — N“ 10.
- Or, pour tg 0 = oo on a aussi (io) :
- ou encore en fonction de I0 :
- J?ig. 5.
- On en déduit :
- tgcp = cnii
- et :
- /iVC1 + *2"*2) = Ui2-
- On a alors :
- Xœ = L sincp y» — I, çoso
- o mj Uj
- /’l (i -f- C2/»!2)’
- U.
- J'i ( i + î2mi2) '
- (43)
- (44)
- ('-S)
- Les valeurs approchées seront :
- mi T o m,
- — I i î L> I -f" <J2 Wi
- !/<*> =
- i +
- Io- (47)
- L’équation de la droite SB*, est intéressante à connaître en fonction del0; die est :
- Y = (I + g)/»l-g t+^4
- c/«!2—1 — 1) °‘ (4^
- Avec l’origine au point S, on aurait :
- Y' 1 .Il _ (‘ + a),ni /vit \________1 + ,
- GIRi2 - I ^ /«j(a»Zi2 —1) °’
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-
- H Mars 1911.
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- ou :
- Y/ __ (t -f- y
- ^•9)
- et approximativement :
- Y' = i±ix.
- ou encore en remplaçant ml par sa valeur approchée :
- /*jl0
- Y' = i-±^iilîx. ' (5i)
- Cf U i
- La valeur du coefficient angulaire est donc facile àconstruire pratiquement. On pourrait, d’ailleurs, se servir pour déterminer la droite SB«, de .ce que étant, nul la droite_ OB«, passcTpar je point P,situé sur le diamètre horizontal. Toutefois les points O et P étant en général très voisins, ce procédé serait peu précis.
- Le couple étant proportionnel à P', sa représentation sera la même. Si l’on représente d’ailleurs comme on le fait quelquefois le couple en watts au synchronisme, sa valeur sera précisément P' comme on le sait.
- M. Hugo Grob, à qui on doit une démonstration géométrique du cercle de Potier-Os-sanna(') a proposé, pour éviter la multiplication parle facteur 1------—; ou 1 —1
- r U,
- de compter la composante du courant correspondant à la puissance fournie à l’induit, non sur la verticale entre le cercle et la droite SB„ mais entre ce cercle et celte droite suivant une direction qui est perpendiculaire au diamètre du point S.
- La puissance s’obtiendra alors en multipliant le segment BG par qx Uj.
- Cette propriété intéressante peut se re-
- (*) Voir Eclairage Electrique, tome XL, p. 466, 1904. Rappelons en outre que celle méthode est d’ailleurs complètement différente de celle de Potier qui appliquait la théorie des figures inverses.
- trouver facilement ici ; il suffit évidemment de montrer que l’on a :
- BG 2 cr /«,2 — i
- BK 1 -(- 1 -j- a/u,2"
- On a dans le triangle BKG, en posant x
- -----©„ = Y,
- •i. ‘
- et en désignant par tg v le coefficient angulaire de la droite SB*, :
- BG cosc t
- BIC cos(ay— r) cosay-j-sinayigr’
- l’angle en B étant égal manifestement à 2 y. Or, on a :
- 1
- tg p =
- (» 4- g)»y
- C/«ia — 1 ’
- on en déduit donc :
- BG (a/?2i2— i)(i -(-7«!2) -
- BK (/n,2 — 1) \nm^ — 1) —J— (1 -f- a)’
- a/«(2 — 1 1 -(- am^'
- REPRÉSENTATION DE LA PUISSANCE UTILE
- La puissance utile peut se représenter, comme l’a indiqué Ossanna, par la différence des ordonnées du cercle et d’une droite passant par le point S. Nous l’établirons facilement en opérant comme pour le cas de la puissance communiquée à l’induit.
- La puissance utile, en y comprenant les frottements dans les coussinets, mais toujours dans l’hypothèse de l’absence des pertes dans le fer, est :
- p„ — çUJjCoscp — gvyli2 — <727-2 Iâa. (5a)
- Il est facile d’établir, d’autre part, que l’on
- 0‘ ' KtNt It sinO
- h =
- K*NS
- f'2
- 3)
- (’) Voir Bi.ondel, Eclairage Electrique, tome V, p. 102 .895.
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- On peut donc écrire Pu sous la forme :
- P«=5riU1I1cos<p-
- ~ÇViIi2|^I +
- ^2;-2/'?1K1N1\2sin26“]
- ÿ./'iW*K«Nj <q2 J'1 11
- Mais l’on a :
- sin20 —
- tg2f)
- i + tg20’
- ou en y remplaçant le rapport de ces deux quantités tirées des équations(ia) et (i3) :
- sin2G
- m,r, L — U, sin<p
- (i — a)/»,/’,!,
- Remplaçons sin 0 par cette valeur et posons pour simplifier,
- K, N, K2N2
- K,
- nous aurons :
- Pu — ÿiUJj coscp -
- : Tt I ?^r2 g-2 1
- L q\!\ e22(i —a)
- .U,j,si„T 2(i—<7 )mlrt J
- Sous cette forme, on peut encore remplacer /’j2 Ij2 par sa valeur tirée de (i4) et poser pour plus de simplicité :
- f\ +
- ?2/2
- K2
- 6)
- ?i c22 (i — a)
- On obtient ainsi, en se limitant aux termes en sin <j> et cos <p :
- P» = ?iU, Ti------r--1--jri b cosep
- L n (» + )J
- îiU, /-2K2qï . „ ,
- -------------i-----5--------I, sintp — B, 57
- L 1 + ««i* m\ J T v
- B désignant les termes dont le développement est inutile ici.
- En remplaçant encore Ij cos 9 par y et Ij sin ® par x on a :
- La puissance utile s’obtient donc bien encore en retranchant les ordonnées d’une
- certaine droite de celles du cercle et en multipliant la différence par le facteur :
- i‘[ -(,+U»)]=,h (Ui ~ p9)
- Approximativement, en faisant vi — e2 le
- facteur /----N est égal à l’unité et la valeur
- de r( est :
- (60)
- c’est-à-dire la résistance totale du moteur par phase ramenée à l’inducteur (*).
- La droite en question passe évidemment aussi par le point S et par le point du cercle correspondant au démarrage, puisque la puissance Pu est nulle dans les deux cas.
- Le coefficient angulaire de la droite SBd définie par l’équation
- y — A’x — B' = o,
- a pour valeur :
- (1—fg)/-V??.i q2r2 K.2
- /1(i+cr/7212) ÿ1/’i7?71_ (i-HÿirV;?,2—gy3K2
- •ir'x (>,(i-|-a/7712)—*
- que l’on peut écrire, en y remplaçant /•/ par sa valeur :
- (1 -|- a) qxitni2 -f- ÿ2;-2K2 (777 1 2 — i)
- [<7,7’, (a/77,2 — i) - »<727’2K2]/77, ‘ ^ '
- Cette expression est un peu compliquée, mais elle peut se simplifier en remplaçant m* — 1 par :
- [(l + ff)g|7-| + g2/'2K2]///l qXi (a/77,2— 1) — 2ÿ27’2K2’
- ou, plus simplement encore, en négligeant également l’unité devant a/TZj2 et en remarquant que la résistance totale du secondaire
- (’) On trouvera plus loin une expression,très commode
- (pi 7’2
- dans certains cas, du facteur--------K2.
- q 17’i
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- ramenée au primaire est du même ordre et souvent plus peti te que q^ i\ :
- + a
- r m
- JL£îîÏK» = -i-
- ami Çi?'i a/«i
- (64)
- Sous cette forme, on voit, en comparant ce coefficient angulaire à celui de la droite SB*, (5i) que le coefficient angulaire de la droite SB(I s’obtient en ajoutant à celui de la droite SBOT un terme complémentaire correspondant à la résistance de l’induit.
- En y remplacent mlri par sa valeur appro-
- chée —-1 Eo
- angulair
- on a pour expression de ce coefficient e :
- i+q i q2r2K2 I0 / |Iq|
- o U, ' a y, U, cU, |_
- g 2^*2
- Le tracé de la droite SB(J est donc facile dans tous les cas par les expressions (64) ou (65) et permet de trouver le point B(j, dont les expressions des coordonnées, môme approchées, sont trop compliquées pour être données utilement ici.
- On peut aussi facilement, comme nous allons le voir, tracer la droite OB(? représentant le courant au démarrage ou mieux en court-circuit.
- Cherchons, en effet, le coefficient angulaire de la droite OBrf, c’est-à-dire la valeur de cotg <prf, <fd étant le décalage correspondant au fonctionnement en court-circuit et rotor calé.
- Pour le démarrage, on a <o = o et, par suite :
- tgO =------ = m 2.
- Les équations établies pour la recherche du cercle de Potier-Ossanna (6) et (io) donnent alors en y remplaçant tg 0 par m:
- IJi cosep — / ) 11 _ (i — a),/»o -GG.
- U, sin® i -j- cy/Ma2 ’
- et :
- U, COSep --- 7’i ïi
- ; i — g) wiffij/'i I, i + nii2
- On en déduit en égalant les deux valeurs de Uj cos ® — /•, It :
- TT • 1 + Q,n*2 T ira\
- U, sinep =---j----G8
- i -f- nii1
- qui, avec la seconde écrite sous la forme :
- U,cosc
- m^iii 1
- i + P — <*) —;-----------? ri m
- i + m i2
- donne en divisant membre à membre (i + am.2*)ms
- tg'Prf =
- (69)
- i -|- m* —|— ( 1 — a) mqn^
- Approximativement, il vient, en négligeant l’unité devant m2 et cin02 :
- <sm,nu , ,
- (1 — c) w, -J- m2'
- Or, le rapport—- a pour valeur (*) : 111*
- tjh _ QX, i\ __ Ki3Nt2 ei«72/a mi / 1 K22Na2
- K
- ,Wj
- ou si l’on fait approximativement vl = v^,
- _ K2
- >» 2 (Jll’i
- (7>
- On peut donc écrire, en remplaçant aussi
- /»., /'j par
- Ju
- ou encore :
- aq, IJ,
- \q + (1 — c)<7i,'aK2] V
- oUt
- lS?a = Try. 1 1 lo
- en posant :
- !’"i — f’i + (t
- £2^2
- K2.
- (74)
- (7e
- Connaissant l’expression approchée de tgçrf on trouvera facilement celles des valeurs approchées des coordonnées du point B(, à l’aide des deux équations simplifiées :
- TT • T «U.Ij
- U, snuprf ~ lld r- ——-
- ’o
- U, cos<prf = /•" 1 I|rf.
- (76)
- (') Voir Blondel, Eclairage Electrique, tome Y,p. io3, 1893.
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- On a, en effet, tout d’abord :
- u1* = [/V + «‘^_] brf2;
- d’où :
- « — /— --- 177/
- v/rW + ^U,2
- On en déduit ensuite en multipliant les
- celui de SB,( soit beaucoup plus simple (‘).
- Au lieu de multiplier la différence des coordonnées du cercle et de la droite SBd par le facteur :
- on pourrait encore prendre le segment de droite parallèle à une direction convenable
- P
- Fig. G.
- deux membres de chaque équation par Ilti :
- xd =
- Va =
- lid sintprf = —— r ,2
- IlrfCOS^rf = „ „
- r i
- "U.’Iq J
- V + «w ç
- r'^UJo2 f
- V + aU,2’ 1
- (?8)
- expressions commodes pour le calcul, bien qu’en réalité le tracé de la droite OB(, ou
- et compris entre la circonférence et le cercle, mais cette direction n’est nullement perpendiculaire à SB», comme l’a indiqué M. Grob.
- (•) On verra plus loin une expression très commode <72**2
- pour le calcul du coefficient ---K2.
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- REPRÉSENTATION DU GLISSEMENT (*)
- Noos rappelons finalement la représentation du glissement exact.
- La détermination graphique du glissement exact proposé par Ossanna etCîrob est des plus simples.
- Tout d’abord, le point (fig. 6) correspond à un glissement infini; on reconnaît donc que si ce glissement se compte à partir de la droite RB^, il devra se faire sur une parallèle à la tangente au point B^, c’est-à-dire sur une perpendiculaire au raydn 0,13*,.
- Le courant I'2 et le vecteur BK étant proportionnels respectivement à BS et à la puissance fournie à l’induit, le glissement est pro-
- ]3g2
- portionnel à
- Dans le triangle BSK, la relation des sinus donne :
- BS sin BKS BK sin B S K*
- ou encore, les angles BSB*, BRB» ayant même mesure,
- BS sin BKS
- BK sin BRB^*
- De même, dans le triangle BS13, on a :
- BS _ sinBRS SR ~ sinSBÏÏ’
- ou encore les angles SBR et SLR R ayant même mesure,
- BS sinBRS SR sin SB RR
- Il en résulte ep multipliant membres à
- . , BS BS
- membres les rapports —— et —™- que SR
- B K BR
- () Il est inléressantde l’appeler ici que l’idée de représenter le glissement sur une droite est due à j\I, Blondel (Industrie Electrique, 1S96). La droite sur laquelle les glissements étaient comptés était perpendiculaire au diamètre vertical du cercle de Bloudel-TIeyland.
- d’une part, et les angles BKS et SB,*, R d’autre part, étant constants, le glissement est pro-
- .. 1 . sinBRS
- portionnel au rapport------------.
- sin B RIR
- Désignons par les lettres y, 5 et y les angles marqués sur la figure 6 et dont les deux premiers sont constants; on voit, de suite, que ce rapport a pour valeur :
- sinBRS sin (y-)-jr) sinBRBT ~ sin(5 — /-)'
- Les angles marqués aux sommets en B„ sont égaux à ceux ayant pour sommet R comme ayant mêmes mesures.
- Si donc l’on mène par un point quelconque fixe, O, par exemple, du rayon 0,B„ une perpendiculaire à ce rayon, 011 formera avec SLR et BB^ un triangle pour lequel la relation du sinus donne, l’angle en M étant évidemment égal à 3 ou à son supplément, et l’angle en F à 3 + y :
- NE sin (y -f- y)
- FBvs sin (0 — y)'
- Comme FBest fixe, NF pourra donc représenter le glissement en adoptant une échelle convenable, la longueur représentant un glissement égal à l’unité étant la partie de la droite NF’ comprise entre F’ et la droite IR LR prolongée.
- On pourrait prendre aussi la perpendiculaire abaissée du point JR sur ( RIR .
- On peut remarquer , également que les angles y et y se reproduisent pour un point quelconque du cercle et pour R en particulier. Il est donc encore possible d’avoir le glissement en prenant la portion F’, Nj de la droite menée par un point fixe, O, par exemple, parallèlement à RIR comprise entre le vecteur fixe RS et le vecteur mobile RB.
- Celte dernière façon do procéder a été employée par M. Bélhenod (’).
- O11 pourrait aussi, par analogie avec ce qui
- (') 'Voir l'Eclairage Electrique, lomc XL, p. io3, 190.
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- LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N” 10.
- se passe pour les diagrammes approchés, adopter le point Q et compter les glissements parallèlement à QBœ et à partir de SQ.
- Dans tous les cas, le glissement égal à l'unité est compris entre le point fixe d’origine et l’intersection de la droite correspondante avec B*, B<(.
- CONCLUSION
- L’étude que nous venons de faire du diagramme du cercle montre que, à part peut-être le cas de très petits moteurs dont la puissance ne dépasserait pas quelques kilo-grammètres par seconde, on peut, avec une approximation qui est toujours supérieure à i %, remplacer le cercle de Polier-Ossanna par un autre cercle, de même diamètre
- que celui de Blondel-ileyland, et excentré verticalement par rapport à celui-ci d’une quantité égale à
- Pratiquement, s’il s’agit d’un moteur projeté, il suffira, connaissant le courant magnétisant à vide I0 et le coefficient de fuite u, de construire le cercle dont les coordonnées du cercle sont :
- .*'0
- 2 a
- Io,
- y»
- rl io2
- 7ü7’
- et son diamètre horizontal; on joindra ensuite l’extrémité convenable de ce diamètre à l’origine O, pour obtenir le point correspondant au synchronisme S, et l’autre extrémité au même point O pour obtenir le point Bœ et par suite la droite SB.*.
- Celle-ci pourra d'ailleurs s’obtenir par la connaissance de son coefficient angulaire :
- I -)- (J. /'[ Iq . , p , , |
- —-v--- "Tt ’ ce (1U1 sera prelerable, en ge-
- CT U j
- néral, le point P étant trop voisin de l’origine O.
- La droite SB(i s’obtiendra également par son coefficient angulaire, égal au précédent augmenté de la quantité :
- llîi f K|N|V
- crUi <7i/-i VK2Nj
- ou encore par la connaissance du coefficient angulaire de la droite OBd donné par l’équation (73)
- tg? d
- *q\u,
- jjfi'i + (1 •— a)qs>\
- K,N,
- K,N,
- Io
- Avant de tracer ces droites, on peut évidemment construire le point de régime, et relever ainsi la valeur exacte de Ij et P2. Comme on se donne en général les pertes dans les deux enroulements n>, et w2, on
- pourra remplacer
- (i)
- par le rap-
- port égal :
- hl
- «*. b2’
- en faisant encore :
- O11 évitera ainsi le calcul de r\.
- On portera ensuite au-dessous de O, en OT, un courant watté, correspondant aux pertes par le fer (2) et au-dessus de l’horizontale du points un courant watté correspondant aux pertes par frottement et donnant, sur le cercle, le point de la marche à vide. Le couple utile pourra alors être obtenu en arrêtant les ordonnées à une parallèle à SBœ menée par ce point, ou mieux encore, à la droite joignant ce point à Bœ si l’on veut tenir compte de ce que les pertes par frottement diminuent avec la vitesse.
- () En se servant de l’égalilé
- t’iKjN,
- I. =
- IC,TSr2
- facile à établir en passant du diagramme des Hux de M. Blondel à celui des courants.
- (3) Suivant le mode de représentation proposé pour la première fois par M. Blondel.
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- Avec un moteur déjà construit et dont on possède les résultats d’essai à vide, on opérera sensiblement de la même manière. On déduira I0 de la connaissance du courant watté à vide et l’on répartira convenablement les pertes à vide, diminuées de celles dues à l’effet Joule, entre le fer et les frottements. Le coefficient a sera déterminé expérimentalement par l’une des méthodes connues. On sera donc bien ainsi ramené au cas précédent.
- APPLICATIONS
- Nous allons appliquer ce qui précède au cas d’un petit moteur de trois quarts de cheval dont les constantes sont les suivantes :
- Puissance : 3/4 cheval — 55a watts.
- Tension aux bornes : 115 volts.
- Tension par phase : 66,5 volts.
- Facteur de puissance : o,85.
- Rendement : 75 % .
- Puissance apparente de l’inducteur : 866 volts-ampères.
- Puissance fournie à l’inducteur : 736 watts.
- Pertes par effet Joule dans l’inducteur : 10 % ou 78,6 watts.
- Pertes par effet Joule dans l’induit: 8 % =69 watts.
- Pertes dans le fer inducteur : 3 % — aa watts.
- Pertes par frottement : 4 % = 29,5 watts.
- Coefficient de fuite : 0 — 0,1.
- Courant magnétisant à vide : I0 = i,36 ampère.
- , T 866
- Couranten charge : h —jj’ggT ~ amperes.
- Résistance des inducteurs par phase :
- 73,6
- 3.4,35®
- 1,290 ohm.
- Nous en déduisons tout d’abord pour la détermination du cercle :
- Diamètre du cercle ;
- 1 — a 0,9
- ------I0 — —-. i,36 = ia,a5 amperes.
- c o, 1
- Abscisse du centre :
- I "4" ®T 1 ) 1 P ,0 .—!— I0 =-------.1,36 = 7,48 amperes.
- Chute de tension relative pour I0
- i‘i b ___ V*q5 X i,36 U| 66,5
- Ordonnée du centre :
- 0,0265.
- '’i b b rr i,36
- -77—.— — o 0205 X--------— o,3o ampere.
- U, <7 0,1
- Courant watté en charge 736
- 3.66,5
- 3,69 ampères.
- Courant watté correspondant aux pertes dans le fer :
- 3^b==o’,,oampère-
- Courant watté correspondant aux pertes par frottement :
- 29,5
- ‘“"1>êre-
- Courant total réel mesuré sur le diagramme : 4,35 ampères.
- Courant secondaire ramené au primaire : 3,65ampères.
- Coefficient angulaire de SB „ :
- 1 -j- a t\ I0 _ 1,1
- 17 U( 0,1
- Coefficient :
- w2 L2
- .0,0265 = 0,291,
- ,,2___, , »! V _ Sg /4,35\2
- <2V’i H'i IV °’9-73,6 (3,65) ~~ l’°l‘
- Coefficient angulaire de la droite SBrf :
- —i+<T+ — lv2 I=o,o265x — (i,i + i 02)^0,563
- U, a L ?P’i J <»,i ^
- Facteur de réduction de la tension primaire pour l’évaluation de la puissance communiquée à l’induit :
- 2 //'|Io\2 2 -----—2
- .0,0265 =10,986.
- « Vu,
- Facteur de réduction de la tension primaire pour l’évaluation de la puissance utile :
- o ry \ U,
- ® L ' Wi i'22J \ Ut y
- 2 — 1 ^2
- — 1-------( 1 —}— i ,02)0,0265 =0,972.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série).— N° 10.
- Le diagramme de la figure 7 est construit avec les éléments qui précèdent; nous y ayons ajoute la représentation du glissement.
- Si l’on recherche en particulier le point correspondant au régime normal, on retrouve pour exprès, sion de la puissance utile, et parlant de la puissance fournie a l'inducteur :
- y/3.115.0,972.2,9 — 5G2 watts,
- au lieu de 552, ce qui est une concordance suffisante-De même, la puissance communiquée à l’induit est :
- \/3 .115 .<>.,98(1.3,28 — G55 watts;
- ami2 = 0,1.1 425 = i/|2,5,
- ce qui justifie bien les simplifications faites au cours de cette étude.
- Cet exemple numérique montre nettement que l’on peut se contenter des formules simplifiées que nous avons indiquées même pour des petits moteurs, ainsi que tout l’avantage que l’on peut tirer dans ce cas du diagramme exact au point de vue de la précision.
- L
- le glissement est donc :
- H) G 5 5
- On relève aussi :
- cos 3
- - 9 % .
- 3
- >7
- o,85 1.
- /,,35
- Enfin, pour terminer, nous évaluerons les quantités /«,2 et o/h,2. On a :
- / LT \2 1
- ,?Z|2 s (tt) = =5 = 1 4afi>
- 'Vi <0/ o,0205
- Nous pensons que les formes nouvelles sous lesquelles nous avons mis les expressions nécessaires à l’établissement du diagramme, formes particulièrement commodes pour les applications pratiques, justifieront suffisamment cette étude et pourront rendre quelques services aux ingénieurs chargés de l’étude des moteurs asynchrones.
- C.-F. GuiLitEnT.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- PERFECTIONNEMENTS APPORTES El'
- R E SU LT AT S D’EX PE RIK N C E
- ACQUIS DANS L’ÉTABLISSEMENT DES VOIES DE TRAMWAYS URBAINS ()
- IXTHODUCTION
- Lorsque l’établissement des voies fut traité par le Congrès international de Tramways et de Chemins de fer d’intérêt local, tenu à Milan en 1906, l’opinion fut alors plusieurs fois exprimée que non seulement la question de la jonction des rails, mais aussi celle de la superstructure tout entière des tramways urbains était à peu près solutionnée; de nombreux membres émirent l’avis que le développement de cette question allait subir un temps d’arrêt et que les perfectionnements deviendraient de plus en plus rares.
- Et cependant, malgré le peu de temps qui s’est écoulé depuis lors, nous avons à signaler des progrès remarquables concernant non seulement la pose des voies, la qualité du métal des rails, la question des joints de rails, les traverses et les croisements, mais aussi relativement au soubassement et au mode d’implantation de la voie.
- C’est principalement au cours de cette période; que les résultats acquis au point de vue de la destruction du revêtement des voies et des rues ont confirmé et élucidé mainte opinion accueillie avec doute quelques années auparavant.
- Nous nous proposons d’indiquer dans notre étude les principaux procédés nouveaux et les perfectionnements de ces dernières années dans l’établissement des tramways urbains et nous citerons les systèmes les plus répandus.
- Pour quiconque s’est occupé pratiquement de l’établissement des tramways, il ne peut y avoir de doute que la question de la superstructure de la voie ne sera jamais fermée. Pourtant de nombreux spécialistes s’ingénient à chercher des améliorations et directeurs et ingénieurs de toutes les exploitations de tramways portent cons-
- C) D’après le Rapport présenté par M. Busse au Congrès international de Bruxelles, fi-11 septembre 1910.
- tamment leur attention sur cette importante question.
- Celle-ci, il est vrai, présente des difficultés d’autant plus dilïicilcs à vaincre que les opinions sont très divergentes quant au mode d’établissement de la superstructure. C’est là, pensons-nous, la cause principale de l’insolubilité de la question; en effet, le choix et la pose de la superstructure de chaque tramway dépendent presque toujours de considérations économiqués très variables, de raisons locales, de la nature des terrains et des conditions d’exploitation. En outre, les circonstances climatériques., constituent fréquemment un facteur important, eu égard à la conservation de la superstructure.
- En Angleterre par exemple, la superstructure est beaucoup plus facile à entretenir que sur le continent ; ce plus facile entretien est dû à ce que, dans un climat uniformément humide et peu sujet aux alternances de température, la superstructure se maintient en bon état plus longr temps que sur le continent, où les variations fréquentes de l’humidité de l’air et les fortes oscillations de température rendent très difficiles l’entretien régulier des voies.
- Toutefois, ces divergences d’opinion peuvent avoir également une autre cause ; il arrive souvent, en effet, que d’excellents genres de construction donnent des résultats défavorables, parce que l’exécution et l’entretien ont été mal compris, tandis que des procédés réellement mauvais, mais soigneusement appliqués et bien entretenus, peuvent induire en erreur, du moins pendant un certain temps, sur les défauts qui leur sont inhérents.
- Il ne faut pas négliger non plus les conditions d’exploitation et l’intensité du trafic et surtout il ne faut pas oublier la fatigue à laquelle la voie est soumise, non seulement par suite de son propre trafic, mais aussi par suite du trafic général de la rue. Souvent, des conclusions fausses sont formulées parce que les spécialistes, appe-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 302
- T. XIII (2* Séfie). — N® 10.
- lés à donner leur avis, sont empêchés par les devoirs de leur charge d’examiner d’une façon détaillée les installations de la voie ; et' cependant, l’observation régulière et soigneuse de la superstructure est absolument nécessaire pour pouvoir émettre un avis qui soit indubitablement juste.
- POSE DE LA VOIE
- La pose de la voie de tramways dans les rues existantes a déjà été traitée d’une façon détaillée dans les rapports de Milan ; les modifications et perfectionnements qui y ont été appor-tés'dans les dernières années ne présentent pas de perfectionnements notables. En général, il y a donc lieu de se reporter aux rapports et aux discussions précédents.
- ' Nous signalerons surtout en premier lieu qu’à ,1a suite des heureux résultats recueillis jusqu’à présent,, les municipalités aussi bien que les compagnies privées de tramways, cherchent de plus en plus, dès que la chose est possible, à établir au milieu de la chaussée une plate-forme spéciale, complètement séparée du trafic de la rue.
- Grande est d’ailleurs la faveur qui s’est attachée dans ces derniers temps aux plates-formes de voie gazônnées.
- Dans plusieurs cas dé rues asphaltées, le corps de voie spécial avec revêtement en pavés a été disposé latéralement.
- Le macadam système Aebèrli pourrait également être employé à l’avenir en pareil cas, si les qualités qu’on lui prête persistent, attendu qu’il possède une couverture en pavé ayant à peu près la même élasticité que la couche d’asphalte. Des Voies de tramways ont déjà été installées à Montreux suivant cette méthode et, jusqu’à présent, elles n’ont pas souffert; toutefois,on ne pourrait encore émettre un jugement définitif. Cependant si ce mode de revêtement justifie les espérances qu’on a placées en lui, il y aurait lieu de s’en réjouir, car jusqu’à présent les municqiuli-tés se sont généralement opposées au pavage des voies dans les'rues asphaltées ou pavées en bois; cette opposition est due à ce que les habitants de ces rues sont incommodés par le bruit qui se produit lorsque les véhicules passent de la partie asphaltée à la partie pavée, tandis que le ma-
- cadam goudronné étant très élastique, peut être abordé avec moins de bruit.
- SUPERSTRUCTURE Les profils normaux de rails.
- Le tableau I renseigne sur les dimensions des 4 profils normaux établis pour les rails à ornière en une partie ; le profil normal 3 est réservé principalement pour les rues asphaltées ou pavées en bois.
- Tableau I
- Profil J Hauteur f Largeur j du patin Largeur du champignon Epaisseur de l’âme Profondeur j de l’ornière Largeur j de l’ornière Epaisseur des contre-rails REMARQUES
- mm. mm. mm. mm. mm. mm. mm.
- I i5o 14 0 47 I 1 35 3l i4 —
- 2 160 i5o 5i 12 40 3i i5 •
- 3 160 180 56 I 2 40 31 16 Pour rues asphaltées et pavées en bois.
- 4 180 180 56 12 40 3 ï 16 —1
- 11 reste encore à indiquer, pour les différents profils, la distance existant entre le côté extérieur du bourrelet et le milieu de l’âme ; nous supposons que le centre du rayon de courbure du bourrelet est situé sur le milieu de l’âme : profil i : 34 millimètres; profil a : 36,5 millimètres; profils 3 et 4 : 41 >5 millimètres.
- Comme certains exploitants utilisent des profils de aoo à aao millimètres de haut dans les pavages en pierres, la commission B a été chargée d’examiner si un profil de rail à ornière de aoo millimètres de haut ne pourrait être également admis comme profil normal.
- Pour tenir compte du désir de posséder des rails spéciaux pour les courbes, il a été également établi 4 profils normaux à gorge profonde (i a, a a, 3 a, 4 a) dont les dimensions sont indiquées dans le tableau II.
- La surlargeur qu’il faut donner à l’ornière, en raison du déplacement transversal des roues par rapport à l’axe du rail, est de 3 millimètres. L’augmentation d’épaisseur des contre-rails est de 7 millimètres pour le profil i a, 9 millimètres
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- pour le profil ia et io millimètres pour chacun des profils 3a et 4«.
- Tableau II
- | Profil Hauteur Largeur du patin Largeur du champignon P g o> a w* Profondeur de l’ornière Largeur de l’ornière Epaisseur des contre-rails REMARQUES
- n^m. ni in. mm. mm. mm. mm*
- i a i5o 140 47 1 1 35 34 21 —
- 2 a 160 i5o 5i I 2 40 34 24 —
- 3 a 160 180 56 12 40 34 26 Pour rues asphaltées et pavées on bois.
- ha 180 OC 0 56 12 40 34 26 —
- Oft ti’a pas prévu de profil spécial pour le rail à gorge surhaussée que beaucoup de compagnies placent h l'extérieur des courbes, Futilité de ces rails n’étant pas encore, pour le moment, claire* ment établie.
- Les dimensions des rails à ornière en deux parties (profils Haarmann) : largeur de la Surface de roulement, largeur totale du champi* gnon, largeur et profondeur de l’ornière, sont les mêmes que pour les profils normaux en une partie. Abstraction faite du partage du rail en deux pièces, le profil Haarmann ne diffère guère du profil normal : le sommet du bourrelet est symétriquement arrondi des deux côtés suivant un rayon de io millimètres; ensuite, l'épaisseur de l’âme a été quelque peu diminuée en ce que l’âme du contre-rail en est très rapprochée. L’épaisseur de l’âme principale est de 8, 9 ou io millimètres; l’âme du contre-rail a en moyenne 6 millimètres pour les deux profils légers et 7 millimètres pour les deux profils plus lourds. Eu égard à la facilité de remplacement des contre-rails, on a adopté la même épaisseur au sommet pour les rails en alignement et les rails en courbe, soit ao millimètres pour les deux profils égers, et ao millimètres pour les deux profils plus lourds. Les poids desprofils sont respectivement, 33,3; 3p,5 ; 46,2; /,7,8 kilogrammes par mètre pour les rails de roulement.
- La prédite commission n’a pas cru devoir établir de nouveaux profils de rails Vignole, ceux-ci étant très peu demandés. Les plus recommandables parmi les types existants sont consignés dans le tableau 111.
- Tableau III
- PROFIL | Laminoir Hauteur Largeur du patin Largeur du bourrelet Poids Moment de résistance
- W. 82 Krupp mm, «9 mm. 7° mm. 38 Ü3 JST F l cm3 4G>7
- W. 88 Krupp 97>r> 82 48 20,2 65,2
- Chemins de 1er secondaires. Profil Vdes chemins de fer de l’Etat prussien. 115 9° 53 'M,39 98,0
- Profil iirtdesche-rnins de fer de l’Etat prussien. I I !î IOO 58 27,55 111,6
- Profil 10h — 129 io5 58 3i,i6 î38,3
- En ce qui concerne la longueur des rails, il y a lieu de remarquer que l’emploi des rails de i!> et 18 mètres en vue de diminuer le nombre des joints, est devenu général, alors que de telles longueurs formaient exception il y a quelques années seulement. Quelques administrations ont môme adopté des rails de 20 et 24 mètres et jusqu’à présent elles en sont très satisfaites.
- L’emploi de contre-rails renforcés pour les rails de courbes et surtout de rails de meilleure qualité (acier au manganèse, acier au nickel, acier cémenté Krupp, acier au titane), tend de plus en plus à se répandre. Ces sortes d’acier sont même fréquemment choisies jaourles rails à gorge surhaussée qui ne sont plus utilisés cependant que par quelques compagnies. En général, les résultats obtenus jusqu’ici avec l’acier dur sont favorables.
- Choix du métal des rails.
- Dans les lignes à trafic particulièrement intense, on met en œuvre des rails en aciers spéciaux (aciers au titane, au manganèse, au nickel, etc.).
- Les rails en acier au titane ont l’avantage de présenter une composition très homogène; cette propriété dépend de l’affinité chimique du titane pour l’azote et; l’oxygène; lorsqu’on ajoütè du titane à 10 ou iü % de ferrolite dans l’acier en fusion, le titane se combine immédiatement à
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- ce qui reste d’azote et d’oxygène et provoque ainsi, d’une manière complète, le départ des gaz du métal liquide.
- Les premiers essais au moyen de rails au titane ont été entrepris au début de 1907 par la Maryland Steel C°, à Sperrows-Point : les rails au titane ont accusé une durée triple de celle des rails Bessemer. Aussi, au début de 1909, le New-York CentralRailroadseul avaitdéjà placé i/i 000 tonnes de rails au titane.
- Les rails au manganèse ont la composition suivante :
- Manganèse : io-i3 X ;
- Carbonne : 0,95-1,15 % ;
- Silicium : o,a-o,/| % ;
- Phosphore : moins de 0,1 % ;
- Soufre : moins de o,oG % .
- L’acier laminé possède une résistance de 94,5 à 98 kilogrammes par millimètre carré, un coefficient d’allongement de 3o à 40 %,et une limite d’élasticité comprise entre 4^ et 49 kilogrammes par millimètre carré.
- L’acier au manganèse se distingue de toutes les autres espèces d’acier par sa ténacité extraordinaire; 011 l’obtient en trempant le métal dans l’eau au cours du refroidissement pendant la période de température critique.
- Les résultats acquis et les opinions au sujet de la résistance en service des rails en acier au manganèse sont quelque peu différents. Selon les rapports américains, les rails en acier au
- manganèse auraient une durée 4 1/2 à 6 fois plus longue que celle des rails ordinaires en acier Martin à haute teneur en carbone. D’après les essais de la Boston Elevated Railway C°, la durée des rails en acier au manganèse serait même 5o fois aussi longue que celle des rails en acier Bessemer.
- Dans ces derniers temps, l’attention a été fortement attirée sur l’acier obtenu par les procédés électriques. En principe, la fabrication de cet acier repose sur l’utilisation de l’énergie électrique sous sa forme calorique pour la fusion de l’acier et pour son affinage. L’importance fondamentale du procédé de fabrication électrique de l’acier consiste en ce qu’il permet d’obtenir de l’acier d’une pureté plus grande qu’avec tous les autres procédés.
- Tout récemment, on a mélangé le nickel et le chrome en différentes proportions à l’acier. Toutefois, jusqu’à présent, l’on ne possède pas de résultats relatifs à des essais pratiqués sur une grande échelle.
- Les efforts des aciéries en vue d’améliorer la qualité de l’acier par alliage avec différents métaux doivent donc être accueillis avec satisfaction. Il est hautement désirable que les sociétés de tramways appuient ces efforts en procédant à des essais et en en publiant les résultats.
- (A suivre.) D’après A. Busse,
- Ingénieur en chef de la Grande Compagnie de Tramways de Berlin.
- CHRONIQUE D’ÉLECTROMÉTALLURGIE (1>
- LA RÉDUCTION DIRECTE DU MINERAI DE FER AU FOUR ELECTRIQUE
- Le problème auquel fait allusion M. A. Busse, clans les dernières lignes de l’article précédent, vient précisément de faire l’objet d’expériences remarquables dont on va lire l’exposé.
- L’application du fourélectriquc à la métallurgie du fer n’y a pas apporté jusqu'ici les modifications qu’on en attendait dès l’aborcl. Malgré les expériences et les résultats encourageants de Stassano, la production directe du fer semble n’avoirjamaisudonné de résultats économiques.
- (R La première Chronique d’Eleclromélallurgie a paru dans la Lumière Electrique du 1e1' octobre 1910. Elle était consacrée l’examen de 1’ « Etat actuel de l’élcc-tro-sidérurgie ».
- A diverses reprises, des essais de fabrication de fonte ont été tentés sans conduire jusqu’ici à une réalisation vraiment industrielle. Bref, l’é-lectro-sidérurgie s’est pratiquement limitée à la refusion et à l’épuration de riblons de fonte (’2).
- Le secours de l’électricité n’a donc modifié ni
- (3) Ces considérations etles suivantes ont été exposées par M. G. Arnou dans la lie vue de Métallurgie, décembre 1910.
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- les principes actuels de fabrication du fer, ni la répartition des centres sidérurgiques. A ce point de vue, la production de la fonte ne serait elle-même qu’une solution fort incomplète; car l’affinage électrique de la fonte est une opération très coûteuse, tant par l’usure des garnissages que par l’énergie électrique nécessaire (1200 kilowatt-heures par tonne). C’est à la production directe que les électro-métallurgistes doivent viser s’ils veulent rendre à certains pays riches en minerais et en chutes d’eau, mais, pauvres en charbon, les services qu’ils attendent d’eux.
- et breveté, une méthode qui ré’pondra, croyons-nous, aux exigences industrielles. On peut en juger d’ailleurs par les résultats des essais que nous allons rapporter, essais effectues par M. Neveu et par nous dans les usines de la Société Néo-Métallurgie et le Giffre, qui nous ont permis d’obtenir toutes nuances d’acier et de fer en partant d’un minerai et d’un charbon quelconques et sous n’importe quel état physique.
- Ces essais n’ont pas été seulement des études de laboratoire, mais ont donné lieu à une véritable fabrication et ont produit plus de i5 tonnes
- Fig. 1. — Four Chaplet, type oscillant (coupe longitudinale).
- On arrive d’ailleurs à la même conclusion à 11’en-visager même que le rôle le moins contesté du four électrique : la fabrication des aciers fins ; le procédé le plus sûr consisterait, en effet, indubitablement, à produire en une opération, en partant de minerais et de charbons purs, du fer auquel on ajouterait dans la suite tous les éléments nécessaires.
- Partant de ces principes, la Société « La Néo-Métallurgie » à l’instigation et sous la direction de MM. Rémond et Chaplet, s’est consacrée tout spécialement depuis plusieurs années à l’étude de ces questions : elle a mis finalement au point,
- de métal ; ils ont été effectués dans un four système Chaplet-Néo-Métallurgie (fig. 1 et 2), sur la description duquel nous ne reviendrons pas. (') Nous rappellerons seulement — détails intéressants pour le procédé en question — que c’est un four à arc où le Courant arrive par une ou plusieurs électrodes verticales et s’en va par un'e ou plusieurs prises de courant redressées hors du four avec connexion au-dessus du niveau du bain.
- (') Voir Clausel du Coussehgues, Revue Métallurgique, 4 juin 1909.
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- On charge d'abord les éléments d’un laitier, approprié (oxydant, calcaire, etc., par exemple), puis le mélange de minorai et de charbon en proportions convenables et en quantités néces* suives pour produire le métal correspondant à une coulée. La réduction s’opère d’abord ; le métal fond en s’approchant de l'are, filtre à tm'-
- affaire à un bain de fer ordinaire qu’on peut traiter et travailler suivant les méthodes connues. On arrive à produire presque à coup sûr, en réglant convenablement la charge, du fer ne contenant que des quantités très faibles de corps étrangers, bien que la teneur en oxyde de fer du laitier correspondant soit très faible. Elle s’est
- vers le laitier et se réunit sur la sole. L’appareil fonctionne en somme comme un petit hautfourneau discontinu dans lequel on a, grâce à la nature du four, deux zones, l’une de réduction, l’autre de fusion et au besoin d’affinage, parfaitement distinctes; cette dernière à une température très élevée.
- Lorsque le métal est complètement fondu, on a
- toujours trouvée, en marche normale, inférieure à 8 % et il nous a été souvent possible d’obtenir, en peu de temps, par des additions réductrices, un laitier blanc et;, par conséquent, un rendement intégral. On pourrait aussi transvaser le métal après fusion pour le traiter dans un second four. Ceci ne présentera en général aucun intérêt; c’est en effet du fer à peu près pur et, par
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- suite, très difficilement fusible, qu’il faut verser d’un appareil dans l’autre : cette opération exige un très haut degré dé fluidité et, par suite, un très long temps de chauffage pendant lequel on peut amener déjà le métal à peu près au point voulu.
- ÉTAT PHYSIQUE DE I.A CHARGE
- Afin que la réduction s’opérât dans los meilleures conditions possibles, on chargea, pour les premiers essais, des agglomérés de minerai hématite et de charbon de bois préalablement, pulvérisés et séchés.
- Désireux toutefois de nous affranchir du coût de cette préparation, nous tentâmes d’abord d’agglomérer le minerai seul, chargeant ainsi un mélange de briquettes d’hématite séchées et de charbon de bois, puis de jeter dans le four un mélange à la pelle de charbon et de minerai tout venant complètement en poussière. Les résultats furent identiques à ceux de la première période, tant au point de vue de la comjjosition des produits que de la précision et de la régularité des opérations. La production toutefois varia légère-
- de bois : très hygroscopique, il‘entraîne de grandes quantités d’eau qu’il faut vaporiser et chauffer inutilement ; de plus, par sa forme en longs morceaux, il divise la masse, empêchant un contact intime et une bonne utilisation des gaz ; les résultats de nos expériences ultérieures indiquent que les différences sont certainement moins importantes avec d’autres combustibles, anthracite ou coke, par exemple.
- En tout cas, il est possible de traiter au four électrique du minerai totalement pulvérulent-, nous avons même réduit, sans difficulté, de l'hématite en poudre par du charbon des cornues également en poudre. Une agglomération préalable n’est donc pas nécessaire pour des minerais en poudre. Pour ceux qui se présentent en morceaux, leur réduction directe n’en est que plus facile,
- COMPOSITION CHIMIQUE DES MATIERES PREMIÈRES
- Afin de déterminer l’influence de la nature du minerai et du charbon, les expériences ont porté successivement sur les trois minerais et les trois combustibles de compositions suivantes :
- Tableau I
- FeW Fe»0* CO»Fe SiO2 CuO APO» s P Mh
- Hématite 93,82 )) )) 3,57 0,3 3 00 0,023 0,002 traces
- Magné tite )> 95.84 » 0,60 0/20 0,60 0,40 o,o3 0, 10
- Sidérose )) )) 80,80 8,96 I jOO o,7 5 0,04 0?02 2,98
- Coke de pétrole. Charbon de bois Anthracite......
- C. fixe Matières volatiles Gendres
- 92,55 6,2 5 0,90
- 88,02 10,54 1,35
- 83,20 » 5,35
- Sun fi e
- »
- I ,32
- ment et fut, pour une même puissance : Avec des agglomérés (mine-
- rai -|- charbon), de...... 35 kg. à l’heure ;
- Avec des briquettes, de. . . 32 kg. à l’heure;
- Avec de la poudre, de....... 31 kg. à l’heure.
- La consommation de charbon fui également différente : de 3oo kilogrammes par tonne de fer dans le premier cas, elle passa à 33o kilogrammes puis à 36o kilogrammes. Ces différences tiennent en grande partie à la nature du charbon
- Nous avons pu établir que chaque minerai pouvait être aisément réduit par n importe quel charbon.
- Avec le charbon de bois, le voltage a une tendance à rester plus élevé qu’avec le coke et l’anthracite, mais, étant donné la marche discontinue de l’opération, qui n’exige pas l’emploi de hautes colonnes incandescentes, ces différences sont sans importance et on peut régler à volonté par la hauteur de l’électrode les caractéristiques électriques de la marche.
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- Au point de vue du rendement thermique, c’est l’anthracite qui a donné les meilleurs résultats. Pour une même puissance dans la réduction d’hématite en poudre, la production fut de 3i kilogrammes à l’heure avec le charbon de bois ; de 38 kilogrammes avec l’anthracite ; la consommation de combustible par tonne de fer fut de 36o kilogrammes dans le premier cas, de 271 kilogrammes dans le second.
- Nous avons cherché à nous expliquer ces résultats ; ils tiennent en partie certainement à la nature et à la forme du charbon de bois, ainsi que nous l’avons dit plus haut. En outre, avec l’anthracite, le mélange est plus intime, la masse plus compacte; il en résulte que la descente des charges et l’ascension des gaz se trouvent retardées : donc, d’une part, on obtient une réduction plus intégrale avant fusion ; de l’autre, on utilise mieux la chaleur des gaz et la réaction : 2 CO = CO2 -f C se trouve favorisée, apportant un appoint de combustible et d'énergie.
- La niagnétite nous a donné un meilleur rende ment que l’hématite, avec le charbon de bois surtout ; la réduction de briquettes de magnétitc produisit 41 kilogrammes à l’heure, tandis que celle de briquettes d’hématite ne donna que 32 kilogrammes. Avec l’anthracite, les résultats furent, par contre, sensiblement les mêmes.
- La sidérose crue se réduisit aisément, mais avec une plus grande dépense d’énergie (29 kilogrammes àl’heure) en raison de sa faible teneur en fer et de sa plus grande proportion de gangue.
- PHODUITS OBTENUS
- Dans le problème envisagé, la régularité constitue de beaucoup le facteur le plus important, et le point essentiel du procédé est qu’on peut à coup sûr produire de l’acier doux.
- Voici les analyses des sept coulées consécutives :
- Il faut avant tout noter que ces résultats ont été obtenus directement sans aucune addition affinante et sans travail du laitier (qui aurait per. mis d’abaisser la teneur en soufre).
- Pour réaliser une nuance déterminée, on peut ou faire à ce produit fondu dans le four les additions voulues ou bien le réaliser par modification de la proportion de charbon dans la charge.
- En ce qui concerne l’élimination du soufre, les premiers dispositifs de fours qui ont servi à ces essais ne nous permettant pas de décrassage, il nous a été impossible de le réaliser complètement par changement de laitiers. C’est pourquoi le fer doux obtenu en partant de la magnélite sulfureuse, à 40 % S, fait en général du fer rouve rin ; l’acier dur, au contraire, se trouve épuré ainsi qu’en font foi les analyses suivantes :
- C Mn S
- 1,23 0,25 0,016
- 0,28 0,1 2 0,10
- 0,14 0,41 0,16
- Ces résultats deviendraient, comme l’on sait, tout à fait satisfaisants dans un four où l’on pourrait évacuer les laitiers et, par conséquent, réduire à des traces la teneur en soufre, ainsi que nous le constatons de façon habituelle dans des fours oscillants de même système.
- L’anthracite sulfureux nous a donné, avec l’hématite, des produits très purs.
- Nous n’ayons pas effectué encore l’étude méca„ nique et microscopique des échantillons prélevés sur les coulées, mais tous lés essais faits (soudage, pliage, fabrication de burins, etc.) au cours des opérations, nous ont montré une ressemblance parfaite entre les produits obtenus et ceux de Suède. La cassure du fer brut présente des gros grains brillants caractéristiques ; il est parfaitement malléable, s’écrase à froid sons le
- Tableau II
- G Mn Si S r>
- 35 0,08 o, 10 O; 02 0^02 traces
- 36 0,09 0,09 0,04 0,02 traces
- 37 0,11 0,46 0,06 0,02 traces (forte addition de ferro-manga-
- 38 0,09 o, 15 0,08 0,02 traces nèse pour comparaison).
- 39 0,10 o, 12 0,07 0,02 traces
- 40 0,13 0,10 o,o3 0,02 traces
- 41 a y 10 0,14 °)19 0,0 1 2 traces
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- marteau en fines lamelles, subit des repliages successifs. Après trempe, il plie à i8o°, même pour des teneurs en carbone assez élevées (0,20 à o,25 %). Ceci tient surtout à sa faible teneur en manganèse, cause aussi de sa remarquable ténacité, et qui doit, en outre, le rendre particulièrement apte à la fabrication de tôles sans hystérésis.
- Quelques essais nous ont donné des fontes particulièrement tenaces, fontes grises à grains très fins et serrés, sans aucune lamelle de gra-phitejfontes blanches à faibles teneurs en carbone et manganèse qui s’écrasaient sous le marteau.
- Nous reviendrons sur ces points lorsque nous aurons déterminé des caractéristiques précises.
- rnix ns iievient
- Dépense d'énergie. — Une première série d’essais eut pour but de se rendre compte de l’influence que pouvait avoir sur les résultats la nature du courant : le four fut donc alimenté par du courant continu, puis par du courant alterna" tif, sans qu’on pût déterminer une différence sensible ni dans la qualité des produits, ni dans le rendement. L’interversion des pôles dans le premier cas fut également sans effet, ce qui permet de nier l’intervention d’une action électrolytique quelconque.
- La plupart des expériences mentionnées dans cet article furent effectuées à l’aide d’un four de iao kilowatts. Pour une même opération : réduction d’hématite par du charbon de bois etpro-duction de fer doux, la consommation d’énergie électrique s’élèvera à
- 3 43o kilowatt-heures avec 120 kilowatts.
- 2 600 — — 200 —
- Il y a donc tout lieu de croire que les foursplus grands qui seraient pratiquement utilisés dans l’industrie dépenseraient moins de 2 5oo kilowatt-heures par tonne de fer.
- Les études que nous avons faites sur l’influence delà nature du minerai et du charbon nous ont permis d’établir les chiffres de consommation suivants pour une tonne d’acier doux produite dans un four de 120 kilowatts.
- Magnétite et charbon de bois. ... 3 nn kw.
- — anthracite...... 3 o5o —
- Hématite et charbon de bois. ... 3 /,3o —
- — anthracite...... 3 100 —
- Sidérose et anthracite........ \ 000 —
- Si l’on considère que la consommation théorique, d’après des calculs maintes fois publiés, seraitdans les conditions de ces essais, d’environ 2 000 à 2 o5o kilowatt-heures par tonne, on voit que, même pour de faibles puissances, le rendement du four considéré est, avec le procédé que nous avons décrit, remarquablement élevé (près de 80 % pour 200 kilowatts). Ce fait, très important, surprenant peut-être au premier abord, s’explique aisément: pendant la plus grande partie de l’opération, en effet, l’arc est entouré par la charge qui absorbe les rayons calorifiques ou les renvoie vers le bain ; les pertes par rayonnement sont donc à peu près milles.
- Entretien du four. — Pour cette même raison, l’entretien du four est fort peu coûteux. Durant toute la période de réduction, le garnissage et tout particulièrement la voûte sont protégés par le mélange. Le petit four où nous opérions était, à la fin des essais, en parfait état tandis que certainement un four de fusion de même capacité eût dû être sérieusement réparé plusieurs fois pendant le même temps.
- Dépense de charbon. — Ainsi que nous l’avons déjà dit, cette dépense varie suivant l’état physique du mélange. La réduction de l’hématite en poudre exige 36o kilogrammes de charbon de bois ou 270 kilogrammes d’antracite par tonne de fer produite. La réduction de la magnétite dans les mêmes conditions n’exigea que 3io kilogrammes de charbon de bois ou 260 kilogrammes d’anthracite.
- Consommation d'électrodes. — La consommation d’électrodes est très variable, comme l’on sait, suivant la marche de l’opération et la nature des laitiers, En allure normale pour fabrication d’acier doux, elle varie de 25 à 35 kilogrammes par tonne.
- Ces divers renseignements permettent d’établir dans chaque cas un prix de revient détaillé, nous en considérerons deux, nous limitant ici à l’utilisation des minerais riches.
- i1' Supposons une installation près de la mine, livrant du minerai magnétite à 6G-G8 % de fer, au prix de i5 francs, dans un pays de chutes d’eau où le kilowatt-heure reviendrait à 0.6 centimes et où l’on ne disposerait que de charbon de bois à 60 francs.
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- 1.600 kg. minerai . . . Fr. 24,00
- 310 kg. charbon de bois. . . . . . . )) 18,60
- 2.600 kw ... » 10,60
- Chaux et additions ... » I
- Entretien du four ... » 2,5o
- Electrodes ... )> 15
- Main-d’œuvre . . . » ro
- Frais divers . . . » 5
- Total ... » 9»,7°
- La tonne de fer y reviendrait donc agi fr. 70. a0 Supposons, au contraire, un pays où l’on dispose d’anthracite pur à 26 francs et où l’on peut faire venir aisément du minerai riche (hématite, krivoi-rog par exemple) à 25 francs.
- ' Tahleau III
- PRIX DU KILOWATT
- 1 II III
- 0,(i centimoa 2 ccutimou 3,5 contimos
- 1 600 kg. minerais.. 40 4<> 40
- 270 kg. anthracite.. 8,10 8,10 8.10
- 2 600 kw 15,60 5a 9i
- Chaux et additions. I 1 I
- Entretien du four. . 2,5o 2,5o 2,5o
- Electrodes 15 i5 i5
- Main-d’œuvre 10 10 IO
- Frais divers 5 5 5
- Totaux g7,20 fr. 13 H,60 fr. i72,6ofr.
- Tels sontàpeu près les prix que coûterait une tonne de fer dans des pays répondant aux conditions de cet exemple et qui posséderaient des chutes d’eau, des gaz de liauts-fourneaux ou des combustibles bon marchépour moteur à gaz pauvre. Nous insistons sur ce fait que ces prix correspondent à l’emploi d’une force de 200 kilowatts et que, pour des fours plus puissants, non-seulement la force électrique mais surtout la main-d’œuvre, les frais divers et l’entretien du four diminueraient sensiblement d’importance. II importe en outre, de remarquer que les appareils employés sont des fours Chaplet, du type ordinaire de refusion, d’une simplicité extrême comme l’indique le dessin et, par conséquent, d’une installation très peu coûteuse.
- \
- AD PL IC ATI O XS DU PROCEDE
- Les considérations précédentes montrent tout l’intérêt du procédé envisagé ici.
- Avant tout, il importe de remaquer qu’il permet d’obtenir directement, de façon régulière, du fer, en partant de minerais et de charbons sous n’importe quel état physique ; il résout aussi un problème depuis longtemps cherché et ceci de la façon la plus générale ; hématites ou magnétites pulvérulentes, sables, chaibon de bois, anthracite (en morceaux ou menu) peuvent être également utilisés. Or, bien des pays possè-nent des chutes d’eau facilement aménageables dans le voisinage de minerais très purs, mais que les procédés actuels 11e permettent pas de traiter sans de grandes difficultés ou des préparations coûteuses ; l’obtention du charbon de bois y est en général possible ; souvent même on trouve sur place des combustibles pauvres considérés jusqu’ici comme inutilisables. La réduction directe, telle que nous l’avons décrite, peut donc y être aisément pratiquée.
- Si les débouchés voisins et la situation du pays le permettent, si les forces hydrauliques y sont abondantes — car il faut compter, pour une production journalière de 5o tonnes, au moins 5 000 kilowatts sur les fours — les résultats que nous avons obtenus suffiraient à encourager l’installation sur place d’une industrie métallurgique. Mais, dans bien des cas, la transformation et le travail du fer sur place ne seraient pas possibles: on se contentera alors de fabriquer des massiaux de fer pur et de les expédier comme matières premières. 11 existe en Suède et dans l’Oural par exemple bien des concessions de minorais purs où l’on fabrique sur place, par des procédés coûteux, des fers destinés à une refusion dans des creusets ou dans des fours Siemens-Martin. L’exploitation des chutes d’eau qui existent dans ces régions leur permettrait d’a-baisser considérablement le prix de ces produits spéciaux et,par suite, d’augmenter le champ de leur utilisation.
- Intéressante pour les pays de houille blanche, la réduction directe ne l’est pas moins ailleurs, si l’on envisage de plus près la qualité de ses produits. A condition d’employer des minerais et des charbons purs, elle permet d’obtenir des aciers et des fers qui peuvent concurrencer les aciers au creuset fabriqués avec des charges spéciales (qu’on paie üd francs et plus les 100 kilogrammes). Encore ces derniers contiennent-ils toujours, en raison même des impuretés prove-nantdu creuset, au minimum 0,12 à 0,15 % de
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- carbone et, ce qui est très important, ils ne peuvent jamais être amenés au degré de lluidité quepossèdele fer pur lui-même ausortirdu four électrique. Ce sont des particularités intéressantes au premier chef pour les fabricants de moulages, de tûles fines et d’aciers à outils. Les chiffres que nous avons cités montrent que la réduction directe au four électrique est toujours beaucoup moins ohère que le creuset et que son prix de revient n’est pas du tout prohibitif, même lorsque le prix du kilowatt-heure augmente. Bien des conditions permettent d’ailleurs, en certaines régions, d’obtenir l'électricité à bon marché ’.
- i° Au voisinage des hauts-fourneaux ;
- 2° Près des charbonnages dont les combustibles inférieurs, les déchets même peuvent être passés dans des gazogènes et actionner des moteurs à gaz ;
- 3° Près des centrales électriques dont les fours pourraient utiliser l’énergie perdue à certaines heures. Il ne faut pas, en effet, perdre de vue qu’ils fonctionnent avec des rendements différents, il est vrai, mais sans aucune perturbation sous des puissances variables. L’une ou l’autre des conditions précédentes permettrait certainement à bien des usines métallurgiques qui achètent à l’étranger des produits de refusion de réduire avec avantage des minerais purs pour fabriquer elles-mêmes ces matières premières ou, mieux encore, directement leurs aciers fins.
- La réduction directe, telle que nous l’avons décrite, présente deux particularités avantageuses qui la mettent, de préférence au procédé de refusion, spécialement à la portée des petits ateliers. Ce sont :
- i°Unbon rendement à faible puissance, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer ;
- 2° Une plus faible production pour une même puissance.
- Il existe, pour les fabrications spéciales que nous avons envisagées, beaucoup de petits ateliers dont les débouchés ne dépassent pas i à 2 tonnes par jour ; ils ont recours au procédé au creuset excessivement coûteux. S’ils veulent utiliser un four de refusion ‘ électrique, il leur faudra, pour cette production, une très faible puissance et le rendement thermique sera très mauvais. S’ils utilisent, au contraire, la réduction directe, ils pourront installer, dans ces conditions, un four de 200 kilowatts dont nous avons déjà signalé le bon rendement. De plus,
- si leur puissance est variable et vient à baisser, ce dernier diminuera beaucoup moins rapidement dans le cas de la réduction directe. Ces avantages peuvent encourager la création de petites fonderies en bien des endroits, on les conditions locales permettent l’achat ou la production d’une force à prix raisonnable. Bien souvent, les constructeurs sont avant tout pressés par le temps et ils ont recours au fondeur le plus voisin, même au prix d’un sacrifice pécuniaire. Ces considérations ont d’autant plus d’intérêt que, grâce à la supériorité incontestable des aciers moulés électriques, il est certain que leur emploi se développera et qu’ils remplaceront, pour bien des applications, les aciers forgés.
- Nous n’avons jusqu’ici examiné que la production du fer et de l’acier, mais le procédé que nous avons décrit présente un grand intérêt aussi pour la fonte de moulage. Les consommations de courant que nous avons relevées se rapportent au fer; il est certain qu’elles sont beaucoup moins élevées dans le cas où l’on coule de la fonte. Nous avons fait à ce sujet quelques expériences pournous rendre compte de la valeur des produits et, bien que leur nombre soit trop petit pour nous permettre de donner un chiffre certain, nous sommes convaincus que la dépense ne dépassera guère 2 000 à 2 200 kilowatt-heures. Le point important est que, étant donnée la discontinuité du procédé, il est possible de reader exactement la nuance de la fonte et sa com-
- o
- position. O11 peut donc envisager sans difficulté la fabrication :
- i° De fontes de moulage sans seconde fusion ;
- 20 De fontes faiblement carburées à teneurs en manganèse et silicium voulues ;
- 3° De fontes spéciales au titane, chrome, etc., obtenues soit en chargeant au début de l’opération les oxydes appropriés, soit par des additions finales dans le four.
- En conclusion, le procédé que nous avons décrit a déjà donné des résultats qui permettent d’aborder un bon nombre d’applications. Nous avons fait remarquer que, fort probablement, les conditions de rendement s’amélioreraient dans les fours de plus grande puissance. Nous préparons, en ce moment, des expériences qui nous permettront d’être fixés rapidement sur ce point.
- G. Anxou.
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- T. XIII (2e Série). — N° 10.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- USINES GÉNÉRATRICES
- Une solution du problème des centrales de secours : les usines hydro-électriques et les usines à vapeur de Janesville.— Eleclrical World, iCI' décembre 1910.
- La Compagnie Electrique de Janesville, qui four-niQ l’énergie électrique pour l’éclairage, la force motrice et le service des tramways à la ville de Janesville; possède quatre centrales hydrauliques à basse chute, dont deux contiennent aussi des unités à vapeur, et une un moteur à gaz.
- Ces quatre usines sont, en suivant le cours du « Rock River », sur lequel elles sont situées : la station de Fulton (i),de i5o kilowatts, produisant du courant à 6 600 volts et l’envoyant à 3 kilomètres à l’usine Indian Ford (2); celle-ci possède deux alternateurs à 2 3oo volts, et une unité avec moteur à gaz de 5o chevaux employée durant la période des basses eaux.
- Dans cette usine, sont installés des transformateurs qui élèvent la tension à 6 600 volts pour le transport de 16 kilomètres de longueur, à Janesville. La station principale de Janesville 13), contient une combinaison d’unités actionnées soit par la vapeur, soit par turbines hydrauliques, soit par moteurs à courant alternatif, et fournit du courant continu.
- Enfin, la station de Monterey (4), située près des limites de la ville de Janesville, contient un alternateur de 275 kilowatts, à 2 3oo volts, qui peut être actionné soit par 4 turbines hydrauliques de 100 chevaux, soit par machine à vapeur compound de 35o chevaux; elle est reliée par une ligne à 2 3oo volts à l’usine de Janesville.
- L’usine de Janesville est intéressante par les dispositions qui permettent d’actionner ses dynamos à courant continu, soit au moyen de 4 turbines hydrauliques de i5o chevaux, soit au moyen d’une machine à vapeur de 35o chevaux, soit au moyen de moteurs à courant alternatif : l’un de 200 chevaux à x2 3oo volts, l'autre de 113 chevaux à 6600 volts. De plus, dans le cas où les générateurs à courant alternatif des usines de Fulton, Indiàn Ford et-Mon-terey ne débiteraient plus, les moteurs synchrones
- de l’usine de Janesville peuvent, fonctionner comme alternateurs si on les entraîne soit par les turbines hydrauliques soit par la machine à vapeur.
- L’arrangement de toutes les machines, reliées par courroies à un long arbre tournant à 2i5 tours par minute est représenté par la figure 1.
- 6soor. 2000 n. ZjjOf //jA/>. eoofifi.
- Fig. 1.
- Les deux génératrices de 75 kilowatts à 12$ volts, sont connectées en série pour alimenter le réseau d’éclairage à 3 fils ; aux fils extrêmes de ce réseau peuvent être connectées les génératrices de 85 kilowatts, à 230 volts, et de 113 kilowatts à 25o volts, cette dernière accouplée directement à la machine à vapeur à grande vitesse.
- Enfin, les deux génératrices de 100 kilowatts à 25o volts sont connectées en série pour alimenter le service des tramways.
- Pendant les périodes de débit normal du Rock River, toutes les usines fournissent leur puissance normale en courant alternatif transporté à Janesville ; une partie de ce courant alternatif est distribuée sans transformation aux quartiers extérieurs; le reste est utilisé pour actionner les moteurs à courant alternatif de l’usine de Janesville qui concourent avec les turbines hydrauliques à l’entraînement des dynamos à courant continu.
- Quand les usines de Fulton et d’Indian Ford cessent de fonctionner, pendant les périodes de faible charge, le service en courant alternatif est alimenté parles machines synchrones de Janesville, fonctionnant comme alternateurs et entraînées soit par les turbines, soit par la machine à vapeur si les eaux sont basses.
- La ligne d’arbre à laquelle ces machines sont
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- reliées par courroies, ou par engrenages dans le cas des turbines, est sectionnée au moyen de manchons, de façon à permettre, si on le désire, de diviser l’usine en plusieurs parties indépendantes.
- II. B.
- TÉLÉGAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Nouveau mode d’exploitation télégraphique: le système Multiplex Mercadier-Magunna. — H. Magunna. — Communication à la Société des Ingénieurs Civils, 3 mars igu.
- La densité du trafic sur les lignes télégraphiques suivant une progression toujours croissante, il importe d’adopter des moyens d’exploitation intensifs, qui n’exigent aucune modification des appareils imprimeurs d’utilisation courante. Il s’agit donc, en fait, d’accroître la capacité de transmission d’un fil en adjoignant simplement aux appareils usuels, déjà en service sur un fil donné, un certain nombre d’appareils semblables.
- Ce problème a été, depuis longtemps, de la part de MM. Mercadier et Magunna, l’objet de nombreux travaux qui ont abouti au système Multiplex tel que M. Magunna l’expose aujourd’hui.
- La solution réalisée par ces inventeurs consiste dans l’emploi, sur un fil et la terre, de plusieurs transmissionsàcourants ondulatoires, superposées aux transmissions ordinaires à courant continu. Le système Multiplex a donc pour but de faire fonctionner simultanément plusieurs appareils télégraphiques imprimeurs à courant continu et à courants ondulatoires, sur un fil et la terre, dans un même sens ou dans les deux sens.
- Les générateurs des courants ondulatoires sont des électro-diapasons spéciaux : ces courants sont envoyés sur la ligne par les manipulateurs des appareils ordinaires.
- A la réception, un dispositif spécial (*) sépare
- le courant continu des Courants ondulatoires. Les divers courants ondulatoires sont triés entre eux par un relais syntonisé, appelé relais monophonique. Cet organe combiné avec un relais Baudot (‘), permet la transformation des émissions à courant ondulatoire en émissions à courant continu, celles-ci actionnant l’appareil imprimeur usuel.
- Les essais pratiques du système faits entre Paris et Lyon ont été couronnés d’un plein succès : au cours de ces expériences, on est arrivé à faire fonctionner sur le même fil un quadruple Baudot (à courant continu) et six Hughes (à courants ondulatoires). Le rendement de ce fil, desservi au quadruple Baudot, s’est trouvé augmenté de 174 % du fait de l’adjonction des six claviers Hughes.
- M. Magunna a présenté, au cours de sa communication, tous les appareils et les dispositifs, d’ailleurs très simples, qui entrent dans la constitution d’un tel poste. Des expériences sur une ligne factice avec retour par la terre, ont fait constater le parfait fonctionnement simultané des six transmissions à courants ondulatoires et de la transmission à courant continu.
- Si le système Multiplex a été adapté dans ce cas à l’appareil Hughes, il convient de noter qu’il se prête à l’emploi de tous les appareils télégraphiques usuels : c’est ainsi qu’au cours des essais officiels ou àla suite de ces essais, MM. Mercadier et Magunna ont fait fonctionner des Wheatstone et des Morse imprimeurs et que, dernièrement, des expériences en local ont montré la possibilité éventuelle d’étendre le multiplexage jusqu’au double Baudot.
- Il y a lieu de remarquer la souplesse que le système Multiplex permet de donner à l’exploitation, par suite de l’indépendance complète des diverses transmissions qui empruntent le même fil : chaque employé travaille, en effet, avec son appareil comme s’il avait une ligne à sa disposition.
- (*) Dispositif Yan Rysselberghe modifié.
- (*) Cette combinaison a été signalée dans un article antérieur (7 janvier 1911, p. 27) d’une manière inexacte, que nous rectifions ici.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N° 10.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Les progrès des turbines à vapeur {/in) (*), Turbine Parsons pure.
- Dans ces turbines, la vapeur se détend de couronne en couronne, depuis l'entrée jusqu’au condenseur, à peu près comme dans une chambre unique. Son volume augmentant et, par suite, la section d’écoulement devant augmenter aussi, le tambour ainsi que le cylindre présentent des diamètres différents et la hauteur des ailettes varie en outre dun gradin à l’autre. .
- Afin d’éviter la poussée longitudinale due à l’ac-
- tion exercée sur l’arbre par la vapeur dans le sens de l’écoulement, l’arbre moteur porte, à l'extrémité située du côté de l’admission de la vapeur, des pistons dont la face interne est en communication directe avec un étage d’aubes convenables, de façon à être soumise à la meme pression que lui, mais en
- (*) Voir Lumière Electrique,a5 février et 4 mars 1911.
- sens inverse. L’arbre de la turbine est dégagé de ce fait de toute poussée axiale et le palier de butée ne sert surtout qu’à régler le jeu existant entre les couronnes Fixes et mobiles.
- Enfin, les aubes de la turbine sont fixées dans des rainures circulaires pratiquées soit sur la paroi interne du cylindre et présentant un tenon continu comme l’indique la figure 5. La partie inférieure des ailettes présente une encoche sur laquelle vient pénétrer ce tenon et l’écartement entre les ailettes est maintenu par des cales de section approjn'iée s’adaptant exactement dans les rainures.
- Turbines combinées Brown, Boveri-Parsons.
- De plus en plus la tendance, en fait de turbines, est de cherchera combiner les avantages de la turbine à action et de la turbine à réaction. Dans la turbine combinée Brown, Bovcri-Parsons, ceci a été réalisé en plaçant en avant du tambour Parsons une roue d’action, formant avec lui un ensemble mobile très rigide et résistant, car la distance entre les paliers est peu considérable.
- L’appareil de distribution forme un ensemble indépendant renfermé dans une boîte en deux parties, solidement assujettie sur le couvercle du palier de butée. L’arbre D du régulateur reçoit son mouvement de l’arbre de la turbine par une transmission à engrenages et vis sans fin et porte le régulateur de sûreté II et le régulateur principal J. Ce dernier commande un manchon K qui tourne autour de l’arbre D qui peut se déplacer le long de cet arbre et dont la position est déterminée par celle des poids du régulateur. L’enveloppe M porte à sa partie inférieure un canal annulaire fixe dans lequel arrive sous pression l’huile venant de la pornpe à huile par le tuyau T dont une dérivation S aboutit d’autre part sous le piston O.
- Une fente dont la section dépend de la position du manchon K, permet à l’huilede s’échapper du canal
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- ri ii-iJ
- Fig. 6. — Coupe longitudinale^
- i. Engrenages de commande du régulateur. — 2. Levier de réenclenchement. — 3. Yolant de manœuvre de la soupape d'arrivée de vapeur. — 4^ Tubulure d'aspiration de la pompe à huile. — 5. Tubulure de refoulement de la pompe à huile. — 6. Pointeau de réglage d’arrivée d’huile. — 7. Chambre d’arrivée de vapeur. — 8. Bypass automatique. — 9. Réservoir d'huile avant. — 10. Réservoir d'huile arrière. — 11. Tuyères. — 12. Roue à action. — i3. Segment des. aubes directrices de la roue à action. — 14. Chambre de la roue à action. — i5. Corps du cylindre. — 16. Arbre de la turbine. — 17. Ailettes de l’arbre (réaction). — 18. Ailettes d|u cylindre (réaction). — 19. Chambre d’échappement. — 20. Echappement. — 21. Bagues de réglage du palier de butée. — 22. Soupape de sûreté. — 23. Coussinet à rotule n® 1. — 24. Coussinet à rotule n° 2. — 25. Coussinet à rotule n° 3. — 26. Accouplement. — 27. Vis sans fin de commande du palier de butée de l’arbre du régulateur. — 28. Tige de réglage du palier de butée. — 29. Commande du bypass. — 3o. Boites étanches arrière. — 3i. Boites étanches avant.
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- Vue de côté: coupe par l'admission de vapeur. Fig. 7. Vue en bout : coupe par les organes de réglage.
- A. Boîte renfermant le système de distribution. —B. Couvercle du palier de butée,—C. Enveloppe du système distributeur.— D. Arbre du régulateur. —Dav. Dummies avant. — Dàr. Dummies arrière. — E. Arbre de la turbine. — F. Palier de guidage. — G. Palier de guidage et de butee. — H. Régulateur de sûreté. — J. Régulateur principal. — K. Manchon du régulateur. — L. Cylindre de l’appareil distributeur.— M. Enveloppe du cylindre. — R. Pompe à huile.— T. Conduite reliant l’appareil distributeur à la pompe à huile. — X. Arbre de commande du déclic du régulateur de sûreté. — Ax. Pignon de l’appareil de réglage du nombre détours.
- — Ao. Relais magnétique de commande à distance. — B^ Amortisseur à huile. — Dj. Tachymètre. — O. Piston à huile commandant la soupape d’admission.
- — Pf Tige de soupape. —Q. Soupape démission. — S. Conduite à huile sous pression reliant la pompe à huile à la soupape d’admission. — St. Conduite de
- sortie d’huile. — U. Bride d’arrivée jde vapeur. W. Vanne d’admission principale. — Y. Collier de déclic commandé par le régulateur de sûreté. Z, Tige de commande de la vanne d’admission principale. . 1
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- annulaire. Cette huile s’écoule delà sur le régulateur; elle en lubrifie les axes et les articulations, ainsi que les paliers de l’arbre D et retourne au réservoir à huile.
- L’huile après avoir passé sous le piston O retourne de même au réservoir par le tuyau S,.
- On s’explique aisément le fonctionnement : la vapeur arrivant de la chaudière par la bride U pénètre dans la turbine par la vanne principale W et parla soupape d’admission Q. La levée de cette soupape est réglée pour les différentes charges de la turbine parla pression de l’huile sous le piston O. Cette pression est elle-même réglée par le régulateur.
- Sous l’action de l’huile qui tend à le soulever, tandis qu’un ressort antagoniste agit en sens inverse, ce piston O prend une position d’équilibre intermédiaire. Lors de la marche à vide, la pression de l’huile sous le piston est minima, la levée de la soupape est donc faible; elle est maxima pour la pleine charge.
- Si la charge décroît, le nombre de tours augmente, le manchon K est tiré vers le bas, et alors, le débit d'huile étant constant, la pression diminue dans la
- conduite S qui aboutit sous le ‘piston O ; celui-ci descend alors, etc. Inversement si la charge croît.
- Quant au fonctionnement des valves automatiques dont la figure 8 donne une coupe à grande échelle, il est le suivant : la valve est soumise à la pression de la vapeur qui se trouve dans la chambre d’admission i, à la pression de la vapeur qui règne dans les tuyères et à l’action du ressort f ; ces trois actions agissent dans le même sens et tendent à soulever la valve.
- En sens inverse, s’exerce la pression de la vapeur vive dans la chambre h, qui communique avec l’arrivée de la vapeur. Si la charge augmente la pression monte dans f, et avec fpresse sur la valve.
- On conçoit aisément le mécanisme de l’action qui en résulte.
- Dans ces turbines, les diamètres d’arbre si remarquablement petits dont nous avons parlé à propos des turbines de Laval, ne sont plus recherchés par les constructeurs. L’arbre est ici un tambour de fort diamètre, creux au besoin.
- Le développement de ces turbines, exécutées par la Compagnie Electro-Mécanique du Bourget, est actuellement considérable.
- M. G.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- Plusieurs fois, nous avons ici même fait entrevoir le relèvement de nos tarifs de chemins de fer, comme conséquence des charges supplémentaires qu’imposent aux Compagnies les lois sur les retraites et les augmentations de salaires de leur personnel. Sans faire d’assimilation entre les deux situations, car le régime sous lequel elles vivent est toul-à-fait différent, nous devons signaler l’échec que les Compagnies des chemins de fer américains viennent essuyer de ce chef auprès de la Commission interfédérale. A la suite de grèves importantes suivies d’un relèvement général des salaires, les Compagnies avaient introduit auprès de l’Interstate Commerce Commission une demande d’autorisation d’augmentation de leurs tarifs : elles invoquaient en outre à l’appui de leur requête l’augmentation des prix des matières premières et la situation déficitaire de nombre d’entre elles. La bourse de New-York et l’on peut dire aussi celles de Londres et de Paris suivirent l’enquête avec intérêt. La décision récemment intervenue ordonne à toutes les compagnies d’annuler à partir du io mars les augmentations
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2e Série). — N° 10.
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- proposées et d’appliquer les anciens tarifs. Vingt-cinq des plus importantes compagnies à l’Ouest de Chicago et bon nombre de compagnies de l’Est qui avaient imité leur exemple sont atteintes par celte décision. La commission estime qu’elles peuvent accroître leurs bénéfices avec les tarifs actuels. Néanmoins, elle autoriserait une augmentation raisonnable de ceux-ci si les circonstances devenaient contraires aux sociétés de chemins de fer au point d’en réduire les revenus au-dessous du niveau auquel elles peuvent légitimement prétendre. Mais un tel changement ne pourrait cependant pas être admis avant deux ans. Pour les lignes du Sud-Ouest la commission a maintenu les augmentations de tarif adoptées récemment, sauf dans quatre cas. Voilà, n’cst-ce pas, qui est de mauvais augure pour la future requête de nos compagnies au cas où elles croiraient devoir introduire semblable demande auprès de notre ministre des Travaux publics : encore que l’opinion de la partie agissante de nos assemblées délibérantes fût celle d’hommes uniquement préoccupés des intérêts économiques du pays.
- Une association d’actionnaires et d’obligataires va tenter le groupement de forces éparses pour opposer tout au moins le rempart de ses protestations aux mesures qui surchargeront plus sûrement les budgets de nos compagnies que les circonstances fortuites dont se plaignent les directeurs américains : car pour ces derniers, le cours des matières peut baisser et l’augmentation des salaires p>eut correspondre à un meilleur rendement. Mais modifier le régime des retraites, et les contrats de louage sans compensation, c’est établir des surcharges nettes qui n’auront pas leur contre-partie dans une augmentation du trafic. D’ailleurs, qui dit augmentation du trafic dit nécessairement dépenses supplémentaires d’entretien de main-d’œuvre, et immobilisations nouvelles. A propos de ces dernières, nos compagnies se défendent, avec quelque ajiparence de raison d’ailleurs, pour qui connaît les choses, nos compagnies se défendent, disions-nous, de passer des ordres de matériel à l’étranger, parce que nos constructeurs ne peuvent les satisfaire comme délais, leur font payer de plus gros prix que les Belges et les Allemands, malgré les droits de douane et ne les servent pas mieux. Pour quel but alors a-t-on poursuivi avec tant d’acharnement la modification de notre tarif douanier ?
- Le manifeste de la Ligue du libre-échange va nous le dire dans plusieurs attendus qui sont des vérités économiques. Le protectionnisme, y est-il écrit, a
- pour but de substituer dans la direction des affaires privées, à la volonté des individus, la volonté des gouvernants, dont l’intervention ne peut être qu’un élément perturbateur des opérations faites aux risques et périls des particuliers. Tout tarif protecteur est une augmentation d’impôt et la richesse d’un pays ne peut être accrue par une augmentation de charges. Il faut distinguer entre les tarifs de douane fiscaux et les tarifs protecteurs : les premiers ne frappent que des objets qui ne sont pas produits dans le pays: ils n’ont qu’un but final. Toutes leurs recettes entrent dans le trésor : ils sont compatibles avec un régime librc-échangisle.
- Le tarif protecteur augmente le prix non seulement des marchandises importées, mais celui de tous les produits similaires nationaux vendus dans .le pays. En France, la protection onéreuse pour presque toutes les industries, pour le commerce, pour les transports, pour tous les employés, salariés, fonctionnaires, rentiers et retraités ne peut pas être avantageuse à plus de 5 % delà population, une personne sur vingt. Enfin, le protectionnisme substitue la concurrence politique à la concurrence économique et cette politique de marchandage, cette politique corruptrice est oligarchique, car elle est toujours au service des intérêts de quelques-uns contre l’intérêt du plus grand nombre. Il suffit d’avoir suivi les débats sur le nouveau tarif douanier pour se rendre compte de la vérité de cette politique de marchandage qui accordait aux uns pour obtenir des autres. Depuis un an, il n’est rien qui n’ait renchéri de 20 à 3o % !
- Les Exploitations électriques. Sous ce titre, un consortium d’entreprises et notamment la Compagnie centrale des chemins de fer et de tramways fonde une société au capital de 10 millions, dont le but est de s’occuper, en France et en Algérie, de toutes affaires de tramways, d’éclairage électrique et de distribution de force motrice. Par suite d’accords antérieurs à sa constitution, cette société a pu s’assurer le contrôle immédiat de plus de vingt réseaux parmi lesquels la banlieue de Bordeaux, les réseaux de Montpellier, Angoulême, Brest, Perpignan, Mézières, Oran et Saint-Etienne. Une station centrale de distribution de force est projetée à Oran, dès maintenant.
- Quelques résultats d’affaires diverses : la Societa clectricita Alta llalia, à Turin, distribue 5 1/2 au lieu de fi % pour l’exercice précédent. La Société Suisse pour l'Industrie de l’aluminium,à Ncuhausen, fixerait son dividende pour 1900, à 70 francs par
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- action contre 6o francs pour 1909 ; la Kabelfabrik und Drahbindustrie de Vienne, maintient son dividende à 11 % par action. Les tramways électriques de Leipzig, malgré l’augmcnlaLioii de leur capital porté de 6 a5o 000 à 8 millions de mark, distribueront 5 i/a % à toutes les actions,
- Marcel Vilgrain et Gic qui possèdent et exploitent la station d’électricité de Millery, ont réalisé, en 1910, un bénéfice net de 60 838 francs, soit 10 % du capital-actions qui, on s’en souvient, a été élevé de 3oo 000 à 600 000 francs. Les recettes de l’exercice se sont élevées à 195 o63 fr. a5, en augmentation de 4^ 000 francs sur 1909. Les ressources nouvelles provenant de l’augmentation du capital et de l’émission d’obligations supplémentaires ont été consacrées aux agrandissements de la station et du réseau. Le dividende proposé est de 4 % absorbant 16 346 fr. o5, le surplus des bénéfices étant portés aux réserves et amortissements.
- La lutte qui se poursuit à Madrid entre les sociétés
- concurrentes de distribution d’énergie est sur le point de prendre fin. On arriverait à un accord définitif entre la Madrilène d’Electricité et le groupe hydro-électrique de Bolargue et du Jucar. En attendant, la Société EIcctra, d’accord avec la Coopérative, rachète les petites compagnies ; l’entreprise de Camarines et celle du sud de Madrid sont ainsi passées entre ses mains.
- Le groupe associé des sociétés hydro-électriques offrirait, d’autre part, à la Compagnie du Midi de reconnaître et de payer intégralement scs obligations actuelles, et lui remettrait en échange de ses actions, des bons émis et garantis par l’Electra avec participation fixe aux recettes annuelles et possibilité de rémunération à 5 % , lorsque les recettes totales de Madrid s’élèveront à i3 ou 14 millions, éventualité possible dans trois ans. Ces propositions ont été rejetées, mais seront peut-être reprises.
- F. D.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Basses-Pyrénées. — Dans sa session de décembre 1910 le Conseil général des Basses-Pyrénées a concédé à la maison Giros et Loucheur, agissant en participation avec M. Ader, président du tribunal de Commerce de Bayonne, une ligne de tramway électrique à voie de 1 mètre à traction monophasée allant de Bayonne à Hen-daye par la Barre de l’Adour, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz. Ce tramway qui longera constamment la côte basque constituera une véritable ligne de corniche et permettra, en se raccordant avec les tramways espagnols, d’aller directement et sans transbordement de Biarritz à Saint-Sébaslien.
- Rappelons que cette ligne complète heureusement un premier réseau de chemins de fer départementaux électriques concédé antérieurement à MM. Ader, Giros et Loucheur, et qui comprend les lignes de Saint-Jean-dc-Luz à Peyrehorade par Cambo, avec embranchement montant au sommet de la Rhune (900 mètres d’altitude), de Peyrehorade à Bayonne eide Saint-Palais à Saint-Jean» Pied-de-Port.
- L’énergie électrique sera fournie par une chute de 6 000 chevauk située sur le gave de Mauléon à 5o kilomètres environ de Saint-Palais.
- ÉCLAIRAGE
- Seine-et-Oise. — La Société « Le Triphasé » a obtenu la concession, pour une durée de 3oans, d’un réseau de distribution d’énergie électrique dans la commune de Sannois.
- Allemagne. — La Société des Entreprises d’Electricité Bergmann vient de constituer une société des Usines électriques du Nord de la Bohème avec un capital initial de 1 5oo 000 couronnes,
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Russie. — Le consul, chargé du vice-consulat de Vladivoslock, fait connaître qu’un service de télégraphie sans fil a été établi entre Nikolaievsk-sur-l’Amour et le Kamchatka et vient d’être récemment ouvert au public. Les stations qui se trouvent à 800 milles l’une de l’autre, sont situées à Piütropavlosk et dans un village appelé Shnirrak, à. environ 8 milles de Nikolaievsk. L’installation faite par la maison Siemens et Halske est du système Telefunken ; les stations sont pourvues de mâts de ^5 mètres et de générateurs de 8 kilowatts, actionnés par des moteurs à pétrole. On assure que les commu-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N* 10,
- nications sont très satisfaisantes et que les appareils fonctionnent jour et nuit sans interruption.
- Comme il n’existe pas de service postal pour le Kam-chatka pendant les mois d’hiver, l’établissement de ce nouveau mode de communication sera d’une grande utilité à la fois pour l’administration et les commerçants.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Française d'installations électriques et de traction mécanique. Capital : 200 ooo francs. — Siège social : 3, boulevard Saint-Martin, Paris.
- Compagnie de distribution d'énergie électrique des Mouii-neaux. — Constituée le 6 mars 1911. — Durée : '5o années. — Capital 200 000 francs. — Siège social : 83, quai d’Issy, Issy-les-Moulineaux (Seine).
- Société d'énergie électrique de ia Manche. — Constituée le 6 mars 1911. — Durée: 4° années. — Capital: 35o 000 francs. — Siège social : 167, rue Montmartre, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie des Tramways de Nice et du Littoral. — Le 3o mars, 10, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie Française des Tramways électriques et Omnibus de Bordeaux. — Le 3o mars, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie Générale de Lumière et Traction. — Le 25 mars, 3g, boulevard Maleslçerbes, à Paris.
- Comoagnie Générale Parisienne de Tramways. — Le 29 mars, 8, rue d’Athènes, à Paris.
- Les Exploitations Electriques. — Lei3 mars, 19,rue Louis* le-Grand, à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord de l'Est.
- Jeumont.
- Bulletin septembre. — Société anonyme des Charbonnages du Levant du Flénu, à Cuesmes. Nouvelles installations de la Division de l’Héribus.
- Allgemeine Elektricitàts-Gesellschaft. Berlin.
- Gekapselles Installations-Matériel.
- A.-E.-G. Zeitung, mars 1911. —Turbokampressoren.
- Elektrizitütswerke in OlTenllicher und in privater verwaltung.
- Kupfer und Elektrizitiitsindiistrie.
- Rngulierbare Drehstrommotoren.
- ADJUDICATIONS ^ ,
- FRANCE
- Le 16 mars, au ministère des Colonies, 57, boulevard des Invalides, à Paris, adjudication de fil bi-mé-tallique destiné à la construction des lignes télégraphiques en. Afrique équatoriale française ; caut. prov. : 1 o5o fr. déf. 2 100 francs.
- Le 28 mars, au sous-secrétariat des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de 180 000 éléments de pile à liquide immobilisé (6 lots). Demandes d’admission avant le 18 mars.
- Renseignements, io3, rue de Grenelle (Direction de l’Exploitation téléphonique, 3° bureau).
- BELGIQUE
- Le 17 mars, à midi, au gouvernement provincial, à Mons, transformation en ligne électrique, réfection, entretien et exploitations des tramways de Péruwelz à Bonsecours, de l’église de Saint-Quentin de Péruwelz au Mont de Péruwelz (frontière) et du Tapis vert à l’église de Bonsecours; caut. : 4 000 francs. Soumissions recommandées le i3 mars.
- ALLEMAGNE
- Le 16 mars, aux chemins de fer de l’Etat prussien, à Kattowitz, fourniture de matériel de construction télégraphique : câbles, fil d’acier et de fer, supports d’isoleur, isolateurs en porcelaine, etc.
- AUTRICHE- HONGRIE
- Le 22 mars, aux chemins de fer de l’Etat autrichien, à Villach, fourniture et montage d’installations électriques d’énergie et d’éclairage à l’atelier de Knittefeld.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s'occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux «. bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant : J.-B. Nouït.
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- Trente-troisième année. SAMEDI 18 MARS 1911. Tome XIII (3e aérle). — N° 11
- r^ru-u^-iru-Lru\ru-u-u-u-u- nnj~isuLnrinnj\ririm^Ma^^1i
- La
- Lumière Électrique
- P'r éeédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICll E
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 3ai. — J. Rezelmax. La réactance synchrone et asynchrone, p. 323. — A. Busse. Chronique des tramways électriques : Perfectionnements apportés et résultats d’expérience acquis dans l’établissement des voies de tramways urbains (suite), p. 332.
- Extraits des publications périodiques. — Traction. La soudure intégrale des rails, E. Pellissieii, p. 34i. — Usines génératrices. Description de l’installation hydro-électrique de la « Arizona Power Company, S. Masson, p. 342. — Bibliographie, p. 345. — Chronique industrielle et financière. — l\'otes industrielles. Appareil de commande pour la manœuvre électrique des aiguillages, système Baltaille, p.347.— Etudes Economiques, p. 348. — Renseignements commerciaux, p. 35o. — Adjudications, p. 352.
- É D1T OUI AL
- Dans la série d’études qu’il a entreprises 1 sur la réactance synchrone et asynchrone, M. J. Rezelnian passe successivement en revue différents types d’alternateurs industriels. C’est ainsi qu’après avoir traité des rotors bobinés et en cage d’écureuil, l’auteur a étudié, en détail, un turbo-alternateur de 4 000 kilovolts-ampères à pôles lisses. Aujourd’hui, il s’agit d’un alternateur de h5 kilovolts-ampères à pôles saillants massifs et, prochainement, pour terminer cette importante étude, M. Rezelman décrira les expériences qu’il a effectuées sur un alternateur dont le rotor est lisse et massif.
- Il s’agit donc, aujourd’hui, d’un alternateur de 70 kilovolts-ampères à pôles sail-
- I lants massifs. L’auteur s’est livré aux mêmes expériences que dans les autres cas déjà traités : il étudie la réacfance, le rotor étant d’abord enlevé, puis mis en place et, dans ce cas, comment elle varie avec la position du rotor; enfin, l’alternateur fonctionnant comme moteur asynchrone : c'est ce que l’on verra dans la seconde partie de ce travail que ses dimensions nous ont empêché de publier intégralement aujourd’hui.
- Notre Chronique des tramways électriques renferme la suite du rapport présenté par M. A. Busse au XVI0 Congrès international de tramways et de chemins de fer dhntérêt local, tenu l’année dernière à Bruxelles.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2« Série). — N» U
- Continuant l’étucle de la superstructure des voies, l’auteur passe en revue les différents procédés employés pour assurer la jonction des rails. Ils sont nombreux et on peut les ranger sous deux titres : éclissage proprement dit et soudure.
- Vient ensuite l’examen des différents dispositifs d’aiguillage et de croisements, parmi lesquels l’auteur signale de nombreuses nouveautés.
- Pour chacun des systèmes qu’il décrit, M. Busse indique le jugement de différentes compagnies de tramways, y ajoutant souvent une opinion personnelle des plus autorisées.
- C!esttoujours delà superstructure desvoies qu’il s’agit dans l’étude de M. E. Pellissier relative à la soudure intégrale des rails.
- A côté du l’apport de M. Busse, où sont surtout exprimées les opinions des ingénieurs des grandes compagnies de tramways européennes, il est intéressant de voir comment, en Amérique, on comprend le meme problème et, à ce titre, ces deux études se complètent.
- Nos Notes industrielles renferment également un complémentà l’article de M. Busse.
- Il s’agit d’un appareil automatique de commande des aiguillages, dû à M. Battaille et dont le principe est des plus simples.
- Rappelons que nous avons déjà décrit des dispositifs du môme genre, d’après M. G. Werner.
- Ces appareils permettent d’accélérer notablement le service et d’éviter des accidents.
- La description de Vinstallation hydroélectrique de la « Arizona Power-Company » par M. S. Masson, est un exemple intéressant des avantages de la simplicité, dans la conception d’ensemble d’une usine génératrice et aussi dans les moyens pratiques d’assurer, sur le réseau qu’elle dessert, un service comportant le minimum d’interruptions.
- C’est ainsi que la suppression des interrupteurs automatiques est presque complète, et il ne subsiste guère, pour chaque ligne, que celui dit de dépai’t, situé entre la ligne et le secondaii’e du transformateur qui l’alimente.
- Il en résulte, de toute évideence, une très grande simplicité, qui n’est pas, toutefois, sans causer un certain étonnement.
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- 18 Mars 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 323
- LA REACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE <*>
- Alternateur triphasé cle 7a KVA, à 8 pôles, 120 volts entre phases, 5o périodes, nSo tours, avec pôles saillants massifs, en acier coulé.
- I. — Réactance avec hotou enlevé.
- A) En monophasé sur une phase
- Dimensions.
- Stator :
- *tat = 58o'”“; l = 270—2x10“
- Rainures = 72(1 o,5x23)0>m; ts 25,211,m (fig.i) S„ = i, P = k, ? — Q = 9-
- t=228uu1‘;
- /,= 260™”;
- Rotor :
- <l>eIt=574mu,; S =
- Epanouissements 15oX26o'nm ; * :
- Section noyau = i58om'2;
- Hauteur noyau = i o8mn> ;
- Par électro =325 spires;
- 228 3
- (%• ») i, Q=i.
- (*) Voir sur ce sujet les articles de M. J. Rezei.man déjà parus dans la Lumière Electrique (2e sérié):
- La détermination de la réactance synchrone et asynchrone, t. XI, p. 355 et 38g.
- La réactance synchrone et asynchrone, t. XII, p. ig5, 291 et 3rj3 et l. XIII, p. 4i •
- Voir aussi les études antérieures de l’auteur (t. VI, VII, IX et X) qui servent d’introduction à la question.
- ? = 3, Q = »,| = J.
- Le calcul donne (fig. 1) :
- x. = ,,25(r-il- + JL+-J:^5
- ’ \3.io,5 ' u),5 ' 5.3,5 -J- 10,5
- _L a' lil^ , r l>’5 t r ?,’r'\ _ eu + 3,5 + 2.10,5 + ,J 3,5 + 0,01 J 0,5) — I,8S’
- d’où:
- &an --
- 12,0.00.12-4.3. m8
- -.26.1,88 s 0,00367Q.
- On a pour la perméance \k :
- t=°»92|l°ë(“0-)+L3.3^o,68+log(-±^ |=3,98,
- d’où :
- .vs/. = 0,000075.26.3,98 s 0,00777 O.
- Les bobines extérieures du stator constituent un enroulement par pôles conséquents’.
- ls = 46om'“;
- lta— 35omm ; <11, a = 90““;
- lsc = IIO'»1»; = 1 2 7 111111 ;
- donc :
- et
- xsa-j-u'sc"0,000075 (35.i,4 -f- 11.1,19) = 0,00466Q.
- La réactance totale devient donc : ''t's»+^4A+^«=».°o367+o, 00777+0,00466=0,0161 Q.
- „ /, 2.46o\
- = <>/iG. 3 ( log ----)= 1,40,
- V 9° /
- = 0,46.3 (l°g 7^) = L19
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N° 11
- 324
- On mesure :
- Tableau I
- TENSION COURANT WATTS cos ce e> watts 12. n
- 1,8 IOO 9° o,5o 3 9 2,3
- La réactance est :
- ^ \/i — o.5o2 = 0,0156 O.
- IOO
- G) En triphasé :
- On mesure :
- Tableau ÎII
- TENSION par phase COURANT WATTS par phase cos <p I3.R par phase watts P.R
- 1,84 IOO 68 0,37 39 1,74
- La réactance correspondante est :
- ^\/i — o,372 = 0,0171 Q.
- IOO
- B) En monophasé, deux phases en série. La perméance XB conserve sa valeur de i ,88, d’où :
- Ç” Xsn = 0,00^67 Q
- par phase.
- La perméance X* a pour valeur
- ^=«>)92|log(^y^)+0.8-6[°»68+lo8'(^:-)
- — 4,6*2
- donc :
- xsic = 0,000075.26.4,6a = 0,0090Q
- et ensuite :
- xfs — 0,00466 Q.
- La réactance totale devient :
- ^=0,003674-0,00900-1-0,oo466=0,01733Q. On mesure :
- Tableau II
- TENSION par phase COURANT WATTS par phase cosep 12.R par phase watts 12. R
- !>97 IOO 65 0^33 39 ï,67
- La réactance correspondante est : '-^1 \/j _ = 0.0185 Q.
- IOO
- IL —Réactance avec rotohplacé.
- Le rotor ne tournant pas, il y a de nouveau les deux positions antagoniste et transversale à considérer. Des mesures ont été faites, à la fréquence de 5o périodes, avec l'enroulement d’excitation ouvert et fermé.
- La résistance ohmique des électros est 5,4 Û.
- A) En monophasé sur une phase.
- i° Position antagoniste [f]ig. 2).
- Fig. 2. —En monophasé, sur une phase.
- Position antagoniste.
- Les essais ont donné les résultats suivants: Tableau IV
- 2,3 XI2.R ENROULEMENT d'excitation
- TENSION COURANT WATTS cos çp par phase firolor onvort trotor fermé
- *2,20 IOO I 28 0,570 90 39 O
- 2,10 IOO I IO o,525 9° O 0,4
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- 18 Mars 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 325
- La réactance avec enroulement d’excitation ouvert est donc :
- ^ 1 — = 0,0185 û,
- i oo
- et avec enroulement fermé :
- — ^ i — = 0,0179 ü'.
- ioo
- Il en résulte que la réactance de notre machine sans rotor est inférieure à celle avec le rotor dans la position antagoniste.
- Les perméances et du stator conservent leur valeur, donc
- xsnl — 0,00367 Q et .rssi = o,oo/»66 ü, d’où :
- xsnl “h Æssi — 0,00833 £2.
- Pour l’arc polaire a = o,65 et q — - Q, nous posons :
- ~^k = 0,92
- = 0,92
- et
- Ilog (“7r) + G? | ^ p°ur y —3’
- {log (!1^lr2) + °>ca S = '’8
- xSki = 0,000076.^6.1,80 = 0,00351 Q.
- Dans cette position antagoniste, les électros du rotor sont soumis à induction ; on mesure une tension de 39 volts aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert. Cette force électromotrice est produite presqu’en-tièrement par le flux correspondan t aux pertes ohmiques dans la carcasse en zinc avec plaque en bronze, maintenant les électros, qui constitue une spire fermée (fîg. 1 et 3).
- En admettant une répartition uniforme du courant dans la section,on trouve, pour la résistance combinée d’une carcasse, la valeur de 0,0001 û à 4o° C.
- (1) J. Rezelma.n. Analyse de la véactancc, Lumière Electrique (ae série), tome X, p. 25g et 291.
- La résistance des huit carcasses en série, rapportée sur l’enroulement d’excitation, devient :
- 0,0001,8.
- = 85 £2.
- La force électromotrice induite est 3q volts, d’où le courant :
- = 0,46 ampères 85
- et les ampères-tours correspondants :
- 0,46.8.3a5 = i 200.
- En réalité,la répartition du courant ne sera pas uniforme dans la section des carcasses,
- Fig. 3.
- c’est-à-dire la résistance sera plus élevée et le courant moindre. Il est à remarquer que
- pour l’enroulement monophasé q =- ~ Q,
- O
- qui nous occupe, les ampères-tours du stator
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 11.
- ont plein effet, parce qu’ils embrassent les épanouissements polaires sur tout leur développement.
- Nous avons le même nombre d’ampères-tours au stator: 100.12 = 1 200.
- Déterminons maintenant la valeur du flux qui produit la force électromotrice de 39 volts dans l’enroulement d’excitation ; il est :
- 39.IO8
- 4,44.5o.8.325
- 0,00676.106.
- en zinc aura disparu, ainsi que les pertes correspondantes.
- La résistance olnnique des électros étant 5,4 Q, la perte produite par le courant de 0,4 ampère n’est que : o,42- 5,4 — 0,86 watts. En court-circuitant les électros, il faut donc que le waltmètre indique une diminution des watts absorbés égale aux pertes dans les carcasses en zinc, c’est-à-dire
- 0,46®.85 — 0,86 =17 watts;
- Les lignes de force ne pénètrent pas la masse de fer des noyaux polaires, mais nous » pouvons admettre qu’elles puissent se développer librement à la surface extérieure jusqu’à une certaine profondeur.
- La périphérie des noyaux polaires ayant une longueur de 53o millimètres (fîg. 3), la section utile, pour une épaisseur de 1 millimètre, sera :
- 53.o,i = 5,3 cm2, d’où l’induction maximum
- 0,00675.IO6
- £® =----—------ = 1 270.
- 5,3
- Il n’y a aucune saturation ; les résultats des mesures doivent donc être indépendants de la valeur du courant employé aux essais ; en effet, la réactance est constante pour un courant variant de 26 à a5o ampères (voir fig. 11).
- Nous arrivons ainsi à la conception très simple du remplacement des noyaux polaires massifs par des noyaux creux d’une épaisseur de 1 millimètre. En fermant en court circuit l’enroulement d’excitation, nous y mesurons un courant de o,4 ampère pour 100 ampères au stator. Les ampères-tours sont respectivement :
- 12.100 = 1 200 et 8.325.0,4 = i 040
- et leur rapport : -- °^°- = 0,866.
- „ 1 200
- Les ampères-tours des électros étant sensiblement les mêmes que ceux du stator, il en résulte que le courant dans les carcasses
- 011 mesure en effet 18 watts.
- Il y a lieu de remarquer encore que cette valeur doit correspondre au produit:
- rrotor X frotor == 39 0,4.
- ouvert fermé
- Pour la perméance du rotor, il suffit de considérer que nous divisons en deux parties :
- i° Celle qui correspond aux épanouissements (longueur Z, = 270 millimètres) ;
- 20 Celle qui correspond aux noyaux (longueur lt — 220 millimètres) (fig. 1).
- 1,25^1,5 — \ 7°
- 3.i8
- 5.68+124
- 2.18
- 68+2.12
- ï)
- =o,56
- et
- -- 1,25
- 9°
- 4.127
- 58
- = 0,25.
- Nous employons le terme :
- 1,26
- r
- 4 l's mai — 4 I’3inin
- où /'3max et /'3min sont les distances maximum et minimum entre les faces latérales de la rainure conique.
- La réactance du rotor (rapportée) devient :
- & sn2 —
- I2,5.5o. I22 4.1.1 o8
- (o, 56.27 -j-o, 26.22). k—0,00466. k
- et la réactance totale :
- S\ -f- .r'2 = 0,01184 -J- 0,00466.k.
- Nous introduisons le coefficient k pour
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- 18 Mars 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 327
- tenir compte des lignes de force qui se ferment extérieurement.
- D’après essai avec enroulement d’excitation fermé :
- æ'i + v'-i = 0,0179 Q;
- donc :
- 0,01184 0,00466.A = 0,0179,
- d’où :
- 0,00466. A — 0,006 et A = 1,30. 20 Position transversale (fig\ 4)-
- T
- Fig. 4. — E11 monophasé, sur une phase .
- Position transversale.
- Dans cette position, les électros ne sont soumis à aucune induction; les essais ont donné :
- (Tableau V
- TENSION COURANT WATTS COSCp a,3xï*-R par phase RÉAC- TANCE
- esji cos2<{>
- 6,1 IOO 370 0,61 9° 4,85 CO err
- Les perméances et ~k, ne changent pas; donc :
- ni saturation. La réactance Ra< serait dans ce i,cas (comme pour les machines précédentes) :
- R*t =
- 4 . V. W* , T
- " « Ù 7 "5" * ^b
- p, io8 /crù
- où
- A.
- îi+V^-'h 2i»7 + v/3-3iî
- I .01 ,
- De plus, a, = o,5 pour «
- 3
- t
- Q = 9 et épanouissements polaires concentriques, donc :
- Ra/
- 4.5o.i22 4.1»8 ~
- .27
- 228
- --------7 0,6
- X ,OI .0,5
- = 0,073 û.
- Nous aurions ainsi pour 100 ampères une tension de
- 100.0,073 = 7,3 YOltS
- et un flux par pôle :
- 7»3.io"
- 'l'a t
- 4,i5(‘) . 5o. 12
- = 0,294.10°.
- La longueur de l’épanouissement étant 270 millimètres, la section, pour une épaisseur de 1 millimètre, 11’est que 2,7 centimètres carrés, d’où l’induction
- ûi =
- Q,29i 10° 2>7
- 110 000.
- Nous aurions donc entière saturation; en effet, on mesure une réactance moindre ;
- °’Q/|- = o,55, ce qui correspond à un flux 0,073
- t]xat = 0,161. xo°.
- xsnX + xssl = o,oo833 Q et il reste pour R a,
- Ra, = o,o485 — o,oo833 = 0,04 O.
- Si les épanouissements étaient lamellés, le champ principal pourrait s’y développer librement et il n’y aurait ni compensation,
- Pour une induction moyenne de = 20 000, la section utile serait :
- 20 000
- (i) 4.15 = 5.o,9i2 où /h’i = 0,91 comme pour un enroulement biphasé q — 3, Q = 6.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N» 11.
- et la profondeur d’aimantation :
- 8,o5
- ^ 3 millimètres.
- a 70
- La réluctance du circuit magnétique transversal est donc augmentée par suite de la saturation des surfaces concentriques des épanouissements; il en résulte que les mesures dépendront de l’intensité du courant employée aux essais, c’est-à-dire que l’on trouvera pour la réactance lia, une valeur plus
- - Fig- 5. — En monophasé, sur une phase.
- Position transversale.
- grande en la mesurant avec un courant plus faible ('). En outre, la pénétration perpendiculaire des lignes de force dans les surfaces concentriques y engendre des courants circulant à la périphérie, ayant pour résultat d’augmenter aussi notablement la réluctance (voir fig. S).
- D’après les essais, la réactance en monophasé sur une phase, déterminée avec un
- (’) Voir p. 33a ((ig. n).
- courant de 100 ampères et une fréquence de •jo périodes, a les valeurs :
- a) avec rotor enlevé : o,oi56Q;
- b) avec rotor dans la position antagoniste : 0,0179 Q;
- c) avec rotor dans la position transversale'. o,o485 £2 ;
- B) En monophasé sur deux phases en série.
- i° Position antagoniste (fig. 6). Déterminons la réactance par phase.
- Les essais donnent :
- Taiileau VI
- TENSION WATTS 1,67.P.R ENROULEMENT d’excitation
- par COURANT par COS Cp par » -
- phase phase phase Crotor ouvert îrotor fermé
- 2,75 IOO I o/,/i5 65 O
- 2,65 IOO IOO °/*77 39 O 0,66
- La réactance avec enroulement d’excitation ouvert est donc :
- \/1 — o,/|/|52 = 0,0246 £2 100
- et avec l’enroulement fermé :
- ——- \/1 — 0,377® =r"t>,02/|5 £2 ; 100
- il en résulte, que la réactance de notre machine sans rotor est inférieure à celle avec rotor dans la position antagoniste. Les perméances Xn et À, du stator conservent leur valeur, donc :
- xg 111 + -L-si = o,oo833 £2
- ^ 2
- par phase. Pour l’arc polaire a = relçr=^ Q,
- nous pouvons admettre (voir fig. 6), pour la perméance A*., la moitié decelle en monophasé
- sur une phase q — (), c'est-à-dire :
- O
- i/—6 2 <7=3
- 1,8
- ,9
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 329
- 18 Mars 1911.
- et la réactance par phase :
- xSki — 0,000075.26.0,9 — 0,00176 0.
- On mesure aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert une tension de 65 volts, 65
- c’est-à-dire ?— = 1,67 X celle trouvée précé-
- demment, avec le même courant, sur une phase ; le courant dans les électros fermés est 0,66 ampère ; il y a donc une augmentation , 0,66
- de —r = 1,65.
- 0,4
- En court-circuitant les électros, les watts
- r
- nous pouvons admettre :
- x'snt — 1,6.0,006 = 0,0096 Q
- par phase; il reste ainsi pour les champs supérieurs :
- .t’o =: o,o245o — o,oo833 — 0,00960
- = 0,024“» — 0,0197 0,0.048 ü.
- En comparant à la réactance avec rotor ouvert (lamellé) :
- R
- Ri Rsa — Ri -{- A’sni &ssi “H •Ts/.-i
- 0 pot' pbnsc *
- 6,9.50.122 22,8.0,5i5(1)
- =—;----i—•---------—.27+0,01=0,129+0,01=0 139Q,
- 4.108 i,oi.o,3 0 J ’
- absorbés diminuent de nouveau d’environ c,.ir z= 65.0,66 == 43 watts.
- Les ampères-tours des électros sont 1 720, contre : 2.12.100 — 2 4oo
- 0,72.
- 8.325.0,66
- 20
- au stator ; le rapport est i-Z
- 2 4oo
- Sur une phase, il était 0,866 ; la diminution de ce rapport résulte de la disposition différente des fils du stator le long delà périphérie, ce qui fait qu’une partie des spires n’embrasse plus entièrement les épanouissements polaires.
- Il en résulte, en outre, une formation de champs supérieurs. Dans le cas de monophasé sur une phase, les champs supérieurs, du stator et du rotor s’annulent, étant égaux et opposés.
- La réactance de l’enroulement d’excitation, rapportée au stator, sera un peu inférieure à :
- 0,72 \
- 2.———.0,006 )Q:
- 0,866 ’ J ’
- nous trouvons :
- j o ^ 0^0048 RoS 0,035 R„
- 0,189
- Pour compléter l’étude, l’essai suivant a été fait avec enroulement d’excitation ouvert; le rotor est tenu fixe dans la position antagoniste et l’impédance a été mesurée sur deux phases en série sous un' courant constant de 100 ampères et des fréquences variables de 2 5 à 100 périodes.
- Tableau VII
- H O « • W P <y 'p 05 P TENSION par phase COURANT ü en 50 « H h H cL > U * ci Ph 0* en O O «H (> 3 0 3 0 1-, 0) 0* c* CO 0 0 l w P 0 « H U < 05
- 25 1,77 IOO io3 o,58 58 I ,45 0,0145
- 5o 2,70 )) 121 o/,5 64 2 >41 0,02.41
- 3,65 » 143 0,39 70 •ï J ,36 «,o336
- 9^ 4,55 )) 159 o,35 r- 4 / * 4 ,2!) 0,0425
- (') Voir la seconde partie de cette étude.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 11.
- La figure 7 représente les tensions
- E v/l—cosa<p et erotor ouvert en. fonction cle la fréquence; on constate que ces tensions 11e sont pas proportionnelles.
- De plus,la tension de réactance E\/1—cos‘2<p varie entre ces limites sensiblement suivant une droite, mais celle-ci ne passe pas par
- Fréquence
- Fig 7. — Tension de réactance, en monophasé sur deux phases en série, dans la position antagoniste, en fonction de la fréquence.
- zéro; en fonction de la fréquence, la courbe de tension est approximativement de la forme :
- A +B.v
- et pour notre cas :
- o,5 -f- o,o38.v, d'où la réactance :
- o,5 -f- o,o.38. v
- 100
- Pour la fréquence normale de 5o périodes, la réactance devient donc : (o,oo5 -f- 0,019) O-En comparant ces termes avec ceux de nos calculs précédents, on remarque que la valeur du premier terme (o,oo5) est presque égale à la réactance x0. On peut admettre que ce ternie correspond réellement à la réactance des champs supérieurs; son indépendance, par rapport à la fréquence, peut
- s’expliquer par la traversée des épanouissements massifs, d’où résultent des courants ayant un effet démagnétisant, augmentant avec la fréquence. Les expériences à fréquence constante montrent que la réactance dans la position antagoniste est indépendante du courant; les essais ont été faits de a5 à 200 ampères (fig. 11).
- £2
- 1 - ioo
- r «so
- Fréquence
- Fig. 8. — Impédance des électros en fonction de la fréquence.
- Gomme seconde expérience, l'impédance de l’enroulement d’excitation du rotor a été mesurée à fréquence et tension variables, le rotor se trouvant dans le stator. La figure 8 montre qu’elle ne varie que peu avec la fréquence; de plus, l’impédance est indépendante de la tension appliquée (l’essai a été fait jusqu’à 5oo volts—5o péiûodes) et elle ne varie guère en enlevant le stator; dans ce cas, il n’y a qu’une diminution du cos <p à ± 0,90 pour 5o périodes.
- 20 Position transversale, (fig. 9). Les essais donnent :
- Tableau VIII
- TENSION par phase COURANT WATTS par phase cos <ç eVi cos2® RÉAC- TANCE
- 5,80 IOO 2 Go 0 1 CT 5,20 D,o52
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- 331
- Les perméances X„ et X, ne changent pas, donc
- .rWH -j- x)Si — o,oo833 ü
- et il reste pour R«<
- Ra* = o,o52 — o,oo833 = 0,04367 Q.
- Sans saturation, ni compensation par des
- L’essai donne 0,04367 ü, d'où le rapport :
- 0,04367
- °>°79
- = 0,55,
- comme en monophasé sur une phase. Les mesures de l’impédance à fréquence variable et courant constant de 100 ampères ont été poursuivies sur le stator, deux phases en
- r
- 1..Ü -H-.I1 I
- Fig 9. — En monophasé, sur deux phases en série. Position transversale.
- courants circulant dans les épanouissements massifs, nous aurions :
- „ 4.5o.i2* 2 3 22,8
- R«i = 2 -a7
- 4.10®
- t ,01. o,3
- — I
- (0,293.09) Q.
- série, avec le rotor dans la position transversale.
- La figure 10 représente la tension de réactance E \/1—cos2<p en fonction de la fré-
- Ür a = 0,27 (*) pour * g = 6, Q = 9
- et des épanouissements concentriques, donc : Rat = 0,293.0,27 0,079ü.
- (') Avec épanouissements lamelles et a — -, le coefli •
- cient oq de q r= - Q est sensiblement moitié de celui de
- q — ^ Q ; en effet, l’enroulement q — - Q équivaut à un 3 3
- j / 2 \ 2,
- enroulement q =z - 1 - Q j et celui q = - Q à un enroulement 1/:= t Nous pouvons donc dire que pour
- 2
- un arc polaire a = -, une phase d’un enroulement triphasé
- avec Q rainures par pôle équivaut à une phase d’un en-2
- roulement biphasé avec - Q rainures par pôle et que
- 3
- les deux phases en série sont équivalentes aux deux phases en série de l’enroulement biphasé envisagé.
- Fréquence
- Fig. 10. — Tension de réactance, sur deux phases en série, dans la position transversale, en fonction de la fréquence (courant constant = 100 ampères).
- quence. Nous voyons que la première partie de la courbe de tension (aa à 60 périodes) est, comme dans la position antagoniste, approximativement de la forme : A -f- B. v et pour notre cas : i -}-o,o8. v.
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- 332 ;
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série).— N» 11. ,
- Dans la position antagoniste, nous avons
- lamelles
- En to
- A mpènes
- ig. ii. — Tension de réactance, en monophasé, sur deux phases en série, à fréquence constante et courant variable.
- trouvé: o,5 + o,o38 v ; nous pouvons en con-
- clure que les valeurs sont pratiquement proportionnelles et que la valeur antagoniste est, pour un courant cl’essai de ioo ampères, environ moitié de la valeur transversale.
- La réactance dans la position transversale a été mesurée à fréquence constante c = 5o et courant variable de 9.5 à a5o ampères (fig. ti). Nous constatons que la réactance est plus grande pour un courant d’essai moindre, mais que la compensation produite par les courants dans les épanouissements polaires est suffisante pour maintenir cette réactance sensiblement au-dessous de la valeur théorique avec épanouissements lamelles.
- (A suivre), J. Rezelman,
- Ingénieur, chef de service des A. G. E. G.
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS ET RÉSULTATS D’EXPÉRIENCE ACQUIS DANS L’ÉTABLISSEMENT DES VOIES DE TRAMWAYS URBAINS (Suite) (')
- suPEitsTiiucTUitE (suite).
- Les différents systèmes d’éclissage.
- Les anciens systèmes d’éclissage, de môme que ceux qui ont etc améliorés dans ccs dernières années et les types nouvellement introduits n’ont pas encore donné complète satisfaction; ceci ne doit pas être attribué uniquement à la construction des éclissages, mais surtout à la composition différente du métal des rails à relier. Des mesures exactes ont indiqué que les extrémités des rails en présence possèdent, pour ainsi dire sans exception, une résistance différente; l’usure, a l’endroit du joint, est donc inégale, môme en cas de pose très soignée.
- En outre, l’absence de résultats décisifs dans le problème de l’éclissage peut être attribuée, pour une bonne part, au manque de soins et 'd’attention dans la pose des voies. La raison (*)
- (*) Lumière Electrique, it mars 191t.
- principale de l’exécution défectueuse des voies consiste en ce que, en cas de travaux de réparation, les commissions de surveillance et les autorités municipales pressent les compagnies à liàter la besogne, afin de ne pas trop entraver le trafic général. Par suite, dans les rues asphaltées, par exemple, les voies sont souvent posées sur le béton frais non encore relié et immédiatement noyées dans une couche de béton, puis mises en service avant durcissement complet du revêtement.
- De tous les systèmes d’éclissage connus, il n’en est qu’un seul, le demi-joint Schmidt;, qui soit jugé défavorablement; en ce qui concerne les autres systèmes, les résultats sont en général plus ou moins satisfaisants, selon la densité du trafic et le mode de revêtement. Beaucoup de compagnies donnent la préférence à l’éclissage à patin.
- Pour donner plus de résistance aux éclissages, il est recommandable de se servir plus qu’on ne l’a fait jusqu’ici, de plaques de serrage. Les dis-
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- 333
- positifs utilisés naguère pour cet usage; tels que anneaux, plaques à un trou et autres systèmes analogues, ont été remplacés depuis quelque temps par des plaques de Serrage à deux trous et à demi-trou introduites sur le marché parla « Gesellschaft fiir Stahl Industrie » de Boeluim.
- tant de ressorts et par suite avec une action plus spontanée des plaques de serrage donnerait encore de meilleurs résultats. C’est pour cc motif que la « Gesellschaft fiir Stahl Industrie » a établi une combinaison dans laquelle chacun des deux boulons médians est serré simultanément
- Ta ni, eau IV
- Dispositifs de serrage les plus employés pour plaques d'assemblage et joints de rails.
- DISPOSITIFS Tension réalisée pour serrage à fond des boulons Tension réalisée pour serrage des boulons à 1 mm. près Jeu des ressorts pour boulons serrés à fond Jeu des ressorts pour serrage à 1 mm. près Capacité totale de tension exprimée par le produit Tension X j©u des ressorts CM
- Anneau formant res-sort pour Douions de G mm2, trempé. , 1 •’T-fr.' Eu kg. par boulon i5o kg. E11 kg. par boulon I2Ü kg. G mm. 5 mm. o,5 mm. f|5o
- Plaque de serrage à un trou des Chemins de fer de l’Etat prussien, non trempée. t—— 1 800 kg 600 kg. i,5 mm. x 35o
- Plaque de serrage à un trou do la « Slald In- ^ dustric » pour plaques _ d’assemblage et éclissages, trempée. i Coo kg. 1 i/jo kg. 3,5 mm. • 2,5 mm. 2 800
- Plaques de serrage à c'fc====*!^ Clfe-"=»1re‘ u trous, trompées. r~t |4~ë|] 1 000 kg. 1 280 kg. y mm. G mm. 5 2 5o
- Plaques de serrage à demi-trous, trempées. (j}-..— ^ ,-jyj 3 000 kg. pour les boulons médians 2 56o kg. y mm. G mm. 10 5oo
- M. J. Griinme, ingénieur en chef à Bochuni, a décrit en détail ces modes de serrage (1).
- L’emploi de plaques de 7 à <S millimètres d’épaisseur permettait de réaliser une tension de 2 000 à 3 000 kilogrammes environ par plaque, selon la longueur de celle-ci. Une augmentation notable de tension combinée avec un jeu impor-
- (i) Deutsche Stvassenbalm and Kleiubahn-Xeitung,
- année 19 ip, n° 22.
- par les extrémités des plaques de serrage, ce qui procure une tension double de celle du premier-système (lig. 1).
- Le tableau IV renseigne sur les dimensions caractéristiques des dispositifs de serrage aujourd'hui les plus répandus.
- La « Bochumer Verein » et la « Gesellschaft fiir Stahl Industrie » de Bochum prônent depuis peu un nouveau système d’éclissage des rails,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 11.
- breveté en leur faveur. Ces usines prétendent que oe joint remplacera le soudage. A notre avis, il ne faut pas y compter, pas plus qu’il ne faut admettre l’hypothèse d’après laquelle les qua-
- Fig. i.
- Sités de métal si vivement désirées actuellement, c’est7à-dire plus grande résistance à rusurc et plus grande dureté, ne seraient guère favorables pour l’obtention d’une bonne soudure. Il en est tout autrement : les essais entrepris dans ce sens, ont en effet prouvé que le procédé par soudage donnait d'excellents résultats même sur les aciers les plus durs. Néanmoins, ce nouveau mode de jonction des rails mérite quelque atteii-
- faible, quand les extrémités des rails sont exactement façonnées à angle droit.
- Grâce aux boulons excentriques, les extrémités des rails sont si fortement pressées l’une contre l’autre que toute trace de joint disparaît; après quoi, il suffit d’un léger martelage du renflement pour que les roues passent sans bruit sur le joint.
- Tous les systèmes d’éclisses peuvent être utilisés.
- L’excentricité de la tige du boulon est d’environ 2 millimètres. Les trous des rails et des éclisses sont percés de façon à permettre l’introduction aisée des boulons, quand l’excentricité, dont la position est indiquée par une nervure sur la tête de la vis, est tournée du cêté opposé aux faces du joint (fig. 4).
- L’éclissage se fait comme suit : après introduction des boulons et placement des plaques de serrage, on visse les écrous jusqu’à ce que les plaques soient à peu près complètement aplaties. Puis on rectifie la position des éclisses au moyen de légers coups de marteau. Ensuite, on déplace les boulons de façon à diriger les nervures des têtes vers les faces du joint ; on continue ce mou-
- tion, car, selon toute apparence, il pourra être employé avec succès s’il est soigneusement exécuté.
- Les figures 2 et 3 représentent la construction de cet éclissage. Lors de la pose, les rails sont légèrement refoulés à froid, de manière que la surface de roulement présente un petit renflement d’environ 1 millimètre de hauteur et quelques millimètres de largeur (fig. 4); ce renflement sert à augmenter la compacité du joint, après que les extrémité des rails ont été fortement serrées l’une contre l’autre à l’aide de boulons excentriques. Le refoulement peut être très
- veinent jusqu’à ce que l’on sente une pression énergique de l’excentrique contre l’âine du rail. Tous les boulons doivent être tournés à gauche,
- % r : 1
- Ë3- Ë3- -Et}- ; -Ej§- -[£}-
- Fig. 4.
- afin qu’ils 11e puissent se détourner par suite de desserrage des écrous. Il n’est pas nécessaire d’amener tous les excentriques au point mort.
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- Après avoir fortement pressé les rails l’un contre l’autre en tournant les boulons, on donne encore quelques légers coups de marteau sur les écrous pour renforcer le serrage contre les éclisses, En outre, on bat au marteau le rendement qui existe à l’endroit du joint et, finalement, on enlève à la lime le métal en excès, tout en laissant dépasser quelque peu la ligne de jonction au-dessus de la surface de roulement.
- Ce nouvel éclissage peut également être employé pour réparer les joints défectueux, de la façon suivante : on coupe les extrémités des rails, on place un morceau de rail neuf et on éclisse de la manière décrite ci-dessus.
- Comme il n’a pas encore été fait d’essais avec ce système d’éclissage, il est impossible d’émettre une opinion sur la façon dont ils se comportent.
- Parmi les joints à éclisses que les compagnies mentionnent comme s’étant bien comportés pendant les dernières années, nous devons mentionner spécialement le joint Melaun employé
- aussi bien pour les installations nouvelles que pour les réparations (fig. 5). Cependant, jusqu’à présent, son prix relativement élevé a été un obstacle à son introduction, surtout dans les petites exploitations.. On est toutefois parvenu tout récemment à abaisser son coût en substiluantpour l’enlèvement du bourrelet, le découpage autogène à l’ancien et coûteux fraisage; aetuellcgicnt le joint Melaun ne coûte pas plus que les autres types.
- D’après les réponses au questionnaire, le sabot porte-rail, brevet Scheinig et Hoffmann, a reçu de nombreuses applications. En général, il s’est bien comporté et beaucoup de compagnies en font l’éloge.
- Le sabot porte-rail système Ambert n’est mentionné que par 4 compagnies de tramways. A Marseille, il n’a pas donné les résultats espérés, tandis qu’à Luccrnc il a fourni des résultats satis-
- faisants. Lausanne et Neufchàtel s’abstiennent de donner leur avis.
- La Société anonyme des Eclisses électro-mécaniques de Paris a installé récemment un nouveau système de jonction dans quelques exploitations.
- L’éclissc électro-mécanique se compose d’un coussinet en forme de double crochet et de deux coins interchangeables (fig. 0 et 7). Les crochets du coussinet, agissant comme ressorts, s’ouvrent de quelques millimètres lors de l’enfoncement des coins et assurent une pression constante entre le patin du rail et le coussinet. L’éclisse est calculée suivant l’effort qu’elle devra supporter. Des encoches sont ménagées aux extrémités du coussinet et des coins, afin d’y mettre des goupilles destinées à empêcher toute tendance au desserrage. Les éclisses sont fabriquées en acier coulé recuit (45 à 65 kilogrammes, avec 18 à 12 % d’allongement).
- Fig. 0.
- Les avantages de cette éclisse (sont les suivants : suppression de toute dénivellation entre
- Fig. 7.
- les tables de roulcme.it des deux rails, ccs derniers étant parfaitement et fortement appuyés
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- sur la partie supérieure du coussinet par les pressions dues à l’enfoncement des coins, d’où ni choc ni martelage à redouter. Les rails, ainsi encastrés dans l’éclisse, s’incurvent au joint, suivant une ligne élastique, comme un rail continu. Dans le cas de rupture d’une barre, on peut, en quelques minutes, rétablir la conti-tinuité du rail sans interrompre le service. La pose et l’enlèvement de l’appareil sont très rapides et, par suite de leur simplicité, ne nécessitent ni ouvriers ni outils spéciaux. Les dépenses d’entretien de la voie sont notablement diminuées, les éclisses électro-mécaniques ne nécessitant qu’une surveillance pour ainsi dire nulle.
- ^L’écli#se électro-mécanique est déjà par elle-même, en raison des grandes surfaces en contact, bonne conductrice d’électricité ; mais, afin de réaliser un joint à haute conductibilité pour le retour du courant, on interpose, entre le patin ou champignon du rail et la partie supérieure du coussinet, une plaque de cuivre rouge recuit. Celle-ci, couvrant la surface supérieure du coussinet, se trouve maintenue entre le coussinet et le patin par des pressions permanentes, résultant du principe même de l’appareil. Il ressort d’expériences que le cuivre rouge recuit supporte, sans écrasement sensible, une pression de 8 kilogrammes par millimètre carré. Or, la pression maximum que la plaque de cuivre ait à supporter dans les appareils ne dépasse pas i kilogramme par millimètre carré. Il ne pourra donc se produire ni écrasement ni martelage. De plus, les pressions sont suffisantes pour empêcher toute humidité entre la plaque et le patin ou champignon du rail, et rendent, par suite, toute oxydation impossible. Grâce à ce nouveau dispositif, on obtient donc une conductibilité équivalente à celle d'un bonne connexion ordinaire.
- La Compagnie des Tramways de Lausanne préfère ce joint à tous les autres ; la Compagnie générale des Omnibus de Paris en est également satisfaite ; d’autre part, Nancy et Anvers n’ont pas encore d’opinion sur la façon dont il se comporte.
- Plusieurs exploitations ont effectué des réparations de joints au moyen d’éclisses Hess. Le principe de ce système est celui-ci : les éclisses ne reposent sur la face supérieure des
- patins que par leur extrémité seulement, à la façon d’un pont; de plus, les éclisses exercent sous les extrémités des rails, immédiatement au milieu du joint, une pression tellement forte que les rails s’incurvent vers le haut.
- D’après les renseignements fournis par quelques compagnies (Dortmund, Siemens etHalske, Remscheid, M. Gladbach, Witten sur Ruhr), ce mode de jonction s’est bien comporté jusqu’ici; d’autres compagnies ont réservé leur opinion, parce que les joints étaient établis depuis trop peu de temps. A notre avis, il conviendrait d’examinér si la diminution de profondeur des ornières, occasionnée par le soulèvement des extrémités des rails, n’entraîne pas dés inconvénients.
- Soudure des rails.
- Le procédé d’éclissage par fusion,système Falk, est très peu répandu en Allemagne et n’y a pas donné de bons résultats; par contre, il jouit d’une grande faveur en Belgique, en Hollande, en Espagne et surtout en France. Seuls les Tramways de Lyon n’ont pas obtenu les résultats qu’on en attendait.
- La Société des Tramways Bruxellois préfère le joint Falk, parce qu'elle est en possession du matériel et qu’elle dispose d’un personnel bien exercé, ce qui la meta même d’exécuter les joints Falk au prix modéré de i2,Sofr., dépenses de pavage non comprises; en une nuit, 5o à 60 joints peuvent être exécutés. Ce procédé ne peut être recommandé que pour les voies qui ne manifestent pas encore d’usure notable.
- Paris préfère également le joint Falk à tous les autres, parce que les 12 ooo jonctions effectuées avec ce système ont donné de très bons résultats.
- Les Tçamways de Rotterdam ont employé uniquement le joint Falk dans les alignements; sur 12 ooo joints exécutés, il n’y en a eu que 12 détériorés après cinq ans d'usage.
- La Société d’Entreprise générale de Travaux, à Liège, emploie les joints Falk sur une grande échelle, en France, en Belgique, en Espagne, en Italie et en Russie. La jonction a particulièrement donné un bon résultat dans les endroits où il y avait de faibles rails et de mauvais éclissages.
- Aux Tramways d’Anvers, toutes les voies en alignement sont exclusivement soudées par le joint Falk. Grâce à un bon soubassement et à urie
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- exécution soignée, on y obtient de très bons résultats.
- La soudure des rails par le procédé alumino-thermique Goldschmidt ('),àlasuite de nombreux essais, s’est tellement perfectionnée que les inconvénients et les irrégularités de naguère peuvent être considérés comme complètement écartés.
- Dans tous les cas, on peut affirmer que partout où la soudure des rails a été effectuée sur une grande échelle, les compagnies sont d’accord pour dire que le joint soudé se comporte beaucoup mieux que le joint à éclisse simple et que, par suite, la durée des voies est notablement prolongée et le matériel roulant mieux ménagé.
- Nous croyons devoir nous étendre davantage sur la soudure électrique des rails, car, lors du Congrès de Milan, seul la soudure, des joints usés fut envisagée.
- Depuis quelques années, des essais entrepris sur une vaste échelle en vue d’établir des voies de tramways continues au moyen du soudage électrique par l’arc ont conduit à des résultats réellement satisfaisants.
- Si, jusqu’en ces dernières années, les soudures électriques de rails n’ont pas donné des résultats aussi favorables qu’on l’espérait, cet échec doit surtout être attribué, à notre avis, à cette circonstance que lessoudures effectuées ont été faites sur des joints qui devaient inévitablement conduire à un mauvais résultat. Ainsi, par exemple, on a procédé à des soudures de joints usés au cours desquelles le métal du bourrelet avait été également fondu et le métal manquant remplacé par du métal fondu.
- En outre, dans des cas de joints usés, les extrémités défectueuses des rails étaient fondues et la lacune était ensuite remplie de métal neuf, au moyen d’un moule. On a aussi employé un procédé semblable pour les joints en biseau. Il arrive que les joints ainsi exécutés et fraisés après coup promettent au début de bons résultats, mais il va de soi qu’une grande partie de ces joints doivent non seulement se briser, mais également subir une usure irrégulière, attendu
- (•) La description détaillée du procédé de soudage alu-minothermique a été faite au Congrès de Milan, ainsi qu’il la XIIe Assemblée générale de l’Union des compagnies de tramways et de chemins de fer d’intérêt local, tenue Hambourg, en septembre 1909,
- que le métal du bourrelet a subi une modification. Ce sont des essais de ce genre et d’autres essais mal conduits qui ont empêché la soudure électrique des rails d’obtenir la place- qui lui revenait parmi les systèmes de jonction. Les insuccès sont principalement dus aussi à la difficulté de traitement du métal et l’ignorance des phénomènes physiques et chimiques qui entrent en jeu dans l’opération.
- C’est surtout la soudure électrique par éclisses, très en vogue depuis ces dernières années sous la forme qui sera décrite ultérieurement,, qui a pu procurer les résultats favorables que l’on espérait.
- Le principe de la soudure électrique par arc est généralement connu. Il consiste, comine on le sait, dans la formation d’un arc dé forte intensité entre une anode de charbon et l’outil; ce dernier constitue le pôle positif et,par suite, le foyer principal du développement de chaleur. C’est à partir de l’introduction de la machine spéciale à courant continu à champ transversal imaginée par Rosenberg qu’il a été possible, malgré les variations de longueur qu’il éprouve naturellement au cours de la soudure, de maintenir à l’arc la constance nécessaire pour que les conditions de travail restent toujours les mêmes.
- Pour effectuer une soudure, l’appareil constitué du moteur et de la machine à champ transversal, est amené sur la voie, et le courant produit est conduit à la tente de travail. L’ouvrier est protégé par des lunettes; il touche le métal à fondre parle charbon négatif et en tire un arc d’environ 3 centimètres de longueur. Suivant l’intensité du courant, qui varie entre 3oo et 5oo ampères, le métal entre plus ou moins rapidement en fusion et se constitue en une masse homogène. Les extrémités des rails et les éclisses se soudent l’une à l’autre ou, pour parler plus exactement, se fondent.
- En cas de pose de nouvelles voies, il ne faut jamais souder les rails bout à bout, mais il faut seulement souder les éclisses aux points les plus sujets à usure, soit sur le champignon, soit sur le patin. Des joints de cette sorte ont été placés par milliers, notamment à Berlin et, jusqu’à présent, ils ont donné de très bons résultats.
- En cas de réparation de joints défectueux au moyen de la soudure par l’arc électrique, on procède comme suit, quel que soit le genre de
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- joint : on découpe le morceau défectueux, on place une pièce rapportée, on la maintient au moyen d’un étrier de longueur suffisante, ou bien, quand elle est trop longue, on l’éclisse des deux côtés au rail principal; ensuite on effectue un éclissage par soudure de la manière décrite ci-dessus. Partout où les réparations de joints ont été faites de cette façon par un personnel exercé, les résultats ont été favorables.
- La soudure électrique des éclisscs présente en outre un autre avantage sérieux : les vieilles éclisses peuvent être utilisées pour la confection des joints,tandis qu’auparavant elles étaient vendues comme mitraille.
- ' Il résulte des réponses reçues que la soudure électrique des éclisses, telle que nous venons de la décrire, a donné des résultats satisfaisants partout où elle a été employée. Les insuccès ne se sont guère produits qu’au début et à l’occasion des essais malencontreux dont nous avons parlé plus haut.
- Les essais effectués par le procédé autogène sont peu nombreux. La plupart ont été jugés défavorables et, quant aux autres, il n’a pas été formulé d’opinion à leur sujet.
- Aiguillages et croisements.
- De nombreuses nouveautés ont été créées dans ce domaine; nous allons en décrire quelques unes.
- La Société « Aktiengesellschaft für Bcrgbau und Hültenbetrieb Phonix » a introduit des améliorations dans la construction des changements de voie à la suite de l’établissement de nouveaux profils normaux de l’Union allemande de tramways et de chemins de fer d’intérêt local.
- D’après les observations faites sur les pièces de cœur, les rails découpés qui constituent la pointe, dans lespièces de cœur normales, ou bien qui, dans les pièces de cœur en courbe, se posent contre le rail principal, sont exposés à s’abaisser et à se briser, parce qu’ils ne sont pas soutenus par l’âme. Afin de remédier à cet inconvénient, la Société Phénix fabrique des .pièces de cœur dans lesquelles toutes les sections transversales jusqu’au sommet, sont supportées par l'âme. De cette façon, tout danger d’abaissement et de rupture est écarté.
- La soudure autogène est également employée dans la construction des pièces de cœur, dans le but de les renforcer.
- Une nouveauté a été introduite par la firme IL Grengel,de Berlin. Elle concerne un dispositif de sécurité à bascule, avec pivot remplaçable, appliqué aux aiguilles de croisement.
- En vue de diminuer l’usure et les réparations, ainsi que pour augmenter la sécurité du service, cette firme a également élargi les surfaces d’appui au point de rotation des aiguilles. L’élargissement n’est effectué que du côté du rail de roulement, afin de garantir les aiguilles contre le moment de renversement qui se produit lors du passage des véhicules.
- Le centre du plateau tournant est placé également aussi près que possible du rail de roulement : de cette façon, l’endroit où la pression est appliquée est bien supporté et, en cas de changement des crapaudines des aiguilles, il ne se produit qu’une très faible variation de largeur du joint entre l’aiguille et le rail deroulement.
- Nous devons signaler en outre un dispositif servant à modifier la position du tourillon de l’aiguille ; il permet de supprimer, sans grand travail supplémentaire, le jeu qui se produit par suite d’usure entre le tourillon et la crapaudine et à rétablir une bonne fermeture de l’aiguillage. Les aiguilles des changements de voie installés en pavage peuvent également être enlevées sans rupture et sont garanties contre un soulèvement intempestif.
- La figure 8 représente l’aiguille d’un croisement de tramways, en vue, en coupe longitudinale et en coupe transversale. Comme on le voit, d’après la coupe transversale, l’aiguille est posée dans un corps intermédiaire au moyen d’un tourillon de fort diamètre ; sur le côté du roulement, elle est pourvue d’une aile qui possède une largeur double de celle de l’ornière. Cette aile, logée sous la tête des contré-rails, assure l’aiguille contre le renversement latéral, ainsi que contre tout soulèvement intempestif. Pour enlever l’aiguille, on détache d’abord la cale située sous l’ornière de roulement et qui se trouve placée dans un vide K, ménagé dans le corps intermédiaire, puis on retire la pièce B, constituée de deux parties. On peut ensuite, jusqu’au rail de roulement, déplacer le coussinet
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- mobile L de la crapaudine du tourillon, et par sui'.e l’aiguille d’une quantité égale à la largeur de la gorge, après quoi l’aile de l’aiguille est écartée de la tète du contre-rail et l’aiguille peut être enlevée.
- Le montage de l’aiguille se fait en procédant inversement jusqu’à ce que, après avoir réintroduit les cales K dans les pièces B, le tourillon de l’aiguille repose bien exactement dans la crapaudine. Lorsque le tourillon est usé, il suffît, le cas échéant, de retoucher convenablement le joint de séparation du coussinet mobile L.
- En ces derniers temps, la faveur semble être revenue, pour les changements de voie très fatigués et abordés par le talon, aux croisements à
- d’éclisses boulonnées et de plaques rivées; en outre, ils sont assurés contre tout déplacement au cheminement. Afin de ménager la pointe du croisement, on fixe dans l’ornière une cale d’acier, qui sert à guider les roues en agissant sur le mentonnet.
- L’expérience a eu raison des préventions qui s’étaient élevées au début au sujet, de la conservation des pointes d’aiguilles ; en effet, malgré un trafic très intense, les pointes d’aiguille d’un aiguillage de ce genre établi à la « Rosenthaler Thor » de Berlin ne montrent pas plus d’usure que les rails de roulement.
- Les aiguilles de l’aiguillage sont courbées parfois suivant un rayon de i5 à 20 mètres. L’emploi de rayons aussi faibles et le raccordement des
- une aiguille fixe et une aiguille mobile (au lieu de a aiguilles mobiles) ; cette préférence s’explique par la diminution des frais d’entretien.
- En cas d’emploi simultané de métal coulé et de métal lamine dans les pièces de croisement, la continuité de la voie n'est pas suffisamment garantie. La firme H. Grengel de Berlin obtient cette continuité en fabriquant les pattes conductrices pour aiguilles de tramways entièrement en rails à ornière, sans corps intermédiaire. Les rails de roulement, la pointe et le contre-rail sont des rails à gorge façonnés exactement suivant gabarit et assemblés par rivets; de cette façon, ils sont maintenus dans la forme convenable sans emploi de pièce coulée, au moyen
- courbes de /,o mètres à celles de i5 à ao mètres exige la construction de courbes paraboliques de raccordement; il faut en outre une grande longueur pour le croisement, ce que ne permet pas, dans beaucoup de cas, la place dont on dispose. Pour ce motif, nous construisons actuellement des aiguillages de 3o mètres de rayon ; les résultats obtenus depuis deux ans sont satisfaisants.
- Lorsque les aiguillages de tramways sont parcourus par des véhicules de poids considérable, il se produit un inconvénient désagréable. Au cours du fonctionnement, les aiguilles se déplacent intempestivement, soit par suite du cahotement, soit par suite de la pressioji exercée par
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- le mentonnet contre le talon de l’aiguille quand celle-ci, au point de rotation, est plus élevée que d’habitude. Il en résulte des déraillements, notamment des voitures d’attelage. Cette circonstance se produit principalement aux aiguillages qui, à la suite d’un usage prolongé, sont usés au plateau tournant ou à la crapaudine ; en effet, le frottement qui existe, quand les pièces sont neuves, n’est plus suffisant pour maintenir l’aiguille dans ses positions extrêmes.
- Il existe cependant un dispositif qui remédie à cet inconvénient ; le frottement nécessaire pour assurer l'aiguille dans la position voulue, est obtenu au pivot d’une façon permanente. À cet effet, comme l’indique la figure 9 en coupe et en plan, on dispose un fort ressort à lame F dans un logement ménagé dans le coussinet du palier du tourillon; ce ressort presse constamment le plateau tournant sur la surface du coussinet,
- Fig- 9-
- même lorsque les parties mobiles sont usées. Quand la déviation de l’aiguille est suffisamment grande, le ressort à lame peut également être muni d’une dent, et le plateau de rotation de deux rainures verticales correspondant aux positions extrêmes de l’aiguille ; la dent du ressort pénètre dans ces rainures et maintient fortement l’aiguille. Le ressort lui-même conserve son efficacité, parce qu’il est entièrement enfermé dans la chambre et est ainsi protégé contre les détériorations et l’introduction de boue ; il est facilement accessible après enlèvement de l’aiguille. La manœuvre de l’aiguille de la plate-forme n’est pas rendue plus difficile, attendu que la distance entre le point d’application de la force motrice et le point de rotation est très grande relativement au rayon du plateau tournant.
- Les autres dispositifs de calage des aiguilles qui agissent généralement sur la barre de connexion ou sur son prolongement, se comportent
- beaucoup plus défavorablement à ce point de vue et ont dû être retirées à la demande des conducteurs qui se plaignaient d'ètre surmenés.
- La a Nedfield’s Steel Foundry Company Ltd » a mis récemment sur le marché un type d’aiguillage rendant inutile l’emploi d’un pivot au talon de l’aiguille ; ce nouveau système a pour but de supprimer l’inconvénient résultant de l’usure rapide du pivot. Le soulèvement de l’aiguille est combattu au moyen du dispositif suivant: un évidement est ménagé dans le contre-rail et on y introduit une pièce de construction spéciale entourant le plateau de rotation qui est élargi en forme de cûne vers l’arrière. Cette pièce est vissée.
- De cette façon, on empêche non seulement le soulèvement de l’aiguille, mais également son déplacement longitudinal.
- Nous avons également cherché à supprimer le pivot sous le talon de l’aiguille et, à cet efï’et, nous avons établi à titre d’essai dans nos voies, un aiguillage système Hess avec coussinet en forme de pont.
- La firme Edgar Allen et C° de Sheffield a publié C) une note très intéressante sur l’emploi de l’acier dur au manganèse pour les parties des voies de tramways les plus exposées à l’usure. Quelques conqDagnies y emploient avec succès des pièces interchangeables en acier au manganèse, fabriquées par la firme Allen, ou bien des pièces entièrement en acier coulé au manganèse. La possibilité de poser des pièces plus longues aux endroits les plus exposés, de les remplacer facilement plus tard sans trop entamer dans la voie, a permis de prolonger considérablement la durée de celle-cL L’économie réalisée est d’autant plus grande dès qu’il s’agit de lignes installées dans des pavages coûteux, en bois et en asphalte.
- M. Urmacher, ingénieur à Brême, s’est efforcé également de faciliter l’interchangeabilité des pièces soumises à une usure relativement rapide, en construisant un aiguillage spécial.
- En ce qui concerne la dépense, remarquons que le supplément de frais occasionné par l’emploi de semelles interchangeables et d’un mode
- (') Voir Deutsche Strassenbahn und Kleinbahn-Zei-tung.
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- de fixation peu coûteux, est largement compensé par l’économie résultant de ce quela selle ne doit plus être fabriquée, comme auparavant, en acier coulé, en fonte trempée ou en acier au manganèse; en effet, on peut utiliser la fonte ordinaire pour les deux pièces d’avant, qui sont moins exposées à l’usure. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas encore formuler un avis sur la façon dont se comporte ce type d’aiguillage.
- Il résulte des renseignements fournis par les compagnies ayant répondu au questionnaire, que la majorité d’entre elles donnent la préférence aux aiguillages à double lame.
- Quelques compagnies ont également installé des aiguillages à fonctionnement automatique. Tels sont ceux décrits par M. Werner (*), ingénieur en chef, à Berlin et celui de M. Battaille (2), ingénieur aux Tramways liégeois.
- Traversée des ponts.
- Il n’est pas possible d’établir de prescriptions normales, car le mode de fixation de la voie doit s’adapter à la construction du pont.
- (') Voir Lumière Electrique, t. X (-j0 série), p. 3o4. (2) Voir les Notes Industrielles, p. 347 3e ce numéro.
- Sur les ponts de la ville cfe Berne, les rails reposent directement sur béton. En vue de diminuer le bruit produit par le passage des voitures, des semelles en pitch-pin de a5 millimètres d’épaisseur ont été, à titre d’essai, intercalées entre rail et béton, sur une longueur de 5o mètres. 11 en est résulté une diminution de bruit, mais cette diminution était tellement faible que les essais furent abandonnés, les résultats obtenus ne justifiant pas les frais. Sur un autre tronçon de voie, l’on a intercalé des plaques de plomb de io millimètres, entre le rail et le béton, mais aucune amélioration ne fut constatée. Les Tramways de Berne se proposent actuellement.de procédera un essai au moyen d’une coulée d’asphalte.
- Signalons enfin que l’emploi des voies de secours (rails volants et voies provisoires) s’est notablement développé au cours de ces dernières années.
- Elles sont d’une grande utilité, lors des réparations, car elles permettent de prendre tout le temps nécessaire à une bonne prise du béton mis en œuvre.
- (/I suivre). D’après A. Busse,
- Ingénieur en Chef de la Grande Compagnie de Tramways de Berlin.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- La soudure intégrale des rails. — G.-E. Pel-lissier. — Electric Railway Journal, »4 décembre 1910.
- L’objectif de la méthode est de réaliser une bande de rail absolument continue. Il n’y a généralement, en effet, que certaines portions du rail, qui soient unifiées, la tète restant ordinairement non soudée. L’auteur est d’avis que la soudure de la tête du rail est nécessaire pour avoir une jonction idéale. Il a appliqué sa méthode sur la ligne de lallolyoke Street Railway Company (Mass).
- Cette méthode peut s’exposer brièvement comme suit : les rails sont établis dans leur position, lais-
- sant entre les extrémités un intervalle de 18 millimètres. L’alignement et les écarts sont maintenus par des éclisses provisoires. Le pavage de la chaussée est exécuté, sauf sur une petite surface de 0,60 X o,Go m4, à l'endroit et autour du joint, puis les abouts de rails sont entourés d’un moule exact en trois parties, surmontés à l’ordinaire d’une sorte d’entonnoir pour verser la matière soudante qui, dans le cas présent, est de l’acier au thermit. Au centre du moule est pratiquée une ouverture destinée à l’insertion d’un appareil à chauffage préalable. Après que le moule a été mis en place avec toutes précautions usitées dans les opérations de fonderie, pour éviter le coulage des matières en fusion, on commence par porter au rouge les extrémités et l’in-
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- térieur du moule, au moyen de l’appareil chauffeur, consistant en un moteur de fi chevaux actionnant, par courroie, un souffleur aspirant les Vapeurs de gazo-line contenue dans un réservoir auquel il est relié par un tube. Avec ce dispositif, il est possible de porter au rouge-blanc, en l’espace de 20 minutes, un rail de 22,5 centimètres de hauteur.
- Aussitôt que le réchauffage est accompli, on retire le tuyau du souffleur et on ferme l’ouverture par un bouchon en argile et l’acier résultant de la réaction du thermit est versé dans le moule. Après refroidissement, le moule est démonté, on enlève le métal en excès, et enfin on façonne le rail à la section réelle au moyen d’un lapidaire. On se rend compte tout de suite qu’il ait fallu étudier et réaliser un rrtatériel adapté aux opérations successives, pour permettre de les rendre exécutables, en pratique courante, par une équipe d’ouvriers non spéciaux, dans un temps le plus court possible, de façon à en multiplier le nombre par unité de temps, pour en réduire le prix, tout en s’entourant de toutes les garanties de succès. De plus, la composition la plus convenable de l’acier au thermit n’a été obtenue qu’a-près une longue série d’expériences, arrivant, au terme, à la fabrication d’un produit présentant la même dureté et les mêmes qualités de résistance à l’usure que l’acier des rails. Le meulage du joint fini s’opère au moyen de deux meules installées sur un wagonnet à l’écartement des deux files de rails. Ces deux outils sont actionnés individuellement par un moteur de 5 chevaux ; les lapidaires ont un contour qui permet d’user convenablement les surfaces attaquées.
- Une équipe de quatre hommes assure toutes les opérations : préparation du joint, établissement du moule et de l’appareil de chauffe, fusion de l’alliage au thermit, soudure, parachèvement à la meule et, enfin, translation du truck des meules aux joints successifs.
- La « Holyoke Street Railway C° » est la première compagnie de tramways des Etats-Unis ayant employé le thermit pour le soudage des rails, ses ingénieurs ayant considéré qu’il fallait,pour leurs voies, quelque chose de meilleur que les éclisses, dans les rues pavées.
- E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Description de l’Installation hydro-électrique de la « Arizona Power Company ». — S. Masson. —Eleclrical IVoi-ld i8et a5 août 1910.
- Il y a une trentaine d’années furent découvertes dans l’Arizona, près de la route de Strawberry, au-delà du Comté de Gila, des sources très abondantes, dites sources Fossiles, jaillissant de grandes profondeurs, possédant une température constante de 2a0 C et un débit absolument régulier.
- En 1902, des capitalistes songèrent à en tirer parti et firent procéder pendant plus de deux ans à des mesures qui démontrèrent que pas un jour le débit ne changea, et qu’il atteignit constamment 1,21 mètre cube par seconde.
- On constata qu’entre ces sources et un point situé à 3 kilomètres environ du confluent du cours d’eau qu’elles alimentaient avec la Rivière-Verde il y avait une différence de niveau de 486 mètres, pour une distance de 16 kilomètres. La région possédait d’ailleurs des mines et des villes présentant des débouchés importants pour l’énergie électrique.
- Les plans définitifs furent arrêtés en 1907 : afin de pouvoir disposer comme réservoir d’un lac de 11 hectares environ, le « Stehr Lake », on se décida à n’utiliser qu’une hauteur de chute de 334 mètres.
- Installations hydrauliques.
- On commença, en 1908, les travaux préliminaires, très importants en raison du manque de moyens de communication : depuis la station de chemin de fer Blue Bell, la plus rapprochée de l’emplacement choisi pour la construction de l’usine, il fut nécessaire de construire une voie ferrée de 80 kilomètres, à travers un terrain rocailleux. L’emplacement de l’usine se trouve à une altitude de 1 000 mètres, et il fallait pour l’atteindre franchir les montagnes Verde à une altitude de 2 000 mètres.
- En septembre 1908, on terminait l’installation d’une turbine de i5o chevaux sous une hauteur de chute de i5 mètres : cette turbine fut utilisée pour actionner les compresseurs d’air, perforatrices, ventilateurs pour tunnels, ateliers, forges, et pour alimenter l’éclairage. Les travaux furent terminés complètement en douze mois; ils comprenaient, d’une façon générale : i° une conduite de n,5 kilomètres de longueur composée de : 3 000 mètres de tunnels en béton (l’un de ces tunnels mesure 800 mètres), — 3 600 mètres de canal en béton armé cons-
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- truit sur une banquette taillée dans la montagne,— 700 mètres de canal en bois, — 2 3oo mètres de siphon en acier généralement placé en tranchée, et passant sur 4 ponts en acier — 43o mètres de tuyau en béton armé sous une pression de 6 mètres à 9 mètres — un réservoir d’équilibre de 11 mètres de hauteur et9 mètres de diamètre — 1 400 mètres de conduite forcée en acier, établie pour supporter la pression de 334 mètres; 20, l’usine comprenant trois unités de 1 800 kilowatts et des transformateurs ; 3°, 120 kilomètres de lignes de transport de force sur pylônes en acier (double ligne à 45 000 volts) ; 4°, sept sous-stations ; 5°, enfin, les maisons, étables, camps, magasins, nécessaires pour le personnel de 600 ouvriers, pour les 4<>o mules employées au transport, dans une région déserte.
- Un bassin de décantation de 4>5 mètres de profondeur, 9 mètres de longueur, 6 mètres de largeur, fut établi dans le rocher, en avant de la prise d’eau.
- La nature rocheuse du sol obligea à abandonner, pour l’exécution du canal d’amenée, le mode habituel de construction, consistant à creuser le canal dans le sol et à garnir les parois de ciment ; on construisit un canal en béton armé reposant sur une plateforme ménagée dans le sol. Ce canal a une largeur extérieure de 1,82 mètre et une largeur intérieure de 1,5a mètre. Son radier a une épaisseur de i5 centimètres. Ses deux parois latérales ont 1,06 mètre de hauteur. L’intérieur de ses parois a été recouvert d’une couche de ciment bien lisse; le coefficient de frottement est ainsi bien inférieur à celui d’une conduite en bois. La pente est d’environ 1 millimètre par mètre, et la vitesse de l’eau de 1,20 mètre à i,36 mètre par seconde.
- Le prix moyen du mètre linéaire de ce canal, comprenant toutes les dépenses, a été de 17 fr. 20; on construisait 3o mètres de canal par jour.
- Les tunnels ont 2 mètres de hauteur et 0,90 mètre de largeur; ils sont construits en béton; l’épaisseur de leurs parois est de 15 centimètres au fond et sur les côtés, et de 25 centimètres à la partie supérieure.
- Les tunnels qui contiennent l’eau sous pression ont des parois dont l’épaisseuratteint jusqu’à60 centimètres.
- La plus grande partie de la voûte des tunnels a été construite en mettant en place des blocs préparés d’avance.
- Pour éviter un détour de plus de 5 kilomètres on a établi un siphon de 2,3 kilomètres, constitué, par des tuyaux rivés présentant, suivant les tronçons, une épaisseur de 4*7 millimètres ou 9,3 milli-
- mètres ou 6,3 millimètres et un diamètre de 1,06 mètre, 1,14 mètre ou 1,21 mètre. La dénivellation maxima de ce siphon est do 76 mètres. Il passe en quatre endroits sur des ponts d’acier.
- Le lac formant réservoir aune capacité de 334 000 mètres cubes, suffisante pour actionner l’usine entière pendant trois jours et demi.
- Au sortir du lac, l’eau, après avoir traversé une grille, pénètre dans un tuyau en béton armé de 43o mètres de longueur, et 1,20 mètre de diamètre. Sur ce tuyau est établi le réservoir d’équilibre en béton armé, de 11 mètres de hauteur et 9 mètres de diamètre, dont la partie supérieure s'élève à 90 centimètres au-dessus de la surface du lac et qui est muni d’un déversoir par où l’eau s’échappe lorsque les vannes de l’usine sont subitement fermées.
- La conduite forcée a 1 4oo mètres de longueur. Son diamètre, de 1,20 mètre à la partie supérieure est de 0,90 mètre à la partie inférieure.
- La moitié supérieure de celte conduite est en tuyaux rivés ; la moitié inférieure est en tuyaux soudés, et son épaisseur croît de i3 à 17 millimètres.
- Usine génératrice.
- La station génératrice, construite en béton, mesure environ 9 mètres sur 28 mètres.
- Chacune des 3 unités génératrices, de 1 800 kilowatts, se compose de l'alternateur, entre deux paliers, de la turbine hydraulique en bout d’arbre d’un côté et d’une excitatrice en bout d’arbre de l’autre côté; elle forme avec ses transformateurs et ses appareils de mesure un tout complet : il n’y a pas d’interrupteurs sur les câbles de l’alternateur, et celui-ci est connecté directement à son groupe de transformateurs. Aucune disposition n’est prise pour relier ces machines à un système de barres collectrices ; il est seulement possible de relier le côté haute tension des transformateurs de chaque unité à l’une ou à l’autre des lignes de transmission, ou aux deux à la fois, de sorte que l’usine peut être regardée comme la réunion de trois usines possédant chacune une unité génératrice.
- Celle disposition a été adoptée en raison des excellents résultats qu’on obtient généralement dans l’exploitation des usines possédant une seule unité génératrice.
- Il existe, cependant, dans l’usine en question, un petit groupe d’interrupteurs et de barres pouvant recevoir l’énergie de l’un des alternateurs pour le service de l’usine et pour la synchronisation des alternateurs* à leur mise en route.
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- Il n'y a pas de barres collectrices d’excitation ni d’interrupteurs quelconques sur les circuits d’excitation, ce qui rend le service aussi simple que dans le cas du courant continu. Un régulateur Tirrill, muni de trois groupes de contacts, peut agir sur es excitatrices lorsque les alternateurs travaillent sur la même ligne de transmission.
- Chaque groupe de transformateurs est pourvu de deux interrupteurs à 45 ooo volts sur le côté haute tension, l’un connectant le groupe à la ligne nord, l'autre à la ligne sud.
- Chaque interrupteur est placé dans une chambre séparée et chaque groupe de transformateurs également. Ces chambres sont séparées les unes des autres et de la salle des machines par des murs en béton, mais leur plafond est en bois et recouvert d’une toiture imperméable. On a estimé que si l’un des transformateurs ou interrupteurs prend feu, il est absolument impossible d’éteindre le commencement d'incendie à moins de supprimer toute arrivée d’air, ou de faire arriver une quantité d’eau suffisante pour abaisser la température de l’appareil. On a renoncé, à cause de la dépense considérable qui en serait résultée, à réaliser des salles étanches à l'air, et on a établi, sur la colline qui domine {'usine, un très grand réservoir d’eau au moyen duquel, par une conduite principale portant des branchements qui aboutissent à chaque salle de transformateurs ou d’interrupteurs on peut inonder celle d’entre elles où un incendie s’est déclaré.
- Chaque alternateur est actionné par une turbine de 3 ooo chevaux. La régulation de la vitesse est satisfaisante malgré la grande hauteur de chute et la longueur de la conduite grâce à l’action d’un ajutage de décharge automatique relié au régulateur par un dash-pot de façon à s’ouvrir quand l’ajutage de la turbine se ferme.
- Fonctionnement du réseau.
- L’exploitation est faite d’après le système Huntington adopté dans un réseau de distribution de la Californie du Sud qui comprend douze usines et trente sous-stations toutes reliées électriquement.
- Les principes de ce système sont les suivants :
- Les usines et sous-stations sont connectées sans interrupteurs automatiques d'aucune sorte ; dans les sous-stations est affiché un réglement ainsi conçu : « Mettez chacun de vos groupes de transformateurs sur une ligne seulement, et partagez la charge entre les deux lignes autant que possible. Si l’une des lignes ne fonctionne plus, passez sur
- l’autre. Vile ! Prenez le courant sur celle des lignes que vous voyez bonne. »
- Quand le réseau comprend plusieurs usines génératrices, une seule d’entre elles est autorisée à connecter les deux lignes ensemble. Les autres usines et les sous-stations ne doivent jamais connecter un groupe de transformateurs à deux lignes à la fois. Si un trouble quelconque survient sur l'une des lignes, l’électricien de l’usine maîtresse déconnecte tous ses groupes de transformateurs de la ligne en question. Immédiatement les électriciens de toutes les sous-stations, se conformant au règlement dont le texte est reproduit plus haut, et agissant sans ordres téléphoniques, prennent le courant sur l'autre ligne. Si en outre de l’usine maîtresse, il y a plusieurs usines génératrices sur le réseau, lçs électriciens de chacune d’elles font passer la charge sur la ligne restée bonne.
- Dans plusieurs cas, l’application de ce système a permis de faire passer la charge entière des deux lignes à une seule ligne, pour toutes les usines et sous-stations du réseau, en deux minutes seulement. Les sous-stations arrivent à faire ce changement en une demi-minute et souvent en io secondes.
- Quand tout le système est ainsi transporté sur la ligne restée bonne, l’opérateur de l’usine maîtresse, au moyen d’une génératrice déjà en service, monte lentement le voltage sur la ligne où un trouble avait été constaté, évitant ainsi tous les chocs et surtensions sur les appareils et isolateurs de ligne. Si la ligne est bonne, il connecte immédiatement toutes ses unités aux deux lignes à la fois : l’électricien de chaque sous-station, voyant briller les lampes témoins sur les deux lignes remet les choses dans l’état primitif, puis, il téléphone, si nécessaire, à l’usine maîtresse, pour faire un rapport, demander des ouvriers de ligne pour réparations, etc.
- Les lignes à haute tension (/|5 ooo volts) sont supportées par des pylônes métalliques à section quadrangulairc de 13,70 mètres de hauteur. Les fils sont placés par 3 dans un plan vertical, de chaque côté du pylône; ils sont distants les uns des autres, verticalement de i,5o mètre et horizontalement de 3 mètres. Un fil d’acier, pour la protection contre la foudre, court sur les sommets des pylônes.
- Les isolateurs ont 3(3 centimètres de diamètre; ils sont du type suspendu, double, à crochet et à œil.
- Les parafoudres, du type électrolytique, sont placés à l’intérieur des pylônes de lignes dont les bases ont été disposées pour former des cabines.
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Leçons sur l’électricité, professées à l’Institut électrotechnique Montefiore, par Eric Gérard, directeur de cet Institut. — 8° édition entièrement refondue. Deux volumes grand in-8° (25 X 16), se vendant séparément. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- Tome I. — Théorie de l’électricité et du magnétisme, Electrométrie. Théorie et construction des générateurs électriques. — Volume de xn-975 pages avec 458 ligures. Prix : broché, 12 francs.
- Tome II. — Transformateurs. Canalisation et distribution de l’énergie électrique. Application de l’électricité à la télégraphie, à la téléphonie, à l’cclairage, il la production et à la transmission de la puissance motrice, à la traction, à la métallurgie et à la chimie industrielle. — Volume de vn-970 pages avec 489 figures ; 1910. Prix, broché: 12 francs.
- En présentant la 8" édition de cet ouvrage illustre, nous n’aurons pas le souci inutile de détailler scs mérites qui sont connus des électriciens du monde èntier et sanctionnés par un succès prodigieux. Nous nous bornerons à signaler brièvement les modifications que présente cette nouvelle édition par rapport aux précédentes.
- Dans le tome I, grossi d’une centaine de pages, l’auteur a insisté davantage sur la partie théorique (électrons, constitution de la matière, récapitulation, en quelques pages, des formules théoriques fondamentales — innovation très heureuse) aussi. bien que sur la partie pratique (mesures magnétiques, construction des machines et spécialement des machines à rotation rapide).
- Dans le tome II, les additions ont porté surtout sur les transformateurs, les distributions à haute tension, la télégraphie sans fil — naturellement — et aussi l’éclairage, les moteurs à collecteur, les convertisseurs (perinutatrices, redresseurs-régulateurs, etc.), les applications aux mines, à la traction, à la métallurgie.
- On trouvera ci-dessous la table des matières complète.
- Tome I. — Introduction. Unités de mesure. Théorèmes généraux relatifs aux forces centrales. Applications. — Magnétisme. Propriétés des aimants. Phénomènes d’aimantation. — Electricité. Propriétés des corps électrisés. Condensateurs. Diélectriques. Décharges et courants électriques. Lois du courant électrique. Energie du cou-
- rant électrique. — Electromagnétisme. Phénomènes magnétiques dus aux courants. Applications relatives au potentiel magnétique du courant. Rotations et déplacements électromagnétiques. Electx'o-aimants. Unités électromagnétiques. — Induction électromagnétique. Lois de l’induction électromagnétique. Applications des lois de l’induction. — Courants alternatifs. Propriétés générales. Représentations graphiques. Représentation symbolique. Rotation sous l’action des courants induits. Cornants périodiques dans les masses métalliques. Ondes électromagnétiques. Récapitulation des formules théoriques fondamentales. — Mesures électriques. Etalons de mesure. Méthodes de mesure. Mesure des intensités de courant. Mesure des différences de potentiel. Mesures des résistances électriques. Mesure des capacités électrostatiques. Mesure de la puissance électrique. Mesure de l’intensité d’un champ magnétique. Mesure de la perméabilité magnétique et de l’hystérésis. Mesure des coefiicienls d’induction. — Couples thermo élec-tri(/ues. Théorie. Description de, quelques piles thermoélectriques. Groupement des éléments des piles. — Piles hydro-électriques. Piles primaires. Piles secondaires ou accumulateurs. Accumulateurs à électrodes de plomb. — Dynamos à courant continu. Préliminaires. Principes des dynamos à courant continu. Enroulements des induits. Circuit magnétique des dynamos. Modes d’excitation. Théorie dés dynamos à courant continu. Essais des dynamos. Représentation graphique des résultats des essais. Construction des dynamos à courant continu. Description de quelques types de dynamos à courant continu. Projet d’une dynamo à courant continu. — Alternateurs. Généralités. Description de quelques types d’alternateurs. Essai des alternateurs. Caractéristiques. Association des alternateurs. Projet d’un alternateur.
- Tome II. Trans formateurs statiques. Transformateurs courants alternatifs. Théorie des transformateurs. Essais des transformateurs. Projet d’un transformateur. Bobines d’induction. Canalisations électriques. Généralités. Appareils auxiliaires. Systèmes généraux de distribution de l’énergie électrique. Emploi des accumulateurs dans les distributions. Systèmes de distribution par courants alternatifs. Calcul des réseaux. Lignes aériennes. Enveloppes protectrices des câbles. Canalisations intérieures pour courants intenses. Canalisations souterraines pour courants intenses. Lignes télégraphiques et téléphoniques souterraines. Lignes sous-marines. Isolement des canalisations. Essais spéciaux aux lignes télégraphiques. — Télégraphie. Système
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- télégraphique Morse. Systèmes télégraphiques perfectionnés. Télégraphie sous-marine. — Téléphonie. Téléphones électromagnétiques. Téléphones à pile ou microphones. Postes et lignés téléphoniques. Télégraphie et téléphonie simultanées. Bureaux téléphoniques centraux. Télégraphie et téléphonie sans fils. — Eclairage électrique. Lampes électriques. Photomélrie. Données pratiques sur les lampes électriques. Projets de distributions électriques pour l’éclairage. Tarification de l’énergie électrique. Compteurs. — Electromoleurs. Moteurs à courant continu. Moteurs asynchrones polyphasés. Moteurs asynchrones monophasés. Moteurs synchrones. Convertisseurs et appareils divers. Transmission et distribution de la puissance mécanique. — Traction électrique. Notions générales sur les tramways électriques. Système de traction des tramways. Eléments d’un projet de traction de tramway. Chemins de fer électriques. — Electrométallurgie.Electrochimie. Généralités. Métaux. Travail électrique des métaux. Composés divers.
- M. G.
- Projekte, Kostenanschlage und Betriebskos-tenberechnungen für elektrische Licht - und Kraftanlagen. — F. Hoppe. — 5° édition, i volume (il X 22) de 556 pagés, avec n5 figures. — Joiiann Ambbosius Bartii, éditeur, Leipzig. — Prix : 8 fr. ^5.
- Ce précieux formulaire porte la marque de l’esprit pratique et consciencieux et de la très sûre documentation à laquelle son auteur nous a accoutumés. Le grand succès qui a accompagné ses efforts antérieurs est assurément réservé aussi à celte nouvelle édition d’un ouvrage avec lequel, même hors de l’Allemagne, bien des électriciens sont familiers.
- M. Fritz Hoppe a divisé son formulaire'en trois parties : dans la première, on trouve condensées toutes les données techniques nécessaires pour établir un projet, soit d’éclairage, soit de force motrice électrique : caractéristiques numériques des lampes à arc, à vapeur de mercure, à incandescence, des électromoteurs, des appareils de mesure, des réseaux; choix des tensions, courants, fréquences à employer; moteurs thermiques.
- La deuxième partie contient des devis approximatifs de frais d’installation. La troisième donne la spécification des frais d’exploitation envisagés depuis le point de vue le plus général jusque dans leurs plus petits détails, et l’examen des divers modes de tarification.
- Il faut avoir eu le livreentre les mains pourse faire
- une idée de la documentation qui y a été résumée par son auteur. Sur ses 55o pages, il n’y en a pour ainsi dire pas une qui ne contienne un ou plusieurs tableaux donnant non seulement des chiffres, mais encore des indications précises des avantages ou des inconvénients de tel ou tel système, etc. De plus, l’auteur a rassemblé dans un appendice une multitude de données pratiques qui n’avaient pu trouver place dans le corps du formulaire.
- On ne peut que recommander sans réserve un tel ouvrage et regretter aussi que, en matière de formulaires techniques, les Allemands soient si fort en avance sur nous.
- M. G.
- Les substances isolantes et les méthodes d’isolement utilisées dans l’industrie électrique, par Jean Escard, ingénieur civil. — i volume in-8° raisin de 3i4 pages avec 182 figures. — Gauthier-V illars, éditeur, Paris. —Prix : broché, 10 francs.
- Dans les chapitres I et II, l’auteur étudie, d’une façon générale, la conductibilité électrique et le pouvoir isolant des corps solides, liquides ou gazeux. Il s’attache particulièrement aux isolants et examine l’influence de l’humidité, la température, les émanations radioactives, etc., sur ces corps. Il expose les méthodes d’essai correspondant aux diverses propriétés que doit posséder un isolant industriel. Dans les chapitres suivants, l’auteur classe les isolants en : isolants constitués par des métalloïdes (soufre-air) ; isolants à base minérale (mica, amiante, quartz, grès, ciments, etc.); verres; porcelaine; caoutchouc et succédanés; isolants à base d’huile de paraffine, ou de matières albuminoïdes ; isolants constitués par des dérivés de la cellulose.
- Pour chacun de ces corps, il fait une étude détaillée de son utilisation industrielle.
- Un index alphabétique permet de trouver facilement les nombreuses préparations isolantes décrites dans le présent ouvrage, qui rassemble ainsi, d’une manière intéressante et complète les données relatives aux matériaux isolants.
- L’auteur a su remplir son but, qui était de guider les techniciens au cours de leurs recherches en leur faisant connaître les points qui nécessitent plus particulièrement de nouvelles études.
- J. D.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Appareil de commande pour la manœuvre électrique des aiguillages, système Bat-taille (*).
- L’appareil se compose de deux électro-aimants placés dans une boîte en fonte assemblée à l’aiguillage et commandant mécaniquement le mouvement des flèches de celui-ci ; et de deux commutateurs raccordés par un câble armé à 3 conducteurs aux électros susdits.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- Les commutateurs sont fixés aux fils de trolley à i5 mètres environ de l’aiguillage; ils sont distants de 3 à 4 mètres l’un de l’autre. Admettons que le premier commutateur rencontré par la roulette de trolley ou l’archet actionne l’élec-
- Fig. i.
- tro donnant accès sur la voie de droite et que le second commutateur donne accès sur la voie de gauche. Pour faire fonctionner l’appareil, il suffira que le wattman , qui doit aller à droite, prenne du courant en passant sous le premier commutateur et qu’il coupe le courant sous l’autre commutateur et vice versa, s’il doit aller à gauche.
- En passant sous le commutateur D (fig. i),
- (*) Rapport présenté au Congrès de Bruxelles, septembre 1910.
- la tension de la perche du trolley provoque sa fermeture, aussitôt que la roulette a dépassé le pivot du levier siqDportant les divers contacts du commutateur.
- Si le wattman prend du courant, le circuit s’établit comme suit : le courant amené par le fil de trolley 3 au plot 17 qui y est connecté, passe au plot iG parla lame i5, va à l’électro de droite marqué 14 et revient par le câble n au plot 9. Le courant passe du plot 9 au contact inférieur sur lequel se trouve la roulette, et de là, par le câblage de la voiture, à la la terre.
- Le wattman coupera le courant pour passer sur le commutateur G, ce qui suffit pour rendre inerte l’électro qu’il commande.
- En résumé, le commutateur intercale l’élec-tro qui y est relié en série avec le circuit de la voiture ; il suffit donc que le wattman prenne du courant sur l’un des deux commutateurs pour faire fonctionner l’aiguillage à gauche ou à droite.
- Aupointde vue de sa construction, l’ensemble de l’appareil est très robuste. Les électros, parfaitement isolés et étanches, jieuvent fonctionner dans l’eau et ils y résistent à 2 000 volts, courant alternatif à la masse.
- La boîte est en fonte mécanique; sous le couvercle, une saillie pénètre dans une rainure pratiquée dans le sommet des parois de la boite, ce qui rend celle-ci complètement étanche. Les câbles armés qui réunissent les électros aux commutateurs, sont à haut isolement. Les extrémités du câble armé sont noyées dans des boîtes de jonction. Les commutateurs ont une armature en aluminium et pèsent seulement 2,5 kilogrammes environ chacun.
- Voici les avantages revendiqués en faveur de cet appareil de manoeuvre électrique :
- Simplicité ; robustesse; manœuvre instantanée et qui s’opère du controller de la voiture ; pas d’équipement particulier sur les voitures; manœuvre à distance ; ne peut jamais rester sous tension; ni relais ni circuit compliqué; supprime les arrêts nécessaires pour permettre la
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- manœuvre des pédales ou des aiguillages à clef (ces arrêts ont provoqué plusieurs accidents de personnes ; les voyageurs pensant être à une halte, voulaient descendre de la voiture au moment où, l’aiguillage fait, la voiture se remettait intempestivement en marche) ; un dispositif de calage, appliqué dans la boite de manœuvre, supprime les déraillements; économie par la suppression des aiguilleurs à poste fixe ; entretien insignifiant.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- *
- La Société Générale d Entreprises, de création relativement récente, a réalisé, pour son deuxième exercice clos le 3o juin 1910, un bénéfice brut de 748 389 fr. 95 et un bénéfice net de 533 783 fr. 6(5, représentant respectivement 24,9 % et 17,8 % du capital qui figure au passif pour 3 millions. Le résultat, suivant l’expression des commissaires, est tout-à fait satisfaisant. L’assemblée du 25 novembre dernier, conformément aux propositions de son conseil, a donné à ces bénéfices l’affectation suivante :
- Réserve pour amortissements et
- fluctuations du portefeuile. '. . . 190 000
- Réserve légale : 5 %............. 17 189,20
- Aux actions : 5 %................ i5o 000
- Au Conseil : sur le solde........ 17 65g,45
- Aux parts de fondateur : 3o % ... 47 680,5o
- Aux actions : 1 %.............. . . . 3o 000
- Au fonds de prévoyance appartenant aux actionnaires............ 81 254,51
- C’est-à-dire que, tout en donnant au capital une rémunération fort intéressante que beaucoup d’affaires similaires n’assurent pas au bout d’un délai si réduit, le Conseil ne distribue que 46 % des bénéfices nets ; les entreprises de la Société sont, en effet, toutes de longue haleine et exigent des disponibilités considérables qu’il faut se ménager de toute nécessité. Cette répartition faite, le bilan d’entrée du troisième exercice se présente avec au passif un ensemble de 599645 francs affectés à des réserves diverses, de 227 680 francs de coupons à pajmr, de 1 144 875 fr. pour des titres à libérer, et de 2 256 788 fr. 80 de créditeurs divers et travaux en cours. L’actif offre comme contrepartie, notamment 2069828 francs dis. ponibles sous les rubriques: caisse, débiteurs divers, effets à recevoir, et 3 908 12.4 francs de titres en portefeuille ou de participations syndicales.
- Quels sont ces titres? Quelles sont ces participations ? Ces titres sont ceux de l’Energie Electrique du Sud-Ouest, de la Société des Forces Motrices de la Ilaute-Durance, de la Compagnie des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, de l’Energie Electrique du Centre. La maison Giroset Loucheur, en vertu des contrats antérieurs, est restée en nom dans ces sociétés,la Société Générale d’Entrepriseslui étant substitué pour les bénéfices et les charges. Sauf pour les chemins de fer de la Haute-Vienne, les travaux confiés par ces sociétés sont achevés, l’exploitation suit son cours et donne les meilleures espérances. L’installation des chemins de fer de la Haute-Vienne, est, au contraire, en voie d’exécution; elle constitue quant à présent en France, la première du genre réalisée en courant monophasé à haute tension, ion kilomètres sont sur le point d’être livrés à l’exploitation.
- Le montant des titres de ces diverses affaires est évalué à des cours inférieurs à ceux de la Bourse à un total de 2 027 o83 francs. Les participations syndicales, moins élevées comme montant total, ont été prises dans le Central Electrique du Nord, la Société Générale d’Entreprises dans l’Empire Ottoman, la Compagnie Générale d’Entreprises Sud-Américaines, et dans le groupement qui s’est donné à tâche de faire aboutir le transport de force du Rhône à Paris. Des études, d’autre part, sont entreprises pour réaliser des transports de force sur le littoral de l’Adriatique, l’électrification des chemins de fer hongrois et chiliens.
- . En France, au cours de l’exercice, la Société Générale d’Entreprises a été chargée par l’Energie Electrique du Nord, l’Union Electrique, la Société Rou-baisienne d’Eclairage et la Compagnie Française d’Eclairagc et de Chauffage par le gaz soit d’organiser ou de compléter leurs stations centrales, soit deprocéder à l’installation ou à l'extension de leurs réseaux primaires et secondaires. L’activité de la Société Générale d’Entreprises est donc mondiale : elle suit en cela la voie si bien tracée par les grandes maisons allemandes de construction qui se créent des débouchés dans tous les pays du monde en s’intéressant aux affaires qui s’y créent.
- On a beaucoup parlé, ces jours-ci, d’une réunion de banquiers qui ont réclamé l’idée d’une nouvelle organisation bancaire qui assurerait aux industriels et aux commerçants le crédit à long terme : c’est la banque d’exportation. Mais cet organisme n’existe-t-il pas en fait ? et n’est-il pas seulement nécessaire de lui donner plus de confiance dans ceux qu’il pour-
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- rait aider en les faisant tout simplement se connaître davantage? On en est de suite certain quand on constate le développement rapide de la Société Générale d’Entreprises aidée de diverses banques et notamment de la Banque Française pour le Commerce et l’Industrie.
- Nous parlions du transport des forces motrices du Rhône à Paris suivant le projet Ilarlé. Son étude poursuit son cours régulier. Il paraît que la majorité des commissions locales l’approuve et qu’il est encore facile de donner satisfaction aux desiderata exprimés par les populations riveraines du Rhône. Attendons-nous donc à assister à la réalisation du projet sous quelques années, en même temps que les progrès de la technique en rendront l’application plus facile. La ligne Dauphiné-Centre, dont nous donnerons une étude détaillée dans notre prochain numéro, constitue déjà une heureuse tentative.
- La Pyrénéenne d’Energie Electrique a mis en route en octobre dernier son usin'e d’Orlu. Immédiatement, les réseaux construits au nord et au sud de Toulouse et Toulouse elle-même par l’intermédiaire de la Société Toulousaine du Bazacle ont été alimentées. Le réseau du Tarn, c’est-à-dire Albi, Graulhet, Castres et Mazamet, desservi jusqu’à présent par les usines hydrauliques de Marsac et d’Orthez est maintenant tributaire d’Orlu. La Pyrénéenne dessert ainsi 332 ooo habitants, à l’aide de 817 kilomètres de lignes haute tension, soit plus de 4oo habitants par kilomètre, ce qui dénoté une situation favorable.
- La Compagnie Générale d’Electricité porte ses efforts sur les slatiorîs qui lui restent. Elle développe Amiens lant pour le service de la ville que pour étendre son rayon d’action ; elle vient de conclure à Nancy avec les tramways suburbains un traité de fourniture de courant avantageux pour les deux parties. Les Tramways suburbains qui n’auront plus à se préoccuper de leur production de force pourront porter toute leur attention à l’organisation et au développement de leur réseau.
- Comme complément à notre dernière information, disons que les Exploitations Electriques ont racheté le portefeuille de la Traction. Celle-ci apporte les titres de huit Sociétés de tramways que le commis-
- saire aux comptes évalue à 2900000 francs, en tenant compte des dépenses de réfection de matériel et des voies que ces Sociétés doivent faire à bref délai et auxquelles devront participer les Exploitations Electriques. La Compagnie Générale de Traction reçoit 4 000 actions de 2&o francs, soit un million de francs; 7 400 obligations de 260 francs 4 1/2 %, soit 1 85o 000 francs; et une somme espèces de 5o 000 francs à verser immédiatement. Dans ces conditions, on peut se demander comment la Compagnie de Traction pourra faire face à ses engagements vis à vis dè ses obligataires; de ses actionnaires, il ne peut être question.
- Le corollaire de celte constitution est celle de la formation de la Compagnie de Distribution d’Energie Electrique des Moulineaux, constituée au capital de 200 000 francs en 2 000 actions de 100 francs, dont 1 800 d’apport ; elle a pour objet la distribution de l’énergie, l’exploitation de toutes concessions. En fait, 700 actions sont attribuées à la Société Westinghouse et 1 o5o à la Compagnie Générale de Traction, en échange du bénéfice des accords intervenus entre l’administration des chemins de fer de l’Etat et ces Sociétés pour la fourniture à ces dernières pendant vingt ans,àdater du icr janvier 1911, de l’énergie électrique nécessaire à l’alimentation de leur clientèle. 200 actions sont à souscrire, payables un quart à la souscription, le reste à des époques à fixer par le Conseil.
- La Société du Gaz et de l’Electricité de Marseille procède à l’émission de 33 000 obligations de 5oo francs, 4 %, remboursables en trente ans et assimilées quant à leur valeur, intérêt et remboursement, aux 24 000 obligations émises antérieurement.
- Un mot du cuivre dont' le marché est toujours atone. La production de février a été d’environ 90 millions de livres et les stocks ont augmenté de près de i5 millions de livres. Cependant la consommation reste satisfaisante et le carnet d’ordres des fabricants est bien rempli de commandes. Conclusion : les cours sont en baisse! Comprenne qui voudra.
- D. F.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Seine-Inférieure. — Bignon a présenté au Conseil municipal d’Eu un projet de tramways électriques à établir entre Mers et Eu.
- Seine-et-Oise. — Par décret du 27 février est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département de Seine-et-Oise, du prolongement, jusqu’à la limite du département de Seine-et-Marne, de la ligne de tramway 'de Vincennes à Ville-Evrard et Maison-Blanche.
- Manche. — Le département de la Manche est autorisé à emprunter une somme de 1 900000 francs applicable aux frais d’établissement du réseau de chemin de fer d'intérêt local déclaré d’utilité publique ' par la loi du 23 juillet 1904.
- ÉCLAIRAGE
- Allier. — Le Conseil municipal d’Ainay-le-Château va examiner prochainement le projet d'éclairage électrique qui lui a été soumis.
- Deux-Sèvres, — Le Conseil municipal de Mauze a nommé une commission dans le but d’étudier un projet d’éclairage électrique.
- Une société cooperative serait à la veille d’être constituée à Mauze-le-Mignon, pour l’installation de l’électricité dans la commune.
- Indre. — M. Chagnaud a obtenu delà municipalité de Châteauroux la concession de l’éclairage électrique.
- Manche. —La Compagnie d’Energie Electrique de la Manche, dont nous avons annoncé la constitution dans notre numéro du 11 mars, se substituera à la Société Normande d’Electricité pour l’installation de l’électricité à Granville.
- Pas-de-Calais. — Le Conseil municipal de Boulogne-sur-Mer a accordé à la Compagnie du Gaz la concession de l’éclairage électrique qui avait été concédée primitivement à la Compagnie d'Entreprises- publiques et privées.
- Pyrénées-Orientales. — Le maire de Labarlhe-de-
- Neste a traité avec la Compagnie Electrique de la Ba-roussc pour l’installation de l’éclairage électrique dans la commune.
- Seine. — La municipalité de Malakoff a accepté le cahier des charges présenté par l’Est-Lumière relatif à l’installation de l’électricité dans cette commune.
- Le maire de Sceaux a été autorisé à signer avec l’Ouest-Lumière le traité de distribution d’électricité dans la commune.
- Seine et-Marne. — Le Conseil municipal de Meaux a approuvé définitivement la concession d’éclairage électrique déjà accordée en principe à la Compagnie Générale d’Electricité.
- M. Armagnat, demandeur de la concession d’éclairage électrique de Meulan, a soumis un nouveau devis à la municipalité.
- Vosges. — La demande de concession de distribution d’énergie électrique présentée par la Compagnie Générale d’Electricité au Conseil municipal de Bruyères n’a pu être acceptée, malgré un avis favorable, à cause des engagements de longue durée pris avec le concessionnaire actuel.
- Tunisie. — On annonce la constitution prochaine de la Société d’Eclairage Electrique de Bizerte, avec le concours de la Société Gramme et de la Compagnie du port de Bizerte.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Frange. — Pendant la traversée du Havre à Saint-Nazaire, effectuée par le paquebot Espagne, de la Compagnie Générale Transatlantique, qui doit assurer le service entre Saint-Nazaire et l’Amérique Centrale, on a procédé à plusieurs expériences très concluantes relatives au fonctionnement du compas azimutal hertzien Bellini-Tosi qui permet aux navires de relever le point par n’importe quel temps.
- Aune distance de 110 kilomètres, l’Espagne a pu relever le poste anglais de Niton (île de Wight) ; de plus, deux heures avant qu elle ne fût visible, 011 a pu découvrir l’emplacement de l’escadre française qui évoluait au large de Loriênt.
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- DIVERS
- Voyage d’études d’ingénieurs hongrois en France.
- Le gouvernement hongrois se préoccupe actuellement de l’électrification de ses chemins de fer. Il vient de mettre à l’étude l’électrification de la ligne de Fiume à Cameral-Moravice. Celte ligne, actuellement à traction à vapeur, d’une longueur de 90 kilomètres, relie Budapest et l’intérieur de la Hongrie au port de Fiume, le seul de ce pays. Le trafic est extrêmement intense. D’autre part, le profil est très accidenté et présente de nombreuses courbes et des rampes de très grande longueur atteignant a5 millimètres.
- La Société Adriatique-Electricité a fait des offres au gouvernement hongrois pour l’alimentation en énergie électrique de cette ligue, au moyen d’une usine hydroélectrique de 60 000 chevaux, qu’elle se propose d’installer en Croatie, sur la rivière « Gatka » près de la côte de l’Adriatique.
- L’étude de la station et des réseaux a été exécutée par des ingénieurs français, sous la direction de la maison A. Giros et Loucheur, de Paris. Le gouvernement hongrois, avant de prendre une décision au sujet de l’électrification de cette ligne, vient d’envoyer eu France et en Italie une mission d’ingénieurs chargés d’étudier spécialement les grandes distributions d’énergie électrique situées dans des régions particulièrement exposées aux intempéries.
- Le Ministre du Commerce et des chemins de fer de Hongrie, M. Hieronimy, a délégué MM. les directeurs et conseillers de Kelety, de Dubsky, de Koromzay et Madarasz, attachés au ministère ou à l’administration des chemins de fer.
- A ces délégués se sont joints : MM. de Tolnay, directeur de la Société d’Entreprises Electriques et de Communication, le docteur Halmos, les ingénieurs-constructeurs Foris et Adorjan.
- La mission hongroise a traversé toute la région comprise entre Genève et le littoral méditerranéen et a visité en détail la plupart des grandes installations électriques. Elle a été reçue et pilotée principalement par MM. Loucheur, de la maison A. Giros et Loucheur; Bouchayer, de la maison Bouchayer et Viallet; Lépine, administrateur de la Société des Forces Motrices et d’Eclairage de la ville de Grenoble, Forret, administrateur de la Société Adriatique-Electricité.
- La mission s’est d’abord rendue à Ugine où, reçue par M. Girod, elle a visité les grands établissements électrométallurgiques P. Girod Puis, successivement, les ingénieurs hongrois ont examiné les installations de la Séchi-lienne, dans la vallée de la Romanche; les usines métallurgiques Relier et Leleux ; l’usine de Vernay, de la Société hydro-électrique de l’Eau d’Olle; le poste de départ, sur la rive du Drac, de la ligne Dauphiné-Centre 60 000 volts) ; l’usine de Champ, appartenant à la Société
- de Fure et Morge; le chemin de fc.11 électrique de Saint-Georges à La Mùre-d’Isère ; l’usine de la Roizonne elles travaux de Ponsonnas sur le Drac. Ils sont descendus vers le littoral en visitant les stations de la Brillanne et de Yentavon, les réseaux de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, et enfin le poste de distribution d’Allauch, près de Marseille.
- Les ingénieurs hongrois ont été fort intéressés par leur longue visite et très étonnés de l’importance considérable, bien que complètement insoupçonnée à l’étranger, de nos installations hydrauliques et électriques dans celle région de la France.
- L'Exposition d'Electricité de Boston (1912).
- Une grande exposition d’électricité aura lieu à Boston (Mass.) du 28 septembre au 26 octobre 1912. Elle est organisée sous les auspices de l’Edison Electric Illumi-ualing Company, de Boston.
- La situation avantageuse de Boston, dans une contrée riche et commerçante et à proximité du Canada, dont la population est de 7 128 000 habitants, contribuera certes beaucoup à la réussite de cette grande manifestation internationale.
- Les organisateurs font appel aux différentes nations et notamment aux industriels français qui seront susceptibles de trouver là-bas des débouchés importants pour leur matériel.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société des Télégraphes Kotyra, — Durée : 5o ans. — Capital : 45oooo francs. — Siège social : 4S, rue de Lé-vis, Paris.
- Société L. Boiard, Hautecœur et Cie (Matériel électrique). — Durée : 8 ans. — Capital : i65 000 francs. — Siège social : 120, rue du Château, Boulogne-sur-
- Seine.
- CONVOCATIONS
- Energie Electrique du Nord de la France. — Le 24 mars, 69, rue Miromesnil, à Paris.
- Société Bitterroise de Force et Lumière. — Le 28 mars, 8, rue Pillel-Will, à Paris.
- Société Anonyme pour l'Exploitation des Procédés Westinghouse-Leblanc. — Le 3i mars, 7, rue de Berlin, à Paris.
- Compagnie des chemins de fer à traction électrique de Pierrefitte, Cauterets et Luy. — Le 3i mars, 21, rue de Londres, Paris.
- L'Aster. — Le 29 mars, 19, rue Blanche, Paris.
- Compagnie d'Electricité du Sénégal. — Le 5 avril, 19, rue Cambacérès, à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2» Série). — N“ dd-
- Compagnie des Tramways de Tunis. — Le3i mars, 3, rue Moncey, à Paris.
- Société d’Eclairage par le Gaz et l'Electricité. — Le a5 mars, 17, avenue Daumesnil, à Paris.
- Compagnie des Tramways électriques de Lille et de sa ban-llieue. — Le 7 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Société Boulte Larbodière et Cla. — Le 3o mars, 2, rue de la Pépinière, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Jusqu’au ior avril, à la Sous-Direction des Constructions Navales, à Toulon,concours pour la construction de trois sous-stations d’électricité à l’arsenal maritime de Toulon.
- Prochainement à la mairie de Denain, concours pour l’installation complète de l'éclairage électrique à la salle des fêtes.
- Jusqu’au 10 avril, à la préfecture d’Oran, offres pour la construction et l’exploitation d’un tramway électrique, de 29 kilomètres de longueur, projeté entre Oran et El-Ançor.
- BELGIQUE
- Le 29 mars, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture de câbles armés souterrains et pose de canalisations électri-
- ques de lignes vicinales de la banlieue de Bruxelles. Soumissions recommandées le 28 mars.
- BULGARIE
- Le 27 mars, à l’administration des finances du dis' trict, à Sophia, fourniture de 4oo wagons â marchandises pour les chemins de fer de l’Etat bulgare.
- Le 21 mars, à la direction générale des postes et télégraphes, à Sophia, fourniture de 2 ooo bocaux pour piles, 1000 ballons en verre, 2000 bouchons id.', 1200 pôles zinc, 2000 id. cuivre, 1000 kil. plomb,
- 1 200 kil. sulfate de cuivre, 2000 kil. sel d’ammoniaque, io 000 m. cts fil télégraphique isolé, 70400 isolateurs, 1 000 crochets en laiton, 46 4°° id. en fer, 20 000 vis,
- 2 000 kil. étain, 32000 kil. fil, 3o 000 kil. fil bimétal* lique, n5ooo kil. id. en bronze, 4 000 m- cts câble, 5 000 crochets à 2 isolateurs et 1 000 traverses à 8 idem.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- 9 mars. —Au ministère des Colonies, Paris. Fourniture d’isolateurs scellés.
- Manufacture de Sainte-Foy-l’Argenlière, 6175. — Verreries de Folembray, 7 200. — Boulonneries et ferronneries de Thiant, 7 100. — M. de Wavrin, 7 140. — Société métal, de Gorcy, 5 620. MM. Charbonneaiix et Cio, à Reims, àdj. à 5 520 fr. Prix unitaires: 3 5oo isolateurs n° 25/7, à simple cloche, scellés sur consoles longues en S, modèle de la Cochinchine, 1,07; 2 5oo isolateurs à simple cloche n° 25/7, scellés sur consoles courtes en S, 0,71.
- Pour éviter tout retard dans in rédaction de la Revue, nous rappelons que la Direction scientifique ne s’occupe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
- PARIS, — IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 47.
- Le Gérant : J -P. Nouet.
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- Trente-troisième année.
- SAMEDI 25 MARS 1911.
- Tome XIII (2® série). — N* 12 .
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
- La reproduction des articles de La Lumière Electrique est Linterdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 353. —J. Reyyal. La ligne Dauphiné-Centre, p. 355. —J. Rezelman’. La réactance synchrone et asynchrone (suite), p. 36^. — A. Busse. Chronique des tramways électriques : Perfectionnements apportés et résultats d’expérience acquis dans rétablissement des voies de tramways urbains (suite et fin), p. 37a.
- Extraits des publications périodiques. — Traction. Projet de voitures pour les tramways de Chicago, p. 375. — Usines génératrices. Station centrale de la « Empire District Company », 11. Buml>, p. 37G. — Correspondance, p. 378. — Brevets. Procédé pour la couduite d’alternomoleurs à collecteur avec un enroulement de travail sur le stator et sur le'rotor, p. 379. — Chronique industrielle et financière. — Notes industrielles. Le transformateur Ilegner, p. 38o. — L’emploi des lampes à vapeur de mercure pour le tirage des épreuves photograpliiques, p. 38i. — Etudes Economiques, p. 38i. — Renseignements commerciaux, p. 383. — Adjudications, p. 384-
- ÈD1T0RIAL
- L’article descriptif que M. J. Rcyval consacre aujourd’hui à la ligne Dauphiné-Centre contient des détails nombreux • et précis sur i’équipementaérien d’une très importante transmission d’énergie.
- Récemment mise en service à 60 000 volls, en septembre dernier, cette ligne est la première en France où l’on ait employé des conducteurs en aluminium.
- La ligne Dauphiné-Centre s’étend approximativement entre Grenoble et Saint-Etienne et fournit un exemple des plus intéressants de la liaison qu’il est possible d’elTectuer entre centrales hydro-éleclriques de deux-régions fort différentes au point de vue du
- régime des eaux. Les périodes d’étiage et de crues ne coïncident pas, en effet, sur les cours d’eau des Alpes et sur ceux du Massif Central. Aussi, la ligne Dauphiné-Centre est-elle l’artère essentielle qui permet de supprimer l’influence de ces variations de régime et de rendre, par suite, aussi économique que possible l’exploitation des vastes réseaux du centre de la France.
- M. J. Reyval se borne aujourd’hui à décrire la ligne, c’est-à-dire les pylônes, les isolateurs et les cables aériens. Il insiste spécialement sur la traversée du Rhône qucla ligne franchit en une seule portée de 3oo mètres. L’effort énorme qu’elle exerce sur les
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- ILA’ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — K® 12.
- pylônes de chaque rive (près de deux tonnes par conducteur) a nécessité l’étude de pylônes et de dispositifs d’allache spéciaux, clairement mis en évidence par des plans et des photographies.
- Un article ultérieur sera consacré aux sous-stations de transformation et aux postes de coupure.
- M. J. Rezelman, dont l’étude sur la réactance synchrone et asynchrone touche à sa fin, achève aujourd’hui la description des expériences qu’il a entreprises sur un alternateur de 7a K V A à pôles saillants massifs.
- Il détermine en particulier l’influence de l’excitation et les variations de la réactance lorsque l’alternateur fonctionne en moteur asynchrone.
- Dans un prochain travail, notre distingué collaborateur s’occupera d’un alternateur dont le rotor est lisse et massif.
- La fin du rapport présenté par M. A. Busse au Congrès de Bruxelles est relative à l’infrastructure des voies. Cette élude fait l’objet de notre Chronique des Tramways électriques.
- Les soubassements des voies doivent satisfaire à certaines conditions. Ils doivent d’abord être assez résistants pour prévenir le déchaussement des rails, mais il faut aussi pouvoir les établir assez rapidement pour
- entraver le moins possible la circulation sur la chaussée. Une autre qualité non moins essentielle à rechercher, c’est leur indépendance par rapport aux rails, de façon qu’il soit possible de remplacer ceux-ci sans démolir le béton.
- M. A. Busse passe en revue un certain nombre de types de soubassements et les considère à ces différents points de vue.
- On trouvera ensuite les spécifications imposées par les ingénieurs des compagnies de tramways de Chicago aux constructeurs du matériel roulant.
- Elles ont été élaborées dans le but d’uniformiser le plus possible les pièces de rechange et l’outillage des ateliers de réparations.
- L'Usine Centrale de la « Empire District Electric Company » présente des dispositions intéressantes, particulièrement en ce qui concerne l’approvisionnement du charbon et l’enlèvement des cendres.
- Nous en donnons, d’après M. R. Bump une rapide description.
- Signalons en particulier la présence dans cette usine des nouvelles pompes rotatives pour condenseurs décrites ici-même, ii y a peu de temps, par notre éminent collaborateur, M. Maurice Leblanc.
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- LA LIGNE DAUPHINÉ-CENTRE
- Parmi beaucoup d’autres, il existe en particulier, dans la région de Grenoble, deux usines hydro-électriques. L’une d’ellés, celle de La Roizonne, est située â Pont-Haut sur la Roizonne, affluent du Drac, à 43 kilomètres en amont de Grenoble; l’autre, celle de l'Eau d'Olle, se trouve près du confluent de l’Olle et de la Romanche, autre affluent du Drac. Toutes les deux alimentent, à la tension de 26000 volts, en courant triphasé, oe> périodes, des lignes de transport d’énergie qui aboutissent, à Grenoble, à la sons-slation de transformation du Drac.
- Cette sous-station est le point de départ de la ligne à 60 000 volts, dite ligne Dauphiné-Centre, qui s’étend sur une longueur dé 117 kilomètres et aboutit à Saint-Chamond, près de Saint-Etienne, où la tension de 60 000 volts utilisée pour le transport d’énergie est abaissée à 3oôoo volts qui est celle du secteur stéphanois.
- Les tensions de 3 o o c*o' et de 26000 volts étaient imposées par l’état de choses- déjà existant. Voici du reste dans quelles circonstances et pour répondre à quels besoins a été construite la ligne Dauphiné-Centre.
- La Société Energie Electrique du Centre, outre le secteur du Cher qui ne nous intéresse pas ici, exploitait déjà les deux réseaux de Saint-Etienne (3o 000 volts) et du Roannais (20 000 volts) au moyen de courant triphasé, 5o périodes, fourni par différentes usines hydrauliques ou à vapeur situées dans le bassin de la Loire.
- Afin d’accroître, d’une part, le développement du secteur de Saint-Etienne et de réaliser, d’autre part, la jonction de ce secteur avec celui du Roannais, cette société désirait acheter dans le bassin de l’Isère une partie de l’énergie électrique disponible.
- Une autre raison de grande importance dirigeait les recherches et les études vers
- i une combinaison de cette nature : allier le régime des eaux de la haute montagne avec celui des eaux des bassins du Centre et notamment du Plateau Central.
- Ces derniers possèdent des débits favorables à la création de chutes importantes mais extrêmement variables et même très faibles en été.
- C’est en été, au contraire, que les cours d’eau des Alpes, alimentés par la fonte des neiges et des glaces, présentent leur maximum de débit.
- Il était donc extrêmement intéressant de réunir les réseaux électriques alimentés par les usines hydrauliques de la région centrale à une ligne puisant son énergie dans les Alpes, de manière qu’il fût possible de ne faire intervenir les Usines thermiques que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles et d’obtenir, comme conséquence, avec une grande régularité de fonctionnement, un prix de revient des plus réduits.
- Tout cela a été réalisé au moyen d’accords conclus, d’une part, avec la Société anonyme des Lignes Electriques qui a fait construire, par les maisons A. Giros et Lou-cheur et Fougerolle frères, la ligne de tran-! sport d’énergie Dauphiné-Centre et qui en = laisse maintenant la jouissance, avec droit de rachat, à la Société Energie Electrique . du Centre, et d’autre part, avec la Société d’Eclairage et de Force Motrice de la ville de Grenoble, avec la Société Hydro-Electrique de Pures, Morge et Vizille et enfin, avec ! la Société Hydro-Electrique de l’Eau | d’Olle.
- I Grâce à ces derniers contrats, la ligne i Dauphiné-Centre est branchée à Grenoble,
- ; par L’intermédiaire de la sous-station du | Drac, sur des lignes à 26000 volts, antérieu-! rement en exploitation, alimentées par l’usine ï de l’Eau d’Olle et sur une ligne de raccof-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série).
- N° 12.
- dement direct avec l’usine de La Roizonne, egalement à 26000 volts.
- Celte dernière ligne a été construite par la Société anonyme des Lignes Electriques, en même temps que la ligne Dauphiné-Centre et dans les mêmes conditions, c’est-à-dire qu'elle en cède la jouissance à la Société Energie Electrique du Centre.
- La ligne Dauphiné-Centre a été mise provisoirement en service à 3o 000 volts au mois d’avril 1910 et définitivement à 60000 volts au mois de septembre de la même année.
- Nous nous occuperons aujourd’hui uniquement de la construction de la ligne Dauphiné-Centre. Elle est intéressante à plus d’un égard, et par la tension élevée employée pour le transport d’énergie et par l’emploi de l’alu minium dont sont constitués les câbles aériens, et enfin par les constructions spéciales auxquelles on a eu recours en certains points, tels que la traversée du Rhône.
- TRACÉ DE LA LIGNE Il n’existe sur la ligne qu’un seul poste de
- Ligne Dauphine-Centre.
- RHONE
- \ffives
- Cote S
- -> Izeauxy' f Bnezins
- Moîrans
- Condri j)
- l'Si$" Faramans Cour
- £? Chamond OSI ETIENNE
- Wubcrivcs
- 'ïF'\GRENOBLEf>
- 2)% mbert,
- Eau d’Qlle
- LOIRE
- ISERE
- Lejjende___
- ‘ont Haut
- — — Piquetage definitif de la ligne x .^.^Coupurcs simples
- ____Postes de coupure 0 Sous-stations de trans/bnnF’ou Postes..
- -----Usines génératrices
- i?ig. i. — Plan de lu ligne Dauphiné-Centre.
- En décembre dernier, la ligne de Chazelles sur Lyon à La Vourdiat assurait la jonction entre les secteurs de Saint-Etienne et du Roannais, par le poste de transformation 3o 000/20 000 volts installé à l’usine hydroélectrique de La Vourdiat, et, depuis cette époque, ces deux réseaux sont alimentés partiellement par les usines génératrices des Alpes, én se prêtant un mutuel appui.
- coupure pourvu d’interrupteurs à huile. C’est celui de la Côte-Saint-André, situé à peu près au milieu du parcours. Il y a en outre deux autres postes de coupure, à Tullins et à Auberives, inunis de sectionneurs à couteaux, ne fonctionnant jamais en charge, mais qui permettent, lorsqu’un défaut s’est produit, de le localiser et de faire passer la charge des deux lignes sur celle qui est
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- restée en bon état. Enfin,-des pylônes de sectionnement sont placés aux points dangereux, c’est-à-dire au col de Parmenie, à Cour et au col de Pavezin. Leur rôle est de sectionner au besoin les lignes, mais non pas d’effectuer entre elles une combinaison quelconque.
- La figure i est le plan du piquetage défi-nilif de la ligne.
- En quittant la sous-station du Drac, elle suit d’abord la rive gauche de cette rivière. Elle traverse bientôt l’Isère, à l’embouchure du Furon, emprunte différentes digues et franchit successivement le canal du Palluel, la Roise, la Morge et la Eure. A Tullins se trouve le premier poste de coupure, puis la ligne traverse le chemin de fer de Grenoble à Valence et arrive au col de Parmenie (point de sectionnement). Elle rencontre ensuite, à Izeaux, la ligne de Saint-Rambert à Rives et un tramway aboutissant à la Oôte-Saint-André, près du poste de coupure principal du môme nom où elle pénètre peu après. Elle passe ensuite par Le Trievoz, Faramans et traverse, avant l’arrivée au village de Cour (point de sectionnement) les lignes de transport d’énergie de la Société grenobloise de Force et de Lumière.
- A la sortie du village de Cour, la ligne est établie sur un chemin de grande communication du côté où se trouvaient primitivement les lignes télégraphiques, l’autre côté étant occupé par les lignes d’énergie de Force et Lumière. Il a donc fallu déplacer les lignes télégraphiques sur une longueur de Soo mètres environ.
- Le tracé passe par Vernioz, Auberives (poste de coupure), rencontre la ligne de Lyon à Marseille, puis le Rhône.
- La ligne entre alors dans le département de la Loire et pénètre en propriétés privées qu’elle ne quitte pour ainsi dire plus jusqu’au terminus. Pour cette raison, on a pu commencer les travaux sur cette portion beaucoup plus tôt que sur le reste du parcours, pour lequel on devait attendre les autorisations.
- Dans cëtte dernière partie du trajet de la ligne, les points intéressants sont d’abord la traversée, à Saint-Michel, du chemin de fer de Lyon au Teil, le passage au col de Pa-
- _____i_
- Fig. a. — Isolateur à <lo ooo volts monté sur sa ferrure. (Echelle : 1/4).
- vezin (point de sectionnement) et la traversée de la voie ferrée de Lyon à Saint-Etienne. La ligne arrive enfin à Saint-Chamond, poste de transformation terminus.
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- LES ISOLATEURS
- Les isolateurs de la ligne Dauphiné-Centre sont d’un type unique constitué par trois cloches en porcelaine travaillées séparément et réunies par scellement. La figure 2 en in-
- et mécanique effectués aux usines de Cra-moisy (Oise).
- Au point de vue électrique, la cloche supé-rieu re peut supporter pendant un quart d’heure une tension alternative de 70000 volts, et les deux autres une tension de 60 000 volts pen-
- _i_ ___
- 1 %Sa_ .
- —7-
- :_âoo___
- '60000
- z 5 00
- Vue de face, leij isolateurs et garde-fils une Vue de côté, avant le montage
- fois montés. des isolateurs et des garde-fils.
- Fig. 3. —Pylône d'alignement (armement simple^ (échelle : i/3o.)
- dique les dimensions ainsi que celles de la ferrure sur laquelle il est monté et qui est scellée dans lit cloche inférieure.'
- Ces isolateurs, du type farvillée, oqt été soumis à des essais de résistances électrique
- ejant le même temps. Les isolateurs une fois montés et scellés ont été éprouvés à iSqoqo op f 37 5oo volts, sans que l’arc s’aiq.orce.
- P’autres essais ont montré que, sous une pluie de 10 millimètres, à 45°, il se produisait
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- des effluves à g3 ooo ou 93 5oo volts et un arc à 118 000 volts. Or, le cahier des charges imposait respectivement, dans ces deux cas, les tensions de 90000 et iiSooo volts.
- Au point de vue mécanique, les isolateurs sont capables de résister à un effort de 900 kilogrammes à la gorge.
- ê
- parcours, à l’exception toutefois de certains points spéciaux où, les portées étant plus grandes que i5o mètres, on a préféré utiliser le bronze phosphoreux.
- Sur le profil courant de la ligne, les portées sont de l’ordre de 70 mètres. Chacun des six câbles que supportent les pylônes est
- Tableau I
- SPÉCIFICATION DE QUELQUES TYPES DE PYLÔNES PYLÔNES
- d’alignement d’fi ingle
- 5® à ia® n® à 35® 90»
- Hauteur hors du sol (mètres) 9,95 9>95 9,60 9,Go 9,60
- Hauteur dans le sol (mètres) 1,7.) 2 2 2 2
- Hauteur totale (mètres) 11,70 n,9fi 1 i,Go 11,60 800 X 800 11,60
- Base au niveau du sol (millimètres) 700X700 700 X 700 700 X 700 1 000 X 1 000
- Sommet du pylône (millimètres) 3ooX3oo 35o X 35o 400 X 400 400X400 400 x 4°°
- Montants (fers en L) (millimètres) jo X 5<>Xfi 70X70X9 80X80X10 9°X9°X ro iooXiooX*4
- Croisillons (fers en L) (millimètres) 3o x3oX3 <50X25X4 4oX4oX4 5oX35x4 60 X 4o X 5,5
- Diamètre des rivets fixant les croisillons. 9 IO 12 *4 16
- Poids (kilogrammes) 415 760 930 I IOO 1 5oo
- Effort au sommet (kilogrammes) 5oo -(- vent 1 344-j-vent % i6o-(-vent 2 835-j-vent 6014 -f- vent
- Type d’armement simple simple simple double double
- Nous décrivons plus loin les traverses qui les supportent. On voit comment ils sont montés : ils sont maintenus par un boulon qui comprime une rondelle Orover entre un épaulement de la ferrure et une plaque de serrage.
- Remarquons également que deux isolateurs immédiatement superposés ne sont jamais situés sur la môme verticale, mais légèrement désaxés: ceci afin d’éviter que la rouille provenant de la ferrure supérieure ne vienne tomber sur l’isolateur qui est en dessous ety diminuer la ligne de fuite, en rendant la cloche supérieure conductrice.
- constitué par 19 fils toronnés, en aluminium à 99,5 %, dont la charge de rupture est de 22 kilogrammes par millimètre carré. Le diamètre de l’un des fils élémentaires est
- de millimètres, et la section totale du 100
- conducteur de 8,8 millimètres carrés.
- Le travail maximum auquel sont soumis les câbles est de 7 kilogrammes par miili mètre carré, ce qui assure un coefficient de
- LA LIGNE
- La ligne aérienne, d’une longueur de 117 kilomètres,’se compose de deux circuils triphasés capables de transporter une puissance de i5 000 chevaux à 60 000 volts.
- Elle devait être en cuivre, dans le projet primitif, mais finalement c’est l'aluminium qui a été adopté sur la presque totalité du
- Fig. 4. — Pylône d’alignement (armement simple).
- Vue en plan.
- séeuritéaumoinségalà 3. Cependant pour les traversées de chemins de fer, on a prévu un coefficient de sécurité plus grand : il est égala 10.
- Nous avons vu précédemment, en décrivant le parcours de la ligne, que celle-ci
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 12.
- effectue la traversée de deux cours d’eau : l’Isère et le Rhône. D’autre part, en même temps qu’était construite la ligne à 60 ooo volts de Saint-Chamond à Grenoble (sous-station du Drac), on reliait cette sous-station à l’usine
- Fig. 5.— Sortie de Grenoble. Les bords du Drue. — Pylône d’alignement (armement simplet.
- de Pont-Haut, par une ligne aérienne à a6 ooo volts qui traverse le Drac.
- Les porlées imposées par la configuration du sol aux'points de traversée des lignes étaient respectivement : pour le Rhône, 3oo mètres ; pour l’Isère, 22a mètres et pour le Drac, 175 mètres.
- La traversée de ces trois cours d’eau a été réalisée dans les mêmes conditions, tout'au moins au point, de vue des conducteurs aériens. Ceux-ci sont en bronze phosphoreux dont la charge de rupture a pour valeur 80 kilogrammes par millimètre carré.
- Chacun d’eux est constitué encore par 19 fils toronnés dont le diamètre est égal
- millimètres, d’où
- 00 millimètres carrés
- 100
- pour section totale. Enfin le travail maximum qui leur est imposé est de 16 kilogrammes par millimètre carré ; d’où un coefficient de sécurité égal à 5.
- Pour en terminer avec la description des conducteurs en aluminium, il reste à indiquer comment se fait la jonction des extrémités de deux câbles qui doivent se prolonger. On les introduit l’un et l’autre dans un tube en aluminium recuit, de 4$ centimètres de longueur et de 3 millimètres d’épaisseur, puis on tord fortement celui-ci autour de son axe, cinq ou six fois. L’adhérence ainsi réalisée est suffisante pour assurer un contact électrique et mécanique des plus par-
- faits.
- LES PYLONES
- Les supports de la ligne Dauphiné-Centre sont des pylônes métalliques en treillis, système Rouchnyer et Yiallet. Ils sont répartis le long de la ligne à des intervalles variant en Ire no et 100 mètres. Leur écartement moyen est d’environ 67 -mètres. Ils sont pour la plupart à armement simple, c'est-à-dire qu’ils supportent seulement un isolateur par câble de la ligne de transport d’énergie. Lorsque la ligne fait un coude, on emploie des pylônes d’angle qui sont à armement double, c’est-à-dire que chacun des conducteurs répartit l’effort qu’il exerce sur le pylône entre, deux isolateurs dont l’écartement dépend de l’angle de déviation de la ligne.
- Enfin, on sait quelles règlements adminis-
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- tratifs exigent des lignes de transport d’énergie, certaines conditions.
- D’abord, elles doivent ctro distantes d’au moins a,5o m. du toit des maisons qu’elles surplombent. Pour satisfaire à cette prescription, on donne aux types normaux de pylônes, qu’ils soient à armement simple ou double, des hauteurs supplémentaires de i, 2,3, etc. mètres.
- D’autre part, il doit exister un écart d’au moins i mètre entre les propriétés bâties et le fil de la ligne de transportd’énergie qui en est le plus rapproché. L’étroitesse des bordures de certaines routes est souvent un obstacle à l’établissement des pylônes ordinaires. Il n’est pas possible de faire la fouille assez loin de la maison voisine pour que l’écart minimum indiqué ci -dessus soit respecté. Alors, on dispose les fils du même côté du pylône, à l’opposé de l’édifice voisin. Ils sont tous superposés et on constitue ainsi ce qu’on appelle Varmement, simple en drapeau.
- Le tableau I renferme les principales données de construction de quelques-uns des types de pylônes le plus employés. Les figures 3, 4 et 5 représentent les plans et la photographie d’un pylône d’alignement.
- Les traverses qui supportent les isolateurs sont en chêne ou en hêtre imprégnés à la créosote. Les traverses d’angle ou celles en hêtre ont été frettées. Quant à leurs dimensions, elles ont une longueur commune de a,5o m. et un équarrissage de 12X10 centimètres carrés.
- Elles sont fixées sur les pylônes au moyen d’équerres et la distance verticale qui les sépare est, en général, de i,5o m. Dans l’armement en drapeau, cet écart 11’est que de 1,20 m.
- Les pylônes d’angle et ceux qui sont armés en drapeau (fig. 6) ont, en outre, des garde-fils, simples tiges de fer rondes, verticales, maintenues par des bagues soudées et des fers en [ qui prolongent les traverses.
- Les pylônes à armement double supportent 6 traverses, et celles-ci sont disposées symé-
- triquement par rapport au pylône. Au contraire, la symétrie 11’est pas parfaite dans les pylônes à armement simple ou en drapeau. On voit, par exemple, sur la figure 3, ([lie la traverse supérieure n’est pas dans le plan des deux autres. De même, dans l’armement en drapeau (fig. G), les cinq traverses inférieu-
- g*. 6. — Armement en drapca i.
- res passent par l’axe du pylône, mais la traverse supérieure est déportée, absolument comme dans l'armement simple.
- Cette disposition a éfé adoptée parce que le sommet de chaque pylône est préparé de façon à recevoir éventuellement, dans l’avenir, un potelet en bois, porteur d’une ligne triphasée supplémentaire. Cette adjonction
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N» 12.
- 36â
- pourra, - dès lors, s’effectuer sans rien changer à l’agencement des lignes actuellement existantes.
- Signalons enfin le dispositif appelé herse, destiné à empêcher l’accession aux fils de transmission d’énergie en grimpant le long du pylône. A une hauteur de 4 mètres au-dessus du sol sont assujettis, au moyen de rivets, des fers plats de 3o X 4 millimètres carrés de section, dont l’extrémité est taillée en pointe. Leur longueur est d’environ 33 centimètres.
- Le nombre total des pylônes installés est de i 697, pesant ensemble environ 1 ?.5o tonnes.
- TRAVERSÉES DE RIVIERES
- Les longues portées qu’il a fallu employer pour les traversées de rivières ont nécessité l’étude de pylônes spéciaux de dimensions beaucoup plus grandes.
- Côté Rhône
- Fig. 7. — Coupe AB (fig. 9). — Dispositif d'attache d’un conducteur.
- Notamment, pour la traversée du Rhône, la portée est de 3oo mètres et l’ensemble des deux lignes triphasées exerce sur le pylône de chaque rive un effort de io 38o kilogrammes. La flèche atteint d’ailleurs 12,a mètres. Aussi les deux pylônes sont-dls de dimensions et de poids inusités. Ils pèsent ensemble 20 tonnes; l’un d’eux, d’une hauteur de 26 mètres environ, pèse 12 tonnes;
- Creitifkns L60i30iS
- CornièrÀ 60 x 60| 7
- Traversée du Rhône. Pylône rive droite, Yue de côté (échelle : i/6o).
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- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 363
- l’autre pèse 8 tonnes et a 16 mètres de hauteur.
- Nous ne décrirons paslessix pylônes dont l’étude a été laite séparément pour les traversées du Drac, de l’Isère et du Rhône. Le plus intéressant, car c’est de beaucoup le plus important, est celui qui est situé sur la rive droite du Rhône (fig. 8, 9 et 10).
- Traversée du Rhône. Pylône rive droite.
- Ce pylône pèse 12 tonnes et sa hauteur totale est de 26,75 mètres.
- Les figures 8 et 9 "en indiquent les principales dimensions.
- La partie inférieure est encastrée sur une hauteur de 2,25 mètres dans un massif de béton d’une surface de 5x3,3o mètres carrés et d’une hauteur de 2,5o mètres.
- Fig. 9.^— Traversée du Rhône, pylône Vue de face (échelle: 1/60).
- Ce massif de béton est placé sur pilotis et radier en béton ; une défense en pierres sèches protège le massif de fondations contre les effets des crues et desyemous^'qui en résultent.
- Ces précautions ont été nécessitées par la'nature du sol, situé sur l’ancien lit du Rhône et constitué en majeure partie par du sable.
- Les deux montants situés du côté du Rhône sont verticaux ; les deux autres sont inclinés vers le fleuve. Chacun d’eux est composé de trois tronçons dont les dimensions vont en décroissant à mesure qu’on se rapproche du sommet et dont la section est en forme de 1 [.
- Voici d’ailleurs les dimensions en millimètres des-T sections des trois tronçons de chacun des quatre montants.
- rive droite.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Tronçons inférieurs (longueur 9 mètres) : 220 X 80 X 9.
- Tronçons moyens (longueur 10,70 mètres)': 200 X 75 X 8,5.
- Tronçons supérieurs (longueur 7,.o5 mètres) : 160 X 65 X 7,5.
- Les croisillons sont uniformément constitués par des fers [ fixés entre eux etaux montants par des rivets de ifi millimètres.
- La section d’encastrement du pylône a pour dimensions 2,72 X 2,2 mètres carrés et au sommet elle est de 700 X 700 millimètres carrés.
- Le pylône supporte deux lyres dont les bras verticaux sont réunis par trois traverses en fer. A l’intérieur du pylône, entre les montants, passent trois autres traverses situées res pec tivement dans les mêmes plans horizontaux que les premières. Ces traverses supportent les isolateurs, et les fers [Z qui les constituent sont réunis au moyen d’entretoises en fonte.
- Dispositif iVattache d'un conducteur. — L’effort total de io38o kilogrammes exercé par la ligne sur chacun des pylônes équivaut à 1 780 kilogrammes par conducteur et ce dernier dépasse de beaucoup la limite de x*ésistance d’un isolateur.
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- Pour cette raison, chaque câble est attaché au pylône par l’intermédiaire de six isolateurs, et il les contourne en formant une boucle dont la forme est celle d’un heptagone.
- La figure 7 qui est une portion de coupe du pylône par le plan AB (fig. 9) montre très clairement, vus en plan, les détails de ce dispositif. On voit que les deux traverses situées le plus près du Rhône portent chacune deux isolateurs dont la distance d’axe en axe est de 1 mètre. Sur la troisième se
- «
- pylône et dans les deux autres tranches horizontales situées au-dessus.
- Des soudures, part un brin libre qui vient se raccorder sur un isolateur d’arrêt, avec la ligne aérienne terrestre, en aluminium.
- Ce dispositif de fixation des conducteurs a été appliqué pour chaque traversée de rivière.
- Boucle de mise à la terre. — Une autre particularité, qu’on rencontre également sur
- Vue de côté.
- Fig. 11. — Pylône de
- i Tn* en U l20i50tf-±
- Corn 60x60x6-
- _______, _Sqo______
- Vue de'face.
- sectionnement (échelle : i/3o).
- trouvent aussi deux isolateurs, mais dont l’écartement est moins grand : 400 millimètres seulement. Le câble, après avoir passé dans les gorges des 6 isolateurs, revient se souder sur lui-même, et forme ainsi le septième sommet d’un heptagone symétrique par rapport au plan du conducteur.
- L’effort de 1 7^0 kilogrammes est donc réparti entre six isolateurs, et d’une façon parfaitement symétrique.
- Ce que nous venons de dire relativement à la coupe AB se répète de l’autre côté du
- chacun des six pylônes de traversée, c’est la boucle de mise à la terre automatique des câbles en cas de rupture.
- Pour le pylône que nous étudions, cette boucle est située à 3 mètres de l’axe du pylône, du côté du Rhône (fig. 8). Elle affecte une forme rectangulaire de 6,4o mètres de largeur sur 4,5o mètres de hauteur et elle est maintenue à l’écartement indiqué par un système de croisillons.
- Signalons enfin que l’un des montants (côté Rhône) est pourvu d’échelons à partir d’une hauteur de 3 mètres au-dessus du sol.
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- PYLÔNES DE SECTIONNEMENT
- Nous avons vu qu’il existe sur la ligne, en dehors du poste principal de coupure (la Côte Saint-André) et des postes de coupure simple (Tullins et Auberives), d’autres points de sectionnement, au Col de Parmé-
- F'ig. 12. — Pylône de sectionnement.!
- perche. Si l’on considère une(traverse et, sur cette traverse, un des côtés du pylône, la ligne arrive de part et d’autre à deux isolateurs d’arrêt. Chacun des fils arrêtés sur les isolateurs est relié électriquement à l’un des pôles du sectionneur correspondant lequel est situé dans un plan différent de celui des isolateurs.
- La distance du plan des isolateurs et de celui du sectionneur est de 45 centimètres. Le sectionneur est un interrupteur ordinaire sans aucun dispositif de protection contre les étincelles puisqu’il ne fonctionne jamais en charge. Les contacts sont maintenus dans des isolateurs du type ordinaire, à tête cylindrique, scellée dans un capot en fonte porté par la traverse. Celle-ci est surmontée parles deux isolateurs d’arrêt. Le sectionneur s’ouvre vers le bas. La distance entre axes des deux isolateurs qui supportent ses contacts est de 85o mm.
- Voyons, en terminant, comment se raccorde la ligne Dauphiné-Centre avec les réseaux auxquels elle apporte l’appoint de l’énergie des Alpes.
- Le poste de Saint-Chamond est relié à l’usine à vapeur de Montaud (Saint-Etienne) par trois lignes triphasées à 3o ooo volts.
- nie, à Cour et au Col de Pavezin, points particulièrement délicats en raison des surtensions atmosphériques qui peuvent s’y produire.
- La coupure ne se fait jamais en charge en ces points et elle s’opère simplement au moyen de sectionneurs montés sur pylônes.
- Ces pylônes portent 6 sectionneurs à couteaux (fig. ii et 12), manœuvrables à la
- C’est là que se concentrent toutes les lignes provenant des différentes usines de la région de Saint-Étienne.
- Il en part une autre ligne à 3o 000 volts, qui aboutit à l’usine de La Vourdiat, où un poste de transformation alimente une ligne à 20 000 volts qui se raccorde au secteur du Roannais.
- J. Reyval.
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- 3é7
- LA RÉACTANCE SYNCHRONE ET ASYNCHRONE (Suite)(,)
- INFLUENCE DE l’eXCITATION
- Il y a encore lieu de faire ressortir l’influence d’une variation d’excitation (courant continu dans les électros) sur la réactance. Comme cela a déjà été signalé en 1906 (2), une variation de l’excitation est pour ainsi dire sans influence sur l’impédance (et la réactance) dans la position antagoniste, mais non dans la position transversale (fîg. 12).
- a) Position antagoniste.
- 1) En monophasé, sur une phase.
- La réactance diminue à ± 93 %,dès que l’on
- io
- ZOO- 10___________________„______________
- 0—0 to 20
- Excitation
- Fig. îa. — Tension de réactance en fonction de l'excitation à courant continu, à fréquence constante (5o périodes) et courant constant (ioo ampères.)
- fait Varier le courant d’excitation de o à une valeur correspondante à la saturation des pôles (courbure de la courbe de magnétisa-
- () Lumière Electrique, 18 mars 1911.
- (2) Les phénomènes dans les alternateurs mono et polyphasés. — Collection du Prof. E. Voit, tome VIII. F. Enke, éditeur, Stuttgart.
- tion) ; ensuite elle ne diminue presque plus.
- 2) En monophasé, sur deux phases en série.
- Elle diminue dans les mêmes limites à ± 87 %, mais, après saturation des pôles, la diminution continue lentement jusqu’à ±82 %. Il en résulte que c’est l’augmentation de l’induction dans l’entrefer, et par conséquent dans les épanouissements polaires, qui provoque la diminution de la réactance.
- La diminution est plus grande en 2 que en 1, ce qui s’explique par la disposition différente des enroulements par rapport aux épanouissements polaires ; dans le second cas, l’excitation à courant continu augmente la réluctance des champs supérieurs.
- b) Position transversale.
- i° La réactance diminue à ± 80 %, dès que l’on fait varier le courant d’excitation de o à une valeur correspondante à la saturation des pôles ; ensuite elle diminue progressivement jusqu’à ± 70 %.
- 2° Elle diminue dans les mêmes limites à ± 80 % et,après saturation des pôles, jusqu’à ± 67 %.
- Nous constatons de nouveau que c’est avec l’induction dans l'entrefer, et par conséquent avec celle dans les épanouissements, qu’augmente la réluctance du circuit transirersal.
- La grande saturation des noyaux polaires empêche une augmentation de l’induction, dans l’entrefer, avec l’excitation, c’est-à dire que la réactance de cette machine aurait diminué davantage si elle avait eu simplement des noyaux polaires plus grands.
- La réactance dans la position transversale dépend de l’arc polaire <x ; elle est moindre pour un arc plus petit et alors plus sensible
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). N° 12,
- à une variation d’excitation, de telle sorte que l’on peut même obtenir une réactance égale à celle dans la position antagoniste ; dans ce cas, l’impédance sera donc indépendante de la position du rotor, fixe ou en tournant lentement.
- Les réactances par phase, mesurées en monophasé sur deux phases en série, à la fréquence c = 5o et avec un courant de ioo ampères, sont donc :
- a) Avec rotor enlevé: o,oi85 ü ;
- Positions
- Fig. i3. — Tension de réactance, en monophasé, sm deux phases en série, pour différentes positions du rotor, à fréquence constante (5o périodes).
- b) Avec rotor dans la position antagoniste: 0,0245 Ü ;
- c) Avec rotor dans la position transversale : o,o52o Q.
- La figure i3 représente la réactance en monophasé, sur deux phases en série (rotor ouvert) en fonction de la posi tion du ro tor pat-rapport à l’enroulement du stator.
- Elle varie suivant une droite, en passant de la position transversale à l’antagoniste ; ceci est une conséquence de l’arc polaire
- a ~ 7^. On conçoit facilement que, en réduisant l’arc, la réactance tombera plus vite et variera moins dans les environs de la position antagoniste.
- La figure 12 donne encore la réactance en tournant lentement le rotor à fréquence constante c — 5o. et courant variable ; elle montre que la valeur du courant d’essai (donc de la tension) a peu d’influence sur les résultats.
- En résumé :
- En tournant lentement le rotor, les réactances varieront, pour une fréquence constante c = 5o et un courant de 100 ampères, dans les limites suivantes :
- i° En monophasé sur une phase, entre 0,0179 et o,o485 ü ; valeur moyenne : 0,0332 Ü ;
- 20 En monophasé, sur deux phases en série : entre 0,0245 et o,o520 Q; valeur moyenne: 0,0383 Ü.
- On mesure comme valeur moyenne :
- 1) e,,„,.ph„Be=3,64—I = ioo—costp-o,55-ev/I-cos2?=3,°5, d'où la réactance :
- 3 o5
- ^— = 0,0305 Q
- 100
- et
- 2) Cp„rpfcfts0=4,45 I =100 coscp=o,40 cy/i cos^<p=4,°5, d’où la réactance :
- ^ = 0,0405 Q.
- IOO
- En triphasé, on mesure :
- 3) tVn'n»..=4.35-If=n)o-coscp=o,34-cV'i-cos2ï.=4,i; la réactance est
- — = 0,041 Q.
- 100
- L’alternateur a servi aux expéi’iences comme moteur asynchrone, alimenté par un
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- courant de 5o périodes à la tension constante de i5 volts entre phases :
- A. Enroulement d’excitation du rotor ouvert (courbes en trait plein).
- B. Enroulement d’excitation du rotor fermé (courbes pointillées).
- On faisait varier la vitesse de o à 900 tours. On a relevé dans le cas A, la tension aux bagues de l’enroulement d’excitation ouvert et dans le cas B, le courant dans le circuit d’excitation fermé.
- pèremètre reste sensil)leme*nt immobile et ce ne sont que les voltmètre et wattmètre qui enregistrent les variations de réactance.
- Pour la tension de 15 volts entre bagues, le courant absorbé variait avec électros ouverts entre 86 et 128 ampères et, en court-circuit, entre 128 et 215 ampères.
- Les expériences ont été répétées, mais il n’a pas été possible de descendre à la valeur minimum de 66 ampères, mesurée dans la position synchrone 'fixe antagoniste. Le
- rotor
- Tours nso
- v entre phai
- Fig. 14. — En triphasé, i5 volts entre phases, 5o périodes.
- ---------- Enroulement d’excitation ouvert.
- ----------- » » fermé.
- 1) En triphasé {fig. i4).
- Au synchronisme, 700 tours, la réactance atteint la valeur maximum (antagoniste) de
- I 3
- —-—— = 0,136 £2,par phase.
- 1,67.66
- En faisant tourner la machine à réaction un peu au-dessus du synchronisme, la réactance varie suivant la position momentanée, antagoniste ou transversale, du rotor par rapport au champ du stator ; les appareils de mesure se mettent donc à osciller mais, la réactance de notre machine étant très faible, l’alternateur d’alimentation fonctionne presque en court-circuit. Il en résulte que l’am-
- moindre glissement, c’est-à-dire la moindre variation de vitesse, produit donc des courants secondaires dans le rotor, qui augmentent la réluctance ; ces mesures ne peuvent donc être utilisées pour déterminer expérimentalement les valeurs ou le rapport des réactances antagoniste et transversale.
- 20) En monophasé sur deux phases en série (fig. 15).
- Le courant minimum absèrbé au synchronisme est de 92 ampères ; la tension par
- phase étant : —... — 8,1 volts, la réactance 1 i,8d (')
- (*) D’après les mesures, en faisant tourner le rotor un peu en dessous ou au-dessus du synchronisme, le
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 12.
- y atteint la valeur maximu/n de
- 2) en monophasé, deux phases en série :
- — = 0,08$ £2,par phase. 92
- La tension entre les bagues d’excitation avec électros ouverts passe alors par un minimum er = 45 volts, correspondant au champ
- trotor
- JFig\ i5. — En monophasé, sur deux phases en série, i5 volts entre phases, 5o périodes.
- 1 - Enroulement d'excitation ouvert.
- -------- » » fermé*
- inverse; pour la tension normale de ni volts entre phases, e,. atteindrait donc la valeur de±35ovolts.
- Pour la vérification des mesures des courants à vide au synchronisme, les courbes de magnétisation E0 et de court-circuit Icc ont été relevées à la vitesse normale de tours, 5o périodes (fig. 16).
- On trouve pour un courant d’excitation de 1 ampère :
- E0 = volts entre pluiss
- et
- 1) en triphasé :
- lee = 96/» ampères;
- voltmètre oscille, mais sans descendre, comme précédemment en triphasé, à la valeur minimum de 92 ampères pour t5 volts entre phases.
- Ice = 142 ampères.
- Les réactances correspondantes par phase sont donc :
- 0
- 2S
- 20
- 300J S
- zao-tû
- 100 _ s
- O OjZG 0,50 Û.8S j I,zs-
- Excitation.,
- Courbes de magnétisation E0 et de cou t-circuit I,.c, à 75o tours, 5o périodes.
- 0
- Fig. 16. —
- au lieu de 0,136 Q, et
- 22,5
- i,85.142
- 0,086 £2
- au lieu de 0,088 O, valeurs trouvées par l’essai avide.
- Il nous reste encore à déterminer par le calcul le courant à vide, c’est-à-dire la réactance synchrone dans la position antagoniste.
- 1) En triphasé.
- D’après les essais, la réactance synchrone par phase dans la position antagoniste est :
- Roa = ± o,i 4 £2.
- Nous avons :
- R.»—0>0°367+o, 00466+0,00156=0,01Q,
- comme en monophasé sur deux phases en série.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 371
- Il reste donc pour
- Ri„ r= o,14 — 0,01 = o,i3 Q,
- d’où
- „ 6,q.5o.i22 2.2,8.27
- Ri« = ~-------;— X —--------£ «i« = 0,13
- 4.10" i,oi .0,3
- et
- c’est-à-dire
- *ta = 0,515 (•),
- 0,81.0,637.
- La réactance synchrone dans la position transversale se composera comme suit :
- R,t = x,n -J- xss = 0,00367 -|- 0,00466 = o,oo833 Q
- et
- ,, 6,0.5o.1 a2 22,8.27 „„ „„ „
- Ri< = ---;---;-- X -------^-.0,255 = o,o65 û,
- 4.108 i,oi ,o,3
- en admettant
- au = 0,255,
- c’est-à-dire
- au = 0,5. a»a = 0,40.0,637.
- On a pour la réactance :
- Re< r= o,o65 + o,oo833 = 0,0733 Q ;
- 1 ,
- et pour le rapport p—:
- Avoa
- et
- a) dans la position antagoniste :
- Roa = 0,140 £2
- b) dans la position transversale :
- R0( = 0,0733 S.2.
- La réactance synchrone est :
- 0
- + 5=
- 2 2
- et
- b)
- (çr + '¥)-
- Le champ inverse tourne à la même vitesse que le rotor, mais en sens opposé ; sa vitesse relative est donc double. Les essais en triphasé montrent que, dans ces conditions, la réactance est sensiblement la même que celle avec rotor tournant lentement (c’est-à-dire la moyenne entre les valeurs transversale et antagoniste), donc :
- Rcc = 0,0406 ü.
- Les réactances synchrones totales deviennent ainsi, d’après le calcul :
- , 0,140 , o,o4<>6 „
- a —- + —— = 0,0903 Q,
- 22
- au lieu de 0,087 ^ mesuré et
- 0,073 0,0406
- b)
- +
- = 0,0568 U}
- Ro«
- R
- oa
- 0,0733
- 0,14
- o,5a5.
- 2) En monophasé sur deux phases en série.
- Le courant de magnétisation, en monophasé sur deux phases en série, est le même qu’en triphasé ; la réactance par phase correspondante est donc :
- (l) C’est cette valeur de a,$ qui a été utilisée, page 329, dans la première partie de cette étude.
- d’où leur rapport :
- o,o568
- o,oyo3
- = 0,63.
- Pour terminer celte série d’études, nous décrirons enfin les expériences faites sur un turbo-alternateur avec rotor lisse, mais massif.
- J. Rezelman,
- Ingénieur, chef de service des A.C.E.C,
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-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — N° 12
- 372
- CHRONIQUE DES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS ET RÉSULTATS D’EXPÉRIENCE ACQUIS DANS L’ÉTABLISSEMENT DES VOIES DE TRAMWAYS URBAINS [Suite et Fin) (')
- INIUtASTHCCTUllE
- Le soubassement et la couverture des voies ont en général subi peu de perfectionnements dans ces dernières années.
- Le phénomène souvent constaté' d’une usure s du revêtement de la voie, plus forte le long des rails qu’en dehors de la plate-forme, s’observe partout. Dans les pavages en pierres, les pavés situés le long des rails s’affaissent souvent au bout de peu de temps en formant des cuvettes; dans les revêtements en asphalte ou en bois, les détériorations sont bien plus importantes.
- Si le macadam au goudron Aeberli, qui est encore actuellement au stade d’essai, parvient à donner des résultats favorables, peut-être pourra-t-on l’employer avec avantage ; il est moins coûteux que le pavage en pavés de première qualité ; de plus, la circulation des véhicules ne soulèvera pas de poussière et ne produira pas de bruit.
- Le macadam au goudron Aeberli est confectionné d’après le procédé suivant : on répand du goudron de houille froid sur de la pierraille nettoyée et chauffée entre 45 et 65° ; on mélange le tout et on en fait un tas que l’on recouvre de sable. Le goudron qu’enveloppent les pierres concassées, se transforme en un liant, grâce auquel on obtient un empierrement élastique, imperméable à l’eau et résistant à toutes les influences climatériques. Des essais ont été également exécutés dans le but de déterminer si cette masse ne pouvait pas remplacer le béton pour l’infrastructure et la superstructure. Ce remplacement donnerait en effet des avantages car le macadam Aeberli est moins coûteux qué le béton ordinaire et, grâce à son élasticité particulière, il résiste mieux que le béton aux vibrations des rails.
- Lorsque les voies doivent être inévitablement
- (>) Lumière Electrique, n et 18 mars 1911.
- posées dans le béton et l’asphalte, on a employé dans ces dernières années différents procédés de construction perfectionnés ou nouveaux. Tous ces procédés sont en général basés s.ur ce point : le relâchement des rails, dans les voies établies en béton, peut être empêché, ou tout au moins atténué avec le plus de succès, quand les rails sont supportés par des semelles en fer, des coussinets, des plaques en bois ou en béton armé, des traverses ou autres dispositifs spéciaux et quand ils sont ancrés avec des supports.
- Un mode de fixation des rails, très répandu il y a quelques années, et d’ailleurs encore fréquemment employé aujourd’hui, consiste à maintenir les rails au moyen d’étriers en fer filetés, enfoncés dans le béton et auxquels les patins sont attachés à l’aide de boulons et de plaques de serrage. Il existe des applications de ce procédé en pavage d’asphalte et en pavage d’asphalte avec bordures en pavés de bois dur le long des rails.
- Le soubassement en plaques de béton armé, système Reinhardt, employé depuis des années déjà par plusieurs compagnies, et notamment par la Grande Compagnie des Tramways de Berlin, a été perfectionné avec succès. Ce mode de construction est fort avantageux, car il permet actuellement de fixer les rails d’une façon durable et de mettre en service, même au bout de très peu de temps, des voies nouvellement installées, sans nuire à l’attache des rails. Ce procédé a déjà été employé également pour assujettir de vieilles voies déchaussées implantées, dans un corps de béton.
- Les plaques en béton ont 4oo à 5oo millimètres de côté et ioo millimètres d’épaisseur (fig. io). Elles conviennent parfaitement comme supports de rails, parce qu’elles sont fabriquées longtemps avant l'emploi, et qu’elles ne sont mises en œuvre que complètement prises et durcies ; elles peuvent donc être assemblées immédiatement aux rails, tandis que, pour le soubassement en béton frais,
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- il faut toujours attendre plusieurs jours avant de poser les rails.
- Contrairement à l’ancien procédé, les plaques en béton armé ne sont plus placées sous le patin des rails à intervalles de i,(> à a mètres, mais de i à 1,40 mètre, de centre à centre, selon les exigences de l’exploitation. Au début, on installait d’abord les plaques, puis on posait les rails dessus sans les fixer. Dans ces dernières années, cependant, on étend d’abord les rails, on les aligne, puis on attache les plaques au patin au moyen de boulons et de plaques de serrage; au préalable, la surface d’appui des rails est re-
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- Fig. 10.
- couverte à chaud d’un enduit bitumineux. Les plaques qui dépassent la plate-forme de la rue de 3o à 40 millimètres sont coulissées au moyen d’un mortier de ciment pas trop fluide, ou bien elles sont bourrées par un mélange de ciment, ou bien, quand la voie doit être mise immédiatement en exploitation, elles sont coulissées au moyen d’asphalte. Dans la pose de cette superstructure, il faut surtout veiller à ce que le bourrage ou le cou-lissage soient absolument irréprochables et aussi à ce que les boulons soient fortement serrés. D’abord les vidés entre les plaques en dessous du patin du rail et du rail lui-même jusqu’au-dessous du revêtement de la voie donnent être damés méthodiquement avec un bon mélange de béton frais. Grâce aux armatures métalliques qui ressortent latéralement, les plaques se lient avec le béton de la couverture de la rue, de façon à constituer un corps unique, de telle sorte que les plaques ne sont plus indépendantes et rie
- peuvent se relâcher du soubassement en béton.
- Dans les voies où la circulation des tramways et des autres véhicules est faible, on a cherché à économiser le béton en bombant la partie du soubassement comprise entre les rails. Ü11 peut également employer des plaques en béton armé pour l’installation des croisements et des branchements.
- La pratique a démontré que l’emploi du béton armé dans la construction des voies de tramways sous la forme décrite ci-dessus était un progrès technique considérable; tout d’abord, ce mode de construction permet d’abréger notablement la durée de l’établissement des voies et le temps pendant lequel le service est interrompu ou entravé ; ensuite, grâce à la fixation des rails sur les plaques, le danger du relâchement des rails est réduit au minimum.
- Quoique, d’après les résultats aipquis jusqu’ici, la bonne fixation des rails soit garantie, il peut se faire néanmoins que, avec le temps, les vibrations latérales dues aux mouvements de lacet des voitures aient une action nuisible sur la masse de béton se trouvant le long des rails. A cet égard, nous avons cependant à signaler quelques difficultés concernant le renouvellement ultérieur de tronçons entiers ou de rails isolés, qui serait occasionné par l’usure des pièces de fixation telles que boulons, plaques de serrage.
- Quoi qu’il en soit, le renouvellement des voies installées suivant le système Klelte ou celui de la ville de Berlin occasionnera des difficultés et des frais beaucoup plus grands, attendu qu’il faut presque deux fois autant de béton que dans le procédé Schoneberger.
- Dans le but de supprimer le contact entre le rail et le béton et de pouvoir remplacer les rails sans être obligé, de démolir le béton, nous avons imaginé avec l’ingénieur licinhardt un nouveau mode de pose des voies sur longrines en béton armé. Le procédé actuellement courant et consistant à établir des voies très rigides et à les envelopper de tous côtés de béton non élastique, a été abandonné. Nous avons cherché à obvier au bruit provoqué parle passage du matériel roulant en isolant les rails du béton au moyen de bitume; nous avons également ramené à des dimensions plus économiques et plus rationnelles au point de vue technique, les profils de rails qui actuellement sont pour la plupart extrêmement
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- hauts. La hauteur et le poids des profils de rails, en usage aujourd’hui dans les tramways, dépassent souvent les dimensions admises pour les chemins de fer de grande communication. Et cependant les charges et les vitesses atteintes sur ceux-ci sont beaucoup plus élevées que sur les premiers et, d’autre part également, quand les rails de tramways sont implantés dans une couverture d’asphalte ou un pavage établi sur un soubassement rigide, ils ne subissent pour ainsi dire pas d’efforts de flexion.
- L'emploi de ces profils de rails hauts et lourds s’explique dans les rues avec pavages en pierre, mais n’est plus justifié lorsqu’il s’agit de rues avec revêtement en asphalte ou en bois. On peut en limiter notablement la hauteur lorsque les rails sont reliés solidement au soubassement en un très grand nombre de points ; dans ces conditions, en effet, les mouvements indépendants auxquels les rails bas et légers sont exposés, dans une mesure naturellement plus forte que les profils lourds et hauts, ne se produisent pas, ou bien ne se font sentir que dans des limites qui ne sont pas nuisibles.
- Pour les courbes, il est possible d’utiliser des longrines en béton du blême genre; soit avec surface d’appui des rails quelque peu élargie, soit sans ailes latérales ; par contre, les croise-sements et les changements de voie réclament la fabrication de pièces de forme spéciale.
- Le procédé peut être appliqué également aux pavages en bois ; il suffit de modifier légèrement les longrines en béton armé.
- Dans ce système d’établissement de voies, l’infiltration de l’eau le long des rails, qui a pour résultat une rapide destruction du béton, est pour ainsi dire complètement évitée ; en effet, la masse d’asphalte, coulée entre l’âme du rail et les parois latérales intérieures des longrines en béton armé, constitue une barrière de beaucoup plus sûre et plus aisée à contrôler que la coulée d’asphalte au bourrelet, comme cela se fait habituellement. .
- L’eau ne peut non plus s’infiltrer aux joints, car les rails sont posés sans joints et leurs extrémités sont soudées électriquement par l’intermédiaire de cales formant éclisses.
- N Les voies peuvent être mises en service sitôt après l’achèvement du corps de la voie, même si le bourrage en béton des longrines n’est pas encore complètement durci; cette mise immédiate en
- service est possible parce que, même dans les cas les plus défavorables, la pression atteint à peine i kilogramme par mètre carré, charge que le béton bourré sous la traverse peut sans inconvénient supporter au bout de très peu de temps.
- Nous ajouterons encore qu’on procède en ce moment à des essais à l’aide de plaques d’appui en feutre armé, intercalées entre le patin du rail et’la longrine en béton armé.
- 11 n’est pas encore possible d’indiquer actuellement le coût exact de ce mode de soubassement ; cependant il ne doit pas être beaucoup plus élevé que celui des procédés habituellement employés jusqu'à ce jour. En tous cas, les frais sont certainement plus faibles que ceux de quelques types nouveaux de voies et ceux qui sont occasionnés par l’emploi de profils de rails hauts et lourds.
- Jusqu’à présent, le roulement sur la voie d’essai installée l’an dernier est très bon et silencieux ; de même, il ne s’est encore produit ni usure ondulatoire, ni relâchement des rails (’).
- Il nous faut encore citer comme procédé de construction ayant, depuis le Congrès de Milan, subi certains perfectionnements, le procédé électro-pneumatique breveté de la firme Melaun, de Berlin, employé pour effectuer les opérations suivantes : enlever la couverture d’asphalte et le béton sur une largeur quelconque et jusqu’au-dessous du patin, au moyen de marteaux à air comprimé, aux joints à renouveler et aux autres endroits détériorés le long des rails posés dans l’asphalte ; combler les vides créés dans le béton par des traverses en béton armé.
- Dans ces derniers temps, le procédé Melaun a été appliqué à Berlin sur une échelle plus étendue qu’auparavant. Les anciens compresseurs étaient insuffisants ; ils ont été remplacés par de nouveaux appareils étudiés spécialement en vue du procédé en question; ces compresseurs permettent le travail simultané de 4 à 6 marteaux à air comprimé. Les nouvelles installations et les marteaux sont munis de dispositifs destinés à amortir le bruit et grâce auxquels on rompt le (*)
- (*) Citons encore un procédé de superstructure sur traverse en béton armé, procédé qui cependant rie peut trouver emploi que dans les rues en pavage ordinaire ou empierrées. Ce procédé a fait l’objet d’articles de M. Bioss, de Dresde, dans les revues Béton und Eisen et Elektrische Kraftbetriebe und Balinen.
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- béton avec beaucoup moins de bruit qu’aupara-vant. Il est possible ainsi d’entreprendre actuellement ces travaux à l’intérieur des villes, même dans les rues étroites, sans provoquer les plaintes des riverains. Les principaux avantages de ce mode de rupture du béton, par rapport à l’ancienne méthode, consistent en ce que l’enlèvement du béton peut se faire sans mettre en vibration les rails adjacents et aussi en ce que l’on peut n’enlever tjue la quantité de béton strictement nécessaire pour le renouvellement du joint ou la fixation du rail. Grâce à ce procédé, le béton qui entoure l’endroit attaqué n’est endommagé en aucune façon. La régularité de la rupture permet l’emploi des traverses en béton armé pour combler les vides créés. Auparavant, les traverses en béton armé étaient fortement reliées au soubassement de béton. Dans ces dernières années, les traverses ont été placées avec succès sans aucun moyen de fixation. Cette disposition a eu pour résultat une diminution notable des frais de pose. Grâce à l’emploi d’une substance bitumineuse élastique et à prise rapide, pour le remplissage des joints, les voies peuvent être mises en service sitôt la pose des traverses terminée. Ce mode d’exécution fournit le moyen d’entreprendre avec succès les réparations né-
- cessaires dans les rues asphaltées» à n’importç quelle époque et pendant les interruptions de service les plus courtes.
- Les systèmes de soubassement et d’implantation des voies ordinairement employés, ainsi que les différentes espèces de couvertures des voies, n’ont pas subi de modifications remarquables.
- Il en est de même des dispositifs d’écoulement des eaux. Disons cependant que la firme Staeker et Fischer, de Leipzig, a exécuté, au cours des dernières années, de nombreux travaux en béton perméable à l’eau ; les résultats obtenus sont favorables autant qu’on en peut juger jusqu’à présent.
- Nous ferons remarquer, en terminant cette rapide revue des progrès réalisés dans le domaine de l’établissement des voies, que les essais et les résultats acquis relatifs aux profils à donner aux surfaces de roulement des rails et aux bandages ne sont encore ni terminés, ni définitifs ; en conséquence il conviendrait, à notre avis, de voir cette intéressante question traitée d’une façon détaillée, lors d’un prochain Congrès.
- D’après A. Busse,
- Ingénieur en Chef de la Grande Compagnie de Tramways de Berlin.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- TRACTION
- Projet de voitures pour les tramways de Chicago. — Electric KaiUvay Journal, 29 octobre 1910.
- Le deuxième rapport annuel du Board of Super-vising Engineers (Chicago Traction), comporte une information extrêmement intéressante sur le projet de construction de nouvelles voitures de la compagnie Chicago City Railways.
- En 1907, cette compagnie installa un service complet de voitures sous la dénomination de pay an y ou enter cars (payez en entrant dans la voiture). C’était, aux Etats-Unis, l’inauguration d’un nouveau système.
- En une année d’application du procédé, les re-
- cettes avaient augmenté de 7,2 % ; les recettes par voiture-heure se sont accrues de a 1,2 %,
- ce qui prouve une perception plus rigoureuse des places; il y a eu une diminution du nombre des voitures-heure de n ,9 % , ce qui correspond à une plus grande rapidité des voyageurs pour monter dans les voitures et en descendre, en même temps qu’à une économie d’exploitation ; enfin, il y a eu une réduction considérable du chiffre des accidents.
- Sur les lignes du réseau circulent des voitures de dimensions variables. C’est un grave inconvénient au point de vue de l’économie d’exploitation, en ce sens qu’il n’est pas possible d’uniformiser les pièces de rechange et les fosses des remises.
- Le bureau des Supervising Engineers, après avoir discuté les différents types et les diverses dimensions
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- des voitures qui leur étaient soumises, prit les décisions suivantes :
- Le type de la voiture pay as y ou enter devait comporter une plate-forme à chaque extrémité, avec un couloir central ne devant pas avoir moins de 0,575 m. de largeur.
- Toutes banquettes disposées transversalement n’auront pas moins de 0,90 m. de longueur et seront rembourrées.
- La hauteur de la voiture, mesurée depuis le sommet des rails jusqu’à la base du socle du trolley ne sera pas inférieure à 3,5o m. ni supérieure à 3,55 m.
- Longueur des plaie-formes : 2,5om.
- La longueur totale de la voiture entre butoirs, ne sera pas inférieure à 14,625 m. ni supérieure à 14,750 m.
- La largeur du gabarit ne dépassera pas 2,625 m.
- Ecartement d’axe en axe des pivots des boggies : de 6 à 6,125 m.
- Cette spécification sera d’ailleurs sévèrement imposée aux constructeurs.
- Indépendamment des véhicules dont la caisse est en bois, la Compagnie a passé des ordres de construction d’un lot de 5o voitures, entièrement métalliques,comportant toutes les dimensions stipulées ci-dessus.
- Conformément à une résolution du bureau des ingénieurs, les trucks ont leurs roues munies d’un dispositif perfectionné de garde-roues. Il s’est aussi prononcé en faveur de l’équipement à quatre moteurs, tous les essieux étant moteurs, se basant sur cette raison que la perle d’un moteur laisse toujours deux moteurs en activité pour l'achèvement du parcours, tandis que, avec un équipement double, la mise hors d'emploi d’un moteur détermine une surcharge de l’autre, de sorte que la vitesse du véhicule s’en ressent au point de donner lieu à des décalages dans l’horaire.
- La ventilation des voitures a été aussi l’objet d’une étude attentive et doit s’accomplir d’après les données suivantes :
- i° L’air frais doit arriver en dessous des banquettes et passer sur les chaufferettes;
- 20 L’arrivée d’air doit se produire en de multiples points ;
- 3° L’évacuation de l’air vicié doit s’effectuer par le pavillon de la voiture.
- Une voiture d’une capacité de 28 à 29 mètres cubes doit admettre un renouvellement d’air d’au moins 793 mètres cubes à l’heure, conformément aux décisions du comité de salubrité et d’hygiène publique.
- Comme il est permis de fumer sur les plates-formes, ôn a aussi prescrit les moyens d’affranchir de la fumée le vestibule d’avant.
- L’aération n’a pu être assurée que par des ventilateurs mécaniques.
- Aux roues en fonte primitivement en usage, on a substitué des roues en acier qui sont moins bruyantes que les roues en fonte. La composition chimique du bandage est déterminée de façon que l’acier en soit un peu plus doux que celui du rail, le service ayant intérêt à prolonger la longévité du rail plutôt que celle du bandage. E. D.
- USINES GÉNÉRATRICES
- Station centrale de la « Empire District Electric Company ». — H. Bump. — Electrical World, 1e1' décembre 1910.
- La « Empire District Electric Company », organisée en 1909 et qui exploite les districts de Joplin, Webb City, Carterville etGalena, vient deconstruire une station centrale de i5ooo kilowatts à turbines à vapeur.
- L’emplacement choisi a été Riverton (Kansas), cù l’on rencontrait le plus decommodités au point devue de l’alimentation en eau et du transport du charbon.
- La chaufferie comprend 16 chaudières de 5oo chevaux, avec surchauffeurs et chargeurs automatiques alimentés par des trémies situées dans la longueur de la chaufferie entre les deux rangées de chaudières.
- Le charbon arrive par voie ferrée. Les wagons, remorqués le long d’une rampe par un cabestan électrique sont ainsi amenés au-dessus du silo à charbon. Ce silo, construit en béton, mesure i5,2o m. de largeur, 45,Go m. de longueur etio,3o m. de hauteur. Une benne automatique, d’une tonne et demie de capacité, se déplaçant sur un monorail et actionnée par moteur électrique, permet de décharger les wagons et d’amener le charbon soit dans le silo, soit dans les trémies de la chaufferie.
- Les cendres tombent des grilles dans des trémies d’où elles sont enlevées par aspiration, dans des tuyaux de 20 centimètres de diamètre qui les conduisent dans un réservoir de 40 tonnes de capacité placé à l’extérieur de la chaufferie. Les cendres peuvent tomber de ce réservoir dans les wagons.
- L’appareil d’aspiration est un ventilateur actionné par une turbine à vapeur de 5o chevaux tournant à 3 600 tours par minute.
- Les bâtiments sont constitués par une ossature en acier et des murs en béton armé ; la chaufferie me-
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- sure 24 mètres sur 45 mètres, la salle des turbines i5 mètres sur 24 mètres, et celle des transformateurs 9 mètres sur 24 mètres.
- Les unités génératrices sont constituées par deux turbines horizontales doubles, actionnant des alternateurs triphasés, à 25 périodes, 6600 volts, 1 5oo tours par minute, pouvant fournir une puissance normale de 6 000 kilowatts, avec un facteur de puissance égal à 0,8. Ces alternateurs sont garantis comme pouvant supporter d’-unc façon continue une surcharge de 5o % pendant une heure. Les excitatrices sont constituées par un groupe de 125 kilowatts actionné par une turbine, et un groupe de 125 kilowatts actionné par un moteur électrique.
- Chaque turbine est pourvue d’un condenseur Westinghouse Leblanc (*) monté directement au-dessous de la turbine et suspendu à son socle.
- Le groupe de pompage, constitué par la pompe de circulation et la pompe centrifuge spéciale h air sec montées sur le même arbre, est actionné, par l’in-tcrmédiaire d’un accouplement élastique, au moyen d’une machine à vapeur à grande vitesse et est suspendu au condenseur.
- Fig. 1. —Coupe de lu chambre clos transformateurs.
- Tous les interrupteurs principaux, soità 6600 volts, soit à 33 000 volts, sont commandés électriquement depuis le tableau.
- Il y a deux groupes de transformateurs de 2000
- (*) Voir Lumière Electrique (20 série), tomes II, III et XI,
- kilowatts, â bain d’huile et refroidissement par circulation, élevant la tension de 6 600 à 33 000 volts ; un transformateur de réserve peut être connecté à l’un ou l'autre groupe.
- Chacune des trois sorties de ligne est protégée par des parafoudres électrolytiques et par des bobines de self immergées dans l'huile.
- Les compartiments des barres collectrices, qui sont établies au-dessus d’une charpente en acier, sont construits en briques et en ardoise (fîg. 1).
- Entre tous les conducteurs à liante tension sont placées dos plaques séparatrices en amiante.
- L’usine décrite ci-dessus fonctionne en parallèle avec une usine hydro-électrique de 3 000 kilowatts et avec une usine auxiliaire de réserve possédant deux unités de 5oo kilowatts actionnées par moteurs à gaz et située à environ 4° kilomètres de l’usine principale.
- Deux des sorties de lignes de Tusine principale sont réunies aux deux extrémités d’une ligne de 96 kilomètres de longueur, formant une boucle complète. La troisième ligne traverse cette boucle presque en ligne droite.
- Les lignes sont supportées par des poteaux en cèdre, distants de 45 mètres, de 9,3o rn. de hauteur et 20 centimètres de diamètre au sommet. Chaque poteau porte deux traverses : la traverse supérieure supporte à l’une de ses extrémités un fil de ligne, à l’autre un fil de fer galvanisé mis à la terre. La traverse inférieure supporte les deux autres fils de ligne. Une ligne téléphonique est supportée par des consoles, et transposée tous les deux poteaux ; un second fil de fer galvanisé mis à la terre est tendu entre la ligue téléphonique et les fils à haute tension. Ceux-ci sont transposés environ tous les 3 kilomètres.
- Les bâtiments des sous stations sont constitués par des charpentes d'acid* démontables recouvertes de tôle galvanisée et ondulée. L’équipement à haute tension consiste en un interrupteur à huile destiné à ouvrir la ligne en boucle dans le cas d’accidents, un interrupteur ii huile sur les circuits de transformateurs, et un groupe de parafoudres électroniques. Les transformateurs à bain d’huile et refroidissement par eau sont tous de 35o kilowatts et abaissent la tension de 33 000 à 2 3oo volts.
- L’énergie, pour les circuits de moteurs, est distribuée et vendue à 3oo volts et tous les moteurs au-dessus de 25 chevaux sont alimentés à 2 3oo volts.
- Tl. 13.
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- CORRESPONDANCE
- Sur la représentation de la puissance utile dans le cercle de Potier-Ossanna.
- A propos du récent article de M. Guilbert, M. Th. Lehmann nous fait part des considérations suivantes :
- Dans son mémoire sur le cercle de Potier-Os-sanna, M. Guilbert fait remarquer (p. 29G de la Lumière Electrique du u mars), que la direction des segments donnant directement les courants
- watté de la puissance utile est découpé par le cercle et la droite SBrf ( fig. 5) sur la perpendiculaire qu’on abaisse du point B sur le diamètre SOj du cercle.
- M. Th. Lehmann signale que, du reste, le travail de M. Guilbert contient tous les éléments nécessaires pour la démonstration de cette utile propriété. Appelons, en effet, Iv, et G, les points d’intersection des perpendiculaires BK et BG avec la droite SB et
- t<r(v _ (* +q) Çi ) 1 /»ig + 7»/gK2 (rn,2 — 1)
- ° [ÿi ''1 /?/xa — 1) — jys/’2K2]ffl,
- wattés utiles « n’est nullement perpendiculaire à SBœ comme l’a indiqué M. Grob ».
- Or M. Th. Lehmann fait remarquer qu’il a été justement établi par M. Grob ('), ainsi que par M. Sumec {-) et par lui-même (3), que le courant
- (’) Voir Elektrotechnische Zeitschrift, 1904, p. 474 et Eclairage Electrique 1904, tome XL, p. 466.
- (2) Voir Elektrotechnische Zeitschrift, igro, p. 11a.
- (•’) Voir Eclairage Electrique, ' 1903, tome XXXVI,
- p. 288.
- le coefficient angulaire de SB(< (formule G2).
- On démontre alors, tout comme M. Guilbert l’a fait pour le couple, que :
- BG, cos iv 1
- BK, cos (îv — ivi cos av -f- sin aytg w
- 2 q% r2 Ka
- <j />/, -— 1----' — -—
- ___________________yi t\
- a m 12 -|- 1
- Or, on retrouve la même expression en remplaçant,
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- a /y
- qui multiplie 56), ce qui dé-
- dans le facteur i ,
- L >'i (i + ^t2)-
- cjt U4 (formule 58), par sa valeur montre bien que BG( représente directement le courant watté de la puissance utile. On se trouve ainsi dispensé, une fois pour toutes, de la multiplication
- par le facteur
- 2 /• j q
- ----;—;-------m > un Peu pénible.
- / i ( i -J-tr/Wj2) J
- La construction de la ligne de puissance SBW- est également susceptible d'une simplification. Le segment GG', découpé par les droites SB» et SBrf sur
- la perpendiculaire abaissée d’uti point B quelconque du cercle sur le diamètre SOi, étant égal au courant watté correspondant aux pertes Joule dans l’induit,
- c’est-à-dire à : il suffit de porter cette valeur,
- depuis G, perpendiculairement à SOi ; le point Gi que l’on obtient ainsi, permet de tracer immédiatement la droite SB^. Cette construction de SBrf offre le double avantage d’être rigoureuse et plus simple que celle au moyen du facteur angulaire tg ur.
- BREVETS
- Procédé pour la conduite d’alternomoteurs à collecteur avec un enroulement de travail sur le stator sur le rotor. — Allgemeine Elek-tricitat) GsselJs.chàfr. — X" 4o6, demandé le 3o avril 1910.
- Dans les alternomoteurs à collecteur comportant un enroulement de travail sur le stator et sur le rotor, il faut, lorsqu’on veut obtenir une commuta-t’on idéale, que le champ inverseur, engendré par l’enroulement de travail du stator et influencé encore éventuellement par des bobines d’inversion propres, obéisse à une loi déterminée qui dépend de la vitesse et de la tension totale de la machine. Les procédés de conduite connus, depuis le poste du conducteur, ne garantissent pas, par conséquent, une commutation exempte d’étincelles à toutes lesvitesses.
- Pour obtenir ce résultat, le réglage de la tension de travail au stator, ou tension de compensation, voire aussi, le ças échéant, de la tension des bobines d inversion, doit s’effectuer automatiquement, d’une façon dépendant de la vitesse et cela, de telle sorte que, suivant celle-ci, une partie déterminée de la tension totale soit appliquée à l’enroulement du travail du stator, voire même aussi aux bobines d’inversion,
- La tension totale proprement dite, c’est-à-dire la somme des tensions de travail, pour un même nombre d’enroulements du stator et du rotor, laquelle détermine, en même temps que la charge, la vitesse du moteur ou des moteurs, doit, par contre, être réglée de la manière usuelle, depuis le pp.ste du conducteur,
- La figure i montre une forme d’exécution ; « désigne les balais de travail du moteur, e les balais excitateurs qui sont raccordés au transformateur excitateur t' qui est en série avec l'enroulement de ravail c du stator et l’enroulement inverseur h de
- l’enroulement secondaire w du transformateur de débit t. Les balais a sont alimentés par le secondaire en' du même transformateur de débit.
- Le nombre d’enroulements primaires du transfor-
- À .VV».V*.WAVCA\V/AVW^
- Fig. I.
- mateur de débit t doit être réglé depuis le poste du conducteur, et la tension totale du moteur, influencée par ce fait. Par contre, pour le réglage des tensions prélevées aux enroulements w, w’, on a prévu des dispositifs de commutation automatiques; ces tensions sont ainsi réglées en fonction de la vitesse.
- Pour obtenir que le réglage soit fonction de la vitesse, on peut combiner le moteur avec un régulateur à force centrifuge qui agit mécaniquement, électriquement ou pneumatiquement sur les dispositifs de sûreté ou interrupteurs à gradins des enroulements secondaires, par ce fait que ce régulateur met, par exemple, en circuit ou hors circuit les bobines d’aimant des appareils de sûreté ou un aimant d’arrêt de l’interrupteur. Un autre moyen consiste clans l’emploi d’une petite génératrice de courant auxiliaire, accouplée avec le moteur, ou autrement actionnée avec une vitesse proportionnelle, laquelle génératrice alimente les bobines de sûreté de différentes dimensions et les fait agir successivement lorsque la vitesse croît. La machine auxiliaire peut engendrer un courant continu.
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- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Le transformateur Hegner.
- A puissance d’éclairage égale, on sait que la lampe à filament métallique consomme environ 70 % de moins que la lampe-en carbone, mais cette économie n’est réelle que si la puissance éclairante est d’au moins 2b bougies, c’est-à-dire bien supérieure à 'celle qui est nécessaire dans les installations moyennes qui sont les plus gros consommateurs et, par conséquent, les plus intéressants à envisager.
- On a proposé l’emploi de lampes à faible voltage qui présentent, sur les lampes de 110 volts couramment employées, l’avantage de pouvoir être fabriquées pour toutes les intensités désirables, si faibles soient-elles, de durer plus longtemps et de coûter moins cher.
- Si l’énergie électrique est fournie sous forme de courant alternatif, on peut facilement obtenir la tension voulue (15 à 3o volts), à l’aide de transformateurs ou d’auto-transformateurs, abaissant la tension fournie par la distribution ; dès lors, on peut placer toutes les lampes indépendamment en dérivation, au lieu d’être obligé de recourir à des montages complexes, comme lorsque l’on ne dispose que de courant continu à 110 ou 120 volts.
- Mais les transformateurs ont l’inconvénient, lorsqu’ils fonctionnent à vide ou à faible charge, de diminuer le facteur de puissance du réseau, ce qui augmente les dépenses de cuivre pour les canalisations, dont la section doit être plus grande.
- C’est pour cette raison que les compagnies distributrices d’électricité s’efforcent d’empêcher l’emploi, sur leurs réseaux, d’appareils pouvant diminuer le facteur de puissance.
- Pour tourner la difficulté, on a pensé à alimenter chaque lampe, ou chaque groupe de lampes, par un transformateur spécial, l’interrupteur qui commande le groupe de lampes étant placé entre la source et le transformateur. O11 arrive ainsi à faire travailler le v transformateur à une charge pour laquelle le facteur de puissance est satisfaisant.
- Mais, par contre, avec ce mode de montage, les
- lampes ne sont plus. indépendantes les unes des autres, comme cela est nécessaire pour réaliser les conditions les plus économiques.
- Afin d’obvier à ces inconvénients et pour donner en même temps satisfaction aux compagnies distributrices d’électricité, M. Hegner a eu l’idée de monter un condensateur en dérivation entre les bornes d’alimentation du transformateur abaisseur de tension.
- Le condensateur absorbe un courant déphasé de 90° en avant, courant qui se compose avec le courant déphasé en arrière absorbé par le transformateur. Selon la valeur de la capacité, on peut obtenir des déphasages variables dans le circuit d’alimentation et, en particulier, un facteur de puissance voisin de l’unité, lorsque le transformateur fonctionne à vide, cas le plus défavorable.
- «ilWUUL
- SJ s
- Fig. 1.
- Les essais effectués au Laboratoire Central d’Elec-tricitéont porté sur un auto-transformateur destiné à alimenter 8 lampes de 20 bougies, à filament métallique. Les dimensions d’encombrement de l’appareil étaient i,5 décimètre cube. L’appareil était alimenté sur 110 volts par le courant du Secteur de la Rive Gauche (fréquence 4® périodes par seconde).
- On a fait deux sériés de mesures : la première dans les conditions ordinaires, la seconde, après avoir disposé un condensateur entre les bornes d’alimentation (fig. 1).
- Avec le montage ordinaire, on a trouvé qu’à vide le facteur de puissance était égal à 0,67, le courant étant déphasé en retard sur la tension.
- Avec un condensateur de i microfarad, on obtenait, à vide, un facteur de puissance égal à o,835, valeur supérieure à celle demandée par certaines compagnies pour le facteur de puissance à charge normale.
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- Avec un condensateur de 1,37 microfarad, le facteur de puissance devenait égal à 0,9, mais alors le courant était en avance sur la tension et de meme pour toutes les valeurs supérieures de la capacité.
- Dans ces dernières conditions, le transformateur améliore le facteur de puissance du réseau et les compagnies de distribution d’électricité ne peuvent que trouver intérêt à son emploi.
- D’ailleurs, l’adjonction d’un condensateur convenablement choisi a l’avantage d’améliorer aussi le rendement du système. Les mesures effectuées montrent en effet que, pour la charge normale de l’auto-transformateur, soit 20 volts et 6,5 ampères, le rendement était égal à 0,86, sans condensateur, et qu’il atteignait 0,88, soit 2,3 % en plus, avec condensateur.
- Fig-, a.
- Les condensateurs employés ont un volume très réduit par rapport à leur capacité, environ o,i décimètre cube par microfarad; ils peuvent donc se placer dans la boîte de l’auto-transformateur ou à côté sans augmenter notablement les dimensions d’encombrement (fig. 2).
- Les condensateurs sont éprouvés à 700 volts elfl-caces et présentent par conséquent toute garantie pour résister aux tensions de 11 o ou 220 volts ordinairement employées.
- J. B.
- L’emploi des lampes à vapeur de mercure pour le tirage des épreuves photographiques.
- Une intéressante application des lampes à vapeur de mercure pour le tirage des épreuves photographiques a été faite récemment en Allemagne par une importante maison de Nuremberg.
- Pour l’obtention des épreuves, elle employait
- jusqu’à présent six lampes à arc fonctionnant par trois en série et consommant 3o ampères, soit une consommation totale de 60 ampères pour les six lampes. Avec ces six appareils, la production était de 480 épreuves par heure, et la consommation horaire de 6,9 kilowatts,soit une dépense de 1 fr. 75.
- Des essais ont été faits avec une seule lampe à vapeur de mercure et le résultat a été le suivant.
- Au moyen de cette lampe, on a réussi à tirer 120 épreuves en une heure. Elle a consommé par heure 5oo watts, y compris la perte dans le convertisseur Cooper Hcwitt employé pour redresser le courant alternatif fourni par le réseau de distribution, la lampe ne fonctionnant que sur courant continu.
- Il résulte que les dépenses de courant pour les 120 épreuves étaient seulement de o fr. 12.5. Par conséquent, avec six lampes, il est possible de tirer 720 épreuves avec une consommation de courant de o fr. 70.
- Un autre avantage très important en faveur de l’application des lampes à vapeur de mercure est la possibilité de pouvoir travailler à celte lumière sans être obligé de protéger les yeux avec des lunettes. Ceci n'est pas possible avec les lampes à arc employées généralement pour la photographie, car elles dégagent des rayons ultra-violets nuisibles à la vue.
- Les lampes qui ont servi à ces essais étaient du type Westinghouse. Nous rappellerons qu’elles se composent d’un tube en verre, d’un diamètre de 2,5 centimètres et d’une longueur de 1,20 m. environ. Le réservoir à mercure formant électrode négative est pdacé à une extrémité du tube, l’autre extrémité comportant une électrode métallique positive. On a fait le vide dans, le tube, et il ne contient que du mercure, dont une partie est vaporisée par le passage du courant. Cette vapeur de mercure atteint une haute incandescence à une température compia-rativement basse, produisant une lumière de grande intensité et très actinique.
- L. P.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- La conclusion de notre dernière note sur le marché du cuivre était probablement trop pessimiste puisque les événements de la semaine écoulée nous ont plutôt contredit. C’est une satisfaction de constater uiie telle erreur qui prouve une tendance à l’amélioration de la situation économique.
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- En Europe, les consommateurs se sont bien approvisionnés et beaucoup de commandes ont été passées pour des livraisons prochaines. L’Amérique paraît plus confiante et « des rachats d’engagements à « découvert ont été effectués delà part d’opérateurs « importants qui semblent retourner à la hausse en « prévision d’une amélioration prochaine dans les « conditions industrielles aux Etats-Unis ». La signature prochaine du traité de réciprocité avec le Canada peut, en effet, donner un essor au commerce et par contre-coup à l’industrie. On signale qu’une Compagnie américaine,qui avait récemment entrepris la construction d’une usine à Hamilton dans l’Ontario, vient de faire cesser les travaux, parce qu’elle , ne voit plus aucun avantagea fabriquer son matériel au Canada, le traité de réciprocité assurant aux industriels américains l’entrée en franchise de leurs produits au Canada. D’autres causes interviennent pour modifier la situation, comme l'amélioration du marché monétaire, la prévision de récoltes bénéficiaires.
- En France,, l’événement de la semaine est le vote du premier paragraphe de la loi sur la rétroa tivité des retraites des employés de chemins de fer. Ce vote acquis à la presque unanimité des députés est une bien grave atteinte à notre droit ; ce n’est pas le premier du même genre, les autres ayant un caractère plus politique qu’économique, mais c’est la consécration de ce nouveau principe qu’un contrat signé entre l’E tat et ses concessionnaires peut à tout instant être modifié par lui, de sa seule volonté,.sans aucune charge pour lui et aux’dépens de ses concessionnaires. Une pareille désinvolture ôte désormais toute sécurité aux conventions entre parties où l’Etat sera l’une d’elles..., et favorise l’essor des capitaux qui ont tout à craindre du très bon plaisir des législateurs.
- En attendant le vote de cette loi qui aura les plus graves conséquences, les litres de chemins de fer baissent- Pour’ rassurer davantage les porteurs,, on préjuge et on solutionne toujours au profit de l’Etat la question si complexe de la garantie d’intérêts. Tout est matière du reste à solliciter les capitaux français pour des affaires françaises : notre régime des mines est sur le point d’être bouleversé et de nombreuses demandes de concessions déposées depuis plus de cinq ans attendent la refonte complète de la loi de 1810 le renouvellement du privilège de la Banque de France est combattu par ceux mêmes qui devraient en comprendre toute l’utitilîté. Il ne faut donc plus s’étonner du succès des émis-
- sions d’oütremer, de la stagnation de nos valeurs les plus solides, et des réalisations qui pèsent sur notre Bourse.
- Les Tramways de l’Est-Parisien, plus heureux que beaucoup d’autres, viennent d’obtenir du Conseil Générai l'autorisation de poser le trolley dans Paris jusqu’au Ponl-Neuf et de modifier les horaires des trains-ouvriers. La première décision porterait sa justification dans la difficulté de la pose du caniveau au-dessus du tunnel Austerlitz-gare d’Orsay : il y a peut-être là plus de bonne raison apparente que réelle. Mais surtout le désir de donner satisfaction au personnel entraîne à des conséquences financières auprès desquelles les question» esthétiques sont d’un bien faible poids. Les Compagnies défendent leurs actionnaires : qui pourrait le leur reprocher !’ Elles défendent aussi leur vie sociale menacée par les mesures démægogiqffc» qtt’on veut leur imposer, si elles n’obtienttefrt. jw» de compensation.
- L’exemple de la Compagnie Générale Parisienne de Tramway» justifierait encore cette résistance. Les recette» générales pour rqfw se sont élevées à 9 4«3 oiSfranc»,endîmînwftomde 280francs sur celles de iqoq. Le solide disponible du compte profils et per tes, y compris le report â nouveau de p 296 fr. 69 du dernier exercice, se monte à *74 fr. 45. Une provision1 de' 56b 000 franc» a été auparavant attribuée à la réfection des voie» et do matériel, tandis que l’an dernier ce chapitre n’avait reçu que i5o 000 francs seulement- Le: solde bénéficiaire, très inférieur à celui de l’exercice précédent, ne permettra pas de distribuer de dividende aux actions ordinaires qui1 avaient reçu 10 francs en 1910.
- Prenons par contre quelques résultats de sociétés de tramways à l’étranger : les Tramways Florentins distribueront i a,5o au lieu de 12 francs ; les Tramways Napolitains proposeront à leurs actionnaires 25 francs par action de jouissance, ta fr. 5© par part de dividende contre respectivement 2 2 fr. 5o et r r fr. 2 5 en 1909. Pour les Tramways' de Turin l'e dividende a été fixé à 22 francs au lieu de 20 francs,, et pour les Tramways de Bilbao, l’action ordinaire reçoit 5 francs et la part de dividende un franc.
- Les Tramways de Nice et du Littoral, qui avaient bénéficié au cours de l'exercice d!e plus-values, de recettes très appréciables, n’ont pas non plus réalisé des bénéfices nets correspondants. Leur recettes étaient passées de 3 729 6-32 à 4 o«>3 871 francs, en augmentation de 275 000-franc»; mais les dépenses d’exploitation ont suivi la même progression et le bénéfice brut d’exploitation est passé de 101.5647
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- francs à i o63 5i2 francs seulement. Sur celte somme, le conseil a pratique de très larges amortissements soit 780 891 fr.etle solde du compte profits et pertes, joint au report de l'exercice précédent, ne rend disponible que 38/* 960 fr. au lieu de 427 836 fr. La répartition proposée sera de io francs, semblable à celle de 1910.
- A Bordeaux de môme les Tramways disposant d’un solde en légère plus-value sur Tan dernier distribueront le môme dividende de 5 % , ou 12 fr. 5o par action absorbant 1217087 francs sur un bénéfice net de 1 48545o francs.
- L’Energie Industrielle, qui exploite plusieurs réseaux de distribution, a réalisé en 1910 un bénéfice net de 3oi 296 francs contre 288 538 francs en 1909. Le dividende sera de 5 % . Au cours de F exercice, le capital-actions était passé de 3087 800 francs à 4 millions, et 2 millions d’obligations ont été émises. Toutes ces disponibilités ont été principalement employées en extension des réseaux, car les immobilisations figurent au bilan 1910 pour 5 492 498 francs contre 2 349 991 francs en 1909, tandis que le portefeuille passait de 835900 à 842955 francs. Les deux postes de l’actif : prime de remboursement des obligations et frais de constitution et d’émission, s’élevant ensemble ^786 780 francs,, ont une bien grande importance pour un capital relativement faible. Les bénéfices nets ne représentent encore que les 7,53 % du capital. Le Conseil proposera d’en porter un tiers à la réserve et aux amortissements.
- La nouvelle confirmée d’une répartition de 11 fr. 5o aux actions de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen a rendu quelque confiance aux porteurs de cette valeur. L’augmentation des recettes est de 698 000 francs ; la réduction des dépenses a permis, d’autre part, d’abaisser le coefficient d’exploitation. L’année a été exceptionnelle, l'abondance des eaux ayant évité le recours à la vapeur; mais il est vrai de dire que les réseaux établis commencent k donner un rendement plus intéressant.
- Le rapport du commissaire des comptes à l’assemblée générale de la Société Les Exploitations Electriques a donné tout le détail du portefeuille apporte par la Compagnie générale de Traction. Les diverses actions le composant, n’étant pas cotées, le commissaire aux apports a du en faire une estimation basée sur la situation active et passive de chaque société. Puis il a tenu compte des travaux urgents de réfection du matériel et des voies à effectuer à bref délai, des réserves suffisantes n’ayant pas été constituées en raison de la distribution trop importante de dividendes sur les bénéfices des exercices antérieurs. En conclusion, on peut dire que la Compagnie générale de Traction a laissé péricliter un patrimoine que toutes conditions financières et économiques lui ont donné beaucoup de mal à exploiter. Il faut seulement espérer que le sacrifice des premiers actionnaires n’aura plus lieu de se renouveler avec la nouvelle Société.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE
- Doubs. — La concession de distribution d’énergie électrique à Montbéliard a été définitivement accordée à l'a Société des Forces Motrices du Refrain.
- Les travaux d’installation vont commencer très prochainement.
- Autriche-Hongrie.—• Sur la rivière Bojta près Cjames et Corlina, sera établie très prochainement une station d’énergie électrique d’une force de 7000 chevaux.
- 4 000 chevaux seront destinés à l’éclairage électrique des environs cl 3 000 chevaux à l'exploitation des chemins de fer électriques entre Toblach et Àiupczzo.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris. — La Compagnie Générale Radiotélégraphi-que,dont nous avons annoncé le projet cle formation dans notre numéro du 11 février, a été définitivement constituée le i5- mars dernier, sous les auspices de la Compagnie Générale d’Electricité, au capital de 3 5oo 000 fr„ pour continuer l’ancienne Société Carpentier, Gaiffe, Rochefort.
- Ont été nommés administrateurs : MM, PauiBoumer, d’Àrsonval, .T. Carpentier. Gaiffe, E. Geuly, R. Lehi-deux; directeur technique : M, Rochefort; secrétaire général : M. Sins. Plusieurs autres personnalités seront adjointes prochainement à ce premier conseil.
- Le but de la Société est d’exploiter les brevets Lepel
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- dont elle s’est assurée la propriété entière. Ce système consiste à supprimer le bruit de l’émission dans les stations de télégraphie sans fil et peut s’appliquer à toutes les puissances, depuis les portées de 200 kilomètres jusqu’à celles de 4000 kilomètres.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Allgemeine Elektricitâts Gesellschaft, Berlin.
- A. E. G. Scheinwerfer mit Zeiss-spicgel.
- Westinghouse Electric Company, Paris.
- Ampèremètres et voltmètres portatifs types « P S » pour courants alternatifs et continus.
- Ampèremètres et voltmètres type « S B ».
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 20 avril, à la mairie de Vaudoy (Seine-et-Marne), concours pour la construction et installation d’un moteur à pétrole et d'une pompe, caut. : 23o francs. Renseignements à la mairie.
- Le 20 avril, à l’Hôtel des Invalides, Paris, fourniture de 800 dispositifs de double communication pour fil télégraphique, modèle 1909.
- Fourniture de 800dispositifs de double communication pour circuit téléphonique, modèle 1910.
- Les pièces nécessaires pour être admis à concourir devront être fournies, au plus tard, le 9 avril.
- Renseignements à l’établissement central du matériel delà télégraphie militaire, 5i bis, boulevard Latour-Maubourg, Paris.
- BELGIQUE
- Le 4 avril, à 10 heures, à l’école de pyrotechnie, rempart de Hoboken, B. M. n° g, à Anvers, fourniture des machines et appareils nécessaires à l’installation d’une distribution de force motrice par l’électricité et de l’éclairage électrique à ladite école.
- ALLEMAGNE
- Prochainement, à l’administration de la ville, à Pfor-zheim, construction d’un tramway électrique, 2 i65ooo marks ; établissement des installations de production de l’énergie pour le tramway, 278 000 marks.
- Prochainement, à l’administration de la ville à Düsseldorf, établissement de tramways, 675 000 marks.
- BULGARIE
- Le 19 avril, à la municipalité,• à Varna, établissement de l’éclairage électrique de la ville, 855 000 francs.
- ESPAGNE
- Le 4 avril, à la direction générale des télégraphes, calle de San Ricardo, à Madrid, fourniture de 100000 isolateurs en porcelaine type espagnol ; cautionnement : 5 %. Ces isolateurs doivent être fournis par parties égales à Barcelone, Cordoue, Madrid, Valence et Sarra-gosse.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- i3 mars. — Hôtel des Invalides, Paris. Fourniture de deux cents postes microphoniques de forteresse, modèle 1909 (sans microphone).
- Société Industrielle des Téléphones, 5g,80. — MM. Mambret clCie, 67. — Brunet, 66,25. —Association des ouvriers en instruments de précision, 72 fr. — MM. Mildé fils et Cie, adj. à 55 fr. le poste.
- 16 mars. — Au ministère des Colonies, Paris. Fourniture de câbles électriques.
- Société industrielle des téléphones, 2o6og,5o. — M. Grammont, à Pont-de-Chéruy, adj. à 19 553.
- Prix détaillés.
- 2 5oo mètres câble téléphonique sous papier pour réseau à 7 paires de conducteurs, le mètre : i,34 ;
- 5oo mètres câble à 28 paires de conducteurs, le mètre : 2,90;
- 2 25o mètres câble à 56 paires de conducteurs, le mètre : 5,3o;
- 5o mètres câble télégraphique à 7 conducteurs sous gutta et plomb, 4,aa î
- 2 tètes en fonte pour câbles téléphoniques, à 56 paires de conducteurs (modèle des bureaux centraux), la pièce: 100 ;
- 2 têtes en fonte pour câbles téléphoniques à 56 paires de conducteurs (modèle des chambres de coupure), la pièce : i5o;
- 100 kil. fil recouvert de gutta-percha et coton pour téléphones, le kil. : 10,20;
- 1 200 mètres de câble à .1 conducteur recouvert de gutta et de coton pour poste, le mètre : 0,60;
- 5o mètres câble téléphonique, à 2 paires de conducteurs sous gutta et plomb, le mètre : 1,90;
- 200 mètres câble téléphonique sous plomb à 1 paire de conducteurs sous caoutchouc, le mètre : 0,785 ;
- 5o mètres fil recouvert de coton paraffiné à 1 conducteur, le mètre : 0,132;
- 5 kil. enduit Chatterton, le kil. : 8;
- 2 kil. gutta-percha enbandes, le kil. : 25,20;
- 2 kil. ruban goudronné, le kil: 4;
- 10 kil. rotord, le kil. ; 2.
- PARIS.
- IMPRIMERIE LEVÉ, RUE CASSETTE, 17.
- Le Gérant J.-B. Noubt.
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- Trénte-trolsièmo année.
- SAMEDI 1er AVRIL 1911.
- Tome XIII (2° «érle). - N‘ 13
- La
- JL
- Lumière Electrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICI'I E
- La reproduction des articles de La Lumière Électrique
- est interdite.
- SOMMAIRE
- EDITORIAL, p. 385. — F. Leprince-Ringuet. La mise du point neutre à la terre et le contrôle permanent des isolements dans un réseau à courant alternatif, p. 887.
- Extraits des publications périodiques. — Théories et Généralités. Facteurs de crête et facteurs de forme des courbes périodiques symétriques, C. Clinton, p. 393. — yiéthodes et appareils de mesures. Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle, —Représentation graphique et vérification expérimentale, R. Arno, p. 3g6. — Transmission et distribution Calcul des poteaux de traversée, O. Rieger, p. 4o3. — Variétés. Statistique des usines d’électricité allemandes au ior avril 1910, p. 407. — Bibliographie, p. 409. — Brevets. Dispositif de refroidissement pour dynamos, p. 409. — Chronique industrielle et financière. — A'otes industrielles. Commandes par friction appliquées aux moteurs électriques, p. 410. — Appareils automatiques pour déterminer les heures de service des moteurs électriques, p. 411- — Etudes Economiques, p. 412- — Renseignements commerciaux, p. 4C — Adjudications, p. 416.
- ÉDIT OUIAL
- L’arrêté du ai mars 1910, qui est là base actuelle des distributions d’énergie électrique au point de vue administratif, n’a pas tranché la question de la mise à la terre du point neutre dans les réseaux à courant alternatif. Il s’est borné à classer les distributions d’après la valeur de la tension efficace entre les conducteurs et la terre.
- Dans ces conditions, quel est le critérium du danger présenté par un réseau ? On ne peut le connaître que par des mesures suffisamment suivies. Si le point neutre est isolé, il suffirait de brancher un voltmètre calorique présentant une résistance purement ohmique égale, à celle du corps humain. Mais on sait que ces voltmètres sont d’un emploi bien délicat. C’est pourquoi M. Le-
- prince-Ringuet s’est proposé de rechercher tous les éléments nécessaires pour leur substituer des voltmètres ordinaires.
- A cet effet, l’auteur-se livre à une étude analytique générale de la distribution des potentiels sur un réseau alternatif au moyen de voltmètres insérés entre un pôle et la terre.
- Comme on le verra, cette étude comportera des conclusions pratiques très concrètes.
- L’étude des courbes périodiques symétriques enregistrées par les oscillographes a conduit à définir différents facteurs intéressants : fadeur de crête, facteur de forme.
- M. Clinton s’est attaché à les expliciter et à réunir à leur sujet des données numé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- riques condensées dans deux tableaux que nous reproduisons.
- Nos lecteurs connaissent déjà les nouveaux principes et appareils de mesure industrielle proposés par M. R. Arno, le distingué professeur italien, dans le but d’assurer une tarification rationnelle du courant déwatté consommé dans les installations.
- On sait que l’auteur propose d’enregistrer directement par les compteurs d'énergie une certaine fonction des voltampères et des kilowatts, qu’il nomme la charge complexe et que ce résultat est obtenu en faisant subir une modification très simple, mais bien déterminée, à la bobine voltmétrique d’un compteur ordinaire.
- Nous complétons aujourd’hui la première étude consacrée à ces principes et à ces appareils en reproduisant les parties essentielles d’une nouvelle communication du même auteur. Nous y retenons surtout ce qui concerne la représentation graphique des méthodes proposées, leur vérification expérimentale et leur comparaison avec celles qui sont couramment employées dans la pratique industrielle actuelle.
- On a vu récemment, dans la description
- donnée par M. J. Reyval de la ligne Dauphiné-Centre, quels efforts sont parfois imposés aux pylônes des transports de force moderne. Il importe donc d’avoir, pour le calcul de ces poteaux, des règles sûres et simples.
- Ce sont de telles règles que M. Otto Rieger s’est proposé de donner sous forme graphique aussi bien que sous forme mathématique.
- Pour mieux faire saisir sa méthode, l’auteur a pris un exemple particulier de calcul de poteau de traversée, prévu pour le passage d’une rue, par exemple.
- Il en explicite toutes les données, puis développe le calcul jusqu’au bout avec une précision qui fait de cette étude un guide très complet pour l’établissement d’un projet.
- Nous donnons enfin, d’après des documents, une statistique des usines cCélectricité en Allemagne, arrêtée il y a exactement un an, le ier avril 1910.
- Les tableaux comparatifs entre 1909 et 1910 font ressortir le grand développement de l’électricité chez nos voisins : en 19x0, le nombre de leurs centrales a nettement dépassé 2 000.
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- 1er Avril 1911.
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- LA MISE DU POINT NEUTRE A LA TERRE ET LE CONTROLE PERMANENT DES ISOLEMENTS DANS UN RÉSEAU A COURANT ALTERNATIF
- 1
- EXPOSÉ DE LA QUESTION
- L’étude de l’isolement d’un réseau parcouru par un courant alternatif peut avoir pour objet, soit la détermination des résistances d’isolement des diverses parties du réseau avec la terre ou entre elles, soit la détermination de l’intensité efficace des Courants de fuite, soit la recherche du courant susceptible de s’établir en un point, si la résistance d’isolement venait à tomber en ce point à un chiffre donné.
- La première recherche intéresse l’état général d’entretien du réseau, la seconde peut avoir un intérêt économique, la troisième se présente en particulier lorsque l’on veut savoir si une personne touchant un point où les conducteurs sont mal isolés se trouvera, ou non, en danger de mort.
- Lorsque le point neutre de l'installation est à la terre, le courant qui traverse un individu touchant Èun conducteur dépend uniquement du voltage de ce conducteur par rapport à la terre, et ce voltage est parfaitement connu. Les conditions de danger sont donc toujours les mêmes, pour une personne donnée et un courant donné. Si, au contraire, le point neutre n’est pas à la terre, il peut arriver que l’on soit exposé à recevoir des courants bien différents, selon la capacité que présente la ligne par rapport à la terre, d’une part, et l’état des résistances d’isolement de chaque phase par rapport à la terre, d’autre part. Quelle est alors la mesure du danger ? On ne peut la connaître qu’en calculant en fonction de ces quantités le courant susceptible de passer à travers l’individu.
- La question de savoir si le point neutre
- d’une installation à basse tension doit ou non être mis à la terre est très discutée. Si le neutre est à la terre, une terre franche sur une phase interrompt l’exploitation et risque de causer des désordres ; s’il n’est pas à la terre, une terre franche est sans inconvénients pour l’exploitation ; le danger pour les personnes est plus élevé ou plus faible selon les circonstances. En général il est plus faible. Il ne peut être plus élevé que s’il y a un défaut d’isolement. On peut donc dire que, dans une installation dont l’isolement ne subit pas de trop fréquents défauts, il y aurait avantage à isoler le point neutre si l’on était sûr de l’état de l’isolement à chaque instant.
- Dans cette question délicate, l’Administration n’a pas pris parti.
- L’arrêté technique du 21 mars 1910, relatif aux conditions auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique, classe les installations en deux catégories, selon que la tension efficace entre les conducteurs et la terre dépasse, ou non, i5o volts. Mais il laisse une liberté voulue de fixer cette tension par une terre permanente, ou bien de la faire résulter des tensions développées sur chaque phase. Bien entendu, dans ce dernier cas, l’on doit admettre que les conditions de fonctionnement normal peuvent se trouver rompues d’une manière intempestive : tout ce que l’on peut exiger, c’est que l’état de l’installation soit effectivement suivi par des mesures suffisamment répétées.
- La solution est donc intimement liée à la connaissance permanente delà valeur du danger pour les personnes dans les installations où le point neutre est isolé.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N- 13.
- On arriverait à cette connaissance d’une manière immédiate en employant un voltmètre calorique présentant une résistance purement ohmique égale à la résistance d’un individu. Malheureusement, de tels appareils sont, ou bien trop délicats pour se prêter aux mesures industrielles, ou bien trop peu sensibles, eu égard à la faible intensité des courants à étudier.
- L’emploi d’un voltmètre ordinaire ne présenterait pas ces inconvénients. Mais dans la comparaison entre les indications qu’il donne, et celles que l’on cherche à connaître, une quantité de variables interviennent : non seulement les constantes de l’appareil de mesure, mais encore les résistances et capacités présentées par chacun des conducteurs du réseau par rapport à la terre.
- Cependant, il ne paraît pas impossible, a priori, de résoudre le problème. Il est clair que, la capacité du réseau étant donnée, et les résistances d’isolement par rapport à la terre étant généralement purement ohmiques, il n’y a plus comme inconnues, pour déterminer l’état du réseau au point de vue qui nous occupe, que les résistances d’isolement de chacun des conducteurs. S’il y a trois conducteurs, par exemple, trois mesures de voltage entre conducteurs et terre doivent suffire à déterminer ces trois résistances, et par suite à fixer complètement le problème. Mais la détermination de la relation qui existe entre les quantités mesurées et celles à calculer est assez compliquée. C’est cette détermination que je vais faire dans le cas général. Je chercherai ensuite dans quels cas la simple connaissance du voltage entre un conducteur et la terre, mesurée par un voltmètre donné, permet d’avoir facilement une limite maximum du courant de fuite qui passerait par la terre à travers une résistance ohmique donnée, et je montrerai qu’il est toujours possible d’établir des appareils satisfaisant à cette condition. Par suite, avec de tels appareils, il suffira d’une mesure de voltage pour avoir une limite du danger.
- Grandeur des courants dangereux
- Quelles sont en particulier les conditions dans lesquelles se présente l’homme au point de vue du danger d’électrocution ?
- D’après les expériences de M. Schültz à Aix-la-Chapelle (Jahresbericht der Kônigli-chen preussischen Regierungs Gewerberate und Bergrevierbeamten, 1898), un courant alternatif de 10 milliampères est déjà dangereux.
- D’après les expériences de l’Union des Electrotechniciens allemands (1898), la résistance ohmique du corps humain est plus faible en alternatif qu’en continu, et elle peut, dans des conditions de contact parti-culièrement favorables, avec la crispation que provoque le courant alternatif, descendre dans certains cas à 3 000, 2000, et même 900 ohms.
- Certains individus n’arrivent pas à lâcher les fils parcourus par un courant alternatif lorsque le voltage descend à 00 volts d’après les expériences du professeur Weber de Zurich (cité par Baum. Dangers de l’électricité dans les mines, Glückauf, 1904).
- Les accidents mortels survenus à des tensions voisines de no volts sont sans doute exceptionnels, mais il s’en produit à peu près chaque année. En voici quelques exemples :
- 110 volts à la mine Concordia, cité par Baum (loc. cit.); 96 volts dans une fabrique de potasse (cité par Zacon. Note sur les dangers des courants électriques, Bulletin de l'Inspection du Travail, igo5); un cas signalé dans le JahresberichtdesDampfkessel Ueber-waehungs Vereins der Zechen im Oberberg-amtbezirk Dortmund 1907-1908, no volts en nettoyant une chaudière avec une lampe à main. A Lens, il y aeudeuxcas mortels en 1909 et 1910 avec du courant à no volts, mais l’enquête a démontré que le voltage devait, dans l’un et dans l’autre cas, être passé à 190 volts entre conducteur et terre.
- Si, pour s’en tenir aux indications qui ressortent de l’arrêté technique du 21 mars 1910, on considère le courant comme dange-
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- Ie* Avril 1911
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- 389
- reux à partir de i5o volts entre un conducteur et la terre, cela équivaut à une résistance de i5ooo ohms pour une intensité de io milliampères; mais on a vu que la résistance pouvait s’abaisser bien davantage ; c’est le cas notamment dans les mines. En outre, il importe de réserver une certaine marge de sécurité. Usera donc prudent de se tenir à un produit ri au plus égala 7$ volts : cela correspond à 10 milliampères et 7 5oo ohms.
- II
- ÉTUDE ANALYTIQUE GÉNÉRALE DE LA DISTRIRU-TION DES POTENTIELS SUR UN RESEAU ALTERNATIF AU MOYEN DE VOLTMETRES INTERCALÉS ENTRE UN POLE ET LA TERRE
- Etant donné un réseau parcouru par des courants alternatifs, si chacun des pôles 1, 2,... n (neutre) présente par rapport à la terre une résistance d’isolement ohmique Ri, R2...RN et une capacité Cj, C2...CN, ce pôle présente par rapport à la terre une différence de potentiel efficace iq, c2... bien déterminée par la connaissance de la différence de potentiel efficace V entre chacun de ces pôles et le point neutre.
- Si l’on branche un voltmètre ou toute autre dérivation caractérisée par sa résistance R et sa self-induction L entre l’une des phases et la terre, la dérivation a pour effet de modifier les différences de potentiel v{ v* c3... vx devient VA. L’appareil fait connaître V, ou encore le courant I correspondant qui le traverse. On se propose de chercher la relation qui unit les lectures Vlf Y.,, V3... et les constantes du réseau Ru R2, R3, Rx; Cn Ce,
- C3, CN (*).
- p) Le problème a été résolu dans un cas simple, publié peu après la rédaction de ce travail par M. Mau-duit, dans la Revue Electrique du 3o octobre 1910. Mais M. Mauduit suppose que les lignes ne présentaient pas de capacité, ce qui écarte un bon nombre d’installations, sinon la totalité comme on le verra par quelques exemples, et néglige le décalage de l’appareil de mesure, ce qui ne saurait être admis dans un grand nombre de cas, ainsi qu’on le verra également.
- I. — Application du théorème df, Thévenin a un réseau polyphasé (').
- Je rappelle le théorème de Thévenin.
- Si Ton considère un système électrique parcouru par le courant continu, que Yx soit la différence de potentiel entre deux points quelconques, si entre ces deux points on crée une dérivation de résistance R, il passe par la dérivation un courant 1 tel que fou ait :
- i = _L _ v 1
- R + IR’ R' ~ /
- appliqué à tous les circuits existant entre les deux points avant l’adjonction de la dérivation.
- Ce théorème, relatif au courant continu, est applicable au courant alternatif, à condition d’y remplacer les nombres potentiels, intensités, et résistances par les vecteurs correspondants, c'est-à-dire
- I par I e *(wl—•?), çq par 0iwt, R par R —|— Lw/, etc.
- Considérons pour fixer les idées, un système triphasé avec distribution à quatre fils 1, a, 3, N; soit T une terre (fig. i).
- Avant de mettre la dérivation entre le pôle 1 et la terre, il s'établit entre I et T une série de courants, courants de fuite B/r ; BBiDiDnD2B2T ; etc. courants de capacité AiT; AjDjDnDoA^T, etc.
- En négligeant pour ces courants la résistance des conducteurs A1DiDriD2A2, BjDjDhI^Rsj etc., le vecteur R' relatif à tous ces circuits est défini par :
- — = - ~\-----, en désignant par — = 2. -r relatif a
- R' p y P R
- f1) Je dois cette solution à M. l’ingénieur en chef des Mines Léon.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII,(2* Série). — N» 13
- 3yo
- toutes les fuites et par - = SCw, relatif à toutes les Y
- capacités.
- Intercalons maintenant une dérivation (R, L) entre le pôle i et la terre. On aura :
- 1 =-----------S------—
- R 4- Liai -j--------7
- - + -P Y
- et l’on observera une différence de potentiel telle que :
- V, = I (R -f- Lwf),
- D’où l’on déduit aisément (*) en posant :
- y/-
- R2
- R2 + L2w2
- ssr cos <p pour la dérivation :
- v^2
- «'i.
- - -f —
- P2 ^ Y2
- l cos2'
- ? + -ÏT
- + ,vf
- sincp cos»
- R "
- 2*
- On voit que cette relation est absolument générale, indépendante de la nature du courant alternatif et du mode de distribution.
- Elle donne le rapport entre le voltage Vi lu au voltmètre, et le voltage cl du même point avant l’intercalation du voltmètre, en fonction de la résistance totale de fuite et de la capacité totale par rapport à la terre (2).
- (') En elfet, on a :
- Zi
- Vl
- -+ L
- ? Tf
- I , i , 1
- p ' i ‘ R-j-Lwi
- (0
- On a par suite, en prenant les modules :
- [Vi2]
- [V]
- - 4- --
- p2 +
- R
- L <>
- -Y
- icoV
- R2-f-L2o>V 1 VY Ra + L2«
- (2) Cette relation donne immédiatement une méthode de calcul de la résistance de fuite. Si, en effet, l'on note les indications Vj et V’j de deux voltmètres placés successivement sur la même phase, ou trouve :
- II, — Relation entre i.e voltage observé et les
- CONSTANTES DU RESEAU.
- Si l’on se reporte à l’équation (a), on voit que si l’on exprime enjfonction des constantes du réseau, on aura une relation entre Y, et ces constantes (3).
- ce qui permet de déterminer p ou y par une équation du second degré.
- Dans le cas particulier où cos tp = cos <p' = i, et où — == o, cette équation s’abaisse au premier degré et conduit à
- Y'i
- ____p Yi 1
- p-R--------rnr
- 1 v, R'
- (3) Cherchons l’expression de vi dans les différents cas qui peuvent se présenter.
- i» Distribution monophasée.
- Je suppose la distribution à trois fils. Il sera facile de passer de ce cas à celui de la distribution à deux fils.
- Je représente les vecteurs des potentiels par rapport à la terre T (fig. 2). J’appelle vj, iq, ces vecteurs de
- Fig. 2.
- potentiels, ù, h, i$ les vecteurs des courants à la terre correspondants.
- On a les relations suivantes entre vecteurs :
- tq = r'jYi, t’2 — r'iii, i'n = >''Niy, (3)
- Y = — V’N + fi, — Y = — Vn —)- fa, (4)
- (i . cos2cp'\2 . /i sin<p'cos<p'\2
- _ ? + +{y.—-g—) ,2„,,
- ’ ij fi , cos2^2 , (i simp cos<p\2 ’ ' 7
- + nr-J + ir~J
- ii + h -(-
- (5)
- avec —• = ——[- Ci»i, etc. r i Ri
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- 1" Avril 1911.
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- 391
- III. — Cas dans lesquels les constantes du
- nÊSEAU PEUVENT ETRE DETERMINEES, ET CAS D’iN-DÉTERMINATION.
- On a donc, dans le système monophasé, 3 équations (6) entre v,, t»2, et les constantes Ri,R2, p
- Ci, C2, y; dans le système triphasé, 4 équations (12, i3) entre p,,e2, v3, <q,et R,, R2, R,, p, C„ Cs, Cs, y. D’autre part la relation(a) donne p,, p2, t»3, pN quand
- De ces relations l’on déduit :
- ''(p+^)=Y,[fe + "•!(p + ?)=V![fe +
- J + »2(Ca - C,)2] j
- ^-)2 + “2(-C2 + Cn)=] 1(6)
- ^y+c^aQ + Cx)2] ]
- avec :
- a° Distribution triphasée.
- Je suppose la distribution à quatre fils, celle à trois fils n’en étant qu’un cas particulier.
- Je représente les vecteurs des potentiels par rapport à la terre (fig. 3).
- 7
- Fig. 3,
- On a les équations :
- V = — + iq,
- Ve * ~ — i’n -f- i’ü,
- (8)
- (9)
- Ve 3 — — es 4- r3,
- (10)
- on connaît Vt, V2, V3, VN, en fonction de p, y et des constantes du voltmètre.
- On peut donc penser que l’on a suffisamment d’éléments pour déterminer R], Ra, R3, p, à l’aide des mesures V,, V2, V3, V« si l’on connaît les capacités ; ou, avec 2 voltmètres et 8 mesures, pour déterminer également ces dernières. Malheureusement il n’en est rien dans la plupart des cas (1).
- Ainsi la mesure des grandeur s V2, V2> V„ VN ne permet de déterminer que t>l, p2, et p ou vj quels que soient les appareils de mesure employés, on n’aura jamais que ces trois quantités dans un réseau triphasé avec fil neutre, deux d’entre elles dans un réseau monophasé; et respectivement deux et une d’entre elles s’il n’y a pas de fil neutre. La connaissance de
- le 2 s’appliquant aux indices 1, 2, 3 et :
- v=(î>+f) 4'[(+(r3 Ri) (ri rJ+^-I0» C»)]
- t,92 ('32
- On aurait de même rrrr et — ,
- V2 vJ
- Remarque. Les équations ne contiennent que p et les 1 1
- différences —---—, etc., Rx n’y figure plus.
- Ri R2
- (*) En effet, par rapport au diagramme des voltages 1, 2 (fig, 2) ou 1, 2, 3 (fig. 3) la figure 1-2 ou 1-2-3 étant connue, il suffit de deux quantités tq, r2 pour fixer la position du point T et par conséquent pour avoir tq, r2, r3, Cff. Ces quantités ne sont donc pas indépendantes. Il est facile de voir que, dans le cas du système monophasé, on a :
- *q* + .-*» = 2 V2 + 2 ex2, (M)
- et dans le cas du système triphasé,
- ri2 -f- r,2 + r32 = 3 V2 + 3 i’n2 (i5)
- et :
- (iqa - ri2)2 -f (e22 - t’a3)2 -f- (r32 - iq2)2 = 18 VW. (.6)
- D’autre part, les équations telles que (2), n’introduisent pas d’autres éléments que les rapports
- H_L.éji4.l2t_Lliï.== ri + r'2 ^ »'3 ^ r'N
- *'3
- 3
- I’N
- o.
- On en déduit
- +W3«S(C1-C,)(ÏL-(12)
- jq
- V!
- ^2
- Vi
- r, _ Çx V3 Vx
- et p et f.
- Il en résulte que les équations (i<î) et (x5) donnent une
- relation entre p, y et les quantités Vi, V2... L’équa-
- iq
- tion(ifi) étant du même degré d’homogénéité en ^que l’équation (i5) fait double emploi avec cette dernière.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2e Série). — N° 13.
- et f* *2 d’après la forme des équations (6) ou (i3) ne permet ensuite que d’avoir les différences
- ^ — — , etc. On voit que Pon peut toujours prendre
- Hj 1\2
- arbitrairement RN. Dans un réseau monophasé ou triphasé sans fil neutre, ou pourra donc déduire les résistances de chaque pôle des mesures de voltage effectuées, tandis que dans un réseau avec fil neutre il manquera toujours un élément.
- Si Pon ne connaît pas les capacités de chaque pôle, on ne pourra les déterminer dans aucun cas à l’aide d’un seul voltmètre. L’emploi d’un second voltmètre permet de les déterminer, sous la même réserve que celle qui vient d’être faite au sujet des résistances (*).
- (•) expression de p et de y au moyen des indications
- FOURNIES PAR UN VOLTMÈTRE
- i° Courant monophasé. — Il suffit de se reporter aux relations (i3) et (2). On en déduit :
- m*
- 2Y2
- cos / 1 sinco coscp\2
- irbU—'—)
- ll)
- équation du second degré en p. Dans le cas particulier
- -où cos cp = 1 et - o, cette équation s’abaisse au pre-7
- mier degré et s’écrit :
- p ~ R (y w — i). (17^')
- Dans le cas où Pon ne peut pas mesurer VN on est obligé de se reporter aux deux dernières équations (6) et d’en déduire
- Gela conduit à une équation compliquée du quatrième degré en p.
- 20 Courant triphasé. — Les équations (i5) et (2) donnent :
- 1
- m
- v12-fV22+y32-3VN2_
- 3Y2
- ? + ?
- {I cos2c&\2 /i
- b+-ïr) +U
- sintpcostp^
- ““R J
- ï(*8)
- IV. — Résurié de l’étude analytique
- GÉNÉRALE DU PROBLEME.
- En résumé, si l’on branche successivement un voltmètre ordinaire entre chaque pôle et
- L’équation (16) conduit, comme il est facile de le voir, à la meme relation exactement.
- Dans le cas où Pon ne peut pas mesurer V^, il suffit d’éliminer entre les équations ( 15) et (16), ce qui conduit à :
- •=[(;+=!?)+(ï
- 7
- Ki cos2îo\2 /i sincpcosep^i /1 i\2Yi2 / 1 1 \2, .
- i+sr) +(,—V-*) ](?+f!)üw+(r-+?)(,5)'
- sin cp cos R
- î)-]
- V2a)s
- 18
- ?i+?,a
- I
- équation du deuxième degré en — 9 en posant :
- 1
- m
- r
- EXPRESSION DES QUANTITES R4, R2. ,. C4, C2«.. AU MOYEN
- DES INDICATIONS FOURNIES PAR UN VOLTMÈTRE
- i° Distribution monophasée.
- Si à l’aide des équations (6) et (2) on forme la différence Vo2 — V,2, on trouve :
- f2-
- -\>i2 ( 1 i\ Y22—Yi2[~/i cos2<p\2 (I sincpcosü)\2"l
- r~w~l\~9+^)+l--------------Ll 1
- 4
- ?\R
- V7 R J J
- I I
- Expression qui donne linéairement —----—. Dans le
- Ri 1\2
- cas où il n’y a pas de fil neutre, on connaît déjà
- 1 1 1
- r;+Ri=e
- il est facile d’en déduire Ri et R2.
- 20 Distribution triphasée.
- Des équations ( 13), on peut tirer :
- - (f22 - *’l2) - ~ (^l2 - 2F32 -f“ F22)
- 7_______________?_________________
- 2 \/3 Y2
- 57—R+îr + ^»<c,-ca) M
- Rs
- R
- et
- qui est du deuxième degré en p. Dans le cas où cos 9 = 1 et 1 = o, cette équation s’abaisse au premier degré et s’écrit;
- - (V%2 ------ Fl2) + ^ (Fl2 --------- 2F38 + V*2}
- “ L yjf j \2
- 2C3 + Cl). (22)
- p = R {y/m — 1).
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- la terre dans un réseau monophasé ou triphasé dont on connaît la capacité globale par rapport à la terre, il est facile d’en déduire la résistance totale d’isolement par rapport à la terre par une équation du deuxième degré si l’on, a pu prendre le voltage du point neutre, et par deux équations successives, si on ne le peut pas.
- Lorsque la distribution ne comporte pas de fil neutre, et dans ce cas seulement, il est facile de déduire des voltages lus, par des équations du premier degré, les résistances de chaque pôle séparément. .
- Lorsqué, au contraire, la distribution comporte un fil neutre, cette détermination est toujours impossible et il subsiste une inconnue, quels que soient le ou les appareils dè mesure employés.
- i
- Et dans le cas où il n’y a pas de fil neutre, — — o,
- R2
- r3
- On obtient ainsi deux équations linéaires en — —
- U, K2
- 1 i
- et —----— qui permettent de calculer très faci ement
- Rj H 2
- Ri, R2 et par suite R3.
- En employant deux voltmètres, on peut obtenir par une seule lecture de chacun d’eux la résistance totale d’isolement; ou, par plusieurs lectures, la résistance d’isolement et la capacité totales par des équations du second degré.
- Tout ce qui, dans ce qui précède, a été dit pour les résistances s’applique identiquement aux capacités.
- Remarques. — Le mode de calcul employé montre que la résistance mesurée comprend aussi la résistance d’isolement de l’appareil producteur du courant.
- La résistance élémentaire de chaque pôle n’est pas celle que l’on obtient généralement par les mesures ordinaires : celles-ci donnent les résistances de chaque branchement ; celle-là est la résistance de tous les branchements afférents à un pôle donné. Il en résulte que les deux éléments permettent de déterminer, d’une manière complète ou d’une manière partielle selon le nombre des branchements, sur quels fils se trouvent les défauts d’isolement.
- (A suivre.) F. Leprince-Ringuet.
- EXTRAITS DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Facteurs de crête et facteurs de forme des courbes périodiques symétriques. — C. Clinton. — The Electrician, 25 novembre 1910.
- M. Fleming a donné le nom de facteur de forme d’une courbe périodique y — f{x) au ?/
- rapport — où ye désigne la racine carrée de la
- y m I
- moyenne des carrés des ordonnées et ym la moyenne de celles-ci. La première de ces deux grandeurs peut être déterminée surjune demi-période ou une période entière et la seconde sur une demi-période.
- Désignons ce rapport par f:
- J’/e
- ' Vm
- Le facteur de crête c est, d’après M. Kapp; le rapport
- amplitude maximum U*
- On aura d’après les définitions :
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-
- 394
- LA. LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XIII (2‘ Série). — N» 13.
- et
- y maximum
- y étant une fonction périodique et symétrique de x.
- Si l’amplitude de l’harmonique fondamentale est prise pour unité, on a :
- y — sin (x — 0,) + a3sin (3# — 0a) 4" •••• (0
- et
- - f y2dx = — f sin2 (x — 04) dx
- -J- ^2- f sin2 (3#— 03) dx -j- ....
- , TC ^ o
- Après intégration on a :
- I ry*dx=-{i + aS+ a/ + ...).
- TCe/o 2
- D’autre part,
- —J* =- |cos0i -f- y cos03 cos0s-f* •••• |
- Le facteur ^devient :
- f — _?L y/i + «3^ + + •••
- W2 cosO, +^3 cos03 +^5 cos 0, + ...
- Le dénominateur dépend des phases des harmoniques, tandis que le numérateur n’en dépend pas. On peut choisir l’origine telle que 0, = o. On aura :
- ^ \/1 -f- «32 4~ a62 4~ •••
- 2 \/2 1 4~ y cos ~i cos
- Quant au facteur c, il s’exprime ainsi :
- /- y maximum
- \/1 -f «32 4- «s2 4-...
- Pour une sinusoïde simple y 11
- f — — = i,mo7,
- et
- Le minimum de f aura lieu quand cos 03,cos 05... deviendront égaux à l’unité :
- , * .. v/2 4-«32 4-«»a 4- •••
- / min — —jz X. ~ “ •
- av2 1+T + T+-
- Pour c, la plus grande valeur sera
- s/a (i 4~ a3 4~ 4~ ••)
- y/1 4~ rt32 4~ a82 4" •••
- dans laquelle le maximum est atteint par la frac-
- 1 + a» 4- a& 4"*-
- tion
- V1 4-«3s 4- «ô24----
- , quanda3 — = ... = i.
- Le facteur de crête sera alors égal à y/ara où ra est le nombre d’harmoniques (y compris l’harmonique fondamentale).
- On voit qu’on peut connaître le maximum possible du facteur de crête et la valeur correspondante du facteur de forme pour un nombre quelconque d’harmoniques. (Tableau I).
- Les valeurs du facteur de crête maximum sont indépendantes de la périodicité des harmoniques que l’on choisit. Il n’en est pas de même pour le facteur de forme et, dans le tableau I* on a supposé que les harmoniques étaient ajoutées dans l’ordre régulier.
- Tableau I
- Nombre d'harmoniques (y compris la fondamentale). Maximum possible pour le facteur de crête c Valeurs correspondantes du facteur de forme f
- I i,41/, DI «07
- % 1,000 2,356
- 3 2,449 2,219
- 4 2,828 3,069
- 5 3,161 2,965
- 6 3,463 3,644
- 7 3,74i 3,568
- » 4,000 4,i65 _
- 9 4,243 4,o85
- IO 4,471 4,6o3
- Les deux facteurs ont pour plus petite valeur possible l’unité, valeur qui correspond à la courbe de la figure i.
- Dans la valeur générale du minimum de f, la
- . 4-tf'32 4-«33"- j 13. 1
- fraction --!—-——-— descend à sa plus petite
- +I + T+-
- C = y/ 2 == I,/|l/|2.
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-
-
-
- lor Avril 1911.
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- 395
- *' 1 « û"
- valeur quand ~ = az2, — = ae2, etc. Le facteur f devant être égal à l’unité, on a
- 2 y/2 1
- ™ /11
- yi + 32+5i+-
- Fig. 1.
- OU
- J-1 + P + P + -•
- L’équation de la courbe (fig. 1) s’ensuit :
- = k ^sin x
- sin 3.x , sin 5.r
- O I r
- On voit sur la figure 2 les harmoniques successives se rapprocher de plus en plus de la forme de la courbe de la figure 1. Le tableau II montre
- (*) Carlslaw. Fouricr’s sériés and intégrais, p. 129 et i35.
- d’ailleurs comment les deux facteurs c et f se rapprochent de l’unité à mesure qu’on prend un nombre plus considérable d’harmoniques. Il s’arrête à la quinzième.
- Tableau II.
- N°* des harmoniques se rapprochant de la courbe (fig. 1). Facteur de crête. c Facteur de forme. f
- I 1,414 1,1107
- a 1,265 1 ,o54
- 3 1,229 i,o35
- 4 I,2l5 1,026
- 5 1,207 1,021
- 6 1,202 !,OI7
- 7 1,014
- 8 1,194 I ,012
- Le maximum de l’ordonnée y de ces courbes peut être déterminé en déduisant de l’équation précédente les équations :
- o = cos x + cos Sx -f- + cos (2n — 1) x
- ou
- 0 = 2 cos nx | cos (/i — 1) x -j- cos (n — 3) x -f- .... j. Il aura lieu pour
- 7C
- cos nx = 0 ou x — —.
- 2 n
- La valeur correspondante de y est :
- yz= k sin-------\- ~ sin----\- .. 1,
- \2/t 3 2tl /
- et la formule générale du facteur de crête pour les courbes considérées :
- f=sjl
- . lî , I . 3 TC I . 5 TC
- sin------(- - sm-------- sin-------H ..
- in 3 m 5 2 n
- v/
- x+p+^+
- S’il n’y a, en dehors de la fondamentale, qu’une seule harmonique et si l’on attribue au facteur de forme l’expression correspondant à une sinusoïde simple, l’équation (1) devient : —
- y = sinx -|- «2,1—1 sin [(2/1— 1) x — Oja—t].-
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- LA LUMIÈRE. ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Sétie).^- N° 13.
- et
- f=
- I “I- <ï22n—1
- . —1 A
- I _J_ -- COS U2n—1
- 2/1—1
- avec
- I -f- ai±n—i
- «2n—1 2rt— I
- COS 02,i_j
- En fonction de cos 62n—u ain—i est exprimé par
- Q%n—s —
- 2 COS Ogn—-i
- (an— i)
- COS^Qgn—i V
- (î/i-l)2 /
- • • 7v
- qüi est maximum pour 0= o et nul pour 0 =
- On voit, ainsi que le facteur de crête ne peut jamais devenir plus grand que
- V* X
- I -j- Clin—1 /1 + a\n-\
- et qu'il atteint son maximum quand a — i.
- Th. S.
- MÉTHODES ET APPAREILS DE MESURES
- Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle. — Représentation graphique et vérification expérimentale. — R. Arno. — Atti dell’ Associazione eletlrotecnica italiana, juillet-août 1910.
- Nous avons donné précédemment une large analyse d’une remarquable étude de M. le professeur R. Arno sur sa méthode de mesure de la charge complexe (*).
- (*) Noir Lumière Electrique (a0 série) t. XII, p. 232, 264 et 296.
- Dans ce précédent article était reproduit (p. 233) un tableau de comparaison donnant, pour différentes valeurs de cos 9, les erreurs que comporte la mesure de la charge complexe (définie par la formule 1, pour il — 3) avec un compteur ordinaire et un compteur Arno.
- Il était fait observer que, pour le compteur ordinaire, l’erreur commise atteignait 25 % pour 9 6o° mais
- qu’elle aurait sans doute été plus faible en étalonnant ce compteur pour 9 = 25» ou 9 = 3o°, comme le fait d’ailleurs M. Arno avec le dispositif qu’il utilise pour les installations de force motrice.
- Cependant,, si l’on cherche quelle est, dans ce cas, la
- On sait que cet ingénieur a proposé de faire enregistrer par les compteurs une quantité qui tienne compte, dans la mesure indiquée par les résulats d’expérience qu’il a notés, de l’énergie déwattée fournie aux installations.
- Ce résultat s’obtient en modifiant uniquement le circuit volts d’un wattmètre ordinaire, de manière à introduire un certain décalage bien déterminé entre le flux et la tension de ce circuit. La quantité mesurée s’appelle charge complexe.
- Elle s’obtient en ajoutant à la puissance réelle
- VIcos© une fraction— delà différence VI— VI cos © n
- entre la puissance apparente et la puissance réelle.
- On peut faire en premier lieu quelques remarques :
- Si l’on emploie simultanément un compteur de la charge complexe et un wattmètre ordinaire, on lit: sur le premier, la charge complexe qui est par définition :
- C,= Y| ’ + i» - ) c°» 1 (l)
- n
- et sur le second, la puissance réelle P,. = VI cos <p.
- D’où l’on tire aisément soit la puissance apparente VI, soit le cos <p (').
- De même, par la combinaison d’un volt-ampèremètre et d’un wattmètre ordinaire en un appareil unique, on obtient un instrument de mesure suscep, tible de servir également comme phasemètre, c’est-à-dire de fournir, soit indirectement au moyen de deux lectures sucessives, soit directement au moyen d’une simple lecture, outre la puissance réelle et la puissance apparente, le facteur de puissanee par le rapport des deux lectures (2).
- Dans le premier cas, l’appareil aura deux graduations et une seule aiguille, et, grâce à un simple commutateur,on pourra passer de la lecture faite sur l’appareil employé comme wattmètre à la lecture
- nouvelle valeur de l’erreur, on trouve qu’elle ne subit qu'une très faible diminution : de 25 %, elle passe à 22 % .
- La conclusion que comportent ces chiffres, c’est que, dans tous les cas, les erreurs des compteurs ordinaires, calculées en se basant sur la formule de la charge complexe, sont telles qu’ils ne peuvent absolument pas convenir en pratique à la mesure de celle-ci.
- N. D. T. -
- (*) Loc. cit. p. 235 et a36.
- (3) Loc, cit. p. 236.
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- 1« Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 397
- faite sur le même appareil employé comme volt-am-peremètre.
- Dans le second cas, au contraire, l’appareil aura deux graduations et deux aiguilles : la lecture directe du facteur de puissance pourra être faite en appliquant une méthode quelconque, qui permette de faire la lecture du rapport des indications fournies parles aiguilles respectives des deux instruments de mesure donnés.
- On comprend aisément que, en passant des instruments indicateurs aux instruments enregistreurs, la commutation qui permet de lire la puissance réelle et la puissance apparente, successivement, sur le même appareil, peut, au lieu de se faire à la main, s’effectuer, dans les appareils enregistreurs, au moyen du même mouvement d’horlogerie qui fait mouvoir le papier. On pourra donc, sur' le diagramme enregistré, relever par intermittences réglables à volonté, outre les variations de la puissance réelle, des traits d’ordonnée plus grande qui, à intervalles réguliers, marqueront la charge volt-ampèremétrique et dont l’amplitude sera réglée d’après les besoins, grâce au mouvement d’horlogerie qui commandera la commutation périodique pour les deux lectures. Il n’est pas besoin d’insister sur l’intérêt que présente un contrôle presque continu de l’allure du facteur de puissance par un moyen aussi simple.
- Cette solution du problème s’applique d’ailleurs aussi bien aux systèmes monophasés qu’aux systèmes triphasés.
- Dans une installation de force motrice, on peut admettre, comme valeur du facteur de puissance moyen de l’installation, environ 0,73 (’).
- La charge complexe calculée en prenant pour base cette valeur moyenne de cos cp, est alors égale.
- Pour n = 3,5 à VI - + 2l35-|5..°l2.3==YI x
- » = 3 VI i-i—il3 = vi x 0,82.
- n = 2,5 VI 1 + 1,5 = VI X 0,84.
- Il est vraiment intéressant d’observer que ces coefficients (variables de 0,81 à 0,84 : moyenne 0,82) qu’on obtient en se basant sur la conception nouvelle de la charge complexe, tant pour les valeurs limites entre lesquelles peut pratiquement osciller n que pour sa valeur moyenne, sont précisément ceux qu’on a déjà adoptés, dans la pratique industrielle ordinaire, dans les cas où la mesure de l’énergie dépensée chez le consommateur est évaluée d’après le produit des volt-ampères par un facteur de puissance moyen, fixé au préalable par le contrat.
- * -V
- Ces remarques préliminaires une fois faites, les nouvelles méthodes de mesure proposées permettent d’appliquer les instruments de la mesure de la puissance apparente même aux cas où la mesure de l’énergie chez le consommateur se fait en prenant pour base le produit des volt-ampères par un cos cp moyen, déterminé à l’avance par contrat.
- Dans beaucoup de cas, ce cos œ moyen a été fixé, par exemple, à 0,82; par suite, la mesure a été basée sur le produit VI X 0,82.
- Or, dans l’étalonnage d’un volt-ampèremètre la constante K de l’appareil peut être déterminée de manière à comprendre jjrécisément aussi ce cos <p moyen de l’installation, déterminé d’avance; nous aurons alors une nouvelle valeur de la constante K qui sera par exemple : K X 0,82. Dès lors, on peut se servir ici des appareils intégrateurs de la puissance apparente pour mesurer l’énergie en se basant sur le cos y moyen dont il vient d’être parlé : c’est dire qu’on a de véritables volt-coulombm 'etres.
- Représentons graphiquement les différentes valeurs prises par le facteur
- ^ 1 -j- (n — 1) cos cp
- n
- qui multiplie VI dans l’expression de la charge complexe G„. Nous ferons cette représentation en fonction des éléments variables qui interviennent dans l’expression de X, c’est-à-dire quand n prend les valeurs 1 ; 2,5; 3 ; 3,5 et œ, o variant dans chacun de ces cas, de o° à 90° (ou cos <p de 1 à o).
- En portant en abscisses les angles tp, de droite à gauche, on obtient la partie droite de la figure 1.
- En observant le diagramme ainsi obtenu, nous voyons que l’on peut considérer les lignes décrites comme une déformation de la droite correspondant à n — 1, en conservant son extrémité (correspondant à o =r o°) et en repliant son autre extrémité. (*)
- (*) Valeur moyenne entre le maximum possible décos <p égal à o,g5 environ et le minimum possible de cos tp égal à environ o,5o.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2« Série). — N» 13.
- On remarque encore que les variations de X, correspondant aux variations de cp pour les valeurs de n données, sont représentées par des courbes semblables (portions de sinusoïde) et que le passage de l’une à l’autre valeur de n s’effectue par une rotation des courbes obtenues autour du point correspondant à cp = o° : ceci pour toutes les valeurs de n, de i à oo et entre les limites de tp :o°et90°. Toutefois cette rotation n’est pas bien clairement mise en évidence par ce mode de représentation ; aussi, avant d’aller plus loin, voyons comment on peut obtenir un diagramme vraiment pratique par l’interprétation de la formule.
- Le diagramme de gauche de la même figure est obtenu de la même manière exactement, mais en
- On peut, dès lors, interpréter la tarification de l’énergie électrique, basée sur la formule de la charge complexe, de la façon suivante :
- Tout d’abord, avec ce diagramme, on passe de la puissance apparente VI (n — i) à la puissance réelle VI cos<p («s oo), en faisant tourner de 45°, la droite qui représente X en fonction de ç. On voit sur le diagramme les droites correspondant à n=. 2,5, n = 3et/ï == 3,5. La première et la troisième de ces droites font avec celle qui correspond à.n= i respectivement des angles de 3o° 5o', et de35°5o' ; c’est dans l’angle de 5° qu’elles forment entre elles, que sont compris tous les cas de la pratique.
- La tarification actuelle, sauf le cas de prévisions
- Fig. i.
- 1
- »9
- oi
- V
- o.6
- aS
- 04/
- «3
- o.2
- o.i
- portant en abscisses, de gauche à droite, les valeurs de (i — cos cp).
- Les courbes qui représentent les variations de X se réduiront toutes à des droites, qu’il est facile de déterminer par deux points.
- Pour cp r= o, X est égal à i quel que soit n. Donc, toute les droites partent de l’angle supérieur gauche de la figure.
- Déterminons un second point des droites extrêmes n = i et n = o», soit, par exemple, pour
- cp = 90° (cos cp = o).
- Pour n — 1, on aX = 1, et la droite correspondante est parallèle à l’axe des abscisses à la distance 1 do cet axe. Pour n = 00, on a X = o et la droite correspondante est la diagonale du carré de côté 1.
- A l’intérieur deTangle de 45°, que forment ces deux droites, seront situées les autres droites correspondant aux valeurs intermédiaires de n (2,5 ; 3 ; 3,5).
- spéciales, ne tient pas compte du courant dévvalté, et elle équivaut à la mesure de l’ordonnée de la droite n = ce. On néglige donc la différence entre cette ordonnée et celles des droites qui correspondent aux cas pratiques (n = 2,5 jusqu’à n= 3,5) et cette différence est d’autant plus grande que l’angle cp est lui-même plus grand.
- Un tarif exact est, au contraire proportionnel, aux ordonnées d’une droite comprise entre n =£ 2,5 et 11 = 3,5, suivant l’installation considérée.
- On a tracé aussi, sur le diagramme, deux lignes qui représentent les valeurs de (1 — cos cp) et de sin cp, en fonction de <p. La première est une droite, (deuxième diagonale du carré de côté 1). Ses ordonnées, divisées par n, donnent la quantité à ajouter aux ordonnées correspondantes de cos cp pour avoir X, qui peut, en effet, s’écrire :
- „ . I — COS cp
- A = COS Cp -|----------
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- REVUE D’ÉLECTR1GIT,É
- 399
- Cette construction permet donc de passer directement de l’expression de la puissance réelle à celle de la charge complexe.
- La seconde courbe, qui représente sin cp, est un arc de cercle.
- *
- ¥ ¥
- Voici quels avantages M. Arno revendique en faveur de sa nouvelle méthode de mesure :
- i0 Pour les installations d'éclairage, qui ont à alimenter aussi de petits moteurs, des ventilateurs, transformateurs réducteurs ou diviseurs pour lampes à filament métallique :
- a) En ce qui concerne la Société : il est tenu compte, dans la mesure, du décalage que provoquent les appareils inductifs. Ce décalage est sans doute très faible pour chaque appareil, mais il a néanmoins une influence sensible sur l’ensemble de l’énergie fournie, spécialement dans les installations de lampes à arc et étant donnée l’extension des lampes à incandescence à filament métallique
- b) En ce qui concerne le consommateur : il peut faire dans son installation toutes les applications qu’il désire, que ce soit pour l’éclairage ou pour des applications domestiques.
- 2° Pour les installations de force motrice.
- a) En ce qui concerne la Société : elle a une garantie de remboursement de la dépense correspondant au courant magnétisant dépensé pour chaque client et cela quelles que soient les variations du décalage. Il en résulte la suppression de tous les appareils actuellement en usage pour tenir compte du facteur de puissance et de ses variations. L’unification des tarifs est donc possible, puisque la Société est toujours couverte contre une surprise quelconque pouvant dériver du mode de fonctionnement de l’installation.
- b) En ce qui concerne le consommateur : il ne paie qu’en proportion de l’énergie qu’il consomme et de l’utilisation qu’il fait de son installation, et non pas sur la base de tarifs parfois en opposition avec son intérêt. Il peut, à tout moment, savoir ce qu’il doit, d’après les indications des appareils, sans se préoccuper des additions inconnues qui ne peuvent être déterminées qu’à la fin de chaque période d’exercice.
- Signalons enfin un appareil qui permet de tenir compte des abus de courant auxquels le consommateur peut se livrer au détriment de la Société. Il suffit d’employer un interrupteur à maxima ou à temps ; le
- levier de l’interrupteur commande un autre appareil qui enregistre le nombre de fermetures de l’interrupteur, c’est-à-dire le nombre des interruptions dues à des demandes de courant au delà du maximum fixé. Pour chacune de ces interruptions ainsi enregistrées, la Société peut appliquer une juste amende,«mais sans modification de tarif. L’interrupteur doit naturellement être construit de façon à n’enregistrer les interruptions que si elles sont causées par la charge excessive demandée par le consommateur et non si elles résultent de troubles produits sur le réseau.
- *
- ♦ ¥
- Pour démontrer l’application de sa méthode, M. le professeur Arno fait l’expérience suivante :
- Une source de courant alternatif à 160 volts environ alimente quatre circuits, dont trois sont à charge inductive réalisée par des bobines de self réglables.
- - us!’ ip = 15° ig»o"
- Fig. 2.
- La charge étant uniformément de 20 ampères pour chaque circuit, ou réalise ainsi des décalages de o0, 20°, 45° et 6o° auxquels correspondent respectivement les facteurs de puissance 1 ; 0,9; o,7 et o,5 qui représentent presque tous les cas de la pratique courante.
- Les appareils de mesure employés (fig. 2) sont un ampèremètre A et trois wattmètres identiques que nous désignerons par les lettres W, G et VA. Ces
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2e Série). —'N013.
- wattmètres sont électrodynamiques, munis de résistances additionnelles séparées jusqu’à 200 volts. L^s bobines à gros fil sont en série avec l'ampèremètre A et les bobines à fil fin sont montées en dérivation entre la bobine série de chaque wattmètre et la seconde borne de l’interrupteur I, à travers les résistances additionnelles. ,
- Un voltmètre V, monté comme les bobines volt-métriques des trois wattmètres, complète le tableau.
- ; Le wattmètre W, monté de la manière habituelle, sert à mesurer en watts la puissance réelle ; sa constante est égale à i. Des indications de ce wattmètre et du produit des indications du voltmètre V et de d’ampèremètre A, on peut déduire le facteur de puissance de chacun des circuits.
- Le wattmètre VA est monté de la même manière -sauf que, dans le circuit volts, on a remplacé la résistance ohmique additionnelle par une résistance inductive produisant un décalage ^ = l\i°. L’instrument est étalonné pour cos <p = 0,9.
- L’expérience montre que si l’on essaie successivement les trois circuits, l’aiguille donne pratiquement les mêmes indications; l’appareil VA fonctionne donc vraiment comme un volt-ampèremètre exact, le facteur de puissance variant de 0,9 à o,5.
- Le dernier wattmètre G est monté aussi comme le précédent, mais la résistance inductive provoque un décalage = 15°.
- Pour les trois circuits, VI est le même (60 X 20) et les indications que donne G doivent être proportionnelles aux quantités :
- 1 —f— 2 X 0,9 1 2 X 0,7 1 -f- 2 X 0,5
- 3 3 . 3
- L’expérience montre que l’on obtient pratiquement ce résultat.
- Les modifications à apporter aux appareils se réduisent donc au simple remplacement de la résistance ohmique additionnelle par une bobine d’inductance donnée, différente pour chaque mesure, mais toujours moins coûteuse que la première et très facile à construire et à régler.
- Dans les installations monophasées on peut, avec un seul appareil électrodynamique, muni de deux résistances additionnelles séparées, dont l’une est ordinaire et l’autre inductive (<p = 420) mesurer séparément au moyen d’un simple commutateur, soit la ^puissance réelle, soit la puissance apparente et le rapport des deux lectures donne ,1e facteur de puissance de l’installation.
- La vérification pratique desj appareils peut, être simplifiée comme dans le cas des compteurs ordinaires en effectuant des mesures avec une charge, purement ohmique. :
- Alors, pour cos tp — 1, les indications des appa-r. reils doivent être respectivement égales :
- Pour la charge complexe, à
- VI cos i5° = VI X 0,966 et pour la puissance apparente, à
- VI cos 420 = VI X 0,743.
- Le professeur Arno faiGremarquer que la méthode introduit non seulement l’équité dans la mesure, mais simplifie encore les instruments, en rendant leur construction moins coûteuse et qu’elle se prête à une transformation aisée des appareils eh usage. Le cas présenté, dans lequel on a deux appareils de la pratique ordinaire, transformés sans en toucher les scellés, en est la confirmation.
- * .
- .* * ' I. ..
- * i :
- Pour comparer les nouvelles méthodes de mesure et de tarification avec celles qui sont actuellement employées dans la pratique industrielle courante, reportons-nous d’abord au diagramme représentatif de la nouvelle méthode de mesure de la charge complexe.
- Les deux principales méthodes usitées aujourd’hui pour la mesure de l’énergie électrique, sont :
- à) La mesure des kilovolt-ampères multipliés par un facteur de puissance déterminé ;
- b) La mesure directe des watts.
- L’étude des installations ordinaires de force motrice (qui sont les plus importantes en pratique) montre que les limites entre lesquelles varie le facteur de puissance sont respectivement <p 6o° et ? = 180 à 2o’, ce qui correspond à des facteurs de puissance compris entre o,5 et 0,95. '
- Il en résulte qu’on peut admettre comme facteur de puissance moyen, dans les installations de force :
- o,5 + o,95 ' . _r
- -----------= 0,725.
- 2
- Traçons en trait plein, sur la figure 3, les droites de la puissance apparente et de la puissance réelle, puis, en trait interrompu, celles de la charge complexe ; menons les ordonnées correspondant aux valeurs extrêmes : o,5 et 0,95, entre lesquelles
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- 1er Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 401
- oscille la valeur du facteur de puissance dans les installations.
- Figurons aussi l’ordonnée moyenne cos cp = 0,725.
- Prolongeons-lajusqu’en P ; nous avons, enNP, la valeur des volt-ampères que nous supposons constants et égaux à i pour la comparaison.
- Sur cette ordonnée moyenne, portons N Q correspondant à la puissance réelle.
- aux installations de force, suivant une méthode actuellement d’usage courant.
- Portons en NM la valeur moyenne 0,82, ainsi trouvée et menons par le point M la parallèle (ligne pointillée) à l’axe des abscisses ; cette droite représente graphiquement le produit des voltampères multipliés par 0,82, cos cp variant de o,5 à 0,95.
- Ainsi, sur l’ordonnée moyenne :
- amperes n,- 7
- O,S
- '• I
- ‘ Installation de fonce.
- La charge complexe, pour la valeur moyenne de cos cp et pour n — 3, est alors :
- 1 + 2 X 0,720 3
- = 0,816
- 0,82.
- Mais 0,82 est précisément le coefficient moyen par lequel un grand nombre de sociétés multiplient les kilovolt-ampères, pour appliquer leurs tarifs
- NQ représente les watts (n = 00 ),
- N M représente la charge complexe (n = 3),
- N P représente les volt-ampères [n — 1), pour la valeur moyenne, 0,720, de cos cp.
- N M représentant la charge complexe correspondant au cos cp moyen et N Q les watts^les sociétés qui mesurent et taxent seulement les watts doivent élever leur tarif dans la proportion deNQà NM,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XIII (2* Série). — N» 13.
- soit de 0,725 à 0,82, c’cst-à-dire dans le rapport : NM _ 0,82 _
- NQ 0,725 1,1
- si elles veulent se dédommager de la fourniture de courant déwatté.
- Il en résulte une modification des ordonnées de la droite qui représente les watts qui doivent être augmentées dans le rapport susdit. On obtient ainsi une nouvelle droite figurée en trait mixte et qui passe par M. Elle représente les variations de la tarification des watts, cos cp variant de 0,95 à o,5.
- En résumé, sur l’ordonnée moyenne, le point M sera commun à trois tarifs basés respectivement :
- I (tirets) sur la mesure de la charge complexe pour n ~ 3,
- II (points) sur la mesure des volt-ampères X 0,82,
- III (trait mixte) sur la mesure des watts X i,i3, coefficient déterminé d’avance.
- Considérons la figure 3 et comparons les deux autres au tarif I (tirets) basé sur la notion de charge complexe, démontrée pratiquement exacte :
- Le tarif II (points) est toujours constant, mais inférieur au tarif réel pour les installations dont le facteur de puissance est élevé : cet avantage est en faveur du consommateur.
- La dilïérence décroît à mesure que cos cp diminue et le tarif II devient plus grand que I au-dessous de la valeur moyenne de cos 'p. L’erreur est donc dans un sens équitable, car elle favorise le consommateur qui a une installation à cos cp élevé et elle pèse davantage sur celui dont l’installation est dans de mauvaise conditions à cet égard.
- Avec le tarif III (trait mixte), on commet au contraire une erreur opposée. Il est plus grand que le tarif normal pour des valeurs de cos cp supérieures à la valeur moyenne et plus faible dans l’autre cas.
- Ainsi, par exemple, dans une installation dont le cos cp est très élevé (0,88 ou 0,95) le consommateur acquitte une dépense d’énergie supérieure au produit des volts et des ampères, ce qui est manifestement absurde. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Sociétés se trouvent, dans ce cas, obligées de recourir à des corrections ou tempéraments qui dépendent de chaque cas particulier. Ceci complique notablement la tarification et les rapports entre Société et consommateur.
- Les résultats, obtenus à l’aide du graphique de comparaison (fig. 3), trouvent leur confirmation dans 'les tableaux qui suivent, qui donnent les résultats numériques de cette comparaison.’
- Nous supposerons toujours 0,95 ^ cos <p =xo,5.
- Soient T le prix du kilowatt-heure pour cos — 1. T' — — — variable
- P le prix correspondant k différentes valeurs de cos cp, prix basé sur la considération de la charge complexe (tarif T). On a, pour n = 3 :
- P=VINi±i£2LÏT,
- N étant le nombre d’heures du fonctionnement.
- Soit VIN = 100. Pour cos ÿ = 0,95 on a P = 97 T
- — 0,9 — 93 T
- — 0,8 — 87 T
- — 0,725 — 82 T
- — 0,7 — 80 T
- — 0,6 — 73 T
- — 1 xn 0 67 T
- Soit P' la somme à payer par le consommateur à
- Société, en prenant pour bases les méthodes de
- mesure et de tarification actuellement usitées dans la pratique industrielle ordinaire.
- i° Produit de la puissance apparente par un coefficient C déterminé à l’avance par contrat : On a pour la charge complexe moyenne (tarif T) :
- P' = VINGT = VIN (‘ +-'--COS Tmoy.
- = 97„±.67T==8aT
- 2
- et pour la puissance réelle moyenne (tarif T') :
- o5 —1_ 5o
- P' = V I N cos <p T'moy = ---- T' = 72,5 T'.
- Afin de remédier en moyenne aux erreurs commises avec les méthodes et instruments de mesure ordinaires (qui tiennent compte seulement de la puissance réelle, en négligeant tout à fait le courant déwatté) la société doit établir le tarif T', de façon à avoir pour base le tarif T :
- 72,5 T' = 82 T,
- 82 ,
- ou bien T' =------- = i,i3 1.
- 72,3
- On peut donc encore écrire :
- P' = 7a,5 X i,i3 T = 82 T,
- ! valeur obtenue en considérant la charge complexe S moyenne (tarif T).
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- 1er Avril 1911. REVUE D’ÉLECTRICITÉ 403
- D'où les valeurs suivantes :
- COS tf p P' Erreur % (*)
- o,95 97T 82 T — 15,5
- 0,9 93 T 82 T — ii,8
- 0,8 87 T 82 T — 5,7
- 0,725 82 T 82 T 0
- °>7 80 T 82 T + 2,5
- 0,6 73 T 82 T + ia,3'
- o,5 67 T 82 T + 22/,.
- 2° Mesure de la puissance réelle (tarif T) : On a :
- P' = : V I N COS <pT 1 : V I N COS ? X 1 .i3 T
- et l’on ( obtient l i
- COS <p P P t Erreur % (*)
- o,95 97 T 95 X 1 ,i3 T ” 107 T + io,3
- °j9 93 T 9° X 1 ,i3 T = 102 T + 9>7
- 0,8 87 T 80 X I ,i3 T = 9* T +
- 0,725 82 T 72,5 X 1 ,i3 T = 82 T 0
- °)7 80 T 70 X 1 ,i3 T — 79 1 — ï,2
- 0,6 73 T 60 X I ,i3 T = 68 T — 6,8
- o,5 67 T 5o X I 91'* T = 57 T — *4,9-
- Ces chiffres confirment les résultats indiqués par la figure 3, c'est-à-dire montrent l’inexactitude des méthodes de tarification basées sur la mesure du produit de la puissance apparente par un coefficient déterminé au contrat, ou bien sur la mesure pure et simple de la puissance réelle.
- C. B.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Calcul des poteaux de traversée. — O. Rie-ger.—Elehtrotechnik und Maschinenbau, 17 juillet 1910.
- Soit (fig. 1) un poteau en fer B, vers lequel con-
- Fig. 1.
- vergent les fils conducteurs des directions AB, CB
- P' — P
- (*) Erreur % “ 100
- et DB, A étant un poteau en bois, représenté également sur la figure 2.
- Le calcul du poteau À et du poteau B a un double but : la détermination de la section de base et la
- Fig. 2.
- détermination de la profondeur de pénétration du poteau dans le sol.
- 1. — Calcul du poteau A.
- Il nécessite la connaissance du moment de flexion total M6a, qui se compose vectoriellement du moment du à la pression du vent sur les fils conducteurs et les fils protecteurs (longitudinaux et transversaux) ; du moment dû aux efforts de tension dans les fils conducteurs et les fils protecteurs longitudinaux ; et du moment dû à la pression du vent sur le poteau même.
- Ces trois moments étant connus, on aura pour le moment résultant :
- M&a V (^6a M&c)2 Mi/,2.
- Les vecteurs représentatifs de et M/}C seront sur le prolongement l’un de l’autre, car les moments qu’ils figurent agissent dans un seul et même plan.
- Les données sont :
- Diamètre de chaque mat au niveau du sol : 35 centimètres.
- Diamètre de chaque mât au sommet : i'\ centimètres.
- Hauteur de chaque nuit : i ioo centimètres.
- Diamètre du conducteur qui correspond à une section de 35 millimètres carrés : 0,67 centimètre.
- Poids propre d’un mètre de conducteur : 0,3i5 kilogramme.
- P
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2* Série). — N« 13.
- Nombre des condueteurs : 3.
- Distance moyenne des conducteurs au sol : i 020 cen-mètres.
- Flèche imposée à 5°C : 3o centimètres.
- Diamètre des fils protecteurs longitudinaux : o,5 centimètre.
- Poids propre de i mètre de fil protecteur longitudinal : o,i53 kilogramme.
- Nombre de fils protecteurs longitudinaux : 5.
- Distance moyenne de ceux-ci au sol : 1000 centimètres.
- Flèche imposée pour les fils protecteurs longitudinaux: 3o centimètres.
- Diamètre des fils protecteurs transversaux : 0,4 centimètre.
- Poids propre de 1 mètre de protecteur transversal : o,( kilogramme.
- ' Nombre de fils protecteurs transversaux : 9.
- Distance moyenne au sol : 1 000 centimètres.
- Pression du vent : i5o kilogrammes par mètre carré = o,oi5 kilogramme par centimètre carré.
- La surface exposée au ventestprise, pour les corps cy-
- 2
- lindriques, comme égale au produit: longueur XjX diamètre.
- Poids de la neige et de la glace : 0,015 q kilogramme (où <7 est la section du conducteur en millimètres carrés) par mètre.
- Résistance du bois calculée avec un coefficient de sécurité égal à 10: 700 kilogrammes par centimètre carré.
- Calcul du moment Min.
- Il se compose, à son tour, . de trois moments respectivement dus :
- a) A la pression du vent sur les fds conducteurs ;
- (3) A la pression du vent sur les 5 fils protecteurs longitudinaux ;
- '() A la pression du vent sur les 9 fils protecteurs transversaux.
- Ces trois moments se calculent en multipliant l’effort du vent par l’altitude moyenne des conducteurs ; on prendra, cependant, la moitié du produit ainsi obtenu pour les deux derniers.
- Le vent agit à raison de 0,015 kilogramme par centimètre carré sur une surface rectangulaire dont la longueur est de 25 mètres (écartement des poteaux) et dont la largeur est représentée par les deux tiers de.la somme des diamètres des fils. Cette surface, multipliée par 0,015 kilogramme de pression unitaire donnera l’effort du vent qui entre dans le calcul des moments précédents.'
- Il n’y a d’exception, quant aux surfaces, que pour
- celle qui concerne le troisième moment ; elle sera égale à :
- 2 X (45 -f- 3o -f- 5o 75) X 0,4 X | = 107 cm1,
- (voir fig. 2).
- En procédant de cette façon, on obtient des moments respectivement égaux à 5i 000 kilogrammes-centimètres ; 3i 25o kilogrammes-centimètres et 7 200 kilogrammes-centimètres et correspondant aux efforts calculés 5o, 62,5 et 14,4 kilogrammes.
- Le moment est ainsi :
- Mjn z= 5i 000 -|- 3i 25o 7 200 = 89 45o kg.cm.
- Calcul du moment M6A.
- Ce moment se subdivise en deux :
- 1) Le moment dû à la tension des fils conducteurs;
- 2) Le moment dû à la tension des fils protecteurs longitudinaux.
- La première tension agissant des deux côtés du poteau avec la même intensité, mais dans deux sens contraires, laisse le poteau indifférent.
- La deuxième est donnée par la formule
- dans laquelle :
- a est la longueur du conducteur tendu ; s, la tension en kilogrammes ; d, la flèche en mètres ;
- g, le poids d’un mètre de fil en kilogrammes. D’ailleurs g se compose de la somme des poids suivants :
- glt poids propre par mètre courant =: o,i53 kilogramme ;
- g2, poids additionnel dû à la glace : o,oi5 X «7=;o,oi5X20 —°>3 kilogramme par mètre environ.
- g3, surcroît du poids par mètre courant dû au poids
- 9.2.0,1
- propre des fils protecteurs transversaux = —---— ;
- 3 • 2,ÎJ
- git surcroît par mètre courant dû au poids de glace 9.2.o,oi5.i3
- des fils transversaux =-------—---- .
- 5.25
- On a ainsi :
- o,5.2 52
- 'V= 8.o,3 ~
- i3o kg.
- En tenant compte des cinq fils protecteurs Ion-
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- let Avril 1911.
- REVUE D’ELECTRICITÉ
- 405
- gitudinaux et en introduisant la tension 5,v dans l’expression du moment, on arrive à
- Mw = 325 ooo kg.cm.
- Calcul du moment M/,c.
- La surface exposée au vent est approximativement considérée égale aux deux tiers de l’aire de la section trapézoïdale du poteau.
- L’effort est supposé appliqué au centre de gravité du tronc de cône à une hauteur
- _ h X 4
- R2 4. aR,- _|_
- R2 -f R/- + r2 »
- où R et r sont les rayons de la base et du sommet et h la hauteur, de i ioo centimètres.
- Le calcul doit donner pour M4c 3o4 yGo kilogrammes-centimètres.
- De tout ce qui a été dit on conclut que :
- Môa =4/(89 4 5o -f- 3o4 960) -)- 3a5 000 =51 o 81 o kg-cm.
- D’après la figure 3, on trouve les côtés du triangle de base : b — 26 centimètres et h = 48 centimètres.
- b h2.
- Puis de : M*, = WK* avec W = —-—,
- on tire le coefficient de résistance K* = 5i kilogrammes par centimètre carré environ.
- Calcul de la profondeur de pénétration du poteau.
- La poussée de terre admise est de 2,5 kilogrammes par centimètre carré.
- D’après la figure 4 et avec un diamètre au ras du sol de 35 centimètres, la poussée de terre sera
- E = - X 35 X 2,5 = 44 h environ.
- 2
- On aura le moment M. en fonction de h en mulli-h .
- pliant E par a X j, soit 29 h2 et puisque
- M6a == Me,
- il viendra :
- h = 133 centimètres.
- II. —Calcul du poteau B.
- Le vent est supposé être dirigé perpendiculairement à la direction BD.
- 11 faudra, rdans le cas présent, pour trouver Mfc,, M bb et Mfe, tenir compte des trois directions.
- \
- Le moment résultant peut être déduit de la figure 5, les moments M6e et étant portés sur une même droite. _
- La résultante de leur somme avec Mjj représente le moment Man. En remarquant 'que l’angle de la
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- LA LUMIERE ' ÉLECTRIQUE T. XIII (2° Série). — N# 13.
- direction B,Ct avec celle des vecteurs représentatifs M6a et (qui n’est autre que celle du vent) est de 170°, on aura
- MiR = \J (Md« + Mac)*-t- M^é+afMja+Mft^Mjixeos 170°
- expression dans laquelle il ne restera plus qu’à introduire la valeur numérique des moments en jeu.
- Il est à noter que le poteau en fer aura comme coefficient de résistance 4 5oo kilogrammes-centimètres carrés qu’on réduira à 900 en prenant seulement 5 comme facteur de sécurité.
- Calcul du moment Mba.
- Oüi déterminera les efforts du vent sur les trois
- tronçons AB, BD et CB de la même manière qu’on l’a fait dans le cas du poteau en bois, où, cependant
- il ne s’agissait que de la seule direction AB; on tiendra compte, chaque fois, des longueurs des fils qui sont données sur la figure 1 et on réduira ensuite les efforts ainsi trouvés à leurs composantes normales au tronçon considéré.
- En particulier, pour le premier tronçon (AB), on aura les trois mêmes efforts que dans le cas du poteau en bois; leur somme représentera l’effort du vent. Quand on évaluera celui-ci pour les deux autres tronçons, on ne tiendra compte que des fils conducteurs. On se bornera à projeter les efforts sur les normales aux directions AB et CB, le vent étant supposé être dirigé perpendiculairement à BD.
- Il n’y aura plus qu’à prendre la somme de ces pressions normales ; elle sera égale à 167 kilogrammes. De là le moment :
- Mja
- 167 x 1020 2
- 85 170 kg.cm.
- Calcul du moment Mm-
- La tension des fils sera exprimée par la formule
- - - 8a'
- 8 d’
- appliquée à chacun des trois tronçons ; pour le premier on ajoutera les 5 X i3o kilogrammes trouvés précédemment. On tiendra compte ainsi du poids propre et de celui de la glace.
- La résultante de ces tensions sera déterminée vec-oriellement, après qu’on aura porté chacune des tensions sur la direction du tronçon correspondant, et
- sera égale à i 365 kilogrammes. Le moment cherché sera, par conséquent,
- Ma* = - X 1 365 X 1 020 = 696 i5okg. cm.
- Calcul du moment Mbc.
- D’après la figure 7, on voit que la surface exposée au vent est de
- a5 + 65 2
- Xi ioo = 49 5oo cm2 = 5m2 environ.
- Fig. 6.
- La pression du vent sera ainsi :
- 3-X5x i5o = 25p kg.
- Fig. 7.
- et son point d’application se trouvera à une hauteur h A -f- 2 y(AB -|- 3 B
- _ 4 ’ A + y/ÂB -f B
- On en tirerait en remplaçant par les chiffres de la figure 7 :
- x = 465 cm.
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- 4e* Avril 1911. V REVUE D’ÉLECT RICITÉ 407
- et on aurait pour le moment :
- Mftc = a5o X 465 = 116 a5o kg. cm.
- Enfin le moment total ,M*B aura pour valeur
- V(85i70+i i625o)a+6g6i 5os-f-ï(85170+116 a5o).69615o.cos 170°
- ou M*r = 5oa 000 kg.cm.
- On peut facilement en connaître le moment résistant W, puisque l’on connaît en plus K6.
- Calcul de la profondeur de pénétration du poteau B. En supposant qu’un quart seulement de la surface
- plongée reçoive la poussée, on a pour cette dernière approximativement :
- h I
- E = — X 65 X - X a,5 = ao h, a 4
- avec les dimensions de la figure 7. D’autre part ME = MiR
- et puisque M« = a X~E=i3A2, on en conclut :
- i3 h2 — 5oa 000
- et enfin
- h = iq5 centimètres.
- Th. S.
- VARIÉTÉS
- Statistique des usines d’électricité allemandes au leT avril 1910 (').
- Tableau I
- Nombre et importance des usines, suivant la nature du courant produit.
- PUISSANCE EN KILOWATTS PUISSANCE TOTALE
- NATURE
- DU NOMBRE d’usines des machines des accumulateurs en kilowatts
- GOURANT — — —
- 1909 1910 1909 1910 1909 1910 1909 1910
- Alternatif 47 52 18 463 18 863 338 364 18 801 19 227
- Triphasé i83 241 186 428 209 38o 1 367 1 391 187 795 *AIO 771
- Continu 1 543 i 736 261 525 271 532 IOI o52 io'4 258 362 577 375 790
- Mixte et inconnu 2o5 23o 521 448 522 696 70 988 71 363 592 436 594 059
- Totaux 1 978 2 259 987 864 I 022 47 1 173 745 177 376 1 161 609 1 199 847
- f1) Les renseignement donnés dans la présente circulaire sont extraits par le Bulletin de la Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques, etc., de l’ouvrage : Sta-tistik der Electrizitatswerke in Deutschland nach dem Stand vom I A prit 4910. Voir, pour 1909, la Lumière Electrique (ae série), tome IX, page 280.
- On u’a considéré comme usines d’électricité que les établissements dont les canalisations et les conducteurs empruntent les voies publiques et qui alimentent en courant électrique dés localités, soit en entier, soit en majeure partie, ou qui ont un caractère d’intérêt public.
- Les autres installations produisant de l’énergie électrique n’ont été comprises dans la statistique que lorsqu’elles servent à l’éclairage public, soit dans la même localité, soit dans une localité voisine, ou qu’elles livrent du courant à des particuliers en utilisant les voies publiques.
- Il existe 99 usines qui, faute de renseignements, n’ont pas été comprises dans la statistique ; le nombre total des usines d’électricité se trouve ainsi porté à 2 36o en chiffres ronds.
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- T. XIII (2® Série). — N° 13.
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- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tableau II
- Nombre des usines d’électricité, d’après la nature de la force motrice employée.
- NOMBRE 1909 d’usines 1910
- Eau 7i3 767
- Vapeur *77. 214
- Transformateurs 36 5i
- Moteurs à explosion 294 35o
- Eau et vapeur 3/,8 390
- Divers 410 487
- Totaux * i 978 2 259
- Tableau IV
- Classification des usines, d'après leur ancienneté.
- NOMBRE D’ANNÉES d’exploitation NOMBRE d’usines NOMBRE D’ANNÉES d’exploitation NOMBRE d’usines
- 28 I 12 «... n8
- 25 I. I T i83
- 24. 1 IO i37
- 23 2 O 129
- 22 8 8 141
- 21 8 ï37
- 20 5 6 159
- IQ Q 5 140
- 18 IQ 4 i85
- I H - 28 3 141
- l6 5i 2 ... * 232
- i5 40 1.1 I I 2
- 14 66 Tnr.onmi III
- 13 9*
- Tableau VI
- Puissance des machines et accumulateurs des stations centrales, en kilowatts.
- 1909 1910
- Machines 987 864 173 745 1 022 471 177 376
- Accumulateurs
- Totaux
- 1 161 609 1 199 847 '
- Tableau III
- Nombre des usines d'électricité, d'après la puissance en kilowatts.
- KILOWATTS NOMBRE 1909 d’usines 1910
- 0 à IOO 729 791
- 101 <4 5oo 662
- 5oi à 1 000 123 i3o
- 1 001 à 2 000 71 73
- 2 001 à 5 000 53 55
- Au-dessus de 5 000 40 4i
- Puissance non indiquée ..... 3oo 476
- Totaux 1 978 2 2!>9.
- Tableau V
- Nombre et puissance des appareils utilisant le courant produit par les usines.
- 1909 1910
- Nombre ) des lampes à incan- Capacité ^ descence Nombre | , Capacité ldes lampes a arc.. Rendement des moteurs fixes en chevaux .' 12 808 3 51 640 418 234 566 129 011 896910 286 910 37721 1872 592 15 000 000 750000 271 000 149000 1 000 000 33o 000 43 700 2 140 000
- Rendement des moteurs de chemin de fer en chevaux. . Capacité des appareils de cuisine et de chauffage en kw.. Capacité globale en kilowatts.
- Tableau VII
- Puissance des Jmachines en kilowatts, d’après la nature du courant.
- - - • ' 1909 .1910 ..
- Courant continu 362 577 375 990
- — alternatif et triphasé. 206 596 229 998
- mixte et inconnu.. . . 592 436 5g4 059
- Totaux 1 161 609 1 199 847
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- 1er Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- BIBLIOGRAPHIE
- II est donné une analyse des ouvrages dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction.
- Agenda Dunod pour 1911 : Electricité, à
- l’usage des électriciens, ingénieurs, industriels, chefs d’ateliers, mécaniciens et contremaîtres, par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de VElectricien.
- Un petit volume io X r5, relié en peau souple, contenant environ 4oo pages de texte et 128 pages blanches daléespour notes journalières.— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs,.Paris. — Prix : 3 francs.
- Cet agenda contient les notions essentielles sur les quantités et unités physiques, géométriques et mécaniques, sur les phénomènes magnétiques, électriques et électromagnétiques, sur les quantités et unités magnétiques, électromagnétiques, thermiques
- et pholométriques, sur la production de l’énergie électrique, sur les accumulateurs, les canalisations, l’éclairage électrique, etc.
- L’édition 1911 constitue un aide-mémoire complet et concis de toute l’élcctrotechniquc industrielle.
- Des tables et formules usuelles de mathématiques et de physique complètent utilement ce petit livre.
- Son format est commode et portatif ; la partie commerciale comporte un répertoire de fournisseurs d’électricité, classés par spécialités. Au début se trouve un calendrier de l’année et à la fin l’agenda proprement dit qui serait d’un usage plus commode si les jours de la semaine y étaient mentionnés.
- S. F.
- BREVETS
- Dispositif de refroidissement pour dynamos. — Société Siemens-Schuckert Werke. —
- N° 4i3 587, demandé le 14 mars 1910.
- Dans ce dispositif, on a cherché à écarter le danger de voir la machine devenir humide : les enroulements et les autres éléments électriques actifs sont complètement séparés des canaux de refroidissement, en sorte que l’on supprime entièrement tout espèce de joint.
- Fig. 1.
- Le refroidissement se fait (de façon analogue à celle employée pour les freins) en amenant à l’intérieur de l’induit un liquide rcfroidisscur qui est pressé par
- la force centrifuge contre la surface intérieure du noyau. L’intérieur de l’induit tournant est relié aux organes extérieurs fixes par deux conduits, dont l’un amène le liquide, tandis que l’autre le recueille et le ramène au dehors. Afin que le liquide ne puisse pas s'échapper latéralement, l’induit est pourvu, à ses extrémités, de rebords qui font saillie vers le milieu ou se rejoignent complètement en formant un moyeu.
- La figure 1 montre, en coupe, une dynamo pourvue d’un tel dispositif de refroidissement.
- ci est l’induit avec les bords b, c faisant saillie vers l’intérieur. Le bord c est en même temps utilisé pour relier le noyau d’induit h au moyeu e, de sorte que l’induit est en forme de cloche.
- f est le conduit d’amenée et g le conduit de départ ; ce dernier est courbé dans une direction inverse du sens de la rotation, afin qu’il puisse recueillir le liquide refroidisseur.
- La circulation du liquide de la conduite d’amenée à la conduite de départ peut être réglée d’une façon simple, en rendant légèrement conique la surface intérieure du noyau d’induit, et cela de manière que le diamètre augmente vers le conduit de départ.
- Quand la machine s’arrête, la distribution du liquide est interrompue par un dispositif automatique.
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- ,LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XIII (2e Série). — N° 13.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE ET FINANCIÈRE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Commandes par friction appliquées aux moteurs électriques.
- Pour la réduction de vitesse des moteurs, et surtout de ceux à allure rapide, il est intéressant d’avoir une transmission sans trépidation et n’ayant pas de limites dans le rapport de la réduction. Il faut en outre que les réducteurs présentent une souplesse suffisante pour que le démarrage ne soit pas brutal et
- une réduction de 1/4, ce qui donne 3oo tours; une nouvelle réduction de un dixième sera obtenue très facilement ensuite par la poulie de friction. Quant aux calculs d’établissement, un petit diamètre et une grande largeur conduisent à des efforts tangentiels élevés et par suite à des pressions importantes sur les axes. Il est préférable de chercher à se rapprocher de la proportion D = îL,
- Fig. 1.
- surtout pour que, en cas de calage accidentel de la machine commandée, le moteur électrique ne soit pas calé du même coup. Il est donc utile que la transmission réductrice présente un certain glissement.
- Réducteur pur friction excentré (fig. 1). —Cet appareil (')se place devant,le moteur électrique. Il se compose d’un bâti en fonte avec 2 douilles alésées qui supportent un tube excentré ; ce tube porte à l’intérieur sur 2 bagues-coussinets en bronze avec dispositif de graissage. Sur l’arbre de transmission sont calés, d’une part, un volant de friction en fonte et, d’autre part, unepoulie à courroie.Grâce à l’excentration, il suffit d’un faible mouvement de rotation du tube pour rapprocher ou reculer la poulie de friction en fonte de la poulie en carton calée sur l’arbre de la dynamo. Le contact est assuré d’une façon souple et réglable comme pression au moyen de ressorts.
- Supposons qu’il s’agisse d’une transmission tournant à 3o tours et qu’on veuille l’entraîner par un moteur électrique tournant à 1 200 tours. La transmission sera attaquée par la courroie de l’appareil avec
- l1) Construit par la Maison E. Denis, Saint-Quentin.
- L étant la largeur de carton en contact.
- Relativement à D, pour un carton spécial,'oui
- Fig. 2.
- peut admettre 4 kilogrammes d’effort tangentiel’par centimètre de génératrice.
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- 1" Avril 1911.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- La pression au contact sera à calculer, d’après cette base, pour le réglage des ressorts.
- Il y a quelquefois avantage à diminuer l’encombrement; dans ce cas, on place le moteur électrique directement sur le réducteur (fig. a), ce qui, d’ailleurs, est une condition favorable pour empêcher les poussières d’y pénétrer. La tension des ressorts peut être commandée par un volant, de façon à faire toujours démarrer le moteur à vide ou à amener ensuite progressivement le contact entre la poulie de friction et le volant en fonte, quand le moteur est en pleine vitesse. On obtient ainsi un démarrage progressif.
- 3. L.
- Appareils automatiques pour déterminer les heui'es de service des moteurs électriques.
- La plupart des entreprises de distribution d’énergie électrique fournissent à leurs abonnés, pendant la journée, en dehors des heures d’éclairage, du courant pour la force motrice.
- Fig. i.
- Elles appliquent alors un tarif réduit pour des heures déterminées, mais souvent il arrive que les abonnés dépassent les heures prescrites.
- L’appareil « Arbiter » (*) dont nous donnons ici la description (fig. i etî 2) permet d’empêcher cette consommation intempestive.
- (*) Construit parla Société Novitab, Zurich.
- Il se compose d’un interrupteur à huile avec contacts à tubes, munis de souffleurs d’étincelles, d’un mécanisme d’enclenchement et de déclenchement avec roue de commande et d’un mouvement d’horlogerie de précision dont la durée de marche est de 35 jours.
- Fig. 2.
- Sur la tige de 24 heures se trouve un système de cadran qui peut être enlevé et grâce auquel les heures de service peuvent être choisies à volonté.
- Sur le bord extérieur du cadran, tournant de gauche à droite, glisse un petit rouleau supporté par un levier qui, à son tour, est mis en contact avec le dispositif de démarrage. Quand le rouleau se trouve sur le bord du cadran proprement dit, le mécanisme d’enclenchement est couplé avec l’interrupteur de façon que la fermeture et l’interruption du courant puissent être opérées à volonté.
- Fig. 3.
- Mais, dès que le rouleau est soulevé par une came, l’interrupteur fermé est ouvert automatiquement et toute remise de courant est alors rendue impossible jusqu’à ce que le rouleau retombe sur le bord du cadran.
- La fermeture se fait en tournant à droite, jusqu’au
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE T. XIII (2« Série). — N» 13.
- point d’arrêt, la roue de commande et l'interruption du courant est obtenue en retirant cette dernière dans la direction de son axe.
- Un dispositif avertisseur met en action un signal qui prévient de la prochaine interruption automatique du courant.
- Un second type du même appareil « Arbiter » (petit modèle) est particulièrement destiné aux petites industries qui emploient des moteurs électriques de 4 chevaux environ (fig. 3 et 4).
- L’interrupteur est à levier et la durée de marche du mouvement d’horlogerie est seulement de 16 jours.
- Fig. 4.
- Sur la tige de a4 heures est aussi placé un cadran qui peut être enlevé, et grâce auquel, par groupement convenable de disques à cames, les heures de service peuvent être réglées à volonté.
- Pendant les heures de service autorisées, le levier de commande est couplé avec les couteaux de contact de façon que le fonctionnement de l’interrupteur soit absolument libre.
- Une fois ces heures passées, par le jeu des cames, le couplage disparaît et toute remise du courant est rendue impossible.
- L’abonné est averti, au moyen de signaux optiques, qi\il y a lieu de remonter l’appareil. Si le remontage est négligé dans le délai voulu et si l’horloge vient à s’arrêter, l’appareil est bloqué et tout envoi de courant est rendu impossible. Cet état de choses est
- signalé par une aiguille et ne peut être modifié que par un employé de l’usine électrique, qui procède en même temps à la remise à l’heure juste et au remontage de l’horloge.
- Sur le même principe (mouvement d’horlogerie et roues à cames), la Société Novitas construit également des appareils automatiques d’allumage et d’extinction de groupes de lampes à des heures déterminées d’avance.
- L, B.
- ÉTUDES ÉCONOMIQUES
- On se rappelle peut-être les nouvelles tendancieuses lancées par certains journaux financiers lors de l’ouverture à l’exploitation, en novembre dernier, du chemin de fer Nord-Sud de Paris. Sans s’attacher à l’étude des conditions exceptionnelles de fonctionnement de la ligne, ils prédisaient une insuffisance de recettes basée sur les moyennes journalières fournies par l’examen des comptes décadaires livrés à la publicité par la Compagnie. Nous avions toujours fait nos réserves à cet égard, et nous sommes heureux de constater que les événements donnent tort aux pessimistes : en effet, les recettes moyennes s’élèvent, maintenant, à 21 000 francs; l’ouverture de nouvelles lignes du Métropolitain et des tronçons encore inachevés du Nord-Sud amélioreront cette situation. Si des réserves doivent être faites, il nous semble qu’elles proviendraient plutôt des conséquences de la réorganisation des transports en commun : omnibus et tramways. Au fur et à mesure de la mise en service des nouvelles voitures automobiles et de l’accoutumance du public aux tarifs sectionnés, le nombre des voyageurs augmente dans de très grandes proportions et l'écart entre les anciennes et les nouvelles recettes diminue mensuellement. Il faut attendre encore mieux de l’organisation des tramways, car il ne s’agit pas de réorganisation dans cette branche de l’exploitation, mais bien d'une refonte complète du. système et des méthodes de traction.
- Notre Bourse semble se préoccuper de la répercussion que peut avoir la loi en cours de discussion sur la rétroactivité des retraites des employés de chemins de fer et l’exposé renouvelé des idées du ministre des Finances à propos de l’impôt sur les revenus. Rente française, actions et obligations de chemins de fer ont donc subi le contre-coup de la
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- |or Avril 1911.
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- méfiance des porteurs ; et nos valeurs d’électricité en ont été mal influencées.
- On commence à connaître les résultats de l’exercice 1910 pour nombre de compagnies de tramways, et ils ne sont pas ce que l’on pourrait souhaiter. Nous avons déjà noté ce qu’il était advenu pour les Tramways Sud. Les Chemins de fer nogentais se sont ressentis des inondations et leurs recettes ont fléchi de 3 606 25o francs à 3 448 777 francs; les dépenses, aussi comprimées que possible, n’ont pu être réduites que de 34618 francs et se sont élevées à 2 472 127 francs. Le solde disponible, après amortissement des obligations et d’un tiers du compte inondations, s’élève à 5g4 799 francs, y compris le report antérieur de 148721 francs, au lieu de 704 966 francs en 1909. Malgré cette importante diminution des bénéfices nets, le dividende sera maintenu à 25 francs.
- Les Tramways Electriques de Bordeaux ont présenté de leur côté une légère plus-value de bénéfices : 25 000 francs environ, mais insuffisante pour justifier un relèvement du dividende qui restera fixé à 12 fr. 5o. Les porteurs d’actions de la Compagnie Thomson-Houston, qui avaient quelque peu boudé la valeur sur l’annonce d’un dividende égal au précédent, se sont repris à espérer de meilleurs résultats d’avenir, et le cours de 790 a fait de nouveau place en fin de semaine à celui de 801. On dit qu’Eclairage et Force distribuerait 45 fr. et peut-être 47 fr. 5o au lieu de 42 fr. ; le cours monte aussitôt à 1 3i 1. Enfin le Triphasé et la Rive-Gauche montrent de meilleures dispositions. Le premier a touché le cours de 700 après avoir végété fort longtemps à 645 et même au-dessous d’une façon tout à fait injustifiée à notre avis. La seconde vit des espérances que donnerait la réorganisation de l’affaire qui poursuivrait son existence après 1911. De nouvelles usines installées avec des moteurs Diesel seraient en projet ; nous attendrons plus de précision à cet égard avant d’y insister.
- L’époque est aux assemblées générales d’actionnaires de nos établissements de crédit, à part la Banque de France dont le compte rendu précède toujours celui du Crédit Lyonnais, de la Société Générale du Crédit industriel et commercial, etc. On peut puiser dans les rapports des conseils de ces établissements d’utiles indications sur la marche générale des affaires durant l’année écoulée et celle en cours. Il en ressort très nettement que les uns comme les autres, malgré des bénéfices plus élevés, ont désiré consolider leur situation financière « en vue des aléas « éventuels que comportent les affaires de banque
- « même les plus judicieusement conduites ». L’année écoulée a marqué un déficit important dans les ré-, coites de blé et de vin ; ce déficit a eu une répercussion sur les affaires de banque proprement dites, en même temps qu’il diminuait les facultés d’épargne de la population et le placement de titres. L’année en cours s’annonce comme mieux favorisée au point de vue industriel, ainsi qu’il ressort des statistiques des recettes de chemins de fer, de certaines plus-values d’impôts et de l’augmentation du portefeuille de la Banque de France. Néanmoins, ne voulant pas se laisser entraîner à des appréciations trop optimistes, le conseil du Crédit Lyonnais a préféré mettre 12 millions aux réserves et [reporter 5 millions plutôt que d’augmenter le dividende. Toutes les bonnes raisons exposées par des actionnaires « conscients » n’ont pas triomphé de la résistance du président qui a confirmé, comme celui de la Société de Crédit industriel et commercial, que les risques courus par un établissement qui manœuvre 16 milliards de papier et se constitue le gardien de milliards de titres ne permettent jamais d’être sûr de l’avenir. S’il était permis aux présidents de ces assemblées de dévoiler toute leur pensée, il adviendrait probablement qu’on découvrirait le motif de leur grande réserve dans des motifs différents de ceux qu’ils exposent, basés bien entendu sur l’intérêt des actionnaires, mais aussi sur les craintes qu’ils éprouvent de nos incessants bouleversements sociaux.
- VUnion Electrique a réalisé, au cours de l’exercice 1909-1910, un bénéfice net de 272422 fr. 5o, supérieur de 42 761 francs à celui de l’exercice précédent. Mais le capital à rémunérer était de 3 millions au lieu de 2 600 000 francs. Les produits bruts ont atteint 379061 fr. 3o, soit 12,6 % du capital; les frais généraux à 106 638 francs n’ont absorbé que 28 % des produits bruts du secteur. Ils présentent d’ailleurs une réduction de 2.4 072 fr. sur l’année précédente. Le dividende attribué à toutes les actions a été fixé à 5 francs, absorbant i5o 000 francs et permettant des réserves assez importantes. L’exercice a été marqué par deux faits saillants : premièrement, le rachat de l’actif de la Société civile des forces motrices de l’Ain représenté par deux chutes d’une puissance totale de 6 000 chevaux en eaux normales, avec tous les terrains, droits de riveraineté, moyennant un million payable en actions, jouissance 3o juin 1918, qui seront émises ultérieurement; deuxièmement, la mise en service des nouveaux groupes hydro-électriques. Le réseau de distribution du département du Jura a été augmenté d’une ligne
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- à 35 ooo volts reliant le Saut-Mortier à Lons-le-Saunier en vue de la fourniture du courant à la Compagnie du gaz de cette ville. De nouvelles lignes et postes de transformateurs ont été construits d'autre part vers Bourg et Villefranche pour développer le champ d’action de l’Union Electrique dans le Beaujolais et le Méconnais. La Société, qui avait a 328937 francs de créances diverses au 3ojuin 1909, a pu se libérer au cours de l’exercice et procéder à ces nouvelles installations grâce à son augmentation de capital et à l’émission de 3 000 000 d’obligations 4 1 /a % . L’ensemble de ses immobilisations s’élevait au 3o juin 1910 à 6 829 771 fr. 65 en regard desquels les divers fonds d’amortissements ou réserves présentent au passif un total de 222 027 fr. 75.
- La Compagnie Lorraine d’Electricité va étendre son action jusqu’à Bar-le-Duc. Elle a pris un accord dans ce but avec l’adjudicataire de l’usine destinée à alimenter le réseau de cette ville. La Compagnie Générale d’Electricité ne reste pas inactive de son côté : elle vient d’obtenir la concession de Melun; elle absorbe la Compagnie Générale Radiotélégra-phique et elle crée à Milan une usine de lampes qui entrera en service dans quelques mois.
- La souscription aux nouvelles actions des Forces
- Motrices du Rhône a permis de répartir un certain nombre de titres aux demandes de souscriptions réductibles ; les souscripteurs de 1 à 5 actions ont reçu une action; ceux de 6 à 33 en ont reçu deux; et, au-dessus de 34, il a été attribué 6 % des demandes.
- La Société d’Electricité Kolben et Cie, de Prague, a réalisé au cours de l’exercice 1910 un bénéfice net de 337 747 couronnes qui, avec le report de l’exercice précédent, 54 967 couronnes, forme un total de 392 714 couronnes. L’attribution a été la suivante : 16 887 couronnes à la réserve, 260 000 couronnes aux actions, 33629 couronnes à divers,et82 198 couronnes comme report à nouveau. L’assemblée générale a décidé de porter le capital de 4 millions à 6 millions de couronnes.
- D’une interview de M. Guggenheim rapportée par XInformation, il y a lieu de retenir qu’une recrudescence de prospérité étonnante suivra en Amérique la décision de la Cour suprême dans l’affaire des trusts et quelle que soit cette décision. La situation des récoltes s’annonçant d’autre part comme favorable, on verra naître de multiples entreprises. Néanmoins, pour le moment, la question du cuivre demeure dans le statu quo, aucune fusion n’existant entre les producteurs de cuivre.
- D. F.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Haute-Vienne. — Par décret du ministre des Travaux publics, la Compagnie des chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne est substituée aux concessionnaires du réseau des tramways de la Haule-VienDe.
- Alpes-Maritimes. — Le Conseil municipal de Beausoleil a nommé une commission pour étudier le projet d’établissement de tramways électriques, déposé par M. Brida.
- Tunisie. — Le ministre des Affaires étrangères rient de déposer, sur le bureau de la Chambre, un projet de loi autorisant le gouvernement tunisien à contracter un
- emprunt de 90 5oo 000 francs pour accélérer l’achève ment du réseau de ses chemins de fer.
- Russie. — Plusieurs projets de chemins de fer électriques ont été soumis à l’approbation du gouvernement: i° de Baktchisarai à Alushta par Yalta, avec embranchement du port de Yalta à Semeis ; 20 de Sébastopol à Lasp, Alupka et Alushta.
- Autriche-Hongrie. — Le ministre des chemins de fer a autorisé le Conseil municipal de Salzburg à mettre à l’étude le projet d’un réseau de tramways électriques dans cette ville.
- Allemagne. — Le Conseil municipal de Halle-am-Saale a voté une dépense de 4 millions de marks pour l’acquisition de son réseau de tramways électriques.
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- 4er Avril 1911.
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- ÉCLAIRAGE
- Dordogne. — La municipalité de Sarlat étudie actuellement un projet d’éclairage électrique.
- Gard. — Le Sud Electrique a été nommé concessionnaire de l’éclairage électrique de la commune de Dions.
- Haute-Saone/— Une Société vient d’être constituée à Gray dans le but d’installer une usine électrique et de fournir l’éclairage à la commune et aux pays environnants.
- Loire. — L’Energie Electrique du Centre vient d’obtenir la concession d’éclairage électrique et de force motrice de la commune de Charlieu.
- La Société Lumière et Energie a été nommée concessionnaire de l’éclairage électrique de Panissières.
- Marne. — Le Conseil municipal de Cormigny est en pourparlers avec la Société d’Electricité de Bazancourt pour l’installation de l’électricité.
- Il est question d’installer l’électricité dans la commune de Cormicy.
- Meurthe-et-Moselle. — La Compagnie Générale Electrique vient d'obtenir la concession de l’éclairage électrique de Dombasle.
- Oise. —Le Conseil municipal de Cuts a adopté le projet d’éclairage électrique qui lui était soumis.
- Rhône. — Le Conseil municipal de Vaucheray a accordé à la Société de distribution d’énergie électrique «lu Rhône la concession d’éclairage et de force motrice précédemment accordée à M. Grialou.
- Saone-et-Loire. La Société d’Energie électrique de la Côte-d’Or a obtenu la concession d’éclairage électrique de Blanzy.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Paris. — Comme complément à notre information du a5 février, le poste à émission musicale avec alternateur à résonance installé à la station radiotélégraphique militaire de la Tour Eiffel est du système Radio-Electrique. Grâce à ce nouveau système, la communication a pu être réalisée avec le poste de Glace-Bay (Canada) à 6 ooo kilomètres de distance avec une consommation en énergie de io kilowatts (soit i5 chevaux), tandis que les meilleurs
- systèmes concurrents d’origine étrangère expérimentés comparativement avec le système français Radio-Electrique ont dû consommer chevaux d’énergie pour donner un moins bon résultat.
- C’était en effet le signal envoyé avec le poste système français qui était perçu le plus clairement.
- Le service est actuellement effectué quotidiennement au moyen du poste Radio-Electrique de la Tour Eiffel, avec la station de Rufisque, près de Dakar, tandis qu’il a été impossible d’effectuer ces services avec les postes d’autres systèmes consommant 4 fois plus d'énergie et d’un encombrement environ 5 fois plus considérable.
- C’est un résultat qui fait honneur aux officiers et ingénieurs radiotélégraphistes français et montre leur supériorité incontestable en télégraphie sans fil, car le système français laisse loin derrière lui actuellement les autres systèmes (allemands, anglais ou italiens), ainsi que l’ont montré manifestement les derniers résultats obtenus à la station de la Tour Eiffel.
- Allemagne. — Une nouvelle compagnie de télégraphie sans fil vient d’être fondée à Berlin, au capital de 3j5 ooo francs ; elle a pour titre : Deutsche Betriebs Gesellschaft für Drahtlose Télégraphié.
- Indes Néerlandaises. — Le gouvernement a l’intention d’établir des stations radiotélégraphiques <\ Sabang, Java, Timor, Kupang et Amboyna.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Energie Electrique de la Basse Loire. — Capital : i aoo ooo francs. — Siège social : 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- Société anonyme des Forces Motrices de la Meuse. — Constituée le 27 mars 1911. ;— Durée : 5o ans. — Capital : 5ooooo francs. — Siège social : Bar-le-Duc.
- Station électrique de la vallée de l’Automne. — Durée : 5o ans. — Capital : 4°o ooo francs. — Siège social : 32, rue Domeliers, Compiègne (Oise).
- CONVOCATIONS
- Compagnie Générale Française deTramways. —Le 5 avril 6, rue Chauchat, à Paris.
- Union des Tramways. — Le 8 avril, 27 rue des Minimes, à Bruxelles.
- Société Anonyme des Tramways de Turin. — Le 18 avril, 54, rue de Namur, à Bruxelles.
- Société Anonyme des Tramways Florentins. — Le 19 avril, 54, rue de Namur, à Bruxelles.
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- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 22 avril, à 4 heures, à la direction générale des postes et des télégraphes, 103, rue de Grenelle, h Paris, fourniture d’appareils accessoires et d’objets divers pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques, en quinze lots (sonneries, fiches pour tableaux commutateurs, etc,). Demandes d’admission le 12 avril au plus tard.
- BELGIQUE
- Le 12 avril, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture câbles électriques armés souterrains et surveillance de la pose desdits câbles pour le renforcement de l’alimentation des lignes vicinales de la banlieue de Charleroi. Soumissions recommandées le 11 avril.
- Le 26 avril, à midi, au gouvernement provincial, à Mons, construction, entretien et exploitation d’une ligne de tramway électrique allant de Charleroi (gare de la ville haute) à Couillet-Quevie avec embranchement vers Couillet-Centre ; caut. : 20 000 francs. Soumissions recommandées le 24 avril.
- LUXEMBOURG
- Le ior mai, à 2 heures, à la maison communale, à Florenville, établissement d’une distribution d’électricité; caut. : 5 000 francs ; cahier des charges : 20 francs. Soumissions recommandées 1* 27 avril.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Le i5 avril 1911, à la mairie de Palanka, adjudication de la concession pendant 5o ans, de l’éclairage électrique public et privé de trois communes voisines.
- BULGARIE
- Le 10 mai, à 3 heures, à la direction générale des chemins de fer de l’Etat bulgare, à Sophia, fourniture de six locomotives compound couplées 5/5 avec tenders et pièces accessoires pour trains de marchandises. Cahier des charges (texte allemand) et plans à consulter au Musée commercial, à Bruxelles.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- i5 mars. — A l'administration communale, à J11 met (Hainaut), soumissions pour la fourniture et le montage d’une machine à vapeur et dynamo pour le service de l’électricité :
- a) Machine à vapeur : Ateliers du Thiriau,à la Croyère, 45 65o ou 60 000 francs ; Ateliers Walschaerts, à Bruxelles,46 000 fr. ; G. Khun,à Stuttgart, 57 670 marks;
- b) Dynamo avec accessoires : Ateliers de constructions électriques de Charleroi, 25 940 ou 27 83o francs ; Compagnie internationale d’électricité, à Liège, 27 53o fr. 4 A.-E.-G.-Union électrique, à Bruxelles, 29 585 fr. ;
- c) Pour le groupe complet : Société Westinghouse, â Bruxelles, 81 45o francs.
- 23 mars. — A l’hôtel communal, à Ixelles-lez-Bruxelles, fourniture et installation d’une batterie d'accumulateurs à la sous-station d’électricité du quartier de Ten-Bosch :
- A. Petit, à Bruxelles, 36 373 fr. 5o et 3 000 francs pour la surveillance et l’entretien; F. Vande Wiele, à Bruxelles,36 940 fr.(et 2 880 fr. ; Industrielle d’accumulateurs, à Bruxelles, 37 460 fr/et 3_38o_fr.
- Pour éviter tout retard dans la rédaction de la Revue, nous rappelons que laii Direction scientifique ne s’occuppe que de la partie technique. Par suite, toutes les communications techniques devront être adressées à M. le Rédacteur en chef. Pour toute autre communication, s’adresser aux « bureaux de la Lumière Electrique ».
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- La Lumière Electrique
- TABLE DES MATIÈRES
- TOME XIII (2" Série)
- 1er Trimestre 1911
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- TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- ÉLECTRO-AIMANTS
- Le calcul des électro-aimants à courant alternatif.— J.Liiska. — Eleklrotechnische Zeitschrift,
- 29 septembre et G octobre 1910................ 112
- Expression générale de la force portante. Ses valeurs particulières en courant continu, monophasé et triphasé. Etude détaillée en courant tri-
- phasé, en tenant compte, des fuites et de la résistance ohinique. Calcul d’un électro triphasé.
- Appareil de commande pour la manœuvre électrique des aiguillages, système Bat-taille........................................ 347
- Rapport présenté au Congrès de Bruxelles, 6-il septembre 1910.
- BIBLIOGRAPHIE
- Notions générales sur la télégraphie sans fil et la téléphonie sans fil, par R. de Valbreuze (4eédition). —1 volume in-8° raisin de 480 pages, avec 3i5 ligures. -—La Lumière Electrique,éditeur,Voris.—Prix : broché, 12 francs.......................... 25
- Les compteurs électriques à courants continus et à courantsalternatifs, par L. Barbillion. — 1 volume in-16 de 226 pages,avec i261igures. — Gau-thiek-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 3 fr. 25................................... 2o
- Impianti ed Esercizi di illuminazione elet-trica, par E.Piazzoli.— 1 volume in-16 de p55pages, avec 468 ligures. — Ulrico Hoepli, éditeur, Milan. —
- Prix: cartonné, 10 lires............... 26
- De Serie-Commutator-Motoren, par K. H. Haga. — 1 volume, in-8° raisin de 80 pages, avec i5 ligures. — J. Waltman, éditeur, Delfl. 26
- Leproblème de l’éclairage àl’usine et al’atelier,par J. Escard.— 1 volumcin-80 raisin de 56pages, avec 18 ligures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o.......... 27
- La technique pratique des courants alternatifs, tome Ier, par G. Sartori. Troisième édition française, traduite de l’italien, revue et complétée par J. A. Montpellier.— 1 volume in-8° raisin de 642 pages, avec 34i ligures. •— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, i5 francs......... 53
- Annuaire 1911 du Bureau des Longitudes.
- — 1 volume in-16 de 750 pages avec ligures. — Gautimer-Villahs, éditeur, Paris. — Prix : broché, 1 fr. 5o.. . 53
- Agenda de l’Èlectl'O. — 1 volume in-:6 de 320 pages. — L’Electro, revue internationale d’électricité,éditeur, Bruxelles. — Prix : cartonné, 3 fr. 5o. 54
- Pratique de l’installation électrique dans l’habitation, par Richard Berger. — 1 volume in-8° carré de 352 pages, avec 44Cfigures.— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix: cartonné, 5 francs.. 54
- Les enroulements industriels des machines à coui'ant continu et à courants alternatifs, par E. Marée (préface de P\ Janet). — 1 volume in-8° raisin de 240 pages, avec 212 figures. —Gauthier-Yili.ars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 9 francs.. 84
- La radioactivité et la constitution de la matière, par A. Battelli, A. Occhialini, S. Chella, traduit de l’italien par Mme Th. Battelli. — 1 volume in-8° raisin de 36o pages, avec 144 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 8 francs...................................... 84
- L’électricité et ses applications, par L. Graetz ; traduction française de G. Tardy. — 1 volume in-8" jésus de 640 pages,avec 627 figures. —Masson et Cle éditeurs,Paris. — Prix : cartonné, 12 francs.. 85
- Manuel pratique d’électricité industrielle à l’usage des contre-maîtres, monteurs, ouvriers électriciens et mécaniciens s’occupant
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- d’électricité (Deuxième édition), par C. Gruet. — i volume in-8° couronne de 422 pages, avec 280 li-
- gures.— Cn. Echanger, éditeur, Paris. — Prix : cartonné, 5 francs....................................... 85
- Cours de mécanique rationnelle et expérimentale, par H. Bouasse, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse. — 1 volume in-8° raisin de 692 pages, avec 429 figures. — Ch. Delagiiaye, éditeur,
- Paris. — Prix : broché,20 francs. . . ... 117
- Introduction à rétablissement des lignes aériennes de transport d’énergie électrique, par O. Cahen. — x volume in-8° raisin de 3o8 pages.
- — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris — Prix: broché, 9francs...................................... i52
- Cours d’Electricitè et de Magnétisme, par E. Piérard (tomes I et II). — 2 volumes in-8° raisin respectivement de 358 pages avec 238 figures et de 596 pages avec 483 figures. — Editeurs : Rameot, Bruxel-les, Dunod et Pinat, Paris. —• Prix, brochés : lomel, 10 francs; tome II, 11 francs................ i5a
- , Le petit constructeur électricien, par H. de Grafiigny. — 1 volume in-12 de 200 pages, avec l32 figures. — H. Deseorges, éditeur. Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o............................. 152
- Handbuch der Telephonie, par le D1' V. Wiet-lisbach (Deuxième édition). — 1 volume in-8° de 468 pages, avec 446 figures. —A.. Hartleiien, éditeur, Vienne et Leipsig, — Prix : 12 marks......... i53
- Travaux du Laboratoire Central d’Electri-citê, tome I (1884-1905). — 1 volume in-8° jésus, de 544 pages, avec 2i3 figures. — Gauthier-Viei.ars, éditeur, Paris. — Prix : broché, i5 francs...... i53
- Toute la chimie minérale par l’électricité (2° édition, avec un complément), par J. Séverin. — 1 volume in-8° raisin de 809 pages, avec 60 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché
- 25 francs............................................ 177
- Les machines électriques alternatives à collecteur, part. Barbillion. — 1 volume in 8° raisin de 148 pages, avec 96 figures. —L. Geisliîr,éditeur, Paris. — Prix : broché, 2 fr. 5o..................... 178
- L’Électricité considérée comme forme de l’énergie (Electrostatique, première partie), parle lieutenant-colonel E. Ariès. — 1 volume in-8° raisin de 166 pages. —Hermann et fies, éditeurs,Paris. — Prix : broché, 5 francs.............................. 210
- Génératrices de courants et moteurs électriques, par C. Gutton. — 1 volume in-8° raisin de 292 pages, avec 213 figures. — H. Dunod et E. Pinat. éditeurs, Paris. — Prix : broché, 9 francs; cartonné,
- io fr, 5o..................................... 211
- Los Servicos electricos de Lima y sus ahre-
- dedores (Les services électriques de Lima et de ses environs), parE. Guarini. — Brochure, format 24 X 17 cm., de 114 pages, avec 67 figures (Eima, Société des Ingénieurs du Pérou)............. 246
- Les grandes applications du ciment armé. Bassins et canaux industriels, par C. Caminati.
- — Fiandesio frères et Gi0, éditeurs, Turin.. 246
- L’èlectrotechnique exposée a l’aide des mathématiques élémentaires (tome II), par A. Paquet, C. Docquier et A. Montpellier. — 1 volume in-8° raisin de 584 pages, avec 546 figures. —H. Dunod et E. Pinat,éditeurs, Paris. — Prix, broché : i5 francs; relié : 16 fr. 5o............................ 279
- Recueil de problèmes avec solutions sur l’électricité et ses applications pratiques, par H. Vieweger, traduit de l’allemand par G. Capart, (2e édition, revue et augmentée). — 1 volume in-8° de vin-396 pages, avec 174 figures et 2 planches. —H'. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 9 fr. ;
- cartonné, 10 fr. 5o...................... 280
- *
- Cours élémentaire d’électricité industrielle, par P. Roberjot, (préface de P. Janet). — 1 volume in-16 de xii-352 pages, avec 368 figures. — H. Dunod et E. Pinat , éditeurs, Paris. — Prix : cartonné, 4 fr. 5o..................................... 280
- Leçons sur l’électricité, professées à l’Institut électrotechnique Montefiore, par Eric Gérard (8e édition)— Deux volumes grand in-8° (25 X 16), se vendant séparément. — Gauthier-Vileaus, éditeur, Paris.
- Tome I. — Volume de xn-975 pages avec 458 figures. Prix : broché, 12 francs.
- Tome II. — Volume de vu-970 pages avec 489 figures. Prix, broché : 12 francs..................... 345
- Projekte, Kostenanschlage und Betriebs-kos tenberechnungen fur elektrische Licht-und Ki'aftanlagen (5® édition), par F. Hoppe. — 1 volume (11 X 22) 6e 556 pages, avec'n5 figures.
- — Johann Ambrosius Bartii, éditeur, Leipzig. —
- Prix : 8 fr. 75.............................. 346
- Les substances isolantes et les méthodes d’isolement utilisées dans l’industrie électrique, par J. Escard. — 1 volume in-8° raisin de 3i4 pages avec 182 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 10 francs...... 346
- Agenda Dunod pour 1911 : Electricité, à l’usage des électriciens, ingénieurs, industriels,, chefs d’ateliers, mécaniciens et contremaîtres, par J.-A. Montpellier.— i volume 10 X 15, relié en peau souple, contenant environ 400 pages de texte et 128 pages blanches datées pour notes journalières. —II. Dunod et F . Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : 3 francs.
- . Liste de volumes reçus (Supplément).. ig3, 272
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- DIVERS
- CORRESPONDANCE
- Sur la représentation de la puissance utile dans le cercle de Potier-Ossanna. — Th. LeU-mann.
- Voir Machines.
- ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
- L’enseignement de l’électricité à l’Institut polytechnique Rensselaer (New-York). —
- L. Fabre.................................. 104
- Description du nouvel institut Russell-Sage de mécanique et d’électricité.
- EXPOSITIONS
- L’électricité à l’Exposition de Bruxelles
- (1910).— H. Pécheux.................119, 154, 184
- Appareils de mesure................. 119
- Eclairage électrique. Traction électrique (chemins de fer et tramways ; grues et ponts roulants) .......................... 154
- Stations électriques. Télégraphie sans fil. Electrométallurgie ......................... 184
- Exposition internationale de Turin (1911)....................................... 191
- Liste des concours pour appareils et systèmes destinés à la prévention des accidents du travail. Règlements.
- Congrès international des applications électriques {Turin, 1911)....................... 2/,(J
- Liste des questions susceptibles de rapportspré-liminaires.
- INDUSTRIE EN GÉNÉRAL
- Statistique des usines d’électricité allemandes au !<•' avril 1910.................... 407
- L’industrie électrique en Autriche en 1909. — E. Honigmann. — Elektrotechnik und Maschinen-bau, 22 et 29 mai et 5 juin 1910............... 28
- La production du cuivre dans l’Amérique du Nord.— L. Odendall. —Elektrotechnische Zeitschrift, 3i mars, 7 et 14 avril 1910........27, 83
- Comparaison avec la production européenne.
- L’électricité au Brésil d’après les rapports
- officiels. — C. Bèniot..................... 171
- Développement de l’industrie électrique : télégraphes et téléphones ; force hydraulique et énergie électrique ; éclairage.
- QUESTIONS DIVERSES
- Les pi'ix de l’Académie des Sciences... 27
- Comptes Rendus, séance du 19 décembre 1910.
- Les tunnels sous les rues de Chicago.
- Voir Traction.
- Liste de volumes reçus
- Voir Bibliographie.
- Liste de brevets (Supplément), 25, 47, 81,
- io3, 137, 160, 215, 27j, 3o4, 327
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La lumière froide de Moore. — M. Leblanc fils........................................ 16
- Description des tubes. Régime électrique.
- Pression intérieure. Rendement lumineux.
- L’éclairage au néon. — G. Claude. — Academie des Sciences, séance du 12 décembre 1910, et Société Française de Physique, séance du 16 décembre
- 1910.......................................... 22
- Tubes de Moore, remplis de néon.
- L’Éclairage par lampes à arc à courant
- alternatif.............................. 86
- Lampes des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est : régulateur, foyer, fonctionnement, montage, pouvoir lumineux, consommation.
- L’emploi des lampes à vapeur de mercure pour le tirage dos épreuves photographiques ................................... 3o4
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-
-
-
- — 6 —
- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Chronique d’électrométallurgie : La réduction directe du minerai de fer au four électrique.— G. Arnou......................... 3o4
- Four Chaplet. Etat physique de la charge. Composition chimique des matières premières. Pro-
- duits obtenus. Prix de revient. Applications.
- Réduction électrolytique de Vacide nitrique. — È. Fatten et M. Caughey. — Communication au Congrès de Pittsburg. — Metatturgical and Chemical Engineering, juin 1910.. .................... 28
- ÉLÉMENTS PRIMAIRES ET ACCUMULATEURS
- La force êlectromotrice de l’élément étalon Weston.
- , Voir Les unilés électriques (Théories et GÉNÉRALITÉS).
- Sur la prédétermination des dimensions et du rendement des batteries tampons. — K. Zickler.
- Voir Usines génératrices,
- LÉGISLATION ET CONTENTIEUX
- Circulaire du ministre des Travaux publics précisant les conditions d’application de l’arrêté du 21 mars 1910 relatif aux distributions d’énergie. — Journal. Officiel, 26 mars
- 1910.....................:...........31, 62, 127
- Le texte de l’arrêté a été publié dans la Lumière Electrique, t. XII.
- Arrêtde laCour de Cassation du 4juin 1910 sur les pouvoirs d’un maire en matière d’occupation illégale de la voie publique. i83 Arrêt du Conseil d’Etat du 1er juillet 1910. — Droit d’une commune d’accorder, sous la réserve d’égalité de conditions, des concessions
- autres que la concession initiale......... i83
- Vol d’électricité....................... i83
- LÉGISLATION DES COURS d'eAU
- Chronique de législation industrielle :
- Etat actuel de la législation des chutes
- d’eau en France. — P. Bougault..........178, 211
- Principes en matières de sources..... . 179
- Principes qui régissent les rivières classées. . . .-...................... 180
- Principes des rivières non navigables. ... 211
- Nomenclature des cours d’eau visés par l’article 128 de la loi du 8 avril 1910... ai5 Il s’agit des rivières classées de l’article précédent.
- Des droits du riverain qui a refusé de vendre son droit de riveraineté............ 246
- Note relative à l’exercice du droit de propriété d’un riverain sur les eaux d’un torrent
- joignant son immeuble................... 247
- Ces deux derniers articles sont un exemple des principes exposés au paragraphe « Rivières non navigables » de l’article de M. Bougault.
- MACHINES
- Chronique des machines électrictues. —
- L. Berger...............................i3i, 280
- I. — Représentation gi'aphîque de la puissance ................................... ... i. i36
- Représentation géométrique simple, d’après F. Punga (Electrotechiîik und Maschinenbau 15 et 22
- mai 1910), d’un produit de fonctions sinusoïdales Application à la puissance.
- II. — Lés moteurs électriques à axe
- vertical.......................,.............. a3o
- Etude,d’après J.Fîscher-Hinnert (Elektrotechnik und Maschinenbau, 24 avril 1910), des modes
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-
-
-
- 7
- de construction des paliers de ces moteurs.
- III. — Les efforts mécaniques supportés par
- les enroulements............................ 233
- D’après R. Czepek (Elektrotecknik und Maschi-nenbau, 8 mai 1910). Vérification de formules simples.
- PERTES
- IV. — Les pertes dans le fer. Essais pratiques ..................................... a36
- Cas de la magnétisation alternative, tournante et statique. Courbes des pertes par cycle pour ces trois modes de magnétisation. (D’après R. Czepek, Elektroteçhnik und Maschinenbau, 17 et 24 avril 1910.)
- La représentation des pertes par hystérésis. — R. Jouaust......................... 241
- D'après R. Richter (Elekirotechnische Zeitschrift, 8 décembre 1910). Une formule à 2 termes est préférable à la formule de Steinmetz. Remarques personnelles de M. Jouaust.
- MACHINES A COURANT CONTINU
- Sur les méthodes différentielles de Kapp et d’Hutchinson. —C.-F. Guilbert............... 72
- Discussion de deux travaux, l’un de Drysdale (Electrician, 3 juin 1910). l’autre de Clinton (Electrician, i5 avril 1910). Remarques complémentaires.
- MACHINES A COURANT ALTERNATIF
- La réactance synchrone et asynchrone. — J. Rezelmann.........................41, 3a3, 367
- Continuation des études antérieures (t. XII et
- XIII).
- Expériences effectuées sur un alternateur de 75 K V A dont le rotor est à pôles saillants. 41
- Autre étude sur un alternateur de même puis-
- sance à pôles saillants massifs.....323, 367
- Sur le cercle d’Ossanna et son application pratique. — C.-F. Guilbert................267, 291
- Equation du cercle de Potier-Ossanna.. . , 268
- Représentation de la puissance fournie et du couple,de la puissance utile, du glissement. Conclusions, Application............... 291
- Sur la représentation de la puissance utile dans le cercle de Potier-Ossanna. — Th. Leh-mann................................... 378
- QUESTIONS DIVERSES
- Commandes par friction appliquées aux moteurs électriques....................... 410
- Appareils automatiques pour déterminer les heures de service des moteurs électriques...................................... 411
- TURBO-GÉNÉRATEURS
- Voir Usines génératrices.
- BREVETS
- Dispositif pour le démarrage et le réglage de vitesse de moteurs électriques ou le réglage de la tension dans un réseau de distribution d'énergie électrique. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. — N° 411 186, demandé le 3i décembre 1909...................... 281
- Dispositif automatique de réglage dunombre de tours des moteurs à courant triphasé. — Société Felten et Guilleaume-Lahmeyerwerke.
- — N° 412 619, demandé le i5 février 1910. 281
- Dispositif de mise en marche pour alterno-moteurs à collecteur. — Allgemeine Elektrici-tàts-Gesellscliaft. — N° 4i5436, demandé le 2 mai 1910..................................... 282
- Procédé pour la conduite d’alternomoteurs à collecteur avec un enroulement de travail sur le stator et sur le rotor. — Allgemeine Elek-tricitats Gesellschàft. —' N° 4*5 4o6, demandé le 3o avril 1910.. .... ................... 379
- Dispositif de refroidissement pour dynamos.
- — SociétéSiemens-SchuckertWerke. — N° 418587,
- demandé le 14 mars 1910................... 4og
- MESURES
- MESURES ÉLECTRIQUES
- Les unités èlectiùques.
- Voir Théories et générai.ités.
- Sur la théorie des compteurs d’induction à disque.—A. Iliovici............... . ..,i63, ig5
- Etude des champs magnétiques parallèles constants, tournants et alternatifs à distribution radiale sinusoïdale. Représentation géométri-
- Action d’un champ parallèle à répartition ra-
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-
-
-
- - 8 —
- diale sinusoïdale sur un disque métallique placé
- dans l’entrefer.......................... 166
- Couple obtenu par l’action, sur un disque mobile, de deux champs alternatifs décalés de aD
- dans l’espace et de i[/ dans le temps.... ig5
- Application aux compteurs d’induction à dis-
- ques.............. ...................... 197
- Quelques vérifications expérimentales. . . . 200
- Courants et facteurs de puissance d’un circuit triphasé non équilibré.
- Voir Théories et généralités.
- Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle. — Représentation graphique et vérification expérimentale. — R. Arno. — Atti dçll' Associazione elettrotecnica italiana, juillet-
- août 1910....................................... 396
- Rappel de la définition de la charge èompleie (t. XII) Courbes et tableaux d’expériences permettant de comparer le tarif basé sur celte notion avec les tarifs couramment employés aujourd’hui dans la pratique.
- DESCRIPTIONS d’API’AREILS
- Les enregistreurs Raul Meyer. •— D. Ber-covitz, — Communication à V Elcktrotechnischer Verein (Berlin). — Eleklroteclinische Zeitschrift, 3 novembre
- 1910.......................................... 5o
- La plume est un tube capillaire. Spécifications.
- Stand de la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’Usines a Gaz à l’Exposition de Bruxelles.............. 120
- MESURES DIVERSES
- Progi'ès des pyromètres thermo-électriques. — S. Whipple. — Engineering, 22 juillet 1910 et Metallurgical and Chemical Engineering, septembre
- 1910.....•.................................. i^3
- ’rhermoinèlres à résistance. Pyromètres thermo-électriques : leur emploi comme thermomètres de précision.
- Appareil combiné pour la mesure des accé-
- lèrations et des rampes....................... 07
- Niveau à bulle d’air. *
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Chronique de télégraphie et téléphonie : La deuxième conférence internationale des télégraphistes (à suivre). — A. Devanx-Charbon-
- nel...................................... 259
- ^ Service manuel ou automatique (grands, * moyens et petits réseaux).
- Nouveau mode d’exploitation télégraphique : le système Multiplex Mercadier-Ma-
- gunna. — H. Magunna.— Communication ii la Société
- des Ingénieurs Civils, 3 mars 1911.......... 313
- Transmission paf courants ondulatoires superposée à la transmission ordinaire. Augmentation de rendement de 174 %.
- La transmission des images: une solution....................................... 209
- Décomposition en éléments ponctuels dont ou télégraphie l’ordre et la teinte.
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans Æ. — H. Poincaré... 7, 35, C7, 99
- Détermination a priori de la longueur d’onde et de l’amortissement d’un excitateur de forme donnée. Emploi de la méthode de Fredholm. Cas du conducteur cylindrique indéfini; cas de la
- sphère............................. 7, 35, G7
- Appendice : Justification des propriétés de cer taines fonctions qui interviennent dans la solution xdu problème............................... 99
- Procédé pour déterminer, à l’aide de deux antennes, la direction d’un poste radiotélè-graphique qui fait des émissions continues. — E. Petit.................................. 227
- Deux dispositifs de radiophasemèlre's.
- Derniers résultats obtenus au poste radiotè-
- lègraphique de la Tour Eiffel............... 248
- Envoi de signaux à Glace Bay (Canada) : 10 kilowatts pour 6 000 kilomètres.
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-
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-
- — 9
- THÉORIES ET GÉNÉRALITÉS
- Les unités électriques..................... 54
- Historique de la question. Valeur récemment déterminée de la force électromotrice de l’étalon Weston à ao°.
- Chronique des théories électriques : Conductibilité développée par les corps incandescents (Effet Edison). — M. Joly.......... i36
- Expériences. Nature des particules émises. Théorie.
- Les efforts exercés sur un conducteur par le couvant qui le traverse. — C. Hering. — Journal
- of'tlie Franklin Jnstitute, janvier 1911..... i/p
- Effort axial.
- Courants et facteur de jiuissance d’un circuit ti’iphasè non équilibi'è.— M. Master. —
- Electrical World, 3o juin 1910............... ao
- Abaque permettant de trouver les courants dans les trois branches en fonction des courants de ligne. Le facteur de puissance est déterminé par de simples lectures de waltmèlres.
- Facteurs de crête et facteurs de forme des
- courbes périodiques symétriques. — C. Clinton.
- — The Electricien, a5 novembre 19x0........ . 394
- Expressions générales. Facteur de crête maximum et facteur de forme minimum. Exemple.
- Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fil. — H. Poincaré.
- Voir TKLKGItAPJIJi: UT TÉUiPIIONIE SANS l-'II,.
- Surle cercle d’Ossanna et son application pratique. — C.-F. Guilbert.
- Voir MACHIN ES.
- La représentation graphique de la puissance.
- Voir Chronique des machines éuïc nuques.
- La représentation des pertes par hystérésis.
- Voir machines (L. Berger; R. Jonaust).
- 51 AT KHI AUX Tl L li C, T It O T E CIIN1Q U K S
- Propriétés magnétiques du fer et de ses alliages dans les champs intenses. — A. Had-field et B. Hopkinson.— Communication à l’Institution of Electrical Engineers. — The Elcclrician, 9 décembre 1910........................................ lia
- Inlluence du carbone, du silicium, de l’aluminium et du manganèse.
- TRAC.
- Chronique des tramways électi'iques : Perfectionnements apportés et résultats d’expérience acquis dans l’établissement des voies de tramways urbains. — A. Busse. — Rapport présenté au Congrès de Bruxelles, 6-11 septembre
- 1910...................................3oi,33a 37a
- 1) Pose de la voie.................... Soi
- a) Superstructure : profils normaux de rails ;
- choix du métal.......................... 3 02
- Différents systèmes d'éclissage. Soudure des rails. Aiguillage et croisements. Ti aversée des
- ponts................................... 33'j
- 3) Infrastructure..................... 37a
- La soudure intégrale des rails. — B. Pel-lissier. — Electric Railway Journal, a4 décembre
- 1910.......................................... 34i
- Emploi de l’acier au thermit.
- Discours de M. J. Peck a la section de Manchester de l’institution des ingénieurs électriciens. — The Electrician, 4 novembre
- 1910............................................ 23
- ni on
- Traction électrique et turbo-généraleurs en Angleterre et aux Etats-Unis.
- Economie de puissance possible dans l’exploitation des chemins de fer électriques (essais sur le Manhattan Railway, New-York). — H. Saint-Clair Putnam. — Electric
- Railway Journal, 9 juillet 1910................. 5 a
- Les tunnels sous les rues de Chicago. — J. O’ Meara. — The Electrician, a8 octobre 1910. a3 Utilisés au transport des marchandises.
- La locomotive de halage électrique de l è-cluse de Brême. — O. Tuch. — Zeitschrift des Ve-
- reines deutscher Jngenieure, 22 octobre 1910...... 81
- Eir forme de portique.
- Essais d’un nouveau sabot de frein à Philadelphie. — Electric Railway Journal, 17 septembre
- 1910.............................................. 75
- Essais de voitures à essieux avec coussinets anti-friction. — B. Stitzer. — Electric Railway Journal, 27 août 1910.....................tv. . .TT. .. . 149
- L’axe de l’induit est monté sur billes et les fu-
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-
-
-
- -- IO
- sées de l’essieu, sur rouleaux. Résultats d’essais,
- Voitures de remorque en aluminium. —
- Schweizerische Bauzeitung, vol. LYI, igio... i52
- Projet de voitures pour les tramways de
- Chicago. — Electric Railway Journal, 29 octobre
- «9*°.......................................... 375
- Spécification unique pour toutes les voitures.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- L’influence du facteur de diversité sur les ! sections des conducteurs. — C. Richter. — ! Elehtrotechnik und Maschinenbau, 14 août 1910.. . 243
- Formules générales. Application pratique.
- Le transformateur Hegner............... ., 38o
- * Combinaison d’un transformateur et d’un condensateur.
- 'APPAREILLAGE
- Dispositifs de protection pour les appareils électriques — F. Heather. — Transactions of the South African Institute of Electrical Engineers, mai 1910.............................. .......-143, 175
- L)isjoncteurs à courant continu......... i45
- Encourant alternatif: 1) Protection des circuits contre la surcharge: fusibles et relais.... 146
- 2) Protection des machines : inversion de courant et manque d’alimentation.............. 147
- 3) Protection différentielle des lignes. i75
- Système multiple de contacts électriques
- sous tapis pour avertisseurs et interrupteurs d’éclairage. — F. Marmion........................ 218
- Les coupe-circuits à bouchons fusibles. 219
- Appareils automatiques pour déterminer les heures de service des moteurs électriques.......................................... 411
- CALCUL DES LIGNES
- Calcul rapide des conducteurs aériens au moyen d’un abaque unique. —A. Blondel. 12
- Transformation simple de l’abaquê fondamental présenté au Congrès de la Houille Blanche (voir Lumière Electrique, t. XII).
- En portant en abscisses le carré des portées, les courbes des flèches deviennent des droites. Pour la commodité de l’exécution et de la lecture, l’abaque est divisé en trois planches.
- Câlcul des poteaux de traversée. — O. Rie-ger. — Elelitrotechnik und Maschinenbau, i7 juillet 1 1910 .s,......................................... . 4°3
- Cas d’un poteau en bois et d’un pylône en fer. Calculs des moments dûs aux différentes forces qui les sollicitent et de la hauteur à enfouir dans | le sol.
- ÉQUIPEMENT DES LIGNES
- Idées nouvelles sur les méthodes d’établissement des lignes de transport d’énergie électrique. —B. Way.— Communication à la National Electric Light Association, reproduite par Engineering News et The Electrician, 28 octobre 1910.. 274
- Canalisations souterraines : moules en béton. Canalisations aériennes : Dispositif d’attache d’une extrémité de ligne.
- La ligne Dauphiné-Centre. — J.Reyval. 355 Tracé de la ligne. Les isolateurs. Les câbles. Les pylônes : traversées de rivières (Rhône); pylônes de sectionnement.
- Pose d’un câble à haute tension dans le lac de Wôrth. — M. von Winkler. — Elektrolechnih und Maschinenbau, 14 août 1910.............. 5i
- PROTECTION DES RESEAUX
- Surtensions, surintensités et destruction des isolants par l’ozone. — G. Giles. —Communication à la Société Internationale des Electriciens, séance du 11 janvier 1911........................... 202
- 1) Surtensions développées par des causes extérieures : charges statiques, courants induc-
- tifs.. ....................................... 202
- 2) Surtensions d’origine intérieure : en particulier dues à des - variations brusques de régime........................................... 204
- Surintensités. Destruction des isolants par l’ozone......................................... ?o7
- La mise du point neutre à la terre et le contrôle permanent des isolements dans un réseau à courant alternatif (à suivre). — F. Le-prince-Ringuet.............................. 387
- I. Exposé de la question; grandeur dès courants
- dangereux............................. 387
- II. Etude analytique générale de la distribution des potentiels sur un réseau alternatif au moyen de voltmètres intercalés entre un pôle et la terre. — Application du théorème de Thévenin à un réseau polyphasé. Relation entre le voltage observé et les constantes du réseau. Cas où celles-ci peuvent être ou non déterminées.Résumé. 38g
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-
-
-
- USINES GÉNÉRATRICES
- Sur la prêdètermination des dimensions et du rendement des batteries-tampons. —K. Zick-ler. — Elektrotechn.ilc und Maschmenbau, io juillet 1910........................................ 76
- La batterie doit pouvoir réduire dans les proportions voulues la variation de tension provenant d’un à-coup.
- Diagramme du courant et abaque permettant de déterminer les éléments.
- TURBO-GÉNÉRATEURS
- Les progrès des turbines à vapeur, »5o,
- a83, 314
- Matériel Brown-Boveri.
- Essai d’une unité machine à vapeur-turbine de 15 OOO kilowatts. — G. Stott et S. Pi-gott. —Proceedings of tlie American Institute of Elec-trical Engineers, septembre 1910............ 207
- Machines à piston et turbines à vapeur basse pression. Alternateurs asynchrones.
- Discours de M. J. Peck à la section de Manchester de l’institution des ingénieurs électriciens.
- Voir Traction.
- DESCRIPTIONS d’uSINES
- Une solution du problème des centrales de secours: les usines hydro-électriques et les usines à vapeur de Janesville. — Electrical World, Ier décembre 1910................... 3i2
- CENTRALES HYDRAULIQUES
- Les stations centrales de la ville de Trente, — E. Rudolph. — Elektrotechnik und Maschincnbau, 26 juin et 3 juillet 1910................... 275
- Description de l’Installation hydro-électri-que de la « Arizona Power Company ». —
- S. Masson. — Electrical World, 18 et 25 août rgio. .......................................... . , 34.1
- Installation hydraulique. Usine génératrice. Fonctionnement du réseau.
- CENTRALES A VAPEUR
- Station centrale pour manufactures tex-
- tiles. — L. Glough. — Electrical World, 28 juillet 1910.................................. ......... 24.1
- Station centrale de la « Empire distinct Electric Company ». — R. Bump. — Electrical World, Ier décembre 1910. ........................... 376
- RENSEIGNEMENTS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIAUX
- Etudes économiques, 29, 59, 92, 123, 187, 220, 25a, 284, 817, 348, 38i, 41-’ Renseignements commerciaux: 3o, 60, 94, 125, i58, 188, 222, 214, 286, 319, 35o, 383, 4>4
- Nouvelles Sociétés : 64. 96, i5g, 192, 224, 255,
- 288,320, 351, 4x5
- Adjudications : 3a, 64, 128, i5g, 192, 224, 256,
- 288, 320,35.!, 384, 416
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-
-
-
- TABLE DES AUTEURS
- A
- Arno (R.). —r- Nouveaux principes et appareils de mesure industrielle. — Représentation graphique et vérification expéri-
- mentale ...............................3yG
- Arn'ou (G.). — Chronique d’électroinétallurgie :
- La réduction directe du minerai de fer au four électrique.............. . 3o4
- B
- Battaille. — Appareil de commande pour la
- manœuvre électrique des aiguillages. 347 Béniot (C.). — L’électricité au Brésil d’après
- les.rapports officiels. ...... 171
- Bercovitz (D.). — Les enregistreurs Paul
- Meyer................................. mi
- Berger (L.). — Chronique des machines électriques :
- ' Représentation graphique de la puissance ...............................131
- Les moteurs électriques à axe vertical ....................................afo
- Les efforts mécaniques supportés
- par les enroulements...................a33
- Les pertes dans le fer. Essais pratiques...............................'2 3 7
- Blondel (A.). —Calcul rapide des conducteurs
- aériens au moyen d’un abaque unique. n Bougault (P.). — Chronique de législation s industrielle : Etat actuel de la législation des chutes d’eau en France. . 178, 211
- Büjii» (A.). — Station centrale de la « Empire
- District Electric Company ». . . . 376
- Busse (A.) — Chronique des tramways électriques : Perfectionnements apportés et résultats d’expérience acquis diins rétablissement des voies de tramways urbains...........................loi, 33a, 372
- C
- Caughey (M.). — Voir Patten (E.)
- Claude (G.). — L’éclairage au néon. . . . a2
- Clinton (C.). — Facteurs de crête et facteurs de forme des courbes périodiques
- symétriques........................3y3
- Voir Guilbert (C. F.).............72
- Clough (L.). — Station centrale pour manufactures textiles...................244
- Czepek (R.).—Voir Berger (L.). . . ‘ 233, 23(1
- D
- Bevaux-Chakbonnel. — Chronique de télégraphie et téléphonie : La deuxième Conférence internationale des télégra-
- phistes [à suivre)..................209
- Diiysdale (V.). — Voir Guii bert (C.-FA . 72
- F
- Fabre (L.). — L’enseignement de l’électricité à l’Institut Polytechnique Rensselaer (New-York)........................ 104
- p.2x12 - vue 428/438
-
-
-
- Fischer-Hinnen (J.). — Voir Berger (L.). . a3o
- G
- Giles (G.). — Surtentions, surintensités et destruction des isolants par l’ozone. . . 202
- Guilbert (C.-F.). — Sur les méthodes différentielles de Kapp et d’Hutchinson. . 7a ! Sur le cercle d’Ossanna et son application pratique......................267, 291
- H
- Hadfield (A.) etHoPKtNsoN (B.). — Propriétés magnétiques du fer et de ses alliages
- dans les champs intenses............na
- Heather (F.). — Dispositifs de protection pour
- les appareils électriques. . . i/|5, 170
- Hegner. — Transformateur combiné avec un
- condensateur.......................38o
- Hehing (C.). — Les efforts exercés sur un conducteur par le courant qui le traverse. 1 /|5 Honigjiann (H.). — L’industrie électrique en
- Autriche en 1909...................a8
- Hopkinson (B.). — Voir Hadfield (A.)
- du point neutre et le contrôle perma-
- nent des isolements dans un réseau à
- courant alternatif.....................887
- Liska (J.). — Le calcul des électro-aimants à
- courant alternatif.....................na
- M
- Magunna (H.). — Nouveau mode d’exploitation télégraphique : le système Multiplex
- Mercadier-Magunna....................3i3
- Marmion (F.). —Système multiple de contacts électriques sous tapis, pour avertisseurs et interrupteurs d’éclairage. . ai8 Masson (S.). — Description de l’installation hydro - électrique de la « Arizona
- Power Company 342
- Master (M.). — Courants et facteur de puissance d’un circuit triphasé non équilibré............................. ... 20
- Meara (O’.). — Les tunnels sous les rues de
- Chicago........................... 23
- Mortier (P.). —- La transmission des images :
- une solution. . . ...............- 209
- O
- Odendall (L.). — La production du cuivre dans
- l’Amérique du Nord............27, 83
- Iliovici (A.). — Sur la théorie des compteurs
- d’induction à disque. . . . i63, 193
- P
- J
- Joly (M.). — Chronique des théories électriques : Conductibilité développée par les corps incandescents (effet Edison). i30 Jouaust (R.). — La représentation des perles
- par hystérésis.......................241
- L
- Leblanc fils (M.). — La lumière froide de
- Moore.................................iG
- Leiimann(T1i.). — Sur la représentation de la puissance utile dans le cercle de Po-
- tier-Ossanna.........................878
- Leprince-Ringuet (F.). — La mise à la terre
- Patten (E.) et Caughey (M.). — Réduction
- électrolytique de l’acide nitrique. . . 25
- Pécheüx (IL). — L’électricité à l’Exposition
- de Bruxelles (1910). . . 119, 154, 184
- Peck (J.).— Discours à la section de Manchester de l’institution des ingénieurs électriciens. . 23
- Pellissier (G.). — La soudure intégrale des
- rails....................................34i
- Petit (E.). — Procédé pour déterminer, à l’aide de deux antennes, la direction d’un poste radiotélégraphique qui fait
- des émissions continues..................227
- Pigott (S.). — Voir Stott (G.).
- Poincaré (H.). — Sur diverses questions relatives à la télégraphie sans fri. 7, 3-j, 67, 99
- Punga (F.). — Voir Berger (L.)...................i3i
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-
-
-
- R
- — i4 —
- eyvae (J.). — La ligne Dauphiné-Centre. . 355
- Rezelman (J.). — La réactance synchrone et
- asynchrone................4L 323, 367
- Richter (C.). — L’influence du facteur de diversité sur les sections des conducteurs..................................243
- Richter (R.). — Voir Jouaust (R.). . . . 24*
- Rieger (O.). — Calcul des poteaux de traversée. . . .............4o3
- Rudolph (E,). — Les stations centrales de la
- ville de Trente. ... ... 275
- S
- S
- Saint-Clair-Putnam (H.). — Economie de puissance possible dans l’exploitation des chemins de fer électriques (essais sur le Manhattan Railway, New-York). 5a Stitzer (B.). — Essais de voitures à essieux
- avec coussinets anti-friction. . . . 149
- Stott (G.) et Pigott (S.). — Essai d’une unité machine à vapeur-turbine de 15 000 kilowatts. ..........................207
- T
- Trotter (P.). — Appareil combiné pour la mesure des accélérations et des rampes. 07 Tuch (O.). — La locomotive de halage électrique de l’écluse de Brême. ... 81
- w
- I
- Way (B.). — Idées nouvelles sur les méthodes d’établissement des lignes de transport
- d’énergie.............................274
- Whipple (S.). — Progrès des pyromètres
- thermo-électriques....................173
- Winkler (M. von). — Pose d’un câble à haute
- * tension dans le lac de Wôrth. ... 5i
- *
- Z
- Zickler (K.*). — Sur la prédétermination des dimensions et du rendement des batteries-tampons. . 76
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- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE Dü 24 MARS 1911
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- Messieurs,
- Vous êtes réunis en Assemblée Générale pour délibérer conformément à l’ordre du jour suivant :
- i° Lecture du Rapport du Conseil d’Administration ;
- 2° Lecture du Rapport des Commissaires des Comptes ;
- 3° Approbation, s’il y a lieu, des comptes et du Bilan de l’année 1910, quitus de leur gestion aux Administrateurs, fixation du dividende ;
- 4° Nomination d’un ou plusieurs commissaires des Comptes et fixation de leurs émoluments ;
- 5° Compte rendu des contrats passés et des opérations effectuées en vertu de l’article 40 de la Loi du 24 juillet 1867 et autorisations nouvelles à donner aux Administrateurs ;
- 6° Questions diverses.
- Le rapport détaillé établi par vos commissaires des comptes vous renseignera sur chacun des postes du bilan qui vous est proposé. Nous croyons donc inutile d’en faire nous-mêmes l’examen.
- Nous désirons au contraire vous donner des renseignements complets sur la marche industrielle de notre Société.
- Comme nous le disions l’an dernier le développement de la vente d’énergie a dépassé nos espérances ; et nous ne pouvons mieux faire que de vous donner à ce sujet quelques chiffres.
- A
- 1909
- kilowatt-heures
- 1910
- kilowatt-heures
- Production journalière maxima du mois de janvier.. Production journalière maxima du mois de décembre
- B
- Production mensuelle totale de janvier... Production mensuelle totale de décembre
- G
- Production totale de l’année
- 4/» OOO 94 400
- 84 c 0 0 104 OOO
- I 160 OOO 2 371 9°o
- 2 171 600 2 809 200
- 17 ,000. , OOO 28, , IOO, . OOO
- Nous vous rappelons que la puissance totale des turbines pouvant être mises en marche dans notre usine est de 14 5oo chevaux. La production maxima journalière a pu être obtenue avec une puissance instantanée qui n’a pas dépassé 10 5oo chevaux.
- L’utilisation est donc restée très bonne ; nous vous disions l’an dernier qu’avec la puissance installée on pourrait, tout en conservant en réserve une unité de 4 Soo chevaux, atteindre une production journalière de près de cent mille kilowatt-heures, ce qui correspondrait à environ 2 5oo 000 kilowatt-heures par mois. Nos prévisions étaient loin d’être optimistes, puisque nous avons pu produire en décembre 1910 plus de 2 800 000 kilowatt-heures.
- Les recettes ont suivi une marche parallèle à la production.
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- — 2
- Voici les chiffres correspondant à ceux cités plus haut :
- 1909 1910
- Recettes de janvier.. . Recettes de décembre Recettes totales.......
- 8o ooo 164 015
- 160 000 195 4a7
- 161 884 i 895 o35
- Ces divers renseignements satisfaisantes.
- sont résumés dans les graphiques çi-dessous et dont l’allure est des plus
- *
- Production dé ru$ine en par mois
- eooo.ooa
- tOOQQOQ
- £50.000.
- 0‘
- Recettes Mensuelles en francs
- *00.000
- uo.ooo
- iao.000
- £0.000
- Résultats d Exploitation I9o8-i9or,-iç)ïo.
- Nous avons pu, pendant cet exercice, passer quelques contrats importants avec des industries diverses,, représentant une puissance de 5 600 chevaux environ, et notamment terminer nos accords avec la Compagnie des Chemins de fer du Nord pour lui fournir toute l’énergie électrique nécessaire au service de l’éclairage et de la force motrice dans les ateliers d’Heîlemmes et dans les gares de Lille, Roubaix, etc.
- Nous sommes encore en pourparlers pour de nouveaux contrats.
- Les travaux d’extension des réseaux et de l’usine de Wasquehal ont suivi une marche très satisfaisante. Le montage des nouvelles chaudières est en cours et nous pensons pouvoir disposer du nouveau turboalternateur de 9000 chevaux dès le début de cet été.
- Nous avons maintenant a vous donner quelques renseignements sur la marche de la Société Roubai-sie?iiie cVéclairage par le Gaz et VElectricité dont les litres forment la majeure partie de notre portefeuille.
- Dès le ier janvier 19x0, elle a assuré le service du gaz et de rélectricité dans Roubaix. Les bénéfices réalisés dans le premier exercice ont dépassé 23o 000 francs et permettent la distribution d’un dividende de 4 % tout en dotant très largement les réserves et amortissements. Un groupe, auquel nous avions donné option sur un million de francs d’actions de cette Société, a levé cette option et le paiement des titres, échelonné suivant convention, renforcera notre trésorerie.
- Bénéfices. — Affectation. -— Nous vous avons donné les années précédentes des explications détaillées sur la façon dont les comptes avaient été établis ; nous ne pourrions que les répéter cette année.
- L’excédent du compte de Profits et Pertes-est de 474 638 fr. o5, supérieur de 36o 000 francs environ à celui de l’an dernier.
- Si on y ajoute le report de l’exercice 1909 qui est de 28 o44fr. 4r> on dispose d’une somme totale de
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- 5o2 682 fr. 46. Votre Conseil, conformément à l’article 4» des statuts, a procédé aux amortissements ci-dessous :
- Amortissements :
- Obligations amorties (41 5oo fr.) affectées à Part de la prime des Obligations et Frais d’Emission correspondant aux 83 obligations
- amorties 5 o52 I I
- Frais de constitution et de icr Etablissement. 36 447 89 4i 5oo OO
- Mobilier et outillage 22 575 62
- Portefeuille de contrats. 12 724 5o
- Frais de iot Etablissement et de constitution. n8 485 06
- Fonds de renouvellement 36 666 65 190 451 83
- Total , 23 1 951 83
- Bénéfices nets..... 27O 730 63
- Les comptes : frais de constitution et de premier établissement, mobilier et outillage, et portefeuille de contrats se trouvent totalement amortis à 1 franc près.
- Sur le solde de 270 730 fr. 63, nous vous proposons de prélever 5 % pour la réserve légale soit i3 536 fr. 63, de distribuer un dividende de 4 % aux actions, au prorata de leur libération, soit 227 ©83 fr. 33 et de reporter à nouveau le solde, soit 3o 110 fr. 77.
- Si vous approuvez notre proposition, le dividende de 10 francs bruts par action ancienne n° 1 à 18 000 et de 4 fr. 70 par action nouvelle de 18 001 à 28 000 serait payable à partir du 5 avril prochain chez les banquiers de la Société contre coupon n° 2.
- Après le paiement de ce coupon, les actions nouvelles 18 001 à 28000 seront assimilées aux anciennes.
- Vous aurez, Messieurs, à nommer des Commissaires des Comptes pour l’exercice 1911, nous vous rappelons à ce sujet que MM. Henri Bloch, Marcel Forret et Ernest Thomain, Commissaires sortants, sont rééiigibles.
- Nous vous donnerons un compte rendu spécial des marchés et entreprises qui ont été passés avec certains de vos Administrateurs, tant en leur nom personnel qu’aux noms des Sociétés dans lesquelles ils sont intéressés et nous vous prions de nous renouveler, pour l’exercice en cours, la même autorisation que celle donnée pour l’exercice écoulé.
- RAPPORT DES COMMISSAIRES
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1910.
- Messieurs,
- Nous avons l’honneur de vous présenter notre rapport sur les comptes de l’exercice 1910, en exécution du mandat que vous avez bien voulu nous confier dans votre dernière Assemblée.
- L’étude à laquelle nous avons procédé nous a amenés à constater que les écritures comptables sont tenues avec régularité et que le bilan qui vous est présenté concorde avec les soldes figurant sur les livres.
- Voici comment se présente le bilan de votre Société au 3i décembre 1910, comparativement au bilan au 3i décembre 1909.
- A l’Actif.
- Le compte Apports est sans changement à 3oo 000 francs.
- Les Terrains, Bâtiments, Raccordements représentent 2 514 5n fr. 97 contre 2 5io 547 fr. 58 au 3i décembre 1909, soit une augmentation de 3 964 fr. 3g.
- Les Installations électriques et mécaniques et les Réseaux figurent pour 8 943 260 fr. 88 contre 8 706 982 fr. 04 au précédent bilan. L’augmentation est donc, pour l’exercice, de 236 278 fr. 84.
- Le compte Extension Wasquehal, s’élevant à 1 983 409 fr.90, concerne le nouveau développement qui
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- a dû être apporté à l’usine par suite de l’utilisation complète de la puissance disponible. Il comprend pour i 919 816 francs le forfait prévu pour l’entreprise de cette extension, et le complément, 63 593 fr. 90, représente les intérêts portés à ce compte de premier établissement par application de l’article 9 des statuts ; ces intérêts sont calculés au taux des obligations, soit 4 1/2 %, sur le montant du forfait susvisé depuis la date où votre Société s’est assuré les capitaux nécessaires au règlement des travaux en question.
- Le montant du compte Mobilier et Outillage s’élève à 22 576 fr. 62, en augmentation de 392 fr. 20 seulement depuis le précédent bilan où il figurait pour 22 184 fr. 42- II vous sera proposé de ramener ce compte à 1 franc, par prélèvement sur les bénéfices.
- Le compte Portefeuille de Contrats, 12 y25 fr. 5o, n’est autre, sous une dénomination nouvelle, que le compte clientèle précédemment ramené à 1 franc par amortissements. Il vous sera d’ailieifrs proposé de faire pour cet exercice un amortissement analogue de ce compte.
- Les Frais de constitution et de Premier établissement représentent i54 933 fr. 95. Ils avaient été également ramenés par amortissement à 1 franc au 3i décembre 1909; l’augmentation de i53 g33 fr, g5 concerne les frais de l’augmentation de capital et de liquidation de l’emprunt hypothécaire actuellement remboursé. Il vous sera proposé de ramener encore ce compte à 1 franc par amortissement.
- Prime de remboursement des obligations et Frais d’émission. Ce compte s’élève à 1 217 376 fr. 10 contre 433 284 fr. 45, soit une augmentation de 784 091 fr. 65 correspondant à l’émission de n 000 obligations nouvelles et au placement des 2 488 obligations restant à la souche à la fin du dernier exercice.
- ' Le Portefeuille s’élève à 3 028 5oo francs contre 3 233 5oô francs, soit une diminution de 2o5 qoo francs correspondant à la vente de 820 actions de la Société Roubaisienne d’éclairage par le gaz et l’électricité, au pair de 25o francs. Les actions de cette Société restent inscrites à ce prix à l’inventaire, et les autres titres également au même cours que l’an dernier, soit au-dessous du niveau de la cote en bourse, tant au 31 décembre 1910 qu’à ce jour.
- Les Banques et Caisses représentent 482 750 fr. 18 contre 59 990 fr. 5i au précédent bilan, et les Débiteurs divers, 5i8 357 fr. 08 contre 5i5 653 fr. 72. Ces derniers comprennent principalement les abonnés, la ville de Tourcoing et différentes Sociétés. Les créances se présentent comme sérieuses et d’un recouvrement normal.
- Le compte Loyer et Redevance d'avance s'élève à 1 5o2 fr, 72 contre 200 francs pour le compte loyer d’avance au 3i décembre 1909; l’augmentation de 1 252 fr. 72 s’applique à une redevance pour dragage de canal.
- Les Impôts sur titres figurent pour 10 8o3 fr. i5 représentant l’avance des impôts à retenir sur le coupon des actions; au précédent bilan, on trouvait un compte impôts sur coupons d’obligations, 881 fr. 29, qui se trouve soldé.
- Les Magasins et Approvisionnements représentent 536 459 fr. 39 contre 541 817 fr. 04.
- Un compte nouveau, Entreprise des travaux de la Compagnie du Nord, figure pour i53 670 fr. 38. Il concerne des dépenses qui doivent être remboursées par annuités par la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Nous verrons figurer au passif les sommes restant à régler par la Société sur le susdit montant.
- Il n’y a plus qu’un Compte d'ordre : le compte Travaux de la ville de Tourcoing figurant à l’actif et au passif pour la même somme de i52 763 fr. 22. L’autre compte ayant le même caractère au précédent bilan s’est soldé normalement de part et d’autre dans le cours de l’exercice.
- Le compte Obligations à la souche n’existe plus au bilan, toutes les obligations étant maintenant placées.
- Au Passif.
- Le Capital actions est à 7 000 000 de francs, en augmentation de 2 5oo 000 francs, et les Obligations en circulation représentent 9 958 500 francs, ayant subi une augmentation de 5 5oo 000 francs par émission nouvelle et une diminution de 41 5oo francs pour amortissement de 83 obligations suivant tableau.
- Le Fonds de renouvellement, s’élevant à io3 333 fr. 35 contre 5o 000 francs au précédent bilan, est en augmentation de 53 333 fr. 35. Il avait été porté à ce compte 60 000 francs, suivant la résolution que vous aviez prise dans votre dernière assemblée; la différence entre ce chiffre et l’augmentation constatée, soit 6 666 fr. 65, a été prélevée, suivant l’objet même du compte, pour faire face à une grosse réparation de matériel.
- Les Acquisitions payables par annuités représentent 260 5oo francs contre 279 000 francs. La diminution de j 8 5oo francs correspond à l’annuité réglée pendant l’exercice.
- Les Titres à libérer ne figurent plus que pour 419 625 francs contre 2 222 625 francs au précédent bilan.
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- Le compte Entreprise des travaux d'agrandissement de Wasquehal représente, pour son montant de 589 8x6 francs, ce qui reste à régler sur le total de ladite entreprise indiqué à l'actif.
- Les Créditeurs divers sont inscrits pour 944 283 fr. 36 contre 1 940 820 fr. 94 au 3i décembre 1909. Ils comprennent les cautionnements des abonnés qui figuraient à part l’an dernier.
- Le compte Emprunt hypothécaire qui représentait l’an dernier 4 000 000 de francs se trouve soldé et ne figure plus au bilan.
- Le compte Entreprise des travaux de la Compagnie du Nord est porté à 102 087 fr. 65. Il représente, comme nous l’avons vu, les règlements restant à effectuer pour cette entreprise.
- Le compte d’ordre Travaux de la ville de Tourcoing, i52 763 fr. 22, est, ainsi que nous l’avons indiqué, la contre-partie du même compte de l’actif.
- Enfin, nous trouvons les Bénéfices reportés pour 28 044 fr. 41 et les Bénéfices de l’exercice, pour 474 638 fr. o5 contre 114 752 fr. 58 pour l’exercice précédent, soit une augmentation de bénéfices de 369 885 fr. 47.
- Le total disponible représente 502 682 fr. 46.
- La comparaison des éléments de ces bénéfices montre une amélioration sensible. Le solde se trouve dégagé, après application des charges d’emprunt représentant pour l’exploitation 467 309 fr. 5g, moins 63 5g3 fr. 90 , portés, comme on l’a vu, à un des comptes de premier établissement, soit 4o3 715 fr. 69 contre 2xi 708 fr. 3i pour le précédent exercice.
- Cette affectation des intérêts au « premier établissement » a été effectuée, comme nous l’avons vu, en Vertu de l’article 9 de vos statuts, pour la totalité des capitaux engagés dans votre Société en vue de faire face à l’extension des installations ; elle s’applique donc même aux sommes que votre Société n’a pas en encore à débourser. D’autre part, aucun intérêt n’a été affecté au « premier établissement » en ce qui concerne les capitaux cori*espondant aux installations de l’ancien programme, non encore en service au ier janvier 1910 ou établies depuis cette date, bien que l’article 9 susvisé eût permis cette affectation « jusqu’à la fin de l’année pendant laquelle lesdites installations auront été mises en service ».
- Votre Conseil vous donnera des indications intéressantes concernant les recettes et dépenses d’exploitation.
- Sur le solde disponible, vous devrez décider quelques prélèvements pour réserves ou amortissements.
- En particulier, il faut remarquer que les bénéfices de l’exercice, tels qu’ils sont fixés au bilan, se trouvent dégagés avant prélèvement de la somme employée à l’amortissement des obligations, soit 41 5oo francs.
- Il vous faudra donc tout d’abord prélever ce montant sur le total disponible de 5o2 682 fr. 46.
- Votre Conseil vous proposera d’appliquer ce prélèvement à l’amortissement de la part de la pi’ime des obligations et des frais d’émission correspondant aux 83 obligations amorties, et, pour solde, à un amortissement des frais de constitution et de premier établissement.
- D’autres amortissements vous sei-ont proposés pour ramener à 1 franc trois des comptes de l’actif, ce que nous vous avons signalé en examinant ces comptes. Votre Conseil vous proposera aussi un prélèvement pour le fonds de renouvellement et la distribution d’un dividende de 4 % aux actions.
- Nous n’avons aucune objection à formuler contre ces propositions et notre examen nous conduit à conclure en vous en conseillant l’adoption, avec l’approbation du bilan qui vous est soumis.
- Paris, le 7 mars 1911.
- Henri Bloch, Marcel Forret, Ernest Thomain.
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- 6
- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- BILAN au 31 décembre 1910
- ACTIF
- Apports.................................................
- Terrains, Bâtiments et Raccordement.....................
- Installations électriques et mécaniques, Réseaux........
- Extension Wasquehal......................................
- Mobilier et Outillage.................................
- portefeuille de Contrats................................
- Amortissements antérieurs.......................
- Frais.de Constitution et de Ier Etablissement...........
- Amortissements antérieurs.......................
- Prime de remboursement des obligations et Frais d’émission
- Portefeuille............................................
- Amortissements antérieurs.......................
- Banques et Caisses......................................
- Débiteurs divers........................................
- Loyers et redevances d’avance...........................
- Impôts sur titres.......................................
- Magasins et Approvisionnements...................;......
- Entreprise des Travaux de la Compagnie du Nord..........
- Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing.
- 5a 74? 75 40 020 a5 ij a63 352 45 ) 108 4*8 So i
- 3 i83 5oo » j i55 000 » )
- 482 750 i8 J 5i8 347 08 ( 1 502 72 | 10 8o3 i5
- fr. c.
- • 3oo 000 »
- 2 514 5i1 97 8 943 260 88 1 983 409 90
- 22 576 62
- 12 725 5o
- I54 933 95
- 1 217 376 10
- 3 028 5oo »
- 1 013 4o3 i3
- 536 45g 3g i53 670 38 i52 763 22
- 20 o33 5gi 04
- PASSIF
- Capital Actions............................................
- Obligations en circulation.................................
- Fonds de renouvellement....................................
- Acquisitions payables par annuités j ?'er.ra*ns Marquette
- Titres à libérer...........................................
- Entreprise des travaux d’agrandissement de Wasquehal....,
- Créditeurs divers..........................................
- Entreprise des Travaux de la Compagnie du Nord.............
- Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing......
- Bénéfices reportés.........................................
- Bénéfices de l’Exercice....................................
- 212 5oo » i 48 000 »
- FR. C.
- 7 000 000 »
- 9 g58 5oo » io3 333 35
- 260 5oo »
- 419 625 » 58g 816 » 944 a83 36 102 087 65 152 768 22
- 28 044 41 474 638 o5
- 20 o33 5gi 04
- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- , RECETTES DEPENSES
- \ Bénéfices d’Exploitation Revenus du Portefeuille et divers... Part de la charge des Emprunts imputables au ieP Etablissement.. FR. C. 807 790 77 g3 267 61 63 5g3 90 Intérêts des Emprunts Moins-values et divers Bénéfices de l’Exercice FR, C. . 467 3og 59 . 23 704 64 . 474 638 o5
- ' 965 652 28 965 652 28
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-
- ~ 7
- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- BILAN D’ENTRÉE au 1er Janvier 1911
- ACTIF
- Apports........................................
- Terrains, Bâtiments et Raccordement............
- Installations électriques et mécaniques, Réseaux
- Extension W asquehal.......................
- Mobilier et outillage..........................
- Amortissement en 1910.................
- Portefeuille de Contrats..............................................
- Amortissements antérieurs........................... 40.020 a5
- Amortissements en 1910.............................. 12.724 5o
- Frais de Constitution et de i01' Etablissement........................
- Amortissements antérieurs.......................... 108.418 5o
- Amortissements en 1910............................. i54.g32 9.5
- Prime de remboursement des Obligations et Frais d’émission Amortissement en 1910...............................
- Portefeuille......................
- Amortissements antérieurs
- Banques et Caisses............................
- Débiteurs divers..............................
- Loyers et redevances d’avance.................
- Impôts sur titres.............................
- Magasins et Approvisionnements................
- Entreprise des travaux de la Compagnie du Nord. Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing
- 22 676 62
- 22 575 62
- 52 745 ,1 76
- 62 744 75
- 263 352 45
- 263 351 45
- I 2 17 376 10
- 5 o52 11 t
- 3 i83 5 00 »
- 155 OOO »
- 482 760 18
- 5i8 347 08 1
- I 502 72
- IO 8o3 i5
- FR. c.
- 3oo 000 » 2 5i4 5ii 97 8 943 260 88 1 g83 409 90
- I
- I
- 1
- 1 212 323 99
- 3 028 5oo »
- 1 013 4o3 i3
- 536 459 39 153 670 38 ï52 763 22
- 19 838 3o5 86
- PASSIF
- Capital Actions..........
- Obligations en circulation
- Réserve légale...........
- Fonds de renouvellement.
- Acquisitions payables par annuités
- Terrains de Marquette Maisons ouvrières....
- Titres à libérer.....................................
- Entreprise des Travaux d’agrandissement de Wasquehal
- Dividende 1910........................................
- Créditeurs divers....................................
- Entreprise des travaux de la Compagnie du Nord.......
- Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing......
- Bénéfices reportés....................................
- 212 5oo » 48 000 »
- fr. c. 7 000 000 »
- 9 g58 5oo » i3 536 53 140 000 »
- 260 500 »
- 419 626 » 58g 816 » 227 o83 33 g44 283 36 102 087 65 i52 "63 22 3o 110 77
- 19 838 3o5 86
- p.3x7 - vue 437/438
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-
-
- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- Assemblée générale du 24 mars 1911.
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale ordinaire des actionnaires de l’Energie Electrique du Nord de la France, réunis au siège social à Paris, le 24 mars 1911, après avoir entendu lecture duRapport du Conseil d’Administration et du Rapport des Commissaires des Comptes, approuve les comptes et le bilan tels qu’ils lui sont présentés et donne aux administrateurs quitus de leur gestion pour l’exercice 1910.
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale des actionnaires ratifie en tant que de besoin les amortissements et prélèvements faits en vertu de l’article 42 des statuts, soit :
- AMORTISSEMENTS
- Obligations .amorties (41 5oo francs) affectées à :
- Part de la prime des obligations et frais d’émission correspondant aux 83 obligations amorties............................ 5 o52 fr. 11
- I Frais de constitution et de premier Etablissement.................................... 36 447 fr. 89
- I Mobilier et Outillage........................ 22 576 fr. 62
- 'Portefeuilles de contrats..................... 12 724^. 5o
- Frais de premier Etablissement et de Constitution.................................... 118 485 fr. ofr
- Prélèvement pour fonds de renouvellement.. ...........
- Soit au total.................
- Sur les bénéfices nets compris le solde reporté de l’an dernier, se montant
- au total à...................................................................
- L’Assemblée décide de prélever :
- 5 % à la réserve légale.................................................
- et un dividende de 4 %, soit.........................................
- Total....................................
- Il serait reporté à nouveau........................
- i53.785 fr. 18 36 666 fr. 65
- 23i g5i fr. 83 270 730 fr. 65
- i3 536 fr. 53 227 o83 fr. 33
- 240 619 fr. 86 3o 110 fr, 77
- Le dividende de 4 % par action au prorata de leur libération, sous déduction des impôts, conformément aux statuts, sera payé aux actionnaires à dater du 5 avril 1911, aux caisses suivantes:
- Siège social à Paris.
- Alfred Gans et Cie, 26, rue Laffitte, Paris.
- Banque Transatlantique, 10, rue de Mogador, Paris.
- Banque de l’Union Parisienne, 14, rue Lepelletier, Paris.
- Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie, 43, rue Cambon, Paris.
- Crédit du Nord, 45, rue Etienne-Marcel, Paris.
- Crédit du Nord à Lille.
- Bankverein Suisse à Bâle.
- Banque Suisse des Chemins de fer à Bâle.
- La somme à payer par action, en échange du coupon n° 2, s’élèvera donc :
- Pour les 18000 actions n° 1 à 18 000, à 10 francs sous déduction des impôts, soit net :
- Pour les actions nominatives...................;..................................... 9 fr. 60
- Pour les actions au porteur.......................................................... 8 fr. 97
- _ Pour les 10 000 actions de 18 001 à 28 000, à 4 fr. 70 sous déduction des impôts, soit net : 4 fr. 52.
- Après paiement de ce coupon, toutes les actions seront assimilées. ......
- TROISIÈME RÉSOLUTION
- L’assemblée générale des actionnaires donne quitus définitif de leur gestion à MM. Descubes, Kervyn de Meerendre et Schœnbrunn, administrateurs démissionnaires au cours de l’exercice 1910.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’assemblée générale nomme, comme commissaires des comptes :
- MM. Henri Bloch, Marcel Forret, Ernest Thomain, et fixe leur rémunération à la somme de 1 000 francs pour les trois commissaires réunis.
- Elle décide qu’en cas d’impossibilité pour un ou pour deux commissaires des comptes, les deux autres ou celui restant pourront opérer seuls.
- L’assemblée constate l’acceptation des commissaires désignés par elle.
- CINQUIÈME RÉSOLUTION
- L’assemblée générale donne acte'au Conseil d’Administration du compte renduqui lui a été fait, conformément à l’article 4° de lu loi du 24 juillet 1867, de l’exécution des marchés ou entreprises traités avec les membres du Conseil d’Administration ou avec des Sociétés auxquelles ils appartiennent, leur donne acte de toutes les conventions intervenues et les approuve d’une façon définitive en tant que de besoin.
- Elle leur renouvelle, pour l’exercice 1910, l’autorisation prévue par la loi précitée.
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